Le Progrès Médical
i0oe
REVUES DES SPÉCIALITÉS
Anthropologie . ZABOFtOWSKI.
Affections des organes génito urinaires . A. MALHERBE.
Bactériologie . RAMOND.
Chirurgie . D' LONGUET.
Dermatologie et syphiligraphie . D P. RAYMOND.
Eaux minérales et hydrothérapie . D' L. GRAUX.
Electrothérapie . D P. L. REGNIER.
Hygiène . D FILLASSIER.
Jurisprudence médicale . D'^ LIRMIN-LIPMAN.
Maladies de la première enfance . D' H. de ROTHSCHILD
Maladies de la deuxième enfance . D" PAU L-BONCOU R.
Maladies des oreilles, du larynx et du nez . D" BARATOUX.
Médecine dentaire . D' SIFFRE.
Neurologie . DMIRALLIÉ.
Obstétrique et gynécologie . D JEANNIN.
Ophtalmologie . D' POULARD.
Psychiatrie . KERAVAL.
Thérapeutique . D- CORNET, NOIR.
Médecine légale . D'^ TISSOT.
Kinésithérapie . . D" KOUINDJY.
SOCIÉTÉS SAVANTES
Académie de Médecine . .
Académie des Sciences .
Société d'Anthropologie .
Société de Biologie .
Société de Chirurgie .
Société médicale des Hôpitaux .
Société de Médecine Militaire .
Société de Médecine de Paris .
Société de Médecine publique et de Génie sanitaire
Société d’Obstétrique .
Société de Pédiatrie .
Société de Prophylaxie sanitaire et morale . . .
Société de Thérapeutique .
D^ PLICQUE.
Mme le PHISALIX
ZABOROWSKI
Mme le D' EDWARDS PILLIET.
CATZ.
D FRIEDEL
DEMMLER.
8URET.
PUJOL
D' JEANNIN.
D'CH -H. PETIT VENDOL
D^ FIAUX.
D FRIEDEL
JOIIRXAL DE .MÉDECINE, DE CHIRURGIE ET DE PHARMACIE
COMITÉ DE RÉDACTION :
BOURNEVILLE
.seur de Cliniq^ue
: de l'Acade'mie
de Médecine.
E. BRISSAUD
Professeur à la Faculté de MéJe.ine,
Médecin de l'Hôtel-Dieu.
DÉJERINE
Professeur à la p'aculté de Médecine
Médecin de la Saipêtrière.
POIRIER
Prof. d'Aralomie, Chir. tes
Membre de l’Académie ce
Hôpitaux
Médecine
MAGNAN
Médecin de l'Asile clinique.
Membre de l’Académie de Médecine,
FABRE {de Commentry)
Membie correspondant de l'Académie
de Médecine.
MALHERBE
Directeur de l’Hcole de Médecine
LONGUET
Prof, à l'Ecole de Mc J. de Rouen,
Arcien int rue des hôpitaux de Pa is
H. DE ROTHSCHILD
Docteur en Médecine.
PAUL CORNET J. NOIR
Docteur en Médecine, Docteur en Médecine,
Ex-int. en pharmacie des hôp. de Paris Secrétaire de la Rédaction
TRENTE-CINQUIÈME ANNÉE
3 BÉFilE. — TOME IKXII : 1900
Illustré de 34 figures dans le texte.
COLLABORATEURS PRINCIPAUX:
ABADIE (CH.), ARTHAUD, BALLET (G.), BARATOUX, (J.), BITOT (P.), BLANCHARD (R.), BOISSIER (F),
BONNAIRE (E.), BOUTEILLIER (G.), BURET, CARRIER, EHABBERT, CHARCOT (J.-B.), S. CLADO,
CORNET (P.), CORNILLON (J.), DARIER, DAURIAC, DEBOVE, DEMMLER. M'»' ED-WARDS-PILLIET
FÉRÉ (H.), FIAUX, FILLASSIER, FRIEDEL, LUCIEN-GRAUX, JEANNIN. JOSIAS (A.), JOFFROY, KERAVAL,
KOENIG, KOUINDJY (L.), LANDOUZY, LONGUET, MAGNAN, MALHERBE (A.), MARIE (P.), MAUNOURY[(G.),
MAYGRIER, MIRALLIÉ, MONOD (H.), MOREL, MÜSGRAVE-GLAY (R. de), PAUL-BONCOUR (G.), PETIT-
VENDOL (CH.-H.),M'‘'ePHISALIX,PIERRET, PITRES, PLICQUE,’ POULARD, POZZI, PUJOL, RAMOND(F.),
RANYIER, RAOULT (A.), RAYMOND (F.), RAYMOND (P.), REGNARD (P.), RÉGNIER (L.-R.), REVERDIN,
(de Genève', RICHER (P.), ROUSSELET (A.), SCHWARTZ, SÉGLAS, SEVESTRE (A.), SOLLIER, SOREL (R.),
TERRIERfF.i. TROISIER, VIGOUROUX (R.), VILLARD (F.|, YVON (P.l, ZABOROWSKI.
CE VOLUME RENFERME. EN OUTRE, DES MÉMOIRES, DES LEÇONS OU DES REVUES
DE MM.
Arthaud, Beauvois, BenUBarde, Berne. Borel, Marcel Bourneville, Chanteinesse, Cornil, Coudray, David. Demmler
Dubar, Frenkel. Guillain, Huchet, Jourdan, Kanellis, Konried, Marc Laffont. Laquerrière, Leblond, Lefur^
Lematte. Lemoine, Leriche. Lombard, B. Naricb, L. Netter. M’"'^ Péchin, Pénières, Poacet, Sakorraphos?
Stephany, Sortiadès, Terrien, A. Touzé, Edm. Vida', Viron.
90170
PARIS
AUX BUREAUX DU JOURIMAL
14, RUE DES CARMES, 14
S5« ANNÉE.3* SERIE. T. XXII. N» I.
BUREAUX : RUE DES CARMES, 14
(i JANVIER 19C6
Le Progrès Médical
SOMMAIRE ; Vénkréologie : Pathogénie et traitement de
l'épididymite blennorrhagique, par Le Fur. — Bulletin : La
responsabilité médicale à la suite de décès par chloroformisa¬
tion, par Noir. — Sociétés Savantes : Société de biologie:
Spirochète dans les taches de roséole syphilitique, par Veillon
et Girard ; Lésions périvasculaires de la sclérodermie générali¬
sée, par Alquier et Tou chard ; Evolution générale des actes
hématolytiques, par Froin ; Propriétés acido-résistantes des
acides gras et du bacille tuberculeux, par Camus et Pagnier ;
Activité nucléaire des cellules rénales, par Nattan-Larrier et
Ribadeau-Dumas ; Destruction du virus rabique dans la cavité
péritonéale, par Remlinger (c. r. de Mme Edwards-Pilliet.) —
Académie de Médecine : Le tétanos, par Kelsch (c. r. de A. -F.
Plicque.) — Société de chirurgie : Branchiomes de la région
sous-maxillaire, par Arrou ; La cholédoco-entérostomie, par
Delbet : La chloroformisation, parLegueu (c. r. de Kendirdjy.'
— Société Médicale des Hôpitaux : (c. r. de Friedel.) — Hygiène
DOMESTIQUE : Le choix d’un logement, son aménagement, son
entretien, par Juillerat — Revue chirurgicale : Constipation
chronique et son traitement opératoire, par Arbuthnot Lane ;
La chirurgie enseignée par la stéréoscopie, par Camescasse et
Lehman ; Les indications des interventions chirurgicales dans
les maladies internes, par Schlesinger ; Chirurgie du système
nerveux, crâne et encéphale, rachis et moelle, par Berger et
Hartmann ( c. r. de Longuet.) — Varia : Congrès international
d’assistance publique et privée do Milan (Italie) au printemps
de 1906 ; Ordonnance pratique contre la tuberculo'Se. — For¬
mules. — Nouvelles. — Chronique des hôpitaux. — Bulle¬
tin bibliographique.
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JANVIER étant l'une des plus importantes de l’année,
nous prions instamment nos souscripteurs, dont l’abonne¬
ment cesse à cette date, de nous envoyer le plus tôt possible
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ser par l’intermédiaire du bureau de poste de leur localité,
qui leur remettra un reçu de la somme versée. Nous pre¬
nons à notre charge les frais de 3 ” ! „ prélevés par la poste.
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dical ou de M. Rouzaud, administrateur.
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chaque numéro 25 centimes.
Notre numéro des étudiants et la presse américaine.
Le .Journal of the American Medical Association apprécie Fe-
Numéro des étudiants du Progrès Médical, de la façon sui¬
vante :
« Ce numéro de novembre, contenant plus de 160 pages, e.st
consacré à tout ce ijui concerne les facultés et écoles de méde¬
cine, les sociétés medicales, les pri.x offerts, entin tout ce qui
peut être utile et doit être connu de l'élève en médecine. Ce
numéro facilitera aux médecins étrangers la visite de tous
les pays de langue française. Ce Journal est publié par M. le
D" Rourneville, l’éminent neurologiste, qui est également le
rédacteur en chef des .irchivesdt Neurologie. Ce numéro nous
apprend cette année gue la rhino-laryngologle n’est enseignée
qu a Bordeaux, tandis que dans les autres facultés françaises,
cet enseignement libre est donné par les chefs de service en
dehors de la faculté. Cependant, il serait utile ipie le médecin
de campagne sache comment examiner une oreille, un larynx
ou un nez et soigner les affections courantes de ces organes.
On n aurait qu'a imiter des Allemands, <iuc l’ardeur belli¬
queuse n emp-clie pas de se consacrer aux conquêtes pacifi¬
ques de la science. ->
VÉNÉRÉOLOGIE
Pathogénie et traitement de l’épididymite
blennorrhagique :
Par M. le D' René LE FUR. ancien interne des hôpitaux de Paris.
La question de la pathogénie de l’orchi-épididymite
blennorrhagique a été des plus discutées, et cependant
l'accord est encore loin d'être fait à ce sujet. Nous vou¬
drions, tout en rappelant les principaux travaux qui
ont été publiés sur cette question, exposer quelques
idées personnelles sur la façon dont nous comprenons
la pathogénie et le traitement de l’épididyme blennor¬
rhagique.
Les classiques admettent trois voies pour expliquer
la propagation de la blennorrhagie de l'urèthre anté¬
rieur à la glande génitale : 1° la voie m'éthrale, sur¬
tout acceptée dans les cas d’orchites survenant chez les
vrais urinaires (rétrécis, prostatiques) on après un ca¬
thétérisme imprudent, et que certains auteurs admettent
volontiers pour l’épididymite blennorrhagique, sur-'
tout quand cette dernière a été précédée nettement de
prostatite,vésiculiteet déférentite : 2° l&voie artérielle
[théorie de l' infection générale), surtout admise pour
les vraies orchites -infectieuses survenant aux cours
des maladies générales (oreillons, grippe, fièvre typhoï¬
de, etc.) et que l’on peut étendre à l’orchi-épididymite
blennorrhagique, si l’on considère la blennorrhagie,
plus comme une maladie générale que comme une af¬
fection locale ;3“ \& voie veineuse cpn n’a trouvé que
peu do défenseurs (Después, Reliquet et Tiuépin). l’in¬
fection blennorrhagique gagnant le testicule par l'inter¬
médiaire des veines funiculaires. (Phlébite du cordon).
Nous laisserons de côté cette dernière théorie que
nous n’admettons guère pour les vraies épididymites
blennorrhagiqiies, la réservant au contraire pour expli¬
quer certains cas de fausses orchites ou épididymites
qu’on rencontre surtout chez de jeunes neuro-arthriti¬
ques, et qui sont plus exactement des poussées aiguës
de varicocèle, nous en avons décrit quelaues cas( l ) ;
on peut les observer chez des gens atteints on non de
(1) M. I.bFur.-- Ti-ailenienl du viirieoréle piip l'élecirisntion des
veinendii serotiiiii. (.dsxoc. Franc. d'IJrolo^e. l'aris. l«m.)
LE PROGRÈS MÉDICAL
blennorrhagies, etc. ; elles sont caractérisées par une
congestion intense des veines du cordon, avec .aug¬
mentation de volume de celui-ci; des douleurs vives
mais passagères, l'absence de fièvre et d’état général,
la disparition rapide des phénomènes sous l'inlluence
du repos, de la glace et des applications dé courant
continu, la maladie n'aboutissant pas en somme à l'or-
cbi-épididymite, etavortant en chemin.
Quant à la théorie de l'infection générale (propaga¬
tion artérielle'], nous croyons qu'on peut très rarement
la revendiquer en cas d’épididymite hlennorrhagique.;
la meilleure preuve en est que cette dernière ne sur¬
vient ordinairement pas dans la période aiguë ou in¬
fectieuse de la blennorrhagie ; ce n’est que tardivement,
vers la 4® ou 5' semaine, quelquefois même plus tard,
alors que l’infection gonococcique générale s'est déjà
beaucoup atténuée, que la blennorrhagie est devenue
subaiguë, c’est surtout alors qu’apparaît l’épididymite.
Et pourqjuoi ? C'est précisément parce que la blennor¬
rhagie s’est à ce moment propagée à l'urèthre posté¬
rieure et à la prostate. Mais nous retombons alors dans
la première théorie (propagation par voie uréthrale et
par continuité de tissus).
Nousne craignons pas, en effet, d'affirmer bien hau¬
tement ceci: c lorsqu une épididymite blejinor-
rhagiquese déclare, V urèthre postérieur et la prostate
sont toujours enrahis par V infection gonococcique
depuis quelque temps déjà. Nous ne voulons pas, par
des statistiques nombreuses, établir la réalité de cette
affirmation dont nous ne craignons pas de faire une loi
absolue. Contentons-nous de rappeler les statistiques
anciennes de Sigmund qui, sur 1342 malades atteints
d’épididymite hlennorrhagique, avait noté 400 fois de
la déférentite, c'est-à-dire dans près d’un tiers des cas ;
celles plus récentes d'Humbert et Lucas (l) qui dans
une proportion de 47 °/„ constatent la participation à
l'inflammation de la prostate et de la vésicule séminale
dans le cas d’orchi-épididymite blennorrhagique. En
réalité, ce chiffre est encore trop faible, et si nousnous
rapportons à notre expérience personnelle, qui est assez
grande en l’espèce, car nous avons l’habitude de pra-
tiqner systématiquement le toncher rectal, l’examen de
la prostate, des vésicules séminales et de la portion pel¬
vienne du canal déférentdans tous les cas de blennor¬
rhagie aiguë ou chronique, nous sommes obligé de re¬
connaître que toujours nous avons constaté, soit en
même temps que l’orchi-épididymite, soit le plus sou¬
vent avant l’apparition de cette dernière, l’envahisse¬
ment dutractus uréthro-prostato séminal.
Mais cette notion ne suffit pas à établir d’une façon
assez précise la pathogénie de l’épididymite blennor¬
rhagique. Nous venons de voir que le poijitde départ
constant de l’infection blennorrhagique, en ce qui con¬
cerne l’épididymite, est ce carrefour prostato- génital,
comprenant furèthre profond, la prostate oii vien¬
nent s’ouvrir aussi les canaux éjaculateurs conduisant
dans les vésicules séminales, et qui constitue un véri¬
table foyer infectieux, d'où l’infection gonococcique
pourra rayonner dans différentes directions (prostate,
vessie, voies spermatiques). Cherchons maintenant à
établir la voie que devra suivre cette infection pour ga¬
gner l’épididyme.
La plus fréquente est certainement la voie des mu¬
queuses, l’inilammation gagnant de. proche en proche
les canaux éjaculateurs, la vésicule séminale, le canal
(1) Li cvs. — nesiillals <lu loueher roc'lal dans 285 cas d'épididv-
mile ldciinorrliagii|uc, Th. Paris J894.
déférent et l’épididyme. Ce mode de propaption semble
le plus rationnel, et la clinique, ainsi que l'anatomie pa ¬
thologique s’unissent pour en établir la véracité et la
fréquence. Des autopsies ont permis en effet de retrouver
les vésicules séminales, ainsi que le canal déférent, gros
et congestionné ; la muqueuse est rouge, vascularisée
et épaissie ; il y a desquamation épithéliale abondante ;
l'examen clinique du malade montre que tous ces
organes sont enflammés et douloureux à la pression ;
l’on constate souvent des éjaculations nettement puru¬
lentes et sanglantes.
Ainsi s’expliquent facilement ces épididymites sn-
baiguës survenant au déclin de la blennorrhagie, pré¬
cédées de tous les symptômes faciles à retrouver lors-
(^u'on veutbien les rechercher systématiquement, de
1 uréthrite postérieure, de prostatite subaiguë, de vésicu-
lite et de déférentite.
Mais cette explication pathogénique convient-elle à
tous les cas d’orchi-épididymites blennorragiques, et
s’applique-t-elle en particulier aussi bien à ces cas d’é¬
pididymites foudroyantes pour ainsi dire et suraiguës,
s’accompagnant de fièvre intense (40"), de symptômes
généraux graves, et de phénomènes de péritonisme in¬
quiétants. Nous ne le croyons pas. Ici il faut invoq'uer
une autre pathogénie, et la propagation de l’infection par
continuité, par l’epvahissement progressive des mu¬
queuses, ne semble pas admissible. Ce n'estd'ailleursquc
plus tardivement, mais souventd'une façon plus précoce
(1*' et 2® semaine) que survient cette variété aiguë d’épi¬
didymite ; la plupart du temps, elle n’apparaît pas
spontanément comme la forme subaiguë que nous avons
commencé par décrire ; mais au contraire,elle est plutôt
provoquée par une violence quelconque, untraumatis-
me, une injection forcée, une exploration intempestive
du canal, un massage brutal de la prostate, d’un autre
côté, elle est excessivement aiguë dans son évolution
et dans ses manifestations : douleur violente, presque
syncopale, localisée bien plus au bassin et dans la
région inguinale qu’au niveau des bourses et du testi¬
cule ; réaction inflammatoire considérable de tous les
organes atteints (vésicule, canal déférent, épididyme).
Chose curieuse et intéressante à noter, l’inflammation
siège bien plu s dans les tuniq ucs entourant les voies sper¬
matiques qu'au niveau de la muqueuse môme de ces
conduits ; il s’agit bien plu'lôt,en elfet,de périvésiculite
de péridéférentite ou funiculite, de péri-épididymite
que de vésiculite, de déférentite ou d'épididymite ; or,
il y a là un œdème inflammatoire énorme du tissu con¬
jonctif. Des incisions pratiquées à différentes périodes
du processus inflammatoire ont permis de constater
soit l'infiltration de tout ce tissu conjonctif par une sé¬
rosité purulente, soit la présence de multiples petits ab¬
cès autour des voies spermatiques, ou même de collec¬
tions purulentes beaucoup plus fréquentes qn’on ne
croit. Le toucher rectal montre (Escat), en même temps
que de la prostatite constante, un boudin parfois énor¬
me constitué par la périvésiculite et la péridéférentite que
l’on peut poursuivre très loin le long de la paroi pel¬
vienne. L’i'xploration des régions abdominale, ingui¬
nale et scrotale montre le cordon volumineux et très
douloureux : la funiculite intense qui a fondu tous
les éhîments du cordon en une même masse ne per¬
met plus d'isoler le canal déférent ; l'épididyme forme
avec le testicule une masse énorme encore augmen¬
tée parla vaginalitc concomitante. La guérison est plus
lente à se produire ;on note des récidives assez fréquen¬
tes, et parfois on observe la suppuralion.
Le mogrès médical
Cette forme est donc fort différente au point de vue
de son étiologie, de sa symptomatologie et de son évo¬
lution. (Juelle en est la pathogénic 1
Nouscroyons que deux explications sont seules pos¬
sibles : Ou ‘bien il faut admettre une inflammation s’é¬
tant propagée parles lymphatiques qui entourent les
voies spermatiques, une sorte de lymphangite difl'use
péri-spermatique, ou encore de phlegmon ditîusdu tis¬
su conjonctif lâche qui entoure ces conduits, etàl'appui
de cette hypothèse, on peut citer l’œdème inflamma¬
toire énormedu tissu conjonctif qui caractérise cette va¬
riété d'orchi-énididyme; — ou bien il se produit une obs¬
truction brusque, sur un point de leur parcours, des voies
spermatiques déjà enflammées, obstruction qui entraîne
la rétention du sperme et des sécrétions pathologi¬
ques, d'où distension et dilatement du conduit dont la
muqueuse est déjà altérée par la suppuration. Quand
nous parlons d’éclatement du conduit, nous entendons
par là aussi bien une effraction minime, macroscopi¬
que, qu’une rupture complète qui doit être bien rare.
En somme, dans tous les cas d’orchi-épididymites
intenses et aiguës, nous admettons bien plutôt l’infec¬
tion de la gaine conjonctive par voie lymphatique, et
nouscroyons que cette infection survient presque tou¬
jours par effraction ou rupture de la muqueuse ramollie
des voies spermatiques. Elle peut cependant survenir
sans solution de continuité, au moins apparente de la
muqueuse, par exemple dans les cas do prostatite et
péri-prostatite ; les gaines conjonctives et les lympha¬
tiques sont alors envahis par l’inflammation qui, de la
prostate, gagne la périphérie de la vésicule, du canal dé ¬
férent et de l'épididyme ; le foyer d'infection primitif
part, alors de très bas, et, dansdescas pareils, l'infection
peut être localisée exclusivement à l'extérieur des con¬
duits, la muqueuse élantrestée saine. Mais le plus sou¬
vent, l'affection doit se produire dans l'intérieur des
conduits spermatiques, sous l'influence d’une pression
exagérée du contenu des voies spermatiques. Cette pres¬
sion peut être provoquée parun lavage ou une injection
uréthrale pratiquée de façon violente qui entoure les
orifices des canaux éjaculateurs normalement fermés par
un sphincter physiologique. Elle peut aussi, croyons-
nous, survenir par simple accumulation du sperme
ou des sécrétions pathologiques dues à l'obstruction
d'un point quelconque des voies spermatiques Cette
obstruction doit surtout se produire au niveau de l’ori¬
fice des canaux éjaculateurs dans l’urèthre prostati¬
que, soit par simple spasme de ces orifices, soit plutôt
par congestion voisine de l’urèthre postérieur ou de la
prostate qui vient boucher ces orifices ; nous avons vu
une ou deux fois ces orifices complètement obturés par
unbouchon muco-purulent. Mais l'obstruction peut se
faire à un autre point du parcours des voies spermali-
uesetnous tenons à insister sur ce fait que le canal
éférent étant très peu extensible, et sa lumière inté¬
rieure très étroite, celle-ci peut facilement être obturée
par un bouchon de pus concrété et mélangé au sperme.
U ù se fait l’effraction, larupturedu conduit sperma¬
tique! Sans doute assez souvent au niveau delà vési¬
cule séminale ou du canal déférent, puisque l’on cons¬
tate une funiculite intense.
11 est vrai que, quel que soit le point où se fait la so¬
lution de continuité, l’infection doit très vite pénétrer
ar cette porte ouverte et se propager à la fois par en
aut et pir en bas. Or des expériences ont montré que
quand on injectait des liquides sous pression dans l'in¬
térieur des voies spermatiques, c'était presque toujours
au niveau de l’épididyme que se faisait la rupture. Sans
doute, à ce niveau se trouve le point faible, l’endroit le
moins résistant des conduits spermatiques, et c'est
pourquoi l'on observe à ce niveau la localisation la
plus fréquente de l’inflammation blennorrhagique.
' L’on conçoit, d'aprèscelte théorie pathogénique, l’im¬
portance qu’offre, au point de vue de l’apparition ou de
la non-apparition de l’épididymite blennorrhagique, la
perméabilité des voies spermatiques. Les auteurs an¬
ciens avaient deviné cette importance en édifiant la théo¬
rie de la rétention spemiatique comme cause détermi¬
nante de l’orchite blennorrhagique. L’on comprend
aussi comment le retour de la perméabilité doit en¬
traîner l’amélioration et favoriser la guérison de l’epi-
didymite, comment au contraire l'imperméabilité sur¬
venant de nouveau entraîne forcément une rechute, une
nouvelle poussée d’épididymite.
Un dernier mot sur la pathogéuie de l'orchite par ef¬
fort. Nous commençons d'abord par déclarer que nous
ne croyons guère à l'orchite par effort. Nous admet¬
tons des orchi-épididymites Iraumatiquesou par torsion
du cordon spermatique s’accornfipgnant de ruptures
vasculaires avec infiltrations sanguines se faisant sur¬
tout au niveau des veines funiculaires et du cordon,
rarement au niveau de l’épididyme, etpouvant donner
naissance à de petits kystes sanguins qui laissent à leur
suite des noyaux indurés.
Mais en dehors de ces cas, et en éliminant naturelle¬
ment ausy certaines hématocèles traumatiques, nous
croyons que toutes les orchi-épididymites dites par ef¬
fort (orchites des cavaliers, orchites par marches for¬
cées, fatigues, soulèvement d'un poids, contraction du
crémaster, etc.) relèvent d'une vieille blennorrhée igno¬
rée ou méconnue, avec infection de l’urèthre profond,
des vésicules séminales et du canal déférent. L’effort,
le traumatisme, n’ont été que la cause provocatrice et
ont servi à localiser à l'épididyme une infection qui
sommeillait depuis longtemps déjàdansles voies sper¬
matiques elles-mêmes. Le traumatisme ou la contrac¬
tion musculaire ont produit une effraction ou rupture
delà muqueuse des voies spermatiques, et nous ren¬
trons dans le cas précédent.
Ensomme,nous pouvons résumer cette longuepatho-
génie en disant que, pratiquement, nous pouvons con¬
sidérer comme constante l’infection de l’urcthre pro¬
fond et de la prostate dès la seconde semaine d'une
blennorrhagie, et comme très fréquente l’inflammation
de la vésicule et du canal déférent.avant-coureurs obli¬
gés de l’épididymite. Ces considérations nous dictent le
traitement à suivre pour prévenir d'abord l'apparition
del’épididymite blennorrhagique, pour la soigner en¬
suite rationnellement, si on n’a pu l’empêcher.
Mais nous avons beaucoup plus grande confiance dans
le traitement préventif qm' dans le traitement cura¬
teur, et nous avons la satisfaction de pouvoir affirmer
u'avec la méthode de traitement que nousrecomman-
ons contre la blennorrhagie, il est exceptionnel de voir
apparaîtic une épididymite dans le cours du traite¬
ment.
Il faut d’abord systématiquement, dans tout cas de
blennorrhagie aiguë ou chronique, praticjuersouvcntle
toucher rectal qui permettra de déceler 1 uréthrite pos¬
térieure ordinairement précoce, la prostatite, la sperma-
tocystite et la déférentite : l'exploration rectale servira
ainsi de véritable baromètre et permettra de se rendre
un compte exact de l’extension de l'infection blennor¬
rhagique, elle permettra eu même temps de pratiquer.
LE PROGRÈS MÉDICAL
nonpasle massage de la pro)itate,à& la vésicule et de
la portion pelvienne du canal déférent, mais V expres¬
sion, V évacuation de tous ces condidts ; unmassage bru¬
tal et maladroit pourrait au contraire provoquer une
épididymite, c’est surtout pendant la période aiguë et su¬
baiguë de la blennorrhagie qu’il faut procéder avec
douceur et prudence ; nous avons même l’habitude, par
excès de précaution, de ne pratiquer le toucher rectal et
l’évacuation des conduits spermatiques qu’après avoir
fait prendre au malade une série de 3 ou 4 lavements
tiès chauds suivis de suppositoires, ce qui provoque dé¬
jà une certaine évacuation de la prostate et des vésicules.
Nous recommandons aussi, toujours dans le môme or¬
dre d’idées, de ne pratiquer l’expression de ces organes
qu’après avoir fait prendre au malade, une heure aupa¬
ravant, un lavementtrès chaud.
Nous ne pratiquons pendant toute la période aiguë de
la blennorrhagie queues lavages de Furèthre antérieur
d’abord (pendant 7 à 8 jours), des deux urèthres ensuite
au moyen d’une solution très faible de permanganate
de potasse (de 1/6000 à 1/4000) avec expression de la
prostate etdes vésicules pratiquée au milieu du lavage.
Nous’eonseillons abstenir de toute exploration,di-
latation, instillation uy'éthrale, tant qu'il y a du gono¬
coque dans la goutte uréthrale, que les urines sont
troubles dans le premier verre, que la prostate et les
vésicules séminales sont douloureuses à la pression.
Quand l’épididymite a apparu, la conduite à tenir
doit différer suivant les cas; mais un principe absolu est
de ne pas interrompre les lavages de l’urèthre quelle
quesoitla forme, même très intensede l’épididymite;
remploi des lavages, qu’on doit employer très faibles,
fl/StXX) à l/600t>), diminue l’intensité et la durée de
l’épididymite.
Dans les cas très aigus, le repos au lit est indispensa¬
ble. Nous employons alors les compresses ou cataplas¬
mes excessivement chauds et laudanisés très fréquem¬
ment renouvelés , mais nous leur préférons encore la
glace . il faut seulement bien entourer l'épididyme et
le cordon et prolonger môme la glace sur le trajet ingui¬
nal et abdominal du cordon, grâce à des sachets de for¬
me spéciale. Les lavements très chauds et les suppo¬
sitoires calmants sont parfois indiqués ; une piqûre de
morphine sera nécessaire, v
Dans certains cas, nous nous sommes très bien
trouvé des courants continus appliqués sur la glande.
Enfin si, malgré ce traitement, les douleurs persis¬
tent ainsi que la fièvre, surtout avec des phéno¬
mènes de péritonisme et un mauvais état général, et si
l’on constate surtout un œdème inflammatoire énorme,
une suppuration plus ou moins diffuse, on est autorisé
àinciserlepointle plus tendre au niveau de l'épididyme
ou du cordon ; on voit souvent tomber la fièvre et fe
processus inflammatoire.
C'est surtout dans ces cas aigus que l’on a intérêt à
évacuer doucement la prostate, les vésicules séminales,
par le toucher rectal pratiqué une heure après que le
malade a pris un lavement très chaud.
Dans les cas moyens et chroniques, on insistera plus
sur le massage de la prostate, des vésicules et du canal
déférent; puis, dès que l'infection gonococcique aura dis¬
paru, il ne faudra pas craindre d’employer la dilatation
associée aux lavages avec les instruments de Kolmann-
Eranch),puis aux instillations ; la dilatation devra être
poussée très haut .
11 faut savoir que, dans cerlains cas, les épididymi¬
tes blennorrhagiques sont désespérantes par leur téna¬
cité et le retour des infections uréthrales qu’elles pro¬
voquent ; l'on comprend que lorsqu’une vésicule, un
canal déférent ou un épididyme ont été profondément
infectés, il est très difficile de les désinfecter complète¬
ment, car on ne peut agir sur tous ces organes qu’indi-
rectement.
Aussi est-il vrai de dire qu’il est plus difficile de gué¬
rir une spermatocystite qu’une prostatite. 11 est très diffi¬
cile aussi de pouvoir en affirmer la guérison définitive
à cause des reprises et évacuations successives qui ca¬
ractérisent cette affection pendant longtemps . On con¬
çoit toute l’importance de cette notion pour la question
mariage : nous avons observé des malades qui parais¬
saient absolument guéris, n’ayant plus la moindregoutte
uréthrale, et auxquels on aurait cru pouvoir permettre
le mariage. Leur sperme cependant était encore infec¬
tant au moment du coït. Le coït, avec protecteur, est
alors indiqué pour évacuer les vésicules et voies sperma¬
tiques infectées, ainsi que le massage, les suppositoi¬
res et lavements chauds, qu’il faut continuer très long¬
temps.
L’épididymite guérie, reste encore une question im¬
portante pour l’avenir ; la perméabilité physiologique
des voies spermatiques; encasd’orchi-épididymite dou¬
blé, le pronostic fonctionnel est à réserver. Mais nous
voyons que le retour de la perméabilité peut être sou¬
vent obtenu lorsque l’épididymite a été convenablement
soignée et nous estimons que la stérilité définitive par
orchi-épididymite double est plus rare qu’on ne l’a dit.
LA VALÉROBROMINE LEGRAND
est plus active que les bromures et les valé-
rianates.
BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL
La responsabilité médicale à la suite de décès
par chloroformisation.
Doit-on donner le chloroforme à un alcoolique ?
Dans une de ses savantes leçons de médecine légale
sur les asphyxies par les agents anesthésiques (1),
le Brouardel, examinant les prétendues contre-in¬
dications du chloroforme, répondait nettement à cette
question ;
« On a parlé, disait-il, de l’alcoolisme. Si l’alcoo¬
lisme constituait une contre-indication, je m’imagine
que l’on endormirait rarement les malades de nos
hôpitaux. A moins de lésions alcooliques graves, je
pense qu’il n’y a là aucune contre-indication. »
Ainsi pensait le professeur de médecine légale de la
Faculté de médecine de Paris, mais son opinion ne
fait pas partout autorité. Le Bon Juge de Ghàteau-
Thierry, redresseur attitré des méfaits de notre juris¬
prudence surannée, prétend, à l’encontre des experts,
que les alcooliques ne doivent pas être soumis au
chloroforme ; ou plutôt il demande (ce qui en pratique
revient exactement au même) qu’avant de proposer à
un alcoolique la chloroformisation, le médecin doit
obtenir son acquiescemeut après lui avoir fait remarquer
(1) t*. Bbou.irdeL— Les Jispliv.xies pup les y;m, les vapeurs et les
.inesUiési.iues. (Cours de iiiédeiiiie léf?ale de la Faeullé di- umle-
eiue do Paris,, .l.-ü. Bailliere, édil., 1890.
LE PROGRÈS MÉDICAL
la possibilité d'un dénouement fatal. Voilà, du reste, le
considérant du jugement récent du tribunal de Château-
Thierry où la nouvelle jurisprudence du Président
Magnaud est nettement exposée :
« Considérant.... dit le jugement, qu’avant de pratiquer la dan¬
gereuse anesthésie de X... par le chloroforme, surtout pour pro¬
céder à un simple examen, de médecin) Z. a négligé de le prévenir
des chances de mort qu’il pouvait courir ;
« Qu’il le devait d’autant plus qu’il savait X. teinté d’alcoolisme
et que les syncopes fatales étaient par conséquent plus à redouter;
« Attendu qu’en administrant le chloroforme à X, sans avoir
obtenu de lui un acquiescement dopné en pleine connaissance d’un
dénouement fatal possible, alors que l’existence de l’intéressé n’é¬
tait pas menacée par le statu quo (le médecin) Z. a commis une
faute lourde engageant complètement sa responsabilité ; » etc.
Il s’agit là d’une affaire datant déjà de quelques mois,
dont nous avons eu en mains toutes les pièces, et qui va
venir devant la Cour d’appel, nous croyons intéressant
de la relater et de la commenter.
Un médecin de campagne, vieux praticien expéri¬
menté, fort estimé dans son pays, fut appelé à soigner
un individu qui, au cours d’une rixe, s'était luxé
l’épaule. Le médecin tenta la réduction. Cependant, le
lendemain et les jours suivants, le malade souffrait
encore et certains mouvements étaient fort limités ou
impossibles. Ne pouvant faire un examen complet, tant
à cause de la douleur que du gonflement survenu à
l’épaule luxée, le médecin proposa un examen sous le
chloroforme. Le malade accepta et le praticien se mit
en devoir de procéder à l’anesthésie.
Rompu à la pratique de la chirurgie d’urgence, ce
n’était pas, certes, pour la première fois que notre con¬
frère donnait le chloroforme.
Il eût pu demander le concours d'un autre inédecin,
mais l’unique confrère de la localité, en froidavec lui,
lui avait déjà refusé son aide. Quant à faire venir un
médecin éloigné, c’eût été, sans grande nécessité, aug¬
menter les frais de la maladie, et le blessé n’était pas
riche. Du reste, le médecin comptait bien, après avoir
obtenu une anesthésie légère, se borner à un simple
examen clinique ; il désirait pour cela n’être plus gêné
dans son investigation par l'intolérante sensibilité du
malade ; puis il aurait remis à plus tard, s’il y avait
lieu, une intervention qui eût nécessité des aides expé¬
rimentés.
Le malade se laissa endormir avec l’appréhension
la plus vive. Il aurait même dit à un des assistants ;
« Tu viens donc à mon enterrement ». Le médecin le
rassura, lui fit respirer à deux reprises quelques gout¬
tes de chloroforme. Une courte période d’excitation
survint au cours de laquelle le blessé se raidit, son
visage se congestionna et le malade tomba aussitôt en
syncope, syncope dont il ne put revenir.
Aucune faute technique ne pouvait être relevée. Le
blessé était à jeun, il était couché la tête basse, la poi¬
trine découverte et la dose de chloroforme absorbée par
lui était insignifiante. Tout le possible fut tenté pour le
rappeler à la vie. Flagellations avec un linge impré¬
gné d’eau froide, sur le visage et la poitrine, insuffla¬
tion d air daûs la bouche, tractions de la langue, respi¬
ration artificielle prolongée, piqûres d'éther, rien n'y fit.
Le chloroforme analysé fut reconnu pur. La famille
de la victime intenta un procès au médecin qu’elle |
considérait comme responsable. Le tribunal de Châ¬
teau-Thierry commit par jugementun expert, médecin
légiste de Paris, qui relata dans son rapport les faits
que nous venons de résumer. Il conclut en toute sin¬
cérité, après avoir entendu toutes les dépositions des
témoins, que le médecin poursuivi n’avait pas commis
de faute, qu’il avait fait tout son devoir et qu’on ne
saurait le rendre responsable d’un malheur. Le Tribu¬
nal admit les conclusions de l’expert, mais il fut recher¬
cher la faute lourde avant la chloroformisation. Se
basant sur les considérants que nous avons reproduits,
il affirma que le médecin, sachant son malade alcoo¬
lique, aurait dû le prévenir de la possibilité d’un acci¬
dent fatal et ne l’endormir qu’après avoir obtenu dans
ces conditions l’acquiescement du blessé.
Tels sont les faits. Nous espérons que la Cour
d’appel ne ratifiera pas le jugement du tribunal de
Château-Thierry. Si ce jugement faisait jurisprudence,
il rendrait en principe toute intervention chirurgicale
impossible.
La lecture du rapport du médecin expert montre
que le malade était fort au courant des dangers qu’il
pouvait courir puisqu’il dit à un témoin, au moment
même oii l’on allait lui donner le chloroforme : « Tu
viens donc à mon enterrement ».
Cette constatation, précieuse pour l’avocat de notre
confrère, est pour nous d’une importance secondaire.
Au point de vue professionnel, c’est le principe qu’il faut
envisager.
Cette victime de la chloroformisation est indiscuta¬
blement morte de la syncope initiale par réflexe inhi-
bitoire, assez fréquente au cours de la période d’exci¬
tation de l’anesthésie chloroformique . L’étiologie de
cet accident est encore totalement inconnue. Nous
avons parcouru les discussions approfondies, qui, au
cours de 1902, eurent lieu à l’Académie de médecine
et à la Société de chirurgie sur les accidents dus à l’a¬
nesthésie chloroformique. On y rapporta un grand
nombre d’observations de syncope initiale. Aucun
chirurgien n’attribua dans cet accident un rôle quel¬
conque à l’alcoolisme.
M. Quénu (1) pensait alors que l’état psychique du
malade était un facteur important et conseillait de
ne pas endormir les malades dans la salle d’opération.
M. Lucas- Championnière affirmait que rien ne pou¬
vait expliquer cette syncope initiale, ni l’état du su¬
jet, ni la qualité de l’anesthésique, ni la manière dont
il a été administré (2). A l’Académie de médecine, où
MM. Huchard, Berger, Chauvel, Le Dentu, Lucas-
Championnière, Richelot, Reynès, Guyon, Brouardel,
Prunier, Panas, Poncet, Delorme, Marty, Renault (de
Lyon), etc., firent tour à tour connaître leur opinion,
l’alcoolisme ne fut jamais cité comme cause prédispo¬
sante aux accidents chloroformiques et la grande ma¬
jorité des membres de l’Académie s’accorda même à
ne pas considérer les affections cardiaques comme des
contre-indications de la chloroformisation.
Aussi, nous espérons que la Cour d’appel, mieux
informée, réformera le jugement du Tribunal de Ghâ-
(1) Soc. de chirurgie, 8 janvier 1<.K»2.
(2) Soc. de chirurgie, 29 janvier 1902.
LE PROGRÈS MÉDICAL
teau-Thierry ; elle pensera qu’en voulant poursuivre un
idéal de justice absolue placé trop haut, on risque de
tomber dans les pires iniquités, que le vieil adage :
summum jus, summa injuria, a toujours sa valeur.
Peut-être se trouvera-t-il un avocat ou un expert pour
poser la question de principe, la plus importante, la
seule vraiment importante en l’espèce, et qu'il répétera
aux magistrats les paroles que Velpeau, dans un cas
analogue, prononçait à la Cour de Paris, peu après la
découverte du chloroforme :
« Vous tenez entre vos mains, disait-il, l’avenir de la
chirurgie. La question intéresse le public plus que le
médecin. Si vous condamnez le chirurgien qui a employé
le chloroforme, aucun de nous ne consentira à l’em¬
ployer désormais ; aucun médecin, s’il sait qu’à la
suite d’un accident impossible à prévoir, il encourt une
responsabilité, ne voudra plus l’administrer. C’est à
vous de maintenir l’abolition de la douleur ou de la
réinventer. ». J. Nom.
SOCIÉTÉS SAVANTES
SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE
Séance du 23 décembre 1905.
Spirochète dans les taches de roséole syphilitique.
MM. Veillon et GiRARDont étudié les taches de roséole au dé¬
but et ont décelé le sphirochète de Schaudinn par la méthod e
I.evaditi. Les coupes montrent la valeur pathogène du spiro¬
chète qu’on voit nettement dans une lésion à l'abri d’infec¬
tion secondaire. Les lésions de la roséole syphilitique audébut
sont de la congestion intense des capillaires avec infiltration
péri-vasculaire. Le spirochète de Schaudinn se distribue dans
la peau de façon à expliquer la pathogénie de la roséole. La
tache congestive n’est pas une lésion toxique, mais une em¬
bolie du parasite par le sang qui se fixe dans les capillaires
terminaux des papilles ; il provoque une congestion. La pré¬
sence hors des vaisseaux et le début d’infiltration font soup¬
çonner des lésions plus profondes papilles.
Lésions périvasculaires de la sclérodermie yénéralisée.
Màl. Alquier et Touchard avaient déjà, dans une autopsie
de sclérodermie généralisée et intense (sclérodactylie) observé,
sur les points où la lésion était peu intense, de la sclérose pé¬
rivasculaire contrastant avec l’intégrité du tissu connectif plus
éloigné des vaisseaux. Sur des malades atteints de sclérodermie
généralisée, au moyen de biopsies, les .auteurs ont vu, sur des
I>oints peu atteints et sur des points très atteints, la présence,
autour des capillaires sanguins, de nombreuses cellules
allongées du tissu connectif iMastzellel. De ces séries d’étu¬
des, les auteurs concluent que :
Dans la sclérodermie généralisée, à un stade de début, il y
a, autour des petits vaisseaux sanguins, des cellules allongées
de tissu connectif ( Mastzellel, dont le nombre est en raison in¬
verse du degré de sclérose et diminue à mesure que la mala¬
die progresse. C’est donc par une irritation périvasculaire,
<[ue débute la sclérose conjonctive. Or, en même temps, on
constate dans les petits vaisseaux, de la tuméfaction de l’en¬
dothélium avec épaississement des lésions dégénératives de la
paroi. Il s’agirait donc, étant donné ce début vasculaire, d’une
intoxication sanguine.
Evolution générale des actes hématoly tiques.
M. Froin. — Dans le liquide céphalo-rachidien, les globu¬
les rouges peuvent se conserver intacts longtemps et quand
ils s’altèrent, leur hémoglobine est dissoute, non détruite.
Au cours des hémorrhagies méningées, le liquide conserve
une constitution chimique presque normale, et l’hémoglo¬
bine se transforme rapidement en pigment jaune. Or les
seuls éléments étrangers au liquide sont les globules rouges
et les leucocytes provenant de la diapédèse.
De 128 examens faits sur 56 hémorrhagies méningées, l’au¬
teur déduit que : 1° la résorption des globules rouges est
d’abord massive et en apparence spontanée pour se ralentir
ensuite pour co'incider avec une macrophagie locale appa¬
rente.
2» L’hémoglobinalyse, ou transformation en pigment jaune
de l’hémoglobine ne concorde pas tant avec une forte leu-
cocytose qu’avec la présence simultanée de polynucléaires
neutrophiles ou de mononucléaires. Le liquide d’une héma¬
turie peu dilué est très jaune et présente la réaction de
Gmelin.
3“ La globulolyse prédomine quand le foyer hémorrhagi(|ue
ne contient plus que quelques globules rouges, et quand les
lymphocytes et les macrophages sont prépondérants dans l’hé¬
maturie il y a alors peu de pigment jaune.
Propriétés acido-résistantes d'^s acides gras et du bacille
tuberculeux.
àlM . J. Camus et Pagniez ont déjà montré la similitude des
lésions causées dans le tissu par les acides gras et par les ba¬
cilles tuberculeux. Ces acides ont la propriété acido-résis¬
tante, et traités par les méthodes de Ziehl et d’EhiTich, réagis¬
sent comme les microbes tuberculeux. Les produits du ba¬
cille tuberculeux traités par l’éther et le chloroforme sont des
acides gras libres et des graisses neutres. Le bacille tubercu¬
leux contient donc des acides gras libres , et les propriétés
acido-résistantes qui servent à le différencier proviennent de
là.
Activité nucléaire des cellules rénales.
MM. Nattan-Larrier et Ribadeau-Domas cbncluent, d’expé¬
riences sur 6 cobayes, que les cellules rénales, au cours de
lésions rénales subaiguës, participent par leur noyau, à la sé¬
crétion pathologique. Cette activité nucléaire est représentée
par la production régulière ou anormale de filaments basaux
et d’affinités tinctoriales spéciales.
Destruction du virus rabique dans la cavité péritonéale .
M. Remlinger. — Le virus rabique, tant en sac qu’en émul¬
sion épaisse, introduit dans le péritoine du chien, perd rapi¬
dement ses qualités virulentes : après 1 heure, diminution ;
après 12 heures, suspension de la virulence. Edwars-Pilhet.
ACADÉMIE DE MÉDECINE
Séance du 2 janvier.
Au début de la séance, M. Guéniot vice-président, rempla¬
çant M. Léon Colin m.alade, résume avec beaucoup de bon¬
heur les travaux de l’Académie en 1905.
M. Guéniot annonce en termes émus la mort de MM. Mé-
gnin et Renon.
M. Capiot donne lecture du discours prononcé par lui, au
nom de l’Académie, sur la tombe de M. Mégnin.
M. Brouardel présente un ouvrage du P'- Morache.de Bor-
deaux,étudiant les divers degrés de la responsabilité crimi¬
nelle.
M.Pûncet présente une thèse duD'" Mangenot résumant ses
recherches sur la polyarthrite du conventionnel Couthon et
montrant son origine tuberculeuse.
Le tétanos.
Le P’’ Kelsch présente un travail de M. Vincent, du Yal-de-
Grâce. Ce travail est fort imioorlant pour la pathogénie du té¬
tanos. 11 offre en outre un grand intérêt pour l’étiologie géné¬
rale des maladies infectieuses.
M. Vincent observa un cas de tétanos suraigu chez un sol¬
dat, sur le((uel on ne découvrit que des égratignures insigni¬
fiantes, mais qui avait, sept ou huit jours auparavant, subi,
au cours d’une marche pendant les chaleurs, un commence-
mentd’insolation.
11 pensa que la haute température avait dû jouer ici un
rôle, en communiquant au microbe une virulence particu¬
lière. 11 inocula donc 1/5 de centimètre cube de culture fil¬
trée du bacille de Nicolaier — debarrassée ainsi des atoxines.
LE PROGRÈS MÉDICAL
— à deux cobayes, dont l’un fut placé pendant quelque
temps dans une étuve où la température était poussée de 40
degrés à 42 degrés. Sorti de l’étuve, le cobaye, qui paraissait
d’abord remis, fut pris, au bout de trois jours, de symptô¬
mes de tétanos suraigu, avec dispersion des bacilles dans tout
l’organisme, — ce qui est rare pour le microbe du tétanos,
ordinairement localisé au lieu d’inoculation, — tandis que
le cobaye non chauffé continuait à se bien porter. M. \ in¬
cent par d’autres expériences put constah'r qu’à ces tempéra¬
tures, ce n’est pas la virulence du microbe qui s’exalte, mais
la défense de l'organisme qui diminue : les leucocytes poly¬
nucléaires. les phagocytes chargés d’ahsorber les microbes
au point d’attaque, sont paralysés et sans action ; de là la pé¬
nétration rapide du bacille dans toute l'économie.
’M. Relsch rapproche cette importante expérience du rôle
des chaleurs dans d’autres maladies infectieuses (fièvre
typho'ide, choléra) du rôle thérapeutique des bains froids
dans les infections et surtout la fièvre tyi)boide.
Pour le tétanos, le lait de M. Vincent semble en opposition
avec le rôle souvent observé du refroidissement (blessés des
campagnes d’hiverl.àlais il n’est pas impossible (jue fhypother-
mie diminue les défenses organiques aussi bien (jue l'hyper-
thermie. M. Kelsch engage vhement M. à incent à reprendre
ses expériences sur des cobayes soumis à un refroidissement
artificiel. On aura ainsi une étude très complète et très cu¬
rieuse sur les causes du tétanos.
A. -F. Plicque.
SOCIÉTÉ DE ClllRL RGIÉ
Séance du 27 décembre 1900.
Branchiomes de la région sous-maxillaire (suite).
M . Arroü se souvient avoir opéré, il y a trois ans, une femme
de 68 ans, portant une tumeur dans la région sous-maxil¬
laire droite. Le diagnostic était : tumeur maligne de la glande
sous-maxillaire. M. Arrou opéra. La tumeur était adhérente
au muscle mylo-liyo'idien dont la moitié correspondante
fut enlevée. L’examen histologique, pratiqué par M. Durante,
montra qu'il s’agissait d’un épithélioma d’origine branchiale
ayant subi fenvahissement muqueux.
La malade mourut quatre mois après, en pleine récidive.
M. Le Dentu, revenant sur la question, passe en revue tous
les cas de cancer primitif des ganglions du cou qu’il lui a
été donné d’observer jusqu’à ce jour et, pour ceux dont l’ob¬
servation est complète et comprend l’examen histologique,
pense pouvoir établir rétrospectivement le diagnostic de
branchiome malin.
La cholédoco-eniérostomie (suite).
M. Deleet insiste sur ce point d’anatomie bien établi par
Wiartdans sa thèse, à savoir : la jonction très tardive du canal
cystique et hépatique pour former le canal cholédoque. Celui-
ci paraît commencer très haut, tandis qu’il naît, en réalité,
très bas, derrière le duodénum, tellement que Wiart ne lui
reconnaît pas une portion sus-duodénale. Il en résulte que
l’on croit souvent qu’il s’agit d’un calcul du cholédoque lors¬
qu’il ne s’agit que d’un calcul du canal cystique.
11 faut donc reprendre l’étude du signe classique de Cour-
voisier-Terrier d’après lequel l’obstruction calculeuse du cho¬
lédoque s’accompagne, dans la grande majorité des cas, d une
atrophie de la vésicule biliaire. Én réalité, le calcul siège la
plupart du temps dans le canal cysthiue et l’on comprend
ainsi que la vésicule, ne recevant plus de bile, s’atrophie. Au
contraire, lorsque c’est le cholédoque qui est obstrué, que ce
soit par un calcul ou par une compression extérieure, la vé¬
sicule est dilatée.
Par contre, l’obstruction du cysticiue par un calcul, ou par
une compression extérieure, s’accoini)agne toujours d’atro¬
phie de la vésicule. C’est donc, en définitive, une notion de
siège de l’obstacle à substituer à la notion de nature de l’obs¬
tacle.
•Au point de vue opératoire, M. Delbet est d’avis que dans
les.cas d’obstruction du canal double cyslico-hépatique, ce
RU il faut faire, c’est, non pas une cholécystentérosloraie ni
même une cholédocoentérostomie, mais une hépatico-enté¬
rostomie.
D’une manière générale, àl. Delbet préfère les anastomoses
bilio-intestinales aux fistules cutanées.
La chloroformisation (suite).
M. Legueu, après m. Faure, vient faire I éloge de l’appareil
de Ricard qu’il a expérimenté, dans son service de Ricêtre,
environ 200 fois. La quantité de chloroforme employée est
minime, surtout si l’on considère la dose d’entretien (moyenne
de 2'J gram.mes à fheure pendant la seconde demi-heure).
La période d’excitation est moins fréquente et moins accusée:
elle a manqué ICO fois. Quant aux vomissements, ils ont
beaucoup diminué pendant l’anesthésie, mais après l’opéra¬
tion, leur proportion est restée à peu près la même.
M. Legueu voudrait faire apporter deux modifications : la
première concerne la soupape supérieure' qui, lorsque le ma¬
lade est couché sur le côté (opéiations sur le reinj cesse de
fonctionner régulièrement ; la deuxième concerne le tube de
caoutchouc quise plie dans certaines positions etqu on pour¬
rait remplacer par un tube métallique.
1 acunces du jour de l’An.
La prochaine séance de la Société aura lieu le mercredi 10
janvier. L. Kenmrdjy.
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES IIOPITAUA
Séance du 27 décembre.
Celte dernière séance de l'année a été consacrée selon la
coutume, au résumé général des travaux et à la lecture de
courtes notices sur les membres décédés. M. le secrétaire gé¬
néral, le D' Siredey, s’est acquitté de cette tâche délicate et
diflicile avec beaucoup de tact et en une forme littéraire très
soignée.
Nous renvoyons nos lecteurs au Bulletin de la société pour
les notices complètes, ne donnant ici que quelques dates :
M. le D-- H. SoupAULT (1864-1905), né à Villeneuve-le-Roi le
15 août i864, de famille riche, fit ses humanités au collège
Stanislas, fut nommé interne des hôpitaux en 1889, pré¬
senta sa thèse sur « les Dyspepsies nerveuses » en 1893 et
f ut nommé médecin des hôpitaux en 1900. C'est dans le
service de M. ie Prof. Debove qu’il commença ses études des
maladies du tube digestif pour s’y spécialiser avec succès.
Collaborateur de MM. Debove et Achard, de M. Hartmann,
pour la chirurgie gastro-intestinale, de M. le D" Mathieu, il
publia une série de travaux remarquables qui lui ont valu
sa place parmi les spécialistes. Il était déjà atteint de la ma¬
ladie qui devait l’emporter lorsqu il entreprit la publica¬
tion de son Traité des maladies de l'estomac. Ce volume a paru
quelques jours après sa mort.
M. le D-- Lecorché (1830-1904), né le 30 mars 1830 a Saint-
Ma rds-en Olhe, fut un des meilleurs élèves du collège de
T royes, fît ses études de droit et de médecine, fut nommé
interne en 1854 et présenta en 1858 sa thèse; « De l’observation
de la vision dans la néphrite albumineuse (maladie de
Bright ». 11 tenta de se spécialiser un moment en oculistique
à la suite de ses études spéciales; il se consacra pendant un
moment à la médecine thermale, pour aborder dans la suite
définitivement les concours. 11 fut nommé agrégé en 1866,
et médecin des hôpitaux en 1872. 11 étudia spécialement iS
Maladies du rein, de la nutrition [Goutte, diabètei. Ayant aban¬
donné depuis 1894 ses fonctions, il se retira dans son pays
natal, où il mourut le 12 décembre 1904.
M. le D'^ Hkrvieux (1818-1905). Entré à l’Ecole Normale en
1838, il quitta les lettres pour la médecine. Interne en 1844
docteur en 1847 (thèse: ictère des nouveau-nés), il fut nom¬
mé au bureau central en 1857. Envoyé comme chef de ser-
vice à la Maternité, il y resta jusqu’à la lin de sa carrière
( 1883). Frappé de la mortalité effrayante des maternités, il
en etudia la cause et c’est ainsi que parut son « Traiteclini-
que et pratique des malaates puerpérales, suites de couches » et
qu’il joua le rôle prépondérant dans les discussions fameu¬
ses sur ce sujet. 11 croyait à Yempoisonnemenl puerpéral
théorie qui contribua à renforcer lidée de contagion que
devaient démontrer les travaux de Pasteur et de son école
LE PROGRÈS MÉDICAL
C’est Hervieux qui remplaça la vaccine humaine par la vac¬
cine animale.
M. le D-- Du Castel (1846-1905) docteur en 1872, médecin du
bureau central en 1880 ; il étudia surtout la vénéréologie et
la dermatologie à l’hôpital du Midi et à St-Louis.
M. leD^GuYOT (1828-1905). Nommé médecin du bureau
central en 1864, il remplaça Hervieux à la Maternité et, comme
lui fut frappé de la terrible mortalité de ce service. C’est
grâce à son énergique initiative que des mesures d’hygiène
plus sévères furent prises. Il signala à chaque instant les né¬
gligences etles abus administratifs et c’est à lui et à Hervieux
qui revient le mérite des améliorations des maternités. Cons¬
ciencieux et exact dans sa profession hospitalière, il forma
une phalange d’élèves travailleurs et sérieux (Rendu. Du-
flocq, Chevalier) auxquels il a eu la douleur de survivre.
M. le D'' Mauriac (1832-1905). Médaille d’or en 1858, méde¬
cin des hôpitaux en 1862, il fit une thèse de doctorat sur « les
altérations de la fibre cardiaque et leur importance dans la
pathogéniede cet organe «.Après avoir essayé delà gynécologie.
Use cantonna plus tard dans la vénéréologie. Fin lettré, mu¬
sicien, artiste, il voyageait beaucoup jusque dans les der¬
niers jours de sa vie. H est mort dans son pays natal (Dor¬
dogne). Friedel.
Pour l’année 1906, le bureau de la Société médicale des hôpi¬
taux est composé de la façon suivante : président : M. Letulle;
vice-président : M. Barth . secrétaire général : M. Siredey ;
trésorier : M. Hudelo ; secrétaires des séances : M.M. Josué et
Gasne.
Remplacez dans tous leurs usages
la morphine, la codéine et leurs dérivés par le
NARCYL GRÉMY supérieur en tous points
HYGIÈNE DOMESTIQUE
Le choix d un logement, son aménagement, son
entretien il)
Par Paul Juillerat,
Chef du Bureau de l’Assainissement de l’habitation et du Casier
sanitaire des maisons de Paris.
Je ne vous apprendrai rien en vous répétant qu’une des
conditions nécessaires pour conserver la santé est d’habiter
un logement salubre. Depuis plus de cinquante ans tous les
hygiénistes, à l’envi, proclament ce principe. Et pourtant,
combien d’entre vous peuvent se vanter d’habiter un loge¬
ment qui ne constitue pas un danger permanent pour leur
santé et celle de leur famille ? Je voudrais tâcher de dégager
devant vous et de faire pénétrer dans votre esprit, avec tout
l’absolu d’un dogme, un certain nombre de principes qui
devront vous guider dans le choix d’un logement.
Dans la plupart des cas, on loue un appartement parce que
le quartier vous plaît, parce qu’il est voisin soit d'amis que
l’on tient à voir, soit de théâtres que l’on aime fréquenter ;
on examine si le salon est bien décoré, si la distribution des
pièces permet f exercice facile des devoirs ou des plaisirs mon¬
dains, si les meubles que l’on possède peuvent y trouver
place. Dans d’autres cas, on prend au hasard, parce que la
maison est proche des lieux où vous appellent vos occupa¬
tions habituelles. Des conditions de salubrité du logement
on ne se soucie guère. Tout au plus demande-t-on qu’il y ait
de l’eau etque les W. G. soient du système « tout à l’égout ».
Eh bien ! le choix d’un logement est beaucoup plus compli¬
qué que cela et nous verrons que nous devons nous guider
par des considérations toutes différentes de celles que l’on
envisage le plus souvent. Gomme, en somme, le logement est
appelé à jouer un rôle prépondérant dans l’étiologie de la
tuberculose, nous examinerons d’abord les conditions qu’il
doit remplir pour nous mettre autant que possible à l’abri de
(1) Cette coiiférenee a été faite au Grand Palais par M. Paul
Juillerat à la suite du Congres international de la tuberculose.
la contagion et nous nous apercevrons bien vite que le loge¬
ment anti-tuberculeux est précisément le logement idéal.
La tuberculose, en effet, tue chaque année 12.000 Parisiens,
causant ainsi plus du 5" du nombre total des décès. Elle est
à elle seule trois fois plus meurtrière que toutes les autres
maladies contagieuses réunies. Elle frappe dans tous les
milieux sociaux, depuis le plus riche jusqu’au plus miséra¬
ble. Comment procède-t-elle ?La tuberculose est due au dé¬
veloppement, dans l’organisme, d’un microbe, d’un bacille, le
bacille de Koch. Pour devenir tuberculeux, il faut donc in¬
troduire ce bacille dans l’économie ; il faut aussi que ce ba¬
cille trouve dans nos organes un terrain favorable à son dé¬
veloppement, c’est-à-dire que notre organisme soitvis-à-vis
de ce bacille dans un état de moindre résistance, déprimé,
anémié, dépourvu d’énergie vitale. A ces deux conditions in¬
dispensables pour devenir tuberculeux, il en faut joindre
une troisième : il faut que l’action du microbe soit répétée
et prolongée pendant un temps assez long.
Le bacille de Koch est des plus résistants ; il n’est pas dé¬
truit par la plupart des antiseptiques usuels. Il pullule dans
les crachats ou les suppurations des tuberculeux et est dis¬
séminé par eux, par myriades, dans les locaux qu’ils habi¬
tent, ou dans lesquels ils séjournent, même quelques ins¬
tants. Le tuberculeux, sauf pendant la dernière période de
son mal, n’est pas alité. Il va, vient, vaque à ses occupations
habituelles pendant des mois, des années même. Et pen¬
dant tout ce temps, dans la rue, au bureau, à l’atelier, dans
toutes les parties de son logement, partout où il passe et sé¬
journe, il tousse, crache, répandant autour de lui par mil¬
lions, dans ses crachats,dans les buées qu’il projette en tous¬
sant, les bacilles meurtriers. Ces bacilles innombrables, mê¬
lés aux poussières, peuvent conserver pendant des mois et
même des années, leur redoutable virulence. Si l’on réfléchit
qu’à Paris des milliers d’hommes et de femmes promènent
de tous côtés, pendant des années, des tuberculoses ouver¬
tes, on frémit du danger permanent auquel on est exposé.
Qui peut prétendre, quelle que soit sa position sociale, qu’il
ne recevra jamais chez lui un tuberculeux, visiteur ou do¬
mestique, qui déposera dans son logis le redoutable germe ?
L’homme serait presque désarmé contre cet ennemi si la
nature ne lui avait suscité un redoutable adversaire dans
la lumière solaire. Gomme tous les malfaiteurs, en effet, le
bacille de Koch aime l’ombre ; la lumière solaire le met en
déroute et nous avons pu dire comme conclusion de nos étu¬
des sur la répartition de la tuberculose à Paris, que « la tu¬
berculose est la maladie de l’obscurité ». Tout local obscur,
que ne visitent pas les rayons solaires, peut devenir, si un
tuberculeux y séjourne même accidentellement, un dange¬
reux réceptacle où le bacille s’installera à demeure, pour
infecter successivement tous ceux qui viendront l’habiter.
Au contraire, un local clair, dans lequel les rayons solaires
pénétrent sans obstacle, pourra être souillé par les crachats
d’un phtisique ; il s’assainira tout seul en quelques minutes
ou quelques heures au plus et ne pourra jamais devenir un
foyer de contagion. Ces faits, que les travaux de Koch,
d’Edwin Solly, de Grancher, de Brouardel, avaient mis en
lumière, ont été confirmés par les belles recherches de M.
le docteur Louis Rénon, les patientes investigations de Noir
dans le quartier Saint-Sévérin, de Paul Strauss,de Fillassier
de Mosny, de Lucien Graux, de toute une pléiade de cher- f
cheurs philaniropes et aussi par les études que nous avons If
entreprises, am moyen des documents du Gasier sanitaire,
sur la répariition de la tuberculose dans les maisons de
Paris pendant les onze dernières années. Ainsi donc nous
possédons un moyen sûr, peu coûteux, d’un emploi facile,
pour détruire le bacille de Koch, c’est la lumière solaire.
Gette vérité, si grosse de conséquences, a été établie il y a
vingt ans. Vérifiée maintes fois, depuis, par les savants do
toute nation, aujourd’hui elle est, si je puis m’exprimer ainsi,
tombée dans le domaine public. Et pourtant l’action bien¬
faisante du soleil est connue depuis les origines de l’his¬
toire.
Les Aryas, nos ancêtres, le révéraient sous le nom d’In¬
dra, la forme céleste d’Agni, le feu créateur. Les théogonies
mexicaines et péruviennes avaient comme dieu suprême
LE PROGRÈS MÉDICAL
l’Astre qui vivifie et met en fuite toutes les paissances des¬
tructrices. Les empereurs du Mexique, comme les Incas du
Pérou, comme les Pharaons de l’Egypte antique, se glori¬
fiaient du titre de fils du Soleil. Le proverbe persan dit:
« Où entre le soleil, le médecin n’entre pas. » De nos jours,
une tribu de l’Arizona, les Hopis, nous semble avoir réalisé
d’une façon saisissante les desiderata de l’hygiène moderne.
Chez eux, il est interdit de construire une maison qui mas¬
que le soleil à une maison existante. Que ne prend-on chez
nous exemple sur ces sauvages ? Cela prouve une fois de plus
que la science humaine est un perpétuel recommencement et
que l’on redécouvre sans cesse des faits déjà connus depuis
des siècles.
Ces constatations nous amènent à ce premier principe :
on doit choisir un logement que les rayons solaires visitent
chaque jour dans toutes ses parties. Dans un tel logement,
en effet, le bacille de Koch peut être introduit, il n’y restera
pas. Quelques heures d’insolation le détruiront à coup sûr.
On comprend dès lors que si toutes les pièces habitées d’une
ville étaient chaque jour ensoleillées, la part énorme qui
revient à la contagion dans le développement de la tubercu¬
lose serait réduite à zéro ; la tuberculose ne serait plus
qu’une maladie ordinaire, individuelle, dont la science bien¬
tôt pourrait restreindre les ravages.
Ce ne sont pas là des vues théoriques: l’rxpérience, l’ob¬
servation directe, en ont démontré la justesse. AParis, nous
avons constaté par une observation poursuivie pendantonze
années que la tuberculose se localisait dans les maisons et
les logements obscurs; que les étages supérieurs des mai¬
sons, bien éclairés, étaient moins durement frappés que les
étages inférieurs sombres ; que la tuberculose, une fois in¬
troduite dans une maison mal éclairée, située dans une rue
étroite, pourvue de cours insuffisantes, n’en sortait plus et
continuait, malgré toutes les précautions que l'on pouvait
prendre, à y décimer la population.
Au contraire, les maisons indemnes sont celles qui sont
largement éclairées, dans des rues larges, avec des cours
spacieuses. Rénon, dans son magistral ouvrage sur les
Maladies populaires, que doit lire et méditer tout homme
qu’intéresse l’avenir de notre race a liépeint les ravages du
logement obscur. Le D'^ Noir nous a montré, par des exem¬
ples vécus, que tous les autres facteurs, l’encombrement
même, étaient secondaires quand on les compare à l’obscu¬
rité des logements.
La conclusion de toutes ces études, de tous les travaux
des savants, la seule qui s’impose, c’est que, pour pouvoir
braver le danger que fait courir à nous et à notre famille la
tuberculose, il faut, je le répète, habiter un logement dont
toutes les parties sont chaque jour visitées par les rayons
solaires. A Paris, de tels logements sont relativement rares,
malheureusement. Il faut donc savoir comment il est possi¬
ble de les découvrir. Si le logement que vous avez en vue
s’étend sur une seule façade de la maison, vous ne devez
admettre qu’une des trois expositions est, ouest et sud, à
l’exclusion du nord. Si votre appartement, ce qui est le
plus fréquent, doit présenter deux faces, ces deux faces doi¬
vent respectivement regarder les régions est et ouest, c’est-
à-dire que la rue doit, autant que possible, se rapprocher
de la direction nord-sud.
Dans les rues étroites, celles de 12 mètres, dans les mai¬
sons pourvues de cours modernes de 5 à 6 mètres de large,
ce n’est qu’à partir du 4' étage que les logements, même les
mieux orientés, peuvent recevoir une insolation suffisante.
Pour obtenir ce résultat dans les étages inférieurs, il faut
des voies de 15 ou 20 mètres et des cours exceptionnelles,
surtout dans la construction moderne. Il faut que la gran¬
deur des fenêtres soit proportionnée à la surface des pièces,
a eclairer. t
11 ne suffit pas que les pièces que vous habiterez, vous et
tes vôtres, soient largement ensoleillées ; il faut que le soleil
pénétré dans la cuisine de votre appartement. On ne sau¬
rait trop répéter qu’une cuisine obscure peut devenir, même
pour un appartement clair, un foyer redoutable de contagion
semant le deuil dans une famille. Tout le monde sait, et les
ygienistes les plus autorisés, Brouardel, Landouzy, Gran-
cher, l’ont maintes fois signalé, que les domestiques four¬
nissent dans les villes un contingent excessif à la mortalité
tuberculeuse. La cause en est à l’obscurité de la plupart des
cuisines. Dans la cuisine, en effet, où se trouvent réunis
l’évier, la boîte à ordures, le fourneau potager et le garde-
manger, la bonne, qui y séjourne 14 ou 15 heures par jour,
se trouve déjà placée dans des conditions de milieu défavo¬
rables à la santé ; en fait, les domestiques, après quelques
années de séjour dans une grande ville, sont presque toutes
anémiées, c’est-à-dire dans les conditions les plus favorables
pour devenir la proie du bacille tuberculeux.
Si une domestique tuberculeuse a séjourné dans une cui¬
sine obscure, et il en est bien peu qui ne soient pas dans ce
cas, les bacilles qu’elle y a déversés par millions, en tous¬
sant, en crachant, s'y installent à demeure ; ils se glissent
dans toutes les fissures, dans tous les reiioins, partout où
la poussière s’entasse. A partir de ce jour, toute domestique
qui habitera cette cuisine, anémiée déjà par son genre de
vie, couchée chaque nuit dans une mansarde, glaciale en
hiver, torride en été et par conséquent impropre à lui per¬
mettre un sommeil réparateur, est presque fatalement con¬
damnée à contracter l’impitoyable maladie. Ces domesti¬
ques successives contaminent sans cesse l’appartement
tout entier, les corridors, les W. C., partout où le soleil ne
pénètre pas librement. Vienne une fatigue, un surmenage
quelconque chez quelque membre de la famille, à son_ tour
il est frappé. On voit qu’en dehors des raisons d’huçanité
qui doivent nous pousser à protéger la vie et la santé de
ceux qui nous servent, notre intérêt même exige qu’il en soit
ainsi.
Le second point que nous devons considérer quand nous
choisissons un logement, c’est que les dispositions en
soient telles que notre santé générale puisse s’y conserver '
intacte.
Jules Arnould définit ainsi le» conditions de l’habitation
salubre : « L’idéal de l’habitation serait évidemment une
« création qui soustrairait l’individu, la famille ou les grou-
« pes à l’action des propriétés physiques de l’atmosphère,
« dans la mesure convenable et rien que dans cette mesure;
tt en même temps qu’elle permettrait aux Intéressés de jouir
« de l’intégralité parfaite des propriétés chimiques et biolo-
« giques de l’air. »
Une telle habitation est celle dont l’air, incessamment re¬
nouvelé, est toujours pur, qui vous protège contre les va¬
riations de la température extérieure, dont aucune émana¬
tion malsaine ne vient vicier l’atmosphère.
Les appartements ainsi compris ne sont pas rares dans
les maisons modernes. On y trouve des pièces vastes, des
murs d’une épaisseur suffisante, des appareils presque par¬
faits pour l'évacuation rapide des matières usées, de l’eau
pure en abondance. On y trouve moins souvent de bons ap¬
pareils de chauffage. Les calorifères à air chaud sont détes¬
tables ; tous vicient l’air des pièces et souvent y déversent
de l’oxyde de carbone dont, même quand il n’est pas à dose
mortelle, les effets anémiants sont aujourd’hui connus. Vous
éviterez donc avec soin les maisons chauffées par ce pro¬
cédé. Evitez également les maisons dans lesquelles on fait
usage des appareils de chauffage à combustion lente. Tous
sont dangereux et l’on ne compte plus les accidents dont ils
sont causes. Une bonne cheminée, munie d’une ventouse,
où brûle du bois bien sec est encore le mode de chauffage
I le plus recommandable. Dans un tel logement, rien ne sera
une cause de diminution de vitalité pour vos organes, et vous
et les vôtres présenterez toujours à la contagion les condi¬
tions de plus grande résistance. Si vous y joignez l’influence
bienfaisante de l’action directe des rayons solaires, vous
pouvez être sans crainte : sauf dans des cas bien rares, la
j tuberculose ne saurait vous atteindre.
En résumé, choisissez un appartement bien aéré, facile à
chauffer, pourvu de vastes fenêtres, exposé de telle sorte
que le soleil pénètre chaque jour quelques heures dans tou¬
tes les pièces, comportant une cuisine vaste, largement en¬
soleillée. Fuyez les appartements sombres, repoussez les
cuisines ob.scures, : redoutez les maisons chauffées par des
calorifères à air chaud ou des appareils à combustion lente.
10
LE PROGRÈS MEDICAL
et vous aurez supprimé pour vous et les vôtres les principa¬
les chances du contamination tuberculeuse.
Supposons que vous ayez choisi un logement répondant à
toutes ces données, il faut encore que les aménagements
que vous lui ferez subir ne détruisent pas les bons effets
de ses dispositions. Ici, c’est à vous. Mesdames, que je fais
surtout appel parce que la décoration intérieure de l’appar¬
tement est votre domaine. Il ne faut pas de rideaux aux fe¬
nêtres, ou plutôt, il né faut pas que les rideaux ni les per-
siennes soient fermées pendant le jour. Tout au plus en été,
pendant la grande ciialeur, est-il permis de les fermer aux
heures les plus chaudes du jour. Je sais bien que vous allez
vous récrier ! Le soleil mange les couleurs des tentures, des
tapisseries ; il abîme !!1 le mobilier. Certainement. Mais que
voulez-vous y faire ? 11 faut choisir entre la conservation de
votre mobilier et celle des êtres que vous aimez. Il faut
bien vous pénétrer de cette vérité que toute année que vous
ajouterez à l’existence de vos étoffes et de vos tentures par
une obscurité soigneusement entretenue, peut représenter
une année que vous retranchez à l'existence d’un des vô¬
tres. Je ne me permettrai pas de croire que vous hésiterez
un instant dans votre choix.
Une autre précaution non moins importante, c’est d’éviter
le balayage à sec. 11 faut essuyer les meubles, les murs,
avec un linge humide pour éviter de disperser les poussières
toujours dangereuses, répandre sur les parquets’ et les ta¬
pis quelques poignées de sciure de bols humide avant de les
frotter on de les balayer. Un excellent mode de nettoyage des
lapis à demeure, tapis dont l’usage ne laisse pas que d'être
assez dangereux et qu’il serait désirable de faire disparaî¬
tre, est l’aspiration par le vide. Mais il n’est applicable, vu
son prix élevé, que pour de grands appartements. J« ne
_ poursuivrai pas plus loin mes conseils. Vous êtes toutes.
Mesdames, des maîtresses de maison accomplies et ce serait
de l'outrecuidance de ma part d’insister sur l’entretien de
votre logis. Je dois ajouter toutefois qu’il est indispensable,
chaque fois que vous avez congédié une domestique, de faire
désinfecter à fond non seulemennt la mansarde, mais aussi
et surtout la cuisine. Il faut aussi faire désinfecter, avant de
l’habiter, tout appartement dans lequel vous devez vous ins¬
taller.
Ce que j’ai voulu vous dire, vous démontrer, ce que je
voudrais avoir fait pénétrer dans votre esprit, c’est que tout
local où ne pénètre pas le soleil est dangereux et peut de¬
venir pour vous et les vôtres un redoutable foyer de tuber¬
culose ; tandis qu’un local où le soleil pénètre ne peut
jamais être infecté par un microbe.
Gœlhe mourant appelait ; « La lumière ! La lumière ! ».
Que ce cri du grand philosophe expirant soit votre devise
dans le choix d'un logement. Vous tous qui avez le souci
d'éviter les maladies, la souffrance et le trépas prématuré
des êtres qui vous sont chers, faites entrer largement le
soleil dans vos demeures ; c'estle meilleur moyen d’en écar¬
ter la maladie, le deuil et le chagrin.
THÉRAPEUTIQUE
Le traitement de la grippe et de ses manifestations
broncho-pulmonaires par l'hélénine.
De toutes les manifestations grippales si fréquentes en
cette saison, celles qui portent sur les voles respiratoires
offrent plus de dangers. L'inflammation des premières voies
respiratoires détermine une toux rebelle et pénible, et est
souvent suivie de l’extension de l’infection grippale aux
bronches et même au parenchyme pulmonaire. L'action de
l'hélénine du D» de Korab, qui calme la toux, qui modifie et
diminue l’expectoration, qui jouit en outre d'un pouvoir mi-
crobicide bien constaté, sera d’une grande utilité dans le
traitement curatif de la grippe et dans la prophylaxie de ses
complications broncho-pulmonaires. Ce précieux agent thé¬
rapeutique, qui a fait brillamment ses preuves dans les
épidémies de grippe de ces dernières années, s’administre à
la dose de 3 à 3 globules d’hélénine du D"" de Korab, par jour.
REVUE CHIRURGICALE
Rédacteur spécial : M. le L. LONGUET,
Professeur à l'Ecole de Médecine de Rouen.
I. — Constipation chronique et son traitement opératoire ; par.
M. ArbuthnOT Lane. Mémoire de 31 pages avec ligures, édité
par The medical publishitig company. (Limited. London, 1904.)
A. Anatomie pathologique. — L’ectasie du tractus digestif est
le phénomène dominant. Elle porte sur l’estomac, sur la fin du
grêle, sur le cæcum, le côlon ascendant et transverse, l’anse
sigmo'ide, voire même le rectum, avec prédominance sur cer¬
tains segments du côlon, qui peuvent être pris individuelle-
pient. Et la dilatation s’associe à un allongement en longueur.
Cette distension a comme conséquences des anomalies de po¬
sition, des adhérences secondaires, des obstacles à la perméa¬
bilité intestinale : a) Anomalies de position : le cæcum s’étale en
bas et en dedans, obstruant le bassin. Le côlon transverse des¬
cend en anse très déclive, s’infléchissant en boucle, coudé à ses-
deux angles. L'anse sigmo'ide devient plus sinueuse, plus mo¬
bile. Le rectum boursouflé prend contact avec le cæcum ;
circonstance propice à l’abouchement opératoire de l’iléon dans
TansesigmoiJeoulerectum.fi) Les adhérences secondaires se
remarquent dans ces portions du gros intestin déjà relativement
fixes anatomiquement, tel le tiers supérieur du cæcum, le côlon
ascendant, l'angle hépatique, Tangle splénique, le côlon iliaque.
Ces segments s’adossent largement au péritoine pariétal avec
lequel ils contractent des adhérences de plus en plus étendues ,
la surface péritonéale de l’intestin décroissant progressivement,
y) Les obstacles de perméabilité résultent de ces dislocations.
Ils consistent en ébauche de torsion, de volvulus incomplet,
portant sur le cæcum, et principalement sur Tanse sigmo'ide
hypermobilisée. Là, l’obstruction peut être complète, la cir¬
culation se trouvant arrêtée par la rotation de la boucle sig¬
mo'ide surchargée. D’autre part, les adhérences précitées exer¬
cent parfois sur l'intestin une tension capable d'en réduire le
calibre à certains points ; et cette sténose s’exagère par la dis¬
tension sus-jacente. Cette 'cause d’obstruction extra-pariétale
s’observe surtout sur le côlon ascendant, au niveàu de la crête
iliaque. Enfin, il arrive que Tanse sigmo'ide, après une phase,
de mobilité excessive, ait son méso progressivement dédoublé,
étalé, ce qui la raccourcit, la fixe à la paroi abdominale, et de
ce fait rétrécit sa lumière.
La paroi intestinale s’amincit par atrophie de sa musculeuse
circonstance qui complique les opérations.
B. Causes. — Ces lésions seraient dues en grande partie à la
station debout, aux positions sédentaires de la vie civilisée ;
circonstances exagérées chez la femme par le corset, et dans
les deux sexes gar le développement imparfait des muscles de
la paroi abdominale. Dans l’attitude de la défécation, le cæcum
est tiré en bas et en avant dans le pelvis, tendant à entraîner
le rein droit. Ainsi nous perdons le bénéfice de l’énorme pres¬
sion apportée par le contact de la cuisse et de l’abdomen dans
la position accroupie. Cette position accroupie facilite l’éva¬
cuation du cæcum, du côlon ascendant et de Tanse signfoîde
qu’elle refoule en haut, en même temps qu’elle tend à retenir
le rein dans sa situation normale.
C. Symptômes. — Ce sont d’abord des troubles digestifs, indi¬
gestions, nausées, vomissements, flatulence, borborygmes,
bruits liquidiens dans Tiléon, constipation opiniâtre avec éva¬
cuations intermittentes du trop-plein sous forme de diarrhée
séreuse irritante. Tous ces désordres sont la conséquence de
la distension colique qui détermine une perturbation ré¬
flexe sur le tractus gastro-intestinal et une stercorémie chro¬
nique.
La douleur est sourde, spontanée, localisée sur le trajet du
gros intestin, du cæcum, du côlon ascendant, de Tangle hépa¬
tique, du côlon pelvien. Elle est réveillée par la pression,
l’exploration, le passage des matières. Elle se complique sou¬
vent d’irradiations névralgiques dans les branches du plexus
lombaire ou hypogastrique, donnant alors le change pour une
calculose rénale. Et maintes fois le chirurgien a été conduit à
examiner le rein droit qu’il trouva sain, ou légèrement ptosé.
Parmi les points douloureux d’élection, signalons le sous-
LE PROGRÈS MÉDICAL
11
costal droit ; le sous-costal gauche ; le sacro-iliaque droit. Les
deux premiers seraient dus à la traction exercée par la pesan¬
teur sur les adhérences, lorsque le malade est debout ; à la
poussée des matières lorsqu’il est couché. Le point sacro-
iliaque droit ressortirait à l’obstruction du pelvis par le
cæcum distendu. Aussi est-il particulièrement exagéré par la
défécation, donnant au patient la sensation d’un obstacle qu'il
ne peut vaincre.
Objectivement, l’abdomen est distendu, ballonné plus ou
moins irrégulièrement. Au palper, l’on reconnaît cependant
les segments coliques malades, à leur empâtement, leur car¬
tonnage, leurs concrétions fécales, molles, dépressibles ou du¬
res, ovillées, à leur pourtour bien limité. Au toucher rectal, le
cul-de-sac de Douglas est encombré par le cæcum engorgé ou
enflammé, descendant très bas.
IJétat général s’altère plus ou moins vite. Les troubles con¬
sistant en diminution de la capacité respiratoire, entraînant
comme conséquence une diminution générale des forces, et
locale de la motilité intestinale, véritable parésie. C’est peut-
être à un réveil de la tonicité colique par manipulation explo¬
ratrice, en même temps qu'à une désobstruction des anses
hépatiques ou spléniques, qu’on doit attribuer l’amélioration
temporaire plusieurs fois mentionnée à la suite de laparoto¬
mies restées infructueuses après examen du rein droit fausse¬
ment considéré comme calculeux. L'haleine est fétide. Les
chairs sont imprégnées de la même odeur. Il arrive même
que l’incision laparotomique et surtout la large ouverture de
la cavité péritonéale révèlent immédiatement à l’opérateur cet
empoisonnement fétide, caractéristique de la circulation de
substances toxiques dans les vaisseaux.
L’amaigrissement survient parfois brusquement, comme si
les tissus, après avoir offert pendant longtemps une résistance
suffisante aux poisons, cessaient tout à coup la lutte. Mais le
malade peut maigrir graduellement. Ce décharnement contri¬
bue, avec l’état sec, non élastique delà peau et le faciès terreux,
à produire une apparence de sénilité précoce.
Les téguments sont, en effet, d’aspect sale, de teinte jaunâ¬
tre qui fait dire du malade qu’il est bilieux, que son foie fonc¬
tionne mal, que les cholagogues sont indiqués. En plus de la
pigmentation générale, il y a des îlots particulièrement foncés.
Ceux-ci correspondent habituellement aux surfaces exposées au
frottement ou normalement sombres, comme la peau des lè¬
vres, de l’anus, du bord inférieur de l’aisselle, ou bien celle qui
recouvre les apophyses épineuses des vertèbres lombaires; et,
chez la femme spécialement, la peau de la paupière inférieure
et la région immédiatement sous-jacente. La partie la plus in¬
terne des paupières, les régions proéminentes de la joue et de
la tempe, les conjonctives montrent nettement cette pigmenta¬
tion. Elle disparaît au début sous l’influence d’un purgatif ;
mais plus tard, elle est définitive avec alternatives de diminution
et d'exacerbation. ,
A cela s ajoutent des troubles nerveux, de l’insomnie, des varia¬
tions de caractère, des somnolencesrappelant l’action des narco¬
tiques et dus à l’imprégnation, des centres nerveux par les pto-
maïnes en circulation. Le patient ne peut reposer sur le côté
gauche par suite de la traction exercée par le cæcum sur¬
chargé.
Tous les troubles généraux se résument en ce seul mot : la
Stercoremie chronique. La stagnation des fèces par adhérences
extrinsèques, par volvulus incomplet, par coudure du gros
intestin, explique suffisamment les résorptions de produits
toxiques au niveau de la muqueuse intestinale.
A titre de complications, signalons des lésions utero-an-
nexielles chez la. femme. La présence du cæcum enflammé
dans le pelvis détermine un matelassement de l’ovaire et de la
trompe qui deviennent kystiques. L’utérus parésié a ses fonc¬
tions ralenties, ou, au contraire, elles sont exagérées, éréthi-
ques avec irritations réflexes des mamelles.
La ptose rénaleuai ou bilatérale, avec prédominance à droite,
est si fréquente que nombre de malades observés par Larue
avaient subi préalablement la néphrorraphie. La chute du rein
serait due à la traction exercée sur ces glandes par les côlons
pesants et distendus, ainsi qu’à la disparition de la capsule
graisseuse par auto-intoxication stercorémique.
L appendiçite est une complication également très fréquente.
Elle aurait pour cause les torsions ou coudures déterminée
sur l’appendice par le cæcum prolabé. D’où transformation du
vermium en cavité close avec rétention dans sa lumière et con¬
crétion stercorale. Ce mécanisme serait particulièrement mar¬
qué chez l’enfant, quand la dislocation cæcale se produit alors
que l’appendice est encore haut, et verticalement, et profon¬
dément situé. D’autres fois, il est dû à des adhérences de cet
organe aux viscères pelviens avec lesquels il prend contact
attiré par le cæcum. Dans certains cas, l’appendicite est due à
un processus d’infection chronique relevant de la constipation
prolongée.
La dilatation stomacale s’explique en partie par la prolonga¬
tion des déjections entretenues par l’accumulation anormale
de matières dans le tube intestinal, en partie par la quantité
excessive de gaz de décomposition.
De la diminution de capacité respiratoire et des indiges¬
tions répétées, résulte un dépérissement par ralentissement des
échanges vitaux, surtout marqué rapidement chez l’enfant;
avec engorgements lymphatiques et ascite. De là, la prédispo¬
sition à la tuberculose, au rhumatisme, à la goutte, à l’ulcère
stomacal, à la gingivite, à la pharyngite, à l’amygdalite, avec
déversement de produits fétides dans l'estomac, et souillure
de l’air qui pénètre dans les poumons. Tous les microorea-
nismes trouvent un excellent milieu de culture dans les tissus
stercorémiés et en état de moindre résistance.
Cette polymorphie symptomatique explique les difficultés de
diagnostic et les nombreuses erreurs commises. On croit à une
calculose rénale, à un - affection du foie, des voies biliaires, de
l’estomac, du rectum sans penser à l’intestin. Ailleurs, on croit
à une appendicite banale, on a une tendance marquée à rap¬
porter à l’appendice toute sensibilité siégeant dans la zone de
Mac Burney ; et sur cette donnée, l’on opère. On enlève le ver¬
mium libre et mobile. L'ne amélioration survient tant que le
malade est au lit parce que la circulation des matières se fait
mieux, sans action contrariante de la pesanteur, dans un intes¬
tin horizontalement placé et au repos. Puis avec la reprise de
l’attitude verticale, tous les symptômes reparaissent progressi¬
vement.
Traitement. Il est évident qu’une thérapeutique médicale
évacuatrice s’impose aussi précocement que possible ; cela
dans le but d’éviter, avec les délabrements ectasiques du gros
intestin, l’imprégation toxique et les accidents presque irrémé¬
diables qui en sont la conséquence. Mais si l’affection est de¬
venue invétérée, médicalement incurable, il convient d’interve-
a) Comme opération, Lane a plusieurs fois pratiqué avec
succès desinterventions de correcfion consistant en section de
brides, section des bandes longitudinales, destruction d’adhé¬
rences, redressement de courbures, de coudures, de rotations
par fixations pexiques de segments intestinaux ou de leur njéso,
avec cure attentive ultérieure du fonctionnement de l’intestin.
Mais ce genre d’intervention est souvent insuffisant, et suivi
d’amélioration temporaire.
S| Lorsqu’au cours de la laparotomie, on constate des lé-»
sions trop graves et trop étendues ; il faut préférer Viléo-
sigmdidostomie, avec exclusion unilatérale du gros intestin ; on
implante l’iléon dans l’anse sigmo'ide, ou dans le rectum au cas
ou rS iliaque bridé, adhérent, n’offre pas la place suffisante.
Mais il est rarequ’après libération, on ne puisse dégager au
dehors un segment d’anse sigmo'ide utilisable.
La technique consiste i» à sectionner l’iléon à i5 centimè-
tresdu cæcum. Pour aller vite, on appliquera sur l’intestin deux
pinces écrasantes, à 3 centimètres l’une de l’autre, suivies
d’une ligature circulaire à la soie en leur lieu et place. Excision
du segment intermédiaire ; ligature du mésentère. Invagination
des deux bouts par une suture circonférencielle en bourse. a^ap-
prochementdu bout iléal au contact de l’anse sigmo'ide;3‘> anas¬
tomose longitudinale latérale de ces deux segments, par une cou¬
ronne de sutures pénétrant toute l’épaisseur des parois, et
doublée elle-même d’une rangée de sutures non perforantes.
Parfois le chirurgien anglais a anastomosé ensemble les deux
branches de la boucle sigmo'ide à l’aide d’un bouton de Murphy.
Les résultats de l'iléo-sigmo'idostomie avec exclusion sont
bons, si toutefois le grêle n’est pas trop adhérent, ni trop ma¬
lade. On peut craindre le reflux des stercora jusque dans le
12
LE PROGRÈS MÉDICAL
cæcum avec complications nouvelles. Aussi les évacuations
rectales seront surveillées chaque jour.
La colectomie •primitive est trop grave chez ces malades
intoxiqués, pour être recommandable. Mais faite secondai¬
rement lorsque la stercorémie a disparu, que le malade est ré¬
tabli, elle serait bénigne et facile. Elle conviendrait précisé¬
ment dans ces cas d’engorgement cœcal consécutif à l’anasto¬
mose avec exclusion. Plus l’intervention chirurgicale sera
précoce, meilleurs seront les résultats, car la fibre lisse intesti¬
nale, contrairement à la fibre striée volontaire, une fois disten¬
due et fatiguée, ne reprend que lentement, qu’imparfaitement
son énergie.
Cette étude est fort intéressante, pleine d’aperçus nouveaux.
Pour la compléter, j’ai hâtivement groupé autour des obser¬
vations de L. Lane (i) igoi-igoS, celles deTreves (2), de Ri¬
chardson (3) 1899, de Wolmer (4) S. L. 1899 ; de Trzebicky (5),
de Frommer (6) 1902, de F. Franke (7) (de Brunswick) 1902 ;
de von Giordano (8), deBossowski (9), de Murray (lo) igoS ; de
von Beck (i i), de Lejars (12), de Michel (i3), de Longuet (14)
1904; de Bastianelli (i5), de Longuet (16), de Pozzi (17) igoS,
pour ne parler que de celles qui portent mention d’opé¬
ration motivée principalement ou exclusivement par la cons¬
tipation et non par la colite ulcéreuse, hémorragique, ou muco¬
membraneuse.
Ces faits m’amènent à quelques considérations que voici :
A. Anatomie pathologique.~K côté de la forme ectasique par¬
tielle ou totale, qui est la plus fréquente, il faut faire place à
une forme sténosante, contracturante, où tous les segments
coliques sont uniformément rétrécis, et épaissis, remplis de
scyballes dures, formant chapelet, perceptibles au travers de la
paroi abdominale ; comme c’était le cas chez ma première
opérée. Ce cas vérifie opératoirement l’exactitude absolue de
la forme décrite récemment en clinique par Mathieu (18) sous
(1) Lane (.4.). — Observations in Clinicai Journal, Jane 5th. 1901.
Mardi 25 th. 1903, January 20 th. 1904 et Lancet : January 17 th.
1904, January 2 nd. 1904.
(2) Tmeves cité par Duval. — Revue de chirurgie : Colectomie, gué-
(3) Richardson. — Cas relaté par Fitz ; American Journal of the
med. sciences, août 1899. (Colectomie, guérison).
(4) Wolmer — (S.L.) Two cases of extreme dilatation of thesigmoid
flexure : colopexy, recovery. British med. Journal, 3 juin 1899 et
« Surgical aspects of constipation ». Lancet, 16 juin 1900.
(5) Trzebicky, in Frommer p. 48. — Zur casuistick der anomalien
des Dickdarmes. (Archiv. fur klinische Chirurgie, XLVII. I. 1902).
(6) Frommer, cité plus haut.
(7) Franke, F. (de Brunswick).— Congrès delà Société allemande de
Chirurgie 1902 et Semaine médicale, p. 131, 1902 (Iléo-sigmoïdosto¬
mie sans exclusion, insuccès thérapeutique, extirpation consécu¬
tive, guérison.
(8) Giordano. — Traitement chirurgical de la coloneciasie. [Archi¬
ves internationales de chirurgie, 1903.)
(9) Bossowski. — Idiopathic dilatation of the colon. (Annales of
Surgery, novembre 1903.
(10) Murray. — Même indication.
(11) Von Beck : 500 malades traités pour symptômes de colite
chronique, dont 6 traités par iléo-sigmoïdostomie, avec 1 mort par
péritonite due au houton de Murphy. Traitement chirurgical de la
colite chronique, 33” Congrès de la Société allemande de Chirurgie,
avril 1904.
(12) Lejars. — Les formes graves de la constipation et leur traite¬
ment chirurgical (1 guérison après laparotomie exploratrice) Se¬
maine médicale, n“52, p. 408,1904.
(13) Michel. — Iléo-sigmoïdostomie avec exclusion unilatérale du
cæcum, du côlon ascendant, du côlon Iransverse dans un cas de
constipation opiniâtre. (Congrès français de chirurgie, octobre
1904 )
;14) Longuet (L.). — (Cas n“ 1), opéré le 20 décembre 1904avec leD”
Studer, médecin de l'hôpital de Vernonet Mortagne. (Laparotomie
et colotomie évacuatrice, anus coecal.) Malade in extremis, mort.
(15) BASTrAXELLi (L.) — La colonoplication comme moyen de trait e-
mcnt des colonectasies essentielles totales ou partielles. Policlinico,
14 mai 1905.
(16) Lunglet (L.). — Cas n" 2, opéré le 15 juin 1905. (Laparotomie,
appendicectomie, salpingectomie, cæcostomie). Guérison : In Bulle¬
tins de X&Société de. médecine Ao Reims, 1905.
(17) l’üzzi. — Colotomie évacuatrice et colonoplirature ; guérison.
I S' Congrès de chirurgie de Paris, octobre 1905.
(18) Mathieu. — Gaiçette des hôpitaux, 17 août 1905.
le nom de constipation spasmodique, dont la corde colique de
Glénard est l'une des expressions objectives.
B. Cliniquement. — J’ai observé plusieurs formes particulières
dues à la prédominance d’un symptôme :
Ce sont : 1“ une forme fébrile, où les frissons, la fièvre à 38»5,
et son cortège surviennent par intermittences plus ou moins
régulièrement périodiques, chacune des poussées coïncidant
avec une exacerbation de la constipation, et de la stagnation,
(cas personnels non opérés) ; 2“ une forme pseudo-diarrhéique,
dans laquelle les évacuations trompeuses s’accompagnent néan¬
moins de rétention coprostasique excessive. Le flux en hyper¬
tension s’infiltre entre les concrétions stercorales et la paroi
intestinale ; mais l’intestin n’en reste pas moins encombré. (Cas
personnels non opérés.)
3” Une forme à prédominance nerveuse. G. Beck a signalé
ces malades longtemps soignées comme névropathes. La cause
réelle et originelle de cette névropathie passe inaperçue. Elle
est due à la colite. Je rapprocherai ces faits desnéphroptoses et
des splenoptoses à forme nerveuse prédominante.
4° Une forme à prédominance de tumeur. Dans une obser¬
vation de J. Ditlmar (i)(de Wilhemshagen), la masse d’ampleur
exceptionnelle avait le volume d’une tête d’enfant ; elle était
mate, peu mobile, régulière, ferme, située dans le flanc et l’hy-
pochondre gauche. Quatre fois, elle avait fait une apparition
soudaine, pour se dissoudre et fondre après de larges débâcles.
La dernière fois, le bloc mit 4 mois à se laisser entamer et alors
s’effritant en une nuit, il disparut, laissant l’abdomen souple à
son endroit.
5° Une (orme pseudo-néoplasique : Assez souvent, comme le
rappelle Lejars, l’affection joue absolument le tableau du can¬
cer ; âge avancé, teinte jaunâtre, tumeur abdominale, diffuse,
état général cachectique, par suite d’une intoxication stercoré-
mique invétérée. Avec un lavement huileux, avec un purgatif,
le pseudo-néoplasme s’évanouit.
G. Au point de vue pathogénique, on tend à faire jouer un
rôle prédominant à la congénitalité. Quant à l’explication mé¬
canique de ptose rénale par traction sur le rein, des côlons dis¬
tendus et pesants, elle me semble peu acceptable. J’ai vu la
ptose colique associée à la ptose stomacale, à la ptose rénale,
à la rétroversion utérine, au prolapsus génital, à la ptose de
la paroi abdominale en forme de tablier. En sorte que ces pto¬
ses, au lien d’être subordonnées les unes aux autres, me
semblent ressortir toutes à une seule et même maladie, à ma¬
nifestations multiples : l’insuffisance physiologique congéni¬
tale ou acquise du tissu fibreux. A. Lane considère la colonec-
tasie comme consécutive à la coprostase. On peur se deman¬
der si l’inverse n’a pas lieu, si la coprostase n’est pas consécu¬
tive à l’ectasie colique. Parmi les complications, s’il est vrai
que l’appendicite peut être la conséquence d’un prolapsus
cœcal ou d’une dilatation du gros intestin je crois, par contre,
avoir suffisamment démontré que, dans certains cas du moins,
la lésion colique dyspepsigène esf la conséquence d’une appen¬
dicite chronique retentissant sur le côlon ou s’y propageant (2).
D. Thérapeutique. La question du traitement chirurgical de
la constipation chronique est encore trop neuve pour être au¬
jourd’hui tranchée en une formule nette et précise. Voici quelle
est ma manière de voir :avec tous,je suis d’accord pour recon¬
naître que le chirurgien ne doit intervenir qu’après l’insuffi¬
sance et l’échec bien constaté d’un traitement médical consis¬
tant en grands lavages chauds sous faible pression, régularisa¬
tion des évacuations, introduction d’une sonde un peu longue
dans le rectum pour faciliter l’émission des gaz ; friction, mas¬
sage, électrisation intestinale (3).
A cela Mathieu ajoute les calmants, bains chauds, douches
chaudes, le repos physique intellectuel et moral, la belladone,
la jusquiame à titre d’anti-spasmodique. L’usage des purgatifs
devra être évité autant que possible.
(1) Cas rapporté par Lejars.
(2) Longuet(L.) — De la dyspepsie appendiculaire.(5em<iùie med/
ca/e,juin 1902)
(3) Dans une observation de S. V. Levi (de Philadelphie) on
a employé la strychnine et l’ésérine pour réveiller la contraction
intestinale. (Pédiatrie soc/et/,séance du 13 octobre 1903,in fl reft/ve*
of pediatrics décembre 1903, p.935.)
LE PROGRÈS MÉDICAL
13
Chirurgicalement, deux méthodes sont en présence : la pal¬
liative, sous forme d’entéro-anastomose; la radicale, sous forme
de colectomie. Or je crois au contraire à l’avenir cæcostomie
associé aux fixatures vicérales.
La méthode palliative comprend :
1° La ponction intestinale pour évacuer les gaz. Or, cette
opération me semble devoir être rejetée radicalement, comme
insuffisante et dangereuse.
2° La laparotomie exploratrice avec massage de l’intestin n’est
également qu’une défaite. Elle ne peut donner qu’un résultat
temporaire fort court.
3“ L'opération correctrice seule est encore défendue par quel¬
ques chirurgiens. Sous ce nom, je groupe un ensemble de ma¬
nœuvres opératoires consistant en section (i) des brides, des
adhérences, des bandes longitudinales (Lane) — en fixation {2)
des segments ptosés après redressement de leurs courbures et
torsions ; colopexies (Woobner) — en colotomie évacuât nce (3)
c’est-à-dire en incision du côlon pour extraction séance te¬
nante du ou des stercoromes, avec fermeture immédiatement
consécutive, colorraphie.f Longuet, cas n» i) — eaplicaturage(4)
du gros intestin pour en rétrécir le diamètre ectasié. (Parla-
vecchio;Bastianelli).
Les succès donnés par l’opération correctrice pure n’ont pas
étésuivis assez de temps pour emporter définitivement les con¬
victions. Le plicaturage ne se présente pas sous le même jour
qu’au niveau de l’estomac. Il me semble ajouter une série de
sténoses artificielles aux sténoses pathologiques qu’on cherche
précisément à supprimer. Enfin la récidive est possible comme
après toutes les opérations palliatives. En sorte que l’opinion
de Lace, défavorable à l'opération correctrice, dont il a fait
lui-même l’expérience, semble être l’expression de la vérité.
4° VUéosigmoïdostomie{5} est, dit-on, l'intervention de choix,
car l'anus artificiel, avec lequel on la peut mettre en parallèle,
est une infirmité dégoûtante. L’anastomose doit être cachée,
et non ouverte à l’extérieur.
On pratique soit l’anastomose de l’iléon avec l’anse sigino'ide
ou le rectum, soit l’anastomose du côlon avec lui-même. Et
l’anastomose est simple ou bien associée à une exclusion uni¬
latérale de l’intestin.
Cette pratique aurait le même avantage que la colectomie,
sans en avoir la gravité ; ce serait une colectomie physiologi¬
que, le côlon étant fonctionnellement supprimé (Giordano).
Or, cette intervention n’est pas exempte de gravité chez les
malades profondétnent intoxiqués de vieille date. Elle laisse
subsister intégralement la stase colique, cause de la stercoré¬
mie ; et cela qu’il y ait ou non exclusion unilatérale de l’intes¬
tin. Dans deux cas, l’un de Franke, l’autre de Lane, on dut
réintervenir par suite d’accidents de rétention dans le segment
colique sus-jacent à l’anastomose. Le siège de la néostomie au
voisinage du rectum expose le malade à des défécations diar¬
rhéiques réitérées, incoercibles. Enfin, dans un cas, Giordano
assistantà 1 éclosion d’une appendicite quelque temps après
l’intervention, eut le regret de n’avoir point enlevé le vermium
lors de la première séance.
5“ Laniis artificiel complémentaire on non d’une cœliotomie
est pour moi l’intervention palliative de choix. Voici quelle a
été ma conduite :
a) Cœliotomie abdominale, exploratrice, destinée à remédier,
s il y a lieu, à un obstacle mécanique, ablation d’une trompe
malade, par exemple.
(1) Observations de sections des bandes longitudinales, des bri
e>\ insuffisants. A. Lane.
M '^‘'*«fvations de fixations eolonoiiexiques (bons résultat
rapproches). Woolmer, Trzeiiigky.
V ) Observations de colotomie évacualriee. Longuet, cas n* 1, cæco
toime. Pozzi, sigmoldotomie.
tint! de coloncplicature. Parla vecchio (expérimenta
ceTder. i ®f“‘“"*-.I’-U'8TiANELLl, Pozzi (bons résultats dan:
ces dernieres observations).
simple. Fromer, 1902 ; F
nllérieure ) ’ (Kuérison suivie d’une app4'ndicit.
<^’déO‘sigmoidostomie avec exclusion unilatérale
rison)! ’ ' ^ 1
b) Appendicectomie séance tenante, le vermium étant toujours
suspect pour l’instant ou pour l’avenir, c) Fixation à l’aide de
quelques points des organes ptosés : côlon pelvien, côlon
transverse, utérus, d) Fermeture de l’abdomen, e) Cæcostomie
par une petite laparotomie latérale ; le cæcum est fistulisé à la
plaie, au niveau de sen fond sous forme d’un pertuis aussi
petit que possible, réalisant en même temps une cœcopexie.
Ultérieurement, lavages abondants du gros intestin par la
néostomie.
Cette cæcostomie est préférable à une appendicostomie.
Aboucher à la plaie l’extrémité du ver.i ium pour introduire
ensuite des sondes par sa lumière, ce serait, si non aller au
devant d’une appendicite, par réveil d’une infection déjà latente
dans le diverticule, du moins méconnaître l’utilité de la sup¬
pression de cet organe dans les cas dé ce genre. D’autant que
la situation anatomique de l’appendice est parfois défavorable
à un rapprochement cutané, a moins de traction, de rotation
et de torsion du cæcum, et qu 'enfin le canal appendiculaire,
souvent oblitéré, est inserviable comme l’a fait remarquer
Lejars.
Les bénéfices de la coecostomie s'accusent immédiatement
par l’évacuation des gaz et la suppression du météorisme, du
ballonnement avec ses conséquences, ultérieurement, par la
disparition progressive de la constipation, de la stase, et de
tous les symptômes de stercorémie. La circulation des matières
se rétablit sous l’influence des lavages quotidiens des côlons
et de la progression déterminée par ceux-ci dans le sens phy¬
siologique. Les parois intestinales ectasiées reprennent pro¬
gressivement leur calibre et leur tonicité. Enfin le spasme dis¬
parait, au même titre que dans la gastrotomie pour sténose
œsophagienne. Or, le spasme est d’importance capitale d’a¬
près les travaux de Mathieu. J’ajoute que le qualificatif d’in¬
firmité dégoûtante n’est ici nullement justifiée. A leur arrivée
dans le cæcum, les matières sont dénuées delà fétidité qu'elles
ont après stagnation colique lors de toute défécation ; ce fait
était fort net chez mon opérée. Et l’incontinence par la néos-
tomie avec tt^us ses inconvénients d’érythème, d’inflammation
est totalement supprimée si la cæcostomie est de dimension
minuscule. Il n’en reste pas moins que la récidive est théori¬
quement possible après les opérations palliatives, quelles qu’elles
soient.
2“ Opération radicale. La colectomie suivie de la restauration
de continuité pa anastomose terminale, ou termino-latérale de
l’iléon au rectum est d’exécution plus complexe, de pronostic
opératoire plus sérieux que les opérations palliatif es. Primi¬
tive, elle me paraît imprudente chez les malades dont il s’agit
dont la résistance est amoindrie par stercorémie. Au contraire
consécutive, secondaire à la cæcostomie après rétablissement
de l’état général, elle semble d’uiy pronostic plus bénin. L'ave¬
nir est peut-être dans cette suppréssion radicale du sac septi¬
que qu’est le gros intestin avec toute sa flore microbienne si
riche et les conséquences qu’elle entraîne, conséquences sur
lesquelles le professeur Metchnikoft a récemment appelé l’at¬
tention. Mais pour l’instant, l’heure ne semble pas encore
venue de préconiser la colectomie pour constipation autrement
qu’en seconde ligne (1)
IL— Ua chirurgie enseignée par la stéréoscopie. (Cure radicale
de la hernie inguinale, A 3 stéréoseopies ; par Camescasse et Lehman.
(Editée par J. -B. Baillière ; 19, rue Hautefeuile, Paris, 1900.)
Qui donc nierait aujourd’hui l’importance de l’enseigne¬
ment par la photographie et ses dérivés. Sous toutes ses for¬
mes, cette méthode complète celle du dessin, des planches,
figures,' schéma. Elle a même l’avantage d’être plus à la portée
de tous par son exécution purement mécanique. Elle' est plus
précise aussi, et plus censurale.Elle complète le dessin, qu’elle
ne peut prétendre toutefois supplanter complètement. En chi¬
rurgie, le mode de démonstration graphique est d’application
fort étendue. Pour ma part, j’estime que l'enseignement clinir
que ou opératoire est en grande partie réalisable par cette
méthode. C’est le meilleur moyen d’évi’er d’inutiles souffran¬
ces et des présentations de malade devant une assistance d'é-
(1)1>UVAL cite 2 surcès sur 5 colerlomie» (Treven-Birbnrjlson).
L. C.iiEiMSSE ; In Semaine médicale, n"46, |). Jll, 1904, ajoute les
succès de Bossowki et de Murray.
14
LE PROGRÈS MÉDICAL
lèves pour le seul besoin de l’instruction. Or, avec les progrès |
de la sociologie, le jour est venu où quelque patients refusent |
toute exhibition publique avec leurs nmiladies e: infirmités, i
Pourquoi le pauvre, disent-ils, aurait-il, à cette heure le privi- 1
lège de payer les exigences de l’enseignement, alors que la
science met à notre disposition de riches, de multiples moye ns
de représenter avec une exactitude presque parfaite, ce qu’il
faut voir, entendre et savoir ?
Le livre de Camescasse-Lehman paraît donc au bon moment.
11 éveille notre attention sur le profit que nous devons tirer de
la stéréoscopie. Et ce profit est, en effet, très réel, ne serait-ce
qu’au point de vue historique. Ainsi le petit volume dont il
est ici question nous révèle l’état de la chirurgie à la fln du siè¬
cle dernier. Nous reconnaissons l’empreinte d’un grand maî¬
tre de l’époque immédiatement prébiologique. Dans la tech¬
nique reproduite par ses disciples, noas assistons au règne du
pincement. Pour une cure de hernie, le champ opératoire est,
à la page 1 5, occupé par de nombreuses pinces à forci pressure,
avec quelques grands clamps ; soit 22 anneaux disposés en
couronne autour de 1 incision ; avec application des mors non
seulement sur les vaisseaux, mais sur le sac herniaire, sur la
section aponévrotique de l’anneau inguinal externe, sur les
chefs des fils.
Dans ma conception de la technique, guidée par la biologie,
l'absence totale de pincement donne un lacies absolument diffé¬
rent au champ opératoire. A la ligature des artères après ap¬
plication de pinces hémostatiques, je substitue la ligature im¬
médiate par un fil passé à l'aide d'une aiguille autou du vais¬
seau. La forcimorçure massive a le gros inconvénient de frois¬
ser, meurtrir, contusionner, nécroser une quantité considéra¬
ble d’éléments histologiques surpris en pleine santé ; ceux-là
mêmes qui, voisins des diérèses, constituent les meilleurs fac¬
teurs, les premiers agents de la reparation. Je reviendrai sur
cette questio.1 fondamentale de machirurgie biologique.il n’en
reste pas moins acquis que le livre d:nt nous parlons est d’un
puissant inté.êt historique, puisque précisément il reste pour
nous l'un des stigmates la physion: miques de la chirurgie opé¬
ratoire de la deuxième moitié du XIX' siècle jusqu’à l’année
1900 ; apparition de a phase biologique pure.
III. — Les indications des interventions chirurgicaies dans les
maladies internes : par Herman SchleSINGEI!, (le Vienne. (Tra¬
duction deL. Liclitwilz et J. Sabrazès ; (Deuxième partie). Edile
par Vigot,23, place de l’Ecole-de -Médecine, Paris, 1905.)
Ce petit volume contient en 25o pages un c.urt résumé des
maladies du foie et de la vésicule biliaire, de la rate, du pan¬
créas, du rein et du bassinet, de la vessie. La pari ie clinique tient
une large place ainsi que la discussion du diagnostic et des
indications opératoires. A côté d’observations personnelles, on
trouve un reflet des travaux les plus importants publiés sur
ces sujets. Toutefois ces questions sont e .core en grand
nombre trop fluctuantes pour qu’on puisse aboutir à des solu-
.tions nettes sur le chapitre de thérapeutique.
IV. — Chirurgie du système nerveux ; crâne et encéphale : ra¬
chis et mœlle ; iiar Hehc.ek cl H. H.vrtmaxn (rédigée par Ma¬
rion). (Editée ](ar Sleinhcl, 2, rue Casimir-Delavigne, Paris, 1905.)
(Illustrée), par Varice.
La chirurgie du système nerveux reste en retarJ*Sur celle des
autres viscères, malgré les progrès de la technique générale.
Et ses résultats sont encore loin d'être satisfaisants. L’œuvre
considérable de Chipault a mis les questions au point. Les tra¬
vaux de Duret constituent d’autre part une œuvre personnelle
non moins documentée. Marion s’en est inspiré, et grâce à ces
travaux, il a cherché et réussi à écrire un livre essentiellement
pratique. Aucun doute qu’il n’ait présenté aussi clairement
que possiole « l’indication de ce qu’il faut faire dans chaque cas
et la meilleure façon de le réaliser ». Et pourtant ’a tâche était
particulièrement ingrate, chaque opérateur n’ayant, dans l’es¬
pèce, qu’une expérience fort restreinte. Ce gros ouvrage est donc
recommandable à plus d’un titre. Il est de ceux qu’on ne peut
guere analyser ; sa lecture s’imposan à tous ceux qui s’adon¬
nent spécialement à cette branc’ne fort intéressante de la chi-
VAJIIÂ
Congrès International d’Assistance publique et privée
de Milan (Italie) au printemps de 1906.
L’initiative du Congrès de Milan étant partie de Paris, la
France se doit à elle-même d’y être convenablement représen¬
tée. L’adhésion ne sera pas sans utilité pour les personnes que
leurs occupations empêcheront de se rendre en Italie au mois
de mai prochain ; contre le versement de la cotisation de vingt
francs, elles recevront non seulement le bulletin préparatoire
de ce Congrès, dont 4 numéros sont déjà parus, mais aussi le
compte rendu complet des séances et la collection des rapports
comprenant des travaux originaux de notabilités du monde
entier sur les cinq questions de l’ordre du jour.
Ces questions ont trait : à l’assistance des étrangers ; à l’é¬
ducation des auxiliaires bénévoles de l’assistance publique ou
privée ; à la protection de la jeune fille et de la femme isolée ;
à la lutte contre la mortalité infantile ; à l’évolutioii sociale
qui tend à substituer progressivement la prévoyance à 1 assis¬
tance.
En outre, le Congrès publiera une statistique internatio¬
nale et rétrospective de l’assistance dans les grandes villes.
Les adhérents et adhérentes qui pourraient disposer d’un
mois ne profiteront pas seulement des facilités de communi¬
cations accordées pour se rendre à Milan, ville nouvellement
desservie par la voie ferrée du Simplon, et pour visiter son
exposition internationale, des réductions sur les chemins de
fer leur seront accordées pour excursionner en Italie, notam¬
ment pour un voyage circulaire permettant de visiter en vingt
jours les principaux établissements d’assistance du Royaume.
Pour donner un aper(;u de ce voyage d’études et d’agrément,
dont les dernières dispositions restent à régler, il suffit de faire
connaître, que, moyennant le prix à forfait de 330 fr. on sera
défrayé de toutes dépe-ases d’bi'itels, voitures, gondoles d’ex¬
cursion, compris les divers pourboires et la rémunération des
guides, du 27 mai au 17 juin, à Milan Venise, Bologne, Mo-
rence, Fiesole, Rome, Caserte, Naples, Sorrente, Pompeï,Bat-
tipaglia. Messine, Taormina, Catane, Palerme, Tivoli, Sienne
Pise. Gênes et Turin.
On sait d’autre part que le Congrès se tiendra du 23 au 27
mai. Durant cette période, tout adhérent pourra trouver à
Milan le logement et la nourriture (trois repas; dans les hiMels
désignés par le Comité, à partir deO fr. 25 par jour, compris
lumière et service.
La cotisation de '20 francs doit être envoyée, avec l’adhésion,
au Trésorier du Congrès International d’Assistance Valazzo
Municipale Milano (Italie),
Les collectivités peuvent adhérer comme les individus. Les
gouvernements s’y feront représenter ; les villes, les départe¬
ments, les établissements publics, les œuvres charitables, y _
sont égalementinvités. ^
Si vous voulez vousépargner la peine de prendre un man- ^
dat-poste international, vous pourrez adresser le montant
des adhésions recueillies par vos soins, en un chèque ou en ,
toute autre valeursur Paris,à M. Rondel, secrétaire du Comité '
International, 161, boulevard Murat ( \M'’l, (jui se chargera de J
les transmettre collectivement. ^
Ordonnance pratique contre la tuberculose.
Nous lisons dans Y Eclaireur du ¥•= Arrondissement la lettre
suivante d’un conseiller municipal socialiste que nous 'ou-,
drions bien voir contresignée par tous les élus parisiens :
Les illustres Esculapes. qui congressionnent chaiiue annéel^
dans les grandes villes d’Europe, contre la Tuberculose, font J
des efforts surhumains pour trouver dans le domaine delà. I
science médicale un remfîde à ce terrible fléau, qui fauche j
tous les ans, rien qu’en France, 175.000 vies humaines. E»t' J
ce bien dans la science médicale que nous devons chercher*
le remède !' N’est-ce pas pluhàt dans le domaine économûiue^
des nations ? ■
I L’ordonnance suivante, rigoureusement observée, ne se-H
rait-elle pas plus efficace (pie tous les remèdes pliarmaceu*B
tnpies 2 H
1» Eviter de tuer le ver, le matin, sur le zinc ;2® Se dispen^efU
LE PROGRÈS MÉDICAL
de prendre avant chaque repas l’apéro, qui n'est que la fausse
clef qui ouvre rapvélit ; 3“ Observer scrupuleusement le repos
de la nuit ; 4» Tenir le corps, les vêlements et le linqe propres ; 5“
Travailler 8 heures par jour, sans surmenage physique ; 6° Ha¬
biter un logement largement aéré et bien éclairé ; autant que
possible ensoleillé ; 1° Faire trois repas par jour, de nourriture
saine et suffisamment abondante.
Le Docteur de la Sociale, Jean Colly, Conseiller municipal.
P. S. - On m'objectera que, pour faire établir cette ordon¬
nance, il faut beaucoup d’argent ? Je réponds par avance :
que les articles 1 et 2 apportent au contraire des économies
dans le ménage ; que le 3® est facilement réalisable ; que le
4' ne coûte pas grand’chose ; que le ô', quoique difficilement
applicable, peut néanmoins être réalisé, si les travailleurs le
veulent fermement. Il n’y a que les gens qui ne font rien
qui sont opposés à la journée de 8 heures. Et qu'enfin, pour
ce qui est des 6' et articles, le monde du travail, ce grand
producteur de toutes les richesses, n’a qu’à réclamer un peu
plus énergiquement qu’il l’a fait jusqu’à ce jour ses droits à
la vie. Dans une société bien harmonisée, au point où nous
en sommes du progrès réalisé, chacun devrait pouvoir se lo¬
ger à l’aise, s’habiller à sa taille et manger à sa faim. J. C.
!. ^ Contre la diarrhée des tuberculeux.
Phosphate tricalcique . 2 grammes
Mie de pain de froment . 'i —
Gomme pulvérisée . .. 14 —
Sucre blanc . 12 —
Eau de fleurs d’oranger . 2 —
Eau distillée . q. s. p. 200 cc.
A prendre dans les vingt-quatre heures par cuillerées à
soupe ou par verres à madère. Rénon.
II. -- Contre les adénites tuberculeuses.
Calot (de Berck) cité par le D'- Loze dans sa thèse conseille
les injections, dans le ganglion, de 1 c.c. de :
Naphtol camphré . .
Emulsine . Uà 1 gramme
Glycérine neutre . : . )
Huile stérilisée. . . .
Ether .
Naphtol camphré..
lodoforme .
Créosote .
Gaïacol .
On ne doit d'après Loze ne jamais injecter plus d’»» centi¬
mètre cube. L’injecMon se fera lentement, en évitant de la faire
dans du tissu sam*ou dans le foyer d’ un abcès, siège d’une
hémorragie.
Allaitement, Dentition, ) pk
Rachitisme, Bronchites, i Çhaux du D Churchill. Del
Lymphatisme, ’ / ^ ’ cuillères a potage par jour.
Diabète, Cancer.
Natalité ds Paris. — Du dimanche 3 décembre au samedi 9
décembre 1905, les naissances ont été au nombre de 1040, se dé¬
composant ainsi ; légitimes 754, illégitimes 292.
Mortalité a Paris. — Population d’après le recensement de
1901 : 2.660.559 habitants. Les décès ont été au nombre de 937,
savoir : 472 hommes et 465 femmes . Les décès sont dus aux
causes suivantes : Fièvre typhoïde (typhus abdomin.) : 5. —
Typhus exanthématique : 0. — Fièvre intermittente et cachexie
palustre : 0. — Variole : 4. — Rougeole : 19. — Scarlatine : 0.
— Coqueluche: 1. — Diphtérie et Group : 3. — Grippe ; 2.
— Choléra asiatique : 0. — Choléra nostras : 0. — Autres
maladies épidémiques : 0. — Tuberculose des poumons : 174. —
Tuberculose des méninges : 22. — Autres tuberculoses : 9. —
Cancer et autres tumeurs malignes : 68. — Méningite simple : 19.
— Gonge.stion hémorrhagique et ramollissement du cerveau : 62.
— Maladies ,organiques du cœur : 79. — Bronchite aiguë : 9.
— Bronchite chronique : 27. — Pneumonie : 30. — Autres affec¬
tions de l’appareil respiratoire : 96. — Affections de l’estomac
(cancer exc.) : 3. — Diarrhée et entérite de 0 à 1 an : sein : 5 ; au¬
tre alimentation : 5. — Diarrhée et entérite de 1 à2 ans : 4. — Her¬
nies, obstruction intestinale : 12. — Cirrhose du foie : 10 — Néphrite
et mal de Bright : 29. — Tumeurs non cancéreuses et autres ma¬
ladies des organes génitaux (femmes) : 3. — Septicémie puerpérale
(fièvre, péritonite, phlébite puerpérale) : 2. — Autres accidents
puerpéraux de la grossesse et de l’accoucnement : 3. — Débilite
congénitale et vices de conformation ; 26. — Débilité sénile : 36.
APIOLINE CHAPOTEAUT
N« RA» CONFOND»* AV*C l’ÀFIOL
L’ipioline exerce son action sur le système circulatoire, en déterminant des
phénomènes de congestion vasculaire et d’excitation, en même temps que sur la
contractibilité de la fibre musculaire lisse de la matrice. L’Apioline liquide, cou-
ew acajou, est renfermée dans de petites capsules rondes, contenant chacune
J. n Administrée 2 à 3 jours avant l’apparition des règles, à la dose
prises aux repas, l’Apioline rappelle et régularise
le nux mensuel. — rharmarie VIAI,. 1, me Beardalone, PA B 18
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t SUCCED/W1E PE LA MORPMIME.3
La Société Chimique d’Antikamnia e. rue de la paix, paris
DANS TOUTES LES PHARMACIES
16
LE PROGRÈS MÉDICAL
— Morts violentes : 27. — Suicides : 9. — Autres maladies : 116.
— Maladies inconnues ou mal définies : 17.
Mort-nés et morts avant leur inscriotion : 62. qui se décom¬
posent ainsi : légitimes 42, illégitimes 20.
Distinctions honorifiques. — Sont nommés : Officiers de l' Ins¬
truction publique : MM. Boursier, Lebruy, Lance, Minet, Roche,
Astier, Delmas, Guichard. — Officiers d’ Académie : MM. Roeser,
Beauvellard, Plicque, A. Dumont, Mouton, Bretonville.
Légion d'honneur. — Sont nommés Chevaliers : MM. Devaux,
Legendre, Neiret, médecins-majors.
Société médicalf, du littoral méditerranéen. — Dans sa
dernière séance, la Société médicale du littoral méditerranéen a
procédé à l’élection de son bureau pour l’année 1906. Ont été élus :
Président : D' Cuiter (Cannes); vice -présidents : D'' Vivant (Mon¬
te-Carlo) ; Moriez (Nice) ; Baréty (Nice) ; Sardou (Nice) ; secré¬
taire général : D'' Hérard de Bessé (Beaulieu) ; trésorier : D'’
Bonnal (Nice) ; Archiviste : D^ Ardoin (Nice) ; secrétaires : D’’®
Mignon (Nice) ; Gilli (Nice) ; Bienfait (Cannes).
Nécrologie. — Nous avons le regret d’annoncer la mort de M.
le D' Delarue, député radical de l’Ailier. M. Delarue a légué
toute sa fortune (800.000 environ) à la ville de Gannàt et sa maison
de Gannat destinée à devenir un Musée local ; de M. Mégnin,
vétérinaire, membre de l’Académie de médecine ; de M. le D'
PiÉCHAUD, professeur de Clinique infantile . à la Faculté de mé¬
decine de Bordeaux.
Chronique des hôpitaux.
Fondation ophtalmologique Adolphe de Rosthschild, 29,
rue Manin et rue Priestley, 56-58 (Buttes Chaumont).- — Méde¬
cin en chef ; D’’ A. Trousseau. — Cette fondation regoit les ma¬
lades atteints d’affections oculaires curables. — Opérations : Le
mercredi à 9 h. du matin : D’’ A Trousseau. — Consultations :
Tous les jours de 9 à 11 h. le matin; D'' Sulzer. ■ — Tous les
jours de 1 à 3 h. le soir ; D'' Millée. — Les mardi, jeudi et sa¬
medi de 7 à 8 h. du soir : D"' Hourmouziadès et Df Vigier. — Ser¬
vices auxiliaires : Réfraction et examens fonctionnels : D’’ Polak.
— Electrothérapie : D' Bissérié. — Bactériologie et histologie :
D' Duclos. — Oto-rhino-laryngologie : D' F. Landolt.
Hospice de Bicétre. {Fondation Vallée). — M. Bourneville
Visite du service (gymnastique, danse, travail manuel, écoles, et
présentation de malades) le samedi à 9 h. et demie très précises.
Consultations' médico-pédagogiques gratuites pour les enfants, le
jeudi à 9 h. 1/2.
Clinique d’accouchement Tarnier. — Professeur P-- Budin.
— Tous les mardis à 9 heures : Leçons de clinique obstétricale.
Tous les samedis à 9 heures, Leçons sur l'allaitement et l’hygiène
du nourrisson.
Hôpital de la Charité. — Leçons de clinique obstétri¬
cale. — M. le D'' M.AYGRiER(amplîithéâtre Potain), le jeudi à 10
heures.
Hospice de i-a Salpêtrière. (Clinique mentale et nerveuse).
— M. le Dr J. Voisin, le jeudi à 10 heures.
Hôpital Laennec. — M. le D' E. Barié : Leçons de clini¬
que et de thérapeutique sur les maladies du cœur, le mercredi à
10 heures.
Hôpital de la Pitié, — Dr Rénon : Maladies du cœur et du
poumon (diagnostic, thérapeutique, diététique, médecine profes¬
sionnelle! le vendredi à 10 heures du matin.
Hôpital Broca. — Le D' G. Thibierge , à 10 h. du matin,
leçons sur les maladies de la peau et la syphilis (avec présentation
de malades) .
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Vaudet (P.aul). — Technique précise de radiothérapie. 1 vol.
In-8“ de 156 pages. Prix . 5 fr.
Boureille. — Le sud-ouest parisien tuberculose et tuberculi¬
sation. In-8" de 112 pages. Vaillot, imp. à Nemours.
Premier congrès de l’hygiène des travailleurs et des ateliers.
1904. In-S» de 160 page’s.
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découvert par M. Louis DEQUttANT. p’narmacien, 38, rue
de Clignancourt, Paris. (Mémoires déposés à l’Académie de
Médecine, 23 mars 1897, 8 mai 1898). L extrait de ces Mémoires
est adressé gracieusement à tous les médecins qui lui en
feront la demande. Renseignements gratuits et prix de faveur
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13 JANVIER 1906
Le Progrès Médical
SOMMAIRE : Chirurgie biologique : La stérilisation du
matériel de suture, ligature, sondage, drainage, par Longuet. —
Bulletin : Le dossier sanitaire devant les conseils de révision,
comment on doit l’établir, par Demmler. — Sociétés Savan¬
tes : Société de biologie : Nouveau procédé d'isolement gastri¬
que pour l'obtention et l’étude de la sécrétion gastrique pure
du porc, par Ilepp ; Ictère et sécrétion biliaire, par Géraudel ;
Mucinase dans les matières fécales, par Riva ; Ascite opales¬
cente due à une mucine, par Gouraud et Cosset ; Réactions
colorantes des acides gras, par Jacobson ; Toxicité du contenu
intestinal, par Roger et Garnier ; L'hématolyse normale, par
Froin ; Tension artérielle chez les convalescents, par Oddo et
Achard ; (c. r. de Mme Edwards-Pilliet.) — Académie de Méde¬
cine ; Conditions légales pour l’emploi des rayons X, par Chauf¬
fard ; L’épidémie cholérique d’Allemagne, par Chantemesse ;
Traitement des névralgies faciales rebelles, par Raymond (c. r.
de A.-F. Plicque.) — Revue de thérapeutique : Traité -élé¬
mentaire de clinique thérapeutique, par Lyon (c. r. de Cornet.)
— Bibliographie ; La médecine et les médecins en France à
l'époque de la Renaissance, par'Wickersheimer. — Correspon¬
dance : A propos des accidents de la chloroformisation, par
Raymond. — Varia : L'enseignement de l’oto-rhino-laryngo¬
logie à Tours. — Médecine pratique : Les formiates. — Actes
ET thèses de la faculté DE MÉDECINE DE PaRIS. — FaCULTÉ
DE .MÉDECINE DE BORDEAUX. - FORMULES. - THÉRAPEUTIQUE!
Traitement des congestions pulmonaires et des hémoptysies par
l’hélénine. — No;Uvelles. — Chronique des hôpitaux. — Bul¬
letin BIBLIOGRAPHIQUE.
AVIS A NOS ABONNÉS. — L’échéance du j"
JANVIER étant l’une des plus importantes de l'année,
nous prions instamment nos souscripteurs, dont l’abonne¬
ment cesse à cette date, de nous envoyer le plus tôt possible
le montant de leur renouvellement : DIX FRANCS pour
la France ; DOUZE FRANCS pour l’Étranger et SIX
FRANCS pour les Étudiants. Ils pourront nous l’adres¬
ser par lintermédiaire du bureau de poste de leur localité,
qui leur remettra un reçu de la somme versée. Nous pre¬
nons à notre charge les frais de 3 ° ^ prélevés par la poste.
Les mandats doivent être faits au nom du Progrès mé¬
dical ou de M. Rouzaud, administrateur.
Nous leur rappelons que la quittance de réabonnement
leur sera présentée à partir 15 janvier. Nous les
engageons donc à nous envoyer de suite leur renouvel¬
lement par un mandat poste. — Afin d’éviter toute erreur,
nous prions également nos abonnés de joindre à leur lettre
de réabonnement et à toutes leurs réclamations la BANDE
de leur journal.
AVIS POUR UES NUMÉROS MANQUANTS
Nous rappelons également à nos abotinés et à nos
correspondants que les NUMEROS MANQUANTS
de 1905, réclamés avant le 31 janvier 1906 seront
envoyés gratuitement. Passé ce délai, envoyer pour
chaque numéro 25 centimes.
Identification par la morsure. — Un maréchal des logis de
gendarmerie vient d’inventer un procédé tout à fait curieux pour
permettre à ses collègues de reconnaître l’identité des malfai¬
teurs : c’est, si l’on peut dire, V identification par la morsure.
Dernièrement, des cambrioleurs s’introduisirent chez une
brave femme de Fismes, dans la Marne, et en ressortaient sans
laisser aucune trace utile de leur passage. Le maréchal des lo¬
gis chargé de l’i-nqnète, M. Gaudroo, en cherchant dans la mai¬
son quelque indice révélateur, aperçut un las de pommes. Il
pnt un à un les fruits, les examina et finit par en trouver un
dans lequel on avait mordu ; l'empreinte, toute fraîche, révéla une
dentition très défectueuse et assez particulière. Il partit en cam-
pagne, emportant quelques pommes.
inof il rencontrait dans une commune voisine deux
naividus de mauvaise mine. Il entra en conversation avec ei
ei nnalement leur offrit une pomme. A peine l’un d’eux avait-il
cnm aip fruit que le gendarme le lui arrachait des dents, et
no i®. ®®ddd<id à la première. Une concordance absolue
, ***. id'ssait aucun doute et sans permettre an personnage de
corn""’ stupéfaction, il l’arrêtait, ainsi d’ailleurs que son
pomme, qui perdit notre mère Eve, avait aussi
le cambrioleur de Fismes. {Semeur de l'Oise, 25 nov. 1905.)
CHIRURGIE BIOLOGIQUE
(cours. iiF leçon.)
La stérilisation du matériel de
suture, ligature, sondage, drainage ;
Par le P' L. LONGUET ^de Rouen).
Sommaire : .Aperçu historique. Phase prépastorienne ; phase
pastorienne : phase biologique.
S L Enumération et nature des objets : Fils de substance animale,
fils de substance végétale, fils métalliques, bobines, drains de
substance animale, de substance végétale, métallique, sondes,
brosses. Réduction numérique possible de ces divers objets
pour tous les besoins de la chirurgie. La question de résorbabi-
lité.
S IL Stérilisation germicide : Lister. A: méthode antiseptique. —
B : méthode de l’ébullition. — G. méthode de la vapeur d’eau
« fluente à 100° » et « stagnante à 120° », Seule, cette dernière
confère une stérilisation germicide absolue. Mais elle est in-
constamment et incomplètement sporicide, elle a l’inconvénient
d’hydrater le matériel de suture, ligature, drainage, sondage,
favorisant ainsi les infections secondaires.
§ III. Sténlisation sporicide : Longuet. A ; méthode de la vapeur
anhydre sous pression à 185°. Elle est applicable au cas particu¬
lier, se présente avec des avantages de déshydratation, de des¬
siccation. de sécurité stérilisante absolue, étant constamment
sporicide.
Messieurs,
Aujourd'hui, je vais étudier avec vous les moyens
dont nous disposons pour stériliser le matériel de su¬
ture, ligature, drainage, sondage utilisé en biochirur¬
gie humaine et comparée. Ce lot d’objets fort dissembla¬
bles se composedp fils et bobines, dedrains et sondes,
de brosses, ces dernières pour la préparation des tégu¬
ments. S'il m’arrive d'effeuiller le chapitre de la liga¬
ture et de l’hémostase, celui du drainage et de ses in¬
dications, celui de la purification des mains et des
champs opératoires en général, je me réserve d’exposer
plus tard ma manière de voir sur ces importantes ques¬
tions, afin de ne point m’éloigner pour l’instant, de la
stérilisation par laquelle j’ai commencé cet enseigne¬
ment de la biologie chirurgicale.
A. L’emploi des fils, des drains, des sondes, en chi¬
rurgie, date des temps les plus reculés. Ainsi Avicenne
utilisait le fil desoie. Bertapaglia (1460) celui de lin.
Paré, au XVI' siècle, érigea la ligature en méthode
dont la vulgarisation se fit vers la fin du XVII'sièclc.
18
LE PROGRÈS MÉDICAL
Après quoi, elle retomba dans l’oubli, pour repren¬
dre faveur le jour où A. Cooper, en 1822, lia un ané¬
vrysme popliléavec une substance précédemment inau¬
gurée par Rhazes pour la suture de, l’intestin: ce lien
était la corde à boyau dont Porta constata expérimen¬
talement la résorbabilité. Flaubert, de Rouen, se servit
vers 1860 de fil de fer pour réunir les fragments osseux
après résection de l’humérus. Mais ces ligatures furent
toutes suivies d’un tel cortège de complications qu’on
dut à nouveau délaisser les fils pour d’autres moyens
d'hémostase, torsion, compression, écrasement, cauté¬
risation. Aux chii'urgiens de cette époque, il manquait
des notions fondamentales de biologie. Ils ignoraient,
nos premiers ancêtres, que par les fils ils semaient des
« germes » vivants dont la pullulation trouble la cica¬
trisation normale des plaies en apportant « la vie parasi¬
taire dans la vie humaine ». Le fait de lier une artère sur
un vivant n’est point, comme on l’a cru trop longtemps,
aussi simple quc'celuide serrer un lien sur une canule
introduite dans l’aorte, ou la carotide, pour injecter un
mort.
B. Avec Pasteur, la lumière se fit sur un point. La
notion de contamination possible, fréquente même, par
le matériel de ligature, apparut en pleine lumière.
Lister en 1867 vit là une source méconnue d'infection
dont il sut tirer enseignement. Il s’appliqua à sup-
primerdes fils tout germe vivant, et porta son choix
sur l’antique corde à boyau dénommée» catgut » par les
Anglais. Dès lors le calgut acquit rapidement une pré¬
séance qu’il a conservée jusqu’à ce jour, sans avoir été
détrôné jamais par un rival. D’autant qu’ila pour lui
la précieuse qualité de résorption habilement mise en
l’elief par son promoteur.
G. Avec « Père biologique » actuelle, la question se
dresse à nouveau pas encore résolue. Et d’abord à la
germicidation poussée très loin par nos devanciers, il
nous faut substituer la sporicidation.
D’autre part, certaines des notions biologiques nous
incitent à réformer notre manière de voir sur la valeur
des substances utilisées. C’est ainsi qu’à mon sens, le
calgut doit désormais resterau môme titre que lescpon-
ges, à l’époque lislérienne, à laquelle tous deux appar-
liennent historiquement, pour faire place à d’autres
matériaux absolument et parfaitement sporicidables.
Plntin nous avons à tenir compte du mode de réaction de
l’organisme, vis-à-vis de ces corps étrangers, du rôle
leucocyto-phagocytairc du terrain cellulaire de la plan¬
tation, autant de points encore peu éclaircis.
gl. GÉNÉRALITÉS SUR LE MATÉRIEL de suture, ligature,
sondage, drainage'.
Voyons d’abord les principaux fils utilisés jusqu’à ce
jour. Ils sont de souche différente, d’origine animale:
exemple, le catgut; d'origine végétale : exemple, la soie ;
d’origine métallique: exemple, le fil 'd’argent.
Parmi les fils de substance animale, je relève en
première ligne le boyau de mouton ou de chat, A\i cat¬
gut, réhabilité par Lister (1) en 1867 et les Anglais.
Plustard,en 1884, les Russes, avec Putiloff (2), préconi¬
sèrent le toidon de renne ou fil d’Üstiaks ; et plus
tard encore en 1888, en Amérique avec O. Marcy, on
(1) Lf Catgut, préconisé en Angleterre par Lister, fut adop¬
té immédiatement par I’.cget 1870. par Gibb (ligature de la fé¬
morale) réunion per primam, mort d'éry.sipéle ((uelques jours
après). VVatson constate et confirme la résorbabilité. — En Alle¬
magne, il fut préconisé par Fischer ,Xcssbaum, Esmarch. En
France par Bœckel, et surtout J. L. CHAMPicTNNtÈRE.
(2) Tendon du renne préconisé en Russie par Porit.oFF, et sur¬
tout Sneouikeff, en France par Tuffier.
vit apparaître les fibres du tendon de la queue du
Kanguroo. Sans parler des lanières de peau de daim,
ni (lu tendon de baleine plutôt proposés que mis en
pratique.
A cette liste j’ajoute les crins de cheval, les crins du
Japon, et surtout les crins de Florence (1), fibres ex¬
traites des glandes séricigènes du ver à soie, dont l’in¬
novation remonte à Passavant, en 1865, mais la vulga¬
risation à vingt années seulement. Si nous mettons
les crins à part — car ils se comportent sous tous les
rapports comme des fils métalliques, malgré leur pro¬
venance animale — nous voyons que les fils de cette
catégorie se recommandant surtout par leur résorba¬
bilité. En sorte que s’ils sont infectés ou mal stérilisés,
ils n’entretiennent — dit-on — aucun accident durable
vu leur disparition opportune. Par contre, ils sont de
souplesse médiocre, de résistance moyenne, et de sté-
rilisabilité difficile, à ce point que dans la récente thèse
de mon élève Deschamps, vous ne relèverez pas moins
de 100 modes de préparation pour le seul catgut.
II. Les fils de substance végétale — ne parlons pas
des inusités, tels ceux de chanvre ou do coton — sont
représentés on première ligne par la soie. Billrolh vers
1880 réhabilita ce lilà l’occasion de ses interventions
sur le tube digestif. Et l’on vit alors des soies de tout
calibre, de toute texture; ronde ou tordue; plate ou tres¬
sée ; cette dernière préférable parce qu’elle glisse mieux
et se ((desserre » moins. Depuis lors, on a voulu, tout
comme jadis, perfectionner ce fil, le rendre plus glissant,
plus lisse, plus résistant en l'imbibant d’huile, en le
poissant de cire, de savon. Cependant qu’un nouvel
arrivant gagne du terrain, c’est le fit de lin, réhabilité
en 1895 par Quénu et Longuet. Ici encore, je vois
qu’on s’efforce à l’étranger, d’améliorer le fil de lin par
l’empoissement à la celluloïde (2'), précaution qui
— pour le dire dès maintenant — présente le double in¬
convénient de supprimer la résorption possible, et de
rendre la stérilisation plus difficile. Bref, les fils d’ori¬
gine végétale ont pour eux la souplesse inaxima, mais
ils sont moins résistants, moins facilement slérilisa-
bles que les métalliques.
III. Parmi les fils métalliques, celui A'argent, pré¬
conisé en Amérique parMarion Sims, a successivement
détrôné celui de plomb, de cuivre ou de laiton, de fer
recuit ou étaméou galvanisé, celui de platine et d’or.
Voici pourtant que récemment un fil nouveau, en alu-
wf/imw bronzé, utilisé par Delagénière, tend à prendre
(I) Le crin de Florence n'est pas du crin et ne vient pas de
Florence. Ce n’est pas non plus de l'intestin du ver à soie, mais
la fibre extraite des glandes séricipares du bombyx mori, avant
qu’il ait commencé à filer son cocon, c'est de la soie non filée.
Passavant (de Francfort-sur-Ie-Mein) s’en servit en 18ü5 dans
une staphylorraphie. Mais c’est surtout Granville Bantock, en An¬
gleterre, qui l’utilisa, et le vulgarisa pour la ligature et les sutu¬
res cutanées.
(2j Fil à la celluloïde. C’est un fil anglais ordinaire, de
bonne qualité, qui, après dégraissage soigné, est trempé dans une
solution spéciale de celluloïde, puis lavé, séché, stérilisé à main¬
tes reprises. 11 a un aspect grisâtre, une surface unie, lisse, bril¬
lante, une grande résistance, une rigidité supérieure à celle delà
soie, mais il est assez souple pour être noué. It se laisse mieux
enfiler, car lacelluloïdc qui l’imprègne étant insoluble, il ne se gon¬
flerait jamais sous l'action dî l'eau, ou des liquides de l’organis¬
me. Pour les mêmes raisons, il ne s’infecterait pas au contact des
liquides et pourrait par conséquent être employé pout toutes les
sutures et ligatures perdues, dans les cas ou le catgut serait cou-i
trindiqué à cause de sa solidité ; enfin il ne risquerait jamais de
casser comme la soie. Ce fil à la celluloïde a été préconisé p»^
Linhart, Trendelenburg, Lawson Tait, Pagenstecher (d’Elberfeld)
et Schlutiuslde Krefeldj.
LE PROGRÈS MÉDICAL
19
dans cette catégorie la môme place que le fil de lin dans
la précédente. Les fils métalliques ont pour eux la résis¬
tance maxima, la stérilisabilité la plus facile pp’ suite
de leur trame compacte, non poreuse, originairement
inaccessible aux bactéries. Mais ils manquent de sou¬
plesse, d’où la difficulté de les nouer; ils sont coupants,
d’où l’impossibilité de les utiliser pour les ligatures ;
iis sont complètement irrésorbables, demeurant pour
toujours ensevelis à l’état de corps étrangers enkystés
dans les tissus, vestiges du passage des chirurgiens.
Il n’est pasjusqu’àla question de bobine (\yn n’ait son
importance au point de vue de la stérilisation. 11 existe
des modèles de tout genre, plaques de verre ou de
métal, cylindres de verre ou de métal, etc., etc. Laissez-
les tous. Seuls les cadres répondent au desideratum,
parce qu'ils permettent l’accès de l'agent sporicide sur
toute la circonférence des fils, et non sur une demi-
circonférence. Le professeur Terrier (1) a souligné cet
avantage, et préconisé des cadres métalliques inoxyda¬
bles en nickel pur. Adoptant cette pratique, j’ai confec¬
tionné de grands cadres à l'aide de fils d’aluminium.
J’ajoute que laquestion d’oxydation n’existe plus avec
la vapeur anhydre. Ici un conseil : veillez à ce que
l’enroulement du fil soit sur uue seule rangée. Vous
comprenez bien que s’il y a superposition, les fils super¬
ficiels empêchent l’accès de l’agent germicide ou spori¬
cide jusqu’aux rangées profondes. J’insiste enfin pour
que vous preniez l’habitude de manier les fils par l’in¬
termédiaire de pinces et ciseaux stériles ; jamais avec
les doigts ni les mains même préalablement lavées.
Vous seriez singulièrement surpris si vous examiniez
au microscope, la quantité de cellules détachées par
îlots ou lambeaux de l’épiderme humide à chaque ma¬
nipulation. Or, avec ces colonies épidermiques en voie
de nécrose, ineptes à la grelfe, vous déposez sur les fils
nombre de staphylocoques blancs ; c’est-à-dire que
vous apportez à la fois des parasites-germes et un mi¬
lieu de culture, celui-ci composé de vos débiis organi¬
ques macérés ; d’eau trouble proveruxnt des mains hu¬
mides et du fil lui-même imprégné d’eau, par les mé¬
thodes hydratantes de stérilisation usuelles. Ce sont là
minuties qui paraîtront peut-être indignes d’intérêt.
Elles ont cependant — croyez-moi — une grande im¬
portance. Il y a sans ces précautions une source mé¬
connue d’infections dites secondaires, en réalité pri¬
maires, mais d’apparition tardive.
La question des drains se présente à nous sous le
même jour que celui des fils. Aux anciens revient le mé¬
rite d avoir apporté les premiers modèles, de s’être in¬
géniés à trouver une substance inoffensive pour les
tissus. Tant que le drainage fut appliqué, avec Chassai-
gnacaux seules plaies suppurantes, la stérilisation mê¬
me imparfaite, avaitsinonunintérêtsccondaire du moins
un effet peu apparent. Mais lorsqu’avec Arnaud et Roux
(de Toulon) en 1848, le drain fut préconisé à titre pré¬
ventif, dans les diérèses non infectées, le rôle des germes
SC manifesta ici évident comme pour les fils. Aussi les
pstériens se préoccupèrent-ils de n’utiliser que des tu¬
bes purifiés.
Dans la liste, je relève : 1®, des drains de substance
animale an tête desquels figure le catgut en tube, en
faisceau ou en paquet (Chienc), l’o.'î décalcifié, le
crin de cheval en faisceau ou paquet (White et Mars-
(t I Tkrrier. — De j asepsie opératoire : Hn'ucde chirurqit 18!)/.
large de 6 a 8 centimètres de long sur 2 centiméireg de
chall) : la résorbabilité est ici encore, sauf pour le crin
de cheval, ou de florcnce, l’avantage prédominant.
2“ Les drains de substance végétale, comprennent
en première ligne ceux de caoutchouc durci ou de
chouc rouge, des lanières, des mèches de gaze simple,
ou phéniquée, ou iodoformée (Billroth) ; des tubes de
carton d'amiante (Longuet).
3® ha?, drains métalliques son{ à' argent, de 'plomh,
suivant une pratique ancienne, ou mieux à' aluminium.
On peut placera côté d’eux malgré leur texture diffé¬
rente, mais à cause de leur rigidité similaire, les drains
de verre, préconisés par Ivœberlé (1). Leur vogue fut
éphémère, malgré la facilité de leur stérilisation, de leur
entretien, car ils sont fragiles, cassent, constituant alors
dans les plaies des corps étrangers piquants ou cou¬
pants.
Très soucieux de faciliter l’écoulement des liquides, '
quelques chirurgiens ont substitué au «drainage tubu-
baire » simple, le drainage par mèches absorbantes, vé¬
ritable «drainage capillaire » ; ou mieux encore le « drai¬
nage mixte, lubulo-capillaire )< tubulaire à la périphé¬
rie, capillaire au contre. Dès 1807, Kœberlé (2) utilisait
celle pratique mixte très estimée depuis par plusieurs
gynécologistes, Ilegar etlvallcnbach, Wiedow, Saenger,
Kehrer, Delagénière. Etj’apprends qu’en cemomentà
Boston, à Philadelphie, on se sert pour la cavité péri¬
tonéale, de « drains-cigarettes » constitués par une
■ mèche de gaze enveloppée d’un mince feuillet decaoiit-
choiic, de la même façon que le tabac d’une cigarette
est entouré d’une feuille de papier (-3).
Les bougies, explorateurs, sondes et cathéters sont
également de structure très variable. Mais on y retrouve
toujours soit la provenance animale, soit la prove¬
nance végétale : exemple les sondes de caoutchouc
rouge, ou celles de gomme; soit la provenance mé¬
tallique: exemple les sondes d’argent, les sondes nicke¬
lées, les sondes d’étain. D’une manière générale, en
matière desonde, de bougie, d’explorateurs, mes pré¬
férences vont àralqminium, à cause de la légèreté, de
la souplesse, de la facile stérilisabilité de ce métal. Mais
je n’enlends point ici généraliser, systématiser, ni sur¬
tout disqualilierles instruments habituels, telle la sonde
en caoutchouc rouge si infiniment précieuse en pratique
courante. D’ailleurs, les conditions ne sont nullement
celles que j’envisage plus particulièrement, c’est-à-dire
le cas d’une intervention en perspective, en préparation,
ou celui d’une plaie à créer ou à réparer.
Enfin les ô/’osxej sont constituées soit àa matière
animale, soit de matière végétale, de crins par exem¬
ple, assimilables aux soies sous le rapport de la stéri-
.lisabilité. Je les mentionne seulement, sans discuter
aujourd’hui s’il convientde préparer les téguments par
nettoyage mécanique ou chimique.
En résumé, voici un bien confus assemblage d’ob¬
jets très différents qui nécessitent chacun isolément un
procédé de stérilisation spécial. Vous connaissez ma
tendance, mon travers d’esprit, j’aime à simplifier.
Or, il me semble qu’il y a intérêt à se conformer à
une méthode unique, si l’on veut obtenir une cons-
(1) Le (irainaRC préventif a été également préconisé par Aza.m
( Je Bordeaux), puis par Lister en Angleterre.
(2) IvfEBEKi.K remplissait une canule de verre de bourdonnets
d'ouate phéniquée destinée à l'absorption.
(3) Je laisse de ciJté le tamponnement à la Mikulicz qui est un
tamponnement et non un drainage. Qu’il me suflise de dire que je
n’ai jamais recours à cette manamvre, n'ayant constaté que des
inconvénients dans les cas où je l'ai vu employer.
LE PROGRÈS MÉDICAL
tance dans les résultats. Et d’abord j'estime que la liste
des matériaux en discussion, doit être raccourcie. Ainsi
les objets de provenance animale, sont exclus délibé¬
rément de ma pratique. Bien plus, je pense que cette
suppression réalise un grand progrès. Comment, par
exemple, persister à accepter avec quiétude d'esprit
dans notre technique, une matière comme le catgut,
fait de boyau de mouton, c'est-à-dire d’intestin suscepti¬
ble de véhiculer, d'hébergerdes microorganismes sporu-
lés extrêmement résistants, parmi lesquels figurent des
spores de tétanos et de charbon ! En vérité peut-on
imaginer un choix biologique plus mauvais ! Vous me
direz ; Laissons le catgut, mais ses voisins de même
souche animale sont bons n'étant point originairement
septiques, ainsi le tendon de la queue des Ivanguroo.
Oui, mais ils n'en restent pas moins des tissus orga¬
niques nécrosés, c'est à dire éminemment putrescibles
à la moindre approche micro-parasitaire.
Au reste, quelle est donc la raison de celle faveur?
c'est la qualité ào, résorption . Eh bien! discutons un
peu la portée de cet argument. Je commence par lais¬
ser de côté les fils pseudo-résorbables, comme le fil du
tendon de Ivanguroo, puisque sa disparition, disent ses
défenseurs, exige au minimum 3 à 5 mois de sé¬
jour dans les plaies. Pour peu que ce fil soit un peu
volumineux, bien solide, germicidé et durci par l’acide
chromique, on peut pressentir que le processus de di¬
gestion durera (les mois etdes années. Voilà pourquoi
sans doute, les Lislériens reviennent toujours au fil
dont ils cherchent à s’éloigner; le catgut, type du fil
résorbable. Et de fait, Gibb, puis Watson, ont clini¬
quement constaté : Porta dan.s 33 cas sur 80, Schu¬
chardt, Marcy, Callender, Holmes, Flemraigg, ont ex¬
périmentalement vérifié cette disparition totale. Donc
elle existe, premier point acquis. Mais est-elle cons¬
tante, deuxième point?
Pratiquant un jour une laparotomie pour accident
lointainement consécutif à une cure radicale de hernie,
je découvris, au centre d'un grosgàleau épiploïque, un
réseau de fort catgut germicidé. enseveli là depuis la
première opération datant de 5 ans. Il était, ce catgut,
si peu altéré que je reconnus une ligature, exécu¬
tée suivant une technique que je n'emploie jamais :
la ligature en chaîne. Ce fait n'est pas unique ; j'en ai
rassemblé 4 autres de Bryant, plus 1 cas de Murinoff (cat¬
gut retrouvé intact après 70 jours), 1 cas de Sanger, 1
cas de Dœderlein (ces deux gynécologues constatèrent
l'intégrité du catgut chez des femmes ayant survécu à
l’opération cœsarienne). A cela s’ajoutent, les vérifica¬
tions expérimentales d’irrésorbabilité, consignée 47 fois
par Porta, puisparGuterbrœck, par Meyer, par Thomp¬
son pour le catgut germicidé à l’acide chromique. ISré
nous laissons donc point prendre à un mirage, et con¬
venons que la croyance à la constante disparition du
boyau de chat ou de mouton dans nos tissus est mal fon¬
dée. Un fait mieux établi, c'est la possibilité d’acci¬
dents dus à l’usage de cet intestin ; Tantôt il se résorbe
trop vite, et alors nous assistons, s’il a été utilisé
comme agent de ligature, à des hémorragies mor¬
telles de Tutérine comme dans un cas, non unique,
rapporté par Lafolie(]) ; de la fémorale, comme dans
une observation relatée récemment par .Moreau ;
s’il a été employé à titre de fil de suture, à des rup¬
tures de cicatrice, à des éventrations. Tantôt Tirré-
sorbtion est totale ; ceci se produit surtout en cas d’in-
(1) Lafolie, — Asepsie et antisepsie, Jhèse de Bordeaux, 1900-
1901.
tervention pour affection septique, c’est-à-dire dans
l’éventualité où précisément la résorption nous apparaît
comme particulièrement désirable. Elle fait défaut parce
que la phagocytose est insuffisante, troublée par l’évo¬
lution microbienne. Où est donc l’avantage du catgut ?
D'autant que ce boyau est d’une désinfection reconnue
tellement difficile que les nouvelles méthodes de purifi¬
cation imaginées à son intention se multiplient sans
trêve. Or, aucune de ces techniques, y compris la
mienne (1) ne peut prétendre ici conférer une sporicida-
tion absolue. Comment jamais atteindre les spores qui,
si elles existent, siègent non pas à la périphérie du fil,
mais bien en plein centre, dans l’ancienne lumière intes¬
tinale virtualisée par torsion, traction et enroulement?
Le spectre de complications infectieuses, septicémiques,
charbonneuses (2) ou tétaniques, plusieurs fois signa¬
lées, me semble facile à écarter désormais ; rejetons
définitivement le catgut. Etsi j’en disautant de ses voi¬
sins, les autres fils organiques animaux, c’est parce que
je crois de mauvaise pratique biologique d’introduire
sous forme de fibres nécrosées « la mort dans la vie ».
Go départ fait, le champ s’éclaircit. Les matériaux
végétaux et métalliques entrent en ligne. En ce qui
concerne les fils, je pense qu’on peut, sauf pour quel¬
ques rares interventions, faire toute la chirurgie avec
une seule espèce de fil, de calibre différent. Mes ten¬
dances vont en droite ligne vers le fil d’aluminium, à
cause de sa facilité de stérilisation absolue. Il est regret¬
table qu’il soit un peu coupant, rigide, blessant par ses
pointes. Or la pratique exige un fil souple pour les tissus
souples. Voilà pourqui je m'en liens au fil de lin. Sans
vouloir imposer ma manière de voir, je le préfère au
crin de Florence, parce que souple, il se prête mieux
aux nœuds, aux ligatures, aux sutures perdues ; qu’il ne
coupe pas la peau ; qu’il donne, s’il esttrèsfin,de belles
lignes cicatricielles jamais pigmentées, jamais disgra¬
cieuses en « échelle de perroquet » ; qu’il est, comme
dit Qiiénu, d’une ablation moins douloureuse, ne pré¬
sentant pas de bouts rigides formant levier de trans¬
mission à la plaie des moindres ébranlements pendant
le pansement.
Jele préfère à la soie, comme plus solide, à diamè¬
tre égal; comme moins poreux et par conséquent mieux
sporicidable, pouvant supporter 185° en milieu anhy¬
dre déshydratant ; comme susceptible de résorption
totale après plusieurs mois, par attaque et digestion
phagocytaire de la part des leucocytes. J'ai constaté
celte disparition, inconstante d’ailleurs, pour les fils fins
et récemment Neuber (3) Ta vérifiée également.
Enfin, il me semble préférable au fil d’argent, pour¬
tant si facilement stérilisable, mais trop rigide, trop cou¬
pant, trop difficile à nouer, blessant par ses extrémités
coupées ; d’application et d’ablation difficile au fond des
cavités. Toutefois je le répète, je laisse place aux pré¬
férences personnelles, ne prétendant nullement impo¬
ser mon choix, car demain peut-être le fil idéal, jusqu’ici
introuvé, sera découvert ou supprimé par la naissance
de méthodes hémostatiques autres que la ligature, et
de moyens de réunion autres que la suture.
Une même évolution sporicidique simplificatrice
me conduit à raisonner pour les autres matériaux
(1) Deschamps-. — Le catgut. Thèse de Paris, 1905.
(2) Charters Symonds. — Un cas de charbon. Le mouton dont
provenait le catgut, fut ultérieurement reconnu mort de charbon.
Communication à la Société de médecine et rhiruraie de Londres,
28 février 189.3.
(3) Necber.-- Société de médecine de Kiel, juillet 1904,
LE PROGRÈS MÉDICAL
21
comme pour les fils. Ainsi, pour les grandes interven¬
tions abdominales, lés drains en amiante avec mèche
de gaze centrale me semblent particulièrement recom¬
mandables. Ceux de caoutchouc supportant mal la pré¬
paration dans la vapeur hydrique ou anhydre à 150°.
Quant aux sondes, bougies* explorateurs, sous la forme
métallique demi-souple en aluminium, ils méritent
mention favorable. Spécifions bien le cas de leur emploi
pour grandes interventions, par exemple sur les voies
biliaires ou urinaires. En toute autre occasion, la spo-
ricidité ne s'impose plus avec une aussi étroite rigueur,
s’il n’y a pas de tranche cruenlée, pas de diérèse fraîche,
pas de vaisseau ouvert; mais une surface de plaie déjà
résistante, organisée, protégée par épithélium, ou épi-
thélialisation, non saignante, accoutumée à la défense.
11 en est souvent ainsi dans la pratique usuelle de la
petite chirurgie courante journalière oùlagermicidation
apparaît comme suffisante.
Je ne veux point terminer ce premier chapitre sans
vous rappeler une fois de plus combien il importe
ici comme pour le matériel de pansement, de procé¬
der, avant toute stérilisation, aux soins préliminaires
de propreté : lavage anhydre, blanchissage, dégrais¬
sage. Si vous choisissez la stérilisation par vapeur
anhydre au toluène, la besogne est simplifiée. Il n’y a
aucune manœuvre de dégraissage, aucune manipula¬
tion préalable à exécuter ; le toluène comme la benzine,
dissolvant les graisses. Vous n'aurez donc alors qu’à
placer vos cadres, chargés de fils en compresse, avec
lesdrains, les instruments, ou les objets de pansement,
dans tes récipients d’aluminium du modèle déjà décrit.
Ceci fait, quelles sont les méthodes de stérilisation
aujourd’hui en usage ? Qu’il s’agisse de préparations
pour usage immédiat, ou pour usage retardé, — ce der¬
nier vaut moins, — vous chercherez un effet germicide
ou sporicide. Ici encore vous retrouvez la classification
des méthodes qui nous est maintenant familière :
STÉRILISATION GERMICIDE
A. Méthode antiseptique (Lister, 1867).
K. Méthode de l'air chaud (A. Reverdin, 1888).
C. Méthode de V ébullition (Nilson, 1888).
D. Méthode de la vapeur fluente » à 100° ou '< sta¬
gnante » à 120" (Schimmelbusch, 1890).
STÉRILISATION SPORICIDE
A. Méthode de la vapeur' anhydre comprimée à
190“ (Longuet, 1900).
(.1 suivre.)
LA VALÉROBROMINE LEGRAND
est plus active que les bromures et les valé-
rianates.
Enquête suri.es sourds-muets. — Le ministre de l’intérieur,
désireux de répondre aux vœux du Parlement en ce qui concerne
1 assistance des sourds-muets des deux sexes, a décidé de procéder
à une enquête spéciale dans tous les établissements consacrés à
ces anorroau.x. Cette enquête a été elîectuée en l'.l05 pour les éta¬
blissements situés dans les départements de l’Ain, de l’Aisne, de
la Cote-d Or, du Doubs. d’Eure-et-Loir, du Loiret, de Meurthe-
et-Moselle, du Rhône et de la Seine. Elle va secontinuer en ÎIIÜH
et a déjà donné lieu lieu à des rapports très documentés <uï sont
lormulés des observations et des desiderata qui permettront d’é-
tuaier les mesures à prendre en vue de l'amélioration du sort de
CCS déshérités et notamment pour le développement de leur cnsei-
êtnement profe-ssionnel. (/.e Temps).
BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL
Le dossier sanitaire devant les Conseils de révision.
Comment on doit l’établir.
L’ouverture prochaine des conseils de révision rend
intéressante la question du ilossier sanitaire, dont la
nécessité a été reconnue par nos assemblées législati¬
ves, Déjà en 1899, nous avions, dans ce journal, appelé
l’attention du public médical sur l'importance des cer¬
tificats délivrés aux jeunes conscrits. Les arguments
que nous invoquions ont été repris p’ar nos confi'ères,
membres du Sénat ou de la Chambre des députés, et le
Progrès médical est heureux d’avoir été l’un des pre¬
miers à signaler l’importance de ces certificats et à leur
donner force de loi dans les décrets établis. Noire devoir
d’experts devient donc, par cela même, plus formel, et
notre responsabilité, aussi bien devant l’armée, c’est-à-
dire devant le pays, que devant nos clients, s’accroît
davantage. Nous devons donc nous efforcer d’apporter
dans la rédaction de ces certificats non seulement la
plus scrupuleuse exactitude, mais aussi la clarté la
plus grande, le sens clinique le plus irréprochable.
Nous le devons d’autant plus que nous allons nous
trouver en présence de demandes nombreuses, parce
qu’il n’y a plus d’autres moyens d’éviter le service et
que la simulation va devenir le moyen de défense de
tous les paresseux ou poltrons. Malheureusement, on
est obligé de constater que lés certificats médicaux ne
sont pas toujours rédigés comme je viens de le dire.
Un de nos confrères de l’armée, le médecin-principal
Mareschal, attaché à la place de Paris, — dont l’expé¬
rience — considérable à ce point de vue, puisqu’il com-
pidse chaque année plusieurs centaines de certificats,
n’a d’égale que sa parfaite urbanité déontologique, et
sa bienveillance pour les péchés véniels qu’une trop
gi’ande sollicitude maternelle ou des intérêts respecta¬
bles peuvent excuser, — a fait, le 14 juin 1905, devant
les membres de l’i nion fédérative des médecins de
réserve, une très intéressante conférence sur ce sujet.
Nos confrères qui voudraient lire ce travail (et je ne
saurais trop les y engager) publié dans le numéro 2
du Bulletin officiel de Z’Uuion, comprendront combien
est difficile la tâche du médecin-militaire pour déjouer
la paresse ou la mauvaise foi de jeunes gens, s’ap¬
puyant hî plus souvent sur des certificats extorqués
par surprise, sur des recommandations politiques ;
escomptant les craintes d’un article ou d’un reportage
fallacieux. Ils reconnaîtront combien un certificat
donné mal à propos ou mal rédigé mettra dans l’em¬
barras nos confrères militaires , partagés entre le sen¬
timent des intérêts qu’ils sont chargés de défendre et
la crainte de se tromper dans l’appréciation de faits
exposés incomplètement ou sans clarté.
Les e.xemples qu’il a choisir, entre des milliers qu’il
aurait pu citer entraîneront cette conviction ([uc mes
assertions n’ont rien d’exagéré. Je ne puis, à mon
grand regret, donner ici une analyse complète de ce
travail, et je dois me contenter d’indiquer les deside¬
rata constatés le plus souvent par notre confrère dans
la rédaction de cos certificats ;
22
LE PROGRÈS MÉDICAL
1“ Absence de diagnostic ;
2“ Diagnostic imprécis et peu scientifique ;
3° Diagnostic dramatisé, en contradiction évidente
avec les conclusions demandées ;
4“ Certificats fantaisistes, non légalisés, ne paraissant
pas émaner de médecins ;
5° Simple énoncé des allégations de l'intéressé ;
6° Conclusions inopportunes au point de vue mili¬
taire, quoique rationnelles au point de vue médical ;
7" Manque de précision ;
8° Diagnostic dissimulé.
La conférence faite par notre confrère embrasse la
rédaction des certificats de toutes espèces. Indiquer les
règles à observer dans chaque cas particulier (permis¬
sions, prolongations de congés, convalescences, réfor¬
mes, etc.) serait l’oeuvre d'un véritable traité de mé¬
decine médico-légale militaire. Aussi, je dois me bor¬
ner à donner seulement mon avis sur la façon dont
nous établirons les certificats destinés a former le dos¬
sier sanitaire remis au conseil de révision.
Deux cas peuvent se présenter.
1® La lésion est évidente et grossière. Il existe une
difformité que le premier venu peut constater, une
maladie si manifeste qu’il est impossible de s'y mé¬
prendre, une tuberculose avancée, par exemple ; une
affection cardiaque dont les signes sont appréciables à
tous les points de vue ; une déformation du squelette
incompatible avec un service quel qu’il soit.
Dans tous ces cas, aucun certificat n’est nécessaire, à
mon avis, parce que nous n’avons rien à apprendre à
nos confrères militaires, ni sur une lésion qu’ils sont à
même de reconnaître aussi bien que nous, ni sur les
conséquences qu’elle peut avoir au point de vue mili¬
taire, dont ils apprécieront les exigences avec une com¬
pétence plus grande que la nôtre. Néanmoins, devant
l’insistance de nos clients qui croient à la toute-puis¬
sance des certificats, nous pourrons être contraints de
l'établir. Dans ces cas, il devra être très explicite, dé¬
crire en quelques mots nets et concis la lésion consta¬
tée ; mais on s’abstiendra de tirer des conclusions au
point de vue militaire. En effet notre rôle doit se bor¬
ner à affirmer la lésion que nos confrères peuvent
constater comme nous ; notre responsabilité devant
nos clients est dégagée par le fait que nous avons ap¬
pelé l'attention du conseil sur leur réclamation. Seul
notre confrère militaire est à même de décider en con¬
naissance de cause si cette lésion, sur laquelle notre
accord est commun, est compatible avec tel ou tel
degré du service militaire.
2° Rien différent est le second cas, dans lequel les
lésions sont visibles, mais d'une gravité plus ou moins
discutable ; ou bien ont disparu sans laisser de traces
physiques appréciables, sinon un état de santé plus ou
moins précaire, et sont susceptibles d’un réveil ino¬
piné.
Il ne suffira plus de donner un simple énoncé de la
lésion ou de l’affection latente que nous avons consta¬
tées autrefois, dans leur comfilète manifestation symp¬
tomatique, ou dans des récidives répétées. Il faut en¬
core citer les causes qui les ont produites, la marche
que la maladie a présenté, les conséquences qu’elle a
pu entraîner sur la santé générale, sur le développe¬
ment de l’individu, afin que notre confrère soit bien
renseigné sur la possibilité d’une aggravation de cette
lésion ou d’un réveil de cette maladie, par le fait d’ex¬
poser notre client aux mêmes causes étiologiques ; sur
les dangers qu’il lui fera courir en le plaçant dans
un milieu privé de toutes les conditions hygiéniques
particulières dont nous avons maintes fois reconnu
pour lui la nécessité. Non seulement, nous devons
fournir à notre confrère toutes les indications capables
d’éclairer sa religion, mais encore, en pareil cas, notre
devoir est de donner des conclusions nettes au point de
vue du service, puisque, mieux que personne, nous
avons pu étudier l’influence de certaines circonstances
sur cette lésion ou cette affection, puisque notre con¬
viction des dangers qui résulteraient pour notre client, si
on le plaçait à nouveau dans de semblables conditions,
est formelle, et que notre responsabilité serait engagée
si nous ne la faisions pas connaître.
Quelques exemples viendront confirmer ma manière
de voir.
Fn jeune homme, vers l’àge de 12 ans, en se livrant
au jeu du « cheval fondu » reçoit sur le dos plusieurs
de ses camarades. Il tombe, et quelques jours après, il
entre à l’infirmerie où l’on constate un léger gonfle¬
ment douloureux au niveau delà région dorsale. Après
quelques mois de traitement, il reprend le cours de ses
études, conservant toujours une légère voussure au
niveau de la région dorsale, et très sujet à s’enrhumer.
Vers l’àge de 16 ans, il est atteint d’une broncho-
pneumonie double, qui nécessite plusieurs semaines de
traitement, après lesquelles il est retiré définitivement
du lycée, pour continuer son éducation dans sa famille.
Au moment de l’appel de sa classe, sa nutrition et sa
musculature générale sont assez bonnes ; la région
dorsale présente une légère voussure avec un peu de
scoliose, sans toutefois que cette déformation soit assez
prononcée pour qu’on puisse la constater quand il est
habillé. Antécédents héréditaires fortement entachés
d’arthritisme. Si ce jeune homme, dont la lésion du
squelette n’est pas absolument incompatible avec le
métier militaire, tout au nâoins dans les corps non
combattants, est soumis aux influences morbides du
milieu de la caserne, il va courir le risque de voir sa
résistance organique, dont les antécédents morbides
indiquent déjà la fragilité, fortement diminuée par les
causes délétères auxquelles il sera exposé, et qui pour¬
ront provoquer le réveil d’une dyscrasie dont je ne
puis affirmer la disparition complète, puisque j’ai cons¬
taté la susceptibilité morbide de ce jeune homme,
puisque je connais, en outre, l'hérédité familiale, de par
laquelle il se trouve placé en état de résistance moin¬
dre. 11 est de mon devoir d’exposer tout au long à mon
confrère la genèse, la filiation des phénomènes obser¬
vés, de montrer comment cette lésion qui paraît, a
priori, compatible avec le service militaire, et qu’on
pourrait considérer comme une difformité congénitale
ou de croissance, est de nature fort suspecte, et par
cela même nécessite une mesure plus radicale que
celle qu’on serait disposé à prendre, je veux dire l'éloi¬
gnement du service actif, et non le classement dans un
.f
LE PROGRÈS MÉDICAL
23
corps d’infirmiers ou de secrétaires, vivant en caserne,
et au milieu duquel le jeune homme ne serait pas à
l’abri d’un réveil possible de sa dyscrasie.
Autre exemple. — Un jeune homme, vers l'àge de
10 ans, présente, à la suite d’une scarlatine, une albu¬
minurie qui persiste plusieurs mois. A 13 ans, il est
atteint d’une fièvre typhoïde au cours de laquelle l’al¬
bumine réapparait en assez grande quantité. Pendant
plusieurs années, les analyses pratiquées à diverses re¬
prises dénotent dans les urines des quantités minimes
d’albumine, avec recrudescence àl'occasion de la moin¬
dre fatigue ou d’indispositions passagères.
Depuis deux ans, l'albumine a disparu dans les urines ;
mais l’état général de la santé laisse à désirer, quoique
les apparences extérieures ne soient pas mauvaises. La
langue est fréquemment saburrale. l 'appétit capricieux,
les fonctions intestinales irrégulières, la céphalée fré¬
quente ; l essoufflement arrive au moindre effort ; on
constate une extrême susceptibilité des bronches, quoi¬
que l’auscullationne revèle'aucun signe suspect ; l’exa¬
men cryoscOpique etla recherche de la toxicité urinaire
ont démontré l'existence d'un ralentissement de circu¬
lation glomérulaire et une mauvaise épuration rénale.
En fait, je suis persuadé de l'existence d’une albu¬
minurie résiduale avec lésion rénale minimum, mais
persistante et pour laquelle le service militaire quel
qu'il soit peut être l’occasion d’un réveil grave. Mais
l’état de santé extérieure n’indique rien de tout cela ;
l’examen des urines, si on le pratique , ne présentera
plus rien de suspect au point de vue de l’albuminurie.
Et pourtant, si le médecin militaire non prévenu incor¬
pore ce jeune homme, même à titre d'essai, même en
le surveillant, les conséquences peuvent être déplora¬
bles. 11 est donc nécessaire que je lui fasse partager ma
conviction et ma manière devoir, en lui exposantle ré¬
sultat de mes observations, en mettant à l’appui toutes
les preuves cliniques nécessaires, que je lui donneclai-
rement mon avis au sujet du danger qu’on peut faire
courir à mon client en adoptant telle ou telle mesure
à son égard.
Gomment, en pareil cas, sera rédigé le certificat médi¬
cal que notre devoir professionnel nousimpose.
Nous entendons dire quelquefois par les familles :
<< Donnez-nous un certificat très bref : quand il est trop
développé, le Conseil ne les lit pas. » Il y a souvent
beaucoup de vrai dans cette assertion, et je crois qu'il
est préférable, en principe, d’établir des certificats
brefs, nets et concis. Cette règle est-elle applicable
dans le cas que je viens d’examiner? Oui, si l'on procède
de la façon que je vais indiquer ; J’établis sur papier
timbré un certificat déclarant que M. X., est atteint de
telle ou telle maladie ou lésion, en ayant soin de don¬
ner un diagnostic précis^ court, conforme aux données
cliniques, et je donne mes conclusions en basant mon
avis sur l’importance des causes que l’observation m’a
prouvé susceptibles d'augmenter la gravité de la lésion
ou 1 affection actuellement latente. Mais, en même
temps, pour justifier ma manière de voir, pour permet¬
tre à mon confrère d être renseigné en parfaite connais¬
sance de causes, je relate sur papier libre l’observation
détaillée du passé pathologique démon client, en énu¬
mérant les conditions étiologiques, les phénoitaènes
morbides qu’elles ont pu provoquer, les résultats obte¬
nus par les différents examens cliniques, bactériologi¬
ques, chimiques, la marche de la maladie, ses récidives,
etc. Voilà ce qui doit constituer le dossier sanitaire qui
n’est plus, ne doit pas être, en pareil cas, un simple cer¬
tificat.
De toutes façons, l’attention du médecin militaire
sera attirée sur notre client par la lecture rapide du cer¬
tificat lui-même. Si sa conviction n’est pas faite immé¬
diatement, si, le temps pressant, il ne peut, au moment
du Conseil, prendre connaissance de l’observation dé¬
taillée qui doit dissiper ses doutes, il suffira d’ajourner
l'examen à la fin de la séance, et de prendre avec son
camarade une décision en tou te connaissance de cause.
Dans un précédent travail, publié dans le Progrès mé¬
dical, sur la réforme des conseils de révision, je disais
qu'il serait juste que le médecin ayant établi un certifi¬
cat fût mis à môme de discuter, en fin de conseil, sa
manière de voir avec ses confrères militaires. Je ne vois
pas quelle objection on pourrait faire à cette proposi¬
tion.
Le médecin serait libre d’assister ou non son client
devant le conseil ; les frais résultant de son déplace-'
ment seraient alfaire entre lui et la famille. En revan¬
che, je suis persuadé que cette êonsultation entre con¬
frères civils et militaires — bien préférable à l’adjonc¬
tion demandée par quelques députés, de médecins ci¬
vils comme experts permanents dans les conseils de
révision — aurait les plus heureux résultats, tant au
point de vue du soin que les premiers apporteraient
dans la rédaction de leurs certificats, que de la consi¬
dération et de l’importance que les seconds y attache¬
raient. Car, je ne puis m’empêcher de croire que, lors¬
qu’un confrère, quel qu’il soit, est mis à même de re¬
connaître le scrupule, la sagacité, le vrai sens clinique,
apportés dans l’exposé de faits énumérés avec une cer¬
titude évidente, on puisse conserver un doute sur la
réalité d’un cas dont les signes actuels ne permettent
pas néanmoins de certifier l’existence. Et précisément
voici ce que je demande, ce que j’ai toujours demandé,
ce qui doit être, parce que nous sommes, les uns et les
autres, pénétrés de la dignité de notre profession et du
respect que nous nous devons mutuellement ; en pa¬
reil cas, notre certificat seul doit déterminer Indécision
à prendre, puisque l’absence de signes manifestes em¬
pêche actuellement de contrôler l’évidence des faits an¬
térieurs ; et puisqu’un cas de doute il serait dangereux
de faire subir à notre client une épreuve dont il ne
sortirait pas indemne.
Tel est, àmon avis, la conduite que nous devons sui¬
vre les uns et les autres. En agissant ainsi, nous res¬
terons dans le rôle si élevé, si noble que nous avons
à remplir. Nous resterons les arbitres impartiaux
des droits que nous avons réciproquement à défendre.
Nos confrères militaires seront mis à l’abri par cette
consultation faite en commun des revendications ulté¬
rieures, des chantages plus ou moins honnêtes dont
on les entoure pour obtenir des faveurs. Ils n’auront
plusà lutter seuls contre les objurgations de politiciens
plus ou moins scrupuleux réclamant injustement pour
24
LE PROGRÈS MÉDICAL
des électeurs influents, de ronds-de-cuir ministériels,
utilisant le papier officiel pour chercher à imposer une
faveur dont l’obtention rehausserait leur valeur néga¬
tive ; enfin, le commandement, dégagé de toute crainte
<!e scandale, n’aurait plus quelquefois la tendance de
dictera nos confrères une décision qu’ils hésitaient à
prendre.
Ainsi nous aurons été les artisans de la dignité et
de l’indépendance professionnelles, qui sont la devisede
notre corporation, quel que soit le vêtement que nous
portions. A. Demmler.
SOCIÉTÉS SAVANTES
SOCIÉTÉ DE BIOLOCIE
’ Svancc du G janvier 1906.
Nouveau procédé d’isolement gastrique pour l’obtention et l'étud e
de la sécrétion gastrique pure du porc.
M. "Maurice Hepp présente à ta Société du suc gastrique ri¬
goureusement pur prélevé de festomac du porc grâce à une
nouvelle méthode opératoire d’isolement gastrique (1). Les
raisons qui ont conduit M. Hepp à celte nouvelle façon
d'opérer senties suivantes: par l’exclusion gastrique simple,
sans oblitération pytorique, qu'il pratique depuis plusieurs
années, on ne peut recueillir qu’un suc mélangé d'une cer¬
taine quantité de bile et de sucre panoréatico-duodénal thé¬
rapeutiquement actif. mais impropre à l’étude physiologi¬
que rigoureuse. Par ia séquestration totale de l'estomac on
obtient un suc pur, mais la quantité de la sécrétion diminue
rapidement et la santé de l’animal s’altère. C’est pourquoi
il a pensé qu’il convenait de laisser à l’animal unepartie de
son estomac, tant dans l’intérêt de sa santé que pour lui per¬
mettre d’entretenir la sécrétion de la poche séquestrée, en
déversant dans son intestin une certaine quantité delà subs¬
tance excilo-sécrétoire dont Froin a démontré l’existence
dans le suc gastrique. L'estomac ainsi séquestré sécrète
une quantité quotidienne de 600 à 700 cc., la santé du pro¬
ducteur restantbonne et la sécrétion « orthodoxe ». Reste
à savoir si les animaux ainsi opérés pourront être conser¬
vés en bonne santé pendant trois et quatre ans. comme ceux
dont l’estomac est seulement unilatéralement exclu.
Quant aux analyses pratiquées sur le suc gastrique obtenu
par le nouveau procédé opératoire, elles ont démontré que
le suc gastrique de porc est franchement plus riche que les
sucs humain et èauin. Le suc gastrique canin est un suc gas¬
trique de carnivore hyperchlorydrique. Le suc gastrique de
porc, au contraire, estcertainement celui qui se rapproche le
plus du suc humain et c’e.st celui qu'il importe le plus d’étu¬
dier, au point de vue physiologique, en vue delà médecine
humaine.
Ictère et sécrétion biliaire.
M. Emile (iÉRAUDEi.. — Les deux glandes distinctes et im¬
briquées du foie entraînent par leur physiologie des consé-
<|uences importantes.
La glande porte (périphérie du lobulel est une glande à sé¬
crétion interne avec déchets hématiques venus de la rate,
(I) Voici en quoi consiste le procédé : on commence par section¬
ner l’œsophage, parfaitement isolédes nerfs pneumogastriques, au-
dessus du cardia ; on l'implante ensuite, par une anastomose ter-
mino-latérale, sur le duodénum, puis, ayant rétabli ainsi la con¬
tinuité du trajet digestif, on amène l’estomac dans la plaie de la-
Iiarotoniie ; on effondre en un point le petit épiploon au contact de
la petite courbure et on saisit l’organe transversalement entre deux
clamps. On le sectionne alors franchement en deux poches que l’on
ferme respectivement ; l’une, pylorique, demeure la propriété de
l’animal ; l’autre. cardia<pie, conservant tous ses vaisseaux et tous
ses nerfs, est listniisée à ta peau : c’est elle qui fournit le sue gas¬
trique i)ur.
elle fabrhpie des pigment.s et produit une cholémie normale
intra-hépatique.
L’autre glande à sécrétion externe, glande sns-hépaliqur
(centre du lobule) reprend au sang intra-hépatique les pig¬
ments déversés par la glande porte. L’oblitération des voies
biliaires entraîne l’arrêt de la glande sus-hépatique et son
atrophie ; la glande porte n’est pas altérée, la cholémie intra¬
hépatique déborde le foie et devient générale et il n’y a pas
d’ictère de rétention. Celui-ci est fonction de la défaillance de
la glande sus-hépatique.
Mucinasc dans tes matières fécales.
M. Riva a étudié les variations de la muccinase.dans les
matières fécales. Ce ferment, découvert par Roger, n’est pas
influencé par l’état physique des selles ni par la durée de la
traversée digestivç. La constipation habituelle, la dysenterie
chronique, inlluent sur la présence de la muccinase en l’aug¬
mentant. La quantité du mucus et des muco-membranes
dans les selles augmentent proportionnellement à f Intensité
de la diarrhée.
Ascile opalescente due à une mucine.
M. E. \. Gouraud et Cosset ont observé dans le service de
AI. le prof. Dieulafoy une ascite, opalescente, non clarifiée par
le liipiide d’ Vdam, ne contenant pas de graisse, éclaircie par
l'acide acétiipie et donnant toutes les réactions de la mucine.
Réactions colorantes des acides gi'as.
Al. Jacobson (de Bucarest) étudie une méthode de colora¬
tion décelant les acides gras libres, surtout dans les selles de
nourrissons et permettant d’étudier la digestion des graisses
chez les enfants dyspeptiques.
To.vicité dxi contenu intestinal.
AI\[. Roger et GARNiiR ont présenté leurs études sur la
toxicité de l'intestin grêle des lapins {.Soc. bioL, 4 nov. 19ü5i :
ils ont ensuite recherché la toxicité des extraits de l'intestin
grêle du chien. Ceux-ci sont très virulents pour le lapin, les
entérotoxines y atteignent 144,5 et provoquent la mort après
injection des veines périphériques à la dose de 0 cc. 41 à
1 cc. -i par kilogr. d'animal. La mort n'est |>as due aux coa¬
gulations intra-vasculaires ; le foie neutralise en partie ces-
poisons ; il faut trois fois plus d '. toxique si ce Ihpiide est
introduit par la veine porte.
Le poids du résidu sec de ce liquide est infime. Le poison
intestinal du chien tue le lapin à dose de 76 milligr. par kilog ;
l’alcool détruit la molécule toxique ; les corps dissous par
falcool ou ceux qu'il précipite n’ont pas le pouvoir toxique
du produit primitif.
Les poisons intestinaux du chiên viennent de l’alimenta¬
tion et diminuent quand on soumet l’animal au régime lacté ;
il faut alors 4 à 8 cent, cubes pour tuer l’animal injecté et les
entérotoxines s’abaissent à 38 gr., l’intestin fabrique donc
avec le lait quatre fols moins de poison qu’avec la viande.
L'hématolysc normale.
M. Froin aobservé 80 fois, sur 178 liquides hémorrhagiques,,
après centrifugation immédiate, une teinte brunâtre ou brun
jaunâtre due à l'hémoglobine dissoute dans le liquide. Il
s’agissait de liquides cancéreux, tuberculeux, contenant beau¬
coup d urée. La réaction de Gmelin y est presque constante
et le pigment biliaire y coexiste avec le mono-nucléaire. Ges
faits supposent à ceux où on voit l’hémoglobine se transfor¬
mer au fur et à mesure de sa mise en liberté en pigment
jaune on en pigment biliaire. Cette hématolyse est vraiment
l’hématolysc normale ; tandis ([u’on peut nommer hémato¬
lyse anormale celle où l'hémoglobinolyse n’évolue pas paral¬
lèlement à la globulolyse. Ce sont là faits exceptionnels,
concernant les liquides cancéreux et tuberculeux.
Tension artérielle chez les convalescents.
AIM. Oddo et Achard (de Alarseillei ont, dans leu i-s recher¬
ches cliniques sur la tension artérielle chez les convalescents,
observé 3 phases successives : tension faible, tension moyenne
instable, tension stable. L'instabilité est chez la plupart ca¬
ractère de la tension artérielle et du système cardiaque et il
LE PROGRÈS MÉDICAL
25
faut chez eux graduer très prudemment la reprise de la fati¬
gue musculaire et de refforl. L. P-
ACADÉMIE DE MÉDECIAK
Séance du 9 janvier.
Conditions légales pour l'emploi des Hayons .V.
M. Chauffard dépose un intéressant rapport montrant tout
l'intérêt de la récente proposition du Prof. Debove, (jui vou¬
drait réserver aux seuls médecins le radiodiagnostic et la ra¬
diothérapie. 11 montre l’importance et les difficultés de ce
diagnostic, ses applications nombreuses, et s’accroissant cha¬
que jour. 11 signale les erreurs possibles. AL Lucas-Cham-
pionnière, dit-il, insistait tout récemment, avec juste raison,
sur les erreurs, aussi préjudiciables pour le malade que pour
le chirurgien, qui sortent trop souvent de certaines officines
radiographiques ; il citait des exemples de fausse fracture du
fémur, soi-disant constatée par la radiographie, alors qu’elle
n’existait nullement en réalité ; d’une fracture du radius (jui.
sur la radiographie, avait été prise par un empirique pour
une luxation d'un os du carpe. « Tout un monde de radio-
graphes ». dit notre collègue, tend à perpétuer dans le public
les opinions les plus fausses sur les fractures et les consoli¬
dations. Assurément, il n’est ici aucun de nos collègues en
chirurgie qui ne puisse s'associer à cette déclaration, et lui
apporter l’appui de plus d’une observation personnelle, citer
des cas où une erreur de diagnostic radiologique a pu entraî¬
ner des infirmités ou des incapacités définitives.
Vu point de vue thérapeutique, l’importance n’est pas
moins grande. Un traitement mal dirigé peut entraîner des
aggravations des accidents. Un radiographe novice peut
même s’exposer lui-mème à des dangers sérieux.
M. Chauffard conclut que, déjà en ce qui concerne le dia¬
gnostic, la jurisprudence admet que cette partie, la plus im¬
portante et la plus délicate de l’art médical, est exclusive¬
ment réservée au médecin. A plus forte raison, tout traite¬
ment radiothérapiciue pratiqué ou dirigé par une personne
non munie d'un diplôme médical constitue l’exercice illé¬
gal le plus avéré de la médecine.
11 y a donc là une situation irrégulière, ambiguë, dont la
prolongation ne peut paraître que regrettable et dangereuse.
Si donc, comme nous fespérons, l’.Vcadémie se rallie à la
proposition de M. Debove, seuls les médecins, ou les den¬
tistes diplômés, en ce qui concerne la pratique odontologique,
doivent être autorisés à appliquer les rayons Rœntgen au
diagnostic et au traitement des maladies. La radiologie leur
appartient aussi indiscutablement que les autres branches
des sciences médicales : leur en réserver la prati(j[ue exclu¬
sive, c’est prendre non seulement leurs intérêts, mais, ce qui
importé beaucoup plus, les intérêts du malade et de la société.
L’.Académie sera dans son rôle de protectrice de la santé
publique en adoptant et en appuyant de sa haute autorité la
proposition qui lui a été soumise par M. Debove.
En conséquence, votre commission propose à l’Académie
l'adoption des conclusions suivantes :
Considérant :
(jue l’emploi médical des rayons Rœntgen peut déterminer
des accidents graves :
Que certaines pratiques peuvent créer un danger social ;
Que seuls Ip docteurs en médecine, officiers de santé ou
dentistes diplômés (en ce qui concerne la pratique odontolo-
girmei sont capables d'interpréter les résultats obtenus au
point de vue du diagnostic et du traitement des maladies :
L .Académie est d avis que :
L application médicale des rayons Rœntgen, pardesper-
sonnp non pourvues des diplômes ci-dessus, constitue un
acte d exercice illégal de la médecine.
L épidémie cholérique d'Allemagne.
M. Chantemesse montre l'enseignement à tirer des mesures
• ussi radicales qu'efficaces appliquées récemment en Alle¬
magne contre l’invasion du choléra.
** I?'’'‘P3i'é dès RtOO une loi d'exception, appli-
lèn ^ ■'*,“ choléra, a ta peste, à la lièvre jaune, au typhus, à la
Pre, a la variole. Celte loi impose la déclaration rigoureuse
des cas, la nécessité d'une constatation précise, avec, s’il est
nécessaire, l’autopsie des cas suspects, et revêt le médecin du
district d’une sorte de dictature sanitaire momentanée. Elle
prescrit la surveillance des malades et des suspects, poussée
jusqu'à la possibilité de l'isolement absolu. Elle prévoit que
le domicile d’un malade pourra être pourvu d’une marque
apparente qui le désigne à l'attention publique et, si le malade
ne peut être efficacement isolé chez lui, la loi exige que lui
et ceux qui le soignent soient transportés et isolés ailleurs.
Cette loi si rigoureuse de 1900 fut encore renforcée par celle
de février 1904 qui dispose : isolement certain de tout malade:
observation de cinq jours et isolement possible de tout sus¬
pect ; isolement <le tout porteur de bacilles en apparence bien
portant, mais considéré comme un malade.
On édicta un règlement très rigoureux visant la surveil¬
lance sanitaire de la navigation intérieure et de la batellerie.
Les bateliers reçurent l’instruction ci-dessous rédigée en sorte
de commandements religieux :
Tu peux te protéger toi et ta famille contre le choléra.
Le poison cholérique est contenu dans l'eau avec laquelle
la profession te met en contact.
.Ne bois pas l’eau des rivières. Ae t’en sers pas pour te net¬
toyer, ni toi ni les objets dont tu fais usage.
Ne puise de beau ((u’aux fontaines munies d'un écriteau
favorable.
Avant de prendre tes repas, lavè-toi les mains avec de
l’eau et du savon.
Ne mange que des aliments cuits.
Ne souille pas l’eau des rivières avec des déjections
et fais cette défense à ceux (jui dépendent de toi.
Emploie pour tes besoins des vases spéciaux (jui te seront
remis et (pii contiennent du lait de chaux.
En cas d’indisposition va trouver le médecin le plus pro¬
che.
Le service allemand organisa le long des fleuves et des ca¬
naux, où s était répandue fépidémie, un service de surveil¬
lance médicale. La \isite était faite à des postes fixes ou en
cours de route par des canots portant un médecin et signalés
à l'attention publique par un pavillon blanc. Chaque district
de surveillance fluviale disposait d’un local pour l’isolement
des malades et d’un second pour celui des suspects. Les mé¬
decins veillaient à ce que les bateliers ne fissent usage ((ue
d'une eau pui-e et des vases étaient remis pour que les déjec¬
tions subissent une désinfection énergique avant d’être jetées
à l’eau. Les bateaux fluviaux devaient arborer un drapeau
jaune pour signaler la présence à bord d’un cas de choléra,
un drapeau noir pour un décès cholérique. Dans l’un et l’au¬
tre cas, les bateaux étaient arrêtés et ceux (pii se trouvaient
à bord, isolés. L’analyse bactériologirjue des selles était prati-
((uée et ce n'est (ju après deux examens négatifs ({ue les sus¬
pects étaient remis en liberté.
En France notre service d’inspection sanitaire obtient déjà
de bons résultatsen arrêtant aux gares frontières les suspects,
pro.scrivant l'entrée du linge sale, donnant des passeports sani¬
taires, assurant la désinfection des vvater-closets, des gares et
des trains, surveillant la santé des voyageurs encours de route.
Mais notre loi de 1902 paraîtra bien débile à l’égard de la
loi allemande de 1904, qui sacrifie sans hésiter les agréments
de findividu malade ou simplement de l'homme' suspect de
choléra au bien général de la collectivité. A is-à-vis de l'admi¬
rable riîglement allemand (jui commande la mano'uv re de
l’émigration, le règlement fran(,'ais, qui date de 1862, est bien
insuffisant.
M. Lha.ntkmesse compte revenir, dans une prochaine séance,
sur les améliorations nécessaires à cet antique règlement.
AL Brouardei. demande s’il ne serait pas utile d’avoir un
règlement spécial à cha(pie maladie pestilentielle, au lieu de
dispositions trop générales ne s’ap|)li(p]ant à aucune maladie
en particulier.
Al. Lhantemesse api>rouve pleinement cette proposition.
Traitement des névralgies faciales rebelles.
Le Professeur Raymond montre les bons résultats obtenus
dans le traitement des névralgies faciales rebelles par les injec-
26
LE PROGRÈS MÉDICAL
lions profondes d’alcool cocainé à titre progressivement crois¬
sant, suivant la ténacité des cas.
Il est très utile d’ajouter quatre gouttes de chloroforme par
centimètre cube de solution d’alcool cocaïné. A.-F. Plicque.
NARCYL GRÉMY médicament spécifi¬
que de la toux, spécialement de la toux des tu¬
berculeux.
REVUE DE THÉRAPEUTIQUE
Rédacteur spécial : M. le D’’ Paul CORNET.
I. — Traité élémentaire de clinique thérapeutique ; par (iaslon
t.Ydî,'. anrioii chef do clii)i(pie à la Faculté. 1 gros vol. in-4" do
170Ü p., clioz Masson, 1905.)
C’est la continuation d’an travail considérable qui permet
à M. Gaston Lyon de nous offrir la 6' édition, revue et aug¬
mentée, d’un ouvrage fort apprécié depuis son apparition.
Sa caractéristique est une mise au point raisonnée de la
conclusion thérapeutique des divers chapitres de la méde¬
cine [malaiii's des appareils digestif, respiratoire, eireulatoire,
urinaire ; maladies du système nerveux, maladies infectieuses,
maladies delà nutrition) y compris les empois onnemenis (mer¬
cure, phosphore, arsenic, sulfure de carbone), les intoxien-
tions (aliments, venin des serpents, saturnisme, tabagisme,
morphinomanie, alcoolisme), et les accidents causés par les
agents physiques (foudre et électricité, froid et chaleur, air
comprimé, raréfié, confiné). Il est peu facile, vu l’impor¬
tance de l’ouvrage, d’en présenter à égal titre les diverses
parties. Et nous sommes personnellement enclin à l'analyse
de la thérapeutique des maladies des voies digestives, telle que
l’expose M. Gaston Lyon.
Avec un court aperçu de la palhogénie de I’œsoph.vgisme,
l’auteur en donne le traitement général et méthodique ;
hydrothérapie, applications chaudes au-devant du cou, bro¬
mures, valerinnates, cocaïne, « sans d’ailleurs accorder trop
<■ de confiance aux moyens médicamenteux » ; traitement
psychique et hygiénique. Si besoin est, dilatation méthodique
par des bougies ou des olives ; M. Lyon préfère les olives, et
nous aussi. Plus difficile est Y électrisa lion, indirecte, ou
directe par la franklinisation hertzienne, la faradisation ou
la galvanisation.
Passons sur I'embarras gastrique dont on connaît en géné¬
ral le traitement, eu rappelant futilité du lavagedeYestomac,
les compresses humides sur l’estomac, et en terminant par
cette formule de purgatif salin :
Sulfate de magnésie . 30 gr.
Sirop de framboises . 30 gr. _
Eau . 100 gr.
Les GASTRITES CHRONIQUES motivcnt une classification, à
propos de laquelle nous sommes heureux de voir l’esprit
positif de M. Lyon remettre eu juste valeur les précieuses
données du chimisme stomçu'al{\), en lui donnant toute l’am¬
pleur méritée (p. 77), mais en mettant en garde contre üne
appréciation trop absolue. Glissons sur le régime alimen¬
taire, où nous trouvons le bouillon, moins nutritif que sti¬
mulant, avec ses indications et ses contre-indications qui
ne sont pas suffisamment observées dans la pratique. Les
lavements alimentaires sont réduits, surtout après les re¬
cherches de MM. Alb. Mathieu et Ch. Roux (Ci à leur juste
valeur, et voie; une recette très complexe, ainsi que les
alTectionne M. le Professeur Albert Robin :
(1) Noms ne rappellerons pas les travaux de notre ami VVinler ni
les noires sur ce sujet.
(2) Ga:(. des hôf., 22 déc. 1903.
Œufs frais .
Peptone liquide . ■ .
Solution glucose à 20 ® . .
Sel marin .
Pepsine .
Laudanum .
Bouillon frais q. s. pour 2,)0 c.c.
F. s. a. un lav. alimentaire.
40
n» 1-3
à 50 gr.
100 gr.
Ô 50
III gouttes.
La partie médicamenteuse est sainement pesée par M.
Lyon, qui cite le traitement de r/iypopepsic par M. Robin en
prescrivant les sels de potasse à petites doses ;
Azotate -de potasse . . 0 gr. 50 centig.
Sulfate de potasse . 0 gr. 05 centig.
Poudre d’ipéca . 0 gr. 01 centig.
Bicarbonate de soude . 0 gi‘. 30 centig.
pour 1 paquet à prendre avant chaque repas.
A propos de l’emploi de l’acide chlorhydrique, il peut être
avantageux de l’associer à l'albumine, comme le recom¬
mande M. Linossier, et de ne l’utiliser qu’à petites doses,
comme le demandeut en particulier MM. Mathieu et IIii-
chard :
Acide chlorhydrique . 0 gr. 50 centig.
Eau distillée . .500 gr.
un verre à madère apres chaque repas.
N’onblions pas l’acide phosphorique, très utilement em¬
ployé dans l'hypopepsie, malgré le point d’interrogation posé
par M. Lyon (p. 138l :
Acide phosphorique officinal . 10 gr.
Phosphate acide de soude. . . 20 —
Eau distillée . . . 200 —
de 1 à 4 cuill. à café, suivant la tolérance.
Dans les dgpepsies nervo-motriccs, M. Mathieu fait prendre, .
spécialement aux flatulents gastro-intestinaux, un des pa¬
quets :
Sulfate de soude . 1 gr.
Chlorure de sodium . 2 —
Bicarb. de soude . • 2 —
pour un paquet, à prendre le matin à jeun ou demi-heure
avant le repas, dans un verre d’eau de St-Galmier.
Mais, d’après M. Ilayem.le sulfate de soude peut être dan¬
gereux dans les cas d’hypopepsie, laquelle a souvent eu pour
cause fabus des purgatifs salins, et des cures aux eaux de
Carlsbad. Cette opinion est appuyée sur des recherches dont
une série a été faite par nous au laboratoire de ce profes¬
seur (1). Par contre, et toujours d'après M. Ilayem, le sulfate
de soude peut être prescrit chez les hyperpeptiques, aux
doses de G à 8 grammes, pendant 3 à 4 semaines au minimum.
Voici une solution qui convient aussi bien aux hypo- qu’aux
hyperpeptiques ;
Chlorure de sodium . . . . 3 gr.
Sulfate de soude . . . 3 —
Eau distillée . 1 litre.
k prendre par quart de litre ; froide au chauffée à 40“
La DiLAT.ATioN DE l’estomac Commande une thérapeutique
symptomatique bien complexe, lorsque le traitement n'est
pasjusticiable de la chirurgie. La constipation, pour ne re
lever qu'un symptôme, sera uniquement combattue par les
lavements, le massage, ou par les médicaments suivants, re¬
commandé par le regretté M. Soupault ;
Phosphate de soude . 5 gr.
Sulfate de soude . 4 —
Bibarb. de soude . 3 —
pour 1 paquet à dissoudre dans une bouteille d’eau et à pren¬
dre le matin à jeun, a raison d’un verre tous les 2 jours.
Comme traitement général, les injections sous-cutanées de
cacodylate de soude, les compresses de Priessnilz, les frictions
sèches ou à l’alcool, V hydrothérapie, la gymnastique suédoise
le repos prolongé à la ou de préférence dans une
station de montagne.
(1) CovxXET. — Bull, médical, 18 fév. 1893.
LE PROGRÈS MÉDICAL
Passons, après enjambée, à rui.cÈRE de d’estomac. Se bien
mettre en mémoire, qaeX alimentation rectale exclusive doit'
précéder i’cmploi du régime lacté. Voici une formule de la¬
vement due à Boas :
Lait . 250 c.
Jaune d’œuf . n» 2
Sel de cuisine . une pincée .
Vinrouge . . 1 cuill. à bouche.
Faire prendre :i lavements dans les 24 heures, après un
lavement évacuateur chaque matin.
Cette formule précédente est, comme une quantité d’au¬
tres, de valeur nutritive bien contestable, et les /rormenf-s-
d'eau tiède (200 c.c.i auraient la même valeur, s’il n’y avait
peut être lieu de tenir compte de l’influence morale sur le
malade.
Le CANCER DE l'estomac n’a présenté, hélas ! jusqu'ici, d'au¬
tres considérations thérapeutiques que celles qui sont déjà
connues du praticien, en faisant la distinction entre le can¬
cer limité, le cancer diffus, et le cancer des nrifices. M. Lyon
repasse cependant en revue cette médication si découra¬
geante : glaces, boissons gazeuses, cocaine, condurango, etc.,
ainsi qae le chlorate de soude qui, d’après M. Brissaud, son
premier préconisateur, aurait, à la dose quotidienne de 8 à
16 grammes, fait cesser les hématémè-es. la cache-vie et les
vomissements. tout en diminuant la tumeur, et remontant le
poids et l’appétit.
Terminons ici cette courte revue par la médication ces co¬
liques. La colique est-elle due au météorisme ?
Administrer, dans ce cas, l'éther, la teinture d'anis, la li-
queur d'Hoffmann sous la. forme suivante ;
Liqueur ammoniacale anisée . 10 gr.
Liqueur d’Hoffmann . 2 gr .
XX à XXX gouttes dans de l’eau sacrée :
ou la potion suivante :
Teinture d’anis . . XX gouttes
Ether sulfurique . . X.XX »
Laudanum . X »
Sirop simple . .50 grammes.
Eau de mélisse . 12.5 »
1 cuillerée à bouche toutes les heures.
- -
BIBLIOGRAPHIE
La médecine et les médecins en France à l’époque de
la renaissance; par le D'' Wickersheimkr. (Maloine, édi¬
teur.)
Le peintre commence par tracer les traits généraux du
tableau qu’il se propose de peindre. L’historien en fait de
même. Ainsi, avant d’étudier la médecine pendant la Renais¬
sance faut-il savoir ce que l'on entend par «époque delà Re¬
naissance ». M. V\ ictersheimer a suivi cette règle, aussi son
livre s’ouvre-t-il par un exposé très net de l'époque à la fois
évolutionnaire et révolutionnaire ((ue fut le XVI'- siècle.Ceci
dit, il nous fait faire connaissance avec le médecin d’alors ;
le costume, leshonoraires,les différents travaux, la vie et le
secret professionnel du médecin sont exposés dans le pre-
mier chapitrél Cette partie de l'ouvrage aurait peut-être ga¬
gné à être plus étendue ; quelques détails l'auraient animée ;
cependant elle est intéressante par sa documentation.
La seconde partie du livre est consacrée aux écoles de
Médecine de Paris (1; et de province et à l’enseignement
chirurgical. Les renoueurs, les sages-femmes, les arracheurs
de dents suivent les chirurgiens. Puis vient une étude lon¬
gue et détaillée des théories scientifiques et philosophiques
des médecins du XVI - siècle.
L auteur montre les erreurs, les croyances amusantes des
confrères d’alors,mais il ne faudrait cependant pas trop rire
ignorance, car aujourd’hui, si nous savons beaucoup
(F) V oir à ce sujet le |ielil ouvrage du J>' Nom : T Ancienne Faculté
UC la rue de la Bûclierie.
plus, nous sommes beaucoup plus exposés à nous tromper.
Qui nous dit qu’il n'y a pas encore quelque frugistigue dans
notre chimie '?
Presque la moitié du livre de M. ’VVickersheimer est donc
consacrée à cette étude générale écrite dans un esprit large et
net. Les anatomistes liront avec intérêt la partie consacrée à
leur science. Le XVP siècle n’a-t-il pas été apjielé le siècle de
l’anatomie ! Mais une étude approfondie des textes de l'épo¬
que, que l’auteur cite à l'occasion et un sens critique bien di¬
rigé font que toutes les parties de ce chapitre sont autant
de petites pierres qui, réunies, formentune belle céramique
d’ensemble. Cependant l’analyse du traité deLaurent Joubert
aurait pu être plus approfondie et être l’objet d’on travail
analogue à celui qu’a publié M. Figard sur Jean Fernel (1). ’
D’autres pages nous font assister aux luttes des chirur¬
giens avec les médecins d’une part, avec les barbiers de
l’autre. Nous n’insisterons pas à ce sujet, nous ne saurions
en effet que répéter ce que nous avons déjà dit dans un pré¬
cédent article (2 1. Ce livre est, en somme, digne de figurer
avec avantage dans une bibliothèque de curiosités médica¬
les et nous ne saurions trop en recommander la lecture.
Marcel R.
CORRESPONDANCE
A propos des accidents de la chloroformisation.
Notre distinguécollaborateur, M. le !)■■ Raymond, professeur
agrégé des Facultés de médecine, nous écrit la lettre suivante :
(Mon cher Secrétaire,
Je croyais que la question de la syncope au début de la
chloroformisation était tranchée : je vois, en lisant votre der¬
nier « Bulletin » qu’il n’en est rien, et qu'un de nos confrères
a maille à partir avec la justice mal informée sur ce point. . . .
commesur tantd'autres. Je suis frappé del.i phrase prononcée
parle iiialade:« Tu viens donc à mon enterrement ». C’est que
je suis convaincu, en effet, de l’importance du facteur psychi-
(jue dans les accidents de chloroformisation, et si je suis ar¬
rivé àcette conviction,' c'est à la suite d’un exemple person¬
nel qui m'a fait « travailler la question ».
Peut-être, aussi bien, mon observation sera-t-elle utile à no¬
tre confrère pour sa défense.
En 1884, j’étais interne du professeur Richet. Notre maître
consacra un jour une de ses clinûiues aux accidents du chlo¬
roforme, et il démontrait (juc par le procédé qu'il employait
il n’avait jamais d’accidents. MaisM. Richet était quelque peu
prolixe, et il était bien évident que les seuls mots que devait
retirer le patient, présent à la leçon, étaient ceux de - danger
et de mort. La leçon finie, M. Richet me commande de don¬
ner le chloroforme ; à peine m' étais-je approché du malade q\x''\l
tomba en syncope. Nous ei'imes toutes les peines du monde à
le faire revenir à la vie. C'est vous dire que ce triste souvenir
de ma carrière médicale est bien pi écis à ma mémoire et que
je suis de ceux rjui pensent : 1" qu’on peut mourir delà peur
du chloroforme ; 2" qu’il ne faut pas jeter la pierre à ceux
qui sont les témoins de tels accidents.
Non ignari malt, miseris succurrere disco.
\ euillez agréer, mon cher secrétaire, l'expression de mes
meilleurs sentiments.
D'^ Paul Raymond.
(1) l’n médecin philosophe au XVl" siècle par L. Figard. .tlcaii,
ihlil.
(2) Progrès .Médical, 3 juin 1P05.
Les iHFinsiiERs et le Conseil Municipal. — La commission du
personnel du conseil municipal a décidé de porter de dix à vingt
et un, avec une indemnité de 1 franc, le nombre de jours de
congé accordésau personnel infirmier des hôpitaux. La commis¬
sion a également décidé la création de quatre-vingt-dix postes
de veilleurs et veilleuses, de manière à assurer au personnel
trois nuits de repos par mois.
LE PROGRÈS MÉDICAL
VAJIIA.
L Enseignement de l’oto rhino-laryngologie à Tours.
Lne note ayant trait à l'enseignement de la laryngologie à
Tours à été égarée et n'a pu être utilisée dans l'article de notre
collaborateur le D'’ Paul Laurens (Numéro des Etudiantsi.
Voici le texte de cette note cjue nous devons à l'obligeance
de M. Archambault, de Tours :
« Comme professeur suppléant à l’Ecole de Médecine, j 'ai,
après entente avec la commission administrative de l'hospice,
ouvert en 18)5 une clinique oto-rhino-laryngologique avec
consultation gratuite, deux fois par semaine. pour les malades
de 1 hôpital et pour les malades du dehors. Les élèves de no¬
tre école sont admis à la consultation. Je leur fais des leçons
à l’occasion des malades qui se présentent et je les habitue à
faire des examens de larynx, d’oreilles et de nez ; ce sont
donc des leçons essentiellement pratiques. Telles sont les
grandes lignes des renseignements que j'avais fait parvenir
au D’’ Laurens ».
MÉDECINE 1>RATI0UE
Les Formiates.
Le 14 mars 1905, le professeur Hcchard, de Paris, et le
docteur Clément, de Lyon, ont présenté à l'Académie de
médecine une communication sur la valeur thérapeutique
des formiates ; leur étude était basée sur des expériences
prises et contrôlées, pendant deux années, sur eux-mêmes et
sur des malades. Voici les conclusions très importantes de
leur rapport :
« 1“ Les formiates peuvent être donnés à l’homme sain et à
l'homme malade dans une ([uantité pres([ue illimitée.
« 2“ Les formiates produisent une action tonilianle sur
tout le système musculaire, non seulement sur les muscles
des membres et des difïérents segments du corps, mais au¬
tant, et même davantage, sur les fibres musculaires des or¬
ganes, tels que le cœur, l’estomac, la vessie, et sur. la tuni(|ue
musculaire des artères.
« 3" L’action toni(|ue des formiates est immédiate et cons¬
tante ; elle se manifeste, chez l’adulto, 'après trois doses de 1
gramme prises dans l’intervalle de 24 heures ; cet effet atteint
son maximum après un usage continué pendant 10 jours, et
se maintient alors intégralement pendant le même laps de
temps ».
Une personne (jui prend, pendant (luehiucs jours, 3 gram- j
mes de formiate, éprouve, aussitôt, un sentiment (pii la
porte au mouvement et à l’activité. Elle ne redoute ni le tra¬
vail, ni Teflort, et, chose plus remarquable, elle a beau se
mouvoir et travailler, elle ne ressent ni fatigue ni lassitude.
Cet effet, stimulant et réconfortant, se fait sentir chez tous les
individus, aussi bien chez les vieux (pie chez les jeunes, chez
les malades que chez les bien portants. Un sujet, (jui n’avait
pu fournir qu’un travail de 21 kilogrammètres, clfectue,
après avoir pris trois fois 4 comprimés de poly-formiate à 25
centigrammes chacun, un travail de lOG kilogrammètres.
L'effet tonifiant des formiates, chez les personnes âgées,
provient de l’action stimulante sur les muscles de la respira¬
tion et sur les fibres musculaires du cauir et des artères.
L'oppression et les palpitations disparaissent, parce que le
sujet respire plus facilement et plus profondément ; le cœur
travaille plus à l'aise, et les artères font circuler le sang plus
facilement, dans tous les tissus et dans tous les organes. Ainsi
est maintenu et rétabli réc[uilihre dans la circulation. Les
formiates conservent au cœur et aux artères leur fonetmn
normale, sont le remède préventif et rationnel contre l'ar-
lério-sclérose.
Les formiates ont des effets remarquables dans tous les états
d'épuisement nerveux : dans les névropathies, caractérisées
par la dépression pliysiqne et morale ; ils réveillent rapide¬
ment la vitalité et le tonus musculaire, et lont disparaître la
lassitude et la dépression, si fré(juentes au réveil et que le
malade appelle la neurdsthènie matinalr. Stimulant les mus¬
cles de 1 est(}mac et de l'intestin, les formiates activent et ré¬
gularisent la digestion : ils améliorent ainsi la nutrition et
brisent le cercle vicieux ({ui retient les neurasthéniques dans
leur état de faiblesse et d’épuisement.
IlucHARD et Ci.ÉMEST Ont insisté sur l’action diurétique des
formiates ; non seulement la quantité des urines augmente,
mais les produits de désassimilation et les matériaux ter¬
naires deviennent plus abondants dans tes urines. C’est
ainsi que les formiates sont surtout indi(iués aux arthri¬
tiques, c’est-à-dire à tous ceux dont la nutrition est ralentie :
il est Iiors de doute que, par leur action tonifiante, les for¬
miates senmt associés, le plus heureusement et au plus
grand profit pour les malades, aux cures thermales -telles
([ue celles de Vichy, Pougues, La Bourboule, Evian, etc.
(ÎLKMENT, de Lyon, a prouvé, par des expériences faites sur
lui-même et sur de nombreux malades. l’innocuité absolue des
Formiates vis-à-v is des organes de la digestion. Au contraire,
l’atonie de l'estomac et de l’intestin disi)araissent, la fonction
du foie est activtie et régularisée, la sécrétion de la bile devient
plus abondante. 11 est hors de doute ([ue dans le traitement
de la constipation habituelle, les Formiates sont appelés à
remplacer tous les laxatifs, purgatifs et drasti(iues, (jui ne
sont jamais que des palliatifs et irritent pres(iue toujours l’es¬
tomac et l’intestin. De nombreuses expériences ont déjà dé¬
montré (|ue, dans les constipations rebelles, l’emploi deajuatre
comprimés de Poly-Formiate, à cha([ue repas, c(mtinué pen¬
dant dix jours, amène une fonction régulière de l’intestiij,
(£u’il est très facile de maintenir.
Il est à remarrjuer (pie l'action stimulante des Formiates ne
s’exerce pas seulement sur l’homme et sur les animaux. L’a¬
griculteur n’ignore pas les propriétés excitantes de ce produit
et les utilise pour activer la germination des graines. On fait
des arrosages avec une solution au millième, et, au lieu d'une
dizaine de jours, ce qui est le délai habituel pour les semis
faits à la saison d'été, on obtient ainsi un début bien plus hâ¬
tif de la germination, en deux ou trois jours environ. C’est ce
qui a donné l'idée au docteur à ernleulcn, directeur de Vlnsii-
tul de rnécanolhéraine de Paris, d’étudier l’action des Formiates
sur la croissance.
M. à'ermeulen a d'ores et déjà pu conclure (pie, dans les re¬
tards de croissance, le Poly-Formiate iqiii seul a été employé
dans ses expériences), a une action stimulante sur l’ostéogé-
nèse, (jui se manifeste dans la troisième ou (juatrième se¬
maine de la médication par une reprise de la croissance. Ce
praticien fait mention des ctfets (pi'il appelle « surprenants »
des Formiates dans la scoliose habituelle du premier degré.
•' L'attitude vicieuse, écrit-il, (jui, devenue habituelle, se trans-
« forme en scoliose, est, en général, l'effet d’un déséijuilibre
«entre les muscles et le squelette ; l'enfant se tient mal parce
« (pie ses muscles sont trop faibles ; l'action tonifiante des
« Formiates produit chez lui un effet si rapide, ipie ce médi-
« cament est dev enu pour moi un auxiliaire indispensable du
« traitement orthopédi(iue. »
Le Poly-Formiate Couturieux, qui correspond à l'é(iuation
minérale du plasma vivant, est la forme la jihis rationnelle
et, dirions-nous, la iilus physiologique, parce que, par sa
composition spéciale, il compense la déminéralisation fonc¬
tionnelle de l'organisirie. Le comprimé est la forme pharma-
ceutûpie la plus avantageuse : il est fiicile à prendre et per¬
met un dosage mathémati<pie et une conservation parfiiite.
Doses : Adultes : 3 à 4 comprimés avant ou pendant chaipie
repas (soit neuf à douze par jour; ; après dix jours, suspen¬
sion de traitement pendant dix jours.Enfants : do sept àdouze
ans, trois fois par jour, 2 comprimés. De douze à dix^htiit
ans, trois, fois par jour, 3 comprimés,
Ecoi.e DE MARINE. DE bordeaux. — Par (li'cision ministérielle
(lu 2!) décembre 1905, M. l’étudiant en médecine Raymon(i (Ar¬
mand-Eugène). classé le .52“ à la suite du concours de 1905, a èio
nommé élève du service de santé de la marine à l’école de Bor¬
deaux.
Conférence du D' Jean Charcot. — Le D' Jean Charcot fera,
le mardi :i0 janvier, à la mairie du quatrième arrondissement,
une conférence sur son exploration au pôle Sud. Cette soirée, or¬
ganisée par le « Foyer du soldat de Paris », présidée par M. Mau¬
rice Braibant, réunira un millier de militaires de toutes armes
I de la gamison parisienne.
LE PROGRÈS MÉDICAL
29
Actes et Thèses de la Faculté de Médecine de Paris.
Thèses de doctorat. — Mercredi, i 7 janvier. — M. Cammas : De
remploi du fer (médication adjuvante) dans le traitement de la sy¬
philis (MM. Landouzy, Brissaud, Reclus, Legueu). — Mme Jacob-
spn : Maladies ankylosantes (MM. Brissaud, Landouzy, Reclus, Le-
j^ueu). — M. üheilly : Contribution à l’étude des ruptures traumati-
<|ues du diaphragme par contusion ou effort (MM. Reclus, Lan-
douzj’, Brissaud, Legueu).
Jeudi, J S janvier J go6. — M. Tourrenc : Etat mental des incen¬
diaires (MM. Jofîroy, Raymond,Hulinel, Dupré). — Af. Poirault :
Les méthodes de traitement de l’épilepsie (MM. Raymond, Jof-
froy, Hutinel, Dupré). — M : Tuberculose latente réveillée
subitement par une intervention sur un autre foyer tuberculeux.
(Etude expérimentale sur l’action de certains poisons tuberculeux)
(MM. Hutinel, Jolîroy,Raymond, Dupré). — Al. Lebrun : Empirisme
et remèdes populaires : (MM. Chantemesse, De Lapersonne, Jeaii-
selme, Auvray). — M. Giraud : De la révision en matière d’acci¬
dents du travail portant sur l’appareil de la vision (MM. De La¬
personne, Chantemesse, Jeanselme, Auvray). — Al . Casteran : Du
traitement rationnel et précoce de l’œil abortif (MM. Budin,Pozzi,
Hartmann, Demelin). — M. Senellard : De la duree du travail dans
ses rapports avec le poids de l’enfant et le terme de la grossesse
chez les primipares (M.M. Budin, Pozzi. Hartmann, Demelin).— .H.
Lesciire : Contribution au traitement palliatif du cancer du col de
l’utérus (MM. Pozzi, Budin, Hartmann, Demelin).
Examens de doctorat. — Lundi, l,") janvier. — (Chirurgie. 1”
partie, 1'” série, Hôtel-Dieu) ; MM. Reclus, Delens, Legueu. - 5’
((Uiirurgie, 1" partie, 2° série, Hôtel-Dieu) : MM. Segond, Broca
(.Vug.), Mauclaire.
Alardi, 16 janvier. — 3’ (1" partie. Oral, Sall(‘ Beelai'd) : M.M. Poi¬
rier, Faure, Demelin. — 3“ ^2- partie. Oral, Salle Pasleur) : M.M.
Hutinel, Gouget, Jeanselme. — 4” (Salle Broussais) ; MM. Gilbert,
Dupré, Langlois. — 5° (Chirurgie, 1” partie, P" série, (Jiarite) ; MM.
Guyon, Tbiéry, Auvray. — 5' (Chirurgie, P- iiarlie. 2' serie. (Jiari-
té) : MM. Pozzi, Marion, Moreslin. — 5" (2* jiartie, (.barile) : M.M.
Dieulafoy, Rénon, Carnot.
Mercredi, 1 7 janvier. — .Médecine opératoire (Ecole pratique) :
MM. Kirmisson, Sébileau, Proust. — 2* (Salle Corvisart) : MM. Gau-
tièr, Gley, Branca. — 3” (P* partie. Oral, Salle Charcot) : MM. Terrier,
Lepage, Cunéo.
Jeudi, 18 janvier. — Médecine opératoire (Ecole pratique) : MM.
Berger, Poirier, Faure. — 3' (2'partie, Laboratoire des travaux pra¬
tiques d’anatomie pathologique] : MM. Cornil, Bezançon, Richaud.
— 2* (Salle Béclard) : MM. Launois, Langlois, Maillard. - 3’ fp*
partie. Oral, .Salle Broussais) : MM. Le Dentu, Tbiéry, Brindeim.
Vendredi, i g janvier. — Médecine opératoire (Ecole pratique) :
MM. Tuffier, Cunéo, Pierre Duval. - 2" (Salle Richet) ; MM. Ch.
Richet, Retterer, Broca (André). — 4* (Salle Tbouret) : MM. Pouchet,
Ballbazard, Macaigne. — 5” (obstétrique, 1™ partie. Clinique Bau-
delocque) : MM. Pinard, Wallich, Potocki.
Samedi 20 janvier. -5’ (2” partie,!'" série, Beaujon) : MM. Clian-
lemesse, Thirolois, Renon. — 5" (2'partie, 2' série, Beaujon : .M.M.
Acbard, Vaquez, Bezan-çon.
CouKS ANN^E DE CLINIQUE CHIRURGICALE. — Par arrêté du
ministre de l’Instruction publique, le docteur Aimé Guinard, chi¬
rurgien de l’Hôtel-Dieu, est chargé d’un cours de clinique annexe
à la feculté de médecine de l’U.niversité de Paris.
FACULTÉ DE MÉDECINE DE BORDEAUX
Année scolaire 1905-1006
Etat nominatif des étudiants reçus docteurs en
médecine.
Novembre 1905. — Chamontin, Influence de la suggestion sur
les soldats du premier Empire. — Quentkl, Sur la genèse et l’é¬
volution normale de Furèthrite gonococienne chez l’homme. —
Charrier, De la conduite à tenir dans les grands traumatismes
des membres. — Perreaux, Appendicite pelvienne infantile. —
Uupouv, la douleur à la pression du pneumo.gastrique au cou
dans la tuberculose pulmonaire. — Dotkzac, La hernie ingui¬
nale est-elle un accident du travail. — Yvernoüeau, Contribu¬
tion a 1 étude de la trichotillomanie. — Nourv, Contribution à
^tude des tumeurs botryomycosiques de la lèvre chez l’homme.
T’t j***'*^^’ Iss intoxications par les vapeurs d’alcool.
Etude expérimentale et clinique. — Duval, De la duplicité du
canal génital lanatomie et physiologie). — Dklaboudiniére, Des
anomalies de 1 uretère. — Dei.omeau, Contribution à l’étude
ue la scopolamine comme anesthésique génital. — L.\couture.
ontnbution à 1 étude des manifestations cliniques aiguës de la
tuberculose appendiculaire. — Denier, Hornies traumatiques du
p^dr^?’ ” L'^poi-ble, Etude sur les abcès du foie d'origine ap-
Déoembre 1905. — Dumora. Paraphasie, jargonaphasie et dé¬
mence (Recherches cliniques et anatomo-pathologiques). —
Brouqueyre. De l’éosinophilie générale et locale dans les kystes .
hydatiques. — Plazy, Traitement du décollement de la rétine. —
Lafont, De la cure radicale de la hernie rurale par le procédé
de Guihé et Proust. — Duburquois, Hématologie de la coqueluche
— Le Berre, Etude des causes de déchéance des races indigènes
dans nos colonies. — Robin, De l’étiologie de la fièvre jaune. —
Pichon, Les maladies vénériennes aux colonies. Leur prophyla¬
xie dans l’armée coloniale. — Brochet, Essai de procédé manuel
de topographie oranio-encôphalique. — Bodet, des vices de ré¬
fraction de l’acuité visuelle du sens chromatique et du champ vi¬
suel dans l’année et la marine. — C.asabi.anca, Des végétations
adénoïdes du pharynx nasal chez les nourrissons. — Jambon, Des
sinusites syphilitiques. — Bruneau, Contribution à l’étude du dé¬
lire alcoolique d’après 54 observations prises à la clinique psy¬
chiatrique de I hôpital “Saint- André.
FOMÜLES
III. — Contre la tuberculose.
Carbonate de chaux . 0 gr. 50
Phosphate tribasique de chaux . 0 « 20
Chlorure de sodium . 0 » 15
Magnésie calcinée . 0 » 05
Pour 1 cachet. Trois par jour aux repas. (Paul Ferrier).
IV. Contre ! hyperidrose plantaire.
Matin et soir, pédiluve de 5 litres d’eau très chaude, addi¬
tionné de 5 gr. de borate de soude et d'une teinture de ben¬
join. Poudrer ensuite les pieds et les chaussettes avec :
Talc on poudre .
Poudre d’iris . ^0 g*-’
Acide saiieylique . 2 gr.
(Gaucher).
V. - Contre l'acné de la face.
Lotions le soir après un lavage chaud avec :
Soufre précipité . 6 gr.
Talc pulvérisé . 2 »
Glycérine . CO »
Eau de roses . 120 >>
Teinture de quillaya . 10 » »
(Gaucher).
VI. — Contre les dyspepsies.
Pour calmer les douleurs précoces à la suite des repas : .
Chlorhydrate d’héroïne . 0 gr. 05
Chlorhydrate de cocaïne . 0 » 10
Liqueur de Hoffmann . 5 »
Sirop de fleurs d orangers . 20 »
Eau chloroformée . . . 50 »
2 à 3 c. à café dans un demi-verre d'eau à la lin du repas.
ou :
Bromure de calcium . 10 gr.
Hydrate de chloral . 2 » .50
Codéine . 0 » 30
Sirop d’éther . 30 »
Eau distillée . 110 »
l C. à café dans de la tisane chaude de camomille.
(M. Soupaült).
THÉRAPEUTIQUE
Traitement des congestions pulmonaires et des hémop¬
tysies par l'Hélénine.
Introduite dans le sang, l’Hélénine de Korab exerce à un
haut degré une action stimulante, accompagnée de diminu¬
tion de la tension vasculaire et d’abaissement delà tempé¬
rature, rigoureusement observée par les appareils du profes¬
seur Marey du Collège de France (communication à la So¬
ciété de Biologie}. La propriété, bien démontrée, que pos¬
sède l’Hélénine de diminuer la tension vasculaire, fait d'elle
un médicament précieux pour combattre les congestions
pulmonaires et prévenir les hémoptysies.
De là résulte l’avantage incontestable de l’employer dans
les phases d’ulcérations et même de cavernes, où la fonte
des tissus fait craindre la rupture d’un vaisseau ayant pour
cause la disproportion entr'- la tension vasculaire et la paroi
sanguine amincie. L’Hélénine s’administre sous forme de
globules du D' de Korab à la dose de 2 à 4 par jour.
LE PROGRÈS MEDICAL
NOUVELLES
Natalité dis Paris. — Du dimanche 24 décembre la samedi 30
décembre 1905. les naissances ont été an nombre de 994. se dé¬
composant ainsi: légitimes 717, illégitimes 277.
Mortalité a Paris. — Population d’après le recensement de
1901 : 2.660.559 habitants. Les décès ont été au nombre de 1009,
savoir: 531 hommes et 478 femmes. Les décès sont dus aux
causes suivantes : Fièvre typhoïde (typhus abdomin.) : 5. —
Typhus exanthématique : 0. — Fièvre intermittente et cachexie
palustre : 0. — Variole : 0. — Rougeole : 16 — Scarlatine : 0.
— Coqueluche : 3. — Diphtérie et Croup : 2. — Grippe : 2.
— Choléra asiatique : 0. — Choléra nostras : 0. — Autres
maladies épidémiques : 2. — Tuberculose des poumons : 220. —
Tuberculose des méninges : 17. — Autres tuberculoses ; 16. —
Cancer et autres tumeurs malignes : 58. — Méningite simple : 22.
— Congestion hémorrhagique et ramollissement du cerveau : 47.
— Maladies organiques du cœur : 86. — Bronchite aiguë : 23.
— Bronchite chronique : 23. — Pneumonie : 46. — Autres affec¬
tions de l’appareil respiratoire : 118. — Affections de l’estomac
icancerexc.) : 5. — Diarrhée et entérite deO à 1 an : sein : 2 ; au¬
tre alimentation: 8. — Diarrhée et entérite de 1 à 2 ans : 1. — Her¬
nies, obstruction intestinale: 9. — Cirrhose du foie : 16. — Néphrite
et mal de Bright : 20. — Tumeurs non cancéreuses et autres ma¬
ladies des organes génitaux (femmes) : (i. — Septicémie puerpérale
(fièvre, péritonite, phlébite puerpérale) : 3. — Autres accidents
puerpéraux de la grossesse et de Taccono jment : 0. — Débilite
congénitale et vices de conformation ; 27 — Débilité sénile : 45.
— Morts violentes : 31. — Suicides : 15. - Antres maladies : 108.
— Maladies inconnues ou mal définies : 2 1.
Mort-nés et morts avant leur inscription : 64 qui se décom¬
posent ainsi : légitimes 48, illégitimes 16.
Distinctions honorifiques ; — Lqiion d'honneur : Officier :
M. Ruault, à Paris. — Chevalier : M. Gaillard, à Paris.
Acte de courage et de dévouement. — Médaille de bronze : M.
O’Follewel, à Paris.
Un médecin sous-préfet. — M. Gouzy est nommé sous-préfet
de Nontron.
La succession de M. Lej.irs. — Par arrêté préfectoral, M.
Caillens, chef de bureau de 4“ classe à l’Assistance publique,
est chargé du service du personnel en remplacement de M.
Le,iars.
Service de santé militaire. — Réserve et territoriale : Sont
nommés ou promus.
Médecin jirincipnl de 1'^ classe de reserve, le médecin prin-
cipa.l de P' classe de l’armée active retraité Au dot, 10'’ région.
Médecins principaux de S’adosse de l'armée territoriale, les mé¬
decins principaux de 2'’ classe de l’armée active retraités Camus,
,5'' région ; Famechon, P” région.
Médecins-niaiors de l’’” classe, de l'armée territoriale, les mé¬
decins-majors de P' classe de l'armée active retraité Moutie, 17"
région ; Leuc, 16" région ; Fix, 19" région ; Chamieze, 19" région ;
Beaumier, 7" région ; Guégan (Tunisie) ; Félix, IP région.
Médecins-majors de 2" clape de l'armée territoriale, le méde¬
cin major de P" classe de l’armée active retraité Haller, 13" ré¬
gion; Galba, 3' région, médecin-major de 2' classe de l’armée
active ; Robert, 18" région.
Médecins aides-majors de f"" classe de l’armée territoriale :
Cliabaneix, 12" région, médecin aide major de P" classe de l'ar¬
mée active ; Démangé, 6' région.
Médecins aides-majors de 2" classe de réserve, les docteurs en
médecine : 15' région, de Paretti ; 10" région, Labbé ; 15" ré¬
gion, Dalard ; 12" région Dupic ; 16" région, Barbot ; l(i" région,
Michel ; 17" région, Mombet ; 10" région, Mauban ; 8" région.
Petit ; 20' ré.gion, Sauvage ; il" région, Pagniez ; 20' région, Hu-
guier ; 5" région, Grébault ; 10" région, Bridant ; 11" région,
Froin ; 4" région, Arnal ; 15" région. Imbert ; 19" région. Cabe.ssa;
12" région, Gadaud ; ,5" région, Tissot ; 17' région, Puyaubert ;
4" région, Lemierre ; 9' région, Tillaye ; 14" région, Bertier ; 14'
région, Rolland ; 11' région, Leqnerrc ; 1 1" région. Cotennec ; 12"
région, Bourras ; 17' région, do Meller de Labarthe.
15' région. Ko vier ; 3" région, Cormon ; Engel : 18" région.
Lande ; 10' région, Tessier ; 8" région, Liabot ; (i" région. Mai¬
resse ; 6' région, Bourguct ; 5' région, Rollin ; 11" région, Bar¬
thélemy ; 10' région, Bloch ; 4" région, Denis ; 2" région, Seraper;
P" région, Grapez ; 15" région, Desanti ; 12' région. Boyer ; 4"
région, Crenet ; 14" région, Tomasi; 12' région. Barbancey ; 10'
région, Brunet; 16" région, Bordes ; 3' région, Fabre; 4' région,
Finet ; P" région, Merveille ; 13® région, Mougeot ; 5" région,,
Juillet ; 12" région, Verdier ; 16" région, Colliere ; 3" région. Pe¬
tit ; 8" région, Peguet ; 1 1" région, Cattin ; 13" région, Binet; 10"
région. Marquet ; 13" région, Flechet ; 9" région, Bouchet ; 15"
région, Alamelle ; 20" région, Job ; 7" région, Troussard ; 6" ré¬
gion, Jesson ; 15" région, Roux ; 12" région, Neboitx ; 11" région,
Warot ;6" région, Candon ; 14" région, Bcriel ; 2" région, De-
bono.
16" région, Guiraud, Piet ; 2" région, Mezie : P' région, Gal-
land ; 8" région, Bouréc ; 3" région, Chapotin ; 10“ région, Ôppen-
heim ; 16" région, Castany ; 11" région, Monique ; P" région,
Bertrand ; 15" région, Arnoitx ; 10" région. Le Duigou ; 3" ré¬
gion, Clavel ; 13" région, Richard ; 1" région, Lernout ; 9" ré¬
gion, Couffon ; 10" région. Petit ; 9" région, Mazoux ; 17' région,
Adoue ; 3" région, Poinsot : 17' région. Esquirol ; 15" région,
Barse ; 14" région. Gentil ; 18" région, Gendrou ; 8' région, Ber-
thezenne ; 19“ région, Auzimour ; 4" région, Mignon ; 6" région.
Bolet ; région, Doin ; 20" région, Abrand ; 16" région, Fran¬
çois ; 16" région. Babcau ; 6“ région, Forthomme ; 20" région,
Roussel ; 9" région, Dubreuil-Gbambardel ; Î8“ région, Perus ;
P" région, Faucheux ; 18' région, Foubert : 14" région, Guérin ;
17“ région, Ducasse ; 6" région. Fontaine ; 20" région. Thirion.
16" région, Boyer : 8" région. Dupont ; 13" région. Compris ;
13" région, Desgeorges ; 15® région, Balestre ; 18" région, Du-
don ; 15" région, Gariniond, Bordéres ; 2" région, Fiatte : 14"
région, Pavy ; 2“ région, Obers ; P" région, Maes ; 16" région,
Galen ; 20-’ région. Ganol ; 16" région. Rives ; 8" région. Beau-
fils ; 16" région, Cocural , 19" région. Montes ; 12" région, Ver-
deaux : 13" région, Roddier ; 16' région, Stoltz ; IP région, Ro¬
ger ; 10" région, Morvan ; 16" région, Goiny.
Médecins aides-majors de 2" classe de l'armée territoriale :
Les docteurs en médecine : 9’ région, Roulleau ; 15" région.
Sinoncelli ; 13' région. Faucheux ; 5' région, Garamanos ; 10"
région, do Guérin ; 11" région, Artaud ; 3“ région, Lévy-Valency ;
P" région, Scliultz ; 5" région, Isclin ; 6" région, Bocquet.
Médecins SÉNATEURS. — Ont été élus sénateurs aux élections
du 7 janvier: MM. IcsDrs Lannelongue ('Gers), Petitjean (Nièvre),'
Flaissières, (Bouches-du-Rhône) ; Viget (Loiret).
Parmi les candidats malheureux, nous relevons les Drs Gazes,
Dupouy (Gers), Dumont, Tissier (Indre), Thomas (Manche), Beau-
fils (Nièvre), Debierre (Nord).
Ecole DE MÉDECINE d’Amie.vs. — Par arrêté du ministre de
l’Instruction publique, des beaux-arts et des cultes en date du 29
décembre 1905, un concours s'ouvrira le 10 juillet 1906. devant
la faculté mixte de médecine et de pharmacie de Lille, pour l'em¬
ploi de suppléant des chaires do pathologie et de clinique chirur¬
gicales et de clinique obstétricale, à l’école préparatoire de niéde-
cime et de pharmacie d’Amiens. Le registre d’inscription sera clos
un mois avant l’ouverture dudit concours.
La disparition de la fièvre jaune a Cuba. — La légation de
Guba à Paris communique à la presse une dépêche de son gou¬
vernement, l’informant qu’il n’existe plus aucun cas de fièvre i
jaune à la Havane ni .sur aucun autre point du pays.
Collège de France. — M. François Frank a repris ses leçons
sur les mécanismes de la fonction respiratoire le mércredi 10 jan¬
vier à 3 h. 3/4. Il fera ses leçons de démonstrations les vendre¬
dis à 11 heures.
Faculté des sciences de l’Université de Marseille. — Par
arrêté du ministre deT’instruc ion publique des beaux-ar:s et des 'f
cultes en date du 10 janvier 1906, la chaire de botanique agri- i
cole de la faculté d’Aix-Marseille est déclarée vacante. Un délai 1
de vingt jours, à partir de la publication du présent arrêté, est
accordé aux candidats pour produire leurs titres.
La mai.adie du jour. — L'anémie et la neurasthénie vont- elles
être déchues de l’empire delà mode '! Il se pourrait, car on vient
de découvrir en Amérique une nouvelle maladie, qui ne manque
assurément pas de charme poétique. Cette maladie nouvelle est
l ostéocie, autrement dit la maladie (le la légèreté.
L’ostéocie ou légéreté des os se manifeste au bain. Certaines
personnes, des jeunes filles surtout, s’y sentent silégéres, si impon- ^
dérables. . . qu’elles ne peuvent réussir à plonger dans l’eau. Pour '
pouvoir rester assise au fond de sa baignoire, au lieu de renion- /’
ter à la surface avec la promptitude d’un bouchon, Mlle M... est t
obligée de se munir, à chaque main, d’haltéres pesant huit kilos. ]
On craint même qu’elie ne vienifc un beau matin à s’élever dans /'
les airs, telle une vierge d Assomption. Maladie de la légèreté ; ■
maladie bien féminine, n'est-ce pas ’f 'L'Aurore, II janvier.) (
Inhumation PRÉCIPITÉE. — D'après une nouvelle adressée de '
Milan au Netv York Herald et reproduite par le Matin, il y a i
quelques jours, mourait à Gastellina, on Toscane, un jiaysan âgé •,
de cinquante ans. Après le service funèbre, la bière fut déposée ’
LE PROGRÈS -MÉDICAL
31
dans la chambre mortuaire du cimetière en attendantlïnhu^nation.
Pendant la nuit, le prétendu mort se réveilla de son sommeil lé¬
thargique et, saisi d’épouvante à l’aspect du lieu où il se trouvait,
se jeta sur la porte, l’enfonça et courut chez lui, toujours enve¬
loppé de son linceul. En le voyant, sa famille horrifiée le prit
pour un spectre et refusa de le recevoir. Ce fut à grand’peine,
qu’il parvint à se fairereconnaître. Les autorités ont ouvert une
enquête sur cette déclaration de décès trop hàtivc,
Enseig.mement m.vternei. des poivrots. — Voici le jour de
l’an. L’imagination des spécialistes pour les jeux récréatifs et ins¬
tructifs de l’enfance est sans limites. Je viens d’admirer aux vitri¬
nes d’un grand magasin, sous la rubrique d’« Etrennes utiles aun
jouet merveilleux intitulé le Petit liquorhte, copie exacte du
comptoir de marchand de vin.
Ce comptoir, large de prés d’un mètre, est garni de tous ses
accessoires, brocs, seaux, percolateur, robinets, verres de toutes
dimensions, etc., etc. Dans le fond, il bouteilles : absinthe, ver¬
mouth, marc, cognac, rhum, cassis, calvados, amer Picon, ani-
sette, gomme, menthe, curaçao. Plus haut les liqueurs de marque.
Un cadran indique l’heure aux jeunes clients, et, dit le prospectus,
« la gerbe de fleurs habituelle donne une note gaie habituelle à
ce gentil commerce »...
Voilà ce qu'on appelle de l’enseignement maternel commence¬
ment de siècle. Faites donc des Sociétés de tempérance, des Con¬
grès contre la tuberculose ! Tous les efforts de prophylaxie sont
enrayés par les choses les plus simples en apparence qui sous
une forme gracieuse font sourire pour amener plus tard des acci¬
dents terribles plus néfastes que la guerre.
A la demoiselle préposée au rayon des jouets, je demandais
si ce jouet se vendait 't « A merveille, monsieur ; les petits garçons
en sont fous ! Pendant que les jeunes demoiselles prépareront la
dînette dans leur vaisselle, ces messieurs prendront l’apéritif au
bar ! » Et mine erudimini. A. Rousselet.
Triple c.vs de Gkmellarité. — Ce sera vraiment une cérémo-
niepeu banale que celle qui se déroulera dans la matinée du'J jan¬
vier, à la mairie du dix-septième arrondissement. Deux frères ju¬
meaux, peintres de talent, MM. Alphonse et Gabriel Chanteau, y
échangeront leur foi avec deux charmantes jeunes filles, sœurs j u-
melles également, Mlles Geneviève et Suzanne Renaud. Les gar¬
çons d’honneur seront aussi deux jumeaux, cousins de MM. Chan
teau, les frères Gustave et Maurice Freunzer. {Progrès de Lyon,
Tjanv.)
Nécrologie.— Nous avons le regret annonce la mort de M. le
docteur Dupont, vice-président du conseil général de la Haute-
Savoie, où il représentait le canton de Laroche. Il était cheva¬
lier de la Légion d’honneur et âgé de soixante-deux ans.
Chronique des hôpitaux.
Fondation ophtalmologique Adolphe de Rosthschild, 29,
rue Manin et rue Priestley, 56-58 (Buttes Chaumont). — Méde¬
cin en chef : D’’ A. Trousseau. — Cette fondation reçoit les ma¬
lades atteints d'affections oculaires curables. — Opérations : Le
mercredi à 9 h. du matin : D’’ A Trousseau. — Consultations :
Tous les jours de 9 à 1 1 h. le matin : D'' Sulzer. — Tous les
jours de 1 à ü h. le soir : Df Millée. — Les mardi, jeudi et sa¬
medi de 7 à 8 h. du soir : D'' Hourmouziadès et D"' Vicier. — Sei'-
vices auxiliaires : Réfraction et examens fonctionnels : D’’ Polak.
— Electrothérapie : D'' Bisséirié. — Bactériologie et histologie :
D"' Duclos. — Oto-rhino-laryngologie : D'' F. Landolt.
Hospice de Bicêtre. {Fondation Vallée]. — M. Bourneville
Visite du service (gymnastique, travail manuel, écoles, et présen¬
tation de malades) le samedi à 9 h. et demie très précises. Con¬
sultations médico-pédagogiques gratuites pour les enfants atteints
de maladies du système nerveux, le jeudi à 9 h. 1/2.
Clinique d'aci-.ouchement Tarnier. — Professeur Pi^ Büdin.
— Tous les mardis à 9 heures; Leçons de clinique obstétricale.
Tous les samedis à 9 heures, Leçons sur l'allaitement et l’hygi'ene
du nourrisson.
Hôpital de la Charité. Leçons de clinique obstétricale. —
M. le Dr Maygrier (amphithéâtre Potain), le jeudi à 10 heures.
Hospice DE LA Salpétrière. (Clinique mentale et nerveuse).
— M. le Dr J. Voisin, le jeudi à 10 heures.
Hôpital Laennec. — M. le D'' E. Barié : Leçons de clini¬
que et de thérapeutique sur les maladies du cteur, le mercredi à
10 heures.
Hôpital de la Pitié. — Dr Rénon : Maladies du cœur et du
poumon (diagnostic, thérapeutique, diététique, médecine profes¬
sionnelle) le vendredi à 10 heures du matin.
Hôpital Broca. — Le Dr G. Thibierge , à 10 h. du matin,
leçons sur les maladies de la peau et la syphilis (avec présentation
de malades).
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Médecine, 23 mars 1897, 8 mai 1898). L'extrait de ces Mémoires
est adressé gracieusement à tous les médecins qui lui en
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POUDRE DE BIFTECK ADRIlli;
POUDRE DE VIANDE ADRIAH
POUDREde LENTILLES ADRIAN |
ALINIENT CONIPLET ADRIAN
ANTISEPSIE
9I10D0F0RME TAINE
35' ANNÉE. 3' SERIE. T. XXII. N“ 3
BUREAUX : RUE DES CARMES, 14
20 JANVIER 1906
Le Progrès Médical
SOMMAIRE : Psychiatrie : Les psychopathies chez le paysan,
par Terrien. — Bui.letin : L'exercice illégal de la médecine à
l'étrano’er, par Friedel : Du placement des aliénés, en particulier
des enfants, par Bourn'eville. — Sociétés Savantes ; Société
de biologie’: Coloration des hématoblastes du sang humain, par'
Nollet • Modification de la tétanie, par Prévost et Stern ; Chlo- ?
rure de sodium du lait, par Porcher ; Suc pancréatique et gly¬
cémie. par Parisot ; Cryoscopie de petites quantités de liquide,
par Hamburger ; Dosage du chloroforme, par Nicloux (c. r. de
Mme Edwards-Pilliet.) — Académie de Médecine : L’emploi des
rayons de Rœntgen (c. r. de A.-F. Plioque.) — Société de chi¬
rurgie : Etiologie de Thydronéphrose, par Bazy ; Pathogénie de
l’atrophie de la vésicule biliaire, par Hartmann ; Traitement des
prolapsus du rectum, par Picqué ; Le drainage lombaire, par
Villemin ; Corps étrangers instestinaux, par Broca (c. r. de
Catz.) — Société Médicale des Hôpitaux : Intoxication mercu¬
rielle thérapeutique, mort, autopsie, par Le Noir et Camus ; ,
Contribution à l’étude clinique et bactériologique des lésions '
enc'éphalo-méningéeschez lonouveau-né syphilitique, par Ravaut
etPonsselle ; Emploi de l’adrénaline en thérapeutique, par Josué
(c. r. de Friedel.) — Société deMédecine de Paris : Rapport sur
les travaux de laSociété pendant l’année 1905, par Buret ; Obser¬
vations personnelles d’appendicite opérée ; Séance extraordi¬
naire (c. r. de Buret.) — Revue de pédiatrie : L’art d’élever
le nouveau-né, par Magnus ; La scoliose, par Monin ; La scro¬
fule et les infections adénoïdiennes, par Gallois ; Physiologie de
la lecture et de l’écriture, par Javal (o. r. de Paul-Boncour.) —
Bibliographie : Traité élémentaire de clinique médicale, par
Debove et Sallard. — Revue d’hydrologie : Proportionnalité
directe entre le point cryoscopique d'une eau minérale de la
classe des bicarbonatées et la composition de cette eau en sels
anhydres et en monocarbonates, par Graux. — Radiologie ;
Action des rayons X sur les organes profonds, par Foveau de
Courmelles. — Médecine pratique. — Varia : Accidents de
football en Amérique ; Une mère qui a eu six enfants dans la
môme année ; L’énfance anormale. — Cabinet Gallet. — For¬
mules. — Actes et thèses de la faculté de médecine de
Paris. — Nouvelles. — Chronique des hôpitaux. — Bulletin
bibliographique.
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psychiatrie
Les Psychopathies chez le paysan :
Par le D' TERRIEN
Médecin directeur de In maison de santé de Boulon lés-Nantes |
Autrefois on se plaisait à considérer l'hystérie et la
neurasthénie comme des affections presque exclusive¬
ment urbaines. Les bals, les spectacles, les plaisirs de
tous genre, le surmenage intellectuel, et moral, sont au¬
tant d’éléments propres à favoriser le développement
des névropathies. Etle paysan, le rustre, qui paraît être
à l’abri de toutes ces causes, de toutes ces influences, de¬
vait de ce seul fait y être moins fréquemment exposé.
Car le paysan a la vie calme, il ignore toutes les gran¬
des émotions, il n’a pas autant que l’habitant des vil¬
les le souci de la lutte pour l’existence. Il se contente
de peu. Il vit sans grandes ambitions, partant sans
grandes déceptions. La terre lui suffit. Il ne connaît
guère que son champ, sa charrue et ses bœufs. Même
safamille semble le préocuper moins que son bétail. Or
comment se fait-il que les névroses, les psychonévro¬
ses, aient envahi la campagne, dans des proportions
telles qu’elle n’ait plus rien à envier sur ce point aux
grandes cités tumultueuses et industrielles ? Car il
n est pas niable que les névropathies soient extrê¬
mement fréquentes chez les paysans. Parmi eux, on
trouve beaucoup d’hystériques, beaucoup de neurasthé¬
niques, plus qu’à la ville si j’en juge par mon expérience
personnelle. C’est du moins là le résultat que m’ont
fourni mes 16 années de clientèle, dont 12 années pas¬
sées au fond du bocage vendéen, le reste à la ville. Quant
aux raisons explicatives, je vais, dans cette brève étude,
essayer de les rechercher ; j’en ai dit ailleurs quelques
*nots dans un mémoire sur les maladies nerveuses en
Vendée [Archives de Neurologie] ; mon enquête s’ap¬
pliquait naturellement d’une façon spéciale à la région
qu’alors j’habitais.
Je disais : « Le paysan est un buveur, 5 ou 6 litres de
vin semblent être une dose fort raisonnable aux pay¬
sans du Bocage et les buveurs à cette dose sont légion.
Mais ce sont, il est vrai, des buveurs presque exclusifs
de vin, du vin qu’ils récoltent eux-mêmes, vin non fre¬
laté par conséquent. Les buveurs d’alcools, d’apéritifs,
les buveurs mixtes, vinet alcools, sont de très rares ex¬
ceptions. Et si l’on rencontre quantité d’ivrognes, on y
trouve fort peu d’alcooliques. » Ce fait m’avait frappé,
dès le début et j’en avais fait mention au congrès
des aliénistes à Angers et dans une note lue à l’Acadé¬
mie de médecine par le Professeur Laborde, lors de sa
discussion avec Lancereaux sur la cause des cirrhoses
du foie. Toutefois de ces habitudes d’intempérance,
d’ivrognerie même en l’absence de l’alcoolisme, découle
pour les descendants la tare dégénérative. Les en¬
fants ne sont-ils pas conçus le plus souvent dans ces
heures d’ivresse. C’est après avoir sacrifié à Bacchus
que le paysan buveur sacrifie surtout à l’Amour. Et les
enfants naissant dans d’aussi déplorables conditions
ne sont ils pas voués aux névropathies ? Et ce que je
viens de dire pour le paysan vendéen, je puis l’appli-
uer aux paysans en général s’ils ne boivent pas tous
'une façon aussi continue, aussi exagérée qu’en Ven¬
dée, cependant ils sont buveurs, et les dimanches, les jours
de marché, sont jours de fête,jours de réjouissances et le^
réjouissances se manifestent toujours chez eux par d’a¬
bondantes libations suivies le plus souvent des mômes
excès génésiques. Ainsi l’alcoolisme, l’ivrognerie sans
alcoolisme doivent être rangés parmi les causes des
psychopathies chez le paysan, en raison de l’influence
nocive que ces excès exercent sur lui et sur sa des¬
cendance.
Il y a également cette autre considération qu’un mi¬
lieu de primitifs, comme Test le milieu campagnard,
où les idées supertitieuses dirigent tant dc i^rveaux, où
règne le fanatisme religieux, où la croyance en tout ce
qui est surnaturel est si profondément enracinée,
qu’un tel milieu peut voir se développer plus aisément
les névropathies. L’enfant au coin du feu, dans les
longues veillées d’hiver, entend raconter les histoires
les plus fantasques de revenants, de sorciers. Le jour
34
LE PROGRÈS MÉDICAL
il y pense, la nuit il y rêve. Toutes ces images, toutes
ces représentations terrifiantes, ne sont-elles pas pro¬
pres à ébranler le système nerveux, à le surexciter au
point de produire bientôt un état névropathique qui
sera l’hystérie ou la neurasthénie. Et ceci est bien vi ai
non seulement pour le paysan vendéen, mais pour tous
les paysans à quelque coin du sol qu’ils appartiennent.
On retrouve presque partout chez eux cette môme men ¬
talité, ces mêmes mœurs. Et ces idées de sorcellerie qu’on
imprime dans ces jeunes cerveaux, qui les ébranlent
d'une si étrange et si déplorable façon, au point d’en
faire promptement de petits névropathes, de petits hys¬
tériques, ces idées contiennent leur action nocive, l’en¬
fant devenu homme. Le cerveau en reste pour toujours
imprégné. En malheur vient-il fondre sur son bétail,
vitelc paysan en leporle lacause sur des influences
étrangères, sur des personnes, sur des voisins, qu'il
accusera d’avoir empoisonné son toit, tari le lait de ses
vaches, de leur avoir donné telle maladie qui tue. On
juge aisément les ravages produits par de telles concep¬
tions, par toutes ces idées obsédantes do sorcellerie, de
maléfices, sur une mentalité déjà compromise. Les psy¬
chonévroses jaillissent aisément dans de tels milieux.
J’ai appelé aussi l’attention sur les mariages consan¬
guins si fréquents dans le monde des paysans. Je pour¬
rais citer certaines grandes communes où l’on ne trouve
que quelques familles. Les raisons en sont multiples.
D’abord voyageant peu, restant fixé au sol qui l’a vu naî¬
tre (bien que depuis quelques années il émigre davan¬
tage à la ville) le paysan ne connaît guère que ceux
qu'il approche. On se mariera donc entre voisins, et ce
voisin sera leplus ordinairement son parent. Et puis, au¬
tre raison de ces mariages consanguins; on ne veut pas
que quelques lopins de terre contigus parce que pro¬
venant de la môme famille soient séparés et on unit
les propriétaires. On vise l’union du sol, souvent avant
de viser l’union des personnes. Plus que partout ailleurs
peut-être le mariage est le marché honteux que l’on
sait. Tous ces mariages consanguins, qui favori¬
sent la dégénérescence mentale, ne favorisent-ils pas
également les névropathies. On peut ajouter l’im-
paludisme, qui. quoique plus rare qu’autrefois, n’en
e.xiste pas moins dans certaines régions, Et les plus
frappés, ce sont toujours les paysans qui vivent au mi¬
lieu de ces marais, qui y travaillent et qui, plus qu’au¬
cun autre, en respirent les miasmes qui s’en déta¬
chent.
Egalement et dans |le mêmejordre d’idées, les soins
hygiéniques sont chez eux beaucoup plus rudimentai¬
res. Le paysan est sale. Il est donc plus qu’un autre
exposé aux infections et aux auto-intoxications. Or, on
n’ignore pas le rôle important, considérable, qu’infec¬
tions, intoxications, anto-intoxications jouent dans l’é¬
closion des psychoses et des psycho-névroses. Autre re¬
marque que j’ai faite en étudiant la genèse des accidents
hystériquesde mes paysans, remarque dont on compren¬
dra bien vite l’importance, puisqu’elle servira à établir
la production vraiment anormale de l’hystérie à la cam¬
pagne : j’ai constaté que les accidents hystériques
étaientfréqucmment dus à l’imitation. Et cette consta¬
tation, je l’ai faite surtout à la campagne. Tel malade a
fait de l’hémiplégie hystérique parce qu’un voisin,
un médullaire marchait péniblement, traînant la jambe;
un autre a fait de l’astasie-abasie parce que, se trouvant
un jour faible des jambes, il s’est imaginé qu’ilne pour¬
rait bientôt plus se tenir debout, comme sa voisine
clouée sur un fauteuil par une paraplégie spasmodique.
et, lôjours après, ne marchait plus qu’en rampant ; un :
autre fera du tremblement hystérique, en vivant près i
d’un parkinsonien, 6 jeunes filles feront de la pseudo¬
coxalgie (épidémie de Saint-Fulgent) parce qu’elles ont
approché leur camarade fixée clans un appareil pour
coxalgie; un autre fera de lapseudo-méningite,du diabète
hydrurique hystérique, du chcyne-stokes hystérique,
de la pseudo-appendicite hystérique, parce qu’il aura
vécu près d’un homme mort de méningite, d’un malade
Souffrant de polyurie diabétique, d’un cardiaque à res¬
piration de Cheyne Stokes [Progrès médical) près d’une
femme opérée d’appendicite. Je prends des exemples
quej’aieus sous lesyeux.il imitera, cet hystérique, sous
forme de manifestations psychiques, les manifestations
d’une maladie organique ou inorganique dont il a été
l’attentif témoin. Ét cet esprit d’imitation particulier à
l’hystérie trouvera son application plutôt à la campa¬
gne qu’à la ville, où là on vit isolé des voisins, où Ton
s’ignore, où Ton ignore par conséquent les affections de j
tous ceux qui vous entourent. 11 n’en est plus de même ■
à la campagne où Ton vit dans une sorte de commu- I
nauté familiale, ou tout le monde d’un môme bourg *
ou môme des bourgs voisins se connaît. Il n’existe pas
une maladie grave qui ne soit connue de tous, même
dans ses plus petits détails, avec ses multiples manifes¬
tations. On va très fréquemment visiter le malade; le
soir,àla veillée, on en parle ; c’est le sujet de la conver¬
sation, on le plaint, on se lamente sur son sort et Ton
tremble pour soi que la même affection vous saisisse.
Or, chez le prédisposé, chez celui qui a l’hystérie en
puissance, sans qu’elle se soit encore manifestée d’une
façon tangible, cette crainte exagérée du mal suffit sou¬
vent pour créer le mal, mal psychique, bien entendu.
C’est surtout vrai, quand cet hystérique est un paysan,
à culture intellectuelle rudimentaire, recevant plus vile
les impressions du dehors que ne vient pas réfréner
la raison. J’ai pu citer dans un travail tout récent de
nombreux exemples où cette étiologie de l’accident hys¬
térique nous apparaît avec la plus grande netteté. Si
l’imitation n’est pas capable de produire à elle seule
Thystérie, elle peut créer des accidents hystériques chez
des hystériques nés. Et je suis persuadé que beaucoup
de ces prédisposés auraient pu traverserla viesans souf¬
frir d’accidents hystériques si le milieu ambiant dans
lequel ils s’agitent n’était venu leur en fournir le mo¬
dèle. C’est donc bien là une nouvelle cause, une nou¬
velle source de psychopathies, une nouvelle source
d’hystérie, et qui se manifestera, pourles raisons quej’ai
indiquées, beaucoup plus chez le paysan que chez le
bourgeois et l’ouvrier.
Enfinje mentionnerai, pourexpliquer que les psycho¬
névroses, chez le paysan, sont toujours en croissance, je
mentionnerai que le travailleur des champs n’est plus
l’homme heureux d’autrefois, à qui la terre suffisait
pour lui créer les joies matérielles, les seules qui le
touchent particulièrement. La lutte pour l’existence,
sans être aussi âpre qu’elle Test à la ville, a pénétré
cependant, depuis quelques années, la campagne; il faut
désormais que le paysan peine, souffre pour donner à
lui et à ses enfants le simple bien-être qu’il convoite ; lui
qui ne connaissait que le surmenage physique a appris
à connaître le surmenage moral, pour lequel il n’était
pas fait. L’inquiétudedu présent, deTavenir,Ta envahi-
On comprendi a donc sans peine, après toutes ces don¬
nées, que le paysan fait de Thystérie et de la neuras¬
thénie autant, je dirai plus, que le bourgeois, l’indus¬
triel et l’ouvrier, des villes.
LE PROGRES medical
S5
Hyslérie, neurasthénie, les psyclioses sont-elles chez du milieu qui a vu éclore leur affection. Aussi suis-
luide même ordre ? Offrent-elles chez lui quelques par- je en droit de prétendre que les accidents hystériques
ticularilés? Iln’y a pas l'hystérie du paysan, la neu- du paysan sont plus facilement curables. Je tenais à
rasthénie du paysan. On trouvera cependantque l'hys- signalerce fait.
térie surtout se présente sous des aspects un peu spé- Dernière particularité : j’en aidit un mot en étudiant
ciaux. . plus hautla fréquence des psychopathies ; une forme
üiifait d’abord m’a frappé dans l’examen dc'tous mes qui n'est pointrare chez le paysan et qui se présente
paysans hystériques, c’est la très grande rareté de la surtout chez lui : ce sont des accidents hystériques
formeconvulsive. Je ne puis dire le nombre d’hystéri- d’imitation. J’ai dit ce qu'ils étaient et pour quoi la
ques que j’ai vus et étudiés à la campagne, mais il est campagne devait, plutôt que la ville, y donner lieu,
considérable. Est-ce 500 '? Est-ce 1000 ? Je ne sais. Ce On ne sera pas exposé à trouver à la ville une
chiffre paraîtra exagéré pour qui neconnaît pas la Ven- petite épidémie de pseudo-coxalgie analogue à celle
dée, il ne le sera pas pour celui qui aura jeté les yeux que j ai indiquée. A la ville l’hystérique fait sponlané-
sur tous les mémoires que j’ai fait paraître sur laques- ment son accident, sans y être incité par les voisins
tion. Eh bien! dans ce gros chiffre d’hystériques,je n’ai qu’ordinairement il ne connaît pas.
rencontré que quatre fois la forme convulsive. Chez Pour la neurasthénie, je ne vois rien de spécialà si-
tous les autres, ce sont des paralysies diverses, contrac- gnaler ; céphalée, asthénie musculaire, rachialgie,
turcs, astasies-abasies, chorées rythmées, des pseudo- dyspepsie, impuissance au travail, dégoût de tout ce
méningites, de l’aphonie, de la cécité, etc., puis des mala- qui intéressaitautrefois, ce sont en réalitéÿles mêmes
des avec manifestations moins éclatantes, étouffements, stigmates que l’on rencontre dans la neurasthénie du
vomissements, anorexie, dyspepsie, névralgies, etc. bourgeois et dans celle du paysan. Ce dernier toute-
d’origine hystérique. Mais de crises, presque jamais, fois accusera moins souvent le vide cérébral ; n’étant
Et c’est heureux, car c’est bien là la forme la plus re- pas habitué aux efforts intellectuels, il souffre moins
belle au traitement. Une autre particularité, c’est la fa- de son incapacité, de son amoindrissement, de son inap-
cilité vraiment surprenante avec laquelle on arrive à litude à tout travail du cerveau. Et puis j’ajouterai
supprimer les accidents hystériques du paysan. C’était pour clore ces courtes réflexions sur la neurasthénie,
vraiment devenu un jeu pour moi, une amusette,de sup- Chez le paysan où l’hystérie est si facilement curable,
primer une hémiplégie, une contracture, un tremble- je parle bien entendu des accidents, puisque d’après
ment, des vomissements hystériques. Un simple com- moi on guérit simplement l’accident, et non l’hystérie,
mandement, sans l’aide de sommeil provoqué, le -plus on ne change pas le terrain ; chez le paysan la neu-
souvenl suffisait. On en trouvera la preuve dans mes rasthénie est aussi tenace que chez le bourgeois, con-
diverses publications. La persuasion effaçait en quel- trairement donc à l’hystérie. Il est vrai de dire que la
ques minutes ce que l auto-suggestion le plus souvent psychothérapie, chez le neurasthénique, quel qu’il soit,
avait produit. a fort peu d'effet, à moins qu’il ne soit entaché d’hys- ■
Mais dira-t-on, pour les hystériques delà ville, n’est- térie. D’abord l’hypnose, qui est la suprême ressource
ce pas la même chose ? Si* je dois m'en rapporter à pour combattre un accident hystérique que la persua-
mon expérience personnelle, je répondrai catégorique- sion simple n’a pu réussir à supprimer, ne peut pas
ment que non. J’ai pu, en effet, depuis que j’ai aban- utilisée dans la neurasthénie, pour la bonne raison
donné la campagne pour la ville faire^une"^ sorte de qu’on n’obtient jamais le sommeil, quoiqu’on dise Bé-
contre-épreuve. Je n’ai plus actuellement des suc- rillon et son école ; le sommeil hypnotique étant un
cès aussi brillants. Pourtant le médecin est le phénomène hystérique, on ne peut par conséquent
même, et je ne sache qu’il se soit déjà amoindri. Mais 1® produire que chez celui qui a l’hystérie en puissance,
le sujet est différent. Ce n’est plus le paysan crédule, ®ii gei’me. Dernière remarque : tandis qu’à la ville, la
confiant, j’entends au point de vue médical, ce n’est neurasthénie y est plus fréquente que l’hystérie, j’ai
plus le paj'san si facile à impressionner, à convaincre trouvé à la campagne la proportion inverse, l’hystérie
qu’une simple pression sur la jambe agitée de trem- s'y rencontre le plus souvent.
blements choréiques, par exemple, suffira à mettre au Quant aux affections vésaniques pures, j’ai été sur¬
repos, qu une simple cuillerée d’eau à laquelle il atta- pris de ne pas trouver le chiffre considérable que sem-
'-hera une vertu magique arrêtera ses vomissements, blait devoir commander le terrain tout spécial sur
faradique, même quand pour lequel s’étendait ma clientèle ; clientèle de dégénérés,
un deiaut de la pile le courant ne se produit pas, don- clientèle de buveurs. Dans ce pays de dégénérés où les
neia en quelques minutes le mouvementàun membre porteurs de stigmates physiques de dégénérescence se
paialyse. Aon, c est un sujet toujours impressionna- rencontrent à chaque pas, où l’on trouve quantité de
e, parce qu hystérique, mais à un degré beaucoup tiqueurs, de bègues, de sourds-muets, de ptoses, de
i^aqins confiant, un sujet qui faces asymétriques, j’ai vu en 12 ans, 19 aliénés avec
d'apprécier, de juger la délire nettement caractérisé, pouvant nécessiter
Il f) institue ;d’en peser l’importance, l'internement. C’est peu si l’on songe à la grande éten-
Dêcho , • ®1 le doute, chez l’hystérique, em- due de ma clientèle, et au terrain, c’est peu si l’on
foi A de la cure. A l’hystérique, il faut la songe aux habitudes d’ivrognerie de nos paysans. Il
ner a" hystérique, il est plus facile de la don- est vrai que ce sont des ivrognes de vin naturel et peu
sont ’ T I alcoolisé (G à 7“). Et puis l’état social, le genre
les If®®’ l^‘l flu® j’ai obtenu mes plus l’aci- d’existence , la vie active en plein air, le travail
les hvsfér^ Avec mes malades de la ville, môme avec musculaire permanent doivent annihiler en partie
rium* ®hez moi, à mon sanalo- l’action nocive des boissons spiritucuses. Son genre
bien nue “htiens pas les mêmes résultats brillants, de nourriture, son alimentation presque cxclusivc-
heaucoim^ni ™ *1 ^®®® trouvent dans des conditions ment végétale (haricots, pommes de terre, chouxj pro-
P P us lavorables, puis qu’isolés de la famille, duisant moins de fermentations digestives, élaborant
36
LE PROGRÈS MEDICAL
moins de toxines, met le paysan dans des conditions
meilleures pour conserver indemnes ses cellules hé¬
patiques, cérébrales et neutraliser les effets du poison.
Notre savant confrère, le D'Culerre, médecin directeur
de l’Asile de la Roche-sur-Yon, est venu appuyer mes
affirmations en disant que les délirants alcooliques
reçus dans son établissement étaient surtout des bu¬
veurs de cabarets, des buveurs mixtes, vins et alcools.
Or ce n’est pas chez les paysans qu’on les trouve géné¬
ralement. Ils boivent chez eux ou chez levoisin et tou¬
jours du vin. Ainsi le delirium tremens et le délire
alcoolique chronique sont rares chez le paysan .Le paysan
faisait autrefois très rarement de la paralysie géné¬
rale. .l’en ai soigné 2 en 12 ans, dont un appartenant
à la classe bourgeoise. Il est probable qu'en raison du
service militaire obligatoire, le paysan pourra contrac¬
ter à la ville la syphilis et sera, de ce fait, susceptible à
son tour de verser moins rarement dans la paralysie
générale. Chez les paysans touchés par la vésanie, il
m’a été doAé de remarquer la place importante que
prennent 1(^ idées de sorcellerie, de mysticisme dans le
délire de ces malades. Rien de surprenant quand on
songe à quel point le paysan normal est hanté parles
idées superstitieuses.
J apporterai entin mes conclusions. Laissant de côté
les vésanies qui n’offrent rien de particulier, je dirai
que les névroses, l’hystérie e t la neurasthénie ne doi¬
vent plus être considérées comme des maladies sur¬
tout urbaines. La campagne autant peut-être plus que
la ville leur paie un très large tribut.
NARCYL GRÉMY médicament spécifi¬
que de la toux, spécialement de la toux des tu¬
berculeux.
BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL
L’exercice illégal de la médecine à l’Etranger
Ce mal dont souffre la profession médicale existe
dans tous les pays, et, loin de diminuer, il ne fait que
s’accroître d’année en année. Ecoutons les plaintes des
confrères français et étrangers. En France, le pharma¬
cien a beaucoup restreint son champ d’opération. Bien
entendu, il fait encore toujours le premier pansement
aiprès un accident, il continue à délivrer des drogues à
la domestique et même au bourgeois, qui le consul¬
tent sur certains malaises. Mais il peut alléguer pour
son excuse que le sergent de ville ou le public lui
amène le blessé, que le médecin n’était pas chez lui
et qu on ne peut pas laisser souffrir ou saigner le mal¬
heureux en attendant. D’ailleurs, il ne néglige pas de
conseiller une consultation médicale, lorsque le trau¬
matisme est quelque peu sérieux ou lorsqu’il soup¬
çonne une maladie grave. Le pharmacien sait que
le médecin pourrait à son tour lui nuire, en dépréciant
les drogues qu’il vend à un malade qui ne guérit pas
assez vite. Ce n’est donc pas de ce côté que vient le
mal. Le véritable rebouteux est plus dangereux, mais
hàtons-nous d’ajouter queleor juombçe en F rajice, laisse
loin derrière celui que donnent les statistiques d’Alle¬
magne, d’Angleterre et d’Amérique.
La « Medizinalstatistik » de Prusse signale pour
l’année 1903, 5148 rebouteux contre 4104 l’année
précédente, et dans ce chiffre ne sont pas compris les
masseurs, les infirmiers et les barbiers, qui tous font
plus ou moins uneconcurrenceillégale aux médecins.
Ce qui fait 22,8 rebouteux pour 100 médecins. Dans
certains districts, il y a môme plus de rebouteux que de
médecins. A Berlin seul, 1013 charlatans pratiquent
à côté des 2875 médecins. La population berlinoise a
augmenté de 30 % de 1897 à 1902, le nombre des
« Naturheilhunatler » a augmenté de 57 7o- Pas éton¬
nant, alors, que dans la capitale allemande il y ait
un nombre très respectable de praticiens exemptés de
patente, parce qu’ils ne gagnent que 000 à 1200 francs
par an. Cette misère de la profession est duo à la
« Geweibefreiheit » (liberté de métier) et au Gewerbege-
setz qui déclare l’art de guérir comme un métier.
Il existe en Allemagne 835 sociétés de «guérison par
la nature » (Naturheilkunst), qui ont lancé en 3 ans
392.000 brochures prônant l’excellence de la thérapeu¬
tique naturelle pour l’application de laquelle on n’a pas
besoin du médecin diplômé. Un journal de la société
tire à 112.000 numéros! et le livre de M. Bilz, prophète
de ces confréries malfaisantes a été vendu à un million
d’exemplaires! On n’a pas idée de la clientèle énorme,
soignée par feu Kneipp et qui a passé aux mains de ses
successeurs. Nous signalons à ceux qu’intéresse cette
question le journal « Hygienische Bliitter» qui a pour
but de combattre le charlatanisme et qui donne des
faits du plus haut intérêt.
En .Angleterre, la situation n’est pas meilleure. Le
praticien anglais se plaint du « quack » (rebouteux),
des « quackadvertisements » (réclame dans la presse),
du pharmacien et de l’opticien, qui donnent des con¬
sultations et instituent séance tenante le traitement.
11 se plaint des gardes-malades engagées par certaines
communes et surtout de la nurse et du pasteur, qui
prend charge non seulement de l’âme mais aussi du
corps de ses' paroissiens. Bien entendu, la nurse anglai-'
se, telle qu’on la voit dans les hôpitaux, est une infir¬
mière supérieure à tous les points de vue tant qu’elle
travaille avec le chef. Elle devient nuisible et dange¬
reuse pour le praticiendès qu’elle s’établit àson compte.
Il arrive en effet souvent qu elle met en pratique par
elle-même les connaissances acquises pendant son stage*
à l’école d’infirmières ; elle le fait d’autant plus facile¬
ment, qu’elle est instruite en général et que ses no¬
tions de médecine sont très étendues (voir les pro¬
grammes de ces écoles de Londres !) Beaucoup depra- _
ticiens accusent leurs confrères de se servir des nurses-
pour faire de la clientèle. Ils les reçoivent dans leurs
familles, les comblent de cadeaux, etc., et en retour se .
font proposer par elles aux malades. Le pasteur tient |
par h; môme moyen les praticiens, et gare à celui quij
lui déplaît ou qui ne favorise pas son église. j
Le paradis du charlatan est sans conteste la libre!
Amérique, où il y a cependant actuellement 1 médecin 1
pourbOühabitants («lans les villes). Les « ostéopafh «éJ
les « vitapath » et tous les guérisseurs en path sont!
d’anciens infirmiers chassés des hôpitaux ou encore J
d’anciens étudiants en médecine enlisés, fruits secs,j
LE PROGRÈS MÉDICAL
37
qui n’ont pu obtenir de diplôme. Et cependant tout le
monde sait, quel trafic de parcliemins est pratiqué par
•certaines écoles. A JNew-York ily a à peu près 2000 re¬
bouteux (bonesetters, quacks), appartenant aux sectes
les plus variées. C'est en imitant les « Christian scien-
tisls» les faitbeurists que s'est formée la secte des
(( Gesundbeler », dont a eu à s'occuper naguère la
police allemande. Combien d’émules n’a pas eu la
« motlierEddy )>(mèreEddyj.Ilne fautpas croire, que le
quack peut pratiquer librement dans tous les Etats de
la confédération. Des amendes variant entre 250 et 400
francs leur sont octroyées, mais qu'est-ce cela pour un
■ostéopatli, qui gagne 30.000 francs, et dont l'autorité
dépasse celle du meilleurcliirurgien de l’endroit. Dans
l'Oueida County I Etat de Aew-York) pratique un re-
t bouteux avec tant de succès qu’un jury n’oserait pas le
condamner. Sa valeur pour le public ne, dépend pas de
son savoir et de son habileté, mais de ce (ju’il gagne.
Ces quelques faits montrent combien grand est le mal
partout et combien urgente estime organisation inter-
i nationale pour lalutle contre l'exercice illégal de la mé¬
decine. Espérons que le prochain Congrès nous fera
faire un pas en avant dans notre défense.
D’C. Fhiedel.
Du placement des aliénés, en particulier des enfants.
. En octobre 1903, Mme Thé.... nous amena à notre con¬
sultation du jeudi, à Bicêtre, son fils Lucien, né le 5 mai
1900, atteint de crises nerveuses depuis l’ége de 27
■mois (juillet 1902i. Avant, il était nerveux, mais avait
percé toutes ses dents sans convulsions. » Ça l’a pris
tout d'un coup, en dormant, dans l'après-midi : c’était
le début d’une méningite. Do 1 h. 1/2 à 4 h. [mardi]
convulsions. Retour de la connaissance pendant 1.5 minu¬
tes. Puis, réapparition des convH/iionx généralisées, con¬
tracture, secousses à 4 h. 1/4 jusqu’à 5 heures, le samedi.
Il est resté 3 semaines malade. »
Alors ont suivi, dès la convalescence, des étourdisse¬
ments, ensuite des accès (novembre 1902). A partir de là,
persistance des accidents épileptiques. Èn octobre 1903,
accès nombreux, admission à l'hôpital général de Rouen
et, au bout de 15 jours, envoi à l’asile de yuatremares
où il reste 2 mois. Il en est renvoyé parce que, durant ce
temps, il n avait pas eu de crises. Un médecin conseille
"l’aller de Rouen à la campagne.
Le mari, employé au chemin de fer de l'Ouest (1 10 fr.
•par mois, après retenue), demande son changement
pour Gisors, il y aura 3 ans le 29 mars. Le médecin de
la Compagnie refuse, assure-t-on, de délivrer le certi-
) ficat pour l’admission dans un asile. Le pharmacien du
! pays donne une lettre de recommandation pour le méde-
I cin du dispensaire de la Cité du Midi, lequel l’adresse à
! le D' L. Guinon, de l’hôpital Trousseau. Au cours de
1 examen, l’enfant a eu un accès et (par humanité)
; L. Guinon rédige un certificatconstatant ; « débilité
: mentale, avec accès d’épilepsie, arrêt de développe¬
ment intellectuel, instabilité physique, excitation conti-
: ouelle qui rendent presque impossible la vie dans la
famille et nécessitent l’admission dans une maison
de^ducalion spéciale » 1;. Paris, 10 janvier 1900.
Et on ajoute mon adresse personnelle, sans doute afin
i ^lieux .lupail-oii dit « plalilisseiiivnl sp.-ciul » ou <■ ««te
d’aider au placement. Or, l’enfant appartenant à l’Eure,
je ne puis le faire admettre à Bicêtre. La signature de
notre distingué collègue de Trousseau n’étant pas lé¬
galisée (ce qu’exige la loi) Mme T... est obligée de
retourner chez le commissaire de police du quartier de
cet établissement (quartier Piepus). Enfin je lui indique
les auires formalités à remplir pour faire admettre l’en¬
fant à l’asile du département de l’Eure, où ses parents ont
leur domicile de secours, c’est-à-dire à Xav’arre, près
Evreux.
Ces déplacements de la famille et de l’enfant, ces vi¬
sites à trois médecins non payés), auraient pu être évi¬
tés en remplissant, au pays même, les formalités légales :
demande au préfet de l’Eure, certificat de médecin léga¬
lisé par le maire ou le commissaire de police, bulletin de
naissance.
On nous reproche quelquefois d’accorder trop déplacé
dans ce journal aux questions d’assistance. On voit, par
ce fait, que d’ennuis, de dépenses, le médecin, qui doit
être l'homme secourable par excellence, posait épar¬
gner aux familles s’il était bien au courant de^onditions..
à remplir pour l’hospitalisation des aliénés, adultes et
enlants. Nous reviendrons bientôt sur cette question,
à un point de vue général, à propos d’une lettre très in¬
téressante de M. le D'' Triboulet. B.
- -
SOCIÉTÉS SAVANTES
SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE
Sninrc du 13 janvier 1900
Coloration des tinnaloblaslés du sang humain.
M. Noi.i.et ide Montpellier) se sert du réactif de Gerson,
et, au moyen d’une méthode spéciale, il arrive à colorer les
héniatoblastesdu sang humain.
.Modification de la tétanie. »
■M. Prévost et M"' Stern (de, Genève) ont étudié faction
d’un courant alternatif appliqué de la bouche à la nuque et
alternativement de la nuque'à la bouche chez des chiens
thyro'idectomisés atteints de tétanie. Cette action est capable
d’éloigner les crises de tétanie et prolonge nettement la
surviede fanimal.
Chlorure de sodium du lait.
M. Porcher (de Lyon a trouvé très occasionnellement dans
le lait, à des doses très variables, du chlorure de sodium. Il ne
dépend pas de l’alimentation et sa dose dépend surtout d'un
processus purement physique, la régulation de l’équilibre
osmotique.
Sur ‘pancréatique et glycémie.
M. P.iRisoT établit par des expériences que l’emploi du suc
pancréatique dans le système nerveux produit de l’hypergly¬
cémie et de la glycosurie, 1 injection de sécrétine dans la
veine porte ne produit pas d’hyperglycémie dans la veine
sus-hépatique, ce qui est un argument eh faveur de l’indé¬
pendance des deux 1 onction s hépatiques ; la fonction biliaire
et la fonction glycogénique.
Cryoscopie de petites quantités de liquide.
M. Hamburger décrit une méthode permettant l’analyse
cryoscopique de quantités très minimes de liquide.
Dosage du chloroforme.
M. N1C1.0UX a dosé le chloroforme dans Pair, le sang ou
dans tout liquide par un procédé très simple (lu’il a trouvé.
E. 1>.
38
LE PROGRÈS MÉDICAL
ACADÉMIE DE MEDECIXK
Séance du IG janvier.
L’emploi des rations de Rœntuni.
Le remarquable rapport de M. Chauffard donne lieu à
unedesdiscusionsles plus importantes qui aient eu lieu de¬
puis longtemps à l'Académie.
M. Pinard rappelle qu’on acraintde voir employer les rayons
.V pour produire la stérilité ou l'avortement. Ces craintes
semblent excessives. Depuis l<S9(),estétabli,àla clinique llaude-
locque, un service de radiographie ; des femmes ont été sou¬
mises à des séances d’une durée de 30 à40 minutes, et cela à
plusieurs reprises, etcela au début, au cours, à la lin de la
grossesse, après l’accouchement. Un certain nombre d'entre
elles ont été revues ; aucune n’a paru en avoir souffert.
Voilà pour l’individu.
De ces femmes, 2;’. sont revenues accoucher à Baudelocque :
10 l’année suivante.
3 au bout de 2 ans,
4 au bjfet de 3 ans,
4 au bfct de 4 ans,
1 six ans après.
Une de ces femmes, qui avait un bassin oljlique ovalaire,
et, de ce fait, avait été radiographiée souvent, a mis au monde
un enfant qui pesait 0 litres.
Cet emploi abusif des rayons restera donc fort incertain,
si encore il est possible.
M. Reynier rappelle les services rendus par les physiciens
aux progrès de la radiographie. 11 ne croit pas au danger des
rayons X. maniés avec les précautions les plus élémentaires.
Il réclame un enseignement techniiiue et un contrôle médi¬
cal. Mais il désirerait le maintien des situations acquises.
M. Chauff-ard répond qu’en se plaçant au seul point de vue
scientifique, l’emploi clinique des rayons de Rœntgen ne
saurait être fait que par les médecins.
M. CoRNiL apporte la preuve histologique des lésions créées
par les rayons X imprudemment maniés.
La radiothérapie, traitementde choix dans lesépithéliomas
superficiels, à marche lente, est désastreuse, quand elle est
appliquée sans mesure, avec des séances trop rapprochées.
En somme, l’emploi des rayons \ ne peut être prescrit
que par un médecin, et ils peuvent être aussi dangereux
pour l’opérateur que pour le patient.
M. Reynier compare les rares accidents provoqués par les
rayons X aux accidents dus au chloroforme. Ces accidents sont
toujours dus à quelque faute de technique.
M. Brouardei., comme médecin légiste protestent montre que
dans l'emploi du chloroforme comme dans celui des rayons
.X.des accidents graves ne sont pas toujours évités parles mé¬
decins les plus instruits et les plus soigneux.
MM. Labbé et Le Dkntu défendent la tlièse deM. Brouardei
si importante pour protéger la responsabilité médicale. On ne
saurait dire que les dangers des rayons V et du chloroforme
tiennent toujours à des fautes dans le maniement.
M. Reynier explique sa pensée. Il reconnaît que certains
faits cliniques tromperont toujours toutes les prévisions
et la technique la plus parfaite. Mais ces faits restent l'excep¬
tion.
M. Brouardei. admetqu’on doiye faire une distinction parmi
les radiologues non médecins. Certaines situations acquises
pourront peut être être maintenues dans les hôpitaux où le
contrôle médical est permanent. Mais ceci regarde l’ Assis- '
tance publique, de même que l'enseignement de la radiologie
concerne la seule Faculté.
Ce que l’Académie doit condamner avec énergie, c’est l’exer¬
cice illégal de la radiologie dans la clientèle de ville, exercice
fait souvçnt avec le plus éhonté charlatanisme.
M. Le Dentu montre que quelques radiologues non méde¬
cins ont rendu de grands services dans les hôpitaux et rempli
leurs fonctions de la façon la plus dévouée etla plus correcte.
M. Gariel montre qu’un médecin peut vite et facilement
acquérir lesnotions de physique indispensables. Un radiolo¬
gue non médecin commettra, au contraire, par ignorance, les ]
imprudences les plus graves.
M. Cornu, rappelle les accidents mortels dont furent Aic-i
ti mes plusieurs radiologues. Il fait une allusion discrète à la
gangrène du bras dont mourut R., physicien pourtant des
plus instruits et des plus expériraent és, ayant beaucoup fait
en France, pour la technique radiologique.
M. Debove résume la question avec son esprit net et mor-1
dant. Doit-on permettre l’emploi des rayons X àdessomnam-'
bules, des magnétiseurs, des photographes, des marchands:
de vins ? La création d'un diplôme spécial de radiographie^
est inutile. Tous les médecins qui désirent apprendre cettç;
science spéciale peuvent le faire très vite à la Faculté. Poui^
les radiographes non médecins, cette création couvrirait tous!
les abus. '
L’intervention de M. Debove est décisive et les conclusions!
du rapport de M. Chauffard sont adoptées à l'unanimité.
Souhaitons, sans trop l’espérer, que cette importante déli-^
bération n’aille pas rejoindre les paisibles tiroirs où dormentj
— d’un bon sommeil — tant de vœux académiques.
A.-F. Plicquk.
SOCIETE DF CIIIRl RG1E
Sénncf du 10 janvier.
Eliologie de. Phtjdronéplirosc.
M. Bazv croit pouvoir expliquer l'étiologie de certaines liy-j
dronéphroses par l’existence d’une artère anormale qui, par-i
tie de l’aorte abdominale, aborde le hile du rein en passant,
en avant de l’uretère ; lorsijue le rein s’abaisse, l’uretère se
coude sur l’artère, d’où hydronéphrose.
' PatliOfiénie de t'atrophie de la vésinile biliaire.
.M. Hartmann, revenant sur une communication antérieure:
de M. Delbet, à propos delà pathogéniede l’atrophie de la vé-|
sicule biliaire au cours des obstructions des voies biliaires pen-j
se ipie cette atrophie est due à une cholécystite chroniquei
sclérosante et que si l’atrophie de la vésicule fait défaut dans!
le cancer.c’est que l’intlammation vésiculaire n’a pas le temps.,
d’évoluer.
Traitement des prolapsus du rectum.
M. PicQuÉ.raiiportant un cas de. prolapsus du rectum opéré^
par XL Eenormand, estime que la colopexie reste l’opérationi
de choix dans les prolajisus graves.
Le drainafie lombaire.
M. \ ii.LEMiN fait une communication sur le drainage lom¬
baire dans les cas d’appendicite avec péritonite purulentéi
Seul, ce drainage assurerait l’écoulement del’épanchemcnt au
point le plus déclive.
Corps étrangers intestinaux.
M. Broca présente une épingle de cravate ([ui a été avalée'
par un enfant et expulsée au l^out de trois jours, par l’anus,'
sans accident.
M. le Dkntit et M. Claudot; citent des faits analogues. XI.
Second rappelle que l’expulsion n'a pas toujours lieu, et ilansj
deux cas, la radiographie lui a peimis de s’assurer que les.
corps étrangers s'étaient arrêtés dans le duodénum. Les deuri
cas nécessitèrent la laparotomie.
■ ' A.C.vtz.
SOCIETE medicale DES HOPITAUX.
Séance du 12 janvier.
Intoxication mercurielle thérapeutigue. Mort, .iutopsie.
MM. Le Xoir et Camus rapportent' l’observation d’une ma-|
lade adulte qui a reçu 4 injections de 7 gouttes d’huile grise]
en un mois. Début de stomatite 3 jours après la dernière in-1
jection ; un mois après, stomatite ulcéro-gangréneuse intense,ij
albuminurie, diarrhée, fièvre, amaigrissement, cachexie et
mort. l'autopsie, on constate des lésions d’entérite grave et
une néphrite toxique aiguë. Ce fait doit donc rendre réserv^
l'emploi des injections mercurielles insolubles.
M . Brocq fait remarquer que la précision de la dose et les |
précautions dans l’administration ont une grave importance^
LE PROGRÈS MÉDICAL
Cet accident ne peut en rien diminuer les avantages si pré¬
cieux des injections d'huile grise.
M- Bai.zer admet, dans le cas particulier, une idiosyncra¬
sie de la malade, et estde l’avisde M. Brocq.Non seulement il
considère les injections d’huile grise comrne un excellent trai¬
tement, mais aussi il n’a pas observé d'abcès depuis qu’on
les fait suivant la technique réglementaire, c'est-à-dire : dose
bien connue, propreté minutieuse, injection en plein mus¬
cle.
il. D.\ni.os réserve les injections à la syphilis rebelle au
traitement par les méthodes anciennes.
M. Thibierge se range du côté de MM. Balzer et Brocq. Les
accidents sont dus au manque de soins de la part des mala¬
des.
M. Qceyrat. qui traite de (i.OOO à 7.000 syphilitiques par an
avec l'huile grise, n’a jamais observé d'accidents graves.
M. Le Gendre demande aux syphiligraphes cpiel traite¬
ment il faut appliquer chez les syphilitiques qui ont de la
néphrite. Faut-il faire des injections et lesquelles ?
M. Brocq ne considère pas une néphrite antérieure à la sy-
philiscomme contre-indication du traitement anti-syphiliti¬
que. Il faut cependant surveiller les reins. Dans lesnéphrites
secondaires, il se sert de sels solubles et s'abstient des sels
insolubles.
, M. F-usans demande aux spécialistes si l’usage des sels so¬
lubles ou insolubles est indilTérent, quels que soient les acci¬
dents et leur âge. Dans les affections tertiaires les sels insolu¬
bles lui paraissent nécessaires, tandis que dans la période
secondaire les sels solubles sont suffisants. .
^I. AntVony I Val-de-Gràce) objecte aux injections insolubles
de ne pas permettre un dosage suffisant de l’action médica¬
menteuse et dit qu'il a assez souvent observé des phlegmons
et des névrites.
M. THiBiERGE-met ces complications sur le compte des fau¬
tes de technique. Le calomel lui paraît plus souvent donner
lieu à des abcès.
Contribution à l’étude clinique et bactériologique des lésions en-
céphalo-méiiingées chez le nouveau-né syphilitique.
MM. R.vyaüt etA. Ponsselle, rapportent l’observation d'un
nouveau-né syphilitique, qui présenia des syphilides papu¬
leuses très confluentes, une hypertrophie du foie et de la
rate, des convulsions des muscles de la face et des muscles
de l’œil et de la nuque. La ponction lombaire révéla une
lymphocytose marquée sans microbes. Mort par cachexie,
-àutopsie : foie silex net, rate hypertrophiée, congestion du
cerveau et inflammation des méninges corticales, exsudât sé¬
rofibrineux à la base recouvrant les vaisseaux et nerfs- Spiro¬
chètes nombreux dans les coupes des vaisseaux et dans l'ex-
sudat, qui est formé d’un réticulum fibrineux infiltré de
cellules uninucléées et de spirochètes. Cette constatation mon¬
tre le rôle pathogène du spirochète.
Emploi de l'adrénaline .en Ihérdpeutiquc.
M. JoscÉ rappelle que ce médicament provoque une hyper¬
tension très marquée et est donc contre-indiqué dans l'hy-
Perten.sion déjà existante dans les lésions des artères du cer-
■reau, dans l’anévrysme. La voie gastro-intestinale est préfé¬
rable à l'injection veineuse.
M. Ménétrier rapporte un cas de syphilis congénitale où il
® trouvé le spirochète en grand nombre dans le sang et les
i^rgahes sanguins.
M. Letulle rapporte l’observation d'un cas de cancer de
t ampoule de Vater, qui, quoiqu’àpeine gros comme un pois,
provoqua une obstruction complète du canal de Wirsung et
’ine infection biliaire. Mort en six mois. Friedei..
SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DE PARIS
Séance du i3 janvier igo5. — Présidence de MM. Graux,
Desnos et Berne.
Éa séance est ouverte à 4 h. 45. — Le procès-verbal
“C la précédente réunion est adopté à l’unanimité.
m- le Président annonce que m. Boursier, membre
correspondant national, à Contrexéville, vient d’être
nommé officier d’ Académie à l’occasion du centenaire
de la Société Médico-chirurgicale, dont il est le secré¬
taire général. Il le félicite au nom de la Société.
Mention est faite au procès-verbal, en vertu de l’article
2Sdii règlement, que MM. Baraduc, Bois et de Christmas,
malgré les réclamations réitérées du Trésorier et une
lettre de rappel, recommandée, envoyée au nom du Con¬
seil d’Administration, — n’ayant pas daigné répondre ou
s’acquitter de leurs cotisations en retard, sont considé¬
rés comme ne faisant plus partie de la Société.
M. Graux, président sortant, prononce le discours
suivant ;
Messieurs et Chers Collègues,
L’an dernier, nous vous avons promis d’étudier un projet
de fusion. Pourcela.il fallait modifier' les statuts. Une com¬
mission, nommée conformément aux règlements, a rédigé,
après un long et consciencieux travail, qui a duré toute l'an¬
née, un projet qu'elle vous soumet aujourd'hui et sur l(u{u®l
vous allez avoir à\ous prononcer à la lin de la séance.
La décision que vous allez prendre est grave pour l'avenir
de la Société. La commission vous dit ce qu'il est possible de
faire : à vous de voir ce qu’il faut faire.
Certes, vous apprécierez, d’une part, les avantjiges qu’on
doit retirer delà constitution d’une Société puissante et nom¬
breuse et vous n’oublierez pas que la Société à laquelle on
nous propose de nous unir est celle qui se rapproche le plus
de la nôtre, par son ancienneté, son honorabilité et ses tradi¬
tions. *■
Mais Amus aurez aussi à juger si les nouveaux statuts per¬
mettent à notre Société de rester elle-même et de conserver
' ses traditions et son autonomie.
Vous déciderez s'il est préférable, pour l’accroissement de
notre Société, de conserver le recrutement individuel, en
i .élargissant peu à peu les cadres, ou s'il vaut mieux adopter
j le recrutement en masse, qu'on vous propose, par l'adjonc¬
tion d’une autre Société plus nombreuse que la nôtre ; s’il
I n’est pas à craindre que la fusion, en déplaçant la majorité,
n’annihile complètement notre Société de médecine actuelle.
Vous vous demanderez si la nouvelle Société, bien qu’elle
conserve le nom de Société de Médecine de Paris, sera encore
réellement la Société de médecine de Paris, alors qu'elle n’en¬
trera que pour un tiers dans sa composition, si elle conser¬
vera les usages et les habitudes de l’ancienne Société ou si, au
I contraire, la majorité de la nouvelle Société ne modifiera pas
tout à sa guise.
Vous vous demanderez enfin si. par l’adoption de la fusion,
notre Société de Médecine de Paris, jusqu’à présent maîtresse
de ses destinées, ne commet pas un acte trop complet d'ab¬
négation en se laissant assimiler, comme on l’a dit récem¬
ment, par l'autre Société, et si, au contraire, croyant s’a¬
grandir, elle ne va pas disparaître dans la Société nouvelle.
Un de nos anciens présidents a dit : >< Notre Société doit
se rajeunir tout en restant vénérable, doitchercher le progrès
tout en gardant ses traditions. »
Vous pèserez toutes ces considérations mes chers collègues,
pour déterminer votre vote et je suis certain que, soucieux
de conserver à la Société de Médecine de Paris le rang pré¬
pondérant qu’un long et glorieux passé lui a assuré jusqu’à
présent parmi les autres Sociétés médicales, vous ne vous
laisserez guider que par l’intérêt de notre chère Société.
Avant de descendre de ce fauteuil, qu'il me soit encore
permis, mes chers collègues, de vous remercier une dernière
fois du fond du cœur du très grand honneur que vous m’a¬
vez fait en m’élevant à la présidence delà Société de méde¬
cine de Paris. Mon rôle a d'ailleurs été aussi facile qu’agréa¬
ble, grâce aux traditions de bonne confraternité, d’urbanité,
de camaraderie et d indulgence réciproque qui président à
toutes nos discussions.
Je garderai précieusement le souvenir des heures agréables
et instructives passées au milieu de vous, dans la véritable
famille que constitue notre vieille société.
Je laisse à notre si distingué et dévoué secrétaire général le
soin devons résumer les travaux qui se sont produits à notre
tribune, pendant l’année qui vient de s’écouler.
40
LE PROGRÈS MÉDICAL
Il vous parlera aussi de nos perles et de nos nouvelles re¬
crues auxquelles je suis heureux de souhaiter la bienvenue.
11 m’est aussi agréable, en terminant, de remercier, en vo¬
tre nom, en même temps que notre secrétaire général lîuret,
tous les membres du bureau et particulièrement nos secré¬
taires annuels, MM. Monel et Mortier.
Et maintenant, j'invite notre éminent nouveau président,
mon ami Desnos, à venir me remplacer au fauteuil.
M. Desnos, nouveau président, vient prendre place au
fauteuil et prononce l’allocution suivante :
Mes chers confrères,
(jue mes premières paroles soient foules de remerciements
et de gratitude pour l'honneur insigne que vous m'avez fait
en m'appelant à présider vos séances. Il n’en est pas de plus
grand que vous puissiez témoigner à l’un des vôtres. Aussi,
quand je parcours des yeux les rangs de celte Assemblée et
que j’y vois tant de personnalités éminentes qui mieux que
moi méritaient d’occuper ce fauteuil, je cherche comment
votre bienveillance a pu m’accorder un pareil privilège, et
je reste persuadé qu'à défaut du mérite, vous avez voulu
prouver que le zèle et le dévouement ne sont pas indignes de
récompenses : c’en est une de ce genre ([ue vous avez voulu
m’attribuer en m'élevant à cette place. Mais quelles qu'aient
été vos raisons, la fierté que je ressens de votre choix ne sau¬
rait s’exprimer.
Il m’est possible, depuis longtemps déjà, de jeter mes re¬
gards en arrière et ce n’est pas sans émotion queje me lepoi te
au temps déjà lointain où la Société de médecine de Paris
m a ouvert ses portes, dans le vénérable bâtiment de la rue
de l'Abbaye, encore debout aujourd'hui, dont les vieux murs
semblaient attester l’origine reculée de notre Société. Anciens
et nouveaux rivalisaient de travail et d’ardeur; j’y vois encore
les fidèles d’alors, llaillarger, de Beauvais, Dubuc, Polaillon,
apportantle fruit de consciencieuses observations, documen¬
tés et écoutés ; Reliquet, toujours ardent à la lutte ; Duro-
ziez, dont la fine ironie et l’aimable enjouement faisaient le
charme de nos séances ;et Ilorteloup et Wickham, mon ami
d’enfance, et tant d’autres disparus de nos rangs, mais tou¬
jours présents dans nos mémoires ; enfin et surtout notre se¬
crétaire général d’alors, notre cher collègue Christian, à qui
la Société a dû si longtemps de faire preuve d’une activité
sans égale. Les vides, inévitables. hélas ! produits parmi nous
ont été remplis et. après quelques vicissitudes, notre Compa¬
gnie reste pleine de vigueur et d’entrain.
En considérant ainsi les hommes d’élite qui m’ont précédé
ici, j’éprouve la crainte bien justifiée de me trouver inférieur
à la tâche que vous m’avez confiée. Mais je trouve aussi de
précieux encouragements et j’espère qu’en m’inspirant de
leur exemple, je ne resterai pas trop indigne de la mission
dont vous m’avez investi.
Cette mission est, cette année, particulièrement troublante,
car une transformation plus importante que toutes les pré¬
cédentes, va se faire très probablement. Nos rangs vont s’é¬
largir et une société amie, une société sixiur. va se joindre, à
la nôtre ; de nos efforts unis, résultera une prospérité plus
grande, uneautorité supérieure. Si notre tâche devient plus
dure et plus étendue, l’avenir semble aussi plus brillant.
Ainsi transformée et grandie, notre chère Société de méde¬
cine de Paris va retrouver toute sa jeunesse et toute sa force.
Mais ce qui ne saurait se tiansfoimer, c’est son esprit même,
la bonne confraternité, les aimables rapports, l’amitié fidèle,
une probité à toute épreuve ; tellessont,en effet, les traditions
dont ont vécu nos anciens et que vous conserverez avec
amour.
Vous me permettrez, Messieurs, au moment où je succède
à mon ami îeD"^ Graux, de vous rappeler l’affabilité et l’auto¬
rité avec lesquelles il a présidé nos séances et le précieux-
concours qu’il a apporté à nos travaux. En votre nom, je re
mercierai de tout cmur les membres du Bureau; en qui je
suis certain de trouver de précieux collaborateurs. Mon ami
le D’' Buret, notre secrétaire général, l’âme de notre Société,
toujours rempli de vaillance et qui,nous l’espérons du moins,
voudra bien, quoi qu il advienne, continuer à consacrer à
notre Société les trésors de son expérience et de son dévoue¬
ment ; notre trésorier, notre archiviste, précieux gardien de •
nos richesses, et enfin nos secrétaires qui font revivre nos
séances dans la presse.
C'est donc plein de confiance dans l’avenir que je salue ^
notre prospérité nouvelle, convaincu, comme vous l’êtes
tous, qu’elie ne se démentira plus.
M. LE Secrétaire général lit son rapport sur les tra¬
vaux do l’année 1905.
Rapport sur* les travaux de la Société pendant
l’année 1 905
M Bcret, secrétaire général.
Messieurs et chers collègues.
L’année RIO,') nous oblige à enregistrer six décès qui ont.
atteint toutes les classes de notre Compagnie, sauf celle des
membres titulaires. Nous comptons d’abord deux membres
honoraires. M. Coi.i.iNKAr . décédé le 9 janvier et sur lequels-
je vous ai lu, l’année dernière, une notice biographique. Puis
M. Mai riac, dont nous avons appris la mort en juin dernier
par la voie de la presse ; nous n’avons donc pu lui rendre nos
derniers devoirs .
Vous avez tous connu Mauriac. Le distingué médecin des
hôpitaux, à la figure si fine, était universellement renommé ,
comme syphiligraphe. Il entra à la Société en 1875 et y lut. ^
le fî février, un travail de candidature très remarqué quiavait
pour titre : Notesitr les sijnovites ieadinemes symotomatiques
de la blemoniiayie el de la syphilis En 1881, il fait une com¬
munication sur des cas mj-es de tumeurs péri-u rethrales bien-
_ norrhagiques.
Nommé membre honoraire en 1893, il perdit peu à peu
l’habitude de venir aux séances ; on le revit toutefois en 1898,
lorsqu il vint faire le rapporteur la candidature de M. Guil-
land, membre correspondant d’Aix-les-Bains. lien profita
pour nous apporter son important ouvrage sur le Traitement
de la syphilis. Depuis, nous ne l’avons plus revu. C’est un sa¬
vant qui disparaît. Mauriac était chevalier delà Légion d’hon¬
neur.
Le 18 mai. nous perdions un denos membres associés rési¬
dants, M. Pierre Vicier, un des représentants les plus émi¬
nents du corps pharmaceutique. Président honoraire de la
Société de pharmacie de Paris, de la Société Thérapeutique,
etc., il a succombé à une longue et douloureuse maladie, à
Page de 72 ans. Praticien distingué, il a servi sa profession
pendant près de 45 ans avec une admirable correction et une
dignité exemplaire. Homme de science très apprécié, il est
l’auteur de nombreux travaux, parmi lesquels nous signale-
ronsses mémoires sur le pansement des plaies parl’épithème
argileux, sur la préparation et l’emploi thérapeutique du
phosphure de zinc, sur les préparations à base de ferments
digestifs, sur l'huilegrise, les phosphates et glycérophospha¬
tes, etc. Enfin, sa haute compétence professionnelle l’avait
fait désigner comme membre de la Commission du Codex.
C’est une grande physionomie scientifique qui disparait ; le-
corps médical et le corps pharmaceutique portent également
son deuil.
Un membre correspondant national, le D'^ Gustave Hameat.
d’Arcachon. a succombé pendant les vacances. Je laisse à no¬
tre digne collègue, M. Leudet, qui l’a connu, le soin de pro¬
noncer son éloge.
Enfin, nous avons encore perdu deux membres correspon¬
dants étrangers :MM. Gomez Torres, de Madrid, et Jacques
de Narkikwicz-Iodko, directeur du sanatorium de Nad-
Niémen (Russie). Ce dernier étaitfort attaché à notre Sociétér
et il ne manquait jamais, le jour denotre banquet annuel,
de nous envoyer un télégramme de félicitations. Seuls ont
pu le connaître ceux d’entre nous qui assistaient à la fêle du
centenaire de la Société de Médecine de Paris, où il prononça-
des paroles enthousiastes à l’égard de la science française en
général et de la Société de Médecine en particulier.
Après cet hommage posthume rendu à nos collègues dis¬
parus. je m’empres.se d’aborder un sujet beaucoup moins pé¬
nible : c’est le bilan de nos Ira' aux de Panne e passée.
LE PROGRÈS MÉDICAL
41
M. Beni-Barde nous a communiqué un important mémoire
sur la neurasthénie appendiculaire, où il fait ressortir le
rôle, non soupçonné jusqu’ici, que peut jouer l’appendicite
dans les neurasthénies observées.
Quelques considérations sur la syphilis et la paralysie géné¬
rale, présentées par M. Christian, ont donné lieu à des dis¬
cussions fort intéressantes.
M. CouDRAv, au nom de M. Cornil et au sien, nous aexposé
des considérations très remarquables sur les tumeurs à myé-
loplaxes.
M. DcBARnousa fait des communications très intéressantes
sur le traitement d’urgence des otites moyennes aiguës et
nous a rapporté une observation très suggestive de phlegmon
sous- maxillaire consécutif à la discision amygdalienne.
A remarquer également une observation de M. Godlewski
relative à un érythème polymorphe consécutif à un abcès de
la jambe, et ses considérations sur la tension artérielle dans
les neurasthénies.
M. Gugliei.minetti nous a présenté un appareil fort ingé¬
nieux, avec dosage d'oxygène, pour les opérations intra- tho¬
raciques. Vous avez tous présente à la mémoire son intéres¬
sante croisade contre la poussière des routes et la discussion
qui s’en est suivie.
MM. Laquerrière et Delherm nous ont présenté un appa¬
reil transportable pour la radiographie à domicile, progrès
qui n’avait pas encore était réalisé jusqu'à ce jour.
M. Le Fur nous a exposé des considérations nouvelles sur
la pathogénie et le traitement de l’épididymite blennorrha-
gique,et vous avez tous été frappés de ses aperçus nouveaux
sur les causesde la chronicité de la blennorrhagie.Maintenant,
le gonocoque ne saura plus où se réfugier, grâce à M. Le l'ur,
qui le poursuit dans ses derniers retranchements et nous a
dénoncé ses cachettes les moins soupçonnées.
A M. Margain nous devons des travaux bien étudiés sur
les accès passagers de tristesse illogique et anxieuse, d'appa¬
rence spontanée, et sur les améliorations qu'on peut obtenir
dans la paralysie générale.
M. Marie nous a exposé ses vues suc l'action hypnotique du
neuronal chez les aliénés, sur l'action thérapeutique de l'eau
de mer en pathologie mentale, et sur l'état du sang dans l’a¬
cromégalie Pt le gigantisme. En collaboration, avec Madame
le D'' Pelletier, il nous donne des observations de mal perfo¬
rant dans la paralysie générale : avec M. Barbaux, il nous pré¬
sente une calotte crânienne qui nous permet de constater la
réfection de l'os après une craniectomie.
M. Mi.NET nous initie aux méfaits de la sonde de trousse, et
ses observations sont d un grand intérêt pratique.
M. Mohei. nous a rapporté une observation très curieuse
d’intoxication par l’éosine ayant produit une dermite artili-
cielle. Il s’agissait d’un carnet de bal armorié qu’une dame
avait laissé dans son cbrsage pendant plusieurs heures en
contact avec la peau, du côté où était la couleur rouge de
l'écus.son.
M. Mortier nousa fait une savante communication sur trois
cas de sarcomes : c'est un nouveau collègue dont je parlerai
tout à l'heure.
M.Picqué nousa rapporté une observation fort instructive
de kyste hydatique du foie à forme insolite dont le diagnos¬
tic fut des plus difficiles ; puis il nous a fait une intéressante
leçon sur les douleurs abdominales chez la femme.
M. Rogalski, de Tunis, nous a adressé d’intéressantes consi¬
dérations sur la transmissibilité de la lèpre, qu’il ne considère
pas comme contagieuse.
M. Stassano, en collaboration avec M. Bei.codère, nous a
exposé des vues nouvelles sur le traitement de la syphilis par
le levurargvre : c’est le nom que les deux auteurs ont donné à
un composé mercuriel organo-métallique trouvé et étudié par
eux. Il n’est nullement toxique. M. Stassano nous a présenté
ensuite une étude sur le mercure envisagé^com me catalyseur
et agent thérapeutique.
M. Suarez de Mendoza s’appuie sur de nombreuses obser¬
vations pour démontrer la nécessité de l’examen vétérinaire
en matière de syphilis, la mentalité des malades les porU nt le
plus souvent à dissimuler leur cas, par suite d’une sorte d'a¬
berration incompréhensible, mais toujours préjudiciable
I quand le médecin, en présence des dénégations des malades,
néglige tout examen approfondi.
Enfin M. Vidai., de Blida, lors de son passage à Paris, est
venu nous exposer des vues fort intéressantes sur l’opothé¬
rapie ganglionnaire et le résultat de ses essais thérapeutiques.
Vous pouvez voir, Messieurs, par ce court résumé, que notre
Société est loin d’être en décadence : il y a uil progrès sensi¬
ble sur Tannée dernière.
Pour terminer, je souhaiterai la bienvenue à nos nouveaux
collègues. Nous comptons, pour 1905, quatre membres titu-
[ laires nouveaux, M. Mortier, que vous connaissez par ses
travaux, et il a fallu toute la rigueur des règlements pour
m’empêcher de le faire figurer sur la liste'de janvier dernier :
le rapport sur sa candidature n'était pas encore lu. M. Vian,
qui arrive ensuite, est son collaborateur en bactériologique.
I Ce sont deux élèves de M. Picqué, que vous avez, sur la pro-
i position du Bureau, nommés secrétaires annuels. J estime,
pour ma part, que ce choix est excellent.
Puis c'est M. Cathelin, ancien interne des hôpitaux et uro-
[ logisle distingué. La remarquable conférence qu’il nous a
I faite au momentde sa candidature est pleine de promesses
pour Tordre du jour. Enfin, M. Duclaux, également ancien
interne des hôpitaux, ce qui dit tout le prix dexiettenouve le
recrue.
Malgré Tadmissioqde ces quatre nouveaux membres, nous
restons, comme Tannée dernière, au chiffre de üT. C’est que
' M. Perret, quittant Paris, est devenu notre membre corres¬
pondant national à Salins. Et, chose regrettable, nous avons
dû supprimer les noms de trois collègues que tous les efforts
prescrits par le Règlement, et tentés par le Conseil d’adpainis-
tration, ont été impuissants à convaincre delà nécessité qu’il
y a à se mettre en règle vis-à-vis du trésorier. Ce cas est très
rare chez nous, c’est la première fois que je le constate.
Un nouveau membre correspondant étranger, M. Moniz
d’AiiAGON (en portugais : deAragâoi, est entré dans notre Com¬
pagnie. C’est, comme vous le savez, un professeur de l’Uni¬
versité de Bahia, au Brésil, où il enseigne la médecine. Il est
membre de plusieurs Instituts étrangers et notamment de
l’Académie royale des sciences de Lisbonne, dont l'accès est
des plus difficiles : les nomimations sont soumises à l'appro¬
bation et à la signature du Roi de Portugal. C’est une recrue
! qui ne peut que faire honneur à notre Société.
Nous savons que plusieurs collègues se proposent de nous
I présenter de nouveaux candidats au titulariat ; le chiffre de
! 70 sera vite atteint.
Maintenant, Messieurs, il ne me reste plus que deux mots à
vous dire : l’heure est grave et solennelle ; vous allez être
appelés à vous prononcer sur le sort de notre compagnie.
Eclairez-vous afin de voter en pleine connaissance de cause.
Mais permettez-moi de vous engager à discuter sans passion
; et à laisser de côté toute considération de personnes. Vous
ne devez avoirqu’un seul objectit, l’intérêt général : en d’au¬
tres termes, l'avenir de la Société de médecine de Paris.
M. Desnos, obligé de s’absenter pendant une demi-
heure, donne provisoirement la présidence à M. Birne.
Correspondance imprimée. — Revues et journaux habi¬
tuels.
Correspondance MANUSCRITE. — 1“ Lettres de MM. Leu-
det, Jullien et Picqué, qui s’excusent de ne pouvoir assi.s-
ter à la séance pour cause d’indisposition. 2“ Lettre du
D" Bernard, de Cannes, annonçant la mort, survenue,
il y a 3 mois, de M. Gimbert, membre correspondant
national, également à Cannes. 3" Lettres de .MM. Nicolas
et Doyon, membres correspondants, s’excusant de ne
pouvoir assister au banquet. -i“ Lettre de M. Glénard,
obligé de partir pour l^yon, qui s’excuse de ne pouvoir
assister à la séance. 5“ Lettre de M. le Docteur Dias
Amado, de Lisbonne, posant sa candidature au titre de
membre correspondant étranger. Parrains : MM. Moniz
d’Aragon et Buret.
M. le Secrétaire général informe ses collègues que
M. Dias Amado est un syphiligraphe distingué de Lis¬
bonne, membre de l’Institut de cette ville, de TAcadé-
42
LE PROGRÈS MÉDICAL
mie de Bahia, etc., et qu’il fera honneur à la classe des
membres correspondants étrangers de la Société.
Celte candidature étant prise en considération, elle
est renvoyée à l’examen d’nne commission composée de
MM. Couciray, Duclaux et Buret. rapporteur.
M. Mortier lit une communication sur un cas de
cancer utérin à forme polypeuse sera publiée).^
M. LE Présibent donne lecture d’une observation
d’appendicite opérée, envoyée par M. Bruch, de Tunis.
Observation personnelle d appendicite opérée.
Docteur A. R. .chirurgien de l’IIôpital civil français de
Tunis, 38 ans, sans antécédents héréditaires.
Antécédents personnels : santé parfaite, jamais de
constipation, selles très régulières.
Au mois de juin IGO'-t, j’eus une première crise d’ap¬
pendicite, simple colique appendiculaire qui a passé
pour ainsi dire inaperçue. puisque je n’ai ressenti de ma¬
laise et une légère douleur dans la fosse iliaque droite
(avec un seul vomissement alimentaire; que pendant
une journée et que cela ne m’a pas empêché d’assister à
une réunion d’amis, le soir, pour le souper, auquel je fis
même honneur ! Je plaisantais moi-même et annonçais
en riant que j’avais de l’appendicite, tellement les symp¬
tômes ressentis étaient bénins. Je n’y pensais plus, lors
qu’en septembre de la même année, le 23, je fus repris
d’une 2‘ crise. Ce n’est alors, en rassemblant mes souve
nirs, que je diagnostiquais, rétrospectivement, la pre¬
mière crise du mois de juin.
Cette deuxième crise, me prenant en pleine santé, fut
plus sérieuse. Elle débuta par du malaise stomacal, des
douleurs irradiées dans tout l’abdomen, au creux épi¬
gastrique, douleurs vagues et légèrement angoissantes.
Me trouvant en voiture sur lagrande route, rentrant delà
campagne, à une heure de l'après-midi, j’attribuai ces
malaises à la faim. Rentré chez moi, je mangeai « du bout
des dents », sans appétit. Les douleurs s’accentuèrent
alors et je rendis le peu que j’avais absorbé. J’étais fixé
car, me couchant aussitôt et me palpant, je trouvai très
net le point de Mac Burney ! Ça y était. Mon collègue, le
docteur Braquehaye,vint confirmer le diagnostic. Le trai¬
tement Classique fut immédiatement prescrit ; diète ab¬
solue, poche à glace sur le ventre. Extrait d’opium.
Température 38‘’2. Cette crise dura 8 jours, après quoi je
repris mes occupations.
Dix-huit mois après, le 5 mars 1905, dans la nuit, je
ressentis les mêmes prodromes qu’en septembre 1903. J ’é-
tais pincé pour la 3“ fois. Cette fois, la crise fut plus forte:
vomissement, douleur très nette au point classique, dé¬
fense musculaire, rétention des gaz, empâtement de la
fosse iliaque, température 38"3. Je gardai le lit 8 jours,
après quoi je pus me lever un peu dans la chambre. La
période aiguë était passée. Je souffrais bien encore un
peu dans les eü’orts de toux, mais il fallait que je sois de¬
bout ertfax assister anmariage dema belle-fille le 16 mars.
Le 20, toute douleur avait disparu, l’appétit revenait,
mais je suivis "quand même un régime très sévère.
C’est alors qu’en présence d’une 3' crise j’envisageai
sérieusement l’idée d’une opération. et sur les conseils de
mon père (professeur de clinique chirurgicale et direc¬
teur de l’École de médecine (en retraite) d’Alger et du
docteur professeur agrégé Brequehaye, je pris la déter¬
mination de me faire enlever l’appendice. J’étais dans un
état général très bon. On ne sentait presque plus mon ap¬
pendice, à la palpation, il semblait être immédiatement
« sous la peau. » Aucune douleur, aucune fièvre.
L’opération eut lieu le 28 mars avec le plus grand suc¬
cès. L’appendice, caché derrière le cæcum, longeait la
paroi de la fosse iliaque, il mesurait 8 centimètres et
demi de long ; l’extrémité libre mesurait 2 centimètres
de large.
L’extrémité caecale était de dimension normale. Deux
grosses et solides adhérences maintenaient l’épiploon à
l’appendice, à tel point qu’il fallut en réséquer un bon
morceau qui était légèrement congestionné. L’extrémité
libre dé l’appendice était perforée et une goutte de pus en
voie de résorption était retenue au milieu d’une sorte de
petite poche formée par les adhérences épiploïques, cir¬
constance heureuse à laquelle je dus d’éviter une périto¬
nite par propagation du pus dans la grande cavité péri¬
tonéale.
A l’examen de la pièce, l’appendice était vide. Les
parois étaient très épaisses. .A l’extrémité libre seulement,
existait une petite cavité, cavité close, dont l’extrémité
était perforée d’unpetit orifice par lequel certainement
la goutte du pus avait fait irruption au dehors.
Donc pas de corps étranger. Peut-être cette crise était
elle due à de la grippe, d’autant plus que pendant les
mois de janvier et février j’avais été surmené et avais
même eu lin peu de grippe ambulatoire.
Les suites de l’opération furent excellentes. Un drain
de prudence avait été placé et un premier pansement
jours après l’opération fut diminué puis bientôt suppri¬
mé. Je me levai sur la chaise longue le 22*' jour. Et le 20"
jour je circulai dans l’appartement.
La température n’a jamaisdépassé36°8, sauf le Séjour
où elle est montée à37°7.
Actuellement, U’mai, la cicatrice est parfaite, il ne sub¬
siste qu’un tout petit bourgeon charnu, à l’endroit du
drain.
Cette observation, banale en soi, prouve une chose,
c’est qu’il ne faut pas hésiter à se faire opérer dès que
l’appendicite est confirmée.
En somme, c’est après la 2' crise que je me suis rér
signé. La première crise vraiment avait été bien insigni¬
fiante. Je risquais certainement une quatrième crise, et
certainement aussi elle eût été beaucoup plus grave à
cause de la présence de la perforation.
Je l’avais échappé belle, car, sans avoir présenté des
symptômes à grand fracas, ces différentes crises prén
sentèrent de gros dangers, et certainement, si je n’avais
été moi-môme chirurgien, j’eussefait comme beaucoup de
malades ordinaires auraient fait, j’aurais, devant la bé¬
nignité des symptômes, pris des purges et tout autre mé¬
dicament avant d’appeler un médecin.
Une foisdeplus, l’intervention sanglante esta recom¬
mander dès qu’il est avéré qu’un malade est ou a été at¬
teint d’appendicite, si bénins que soient ou aient été les
symptômes.
Aujourd’hui 6 décembre, santé parfaite. Best à remar¬
quer le changement survenu dans le caractère. Précé¬
demment d’un tempérament emporté et coléreux, actuel¬
lement beaucoup plus calme, d’un caractère beaucoup
plus paisible, remarque déjà faite par quelques chirur¬
giens et explicable par le travail lent et insensible d’in-
liammation, d’adhérences du côté de l’appendice, reten¬
tissant sur l’état général. Une fois de plus, l’appendice
n’est utile arien, du moins apparemment, puisque, une
fois enlevé, la santé devient parfaite, les digestions très
régulières, les selles très normales-
M. Tissier. — J’ai eu une petite fille de 3 ans, opérée
d’appendicite en pleine période inflammatoire : on trouva
une perforation de l’appendice et du pus dans le péritoine.
M. Berne. — C’est pour cela qu’on doit opérer dès
u'on le peut, surtout pour éviter la perforation, car
ans les appendicites avec perforation, la statistique est
peu encourageante.
La Société se forme en comité secret.
Séance extraordinaire.
A 6 h. 30. il est procédé au vote, avec appel nominal,
sur l’opportunité de la modification des statuts devant
entiaîner la fusion avec la Société médico-chirurgicale.
Le scrutin donne les résultats suivants :
Inscrits . • . 64
Votants . 40
(Majorité absolue : :i:3 voix).
Oui . 23
Non . 16
Bulletin blanc . 1
LE PROGRÈS MÉDICAL
43
La majorité exij^ée par les statuts (moitié plus un des
inscrits) n’ayant pas été atteinte, la modification propo¬
sée n’est pas adoptée.
La séance est levée à 6 h. 50.
Le secrétaire général. Le secrétaire annuel,
F. Buret. Mortier.
^ LA VALEROBROMINE LEGRAND
est plus active que les bromures et les valé-
p'ianates.
REVUE DE PÉDIATRIE
Rédaction spécial : M. le G. PAUL-HOXCOlJR.
I. — L'Art d’élever le nouveau-né, par le D' Magnus (Lyon,Poîiial,
éditeur, 1905.)
Petit livre par demandes et par réponses donnant comme
beaucoup d'autres, des indications sur les soins d’hygiène et
sur la direction de l’allaitement des enfants en bas âge.
11. — La scoliose ; par le D' Monin (Paris, Doin, 1905.)
Nous signalons ce petit livre de 40 pages qui contient '^es
considérations fort utiles et clairement exposées sur la na¬
ture de la scoliose, ses causes, la façon de l’éviter et le trai¬
tement à appliquer.
III. — La scrofule et les infections adéno'idiennes, par le D' Paul
Gallois (de Rudeval, Paris, 1905.1
; On connaît la théorie du D’' Gallois sur la scofule : le trou¬
ble constaté n’est pas la cause essentielle des symptômes
morliides ; il est le résultat d'une infection portant sur le
rhino-pharynx et des végétations adéno'ides.
L’altération n’est plus endogène mais exogène, suivant le
mot du professeur Gaucher. Avec de nombreuses observa¬
tions, M. feallois montre que le type morbide répondant à la
scrofule n’est que l’intoxication d’origine microbienne de
l’organisme ; l’auteur prend chacun des accidents rangés
dans le cadre de la vieille scrofule et montre quelle est leur
genèse, quelles sont leurs relations avec des accidents d’in¬
fection bien localisés.
Ce travail d’analyse une fois fait, M. Gallois établit magis¬
tralement le type morbide tel qu’il le conçoit et tel q|Ue le
conçoivent beaucoup de maîtres à l’époque actuelle. D’autres
auteurs ont essayé récemment de donner une idée nouvelle de
la scrofule ; aucun, on peut le dire, n’y a réussi avec autant de
succès queM. Gallois. On trouve à la fin de l’ouvrage une
étude historique de l’affertion.
IV. — Physiologie de la lecture et de l'écriture ; par le D' .Iatal,
de l'Académie de médecine [Bibl. Sc. Intern. Félix Alcan, Paris.)
M.Javal nous donne un livre curieux et intéressant sur des
questions qui sont généralement ignorées des médecins et
cette ignorance provient incontestablement de la difficulté
où l’on se trouve de comprendre certains faits, pour lesquels
une éducation théorique est nécessaire au préalable.
L’auteur s’est efforcé de rendre abordable les notions
théoriques sur lesquellfes U fonde ses démonstrations. Grâce
à son habileté, à sa compétence spéciale, il y a admirable¬
ment réussi, et on peut dire que c'est la première étude vrai¬
ment complète qui ait été publiée sur ce sujet.
Une premiè.-e partie est consacrée aux notions historiques;
l’évolution de l’épigrapliie, de l’écriture, de la typographie,
de l'écriture en relief, de l’écriture musicale, es t traitée d’une
façon attrayante et fort complète.
Dans une deuxième partie on rencontre une série de cha¬
pitres sur l’optique de l'œil, sur l’acuité visuelle et sur le
mécanisme de la lecture et de l’écriture.
Malgré leur aridité apparente, les chapitres ne nécessitent
aucun effort tellement l'exposition en est nette. Le reste du
volume est destiné aux déductions pratiques. Nous citons
quelques-unes des questions qui y sont traitées pour en
montrer l'importance : l’éclairage public et privé au point
de vue del’hygiène des yeux, les livres et la myopie, les avan¬
tages de l’éciiture droite, la graphologie, les expertises en
écriture, l’écriture et la lecture des aveugles.Ce livre ne s’a¬
dresse pas seulement aux hygiénistes qui désirent recueillir
des préceptes pour la conservation de la vue ; beaucoup de
personnes y trouveront des documents utile? et des indica¬
tions sérieuses ; les éditeurs y apprendront comment obte¬
nir un maximum d’ellet avec un minimum de fatigue, grâce
au choix de la forme des caractères typographiques ; les ar¬
chitectes y puiseront la science de l’éclairage intérieur, di/nc
on constate, par la simple observation, la fréquente igno¬
rance. Les éducateurs de la jeunesse liront avecbénéflce le
chapitreoù M.Javal a résumé le résultatde ses études sur l’hy¬
giène visuelle et indique les pages à lire plus spécialement.
De nombreuses figures ornent le texte de ce ce volume qui
fait grand honneur aux connaissances en physiologie de .son
RIBLIOGRÂPHIE
Traité élémentaire de clinique médicale ; par Dliiove et Sallard
(grand in-S" de 1294 pages avec li,g., Masson, Paris).
Nous sommes heureux d'annoncer aux lecteurs du journa
la publication d’un excellent livre de médecine clinique.
Tous auront intérêt à avoir ce volume sous leur main'; les
étudiants y trouveront un guide pratique dans l’examen des
malades ; les praticiens qui n’ont pas le temps de consulter
de volumineux et de nombreux ouvrages auront ainsi un
aide-mémoire documenté où toutes les notions nécessaires à
un bon diagnostic sont groupées. Les maladies de chaque
système (nerv.eux-circulatoife-pulmonaire, etc.) sont précé¬
dées d’une étude de séméiologie générale où les moyens d’in¬
vestigations la technique spéciale, les découvertes les plus
modernes, sont exposés avec une clarté parfaite ; les types
de- chaque affection sont rapidement résumés et les notions
étiologiques utiles sont envisagées lorsque leur étude facilite
le diagnostic. Il est nécessaire de bien remarquer que cer¬
tain? procédés spéciaux, tels que les examens laryngosco-
piques par exemple, sont longuement expliqués : c’est là une
méthode heureuse et qui dispense de parcourir des traités
spéciaux que beaucoup de praticiens n'ont pas dans leur bi¬
bliothèque en général. Si les auteurs ont tenu à alléger leur
ouvrage de détails inutiles, ils n’ont pashésité à y introduire
des gravures, des représentations histologiques et des résu¬
més schématiques. Ce traité, en un mot, rendra de grands
services. G. P. -IL
REVUE DTIYDROLOGÎE
Proportionnalité directe entre le point cryosco-
pique. d une eau minérale de la classe des bi¬
carbonatées et la co.'Tiposition de cette eau en
sels anhydres eten monocnrbonates. [Loi Lucien
Graux).
Par le D'' L. Graux (1).
Les recherches que j’ai faites depuis plus d’un an sur
la cryoscopie des eaux minérales m’ont permis de dé¬
terminer d’une façon rigoureuse la relation e.xistant en¬
tre le point ci-yoscopique d’une eau minérale de la classe
des bicarbonatées et sa composition.
Les analyses des eaux minérales sont rédigées habi¬
tuellement en bicarbonates. Il n’existe alors aucune re¬
lation entre le chiffre total de leurs minéralisations et
celui de leurs points cryoscopiques .
C’est ainsi que l’analyse de l’eau de Châtel-Guyon se
présente avec un total de 8 gr. 3930. Or son point cryos-
copique est le suivant ; — 0,338.
On sait d’autre part que le point cryoscopique d’une
solution isptonique (c’est-à-dire de 9 grammes par litre)
est le suivant : — 0,.5S0. Le rapport des points cryosco¬
piques est le suivant :
(1) Coramunicalion à Y Académie des Sciences du 15 janvier 1906.,
44
LE PROGRÈS MÉDICAL
Le rapport des minéralisations de l’eau de Chàtol-
Guyon et de la solution isotonique est alors inexplicable:
si) = *•“»
J’ai recalculé cette analyse en monocarbonates : le
total obtenu est de 5 j^r. 8c2.
Le rapport des minéralisations concorde cetle fois
d’une façon très satisfaisante avec celui des points
cryoscopiques :
Il en est de même pour les autres eaux bicarbonatées.
A Royat, par exemple, le chiffre tolal delà minéralisation
est de 3 gr. 847 au lieu de 5 gr. 623 et à Vichy (Céles-
tins) de 4 gr 8639 au lieu de 8 gr. 244, etc. 1).
Dans toutes les eaux observées le point cryoscopique
était proportionnel au chiffre total exprimé en mono¬
carbonates et entièrement hors de proportion avec celui
delà minéralisation hypothétique des bicarbonates.
Voulant préciser la façon dont se comporte dans une
solution minérale l’acide carbonique dit demi-libre, j’ai
expérimenté avec des solutions pures de carbonate et de
bicarbonate de soude.
Le point cryoscopique d’une solution contenant par
litre un dixième de la molécule-gramme de carbonate de
soude, c’est-à-dire 10 gr. 0 est de — 0,45.5.
Celui d’une solution contenant par litre un dixième
de molécule-gramme de bicarbonate de soude pur,
c’est-à-dire 8 gr. 4 est de — 0,389.
Or le point cryoscopique d’une solution contenant une
demi-molécule-gramme de carbonate bisodique soit
5,3 de carbonate) est de — 0,356, c’est-à-dire insensible¬
ment le même que celui de la solution précédente.
Il s’ensuit que, dans une solution de bicarbonate sodi-
que, seule la molécule de carbonate influe sur la pression
osmotique.
L’acide carbonique demi-libre ne se comporte pas au¬
trement au point de vue cryoscopique que s’il était en¬
tièrement libéré.
J’ai donc le droit de conclure des recherches précé¬
dentes qu’il serait rationnel de présenter les analyses
des eaux minérales sous forme de monocarbonates.
On peut formuler ainsi la loi nouvelle qne y ai détermi¬
née :
« // existe une proportionnalité directe entre le point
cryoscopique d’une eau minérale de la classe des bicarbo¬
natées et la composition de cette eau exprimée en sels
anhydres et en tnonocarbonates.v
RADIOLOGIE
Action des rayons X sur les organes profonds :
par leï)' Foveau de Coiirmelles rt).
Le cœur bat plus vite{Séguy et Quénisset, 181)7). l.e pouls
est modifié (Destot); des troubles viscéraux se produis'uit
(üudin, Barthélemy, Darier), les cobayes deviennent as-
permaliques (Albert-Schamiierg) et répilhélium de leurs ca-
nalicules est. détruit (F.Frieben),mais ie pouvoir coputatif se
garde (Filloy-Brown et Alfred Osgod). Tilden Brown pré¬
tend que le voisinage des rayons X rend l’iiomme stérile
pour un certain temps. Boleslas, traitant un prurit anal par
la radiothérapie périnéale, constata que les spermatozoïdes,
existant avant, disparurent plusieurs mois, pour ne se
rencontrer, peu à peu, que trois mois, après la cessation du
traitement. Lapowski a ainsi trouvé, selon la durée d'action
des rayons X : l’azoospermie, l’oligospermie ou la nécros-
spermle. Des ovaires de lapin femelle s'atrophient (L.
(1) Lucien Graux. — La cryoscopie des eaux minérales. Paris,
Rtiusset {sous presse).
(2) Ce résumé très bien fait est extrait de la 6" Année électrique <(ui
paraîtra dans q elques jours.
Ilalberstaedter). En traitant des fibromes, les ovaires
s’àtroptiient comme la tumeur (Foveau de Coiirrnelles). Les
testicules du rat blanc gardent la perméabilité des canaux
excréteurs, mais on a une claire transformation cytologique
etchimique et résorption des éléments (J.Bergonié et L.'fri-
bomleau) ; les mêmes auteurs ont ex|)osé sous le microscope
unegouttede sperme humain, avec lames lie verre ou du
plus perméable mica, les spermatozoïdes ont gardé leur mo¬
bilité même après une demi-iieure d’exposition.
La lame d’aluminium interposée, comme pour la peau qui
ne s'ulcère plus, diminue l'oppression, les palpitations...
(Destot).
L’ingestion de corps thyroï les ou l'exposition des reins
aux rayons Xdiminue d’abord, puis augmente ler.ipppitde
l’acide phosphorique à l'urée. Les reins e.xposcs seraient
lésés (Buschke et Schmidt), parfois hématuriques. La rétine
est alTectée (A.Birch-IIirschfeMi.La rate de cobayesa été trou¬
vée petite et brune (Ileineke). Un animal sain devient leu-
copénique (llelber et Linseri, les lymphocytes sont affectés
surtout ; les globules rouges résistent iles mêmes, Milchner
et Mosse); ces auteur.-i ont vu que la moelle osseuse s’allérait
gravement. Les animaux exposés résisteraient mieux à cer¬
taines affections (Qnadronei. La lécithine devient toxique
(VVerner, Hoffmann et Schuiz). L’albumine est modifiée, plus
liquide, moins coagulable .Bordier et Galimard). Beaucoup
de leucémies ont cédé iSenn, Bozzolo, Barjon, Cadet, Nogier,
Schleip et llildebraudt, Aubertiu et Beanjard Ledingham et
Mckerron, Lommel, Melland, Cli. Colombo (11. L’excitation
initiale des rayons X, phénomène qui ne dure pas, est d’aug¬
menter les globules blancs (Guerra, Schleip et Ilüdohrandl)
Le goitre (L.Gorl, Stegmann), la maladie de Basedow (Carl-
Beck), l'hypertrophie prostatique iMoszkowicz, C. Casabolli
etc. Ijuraski, L. Moszkowiez et U. Stegmanni, les tumeurs
fibreuses (Foveau de Courmellesi, l’anachlorhydrie et l'ano¬
rexie hystérique (B. Lépinel, les névralgies iF.- IL Williams,
Ch. L. Léonard), l’épilepsie, J. H. Branth, S. G. Dracyiy ont
été soumis. Voilà, résumées, les actions profondes des rayons
X. dont nous verrons, pour certaines, des détails complé¬
mentaire.».
Quant aux troubles semi-superliciels, le professeur Gau¬
cher a consacré une leçon à une radio- nevrile avtc les
troubles trophiques cutanés consécutifs Ujlossy-sliin, télanqiec-
tesie, papillomes épithcliomu). Il s’agit d'un électricien qui
dès le début, s’occupa des rayons X, se sentit sèche ia
peau des mains au bout d’un an, après avoir perçu d’a¬
bord mieux l'approche de l'ampoule; puis la sensibililé
tactile diminua, il eut des douleurs et des crampes,
les ongles devinrent friables et tombèrent. Le dus des
mains et des doigts se couvrirent bientôt de petites dilata¬
tions vasculaires, de télangiectasies disséminées, de petites
croûtes, de véritables papillomes cornés, surtout aux points
de frottement. La face dorsale de l'index droit, heiîrté,a eu
une ulcération iucicatrisa'ole et qui s'agrandit, le fond est
épais, bourgeonnant, à base infiltrée et dure, saignant faci¬
lement, douloureuse.
Enlin mort.
L .iction utrophiquelüides rayons Xsur les ylawiesde L'appareil
reproducteur, notamment (testicules, ovaires) est de plus
en plus prouvée par des recherches de laboratoire sur
les animaux (Albers-Schœnberg, A. L. Brown, Ilalbersdter ;
.1. Bergonic. I . Tribondeau et D. Bécamierl.
•1 M. Coloiuho (tic Itoiuc il traite trois cas de leiiccmie par les
rayons de Bicnlgen. Au déliiil de la cure, la syïiiptoiualogie empira,
le nombre des glol.'ules rouges diminua, dans un cas de 2, '(80.000 à
2.500, 000)celui des leucocytes augmenta (de 96,000 à 140,000 eu parti¬
culier les polyniich'-aires passèrent de 64,000 à 140,000, les mononuclé¬
aires de 3'2,übo à :tü0,00Oi, tandis (|ue le volume de la rate lièvre ne
subissaient aucune modiltcalion. L'est seulement dans les séances
nllèrieures que ces conditions ebhngèrenl en procédant en sens
inverse (augmentation des globules rouges, diminution des leuco¬
cytes . Le traitement comprit au total de 120 à 150 sil-ances, cbaque
s('-ance durant environ quarante minutes, dont dix pour le sternum,^
dix i>onr la rate, dix pour les coudes et dix pour les genoux.
(2) Lommunication du !>' Foveau de Lourmellesù l'.Vcadémie des
Sciences de Paris, le 27 février 1905, par le professeur d'Arsonval
du Collège de France.
LE PROGRÈS MÉDICAL
45
Voici maintenant des faits cliniques qui les confirment.
J'ai eu 1 occasion, depuis une communication antérieure (1)
sur te ttiagnostic et la thérapeutique de certains fibromes
par les rayons X, confirmée ensuite par Deutscli, de Munich,
et par Bondet, Lyon, de traiter encore un certain nombre
de ces tumeurs et de constater presque toujours les phé¬
nomènes suivants : dès la première séance, durée 5
minutes, intensité du courant au primaire de la bobine :
5 ampères ; 110 volts ; 0 m.25 étincelle équivalents 7 au ra¬
dio-chronomètre de Benoist ; sensation de contraction dans
l’atérus et resserrement des tissus qui s'accentue avec la ré¬
pétition des séances et la diminution de la tumeur. Si
des symptômes douloureux existent, ils cèdent rapidement.
Quant aux hémorrhagies, elles augmentent plutôt au début
du traitement, laissant après chaque période, augmentée ou
non d'ailleurs, la tumeur plus affaissée. Puis, peu à peu» ces
hémorrhagies s’éloignent et s’atténuent. Des fibromateuses
ayant d'abondantes hémorrhagies toutes les trois semaines
ne les ont bientôt plus, atténuées du reste, que toutes les
4,5, 6, 7, 8, semaines progressivement, puis tous les 4,5 ou 6
mois pour enfin cesser complètement.
Gomme on ne peut juger sur le vivant de l’état d'un
organe que par ses manifestations fonctionnelles, cet éloi¬
gnement et cette diminution des époques menstruelles indi¬
quent évidemment une régression atrophique des ovaires.
Selon l’âge des patientes, il faut arriver à cet état atrophique
en un nombre variable de séances de rayons X allant de 5 à
à 15 minutes, selon les cas et la façon dont elles sont sup¬
portées par l’état général (toujours sans réaction cutanée,
grâce à la plaque d'aluminium bien reliée au sol, mais par¬
fois avec fièvre et frisson qui font espacer les séances );aprês
50 ans, on a souvent, dès les premières époques qui sui¬
vent les applications, une diminution de ces menstrues.
Vers 40 ans, je ne l’ai obtenue qu’après des mois (5 à 6
mois et deux séances par semaine) de traitement chez des
malades qui ne voulaient pas être opérées, mais toujours
cette régression se produisait et se traduisait manifestement.
Avant 40 ans, cet état, tout en s’obtenant, exigerait plus de
temps encore (8 à 10 mois).
Chez les patientes, soit une trentaine, que j’ai pu suivre,
et d’âge variant entre 35 et 55 ans, les phénomènes ont été
constants.
Pour des cancers du sein, contre lesquels on a préconisé
l’ablation des ovaires, j’ai eu l’idée de faire dans trois cas
des applications consécutives sur la région galactophore
cancéreuse et sur la région abdominale ; j’ai ainsi obtenu
des résultats plus rapides dans la régression de la tumeur,
du sein que quand j'agissais simplement sur celle-ci. Les
menstrues s'atténuaient aussi. Dans un de ces cas, la peau et
lesystème'pileux du sein exposés noircirent. Dans un autre,
que l’on dut opérer quand même, les douleurs, d'abord apai¬
sées, ayant repris, l’examen histologique de la tumeur ne
révéla plus que du tissu fibreux ; et aussi est -il probable
que la douleur réapparue tenait à la présence de corps étran¬
gers inertes encore volumineux qu'était devenue la tumeur ;
quant aux ganglions capillaires, ils étaient ré luits à de mi¬
nuscules grains de millet, mais très durs.
En résumé, la clinique confirme les recherches expérimen¬
tales ; les ovaires, les seins et les ganglions lympliatiques
se rétractent et s'atrophient sous l'action des rayons X ; d'au¬
tre part, la pénétration de ceux-ci varie avec les organes et
semble se faire de façon élective.
Mais je crois, bien que n’ayant qu'un seul fait, mais com¬
bien probant,qirit faut des rayons directement appliques pour
ngir ; j’ai, dans mon cabinet dont elle ne quitte pas, et sé¬
journant près des tubes en activité, dans ta zone basse, une
petite chienne, genre griffon havanais, et dont les règles, bi¬
annuelles depuis six ans et demi, n’ont été nullement influen¬
cées ou plutôt dans le sens de l'avance et de l'intensité, ce
fiui est normal, chez tes chiennes. Les rayons obliques n'ont
donc pas, d’autre part, les dangers qu’on a dit. Les insuccès
dans certains fibromes (Laquerrière) prouvent aussi que
®ême les actions directes ne sont pas absolues. Mais cepen-
(1) Académie des scieuces, 11 jauvier 1904.
dant l’ensemble des faits positifs parle assez haut pour que
le seul médecin puisse appliquer les rayons X, alors que,
dans les hôpitaux parisiens et près des tribunaux, tes radio-
graphes ne sont pas médecins.
- - ■
MÉDEGINE_PRATIQUE
O La Créosote possède une action aussi énergique contre la
tuberculose pulmonaire parce qu’elle est le plus puissant
des antiseptiques et qu’elle possède, en outre, la propriété
d'exciter, dans cette maladie, les fonctions digestives . On
ne pourra donc déduire à priori l'action physiologique de
la créosote de l’action propre de ces éléments constitutifs. On
ne pourra l’établir que par l'étude du mélange lui-même, car
c’est tout juste l’association, en faibles proportions, de diffé¬
rentes substances, ayant toutes une action de même espèce,
qui fera obtenir des effets thérapeutiques et physiologiques,
ne représentant nullement la somme de chacune des actions
en particulier, mais devant être considérée comme l’expres¬
sion d’une action nouvelle. » (Professeur Stokvis, Leçons de
Plutrmacologie, t. L, p. 338).
Le récent Congrès de la Tuberculose a démontré que le
traitement de cette redoutable maladie n’avait pas encore lait
de progrès au point de vue pharmacologique. Les produits
créosotés restent, comme avant, l'unique moyen de lutter
avantageusement contre les phénomènes d'infection, locaux
ou généraux. Le traitement sérothérapique n'a donné aucun
résultat; quantauremèdedeBehring.ilestet restera sans doute
une simple rêverie d’un esprit nébuleux. Par conséquent, c’est
toujours la créosote qui continue à tenir la tête dans la liste
des préparations anti-tuberculeuses. Mais qu'est-ce que la
créosote et comment doit-on la prescrire ? Le seul produit
([ui devrait être employé en médecine est la créosote offici¬
nale de goudron de hêtre. Mais il suffit de lire, dans les
traités spéciaux, les recommandations faites pour s'assurer
delà pureté du médicament, pour se rendre compte de la
difficulté qu’on éprouve a se procurer une créosote répon¬
dant vraimentaux nécessités de l'administration.
Une bonne créosote possède une densité de 1075 à 1085 ;
elle doit bouillir entre 195° ou mieux 200° et 220° ; elle est
incolore. Sa composition, d’après Béhal et Choay, donne :
Phénols monovalents,phénol, crêsylols, xylénols,etc., 40%
Gayacol 25 ° „ ; Ethers-phénols bivalents, créosol, homo-
créosol. vératrol, etc., 35 °/o. Ainsi constituée, la créosote
est un liquide odorant, à odeur franche de fumée, à saveur
caustique très vive, doué de propriétés escharrotiques mani¬
festes. Cette causticité rend son administration difficile. C’est
pourquoi beaucoup de praticiens ont songé à en séparer les
constituants, de manière à utiliser ceux qui paraissent le
plus avantageux, tels le phénol et le ga'iacol. Mais on a géné¬
ralement admis «lue les effets de ces dérivés étaient loin d'a¬
voir la valeur de ceux qui sont fournis par l’emploi de la
créosote pure. L'opinion de l’éminent pharmacologue Stok¬
vis, citée plus haut, en est la preuve.
On a aussi, sous des noms divers, essayé de combiner, non
plus l'un des constituants de la créosote, mais la créosote
elle-même a des acides ou des bases. Les créosotates alcalins
ne possèdent pas du tout les propriétés de la créosote, et ont
dù être abandonnés. Quant aux phosphates, carbonates, cin-
namates, benzoatesou tannates,ils n’ont aucune supériorité
sur les bases organiques isolées qui constituent la créosote. En
somme,uneétudeapprofondie de la thérapeutique et de la chi¬
mie pharmaceuthiue démontre que tout ce qui a été essayé
pour remplacer la vieille créosote a été inutile, lorsque, mê¬
me, l’effet n'a pas été préjudiciable à l’activité du remède.
On aura donc répondu à toutes les indications quand on au¬
ra présenté la créosote sous une forme bien assimilable et dé¬
pourvue d’effets nocifs ; et pour obtenir ce résultat, point
n'est besoin de sortir de la pharmacie et dépasser au laborar
tolre du chimiste.
Le procédétpii a permis d’obtenir la Solution Pautaubergp
reste certainement i un de» meilleurs qu’on puisse offrir au
médecin pour l’administration de la crebsbte, et restera long-
LE PROGRÈS MÉDICAL
temps encore la forme de choix. En effet, l’addition de chlo- j
rhydro-phosphate de chaux permet d’obtenir une atténuation j
des effets irritants du médicament, tout en ajoutant ses pro- <
priétcs reconstituantes propres ; d’autre part, l’extrême dilu¬
tion de la créosote met à l’abri de l’intolérance gastro-intes¬
tinale, tout en conservant à la créosote tous ses effets antisep¬
tiques. La Solution se trouve ainsi présenter, dans une com- i
binaison pharmaceutique, et non dans une combinaison chi¬
mique, les produits les plus susceptibles d’agir favorable¬
ment sur le processus tuberculeux, la créosote apportantson
action anti-bacillaire et excitante de l’acte digestif, tandis que
le sel phosphoré calcique apporte le moyen de reconstituer le
terrain salin du malade, dont la déminéralisation est l’un des
gros dangers de la tuberculose.
11 faut, d’ailleurs, bien se rendre compte que présenter les
sels (phosphates, phosphites, carbonates, etc.) de créosote
comme des produits définis, c’est jouer sur les mots. La
créosote, nous l avons dit, n'est pas un produit défini ;
c’est un mélange complexe, comme tous Iss meilleurs mé¬
dicaments, et, à ce titre, ses préparations ne peuvent être
définies dans le sens chimique du mot. Par conséquent, les
préparations de la créosote obtenues par combinaisons avec
des acides ou des sels acides se valent, et l'on peut pré¬
tendre, avec raison, que les formes pharmaceutiques ont
l’avantage de présenter le médicament dans de meil¬
leures conditions d’administration, parce qu’à ce point de
vue, elles ont été soigneusement étudiées.
VARI,\
Accidents de Football en Amérique
Ce jeu, quelquefois brutal au dernier degré, a provoqué,
cette année, un nombre considérable d’accidents: 19 cas de
morts et 137 traumatismes graves. Sur les 19 morts, 1 1 étaient
âgésdelT ans ouau-dessous, troisétaient étudiants, les autres
appartenaient aux sociétés non universitaires et étaient plus
âgés.
Les causes de la mort étaient des coups violents portés sur
les différentes parties du corps (abdomen et têtei, des fractures
delà colonne vertébrale, ou la septicémie consécutive aux
traumatismes. Les traumatismes graves consistaient en frac¬
tures de la clavicule (19 cas) de l'omoplate ou de l’humérus
(12 cas), fracturesde jambe (31 cas), fractures du bras (2 cas)
fracture des os du crâne (19 cas).
On dit que les bons joueurs sont moins exposés à ees acci¬
dents. Maigre consolation, si l’on considère qu’avant d'être
bon joueur il faut s’exposer aux plus graves dangers. En face
de cet état de choses alarmant un confrère américain propose
de porter la question du football et spécialement du « rough
play » (jeu brutal) devant les autorités compétentes, afin qu’on
y porte remède. (Chicago Tribune.)
Une mère qui a eu six enfants dans la même année.
Madame llilgen, de ï. en Bavière, a accouché de triplets en
janvier et en décembre de la même année. Etonnez-vous alors
de l’augmentation menaçante delà population allemande !
[Münch. n. Nachrichten).
L’Enfance anormale.
Nous venons de recevoir le l'^ n» du Bulletin officiel du Comité
National Français pour Tétude et la protection de T Enfance
anormale, revue trimestrielle, médico-pédagogique et philanthro¬
pique. Rédacteur en chef : M. Louis Granvilliers. Rédaction et
administration, imprimerie P. Legendre à Lyon. Abonnement,
1 an : 3 fr. ; le n» : 0 fr. 75. Adresser la correspondance au ré¬
dacteur en chef, à Meyzieu (Isère). C’est là une publication des¬
tinée à activer beureusement la propagande en faveur des enfants
anormaux que nous sommes heureux de signaler à l’attention de
nos lecteurs.
Cabinet Gallet. iClientèles médicales). 47, Bd. Sl-Michcl.
Rhône. — Seul médecin, fait pharmacie. 3.500 fr. de fixes.
11.000 fr. touchés. Loyer 500 fr. prix 4.500 fr.
Aisne. — Seul médecin, fait pharmacie. 15.000 fr. touchés
Prix 0.000 fr.
FORMÜLFS
VII. — Contre les douleurs dyspeptiques survenant
tardivement après les repas.
Bicarbonate de soude . 0 gr. 50
Craie préparée . 0 » 30
Magnésie calcinée . 0 » 20
Poudre de belladone . 0 » 02
Chlorhydrate de cocaïne . 0 » 01
pour un paquet.
Prendre trois de ces paquets à 2 heures d’intervalle dans de
l’infusion très chaude de tilleul.
- -
Actes et Thèses de la Faculté de Médecine de Paris.
Thèses de doctorat. — Mercredi, 24 janvier. —M.Fradin : Con-
Iribulionà l’étude de la résistance électrique du corpshumain (MM.
Gariel, Brissaud, Broca (André), Claude). — M. liruel : Les traite,
inents des chorées et des tics deTenfance. Alitement et isolement.
iJiscipliiie psycho-motrice (MM. Brissaud, Gariel, Broca (André),
Claude). — M. Halberchtadt : Contribution à l’étude de la folie par
contagion mentale (MM. Brissaud, Gariel, Broca (André), Claude).
— M. Clenet : Contribution àfétude des salpingites dans leur rap¬
port avec la grossesse et lapuerpéralité (MM. Pinard, Segond, Lepa¬
ge, Proust). — M. Pecharmant : Contribution à l’étude desostéo-pé
riostites mastoïdiennes (MM. Segond, Pinard, Lepage, Proust). —
M. Dorléans : Coexistence d'accidents syphilitiques tertiaires avec
le tabes et la paralysie générale ;MM. Gaucher, Roger, Legry, Ma-
caigne). — M. Verani: Etude surta leucoplasie vulvo-vaginale et
le Kraurosis vulvæ, et leurs rapports avee la syphilis (MM. Gaucher,
Roger, Legris, Macaigne).
Jeudi. 2 5 janvier. — M.Bonsant .-Contribution à l’étude des états
décoratifs et de leur substratum organique (MM. JolTroy, Ray¬
mond, Dupré, Jeanselme). — il/. 7'o«c/jird : Recherches anatomo¬
cliniques sur la sclérodermie généralisée (MM. Raymond, JolTroy,
Dupré, Jeanselme). — M. Chardin ; Rechutes de rougeole (MM. IIu-
tinel, Chantemesse, Gilbert, Méry'. — M. Taubé : (Jzène des bron¬
ches (MM. Chantemesse, Hutinel, Gilbert, Méry). — M. Guyot :
Contribution au traitement des arthropathies blennorrhagiques (MM.
Gilbert, Hutinel, Chantemesse, Méry). — M. Bourretère : Contri¬
bution à l’étude du pronostic du placenta prœvia. Résultats statisti¬
ques recueillis à la maternité de St- -Antoine '^MM. Budin, Pozzi,
Bar, Faure). — M. Verdier : De Thémalométrie dans le cancer du
corps utérin (MM. Pozzi, Budin, Bar, Faure).
Examens de doctorat. — Lundi, 22 janvier. — 5" (Chirurgie, 1"
partie, P" série, Hôtel-Dieu) : MM. Terrier. Legueu, Gosset. — 5"
(Chirurgie, 1” partie, 2”’ série, Hôtel-Dieu) : M.M. Reclus. Pierre Du-
val, Proust.
Mardi, a,? janvier.— 5' (Chirurgie.l” partie, 1” série. Charité) :
MM. Berger, Faure, Marion. — 5' (Chirurgie, P" partie, 2' série,
Charité) : MM. Pozzi. Auvray, .Morestin. — 5' : (2' partie. Charité) :
MM. Robin, Achard, Carnot.
Mercredi 24 janvier. — Médecine opératoire (Ecole pratique) ;
Terrier, Gosset, Cunéo. — 2 (l'“ série. Salle Béelard) : MM. Gautier,
Gley, Branca. — -2" (2- série. Salle Richet) : MM. Ch. Richet, Réité¬
rer. Desgrez. — 3'(P” partie. Oral, Salle Vulpian) : MM. Kirmisson,
Potocki, Pierre Duval. — 3' (‘J* partie. Oral, Salle Charcot) : MM.
Blanchard, Dejerine, Teissier. — 5' (2“ partie, Laënnec) : MM. Lan-
donzy, Balthazard, L.abbé (Marcel).
Jeudi 2 5 janvier. — Médecine opératoire (Ecole pratique) : MM.
Poirier, Marion, Morestin. — 2' : (Salle Corvisart) : MM. Pouchet,
Launois, Langlois — S'il" partie, P” série. Oral, Salle Pasteur) ;
MM. Le Denlu, Retlerer, Demelin. — 3" (P* partie, 2' série. Oral,
Salle Charcot) : MM. Berger, Thiéry, Brindeau. — 4‘ ; (Salle Ri¬
chet) ; M,M. Robin, G Ballet, Guiart.
Vendredi, 26 janvier. — 3" (2" partie. Laboratoire des travaux pra¬
tiques d'anatomie pathologique! : MM. Gautier, Blanchard, Legry.
— •2“ 'Salle Richet) ; MM. Gariel, Ch. Richet, Retlerer. — 3‘ (P- par¬
tie, Oral, Salle Broussa's) : MM. Reclus, Sébileau, Potocki. — 3* (2‘
partie. Oral, Salle Pasteur) : MM. Landouzy, Roger, Claude. —
4* (Salle Thouret) : MM Pouchet, Balthazard, Macaigne. — 5" (Obs¬
tétrique, 1" partie, Clinique Baudelocque) : MM. Pinard, Lepage,
Wallich.
Samedi, 2 j janvier. — 5* (2' partie, P* série, Beaujon) :MM. Ray¬
mond, Troisier, Thiroloix. — 5' (2" partie, 2” série, Beaujon) : MM.
Gilbert, Achard, Méry. — 5' (2* partie,3’ série, Beaujon) ; MM. Ro¬
bin. Gougel, Jeanselme. — (Obstétrique, P'- partie, clinique Tar-
nier) : MM. Budin, Demelin, Brindeau.
Médaii-i.e d’or. — La Société nationale d’agriculture a décerné
une médaille d’or àM. le docteur A. Pressât pour ses recherches
sur le paludisme et les moustiques à Ismaïlia.
LE l’RUGKÈS MÉDICAL
47
NOUVE^ES
Natalité DK Paris. — Du dimanche 31 décembre 1905 an samedi
6 Janvier 19(6, les naissances ont été an nombre ae 997, se dé¬
composant ainsi : légitimes 736, illégitimes 261.
Mortalité a Paris. — Population d'après le recensement de
1901 : 2.660.559 habitants. Les décès ont ete au nombre de 961,
savoir: 528 hommes et 441 femmes. Les décès sont dus aux
causes suivantes ; Fièvre typhoïde (typhus abdomin.) : 8. —
Typhus exanthématique : 0. — Fièvre intermittente et cachexie
palustre : 0. — 'Variole ; 1. — Rougeole : 21. — Scarlatine : 0.
— Coqueluche: 3. — Diphtérie et Croup : 3. — Grippe : 1.
— Choléra asiatique : 0. — Choléra nostras : 0. — Autres
maladies épidémiques : 2. — Tuberculose des poumons : 167. —
Tuberculose des méninges : 24. Autres tuberculoses : 14. —
Cancer et autres tumeurs malignes : 56. — Méningite simple : 20.
— Congestion hémorrhagique et ramollissement du cerveau : 63.
— Maladies organiques du coeur : 92. — Bronchite aiguë : 12.
— Bronchite chronique : 22. — Pneumonie : 44. — Autres affec¬
tions de l’appareil respiratoire : 107. — Affections de l’estomac
(cancer exc.) : 2.— Diarrhée et entérite de 0 à 1 an : sein : 2 ; au¬
tre alimentation : 14. — Diarrhée et entérite de 1 à 2 ans : 1. — Her¬
nies, obstruction intestinale ;9. — Cirrhose du foie : 10. — Néphrite
et mai de Bright : 36. - Tumeurs non cancéreuses et autres ma¬
ladies des organes génitaux (femmes) : 3. — Septicémie puerpérale
(fièvre, péritonite, phlébite puerpérale) : 3. — Autres accidents
puerpéraux de la grossesse et ue raccoumement ; 2. — Débilite
congénitale et vices de conformation : 33. — Débilité sénile : 32.
— Morts violentes: 26. — Suicides : 9. — Autres maladies : 117.
— Maladies inconnues ou mal définies ; 19.
Mort-nés et morts avant leur inscription : 78, qui se décom¬
posent ainsi : légitimes 56, illégitimes 22.
Distinctions honorifiques. — Légion d’honneur : Com¬
mandeur : M. le docteur Richard, médecin inspecteur de l’armée ;
Officiers : MM. les docteurs Ruault (de Paris) ; Achintre, Billot,
Dubujadoux, Gerhault, de Santi, médecins de l’armée active ;
F.-L.-A. Camus, ancien médecin militaire ; Chevaliers : MM. les
docteurs Gaillard (de Paris) ; E.-A. Forgue (de Montpellier) ;
Auhry, G. -P. Benoît, Campos-Hugueney, M.-F. Courtois, Cuvier,
Ferrier, Frache, Gilles, Guihal, Keim, Launois, Manon, P. -J.
Simoniiij M.-J. Spillman, Tricot, Wenzinger, médecins de Tar-
mée active ; Barillet, Dubois, L.-A. Durand, Hamon, L’Eost,
Morgue, 'Vergues, médecins de la marine ; Legendre, médecin des
troupes coloniales, directeur de l’Ecole de médecine de Tchentou ;
Devaux, Neiret, médecins des troupes coloniales.
Dbcor.ations AC-tDÉMiQuEs. — Officicrs de l'Instruction pu-
hliquc : MM. les docteurs Berthod et Rœser (de Paris).
Officiers d’ Académie. — MM. les docteurs Beauvillard, Bour¬
sier, L.-D. Dumont, L.-E.-A. Dumont,Labroy, Lance, Minet, Mou-
Ion, Plicque, Alphonse-Léonard Roche (de Paris) ; de Bretonville
(de Vincennes) ; Astier, P. -J. Delmas, M.-F. Guichard, médecins
millitaires ;
Actes de courage f.t de dévouement. — Médaillé de bronze.
M. le docteur O’FolIowell (de Paris). — .Mi-ntion honomble. M. le
docteur Brenta (d’Alger).
Hôpitaux de Marseille. — M. le docteur Aubert a été nommé,
après concours, chirurgien adjoint des hôpitaux.
Médecins sénateurs. — Le dimanche 7 janvier, ont été élus
au Sénat ; MM. les D''® Aubry (Constantine) ; Daniel (Mayenne) ;
Flaissières (Bouches-du-Rhône) ; Lannelongue (Gersi ; Lourties
(Landes) ; Petitjean (Nièvre) ; Rey (Lot) ; Reymond (Loire) ; San-
cet (Gers) ; Viger (Loiret). Ce qui porte à 44 le nombre des séna¬
teurs médecins.
Prix de LA Faculté pour1906. — La Faculté de médecine
propose les sujets suivants pour les prix à décerner en 1906 :
Prix Corvisart : L’hémoptysie.
Pria: Samlour : Des rapports de l’alcoolisme et des accidents
saturnins.
Prix Behier : Syphilis hépatique.
Médecin des hôpitaux. — Un concours pour l’admissibilité aux
concours de nomination aux places de médecin des hôpitaux et hos¬
pices civils de Paris sera ouvert le lundi 26 février 1906, à midi,
dans la salle de concours de l’administration, rue des Saints-Pè¬
res, n'>49.
MM. les docteurs en médecine qui voudront concourir devront
se faire inscrire à l’administration centrale, 3, avenue Victoria,
service du personnel, du lundi 22 janvier au samedi 10 février,
inclusivement de midi à 3 heures.
Le nombre des places d'admissible mises au concours sera an¬
noncé aux candidats lors de la première séance, ce nombre ne pou¬
vant être établi qu’après la fermeture du registre d’inscription.
A cet effet, les candidats dispensés du concours d'admissibilité
devront se faire inscrire en vue du concours d’admission dans les
mêmes délais que les candidats au concours d’admissibilité, savoir
du lundi 22 janvier au samedi 10 février inclusivement, de midi à
3 heures.
Un concours pour la nomination àtrois places de médecin des
hôpitaux et hospices s’ouvrira quinze jours après la clôture des
opérations du présent concours d’admissibilité. Seront admis à se
présenter à concourir les candidats dispensés de ce concours en
raison de leurs admissibilités antérieures et les nouveaux admis¬
sibles, déclarés à la suite du concours du 26 février.
Chirurgien des hôpitaux. — Un concours pour la nomination
à deux places de chirurgien des hôpitaux de Paris sera ouvert le
lundi 26 mars 1906, à midi, dans la salle des concours de l’admi¬
nistration, 49, rue des Saints-Pères.
MM. les docteurs en médecine qui voudront concourir devront
se faire inscrire à l’administration centrale, 3, avenue Victoria
(service du personnel) de midi à 3 h., du lundi 19 février au sa¬
medi 3 mars inclusivement.
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48
LE PROGRÈS MÉDICAL
Médecins conseillers généraux. — M. le Roy a été élu
conseiller général des Deux-Sèvres, pour le canton d’Argenton-
Château.
Encore deux nouveau-nés dans notre microcosme : Le rap¬
porteur médical et la Provence médicale. Longue vie et prospé¬
rité à, ces deux confrères, selon riiabituelle formule, dit la. Chro¬
nique médicale du !"■ janvier. Ajoutons un troisième journal La
Clinique, journal hebdomadaire de médecine et de chirurgie pra¬
tique publié chez l’Editeur O. Doïn et sous la direction do notre
confrère le D'' Sersiron, secondé de M. le D’’ Cl. Doin.
Nécrologie : Nous apprenons avec regret la mort de M. le D'
PiÉCHAUD, professeur de clinique chirurgicale des maladies des
enfants à la Faculté de Bordeaux.
Chronique des hôpitaux.
Clinique chirurgicale de l’IIotel-Dieu. — Cours pratique
d'Oto-Rhino-Lai'yngoloijie. — Le D'' Guisez, ancien interne des
hôpitaux, recommencera son cours pratique d' Oto-Rhino-Larijnqo- .
logie le mardi 6 févrie^à 3 h. 1/1! et le continuera les mardi, jeu¬
di, samedi, à la même heure.
Le cours sera essentiellement pratique et comprendra 1? leçons
(examen des malades, maniement des instruments spéciaux, peti¬
tes opérations). Droits d’inscription : 50 francs.
S’inscrire les mardi et samedi, de 4 à 5 h., consultation de laryn-
gologie de l’hôpital.
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L'enfant, revue mensuelle illustrée consacrée à l’étude de tou¬
tes questions relatives à la protection de l’enfance. Directeurs-ré¬
dacteurs en chef. MM. Henri Rollet et JaciiuesTnuTSCH, 13. rue
de l’Ancienne-Comédie. France, un an, 5 fr. ; étranger, 6fr- Nous
appelons vivement l'attention de nos lecteurs sur cette très inté¬
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découvert par M. Louis DEQU«z.ANT. pharmacien, 38, rue
de Glignancourt, Paris. (Mémoires déposés à l’Académie de
Médecine, 23 mars 1897, 8 mai 1898). L'extrait de ces Mémoires
est adressé .gracieusement à tous les médecins qui lui en
feront la demande. Renseignements gratuits et prix de faveur
pour tous les memores du corps médical. _
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27 JANVIER 1906
Le ProgrèS’;,Médical
SOMMAIRE ; Chirurgie biologique ; La stérilisation du maté¬
riel de suture, ligature, sondage, drainage, par Longuet. —
Clinique spéciale ; Cinquante cas d’œsophagoscopie, par Cui¬
sez. — Bulletin : Les homœopatlies, par Friedel ; Les femmes
médecins et les concours, par J. Noir ; Médecine sanitaire mari¬
time, par Grosset. — - Sociétés Savantes : Académie de Méde¬
cine : La tuberculose en France et en Allemagne, par Robin ;
La rate et la sécrétion biliaire, par Lancereaux ; La vaccine en
Alsace au siècle dernier, par Kelsch (c. r. de A. -F. Plicque.) —
Société de chirurgie : Drainage lombaire dans les péritonites
appendiculaires, par Routier, Chaput et Segond ; Traitementdes
kystes hydatiques du foie, par Quénu ; Guérison opératoire
d'une paralysie cubitale et radiale, par Potherat (c. r. de Catz.)
— Société Médicale des Hôpitaux : Intoxication mercurielle
d'origine thérapeutique, par Sicard ; Hydarlhrose syphilitique,
étude cytologique, par Griffon et Déhérain ; Pseudo-rhuma¬
tisme syphilitique, par Galliard ; Le formiate de quinine (quino-
forme), par Hitz (c. r. de Friedel.) — Société de Pédiatrie ; Ané¬
vrysme de l’aorte d’origine rhumatismale, par Comby ; Ménin¬
gite cérébro-spinale, par Sevestre ; Adénopathie trachéo-bron-
chifpjp^ par Variot ; Emploi du citrate de soude en thérapeutique
iülÈflIile, par Variot ; Méningite cérébro-spinale traitée avec
succès par les injections intra-rachidiennes de co-llargol, par
Papillon (c. r. de Ch. Petit-Vendol.) — Société d'obstétrique de
Paris : Note sur le chauffage de la couveuse au thermosiphon,
par Mercier ; Atrésie cicatricielle du vagin au terme de la gros¬
sesse, par Mercier ; Un cas de grossesse gémellaire pouvant
faire croire à la superfœtation, différence de 1850 gr. entre les
deux fœtus, par Bouohacourt et Cathala ; Dégénérescence hyda-
tiforme d’un œuf de 2 mois expulsé au 6' mois de la grossesse,
par Bernheim ; A propos d’une rupture utérine, par Brindeau
et Caron ; Opération de Gigli pour bassin oblique ovalaire, par
Porak ; A propos de la communication de M. Foix ; « présenta¬
tion d'un cas d’extrophie de la vessie et de l’intestin terminal »,
par Cunéo, etc. (c. r. de Jeannin.) — Médecine pratique. —
Revue de pathologie mentale (c. r. de Keraval.) — Varia.
Les congrès. — Formules. — Actes et thèses de lafaculté
DE médecine de Paris. Thérapeutique : Propriétés thérapeu¬
tique de l’hélénine. — Nouvelles. — Chronique des hôpitaux.
— Bulletin bibliographique.
AVIS POUR LES NUMÉROS MANQUANTS
Nom rappelons également à nos abonnés et à nos
correspondants que les NUMEROS MANQUANTS
de 1905, réclamés avant le 31 janvier 1906 seront
envoyés gratuitement. Passé ce délai, envoyer pour
chaque numéro 25 centimes.
CHIRURGIE BIOLOGIQUE
(cours. IIP LEÇON.)
La stérilisation du matériel de
suture, ligature, sondage, drainage :
Par le P' L. LONGUET fde Rouen).
[Suite et fin.)
% il. STÉRILISATION GERMICIDE
(Lister 1867).
A. Méthode antiseptique, (Lister 1867). — Les
considérations développées dans les précédentes le¬
çons me dispensent d’entrer en une nouvelle descrip¬
tion, à proposdu matériel deligature, suture, drainage.
Jetez seulement un coup d’œil sur le relevé ci-joint
fidèlement dressé, et vous serez frappés de ce fait que
la liste des antiseptiques est plus riche encore que celle
de germicidation chimique pour pansement, preuve
que Us accidents provenant de cette source sont tout
particulièrement fréquents ; aussi nous voyons les chi¬
rurgiens préconiser, les uns, une seule substance an¬
tiseptique, les autres plusieurs antiseptiques associés.
Ce sont, comme solutions mono-antiseptiques ; la so¬
lution phèniquée (Lister) ; la solution de sublimé
(Bergqaann) ; la solution iodée (Claudius) ; la solution
formolce (Moty) ; la solution de sulfate d' ammoniaque
(Elsberg) ; la solution de bichromate de potasse (Ede-
bohls) ; la solution de permanganate de potasse ,àoni
I avantage est d’enlever l’excès de soufre contenu dans
le caoutchouc vulcanisé, etc., eic.
Comme solution polyantiseptique, la solution
quée et A' essence de térébenthine (L. Championnière) ;
lu solution pAdmçMc’e et d’ac/dec/jromiçMe (Mikulicz) ;
lu solution de sublimé et de naphtol P (Schwartz) ; la
solution de sublimé et d’essence de genevrier (Pozzi) ;
\ essence de girofle suivi d’afcooZ à 95" (Webster, etc).
Tout ceci pour la préparation immédiate.
La préparation pour usage retardé a fait naître de
nouvelles combinaisons. Les fils, drains, sondes, sont
d’abord individuellement placés en tube de verre, plus
ou moins long. On verse alors jusqu’à immersion tota¬
le : soit de \ éther iodoformé (à 20 p. 100) Hegar ; soit
du sublimé et de Vhuile de genièvre : soit du sublimé
et du bichromate de potasse ; soit de V eau antiseptique
(sublimé 2 gr., thymol, 1 gramme, phénoR'ogr., alcool
20 gr., eau distillée bouillie 980 grammes) Terrillon. Il
conviendrait d’utiliser pour les fils un excédent d’anti¬
septique, d’après L. Championnière.
Ceci fait, le tube est fermé, soiPpar un bouchon de
caoutchouc bouilli, soit par simple adaptation d’un
couvercle s’il s’agit d’un récipient ; et le tout rassem¬
blé est mis en , dépôt dans une « petite armoire porta¬
tive ».
Les objets macèrent ainsi pendant un temps illimité.
Quelques opérateurs pourtant préfèrent une conserva¬
tion à sec, mode Hegar : ce chirurgien laisse l’antisep¬
tique s’évaporer dès qu’il a fait son effet ; puis il sau¬
poudre les soies, crins, drains, sondes, de poudre d’io-
doforme porphyrisé.
Les brosses à main sont encore aujourd’hui, en
maints endroits, conservées par la macération à froid
prolongée dans l’eau pbéuiquée ou le sublimé.
B. La méthode de rair chaud, (-4. Reverdin 1888), —
est ici telle que je vous l’ai décrite à propos des panse¬
ments. D’une manière générale, elle a peu d’adeptes,
sans doute parce que les fils, lesdrains supportent mal
l’air sec à 190 ou 140°. Aussi je ne la vois guère men¬
tionnée que pour la germicidation du catgut.
C. La méthmlc de réhullitioii, (Nilson 1888), réu¬
nit par contre de nonibreux défenseurs. Rien de bien
particulier pour l’application de la méthode, telle que
vous la connaissez, aux objets qui nous occupent. Je re¬
marque cependant que frappés vraisemblablement par
les inconvénients de l’hydratation, les chirurgiens ont
volontiers délaissé ici l’eau simple ou salée, ou carbo-
natée, pour l’eau alcoolisée, pour l’huile d’olive ou la
glycérine. Pendant qu’ils sont encore en milieu bouil-
50
LE PROGRÈS MÉDICAL
lant, les lils, drains, sondes sont retirés du bouilleur à
l'aide d'une longue pince stérile qui les dépose à proxi¬
mité de l’opérateur à mesure de ses besoins. Après 30
minutes de ce traitement, on pourrait considérer les
lils comme très suffisamment purifiés. Des soies toutes
maculées de pus desséché, furent reconnues stériles
après 8 minutes seulement d’ébullition dans l'eau.
ŸonvXsi conservation, les objets inclus individuclle-
m.ent en tubes, sont d’abord bouillis, puis les tubes sont
bouchés ou scellés, et, lors de l’usage, après macération
plus ou moins longue dans l’eau stérile, on procède à
une nouvelle ébullition sommaire, dès que le tube est
ouvert.
D. La méthode de la vapeur d'e.au (Schimmel-
busch, 1890) est utilisée sous ses 2 formes :
a) La « Vapeur fluente » à 100“ : Même technique que
pour les pansements. Durée d'exposition à la vapeur,
30 minutes, et usage immédiatement après. La pré¬
paration pour conserve a fait naître des « dévidoirs
stérilisateurs ». Ce sont des récipients rectangulai¬
res en verre, fermés, contenant plusieurs bobines gar¬
nies de longs fils, dont l’extrémité seule saille, pointe
è l’extérieur. De la sorte, tout transvasement des lils
est rigoureusement évité. Il suflit,avant chaque suture
et ligature, de tirer sur le bout du fil pour que la bo¬
bine, constamment immergée dans l'eau stérile, se dé¬
roule en vase clos. Gomme cette extrémité dépassant à
l’air libre est de ce fait exposée à la contamination, il
est bon d'en réséquer un fragment sur une certaine lon¬
gueur lors de chaque prise, en particulier de la pre¬
mière. Schimmelbusch a vérifié lui-même la valeur de !
la vapeur fluente à 100> pour la germicidation des fils,
des drains préalablement contaminés. Ce serait une
technique absolument sûre.
b) La« vapeur stagnante » à 120“, a été préconisée,
en France, par Terrier et Quenu 1892, par Terrillon
et Chaput 1893, pour le matériel de suture, ligature,
drainage et sondage, c’est-à-dire peu de temps après
l’application delà même méthode aux pansements.
La préparation extemporanée est décrite ainsi par
Terrier : Les cadres chargés de fils, les drains, sont en¬
veloppés dans une compresse nouée. Le tout est placé
dans une petite boîte métallique supportant 2 atmos¬
phères. Puis la boîte est mise dans un petit autoclave
spécial qu’on porte à 120“ avec tube témoin d'acide
benzoïque additionné d’une petite quantité de vert
brillant, dérivé de l’aniline. Ceci fait, on ouvre la boîte
à fils ou drains, on étale la compresse enveloppante
au moment de l’opération. La préparation exige donc
une séance spéciale, car cette stérilisation ne peut être
ici poussée aussi loin que celle des compresses ; les soies
deviendraient cassantes.
La préparation pour usage retardé a été également
exposée par Terrier : Les fils enroulés sur les cadres,
les drains, les sondes, sont individuellement glissés en
tube de verre, plus ou moins large, plus ou moins long,
obturé d’un tampon d’ouate comme un tube de bouil¬
lon de culture. 11 importe de mettre sur chaque ca¬
dre métallique une petite quantité de fil de soie, puis¬
que le tube une fois ouvert, tout ce qui reste inutilisé
après l’intervention ne peut plus servir sans nouvelle
stérilisation. Dans chaque tube on ajoute un petit tube
témoin d’acide benzoïque. Le tout est porté à l’autoclave
à 120 pendant 3 quarts d’heure. Après quoi les tubes
sont scellés à la lampe au niveau du bouchon d’ouate.
Un trait de lime horizontal est marqué vers l’une des
extrémités, Pour ouvrir, on appuie un corps chaud sur i
le trait rayé, et une fracture nette transversale se pro¬
duit en cet endroit (1). Ainsi traités, les drains, fils,
sondes en gomme, se conservent indéfiniment stériles
en tube clos contenant une faible quantité d eau stérile.
L'effort, l’imagination des chirurgiens germicides,
en particulier du promoteur, méritent ici encore
plus qu'un éloge. Si les méthodes de début nous ap¬
paraissent comme réellement insuffisantes, elles n’en
ont pas moins la valeur de priorité. Elles restent les pre¬
miers vestiges d'une évolution nouvelle de la chirurgie
elles témoins sont lànombreux, qui nous affirment une
réelle amélioration dans les résultats opératoires com¬
parés avant et après Lister. Rendons une fois de plus un
hommage mérité.
Cependant, sans renouveler une discussion épuisée
dans les précédentes leçons, je dois à la vérité de dire
que, de toutes les méthodes, seule, la dernière sous la
forme de « vapeur » stagnante à 120“, réalise constam¬
ment, sùrementle butgermicide recherché. Voilà pour¬
quoi nous voyons les partisans de l’ébullition faire « ma¬
chine arrière » — ce que les expériences de Repin (2)
permettaient de prévoir, — et combiner à leur techni¬
que l’addition d'antiseptiques, dont les effets cellu-
cides, altérants, coagulants en croûtes protectrices
pour les microorganismes, nous sont connus. D’autre
part, au sujet delà « vapeur fluente », Terrier s’est
exprimé ainsi ; « Les appareils type Schimmelbusch,
prêtent à critique :les bobines sont chargées au maxi¬
mum pour que le débit dure longtemps. Quand la stéri¬
lisation est obtenue — ce qui doit être difficile avec des
bobines ainsi chargées — on ne peut penser la conser¬
ver bien absolue, malgré la fermeture soit de la boîte
métallique, soit des tubes métalliques emboîtés l’un
dans l’autre. Puis, quoi qu’onfasse, l’extrémité libre des
fils sera vite contaminée, il faudra donc toujours les ré¬
séquer avant de s’en servir. Or, dans quelle étendue
cette résection devra-t-elle être faite pour que le fil uti¬
lisé soit aseptique ? Tout fil qui a été mis en contact
avec l’air, ne peut être regardé comme parfaitement
stérile. Ceci fait comprendre pourquoi nous n’avons
ii'une confiance fort limitée dans les appareils inventés
ans le double but de stériliser les fils de soie et de
les conserver stérilisés pliis ou moins longtemps ;
tout en s’en servant quand besoin est ».
Reste donc la seule préparation par « vapeur sta¬
gnante » à 120“. Et la question serait définitivement
tranchée, si les objets ainsi préparés n’étaient constam¬
ment hydratés, humides, c’est-à-dire facilement infec-
tables, et si d’autre part nos expériences ne démon¬
traient qu’excellente, parfaite en tant que germicide, la
vapeur hydrique à 120" demeure insuffisamment spo-
ricide. Ces raisons justifient nos recherches person¬
nelles.
(1) Comme mode de fermeture et d’ouverture des tubes de
fils pour conserve, signalons un ingénieux dispositif de Robert et
Leseurre, très répandu dans le commerce, dispositif qui donne une
ouverture facile, nette, sans éclat de verre. Le seul inconvénient
de ce mode de bouchage est qu’il nécessite des tubes de forte
dimension formant de véritables engins peu transportables en
grande quantité.
(2) Repin in Terrier, (fleatte de chirurgie 1894) :Lesfils à liga¬
ture enroulés sur bobines, même en petite quantité (5 cm), n’étaient
pas stérilisés par l’eau bouillante après 30 minutes. D’autre part les
expériences favorables à l’ébullition ne sont point probantes en ce
sens que le pus choisi comme agent de contamination ne contient
que des microorganismes destructibles à basse température, (strep¬
tocoques, staphylocoques). Quant aux procédés du commerce.
Mouiller, élève du professeur Décès a vérifié après enquête que
la plupart des fils vendus dans le commerce comme bouillis, n’ont
jamais subi l’ébullition.
Le progrès médical
51
I III. STÉRILISATION SPORICIDE.
(Longuet, 1900.)
A. — Méthode de la vapeur anhydre déshydratante
comprimée à ISo^-lOO".
Ici non plus, je ne reviendrai pas sur le principe ni
la technique générale d’une méthode, longuement
exposée à propos des objets de pansement.
Pour la préparation immédiate^ placez les fils de lin
(gros et fins, enroulés sur cadre en aluminium), les
drains (1), les sondes, les explorateurs métalliques, (le
tout enveloppé en compresse de gaze) dans les réci¬
pients à recouvrement déjà décrits à propos des objets
de pansement.
Le tout est porté, dans le stérilisateur approprié,
à la température de 180, 195° ; sousune pression de 2 à3
atmosphères pendant 45 minutes. Au cas où ces objets
sont peu tassés, peu épais, non stratifiés, non serrés,
la pression de répartition calorique peut être main¬
tenue à 1 kilogr. seulement, en laissant le robinet
de purge légèrement ouvert. Ainsi la vapeur s’échappe
vers un récipient condensateur, sans empêcher l’as¬
cension thermique à 190\ levons rappelle qu’en cette
manière de faire, il convient de mettre préalablement
dans le stérilisateur un excès de liquide vaporisant,
pour ne point s’exposer à chauffer à sec et agir alors
comme dans la méthode germicide dite de l’air chaud.
Le point important, intéressant, nouveau, c’est que les
fils de lin, au moins ceux de bonne qualité, supportent
très bien cette haute température, conservent une
résistance satisfaisante, à la condition de ne pas ce¬
pendant réitérer plus de deux fois ce même traite¬
ment pour le même fil. En outre, le fil se trouve
tout naturellement dégraissé par la vapeur de toluène
sans manipulation préalable. Quant aux cadres, explo¬
rateurs, drains en aluminium, ils sont, comme les ins¬
truments, inaltérés, inoxydés. Enfin tous ces objets
ont l’avantage d’être rigoureusement secs, déshydratés,
chaque fois que la condensation spontanée s’est faite
naturellement, sans précipitation, sans ouverture trop
hâtive du stérilisateur encore trop chaud.
La préparation en vue d'mage retardé, peut être
indispensable. Le matériel est alors réparti individuel¬
lement en tube de verre, de calibre approprié, allongé,
étiré à la lampe à chaque extrémité ouverte. Ainsi la
vapeur traverse tous les tubes librement de part en part.
Ces tubes sont eux-mêmes placés bien horizontale-
ment en compresse enveloppante dans les boîtes à re¬
couvrement. Après la stérilisation, quand tout est re¬
froidi, les boîtes sont ouvertes ; les tubes toujours ma¬
niés horizontalement afin d’empêcher la pénétration de
microorganismes aériens (2), sont scellés immédiate-
nient à la lampe, au niveau de chacun de leurs cônes
affilés. Luis l’ouverture ultérieure est préparée par un
h'ait de lime horizontal, sur lequel on applique la lame
'lun thermocautère au moment de les ouvrir, ou toute
pointe métallique portée au rouge. Telle est la prépa¬
ration de réserve suffisante pour les petites interven¬
ions journalières.
(1) Pas ceux de caoutchouc qui fondent, s'altèrent, se ramol-
*ssent à ces températures élevées.
L! On sait, en effet, qu’un tube de bouillon de culture stérile ne
'Contamine pas par l’air pendant son ouverture, si on prend la
PjCcautionde l'incliner légèrement suivant la mameuvre classique.
est ainsi « a fortiori » pour nos tubes cflilés, non pas indi¬
cé^’ couchés horizontalement, et de plus perforés à leurs
nés do terminaison en pertuis capillaire de faible dimension.
J’ai vérifié l’action sporicidante sur des fils préalable¬
ment contaminés de subtilis; suivant la même techni¬
que que pour les pansements.
Messieurs, de celte leçon, je voudrais que vous rete¬
niez au moins ceci :
I. Les objets de suture, ligature, drainage, son¬
dage, brossage, souvent réductibles à l’unité, peuvent
être germicidés sûrement par la « vapeur hydrique «
à 120“ ; ils le sont moins, ou mal, ou pas, avec les autres
méthodes, dites des solutions antiseptiques, de l’air
chaud, de l’ébullition, ou de la « vapeur fluenle » à
100". La germicidation parfaite peut donner en pra¬
tique de fort bons résultats. Elle a pour elle des étals
de service déjà longs qui parlent en sa faveur.
II. Toutefois, la « sporicidatiojin par « vapeur anhy¬
dre » à 190" est, dans l’espèce, possible, logique, satis¬
faisante et sûre. Par la déshydratation des drains, fils,
sondes, elle prémunit contre les infections secondai¬
res ; l’hydratation et l’humidité constituant le premier
bouillon de culture pour la contamination toujours à
craindre Cette fois encore, j’arrive donc progressive¬
ment V(TS mon but unique qui est l’unificalion des
méthodes de préparation du matériel chirurgical, par
l’unilé de technique : la séance de stérilisation pré-opé¬
ratoire collective et globale.
CLINIQUE SPÉCIALE
Cinquante cas d’œsophagoscopie ;
Parle D'GÜISEZ,
Aiu'ion iiilerne, ehef cle^< Irnvaux d’olo-rhino laryngologie
à rHôlel-I)ieu.
Depuis le mois de novembre 1903 jusqu’en septem¬
bre 1905, il nous a été donné d’examiner un peu plus
de cinquante malades (52) à l’œsophagoscope. C’est le
résultat de ces examens que nous désirons vous rap¬
porter fidèlement et nous verrons l’enseignement que
i’on peut en tirer. Nous ne reviendrons pas ici, l’ayant
exposépar ailleurs, sur les perfectionnements que nous
avons cru devoir apportera la technique et à l’instru¬
mentation de cette méthode toute nouvelle, que nous
croyons avoir ainsi rendue beaucoup plus pratique.
Au point de vue diagnostic et thérapeutique, elle nous
a donné des résultats tout à fait positifs et ce .sont
eux que nous voudrions développer dans ce travail.
Nous avons été amené à œsophagoseoper un certain
nombre de malades à propos d'affections très diverses
mais que l’on peut grouper sous plusieurs chefs.
Nous avons recherché la présence de corps étrangers
réels ou imaginaires. Nous avons constaté (fc zu'sM des
lésions pariétales de l’cesophage, desaltérationscicatri-
ciellesou cancéreuses, fixantainsi leur diagnostic et leur
-pronostic; d’autres fois, nous avons reconnu qu’il
s’agissait simplementde spasme, d’msophagisme.
Corps étrangers réels ou imaginaires. Quatorze ma¬
lades nous ont été adressés ou sont venus directement à
nous pour des corps étrangers dans l’œsophage, réels ou
imaginaires, et se plaignant dans tous les cas de dyspha¬
gie plus ou moins complète. Dans quatre cas, ilnous
a été permis de voir directement à Lœsophagoscopc ce
corps étranger et de l’extraire, séance tenante, à l’aide
d’une pince spéciale. Chez un malade adulte, que nous
a adressé notre maître, le docteur Mauclaire, il s’agis¬
sait d’une volumineuse arête de poisson, siégeant au
tiers inférieur de l'œsophage {Gazette des Hôpitaux, 6
52
LE PROGRÈS MÉDICAL
mai 1905). Chez un autre, c’était un petites plat et
pointu, siégeant à l’origine même de ce conduit.
Chez deux enfants, de 6 et 8 ans, tous deux adressés
à nous par M. Ainfroid, et radiographiés à la Salpê¬
trière, il s’agissait de pièces de monnaie : une pièce de
un franc siégeant au tiers moyen de l’œsophage et un
sou à la partie moyenne également {Gazette des Hôpi¬
taux, loc. cit.) Le diagnostic dans les deux premiers cas
a été établi directement par l’œsophagoscope ; dans les
deux autres, il l’était déjà par la radiographie, et nous
l’avons confirmé à l’œsophagoscopie. L’extraction a été
faitedèsla première séance et très facilement.
Le chloroforme a été seulement nécessaire pour les
deux enfants. Comme il s’agissait de corps étrangers
séjournant depuis peu dans l’œsophage, nous n’avons
observé aucune lésion des parois, sauf une légère éro¬
sion dans le cas de l’arête. Les malades se sont remis
très rapidement. La dysphagie, qui était complète, en
particulier dans les cas de l’arête et de l’os, a disparu
aussitôt après l’intervention.
Dans ces différents cas, nous avons employé pour
l’extraction notre pince à articulation terminale mon¬
tée sur le manche universel, .et des tubes appropriés
au calibre derœsophage.
Chez quatre malades chez qui nous avons reclierché
des corps étrangers dans l’œsophage, bien qne laradio-
graphiefaitetrès récemment, quelques heures aupara¬
vant dans un cas, montrât le corps étrauger dans l’œ-
■sophage, il n’y était déjà plus et l’endoscope permit d’af¬
firmer que ce conduit était libre dans toute sa hau¬
teur.
C’est ainsi que, le 30 octobre 1904, nous avons été ap¬
pelé par notre collègue Lardry, pour examiner à l'œ-
sophagoscope un enfant du service de M. P. Rroca qui
avait avalé un gros clou de tapissier. La radiographie
faite par M. Coulremoulins le montrait comme fixé
dans la paroi o’sophagienne au niveau de la deuxième
vertèbre dorsale. L’examen systématique de l’œsophage |
fait dans toute sa hauteur ne révéla dans celui-ci aucun
corps étranger. Une nouvelle radiographie, faite le lende¬
main, 16 montra dans la fosse iliaque droite, il ne tarda
pas à être évacué avec les matières.
En mai de cette année un enfant avale un sou sous
If s yeux de sa mère qui le lui avait donné pour calmer
ses pleurs. L’alimentation est aussitôt impossible ; une
radiographie montre le sou dans le cou en arrière du
manubrium. A l’œsophagoscope rien dans l'œsophage,
il était déjà plus bas.
Le docteur Chauveau nous adresse un enfant en
juillet dernier à qui un accident pareil est arrivé deux
ours auparavant; une radiographie faite àlaSalpêlrière
e montre, sur l’épreuve, à la partie moyenne de l’œso¬
phage et cependant nous constatons que l’œsophage est
libre.
Dans un dernier cas enfin, nous avons recherché une.
pièce de dix centimes que la radiographie localisait
auprèsdu cardia et sur laquelle le D" Marion, àla con¬
sultation de chirurgie de l’Ilôtel-Dieu, avait essayé
de pratiquer l’extraction à l’aide du crochet de Kirmis-
sion. A l’endoscope, rien dans l’tesophage, le sou était
déjà dans l’eslomac. Comme on le voit dans ces obser¬
vations, la radioscopie nous avaitilonné des renseigne¬
ment inexacts sur la localisation du corps étranger. Il
ne faut pas oublier, en etfet, que les pièces de monnaie,
en particulier dans un conduit analogue à ruîsophage,ne
sont pas du tout fixés et sont appelées à descendre dans
l’estomac toutnaturellement.
On ne peut nous reprocher d’avoir tardé à faire
l’œsophagoscopie. Dans un cas en particulier, la ra¬
diographie avait été faite à 9 heures, et à midi le sou
n’était déjà plus dans, l’œsophage. Il est assez difficile
d’agir plus rapidement après l’examen radioscopique.
On voit par là à quelles erreurs s’exposent les partisans
de l’œsophagotomie externe quand iis opèrent sur la
foi de la radiographie.
Dans d’autres cas, il s’agissait de corps étrangers
purement imaginaires. On sait que des illusions de
fausse présence de corps étrangers peu vent très bien
exister chez tous les sujets nerveux, aussi bien pour l’œ¬
sophage que pour le larynx, lé pharynx. La radiogra¬
phie ne nous renseigne pas toujours, puisque les ra¬
yons X ne sont pas arrêtés par tous les corps. C’est
ainsi que nous avons examiné conscieusement l’œso¬
phage de plusieurs malades qui nous affirmaient avoir
avalé un os, une épingle, une arête de poisson, une
pièce de dentier. Tous le localisaient parfaitement et
la dysphagie était assez marquée, surtout chez le mala¬
de qui voulait à tout prix avoir une arête à la parfie su¬
périeure de l’œsophage. Chez lui nous avons constaté
à l’œsophagoscope sur la paroi droite de l’œso¬
phage une petite érosion à bords tuméfiés et enflam¬
més qui était sans doute la cause de tout le mal.
Chez un malade dont nous reparlerons plus loin la
fausse sensation du corps étranger, la dysphagie, était
amenée par une légère brûlure occasionnée par un li¬
quide caustique administré dans un but thérapeuti¬
que.
L’œsophagoscope dans tous ces cas nous a permis
d’affirmer d une façon absolue qu’il n'existait point de
corps étranger et de rassurer les malades.
Xous croyons, du reste, trèsfermement que lorsqu’un
malade vient nous consulter pour un corps étranger
quin’existe pas et qu’il localise à un endroit très précis
de rœsophage, les choses ontdù se passer de la manière
suivante. A la suite d’une déglutition vicieuse, il y a
eu probablement présence d’un corps étranger pen¬
dant quelque temps dans l’œsophage : Les phénomènes
aigus survenus au moment de l’accident semblent le
témoigner. Ensuite sous l’inflnence delà déglutition, le
corps étranger est descendu laissant peut-être une
érosion (ainsi que nous avons pu le constater nettement
dans deux cas.) Il n’est point àn'ier que l’on ait affaire
dans la plupart de ces cas à des nerveux, mais nous
sommes persuadé que la dysphagie si nette et la douleur
que ressentent les malades répondent quelquefois à des
lésions minimes qui, dans l’œsophage, deviennent rapi¬
dement très vives.
Au point de vue technique, bien que nous ne vou¬
lions point entrer dans d'autres détails, qu'il nous soit
permis défaire quelques remarques que nous a ensei¬
gnées notre pratique. Nous ne croyons pas qu’il soit né-
cessaire, surtout chez les enfants, d’employer les tubes
les plus larges que l’on puisse introduire dans l’œsopha¬
ge. Chez eux, en effet, la recherche des corps étrangers
se fait dans la narcose et dans la position horizontale.
Dr, il arrive bien souvent que les pièces de monnaie
compriment un peu la trachée.
Point n’est besoin d’un tube bien large, pourvu que
l'on aperçoive le corps du délit d’autant que l’on est
toujours obligé d’enlever la pièce de monnaie en même
temps que le tube, celui-ci ayant toujours un diamètre,
quelque large qu’il soit, inférieur de quelques millimè¬
tres à celui de la pièce de cinq ou de dix centimes-
LE PROGRÈS MÉDICAL
53
II. — Altérations des parois.
Â) Cancers. — Par l’opsophagoscopie nous avons pu
poser le diagnostic de certaines lésions de l’œsophage et
notamment établir d’une façon ferme et rfe üwm l’exis¬
tence d'une néoplasie de ses parois (dans quinze cas).
Dansions, sauf dans un, il s’agissait déformé molle
du cancer. La surface était sanieuse, et saignante au
moindre contact. Chez un malade cependant gastroto-
misé récemment à l’Hôtel-Dieu par le Mauclaire, il
s'agissait d’une forme dure, scléreuse, occupant toute
la lumière de l’œsophage près du cardia.
Un fait nous a toujours frappé dès le début de l’exa¬
men, c’est l’immobiiité de la région malade. Avec l’en¬
doscope, en effet, l’œsophage normal se déplace ryth¬
miquement avec les mouvements respiratoires: il est ab¬
solument immobile quand il est atteint de cancer. La
dilaUttion qui précède le point rétréci est toujours très
marquée.
La poche ainsi formée est remplie d'un liquide vis¬
queux collant qui remonte diflicilement dans la pompe
aspiratrice.
Toute la surface de celte tumeur est sanieuse, grisâ¬
tre et rouge par places saignant au moindre contact. Les
bourgeons épithéliomateux sont généralement très petits.
Dans un cas, il existait une sorte d’énerme végétation
pédiculée longue de plusieurs centimètres, véritable
polype de l'œsophage dégénéré coexistant, du reste, avec
une tumeur néoplasique de la paroi postérieure de la
trachée. Chez une malade, nous avons aperçu nettement
des sortes de traînées blanchâtres au-dessus de la néo¬
plasie, véritables plaques de leucoplasie.
Ces examens, dans le cas de cancer, doivent être faits
avec la plus grande prudence à cause de la friabilité
toute spécial de la paroi à son voisinage.
L’on introduira l’œsophagoscope muni de son man¬
drin, que l’on enlèvera aussitôt que l'orifice supérieur de
l’œsophage aura été franchi, et l'on continuera la des¬
cente du tube sous le contrôle exact de la vue. L’on ne
perdra point de vue ce fait, dans les examens sur les
sujets cancéreux, que l’on a affaire à des malades qui
sont privés depuis longtemps d’alimentation et qui man¬
quent absolument de résistance. On sait avec quelle
facilité ils succombent aux plus petites interventions.
Aussi en présence de malades très cachectiques, vaudra-
t-il mieux s'abstenir.
Cet examen nous a permis, dans un certain nombre
-de cas, d’éliminer l'idée de cancer chez des malades
qui avaient d’autres lésions ou simplement des spasmes
et chez qui, dans certaines conditions, comme nous le
verrons plus loin, le diagnostic de cancer avait été éta¬
bli par les signes cliniques.
Dans tous les cas de doute, la biopsie d’un fragment
de la tumeur nous apermisdeux foisdetrancher le dia¬
gnostic.
Pour ce qui est du cancer, la méthode n’a de valeur
qu’au point do vue diagnostic et nous déconseillons tout
àfait, au point A%\u&thérapeulique, d’essayer la dila¬
tation du rétrécissement, même sous le contrôle de la
''ue et avec des bougies molles. Nous avons essayé
ce traitement chez un malade d’Ivry et dans descondi-
hons tout à fait favorables. Les résultats n’ont pas été
durables. — Nous déconseillons d'une façon générale
toute manœuvre intra-ujsophagienne quand il s'agit
de cancer.
Si les commémoratifs suflisent la plupart du temps
^ établir la nature des i-èlrècissements cicatriciels, il
ne faut point oublier que dans certains cas, ils sont
consécutifs à toute autre chose qu'à des brûlures par
caustiques ou autres.
.Aussi est-il indiqué d’employer l’œsophagoscopepour
en établir d’une façon ferme le diagnostic et en tous
cas pour en fixer le pronostic.
(b) Rétrécissements cicatriciels . Nous avons eu l’occa¬
sion d’examiner à l’œsophagoscope 7 malades atteints
de rétrécissements cicatriciels consécutifs à des brûlu¬
res. Il s'agissait d'adultes (5 cas) et d’enfants (1 de 10
ans). Chez deux d’entre eux, le rétrécissement princi¬
pal siégeait à la partie toute supérieure. Chez les autres
il siégeait au tiers moyen (3 cas) et au tiers inférieur
(4c.as.)
Dans tous ces œsophages nous avons constaté du tissu
cicatriel blanchâtre très épais, disposé sous forme de
plaques ou de stries plus marquées sur l’une des parois
que sur l'autre. Dans quatre cas les cicatrices affectaient
nettement la disposition radiée.
Trois fois, il avait un rétrécissement moins serré
au dessous du rétrécissem nt principal. L’orifice rétréci
était le plus souvent excentrique, franchissable dans
cinq de ces malades, il ne l’était pas chez les deux autres
même aux plus fines bougies. En général, ladilalation
susjacente au rétrécissement était très peu marquée.
Chez un malade que nous a adressé il y a quelques
jours le docteur Marcorelle, il s’agissait d'une brûlure
par caustique chez un malade qui pensait avoir un corps
étranger dans l’œsophage (tendon de bœuf'. On voyait
nettement à l’origine de ce conduit une surface bour¬
souflée, rouge et grisâtre par places, indiquant une brû¬
lure superficielle. L'introduction du tube ne pouvait se
faire à plus de 4 cm., le tube étant serré par le spasme
œsophagien provoqué par Ih brûlure. Celle-ci, due à
l'ingestion d’une potion trop forte en acide chlorhy¬
drique ordonnée par un médecin paraît du reste assez
superficielle, car la dysphagie, complète au début dimi¬
nue progressivement.
Dans un seul cas il nous a été donné d’observer une
cicatrice consécutive à une ulcération des parois de
l’œsophage. 11 s’agissait d'une lésion vraisemblablement
syphilitique, le malade ayant contracté la syphilis dix
ans auparavant et présentait sur Je voile du palais une
cicatrice également spécifique, une autre cause n'ayant
pu être trouvée.
Quant à la thérapeutique des rétrécissements cica¬
triciels, nous ne savons si elle doit profiter de l’œso-
phagoscopie.
Nous avons fait construire par Collin un œsophago-
tome spécial sur le modèle de l’uréthrotome de Maison¬
neuve faisant ainsi l’œsophagotomie interne sous le
contrôle de la vue.
Chez deux malades opérés dans le service de notre
maître, le professeur Le Dentu.etdont un aétégastros-
tomisé deux ans auparavant, les résultats sont surpre-:
nants, le malade pouvant s'alimenter et prendre tous
les aliments solides n’importe lesquels, tellement que,
chez le gaslrostomisé,la bouche stomacale put être fer¬
mée assez rapidement. L’opération date, chez tous deux,
de 6 et 8 mois et la dilatation a été maintenue jusqu'à
présent à l’aide de bougies cylindro-coniques que l’on
passe tous les 8 ou 10 jours.
Chez un malade du service du D’Auvray, suppléant le
P’ filiaux, nous avons eu recours aune opération ana¬
logue mais ayant laissé une sonde à demeure dans Tœso-
nhage, nous voulûmes le lendemain injecter un peu de
liquide dans l’estomac par celle sonde. Le malade rcs-
LE PROGRÈS MÉDICAL
sentit tout aussitôt une très vive douleur et un pneu¬
mothorax ne tarda pas à se déclarer enlevant la malade
rapidement.
Nous croyons donc, tout comme pour le cancer, que
l'on doit continuer à être très prudent et circonspect
dans l’usage de toutes les opérations ayant pour siège
l’intérieur de l’oesophage ; tout au plus pourrait-on le
dilater sous le contrôle de la vue à l'aide de bougies
en gomme.
En terminant, nous voudrions tout particulièrement
insister sur les réels services que nous a rendus l’œso-
phagoscopie chez un groupe particulier de malades at¬
teints d’une affection spéciale, œsophagisme,\& spasme
de l’œsophage.
Chez huit malades, nous avons pu faire le diagnostic
d’affection purement nerveuse, la muqueuse de l’œso¬
phage étant saine de haut en bas.
Et cependant dans trois cas le diagnostic de cancer
avait été posé et même dans deux d’entre eux, on discu¬
tait la question de l’intervention. On s'était basé pour
faire le diagnostic, sur l’àge avancé des malades (45
et 55 ans) la dysphagie progressive, l'obstacle existant
toujours au même niveau, la salivation abondante, et
l’amaigrissement très marqué.
Dans ces cas l’œsophagoscope montra l’absence de
lésions du côté de la muqueuse, on voyait nettement
lastricture se reproduisant toujours au même endroit.
Nous avons pu constater la fixité du siège de ces ré¬
trécissements spasmodiques, contrairement à ce que
les classiques affirment à ce sujet, se basant sur les no¬
tions fournies par le cathétérisme.
Dans 2 cas, la slricture sur le tube était tellement
forte que l’on était autorisé à porter le diagnostic de
sténose organique si elle n’avait cédé de suite à la sim¬
ple cocaïnisation. Chez un malade l’œsophagoscope
montra le siège du rétrécissement bien plus haut que
ne l’indiquait la radioscopie (épreuve du cachet de
bismuth) c’est-à-dire à la partie supérieure de l’œso¬
phage au lieu de la partie moyenne.
Chez ce même malade- nous pfimes par plusieurs
séances de cocaïnisation faire disparaître définitivement
cette dysphagie et l’embonpoint n’a pas tardé à revenir.
Tels sont les cas qu’il nous a été permis d’examiner
depuis 2 ans et demie que nous pratiquons l’œsopha-
goscopie. C’est comme on le voit, une méthode très
précise, la meilleure, sans contredit, qui existe pour
établir le diagnostic et pratiquer l’extraction des corps
étrangers de l’œsophage. Elle seule permet de les en¬
lever de visu et sans aucun danger comme le témoi-
«^nent tous les faits de Rozenheim V. Acker Kilian.
La statistique la plus récente est celle de Stark
[Munc. med. Woch, 1905). Il a réuni 72 cas d’extrac¬
tion de corps étrangers de l’œsophage. 11 n’y eut que
4 échecs, il s’agissait aloi’s d’objets séjournant profon¬
dément et depuis longtemps dans l’œsophage. Même
dans ces cas l’œsophagoscopie a donné des indications
importantes pour les opérations (gastrotomies, œsopha¬
gotomies externes) qui durent être faites.
C’est aussi le meilleur moyen pour différencier les
unes des autres, les lésions de l’œsophage, cancer, ré¬
trécissements cicatriciels, spasme.
Mais elle ne doit pas être trop ambitieuse, elle n’est
pas destinée à remplacer tous les autres modes d’exa¬
men : commémoratifs, cathétérisme, radioscopie ; elle
les complète et est beauconp plus précise qu'eux.
Que l’on n’objecte point que cette méthode est d’une
application difficile. Autant la bronchoscopie exige
une éducation spéciale , autant Tœsophagoscopie est
facile à apprendre. Un éclaireur et quelques tubes, voilà
tout ce dont se compose l’instrumentation que nous
avons simplifiée le plus possible. L’œsophagoscopie
peut être rapidement apprise. Au contraire, la bron¬
choscopie, et en particulier la bronchoscopie supérieure
nécessite un long entraînement de la part du médecin.
Franchir la glotte et s’éclairer dans les petits tubes
branchoscopiques constituera toujours deux grandes
difficultés de la méthode et s’il est facile de voir dans
les tubes œsophagoscopiques toujours larges, la vision
est toujours difficile dans les tubes étroits bronchosco¬
piques (1).
NARCYL GRÉMY médicament spécifi¬
que de la toux, spécialement de la toux des tu¬
berculeux.
BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL
Les Homœopathes.
Nous avons lu avec grand intérêt une jwtite brochure
récente dans laquelle.un des fervents adeptes de l’homéopa-
tliie s’est plaint du dédain avec lequel la Faculté de Paris
avait traité cette doctrine thérapeutique. L’auteur cite à cette
occasion certaines découvertes faites dans les derniers temps
comme confirmant les principes homéopathiques et termine
son plaidoyer en se consolant par l’honneur dont jouit l’ho¬
méopathie en Amérique. Quant à cette consolation, elle est
maigre, car si le nombre des « Homéopathie colleges - fut
grand il y a (pielque temps, il diminue rapidement (d’après
les récentes statistiques universitaires). D’ailleurs augmente¬
raient-ils, cela ne parlerait pas en faveur de l’homéopathie,
surtout si l’on considère, (lu'en Amérique, les sectes médica¬
les sont aussi nombreuses que les confréries religieuses. Dans
ce pays de toutes les libertés, l’homéopathie n’est rien de
plus qu’une marque commerciale de médecine, en faveur un
moment et qui disparaît à fur et à mesure, que les études
médicales deviennent plus sérieuses. Que les homéopathes
cherchent à mettre en harmonie avec leurs doctrines les
grandes découvertes modernes de la science, qui travaille et
cherche avec méthode et persévérance, libre à eux de le faire,
mais un fait est certain : aucun homéopathe n’a contribué
à ces conquêtes en quoi que ce soit et n’a rien produit, qui
ait fait faire un pas en avant à la science. Au contraire, les^
théories homéopathiques sont restées ce qu’elles étaient il v
a un siècle, c’est-à-dire stériles.
Qu’entend-on par homéopathie? Tout le monde sait <(ue
la création du système est due à Ilahnemann. Cet homme a
eu le grand mérite, il y a cent ans, de faire table rase de tou¬
tes les erreurs grossières qui entachaient alors la niédeiûne,
11 a surtout lutté contre l’incroyable polypharmacie, qui ré¬
gnait en souveraine depuis le moyen-àge. Cela était bien. Dans
son Orfjarwn il explique ce qu’il croit être la maladie : force
vitale en déséquilibre (S 12); altération des forces dynamiques
partout présentes dans notre organisme. 11 ne veut reconnaître
aucune cause matérielle à la maladie, etc., etc. (5' édition)
et se moque souverainement des savants, qui au contraire
cherchaient la cause directe de la maladie et pressentaient ce
que Pasteur et son école devaient si lumineusement prouver
(1) Dans lin article jiaru en août, dans la Presse médicale, le D'
lloure revendique la priorité de rapplication de l œsophasgo’scopie
en France. Il U1 en effet, quelques essai.s avant nous d'endoscopie de
l’oesophage, niais c'esl nous qui avons praticpié (extraction d'tm
clou de la 3“ ramification, décembre 1903) le premier avec succès la
bronchoscopie bien jiliis difUeile el nous sommes encore actuelle¬
ment le seul en France à avoir réussi la bronchoscopie supérieure
par rextraclion de trois corps él rangers des voies aériennes un de
[a trachée el deux des bi-onches. (Galette des hôpitaux, n* du9 mars
1995).
LE PROGRÈS MÉDICAL
55
par des faits précis et physiquement contrôlables. \oilà
pour la pathologie. En thérapeutique, Hahnemann posa le
principe : si milia similibvs, ce qui veut dire : employez les
médicaments qui produisent sur l'organisme sain des phéno¬
mènes semblables aux phénomènes morbides à combattre;
donnez contre l’angine la belladone, car eUe produit les
symptômes angineux ; sécheresse de la gorge, dysphagie,
rougeur, etc.; luttez contre la céphalalgie par un médicament
■qui la provoquerait si elle n’existait pas ; remplacez une in-
llammation pathologique par une inflammation médicamen¬
teuse, expérimentale et guérissez votre malade en suppri¬
mant ensuite le médicament. Cette théorie a priori ne peut
pas être prouvée. La médecine pratique l a mise à l’épreuve
et a constaté que, quoique peut-être \ raie dans quelques cas,
elle ne peut et ne doit être érigée en un principe de théra¬
peutique. Qu’on ne dise pas que c’est par mauvaise volonté,
que la majorité des praticiens refusent de l'admettre. Ln
bon moyen de guérir est toujours et partout accepté lorsqu’il
a fait ses preuves, qu’il vienne d’où il voudra. Etre utile
avant tout à son malade, voilà ce que cherche tout praticien.
Les homéopathes modernes ont modifié la doctrine de llah-
nemann en lui imprimant une nouvelle direction ; aux
sirnilia similibus ils ont ajouté le principe de la force des
médicaments ; les stimulants faibles excitent la force vitale,
tes stimulants moyens la fortifient, les stimulants forts la
paralysent, les très forts la détruisent. Tout cela ne veutxien
dire et ne sert qu’à varier les médicaments quant à la dose.
Ils arrivent ainsi à administrer la belladone de la li' à la 30'
dilution . c’est-à-dire à faire absorber au malade, par exemple,
0,0000001 gr. d’alcaloïde = eau pure colorée en jaune. Le
malade peut guérir, sans doute, cela ne lui fait en tout cas
pas de mal, mais que l’homéopathe ne vienne pas nous dire
que c’est par l’action de la dose infinitésimale qu’il a guéri.
Certainement cette médication anodine est supérieure à la
polypharmacie, qui éreinte l’estomac le plus solide sans
aucun profit. Mais, messieurs les confrères homéopathes,
soyons francs : prescrivons de l’eau pure, agissons sur l’état
mental du malade en formulant : « aqua fontis » ou « mica
panis » mais ne donnons pas pour cela à cette thérapeutique
un nom à part qui nous expose à être traités de charlatans.
Fribdel.
Les lemmes médecins et les concours.
Une intéressante question vient d’être résolue par
M. Mirman, directeur de l’Assistance et de l'Hygiène
publiques au Ministère de l’Intérieur. Les femmes
pourvues du diplôme de docteur en médecine pourront
désormais prendre part aux concours de médecin des
Asiles d’aliénés. La logique et le simple bon sens
s’accordaient à faire admettre que les femmes, autori¬
sées aujourd’hui à conquérir le diplôme de docteur en
médecine et les fonctions d’externes et d’internes des
hôpitaux et des asiles, qui peuvent, à Paris, concourir
pour devenir médecin de l’assistance à domicile, et
sont agréées par nombre d’administrations, puissent
ïlevenir médecins des asiles d’aliénés. 11 n’en était pas
pourtant ainsi. H a fallu que Mlle Madeleine Pelletier,
docteur en médecine et interne à l’asile de Villejuif,
écrivît au ministre de l’intérieur pour solliciter l’auto¬
risation de prendre part aux concours des médecins des
asiles jusqu’ici fermés aux femmes.
M. Mirman, en donnant satisfaction à la demande
très légitime de Mlle Madeleine Pelletier, a fait suivre
sa décision de la seule opinion qu’un homme à l’es-
prit large peut avoir sur pareille question : à savoir
‘îu’il n’y a aucune raison de mettre des barrières à
1 activité des individus en raison de leur sexe et que la
capacité seule doit être prise en considération. »
Nous souhaitons à Mlle Pelletier un brillant concours
et nous espérons qu’au cas échéant on suivrait ce pré¬
cédent libéral aux concours de médecins des hôpitaux
et à ceux de l’agrégation. J. Noir.
Médecine sanitaire Maritine
Deux ou trois cents docteurs en médecine sont ac¬
tuellement embarqués sur les paq uebots-poste français
et sur les naviresàémigrants. Pour remplir ces fonctions
il faut être muni dudiplômede médecin sanitaire ma-
ritimequi est donné ;
1“ A ceux qui ont subi avec succès un examen spécial ;
2' Aux médecins de la marine de l'Etat ayant 5 ans
d’exercice ; 3” Aux diplômés des Ecoles coloniales de
Bordeaux, de Paris et Marseille.
Les médecins désireux de se renseigner plus com¬
plètement devront consulter l’Appendice que le Pro¬
fesseur Le Dantec a ajouté, dans la 2*’ édition, à son ex¬
cellent « Précis de pathologie exotique ».
Malgré la modicité du traitement (la Compagnie
Transatlantique donne généreusement 150 fr. par mois
aux débutants des lignes d’Afrique), la place de médecin
de paquebot pourrait convenir provisoirement aux jeu¬
nes confrères ayant quelque fortune... et ne craignant
pas le mal de mer.
Malheureusement, les Médecins sanitaires maritimes,
à la merci des Compagnies de navigation, ne possèdent
pas l’indépendance et l’autorité nécessaires pour assu¬
rer la parfaite exécution de leur service (isolement des
contagieux, mesures de désinfection, etc.).
La situation est pour eux d’autant plus pénible qu’ils
ont pour voisin l’agent des postes qui lui, commissaire
du Gouvernement, jouit de la liberté qui leur manque.
Le bon fonctionnement des services postaux serait-il
donc plus important que la santé des équipages et des
passagers et que la défense sanitaire des ports de com¬
merce'? Notre nouveau Directeur de l’hygiène publique,
M. Mirman, a là une occasion d’exercer utilement son
tempérament de réformateur. E. Grossbt.
Incendie a l’hospice d'Angers. — Un incendie a détruit, le
dimanche 21 janvier, une partie de l’établissement de retraite de
Saint-Martin-la-Forêt, situé derrière rhôpitai d’Angers. Il était
neuf heures un quart quand une infirmière s’est aperçue que
la toiture de l’aile droite était en flammes. Une demi-heure après,
les services de secours étaient organisés, mais ce n’est qu’à
deux heures du matin et après les plus grands efforts que le si¬
nistre a pu être conjuré.
L’établissement de Saint-Martin-la-Forêt a la forme d’un rec¬
tangle ouvert sur un vaste jardin ; l’aile droite et le retour
juscpi’à la chapelle qui forme le centre sont occupés par les vieil¬
lards retraités. L'aile gauche, heureusement épargnée par les
flammes, est la clinique opératoire du docteur Monprofît. Les
vieillards, promptement vêtus ont pu être mis à l’abri, sauf une
femme de quatre-vingt-deux an.s qui a été oubliée dans sa chambre
et «jui est morte asphyxiée. Les docteurs Monprofit et Canonne
ont surveillé les secours dès les premiers instants. (D’après le
Temps du 23 janvier.)
DlOMNE-MEHCK spécifique de la TOUX et de la DOULEUR,
plus active, inoias toxique que les
opiacés et tous leurs dérivés, même synthétiques.
SÉDATION IMMÉDIATE de la TOUX
SIROP DU D'" BOUSQUET, A LA DIONINE MERCK
(0,01 parcuil. à bouche, avec 2 gU" de Hromoforine) 4 à 8 par jour).
56
LE PROGRÈS MÉDICAL
SOCIÉTÉS SAVANTES
ACADÉMIE DE MEDKCINL
Séance du 23 janvier.
La tuberculose €71 Fmtice et en Allemaf/ne.
M. A. Robin communique à l’Académie le rapport très do¬
cumenté qu’il a, sur la demande de la Commission perma¬
nente de préservation contre la tuberculose, établi sur la
mortalité par tuberculose en France.
Contrairement aune assertion souvent répétée, en particu¬
lier par les partisans des sanatoriums la mortalité par tuber¬
culose ne paraît pas plus considérable en France qu’en Alle¬
magne. Les ebiffres fréquemment donnés ; 39 pour 10.000 lia-
bitants demortalité pour la France, 22 pour l’Allemagne,
semblent très exagérés pour la l’rance.
Ce chiffre de 39 décès comprend de nombreux cas de bron¬
chite chronique. En outre, pour les très nombreuses petites
communes où on ne fait aucune statisti([ue exacte, on a arbi¬
trairement adopté un chiffre beaucoup trop fort de mortalité
par tuberculose.
Une loi très remarquable est en effet que celle-ci décroît
d’une façon à peu près régulière avec la densité de la popu¬
lation. En d’autres termes, que moins cette population est
agglomérée et que mieux elle est protégée contre le fléau.
Le tableau suivant des décès tuberculeux relevés en 1903
dans divei'ses villes de France en donne la preuve :
Total des décès tuberculeux par 10.000 habitants.
Paris . 4.5,2
Villes de 100.000 à 492.000 habitants. . . .34,4
— de 30.000 à 100.000 — . . 32.8
— de 20.000 à 30.000 — . . 30,8
— de 10.000 à 20.000 - . . 2(l,li
— de .5.000 à 10.000 - . . 23,4
— de 1.000 à 5.000 — .. 20,4
Le calcul ainsi établi par .M. Albert Robin l’amène au chif¬
fre de 24.4 pour le nombre moyen de décès causés en France
par la tuberculose sur 10.000 habitants. Voilà qui est loin
des 39 pour lO.OcO de la statistique officielle et qui se rappro¬
che singulièrement des 22 pour 10.000 Allemands.
« Dn cite, à chaque instant, ajoute M. Vlbert Robin, les
ebiffres de la statistique allemande pour prouver l’efficacité
du système de lutte dont le sanatorium populaire est consi¬
déré comme le pivot et pour assurer à celui-ci une place
dominante dans l’armement antituberculeux.
« Si, en France, où ce système n’a pas prévalu, la mortalité
par la tuberculose n’est pas plus élevée qu’en Vllemagne,
n'est'il pas permis de conclure que le système allemand n’a
pas toute la valeur qu’on lui attribue et que la principale
cause de la diminution de la mortalité, dans les deux pays,
réside dans les mesures d'hygiène publique, législatives, ad¬
ministratives, collectives et individuelles qui ont été adop¬
tées dans les vingt-cinq dernières années, et pour l’applica¬
tion et l’extension desquelles il faut réserver toutes les res
sources budgétaires, collectives et individuelles dont nous
pouvons disposer. »
Comme conclusion, M. Albert Robin propose à l’Académie
de mettre en discussion le projet de vmu suivant :
« L’Académie de médecine demande à M. le ministre de
l’intérieur que la statistique des causes de décès; actuelle¬
ment établie pour 713 villes, soit étendueà toutes les commu¬
nes du territoire français. «
M. Brouardel fait plusieurs objections très importantes :
l" L’étiquette de bronchite chronique n’est souvent qu’un
euphémisme pour déguiser la tuberculose. Dans bien des
villes de province on ne meurt de tuberculose qu’à l’hùpital.
Dans la classe aisée On voit succomber de bronchite chronique
des enfants et de tout jeunes gens. D’ailleurs, dans sa statisti-
que,.\I. Brouardel a soigneusement séparé les deux causes de
décès.
t 2“ La mortalité par tulierculose est considérable dans cer¬
taines bourgades peu peuplées. En Bretagne, dans certains
villages, des enquêtes très précises ont montré une mortalité
encore plus considérable qu’à Paris.
M. Brouardel se joint à M. Robin pour demander une sta¬
tistique plus précise et plus complète. 11 croit que celle-ci ne
sera obtenue que par la déclaration obligatoire.
Mais dès aujourd’hui la mortalité par tuberculose en France
peut être regardée comme assez formidable pour nécessiter
un effort énergique. Avec beaucoup d’éloquence il demande à
l’Académie de prendre la direction de cet effort.
M. Guéniot propose, à l’assentiment unanime, d’ouvrir une
discussion sur la prophylaxie générale de la tuberculose. Cette
importante discussion continuera dans la prochaine séance.
La rate et la séc/'cliori biliaire.
M. Lancereaux a lu un rapport sur un travail adressé par
le professeur Paulesco (de Bucarest), qui établit que, contrai¬
rement à l’opinion soutenue par M. Charrin et quelques autres
auteurs, la rate n’a aucune influence sur la sécrétion de la
bile. Des analyses précises de bile pratiquées sur des animaux
aux([uels on avait enlevé la rate, d’autres faites sur d’autres
sujets avant et après l’enlèvement de la rate, ont montré à AL
Paulesco que la bile, dans un cas comme dans l’autre, gardait
une composition sensiblement constante.
La vaccine en Alsace au siècle dernier.
M-. Kecsch résume un travail de AI. Goldschmidt, de Stras¬
bourg. Ce travail, d’un réel intérêt historique, montre les
énergiques mesures de réglementation vaccinale prises par
Napoléon au cours d’une épidémie très meurtrière dans le
Bas-Rhin. _ .A.-F. Plicque.
société de chirurgie
Séance du 11 janvier.
I)7-ainage lombaire dans les péritonites appendiculaires.
MM. Routier, Chaput et Second estiment que le drainage
par la voie lombaire, préconisé par M. A illemin,est dangereux
car il augmente le traumatisme opératoire ; il ne serait indi¬
qué que dans les collections purulentes rétro-cœcales . •
Ti-aite7nent des kystes hydatiques du joie.
M. Q(. ÉNU pense que le meilleur traitement des kystes hyda¬
tiques non extirpables consiste dans le formoluye suivi d’inci¬
sion de la poche, de l’extraction de la membrane germinative
etde suture. L’accolement idéal est très rare après suture de
la poche : le plus souvent, il se produit, dans les jours qui
suivent l’opération, une exsudation séreuse aseptique et quï
se résorbe au bout de quelques jours. Quelquefois il se pro¬
duit dans la poche un épanchement de bile ; celle-ci peut
être infectée, et si le liquidées! abondant, il tend la poche et
menace de la rompre au niveau de la suture.
Pour éviter l’infection du péritoine, AJ. Quénu conseille do
placer toujours un drain au contact de la suture.
AL Broca pense que lorsqu’après avoir vidé la poche et ex¬
trait la membrane fei tile,on aperçoit sur l’adventice des taches-
ou des traînées brunes, on do.it renoncer à la suture et marsu-
pialiser. Ces traînées représentent des canaux biliaires super¬
ficiels qui laissent toujours transsuder de la bile. C’est aussi,
l’avis de AL Tuffier.
Guéi'isoti opératoire d’une pae'alysie cubitale et radiale.
AL PoTHERAT présente un malade auquel il a fait une suture
du nerf cubital, sectionné et englobé dans un massif osseux-
épitrochléen à la suite d’une fracture du coude. Le soir même.,
la sensibilité de la main réapparaissait et, fait curieux, une
paralysie radiale, qui existait aussi depuis le traumatisme,,
avait complètement disparu. !)'■ Gatz.
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX
Séance du janvier.
Intoxication mei-airielle d'origine thérapeutique.
M. SicARD communique une observation d’intoxication
mercurielle après 4 injections d’huile grise. A l’encontre de
M. Le Noir, il ne laissa pas évoluer ces accidents. La nodosité-
mercurielle étant localisée par la radiographie, il fit faire
l’excision chirurgicale. Le malade guérit.
LE PROGRÈS MÉDICAL
57
M. Griffon a observé un cas semblable à celui relaté par
Bal/er. Des injections au calomel, pratiquées pour des
accidents secondaires, furent suivies de convulsions et de
mort. A l’autopsie on constata nn foie infectieux, mou, sans
autres lésions viscérales.
M. Rknaut fait observer qne l’excision proposée par
\I. Sicard a déjà été faite par M. Lesser. Il présente ensuite
un malade syphilitique à la période tertiaire, dont le dos et
les membres étaient couverts de syphilides tuberculeuses
typiques. Ces syphilides étaient anormalement disposées en
confluence, exceptionnelle à la période tertiaire, et qui recon¬
naît pour cause l’insuffisance de traitement de la syphilis
datant de 30 ans et l’éthylisme manifeste du malade.
Hijàarlhrose syphilitique. Etude cytologique.
MM. Griffon et Deherain ont observé un malade, qui en
pleine période secondaire fit une poussée de rhumatisme
généralisé d’abord puis localisé au genou droit, qui deiint
le siège d’une hydarthrose volumineuse, indolente, à allure
froide. 11 fallait penser à la tuberculose. Des inoculations
furent faites avec le liquide ponctionné (15 c. c. dans le péri¬
toine de cobayes), sans qu’on pût constater de la tuberculose
expérimentale au bout de 4 mois. L’examen cytologique
donna une polyiiiicléi se, formule différente de celle de MM.
Boidin et (îrandmaison qui ont constaté une lymphocytose
marquée. La tuberculose put donc être éliminée par le ré¬
sultat de finoculation et par l’examen cytologique. La nature
syphilitique de cette hydarthrose paraît beaucoup plus pro¬
bable. La différence des formules leucocytaires s’explique par
fàge différent anquel furent faits les examens.
Pseudorhumatisme syphilitique.
M. Galliard rapporte trois cas de pseudorhumatisme, sur¬
venu pendant la période secondaire d’une syphilis et guéri
par les pilules de protoiodure ou la liqueur de \ an Swieten.
Ln autre pseudorhumatisme syphilitique grave guérit éga¬
lement par le traitement mercuriel (benzoate de Hg). Détail
important, ce dernier malade, rhumatisant avant la syphilis,
avait contracté deux blennorrhagies sans manifestations arti¬
culaires.
MM. Legendre et D ifoiir font observer que les bons effets
du traitement mercuriel sur ces poussées de rhumatisme ne
permettent pas à euxseuls de conclure au pseudorhumatisme
syphilitique, le même traitement ayant depuis longtemps
donné d’excellents résultats dans les arthropathies nette¬
ment tuberculenses ou blennorrhagiques.
M. Barbier voudrait que,- pour exclure la tuberculose,
fit des injections de tuberculine. MM. Griffon et \ aquez
n’admettent pas ce moyen de diagnostic, car nn résultat
positif n’indiquerait pas nécessairement une hydarthrose
tnberculeuse.
M. Hcdelo lit le rapport financier pour l’année 1905.
Le formiate de quinine {quinoforme).
M. IIiRTz a expérimenté dans son service à l’hôpital Aecker
les effets thérapeutiques du formate de quinine (quinoformei,
nouveau set introduit dans l’organisme par injection hypo¬
dermique. Après un historiiiue détaillé sur la thérapeutique
par la quinine le rapporteur a indiqué les inconvénients de
l’absorption par voie digestive et les accidents, qui accom¬
pagnaient l’injection liypodermique de tons les sels quiniques
employés jusqu’ici. En elfet. en dehors des douleurs extrê¬
mement vives, il y avait fréquemment des abcès, des adéni¬
tes, du sphacèle voire même des tétanos. M. Lacroix a pré¬
paré et étudié les formiates et c’est le formiate basiipie de
huinine ipii a servi à l’expérimentation de M. llirtz.
Le quinoforme cristallise en belles aiguilles blanches, bril¬
lantes, formant des houppes soyeuses: il est très stable et ren¬
ferme 87, 5() % de quinine pure, c'est-à-dire qu’il est le plus
riclieen alcaloïde de tous les selsde quinine usités. Il forme
avec l’eau une solution neutre au tournesol et il fond dans
19 fois son poids d’eau à 16», dans 8 fois son poids d’eau 532°.
Il est donc le plus soluble des sels basiques, mais ce qui
marque son avantage sur toutes les autres préparations, c’est
1 indolence com|)lète des injections. Tandis que les sulfates
mi chlorhydrates en injections donnent un iiuart d’heure
après des douleurs lancinantes et une gêne considérable du
membre pendant 24 à 48 heures, on n’observe rien de sem¬
blable avec le formiate. Aucune réaction locale ni immédiate,
ni consécutive. M. llirtz a injecté le quinoforme à la dose de
2Ü centigrammes pour une seringue de Pravaz de 2 c. c. chez
un certain nombre de tuberculeux. La courbe de tempéra¬
ture n’a pas été influencée. La maladie spécifique pour la
quinine est le paludisme, qui est rare dans nos services hos¬
pitaliers. Aussi M. llirtz aimerait-il voir employer le quino-
/■oi we aux colonies et surtout dans les hôpitaux militaires.
L’avantage capital du nouveau sel réside beaucoup plus dans
son indolence, que dans sa solubilité, qui par ce fait même
perd son importance, car on pourra facilement injecter la
dose de quinine voulue. Une précaution sera à prendre : le
tube qui contient la solution de quinoforme doit être exa¬
miné a la lumière et si on observait une ou quelques aiguilles
de cristallisation, il faut chauffer légèrement le tube. Gela
suffira pour le redissoudre sur le champ et on évitera ainsi
une cause de douleur.
M. Lemoine (Val-de-Grâce) a employé le formiate de qui¬
nine chez des paludéens et a observé, ce que M. llirtz n’a pu
faire, c’est-à-dire son action rapide sur la fièvre. La tolérance
a été parfaite. Les accès ont rapidement disparu. L’estomac,
si souvent délicat chez les paludiques, est ainsi à l’abri des
irritations et ce fait est trè.« précieux.
M.P. Cl- VISSE, à pu également expérimenter le quinoforme
sur huit de ses malades. Il a constaté que les injections
étaient parfaitement tolérées et a insisté sur la valeur prati¬
que de ce nouveau sel de quinine chez des paludéens à esto¬
mac délicat.
Friedei-,
SOCIÉTÉ DE PÉDIATRIE.
Seance du 16 janvier 1906. — Présidence de M. Comby.
Anévrysme de l’aorte d’origine rhumatismale.
M. Comby présente une jeune fille de 14 ans chez laquelle
on constate tous les signes d’un anévrysme de l’aorte : batte¬
ments très manifestes à droite du sternum, double souffle in¬
tense, thrill . , etc. Cet anévrysme s’est développé à la suite
d’une attaque de rhumatisme accompagné d’endocardite,
dont elle a été atteinte en lf(02.
Méningite cérébro-spinale.
M. Sevestre. ^ La fillette qui fait le sujet de cette observa¬
tion fut amenée à l’hôpital après 36 ou 48 heures d’accidents
fébriles accompagnés de vomissements, que l’on avait cru, au
premier abord, pouvfair rattacher à une simple indigestion.
Mais bientôt se montrèrent des douleurs très vives dans le
dos et dans la hanche droite, puis du coma, avec fièvre modé¬
rée mais irrégulière, et sans que l’on observât l’ensemble ha¬
bituel des signes de la méningite classique. Les symptômes
néanmoins firent porter le diagnostic de méningite cérébro-
spinale, et la ponction lombaire confirma ce diagnostic, en
fournissant un liquide louche,et en procurant un sonlagement
manifeste et rapide. L’enfant fut traitée par les bains chauds
et par la ponction lombaire répétée 3 fois à quelques jours
d’intervalle, donnant un liquide de moins en moins trouble.
Le rétablissement fut complet au bout d’une dizaine de jours.
M. Comby cite un cas de méningite cérébro-spinale qui pré¬
senta cette particularité de rester apyrétique pendant toute sa
durée. Dans ce cas, on fit des ponctions lombaires réitérées,
à la suite desquelles on vit plusieurs fois survenir une atté¬
nuation notable, mais passagère, de la raideur de la nuque.
Malheureusement, ce cas se termina par la mort au bout de
6 semaines.
Adénopathie trachéo-bronchique.
M. ’S'ariot présente un enfant de 5 ans atteint d’adénopa¬
thie trachéo-bronchique,avec cette particularité qu’il est pris,
de temps à autre, de crises dyspnéiques avec douleurs très
violentes analogues à celles de l’angine de poitrine. M. Variot
propose d’appliquer à cette variété symptomatique de l’adé¬
nopathie trachéo-bronchique l’expression de « forme cardial-
gique ».
58
LE PROGRÈS MEDICAL
Emploi du citrate de soude en thérapeutique infantile,
M. ^ ARioT rappelle ses récentes communications sur l’em¬
ploi du citrate de soude chez les nourrissons ,et présente quel¬
ques observations sur l’emploi de ce médicament chez des
enfants plus âgés. Le citrate de soude a l’avantage d'être effi-
eace et inoffensil autant que le bicarbonate de soude. C’est
tout à la fois un antiémétique et un eupeptique, et il possède
ces deux qualités indépendamment l’une de l’autre. M. \ a-
riot a utilisé le citrate de soude dans plusieurs cas de trou¬
bles digestifs divers chez des enfants du second âge, et il en a
obtenu des résultats très satisfaisants chez ceux-ci comme
chez les nouveau-nés. 11 cite en particulier un pauvre petit
tuberculeux de son service, qui, sous l’influence de ses accès
de toux, avait des vomissements rebelles aux diverses médi¬
cations usuelles ; on eut l’idée d’essayer de lui donner, contre
les vomissements, du citrate de soude, dont on avait observé
l’action antiémétisante chez des nourrissons ; or, cette médi¬
cation empirique procura à ce malheureux enfant une notable
et incontestable diminution des vomissements (jui l’épuisaient
auparavant.
M. jNoBÉcouRT,en son nom et au nom de M.Prosper Merklen
lit une communication sur Véliminntion de rurée dans la
rougeole suivant les régimes.
Méningite cérébro-spinale traitée avec succès par les injections
intra rachidiennes de collargol.
M. Papii.lon communique une observation de méningite
cérébro-spinale à méningocoques, dans laquelle on obtint un
heureux résultat d’un essai de thérapeutique locale consistant
en injections intra-rachidiennes de collargol. Il s'agissait d’un
enfant de 3 ans 1 2, qui entra à l’hôpital 3 jours après le dé¬
but d’une méningite cérébro-spinale avec fièvre intense (40»).
On lui fit une ponction lombaire, qui donna issue à un li¬
quide louche et franchement purulent ; à la suite de cette
ponction, on injecta dans le canal rachidien une dose de so¬
lution de collargol correspondant à deux centigrammes de
cette substance. On ne nota aucun phénomène particulier
imputable à l’injection, et dès le lendemain, les symptômes,
la fièvre en particulier, présentèrent une atténuation mani¬
feste, qui se soutint pendant quelques jours, üne nouvelle
élévation thermique (40“ I l s’étant produite, on fit une nou¬
velle ponction, suivie d’une injection correspondant à une
dose de collargol de 4 centigrammes ; on nota à la suite de
celle-ci quelques petits malaises sans gravité et qui ne durè¬
rent pas. La guérison fut obtenue peu de jours après.
M. Papillon communique,avec présentation de pièces à l’ap¬
pui, une observation d’hémiplégie survenue au cours d’une
fièvre typhoïde. Gh. H. Petit-\'endol.
SOCIÉTÉ D’OBSTÉTRIQUE DE PARIS
Séance du 18 janvier 1906.
Note sur le chauffage de la couveuse au thermosiphon.
M. Mercier. — Il s’agit d’un système facile à entretenir et
peu coûteux, ce qui est de nature à en répandre l’emploi
dans les milieux ouvriers.
Ati'ésic cicatricielle du vagin au terme de la grossesse.
M. ^Iercier. — Le vagin est complètement divisé en 2 com¬
partiments ; une application de forceps est rendue nécessaire ;
elle donne naissance à un enfant vivant. Cette atrésie semble
être la conséquence d’une vaginite plastique.
Un cas de grossesse gémellaire pouvant faire croire « la
super fœtati on ; différence de 1850 gr. entre les deux fœtus.
MM. Bouchacoürt et Cathai.a. — 11 semble qu'il y ait trois
mois de diflérence entre les 2 foetus nés de cette grossesse
gémellaire : le gros enfant pèse 2.440 gr. et le petit 760 gr. ;
tous les deux sont nés vivants : le premier s’est bien élevé, le
second a succombé quelques heure.s a près la naissance. V
première vue, on pouvait croire à un cas de superfœtation,
mais la radiographie a montré que les points dbssification
sont bien apparents chez le petit foetus : celui-ci est venu à
terme, en dépit de son apparence extérieure. Il fautdonc,en
pareil cas se méfier beaucoup avant de conclure à la super¬
fœtation. Le défaut de développement peut, dans ces cas,
s’expliquer par des lésions placentaires.
M. Brindeau remarque que le placenta qui correspond au
petit fœtus estlibrinilié.Dans ces circonstances, le fœtus peut
même succomber.
M. Budin rappelle qu’il faut se méfier de ce défaut de dé¬
veloppement du fœtus chez les albuminuriques, pour ne pas
provoquer l'accouchement comme on est quelquefois sollicité
de le faire.
Dégénérescence hydatiforme d’tin œuf de 2 mois expulsé nu
6‘ mois de la grossesse.
M. Bernheim. — Une femme de 36 ans expulsa un œuf
ayant le volume d’un œuf de 2 mois, juste 6 mois après la
cessation des règles. Cet œuf semble atteint de dégénéres¬
cence môlaire.
M. Brindeai: considère ces lésions de l’œuf comme de sim¬
ples lésions de régression.
M. Budin rappelle qu’il a jadis vu un œuf semblable, où
l’amnios était soulevé par des masses violettes rappelant l’as¬
pect de certaines prunes.
A propos d'une rupture utérine.
MM.Brindeau et Caron. — Une rupture au cours du travail,
rupture spontanée, permit au fœtus et au placenta de passer
dans l’abdomen. Après laparotomie, on peut constater que
l’utérus était presque complètement amputé au niveau du
segment inférieur. Les débris de segment inférieur furent,
après ablation de l’utérus, fixés à la paroi antérieure. M. Brin-
deau remarque combien est grandel’étendue des lésions dans
ces cas de rupture utérine ; aussi ne faut-il pas hésiter à pra¬
tiquer la laparotomie et à enlever l'utérus ; sur 5 opérations
personnelles.rauteurapu en sauver 2. Il ne faut pas mettre
ces femmes en position de Trendelenburg, en raison de la
grande quantité de sang (jui se trouve dans le ventre.
M. Demelin considère la question du drainage comme abso¬
lument capitale en pareil cas : il faut drainer d’une façon
énorme, colossale.
Opération de Gigli pour bassin oblique ovalaire.
M. PoRAK. — Il s’agit d’un bassin oblique ovalaire typique ; la
femme avait déjà mis au monde un enfant qui, trop comprimé
par les poussées pelviennes, est mort au bout de 2 heures. La
section pubienne fut faite du côté lésé ; une application de
forceps en OT a donné très facilement issue à un enfant vi¬
vant. Cette femme, opérée depuis 2 mois, est en parfait état.
A propos de la communication de M. Voix: « Présentation
d'un cas d'exirophie de la vessie cl de Viulestin terminal ».
M. CuNÉo. — àl. Cunéo explique les anomalies existant en
cette pièce (présentée à la séance antérieure) par un vice de
position et un développement exceptionnel du bouchon
cloacal ; il y aurait eu, en même temps, arrêt de descente de
l’éperon périnéal.
Présentation d'un microcéphale.
M. Guéniot. — Pendant le travail, l'enfant présenta des
mouvements convulsifs qui firent croire à un cas d'anen¬
céphalie. 11 y a synostose des os du crâne, comme le fait s’ob-
sei’ve habituellement en pareil cas.
Discussion à propos de la communication de M. Boissard : La
volonté de la mère sur le choix de l'opération doit-elle être
prépondérante ?
41. Brindeai remarque, à propos de cette question, que
1 embryotomie ne donne pas 0 % de mortalité maternelle
comme on Ta prétendu.
M. Tissier considère ces cas d'embryotomie comme excej)-
tionnels. D’une façon générale cette opération doit être consi¬
dérée comme d'usage beaucoup moins nocif que l’opération
césarienne.
M. Demelin a fait 4.7 cas de basiotripsie ; il eut 2 morts de
femmes, ce qui ferait une mortalité globale de 4 % ; mais
dans ces 2 cas, la femme est morte d'infection. M. Demelin
considère la basiotripsie comme une opération très grave
(juand le bassin est fortement rétréci.
M. Budin estime également qu’on ne peut pas poser de
LE PROGRES MÉDICAL
59
règle générale ; il est des embryotomies très faciles, il en est
d’autres très pénibles : tout dépend du degré de l angustie
pelvienne, de la présence de fibrome, etc...
En ce qui concerne l’avortement en cas de bassin rétréci,
M. Budin rappelle (jue la question a été tranchée à la Société
de médecine légale, à la suite d’un rapport de M. Maygrier.
Cyrille Jk.\nnin.
MÉDEGIN^PRATIQUE
Saprophytes et infections dans la tuberculose.
Par le !)'■ Vuibert.
Dans une très intéressante clinique, publiée récemment il),
M. le professeur Hutinel examine les principales causes de la
tuberculose et, tout en tenant compte de la contagion, il in¬
crimine surtout l’encombrement, le surmenage, l’alcoolisme
et les maladies antérieures des voies respiratoires supérieures.
Ces causes, nos devanciers les avaient entrevues et on se
souvient des remarquables travaux publiés sur ce sujet par
Damaschino, llanot, Villemin et tant d’autres savants. Mais
quand Robert Koch découvrit le bacille qui porte son nom,
toutes ces causes perdirent de leur valeur et passèrent au se¬
cond plan. Or, actuellement, grâce aux expériences répétées
et aux recherches remarquables de l’école bactériologique
française, Letulle, Auclair, ^ erliac, Bezançon, Leray, etc., le
bacille n’a plus à nos yeux cette puissance immuable (jui sem¬
blait lui appartenir au début ; il a même perdu son i)restige
de nocivité, car, somme toute, ce germe offre une étroite pa¬
renté avec de simples saprophytes et le fameux bacille tuber¬
culeux pourrait n’être qu’un saprophyte à la virulence ré¬
veillée ou exaltée (Hutinel).
On sait pourtant que ses produits de sécrétion contiennent
des poisons ayant une réelle spécificité et déterminent les uns
la caséification, les autres, la sclérose (éthéro et cliloroformo-
bacilline d'Auclair» ; mais on sait d’autre part que les acides
gras introduits dans l’organisme amènent des effets analogues.
Dès lors, le bacille tuberculeux ne serait qu’un élément de la
maladie, mais non la maladie tout entière.
En dernière analyse, il faudrait, dans la tuberculose, tenir
un plus grand compte du terrain, tout en soignant les infec¬
tions secondaires qui, grâce à l’infériorité de l’organisme, se
greffent et se développent en particulier au niveau des bron¬
ches et des poumons. C’est pourquoi il importe d'instituer la
cure d’air, de repos et d’alimentation, mais sans oublier le
traitement médicamenteux local, qui doit être un adjuvant
t)récieux, indispensable même du traitement général.
Dans ce but, il sera excellent de prescrire le sirop Roche au
thiocol qui, comme nous avons eu mainte fois l'occasion de
le constater, réalise la meilleure médication des affections
broncho-pulmonaires. Nous avons l’habitude de prescrire
progressivement deux, trois, quatre et même cinq ou six cuil¬
lerées du sirop Roche et nous avons toujours obtenu d’excel¬
lents résultats, en particulier dans les catarrhes laryngo-
trachéo-bronchiques associés ou non à la tuberculose pul¬
monaire. Nous l’avons également essayé, dans de nombreux
cas de tuberculose confirmée au premier ou au deuxième de¬
gré et il nous a donné toute satisfaction.
Ce ([ui nous a surtout frappé, au cours des divers traite¬
ments dont il constituait la base, c’est sa parfaite innocuité et
aussi la façon remarquable dont il est supporté même par les
estomacs les plus délicats : et ceci est un argument «lui a
une grande valeur, car l’estomac, on l’a dit et répété avec
Germain Sée, est la place forte du phtisique, et s'il ne fonc¬
tionne pas ou s’il fonctionne mal, on ne peut pas espérer faire
disparaître ou rétrocéder le tubercule qui, cependant,comme
1 a dit le professeur ( «rancher, est « une néoplasie fibro-ca-
séeuse (jui porte en lui sa guérison ».
fl) Journal de médecine interne, 1905, ii" 24. p. ;hU.
LA VALEROBROMINE LEGRAND
est plus active que les bromures et les valé-
fianates.
REVUE DE PATHOLOGIE MENTALE
Rédacteur spécial : D‘ 1*. KEK.WAL.
I. — Essai de diagnostic entre les états da débilité mentale ;
par tl. I).^.M.xYE. (Paris, in- 8, 1904, Sleinheil, édit.)
Chaque malade est soumis à vingt genres d’examens, grou¬
pant la connaissance de soi-même et des personnes qui vous
entourent ; les questions relatives au monde extérieur, aux
moyens de relation avec ce dernier, au .souci de l’avenir, au
rôle du patient dans la société ; l’étude de certaines facultés
importantes et de l’habitus extérieur ; enfin des notionsd’or-
dre supérieur. Autrement dit, fauteur examine l'état de la ma¬
nière d'être, du langage, de la lecture, de l'écriture, du calcul,
du dessin, de la compréhension et de l’attention ; les réponses
sur les parents, l'âge, la connaissance du corps, les mouve¬
ments, les objets, les sensations internes, le temps, le lieu, la
patrie, le service militaire, le métier et la religion. A chaque
partie de l’investigation, il affecte un coefficient de o à 5 selon
la façon dont l’enfant répond ou se comporte, si bien que le
maximum des points. pour les vingt articles soit de loo. Pour
qui a suivi pas à pas les détails de ce procédé et les tableaux
correspondants, il résulte que, sur les aSo enfants de la Colo¬
nie de 'Vaucluse, on trouve : ccnt-soixante débiles, dont 47 dé¬
biles moraux ou dégénérés supérieurs (leur coefficient total est
supérieur à 90), et ic3 débiles intellectuels dont le coefficient
est inférieur à 90. Vingt-trois sont entre la débilité mentale et
rimbécillité ; coefficient entre 5o et 60. Quarante-trois sont des
imbéciles : coefficient entre 3o et 5o. Dix-neuf flottent entre
l’imbécillité et l'idiotie ; coefficient entre 20 et 3o. Cinq possè-
prodent un coefficient total inférieur à 20 ; ce sont des idiots
profonds.
II. — La démence précoce ; par R. M.vsselo.n. (Paris, in-lC, 1904,
A. Joanin, édit.)
La démence précoce apparaît généralement à l’adolescence.
Elle évolue, à travers des épisodes variés, vers l'affaiblisse¬
ment intellectuel précoce dont tous les phénomènes aigus
portent la marque, affaiblissement intellectuel progressifabou-
tissant le plus souvent à la ruine totale des facultés. C’est une
affection qui atteint primitivement l’affectivité ; une indiffé¬
rence primordiale, une activité involontaire et inconsciente se
substitue peu à peu à l’activité intentionnelle et volontaire de
l’homme normal. Il en existe une forme simple constituée par
une phase prodromique à symptômes quasi -neurasthéniques,
remplacée finalement par l’affaiblissement de fintelligence, le
négativisme, les tics, fugues, impulsions, violences subites et
sans cause, l’inattention perpétuelle, la puérilité des actes et
des propos.
Mais, dans la majorité des eas, après une phase prodromique
de quelques mois à deux ou trois ans, voire tout à coup, ap¬
paraissent des séries de phénomènes aigus surajoutés qui ont
fait créer les formes catatonique, hébephrénique, paranoïde.
Ces formes sont surtout des divisions inventées pour la com¬
modité de la description, car tous les intermédiaires s’y ren¬
contrent ; et certains cas cliniques, par exception, peuvent
évoluer en passant par des formes différentes.
Dans la démence précoce catatonique , on constate : des états de
stupeur ou d’agitation, où dominent le négativisme (raideur
contre toute sollicitation extérieure), là suggestibilité (adoption
de toutes les sollicitations extérieures),lastéréotypie (persistan¬
ce des impressions motrices). Il faut d’ailleurs distinguer la
stupeur catatonique propre, caractérisée par l’immobilité des atti¬
tudes ou la résistance aveugle à toute demande, de l'agitation
ratalonigue stéi'éolypéc dans laquelle le sujet reproduit inces¬
samment les mêmes mouvements et les mêmes paroles, coupant
sa verbigération de brusques mouvements automatiques, de
violences impulsives, de fugues. La démence précoce hébéphré-
nique est un ensemble d’états de dépression et d’agitation en
rapport avec des délires polymorphes qui n’ont aucune ten¬
dance à la systématisation et sont à base d’hallucinations ou
d’interprétations. On y rencontre aussi le négativisme, la sté-
réotypie, et la paramînie hébéphrénique ou discordance entre
les états émotionnels et leur expression mimique.
LE PROGRÈS MÉDICAL
Dans la démence précoce paranoïde, ce sont des conceptions
délirantes un peu mieux systématisées, mais le plus souvent
absurdes, qui n’évoluent point et prennent rapidement une
expression figée et stéréotypée. Enfin n’oublions pas les formes
frustes susceptibles d’un affaiblissement intellectuel léger. Le
plus fréquemment, la démence précoce se termine par une dé¬
mence profonde. Mais il y a des cas, bien que rares, de guéri¬
son. Des rémissions plus ou moins longues sont possibles.C’est,
pour M. Masselon, une psychose accidentelle, due probable¬
ment à une aulo-inlox/raliort d’origine seirtfeZ/f. Elle se déve¬
loppe le plus habituellement chez des sujets héréditairement
prédisposés, mais qui, jusque-là, n’avaient manifesté aucune tare
névropathique intense. Il se peut que d’autres auto-intoxica¬
tions (thyroïdienne, gastro-intestinale, etc.) soient capables de
la réaliser.
III. — Rioerche sul ricambio materiale nei démenti preoooi ;
par .V. (I'Ohmïa et Maggiotto. (FeiTare,in-8 1904, chez (iiorgio.f
Etude sur l'urine des déments précoces, aboutissant à peu
près aux mêmes résultats que celle de Dide et Chenais. Si
l'on en rapproche le retard notable de l’élimination du bleu
de méthyle et de l'iodure de potassium par les reins, puis la
prolongation de leur excrétion, il appert que le catabolisme
organique est fort altéré chez ces malades, quelle que soit la
forme symptomatique, quel que soit l’épisode de leur affection.
I V. — A paranoïa e os syndromas paranoïdes ; par J. Moiieiha
et PeixotO. (Rio-de-Janeiro, in-3, chez Bcsnard frères, 1905.) j
La paranoïa a pour caractères : une autephilie primitive et
originaire que l’éducation a permise et favorisée ; l'inadapta-
bilîté d’un moi démesuré au milieu non conforme ; des actions
et réactions de persécutions ; la systématisation des idées et,
consécutivement, des délires cohérents, logiques, fixes, par
falsification de la mémoire, qui déterminent la transformation
de la personnalité ; la rareté des hallucinations et la précocité
des hallucinations auditives par rapport aux autres, l’intelli¬
gence demeurant lucide et résistant longtemps à la déchéance
démentielle. 'Voilà de quoi séparer la paranoïa des épiphéno- >
mènes dépourvus de régularité, de base et de cohésion, qui !
surgissent hors de propos sur un terrain hallucinatoire battu
par des erreurs sensorielles multiples et profondes, et que
nous appelons des syndromes paranoïdes communs à toutes
les maladies mentales.
V. — Hypnotlsmus und Suggestlvlheraple ; par L. HiitscHLAFF
(.Leipzig, in-8, 19U5, J. -V. Rai-th, édit.).
Compendium très soigné des connaissances actuelles sur
l’hypnotisme et la thérapeutique suggestive. L’auteur examine
à fond successivement : l’histoire de l’hypnotisme thérapeuti¬
que, les phénomènes en rapport avec l’hypnotisme expérimen¬
tal, l’hypnothérapie pratique, la thérapeutique suggestive pra¬
tique. Nous appellerons particulièrement l’attention sur le
Ch. V. intitulé: résultats thérapeutiques. On y trouvera dé¬
taillés : les produits de la thérapeutique hypnotique et sugges¬
tive ; ses principes ; les dangers de l’hypnose ; les indications
et contre-indications.
Les indications sont tirées de la personnalité du malade ; de
la nature de la maladie ;da genre des facteurs curatifs à
mettre enjeu. Il y a lieu de procéder, suivant M. Hirschlaff, à
l’hypnothérapie et à la thérapeutique suggestive quand on a
affaire à des personnes tombant facilement dans l’hypnose par
des méthodes simples. Tel est le cas de certains états de disso¬
ciation neuropsychique, comme l’hystérie, les intoxications
chroniques. C’est là son triomphe. Chez ces malades-là, elle
est en sus une auxiliaire indirecte dans leurs affections orga¬
niques ; car elle permet de leur appliquer un régime ; de les
manier, de leur procurer du sommeil, de leur remonter le mo¬
ral, d’alléger leurs douleurs. La même thérapeutique convient
à tout individu qui, sans être à proprement parler profondé¬
ment hypnotisable, est facilement accessible aux impressions
mentales, notamment aux gens aimables, gouvernables, con¬
fiants, à ceux aussi qui, doués d’une humeur et d’une énergie
instables, subissent le découragement quand ils sont abandon¬
nes à eux-mêmes, tandis qu’ils se relèvent quand ils sentent le
réconfort d’autrui. Ici, comme plus haut.l’intervention n’est pas
seulement de mise dans les états pathologiques fonctionnels ;
elle s’impose en outre, dans les complications organiques qui
atteignent le sommeil, l'appétit, l'état d’esprit, la capacité de
travail.
L’hypnothérapie et la thérapeutique suggestive sont surtout
applicables aux névroses fonctionnelles, telles que: neurasthénie,
hystérie, hypochondrie, dépression mélancolique légère, ob¬
sessions, états anxieux, dysthymies, troubles de la parole et
fonctionnels. Il n’y à pas que les affections hystériques qui en
soient justiciâliles. On devra donc agir sur n’importe quel
symptôme ou maladie en rapport avec des troubles neurofonc¬
tionnels primitifs ou secondaires, quel qu’en soit le substra¬
tum, fût-il anatomo-pathologique. Les facteurs curatifs qui,
en l’espèce, entrent en jeu, sont de nature purement fonction¬
nelle. C'est par voie indirecte qu’agit la suggestion sur les phé¬
nomènes organiques. Il y a lieu de supposer que l’on ne réus¬
sit à modifier suggestivement les maladies organiques que lors¬
que la constitution neuropsychique du patient permet une in¬
fluence psychique indirecte, ou quand les complications ner¬
veuses ou mentales, d’emblée ou secondairement curables, su¬
rajoutées aux altérations o'rganiques, sont fonctionnelles.
Les contre-indications sont : un septicisrae insurmontable et
permanent de la part d’un patient prévenu et récalcitrant à
l’égard de ce mode de traitement ; l'apparition de phénomènes
hypnotiques anormaux graves ; les maladies mentales qui, dans
certaines circonstances, peuvent davenir l’occasion d’un délire
à texte-suggestivo-hypnotique. Que penser des théories de
l'hypnotisme, de la suggestion et de la suggestibilité? Il n’y
aurait pour le moment pas de théorie irréprochable de l’hyp¬
nose, pas plus qu’il n’y en a du sommeil et de l’hystérie. Il s’é¬
coulera encore un long temps avant que ne soient résolues par
la scienceles énigmes de l’hypnotisme expérimental. Mais c’est,
à tout prendre, la psychologie qui est la première intéressée à
cette solution. La science médicale est indépendante des théo¬
rèmes de ce genre, car l’hypnotisme thérapeutique n’a encore
de commun avec l’hypnotisme expérimental que le nom.
VI. — Etude sur les délires post-partum pethogénle ; par I’rivat
(leFonruxiÉ. (Paris, in-3, 1904. Masson, édil.)
Du cadre de la folie puerpérale, il faut exclure tout délire
relevant de causes étrangères k la grossesse ou à l’accouche¬
ment. On en éliminera la paralysie générale constatée au cours
de la grossesse ou peu après l’accouchement, et tout délire re¬
levant d’une maladie infectieuse intercurrente. Il faut établir
une démarcation très nette entre les délires de la grossesse et
les délires post-partum. Les modifications organiques de l’ac¬
couchement empêchent qu’on n’assimile ces deux variétés. Il y
a d’ailleurs une disproportion énorme entre le nombre des dé¬
lires de grossesse et celui des délires post partum. Les délires
de lactation n’ont pas d’existence autonome ; ils ont générale¬
ment la même origine que ceux des suites de couches. Bon
nombre d’entre eux émanent de causes étrangères à la puer'pé-
ralité. Dans le vaste groupe des délires post-partum il y a : —
.4. — des délires symptomatiques d’infections ou d’intoxications
aiguës (septicémie ou éclampsie}. — B.— des délires qui cons¬
tituent en apparence toute la maladie : en ce cas, ou la puer-
péralité n’est que l’occasion banale du délire (excès alcooli¬
ques, névrose ou dégénérescence mentale), ou le délire relève
d’un trouble pathologique qui est lui-même la conséquence de
l’état puerpéral, exemple : auto-intoxications par lésions du
foie, des reins, développées pendant la grossesse ou aggravées
par elle, lésions infectieuses de l’appareil génital subaiguës ou
chroniques.
Les délires in fectieux post partum comprennent 2 variétés:
— ,4 — le délire de la septicémie puerpérale, délire accessoire
exigeant le traitement à l’hôpital tout simplement. — B — les
délires d’infection subaigus ou chroniques de l’appareil génital ;
c’est là la folie puerpérale infectieuse qui appartient à l'asile.
Le rôle de l’infeclion est souvent méconnu parce que les lésions
causales sont généralement apyrétiques, et que le délire éclate
d’ordinaire à une époque déjà éloignée de l’accouchement.
D’où la nécessité d’examiner systématiquement les femmes
atteintes de délire à la suite d’accouchements, de les opérer,
de les suivre pour noter l’influence du traitement sur l’évolu¬
tion du délire.
Pour les délires infectieux, aigus ou chroniques, la dégéné-
LE PROGRÈS MÉDICAL
61
rescence mentale, agit comme cause prédisposaute nécessaire.
Prédisposées sont et les malades à tares héréditaires et celles
à excès alcooliques, ou ayant eu jadis une maladie infectieuse
grave telle que la fièvre typhoïde, ou présentant les stigmates
d’une névrose. Le rôle de l’hérédité est d’autant plus impor¬
tant que la cause occasionnelle a été moindre. 11 en est de
même pour les cas où une infection légère n’intervient que
pour mettre en action là dégénérescence mentale. Mais cette
cause occasionnelle a été indispensable pour faire éclore le
délire. Dégénérescence mentale n’égale donc pas folie puerpé¬
rale, Et quand cela serait, il faut encore combattre l'infec¬
tion.
VII. — Les psychoses puerpérales et les processus d’auto-
intoxication;par R. DupouY.(Paris, in-S, 1901. J. Roussel, édit.)
La folie puerpérale ne survient que chez des femmes prédis¬
posées ; la dégénérescence mentale est le.terrain obligatoire Mais
il faut encore une auto-intoxication. De celle-ci l’étiologie
varie. Il y a à ce point de vue des psychoses par épuisement
et des psychoses par auto-intoxication pro pre. L’état puerpé¬
ral, en modifiant la crase sanguine, prédispose à l'anémie et
l'epuisement (hémorrhagies, fatigues) engendre la psychose.
L’infection puerpérale, sous toutes ses formes, peut, aidée de
la dégénérescence mentale, déterminer des troubles mentaux
à allures différentes suivant sa gravité La puerpéralité met la
(emmo en état de moindre résistance vis-à-vis des agents toxi-
infectieux ; une auto-intoxication se déclarera facilement à
raison de l’insuffisance d’un organe quelconque à fonction an-
litoxique, ou à raison de l’augmentation des toxines produites
dans l’économie.
L'hépatotoxhémie gravidique est, de toutes les auto-intoxi¬
cations survenant chez la puerpérale, la plus étudiée et la
mieux connue ; elle tient sous sa dépendance les troubles so¬
matiques et mentaux les plus divers comme aspect et comme
gravité. Ceux-ci peuvent également relever de toxhémie par
insuffisance thyroïdienne, ovarienne, etc.
La symptomatologie des psychoses puerpérales est émi¬
nemment variable suivant les facteurs ; intensité plus ou moins
grande du processus d’auto-intoxication, son évolution aiguë
ou chronique, les qualités physiques et mentales du terrain,
l’origine du poison. Il faut traiter l’auto-intoxication causale
des psychoses puerpérales.
VIII. —Contribution à l’étude des décubitus aigus et chroni¬
ques chez les déments paralytiques ; par G. Saillaxt. (Paris.
in-81905, H. Jouve, édit.)
A n'importe quelle phase de la paralysie générale, à la suite
d’un ictus épileptiforme ou apoplectiforme avec élévation ther¬
mique, apparait du côté convulsé ou paralysé une escfiarefes-
sière {decubitus acutus cérébral). Unilatérale, très précoce, sou¬
vent d’allure foudroyante, elle tend à creuser les téguments.
Elle peut être fruste et susceptible de cicatrisation quand vient
à cesser l’irritation cérébrale. Souvent elle entraîne la mort
rapidement ; à l’autopsie, il existe toujours un foyer d’encé¬
phalite ou une prédominance locale inflammatoire des lésions.
Au cours de la paralysie générale peut survenir une méningo-
myélite qui peut provoquer une eschare sacrée médiane avec
hyperthermie (déciibitus acutus spinal). Elle envahit en .surface
symétriquement et très rapidement les téguments d’abord, puis
la membrane sacrocoçcygienne. Le canal rachidien ouvert, il
se produit une meningomyélite purulente. L’évolution en est
terrible. 11 n'y a pas de guérison. Au cours do la paralysie
générale brusquement se produit une eschare sacrée médiane
avec hyperthermie qui accompagne des névrites parenchyma¬
teuses infectieuses ; décubitus acutus néoritique. Le pronostic
en est d’ordinaire bénin. A la derni:re période de la paralysie
générale, par déchéance, compression, macération des tégu¬
ments dans l’urine et les fèces, se montrent des excoriations
épidermiques qui se creusent lentement et se compliquent de
suppurations secondaires circonscrites puis diffuses. L’est le
décubilus chronique ou eschares des traités classiques. Elles peu-
'vent à la longue entraîner la mort par extension des lésions,
leur propagation au canal rachidien, par méningo-mvélo-
encéphalite purulente ou embolies, métastases. Elles doivent
être totalement évitées ou guérir par des soins hygiéniques.
v\RI\
Un nouveau Journal médical ; La Médecine Sociale ».
Tous les jours nous voyons naître de nouveaux confrères.
Ils débutent par un article intitulé ; Notre Programme ou Notre
But. Nous leurs souhaitons beaucoup de succès et une longue,
vie, et ces nouveaux membres de la Presse médicale française
tombent pour la plupart bientôt dans la banalité ou l’oubli.
Notre confrère et ami, le D’’ Paul Berthod, a cependant réussi
à donner au nouveau journal qu’il vient de fonder un carac¬
tère original qui nous porte à faire pour son succès des vœux
plus sincères.
Sous le nom de Médecine Sociale, le D’’ Paul Berthod a créé
un organe de crititiue professionnelle où. avec son franc parler,
bien connu, franc parler, qu’à notre époque on ne saurait
trop apprécier, il signale les abus et relève les vices que le
médecin rencontre un peu partout sur sa route, depuis l’Ecole
de médecine jusque dans les diverses fonctions que l’Etat
envahissant lui impose.
Annonçant dès les premiers numéros son journal comme
une feuille de véritable polémique, le D’ Berthod a voulu
qu’il en offrît l’aspect, aussi l’a-t-il imprimé comme les jour¬
naux politiques à un sou. Nous adressons tous nos vœux de
prospérité à la Médecine Sociale et nous espérons que d ici peu
nous applaudirons aux résultats de l’œuvre qu’elle entre¬
prend, œuvre de véritable assainissement médico-social.
Nous recevons en môme temps l’annonce d’une nouvelle
publication : be Petit Journal de Médecine de Paris qui, pa¬
raît-il, est spécialement consacré aux Etudiants. Encoré bons
souhaits et longue vie à ce nouveau-né, selon la formule con¬
sacrée. J. N.
L’Ecole de psychologie.
La sixième réouverture des cours de l’Ecole de psycholo -
gie vient d’avoir lieu sous la présidence d'honneur de M. le D’'
lluchard, et la présidence effective de M. le D' Jules Voisin,
médecin de la Salpêtrière. Un grand nombre de notabilités et
de médecins assistaient à cette réunion. En particulier : M. Frin-
gnet, inspecteur d’académie ; M. le D'' Saint- Yves Alénard,
MM. les D’’® Pan de Saint-'Martin, Lux, Dubois ide Saujon),
Bérillon, Paul Magnin. Paul Farez, Félix Régnault, R. Pa-
mard. Barbier, Demonchy, Brochard, Legendre, Ilahn, Salo¬
mon. Provotel, Rouet-Henry, Naville (de Genèvel, A. William
(d’Edimbourg . de Barros-Castro (de Coïmbre', etc.
Après une allocution de M. le D’' Bérillon dans laquelle il
expose le programme de l’Ecole de psychologie, et un discours
de M. le D"' Jules à oisin. M. le D'^ Paul Magnin. dans une le¬
çon d’ouverture ayant pour titre Psychothérapie et hypnotisme,
a fait la critique des systèmes si diversauxquels ont donnélîeu
les diverses écoles de psychothérapie. Il n’a pas eu de peine à
démontrer que c'était aux travaux de Charcot qu’il fallait re¬
monter pour trouver la base de tout ce qu'il y a de rigoureu¬
sement scientifique dans ces études. A chaque instant, on voit
présenter, comme ayant un caractère de nouveauté, des doc¬
trines et des procédés qui sont exposés tout au long dans l’œu¬
vre de Charcot. Ces emprunts mal déguisés démontrent que
l’œuvre du maître est restée intacte. La leçon du D'' Paul Ma¬
gnin a eu un vif succès après de son auditoire et elle a cons¬
titué une préface éloquente au cours qu’il fera cette année sur
les paralysies hystériques. Marcel B.
LES CONGRÈS
XV'= Congrès international de Médecine
(Lisbonne, 19-26 avril 1906).
A l’occasion du Congrès internationnal do Médecice, qui se
tiendra à Lisbonne du 19 au 26 avril 1906, la Compagnie Orient-
Pacific Line organise une croisière sur le bateau « Ophir», à la¬
quelle pourront participer les médecins français, qui se rendront
à Lisbonne. Le bateau quittera Londres le 12 avril et s’arrêtera le
vendredi 13 avril à 7 heures du matin à Cherbourg, où pourront
s’embarquer les .médecins français qui prendront part à la croi¬
sière. De Cherbourg, VÜphîr fera escale à Vigo, Tanger, Gibral¬
tar et arrivera à Lisbonne le mercredi 18. Pendant la durée du
Congrès, le bateau stationnera à quai à Lisbonne et les passagers
continueront à y loger et à y prendre leurs repas. Le Congrès
Uni, Vüphir quittera Lisbonne le 24 avril au soir et, après un
62
LE PROGRÈS MÉDICAL
arrêt à Oporto, débarquera les médecins français à Cherbourg le
samedi 28 à midi.
Le prix de la croisière, comprenant la nourriture à bord pen¬
dant le voyage et pendant les escales et le séjour à Lisbonne est
de 370 à 900 francs, suivant la position de la cabine occupée. On
peut retenir des cabines : à l’Agence Cook (1, place de l'Opéra, à
Paris) ; à Marseille, chez MM. Worms, 16, place Beauvais ; à
Bordeaux, chez M. Henry Danis 6, quai Louis X'VIII.
Une autre Compagnie anglaise, Travel-Bureau, organise une
autre croisière, avec départ de Liverpool et arrêt au Havre, pour
embarquer les Congressistes français. Prix du billet Liverpool-Lis-
bonne et retour : 29Ô frs. Pour retenir les cabines, s'adresser à The
Travel-Bureau, 9, B. Banks. Cookspen Street, 26, Londres.
FOMULF.S
VIII. — Contre la blennorrhagie chronique.
Instillations avec les liquides suivants au moyen de la
seringue de Guyon et de la sonde à bout olivaire.
Protargol . 1 gr. à 1 gr. 50
Lanoline . .
4 c. cubes environ de cette solution le soir durant une semai¬
ne, puis lui substituer la semaine suivante :
Dermatol . 1 gr. à 1 gr. 50
5 ...
{Belgique Médicale).
IX. —Contre l’anémie.
Sulfate de fer . 0,09 ctgr.
Bicarbonate de soude . 0,75 ctgr.
Huile de foie de morue . 1,20 gr.
à mélanger et à enfermer dans une capsule de gélatine sans
bulles d’air.
Faire 20 capsules.
Prendre une tous les jours au moment des trois repas.
(Nouvelles pilules de Blaud).
{Therapeuüschc Monalshcfle, n° 12, 1905.)
Actes et Thèses de la Faculté de Médecine de Paris.
Thèses de doctorat. ^Mercredi, 3 r janvier. — M.Séjournel : U<>
la forme syncopale de l’avortement et de l’accouchement prématuré
(MM. Pinard, Landouzy, Lepage, Labbé. Marcel . — M. Bouchot :
Contribution àl’étude du syndrome scorbutiforme des jeunes en¬
fants (MM. Landouzy, Pinard, Lepage, Labbé, Marcel).
Jeudi, J" février. — M. Tassin: Des lésions infectieuses du rein
d’ordre chirurgical (Elude diagnostique) (MM. Guyon, Berger, Bu-
din, Demelin). — M. Couetoux : Contribution à l’étude du dévelop¬
pement et delà structure des épulis sarcomateuses (MM. Berger,
Guyon, Budin, Demelin). — Ad. Benoist: Des rapports entre l’em¬
bryon et le placenta dans l’avortement (MM. Budin, Guyon, Ber¬
ger, Demelin). — M. Lecoq : Contribution à l’étude des enapoiso»ne-
ments par les gâteaux à la crème (MM. Brouardel, Pouchet, Guiart,
Bicbaud). — Af. Bexm’er : Intoxication par le gaz d’éclairage à do¬
ses massives et à doses réduites, étude expérimentale, observations
cliniques, applications à l’hygiène (MM. Brouardel, Pouchet, Guiart,
Richaud). — Ai. Legras : Contribution à l’étude physiologique et
chimique dubornéol et des éthers du bornéol(MM. Pouchet, Brouar¬
del, Guiard, Richaud). — iW. Ledroit Les inégalités pupillaires dans
les pleurésies avec épanchement (MM. Dieulafoy, Chantemesse,
Renon, Bezançon). — M. Fagart : Contribution à l’élude delà pres¬
sion artérielle dans les pleurésies sérofibrineuses tuberculeuses
(MM. Chantemesse, Dieulafoy, Benon, Bezançon).
Examens de doctorat. — Lundi, 2 g janvier. — 5* (Chirurgie, 1"
partie, Hôtel-Dieu) : MM. TeiTier, Legueu, Gosset. — 5" (2* partie,
Hôtel-Dieu) : MM. Brissaud, Legry, Macaigne.
Mardi, 3o janvier. — 5” (Chirurgie, P” partie, l" série. Charité) :
MM. Berger, Faure, Marion. — 5' (Chirurgie, 1" partie, 2* série.
Charité) : MM. Pozzi, Auvray, Morestin. — 5' (2* partie. Charité) ;
MM. Dieulafoy, Dupré, Carnot.
Mercredi, 3i février. — Médecine opératoire, (Ecole pratique) :
MM. Terrier, Legueu, Cunéo. —2* (Salle Richet) : MM. Ch. Ri¬
chet, Broca (André), Branca. — 3” (P- partie, P” série, Oral, Salle
Charcot). MM. Kirmisson, Retterer, Wallich.— 3" (P‘ partie, 2“ sé¬
rie, Oral, Salle Pasteur) : MM. Segond. Potocki, Pierre Duvat. —
4* (Salle Thouret) : MM. Pouchet, Balthazard, Macaigne.
Jeudi, 1°^ février. — 3” (2* partie) Laboratoire des travaux prati¬
ques d’anatomie pathologique; MM. Cornil, Méry, Maillard. — 2"
(Salle Richet) : MM. Gley, Launois, Desgrez. — 3' (1” partie, 1"
série. Oral, Salle Broussais) : MM. Pozzi, Bar, Marion. —3” (P" par¬
tie, 2*série, Oral, Salle Béclard) : MM. Poirier, Faure, Brindeau.
Vendtedi, 2 février. — 5* (Chirurgie, P' partie, l'" série Xecker) :
MM. Kirmisson, Legueu. Gosset. — 5" (Chirurgie, t” partie, 2* série.
Xecker) : MM. Reclus, Pierre Duval, Proust. —5' (Obstélrique, 1”
partie, Clinique Baudelocque) : MM. Pinard, Lepage . Wallich.
Samedi, 3 février. — 3’ (2’ partie, Laboratoire des travaux pratiques
d’anatomie pathologique) : MM. Chantemesse, Desgrez, GuiarL —
3'(P* partie, Oral, Salle Pasteur) ; MM. Berger, Bonnaire, Launois.
— 4’ (Salle Charcot) ; MM. Gilbert, Dupré. Mérjv — 5“ (Obstétrique,
1" partie. Clinique Tarnier) :MM. Budin, Demelin, Brindeau.
THÉRAPEUTIQUE
Propriétés thérapeutiques de PHélénine.
Dans tous les cas de maladies de l'appareil respiratoire,
les résultats généraux de l’Hélénine de Korab sont : rémis¬
sion dans les phénomènes de la toux, de la dyspnée et des
douleurs thoraciques, qui disparaissent rapidement. L’ex¬
pectoration change toujours, devient gélatineuse et diminue
en quantité. En outre, sur les voies digestives, l’Hélénine a
un effet tonique très marqué augmentant l’appétit et facili¬
tant la digestion, même chez les phtisiques dont l’anorexie
était invincible (1). Ce précieux agent thérapeutique s’admi¬
nistre à la dose de 2 à 4 globules du D’’ Korab par jour.
NOUVELLES
Natalité DK Paris. — Du dimanche 31 décembre 1905 an samedi
6 Janvier 1906, les naissances ont été an nombre de 997, se dé¬
composant ainsi: légitimes 736, illégitimes 261,
Mortalité a Paris. — Population d’après le recensement de
1901 ; 2.660.559 habitants. Les décès ont été au nombre de 961,
savoir ; 528 hommes et 441 femmes. Les décès sont dus aux
causes suivantes : Fièvre typhoïde (typhus abdomin.) : 8. —
Typhus exanthématique : 0. — Fièvre intermittente et cachexie
palustre ; 0. - 'Variole : 1. — Rougeoie ; 21. Scarlatine ; 0.
— Coqueluche : 3. — Diphtérie et Croup : 3. — Grippe : 1.
~ Choléra asiatique ; 0. - Choléra nostras : 0. — Autres
maladies épidémiques : 2. — Tuberculose des poumons ; 167. —
Tuberculose des méninges : 24. — Autres tuberculoses : 14. —
Cancer et autres tumeurs malignes : 56. — Méningite simple : 20.
— Congestion hémorrhagique et ramollissement du cerveau : 63.
— Maladies organiques du cœur : 92. — Bronchite aiguë : 12.
— Bronchite chronique : 22. Pneumonie ; 44. — Autres affec¬
tions de l’appareil respiratoire 107. — Affections de l’estomac
I cancer exo.) ; 2. - Diarrhée et entérite deO à 1 an : sein : 2 ; au¬
tre alimentation : 14 — Diarrhée et entérite de 1 à2 ans : 1. — > Her¬
nies. obstruction intestinale 9. — Cirrhose du foie ; 10. — Néphrite
3t mai de Bright ; 36. Tumeurs non cancéreuses et autres ma¬
ladies des organes génitaux (femmes) : 3. — Septicémie puerpérale
(fièvre, péritonite, phlébite puerpérale) : 3. — Autres accidents
puerpéraux de la grossesse et de l’accoucnement ; 2. — Débilite
congénitale et vices de conformation ; 33. — Débilité sénile : 32.
— Morts violentes ; 26. — Suicides : 9. — Autres maladies : 117.
— Maladies inconnues ou mai définies : 19.
Mort-nés et morts avant leur inscription : 78, qui se décom¬
posent ainsi : légitimes 56, illégitimes 22.
Légion d’honneur. — Sont nommés sur la proposition de
ministre de l'Intérieur : Commmdeur : M. le D*- Peyrot,de l’A¬
cadémie de médecine, sénateur. Officier : M. le D'' Josias, méde¬
cin des hôpitaux de Paris. Chevaliers : M.le D’’ Coudray et M.
le D’’ Tollemer, de Paris.
Sur la proposition du Ministre de la Marine : Chevaliers : M.le
D'’ Mosny. médecin des hôpitaux de Paris, auditeur au Comité
consultatif d’hygiène publique de France ; M. leD'’ Brunschwig,
médecin oculiste de la. Marine au Havre.
Service de santé militaire. — A la suite du concours ouvert
le 15 décembre 1905 pour l’admission à l’emploi de médecin sta¬
giaire à l’école du service de santé militaire, ont été nommés au
dit emploi par décision du 17 janvier 1 06 : MM. Barthès (Louis-
Charles), Vincent (Lucien-Elie- Armand), Wickersheimer (Char¬
les-Adolphe-Ernest), Homolle (René- v(arie-Eugène). — Ces méde¬
cins stagiaires devront se présenter le 22 janvier prochain à M. le
LE PROGRÈS MÉDICAL
médecin inspecteur, directeur de l’école d’application du Val-de-
Gràce, et entreront en solde à cette date.
Asssitance publique ; Récompenses. — Médaille de bronze :
M. le D'' Sandras, chef de service à riiôpital civil d’Oran ;
Mondot, chirurgien au même hôpital ; M. le D' Brégeat, méde¬
cin des enfants assistés à Oran.
Hommage au D'' Ch. Monod. — Les élèves, les collègues et
les amis du D Charles Monod ont l’intention de lui offrir, à l’oc-
casion de sa retraite de chirurgien des hôpitaux, une médaille
commémorative, dont l’exécution a été confiée à M. Charpentier.
M. le professeur Guvon a bien voulu, dès à présent, accepter la
présidence de la cérémonie qui, suivant le désir exprimé par M.
Monod, aura un caractère de très grande simplicité. Aussi n’avons-
nous pas constitué de Comité pour centraliser les souscriptions ;
celles-ci devront être adressées avant le 28 février à. U. P. Masson,
éditeur 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. Le chiffre des
souscriptions n’est pas limité. Tout souscripteur d’au moins 25
francs recevra un exemplaire en bronze de la médaille. 11 n’a pas
été possible d’offrir ce souvenir à M. Monod quand il a quitté
l’hôpital Saint-Antoine, la médaille luiseraremise ultérieurement,
et U date sera indiquée en temps utile, pour permettre à tous ceux
qui veulent donner à M. Monod ce témoignage d’affection, de
s’associera cette manifestation.
Hommage au Professeur Zaccarelli. — Au cours de l’année
190fi, sera célébré le jubilé de l'enseignement de l'antropologie
criminelle par le célèbre professeur Angelo Zuccarelli. A cette
fête, qui sera celle de la science et de la civilisation, un comité se
propose d’offrir au distingué professeur un recueil d’autographes
des spécialistes qui se sont intéressés à ces études, et unmédaillon
en marbre, œuvre remarquable du sculpteur professeur G. Let-
tieri. Le Comité d’honneur comprend : MM. Léonardo Bianchi,
Enrico Ferri, Jull Morel, Giuseppe Sergi, Cesare Lombroso,
Raffaele Garofalo et Moritz Benedikt. On est prié d’envoyer adhé¬
sion et cotisations à M. Umberto Fiore, à Naples, via Ponte-
oorvo n“ 35.
Avis important aux nouveaux docteurs. — Se méfier des
postes offerts. — Tout médecin sollicité de venir s’établir à
Bouviers est prévenu qu'il n’y est appelé que pour entrer en
guerre à l’occasion d’une demande de relèvement de tarifs pour
les sociétés de secours mutuels avec tous les médecins, sans
exception, de l’arrondissement groupés en syndicat. Le corps
médical à Bouviers et aux environs est déjà encombré, et le con¬
frère qui pourrait être appelé fera bien, dans son intérêt, de se
renseigner soit près du Président du Syndicat de Bouviers, soit
près du Président de l’Association des médecins de l’Eure.
Conseil de surveillance de l’assistance publique de Paris.
— Par décret sont nommés pour une nouvelle période les mem¬
bres sortants du conseil de surveillance de l’Assistance publique :
MM. Chausse, Fribourg, Patenne, Rébeillard, conseillers muni¬
cipaux ; Rester, secrétaire de la chambre du commerce ; Bom-
pard, ancien député, conseiller de préfecture de la Seine ; Bern¬
heim, docteur en droit ; Brouardel, ancien doyen de la faculté de
médecine ; Goudchaux, président delà Société des forges et acié¬
ries du Nord et de l’Est. En outre sont nommés comme membres
nouveaux : MM. le docteur Bonnaire, médecin accoucheur des
hôpitaux, en remplacement du docteur Porak, membre sortant ;
Herbet, avo cat, maire du "VP arrondissement, en remplacement
de M. Beurdeley, décédé.
La rage en Bretagne. — Onze paysans de Lamilis et de Lan-
déla, mordus par des chiens enragés, ont été envoyés à l’Institut
Pasteur.
Centenaire. — A l’infirmerie protestante de larue du Platane,
à Marseille, vient de mourir Mlie Thérèse Gieg, née le 21 septem¬
bre 1803, âgée par conséquent de 103 ans.
Révision du procès Boisleux de La Jarrige. — Le Journal
du 21 janvier annonce que la chambre criminelle de la Cour de
cassation doit s’occuper de la demande en révision formée par le
docteur de La Jarrige contre l’arrêt de la Cour d’assises de la
Seine qui l’avait condamné, lui et son coaccusé, le docteur Bois-
leux, dans les circonstances que l'on sait.
Muséum d’histoire naturelle. — Enseignement colonial. —
Programme pour 1906. — Conférences S'ir iIndo-Chine françai¬
se. - Les conférences ont lieu à 2 heures de l’après-midi, les mar¬
di et jeudi, dans l’Amphithéâtre de la nouvelle galerie d’ Anatomie
comparée. Entrée directe par la porte de la place 'Valhubert. 9
janvier. Le Muséum et les colonies en 1905, M. Ed. Perrier. —
11 janvier. Géographie et ethnographie générales de la presqu’île
Indo -Chinoise, M. Hamy. — 16 janvier. Lerizen Indo-Chine,M.
CosTANTiN. — 18 janvier. Notions de géologie pour les voyageurs
naturalistes. (Formations cristallines.) M. St. Meunier. — 23
janvier. Le quinquina en Extrême-Orient, Gostantin. — 25 jan¬
vier. Anthropologie de l’Indo-Ghine. (Les sauvages Khas, Mois,
Penongs.) M. Hamy. — 30 janvier. Notions de paléontologie pour
les voyageurs naturalistes, M. A. Thévenin. — 1" février. Notions
de géologie pour les voyageurs naturalistes. (Formations strati¬
fiées) St.-Meunier. — 6 février. Cyclones et typhons, M. R.
Berget. Chargé de conférences à la Sorbonne. — 8 février. An¬
thropologie del’Indo-Chine, M. Hamy. — 13 février. Myriapodes,
arachnides et crustacés, M. Bouvier. • — 15 février. Insectes de
rindo-Chine, M. P. Lesne. — 20 février. Insectes nuisibles au
riz, M. J. Kunckel d’Herculais. — 22 février. Anthropologie de
rindo-Chine. (Les Tsiamps et les Tsiams) M. Hamy. — 27 fé¬
vrier. Recherches sur les minéraux en Indo-Chine, M. P. Gau-
BERT. — pi mars. Les mammifères de ITndo-Ghin e,M. Méné-
gaux. — 6 mars. Les caoutchoucs en Indo-Chine, .M. le Di Du-
BARD. — 8 mars. Anthropologie de l’Indo-Chine. (Laotiens et
Siamois), M. H.amy. — 13 mars. La minéralogie de l’Indo-Chine,
M. De Romeu. — li* mars. Algues fixées, algues flottantes, leur
importance, M. Mangin. — 20 mars. Les grandes cultures de
l’Indo-Chine, M. Capus, directeur général de l’agriculture en In¬
do-Chine. — 22 mars. Anthropologie de l’Indo-Chine. (Annamites
et Chinois), M. Hamy. — 27 mars. Les mollusques producteurs
de nacre en Indo-Chine, M. Seurat. — 29 mars. Notions pour
la recherche des animaux invertébrés en Indo-Chine, M. Joubin.
— 3 avril. La forêt en Indo-Chine, M. Capus, — 5 avril. Les oi¬
seaux de l’Indo-Chine, M. Ménégaux. — 10 avril. Les moteurs
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64
LE PROGRÈS MÉDICAL
animés aux colonies, M. le Commandant Annet.— ‘ 26 avril. Etat
de nos connaissances sur la flore de la Cochinchine, M. H. Hua.
P' mai. Chimie végétale indo-chinoise. (Plantes textiles alimen¬
taires), L. Bourgeois. — 3 mai. Les Bovins de l’Indo-Chine, P.
Dechambre, professeur de Zootechnie à l’école nationale de Gri¬
gnon. — 10 mai. La Ramie, Henri Lecomte, professeur aux
lycées Saint-Louis et Henri-IV. — 15 mai. Chimie végétale indo¬
chinoise. (Plantes tinctoriales et médicinales), L. Bourgeois. — 22
mai. L’envenimation et son traitement, principalement dans les co¬
lonies indo-chinoises, AchaLmë, directeur du lalioratoire colo¬
nial. — 22 mai. Maladies de l’Indo-Chine, principalement les mala¬
dies qui se transmettent par l’eau, D'' Ci-airac, directeur du ser¬
vice de santé du corps d’armée des troupes coloniales. — 29 mai.
Maladies de l’Indo-Chine, principalement les maladies qui se
transmettênt par l’eau {suite), Dr Clarac, directeur du service
de santé du corps d’armée des troupes coloniales. — 31 mai. Plan¬
tes alimentaires de l'Indo-Chine (légumes et fruits). Bois.
Chronique des hôpitaux.
Hospice de Bicêtre. {Fondation Vallée). — M. Bourneville
Visite du service (gymnastique, travail manuel, écoles, et présen¬
tation de malades) le samedi à lOh. très précises. Consultations
médico-pédagogiques gratuites pour les enfants atteints de mala¬
dies du système neiveux, le jeudi à 9 h. 1/2.
Clinique d’accouchement Tarnier. — Professeur P' Budin.
— Tous les mardis à 9 heures : Leçons de clinique obstétricale.
Tous les samedis à 9 heures, Leçons sur l'allaitement et l’hygiène
du nourrisson.
Hôpital de la Charité. — Leçons de clinique obstétricale. —
M. le Dr Maygrier (amphithéâtre Potain), le jeudi à 10 heures.
Hospice de la Salpétrière. (Clinique mentale et nerveuse).
— M. le Dr J. 'Voisin, lejeudià lOheures.
Hôpital Laennec. — M. le Dr E. Barié : Leçons de clini¬
que et de thérapeutique sur les maladies du cœur, le mercredi à
10 heures.
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L’enfant, revue mensuelle illustrée consacrée à l’étude de tou¬
tes questions relatives à la protection de l’enfance. Directeurs-ré¬
dacteurs en chef, MM. Henri Rollet et Jacques Teutsch. 13, rue
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Médecine, 23 mars 1897, 8 mai 1898). L'extrait de ces Mémoires
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3 FÉVRIER 1906
Le Progrès Médical
SOMMAIRE : Clinique chirurgicale : Phlegmon sus-hyoïdien
médian consécutif à la discision amygdalienne, par Dubar. —
Thérapeutique : Action de l’iode et des iodiques, par Nigoul.
— Bulletin : Cliirurgien d'hôpital et commission administra¬
tive hospitalière ; La définition de l’exercice illégal de la méde¬
cine, par J. Noir. — Sociétés Savantes : Académie des Scien¬
ces : Sur l’acide glycuronique dans les globules et dans le sérum
du sang, par Lépine et Boulard (c. r. de Phisalix.) — Société de
biologie : Hémolyse et cholémie expérimentale chez le chien,
• par Froin ; Liquide d’hydatides d’aspect séreux avec éosino¬
philie du dépôt, par Sabrazés ; Nature graisseuse de l’opales-
. cence du sérum sanguin, par Gilbert et.Iomier ; Cirrhoses alcoo¬
liques, par Carnot et Ancel ; Dosages de petites quantités de
chloroforme, par Nicloux ; Oralité de l'enseignement, par Bon¬
nier ; Coloration des sphirocètes, par Lovaditi et Manouélian :
Trypanosome des poissons, par Brumpt (c. r. de Mme Edvvards-
Pilliet.f — Academie de Médecine: La mortalité tuberculeuse,
par Kelsch ; Epuration des eaux potables, par Kermorgaiit : Le
mycétome, par Blanchard (c. r. de A. -F. Plicque.l — Société
■ Médicale acs Hôpitaux : Cas de pseudo-hermaphrodisme mas¬
culin, par de Beurmann et lloubinovitch ; Méningite tubercu¬
leuse à forme somnolente de la première enfance, par Lesage et
Abrami ; Septicémie à tétragènes, par Roger et Trémolières ;
Estomac en sablier (sténose médio-gastrique), par Lion(e. r. de
Friedel.) — Société de Médecine de Paris : Rapport snr les
titres et travaux de M. le docteur Dias Amado, de Lisbonne,
candidat au titre de membre correspondant étranger, par Buret
(c. r. do Buret.) --- Revue de chirurgie : De la phlébite vari¬
queuse, par Etienne. — Hygiène hospitalière : Prophylaxie et
traitement de la tuberculose dans les asiles d’aliénés, par Briand.
— Bibliographie : Nouveau traité de médecineet de thérapeu¬
tique, par Brouardel et Gilbert ; Guide pratique pour l’essai
des médicaments, par Goupil et Rroquiii ; Recherches histori¬
ques sur les fractures dans la part faite au massage et à la mo¬
bilisation, par Guermonprez. — Varia. — Les congrès. —
Formules. — Actes et thèses de la faculté de méde¬
cine de Paris.^ — Thérapeutique : Action de l’hélénine sur
le bacille de la tuberculose. — Nouvelles. — Chronique des
hôpitaux. — Enseignement medical libre. — Bulletin biblio¬
graphique.
CLINIQUE CHIRURGICALE
Phelgmon sus-hyoïdien médian consécutif à la
discision amygdalienne (1) ;
Par le D- DUBAR, de Paris.
Laryngologiste du Dispensaire de la Maison-Blanche.
A la Clinique, le 16 avril 1903, se présente une
femme âgée de 54 ans, ancienne marchande des quatre-
saisons, retirée des affaires, recommandée par son mé¬
decin, le docteur Thoumas, qui me prie d’examiner le
pharynx et ses dépendances.
Dans son passé, rien de spécial. D'une santé robuste
d’un embonpoint sérieux, le teint couperosé, une voix
rauque qui ne manque pas de trahir son origine pro¬
fessionnelle, elle se rappell^voir beaucoup et fréquem¬
ment souffert de la gorge dans son enfance. Depuis
lagedc 20 ans, ses tourments |Ont disparu, mais depuis
trois ans, elle a fait trois abcès dans la gorge. L’ouver¬
ture s’est faite spontanément, après des souffrances pé¬
nibles, et d’une durée de cinq à huit jours.
11 y a trois semaines elle a été reprise d’un nouveau
mal de gorge qui a été une simple poussée inflamma¬
toire n’ayant pas abouti à la suppuration.
A l'examen, on constate une rougeur diffuse de toüt
l’isthme pharyngien. i
L’amygdale droite est hypertrophiée, cryptique^ il
existe à la partie antérieure un replis de His très déve¬
loppé, et l’exploration des cryptes permet d’extraire des
masses caséeuses très fétides.
L’amygdale gauche est volumineuse, cryptique, infec¬
tée également.
L’amygdale linguale participe à l’hypertrophie et à la
rougeur diffuse.
L amygdale pharyngée est mamelonnée, recouvertes
de mucosités.
Le larynx présente deux cordes vocales à surface
rugueuse, dépolie, notablement épaisses, faisant immé¬
diatement songer aux « p’tits pois, p’tits pois » et aux
'< belles poires » lancés K » toute corde » selon les sai¬
sons.
Les fosses nasales sont libres et la respiration se fait
(1) Communication faite à la Société de Médecine.
facilement, bien qu’il existe un éperon qui obstrue la
fosse nasale gauche dans sa portion inférieure.
Je propose la discision des amygdales; qui est ac¬
ceptée, et après avoir réalisé, au préalable, l’asepsie
naso-bucco-pharyngienne par des gargarismes, des bains
de bouche et des applications de pommade dans les fos¬
ses nasales,je pratique la première séance de morcelle¬
ment à droite, après quelques attouchements avec une
solution de cocaïne à 10 %.
Aucune hémorragie ne se produit ni pendant l’opé¬
ration, ni secondairement. Les soins précédemment in¬
diqués sont continués scrupuleusement et régulière¬
ment, dit la malade.
Après quatre séances, dont deux pour chaque amyg¬
dale, les résultats sont satisfaisants.
— Après la dernière séance — pratiquée à droite et
pendant laquelle de nombreux dépôts caséeux sont
exprimés parla pince à morcellement — la loge amyg-
daiienne droite est complètement curetée.
Le 1'”^ mai au soir, le jour même de la dernière in¬
tervention, se produit une ascension thermique, la ma¬
lade est altérée, les lèvres sèches, le cou devient dou¬
loureux au palper, la bouche s’ouvre difficilement le
thermomètre marque 38". Abattement, céphalée, nuit
agitée, pas de sommeil.
Le 2 au matin, on constate que la cavité buccale est
remplie de mucosités ; adhérentes la bouche s’ouvre plus
difficilement encore, la plaie amygdalienne a cepen¬
dant un aspect normal ; il existe une petite surface gri¬
sâtre, normalement observée, le cou est douloureux,
augmenté de volume ; les ganglions angulo-maxillaires
sont à peine sensibles à l’e-xploration digitale et n’ont
pas augmenté de volume.
Température le soir, 38'’2 : régime lacté.
Le 3, l’état de la cavité buccale reste le même ; le cou
devient volumineux ; la région sous-maxillaire n’est
pas douloureuse, mais la région médiane est très sensi¬
ble. 11 existe un point douloureux au niveau de la ligne
médiane, l’empâtement à ce niveau est profond et il
est impossible de reconnaître exactement les détails
anatomiques de la région. Des pansements humides
sont appliqués sur la région maxillo-hyo'idienne.
Le 4, môme état, et le 5 l’examen fait percevoir les
signes d’une collection sus-hyo’idiennc.
Une incision est pratiquée sur la ligne médiane
66
LE PROGRÈS MÉDICAL
descendant de la pointe du menton au -devant du larynx
et longue de six centimètres. On pénètre dans une col¬
lection abondante de pus qu’on peut évaluer à un verre
ordinaire. L’exploration à la sonde cannelée montre
qu’il y a des décollements profonds et lointains s’éten¬
dant à droite et à gauche, latéralement.
Le 20 mai, la malade était complètement guérie ; les
pansements ont été très simplement appliqués, selon
les règles de la clinique générale. Pansements humides
et drainage avec une mèche de gaze iodoformée.
11 s'agit donc ici d'un phlegmon localisé de la région
sus-hyoïdienne et siégeant sur la ligne médiane, con¬
sécutif à la discision des amygdales.
C’est là, nous semble-t-il, un fait assez curieux tant
au point de vue étiologique qu'au point de vue anato¬
mique et clinique.
Au point de vue dïïoZo^r/g'wejl’origine d’une collection
suppurée, survenant à la suite d'une intervention ra¬
dicale faite dans les conditions d’asepsie et d'antisepsie
voulues et observées, est des plus rares à notre connais¬
sance et il ne nous a jamais été donné de l’observer.
Autant est fréquente la réaction ganglionnaire sous-
maxillaire, autant est rare la formation d’un véritable
abcès dans les interventions de cette nature.
Au point de vue anaiomiqice, nous savons tous que
l'ensemble des formations du tissu adénoïde constitue
à l’entrée des voies digestives et respiratoires une pre¬
mière ligne de défense contre l’invasion microbienne.
Ce cercle, c’estl’anneau de Waldeyer,quiest doublé par
un autre cercle ganglionnaire tributaire duréseau lym¬
phatique-pharyngien et distribué de telle façon que
les ganglions intra-pharyngiens de Gillette relèvent des
lymphatiques intra-pharyngiens ; les ganglions sous-
angulo-maxillaires de Chassaignac relèvent des amyg¬
dales palatines et les ganglions sous-maxillaires médians
des autres régions du pharynx et en particulier de
l’amygdale linguale.
La localisation de l’abcès dans la région sus-hyoï¬
dienne ne peut donc s’expliquer que par la puissance des
anastomoses.
Au point de vue clinique, la formation de cet abcès
peut s’expliquer par la mise en liberté des microbes oi.
de leurs toxines contenues dans les cryptes infectées
et arrêtés dans leur passage à travers la deuxième ligne
de défense représentée par les ganglions dont la fonc¬
tion phagocytaire n’a pu triompher de l’infection.
La destruction d’un foyer de suppuration non isolé,
non fermé — comme c’est le cas dans les amygdalites
chroniques — expose l’organisme à ces accidents et
l’on peuts'étonner qu’ils se produisent avec tant de ra¬
reté.
Un four crém.a^toire a duon. — Le conseil municipal de Dijon,
au cours de sa dernière séance, a voté une somme de GÜ.ÜÜO francs
pour la construciion et l'installation d’un four crématoire dans le
cimetière de la ville, appelé cimetière des Péjoces. C'est le qua¬
trième appareil d’incinération que l'on trouvera en province : déjà
Rouen et Reims en possèdent chacune un en fonctionnement et l'on
en construit un à Marseille. Le fonctionnement de l’appareil d’inci¬
nération du cimetière du Père-Lachaise, à Paris, dans l.tquel qua¬
tre-vingt mille corps ont déjà été incinérés, a permis d’étudier les
installations de ce genre avec tout le soin voulu.
N A RC Y L G RÉMY médicament spécifi¬
que de la toux, spécialement de la toux des tu¬
berculeux.
THÉRAPEUTIQUE
Action de l'iode et des iodiques
{Au sujet de la communication sur les iodiques faite a-
l'Académie de médecine par le Prof. Poi chkt.)
Par le D' M. Nigoul,
Médecin en chef du Dispensaire de la Préfecture de la Seine.
Ayant publié déjà dansle Progrès médical (n° 40, 190.').
une étude clinique complète du vasogène iodé, la commu¬
nication que M. le Professeur Pouchet a faite dernière¬
ment sur lesiodiques à l’Académie de Médecine (1) nous
a particulièrement intéressé. C’est en quelque sorte le ré¬
sumé et les conclusions de son propre cours professé pen¬
dant le semestre d’hiver 19 id-Ü.") à la Faculté de Paris (2).
L’étude pharmacologique de ces remèdes si usités en
médecine, est renfermée dans ses leçons éditées par O.
Doiji, et le praticien même peut y trouver d’utiles ren¬
seignements.
Entre l’iode naturel, les iodures, les composés organi¬
ques iodés et les substances albuminoïdes iodées natu¬
relles telles que l'iodotliyrine, M. Pouchet prend parti ;
il préfère les iodures et parmi eux l’iodure de potassium.
Le professeur expose sa manière de voir sur le mécanis¬
me de l’action médicamenteuse des iodiques. Pour qu’ils
puissent agir d’une façon énergique sur l’économie, ils
doivent, dit-il, <1 solliciter l’intervention des humeurs par
une sorte d’ébranlement, de mise en train due à la double
décomposition que ces sels doivent subir après leur ab¬
sorption « . Ce serait en impressionnant le protoplasma
cellulaire par ces actes chimiques intérieurs que les io -
diques auraient leur véritable action. Or, l’iodure de po¬
tassium en particulier est l'objet de cette double décom¬
position : il se transforme d’abord en iodure de sodium
organique . et celui-ci se décompose' ensuite en mettant de
1 iode en liberté.
La supériorité thérapeutique des iodures minéraux ré¬
siderait donc et avant tout dans ce fait que l’ébranlement
moléculaire et l'activité vitale des cellules sont rendus plus
puissants grâce à eux, tandis que les préparations organi¬
ques sont moins diffusibles et favorisent dès lors beau¬
coup moins la pénétration intime de l’économie par l’iode.
On avait pensé cependant, en administrant ces com-
Fosés organiques artificiels , éviter les inconvénients de
iodure sur l’estomac et l’état général. Mais M. Pouchet
distingue à ce point de vue entre les composés organi¬
ques renfermant une grande quantité d’iode, et ceux plus
nombreux qui en contiennent une faible proportion. Or
les premiers possèdent les inconvénients de l’iodure mé¬
tallique. Dans toutes les expériences, en effet, la sensi¬
bilité du sujet envers l’iode a été presque identiquement
la même à dose égale d’iode pour toutes les préparations
organiques et minérales. Dans le second cas, au contraire
il y' aura moins à craindre l’iodisme parce que ces prépa¬
rations résistent beaucoup moins aux influences décom-
j)osantesde l’organisme et c’est précisément parce que ces
dernières combinaisons organiques ont une décomposi¬
tion lente et progressive, que nous pouvons par elles
soumettre les malades à une action de l'iode uniforme
et plus persistante.
Ainsi donc, voilà en présence les iodures alcalins et les
composés organiques artificiels. Les premiers ayant une
action curative plus énergique parce qu’ils portent au
plus haut point l’activité moléculaire des cellules, gi’âce
aux diverses transformations qu’ils subissent. Les se¬
conds moins énergiques peut-être, mais permettant une
action uniforme plus persistante de l’iode et pouvant éloi¬
gner les possibilités d’iodisme.
Eh bien ! il existe dans la thérapeutique actuelle un io-
di(jue particulier qui n’entre pas dans le groupe des io-
/ 1) .Séanro du 26 lléccmbrp 1005.
(2) Voïv l'iode et les iodiques, Doin. édileiir Ihiris. lOOC,
J
LE PROGRÈS MÉDIGÀL
dures minéraux, qui n’est pas non plus un composé or¬
ganique artificiel et qui cependant réunit les avantages
et les qualités de l'une et de l’autre de ces préparations.
Ce corps est l'iodosol. Il est constitué par une solution
de ti gr. d'iode métallique dans lüO gr. de vasogène, hy¬
drocarbure oxygéné.
Je dis qu il est aussi actif que l’iodure ordinaire, et en
efiet si l’on envisage le mécanisme des transformations
subies par l’iodure et qui lui donnent, d’après Pouchet.
toute sa puissance, on remarque que ce mécanisme est
le même pour l’iode du vasogène.
L’iodure de potassium arrivé dans l’économie produit
aussitôt i’'® transformation) un iodure de sodium organi¬
que, i)uis (2‘ transformation) cet iodure dégage de 1 iode
et il se forme des iodalbuminates organiques qui circu¬
lent et vont imprégner les éléments anatomiques ; alors
commence l'action physiologique de l'iode.
L iode du vasogène "forme lui aussi dès sa pénétration
dans l’économie un iodure de sodium organique ( 1 trans¬
formation) et à son tour, cet iodure abandonne son iode
en formant (2'" transformation"! un iodalbundnate organi¬
que circulant et imprégnant les tissus. Il n y a comme
différence entre les deux mécanismes que la mise en li¬
berté du jjotassium dans un cas et son absence dans l’au¬
tre. Or l'action du potassium peut jiarfois être dange¬
reuse et « peut même effacer complètement celle de l’io¬
de » (Pouchet i. Ainsi donc, des deux parts, même double
décomposition et par conséquent mêmes effets dynami¬
ques sur les cellules vivantes, même excitation de leur
pouvoir chimiotactique. Et je dis encore que l’iodosol
n’offre pas plus les dangers d’iodisme que les préparations
organiques artificielles. Aous ferons remarquer d’abord
qu'avec sa teneur en iode de 6 % , l’iodosol ne saurait être
comparé à la première catégorie des composés organi¬
ques très chargés en iode, mais, bien au contraire, qu’il
se rapproche de la deuxième catégorie, c'est-à-dire des
préparations organiques habituellement employées en
médecine et qui renferment une quantité peu élevée d io¬
de minéral. Or celles-ci ne déterminent pas d’iodisme.
De plus, il est permis d admettre que la combinaison de
l’iode libre du vasogène avec les liquides organiques, pro¬
duit un composé d iodure de sodium organique naturel,
moins toxique que les produits organiques artificiels in¬
troduits dans l’économie.
Nous connaissons, en outre, 1 importance du mode d’in¬
troduction du remède au point de vue de sa toxicité et
souvent l’état des voies digestives permet la production
de manifestations toxiques, que l’on ne voit pas se réali¬
ser en administrant une égale dose du même comiiosé
par la voie cutanée. Or c’est précisément le cas de l’io-
dosol qui. employé en frictions cutanées, sans jamais dé¬
terminer d’inflammation locale abandonne librement son
iode métallique qui va aussitôt entrer en combinaisons
organiques et sans nocivité Ainsi, au point de vue de
l’action pharmacodynamique, liodosol se rapproche des
iodures alcalins préférés par Pouchet et il se place au-
dessus des composés organiques artificiels. Ceux-ci, en
effet, voulant livrer àl économie une préparation organi¬
que déjà faite, calquée sur les propres réactions de l’or¬
ganisme, espèrentla rendre ainsi facilement tolérable,
niais ils ne remarquent pas qu’ils évitent dans une cer¬
taine mesure ces réactions de double décomposition ab¬
solument utiles et qui représentent par leur excitation
cellulaire le mode d’action le plus énergique du médica-
nient. Et au j)oint de vue de l’action toxique, 1 iodosol
est au moins égal aux combinaisons organiques puisqu'il
abandonne comme elles, petit à petit, son iodeau fur et à
mesure des besoins de 1 économie et ([ue, de plus, il est
passible de la médication externe.
Ea clinique, d’ailleurs, nous prouve la vérité de ces as¬
sertions. Car aussi bien que l’iodure ordinaire, le vaso
gene iodé nous adonné de bons résultats dans les cardio-
Pathie\\ les affections vasculaires, l' artériosclérose,
‘Emphysème, les adénites e/c... La pression
Vasculaire subit un abaissement ai)préciablc surtout dans
C artériosclérose et les hypertrophies cardiaques. La res¬
piration de l’asthmatique devient plus aisée, les expecto¬
rations se fluidifient. Dans la syphilis, l’iodosol est j)rati-
quement supérieur aux autres iodiques parce qu’il per¬
met d'éviter la voie stomacale s’il y a lieu, et de faire ab-
sorber l'iode par des frictions cutanées absolument indo¬
lores et sans danger pour l’épiderme.
Il était à notre avis, nécessaire d’attirer l’attention sur
ce fait très intéressant, qu’il existe dans la thérapeutique
un corps iodé tout aussi puissant que les iodures, tout
aussi tolérable, sinon plus, que les préparations organi¬
ques arti^cielles, et que cependant l'iodosol n’est ni l’un
ni l’autre de ces médicaments. En d’autres termes le va¬
sogène iodé nous offre les qualités de l’iodure sans en
avoir les inconvénients.
BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL
Chirurgien d’hôpital
et Commission administrative hospitalière.
Dans les hôpitaux de petite ville, les chirurgiens ne
peuvent guère être nommés au concours ; ils sont le plus
souvent choisis par la commission administrative hospi¬
talière de la localité. Il semble au premier abord que ce
choix doit avoir pour conséquence des relations amicales
entre médecins et administrateurs. 11 n'en est pas tou¬
jours ainsi. En facteur dissolvant survient, la politique.
El cetic terrible politique est souvent exploitée pardes
confrères envieux qui attendent trop impatiemment la
succession modeste du médecin de l’hôpilal. On entre
alors dans l'èredes tracasseries administratives. Ces tra¬
casseries furent de tous les temps et de tous les régimes.
Nos pères républicains en furent victimes sous
l’Empire et l'Ordre iMoral ; plusieurs de nos confrères,
praticiens consciencieux, bien que conservateurs,
ont souffert de nos jours du zèle intransigeant de
commissions se croyant vraiment républicaines, car
les mots changent de sens avec les circonstances et
les gens. Tout ceci est profondément regrettable; le
rôle des Commissions hospitalières devrait être de bien
administrer les hôpitaux et hospices et non de tra¬
casser leurs médecins en s'ingérant dans leur pratique
avec une incompétence parfois dangereuse et toujours
ridicule. En voici un récent exemple :
Dans une ville qui n'est pas fort éloignée de Paris
existe un hôpital. Un médecin en chef et un chirur¬
gien en chef, assistés d’un médecin-adjoint, en assu¬
rent le service.
Un indigent tuberculeux atteint d’appendicite entra
à cet hôpital pour se faire soigner. Une intervention
fut décidée. Le chirurgien la pratiqua assisté du méde¬
cin-adjoint et d'un autre confrère. Le cas était com¬
plexe, de nombreuses adhérences, la gangrène du
cæcum rendirent l'opération fort laborieuse et le ma¬
lade quelques jours après succomba. Tout ceci est
bien banal, pareils faits malheureux se répètent cha¬
que jour, même dans les meilleurs hôpitaux pari¬
siens; néanmoins cet insuccès opératoire eut un épilo¬
gue. Un délateur (on en trouve actuellement de tous
côtés) pourvu d'une conscience timorée au point d’avoir
tenu à garder l’anonyme, adressa une dénonciation à
la commission administrative, imputant cette mort à
o8
• LE PROGRÈS MÉDICAL
l'audace imprudente de l'opérateur. Heureux de pou¬
voir jouer un tour au chirurgien dont le seul tort était,
croyons-nous, d'être d'une nuance politique plus fon¬
cée, nos bons administrateurs prirent aussitôt la déli¬
bération suivante, sans s'inquiéter de sa portée :
L’an 1905, le ... . décembre, à 9 heures du matin, la commission
administrative de, l’Hospice civil de . s’est réunie au lieu
ordinaire de ses séances sous la présidence de M. X., maire,
Etaient présents : MM. X. président, A. B. C. D. E., adminis¬
trateurs. Comme suite à une remarque faite par M. le président,
remarque motivée par une plainte à lui adressée au sujet d’une
opération dernièrement faite, la commission décide que :
Dans les opérations chirurgicales présentant une certaine gra¬
vité, M. le chirurgien et M. le médecin-adjoint devront se mettre
préalablement d’accord sur la nécessité de l’opération. En cas de
désaccord, ils devront prendre l’avis de M. le médecin chef de
l’hôpital, qui les départagera, ou de tout autre médecin de la
ville, même étranger à l’hôpital, etc.
évidemment, les administrateurs n’ont pas réfléchi
que la plupart. des « opémtious chirurgicales présen¬
tant une certaine gracitê » dans une petite ville assez |
proche de Paris, sont des interventions d’urgence ;
que dans ces cas le chirurgien a besoin de toute son
indépendance et de toute son autorité ; qu’il est quel¬
que peu ridicule d’imposer pour une opération à un
chirurgien en chef la permission de son assistant ; que
ce dernier, fût-il éclairé par toutes les lumières du
Saint-Esprit, peut se tromper, différer d'avis avec le
chirurgien et qu'en attendant le troisième consultant
pour départager les confrères, le malade a le temps de
mourir.
Nous nous permettrons, en outre, de faire remarquer
dans quelle posture dangereuse va se trouver la Com¬
mission administrative s'il survient au chirurgien un
accident mettant en jeu sa responsabilité civile. Jus¬
qu'alors les tribunaux ont été unanimes à ne pas
admettre la responsabilité des administrations hospi¬
talières quand il survient un accident dont la cause
peut être imputée au chirurgien de l’hôpital.
Si les commissions hospitalières se mêlent de dicter
aux médecins et surtout aux chirurgiens leur conduite
p.rofessionnelle, si elles veulent les guider dans leurs
décisions, elles acceptent de ce fait une part de res¬
ponsabilité en cas d’accident. Le chirurgien n'agit pas
librement, il devient un employé placé sous la tutelle
de la Commission administrative. Nul doute qu'en
prenant à la hâte une pareille délibération, cette com¬
mission n'a pas réfléchi aux dangers qu'elle fait cou¬
rir aux malades et à la responsabilité que, bien incons¬
ciemment, elle assume. J. Nom.
La définition de l’Exercice illégal de la médecine.
A propos des poursuites intentées contre un spirite
guérisseur qui traitait toutes les maladies par des évo¬
cations et des impositions de mains, le journal Le
Matin dit :
« Le cas du guérisseur spirite a soulevé un point de
droit intéressant : M. IL, n’ayant jamais prescrit aux
malades le moindre remède, et s’étant borné à faire des
passes et à évoquer des esprits, l'inculpation d'exercice
illégal de la médecine pourra-t-elle être retenue ? Au
Palais, les avis sont des plus partagés. »
Nous ne croyons pas les avis partagés, car ce point
de droit a été délinitivement fixé par la chambre cri¬
minelle de la cour de cassation dans l’audience du 29
décembre 1900. 11 s’agissait d’un pourvoi en cassation
contre un arrêt de la Cour d'Angers acquittant un ma¬
gnétiseur poursuivi par le syndicat médical d’Angers
pour exercice illégal de lamédecine. L’Union des syndi¬
cats médicaux de France soutenait le Syndicat des mé¬
decins d'Angers désirant obtenir la solution définitive
de ce point de droit. La Cour de cassation, considérant
les passes magnétiques comme agents thérapeutiques,
cassa l'arrêt de la Cour d’appel d’Angers et renvoya le
magnétiseur poursuivi devant la Cour de Rennes, où il
fut condamné par un arrêt rendu le 5 mars 1901.
J. Nom.
TABLETTES de STYPTICINE MERCK, à 0,05 ;
5 à 6 par jour comme sédatif ; DYSMÉNORRHÉE,
ou hémostatique : HÈllIlORRHtGlES de toutes sortes, HÉMOPTYSIES.
SOCIÉTÉS SAVANTES
ACADÉMIE DES SCIENCES
Séance du 23 janvier 1906.
Sur Pacide gUjeuronique dans les globules et dans le sérum du
sang.
MM. R. Lépine et Boulard ont montré antérieurement que
dans Je sang du chien à l’état normal, les conjugaisons de
l’acide glycuronique. qui deviennent réductrices seulement
après le cliauflage de l’extrait de sang, en présence d’un acide,
sont localisées dans les globules, de sorte qu'on en trouve une
proportion assez faible, parfois même nulle, dans le plasma
(et le sérum!. Il en est de même dans un grand nombre de
conditions plus ou moins pathologiques, soit chez le chien,
soit chez l’homme, où elles peuvent atteindre, dans les glo¬
bules 25 0 0 de matières sucrées.
Exceptionnellement, l’acide glycuronique paraît faire défaut
dans les globules ; c'est tjuand, pendant la durée de la centri¬
fugation, il est détruit par glycolyse, ce qui prouve que cer¬
taines conjugaisons de cet acide-sont plus facilement glycoli-
sées que le glucose.
1) autre part pendant la centrifugation, il peut se produire
de l’acide glycosurique, et la quantité produite est, dans
dans certains cas, très supérieure à celle qui est détruite par
la glycolyse.
Vinsi.les chiffres d’acide glycuronique trouvés par le dosage
des matières sucrées, soit dans le sérum, soit surtout dans
les globules, ne peuvent être acceptés (pi’après une sévère
critique des conditions de l’expérience, puisqu'ils sont
presque toujours faussés, soit par une destruction, soit par
une production de cet acide, consécutives à la sortie du sang
du vaisseau. ( )utre ces deux causes perturbatrices, il faut aussi
tenir compte de la présence d’une certaine quantité de sérum
dans la couche globulaire.
SOCIETE DE BIOLOGIE ,
■ Séance du ÜO janvier 1906.
Hémolyse et cholémie expérimentale chez le chien.
M. Froin a réalisé une destruction lente des hématies et
des leucocytes dans le système vasculaire du chien en lui in¬
jectant du sérum liémoiy tique du lapin.
In vitro, 1 expérience, avait été faite qui consistait à détruire
parallèlement au moyen de sérum hémolytique du lapin des
hématies, des leucocytes. Dans l'organisme du chien, l’action
a varié un peu ; le chiffre des liématies détruites en 4<S heures
est deu.x fois moindre que celui des leucræytes. Etau bout de
LE PROGRÈS MÉDICAL
ce temps, l’action toxique étant diminuée, il y a hyperleuco¬
cytose sans hyperglobulie.
Ces variations des leucocytes ne dépendent pas de l’ac¬
tion toxique du sérum, et résultent de la désintégration de la
globuline, car des milliers de milliards d'hématies sont sus¬
pendues dans le sang.
Vvec la globulolysc intra-vasculaire, il y a hémoglobinolyse
et cholémie aveccholurie : le pigment biliaire est très abon¬
dant, surtout au début de l'bémolyse.
Liquide d’hydalidcs d'aspect séreux avec éosinophilie du dépôt.
\1. Sabrazès (de Bordeauvi. — Par suite de traumatisme des
parois du parasite, le sang peut s’épancher dans les kystes hy¬
datiques ; il en résulte des phénomènes d’hématolyse, le li¬
quide doit alors sa teinte jaunâtre à la présence d'hémoglo¬
bine ou de pigment biliaire ; le dépôt contient des hématies
déformées, des crochets, des germes echinococciques, des gra¬
nulations diverses ; des corpuscules calcaires, des éosinophi¬
les qui abondent dans l’adventice.
Dans un cas de kyste hydatique du triangle de Scarpa. où
l’on avait pensé à un lympbo-adénocèle ; dans un kyste de la
face convexe du foie, une deuxième ponction ramena un li¬
quide jaune clair, rappelant le liquide de la pleurésie.
Nature graisseuse de l'opalescence du sérum sanguin.
ÔIM. Gilbert et JoMiERont examiné 8 sérums humains pour
rechercher la nature graisseuse de 1 opalescence. Leur méthode
est celle par ceniri;'ugalion du sérum additionné d’éther et
par traitement de la couche supérieure constituant un disque
gélatineux composé d’agrégats de granulations gonflées par
l’éther, qui, étendues d’eau distillée donnent naissance à l’opa¬
lescence. '
Celle-ci est due, au microscope, à la masse de granulations
réfringentes en suspens, analogues aux globules du lait, gra¬
nulations qui noircissent par l’acide osmique. Le sérum aban¬
donné par ledisciue est tout à fait translucideet le fait d’avoir
altéré par l’acide osmique les granulations qui rendaientopa-
lescent le sérum fait conclure à la nature graisseuse de ce
, principe de l’opalescence.
Cirrhoses alcooliques.
MM. P. Carnot et Ancel. — Ayant étudié les îlots de Lan-
gerhaus dans les divers processus morbides, les auteurs ont
noté la fréquence de leur hypertrophie.
Les îlots de Langerhans normaux contiennent de 30 à lOOélé-
ments cellulaires ; dans les cirrhoses alcooliques, atrophiques
ou hypertrophiques, les cellules vont de 200 à 450 ; dans un
cas de cirrhose de Laënnec on a trouvé 1150 à 1500 noyaux
distincts : les îlots paraissent aussi plus nombreux. Et ceci
cadre bien avec les résultats du travail de Lefas sur l’augmen¬
tation du pancréas dans ces cas ; tous pesaient de 130 à 1,50
grammes.
Ces îlots préposés à la sécrétion interne peuvent être rap¬
prochés de l’hypertrophie splénique observée dans les mêmes
conditions.
Dosages de petites quantités de chloroforme.
M. A. Aicloux décrit des méthodes de dosage permettant
au physiologiste et au médecin légiste d’effectuer le dosage de
chloroforme dans l’air, le sang ou un autre liquide
aqueux.
La méthode est simple, rapide et très exacte, permettant de
reconnaître ,50 milligrammes de chloroforme dans 100 cent,
cubes de sang. Après cessation de l’anesthésie, la quantité di¬
minue rapidement.
Oralité de l'enseignement.
M. P. Bonnier a étudié la capacité auditive des élèves des
deux sexes de 5 à 15 ans, la capacité vocale des élèves profes¬
seurs des écoles normales de la Seine. Chez les filles 53 0,0,
chez les garçons (150 0 doivent doubler leur efiort intellectuel
pour comprendre.
•W % des élèves maîtresses, 78 0, 0 des élèves maîtres n ont
P«s d’emblée la capacité vocale nécessaire pour parler sans
efforts ety arrivent facilement dès qu’on leur indique la façon
'Mile professionnellement de porter leur voix.
Coloration des sphirocètes.
MM. Levaditi et Manouélian emploient les procédés de
Bamon et Cajal, modifié par Levaditi pour colorer les spiro¬
chètes des coupes ; mais ce procédé par imprégnation prolon¬
gée du nitrate d'argent est imparfait. La pyridine, substance
pénétrante, imprègne rapidement tous les spirilles de Schau-
dinn ; le bain d’argent puis le réducteur (acétone et acide
pyrogallique), racourcissent le temps d’imprégnation et de ré¬
duction.
Trypanosome des poissons.
M. Brumpt a précisé l’espèce des trypanosomes'des poissons.
Le sang des poissons est aspiré par des sangsues et c’est dans
les hirudinées que se termine l’évolution du trypanosome.
E. P.
ACADEMIE DE MÉDECINE
Séance du 30 janvier.
La mortalité tuberculeuse.
M. IvELSCH montre que, dans l’armée, où cependant la statis¬
tique comprend non seulement la mortalité, mais la morbi¬
dité, le nombre exact des tuberculeux n’est pas connu. La
même difficulté se rencontre dans les armées étrangères: tous
les chiffres donnés sont inférieurs à la réalité. On ne saurait,
en outre, comparer au contingent français le contingent alle¬
mand. Celui-ci est l’objet d une sélection plus rigoureuse. Il
s’épure, en outre, à jet continu après l’incorporation.
M. Landoi zv rappelle (pie, même à Paris, la cause exacte
de la mort n’est pas indiquée pour 27,9 "/o des décès. 11 rap¬
pelle les résultats de son referendum préparé avec le D'' Weill-
Mantou et adressé à 9.C00 médecins. La tuberculose paraît
un peu partout augmenter. Dans les deux principales villes de
province, sur un total de 47.490 décès, 10.178 ont été inscrits
sous la rulirique « autres causes ». Dans les villes de moyenne
importance, comme Roanne, sur 34.000 habitants et 72.'J décès,
la statistique indique 74 décès tuberculeux, 342 pour «autres
causes » et 20 pour cause inconnue. Il en est ainsi à peu près
partout : à Nanterre, plus de la moitié des décès échappe à
toute information.
M. Landouzy ajoute qu’il ne faudrait pas croire que la
tuberculose fasse peu de ravages dans les campagnes. C’est
une erreur : un village peut rester indemme, mais une fois
qu’il est contaminé, c’est pour longtemps, car on y pratique
peu l’hygiène et on ignore la désinfection. La contamination
s’y produit par les soldats qui reviennent au pays, atteints
de bronchite chronique, ou par les ouvriers des villes, et s’y
entretient par l’alcoolisme et le manque de propreté.
M. Landouzy termine en proposant à l’Académie d émettre
un vœu invitant le ministre de l’intérieur à prendre les me¬
sures voulues pour nous donner des statistiques capables de
nous renseigner aussi exactement que possible sur l’état sa¬
nitaire du pays et spécialement sur la tuberculose.
M. Chauffard croit que la statistique, malgré ses lacunes,
précise déjà les conditions sociales qui provoquent la tuber¬
culose. Certaines maisons sont déjà de véritables foyers. Tout
dernièrement une tuberculeuse soignée dans le service de M.
Chauffard avait occupé pendant vingt ans comme concierge
une loge où son mari et ses dix enfants étaient morts de tuber¬
culose. Jamais, par un véritable crime social, il n’y avait eu
de désinfection. Un jugement récent de la 7“ chambre oblige
les parents d’un tuberculeux mort dans un hôtel à payer les
frais de désinfection. A défaut de déclaration obligatoire, il y
là un progrès réel. Mais la déclaration serait indispensable,
au moins en cas de décès.
M. A. Robin admet aussi futilité de la déclaration obliga¬
toire et surtout de la désinfection après décès. (.juelle que soit
la valeur de la statistique il a tenu à démontrer deux choses:
la première, c’est que l’avantage indiqué en faveur de l’Al¬
lemagne n’existait pas en réalité ; la seconde, c’est que les
moyens aux»iuels on attribuait la di minution de la tubercu¬
lose chez nos voisins n’étaient pour rien dans cette affaire.
11 est certain qu’il y a des fuitesdans les chiff res représentant
la tuberculose, mais je ne sais d’où elles proviennent. No¬
tamment, le chiffre des bronchites chroniques et celui des
70
LE PROGRÈS MÉDICAL
maladies de cause inconnue ou mal définies a tendance à dé¬
croître en même temps que le nombre des tuberculoses a di¬
minué. Ce n'est donc pas là que s’abritent les tuberculoses.
M.\ allin signale l’utilité qu’il y aurait, comme dans la sta¬
tistique de Paris, à classer les tuberculoses par régions. Dans
la statisti((ue anglaise, toutes les tuberculoses sont englobées
sous la rubrique de phtisie ce qui, pour l’observateur non pré¬
venu augmente la fréquence des tulierculoses pulmonaires.
La suite de cette importante discussion continuera mardi
prochain.
Epuration des eaux potables.
M. Kermorgant présente un travail de -VL l.ambert, phar¬
macien des troupes coloniales, sur un nouveau mode d’épu¬
ration des eaux parle permanganate.
Le mycétome.
M. Blanchard lit un rapport sur un travail de MM. Nicolle
et Brunswic-le-Bihan, sur un cas de mycétome en Tunisie.
A. -F. Plicque.
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAL \
Séance du '26 janvier 1006.
Cas de pseudo- hermaphrodisme masculin.
MM. DE Beurmann et Roubinovitch présentent un sujet, âgé
de iO ans quia les caractères d’une femme : figure imberbe,
chevelure abondante et fine : peau fine et glabre, voix fémi¬
nine, mamelles très développées, cambrure lombaire très accu¬
sée, bassin élargi.Les organes génitaux externes sont ceux d'un
homme (verge de 4 centimètres et gland, scrotum bifide, pré¬
sence de testicules dans chaque sac, hypospadias.)La masturba¬
tion produit un liquide sans spermatozoïdes. Cet androgyne gy-
nécomaste est un pseudo-hermaphrodite héréditaire : un oncle
et une tante maternels présentent le même difformisme sexuel.
Dégénérés dans la famille. Le sujet lui- même est un érotique
cérébral, s’adonnant à l’onanisme et recherchant infructueu¬
sement le commerce des femmes. Ce cas est intéressant : l»par
lecôté médico-social, le sujet revendiquant un changement de
son étatcixil(il est inscrit comme étant du sexe féminini2® par
la parenté (jui relie étroitement le pseudo-hermaphrodisme
à la dégénérescence physique et mentale i psychopathies sexuel¬
les) ; 3° par l'azoospermie étant probablement la cause des
caractères féminins du sujet. Une opothérapie sera essayée.
Méningite tuberculeuse à fome somnolente de lapremib't
enfance.
MM . Lesage et Abrami ont pratiqué systématiquement la
ponction lombaire chez tous les nourrissons présentant des
troubles méningés quelconques ; ils ont examiné à l'autopsie
les méninges et le système nerveux, et fait l’inoculation au
cobaye. Us ont été frappés de la fréqusnce considérable de
la méningite tuberculeuse, et par le tableau clinique, qui ne
fut classique qu’en quatre cas sur 2!) ; dans 25 cas tous les
symptômes classiques furent absents. Par contre les auteurs
ont mis en évidence un syndrome particulier caractérisé par:
1" une somnolence progressive et continue ; 2° une catalep¬
sie oculaire précoce; 3» une instabilité du pouls et la dissocia¬
tion du pouls et de la température ; 4" un amaigrisse ment
précoce continu et progressif, différent de l’amaigrissement
brusque consécutif aux diarrhées graves.
Examen cytologique: lymphocytose ;'7 fois présence du ba¬
cille de Koch.
Inoculation : toujours positive. Examen nécropsique :
rareté de la granulie méningée, méningite de la base (chi-
asma et protubérance) nodules tuberculeux anciens dans la
substance cérébrale.
Pour les auteurs cette forme somnolente est beaucoup plus
fréquente que la forme classique et doit être dépistée par les
symptômes cardinaux sus indiqués.
Septicémie à tétragènes.
MM. 11. Roger et Trémolières ont observé, chez un homme
atteint de purpura rhumato'ide, la présence à l'état pur d’un
tétragène analogue à ceux déjà décrits, qu’ils ont appelé Te-
tragenus ruber pour indiquer la coloration rouge que donne sa
culture sur pomme de terre. Ce tétragène est bien la cause des
accidents observés, car ses cultures sont rapidement aggluti¬
nées par le sérum du malade.
Lucas semblable publié par Chauffard et Ramond, confir¬
me avec celui-ci la tendance (ju’ont les infections à tétragè¬
ne à envahir les articulations, les plèvres et à provoquer en
même temps des éruptions cutanées. En général, c’est au ni¬
veau et au pourtour de la bouche et du pharynx que ce mi¬
crobe exerce son action nocive : abcès dentaires, angines ;
mais il peut envahir les voies respiratoires (broncho-pneumo¬
nies, pleurésies! le péritoine, l’intestin et le sang.
Estomac en sablier (sténose mëdio-gastrique.)
M . Lion refait à propos d'une malade de son service opérée
pour sténose pylorique qui était en réalité une biloculation,
l’histoire de l'estomac en sablier. On décrit deifx variétés de
biloculation suivant que la sténose médio-gastrique est com¬
plète ou non. Sous la première variété qui simule une sténose
pylorique on observe : 1“ une ectasie paradoxale (clapotage
après tubage ou lavage) ; 2“ après lavage complet, jusqu'à li¬
quide clair un deuxièmelavage ramène de nouveau un lûïuide
trouble. Bouveret ajoute à ces signes: l’insufflation remplit
d'abord la première, puis la deuxième poche ; l'obstruction
médio gastrique peut être provoquée par les aliments et on
peut prendre la tumeur ainsi formée pour une tumeur de la
rate ou du lobe gauche du foie. Friedel.
SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DE PARIS
Séance du 27 janvier 1906. — Présidence de M. Berne,
Vice-Président.
La séance est ouverte à 4 h. 45.
M.le Président annonce que notre collègue, M.Coudray,
et M. Simon, membre correspondant de Buends-Ayres
viennent d’être nommés chevaliers de la Légion d’hon¬
neur. Il les félicite chaleureusement au nom de la So¬
ciété.
Correspondance imprimée. — Journaux et revues ordi-.
naires. Un nouveau journal : La Ligue nationale contre
l’alcoolisme.
Correspondance manuscrite. — Lettres de MM. Monel,
Rougon et Leudet s’excusant de ne pouvoir assister ni a
la séance, ni au banquet.
Rapportsur les titres et travaux de M. le Docteur Dias
Amado, de Lisbonne, candidat au titre de membre
correspondant étranger ;
Par M. Buret.
Messieurs,
Le docteur Dias Amado, de Lisbonne, qui est candidat au
titre de membre correspondant, nous a adressé, à l’appui de
cette candidature, un travail inédit, étayé de sept observations
fort intéressantes. Frappé des résultats obtenus par le D'' Mo-
niz, d’Aragon, dans le traitement des maladies cutanées et sy¬
philitiques, par des extraits de plantes de la flore brésilienne,
il a voulu contrôler ces résultats sur des malades de sa clien¬
tèle et ce sont ces observations qu’il nous envoie aujour¬
d’hui.
Je vous ai déjà parlé de ces plantes dans un précédent rap¬
port : il n’y a donc pas lieu de revenir sur leur classification
en botanique et leurs noms indigènes ; je me bornerai à vous
rappeler le nom scientifique des trois espèces employées par
le médecin portugais. Ce sont la franmem imi//ora, la è>-
coma speciosa et leJacaranda lanijoliata, qui ont servi ensem¬
ble à préparer l’extrait administré aux malades. Nous citerons
brièvement les cas les plus intéressants.
Une veuve de 47 ans, ayant des antécédents héréditaires au
poiiit de vue de la tuberculose, est atteinte en 1903, d’éléphan-
tiasis de la vulve. C’est une scrofuleuse, portant des cicatri¬
ces d’adénites cervicales suppurées. L’hypertrophie des gran¬
des lèvres empêcliait la malade de s'asseoir et elle fut consi¬
dérée comme inopérable par leD’’ Cabéça,un des plus grands
cliniciens de Lisbonne. A titre d’essai, l’extrait de plantes lui
LE PROGRÈS MÉDICAL
71
fut administré à la dose de trois cuillerées à potage par jour. ,
Amélioration notable au bout de 3 mois ; guérison médicale
en 1905, c’est-à-dire en 2 ans. — Une blanchisseuse de37 ans
qui était dans le même cas, en 1904, fut guérie en 14 mois.^
Une marchande de poisson, de 32 ans, était atteinte, à la
Jambe gauche, d’ulcères gommeux qui alfectèrent bientôt une
allure serpigineuse inquiétante à ce point qu'une amputation
fut proposée à l’hôpital San José, de Lisbonne. Guérison en un
an par l’extrait de plantes, ainsi qu’en témoignent les photo¬
graphies. Une autre malade, de 33 ans, dont les photographies
sont également jointes à l’observation, avait des gommes ul¬
cérées de la face, que le traitement mercuriel n'avait pas
améliorées. Llcérations profondes, perte de substance, pus
fétide, nécrosCj séquestres du maxillaire. Radicalement gué¬
rie après 6 mois de traitement.
Unhérédo de 5 ans, couvert de syphilides pustulo-crusta-
cées rebelles aù mercure, est guéri en un mois. Un autre hé-
rédo, de 18 mois, atteint d impétigo et de coryza syphiliti¬
ques rebelles, est guéri en 8 mois. Ces deux malades ont été
également photographiés.
, Le docteur Dias Amado a expérimenté l’extrait des plantes
citées plus haut dans le traitement de nombreux malades pen¬
dant une période de quatre ans. Il a pu observer l’eflicacité
absolu de ce traitement dans les dermatoses et pendant tou¬
tes les phases de la syphilis. Il n’a pas constaté de troubles
gastro-intestinaux.
Nous nous bornerons à former de nouveau le vœu que les
douanes franc, aises laissent enfin passer les extraits de plan¬
tes brésiliennes que M. Moniz d’Aragon veut bien mettre à la
disposition des expérimentateurs. .Si réellement ces plantes
ont de telles propriétés — car nous ne pouvons pas supposer
que leur efficacité soit limitée au Brésil ou au Portugal — il
nous tarderait de voir ce qu’elles pourraient faire sur des
Francjais. et nous serions parmi les premiers a en proclamer
les résultats.
Aotre candidat, M. le D'' Dias Amado, qui a le grade de
pharmacien de l'° classe, est un syphiligraphe réputé de Lis¬
bonne. Il a été lauréat de l'Université Royale de Coïmbre ;
actuellement, il est membre de l'Institut de Lisbonne, de
l’Académie de Pernambouc. de l’Institut de Bahia. etc. Nous
citerons, parmi ses principales publications : Contribution à
V étude des maladies du sançj ;La Thérapeutique rationnelle, etc.
Ln ouvrage, actuellement sous presse, a pour titre : Les pé¬
riodes contagieuse et organiques de la syphilis et leur traite¬
ment.
Ces renseignements concernant notre confrère portugais
nous donnent la preuve qu’il est estimé dans son pays comme
un homme de haute valeur et que sa réputation a pénétré
dans les pays voisins. J’estime qu’il sera une e.xcellente re¬
crue pour notre Compagnie, et je vous propose, au nom de la
Commission, de l’admettre comme membre correspondant à
titre étranger.
M. Tissier fait observer que M. Moniz d’Aragon pour-
Tait, pour éviter les droits de douane et surtout les dif¬
ficultés, adresser ses produits àlVI. le professeur de bo¬
tanique de l’École de Pharmacie de Paris.
M . le Secrétaire Général répond qu’il en avisera no¬
tre collègue, en ce moment à Lisbonne.
Les conclusions favorables du rapport sont mises aux
voix et adoptées ; le vote aura lieu dans la prochaine
séance.
^L le D" B.arbaüx présente, au nom de M. M.arik, une
série de pièces osseuses.
1° La première pièce concerne un demi-bassin d’idiote
{côté gauche).
La malade, enfant trouvée, alitée, gâteuse, incapable
de renseigner, mourut à l’asile avec une rétraction du
membre inférieur qui était en adduction forcée et rejeté
sur la cuisse du côté opposé, fortement rapproché de la
partie inférieure du tronc. (Décès par entérite tuber¬
culeuse.'
A l’autopsie, ontrouve une synostose fémoro-iliaque,la
cavité cotyloïde antérieurement soudée avec la tête fémo-
l'ale et des ponts osseux reliant le corps du fémur au pubis, à
travers les muscles dégénérés et les téguments adhérents
par soudure semblable à celles qui suivent certaines
brûlures ; pas de renseignements sur la possibilité d’ac¬
cidents coxalgiques antérieurs, pas de lésion localisée
unilatérale de l’hémisphère correspondant. Idiotie mi¬
crocéphalique par dégénérescence tuberculeuse diffuse
de l’encéphale. — Pas de tubercules pulmonaires.
2“ La deuxième pièce concerne un os iliaque de dément
sénile, alité, gâteux, mort cachectique, et présentant à
l’autopsie des traces d’altérations anciennes de l’os ilia¬
que, pouvant se rapporter à une ancienne suppuration os-
téo-myélitique, ou à une altération sénile comparable au
morbuscoxœ senilis. (La tête fémorale atrophiée corres¬
pondant à la cavité cotylo’ide altérée a été perdue.) (Ra¬
mollissements anciens des deux hémisphères.)
La Société se constitue en Comité secret pour enten¬
dre quelques orateurs relativement au rejet du projet
de modification de statuts dans la dernière séance. A
l’unanimité, on vole l’opportunité d’une note explicative
que le Secrétaire général adressera officiellement à la
Société Médico-Chirurgicale.
La séance est levée à 6 h. 30.
Le Secrétaire général, Le secrétaire annuel,
F. Bi ret. Mortier.
LA VALÉROBROMiNE LEGRAND
est plus active que les bromures et les valé-
rianates.
REVUE DE CHIRURGIE
De la phlébite variqueuse, par le D' IL Etienne.
Sauf contre-indication rare,foîUe phlébite rariqueiise doit être
opérée. V oilà ce que nous avons soutenu dans notre thèse inau¬
gurale (11, inspirée par nos maîtres Quénu et Longuet. « L’in¬
tervention s’impose parce qu’il est dans l’évolution de cette
maladie soit de se prolonger (phlébite prolongée; ; soit de ré¬
cidiver (phlébite à répétition), soit de se propager vers les
gros troncs veineux (phlébite propagée), soit de se compliquer
d'abcès ou de troubles trophiques (phlébite névritiquei, soit
enfin de déterminer la mort brusque par embolies microbien¬
nes pures ou embolies de caillots (phlébite embolhiue' » (Lon¬
guet). La grossesse iQuénui, l’albuminurie, la glycosurie de
moyenne intensité! Longuet I ne sont pas des contredndications
à l’opération, qui est d’autant plus simple, plus anodine qu’elle
est exécutée plus précocement et même au stade préphlébiti-
que, c’est-à-dire de varice non encore infectée (Longuet).
Or notre pratique justifie jusqu’ici le bien fondé de cette ma¬
nière de voir. C’est à ce titre que nous croyons devoir publier
les 2 observations suivantes, dont la première nous est com¬
mune avec notre maître, le professeur Longuet :
Observation I. (Longuet et Etienne).
] hrombo-phébite variqueuse prolongée. Opération. Guérison.
H. 67 ans, ancien variqueux présente depuis quelques jours une
plaque plilegmoneuse rougeâtre superficielle un peu au-dessus et
en arriére du condyle interne, sur le trajet de ta saphène interne,
multibosselée, pâteuse, de consistance de suif, un peu chaude au
toucher, enclavée et adhérente dans le tissu cellulaire sous-cutané,
■ longue de 5 travers de doigts large de 2 travers de doigt.
La veine saphène externe est, d’autre part, enflammée depuis le
niveau de la malléole externe, jusqu’au milieu du mollet; mais avec
augmentation régulièrement cylindrique de son calibre, elle roule
sous le doigt sous forme d’un « tuyau de pipe » rigide.
Le diagnostic est évident : tlirombo-phlébite variqueuse de la
saphène interne et de la saphène externe. La porte d’entrée
de l’infection est ici manifestement une excoriation de la région
malléolaire externe, encore visible actuellement. Ainsi s’explique
(1)A. KriEXNE. — Phlebectoiiiie dans les phlébites variqueuses des
membres. Thèse de Paris, 19('2.
72
LE PROGRÈS MÉDICAL
la phlébite de la saphène externe. Et nous pensons que l’infection
s’est probablement transmise à la saphène interne par quelque
veine anastomotique intersaphénique. D'ailleurs la tumeur sous-
rétrocondylienne interne, quoique plus volumineuse, ne s’est déve¬
loppée qu’aprés celle de la jambe. Enfin l’observation pendant un
mois nous ayant démontré que l’affection, malgré le repos, n’aau-
cune tendance à la rétrocession, nous conseillons l'opération refu¬
sée jusqu'ici.
Opération, le 23 novembre lOOû, par Longuet. — Phlébectomie
de la tumeur saphène interne et phlébectomie do la saphène externe
■sur une longueur de 15 centimètres. Comme particularités, signa¬
lons l’absence complète d’antiseptiques ; la ligature haute première
des troncs veineux avec du fil de lin sporicidé ; enfin l’absence
totale de forcipressure, selon la technique générale de Longuet.
Suites immédiates : excellentes.
Suites éloignées Le malade guérit vite (en 15 jours) et radicale¬
ment, malgré un mauvais état général dù à l’artério- sclérose, à
l’emphysème et à l'alcoolisme. La plaie est réunie par première
intention.
Observation II (Etienne)
Phlébite variqueuse de la saphène externe ; récidive à l’occasion
d'un accouchement.
F. 21 ans, très variqueuse des deux jambes depuis sa première
grossesse (1903) présente une thrombo-phlébite variqueuse delà sa¬
phène externe gauche au-dessous du creux poplité, au voisinage
de l’embouchure dans la veine poplitée. Consistance dure. Pas de
rougeur des téguments. Douleur très légère à la pression. Pas de
trouble de la marche ; cette malade a fait 2 kilomètres à pied pour
venir nous consulter. Actuellement cette femme est enceinte. Nous
conseillons l’intervention immédiate, qui est refusée.
Comme traitement, le repos au lit est observé pendant un mois,
avec,oomme traitement local, des applications de cataplasmes chauds
renouvelés, et d’une pommade à l’iodure de plomb conseillée ail¬
leurs, avec une tisane diurétique. L’affection semble guérie.
Le !='■ décembre, je suis appelé pour un accouchement qui a lieu
à terme, très normalement, en O.I.G.A.
12 heures plus tard, la température esta 38°5, le pouls à 105 ;
la tumeur poplitée devient douloureuse, durcità nouveau et le len¬
demain, se présente avec tous les caractères qu'elle avait lors de
la première poussée, et une douleur plus intense.
Nous conseillons à nouveau l’opération : mais pas pour l'instant
puisque la malade va conserver le lit. Mieux vaut, pensons-nous,
attendre maintenant que la phase puerpérale soit complètement ter-
Diagnostic. — Est- ce une phlébite variqueuse réveillée, ou une
phlébite puerpérale ; une phlegmatia des accouchées. Or l’iiypothèse
de phlegmatia d’origine utérine nous semble devoir être ici écar¬
tée. D’abord, il n’y a pas eu d’intervention pour l’accouchement,
pas de manipulation. Un seul toucher pour le diagnostic de posi¬
tion. Le début dans les 12 heures qui ont suivi la délivrance est
bien rapide pour une infection à point de départ utérin retentissant
jusqu'au niveau de la saphène externe. L’absence totale de fétidité
et de caractères anormaux dans les lochies et la régression
rapide de l'utérus par la suite, la localisation de la phlébite
à la veine saphène externe sans rien aux veines profondes,
nous semblent des raisons suffisantes pour écarter le diagnos¬
tic de phlegmatia des accouchées à point de départ utérin. D’au¬
tre part, les commémoratifs, la similitude de l’alïection avec ce
qu’elleétait lorsque nous fûmes amenés à l'examiner3 moisplustôt
nous font conclure à une thrombo-phlébite variqueuse à répéti¬
tion, récidivée à l'occasion de l’accouchement.
En résuméces deux observations présentent un intérêt direct
très différent. La première démontre que, malgré l’àge, mal¬
gré un mauvais état général entretenu par artério-sclérose
emphysème et alcoolisme, l’opération estla meilleure conduite,
efficace et bénigne en cas de thrombo-pliébite variqueuse. La
deuxième confirme l’opportunité de l’intervention au coursde
la grossesse. Et surtout elle établit la possibilité d’une récidive
causée par l’accoucherïîent. Lors de la soutenance de notre thè. ’
se, notre maître, le professeur Budin, avait attiré notre atten¬
tion sur ce point. 11 nous demandait si nous connaissions des
récidives de phlébite variqueuse du lait de l'accouchement.
Nous lui sommes reconnaissant et heureux aujourd'hui d’en
apporter une observation tirée de notre pratiijue personnelle.
Le Malt Tissot, connu sous le nom de Maltésine, est le seul
qui soit aussi chargé en diastase et houblon. Prix spéciaux
aux médecins.
HYGIÈNE HOSPITALIÈRE
Prophylaxie et traitement de la tuberculose dans les
asiles d’aliénés ( 1).
Par le D"' Marcel Briand.
Médecin de l'asile de Villejuif.
La lutte contre la tuberculose doit être, dans un asile d’a¬
liénés, l’objet de préoccupations plus attentives que dans
toute autre collectivité. Les aliénés ont, si l’on peut dire,
plus de droits que tous les autres hospitalisés à être traités
selon les méthodes médicales modernes. Les temps sont
heureusement passés. où l’asile d’aliénés était une simple gar¬
derie, une « maison de fous ».
Le danger de contagion est plus grand danb les asiles que
partout ailleurs. On comprend, en effet, combien il est dif¬
ficile d’apprendre à un aliéné tuberculeux à pratiquer Ls
précautions hygiéniques indispensables pour diminuer les
chances de contagion de son entourage.
Il serait tout aussi impossible d’obliger ceux qui sont in-
demmes à suivre une hygiène individuelle les assurant de
l’immunité.
En se plaçantà un autre point devue, on ne saurait, d’ail¬
leurs, proclamer assez haut que, si la société a le droit de
priver de sa liberté un de ses membres, dans un souci légi¬
time de sa propre sécurité, elle n’a certes pas celui del’expo-
ser à une contagion de conséquences aussi graves que la con¬
tagion tuberculeuse.
Les aliénés être soumis, à l’asile, à un régime non seule¬
ment hygiénique, mais encore confortable, afin de leur faire
oublier, dans la mesure du possible, l’attentat porté à leur li¬
berté au nom delà sécurité publique.
La fréquence de la tuberculose dans les asiles tient non
seulemement à la contagion si facile, mais encore à cette
raison capitale que la tuberculose est très souvent la consé¬
quence de la déchéance physique, survenant dans nombre
de maladies mentales. Les paralytiques généraux, les dé¬
ments précoces, les idiots se tuberculisent avec une facilité
toute particulière et répandent inévitablement autour d’eux
des germes morbides. Comme facteur étiologique, on doit
malheureusement, trop souvent incriminer encore la mau¬
vaise installation des locaux, qui rend impraticables les pré¬
cautions hygiéniques même élémentaires, sans parler de
l’encombrement, cetle plaie de beaucoup d’asiles. Enfin le
médecin a le devoir strict de se préoccuper de son person¬
nel qui passe sa vie au milieu des aliénés et veiller à ce que
celui ci ne se contamine pas ieur voisinage. Depuis quelques
années, dans tous les pays, on s’occupe de cette question ei¬
de nombreux travaux ont paru sur ce sujet. Bornons-nous à
en citer quelques-uns. En France. M. Anglade a fait des re¬
cherches bactériologiques importantes et a établi la fréquence
dans les asiles de la tuberculose intestinale ; MM. Char¬
don et Raviart ont fait une communication sur la question
au congrès de Bruxelles (1903) 1 M- Marie, au Congrès de
Paris (1900) a fait adopter un vœu analogue à celui que j’au¬
rai l’honneur de vous soumettre; M. Maussire a consacre à ce
sujetsa thèse inaugurale. En Allemagne, citons les publica¬
tions de Nœtel, Snell, Hagen, surtout le récent travail de
Geist ; en Russie, l'article de Toporkoff, qui contient unere-
vue générale de la question et de nombreuses indications
bibliographiques.
Depuis i888, je me suis préoccupé de cette question de la
prophylaxie et du traitement de la tuberculose dans mon
service, ainsi qu’il résulte d’un rapport de l'année 1889 à M. le
Préfet de la Seine ; je crois même avoir été un des premiers
médecins d'asiles, dans tous les cas le premier en France,
qui ait pratiqué systématiquement l’isolement des aliénés
tuberculeux etleur traitement par la cure d’air. Dans ce but,,
j’ai fait aménager à très peu de frais un petit sanatorium com¬
prenant 5 lits, dans le jardin de mon infirmerie; il consiste
en un simple abri rectangulaire sous une galerie couverte,
(1) Communication au Congrès de la tuberculose, 1905.
LE PROGRÈS MÉDICAL
73
complètement ouvert à l est. En soulevant un auvent on peut
aussi l’ouvrir du côté sud. Les malades y séjournent été
comme hiver, jour et nuit. Là eiles sont soumises à un traite¬
ment diététique et médicamenteux approprié à leur état
physique.
Les dangers de la contagion sont ainsi presque nuis pour
les autres pensionnaires de l’étabiissement.
Je n’exclus du bénéfice du sanatorium que deux catégories
d’aliénées : 1° ies aliénées très agitées et dangereuses ; 2° cel¬
les dont les lésions tuberculeuses sont trop avancées pour
que des chances de guérison existent.
Ces deux dernières catégories de mal ad es sont maintenues
dans des chambres d’isolement et des cours isolées où, au
moins, elles sont assez inotîensives, au point de vue de la
contagion.
Au cours de 17 années de cette pratique personnelle, je
n ai jamais rencontré de grandes difficultés pour appliquer
ce système de traitement. Les résultats en sont très encoura¬
geants. Plusieurs infirmières ont également profité de ce
sanatorium. Depuis 3 ans, 17 aliénées tuberculeuses ou sim¬
plement suspectes y ont séjourné. Parmi ces malades, 6 ont
été nettement améliorées.
Chez deux malades, que nous observons encore actuelle¬
ment, l’état est resté stationnaire ; l’une est atteinte de tu-
berculoseganglionnaire ducou et elle a déjà subi une opé¬
ration à l’asile Sainte-Anne, au pavillon de chirurgie de mon
distingué collègue et ami le D’’ Picqué, l'autre vient d’être
opérée d’une fistule anale consécutive à des lésions pulmo¬
naires anciennes, aujourd’hui cicatrisées. Chez .7 malades, les
résultats sont encore incertains. Enfin, 4 ont succombé. Sur
les 4 malades décédées, une était cardiaque et avait, en
plus, une alfcction organique grave des centres nerveux. Une
autre était épileptique. Les 2 autres étaient des vésaniques
simples.
C'est après de grandes hésitations etbien des tâtonnements
que je suis arrivé à appliquer systématiquement la méthode
que je préconise actuellement ; à ce sujet, il peut être inté¬
ressant de rappeler un incident du début de ma pratique ;
il remonte à l’année 1888. A cette époques jeunes filles por¬
tant des lésions très accusées des sommets furent installées
dans le Sanatorium depuis leur lever jusqu’à l’heure du cou¬
cher. Deux d’entre elles suivirent ponctuellement les indica¬
tions qui leur avaient été données et prenaient même leurs
repas audehors. L’appétit disparu revenant progressivement
les hémoptysies diminuant de fréquence, les forces se rele¬
vant et l’accoutumance à la vie en plein air s’effectuant peu
à peu, deux des trois jeunes filles commencèrent bientôt à
coucher dehors, vers la fin de l’été. Elle étaient abritées de
la pluie par une cloison en planches, mais la neige flocon-
nait, à certains moments, jusque sur leurs lits.
Néanmoins,ellesetrouvaientfortbien de ce régime lorsque
par une imprudence, l’une d’elles eut, au cours de l'hiver, à
suite d’un bal, une broncho-pneumonie qui nécessita l’em¬
ploi des ventouses. Comme par le froid, on ne pouvait décou-
’''rirla malade pour les lui appliquer, elle fut transportée à
l'intérieur de l’inlirmerie jusqu’au jour de la guérison de cet
accident intercurrent. Or, pendant la durée de son séjour
dans l'infirmerie, on fut obligé de maintenir constamment
ouverte la fenêtre de la chambre qu’elle occupait, parce
que la chaleur la fatiguait, et l’étoutfait, suivant sa propre
ospression. A peine remise, Mlle G... demandait avec insis-
lance à reprendre sa place sous la galerie où, par tous les
temps, elle n’a cessé de coucher jusqu’à sa guérison.
Depuis 1888, mon petit sanatorium de l’infirmerie a pres¬
que toujours été occupé par un certain nombre de tubercu-
leuses qui l’habitent nuit et jour. Plusieurs, dont quelques in¬
firmières, y ont recouvré la santé. Cet aménagement des
plus simples a reçu de fréquentes visites de personnalités
®odicales, de commissions, etc. Les malades ont été maintes
fois interrogées sur leurs impressions personnelles et toutes
ont étéunanimes à reconnaître le bien-être qu elles éprou-
^uient à vivre en plein air, sans jamais être incommodées
par le froid, même aux époques les plus rigoureuses de l’hi-
u*‘> il faut ajouter qu elles sont revêtues d’une chemise de
anelleetque, pendant la saison froide, elles couchent en¬
tre deux couvertures de laine, qu’elles sont munies de chauds
édredons et de bouillottes dont l’eau est renouvelée nuit et
jour. Comme mesure prophylactique, il est recommandé
aux malades de ne pas cracher ailleurs que dans un crachoir
antiseptique. La literie et la vêture qu’elles abondonnent
dans leur ancien quartier sont rigoureusement désinfec¬
tées. Le parquet de la chambre abri est fréquemment lavé
avec une solution de sublimé ou de formol. Je me suis livré à
une enquête auprès de quelque>-uns de mes collègues des
asiles départementauxque je remercie ici deleurs obligeants
renseignements sur la fréquence de la tuberculose chez les
aliénés séquestrés.
Je possède actuellement des documents provenant d’une
trentaine de services. Il résulte de cetteenquête d’abord une
très grande inégalité dans le pourcentage des aliénés tuber¬
culeux etensuite que plusieurs médecins aliénistes sepréocc-
cupent depuis quelques années de la prophylaxie de la
tuberculose dans leurs services. Je me propose d’utiliser ces
documents dans un travail étendu et qui paraîtra prochai¬
nement dans les Annales d'hyr/iène publique en collabora¬
tion avec mon interne, M. Halberstadt.
Grâce aux renseignements qui m’ont été fodrnis,je puis déjà
faire connaître que dans un asile on compte 50 tuberculeux
sur une population de 880 aliénés 1. C’est le pourcentage
énorme de morbidité tuberculeuse qui m’a amené à retenir,
pendant quelques instants, l’attention du Congrès, en lui
signalant un danger trop peu connu.
Il faut aus'i dire que, en général, les conditions d’assis¬
tance des tuberculeux dans les asiles sont lamentables; je
me hâte d’ajouter que la principale cause de cette inaction
provient du manque ou de riusuffisance des crédits néces¬
saires mis à la disposition des médecins. Cette pénurie tient à
ce que certains conseils généraux se croient quittes de toute
obligation envers les aliénés quand ils ont assuré leur vivre
et leur couvert et cela, nous l’avons dit,dans des conditions
souvent peu hygiéniques. L'adoption d'un système d’isole¬
ment analogue à celui dont je préconise l’emploi pourrait
s’effectuer sans grands frais, puisque la main-d’œuvre de
l’asile suffirait pour édifier le sanatorium nécessaire à la
prophylaxie et à la cure. Il n'est que juste, d'ailleurs, de si¬
gnaler que, dans plusieurs établissements, des mesures sé¬
rieuses ont été prises et que même, dans quelques asiles, des
quartiers spéciaux ont été aménagés. Ce sont là les consé¬
quences heureuses de la circuL^irede M. le Ministre do l’in¬
térieur de juin 1901, dans laquelle il était recommandé aux
Directeurs d’asile de veiller à la diminution de la contagion
tuberculeuse par l’installation plus conforme à l’hygiène
des services, par l'aménagement, si possible, de quartiers
spéciaux pour tuberculeux.
Comme conclusion, je formule ce vœu : que dans tous les
asiles d’aliénés l’installation de locaux spéciaux préconisée
par la circulaire ministérielle de juin 190! devienne obliga¬
toire et que ces quartiers spéciaux soient aménagés au triple
point de vue de l'isolement, de la prophylaxie et du traite¬
ment des aliénés tuberculeux ou même simplement suspects.
La vaccination obligatoire.
Elle porte ses fruits depuis longtemps Jen Allemagne. Dans
les dix dernières années, le chiffre de la mortalité par -i^ariole os¬
cille entre 5 et 56 pour tout l’empire, au maximum un par million
d’habitants. Et il est démontré que presque tous les cas sont dus
aux immigrés, surtout russes et italiens. Pourtant i 1 y a un demi-
siècle la variole faisait de terribles ravages en Allemagne. Pro¬
portionnellement à la population et comparés à la plus mauvaise
année en Allemagne, les chiffres de la mortalité sont pour la Bel¬
gique 17 fois plus forts, pour l’Angleterre 21 fois, pour la F rance
93 fois. (Revue méd. dé Louvain, 5 janv.)
Tous les médecins des établissements hospitaliers (hôpi¬
taux, hospices, asiles, etc.) devraient vacciner leurs malades,
et la vaccination devrait être pratiquée avec le plus grand
soin. A Bicêtre, de 1879 à fin 1905, à la Fondation-4 allée de
1890 à ce jour, à l’Institut Médico-pédagogique (4 itry-sur-Seine>
nous vaccinons nous-même ou faisons vacciner devant nous.
B.
74
LE PROGRÈS MÉDICAL
BIBLIOGRAPHIE
Nouveau traité de médecine et de thérapeutique ; pu- j
blié en fascicules, sous la direction de MM. Brouardel et !
Gk.bert (2® édit., Baillière, édit.. Paris 1905.)
Le public médical français et étranger a fait à la première
édition un accueil des plus empressés ; c’est que la rapidité
avec laquelle se précipitent les découvertes médicales ne
permet plus au médecin de vivre pendant toute la durée de
sa pratique sur les données seules de sa période d’études ; et
sur beaucoup de points il est obligé de refaire lui-même
complètement son éducation scientifique. Les ouvrages,
d’autre part, vieillissent vite ; ils doivent être fréquemment
révisés. C’est ce qu’ont compris admirablement les profes¬
seurs Brouardel et Gilbert, et pour ce faire, ils se sont en¬
tourés d’une pléiade de jeunes collaborateurs qui n’ont
ménagé ni leur temps ni leur peine pour faire de la 2= édi¬
tion un modèle du genre. Le premier fascicule, publié sous
la signature de M. Carnot, en est la meilleure preuve. Il
traite des maladies microbiennes en général ; et il faut voir
avec quelle clarté et compétence le jeune professeur nous
entretient des propriétés biologiques générales des micro¬
bes, des facteurs de la virulence et de l’immuuité, des mé¬
thodes thérapeutiques rationnelles, etc. F. Ramond.
Guide pratique pour l’essai des médicaments ; par P.
Goupil et L. Broquin, pharmaciens de P'’ classe (l volume
360 pages, chez J.-B. Baillière et fils. Paris, 1905.)
Cet ouvrage est d’une utilité incontestable pour le pharma¬
cien qui doit vérifier l'identité et constater la pureté des pro¬
duits que le plus souvent il ne peut préparer lui même. I
Le livre est divisé en deux parties : dans la première, les 1
auteurs énumèrent les réactifs qui sont indispensables pour
les essais qualitatifs et décrivent ensuite les opérations
diverses que nécessitent les essais et les dosages. Ils donnent '
toutes les indications relatives aux déterminations de la den¬
sité, du point de f"sion, de la température d'ébullition, et de j
la solubilité des composés chimiques ; ils terminent par la i
description des procédés généraux d’analyse et de dosage. ,
La deuxième partie de l’ouvrage est consacrée aux essais
des médicaments chimiques. Pour chacun d’eux, MM. Goupil
et Broquin indiquent la /’orrnw/e, la synonymie, les constantes
relatives <à la ccTiisistance, à la couleur, à Vodeur, h la saoeur,k
V aspect aux points de fusion et d’ébullition, à la densité, à la
solubilité, dans les divers véhicules.
Ils passent ensuite en revue les principales réactions d’in¬
tensité et indiquent les divers modes d’essai, ainsi que le
dosaye du principe actif lorsqu’il y a lieu de le faire.
Tel est le plan adopté par les auteurs : l’ordre alphabé¬
tique a été choisi et rend facile la recherche des renseigne¬
ments. P. Yvon.
Recherches historiques sur les fractures dans la part
faiteau massage et à la mobilisation ; par Fr.GuER.MON-
PREZ. (Jules Rousset, édit.)
Dans cet intéressant travail, publié par le professeur de
Lille d’après les notes recueillies par ses élèves, Eissendeck
et Guillaux, l’auteur passe en revue d’abord 1 historique
même du massage depuis l’antiquité jusqu’au siècle dernier.
Ensuite il montre le passage graduel du massage à la mobili¬
sation dans le traitement des fractures.
Une place très large est donnée avec raison aux travaux
d’Amédée Bonnet, qui serait le vrai initiateur du traitement
des fractures par la mobilisation. Malheureusement, Bonnet
rencontra une résistance dogmatique des chirurgiens de son
temps ; et ses efforts furent peu couronnés. 11 lutta contre la
routine avec une certaine modestie, ne voulant pas froisser
ceux des pontifes de la médecine dont dépendaient la consécra¬
tion de sa méthode, méthode qui proscrivait l’immobilité,
qui exigeait les exercices élémentaires et les exercices com¬
plets des mouvements, afin d’obtenir le rétablissement de la
fonction articulaire d’une fracture traitée. Si la routine domi¬
nait le corps médical, l’instinct du gros du public compre¬
nait l’utilité de ce traitement et avait recours alors, comme
à présent, aux empiriques. Ce qui explique le succès des gué¬
risseurs, des rebouteurs, etc.
A côté de la mobilisation, le massage fut négligé. Et cepen¬
dant, quelques-uns l’ont utiliséavec succès sans en souffler un
mot. Ce n’est que plus tard que le massage pouvait être con¬
sidéré comme l’un de deux facteurs principaux des traite¬
ments kinésithérapique des fractures ; l’autre facteur est la
mobilisation. Grâce aux travaux d’Estradère, de Aordstnim.
de Lucas-Championnière, de Guermonprez.etc., il paraît, ac¬
tuellement, qu’il ne peut plus y avoir de discussion sur le mode
du traitement des fractures.Or,la discussion sur le même sujet
au premier Congrès de physiothérapie de Liège a montré qu’il
existe encore des chirurgiens, et pas des m oindres, qui con¬
tinuent à persister dans le traitement des fractures par l’im¬
mobilisation.
Nous comptons revenir dans un prochain article sur ce
sujet : en attendant, faisons remarquer que presque tous les
kinésithérapeutesfurentd’avis, documents en mains, que, bien
amduit et appliqué par un médecin massothérapeute, le
traitementkinésithérapiquetelque l'ont compris les meilleurs
chirurgiens modernes et tel qu’il est indiqué dans l’intéres¬
sant travail de M. Guermonprez, est certainement le traite¬
ment de choix des fractures. Il peut exister des divergences
entre la façon d’appliquer ce traitement ; mais, il est indiscu¬
table quel’immobilitéabsolue doit être proscrite de la théra¬
peutique des fractures. En mettant sous les yeux la chronologie
des difficultés, supportées par ce traitement, qu’on est presque
d’accord à admettre comme classique,rauteura renduun réel
service à la science massothéra pique et aussi à la mémoire du
savant chirurgien de Lyon, dont le nom est inséparable de
celui de la gouttière bien connue. P. Kouindjy.
- -
VARI-i
Assemblée générale de l’Œuvre des colonies scolaires
de vacances.
Le vendredi 28 janvier, à 9 heures du soir, dans le grand
amphith éàtre de 1 Hôtel des Sociétés savantes, l’Œuvre des
colonies scolaires de vacances (de la rue Louvois) a, devant
un public très nombreux, tenu sa troisième assemblée géné¬
rale. M. le ministre de l’Instruction publique, qui devait pré¬
sider, s’était fait représenter par un de ses chefs de cabinet,
M. Lillas, ancien membre du conseil d’administration de
l’Œuvre. Après le rapport du secrétaire général. M. Prignon,
et lecompte rendu du trésorier, M. Dobry, M.. Bonnet, dans
un rapport général très documenté, a exposé le fonctionne¬
ment de l’œuvre durant l’année 1905 et les progrès étonnants
obtenus par la Société dans sa deuxième année de fonction¬
nement. M. le D'- Noir a complété le rapport général par un
rapport médical. Avec une franchise qu'on ne saurait trop
apprécier et trop rare dans les œuvres de ce genre, oîi les
rapports consistent souvent en de mutuelles congratulations,
MM. Bonnet et Noir se sont surtout attachés à rechercher
les améliorations que l’on pourrait introduire dans le fonc¬
tionnement de r(Euvre,qui dépasse de beaucoup cependant,
à ce point de vue, les œuvres similaires. M. Legoy, président,
qui, avec le secrétaire général, est le véritable organisateur
de cette société si utile, au succès de laquelle il s’est absolu¬
ment voué, a terminé le séance officielle par un court et élo¬
quent appel au dévouement et à la générosité des assistants,
appel qui sera entendu.
L n concert des mieux réussis a fait suite à la distribution
de diplômes et de médailles, récompenses attribuées à ceux
(jui ont rendu des services aux colonies de FCEuvre en 1905.
Les adhésions à l’( )Euvre des colonies doivent être envoyées
àM. Legoy, président, ou à M. Prignon. secrétaire général, au
siège social, 6, rue Louvois. Le montant delà première coti¬
sation, y compris le droit d’entrée de 1 fr.. s’élève à six
francs.
Le dossier sanitaire des conscrits.
La nouvelle loi militaire a apporté de nombreuses modifi¬
cations dans le fonctionnement des conseils de révision. Lne
LE PROGRÈS MÉDICAL
75
des modifications les plus intéressantes consiste dans l’éta¬
blissement, pour les conscrits qui en feront la demande, d’un
dossier sanitaire. Jusqu’à présent, les conscrits pouvaient pré¬
senter au conseil de révision, mais à titre purement officieux,
des certificats médicaux à l’appui des réclamations qu’ils
avaient à formuler.
11 n’en sera plus de même maintenant. En effet, pour les
conscrits qui en feront la déclaration à la mairie de leur com¬
mune, il sera établi un dossier sanitaire contenant les certi¬
ficats déposés par l’intéressé. Ce dossier devra être soumis
au conseil de révision, et si malgré les infirmités ou maladies
invoquées, l'inscrit est déclaré bon pour le service, son dos¬
sier sanitaire deyra le suivre après son incorporation et être
conservé parle corps auquel il sera affecté et transmis à cha¬
que mutation à son nouveau corps.
Pour cette année, le dosier sanitaire devra être constitué au
plus tard le 15 février prochain (art. 10 de la loi du 21 mars
1905.) {Lf Matin.)
Le traitement du cancer à l’Académie de médecine de
Belgique.
D’après le Petit Bleu, de Druxelles, le professeur à'an Ermen-
ghem vient de faire à l’Académie de Belgique une communi¬
cation résumant les travaux du D"' Ch. Jacobs, à sa clinique
d’Anderlecht, sur le traitement du cancer. L’éminent chirur¬
gien démontre qu'il est parfaitement exact que le cancer soit
d’origine microbienne comme Doyen l’a avancé et comme
Metchnikoff l’a confirmé. Le traitement de la terrible affec¬
tion sera une vaccination, son remède sera un vaccin, c’est-
à-dire un produit dérivant du microbe lui-même. Mais ce re¬
mède, dans des mains ignorantes et pour bien des raisons,
peut èti-e dangereux, tout domme les remèdes organiques
contre la tuberculose. Le docteur Ch. Jacobs, par une longue
suite d’expériences sur la composition intime dû sang aurait
trouvé les lois qui doivent présider à l'administration ration¬
nelle du vaccin anticancéreux, non seulement suivant chaque
malade particulier, mais encore suivant chaque situation du
même patient dans le cours de sa maladie. Le traitement an ti-
cancéreux cesserait donc d’être empirique, il entrerait dans
la phase scientifique.
Les médecins de l’assistance médicale gratuite au
Conseil d Etat.
La loi du 15 juillet 1893 a laissé pleins pouvoirs aux con¬
seils généraux pour organiser le service de l'assistance médi¬
cale gratuite, en tenant compte des habitudes et des préfé¬
rences locales. C’est aux conseils généraux notamment qu’il
appartient dedéterminerdansles règlements départementaux
les règles relatives au choix des médecins. Ces assemblées se
sont partagées entre deux systèmes. Le premier consiste à faire
désigner par le préfet pour chaque circonscription un méde¬
cin auquel les malades assistés doivent obligatoirement s’a¬
dresser. Le second fait participer au service de 1 assistance
tous les médecins qui acceptent les conditions de fonctionne¬
ment du service, 11 a le grand avantage de permettre aux ma¬
lades pauvres de choisir, comme les malades les plus fortu¬
nés, le praticien qui leur convient. Le conseil général de la
Lozère a adopté ce second système et il a voté un règlement,
en stipulant que les médecins qui voudraient prêter leur con¬
cours au service de l’assistance médicale gratuite n’auraient
fin à y adhérer, cette adhésion impliquant, pour celui d’entre
eux qui serait le plus rapproché du domicile d’un malade,
1 obligation de se rendre à son appel,
texte contient un article 1 1 , portant que tout médecin
fini refuserait son concours sans motif légitime ou qui ne se
conformerait pas au règlement, pourrait être exclu du service
par décision motivée du préfet. Les médecins de l’assistance
Ue sont donc pas des fonctionnaires, et leur exclusion éven¬
tuelle est limitée à des cas très déterminés,
Or, il advint que le docteur V.,,, médecin à Saint-Chély-
d Apcher, qui avait adhéré au règlement, fut appelé par un
uialade domicilié dans un autre canton. .Ayant constaté que
^ nialade avait besoin d’être opéré d’urgence, et dans le but,
dd- il, d’éviter au service tes frais de visites réitérées et loin-
aines, il le fit entrer à l’hôpital de Saint-Chély, où jl l’opéra
et lui fit plusieurs pansements. Puis quand le malade fut
guéri, le docteur Y,,, envoya à l’administration un mémoire
de 2.'i fr. .50 pour l’opération et huit visites.
L’administration prétendit <iu’il n’y avait eu que cinq visi¬
tes, ce qui faisait une différence de 4 francs, et, la politique
s’en mêlant, le docteur A .,., qui paraît avoir été en mauvais
termes avec la préfecture, fut l'objet, le 5 mars 1904, d'une
mesure d’exclusion. Le préfet prit un arrêté lui interdisant
à titre d’avertissement, pendant toute l’année 1904, de soigner,
pour le compte de l’assistance médicale les assistés du can¬
ton où s’était produite la réclamation. Puis, à la suite d’une
violente polémique de presse, il prit, le 21 mai suivant, un
nouvel arrêté excluant jusqu’à nouvel ordre le docteur A ....,
sur tout lé territoire du département du service de l’assis¬
tance. Cet arrêté du 21 mai 1901 était motivé par la polé¬
mique à laquelle s’était livré le docteur A’..., et portait que
dans ces conditions, il n’était pas possible de continuer avec
lui des rapports administratifs. Le docteur A ... a alors saisi
le Conseil d’Etat et lui a déféré l’arrêté préfectoral.
La haute juridiction vient de lui donner raison. Elle a
estimé,en èffet, que la mesure attaquée avait été prise en
dehors des cas d’exclusion limitativement prévus par l’article
11 du règlement du conseil général. En conséquence, l’arrêté
préfectoral a été annulé. {Le Petit Temps.)
La ventilation du Métropolitain.
Le Conseil d’hygiène de la Seine a constaté que l’air des tun¬
nels du Alétropolitain et surtout celui des n agons qui y cir
culent, toujours encombrés, est irrespirable et a émis les vœux
suivants :
1» Etablir des cheminées d’appel, munies de puissants ven¬
tilateurs, échelonnées le long du tunnel ; l’efficacité de ce s
cheminées pourrait être accrue par l'installation de quekpies
machines soufflantes destinées à insuffler Pair du dehors ;
2" Pendant la nuit, au moment où le Alétropolitain ne
marche pas, substituer aux portes existantes, qui empêchent
pendant la journée le renouvellement de l’air, des grillages
permettant l’arrivée de l’air extérieur qui refroidirait l’atmos¬
phère du souterrain ;
3° Agrandir les vasistas des wagons ou disposer dans cha¬
cun d’eux un ou plusieurs petits ventilateurs électriqùes fi¬
xés à l’avant et à l’arrière des voitures.
Des mesures vont être aussitôt prises pour re médier aux
graves inconvénients du Alétropolitain soutewain.
Migration des corps étrangers.
D‘' Ernst Feischer, de Budapest, a rapporté un cas très cu¬
rieux de la migration d'une balle de revolver. Ayant pénétré,
il y a 4 ans IpJ, dans le cinquième espace intercostal, surlali-
gne mammaire, elle fut découverte il y a six mois dans une
hernie scrotale (congénitale) droite. A l’opération la balle oc¬
cupait un sac péritonéal dans le sac herniaire. (Wiener, klin.
therap. Wochschr).
Ligue contre la poussière sur les routes.
A la dernière séance de la Ligue, à Paris, séance à laquelle
Al. le Alinistre des travaux Publics et AI. le Directeur de l'Assis¬
tance et de l’Hygiène s’étaient fait représenter, assistaient éga¬
lement tous les délégués des Automobiles-Clubs et desTouring-
Clubs étrangers. D’après les rapports officiels des ingénieurs
des Ponts et Chaussées des départements de la Seine, Seine-et
Alarne, Seine-et-Oise et de la A ille de Paris, les 4 années d’essais
du goudronnage ont donné des résultats excellents à tous les
points de vue, justifiant complètement les dépenses engagées,
qui varient entre 12 et 17 centimes le mètre carré. Sur l’ave¬
nue Thiers, à Alelun, entre autres, l'économie annuelle résul¬
tant du goudronnage a été évaluée à 10 centimes par mètre
carré sur la diminution de l’usure et 5 centimes par m. c,
sur l'arrosage et l’ébouage, de sorte que le goudronnage
dans les traversés d’agglomérations ne coûte rien, en proc-
rant aux riverains le bénéfice d'une route sans boue ni pous¬
sière. Le goudronnage est donc en train de devenir un
nouveau moyen d’entretien des routes, moyen considérable¬
ment perfectionné ces derniers temps par des a[)pareils per¬
mettant de répandre automatiquement et rapidement le gou-
76
LE PROGRÈS MEDICAL
dron en adoptant (à cause de la nécessité d’opérer dans des
circonstances atmosphériques favorables 1 la devise : Vite et
Bien. Aussi le Ministre des Travaux Publics a-t-il consenti, sur
la demande de la Ligue, à nommer une commission techni¬
que pour l’étude de la question.
L’application de la loi sur la santé publique en
province.
Nous avons reçu de M. le Maire de Rouen, à la date du 26
janvier, la lettre suivante :
Monsieur le Directeur,
En réponse à votre lettre du 16 janvier courant, j'ai l’honneur de
vous informer que l’application de l’art. 6 de la loi du la février
1902 sur la santé publique, est assurée à Rouen, depuis le mois de
mai dernier.
A cet effet, de nombreuses affiches ont été placardées en avril
et septembre dans tous les quartiers, notamment à la porte des
principaux établissements industriels, avisant le public de l’obli¬
gation de la vaccination ou de la revacoination aux trois époques
delà vie, mentionnées dans la loi. D’autre part, il a été dressé,
dans mes bureaux, pour chaque période de la vaccination, une liste
pour chacune des 3 catégories de personnes qui, par leur âge,
étaient assujetties à la loi ; voici comment il a été procédé pour
l’établissement de ces listes.
A) Pour les enfants âgés de moins d'un an, il a été procédé
au bureau de l’état-cKil, au relevé des naissances déclarées. Bl
Pour les enfants entrés dans leur onzième année, la liste en a été
établie à l'aide de celles dressées par le bureau municipal de l’ins¬
truction publique pour la fréquentation scolaire obligatoire. Cl
Enc'equi concerne les personnes entrées dans leur 2 P année, le
relevé en a été fait à la suite d’un recensement général fait à do¬
micile par les gardiens de la paix. Dans ce but, chaque agent
avait reçu un certain nombre d’imprimés afin de lui permettre
d’établir autant de listes que de rues comprises dans le rayon qu’il
était chargé de recenser.
Ce travail fait et les listes générales établies ensuite par ordre
alphabétique, deux docteurs en médecine, désignés par M. le Pré¬
fet, ont procédé aux vaccinations, aux j ours et heures indiqués dans
les affiches dont je vous envoie deux exemplaires. J’ajouterai que,
pour parfaire, dans la mesure du possible, les opérations entre¬
prises, les deux docteurs se sont rendus, dans le cours du mois de
juillet, dans tous les établissements scolaires publics et privés
existant en ville et qu’il a été procédé à des vaccinations gra¬
tuites.
Agréez, etc.
Extension de la loi du1 7 août 1 876 sur les retrai¬
tes aux fometionnaines de l’enseignement secondai¬
re et supérieur.
La loi du 17 août 1876 ne visait que des fonctionnaires de l’en¬
seignement primaire. Elle portait la clause suivante qu’il est
indispensable d’étendre aux fonctionnaires de l’enseignement se¬
condaire et supérieur.
Art. 2, — La pension de retraite sera basée sur la moyenne
des traitements et émoluments de toute nature soumis à la
, retenue -dont l’ayant droit aura joui pendant les six années qui au¬
ront produit le chiffre le plus élevé.
Actuellement, pour les fonctionnaires de l’enseignement secon¬
daire et supérieur on calcule la retraite sur la moyenne des traite¬
ments soumis à la retenue pendant les six dernières années. Que
pendant ces six dernières années le traitement ait été bien infé¬
rieur au traitement des années antérieures on ne veut aucunement
en tenir compte. Et en cela on va à l’encontre de l’esprit du légis¬
lateur qui en accordant que la retraite serait calculée sur le trai¬
tement des six dernières années, en général supérieur aux traite¬
ments de début, voulait favoriser le retraité. C’est pour faire cesser
la spoliation dont sont victimes les fonctionnaires de l’enseigne¬
ment secondaire et supérieur que les intéressés doivent demander
à leurs députés qu’on leur applique l’articla du 17 août 1876 qui
jusqu’à présent ne s’appliquait qu’aux fonctionnaires de l’ensei¬
gnement primaire.
LES CONGRÈS
Congrès international laryngo-rhinologique.
Jubilé de Fürek-Czermak.
^ Vienne 1908.1
Dans le courant de l’année 1908, il y aura cinquante ans que la
laryngologie et la rhinologie cliniques furent fondées à Vienne,
par Fürck et Gzermak. 11 est permis d'admettre que nos collè¬
gues de tous les pays, auront à cœur de ne pas passer sous silence
le cinquantième anniversaire de cette date mémorable, si impor¬
tante pour la science médicale. Guidée par cette conviction ainsi
que par un sentiment de patriotisme local, la « “Wiener laryngolo-
gische Gesellscbaft » a pris la détermination d’organiser un Con¬
grès international laryngo-rhinologique pendant la semaine de
Pâques de l’année de 19U8, c’est-à-dire à partir du mardi 21 jus¬
qu’au samedi 25 avril. Dans cette circonstance solennelle, nous
trouverons l’occasion de célébrer dignement le jubilé de cinquante
ans de notre science spéciale. Le Secrétaire Professeur £)■■ M.
Grossmann, IX., Garnisongasse 10, “Wien. — Le président : Pro¬
fesseur D' O. Chiari, L, Bellariastrasse, 12 Wien.
2' Congrès international des colonies de vacances.
(Bordeaux, 17 avril 1906.)
Dans le dessein de préparer le deuxième Congrès des Colonies
de vacances, d’examiner les questions qui figurent à l’ordre du
jour de ce congrès et de rapprocher pour cet examen les œuvres
diverses de la région parisienne et les personnes qui s’intéressent
à ces œuvres, une réunion aura lieu au Musée Social, 5, rue Las-
Cazes, le samedi 3 février, à huit heures et demie du soir/ au
cours de laquelle M. Louis Comte, secrétaire général du
Congrès de Bordeaux, prendra la parole. Adresser toutes commu¬
nications concernant cette réunion à M. Raoul Vimard, docteur
en droit, à La Garenne-Colombes (Seine).
2= Congrès international d’hygiène scolaire.
Tenu à Londres 15-10 août 1907.)
Le succès du Congrès international, tenu à Nuremberg en 1904,
a fait décider qu'<,n organiserait tous les trois ans pareille réu¬
nion. La prochaine aura lieu à Londres, du 5 au 10 août 1907.
Etant donné d’une part la façon dont les Anglais savent recevoir,
et d’autre part la notoriété de Sir Lauder Brunton, président de
ce Congrès, sa réussite est d’ores et déjà assurée.
Le Comité anglais d’organisation est ainsi composé : Prési¬
dent ; Sir Edward Bralbrook ; trésorier : Sir Richard Biddulph
Martin ; .secrétaires généraux ; MM. James Kerr et E. AVbite
Wallis ; bureaux; Parkes Muséum, Margaret str. W. Le premier •
soin du Bureau a été de solliciter la création de comités natio-
Le Comité français est ainsi formé :
Comité de patronage : Président d’honneur: M. Bienvenu-Mar¬
tin, ministre de l’Instruction publique. Membres : MM. Chaumié,
ministre de là Justice, Ribot, G. Leygues, Léon Bourgeois. Poin-
carré, Pierre Baudin, Liard, E. Lavisse, Rabier, Gasquet, G.Lan-
son, Frank-Puaux, Jules Gautier, Debove, Bouchard. Brouardel,
Chantemesse, Grancher, Hutinel, Landouzy, Pinard, Pozzy. J.
Courmont, De Nabias.
Comité français central d’action : Président ; M. le D’’ Albert
Mathieu. Vice-présidents ; MM. X. Léon et Bougier. Membres :
AI.M. Créhange, Normand. Malapert, Gory, Le Gendre, Méry, A.
Siredey, Mosny, Blondel, Galtier-Boissière, Granjux, L. Gouri-
chon. Secrétaire général : M. le D'' Dinet, Ilôts, rue Cernnschi.,
Trésorier : M. le ï)’' J. -Ch. Roux, 46, rue de Grenelle.
FORMULES
XX. — Contre la tricophytie de la barbe.
Bichlorure de mercure . ... 0 gr. j20
Formol . 0 gr. 75
Acétone . 10 gr.
Alcool camphré . 100 gr.
L s. ext.
On touchera les parties malades malin et soir avec cette
préparation. Pour la nuit, on appliquera :
Vaseline . 20 gr.
Iode métallique . 0 gr. 20
L’emploi de l’acétone a l’avantage de rendre la préparation
plus pénétrante.
(Biocq, cité par les Nouveaux Remèdes).
Personnel médical des hôpitaux. — Sont nommés chefs de
service dans les hôpitaux :
Le D’’ Aviragnet, médecin des hôpitaux, à l’institution Sainte-
Périne. Le Dr 'Villemin, chirurgien des hôpitaux, à l’hospice de
Bicêtre . Le D' Mauclaire, professeur agrégé de la faculté de mé¬
decine, chirurgien des hôpitaux, à la Maison municipale de san¬
té. Le Dr Tbiéry, professeur agrégé de la faculté de médecine,
chirurgien des hôpitaux, à l’hospice d’Ivry. -
LE PROGRES MÉDICAL
77
Actes et Thèses de la Faculté de Médecine de Paris.
Thèses. — Mercredi, 7 février. — .1/. Blain : De la surveillance
et de l’assistance médicale de la femme enceinte dans les villes
et les villages (MÀ. Pinard, Terrien, Wallich, Gossel). — M.
Roubaud : Contribution à l'étude de la filaire de Médine (MM.
Terrier, Pinard, Wallieh, Go set).
Jeudi, 8 février. — M. Mora : La pneumonie traumatique et
la loi sur les accidents du travail (.MM. Brouardel, Pouehet, Chan-
leinesse, Uupré).- — il/.. Durer : Contribution à l’étude de la ration
alimentaire des nourrissons atrophiques (MM. Poucbet, Brouardel,
Chantemesse, Uupré). — .M. Boi.iin : Recherches expérimentales
sur lespoisons de la bactéridie charbonneuse. Nature de la réac¬
tion locale dans l’oedème malin (MM. Chantemesse, Brouardel,
Pouehet, Uupré). — M. Andrikidis : Elude clinique des troubles
morbides allribuables au trichoeéphale de l’homme (MM. Uieula-
foy, Hulinel, Rénon, Jeanselme). — M .Paisseau : Sur réliminalion-
et la rétention de l’urée dans l’organisme malade (MM. Hulinel,
Dieulafoy, Rénon, Jeanselme'. — M. Marchand : Chloroforme et
psychopathie (MM. Berger, Budin, Ue Lapersonne, Faure). — M.
Cornu : Sur quelques cas d’intolérance des nourrissons pour le
lait de femme (M.\l. Budin, Berger, Ue Lapersonne, Faure). —
J/. 'LiVgard : Emploi du collyre huileux à l’éserine dans le Iraite-
iiienl adjuvant des « ulcères infectieux de l’hypopion » (M.M. Ue
Lapersonne, Berger, Budin, Eaure).
Examexs. — Lundi, 5 février. — 2' (P” série. Salle Béelard) :
MM. Gauthier. Gley,Branca. — 2' (2' série. Salle Richet) ; MM.
(3i. Richet. Retterer. Broea (André). — 3' (l" partie. Oral. Salle
Broussais) ; MM. Kirmisson, Wallich, Cunéo. — 5* (Chirurgie, P"
partie, Hôtel-Uieu) ; MM, Terrier.Legueu, Mauelaire. — (2*
partie, Uôtel-Uieu) : MM. Roger. Teissier,Macaigne.
Mardi, 6 février. — 1" (Oral, Salle Charcot) : .MM. Berger,
Poirier, Launois. — 2' (Salle Pasteur) : MM. Corail, Gley, Mail¬
lard. — 3“ (P" partie. Oral, Salle Riebel) : MM. Pozzi, Thiéry,
Brindeau. — .3* (2” partie, Oral, Salle Corvisarl) : MM. Ilutinel,
Thiroloix. Guiart. — 5' (2* partie, P' série. Charité, ; MM. Uieu-
lafoy. Vaquez, Renon. — 5*(2* partie, 2’ série, Charité) : MM. Jof-
roy, Jeanselme, Carnot.
Mercredi. 7 fév' ier. — Médecine opératoire Ecole prali<iue) :
mm. Kirmisson, Legueu, Cunéo. — 2 (1" série, Salle Riehél) : M.M.
Gautier, Ch. Richet, Macaigne — 2’ (2’ série, Salb- Béelard) ; MM
Gariel, Gley, Branca.
Jeudi, 8 février. — Médecine opératoire (Ecole pratique) : MM.
Pozzi, Launois, Morest in. — 3" (2” partie. Laboratoire des travaux
pratiques d’anatomie pathologique) : MM. Joffroy, Guiart. Mail¬
lard. — 2' (Salle Charcot, : MM Corail, Glev, Ucsgrez. — 3' (P*
partie. Oral, Salle Broussais) : .MM. Guvon, Poirier, Brindeau.
Vendredi, ') février. —2* ('." série. Salle Richet.) : MM Gautier,
Ch. Richet, Macaigne. — 2’ (2* série, .Salle Pasteur) : MM. Gariel,
Gley, Branca. — 3' (2‘ partie. Oral, Salie Charcot) :MM, Blanchard.
Teissier, Legry. — 5\C lirurgie, l” partie, l” série, Necker) : MM.
Terrier. Reclus, I .egueu, — 5° (Chirurgie. 1" partie, 1” série. Nec¬
ker) ; MM. Segond, Mauelaire, Pierre Uuval.
Samedi, 10 février. — 2- (Salle Pasleur; : MM. Gley. Launois,
Brora (André). — 3'(P'> partie. Oral, Salle Cliarcol) : MM Berger,
Boirier,Bar. — 4”(SalIeBécl,ard) : MM. Chantemesse. Gilbert, Uu-
Peé- — 5' Obstétrique, 1" partie. Clinique Tarnier) : )MM, Bon-
naire, Demelin, Brindeau.
- -
THÉRAPEUTIQUE
Action de l’hélénine sur le bacille de la tuberculose.
Ainsi que le fait avait été déjà signalé par le D'’ de Korab
- y^’^émkdes Sciences, 1882l, Pi latte (r/ièxe de Montpellier, 1885)
® femarqué que des quantités minimes d’Iiélenine suffi¬
saient à. empêcher le développement des bacilles tubercu-
cux. Il faut en conclure que l’hélénine a une puissante ac-
h>n pour empêcher le développement de la phtisie, action
ldi a été constatée et admise par MM. Erhard et Cornil et
P^r Ilanot (Traité de la phtisie pulpionaire). L’hélénine s’aJ-
dtinistre à la dose de 2 ou 3 globules du D>’ Korab par jour.
g ACCIDENT. — Mme MicH.AUD femme du Dr Michauo,
^j^.*’dconduisant sur le palier de sa maison quelques amis qni
venus diner chez elle, 2, boulevard lîaspail, se pencha
P de l’ascenseur, pour leur dire au revoir. A ce moment,
^Ppareil se mettait en mouvement et Mme Midiaud, n’ayant pu
jji .'■‘SdScPà temps, (fut étranglée. Le Prof/rès médical prie le Dr
.vaaud d’agréer scs sincères condoléances.
NOUVELLES
Natalité de Paris. — Du dimanche 14 janvier 1905 an samedi
20 janvier 1906, les naissances ont été au nombre de 985, se dé¬
composant ainsi : légitimes 719, illégitimes 266.
Mortalité a Paris. — Population d’après le recensement de
1901 : 2.660.559 habitants. Les décès ont été au nombre ae 897,
savoir: 478 hommes et 419 femmes. Les deoes sont dus aux
causes suivantes : Fièvre typhoïde (typhus abdomin.) : 2. —
Typhus exanthématique : 0. — Fièvre intermittente et cachexie
palustre : 0. — Variole : 0 — Rougeole : 21. — Scarlatine : 1.
— Coqueluche : 2. — Diphtérie et Group : 2. — Grippe : 4.
— Choléra asiatique : 0. — Choiera uostras : 0. — Autres
maladies épidémiques : 2. — Tuberculose des poumons : 187. —
Tuberculose des méninges : 15. — .Vutres tuberculoses : 10. —
Ganctr et autres tumeurs malignes : 69. — Méningite simple : 13.
— Congestion hémorrnagique et ramollissement du cerveau : 50.
— Maladies organiques du oceur ; 76. — Bronchite aiguë :.i4.
— Bronchite chronique : 16. - Pneumonie : 26. — Autres affec-
’.ions de l’appareil respiratoire 111. — Affections de l’estomac
icancerexo.) : 2. - Diarrhée et entérite de 0 à 1 an : sein : 4 ; au¬
tre aiimeniation ; 13. — Diarrhée et entérite de 1 à2 ans : 2. — Her¬
nies. oDstruction intescmaie 2. — Cirrhose du foie : 11. — Néphrite
et mai de Brigùt ; 25. Tumeurs non cancéreuses et autres ma¬
ladies des organes génitaux (femmes) : 3. — Septicémie puerpérale
(fièvre, péritonite, phlébite puerpérale) : 3. — Autres accidents
puerpéraux de ta grossesse et de faccouenement ; 0. — Débilité
congénitale et vices de conformation ; 23. — Débilite -senile : 29.
— Morts violentes; 23. — Suicides : 10. — Autres maladies : 122.
— Maladies inconnues ou mal définies ; 14.
Mort-nés et morts avant leur inscription : 66, qui se décom¬
posent ainsi : légitimes 47, illégitimes 19.
Légion d’honneur. — Au gradé de commandeur : M. le D'
Peyrot (Jean), membre de l’Académie de médecine. — Att grade
de chevalier : MM. Joyeux-Laffuée, (de Caen) ; Ritti, (de Clia-
renton) ; Tollemer, May, Goudray, (de ParisI ; Marandon de
Montyel, médecin en chef de l’asile de Ville-Evrard ; Jacques
Bertillon, chef des travaux statistiques de la ville de Paris ;
Sclilemmer, médecin au Mont-Dore ; Haugé, médecin à Challes-
les-Ëaux, Séailles, administrateur de la Société municipale du 17“
arrondissement, médecin à Paris ; Darier, médecin oculiste à
Paris, Courdouan, médecin à Lorgnes (Var) ; Veil, médecin à
Paris, Dr Tucoulat. adjoint au maire de Bayonne.
Dans la catégorie des Français résidant à l’étranger, sont nom¬
més chevaliers : MM. Brossard, médecin-chirurgien de l’hôpital
français du Caire ; Simon, médecin à Buenos-Aires.
Dans la catégorie des étrangers résidant en France, est nommé
chevalier : Arthur Gardiner, sujet britannique, vice-président
de la commission administrative de l’Iiôpital de la Providence à
Dinard.
Enfin, par un décret spécial, est nommé chevalier de la Légion
d'honneur : M. Gérasime Phocas, professeur de clinique chirur¬
gicale à l’université d’Athènes ; services rendus à la science et à
l’influence française.
Nos sincères félicitations aux nouveaux promus, parmi lesquels,
nous comptons des amis.
Décorations académiques. — Officiers de l'Instruction pu-
hlique. — M5I. les docteurs Georges Alexandre, Baudet, Bérard,
Blottière. G. Brouardel, Burlureaux, Carlier, G. Chenet, D. Cour-
tade, Maurice de Fleury. L. Frey, A.-G., Gilbert. J.-A. Hugnet,
Josset, Levassort, Péraire, Pochon,R.atynski, A. Riche, Rougeot,
Sébiüotte, E. Sénac, F. Soulier (de Paris ) ; Allary (de Lencate) ;
Béal (de Saignes) ; Bernard, (de Dinard); Bonnenfant (de Saint-
Prouant) ; Bornay (de Saint-Pol) ; Cannac (de Quins) ; Carton (de
Mehun-sur-A'évre) ; Chaudron (d’Eclaron) ; Clievillon (de Mar¬
seille) : Cornet (d Aubièrel ; Delpierre (d’Ansauviliers) ; Dupret
(de Groslay) ; Fillon (de La- Roche-sur- Yon) ; Gilson ((l’Angon-
léme) ; Giquel (de Vannes) : Guy (de Limours) : Héron (de Tours);
Hortolès (de Montpellier); Jardel (de Remiremontl ; Kleinschmidt
(de Montpellier) ; La garde (de Vals-les-Bains) ; Lespine (de Ver¬
dun) ; Leuillieux (de Confie); Long (de Toulon) ; Marcailhou
d’Aymeric (de Blidalii ; Martres (deBetchat) ; Mattrais (de Ghi-
non) ; Mohamed Ben Amonde Bone); Nuguetlde Luzy) ; Pépin
(de Montournais) ; Petrolacci (de Bône) ; de Saint-Fuscien (de
Grandvilliers) W’^iet (de Reims); Catteau (médecin militaire).
Officiers d'-icadémi' , — MM. les docteurs C. Ascher. Barjon,
Bauingarten, P.-L. Berthelot, J.-C. Boyer, Colonna, L.-R. De-
làge, Estrabaut, Farez, Faucon, Fougères, (Tandy, Gaumerais,
Guibert. Jacquemin, A. Javal, Joyau, Krieger, B. Lamy, Lapointe,
Lefa-s, II. Legrand, Lieper, Luez, Mcnier, Francis Munch, Nigay,
Guvrier, O. Pasteau, L.-A. Petit-Quéry, Quillier, Stef, L. Un-
gauer, L.-U. W.eill (de ParisI 4 ...
LE PROGRÈS MÉDICAL
1
Abd-el-Nour (de Bazeilles) ; Astruc f Je Montarnaud) ; Aubert
(d’Oraison) ; Auraont (de Saint-Illide) ;
Barandon (de Grandieu) ; Baréty (de Nice) ; J.-A.-E. Battarel
(d’Alger) ; Beaudonnet (de Septfonds) ; Beaujeu (de Noisy-le-Sec)
Bernard (de Bourbon-l’Archambault) ; Bidache (de Toulouse! :
Bigex (de Romilly-sur-Seinel ; P.-J.-E. Bitot (de Bordeaux) ;
Bonneau (de Toulouse) ; Borde (de Lourdes) ; Bourguignon (de
Limoges) ; Bourlaux (de Villenave-d Ornon) ; Boutineau (de Cou-
hé) ; Bouyssou (de Toulouse) ; Bruel (deLouvres) ; Bula-Lafont
(de Saint-\!artin-de-Seignaux).
Canda (de Norrent-Fontes) ; Carette (de Flixecourt) ; Gazes (de
Fontanes) ; Chanfreau (de Pointis-Inard) ; G. Charpentier (de Pré-
mery) ; Gonvers (de la Javie) ; G.-A.-Coriveaud (de Blaye);Goste
(de Lamontgie' ; Gouillac (d’Ambèsi ;
Debray (de Laon) ; Delangle (de Gentilly) ; P.-E. Delors (de
Baud; ; Derrien [de Roban) ; Despeignes (des Echelles) ; D’Hôtel
(de Gbarleville) : Diofr(du Blanc) ; Ducos (de Viella) ; Dumarest
(d’Hauteville) : Dupont (de Bordeaux) ; Dupré (de Laval) ; Duran
(de Saint-Gaudensi ; Duval (de Marigny) ;
P. Fabre (de Pertuis) ; Fabre (du Puyl ; Faille (de Fismes) ;
Fayt (de Théminettes) ; Flous (je Gaillac) ; Fontan (de Trie) ;
François (do Marseille) ; Franqueville (de Rue) ;
Gascuel (du Havre) ; Gaultier (d'Evran) ; Geslat (de Louiy) ;
Ghisgand (j’Anzin) ; Gibiat (de Saint-Estépbe) ; Gorez (de Lille) ;
de Grailly (de Vouvray) ; Grégoire (de Vaucouleurs) ; Grenet (de
Maisons-Laffitte) ; Hannion (de Nogent-sur-Vernisson) ; Haran-
chipy (de Gourbevoie) ; Houdart (de Brest) ; Huguet (de Palai¬
seau) : Hurault (de Savigny-sur-Braye) ; Imbert (de Fresneaux-
Montchevreuil) ; Jacowski (de Beaumont-on-Gâtinais) ; Labiche
(de Mérévilie) ; Lafaye (de Saint -Astier) : Lallement (de Besan¬
çon) ; Le Faguays (de Nantes) ; Lefebvre (de Bohain) ; Legrand
(de Verneuil) ; Léquibin (d’Oisemont) ; Le Roy de Langevinière
(dEtaples) ; Magne (de Mèze) ; Malençon (de Sainte-Mère-Eglise) ;
Martinaud (d'Avignon) ; Massina (de Vornet-les-Bains) ; Masso-
nié (de Verdun-sur-Garonne) ; Mangue (des Martres-de-Veyre) ;
Mazoyer (de Villefort) ; Meignant(de Ghalonnes-sur-Loire) ; Mel-
ciqn (de Sauvignyj ; Meyvlile (d’Olorori) ; D’Olier (d’Orléans) ;
Paradis (de Quiry-le-Sec) ; Péan (de Médéa) ; Pellerin (de
Neuilly-le-IIéal) ; Penot (de Bellac) ; Peretti (de Sartène) ; de
Perettifde Lévie) ; Perrier (de Puylaurens) ; Peyronnet (de Tou¬
louse) ; Pognon (de Saint-Mandé) : Prat-Flottes (de Toulon) ;
Rapine (de Marseille) ; Reynaud (de Saint-Etienne) ; G. -J. -A.
Reynaud (de Marseille) ; Reynes (d'Orange) ; Robert (de Salers) ;
B. Rocca (de Marseille) ; Rodié-Talbére (de Valence-d’Agen; ;
Ronnaux (de Gambrai) ; Roumieu (de Saint-Privat) ; Salva (d’Ag-
de) ; Santi (d’Orgon) : Sarda (d’Annonay) ; Sauvage (je Vraiville) ;
Sicard(de Jonzac) ; Tison (d'Avesnes-les-AubertI ; Tison (de Tem-
pleuve) ; Trazit (de Saint-Flour) ; Vandier (de La Grèche) ; Wagner
(de Lieurey) ; Bouffandeau, Cousergne, Delahaye, Knoll, Lajoanio,
M.-A. Rujier (médecins militaires) ; Barthélemy (médecin de la
marine) ; Bouffard (médecin des troupes coloniales) ; Mme Héron
de ô illefosse née Petit, docteur en médecine à Paris ; Mlle Rous¬
sel, docteur en médecine à Rouen.
Mérite agricole. — Chevaliers. — MM. les docteurs Garri¬
gues, Louart, Pourtié (de Paris), Ganazzi (d’Olmeto), Gazaux (de
Langoiran), Glément (de Marseille), Gardé (de Neuilly-sur-
Seine), Gémin (de Ghâteaubriant), Honneau (de Saint-Mathieu),
Lucciardi (de Santo-Pietro-di-Tenda), Ogier (de La \ erpillière),
Sauvagnat (de GharentonI, Zuccarelli (de Bastia, Gadiot, Garret
(médecins militaires). Spire (médecin des troupes coloniales).
Gorps de santé militaire. — Mutations : Les médecins-majors
de 1" classe : Vilmain, méd. chef hospice mixte de Toul, est dé¬
signé pour hospice mixte de Tours ; Pesme, duD® génie, pour hos¬
pice mixte de Nantes ; Vincent, du làl' d’inf.. pour le 120' : La-
litte, du 1 Ô.ï' d'inf . , est nommé méd. chef hospice mixte de T oui :
Licht, du l" génie, est désigné pour le 4' ; Deumié, du oO' d’inf.,
pour le l'i génie.
Les médecins-majors de 2* classe : Pierron, du 20' bat. chass.,
pour le 39' d’inf. ; Lenez, du 7' drag., jtour le 155' d’inf. : Army-
not du Ghatelet, du 10' chass., pour le 151' d’inf. ; Pourrat, du
12' huss , pour le 10' chass. ; Dodlean, des hôpitaux d’Alger,
pour le 128' d’inf., pour le 110' ; Marlier, du 156' d’inf., pour le
8' drag. ; Bourcier, du 2' étranger, pour le 12' huss. ; Mendy, du
8' drag., pour le 7' ; Doumeng, du 45® d’inf. pour le 4' bat. d’inf.
légère d’Afrique; Ga, dit Gentil, du 3' zouaves, pour le 2C' bat.
de ch.
Les médecins aides-majors de 1” classe : Duguet, du 18' drag.,
pour le 156' d’inf. : Gaubert, du 112' d’inf., pour le 64' : Jeandi¬
dier, des hôpitaux de Constantine, pour le 3' zouaves ; Gimazane,
des hôpitaux de Gonstantine, pour le 2' étranger ; Gruié, des
hôpitaux d’Alger, pour le 96' d’inf. ; Dupuich, du 3' chass. , pour
le 146' d'inf. ; Brunetière, du 32' d’inf., pour le 147' ; Petit, du
117' d’inf., pour le 76' ; Bailliart, du 76' d’inf,, pour le 3' chass. ;
Roudié, du 34' d’inf,, pour les hôpitaux d’Alger ; Boussenot, du
23' bat. chass., pour le 89' d’inf. ; Barthélemy, du 43' d’inf., pour
les hôpitaux d’.Vlger ; Flaoh, du 9' dragons, pour le 23' bat. chas. ;
Gaud, du 158' d'inf., pour les hôpitaux de Constantine ; Darthe-
nay, du 19' d’inf., pour les oasis sahariennes ; Artus, du 28' bat.
chass., pour le 112' d’inf.
Les médecins aides -majors de 2' classe : Fontan, de l’hôpital
de Bourges, pour le 134' d’inf. ; Rigal, de l’hôpital Villemanzy,
de Lyon, pour le 158' d’inf. ; Balme, de l’hôpital Villemanzy, de
Lyon, pour le 28' bat. chass. ; Rudlcr, de l'hôpital de Lille, pour
le 4' d’inf. ; Trêves, de l’hôpital de Lille, pour le 43' d'inf. ;
Moynet, de l’hospice mixte de Verdun, pour le 9' drag.
Le pharmacien aide-major de 1" classe Isnard, des hôpitaux
d’Alger, pour les hôpitaux d’üran.
Le pharmacien aide-major de 2' classe Dejussieu, des hôpitaux
d’Oran, pour les hôpitaux de la division d’Alger.
Corps de s\nté colonlal. — Mutations. — Sont affectés, savoir :
1“ En Annam : Le médecin principal de 2' classe Dumas, en rési¬
dence libre, remplira dans la position d’activité hors cadres, les
fonctions de directeur du service de santé de l’Annam. — • 2° Et
France : Médecins-majors de 1" classe : au 2' d’inf. col. à Brest,
M. Le Guen, rentré de la Réunion ; au 4' à Toulon, M. Recou¬
les, attendu du Tonkin. Médecins-majors de 2' classe : au 3' d’art,
col. à Toulon, M. Broquet, rentré de la Réunion. Médecins aides-
majors de 1" classe : au 2' d’arfill. col. à Cherbourg, M. Lailheu-
gue, rentré du Soudan ; au 1" rég. d’artill. col. à Lorient, M.
Duperron, du 2' rég. d'art, (n’a pas rejoint).
Médecins de l’assistance publique. — Par arrêté ministériel
du 15 janvier sont nommés médecins de l'Assistance publique les
médecins suppléants dont les noms suivent ; M. le D' Acheroy
(Paul -Edouard-Joseph), rue de Vaugirard, 164, affecté au 13' ar¬
rondissement. M. le D' Picard (Georges-Frédéric), rue Jacques-
Cœur, 11 ôts, affecté au 1 1' arrondissement; M.le D' Dézille (A-
bel-Jean-Baptiste), rue Didot, 53, affecté au 13' arrondissement.
M. le D' Bâtisse (Benoîl-Jean-Joseph), rue du Cherche-Midi, 99,
affecté au 13' arrondissement; M. le D' Gayrol (André-Pierre-
Joseph), avenue Niel, 93 affecté an 19' arrondissement : M. le D'
Berruyer (Gaston-Louis-Victor). rue des Saints-Pores, 73 bis,
affecté au 19' arrondissement ; M. le D' Sain.mont (Camille-Jules) ,
rue de la Roquette. 36. affecté au 20- arrondissement; M. leD'
Arnoux (Emile-Henri-Adolphe), rue Monceau, 91, affecté au 19*
arrondissement.
Société amicale de secours mutuels des employés de la
FACULTÉ DE MÉDECINE ET DÉ L’ÉCOLE SUPERIEURE DE PHARMACIE
DIS PARIS. — L’Amicale de secours mutuels de la Faculté de mé¬
decine et de l’Ecole de pharmacie a tenu, le 14 janvier, dans le
grand amphithéâtre de l'Ecole de Pharmacie, sa première assem¬
blée générale sous la présidence de M. le Docteur Ghouvier a.s-
sisté de M. le Docteur Lombard.
Après la lecture des rapports de MM. Pierron, vétérinaire et
Duboc, trésorier, le président, M. Ghouvier a fait ressortir que la
société, fondée il y a un an à peine, possède à l’heure actuelle un
fonds social de près de 30UÜ fr. Le jocteur Lombard a prononc é
un discours en faveur de la Mutuelle des employés des facultés,
ses anciens collègues restés ses bons amis.
Un banquet à eu lieu le soir à 8 heures au Palais d’Or¬
léans.
La tuberculose et le personnel des postes. — La commis¬
sion instituée au sous-secrêtariat des postes pour étudier l’orga¬
nisation des sanatoriums en faveur du personnel des postes, des
télégraphes et des téléphones, s’est réunie sous la présidence de
M. Seligmann-Lui, inspecteur général.
La commission a adopté un vœu déposé par le docteur Lachau
député, tendant à ce qu’un projet de loi ou un article additionnel
à la loi de finances soit déposé à bref délai pour obtenir du Parle¬
ment le vote d’un crédit de 1,206,(100 francs pour l’envoi en « con
gé définitif de maladie » des agents tuberculeux incurables, dange¬
reux pour la contagion à l’égard du personnel et du public. M.
le sénateur Peyrot et .M. Lachaud, député, ont promis leur appui
pour assurer le succès de cette proposition au Parlement. Dans
une prochaine séance, la commission examinera les moyens à
prendre pour obtenir les ressources nécessaires par souscription
volontaire du personnel, loteries ou autres, afin d assurer le trai¬
tement des prétubercùleux et l'envoi dans les sanatoriums des a-
gents tuberculeux curables. (Ac Temps}.
Gontre la Peste. — Le .Matin annonce que le D' Klein, dans
une communication aux autorités anglaises, déclare avoir trouvé
un remède contre la peste.
En Russie. — Le journal la Molva prétend que le comité
municipal des hôpitaux de Saint-Pétersbourg a refusé de laisser
transformer en prisons les hôpitaux.
Les journaux racontent les atrocités que les soldats auraient
commises à l’asile d’aliénés de Saint-Nicolas. Sur 1,000 pension'
LE PROGRÈS MÉDICAL
79
naires 700 avaient été internés pour tendances révolutionnaires.
Le règlement de l’état de siège partiel autorise la police d’en¬
voyer tous ceux qu'elle voudra dans un asile d’aliénés. Les soldats
auraient maltraité les internés et les membres du personnel.
La crémation en angi.eterre. — En Angleterre, comme en
France, les progrès du système d’incinération des corps sont des
plus lents. Le nombre des cadavres livrés aux fours crématoires
fut de 475 en 1903 : de 560 en 1904 ; de 600 en 1905. Le nombre
des établissements d’incinération s’est élevé à 9 à 12. Ce n’est en¬
core que l’élite de la société — ou ce ne sont que des gens désireux
d’appeler sur eux l’attention après leur mort — qui renoncent,
jusqu’ici, à l’enterrement ordinaire. On estime qu’il faudra au
moins un demi-siècle avant que le système ne se popularise. {Le
Petit Parisien, du 21 janvier 1906.)
Une exposition intern.ationale a Anvers est annoncée pour
les mois d’avril et mai 1906. La partie de Ib. médecine et de V hy¬
giène y occupera une place très importante. Nous engageons for¬
tement les fabricants à participer à cette exposition qui est patron¬
née officiellement et placée sous la très haute Présidence de S. A.
R, Madame la Comtesse de Flandre. Tous les renseignements
peuvent être demandés au Secrétariat, 26, rue d’Arenberg, An¬
vers. 'Cercle Royal Artistique).
Muséum d’histoire n.aturelle. — Cours de chimie appliquée
aux corps organiques. — M. Arnaud, professeur, commencera
ce cours le jeudi 8 février 1906, dans l'Amphithéâtre de chimie
du Muséum d’histoire naturelle, rue de Buffon, n"* 63, à quatre
heures, et le continuera les samedis, mardis et jeudis suivants,
à la même heure. Le professeur traitera des hydrates de carbone,
des sucres et des glucosides, ainsi que des méthodes synthétiques
et analytiques qui se rattachent à l’étude de cette classe impor¬
tante de principes immédiats.
Dés.aveu de Paternité. Durée db la grossesse : Le triom¬
phe DE l’esprit juridique. — La femme du garçon de café Lam-
mier ayant accouché cent quatre-vingt-quatre jours après son ma¬
riage, et avouant d’ailleurs que ce n’était pas des œuvres de son
mari, le garçon de café demandait à la première chambre de dé¬
clarer que l’enfant ainsi né n’est pas de lui.
Mais le Code civil décidant qu’il ne peut y avoir désaveu de pa¬
ternité que s’il est prouvé que le mari s’est trouvé dans l’impossi¬
bilité de cohabiter avec sa femme du trois cent quatre-vingtième
jour avant la naissance de l'enfant, il s’en fallait de quatre jours
pour que cette impossibilité se présentât dans le cas de M. Lam-
mier, et le tribunal a décidé que c’était assez pour qu’il fut le père ;
l’aveu de la mère étant d’ailleurs écarté comme irrecevable, dans
1 intérêt de l’enfant.
Seulement, le tribunal a prononcé le divorce entre M. Lammier
et sa femme, au profit du mari, à raison de l’injure grave à lui
faite par sa femme, en lui cachant, au moment du mariage, qu’elle
était enceinte de l’enfant dont pourtant M. Lammier est déclaré le
père ! N’est-ce pas le dernier mot de l’esprit juridique ? {L'Auro¬
re, 17 janv.i
Mort d’une centenaire — La nuit dernière, s’est éteinte de
vieillesse à l’inPrmerie protestante, rue du Platane, à Marseille,
Mlle Gleg, née le 21 septembre 1803. Mlle Gleg a gardé le lit
quelquesjours à peine. {L’Action du 22 janvier 1906.)
Laïcisation de l’hopitai. d’Issoire. — On nous assure que
l’hôpital de cette ville a été laïcisé il y a 6 mois.
Nécrologie. — Nous avons le vif regret d’annoncer la mort de
M. le D'' de Vecker, l’oculiste distingué.
Chronique des hôpitaux.
Concours pour la nomin.ation a deux places d'ophtalmolo¬
giste DES hôpitaux de Paris. — Ce concours sera ouvert le lundi
9 avril 1906, à midi, dans la salle des concours de l’Administra¬
tion, 49, rue des Saints-Pères, 49. Cette.séance sera consacrée à
la composition écrite. MM. les docteurs qui désireront concourir
seront admis à se faire inscrire au service du personnel de l’ad¬
ministration, de midi à 3 heures, du jeudi l'"' mars au samedi 24 du
môme mois inclusivement.
Hotel-Dieu. — Clinique des maladies nerveuses. — M. Gil¬
bert Ballet reprendra ses leçons sur les Maladies Nerveuses, le
dimanche 4 février, à 10 heures, amphithéâtre Trousseau, et les
continuera les dimanches suivants à la môme heure. Consultation
externe et policlinique pour les maladies nerveuses et mentales,
le samedi à 9 h. 1/2 (salon de la salle Sainte-Anne)
Hôpital Cochin-annexe. — Le D"' Queyr.at commencera, le
jeudi 8 février, à 10 h. 1/2, des conférences sur les maladies vé¬
nériennes et les maladies de la peau (avec présentation de malades
et démonstrations bactériologiques), et les continuera les jeudis
suivants à la même heure.
Hospice de Bicétre. {Fondation Vallée). — M. Bourneville
Visite du service (gymnastique, travail manuel, écoles, et présen¬
tation de malades) le samedi à lOh. très précises. Consultations
médico-pédagogiques gratuites pour les enfants indigents atteints
de maladies du système nerveux, le jeudi à 9 h. 1/2.
Clinique d’accouchement Tarnier. — Professeur P'' Budin.
— Tous les mardis à 9 heures: Leçons de clinique obstétricale.
Tous les samedis à 9 heures. Leçons sur l’allaitement et l’hygiène
du nourrisson.
Hôpital de la Charité. — Leçons de clinique obstétricale. —
M. le Dr Maygrier (amphithéâtre Potain), le jeudi à 10 heures.
Hospice de LA Salpétrière. (Clinique mentale et nerveuse).
— M. le Dr J. Voisin, lejeudià 10 heures.
Enseignement libre.
Conférence. — M. le Dr A. Ghervin fera le 6 févrierà8 heures
3/4 très précises du soir, à l’Hôtel des Sociétés savantes, 8, rue
Danton, une conférence sur les troubles de la parole.
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représentés ; toutes les principales revues et le plus grand nom¬
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hard ; Albuminurie orthostatique, scarlatine, alimentation, par
Dufour (c. r. de Friedel.) — Revue î>e chirurgie pratique :
Résultats éloignés de la transposition testiculaire à la Longuet,
par Pélicier. — Electrothérapie : Interrupteur à mercure
autonome. — Bibliographie ; Traité de pathologie interne, par
Lemoine ; Les fractures du crâne chez l’enfant, par Gasne ; Im
Grenzlande ou au pays-frontière, par Moebius ; Traité des mala¬
dies de l’estomac, par Soupault ; La détermination de la dose
toxique de l’acide carbonique chez les vertébrés, par Gréhant ;
Des bacillaires arthritiques « lithiasiques primitifs », par Dedet,
— Varia ; L’inauguration du buste de Liébeault ; La protection
mécanique des habitations dans le paludisme ; Les casiers sani¬
taire et L’assistance familiale ; L’assistance familiale et les trou¬
pes coloniales et de marine ; Un hospice en flammes ; Préfec¬
ture delà Seine. — Formules. — Actes et thèses de la
FACULTÉ DE MÉDECINE DE Paris. — ■ THÉRAPEUTIQUE t Traite¬
ment des congestions pulmonaires et des hémoptysies par l’hélé-
nine, — Nouvelles. — Chronique des hôpitaux. Enseigne¬
ment médical libre. — Bulletin bibliographique.
SOMMAIRE ; Pathologie interne : Sur la prétuberculose
fondée sur le syndrome respiratoire et urinaire, son identité
avec la tuberculose classique, par Laffont. — ■ Gynécologie :
Cancer du corps utérin à forme polypeuse, par Mortier. — Bul¬
letin : Ouverture de cours : Clinique obstétricale, par Bar. —
Sociétés Savantes : Société de biologie : ^irochète dans le
placenta syphilitique, par Nattan-Larrier et Brindeau ; Spiro¬
chète dans le placenta, par Wallich et Levaditi ; Diapédèse
dans les hématomes, par Froin ; Effets sur le sang de l’albumine
hétérogène, par Castaigne et Chiray ; Chloroforme dosé dans
les tissus, par Nidoux ; Catalose dans les organes, par Isco-
vesco (c. r. de Mme Edwards-Pilliet.) — Société de chirurgie :
A propos des appareils pour anesthésie chloroformique, par
Reynier ; La chloroformisation chez les psychopathes, par Pic-
qué ; Suture nerveuse, par Reynier ; Rachistovaïne, par Cha-
put (c. r. de Catz.) — Société Médicale des Hôpitaux : Septicé¬
mie et tétragène, par Œttinger et Malloizel ; Cyanose congéni¬
tale sans signes d’auscultation, par Variot ; Régime achlorurô
dans la scarlatine, par Pater ; Fièvre prévaricellique, par Gal-
PATHOLOGIE INTERNE
Sur la prétuberculose fondée sur le syndrome
respiratoire et urinaire. Son identité avec la
tuberculose classique ;
par le Docteur Marc UAFFONT
La prétuberculose fondée sur les syndromes du chi¬
misme respiratoire et urinaire, suivant les travaux de
MM. A. Robin et M. Binet, n’existe pas comme entité
morbide, je vais le prouver.
On sait que la plupart d’entre nous portent à l’état de
saprophyte, aux oritices communs des voies respiratoi¬
res et digestives le microbe de Koch, dont la virulence
variable suivant l’habitat sur divers animaux, depuis
l’orvet jusqu'à l’homme, l’est encore chez une même
espèce animale, sous diverses conditions dont le déter¬
minisme jusqu’ici n’est pas scientifiquement expliqué.
On sait également que le microbe de Koch a été trou¬
vé dans des organes sains en apparence (testicules, gan¬
glions lymphatiques, reins, moelle osseuse, etc.) ; sur¬
vienne un état pathologique aigu, une pyrexie, la tu¬
berculose évolue. Je rappelle ici cette phrase profonde
de Laënnec, citée par Dameschino dans sa thèse d’agré¬
gation sur Y Etiologie de la tuberculose , 1872 •. « Une
« fartie enflammée ressemble à la terre inculte depuis
« longtemps, et dans laqmlle le labour fait germer
« une foule de graines qu elle renfermait depuis long-
« temps dans son sem >; .
Toutporteà croire que beaueoupsont, sans s'en aper¬
cevoir, l'habitat de ce terrible microbe, qui prend sa
Virulence à son heure, lorsque nous nous y attendons
le moins, et qu’il évolue alors, trop souvent fatalement
poumons !
Mais, si la prétubereulose n'existe pas avec ses mer¬
veilleuses indications sur la prophylaxie tuberculeuse,
sommes-nous désarmés pour dépister les premières ma¬
nifestations du redoutable mal, alors qu'il est facile¬
ment curable? Que non pas, heureusement. La métho¬
de o/’/fcîg^fej’auscultation et de percussion do profes¬
seur Grancher, l’étude méthodique des variations de la
mnipérature selon les indications de M. Daremberg, la
l’eeherche méticuleuse des adénites, nous suffisent lar-
?nûient et ce sont les méthodes que Je préfère. Nous
avonsdeplus l’épreuve de la tuberculine, le séro-dia-
gnostic de MM. Arloing et P. Courmont, le cyto-dia-
gnostiede MM. Widal et Ravaut, l’inoscopie de M. Jous-
set, l’épreuve du vésicatoire de MM. Roger et Josué, la
pneumographie de MM. Ed. Hirtz et Rrouardel, l’exa¬
men microscopique du sang, etc. Après ce préambule un
peu long, j’arrive à la réfutation des théories de MM. Ro¬
bin et Binet, je trouve d’abord que leur point de départ,
c’est à dire le chimisme respiratoire moyen de l’hom¬
me normal, n’a pas toute la rigueur scientiüquement
exigible en pareille matière.
Toutes choses égales d'ailleurs, la taille, le poids, le
nombre des respirations, le chiffre de la ventilation
etc., la moyenne du chimisme réspiratoirc varie ce¬
pendant de 1901 à 1905. — C’est ainsi que O fixé par
les tissus est trouvé par ces MM. dans leur moyenne de
1905, 57 % plus fort quedans leur moyenne publiée
en 1901 — Pourquoi?
MM. Robin et Binet annoncent comme leur découver¬
te que les échanges respiratoires des phtisiques sont
augmentés, « contrairement à l’opinion générale et à la
théorie officiellement enseignée ». Cependant, dès 1879
M. P. Regnard, dans sa remarquable thèse sur les
« Combustions respiratoires», n'avait pas dit autre cho¬
se, et ses nombreuses analyses du chimisme respiratoi¬
re, faites avec toute la rigueur scientifique qui était de
règle au laboratoire de notre regretté maître Paul Bert,
démontrent quela quantité totale de O disparu dans la
respiration des phtisiques, est de beaucoup supérieure
à la normale, de même que O absorbé par les tissus pour
les combustions organiques, d'où diminution souvent
de près de 50 % du quotient respiratoire ou rapport de
CO^
O *
Lorsque la fièvre est moins forte, même chez les
phtisiques avancés, ce quotient se rapproche deO.8 nor¬
male adopté par tous les physiologistes.
Quantà CO- produit dans la période de fièvre, son
augmentation n'est pas en rapport avec O total consom¬
mé, quelquefois même inférieur à lanormale (15 à 10
litres par heure), à laquelle il remonte pendant la pé¬
riode apyrétique, pour la dépasser même souvent par
suite de l'augmentation du nombre des mouvements res¬
piratoires chez les phtisiques (24 mouvements au lieu
82
LE PROGRÈS MÉDICAL
de 16), modification respiratoire qui fait passer dans les
poumons une plus grande quantité d’air, parce que le
phtisique, quoiqu’en disent MM. Robin et Binet est un
affamé d’oxygène.
Tout, au reste, est incompréhensible pour moi dans
cette partie du travail des auteurs précités. C’est ainsi
qu’ils annoncent que la production de CO’ est augmen¬
tée de 86 % chez la femme, de 04 % chez l’homme, en
même temps que la quantité de O absorbé par les tissus
croit de 163 % chez la femme et de 95 % chez l’homme.
Or, pour arrivera l’augmentation simultanée chez l’hom¬
me de 00^ produit et de 0 fixé par les tissus, dans
les proportions indiquées par les auteurs, il faudrait
une augmentation énorme de 0 total utilisé, soit 36 li¬
tres à l’heure, au lieu de la moyenne 20 à 21
augmentation que l’on rencontre seulement dans les
états pathologiques très graves avec des températures
avoisinant 40°. Encore, dans toutes ces combustions exa¬
gérées, l'augmentation porte-t-elle surtout sur 0 fixé
par les tissus, et le quotient respiratoire diminue de 50 % .
L’étude du chimisme respiratoire, même sans être pous¬
sée à l’exagération, est inutile comme élément de dia¬
gnostic, tout individu présentant une augmentation du
nombre des respirations de 1/3, avec augmentation des
combustions, s’il n’est pas affecté de pyrexies, fièvres
infectieuses, etc., est facilement reconnu tuberculeux
par l’auscultation et la percussion. J’ajoute que, même
chez les tuberculeux manifestes, mais apyrétiques, ce
chimisme respiratoire peut disparaître. Les prétubercu¬
leux de MM. Robin et Binet sont donc des tuberculeux
classiques et je ne vois rien d étonnant à ce qu'ils en
rencontrent 60 % parmi les descendants de phtisiques.
Autres sont les manifestations para-tuberculeuses,
aujourd'hui officiellement enseignées, ce sont : la chlo¬
rose et la chloro-anémie, la scrofule et le lymphatis¬
me, l'infantilisme de Lorrain, les aplasies cardio-arté¬
rielles. Les descendants des tuberculeux présentent
souvent ces manifestations auxquelles ils doivent de
l'anaphylaxie pour l'infection tuberculeuse. L'anaphy¬
laxie, mot heureusement créé par le professeur Richet
pour exprimer une susceptibilité spéciale, provoquée
pour les infections ; j’ai pu la produire dans des expé¬
riences sur la tuberculose que j’ai instituées dans mon
laboratoire avec mon élève le André Lombard, en
injectant préventivement des animaux avec la tubercu¬
line.
Non seulement ces animaux n’ont pas été vaccinés,
mais ils ont présenté au contraire de l’anaphylaxie tu¬
berculeuse, ont été infectés plus rapidement par une
inocülation du virus tuberculeux et sont morts avant
les témoins. A mon avis, porteurs ou non de B. de Koch,
les descendants tuberculeux atteints de para-tubercu¬
lose, ont été rendus anaphylactiques pour l’infection
tuberculeuse, par les toxines solubles qu'il ont reçues
pendant leur vie fœtale.
Tous les autres états de déchéance vitale, dont les
principaux facteurs sont, sans contredit, l’alcoolisme,
la misère (en 1862 Bertillon trouve 13 tuberculeux sur
100 morts riches et 33 sur 100 pauvres), et l’absence
d’hygiène, s ils ne constituent pas la para-tuberculose,
mettent néanmoins l’organisme à l'état de réception
très facile pour le virus tuberculeux, parce que la dé¬
fense est amoindrie. Dans la même classe, malgré MM.
Robin et Binet, après un grand nombre d’auteurs clas¬
siques, je place comme prédisposant à la tuberculose,
l’arthritisme avec toutes ses modifieations variées du
côté de la peau, des séreuses. de l’appareil locomoteur.
de l'appareil circulatoire, des viscères, toutes les fois
que ces manifestations auront amené de la déchéance
vitale. Trébeneau a trouvé 34 arthritiques sur 100 tu¬
berculeux, le D'’ F. O. Merson, à Leysin, 1 rhumati¬
sant sur 5 tuberculeux et M. Bouveyron 12 sur 30. Déjà
en 1865, Pollock, cité par Powell en 1874, dans son in¬
téressante thèse sur les « Pseudo-rhumatisme tuber¬
culeux » avait signalé la fréquence des affections rhu¬
matismales et cardiaques au cours de la tuberculose. M.
le professeur A. Poncet et ses élèves ont généralisé l’é¬
tude de cette forme de tuberculose, sous le nom de
tuberculose inflammatoire, mais rappelons-nous que
la découverte en est due à Gubler dont l’observation
de 1860 restera classique comme description et inter¬
prétation. Aussi proposerai-je de donner au rhuma¬
tisme TUBERCULEUX, la dénomination de rhumatisme
DE Gubler.
Je reviens au syndrome respiratoire, expression de
la prétuberculose, selon M.M. Robin et Binet, et je ré¬
pète que ce chimisme respiratoire est celui de la tuber¬
culose classique : j’ajoute que la faible quantité de CO'
éliminé parle fonctionnement du globule rouge, par
rapport à l'élévation de O total consommé, reconnaît
pour cause l'altération du sang dont la capacité respi¬
ratoire est diminué de 20 au 1°' degré, de 30 "/o fiu 2*
degré, de 50 "/o fit plus au 3' degré, comme nous le sa¬
vons depuis les remarquables recherches de Quinquaud
en 1872 et de M. Regnard en 1879.
En même temps l'hémoglobine baisse dans de fortes
proportions, comme je l’ai établi au moyen de la mé¬
thode colorimétrique trouvée par le professeur Jolyet
et moi.
Le syndrome urinaire invoqué par la même école,
est-il davantage une preuve de prétuberculose ? je ne
le crois pas. Je ne m’appuierai pas sur les analyses con¬
tradictoires de M. Berlioz, ni sur celles de M. Ott (de
Wittlich), non plus sur les centaines d’analyses d'u¬
rine faites par M. Lombard et moi depuis 5 ans. Je di¬
rai avec M. Daremberg dans son précieux traité de la
« tuberculose » (1905), la déminéralisation ne peut
servir d’élément de diagnostic pour la tuberculose, car
on l’observe dans un grand nombre de maladies. J’a¬
jouterai que, môme pour la déchloruration urinaire,
cette rétention des chlorures dans l’organisme est fonc¬
tion de toutes les maladies infectieuses et non de la
tuberculose seule. Enfin je dirai avec MM. Marcel et
Henri Labbé : dans une analyse d’urine, si l’existence
ou l’absence de substances anormales dans l’urine,
constituent un élément très important de diagnostic,
les chiffres indiquant le taux des principes normaux
ne lui sont d’aucune utilité indispensable, car en de¬
hors de tout trouble morbide, à l'état de santé, l’excré¬
tion dépend avant tout de l'ingestion.» Il ne peut sor¬
tir de l’organisme que ce qui y a pénétré.»
En résumé, il n'y a point de prétuberculose comme
entité morbide opposée à l’arthritisme. Il y a des para-
tnberculeux issus de tuberculeux et présentant des ta¬
res organiques qui les rendent anaphylactiques pour
les virus tuberculeux. La déchéance vitale, quelle
qu'en soit la cause favorise l’infection par le bacille de
Koch.
Certainement, la phtisie évolue en deux périodes,
mais contrairement à JVl.M. Robin et Binet, je place avec
tous les auteurs l’infection avant la consomption qà*
en est le corollaire.
Les initiateurs de la prétuberculose n’ont fait aU'
cune découverte, car le chimisme respiratoire desphti'
LE PROGRÈS MÉDICAL
83
siques a été parfaitement étudié avant eux par M. Re¬
gnard, et je ne crois pas que l’enseignement officiel
ait jamais dit que la phtisie n'était pas une maladie de
consomption et que la vitalité est amoindrie chez les
tuberculeux.
MM. Robin et Binet pensent que leur découverte
« bouleverse, par conséquent, toutes les idées directri-
« ces actuelles de la prophylaxie et du traitement de la
<( phtisie. . .» j’espère que non, et je compte pour cela
sur les travaux de la section d'hygiène de notre con¬
grès. Les médecins continueront à tonifier les phtisi¬
ques, c’est-à-dire à stimuler, à invigorer les organites
(leucocytes, lymphocytes, phagocytes en général), char¬
gés de prendre dans le tube digestif les éléments de
nutrition et d’apporter aux émonctoires les déchets de
cette nutrition avec les toxines Iranformées.
La vraie découverte, la seule qui ait bouleversé les
idées directrices d’infection, de prophylaxie et de traite¬
ment de la tuberculose, c'est la découverte de la pha¬
gocytose dont le monde est redevable à M. Metchni-
La tonification des phtisiques, nous la chercherons
surtout dans l’hygiène, le repos et l’alimentation judi¬
cieuse, car nous n’oublions pas l’axiome de Bouchar-
dat: « ce n'est pas ce que Von mange qui nourrit, c'est
ce qu'on digère », ni celui de M. Daremberg : « on ne
refait pas un tuberculeux comme on fait un animal de
boucherie. » On peut dire qu’un tuberculeux qui
mange, qui assimile, qui digère, prolongera son exis¬
tence, guérira peut-être.
Si Voltaire a pu, en toute vérité, mettre dans la bou¬
che du chirurgien Sidrac ces paroles mémorables ;
« Que le premier mobile de toutes les actions dos hom¬
mes, c’était la chaise percée », je serai également tenté
de dire : le principal élément de pronostic de la tuber¬
culose, c’est la chaise percée.
(iYNÉGOLOGIE
Cancer du corps utérin à forme polypeuse i l) ;
P.11- MORTIER
Le cancer du corps de l’utérus se diagnostique faci¬
lement quand il s’accompagne de ses symptômes habi¬
tuels. - Il est bien évident qu’en présence d’une femme
âgée de 45 à 5(j ans, qui accuse de violentes douleurs,
un état leucorrhéique intense et des hémorrhagies abon¬
dantes on a le droit de songer à un néoplasme utérin,
surtout si, par le toucher vaginal, on trouve un utérus
peu mobile et augmenté de volume.
Mais il n’en est pas toujours ainsi ; dans certainscas,
les symptômes primordiaux peuvent faire totalement
défaut, et on a cependant atfaire à un cancer utérin,
comme le démontre le laboratoire.
Telle est l’histoire d’une malade qui, le Boctobre der¬
nier, entre dans le service de mon excellent maître, le
D'‘Picqué,à l’hôpital Bichat.
Cette femme âgée de 50 ans, se plaint uniquement
de métrorrhagies abondantes. Depuis 4 ans, elle n’a
pas cessé de perdre du sang, d’abord à intervalles irré¬
guliers, ce qui lui faisait croire aux effets de son retour
d’àge, puis par périodes de plus en plus rapprochées.
Depuis 5à (5 mois, ses pertes sont continuelles, et, de¬
puis Imois, terriblement abondantes ; malgré d’ingé¬
nieux procédés, elle ne peut arriver à se garantir suffi¬
samment si bien que, à bout de forces et honteuse
(1) CuiHinunioaiiun à la Soc. de Médecine de Paris.
d’elle-même, puisqu’elle macule de sang les endroits
où elle passe, elle s’est décidée à venir consulter.
Elle n'a pas maigri ; son état général est bon; elle
n’a aucun trouble fonctionnel et, n’était son faciès
décoloré, comme une personne un peu exsangue, on ne
la soupçonnerait pas malade.
Elle n’a jamais eu la moindre douleur dans le bas-
ventre ; elle a toujours été bien réglée jusqu’à l’àge
de 46 ans ; ses règles n’étaient ni douloureuses ni abon¬
dantes.
On ne trouve chez elle aucun passé morbide ;
mariée à l’àge de 20 ans, elle a eu un enfant qui est
mort de convulsions, à l’àge de 4 mois ; et, depuis de
nombreuses années, elle est veuve, son mari ayant suc¬
combé à une tuberculose pulmonaire.
Voilà donc une femme qui n’a jamais souffert, dont
l’état général n’est pas modifié et qui accuse unique¬
ment de violentes hémorrhagies d’origine utérine. L’idée
de rétention placentaire ou d’avortement doit être im¬
médiatement écartée, parce que les métrorrhagies
persistent depuis 4 ans. — Alors doit-on soupçonner
un polype de l’utérus faisant saillie dans le vagin ?
Non puisque le toucher vaginal démontre l’existence
d’un col normal, non hypertrophié, et ne laissant pas-
.ser aucun polype. Aussi, paraissait-il plus vraisem-
ble de songer à l’existence d’un néoplasme utérin, sur¬
tout en considérant l’àge de la malade.
Fort de cette idée, on aurait pu, m’objectera-t-on,
chercher à contrôler ce diagnostic en prélevant une
parcelle de la tumeur supposée au moyen d’nne curette
et en la confiant à un histologiste. — Mais M. Picqué
estime que cette manœuvre n’est pas sans dangers, sur¬
tout quand on pénètre dans un utérus à parois peu
résistantes, probablement friables, et qu’on a plus
d’avantages, quand on peut faire le diagnostic sans
elle, à n’ypas recourir.
M. Picqué décida donc une intervention estimant à
juste titre que, vis-à-vis de 1 âge de la malade, il pou¬
vait, sans grands inconvénients, faire chez elle une hys¬
térectomie subtotale ; c’est ce qu’iPfit le 24 octobre.
Selon ses prévisions, il trouva un utérus très peu aug¬
menté de volume, sans aucune adhérence, de colo¬
ration normale, et les annexes indemnes de lésions.
Macroscopiquement, l’utérus semblait peu malade ;
mais, en l’incisant suivant son grand axe, on trouve
implantée, au niveau du fond, une petite tumeur de la
grosseur d’une noix, absolument fixe, comme englobée
dans l’organe ; cette tumeur, non ulcérée, est sail¬
lante, très irrégulière, avec un aspect végétant, poly-
peux ; elle semblait adhérente aux parois, un peu épais¬
sies, de l’utérus.
Une partie de cette tumeur fut prélevée, incluse au
collodion, coupée et colorée ; voici quel en fut mon
examen histologique :
Au milieu d’un stroma conjonctif peu modifié, on
trouve une série de cavités glandulaires très altérées;
certaines d’entre elles sont, en effet, le siège d’une abon¬
dante prolifération cellulaire ; au lieu de constater une
seule rangée de cellules comme couche de revêtement,
on voit plusieurs assises de cellules superposées, et de
formes très diverses ; le type cylindrique n’est plus ob¬
servé, et tandis que les cellules qui tapissent les pa¬
rois de la cavité ont encore cet aspect cylindrique, celles
qui se I approchent du centre de l’acini sont devenues
de forme toute autre. De plus, quelques cavités glan¬
dulaires sont complètement obstruées par ces éléments
cellulaires à formes polymorphes, au point que leur lu-
LE PROGRÈS MÉDICAL
mière a totalement disparu. Quant aux vaisseaux, ils
ont leurs parois très épaissies ; certains renferment
des globules sanguins en quantité notable, mais aucun
ne contient d’embolie épithéliale. Enfin on voit, par
place, des amas manifestes de leucocytes, ce qui, pour
M. Brault, serait en faveur d’un néoplasme récent.
Cet ensemble de faits permet d'éliminer l’idée d’adé¬
nome tubulé, ou bien encore de glandes simplement
enflammées, de métrite chronique ; car, si, dans
ces derniers cas, on trouve aussi une abondante pro¬
lifération cellulaire dans les cavités glandulaires, on
ne constate pas cependant un semblable degré de
polymorphisme parmi les cellules elles-mêmes. De
même, le fait de trouver des acini complètement bour¬
rés d’éléments cellulaires pourrait éveiller peut-être
l’idée d’un cancer pavimenteux ? Mais alors, à côté de
ces cavités remplies de cellules, on ne trouverait pas,
comme dans le cas présent, d’autres conduits dont la
lumière soit nettement visible.
Il s’agit donc bien ici d’un cancer utérin, d'origine
cylindrique, végétant, et à forme polypeuse.
Ceci nous montre. Messieurs, que certains cancers
peuvent évoluer sournoisement, sans grand cortège
symptomatique, et qu’il y a grand intérêt à pouvoir les
diagnostiquer au plus tôt.
Aussi, en préence d’une malade âgée de 45 à 50 ans,
qui accuse peu ou pas de symptômes en dehors de ses
métrorrhagies, doit-on songer toujours àunnéoplasme
possible. La malade en bénéficiera d’autant plus que,
le diagnostic étant posé, on pourra, chez elle, sans atten¬
dre l’apparition de nouveaux symptômes plus impor¬
tants, faire une intervention nécessaire, nettement jus¬
tifiée et qui aura, pour l’avenir, d’autant plus d’effets
qu’elle aura pu être pratiquée plus tôt.
NARCYL GRÉMY médicament spécifi¬
que de la toux, spécialement de la toux des tu¬
berculeux.
BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL
Ouverture de Cours.
Clinique obstétricale : M. le D' BAR,
prof, agrégé.
Les Boiteries au point de vue obstétrical.
Leçon
M. le D' Bar a fait, le 20 janvier, à la Maternité de
l’Hôpital Saint-Antoine, sa première leçon de l’année.
En outre des cliniques faites chaque jour au lit du ma¬
lade, à la consultation des noumssons, ou, tous les
mardis et vendredis, à la consultation des femmes encein¬
tes, des leçons seront faites, tous les samedis à 10 h.,
par M. le D'' Bar ou M. le D' Brindeau.
La leçon du 20 janvier était consacrée à l’étude des
Boiteries aufointde vtie obstétrical.
Après un historique rapide de cette question, M
Bar, indique que pour comprendre comment un bas¬
sin peut se déformer sous l’action des boiteries, il est
indispensable de connaître les lois de sa formation. Or,
le bassin d'un nouveau-né est très particulier : poul¬
ies uns, le diamètre antéro-postérieur du détroit supé¬
rieur est sensiblement supérieur aux diamètres trans¬
versaux ; pour d’autres, M. Brindeau notamment, le dé¬
troit supérieur du bassin du fœtus est sensiblement cir¬
culaire. Si maintenant nous examinons le bassin d’une
femme adulte, nous voyons que les diamètres transver¬
saux l’emportent sur le diamètre antéro-postérieur, au
détroit supérieur : diamètre antéro-postérieur, 11 cm. ;
diamètre transversal 13 1/2. Ces différences entre le bas¬
sin de l'adulte et celui du nouveau-né tiennent à plu¬
sieurs causes : c’est tout d’abord le développement, des
os et cela en vertu d’une force atavique : toute circons¬
tance qui empêchera cette transformation, sera une
cause de déformation du bassin.
La 2= cause tient au développement de l’appareil gé¬
nital. Tout est en harmonie dans le corps humain ;
or, qu’est-ce que le bassin, sinon un organe de protec¬
tion ? Le bassin est à l’appareil génital ce que la boîte
crânienne est à l'encéphale. H y a une proportion en¬
tre le développement des organes protégés et desorga-
ganes protecteurs. On voit des femmes chez lesquelles
Tutérus, le vagin, les ovaires, ne se sont pas dévelop¬
pés, leur bassin ne se développera pas transversale¬
ment. Il restera un bassin d’adolescente : c’est l’herma¬
phrodite. Le statuaire antique Ta bien vu, qui a mo¬
delé à l’hermaphrodite, un tel bassin. Inversement, des
femmes ont deux utérus ; leurs hanches seront très lar¬
ges ; l’organe protecteur suit le mouvement que lui
donne l’organe protégé. Ces exemples sont pris aux
deux extrêmes. Dans la pratique journalière, on verra
un grand nombre de femmes dont les bassins seront
généralement rétrécis, stigmate de rachitisme, etimmé-
diatement on redoutera un accouchement laborieux
parce que le bassin a peu d’ampleur, mais aussi parce
que les appareils génitaux présenteront une étroitesse
extrême.
La 3” cause tient à cette circonstance que le bas¬
sin est encore l'emprise, l’attache des membres infé¬
rieurs sur le tronc. La femme est-elle debout, la colonne
vei’tébrale va transmettre sa pression au fémur par lès
lignes innommées, et ces deux branches s’écarteraient
indéfiniment si les deux tirants du pubis n’empêchaient
un écartement trop grand des parties latérales. Qu’ar-
rivera-t-il dans la marche ? supposons le bassin agrandi
dans le sens antéro-postérieur, les tirants résistent, mais
laissent un certain écartement, et peu à peu les diamètres
transversaux vont s’affirmer.
La femme est-elle assise ? elle repose sur les deux
ischions, et la pression produite par la colonne verté¬
brale suivra l’aileron, et descendra pour gagner les is¬
chions qui auront tendance à s’écarter ; cet écar¬
tement est arrêté par deux tirants qui vont d’un ischion
à l’autre ; mais, au lieu d’être parallèles aux deux ti¬
rants supérieurs, ils prennent une direction oblique
pour devenir les branches ischio-pelviennes, ces bran¬
ches permettent un certain écartement, et à mesure que
l’enfant grandit, le bassin prend la forme transversale.
Ce sont ces facteurs qui dominerontla genèse des vicia¬
tions pelviennes.
1“ Action de développement. Interviendra-t-elle dans
la boiterie ? Oui, chaque fois que la cause de la boiterie
1 sera capable d'agir sur les os du bassin.
LE PROGRÈS MÉDICAL
85
2® Aclion du développement génital. On peut répondre
ici par la négative.
3“ Action des contre-pressions . Cette action se fera
sentir très nettement et on pourra dire que toute boite¬
rie atteignant le bassin proprement dit pourra entra¬
ver le développement des os ; que toutes les causes
de boiteries qui siègent bas auront la plus grande
chance de laisser les os du bassin indemnes ; que tou¬
tes celles qui siégeront haut risqueront d’arrêter le
développement de l’os iliaque. On dira encore que plus
la boiterie sera considérable, plus le facteur pressions
et contre-pressions interviendra ; que plus la boiterie
débutera tôt, plus son action sera nocive sur le bassin,
car les os sont plus malléables. Enlin un dernier fac¬
teur devra être retenu ; comment a-t-on traité la boi¬
terie ?
Dans la pratique, plusieurs hypothèses pourront se
présenter :
1 "■ Cas : Raccourcissement d'un memRrc par résec¬
tion.
Examinons la femme, de dos : le pli fessier du côté
réséqué, est au-dessous de l’autre ; la fesse s’efface ; la
fossette de Michaëlis descend plus bas ; la femme se
porte du côté opposé et on note un pli pathognomoni¬
que dè la boiterie. Le poids de la colonne vértébrale
porte du côté opposé, elles pressions s’exercentdu côté
opposé à celui de la boiterie. Si la femme boite à gau¬
che, elle use surtout de son membre droit, et c’est le
côté droit du bassin qui sera le plus rétréci.
. 2' cas : Pied bot. — Comment se comportera le bas¬
sin ? On n’a guère décrit que le bassin dans le pied bot
double ; ici, la femme marche eu faisant faire un grand
tour au membre qu’elle a projeté en avant; elle produit
donc à chaque fois un choc violent du côté de la cavité
cotyloïde, il y a enfoncement dans les deux cavités, et
l’excavation à ce niveau est saillante en dedans. — En
général ces femmes accouchent bien.
3® cas : Paralysie infantile. — On peut dire que
lorsque la paralysie infantile n'atteint que la partie
inférieure du membre, le bassin est indemne. Si les
parties hautes sont touchées, on peut avoir unaplalisse-
montdii côté sain; l'accouchement est difficile, mais
possible. Si la racine du membre est lésée, il faut
recourir aux opérations sanglantes.
4® cas : Luxation congénitale de la hanche. — Et
d’abord, la luxation congénitale de la hanche existe-
t-elle? Oui, certes, et il y a 15 ans, M. Bar en recueil¬
lait la première observation très certaine, et persuadait
ainsi M. Verneuil qui l’avait niée. Mais ici, il faut
noter que tous les cas observés l’ont été à la suite de
présenialions par le siège; dès lors ne sont-ce pas les
interventions qui amènent la luxation congénitale de
la hanche? Elle peut être simple ou double; il faut
s’attachera la bien reconnaître. La femme est debout;
aile ne peut arriver à se tenir droite ; les fesses présen¬
tent une, forte saillie ; l’ensellure lombaire est très con¬
sidérable; au niveau des reins on constate un grand
pii» la peau est trop longue. Examinons-nous une
femme vue de dos dans la luxation gauche? le pli fes¬
sier est plus élevé parce que la tête fémorale étant faus¬
sée dans la fosse iliaque, entraîne tout avec elle ; il
est plus marqué. S’agit-il d’une luxation double, vue
de dos ; les jambes fléchissent; les fesses sont très sail¬
lantes en arrière ; il y a déformation des parties latéra-
nes et ensellure. La femme est-elle couchée? on ob¬
serve la déformation des hanches, le déplacement de
la tête fémorale, le raccourcissement des membres
inférieurs. Pour vérifier ce dernier point, on admet
que le corps humain répond à 7 têtes 1/2; de la plante
des pieds à l’extrémité inférieure de la rotule, 2 tètes;
de la rotule à l’extrémité supérieure du trochanter, 2 tê¬
tes; le tronc représente le surplus. Ce raccourcissement
est facile à constater. Richet remarque qu’à l’état nor¬
mal, une femme étant couchée sur un lit bien plan,
les distances doivent être égales, de l’extrémité infé¬
rieure de la rotule au milieu du pli de l’aîne, d’une
part, et de la plante des pieds, à l’extrémité inférieure
de la rotule de l’autre. Un second mo3'en, consiste à
faire fléchir les jambes; un gemou reste au-dessous de
l’autre ; il correspond au côté luxé.
M. le P® Bar examinera dans sa prochaine leçon,
comment ces déformations agissent sur le bassin.
A. F.
Les Boiteries au point de vue obstétrical.
2® Leçon.
Reste à déterminer l’inlluence de la luxation congé¬
nitale de la hanche sur le bassin. Elle est double :
influence sur la direction du bassin, influence sur ses
dimensions.
1“ Influence de direction. Les deux fémurs s’in¬
sèrent trop en arrière, trop haut, le bassin bascule en
avant. Un seul fémur est-ii en arrière, le bassin bas¬
cule en avant, mais de plus s'incline du côté luxé.
2“ Influence sur les dimeusions du bassin.
La femme qui a une luxation congénitale tire son
bassin du côté luxé ; la largeur du bassin augmente
donc des deux côtés, ou du côté luxé et sa hauteur di¬
minue. Chez toute femme ayant une luxation unilatérale,
le poids du corps portesur le côté sain qui s'aplatit ; le
côté malade est reporté en dehors ; c'est essentielle¬
ment un bassin asymétrique.
Au détroit inférieur, l'ischion est tiré en dehors du
côté luxé, d’où agrandissement du détroit inférieur; l'is¬
chion exerce une traction sur le coccyx qui est amené
en avant.
La luxation est-elle double ? Cette asymétrie que
nous venons de constater dans la luxation congénitale
unilatérale n’existe plus, le bassin redevient symétri¬
que : il est aplati d’avant en arrière.
Enfin, dans l’hypothèse d'une luxation bilatérale, il
y a traction sur les deux ischions, et le bassin est trè.>
large au détroit inférieur, dans ses dimensions trans¬
versales. On peut dire que, dans la luxation bilatérale, le
bassin est large en haut et en bas, et qu’il est anté-
versé.
Ouelle répercussion cette malformation aura-t-elle
sur la grossesse et l'accouchement ?
En général, le bassin est peu vicié. Pendant la gros-
LE PROGRÈS MÉDICAL
sesse,on pourra redouter les accidents de l’antéversion ;
lors de raccouchement, on pourra craindre des anoma¬
lies de présentation ; l'antéversion du bassin a pour
conséquence un manque de franchise dans la présen¬
tation; elle a un autre effet: laprocidence d'un membre,
du cordon, sera fréquente.
Quant au passage, le fœtus ne sera généralement pas
trop gros pour les détroits supérieur et inférieur, car
la déformation est d'ordinaire peu considérable . Dans le
bassin luxé ; dès que le détroit supérieur est passé, tout
est franchi, si bien que les diflicultés de l’accouchement
chez la femme à luxation sont surtout des difficultés de
présentation.
Le bassin étant large, le bassin descend en transverse
et se dégage de même.
Le pronostic est donc bon en général ; il sera donc
rare de provoquer l’accouchement. Au moment du
travail, la grande difficulté n’est pas le rétrécissement,
c’est l'antéversion ; pour la corrige.!’, on ne saurait
employer le forceps, instrument de force, mais la
version, instrument de souplesse.
Peut-on, après tout ceci, permettre le mariage à des
femmes atteintes d’une luxation congénitale de la han¬
che ? Oui, certes, mais la malformation sera souvent
héréditaire.
Si nous arrivons à la dernière cause de boiterie, le
bassin co.xalgique, la situation diffère totalement.
La coxalgie est une arthrite de l’articulation coxo-fé-
morale ; elle mettra obstacle à la nutrition du bassin
et laissera après elle de l'ankylose.
On a distingué des coxalgies essentiellement fémora¬
les, et d’autres coxo-fémorales : il n’y a pas, en réalité
de coxalgie sans que la cavité cotyloïde ne soit atteinte.
C’est dans la forme dite coxale que la lésion est por¬
tée à son maximum ; on peut voir alors un véritable ef¬
fondrement de la cavité cotyloïde ; la fosse iliaque est en¬
vahie par des tumeurs ostéophytiques ; en outre, les
parois de la cavité pelvienne sont épaissies. Dans la lu¬
xation congénitale, nous avons parlé des détroits ; ici, la
coxalgie agira sur une grande hauteur, l’excavation sera
touchée.
La statique aura également une grande importance.
L'enfant marche de diverses manières ; la jambe droite
ou en abduction ou en adduction.
Sur la jambe droite ? La pointe du pied repose seule
à terre : tout l'effort porte du côté sain et nous avons
un épaississement du côté malade, une diminution par
l’effet des tumeurs ostéophytiques, et un aplatissement
du côté sain. En abduction? L’effort porte sur le côté
sain mais un peu sur lecôté malade quele sujet estporté
à étendre. En adduction ? Même situation que pour
laiarabe droite, mais le côté malade subit un peu plus
l'effort.
Comment peut-on reconnaître ces malformations par
la mensuration ?
Le bassin est légèrement rétréci d'avant en arrière,
mais seules les lésians latérales, en hauteur, ont de
l’importance.
Du côté malade, on sent une muraille et le rejet en
dedans de la branche ischio-pubienne.
Ce diagnostic ne se fait pas d’ailleurs très facilement,
car le vaginisme peut empêcher l’examen, et c’est un
apanage des rétrécissements du détroit inférieur. L’exa¬
men peut être difficile si la jambe est en adduction ; on
y procède alors dans le décubitus genu-pectoral.
Pronostic. — M. Bar redoute la coxalgie ; sans doute
Bonnaire fournit une statistique où 12 cas n'ont entraî¬
né que 3 fois une opération sanglante. Mais est-ce bien
brillant ?
Si les altérations de l’excavation sont peu considé¬
rables, le fœtus passe mais si elle est plus ou moins obs¬
truée par des productions ostéophytiques, on échoue
avec le forceps, et on aboutit à une basiotripsie.
La radiographie, lé toucher rectal, qui permet de sen¬
tir une puissante muraille, doivent faire craindre le
mariage ; plus l’ischion est en dedans, plus grave est
le pronostic ; il est très sombre dans tous les cas d’ad¬
duction .
L’intervention repousse la version, qui est une opé¬
ration de souplesse, pour réclamer le forceps.
Si l’opération sanglante est nécessaire, la symphy¬
séotomie est scabreuse car il n’est pas très bon de scier
des os qui ont été malades, mais surtout parce que les
articulations ne permettent pas l’écartement.
M. Bar n'a pas l’expérience de l'ischio-pubiotomie
dans ces circonstances.
L'opération césarienne reste l'intervention de choix.
En résumé : les femmes atteintes de luxation congé¬
nitale de la hanche accouchent très bien ; les coxalgi-
ques accouchent très mal. A. F.
DlflXIXE-MERCIv spécifique de la TOUX et de -la DOULEUR,
plus active, moins toxique que les
opiacés et tous leurs dérivés, même synthétiques.
SOCIÉTÉS SAVANTES
SOCIÉTÉ DE BIOLOîîlE
Séance du 37 janvier.
Spirochæte dans le placenta sypliililiiiue.
MM. J. Aatt.cn-Larrieret Brindeau. — En Uaitanl les pla¬
centas sypliilitiqnes provenant de femmes accouchées par la
méthode Levaditi {imprégnation au nitrate d’argent et acide
])yrogalliqiie). les aulenrs ont décélé des formes très nettes
de spirochètes dans le tissu conjonctif infiltré ou nécroséde
la \ illosité et dans la In nique moyenne des artères alléiées.
Ils soid rare.s dans les tissus maternels et n’oid pas été retrou¬
vés dans les thrombus des lacs sanguins maternels.
Spirocheie dans le placenta.
MM. Mali.ich et Levaditi ont ( raité h's placentas du service
du B' Pinard. Chez les syphilitiques tous les frottis et toutes
les coupes ont donné des résultats négatifs, sauf dans un cas
on le fiKlns. lié aveedn peniphigus plantain’ et jialinairc, suc¬
comba deux jours après sa naissance. La mère ne présen¬
tait aucun accident, le itère inconnu. Les spirochètes se
retrouvaient dans le ti.ssu muqueux des villosités autour des
vaisseaux épaissis : il y en avait très jten dans la région ma¬
ternelle et .senlemenl entre les grosses utérines de la cadu¬
que.
Diapédèse dans les hématomes.
M. Froin. — Dans les hématomes, les globules blancs vien¬
nent des vaisseaux par diapédèse ; aprt* leur formation, en
effet, leur formule leucocytaire est totalement différente de
LE PROGRÈS MÉDICAL
87
celle du sang circulant. Le nombre des leucocytes varie au¬
tant que celui des hématies. La leucolyse accompagne l'hé¬
molyse. La résorption et la destruction des globules rouges
est à peu près la même quelle que soit la proportion des glo-
hules rouges. Ce n’est donc pas comparable à ce qui ce passe
m vitro où la durée de destruction des hématies par le sérum
hémolysant est d’autant plus grande que ces globides sont
plus nombreux. Dans les hématomes, la substance hémoly¬
tique est pour ainsi dire dosée d’après le travail à accomplir.
L’hémoglobine diffusant en grande abondance dans le liquide
ne provo([ue pas de diapédèse leucocytaire, mais une exsuda¬
tion du plasma sanguin.
Effets sur le sang de l'albumine hétérogène.
MM. Castaignf. et Chiray. Les albumines hétérogènes pas¬
sent dans 1(' sang et y déterminent de 1 à 3 p. c. de diminu¬
tion des albumines fixes du sérum. Otle bai.ssc n'est pas
due à l'hydrémie ; le taux des hématies reste uniforme
avant et après l’injection ; au contraire l’hypo-albuminose est
sous l'intbience de l’injection, car elle ne. vient jamais en
dehors d'elle. Ces albumines hérétogènes agissent donc
comme un poison spécifique des albumines fixes du sérum
et produisent un dépérissement progressif de l’animal et sa
mort, même si elles sont espacées assez pour éviter les
lésions rénales. 11 y a augmentation d'urée, d’azote et de .sou¬
fre urinaire, substances produites parla combustion des albu-
mino'ides.
Aussi les injections faites pour alimenter par voie vascu¬
laire par injections de solutions albuminoïdes ont-elles don¬
né des résultats contradictoires.
Les albuminoïdes injectées liassent en nature dans l'urine
où on les retrouve aACC leurs qualités chimiques et biologi¬
ques. C’est sans doute aux leucocytes qu’on peut attribuer
leur transport dans des tissus ; elles y sont conservées et il y
a, en consécpience, augmentation des éléments azotés delurinc.
Chloroforme dosé dans les tissus.
M. Nicloux a dosé d’après sa méthode le chloroforme ddns
les tissus d’un chien mort au cours de l’anesthésie ; il a
trouvé : dans le foie, 50 milligrammes, le rein, 4-5 ; la rate, 35;
le cerveau, 00 ; la moelle, 70 ; la graisse 130 milligrammes
alors ([ue le sang n’en contenait (pie 55.
M. Tissot déclare que c’est dans le cerveau iju’il faut cher¬
cher la mesure du chloroforme absorbé ; la dose morlelle est
de 48 à 67 milligr., variable d’ailleurs suivant les animaux ex¬
périmentés.
Catalose dans les organes.
M. IscovEsco. — Les organes frais d’un animal ayant subi le
lavage du sang ne contient pas de traces de catalo.se et le foie
seul est riche en cette substance. E. P.
SOCIÉTÉ DE CUIRE RCIE.
Séance du 31 janvier 1906.
A propos des appareils pour anesthésie chloroformique.
- M. Reynier insiste sur la nécessité de n’employer que les
appareils titrés qui dosent le chloroforme en chiffres ; en em¬
ployant un tel appareil M Reyniern’aeuqu’tmseul casdev/io/î
an cours de 1270 anesthésies.
La chloroformisation chez les psgehopathes.
M. PicQuÉ, fidèle au procédé de la compresse, a pratiijué
(>43 anesthésies chez des psychopathes divers à l’asile Sainte-
Anne. 11 résulte de sa pratique que : les morphinomanes se-
pp sont exposés à des syncopes ; aussi faut-il leur faire une
ipjection de morphine avant la chloroformisation ; les alcoo¬
liques internés et soustraits à l’intoxication recente dorment
Rès bien ; seuls les alcooliques récemment encore sous Tin-
fluence du poison, ont de l'agitation. Enfin M. Picqué re¬
commande de donner aux hystériques et aux épileptiques des
doses massives d'emblée ; lespremiersont, en effet, de l’agita¬
tion au début de l'anesthésie, les seconds de l’anxiété.
Suture nerveuse.
M. Reynier. — L'cnserremenl d'un membre dansunegangue
conjonctive peut empêcher, après un traumatisme, le retour
fonctionnel, bien ([ue* le nerf soit en parfaite continuité. 11
suffit de libérer cette gaine conjonctive pour voir, de suite, le
retour fonclionnel.
Rachistovaine.
M. Chaput a fait, en 1905, 309 opérations à la rachistovaïne
lombaire. La rnéthode est surtout admirable dans les interven¬
tions sur les membres inférieurs, sur la région ano-génitale,
sur les hernies. Le seul accident possible est la céphalée ; il est
facile de l’éviter en soustrayant quelques centimètres cubes
de liquide céphalo-rachidien avant de faire l’injection. Chez
les alcooliques, les peureux, les jeunes femmes, les malades
épuisés par la douleur, les résultats sont médiocres; enfin,
la rachistovaïne est dangereuse chez les cachectisés..
M. Rirmisson présente un enfant auquel il a fait une arthro¬
tomie puur réduire, au 25® jour, une luxation du coude en
dehors et en arrière.
M. PoTHER.AT présente un malade atteint de fracture i.wlée
de la tubérosité externe du tibia sans fracture du péroné.
D® Catz.
SOCIÉTÉ MÉDiCALÉ DES HOPITALX
Séance du 9 février.
Septicémie et tétragène.
M.M. Œttinger et Malloizel ont observé deux cas analo¬
gues à celui signalé par M. Roger. Dans un des cas le tétra¬
gène avait déterminé une méningite cérébro-spinale. Ils ont
constaté également la fréquence des manifestations articulai¬
res et pleurales.
Cyanose congénitale sans signes d'auscultation.
M. Variot a observé ce cas où la cyanose, due probablement
à une communication interventriculaire ne donnait pas de
souffle, parce qu’elle était accompagnée d’un rétrécissement
pulmonaire uniforme, qui égalisait la pression dans les deux
ventricules.
M. Vaquez connaît d’autres causes de cyanose (transposi¬
tion des vaisseaux), mais les sujets ne vivent que quelques
mois, tandis que la communication interventriculaire permet
une survie de plusieurs années.
M. V ariot a vu de ces cas, mais il y avait alors atrophie
avec croissance retardée, ce qui n’est pas le cas chez son petit
malade.
Régime uchlorurc dans la scarlatine.
M. IL Pater. — Ce régime est bien supporté et très utile, car
le poids des malades augmente, ce qui raccourcit la conva¬
lescence. Les infections secondaires sont plus rares. L’albumi¬
nurie du début de la maladie disparaît. Le régime achloruré,
inoffensif pour le rein et profitable à la nutrition générale
paraît donc le régime idéal de la scarlatine dès que la fièvre
est tombé. 11 est bien supporté par les malades.
Fièvre prévaricellique.
M. Galliari) rapporte un cas de varicelle, où l’éruption fut
précédée par une période d’invasion avec fièvre vive sans au¬
tres symptômes. On n’a trouvé, à l’examen du sang, aucune
aglutination pour le microbe de la typhoïde et de paraty¬
phoïde.
.ilbuminurie orthostatique, searlaline, alimentation.
M. Dufour.— Ln enfant albuminurique orthostatique, con¬
tracte une scarlatine et est soumis au régime alimentaire so¬
lide avec deux grammes de sel par jour. L’albuminurie existe
seulement lorsque Tenfant est debout. En recherchant les
cas delà littératureoù la scarlatine était incriminée deprovo-
quer l'albuminurie orthoslatique il a constaté que dans au¬
cun de ces cas on n’avait analysé les urines avant la maladie.
Il convient donc d’être prudent dans ces cas avant de mettre
l’albuminurie orthostatiiiue sur le compte de la scarlatine.
M.Vaquez. — Depuis les travaux de Linossier et de Lemoine
qui ont mis en relief l’importance des conditions mécaniques
sur l’albuminurie orthostathiue, on a abandonné les albu¬
minuries fonctionnelles.
M. Legendre cite l’observation d'un malade orthostatique,
qui à la suite d’une scarlatine a vu disparaître son albuminu-
LE PROGRÈS MÉDICAL
rie. M. Siredey a vu un cas analogue, où une pneumonie fît
disparaître l’albuminurie chez un malade qui avait fait au¬
paravant une crise d'urémie comateuse.
M. Ltnossier rapporte ses travaux sur l’orthostatisme.
M . Lion- rappelle un nouveau cas d’estomac en sablier, où
le diagnostic fut confirmé par l’opération.
M. Thibierge rapporte le cas d’une éruption bulleuse après
absorption de quinine. Friedel.
LA VALÉROBROMINE LEGRAND
est plus active que les bromures et les valé-
rianates.
REVUE DE CHIRURGIE PRATIQUE
Résultats éloignés de la transposition testiculaire à la
Longuet, par le D'' Albert Pelicier.
Aux 54 observations colligées par le I)'' Gambier ( 1| on lÙOO ’
puis par nous on 1902 (2) dans noitre thèse inaiigu raie pour
établir la valeur teclinitiue et thérapeuticpie do la transposition
testicAilaire conçue, réglementée, appli([uée par noire maître
depuis 9 ans (3) à la cure de l’hydrocèle et du varicocèle, nous
croyons intéressant d’ajouter aujourd’hui deux nouveaux cas
suivis assez longtemps pour être considérés comme probants.
Ces faits valent d'être mentionnés, vu l’extension pri.se ré¬
cemment par cette opération tant en France (4 1 qu’à l’étran¬
ger (5), indépendamment du retournement de la vaginale de
Vautrin et parallèlement à ce procédé. Je rappelle que la mé-
ihode dont il s’agit ici s'individualise par trois éléments: A. La
ransposüion du testicule hoi-s de sa séreuse et de sa loge nor¬
male. — B. L’utilisation de cette séreuse pour Vengaine ment du
cordon, de sorte (jne la vaginale de péri testiculaire devient
l)érifuniculaire.C. L’absence de toute forcipressure, l’hémostase
étant évitée par la réclinaison des vaisseaux prévaginaux et
assurée par un surjet hémoslati(iue de la tranche vaginale,
puis par une bonne suture cutanée.
Observ.vtion 1 (Pélicier). — Hydrocèle vaginale. Transposi¬
tion. Guérison. — Il s’agit d’un homme, âgé de .50 ans, porteur
d’une hydrocèle de moyen volume (volume poing), siégeant à
droite, et dont le début remonte à 10 ans. Au cours de cette décade,
il a été fait 5 ponctions, dont une avec injection iodée, il y a
5 ans. Après chaque séance, la récidive survint très rapidement.
Signes classiques de l’hydrocèle. Rien de particulier à noter du
coté de l’état général.
Opération, le 31 mars 1904 ; MM. Longuet et Pélicier. —
Anesthésie locale. Technique telle qu’elle est décrite longuement
avec figures dans notre thèse. Fixation du testicule dans une logo
de nouvelle formation, voisine de la cloison. La vaginale n’est pas
épaissie et présente une grande souplesse.
Suites immédiates. — Aucun épanchement sanguin, aucun héma¬
tome dans les bourses. Il se produit, par contre, comme de cou¬
tume, un œdème scrotal indolent qui disparait en 4 jours. Et le
malade reprend ses occupations dès le 6= jour, sans accident.
Suites éloignées. — La guérison est constatée par nous, le 8 mai
1904, puis le 31 janvier 1906, soit deux ans après l’opération.
(1) Gamiiier (.V.) : De la cure radicale de l'hydrocèle par la nic-
Ihode de Longuet. Thèse de Paris, janyirr 1901.
(2) PÉi.U'.iKH (.V.) : La transposition opératoire du testicule. Mé¬
thode et procédés de Longuet, (10 figures). Thèse deParis, éditeur
J.-lt. Baillière, 1902.
(;3) Loxc.t kt (L.) : Transposilion opératoin- du testicule : Presse
médicale : 31 octobre 1900 et Progrès médical. 21 septembre 1901.
(4)Not.\ ; Citons les travau.v parus en France : OcÉ.Nr 1901 (Pa¬
ris) in (Gmbikb, loco citato. ; tlriXARi) 1903 (Paris! : in Ch.
.\i oEii, Thèse de Paris, juillet 1903 ; Gtki.uot 1£H)2 (Reims) : in
Pelicier, /oco citato ; L.viinEXXOïs : 1903 (Reims), in .Société médicale
de Reims, lOOt. M \rtix 1903 (.Vngers' : in Société médicale d’An¬
gers, 1903.
• (5)AuxElals-rnis : l>i i.licy Tait, 1901: A, mats ofsurgery, avril
1901. — SciiEUMAAX, 1902 ; in Pelicier : loco citato. En Italie : Vis-
e.ARDl, Gyn, 1903. Contrilnito alla cura radicaladell’ idrocele con la
esteriorizzazione dell tesliciilo dell Longuet : Ga-^. degli Osped., 5
juillet 1903.
Remarquons notamment la bonne situation occupée par le testi¬
cule fixé haut dans une néocavité.
flBSERVATioN II (Pélicier). — Hydrocèle vaginale. Transposi¬
tion. Guérison. — Homme de 48 ans, malingre et affaibli (misère
physiologique), porteur depuis 5 ans d’une hydrocèle droite du vo¬
lume d’un gros œuf, indolente, mais gênante par son poids et par
les tractions qu’elle détermine sur le trajet du cordon. Athérome,
artério-sclérose. Une ponction avec injection iodée faite il y a
2 ans a été suivie de récidive. Malgré l’état précaire, nous esti¬
mons que le malade bénéficiera de l’opération ; ne serait-ce qu’au
point de vue déambulation qui est gênée par une sensation de pe¬
santeur.
Opération, le 11 juin 190.5. — MM. Longuet et Pélicier. Anes¬
thésie générale. Technique ut supra. Poche ayant une paroi
épaisse de 5 millimètres en moyenne.
Suites immédiates, bonnes, pas d’hématome scrotal. Légère
infiltration séreuse des bourses. Le malade fatigué de vieille date
goûte beaucoup le repos au lit qui lui est accordé pendant 8 jours
Suites éloignées. — Revu? mois après. L’état local est satisfai-
ant. Le testicule est bien fixé et haut placé. Pas trace de récidive.
Ces deux observations nous suggèrent quelques réflexions.
Je ferai d’abord remarquer l’inefficacité du classique traite¬
ment non sanglant dit de « l’injection iodée » dont ma thèse
contient nombre d’exemples similaires.Ensuite il faut éviter
de confondre la transposition testiculaire avec une méthode
récemment préconisée par un auteur étranger, et qui con¬
siste à fisluliser la vaginale sons la peau ; véritable vaginos-
tomie sous-culanée. Pour en apprécier la valeur, nous avons,
avec notre Maître, opéré un malade do celte manière à Tenon
en 1901. Le résultat fut marqué par une récidive dans les trois
mois ; seule récidive que nous connai-ssions chez nos 56 opé¬
rés. 11 est donc utile, de prévenir ceux qui seront comme nous
séduits par la méthode en question.
Revenant à la transposition, la bénignité, la simplicité,
l’efficacité ne sont plus à démontrer. Mais il est un point que
je n’ai peut-être pas suffisamment mis en lumière dans mon
travail de 1902. C’est la valeur pexique, fixatrice, de cette
manière de faire. Le testicule transporté se maintient haut
placé dans sa nouvelle cavité. Et la poche tégumentaire scro-
tale elle-même se rétracte spontanément, du fait de l’ascen¬
sion orchidopexique. Or, n’est-ce point précisément une
imperfection commune à bien des procédés, que la «reposition»
pure et simple de la glande trop bas et trop flottante en une
bourse devenue trop large par suite de la distension extrême
à elle préalablement imposée par l’épanchement hydrocéli-
que. :* Notre technique confère donc un résultat « orthomor-
phique » et « orthopexique » sur lequel il est juste d’attirer
l’allention.
ÉLEGTROTHÉRAPIE
Interrupteur à mercure autonome.
Parmi les intéressantes nouveautés exposées au dernier Con¬
grès de chirurgie, nous tenons à signaler l’interrupteur auto¬
nome Caille. La caractéristique de cet appareil est d’être
simple, robuste et bon marché (fig. 2i.
Dans sa description, nous nous occuperons tour à tour : ! >
de la partie interrupteur ; 2° du système moteur.
L'interrupteur est du genre turbine à jet de mercure tour¬
nant. Le récipient de fonte de l’interrupteur présente des ai¬
lettes destinées à empêcher le mouvement de rotation du li¬
quide. La rupture s’effectue dansl’alcool.
Le moteur est du type à attraction magnétique dans lequel
l’enroulement est fixe et l’armature mobile.
P, P sont les électros du moteur. P est l’armature qui
porte les rochets p' p- (ligi.
Comme l’enroulement des électros est en série avecl’induc-
teur de la bobine, il suffit de donner avec le doigt une vive
impulsion à l’armature mobile pour amorcer le jet de mer¬
cure ; le courant traverse alors la bobine, l’enroulement mo¬
teur, et l’interrupteur continue à tourner de lui même.
Pour régler le nombre d’interruptions, on peut agir Sioit
LE PROGRÈS MÉDICAL
sur le rhéostat branché en tension avec la bobine, soit sur un
rhéostat placé en dérivation sur l’enroulement moteur. Ce der¬
nier rhéostat sert de shunt, do telle sorte que le circuit mo¬
teur n’est traversé que par une partie seulement du couvant
alimentant la bobine.
En résumé, le schéma de montage d’une bobine avec cet
interrupteur est celui représenté lig. I. Le courant provenant
delà source traverse un rhéostat de série, arrive a la borne de
Fig. 2.
Gnterrupieur, traverse l’enroulement moteur, vient à la bor-
jjj pst reliée à la masse de l’appareil, et par suite au
^ure. Lecouxant passe alors par la dent a, la couronne C
et la troisième borne E de l’interrupteur ; de là il traverse la
bobine et revient à la source.
Les condensateurs de l’interrupteur se branchent en C etE.
Si on utilise le réglage par rhéostat de dérivation, il faudra le
relier aux bornes C et S.
L’interrupteur auto-moteur est susceptible de marcher à
tous les voltages sans changer autre chose que la largeur des
dents, largeur qui règle letemps de passage du courant.
Comme l’interrupteur auto moteurest capable de marcher
sur un petit nombre d’accumulateurs, 6 à l,\, il peut très bien
être utilisé comme interrupteur transportable.
Point imwrtaiH : Vinlerruptmr à mercure peut semonter très
facilement sur toutes installations existantes. Il suffira simple¬
ment de réaliser les connections représentées fig. 1.
L’entretien de l’interrupteur à mercure est presque nul ;
aucune pièce ne s’use ni ne sedétériore puisqu’il n’existe aucun
contact par frottement, ni bague, ni collecteur.
En résumé, le nouvel interrupteur auto-moteur, fonction¬
nant avec toutes les bobines et sous tous les voltages, présente
à la fois un fonctionnement électrique et mécanique parlaits
une grande robustesse et exigeun entretien presque nul.
BIBLIOGRAPHIE
Traité de pathologie interne, par G. Lemoine, i vol in-S»,
Vigot frères éditeurs, 2.!, place de l’Ecole-de-Médecine,
Paris, 1905.
Voici un ouvrage que l’on peut louer sans réserves ; les
étudiants auront un guide sur ; les praticiens trouveront faci¬
lement et vite les renseignements dont ils ont besoin tous les
jours. Chaque chapitre est clair et concis ; chaque ma¬
ladie a sa physionomie propre et le lecteur ne retrouve pas
la même symptomatologie appliquée à des maladies diverses.
L’étude des symptômes est surtout développée ; et le diagnos¬
tic différentiel des affections les plus communes est plus lon¬
guement traité que ne sont décrites les maladies rares : ce¬
pendant rien n’est laissé de côté ; des tracés, des schémas
illustrent le texte ; quelques données de bactériologie, des
notions sur révolution des idées médicales font de cet ouvrage
un traité complet et que n’alourdit pas une documentation
encombrante ou une érudition fastidieuse.
D’' André Lombard.
Les fractures du crâne chez l'enfant ; par E. Gas.ne.
(Thèse de Paris, chez Jacques, 14t) pages, 5 fig.).
L’auteur a entrepris l'étude complète des fractures du
crâne chez l'enfant, en insistant seulement sur les caractères
particuliers qu’elles y présentent.
Dans un chapitre d’anatomie pathologique, il montre la
rareté des irradiations de ces fractures à l’étage moyen du
crâne, leur fréquence relative au contraire,à l’étage antérieur.
Il admet la possibilité des enfoncements .sans fractures, niés
par beaucoup d’auteurs en dehors des cas obstétricaux, et
insiste sur les disjonctions suturaires. Enfin, il note la déchi¬
rure habituelle de la dure-mère, et la fréq uencc des lésions
encéphaliques. C’est sur ces didérents caractères anatomo-pa¬
thologiques qu’il base les difléreuces de symptômes, de pro¬
nostic, de complications, etc., que lu’ésenten t les fractures
du crâne chez l’enfant et chez l’adulte.
Au point de vue symptomalogie, l'auteur insiste sur l’im¬
portance des lésions superficielles, sur la raretédes phéno¬
mènes cérébraux, persistant alors même que le cerveau est
lésé, sur l’élévation considérable de température, même si le
pronostic est favorable, sur la fréciucnce des vomissements,
des épistaxis, et l'absence habituelle de compression localisée
ou généralisée. Le pronostic est particulièrement bénin, le
traitement simple et les indications opératoires rares.
La2'partiede l’ouvrage a trait aux complications et plus
particulièrement à l’écartement progressif des bords de la
fracture et à la méningocèle traumatique, qui sont spéciales à
la première enfance. L’écartement des bords de la fracture,
dû au rachitisme, et à un trouble purement mécanique du
LE PROGRÈS MEDICAL
développement du crâne, est une complication grave, qui non
seulement rend très dangereux les moindres traumatismes
de la tète, si fréquents chez les enfants, mais peut causer
aussi l’épüepsie et différents accidents hystériques. D'après
l’auteur, le traitement de choix est l'ostéoplastie par la mé¬
thode de Müller-Kônig.
M. Gasne s’étend enfin sur la méningocèle traumatique dont
il rapporte 78 cas. 11 montre qu'au point de vue anatomique
il en existe 2 variétés ; l’une où la tumeur communique seu¬
lement avec les espaces sous-arachnoïdiens, l'autre où elle
communique avec le ventricule latéral. Ces deux variétés, im¬
possibles à distinguer cliniquement, semblent diftérer pour¬
tant au point de vue du pronostic et du traitement.
Toutes deux ont d’ailleurs la même cause : l’hydrocéphalie
traumatique. l’hypertension céphalo-rachidienne,qui.chez des
enfants, grâce à des conditions spéciales, peut n’amener que
le développement d’une méningocèle, alors que chez l’adulte
elle amène des troubles de compression graves. L'existence de
cette hypertension céphalo-rachidienne doit toujours guider
rétablissement du traitement, et en fait varier les indications.
Im Grenziande ou au pays-frontière; par M. le docteur
Mœbius. lUn vol. in-40 de 238 p. ; chez Ambrosiiis Barth, à
Leipzig, igoS.)
C’est le quatrième volume des œuvres choisies de P. -J.
Mœbius, de Leipzig, dont nous avons déjà analysé certaines
œuvres (li. Il s'agit, cette fois, de conceptions métaphysiques
sur « les choses delà foi », et l’auteur se déclare disciple, sur
.ce domaine, de Gustave Théodor Fechner. La première page
indique que ce 4® vol. est lui-mê.me un recueil de pensées, qui
s’échelonnent de i8gt à igo?, et qui ont comme frontispices ;
Sur les trois chemins de la pensée (i8gi) ; Trois dialogues sur la
religion {iSgS], Sur Tennoblissemcnt de l'homme. (1898), Trois
dialogues sur la métaphysique {igoi ), Sur le but delà üie(igo4),
SurVanthropomorphisme\igo^). Nous ne suivrons pas l’auleur
sur tous ces terrains, où peut se complaire la spéculation d’es¬
prit, surtout lorsqu’il y a prédisposition ainsi qu’un véritable
talent comme chez M . -Mœbius. Du moins, est-il sûr, sur les ré¬
gions aussi élevées où il se place, de ne s’attirer les foudres,
ni des femmes ni des hommes. Concluons que ce livre mérite
en tous points d’être lu par les philosophes et les psycholo¬
gues. P. Cornet.
T raité des Maladies de l’Estomac ; par le docteur Maurice
SouPAULT, avec la collaboration de MM. Hartmann, Cautri;,
Delherm, Gourin, g. Leven, Binet, Pariset, Sai.ignat. (Un
gros vol.in-4 de 860 p. avec iii fig. noires et coloriées, chez
Baillière et fils, igo6.)
Cet important ouvrage est dû pour la plus grande part au
regretté M. Soupault, lequel est mort à la tâche, à la veille,
pour ainsi dire, de la publication. Ou découvre cinq parties :
technique, séméiologie, maladies organiques de. l'estomac, dys¬
pepsies et phénomènes sine materia, thérapeutique.
La technique comporte de longs et minutieux détails sur
Vinlerrogatoire du malade, Vexamen objectif du thorax et de
l’abdomen, l'inspection, l’insufflation, percussion, palpation.
Nous trouvons qu’il n’y a pas assez de détails sur la diaphanos-
eopie, et une injustice par omission (2) parmi les noms de
ceux qui se sont longuement et publiquement occupés de ce
genre d’exploration. Par contre, il y a exacte mise au point de
la valeur réelle des rayons X en exploration gastrique. De
bonnes figures explicatives rendent cette partie de l’ouvrage très
clairement didactique. Cependant nous aurions désiré un peu
plus de place à la phonendoscopie.
Le chapitre III traite du cathétérisme de T estomac, l'explora¬
tion chimique et mia’Jscopique,\a recherche des corps étrangers.
La séméiologie (modifications de la faim, pyrosis, merycisme,
aérophagie, etc.) est aussi remarquablement traitée. Toute la
(1) Entre anlves :« Le pathologique dans Goethe o et « La faiblesse
d’esprit normale clie^ la femme » (in Progrès médical, 22 fév., 8 et 15
mars 1902, et 10 juin 1904.
(2) !)'■ P. Cornet. — Sur l'éclairage électrique de Vestomac, in Pro¬
grès médical, in Revue internationale d'électrothérapie, in Bulletin
polyc. (août et sept. 1896 )
partie clinique est décrite avec détails, sans digressions exagé¬
rées au point de vue pathogénique.
Les dyspepsies sont dues, comme étude, à MM. Soupault
et son élève G. Leven, puis viennent des monographies dues
aux collaborateurs. C'est un bon chapitre sur les indications de
l’intervention chirurgicale dans les affections dites médicales de
l'estomac, par M. Hartmann ; puis les grandes indications du
régime alimentaire dans les maladies de l'estomac, par M. Bi¬
net ; ensuite le traitement par les eaux minérales, par M. Li-
nossier ; l’hydrothérapie par MM. Pariset et Salignat ; le mas¬
sage, par M. Cautru ; l’électrothérapie, par M. Delherm ; et
enfin un formulaire p-ar notre ami d’internat en pharmacie
Gourin. La partie des collaborateurs est peut être trop raccour¬
cie, trop hâtée, et paraît plutôt faire appendice que partie inté¬
grante. Mais l'ensemble, c’est-à-dire l’ouvrage en entier est
important, remarquablement étudié, et doit trouver nécessai¬
rement place dans la bibliothèque de l’étudiant et du médecin.
Paul Cornet.
La détermination de la dose toxique da l’acide carbo¬
nique chez les vertébrés ; par S. Gréhant docteur ès
sciences. (Alcan, lilOri.)
Les recherches de M. S. Gréhant portent sur des animaux
représentants des quatre classes de vertébrés. Les mélanges
gazeux respirés renferment, le plus souvent, avec des propor¬
tions variables de CO-, la même quantité d’oxygène que l’air.
Ces mélanges se préparent à T'aide des formules suivantes :
a acide carbonique
20,8
- a oxygéné
79,2
100 (1 - ) air
79,2
Ln tableau donne les chiffres pour des mélanges conte¬
nant de 20 à 79, 2 % de CO^.
Les poissons succombent en des temps variables, mais leur
résistance est toujours grande. Pour les amphibiens, le mé¬
lange gazeux mortel contient 40 y o CO 2, on dose alors 80 ce.
de ce gaz dans 100 grammes de muscles Si la proportion
d’oxygène augmente dans le mélange respiré, la quantité de
CO dans le muscle peut s’élever jusqu;à 118 cc. pour 100
grammes.Une tortue vit pendant 10 heures dans CO^ pur. Elle
est alors malade mais non anesthésiée et se rétablit rapi¬
dement. Un mélange à 37 °/o est fatal pour le pigeon en 30
minutes , le canard résiste pendant le même temps à 79,2
pour cent.
Parmi les mammifères étudiés, le hérisson vit pendant une
heure dans 95 % ; la chèvre meurt à 6l) 0 0. et, phénomène
remarquable, conserve sa sensibilité jusqu’au moment même
de la mort.
Dans toutes les expériences, GO- est dosé dans le sang et
dans les muscles. — Ces recherches ont été surveillées et con¬
trôlées par Téminent professeur du .Muséum, père de l’au¬
teur. Cést assez dire avec quelle conscience elles ont été
poursuivies. A. F.
Des bacillaires arthritiques « Lithiasiques primitifs »;
par le D® Dedet (de Martigny, Vosges). {Compte-rendu du
Congrès d’hy.irol. et climat, de Venise, 1905.)
« Les bacillaires lithiasiques primitifs d'après M. Dedet sont
des arthritiques tuberculeux, non rénaux, chez lesquels, appa¬
raît de la gravelle primitive, caractérisée par l’originalité
qu’elle emprunte au terrain sur lequel elle se développe. S’ap¬
puyant sur l’autorité des Pidoux, Guéneau de Mussy. Jaccoud,
Potain, Verneuil, Barié, Grasset, Allard, Sarda, Vires, il rap¬
pelle les allures particulières que revêt la bacillose dans un
terrain arthritique « la lenteur, le te mps d’arrêt dans l’évolu¬
tion, la facilité à faire de la sclérose ; Tanta gonisme, en un
mot, du sol arthritique et du sol bacillaire.»
Après avoir rapporté deux curieuses observations du D'
Huchard à la Société d’hydrologie en TKll, touchant deux
cas de bronchite uricémique rebelle à toute médication ordi'
1 naire, et guérie par le traitement hydrique, par les eaux aP
LE PROGRÈS MÉDICAL
91
câlines faibles, le régime lac to- végétarien, l’exercice raison¬
né, il présente quelques observations personnelles de bacil¬
laires pulmonaires, sans lésion rénale, atteints de lithiase
primitive et guéris ou améliorés par la cure à sa station. Il
part de cette constatation,pour établir la symptomatologie de
cette catégorie de lithiasiques bacillaires, très différents du
bacillaire rénal, en faille diagnostic différentiel, en insistant,
sur un moyen de recherche précieux, et souvent négligé,
l’examen des urines.
VARIA
L’inauguration du buste de Liébeault.
L'inauguration du buste de Liébeault, l'inspirateur de
l'Ecole psychothérapique de Nancy a eu lieu, jeudi, dans
la salle des conférences de l'Ecole de psychologie, rue Saint-
André-des-Arts, sous laprésidence d'honneur de M.le minis-
trede l'instruction publique et de M. B ertlielot, secrétaire
perpétuel de l’Académie des sciences.
M. leD'^ Voisin, médecinde la Salpêtrière, présidait, assisté
de MM. Lilla/, sous-chef du cabinet du ministre de l'instruc¬
tion publique, représentant M. Bienvenu-Martin; Mesureur,
directeur de l'Assistance publique ; le D’’ Lloyd-Tuckey, de
Londres ; Giard, de l'Académie des sciences ; D'' Saint \ves-
Ménard, de l’Académie de médecine, des D” Paul Magnin.
vice président de la Société d’hypnologie et Bérillon, mé¬
decin inspecteur des asiles d'aliénés, secrétaire du comité.
Dans l'assistance se trouvaient : Mme veuve Liébeault et sa
fille; Mme Paul Bert; M. Cornejo, ministre plénipotentiaire
du Pérou, M. Scié Tou -Fa, attaché d’ambassade de Chine.
Parmi les médecins, citons MM. les D’’' : Fiessinger, membre
correspondant de l’Académie demédecine ; Godon, directeur
del’Ecole dentaire; Prieur.secrétaire général de la Société
d’histoire de la médecine ; Bilhaut, président du Syndicat de
la presse scientifique; Paul Farez, Félix Régnault, Binet-
Sanglé, Lemesle, Pamart, professeurs à l'Ecole de psycholo¬
gie; Grollet, secrétaire de la Société de pathologie comparée ;
Raffegeau, Pottier, Morel, Lagrange, Marcellin Cazaux, Cour-
tault, Boucard, Salomon, Ilahn, Paul Joire, Saint-Hilaire,
Mercier, Barbier, Morel, Marnay, Bellemanière, Bernard,
Barthe de Sandfort, Poulalion, Fouineau, Lorain. :
Mmes Bouet-Henry et de Boudareff; D'" Germignet, Bei¬
gnier, Willmm, Robinson, de Barros Castro, Fainenne. etc.,
M. Dyvrandc procureur de la République, M. Baguer, direc¬
teur des sourds-muets, M. Lionel Dauriac, professeur à
Montpellier, M. Caustier, professeur au lycée Condorcet,
M. Lemaire, professeur agrégé de philosophie, etc.
L’armée était représentée par un certain nombre de notabi¬
lités, l’amiral Antoine, le colonel Collet, le commandant
Bellon, le contrôleur général Leblanc et le médecin-major
Pourcines, amis personnels de Liébeault.
En ouvrant la séance, .M. le Bérillon a lu une lettre de
M. Berlhelot s’excusant de ne pouvoir assister à la cérémonie
et faisant l’éloge de Liébeault. Il a également donné com¬
munication de télégrammes d’excuses des professeurs Van
Benterghem. d’Amsterdam ; Orlitsky, de Moscou ; Hamilton
Osgood, de Boston, IVetterstrand (de Stocklolm). Forel (de
Bausannei, Ladame (de Genève), Spehl ide Bruxelles!, Fran-
cotte etilenrijean (de Liège), Masoin (de Louvaini, O. \ ogt
(de Berlin). Podiapolsky (de Saratow;, Flournoy (de Genève),
et de nombreux professeurs français.
Mm. les !)'■» Voisin et Paul Magnin ont fait ensuite l’éloge
de Liébeault. Après eux. M. le D‘- Bérillon a retracé la
^rtère du savant. Il a montré comment Liébeault, à ses
débuts, futamenéà s’occuper d'hypnologie etquelles difficul-
ms il eut ^ faire admettre dans la médecine cette science nou-
'^Mle qui révolutionnait toutes les anciennes méthodes. Ce
B qu'après plus de vingt-cinq années de lutte qu’il réussit
J triompher de l'incrédulité et parfois même de l’hostilité
d ses confrères. Il fallut pour cela des expériences condu¬
ites faites sous sa direction, en 18811, à l’asile de Maréville,
près de Nancy.
A partir de ce moment, le traitement psychothérapique fît
de nombreux adeptes, et un comité international présidé
par le docteur \an Reenterghem (d’Amsterdam) organisa
unegrande manifestation en 1 honneur de Liébeault. Elle eut
lieu à Nancy le 25 mai 1891.
Puis, au nom des médecins étrangers, le docteur Lloyd
Tuckey dans un discours prononcé en anglais, s'est associé
aux hommages :endus au D’’ Liébeault.
Après l'inauguration du buste, dû au sculpteur Maillot,
M. Paul Mounet, de la Comédie-Française, a lu une poésie
de M. Jules Cois iHymne à Liébeault)... Ensuite le délégué
du ministre de 1 Instruction publique a remis les palmes
au statuaire.
Le soir, les amis et les élèves de Liébeault se sont réunis,
chez Marguery, en un banquet de quatre-vingt couverls.
Des toasts ont été prononcés par MM. les D"^' Voisin, Lloyd-
Tuckey, Bilhaut, Bérillon, par M. le professeur Lionel Dauriac
et par M. Dyvrande, procureur de la République.
Marcel B.
La protection mécaniquedes habitations dans le
paludisme.
On sait maintenant que la lièvre n'est pas causée par l’é¬
manation de l’air des marais. La découverte par Laveran
d'un parasite dans ie sang de tous ies paludéens et son trans¬
port de l’homme malade à l’homme sain par un moustique
particulier, l'anophèle, ont fait rentrer le paludisme dans la
catégorie des maladies en partie évitables. Dans un inté¬
ressant mémoire, M. Kermorgant, inspecteur général du
service de santé des colonies (I ) a traité la prophyla.xie du
paludisme ; nous renvoyons le lecteur à cet article pour n’in¬
sister que sur la protection mécanique des habitations.
On sait qu’une loi du 2 novembre 1901 a rendu cette protec¬
tion obligatoire, en Italie, en pays palustre, pour tous les ou¬
vriers et employés du gouvernement. Les expériences faites
sur les troupes occupant l'été les forts insalubres des envi¬
rons de Rome ont montré que les soldats protégés contre les
moustiques à l’aide de toiles métalliques et soumis à la qui¬
nine préventive n’ont été atteints de paludisme que dans la
proportion de 1,15 pour 100; ceux qui protégés de même, ne
prenaient pas de quinine, ont été atteints dans la proportion
de 2,67.A cemoment.les lièvresétaient très communes ettrès
graves dans la population civile habitant au voisinage des
forts, elles anophèles y étaient très. nombreux.
En Corse, les résultats ont été aussi heureux qu’en Italie. A
Porto-Vecchio,sur23 personnes habitant la caserne des doua¬
nes, on constatait, en 1901, 14 cas de paludisme ; l’année sui¬
vante, après application de toiles métalliques on ne comp¬
tait que 1 cas pour le même effectif. Les Japonais ont égale¬
ment expérimenté à Formose la protection mécanique dans
leurs casernements. Une compagnie de 115 hommes a étépre-
tégée complètement contre les moustiques tandis que le reste
du bataillon ne l’était pas. Or, il n’y a eu aucun cas de palu¬
disme parmi les 115 protégés ; le reste du bataillon, qui
comptait G46 hommes, eut 235 cas de paludisme, soit 44 pour
100, et une mortalité de 1,12 p, 100.
Les résultats obtenus en Algérie, dans les gares protégées,
n’ont pas été moins concluants. Au Sénégal et au Soudan
français, les administrateurs des chemins de fer, après des
essais partiels, ont décidé de protéger mécaniquement tou¬
tes les gares. Le ministre des colonies a prescrit l’essai de
grillages métalliques sur une partie des bâtiments militaires
auSénégal.
Les toiles sont vite détruites par la. rouille ; il faut donc
recourir de préférence aux toiles étamées : quand on n’a pas
de toile métallique, on peut momentanément se servir d’étof¬
fe à moustiquaire. Avant d’apposer des grillages métalliques
à toutes les ouvertures du casernement, il faut faire l’éduca¬
tion des soldats, afin d’éviter ce qui est arrivé en Italie, où
les hommes s’amusaient à percer les grillages à coups de
baïonnettes. Martha.
(1) Ann. d'Hyg. pub. et de méJ. Ug,] uillet 1905, Baillière et fils.
92
LE PROGRÈS MÉDICAL
Les casiers sanitaires et l’assistance familiale ;
« Des premières, la Belgique décidait la création de ces
bureaux d’hygiène qui furent vite des modèles imités, et qui
trouvèrent en France un officiel accueil, bientôt consacré par
la loi du 1 5 février 1 902, sur la protection de la santé publique,
qui décide que toutes les villes de plus de 20.000 habitants,
et les villes thermales de plus de 2.000 âmes, devront en pos¬
séder un, obligatoirement (1).
Inutile de refaire ici, un tableau des services qu’ils grou¬
pent; il suffit d’en retenir un : à savoir cette institution admi¬
rable, cette institution nécessaire, a-t-on écrit récemment (2),
des casiers sanitaires. Ici encore, la Belgique s’aperçut vile
des avantages qu'on pouvait espérer dans la lutte contre
la maladie et la mort, et si la plupart de vos villes possèdent
aujourd’hui cet organisme nouveau, elles n’en ont plus le
monopole. L’étranger les a copiées, et si on jette un coup
d’œil en France on relève les villes de Paris, Nice, Arcachon,
Le Havre, Lille, Amiens, Lorient, Nancy, Nantes, Orléans,
Saint-Etienne, et combien d’autres, qui ont suivi l’exemple.
A Paris, le conseil municipal décidait, en 1893, la création
d’un casier sanitaire, et sur la proposition de M. Menant, di¬
recteur des affaires municipales, le bureau de l’assainissement
de l’habitation eut mission de l’organiser et d’en assurer le
fonctionnement. En moins de six ans, toutes les maisons de
Paris ont été décrites.
La forme d’assistance familiale, — nous n'avons pas à en
vanter ici les avantages, — est la forme désirable d’assistance.
Certes, ce n'est pas une panacée universelle, applicable à tous
les cas. La maladie et la souffrance ont, hélas ! des formes
trop protéiques pour qu’on puisse leur appliquer uniformé¬
ment une môme loi. — Mais il n'en reste pas moins qu’il faut
désirer que l’orientation qui s’est manifestée dans ce sens,
s’affirme; le convalescent ou le malade y trouveront plus de
bien-être et plus de soins.
Or, pour que cette Assistance donne tout ce qu'on doit en
espérer, il faut qu’elle s’entoure de précautions délicates ; que
les familles choisiessedistinguent par leurdévouement, qu’el¬
les remplissent certaines conditions minima parmi lesquelles
on fera figurer en bonne part l’installation matérielle, le res¬
pect des conditions d’hygiène et de salubrité.
Immenses sont les avantages que l’Assistance familiale
pourrait retirer de l’organisation des Casiers Sanitaires. —
Ceux-ci, dans une forme à déterminer, pourraient être com¬
muniqués aux personnalités chargées de l'appliquer, et celles
ci auraient là, dès l’instant, un précieux auxiliaire.
Ce service serait d’ailleurs payé de retour. Les personnes
placées dans les familles sont l'objet d’une surveillance at¬
tentive et affectueuse ; ceux qui en ont la charge pénètrent li-
hrement auprès d’elles ; ils pourraient à leur tour fournir au
service du Casier Sanitaire de la localité d'utiles renseigne¬
ments qui donneraient à ses travaux plus de sécurité. A. F.
L’Assistance familiale et les troupes coloniales
et de marine.
Lorsque le soldat et le marin tombent malades, ils sont
dirigés vers l’hospice le plus proche, et si la maladie continue
en affectant une forme chronique ou si une amélioration se
produit, mais insuffisante pour permettre de reprendre la
tâche quotidienne, l’un et l’autre sont renvoyés à la métro¬
pole. S’agit-il d'un soldat, ou d’un marin de la flotte de guerre,
il obtient un congé de convalescence. A-t il encore quelque
famille, ou trouve-t il un tiers qui consente à se reconnaître
avec lui une subite parenté, il quitte l’hôpital, et l’adminis¬
tration militaire n’en exige plus rien, que de revenir à date
fixe, et de rembarquer pour un nouveau voyage. Or, qu’ar¬
rive-t-il ? Si le convalescent rentre chez lui, c’est l’hypothèse
la plus heureuse. Les parents sont dans une situation sou¬
vent difficile, ils ne peuvent subvenir à ses besoins ; le veu¬
lent-ils, que sa dignité s’irrite en constatant son oisiveté au
milieu de tant de labeurs, et il retourne, imparfaitement gué¬
ri, à l’établi ou à la charrue !... Cette imprudence ne tarde
(1) Lucien Graüi — La loi de 1902 et tes slalions hydroininéra-
les- l.es Arrêtés municipaux elles lois sanitaires (Uousset).
(2) Voir Paul JuiLLEnAT. — Une institution nécessaire. Le casier
sanitaire des maisons.— Voir égalomeiit Kénon: Maladies populaires.
pas à produire ses fâcheux effets ; l’amélioration qui se ma¬
nifestait s’évanouit, il se fatigue et il s’épuise, et bientôt une
rechute douloureuse, souvent redoutable, le punit cruelle¬
ment.
Si, au contraire, nous sommes en présence d’un malheu¬
reux sans famille, et dont nul ne répond, on propose de créer
pour eux des villas coloniales où ils seraient recueillis. Cel¬
les-ci seraient édifiées en des contrées choisies pour l’égalité
et la clémence de leur climat, perspective agréable mais nul¬
lement pratique. Ces villas devront en effet être très nom¬
breuses ; car elles ne doivent réunir sous un même toit que
quelques convalescents ; les frais de construction, d’aména¬
gement, de fonctionnement et d’administration seront dès
lors sensiblement élevés et nous redoutons que la question
financière ne soit un obstacle difficile à vaincre. Ne se sou¬
vient-on pas que, lorsque tout le monde demandait la créa¬
tion des sanatoriums pour tuberculeux, M Albert Robin a
eu le courage de montrer le premier quel désastre financier»
entraîneraient leur construction et leur entretien pour un ré¬
sultat douteux ? Il en est de même ici.
On ne devra pas permettre davantage la construction de
vastes établissements ; on serait en présence d'une agglomé¬
ration considérable avec tous ses travers : promiscuité dé¬
plaisante, nécessité d’une discipline commune , suppression
de toute initiative chez le malade, et dès lors monotonie fâ¬
cheuse, état psychique désastreux et guérison compromise.
Combien ne serait-il pas préférable à tous égards de recourir
à l’assistance familiale ?
Au lieu de garder nos soldats fatigués en dévastas caser- j
nes-hôpitaux, au lieu de les laisser livrés à eux-mêmes, à la
faveur d’un répondant bénévole, combien ne semblera t-il
pas meilleur de pratiquer pour eux notre système d’assistance
familiale dont l’excellence n'est plus à démontrer et dont vo- ;
tre réunion témoigne une fois de plus des bienfaits. Grâce à
l’assistance familiale, soldats et marins pourraient être réu- ;
nis par les soins de l’autorité militaire. Puis on ferait choix
d'un certain nombre de familles installées dans la campagne,
en des régions particulièrement saines, autant que possible
loin des cours d’eau et des zones humides qui constituent
pour la plupart des maladies coloniales une condition favo- (
risante, et nos convalescents y seraient installés.
Plus de constructions onéreuses, plus d’administration \
compliquée, plus de discipline rigide, mais un travail jour¬
nalier calculé suivant le pays, la liberté et le bien-être. Nos
coloniaux et nos marins placés ainsi n'auraient aucun besoin
de s'absorber en un labeur fatigant ; leur nourriture et leur
entretien seraient assurés. Voudraient-ils se livrer à quelque
occupation distrayante, ils en auraient le loisir ;une surveil¬
lance discrète, paternelle, qu’elle vienne du médecin de la
localité ou de quelque agent des services d’assistance fami¬
liale, s’assurera simplement qu’ils ne travaillent pas au-delà
de leurs forces. Pas de discipline, mais le droit de disposer
d’eux-mêmes à leur gré, pourvu qu’ils ne se laissent pas
aller à des manifestations qui leur pourraient nuire, tel est
est le tableau très incomplet des avantagesde cette façon d’a-
çon d’agir, que vous approuverez, je l’espère de votre tiaute
autorité.
Et lorsque, la convalescence expirée, le soldat s’en retour¬
nerait servir son pays sous quelque ciel lointain, c’est avec
une reconnaissance émue qu’il songerait au toit qui delongs
mois fut le sien, aux joies qu il partagea, aux tristesses mê¬
me qui frappèrent sa famille d’election et qui le firent souf¬
frir avec elle. Et qui sait si, au jour de sa libération, son ser¬
vice terminé, il ne viendrait s’y réfugier pour y vivre sa vie,
vie d’homme, alors que sans l’assistance familiale il se serait
trouvé isolé au milieu d’un monde qu’il aurait désappris à
connaître au cours de ses voyages. Lucien Graux.
Un hospice en flammes.
Rennes, 4 février. — L n effroyable incendie a éclaté cette
nuit, vers deux heures, dans l’hospice des veillards de la Pü'
tière, faubourg de Paris. Tous les bâtiments ont été détruitSi
et plusieurs hospitalisés ont péri dans les flammes. Les autre*
ont pu être sauvés, grâce à des prodiges de dévouement-
LE PROGRÈS MÉDICAL
93
l'abbé Stenou, aumônier de l'hospice, a été grièvement blessé
en procédant à des sauvetages. On considère son état comme
désespéré.' Ln pompier a également reçu des blessures gra¬
ves. Pendant l’incendie, qui faisait encore rage à la nuit tom¬
bante, le spectacle était lamentable des visages angoissés
d’épouvante apparaissaient aux fenêtres, des cris déchirants
sortaient des bâtiments réservés aux femmes. Tandis que les
pompiers et de courageux citoyens se précipitaient à leur
secours, on découvrait successivement, sous les premiers
décombres, deux, puis quatre cadavres. Le soir, on comptait
onze victimes. Trois femmes qu’on avait pu sauver, sont
mortes à la suite des émotions terribles qu’elles avaient res¬
senties. Parmi les morts, six vieillards seulement ont été
reconnus. Seize pensionnaires de l'hospice ont disparu.
L'infirmerie et la lingerie sont complètement détruites.
Cent mètres de bâtiments sont inutilisables. L’incendie n'a
pu être éteint qu’à neuf heures. Pour parer aux premières
nécessités, la municipalité a demandé 200 lits au campement
militaire et du linge aux hospices. (Le Matin, du 5 février.)
Préfecture de la Seine
Le Sénat et la Chambre des députés ont adopté, Le Président
de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
Article premier. — Le paragraphe 5 de l’article 20 du titre II
delà loi du 1 5 février 1902 sur la protection de la santé publique
est modifié comme suit :
« Chaque Commission sanitaire de circonscription sera compo¬
sée de cinq membres au moins et de neuf au plus, pris dans la cir¬
conscription. Elle comprendra nécessairement un conseiller géné¬
ral élu par ses collègues et au moins un médecin, un pharmacien,
tm vétérinaire, un architecte ou un technicien d’une compétence
; Malogue. »,
-Art. 2 . — L’article 25 est modifié comme suit ;
« Art. 25. — Le Conseil supérieur d’hygiène publique de France
.délibère sur toutes les questions intéressant l’hygiène publique
l’çïercice de la médecine et de la pharmacie, les conditions d’ex¬
ploitation ou de vente des eaux minérales, sur lesquelles il est
consulté par le Gouvernement. Il est nécessairement consulté sur
les travaux publics d’assainissement eu d’amenée d’eau d’alimen¬
tation des villes de plus de 5,000 habitants et sur le classement
des établissements insalubres, dangereux ou incommodes. Il est
: Véoialement chargé du contrôle, de la surveillance des eaux captées
en dehors des limites de leur département respectif pour l’ali-
mentatioq des villes. Le Conseil supérieur d’hygiène publiques
de France est composé de cinquante-cinq membres.
« Sont memln-es de droit : le directeur de l’Assistance et de
1 Hygiène publiques au ministère de l’Intérieur ; l’inspecteur gé¬
nial des Services sanitaires ; le directeur de l’Administration
départementale et communale au ministère de l’Intérieur ; le di-
^teur des Consulats des Affaires commerciales au ministère des
Affaires étrangères ; le directeur général des Douanes ; le direc¬
teur des Chemins de fer au ministère des Travaux publics ; le di-
^téur du Travail au ministère du Commerce, des Postes et des
télégraphes ; le directeur de l’Enseignement primaire au ministère
"e l’Instruction publique ; le président du Comité technique de
Wnté de l'armée ; le directeur du Service de santé de l’armée ; le
président du Conseil supérieur de santé de la marine ; le prési-,
^t du Conseil supérieur de santé au ministère des Colonies ; le;
I ®uteur des Domaines au ministère des Finances ; le doyen de
ta Faculté de médecine de Paris ; le directeur de l’Ecole de
WariMcie de Paris ; les professeurs d'hygiène des facultés
médecine de Paris, Lyon, Bordeaux, Lille, Nancy, Toulouse,
^ontpellier et des écoles de médecine et de pharmacie de plein
ïercice d’Alger, Marseille, Nantes et Rennes; le président
Ç la Chambre de commerce de Paris ; le directeur de TAd-
^istration générale de l’Assistance publique à Paris ; les vice-
j^idents du Conseil d’hygiène et de salubrité du département de
oeine ; l’inspecteur général du service d’Assainissement de l’ha-
ation de la Préfecture de la Seine ; le vice-président du Con-
tg**® ^^fipveillance de l'Assistance publique de Paris; l'inspec-
bÀTi ^^®éral des Ecoles vétérinaires ; le directeur de la Carte
8«ologique de France.
pie d ^ Membres seront nommés par le ministre sur une liste tri-
Oiie d présentation dressée par l’Académie des sciences, TAcadé-
æii Médecine, le Conseil d’Etat, la Cour de cassation, le Con-
du travail, le Conseil supérieur de l’assistanée pu-
de France.
membres seront désignés par le ministre parmi les
• ^yff'dnistes, ingénieurs, chimistes, légistes, etc.
‘Jn décret d’administration publique réglementera lafonotion-
nement du Conseil supérieur d’hygiène publique de France, la
nomination des auditeurs et la constitution d’une section perma¬
nente.»
La présente loi, délibérée et adoptée par le Sénat et par la
Chambre des députés, sera exécutée comme loi de l’Etat. Fait à
Paris, le 29 janvier 1906, Emile Loubet. Par le président de la
République : Le ministre de l’Intérieur, Dubief.
FORMULES
XI. — Traitement du shock opératoire.
Faire une piqûre d’éther et une de caféine et injecter du
sérum artificiel (500 gr.) additionné de 1 cc. de la solution
d’adrénaline au ' T 000 par litre. Cette injection peut se faire
par la voie intra-veineuse, rectale, sous-cutanée ou péritonéale.
XII. — Inhalations dans la bronchite chronique.
Dans un flacon à large goulot, muni d'un bouchon traversé
de deux canules en verre qui sont recourbées à angle droite!
dont l’une plongera dans le liquide du flacon tandis que l’au¬
tre ne le touchera pas, versez 80 cc. de la solution suivante :
Menthol . 0 gr. 50
Thigénol . 0 gr. 50
Ga'iacol cristallisé . 1 gr.
Teinture d’eucalyptus . 0 gr. 45
.Alcool à 60“ . 20 gr.
Eau distillée . 160 gr.
Faire trois inhalations par jour d’uneduréede ciitq minutes
chacune.
Pansements gynécologiques.
« Le traitement régulier seul peut assurer le succès et la
guérison ; comme conséquence, une spécialité doit donc être
parfaite et bon marché tout à la fois. C’est le cas des Glycovu-
les Tissot », les plus actifs et les moins coûteux. Boîtes de dix,
3et3fr. 75.
Actes et Thèses de la Faculté de Médecine de Paris.
Thèses de doctorat. — Mercredi, 1 4 février. — M. Pontés : Con-
tribulion à rétude de la leucémie à streptocoque dans la tubercu¬
lose (MM. Landouzy, Gaucher, Reclus, Legueu). — M. Halbron :
Tuberculose et infections associées (élude critique et expérimen-
lale) (MM. Landouzy, Gaucher, Reclus, Legueu). — M. Louste :
Baetérioseopie et eystoscopie du sang et des liquides hémorrhagi¬
ques par riiéraolyse immédiate (Erythrocytolise) (MM. Gaucher,
Landouzy, Réélus, Legueu).— A/. Leuthreau : Contribution à l’étude
du trailement chirurgical de Tectopie testiculaire chez l’enfant
(MM. Reclus, Landouzy, Gaucher, Legueu).
Jeudi, i5 février. — Af. A/oiii/m/i'e : La névrose traumatique et
la loi sur les accidents du travail (MM. Brouardel, Cornil, Dupré,
Bezançon). — M. Dusolier : Aperçu historique sur la médecine en
Espagne, particulièrement au XVI" siècle (MM. Gornil, Brouardel.
Dupré, Bezançon). — M. Popovitch : Les spirochètes en pathologie
humaine (MM. Cornil, Brouardel, Dupré, Bezançon). — A/. Lapla:;e :
Des applications inlra-reelales des courants de haute fréquence
(MM. Le Dcnlu, Berger, Faure, Moreslin). — M. Martin : Contri¬
bution à t’élude des anus vulvaires (.MM. Le Denlu, Berger, Faure,
Moreslin). — Puisségur : Troubles gastriques de causes mécani¬
ques au cours du rein mobile (MM. Berger, Le Denlu, Faure, Mores¬
lin). — M. Legrand : Considérations sur l’assistance maternelle
(MM. Budin, Gilbert, Vaquez, Demelin). — M. Liebert : De l'emploi
des courauls continus dans le traitement du rhumatisme chroni¬
que déformant (MM. Gilbert, Budin, Vaquez, Demelin).
Examens de doctorat. — Lundi, 1 2 février. — (Médecine opéra¬
toire, Ecole pratique) : MM. Segond, Cunéo, Proust. — 2" (1" sé¬
rie, Salle Béclard) ; MM. Gautier, Roger, Branea. — 2" (2" série,
Salle Richet) : M.M. Ch. Richet, Broca (André), Macaigne. — 2“ (3*
série, Salle Charcot) ; M.M. Blanchard, Gley. Desgrez. — 5* (Chirur¬
gie. D" parlie, 1” série, Hôtel-Dieu) ; M.M. Terrier, Mauclaire, Gos-
set. — 5’ (!'■ parlie, 2" série, Hôtel-Dieu) : MM. Kirinisson, Leguen,
Pierre Duval.
Mardi, r y /eVri'er. — (Médecine opératoire. Ecole pratique) : MM.
Poirier. Auvray, Moreslin. — 3" (P* partie. Oral, Sa lie Pasteur) :
MM. Guyon, Launuis, Demelin. — 3" (2“ parlie, 1'" partie. Oral,
94
LE PROGRÈS MÉDICAL
Salle Broussais) : MM. Dieulafoy, Méry, Renon. — 3' (2" parlie, 2=
série. Oral, Salle Corvisart) ; MM. Hutinel, Dupré, Bezançon. — 5”
(Chirurgie, 1" parlie. Charité) : MM. Pozzi, Faure, Marion.— 5' (2'
partie, 1" série. Charité) : MM. Joffroy, Thiroloix, Carnot. — 5* (2*
partie, 2- série. Charité) : MM. Rohin, Vaquez, Gouget.
Mercredi, 14 février. — Médecine opératoire (Ecole pratique) :
MM. Terrier, Mauclaire, Cunéo. —2* (1" série. Salle Béclard):MM.
Gariel, Roger, Macaigne. — 2’ (2” série. Salle Richet) : MM. Ch.
Richet, Desgrez, Branca. —2" (3' série. Salle Broussais): MM. Blan¬
chard, Gley, Broca (André).
Jetidi, 1 5 février. — Médecine opératoire (Ecole pratique) : MM.
Pozzi, Poirier, Marion. — 3" (2' partie) Lahoraloire des travauxpra-
tiques d’anatomie pathologique : MM. Joffroy, Guiart, Maillard. —
2' (Salle Thouret) :MM. Pouchel, Gley, Launois. —3' (Impartie,
Oral, Salle Pasteur) : MM. Guyon, Thiéry, Rrindeau.
Vendredi, 16 février. — (Médecine opératoire. Ecole pratique) :
MM. Reclus, Cunéo, Pierre Duval. — 2" (1” série. Salle Béclard) ;
MM. Gariel, Gley, Branca. — 2" (2" série. Salle Richet) : MM . Ch. Ri¬
chet, Desgrez, Macaigne. — 3” (P" partie, Oral, Salle Charcoti :
MM. Terrier, Sehileau, Lepage. — 5" (Chirurgie, 1” parlie, 1“ série,
Necker) : MM. Kirmisson, Legueu, Gosset. — 5' (Chirurgie, Impar¬
tie, 2* série, Necker) : MM. Segond, Mauclaire, Proust. — 5' (Obs¬
tétrique, 1” partie, Clinique Baudelocquej : MM. Pinard, Wallich,
Potocki.
Samedi, 1- février. - (Médecine opératoire. Ecole pratique) : MM.
Le Dentu, Poirier, Moreslin. — 3'i2* parlie. Laboratoire des travaux
pratiques d’anatomie pathologique) : MM, Cornil, Guiart, Maillard.
— 2* (Salle Pasteur) : MM. Launois, Langlois, Desgrez. — 4" (1" sé¬
rie, Salle Charcot) : MM. Chantemesse, ’V’aquez, Dupré. — 4' (2= sé¬
rie, Salle Béclard) : MM. Gilbert, Méry. Richaud. — 5“ (2' partie,
1" série, Beaujon) : MM. Raymond, Thiroloix, Gouget. — 5° (2" par¬
lie, 2” série, Beaujon) : MM. Robin. Jeanselme, Carnot. — 5' (Obs^
télrique, P* partie. Clinique Tarnier) : MM. Maygrier, Demelin,
Brindeau.^
Questions des prix proposés pour l’année 190G. — Prix
Béhier (l,800,fr.) : Syphilis hépatique. — Prix Corvisart
(médaille de vermeil et ^(10 fr.l ; L’hémoptysie. — Prix Sain-
lour (3,000 fr ) : Des rapports de l’alcoolisme et des accidents
saturnins.
THÉRAPEUTIQUE
Traitement des congestions pulmonaires et des hémop¬
tysies par l'Hélénine.
Introduite dans le sang, l’Hélénine de Korab exerce à un
haut degré une action stimulante, accompagnée de diminu¬
tion de la tension vasculaire et d’abaissement delà tempé¬
rature, rigoureusement observée par les appareils du profes¬
seur Marey du Collège de France (communication à la So¬
ciété de Biologie). La propriété, bien démontrée, que pos¬
sède l’Hélénine de diminuer la tension vasculaire, fait d'elle
un médicament précieux pour combattre les congestions
pulmonaires et prévenir les hémoptysies.
De là résulte l’avantage incontestable de l’employer dans
les phases d’ulcérations et même de cavernes, où la fonte
des tissus fait craindre la rupture d’un vaisseau ayant pour
cause la disproportion entre la tension vasculaire et la paroi
sanguine amincie. L’Hélénine s’administre sous forme de
globules du D' de Korab à la dose de 2 à 4 par jour.
Médecins des enfants-assistés. — Par arrêtés préfectoraux en
date du 29 janvier 1906 : M. le docteur Chapoutot a été nommé
médecin du service des Enfants-Assistés pour la circonscription
d’Ygrande, en remplacement de M. le docteur Mennechand, démis¬
sionnaire. Ont été nommés médecins des Enfants-Assistés (emplois
créés) : MM. les docteurs Pombourg, à Acheux ; Blasart, à Aves-
. nes-le Comte ; Dehée, à Saulty ; de Lambert, à Pourrain ; Ribail-
lei, à Treigny ; Goste, à Charroux ; Gautheron, à Anost ; Malbot,
à Romorantin ; Ferry, à Mur-de-Sologne, et Lemerle, à Gièvres.
Asile d’aliknés de 'Ville-Evrard. — Par arrêté du 23 jan¬
vier, M. le docteur Leroy (Achille), ancien interne des asiles
de la Seine, reçu le premier au concours d’adjuvat de la Seine en
1896, médecin-adjoint de l’asile public d'aliénés d’Evreux (Eure),
est nommé à ce poste. — M. le docteur Leroy continuera à jouir,
en qualité de médecin-adjoint de l’asile d’aliénés de Ville-Evrard,
du traitement de 4,000 francs dont il est titulaire et bénéficiera des
avantages en nature spécifiés par le réglement.
NOUVELLES
Natalité de Paris, — Du dimanche 14 janvier 1905 au samei
20 janvier 1906. les naissances ont été au nombre de 985, se dé
composant ainsi ; légitimes 719, illégitimes 266.
Mortalité a Paris. — Population d’après le recensement di
1901 : 2.660.559 habitants. Les décès ont été au nombre de 891,
savoir: 478 hommes et 419 femm s. Les décès sont dus am
causes suivantes: Fièvre typhoïde (typhus abdomin.) : 2.-
Typhus exanthématique : 0. — Fièvre intermittente et cachexà
palustre : 0. — Variole : 0. — Rougeole : 21. — Scarlatine :!
— Coqueluche : 2. — Diphtérie et Group : 2. — Grippe : 4
— Choléra asiatique : 0. — Choléra nostras : 0. — Autre
maladies épidémiques : 2. — Tuberculose des poumons : 187. -
Tuberculose des méninges ; 15. — Autres tuberculoses : 10. -
Cancer et autres tumeurs malignes : 69. — Méningite simple : Ü
— Congestion hémorrhagique et ramollissement du cerveau : ôfl
— Maladies organiques du cœur : 76. — Bronchite aiguë : 14
— Bronchite chronique : 16. — Pneumonie : 26. — Autres affec
lions de l’appareil respiratoire : 111. — Affections de l’estom»
(cancer exc.) : 2. — Diarrhée et entérite de 0 à 1 an : sein : 4 ; an
tre alimentation : 13 — Diarrhée et entérite de 1 à2ans : 2. — Hei
nies, obstruction inrestinaie ;2. — Cirrhose du foie : 1 1. — Néphrit
et mai de Bright : 25. - Tumeurs non cancéreuses et autres m»
ladies des organes génitaux (femmes) : 3. — Septicémie puerpéral
(fièvre, péritonite, phlébite puerpérale) : 3. — Autres accident
puerpéraux de la grossesse et de i’accoucnement : 0. — Débilil
congénitale et vices de conformation : 23. — Débilité sénile : 21
— Morts violentes : 23. — Suicides : 10. — Autres maladies : 121
— Maladies inconnues ou mal définies : 14.
Mort-nés et morts avant leur inscriotion : 66, qui se décoœ
posent ainsi : légitimes 47, illégitimes 19.
Légion d’honneur — Est nommé grand officier : Bouchu
(Charles-Jacques), membre de l’Académie des sciences et de l'I
cadémie de médecine, professeur à la Faculté de médecine dePi
Médailles des épidémies. — 1“ Médaille d'or. — M. le DH
Vergely (de Bordeaux). — 2° Bappel de médaille d’or. — M.l
D'' Carlier (médecin militaire). — 3” Médailles de vermeil. — M)
les D’’» Hoël (de Reims) ; Lestocquoy (d’Arras) ; Pitance |i
Saint-Moreil) . — 4° Bappels de médailles de vermeil. — Ml
les D''* André (de Toulousel : Balestre (de Nice) ; Baudin (i
Besançon) ; Foucault (de Fontainebleau). — 5“ Médailles d’0
gtnt. — MM. les D'’» Caraescasse (de Saint-Arnoult) ; Devé n
Beauvais) ; Hassler, P.-C. Petit (médecins militaires) ; Roufliai
. dis (médecin des troupes coloniales) ; Félix (de Bruxelles). -
6° Rappels de médailles d'argent. — MM. les Dr® Colin (j
Quimper) ; Legros (de Rochefort-sur-Mer) ; Leray (de Rennea
René Moreau (de Sens) ; E.-J. Jaubert, Sudour (médecins mil
taires). — 7° Médailles de bronze. — MM. les D''® Bernard (ij
Corbelin) ; Jacquey (de Faucogney) ; Malafosse, Paul Marti
(médecins militaires) ; Coppin, Montel, Pélissier (médecins à
troupes coloniales) ; Le Roy des Barres (d’Hanoï). — 8° Rappt
de médailles de bronze. — MM. les D^® Brisson (de La Palisse
Decouvelaëre (d Hazebrouok) ; Dezaulière (de La Machine) ;G«
rin (de Blois) ; .Moulonguet (d’Amiens) ; Ollivier (de Dina^
Omont (de Pont-Audemer) ; Paris (de Maréville) ; Deumier, M®
net (médecins militaires).
Mutualité. — La médaille d'argent, de la mutualité a été 3*
cernée à M. le D^ Malinas (médecin militaire).
Ecole de médecine d’Alger. — Un concours s ouvrira,
16 juillet 1906, devant l’Ecole supérieure de pharmacie de Mo*
pellier, pour l’emploi de suppléant des chaires de pharmacie et'
matière médicale à l’Ecole de médecine d’Alger.
Concours pour l’admission a sixempi.ois d’interne en méo*
CINE ET en chirurgie (a LA MAISON DÉPARTEMENTALE DE ^
terre (durée des fonctions : du juin 1906 au 31 mai 1*
— Le préfet de police, sur la proposition du Secrétaire Géné**
arrête :
Article l®''. — Un concours sera ouvert le 7 mai 1906,1'*^
six emplois d’interne en médecine et en chirurgie à la mais<^
Nanterre. Durée des fonctions : du l'"’ juin 1906 au 31 mai 1™
Traitement : 1.800 francs, plus une indemnité de logo^
de 300 francs. — article 2. Tout interne qui serait reçu doc^
avant le P® mars 1907 ne pourra continuer à exercer ses fo®
tiens. — ■ article 3. Les candidats qui désireront prendre?
au concours devront se faire inscrire à la Préfecture de
(service du personnel, caserne de la cité). — Le registre M
cription sera ouvert le février 1906, à 10 heures du m»*
clos définitivement le 25 avril suivant à 4 heures. — Les
LE PROGRÈS MÉDICAL
95
dats devront remplir les conditions suivantes : 1“ Etre Français ;
Etre âgés de moins de trente ans ; 3“ Etre pourvus d’au moins
douze inscriptions en médecine, justifiées par un certificat de sco¬
larité de date récente ; 4° avoir accompli le stage obstétrical ; a"
N’étre pas reçus docteurs en médecine. Ils devront adresser au
préfet de police une demande sur le papier timbré et y joindre un
extrait authentique sur timbre de leur acte de naissance ; Les
pièces établissant leur situation au point de vue militaire ; Une
notice indiquant leurs titres scientifiques ou hospitaliers ; Le cer¬
tificat de l’accomplissement du stage obstétrical ; et l’engagement
en cas de nomination, de se démettre de toutes fonettions dans les
hôpitaux, hospices ou cliniques. — articlk 4. Le concours, qui
aura lieu à la maison départementale de Nanterre, comprendra
deux séries d’épreuVes : 1° -Epreuves d’admissibilité ; 2= Epreuves
définitives.
A. Epreuves d'aimissibililé.\° Examen d’un malade de médeci¬
ne ; 2° Examen d’un malade dechirurgie.il sera accordé pour
chaque malade : dix minutes d’examen, dix minutes de réflexion,
dix minutes d’exposé oral ; 3“ Une question^ d’obstétrique traitée
en cinq minutes après cinq minutes de réflexi’on. Chacune de ces
trois épreuves sera évaluée en chiffres (20 points aux maximum).
B. Epreuves définitives. — 1“ Formuler par écrit le traitement
de deux maladies, l’une infantile, l’autre sénile ; dix minutes se¬
ront accordées pour cette rédaction. Cette épreuve sera évaluée
en chiffres (20 points au maximum) ; 2“ Une reconnaissance ana¬
tomo-pathologique. Cette épreuve sera évaluée en chiffres (20
points aux maximum ); 3“ Une épreuve de médecine opératoire.
Cette épreuve sera également évaluée en chiffres (20 points au
maximum) . article 5 . Les candidats seront classés par ordre de
mérite ; dans le classement ex æquo. il sera tenu compte des titres.
Thermes de Bourbon-l'Archambault.— ' Le ministre de l’in¬
térieur et le ministre des finances ont déposé au Sénat un projet
de loi adopté par la Chambre prolongeant le bail delà concession
de Bourbon-l’Archambault (Allier) àM. le D' Martin.
Service de santé militaire. — Par décision du 31 janvier 1906,
M. Antoine, classé n» 5 sur la liste établie par le jury du concours
d’admission à l’emploi de médecin stagiaire à l’école d'application
du service de santé militaire, a été nommé audit emploi, en rem¬
placement de M. Wiokersheimer, dont la démission est acceptée.
L’esprit DES autres. — « Faut-il qu’il soitbon pour qu’on dise
tant de mal de lui » {Progrès de Lyon).
— C’est curieux. Plus le médecin est jeune, plus il connaît de
microbes.
Mots de la fin.— En coniultation. Prem/er médecin. Alors nous
n opérerons pas? Second médecin. Oui... Que, croyez-vous, pou¬
vons-nous demander à notre client pour la décision de ne pas in¬
tervenir '? lUDGE.
Chronique des hôpitaux.
Concours d’ophtalmologie. — Un concours pour deux places
d’ophtalmologiste des hôpitaux s’ouvrira le 9 avil 1906. Inscrip¬
tions du !"■ au 24 mars.
UoTEL Bie^v. — Clinique d s maladies nerveuses. — M. Gil¬
bert Ballet a repris ses leçons sur les Maladies Nerveuses, le
dimanche 4 février, à 10 heures, amphithéâtre Trousseau, et les
continue les dimanches suivants à la même heure. Consultation
externe et policlinique pour les maladies nerveuses et mentales,
le samedi à 9 h. 1/2 (salon de la salle Sainte-Anne).
Hôpital Cochin-annexe. — Le D' Queyr.at a commencé, le
jeudi 8 février, à 10 h. 1/2, des conférences sur les maladies vé¬
nériennes et les maladies de la peau (avec présentation de malades
et démonstrations bactériologiques), et les continuera les jeudis
suivants à la même heure.
Hospice DÉ Bicètre. (Fondafion Vallée).— M. Bourneville,
Visite du service (gymnastique, travail manuel,écoles, et présen¬
tation de malades) le samedi à lOh. très précises. Consultations
médico-pédagogiques gratuites pour les enfants indigents atteints
de maladies du système nerveux, le jeudi à 9 h. 1/2'.
Hôpital de la Charité. — Leçons de clinique obstétricale. —
M. le D'' Maygrier (amphithéâtre Potain), le jeudi à 10 heures.
Hospice DE LA Salpêtrière. (Clinique mentale et nerveuse).
— M. le J. 'Voisin, le jeudià 10 heures.
Enseignement libre.
Le mardi 13 février, à 8 h. 1/2, à V Association française pour
l'avancement des sciences (sociétés savantes, 8, rue Danton), le D'
Bérillon, professeur à l’Ecole de psychologie fera une confé¬
rence, avec projection, ayant pour titre : Excursion psychologi¬
que à travers les anomalies et les excentricités humaines.
ANTISEPTIQUES
MEDICINAUX
55» année. 3» SERIE. T. XXII. N* 7.
BUREAUX : RUE DES C.\RMES, 14
17 FÉVRIER 1906
Le Progrès Médical
SOWMAIRE : Revue critique; La scopolamine morphine déA.-F. Hlcque.) — Société de chirurgie : ChÎTvkTgieàes voies
comme anesthésique général, par Viron et Morel. — Bulle- 1 BRïaires^^ar Lejars ; Cancer des voies biliaires, par Tuffier ;
TIN ; Les médecins allemands et les tribunaux d’honneur, par vPancrcatejé chronique, par Terrier (c. r. de Catz.) — Société
Friedel. — Sociétés Savantes : Société de biologie : Passage Médiêaiç-'des Hôpitaux : Rapports réciproques de Talbuminurie
des spirochætes pallida des tissus fœtaux aux tissus maternels, orthèstatiqne et de certains états pathologiques ou physiologi-
par Nattan-Larrier et Brindeau ; Diagnostic rapide des lésions ques, par Le Noir ; Eruption quinique à forme bulleuse, par
mhilitiques, par Borrel et Burnet ; Chloroforme du plasma et Thibierge ; Oblitération de la veine cave supérieure, par Corn¬
ées cellules du sang, par Nicloux ; Anatomie topographique by ; Granulie à forme typlioïde, par Siredey (e. r. de Friedel.)
des ganglions spinaux des batraciens, par Wintrebert ; Mal de — Société de Médecine de Paris : La mobilisation des membres
Bright et substances azotées du sérum, par Widâl et Rouchèse ; inférieurs dans le traitement des phlébites, par Berne ; Elec-
Inosite dans les tissus, les excrétions et les sécrétions, par Meil- lions (c. r. de Buret.) — Revue d’hydrologie et de climato-
liére ; Chloroforme dosé dans le liquide céphalo-rachidien, par logie ; Les cardiopathies artérielles et la cure d’Bvian, par
Sicard ; Sels de calcium comme préventif des éruptions de Bergouignan ; La cure arsenicale et les nouvelles salles d’inha-
sérum, par Netter ; Hémorrhagie cérébelleuse, par Laignel- lation de la Bourboule, par Sersiron ; Note sur le traitement du
Lavastine et Halbron ; Pression artérielle, parGarnier et Thaon ; diabète à la Bourboule, par Verdal, etc., (c. r. de Graux.) —
Coastituants colloïdes du sang, par Iscovesco ; Liquide de Varia. — Les congrès. — Nécrologie. — Actes et thèses
Rioger et de Lacke, par Capitan ; Syphilis expérimentale, par de la faculté de médecine de Paris. — Formules. — Nou-
Thibierge, Raoult et Burnet (c. r. de Mme Edwards-Pilliet.) — telles. — Thérapeutique ; L’hélénine et ses applications
Académie de Médecine : Les émigrants et la santé publique, par thérapeutiques. — Chronique des hôpitaux. — Bulletin biblio-
Chantemesse ; La mortalité par tuberculose, par Monod (c. r. graphique.
REVUE CRITIQUE
La Scopolamine morphine comme anesthésique
général (1) ;
Par le D' VIRON, pharmacien de la Salpétrière,
et L. MOREl,, interne en médecine des hôpitaux.
La Scopolamine ou hyoscine est un alcaloïde répon¬
dant à la formule G’’’ AZO^. Elle existe dans
différentes plantes de la famille des Solanées : scopolia
atropoïdes et japonica ; duboisia myoporoïdes, qui
renferme un mélange en proportions variables de sco¬
polamine et d'hyosciamine que l’on désigne sous le
nom deduboisine, datura stramonium, jusquiame noire,
belladone et mandragore, etc.
On la retiré des eaux-mères qui ont servi a l’extrac-
lionderhyosciamine. Les alcaloïdes amorphes qu'elles
eontiennent sont transformés en un chloroaurate qui
wistallise facilement ; les premiers cristaux qui pren¬
nent naissance, fusibles à 199°, sont à base de scopo-
lamine.
La scopolamine est soluble dans l’eau, l'alcool, l’é-
iner et le chloroforme ; elle se présente sous deux états
•Mmériques, la scopolamine gauche, qui est celle que
jon obtient parle procédé signalé plus haut ; sa solu-
«on alcoolique, en présence de la soude se transforme
scopolamine inactive, isomère qui prend également
naissance quand on traite le bromure par l'oxyde d’ar-
8®nthumide.La scopolamine, sous l'action des alcalis,
dédouble en scopoîine ou oscine et en acide atropique
1 * mi-même peut se transformer en acide tropique
1 action de l’eaü de baryte en excès. Le sulfate de
^''Polamine est en aiguilles incolores, très solubles
^.•'s leau. Le chlorure cristallisé avec deux molécules
L’iodure est moins soluble dans l’eau. Le bro-
2 de scopolamine C H AZO ^ HBR -f 3 11^0
tau actuellement expérimenté dans les hôpi-
5jg^“*^Prance et à l’étranger, pour produire l’anesthé-
î «üiv présente les caractères et les réactions
cristaux rhomboïdaux, incolores, de saveur
Merck 1904 : Presse médicale, p. 398, 1905 ; Semait
' PJ’- 15 et 529, 1905 ; Bulletin de la Soc. de Chir., 1905
«ed. Journ., 1905 ; Lancet, nov. 1905, etc.
amère et brûlante. Desséché à 100° ou sur l'acide sulfu¬
rique, il perd 12 37 % de son poids et entre en fusion
à 190°. Il est facilement soluble dans l’eau ; sa solution
est lévogyre et rougit le papier bleu de tournesol. Il est
peu soluble dans l’alcool, l’éther et le chloroforme.
Sa solution aqueuse 1 : 20 précipite en jaune parle
nitrate d’argent ; elle n’est pas influencée par l'ammo¬
niaque, tandis que la soude caustique détermine un
trouble blanchâtre. 0.01 de ce sel additionné de 5
gouttes d’acide nitrique, fumant et évaporé à sec au
bain-marie, abandonne un résidu à peine jaunâtre qui,
après le refroidissement, prend une coloration violacée
au contact d'une solution alcoolique de potasse. X la
calcination, il ne doit pas laisser de résidu sensible.
Dose maxima ;
Dose maxima simple. . . 0,001 0,0005
Pour 24 heures . 0,003 0,0015
La toxicité de la scopolamine n’est pas nettement
établie, car tandis que la pharmacopée allemande in¬
dique 0,001 comme dose maxima simple et 0,003
comme dose maxima en 24 heures ; le professeur Le-
win (de Berlin) dans son Traité de Toxicologie, traduit
par le professeur Pouchet, évalue la dose toxique à
0,001. La mort en collapsus serait survenue à la suite
de l’absorption de cette dose de chlorydrate de scopo -
lamine .
Dans un cas, Ids symptômes observés étaient les sui¬
vants : engourdissement, ensuite coma profond, tris-
mus, convulsions classiques (membres et de temps en
temps maxillaire inférieur) pâleur de la face, pupilles
immobiles dilatées au maximum, accélération du pouls,
rétention d’urine et de matières fécales .
Après avoir absorbé .0 milligrammes d’alcaloïde, un
malade s’affaissa subitement, de l’écume lui vint à la
bouche, le réflexe cornéen disparut, les lèvres et les
ongles se cyanosèrent; du tremblement avec des accès
de contractions spasmodiques et d’apnée vint s’ajouter
à ces symptômes.
Les convulsions ayant disparu, grâce à la morphine,
on observa la rigidité des muscles du tronc et ensuite
un sommeil profond. La guérison fut obtenue en peu de
temps. Dans d’autres cas, on vit apparaître : spasmes
LE PROGRÈS MÉDICAL
pharyngiens, lipothymie, collapsus, céphalée, vertige,
délire, hallucinations visuelles et auditives, tremble¬
ments, convulsions.
A la suite d'un rapport très documenté, présenté à
la Société de chirurgie iséance du 15 février dernier)
par M . le professeur Terrier, sur un travail de M. Des¬
jardin concernant l'emploi de la scopolamine-morphine
comme agent anesthésique, ce médicament a été expé¬
rimenté par un grand nombre de chirurgiens. Avant de
résumer ce travail, il y a lieu de signaler, d'après les An¬
nales de Merck de 1904, les communications parues an-
térieurement.La narcose parla morphine-scopolamine,
recommandée par Schneiderlin-Kotf, est basée, comme
on sait, sur l'opinion d'après laquelle les effets hypno¬
tiques et anesthésiques de ces deux alcaloïdes s'ajoutent
l'un à l'autre, tandis queleseffets toxiques, antagonistes,
sur ta respiration et la circulation, se ci'inpenscnt. Les
communications, assez nombreuses, putdiées sur cette
méthode, étant en partie contradictoires, nous devons
ici présenter les opinionsdes divers auteurs et les faits
les plus importants sur ce sujet.
L. Grevsen se prononce en faveur de l’emploi de la
narcose par la morphine-scopolamine, se basant sur
son expérience; il conseille de ne se servir que de solu¬
tions de scopolamine récemment préparées et il exprime
aussi le vœu que la question de posologie, un peu
soumise encore à l’arbitraire, soit l'objet d’études ap-
firofondies. Bloch a employé la narcose par la scopo-
amine dans les opérations de longue durée ; quatre
heures, deux heures et une heure avant l’opération; il
a injecté, chaque fois, 1 gramme d’une solution de
0 gr. 12 de chlorydrate de morphine et de 0 gr.012 de
bromhydrate de scopolamine dans 10 grammes d’eau ; il
a eu aussi recours, au besoin, durant un peu de temps,
au masqueduchloroforme.il a pu constater que le
malade, au moment du réveil, présentait un bien-être
parfait. D’après G. Yolkmann, la narcose par la mor¬
phine-scopolamine offre de grands avantages, parmi
lesquels ilfaut signaler le mode agréable d’administra¬
tion, la longue durée du sommeil, qui ressemble au
sommeil naturel, la facilité d’arrêter les hémorragies et
la diminution des pertes humorales, consécutive à l’ac¬
tion, réductive du produit sur les sécrétions. On peut
éviter les accidents par une surveillance attentive qui
doit porter principalement sur les troubles de la respi¬
ration et de la circulation.
\V. lleinalz a aussi été satisfait de cette méthode,
bien que très souvent il ait dù avoir recours au chloro¬
forme. B. Korlf propose les doses suivantes, qui repré-
sententune moyenne pour un homme adulte, et qui
pourront ultérieurement être un peu modifiées suivant
l'âge, l’activité du cœur et les dispositions nerveuses du
patient.
Broraliydrate de scopolamine . 0,01
Chlorhydrate de morphine . 0,25
Eau distillée bouillie . 10,0
Deux heures J /2 avant l’opération, on injecte un tiers
de seringue de Pravaz ; on en injecte autant une heure
et demie et une demi-heure avant l’opération, en tout,
par conséquent, 0.001 de scopolamine et de 0.025 de
morphine. La narcose est, dans la plupart des cas, par¬
faitement suffisante ; mais quand les douleurs sont par¬
ticulièrement intenses, on pourra la renforcer en fai¬
sant inhaler au malade quelques gouttes d’éther ou de
chloroforme.
Stolz est d'avis, au contraire, que le calme qui ac¬
compagne la narcose doit être attribué plutôt à la mor¬
phine qu'à la scopolamine et qu’on peut l'obtenj]
mieux et d’une manière plus inoffensive en faisant
avant la narcose ordinaire, une injection de morphin
ou de morphine-atropine. L. Wild et S. Flatau voi
môme jusqu’à mettre en garde contre l'emploi del
narcose par la miorphine-scopolamine. Il faudrait, d'j
près eux, la considérer comme peu applicable et mêni
dangereuse dans la médecine usuelle, dans la pratiqu
générale de la chirurgie et surtout dans la partie obs
tétricale.
G. Hartog a trouvé cependant qu'une combinaiso
de la narcose par la morphine-scopolamine avec!
narcose éthérée était entièrement inoffensive et tri
pratique. Une heure et demie avant deprocéderai
narcose par l'éther, il administre par la voie sous-ci
tanée Omgr. 5 de scopolamine et 1 gr. de morphini
D’après les résultats favorables qu'il a obtenus, sa m
thode combinée paraît mériter d’être recommanda
d’autant plus qu elle réduit au minimum les danga
de la narcose par l'éther et en amoindrit les effets
cessoires fâcheux, résultat qui a aussi été confirq
parE. A. Roberston.
D'après les expériences de Schneiderlin, les incoi
vénients de la narcose par la morphine-scopohimiii
sont qu'elle doit être d'abord mise à l'épreuve, ce qi
fait perdre du temps, et que, après la narcose, on doi
le cas échéant, contrôler la respiration r ses avantagi
sont que, ayant été bien mise à l'epreuve, elle est dt
pourvue de danger, que l’on peut se passer de narcot
seur, et que le choc psychique, parfois grave, qui)
produit dans la narcose par le chloroforme, fait à p»
près entièrement défaut et peut, avec un peu de pP
dence, être tout à fait évité. Schneiderlin attribue 1
insuccès signalés par certains auteurs à ce que la w
cose n’a pas été mise à l’épreuve, à ce qu’on a adn
nistré des doses trop élevées et qu’on n’a pas attend
pour opérer, que la narcose eût commencé.
Bumke a employé le bromhydrate de scopolafflj
comme sédatif, sous forme d’injections sous-cutané(
dans le traitement des affections mentales, et il est»
rivé à ce résultat que ce médicament peut rendre,dai
ces cas, d’excellents services, car il agit non seulemei
avec rapidité, mais encore avec certitude. Les quelqi
accidents, peu inquiétants d’ailleurs, auxquels il p
donner lieu, ne sont rien à côté de ses avantages.)
administré ce produit aux doses de Omgr. 5 à 1 uigp
D’après les observations de M. Pickardt, le bromhydti
de scopolanûne s’est révélé un bon médicament d»
le traitement des affections gastriques; administré a
doses de Omgr. 3 deux fois par jour, il a fait difl
nuer les sécrétions qt relevé l’état général des lUiJ
des. Il a donné aussi de bons résultats dans la gasW
rhée idiopathique. Dans sa communication, M. lep
fesseur Terrier attire l'attention sur ce fait que la s*
polamine-morphine détermine une anesthésie
tant longtemps après le réveil. .\I. Terrier emploi*
solution suivante :
Bromhydrate de scopolamine . t milligr.
Chlorhydrate de morphine . 1 centigr.
Eau distillée . 1 ce.
L’association de la morphine à la scopolamin®
raît obligatoire car la morphine est un puissant ^
dote de la scopolamine.
La technique consiste en 3 injections sous-cut^
laites avec la seringue de Pravaz, quatre heures,^
heures et une heure avant l’opération. Voici le® r
nomènes observés par l’auteur; « Environ 20 à
LE PROGRÈS MÉDICAL
99
r
nutes après la première injeclion, le patient s’endort
naturellement, mais présente encore certains mouve¬
ments réflexes. Après la seconde injection, les réflexes
disparaissent, le malade dort profondément.
La troisième piqûre n’est pas sentie et n’interrompt
pas le sommeil, llyade la vaso-dilatation de la face.
La respiration est peu fréquente. Le pouls est rapide
et varie entre 50 et 100. Les pupilles sont dilatées.
La résolution des membres n’est pas complète, et si on
secoue le sujet ou si on fait du bruit autour de lui, il se
réveille. Alais l’anesthésie persiste après l’opération ;
lemalade continue à dormir, la durée du sommeil va¬
rie entre 4 et 5 heures. (Juant au réveil, il est calme et
lemalade est très étonné d’apprendre que l’opération
est terminée. Aucun phénomène consécutif, jamais de
céphalée, de nausées, ni de vomissements.
L’anesthésie persiste alors que les fonctions cérébra¬
les sont revenues intactes, et pendant la premièrejour-
née, lemalade ne ressent aucune douleur du fait de la
lésion traumatique. Les avantages de cette méthode
sont donc : de supprimer l’appréhension de l’acte
opératoire, de supprimer l’e.xcitationqui précède l’anes¬
thésie, de supprimer les nausées et les vomissements
qui suivent le réveil : d’éviter à l’opéré les douleurs de
lacté opératoire qu’il vient de subir.
Parmi les inconvénients sérieux de la scopo-mor-
phinisation, il faut encore citer la vaso-dilatation pé-'
ripliérique consécutive à l’injection, qui gène considé¬
rablement au cours de certaines interventions ; ainsi
que la contracture invincible de la paroi abdominale,
qui peut apporter un obstacle sérieux au cours des la¬
parotomies. Enfin, on a signalé un état délirant transi¬
toire chez les sccn)o-morphinisés.
Ce mode d’anesthésie comptait 1489 applications
lors du rapport du D' Terrier (15 février 19Ü5). L’au¬
teur en préconisait l’adoption ; etdonnait le détail de
25 nouveaux cas recueillis dans son service.
mm. Terrier et Desjardin avaient suivi, dans leurs
premières applications descopo-morphine,la technique
?e Bloch, de Fribourg. Dans les anesthésies suivantes,
'h la modifièrent et M. Terrier présenta une nouvelle
®®rie de 53 cas à l’appui de sa nouvelle méthode d’ad-
Ornistration. « Tout d’abord, dit M. Terrier, j’ai mo¬
difié ma technique, en ce sens qu’au lieu de faire,
^mme au début et à la manière des Allemands, 3 in-
JOftions de 1 milligramme chacune, quatre heures,
heures, et une heure avant l’opération, je ne fais
Ptusmaintenantqu’imeseule injection de 1 milligramme
heures avant l'opération. . . Je puis dire mainte-
non seulement on obtient les mêmes avan-
.eos, mais de plus qu’on évite les quelques inconvé-
'onls signalés : contracture de la paroi et vaso-dilata-
''0 superficielle qui deviennent si appréciables.
côté de cette méthode d’anesthésie par la scopo-
^•■phine, il faut citer la méthode de M. Walther: la
^Po-morphinisation pî'échloroformique.
jjL ; alther, le 21 juin 1905, exposa devant l,a So-
sonn chirurgie les résultats de sa technique per-
Iher ^ différente de celles de Bloch-Terrier. M. Wal-
pQyj.®.®®ocie la scopolamine-morphinc au chloroforme
jjjfi ' ®Dcsthésie générale, k Ce n’est pas, dit-il, l’a-
fju complète par la scopolamine, mais bien
de chloroformique précédée d'une injection
ilfjj^t**^' ®c>mmenl il opère : une heure avant l’opération
seule injection avec la solution suivante :
Bromhydrate de scopolamine. . 12 déciinilligr.
Chlorydrate de morphine . 12 milligr.
Eau distillée . 1 cc.
A la suite de cette injection, les malades s’endor¬
ment d’un sommeil calme, qui supprime, quand on
commence la chloroformisation, toute périoae d’e.xci-
tation. De plus, le sommeil chloroformique se conti¬
nue jusqu’au bout dans un calme parfait. Il n’y a
jamais d'alertes et il suffit de petites quantités de chlo¬
roforme pour entretenir l’anesthésie.
Les malades se reposent après l’opération dans un
état de demi-sommeil, qui se prolonge pendant plu¬
sieurs heures, et qui les soustrait ainsi, sans morphine,
aux douleurs qu’entraine après elle toute opération.
Leur secrétion urinaire semblenettementaugmenter .
Se fondant sur une statistique personnelle de 56
anesthésies, M. Walther montra que cc nouveau mode
d’administration faisait disparaître les inconvénients
précités, observés avec l’ancienne technique, principale¬
ment la vaso-dilatation et la contracture abdominale.
Quelques jours plus tard (5 juillet), M. Defontaine,
du Creusot, soumettait à la Société de cMrurgie une
série de 30 scopomorphinisations, donl24 préchlorofor¬
miques: scs conclusions étaient analogues à celles de
M. Walther.
Au total, àlasuite de Schneiderlin id’Emmendingcn)
nombre de chiiurgiens ont appliqué en la modifiant
plus ou moins l’anesthésie à la scopolamine. Kortf
(200 cas) : Grevsen (69 cas) ; Stolz, (5 cas) ; Hartog
(93 cas) : Volkmann (20 cas); Zinke (13 cas) ont uti¬
lisé à l’étranger cet anesthésique, sans accidents
sérieux. En France, MM. Terrier et Desjardin (76 cas) ;
Walther, '.56 cas) ; Defontaine (30 cas) ; etc. . . , sont aussi
satisfaits de son emploi chez l’adulte, en chirurgie
générale. Chez des enfants de 12 à 14 ans, en rédui¬
sant la dose de moitié, M. Walther a eu de bons ré¬
sultats. En obstétrique, IL von Steinbüchel, de Gratz,
en a préconisé l’emploi, et montré les avantages.
En somme, il res.sort des travaux analysés jusqu’ici
que l’introduction de la scopolamine dans l’arsenal
anesthésique constitue un progrès dans l’anesthésie
générale. Mais toute médaille a son revers; et il faut
reconnaître qu’à peine née, la scopo-morphinisation
avait contre elle un formidable dossier. On trouvera
dans la médicale, année 1905, pages 15 et
5)29 le relevé d’un certain nombre de cas de morts
nettement imputables au nouvel anesthésique. Nous
résumerons brièvement ce réquisitoire.
En 1902; Bos, de Carlsruhe, et Witzel, de Bonn,
publient chacun un cas de mort qu’ils attribuent à la
scopolamine. En 1903, Flalau, de Nuremberg, ajoute
un troisième cas. En 1904, Dirk, dans le service du
P’’ Botter, et le P' Israël, de Berlin, publient chacun
trois décès par suite de l’emploi de la scopolamine.
Plus récemment, Zifferct le P" Dirner, de Buda-Pest,
font connaître encore trois morts. .Au total 12 décès
« notoirement imputables aux injections sous-cuta¬
nées de scopolamine-moi phine... Nous voyons qpe la
léthalité due à la' méthode de Schneiderlin corres-
f)ond, en chiffres ronds, à 1 % .» Ces chiffres, donnés par
a Semaine niédicale du 11 janvier 1905 ont paru
discutables à MM. Terrier et Desjardin, qui les ont
analysés et interprétés. (Voir Presse médicale du 4 mars
190.5). « 11 ressort clairement de la lecture de ces 12
observations de mort notoire par la scopolamine, disent
ces auteurs, qu’aucune ne peut être d’une fa<;on cer¬
taine attribuée à l’anesthésique. »
100
LE PROGRÈS MEDICAL
Il semble que, dans les deux opinions extrêmes que
nous venons de présenter, l’une optimiste, l'autre pessi¬
miste, il y ait une part de vérité. Assurément, la mor¬
talité imputable à la scopo-morphinisation est au-des¬
sous de 1/100 ; mais elle n'en reste pas moins élevée ;
beaucoup plus élevée que la mortalité du chloroforme
et de l'éther. A chaque série heureuse de scopo mor-
phinisation on peut répondre par une série de décès
où l’anesthésie semble responsable. C'est Zahrodnicky,
de Nemecky Brod ; c'est Bakes, de Trebitsch ; c’est Lo-
vrich, de Budapest ; c'est Landau, de Berlin, qui tour
à tour déclarent dangereuse la méthode de Schneider-
lin. On ne saurait assurément attribuer une égale valeur
de démonstration à des cas qui diffèrent du tout autout
(âge du malade, nature de l’intervention, association
d’autres anesthésiques à la scopo-morphine,dosedesco-
polamine, etc.) Et, ici comme ailleurs, les statistiques
gardent toute leur incertitude ; néanmoins de lourdes
charges pèsent sur l’anesthésique inculpé.
Elle peut tuer par le cœur et par le bulbe. 1“ Par le
cœur, dont elle altère le fonctionnement et la fibre. Des
recherches expérimentales, déjà anciennes, de H. de
Stella (1897), il résulte que la scopolamine, comme
l’atropine et comme l' h yoscine, paralyse les fibres mo¬
dératrices du pneumogastrique, et détermine une dé¬
générescence graisseuse du myocarde.
Ces lésions inhibitrices et dégénératives, nous les re¬
trouvons mentionnées dans les observations cliniques
et les protocoles d'autopsie, après scopo-morphinisation ;
et lors même que l'action toxique do la scopolamine
o’cst pas mortelle, elle se décèle cliniquement par des
symptômes évidents. L'un de nous, à l'hôpital Saint- An¬
toine dans le service du D' Monod, dont il eut l'honneur
d'être l'interne, a suivi anxieusement les phases d'une
intoxication par la scopolamine chez une opérée. Voici
la note remise à notre vénéré maifte, qui a bien voulu
l'utiliser dans sa communication du 26 juillet à la So¬
ciété de chirurgie :
» La malade n'était plus depuis vingt minutes sou¬
mise à l’action du chloroforme — elle était encore sur
le chariot, dans la salle d'opérations, je me lavais les
mains dans la pièce exactement contiguë — lorsque je
m'entendis appeler par l’infirmière que j’avais placée
près de l'opérée et qui avait remarqué que la figure de
celle-ci « changeait. »
A ce moment, le vi.sage était sans expression, bleuâ¬
tre, des gouttes de sueur perlaient sur le front, les pu¬
pilles étaient insensibles à la lumière et dilatées, le ré¬
flexe cornéen était aboli. La respiration était extrême¬
ment superficielle et perceptible seulement après exa¬
men prolongé. Le cœur battait mais à peine, son ryth¬
me ne semblait pas modifié ; je n’ai pas eu le temps de
compter ses battements, mais je pense que leur ' nom¬
bre oscillait autour de '75 à 80 à la minute. La langue
n’était pas avalée. La malade reçut immédiatement 2
centimètres cubes d’éther et 2 centimètres cubes de ca¬
féine ; en même temps on pratiquait la respiration ar¬
tificielle combinée aux tractions rythmées de la langue,
et l’on faisait des inhalations d’oxygène. Au bout de
dix minutes, tout semblait perdu, le cœur ne battait
plus, les pupilles étaient énormes, l’œil vitreux. On
continua cependant la respiration artificielle et les trac¬
tions rythmées. Au bout de dix nouvelles minutes, soit
vingt minutes après le début de la syncope, nous avons
senti de nouveau le cœur battre nettement ; mais le
pouls n’était pas encore perceptible. Il ne l'est devenu
que cinq minutes plus tard, mais très faible et fuyant.
M. Launay, assistant de M. Monod, que j’avais faj
demander, a vu la malade à ce moment. Il la jugea dai
un état encore très alarmant, et m’engagea à co(
tinuer les manœuvres de reviviscence . A plusieurs ij
prises, le pouls fila de nouveau et le cœur sembla s’aj
rêter. Il reprit définitivement et régulièrement à p*
près trente-cinq minutes après le début des accidena
La malade fut alors portée avec précaution dans so]
lit et reçut encore éther, caféine et huile camphréij
Pendant deux jours, l’état resta alarmant, le cœur éti
mou comme un cœur atteint de myocardite ; mais
rythme régulier, aux environs de 80. Actuellement,
malade va bien, mais son cœur reste le. point faible, 1^
systoles sont certainement plus molles qu’avantl anei
thésie. »
Ces symptômes, très différents de ceux qu’on obsen
dans l’intoxication chloroformique, ne nous laissa
personnellement aucun doute surle rôle néfaste qu’ij
vait joué dans ce cas la scopolamine. i
2" Par le bulbe. D'abord excitatrice des centres insw
ratoires, la scopolamine est consécutivement inhibitria
de ces centres. Des modifications respiratoires, l’appj
rition du type respiratoire de Cheyne-Stokes, l’arn
momentané, puis définitif, de la respiration, sont signi
lées dans nombre d’observations (Bios, Flatau, üiri
Zilfer, Lasek, etc) .
Au total : vingt-cinq morts nettement imputables!
l’emploi de la scopolamine, un plus grand nombn
d’accidents sérieux et quantité de petits accidents sal
gravité, tel est le passif d’un anesthésique employé dai
uu maximumde 2000 cas Est -ce, comme l’a écrit M.<
Maurans, « la faillite de la scopomorphinisation » ? Bj
ce la réaction excessive après l’enthousiasme des pH
miersjours ? Nous ne saurions le dire ; mais l’analyse dj
faits que nous avons impartialement rapportés ne pq
met guère de garder des espérances sur l’innocuité d
l’anesthésie' par la scopolamine seule ou associée 4
chloroforme; et son emploi, même par la méthode pd
dente de Walther, nous semble encore incertain et ad
NARCYL GREMY médicament sp(
que de la toux, spécialement de la toux des d
berculeux.
THÉRAPEUTIQUE
L’hélénine et ses applications thérapeutiques.
L’hélénine, corps solide cristallisé en prismes quadrao^
laires incolores, insoluble dans l’alcool chaud, l'éther, le®*
sences, le kérosolène, donne des résultats thérapeutiques '
marquables bien mis en lumière par le D"' de Korab
diverses communications, notamment à' la Société de B’"'
gie et à l’Académie des Sciences. Elle calme la toux,
l’expectoration, facilite la respiration, est douée d’un
table pouvoir bactéricide. Elle a, en outre, une action
ventive et curative sur l’hémoptisie, excite l’appétit, fac'®
la digestion. C'est, en somme, le médicament de choix
bronchites chroniques et de la tuberculose pulmonaire. ^
la prescrit sous la forme de globules d'hélénine du D’de Af"’
à la dose de 3 à 6 par jour.
Les frauoks alimentaires au sénat. — Gomme sanotiet
l’Interpellation adressée par M. Ricard, sénateur de la Côte-^
au ministre de l’agriculture, le Sénat à nommé dans ses bor^
quatre membres complémentaires de la commission des ft'*?'!
alimentaires. Ont été élus : MM. Monis, Gauthier (Ilaute-S»®‘^
Thézard et Labbé.
LK PROGRÈS MÉDICAL
101
bulletin du progrès médical I
Les médecins allemands et les tribunaux d’honneur.
Il y aura bientôt six ans que ces tribunaux ont été
créés. La médecine étant considérée et classée en Alle¬
magne comme une industrie, on conçoit aisément que
les abus sont nombreux. La concurrence est terrible
dans la carrière encombrée, et petit à petit un grand
nombre de praticiens ont oublié ce qu'est la dignité
professionnelle. Journellement on peut voir des méde¬
cins offrir leurs services aux compagnies d’assurances
contre la maladie et aux sociétés de secours mutuels à
un prix vraiment humiliant : 10 à 30 centimes la con¬
sultation et 25 à 50 la visite à domicile. D’autres ne
considèrent pas comme déshonorant de faire clianter
leurs louanges dans les journaux non professionnels
sous les titres les plus extravagants par exemple : Gué¬
rison miraculeuse de Madame X. parle docteur Z., ou
guérison certaine de telle ou telle maladie par le D‘ Y.
{on rend l’argent en cas d’insuccès), etc., etc. Ajoutez à
cela le chancre, des rebouteux qui ronge la profession
et vous comprendrez le désir de la corporation de porter
remède à cet état déplorable.
D’un autre côté le gouvernement ne voyait pas avec
déplaisir cette tendance d’organisation, qui lui permet¬
tait de caporaliser j)lus ou moins toute une catégorie
de citoyens jusque là indépendants. Un projet fut donc
élaboré, des chambres de médecine et des tribunaux
d’honneur créés, malgré une forte opposition de cer¬
tains médecins, qui voyaient très bien que, tout en
étant assimilés aux fonctionnaires, ils ne jouiraient
pas des avantages de ceux-ci, alors qu’ils aliéneraient
leur liberté d’opinion et d’action, qu’ils ne pourraient
plus manifester librement leurs idées politiques, sans
être accusés de manquer à la dignité professionnelle.
Le fait est d’ailleurs arrivé : un médecin socialiste de
Westphalie fut cité devant le tribunal d’honneur, un
confrère saxon qui fréquentait les sociétés d’ouvriers
fut mis en accusation et condamné.
Le paragraphes du Règlement du 25 novembre 1899
stipulait cependant catégoriquement, que les idées poli¬
tiques et scientifiques ne pouvaient jamais donner lieu
à des poursuites.
Depuis 1899 ces tribunaux fonctionnent mais n’ont
amené aucune amélioration à la situation de la grande
majorité des médecins. Les rares réformes sont dues à
1 Union médicale de Leipzig (Leipziger Verband) asso¬
ciation indépendante du gouvernement, libre par con¬
séquent de parler haut. Les tribunaux d’honneur
a ont pu réaliser aucune des aspirations du monde mé¬
dical, ils sont privés de toute autorité, leurs verdicts
a ont aucene sanction légale. Le condamné se soumet
SI bon lui semble, et les compagnies et les mutuelles
continuent comme auparavant à donner leurs postes
a«x praticiens qui travaillent à bas prix. Le libre choix
oes médecins si àprement revendiqué n’existe pas en¬
core. Les tribunaux ont-ils été plus heureux dans les
sentences en cas d’infraction contre la dignité profes¬
sionnelle ? On peut répondre franchement : non. On
*^«0 d après les us et coutumes, non d'après les lois
écrites et codifiées, et alors le terme élastique de di¬
gnité professionnelle donne forcément lieu à des dé¬
cisions variables suivant la province et les'villes et les
juges. Un praticien qui lutte pour le libre choix du mé¬
decin dans sa ville se voit intliger 100 marcs d’amende
et un blâme, non parce qu’il rompait une lance pour
la liberté, pour un principe, mais parce que cette ré¬
forme lui aurait profité, parce qu'il avait par cela
manqué à la dignité professionnelle. Pourtant le di¬
lemme est net : ou le médecin déjà engagé par la
mutuelle faisait son devoir et possédait la confiance
des malades, alors le libre choix ne lui aurait fait
aucun tort ; ou il ne possédait pas la confiance, alors
il y avait contrat illégal étant basé sur la contrainte.
Antre exemple : un médecin des écoles de la ville de Z.
réclame dans les journaux un service hospitalier spécial
pour les enfants malades, qui ne devraient plus, disait-
il être considérés comme quantité négligeable, et être
soignés seulement lorsque le service des adultes laisse¬
rait aux médecins en fonction le temps et lorsqu’il y
aurait place dans les salles. Le tribunal d’honneur de
province a condamné ce protecteur de l'enfance pour
diffamation de ses confrères. Le tribunal d’appel a
cassé le jugement, il est vrai, mais sans lui donner rai¬
son pour le fait.
Très souvent les tribunaux ont à s'occuper des dis¬
cussions scientifiques, qui il fautle dire manquent quel¬
quefois d’aménité voire même de politesse chez nos
confrères allemands. lisse traitent volontiers de voleurs
dans les questions de priorité, ils accusent les adver¬
saires de leurs théories et travaux de négliger sciem¬
ment certains faits acquis, d’avoir faussé les résultats
des expériences, de ne pas savoir observer convenable¬
ment, de dire des bêtises, etc., etc. Ces querelles
n’ont cependant rien de contraire à la dignité profes¬
sionnelle, aussi longtemps que les clients ne les con¬
naissent pas. Si on était logique, on verrait des séan¬
ces plutôt grotesques, la table du jury serait encom¬
brée de microscopes, de cobayes, d’appareils, etc., pour
permettre aux juges de rechercher eux-mêmes le vrai
et le faux.
Mais ce n’est que la forme de la polémique qui est ju¬
gée ; vous pouvezfortpolimentreprocher à votre ad ver
sairé de méconnaître l’honnêteté la plus élémentaire,
sans pour cela le traiter de voleur ! Personne n’ose plus
critiquer les faits et gestes, voire les travaux d'un « pon¬
tife )),car le « petit » a toujours tort. Le règlement dé¬
fend par exemple aux médecins de faire de la réclame
c’est-à-dire défaire parler de lui. Le débutant doit, par
exemple, rester chez lui à se croiser les bras et à at¬
tendre qu’un client veuille bien le consulter ; il ne doit
jamais mentionner devant d'autres personnes, qu’il est
médecin, ce serait taire de la réclame indigne d'un pra¬
ticien. On laisse par contre passer inattaqué l’article du
journal politique, qui raconte au long l'opération pra¬
tiquée avec un brillant succès par le célèbre professeur A.
sur la personne du comte IL ou de la princesse G.
Tout cela nous montre que les tribunaux d’honneur
n’ont pas donné ce qu'on en attendait. Au lieu de s'oc¬
cuper sérieusement de la situation précaire du praticien,
ils se rendent ridicule par les interprétations groles-
102
LE PROGRÈS MEDICAL
qiies du terme : dignité professionnelle. Ce terme ne
se définit pas et une conduite honorable ne peut pas être
inculquée à ceux qui ne l’ont pas. Le respect de soi-
même doit suffire, tant pis pour ceux qui ne savent pas
se respecter. G. Frieuel.
DIOMXE-MERCK spécifique de la TOUX et de la DOULEUR,
plus active, moins to.xique que les
opiacés et tous leurs dérivés, même synthétiques.
SÉDATION IMMÉDIATE de la TOUX
SIROP DU D" BOUSQUET, A LA DIONINE WERCK
0,01 par cnil, à bouche, avec 2 gll" de llromoforme) 4 à S par jour)
SOCIÉTÉS _SA VANTES
SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE.
Séance du 3 février 1900.
Tassage des spirochætes pallida des tissus fœtaux aux tissus
matemels.
MM. Nattan Larrier et Brindeau. — Les auteurs admet¬
tent que la voie do pénétration des spirochètes de la mère à
l'enfant peut être par l’intermédiaire des leucocytes ou par
rupture vasculaire de la villosité ; mais, comme font démon¬
tré MM. tVallich et Levaditi, le spirochète se trouve souvent
dans les grosses cellules de la couche superficielle de la cadu¬
que. Pour les auteurs, ce serait là un processus constant, les
cellules de Langhans pénétrant directement dans la caduque
dont elles remanient la couche superficielle. Dans des cas
plus rares, le plasmode peut être altéré et donner passage au
spirochète par un infarctus péri-villosihiire avec ou sans
intervention des leucocytes. Mais là il s'agit d’un accident
pathologique.
Diagnostic rapide des lésions syphilitiques.
MM. Borrec et BüRvf;T. — La recherche des spirochètes de
Schaudinn dans les frottis sur lame des lésions suspectes est
entrée dans la pratique. Le procédé de (iiemsa, généralement
employé, peut être remplacé par l’usage de la fuchsine phé-
niquée après mordan<;age par une mise au tannin. Des lava¬
ges et des dilutions successives peuvent éclaircir la prépara¬
tion pour obtenir en 15 minutes des images démonstratives.
Chloroforme du plasma et des cellules du sang.
M. Nicloux continue ses expériences sur la présence du
chloroforme dans le sang après l’anesthésie chloroformique.
Les cellules ont une teneur de chlorofonne bien plus consi¬
dérable que le plasma, et celui-ci semble avoir une affinité
très marquée pour félément cellulaire.
Anatomie topographique des ganglions spinaux des batraciens.
M. WiNTREBERT. — Lcs racincs motrices de la moelle des
batraciens donnent des fibres aux ganglions spinaux. Ces
fibres se détachent au moment où la racine centrale croiæ le
ganglion. Sur les grosses racines du plexus, elles s’isolent
jusqu’à former une troisième racine accessoire, et ne font que
traverser le ganglion pour faire partie, à la sortie, de la partie
motrice des nerfs dorsaux.
Mal de Bright et substances a:-otées du sérum.
MM. WiDAL et Rolchèse. — Au cours du mal de BrighL
l’urée peut être retenue en excès dans le sang, mais il peut
être utile de reconnaître les autres substances azotées en
rétention dans le sang et leurs rapports. Le rapport azoturique
dans le sérum, c’est-à-dire l’azote de l’urée comparé à l’azote
total pur albuminoïdique est le plus important et oscille
entre 80 p. 100 chez les animaux qui n’ont pas de rétention
azotée, même s’ils ont de Tœdème et de la rétention chloru¬
rée. Chez les brighti<iues azoturiques, la proportion augmente
à mesure que la rétention s’accuse et atteint 92 à 96 p. 100.
L’azote résiduel, qui n’est pas l’urée, a une proportion inverse,
de 20 p. 100, chiffre normal, il peut descendre à 4 p. lüü.
L’azote de l'acide urique, ne suit pas l’ascension de l’urée ;
elle n’est que doublée dans l’a/otémie, alors que l’azote de
l’urée est décuplée. L’azote de l’ammoniaque que l’on trouve
dans le résidu est encore moins modifié.
C’est donc de Turae que proviennent les substances azo¬
tiques contenues en excès dans le sang des brightiques azoté-
miques. Cette substance suit l’importance de ta néphrite.
Inosite dans les tissus, les excrélijns et ks sécrétions^
M. Meiclière dose l’inosite des tissus et des liquides ; on
la retrouve chez les polyuriques et chez ceux dont l’urine
présente une réaction anormale de la liqueur de Fehling.
Chloroforme dosé dans le liquide céphalorachidien.
M. SicARu a employé la méthode de M. Aicloux pour doser
les chloroformes dans les tissus qui en fixent la plus forte
dose ; les centres nerveux (70 milligr.) et le liquide céphalo-
rachien. Ce liquide, par 100 cent, cubes, contient de 10 à 15
milligr. de chloroforme. Le but pratique serait peut-être,
chez les asphyxiques, de faire une ponction lombaire et d’éli¬
miner le liquide céplialorachidien toxique.
Sels de calcium comme préventif des éruptions de sérum.
M. INetter a utilisé le chlorure de calcium à la dose de
1 gramme le jour de l’injection de sérum antidiphtérique
et les deux jours suivants ; il a ainsi prévenu l’éruption séri¬
que qui se déclare parfois ; l’expérience porte sur 516 enfants ;
les 258 enfants qui n’ont pas pris de chlorure de calcium ont
eu l’éruption dans la proportion de 40 pour 100 ; cette pro¬
portion s’est abaissée à 6 pour 100 pour les 258 autres.
Hémorrhagie cérébelleuse.
MM. Laicnel-Lavastine et Halbron ont examiné le cerve¬
let d’un homme ayant succombé à un ictus avec déviation
conjuguée de la tête et des yeux à gauche, .sans asymétrie
faciale, avec prédominance de la paralysie des membres
à gauche, abolition des reflexes à gauche, et diminution
à droite, sans phénomène de Babinski.
L’hémisphère cérébelleux droit présentait une hémorrhagie
centrale par rupture de l’artère du nucléus den ta tus droit ayant
détruit le noyau dentelé et les deux tiers postéro-internes de
la substance blanche, jusrpi’à la partie profonde des lobes
semi-lunaires. Le sang atteint fuse dans le ventricule et un
caillot effleure le plancher protubérantiel dans sa moitié
droite. Ainsi la déviation conjuguée de la tête et des yeux
co’incidait avec une lésion destructive de l’hémisplière
cérébelleux droit et intégrité des voies optiques. Le phé¬
nomène de Babinski manquait et le système pyramidal
était intact ; le réflexe centro-latéral des adducteurs de Marie
existait du .côté lésé avec diminution de la réflectivité
rotulienne.
Pression artérielle.
MM. Garnier et Thaon ont étudié l’action sur la pression
artérielle de l’injection des deux lobes hypophysaires du bœuf
et du lapin.
Le lobe antérieur reste sans action. Le lobe postérieur pro¬
duit une élévation légère de la pression artérielle, suivie d’une
chute rapide, puis la pression remonte lentement au niveau
antérieur et les pulsations se ralentissent et augmentent
d’amplitude.
La section des deux pneumogastriques supprime cette action
de l’hypophyse sur la circulation, et si la section est fai te après
l’injection de l’extrait etpendant la période de ralentissement,
immédiatement celui-ci disparaît. L’hypophyse n’agit proba¬
blement pas sur le myocarde ni sur les ganglions intra-carcüa-
ques, mais sur les aivités bulbaires du cœur.
Constituants colloïdes du sang.
M. IscovEsco a fait des recherches au moyen de sulfure
d’arsenic colloïdal comme réactif électronégatif et de Thy-
drale de fer colloïdal comme réactif électropositif.
Le sérum sanguin est un mélange de colloïdes positifs et
N négatifs.
LE PROGRÈS MÉDICAL
103
Le globule rouge est constitué par une enveloppe électro-
négative et un contenu positif. Le schéma globulaire est élee-
tronégatif
Liquide de Rtnger et de Lacke.
M. C.vpiT AN a étudié les milieux liquides fabriqués pour faire
vivre des tissus musculaires et même des cœurs d'animaux.
Ces liquides employés en thérapeutique au lieu des divers
sérums, à la dose de 5 cent, cubes injectés chaque jour sont
une dose ne provoquant pas de douleurs et donnant des
résultats très favorables.
Syphilis expénmentale.
MM. Thibierge, Raoui.t et Bcrnet ont inoculé à des maca¬
ques des fragments de ganglions de papules et de chancres
et ont réinoculè d’autres animaux en série avec les lésions
ainsi déterminées, ils ont toujours retrouvé, au frottis, à la
coupe, le spirochète pallida. Ce qui prouve que la nature de
la lésion partie d'un point de départ sûr peut être suivie au
cours d’une série de passages et constitue un argument sur
la spécificité du spirochète delà syphilis. E. P.
ACADÉMIE DE MÉDECINE
Séance du .5 février.
Les émigrants et- la santé publique.
MM. Chantemesse et Borel montrent l'insuffisance des me¬
sures prises en France pour la police sanitaire des émigrants.
Ils font, avec la rigueur des mesures adoptées dans les autres
pays surtout en Angleterre et aux Etats-Unis, un parallèle des
plus curieux. Au Havre, la visite médicale d'émigration a sur¬
tout pour but d'éliminer les émigrants qui seraient refusés
pour maladie en Amérique et devraient être rapatriés gratui-
'tement par les compagnies de navigation.
Les individus éliminés définitivement sont renvoyés dans
leur pays ; les autres malades sont placés à l’hôpital quand
leur état est suffisamment grave ; lorstiu'il ne s’agit que de fa-
vus, pelade, conjonctivite, blennorragie, syphilis en évolution,
gale, etc., la Compagnie de navigation héberge ces malades
dans un hôtel quelconque ; ils doivent se rendre chaque jour
chez le médecin et partent quand ils sont guéris... non sans
avoir répandu la contagion autour d'eux ; car les hôtels qui
les reçoivent ne sont soumis à aucun règlement spécial, à au¬
cune mesure de désinfection.
H y a mieux encore. Le consul des Etats-Unis du Havre, ar¬
mé de son règlement, oblige les Compagnies de navigation à
conserver, durant cinq jours au moins, dans le port, les émi¬
grants venant de pays où existe le choléra. Comme il n’y a
pas au Havre un local d'isolement analogue à celui de Ham¬
bourg, les individus considérés comme suspects par les Amé¬
ricains errent à travers les rues de la ville, prêts à répandre
la contagion s’ils sontréellementinfectés.
N'est-il pas admirable de voir quels soins nous prenons pour
la santé publique des Etats-Unis et quelle incurie pour la nê)-
tre 1 Car notre législation actuelle ne peut presque rien contre
les émigrants arrivés au port d’embarquement, où ils échap¬
pent aux règlements sanitaires de police maritime puisqu’ils
sont venus par terre. Quant au service médical de l’émigration,
il se borne à découvrir des cas de trachome ou de favus,mais
il ignore absolument le choléra.
Mm. Chantemesseet Borel montrent la nécessité rl^d’une vi¬
site médicale sérieuse; 2» de la surveillance des émigrants mala¬
des : 3“ de mesures suffisantes d isolement en cas de contagion
possible.
M. Larbé croit aussi aux dangers très sérieux présentés par
les maladies contagieuses dont sont atteints les émigrants. La
révision de nos lois et de nos règlements serait très urgente et
Irèsutile.
On voit toute fimportance de la question soulevée par M.
Éhantemesse. Plustpi’aucun autre pays, la Francese laisseen-
rahir par les étrangers indigents et malades. Dans certains
^rvices d'hôpitaux, iln’est pas rare de voir un grand nombre
de lits occupés par ces malades contre lesquels des mesures de
police un peu strictes auraient pu efficacement nous pro¬
téger.
La mortalité par tuberculose.
M. Monob présente deux remarques intéressantes. II montre
que les statistiques actuelles sont la conséquence d’un ac¬
cord international résultant du Congrès de 1900, et qull fau¬
drait, pour les modifier, provoquer une nouvelle Conférence
internationale.Quant à la déclaration o//ù'gafoj?'e,ellerésultede
la loi de 1902, qui a stipulé que la listedes maladies auxquel¬
les s’appliquerait cette obligation serait arrêtée par l’Acadé¬
mie de médecine. Or, dans la liste établie en 1903, l’Académie
n’avait pas compris la tuberculose parmi les maladies à décla-
> ration obligatoire. H lui appartient donc, aujourd’hui, de pro¬
poser au ministre de l’intérieur une révision de cette liste.
M. Chauvel necroit pasàl’utUitéde la déclaration obliga¬
toire. Celle-ci a donné bien peu de résultats pratiques pour les
autres maladies contagieuses. Ce qu’il faut, c’est insister sur la
désinfection.
’M. Landouzv pense (jne les tuberculeux vivants sontencore
bien plus dangereux comme contagion (jue les tuberculeux
morts. Leur éducation au point de Vuedes précautions néces¬
saires, la désinfection au cours de leur maladie, seraient en¬
core plus nécessaires qu’après le décès.
M. Chauffard montre la difficulté pratnjueet socialedes dé¬
sinfections réitérées au cours des longsmois(jue dure souvent
une tuberculose. Mais il réclame la désinfection après tout dé¬
cès tuberculeux.
M. Robin revient sur la question de statistique, point de dé¬
part de cette importante discussion. La statistique dressée par
le Ministère de finlérieur comprend 1,147 rubriques, rangées
en 37 groupes : les 35 premiers comprennent 7.’2 catégories de
causes de décès, un autre comprend les causes indéterminées,
le trente-septième renferme 445 rubriques plus rares, quali¬
fiées en bloc « autres causes », mais toutes bien spécifiées,
parmi lesquelles 6 seulement (carie, diarrhée, entérite, péri¬
tonite, etc,) peuvent dissimulera la rigueur ([uelques cas de
tuberculose. Ce n'est pas suffisant, conclut M. Albert Robin,
pour justifier l'écart formidable existant entre le chiffre de
83,000 décès tuberculeux pour la France auquel il est par¬
venu, et celui de 150,000 qu’adoptent M. Brouardel et M. Lan-
douzy.
M. Landouzy, pour simplifier les formalités de déclaration
obligatoire, propose une solution des plus ingénieuses ; la dé¬
sinfection obligatoire après tout décès pour lequel un certificat
médical n’affirmera pas qu’il n’y a aucun risque de con¬
tagion.
Cette proposition de M. Landouzy soulève l’intérêt général.
Elle sera discutée dans la prochaine séance. Elle mérite une
très grande attention. On peut même se demander s’il ne con¬
viendrait pas de réclamer la désinfection après tout décès
(luelle qu’en soit la cause. A elle seule, la putréfaction du ca-
dave devient un élément infectieux important à combattre.
Quoi qu’il en soit, M. Landouzy a eulegrand mérite de bien
séparer la désinfection, mesure utile, et la déclaration qui n’est
le plus souvent qu'une vraie paperasserie.
A.-P. Plicque.
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE
Séance du 8 février 1906.
Chirurgie des voies biliaires.
M. Lejars aborde dans sa communication trois points de
chirurgie biliaire : la cholédoco-entérostomie, la duodénosto¬
mie exploratrice, le drainage des voies biliaires.
\ji cholédoco-entéro-anaslomose est une mauvaise opération,
et dans les obstructions totales du cholédoque, il ne faudra y
avoir recours que si la cholécysto-entérostomie est absolu¬
ment impossible.
La duodénostomie exploratrice est une excellente manœuvre.
Vu cours d une laparotomie pour occlusion du cholédoque,
M. Lejars trouva ce canal enfoui dans des adhérences, mais
nulle trace de calcul ni de néoplasme. I.a duodénostomie
montra que l’ampoule de Vater était absolument saine. Fort
de ce renseignement négatif, M. Lejars attribua l’obstruction
aux seules adhérences. H les libéra, il referma le ventre. Or
l’ictfjre disparut, le cholédoque devint perméable et le malade
guérit.
104
LE PROGRÈS MÉDICAL
Le drainage des raies biliaires a donné à M. Lejars trois
belles guérisons d'obstructions calculeuses qui sont à ajouter
aux deux malades opérés avec succès par l’auteur en 1904.
La technique est celle de Rehr: incision large du cholédoque,
extraction des calculs (jui se trouvent dans ce canal et dans
l'hépatique, introduction d'un drain qui, du cholédoque,
monte aussi haut que possible, fixation du drain aux lèvres
de la plaie du cholédoque, et suture de cette plaie ; le tout
suivi de l'extirpation de la vésicule et du canal cystique.
Cancer des voies biliaires.
M. Tuffier a rencontré trois fois des noyaux concéreux
ségeant au niveau du confluent cyslico-hépatique. Les symp¬
tômes furent ceux d'un cancer de la tête du pancréas. M.
rutlier, fit à tous les trois malades le drainage des voies bi¬
liaires, deux succombèrent, le troisième guérit, il est porteur
d'une fistule, mais l'ictère a disparu et les forces sont reve¬
nue-.
Pancréatite chronique.
’M. Terrier, se basant sur la présence d’une tumeur abdo¬
minale chez un cachectique avec ictère et dont les urines
contenaient du sucre, et les fèces de la graisse et des fibres
musculaires non digérées, fit le diagnostic de pancréatite chro-
nitiue que la laparotomie confirma, le cholédoque étant obs¬
trué dans toute sa hauteur. M. Terrier se contenta de faire le
ilrainage de l'hépatique. Mort le lendemain.
M. VVxi.THER présente l'appareil à chloroformisation de
Ricard modifié.
M. Lu VS présente une épingle à cheveux enlevée de la ves¬
sie d'une femme à l'aide de son cystoscopc à vision directe.
D‘ Gatz.
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX.
.Séance du 0 février.
M Barth annonce la mort du D'^ Guffer, médecin de l'hô -
pital Necker et donne un résumé de ses travaux.
Rapports réciproques de Valbuminurie orthostalique, el
de certains étais pathologiques ou physiologiques.
M. Le Noir résume des observations dans lesquelles l’albu -
minurie orthostatique a disparu pendant certaines maladies:
scarlatine, fièvre typho'ide, ou pendant la grossesse, pour ré¬
apparaître après la guérison ou l’accouchement avec tous ses
caractères, sans aggravation de l'albuminurie ni de l’état gé¬
néral. Dans ces albuminuries, le régime fortifiant sera le plus
souvent bien toléré. Le pronostic des états pathologiques ou
phy.siologiques n’est pas aggravé.
Eruption quinique à forme bulleuse.
M. THiBiERGEcommuniqueune observation d’éruption qui¬
nique à forme bulleuse et élément unique, chez une femme
qui a déjà eu des éruptions semblables après l’absorption
d’antipyrine. Une légère différence existait dans la violence
du processus. Dans les deux éruptions, Térythème phlycténu-
laire resemblait à celui produit par une énergique vésication.
Oblitération de la veine cave supérieure.
M. CoMBY rapporte l'observation d’une malade, morte
de iiaralysie générale quinze ans après l’oblitération de la
veine cave supérieure. Tout le système veineux cave supé¬
rieur fut trouvé transformé -en cordon fibreux avec dépôts
calcaires. Les symptômes cliniques avaient été ordinaires.
.M. Apert cite un cas semblable vu dans le service du D''
Dieulafoy, où l’autopsie démontrait également une oblitéra¬
tion de la veine cave supérieure avec transformation fi¬
breuse. Un deuxième cas observé par lui fut l'oblitération
des veines sous-clavière et de la jugulaire droites après e.x-
traction dentaire difficile et suivie de suppuration. Dans ce
dernier cas la perméabilité se résolut après U) jours.
Granulic à forme typhoïde.
M. SiREDEY communique une observation de granulie
chez un homme de 4.âans avec 'mort par urémie. La fièvre
el la dyspnée furent les seuls éléments de diagnostic après
élimination de fièvre typho'ide. L’autopsie confirma le dia-
gno'lic.
M. Dufour a soigné en 18 mois 375 scarlatines. Régime
oligochloruré ou achloruré. Saignée dans les cas hypertoxi-
ques 1,60 OlO de mortalité. Une seule néphrite guérie.
AI. G. Lion communique un nouveau cas d’estomac en sa¬
blier avec sténose médiogastrique. Friedei,.
SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DE PARIS
Séance du lo février iqoO. — Présidence de M. Desnos.
La séance est ouverte à 4 h. 4-5. — Le procès-verbal
de la dernière réunion est adopté à l’unanimité.
Correspondance imprimée. — Revues et journaux habi¬
tuels. Archives de Biothérapie (décembre -janvier 1906)..
Gompte rendu du Congrès des Sociétés savantes tenu à
Alger en 1905.
Correspondance manuscrite. — 1“ Lettre de Madame-
Jullien, écrivant au nom de son mari souffrant, et remer
ciant la Société de son témoignage de sympathie à Toc-
casion du Banquet annuel.
2“ Lettre de candidature de M. le D" Lucien Graux, au
titulariat. Parrains : MM. Graux, père, et Buret. Cette
candidature est prise en considération.
3“Télégramme de félicitations de M. Moniz d’Aragon,
à l’occasion du banquet; le secrétaire général a re¬
mercié par lettre adressée à Lisbonne.
M. LE Secrétaire général annonce à la Société de
Médecine que, comme il a été convenu, il a adressé, le
28 janvier, une lettre officielle à la Société Médico-Chi¬
rurgicale de Paris, et en a communiqué officieusement le
texte à la Société de Médecine et de Chirurgie Prati¬
ques. — En attendant la réponse officielle de la Société
Médico-Chirurgicale, la Société de Médecine et de Chi¬
rurgie pratiques « déclare une fois de plus quelle juge¬
rait excellente la fusion des trois sociétés similaires ».
M. Buret propose, comme Conseil judiciaire de la
Société de Médecine, AI. de Leymarie, ancien magistrat
et avocat û la Cour de Paris, déjà Conseil judiciaire de
la Société de Géographie : il accepterait volontiers
d’éclairer la Société pour la forme à adopter, soit dans
la rédaction de ses nouveaux statuts, soit dans ses dé¬
marches officielles, notamment auprès du Conseil d’Etat.
— Le vote a lieu à mains levées et à l’unanimité ; AI. de
Leymarie est nommé Conseil judiciaire de la Société
de Médecine de Paris.
M. Frenkel lit une communication sur la médication
pho^phoacide au point de vue biochimique (sera
publié.)
M.Lematte. — La communication de notre collègue sou¬
ligne une fois de plus l’union féconde du laboratoire et
de la clinique. A^oilà une méthode tapageuse qui ne
résiste pas au contrôle expérimental.
Il y a plusieurs années, j’ai traité devant vous les
facteurs physiologiques de l’acidité urinaire. On oublie
trop que le rein secrète une zymase très acide capable
de dédoubler des sels neutres. D’autre part, Tacidilé
urinaire est encore fonction de l’état de l’appareil diges¬
tif, de la tension osmotique du sang au niveau du rein,
des combustions intra-cellulaires et de l’état du
plasma sanguin. On comprend combien il est illusoire
de vouloir accorder à Tacidité urinaire une importance
capitale permettant de classer le terrain organique avec
l'étiquette de hyper ou hypoacide. Notons aussi que le
chimiste rencontre de grandes difficultés opératoires
pour doser cette acidité. Le chiffre varie avec la tempé¬
rature et les réactifs employés.
Il y a un lien étroit entre la sécrétion gastrique et
Tacidilé urinaire. Cette constatation trouve son applica¬
tion dans l’étude de l’urologie des dyspeptiques. Chez,
les hyperchlorhydriques qui sécrètent des principes
acides pendant un temps beaucoup plus long que les
sujets normaux, on voit l’acidité urinaire atteindre son
minimum seulement 8 ou 9 heures après le repas. Le
fait inverse se produit chez les hypopeptiques.
LE PROGRÈS MÉDICAL
105
Winter a jugé ainsi la méthode Joulie il y a quelques
années : « Ses indications, ne répondent pas du tout au
but annoncé, elles ne représentent ni l’acidité urinaire
ni la richesse phosphatique des urines ».
Malgré ces études, on voit encore des praticiens insti¬
tuer une médication phosphorique intense par la seule
considération du coefficient Jculie.
M. Berne lit une communication sur
La mobilisation des membres inférieurs dans le
traitement des phlébites ;
l>ar le D' Georges BERNE
Viec-président, anelen interne, lauréat des Hôpitaux.
C'est à dessein que j'emploie le mot de mobilisation
pour caractériser quel doit être le traitement des phlé¬
bites des membres inférieurs. Certains praticiens n’ont
I que trop insisté, à mon avis, sur le massage employé
dans le traitement de cette redoutable affection, alors
que, bien au contraire, te mot de «mobilisation», levrait
I être presque exclusivement employé.
Le praticien ne, doit aborder le traitement des phlé-
i bitiques qu'avec d’intinies précautions.
I A quelle époque de la maladie la mobilisalion
peut-elle être considérée comme dépourvue de danger ?
Toute la question de l'intervention réside dans cette
« mise au point » du moment où le médecin peut avoir
la certitude d'èlre absolument utile, et d’opérer sans
Jauger pour son patient.
De jeunes praticiens ont préconisé le traitement par
le massage et la mobilisation très pende temps après
la cessation de tout phénomène fébrile. Ils n'hésitent
pas à commencer le traitement mobilisateur de sept à
quinze jours après que la température est redevenue
normale. D’autres recommandent d'instituer le même
traitement, vingt jours après que l'uedème est en fran¬
che décroissance et que les veines accessibles ont
cessé d’être sensibles à une palpai ion légère.
Les travaux de Merkleu çnt prouvé que les embo¬
lies tardives peuvent survenir plusieurs semaines après
ledébut de la phlébite. 11 peut donc se produire des
■poussées secondaû'es et tardives de phlébite latente
« dans une grosse veine, avec formation de coagulations
nouvelles, non immédiatement adhérentes, aussi faci¬
lement mobilisables que celles de la phlébite commen¬
çante ». Merklen est d’avis que, conformément à la
règle établie par le professeur Pinard : « Le séjour au
lit des accouchées atteinl es de phlegmatia, leur im-
^bilisation, doit durer un mois après la dernière élé-
I vation de la température » ; c’est là une règle profon¬
dément judicieuse et que la pratique démontre la seule
acceptable.
Rendu fit remarquer, à l’occasion de la communica-
honde Merklen, que l'embolie est à craindre, bien plus
» la lin de la 3' semaine qu’au début des phlébites, car
® ce moment, le caillot se dissocie. C’est là une rai-
; *cn de plus de ne commencer le traitement qu’à la
dndc la 4‘ semaine. Je ne me propose pas de faire
*f*.‘cxpo3é anatomo-pathologique de l'évolution du
j^dlot. Notons toutefois que, d'après 'l'roisier, si le cail-
est récent, il se détache presque en totalité. S’il
ancien, il peut « s’effriter » et se rompre au niveau
partie prolongée (ce (jui est rare I. Les couches
périphériques du caillot peuvent elles-mêmes, ajoute
coisier. subir un ramollissement progressif, et dans
jjJ* ^^nditions. il s’en détache incessamment de petites
yJ*^^Res entraînées parle courant circulatoire ; c’est
phénomène que l’on désigne habituellement sous le
nom « d’émiettement du caillot ». Ajoutons que, pour
Vulpian, la masse fibreuse ne devait pas être l’objet
d’une destruction complète. 11 avait, en effet, constaté
chez le même sujet jusqu’à trois et quatre atteintes de
phlegmatia alba avec disparition des accidents, au
bout de peu de temps. Toutes ces notions condamnent
l’intervention précoce, et montrent l'extrême témérilé
du massage etde la mobilisation audébutde la maladie.
D’une manière générale, à toutes les époques de son
évolution, la phlébite est dangereuse par la menace de
l'embolie.
Quel doit être le rôle du praticien prudent ? 11 devra
respecter le plus possible l’évolution du caillot et la
production du cordon fibreux dû à la phlébite adhé-
sive, mode curateur ayant pour effet compensateur la
dilatation des veines collatérales conservant aussi une
perméabilité à caractère permanent.
Les massages, même réduits à l'effleurage, doivent
être absolument proscrits dans la période du début de
la phlébite et n’être employés qu’avec la plus grande
parcimonie et une rigoureuse prudence, même un mois
après la disparition de tout phénomène fébrile. On
connaît ces cas où une embolie pulmonaire a suivi le
simple examen, par la palpation, de cordons veineux
indurés par la phlébite.
Chez certaines malades, auxquelles on avait fait du
massage trop précocement, ainsi que j’en ai été informé,
il a fallu attendre deux ou trois semaines pour repren¬
dre un traitement d’abord intempestif par sa précocité,
car il y avait eu retour de phénomènes fébriles. J’ai
appris aussi qu’un de nos confrères, atteint de phlébite
consécutive à une fracture de jambe, a succombé à
une embolie quelques minutes après s'être mis dans la
station debout, à une période trop rapprochée du début
de la phlébite. L'accident est survenu, paraît-il, dans
la première quinzaine delà maladie. 11 est vrai que ce
confrère n’avait pas eu soin d'habituer progressivement
ses membres inférieurs à reprendre la situation verti¬
cale.
De tels accidents, quoique rares, sont utiles à con¬
naître, car ils nous donnent la notion qu’il ne faut
pas trop demander aux malades en ce qui concerne la
reprise rapide de la station debout. Il faut aussi se dé¬
fendre des conseils de l’entourage des malades et du
zèle excessif de certains gardes malades.
Voici la pratique à laquelle je crois devoir accorder
le plus de confiance ;
Pour le cas de phlébite des membres inférieurs, il
faut éviter de commencer le traitement par la mobili¬
sation avont un mois après que toute élévation de
température aura cessé. S’abstenir de tout massage à
cette période sous quelque forme que ce soit.
Il faudra recommander jusqu’à la fin de la 4” semaine
un déc'bitus rigoureux et éviter absolument que
la malade fasse la moindre tentative de s’asseoir dans
son lit.
L' intervention précoce est dangereuse, gêne Dévo¬
lution du caillot, expose les malades à l’embolie. 11
faut la rejeter.
L' intervention tardive, c’est-à-dire dès la fin de la
4' semaine, alors que la température sera normale,
qu’il n’y aura plus aucun cordon veineux douloureux
et que l'état général sc sera sensiblement amélioré,
quoique offrant un minimum de danger d’embolie,
n’en impose pas moins au praticien de grandes pré¬
cautions.
Le massage devra se borner à wneffleurage exlré-
106
LE PROGRÈS MÉmCÂL
moment léger et borné à la région superficielle du
ied et surtout à la partie du pied ou l ædème s'em-
lera prédominer. (Se garder d'effleurer Va partie in¬
terne de la cuisse et la région interne et postérieure
et externe de la jambe). En aucun cas il ne faut exercer
de pressions sur le triangle de Scarpa.
'A ceinoment,du20' au 35® jour,doncdansles2premiè-
res semaines de traitement, la mobilisation sera limitée
aux articulations des orteils et du tarse, à la flexion et
à l’extension du pied. Vers la fin de la 2" semaine de
traitement (du 40® au 50' jour), il faudra essayer de
très légers mouvements de flexion et d’extension du genou
s'il y a de ï équinisme de l’un ou des deux pieds, on
pourra en essayer le redressement passif, en maintenant
le pied à angle droit soit au moyen d’un support fixe
(caisse carrée, gros livre, rebord d n lit, gouttière en
fil de fer, etc.), soit en habituant la malade à redresser
activement son pied par la contraction de ses muscles,
soit passivement, au moyen d’une serviette dont le
plein sera appliqué sur la partie plantaire, les deux
extrémités nouées étant tirées de temps en temps par
la malade elle-même.
Si,comme il arrive fréquemment, le genou est at¬
teint d’hydartbrose, on pourra doucement,à ce moment,
malaxer le pourtour delà rotule et même appliquer un
léger appareil ouaté, compressif, maintenu par une
bande en colon élastique, laquelle, partant du pied,
plutôt appliquée que serrée, et s’étendant jusqu’à 3 ou
4centimètres au-dessus du genou. Ce bandage nedevra
être maintenu que quelques heures le jour, et enlevé
la nuit.
En même temps, une légère compression sera aussi
exercée sur le pourtour de l'articulation tibio-tarsienne
et de la région dorsale du pied. Vers le 55® jour (vers
la fin de la 3' semaine de traitement;, commence la
période vraiment active de l’intervention : il faudra
« làter » progressivement la résistance des veines à la
pression sanguine.On commencera donc à incliner, vers
cette époque du traitement, les membres inférieurs, un
peu au-dessous du plan du lit, pendant deux ou trois
minutes;puis, dès qu’une teinte violacée de la peau se
sera manifestée, on placera les jambes sur des coussins
maintenus au-dessus du plan du lit ; on appliquera
ensuite la bande légère en coton élastique dont nous
avons parlé plus haut.
Le lendemain, on pourra très doucement essayer de
faire soulever le thorax de la malade, à 15“ environ, au-
dessus du plan du lit ;à ce moment, on évitera de flé¬
chir les cuisses sur le hassin.Ve lendemain, on renou¬
vellera cette tentative d’élévation du tronc à 20° et
ainsi progressivement jusqu’au moment où la malade
pourra s’asseoir sans fatigue, d’abord pendant 1/4 d’heure
ou une demi-heure.
Le jour qui suixTa, on essaiera de faire pendre les
jambes en dehors du lit, verticalement, et on leur fera
toucher le sol pendant deux ou trois minutes.
Dès qu’on aura, par tâtonnements successifs, mesuré
le degré de résistance des veines à la pression verticale
du sang, on procédera à la tentative de placer la malade
dans la station tout à fait verticalc.iS’i^ y a ves'tiges,
s’empresser de replacer la malade dans le déeubitus
horizontal demi-assis, ou horizontal rigoureux, pendant
plusieurs heures.
Viendra ensuite la période de la gymnastique médi¬
cale proprement dite et qui se composera des mouve¬
ments suivants :
l'Elévation passive et active des membres inférieurs
au-dessus du plan du lit, progressivement, de l’horizon¬
tale à la verticale;
2® Mouvements de circumduction passifs et actifs
du membre inférieur;
3° Mouvements de rotation de l'ensemble du membre
inférieur en dehors et en dedans (activement et passive¬
ment);
4° Massage très doux du triceps sural à sa partie
externe et des muscles fessiers en général plus ou moins
atrophiés;
5° Mouvements divers pendant la station debout :
marche, rotation du pied en dehors et en dedans. Exer¬
cices divers d’assouplissement, rééducation des muscles
vertébraux faire asseoir et relever la malade. En géné¬
ral, l’œdème disparaît peu à peu grâce à l’exercice
môme de la marche, vers la fin de la 5' semaine de
traitement.
On peut voir que, dans ce traitement, ainsi compris
etinstitué,le dangerd’embolie est réduit à son minimum.
Vers la 5® semaine de la maladie (après le retour de la
température au taux normal), la méthodique progres¬
sion des mouvements actifs et passifs et surtout l’ex¬
trême prudence, en ce qui concerne la reprise de la sta¬
tion verticale, assurent un bon et définitif retour des fonc¬
tions normales. On le voit, la rééducation du raouve-,
ment^ comme traitement des troubles fonctionnels con¬
sécutifs à la phlébite, domine le traitement. Le massage
vrai, même réduit à l’effleurage, ne doit être réservé-
qu'à la dernière période du traitement et relégué au
dernier plan des moyens destinés à ramener le bon
fonctionnement des membres. Je ne puis que répéter
ce que j’ai publié, il y a près de quinze ans : « Dans
le traitement des phlébites plus peut-être qu’en toute
autre circonstance pathologique, il faut savoir « tem¬
poriser».
M. Audistère. — J’ai vu pas mal de phlébites, et j’ai
vu que plus les muscles étaient atrophiés, plus les va¬
rices étaient fréquentes.
Je crois que, pour le traitement, la goutttière a des
inconvénients : d’abord la position des muscles, qui
favorise leur atrophie future, puis la gêne pour le ma¬
lade de supporter une gouttière.
Quant à la mobilisation (un des points les plus im¬
portants), il faut éviter défaire mettre le malade debout
avant que les muscles n’aient repris leur état primitif;
la production des varices est due à un trouble trophique
favorisé par le poids du sang qui distend les veines :
or, le principalprotecteur des veines, c’est le muscle;
donc ne faire du massage qu’au moment où les muscles
auront repris leur intégrité première.
M. Godlewski. — Il y a dans cette question, en de¬
hors de l’embolie, un écueil très important : la raideur
musculaire consécutive. J’ai toujours remarqué que
cette raideur articulaire persistait fort longtemps, pou¬
vant donner lieu à une impotence et une incapacité de
travail.
J’estime, comme le dit le D' Berne, que 4 ou ."j semai¬
nes après la disparition de la lièvre, on peut faire
massage vrai ; mais avant ce laps de temps, on peut, je
crois, faire de légères flexions. Il y a en outre un point
capital : la position du pied : dès le début, il faut main¬
tenir le pied à angle droit, et en faisant quelques fle¬
xions précoces, surtout chez les personnes âgées, on
peut éviter les raideurs articulaires tutures : donc 7 oU
8 jours après la disparition de la fièvre, on peut faire,
très prudemment de légères flexions.
Quant à la positicnjde la jambe, elle aune très grand®
importance, surtout au point de vue des conditions d®
la marche future. Donc « quand il s’agit du bras,)nette2'
LE PRO&RÈS MÉDICAL
107
le en flexion, quand il s’agit de la jambe, mettezda en
extension ».
M. Berne. — Je n ai constate de varices que chez
d’anciens variqueux ou chez des gens ayant des antécé¬
dents variqueux. Ma communication a surtout trait
aux femmes devenues phlébitiques après leurs couches .
De plus, je n’ai jamais voulu traiter les varices par le
massage, car j’estime ce traitement inefficace. Je n’ai
jamais vu de malades guérir de leurs varices par le
massage. ' . .
Quant à attendre que l’atrophie musculaire ait disparu
pour mettre le malade debout, ce serait s’exposer à
attendre par trop longtemps, etj ’estime que, au contraire,
pour faire la rééducation des muscles, et combattre
l’atrophie musculaire, il y a avantage à mettre les ma¬
lades debout malgré que les muscles aient conservé un
notable degré d’atrophie.
Pour les raideurs articulaires, dont parle M. God-
lewski, il y a lieu de faire des réserves. C’est surtout
par la mobilisation et le maintien du pied à angle droit
qu’on arrive à une bonne solution. Quand le mal siège
au genou, envahi par une hydarthrose volumineuse, on
fait de l’effleurage très discret sans exagérer la com¬
pression. ,
Pour la position, je suis d’avis qu’il faut maintenir le
membre en position rectiligne. A l’exemple de la plupart
des praticiens, j’ai toujours redouté de traiter des phlé¬
bitiques ; autrefois je ne voulais pas commencer le trai¬
tement avant que deux ou trois mois se soient écoulés
après la chute de la fièvre ; aujourd’hui je les traite un
mois après la chute de la température et mes résultats
sont satisfaisants.
M. Berne fait hommage à la Société de la 3“ édition de
son volume: Le massage; manuel théorique et pra¬
tique, paru récemment.
M. Lematte donne lecture d’un travail intitulé :
Nécessité de tenir compte de l’apport alimentaire
dans l interprétation des chiffres de l’analyse
d’urine [sera publié).
Elections.
M. le D*^ Dias Amado, de Lisbonne, est nommé, à
l’unanimité des membres présents, membre correspon¬
dant étranger de la Société de médecine de Paris.
La séance est levée à G h. 30.
Le secrétaire général. Le secrétaire annuel,
F. BruET. Mortier.
LA VALÉROBROMINE LEGRAND
est plus active que les bromures et les valé-
rianates.
revue D’HYDROLOGIE et de CLIMATOLOGIE
Rédacteur spécial : I)' Lucien GllAL'X.
I. — Les Cardiopathies artérielles et la cure d'Evian ;
parBiRüoncNAN. (Paris, Sleiiilieil.)
M. Huehard a montré que les troubles canlio-artériels dé¬
pendaient tous de l’artério-sclérose. La thérapeutique des
'Cardiopathies arterieües dérive de l’hypothèse pathogénique
‘l'd considère l’artério-sclérose et ses troubles fonctionnels
Multiples comme provoqués et entretenus par l’intoxication
ne l’organisme. Il faut donc un traitement amitoxique et éli-
®>nateur. Or, la cure d’ Evian régularise la diurèse des artério-
*'^*éreux, elle régularise l’élimination de leurs solides urinai-
elle peut amener chez eux des déchlorurations accentuées
J ■‘^°®pagnées ou non de perte de poids, elle coïncide avec
niminution progressive et souvent durable de l'hypertension
'*es signes physiques et fonctionnels.
cur-e arsenicale et les nouvelles, sadies d-’inhatatipQ de la
Bourboule; par SEUSiRON.,(l’aris, Masson.,
Lauieur décrit d'une façon précise et, intçressàûté. les nqu-
velles salles d’iahalation de la Bourboule. ILjoint à son travail
cinq planches et deux photographies. La création de ces salles
permettra d’é.viter les troubles gastro-intestinaux dont se plai¬
gnaient certains malades. On pourra instituer un traitement
intensif en donnant une nouvelle voie d’absorption par la niu-
queuse pulmonaire.
III. — Note sur le traitement du diabète à la Bourboule ;
par le 1)’' Veroalle. (Arch. gén. de méd.j
Le traitement par les eaux chlorurées sadiques arsenicales
a une action très'efficace sur le diabète (surtout dans la lorme
hyperhépatique) cette action porte à la fois sur la glycosurie
et sur Tazoturie. ’
IV. — Indications des eaux thermales de Brides-les-Bains et de
Salins-Moutiers ; par le D' Laissus, père, êil. (Mouliei-s.
Uucloz.)
Les eaux salées chaudes de Salins-Moutiers sont éminem¬
ment toniques, reconstituantes et résolutives. Elles sont indi¬
quées dans toutes les maladies qui sont sous la dépendance
du lymphatisme, de l’anémie, de la faiblesse.
V. — L’abus des lavages d’intestin ; par le U' Esmo.vet (de Chiitel
Guyoa). (.dreh. gen. deméd.)
Dans cet intéressant travail, l’auteur établit que l'abus du
lavage d’intestin entretient assez souvent la constipation en
maintenantle spasme colique et en même lemps la colite muco¬
membraneuse. Il convient de l’appliquer avec la modération
et la prudence qui distinguent fart de la médecine des arts
similaires.
VI. — Graphiques thermométriques comparés ; par le D' Louir.
(Biarritz.)
L’auteur établit avec l'aide de graphiques thermométriques
soigneusement relevés que Biarritz ne possède pas, en été, des
températures maxima plus élevées que celles de Paris.La cha¬
leur y est supportable parce qu'elle y est moins continue. Ses
effets sur l’organisme y sont atténués par une brise de mer à
peu près quotidienne et par la fraîcheur relative des nuits.
(ihacun des trois mois d’hiverpendant les i6 dernières années
a offert à Biarritz une moyenne plus élevée qu’à Brest et qu'à
Nice.
VII. — Altitudes et eaux minérales dans la prophylaxie de la tu-
Iterculose chez les enfants; par le D’’ Marcellin Cazacx. {Congiès
de la tuberculose.) -,
La prophylaxie de la tuberculose pulmonaire chez' les en¬
fants doit être recherchée dans l'amendement des divers ter¬
rains qui sont propres à la culture du bacille.
Ces amendements s’obtiennent, suivant les sujets, par des
médications et des méthodes variées ; ils s’obtiennent par la
vie à la campagne a ^ec un régime et des exercices rationnels ;
ils s’obtiennent par les agents naturels, notamment par la cure
marine qui en est la forme la plus usitée.
A côté de la cure marine, doit prendre place la curé de mon¬
tagne, principalement chez les enfants qui, par névropathie,
excitabilité vasculaire ou susceptibilitébronchique, supportent
mai l’air de la mer.
Dans certains cas déterminés pourront convenir les altitudes
alpines (lîoo à 2000 m.), si l’enfant est atone et réagit peu ;
dans les autres cas, il faudra recourir aux altitudes subalpines
(400 à 1.200 m.) où peuvent se faire de longs séjours d’été.
Mais le traitement le plus efficace consistera dans la combi¬
naison de la cure d'altitude avec la cure hydro-minérale appro¬
priée : celle-ci sera réalisée, selon les circonstances, par les
eaux chloruréîs sodiques, les arsénicales, les ferrugineuses et
les sulfurées calciques et surtout sodiques qui paraissent avoir
une action profonde et durable.
VIII. — Des modifications des rapports urinaires à la suite des
cures de bains carbo-gazeux de Royat ; pat le D' Heitz el M.
Mignard. (Gaqctfe des ifaujr, 24 août 1905.;
La quantité des urines augmente qq diqçiinue à la $uite des
bains salés, suivant leur plus ou moins grande concentration 1
Elle s’est montrée habituellement augmentée à la BourL-oulç et
à- Saint-Nectaire, diminuée à Çautereis. . r .
L’urée a été trouvée régulièretnent augmentée dans IçL^xpp.-
riences de M. Robin, moins régulièrement dans celles de fvel-
ler et de Bahouzewitch. . - .
108
LE PROGRÈS MEDICAL
Le rapport azoturique augmente toujours à la suite des bains
salés qu’elle qu'en soit la concentration.
IX. — L'impôt de la patente et les médecins des villes d'eaux ;
par leD' Morice. (Galette des Eaux, 3 amit 1905.)
Dans un excellent article M. Morice commente l’article 4 de
la loi du 21 avril igoS relatif à la patente des médecins d’eaux.
Il montre que désormais il y a 2 classes de médecins. En de¬
hors de son poste thermal ou balnéaire, le médecin d’eaux devra
refuser toute visite ou consultation médicale, tenir tête à des
sollicitations multiples.
X. — Les stations d'altitudes estivaias dans les Pyrénées-
Orientales ; par le ü' Maroellin Cazaux. {Cadette des Eaux, 21
juillet 1905 et sq.)
Long et important mémoire ayant pour but de stimuler l’ini¬
tiative des médecins d’eaux pour instituer, dans les Pyrénées,
des centres de séjour d’été dont l’utilité n’est pas contestable
et dont le succès est assuré.
XI. — Des bacillaires arthritiques lithi asiques primitifs, ; par
le U' Dedet. (Congrès d’ Hydrologie de Venise, 1905.)
Il est une catégorie de tuberculeux qu’il ne faut pas priver du
bénéfice de la cure hydrique des eaux alcalines froides des
■Vosges : ce sont les tuberculeux dits arthritiques. L’analyse
renseignera sur l'opportunité de la cure. Les tuberculeux vrais
sont généralement des sous-.-ninéralisés ; leur sol est hypo-
acide. Le terrain arthritique est surminéralisé et hyper..cide.
M. Dedet présente quelques observations personnelles intéres¬
santes de bacillaires pulmonaires, sans lésion rénale, atteints
de lithiase primitive et guéris ou améliorés par la cure
XII. — Influence de l'acide carbonique sur le point cryoscopi-
que des eaux minérales ; parle D' Lucien Guaux. (Soc. d’hy-
drqlogie medicale, séance du 27 nov.1905. (Sera publié.)
XIII. — Etude sur l'eau minérale naturelle d Orezza ; par le
D' ZucCAHELLi (Paris, Maloine, 1905.)
L’eau « ferrugineuse, manganésifère, acidulé, gazeuse » d'O-
rezza, en Corse, a fait l'objet dans ce livre d'une étude très,
consciencieuse et très étudiée où sont pa-sés en revue succes¬
sivement la géologie de la région, sa climatologie, le mode
d’action et l’etude clinique des maladies traitées. Les indica¬
tions et contre-indica. ions sont les mêmes que celles des sour
ces analogues. L'auteur conclut en réclam .nt la création d’un
hôpital d. convalescents.
BIBLIOGRAPHIE.
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par les eaux radio-actives. (Wieiisr liliilüch. Wocll., n" 49.)
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1903, p. 56.)
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des maladies mentales. (Congrès des 7nédecins alién.et neui'pl.de
langue jrançaise. (Rennes, août igoS.)
Pelon. — Les eaux sulfurées des Pyrénées et spécialement
de Luchon. {Montpellier médical, 3o }siavieT igoS.)
Petit. — L’eczémaet son traitement interne. (Prme
10 nov. igoS.)
Riesenfeld. — Teneur en radium des sources thermale .
(Deutsche med. Wochensch) if t, 5 ianv. i9o5,p. ig.)
VARIA
La Mutuelle générale des médecins français.
La .Mutuelle Générale des .Médecins fi-ançais, créée en confor¬
mité de la loi de 18Ü8, vient d'être approuvée par un arrêté du
ministre de l’intérieur en date du 12janvier RIOfi.
Pourquoi les organisateurs ont-ils choisi le type d’une so¬
ciété de secours mutuels analogues à celle des ouvriers et des
employés. D’abord parce que, il n'y a pas défaussé honte à
l’avouer, en France beaucoup de médecins n'ont pas un gain
journalier plus élevéou une fortune supérieure à cellede toute
une catégorie d’ouvriers ou d'employés, qui forment la clien¬
tèle habituelle des Mutualités. En second lieu parce que si.
pour offrir plus de sécurité aux confrères, ils veulent bien ac¬
cepter le contrôle rigoureux de l'Ftat. ils veulent également
jouir des avantages accordés aux sociétés mutuelles approu¬
vées : subventions de l’Etat, des départements et des commu¬
nes, placements des fonds à la Caisse des dépôtset consigna lions
avec intérêt de 4 1/2 0/0, faculté de recevoir des dons et legs
immobiliers, exemption du timbre et de l'enregistrement
pour tous les actes de la société, une remise de la taxe muni¬
cipale sur les convois, des locaux gratuits pour les réunions,
le droit de posséder et acquérir des immeubles jusqu’à con¬
currence des3/4de leur avoir, de les vendre et de les changer.
Cette société est largement ouverte ; elle admettes étudiants
en médecine, les médecins civils et militaires, leurs femmes.
Les limites d'âge sont 20 ans et OO ans. Elle assure à ses mem¬
bres T) francs par jour en cas de maladie et d’accidents pen¬
dant 2 mois, 4 francs pendant le 3' mois, puis des secours
renouvables, elle accorde au décès du sociétaire 1.000 francs
à ses ayants droit, environ 300 francs de retraite à GO ou à5ü
ans, après 15 ans de participation selon que l’on aura adopté
la combinaison A ou B. Cette somme peut être augmentée
par des secours ou allocations annuelles renouvables.
La société a eu pour but d’assurer à la famille médicale un
minimum, la bouchée de pain indispensable à l’existence,
permettant ainsi aux médecins de compléter ce minimum
dans les sociétés de prévoyance médicales déjà existantes.
La modestie de ses prétentions ne peut ainsi porter ombrage
à ses aînées.
Les secours et les allocations renouvelables qui permettent
d’augmenter le minimum prévu par la loi dépend en grande
partie des ressources supplémentaires et surtout des cotisa¬
tions des membresfondateurs, bienfaiteurs, honoraires, et do¬
nateurs . Les organisateurs sont assurés de ne pas être in¬
duits en erreur quand ils pensent que les maîtres, les favoris
du sort, seront heureux de contribuer à l’amélioration de b
condition de leurs confrères moins fortunés, que les grands
fabricants de spécialités, les villes d’eaux, les établi ssement^
thermaux, etc., voudront les aider dans leur œuvre,
intéresser d’une façon honorable à leur fortune dont les pra'
ticiens ont été de tout temps les ouvriers bénévoles.
Le Conseil Provisoire comprend les organisateurs de la So¬
ciété, D'' IIyvert (de Nérondes) Cher ; Vimont, 8, rueEtienn®
Marcel, Paris ; Secrétaire, D'' Laisse y, 38, rueOrdener, Paris >
Trésorier, 1)'' Cot..r, à Vichy ; (du octobre au 15 mai),
rue de l’Etablissement Thermal, à Paris (du 15 maiau 1"^ oc¬
tobre), 25!l. avenue Daumesnil.
LesD" Grange, 72, Avenuedela République, Paris; VinM
5, rue Bourlan. Alger ; Haude, au Buisson, par Coin<ïi
(.Aisne).
La lutte contre l’alcoolisme en Alsace-Lorraine-
Un correspondant de .Metz écrit au Temps :
l.e directeur général des chemins de fer d’Alsace- LorraiO*
. LE PROGRÈS MÉDICAL
a interdit, àpartirdu pf février, l’usage des boissons alcooli¬
ques pendant les heures de service à tous les employés et
ouvriers des chemins de fer. Cette interdiction s’étend à
tous les services sans exception et à toutes les heures de la
journée.Toute contravention à cet ordre serapiinie d'une mise
à pied, et en cas de récidive du renvoi définitif de l’adminis¬
tration. Aux ateliers des chemins de fer d’Alsace-Lorraine,
qui occupent à Montigny. près Metz, deux mille ouvriers,
cette mesure a provoqué lundi, une certaine effervescence ;
mais la présence dans les ateliers des ingénieurs et des hauts
fonctionnaires de l’administration, qui déclarèrent être, eux
aussi, soumis aux mêmes prescriptions, la calma bientôt.
Cette mesurea été prise à la suite des accidents trop fréquents
qui se sont produits depuis un an tant dans le service actif
des chemins de fer que dans les ateliers.
La tuberculose et les municipalités.
Signalons une tentative très intéressante que vient de
prendre V Association communale de France en organisant de
grandes conférences sur les questions municipales. M. Mon-
theuil, qui en est l’âme et qui, on le sait, dirige avec tant de
succès la. Revne municipale, a fait appel, pour la première con¬
férence à M. le D' Rénon, médecin de la Pitié, professeur
agrégé, âl. Henri Monod, directeur honoraire de l’Assistance
présidait.
M. Rénon avait pris pour sujet : la tuberculose et les mu¬
nicipalités. C’est en termes très heureux que l’orateur a mon¬
tré à son auditoire composé de maires et de conseillers mu¬
nicipaux que les municipalités pouvaient lutter avec effica¬
cité contre deux grandes causes de la tuberculose : l’alcoo¬
lisme et l’obscurité.
L'emploi du blanc de céruse.
On vient de distribuer le rapport de M. le D'' Treille, an¬
cien sénateur, sur l’emploi du blanc de céruse, à la com¬
mission du Sénat nommée à cet effet. Voici les conclusions
de ce rapport :
Sur 174 anciens peintres qui étaient, à des titres divers,
pensionnaires des hospices de France en 1904, 27 seulement
présentaient des infirmités considérées comme d’origine pro¬
fessionnelle. En supposant même que l’on doive ajouter en¬
core à ce chiffre un nombre double, pour les peintres infir¬
mes qui pourraient ne pas être hospitalisés, nous sommes
loin, de toute manière, des milliers d’estropiés par la céruse,
dont parlaient les formules accréditées jusqu'à ce jour.
•Nous n'avons pas eu davantage la confirmation d’une mor¬
talité excessive des peintres, due à l'exercice de la profes¬
sion.
En admettant que le minium ou les autres produits à
base de plomb employés dans la peinture ne dussent être
comptés pour rien, non plus que l’alcoolisme, la mortalité
saturnine pour les peintres en bâtiment serait annuellement
aux hôpitaux, tout compte largement fait, d'une dizaine de
décès environ pour toute la France, soit 1 décès par 7 ou
8,tXX) peintres.
LES CONGRÈS
Croisière des médecins français
Organisée à l’occasion du XV‘ Congrès inlernalional de Médecine
(Lisbonne, 19-26 avril 1906)
L grandnombrede Médecins déjà inscrits au Congrès In¬
ternational de Médecine va augmenter les difficultés de
trouver à Lisbonne des logements suffisants pour abriter les
Congressistes ; aussi des croisières ont-elles été préparées, de
puis plusieurs semaines, par les étrangers. C’est ainsi que
sur les rives du Tage les pavillons anglais, allemand, amé¬
ricain, seront représentés par nombre de navires.
En présence de ce mouvement on a pensé qu’il serait bon
de voir egalement flotter, là-bas, les couleurs de la France.
En navire a été retenu, l’Étoi/c, probablement, dont le nom
est de bon augure.Ge bateau de plaisance, aménagé avec tout
le confort moderne, partira de Marseille le 8 avril, touchera
aux rives fleuries de Majorque, fera escale àMalaga. Là, un
Ifain spécial, après avoir traversé les gorges merveilleuses
d’El Choro. amènera la caravane à Grenade, la capitale splen-
dine des Rois maures, où l'on retrouve à chaque pas les ves¬
tiges d’une civilisation presque disparue ; ensuite, escale à
Tanger ; visite de la ville surlaquelle le monde a aujourdhui
les yeux fixés. Le groupe se dirigera alors sur Cadix, et, re-
I montant le Guadalquivir, arrivera à Séville pour assister aux
i fêtes si originales du Samedi-Saint et du jour de Pâques. A
Séville, le bateau servira d’hôtel ; repas et séjour à bord, sans
aucun dérangement. Après, viendra Cordoue, où l’on ira par
train spécial (Mosquée, l’une des plus belles et des plus an¬
ciennes du monde). Enfin nouveau séjour à Séville pour la
visite des monuments, l’Ab azar et ses jardins, la Cathédrale
et la Tour de Giralda, etc. Et arrivée à Lisbonne. Durant le
Congrès, repas et séjour à bord, promenades dans les envi¬
rons, probablement excursion à Porto par le bateau. Après les
fêtes du Congrès, retour à Marseille par Algésiras, le détroit
de Gibraltar etlescôtes d’Espagne.
Prix du voyage de Marseille à Marseille, tewt compris' (trans¬
port, nourriture, excursions en trains spéciaux, visites, entrée
promenades en groupes, pourboires) : S-ôO francs. Durée du
voyage ; 23 jours. Retour à Marseille le 30 avril dans l’après-
midi. La Compagnie P. L M. accordera des permis de demi-
tarif pour Marseille et retour.Il a paru néx«ssaire, pour labon-
ne réussite du projeten cours, que son organisation demeu¬
rât impersonnelle. Il est indispensable cependantde créer un
centre de renseignements. J'ai été choisi comme « Boîte aux
Lettres ». C'est donc au Docteur Hei.me, 10, rue de Saint-Pé-
terbourg, Paris, que lesadliésions ou demandes de renseigne¬
ments devront être adressées.
Pour que la croisière ait lieu, il faut au moins cent adhé¬
sions. Sont admis les Médecins, Etudiants et leur famille,
voire même drs amis.présentés par un membre du corps mé¬
dical. M. Heuzé, qui s'occupe depuis près de huit ans de l'or¬
ganisation matérielle des V. E. M., dirigera la caravane. C’est
dire que les excursionnistes sont assurés de tout le confort et
de tous les soins possibles.
N. B. — Les places à bord seront attribuées dans l’ordre
d’inscription. Chaque cabine ne comportera que deux occu¬
pants, trois ou quatre si on le désire, mais dans ce dernier
cas on devra en faire la demande et indiquer ses compagnons
de route.
Adresser les adhésions et souscriptions au Docteur Helme,
10, rue Saint-Pétersbourg, Paris. 15 mars. Terme de rigueur.
NÉCROLOGIE
Notre rédacteur en chef vient d’être cruellement
éprouvé par la mort de Madame Bourneville, décédée
le 10 février à l’âge de 58 ans, après une courte maladie.
L’incinération de Madame Bourneville a eu lieu le lundi
12 février, au cimetière du Père-Lachaise, où de nom¬
breux amis, élèves et collaborateurs sont venus témoi¬
gner à M. Bourneville et à sa famille leur respectueuse
sympathie.
Le D H CUFFER
Médecin de l’hôpital Necker,
On annonce de Cannes la mort de M. le D’ P. GuÉTer.
Né en 1850, interne des hôpitaux en 1873, médaille
d’or en 1877, docteur en 1878, il était reçu en 1881 mé¬
decin des hôpitaux.Le D' Cuffer abandonna les concours
pour se consacrer à la clientèle. Il publia cependant
quelques travaux importants, notamment sur les néphri¬
tes et sur la séméiologie cardiaque. Sa thèse inaugurale
a pour titre. Recherches cliniques et expérimentales sur
les alterations du sang dans l'urémie et sur la pathogénie
des accidents urémiques. Nous ne saurions oublier que
M . Cuffer publia dans le Progrès médical son premier
mémoire important. C’est un travail paru en 1877, lors
de sa dernière année d internat, intitulé ; Des causes qui
peuvent muaijier les bruits de souffle cardiaque et en par-
110
LE PROGRÈS MEDICAL .
ticulier de ses modifications sous l'influence des change¬
ments de position des malades.
- ' -
Kctes et Thèses de la Faculté de Médecine de Paris.
Thèses de doctorat. — Mercredi, 2 1 février. — M. Laçasse :
Contribution à l’étude des hernies ombilicales dites cong-énilales.
Hernies des nouveau -nés et des enfants (MM. Pinard, Déjerine.
Lepage, Legry). — M. Rasis : Indications du curettage dans les ac¬
cidents fébriles post-partum jMM. Pinard, Uéjeriiie Lepage, Le¬
gry). — Mlle Francillon : Essais sur la puberté chez la femme (MM.
Déjerine, Pinard, Lepage, Legry).
Jeudi, 2 2. — Àf. Hallopeau : Contribution à l’étude des tumeurs
malignes de la prostate (MM. Le Dentu, De Lapersonne, Auvray,
deMorestint. — M. Bichon : Durôledes infections, particulièrement
de la syphilis, dans la production des lésions de la myopie progres¬
sive (MM. De Lapersonne, Le Denlu,Auvray, Morestin.
Examens de doctorat. — Lundi, i p février. — (Médecine opéra¬
toire, Ecole pratique) : MM. Segond, Mauclaire, Cunéo. — 3“ (1"
partie. Oral, Salle Béclard) : MM. Terrier. Wallich, Branca. — 5'
(2" partie. P' série, Hôtel-Dieu) ; MM. Brissaud, Tcissier, Legry. —
5* {2* partie, 2« série, Hôtel-Dieu) : MM. Roger, Claude, Labbé (Mar-
Mardi, 2ofévrier. — (Médecine opératoire. Ecole pratique): MM.
Berger, Poirier, Marion. — 4* (Salle Broussais) : MM. Gilbert, Lan¬
glois, Richaud. — 5” (Chirurgie. P' partie. Charité) : MM. Guyon,
De Lapersonne, Faure. — 5” (2* partie, 1" série. Charité) : MM.
Dieulafoy, Dupré, Renon. — 5' (2* partie, 2* série. Charité) : MM. Ro¬
bin, Jeanselme, Carnot.
Mercredi, 2 1 février. — Médecine opératoire (Ecole pratique) : MM.
Reclus, Cunéo, Pierre Duval. — 3' (1" partie, P' série. Oral, Salle
Béclard) : M .VI. Terrier, Sébileau, Potocki — 3” (P” partie, 2' série.
Oral, Salle Corvisart) : MM. Kirmisson, ’VVallich, Branca. — 4" (Sal¬
le Pasteur) : MM Pouchet, Richaud, Ballhazard.
Jeudi, 2 2 février. — Médecine opératoire (Ecole pratique) . MM.
Pozzi, Poirier, Faure. — 3‘ (2" partie. Laboratoire des travaux pra¬
tiques d’anatomie pathologique) : MM. Cornil, Guiard, Maillard. —
3* (P" partie. Oral, Salle Broussais) : MM. Berger, Launois, Brin-
Vendredi, 23 février. — fMédecine opératoire. Ecole pratique :
MM. Terrier, Cunéo, Pierre Duval. —3" (P' partie. Oral, Salle Char¬
cot) : MM. Reclus, Potocki, Branca. — 5' (Chirurgie. 1" partie, P”
série. N’ecker) : MM. Segond, Legueu, Gossel. — 5* (Chirurgie,
P* partie, 2'' série, Necker) : MM. Delens, Mauclaire, Proust.
Samedi, 24 février. — (Médecine opératoire. Ecole pratique) : MM.
Le Dentu, Poirier, Auvray. —3*(2' partie. Oral. Salle Pasteur) : MM.
Hutinel, (îouget, Guiart. — 5" fObstéIrique, Impartie, Clinique Tar-
hier) : MM. Maygrier, Demelin, Brindeau.
FORMULFS
XIII. — Contre les angines et l’érysipèle.
Lenhaclz {Miinch. med. Wock. et Berlin klin. , Woch., 1905,
tité par les.Arcft. gcn. deméd., du 6 février 1900) aurait retiré
dés effets merveilleux en .donnant, toutes les 3 ou 4 heures,
deux cuillerées h soupe de salicylate de fer ainsi préparé :
Salicylate de soude . 4 gr.
Eau . 00 cc.
Ajoutez successivement :
Teinture de perchlorure de fer . 7 cc.
Chlorate de potasse . . . 2 gr.
Glycérine . 15 cc.
Eau . q. s. p. 24() cc.
La Nei vocithine a un pouvoir actif certain, à la fois sur les
système nerveux, clef de la régularisation vitale, et sur le
système musculaire : elle est donc douée d'une activité géné¬
rale de premier ordre
CONFÉRENCB DE BeHRING A GeRI.IN SUR L.\ TUBERCUI.OSE ET
LE Bovo-VACCIN. — Lo Pc Beliring a cxposé dans une conférence
publique, le 8 février le résultat de ses travaux. 11 préserverait les
bovidés par son bovo-vaccin et obtiendrait avec la tuberculose la
guérison de vaches atteintes de phtisie. Le public aurait assez
froidement accueilli la communication du savant bactériologiste.
( S il f^ en croire un correspondant du .Vatin une opposition sys¬
tématique lui aprait été manifestée par les représentants du minis¬
tère de l’Agriculture et les élèves de R. Koch.
NOÜV^ES
Natalité dk Paris. — Du dimanche 21 janvier 1905 an samedi
27 janvier Î9C6. les naissances ont été au nombre de 1.016, se dé¬
composant ainsi : légitimes 749, illégitimes 267.
Mortalité a Paris. — Population d'après le recensement de
1901 : 2.660.559 habitants. Les décès ont été au nombre de 951,
savoir : 479 hommes et 472 femmes. Les décès sont dus aux
causes suivantes : Fièvre typhoïde ityphus abdomin.) ; 4. —
Typhus exanthématique : 0. — Fièvre intermittente et cachexie
palustre : 0 Variole : 2 — Rougeoie ; 22 Scarlatine : 1.
— Coqueluche: 1. — Diphtérie et Croup : 4. — Grippe : 4.
— Choléra asiatique ; 0. — Choléra nostras : 0. — Autres
maladies épidémiques : 3. — Tubercuiose des poumons : 182. —
Tuberculose des méninges : 27. — Antres tuberculoses : 18. —
Cai.cer et autres tumeurs malignes : 68. — Méningite simple : 20.
— Conaesiion hémorrhagique et ramollissement du cerveau : 56.
— Maladies organiques du coeur : 66. — Bronchite aiguë : 10.
— Bronchite chronique : 19. — Pneumonie : 31. — Autres affec¬
tions de l’appareil respiratoire : 99. — Affections de l’estomac
cancer exc.) : 7. - Diarrhée et entérite de 0 à 1 an : sein ; 3 : au-
're alimentation : 17 - Diarrhée et entérite de 1 à2ans : 0. — Her¬
nies. obstruction intestinale : 10. — Cirrhose du foie : 15. — Néphrite
et mal de Bright ; 29. - Tumeurs non cancéreuses et autres ma¬
ladies des organes génitaux (femmes) : 7. — Septicémie puerpérale
(fièvre, péritonite, phlébite puerpérale) ; 6. — Autres accidents
puerpéraux de ia grossesse et de l'accouoiiement : 0. — Débilité
congénitale et vices de conformation ; 32. - Débilité senile : 42.
— Morts violentes: 16. — Suicides : 5. — Autres maladies : 107.
— Maladies inconnues ou mal définies : 23.
Mort-nés et morts avant leur inscription: 69. qui se décom¬
posent ainsi : légitimes 45. illégitimes 24
Prix et récompenses accordés pour ée service de la vac¬
cine EN 1904. — I" Un prix de 1.000 fr. à M. le Dr Arnould (mé¬
decin des troupes coloniales).
2” Médailles d'or. — MM. les D^' Fuzet du Pouget (de Castel-
jau) ; Le Guéyel (de Pont-l’Abbé) ; Peihiot (du Conquet). 3 "Rap¬
pels de médailles d'or. — MM. les D’’'^ Bossion (de Saint-Ar-
nauld) ; Ciaudo (de Nice! ; Dorain (de Nantes) ; Poujol (d'Aïn-
Bessem) ; de Welling (de RouenI ; Busquet (médecin militairei.
A" Médailles de vermeil. — MM. les Dr» Colin (de Quimper ) ;
Gouez (de Plougastel-Daoulas) : Latour (du Puy) ; Reny (de Long-
wyl ; Sanquer (de Morlaix) ; Houillon (médecin des troupes colo¬
niales!. 5° Rappels ae médailles de vermeil. — MM. les iJr»
Caraescasse (de Saint-Arnoult) ; Chabaud (de Lavelade) ; Cour-
tade (d'Outarville) ; Denizet (de Château-Landon) ; Frémicourt
(de Jaulgonne) ; Gagniéreide Saint Chefi ; Morvan (de Pleyben).
6° Médailles d’arpent. — MM. les Dr» Agniel (de Bagnols-sur-
Cère) ; Alirol (du Puy) ; Aubry 1 de Campbon) ; Auger (de Bel-
bec) ; Balland (de Paris! ; Benoist (de Guémené-Penfaol ; Bergo-
ret (de Bourgoin) ; Bertoye de Villeurbanne) ; Braillon (de Pa-
risl ; Briot (de ChaussinI : Cailleteau (de Saint-l’hibert-de-Grand-
lieu) ; Chatelier (de Saint- Vincent-des-Landes) ; Chevrot (de Rlet-
terans) ; M. Coliez (de Longwy) ; Contai (de Blénod-les-Toul) ;
Courvoisier (de Champagnole) ; Crouigiieau (de ParisI ; Daum
(de Saint-Lupioin) ; Deville (de Toulon! ; Dodin (de Challans) ;
Douare (de Saint -Siméon-dc-Bressieux) ; Ducos (de Viella) ; Du¬
four (de Co'rné) ; Evrard (de Vernantes) ; Fournial (de Montras-
truc) ; Fourrier (de Briey! ; Greslé (de Guenrouet) : Haut (de
Villers-la-Montagne) ; deJaegher (de Carha^x) ; Joly(de Mendei;
Lamarche (de Florac) ; Lamothe (de GraniatI ; Le Gabon (de Plo-
gastel-Saint-Germain) ; Leraitre (de Beauvais) ; Lévy (de Nan¬
cy)^ Luquet(de Toulon-.sur-Arroux 1 ; P. Magnin (de ParisI ; Mal
bos (de (youdargues! ; Mansion (de Nomény) ; Marchai (de Saint-
Nicolas-du-Port! ; Massé (de Moirans-du-Jurai ; Mérop (d’Audier-
ne) ; Ollivet (du 'Vigan) ;Ott (de Lillebonne! ; Panel (de Rouen) ;
Parmentier (de Flize) ; Portalier (de Florac) ; Pottevin (du Ilavre):
Rapp (deCirey) ; Robert (d’ArboisI : Rochette (du Cheylardi ;
Schmitt (de Baccarat) ; Toigne(de Cazères-sur-(4aronne! : Rran-
(médecin des troupes coloniales) ; Félix, Galli-Valcrio (de Lau¬
sanne!.
Rappels de médailles. l'argent. — MM. les Dr» Abrial (du
Puy) ; Azéma (d’Aurignacl ; de Béclion (de Brest) ; Behr (d’Yve-
-tot) ; Berraondy (de Nice) ; Bois (de Paris) ; Bonnet (de Saint-Ge-
nis-l.aval) ; Boyt (deLamastrel ; Calmeau (de Pans) ; Gazai (de
Toulouse) : Charpenel (de Narbonne) ; Daday (de Bourg-d'Oi-
sans) : V. Delarue, Dubreuil (de Paris) ; F. Ducournau (de Be-
nesse-Maremne) ; Faure (de Lonbens) ; Krasey (del’arisi; Gazzo-
la (de Nice) : E,-A. Gérard (de Paris) ; Girard (de Cannes); H.
Gourichon, L. Gourichon ^de Paris) : Guers (de Mouzaïaville) :
Hamaide ((ie Paris( ; Isnel (de Vizille) : Lagarde (de Vais) ; Le
Cocjuil (de Cliàteauneuf) ; Messier (de Badonviller) ; Michel (de
Cavaillonj ; Miquel (de Paris) ; Pactet (de Mont-sous- Vaudrev; ;
LE PROGRÈS MÉDICAL
111
Pascalis (de Paris) ; Quintin (de Malestroit) ; Recht, E.-L. Ri*
chard (de Parisi : Rondet (de Neuville) ; Rouvier (de Voiron) ;
Sage (de la Tour-du-Pin) ; Tagnard (de La Mure) ; Talazac (de
risle-en-Dodon) ; Tolédano (de Paris) ; Trémoureux (de Niort) ;
Trouillet (de Kairouan) ; Valette (de Cahors) ; Vitry, Zibelin (de
Paris) ; Malafosse. Sandras (médecins militaires).
8° Médailles de bronze. — MM. les D'' Dépéret-Muret (de Paris).
Ménard (de Port-Gueydon) ; Merle (de Djendel) ; Paisseau (de
Paris); Trenga (de Tablat) ; Trulïet (de Seyssel) ; Pelegrin, Syl¬
vestre (médecins militaires) ; Chagnolleau, de Goyon (médecins
des troupes coloniales).
Rappel de médaille de bronze: M.leD^'Blind, de Paris.
Légion d’honneur. — 'ommandeurs : le D'' Lucas-Cham-
pionnière ; — Officiers : MM. les Dr» Bodros et Mauriac, de l'ar¬
mée territoriale ; — Chevaliers: MM. les D''* Dalché et Barbier,
médecins des hôpitaux de Paris ; Humbert, de Rambouillet ;.Mos-
sonié (de la réserve) ; Brault, Butel, Jacquemin, Laurans,Schoull,
Therre et Weiss (médecins de l'armée territoriale).
Distinction. — La Commission permanente d’hygiène infantile de
l’Académie de médecine vient de décerner une médaille de bronze
à M. Diffloth, ingénieur agro.iome, directeur de la « Belle-Etoile »
pour ses beaux travaux sur le lait dont nous avons parlé ici-
Epidémie de syphilis dans une garnison Allemande. — Dans
la petite ville de Morhange (Alsace) qui compte une garnison de
7.0)00 hommes pour 5.000 habitants, le taux de la syphilis dans
l’élément militaire se serait élevé à plus de 30 °/o. Le maire, à la
réquisition do chef de corps, aurait interdit dans les brasseries et
es débits le personnel féminin.
Concours de l'Assistance médicale. — Cinquante et un can¬
didats se sont fait inscrire. Le Concours s’ouvrira le mercredi 21
février, à midi, à la salle des concours de l’Administration, 49,
rue des Saints-Pères.
MM. Barbier, Menusier, Boureille, Oguse, Legrand, Bing, Rein-
burg,Beauvy, Croll,Castex, Facdouel, Darin, Eltchnninolï,Roohu,
Blondin, Signoret, Sécheret, Vincent. Goüin,Catz, Hutinel. Oppen-
heim, Friedel, l.echmann, Luisi, Cauzard, Nicolas, Bail, Nau,
Guitard, Fatout, Bonhomme" Emannel, Poisson, Deschamps,
Benoit, Piérart, Bernheim, Nais, Petit, Hahn, Hazard, Leichnam,
Poulain, Bourilhet, Chazal, Broudic, Poirault, Wàhlen, Mettex,
Tourtourat, sont candidats.
— Le jury du concours est définitivement composé de MM.Virey,
Liandier, Noir, Puech, Vigouroux.
Cours pratiques par d’anciens internes. — Une D' série de
cours, conçus dans un esprit absolument pratique, et s'adressant
surtout aux étudiants à la fin de leurs études aura lieu du 5 mars
au 28 mars 1906. Chaque cours comprendra lU leçons qui se sui¬
vront à deux jours d'intervalle ; pour chacun le prix d’inscription
est de 20 francs. Cette série comprendra les cours suivants (à heu¬
res dilférentes) :
Lundi, mercredi, vendredi : Maladies de la peau, M. Lenglet ;
Hydrologie, M. Esmonet ; Gynécologie pratique, M. Bender ;
Maladies nerveuses, M. Armand Delille ; Voies urinaires, M.
Minet : Chirurgie journalière. M. Hugier ; Orthopédie, M. Tridon.
Mardi, jeudi, samedi : Larynx, nez, oreilles, M. Bourgeois ;
Maladies des yeux, M. Terrien ; Maladies des appareils respira¬
toires. M. Oppenheim ; Maladies de l’esto'mac et du foie, M. Lipp-
man ; Maladies des enfants, M. Bail ; Electrothérapie, radiothé¬
rapie, M. Delherm ; Obstétrique, M. Jeannin.
Pour les renseignements et l’inscription, s’adresser, 13, rue-
Malebranche, les lundi, mercredi, vendredi, de 2 à 4 h., ou par
correspondance au D'' Minet.
Médecins SERVANT -A l’étranger. — Sont inscrits d’office, au
titre des missions :pour médecins-majors de P' cla.sse, le médecin-
major de 2' classe Matignon, de la mission française en Mand¬
chourie pendant la guerre russo-japonaise ; pour chevalier de la
Légion d’honneur, le médecin-major de 2“ classe Jafïary, de la
mission militaire française au Maroc.
Réorganisation DU CORPS de santé maritime. — La commis¬
sion s natoriale de la marine a examiné le projet relatif à la réor¬
ganisation du corps de santé de la marine. Après échange d’ob¬
servations, elle a décidé d’entendre le ministre de la marine sur
les questions des écoles annexes et sur l’augmentation du nombre
des médecins principaux.
Un NOUVEAU JOURNAL. — Nous venonsde recevoir la ChimieMé-
dicale, revue nouvelle des travaux de la chimie appliquée à la
thérapeutique, publiée par M. Jaubert, docteur ès-sciences. Lon¬
gue vie et prospérité à notre nouveau confrère.
L.aicisation des Hospices de Grenoble. — Par ordre de la
municipalité, les crucifix ont été enlevés de toutes les salles des
hospices laïcisés de la ville de Grenoble. {.Semaine religieuse de
Lyon, 2 fév. )
Muséum d’histoire naturelle. — Cours de paléontologie. —
M. Marcellin Boule, professeur, commencera ce cours le mercre¬
di 21 février 1906, à trois heures, et le continuera le vendredi et le
mercredi de chaque semaine, à la même heure Dans la première
partie, le professeur terminera l’étude des mammifères fossiles .
Dans la seconde partie, qui s’ouvrira le 2 mai, il traitera de la
Paléontologie humaine. Les leçons seront faites dans l’amphi¬
théâtre des nouvelles galeries, rue de Buffon, n® 2. Des leçons
complémentaires et d’un caractère plus pratique seront données
les lundis dans la galerie ou le laboratoire de Paléontologie. Le
laboratoire de recherches, rattaché à l’école des hautes études, est
ouvert tous les jours de dix heures du matin à six heures du soir.
Chronique des hôpitaux.
Concours de médecins des hôpitaux.-^ Jury pour iadmissi-
bitîîé aux places des médecins des hôpitaux : MM. Brault, de
Beurmann, Thoinot, Dalché, Roger, Labadie-Lagrave, Florand,
Comby, Tapret et Moutard-Martin.
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pique de l’estomac, par Konried. — Bulletin : La réforme
des études médicales, par j. Noir. — Sociétés Savantes :
Académie de Médecine : Dangers sanitaires de l’émigration,
par Gliantemesse ; La mortalité tuberculeuse, par Brouar-
del ; Traitement de l’ozène, par Hallopeau ; L’hygiène à Mada¬
gascar, par Kermorgant ; Le sérum antityphique de Chantemesse,
par Brunon ; Le sérum anti-dysentérique, par Vaillârt et Dopter;
Suite de la discussion sur la mortalité tuberculeuse, par Lave-
ran ; Les moustiques, par Kermorgant (c. r. de A.-F. Plicque.)
— Société de chirurgie : Kyste hydatique du foie, par Ghaput ;
Pancréatite chronique, par Segond ; A propos du tétanos, par
Meynier (c. r. de Gatz.) — Société Médicale des Hôpitaux :
Oblitération de la veine cavé supérieure, par Sergent et Gûm-
bier ; Gas type de mongolisme, par Goraby ; Œdème pulmonaire
au cours d’infections pulmonaires, par Gaussade, Milhit et de
Jûng ; Pseudo-rhumatisme infectieux à entérocoque, par Méné¬
trier et Duval (c. ■ r. de Friedel.) — Société d'obstétrique de
Paris : Présentation d’un enfant porteur d’un bec-de-lièvre cica¬
trisé congénital, par Macé ; Présentation d’une pièce de disten¬
sion vésicale chez le fœtus, par Herbinet ; De la pression arté-
RA,D10L0GIE MÉDICALE
L’examen radioscopique de l’estomac
Par le D" KONRIED
Médecin-directeur des Therme.s t'aleiitia (Monaco) (1) .
Messieurs,
L’examen radiologique prend de plus en plus d’im¬
portance, môme dans le diagnostic des maladies inter¬
nes.
Pour ceux, Messieurs, qui suivent attentivement les
progrès de cette science, il résulte le fait très intéressant
que, dans chaque phase de son développement, le pro¬
cès est à l’instant plus reniarquahle que l’examen par
l’écran fluorescent : l’examen radioscopique remplace
l’examen par la photographie.
Et ce fait, vous le comprendrez hiên, si vous y pen¬
sez, que la radioscopie nous montre les organes qu’elle
peut atteindre dans leurs différentes positions, de tous
les côtés, qu’elle peut nous donner, jusqu’à un certain
degré, une idée de leur fonction et nous permet, pour
ainsi dire, d’entrer dans leur vie ; tandis que la photo¬
graphie, môme la meilleure, ne peut donner qu’un ins-
fant de cette vie, une phase de cette fonction.
C’est pourquoi. Messieurs, j’emploie de préférence ou
presque exclusivement la radioscopie, en me réservant
la radiophotographie pour certains buts limités, dans
lesquels elle est toutefois indispensable.
Boas et Lévy Dorn ont été les premiers qui, à l’aide de
1 introduction des capsules de 1 à 2 grammes de sous-
aitrate de bismuth, ont essayé d’obtenir des vues radio¬
logiques de l’estomac.
C’est Rosenfeld qui, le premier, proposa d’obtenir, par
1 insufflation d’air dans restomac,des contours plus nets
aocet organe. Toutefois, les résultats de ces premiers
aasais furent pauvres et peu satisfaisants. En 1904, Rie-
ôr, à Munich, amena un progrès important dans cette
partie de la science radiologique, par son idée d’introdni-
0 dans l’estomac le sous-nitrate de bismuth en grande
^antité. Au moyen de cette nouvelle technique et d’un
^ûd nombre de vues photographiques de l’estomac
janvier ^ ** Société luédicaic de Munnco le 18
rielle pendant la grossesse et les suites de couches, par Vaquez;
Tension artérielle dans l’éclampsie, par Vaquez et Lequéux ;
Un cas d’éclampsie tardive, par Vaquez ; Du consentement
préalable des malades en matière d’intervention, par Picqué ;
Excitation de la polynucléose par. le sérum de Petit dans les
infections puerpérales, par Petit; Musculature d’un membre
malformé chez un hémiméle, par Faix (c. r. de Jeannin.) —
Revue de pathologie générale : Nouvelles idées sur la ma¬
tière, par Max ; La guérison du cancer, par de Backer 4 Rap¬
port sur les recherches faites sur le cancer ; Traitement par les
rayons X, par Cappes et Smith ; Influence des infections sur
la marche de la leucémie, par Dock ; Observation d’un fibro¬
myome utérin envahi par un adéno-oarcinome, par Noble ; Sta¬
tistique personnelle sur les opérations pratiquées sur les dialié-
tiques, par Noble, etc. (c. r. de Ramond.) — ; Bibliographie,
— Thérapeutique : L'emploi thérapeutique de 4’hélénine dans
les hôpitaux. — Varia. — Formules. — Actes et thèses de
la faculté de médecine de Paris. ^ — Nouvelles. — Ghronî-
que des hôpitaux. — Enseignement médical libre. — Bulletin
bibliographique.
rempli de bismuth, il réussit à obtenir une idée .plus
approfondie de la physiologie et de la pathologie de
cet organe. C’est Holzknecht à Vienne, et d’après ses in¬
dications moi (dans mon sanatorium d’Edlacli) qui, les
premiers, ont employé comme système l’examen radios¬
copique de l’estomac rempli de bismuth dans les diffé¬
rentes positions et, point capital, dans les diverses pha¬
ses de la digestion.Dèsmaintenant,ces examens présen¬
tent la possibilité d’un emploi général, et une impor¬
tance plus considérable.
Je passerai d’abord brièvement aux accessoires tech¬
niques nécessaires pour obtenir des vues bien claires ;
Nousavons employé lehismuth de la manière suivante);
] ° Dans sa forme la plus simple, de la capsule remplie
de 2 gr. de sous-nitrate de bismuth, équivalant d'une
gorgée, qui nous permet de voir la descente et le pasr
sage à travers l’eptomac. (Nous n'avons presque ja,mais
employé cet examen seul, mais simplement comme un
moyen préliminaire d’exploration.)
2“ La mixture de bismuth obtenue pjir l’addition de
10 à 15 gr. de sous-nitrate de bismuth à lOQgr. d’eau.
3° Les repas au bismuth composés dedOàôO gr. de
sous-nitrate de bismuth, intimement mélangés à 500
gr. de semoule au lait, avec un peu de sucre de lait,
Avec l’emploidu bismuth nous avons souvent combiné
le gonflement par l’acide carbonique.
Les autres accessoires techniques ne sont imllement
compliqués. L’instrumentation indispensable est par¬
tout, facile à placer, et ne nécessite que l’emploi d’un
support, ampoule mobile, et un écran mobile dîins tons
les sens; en outre, un litpiiant radiographique. Quant
à' la méthode employée pour l’examen, je m’éten(lrai
seulement sur les parties les plus importantes, la briè¬
veté de cette communication ne me permettant pas d’en¬
trer dans tous lesdétails.
Nous commençons par un examen général du malade,
passons ensuite à la mesure de sa taille et à l'anno¬
tation de toutes les anomalies du squelette, qui sont
très importantes pour la juste appréciation des vues
obtenues par la radioscopie : l’inspection des poumons,
du cœur et de l’amplitude respiratoire du diaphragme
faite, on passe avec l’ampoule sous ce dernier et l’ob
voit alors dans l’abdomen les viscères, comme une mas¬
se opaque, dans laquelle se dessine, par places, une
114
LE PROGRÈS MÉDICAL
partie plus transparente, causée par une portion de l'in¬
testin remplie de gaz. En général, on trouve une place
pareille plus transparente sons l’hypocondre gauche,
souvent de la forme d’une poire renversée, produit par
une bulle d'air qui remplit le haut de l’estomac. Après
annotation de ces observations générales, le malade
étant à jeun, couché sur le lit ou debout, avale soit la
mixture, soit le repas au sous-nitrate de bismuth. Dès
que le bismuth entre dans l'estomac nous le voyons, tel
une bande grise noire, descendant jusqu’au point le plus
bas de l’estomac pour le remplir ensuite en partie va¬
riable : nous voyons l’estomac se déplier dans toutes
ses parties mobiles, dont les contour-s deviennent appa¬
rents.
Suivant la position du malade, nous atteignons
maintenant, plus distinctement, les différentes parties
de l’estomac ;
« Ainsi quand il est debout, la petite et, mieux en¬
core, la grande courbure se présentent à la vue ; coucbé
sur le dos, éclairé par dessous, la grande courbure et
les parties antérieures sont clairement visibles ; couché
sur le côté droit, c’est surtout la partie pylorique et la
grande courbure qui sont visibles. »
Outre ces positions extrêmes, il y a beaucoup de
vues intermediaires qui peuvent nousdonnerune idée
très nette de la configuration de cet organe. Nous obte¬
nons ainsi des détails précis très importants sur la vraie
position de l’estomac, sur son volume et sa capacité,
sur la souplesse de ses tissus, ainsi que sur la forme
et la mobilité de la partie pylorique. l'ar des examens
répétés à intervalles, nous avons pu également nous
rendre compte du mouvement péristaltique.
On peut résumer la situation physiologique de l’esto¬
mac dans les termes suivants ; sa position physiologi¬
que semble varier avec les différents individus ; quel¬
ques-uns l'ont court, placé haut, d’autres l’ont allongé
et descendant. En général, chez la plupart des indi¬
vidus, dans la position verticale, l’axe longitudinal de
l’estomac s’étend presque en totalité dans le côté gau¬
che de l’abdomen et ce ne sont que les parties pylori-
ques qui se trouvent à travers la colonne vertébrale
un peu à droite.
La petite courbure se trouve généralement entre les
2«et 4' vertèbres lombales et la grande courbure entre
les 4® et 5“. Les femmes onten général l’estomac plus
petit que les hommes, et placé plus bas. On voit clai¬
rement que l’estomac suit l’action respiratoire du dia¬
phragme par des mouvements d’ascension et de des¬
cente allernatifs, pourvu qu'il n’y ait pas d’adhérences
ou tumeurs fixantes aux organes avoisinants. Dans
çes conditions, l'estomac se laisse également déplacer
un peu à droite et à gauche par la main palpante.
La percussion, la palpation et l’auscultation des bruits,
des clapotements donnent, d'après nos constatations,
souvent des indications tout à fait erronées sur la vraie
situation de l'estomac dont les contours, nous avons
pu le constater souvent, à notre grand étonnement,
sont loin de nos suppositions.
La digestion se fait do telle manière que le chyme
gasfesque se liquéfie et passe peu à peu en petites par¬
ties par le pylore qui se déplie. L’action péristaltique
est souvent bien visible, surtout à la grande courbure
et dans la partie pylorique qui, en vérité, semble re¬
présenter le moteur de cet organe. Le temps que l’es¬
tomac met jusqu'au commencement de cette évacua
tion est variable, mais nous avons pu la constater déjà
une demi-heure après l’ingestion du repas.
Après 3 à 4 heures, nous avons parfois trouvé les
aliments passés jusqu'au gros intestin, tandis quel es¬
tomac contenait encore les restes du repas. L’estomac
atone ou dilaté garde pendant 8 et 10 heures des par¬
ties variables d’aliments solides, tandis que les aliments
liquides en sortent bien plus facilement (ce qui, soit
dit entre parenthèse), ne semble pas bien s'accorder
avec notre traitement usuel des ectasies de l’estomac.
Maintenant. Messieurs, pour vous rendre plus claire
l’application de la radioscopie à la pathologie de l’esto¬
mac, je me permettrai de vous présenter quelques es¬
quisses qui sont copiées un peu d’une manière sché¬
matique.
Nous fixons d habitude les images vues sur l’écran à
l’usage de notre protocole avec des crayons de couleur
sur une plaque de verre adaptée à l’écran tluorescent et
la figure que nous obtenons de celte manière est copiée
avec du papier à calquer. En outre, tous les points
importants pour fixer la position et la grandeur de l’es¬
tomac sont marqués sur le corps du malade avec des
crayons de couleur.
La figure 3 vous montre l’entrée et la descente
du bismuth dans un estomac que l’on peut dire normal,
L’œsophage passé, vous voyez le bismuth, comme une
bande noire, sortir du diaphragme et entrer dans la
boule d’air qui occupe, en général, la partie supérieure
de l’estomac. S’adaptant à la paroi médiane, elle des¬
cend, suivant un peu le contour de la partie supérieure
delà petite courbure (avec une inclinaison facilement
concave à gauche) descend ensuite pendant un certain
moment presque verticalement pour tourner, après,
dans une courbe concave finissant en ligne presque ho¬
rizontale ou légèrement remontante. L'endroit où 1®
courbe s'arrête est bien la partie pylorique . Le bis'
miith forme ensuite dans la partie inférieure de l’esto¬
mac une couche noirâtre de niveau horizontal.
La figure 4 vous montre l'exemple de la dégluti¬
tion anormale dans un cas de cancer de l'estomac pu¬
blié par le D' llolzknecht. Vous voyez que la courbe qu®
fait le bismuth pendant sa descente est toute différent®
que celle citée précédemment.
Dès son entrée dans l’estomac, il fait une courb®
concave, bien allongée à gauche et tourne ensuite suD'
tement en forme de S. Déjà ce trajet anormal dubis)
muth devrait susciter l’idée d’une tuméfaction daO’ j
l’intérieur de l’estomac qui faisait dévier la bouché®’
LE PROGRÈS MÉDICAL
115
P'
^(OUS reviendrons plus loin sur le même cas, très ins¬
tructif.
Je vous montrerai, fig. 5 a. les contours d'un esto¬
mac d'une grandeur et dans une position à peu près
normales .
Vous voyez, Messieurs, un estomac un peu court et
encore visiblement au-dessus de l’ombilic ; les tissus
sont absolument mobiles et souples, ce dont vous pou-
vezjuçer par la différence de grandeur entre l’estomac
•■empli environ au tiers et l’estomac presque plein (5 6)
Il appartenait à une femme petite et grêle, souffrant
Constamment de troubles digestifs avec attaques paro-
*ysmales de tachycardie qui furent expliquées par
l’existence d’une ptose gastrique et viscérale. De fait,
neuf grossesses antérieures, la percussion, le bruit de
clapotement, la constipation opiniâtre, la dilatation des
muscles, de l’abdomen, une ptose bien prononcée du
ceindroit, plaidaient en faveurde ce diagnostic.
La radioscopie avec le repas au bismuth nous mon-
Icait, comme vous le voyez, un estomac plutôt petit,
dans une position tout à fait normale, sans aucun symp-
tôme pathologique ; par conséquent le diagnostic
porté sur ptose gastrique devait être abandonné. Nous
^'^ons traité le cas comme une myocardite avec en¬
gorgement secondaire abdominal, et la thérapie ins¬
tituée justifiait le diagnostic parle succès obtenu.
La figure 6 se rapporte à un homme âgé “d’en¬
viron 40 ans, souffrant depuis longtemps de troubles
gastriques très graves dffaiblissant sa nutrition à
un tel degré qu’à 40 ans, il avait déjà l’aspect d’un
vieillard.il devait retirer chaque nuit et souvent aussi
dans la journée, quelques heures après le repas, le con¬
tenu de son estomac, au moyen de la pompe gastrique,
à cause des douleurs que lui produisait le chyme sta¬
gnant et pour éviter des vomissements continus. Sans
entrer dans des détails ultérieurs, je signalerai seule¬
ment que les médecins consultés avaient conclu à une
sténose du pylore ayant son origine oudansun néo¬
plasme de développement lent ou dans une sténose pro¬
duite par la cicatrisation d’un ulcère pylorique et l’o¬
pération, la gastro-entérostomie fut recommandée au
malade comme le seul moyen de tliérapie.
L’examen par les rayons X, avec une quantité un
peu plus grande de repas de bismuth, nous permit une
vue approfondie de l’origine de ces graves symptômes.
Vous voyez. Messieurs, un estomac ressemblant à un
ballon allongé, descendant presque verticalement dans
le côté gauche de l’abdomen, la portion supérieure est
remplie en partie parle gaz, tandis que, dans la portion
inférieure, le repas de bismuth bien visible, ne rem¬
plit l’estomac, malgré sa grande quantité, qu’en partie
relativement petite. La grande courbure pouvait être
suivie presque jusqu’à la bande de Poupart et la partie
pylorique était près de la vessie.
En outre, à l’aide du gonflement à l’acide carboni¬
que, l’estomac se déplia totalemeçt et la partie pylori¬
que ne montra rien de pathologique, à part une moti¬
lité péristaltique amoindrie. Mais à un certain moment,
faisant un massage modéré vers le pylore, nous voyons
de petites parties du repas de bismuth passer ce der¬
nier pour entrer au duodénum.
Les détails de ces actions répétées prouvaient que le
diagnostic d’une sténose pylorique n’était plus admis¬
sible. Par contre, l’évacuation du chyme gastrique était
retardée à tel point que môme après dix heures nous
pouvions encore constater des quantités considérables
du repas d’épreuve dans les parties basses de l’estomac,
Nous avions évidemment à faire à une grave ectasie
avec ptose gastrique, et la radioscopie nous fournissait,
dans ce cas-là au moins, un moyen de pronostic très
apprécié parle malade.
116
LE PROGRÈS MÉDICAL
1
Eùün je réviendtai au cas du D' Hblzknecht, men¬
tionné plus haut. Je vous ai démontré i’éVôlution anor¬
male de la déglutition. La prochaine figure 7 vous
montre l'estomac du même malade, après ingestion de
Iq mixture de bismuth. Vous voyez qu’elle n’est pas,
conrme, d’habitude, accumulée dans la partie inférieure
de l'estomac en une masse solide, au niveau horizon¬
tal, niai.s présente un aspect bizarre de morcellements
etdÆ sinuosités bien visibles. Vous le voyez de même,
dans la figure suivante i lig. 8) prise en position horizon¬
tale après ingestion du repas au bismuth. Ges vues
anormales plaidaient d’emblée avec la première vue de
la descente de la bouchée, pour le diagnostic d’une
tumeur barrant le passage à l’intérieur de l’estomac.En
effet, après la mort du malade en question, l'abduction
faite démontrait l’existence d’un cancer aplati dont le
siège principal était la petite courbure. C’étaient les
plis et les sinuosités de ce cancer qui avaient fait dé¬
vier la masse de bismuth de son cours normal.
Parcès exemples probants, vous pourrez déjà juger.
Messieurs, de la valeur et de l'importance de l'examen
radiologique de l'estomac. Grâce à lui, nous obtiendrons
des indications très précieuses sur la forme et la posi¬
tion dé l’estomac, sur sa capacité, son volume, l’ex¬
tensibilité de ses tissus, et par cela même, sur sa mo¬
bilité active respiratoire et sur sa mobilité passive ;
nous arriverons aussi à juger sa motilité péristaltique et
le temps qu'il met pour achever la digestion. Nous ob¬
tiendrons ainsi des indications d’une certitude qui sur¬
passe celle obtenue par tous les autres moyens de dia¬
gnostic, notamment dans les cas de ptoses et de dila¬
tation de l’estomac, dans les anomalies de configura¬
tion (estomac en bissac), dans les affections inflamma¬
toires adhésives, chroniques (périgastritc) et aussi dans
le diagnostic des néoplasmes. Pour ceux qui con¬
naissent les difficultés d’un diagnostic précoce de ces
maladies, il sera facile d’en apprécier la valeur. Ge
sont en particulier ces cas qui, pour le moment, consti¬
tuent le domaine de la radioscopie de l'estomac ; nul
doute qu’il s’élargira en peu de temps, grâce au tra¬
vail opiniâtre et continu de tant de médecins.
Je ne veux pas finir sans vous parler d’un autre fait,
très important pour la généralité des médecins, fait in¬
contestablement acquis par l’examen radiologique de
l'estomac. Nous avons obtenu, avec son aide, la certi¬
tude de l’efficacité d’un traitement que beaucoup de
médecins refusent de reconnaître, je veux dire le mas¬
sage et l’électrothérapie appliqués dans les maladies de
la digestion. Pour nous, les spécialistes, une expérience
de nombreuses années nous a démontré, sans permet¬
tre aucun doute, l'efficacité de ces agents physiques
qui nous sont devenus indispensables dans beaucoup
d’affections de l'estomac et de l'intestin.
Par contre, nombre de médecins sceptiques, comme
il y en a malheureusement encore beaucoup, prétendent
que le massage de l’estomac n’atteint que les muscles
de la paroi abdominale qu’il fortifie, et que les amélio¬
rations obtenues par la galvano-faradisalion, dans
certaines maladies de la digestion, sont dues à l’effet
suggestif de l’électrothérapie. Dès maintenant, Mes¬
sieurs, la question est bien tranchée, puisque nous
avons pu voir sur le lit radioscopique comment le mas- ■
sage atteint bien l'estomac et l’intestin, que le massage,
manuel et faradique active le mouvement péristaltique
et peut taire passer les aliments digérés beaucoup plus
vite par le pylore . Ainsi la période de la digestion et
de l'évacuation d’un estomac atone ou dilaté peut être
abrégée de une à deux heures.
Nul doute. Messieurs, que nous arrivions par la gal-
vano-faradisation à agir aussi sur les parties profondes
de l’abdomen, de façon à influencer et à exciter le foie,
le pancréas et leurs conduites émonctoires. Je crois
également pouvoir prétendre que non seulement les
fonctions delà motilité mais aussi la fonction sécrétoire
de ces organes peut être modifiée et améliorée par nos
agents thérapeutiques. Dans la preuve de l’efficacité
d’une thérapie tellement bienfaisante et néanmoins si
peu appréciée, consiste. je crois, pour une grande partie,
l’importance des recherches de l'examen radioscopique
de l’estomac, au moins pour le plus grand nombre des
praticiens.
NARCYL GRÉMY médicament spécifi¬
que de la toux, spécialement de la toux des tu¬
berculeux.
La Responsabilité dés Ambulances urbaines. — La respoD'
sabilité des ambulances urbaines n’est point engagée par le fa**
quelles ont procuré à un malade un infirmier ne saoliant pas faire
de piqûre de quinine. Telle est la décision que, sur plaidoiries àe
M's Roux et Gatineau, vient de rendre la septième cliambre <ta
tribunal. {Le Matin.)
LE PROGRÈS MÉDICAL
117
bulletin du progrès médical
La réforme des études médicales.
A propos d’une enquête sur la réorganisation néces¬
saire des études médicales, le rapporteur distingué
d’une importante Association éci^ivait :
« La Société a vu que l’enseignement public de la médecine
est presque partout \ icieux ou nul, que les corps chargés de
i conférer les grades sont trop nombreux pour qu’ils puissent
i conserver cette -vigueur sans laquelle ils doivent nécessaire-
I ment dépérir ; que, la manière dont les professeurs sont ad-
: mis aux concours et celle dont les candidats sont reçus dans
i les Ecoles favorisent partout, sinon l’ignorance, au inoins
la médiocrité : que dans la disti ibution des études les élèves
sont astreints à des formalités et gênés par des entraves qui
n’ont aucun but utile. Elle a vu ([ue les parties les plus es¬
sentielles dp l'enseignement médical sont absolument ou¬
bliées et que les hôpitaux ne sont nulle part organisés de ma¬
nière à rendre l'instruction facile et à faire servir aux progrès
de l’art, les établissements que l’on destine au soulagement
de l’humanité.
Que peut-on attendre en effet, dequelques années d’études.,
où l’on ne dit pas un mot des fonctions publiques du méde¬
cin,.. .. et d’où l’on sort enfin sans avoir rien appris de ce ((u’un
médecin doit savoir ! »
Quel est l’auteur de cette virulente philippique '?Ne
serait-ce pas M. le D' Marot, qui naguère à la Cham¬
bre des députés, montrait à l’occasion du budget de
rinslruclion publique, la nécessité d'une réforme des
éludes médicales et disait à la tribune :
“ L’étudiant, l’apprenti médecin doit vivre à l’hôpital et
c’est là seulement qu'il apprendra le métier, métier que,
comme le constate tristement ’M. le P'' Itayem, il ignore sou¬
vent trop complètement. C’est la et non point dans les livres
ou dans les amphithéâtres, qu’il acquerra cette éducation des
sens, qui lui donnera le sens clinique qui manque à beau¬
coup de nos plus brillants médaillés des concours. »
Eh bien 1 non, la critique de l’enseignement de la Fa¬
culté que nous venons de citer n’est pas de notre épo-
<}«e,eile est l’exorde d’un plan de réformes médicales
Vicq d’Azyr présentait au nom de la Société Royale
^ médecine, h V Assemblée nationale en novembre
1790 (1).
L histoire est un éternel recommencement et, à bien
peu de choses près, le réquisitoire de Vicq d'Azyr et
son nouveauplan pour la constitution de lamédecine
France pourraient être des œuvres d’actualité,
entendre les critiques qui s’élèvent un peu partout,
jl semble bien que nos Facultés de médecine ont subi
même évolution que l’Antique Faculté de l’ancien
^^ginie, qu’il y a quelque chose de pourri dans leur
®’’ganjsalion, selon l’expression shakespearienne, et
Rue nous sommes à la veille -d'une véritable révolution
®|^^nseignement médical.
''icq d’Azyr avait compris que la réforme devait por-
<1 abord sur le recrutement du corps enseignant. 11
imposait la nomination des professeurs au concours
durée de douze ou quinze anset les soumettait,
J_^^ette période, à une réinstallation prononcée par
à ce sujet la très inlérossanle thèse du 1)' Dei.au-
19o5’j ’aende médical parisien au XVIIl- siècle. » (•!• Housse!,
le vote d’un corps électoral, dontles praticienset même
les étudiants ayant une certaine scolarité devaient faire
partie.
Si, à notre époque, ce système de recrutement pro¬
fessoral n’a pas été proposé, il ne faut pas croire que
les praticiens et les étudiants se soient désintéressés de
la question. Ce sont les étudiants en médecine qui l’ont
posée et, pour se faire entendre, ils ont été obligés d'a¬
voir recours à de bruyantes manifestations publiques,
manifestations qui visaient moins un de leurs maîtres que
le système suranné qui régit encore leurs études. Les
praticiens n’ont pas tardé à suivre ce mouvement d’une
importance considérable pour l’avenir de leur pro¬
fession.
Les enquêtes et les plans de réformes sesontmulti-
pliés dans la presse médicale. L’Union des Syndicats
médicaux de France a mis depuis plusieurs mois la
question àson ordre du jour. Elle a décidé de deman¬
der au ministre de l'Instruction publique la création
d'une commission extra parlementaire où le corps des
médecins praticiens, légalement organisés sous la for¬
me syndicale en vertu des lois de 1884 et de 1892, se¬
rait représenté dans les mêmes proportions que le corps
enseignant des Facultés.
11 serait surprenant, en effet que l’on confia le soin d’une
réorganisation des études médicales aux seules Facul¬
tés qui n’ont su se maintenir dans la voie du progrès à
la hauteur de leur tâche, et qu’on négligeât les avis des
médecins praticiens, qui, chaque jour, dans l’exercice
de leur profession sont à même de se rendre compte
des lacunes parfois considérables de leur éducation mé¬
dicale.
Les professeurs sont, du reste, les premiers à consta¬
ter la décadence de nos Facultés de médecine et nous
n'avons nullement été surpris de lire, dans un article
écrit par le P‘'Debierre rot T Enseignement supérieur
en France ( 1) , des passages qui ne le cèdent en rien aux
acerbes critiques de Vicq d’Azyr contre la vieille Fa¬
culté et parmi lesquels nous relevons le suivant :
« C’est par leurs Privat-Docents que les Facultés de médeci¬
ne allemandes sont devenues les premières du monde. C’est
faute de jeunes savants que nos Facultés de médecine, a jus¬
tement écrit M. Ferdinand Lot, sont en pleine décadence : les
professeurs titulaires — et même les agrégés - - ne font plus
guère que de la clientèle pour gagnerde l’argent, et délaissent
le travail scientifique. «
Décidément, l’heure de la réforme a sonné ; nous
saurons, je l’espère, éviter que, pour défendre quelques
intérêts privés, on ne la rende à la fois mesquine, incom¬
plète et inutile.
.1. Noir.
(t) L’Action du 6 février 1906.
CAPSULES D’IODIPINE-MERCK : 3 représentent 1 gr. Kl
beaucoup mieux supportées que les bromures alcalins ;
lODIPlNE à iô O O par injections sous-cutanées.
Gongrks ALi.EMANi) DE RAuioi.oGiE . — Nous soHimes avisés
que le 2' Congrès de la Société allemande de Roentgenoi.o-
GiE n’aura pas lieu le 8 et 9 avril, mais le l'f et 2 avril.
118
LE PROGRÈS MÉDICAL
SOCIÉTÉS SAVANTES
ACADÉMIE DE MEDECINE
Séance du 13 févi'ier.
Daiujers sanitaires de l’émigraiion.
LeP'’ Chantemesse propose et fait adopter par PAcadémie
les importantes conclusions qui suivent.
L'Académie de médecine, considérant :
Que le transit des émigrants à travers la France constitue,
pour la santé publique, un danger permanent qui s’accroît
beaucoup lorsque le choléra règne dans un des pays d’origine
de ces émigrants ;
t^ue la législation française, en matière d’émigration, date
de 1861-62 et n'est plus en harmonie avec les nécessités ac¬
tuelles ;
Que tous les pays européens, sauf la France, servant de
passage aux émigrants, ont réglementé sévèrement ce transit ;
Que la conférence sanitaire internationale de Paris, en 1903,
a prévu, dans son articleil, l’édiction de mesures spéciales à
l'égard des émigrants ;
Que les lois américaines comprennent maintenant les dis¬
positions relativesà une quarantainepréventivedes émigrants
provenant de pays infectés de choléra, quarantaine qui doit
être subie, avant le départ, dans un port d’embarquement ;
Emet le vœu :
1“ Que la législation française, en matière d’émigration,
soit modifiée dans ses dispositions concernant l’entrée des
émigrants sur notre territoire, leur voyagea travers la France
et enfin leur séjour dans notre pays.
2“ Que cette nouvelle réglementation s’inspire des mesures
édictées par les gouvernements étrangers ; notamment la
Hollande, l’Allemagne et les pap américains.
,3® Que la surveillance administrative et la surveillance sa¬
nitaire des émigrants, complètement différentes l’une de l’au¬
tre dans leur but et leurs moyens, soient désormais divisées et
confiées chacune au service compétent.
La mortalité tuberculeuse.
Le P' Brouardei. montre l'insuffisance des documents
tournis par les statistiques actuelles. Pour la tuberculose en
particulier, un seul moyen : la déclaration obligatoire sous
pli cacheté permettrait une appréciation sérieuse. Tous les
essais de déclaration facultative n’ont donné aucun résultat.
M. CoRNiL ajoute que les statistiques dans beaucoup de
villes sont absolument fantaisistes. Quant aux désinfections
pour tuberculose, elles seraient difficiles et fort cou teuses
dans les grands centres, irréalisables à la campagne.
M. Bucquoy présente une note du D"^ Marquez. d’IIyères,
réclamant pour les médecins le droit de demander toutes les
fois qu’ils le jugeront utile la désinfection aux municipalités.
M. Kelsch ne croit à futilité ni de la déclaration obligatoire,
ni même de la désinfection. L observation dans f armée mon¬
tre l'extrême fréquence de la tuberculose. Bien peu de gens
échappent à ses atteintes. L’essentiel est d offrir un terrain
assez résistant, d’éviter le surmenage, l’alcoolisme, le séjour
dans des ateliers mal ventilés et encombrés, dans des loge¬
ments insalubres. La lutte contre la tuberculose est avant tout
une question d'améliorations sociales. Elle offre par suite de
très grandes difficultés.
M. Lereboullet croit que la déclaration obligatoire aurait
plus d’inconvénients que d'avantages, (luantàla désinfection
au cours de la maladie, la plus utile dans la tuberculose, elle
est irréalisable. Des tentatives très suivies ont été faites à
Paris par le D'' Martin. Leur résultat était iinariable; alarme
rapide des autres locataires de la maison et congé donné au
tuberculeux ainsi signalé à toutes les craintes et à tous les
soupçons.
Traitement de l'ozènc.
M. Hallopeau présente un travail du l)"Etié\ant, de Lyon,
sur le, traitement de fozène parles injections sous-muqueu-
ses de paraffine.
L'hygiène à Madagascar.
M. K.ERMORGANT lit Une note sur V. Assistance médicale et
TUygiène publique indigènes à Madagascar en 1904. Si FAssis-
tance aux indigènes n’a pas subi de grandes modifications en
1904. elle a été surtout manjuée par une réglementation dé¬
finitive, et par son extension à la plupart des circonscriptions
administratives de la Côte Est.
Séance du W février.
Le sérum antityphique de Chantemesse.
Le P'' Brunon, de Rouen, donne les résultats de ce traite-
ment sur 1(!0 enfants de 3 à 16 ans atteints de fièvre lypho'ide.
Voici ses conclusions :
1” Dans le service des enfants de l’Hospice général de Rouen,
la mortalité par fièvi-e typhoïde était de 17 “ o avec le traite¬
ment des bains.
Elle est tombée à 3 » » avec le traitement par te sérum et
les bains.
2® Tous les malades traités dès la première semaine ont guéri.
Ceux (jui sont morts avaient été injectés tardivement : 15',
16®, 38® jour.
L’injection de sérum divise la marche de la maladie en deux
périodes :
L'injection est suiv ie d’une courte période de réaction à laquelle
fait suite la période de défervescence.
Dans tous les cas injectés près du début, la durée de la
maladie a été diminuée, la marche a été normale et sans com¬
plications.
Enfin, sur 100 cas, les complications graves ont été rares.
5® D’après les cas observés par nous pendant une période
de deux ans et demi, le sérum de Cbanlemesse a modifié la
physionomie classique de la fièvre typhoïde, atténué la ma¬
ladie dans son ensemble, diminué la durée, diminué les ris¬
ques de complications et abaissé considérablement le taux de
la mortalité.
Le sérum anti-dysentérique.
MM. \ Au.LART et Dopter montrent les bons effets de ce
nouveau sérum : 1“ sur les accidents locaux et généraux de la
dysenterie ; 2° sur la rapidité de la guérison.
Le sérum antidysentérique agit d’autant mieux qu’il a été
injecté tout au début de falfection. Il influence, cependant,
très favorablement les atteintes prolongées.
20 cc. de sérum sont suffisants dans les formes moyennes ;
30 cc. dans les formes sévères ; 40 à 60 cc. d’emblée sont né
cessaires dans les formes graves ; si, le lendemain, la détente
n’est pas jugée suffisante, de nouvelles doses doivent être ré
injectées. Dans les formes extrêmement graves, il ne faut pa>
hésiter à injecter, dès le premier jour, 80, 90 et fOO cc., et »
répéter les injections les jours suivants.
Le sérum antidysentériq-çe constitue, en réalité,le seul trai¬
tement spécifique de la dysentérie bacillaire. Il est incompa¬
rablement supérieur, en efficacité, à tous les autres traite¬
ments habituellement employés.
Suite de la discussion sur la mortalité tuberculeuse.
M. Laveran montre les difficultés des mesures préventives
dans une maladie aussi fréquente et aussi endémique qu^
la tuberculose. Les tentatives de désinfection régulière faite*
à Paris ont eu pour premier résultat de faire expulser pat'
tout les tuberculeux.
M. Pinard voudrait non pas la déclaration obligatoire.ma^
le droit pour les médecins et pour les maires d’ordonner |>
désinfection. Pourtant, puisque la déclaration existe, M. P',
nard voudrait lavoir s’étendre à la coqueluche, maladies'
souvent très grave. Dans la commune de banlieue dont il es*
maire, M. Pinard exige l’isolement des coquelucheux étraO'
gers arrivant dans la commune, dans un pavillon spécial d"
f hôpital. On évite ainsi de dangereuses contagions.
Les Moustiques.
M. Ixermorgant présente à l’Académie, au nom de M- ^
Moal, médecin-major de 2® classe des troupes coloniales, E"
mémoire intitulé : Etude sur les moustiques en Afrique oed'
dentale française : mesures prophylactiques qui en découlent^
painl de l'ur de l'hggiene.
A. -F. Pl.ICQUE-
LE PROGRÈS MÉDICAL
119
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE
Séance du 15 février.
Kyste hydatique du foie.
\L Chaput s’est contenté, dans six cas, d’injecter un cent,
cube de solution de formol à 40 “/o ; dans aucun cas il n’y eut
de récidive.
Pancréatite chronique.
\L Second, à propos de la communication de M. Terrier
(voir le précédent numéro du Progrès), cite le cas d'un ma¬
lade atteint d'ictère chronique avec douleurs hépatiques et
phénomènes infectieuxet oùla cause desaccidents — une pan¬
créatite chronique avec tête pancréatique augmentée de vo-
jy me — ne fut reconnue qu’à la troisième laparotomie.
A propos du tétanos.
M. Mf.ynier cite le cas d’un malade blessé au doigt et dont
la plaie fut saupoudrée de sérum antitétanique sec une heure
à peine après l’accident ; malgré cette précaution, le tétanos
éclata quelques jours après. D’’ Catz.
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAL V
Séance du 16 février.
Oblitération de la veine cave supérieure.
MM. E. Sergent et CoMBiER, à propos des observations de
la dernière séance, montrent le cœur d’un homme, mort à 54
ans degranulie, et ayant présenté, pendant les derniers mois
de sa vie, tous les signes de^l’oblitération de la veine cave su¬
périeure. Le rétrécissfement allait presque à l’oblitération.
La veine cave dut être littéralement sculptée dans la masse
ganglionnaire médiastinale.
La médiastinite était due à une tuberculose fibro cavitaire
du lobe inférieur du poumon droit.
M. SiREDEY attribue l’œdème unilatéral à la déclivité par
décubitus latéral ; un de ses malades, affecté d’abord d'un œ-
dèmé du côté droit, présenta de l’œdème gauche après chan¬
gement du ht et par suite du décubitus.
Cas type de mongolisme.
M. CoMBY présente un nouveau cas d’idiotie mongolienne ty¬
pique chez une jeune fille de ti ans : visage arrondi, bou¬
che entr’ ouverte, yeux petits, obliques, lendus en amandes.
L’épicanthus est très prononcé . Front régulier, tète arron¬
die, brachycéphale, 46 cm. de circonférence. Cheveux abon¬
dants et fins, différents des cheveux épais des myxœdéma-
teux. Langue volumineuse, dépouillée d’épithélium, légère¬
ment fissurée. Pas de rachitisme. Taille 1 mètre, poids 15
tilos. L’entant est agitée, nerveuse, très arriérée. Mère et père
sont bien portants. Pas d’autres enfants.
Accouchement normal, pas de fausses couches. Comme in¬
cidents de la grossesse, grande frayeur au deuxième mois.
M. Guinon fait observer que, dans (juclques cas de mongo¬
lisme, on a trouvé chez les générateurs des troubles psycho-
Wthiques. Le diagnostic ne lui semble pas aussi sévère (ju’à
«■ Comby, ces idiots étant susceptibles d’être améliorés par
tm traitement convenable.
M. Queyrot demande si on a recherché la syphilis chez les
parents. M. Comby n’en a pas trouvé d'indices. La langue scro-
We ne lui paraît pas forcément d’origine hérédo-syphilitique.
M- SiREDEY est du même avis.
Œdème pulmonaire au cours d' infections pulmonaires.
-'Dl. Caussade, Mii.hit et J. de Jong rapportent des obser¬
vations d’œdème pulmonaire fébrile (38'’5-.J;)isurvenu au cours
JÇ bronchites, congestions, pneumonies et tuberculoses. Dif-
®rent de l’œdème aigu, il débute sournoisement et n’est dé-
Pisté qu’à l’autopsie. D’autres fois, il donne lieu à un imint
^ côté. L’expectoration facile est abondante, albumineuse,
^^^èine dure 15, l’O jours et survit à l’affection concomi-
H. Ménétrier rapiielle sa thèse sur l'œdème pulmo pneu-
^^‘^cique. M. Carnot attribue également au pneumocoque
rcle pathogénique important.
Pseudo-rhumatisme infectieux à enlerocoque.
Ménétrier et R. Duvai- donnent l’observation d’un
pseudo-rhumatisme, aboutissant à la suppuration. Dans le
pus prélevé après la mort on trouve l’éntérocoque de Thier¬
celin à l’état pur. Les cultures et l’inoculation donnèrent éga¬
lement le même microbe. On l’a trouvé dans les reins. 11
s’agissait donc d’une véritable septicémie entérococcique.
Friedel.
SOCIÉTÉ D’OBSTÉTRIQUE DE PARIS
Séance du jeudi 15 février lOlKi.
Présentation d un enfant porteur d’un bec-de-lièvre cicatrise
congénital.
M. Macé. — On voit sur la lèvre supérieure une trouée
cicatricielle donnant l'impression d’une opération de bec-de
lièvre.
M. Bouchacourt a vu deux cas semblables.
Présentation d'une pièce de distension vésicale < hez le fœtus.
M. Hebbinet. — La distension est due à l’absence d’urèthre;
r intestin s’abouche dans la vessie. D’autre part, les organes
génitaux externes existent. Un autre fœtus de 4 mois en¬
viron présente également de la distension de la vessie.
M. Brindeau craint qu’en pareil cas, il puisse y avoir oli-
gamnios.
De la pression artérielle pendant la grossesse et les suites de
couches.
M. Vaquez. — Pendant la grossesse, la tension est de 12, 13
ou 14 cm.; pendant l’accouchement, cette pression qui monte
à 19 ou2ü au début, redescend ; elle s’élève de nouveau vers
23 ou 24, et retombe à 16 ou 17. Lors de la délivrance, nouvelle
hypertension, puis la pression revient à la normale dès le len¬
demain ; il n’y a donc pas d’hypertension physiologique pen¬
dant les suites des couches, pas plus que pendant lagrossesse ;
seul, l’effort de l’accouchement la produit momentanément.
Tension artérielle dans l'éclampsie.
M M. Vaquez et Lequeux. — Sur 9 cas, il y a hypertension
de 6 à 13 cm. ; c’est-à-dire que la pression est montée, au lieu
de 12 à 1 4, de 19 à 27 cm. Donc toute femme qui présente de
r hypertension est menacée d’éclampsie ; tant que la tension
n'est pas revenue à la normale, on ne peut pas considérer la
malade comme guérie.
Fn cas d'éclampsie tardive.
M. Vaquez. — L'éclampsie éclata chez une femme lors du
retour de couches; les accès furent nombreux, mais la femme
guérit. Ces cas sont rares ; on en a signalé cependant.
M. Bonnaire n’attache, ainsi que M. Vaquez, aucune valeur
thérapeutique à la ponction lombaire dans l’éclampsie.
Du consentement préalable des malades en matière
d'intervention.
M. PtcQuÉ estime qu’il n’y a pas lieu de passer outreàla vo¬
lonté de la malade.
Excitation de la polynucléose par le sérum de Petit, dans les .
infections puerpérales.
M. Petit. — Dans 17 cas d’infection puerpérale, R. Petit a
expérimenté la production artificielle de la polynucléose par
le sérum de cheval chauffé. L’utérus étant vide, on y place une
mèche imbibée de sérum et contenant du sérum en poudre.
Dans le liquide gluant qui s’écoule, on voi t un très grand
nombre de polynucléaires contenant les mic robes dans leur
proto plasma.
Ce sérum, excellent milieu pour la vie cellulaire, est un
mau\ais milieu de culture pour les germes.
Musculature d'un membre imilformé chez un hemimèle.
M. F.vix (présentation de la pièce). Cyrille Jeannin.
LA VALEROBROMINE LEGRAND
est plus active que les bromures et les valé-
rianates.
120
LE PROGRÈS MÉDICAL
REVUE DE PATHOLOGIE GÉNÉRALE
Rédacteur spécial: M. le D'^F. RAMOND
I. — Nouvelles idées sur la matière ; par Léon Max. (Roussel
éd. 1904, Paris.)
C’est dans un petit volume de 40 pages seulement que
l'auteur fait le procès de beaucoup d’idées courantes sur la
matière ; c’est dire qu’il procède trop par affirmation, pas
assez par démonstration, chose d'ailleurs encore bien diffi¬
cile quoique prétende M. Max.
II. — La guérison du canosr ; par de B.acker. (Maloine, 'éditeur,
Paris, 1905.)
Il s’agit toujours de la thérapeutique par les levures,
qu’étudie l’auteur depuis plus de 15 ans. Mais ce ne sont
pas des levures banales, telles que la levure de bière ; ce
sont des levures extraites — plus ou moins aseptiquement —
des viscères de fœtus animaux, et cultivées dans de l'eau
sucrée. Pour de Backer, leur action sur le cancer est des
plus simples ; elles enlèvent à la tumeur le glycogène qu’elle
renferme en abondance ; celle-ci ne peut plus végéter, d’où
sclérose, puis guérison. Mais à ce compte, il y a tout lieu de
craindre que les levures ne se bornent pas à dévorer le seul
glycogène des tumeurs. Et alors. . . '!
III. — Rapport sur les recherches faites sur le cancer ; sons la
direction du College royal de Londres. (Librairie Taylor et Fran-
ces. Londres 1904.)
Ce premier rapport résume les travaux de MM. Bashford
et Murray ayant trait à la distribution zoologique du cancer
à sa transmissibilité, et aux divers caractères histologiques
des tumeurs en voie d’accroissement. Dd nombreuses figures
très claires et très nettes ajoutent à l’intérêt de ce conscien¬
cieux rapport.
IV. — Traitement par les rayons X de la leucémie ; par Cappes
et Smith. [The Journal, A. M A., 24 septembre 191)4.)
Cette thérapeutique ne s'applique pas aux leucémies
aigues, qui n’en retirent aucun bénéfice ; en revanche, elle
améliore les leucémies chroniques, surtout à type spléno-
mégalique. Il ne semble pas que l’amélioration obtenue soit
définitive, mais seulement provisoire.
4'. — Influence des infections sur la marche de la leucémie;
par Dock. (The amer. Journ.of the med. Sciences, avril 1904.)
Cette influence est assez variable. Souvent cependant, au
cours d’une complication infectieuse, telle que pneumonie,
grippe, etc., on voit la leucocythémie diminuer, en même
temps que le foie, la rate et les ganglion» tendent à repren¬
dre leur volume normal. Il y a donc parfois une améliora¬
tion apparente ; mais si le leucémique survit à l’infection,
la récidive est de règle. L’auteur se demande si l’on ne pour¬
rait pas, dans ces conditions, traiter la leucémie par des
injections de toxines microbiennes, dont la dose pourrait
être graduée ; ces recl-erches seraient tentées, peut être
avec succès, sur des animaux atteints de leucémie.
VI. — Observation d’un fibromyome utérin envahi par un
adéno-carcinome ; par Ch. Noble. [The am. Journ. of Obst.,
1994, n* 13.)
VIL — Statistique personnelle sur les opérations pratiquées
sur des diabétiques ; par Ch. Noble. [The am. med., 1903, n* 3.^
L’auteur met ses malades au régime antidiabétique avant
toute opération; dans ces conditions, les résultats opératoi¬
res sont satisfaisants. On ne doit cependant pas opérer un
diabétique arrivé à la phase do cachexie. F. H.
VIIl. — Travaux du laboratoire biologique de Manille. (Publi¬
cation du ministère de l'intérieur, Manille, 1904.)
11 serait trop long d’anaiyser chacun des mémoires publiés;
disons qu’ils se recommandent tous par leur sincérité, leur
indépendance des influences officielles ; car leurs auteurs
n’hésitent pas à critiquer s’il le faut les pouvoirs publics.
Signalons en passant les travaux qui nous ont paru les plus
intéressants.
La pesle existe-t-elle à l'état endémique à Manille ; par
Maximilian Herzog et Ch. Hare.
La péri-pneumonie bovine ; par P. Woollev et "W. Sorreli..'
La maladie de Pinto (sorte de dermatomycose) ; par p'
WOOLLEY.
Sur la Frambœsia (sorte de dermatite simulant la lèpre) •
par P. WoOLLEY.
Quelques remarques sur la biologie du spirille du choléra >■
par W, Wherry.
Rapport entre la virulence des microbes et leur pouvoir immu¬
nisant ; par U. Stro.nq.
Elude sur la vaccination cholérique ; par R. Strong.
IX. — Travaux de l'Institut de pathologie d'Helsingfors, réunis
sous la direction du professeur Ilonieu. (G. Fischer, édil.Iéna 190!.)
Titres des principaux travaux ;
Action de quelques' bactéries et de leurs toxines sur les nerfs'
périphériques, les ganglions spinaux et la moelle ; par le pro¬
fesseur Honieu.
Rôle favorable du trauma dans la localisation de lésions du
cerveau par des microbes ; par E. Ehrnrooth.
Action de quelques bactéries et de leurs tovines sur le foie;i
par M. Bjôrksten. *
Action du staphylocoque et de sa toxine sur la muscl -s ; par ^
M. Bjôrksten.
Action de certaines bactéries sur les reins ; leur filtration par
le rein ; par O. Streng.
Action des staphylocoques sur tes poumons ; par J. Silfvast.
Etude des toxines cachectisantes ; par Ü. Streng.
X. — L'érythrobacillus pyosepticus et les bactéries rouges ;
par L. Fortineau. (Th. Paris 1904, Jouve, édit.)
Le bacille fut isolé par Fortineau au cours de recherches
bactériologiques sur la désinfection du linae de corps ; il se
montre pathogène pour tous les animaux de laboratoire.
Peut-être devient-il virulent pour l’homme, et est-il la cause
de certaines formes de panaris rouges? Il subit de profondes
modifications par son passage dans des milieux contenant!
une faible dose d’antiseptique. L’auteur termine son cons- j
ciencieux travail par l’étude de diverses bactéries rouges
jusqu’ici signalées.
XL — Contribution à l’étude de la mioolonia ; par .1. Valobba.
(l’nion typographique, édit. Turin, 1901.)
11 existe une mioclonie infectieuse, due à des toxines
microbiennes, mais agissanttoujours sur un terrain prédis¬
posé par une dégénérescence nerveuse acquise ou hérédi¬
taire. Cette forme permet d’englober dans une même grande
classe les mioclonies connues et la chorée, car elle leur sert
de transition.
XII. — Recherches expérimentales sur les modifications du
sang après les injections de sérums thérapeutiques et de
sérum normal ; par H. KdGharavzewski. (.4 rc/i. Int. de Phar¬
macodynamie, 1904.)
L'action secondaire des sérums observée souvent à la
suite d’injections est due à l’influence des sérums, et no»
aux antitoxines qu’ils renferment. Le sérum antidiphtéri¬
que, pris comme exemple, provoque un léger abaissement
de la quantité d’hémoglobine et des hématies ; les petites
doses ne provoquant aucune modification des leucocytes f
les grosses doses produisent au contraire une certaine leu- |
cocytose, celle-ci étant surtout du type lymphocytaire; l6
sérum antitétanique semble provoquer plus tôt la polynu¬
cléose, tout comme le sérum antistreptococcique.
XIII. — L’anémie ankylostomiasique des mineurs ; par A-
Manouwicz. (Roussel éd., Paris, 1904.)
t L’avenirappartiendra au pays qui produira le plus de
houille, disait, il y a plus d’un siècle, le célèbre Beel ; mais-
ajoutait-il, celui-là en produira le plus qui assurera le mieuA
la vie et la santé des ouvriers. >> L’humanité et l’égoisme
s’associent donc ici, et justifient l’importance q‘.e l’u®
accorde à l’hygiène du mineur, dont un des fléaux les pi»®
terribles est certainement l’ankylostomiase. M. Manouvrier,
comme conclusion de son étude sur l'anémie des mineurs,
conseille une série de précautions hygiéniques des plo*
rationnelles qui tendent de plus en plus à être appliquées-
LE PROGRÈS MÉDICAL
121
x'iV. — Précis du paludisme; jiar .1. Crespin. (1 vol. Maloine,
édit. Paris, 1905.)
(je livre vient à son heure, alors que les entreprises de
colonisation si en voprue sont contrariées surtoivt par leur
éternel ennemi, le paludisme. Tout praticien, comme tout
colonial, a besoin d’avoir, condensées en quelques pa^es
clairement écrites, les questions qui se rattachent au palu¬
disme, maladie ubiquitaire par excellence ! Les découvertes
récentes sur la transmission delà maladie, par le moustique,
sur les diverses formes de l’hématozoaire, les déductions
touchant le traitement et la prophylaxie sont exposées avec
beaucoup d’exactitude, et les idées de l'auteur, tout en cor¬
roborant les opinions admises, donnent à cet ouvrage un
caractère original, qui en augmente l’attrait. Les graphiques
et la planche en couleur qu’il renferme, rendent encore sa
compréhension plus facile.
XV. — Hématologie et cytologie clinigues ; par E. Lefas. (1 vol.
J. -B. Baillière éd. Paris 1904.)
De plus en plus, les recherches de laboratoire deviennent
indispensables au clinicien. Mais le moyen, au milieu des
occupations de clientèle, souvent loin de tout centre d’in¬
formation, de se mettre, puis de se tenir au courant des
nouvelles découvertes ? Un des meilleurs est certainement
la lecture du petit manuel de M. Lefas, conçu en dehors de
toute idée dogmatique sur la nature ou la genèse des élé¬
ments cellulaires, ne traitant que des procédés de techni¬
que véritablement pratiques, qui ont fait leurs preuves, et à
l’aide desquels on peut obtenir des constatations sérieuses,
commodes et précises. On y trouvera également toutes les
données acquises en clinique sur la cytologie ; et de nom¬
breuses figures, soit en noir, soit en couleur.permeltront au
praticien le plus Inexpérimenté de pouvoir lire sans trop de
difficultés une préparation quelconque de sang ou de cellu¬
les exsudées.
XVI. — L'arthrltls avec ses diverses manifestations; rhuma¬
tisme, goutte, diabète, artério-sclérose. neurasthénie, affec¬
tions nerveuses, asthme, calculs, etc , est une maladie géné¬
rale, microbienne, transmissible. Prophylaxie, traitement ;
par Théophile Guyot. Préface de E. Besxieb. (l vol. Sleinlieil,
éd. Paris, 1905, 2" édil.)
La première édition de cet intéressant travail a été analy¬
sée ici-même, ily a à peine un an. Le succès qui l’accueillit
dès le début est le meilleur éloge ; et l’auteur a dû faire
paraître une seconde édition, dont la vogue sera tout aussi
grande. On connaît maintenant la théorie hardie de M. Guyot :
l’infection, dont la porte d’entrée est variable, est la source
de tout le mal ; elle nous explique l’arlério-sclérose tout
d’abord. Mais à côté de cette infection sanguine, il existe un
fond d’autres infections, celles des voies respiratoires et
digestives, susceptibles de se combiner à la première, pour
produire asthme, emphysème, lithiases, dermatites, arthrites
sèches, inflammations nerveuses. Ce qui caractérise surtout
ce second travail, c’est l’adjonction de nouvelles observa¬
tions confirmatives, et surtout de recherches microbiennes
qui donnent à l’ouvrage un appui scientifique souvent indis¬
cutable. Sans doute il serait prématuré de prétendre que la
démonstration est complète : — peut-être aussi l’auteur
n’iiisiste-l-il pas assez sur l’influence de l’hérédité, du ter¬
rain, des sécrétions toxiques de quelques glandes, dont la
surrénale. Mais il ne faut pas oublier que beaucoup des
manifestations arthritiques, telles que les lithiases, sont
d’essence nettement infectieuses ; et il n’est pas impossible
que ce qui est démontré pour les lithiases ne devienne pas
aussi évident pour la plupart des autres complications
arthritiques.
II- - Les médications préventives; par Nattan-Larrier.
■t vol. des Actualités médicales, Baillère, éd., Paris, 1905.)
L’auteur étudie les deux principales, la sérothérapie et la
pactériothérapie ou vaccination ; il passe en revue les
'ufections qui semblent en avoir tiré un certain avantage, la
diphtérie en première ligne ; puis le tétanos, la peste et le
choléra.
XVIII. — Les maladies des pays chauds; prophylaxie et hygiène ;
avec un appendice traitant de la vie au Brésil ; parC. MuziO.
(1vol. de la collection Ibcpli. Ilœpli, cd.. Milan, 1904.)
XIX. — Précis élémentaire d'anatomie pathologique ; par A,
Poui.AiN. (G. Sleinlieil éd. Paris 1905.)
Ce livre de pratique est destiné à l’étudiant désireux d’ap¬
prendre les matières de son programme ; aussi renferme-t-il
l’abrégé des connaissances nécessaires au diagnostic histo¬
logique, à l’œil nu et au microscope, des lésions principales
de tous les organes. Les discussions théoriques sont rédui¬
tes à leur plus simple expression, de même que l’étude de la
technique, utile seulement aux étudiants des laboratoires.
BIBLIOGRAPHIE
^ Le poignet et les accidents du travail ; parle D'' Destot.
Paris l*JUr).(\ igot frères, édit, i
Dans une plaquette de 13G pages, notre confrère Destotfait
uneétude complète des fractures du poignet. Après avoir in¬
sisté sur l’utilité de la multiplicité des épreuves radiogra¬
phiques d’une même région prise sous différents aspects, afin
d’avoir une idée bien nette de la disposition anatomique nor¬
male ou pathologique de l’organe blessé,rauteur met en garde
contre les anomalies ou les vices de photographie suscep¬
tibles d’induire en erreur quiconque est peu accoutumé à la
lecture de ces épreuves.
Faisant ensuite table rase de toutes les données physiologi¬
ques que nous avons jusqu’à présent apprises à connaître dans
nos classiques dont la clarté, soit dit en passant, n’est pas la
qualité dominante. Deslot montreque le grand os est en quel¬
ques sorte la clef d’une voûte formée par l’ensemble du carpe.
Par sa forme, et par sa position, le grand os qui se peut met-
i tre dans toutes les positions est le pivot autour duquel évolue
i le poignet pour prendre toutes les positions: flexions, exten-
1 sion, rotation, pronation et supination que prend la main
^ évoluant à l’extrémité du bras.
Le scapho’ide, sorte de cale, limite des mouvements trop éten¬
dus empêchant ainsi une exagérée distension des ligaments
et des tendons qui passent à ce niveau.
Deslot examine ensuite les fractures de l’extrémité infé¬
rieure du radius en insistant sur l’utilité pour le praticien de
connaître la situation du segment inférieur par rapport au
segment supérieur, le traitement en découlant aussi bien au
point devue de la réduction qu’au point devue des soins con¬
sécutifs à celle-ci.
Souvent, fait-il remaniuer, un fragment d’os qui ne peut
reprendre sa place primitive gène l’évolution de la guérison
et nécessite une intervention sanglante. Il faut le savoir et
surtout y penser pour éviterdes déboires ultérieurs,ainsi qu’u¬
ne accusation d’ignorance portée contre le médecin par les
profanes qui s’imaginent qu’il suffit d’examiner conscien¬
cieusement la fracture pour vaincre toute difficulté.
Les fractureset entorses du scapho’ide sont l’objet d’un
chapitre spécial dans lequel Destot fait rentrer l’étude des
fractures des autres os du carpe. La luxation enavant du se¬
mi-lunaire et la subluxation en arrière du scaphoïde sont
longuement étudiées, ainsi que les luxations médiocarpien-
nes. toutes choses pour lesquelles une intervention sanglante
s’impose souvent pour tout remettre en place.
L’auteurdans un chapitre spécial étudie les cas exception¬
nels rares à la vérité, mais qu’il n'en faut pas moins connaî¬
tre.
Le diagnostic différentiel fait l’objel d’une longue critique
de laquelle il ressort que le pronostic bénin des fractures
de l’extrémité du radius est un leurre. Destot le démontre
avec preuves cliniques à l’appui et insiste sur la prudence
dont l'expert ne devra jamais se départir en matière d’acci¬
dent du travail.
Tel cas, dit-il en substance, qui semblait anodin, a donné
plus tard naissanceà des troubles très importants. Il faut re¬
connaître que la plupart du temps il s’agissait d’une lésion
du carpe prise au moment de l’accident pour une lésion du
122
LE PROGRÈS MEDICAL
radius. Il a fallu parfois recourir à une résection osseuse
pour remettre toute chose en place tout en laissant subsister
une incapacitéde travail assez forte.
Ce mémoire bourré de documents ne peut, malgré sa clarté,
être analysé en détails. 11 faut le lire et le relire pour être pé¬
nétré de son importance. Les lésions du poignet sont peu
connues, pour ne pas dire inconnues. Peu de régions donnent
plus facilement lieu à des erreurs de diagnostic et à un pro¬
nostic plus sombre.Tous ces ennuis peuvent, par bonheur, être
facilement évités à la condition de porter un bon diagnostic,
chose moins difficile, grâce à la radiographie. Le traitement qui
en découle amène prescfue toujours une amélioration si sen¬
sible quele pronostic s’atténue au point d’en devenir presque
bénin. D'-Thébault.
Le Sud-Ouest parisien.Tuberculosa et tuberculisation ;
par leD'- Boi reii.i.e, avec la collaboration des médecins et
assistants du Dispensaire antituberculeux du S.-O. parisien.
Cette étude comprend l'examen social, médical et bactério¬
logique de lil3 personnes indigentes, parmi lesquelles 3(i9
tuberculeux, habitant presque toutes le W*’ arrondissement
de Paris (\augirard). Les observations sociales prises parle
D'' Boureille, directeur, et M. Dcsclefs, assistant social, ont porté
sur l’habitation, l’alimentation, les conditions de travail etles
ressources, l’immigration. Elles montrent que ces 1213 per¬
sonnes habitent des logements où l'air et le soleil ne pénètrent
presque jamais et que leurs ressources sont souvent insuffisan¬
tes. Qu’il nous suffise de citer les deux points suivants, parmi
les nombreuses statistiques de ce travail. 1“ Presque toutes les
personnes examinées habitent les étages inférieurs de maisons
de 5 et 6 étages, entourées elles-mêmes de maisons sembla¬
bles. L’étendue de 1 espace respirable et lumineux y est pres¬
que toujours insuffisant. 2“ ^ous trouvons 131 chômeurs sur
369 tuberculeux. Les salaires de ceux qui travaillent ne dé¬
passent pas, dans 58 cas sur 71,800 fr. par tête et par an, et
dans 229 sur 370, 2 fr. par jour et par tête. L’étude sociale en
bloc des quartiers où habitent ces 1.213 personnes montre
qu’elles ne sont pas l’exception, mais une simple moyenne
dans ce milieu.
L’examen médical pratiqué par tes D-^® (Juilloteau. chirur¬
gien, Acheray et Boutes, médecins du dispensaire, fait assister
aux signes constatés chez les 369 reconnus tuberculeux. L’exa¬
men bac tériologique et chimique, fait sous la direction de M.
Sautier, chef du laboratoire, montre un nombre relativement
faible de bacillaires. Enfin, les auteurs font constater les ré¬
sultats obtenus : crachoirs, désinfection de 153 logements. dé¬
sinfection hebdomadaire du dispensaire, isolementdes conta¬
gieux, déménagement de 52 familles, améliorations obtenues
dans 60 immeubles, congés accordés à des militaires, congés
payés par le patron à 4t malades, réduction des heures de
travail, salubrité des ateliers, envoi d’enfants à la campagne,
28 conférences dans les quartiers contaminés, secours accor¬
dés à 53 familles, 62 malades envoyés à la campagne, 6 en sa¬
natorium, 9 dans les services spéciaux de tuberculeux. Telle
est r œuvre, surtout sociale, accomplie par le dispensaire pré-
ventorium du 61, boulevard Garibaldi à Paris. Ce prévento¬
rium parisien est affilié à la Fédération anti-tuberculeuse
française et subventionné par la Mlle de Paris.
THÉRAPEUTIQUE
L'emploi thérapeutique de l’Hélénine dans les hôpitaux.
« J’ai expérimenté PHélénine à l’hôpital sur un certain
nombre de malades, dit Audhouî, médecin des hôpitaux,
dans la Thérapeutique contemporaine (avril 1882). Le ma¬
lade rend moins de crachats, expectore plus aisément, res¬
pire mieux, voit la toux diminuer, et, par conséquent, dis¬
paraître la douleur de poitrine, l’agitation, l’insomnie. » Et
Chéron, médecin de l’hôpital Saint-Lazare, ajoute dans sa
Revue médico-chirurgicale des maladies des femmes que l’action
de PHélénine est immédiate.
L’Hélénine s’administre à la dose de 2, 3, on 4 globules,
du D' de Korab, par jour.
VARIA
L'assistance médicale et la vaccine
en Afrique occidentale.
Le Journal officiel de l’Afrique occidehtale française, dans
son numéro du 25 janvier dernier, annonce que le budget
prévoit la création pour l’année 1906 de treize nouveaux pos¬
tes d’assistance médicale indigène qi^i seront confiés à de
jeunes docteurs français.
C’est la continuation de la grande téuvred’hygiène et de sa¬
lubrité entreprise par M. Roume. yfn nouvel arrêté la com¬
plète en organisant le recrutement èt l’instruction d’aides-mé¬
decins indigènes. lisseront destinés à rester sous la surveil-
lence du médecin européen dont ils ne doivent être que les
auxiliaires.
Pour être réellement utiles.ces aides seront recrutés locale¬
ment dans la colonie où ils doivent servir.. Leur instruction et
leur dressage doivent être l’œuvre des médecins qui les em¬
ploieront.
Le bagage scientifique qui leur est nécessaire doit être tout
pratique. Ils peuvent l’acquérir en servant en qualité d'élè¬
ves auprès des médecins de l’assistance médicale indigène,
dans les consultations et dans les dispensaires dont ceux-ci
sont chargés. Un stage hospitalier de quelques mois suffira
pour coordonner et généraliser utilement les connaissances
qu’ils auront acquises auprès de leur premier instructeur.
Ln examen probatoire, passé au chef-lieu après ce stage,
leur donnait, avec le titre définitif d’aides-médecins indigè¬
nes. l’investiture nécessaire pour être employés au service de
l’assistance indigène.
Désignés pour servir dans une circonscription, il appartien¬
dra à chaque colonie de leur faire une situation qui leur per¬
mette de mener une vie honorable dans le milieu indigène où
ils devront être placés.
Ils prendront leur part dans les soins à donner aux indigè¬
nes, et .seront des agents de pénétrationet d’information pré¬
cieux. Ils aideront leurs chefs à lutter contre les pratiques
des marabouts ou des féticheurss, répandront leur influence
et deviendront des propagateurs de premier ordre pour les
idées civilisatrices que nous nous efforçons de répandre en
Afrique.
Ün autre décret décide qu’il sera créé, dans chaque colonie,
au moins un institut vaccinogène, qui aura pour mission de
produire, à l’aide de génisses inoculées, le vaccin nécessaire
aux besoins de la colonie. En eflet, le vaccin importé de
France ou même de Saint-Louis, en tubes, n’est pas « accli¬
maté ». La lymphe devient stérile et les insuccès sont alors
fréquents. [Le Temps.)
Hygiène des stations hydro-minérales.
Le D'' Lucien Graux, 95, av. Kléber, membre de la Com¬
mission permanente des stations hydrominérales et clima¬
tiques du ministère de l’Intérieur et chargé par la Sous-
Commission d’hygiène de réunir tous les documents concer¬
nant l'hygiène des stations hydrominérales et climatiques
serait heureux de recevoir tous les documents concernant
cette question. (Rapports, travaux, arrêtés..
L’alimentation suffisante d’un homme et son prix de
revient.
Il paraît que les Parisiens d'il y a 60 ans consommaient à
peine chacun 20kilogr de viande par an ; aujourd’hui, lechif-
fre aurait doublé (38 kilogr par tête et par an en 1905). Est-ce
à cela que l’on doit la fréquence des appendicites et des enté¬
rocolites ? Le . l/a b'«, à propos de cette constatation, a demandé
au Pf Armand Gautier son avis sur l’alimentation de 1 homme.
L’espèce humaine, a-t il répondu est omnivore par son ins¬
tinct, par sa dentition, ses sécrétions, surtout par son besoin
d’activité.
D’aprèsM. Armand Gautier, les Hindous porteurs de dépê¬
ches parcourent, chaque jour, vingt lieues, allant de villes en
villes, et ne mangeant que du riz. Les paysans roumains et
russes travaillent aux champs de seize à dix-huit heures et ne
mangent que des legumes, du pain noir ou de la polenta, un
LE PROGRES MEDICAL
123
peu de fromage et d'ail. Les mineurs de l’Amérique du Sud,
les soldats turcs, les portefaix de Saloniqueet de Constantino¬
ple, tous hommes rudes qui transportent des fardeaux très
lourds, ne vivent que de légumes cuits, de riz, de figues, ne
touchent presque pas à la viande et ne boivent pas de vin.
Des trois régimes : carnivore, semi-carnivore, et anticarni¬
vore ce dernier est le moins cher. Un homme pourrait se
nourrir avec 70 centimes par jour par le régime semi-carni-
vore, et avec 35 centimes s'il est végétarien absolu.
Le régime végétarien absolu ne répond pas bien aux besoins
et aux intérêts des races européennes. Mitigé par l’adjonction
du lait, de la graisse, du beurre, des œufs, il a de grands
avantages. Il alcalinise le sang, acc élère les oxydations, dimi¬
nue les déchets organiques et les toxines qui nous empoison¬
nent. Ce régime moyen, qui emprunte au régime animal fort
peu d’éléments, épargne les maladies de la peau, l’arthrilis-
me, les congestions des organes internes . Il tend à transfor¬
mer les peuples, à les rendre pacifiques et non pas agressifs et
violents. 11 est pratique et rationnel.
M. Armand Gautier déclare qu’il doit être accepté si l’on
poursuit l’idéal de la formation et de l’éducation de races dou¬
ces, intelligentes, artistiques, et cependant prolifiques, vigou¬
reuses et actives.
Quels que soient les avantages hygiéniques du végétarisme,
dit le Matin, qui poursuit à ce sujet son enquête, il y a des
gens qui préfèrent une nourriture plus variée. Ils peuvent
se satisfaire sans dépasser les chiffres modestes. Une famille
de six personnes consommant 1.500 grammes de viande par
jour, six œufs et la quantité de légumes, de pain et de lait
nécessaire pour compléter ces premiers éléments, peut vivre
facilement pour 4 francs par jour. La dépense est au-dessous
de 70 centimes par tête et par jour, et la quantité de viande
consommée dépasse de plus de moitié la moyenne indiquée
pour l’année 1905. Elle s’élève à 89 kilos par tête et par an au
lieu de 38. Pour des personnes qui se contentent de la mo¬
yenne et absorbent seulement 50 grammes de viande par re¬
pas, soit 100 grammes par jour et 36 kilos par an, le prix de
la nourriture s’abaissera sensiblement. Il tombe à 23 cen¬
times par repas, 46 centimes par jour dans une famille de
six personnes. Il s’abaisse davantage encore quand le nombre
des repas préparés ensemble devient plus élevé. L ne expé¬
rience récente, dont les résultats sont contrôlés et certains,
permet d’affirmer qu’un restaurant populaire fournissant
30D repas dépotage, pain, plat de viande et plat de légumes
par semaine, peut, en couvrant toutes ses dépenses, y com¬
pris le loyer, le service, le chauffage et l’éclairage, fournir
des repas à 21 centimes l’un. Si le chiffre des repas servis s’é¬
lève à ,500 par semaine, le prix net de revient s’abaisse à 18 cen¬
times et demi.
Ces chiffres démontrent qu’il n’est pas nécessaire de réfor¬
mer complètement son régime pour vivre avec 37 centimes
par jour d’une façon hygiénique et satisfaisante.
Nous ne discuterons pas les chiffres donnés par le savant
rédacteur du Matin ; mais si théoriquement ils sont admissi¬
bles, dans la pratique ils reçoivent chaque jour de nombreux
démentis.
Installation du Conseil supérieur d’Hygiène.
Depuis le vote de la loi du 24 janvier dernier, le Conseil su¬
périeur d’hygiène a été reconstitué. 11 comprend comme mem¬
bres de droit les professeurs d’hygiène des facultés de méde¬
cine de Paris, de Lyon, Nancy, Toulouse, Montpellier, et
des écoles de médecine et de pharmacie de plein exercice
d'Alger, Marseille, Nantes et Rennes,
^ La séance d’installation a eu lieu, lundi 19 février, dans
l’après-midi, au ministère de l’intérieur, sous la présidence
de M. le !)■ Dubief, ministre de l’intérieur, qui, dans une
allocution, a indiqué le rôle des nouveaux membres du
Conseil ;
« Ils devront, a-t-il dit, apjairter au conseil le tribut de
^ir exjHuience, la connaissance des besoins régionaux et ils
^vront apporter aussi dans leur département l’écho des dé¬
libérations du conseil, créer des centres d’activité scientifique
'îii harmonie avec celui delà capitale. Ges professeurs d’hy-
S'ène dans les facultés et écoles de Paris et des départements
joueront un rôle essentiel ; les progrès de l’hygiène se mesu¬
reront au degré de connaissances qu ils feront acquérir aux
générations nouvelles. Ils prépareront ceux qui auront pour
tâche dans l’avenir d’assurer la complète application de notre
législation de 1902. dont on peut attendre le plus grand bien
pour la chose publique, le jour où seront dissipées les résis¬
tances opposées par l’égo’isme des uns, l’indifférence du plus
grand nombre. En dépit d’un retard très fâcheux, il y a lieu
de penser que, dans un bref délai, sera promulgué ledemier
règlement d’administration publique prévu par la loi de 1902,
le dernier et le plus délicat et le plus utile peut-être, celui qui,
dans chaque ville de plus de 20.0u0 habilants, organisera un
service municipal de désinfection et un service départemental
pour l’ensemble des autres communes moins peuplées.
Le 3 janvier dernier, a été promulgué le règlement d’.admi-
nistration publique relatif à « l’organisation et au fonction¬
nement des bureaux municipaux d’hygiène». Vous avez, dans
la séance de ce jour, à terminer cette œuvre législative, puis¬
que le décret laisse au conseil supérieur le soin de déterminer
quelles sont les « personnes aptes » à remplir le rôle de di¬
recteurs de ces bureaux d’hygiène et parmi lesquelles les
maires pourront exercer leur choix. \ ous aurez à arrêter au¬
jourd’hui la procédure que vous jugerez utile d instituer pour
vous acquitter du rôle particulièrement délicat que ce décret
vous a dévolu.
Sans aucun doute le choix de ces directeurs des bureaux
d’hygiène a une importance capitale : les conditions sanitai¬
res d’une ville pourront être en quinze ou vingt ans trans¬
formées si ce bureau est confié à un homme sachant unir la
compétence scientifique au souci des nécessités administra¬
tives.
La suppression de Saint-Lazare.
Le conseil supérieur des prisons a, sur un rapport de M.
Boudenoot, sénateur du Pas-de-Calais, décidé la suppression
de la maison de Saint-Lazare qui sera remplacée par une pri¬
son pour femmes que I on construira à Ivry. Le conseil supé¬
rieur n’a voulu statuer que sur la prison de droit commun.
Il s’est énergiquement opposé à la réunion de la prison de
droit commun avec l’établissement administratif et le dispen¬
saire où l’on maintient administrativement des' malades I au
nombre de 723 en 19ü4i.M.Roudenoota montré la nécessité de
considérer les malades comme des maladeset non comme des
criminelles. N 'est il pas étrange d être obligé encore au XX» siè¬
cle, de proclamer cette nécessité et de constater que notre ad¬
ministration a conservé des traditions médicales aussi bar¬
bares, traditions qui choquent à la fois le sens commun et la
dignité humaine.
M. Boudenoot a terminé son rapport par les conclusions
suivantes ;
1° Il n’y a pas lieu d’admettre, pour remplacer la prisonac-
tuelle de Saint-Lazare, ni en principe ni en fait, un seul éta¬
blissement réunissant dans une même enceinte générale, bien
que séparés par une rue intérieure, ainsi que .sous une même
direction constituant une unité administrative du service pé¬
nitentiaire : le quartier pénitentiaire, le quartier de détention
et les services hospitaliers (jui sont actuellement groupés à
Saint-Lazare ;
2° 11 convient, au contraire, d’édifier une maison d’arrêt et
de correction pour femmes, absolument séparée et distincte
de rétablissement qui sera affecté aux services administratifs
et hospitaliers ;
• 3» Cette maison d’arrêt et de correction peut être établie à
Ivry-sur-Seine.
Le conseil su|)érieur des prisons a adopté à l’unanimité ces
conclusions.
Sur la proposition de M. Grimanelli, de M. Sarrien et de
M. Baudoin, procureur général à la Cour de cassation, le
conseil, avec l’assentiment deM. Boudenoot. a ajouté :
Le conseil supérieur, en adoptant ces conclusions sur la
seule question dont il se considère comme saisi au point de
vue pénitentiaire, n’entend préjuger dans aucun sens la ques¬
tion, qui lui échappe, du caractèreà donner, dans un intérêt
général dont l’Etat ne peut se désintéresser, à l’établissement
séparé(|ui devra remplacer la section administrative de la
maison de Saint-I.azare.
124
LE PROGRÈS MEDICAL
Espérons que Saint-Lazare une fois disparu, et ([iie les cri¬
minelles auront été dotées d'une nouvelle prison, les malades
seront rendues à l’hôpital et que le médecin n'aura plus à ré¬
clamer pour le traitement de ses malades le concours des gar¬
des-chiourme. J. Noir.
La responsabilité des infirmiers.
Un huissier parisien, M. Philippe Ormaux, plaiJait, hier, à
l’audience de la septième chambre du tribunal, contre le directeur
d’une Société d’infirmiers, auquel il réclamait une somme de
1 ,000 francs de dommages-intérêts.
Il soutenait que le directeur avait engagé sa responsabilité en
lui envoyant comme infirmier un homme qui ignorait sa profession
et qui lui aurait fait superficiellement trois piqûres de quinine à
la jambe gauche, au lieu de les faire sous la peau, ainsi qu’il
convient. Après plaidoiries de Gatineau et Albert Roux, le
tribunal, présidé par M, Uciani, de répondre :
Attendu que Ormaux n’établit pas qu’en demandant un infirmier
il ait indiqué que cet infirmier devait avoir les connaissances né¬
cessaires pour pratiquer les injections hypodermiques : — que l’in¬
jection hypodermique constitue une opération de «petite chirurgie »
qui, d’après les usages reçus, doit être faite par le médecin
lui- même ou en sa présence et sous sa surveillance directe ; —
qu’elle peut, lorsqu’elle est pratiquée par une personne n’ayant
pas les précautions nécessaires, provoquer chez les malades des
accidents graves ; — que cette opération ne rentre pas dans les
soins que l’infirmier doit donner pour assurer l’exécution des pres¬
criptions du docteur.
L’huissier perd donc son procès. (Journaux politiques de février
1906.)
Ce fait montre la nécessité pour ceux qui veulent exer¬
cer la profession d’infirmier — et il en est de même pour les
femmes ~ de suivre les cours des Ecoles d’i nfirmiers et
d’infirmières, d’assister aux exercices pratiques et de faire un
stage dans un service de médecine et de chirurgie.
Statuts de la Société belge pour la propagation de la
crémation.
Article premier. — La Société belge pour la propagation de
la crémation, fondée en dehors de toutes préoccupations 'religieu¬
ses ou politiques, a pour but : de propager, en Belgique, la cou¬
tume de l’incinération des cadavres : de faire toutes études sur
la pratique de l’incinération : 3“ d’obtenir la reconnaissance lé¬
gale de l’incinération facultative des cadavres. Elle agira par voie
de conférences, de tracts, de brochures, de journaux, de concours,
d’expositions, etc. Elle créera une bibliothèque à l’usage de ses
membres.
Art. 2. — Les personnes majeures appartenant aux deux sexes
peuvent être admises, par la commission administrative, en qua¬
lité de membres de la société. Par le fait de leur adhésion, les mem¬
bres ne s’obligent nullement à prendre des dispositions en vue de
faire pratiquer sur eux-mêmes, à leur décès, l’incinération. La
commission administrative peut exclure tout membre qui no rem¬
plit pas ses obligations financières envers la société ou qui agit
contre les intérêts de celle-ci. Le membre démissionnaire ou exclu
perd tous ses droits sur l’avoir social.
Art. 3. — Les membres adhérents payent une cotisation annuelle
d’un franc ; les membres titulaires versent cinq francs au moins, les
membres donateurs font un versement unique et minimum de cent
francs.
Art. 4. — La société est administrée par une commission com¬
posée d'un président, de deux vice-présidents, d’un secrétaire-gé¬
néral, d’un secrétaire-adjoint, d’un trésorier et de trois membres.
Cette commission est élue annuellement par l’assemblée générale
qui se réunit obligatoireme.ut, dans le courant du mois de mars, à
l’elTet d’entendre le rapport de la commission sur la situation mo¬
rale et matérielle de la société.
Art. 5. — Il pourra être constitué, par la commission adminis¬
trative, des sous-comités en province chargés de l’aider dans la
propagande. Il sera formé à Bruxelles deux sections qui se préoc¬
cuperont : l'une de la propagande, l’autre de l'étude des questions
techniques, scientifiques et esthétiques.
Art. 6. — • Les présents statuts ne pourrontêtre revisésqu’à lama-
jorité des deux tiers des membres présents convoqués spécialement
dans ce but ; la dissolution de la société ne pourra être prononcée
que par les trois quarts des membres présents convoqués à cet
effet. En cas de dissolution, l’avoir social sera remis, sur décision
de l’assemblée générale, à une autre société belge de crémation
et, à son défaut, à une entreprise semblable étrangère. Siège so¬
cial : hôtel Ravenstein, Bruxelles.
— - — -
FORMULES
XIV. — Teinture d iode chloroformique.
Iode bi-sublimé . 1 gr.
Chloroforme pur . 10 cc.
Pour badigeonnages révulsifs. iChassevant).
XV. — Contre le rhumatisme aigu.
Salicylate de soude . 60 gr.
Sirop d’écorces d'oranges amères . ."lOO cc.
Cognac . 200 cc.
Alcoolature d’oranges douces . 75 ce.
Eau . 100 cc.
Extrait d’opium . 0 gr . 60
Cette solution est prise sans répugnance. Chaque cuillerée
à soupe contient 1 gr. de salicylate et 0 gr. 01 centigr. d’ex¬
trait d’opium. {Province Médicale.)
Actes et Thèses de la Faculté de Médecine de Paris.
Thèses de doctorat. — Jeudi i"' mars. — A/. Ehvinger : Contri¬
bution à l’étude des péritonites à pneumocoques et à streptocoques
primitives (MM. Dieulafoy, Le Dentu, Pozzi, Renon. — M. Binet:
Des luxations ouvertes de l’articulation du coude ;MM. Le Dentu,
Dieulafoy, Pozzi. Uenon. — M. Lequeux : Etiologie et pathogénie
des liémorragies graves <lu nouveau- né M.M. Pozzi, Dieulafoy, Le
Dentu, Maygrier.)
Examens de doctorat. — Jeudi, /" mars. —3' (P" partie, 1" sé¬
rie, Oral, Salle liéclard) : MM. Guyon, Bonnalre, Launois. — 3“
(1" partie, 2" série, Oral, Salle CorvisarP : MM. Berger, Thiéry.
Rrindeau. — 3" (P“ partie, 3‘ série, Oral, Salle Charcot' ; MM. Poi¬
rier, Riliemont-Dessaignes, Marion. — 3* (P* partie, 4“série, Oral,
Salle Richet) : MM. Bar, Hartmann, Rieffel. — 3* (2" partie, Oral,
Salle Pasteur) : MM. .loft'roy, Thiroloix, Guiart.
Vendredi, 2 mars. — (Médecine opératoire, Ecole pratique) ; MM.
Reclus, Sébileau, Proust. — 3" (2' partie, Laboratoire des travaux
pratiques d’anatomie pathologi(iue) ; MM. Blanchard, Desgrez, Le-
gry. — S’ (P” parlie, Oral, .Salle Charcot) : MM. Terrier, Potocki,
Cunéo. — 3’ (2" partie, Oral, Salle Corvisart) : MM. Joffroy, Bris-
saud, Macaigne. — 4* (Salle Pasteur) : MM. Pouchet, Richaud, Bal-
thazard. — 5" (Chirurgie, 1'" parlie, l’’’ série, Necker) ; MM. Kirmis-
son, Delcns, Lcgucu. — .'V" (Chirurgie. 1" parlie. 2‘ série. Necker) :
MM. Segond, Mauclaire, Gossel.
Samedi, 3 mars. — (Médecine opératoire, Ecole pratique) : MM. De
Lapersonne, Thiéry, Marion. — 3" (2" partie. Laboratoire des tra¬
vaux pratiques d’anatomie pathologique) : MM. Cornil, Guiart, Mail¬
lard. — 3" (1” partie, P’ série, Oral, Salle Béclard) : MM. Le Dentu.
Bar, Launois. — 3' (P" partie, 2° série, Oral, Salle Charcot) : MM.
Poirier. Bonnairc, Moreslin. — 4" (Salle Pasteur) ; M.M. Raymond.
Cliauteinesse, Vaquez. — 5' (2“ parlie. P" série, Beaujon) : M.M. Gil¬
bert, Mcry, Gouget. — 5" (2° partie, 2" série, Beaujon) : MM. Troi-
sier, Jeanselnie, Bezançon. — 5" (Obstétrique, l" jiarlie. Clinique
Tarnicr) : MM. .Maygrier, Ribemonl-Dessaignes, Brindeau.
NO^l^ES
Natalité dk Paris. — Du dimanche 4 février 1906 au samedi
10 février 1906, les naissances ont été an nombre de 1 .049, se dé¬
composant ainsi: légitimes 515, illégitimes 534.
Mortalité a Paris. — Population d’après le recensement de
1901 : 2.660.559 habitants. Les décès ont été an nombre de 984,
savoir : 508 hommes et 476 femmes. Les décès sont dus aux
causes suivantes : Fièvre typhoïde (typhus abdomin.) : 5. —
Typhus exanthématique : 0. — Fièvre intermittente et cachexie
palustre : 0. — 'Variole : 0. — Rougeole : 21. — Scarlatine : 3.
— Coqueluche: 8. — Diphtérie et Croup : 3. — Grippe : 11.
— Choléra asiatique : 0. — Choléra nostras : 0. — Autres
maladies épidémiques : 2. — Tuberculose des poumons : 192. —
Tuberculose des méninges : 30. — Autres tuberculoses : 22. —
Cancer et autres tumeurs malignes ; 57. — Méningite simple : 16.
— Congestion hémorrhagique et ramollissement du cerveau : 54.
— Maladies organiques du cœur : 77. — Bronchite aiguë : 10.
— Bronchite chronique : 23. — Pneumonie : 40. — Autres affec¬
tions de l’appareil respiratoire ; 122. — Affections de l’estomac
(cancer exc.) : 3. — Diarrhée et entérite deO à 1 an : sein : 6 ; au¬
tre alimentation : 6. — Diarrhée et entérite de 1 à2 ans : 1 . — Her¬
nies, obstruction intestinale : 2. — Cirrhose du foie ; 17. — Néphrite
et mal de Bright : 27. — Tumeurs non cancéreuses et autres ma¬
ladies des organes génitaux (femmes) : 3. — Septicémie puerpérale
(fièvre, péritonite, phlébite puerpérale) : 4. — Autres accidents
35» ANNÉE. 3' SERIE. T. XXII. N“ 9
BUREAUX ; RUE DES CARMES, 14
3 MARS 1906
Le Progrès Médical
SOMWAIRE: Thérapeutique :La médication phosphoacide au
point de vue biooliiinique, par Frenkei. — Pathologie chirur¬
gicale ; Les notions nouvellessurlevaricocèle, parDesohamps.
— Bulletin: Professeurset déontologie, par Noir ; Les pupilles
de l’assistance publique, par Graux. — Sociétés Savantes: So-
ciétédebiologie: Dooimasie pulmonaire, par Balthazard et Le¬
brun ; Résistance globulaire dans la lièvre bilieuse, par Vincent
et Dopter ; Pathogénie de la fièvre bilieusehémoglobinurique,
par Vincent et Dopter ; Nitrite d’amyle, par Plumier ; Extrait
d’intestin sur la pression artérielle, par Roger et Josué ; Anti¬
toxines spécifiques, par Charrin et Delamarre ; Hémoglobinurie
paroxystique, par Vidal et Rostaine ; Eosinophiles myéloïdes,
par Bloch et Aubertin ; Parotidite des hémiplégiques, par Gil-,
bert et Vaillaret ; Passage du chloroforme de la mère à l’en¬
fant, par Nicloux ; Infections paratypbiques en Tunisie, par Ni¬
colle et Cathoire (c. r. de Mme Edwards-Pilliet.) — Académie
de Médecine : (c. r. de A. -F. Plicque.) — Société de chirurgie :
Chirurgie des voies biliaires, par Terrier ; Corps étranger de la
bronche droite extrait par lirdnchoscopie, par Picqué (c. r. de
Catz.) — Société Médicale des Hôpitaux : Troubles fonction¬
nels du diaphragme dans la maladie des ptoses, par Glénard ;
Streptococcie et staphylococcie combinées, mort par abcès aréo-
laires du foie avec péricardite aiguë sérofibrineuse, par Letulle
et Verliac ; Statistique de scarlatine, par Sevestre (c. r. de
Friedel.) — Société de Médecine de Paris : Fragment d’épiploon
détaché de la masse épiploïque, fixé au fond d’un sac de hernie
inguinale et simulant une tumeur fibreuse de la paroi, par Cou-
dray ; Cancer du col utérin (c. r. de Buret.) — Bibliographie:
Précis de psychiatrie, par Régis. — Thérapeutique ; Traite¬
ment de l’empliyséme par l’héïénine. — ■ Varia : L’incinération
en Allemagne ; Projet de lutte contre la tuberculose à Paris par
l’hospitalisation. — Nécrologie : Le médecin -inspecteur géné¬
ral Léon Collin. — Formules. — Médaillons médicaux : Les
transfuges de la médecine, par le D» Deval, par Bourneville. —
Pharmacologie, — Actes et thèses de la faculté de mé¬
decine DE Paris. — Nouvelles. — Chronique des hôpitaux.
THÉRAPEUTIQUE
La médication phosphoacide au point de vue
biochimique 1 ) :
par M. FRENKEU docteur ès sciences.
La médication par l’acide phosphorique a eu (je ne
sais pas si elle en a encore) de chauds partisans et de
forts détracteurs.
Née d’une hypothèse urologique deM. Joulie, hypo¬
thèse basée sur une méthode analytique non soutena¬
ble, cette médication pouvait très bien ne pas parta¬
ger le sort de la méthode analytique.
L’on voulait nous démontrer que presque tout le
monde, le monde malade bien entendu, était hypoacide,
et qu’il était alors logique de combattre l’hypoacidité et
les maux qui s’en suivent, par un acide à qui l’on at¬
tribue des propriétés distinctes, en tant qu'acide, des au¬
tres acides minéraux. Le phosphore étant un constituant
important de l’économie, c’est l'acide phosphorique
qui devait être cette panacée presqu’universelle.
Je crois que tout autre acide minéral aurait les
mêmes litres que l’acide phosphorique à être choisi
pour combattre la prétendue hypoacidité. Les chloru¬
res etles sulfates sont-ils donc moins importants com¬
me parties constitutives du plasma sanguin et de tous
les organes sans exception ?
En diluUon convenable, la tolérance et l’intolérance
de tous les acides minéraux se valent.
Mais il importait de savoir quelle était l’action phy¬
siologique de l’acide phosphorique. Et sur ce sujet,
j ai en vain cherché un travail expérimental précis.
Si, je le répète, le dosage de l’acidité urinaire d’après
la méthode de M. Joulie est inexact, comme je crois
l'avoir démontré (2), et après moiM. Jégou (.2) et M.
Henri Labbé(4), la médication pouvait persister si son ac¬
tion physiologique offrait des avantages ou du moins
n’offi-ait pas à la longue un danger. C’est pourquoi j’ai
. (1) Coininuniealion f.iilc à la Société de Médecine de Paris, séanep
du 9 f.-vrier.
(8) M. Fhenkel. — Sur l’acidilé urinairr. Xnn. d'Ityd. méd. 1902,
'^7,3 eu.
Jégou. — Acidilé urinaire. Paris, 1901 (chez Coceoz).
\V Henri Labbé. — L'acidité des urines a l’elat physiologique,
■Presse Médicale, 1905, n* 67, p.531.
entrepris ce travail qui traite le sujet au point de vue
biochimique.
Le point de départ de ce travail a été une observa¬
tion de M. Joulie, d’après laquelle il a constaté un
jour dans son urine 1 gr. 80 d’ammoniaque, quantité
énorme, représentant environ le triple ou le quadru¬
ple de la quantité normale. La veille, il avait pris 50
gouttes d’acide phosphorique officinal. L’acidité de cet¬
te urine n’avait cependant nera d'excessif. Et il ajou¬
te que c’est précisément cette production fort exagérée
d’ammoniaque qui l’oblige, pour maintenir son acidi¬
té, à prendre de semblables doses d’acide phosphori¬
que.
Nous savons aujourd’hui que l’urine dont l’acidité
n’avait, d’après M. Joulie, rien d’excessif, est en réalité
fortement hyperacide.
Malheureusement, ni M. Joulie, ni aucun de ses
partisans, n’ont jamais publié une analyse contenant
le taux de l’ammoniaque urinaire chez leurs prétendus
hypoacides avant l’institution de la cure phosphoacide.
Pour des raisons théoriques, avant toute expérimen¬
tation, j’avais exprimé la supposition que ces grandes
quantités d’ammoniaque n’étaient nullement un phéno¬
mène primaire, mais bien un effet secondaire provo¬
qué par l’ingestion de l’acide phosphorique, et que le
traitement phosphoacide amenait un trouble métaboli¬
que qu’il allait ensuite combattre avec sa propre arme
et établir ainsi un véritable cercle vicieux.
Je puis apporter aujourd’hui les preuves expérimen¬
tales delà justesse de cette supposition. L’acide phos¬
phorique produit, comme un de ses effets, l’augmenta¬
tion considérable de l’ammoniaque urinaire.
J’ai expérimenté sur moi-même. Toutes les conditions
de fixité alimentaire ayant été prises, je fis une analyse
des urines, dans lesquelles notamment l’ammoniaque
fut dosé par une méthode rigoureuse. La production
d’ammoniaque en 24 heures a été de 0 gr. 378.
Après un intervalle de3 jours pendant lesquels j’ah-
sorbaisde l’acide phosphorique à raison de 45 gr. par
jour d’une solution à 3 je commençais le 4" jour,
tout en continuant l’ingestion d’acide phosphorique à
la môme dose, à recueillir l’émission urinaire en 24
heures.
La production d’ammoniaque a été de 0 gr.639.
130
LE PROGRÈS MEDICAL
Les dosages d'acide phosphorique et de l’acidité
totale ont donné ;
Pour la première analyse, 2 gr. 48 de P 205 ; 4,29
d’acidité en cc. de soude déci-normale.
Pourla deuxième analyse, 3 gr. 27 de P 205; 5 gr.33
d’acidité.
Il y avait donc, sous l'influence de l’acide phosphori¬
que absorbé, simultanément augmentation de l’ammo¬
niaque, des phosphates et de l’acidité.
Et ceci montre d’abord que l’ammoniaque n’est pas
une mesure de l’acidité urinaire, ensuite que l’excès
d’ammoniaque est fort bien compatible avec l’hypera-
cidie et, enlin, que l'exagération est une conséquence
directe de l’acide.
La raison de ce phénomène réside dans un principe
fondamental qui régit la conservation de l’organisme. II
importe d’avoir ce principe présent à l’esprit quand on
veut se rendre compte de l’action physiologique et thé¬
rapeutique des acides et des alcalins.
Ce principe consiste en la ténacité avec laquelle l’or¬
ganisme garde les bases alcalines, soude, potasse,
chaux, magnésie, qui sont indispensables à la vienor-
male. Des animaux nourris abondamment avec de la
viande ou avec des légumes, dont on avait artificielle¬
ment extrait des matières minérales, périssent rapide¬
ment.
L’oxydation des aliments riches en soufre et en phos¬
phore mène à la formation d’acide sulfurique et phos¬
phorique qui, pour se saturer, déminéralisent les tis¬
sus. Mais l’organisme garde jalousement ses alcalis
fixes et lorsque la quantité d’acide, que celui-ci pro¬
vienne des oxydations dans l’organisme ou de l’inges¬
tion directe, atteint un taux excessif, alors entre en jeu
un mécanismededéfense. L’excèsd'acide ne trouve plus,
pour se saturer, les alcalis fixes gardés jalousement par
les tissus, et c’est l’ammoniaque qui vient saturer les
acides en excès. D’où provient cet ammoniaque ? Du
carbonate et du carbonate d’ammoniaque, qui sont des
produits intermédiaires de la désassimilation des matiè¬
res albuminoïdes et qui, normalement, subissent dans le
foie la synthèse dont le produit est Yurêe.
C’est une vaine illusion de s’imaginer que l’acide
phosphorique, administré comme médicament, puisse
faire exception à la loi de l’action des acides. Je crois
avoir démontré que l’organisme se défend contre l’at¬
teinte que vient porter l’acide phosphorique à sa réserve
des matériaux alcalins fixes et qu’il réagit en abandon¬
nant à l’acide une partie de la combinaison ammonia¬
cale qui est ainsi soustraite à la synthèse en urée.
Il est évidentquela neutralisation ainsi produite n’est
que relative. L’ammoniaque se combine avec l’acide
phosphorique pour former du phosphate mono-ammo¬
niacal, du phosphate acide, et c’est ce sel que nous
trouvons en abondance dans l’urine après absorption
d’acide phosphorique.
On comprend donc la compatibilité absolue de l’hy¬
peracidité et de l’excès d’ammoniaque dans l’urine.
Il s’agissait à présent de savoir si la formation de sels
ammoniacaux dans l’organisme et leur élimination par
le rein était proportionnelle à la quantité del’acide phos¬
phorique ingéré.
A cet effet, je lis une seconde série d’expériences sur
moi-même.
Après 12jours, l’équilibre alimentaire ayant été com-
plètenyent rétabli, l’analyse fut faite et, aussitôt après,
je commençai à absorber de l’acide phosphorique à
dose environ deux fois plus forte que lors de la pre¬
mière série d’expériences.
J’ai trouvé : avant l’acide phosphorique, 0 gr. 415
d'ammoniaque en 24 h. ; après l’acide phosphorique,
0 gr. 828 d’ammoniaque en 24 h.
L’augmentation de la dose d’acide phosphorique pro¬
duit donc une augmentation à peu prèsproportionnelle
d’ammoniaque.
Le tableau qui suit résume les résultats obtenus en
ce qui concerne la question qui nous occupe.
hi/luence de l'acide phosphorique sur laproduction d’ammonia¬
que et sur quelques autres caractère des urines.
8-0 Janvier. — Equilibre alimentaire. Analyse 1 A.
10 Janv. 10 h. 4r) m. fj cc. ac. phosph. à 3 % eflâcc. d’eau.
3 h. 4,-) s. là cc. » .) .)
. 0 h. 30 s. 1.-) ce. » ')
11 Janv. 11 h. m. IT) ce. » » »
3 h. 30 s. 13 cc.
7 h. s. 10 cc. X » »
12 Janv. 2 h. 3.7 s. 12 cc. » i> »
4 h. 4.7 s. 1,7 cc. » .)
7 h. s. 1.7 cq, » » »
12-13 Janv. Analyse 1 B.
2'i-25 Janv. Equilibre alimentaire. Ajouté au régime du 8-0
janvier, 300 cc. de thé sucré. Analyse 2 A.
2.7 .lanv. Il h. m. 30 cc. ac. phosph. à 3 % et70cc. d'eau.
3 h. s. ;i0 cc. , » .. »
7 h. s. 30 cc. )) .1 O
2G Janv. 0 h. 30 m. 30 cc. » » »
Midi 1.7 cc. t „ ■!
7 h. s. 30 cc. » >1 „
20-27 Janv. Régime comme 24-2.7 janvier. Analyse 2 B.
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[Volume (en cc. à 1.7“) . . .
1342
1525
2030
Acidité [CC. de soude
•);100 4,29.7
,7.3r)8
3,510
6,902
;.\cide phosphorique. . . .
. .gr. i 2,484
3,270
2,348
4,959 1
i (en 0^1.
Ammoniaque (en Az 4^)
..gr. 0,378
0,639
0,415
0,828
Urée . .
..gr.i —
20,020
17,320
1 Quantité d'acidephosphoriquei
1 absorbé dans la journée dei
1 1 expenence .
. 1
0,924
1,050
1 Quantité d’acide phosphorique
éliminé en plus .
.
0,754
1,611 1
Il Rapport de l uree a l ammo- |
49 : î
21 : 1
Quantitéd'eauabsorbéee
nplus
avec l’acide phosphe
rique
1 dans la journée de lexpe-i
Il nence .
.
117
37,7
1 Quantité d’eau éliminée e
nplus
100
,705
On peut tirer de ces données les conclusions sui¬
vantes :
1. Contrairement aux affirmations des partisans de
la médication par l’acide phosphorique, ce dernier n’est
pas assimilable. 11 s’élimine en totalité.
2. L’acide phosphorique exagère et l’acidité urinaire
et la production de l’ammoniaque, celui-ci au détri
ment de l’urée. L’ammoniaque ne peut servir de mesu¬
re de l’acidité. L’urine peut en même temps être hyper-
LE PROGRÈS MÉDICAL
131
acide et hyperammoniacale sous forme de sels ammo- i
niacaux acides. j
3. C’est prendre l’effet pour la cause que de s’obsti¬
ner à administrer des doses de plus en plus élevées d’a¬
cide phosphorique sous prétexte de faire baisser le taux
de l’ammoniaque : plus on prendra d’acide et plus on
aura d’ammoniaque, en vertu du mécanisme de défense
qui fait garder à l’organisme ses alcalis fixes.
4. L’acide phosphorique n’est pas capable d’augmen¬
ter la diurèse.
5. L’acide phosphorique fait baisser le taux d'urée,non
seulement par suite de la soustraction d’une partie de
composés ammoniacaux à l’action synthétique du foie,
mais au-delà, d’une façon absolue, par suite du ralen¬
tissement des oxydations. Tandis que dans l’urine nor¬
male le rapport de l’urée à l’ammoniaque fut trouvé de
49.1, dans l’urine; après le traitement phosphoacide, ce
rapport n’a été que de 21.1.
INous avons vu quelle importance prend, dans cer¬
tains cas, la détermination de l’ammoniaque urinaire.
Celte détermination est trop négligée.
Généralement, dans le dosage de l’urée par l’Iiypo-
bromite,ron oublie qucce réactif décompose aussi l’am¬
moniaque. Les erreurs peuvent être quelquefois consi¬
dérables. Pour s’en rendre compte, il suffit de remar¬
quer que les diabétiques, foMs fortemenl hypcracides
commeje l’ai pu constater à l’occasion d’une statisti¬
que des hyperacides, que je viens de communiquera
l'Académie de Médecine, éliminent jusqu’à dix gram¬
mes parjour d’ammoniaque-
L’on commet donc une forte erreur, dans les cas pa¬
reils, en mettant au compte de l’urée ce qui revientà
l’ammoniaque.
L’excès de l'am.moniaque urinaire est sous la dépen¬
dance de deux facteurs qu'il importe nettement de dis¬
tinguer.
C’est d’abord une acidité exagérée des humeurs, aci¬
dité artificielle, comme dans lecasdela médication phos¬
phoacide, ou hyperacidité constitutionnelle, caractère
propre aux maladies par ralentissement de la nutrition.
Ensuite, c’est l’insuffisance de l’activité hépatique qui
est une cause indirecte de l’accumulation dans le sang
des sels ammoniacaux, qui apparaissent en grande quan-
titédans lesurines. Le flot sanguin peut apporter aufnie
les produits de la désassimilation des matières protéi¬
ques; l’organe lésé fonctionneliement ou anatomique¬
ment, n’est pas capable d’accomplir la synthèse deTurée
ou ne l’accomplit que dans des limites restreintes, et
voilà réalisé le phénomène de \ hyperamuionie .
N’y a-t-il pas là un moy’en nouveau de saisir une
anomalie débutante ou plusou moinsavancéede l’insuf¬
fisance hépatique’.^ Il suffirait d’abaisser l’hyperacidie si
elle était constatée par l’administration des alcalinsqui,
nornaalement, produisent une baisse considérable de
1 ammoniaque urinaire en fournissant aux acides for¬
més dans les oxydations intraorganiques des bases fi¬
xes, sans qu’il soit porté atteinte à la minéralisation ni
à la synthèse des tissus deTurée.
Si, dans ces conditions, Thyperammonie persistait,
Tonpourraitconclure à Tinsufiisance hépatique.
. C’est auxrecherches cliniques ultérieuresqu'ilappar-
tientde porter un jugement sur la valeur de ce nouveau
®igne pathognomonique.
N A RC Y L G RÉMY médicament spécifi-
*îuede la toux, spécialement de la toux des tu¬
berculeux.
PATHOLOGIE CHIRURGICALE
• Les notions nouvelles sur le varicocèle ;
Par le D' Henri DESCHAMPS.
Deux articles récents, l’un du D'' Dudley-Tait (1),1905;
l’autre du D'' A. Pélicier (2), 1906, sont pour moi l’oc¬
casion d’exposer brièvement les notions nouvelles re¬
lativement au varicocèle des adolescents. Des données
d’ordre différent, pathogénique, clinique, du théra¬
peutique dont nous avons pris connaissance, il ressort
clairement qu’avec le présent siècle, la maladie banale
en question, entre définitivement en une phase bien
différente de celle où elle était jadis, grâce surtout aux
importants travaux de notre maître, le professeur
L. Longuet (3). Ses visées principales se résument à
ceci :
tï 1. Notions pathooéniqües. Au point de vue
pathogénique, » le varicocèle est uae aplasie fibro-
musc 'ulaire gënito-scrotale », à prédominance gauche
(Longuet), formule précise en contraste avec les hypo¬
thèses vagues d’antan réun’ies sous le qualificatif né¬
buleux de maladie essentielle, idiopathique.
1“ C’est une aplasie ; c’est-à-dire un arrêt de déve¬
loppement des tissus fibreux et musculaires lisses.
Observons attentivement, comparons avec l'état sain.
Nous voyons, chez le varicocélique, que l’appareil de
soutènement génital, que celui de suspension sont
amincis, grêles, aplatis, allongés, distendus, flasques,
atones, en insuffisance physiologique.
2’ L’aplasie est génito-scrotale. Sans doute, elle
frappe les veines, elle prédomine dans la paroi vei¬
neuse et lacharpente valvulaire . Mais elle s’irradie aussi
à la sphère génito-scrotale entière. En fait, le testicule
est souvent petit, atrophique, arrêté en son évolution.
Et cela dès le principe, en dehors de toute action
traumatisante accidentelle, de toute intervention opé¬
ratoire destructive des artères nourricières. Or, de cette
aplasie glandulaire, découle immédiatement l’expli¬
cation de multiples symptômes jusqu’ici nettement
constatés, mais nullement interprétés dans leur ge¬
nèse. Nombre de troubles mentaux ou de croissance
ressortissent à une insuffisance testiculaire, témoi¬
gnant d’une hyposécrélion externe et surtout d’une
hyposécrétion interne, la glande fonctionnant mal en
tant que glande vasculaire sanguine.
Des lésions veineuses et testiculaires, rapprochons
maintenant d’autres altérations similaires, ■ également
aplasiques, disséminées dans tout l’appareil de con¬
tention (couche musculaire lisse du scrotum, du dartos,
couche musculaire striée du cremaster (4), fibres conjonc¬
tives de la fibreuse commune) —et dans Tappareilde sus¬
pension (relâchement du mésotestis,des fibres conjonc¬
tives de ce cordon, raréfaction atrophique des fibres
musculaires lisses du cordon, voire même relâchement
(1) üi i)LEy-Taiï. — A conlribulion lo lhe study of vai-icocelo.
California State Journal of meiieine, décembre, 1904.
(i) PÉLiciF.ii (A.). —Résullals éloignés de la Iransgosilion leslicn-
laire à la Longuel Progrès médical, n” d. p. 8S. 1000.
(3) LONdUKT (L.) —De la phlébilc variqueuse du cordon el son
trailement par pblébectoiiiie. Presse médicale, u" 0, p. 88, 1090.
Chirurgie radicale du varicocèle (conception, méthode Ibéra-
pculi(|ue, procédés opératoires classiques) Gazette des hôpitaux,
10 et 20 juillet, n" 80 el 83, 1001.
Chirurgie réparatrice du varicocèle (avec 3 ligures;. lu Thèse de
Pélicier, Paris 1002. et Presse médicale, 13 septembre, n'’74, 1902.
(4) J.-L. Petit incriminait l’insuflisance du seul muscle cre¬
master. M.\c, CiiAW. 1802. défenil la même opinion. Dudley-Tait,
1904,lui accorde une réelle valeur.
132
LE PROGRÈS MÉDICAL
des plans fibreux inguinaux), d’où la possibilité d’une
série de modalités anatomo-cliniques, en rapport avec
la localisation du processus aplasique à tel ou tel des
plans précités.
S" L’aplasie'enfin est congénitale (1). L’observation
des malades démontre souvent la coexistence d’une
pointe de hernie inguinale, d'un affaiblissement des
aponévroses abdominales, d’une hydrocèle, d’un phi¬
mosis, d’un pied plat, d’une scoliose légère datant de
l’enfance ; antant de stigmates disséminés d’une mal¬
formation congénitale tardive en son apparition cli¬
nique, contemporaine de la puberté, c’est-à-dire de la
rapide poussée des organes génitaux. Ainsi l’affection
prend place à côté de la hernie inguinale congénitale.
C’est en quelque sorte une hernie localisée dans les
tissus de l’appareil génital. Telle est, d’après Lon¬
guet, la pathogénie de la maladie varicocélique,
notion nouvelle qui comporte plus qu’un intérêt doc¬
trinal. car elle entraîne une rénovation complète de
la thérapeutique (2).
§ 11. Notions cliniques. — Le tableau classique
magistralement tracé parles anciens, demeure intégra¬
lement debout en ce qui concerne la partie fondamen¬
tale de l’affection, c’est-à-dire la tumeur varicocélique
elle-même avec ses caractères objectifs. Toutefois il
doit être complété aujourd’hui sous le rapport des
formes cliniques, sous celui des lésions concomitantes
à distance, sous celui surtout des troubles nerveux. 11
nous faudrait, pour être complet, parler aussi d’une
complication bien étudiée : la phlébite du cordon,
^lais cette dernière à elle seule exigerait un chapitre
spécial .
En ce qui concerne les formes cliniques. Lon¬
guet distingue, d’après la prédominance . mais non
Tcxclusivismfe de l’aplasie sur les différents plans : un
varicocèle veineux antérieur (ou du groupe antéiieür
des veines spermatiques) — un veineux postérieur (ou
du groupe postérieur des veines spermatiques) — ■ un
veineux inférieur, ramusculaire (ou des veines de la
queue de Tépididyme (varicocèle de Doumenge, péri-
épididymite de Mignon et Sieur), des veines albugi-
niques,et des veines intra-testiculaires, — ou veineux
supérieur, inguino-abdominal (ou des gros troncs
veineux spermatiques) ; — un varicocèle des enveloppes
(ou scrutai avec ou sans développement ectasique des
veines sous-cutanées), — enfin un varicocèle com¬
plexe total, généralisé, où tous les plans sont intéres¬
sés à des degrés divers depuis le plan des veines jus¬
qu’au scrotum inclusivement.
Relativement aux lésions concomitantes, rappelons
la fréquence d’un pied plat, • d’une scoliose, d’une
pointe de hernie inguinale, en sorte qu’au lieu d’une
maladie purement locale, nous arrivons à la conception
d’une maladie généralisée, à manifestations multiples
mais à prédominance sur la zone génito-scrotale gau¬
che. D’où la dénomination plus exacte de « maladie
varicocélique ».
Au point de vue des troubles nerveux, signalés mais
(1) Pour Escat, le varicocèle est une aplasie congénitale des
veines du cordon. Or, nous venons de voir que les veines du cowlon
sont loin d cire le seul tissu inléressé. Pour Longuet, le varicocèle
est plus qu’une aplasie de l'appareil guluM-naculaire, mais une
aplasie conjonctivale génito-scrotale. Or,la tiuaiice est grande entre
ces deux formules de. couipréliension très dilTérente. Les consé-
quenees tliérapeiiUques qui en découlent sont dissemblables.
(2) C.onime notion étiologique nouvelle, relative à la fréquence,
Si;nx examinant 9,81.") recrues pour la guerre hispano-américaine
trouva le varicocèle chez 2.018 sujets, ta moitié de ceux-ci igno¬
raient lutalemciit leur étal.
non étudiés par les anciens, nous savons aujourd’hui
qu’ils reconnaissent en partie pour cause une insuffi¬
sance fonctionnelle du testicule en tant que glande vascu¬
laire sanguine. Cliniquement, la névropathie des varico-
céliques est de forme, et de gravité variables. Chez les
non aliénés, il y a : 1° des varicocéliques hystériques
(Longuet). Ceux-ci présentent tous les stigmates de la
névrose telle qu’elle a été décrite par l’école de la Sal¬
pêtrière, rétrécissement concentrique du champ vi¬
suel, dyschromatopsie, anesthésie sensitivo-sensorielle,
algies disséminées, anesthésie pharyngée, etc. L’in¬
tervention peut ici donner de bons résultats si l’hys¬
térie est légère et de moyenne intensité .
2° Des pseudo-varicocèliques hystériques on névro¬
pathiques (Picqué) (Ij : il s'agit de malades souffrant
beaucoup d’un varicocèle imaginaire et réclamant la
suppression de la tumeur supposée. Or, l'opération
doit être refusée, d’abord parce qu’il n’y a aucune
lésion ; ensuite parce que l’orchialgie ou névralgie tes¬
ticulaire persiste après l’exérèse.
Soit encore les cas d’aliénés. Le varicocèle s’ob¬
serve chez des hypochondriaques à forme légère. Ce
sont des impressionnables, des déprimés légèrement
neurasthéniques. Ou bien même la forme est plus ac¬
centuée : il y a des tendances continuelles à la mélan¬
colie, du délire mélancolique. Or, d’après Picqué, les
malades de cette, catégorie peuvent bénéficier de l’opé¬
ration.
Restent les vésaniqucs-hypochondriaqiies, porteurs
de varicocèle. Ce sont des malades très déprimés, ayant
la manie du suicide, persécutés-persécuteurs. Ici l’abs¬
tention est de rigueur i Picqué).
Ajoutons que parfois l’état névropathique ou celui
de neurasthénie génitale n’ont avec le varicocèle qu’u¬
ne relation purement fortuite, de simple coïncidence,
sans rapport de cause à effet ( Longuet ).
111. Notions THÉRAPEUTIQUES. — ATantique no¬
tion de « tumeur hargneuse » qui pendant 19 siècles
conduisit les chirurgiens à traiter le varicocèle par
l’exérèse sous différentes formes (2), Longuet, comme
déduction de la conception d’effondrement ectasique,
a substitué la cure opératoire réparatrice, correctrice
ou de consolidation avec conservation. 11 renforce
les plans défaillants, mais n’enlève rien. Or, cette
thérapeutique nouvelle gagne du terrain. Elle compte
parmi ses défenseurs les professeurs Parona i3). 1898
(Italie) ; Dudley-Tait (4) 1901 ( Etats-l'nis) ; Phocas (5)
1902 (Grèce) et leurs élèves.
Mais tout en visant le même but de consolidation,
les techniques diffèrent. Elles se groupent autour de
deux méthodes opératoires :
A. L’une, la plus ancienne, recherche exclusivement
la fixation de la glande. Elle estpurerpent orchidope-
xique. Pressentie dès 1896 par Zœge-Manteuffel (de
Dorpat) qui pour suspendre le testicule, avait proposé
de faire traverser la paroi abdominale parle cordon
en un point plus élevé que le trajet inguinal, l’orchido-
pexie simple asurtoutété préconisée par Parona qui
suspend la glande autour et au-dessous de l'orifice in-
(1) l’icijfÉ. — Vapîcoeèle t‘I obsession. Progrès médical, n" 15,
15 avril 1905.
(2) En outre des récidives après soroteclomie déjà inenlionnées
dans le mémoire de Lonjruel. nous enregistrons d'autres cons¬
ultations analogues de Dudley-Tait.
(8) Paroxa ; Policlinico, 15 janvier 1809.
(4) Dudley-Tait (loco-citato). Dès 1901, ce chirurgien s'est rallié ù
la méthode pexique par transposition testiculaire.
(5; Phocas. — Congrès Français de chirurgie, octobre 1903.
LE PROGRÈS MEDICAL
133
guinal externe par l’intermédiaire de la vaginale re¬
tournée enfermant ainsi la tumeur variqueuse dans ce
sac lâche où elle s’étale à l'aise. Mauclaire (1), plus ré¬
cemment. a imaginé la fixation du testicule à celui du
côté opposé « véritable synorchidie ». Entin Pliocas,
respectant la vaginale, juge utile de sectionner le liga¬
ment scrotalpour faciliter l’orchidopexie. Nous croyons
au contraire de bonne pratique de respecter ce ligament
avec les vaisseaux qu’il renferme, vaisseaux nécessaires
• pour assurer à la glande déjà en état de vitalité précaire,
' le maximum de source nourricière.
B. L’autre méthode, considérant l’orchidopexie seule
comme insuffisante en l’espèce, associe en une même
combinaison polypexique toute une série de fixations.
Telle est l’opération de Longuet, adoptée par Dudley-
Tait, qui, à la fixation testiculaire par transposition,
ajoute plusieurs consolidations. Ainsi ces chirurgiens
, maintiennent les veines dilatées dans une gaine cons¬
tituée par la vaginale (phlebopexie). Ils fixent le testi¬
cule par 2points de suture haut sur la cloison (orchi-
dopcxie). Ils rétrécissent l’orifice inguinal externe gé-
néralement dilaté (inguinopexie). Enfin ils suturent
. transversalement l’incision cutanée longitudinale pré-
funiculo-inguinale, ce qui rehausse le scrotum en l’é¬
largissant (scrotopexie). En résumé, l’opération de Lon¬
guet réalise Mn&plilébo-orchido-inguino-parietopexie.
Ici, je m’arrête, ne voulant point aborder les détails
detechnique ni l’étude des résultats éloignés conférés
; par la thérapeutique correctrice (2). Qu’il me suffise de
i dire que, pour apprécier sa valeur, il faut avoir soin de
[ dissocier le résultat contre l’élément douleur, le résul-
i tat contre l’élément tumeur vmriqueuse, enfin le résultat
! morphologique au point de vue du scrotum. 11 y a là
1 trois points qui demandent à être envisagés séparément,
[ trois effets distincts qu’une évaluation globale risque
[ de laisscrdansl’ombre.
BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL
Professeurs et déontologie.
En inaugurant récemment le nouveau Cours de clini¬
que chirurgicale annexe de l’IIôtel-Dieu, M. le D'" Güi-
î*ARD,le distingué chirurgien chargé de cet enseigne-
®ent, a pris l’heureuse initiative de commencer ses le¬
vons par des conseils sur les devoirs des élèves dans
les hôpitaux. Ces conseils ont porté sur les rapports des
étudiants avec l’administration, avec les malades, avec
les médecins étrangers au service, avec le chef de ser¬
vice lui-même. M. Guinard, « au risque, a-t-il dit, de
Paraître un peu poncif et prudhommesque » a conseillé
^ ses élèves l’économie et a blâmé le gaspillage dans
pansements. Il a recommandé la bienveillance, le
vespect, la douceur à l’égard des malades, la plus
grande discrétion et la délicatesse la plus courtoise
ans les examens cliniques quand il s’agit d’une
®nime. U a déploré la froideur avec laquelle on ac-
■*^|>eillait les médecins étrangers et exigé à l’égard du
^ efde service la franchise la plus grande et la vérité
plus absolue dans les observations recueillies.
î'ni„?^'VC'..4inK. — Le traitement des varicocèles. Orehidoi)e.\ies.
fj TÎr wedjcj/e, septembre-octobre 1903.
■de ei'^®"uporlantes questions feront l’objet d'une nouvelle «i
- U enquêtes de la part du D'A. Pélicier.
Fin donnant ces excellents conseils, vous n'avez en
rien, mon cher maître, paru ridicule, poncif ni
prudhomnesque. En choisissant, pour inaugurer votre
cours, pareil sujet, ce n’est pas à vos seuls élèves que
vous avez donné une bonne leçon, mais surtout à cer¬
tains de vos collègues qui, trop systématiquement, pa¬
raissent ignorer qu’ils sont à la fois les instructeurs
scientifiques et les éducateurs professionnels de la jeu¬
nesse médicale.
Et ce n’a pas été sans une très légitime satisfaction
que nous vous avons vu aborder l’exposé des rapports
qu,e les élèves des hôpitaux doivent avoir avec les mé¬
decins étrangers au service, les praticiens de la ville,
amenés à l’hôpital par le désir de s’instruire ou parles
nécessités de la clientèle. Eu apprenant à l’étudiant à
ne pas considérer le praticien comme un intrus, un
gêneur, et le mettant en garde contrôles réflexions in¬
discrètes, contre les critiques déplacées faites sur un
diagnostic ou un traitement, en lui montrant tout le
tort qu’il peut faire sottement à un médecin et toute la
déconsidération qui en rejaillit sur le corps médical,
vous avez fait la plus belle des leçons qu'un profes¬
seur de clinique puisse faire. Certes, nous n’attendions
pas moins de l’ancien président du Syndicat des méde¬
cins de la Seine, si généralement estimé.
Cette leçon de belle et bonne déontologie nous con¬
sole du manque de courtoisie et de bonne confraternité
dont certain professeur de la Faculté vient de faire
preuve, s’il faut en croire l’ordre du jour suivant du
Conseil d’administration de notre Syndicat médical :
Le Conseil d’administration du Syndicat des médecins de
la Seine, considérant que les règles'de la déontologie sont les
mêmes pour les médecins praticiens et pour les professeurs
de la Faculté de médecine ;
Considérant que ces derniers ont pour premier devoir la
pratique de la déontologie qu’ils doivent enseigner par
la parole et par l'exemple ;
Regrette qu'un professeur de la Faculté, cité par un con¬
frère devant le Conseil d’administration du Syndicat des
médecins de la Seine pour manquement aux règles de la
déontolo^e, ait négligé, sans explication, de se rendre à cette
convocation.
Il s’agissaiten l’espèce, d’un fait des plus incorrects ;
au cours d’une consultation avec un praticien âgé et
des plus honorables, un professeur de la Faculté s’était
permis devant le malade les critiques les plus vives et
les plus injustifiées sur le traitement appliqué à ce der¬
nier. Le résultat avait été d’abord la déconsidération du-
médecin praticien dans la famille du malade, puis le
refus de paiement des honoraires.
Heureusement, la leçon réconfortante de M. Guinard .
corrige les écarts de langage de ce Professeur et nous
prouve que, pour être juste, il ne faut pas généraliser
et ne jamais rendre responsable une collectivité des
méfaits de l’un de ses membres. J. Noir.
Frince OCULISTE. — Les Ihr nie res NouvelLts de Munich an¬
noncent que le duc Charles- Théodore de Bavière, beau-frère de
l’empereur François-Joseph, a procédé, il y a quelques jours,
dans un hôpital qu’il a fondé aux environs de Munich, en pré¬
sence de la duchesse sa femme, qui lui servait d’assistant, à sa
cinq-millième opération de la cataracte. On se souvient qu’aprés
avoir servi dans l’armée bavaroise, le duc Charles-Théodore, s'est
consacré, depuis des années, à l’étude et à la cure des maladies
das yeux. {Le Temps.)
LE PROGRÈS MÉDICAL
1
Les Pupilles de l’Assistance Publique.
L’administration vient , après quatre ans d’étndes,
d'aboutir à un projet concernant les mntualitésscolaires
des enfants assistés de la Seine, Nous ne saurions ap¬
prouver ce projet, que notre excellent ami M. Jules Lau¬
rent, avocat à la cour d'appel, vient de combattre dans
des articles retentissants de Is. Mulnalitè Nationale.
» On commença, dit-il, par établir des projets, puis
on dut les abandonner. Ainsi n’avait-on pas voulu en¬
fermer tous les pupilles de la Seine dans une mutualité
unique, où les pauvres petits se seraient trouvés, en¬
core une fois séparés des autres, confinés dans leur pré¬
tendue tare 1 L'administration centrale fut obligée d'é¬
lever la voix. — Ceci dit simplement pour expliquer
cet intervalle, un peu extraordinaire, de quatre années
pour l'élaboration d’un projet. »
Les enfants assistés formeront une section spéciale,
au scindes « petites Gavé >' où la cotisation hebdo¬
madaire de 10 centimes ne subira aucun prélèvement
pour le service de la maladie. Les pupilles ne partici¬
peront à la mutualité scolaire que pour la' retraite ; as¬
sistés eux-mêmes, ils n'assisteront pas leurs petits ca¬
marades aux jours de souffrance. La cotisation versée
parle département sera affectée pour moitié à la cons¬
titution d'un livret de la Caisse nationale des retraites à
capital aliéné ; la « petite Gavé » sera ici une simple
intermédiaire. L'antre moitié, portée à un compte spé-
oidl des pupilles, servira soit à payer le droit d'entrée
de ces derniers dans les sociétés d'adultes, soit à former
un fonds commun destiné à majorer lesretraites au mo¬
ment de la vieillesse. «Ainsi, fait remarquer M. Jules
Laurent, les pupilles de l'Assistance ne se confondront
pas avec la masse des petits mutualistes; il y aura jux¬
taposition et non touchante association de leurs efforts ;
il n'y aura pas secours mutuels, mise en commun des
apports et des sentiments des uns et des autres. La sec¬
tion desassistés fonctionnera parallèlement à la mutuelle
à laquelle elle sera rattachée. Les distances sont sau¬
vegardées. On a beau dire qu'en apparence la partici¬
pation des petits abandonnés à la mutualité scolaire ne
différera pas de celle des autres écoliers ; néanmoins
il n’y apas cette belle etfraternelle mêlée, que|’aurais
voulu voir, entre viifants de la misère et enfants du
bonheur, entre ceux qui ont la Joie de sentir la douce
chaleur de l'amour qui les entoure au foyer familial, et
ceux qui ont été délaissés sur la grande route delà vie
par la faim, la faute, ou le \dce : point de communion
réelle, effective de ces nouveaux condamnés sociaux,
jeunes innocents, et des autres plus heureux qui ne de¬
mandent qu’à leitr tendre lamain, »
Ou’arrivera-t-il au sortir de l'école ?
C’est le directeur de l'agence dont dépend l’enfant
assisté qui centralisera les livrets de retraite. La direc¬
tion de chaque agence deviendra le siège d’une mu¬
tuelle des assistés adolescents.
Puis, adulte, il entrera dans une mirtualité de son
choix.. Dans le cas contraire, et ce sera évidemment là
latrès grande œaj'orité, il sera affilié d'uffioe, d'auto¬
rité, à une Mutualité des jmpilies du département de
la Seine.
C’est ainsi que l'on fera subsister dans la viede l'a¬
dulte latarede son origine qui parfois pourra lui fer¬
mer des portes et lui causer de nombreux préjudices.
Aussi ne saurions-nous trop nous associera l'intelli¬
gente initiative de .M. Laurent.qui proteste contre ce pro¬
jet. Ne serait-il pas plus rationnel d’affilier purement et
simplement les pupilles aux mutualités scolaires existan¬
tes, le département encaissant les indemnités pécuniaires
allouées aux petits assistés lorsqu'ils sont malades ?
C'est ce qui vient d'être fait avec succès dans divers
départements, notamment pour les enfants assistés de
l'arrondissement d’Avallon, où se trouvent réunis plus
de KXK) garçonnets et fillettes venus de quatre dépai-
tements différents.
Dans un article tout récent. M. Jules Laurent nous
initie précisément à l'organisation choisie dans cet ar¬
rondissement (1).
Sur la cotisation annuelle de 5 fr. 20, 4 francs sont
affectés à la constitution d'un livret de la caisse natio¬
nale des retraites, et la partie restante, soit 1 fr. 20— i
somme sensiblement égale à celle que laisse disponible
le service des malades fonctionnant à l’égard des autres
écoliers — va, comme ce dernier excédent, alimenter
le fonds commun inaliénable de retraites destiné à as¬
surer aux jeunes prévoyamts, lors de leur vieillesse, une
pension complémentaire, truit de l'effort social, del’eîM
fort collectif. L’enfance abandonnée et l'enfance heu¬
reuse mêlent donc fraternellement leurs apports.
Les petits assistés ont trouvé là pour toujours une
famille nouvelle, où ils seront traités en frères égaux,
sans que rien ne vienne jamais leur rappeler leur ori¬
gine ou l’indiquer aux préjugés. A 18 ans, l’assimila¬
tion sera complète entre eux et les autres sociétairçs,
ces derniers cessant de pouvoir participer à l’assurance- 1
maladie.
Nous avons tenu à joindre notre voix à celle de M.
Laurent, espérant ainsi contribuer à faire modifier le
réglement proposé pour les Enfants assistés de la Seine
suivant les idées que nous avons exposées. Ce n’est pa?
au moment où. grâce aux efforts répétés de M. Barbe-
ret, le dévoué apôtre de l’idée mutualiste, les effectifs
des prévoyants ont doublé en quelques années, qu'H
convient de laisser en dehors de eenx-ci les pupilles de
l’Assistance 1 Mais encore faut-il ne pas les traiter en
parias et les recevoir comme des enfants égaux aus
autres dans les mutualités scolaires existantes.
LirciENtGRATis; .
(1) l.a Mietmlité 'Nationale, 15 février 1906.
CAPSULES D’IODIPINE-WIERCK : 3 représentent 1 gr-
beaucoup mieux supportées que les iodures alcalins :
lODIPINE à “ O pour injections sous-cutanées.
CAPSULES de BROMIPINE-mEBCK ! 2 repr. 1 gr. gSt
beaucoup mieux supportées que les bromures alcalins ;
BROMIPINE à 33 O O pour lavements ; ÉPILEPSIE.
LE PROGRÈS MÉDICAL
SOCIÉTÉS SAVANTES
SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE.
Séance du 17 février 1906.
Docimasie 'pulmonaire.
MM. B-U-thazard et Lebrun ont recherché les marques de
la respiration chez le nouveau-né et indiquent qu’au lieu de
recourir à Texamen hydrostatique ou chimique, il est préfé¬
rable d’employer la méthode histologique qui permet d'indi¬
quer avec précision la présence ou Tabsence de l'air dans les
alvéoles pulmonaires.
Résistance globulaire dans la fièvre bilieuse.
MM. Vincent et Dopter. — Un paludéen, présentant des
crises d'hémoglobinurie chaque fois qu’il ingérait la quinine,'
a donné les particularités suivantes :
A l’état normal, la résistance globulaire est plus faible que
chez un sujet sain. Après la quinine, la résistance s’affaiblit
pendant une heure pour s'élever à la fin de la crise hémoglo-
binurique. ÎN'euf jours après, elle égalait la normale.
■ La résistance globulaire à la quinine a été constamment
inférieure à la normale; la quinine est donc une cause capi¬
tale d'hémoglobinurie chez les paludéens.
Le retour à la normale de la résistance globulaire aux solu¬
tions hypotoniques de chlorure de sodium s’explique par ce
fait que l’hémolyse a provoqué la formation d’une sensibili¬
satrice ayant provoqué elle-même la formation d’une antifixa¬
trice spécifique.
Pathogénie d-- la fièvre bilieuse liémoglobinurigue.
MM. Vincent et Dopter. — L’hémolyse dans la fièvre bi¬
lieuse hémoglobinurique n'est pas due à l'insuffisance d'anti¬
sensibilisatrice. Chez un malade étudié, le sérum est doué
d’un pouvoir antifixateur aussi énergique que chez le sujet
sain ; l’épreuve de Landstener a toujours été négative. La
cytose en excès n’en est pas la cause, les globules humains
sensibilisés mis en présence de l’alexine du sujet normal et
du malade ont été hémolysés par mêmes doses, de cytose ;
l’anticytose est aussi sans action, car le sérum du malade est
aussi protégé que celui de l’individu témoin.
L'hémolyse due à la quinine chez les paludéens peut être
déterminée par l'insuffisance des substances lipo'ides et par
une déminéralisation des globules sanguins ; le globule a en
effet une moindre résistance, et les injections de sérum
artificiel ont un pouvoir préventif sur l’apparition des crises
bilfeuses hémoglobinuiiques. Les globules rouges du malade
prélevés au moment de leur résistance minima au chlorure
de sodium, imprégnés de chlorure de calcium, puis lavés,
récupèrent alors une résistance à peu près égale à celle du
sujet sain.
Nitrite d'amyle.
^ M. Plumier. — Chez le chien, le nitrite d'amyle détermine
une vaso-constriction pulmonaire selon Pic et Petitjean. Or,
fauteur y retrouve une vaso-dilatation, et l'aspect exsangue du
poumon est due à un changement'de coloration du sang par
Injection intra-veineuse du nitrite d’amyle.
Extrait d'intestin sur la pression artérielle.
Mm. Rourr et .losuÉ. — L’intestin de lapin vidé, macéré
dans trois fois son poids d'eau salée à T/ûOO détermine, injec-
6 dans les vessies de lapins, un abaissement de pression ar-
10 c. c. d’extrait — dose souvent mortelle — ont
^issé de 90 millimètres ; à cent, cubes, de .iO millimètres ;
cubes donnent un résultat inconstant. La chute se
Woduit rapidement, une minute après l'injection. La pres¬
sa maxima vient au bout de 5 minutes, persiste, puis re-
onteet au bout de 23 minutes la diminution subsiste. Une
^itième injection, même élevée, 10 cent, cubes, introduite
sans effet sur la courbe qui continue son ascension,
les • doses, restées sans action sur la pression, modifient
JJ 'jetions suivantes. Des petites^ injections répétées amè-
f des troubles tels que l'injection de fortes doses très
actives, même mortelles quand on les injecte d'emblée, res¬
tent sans modification de la pression artérielle.
.intitoxines spécifiques.
MM. Charrin et Delam.xre montrent qu'au moyen d'anü-
toxines spécifiques on peut empêcher les tares viscérales
chez 1^ fœtus sous l’influence des cystotismes maternelles.
Séance du 24 févrie')- 1906.
• Hémoglobinurie paroxystique.
MM. Vidai, et Rostaink ont fait sur l’hémoglobinurie
paroxystique a frigore des recherches qui leur ont prouvé
que l’insuffisance d’antisensibilatrice dans le sang estla cause
de la crise qui éclate sous l’action du froid. In l’itro.ils avaient
obtenu des résultats tels qu'ayant injecté à un hémoglohinu-
rique un sérum antisensibilisateur, ils avaient obtenu la
suppression de Turine sanglante sous l’influence du froid.
Cette injection au sérum antisensibilisateur a été répétée
avec succès chez une autre malade sensible au froid. Celle-ci
urinait du sangdès qu’elle trempaitles mains dans l'eau à IQ'*;
chez elle, le sérum impressionnait in vitro les hématies. Ce
résultat a été obtenu sur cinq malades paludéens à crises
hémoglobinuriques.
L’ingestion de chlorure de calcium, comme l’a montré
M. Vincent, a pu prévenir la crise d’hémoglobinurie quinique
chez quelques malades ; la crise d’hémoglobinurie a frigore
n’a jamais été modifiée par ce médicament, au contraire,
l’antisensibilisatrice a été constamment active chez ces malades.
Eosinophiles myéloïdes.
MM. Louis Bloch et Ausertin ont observé que quelques
éosinophiles sont accompagnés d’une réaction myéloïde.
Chez une malade du service du D"' Brocq, atteint de dermatite
polymorphe douloureuse, les éosinophiles contenaient des
cellules mononucléées ; et dans le sang se trouvait une myé-
locytose neutrophile notable, avec quelques cellules de Tttrk.
Le nombre des polynucléaires augmente avec la poussée,
le taux des myélocjdes éosinophiles se maintient, tandis que
les myélocytes neutrophiles se raréfient.
Dans la lèpre, il peut y avoir ébauche de myélémie, qui
n’est peut-être qu’un stade préparatoire de Téosinophilie pure
à polynucléaires.
La réaction myélo'ide n’est pas fonction de l'intensité de
l’éosinophilie ni de la leucocytose globale.
Ces cas d'éosinophilie myélo'ide paraissent jouer, dans le
groupe des éosinophilies, la place qu’occupe dans les leuco-
cytoses neutrophiles la leucocytose myéloïde de la variole
qui s'accompagne, en effet, d'une myélémie non élective.
Parotidite des hémiplégûjiies.
M.M. Gilbert et\ Au.LARET communiquent deux observations
de parotidite au cours de l'hémiplégie et du côté paralysé.
Le siège, la rapidité d'évolution, les troubles vaso-moteurs et
trophiques du même côté-donnent un aspect spécial. L’âge
avancé des sdjets, l'artériosclérose, la dépression et l’anémie
dus à l’ictus, la misère physiologique, sont des causes prédis¬
posant à l’infection de la glande. 11 y a hypotonalité des
fibres lisses des gros conduits excréteurs parotidiens et trou¬
bles vaso-moteurs donnant une hypothermie unilatérale et
diminuant les globules rou' es du côté paralysé ; il y a aussi
des troubles trophiques glandulaires du même côté ; déplus,
le décubitus de ces malades favorise l’infection.
Passage du chloroforme de la mère à l'enfant.
M. XicLoux montre que ce passage est rapide, que le chlo¬
roforme contenu dans le foie du fœtus est supérieur à celui
du foie de la mère.
Infections paratyphiques en Tunisie.
MM. Nicolle et Cathoire font leurs réserves, dans les étu¬
des du paratyphisme en Tunisie, sur Finterprétation de la
séro-agglutination quand le taux est peu élevé. E. P.
136
LE PROGRÈS MEDICAL
ACADÉMIE DE MÈDECLNE
SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DE PARIS.
Séance du '31 février.
Par suite de la mort de M. Léon Colin, ancien président
de l’Académie, la séance est levée en signe de deuil.
A. -F. Plicque.
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE
('hirurrjie des voies biliaires.
M. Terrier rapporte deux observations de lithiase biliaire
s’accompagnant d'obstruction du cholédoque avec ictère,
dans lesquelles il a pratiqué le drainage de l'hépatique sui¬
vant la méthode de Kehr, après cholécystectomie et extrac¬
tion des calculs.
M. OuÉNu clùt la discussion sur la chirurgie des voies biliai¬
res.
Corps ctrançjer la bronche droite ex rait par bronchoscopie.
M. P'CQuÉ présente le malade chez lequel l’extraction a été
faite avec la plus grande facilité par M. Cuisez, sans trachéo¬
tomie ; il s’agissait d'une pièce de cinquante centimes.
_ _ D- C.^TZ. I
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX.
Troubles fonctionnels dn diaphragme dans li maladie
des ptoses.
M. F. Gi.énard, à l'occasion d’un travail publié dernière¬
ment. expose devant la Société les troubles dus à la ptose du
diaphragme, la phrénoptose.Daiis.le cadre de cette affection,
rentrent le cœur mobile de Cherchewski et la cardioptose de
Rummo. conséquences de la phrénoplose. M.Glénard main¬
tient toujours son opinion sur la nature hépatique de l’enté-
téroptose.
Slreptococcie et staphylococcie combinées. .Mort par abcès
aréolaires du foie avec péricardite aigue sérofibrineuse.
MM. Letulle et Veri.iac rapportent une observation de
malade, chez lequel malgré la connaissance des microbes pa¬
thogènes en action, il fut impossible pendant des mois de
déterminer le foyer exact des lésions. On pensa à une grippe,
à une fièvre typhoïde, à une infection généralisée avec bron¬
cho-pneumonie, paralysie radiale et péricardite. Le malade
succomba après cinq mois de maladie et l’autopsie révéla un
abcès du foie. La situation haute de çet abcès le fit passer ina¬
perçu.
M. Danlos attire l’attention sur un signe non cité par les
auteurs et qu’il a rencontré deux fois sur cinq abcès tropi¬
caux anciens : c’est la présence, dans le pus, de cristaux mi¬
croscopiques de bilirubine de coloration rouge-orangée.
M. Achard reconnaît les difficultés réelles dans la différen¬
ciation des abcès du foie de la pleurésie purulente. La dysen-
térie peut être absente ou consister en diarrhée modérée ;
le pus peut être stérile, de sorte qu'on croit à. une pleurésie
tuberculeuse. Un petit épanchement pleural réel peut exister.
H propose un moyen de différenciation ; il injecte de l’air
stérilisé dans l’abcès et fait faire une radiographie, qui mon¬
tre alors la tache claire au-dessus ou au-dessous de la bande¬
lette diaphragmatique. Dans un cas de pleurésie purulente,
il a pu faire ainsi le diagnostic.
Statistiriue de scarlatine.
M. Sevestre apporte sa statistique de 1905 : 234 cas, avec
4 morts, soit 1,68 % de mortalité.
MM. Ménétrier et R. Dcvai. communiquent un pseudo¬
rhumatisme à entérocoques.
MM. Josi.É et Lion rapportent la guérison d’une septicémie
à tétragène par injection de collargol.
MM. Œttinger et Malloizel ont guéri une méningite cé¬
rébro-spinale avec septicémie streptococcique par injections
intra rachidiennes d’argent colloïdal.
MM. Ménétrier et Duval lisent l’observation d'une périto¬
nite àpneumocoques chez un cirrhotique. •
Séance du 24 février iqoG. — Présidence de M. Desnos.
La séance est ouverte à 4 h. 45. Le procès-verbal de la
précédente réunion est adopté à l’unanimité.
M. LE Secrétaire général annonce qu’il a reçu de Bos¬
ton (Etats-Unis d’Amérique), des renseignements rela-»^
tifs au prix "Warren, à décerner en 1907 par le corps
médical do l’hôpital général des Massachusetts, et donne
la traduction du document. Ce prix, fondé par feu le D'
,1. Mason "Warren, en mémoire de son père, est triennal.
Il est de 500 dollars (2.500 fr.) Les mémoires, inédits,
accompagnés d'un pli cacheté, portant une devise, doi- ;
vent parvenir à Boston avant le 14 avril 1907. Le tra¬
vail doit porter sur un point spécial {spécial subject de
la physiologie, de la chirurgie ou de la pathologie, et
laissé au choix de l’auteur. Le document ne dit pas si la
langue anglaise est obligatoire. L’auteur qui se ferait
connaître avant l'attrihution du prix serait disquali¬
fié.
Correspondance imprimée. — Revues et journau.x habi¬
tuels. — Un nouveau journal : Le Médecin praticien. —
L’ostéomyélite de la hanche, par le D'" Dcclaux. — M.
Duclaux, secrétaire du Médecin Praticien, offre de
faire passer dans ce journal des comptes-rendus analy-.’
tiques des travaux delà Société : M. lé Président accepte
et remercie M. Dnclaux.
Correspondance manuscrite. — 1° Lettre de M. de Ley-
marie, remerciant la Société de l’avoir nommé conseil
judiciaire. — 2” Lettre de M. le D’’ Boursier, secrétaire
général de la Société médico-chirurgicale, accusant ré¬
ception de la lettre et du document officiel qui, une pre¬
mière fois, n’étaient pas parvenus au siège social. —
3° Lettre de M. le D” Dias Amado, de Lisbonne, remer¬
ciant la société de l’avoir nommé membre correspon¬
dant à titre étranger.
M. le D'' Lucien Graux, candidat au titulariat, lit un
travail sur le « Rôle des casiers sanitaires des
maisons dans l’assainissement des villes ». —
L’examen de cette candidature est renvoyé à une com¬
mission composée de MM. Christian, Tissier et Leudet,
rapporteur.
M. Duclaux décrit un « Nouveau procédé de cure
radicale du phimosis ». [Sera publié.)
M. Desnos fait observer qu’un procédé qui semble sim¬
ple peut donner par cela même trop de sécurité à l’opé¬
rateur ; et il cite un cas dans lequel il fut appelé, plu¬
sieurs heures après l’opération, pour arrêter une hémor¬
rhagie. L’écrasement linéaire avait été. pratiqué par un
chirurgien très distingué.
M. Duclaux pense que l’instrument n’est pas resté en
place assez longtemps.
Citfe question sera remise à l’ordre du jour de la pro-,
chaine seance, M. Picqué désirant prendre part à D
discussion.
M. CouDu.AY fait la communication suivante :
Fragment d épiploon détaché de la masse épi-
plo'ique, fixeau fondd’un sac de hernie inguinale
et simulant une tumeur fibreuse de la paroi.
1*.H' lo D' Paul COUDRAY.
En novembre 1905, je voyais, avec le D’ E. PasteaUr
M. H..., âgé de 49 ans, de bonne santé habituelle,
désirait être débarrassé d’une petite tumeur de l’aiue
droite qui le gênait pour le port d'un bandage herniaire)
dont il faisait usage depuis plusieurs années.
On trouvait, en effet, immédiatement au-dessus e®
l’arcade de Fallope du côté droit, une tumeur du volui»®
d’une petite chsitaigne, très dure, assez régulière, p®®'
sentant une extrême mobilité, qui permettait de la dép**'
cer dans tous les sens sous la peau. Cette tumeur ne s®
LE PROGRÈS MÉDICAL
137
prolongeait pas du côté du trajet inguinal dont l’orifice
superficiel était cependant un peu dilaté. En faisant
tousser le malade, on ne provoquait pas d’issue, ni de
l’intestin, ni de l’épiploon.
Cette singulière tumeur était beaucoup trop mobile
pour appartenir à une adénite (l i. Une ectopie testicu¬
laire ne pouvait être en cause, car le testicule droit était
en place dans les bourses ; seule, l’hypothèse d’une
tumeur fibreuse pédiculée, en relation avec l’apovrose
du grand oblique semblait plausible.
■ Néanmoins, l’existence d’une hernie antérieure était
certaine, et cette hernie était encore sortie très peu de
temps avant l’apparition de la tumeur en question. Cette
hernie s’était montrée en 1898 avec des phénomènes
douloureux, petite, rentrant avec facilité, et sortant dès
que le bandage était enlevé. A deux reprises, en 1901 et
en 1904, la hernie sortit plus volumineuse provoquant des
accidents d’inflammation ou de début d’étranglement :
nausées, sensibilité locale, et elle ne put être réduite
qu’au bout d’une heure, à ia suite de l'application de
compresses chaudes dans un cas, d’un bain chaud dans
l’autre cas. Dans la suite, la hernie resta bien contenue
et pendant trois mois ne sortit plus, même lorsque le
bandage était enlevé. Enfin il y a deux mois, le malade
remarqua que la hernie s’était reproduite et qu’on ne
ouvait la réduire complètement ; une petite tumeur
are restait en permanence sous la peau, tumeur dont
nous avons examiné plus haut les caractères .
Bien que cette tumeur ne fût pas en rapport apparent
avec la hernie dont l’existence encore récente n’était
pas douteuse, il fallait prévoir le cas où cette tumeur de
nature incertaine (lipome herniaire, épiplocèle) aurait fait
partie du sac.
Aussi le malade fut-il prévenu que la cure radicale
pouvait être nécessaire au cours de l’opération.
Cette opération, pratiquée le 22 novembre 1905, mon¬
tra la tumeur entourée de multiples couches lamellaires
d’un tissu conjonctif riche en graisse, et se continuant
en haut dans l’épaisseur de la paroi abdominale par un
long pédicule. Ce pédicule était un sac herniaire complè¬
tement vide. Ce sac n’était pas adhérent au cordon,
mais aux plans fibreux ; tous les plans fibro-aponévro-
tiques de la région furent incisés pour découvrir l’extré¬
mité supérieure du sac et le lier, et le réséquer à son
embouchure dans le péritoine. Avant cette ligature, il
avait fallu réséquer un morceau d’épiploon qui s’enga¬
geait obstinément dans la partie profonde du sac; l’in¬
testin était à peine visible derrière l'épiploon à l’entrée
de la cavité abdominale. Suture à trois étages de la pa¬
roi. Suites normales.
Ainsi notre tumeur était appendue à l’extrémité infé¬
rieure d’un sac de hernie inguinale, sac étroit, vide et
mince, surtout dans sa moitié profonde, tumeur grosse
comme l’extrémité du pouce, très dure, ayant un peu la
forme d’un rein de lapin ou encore d’un petit testicule,
f examen histologique seul pouvait indiquer la nature
de celle tumeur d’aspect fibreux.
L’examen histologique fait^av M. le prof. Cornil, qui
présenté la pièce à la Société anatomique dans la
séance du 9 février 1906, a montré que la tumeur était
raanifestement contenue dans un sac herniaire dont elle
^‘Itérait le fond, et qu’elle était constituée non seule-
par un tissu fibro-graisseux, mais, dans une partie
otable de son étendue, par un tissu épiploïque iden-
uque au tissu du grand épiploon ; cloisons fibreuses
^es^^i P®’’ endothélium à grosses cel-
È est donc impossible de penser ici à un simple
Pome herniaire.
i mode de formation de cette singulière tumeur est
corn par ce que nous savons sur la manière dont se
g ^partent certaines épiploïtes Si, dans la majorité des
tumeurs, surtout à la région inguinale, sont vo-
fi) Voir, Tliése de n.irl>el, 1Î85-86, Paris.
lumineuses et ont un pédicule bien appréciable, même
au doigt, quelques-unes sont petites et ont un pédi¬
cule tellement étroit et filiforme qu'on a parfois de la
difficulté à le trouver au cours des opérations. Il est fa¬
cile de comprendre qu’un pareil pédicule puisse se rom¬
pre à l’occasion d’un mouvement brusque quand la her¬
nie est sortie, mieux encore pendant un taxis pour faire
rentrer la hernie.
J’ai été très étonné de ne pas trouver défaits sembla-
I blés dans les recherches assez étendues que j’ai- faites ;
il est possible qu'un certain nombre d’observations qua¬
lifiées de lipomes herniaires appartiennent à la catégo¬
rie de faits que j’envisage ; il est donc nécessaire de re¬
voir au point de vue histologique ces lipomes herniaires,
dont le diagnostic clinique avec les épiploïtes est à peu
près impossible, suivant la remarque autorisée du prof.
Berger.
M. PicQuÉ. — Le fait présenté par M. Coudray, est
des plus intéressants. — M. Coudray dit avoir touvé au
fond d’un sac herniaire une tumeur que l’examen histo¬
logique a démontré être un fragment d’épiploon . M. Gou-
dray a bien voulu rappeler une thèse que j’ai inspirée
sur ce sujet à un de mes élèves. Barbet, il y a 20 ans,
quand j’étais chef de Clinique du Professeur Richet. —
Au point de vue clinique, la question m’intéresse médio¬
crement, car du moment où on trouve une tumeur ino-
[ bile dans le trajet inguinal, ou doit prendre le bistouri.
I — Par contre, il y a dans la communication de M. Cou-
' dray une question de premier ordre : les maladies spé-
j ciales du sac herniaire étaient inconnues autrefois, on
décrivait les masses épiploïques, garnissant l’intérieur
du sac herniaire ; mais je ne connaissais pas la pré¬
sence de la masse épiploïque séparée du ventre, comme
le raconte M. Coudray. — D’où la grande importance
de la pathogénie, qui peut s’éclairer 'en partie par la
communication de M. Coudray. — Quoi qu’il en soit,
quand on trouve une tumeur isolée du sac, on a ten¬
dance à penser à une transformation néoplasique ou
tuberculeuse du sac ; dès lors on devra songer à cette
nouvelle variété de lésion signalée par M. Coudray.
M. Mortier communique un cas de cancer du col
utérin chez une femme de 31 ans, opérée récemment par
le D’ Picqué dans son service de l’hôpital Bichat, et
présente l’utérus et ses annexes enlevés par le procédé
de l'hystérectomie vaginale.
Cancer du col utérin.
Dans une précédente communication, j’ai eu l'hon¬
neur d’attirer votre attention sur l'importance qu’il y
avait à diagnostiquer au plus tôt un cancer de l’utérus,
de façon à pratiquer une intervention large et précoce
dont puisse bénéfier la malade dans la plus large me¬
sure. .le me suis attaché à vous démontrer que, vis-à-
vis de certaines hémorrhagies rebelles et abondantes,
on devait songer à la possibilité d’un néoplasme utérin
et ce, sans tenir compte de l’àge de la malade.
La pièce que je vous présente aujourd'hui n'a pas un
bien grand intérêt au point de vue anatomo-patholo¬
gique ; il s’agit d'une tumeur de la portion vaginale du
col utérin ; mais le fait intéressant, et sur lequel je me
permets d'insister à nouveau, c'est l’àge de la malade.
Il est classique de dire que l’épithélioma du col uté¬
rin est rare de 20 à 30 ans et se rencontre, avec son
maximum de fréquence, de 40 à 50 ans. Imbus de cette
idée, on aurait tendance, en présence d'une femme
jeune, et par le fait même de sa jeunesse, d'écarter
l'hypothèse d’un néoplasme utérin ; je crois donc lo¬
gique d'avancer que vis-à-vis de certaines urétrorrha-
gies rebelles, douloureuses ou indolores, accompa¬
gnées même d'un état général bon, et quel que soit
l’àge de la malade ( j’insiste sur ce point), on doit tou¬
jours songer à un épithélioma possible de l’utérus.
138
LE PROGRÈS MEDICAL
Tel est le caspiésent, qui fait l’objet de cette courte
communication : il s’agit d'unejeune femme de 31 ans,
bien portante, sans antécédents morbides' et qui, depuis
18 mois, avait des pertes blanches abondantes. Depuis
10 mois elle a eu de violentes métrorrhagies, surtout
à la suite des rapports avec son mari ; certaines hé¬
morragies sont tellement abondantes qu’elles sont
parfois suivies de syncopes.
Elle avait été vue, au dél)ut de son mal, par un
spécialiste de Paris qui avait constaté une endométrite
chronique, mais dont les signes n’étaient pas assez nets
pour permettre de poser un diagnostic précis. Il avait
prié la malade de revenir le voir, mais, malgré ses
conseils, celle-ci ne se présenta à sa clinique qu’un an
après. A ce moment, le diagnostic s’imposait, et ce
médecin-spécialiste adressa alors la malade à mon
maître, le D" Piqué, dans son service de l’hôpital
Bichat.
M. Piqué constata, par le toucher vaginal, que le
col utérin présentait un bourgeonnement total, affec¬
tant la forme d’une cupule largement excavée en son
centre. L'aspect normal du col avait disparu, mais les
culs-de-sac n’étaient pas envahis, et Fulérus avait
conservé toute sa mobilité.
L'état général de la malade est excellent ; pas d’amai¬
grissement notable pour le moment.
Le 22 février, M. Picqué pratiqua chez cette malade
l'hystérectomie totale en un temps : après avoir lié
préalablement les artères utérines, il décolla la vessie
en avant et ouvrit le cul-de-sac antérieur du vagin.
Par cette brèche, il put désinsérer circulairement le
col utérin de ses insertions vaginales, et put extirper
l’utérus en entier après avoir disséqué de chaque côté
les segments de l’artère utérine sur les deux parois
latérales de la tumeur ; tamponnement du vagin, fer¬
meture incomplète du vagin par deux points de suture
à la soie, et drainage à la gaze de la cavité pelvienne.
Je n’ai pu encore pratiquer l'examen histologique
de cette tumeur, l’opération remontant à avant-hier ;
mais, au point de vue macroscopique, on a tout lieu
d’assurer qu’il s’agit d’un épithélioma pavimenteux.
Ainsi donc. Messieurs, le néoplasme de l’utérus doit
être toujours suspecté, même en présence d’une femme
jeune ; on peut en déduire de suite toute l'importance
thérapeutique ; on dépistera plus vite le cancer, on en
fera un diagnostic rapidement, en ayant recours, dans
les cas douteux, aux lumières du laboratoire et on
pourra pratiquer aussitôt une intervention vraiment,
utile et bienfaisante. On pourra espérer d’enrayer la
généralisation du mal, et, pour le cas qui nous occupe,
la tumeur étant localisée au col utérin et au vagin, les
annexes étant indemnes de lésions, et l’exploration
des ganglions hypogastriques ayant été négative, on a
le difoit de penser qu’on est intervenu assez à temps
pour espérer chez la malade une longue survie.
Est déposée sur le Bureau une demande signée par
cinq membres titulaires et ainsi libellée : « Demande à
l'effet d'une modification avec révision intégrale des
statuts de la Société de Médecine de Paris ». Ont signé:
MM. Mouzon, Goujlevvski, Duclaux, Graux et Bergeron.
Cette demande étant prise en considération par la
Société, une commission de cinq autres membres sera
nommée poiïr l’étudier dans la prochaine séance.
La seance est levée à 6 h. 30.
Le secrétaire général. Le secrétaire annuel^
F. Buret. Mortieh.
- - -
LA VALÉROBROMINE LEGRAND
est plus active que les bromures et les valé-
rianates.
BIBLIOGRAPHIE
Précis de psychiâtnie ; par E. Régis, professeur-adjomt à
l’Université de Bordeaux, chargé du cours de clinique
psychiatrique, 1906.
Plus de vingt années se sont écoulées depuis la première
apparition de ce petit livre, intitulé alors modestement « Ma¬
nuel pratique de médecine mentale ». Deux éditions succès^
sîves publiées à une dizaine d’années d’intervalle (1884-1892)
en ont consacré le succès.
Pendantcette période (1884-1906); se prodoisait, en France
et à l’éti-anger, un large mouvement d’idées et d’opinions qui
affranchissait la psychiatrie des dogmes stériles de l’héré¬
dité et de la dégénérescence et « la faisait entrer définitive¬
ment dans la médecine ordinaire par la voie des grandes doc-
trinesde la pathologie générale actuelle... »
Hardiment, et le premier en France, M. Régis se plaça à la
tète de ce mouvement, combattant par la plume et par la pa¬
role, et entraînant à sa suite une pléiade d’élèveS formés à
son enseignement. C’est donc à lui, plus qu’a tout autre,
qu’il appartenait de nous délivrer des vieilles rubriques psy¬
chiatriques, puisqu’aussi bien l’occasion lui en était offerte
par la publication, devenue nécessaire, d’iine 3“ édition de son
ancien manuel. M. Régis l’a si bien compris que, de pro¬
pos délibéré, il a donné à cette 3' édition le nom de « Précis
de ijsychialrîe », affirmant ainsi sun intention de faire une
œuvre vraiment neuve et originale.
Dans quelle mesure il y a réussi, c’est ce que va nous
montrer l’analyse de son livre.
Celui-ci est divisé en trois parties. La première est consa-
erée à la ]mjcMatne générale, la seconde à la psgchiatine spé¬
ciale et la troisième est réservée à la pratique psychiatrique,
envisagées au double point de vue médical et médico-légal.
Après avoir résamé brièvement I bistoire de la médecine
mentale à travers les âges et montré sa tendance actuelle à
I unification avec la médecine ordinaire, en ce quiconcerne
ses procédés d'examen, ses méthodes, de recherches, etc.,
l’auteur passe en revue, dans la B"’ partie, les notions les plus
. importantes relatives aux psychopathies en général, c'est-à-
dire leurs causes, leur évolution, lésions qui caractérisent
un certain nombre d'entre elles, leur pronostic, \enrs compli¬
cations, etc.
Vient ensuite un chapitre de séméiologie ou de symptomato¬
logie générale dans lequel sont étudiés la plupart des éléments
constitutifs de ces psychopathies : troubles de l'idéation, des
perceptions, de l’émotivité, de la conscience, de la person¬
nalité, de l’activité, etc.,’ troubles de la motilité, de la sensi¬
bilité, des fonctions organiques, viscérales, trophiques, va¬
somotrices, etc.
Ce chapitre qui constitue une préface indispensable a
l’étude individuelle des psychoses a été complètement rema¬
nié et enrichi de tontes les acquisitions les plus récentes suf
les modifications des sécrétions, notamment du S2ic gastriq^’
de la hile, des urines, ainsi que des humeurs, du sang, du W-
guide céphalo-rachidien, etc., chez les aliénés.
A côté des troubles psychiques et physiques des psycho^
proprement dites, on trouvera encore dansce chapitrel im»'
cation des principaux stigmates physiques ou psychiqties d^s
états de dégénérescence ou de déchéance organiques.
Cette première partie se termine par un exposé raisonne
de la classification qui sert de base et de fondement à la Psf
chîatrie spéciale, objet de la seconde partie.
M- Régis distingue, dans l'ensemble des états psycuop*^ ■
THiQiiES,ceux qui sont primitifs et ceux qui soal seeondaittf;
II divise ensuite les ét.ats psychopathiques primitifs, qn'
1 considère O. »miue les seules formes autonomes des maladi®
LE PROGRÈS MÉDICAL
mentale, en psychopathiea-nudadies ou ps^h^ses^el enpsycho-
mihies-inftr mités.
Les PSYCHOPATHIES-MALADIES OU PSYCHOSES, QUl « tTOUbleDt
le psychisme dans -sonifonotionaeinent «.sont formées à leur
tour de deux {r.ponpes ; 1“ le'^ psychoses généralisées corapre-
nant quatre espèces : la manie, la mélancolie, W manie-mélan¬
colie «U folie à double forme et la confusion mentaie ; 2“ les
psychoses essentielles ou folies .•iystématisées ramenées toutes à
une espèce unique, la psychase syslématisée proynes.vive, dont
elles représentent simplement autant de variétés on d étapes.
Les psYCHOPATHiES-iNFiRMiTÉs.qui « lè’seKt le psychisiDe dans
sa constitution », sont éfralement de deux ordres; l”les infir¬
mités psychiques d évolution, qui arrêtent ou vicient le psy¬
chisme dans son développement (déséquilibrations, e.vcan-
tricités, originalités avec ou sans psychoses concomitantes,
imbécillités, idioties, etc.) ; 2“ les infirmités psychiques d'in-
volution qui, « le psychisme une fois développé, le désagrè¬
gent et l’allai blissent » (démence primitive simple ou avec
psychose).
Les ÉTATS PSYCHOPATHIQUES SECONDAIRES, SYMPTOMATIQUES
OU ASSOCIÉS comprennent « une infinité de formes morbides
qui encombraient auparavant, disséminées sons des étiquettes
diverses (folies sympathiques, viscérales, diathésiques, etc.)
le cadre nosologique, et qui, actuellement, se trouvent réu¬
nies parleur communauté d’origine et de symptômes en une
synthèse logique et naturelle. »
Cette synthèse est l’œuvre maîtresse de M. Régis. C’est
lui, avec ses élèves, qui, depuis une quinzaine d’années,, s’est
attaché à montrer que les psychopathies dues à des auto-
inioxicatioDS,pour si divers que soient les poisons qui Les
engendrent, comportent des altérations du système nerveux
et des manifestations symptomatiques analogues à celles
de toutes les autres intoxications. En ce qui concerne no¬
tamment la symptomatologie, il a établi qu elle était sem¬
blable à la fois dans les psychoses d exo et d’auto-intoxica¬
tion et dans les psychoses d’infections.Cette symptomatolo¬
gie tire ses caractères de la mélancolie, delà confusion men¬
tale et du délire onirique. Ainsi se trouve constitué un vé¬
ritable syndrome des psychoses toxi-infectieuses, des «déli¬
res des hôpitaux » pour employer l’heureuse expression de
M. Régis, syndrome qui permet de relier et de grouper tou¬
tes ces psychopathies dans une seule famille nosologique.
Cette doctrine a été accueillie avec enthousiasme par toute
la jeune école psychiatrique, et, réserve faite de quelques
exagérations, de quelques généralisations un peu systéma¬
tiques, on peut dire qu’elle constitue un des plus grands
progrès réalisés en médecine mentale durant les vingt-cinq
dernières années.
Il nous faut louer également sans réserves, sans avoir le
temps d’y insister, toute latroisième et dernière partie del’ou-
vrage consacrée aux «pp/icafio isde la psychiatrie à la
médicale et médico-légale. Médecins et étudiants, sans parler
desspécia‘istes,y trouveront les indications les plus utiles re-
latives an diagnostic et au traitement des maladies mentales,
aux différents modes d'assistance et de placement des aliénés,
à la législation qui les concerne, etc., etc.
Au point de vue médico-légal, les nombreuses et épineuses
questions de droif criminel et de droit civil que soulèvent à
chaque instant, les crimes, les délils ou -implement les actes
de la vie ordinaire commis par les aliénés.sonl traitées avec
la compétence et l’autorité que l’auteur a puisées dans l’exer¬
cice de ses délicates fonctions d'expert en matière de psy¬
chiatrie civile et militaire.
A elle seule, cette dernière partie suffirait à assurer le suc¬
cès dece «Précis», qui, abstraction faite dequelques idées doc-
Icinales dont la critique ne saurait trouver place ici, est ac-
tueliemeat le résumé le plus judicieux et le plus substantiel
ue nos connaissances théoriques et pratiques en médecine
G. Deny.
U ^CIÉTÉ DES M>:DECINS INSPECTEURS DES ÉCOLES DE LA V'iLI.E DE
«US et DE LA Seine. - Bureau poui' l'.lüB : Président, !)'■ L.
•oui-ichon ; vice-présidents : D» Layla. Iloury, de Pradel ; secré-
: IP (lutte; trésorier : t)'' Cieorces Lévy; secrétaires:
“ Biard, .Meyer.
THERâPEUTIOUE
Traitement de.Pemphysème par l’Hélénine.
Sous rinfluence de l’Hélénine, l'entrée de Pair dans les vési¬
cules pulmonaires cesse d’être gênée et la respiration se fait
librement ; ce que le D» de Korab a constaté maintes fois, non
seulement par la percussion et l’auscultation, mais aussi au
moyen du polygrap'he, appareil enregistreur de M. le profes¬
seur Marey, que le professeur Constantin Paul a bien voulu
mettre à sa disposition à Lariboisière. L’oppression cesse et
le malade devient, si nous osons nous servir d’une expression
comparative, comme l'arsenicophage de la Haute-Autriche
plus apte à respirer dans la marche ascendante. Ainsi s’ex¬
plique l'action bienfaisante de I Hélénine dans l’emphysème.
Trois à quatre globules du D» de Korab par jour.
VARIA
L’incinération en Allemagne.
L’état comparé de la France et de l’Allemagne, au point
de vue de l'incinération, a déjà figuré ici même 1). C’est-à-
d'ire qu’en pays libre,en F rance, où ia loi consacre la liberté
des funérailles, on ne compte que trois crématoriums, et une
seule Société de propagande comprenant 700 membres envi¬
ron. En Allemagne, au contraire, nation autocratique et
« pieuse », où les principau.x Etats (Prusse, Wurtemberg,
Bavièrel défendent de brûler les cadavres, on découvre huit
monuments crématoires t2l et près de cinquante sociétés d'inci¬
nération, dont celle de Berlin, à elle seule, comptait, en mai
1003, 2523 membres (3).
On me transmet les statuts et 3 comptes rendus annuels
d’une nouvelle Société pour 1 incinération, qui a surgi en
1901, à Plauen (4) dans la Saxe. On y voit que le nombre des
sociétaires s’est accru chaque année d’une manière très sensi¬
ble, soit respectivement : 126, 165, 220 membres. La Société
se propose d'obtenir :
La pratique de Fiacinération d ans le royaume de Saxe ;
2' L’incinération obligatoire de tous cadavres de contagieux,
etc. On peut y lire encore que, dans une conférence tenue à
Dessau le 17 février 1904, le Pasteur principal, M. Stage, de
Hamburg, a e.xprimé l’avis qu’il n y a nulle contradiction en¬
tre l’inhumation et l’incinération, que ce dernier mode n’est
pas en opposition avec le dogme de la Résurrection, et que
l’Eglise devrait travailler à écarter les préjugés et à ne pas
laisser amoindrir son autorité (5)
Le Crématorium le plus proche de la ville de Plauen est
celui de lenec, puis celui de Gotha. C’est donc vers Fune ou
l’autre de ces deux villes que les cadavres sont dirigés , de
Plauen, avec le minimum de frais de transport. L’incinéra¬
tion coûte au total 306 francs si elie a lieu à léna. et 332
francs, si elle est faite à Gotha ; la différence des sommes tient
à celle des distances. Enfui les Membres de la Société d’inci¬
nération de Plauen, peuvent s’assurer comme d au tres so¬
ciétés d’ .Allemagne, pour parer, contre une faible prime an¬
nuelle, aux frais d’incinération. P. G.
Projet de lutte contre la tuberculose à Paris par
l'hospitalisation.
Leconsdl desurveillance de F Assistance publique de Paris
vient d’adopter le rapport que M. Léon Bourgeoislui a adressé
au nom de la Commission de la tuberSulose ayant trait à
l’hospitalisation des tuberculeux.
Voici comment M. Léon Bourgeois à indiqué les trois points
importants qui doivent servir de direction au plan de lutte
contre la tuberculose tels queles a reproduits le Temps :
(1) l’aul Cornet h L'Jncinération en Allemagne r, iii Progrès
Médical, 7 et Ci février 1904.
(2) A Gotha, Heidelberg, Hambourg, lena, DHenbaeh, Mannheim,
Eisenaeh, Mainz.
(3) Haul Gobxet. — Loc. cû.,'P- *>■
(4) Vereinfiir Feiierbestattung in Plauen,-i.- \ .
(5) 3. Jahresbericht lies Vereins für Feiierbestattung pi Plaueiif i.
V. p. 0.
140
LE PROGRÈS MEDICAL
1° L’Assistance publique accomplira son devoir étroit, son
premier devoir envers les autres malades en isolant d'eux
les tuberculeux ; mais elle n’accomplira pas encore son de¬
voir envers ces derniers en leur ouvrant simplement des hô¬
pitaux ou des quartiers spéciaux. Ce qu’elle doit leur assurer,
c’est un ensemble de conditions de traitement particulières
et variables comme les conditions du mal lui-même.
2“ 11 nesufiit ni de traiter temporairement à l'hôpital cer¬
tains accidents aigus, ni de recueillir comme dans un quar¬
tier d’hospice des chroniques auxquels on se borne à donner
quelque soulagement et à procurer une fin plus douce. Si
l Assistance publique veut remplir tout son devoir, — si mê¬
me simplement elle veut parvenir à diminuer le nombre
toujours croissant des chroniques qui encombrent ses s’ervi-
ces et dont les tuberculeux forment une si grande part,, —
c’est à tous les degrés et à toutes les conditions variables du
mal <iu’elle doit apporter des moyens d'action et c est par
une organisation de la lutte contre le mal qu’elle doit procé¬
der en variant ses moyens d'action suivant les variétés et les
degrés du mal.
Suivant le degré du mal, le traitement de la tuberculose
doit être :
Ou assuré au dehors, chez le malade lui-même, et dans sa
famille, — lorsqu'il n’en résultera aucun danger pour celle-
ci ni pour lui-même, — grâce à un systèiae de consultations
externes, de secours en nature ou en argent, de conseils et de
prescriptions d'hygiène, constituant en somme le type de la
cure de dispensaire ;
Ou assuré dans un quartier d'hùpital, à Paris, lorsque des
raisons d’ordre médical exigent l'hospitalisation, ou lorsque
des raisons sociales interdisent la séparation de la famille et
rendraient trop pénible un trop grand éloignement. Les hô¬
pitaux ou les quartiers spéciaux destinés à cette catégorie de
malades doivent être organisés non comme desétablissements
généraux, mais dans les conditions particulières d’aération,
d’orientation et d’outillage hospitalier exigées pour un trai¬
tement véritable de la tuberculose ;
Ou. enfin, assuré dans des hôpitaux ou des quartiers spé¬
ciaux hors de Paris, toutes les fois quelcs conditions des deux
cas précédents ne seprésententpas, toutes les fois notamment
<iu’ii s’agira d’un séjour possible d’une assez longue durée,
jiour lequel les influence's atmosphériques et climatériques
ont naturellement le plus d'effet. Les hôpitaux ou quartiers
spéciaux doivent être situés, outillés, bien entendu, en vue de
la véritable cure.
3” Pour que chaque malade ou chaque groupe de malades
trouve dans cette organisation hospitalière tripartite la place
<{ui lui convient réellement, il faut que ces trois moyens d’ac¬
tion de l’Assistance publique soient reliés les uns aux autres
par une pensée et une direction communes; il faut que le
tuberculeux puisse, selon les changements de son état, être
soit observé et suivi par leservice de la consultation et du dis-
pensaire,soit placé immédiatement dans une salle de l’hôpital
d'où dépendra ce dispensairè, soit désigné pour un transfert
dans l’hôpital extra-urbain. 11 est possible, il est probable que
plus d’un de nos malades pourra passer successivement par
chacun de ces trois sélections.
D’où la nécessité de donner son dispensaire à chacun des
hôpitaux ou quartiers spéciaux parisiens affectés à la tuber¬
culose, et d'établir des relations régulières avec un hôpital ou
un quartier spécial suburbain.
Pour essayer de mettre ce vaste projeté exécution, le Con¬
seil de surveillance a décidé les innovations suivantes :
1" Création, à l’hôpital Laënnec, surles terrains en bordure
de la rue 'Vanneau, d’un service de consultation et d’un dis¬
pensaire hospitalier pour tuberculeux ;
2» .\ffectation d’un quartier spécial de l’hôpital l..aënnec (4
salles d’hommes, 4 salles de femmes, représeulant 250 lits) au
traitement des tuberculeux examinés par ce dispensaire et
désignés pour l’hospitalisation immédiate à Paris ;
3“ Aménagement de cette partie de Laënnec en vue du trai¬
tement véritable (galeries de cure, etc.; ;
4“ Affectation de 500 lits disponibles de Brévannes aux tuber¬
culeux désignés par la consultation de Laennec pour l'hospi¬
talisation à la campagne.
Une fois ce premier essai tenté,on créerait à l’hôpital Tenon
une organisation semblable ; à savoir : un dispensaire aveccon--^
sultation, 400 lits d’hôpital affectés aux tuberculeux et le sa¬
natorium d'Angicourt comme hôpital de campagne.
Enfin grâce à l’emprunt de 45 millions on pourrait créer à
l’hôpital St-Antoine un quartier de 1.700 lits pour tubercu¬
leux, complété, par un hôpital de campagne projeté à Ivry ou
à Vaucresson.
Le Conseil de surveillance ayant adopté les conclusions de
M. Léon Bourgeois, des propositions détaillées, avec les chif¬
fres précis des dépenses élevées qui devront être engagées se¬
ront soumises au Conseil municipal.
NÉCROLOGIE
Le médecin-inspecteur général
Léon COLLIN.
M. le médecin-inspecteur général Léon Collin, ancien
professeur d'épidémiologie au Val-de- Grâce ; ancien prési¬
dent de l’Académie de médecine, est décédé. Cette mort est
une perte pour la Science, dont il fut un des maîtres les plus
■'éco'Utés. et pour le Corps du service de santé militaire dont
il resta toujours un chef respecté. Son nom s'ajoutera, dans
le Livre d'Or de la médecine militaire, à ceux des Percy, Lar¬
rey, Sedillot, Michel Levy, Laveran, Villemin et tant d'au¬
tres, dont nous conservons toujours un souvenir recon¬
naissant pour la gloire qu'ils nous ont donnée.Mais ce savant
était aussi un homme essentiellement probe et modeste ;
respectueux de la dignité et des opinions des autres, surtout
quand ils étaient ses subordonnés, sachant admettre toutes
les façons de croire et de penser;assez amoureux de la justice
et de la vérité pour rechercher, dans les idées en contradic¬
tion avec les siennes, les parcelles de vérité qu’elles pouvaient
contenir. — Et voilà peut-être, dans les temps où nous vivons,
le fleuron le plus appréciable du patrimoine que notre Maître
lègue à ceux qui le pleurent 1 A. De.vmler.
FORMULES
XVI. — Contre la carie des alvéoles.
En applications sur les gencives :
Teinture de Pyrédire .
Laudanum de Sydenham .
Chloroforme .
Chlorhydrate de cocaïne. . ,
Chlorhydrate de morphine.
Acide benzoïque .
Eugénol .
Alcool absolu .
gf.
gr.
gr.
0
0
(5
30
ou :
Chloroforme . j
Créosote. . . . . • âà 2 gr.
Laudanum de Sydenhaip . '
Teinture de benjoin . 10 gr.
(M. Péraibe et G. M.xhé, cités par le Mcdccin prolidetü
Commission de la vaccination
Par arrêté du 23 janvier 1906, le préfet de la Seine a con^
titué une commission chargée de fixer les conditions de l’obli'
gation légale de la vaccination et de la revaccination.
Cette commission, placée sous la présidence de .M. Menant,
directeur des affaires municipales, comprend. outre les secré¬
taires chefs de bureau des mairies de Paris, MM. Galli, Bus-
sat et lleppenheimer, conseillers municipaux ; M. Juillerah
chef du bureau de l'assainissement de 1 habitation, et M. Fü'
lassier, secrétaire.
LE PROGRÈS MÉDICAL 141
MÉDAILLONS JIÉDICAUX
Les transfuges de la médecine.
Le D' Abel DEVAL
Rue Caumartin, une grande cour ; au fond une porle vilrée,
lerrière, un rfègre.
-D" Deval s. v. j). ? — Montez... Lne antichambre, meu-
iles Louis XIII, un employé, plusieurs personnes, surtout du
ejediflérent de celui de votre serviteur... sans doute des
Rentes ■' Non. des actrices... üh 1 oh I ce médecin... ; nonce
iest pas cela. Le D’’ Deval est directeur de l'Athénée, cette
li.irmantc petite salle dont les Parisiens ont réappris le che-
iiin depuis que notre confrère en a la gestion.
C'est d'ailleurs justement parce (pie M. Deval dirige l’A-
hénée que le Progrès médirai a été lui rendre visite. Nous
lions cru, en effet, qu’il serait intéressant à connaître les rai-
— Ce sont, nous dit il, des raisons de famille qui m'ont
poussé à faire mes études médicales. Il y a de nombreux mé¬
decins dans mes parents entre autres mon frère, sénateur du
Tarn. En outre, l’on ne pouvait comprendre chez moi qu’un
homme pùt gagner sa vie dans une carrière artisthiue et sur¬
tout théâtrale.
L’impression que j’ai retirée des études médicales ? Oh, une
impression de grande force intellectuelle, je les considère
comme une gymnastique des plus productrices : grâce à elles
j’ai pu acipiérir une méthode d’observation et de déduction,
qui m’a été très utile dans la vie et au théâtre.
— Que pensez-vous du monde médical ?
— Quant à la corporation médicale, j’estime que, quoiqu’on
en dise, c’est une de celles où l'esprit de solidarité est encore
le plus vif et le mieux compris. J’ai toujours conservé une
grande admiration pour mes anciens maîtres. Panas, Pozzi, Le-
tulle, Vidal, Delbet. Quant à mes anciens camarades. Grillon,
''squi ont pu pousser des médecins à abandonner la médeci-
Ij^Près avoir fait de sérieuses études. En effet si l’on consulte
liA®“LParis. l’on constate qu’il y a dans le monde politique,
artistique, militaire, diplomatique et dans
proprement dit, un nombre considérable de méde
.'l’ii n’r.rorrat pas. Pouniuoi ? G est ce que nous sommes
t^“®®^anderâ M. Deval et ce que nous demanderons à d’au-
personnalités.
apprenez pourquoi nous sommes chez
j^l^val, nous, nous l'attendons.
*ûe / claque, M. Deval paraît, et nous conduit lui-mè-
élégant cabinet. Meubles confortables, quel-
nçQtà^ désordre, une bouteille d'eau de source don-
(Jra^d ^ bureau directorial une petite allure médicale ..
platL’,.®®*?^, d’une élégance sobre, M. Deval ressemble
ieufj officier qu’à un médecin ou à un acteur. D’ail-
Plajg- ^ aimable, il nous accueille en souriant et se fait un
instant avec nous de sa vie, de scs études
llesan(;on, Cottru, je m’honore d’être devenu leur ami ; c'est
d'ailleurs toujours avec satisfaction que je parle de la mé¬
decine et je suis avec intérêt les travaux et les ouvrages du
jour.
Le Deval n’a jamais exercé; d’ailleurs il était au Conserva¬
toire, classe de Got, pendant ses études et avaitdéjà faitd'im-
portantes créations lors de la soutenance de sa thèse dont le
sujet a été préparé au laboratoire du D' Griffon en 1895 ; le titre
en est ; L'imj)etiijo au point de vue historique et bactériologique.
Parmi ses succès au théâtre, citons Les Rois, Michel Strogoff,
Magda, Gismonda,La Tosca. Le Spiritisme, Fédora, Perr, Gy nth,
lil passa sa thèse de docteur <iuelques jours après sa création
des Mauvais Bergers).
— Ma véritable vocation était le théâtre, j'étais forcé de faire
de la nuidecine, j'en ai fait, j’y ai pris goût, mais, je leréi>ète,
mon véritable butélail le théâtre.
Si je donne la préférence au théâtre, pour l’heure actuelle,
la médecine est ccpendiuit pour moi un i»as.se-temps. un art
LE PROGRÈS MÉDICAL
1
d'agrément, c'est d’ailleurs le plus grand bien que j’en puisse
dire.
Nous demandons alors à M. Deval s’il a eu ou s’il a quelques
l’ois l’occasion d’appliquer ses connaissances de médecin.
— Oui, quelquefois, étant aide-major de réserve, je profite
de cette occasion pour pratiquer un peu, tandis que mes con¬
frères considèrent en général leurs périodes d’instruction
comme des vacances ; également en voyage, il m’est arrivé d’a¬
voir besoin de recourir à mes connaissances dans des cas ur¬
gents.
Non je ne regrette ni d’avoir fait ma médecine, ni d'avoir
ensuite choisi le théâtre. Je referais la même chose si j’avais à
recommencer ma vie. En effet, j’ai tiré des satisfactions des
deux.
— Ne seriez- vous pas tenté d’exercer i*
— Non, car je sais ce qu’est le théâtre et j’ignore ce que pour¬
rait être pour moi l’exercice de la médecine. Le théâtre m'a
réussi tandis que l'exercice de la médecine ne me réussirait
peut-être pas.
- Oui je suis et j’admire les progrès croissants faits parla mé¬
decine et je crois fermement en son avenir. Selon moi la mé¬
decine ne fait que commencer ; mais elle restera comme
un art auquel un alphabet de science est nécessaire, mais
aujourd’hui, surtout un art. »
L’idée qu'exprime M. Deval est fort juste, et d'autant plus
curieuse dans sa bouche qu’il n’a jamais exercé. En effet le
grand savant n’est pas toujours grand professeur, de même le
docteur qui connait à fond les sciences médicales peut n’ètre
(ju’un piètre praticien aussi ignorant de l’art de soigner que
le professeur est ignorant de la pédagogie. Ce ne sont pas les
livres, mais la vie de tous les jours, qui apprend qu’à côté du
traitement scientifique il y en a un moral qui est peut-être
plus efficace que le premier. On étudie donc la vie puis on l’ap¬
plique en la traduisant, qu’est-ce cela sinon la formule de
l’art
— Non, je ne crois pas (juc beaucoup de médecins fassent du
théâtre, car il leur faudrait la vocation ([u’ils peuvent avoir,
mais qui n’a aucun rapport avec leurs études.
Nous n’avions plus qu'à remercier l’aimable directeur de
l'Athénée et à le laisser continuer sa réception que nous avions
interrompue peut-être trop longtemps.
L n médecin acteur ! comme les ma;urs ont changé depuis
Molière ! Ouais! Monsieur Purgon, vous voilà donemontésur
les planches ? Marcel R.
PHARMACOLOGIE
« L'activité de deux substances combinées est supérieure à
la somme de la puissance de chacune d elles. >' C'est ce qui
explique et affirme l’activité de la Nervocithine Tissot, phos-
pho arséniée organique et hématique, véritable reconstituant
du plasma cellulaire, terrain primordial et essentiel de l'orga¬
nisme ; les praticiens l’emploient soit en ampoules pour in¬
jections, soit en dragées ou sirop au moment des repas.
Notes et Thèses de la Faculté de Médecine de Paris.
Thèses de doctorat. — Mercredi, 7 mars. — M. Broquiii-Lacombe:
Contribution à l’élude de l’inlo-xicalion aiguë par le chlorure nier-
curique (sublimé corrosif) (MM. Gautier, Gaucher, Roger, Uiebaud).
— M. Kalian : De ralimeutalion par les décoctions végétales dans
les gastro-entérites infantiles (M.M. Gaucher, Gautier, Roger, Ri¬
chaud). — M. Cliaumel : Recherches sur la croissance des enfants
des écoles de Paris et des crèches, dispensaires et consultations
externes des hôpitaux.) (MM. Gaucher, Gautier, Roger, Richaud'. —
M. Touqc : L’appendicectomie préventive, méthode de Longuet
(MM. Roger, Gautier, Gaucher, Richaud.) — M.G.de Saunais de
Guermarquer : L’appendicite parasitaire (MM. Hlanchard, Kirmis-
son, Segond, Teissier). — M. Jsautier : Ostéomyélite derextrémité
supérieure de l'humérus (MM. Kirmisson, Rlanehard, Segond, Teis¬
sier). — M. Persan : Contribution à l’étude des fistules appendicu-
lo-vésicales (MM. Segond, Rlanehard, Kirmisson, Teissier). — Af.
Merlot : Contribution à l’élude de l'cxlension continue dans le trai¬
tement des fractures obliques de la jambe (MM. Segond. RI; moJ
Kirmisson, Teissier.
Jeudi, 8 mars. —M.Ferre: De certaines infections second,
d'origine buccale (MM. Cornil, Raymond, Dupré, Rezan(;on.),|
Jo//y: Crises hépatiques et tabes (MM. Raymond, Corni', Dupré,:
zançon ) — M. Gaudemet : De l’intervention chirurgicale (
l’ulcère non perforé de l’estomac (MM. Le Dentu, Rudiii, DeL
sonne, Rrindeau.)— M. Gasse ; L’école des mères (MM. Rudin,
Dentu, De Lapersonne, Rrindeau.) — .V/. Charelle : De l’inflnd
du traumatisme sur la production et l'évolution des tiiiueur,
l’œil et de ses annexes (MM. De Lapersonne, Le Dentu, Hÿ
Rrindeau.
Examens de doctorat. — Lundi, A mars. — (Salle Richet', ;
Ch. Richet, Rroca LViidré), Maeaigne. — 3* (1" partie, l" série,)
Salle Réclard) : MM. Pinard. Mauclaire, Cunéo. — 3" (1'" parti;
série. Oral, Salle Rroussais) : MM. Terrier, .Lepage, Rieffel.
(1" partie, 3” série, Oral, Salle Pasteur) ; MM. Kirmisson, Sèbil
Potocki. — •3" (1" partie, 4" série, oral, Salle Velpeau) : MM.
gond, Wallich, Rranca. — 5“ (2* partie, 1” série, Hôtel-Dieu) ;
Dejerine, Teissier, Legry. — 5" (2’ partie, 2'série, Hôtel-Dieu) «
Gaucher, Claude, Ralthazard. 4
Mardi, 6 mars. — .3- (2“ partie. Laboratoire des travaux pratqi
d’anatomie palbologiquek; MM. Cornil, Guiard, Maillard. — 3*
partie, P' série. Oral, Salle Pasteur) : MM. Le Dentu, lionm
Launois. — 3* (1" partie, 2” série. Oral, Salle Charcot) : MM. Pi
Maygrier, Rieffel. — 3' (P” partie, 3’ série. Oral, Salle Rroiisssi
MM. Poirier, Hartmann, Rrindeau. — 5' (Chirurgie, P' partie, h
rie, Charité) ; MM. Guyon, De Lapersonne, Marion. — 5” (Chii
gie, t" partie, 2' série, Charité) ; MM. Rerger, Auvray, Morei
— 5'(2" partie, Charité): MM. .Joffroy, Gouget, Jeanselrao. ;
Mercredi, 7 mars. — 3" (P" partie, 1" série. Oral, Salle l’astei
MM. Pinard, Gosset, Rranca. — 3‘ (P' partie, 2° série. Oral, S
Charcot) : M M. Terrier, Sébileau, AVallich. — .3’ (p“ partie, 3'!
Oral, Salle Corvisarl; : MM. Reclus, Lepage, Cunéo — 3* (H
lie, 4 série, Oral, Salle Richet) : MM. TulTier, Potocki, RiefTel
Jeudi, S mars. — P (Oral, Salle Charcot) : MM. Poirier. Laol
.\uvray. - 3"(1” partie, P" série. Oral, Salle Réclard : M.M.Gni
Rar, Thiérj-. — 3" (P" partie, 2' série, Oral. Salle Pasteur) : J
Rerger, Retlcrer, Ronnaire. — .3” (P" partie, o' série. Oral, 8
Richet) : MM. Pozzi, Ma,ygrier, Rieffel. '
Vendredi, Dinars. — 3” (2° partie. Laboratoire des travaux prali(
d’anatomie patliologique) : MM. Gautier, Rlanclmrd, Legry. —3
partie. Oral, Salle Richet) : MM. Reclus, Lepage. Rieffel. — î
partie. Oral, Salle Pasteur) : MM. Joffroy, Rrissaud, Teissici
4" (Salle Corvisarl) : MM. Pouchet, Richaud, Ralthazard. — 5'j
rurgie, 1" partie, P” série, Necker) ; MM. Terrier, Delens, (ioss
5“ (Cliirurgie, 1" partie, 2'série, Necker) : MM. Segond, Maucl
Proust. — 5" (Obstétrique, P' partie. Clinique Ra;idelocque) :
Pinard, NVallich, Potocki.
Samedi, 10 mais. — 3' (P* partie. Oral, Salle Charcot : MM
Lapersonne, Rar, Thicry. — 4‘ (Salle Rroussais) : MM. Ck
messe, G. Rallet, Vaquez. — ô" (2° partie, 1" série, Reaiijon) •
Raymond, Thiroloix, Gouget. — 5“ (2- partie, 2' série, Reaoj
Robin, Jeanscime, Rezanvon. — 5" (Obstétrique, 1" partie, Clft
Tarnier) : MM. Maygrier, Ribemont-Dessaignes, Rrindeau. '
Cours DE clinique thérapeutique. — M. le Albert R'
inaugurera ce cours le .jeudi 8 mars, à 10 heures du matiri) j
continuera les mardis, jeudis et samedis.
Cours de pathologie et thérapeutique générales
SI. le P'’ Bouchard commencera ce cours le jeudi 8 mars 1”
5 heures dans le Petit Amphithéâtre de la Faculté et lecontii
les samedis, mardis et jeudis suivants. L’objet du cours sera,
année, la tlicrapeuliqne des maladies chroniques.
Clinique sur les maladies du système nerveux. — M-J
Dejerine commencera le mardi le 6 mars 1006 à 5 heures, sesW
cliniques sur les affections du système nerveux, dans la sali*
consultations externes de l’hospice de la Salpêtrière. Le mercr*
Oh. 1/4, il procédera à sa consultation, à l'examen clinique de*
lades. Son cours se continuera tous les mardis et vcnJ/cd^
heures indiquées.
Conférences de pathologie interne. — M. le D’’ Thir^
agrégé, commencera ses conférences le mercredi 7 mars, à 5
dans le petit amphithéâtre de la Faculté, et les continuera 1,®®
dredis, lundis et mercredis suivants. Il traitera des malo^^
voies respira loir es.
Conférences d’histologie. — M. le I)’’ Branca. agré^
mencera ses conférences sur les tissus, Icsorgnnes de la
l'appareil uro-tjéniUütm grand amphithéâtre de la l-’aeulté,!®^
3 mars, â 5 heures, et les continuera les mardis, jeudis et saw
Conférences de physiologie. — M. le Dt Langi.ois, ^
1 commencera, Iclundia mars, à4 heures, dans le grand ainP*’*
LE PROGRES MEDICAL
Conférences de physique. — M. le D>' Broca, agrégé, com-
{ocera scs leçons de physique médicale, le lundi 5 mars, à 5 heu-
à l’amphithéâtre de physique et chimie delà faculté elles
• itinuera les mercredis et lundis suivants.
I Uatalité DK Paris. — Du dimanche 1 1 février 1900 au samedi
■février 1906. les naissances ont été au nombre de 1 .027, se dé-
^posant ainsi : légitimes 767, illégitimes 260.
^ORTALiTK A PARIS. — Population d'après le recensement de
m : 2.660.559 hahitaïus. Les décès ont été au nombre de 970,
tToir:475 hommes et 495 femmes. Les décès sont dus _aux
fenses suivantes : Fièvre typhoïde (typhus abdomin.) : 7. —
EVphns exanthématique ; 0. — Fièvre intermittente et cachexie
ÿttstre ; 0. — 'Variole ; 0. — Rougeoie ; 20 — Scarlatine : 2.
^Coqueluche : 5. — Diphtérie et Croup ; 0. — Grippe : 6.
t- Choléra asiatique ; 0. — Choléra nostras : 0. — Autres
isaiâdies épidémiques : 2. — Tuberculose des poumons : 201. —
hberculose des méninges : 19. — Autres tuberculoses : 14. —
^cer et autres tumeurs malignes : 04. — Méningite simple : 18.
r Congestion hémorrhagique et ramollissement du cerveau : 56.
(^Maladies organiques du cœur : 72. — Bronchite aiguë : 13.
pBronehite chronique : 26. — Pneumonie : 31. — Autres affec-
ponsde l’appareil respiratoire : 133. — Affections de l’estomac
Mcerexc.) ; 4. — Diarrhée et entérite deO à 1 an ; sein : 5 ; au-
Se alimentation : 13. — Diarrhée et entérite delâ2ans: 0. — Her-
ps, obstruction imestinaie ; 4. — Cirrhose du foie ; 14. — Néphrite
K mai de Bright: 34. — Tumeurs non cancéreuses et autres ma-
Mesdes organes génitaux (femmes) ; 4. — Septicémie puerpérale
[téTre, péritonite, phlébite puerpérale) : 3. — Autres accidents
■erpéraux de la grossesse et de l'accoucnement : 1. — Débilite
Bngenitale et vices de conformation : 21. — Débilité sénile : 44.
r Morts violentes: 16. — Suicides :11. — Autres maladies : 99.
r Maladies inconnues ou mal définies ; 19.
I Mort-nés et morts avant leur inscription : 67, qui se décom-
fosent ainsi : légitimes 48, illégitimes 19.
Corps DE santé coi.oniai.. — ■ Le médecin aide-major de 1'*
classe Cavasse, du 3“ d’infanterie coloniale, est désigné pour ser¬
vir en Afrique occidentale, par permutation avec le médecin aide-
major de R classe Ouzilleau, précédemment affecté à la coloniej
et qui a été maintenu aux batteries du 1»'' d’artillerie coloniale, à
Rochefort.
Muséum DH ;sT0iRE naturelle. — L’assemblée des professeurs
administrateurs du Muséum d’histoire naturelle, réunie sous la
présidence de M. Edmond Perrier, a désigné au choi.x du minis¬
tre deux candidats à la chaire de botanique : M. Henri Lecomte,
professeur au lycée Saint-Louis, et M. Bois, assistant au Mu¬
séum.
Hôpitaux d’Aix-en-Provence. — Un concours s’ouvrira le
vendredi 16 mars, à l’Hôtel- Dieu d’Aix, pour l’attribution de deux
places d’internes en médecine. Les demandes d'inscriptions en vue
de ce concours doivent être adressées au secrétariat de l’admi¬
nistration, avant le 9 mars. (La Proveiicemédicale).
Société FRANÇ.AisE d’hygiène. — Dans sa séance du 9 février,
la Société Française d’Hygiène a procédé à l’élection de son bu¬
reau qui se trouve ainsi constitué pour l’année 19(W : Président :
M. Edmond Perrier, de l’Institut, directeur de Muséum. Vice-Pré¬
sidents : M. Fichet. D'' Degoix, D'' Foveau de Courmelles, Dr
Moreau de Tours, Dr F. Bremont, H. Goudal. Secrétaire-Géné¬
ral : M. A. Joltrain. Secrétaire-Général adjoint : M. F. Marié-Da-
vy. Secrétaires ; MM. le D' Blazac, Rouxel, Dr Charlier,Dr O’ Fol-
lowell. Trésorier : M. J. Landau. Bibliothécaire : Mme M. Jol¬
train. Chef du Laboratoire : M. Ferdinand Jean. En outre, la So¬
ciété a décidé à l’unanimité et par acclamation d'accorder le titre
ds Président honoraire à M. Janssen, de l'Institut, président sor-
CoNCOURS POUR l’année 1906. — Fidèle à ses traditions de vul¬
garisation scientifique, la Société Française d’Hygiène met au con¬
cours la question de l’.Vir : Sa composition. Causes de viciation,
Aération et Ventilation des Locaux habités, Portes et Fenêtres.
La Société affecte à ce concours une médaille de vernaeil, offerte
par son président honoraire. M. Janssen, de l’Institut ; une mé¬
daille d’argent et une médaille de bronze. Les mémoires devront
être inédits, écrits en français et ne pas dépasser 36 pages in-8“.
Ils seront remis dans la forme académique, avant le l®'' décembre
1906, au siège de la Société Française d’Hygiène, Hôtel des So-
w GO-IP Forinîate basique de QUININE LACROIX 9
• NOUVEAU SEL DE QUININE t
0 Ampoules injectables à 0 gr. 20 Cachets à 0 gr. 25 et 0 gr. 50 ^
iQUmOFORBlEI
• Le pins SOLUBLE et le pins RICHE en QUIXINE J
• JDES SEIL.S GO:iSr:]>T1US #
A nenfemae 8T,5G p. lOO de QuinirLe J
I DONNE DES SOLUTIONS injectables [^edtres ET {Indolores ^
I H. LACROIX ET r, 3i, ue Philippe-de-Girard, à Paris (lo” arrondis.) ^
APIOLINE CHAPOTEAUT i ;
Ne rAi coMFONDKK ATKc l’Apiol
exerce son action sur le système circulatoire, en déterminant des i I I
de congestion vasculaire et d’excitation, en même temps que sur la
j^^^ilité de la fibre musculaire lisse de la matrice. L’Apioline liquide, con- ÉCHAMTIIIOII SRATUIT
est renfermée dans de petites capsules rondes, contenant chacune * dsmutde
4g 2 "‘‘grammes. Administrée 2 à 3 jours avant l'apparition des règles, à la dose société française du lysol
“eflui* “epsules par jour, prises aux repas, l'Apioline rappelle et régularise (^^^^^ie»ar^auHmann^Mi5^^^
~ ^mensuel. — Pbarmaele VIAL. rne Baurdaloae. PARIS.
144
LE PROGRÈS MÉDIGAI.
oiétés Savantes, 26 rue Serpente. Un second concours, spéciale¬
ment réservé aux auteurs féminins, et institué par M. Janssen,
qui y affecte une médaille de vermeil, portera sur les Vêtements
et le Linge, leur Entretien hygiénique. — Mêmes conditions et
même date que pour le concours de l'Air.
Médecin acquitté. — Nous sommes heureux d'annoncer que
notre confrère, Bours,de Coincy (Aisne), qui avait été condamné à
des dommages-intérêts à la suite d’un accident de chlorofomisa-
tion dont onne pouvait en toute équité le rendre responsalile (Voir
Bulletin du Progrès médical, n» du G janvier 19061 vient d’être
acquitté en appel. Nos sincères félicitations à notre Confrère.
Reconnaissance d’une étudiante américaine. — Nous appre¬
nons avéc plaisir, lisons-nous dans la Gazette méd. de Nantes du
24 févr., que Mlle Louise Robinowitch, docteur en médecine, qui
a passé plusieurs examens prés de notre Ecole, vient de [s’inscrire
comme membre titulaire perpétuel de la Société de protection de
l'Ecole de Médecine et de Pharmacie de Nante.s et a versé àce ti¬
tre une somme de cinq cents francs.
Ecoi.e de Médecine de Limoges. — Par arrêté du ministre de
l’instruction publique, des beaux-arts et des cultes en date du
24 février 1906, un concours s’ouvrira, le 15 octobre 1906, devant
la Faculté mixte de médecine et de pharmacie de l’Université de
Bordeaux pour l’emploi de suppléant des chaires de pathologie et
de clinique médicales à l’Ecole préparatoire de médecine et de
pharmacie de Limoges. Le registre d’inscription sera clos un mois
avant l’ouverture dudit concours. P. M.
Poste médical important. — La Cie de caoutchouc de la
Haute-Sangha, Congo français, demande un jeune médecin vigou¬
reux, de 27 à 32 ans, pour soigner les employés de sa F actorerie.
Traitement : 8.000 francs de fixe. Plus une gratification annuelle
qui ne sera jamais inférieure à 4.000 francs, et qui pourra
ver bien au-dessus. — S’adresser au D’’ Helme, 10, rue de Sai
Pétersbourg, Paris.
Nécrologie. — Le Lyon médical du 25 février annonce
mort, à Vienne, du D"' Mi'chalon.
Chronique des Hôpitaux.
Concours de l’internat.— Epreuve écrite supplémentaire p
3 candidats dont les copies avaient été égarées. Question donné
« Artère sylvienne. Signes et diagnostic del’ hydronéphrost.
Deux copiés ont été remi.ses, aucun des candidats n’a réponde
l’appel de son nom pour la lecture de sa copie.
Concours de médecin dé hôpitaux. — Dans la séance
26 février, le sujet de l’épreuve écrite a été : Anatomie 'patholtf
<me et hactériologie de ta méningite cérébro-spinale cpidérrM
Diagnostic de l'àsthme. Le jury s’est divisé en deux sectionsd
section d’anatomie pathologique comprend )MM. Moutard-Mi
tin,Tapret, Dalché,Gomhy, Labadie-Lagrave.La section de syn
tomatologie comprend MM. Florand, Thoinot, Roger, de Bet
mann et Brault.
Concours de dentiste des hôpitaux. — Le jury compri
MM. Ferrier. Richer, Brault, Delbet, Lannelongue.
Salpétrière. — Maladies du système nerveux. — Le proie
seur Déjerine, médecin de la Salpêtrière,commencera ses leçm
cliniques sur les maladies du système nerveux, à la SalpêtrièrcJ
mardi 6 mars à 5 h. et les continuera les mardis suivants i
même heure. Le mercredi matin à 9 h. 1/4, examen des maladei
la consultation externe. Le cours aura lieu dans la salle del
consultation externe.
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minue la toux, la fièvre et 1 expectoration. De 3 à 6 cuil¬
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découvert par M. Louis OEQUiaANT. pharmacien, 38, rp
de Glignancourt, Paris. (Mémoires déposés à l’Académie i
Médecine, 23 mars 1897, 8 mai 1898). L'extrait de ces Mémoirj
est adressé gracieusement a tous les médecins qui lui ■
feront la demande. Renseignements gratuits et prix de favét
pour tous les membres du corps médical.
Le Rédacteur- Gérant : Boornbvillx.
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Le Progrès Médical
Société de Pédiatrie : Observations sur la rubéole, par Appert et
Aviragnet ; Néphrite guérie après une scarlatine, par Gillet ;
Pleurésie enkystée bilatérale, empyèmé double, guérison, par
Ëschbach ; Sur un casde laryngo-typlms, par Weil-Hallé (c. r.
de Ch. Petit-Vendol.) — Revue chirurgicale : A propos de
l'amputation intersoapulo-thoracique, par Morel. — Biblio¬
graphie : Promenade d’un médecin à travers l’histoire, par
Barraud ; La population de Vitry-le-François, 1773-1901, par
Langlet. — Thérapeutique : Traitement médicamenteux des
bronchites chroniques et de la tuberculose par l’hélénine créo-
sotée. — "Varia : Traitement des maladies du cuir chevelu
dénommées teignes tondantes. — Les congrès : XV'' congrès
international de médecine. — Faculté de médecine et de phar¬
macie DE Bordeaux. — Actes et thèses de la faculté de
médecine de Paris. — Nouvelles.
SOMMAIRE : Mai .adîes nerveuses : Accidents hystériques
d’imitation, pàr Terrien. — Bulletin : Ouverture des cours :
Conférences d’histoire naturelle médicale, par Guiart, agrégé ;
Conférences d’anatomie topographique élémentaire, par Cunéo,
agrégé ;Conférencesdepâthologie externe, par Gosset, agrégé. —
Sociétés Savantes: Académie de Médecine : Sérothérapie dans
la fièvre typhoïde, par Josias ; La* mortalité tuberculeuse, par
Robin (c. r. de A. -F. Plicque.) — Société de chirurgie : Sur la
scopolaminc. par'Walther ; Plaies pénétrantes de l’abdomen, par
Picqué ; Hydronéphrose partielle, par Bazy ; Gangrené de l’uté¬
rus avec perforation, par Lapointe (c. r. de Catz.) — Société
Médicale des Hôpitaux : Pouls lent permanent, importance des
lésions du co'ur au point de vue pathogénique, par Brouardel et
Villaret ; Gardioptose, par Barié ; Indications de l’intervention
chirurgicale biliaire, par Linossier (c. r. de Friedel.) — Société
de médecine publique et de génie sanitaire (c.r, de A. PujoL) —
M.VLADIES NERVEUSES
Accidents hystériques d’imitation
Par le D' TERRIEN.
Médecin directeur de la maison de santé de Doiilon-lés-Naiiles.
Si , l’on veut prendre la peine d’étudier avec soin la
genèse des gros accidents de l’hystérie, tels que paraly¬
sies, contractures, tremblement, aphonie, cécité, etc.)
on sera surpris de constater combien ils sont souvent le
produit de l imitation. Un hystérique voit à côté de lui,
dans son village, un médullaire qui traîne la jambe, se
raidit en marchant, un parkinsonnien dont les mem¬
bres sont agités d’un tremblement caractéristique, un
tuberculeux à qui le larynx touché refuse presque la
voix, un coxalgique que la douleur fait boiter, etc., cet
hystérique, si peu qu’il soit impressionnable — et ils le
sont tous — pourra fort bien, suivant le cas dont il est
1 attentif témoin, se créer une paralysie oii une contrac¬
ture, un tremblement rythmé, ou une pseudocoxalgie,
etc. La peur du malade suffit souvent pour créer le mal,
mal psychique, bien entendu, chez tous ces prédispo¬
sés. L’hystérique copie fidèlement les manifestations
du voisin, si fidèlement que le médecin parfois est sus¬
ceptible de s’égarer sur la véritable nature de ces ma¬
nifestations. Et cet hystérique copie tout. Ne copie-t-il
pas, maintenant que l’appendicite est entrée dans le
domaine des maladies bien connues du vulgaire, même
du paysan le plus arriéré, ne copie-t-il pas l’appen¬
dicite avec tous les phénomènes bruyants qui la carac¬
térisent et qu’il n'ignore pas, pour les avoir lus ou pour
lesavoir vus chez un voisin '? il fait de lapseudo appen¬
dicite hystérique, j’en signalerai un beau cas. Et ces
pseudo-méningites, qui n'en a rencontré ? Et ces
mux diabètes ? Et ces vomissements incoercibles de la
grossesse d'origine hystérique ? Et ces pseudo-ataxies?
Uherchez bien, fouillez soigneusement la genèse de tou-
jes les manifestations dont je viens de parler, vous
trouverez assez fréquemment qu’à côté, dans le voi-
smage ou dans la famille du malade, un enfant est
^orl de méningite, un parent avait le diabète sucré, une
'’msine était enceinte et vomissait, un ami avait de l’in-
'^oordination des mouvements et marchait péniblement,
l’appui de cette thèse, certes pas nouvelle, mais
que j’ai tenu à bien mettre en lumière, j ’apporterai une
liste de cas, la plupart très probants ; cette liste serait
longue, si je devais citer tous les faits dont j’ai été le
témoin. Je chercherai, parmi ceux-là, les plus remar¬
quables, dont quelques-uns d’ailleurs ont été consignés
dans plusieurs de mes mémoires.
J’ai, en effet, publié, il y a quelques années, l’histoire
si curieuse de cet astasique abasique de la Vendée. Ce
paysan du Bocage, à 3.") ans, s’est vu un jour dans l’im¬
possibilité de marcher, de se tenir debout, tout en
conservant une force dynamométrique normale. Déplus,
complication rare chez les astasiques, il se trouvait
enrnème temps paralysé des deux mains. Après Tan¬
nées de cette vie de misères, où le malade, plutôt que
de rester toute la journée étendu dans un lit, avait choisi
le seul mode de locomotion dont il pouvait disposer, la
marche en rampant sur les genoux et les avant-bras,
les coudes, après ces 4 années cet homme qui avait couru
tous les médecins de la région, épuisé sans succès
les médications les plus variées, était apporté dans mon
cabinet et en sortait quelques minutes après debout
sur sesjambes, à sa grande stupéfaction. On l’avait
considéré, et il se considérait comme incurablej et il
était radicalement guéri. On l’avait descendu très péni¬
blement de sa charrette, il y remontait seul, sans le se¬
cours de personne, au grand étonnement du voiturier,
qui tremblait d’émotion et de sa femme, qui versait d’a¬
bondantes larmes. Le lendemain il travaillait à la terre.
Voilà huit ans que le fait s’est passé, la santé s’estmain-
tenue toujiours excellente.
Or comment ce paysan avait-il fait son astasie-aba-
sie? C’était, bien entendu, un prédisposé, un névropa¬
the. Dans la ferme attenante à la sienne, vivait une
infirme de 63 ans, qui depuis quelques années ne
pouvait quitter son fauteuil pour une paralysie des
deux jambes. C'était une paralysie spasmodique, or¬
ganique celle-là, car j'ai eu occasion de voir cette ma-
ladeàma consultation, puisqu’après la guérison su¬
bite de notre astasique*abasique, arrivaient enfouie
dans mon cabinet tous les estropiés incurables de
la région, véritable cour des miracles. C’eût été gro¬
tesque, si ça n’avait été profondément triste. C’est à
cette vieille paraplégique que j’attribue l’affection de
mon Vendéen". Je le laisse parler. « lîn jour, raconte-t-il,
« j’éprouvai de la faiblesse dans les deux jambes
146
LE PROGRÈS MÉDICAL
« Est-ce fatigue ? Est-ce autre chose ? Je n’en savais
« rien. Mais l’idée me vint aussitôt que je pouvais être
« frappé de la môme maladie que ma voisine, l'idée
(< prit corps dans mon cerveau, j’y pensai constamment,
« j’eus peur ; plus j’étudiais mes jambes, plus il me
« semblait que la faiblesse augmentait. Je n’endormais
« plus la nuit. Au bout de 15 jours ou 3 semaines, j’étais
(i si épuisé que je ne pouvais plus me tenir debout.
« Bientôt il me fut impossible de me relever. C’est alors
(. que j’ai commencé à marcher sur les genoux et les
« mains, rampant ainsi jusque dans la cour, dans les
« écuries, surveillant mes domestiques et les travaux
<( de la ferme. J’étais inôme plus malheureux que ma
« voisine, puisque mes mains devenues paralysées me
« refusèrent bientôt tout service. Il fallait me porter les
« aliments à la bouche ».
Ce cas est-il assez net au point de vue de l’étiologie ?
On se représente assez bien notre hystérique observant
sa voisine, se lamentant sur son sort, plein d’effroi à
la pensée qu’une aussi terrible maladie pouvait le frapper.
Puis un jour qu’il éprouve, suite de fatigue, de la fai¬
blesse dans lesjambes, notre homme l’esprit préoccupé,
obsédé par la paralysie de la vieille femme, a vite fait
de s’imaginer que cette faiblesse était le prélude, le dé¬
but d’une affection grave, le commencement d’une para¬
lysie similaire. Il s’autosuggestionne, il copie la mala¬
die de la voisine, il la copie mal évidemment, il ne
prend pour lui que ce qui est tangible, que les manifes¬
tations quiont frappé sa vue : l’impuissance à la marche,
à la station debout. Et notre homme ne peut plus se te¬
nir snr ses jambes. L’astasie-abasie était créée. Nous
avons dit plus haut comment la suggestion avait défait
rapidement, en 5 minutes, ce qu’avaient fait l imitation
et l’auto-suggestion.
J’ai également raconté dans mon mémoire sur l’hysté¬
rie en Vendée [Archives de Neurologie)
de pseudo-coxalgie survenue dans le petit bourg de Saint-
Fulgent, qui est bien le centre de ce remarquable foyer
d’hystérie que j’ai signalé en plein Bocage Vendéen,
J’avais placé dans un appareil unejeune ttllede 19 ans
pour coxalgie à gauche. Quelquesjours après, je voyais
arriver dans mon cabinet une jeune fille du même vil¬
lage se traînant péniblement, boitant, souffrant de la
hanche. « Elle a bien peur, dit-elle, d’être atteinte de
» la môme, maladie que sa camarade etd’être fixée à son
<■ tour dans un appareil. » Cen’est pas tout.
Une deuxième, puis une troisième, six jeunes filles du
même village ou des villages voisins, connaissant tou¬
tes ma première malade se présentèrent dans l’espace
d’un mois, toujours pour les mômes raisons, douleurs
à la hanche,’ claudication, peur d’être placées dans une
gouttière. Tant de coxalgies survenant à la fois chez
des jeunes filles qui redoutent l’affection de leur cama¬
rade avec ses conséquences ne pouvaient être que de
fausses coxalgies hystériques. C’était exact, la psychothé¬
rapie venant défaire en peu de jours ce que l’imitation
avait créé. Pas plus que dans le premier cas, et moins
encore que dans le premier cas, si possible, il existe de
doute surlagenèse de ces phénomènes : douleurs, clau¬
dication, simulant le début d’une coxalgie vraie. Ce sont
bien des accidents hystériques d’imitation. Ces jeunes
filles ont copié assez fidèlement les manifestations les
plus apparentes de la coxalgie de leur petite amie.
Voici un troisième exemple non moins typique —
je l’avais relaté au Congrès de Toulouse.
Un enfant à la suite d’une diphtérie grave a présenté
de la paralysie des deux jambes. Chaque jour je me
reudais à la ferme pour l’électriser. Je profitais égale¬
ment de ces visites quotidiennes pour examiner avec |
soin la gorge de tous les autres enfants de la maison.
Or un malin, je ne suis pas peu surpris de constater
qu'un des petits frères, âgé de 11 ans, marchait pénible¬
ment traînant la jambe. Il est paralysé, lui aussi, me
dit la mère. Or cet enfant, je le certifie, n’a jamais eu
de fièvre, jamais eu de rougeur à la gorge, n’a jamais
rien eu en en mot qui pût révéler la diphtérie. Il n’en
a pas moins fait de la paralysie. C'était évidemment de
la paralysie dipbtérilique. Il avait imité, copié la para¬
lysie de son frère. Je n’insisterai pas davantage sur
Téliologie de l’accident, elle est d'une clarté trop ma¬
nifeste. La psychothérapie a eu rapidement raison de
cette « pseudo-paralysie toxique ».
Autre observation intéressante, quoique cependant
moins précise au sujet de l’étiologie de l’affection. Il s’a¬
git, dans l’espèce, d’une polyurie très abondante, dia¬
bète hydrurique hystérique chez une jeune fille, le
pèreayant depuis longtemps un diabète sucré. Elle uri¬
nait 10 à 12 litres d’une urine claire, limpide, sans
traces d’éléments anormaux et buvait 10 à 15 litres
d’eau. N est-on pas autorisé à penser que cette jeune
malade, hystérique à crises, entendant constamment
parler près d’elle du diabète et de ses manifestations,
les a copiées ? Son esprit d’imitation n’a pu lui faire
expulser du sucre mais lui a donné la soif, et l’urine
exagérées, a créé le diabète hydrurique hystérique. Et
cette autremalade pensionnaire dans mon établissement,
quia faitun superneCheyne-Stokes, après avoir entendu
racontera table l’iiistoire si curieuse d’un malade delà
Vendée, un parkinsonnien cardiaque avec angine de
poitrine, qui pendant 6 mois a présenté la respiration-
de. Cheyne-Stokes, avec des pauses de 45 à 50 secondes
alternant avec des phases dyspnéiques de même durée.
J 'ai publié dans le Progrès médical ce cas si curieux par
la durée du Cheyne-Stokes. Quand le hasard de la con¬
versation m’a amené un soir à reproduire l’histoire de
ce malade, eu essayant d’imiter, pour mieux me faire
comprendre, le mode de respiration, je ne m’attendais
certes pas aux conséquences que ce récit pourrait avoir.
La jeune fille èn question était une hystérique à crises
et à crises d’une intensité telle, que je n’ai pu la main¬
tenir dans mon établissement à cause du voisinage des
autres pensionnaires. Et puis elle offrait ceci de parti¬
culier et de gênant, que, aussitôt la perle de connais-
sance et la chute à terre, elle arrachait avec une brus¬
querie, une rapidité qui surprenait parfois sa gardienne,
les épingles posées dans ses cheveux ou dissimulées dans
son corsage et les avalait.
Le lendemain du jour, où avait été tenue cette con¬
versation dont j’ai parlé, notre jeune fille, tombée dans
une crise de sommeil hystérique, nous montra un sü-
perbe Cheyne-Stokes. C’était la première fois que je
constatais ce mode de respiration dans l’hystérie. Le fait
doit donc être très rare. Les pauses respiratoires étaient
parfois extrêmement longues, j’en ai noté plusieurs de
75 et 80 secondes, la moyenne des pauses était de 45à
50 secondeset les phases dyspnéiques de 40à50 secon¬
des. Ce mode respiratoire s est prolongé pendant 2. heu¬
res le 1®'' jour, l heure le second, 4 heures 1/2 le 3” jour.
11 n’a pas reparu en.sui te.
A quoi attribuer ce phénomène chez notre jeune ma¬
lade ? Ce serait vraiment une bien étrange coincidenee,
si bn ne devait attribuer qu’au hasard ce mode de res¬
piration survenant précisément 15 heures après cette
conversation où je rappelais et décrivais ce phénomène.
LE PROGRÈS MÉDICAL
147
J’estime qu'on est en droit d’y voir plutôt une relation 1
de cause à effet. La jeunefilie a imité, a copié le Cheyne- ]
stokes que j'avais essayé de reproduire devant elle. Ce
serait donc encore là un accident hystérique d’imita¬
tion.
Encore un cas qu’il importe de noter. U s’agit ici
de vomissements incoercibles delà grossesse d’origine
hystérique. Je dis : « d’origine hystérique » mal-
o-ré l’affirmation du professeur Pinard qui veut que
tous les vomissements incoercibles de la grossesse
soient dus à des toxines, à une auto-intoxication . Nous
verrons par cette observation que cette opinion est trop
e.xclusive. On doit admettre, selon moi, que l’auto in¬
toxication est la cause ordinaire, mais non la cause né¬
cessaire de ce vomissement, que l’hystérie est capa¬
ble à elle seule de les fairê naître, et que, si l’on n’in-
Icrvient pas énergiquement dans certaines circons¬
tances, la malade peut fort bien en mourir. Voici com¬
ment le petit drame, où le tragique se mêlait au co¬
mique, s’est déroulé chez noire jeune femme. Un mot
d’abord pour éclairer la genèse de ces vomissements.
Dans la petite ville des Essarts, une dame, une amie
de notre malade, enceinte de 3 mois, avaitdepuis 4 se¬
maines des vomissements que toutes les médications
étaient impuissantes à arrcMer. L’état de cachexie était
très prononcé. En présence du danger qui semblait
imminent, je conseillai l’avortement qui fut refusé.
La malade mourut. Son amie fut prise à son tour,
mais après elle, des mêmes vomissements incoer¬
cibles. Et la situation chaque jour s’aggravait. Le
pouls était petit, filiforme presque incomptable; pas
de fièvre cependant, le visage était émacié, d’une pâ¬
leur cadavérique. Je redoutais comme chez sa camarade
uneissue fatale. Avec deux demes confrères, les D" Blé
et Guibert de la Roche-sur- A'on nous décidions l'avor¬
tement. Le danger pressant, nous ei'imes recours aux
seuls moyens dont nous disposions : la sonde à demeure.
Au bout do 3 jours pas do changement, ni coliques,
ni écoulements sanguins. Et la malade s’affaiblissait
toujours, allait mourir d’inanition. Songeant que cette
femme était extrêmement nerveuse, peut être hys¬
térique, j'ai eu l’heureuse idée d’essayer la psychothé¬
rapie, bien que je fusse convaincu de l’inutilité de cet-
tç tentative. Et voici comment je l’appliquai. Après
avoir retiré la sonde, nous déclarons très sérieusement
à la malade que l’avortement était fait, nous lui mon¬
trons tout triomphants les mucosités épaisses fixées
aux parois de la sonde, comme étant de minces débris
de l’embryon. Ehbièn 1 le résultat fut parfait. La jeune
femme sachant bien, que la grossesse était la cause de
ses vomissements, que n'étant plus enceinte, elle n’a-
'ait plus le droit de vomir, a vu cesser aussitôt scs vo-
niissements. Elle qui depuis un mois ne pouvait garder
une seule cuillerée d’eau, a pris d’un bon appétit, et
gardé un quart d'heure après cette peu banale séance
Un grand bol de lait, puis un second. Le lendemain et
jours suivants elle continua de s’alimenter d’une fa¬
çon parfaite. Plus jamais un seul vomissement Elle était
guérie. 10 jours après elle se levait et 0 mois après elle
Recouchait d’un bel enfant bien constitué. Je me suis
RRardéun peu dans les détails de celle observation.
e cas était trop curieux, pour qu’on ne s'y arrêtât pas ;
furieux à cause de la nature des vomissements et sur¬
dut à cause du procédé singulier de guérison. Ainsi
vomissements étaient manifestement d’origine hys-
j^’vtque, puisque la psychothérapie a pu les supprimer.
Ruto- intoxication n'était donc pas en cause. — Et
ces vomissements se produisirent, nous l’avons vu, au
moment même où la malade allait rendre de quoti¬
diennes visites à son amie. Serait-il osé de prétendre
que les vomissements de cette amie ont joué un rôle
important dans l’éclosion des manifestations hysté¬
riques de Mme X... '? Je ne le pense pas. Son amie
intoxiquée vomissait et est morte de ses vomissements.
Notre malade a imité ces vomissements, elle a vomi,
comme sa camarade, non par intoxication, mais à cause
de son hystérie. Vomissements incoercibles hystériques
d’imitation.
J’auraisbien d’autres faits à signaler, ainsi un trem¬
blement rythmé, une chorée hystérique chez un en¬
fant del2ans habitant le même village qu’un parkin-
sonnien, la môme ferme, tremblement qu’il fut aisé de
faire cesser, un simple commandement très impératif,
avec application forte des mains sur ses briis mainte¬
nus en extension pondant quelques minutes, suffit pour
arrêter les mouvements choréiformes et les empêcher
de se reproduire.
On remarquera avec étonnement — moi-même ai
éprouvé le premier celte surprise — on remarquera, dis-
je, la facilité vraiment extraordinaire avec laquelle je
suis arrivé à supprimer les accidents hystériques chez
mes malades. Laplupartde ces névrosés dont je raconte
ici l’histoire pathologique sont des paysans du Bo¬
cage. Et j’ai dit dans divers mémoires : » Hystérie en
\cndéc»{A7'chioes de Neurologie)(f Hystérie infantile en
Vendée «(congrès des aliénistes, Toulouse,! 8971, combien
la Vendée, surtoutle Bocage,et, dans le Bocage, un foyer
très étendu, mais nettement limité, nettement circons¬
crit, combien ce pays était peuplé de nerveux, hystéri¬
ques et neurasthéniques, hystériques surtout; j’ai dit
combien tous ces dégénérés hystériques étaient faciles à
la suggestion avec ou sans hypnose. Aussi la psychothé¬
rapie fut-elle pour moi une ressource précieuse pour la
cure de tous ces névropathes. Nulle part je n’ai trouvé
une pareille suggestibilité. Et nulle part je u'aitrouvé
des succès thérapeutiques aussi faciles. I)ans le pays
u’actuellement j’habite et qui est pourtant limitrophe
e la Vendée, dans mon sanatorium où je reçois des hys¬
tériques un peu de tous les départements de l’Ouest,
mes malades sont plus réfractaires au traitement psy¬
chique, quoique se trouvant dans des conditions beau¬
coup plus favorables, puisque isolés de leurs familles,
et du milieuquia vu éclore leur affection. Le Bocage
vendéen offre donc certainement quelque chose de par¬
ticulier au point de vue des psychopathies tant à cause
de leur n-ombre (on trouve des villages entiers d’hys-
téri(iues) qu’à cause de la soudaineté, de la brusquerie
avec laquelle un médecin peut supprimer les plus gros
accidents de l’hystérie. C’est un pays où les mira¬
cles scientifiques sont aisés. Mais je m’aperçois queje
m’éloigne un peu de mon sujet. On me pardonnera ce-
pendantcetle digression, parce qu'elle a son intérêt.
Je reviens à mes accidents hystériques d’imitation
pour conclure. Auparavant, je voudrais dire un mot
d’un accident hystérique, assez fréquent aujourd’hui,
peut-être parce qu’assez nouveau, du moins pour le
gros public, ctdela lésion organique à laquelle cet acci¬
dent hystérique correspond. Je veux parler des pseudo¬
appendicites, des appendicites hystériques. Celle affec¬
tion, l'appendicite vraie, le monde extra médical la
connaît maintenant, presque tout le mondeen connaît
les principales manifestations, fièvre, douleurs violen¬
tes dans un côté du ventre, ballonnement, vomisse¬
ments, constipation opiniâtre, et même le paysan le
148
LE PROGRÈS MEDICAL
plus arriéré a entendu parler do l’appendicite, de ses
symptômes, de sa gravité. Eh bien ! il y a beaucoup
d’appendicites aujourd'hui ; j’estime qu’il y en a trop,
pour qu’elles soient toutes réelles ; dans ce nombre, il
y en a de fausses. Si j’avance cette proposition, c’est
qu’il m’a été donné de constater de ces pseudo-appen¬
dicites. imitant si bien l’appendicite vraie, qu’il fallait
y regarder de bien près pour ne pas s’y tromper. Il m’est
même arrivé et je n’ai aucune fausse honte à l’avouer
d’avoir commis à ce sujet une grossière erreur sur une
de mes malades.
Un très grand chirurgien de mes amis s’est, comme
moi, laissé égarer. Notre malade a été opérée, on a ré¬
séqué son appendice. Qu’a-t-on trouvé ? rien. L’appen¬
dice était très sain et sous le champ du microscope
no présentait aucune altération. Mais je plaide pour
nous deux les circonstances atténuantes. Notre erreur
était excusable. La malade avait une douleur violente
dans la fosse iliaque gauche, du ballonnement, des vo¬
missements incoercibles, une constipation que rien ne
pouvait combattre et, avec tout ce cortège de symptô¬
mes, une fièvre variant entre 39 et 40. En fallait-il da¬
vantage pouf justifier notre diagnostic ? Eh bien, c’é¬
tait pourtant de l'appendicite hystérique. J’ai pu d’ail¬
leurs constater après, que ma malade avait des stigmates
d'hystérie, un rétrécissement concentrique très mar¬
qué du champ visuel, de l’anesthésie de l’arrière-gorge
de l’anesthésie des fosses nasales, elle avait eu égale¬
ment dans sa jeunesse des crises convulsives.
' J’ai rencontré d’autres cas de pseudo-appendicites
mais j’ai insisté sur celui-ci, à cause des conséquences
qu’a entraînées mon erreur de diagnosticetaussi à cau¬
se d’une particularité que je vais signaler et qui, pour le
sujet qui nous occupe, aune certaine importance. Dans
ce même bourg de St-A ... on avait opéré 2 mois aupa¬
ravant un malade d’une appendicite. L'opération avait
fait beaucoup de bruit dans le pays. Or je me rappelle
que le jour où je fus appelé près de ma malade elle me
fit part de sa crainte au sujet de son affection qui pre¬
nait, disait-elle, les mêmes allures que celle du voisin.
Est-ce à dire que c’est la maladie du voisin, tout le bruit
fait par l’opération qui fut la cause déterminante de l’ac¬
cident hystérique. On ne peut évidemment le certifier.
Mais la probabilité peut être admise.
Quoi qu'il en soit, j’en ai dit assez pour montrer que
tes accidents hystériques sont souvent des accidents
d’imitation.
L'hystérie,, a-t-on dit avec justesse, est essentielle¬
ment protéiforme, elle peut imiter, elle peut copier,
presque toutes les maladies. Et si l’on cherche bien
dans les antécédents de la famille, dans les antécédents
des voisins, on trouvera fréquemment le lésion dont
l’hystérique a su prendre pour elle, a su copier les
manifestations extérieures, les manilestations les plus
apparentes. Une hystérlqueàcrises, personne ne l'ignore,
peut provoquer des crises dans l’entourage chez les
prédisposés, aussi est-il bon de l'isoler. Mais ces prédis¬
posés sont également susceptibles de copier d’imiter
autrechose que les accidents vulgaires de l'hystérie, ils
peuvent imiter, jusqu’à égarer parfois le médecin, les
alfections non psychiques, les afl’ections organiques.
Fouillons la genèse des accidents de l'hystérie, on trou-
veraassez fréquemment, c’est là ce que j’ai essayé dlé-
tablir, que ce sont des accidents d’imitation.
Et la conclusion pratique est qu’il faudrait autant que
possible éviter de parler maladies, de décrire, une mala¬
die en face d’hystériques. On l'a bien vu pour cette
jeune fille, chez qui mon récit avait suffi à créer le
Gheyne-Stokes. El je ne serais pas surpris, s’il existe
une hystérique dans une salle d’hôpital, qu’elle rappor¬
tât chez elle en rentrant, avec le souvenir de ce qu’elle
a vu, les éléments suffisants pour créer la pseudo-affec¬
tion d’une voisine délit.
NARCYL GRÉMY médicament spécifi¬
que de la toux, spécialement de la toux des tu¬
berculeux.
BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL
Ouverture des Cours.
Conférences d’histoire naturelle médicale ;
IVl. le D' Jules GUIART, agrégé.
Considérations générales sur le parasitisme.
C’est devant un amphithéâtre rempli par un public
attentif que le D'' Guiart a fait son premier cours, le 3
mars 1906. Après avoir donné des indications précises sur
le programme qu’il compte suivre, le professeur annonce
qu'il consacrera cette première séance aux généralités
sur le parasitisme.
Il montre que la lutte pour l'existence est une des
principales lois qui régissent les rapports des animaux
entre eux. Il en résulte une hostilité flagrante, d'où le
besoin de s’associer pour la lutte. Ces associations ani-r
males varient nécessairement suivant qu’elles sont con¬
stituées par des individus appartenant à une même esr
pèce ou à des espèces différentes. Quand plusieurs indU
vidus appartenant à une même espèce sont en relations
intimes les uns avec les autres et ont un ou plusieurs
organes communs, ils constituent une co/on/e. Exemple :
le corail, le ténia. Quand plusieurs individus, apparte¬
nant à une même espèce, vivent en commun tout en res¬
tant libres et indépendants, ils constituent une société.
Exemples : les abeilles, les fourmis, les hommes. Mais
quand les individus qui vivent en commun, appartien¬
nent à des espèces diverses, ils peuvent vivre à l’état
de commensalisme, de mutualisme, de symbiose ou de
parasitisme.
Le commensal ne demande à son hôte que le partage
de sa nourriture et sauvent même un simple gîte. Exem¬
ple : la Rémora. Quand le service rendu se trouve payé,
la commensal devient un mutualiste ;-ily a une véritable
association. Exemple.: Adamsia et Bernard-l’Hermite.
La symbiose résulte de l’union tellement intime de deux
êtres qu’ils ne constituent plus qu’un seul être physio¬
logique : Exemple : Lichen formé par la symbiose d’une
aigue et d’un champignon.
Le parasite se nourrit aux dépens de son hôte, mais au
lieudetuer sa jtroie pour s’en repaître, il se contente de
l’attaquer lorsqu’il est poussé par la faim ou bien s’y ius-
tale à demeure et va môme jusqu’à y développer sa progé¬
niture. On peut le définir :un être vivant, animal ou végé^f
tal, passant une partie ou la totalité de son existence à
la surface ou dans l’intérieur d’un autre être vivant plus
puissant que lui aux dépens duquel il se nourrit. Les
parasites accidentels sont ceux qui peuvent indifféremment
mener une existence libre ou vivre en parasites. Tel est
le cas des Myriapodes et des larves de mouches. Les
parasites proprement dits sont tous les êtres dont le cy¬
cle vital comporte toujours, ne Jùt-ce que pendant très
LE PROGRÈS MÉDICAL
149
peu de temps, la condition de parasites. Les parasites
erranis sont ceux qui peuvent passer facilement d’un
hôte à un autre. Ils comprennent les parasites intermit¬
tents qui ne viennent sur i'hôte que pour se nourrir
'moustique, puce), et les parasites continus qui restent
en permanence à la surface de l’hôte (poux, sarcopte).
Les parasites fixes ont, au contraire, un habitat très li¬
mité et ne peuvent passer spontanément d’un hôte à un
autre ; tel est le cas, par exemple, des vers intestinaux.
Ils se divisent en parasites temporaires et en parasites
permanents. Les parasites temporaires vivent sur leur
hôte durant une période plus ou moins longue de leur
existence : les uns seulement pendant le jeune âge,
comme les larves de mouches ; les autres seulement à
l’à^e adulte, comme l’ankylostome ou la chique. Les pa~
rasites permanents sont parasites toute leur vie ; le meil¬
leur exemple est la trichine.
Il existe, on le voit, tous les intermédiaires entre la
vie libre et la vie parasitaire. Ceci amène le conférencier
à parler de l’influence du parasitisme sur l’organisme
animal, et par de nombreux exemples choisis dans les dif¬
férents groupes du règne animal, il montre qu’au fur et
à mesure que le parasitisme s’accuse, l’organisation se
simplifie.
Les parasites monoxènes («jlovo;, un seul ; hôte) j
sont ceux dont l’évolution s’accomplit chez un seul hôte.
Les parasites hétéroxènes (Etapo; dilférenti sont ceux
dont l’évolution exige le passage dans plusieurs hô¬
tes successifs ; on dit alors qu’il y a génération alter¬
nante. L’hôte qui traverse le parasite durant sa période
larvaire est hôte provisoire ; celui où il arrive à l’état
adulte est Yhàte définitif. L’hôte provisoire est générale¬
ment un animal aquatique ou herbivore et la larve est
logée dans les tissus profonds ou les cavités closes.
L'hôte définitif est au contraire le plus souvent un car¬
nivore et le parasite se rencontre dans les organes en
communication avec l’extérieur, de manière à permettre
l'expulsion des œufs en dehors et la diffusion de la pro¬
géniture. Les parasites les plus intéressants ne sont
pas toujours ceux dont l’homme constitue l’hôte définitif.
Exemples ; le kyste hydatique et l’hématozoaire du palu¬
disme.
Passant ensuite en revue l’influence des parasites sur
lit santé, il montre que de tous temps elle a été l’objet
d appréciations contradictoires. La nocuité tend en grande
partie à l’habitat ; elle peut tenir encore à la virulence
'les toxines secrétées et enfin aux inoculations possi¬
bles du sang par les parasites hématophages. Mais les
chapitres les plus importants de la pathologie parasitaire
sontceux du diagnostic et delà prophylaxie.
Le diagnostic des maladies parasitaires peut se faire
accidentellement par le rejet des parasites, mais il se
h’ra scientifiquement par l’examen microscopique du
des crachats, des excréments, de l'urine, etc., où
® défaut du parasite, on pourra trouver du moins ses
'Sufs ou ses embryons.
Quant à la prophylaxie, elle est basée sur l'étude du
duv’eloppement et sur l’étiologie. Ce chapitre a pris une
'uiportance considérable en hygiène sociale depuis qu’on
*>•11 qu’il suffit de s'attaquer à certains parasites errants,
c détruire par exemple les moustiques qui infestent
"Ue région, pour faire disparaitre certains fléaux del'hu-
'uanité, tels que la fièvre jaune ou le paludisme.
b^ans les leçons suivantes, le professeur se propose de
commencer l'étude des maladies parasitaires par celles
®ont produites par les protozoaires. 11 aura donc à
“dier tout d’abord la dysenterie,le paludisme et les try-
panosomoses. Tous les samedis, durant la seconde demi-
heure, des interrogations seront faites sur les matières
traitées dans le semestre d’hiver (bactéries et champi¬
gnons pathogènes) et M. Guiart se tiendra àla disposi¬
tion des auditeurs pour les renseignements complémen¬
taires qui pourraient lui être demandés. A. F.
Conférences d'anatomie topographique élémen¬
taire : M. le CUNÉO, agrégé.
M. le D'' CuNÉo fera une série de leçons d’anatomie
topographique élémentaire, les lundis, mercredis et ven¬
dredis, de 3 à 4 heures, à l'amphithéâtre de l’Ecole prati¬
que. La première conférence avait pour sujet la région
occipito-frontale. Le jeune professeur a exposé simple¬
ment et clairement les limites de cette région, ses par¬
ties constituantes, en insistant surtout sur la vasculari¬
sation et l'innervation, point important en somme, pour
le futur praticien. M. Cunéo a touché d’un mot la réforme
des études médicales, qui est en l’air, et a assuré que
son cours sera fait de manière à venir au-devant des re¬
vendications du corps médical, c’est-à-dire qu’au lieu de
parler pour les quelques étudiants, qui concourent, il
s’adressera aux futurs praticiens.
Conférences de Pathologie externe :
M le D’GOSSET, prof, agrégé.
Le D" Gosset fera quarante leçons sur les fractures et
luxations des membres inférieurs et supérieurs les lun¬
dis, mercredis et vendredis à 4 heures, au petit amphi¬
théâtre de la Faculté. Ce programme, a dit le conféren¬
cier au début de sa première leçon, ne l’amuse pas, lui
étant imposé parle règlement. Il juge en plus ce cours
inutile, parce que théorique et par conséquent incom¬
plet. Il voudrait que cet enseignement se fit à l’hôpi¬
tal avec l’aide de moniteurs, de tableaux, de prépara¬
tions, de radiographies, et surtout de malades.
Pour tous ces points nous sommes d’accord avec le
professeur. Nous ne voyons cependant pas bien, com¬
ment les 1.10 ou 200 auditeurs e.xamineraient à tour de
rôle un pauvre accidenté, une fracture et une luxation
étant surtout très douloureuse. Evidemment il faudra
réformer, mais pour faire cela la hardiesse ne suffit pas.
Il faudra de la réflexion, beaucoup de réflexion. M. le D''
Gosset n’a certainement pas réfléchi lorsqu’il a propo¬
sé d’imiter l’enseignement allemand. Toute personne
compétente ,qui a voyagé en Allemagne pour étudier
l’enseignement médical et qui a su regarder lui donnera
tort. Il faut juger la valeur d’un enseignement par le ré¬
sultat qu’il donne et, sous ce rapport, nous affirmons,
que la majorité des jeunes praticiens français sont
meilleurs cliniciens que leurs collègues allemands.
Pourquoi a-t-on ajouté la sixième année purement
pratique, au curriculum allemand? Probablement parce
qu’on a reconnu que les connaissances cliniques
étaient par trop insuffisantes. Ce que demande M. Gos¬
set, c’est-à-dire uii stage obligatoire après quelques
années ('() de travail théorique, existe du moins sur le
papier, et si les règlements de la Faculté sont restés
lettre morte, à qui la faute ? Aux élèves ou aux pro¬
fesseurs ? 'Voilà ce qu'il convient d’élucider avant de ré-
lormer. Ou verra bien vite qu’à part les paresseux, qui
ne vont pas à l'hôpital, ce sont justement les futurs maî¬
tres, qui y travaillent le moins. Ils font acte de présen¬
ce, débitent une amabilité au chef, puis s’éclipsent pour
apprendre par cœur les questions de concours. Ils arri¬
vent premiers et nous en avons connu qui exposaient
150
LE PROGRÈS MEDICAL
I
brillamment en question de cinq minutes ce qu’était un
hygroma du genou et qui n’avaient pas reconnu cette
affection au lit du malade, dix minutes auparavant. Pour
conclure, nous admettons la nécessité des réformes,
nous exigeons leur exécution, mais pas dans le sens indi¬
qué par le D'' Gosset. Encore un mot sur les cliniques
d’accouchements. La clinique Baudelocque mérite certes
d’être vantée comme exemple d’une bonne école, mais à
notre humble avis la clinique Tarnier donne un enseigne¬
ment au moins aussi bon, sinon meilleur.
Ceci dit, revenons à la leçon de vendredi. M. Gosset
a parlé de la fracture bimalléolaire la plus fréquente du
membre inférieur. Il a résumé ce que Maisonneuve, Sédil-
lot et Blain, Dupuytren, ont longuement écrit sur la
question. Grand Dupuytren, vous avez évidemment très
bien — dixit orator — décrit la fracture qui porte votre
nom, mais vous n’aviez pas de radiographies de ces frac¬
tures, vous n’osiez pas enlever un ovaire ou un estomac,
et vos moignons suppuraient souvent. Ne soyez donc
pas trop chagrin, si le jeune et brillant dgrégé de la
faculté vous a traité quelque peu avec dédain.
Contre l’INSOMNIE, prescrire :
T.VBLETTES MERCK DE VÉROKAL, au cacao.
dosées à 0,50 et divisibles par moitié.
SOCIÉTÉS RIVANTES
ACADIAIIE DE MEDÉCIAE
Séance du 6 mars.
Sérothérapie dans la fièvre typhoïde.
M. Josias, en employant depuis 4 ans chez ses typhuiaes de
l’hôpital Bretonneau, le sérum de Chantemesse combiné avec
la balnéation froide a obtenu une diminution de la morta¬
lité à 3.8 au lieu de la mortalité antérieure à 10 et 12 pour
cent. Il donne en outre la statistique des hôpitaux d’enfants
où la sérothérapie n’est pas employée. Voici, dit-il, les princi¬
paux chiffres ;
Nombre d'enfants soignés pour la lié\Te
typhoïde entrés et sortis du I" mars Décès
1902 au !"'■ mars 1905 .
Enfants-Malacle.s. . . 380 39
'f rousseau . 410 55
Ilérold . 91 18
Bretonneau (service du D'- Sevestrel. 150 16
Soit . . 1031 130
Mortalité moyenne : 12.6 %.
Comme ma statistiïiue de décès indique un chiffre vérita¬
blement minime et des deux tiers inférieur, d’une part, au
chiffre de la mortalité typhoïque des autres hôpitaux de Paris
et, d'autre part, au chiffre de la mortalité que j’avais dans mon
propre service, à l’époque où je traitais mes malades exclusi¬
vement par la méthode de Brand, je me permets de présenter
àJ’Académie les conclusions suivantes :
1“ Le sérum antityphoïde de Chantemesse, employé comme
il convient, est inoffensif.
2“ Les enfants atteints de fièvre typho'ide qui sont traités
de bonne heure [ïar le sérum et par les bains ont des chances
de guérir très supérieures à celles que leur procu re la bal-
néothérapie seule.
La mortalité tuberculeuse isuite).
M. A. Robin montre (pie trop souvent déjà les tuberculeux
sont traités en suspects ou en parias. Les domestiques sont
renvoyés des laniilles au moindre soupçon de tuberculosà
Les employés ayant passé par un sanatorium sont rel'u^
partout.
.V deux reprises différentes les malades sortant d’Angicourt
ont adressé des pétitions à la Commission permanente de
préservation contre la tuberculose, pour qu’on s’occu]^
d’eux, car ils ne trouvaient aucun travail. ”
Dans ces conditions, M. Bobin estime ((u’on ne saurait
songer à rendre obligatoire la déclaration. de la tuberculose,
avant d’avoir fait le nécessaire pour protéger les malheureux
tuberculeux.
M. Bknj.^min insiste sur la nécessité de la désinfection. Il
montre qu’actuellement, en France, les animaux sont beau¬
coup mieux protégés contre la tuberculose que les hommes.
M. Landouzy rappelle que la vaccine à ses débuts, la lutte
récente entreprise par les Vméricains à Cuba, contre la
lièvre jaune, ont soulevé bien des protestations. Sans doute
la déclaration obligatoire et la désinfection rencontreront
aussi, dans la tuberculose, des difficultf's. Mais elles sont le
seul moyen de lutter eflicacemcnt contre le lléau.
M. Henri Monod montre l’alïsence totale de résultats donvj
nés par la déclaration facultative. Les moyens matériel^
d’assurer partout la désinfection vont être prochainement;';
établis. Mais ce grand effort resterait stérile au moins pour']
la tuberculose sans la déclaration obligatoire.
\.-F. l'i.ICQUE.
SOCIETE DE CIllRültGIE
Séance du 28 février
Sur la scopolamine.
M. Walther rapporte 347 cas d’anesthésie obtenue à l’aide
d’injections sous-cutanées de scopolamine. L’emploi de la
scopolamineseuZe, sans chloroforme, suffit dans les réductions
des luxations, l’application d'appareils plâtrés, etc. Pour les
interventions où l’anesthésie doit être absolue, il faut adrai*;
nistrer le chloroforme une heure après avoir fait une injec¬
tion sous-cutanée d’une solution de 1 mgr. de scopolamine el
d’un ctgr. de morphine dans 1 c.c. d’eau ; souvent même
on peut se contenter d’injecter un demi-milligramme de
scopolamine et un demi-centigr. de morphine. M. Walther
n’emploie pas la scopolamine chez les enfants ; de même chex
l'adulte, il évite l’emploi de cet alcaloïde dans les intervenu
tions sur la bouche ; après ces opérations les malades doiyeB{4
pouvoir cracher facilement et la scopolamine par le sommeil'
prolongé dans lequel il plonge les malades empêche de le
faire. Les affections cardiaques, loin de constituer une contre-'
indication, doivent au contraire inciter, à l’emploi delà scopo--
lamine ; dans plusieurs cas de ce genre, M. Walther a eu à se
louer de l’emploi de cette substance qui permet de donner^
très petites doses de chloroforme et aussi d’éviter aux mala¬
des l’appréhension du chloroforme qui n’est administré qu®
lorsque le malade est déjà dans le sommeil scopolaminique.
Plaies pénétrantes de V abdomen.
M. PicQUK fait un rapport sur un cas de plaies de l’abdo¬
men ayec quinze perforations de l'intestin. Toutes ces perfo¬
rations ont été suturées en bourse ce qui a permis d’allervite-
M. CriAPUT est intervenu dans un cas semblable et n’a eo
qu’à se louer delà suture en bourse qui lui permit de termi'
ner Fintervention en trois quarts d’heure.
Ihjdronéphrbse partielle.
M. Bazy est intervenu dans un cas d'hydronéphrose inter¬
mittente d’abord par la néphrotomie, puis, six mois après.par
la néphrectomie. Seul, le pôh' inférieur du rein était dis"
tendu.
M. Le Dentu citcunc^s dumême genreoVil’hydronéphros^
s’était constituée exclusivement au dépens du pôle supérlettf
durein, le pôle inférieur étant absol u ment sain., Aussi se coO-
tenta-t-il défaire une ablation partielle et la guérison futpaf'
faitq.
Gangrené de l’utérus avec perforation.
M. Lapointe présenteun utérus provenant d'une femme qd*
LE PROGRÈS MÉDICAL
151
a été hystérectomisée pour accidents infectieux post-abor¬
tum. Mort le 15' jour de l’opération par septicémie lente. 11
existe au niveau de la face postérieure de l’utérus une large
perloration ; comme il n’y eut pas, de l’aveu de la malade,
demanœuvresintra-utérines, M. Lapointe pense qu’il s’agit
d’un cas de gangrène de l’utérus avec eschare.
Gatz.
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAL V
Séance du S mars.
Pouls lent permanent. Importance des lésions du cœur
au point de vue pathogénique.
mm. g. Brouardei. et M.Villaret. — Une femme de 53 ans,
sans antécédents toxiques ou infectieux, présente un pouls
lent permanent, 24 à 30 pulsations par minute, avec crises
syncopales. Albuminurie, mais pas de crises urémiques. Ré¬
gime lacté et achlorurique sans influence sur la maladie. Les
tracés cardiographiques et sphygm ographiques, pris simul¬
tanément avec Texamen radioscopique, ont montré, outre les
systoles complètes et rares correspondant au soulèvement de
la radiale, des contractions ventriculaires ondulatoires qui
ne se produisaient pas par le passage de l’ondée sanguine jus¬
qu'à la radiale. Les oreillettes se contractaient normalement
et on peut admettre par conséquent l’autonomie de la con¬
traction du ventricule et de l’oreillette. L'autopsie révéla une
myocardite scléreuse très intense, les artères du cerveau sclé¬
rosées, sans oblitération et d’une façon généralisée.
Les auteurs tendent donc à attribuer un rôle pathogénique
très important, dans la production du pouls lent permanent,
aux lésions myo cardiaques et artérielles qui agiraient secon¬
dairement sur l’irrigation bulbaire.
M. Galciari) cite le cas d’un homme de 51 ans, qui présen¬
tait des crises de contractions cloniques et de convulsions
toniques sans morsures de la langue, sans émissions d’urine,
après aura sensitive. Cet homme avait 30 à 32 pulsations
par minute et 12, 14 et 16 pendant les crises. Jamais on n'a
observé d'arrêt du cœur. Après emploi sans succès de K
Br et IK. on soumit le malade aux inhalations de nitrite d a-
niyle et à l'usage de la trinitrine (X à XY gouttes de la solu¬
tion à 1 0 0) et on arriva à calmer les crises.
M. Hirtz rappelle son travail, dans lequel il attribua un
rôle important, dans la production du pouls lent permanent,
.au surmenage et au travail musculaire exagéré.
M. Vaquez fait jouer le rôle principal aux modifications de
l’excitabilité et de la contractilité de la fibre cardiaque. Les
modifications d’excitabililé entraînent le pouls lent paroxys¬
tique, les modifications de la contractilité entraînent le pouls
lent alternant, de pronostic souvent grave. En résumé, il sem¬
ble que ce soient surtout les modifications de conductibilité
'lui provoquent le pouls lent permanent.
Pour différencier ces variétés, il faut étudier les tracés com¬
paratifs du pouls, du cœur et des jugulaires, il faut exami-
*rar attentivement Ips lésions myocardiques à Tautopsie.
M. UE M.\ssary rappelle le cas publié par Rendu, où le pouls
mut permanent était dû uniquement à une gomme du cœur-
Cardioplose.
.M. Barié. — La cardioptose est fréquemment associée aux
^eéroptoses surtout Thépatoptose. La ptose rénale coexiste
JPoins fréquemment. La cardioptose est plus fréquente chez
“oname (18 hommes sur 4 femmes).
J corset paraît jouer un i ôle dans cette différence. La
P 0^ du diaphragme parait nécessaire à la production de la
‘^fdioptose.
Indications de l'inlervenlion chirurgicale
dans la lithiase biliaire.
sera expose le traitement de la cholélithiase, qui
médicale dans la lithiase latente et dans la colique hépa-
gi^® 'Morphine et désinfection des voies biliaires), et chirur-
l'i^f ® les phénomènes douloureux sont permanents et si
svipp bon est rebelle au traitement médical (cholécptite
et die P*?longé(8 et 10 mois). Les symptômes hépatiques
sestifs dirigent l'intervention.
M. Le Gendre n’attendrait pour décider une intervention
chirurgicale que deux ou trois mois. Il ne se laisserait pas
influencer par des accalmies, excepté à un i’îge plus avancé. En
présence des progrès qu’a faits dans ces dernières années la
chirurgie des voies biliaires, il n’hésitera pas à provoquer
une intervention rapide.
M. SiREDEY fait remarquer que d’après les statistiques al¬
lemandes, la mortalité par cholélithiase a augmenté du dou¬
ble depuis 20 ans, ce que quelques membres de la Société in¬
terprètent en défaveur de l’intervention chirurgicale.
M. Linossier explique cette augmentation plutôt par le fait
que les interventions permettent de poser plus souvent le
diagnostic des complications hiliaires.
MM. Sevestre et Aubertin communiquent l’observation
d’une péritonite pneumococcique. Friedel.
SOCIÉTÉ DE MÉDECIAE PUBLIQUE ET DE GÉNIE
SANITAIRE
Séance du 98 février 1900.
Présidence de M. Bonnier.
M. i.E Président annonce le décès de M. Coi.lin, membre
de la Société.
M. Calmette lit une longue réfutation des critiques for¬
mulées par M. Bézot sur l'épuration des eaux d égoût, et ter¬
mine en vantant l’excellence de ce procédé d épuration.
M. ViNCEY lit une étude comparative entre le pi-océdé d'épura¬
tion biologique des eau.r d'égoul et le procédé d'épuration par
l'épandage. 11 résulte de cette étude que le procédé biologique
n’enlève aux eaux d’égout que la moitié environ des matières
organiques, tandis que l'épandage en enlève 06 % . Le nom¬
bre des bactéries restant dans les eaux effluentes est égale¬
ment moindre dans ce dernier procédé que dans le premier.
De sorte que ces eaux, provenant de l’épandage, peuvent
être, sans danger pour les riverains, rendues à la rivière ; on
n’en saurait dire autant de celles de l'épuration biologique.
On a dit que la surface des terrains d’épandage, pour un
même volume d’eaux d'égout, était 50 fois plus considérable
que la surface nécessaire aux lits bactériens. Cette proportion
est extrêmement exagérée : il résulte de la comparaison faite
entre les terrains de la Madeleine et ceux d’épandage de la
ville de Paris, que la surface de ceux-ci est seulement 8 fois
plus grande. Cette dernière proportion est, certes, considéra¬
ble ; mais si l’on tient compte de la manipulation nécessaire
des boues produites en grande quantité par l’épuration biolo¬
gique, ce qui entraîne beaucoup de main-d’œuvre ; si Ton
songe qu’il faut se débarrasser des eaux effluentes qu’on ne
peut pas sans danger rejeter à la rivière ; si Ton se rappelle
enfin que les eaux provenant de Tépandage sont rendues
directement sans danger à la rivière, après que cet épandage
a servi pour une bonne part à l’utilisation agricole, on peut
sans témérité penser que, même au point de vue économi¬
que, le procédé par Tépandage est supérieur au procédé par
lits bactériens. 11 est regrettable que la comparaison entre les
deux procédés, à ce dernier point de vue, n’ait pas encore
été faite.
M. Calmette demande à la Société de lui laisser le temps
d’étudier le travail de M. Y'incey pour y répondre, ne pouvant
le faire ex abrupto aujourd’hui même. Mais dès maintenant il
tient à déclarer qu’il ne condamne nullement le procédé
d épuration par Tépandage, mais que ce procédé ne peut pas
s’appliquer sur tous les terrains, et qu’alors le procédé bio¬
logique est tout indiqué.
M. Martin lit un travail sur V hospitalisation des maladies
contagieuses, et demande à la Société d’en discuter les conclu¬
sions à Tune des prochaines séances. A. I’u.ioi..
SOCIÉTÉ DE PÉDIATRIE
Séance du 20 février 1900.
Présidence de M. Comby.
Observations sur la rubéole.
MM. Appert et Aviragnet ont observé, Tiin en ville, Tau-
tre àThôpital Suint-Louis, deux épidémies de rubéole sur des
152 LE PROGRÈS MÉDICAL \
enfants de la même famille, et ils conimuniciuent à la Société
les particularités qui les ont frappés dans l’évolution de la
maladie chez ces enfants.
La durée de la période d’incubation a été régulièrement de
làjours chez les petits malades de la ville suivis par M. Avi-
ragnet ; elle a été moins régulière à l’hôpital, chez ceux de M
Appert. La maladie est contagieuse (pielques jours avant
l’éruption.
l>’éruption, (jui débute par la face, se généralise très rapide¬
ment à toutle corps, et aftecte souvent le type scarlatiniforme
Klle est précédée d’une légère poussée fébrile, avec un peu
d’embarras gastrique pendant 12 heures environ, sans catarrhe
nasal concomitant, avec très léger catarrhe oculaire, les taches
rubéoliques sont arrondies et non groupées en demi cercle
comme dans la rougeole. La température monte le I" jour,
atteint son maximum le 2", et tombe le 3“ donnant un tracé
en forme de clocher. Chez les nourrissons et les enfants cachec-
lûjues, la marche de la lièvre est moins rapide, et le tracé isl
« en lormede palissade ».Le plus souvent, absence d'engorge¬
ments ganglionnaires. Comme complications, on a observé
un abcès rétro-pharyngien dans un cas et une broncho- pneu¬
monie dans un autre.
La rubéole se distingue facilement de la rougeole par l'ab¬
sence de prodromes, le faible degré de fièvre, l’ab-sencedeca- -
tarrhe oculaire et nasal, et, en outre, parles caractères diffé
rents de l’éruption. Parfois, la rubéole pourra être confondue
avec la scarlatine, les éruptions sudorales. on encore avec cer¬
tains érythèmes polymorphes.
M.Skvkstre confirme ce (jui a été dit parM. Appert sur la
marche de la maladie et la durée de l’incubation ; mais il dit
(jue les engorgements ganglionnaires s’observent dans la moi¬
tié des cas.
M. Netter appuie l’opinion de NI. Sevestre relativement
à la fréquence des engorgements gangdionnaires ; il dit ([uele
diagnostic avec la scarlatine est particulièrement difficile à
faire.
Néphritc.quérie après une scarlatine.
M. Gh.i.et rapporte l'observation d’une petite fille qui, à la
suite d’une poussée de néphrite, resta six mois alitée sans que
l’on retrouvât pendant tout ce temps de l’albumine dans
l’urine, et chez (jui l albumine reparut dès que l'enfant com¬
menta à se lever. Survint alors une scarlatine, à la suite de
la(pieilc l’albumine disparut définitivement.
MM. \ ARioT etCn.vu.viKT présentent àla Société des lahles de
croissance des enfants parisiens ae 1 à 16 ans, qu’ils ont établies
d’après les mensurations de 4.500 enfants des deux sexes.
Pleurésie purulente enkystée bilatérale. Empyème double.
Guérison.
M. A. Eschb vch présente à la Société un enfant de 7 ans
guéri d'une pléurésie purulente bilatérale ayant nécessité un
double empyème. L'enfant encore en parfaite santé le 2G dé¬
cembre dernier, fut pris brusejuement dans la nuit suivante,
d'une oppression extrême avec fièvre assez intense, et fut
amené le 18 à l’hôpital des Enfants-Malades dans le service
de M. Variot. On constata d’abord des phénomènes qui firent
admettre l’existence d'une pneumonie à droite et d'une pous¬
sée congestive à gauche.
Le .^janvier, ces signes se sont modifiés, en même temps
(lue la température, après s’être élevée jusqu’à 40°, oscille au¬
tour de 39°, et l’on pose et vérifie au.ssitôt par une ponction ex¬
ploratrice le diagnostic de pleurésie purulente. Malgré l’éva¬
cuation de 300 grammes de pus, la dyspnée persistant et l’état
général restant fort inquiétant, l’empyème fut pratiqué le
soir même. L’amélioration de l’état du malade à la suite de
l’opération lut moins accentuée que l'on était en droit de
l'espérer, et bientôt des phénomènes congestifs que I on cons¬
tatait du côté oppQsé de la poitrine tirent place à des signes
nets de pleurésie dece côté, donnant l'explication de la per¬
sistance delà dyspnée et de l état fébrile. On fit d'abord une
ponction exploratrice qui donna issue à du liquide purulent,
et le lendemain en raison de la dyspnée toujours inten.se, de
la lièvre toujours vive et de l'état général in(iuiétant, on se
décida à pratifjuer, de ce côté aussi, un nouvel empyème i 12
janvier). Les symptômes s’atténuèrent lentement, ce ne fu
qu’au bout de 3 semaines que la fièvre tomba définitivemenl
mais, en fin de compte, vers la fin de février, le petit ma.
ladeétait complètement guéri.
Sur un cas de larynyo-typlius.
M. A\ eii.-IIai.lé. — Il s’agit d’un enfant, qui, à la suite d’uiif
rougeole, fut pris d'une conjonctivite pseudo-membraneusf
et traité par une injection de sérum. On constata ensuiit
quelques phénomènes imputables à de l'adénopathie trachm
bronchique. Enfin, des symptômes de fièvre de typho'ide *
manifestèrent, et au bout de quelques jours une dyspnée in¬
tense avec tirage très accentué motivaient le tubage et une in¬
jection de sérum, tn peu plus tard, les symptômes typhi¬
ques et la dyspnée persistant, on changea le tube, que î’oa
trouva noirci vers sa partie supérieure. Ce nouveau tubagf
ayant cette fois été insuffisant pour calmer la dyspnée, oneul
recours à la trachéotomie ; mais l'enfant succomba pendant
l’opération.
A l autopsie, lésion de fièvre typho'ide et d’adénopathie tr*
chéo-bronchique. En outre, idcération profonde à la hauteui
de l’anneau thyroïdien, avec infiltration du lai-ynx et bacille
d'Eberth au niveau de l’ulcération.
Le présentateur fait remarquer que, dans des cas sembla¬
bles d'ulcération post-typhûjue, toujours longues à réparer,
on doit préférer la trachéotomie à un tubage qui devra êt»
toujours prolongé et par conséquent sera toujours plus dan¬
gereux pour le larynx malade.
MM. ÀVeii.-Hvlle et Lem.vire présentent les pièces et l’oh
servation d’un cas de thrombose cardiaque et entbolie pulm.
nuire au 1 P jour d’une diphtérie.
LA VALÉROBROMINE LEGRAND
est plus active que les bromures et les valé-
rianates.
REVUE CHIRURGICALE
A propos de l'amputation interscapulo-thoraci-
que(l);
l>ar L -E. MOREU
L'amputation du membre supérieur dans la contiguïtf
du tronc (amputation interscapsulo-thoracique) a éÜ
élaborée vers 1887 par M. le P. Berger avec la coll»'
boration du P'' Farabeuf. Successivement exécutée pat
M. Berger dès 1882, réglée en 1887 ; exécutée avec suc¬
cès depuis par l’auteur un certain nombre de fois, elle*
vu ses indications se préciser Les mémoires successifs
de V. Riche (thèse, 1904 , Jeanbrau {Revue de chirur^it
1905), Jeanbrau et Riche (Revue de chirurgie 190-5), le»
communications récentes à la Société de chirurgie, e®
font une question à l’ordre du jour. Le P'' Berger la ré¬
sume, y ajoute les documents de sa pratique person¬
nelle, et en modifie légèrement le manuel opératoire-
Telle est la substance du travail que nous allons ana¬
lyser. •
Aux observations antérieurement publiées et dont o»
trouvera le résumé dans les travaux sus-indiqués,
Berger ajoute un certain nombre de faits nouveaux d’un
grand intérêt ; témoin cette observation :
Une jeune femme de 24 ans, récemment accouchéCi
voit un mois après son accouchement son épaule gauche,
traumatisée peudant la grossesse, devenir douloureuse'
Bientôt les douleurs s'accrurent et il s'ensuivit uDj
gêne croissante'des mouvements. Les douleurs étaieu
apparues au mois de mai ; en septembre, à la suite
séances de massage, les douleurs redoublent et latuffl*^
faction augmente. En octobre,tout travail devient imp^'
(l) M'après l<>lravail du P' Berger. Revue de Chirurgie. 10 a®''*
1!K)5.
LE PROGRÈS MÉDICAL
153
* sible. En décembre, on constate une impotence fonction¬
nelle absolue, des douleurs très vives, un œdème de tout
le membre supérieur gauche, un gonflement énorme de
l’épaule, et une fièvre continue à 38". L’appétit, le som¬
meil les forces, ont disparu. La malade entre, cachecti¬
que, le 9janvier lOOodans le service du P" Berger. t\ cette
époque, comme on le voit sur la figure 10, la tumeur hé-
Entre la peau et les muscles, à la partie antérieure du
moignon de l’épaule, un vaste décollement est rempli de
caillots sanguins. L’articulation scapulo-humérale pa¬
raît saine, les surfaces cartilagineuses sont normales ;
Fif. 10.
misphérique, du volume d’une tête d’adulte, couvre le
moignon de l’épaule, déborde en haut vers l’acromion,
en bas, vers le deltoïde, en avant vers le grand pecto¬
ral qui commence à être envahi, en arrière vers les mus¬
cles sus et sous-épineux qui sont infiltrés. Elle remplit
l’aisselle, on ne sent pas de ganglions. La peau non adhé¬
rente, mobile, est amincié, violacée, et sillonnée 'de
nombreuses arborisations vasculaires. La tumeur est
chaude au toucher, irrégulièrement ferme ou fluctuante,
non pulsative, non crépitante. Le bras, œdématié, en¬
gourdi, est le siège de vives douleurs spontanées, que
la palpation redouble. La température oscille entre 38"
et 39". L’état cachectique s’accentue.
fie 11 janvier 1905, on pratique la désarticulation in-
terscapulo-thoracique, suivant le procédé réglé par M .
Berger, et qui comprend les temps suivants :
1" Résection de la partie moyenne de la clavicule.
.2“ Ligature et section des vaisseaux axillaires.
3“ Dissection du lambeau antéro-inférieur (pectoro-
a-xillaire .
4° Dissection du lambeau postéro-supérieur icervico-
scapulaire],
5° Section des attaches musculaires de l’omoplate.
0" Réunion des lèvres de la plaie en T. (fig. 11 1.
La seule modification qu’apporta M. Berger fut la ré¬
section de la partie interne delà clavicule, substituée à
la résection de la partie moyenne.
L'intervention, absolument correcte, n’eut aucune suite
lâcheuse. La douleur cessa complètement, la malade re-
Pfit de l’embonpoint ; mais 5 semaines après la malade
®aourut d'une pleurésie.
L’examen de la pièce enlevée chirurgicalement mon¬
tra l’existence d’une fracture spontanée del’humérus, au
uiveaudu col chirurgical :1e néoplasme engainait étroite¬
ment les deux fragments jusqu’au tiers supérieur de l’hu-
merus. Tissus sains et tissus néoplasiçjues sont réunis
Par une zone impréciseau niveau du moignon de l’épaule.
un certain degré de mobilité conservée. Les muscles
de l’omoplate ont conservé leur couleur et *leur consis¬
tance naturelles : ils sont peu ou pas atteints fig. 12;.
Fi(,. 12.
L’examen microscoijique montre qu'il s'agit « d’un sar¬
come central de l’humérus, ayant débuté par la zoneju.x-
ta-épiphysaire, Tayant détruite, et ayant de la sorte dé¬
terminé une sorte de décollement épiphysaire. La large
intervention qui avait été faite pouvait faire espérer une
longue survie ; on a vu qu'il n’en fut rien, et que la ma¬
lade succomba à une pleurésie hémorrhagique évidem¬
ment due à la généralisation sarcomateuse.
M. Berger retint de ce cas la facilité extrême que lui
donna la réaction de la partie interne de la clavicule
(modification de son procédé antérieur dans la ligature
des vaisseaux.
Un second cas çécent de M. Berger porta sur un chon¬
drome plusieurs fois récidivé de l'extrémité supérieure
de l'humérus gauche fîg. 13'. Instruit parle cas précé-
Cela tient : 1" aux difficultés de ligature des vaisseauj|
dont les rapports sont modifiés par ces tumeurs : 2" anj
dent. M. Berger sectionna» la clavicule vers sa partie
moyenne, au point où elle est le plus facilement accessi¬
ble, et après avoir dénudé rapidement tout le fragment
interne en le soulevant avec un davier, il l’extirpa... puis
réséqua le fragment au ras des insertions du deltoide. »
fig. 14 et 15). C’est encore ce qu’il fit dans un cas de sar¬
come ganglionnaire de l’aisselle fig. 10 et 17 . Au total,
M. Berger a pratiqué 6 fois l'amputation interscapsulo-
thoracique : 4 fois il a obtenu la guérison opératoire ra¬
pide : il a même obtenu mieux, puis qu'entre autres, son
opéré de 1S90 myxome de l’extrémité supérieure de l’hu¬
mérus) est encore, au bout de 9 ans, en bonne santé .
Joignant son expérience personnelle aux matériaux ras¬
semblés par MM. Jeanbrau et Riche, le P'' Berger étu¬
die les résultats fournis par 128 observations d’ampu¬
tation interscapulo-thoracique.
I. Mort.\lité opératoire.
1" Tumeurs de l’humérus, 73 amputations interscapulo-
thoraciques pour tumeurs de l’humérus donnent 2 cas de
morts, soit 2 75 % demortalité. Elles se décomposent en:
a, 64 pour tumeurs malignes, donnant 2 morts, soit
3.12 % ; et é) 9 cas pour chondromes, sans décès, soit
0 pour cent.
2" Tumeurs de l'omoplate. — 21 amputations intersca-
pulo-thoraciques pour tumeurs de l’omoplate donnent
5 morts, soit 23.80 % de mortalité. Elles se décomposent
a]. 20 cas pour sarcome de l'omoplate, donnant 5 morts
soit 25 %; b) 1 cas pour chondrome, pas de décès, soit 0 %
3“ Tumeurs scapulo-humérales, et des parties molles, 35
cas donnant 4 morts, soit 11.24 % de mortalité.
En somme l’interscapulo-thoracique prend un caractère
de gravité certain quand elle s’attaque à des des tu¬
meurs de l’omoplate et des parties molles de l’aisselle .
Fig. 15.
tivée par des tumeurs malignes de l’humérus, l'amputa¬
tion interscapulo-thoracique est peu grave, très sûre, et
le souvent facile. » ,
délabrements étendus nécessités par l’ablation de ces tu¬
meurs envahissantes. Au contraire » quand elle estmo-
^ "'T- -.
LE PROGRÈS MEDICAL
II.Gl'KRlSONS DÉFINITIVES, RÉCIDIVES, GÉNÉRALISATIONS. -
11 faut distinguer les tumeurs malignes et les ckondro-
mes.
1» Sarcomes de l'humérus. — 62 cas de guérisons opé¬
ratoires qui se répartissent comme suit : 30 morts de ré¬
cidive ou généralisation, plus ou moins longtemps après
Fig. 16.
l'opération ; 3 morts d’affections indépendantes ; 24 sur¬
vivants ou récemment perdus de vue ; 5 insuffisamment
suivis. D’où la proportion : Généralisations et récidives
constatées, 48.38 % Survivants ou perdus de vue en
bonne santé, 38.70 % .
^’^^omes de l'omoplate. — 15 cas de guérisons opé-
donnant la proportion : Généralisation et réci-
p î;® constatées, 6(5.66 % : survivants ou perdus de vue
bonne santé : 33.33 %.
^^''^'otnes scapulo-huméraux et des parties molles. —
ns de guérison opératoire, donnant la proportion :
155
Généralisations et récidives constatées : 08.96 % ; sur¬
vivants ou perdus de vue en bonne santé 20.68 % . On
voit qu’ici encore, c’est-à-dire au point de vue dès résul¬
tats éloignés, l’interscapulo-thoracique donne de meil¬
leurs résultats quand elle s’attaque aux tumeurs de l'hu¬
mérus que lorsqu'elle s’attaque aux autres tumeurs de
l’épaule (omoplate et parties molles). Comme le dit M.
Berger: « cela n’a rien qui doive surprendre : pour les
tumeurs de l’humérus, l’amputation du membre dans la
contiguïté du tronc est l'amputation éloignée, l'opération
large qui se fait dans les parties saines ;... pratiquée
pour les tumeurs de l’omoplate, cette opération estl’am-
putatiou de nécessité .. insuffisante, ou tout au moins
précaire. »
II. Durée DE la survie après amput.atiün pour sarcomes.
M. Berger estime que les chiffres indiqués par Jean-
breau et Riche au point de vue de la survie après ampu¬
tation interscapulo-thoracique (5 ans et moins) devien¬
nent beaucoup trop optimistes si on ne considère que la
survie dans les cas d’intervention pour sarcomes.
1“ Sarcomes de l’humérus. — Survie moyenne de 19 à 20
mois chez ceux qui ont succombé à récidive ou générali¬
sation ;près de 4 ans chez les malades perdus de vue.
Gomme chiffres extrêmes, citons un mois et demi (Ber¬
ger* et 13 ans (Ochsner).
2" Sarcomes de l'omoplate. — Survie moyenne de 13 à
14 mois, chez ceux des opérés qui ont été finalement en¬
levés par récidive ou généralisation ; de 2 ans et demi
chez ceux qui ont été perdus de vue.
3" Sarcomes de diverses provenances. — Survie moyenne,
19 à 20 mois pour ceux des opérés qui ont succombé à
récidive ou généralisation ; près de 4 ans chez ceux
qu’on a fini par perdre de vue.
4" Chondromes de l'humérus. — Survie beaucoup plus
longue. Certains cas datent de 15 ans et n’ont pas en¬
core récidivé.
M. Berger pose d’après ces chiffres les conclusions sui¬
vantes ; « L’amputation interscapulo-thoracique doit être
proposée dès le début dans tous les cas de tumeurs ma-
ligues de l’extrémité supérieure de l’humérus. Tl ne peut
y avoir de réserve que pour les tumeurs de petit vo¬
lume, présentant un moindre degré de malignité, telles
que les tumeurs à myéloplaxes,les myxomes, et surtout les
chondromes, pour lesquels l’extirpation limitée ou la ré¬
section de la tête de l’humérus peuvent être adoptées,
mais seulement lorsqu’on s’est assuré, par une cons¬
tatation directe, de la nature relativement bénigne de la
néoplasie à laquelle on a affaire.
Les chondromes de l’extrémité sufiérieure de l'hu¬
mérus nécessitent parfoisl’amputation interscapulo-tho¬
racique, à cause de leur énorme développement ; l’opé¬
ration dans ces cas. quel que soit le volume de la tumeur,
est une opération des meilleures et des plus sûres.
Les tumeurs malignes de l’omoplate, les tumeurs ma¬
lignes de l'aisselle et du moignon de l’épaule ne justifient
l’amputation interscapulo-thoracique que lorsque la con¬
servation du membre supérieur n’est pas compatible
avec l’extirpation totale de la tumeur.
Ilyalieu de substituer à la résection de la partie
moyenne de la clavicule — comme temps préliminaire de
la ligature de vaisseaux — la résection de son extrémité
sternale pratiquée après section de la clavicule à sa par¬
tie moyenne.
Le drainage le plus large et le plus minutieux du point
déclive des zones décollées, sauvegarde la vie de l’opéré,
et, en tons cas, hâte notablement sa guérison.
L.-E. Morel.
Expressions curieuses. — Les malades ou leurs parents ont
quelquefois des expressions originales pour caractériser leur
maladie ou ses sym|>tôjnes. Parlant des crises de sa fillette
hystérique, la mèrê nous dit : « Aile tombe toujours à dents»,
en d’autres termes, elle tombe en avant, sur la-face.
156
LE PROGRÈS MEDICAL
1
BIBLIOGRAPHIE
Promenade d’un médecin à travers l’histoire ; par le
D'-J. Hakraui), Kiuievai, éditeur.
Ce livre dédié au D'' Cabanès est digne de lui : même pré¬
cision, même allure mordante et gaie que chez le maître.
L’ouvrage que nous offre le Barraud vient, en appor¬
tant une nouvelle pierre à l’édifice de la médecine histo¬
rique, confirmer ce que nous disions précédemment, à
savoir que si les médecins voulaient s’occuper d’être des his¬
toriens, ils parviendraient à éclairer d’une lumière vraiment
inattendue des passages de l’histoire demeurés obscurs
jusqu'alors. Le D'' Barraud nous confirme par des exemples.
Son livre est composé de plusieurs études. « plusieurs pro¬
menades ». Une promenade, pour être bonne, doit être courte
et faite sous un ciel éclatant de lumière. Les études de cet
ouvrage sont toujours très brèves, une impression, un détail
qui caractérise et c'est tout ce qu'il faut pour les faire briller
comme une peinture italienne.
Tous ces petits tableaux sont des exemples de ce qui a été
avancé. Un pris entie tous : De quoi est mort Mozart ? telle
estle litre d'uneélude du livre écrit par le If Barraud pen¬
dant ses promenades. L’on sait quel bruit, provoqua àla lin
del791 et au commencement de 1793 dans l’Autriche (le reste
de l’Europe était trop occupé par la France révoltée) la mort
de VVolfrang Amédée Mozart.
Empoisonné, Mozart était empoisonné par Saliéri, son ri¬
val ! Tout semblait confirmer le crime ; la Jeunesse, les paro¬
les du grand musicien, lajalousiede Saliéri, dont les cabales
avaient réduits l’auteur de Don Juankla misère. L’état civil
lui-même semblait, par sa pseudo-ignorance, vouloir jeter un
voile sur celte affaire : « Mort d'une lièvre cérébrale », nous
disent les registres olliciels. C’est bien là, semble-t-il, l'éti¬
quette prise au hasard et collée sur un flacon dont on vent
cacher le vrai contenu.
La question se pose donc alors : Mozart a-t-il été empoi¬
sonné ? Nous le verrons tout à l’heure.
Cependant aujourd'hui tousles biographes de Mozart ayant
plus ou moins écarté l’idée d’empoisonnement, ont adopté
presque généralement une version que M. Barraud nous
montrera fausse ou du moins invraisemblable : la phtisie.
Mozart est-il mort de tuberculose ?
LeD'' Barraud étudie les antécédents du compositeur. Le
grand-père a laissé unenombreuso famille qui s’est mainte¬
nue jusqu’à nos jours. Le père grand, vigoureux, meurt à
70 ans. sans aucune maladie, après une vie fort agitée, cepen¬
dant. La mère de Mozart est malade souvent, sur 7 enfants, 5
meurent, cependant la sœur de Mozart qui fut avec lui le
seul enfant qui vécut et, malgré des maladies et des ennuis,
ne mourut qu’à 80 ans. Mozart, lui-même, n’est pas le petit
garçon souffreteux qu’on veut bien en faire. 11 est cependant
très nerveux : la .«onnerie d'un clairon le fait évanouir ; il
n'est cependant pas « faible » ; en effet, il eut successive¬
ment ; scarlatine, petite vérole, typho’i'de, autre maladie (?),
catarrhe; au moment de son mariage (1781), le grand com¬
positeur est maigre et pâle, la tête forte, l’œil grand, proémi¬
nent et vague. Il s'évanouit facilement. Pourquoi cet état 'f
Trois causes; 1° maladies successivès ; 2" voyages ; 3° tra¬
vail. Nous connaissons les maladies, vo yons les voyages, ils
sont nombreux, faits dans de mauvaises conditions physi¬
ques par manque d'argent, très fréquents et souvent ac¬
compagnés de travail. -Mozart a travaillé d'une « façon co¬
lossale » dans sa vie, ses improvisations elles-mêmes n’é¬
taient que la solution instantanée d’un problème longtemps
médité.
Voilà dans quel état Mozart se présente devant le notaire
avec cette santé chancelante ; quelle garantie matérielle 'f
Aucune. La misère ne tarde pas à se glisser dans le ménage
qui s'augmente bientôt de trois enfants. Dans cette situation
désespérée une hallucination épouvantable surgit soudain ;
le comte de Walseg lui a commandé un Requiem, Mozart
croit que c’estle sien ; sa femme qu'il aime n’est pas là pour
l’écarter de ces idées ; elle accourt, cache le Requiem, mais les
pieds et les mains du musicien enflent, il s’alite, l’agonie
commence ; elle va durer un mois ! Enfin, le5 décembre, l’aii.
leur de Figaro s’éteint. Le lendemain matin, par un temps de
neige, éclairé d'un jour blafard le corbillard des pauvres
emportait ver.« la fosse commune du cimetière Saint-Marc le
précurseur de toute la musique moderne. Et tout ça pour 1{
florins....
Mozart est donc mort d'usure, d’excès de tr avail physique
et moral ; mais la maladie qui, en se greffant là-dessus i
emporté Mozart, semble être une néphrite (amaigrissement
étouffements, syncopes, pieds, mains enflés, parésie). Riei
d'étonnant à ce qu’une néphrite emporte si vite un orga¬
nisme usé comme l'était celui de Mozart, c’était la goutte
d'eau qui fait déborder le vase .
Ce n’est donc ni la tuberculose, ni le poison qui ont em¬
porté Mozart comme on l’avait cru jusqu’alors.
L’on voit' combien l’histoire pourait tirer des médecini
paç ce résumé de l’étude de M. Barraud.
Un autre petit tableau est brossé très aimablement et^
avec des détails nouveaux ; son sujet : « Un apothicaire ati
temps du gr/md roi ». Cependant comme nous avons déjà
donné ici le résumé d’une étude sur les apothicaires du temps
passé (1), et que la place nous manque, nous nous permet¬
trons de passer, et pourcette même et dernière raison, nous
ne pourrons que citer les études sur Saint-Hilaire, évêque ilt
Poitiers, la Prostitution au temps d'Isabeau de bnoière, la Cour
des Miracles, Christine de Suède et Bourdelot comme particu¬
lièrement intéressantes.
Cependant un dernier mot encore, une question : M. Bar¬
raud dans la préface de ce livre dont on a pu juger l'intérêt,
dit ; w Un médecin qui contemple le monde extérieur s'en fait
une idée différente...., nous avons, nous médecins, des lu¬
nettes qui nous changent, redressent les objets, les montrent
sous leur véritable aspect ! » Sous leur véritable aspect,
croyez-vous M. Barraud, croyez-vous 'f
La population de Vitry-le-François, 1773-1901,
par leD' I-angi.ki . Beims, Matot-Braine éditeur.
M. Langlet, qui a déjà publié un certain nombre de tra¬
vaux statistiques et historiques sur Reims et les environs
nous en donne un nouveau.
Après avoir rappelé la bibliographie statistique del’arron-
dissement de Vitry, il en étudie la population. Son travail
s’ouvre par une étude de- la ville avec des détails fort inté¬
ressants au point de vue des ménages, professions, etc.,
puis le relevé des paroisses avec deux états, l’un pour les
communes de l'ancienne élection, l’autre pour les commu¬
nes avec l’évolution de la population jusqu’en 1901. Des gra¬
phiques précisent ces données. Enfin le D-' Langlet termine
pàr une étude générale de l’arrondissement considéré dans
son ensemble. Ce travail fait consciemment aura sûrement
beaucoup d’intérêt pour les historiens de Vitry-le-François-f
ff) V. Comple-i-eudu des Médecins Je Guéret, juin 1005.
CHEMIN DE FER D’ORLÉANS
Billets d'aller et retour de famille pour les stations thermales j
et hivernales des Pyrénées et du Golfe de Gascogne (Area- I
chon. Biarritz. Dax, Pau, Salies-de-Bearn. etc. (Tarif spé' |
cial F. V. m 106 (Orléans).
Des billets de famille de 1”, 2- et 3* classes, comportant un*
réduction de 20 à 40 0, 0, suivant le nombre des personnes, soot
délivrés toute l’année, à toutes les gares du réseau d’Orléanfi
pour les stations termales et hivernales du Midi, sous condition
d’effectuer un parcours minimum de 300 kilomètres (aller d
retour compris) et notamment pour : Arcachon, Biarrit^. DàZ,
Guéthary [tiaXte ,Hcndaye, PaujSaint-Jean-de-Lu^,Salics-de-Biar*< |
etc.
Durée de validité: 33 jours non compris les jours de départ
d’arrivée.
LE PROGRÈS MÉDICAL
157
r
THÉRAPEÜTIÜÜE
Traitement médicamenteux des bronchites chroniques
et de la tuberculose par THélénine créosotée.
Les propriétés de l'hélénine sont bien connues de nos lec-
eurs, et nous ne rappellerons sa bienfaisante action dans
es bronchites chroniques et la tuberculose que pour insis-
er sur son association à la créosote, qui augmente l’action
éciproque de ces deux principes médicamenteux. Le D>' de
'orab, après une longue expérimentation, a pu établir la
luissa’nce thérapeutique de l'hélénine créosotée. Les globu-
es à'hélénine créosotée de Korab à la dose de 2, 3 ou 4 par jour
ont acceptées sans dégoût et sans répugnance par les
naïades ; la créosote est mieux tolérée par l’estomac, grâce
1 l’action calmante de l’hélénine sur les muqueuses. L’ab-
orption du médicament est fort rapide comme en font foi
es exhalaisons créosotées jointes au parfum de l'hélénine
iix minutes après l'administration des globules. En un mot
hélénine créosotée de Korab doit tenir une place de choix
ians la liste trop courte des médicaments efficaces des bron-
jhites chroniques et de la tuberculose pulmonaire.
Traitement des maladies du cuir chevelu dénommées
teignes tondantes ;
On lit dans le Bulletin municiftal du 3 mars ;
.âvisà MM. les directeurs, à Mmes les directrices des écoles
publiques et privées et à MM. les médecins inspecteurs des
écoles.
Depuis deux ans, à l’hôpital Saint-Louis (école Lailler),
la radiothérapie est appliquée aux nialadies du cuir chevelu
dénommées « teignes tondantes ». Cette méthode a produit
de bons résultats en réduisant dans la proportion des cinq
sixièmes environ la durée du traitement.
Il est rappelé à ce propos que, les lundis et mercredis, à
neuf heures du matin, fonctionna à l’hôpital Saint-Louis, rue
Bichat, 42, une consultation publique des affections du cuir
chevelu. Cette consultation est spécialement destinée aux
élèves des écoles publiques et libres.
Si l’affection constatée n’est pas contagieuse, l’enfant re¬
çoit, avec l'indication du traitement approprié, un certifi¬
cat constatant qu'il peut être admis en classe sans danger
iwur ses condisciples. Si, au contraire, il s’agit d’une maladie
contagieuse, le malade est admis à l’école Lailler, soit com-
roo externe, soit comme interne. En quelques semaines la
guérison peut être obtenue.
Mm. les directeurs et Mmes les directrices sont priés de
j communiquer ce renseignement aux parents intéressés.
LES CONGRÈS
XV»»! Congrès International de Médecine
(Lisbonne, 19-26 Avril 1906l.
Le Comité exécutif du XV' Congrès International de Médecine
est assuré un nombre considérable d’appartements ( chambres
; ou, pour la plupart, à plusieurs lits), au prix de 6, 8 et 10
i ^cs par lit, suivant la catégorie. Il y a aussi quelques logements
I ®®^usion,à 15 francs par personne. On payera les tickets à la
i et if ® Lisbonne en arrivant par chemin de feiq
I durée du Congrès, soit huit jours. 11 y a toute facilité
(tue '■opas dans les restaurants et hôtels de Lisbonne, ainsi
.j, o^us le restaurant du Congrès.
fiv-'^®® los logements seront distribués au fur et à mesure qu’ar-
à lit*'?!* les demandes : celles-ci sont à adresser, avant le 31 mars
j'';UOEL .losÉ DA. Sii.v.t, Palacio Foz, Praça dos Restaura-
ggj ’ L>®bonno, qui est chargé de ce service. L’affaire des voya-
PssDoI ®®**"‘*Lement réglée avec les chemins de fer français e.s-
'èvov^ 0^ portugais qui permettent aux congressistes d'ciïectuer
*ouion ^ Be retour par un itinéraire diffèrent de celui de l’aller,
l’aller ?” l'énéficiant de la réduction de 50 % , à condition que
grés ç 1® '’olour se f^ssenj par voie ferrée. Le Comité du Con-
jours-ci l’envoi des cartes spéciales
mes pour les compagnies des trois pays. Nous apprenons en
ce moment qu'aussiles chemins de fer italiens accordent la réduc¬
tion de 50 % .
Faculté de médecine et de Pharmacie de Bordeaux
Thèses soutenues pendaut l année scolaire I90ii-19n(î.
Décembre 1905, — Fauré. La neurasthénie traumatique chez
les artério-scléreux. — Potel. Genèse et descendance. Etude
critique d’unconflit moderne (Contribution à 1 histoire de la Bio¬
logie). — Gaiulaud. Essai sur la cérébralité féminine. — Pochoy.
Indications et contre-indications de la bronchoscopie supérieure
et inférieure dans le cas de corps étrangers des voies aériennes. —
Roton. Les kystes hydatiques du pancréas. — Bézos. Les tu-
'meurs du grand pectoral. — Bouthillier. De l’iridectomie et de
la sclérectomie combinées dans le traitement du glaucome. —
IIerve. Signes, diagnostic et traitement des accès amygdaliens.
Valeur des signes anciens. — NtCAUDi8.De la valeur diagnostique
et pronosticpie de la diazoréaotion dans la tuberculose. — Rouxeu
Les teignes à l’hépital civil de Brest depuis 8 ans. — Gachbt.
Mouvements involontaires et stèréotypies des doigts s’organisant
en tic dans le tabes.
Janvier 1906, — Védy. L’eau de mer en thérapeutique et prin¬
cipalement chez les tuberculeux. — Dupin. Quel est le meilleur
traitement opératoire des fistules vésico-vaginales ? Résultats
comparés des diverses méthodes. — Bardet. Du traitement chi¬
rurgical de l’éclampsie puerpérale. — Rioms. La torsion du pédi¬
cule des kysto.s para-ovariens, — Lefebvre. Contribution àl’étitde
de l’urétrotomie interne à setions multiples.
Delahet. Le tempérament bilieux. Etude historique, clinique,
thérapeutique. — Bouissière. Traitement du cancer des paupières
• par lesrayonsX. — Güisei.in. Du cancerde l’ombilic.- — Cheynel.
De l’ovariteourlienne. — Bouchaud. Contribution à l’étude delà
médication formique, — Duhoürcau. Sur le saprophytisme du
bacille du Koch.
Espinasse. De la valeur de la funiculopexie et de l’extension
élastique dans le traitement de l’ectopie testiculaire inguinale. —
Popp. De l'évolution clinique et bactériologique' des salpingites.
— Vidal. De l’aménorrhée (Etude du sang chez les aménorrhéi-
ques). — Duc^llier. Lumière et galvanocaustie. Installations
sur canalisations életriques urbaines. — Audhuy. Radiothérapie
coloniale. — Marque.- De la coexistence de l’appendicite ingui¬
nale droite (Traitement opératoire). — Bksse. Grenouillette de
la glande de Nuhn-Blandin. — Geoffroy. Modifications de la
respiration dans l’hyperthermie expérimentule. Etude physiologi¬
que de pneumographie et de pneumochimie. — Badin. Recherche
du spirochète pallida dans les lésions superficielles de la syphilis.
• ■ — Beinet. La tuberculose de la prostate.
Millon. L’empalement. — Laporte. L’ostéomyélite du pubis.
- Li TAUD. Contribution à l’étude du traitement des varices des
j membres inférieurs par la méthode sanglante. - Villeneuve, La
I femme et la médecine. — Dufresne. Notes sur la vie et les œu¬
vres de Vicq d’Azyr. (1748-17941. Histoire de la Fondation de '
l’Académie de médecine. — - Duliscouét. Les lépreux au moyen-
âge en France. — Salonne. Les ruptures sus-rotuÙennea du qua-
driceps fémoral. Avantages du traiteinent par lu suture, — Vou-
TERS. De l’intervention chirurgicale dans les tumeurs de la vessie.
Challier. Du choix d’un traitement dans l’épididymite tubercu¬
leuse (Etat actuel de la question). — Blain. L’altruisme morbide
dans la paralysie générale.
Renault. Sur un nouveau mode de traitement du coryza spasmo-
diqueavec ousanshydrorrhéepar les injectionsinterstitielles de pa¬
raffine. — Bourrut-Lacouture. Contribution à l’étude anatomique
des vestiges du canal péritonéo-vaginal chez l’enfant. Leur rôle
dans la production des kystes du cordon. — Sauvet. Importance
du terrain dans l’évolutiop de la tuberculose. — Lepage. Le bacille
de Koch dans les selles chez l’enfant. Technique et valeur diag¬
nostique. — Guennoc. Contribution à l’étude de la laparotomie
par le procé4é de Pfannenstiel. — De Schacken.- Etude de la bi¬
lharziose. Sa localisation au point de vue anatomo-pathologique.
— Gunaud. Le classement des voix. - Réca.mier. Action des
rayons X sur le développement de l’os. — Fr.vnçois. Le chancre
induré de la main. — St-1Iarty. De la gymnastique respira-
IIüet. Contribution à l'étude de la valeur séméiologique du
signe d’Argyll-Robertson. — SIbenaper. L’âge du discernement.
Considérations juridiques et médico-légales sur la responsabilité
de l’enfance coupable. — Mauvoisin, De l’otite moyenne et de la
mastoïdite d'origine puerpérale. — G.xubil. Calculs et tu meurs
du rein. — Armstrong. Critiques des théories émisessur le bruit
de rappel. — Benjamin. La colonisation pénale à la Guyane fran¬
çaise. Considérations médicales, biologiques, économiques ej so¬
ciales.
158
LE PROGRÈS MÉDICAL
1
Actes et Thèses de la Faculté de Médecine de Paris.
Thèses de doctorat. — Mercredi, 14 mars. — M. Lagrange :
Nouvelle luélhode de dosages de l'aeide salicyiique el application
de ce procédé à la recherche de quelques dérivés salicylés (M.M.
. (iautier. Landouzy, Desgrez, Labbé (Marcel). — M . Poissonnier :
Le cœur dans les déviations du rachis et les déformations thoraci¬
ques (MM. Landouzy, Gautier, Desgrez, Labbé (Marcel). —jt/. Che-
vai'SH : Tumeurs du testicule (MM. Reclus. Segond, Pierre Duval,
Proust). — M. Noé : Des abcès appendiculaires ouverts dans l’in-
leslin (MM. Segond, Reclus, Pierre Duval, Proust)
Jeudi, 1 5 mars. — M. Detoc : Etude générale sur les champi¬
gnons (MM. Cornil, Raymond, Dupré, Guiart) . — M. Uhry : De la
valeur comparée des médicaments toni-cardiaques (résultats clini¬
ques). (M.M. Raymond. Cornil, Dupré. Guiart). — M. Ginrdani : Sui¬
te diagnostic des tumeurs de l'hypophyse par la radiographie (MM.
R.iymond, Cornil, Dupré, Guiart). — M. Picot: Le massage de la
jirostate (MM. Le Dentu, De Lapersonne, .Luvray, Morestin). — M.
Para:;ols : De quelques aspects ophtalmoscopiques des sérosités
optiques. (MM. De Lapersonne, Le Dentu, Ajivray, Morestin). —
M. Santon : Contribution à l’étude du traitement de l'iritis rhuma-
timale par les injections intra-veineuses du salicylate de soude
(MM. De Lapersonne, Le Dentu, Auvray, Morestin).
Examens de doctorat. — Lundi, 12 mars. — Dissection (Ecole
jiratique) : MM. Poirier, Mauclaire, Cunéo. — 3” (Impartie, P' série.
Oral, Salle Béclard) : MM. Kirmisson. Lepage. Branca. — 3" (P" par¬
tie, 2- série. Oral. Salle Broussais) : .M.M. Segond, Wallich. RielTel.
— 5' (Chirurgie. P- partie, Hôtel-Dieu) : MM. Terrier. Dclens. Gos-
set. — 5' (2' partie. Hôtel-Dieu) : MM. Déjerine, Teissier, Labbé
(Marcel).
Mardi, /.? mars. — Dissection (Ecole pratique) : M.M. Le Dentu.
Thiéry, Rieffel. — .3”(l" partie. P' série. Oral, Salle Pasteur) ; .M.M.
Berger. Ribeuiont-Dessaignes. Lauiiois. — 3* (1" partie. 2* série.
Oral. Salle Charcot) : M.M. Poirier. Hartmann, Brindeau. — .5" (Chi¬
rurgie. P* partie. P' série. Charité) ; MM. Guyon. De Lapersonne.
Morestin. — ,V (Chirurgie, P” partie, 2' série, Charité) ; MM. Pozzi,
Marion, .Luvray.
Mercredi, 14 mars. — Dissection 'Ecole pratique) : MM. Kirmis¬
son. Cunéo, Rieffel. — P' (Oral, Salle Charcot): .MM. Poirier. Le-
gueu. Branca. — 4" (.Salle Broussais) : M.M. Pouchet, Richaud. Bal-
thazard.
Jeudi, 1 5 mars. — Dissection (Ecole pratique) : MM. Poirier, .Ma¬
rion, Rieffel. — .3' (2- partie. Laboratoire des travaux pratiques d'a¬
natomie pathologique) : .MM. Joffroy. Bezançon, .Maillard. —3“ (2*
partie. Oral, .Salle Pasteur) ; MM. Hutinel, Thiroloix, Jeanselme.
Vendredi, 16 mars. — Dissection (Ecole pratique) : M.M. Poirier,
Legueu, Cunéo. — l" (Oral, Salle Corvisart) : MM. Blanchard,
Gosset, Rieffel.
Samedi, 17 mars. - Dissection(Ecole pratique) : .M.M. De Laper¬
sonne, Thiéry, Morestin. — 3' (2’partie, Laboratoire des travaux pra¬
tiques d’anatomie pathologique) : M.M. Cornil, Guiart, Maillard. —
4" (Salle Béclard, :M.M. Raymond, Chantcraesse, Vaquez. — 5" (2“
partie, 1" série, Beaujon) ; MM. Hutinel, Méry, Gouget. — 5” (2'
partie. 2' série, Beaujon) : MM. Robin, Jeanselme, Bezançon. — 5-
(Obstétrique, 1" partie. Clinique Tarnier) : M.M. Maygrier, Bonnai-
re, Brindeau.
NOUVELLES
Natalité DE Paris. — Do dimanche 11 février 1906 an samedi
17 février 19C6, les naissances ont été an nombre de 1.027, se dé¬
composant ainsi : légitimes 767, illégitimes 260. 1
Mortalité a Paris. — Population d’après le recensement de
1901 : 2.^.559 habitants. Les décès ont été an nombre de 970. *
savoir: 475 hommes et 495 femmes. Les décès sont dus aux
causes suivantes : Fièvre typhoïde (typhus abdomin.) : 7. —
Typhus exanthématique : 0. — Fièvre intermittente et cachexie
palustre : 0. — 'Variole : 0. — Rougeoie : 20. — Scarlatine : 2.
— Coqueluche : 5. — Diphtérie et Croup : 0. — Grippe : 6.
— Choléra asiatique ; 0. — Choléra nostras ; 0. — Autres
maladies épidémiques : 2. — Tuberculose des poumons : 201. —
Tuberculose des méninges : 19. — Antres tuberculoses : 14. —
Cancer et autres tumeurs malignes : 64. — Méningite simple : 18.
— Congestion hémorrhagique et ramollissement du cerveau : 56.
— Maladies organiques du coeur ; 72. — Bronchite aiguë : IJ.
— Bronchite chronique : 26. — Pneumonie : 31. — Autres affec¬
tions de l’appareil respiratoire ; 133. — Affections de l’estomac
icancerezc.) : 4.— Diarrhée et entérite deO à 1 an ; sein : 5 ; au¬
tre alimentation ; 1 3. — Diarrhée et entérite de 1 à 2 ans : 0. — Her¬
nies, obstruction intestinaie : 4. — Cirrhose du foie : 1 i. — Néplw
et mal de Bright ; 34. — Tumeurs non cancéreuses et autres g
ladies des organes gçnitaux (femmes) ; 4. — Septicémie puerpérj
(fièvre, péritonite, phlébite puerpérale) : 3. — Autres aocid^
puerpéraux de la grossesse et de l’acooncnement : 1. — Débit
congénitale et vices de conformation : 21. — Débilité sénile
— Morts violentes: 16. — Suicides : 11. — Autres maladies :(]
— Maladies inconnues ou mal définies : 19.
Mort-nés et morts avant leur inscrintion : 67. qui se décos
posent ainsi : légitimes 48, illégitimes 19
Distinctions honorifiques. — Officiers de l'Instruction ■
blique. — MM. les D'’-’ Audollent, F.-R. Belin. Dubar, Dubrig
H. Gourichon, Laskine, M.-J. Legros. Letellier, Mugnier, P®
zot, J.-P. Tessier, Zibelin, de Paris ; Barthés, d’Ivry-sur-Seig
Bierry, deLons-.e-Saunier ; Bouteloup, d'Orléansville ; Goûta»
de Montferrand : Delahaye, de Toulon ; Hubert, de Cherbour|
Langlebert, de Neuilly-sur-Seine ; Lelièvre, de la Loupe : Peyi
de Bordeaux ; Prengreber. de Palestre ; Rigabert, de Marly-j
Roi : Benech. médecin militaire.
Officiers d’.icadémie. — MM. les D'- Barrault, F.-P. Bernai
Blandamour, Blondin, Cattier, Courtillicr, Faucillon, Forestii
Jahaii, Julliiet. C.-E. Kieffer, Landais, Moïse Lehmann. Leq
Bing, Pauly, Puech, Sanz de Santamaria, Silva, Soulé. E.-i
Tison. Vignat, Vilenski, G. E. Vimont, J. -A. Weil, J.-F. Wnit
de Paris : Aubin, de Marans ; Aulés. de Saillans ; Azalbert.'i
Cannes ; Castaneda de Campes, de Pontoise ; Chesnais, de 1
dréac ; Clause, de Clermont-en-.\rgonne ; Colandre, d’Eglisenfl
ve-d'Entraigues ; Daniel, de Mila ; Daumy, de Saint-Eloy-Ies-Mi
nés ; Denoy, de Narbonne ; Dubarry, de Tarbes ; Fraikin, d’Ar
gelès-Gazost ; Fusier, de Thoiry ; Galangau, de Cerbère ; Géri|
de BordJ-Bou-.\rréridJ ; Gouez, de Plougastcl-Daoulas : Grï
fault, de La Motlie-Saint-Héraye ; Guiol, d'Hyères ; Hazemaig
de Combles ; Hugues, des Arcs (Jourdan, de Thônes ; H. Lamanl
de Haspres ; Laugier, de Bar-sur-Ie-Loup ; Laurent, de Vitrey
Léoncini, de Nice ; Levrat. de Lyon ; Louis Malausséna, de Nice
Mallet, de Tournan (Marion, de Digne; Martial, de Paulhaguetj
Maugart, de la Roche-suriYon ; Petit, de Montereau ; Picarel. il
Villeneuve-lés Corbières : Pitti-Ferrandi. de Pietra-di-Verdé’
Pothef, du Perreux ; Raullet. d'Aumale ; Reymondon, de Clirt
béry ; Roger, do Laurens ; Rousseau, de Brest ; Rouvier, deVeî
ran ; Roux, de Marseille ; Roux, de Nice ; Saramito, de Sospet
Springer, d’Alençon ; Truffet, de Seyssel ; Chaudoye, Doramaq
tin. Meyer, Moinet, Rabuson, II.-L. Robert, médecins militairelj
M"»': le D'’ Ragu née Lsoovesco, M''® le D"' Roussel, de Paris. Pat
mi les pharmaciens décorés signalons M. Pennés, maire-adjo*
du V‘' arrondissement de Paris et M. Midy, les spécialistes bil
connus.
Chevaliers du Mérite Agricole. — MM. les D''’- Ilugaei
d'Alger et H.-L. Robert, médecin militaire.
Eaux minérales de la P’rance. — Médaille d'or. — M. le
Meilliére, de Paris. — Médaille de vermeil. — M. le D’’ Piatot, *
Bourbon-Lancy. — Rappel de médaille de vermeil. — M. leD"
Chiais, d’Evian. — Médailles d' argent. — MM. les D'“ Const^
de Vittel ; Verdalle, de La Bourboule. — Rappel de médail
d'argent. — M. le D'' Poulain, de Bagnoles-de-l’Orne. — Méds\
les de bronze. — MM. les D''' P. Bergouignan, d'Evian : Mougeol
de Royat ; Valby, de Mustapha ; Zuccarelli, de Bastia ; Carre^
médecin militaire. s
Médaille de bronze des épidémies. — M. Francière, méàf
cin auxiliaire au 126' d'infanterie.
Médaille de bronze de la mutualité. — M. le D' H. Pdf^
médecin militaire.
Hôpitaux de Toulouse. -M. le D' Mériel est nommé, apt*
concours, chirurgien des hôpitaux.
Amphithéâtre d'anato.viie des hôpitaux. — I. Cours ^
exercices techniques de. médecine opératoire régionale
direction de M. Pierre Sébileau. directeur des travaux scienO®:
ques. avec l’assistance de MM. les D'* Chifoliau et Chevri®*’
prosecteurs des hôpitaux. - ,
U. Opérations sur le foie, l'estomac, C intestin et le reefu*
par 5IM. E. Quénu, professeur agrégé, chirurgien de
Cochin, et Pierre Duval, professeur agrégé, chirurgien des
taux. — Ce cours commencera le vendredi 16 mars. --
lieu à 4 heures un quart. — I. Chirurgie générale du foie ;
d’accès (abdominaJe, transpleurale) ; résection et suture du WG
hépatopexie : exploration générale dae voies biliaires. Vend^
16 mars. — II. (Iholécystotomie et cholécystostomie ; cholécys)^
tomie, cholécystb-entérostomie. Les cholédocotomies. Lundi
J
LE PROGRES MEDICAL
unies (antérieure, postérieure, en Y|. Vendredi 23 mars. —
iV Gastrectomie ; jéjunostomie. Lundi 26 mars. — Interven-
■ion pour plaies d’intes^tin par armes à feu : sutures de l’intestin ;
niérectomies et entero-anastomoses. Vendredi 30 mars. —
/I Colostomie (temporaire et définitive) ; fistulisation tempo¬
raire du cæcum ; appendicectomie. Lundi 2 avril. — VII. Résec¬
tion du segment ileo-cœcal ; résection du colon pelvien ; résec¬
tion des segments fixes du gros intestin. Mercredi 4 avril . —
VIIl.Les anastomoses colo-coliques ; iléo-sygmoïdostomies. Ven¬
dredi 6 avril. — IX. Incision des abcès de l’anus ; traitement dos
fistules simples et complexes de l’anus ; cure radicale des hémor-
rhoïdes : traitement du prolapsus rectal. Lundi 9 avril. — X. Les
amputations du rectum ; résection partielle par voie para sacrée ;
extirpation périnéale extrasphineférienne et intrasphinctérienne .
Extirpation abdomino-périnéale. Mercredi 11 avril.
Les Elèves répéteront les opérations sous la direction des
Prosecteurs et de plusieurs Moniteurs. Le nombre des Elèves
t limité. Le droit à verser est de 60 francs. Le Cours est gra¬
tuit pour les Internes des hôpitaux. Se faire inscrire : 17, rue du
Fer-à-Moulin, de 10 heures à 4 heures.
Chirurgie d'urgence, chirurgie courante et chirurgie du tho¬
rax, p&t MM. C. Walther, professeur agrégé, chirurgien delà
Pitié, et J. Arrou, chirurgien de l’Hôpital Herold. — Ce cours
I commencerale vendredi 16 mars. — Il aura lieu à 4 heures un
' quart. — I. Suture des plaies ; Hémostase ; Anesthésie locale :
I Greffes, (lundi 2 avril). — H. Suture des tendons et des nerfs ;
Traitement de l’hémarthrose ; Arthrotomies : Trépanations osseu¬
ses. (mercredi 4 avril) — III. Chirurgie des traumatismes de la
main; Amputations de l’avant-bras et du bras, et leurs indications
(vendredi Gavrill. — IV. Chirurgie des traumatismes du membre
inférieur (écrasements et fractures compliquées). Lundi 9 avril. —
4 . Tumeurs, blanches ; Hygromas ; Halluxvalgus ; Ongle incar¬
né (mercredi 11 avril). — VI. Chirurgie du thorax; Plaies de poi¬
trine ; Pleurésies purulentes ; Fistules pleurales ; Abcès froid
costal (vendredi 16 mars). — VIL Chirurgie du sein ; Abcès ; Tu¬
meurs bénignes ;Tumeurs malignes (lundi 19 mars).— VIII. Chirur
giede l’abdomen ; Contusions et plaies de l’abdomen ; péritonites;
Appendicite (vendredi 23 mars). — IX. Hernies ; Hernie étran¬
glée ; Cure radicale des Hernies (lundi 26 mars). — Occlusion
intestinale, Anus artificiciels ; Héraorrhoïdes ; Abcès et Fistules
de l’anus (vendredi 30 mars).
Les Elèves répéteront les opérations sous la direction des Pro-
secteurs et de plusieurs moniteurs. Le nombre des Elèves est li¬
mité. Le droit à verser est de 60 francs. Le Cours^est gratuit pour
les Internes des Hôpitaux. — Se faire inscrire : 17. rue du l’er-à-
Moulin, de 10 heures à 4 heures.
Programme des cours. — Premier cours: Opérations sur le
foie, l’estomac, l’intestin, le rectum, par E. Quénu, Professeur
agrégé. Chirurgien de l”hôpital Cochin, et Pierre Duval, Chirur¬
gien des hôpitaux. Ce Cours commencera le 16 Mars. — Deuxiè¬
me Cours : Opérations courantes et chirurgie d’urgence, par C.
Walther, Professeur agrégé, Chirurgien de la Pitié et J. Arrou,
Chirurgien de l'hôpital Herold. Ce Cours commencera le 16
mars. — Troisième Cours : Opérations de Gynécologie, par A.
Ricard, Professeur agrégé. Chirurgien de l’hôpital Saint-Louis
et A. Gosset, Professeur agrégé. Chirurgien des hôpitaux. Ce
Cours commencera le 1®'’ Mai. — Quatrième cours : Opérations
sur l’appareil génito-urinaire de l'homme, par J. Albarran, Pro¬
fesseur agrégé. Chirurgien de la Maison Municipale de Santé et
R. Proust, Professeur agrégé. Ce cours commencera le 2 Mai.
— Cinquième cours : Opérations sur la tête, le cou, l’oreille, le
nez et le larynx, par Pierre Sebileau, Professeur agrégé. Chirur¬
gien de Lariboisère et E. Lombard, Oto-Rhno-Laryngologiste
des hôpitaux. Ce Cours commencera le 6 juin. — Sixième cours :
< ipérations sur l’œil et son appareil annexiel, par V. Morax, Oph¬
talmologiste de l’hôpital Lariboisière. Ce cours commencera le 6
Juin. — Le nombre des Elèves est limité. Sont admis à suivre ces
Cours les Docteurs français et étrangers et les Etudiants imma¬
triculés qui auront à acquitter, pour chaque Cours, un droit de 80
francs. — Les Cours sont ouverts gratuitement à tous les internes
des hôpitaux, sans autre limite de nombre que celle imposée aux
exercices techniques par les ressources du laboratoire.
Suicide d’un médecin militaire. — Pour échapper aux atroces
douleurs que lui causait une maladie incurable dont il souffrait depuis
longtemps, le docteur Emile Spire, médecin-major en retraite, do¬
micilié, 233, boulevard Péreire, s'est tué l’avant-dernière nuit, au
cours d’une crise, en se tirant deux balles de revolver dans la tète,
[Aurore, jeudi, 8 mars 1906.)
TH16EN0L ROCHE
Soluiion huileuse d oléo-sulfonaie de sodium
Le plus actif et le meilleur marché de tous les médicaments employés
dans le traitement des affections gynécologiques. Le plus facile à prescrire
et à manier ; il est soluble dans l’eau et la glycérine ; il est inodore et ne
tache pas le linge.
A. — Solution pour tampons vaginaux :
Thigénol . 3o a 5o grammes.
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160
LE PROGRÈS MÉDICAL
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de l'abonnement : Paris et départements, 10 fr. ; Etranger :
12 fr.. Prix du numéro 1 fr. — Nous félicitons les fondateurs de
ce journal de leur heureuse idée et faisons les vœux les plus sin¬
cères pour leur succès.
Mot de la fin. — Une jolie défmition de la virginité. — Ma¬
dame Vertuchoux adresse une semonce àsa fille ; — « Oui, Made¬
moiselle, l’innocence e.st un trésor. Dieu vous en avait confié la
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17 MARS 1906
Le Progrès Médical
SOMMAIRE : Chirurgie biologique : De la stérilisation du
matériel instrumental, par Longuet. — Bulletin : Ouverture
des cours : Clinique thérapeutique, par Robin; Cours d’hygiène,
par Chantemesse ; Cours de chimie médicale, par Gautier ;
Conférences de thérapeutique, par Vaquez. — Sociétés Savan¬
tes ; Société de biologie : Chlorure de calcium, son influence sur
l’hémolyse, par Vincent, Dopffer et Billet ; Décomposition du
peroxyde de magnésium dans l’intestin, par Frenkel ; Régénéra-
tiondes libres des racines postérieures dans le tabès, parNageot-
te ; Constituants du suc gastrique, par Iscovesco ; Dosage de
de l’acide urique, par Bouchèse ; Phénomènes protoplasmiques
de l’anesthésie chez le glaucoma, par Fauré-Frémiet ; Action
des sérosités humaines et de leurs cellules dissociées sur les
globules rouges du lapin, par Froin (c. r. de Mme Edwards-
Pilliet.) — Académie de Médecine : Le rhumatisme tuberculeux,
par Poncet et Leriche ; Une nouvelle fonction glandulaire des
cellules fixes d’un tissu conjonctif, la fonction rhagiocrine, par
Renault ; La mortalité tuberculeuse, par Vallin ; Origine des
eaux minérales, par Gautier (c. r. de A. -F. Plicque.) — Société
Médicale des Hôpitaux : Intervention de la cholélithiase ; Pleu¬
GHIRÜRGIE RIOLOGIQUE
(Cours. IV“' leçon. )
De la stérilisation, du matériel instrumental ;
Par le P' L. LONGUET (de Rouen).
Sommaire : §1. Généralités sur l’instrumentation. — Aperçu
historique. — Classification biologique. — Réduction numé-
riquepossible. — Intérêtde la métallisationexclusive pour toute
l’instrumentation, récipients compris. — Soins préliminaires
d'entretien et de propreté.
5 IL Stérilisation germicide : Lister. A : méthode antiseptique
de Lister. — B : méthode du flambage. — C : méthode de l’air
surchaufl’é de Durante. — D : méthode de l’ébullition de Ter-
rillon. Ces méthodes sont partiellement ou totalement germi-
cides, mais nullement sporicides. Elles ont en outre l’inconvé¬
nient d’altérer le matériel instrumental par oxydation. En cas
d'urgence, ou d'imprévu, ou de petite chirurgie courante, elles
constituent toutefois une précieuse série de ressources.
§ III. Stérilisation sporicide : Longuet. A ; méthode de la va-
]^ur anhydre deshydratnnle à,lSE- {90% a. i Aüi. de pression.
Elle est applicable en l’espèce, confère une sécurité absolue,
n’altère pas le matériel instrumental. Elle trouve son indication
dans toutes les grandes interventions.
Messieurs,
Il en est des instruments comme des compresses-
lâtnpons : les uns et les autres prennent avec lés élé¬
ments cellulaires des plaies un contact toujours iramé-
mat, direct, inévitable, mais temporaire. Vous enten-
"Sz parfois parler de pincement à demeure. Mais cette
technique, érigée en méthode par les hystérectomistes
aefenseurs de la voie vaginale, n’est qu'au expédient,
pis-aller, dont le double inconvénient biologique est
ae compromettre d’emblée la réunion par première in-
ention et d'agréer une cicatrisation spliacélique né-
'^•'ogène, ^u’il n’est pas en notre pouvoir de limiter,
gf^uer ni enrayer dans son évolution.
I De la rencontre prévue des instruments avec les cel-
ç, es vivantes, une déduction pratique découle évidente :
^est la nécessité primordiale de stériliser ce matériel.
^ autant que chacun de ces objets sert à toute une lon-
ÿe suite d’interventions et transmet de ce fait — si vous
Pvanez garde — des germes morbides d'un sujet in-
sér' J, “Vautre qui ne l’est pas, voire môme à toute une
viril avec renforcement progressif des effets
'Clients d’individu à individu, conformément à ce que
résie purulente ayant duré 15 ans, par Legendre et Genevrier ;
Pince hémostatique oubliée dans l’abdomen, par Legendre et
Genevrier; Anémie pernicieuse traitée avec succès par les rayons
X et le sérum antitoxique, par Rénon et Tixier ; Infections san¬
guines au cours des érythèmes infectieux (streptococciques, enté -
rococique, tétragénique, parSacquépée et Loiseleur ; Spirochète
pallida dans tous les organes d’un firtus hérédo-syphilitique,
par Feuillé (c. r. de Friedel.) — Société de Médecine de Paris ;
Présentation d’une pièce osseuse (c. r. de Buret.) — Société in¬
ternationale de la tuberculose : Nouvelle tuberculine Jacobs, par
Jacobs. — Bibliographie : Fracture du radius chez les automo¬
bilistes, par Fougère ; Technique du traitement de la luxation
congénitale de la hanche, par Calot ; Interprétation nouvelle
du mécanisme de l’hémoptysie tuberculeuse, par Barbary ;
Maladie osseuse de Paget, par (Ettinger et Agasse-Lafont ;
L’acide formique et la force musculaire, par Clément, etc. —
Thérapeutique : Traitement de la coqueluche. — Varia. —
Les congrès. — Actes et thèses de la faculté de méde¬
cine DE Paris. — Formules. — Pharmacologie. — Nouvel¬
les. — Enseignement médical libre.
nous enseigne l’inoculation streptococcique expéri¬
mentale répétée par passage de lapin à lapin.
I I GÉNÉRALITÉS SUR L’INSTRUMENTATION
A. Avant Pasteur, la contagiosité par le modeinstru-
mental était ignorée, méconnue, à peine admise obs¬
curément par quelques clairvoyants. Aux chirurgiens
des époques cadavériques, revient le mérite d’avoir ima¬
giné, vulgarisé, perfectionné, tout un arsenal dont plu¬
sieurs échantillons sont encore aujourd’hui d’usage
courant.
B. Avec les doctrines pastoriennes, la question d’ins¬
trumentation apparut sous unjour nouveau. Lister, le
premier en 1867 comprit, exposa le danger de transmis¬
sion par ces objets, en même temps qu’il donna un moyen
de les «germicider m. Bientôt,pour satisfaire aux exigen¬
ces de purification, les opérateurs esquissèrent un tra¬
vail de transformation du matériel. Alors nous vimes
disparaître en 1888 les anciens manches debois, de buis,
d’ébène, de corne, d’os, de caoutchouc durci, emprun¬
tés aux scalpels, cependant que le bi-métal, sous forme
d’acier ou de fer recouvert de nickel, mieux apte à sup¬
porter l’attaque des agents désinfectants prit une exten¬
sion prédominante.
C. Aujourd'hui, guidés par desnotions biologiques plus
précises, non plus seulement microbiennes, mais aussi
cellulaires, faut-il envisager encore l’instrumentation
sous le même jour que les prébiologistes Listériens?
Tout porte à croire qu'elle peut, qu’elle doit encore
progressera la lumière des données actuelles. A lager-
micidation, je substitue la sporicidation : à labimétal-
lisalion partielle, la monométallisation totale absolue,
quasi-exclusive ; à l’usage facultatif indifférent de telles
ou telles espèces instrumentales, à leur << pléthore »,
le rejet ou l'emploi raisonné, limité, guidé par la notion
vitale du tissu sur lequel porte notre action.
Donner ici la liste complète de l’arsenal serait une tâ¬
che longue, fastidieuse, sans intérêt immédiat autre que
celui de l’histoire. Il faudrait faire un relevé pour -la
chirurgie générale, et pour les spécialités, par exemple
pour la chirurgie osseuse (ostéolomes, trépans, perfo¬
rateurs, rugines, scies), pour la chirurgiegynécologiqiie
(cureltes, tire-bouchons.) etc Plaçons-nous à un point
de vue plus élevé, celui de l’action biologique des ins-
162
LE PROGRÈS MÉDICAL
truments. Sous le rapport de leurs effets cellulaires, les ]
instruments se groupent en quatre catégories: les cou¬
pants ou de diérèse ; les piquants ou de ligature-suture ;
les contondants ou d’hémostasie ; les mousses ou d’ex¬
ploration.
Parmi les coupants, prennent place : les lancettes, les
scalpels, les bistouris, le bistouri boutonné, les couteaux
d'amputation, les ciseaux droits et courbes.
Dans les piquants, rangeons les pinces à griffes, les
pinces-érignes dérivées des tire-balles, les broches, les
trocarts et toutes les aiguilles, innombrables en leurs
modalités.
h&s contondants ont comme type habituel les pinces
à forcipressure, variables de forme et de dimension, de¬
puis la petite pince hémostatique jusqu’aux clamps et
aux volumineux écraseurs, renouvelés des anciens.
Les mousses enfin sont représentés parles écarteurs,
les sondes ou cathéters, les explorateurs, dont le stylet-
aiguille, la sonde cannelée, sont des modèles aussi vieux
que classiques.
Tous ces instruments font honneur à leurs inven¬
teurs et par moments suscitent en nous un réel senti¬
ment d’admiration. Mais mon habituelle tendance sim¬
pliste me conduit encore ici à la réduction numéri¬
que ; la richesse inlinie de l’arsenal, malgré son puis¬
sant intérêt historique, ou mécanique, devenant en
pratique un obstacle, une inutile complication ; expli¬
quons-nous ;
Et d’abord les cOMpauis sauf cas spécial, exception¬
nel, sont réductiblesà un simple couteau et aux ciseaux.
Un couteau de taille petite ou moyenne, suffit en bio¬
chirurgie — j’en ai commencé l’expérience — pour
toutes les interventions depuis l’ablation d’une phalan¬
gette nécrosée, jusqu’aux grandes désarticulations de la
ceinture scapulaire ou pelvienne en cas de tumeur ma¬
ligne.
S’agit-il d’une cœliotomie abdominale, une fois inci¬
sés la peau et le tissu cellulaire, j’ai coutume d’aban¬
donner le couteau, préférant pour toute la suite les ci¬
seaux mousses qui taillent « comme dans une étoffe»,
donnent une tranche peu saignante et une sécurité grande
par l’intromission préalable d’une de leurs branches
au travers d’une boutonnière, faisant office de protec-
teur-décollateur à l’égard des plans sous-jacents. Que
signifie aujourd’hui le bistouri boutonné, si non
l’intention, delà part de celui qui l’emploie, découper
aveuglément, d’opérer à ciel fermé, au Iravers d’une
minime incision, par respect scrupuleux d’une tradition
séculaire! Donc, messieurs, à chacun son bien. Laissons
aux nécropsistes leurs scalpels, aux herniologues de
la renaissance le bistouri boutonné, et toute la gamme
des couteaux d’amputation à ceux qui envisagent la
chirurgie purement manuelle, moins comme l’art de
tailler et de coudre en étoffe, que comme celui de
dépecer.
Les instruments piquants suggèrent des réflexions
similaires. En plus de quelques pinces à griffes et du
trocart? les aiguilles courbes sont réductiblesà 3 ou 4,
variables de forme, de dimensions, de courbure. Et si
ma prodigalité va jusqu’à 4, c’est par crainte de res¬
ter en échec lorsque l’une d’elles cesse inopportuné¬
ment toute fonction. Quant aux longues aiguilles
mousses, dites à pédicule, si estimées des gynécologistes
du siècle dernier, par terreur des artères abdomina¬
les, et pour le passage d’énormes câbles de soie destinés
à l’étreinte massive, globale, d’une région entière, vous
seriez fixés sur leur valeur, si vous compariez leur ré- I
sultat : qui est l’énorme moignon << anlibiologique »
source de nécrose, de névrite, d’adhérences viscérales
ultérieures, au fin nodule actuel, enfouissable sous le
péritoine, résultant du travail de couture-ligature à l’ai¬
guille piquante. Donc l’abandon des aiguilles mousses,
comme celui des broches ne doit laisser aucun regret.
Parmi les instruments contondants, les pinces h-émos-
tatiques ont donné lieu à de singuliers abus. Pour ma
part, j’exécute nombre d’interventions sans aucune
forci-pressure : transposition testiculaire, phlébecto¬
mie, herniotomie, appendicectomie, hystérectomie, etc.
D’autre part, la biologie nous interdit les énormes écra¬
seurs et avec eux les clamps, qui, par contusion maxima,
tuent d’emblée de vastes champs cellulaires, dont les ca¬
davres constituent un terrain organo-nécrobiotique infini¬
ment propice à l’infection, éminemment défavorable à la
réunion par première intention, toujours suspeetdespha-
cèle, d’adhérence, d’hémorragies secondaires. Un même
respect de la vitalité leucocytaire m’a conduit à exclure
presque radicalement tous les instruments de forcimor-
sureetde pincement. C’est la méthode générale d’hé¬
mostase première, c’est-à-dire exécutée avant l’exérèse
de l’acte opératoire principal qui a donné naissance, à la
fin (lu siècle dernier, à l’abus progressif de ces instru¬
ments. On en vint à pincer tout, toujours, partout. Non
seulement leszones vasculaires, mais les plans fibreux, la
muqueuse, la peau, le péritoine, voire mèmefils et com¬
presses furent pincés de la sorte, afin d’éviter les minus¬
cules suintements sanguins d’origine capillaire. J’ai vu
ainsi des champs opératoires encombrés de forêts de pin¬
ces à anneaux disposées en couronne. Au moment de
l’e.xérèse ou do la pose des ligatures définitives, des obs¬
tacles surgissaient nombreux. Quand vint la réaction
sous forme A’hêmostase consécutive, c’est-à-dire réa¬
lisée seulement après l’acte opératoire principal, la for-
cimorsure fut moins en vogue. Mais les pertes sangui¬
nes trop abondantes, d’autant moins négligeables qu’il
s’agit souvent de malades déjà anémiés, expliquent la
persistance de l’habitude du pincement. Pour ma part,
je pratique une progressive, chemin faisant,
par ligature immédiate à l’aiguille avant ou après section,
sansaucune application préalable de pince. Les avanta¬
ges de cette « filipressure » sur la « morsure » sont d’em¬
pêcher tout encombrement défaire opératoire superfi¬
cielle ou profonde, d’éviter une double manœuvre de pin¬
cement et de ligature, de ne point exposer à l’oubli (l’un
instrumentdans l'abdomen, de faciliter le temps d’exérè¬
se, enfin de moins compromettre la vitalité des cellules,
et par conséquent d’assurer, pour une certaine part, la
réunion par première intention des tissus non contu¬
sionnés, non froissés, non ischémiés.
Les instruments mot/vsc.x échappent à toute criti¬
que biologique. A leur sujet, j'ai simplement à dire
(jue le stylet et la sonde cannelée sont, au point de vue
opératoire, sinon à celui du diagnostic clinique, gén^
râlement inutiles dans les grandes interventions. Ln
gros fil, ou une bougie filiforme métallique flexible et
malléable, remplace avantageusement le stylet. D’au¬
tre part, les ciseaux mousses fermés jouent très
bien l’office d’une sonde cannelée pour la décolla¬
tion. La cannelure de cette sonde est éminemment
défavorable au point de vue de la stérilisation, vu son
emploi habituel pour l’élimination du pus qui s ycon-
crèle échappant ainsi à la germicidation. En sorte quUi
je verrai avec plaisir la disparition de cet antique et
très respectable explorateur-protecteur-évacuateur.
La cannelure m’amèneà vous parler de toutes les rai-
LE PROGRÈS MÉDICAL
.163
nures, fissures, ràpures, aspérités, irrégularités de l’ins-
Iriimentation actuelle. D’une manière générale, les stries
et les crans ont pour but d'éviter le « dérapage », le
o-lissemenl des pinces. Avec la «lilipressure » à l’aiguille
fa queslion se simplifie ; les pinces à crans sont d’usage
fort restreinl. J’ai insisté il va quelques années sur la
nécessité d’avoir des instrumen.tsaussi unis, aussi lisses
que possible (1). Je poursuisdepuis lors le môme bulavec
une certaine ténacité, en vue d’une plus grande facilité
d’entretien et de stérilisabilité.
La matière du métal offre elle-même une réelle im¬
portance. Le fer ou l’acier doublés d’une pellicule de
nickel sont aujourd’hui d’un usage généralisé. Et de
lait ils offrent de réels avantages. Voici, par exem¬
ple des écarteurs bien brillants ; ils éclairent (?) par ré-
ilcxion les cavités profondes. Cependant, l’impossibilité
degarderlongtemps intacte, l’instrumentation bimétal¬
lique dont la nappe superficielle de recouvrement dis¬
paraît vite et fatalement par «oxydation, » par décapage
mécanique au frottement, nous conduit à préconiser
l’instrumentation à métal unique. C’est la raison de ma
prédilection actuelle, mais non de mon exclusivisme,
pour l’aluminium, métal léger, peu coi'iteux, de belle cou
leur blanc-blcnàtre, inaltérable pai‘ le brossage et ino¬
xydable en milieu anhydre. Vous connaissez mes ré¬
cipients à recouvrement, composés chacun de deux
cellules plates en aluminium, opposables par leurs
bords, subintrantes, perforées d’une double ou triple
rangée de trous au voisinage du rebord de la cellule re¬
couverte pour la pénétration dt la vapeur sporicidante.
La forme est la même pour les boites à objets de pan¬
sement et pourlcs boites à instruments. Seulement, la
hauteur peut être moindre dans cette dernière desti¬
nation. Vous y remarquez l’absence de toute glissière,
de tout ornement, de toute strie, soudure, angulation,
autant do conditions favorables à laspuricidation,qui est
ici simultanément exécutable pour l’instrumentation
et les récipients. J’expérimenterai aussi l’aluminium
pour les tables d’opération, etc. Nous voici loin déjà
du classique plat émaillé ou de la cuvette rectangu¬
laire photographique de vogue universelle en ce rno-
nient. Toutefois, l’acier conserve ses droits ; ainsi
pour les pointes, les lames tranchantes, les instru-
U'ents de force, etc.
Quelle qu’en soit la composition, le matériel inslru-
•nental exige des soins particuliers, une propreté
axlrème. Car le sang, le pus, la rouille, agglomérés
sous les pilons, dans les rainures, cannelures, glissiè-
fissures, mortaises, offrent aux microorganismes
des cryptes, des retraites où, sous leur coque protectrice
coagulation, ils demeurent inaccessibles à nos
Moyens destructeurs. Afin de remédier à cet état de
‘•■uo.-es, les Listériens ont adopté le « nettoyage hydri-
9f<e » par dissolution, consistant en : D grand lavage
■luant à l’eau ; 2° brossage à l’eau savonneuse froide,
ir la chaude coagulerait les albumines ; 3" assèclie-
..^ntparun lavage à l’alcool à 1)0“ ; 4“ essuyage au
propre.
sol part je procède : 1° à un brossage dans une
JJ , très diluée de lessive de soude ou de carbo-
•jo P Polasse, à titre bémo-séro-[)yolysant ;
(ro“ à une immersion dans toluène, on une au-
do anhydre (2), avec essuyage après chacune
ces deux séances.
-^^jmtassc agit siirles graisses; le toluène, dessèche.
f 'Ji'ks • Place à griffes d'un nouveau modèle : h'u-
, .radical, V, septembre 1891).
l xemple, i essence minérale, le pétrole du commerce.
Ceci fait, vous pouvez procéder à la stérilisation de
deux manières, ou par germicidation, ou par sporici-
dation. Toutes les variantes d’exécution sont contenues
dans le relevé que voici ;
Stérilisation geriuicide.
A ; 'Sléihoàc. antiseptique (Lister, 1867).
B ; Méthode du flambage.
C : Méthode de t air surchauffé (Durante, 1885).
D : Méthode de ï ébullition (Terrillon, 1888).
Stérilisation sporicide.
A : Méthode de la vapeur anhydre, h 185‘’-190'’
sous-pression ; do 1-2 atlim. (Longuet, 1900).
Chacune de ces méthodes stigmatise une époque,
caractérise un effort, marque un échelon sur la route
de la stéiilisalion absolue des instruments. Voyons d’a¬
bord la germicidation.
g II. STÉaiLI34TION GERMICIDE.
(Lister, 1867.)
A. Jlétliodo antiseptique (Lister, 1867). — La mé¬
thode est ici ce qu’elle est pour le matériel de panse¬
ment ou d,e ligature-suture, c’est-à-dire l’immersion
avant, pendant et après, en solution antiseptique.
Ce que vous savez déjà me dispense d’une nou¬
velle description. Parmi les bains antiseptiques pour
instruments, je relève plus particulièrement, la solu¬
tion phéniquée à 1 p. 20 ou 1 p. 40 (Lister) ; le bi-
chlorure de mercure à 1 p. 1000, ; le cyanure de
zinc et de mercure (Lister) ; l'oxycyanure de mercure
(Cliibrelj ; le lusofor-me (Cuérard) ; le naphtol camphré
(Périer); les solutions potassiques (Polak); le formol :
etc.
Le matériel métallique, au dire des anlisepsistes, n’est
pas altéré ;la stérilisation est sûre d’après de nombreuses
constatai ions cliniques et expérimentales.. Ainsi Kummel
de Hambourg, puis Gartner ont démontré la stérilité
parfaite des instruments préalablement contaminés au
sortir du bain phéniqué à 5 p. 100. Toutefois, ditlvum-
mel, un séjour de 6 minutes peut être mieux insuffi¬
sant ; il faut au moins 10 minutes.
B. ) Jlétliode de flambage. — Flamber c’est pas¬
ser dans la flamme les instruments et les récipients.
De date très ancienne, ce mode de « purification par le
feu » fut appliqué au cas en question ici vers 1875 ; il
se généralisa en 1890; et aujourd’hui son emploi est
adopté partout, mais généralement réservé aux réci¬
pients. Les instruments sont stérilisés par ébullition,
puis transportés en cuvettes, plats émaillés, ou plateaux
photographiques préalablement flambés.
■ Il y a deux manières de procéder ; a) Dans le flambage
individuel, chaque objet, soit par exemple une pince
hémostatique, est présenté séparément, mors ouverts, à
la flamme d une lampe à alcool, de préférence à celle
d’un bec de gaz, car cette dernière « dépose du charbon
snr les parties soumises à son action » (Terrier). Puis on
refroidit cet objet soit par agitation dans l’air, soit
mieux par dépôt dans une solution d’eau bouillie froide
(Terrier). Quant au récipient, il est également flambé à
1 alcool avant de recevoir les instruments.
b) Le Hambage collectif, encore dit « punch aux
instruments » (l),estd’e.xécution beaucoup plus rapide,
,1) IC.\|)rcssion oltribuèc .au prorfssciir Tédrnal de MimtppIlitT.
Voir (lonxET : « l’raliqiic de cliirurgio i-oui-anlc ». p. l.j.
•Vlcaii. l’aris nW.
164
LE PROGRÈS MÉDICAL
Placez tous les instruments dans un récipient solide ;
arrosez-les d’alcool à 90'’ très pur ; allumez ce der¬
nier ; et laissez brûler jusqu'à consomption totale, sans
souffler, « sous peine de contamination par particules
septiques projetées en expiration forcée » (Quénu.)
Vous refroidissez ensuite en versant de l’eau germici-
dée à 100“ ou 120°.
La méthode du flambage est considérée comme d’une
sécurité absolue. Elle eût, sans doute, détrôné ses
rivales si le matériel ainsi traité ne s’altérait profondé¬
ment en une seule séance.
C. ) 3Iétlxo(le de l'air sureliauffé (Durante, 1886).
— Ici l’on répartit l’action microbicide du feu à la
surface des instruments par l’intermédiaire de l’air
porté à 100“ en étuve sèche.
Le professeur Durante, en 1886, a préconisé cette mé¬
thode en Italie pour la stérilisation des instruments et
des objets de pansement. Poupine!, en 1888, l’a perfec¬
tionnée et vulgarisée en France. Bantock, en 1889, l’a
adoptée enAngleterre,et.Mundé,en 1890, aux Etats-Unis.
Plusieurs constructeurs spécialistes l’ont depuis modi¬
fiée. Et l’enquête internationale (1) de 1902, démontre
qu elle partage en ce jour toutes les faveurs avec l’é¬
bullition pour la stérilisation des instruments.
Voici la technique : Placez les instrumenté préalable¬
ment disposés en caisse métallique, dans une étuve
dite « sèche ». Les instruments tranchanis et pi¬
quants doivent reposer séparément dans des tubes de
verre bouchés par de l’ouate. Les pinces gisent en
bloc, mors ouverts (Terrier) . Les couvercles sont
déposés non pas sur les boîtes, mais à côté d'elles. Ils
renfermentune couched’ouate destinée à assurer l’occlu¬
sion parfaite de la boîte après stérilisation (Poupinel).
On chauffe alors Tétuve jusqu’à 150° pendant 45 mi¬
nutes, en prenant soin de fermer la porte seulement
quelques minutes après l’allumage, afin d'évacuer la
vapeur d’eau néfaste par ses oxydations. Il convient
de surveiller la température, à l’oide du thermomètre
dont la graduation paraît à l’extérieur et de régler la
chaufferie, pour éviter les ascensions brusques, sortes
de coups de teu qui détrempent les instruments, et
altèrent les tranchants. Les 45 minutes écoulées, vous
éteignez, vous laissez refroidir, vous ouvrez et placez
immédiatement les couvercles sur leurs boîtes res¬
pectives. Ainsi conservés en vase clos, les instruments
demeurent stériles jusqu'au moment de l’opération
(Poupinel) .
Les étuves « sèches » pour instruments sont de mo¬
dèle fort variable (2), mais dans leurs grandes lignes
diffèrent peu du four à flamber dont elles dérivent.
La méthode passe pour donner une sécurité absolue
sans altération de matériel.
D. ^léthodederébullitioii. (Terrillon 1888). — Ici la
chaleur est répartie à la surface des instrumerits et
récipients par l’intermédiaire d'un liquide bouillant à
100» ou au-dessus 120, 130“.
La méthode sous l’impulsion de Terrillon se vulga¬
risa vite en F'rance, à partir de 1888, puis en Allema¬
gne sous l’influence de Bergmann 1889 ; puis, en Bel-
(1; Voir le ra|)porl do VALV.ii!Bîi?, Société internationale de chi¬
rurgie. Bru.xellcs 1902.
(2) .le dois luenlionner ici : 1* l'étuve de I’OUPinel (rop'iila-
leur de pression à {faz Moitossier, ; 2" réluve de Sorel oonle-
nant entre les deux parois du xyloiie bouillant à UlO* ; 3" l’éluve de
It.ACKER qui utilise la paraflinè ; 4” l’éluve do M/.ri.ai d . 5" l’éluve
d'AnxET-l’ÉAX : 6" l’étuvo de Leouelx 'obaufTap'e électrique ); 7" la
boile-étuvo de Wiaut (cliauflape électrique).
gique sous celle de llertoghe. Aujourd’hui, Tébullitiou f
des instruments jouit en tous pays d’une très haute |
considération. 1
Les bouilleurs (1) sont les uns à ciel ouvert : exem- 1
plela classique « poissonnière » ; les autres à fermeture ‘
lâche: d’autres à fermeture serrée : exemple l'auge à ^
boulon de llertoghe. Ces derniers sont préférables en i
cas de liquides inflammables ou producteurs de va¬
peurs irritantes.
Le liquide est soit de l’eau simple ('ferrillon), bouil-
lant à 100“ ; — ■ soit de l’eau salée physiologique
(Fritsch) bouillantà 101“ ; — soit une solution aqueuse
de carbonate ou d’azotate de soude à2 p. 100 (Ber¬
gmann), bouillant à 104° ; — soit l'alcool (llertoghe), ;
bouillant à 74°, mais porté à 100° et au-dessus par un :
bain-marie périphérique — soit la glycérine (Poncet),
portée à 120° — soit la vaseline liquide, pétro-va-
seline (Poncet), portée à 120, 130“ — soit l’huile (Tri¬
pier), portée à 130°.
A la séance de 10 minutes recommandée par Terrillon,
on préfère celle de 20 minutes à partir de l’ébullition
franche sur le conseil de Poncet. Il convientde n’im¬
merger les instruments qu’au moment de l’ébullition
bruyante en cas de solution aqueuse. Le temps de
stérilisation une fois écoulé, vous transportez indivi¬
duellement, à l’aide d’une « pince spéciale », cliaque
instrument dans les plateaux préalablement flambés.
La méthode serait d'une sécurité absolue. Elle a été
vérifiée après 5 minutes d’action, par Davidsohn pour
l’ébullition des instruments dans l’eau, par Tavel pour i
l’ébullition dans l’eau salée, par Behring pour l’ébul¬
lition dans l’eau carbonatée.Et ce matériel ainsi traité
ne subirait aucune altération, ni détérioration.
Messieurs, avant d’établir la valeur exacte de cha¬
cune des méthodes germicides appliquées à l’instru¬
mentation, c’est pour moi un devoir de rendre hom¬
mage aux principaux chefs de file, en particulier au
promoteur le professeur Lister d’Edimbourg. Ses suc¬
cesseurs ont perfectionné la germicidation, qui entre
leurs mains a donné tout ce qu’elle pouvait. J’enten¬
dais récemment médire systématiquement de l’anti¬
sepsie, du flambage, de l’échauffement, de l'ébullition
pour le matériel instrumental, parce qu’aujourd’hui
nous pouvons plus et mieux. N’est-il pas injuste de
lancer l’anathème sur telle ou telle pratique un peu
vieillie, démodée, surprise dans ses défauts? Demain,
sans doute, le même reproche sera retourné contre
nous. Et puis, tm cas de nécessité, d’urgence, d’im^
prévu, de petite chirurgie courante, vous serez peut-
être heureux de vous souvenir des anciennes technU
ques pour les utiliser. Toutefois, je considère aussi
comme un devoir d’exposer avec quelque franchise D
vérité et ma manière devoir. Procédant dans mon app^^
ciationpar » morcellement » voici ce que je. puis dire:
A : La méthode antiseptique de Lister, appliquée
aux instruments, est passible d'une série d’objections
trop nettement formulées dans mes précédentes leçon®
pour que j’y revienne longuement. Si elle a pour elÈ
la simplicité dans l’exécution, elle a contre elle : 1'
1 insuffisance de sécurité. Aux expériences de vérifie^'
tion apportées plus haut, j’oppose d’autres expériences
de Kummel lui même constatant la colonisation apr^s
l'immei-sion d’instruments préalablement contamine^
dans une solution d’acide carboliqueà5 p. 100, pendant o
{Il .U- dois men lion lier ; 1" les bouilleurs de l’oNCET ! j!
bouilleur de Tbiwkr ; S" le bouilleur de Schimmelbusch : Ir '
leur de Coi.Lix ; le bouilleur d’AnsET ; l’aufre (I’HertogHE,
lure à boulons sur rondelle d'amiante.
LE PROGRÈS MÉDICAL
Médication Reconstituante
uypophosplûtes du CHURCHILL
SIROPS Q’HYPOPHOSPHITE di CHAUX
OU DE SOUDE
ïabersolose. Rachitisme, Anémie ^
Bronchite chronique
Allaitement. Dentition, etc.
SIROP D’HYPOPHOSPHITE DE FER
Chlorose, Anémie, Pâles coulenrs
Dysménorrhée, Aménorrhée , etc.
SIROP d HYPOPHCSPHITES CO APOnË
Ionique puissant
Véritable alimentation chimique pourto is les( m
d’Affaiblissemeot musculaire ou n entai
PILULES dHYPOPHOSPHITE de'^UINI» E
Flèï^res intermittentes, paludée mes
InDnen?<a. etc.
Îéritâîi^s spécifiotte de k Wérralgie
PCoduit d’une grande solubilité, bien plus actif par
do propriétés de beaucoup
toales les préparations juij'-i
Ph«' SWAPiN, 12, liup de (
^ CHUBCHii.L
mum d’oxydation
niables, jouissent
ELIXIR DE yiRCINIE
Souoerain contre les
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complètement exempt de Baryte, con tirent exactement / gr. de sel par cuillerée à potage.
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Une cuillerée à potage de Sirop contient exactement 3 gr. de Bromures.
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I_i.A.PLOîZS, 3, ria© des l-iions St.-'PaaTJLl-
ROHAIS et C'''i Pharmacien de classe, ex-Interne des Hôpitaux de Paris.
LE PROGRÈS MÉDICAL
165
minutes, dans une solution de sublimé à 1 p. 1000, ou
dans l’essence de térébenthine, ou dans une solution de
notasse 5 p. 100, ou dans un bain d’huile de moutarde
ou dans une solution de peroxyde d'hydrogène à 10 p,
100, pendant 15 minutes. J’oppose les expériences
de Redard plus démonstratives par ce fait qu’elles
propèdent a la fois par cultures et inoculations. Redard
soumet, pendant 2 heures à l’action des germicides,
des lames de bistouri, des instruments à rainure, des
aiguilles perforées préalablement contaminées. Il les
Slace ensuite dans des flacons de bouillon, de gélatine,
e lichen stériles, et 5 fois sur 7 des cultures se déve¬
loppent abondamment. Dans june autre expérience, il
obtient le même résultat, malgré 24 heures de désin¬
fection chimique. Il inocule avec résultat positif des ani¬
maux par des fragments d instruments d’abord conta¬
minés, puis antiseptisés. Enfin dans les expériences
dé Gaertner, comme dans les précédentes d'ailleurs, la
contamination instrumentale ne concerne que des bac¬
téries non sporulécs, de vitalité relativement fragile,
comme le staphylocoque, le streptocoque, le. bacille
(tiphtéric[ue.
2” D’autre part le matériel ainsi germicidé est nui¬
sible pour les cellules des plaies avec lesquelles il prend
contact. Or cette action globulicide est biologiquement
mauvaise au point de vue de la réunion. Vous en avez un
exemple journalier dans l’action irritante des soudes ger-
inicidéesau sublimé, au nitrate d'argent, au formol (1).
En résumé, tout confirme aujourd'hui ce que le pro¬
fesseur Terrier a écrit dès 1890 sur la méthode en gé¬
néral. « Elle n’est jamais paifaileet ne peut guère être
absolue ; on n’a pas la certitude dans le sens absolu,
mathématique du mot. » Et défait elle est asporicide;
partiellement et très inconstammentgermicide; ici com¬
me en d'autres circonstances d'ailleurs. Les constata¬
tions cliniques concordent avec les preuves expérimen¬
tales. Sans chercher beaucoup vous pourrez lire ceci
dans Guyon (2) : « L’acide borique même concentré ne
stérilise pas les sondes ».
B. La méthode du flambage, malgré son prestige
nniversel, est absolument infidèle, exception faite pour
les aiguilles en platine iridié, stérilisables à 200° au
Blême litre que les fils de platine utilisés en bactériolo¬
gie pour les ensemencements. A l’appui de ma manière
lie voir, j’ai apportédes constatations cliniques de Que-
Bu, Longuet, qui dès ISO.') signalèrent l’inefficacité du
flambage des plateaux photographiques. L’inégalité
de tépartition du caloi’ique ncrus inquiétait. Gertaines
^ones brûlantes contrastent avec d’autres à peine
i^Baudes, malgré le soin d’une bonne répartition du
“ punch » par quelques mouvements imprimés aux
^i^eipienis enflammés. Aussi pour plus de prudence.
Bous avions l’habitude de renouveler le flambage trois
Ois consécutivement, puis d’iuterposer, surle conseil
f/^*'rier, une compresse stérile entre les instruments
«itefond du plateau.
A propos des instruments et récipients, les récentes
Biuliipjgg vérifications expérimentales de Godin, de
Niclot (3), de Rérard et Lumière (4), de De-
(*) Guït
- Annales gén. urin., p. 146, 1896.
''oUnrB EOOt et Nioi.ot.— Dans une cnvelte éiiiaillée.on dépose une
lamh» y*'‘.ul*‘nte de staphylocoque, de cliarl>nii, de tétanos. On
'•nsenienee. Il va des cultures. Hésnllats plus dé-
*''' •‘.■'•■ore si les insirumenis sont enduits de sanp-, de pus.
^4, J, , P®*’ leur coajjulation une cocpie protectrice.
Sient DumiEhe.— Même résultat si on fait lécher direcle-
‘‘‘s cultures par la tlamine d un bec Ilunzen.
page et Gotignies (1), démontrent que le passage à la
flamme d’une pince, d’une aiguille de Pravaz (si souvent
incrustée de concrétions salines ou organiques), d’une
cuvette émaillée, d’un plateau de faïence, assure une
stérilisation absolumentinsuffisante. Sans doute, en in-
sislantsurla durée, sur l’intensité du flambage, j’admets
qu’on puisse obtenir une destruction radicale de tous
les micro-organismessporulés ou non. Mais une erreur
se glisse bien facilement. La pratique est aléatoire ;
elle pèche à la fois par manque d’unité de temps, d’unité
d’intensité, d’unité de répartition dans l’action du
calorique. Je dis donc hardiment que le flambage des
instruments- récipients ne peut, bien qu’aseptique,
rester désormais au rang des bonnes méthodes de stéri¬
lisation usuelles. Sans en. conclure toutefois qu’il con¬
vient de retourner à l’antisepsie (2) comme quelques-uns
ont cru bon de le faire.
G. Au sujet de la méthode de Vair surchauffé à
150°, je n’ai rien à modifier à mon appréciation gé¬
nérale d’insécurité par inégale répartition du calo¬
rique, par insuffisance de la puissance calorifique de
l’air, déjà nettement exprimée à propos des généralités,
des objets de pansement et du matériel de suture
ligature. Il semble d’ailleurs que les défenseurs de la
métliode aient douté d’elle, puisqu’ils recommandent
de placer les instruments dans les étag'es élevés des
étuves sèches parce que là la température est plus
élevée que dans les zones déclives. J’ai dit que Quénu
avait dû renoncer à ce mode de stérilisation pour ins¬
truments. Il le tenait pour suspect après expérimen¬
tations réitéréees. Enfin un grave inconvénient résulte
de la très grande lenteur de la méthode. Si je prends,
par exemple, le modèle le plus perfectionné au point
de vue du réglage, celui de Wiart, on voit que pour
une petite boite d’instruments (de 25 sur lU, sur 5)
— remarquez bien pour une boîte seulement — il
faut 1 heure 1/2 pour stériliser à 170°, dont 4.5 minutes
pour gagner L5f)’. En cas de boîte plus grande (30 cm.
sur 15 sur 17) ; il faut 2 heures dont 1 heure 1/4 pour
atteindre 150° 1
D. La méthode de V ébullition a été elle aussi trop lon¬
guement discutée pour nous arrêter longuement. Je
n’ai ici qu'à ajouter un mot. Le reproche d’insuffi¬
sance, d insécurité ne s’adresse pas seulement aux
liquides bouillants à 100°, mais aussi à ceux que l’on
porte à 120°, à 130°. En effet. Redard a démontré que
des, sondes,, dds trocarts, des pinces à griffes ne sont
que très difficilement stérilisés en milieu humide, à 120°
même après 3/4 d’heure d'action. Faut-il rappeler
maintenant mes résultats avec la vapeur d’eau à 130,
140°, 150° sur les spores de subtilis ? D’autre part, la
méthode pèche comme la précédente par son trop de
lenteur, puisque Terrier, Morax et Repin ont fait
remarquer que 5 litres d'eau nécessitent 45 minutes
pour être partout en ébullition. Enfin l’on ne peut
négliger complètement l’odeur nauséeuse de l’huile ou
de la glycérine portées à 120-130°, ni la viscosité
qu’elles entretiennent sur les instruments.
_ ’t Gotiümes. — Sur plus de 59 e.vpéi-iences relatives à
des plateaux émaillés eonlaiiiinés ])ardes eullures de staphyloeuque,
slreptoeuque, haeilie d’Kherlli, haeillesdu eharbou, ees chirurgiens
ubliiirenl des eullures dans tous les cas.
\-i'l Aveuot el Pf.iihoy. - Pour être rigoureusement stériles, les
ivetles doivent être d'abord lavées avec une. solution c.nrbonaléç;
is badigeonnées au sublimé à .5 p llKl ; puis lavées à l’eau boail-
1 d'eulever toute Iraee de sublimé ea|>al>le d'altérer les ins-
_ ils ; badigeonnées an formol ou au.v aeides forts, neifte
eblorhydrii|Ue s’il y a eoiitaminafion très virulente ; enfin asséchées
lielal
LE PROGRÈS MEDICAL
Pour terminer ce long réquisitoire, je réserve deux
reproches collectifs visant à la fois toutes les moda¬
lités de la stérilisation germicide. Le premier c’est
l'altération du matériel instrumental par ces pra¬
tiques, la rouille certaine à bref délai, l'émoussage des
pointes et des tranchants. Aucune des espérances de la
remière heure qu’on nous laissait entrevoir sur la
onne conservation des instruments par l’eau phé-
niquée (1), par l'eau salée, par l’eau carbonatée (2),
par la glycérine ne s'est réalisée. Avec la chaleur
sèche les instruments se détrempent, reçoivent des
coups de feu. Avec le flambage, c’est pis encore !
Le deuxième reproche collectif, c’est que chacune de
ces techniques expose à une contamination secondaire
des instruments au cours de leur transport individuel du
milieu stérilisant dans le récipient. Or,ce transport n’est
plus acceptable aujourd’hui. Récipients et instruments
ne doivent pas être stérilisés séparément par deux
méthodes distinctes. Pourquoi s’adresser à deux, à
trois pratiques différentes ? Il faut simplifier, suppri¬
mer les manœuvres inutiles, longues, qui inultiplient
sans profit les causes possibles de contamination. Sté¬
rilisons simultanément instruments et récipients, le
tout en bloc, par une seule, par une même méthode.
Les instruments seront disposés, ordonnés dans leurs
plateaux respectifs, avant la stérilisation.
Ce long débat nous amène à des conclusions quelque
peu déconcertantes. Elles portent un coup de hache
dans quelques dogmes, dans certains rites très res¬
pectables qui nous assuraient jusqu’ici toute quiétude
d’esprit. Comment ! Voici maintenant que trois mé¬
thodes de bonne renommée — puisqu’elles sont asep¬
tiques — peuvent être parfois surprises en défaut, et
fausser nos résultats ! Tout cependant paraissait acquis,
définitivement classé sur ce point, et je dis à propos
de la chaleur elle-même, ce qu'on disait il y a 10 ans
de la méthode antiseptique : elle confère une sécurité
relative, nullement absolue, non mathématique ;
elle suit le « calcul des probabilités ». Oui, la chaleur
est un excellent moyen de détruire les microorga¬
nismes ; mais seule, sous la forme superficielle du
flambage, d’air chaud, ou de liquide bouillant, elle
peut être insuffisante : elle est partiellement ou tota¬
lement germicide, mais pas sporicide ou du moins
pas constamment sporicide ? {A suivre).
(!', 1 chloroforme h froid a élé recommandé, en place d’eau
pliéhiquée par Lucas Charapioniiière, pour les bistouris, puis
les ciseau.\. D'autres aiilisepsistes ont élargi celle pratique aux
trocarts, aux aiguilles.
(2) Pour eelle'i-aison. Ouénu dut abandonner la solution carbo-
nalèe pour germicidalion des inslruraenls dès lijltt.
NARCYL GRÉMY médicament spécifi¬
que de la toux, spécialement de la toux des tu¬
berculeux.
CHEMINS DE FER DE PARIS A LYON ET A LA
MÉDITERRANÉE
Relations de Paris avec la Côte d'Azur.
Rapide quotidien entre Paris, Nice et Menton composé de
voitures de P* classe, de lits-salons et de wagons-lits.
Londres-Nice eu 27 heures. Paris Nice en 17 heures. Correspon¬
dances directes de et pour Londres.
Aller : Paris, départ : 9 h. 20 soir ; Marseille, arrivée : 9 h. 35
matin ; Nice, arrivée : 2 h. 12 soir ; Menton, arrivée : 3 h. 24 soir.
Retour : Menton, départ : 1 h. 40 soir ; Nice, départ : 2 h. 50
soir ; Marseille départ : 8 h. soir ; Paris arrivée : 8 h. 30 matin.
BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL'
Ouverture des Cours
Clinique thérapautique ; Wl. le P Albert ROBIN.
C’est en termes très aimables que M. Debove, doyen
de la Faculté de médecine, a ouvert le cours de clinique
thérapeutique récemment créé et a présenté le nouveau
professeur. Cette petite formalité remplie, M. Albert
Robin a commencé son cours.
La matière médicale et la pharmacologie sont indis¬
pensables, c’est là un fond sans lequel le futur praticien
se trouve voué à l’empiriSme le plus absolu. Mais ce
fond est absolument insuffisant. En face de ses premiers
malades, le jeune médecin est très embarrassé. Il ne
connaît le plus souvent que des schémas de médications.
L’individualité du malade échappe à toute formule
dogmatique et le traitement doit s’appliquer non à •
telle maladie donnés, mais à tel cas particulier devant
lequel on se trouve. C’est alors que le débutant reste-
hésitant devant la responsabilité qui lui incombe,
devant le traitement qui est confié à ses mains incer¬
taines. C’est pourquoi la chaire nouvelle répond à un
véritable besoin. Elle rompra l’étudiant à ces difficultés.
Elle sera à la thérapeutique ce que la clinique est à la
pathologie. La clinique thérapeutique est à la fois Y art et
la science du traitement, non des maladies, mais des
malades.
M. Robin s’est élevé contre le scepticisme qui tend à
envahir les générations modernes. Beaucoup ont perdu
la foi dans l’art de guérir et se bornent souvent, après
un examen très détaillé des malades, à ne prescrirai
qu’une médication symptomatique ou se contentent du
«vain cérémonial », suivant l’expression du professeur
Bouchard.
La thérapeutique n’est-elle pas bannie des concours?
Il serait désirable qu’il lui fût réservé une part impor¬
tante dans ces derniers, en lui donnant un caractère-
pratique. Dans toute épreuve les candidats devraient
développer les conclusions thérapeutiques que comporte
un diagnostic. Le médecin doit s’attacher aux faits, les
reconnaître, décomposer pièce à pièce les phénomènes
qui forment la maladie et déterminer leur importance
particulière. Il faut s’abstraire de toute théorie, de toute
entrave doctrinale. Les travaux récents faits d’après
cette méthode ont donné les résultats les plus heureux.
Ne doit-on pas à M. Armand Gautier les procédés pour
annihiler les toxines microbiennes et à M. Huchard,
l'étude de l’hypertension artérielle. Grâce à eux on peut
prolonger davantage l’existence de certains malades et
-soulager leurs souffrances.
Nous sommes à une époque de transition. Les médi¬
cations traditionnelles doivent fo'.’nier le fond delà thî-
rapeutique.
A côté d’elles, se placent certaines médications étiolo-
logiques et pathogéniques homologuées par une appro¬
bation universelle et qui seront la tradition de demain.
Viennent ensuite les indications fonctionnelle3,dont les
progrès de la physiologie augmentent peu à peu le nom
bre et qui s’adressent aussi bien aux lésions matérielles
qu’aux troubles dont elles sont la conséquence ou le
résidu. Enfin, les médications des vices de la nutrition,
visant des symptômes profonds que la chimie pathoI^
gique exprime, tandis que les médications symptoraati*
ques ordinaires répondent aux symptômes extériori' .
ses . '
LE PROGRÈS MÉDICAL
167
La tactique thérapeutique est l’art d’exploiter ces mé¬
dications. Elle fixe leurs indications, apprécie la portée
et la place qu elles occupent, vient eti aide à la nature
' dans les maladies aiguës et nombre de maladies chroni¬
ques, on attaque directement le mal quand l’organisme
n’a pas qualité pour se défendre.
Il ne faut pas avoir de système préconçu : les regards
doivent rester en éveil vers toutes les fenêtres d’où
quelque clarté peut jaillir tout en sachant ne pas pren¬
dre les mirages pour des réalités.
Cette leçon, d’une haute tenue littéraire, d’un charme
profond, a obtenu le plus vif succès. Regrettons seule¬
ment que l’amphithéâtre de Beaujon n’ait pu contenir
qu’une petite partie des auditeurs du maître, dont la plu¬
part durent écouter cette conférence par les fenêtres
grandes ouvertes sur la' cour. . . Nous n’avons pu repro¬
duire les citations innombrables qui émaillèrent la leçon
inaugurale de M. Robin. Depuis longtemps, la chaire de
la Faculté n’avait entendu une éloquence pareille.
Citons seulement cette admirable péroraison qui fut
•chaleureusement applaudie par un auditoire enthou¬
siaste : a Quand le mal sembla défier toutes uos res¬
sources et l’organisme lui-même, nous avons la sublime
mission de relever le lambeau d’espérauce qui surnage
au-dessus de toutes ces choses pleines de misère où
s’effondi-e la vie. Cette suprême consolation de l’espé¬
rance, il nous appartient plus que de l’entretenir mais
de la pratiquer, afin qu’aux mornes extrémités de tout,
l’être qui nous a confié son existence n’ait pas le droit
de crier : « Vous ne m’avez pas guéri, vous ne m’avez
pas soulagé, vous ne m’avez pas consolé ! » Dans le der¬
nier combat, si fatale qu’on en juge l’issue, conservez
sans faiblir cette furtive espérance ; ne cessez pas de
lutter et mettez en œuvre tout ce que votre conscience
autorise, puisque la science est vaine. L’énergie et la
ténacité nous ménageront de victorieuses revanches. Le
Sénat et le Peuple Romains décernaient les honneurs du
triomphe aux soldats vaincus qui n’avaient pas déses¬
péré de vaincre ! »
Cours d Hygiène: Wl. le P CHANTEMESSE
M. le Professeur Chantemesse, a repris le jeudi 8 mars,
son cours d’hygiène à la Faculté à 6 heures du soir
Dans la première leçon, le maître a étudié la désin¬
fection.
ha désinfection est le procédé par lequel on détruit
les causes de l’infection. La stérilisation est tout autre
ehose. C’est ainsi que lorsqu’un enfant a eu la diphtérie,
il est inutile de causer des dégâts regrettables, de détruire
Ifis. matelas et d’abimer son linge. La désinfection n’est
Pes l’asepsie. Elle n’est pas davantage l’antisepsie.
Jetez du sucre dans un aliment et vous obtenez de la
confiture. Elle se conserve. Donc le sucre est véritable¬
ment un antiseptique. Il en est de même du sel, mais ce
6st pas là de la désinfection.
Un désinfectant idéal devrait détruire les germes de
^.maladie, coûter très bon marché, n’attaquer que les
microbes et non le linge ou les matelas, ne pas avoir
®denr mauvaise, agir rapidement.
11 n’y a pas à l’beure actuelle de désinfectant réalisant
mutes ces qualités.
11 existe d’ailleurs une sorte de désinfection naturelle.
ontes les épidémies ne s’arrêtent -elles pas d’elles-
jjjg^^^^Parce que les germes ont été détruits natureile-
l^lnsieurs faits permettent d’expliquer cet arrêt des
épidémies. C’est d’abord la dilution des microbes dont
le nombre est diminué dans un endroit donné par le
vent qui balaye la région et les disperse. On sait que
l’organisme peut lutter contre des microbes, s’ils sont en
petit nombre.
La dessiccation^ joue aussi un rôle important. Les mi¬
crobes sont des êtres vivants et l’eau leur est nécessaire
comme à tout ce qui vit.
Le soleil et la lumièj-e ont une action très nette.
Chacune des régions du prisme a des propriétés parti¬
culières. C’est ainsi qu’un milieu ensemencé est stérilisé
presque immédiatement par les rayons chimiques. On
sait combien certains cours d’eau présentent d’impu¬
retés. La Seine est toute différente avant et après Paris.
Mais déjà à Mantes l’eau est assez pure. Comment se
fait cette désinfection ?
Par des phénomènes de symbioses des microbes.
La désinfection, pour être effîcace,devrait être faite par
des hommes, instruits. Il faut aller droit sur le germe. Il
est évident que la désinfection doit être différente suivant
les maladies auxquelles on a affaire. Les procédés actuels
rappellent la mousqueterie des anciennes armées qui
faisait beaucoup de bruit, mais peu de chose.
Avant de désinfecter, il faudrait donc que le diagnostic
de la maladie fût posé par un homme instruit, connais¬
sant la cause de celle-ci, ses moyens de propagation
et les degré s de résistance des germes. C'est alors que les
désinfecteurs pourraient faire œuvre utile.
Cette première leçon a eulieu devant un public extrême¬
ment attentif, qui a suivi avec le plus grand intérêt les
i dées si justes qui étaient exprimées par M. le profes¬
se ur Chantemesse, à qui il n’a pas ménagé ses sentiments
d’approbation et de respectueuse sympathie.
Sept ou huit leçons seront consacrées à la désinfec¬
tion et. suivant l’usage inauguré d’une façon si heu-
r euse par M. Chantemesse; plusieurs visites faites sur
place sous la direction du professeur illustreront d’une
façon pratique les leçons faites à la Faculté de méde¬
cine.
C O urs de chimie médicale . M. le P> Armand
- GAUTIER
L’utilité de l’enseignement des sciences accessoires a
été longuement discutée ces dernières années et certes,
la réforme des études médicales doit être examinée
par les pouvoirs publies dans un avenir prochain. Il y
a cependant un fait qui prouve immédiatement l’utilité
d’un cours donné : c’est l'empressement plus ou moins
vif des élèves à le suivre. Or l’amphithéâtre de chimie
était absolument comble à la leçon d’ouverture la se¬
maine dernière. Etait-ce la chimie qui attirait les étu¬
diants ou la personnalité môme de-M. Armand Gautier
qui, on le sait, possède un art jiarticulier pour exposer
les données les plus abstraites d’une façon simple et com¬
préhensible ? Aussi explique-t-on que de nombreux audi¬
teurs tiennent à suivre ses leçons où ils sont sûrs d’en¬
tendre d es idées neuves et d’apprendre des faits qu’ils
ignorent.
Aussi bien une leçon d’ouverture présente-t-elle tou¬
jours un attrait particulier. M. Armand Gautier nous
a parlé des fondateurs de la chimie moderne, Priestley,
Scheele et Lavoisier et sa parole éloquente a su nous
faire revivre les expériences fameuses de ces précurseurs.
De vifs applaudissements lui ont montré tout l’intérêt
que son auditoire avait pris à ses très intéressantes ex¬
plications.
168
LE PROGRÈS MÉDICAL
Conférences de thérapeutique; M.le
iD^ VAQUEZ, agrégé.
M. Vaquez a insisté, dans sa leçon inaugurale, sur ce
fait que les étudiants en médecine ne reçoivent plus
aujourd'hui, dans les hôpitaux, un enseignement suffi¬
sant pour les rompre à la pratique des ordonnances.
Jadis les consultations étaient faites à tour de rôle par
les médecins de chaque service. On sait qu’il y a mainte¬
nant des médecins spéciaux pour les consultations dans
chaque hôpital. Il en résulte que seuls les élèves qui ont
fréquenté ces dernières sont en état de formuler des
ordonnances. Il n’est pas suffisant, en effet, de connaître
les préceptes théoriques et d’avoir appris la pharmaco¬
logie et la matière médicale. 11 faut étudier les malades
et leur prescrire une ordonnance contenant à la fois les
préceptes d’hygiène indispensables et les médicaments
nécessaires.
Puis M. Vaquez a passé en revue les divers genres
de médication dermique, hypodermique, gastro-intesti¬
nale (cette voie étant la plus simple et la plus naturelle
d’introduction des médicaments). Dans les médications
hypodermiques, l’on doit prescrire des doses moins
élevées car l’absorption des médicaments est plus rapide
que dans la voie gastro-intestinale où, en outre ceux-ci,
passant par la circulation porte et le foie, il y a une dimi¬
nution de leur toxicité. Gomme d’habitude l'amphithéâtre
était archi-comble et les étudiants ont fait une ovation à
M. Vaquezqui souffrant jeudi dernier était venu samedi,
mal remis encore.
Félicitons-le bien sincèrement d’avoir voulu faire un
cours pour les étudiants et non pour lui-même et d’avoir
commencé celui-ci par trois leçons consacrées à l’art de
formuler, montrant ainsi son désir de former des théra¬
peutes et non de leur faire entendre de belles disserta¬
tions sur des médicaments quelconques.
DIOMXE-MERCK spécifique de la TOUX et de la DOULEUR
plus active, moins to.xique que les
opiacés et tous leurs dérivés, môme synthétiques.
SÉDATION IMMÉDIATE de la TOUX j
SIROP DU D" BOUSQUET, A LA DIONINE MERCK
0,01 par cuit, à bouche, avec 2 gU" de Bromoforme (4 à 8 par jour).
S0ClÉTÉS_SA\ ANTES
SOCIÉTÉ DÉ BIOLOGIÉ
Seance du k man 1906.
Chlorure de co. cium, son influence sur l’hémolyse
MM. Vincent. Dopffer et Billet (du Val-de-Grâcei. Le
chlorure de calcium est anti-hémolysant vis a-vis du mélange
de sensibilisation spécifique et d’alexine, aussi bien qu’à
l'égard des poisons chimiques et des médicaments (quinine,
antipyrine, pyrogallol, silicate). Il favorise au. contraire les
hémolysiaes bactériennes, tétanolysine. staphylolysine, typho-
lysine, etc, et réveille l’action des hémolysiaes bactériennes
affaiblies par la dilution, le vieillissement, la lumière, l’air.
Il réveille les microbes qui ne sécrètent normalement que
peu ù'hémolysine : bacilles diphthérique, charbonneux,
dysentérhiue et les saprophytes vulgaires et inoffensifs qui
sans chlorure de calcium sont sans effet sur les globules
rouges.
Le chlorure de calcium, très recommandable dans certaines
intoxications chimiques et médicamenteuses (quinine et
antipyrine), ainsi que dans les accidents sériques, est contre-
indiqué dans les hémoglobinémies bactériennes.
Décomposition du peroxyde de maynésium dans l'intestin.
M. Fkenkel, par des expériences, démontre qu’à la tempé¬
rature du corps, le, carbonate et le bicarbonate de soude
décomposent le peroxyde de magnésium et mettent en liberté
l'oxygène actif, même sans ferment. L’action oxydante du
peroxyde dans l’intestin se trouve ainsi expliquée.
Kcjhiér.ition des fibres des racines postérieures dans le tabès.
M. Nagrotte a étudié histologiquement la régénération des
fibres des racines postérieures au cours du tabès. Cette régé¬
nération est bien mise en évidence par la méthode de Cajal,
et montre les renflements cylindraxiles qui caractérisent cet¬
te régénération.
Constituants du suc gastrique.
M Iscovtsco a étudié le suc gastrique pur provenant d'une
fistule d'un estomac de chien isolé par la méthode de Paulow
après un repos semilictil. Le suc gastrique ne contient que
des coHo'ides électro-positifs. La pepsine, contrairement au.x
autres albuminoïdes est positive et se rapproche du seul col-
lo'ide positif connu actuellement, l’hémoglobine.
Le sulfure d'arsenic collo'idal arrête ou diminue faction du
suc gastrique, tandis que le fer collo'idal est sans action.
Séance du \0 mars.
Dosage de l’acide urique.
M. Bouchèse dose l'acide urique avec une solution titrée-
d'iode. La solution est alcalinisée par du borax et la solution
décinormale d’iode y tombe goutte à goutte.
Phénomènes protoplasmiques de l'anesthésie chez le glaucoma..
M. Fauré Frémiet a suivi cliez le glaucoma, physiologi¬
quement et biologiquement, les phénomènes de l’anesthésie,.
Action agglulinatricc des sérums typhiques et paralyphiques
sur les bacilles d'intoxication carnée.
MM. Rikux et SiCquépée étudient les bacilles d’intoxication
carnée, qui comprennent deux groupes ; les bacilles du type
Gartner et ceux du type Aertryck. La plupart des sérums
typhiques agglutinent les deux groupes' de bacilles carnés,
mais cette agglutination est inférieure à l’agglutination spé-
i cificjue. Les sérums paratyphiques A sont sans action utile.
Les sérums du type B, peu actifs sur le bacille de Gartner,
agglutinent fortement les bacilles type Aertryck.
.A. saturation, les agglutinations des deux types paraissent
égales.
Devant l’agglutination, les bacilles A et ceux du type Ver-
tryck se comportent comme deux espèces voisines, sinon
identiques. Les bacilles type Gartner se différencient.
Action des sérosités humaines et de leurs cellules dissociées
sur les globules rouges du lapin.
M. Froin étudie les propriétés dissolvantes des sérosités à
l’égard des globules rouges et de leur hémoglobinurie.
Les cellules contenues dans ces sérosités, dissociées dans de
l’eau physiologique, empêchent la diffusion hémoglobinu rique
obtenue par le sérum seul.
Le sérum sanguin, liquides a.-citiques ou pleuraux, perdent
leur pouvoir hémolysant en présence d’un extrait cellulaire
obtenu soit avec des lymphocytes, soit avec des polynucléaires ■
neutrophiles.
L n extrait abandonné au contact des hématies, puis décanté,
ne les immunise pas contre une sérosité hémolysante. Ln
extrait chauffé à 5t)° conserve le pouvoir antihémolysant. 8i
l’extrait est dilué, l'hémolpe apparait et s'accentue à mesure
que la dilution de 1 extrait augmente.
L’extrait cellulaire concentré, ajouté à un liquide séreux
figur-e un état anatomique comparable à une sérosité puru¬
lente dans laquelle sont concentrés un grand nombre de
débris protaplasmiques. Les liquides purulents centrifugés
(pleurésie purulente, abcès froidi n’ont présenté aucune
action sur les globules du la[>in, que des liquides non puru¬
lents hémolysaient en quelques minutes. É. P.
LË PROGRÈS MÉDICAI.
ACADÉMIE DÉ MÉDECIAE
Séance du i? mars.
Le rhumalisme tuberculeux.
MM. PoNCET et Leriche montrent le rôle delà tuberculose,
non seulement dans les rhumatismes mono, oligo, polyarti¬
culaire. mais dans les maladies ostéoarticulaires de la crois¬
sance, les, déviations des adolescents scoliose, pied plat, val-
gus douloureux) la tarsalgie et même l’ostéomalacie.
Les conclusions qui découlent des faits, disent-ils, montrent
que le rhumatisme tuberculeux n’est rien autre que la forme
ostéo-articulairede la tuberculose inflammatoire.
Dès lors, celle-ci nous apparaît suscéptible de prendre, sur
le squelette, trois modes évolutifs, capables de se combiner
diversement. Elle peut produire : 'le la raréfaction, osseuse, de
l’hyperostose, du rarnoUiss>'ment o.weux (ostéomalacie partielle,
diffuse:.
Si l’on songe que les malades porteurs de telles tuberculoses,
peu virulentes, frustes, abortives, sont aussi peu tuberculeux
que possible, tout au moins, pendant un temps plus ou
long ; que leur foyer infectieux, le plus souvent latent, doit
être cherché, on pensera volontiers que bien des lésions in¬
flammatoires indéterminées, dans lesquelles ces différents
processus sont diversement combinés., ont très vraisemblable¬
ment la tuberculose comme premier agent.
C’est qu’en effet, les ostéomalacies partielles permettant des
• déformations localiséés, guérissant finalement par ostéite
condensante, sont légion, et leur nature est jusqu ici restée
mystérieuse.
Pour nou«, le rachitisme tardif n’existe pas. Ce n’est qu’un
processus inflammatoire quelconque, qui passe par deux
étapes : ostéomalacie, puis, ostéite condensante. La première
de ces étapes permet de comprendre le rôle des causes mé¬
caniques et commence la théorie de la surcharge. La seconde
explique la fixation définitive des lésions, leur guérison défi¬
nitive, avec des formations spontanément incurables, quand
le processus infectieux est éteint.
Tel est le syndrome anatomo-clinique.
Toute infection peut le réaliser (staphylococcienne d’après
Frœhlich). Nous estimons que, la plupart du temps, le ba¬
cille de Koch est seul en cause .
On voit quel est le champ étendu de la tuberculose inllam-
matoire dans ses localisations squelettiques. Le rhumatisme
tuberculeux n’en est qu’une forme ostéo-articulaire. Les ma¬
ladies de la croissance et nombre de processus ostéomalaci-
ffuesen sont d’autres exemples. Mais, nous le répétons, il ne
faut pas s’attendre à trouver, alors, des lésions articulaires,
osseuses, virulentes, ou de graves localisations viscérales.
La tuberculose inflammatoire se voit, surtout, chez des
tuberculeux à miniina, porteurs de tuberculoses latentes,
U il faudra dépister, avec peine quelquefois.
Le diagnostic précoce n’en sera pas inutile,
lue nouvelle fonction glandulaire des cellules fixes d’un iLsu
conjonctif, la fonction rhagiocrine
P'Renact (la séance, on le voit est le triomphe de l’E-
e de Lyoni montre dans une communication très impor-
ote pour la pathologie générale, les propriétés glandulaires
a présence d’un proferment très important pour la jabago-
lgj°^ ‘fans les cellules fixes du tissu conjonctif,surtout dans
Tous ces faits versent une grande lumière
série de processus morbides, en particulier sur l’o-
des scléroses, mais surtout sur le mécanisme des actes
pg- d'importance majeure et cependant jusqu’ici à
s® Passent dans le milieu conjonctif et
solu*^'^* a l’activité individuelle deses éléments propres, ab-
tulg®®“l distincts de celle des leucocytes. Ce sont les cel-
l'l'agiocrines, libres à l’origine, et dont on
‘fans? 1 adulte, un grand nombre restées telles
intecs?/.‘T’Ji‘le des séreuses, qui sont les agents de ces actes
vienne*"®^® j’our y prendre part, elles se mobilisent et par-
agij facilement aux points où elles doivent se fixer et
Près J ® a y portent par leurs mouvements amiboïdes pro-
fion. r façon générale, par les voies de la circula-
'-e sont des cellules essentiellement interstitielles.
La mortalité tuberculeuse {suite).
M. N Ai.LiN admet que la déclaration facultative est illusoire.
Mais la déclaration obligatoire est inutile, 1° dans les tuber¬
culoses fermées ; 2° dans les tuberculoses ouvertes, soignées
par un médecin qui impose toutes les précautions indispen¬
sables. Mais la déclaration devrai t être obligatoire dans tous les
cas de tuberculose semblant dangereux pour l’entourage et
pour la collectivité, tout au moins dans les cas de tuberculose
ouverte après décés. Avec M. Monod, AI. Vallin reconnaît que
la désinfection sans la déclaration obligatoire constitue une
impossibilité véritable.
Origine des eaux minérale.^.
M. A. G.vutier, président de la commission des Eaux
minérales, montre le rôle important des phénomènes volca¬
niques dans la production des eaux. A.-F. Plicque.
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX
Séance du 9 mars 1906.
1 ntervenlion dans la cholélithinse.
A propos de la communication faite dans la précédente
séance par AL Linossier, AI. Siredey lit les conclusions d’un
travail de AI. le D' Norgois (Bordeaux) qui justifie l'interven¬
tion chirurgicale : 1° si avec la crise urinaire ne co'incide pas
la régression du gros foie ; 2'’ si on trouve dans le sérum san¬
guin des pigments anormaux, indice d’une fonction défec¬
tueuse de la cellule hépatique.
Pleurésie purulente ayant duré Ï.3 ans.
AIAI. Legendre et Genevrikr présentent lespièces d’un ma¬
lade, mort d’asystolîe avec cirrhose cardiaque. La plèvre avait
contenu un Injuide purulent très épais et très gras, ressem¬
blant à de la mayonnaise. Cette pleurésie remontait à 15 ans
(en 1890 on avait retiré par ponction un demi-litrede pus). Les
enfants de ce malade sont morts tuberculeux. La plèvre était
très épaissie. Le liquide purulent contenait beaucoup de cho¬
lestérine.
Pince hémostalique'onbliée dans l’abdomen.
MM. Legendre et Genevrier rapportent l’observation d’une
malade à l’autopsie de laquelle on trouva dans l’intestin pel¬
vien une pince hémostatique oubliée à l’occasion d'une. opé¬
ration pelvienne il y a six ans. AL Legendre avait pensé à une
récidivede la tumeur.En réalité, la mort était due à une phle-
luatia secondaire à une nécrose de l’os iliaque avec infection
et dislocation de la hanche.
Anémie pernicieuse traitée avec succès par les rayons X et le
sérum antitoxique.
AIM. Louis Benon et Léon Tixier. — Le traitement arsénical,.
spécifique dans l’anémie pernicieuse, n’avait donné .aucun
succès. Les rayons X et le sérum antitoxique,aii contraire, ont
amené une réparation sanguine, comme l’ont montré les exa¬
mens du sang pendant le traitement'; présence, en nombre très
augmenté, des hématies, et éosinophilie considérable et cons¬
tante. Les organes hématopoiétiques avaient donc été for¬
tement stimulés par le traitement. Les rayons X détruisent les
leucocytes (leucotoxines dans le sangi le sérum produit une
hémolyse intense (hémolysine dans le sang).
AL JosuÉ a montré, avec M. Roger, que le sérum antidiphi-
térique provoque dans la moelle osseuse une réaction très spé¬
ciale, la formation d’hématies nucléées. L’injection de toxine
diphtérique détermine la réaction myéloïde portant sur la
série blanche. Toxine et antitoxine injectées ensemble provo¬
quent une réaction mixte. Les mêmes phénomènes s’obser¬
vent avec le sérum antitétanique.
Infections sanguines au cours des érythèmes infectieux (strepto-
cocciques, enlérococciquc, tétragénique).
MM. S.ACQUEPEE et Loiseleur. — Les ensemencements du
sang dans les érythèmes ont démontré une infection sangui¬
ne, les érythèmes primitifs sont donc, comme les secondaires,
de nature microbienne. Les faits cliniques : troublesdigestifs,
arthralgies, oedèmes, imposent celte hypothèse confirmée par
170
LE PROGRES MEDICAL
rcnsemenceiuent et placent ces ér\ thèmes dans un rang voi¬
sin des érythèmes infectieux secondaires.
Spirochète jmllida dans tons les organes d’un fœtus
hérédo-syphilitique.
M. pRurii i.É a trouvé le spirochète dans le l'oie, la rate, les
reins, les capsules pararénales, dans un ganglion mésentéri¬
que, le thymus etlecorps thyroïde. La présence du spirochète
dans le testicule confirme l’infectiosité du .sperme démontrée
sur le singe par l'ingeret Landsteiner. Conclusion: nécessité
d'un traitement sévère pendant la grossesse. I'rikdkl.
SOCIÉTÉ DE MEDECINE DE PARIS.
Séance du lo mars igo6. — Présidenck de M. Desnos.
La séance est ouverte à 4 h. 45. Le procès-verbal de
la précédente réunion est adopté à Tunanimité.
Correspondance imprimée. — Revues et journaux habi¬
tuels. Unn°de Y Etoile bleu, journal de la Ligue Natio¬
nale contre l’alcoolisme et les Annales de la Société
Suisse de balnéologie, offertes par le D'' Relier, de
Rheinfelden.
Correspondance manuscrite. — Lettre de M. le Secré¬
taire général de la Société médico-chirurgicale, annon- i
çant que la dite Société a voté, dans sa séance du 26
lévrier 1906, la fusion en projet avec les deux Sociétés
similaires, la Société de Médecine et de Chirurgie Prati¬
ques et la Société de Médecine de Paris.
M. le Présid^înt adresse au nom de la Société ses féli¬
citations àM. Dubar, récemment nommé officier de l’Ins¬
truction Publique.
Présentation d’une pièce osseuse.
M. le Docteur Marie présente une pièce pathologique
provenant d'une aliénée avec la radiographie corres¬
pondante. C’est Los iliaque droit d’une jeune fille hysté¬
rique de 17 ans. Mélancolie dégénérative, teptative de sui¬
cide par ingurgitation du contenu d’un étui a aiguilles.
Appendicite ultérieure et phlegmon iliaque droit (la
pièce provient d'une autopsie antérieure à 1888). Cette
malade ne fut opérée qu’à cause de la suppuration de son
phlegmon iliaque dont elle mourut néanmoins par infec¬
tion.
L’arcade crurale est criblée d’aiguilles farcissant le
paquet vasculo-nerveux et adhérent à ses divers élé¬
ments ainsi qu’au périoste et aux cloisons fibreuses et
ligaments de l’arcade.
Une radiographie accompagne la pièce et permet de
compter plus de cinquante pointes d’aiguilles.
Les artères iliaques extérieure et fémorale ne sont pas
ulcérées, ainsi que le montre l’injection préalable des
vaisseaux.
. Les pièces correspondent à un cas doublement inté¬
ressant.
Les aliénés in^rgitant des objets insolites sont fré¬
quents ; et, parmi les hystériques, les avaleuses d’aiguilles
ne sont pas rares.
Mais les suicides de ces dernières sont souvent des
tentatives théâtrales et peu sérieuses. Ici, les aiguilles
furent avalées d’un bloc et entraînèrent un phlegmon
iliaque, puis la mort.
Il est curieux, d’autre part, de retrouver au même
point, la série complète des aiguilles ingérées et l’appen¬
dicite qui a permis leur issue en totalité de l’intestin,
semble montrer qu’elles cheminèrent de conserve
dans presque toute la longueur du tube digestif : peut-
être les précautions prises après l’accident y co'ntribuè-
rent-elles (purées, blancs d’œuf, etc., ingérés).
M. Leudet lit son rapport sur les titres et travaux de
M. le Docteur Lucien Graux, candidat au titulariat.
Messieui-s,
Au nom d’une Commission, composée de MM. C.hristi.an,
Tissier. et Leudet rapporteur, je viens vous rendre compte
d’un travail de M le D'' Lucien Graux, lu par l’auteur, dans
la dernière séance, à l’appui de sa candidature au titre de
membre titulaire de notre Société.
Ce travail : Rôle des casiers sanitaires^ des maisons dam
l’assainissement des villes, est un document d’hygiène sociale,]
qui précise expérimentalement quelques-unes des don¬
nées cliniques du problème pathogénique delà tubèrculose
pulmonaire.
L’insalubrité de l’habitation — nous le savons tous et de
longue date — est un des facteurs les plus importants de la
diffusion des maladies transmissibles et en particulier delà
dissémination de la tuberculose. Mais les agents de cette insa¬
lubrité, quels sont-ils. et où tes voyons nous '! Comment les
atteindre, les surprendre dans leur œuvre néfaste !' Pour les
combattre avec efficacité, il faudrait connaître les repaires!
dont ils font amant de foyers d’infection. {^)ui nousdonnera^
cette connaissance ? Qui nousdira avec certitude que c’est là
qu’il faut frapper, si nous voulons éteindre sur place la fé¬
condité des germes infectieux !'
Pour répondre à ces que.stions, pour les élucider elles ré¬
soudre, le médecin a besoin d’avoir d’autres armes que
celles que lui prête 1 observation du malade. Où trouver ces
armes ? Dans le casier sanitaire des maisons nous dit M. Lu-
La création dece casiersauitaire des habitations à Paris est
de date récente; elle remonte à 12 ans.Et cette œuvre, dont le
fonctionnement marque une étape si féconde pour la libéra- j
tionde fadasse ouvrière de ses servitudes et de ses fatalités
morbides, nous a déjà fourni des documents précieuxet ir¬
réfutables pour la lutte sans relâche que nous poursuivons
contre la maladie tuberculeuse.
Je ne suivrai pas M. Lucien Graux (dans Tliistorique, la
structure et le mécanisme de ces casiers sanitaires, qui sont
comme un organisme nouveau, dont M. Paul Juu.i.erat a
doté Paris. Je ne retiendrai qu’un point de la question, le
plus important du reste, celui qui a trait à la tuberculose.
La propreté, l’espace, l’air et la lumière, voilà les qualités
({ui font la maison salubre. Si l’exiguité et Tencombrement
des locaux sont les facteurs ordinaires de la propagation des
maladies contagieuses, comme la rougeole, la scarlatine, la
coqueluche, etc., l’absence de lumière, l’obscurité, paraît
jouer, et joue en réalité le rôle prépondérant dans l’éclosioBj
et la dysémination de la tuberculose. Le fait est disprouvé par
la statistique des décès tuberculeux, fournie par les diffé¬
rentes catégories des maisons de Paris.
Tandis que dans les rez-de-chaussée et les premiers étages
des habitations donnant sur des cours étroites, la mortalité'
par tuberculose est grande et lamentable, elle est moindre,
presque nulle, dans les étages supérieurs, où se rencontrent
pourtant des causes d’infériorité sociale, mais où pénètre la
lumière solaire.
C’est ainsi que les maisons sordides des fortifications, inon¬
dées de soleil, ne présentent pas de cas de tuberculose ; et que
des maisons, dans des quartiers riches, sont des foyers cons¬
tants de bacillose, quand les fenêtres prennent jour sur des
courettes
On réclame pour Paris des espaces libres, des squares, des
parcs, des jardins, pour donner à la cité les poumons qui loi
manquent. Mais comme le dit très justement M. Lucien
Graux, c’est dans 1 intérieur même des habitations qu’il faut
créer ces espaces libres ; c’est le logement lui-même qu'l
faut aérer et ensoleiller.
Oui, il existe dans Paris des maisons ravagées par le liaciU®
tuberculeux, et ces maisons ne sont mortelles que pour 1*
tuberculose. La mortalité des autres maladies infectieuses f*
est normale. Faites pénétrer le soleil dans ces maisons meur-
trièi-es. et celles-ci n’existeront plus.
Devant des témoignages aussi probants, il est impossibl®
de ne pas conclure à l’inffuence prépondérante de la lumiéi*
sur révolution et la propagation du mal tuberculeux.
.Mais ici, dans ce problème si vaste et si complexe de la tU'
berculose, deux facteurs absolument distincts sont en pr*"
sence : le bacille et l’organisme, la graine et le terrain. Et c®®
facteurs sont l’un et l’autre enjeu dans la question d’hygiéB*
(pii nous occupe.
Le casier sanitaire des habitations parisiennes nous ense*'
LE PROGRÈS MÉDICAL
171
„ne que. partout où le soleil pénètre, le bacille est tué ; que le
soleil, en hypiène sociale, est le premier des microbicides. (^)ue
nous a appris et «lue nous apprend chaque jour l'observation
clinique ? Cette même action souveraine de la lumière sur
l'organisme aux prises avec la tuberculose. Le malade trou¬
verait ainsi dans le même agent une double protection : ce
qui stérilise la graine enrichit le terrain, et ce qui tue le mi¬
crobe vivifie l’organisme.
Dans cette lutte contre la tuberculose, de quel côté vais-je,
moi médecin, diriger mes efforts ? J’avoue que, jusqu’à plus
ample informé, tous les moyens hygiéniques ou thérapeuti¬
ques dont je dispose s’adresseront au tuberculeux lui-même.
Son terrain est maniable; la graine (juiensemenceest insaisis¬
sable. En rendant son organisme réfractaire aux atteintes du
microbe — ce qu’il nous est permis d’obtenir — nous savons
que le bacille languira au lieu de pulluler, et qu'il .sera pri¬
sonnier dans les tissus sains au lieu de provoquer une intoxi¬
cation générale de l’économie.
Mais je m’arrête dans ces considérations, qui m’entraîne¬
raient bien au-delà de mon sujet.
Je crois. Messieurs, en avoir dit assez pour vous montrer
l’intérêt et la valeur du mémoire que vous a présenté M. Lu¬
cien Gr.xux.
Tout en proclamant très haut les bienfaits, chaque jour
grandissants, de l’hygiène socigle, notre jeune confrère n’hé¬
site pas à signaler le danger decertainsde ses empiètements.
C’est ainsi que dans des articles successifs parus dans la Tri¬
bune médicale, il regarde comme attentatoire « aux intérêts et
même au bon renom du corps médical »le projet, un instant
conçu, de la création d un diplôme A' hygiéniste public. Sa
vive et judicieuse polémique ne fut pas étrangère au rej^t
de la proposition par M. le ministre de l’intérieur. Mais si les
services de l’hygiène publique ne sont pas aujourd’hui ré¬
servés à des diplômés officiels au détriment du docteur en
médecine, il n’en reste pas moins que des certificats d’études
d’hygiène vont êtreou sont déjà créés par certaines Universi¬
tés, et que ces certificats pourront être délivrés à des indivi¬
dualités diverses, ne faisant pas partie de notre corpora¬
tion.
M. L'jcien Gr.xux n’a pas hésité, je le répète, à protester
contre des créations qu’il considère comme une faute. Il porte
d ailleurs, dans l’examen de tous ces problèmes d’hygiène, un
«prit critique du meilleur a loi. Guidé par la précision du
fait scientifique, il sait voir et interroger le malade ; il ne sert
et ne veut se servir de 1 expérimentation (jue pour éclairer
1 observation clinique. Celle-ci reste toujours la souveraine
maîtresse de son jugement médical.
à ersé dans toutes les questions d'hygiène sociale, dont il a
fait une étude approfondie, comme le prouventeh son travail
inaugural et mainte autre publication, il ne se laisse pas
wsorber par elles. Laborieux et chercheur, àla veille d’entrer
dansla carrière hydrologique, que lui a si brillamment , ou¬
verte et tracée son père, notre président d’hier. M. Lucien
Lraüx a entrepris, sur la composition intime des eaux miné-
^ de recherches qui fixèrent immédiatement
^nrluil’attention du monde savant.
Des expériences faites et contrôlées dans le Laboratoire de
ntre distingué collègue, M. Frenkel, lui ont permis de for¬
mer une loi qui porte son nom et dont la teneur est des
^'iSgestives pour les déductions à tirer de la constitution
°^anisation intime et réelle d’une eau médicinale natu-
recherches’ ces expériences d’ordre physico-chimi-
y ®:Sont consignées dans sa thèse de doctorat. Application de
d l'étude des eaux mi né ni les. Elles ont valu àno-
confrère des distinctions rapides et méritées. Ses ti-
scientifiques sont déjà nombreux,
dical Graux est membre de la Société d’hydrologie mé-
uj/ arrêté ministériel du 15 février dernier.il est nom-
de la Commission permanente des stations iiydru-
*'^Urli instituée au Ministère de l'inté-
intern ^ de la Commission permanente des congrès
^^^toiiaux d'assainissement.
votre Commission, j’ai l’honneur de vous pro-
1° D’inscrire M. Licien Graux sur la liste des candidats un
titre de membre titulaire.
De renvoyerson mémoire au Comité de publication.
M. le Secrétaire Général donne lecture d’un travail
adressé par M. Sakorraphos, d’Athènes, intitulé : Scro¬
fule et phtisie pulmonaire. L’auteur soutient l’idée que la
scrofule immunise presque toujours contre la consomp¬
tion ou phtisie, période ultime de la tuberculose pulmo¬
naire ; il reconnaît d’ailleurs que son opinion est abso¬
lument contraire aux idées généralement admises. La So¬
ciété estime que les conclusions de M. Sakorraphos sont
peut-être un peu prématurées et reposent sur un trop
petit nombre d’observations et d’expérimentations pour
entraîner la conviction. Elleengage l’auteur à poursui¬
vre ses recherches dont elle publiera les résultats lors¬
que ceux-ci reposeront sur des bases plus solides et lui
paraîtront plus concluantes.
En raison de la demande de révision intégrale des
statuts, déposée sur le bureau dans la dernière séance,
la Société nomme, pour étudier cette question, une com¬
mission de cinq membres qui sont ; MM. Christian, Lis¬
sier, PicQuÉ, Coudray et Dubar, assistés du Président et
du secrétaire général, membres de droit de toutes les
commissions.
La séance est levée à 6 h. 30.
Le secrétaire général, Le secrétaire annuel,
F. Bdret. Yian.
SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE L.V TLRERGULO.SE
Séance du 6 mars 1906. — Présidence de M. Lancereaux.
Xoucelle tuberculine Jacobs.
M. le D’' Jacobs, de RruxeIles,communique les résultats ob¬
servés par de nombreux médecins, tant en Belgique, qu’en
Angleterre, en France, en Suisse par l’emploi de la tubercu¬
line T. J. 11 attire l’attention sur le nombre élevé de guérisons,
la constance de ces guérisons, Tinnocuité du traitement. Plus
de 60.000 injections T. J. ont été faites à différents malades
sans qu’aucùn accident ait été constaté.
Sur 500 malades iiu’il a traités, le prof. Jacobs compte : 62
guérisons, 20ft améliorations, 58décès, 171 malades, ont aban¬
donné le traitement. Parmi les décès, certains sont dus à
l’imprudence des malades ou à des maladies intercurrentes.
On compte parmi la guérison des cas de laryngite tubercu¬
leuse, de péritonite tuberculeuse. d’entérite, de tuberculose os¬
seuse, d’arthrite, de coxalgie, de lupus, de gommes tubercu¬
leuse.
M. le D' Lespinne, de Bruxelles, a soigné par la T. J. des lu¬
pus, des gommes, des adénites. Chez les lupiijues on observ e
une régression marquée de Tinfiltrat, une décongestion, des
limites plus nettes et aussi des cordons minces de lymphan¬
gite au voisinage des ganglions. Certaines guérisons se sont
maintenues après deux années.
M. le 1)' Bsrnheim. de Paris. — .\ctuellement nous avons
certains malades en traitement depuis 3 mois. Nous n’avons
pas pratiqué la méthode apsonique et cependant nous avons
constaté des résultats tellement sensibles que nous en som¬
mes nous même surpris. D’après nos expériences, nous avons
constaté, chez nos malades, après 4 ou 5 injections que l'ap¬
pétit reparaît et l’état général se remonte. Sur 40 malades, 2‘.t
ont été suivis de très près et étaient tuberculeux à la 2" et à la
3*' période. Tous, sauf 2, avaient des bacilles dans les crachats.
Chez la plupart.l'amélioration de 1 état général et de l’état lo¬
cal a été très appréciable : les crachats ont diminué, les ba¬
cilles ont diniinuéetont disparu chez un petit nombre de
malades, l.a tuberculine de Jacobs a l'air d’agir surtout sur
les microbes associés du bacille de Koch. l’appui de son as¬
sertion. le D Bernheim présente ensuite ses malades chez les¬
quels on conslate une profonde amélioration.
M.le I)' Georges Pkt: i a 17 malades en traitement parla T.J.
sur 23 à qui il avait proposé le traitement. L’auteur déclare
qu il s’est conformé aux prescriptions du professeur Jacobs,
qu’il n’a jamais observé de réaction et cependant tous ces ma-
LE PROGRÈS MÉDICAL
lades étaient atteints de tuberculose confirmée. Les résultats
sont très encourageants, et les améliorations aussi manifestes
((lie rapides.
LA VALÉROBROMINE LEGRAND
est plus active que les bromures et les valé-
rianates.
BiBLIOCmAPHlE
Fracture du radius chez les automobilistes :
Par II. Fougère, Thèse de Paris, l%êi.
C’est à l’hôpUal Beaujon que notre confrère R. Faugère a
recueilli ses observations. Son travail très méthodique et
très documenté sera toujours consulté avec fruit par tous
ceux qu'intéresse non seulement la loi des accidents du tra¬
vail, mais encore par ceux qui, ayant conscience de la res-
I-onsabilité qu’ils assument en acceptant de soigner un ou¬
vrier blessé sont persuadés que le plus grand bénéfice qu’on
puisse accorder à un travailleur est de lui permettre de ré¬
cupérer l’intégrité d'un membre lésé.
L’auteur,dans une introduction àlaquelleje ferai le repro¬
che d’être écrite en argot d’automobilisme, nous explique le
mécanisme du retour de manivelle.J’avoue, à ma honte, igno¬
rer ce qu’on entend par capacité de la cylindrée, avance à Tal-
lumage et autres expressions du même genre. Néanmoins,ie
crois pouvoir. d'après Faugère, expliquer comme suit le mé¬
canisme, grâce aux incidentes que l’auteur a introduites
dans son texte, mais qui constituent à mes yeux des explica¬
tions insuffisantes pour les profanes — comme moi — de
l’automobilisme.
Les moteurs produisent des gaz qui explosent, et ce sont
ces explosions qui perme’ttent au piston de se mouvoir et
par conséquent de mettre la machine' en marche. La pre¬
mière explosion est toujours produite directement par le
mécanicien qui tourne une manivelle. Or si, au moment de
celte explosion, le mécanicien aune position défectueuse, la
manivelle qui permet de la déterminer subit un mouvement
inverse de celui qu elle doit avoir et pesant sur la main qui
la fait mouvoir, main qui le plus souvent est elle-même en
position également défectueuse, il en résulte une fracture du
radius.
Abordantl’étiologie, Faugère étudie : Lies fractures par clau¬
se directe, qui intéressent seulement le radius depuis l’apo¬
physe stylo’ide jusqu’à une certaine hauteur du corps de l’os.
Quelqucd'ois les depx os de l’avant-bras sont fracturés au
même niveau, mais le nombre des observations recueillies
est si restieint que l’on peut considérer cette lésion comme
une rareté.
3“ Les fractures par cause indirecte sont les plus fréquen¬
tes; tantôt l’apophyse styloïde est seul intéressée, tanlôtil s’a¬
git de toute l’extrémilé épiphysaire. D’autres fois le trait de
fracture siège au niveau du tiers inférieur du radius.
Faugère fait observer qu’on constate en même temps des
relâchements ligamentaires, des épanchements sanguins,des
ruptures complètes de toutes les attaches de la main, avec
élongation des nerfs, ce qui est d’une capitale importance en
matière d’accident du travail, à cause des troubles doulou¬
reux qui en résulteront et dont la durée sera considérable.
Pathogéniquement, deux théories sont eu présence : Par
suite d’une extension forcée des ligaments, ceux-ci arrachent
l’extrémité osseuse sur laquelle ils s’insèrent. C’est la théorie
de l'arrachement.
Si au contraire le choc exerce sur le poignet une sorte de
tassement, on a la théoiàe de ta transmission directe du choc.
Faugère rejette l’hypothèse de Pouleau, qui admet la con¬
traction musculaire comme facteur delà lésion.
Les symptômes n’offrent rien de particulier. Dans les frac¬
tures directes, il y a douleur, impotence fonctionnelle, ecchy¬
mose, déformation inconstanteet quelquefois crépitation. Ces
signes sont souvent insullisants, de même que la crépita¬
tion.
Dans les cas douteux, la radiographie est d'un puissant
secours, bien que je ferai remarquer qu’elle ne donne pas tou¬
jours ce qu’on en attend.
Ces fractures se compliquent souvent de plaies. Les frac¬
tures indirectes se présentent sous deux aspects. Tantôt il y a
déformation nette due au déplacement des fragments. On a
alors le type en dos de fourchette. Tantôt on n’a aucun dé-.,
placement. Ces lésions sont les plus fréquentes. La douleur
est parfois peu considérable et l’impolence fonctionnelle peut-
être incomplète.
Le diagnostic est assez, facile lorsqu’on possède bien les'
symptômes. Quant au pronostic, il varie. Si l’on a affaire
à une fracture sans déplacement, la consolidation s’obtient,
en 3 semaines environ. Le massage précoce active la gué¬
rison et empêche les raideurs articulaires ultérieures.
Dans les fractures avec déplacement, le pronostic n’t st pas.
moins favorable, bien que la coaptation parfaite des frag¬
ments puisse être impossible.
Le traitement consiste à réduire les fragments qui ne coap-
tent pas qt à placer la main en bonne position dans un appa¬
reil plâtré.
La récidive survenant au même niveau quelque temps aprèst
la première lésion, n’empêche pas la guérison aussi rapide-"^
ment ni aussi bien que si l’on avait un os fracturé pour la ’i
première fois.
Ce travail, fait très consciencieusement, se termine par une :
longue bibliographie qui peut être d’une grande utilité à ceux
qui désirent remonter aux sources. V. Théb.vult.
Technique du traitement de la luxation congénitale de
la hanche : parle D' Calot (de Berck) (Masson, édit.i.
Sous ce titre, parait, aujourd'hui, le deuxième volume du
Traité pratique de technique orthopédique. L’auteur, très qua¬
lifié pour traiter cette ((uestion d’actualité, a imprégné son
livre du résultat dé ses recherchés personnelles et de sa
grande expérience. Pratique avant tout, et se proposant]
« d’être un guide devant permettre à tous les médecins de soi¬
gner la luxation congénitale de la hanche j), cet ouvrage
comprend : des préliminaires, une partie technique et une
partie clinique. Les préliminaires traitent, en quelques pages
alertes et pittoresques, du diagnostic et du pronostic de la
luxation congénitale. Aous notons, pour le praticien et pour
l’étudiant, des détails précieux et d'un réel intérêt à relire
avant l’examen au lit du malade.
La partie technique comporte, très développées, les solutions
de tous les problèmes que soulève la question si discutée du '
traitement de la luxation, congénitale : préparation et réali-'
sa lion de la réduction ; manuel opératoire de cette réduction,
diagnostic de la réduction obtenue. Puis vient l’imporlant
chapitre du maintien de la réduction : comment et combien
de temps maintenir réduit ; traitement consécutif à la con¬
tention ; traitement des reluxations antérieures et postérieu¬
res. Enfin la partie clinique contient nombre de renseigne^
ments sur les variétés, simple ou double, de luxation ; le pro-^
nostic et la thérapeutique qu’elles demandent dans les diver¬
ses conditions d’âge et de lésions anatomiques. Suit un cha¬
pitre sur les résultats du traitement non sanglant, et leur
amélioration progressive. « Dans les cas de luxations traitées
à temps, on peut dire sans exagération que Ion peut avoir à
l’avenir des statistiques blanches, au même titre et dans le
môme sens, par exemple, que les chirurgiens peuvent avoir
des statistiques blanches de cures radicales de hernies siffl'
pies. » Pour le traitement de luxations demeurées irréduc¬
tibles par la méthode non sanglante, restent les opérations d®
Iloffa, de Senger et de Calot, dont l’auteur montre les^ avau-
tages comparatifs. _
Des observations justificatives viennent à l’appui des mé- l
thüdes thérapeutiques préconisées ;20l) figures et 5 planches j
illustrent cet ouvrage édité avec le plus grand soin.
L. Moue:..
Interprétation nouvelle du mécanisme de l’hémoptysi®
tuberculeuse: i)arl(' !)'■ B\ui;akv l’ai is, lUidcvab.
Pour le !)'■ Harbarv , l’héiuoptysie tuberculeuse est, dans l»!
.najorilé des cas, dépendante de l’hyperlension artérielle.
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un certain développement de l’intelligence,
de se soumettre à la règle des lycées ou des
pensions, et qui ont par conséquent besoin à la
fois d’une méthode d’éducation spéciale, et
d’une discipline particulière ;
Aux enfants arriérés, faibles d'esprit à
tous les degrés ;
3* Enfin aux enfants atteints d'affections
nerveuses compliquées ou non d’accidents
convulsifs.
Les enfants de ces diverses catégories
forment des groupe s tout à fait distincts.
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les moyens d’instruction et d’éducation em¬
ployés dans le service de Bicêtre, est placé au
milieu d’un parc superbe, sur le versant
d’une colline, et dans les meilleures conditions
d’hygiène. Les enfants y sont l’objet de soins
spéciaux appropriés à leur situation intellec¬
tuelle et pnysique.
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elles s’entr’ouvent en quelques minutes dans l’eau froide, ne durcissent V y
pas comme les pilules, s’avalent plus facilement que les eaehsts. Le prix pour ]
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détailler au gré du médecin.
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1 ou 2 verres à Bordeaux. — Dosage ; 10 grammes de viande de bœuf
digérée par la pepsine, par verre de Bordeaux.
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LE PROGRÈS MÉDICAL
173
estdonc possible en surveillant la tension artérielle de sup¬
primer dans bien des cas l'hémoptysie. La thérapeutique pré¬
ventive des hémoptysies consiste dans le traitement des dilTé-
rentes causes de l’hypertension, fréquente et souvent mécon¬
nue chez les tuberculeux. Le D'- Baibary apporte dans ce tra¬
vail étudié et intéressant un grand nombre d’observations et
de chiflres à l'appui de sa théorie. On sait que, d’une fa<;on gé¬
nérale, on considère habituellement que le tuberculeux pré¬
sente de l’hypotension. Lucien Graux.
maladie osseuse de Paget ; par OEttinger et E. Agasse-
Depuis le mémoire de Paget en 1876 sur l’ostéite déformante,
peu d'observations ont été publiées sur cette affection. —
Il est rare que deux cas aient été observés dans une même fa¬
mille. Or, MM. CEttinger et E. Agasse-Lafont apportent trois
nouveaux cas qui, précisément, appartiennent à une même fa¬
mille ; ils en tirent des conclusions très nouvelles sur l’étiolo¬
gie et la pathogéniede cette maladie. L’un des malades pré¬
sentés avait exercé le métier de blanchisseur, l’hypothèse
d’une intoxication chronique par les acides minéraux ne peut-
elle êlre admise ? Deux autres cas observés dans cette famille
même, où la profession de blanchisseur est exercée depuis
longtemps, ne la fortifient-t-ils pas PAussi les aute urs ont-ils
etaminé Une à une toutes les observations de la maladie de
Paget publiées en France ; sur 42, 29 indiquent la profession
du sujet atteint, or, 13 avaient été exposés à l’intoxication
par les acides.
L’acide formique, et la force muscuiaire; par le D‘
Clément, de Lyon. (Paris, 1905, ’Vigot frères, éditeurs).
Intéressante à lire cette monographie de 135 pages, très
bien éditée, ornée de vignettes curieuses et belles. Un trouve
aussi grand plaisir dans le style plus littéraire que scientifi¬
que et où s’étale une érudition qui fait honneur à notre con¬
frère de Lyon.
Scientifiquement l’acide formique est connu ; il est même
^rchl-connu. puisqu’il commence à ne plus l’être. M.
Clément a soin de nous rappeler dans un chapitre plein de
franchise, puisqu’il porte à son frontispice « pro domo me» »,
l’idée directrice qui l’a poussé à étudier et à faire valoir l’a¬
cide formique. Ce fut en 1903 que fauteur publia sa décou¬
verte pour la première fois. Lisons haut cette boutade qui ne
manque pas d’un fonds de vérité : <- La pressse médicale, à
* cette époque, ne souffla mot de mon travail. Il n’y avait
" pas de quoi m’émouvoir. C’est assez dans les usages de no-
' Ire pays. La presse médicale parisienne ne connaît que ce
“ qui se fait ou se dit à Paris, et les journaux de province,
" en dehors de leurs œuvres locales, ne font que reproduire
" ce que dit la presse parisienne. De sorte que si vous êtes
" provincial, vous êtes une individualité sans mandat. ■>
11 serait fastidieux de reproduire ici les conclusions aux¬
quelles M. Clément a été conduit par ses recherches. Con-
jjions, à notre tour,que le travail de notre confrère peut-être
uavecplaisir et utilité, par les médecins et par ceux qui ne
*®®Ontpas. P. Cornet.
®P'um. Morphine et Cocaïne ; parM. le Prof. Brouardel
i-uvol., br.,in-4, del53p., chez Baillière et fils, 1906.)
^uus sommes en pleine médecine légale, en présence de
^ cçons si claires, si nourries de faits, telles que nous les
jadis entendues.
few*^** • ^'intoxication aigu? par l’opium et scs alca-
uioiT et les mangeurs d’opium et les morphino-
Ocxe'^ci ^ par la cocaïne. \ iennent ensuite, en an-
PQj ’ pièces documentaires de médecine légale sur l’em-
ceUçj'^^roent par le laudanum, la responsabilité médicale,
pharmacien, mesures à prendre pour diminuer la
liijj^^'^roanie, etc. Tout serait à relever ici en raison de
vécag *^68 exemples choisis et des détails pratiques et
*Pain.s^l^^ ®y trouvent. Ce livre doit se trouver entre les
ciuel^® fous ceux qui ont un attrait spécial pour méde
pour la toxicologie. Je crois même (avis aux Etu-
VfepQ est nécessaire deconnaître la substance de ce li-
'■roussir à ses examens. P. Cornet.
Formulaire des médicaments nouveaux pour 1906;
par Bocquillon -Limousin. (In 12 de 325 pages, chez Baillière
et fils, Paris,)
Sans doute ce formulaire est très utile ! Comment sortir,
sans ce fil d’Ariane, du dédale des médicaments nouveaux 2
Ceux-ci ne dépassent-ils pas le nombre de 457, à en croire
M. Iluchard, dans la préface qui ouvre ce petit livre? M. Li¬
mousin a pris soin de nous signaler les additions faites à la
181 et présente édition de son formulaire. La thérapeutique
s’est « enrichie » de ce qui suit : acide formique, almatenia,
alypine, arhovine, benzdüperoxijde. broméinc, caloméial, carbo-
vis, ceycsatiba, eictogan. gentiopicrinc hémoplase, hermitine,
hippiol, hopogan, ibogaïne, iothion, iridine, isoformé, lentin,
maréline, méthylrodine, naflalan, neurodine, olivéol, perbora-
tes, pélrosulfofpurgène, quinobromine, quinoforme,quinoléine,
santhéose, thiocine, vasenol, zimphéne, etc.
Evidemment, pour connaître les propriétés physiques,
chimiques et thérapeutiques, ainsi que le mode d’emploi de
de chacun de ces produits qui se succèdent si rapidement, il
faut un répertoire, et M. Limousin, en présentant le sien cha¬
que année, rend certainement à la mémoire des thérapeutes
les plus grands services.
Ce formulaire est de petit format, cartonné, et ainsi porta¬
tif et pratique, P. Cornet.
Portez-vous bien ; parle D^ Terw.agne (Paris, Vigot,
3» édition).
Ce livre, nous dit l’auteur, est écrit sans autre prétention
que de répandre dans le peuple les notions d’hygiène les plus
nécessaires à la santé.
Il y étudie tour à tour le rôle de l’air, de la lumière, de
l’eau, facteurs de salubrité. Un long chapitre est consacré à
1 alimentation : les autres traitent de l’influence du sommeil,
de la profession, du travail, etc. . . h auteur expose, en un
style très clair, des notions qu'il importe, en effet,de vulgari¬
ser sans se lasser ; il donne en autre mille conseils utiles,
fruits d’une expérience éclairée et d’une observation atten¬
tive, A. Fîllassier.
, THÉRAPEUTIQUE
Traitement delà Coqueluche,
L'Hélénine de Korab diminue d’une façon notable fex-
citabilité laryngo-pharyngienne ; c’est un modérateur, un
calmant du système nerveux (Communications à la S&ciété
de Biologie), Cette propriété bien démontrée fait comprendre
iapuissance curative de l’Hélénine dans la coqueluche ; d’a¬
près ’Valenzuela {El Siglo medico de Madrid), les effets de
l’Hélénine sont merveilleux. Introduite dans f estomac, l’Hé-
lénine agit à la manière des amers aromatiques et s’oppose
aux vomissements si fréquents et si pénibles qui accompa¬
gnent les quintes de toux. Cet agent thérapeutique doitétre
administré sous forme de Sirop du D' de Korab à la dose
de quatre à cinq cuillerées à café par jour.
Banquet en l’honneur du D» Séailles, — Le Conseil d’admi¬
nistration du Syndicat des médecins de la Seine, d’accord avec
l’Union des Syndicats médicaux de France, la Société médicale
des Bureaux de Bienfaisance et celle des médecins de l’état civil,
a résolu d’offrir au D» Séailles, président sortant du Syndicat
des médecins de la Seine, ancien membre du Conseil de l’Ünion
des Syndicats médicaux de France, ancien président de la Société
médicale des Bureaux de Bienfaisance de Paris, etc., un banquet
amical à l'occasion de sa promotion dans la Légion d’honneur.
Cette fêle confraternelle aura lieu le vendredi 23 mars à 7 heures
et demie, au restaurant Marguery, sous la présidence de M. le
Professeur Brouardel, président d’honneur du Syndicat. Le prix
du banquet est de seize francs.
Prière de renvoyer, avant le 18 mars, les adhésions au Di Bel-
lencohtre, secrétaire général, 1.34, boulevard Haussmann. Il sera
prélevé sur ce prix la somme nécessaire à l’acquisition d’un sou¬
venir. Les confrères et amis du Di Séailles, empêchés d’assister
au banquet, peuvent adresser au Secrétaire général leur offrande
pour le souvenir.
174
LE PROGRÈS MEDICAIi
varia
La Ligue des mères de famille.
I.a ligue internationale des mères de famille, pour la dé¬
fense de leurs foyers contre les grands fléaux du X\= siècle, a
tenu une réunion à Washington-Palace, 11, rue Magellan, sous
la présidence du D'' Suarez de Mendoza Le Président a exposé
lanaissance, le développement, les travaux et les projets de la
Ligue. La Ligue se propose d’employer tous les moyens possi¬
bles pour enrayer l’action isolée ou collective de ces fléaux,
dont les victimes se chiffrent annuellement, pour la France,
à plus de six cent mille. La Ligue organisera des conférences
et ouvrira des dispensaires spéciaux. Des conférences ont en¬
suite été faites sur les fléaux en question. Le docteur Gastou,
chef de laboratoire à la Faculté, a parlé sur « les portes d entrée
delà tuberculose elles moyens de s’en défendre. » Avariose
et mariage fut le sujet traité par le docteur Griffon. M- Rie-
man a montré les ravages de l'alcoolisme dans la famille. M.
Cheysson.de l’Institut, a fait sentir les avantages qu’il y avait au
point de vue de l'économie des forces vives delà société à ins¬
truire simultanément les mères de famille sur toutes les véri¬
tés nécessaires pour mener à bien la lutte contre les grands
fléaux, et enfin le Président, dans une allocution accompagnée
de projections a exposé quelques considérations générales
sur les grands fléaux du siècle : avariose, neissérose, tuber¬
culose, alcoolisme, gastro-entérite, e'c. {Communique}.
LES CONGRÈS
Congrès international de médecine de Lisbonne
(Avril ItlOG.)
Les médecins f ranimais qui se rendront au Gong rès interna¬
tional de médecine de Lisbonne, qui commencera le 19 avril
1901), pourront utiliser, pour leur voyage, la voie de terre ou
la voie de mir. Geux qui emploieront la voie de terre béné¬
ficieront d’une réduction de 5Ü "/o sur le tarif ordinaire. Les
Compagnies de chemins de fer françaises, espagnoles et por¬
tugaises leur délivreront, à cet effet, des coupons détachables,
d’un emploi facile. Les congressistes français qui préféreront
la voie de mer auront plusieurs bateaux à leur disposition ;
l“Le bateau français. l’Etoile, spécialement affrété pour les
circonstances, partira de Marseille le 8 avril, fera différentes
escales à Malaga, Cadix, etc. Des excursions, organisées par
train spécial, permettront la visite à .Séville,Cordoue Grenade.
Ce bateau reviendra à Marseille après une croisière de vingt-
trois jours. Le prix total sera de 8ôü francs. (Pour cette croi¬
sière, adresser les demandes de renseignements et les adhé¬
sions, jusqu'au l.T mars, terme de rigueur, au docteur Ilelme
10, rue de Saint-Pétersbourg, Paris.)
‘2" L'n bateau anglais, l’O/j/tic, s’arrêtera le 13 avril à Cher-
bor’rget pourra embarquer les congressistes français. Ce ba¬
teau sera de retour à Cherbourg le samedi 28 avril. Le prix
de cette croisière varie de 39j à 925 fr., suivant la cabine oc¬
cupée. Pour cette croisière, adresser les demandes de rensei¬
gnements et les adhésions à l'Agence Cook de Paris, 1 place de
l’Opéra.)
3»l II autre bateau anglais; ÏAmbrose, fera escale au Havre
à Palier et au retour, et pourra aussi embarquer des passa¬
gers du Continent (S’adresser, pour cette croisière, au Travel
Bureau, 29, Cookzpur Street, London).
Les congressistes qui choisiront la voie de mer. auront l’a¬
vantage de n’avoir pas à se préoccuper de leurs logements à
Lisbonne. Les bateaux Etoile, Op’iir et Ambrosc, qui les amè¬
neront, resteront à quai à Lisbonne et leur serviront d'hôtel
pendant toute la durée du Congrès, Ils pourront continuer à
y loger età > prendre leurs repas. Le prix de la croisière par
mer comprend tous les frais deséjour à Lisbonne et tous les
frais d’excursion supplémentaires ( nourriture, service, trains
spéciaux, etc., etc.)
Pour tous renseignements généraux, s’adresser au docteur
Richardière, secrétaire du Comité français, 18, rue de P Uni¬
versité, Paris.
Actes et Thèses de la Faculté de Médecine de Paris,
Thèses de doctorat. — Mercredi, 2i mars. — M. Morin : La ré.
section du cordon spermatique sans castration. — Opérai ion com¬
plémentaire de lacure radicale de la hernie inguinale (MM. Terrier
Landonzy, Reclus. Lablié (Marcel). — M. Eugène : La luherculosr
dans le personnel infirmier des hôpitaux de Paris (MM. Landonzy,
Terrier, Reclus. Labhé (Marcel). —M. Calvé : De la coxalgie doù-
hle chez l'enfant (MM. Reclus, Terrier. Landouzy, Pierre Duval;.
Samedi, 24 mars. — M. Leroy : De la paralysie générale conju.
gale et de ses rapports avec la syphilis (MM. .loffroy, Raymond,
Roger, Jeanselmeî. — M. Moussaud Mal de Potl sans signe rachi¬
dien chez radulle (MM. Raymond. .loffroy. Roger. .leanselmc). —
M. Gebert ; Le tétragène en pathologie (MM. Roger. Joffroy. Ray¬
mond. Jeanselme). — M. Bouchet : Conlrihution à l’élude du traite¬
ment rationnel des fractures des os longs iMM. Berger, Hutinel, An-
vray. Carnot). — M. Faseuille : Diphtérie nasale amhulatoire (MM.
Hutinel, Berger, Auvray, Carnot) .
Examens de doctorat. — Lundi, ig mars. — Dissection (Keole
pratique) : MM. Poirier, Rietl'el, Pierre Duval. — 3* (2* partie. Labo¬
ratoire des travaux pratiques d'anatomie pathologique) : MM. Gan¬
tier, Landouzy, Legry. — 3” (2* partie. Oral. Salle Réclard) : MM.
Rrissaud, Roger, Balihazard. — 5” (2” partie, 1" série, Hôtel-Dien):
MM. Dejerine, Teissier, Claude. — 5" (2’ partie, 2' série, Hôtel-Dieu):
M.M. Gaucher, Lahhé (Marcel), Macaigne.
Mardi, 20 mars. — Dissection (Ecole iiratiipie) : MM. De Laper-
sonne, Ricffel, Morestin. — .3' (2' partie. Laboratoire des travaux
pratiques d'anatomie pathologique) ; M.M. Cornil, Guiard, Mailhard.
— 4' (Salle Brouss .is) : MM Chanlemesse, 'N'aquez, Dupré. — 5'
(Chirurgie, P* partie. Charité) : MM. Guyon, Pozzi, Auvray. — 5'
(2' partie, 1" série. Charité) : MM. Dieulafoy. Renon, Jeanselme.—
5* (2” pa''!'**. série. Charité): MM.Joffro.v, .Méry, Gonget.
Mercredi, 21 mars. — Dissection (Ecole pratique) : MM. Poirier,
Cunéo, Proust. — 3" (2* partie. Laboratoire des travaux pratiipics
d'anatomie pathologique) : MM, Blancliard, Desgrez, Legry. — i
(Salle tlorvisarl) : MM. Gantier. Roger, Branca.
Vendredi, 23 mars. — Dissection (Ecole pratiipie) : MM. Poirier.
Gosset, Cunéo. — 3' (2' partie. Laboratoire des travaux pratiques
d'anatomie patliologique) : MM. Gautier, Teissier, Macaigne. — ^
(2" série. Oral, Sa'le Pasteur :.MM. Brissaud, Legry, Claude. — t*
Salle Thouret) ; MM. Pouchet. Richaud, Balihazard. — ô- (Chirur¬
gie. p’partie, P" série,Necker) : MM. Kiriuisson, Delens. Legiieu.
— 5' (ciiirurgie, P” partie, 2" série, Necker) : MM. Segond, Mauclai-
re, Proust.
Samedi, 24 mars. — Dissection (Ecole pratique) : MM. Le Denln,
Thiéry, Morestin . — 3' (2* partie, Laboratoire des travaux jiratiques
d’anaforaie pathologique) : MM. Cornil. Bezançon, Maillard. — ?
.Salle Béclard) : MM. Launois, Langlois, Rroca (André). — 5''Gli5-
létrique, P* ])arlie. Clinique Tarnier) : MM. M.aygrier, Bounair^l
Brindeau.
FORMULES
XVII. — Contre l'eczéma.
Lilharge .
'Vinaigre .
Huile d’olive . , . /
Axonge . 7 . )
Ichlhyol .
Derinatol . / ,. ..
Oxyde de zinc . '
Vaseline . i .. .,
Lanoline . )
10 gr.
1 gr.
(Unna). I
PHARMACOLOGIE
« L'activité de deux substances combinées est supérieurB^
la somme de la puissance de chacune d elles. >- C'est ce 9* ■
xplique et aflîrme l’activité de la Acrvocithine Tissot, -
pho-ai'seniée organique et hématique, véritable reconstitua
du plasma cellulaire, terrain primordial et essentiel de 1 oi?
nisme ; les praticiens l’emploient soit en ampoules pour
jections, soit en dragées ou sirop au moment des repas.
L v GUÉRISON DU CANCER. — On s’intéresserait à Berlin !
travaux d'un médecin allemand, le D"" Mayer, qui croit avoirj
couvert un moyen de guérir le cancer. Le docteur Mayer
UC 80 % de sesexpjrienccssur de.5 animaux ont réussi. (Stau®®'
LE FROGHÈS MÉDICAL
NOUVELLES
Natalité dk Paris. — Du dimancüe 1 1 février 1906 au samedi
17 février 19C6. les naissances ont été au nombre de 1.027, se dé¬
composant ainsi : légitimes 767, illégitimes 260.
Mortalité a Paris. — Population d'après le recensement de
1901 : 2.660.559 habitants. Les décès ont été au nombre de 970,
savoir : 475 hommes et 495 femmes. Les décès sont dus aux
causes suivantes ; Fièvre lypnoide ityptius abdomm.) : 7. —
Typûus exanthématique : 0. — Fievre intermittente et cachexie
palustre : 0. - Variole : 0. — Rougeoie : 20. Scarlatine ; 2.
— Coqueluche; 5. — Dipiiterie et Group : 0. — Grippe : 6.
— Choléra asiatique : 0. — Choiera nostras : 0. — Autres
maladies épidémiques : 2. — Tuberculose des poumons : 201. —
Tuberculose des méningés : 19. — Autres tuberculoses : 14. —
Cancer et autres tumeurs malignes : 64. — Méningite simple ; 18.
— Congestion hémorrhagique et ramollissement du cerveau : 56.
— Maladies organiques du cœur : 72. — Bronchite aiguë : 13.
— Bronchite chronique : 26. — Pneumonie ; 31. — Autres affec¬
tions de l’appareil respiratoire : 133. — Affections de l’estomac
icancerexc.,) : 4. — Diarrnée et entérite deO à 1 ah : sein : 5 ; au¬
tre alimentation : 13. — Diarrhée et entérite de 1 à2 ans : 0. — Her¬
mès. obstruction intestinale : 4. — Cirrhose du foie : 14. — Néphrite
et mai de Brigüt : 34. Tumeurs non cancéreuses et autres ma¬
ladies des organes génitaux (femmes) : 4. — Septicémie puerpérale
(Hèvre, péritonite, phlébite puerpérale) : 3. — Autres accidents
puerpéraux de la grossesse et de l’accouonemenl ; 1. — Débilité
congénitale et vices de conformation : 21. — Débilité senile ; 44.
— Morts violentes : 16.— Suicides : 11. — Autres maladies : 99.
— Maladies inconnues ou mal définies ; 19.
Mort-nés et morts avant leur inscription : 67, qui se décom¬
posent ainsi : légitimes 48, illégitimes 19.
Légion d’honneur. — Sont nommés chevaliers :M.le D'’ Gras¬
set, adjoint au maire de Riom, médecin de l’hôpital de la même
ÿle ; M. leD'" Brumpt, préparateur à la Faculté de médecine de
Paris (explorations au Congo et dans l’Afrique centrale) ; M . le
D^Turquet, collabo rateur de la mission Charcot.
Décorations académiques. — MM. les D'» Dietrick et Via-
lettes sont nommés officiers d’Académie. \
Muséum d’histoire naturelle. — Cours d’anatomie compa-
réf. — M. Edmond Perrier, professeur, membre de l’Institut,
eommencera ce cours le mardi 20 mars 1906, à une heure et demie,
dans l’Amphithéâtre des Nouvelles Galeries, rue de Buffon, n® 2,
et le continuera les jeudis, mardis,et samedis .suivants, à la même
heure. Le professeur traitera des appareils de nutrition et du dé¬
veloppement embryogénique des vertébrés terrestres (batraciens,
oiseaux, mammifères).
M. le docteur H. -P. Gervais, assistant, dirigera, avec le con-
^nrs de M. Neuville et de M. le docteur Anthony, prépara-
6hrs, des travaux pratiques d’anatomie (technique des dissections
et des injections ; étude comparée des différents organes, etc.), qui
aurontlieu tous les jours, de deux heures à cinq heures. Le labo¬
ratoire des recherches histologiques dirigé parM. le docteur Au¬
guste Pettit, est ouvert tous les jours, de deux heures à quatre
heures. Le laboratoire maritime du muséum, à Saint-Vaast-la-
Hougue, est ouvert du mois d'avril au mois de novembre. S’ins¬
crire d’avance, l'après-midi, au laboratoire d’anatomie comparée,
rue de Buffon, n® 55.
Coursde physiologie générale. — M. Nestor Gréhant, mem¬
bre de l'Académie de médecine, professeur, commencera le cours
le lundi 19 mars 1906, à quatre heures, dans son Laboratoire,
situé quai Saint-Bernard, et le continuera les mercredis, vendredis
et lundis suivants, à la même heure. Le Professeur fera l’étude de
l’acide carbonique au point de vue physiologique et toxicologique.
Il s’occupera ensuite de recherches nouvelles sur l’air confiné. La
seconde partie du cours sera consacrée à l’étude des anesthésiques
et des alcaloïdes de l’opium. Expériences et projections.
Avis. — Un groupe de médecins prient les confrères qui se¬
raient assnrés à, Mutuelle de Bordeaux (anciennement l’Union
française) ou qui seraient en relations avec cette Compagnie, de
bien vouloir envoyer leur nom au secrétaire du groupe, le docteur
Millée, 8, rue de Milan.
Tentative de meurtre contre M.le D'’Qoeyr.at. — Le jeudi
8 mars, au matin, à l’heure de sa visite, M. le Dr Queyrat,en ren¬
trant à l’hôpital Ricord, a essuyé six coups de revolver qui, heu¬
reusement ne l’ont pas atteint. L’auteur de cet attentat est un
nommé Joseph Bourdin, âgé de 29 ans, soigné par M. Queyrat
dans son service. Il n’est pas douteux que ce malheureux ne
jouit pas de la plénitude de ses facultés intellectuelles, car M . le
D' Queyrat, fort aimé de ses' malades et très estimé de ses con¬
frères, n'a pu en rien provoquer un acte de vengeance de la part de
Bourdin.
Cimetières espagnols. — Le rempx publie la nouvelle sui-
Emu par les récits macabres des journaux sur l’état lamentable
d'un cimetière des faubourgs de Madrid, la Patriarcal, le gouver¬
neur de la capitale espagnole, M. Ruiz Yvinenez, a visité ce ci¬
metière. De nombreux vols de cadavres s’étant produits ces temps
derniers dans le cimetière en question, beaucoup de tombes se
trouvent ouvertes ; dans les unes, les cadavres apparaissent à l'air
libre ; dans d’autres, les cercueils manquent. De plus, il s’y est
établi une véritable colonie de lapins dont les habitants se comp¬
tent par centaines. Cet état de choses dure, parait-il, depuis assez
longtemps pour qu’un écrivain madrilène, Pio Baroja, s’en ait fait
le sujet d’une de ces nouvelles les plus récentes, intitulée « la
Basca » (la Recherche) .
Nécrologie. — Nous avons le regret d’annoncer la mort de M.
le D'E. Spire, médecin-major en retraite, qui, pour échapper aux
atroces douleurs que lui causait une maladie incurable doit il souf¬
frait depuis longtemps, s’est tué au cours d’une crise, en se tirant
deux balles de revolver dans la tête.
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IségèrQ â X^HistQaaQ^
DERHiJelaSODRCS:
P!ftH AN
aoUflILLIONS
de Bouteilles
Déol^rla aUntérét Bu-bÜo
176
LE PROGRÈS MÉDICAL
Nous avons encore le regret d’apprendre le décès de M. le
D'' A. Rknk, agrégé de la Faculté de Nancy; de M. le D'' C.
Vernet, médecin en chef de l’Asile de Maréville.
Enseignement médical libre
Le conseil de l’Université de Paris vient d’autoriser l'ouverture
d’un cours libre de « psychopathologie du tube digestif qui sera
inauguré, après Pâques, à la Faculté de médecine, par M. le doc¬
teur Paul Farkz.
CHEMINS DE FER DE L'OUEST
LES AFFICHES EN CART '•POS'ALES
La compagnie des chemins de fer de l’ouest met en vente, aujtrix
de 0 fr. 40, dans les bibliothèques des gares de son réseau, un
carnet sous couverture artistique de 8 cartes postales illustrées
reproduisant en couleurs, les plus jolies affiches établies pour son
service entre Rom et Londres, par Rouen, Dieppe et Newhaven et
contenant en outre la relation de ce voyage avec 8 vues en simili¬
gravure des principaux points situés sur lè parcours.
Ce carnet de cartes postales est adressé franco à domicile.
contre l’envoi de Ofr. 40 en timbres-poste au service de la publi-
cité de la compagnie, 20, rue de Rome, à Paris. '
CHEMIN DE PER D’ORLÉANS
Billets d'aller et retour de famille pour les stations thermales
et hivernales des Pyrénées et du Golfe de Gascogne (Area-
ohon. Biarritz, Dax, Pau. Snlies-de-Béarn, etc. (Tarif spé-
cial F. V. n’ 106 (Orléans).
Des billets de famille de 1", 2* et3‘ classes, comportant une
réduction de 20 à 40 0 0, suivant le nombre des personnes, sont
délivrés toute l’année, à toutes les gares du réseau d'Orléaas,
pour les stations termales et hivernales du Midi, sous condition
d’effectuer un parcours minimum de 300 kilomètres (aller çt
retour compris) et notamment pour ; Arcachon, Biarritz;. Dm,
Guéthary (nA\X.e),Hendaye, Pau, Saint-Jean-de-Ln^, Salies-de-Béan,
etc. I
Durée de validité: 33 jours non compris les jours de départ elj
d’arrivée. • ;
PU MME. BhONCHM E. CA IAhKHE.> — L kmuisior.
Mat chats est la meilleure préparation creosotee. Elledi-
toux, la fièvre et 1 expectoration. De 3 a 6 c
'.afé par jour aans lait, bouillon ou tisane.
'D' Ferrand. — Trait, de med.
I LOTION LOUIS DEQUEâNT
Contre le SEBÜMBACIX-LB
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En vente che^ les pharmacien, seulement.
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12 boulevard Bonne Nouvelle. ^ARI^
Le Sebumbaoille. microbe de la calvitie vulgaire, a
découvert par M. Louis DEQUtANT. pharmacien. 38, i
de Clignancourt, Paris. Mémoires déposés à l’Académie d«
Médecine, 23 mars 1897, 8 mai 18981. L'extrait de ces Memoira
est adressé gracieusement a tous les médecins qui lui
feront la demande. Renseignements gratuits et prix de favev
pour tous les memores du corps médical.
Le Rédacieur-Gerant : Bqurwbvillx.
; Daiî pbèbes et Thihon, Clebmopt (Oise). I
SIROP
VERNEUIL
ENFANTS
Cette alcooiature, faite avec la fleur fi
du Colchique, est exempte des principes
drastiques contenus dans le bulbe ou
les semences, qui forment, généra-^^^?^^
lement, la base de toutes
préparations analogues.^xi^î^^^^^l ^
DOSE ; 6 Capiules^ÿj:^^ % ^
par jour en azt
d'accée. ni
SEUL VERITABLE
LEXTRAITde IVIALT FRANÇAIS DÉ JARDIN 11
Bière de Santé Diastasée , Phosphatéef CéTéalopbospbatesjCietit «dmiie d»*» im Hôpitm de Piri«). pbix: iefl.i'25. -
«™e,™«utCLYCÉROPHOSPHATÉI’s.xrrlïî.-SSS.œfi:S—
NOUVEAU BOUCHAGE HERMETIQUE SPÉCIAL 'ît RIGOUREUSEMENT ASEPTIQUE
35* ANNÉE. 3* SERIE. T. XXII. N" 12.
BUREAUX ; RUE DES CARMES, 14
24 MARS 1906
Le Progrès Médical
SOMMAIRE : Pathologie expérimentale : Recherches sur
la tuberculose expérimentale, par Laffont. — Chirurgie biolo¬
gique : De la stérilisation du matériel instrumental, par Lon¬
guet. — Bulletin : Enquête sanitaire en Bretagne, par Fillas-
sier. — Sociétés Savantes: Académie .des Sciences : Les effets
de l’ingestion de la tuberculine, par Calmette et Breton (c. r.
de Phisalix.) — Société de biologie : Analyse de l’air des raines,
par Gréhant ; Mucus des entérites, par Roux et Riva ; Biliru¬
bine du sérum sanguin, par Gilbert et Hersoher ; Dosage de
l’acide urique, par Rouchèse (c. r. de Mme Edwards-Pilliet.) —
Académie de Médecine : La mortalité tuberculeuse, par Chauf¬
fard ; Méningites et surdi-mutité, par Marchand et Castex ; Modi¬
fications chimiques du lait de femme sous l’influence de l’extrait
de graines du cotonnier, par Gilbert ; Les amyotrophies articu¬
laires. par Rochard ; Les maladies contagieuses dans les sta¬
tions balnéaires, par De Ranse (c. r. de A.-F. Plicque.) —
Société de chirurgie : Sur un symptôme rare de compression
tioraco-abdominale, le masque ecchymotique, par Villemin :
Anévrysme artérioso-veineux des vaisseaux sous-claviers .'guéri
spontanément huit mois après son apparition ; Torsion de l’épi¬
ploon dans on cas herniaire ; Périsigmoïdite d origine ovarien"
ne ; Technique de l'hvstérectomie alidominale totale, par Cha-
put (c. r. de Catz.) ~ Société Médicale des Hôpitaux : Rupture
de l’aorte par endocardite ulcéro-végétante, par Bergé ; Colo¬
nies familiales de vieillards, par Marie ; Œdème aigu de la
langue, par Gaillard ; Cancer de l’ampoule de Vater, par Carnot
et Xavier (c. r. de Friedel.) — Société d'obstétrique de Paris :
Présentation d’un enfant ayant une paralysie faciale spontanée,
par Bonnaire ; Lésion traumatique chez un enfant après accou¬
chement dans un bassin rachitique, par Brindeau et Guéniot ;
Présentation d'un enfant ayant un crâne asymétrique, par Brin¬
deau : De la cystoscopie chez la femme enceinte, par Bar et
Luys, etc., (c. r. de Jeannin.) — Société de Pédiatrie : (c. r. de
Ch. Pntit-'Vendol.) — Société d'hyprwlogie et de psychologie.
— Revue DE chirurgie. — Bibliographie. — 'Thérapeuti-
QUE : Traitement de la grippe et de ses manifestations bron¬
cho-pulmonaires par l'héléninc. — 'Varia. — Les congrès. — ■
Formules. — Actes et thèses de la faculté de médecine
DE Paris. — Nouvelles. — Enseignement médical libre. —
Bulletin bibliographique.
PATHOLOGIE EXPÉRIMENTALE
Recherches sur la tuberculose expérimentale ;
Par le D' Marc LAFFONT.
Au dernier Congrès International de la tuberculose
plusieurs communications sur les essais de vaccination
ou mieux d’immunité provoquée contre le virus tuber¬
culeux ont été faites. Ües travaux, émanés de savants
consciencieux et d’une autorité universellement recon¬
nue, devant laquelle je suis le premier à m'incliner, ne
m'ont cependant pas convaincu, j'ai la hardiesse de le
dire.
C’est que, en effet, nous devons nous demander si
la tuberculose n’est pas, comme l’érysipèle, la grippe,
une de ces maladies dont une première atteinte prédis¬
pose à des atteintes futures, donne à l’organisme de
I anaphylaxie pour cette maladie.
Pour ma part, j’en ai la conviction, et il n’est peut-
être pas un médecin-praticien qui n’ait observé des
malades guéris de premiers accidents tuberculeux,
florissants de santé pendant un laps de temps plus ou
®oins long, et qui cependant n'ont pas bénéficié
dune immunité conférée par une première atteinte,
^usi que cela se passe pour la variole par exemple.
I ous avons tous observé de ces malades revenus à
^ santé, puis, sous un coup de fouet donné par une
Maladie fortuite, repris tout à coup d’accidents tuber-
"^uleux dont les manifestations sont de plus en plus
graves.
Pans ces conditions, que vient-ôn parler de vaccin ?
on abandonne plutôt l’apophtegme de Pasteur émis
® sujet du charbon : « Prévenir, nonguérir »; dites
est “ guérir, non prévenir car prévenir
ressort de l’hygiène seule, et si l’Etat favorise,
P l’hygiène de salubrité, d’asepsie, il vitduman-
Ji ® d hygiène alimentaire, de l’alcoolisme, osons le
^ 0, et « ig peuple en meurt » comme l'a si bien dit
^‘‘offlberg. .le dis donc : abandonnons toute idée
(jgi^^join, et dirigeons nos recherches sur la guérison
Pm® -“herculose. Etablissons tout d'abord ce qu’il faut
j„j^ndre par preuve de guérison de ce terrible Iléau.
me la guérison ne peut se faire chez l’hom-
' guérii '>. la tuberculose, indiscutablement, celui
qui, après avoir inoculé le virus complexe retiré des
humeurs ou sécrétions virulentes, ou organes virulents
de l’homme infecté, à des animaux mourant fatale¬
ment d’une telle inoculation, guérira couramment
ceux des animaux qui seront soignés par sa méthode,
alors que les animaux témoins seront morts. La preuve
de la guérison sera faite par l’examen nécropsique
des animaux soignés et l'inoculation infrnctneuse à de
nouveaux animaux, des émulsions d’organes des ani¬
maux soignés et sacrifiés. Je fais une distinction pro¬
fonde, en particulier pour la tuberculose, entre les ino¬
culations de cultures pures et les inoculations d’émul¬
sions d'organes contaminés. Les premières provoquent
des maladies évoluant pour ainsi dire mathématique¬
ment, franchement, et l’on conçoit la possibilité d'en-
rayerla marche d’un ennemi lorsqu’on la connaît d'a¬
vance. Au contraire, l’inoculation de virus complexes,
associés, a une marche sournoise qui déroute souvent
nos pronostics. C’est ainsi que, dans mes premières re¬
cherches, de 1897 au mois d’août 1901, toutes mes ino¬
culations ont été faites avec des cultures pures, et de¬
puis cette époque avec des émulsions d’organes conta¬
minés. Je ne parle pas de la période de 1897 à 1900
où mes essais portèrent sur les extraits de microbes, les
tuberculines, etc. ; ces essais ne m’ayant donné aucun
résultat précis, je m’abstins de toute publication.
Dès 1900, je cherchai à augmenter les moyens de
défense naturelle de l’organisme contre le virus tuber¬
culeux. Je composai un sérum artificiel invigorateur
leucocytaire où entrent : cacodylate, méthylophosphi-
nate, corps aromatiques et corps gras sulfurés. Des in¬
jections quotidiennes de 0 cc. 25 dece sérum hyperto¬
nique me donnèrent constamment une survie des ani-^
maux soignés variant du 1/3 au double et davantage sur
les animaux témoins inoculés en môme temps et delà
môme façon. Néanmoins ces animaux soignés mou¬
raient toujours tuberculeux.
Au moisde juillet 1904, commence la 3' phase de
mes recherches : je voulus ajouter à mon sérum hy¬
pertonique des auliloxines spécifiques. Mon raisonne¬
ment fut le suivant : Dans toute invasion microbien¬
ne, l’organisme entre en lutle avec l’intrus au moyen
des phagocytes qui, en cherchant à le dévorer, fabri¬
quent pourrendre la tâche plus facile des antitoxines,
cytoses, fixateurs, etc. Je considérai l’animal infecté
178
LE PROGRÈS MÉDICAL
comme un bouillon de culture dans lequel se trouve¬
raient non seulement les toxines microbiennes, comme
dans les bouillons de culture de laboratoire, mais en¬
core les produits leucocytaires antitoxiques qui ne peu¬
vent se rencontrer que dans un milieu qui a été le théâ¬
tre d’une lutte. Les animaux traités par mon sérum
hypertonique, ayant une survie, considérable, devaient
contenir plus d’antitoxines ; dans cette idée, à la mort
des animaux témoins, je sacrifiai les animaux soignés,
encore bien portants, quoique présentant à l’autopsie
des signes manifestes d’infection, .l’utilisai tous leurs
tissus, hormis la peau, le tube digestif, la vessie, la vé¬
sicule biliaire et leur contenu ; le tout fut broyé, pulpé
et mis en vase clos au bain-marie <à la température de
100\ J avais observé en effet que, même à cette tempé¬
rature, les tuberculines classiques étaient encore toxi¬
ques. Le produit de ce traitement fut nommé tubercu¬
line n" 1.
De plus, j’avais observé que la l’ésistance à l’infec¬
tion, d'animaux de même espèce, est variable ; j’avais
vu certains témoins inoculés avec la même émulsion,
au même endroit, survivre au 120° jour, alors que leurs
co-témoins étaient morts en 35 jours. Je me posai à
moi-même l’objection que j’avais pu soigner des ani¬
maux qui auraient peut-être survécu longtemps d’eux-
mêmes. Désormais, j’attendis dans mes lots d’animaux
l'infection manifeste (adénopathie, perte de poids). Je
choisis comme témoins les animaux les plus résistants
et soignai les plus infectés, avec 1 cc. de mélange en par¬
ties égales de mon sérum hypertonique et de tubercu¬
line n° 1. Cette méthode m'a permis de conserver vivant
à ce jour encore, un animal (cobaye) inoculé le 2 dé¬
cembre 1904. 11 ne présente que la même adénopathie
qu’il présentait au 21 décembre, premier jour du trai¬
tement. Son témoin beaucoup moins infecté que lui au
21 décembre, est mort dans le courant de janvier 1905.
J’ai utilisé les animaux soignés des lots parallèles.
r J’ai constaté qu’ils étaient porteurs d’adénomes
scléreux inguinaux et axillaires du côté inoculé, adé¬
nomes également scléreux de la cavité abdominale et
quelquefois du médiastin. Quelques-uns portaient en
outre de rares tubercules miliaires fibreux aux pou¬
mons et à la rate. Je rappelle que tous ces animaux
n'avaient commencé à être soignés qu'après infection
confirmée. 2° En inoculant à des animaux neufs l'é¬
mulsion de ces organes scléreux, j 'ai obtenu des tuber¬
culoses très lentes, évoluant en 5 et (î mois. Mais chose
à noter, lorsque j’enlève à ces nouveaux animaux les
ganglions hypertrophiés, qu'avec leur émulsion j’inocu¬
le une série nouvelle d’animaux neufs, la tuberculose
aiguë se régénère. Ces animaux de 3” série meurent
entre 5 et 7 semaines, avant les fournisseurs de virus
qui survivent longtemps après eux. Ces expériences
nous expliquent les particularités de certaines tuber¬
culoses familiales dans lesquelles des parents atteints
de tuberculose lente, venant àconlaminer leurs enfants,
ces derniers meurent de tuberculose aiguë, tandis que
les parents continuent à traîner leur tuberculose. 3“
La haute température employée pour la production
de ma tuberculine n” 1 avait dù détruire tout ou partie
des éléments anti- toxiques produits dans la lutte, car
nous savons que les anti-toxines sont détruites à une
température bien inférieure à 100“, supérieure toutefois
à celle nécessaire pour la destruction des toxines. J'ai
donc fabriqué avec la pulpe des organes des animaux
soignés, sacrifiés en bonne santé, après la mort des té¬
moins, une tuberculine n° 2 no différant de la première
que par la température de production qui ne dépasse
pas 05".
Les expériences, en cours dans mon laboratoire, que
je poursuis activement avec mon élève et ami le D'
André Lombard, ne sont pas encore assez avancées
pour que je puisse affirmer aujourd'hui la guérison in¬
tégrale de la tuberculose expérimentale, et j’aurais
encore gardé le silence, sans le Congrès de la tubercu¬
lose.
Mais un point se dégage nettement déjà. Cette tuber¬
culine n’est pas nuisible ; expérimentalement elle s’est
déjà montrée plus active que la tuberculine n" 1, même
et surtout pour des malades. Aussi, j'ose dire, j’affirme
que les tissus réduits en pulpe des animaux tubercu¬
leux, soumis assez longtemps à une température infé¬
rieure à 70", non seulement ne sont pas nuisibles,mais
bien au contraire doivent être considérés comme un
remède anti-tuberculeux.
Tel est le principe de ma méthode que je me propose
de généraliser pour toutes les maladies microbiennes
et en particulier pour la morve et les autres maladies
épizootiques.
Chaque jour nous annonce de nouveaux remèdes
antituberculeux, chacun de nous, pour ainsi dire, croit
avoir guéri, par une méthode, un médicament spé¬
cial, des tuberculeux. 11 cite des exemples, montre
des malades, et annonce en toute bonne foi qu'il a
enfin trouvé le remède infaillible, oubliant que les au¬
topsies nous prouvent que souvent l'tiomme lui-mêjne.
à son insu, peut guérir sa tuberculose. 11 en a été de
même pour la diphtérie, et cependant seul, jusqu'ici,
le sérum anti-diphtéritique est venu révolutionner
la thérapeutique et abaisser dans des proportions
énormes la mortalité par la diphtérie. .Ai-je trouvé l’an-
ti-toxine tuberculeuse ? Le remède spécifique ? Je le
révois à bref délai, et j’espère qu’au congrès deLis-
onne je pourrai dire bientôt que je guéris la tuber¬
culose expérimentale, seule preuve indiscutable d’une
médication spécifique anti-tuberculeuse.
CHIRURGIE BIOLOGIQUE
(Cours. IV”' leçon.)
De la stérilisation du matériel instrumental ;
Par ip P' L. LONGUET (de Rouen}.
I III - STÉRILISATION SPORICIOE.
V Longuet 1900).
A. Méthode de la vapeur anhydre A 185-190°
pression de 1 à 2 A thm. (Longuet). — C’est précisénie®
à propos de l’instrumentation que j’ai réalisé
premières stérilisations sporicides. Vous savez
pour atteindre ce but, il m'a fallu associer trois
teurs : 1 " la chaleur à haute température (185-l9t*';'
premier agent physique sporicide d’importance capi'
taie ; 2" la payeur anhydre, agent chimique
ment sporicide par déshydratation : 3' la pression^
cette vapeur à 1-2 Athm., agent mécanique de rép*^
tition du calorique, assurant un échauffement non
surface, mais de pénétration. .
En matière de stérilisation d’instruments, la
anhydre s'impose ; puisque la vapeur hydrique oxv
fatalement les métaux dès qu’elle se refroidit. D®.
la rouille, l’altération rapide du matériel, .\ussi '*
cord fut-il unanime parmi les chirurgiens pour rej®‘
LE PROGRÈS MÉDICAL
179
la méthode do vapeur d’eau « fluente » ou '< sta-
«rnante '> proposée à une certaine époque. En 1888,
Panas concluait de ses essais, ceci : « les instruments
sont tellement détériorés par la vapeur d'eau qu’ils
deviennent rapidement inserviables » (11.
Ma technique diffère par quelques détails seulement
de celle décrite à propos des objets de pansements et
du matériel de suture-ligature. Dans les (' boites à
recouvrement » préalablement garnies quant au fond,
d'une compresse de gaze, disposez vos instruments,
branches et morsouverts. Maintenez chaque couvercle
en (' diastasis » à l'aide de 4 bouchons-taquets obtu¬
rant 4 trous bi-équatoriaux de chaque cellule recou •
verte. La pile ainsi constituée est placée dans un
panier métallique grillagé doublé d’une grande gaze
compresse enveloppante ; et le tout est déposé dans le
stérilisateur « ad hoc » sans prendre contact avec la
nappe liquide anhydre.
Duand le stérilisateur est bien fermé, chauffez-le
progressivement jusqu’à 114" marqués au thermo¬
mètre plongeur, sous échappement, alin d’évacuer de
l’appareil l’air puis les premières vapeurs toluéniques
que le tuyau de purge conduit dans un petit récipient
d'eau. Vous reconnaissez que tout l'air est chassé
lorsque le toluène commence, après barbottement, à
former une nappe à la surface de l’eau. Alors vous
fermez le robinet d’évacuation, mais incomplètement ;
en sorte que la pression gagne mais ne dépasse pas
l-2Athm. : l’excès de vapeur continuant à fuir par le
tuyau 011 elle se condense et d’où vous la recueillez à
l’état liquide en un récipient clos substitué au récipient
d’eau. C’est en somme une véritable « distillation»
sous pression.
Grâce à cette oblitération incomplète, il est facile de
régler par le jeu du robinet la pression au degré désiré
soit 1-2 Athm. D’autre part vous maintenez la tempé¬
rature à 180-190" en modérant le débit de la source
chauffante, dès que le degré calorique recherché est
atteint. Tels sont les moyens d’obtenir une dissociation
de la température et de la pression, tout en fixant
1 une et l’autre au point désiré .
Après 40 minutes de température maxima, fermez ;
1” la chaulferie, 2 puis le robinet évacuateur ; mais ce
dernier seulement lorsque l’aiguille manoméirique
est revenue à 0". Ainsi vous évitez la rentrée d'air ou
de liquide que le vide aspire vers l’intérieur du stérili¬
sateur ; 3" ouvrez l’appareil lorsqu’il est complètement
refroidi. Les gouttelettes de condensation suivent les
parois périphériques refroidies les premières pour s’ac¬
cumuler au fond, sans inonder le matériel. Si vous
ouvrez trop tôt, quand tout est chaud, l’arrivée de
*air froid précipite en masse la buée qui se dépose en
oappe liquide sur les instruments. A’ous les trouvez
toî"' rigoureusement secs, mais baignés de
Le stérilisateur ouvert, soulevez le panier grillagé,
a mesure qu’une boîte arrive en vue, enlevez immé-
latenacnt ses taquets. De la sorte, toutes les cellules
^couvrantes tombent à fond sur leur cellule recou-
erle, avant pénétration d’air contaminé dans leur in-
rieur. En vue d’un transport à longue distance, les
ç 1®®. superposées dans l’appareil sont, au sortir de
oi-ci^ serrées les unes contre les autres par la com-
1 csse enveloppante stérile qui, développée, formera
PPo stérile sur la table dite « aux instruments ».
Enfin, j’estime qu’au-dessus de tous les récipients il
est bon, lors de leur ouverture, et pendant la durée
de l’opération, de tendre horizontalement une com¬
presse stérile, sorte de tente protectrice contre la chute
des microbes de l’air. Dans mon projet de salle d’opé¬
ration, sporicidable en mémo temps que son contenu,
les instruments peuvent rester à l’air libre, sans com¬
presse protectrice ni inclusion en boîte.
A l’appui de la méthode appliquée aux instruments,
je puis fournir des observations cliniques de chirurgie
humaine ou comparée . Mais il est clifficile dans les
interventions heureuses de dissocier la part réciproque
qui revient à la bonne stéiilisation dos instruments,
des mains, des téguments de l’opéré . Aussi les preu¬
ves expérimentales sont-elles, à ce point de vue, plus
immédiatement démonstratives.
1 " Une petite sonde cannelée fut imprégnée et frottée
avec un voile de siobtilvs : puis séchée, stérilisée en
vapeur anhydre à 185-190", lavée dans 3 bouillons
pour chasser toute substance « empêchante, » enfin
ensemencée sans résultatdans un bouillon terminal mis
à l’étuve pendant 15 jours.
2" Une petite aiguille de Reverdin, privée de tige
mobile, afin d’expérimenter surtout sur la rainure de
glissement, fut trompée 24 heures dans une culture
sur bouillon de bacterium anthracis, puis séchée, sté¬
rilisée, lavée « ut supra » enfin ensemencée sans résul¬
tat dans un bouillon terminal mis à l’étuve pendant
15 jours.
3“ Une épingle de sûreté servit pour des recherches
analogues avec le bacille du tètanoH comme agent de
contamination. Résultat négatif avec cet anaérobie.
La stérilisation fut de 3/4 d’heure dans chacune de
ces expériences.
Indépendamment de la sécurité, j’ajoute que l’im¬
prégnation des instruments par la vapeur anhydre a
l’avantage d’éloigner les mucidées, cause de souillure
non évitée dans certaines autres méthodes, où les ins¬
truments sont simplement déposés àseedans les pla¬
teaux. Enfin le matériel n’est pas altéré, pas oxy'dé,
les pointes et tranchants pas émoussés, les manches
pas recouverts d’enduit humide ou visqueux, quand la
vapeur a été maintenue constamment en état de satura¬
tion .
Messieurs, do cette leçon consacrée à lastérilisation
des instruments, vous reliendrez ceci :
îi 1. L’insirumcntation 'gagnera à être réduite comme
nombre, transformée comme métal, unifiée comme
surface, appropriée par nettoyage anhydre.
S IL La (jermicidation des instruments n’offre
u'une sécurité très relative: quil s’agisse delamétho-
e antiseptique, de celle du flambage, de celle de l’air
surchauffé, ou de celle de l’ébullition. La destruction
des germes est partielle ou totale, mais jamais mathé¬
matique, jamais absolue puisque les spores persistent.
Toutes ces pratiques ont le double inconvénient d’al¬
térer le matériel par oxydations réitérées, et d’expo¬
ser à une contamination secondaire lors du transbor¬
dement individuel des instruments en récipients.
ü 111. La sporicidatitm confère une sécurité maxima
constante et mathématique, sans altération du maté¬
riel, cl sans cause de contamination secondaire. Elle
marque une étape bien nette svir la roule de la ■< slè-
rilisat ion absolue ». Celte fois encore, j’arrive à l’u-
nilicalion de méthode et de technique. Nous verrons
(juelles conséquences générales découlent de celle
simjdilicalion pour toute la biochirm'gic.
180
LE PROGRÈS MÉDICAL
NARCYL GRÉMY médicament spécifi¬
que de la toux, spécialement de la toux des tu¬
berculeux.
BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL
Enquête sanitaire en Bretagne.
Inapplication de la loi du 15 lévrier 1002 sur la
protection de la sauté publique dans les Côtes-du-
Nord.
I. — L'administration préfectorale. — L’admi¬
nistration préfectorale des Côtes-du-Nord a tenu la
main à l’application des dispositions de la loi du 15
février 1902, relative à la protection de la santé publi¬
que. C’est ainsi que les municipalités ont été invitées
par ses soins à présenter des projets de règlements sani¬
taires, ainsi que l’ordonnait d’ailleurs l'article 1' “ de la
loi de 1902. Sur390 communes, 334 sont entrées dans
cette voie, et sont actuellement pourvues de ce règle¬
ment. Les maladies à déclaration obligatoire sont régu¬
lièrement déclarées, sauf de rares exceptions. Les muni¬
cipalités sont incitées à prescrire l’exécution de toutes
les mesures ordonnées, soit par le médecin traitant,
soit par le médecin des épidémies.
Le service des épidémies est assuré dans chaque ar¬
rondissement par un médecin spécialement désigné à
cet effet.
Le service de la vaccination et de la revaccination
fonctionne dans le département des Cotes-du-Nord, de¬
puis le 1" janvier 1904. Il donne de bons résultats :
depuis cette époque 04.490 vaccinations ont été faites.
Les dépenses du service se sont élevées à 23.224 fr. 70.
Le Conseil départemental d’hygiène a été réorganisé
depuis la promulgation de la loi : il compte 22 mem¬
bres, dont 15 membres avec voix délibérative.
De plus, le département a été divisé en 15 circons¬
criptions sanitaires ainsi réparties ;
.Arrondissement de Saint-Brieuc . 4
Arrondissement de Dinan . 3
Arrondissement de Guingamp . 3
Arrondissement de Lannion . 2
-Arrondissement de Loudéac . 3
Ces commissions comptent 7 membres.
IL— L’.vdministration municipale de Saint-Brieuc.
— La ville de Saint-Brieuc compte 2.000 maisons envi¬
ron ; la banlieue 703 : ce qui donne pour la commune
même 2.703 maisons habitées par 22.198 habitants dont
1.200 hommes de troupes ; parmi ces 22.198 habitants,
18.492 forment la population agglomérée, 3. 700 environ,
la population éparse. L'état sanitaire de la ville a été
assez bien décrit dans une étude du D' R. Guibert pu¬
bliée à Paris en 1901. Il y note que depuis 1895 la ville
possède un service municipal d’eau, et un réseau
d'égouts. Depuis cette époque, des branchements
d'égouts sont construits chaque année sur les crédits
ordinaires ; un emprunt de (iOO.OOO fr. va être réalisé
pour permettre de terminer le réseau et les branche¬
ments. Les matières liquides et les eaux ménagères
sont seules déversées à l’égout ; les matières solides
sont recueillies dans des fosses étanches et cimentées.
La municipalité s’est efforcée de se conformer aux
dispositions les plus pressantes de la loi de 1902. Uq
projet de règlement sanitaire qui suit assez fidèlement
le modèle du Comité consultatif d’hygiène publique
de France a été approuvé par le maire le 18 décembit
1903.
Le service de la vaccination fonctionne assez régu--
fièrement ; il y a un médecin vaccinateur par canton,
La municipalité fournit au préfet la liste des enfants
nouveau-nés ; la deuxième liste comprend les enfants
des écoles publiques ou privées ; la troisième com¬
prend les hommes appelés sous les drapeaux.
Le service de la désinfection possède un appareil
qui emploie l’aldéhyde formique ; toutefois la munici¬
palité admet la désinfection faite par tout autre appa- ,
reil sauf vérification ; cette circonstance ne se produil|
d’ailleurs qu’assez rarement. Dès qu'une désinfection t
a été opérée, avis en est donné au préfet. La literie est '
envoyée à l’hôpital qui possède une étuve.
Le matériel comprend encore deux voitures, une
pour les objets contaminés, l’autre pour les objets
désinfectés. La municipalité n’attend pas toujours d’ê¬
tre requise par un médecin ; c’est ainsi que le service 1
de l’assistance médicale gratuite prend l’initiative de
cette mesure. La taxe de désinfection est fixée à 15 fr.
mais la municipalité se montre assez libérale pour le
recouvrement. De toutes les maladies contagieuses, la
plus fréquente, àbeaucoup près, serait la fièvre t.yphoH
de; la part de la tuberculose ne peut être appréciée
utilement, les renseignements étant assez incomplets.
Il convient de signaler ici avec quelle énergie la
municipalité assure la prophylaxie des maladies conta¬
gieuses.
Le Bureau d’hygiène de Saint-Brieuc ayant appris
que deux enfants d’un sieux X... étaient morts à la
suite de la rougeole, des démarches furent faites
auprès du père de famille pour que ses trois antres
enfants déjà atteints fussent transportés à l’hospice de
Saint-Brieuc. Il s’y refusa. La municipalité s’efforça de
le convaincre et lui offrit môme d’autoriser la mère à
venir soigner ses enfants. Il persista dans sa décision.
Dans ces conditions, le Maire prit un arrêté qui or¬
donna le transfert des enfants X... à l'hospice.
Bien que nous Layons publié déjà dans la
Municipale du 16 septembre dernier^ nous croyons
devoir en donner ici le texte à raison de l’intérêt qn®
cette question présente ;
'I Le Maire de Saint-Brieuc,
« Vu les lois des 15 février 1902 et 7 avril 1903 rel«'
tives à la protection de la santé publique ;
« Vu le règlement sanitaire municipal de Ta ville
Saint-Brieuc (art. 55 et 56) ;
<< Vu la loi du 5 avril 1884 relative à l’organisali®* .
municipale (art. 97) ;
« Considérant que deux cas de rougeole suivis =
mort ont été constatés au domicile du sieur X. - '
habitant rue . ,n'’...;
<( Considérant que malgré une première désinfectio*
à
LE PROGRÈS MÉDICAL
181
du local contaminé, la maladie continue à y régner et
au’actuellement les trois autres enfants sont atteints de
rougeole ; qu’il convient, dans ces conditions, de pren¬
dre les mesures prophylactiques les plus énergiques
pour éviter la propagation du mal et décider, notam¬
ment, l’isolement des malades.
« Arrêtons :
„ Article premier. — Les enfants X..., atteints de
rougeole, maladie transmissible, seront transportés
immédiatement à l’hospice général de Saint-Brieuc,
pour y être mis en traitement dans le local dit « des
Isolés > .
(c Le véhicule servant au transport des malades sera
désinfecté à son retour.
I, 2. — ■ M. le commissaire de police est chargé
de l’exécution du présent arrêté qui servira de titre
d’admission à l’hospice. »
On sait les travaux de M. Paul Juillerat sur les mai¬
sons tuberculeuses de Paris ; on nous a assuré que cer¬
taines maisons de Saint-Brieuc pourraient porter le
même qualificatif de « maisons maudites». Déplus, on
nous a assuré que certaines maisons sont plus particu¬
lièrement atteintes par la fièvre typhoïde, sans qu’on
puisse incriminer leur alimentation en eau. Nous
donnons cette indication sous réserves, le temps nous
ayant manqué pour procéder à une véiification.
Saint-Brieuc ne possède pas encore, mais possé¬
dera bientôt un casier sanitaire ; des tableaux sont
dressés à présent où figurent les maisons où l’autorité
communale doit le plus souvent intervenir.
En résumé, on peut dire que si bien des efforts sont
encore à réaliser, la plus louable énergie a été déployée
pour donner satisfaction à la loi de T902.
L’initiative privée ne restait pas d’ailleurs inactive et
plusieurs « Gouttes de lait «se sont formées qui ont nota¬
blement amendé les tableaux de mortalité infantile.
A , Fillassier.
tablettes de STYPTICINE MERCK, à 0,05 ;
à à 6 par jour comme sédatif : DYSWÉNORRHÉE,
ou hémostatique : HÉMORRHAGIES de toutes sortes, HÉmOPTYSIES
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MÉDITERRANÉE
Relations de Paris avec la Côte d’Azur.
quotidien entre Paris, Nice et Menton composé de
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poo t: y heures. Paris Nice en n heures. Gorrespon-
Ifw Puuc Londres.]
matin départ : 9 h. 20 soir :
& Nie®, arrivée : 2 h. 12 soir ;
Soir . ■ ®I®uton, départ : 1 h. 40
_J^arseille départ ; 8 h. soir ;
— . Nice, départ : 2 h. 50
Pans arrivée ; 8 li. 30 matin.
H**'/ sérum antisyphilitique. — M. Champagne, prépa-
qaelq„g5 hactériologie à la Faculté de Bordeaux, a inoculé il y a
ses rgç, à des singes le microbe de la syphilis. Continuant
r ®®rait arrivé à isoler et cultiver le microbe de
atténué injecté à des singes, ces derniers
'^ïement j® syphilis plus bénigne qui guérit facilement par les
Drnn. * Le sérum de ces animaux serait alors doué
L'n immunisantes.
sÉrum, pour dix kilogrammes d’ètrevivant, suffi-
traiter un malade.
SOCIÉTÉS SAVANT’ES
ACADÉMIE DES SCIENCES
Séance du lô mars 190G.
Les effets de rinr/estionde la tuberculine.
MM. Calmette et Breton lisent une note sur les effets de
la tuberculine absorbée par le tube digestif. La tuberculine
ingérée produit les mêmes effets qu’inoculée sous la peau
chez les animaux tuberculeux, et elle peut être ainsi toxique
pour les animaux sains, surtout lorsqu’ils sont en bas âge.
En en faisant ingérer une petite quantité aux sujets suspects,
on peut obtenir la réaclion fébrile habituelle. Cette méthode
permettra facilement d’établir le diagnoslic des tuberculoses
douteuses.
SOCIETE DE BIOLOCIE
Séance du 11 mars.
Analyse de F air des mines.
M. N. Gréhant a fait des recherches analytiques sur le gri¬
sou et donne les résultats obtenus par les analyse.s du mé¬
lange de formène et d’air dans le grisoumètre à eau, le grisou
contenant 9 O/Oü de formène. Or I /50 de formène donne une
réduction de 22 divisions ; 1/100 de 11 divisions, I 500 de 2.4
divisions et 1/1000 de l.l division. Des analyses répétées de
l’air des mines permettraient donc de prévoir l'augmenta¬
tion de formène et de lutter efficacement contre le grisou, ce
grand ennemi de l’humanité.
Mucus des entérites.
MM. J. Roux et Riva. — Le mucus trouvé dans les fèces au
cours de l’entérite ne vient pas uniquement du gros intestin,
comme l’affirment les auteurs allemands. Au moyen d’une
fistule du jéjunum, les auteurs ont pu constater que le mu¬
cus formé à ce niveau passait dans les fèces et ne se différen¬
ciait pas du mucus du gros intestin, d’ailleurs le mucus se
digère difficilement et passe presque intact dans fappareil-
digestif.
Bilirubine du sérum sanguin.
MM. Gilbert et Herscher ont pratiqué le dosage cholémi-
métrique dans 23 cas d’asystolie d’origine variable et ont trouvé
comme proportion moyenne 0 gr. 24 pour l’ensemble de la
masse sanguine. La cholémie varie d’intensité suivant la cause
de Tasystolie. Elle est plus intense dans la congestion du foie
liée aux lésions valvulaires, elle est plus faible en cas d’em¬
physème pulmonaire, et plus marquée lorsque la myocardite
scléreuse est causale, sans doute à cause de la néphrite inter¬
stitielle amenant l’augmentation des pigments biliaires du
sérum. La cholémie s’accuse dans la cachexie cardiaque et
atteint 1/300Ü, dans les 3 cas observés.
Ces divers degrés de cholémie rendent compte des aspects
divers d’ictère constatés dans Tasystolie. Le plus souvent, la
résorption biliaire reste modérée, les pigments biliaires sont
transformés par le rein totalement en urobiline ; l’ictère est
achlorurique et prend l’apparence hémaphéique du fait de la
rareté de l’urine. Dans quelques cas, la cholémie est accusée,
une partie de la biliburine passe telle quelle dans Turine;
l’utérus est biliphéique.
Dosage de l'acide iingnc.
M. Rouchèse indique la technique à suivre pour appliquer
à Turine son procédé de dosage de l'acide urique.
L’acide urique est préalablement isolé sous forme d’urate
d'ammoniaque en additionnant 100 cent, cubes d’urine de
15 cc. d’amufoniaque et de 15 grammes de chlorhydrate
d'ammoniaque et laissé en contact une demi-heure. On le
dose ensuite à l’aide d'une solution titrée d’iode en se met¬
tant dans les conditions qu’il a indiquées. E. l>.
182
LE PROGRÈS MEDICAL
AGVDÉMIL DE MÉDECINE '
Séance du 20 mars.
La Mortalité tuberculeuse.
M. Chaufhkii résume avec une grande clarté, d’un côté
les avantages scientifiques de la déclaration obligatoire, de
l’autre ses difficultés pratiques Lne formule atténuée n’exi¬
geant la déclaration et la désinfection qu’après tout décès
supprimerait les principales objections.
L’idée de M. N ali.in de se limiter aux cas dangereux pour
l’entourage est intéressante mais peu pratique, car on tombe
dans l'arbitraire le plus absolu.
La loi sanitaire actuelle a grand besoin d'ètre réformée et
perfectionnée. Elle s’attaque à des maladies relativement
rares et néglige.complètement les plus grands tléaux moder¬
nes : tuberculose, alcoolisme, maladies vénériennes.
M. Lanckrtîaux insiste sur le rôle prépondérant du teri’ain
dans la tuberculose. Quant à la contagion, quelques mesures
de propreté suffisent pour en mettre à l’abri. La déclaration
obligatoire lui semble par suite bien excessi\e. Ce qui est
nécessaire c’eSt surtout :
1“ En distribuant partout de l’air et de la lumière ; en ins¬
truisant les populations de la nécessité de la propreté et d’une
hygiène convenable.
2" En prenant les mesures propres à diminuer, et mieux
encore, autant que faire se peut, à supprimer l’alcoolisme.
Ce sont là, les mesures prophylactiques les plus propres à
triompher de cette aflection. i
Les moyens curatifs ne. doixent pas non plus être négligés,
et celui que nous plaçons en première ligne est la création
de sanatoriums, non pas anx environs de Paris ou sur les
bords de la mer, mais dans des lieux élevés et abrités, en
Savoie ou en Suisse, à une altitude de 1400 à 1800 mètres,
au milieu du froid, ce grand stimulant de la nutrition, et
des neiges qui, rétléchissant les rayons du soleil, placent le
malheureux tuberculeux dans un bain d’air et de lumière à
peu près constant,
M. Landouzy apporte un argument des plus sérieux sur le
nMe de la contagion en donnant le résultat d’une enquête
qu’il vient d’achexer sur un groupe de 257 ouvriers d’une
industrie à poussière (menuisiers, emballeurs et parqueteursi, j
Cette enquête comprend cinq années d’observations à la cli- !
nique de l'hôpital Laënnec ; elle a montré que chez ces ouvriers
exposés aux poussières de bois contaminé, la morbidité par
tuberculose atteignait 30 0 0 environ et la mortalité 70/0. Ces
chilfres sont relativement élevés, mais ils restent bien en-
dessous de ceux fournis par l’industrie du blanchissage, où
la morbidité atteint 50 0 0 et où la tuberculose tue 75 0 0 des
malades atteints. Les poussières bacillifères du linge sale
resten t donc de beaucoup l'agent de contamination le plus
actif de la tuberculose professionnelle. A ce sujet. M. Lan- I
rlouzy fait remarquer que les résultats de son enquête lui '
permettent de dire à quelle âge une blanchisseuse devient î
tuberculeuse. II faut quinze ans de métier pour qu’une
robuste fille, qui a débuté vers 17 ou 19 ans, soit terrassée ’
par le mal ; vers 32 à 34 ans, elle est finie ! Pour les hommes,
qui n’ont pas les mêmes causes d’affaiblissement physiolo- ï
gique, la résistance est plus prolongée et dure environ ('quand j
toutefois l’alcoolisme intensif n’intervient pas) de quinze à !
vingt ans. !
.Ucningites et surdi-mutilé.
MM. Marchand et Castex étudient trois cas de surdi-mutité, !
dus à des lésions de méningites anciennes.
D’après Elechsig, le nerf auditif est le dernier à se myéli- |
niser. Il y a peut-être là une raison anatomique pour que les i
méningites déterminent souvent la lésion des centres trophi-
(lues périphériques des nerfs auditifs.
Conclusions : 1° Ces trois cas de surdi-mutité étaient mani-
iestenient dus à des méningites anciennes ayant entraîné l’a¬
trophie des neurones auditifs. ‘
2“ Le grand nombre des surdités congénitales donne à pen- i
ser qu’il existe des réactions inflammatoires méningées de la |
vie intra-utérine, dues sans doute à la présence de toxines î
dans le sang de la mère.
3“ L’importance de la méningite dans l’étiologie de la surdi-
mutité est confirmée par l’anatomie pathologique comnn^
par la clinif|ue. '
Modifications chimir/ucs du lait de femme sous l’injluence dt
r extrait de (irai,.es du cotonnier.
M. Gh-bert présente un travail de M. Rarlerin montrant
l'augmentation notable et rapide des éléments nutritifs du
lait (beurre et caséine) sous l’influence de cet extrait. Cràcef
cette augmentation, l’allaitement naturel deviendra souvent
possible, car ce moyen peut rendre le lait de la mèrenon
seulement meilleur, mais plus abondant.
Les amyotrophies articulaires.
M. Rochard montre l’importance et lafréciuence des atro-
ph'es musculaires consécutives aux arthrites. Il insiste, pour
prévenir une infirmité souvent grave, sur la nécessité d'un
traitement précoce et suffisamment prolongé.
Les maladies contagieuses dans les stations balnéaires.
NI. DE Hanse montre les dangers spéciaux créés par l’encon^
brement au moment de la saison, dans beaucoup de stations
thermales etbalnéaires. Il montre les difficultés réelles pour la
prophylaxie. Celles-ci ne pourraient être surmontées qu'en
donnant aux médecins et aux maires des pouvoirs plus éteiK
dus. A.-F. Pi.icQUE.
SOCIÉTÉ DE CIIIRLHGIE
Séance du 7 mars 1006.
Sur un symptôme rare de compression thoraco-abdominale ;
le masque ecchymotique .
M. VicLEMiN analyse une observation adressée à la Société'
par M. Morestin. 11 s’agit d’un enfant de quinze ans dont le
thorax fnt comprimé par une charrette.
Après une courte syncope, l’enfant revint à lui en ayant
tmite la face ecchymosée, violette, bien (jue le traumatisme
ne portât nullement sur le visage.
Au bout de quehjues jours, la teinte violette disparut et
comme il n’y avait, aucune autre lésion, l’enfant guérit com¬
plètement.
Cette ecchymose faciale survenant à la suite d’un trauma¬
tisme lointain est utile à connaître : elle éloignera l’idée d’un
traumatisme direct à laquelle' on est tenté de penser en fa(»
d'une violente ecchymose faciale. La pathogénie de ce symp¬
tôme est discutée. M. \ illemin adopte Fopinion de Millnef
qui met l’ecchymose faciale sur le compte de l’effort considé-;
râble (jue font les blessés afin d’éviter la violente pressiez
qu’ils subissent. L’elfort augmente la pression intra-veineu»
à tel point que les tuni([ues vasculaires cèdent, d’où ecchy¬
mose.
.inéorysme artérioso-veineux des vaisseaux sous-claviers gviO
spontanément huit mois après son apparition.
Le cas a été communûyué à la Société par M. Pi.uvETTE.df
Marseille.
Torsion de Tépiplpon dans un cas herniaire.
Cette complication rare des épiplocèles a été observée p*’’
ScHMiD, de ÎNice ; l’observation est rapportée par M. (inNAR'’-
MM Tuffier, Broca, Mauci. aire, ont observé des casanal‘’'|
gués.
Périsigmoïdite d'origine ovarienne.
Observation de M. Michaux.
Technique de T hystérectomie abdominale, totale.
M. Chaput a employé, dans 49 cas, une technique spécial®'
ligature des ligaments larges en étages à l’aide de la l’ince-^l
cart spéciale de l’auteur : surget au catgut sur la
vaginale postérieure; drainage du bassin parle vagin;
Ionisation par suture du lambeau vésico-utérin à l’a®-
sigmo’îde.
Catz.
m
LA VALEROBROMINE LEGRAg
est plus active que les bromures et les
rianates.
LE PROGRÈS MÉDICAL
183
SOCIÉTÉ MÉDIC ALE DES HOPITAL \
Séance du 16 mars.
Rupture de l'aorte par endocardite ulcéro-végélante.
M. Bercé présente le cœur et Taorte dMn homme de 24
ans, mort subitement d’une rupture de l’aorte intrapéricar-
dique due à une endocardite ulcéreuse intéressant l’orifice
aortique. La perforation s’est faite en arrière de la valvule
sigmoïde gauche et s’ouvre dans le sinus de Yalsalya. Le
péricarde contenait 1,250 gr. de sang. Cette complication de
l’endocardite est extrêmement rare.
Colonies familiales de vieillards.
M. A. MARjEexposele fonctionnement de la colonie familiale
fies vieillards et infirmes de la Seine à Lurcy (.Allier). Cent
vingt malades ont pu être assistés dans cette colonie au prix
de 1 fr. 35 par jour et par tête.
M. SiREDEY recommande ces institutions pour faciliter le
désencombrement des hôpitaux parisiens.
M. Dufour voudrait ne pas voir placés ainsi les malades
qui ont besoin de soins médicaux et M. Bergé fait la même
distinction entre chroniques infirmes et chroniques ma¬
lades, lesquels derniers doivent être soignés dans un hôpital.
MM. Carnot et Ménétrier désirent également qu’on fasse
cette sélection.
Œdème aigu de la îhngue.
M. Galliarb rapporte deux cas d’œdème aigu de la langue,
oedème qu’il qualifie d’idiopathique, parce qu’il ne dépend
ni d’une inflammation, ni d’une intoxication, ni d’autre
cause locale connue. Ce sont soit des œdèmes névropa¬
thiques, soit des œdèmes inflammatoires arrêtés avant la
suppuration.
Le premier malade, bacillaire au 2' degré, présente une
tuméfaction considérable de la langue et du plancher buccal,
■ accompagnée de troubles fonctionnels prononcés et de tem¬
pérature Une saignée locale par scarification profonde de la
face inférieure de la langue arrêta l’évolution de 1 nMème
et le malade guérit en cinq jours. Le deuxième malade guérit
également en 4 jours par le même traitement.
-M. Balzer a observé un cas semblable chez tm syphilitique
«n traitement sans trace de stomatite. Mais ce malade fit une
pneumonie avec albuminurie.
M. Danlos a vu apparaître ces œdèmes à la suite du trai¬
tement ioduré.
M. Bernard a vu éclater un œdème lingual unilatéral à la
suite d'un refroidissement. La guérison fut obtenue parles
diurétiques et les compresses chaudes. .
Cancer de l'ampoule de Vaicr.
Mm. Carnot et Xavier rapportent l’observation d’un can-
■cer de l’ampoule de 4 ater intéressant par certains détails
cliniques et anatomo-pathologiques. Début par douleurs
■épigastriques et ictère continu et progressif par rétention.
exploration fonctionnelle de la sécrétion du pancréas dé-
^ntra Tabse nce du suc pancréatique dans le duodénum, et
^ retentions biliaires et pancréatiques permirent de loca-
^®jJ,obstacle au niveau de la portion terminale des canaux
nn |- et de Wirsung. La vésicule fournit à la ponction
liquide de rétention, dû probablement à la compression
n cystique par des ganglions.
, ^'itopsie vérifia le diagnostic. L’ampoule de 4 ater était
“inineuse et de son orifice sortait une touffe dq villosités,
lob de 4Virsung était oblitéré par un néoplasme déve-
jjVPc dans sa paroi inférieure, le cholédoque était compri¬
mer histologique montra qu’il s'agissait d’un can-
manal a ^ ayant son origine dans les cellules épithéliales du
®ent 1 ® '''^icsung. et dans la profondeur le néoplasme pré-
^ le type de Tadéno-carcinome.
— . _ Friedel,
I- Etat civil. — M. le D'' Xli’ell, médecin de l’As-
oiedeci ,ieale du XVI' arrondissement, vient d’être nommé
de U i” Y\ ^'Etat civil du môme arrondissement en remplacement
• • le ly Barbe.
SOCIÉTÉ D OBSTÉTRIQUE DE P ARIS
Séance du Ib mars
Présentation d'un enfant ayant une paralysie faciale spontanée.
M. Bonnaire. — L’enfant, né spontanément, présente une
paralysie faciale persistant encore au l'2' jour, le crâne est lé¬
gèrement asymétrique. L’auteur estime qu’il y a eu, du fait
d’une inclinaison forte de la tête (le bassin de la mère étant .
légèrement vicié), compression du facial par l’épaule, au ni¬
veau de sa sortie du trou stylo-mastoi'dien.
41. Bar rappelle qu’il y a eu d’autres cas de paralysie spon¬
tanée chez le nouvcau-né. Il aurait tendance à croire, en
pareil cas, à une compression de la région faciale jiar le pro¬
montoire.
Lésion traumatique chez un enfant après accouchement dans un
bassin rachitique.
4141. Brindeau et Gukniot. — Des pressions avaient détei-
terminé des escharres ; de plus, il y avait à la naissance un
peu de paralysie faciale, bien qu’on n’ait fait aucune inter¬
vention.
Présentation d'un enfant ayant un crâne asymétrique.
M. Brindeau. - L’accouchement avait étéspontané ; le fron¬
tal gauche très aplati semble atrophié.
De la cystoscopie chez la femme enceinte.
4141. Bar et Luvs. — Cette cystoscopie est très aisée. Elle
servira à déterminer les déformations de la vessie au ternie
de la grossesse ; celle-ci, ijuand elle est vide. apparaît comme
une sorte de bonnet de coton coifïant le segment inférieur,
et ayant 3 prolongements, 1 supérieur et r2 latéraux. Ces po¬
ches latérales se vident avec grande difficulté. Le trigone
vésical se trouve plié transversalement rendant un peu spé¬
ciale la recherche des orifices urétéraux. Cette disposition de
la vessie explique la production et la ténacité des infections
vésicales.
Des lésions du foie en cas d'hémorragie rétro-placentaire.
4IM. Bar et De Kervilly. — On trouŸe des lésions hépati-
(pies rappelant exactement celles de l’éclampsie. Dans ces
c onditions, l’hémorragie rétro-placentaire deviendrait un d^s
i ncidents de l’éclampsisme,- au même titre que les hématu¬
ries du foie et les hémorragies méningées.
41. Brindeau a vu, dans ces cas, des lésions histologiques du
placenta semblables à celles du placenta éclamptique.
Fausses urines sanglantes ; fausse cystite membraneuse au courj.
d'une pyélite suppurée chez une femme enceinte. Rôle de l'arn-
moniurie dans la production de ce phénomène.
4IM. Bar et Daunay. — Au momentdel’émissionlesurincs
sont rosées avec un dépôt de pus; puis, au bout de quelque
temps, Turine se reposant en vase prend une teinte pourpre, et
ledépôtprend un aspect rappelant le fromage. Cette couleur
pourpre est dueàla murescinese développant sous l’influence
de la fermentation ammoniacale. Cette fermentation ammo¬
niacale a dû commencer dans les voies urinaires. En aug¬
mentant artificiellement l’ammoniurie par adjonction d’am¬
moniaque, on fait apparaître le phénomène immédiatement.
En donnant à la femme de l'acide phosphorique et en lavant
la vessia, on supprime la coloration rosée de l’urine lors de
son élimination. L’examen cystoscopique de la vessie montra
l’existence de ‘2 poches latérales contenant du pus accolé à la
muqueuse vésicale, et simulant de fausses membranes. Il y a
probablement d’autres cas où des urines sanglantes ne l’é¬
taient pas réellement.
Présentation d'un bassin sacro-coxalgique.
.MM. Brindeau et L’Hirondel. — A la suite d’une craniocla-
siejtrès pénible, la femme mourut emportée par une périto¬
nite. Le bassin a la déformation oblique ovalaire typique.
Un cas de déformations congénitales multiples.
M. 4Iaycrier. — La vessieest extrêmement développée ; l’anus
est imperforé. et le rectum vient se terminer par un cul-tle
sac dans la vessie. Le rein droit, petit, atrophié, ne iioss(’'de
pas d uretère.
184
LE PROGRÈS MÉDICAL
M. Bar insiste sur l oligo-amnios que l'on observe en pareil
cas. Ce fait prouve une fois de plus que la grande source du
liquide amniotique est la sécrétion rénale du fœtus.
Bons rmilto.ls du traitement mercuriel dans certains cas de
selérème.
M. Kaüffmasn. — L'apparition du selérème marchant bien
avec la nutrition défectueuse liée à la syphilis, le traitement
■ mercuriel doit, en pareil cas, donner de bons résultats: de
fait, c’est ce que prouve la clinique. Cyrille Jeannin.
SOCIKTÉ DE PKDKÏBIE
Séance du 20 mars l'MO. — Présidence de M. Comby.
Arthropathies suppvrécs dans la maladie de Parrot.
M. Marfan. — L’enfant dont il s’agit dans cette observation
est maintenant âgée de 9 mois ; elle est née à terme, d’une
femme de 27 ans, fille-mère abandonnée, qui ne peut donner
de renseignements sur la santé du père de la petite malade.
Six semaines après pa naissance, malgré les bons soins de sa
mère et nourrice, l’enfant commença à manifester une sensi¬
bilité très grande se traduisant par des cris au moindre
mouvement imprimé, et à présenter des signes croissants de
jiaralysie des quatre membres. L’inertie des membres était
complète quand la petite malade fut amenée à l’hôpital, peu
de temps après le début de ces accidents. Les deux membres
inférieurs étaient en flexion, avec gonflement considérable
des genoux, surtout du droit, et ces deux articulations pré¬
sentaient une fluctuation nette qui indiquait l’existence d’un
épanchement. Le coude droit était sensiblement gonflé, les
deux bras, inertes comme tes jambes, offraient tous les carac¬
tères de la pseudo-paralysie de Parrot. D’ailleurs, pas de
lésions viscérales. L'état général de l’enfant était tel que
M. Marfan, et M. Broca, à qui il la fit voir quelques jours
après son entrée, désespéraient fous deux de la guérison.
L’enfant fut soumise au traitement spécifique par les frictions
mercurielles à la dose de 2 grammes par jour, et, sous l'in¬
fluence de ce traitement, on eut la satisfaction, d’abord ines¬
pérée, devoir l'entant guérir complètement. On a fait plu¬
sieurs ponctions du genou droit, lesquelles ont donné du
pus qui ne contenait ni spirochètes, ni aucune autre espèce
de microbes.
L’enfant, que M. .Marfan fait voir à la Société, est maintenant
un beau bébé qui a récupéré toutes les apparences de la santé
la plus satisfaisante. Les suppurations observées dans les
arthropathies syphilitiques de ce genre ont été rapportées,
par la plupart des auteurs, à une infection surajoutée à l’in¬
fection syphilitique ; l’observation actuelle montre que le
syphilome articulaire peut aboutir à lui tout seul à suppura¬
tion, sans intervention d’un autre microbe.
M. Comby a vu récemment,à sa consultation.un enfant qui,
en même temps que tous les signes de la maladie de Parrot,
présentait une grosse tuméfaction fluctuante de l’épaule.
Malgré tous les autres signes, il se préoccupa tout spéciale¬
ment de cet épanchement articulaire, au point iiu’il crut bon
de demander à ce sujet l’avis de son collègue, ôl. Aug. Broca.
Celui-ci n’hésita pas à rattacher la lésion scapulaire à la même
cause que les autres symptômes, c’est-à-dire à la maladie de
Parrot, et le traitement spécifique par les frictions, institué
aussitôt par ÔI. Comby, procura une guérison rapide, àf. Comby
insiste, à ce propos, sur l’efficacité constante des frictions
dans les cas de ce genre, et leur donne, à tous les points de
vue, la préférence sur tous les autres traitements.
Cicatrices de la raric'lle.
M. Marfan présente une' fillette chez laquelle on constate
des cicatrices d'un aspect particulier, consécutives à une
varicelle, et bien différentes des cicatrices d'ulcérations et
de grattage. Ces cicatrices se montrent sous trois formes, dont
deux seulement existent sur la -petite malade présentée : les
unes sont des taclies blanches, achromiques, sans dépression
ni saillie, sans aspect chagriné de leur surface ; les autres
s int des taches pêdes comme les précédentes, mais saillantes
et légèrement gaufrées ; la troisième forme ou variété, inter¬
médiaire entre les deux premières et la tache violacée de la
varicelle récente, est constituée par des taches blanches au î
centre, avec une zone de pigmentation périphérique. Ces
taches semblent durer pendant un temps assez long ; cepen- i
dant elles ne sont pas indélébiles, car jamais M. Marfa»
ne les a observées chez des adultes.
M'"® Nageotte-Wilbouchbwitch cite le cas d’une jeune fillp
chez qui elle a observé une varicelle il y a 12 à 15 ans, et
qui aujourd’hui encore porte des taches analogues à celles
que décrit ÔI. Marfan.
Sur une variété d'incontinence d’urine.
M™' A.ageotte-Wii.boucheavitch fait une communication
sur une variété assez commune, d’après elle, d’incontinenci
d’urine chez les enfants, laquelle incontinence d’urine est pro¬
voquée et entretenue par les pratiques maladroitement diri¬
gées que l’on met en œuvre sans prétexte d’habituer les
enfants à être propres debonneheure. On les expose plus ou
moins longtemps le ventre et les membres inférieurs à l’air
pour les provoquer à uriner, recommençant souvent à bref
intervalle en cas d’insuccès ; l’enfant, sous l’influence du
froid auquel il a été exposé, urine bientôt après dans ses
vêtements, nouvelle cause de refroidissement ultérieur, et
ainsi de suite, de telle sorte qu’une espèce spéciale d’inconti-,
nence s’établit ainsi, laquelle a ceci de particulier, qu’elle cesse
la nuit quand l’enfant n’a pas à subir les refroidissements
qui provoquent ses mictions diurnes. Le traitement comporte
une réglementation bien ordonnée de tentatives faites pour
accoutumer l'enfant à uriner à intervalles réguliers quand
on le place sur le vase, et à lui changer son linge aussi sou¬
vent que besoin en est pour parer à l’inconvénient des refroi¬
dissements par les langes baignés d'urine: c’est, en somme,
une rééducation à faire, et pour la personne qui soigne l’en¬
fant avec un zèle intempestif et maladroit et pour l'enfant
lui-même, dont il faut reprendre l’éducation fonctionnelle
jusque-là mal dirigée.
Arrêt de développement, microcéphalie.
M. Variot présente un enfant de 8 ans, atteint d’arrêt de
développement général et régulier, avec microcéphalie. Cet
enfant pèse seulement 12 kil. 300, poids inférieur de beaucoup
à la moyenne de son âge ; il n'a que 44 centimètres de périmé
tre thoracique. 11 y a là une hypotrophie générale, ({ue .M-
à ariot a pu suivre depuis la naissance de l’enfant, car celui-ci
a été depuis lors un client de son dispensaire, et il a pu sui¬
vre attentivement et en détail toutes les particularités de son
développement. Eet enfant n’a jamais manqué de rien, a tou¬
jours été très bien alimenté et bien soigné par sa mère, âgée
maintenant de 47 ans, qui est bien portante et n'a aucune
tare. 11 est né débile, est resté débile, au point qu’il ne pesail
que 5 kilogrammes à un an, et il continue, malgré tous les
soins, à rester bien au-dessous des limites du développement
correspondant à son âge. Cet état de choses reconnaît pour
seule cause appréciable l’influence héréditaire d’origine pâ'
ternelle : le père, viveur, alcoolique et tuberculeux, est fflod
à 50 ans ; le grand-père paternel, également alcoolique et vi'
veur. était mort à 42 ans. Des frères et sœurs de l’enfant, an
nombre de 6, 3 sont morts : une fille, coxalgique, à 28 ans, une
autre, atteinte de mal de Pott, à 18 ans, un 3' d’entérite, à 1-
mois ; les deux autres, dont l’aîné a 23 ans, survivent en bû?
état de santé. C’est donc l’hérédité paternelle qui peut et
être mise en cause dans ce cas, pour expliquer l'état de dyS"
trophie du petit malade dont il est ici question.
Résistance (/lobulaire chez l’enfant à l'état norni il
et au cours de la rougeole.
MM. Lesnk et Gaudeau. — Dans la majorité des cas. au débn*
des fièvres éruptives (scarlatine, varicelle, rougeolel, la l'és'^
tance globulaire est augmentée, sauf dans la rubéole où
reste normale. — Dans la rougeole, la résistance globulaire ^
ordinairement redevenue normale à la fin de l’éruptto'’’
I^e maintien de son accroissement doit faire craindre
complication. En effet, dans les rougeoles compliquées da'^j
dents pulmonaires, la résistance globulaire reste augmeo»^
pour les cas suivis de guérison, mais elle retombe au conW' .
à la normale pour les cas à évolution fatale. Les xarialii’®^
V
LE PROGRÈS MÉDICAL
iir.
de la R- G. peuvent donc, dans une certaine mesure, montrer
le degré de résistance de l’organisme et renseigner sur le
pronostic de la rougeole.
M. Güinon présente une enfant de 12 ans, atteinte d'adipose
généralisée, avec liypertrichose el type masculin très accentué.
Cette enfant, qui a maintenant 12 ans, avait toutes les appa¬
rences d’une très gentille fillette jusqu’à l’âge de lO ou 11
ans, mais depuis un an environ, elle a subi un changement
considérable à son désavantage, et offre l'aspect d’un adoles¬
cent masculin, déformé par une obésité précoce, avec une
hypertrichose abondante ; en même temps, son intelligence
a sensiblement diminué. Elle n’est pas réglée. Les seins sont
bien saillants, sans exagération de volume. Le clitoris est très
développé, on constate une forme un peu anormale des gran-
deslèvres et l’existence d’un petit orifice vulvaire avec hymen;
on ne perçoit rien dans l’épaisseur des grandes lèvres. 11 ne
semble pas que ce cas puisse être considéré comme imputa¬
ble au myxœdème : la question d'hermaphrodisme est égale¬
ment soulevée, mais non tranchée, jusqu'à plus ample exa¬
men. àl. Guinon a eu déjà cette enfant dans son service il y
a 2 ans, pour une diphtérie grave, pour laquelle elle fut trai¬
tée par des injections de sérum et le tubage ; les parents n’ont
pas manqué de rendre la sérothérapie responsable des trou¬
bles trophiciues ultérieurement survenus. La nature exacte de
ces troubles n’est pas encore nettement établie, néanmoins
àl. Guinon a cru devoir commencer un traitement thyro'idien.
Ch. -H. I’etit-Vendoi..
SOCIÉTÉ D'HVPNOLOGIE ET DE PSYCHOLOGIE
Séances du mardi 16 janvier et duQO février 1906.
Ppésidence ub M. .Iri.ES Voisin.
Crises de sommeil hystérique.
M. Barbier. — l’ne femme de 47 ans, cuisinière, est trouvée
endormie sur la voie |)ubli(|ue ; des agents essayent en vain de
la réveiller; elle ne sort de son sommeil qu’au bout de trois jours.
C'est la septième fois en deux ans qu’elle tombe ainsi, subite¬
ment, sans connaissance dans ta rue. Chaque crise survient pen¬
dant la période cataméniale ; la première a eu pour cause, une
grande frayeur. Pendant ces crises, la menstruationn’est nulte-
rnent troublée ; les fonctions de nutrition sont notablement i-a-
lenties, l'alimentation nulle pendant ])lusieurs jours, les mictions
très rares. Les sensibilités spéciales ont conservé toute leur inté¬
grité ; par contre, l'anesthésie cutanée est presque complète, à
part deux zones d'hyperesthésie (oculaire et ovarienne). Le blé-
pharospasme constitue le seul phénomène nettement hystérique ;
tous les muscles, sauf ceux des paupières, sont en résolution
romplète. Ces crises de sommeil ne dui-ent que quebiues jours ;
elles représentent l'équivalent d'une altaqne d’hystérie clonique
et rentrent dans la variété apoplectiipie.
-M. Paul Farez.— L’anesthésie généralisée, l'immobilité abso¬
lue, les contractures musculaires, la suspension de l'alimentation
et des excrétions sont des caractères ipie l'on attribue aux cas
types de sommeil hystérique. Leur coexistence, loin d'être géné¬
rale, est plutôt rare. En clinique courante, on constate tantôt la
présence, tantôt l’absence de quebpies-uns de ces grands signes
Massiques. Chaque cas comporte ses variations individuelles.
-Ainsi, chez Gésine, l'ouïe est totalement suspendue, la vue et le
art sont obtus, le goi'it est normal et l'odorat considérablement
^PperesUiésié. yuant au réveil, il peut avoir lieu, non pas brus-
‘lUernent, mais par une i-estauration progressive des diverses
^nsibilités inhibées, comme chez .Xrgentina. Parfois aussi l'on
pendant les sommeils, une indigence à peu près com-
P rte de signes somatiques ; ainsi Argentina était dans un état
de résolution musculaire aussi bien que Gésine ;
ç, . ‘‘^rS’ de loin en loin, .\rgentina présentait seulement une
fest '®‘’*'“re passagère de la langue. De même, loin de ne mani-
11101^*-^*' ***' i^atisfaire aucun besoin, Gésine s’agite et, par des
Iteso''*^!*^*"!'*^ appropriés, manifeste sa faim, sa soif, ainsi que ses
*'*‘‘r rt 'la déféquer ; elle manifeste aussi parfois son
«tdé.u *•**'*'"'*’”* ■ fiiiand on lui donne à manger, elle mastique
'''‘J'dje même les aliments qui lui déplaisent. De
' 'lUi' toute autre manifestation de la grande névrose, le
sommeil liystérique ne saurait comporter une symptomatologie
univoque.
31. .lacques Bertillon. — On peut se demander dans quelle,
mesure des actions suggestives sont intervenues dans la création
et l’entretien de ces états pathologiques. Quand on se trouve en
présence d’hystériques très suggestibles, il faut se délier de la
suggestion. La moindre parole inconsidérée leur trace une ligne
de conduite et elles s’y conforment automatiquement.
D'' Bérillon. — L’observation de 31. Bertillon est très juste.
Tous ceux jusqu’à la connaissance de l’influence de la suggestion,
quiont observé des hystériques les ont influencées sans s’en dou¬
ter.
La qualité delà voLv dans la pratique de la suggestion.
31. G.vllia. — La qualité indiquée est le timbre clair, mordant,
incisif, qui, en plus du choc vibratoire produit, grave fortement
le mot de l'idée. .3Iais ce timbre, qui résulte du renforcement des
vibrations laryngées par la résonance thoracique, dépendant de
dispositions physiologiques assez rares, il est possible d'y sup¬
pléer par la diction claire. Gette diction s’obtient spontanément
dans les voix couvertes en atténuant je timbre et en augmentant
l'intensité de l'expiration. On dispose ainsi d’une sorte de voix,
confidentielle très précise par le coloris exact des voyelles el la
vibration forte des consonnes, qui est susceptible de donner au
mot et à l’idée le maximum d'affirmation etd’énergie.
31. Bérillon. — La culture de la voix est une des questions les
plus importantes qui se posent dans la pratique de la psychothé¬
rapie. On ne conçoit pas un bègue, un homme, à la parole hési¬
tante ou embarrassée, faisant de la suggestion. Pour hypnotiser
pour'convaincre, pour suggérer, il faut s’exprimer avec clarté,
avec précision, avec autorité. Qu ehpie peu d'éloquence naturelle
n'est pas inutile; aussi la question de la culture etde l’adaptation
de la parole à la pratique, de la psychothérapie doit rester àl’o r-
dre du jour de, la Société.
Mutisme hystérique guéri en une séance de-suggestion hypnotique.
31. Damogloü (du Gaire ). — 3Ime F., âgée de 29 ans, a de fré¬
quentes crises convulsives, causées pardespleui’s,des discussions,
des émotions quelconques . Déjà, il y a 4 ans, au sortir d'une
crise convulsive, elle perdit complètement l’usage de la parole ;au
bout de 15 jours, grâce à l’hypnotisme, elle put, de nouveau, par¬
ler comme par le passé. 11 y a quelques mois, après une crise
convulsive causée par une discussion, elle est, une fols encore,
incapable d’articuler une parole. Je l’hypnotise. Pendant son som¬
meil, je lui fais prendre un médicament psychique auquel ma
suggestion confère une grande puissance thérapeutique et, au ré¬
veil, cette femme est totalement guérie de son mutisme.
lî.ramens de convulsionnaires au XYIII^ siècle.
31. deGoynard communique el commente les procès-verbaux
médicaux sur lesquels s’appuient l’ordonnance royale de 1732
pour prescrire lafermelure du cimetière de Saint-Médard. Les mé¬
decins et chirurgiens commis par le roi pour examiner les préten¬
dus convulsionnaires concluent unanimement que leurs mouve¬
ments el contoraions n’ont rien de convulsif ni de surnaturel,
mais sont absolument volontaires.
Peut-on provoquer l'accouchement par la suggestion hypnotique 2
31. Bonjour (de Lausanne). — En certain nombre d’observa¬
tions et d’expériences m'ont permis de formuler les deux conclu¬
sions suivantes : 1“ dans le cas où l'on peut mettre la femme en
somnambulisme, elle accouchera le jour suggéré, àla condition
de faire tomber ce jour, au plus tôl, huit jours avant la date
fournie parle calcul et l’examen. Le médecin ne devra pas s’é¬
loigner de l'accouchée avant que la dilatation ail commencé ;
■Ao Si l'on n'a pas eu le temps d’obtenir, ou si l'on ne peut obtenir
une hypnose somnambulique, on pourra cependant, sans être
sûr de provoquer l’accouchement au jour suggéré, faire qu'il
commence jiendant la nuit et que la période de dilatation et d’ex¬
pulsion n'ait lieu que le lendemain, pendant le jour.
liorhorygmes guéris par la suggestion hypnotique.
31. i.e31enant des Ghesnais. — Lne jeune bonne souffrait, de¬
puis plusieura mois, de borborygmes tellement intenses qu’on les
entendait d’une pièce voisine. Ils persistent pendant le sommeil
nocturne. Pendant la journée ils rendent cette jeune fille pres¬
que incapable de faire son service, surtout celui delà table. Ils
ne son! nullement douloureux. A pari une timidité et une émo-
186
LE PROGRÈS MEDICAL
tivité excessives, on ne constate aucun stigmate d'hystérie. Cette
jeune bonne est hypnotisée ; les borborygines continuent, pour
diminuer bientôt sous l’influence de la suggestion verbale et de
la suggestion armée ; au bout de quelques séances, ils ont dis¬
paru pendant la journée, mais pei-sistent lanuit ; linalement,ils
disparaissent tout à fait. Depuis lors, toute émotion violente les
fait réapparaître, mais ils ne durent pas plus que l'émotion elle-
même.
A propos de la définition de la stigçiestion.
M. Louis Favre. — La définition de chose doit être i)rovisoire-
ment laissée de côté ; elle ne peut être donnée que lorsque la
science est assez avancée. C’est la délinilion du mot qui peut ai¬
der au développement de la science. La suggestion pourrait être
définie : l’action de provoquer un état de conscience (sensation,
idée, sentiment, volition), que cet état de conscience soit accom¬
pagné ou non d'un acte extérieur qui lui corresponde. Ce sens
très général est, en quelque sorte, un genre dans lequel il con¬
vient de faire rentrer toutes les formes connues de la suggestion;
celles-ci doivent être considéréescomme des espèces et désignées,
ainsi qu’on le fait en sciences naturelles, par deux mots, par
exemple, suggestion. hypnoti<iue, etc.
M. Bérillon. — Un des mots qui apportent dans nos études le
plus de confusion est celui de suggestion. On l’emploie à tort et à
h-avers. Tantôt il est envisagé comme cause et tantôtcomme effet.
La suggestion est la parole qui soi t de la bouche de l’hypnotiseur
c’est aussi le phénomène qui se réalise dans le cerveau de l’hypno¬
tisé. C’est absolument comme si on se servait du même mot pour
désigner le fusil, le projectile et la blessure qu’ils déterminent.
-\utant le mot hypnotisme caractérise un mot nettement défini,
celui du sommeil provoqué (à des degrés pinson moins profonds,
comme dans le sommeil ordinaire dont la profondeur varie éga-
lementl, autant celui de suggestion est obscur. Il conviendrait de
se montrer un peu plus révolutionnaire et de recourir à des mots
nouveaux, plutôt que de subir, par routine, des mots qui n'ont
aucune signification précise.
La Société décide de réunir bientôt la Commissionde la termi¬
ne repos et le travail intellectuel.
M. Lionel Dauriac. — Quand on cherche une solution, qu’on
s’endort et qu’on la possède au réveil, on a l’habitude de dire
qu’on Ta tnmvée pendant son sommeil. Ce n’est là qu’une expli¬
cation purement verbale. Quand je fais un effort iiour retrouver
un souvenir, il n’aboutit jamais, tant que dure la tension intel¬
lectuelle ; (juand l’effort a cessé, le souvenir ne tarde pas à sur¬
gir spontanément. De même, je serais porté à croire que les suc¬
cès obtenus au réveil résulteraient d’une sorte de déclanchement
automatique, grâce à la détente et au repos qu’apporte le som¬
meil et non en vertu d’un travail intellectuel continué pendant
le sommeil.
REVUE DE CHIRURGIE
I. — Le diagnostic des maiadies chirurgicales du rein ; pur te D'
Haiitmaxx. Compte-rendu de la Soc. int. de Chirurgie, (tongrès
de,Bru.xelles.)
Il faut attacher une grande importance à l’interrogatoire et
à l’anamnèse qui permettent souvent d’arriver à un diagnostic
que l’examen physique ne fait que préciser. Le palper est le
mode d’exploration le plus important ; on peut le faire dans
le déeuhitus dorsal, dans le décubitus latéral, etc. Pour les
petites tumeurs, il faut recourir à la manœuvre dite de
ballottement; Contrairement à ce qu’on croyait autrefois, le
ballottement n’est pas spécialaux tuméfactions du rein. Toute
tumeur, prenant le contact lombaire, peut le donner. L’aüteur
l’a constaté dans des tumeurs du côlon, de la face inférieure
du foie, de la rate, du pancréas. Le ballottement rénal a son
maximum lorsqu’on déprime l’angle costo-vertébral, tandis
que le ballcttement des autres tumeurs se constate surtout
par des pressions exercées dans 1 espace costo-iliaque. Pour
arriver au diagnostic des tumeurs développées dans un rein
ectopié, on a conseillé de faire le cathétérisme de l’uretère,
combinant même ce cathétérisme avec la radiographie fen
mettant un fil de plomb dans la sonde). Depuis longtemps.
M. Hartmann enseigne qu il est beaucoup plus simple de
placer le malade en position élevée du bassin. La tumeur reste
dans le segment sous-ombilical du ventre s’il s’agit d’une
tumeur génitale; elle se place dans Thypochondre s’il s’agit
d’une rate : elle prend le contact lombaire s’il s’agit d’un rein.
Les tumeurs, nées dans la partie supérieure de l’abdomen et
descendues dans le bassin par l’etfet de la pesanteur, retour¬
nent par l’effet de la môme pesanteur à' leur point de départ
lorsqu’on élève le bassin. La percussion permet de constater
la présence de l’intestin au-devant de la tumeur; ses résultats,
quelquefois peu nets, quand le côlon est aplati, deviennent
évidents lorsqu’on insuffle l’intestin. La radiographie, im¬
portante lorsqu’elle donne un résultat positif ( certains calculs),
ne permet aucune conclusion lorsqu’elle est négative. L’au¬
teur n’a pas l’expérience de la cryoscopie sanguine, dont la
valeur est, du reste, contestée. Au contraire, il accorde une
certaine importance à la recherche de la manière dont se fait
l’élimination du bleu de méthylène. Il n’accepte cependant
pas l’opinion de ceux qui pensent qu’en présence d’une lésion
manifeste d’un reinet d’une élimination normale de bleu, on
peut affirmer l’intégrité de l’autre rein. Il a observé des
faits montrant le .danger qu’il y aurait à se fier à une pareille
hypothèse. On a aujourd’hui le devoir de recueillir simulta¬
nément et séparément les produits d’excrétion de chacun des
deux reins. Inutile de recourir au cathétérisme de l’uretère ;
on y arrive très simplement avec le séparateur construit par
M. Gentile pour son assistant, M. Luys. Plus de 3ÜU sépa¬
rations, faites actuellement dansnotre service, montrent que
cette simple séparation intra-vésicale est toujours suffisante.
Il suffit de voiries urines absolument claires d’un côté, san¬
glantes. ou purulentes de l'autre, pour être convaincu de
l’étanchéité de l’instrument. Une heure et demie avant de
faire la séparation, on injecte un centigramme de bleu sous
la peau, puis on examine les urines recueillies à un triple
point de vue. intensité de la coloration, analyse chimique,
examen histo-bactériologique .
La séparation a encore l’avantage, mieux que le cathétéris¬
me, qui ouvre 1 uretère, de permettre de préciser la manière
dont se fait l’arrivée de l’urine dans la vessie, et, par suite,
la manière dont se fait l’évacuation du contenu des reins. II
suffit quelquefois de soulever un rein, au cours de la sépara¬
tion. pour voir immédiatement arriver par la sonde corres¬
pondante un flot de liquide. Avec ces moyens simples d’exa¬
men, tout chirurgien peut, sans aucune éducation spéciale
faire un diagnostic précis et n’opérer qu’à bon escient, ne ris¬
quant pas de voir, comme cela arrivait autrefois,des néphrec-
tomisés mourir d’insuffisance rénale.
II. — La Chirurgie réparatrice de la face, par le D' DEP.iOS,
de Bruxelles. iG. R. du Congrès fr. de chir. rapport.)
M . Depage a divisé son étude sur la réparation de la face en
deux parties. La première est consacrée à l'examen des pro¬
cédés généraux de réparation faciale et aux règles générales
d’autoplaslie applicables à la chirurgie delà face ; l’auteur
insiste particulièrement ici sur les greffes de Thiersch et sur
la prothèse intra-dermique par injection de paraffine. Dans la
seconde partiede son rapport, il envisage successivement les
procédés principaux de réparations chirurgicale et prothéti¬
que des anomalies congénitales et acquises des paupières,
du nez, des lèvres (y compiis la palatoplastie), des joues, des
mâchoires et des grandes pertes de substance de la face éten¬
dues à plusieurs régions ; les deux derniers chapitres sont re¬
latifs au traitement des lésions nerveuses de la face et des
malformations de l’oreille externe.
L’auteur insiste sur les inconvénients qu’il y a souvent à
vouloir toujours terminer en une seule séance des répara¬
tions parfois très compliquées ; il montre qu’il ne faut pa*
s’entêter dans des interventions de ce genre et qu'il vaut
mieux y revenir à plusieurs reprises pour tirer de l’inter-
ventionle maximum de bénéfice. Le rapport se termine
les conclusions suivantes : La chirurgie réparatrice de la fac®
comporte des méthodes diverses dont l’indication est asse*
nettement établie dans tel ou tel cas particulier ; les greffe*
conviendront spécialement dans certaines déformations des
joues et des paupières et pour la cicatrisation des région*’
LE PROGRÈS MÉDICAL
187
d’emprunt ; les différentes variétés d’autoplastie (française
indienne.italieune)seront appliquées suivant dès règles assez
précises, pour la rhinoplastie. la cbeiloplastie, la blépharo¬
plastie; les prothèses serviront surtout avec avantage pour
éviter les déformations consécutives aux pertes de substance
des mâchoires. De façon générale, nous pouvons dire aussi
que certaines régions sont susceptibles de réfections très
satisfaisantes, notamment les paupières et les lèvres, tandis
que, pour d’autres organes et spécialement pour le nez, les
résultats sont encore inconstants et des recherches nouvelles
s’imposent. Acôtédes procédés anciens de restauration, nous
avons eu à signaler l’apparition d'un certain nombre de mé¬
thodes nouvelles : les greffes cartilagineuses et osseuses, les
opérations purement cosmétiques, les injections de paraffine,
laneurorraphie, les prothèses immédiates, la combinaison
de l’autoplastie avec la prothèse réparatrice. Mais si nous
avons pu marquer, çà et là, des préférences, noter des indi¬
cations plus ou moins précises pour tel ou tel procédé, esquis¬
ser des règles de technique, nous avons toujours relevé, com¬
me caractère dominant, la variabilité excessive des métho¬
des de traitement et la part considérable laissée dans chaque
cas a l’originalité et à la spontanéité du chirurgien.C’est cette
circonstance qui rend la chirurgie réparatrice de la face si
difficile et ses résultats si incertains ; mais c’est elle aussi
qui lui confère l'intérêt prépondérant qu’elle suscite et qui
cause la satisfaction profonde que nous procure toujours la
réussite complète d’une réparation faciale.
III.— Sur le diagnostic des lésions chirurgicales des reins, par
If D' B K7.Y. (C. r. de la Soc. int. de ehir. Congrès de Bruxelles, 1905).
M. Bazy estime que tout praticien qui voudrait étudier
et observer son malade peut être à même de faire le diagnostic
d’une lésion chirurgicale infectieuse des reins, non pas
seulement quand les lésions sont très avancées, mais même
quand elles sont minimes et à leur début, alors que te dia¬
gnostic est peut être le plus important, et cela, sans avoir re¬
cours aux procédés particuliers préconisés comme seuls per¬
mettant ce diagnostic, et nécessitant l’emploi d’instruments
dont le maniement n’est pas à la portée de tout le monde :
d’autre part leur emploi peut être rendu impossible, soit par
l’état du canal, soit par celui de la vessie. Les signes clini¬
ques suffisent le plus souvent à ce diagnostic, et ceux-là sont
à la portée de tout le monde. M. B.azy n’insiste pas sur les si¬
gnes connus depuis longtemps : 1° hypermégalie rénale ;
2“ douleur spontanée dans la région lombaire avec irradia¬
tions et crises plus ou moins violentes ; 3° polyurie trouble ;
^‘'pyurie abondante, qui sont le plus souvent des signes de
lésions anciennes et confirmées. L'auteur ne parle que des
signes du début, mais qui, à plus forte raison, peuvent être
observés dans les formes plus avancées . 1 e plus important
est la pollakiurie nocturne, et pollakiurie absolue ourelative,
pollatiiurie comparative ; c’est un signe d'autant plus impor¬
tant, que les symptômes des lésions infectieuses des reins,
qu’elles soient simples ou tuberculeuses, simulent à s’y mé¬
prendre les symptômes de la cystitc-pyurie, pollakiurie,
douleur terminale et même hématurie. .Mais dans la cystite,
la pollakiurie n’est quediurne, elle n’est pas nocturne.
Les autres symptômes sont tirés de l’étude de la douleur
provoquée, et alors on trouve en haut du pôle du rein : 1“ Le
Voiiit paraombitical on urétéral supérieur, situé à l’intersec-
fion d’une ligne horizontale passant par l'ombilic et d’une
\erticale passant par le point de Mac-Burney, mais bien dis¬
tincte de lui ; il est quelquefois, mais rarement, situé plus en
dedans. La pression détermine quelquefois une douleur vers
la Vessie : c’est le réflexe pyélo-vésical ; 2“ Le point sous-cos¬
tal au-dessous du rebord costal ; 3® Le point lombaire déjà
connu.
En bas, on trouve le point urétéral inférieur au niveau
de l’abouchement de l’uretère dans la vessie, perceptible fa-
cuenaeni par le toucher vaginal chez la femme, et qu’on dé-
ernaiaepar la pression au-dessus de l’une ou de l’autre cor-
0 prostatique chez l’homme. Quelquefois la pression déler-
'ne l’envie d’uriner (réflexe urétéro-vésical) ou une douleur
inT (réflexe ascendant ou vésieo-rénah. Les moyens
*trumentaux peuvent et doivent être souvent employés;
mais déjà le diagnostic est assuré auparavant : le plus sou¬
vent, ils ne font que le confirmer.. Tous les moyens propo¬
sés pour déterminer la valeur fonctionnelle des reins, et en
particulier celui du rein supposé sain, ont été successive¬
ment abandonnés, preuve qu’ils n’étaient pas bons. L’épreuve
de la polyurie expérimentale, dernière venue de cette série,
appartient aussi bien aux reins malades, ainsi que le mon¬
trent des chiffres qui ont été indiqués dans ma communica¬
tion. En tout cas tous ces moyens supposent la possibilité
de faire la séparation de l’urine des deux reins, ce qui n'exis¬
te pas toujours. L'épreuve du bleu de méthylène a tou¬
jours donné satisfaction, et c'est la plus sûre.
lURLIOdRAPHIE
Anatomie pathologique du rhumatisme tuberculeux.
Tuberculose inflammatoire et ses localisations
ostéoarticulaires; par MM. Antonin Poncet et René
Leriche (d’après une communication à l'Académie de médé-
crue, du 19 mars 1901)).
La doctrine du rhumatisme tuberculeux, formulée il y a
quehiues années par M. Poncel, est aujourd’hui, en dehors
de tout conteste. A son apparition, elle fut accueiUie avec un
certain scepticisme. Vivement discutée au début, elle fut bien¬
tôt vérifiée par l’observation journalière et contrôlée parl’expé-
rimentation. Comme l'a dit, l’année dernière, J. Tessier, dans
son rapport au Congrès de Liège, « le rhumatisme tuberculeux,
ne soulève plus ([ue des controverses d'ordre secondaire ».
I Vbandonnant, pour le moment, le terrain clinique, MM.
Poucet et Leriche envisagent les lésions articulaires et osseuses
que l’on rencontre dans les manifestations de ce nouveau
rhumatisme infectieux. Ils rai>pellent, tout d’abord, qu’il est
la localisation articulaire de la tuberculose inflammatoire, c’est-
à-dire d’une modalité de lésions tuberculeuses. quine font vas leur
preuve par l'anatomie patholonique. C'est là ce qui le différen¬
cie, avant tout, des manifestations, jusqu’ici décrites, de la
tuberculose articulaire classi(jue.
I II ne faut donc pas le confondre avec les tumeurs blanches
; bénignes, avec la carie sèche de Volkmann, avec toutes les
I tuberculoses atténuées dont les néoformations spéciflque.s
I signent la nature. 11 n'y a, entre ce groupe de lésions et le rhu-
I matisme tuberculeux, qu’un seul point commun, leur origine
tuberculeuse. Le comprendre ainsi, ce n’est pas en restreindre
I les limites, c’est le renfermer sur son véritable terrain.
' Quant au déterminisme pathogénique exact de pareilles lé¬
sions, macroscospiquement et histologiquement banales, il
est assez difficile à établir . Les travaux remarquables d’.Vu-
clair, les expériences d’.Vrmand D<‘lille, de Jousset, de Ber¬
nard et Salomon, d'üppenheim et Loeper, etc., les recherches
de L Dor. de Dieulafoy, de Griffon, de Braillon, d’Arloing,
etc., tendent toutes à cette notion capitale en l’espèce : Avec
I te bacille de Koch, il est expéiirnentalemen t possible d' obtenir
\ des inflammations simples, à marche aiqu'é ou chronique, se
j lerpiinant par résolution ou par sclérose. Cette détermination,
par le Laboratoire, de la tuberculose inflammatoire trouve sa
justification dans les lésions anatomiques du rhumatisme ar¬
ticulaire tuberculeux, lésions qui sont des lésions inflamma¬
toires, simples, conrantes. (.lu'il s'agisse du rhumatisme aigu,
subaigu, chronique, le processus est le même, c’est un pro¬
cessus purement inflammatoire, sans caractères spécifiques.
Parfois, cependant, on saisit, du côté des ligaments, des tissus
fibreux péri-articulaires, comme une ébauche vers la spécifi¬
cité. Il est alors tel groupement cellulaire, telle vascularisa¬
tion anormale, etc , <iui évtxiuent 1 idée de la tuberculose
classique (L. Don. Le rhumatisme tuberculeux aigu offre
deux évolutions différentes, subordonnées à deux localisa¬
tions anatomiques: line,- à prédominance synoviale, hydropi-
que, guérissant par récupération intégrale des /’onchons.i Excep¬
tionnellement le bacille de koch a été trouvé dans les exsu¬
dais i. L'autre, à prédominance péri-articulaire et osseuse, sè¬
che, plastique, ankylosante d'emblée. Quant au rhumatisme lu-
188
LE PROGRÈS MEDICAL
berculeux chronique (1), il se présente, sous les mêmes for¬
mes. et avec les mêmes caractères anatomi(iues que le rhu¬
matisme ordinaire, que le rhumatisme vrai.
MM. Poncet et Leriche lui considèrent deux formes ; une
forme atrophique, raréfianle, une forme plastique, hyperos-
losantc. A la première forme appartiennent les raréfactions
osseuses, les médullisations plus ou moins étendues, qui
s’accompagnent d’ostéomalacie, partielle, diffuse. Gomme
dans des processus infectieux autres que le bacillose, la
moelle osseuse a un aspect fodal, une coloration rouge,
carminée. C’est une moelle d’infection, processus de défense
très probablement, se traduisant par des caractères identi¬
ques à celui décrit par Josué dans sa thèse sur la moelle des
tuberculeux, par Roger, dans son remarquable Traite des
maladies infictieuses. Ce ramollissement osseux, dans lequel,
malgré sa nature tuberculeuse, on ne trouve encore aucun
élément spécifique, permet de comprendre, d’interpréter
toute une série de déformations osféo-articulaires survenant
pendant l’adolescence : pieds plats, valgus douloureux,
scoliose, coxa-vara, genu yalgum, etc., qu'il faut rattacher,
dans nombre de cas, à l'infection tuberculeuse. Ce chapitre
des ostéomolacies d’origine bacillaire constitue une des
parties les plus intéressantes de la communication de MM .
Poncet et Leriche. Les. lésions du rhumatisme chronique,
noueux, déformant, celles de l’ostéo-arlhrite sèche (morbus
coxœ senilis et autres) sont ensuite décrites avec grand soin.
Elles sont tout à fait superposables à celles qui ont été at¬
tribuées autrefois au rhumatisme ordinaire et qui ont été si
magistralement décrites par Cruveilbier, Rroca, Charcot,
Cornil et Ranvier. etc.
La similitude, dans les deux cas, des altérations pathologi-
(jues est telle que .MM. Poncet etXeriche émettent cette opi¬
nion, très vraisemblaljle,. en raison de la fréquence du rlm-
matisme chronique tuberculeux, que l’anatomie pathologi¬
que des arthropalhies chroniques dites rhumatismales a été
l'aite avec des pièces d'arthrites d’origine tuberculeuse.
Plusieurs figures donnent une bonne idée de ces déforma¬
tions articulaires et osseuses. Aous signalerons plus parti¬
culièrement celles qui ont trait au rhumatisme tuberculeux
ankylosant, dont le type Marie est représenté par deux an¬
kylosés complètes, deux synostoses absolues des deux han¬
ches.
La fusion entre les tètes fémorales et les cavités cotylo'ides
est telle que l’ensemble forme un bloc osseux, sans aucune
ligne de séparation.
A la lin de leur communication, .MM. Poncet et Leriche
s'expriment ainsi :
Si maintenant, nous essayons de synthétiser ces ditférentes
notions, nous voyons que le rhumatisme articulaire tubercu¬
leux, qu’il soit mono, oligo, polyarticulaire, qu’il soit partiel,
((u’ilsoit généralisé, revêt, anatomiquement, deux formes : ai¬
guë et chronique. Dans la première, deux modes d’évolution
sont possibles : une évolution hydropique ; une évolution sè¬
che et plastique. Dans la deuxième, on trouve deux groupes
principaux de lésions. Les unes relèvent d'un processus raré-
tiant, comme la polyarthrite déformante, les autres d'une in-
llammation liyperostosante,périphérique et localisée (arthrite,
sèche, sénile), <ju totale (arthrite ankylosante). 11 s’agit là |de
phénomènes, purement inflammatoires, indiflérents, aussi
bien à l’examen microscopi<iue qu'à l’œil nu, et néanmoins,
de nature tuberculeuse.
Telles sont les conclusions qui découlent des faitstiue nous
avons exposés. Elles montrent, nous 1 avons spécifié dès nos
premières recherches, que le rlmmatisme tuberculeux n’est
rien autre que la forme ostéo-articulaire de la tuberculose
Inflammatoire.
Dès lors, celle-ci nous apparaît susceptible de prendre, sur
le squelette, trois modes évolutifs capables de se combiner
diversement. Elle peut produire : de la raréfaction osseuse, de
(1) Le Hiuiiiatisme lul)ereuleux ehroiiique est loin d'èlre rare.
Dah's leur iniporlanl article ; Rhumatismes chroniques, du Nouveau
Traité de médecine et de thérapeutique de Brouardel et Gilbert, .1.
’reissier et G. Hocque estiment i|ue, 50 fois sur 100, le rhumatisme
chronique est de nature tuberculeuse.
Thyperostose. du ramollissement osseux (ostéomalacie partielle,
diffuse).
C’est ici plus qu’un simple groupement didactique, car,
transportée dans le domaine clinique, cette notion nous pa¬
raît devoir être d’une portée considérable et singulièrement
extensive. Si l’on songe que les malades porteurs de telles tu¬
berculoses, peu virulentes, frustes, abortives, sont aussi
peu tuberculeux que possible, tout au moins pendant un
temps plus ou moins long ; que leur foyer infectieux, le plus
souvent latent, doit être cherché, on pensera volontiers que
bien des lésions intlammmatoires indéterminées, dans les¬
quelles ces différents processus sont diversement combinés,
ont très vraisemblablement la tuberculose comme premier
agent . C’est qu'en effet, les ostéomalacies partielles permet¬
tant des déformations localisées, guérissant finalement par
ostéite condensante, sont légion, et leur nature est jusqu’ici
restée mystérieuse.
Ainsi se trouve visé, pour ne parler que des os et des arti¬
culations, tout ce vaste groupe des maladies chirurgicales
de l’adolescence, expliquées, pour les uns, par le rachitisme
tardif ; pour les autres, par une surctiargeet un excès de tra¬
vail. Ces deux théories, l’une dystrophique, l’autre mécani¬
que, on les retrouve partout en présence, pour le pied plat
douloureux, pour le genu valgum, pour la coxa-vara, pour la
scoliose, etc. ; en un mot, pour toutes les déformations ostéo¬
articulaires de l’adolescence, dites encore, déformations es¬
sentielles delà croissance. On n’a guère songé à leur origine
tuberculeuse possible. Seule la tuberculose inflammatoire
permet de le faire.
On a noté cependant, fréquemment, la co'incidence de
l'ostéomalacie, généralisée, vraie, et de la tuberculose. Cer¬
tains auteurs même (Paviotet G. Mouriquand) (Il ont insisté
sur le parallélisme d’évolution. D'après ce que nous avons
observé dans le rhumatisme tulierculeux, nous pensons qu il
ne faut pas voir là des séries morbides parallèles, mais deux
manifestations, seulement de siège différent : l'une viscérale,
l’autre, squelettique, d’une infection commune, parle ba¬
cille de Koch.
.Appliquant cette donnée aux nombreuses lésions du sque¬
lette, dans lesquelles un processus de ramollissement précède
l’ankylose, dite de guérison, ou l’ostéite condensante termi¬
nale, nous nous sommes efforcés, depuis quelque temps, de
chercher la tuberculose larvée chez de tels malades. Nous l’a¬
vons souvent trouvée et nous avons déjà fait connaître plu¬
sieurs observations (2) : de pied plat valgus douloureux, de
scoliose, etc., non pas seulement chez des tuberculeux, mais
bien de nature tuberculeuse.
Dans le même ordrede faits, nous avons examiné récem¬
ment une jeune bacillaire atteinte d’une subluxation progres¬
sive des deux poignets, réalisant un beau type de la maladie
de Madelung, etc. Aussi nous considérons aujourd’hui : que
les di/férents typesde maladies osléo-articulairesde la croissance
que les déviations osléo-urticulaires des adolescents, sont fré¬
quemment doriyine tuberculeuse.
Démontrer cette origine bacillaire pour l’une d’entre elles,
pour la tarsalgie de Gosselin, par exemple, c’est évoquer
cette même étiologie, pour toutes les autres maladies simi¬
laires de l’adolescence, que tous les cliniciens réunissent dans
une même pathogénie, et qu’il n'est pas rare, du reste, de
rencontrer associées sur un même sujet.
Pour nous, le rachitisme tardif n’existe pas. Ce n’est qu’un
processus inflammatoire ((uelconque, (|ui passe par deux éta¬
pes : ostéomalacie, puis ostéite condensante. La première de
ces étapes permet de comprendre le rcMe des causes mécani¬
ques et commence la théorie de la surcharge. La seconde
explique la fixation définitive des lésions, leur guérison défi¬
nitive, avec des déformations spontanément incurables, quand
le processus infectieux est éteint. Tel est le syndrome anato¬
mo-clinique. Toute infection peut le réaliser (staphylococ-
cienne d’après Erœhlichl. Nous estimons que, la plupart du
temps, le bacille de Koch est seul en cause.
{l)Sociélé médicale des hôpitaux de Lyon, juin 1903.
(2) L. Tbevenot et G.vuthieu. — Revue d'orthopédie, 1905, et !<■*
thèses de Martin, de Moliniard, Lyon, 1905.
LE PROGRÈS MÉDICAL
On voit quel est le champ étendu de la tuberculose inflam¬
matoire dans ses localisations squelettiques. Le rhumatisme
tuberculeux n'en est qu'une forme ostéo -articulaire. Les
maladies de la croissance et nombre de processus ostéomalaci-
ques en sont d’autres exemples. Mais, nous le répétons, il ne
faut pas s’attendre à trouver, alors, des lésions, articulaires,
osseuses, virulentes, ou de graves localisations viscérales.
La tuberculose inllammatoire se voit, surtout, chez des tuber¬
culeux à miiiima, porteurs de tuberculoses latentes (ju’il fau¬
dra dépister, avec peine quelquefois, le diagnostic précoce
n’en sera pas inutile.
MÉDAILLONS MÉDICAUX
Les transfuges de la médecine;
Le D Paul MOUNET
Cliché de V « Illustration. »
Ainsi que nous l’avions
annoncé, nous continuons
notre voyage chez les
fuges de la médecine Nous
étions allé voir le D' De-,
val, la semaine dernière,
cette semaine nous rendons
visite à M. Paul Mounet.
Comme au directeur de l’A¬
thénée nous avons demandé
au sociétaire de la Comédie-
Française ses impressions
sur la médecine et la profes¬
sion médicale.
Combien de médecins avouent avec peine qu’ils habi¬
tent au cinquième étage' Gomme il leur serait facile d’é¬
viter cet ennui en logeant chez Molière ! le D' Mounet
habite en effet l’étage Préville — c’est ainsi que l’on
compte à laMazïon. Nous avons donc été a l’étage Pré¬
ville, où très aimablenient, M. Mounet nous a reçu ; et une
fois le motif de notre visite connu il nous fixa un rendez-
■ vous.
A la sortie du Conservatoire, je me retrouve donc avec
le nouveau légionnaire (car tout le monde sait que M. P.
Mounet a été récemment nommé chevalier de la Légion
d’honneur) qui vient de faire son cours. . .
— Je reviens de tournée je suis encore fatigué,nousdit
le maître, mais vous voyez, il faut cependant reprendre
le boulet : je sors du Conservatoire ponr aller répéter...
et toujours la môme chose. Nous pourrons cependant cau¬
ser un instant. »
Nous nous installons dans un café sur les boulevards...
Un soleil ironique envoie par instant des bouffées de
chaleur à la pluie, vieille dame que la désinvolture
de ce fumeur importun trouble dans ses idées tracas-
sieres.
« Ce n’est pas par vocation «.médicaley) que j’ai fait ma
>hedeeine. C’est par besoin d’action. En eflfet, j’ai voulu
successivement préparer leBorda, 5aînt-Cj^r,puis m’en-
ga^er. J’étais attiré par les péripéties de la vie de marin
^ d officier, mais pendant une période de vacances, je
laissais influencer par ma famille contraire à mes
Çsseins. Je me contentai de passer mes baccalauréats
t je commençai ma médecine, c’était en effetla profession
ont les caractères se rapprochaient le plus des pré-
j do^ts. Cependant la guerre éclatait, j’étais versé dans
'ofirmiers.. . Mais à la nouvelle de la formation d'un
ioimf ™obilesdans mon département, je voulus le re
je „ '’C- Avec mes compatriotes je fis toute la campagne
j gt®dê^dai mes galons et lorsque la triste paix fut signée
Je P d.^^*oier, j'aurais pu y rester et il s’en fallut de peu.
la g PU® dépendant ma mèdecine,mais en approchant de
bigjjd’ 1® m’inquiétais de plus en plus de savoir si j étais
Mon d la lutte, si j’étais digne d’ètre médecin,
et JJ,' ^dde, un certain nombre d’amis étaient au théâtre,
oagageaient aies suivre. Aussi peu de temps après
ma thèse passée au mois d’août 18>10) sur la congestion
pulmonaire al. oolique.\'n\\3.i à l’audition de l'O léon, je
fus admis dans ce théâtre et depuis j ai toujours continué
dans cette carrière.
M. Mounet pense que les études médicales sont
peut-être les plus difficiles à bien faire. Cependant elles
ont un avantage, car qnoique paraissant très spéciales,
elles préparent à tout. Un médecin pourra devenir ingé¬
nieur, professeur, avocat avec une grande facilité alors
que le contraire n'a pas lieu. Le baccalauréat ouvre la
porte des études, la médecine celle de la vie.
Non, je n’ai pas l’occasion d’exercer, et en outre je ne
puis à cause de mes trop nombreuses occupations. Je ne
Euis môme pas me tenir aucourantde ce qui se fait dans
1 profession que je voudrais aujourd’hui avoir pu exercer.
Garje regrette beaucoup de n’avoir pas fait réellement de
médecine.
J’ai grande confiance dans l’avenir de la médecine, sur¬
tout dans la bactériologie. Un événement douloureux de
ma vie. la mort dé ma fille, a attiré mon attention très vi¬
vement sur cette question . D’autres points dont on
parle beaucoup aujourd’hui, comme la syphilis, auront
selon moi des solutions beaucoup plus simples que l’on
croit ;ainsi pour cette terrible maladie je pense que la
circoncision serait non pas un curatif,mais un préserva¬
tif très sérieux. L’étude attentive de maintes questions
donnera, je crois, des résultats dont la simplicité éton¬
nera tout le monde.
Puis M. Mounet nous parle du théâtre. La médecine
n’a pas eu d’influence sur le choix de son genre au théâ¬
tre, d’ailleurs l’exposé de sa biographie en est la preuve.
— Cependant je ne dis pas que la médecine ait tou¬
jours été pour moi séparée du théâtre ; j’ai eu quelques
fois l’occasion de recourir à mes connaissances médica¬
les pour l’étude de rôles de malades, pour rendre une
scène de mort.
. ?
Oui.j’ai déjà remarqué et déploré cette surabondance,
cette pléthore de médecins, mais c’est partout la même
chose, au théâtre, au barreau . C’est la faute de la
diffusion de l’instruction. Cependant au théâtre si l’ins¬
truction a eu l’inconvénient d’envoyer un excès d’artis¬
tes, elle a eu l’avantage de relever leur niveau. Pour en
revenir aux médecins, je crois que dans cette grande
lutte ils ont une supériorité : celle d’avoir appris ce
qu’est la vie et d’être aptes à tout entreprendre. Grâce à
leur expérience, à leurs connaissances, ils pourront lut¬
ter mieux qu'un acteur, un ingénieur, car ils pourront
devenir tout cela sans que la réciproque soit vraie.
. ^ . . . . ?
Certainement, je referais la médecine s'il fallait recom¬
mencer.
Et lorsque je prendrai ma retraite, je commencerai
à disséquer le système nerveux et à étudier les mala¬
dies mentales qui m’intéressent particulièrement. Puis
M. Mounet nous fait part de ses projets, il nous dépeint
son futur intérieur, son cabinet de travail qui saura le
retenir et lui faire aimer ses livres. . . .
— Mais excusez-moi, interrompt-il tout à coup, l’heure
passe et je dois aller répéter le BÛrgraves .
Marcel B.
NÉCROLOGIE
Nous avons le vif regret d’annoncer la mort prématurée de
M. le D'' Phisaux, assistant au Muséum d’histoire naturelle,
un de nos plus anciens et distingués collaborateurs. M. Phi-
salix avait abandonné la médecine militaire pour s’adonner
complètement aux recherches biologiques.
Dans un de nos prochains numéros, nous consacrerons un
article à la biographie de ce savant distingué, dont le décès
est une perte irréparable ix)ur les sciences naturelles fran¬
çaises.
190
LE PROGRÈS MÉDICAL
THÉRAPEUTIQUE
Le traitement de la grippe et de ses manifestations
broncho-pulmonaires par l'hélénine.
De toutes les manifestations grippales si fréquentes en
cette saison, celles qui portent sur les voies respiratoires
offrent plus de dangers. L'inflammation des premières voies
respiratoires détermine une toux rebelle et pénible, et est
souvent suivie de l'extension de l'infection grippale aux
bronches et même au parenchyme pulmonaire. L'action de
rhélpninç du D"' de Korab, qui calme la toux, qui modifie et
diminue l’expectoration, qui jouit en outre d'un pouvoir mi-
crobicide bien constaté, sera d'une grande utilité dans le
traitement curatif de la grippe et dans la prophylaxie de ses
complications broncho-pulmonaires. Ce précieux agent thé¬
rapeutique, qui a fait brillamment ses preuves dans les
épidémies de grippe de ces dernières années, s’administre à
la dose de 3 à 5 globules d'hélénine du D'' de Korab, par jour.
VA^IA
L’alcoolisme et ses dangers.
Ners la fin de décembre l!f0‘-’, une affiche de couleur
blanche fut placardée sur tous les murs de Paris. Elle por¬
tait, comme en-tête: « République française. Liberté. Egalité,
Fraternité. — .\dministration de l'Assistance publuiue ».
Puis venaient ces mots, en grosses lettres : « l.’alcoolisme et
ses dangers ». Suivait un extrait du procès-verbal de la
séance du Lonseil de surveillance de l’Assistance publique
du IH décembre 1902. Le président de la corporation des
marchands de vin et liquoristes de Paris assigna tout aussitôt
devant le tribunal de la Seine, en un franc de dommages-
intérêts, les signataires de l’affiche, .MM. de Selves, Mesureur
et Thilloy.
L’assignation soutenait que l'affiche placardée était déna¬
turé à porter le plus grave préjudice à tous les commen.ants
qui vendent les produits si violemment discrédités. Le tri¬
bunal, présidé par M. Turcas, a, sur les plaidoiries de
M““ Flageul, Raoul Roussel et Ulrich, et après avoir entendu
M. le substitut Paul Boulloche en ses conclusions, rendu
un jugement d’incompétence, les signataires ayant agi
non cpiiime hommes privés, mais comme fonctionnaires de
l’Assistançe publique « en portant à la connaissance de tous
un document d'un intérêt général au point de vue de la
santé et de l'hygiène, matières qu'on ne saurait considérer
comme étrangères aux attributions de l'Assistance publique,
chargée, à Paris, du service des hôpitaux et hospices ». C'esI
devant la juridiction administrative que la corporation des
marchands de vin et liquoristes devra se pourvoir. {Le Matin.)
L’hôpital anglais de Nice.
Le 19 mars a eu lieu l inauguralion de l’hôpital anglais du
quartier Montboron, construit en souvenir de la reine A ic-
toria.
Le ( )ueen A ictoria Alemorial Hospital, d'après une corres¬
pondance du Matin, du 18 mars, comprend deux im¬
meubles : l'un, situé presque en bordure de la route de A il-
lefranche. l'autre, élevé au sommet de la colline, sous les
pins. G est AI. Henri Samuelson qui a fait construire ce der¬
nier corps de bâtiment en mémoire de son père, sir Bernard
Samuelson. Dans ce pavillon seront isolés les hospitalisés
atteints de maladies contagieuses. On y accède par un ma¬
gnifique escalier taillé dans le roc à coups de mines : com¬
posé d'un, sous-sol, d un rez-de-chaussée el d'un étage, il
comporte vingt lits. Le bâtiment principal peut recevoir
trente malades et a pour dépendance un petit pavillon pour
le personnel et l’administration.
La cérémonie a été présidée par la princesse Uhristian de
Schleswig-Holstein, sœur du roi Edouard A H, accompagnée
de la princesse .Alexandre de Hohenlohe-Langenburg, de MAL
Mac NA'illan, consul d’.Angleterre, Joly, préfet des .Klpes-
Alaritimes, général Barbe, gouverneur de Nice, prince Mau¬
rice de Hühenlohc, amiral de Fellows, Randon, premier
adjoint, de sir Georges AVhite, directeur de l'hôpital ; sir Sa¬
muelson, président du comité de fondation, etc.
La fanfare du 2U bataillon de chasseurs a fait entendre le
(iod save the A’ùig à l’arrivée de la sœur du roi Edouard.
L'évêque de Gil)raltar, M. Collins, a dit ensuite des prières;
puis des discours ont été prononcés par M. Mac AA illiam.
sir Georges White et sir Samuelson Après quoi, la princesse
Christian, ayant ouvert la porte principale avec une clef en
or, pénétra dans l'établissement, dont elle admira fort 1 ins¬
tallation : elle a prié le Comité de 1 inscrire comme vice-pré¬
sidente d honneur.
La corvsommation de la glace.
Le conseil d’hygiène a approuvé les conclusions d’un inté¬
ressant rapport de AL Laveran sur le commerce de la glace à
rafraîchir. Le Petit Temps nous donne à ce sujet d'intéres¬
sants renseignements :
« Le commerce de la glace, qui se développe de plus en plus
à Paris, intéresse à un haut degré l’hygiène publique. Des
microbes pathogènes, le bacille de la fièvre typho'ide entre
autres, peuvent rester vivants des mois entiers dans les blocs
de glace ; par suite, la glace naturelle ou artificielle provenant
de la congélation d'une eau souillée est dangereuse si elle
est utilisée pour des usages alimentaiies.
Une ordonnance préfectorale en date du 13 décembre 1899
a eu pour but de prévenir les dangers que la glace impure
fait courir aux consommateurs. Cette ordonnance a produit
d’excellents résultats ; dans les prélèvements du laboratoire
municipal, la proportion des échantillons mauvais est tom¬
bée de 50 0 I) à moins de 10 0 0. Alais cette proportion est
encore dangereuse pour la santé pul)lique, et le conseil
d'hygiène, après étude de la question, a été d’avis de modifier
l'ordonnance de 1899. Sans proscrire pour certains usages la
glace naturelle, non stérilisée, il édicte des prescriptions nou¬
velles en ce qui concerne la glace « alimentaire ». C'est ainsi
que le texte nouveau spécifiera :
1° Qu'il est interdit à tous marchands, fabricants, dépositaires
ou débitants de glace, cafetiers, limonadiers, restaurateurs, cré¬
miers et débitants de boisson, de vendre ou livrer à la consom¬
mation, pour les usages alimentaires, de la glace qui ne donnerait
pa.», par fusion, de l’eau potable ;
2“ Qu'ils ne devront mettre cette substance alimentaire à h
disposition de leur clientèle que dans des récipients portant, ea
lettres très apparentes, les mots : « Glace alimentaire » ;
3“ Que les fabricants et dépositaires de glace industrielle et de
glace alimentaire devront conserver ces deux sortes de glace
dans des locaux entièrement sé[)arés :
4° (Jue les véhicules servant au transport de la glace porteront
des inscriptions spéciales peintes de chaque côté de la voiture,
selon qu’ils seront affectés au transport de la glace alimentaire
ou de la glace non alimentaire.
C'est sur ces bases qu'on prépare à la préfecture de police
une nouvelle ordonnance dont les prescriptions seraient aP"
plicables dès 1 été de 1906.
LES CONGRÈS
XV Congrès International de Médecine
Lisbonne, 19-26 avril 1906.
Croisière des médecins français organisée par .MM. les lU
Desfosses et Helme, dirigée par Al . Heuzé, secrétaire technr
((ue des A'. E. AI. (.Andalousie, Alaroc, Portugal, Baléare'i
Marseille, Malaga, Grenade, Gibraltar, Algésiras. Tangef'
Cadix, Séville, Cordoue, Lisbonne, Belem, (iintra Palmai. ^
Départ de Marseille le 8 avril l'.K)6. Retour à Marseille le
avril 1906. Durée : 23 jours.
But du voi/ape. — La Croisière est organisée dans le butu
faciliter aux Alédecins ({ui se rendent aux Congrès de D'
bonne, à leurs familles et à leurs amis, la visite des prince
! pales villes de l'.Vndalousie et du Portugal, et de leur assU'
t er, à Séville et à Lisbonne, un logement confortable, ce 9“
sera rendu difficile, à Séville à cause des Fêtes de laSeinai'f
1 Sainte et de la Foire, et à Lisbonne, à cause du Congrès W'
i même. Sont seuls admis à cette Croisière les Alédecins, M
I diants en médecine, leurs familles et leurs amis. .
En raison de répocpie tardive à hujuelle nos amis nous o
1 priés de nous occuper de cette Croisière, nous n'avons r
hE PROGRÈS MÉDICAL
191
encore arrêter le bateau qui fera le voyage ; mais nous avons [
le cfioix entre deux navires d’une installation absolument
confortable (condition à laquelle nous tenons essentiellement). |
Nous ne pourrons décider ce choix que lorsque nous aurons
acquis les cent premières adhésions fermes, ce qui sera,
nous l’espérons, un fait accompli avant la fin de ce mois
puisque nous ne demandons pas d'arrhes et ([ue nous rem¬
bourserons ceux de nos Confrères empêchés à la dernière
heure. Nous faisons donc un pressant appel à tous nos con¬
frères et à nos amis pour les prier de faire avec nous la pro¬
pagande la plus active, et à laquelle eux-mêmes sont direc
lement intéressés, s ils veulent prendre part au voyage. iNous
avons déjà la moitié du chifïre minimum fixé.)
Programme. — Dimanche 8 avril. De 10 li. à 11 h. em¬
barquement. Déjeuner à midi. Départ. — Lundi 9 avril. En
mer ; passage en vue des Baléares. — .Mardi 10 avril. Vers
4 h du soir arrivée à Malaga. Visite de la ville. — Mercredi 1 1
avril. Le matin, départ en train spécial. Traversée des Gorges
d’El Chorro. Arrivée à Grenade ; déjeuner. \ isite de la ville
basse. Dîner. Coucher. — ./endi LJ awil. Le matin, visite de
TAlhambra, de la Généralife. Déjeuner. Visite des monu¬
ments de la ville basse ; du quartier de l’Albacin et du
quartier des Gitanes \faeult itif\. Dîner. Départ en train spé¬
cial ; arrivée à Malaga à minuit. Embarquement. Départ. —
Vendredi Li avril. Le matin arrivée à Algésiras. Gibraltar.
L'après-midi, Tanger. — Samedi i4 avril. A la première ma¬
rée, remontée du Gualdaquivir .Arrivée à Séville dans la ma¬
tinée. A'isite de la ville. — Dimanche de Pâques. Journée fa¬
cultative à Séville. — Lundi 16 avril. Le matin départ en train
spécial pour Cordoue. Visite de la ville et de la mosquée. Le
soir retour à Séville (soirée facultatiro. — Mardi li avril.
\ isite des monuments de Séville : 1 Alcazar ; les Jardins ; la
Cathédrale ; la (îiralda ; les Palais, etc. — Mercredi 18 avril.
Le matin, descente du Guadalquivir. \ isite de Cadix. Arri¬
vée la nuit en rade de Lisbonne. - Jeudi 19 au jeudi '26. Sé¬
jour à Lisbonne. Congrès. Visite de Belem, Cintra et ex¬
cursions organisées par le Congrès. — Jeudi '26 avril. Après la
clôture du Congrès, départ . Visite, au passage, d’Almeria et
de Palma. — Lundi 30 avril. .Arrivée à Marseille. Dîner à
bord. Dislocation.
Nota. — Les organisateurs se réservent de pouvoir modifier
le programme selon les circonstances et pour le mieux de la
Cieisière.
Prix ri conditions. La Compagnie P.-L.-M. accorde une ré¬
duction de 50 % sur le prix des places aux adhérents à ce
voyage. Sur l'indication de leur point de départ, donnée en
s’inscrivant, nous nous chargeons de la demande des billets.
Ceux de nos voyageurs qui doivent rentrer de Lisbonne en
r rance par voie de terre, devront, en s'inscrivant eux-mêmes
au Congrès, demander les titres de transport pour le x oyage
par terreau Secrétariat du Congrès Nous faisons à ces adhé¬
rents une réduction proportionnelle de \0 irancs par jour sur
la nourriture à partir du jour où ils auront déclaré quitter la
Croisière à Lisbonne, les autres frais de bateau et de per-
^nnel ne pouvant être réduits. Le prix de chaque place de
uarseille à Marseille est de 850 francs dont, en principe, 400
Irancs à payer en adressant son adhésion au D" IIELME, 10,
•■ue de Saint-Pétersbourg, à Paris. Ce prix comprend le trans¬
port, la nourriture, les débarquements, les excursions, les
reins spéciaux, les entrées et les pourboires. 11 ne sera mis
HUe deux voyageurs par cabine. Le voyage ne pourra avoir
•eu que si nous recueillons cent adhésions au minimum, et
®es le cas où, pour une raison quelconque, le voyage n au-
‘tpas lieu, les personnes inscrites ne pourraient prétendre
eu remboursement des sommes vérsées. Nous ne deman-
j 'US pas d’arrhes et les Confrères qui seraient empêchés au
fuonaent, par un cas de force majeure, seraient rem-
‘“^ôgralement. Nous prions donc de s’inscrire sans
Sun h *'^®‘iue voyageur est tenu de s’occuper lui-même de
(lécp I" ®*'SUuisationde la Croisière
reient^ *®ute responsabilité pour tous les accidents qui pour-
'luef Pi'uduire, de quelque nature qu’ils soient et en quel-
avan*.*^**’ 9u’ils se produisent. Le voyageur renonce donc par
a toute réclamation de ce chef contre elle.
FORMULES
XVIII. — Contre le zona.
Badigeonnages avec le collodion suivant :
Acide picrique . 0 gr. 75
Cannabine . 0 gr. 25
Alcool à &0'’ . 2 gr.
Ether . J gr.
Collodion élastirpie . 4 gr.
(Brocakd. I
XIX. — Contre Tamygdalite aiguë.
M. le docteur Molinié, de Marseille, jiropose un nouveau
traitement de l’amygdalite.
Par la bouche grande ouverte du malade on introduit
l’index, on pénètre jusqu’à la base de l’amygdale, et remonte
en comprimant de bas en haut, du pôle inférieur! au pôle
supérieur. De cette façon on exprime la multitude de con¬
crétions et résidus septiques, qui remplissent les cryptes et
qui, après avoir été la cause de l’inflammation, entretiennent
celle-ci.
Le massage fait saigner l’amygdale et cette petite saignée
locale aide aussi la guérison.
Cette manœuvre est assez douloureuse, mais, comme elle
est de courte durée et que. après une légère exacerbation
momentanée de la douleur, elle procure un grand soulage¬
ment au malade, nous pouvons la recommander.
Elle est certainement supérieure et plus anodine que le
grattage instrumental préconisé il y a quelque temps par
les laryngologistes, l n badigeonnage à la glycérine phéni-
(luée l/lüO termine l’opération. 51. le l)"' Molinié a eu un
plein succès chez tous ses malades. Friedel.
- - -
Actes et Thèses de la Faculté de Médecine de Paris.
Thèses. — Mercredi, 28 mars. — M. Ferry : Valeur comparée
de l’hysléropexie abdominale directe et de Thystéropexie médiate
intra-péritonéale par les ligaments ronds dans les rétro-déviations
(MM. Terrier, Brissaud, Reclus, Teissier). — M. Monteil : Contri¬
bution A l'étude du liquide parotidien (MM Brissaud. Terrier,
Reclus, Teissier). — M. De Lastic : l.a pathologie mentale dans
l’œuvre de Flaubert (MM. Brissaud, Terrier, Reclus, Teissier).— A/.
A. Lancet : La température et le pouls dans quelques appendi¬
cites aiguës (MM. Reclus, Terrier, Brissaud, Teissier)
Jeudi, 2g mars: — M. Bolot : Considérations sur le massage
abdominal dans les affections du Inbe digestif (MM. Debove, Jof-
roy, Hutinel, Achard) — A/. Aagon- ; Contribution à l’étude des
adénomes sébacés symétriques de la face (MM. Joffroy, De¬
bove, Hutinel, Achard). — M. Schwartz : Contribution à l’étude
de pleurésies à signes pseudo-cavitaires chez les enfants (MM.
Hutinel. Debove. Joffroy, Achard). — M. LaérevoR : Tuberculo¬
se et adipose (MM. Chantemesse, Roger, Méry, Gouget). — M.
Chevrel : Bacilles paratyphiques et infections paratyphoïdes (MM.
Roger, Chanleinesse, Méry, Gouget).
Examens. — Lundi, 26 mars. — Dissection (Ecole pratique) :
MM. Poirier, Mauelaire, Rieffel. — 3* (1* partie. Laboratoire des
travaux pratiques d’anatomie pathologique) : MM. Blanchard, Des-
grez, Legry. — 1" oral (l" série. Oral) : MM. Terrier, Cunéo,
Branca — 1" (oral, 2* série) : MM. Reclus, Sébileau, Macaigne. — 3'
(oral. 2“ partie) : MM. Brissauil, Gaucher, Balthazard. — 5" (Chi¬
rurgie. I” partie, 1" série. Hôtel-Dieu) : MM. Kirmisson. Delens.
Pierre Duval. — 5' (1" partie, 2' série, Hôtel-Dieu) : MM. Segond,
Legueu, Proust.
Mardi, 27 mars. — Dissection (Ecole pratique) : MM. Poirier.
Hartmann, Rieffel. — 3* (2* partie, laboratoire des travaux prati¬
ques d’anatomie pathologique) : .M.M. Cornil, Guiart, Maillard.—
1" (oral) : MM. Berger, "Thiéry, Launois. — 4* : MM. Cbantemes-
se. Robin, Dupré. — 5" chirurgie (P' partie, 1'” série. Charité) :
MM. Guyon. De Lapersonne, Marion. — 5" (chirurgie, 1" partie, 2"
série. Charité) : MM. Le Dentu, Auvray, Morestin. — 5* (2* partie.
Charité) ; MM. Dieulafoy, Méry, Renon.
Mercredi, 28 mars. — Dissection (Ecole pratique) ; MM. Kirmis¬
son, Rieffel, P. Duval. — 3* (2* partie, laboratoire des travaux
pratiques d’anatomie pathologique) : MM. Gautier, Legry, Bal-
thazard. — l" (oral. P* série) : MM. Blanchard, Mauelaire, Ma-
caigne. —1" (oral, 2* série) : .MM. Poirier, Legueu, Cunéo. — 1"
oral (3* série) ; M.M. Segond, Sébileau, Branca. — 2* : MM. Ch. Ri¬
chet, Réitérer, André Broca.
Jeudi, 2g mars. — DissecÜon (Ecole pratique) : MM. Guyon,
192
LE PROGRÈS MEDICAL
De Lapersonne, Rieffel. — 3' (2* partie, lalioratoire des travaux
pratiques d'anatomie pathologique) : MM. Cornil, Desgrez, Guiart.
— l" (oral) : MM. Poirier, Launois, Moreslin. — 3” (oral,2“ partie) :
MM. Dieulafoy, Thiroloix, Jeanselme. — 4" ; MM. Raymond, Va¬
quez, Langlois.
Vendredi, So mars. — Dissection (Ecole pratique) : M.M. Poirier,
Cunéo, Proust. — 3* (2" partie, laboratoire des travaux pratiques
d'anatomie pathologique) : MM. Rlanehard, Desgrez, Maeaigne. —
1" (oral, P' série) ; MM. Kirmisson, Legry, Rieit'el. — l" (oral, 2"
série) : MM. Reclus, Séhileau, Branea. — 2’ : MM. Gariel, Ch. Ri¬
chet, Retlerer. — 3” (oral, 2” partie, : MM. Brissaud, Teissier, M.
Labhé. — 4" ; MM. Pouehet, Déjérine, Richaud. — .5" (Obstétrique,
!'• partie, clinique Baudelocque) : MM. Pinard. Wallich, Potocki.
Samedi.. ?r mars. Dissection (Ecole pratique) ; MM. Berger.
Thiéry, Auvray. — 3“ (2* partie, laboratoire des travaux pratiques
d’anatomie pathologique) : .MM. Chantcmesse, Guiart, Maillard. —
l" (oral, 1” série) : MM. Cornil, Betterer, Maiion— P' (oral. 2' série):
MM. De Lapersonne, Launois, Morestin. — 5' (2" partie, 1" série,
Beaujon) :MM. Raymond, Thiroloix, Gouget. — 5' (2' partie. 2' sé¬
rie, Beaujon) : MM. Roger, Méry, Jeanselme, — 5* (2* partie, .'P
série. Beaujon) : MM. Robin, Aehard, Bezançon.
NOUVELLES
Natalité dk Paris. — Du dimanche 2.') février 190f)au samedi
3 mars 1906. les naissances ont été' au nombre de 1.248, se dé¬
composant ainsi ; légitimes 919, illégitimes 329.
Mortalité a Paris. — Population d’après le recensement de
1901 : 2.660.559 habitants. Les deces ont été au nombre de 1 .068,
savoir: 548 hommes et 520 femmes. Les décès sont dus aux
causes suivantes : Fièvre typhoïde (typhus abdomin.) : 3. —
Typhus exanthématique : 0. — Fièvre intermittente et cachexie
palustre : 0. — 'Variole : 0. — Rougeoie ; 28. - Scarlatine : 0.
— Coqueluche: 3. — Diphtérie et Croup : 3. — Grippe : 12.
— Choléra asiatique : (). — Choléra nostras : 0. — Autres
maladies épidémiques : 5. — Tuberculose des poumons : 201. —
Tuberculose des méninges : 25. — Autres tuberculoses : 14. —
Cancer et antres tumeurs malignes : 71. — Méningite simple : 16.
— Congestion hémorrhagique et ramollissement du cerveau : 56.
— Maladies organiques du coeur : 73. — Bronchite aiguë : 12.
— Bronchite chronique : 19. — Pneumonie : 41. — Autres affec¬
tions de l’appareil respiratoire : 137. — Affections de l’estomac
(cancer exc.) : 5.— Diarrhée et entérite de 0 à 1 an : sein : 8 : au¬
tre alimentation : 7. — Diarrhée et entérite de 1 à2 ans : 0. — Her¬
nies, obstruction intestinale : 7. — Cirrhose du foie : 13. — Néphrite
et mai de Bright: 30. — Tumeurs non cancéreuses et autres ma¬
ladies des organes génitaux (femmes) : 2. — Septicémie puerpérale
(6èvre, péritonite, phlébite puerpérale) : 2. — Autres accidents
puerpéraux de la grossesse et de l’accouchement : 5. — Débilité,
congénitale et vices de conformation : 50. — Débilité sénile : 44.
— Morts violentes ; 36. — Suicides; 18. — Autres maladies: 122.
— Maladies inconnues ou mal définies : 18.
Mort-nés et morts avant leur inscription : 75, qui se décom¬
posent ainsi : légitimes 52, illégitimes 23.
Corps DE s.antk militaire.-- M. Simonin, méd. -major de l''-
cl., est nommé jirofesseur au Val-de-Gràce (médecine légale, légis¬
lation et administration militaires.
Corps de santé de la marine. — Mutations. — M. le méd. de
H® cl. Rolland est dés. pour emb. sur le Forbin.
Corps DE santé des colonies. — M. Bouet méd. -major de ‘-e
cl. est maintenu à la disposition du ministre des colonies pour
f aire partie d’une mission en Afrique occidentale M. Rigaud, méd.-
major de 2® cl., est nommé chef du service de santé à laRéunion.
Eî:«!i,e de médecine de Nantes. — Par arrêté du ministre de
rjnstruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes en date du 17
mars 1906, des concours s’ouvriront le 8 octobre 1906, devant
l’école de plein exercice de médecine et de pharmacie de Nantes
pour les emplois de chef des travaux de bactériologie et de chef
des travaux de chimie à la dite école. Les registres d’inscription
seront clos un mois avant l'ouverture des dits concours.
Chronique des hôpitaux.
Concours des prix de lTntkrnat. — Médecine. Le concours
s’est terminé le 17 mars, et a donné les résultats suivants ;
Médaille d'or : M. Lœderich. — Médaille d’argent : M. Roussy. —
Accessit : M. Halleron.
Concours de l’Internat. — Questions données le mars:
Artère poplitée. Fractures de la rotule. — Le 18 mars : Struc¬
ture de la peau. Signes et complications de la rougeole.
La Maternité de Tananahive. — • Le 31 janvier, le docteur Vil-
lette adonné, dans les locaux et jardins de la Maternité, fondée
par .ses soins à Tananarive, une fête malgache en l’honneur du
trois-millième bébé venu au monde dans son établissement. De
nombreux indigènes assistaient à cette fête <[ue le gouverneur gé¬
néral a lui-même honorée de sa présence.
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Le Progrès Médical
SOWIWIAIRE : Clinique chirugicale : Etude clinique sur les
parotidites post-opératoires, par Morel. — Bulletin : Ernest
Haeckel et la philosophie Moniste, par J. Noir. — Sociétés Sa¬
vantes : Académie des Sciences : Sur les effets de la tubercu¬
line absorbée par le tube digestif chez les animaux sains et chez
les animaux tuberculeux, par Calmette et Breton ; Rayons X
et activité génitale, par Villemin ; La réaction du sang, fonc¬
tion de la nutrition, par Gautrelet ; Analyse des bacilles tuber¬
culeux, par Baudran ; Sur la toxine et l’antitoxine cholériques,
par Brau et Denier (c, r. de Phisalix). — Société de biologie :
Action du foie sur les extraits intestinaux, par Rocher et Josué;
Salicylate de soude contre l’érysipèle, par Lortat-Jacob et Vi-
try ; Microbisme normal de l’appendice, Gilbert et Lippmann ;
Virus rabique et virus antirabique, par Remlinger ; Action pré¬
cipitante du suc gastrique sur le suc pancréatique, pai’ Iscoves-
co (c, r. de Mme Edwards-Pilliet.) — Académie de Médecine :
La morbidité coloniale en 1904, par Kermorgant ; Les verres
jaunes en ophtalmologie, par Motais : Mortalité tuberculeuse
CLINIQUE CHlRURCxIGALE
Etude clinique sur les parotidites
post opératoires ;
Par Louis MOREL,
Interne des hôpitaux.
La sympathie qui relie la glande parotide aux or¬
ganes génitaux est d’observation vulgaire ; mais ce
ui l’est moins, c’est de voir la chose inverse, c’est-à-
ire la sympathie se manifester des organes génitaux
vers la parotide. »
Cette remarque de Trousseau ,contrûuvée par quelques
auteurs es t acceptée par le plus grand nombre . Toutefois,
la relation de cause à effet entre le point de départ génital
etla réaction parotidienne doit être c nvisagée dans deux
conditions : tantôtla parotidite n’est que la manifestation
locale d’une toxi-infection générale ; telles sont les pa¬
rotidites des cachectiques, désintoxiqués, des infectés,
etc — Il n’est pas exceptionnel de les voir survenir
pendant le refroidissement d’une appendicite ou d'une
salpingite. Ce premier groupe de faits est bien connu.
Maiscc qui l’est moins, c’est la parotidite survenant en
dehors de toute infection générale. J’entends infection
sens clinique du mot, chez les malades génitaux.
L est principalement à la suite d’interventions chirurgi¬
cales qu’on a observé ces parotidites ; et à de très
^es exceptions près, il s’agissait toujours d’opérations
'or 1 appareil génital . Parfois même le traumatisme
opératoire, l'iniectioh même atténuée d’origine chirur-
^Wle, n’ont pu être incriminés, et nous rappellerons le
I tclassiquede Peter, cité par Trousseau. dans lequel
parotidite périodique remplaçait la menstruation
^ente. Voici cette observation ;
ter^ ^ été observé par le D"' Peter pendant qu’il était in-
professeur Gerdy. Le l" mai 1885, une jeune femme
tou 1**^* est admise à l’hôpital de la Charité. Elle présente
h léri d’une violente congestion inQammatoire de
parotidienne droite il y a tuméfaction et douleurs,
Un le voit ni rougeur ni fluctuation. Il existe de plus
jPeu de fièvre et de l’anorexie.
Ir^ e débuté, quatre jours auparavant, par une gêne
timjA*^®“de des mouvements de la mâchoire inférieure ; la
leur '^‘^bon est survenue une heure après, puis, la don-
en France et en Allemagne, par Huchard (c. r. de A. -F. Plic-
que.) — Société de chirurgie : Périsigmoïdite, par Lejars; Sté¬
rilisation des gants en caoutchouc employés en chirurgie, par
Chaput (c. r. de Ca.tz.) — Société Médicale des Hôpitaux: Ascite
et pleurésie opalescentes chez une cardiaque. Réaction myé¬
loïde considérable du sang par Raymond et Tixier ; Surrénalite
spécifique de l’adulte, présence du tréponème pâle de Schau-
dium, par .lacquet et Sézary(c. r. deFriedel.) — Société de Méde¬
cine de Paris : Election (c. r. de Buret.) — Conseil supérieur de
l'assistance publique. — Varia : Banquet en l'honneur du D''
Séailles ; La prophylaxie de la diphtérie dans les stations bal¬
néaires. — Les congrès : Congrès international de médecine
de 1909. — Formules. — Thérapeutique : Traitement des
congestions pulmonaires et des hémoptysies par Thélénine. —
Actes et thèses de la faculté de médecine de Paris. —
Nouvelles. — Chronique des hôpitaux. — Bulletin biblio¬
graphique.
Mais, ce qui est très intéressant, c’est que la malade raconte
avoir eu, un très grand nombre de fois déjà, une semblable
affection, qui se manifestait toujours aux époques menstruel¬
les et les remplnçait. Lamalade, assez mal men.struée, est quel¬
quefois plusieurs mois de suite sans voir ses règles, et alors,
dit-elle, elle éprouve du mal de tète ; la région parotidienne
se gonfle, le plus habituellement à gauche et quelquefois il
y a perte de connaissance pendant une heure. Dans tous les
cas, la guérison est obtenue promptement par l’application
des sangsues et des cataplasmes.
Ce n'est pas tout ; plus fréquemment encore que les paro¬
tides, et toujours aux époques menstruelles, quand ses règles
font défaut, la malade a eu des espèces de thrombus de la pe¬
tite lèvre gauche, avec vive douleur, impossibilité de la mar¬
che, le tout durant quatre ou cinq jours, pour se terminer
par une légère hémorragie de la petite lèvre. La malade sor¬
tit guérie le 5 mai, et fut admise de nouveau dans le même
service le 4 septembre, à une époque qui était rigoureusement
celle des règles, et encore avec le même engorgement inflam¬
matoire, du côté gauche, cette fois. Elle disait avoir eu, en
juin, un commencement de parotidite ; en juillet, un throm¬
bus de la petite et de la grande lèvres gauches, suivi d'hé¬
morragie assez considérable ; en août, une parotidite, et voi¬
ci qu'en septembre elle se présentait de nouveau avec acci¬
dent.
Voici une seconde observation, comparable à la pré¬
cédente, que nous empruntons à M. P. Dalché. (La
Gynécologie, août 1903) :
Mme X, âgée de quarante-quatre ans, obèse, neuro-arthri¬
tique, arrive à la ménopause. Après les bouffées de chaleur,
les irrégularités de la menstruation, elle accuse une absence
de règles qui a duré trois mois, puis le sang a reparu, mais il
s’est installé un état de neurasthénie singulièrement aggravé
par les accidents pour lesquels elle vient me consulter.
Depuis un an environ, elle est sujette à des crises doulou¬
reuses qui frappent les régions parotidiennes, recommencent
tous les mois environ, rarement deux fois dans le même mois
quelquefois au bout de six semaines à deux mois.
Ayant constaté un des accès, il m’est facile de les décrire :
une glande parotide devient sensible, puis très rapidement
la souffrance augmente, arrive à être très vive et, 'dans le
courant de la nuit suivanteou le lendemain, la .seconde pa¬
rotide se prend à son tour ; cette bilatatéralité des accidents
n'a jamais manqué. La tuméfaction s’installe très rapidement
des doux cô tés, avec rougeur, peau luisante et tendue, si bien
que, comme apparence, c’est à s’y méprendre, on diagnosti¬
querait des oreillons. Mais il y a très peu ou pas de fièvre, la
langue est à peine saburrale, et la malade ne paraît pas res-
194
LE PROGRÈS MÉDICAL
1
sentir une sécheresse de la bouche bien notable. Elle se
plaint uniquement de la douleur, qu’elle dit atroce, avec une
sensation de distension rapide et intolérable. Heureusement,
la crise, au bout de deux à trois jours, diminue et disparaît
presque avec autant de rapidité qu’elle est apparue. Mais la
répétition des accidents terrifie la patiente et exaspère la neu¬
rasthénie de la façon la plus inquiétante.
En dehors de l’obésité, du neuro-arthritisme et de la mé¬
nopause. je n’ai à signaler chez elle qu’une très légère métrite
chronique pour laquelle elle n’a jamais été soignée. Sa den¬
tition n’est pas défectueuse, la bouche ne présente rien de
particulier. Les urines sont normales.
Quel était donc le diagnostic à poser ? Evidemment, il ne
pouvait s’agir d'oreillons, je n’insiste pas. Je me trouvais en
présence d’une poussée flit.rionnaire frappant les parotides,
sans fièvre, sans état général : son évolution, rapide et fort
douloureuse, demeurait cependant bénigne puisque jamais il
n’y a eu menace de suppuration ni de complication quelcon¬
que. D’autre part, la fréquente répétition des phénomènes
indiquait une cause persistante. En désespoir de cause, étant
donné le tempérament de ma malade, j'aurais pu songer à la
goutte ; mais l’examen le plus minutieux ne m’a pas permis
de dépister dans les articulations dans les tissus, pas plus
que dans les urines, la moindre trace de la diathèse gout¬
teuse.
Aussi je crois à des poussées fluxionnaires dues à la méno¬
pause, se portant sur la parotide.
De tels cas sont certainement rares : mais leur exis¬
tence est indiscutable ; les observations de Uabran, de
Knapp, etc., sont tout à fait comparables à celles que
nous venons de rapporter. 11 semble bien difficile de
faire de cette fluxion parotidienne un accident infec¬
tieux distant du foyer initial ; il faut donc admettre
qu'à côté des parotidites infectieu.«es bien connues, il
existe des parotidites de causes mal élucidées, mais
d’origine génitale ; le type en est fourni par les paro-
lidites post-opératoires qu'on voit survenir chez des
femmes ayant récemment subi une opération aseptique
sur l’appareil utéro-ovarien. Ces parotidites post-opé¬
ratoires sont rares, beaucoup plus rares que les quel¬
ques travaux dont elles ont fourni la matière tendent
à le faire croire. On trouve, en effet, pêle-mêle dans
ces travaux, à côté de parotidites post-opératoires
iudiscutables, de simples parotidites de second plan
d’origine infectieuse.
C’est le cas pour la plupart des observations réunies
parGoodell, Moricke, Cotterill, Benoit, .Morley, etc. Nous
avons nous-même failli faire rentrer dans notre cadre
une observation dont voici le résumé. Une femme de
24 ans, lllpare, présentant les symptômes d’une gros¬
sesse extra-utérine rompue, est opérée d’urgence par no¬
tre excellent collègue et ami René Kautfmann. Six jours
plus tard, elle présente, sans la moindre réaction abdo¬
minale, une tuméfaction de la région parotidienne
gauche, en même temps qu'une brusque élévation ther¬
mique et des douleurs violentes ; nous pensons à une
de ces parotidites qui font l’objet de cette étude, nous
incisons sur la tuméfaction : il s’écoule de la sérosité,
les douleurs diminuent et la température baisse ;
mais le thermomètre ne tarde pas à remonter malgré
l'amélioration de l’élat local parotidien, et nous cons¬
tatons, au huitième jour, sous le pansement abdominal
la présence de la sérosité odorante, provenant d’une
fistuletle stercorale qu’expliquait latrès laborieuse libé¬
ration de solides adhérencesau cours de l’intervention.
Malgré l'absence de suppuration abdominale, nous ne
pouvons retenir ce cas, nettement en rapport avec l’in¬
cident intestinal ; et nous avons cru devoir éliminer de
la même façon les trois quarts des observations rassem- |
blées. Cette sélection faite, il nous restait 10 cas récents
indiscutables, dont un cas personnel. De l’étude atten.
tive de ces observations nous avons essayé de dégager
quelques points de l’histoire de la parotidite post-opjj
ratoire d’origine génitale, chez des malades clinique,
ment non infectés; nous avons, à dessein, passé sous
silence l’anatomie pathologique et le traitement de et
groupe de parotidites ; ces chapitres n’offrant aucune
particularité, qui justifie ici un développement spécial.
Etiologie. — La parotidite post-opératoire, telle
que nous la comprenons, est très rare. Moricke, utili.
sant les documents rassemblés par Schrœder, sur deiu-
cents ovariotomies de sa pratique chirurgicale, ne rap¬
porte que.") cas de parotidite post-opératoire ; surcesâ:
cas, 3 seulement sont probants, les deux autres ne
constituent que la localisation salivaire d'infection pé-
ritonéo-abdominale. Vincent, de Lyon, déclarait ré¬
cemment à la Société de Chirurgie de Lyon, à l’occa¬
sion d’une communication de Condamin, n'avoirja>j
mais observé de parotidite post-opératoire. Sur les re¬
gistres du mouvement opératoire de plusieurs services,
très actifs d'hôpitaux de Paris, nous n’avons pu releva
un cas bien net de l'affection qui nous occupe.
Nous croyons donc trop élevés les chiffres de propor¬
tion de 1/40 des laparotomies (Schneder) et même de
1/30 (Slawjansky). On la voit survenir assez longtemps
après la laparotomie ; le plus souvent du fi au jour.
Dans un cas elle débuta le IS” jour (observ. Slaw-
jansky),dans un autre le 4” jour (observ. Chavannazccf
sont les chiffres extrêmes.
Les opérées étaient d’un âge assez avancé : la plas
jeune avait 31 ans (obs. Morel), la plus âgée fifi (obs.
Moricke ). Le plus grand nombre sur les dix était dans
la phase d’activité sexuelle, mais trois d’entre elles
avaient doublé la ménopause. Presque toutes étaient
des multipares : une opérée de Schrœder avait eu lOen-
fants et 3 fausses couches ; une de Moricke,!) enfants,
une de Slawjansky, 3 enfants.
Peut-être le froid joue-t-il un rôle prédisposant dans
l’apparition de ces parotidites ; à l’exception de trois
cas (obs. Moricke, Macdonald, Chavannaz), qui évolué
rent en été, tous les autres concernent des opérés d’hi- ,
ver.
Dans les dix observations rapportées, il s’agit de
femmes. 11 ne faut y voir, croyons-nous, qu’une simph
co'incidence, car Bilroth a observé la parotidite consé¬
cutive à l’orchite traumatique, chez 7 malades de sî
clinique de Zurich, et Paget en rapporte 3 cas chez se»
rétrécis qu’on dilatait.
Mais toujours l’intervention ou maladie initiale af¬
fectait la sphère génitale, et plus spécialement 1*
glande génitale, dans les deux sexes.
Le plus souvent unilatérale (7 fois sur 10) et pl“|
fréquemment droite (6 cas sur 10), la parotidite
être double (obs. Pawloff, Slawjansky, Morel). P®
reste, l'infection salivaire peut s'étendre aux autre»
glandes, sous-maxillaires et sus-linguales, l’observatioa
deSchro'der en témoigne: mais le cas est extrêmetnai**
rare .
La PATHOGÊNIE des parotidites post-opératoires de*
meure actuellement le point obscur de leur histoir^-
On a donné bien des explications dont aucune ne rf'
siste à la critique, et le doute subsiste encore non se^' _
lement sur la détermination delà cause efficiente B***®’
encore sur le mode d’envahissement (canaliculaire ®
sanguin I de la glande infectée.
195
LE PROGRES MEDICAL
Quelques auteurs pensent que l'infection est le plus
souvent réalisée par la voie canaliculaire ; ce qui est,
du reste, le cas ordinaire dans les parotidites en général.
On fait valoir ici le mauvais état de la dentition : l’en¬
semencement buccal par la pince à langue, le tampon
monté non stériles du chloroformisateur ; la contu¬
sion de la parotide par les tractions exercées sur le ma¬
xillaire inférieur au cours de l’anesthésie; l'absence re¬
grettable de soins buccaux dans les jours qui suivent
fopération ; l'absence, la réduction ou la nature de l'a¬
limentation post-opératoire, qui, en atténuant le tra¬
vail sécréteur des glandes salivaires, ne permet
plus le « coup de balai » salivaire, répété et salutaire
dans le milieu buccal : une exaltation de ta virulence
des microbes nouveaux de la bouche ; une diminution
de la résistance de l'épithélium glandulaire, etc.
Ces vues sont un peu théoriques, et avec Cotterill
nous ferons remarquer qu’elles n’expliquent guère la
parotidite consécutive à l’application d’un pessaire. à
un cathétérisme doux de l'urètre, à une intervention
sans anesthésie générale, sur le testicule. Elles n'ex¬
pliquent pas non plus l’intégralité presque systémati-
qne de la sous-maxillaire et de la sub-linguale, qui
devraient, au même titre, que la parotidite, être infec¬
tées par le milieu buccal incriminé.
L'infection parotidienne par voie sanguine a aussi
scs défenseurs. A la suite deSlepheu Paget, on a ad¬
mis que le péritoine « servait de trait d'union entre les
affections des organes abdominaux et les maladies de
lorigine des voies digestives ». Cette explication assez
vague est, comme le fait remarquer Chavannaz pure¬
ment hypothétique, et implique en tous cas le rôle de
la voie sanguine. Le rôle attribué au sympathique,
dont l’excitation au cours des affections abdominales,
SC traduirait à distance par des effets excitateurs ou
inhibitoiressur la sécrétion salivaire, n’est pas non plus
îpsolument démontré. S’il était acquis que la paroti¬
dite post-opératoire est la manifestation éloignée d'une
mfectiqn très atténuée, anatomiquement indiscutable,
®sis cliniquement insoupçonnable lejôle transmetteur
^ la circulation sanguine serait bien vraisemblable,
e point ne pourra être élucidé que par de nouvelles
J arches portant sur l'examen du sang et du tissu
pndulaire au cours de parolidites opératoires, et après
,1 ement, par culture, d’un •microorganisme trouvé
Hans le sang et dans la glande Morley.
• lors, il sera démontré que les parotidites post-opé-
reutrent dans le groupe banal des métastases
de d'origine abdominale. Mais, en l'absence
alte V il semble qu’on doive prêter quelque
de cette hypothèse de Dyball : que la sécrétion
HneTfT**”^ organes modifiés (ovaire, testicule) par
dej s- ]• traumatisme peut mettre les glan-
quer^ ^1^1 Jo nioindre résistance, et expli-
ble infection canaliculaire ou sanguine, irréalisa-
aau^*'. ns conditions physiologiques. Cette théorie
des ^ in naérite d’expliquer la fréquence relative
des „|^?'^j^iiiies consécutives aux lésions aseptiques
es génitales : alors qu’on n’observe rien du
iieinie * ^ ^*^^ns salivaires après une cure radicale de
amputation, une appendicectomie, une anas-
mtestinale, correctement conduites.
frent — I-es parotidites post-opératoires of-
i^’edroin*^*^ Particularités symplomati(jues. Les
l’affe nml conuus, cevqui tient à la rareté
‘on et à la tendance très légitime de rappor¬
ter, dans les premières heures, tout phénomène alar¬
mant au péritoine traumatisé.
Généralement, vers le 6° ou jour, la température
qui jusqu'alors était normale monte, d’ordinaire brus¬
quement, à 39" ou 40° ; cette hyperthermie s’accom¬
pagne d’un cortège de symptômes généraux ( anorexie,
fétidité de l’haleine, oligurie, etc.). Ce n’est que le len¬
demain, ou le surlendemain que la malade attire l’at¬
tention sur la gène légère qu’elle éprouve à mastiquer
et à déglutir, et sur l’endolorissement de la région pa¬
rotidienne. La tuméfaction que l’examen révèle, est
peu accusée ; unie ou bilatérale, totale ou partielle, elle
est dure, recouverte de téguments normaux, que, dans
les premiers jours, le doigt ne déprime pas en godet.
Le palper détermine parfois la douleur ; plus souvent
ilia précLse, et la localise à la glande.
En dehors du palper, dans le repos absolu, la région
parotidienne devient rapidement le siège.de battements
pénibles, avec irradiation vers la tempe, la nuque et
l’angle du maxillaire.
Les mouvements de la mâchoire redoublent ces sen¬
sations douloureuses, la mastication est une souffrance,
la déglutition est difficile, larespiration même est quel¬
quefois gênée. L’ouïe peut être émoussée ; les bour¬
donnements d’oreille sont fréquents.
Lorsque l’abaisse-langue a réussi à vaincre le trismus
de la malade, on constate une vive inflammation delà
muqueuse buccale, et par l'orifice du canal de Sténon
turgescent on voit sourdre parfois un écoulement puru¬
lent.
La salive est moins abondamment sécrétée, quelque¬
fois même la sécrétion semble tarie. Rapidement, ces
symptômes arrivent au maximum, ils coïncident avec le
gonflement extrême de la région parotidienne entraî¬
nant une déformation caractéristique du visage.
Une boufl'isure d’aspect phlegmoneux étendue à la
moitié correspondante de la face enfouit l’adl dans
l’œdème, la peau rouge et luisante prend une apparence
érysipélateuse. Dans les parotidites bilatérales ; l’as¬
pect est repoussant ; les traits complètement déformés
deviennent méconnaissables, la face double de lar¬
geur, le cou participant à la tuméfaction répond au
type classique du cou proconsulaire. La malade garde
précautionneusement sa tète immobile. La palpation
locale donne à ce moment des renseignements différents
de ceux du premier jour. Sous la peau élastique, le
doigt, qui y laisse son empreinte, perçoit parfois une
pseiulo-fluctuation, une rénitence lointaine, (|ui dé-
note la suppuration de la glande. Le godet que la pal¬
pation détermine sur la peau parotidienne montre l’a¬
bondance de l’cedème, résultat de la compression mé¬
canique de la circulation derctouretaussidcla«throm-
bose de quelques veines » .Morestin). Les troubles de
compression nerveuse sont exceptionnels, pourtant Né-
laton et Gillette ont signalé des paralysies définitives,
consécutive à la destruction du facial. L’état reste le
même pendant quelques jours, généralement trois ou
quatre, puis l’affection évolue vers l’une des destinées
suivantes :
harésolation. Gettc terminaison est fréquente puis¬
que nous la notons (i fois sur dix cas. Elle se produit
brusquement iobserv. 3) ou plus volontiers peu à peu.
I.a température redevient normale, en môme temps
que l’état local s’améliore, la sécrétion salivaire repa¬
raît, l’tedèmc .s’atténue, et les troubles fonctionnels s’é¬
vanouissent. Longtemps après la disparition de tout
phénomène inflammatoire, il persiste une induration
19b
LE PROGRÈS MÉDICAL
très nette de la glande ou d’un certain nombre de, ses
lobules. La un peu moins fréquente est
notée dans nos observations. Atfectant la masse ou
plusieurs points delà parotide frappant une seule glan¬
de, ou les deux simultanément, ou l'une après l'autre,
la suppuration se devine plutôt qu’elle ne s’impose par
le palper de la région. La dissémination des foyers ab-
cédés, la barrière aponévrotique qui les sépare (iu doigt
explorateur, ne permettent pas de sentir bien nettement
la tluctuation. c C’est d’ailleurs un signe tardif quand il
devient manifeste, et d’une façon générale il est pru¬
dent de ne pas l’attendre pour inciser. » (Morestin). En
admettant, en effet, la possibilité d’une tendance heu¬
reuse à fuser vers les téguments et non vers les parties
profondes , il n’en reste pas moins que la collection paroti-
dienne ouverte spontanémeutàla peau occasionuerapour
le moins une cicatrice difformeya tendance chéloïdicnne
et parfois même une étroite et sinueuse listule, laissant
il l’occasion des repasou d’une excitation gustative, sour¬
dre des gouttes de salive. Ce phénomène explique une
partie des cas publiés sous le nom d'èphidosc paroti¬
dienne I Bézardj . Il est enfin une forme heureusement rare
dontnous avons observé un exemple (obs.l), c’est Infor¬
me gangreneuse. Après quelques jours d’une évolution
de tout point semblable à celle de la forme suppurée,
l’affection prend une allure particulière. La peau paro¬
tidienne devient brunâtre, la consistance de la tumé¬
faction paraît pâteuse ; l'état général s’aggrave et dé¬
note une toxi -infection profonde. L’incision ne donne
pas issue à du pus, mais à des lambeaux spbacélés de
couleur vert-de-gris, et d’odeur infecte ; le fond de
la plaie est constitué par des tissus mortifiés bru¬
nâtres, qui s’éliminent les jours suivanis, jusqu’à vi¬
der le creux parotidien. La chute des eschares entraîne
toujours de petites hémorrhagies, et ouvre parfois des
Vaisseaux importants. Lorsque la guérison survient,
elle n’est qu’au prix de pertes de substance et de dé¬
formations profondes de la région parotidienne.
Ladurdedes parolidites post-opératoires varie avec
leur tendance évolutive.
Les formes suppuréessont d’ordinaire les plus lentes;
les formes gangreneuses entraînent généralement la
mort rapidement. Sur dix observations nous notons
une durée moyenne de 12 jours ; nous avons relevé
comme chiffres extrêmes 3 jours et 16 jours.
Les parolidites bilatérales évoluant le plus souvent
en deux temps ont une durée beaucoup plus longue ;
35 jours dans l’observation 1.
Leur PRONOSTIC est sévère. Décelant une atteinte
profonde de la vitalité de l'organisme, elles ajoutent
un surcroît de Iravail à ses moyens de défense déjà
compromis ; aussi, dans deux cas sur dix, voyons-nous
la mort survenir. Suivant la résistance de l’opérée, l'exal¬
tation de la virulence de l’agent infectieux la nature
de la parotidite, etc., la terminaison fatale se pro¬
duit à une période plus ou moins éloignée de la laparo¬
tomie. Dans un cas de Moricke elle est survenue le 9“
jour ; dans un autre cas du même auteur la malade ré¬
sista jusqu’au 35'jour.
.Mais, en règle générale, la guérison est habituelle :
lente et laborieuse, elle esl soin ent retardée par de lé¬
gères rechutes : et immobilise la malade à l’iiopital,
alors môme que sa plaie opératoire est cicatrisée. Dans
notre cas ( parotidite gangreueusc bilatérale), l’opérée ne
peut être considérée comme guérie de sa parotidite
qu’au bout de 5 semaines.
Sérieuse en elle-même, la parotidite post-opératoire
l’est encore par les complications qui peuvent surTj,
nir. Les plus habituelles sont les fusées purulentes,
Surtout résistante au niveau de sa paroi externe, ||
loge parotidienne l’est beaucoup moins en bas etende.
dans ; la marche du pus s’effectue volontiers vers le
pharynx, en arrière duquel une collection se fornij
qui peut ulcérer le pharynx (Richet), ou descendu
vers le thorax (.l.-L. Petit, Ravaton) et déterminer lut
médiastinite suppurée ou une pleurésie purulente : Li
gaine du sterno-cléido-mastoïdien draine parfois le p#
vers la région sus-claviculaire, l’observation 7 en a
un exemple. Enfin la migration et l’ouverture vers î
conduit auditif externe ont été observées, et incriai
nées comme cause d’arthrite temporo-maxilluire d'»
titc/moyenne, et de méningo-encéphalite .
Comme complication nous citerons encore les ht
morrhagies artérielles ou veineuses, d’abondance w
riable, souvent alarmantes, parfois mortelles . Rida
ne sauva un de ses malades qu’au prix de la ligature d
la carotide externe. Gillette moins heureux, n’eût p|
letempsde faire l’hémostase et perdit le sien : Roba
Smith, à l’autopsie d’un enfant atteint de parotidfl
suppurée et mort d’hémorrhagie, constata l’ouvertuB
de la jugulaire interne.
Enfin on a signalé des thromboses des gros tront
veineux (jugulaire, facialcj ou sinusiens (sinus câvw
neux, sinus latéral).
Observation I. (Morel,'. — Grossisse exlra-ulérine rompt
Laparotomie. Parotidite gangreneuse bilatérale. Guérüon.-
Mme P.., 31 ans, entre, à 10 heures du soir, le 27 octoli
1003, salie Chassaignac, à l’hôpital Bichat, dans le seuil
de mon maître, le D-- Picqué. Elle est envoyée pourunew#
d’appendicite, et nous remet une co aâe note de son méde
rin qui mentionne « outre trois crises antérieures, vraiseï
blablement appendiculaires, une irrégularité inaccoulo»
dans les règles depuis quelques mois ». Les symptôme* '
l'entrée n’étaient pas immédiatement alarmants : Tempéi*
ture rectale, 38“ , pouls, 100“ ; ventre peu douloureux ;
gue humide ; pas de nausées ni de vomissements ; unescü
le matin : et par-dessus tout, bon état général. Le le»**'
main matin 28 octobre, on pratique le toucher vaginal,
pendant l’exploration, on a la sensation très nette q»®
collection liquide pelvienne vient de rompre sous l'impnl®
de la main abdominale. On cesse immédiatement tout et*
men, la malade est reportée à son lit avec de grandes P*
cautions, mise à la diète, et étroitement surveillée. Laj*®
née est bonne, et à l'heure de la contre-visite je Irouv»
malade endormie. Mais dans la soirée, versll heures, jaS*
appelé près d’elle. Je la trouve anxieuse, très pâle, etk ’
sage baigné de sueurs ; elle n’a pas vomi, mais accus*
nausées, elle souffre un peu, du ventre, sans pouvoir
ser un maximum douloureux. La température est nor®*
i3T“), mais le pouls, extrêmement rapide (140") est fuJ ||î
tout petit. Ces symptômes, les ronstatations dumatin.e
régularité des règles me font penser à la rupture d'unSe ‘
sesse extra-utérine. L'intervention immédiate propose®,
acceptée, et la malade transportée à la salle d'opéi^
Chloroformisation légère. Laparotomie médiane sous-®^
licale. Le péritoine ouvert, on tombe sur des caillots ^
gains adhérant à l’épiploon et formant capuchon. j
prudemment enlevés, j’amène dans le champ opératoi^
annexes droites, qui ont le volume du poing, et on ^
sang gicler en jet d'une rupture de la portion ampuH»' .
ia trompe droite. Quelques adhérences épiploïques so
bérées, et la trompe gravide enlevée sous ligature.
soigneuse du péritoine, extraction des derniers caiH® ^
ture totale de la paroi, en deux plans. Les suites fu^'®® (.
lument normales et apyrétiques jusqu'au septième J® <
cette date, la température monte brusquement à
compagnant d'un mauvais état général et d’inapp®^
rien, du côté de la plaie, ne justifie ces symptômes-
LE (PROGRÈS MÉDICAL
197
tre estsouple, indolore, les mictions et les selles sont régu¬
lières. Mais le 8' jour, on constate un ffonllement assez con¬
sidérable de la région parolidienne droite.
Le doigt déprime la peau un peu luisante rjui recouvre
cette tutaéfaction et y laisse son empreinte. Les douleurs
sont très vives, spontanées, avec irradiations dans le cou et
dans la nuque. La mastication est impossible, à cause du
trismus, la déglutitionest douloureuse. L'haleine est extrê¬
mement fétide. L’incision de cette parotidite ne donne issue
qu’à un peu de sérosité, qui sourd de la brèche faite dans le
tissu glandulaire mortiüé. Lavage à l’eau oxygénée et drai¬
nage. Malgré la répétition des lavages, pendant deux jours,
on n'obtient aucune sédation des accidents tant locaux que
généraux : le sphacèle continue, et la température persiste.
Le IL jour, apparition d’une parotidite gauche do même as¬
pect que la précédente. L’aspect du visage de la malade est
repoussant. Il a doublé de largeur, on ne distingue plus
aucun contour latéral, les yeux semblent enfouis dans l'œ¬
dème. L’anorexie, le mauvais état général, persistent ; la tem¬
pérature oscille entre 39“ et 39“5. Incision, lavage, et drai¬
nage de la parotidite gauche, constatation de lissu sphacélé
comme du côté opposé. Les lavages furent continués pen¬
dant dix jours, et peu à peu la température redescendit à la
normale ; les symplômes généraux disparurent peu à peu,
teès lentement. Entre temps, les fils avaient été enlevés Je
10' jour, la réunion delà plaie abdominale s’étant faite sans
incident. La malade sortit de l’hOpital, guérie de ses deux
parolidites, et sans fistule salivaire, le 7 décembre.
Observation IL {Chwa^^naz, Journal de médecine de Bordeaux,
n» 41, 1905.) Fibrome utérin avec hydro-salinnx. Castration
uléro- ovarienne. Pui'olidite droite. Guérison. — La nommée
Louise P..., âgée de quarante-cinq ans, entre à l’hôpital Tas-
tet-Girard le 18 juin 1905. Réglée pour la première fois à
douze ans, les règles se sont toujours montrées régulières,
mais très abondantes et douloureuses. Mariée à vingt-trois
ans, première grossesse à vingt-quatre ans, terminée nor¬
malement et à terme ; deuxième grossesse à trente et un
ans, terminée par une fausse couche suivie d’aecidents de
pelvi-peritonite.
Dans les premiers jours d’avril 1905, la malade est prise
subitement de violentes douleurs dans le bas-ventre, accom¬
pagnées de vomissements, de dysurie et de ballonnement.
Deux autres erises présentant les mêmes caractères se pro¬
duisent, l’une à la fin d’avril, l’autre dans le courant du mois
de mai.
b examen général ne révèle rien d’anormal dans les diffé-
|*nls appareils, sauf du côté des organes génitaux : on
ouve dans la région de l'utérus une tumeur qui remonte -à
'-chemin de l’ombilic à la symphyse. Bile est peu mobile,
011 douloureuse. Le coi est normal. L’utérus est fixé et blo¬
que par des tuméfactions annexielles, surtout sensibles dans
® cul-de-sac latéral gauche et dans le Douglas.
'0 21 juin 1905, laparotomie par le professeur Démons. Au
de l’ouverture du péritoine, une anse grêle est Jé-
j intéressée. La plaie intestinale est immédiatement
par un double plan de sutures à la soie.
Ygj®. “““breuses adhérences réunissent le dôme utérin, la
adhé" anses grêles. Les annexes gauches, fortement
"Il descendant, sont kystiques et renferment
est A droite, l’ovaire est kystique, la trompe
niais non augmentée de volume. L’utérus porte
cor,fi^ postérieure un fibrome sous-péritonéal qui oc-
Douglas.
hoa subtotale est pratiquée, suivie de l’abla-
de la annexes des deux côtés. Péritonisation. Fermeture
ban 1 pians. Drainage hypogastrique,
lueiic^ jours qui suivent immédiatement l’opération, fré-
secona • élévation de la température, qui arrive le
’ mais pas de météorisme, pas de vomis-
Le df douleurs.
à 3- O jour, la température est le malin à 36,0 ; le
■^ireusé’À' jour-là apparaît une tuméfaction rouge, dou-
’ dans la région parotidienne droite. La tuméfaction
I va en augmentant les jours suivants, empêchant 1 ouverture
de la bouche etcausant des douleurs très vives.
La température, le 27 juin, atteint 37,6, puis redescend
bientôt à la normale.
La tuméfaction parotidienne, traitée par les pansements
humides, entre lentement en résolution et disparaît sans
avoir jamais présenté aucun signe de suppuration. C’est
seulement quinze jours après son début que la parotidite
peut être considérée comme guérie. Les suites opératoires
ont été normales, à part cette complication, et la plaie a réuni
per primam.
Observation III. (résumée). Condamin. [Soc. de chirurgie de
Lyon, 26 févr. 1903.) — Malade atteinte de môle hydatiforme ;
n'ayant présenté aucun symptôme d’infection. M. Condamin
pratique le curettage de l’utérus ; l'opération fut très facile.
Il n'y eut aucune température au début. Vers le 6* jour
débuta l'inflammation parotidienne ; la température monta;
une tuméfaction bien limitée à la glande atteignit le volume
du poing. Au bout de 5 à 6 jours, la tumeur s’affaissa brus¬
quement en même temps qu’il s’écoulait une grande quan¬
tité de salive.
Observ. IV. Parotidite double suppurée à la suite de l'ablation
■d'un kyste multiloculaire de l’ovaire gauche. Guérison. —
l'S.-.AwjANSKY. (.4)in. deyynéc., Paris, 1885, p. 105.) — Mme A...
K., 44 ans, entre à l’hôpital le 26 janvier 1885. Réglée à
15 ans, régulièrement et sans douleurs ; mariée à 26 ans,
elle a eu 3 enfants à terme. En mai 1884, son ventre a com¬
mencé à. grossir, aujourd’hui il a le développement d’une
grossesse à terme. Le diagnostic porté est : kyste multilocu¬
laire de l’ovaire. Laparotomie le 31 janvier 1885. Ablation
d’un kyste renfermant 8 litres d’un liquide foncé et verdâtre;
le soir de l’opération, la température s’éleva à 38“, puis elle
revint à la normale.
Le huitième jour après l’opération, on relire dix sutures,
Pt le onzième jour toutes les autres. Réunion par première
intention, cicatrice linéaire.
Le douzième jour, la malade commence à éprouver une cer¬
taine gêne au niveau des deux parotides, une irritation super¬
ficielle, et présente un tuméfaction légère de la région. Les
jours suivants, la tumeur augmente considérablement de
volume et entraîne de la gène dans Pacte de la mastication,
de la difficulté de la parole et de la dysphagie. Il existait des
élancements au niveau des parotides. La malade maintient
la tête bien droite, immobile, évitant le moindre déplace¬
ment latéral. 11 lui est (.resque impossible d'ouvrir la bou¬
che. Diminution de l’ouïe et bourdonnements continus dans
les oreilles.
Le soir du treiziéme jour après l’opération, la température
commence à s’élever et monte à 38“. Le troisième jour de la
maladie, elle est à 39”4.
Le septième jour après le début de la parotidite, apparaît,
au-dessus de la tumeur, une rougeur luisante. Il est facile
de constater de la fluctuation au niveau de la parotide
droite.
Le D' E.Pawloff incise à ce moment la tumeur, et il s’écoule
une grande quantité de pus. Le lendemain, c’est-à-dire 20
jours après l’opération, des signes analogues apparaissant
au niveau de la parotidite gauche, on incise également à ce
niveau. Résultat identique.
Enfin, le treizième jour de la maladie, c’est-à-dire le vingt-
cinquième jour après l’opération, la température est refe-
venue normale et ne s’élève plus.
La malade se rétablit rapidement et quitte l’hôpital par¬
faitement guérie. Elle présente une cicatrice, peu apparente,
a I niieau de la région de la glande parotide du côté
droit.
Obs. V. — Parotidite consécutive à Cablation des ovaires. —
Guérison. — Cas du D' Bousquet (Clermont). — B. Marie, 31
ans. Un enfant il y a 12 ans. Depuis 6 mois, pertes abon¬
dantes pour lesquelles elle vient à l’IIôlel-Dieu, le 12 sep¬
tembre. A clé déjà soignée à Brives-la-Gaillarde, où on lui a
fait un curetage.
Examen : Fibrome lisse remontant à 2 fr.Tv rs de doigt
198
LE PROGRES MEDICAL
au-dessoas de l'ombilic.- Culs de sae libres. Col volumineux.
Opération le 18 septembre ; Hystérectomie vaginale... Six
jours après, la malade a avec un état saburral des plus
manifestes. Le ventre est souple, les escharres s’éliminent
bien ; rien de péritonéal, la température osc'îllê entre
et 3Q.
Le huitième jour, poussée de parotidite à droite avec
maux de tète et douleurs vives. Cette poussée évolue nor¬
malement, la glande reste enflammée et volumineuse durant
dix jours, puis tout rentre dans l'ordre : la glande diminue
peu à peu et la température baisse progressivement.
Le 14 octobre, la malade sort du service très bien guérie,
et, depuis lors, elle nous â écrit qu’elle était aussi bien que
possible.
Obs. VL — Parotidite gauche après l'oranotomie. — Mni't. —
Moricke. (Zeitsch. f. G. und, G., 1880.) — La femme Sch., âgée
de 4S ans, réglée à 17 ans, irrégulièrement a accouché dix
fois et avorté trois fois ; la menstruation existe encore ac¬
tuellement. Depuis cinq ans, elle remarque un accroissement
de son corps : ellé a de la douleur et de la difliculté de la
miction. L’abdomen est distendu par une tumeur élastique
et manifestement fluctuante, dans les parties déclives de
l’abdomen, et pendant la narcose, l’utérus est facilement,
distrait delà tumeur ; on ne peut sentir l’ovaire.
Le 29 Juin 79 : Ovariotomie.
La tumeur se trouve à la partie postérieure de l’abdomen,
adhérente, libre seulement à la partie supérieure, et fixée
au cæcum à la partie inférieure, le kyste vient de l’annexe
gauche.
Dans les premiers jours après l’opération, on cote une élé¬
vation de la température ; la fièvre tombe le quatrième jour ;
pas de fièvre le cinquième jour ; le sixième jour au matin pas
de fièvre, mais Je soir on note une tuméfaction et une douleur
de la parotide gauche avec phénomènes fébriles. Le dixième
jour, le pansement fut changé, le ventre est tout à fait plat
et mou, la plaie est cicatrisée, les points de suture sont
enlevés. Le onzième jour, la fluctuation parotidienne étant
manifeste, on incise ; il sort une quantité considérable de
pus, la fièvre tombe, mais réapparaît après un peu moins de
huit jours. Le toucher fait sentir un exsudât considérable
autour de l'utérus. On fit la ponction, mais la température
continua. La malade mourut le 3.")<’ jour après l'opération. Pas
d’autopsie.
Obs. vil — Parotidite droite consêcutirc à ['ovariotomie. —
Mort. — Moricke. {Zeitsch. f. G. und. G., 1880.) — La femme
L.... âgée de 6.7 ans, réglée régulièrement depuis l’âge de 16
ans, a accouché neuf fois. La ménopause est survenue il y a
15 ans. Depuis dix à onze semaines, on remarque dans le
ventre une tuméfaction qui s'est accrue rapidement pendant
les derniers temps. La malade est chétive et anémique.
Le 6 novembre 1879. Ovariotomie : Gros kyste avec contenu
fortement collo'i'de ; ce contenu est gluant et consistant; il ne
s’écoule pas spontanément, mais doit être extrait avec la
main. L’opération ne présente du reste rien de particulier.
Les premiers jours. pas de fièvre : le sixième jour, les glan¬
des sous-maxillaires, sublinguale et parotide droite com-
mençèrent à s’enflammer au milieu de légers phénomènes
fébriles et déjà le lendemain du pus s’écoulait du conduit
de Wharton. L’inflammation gagne le cou avec une lièvre
modérée, le pouls devient petit et très fréquent ; le 17
novembre on incise et il s’écoule une quantité assez consi¬
dérable de pus ; la malade meurt le soir même.
L’autopsie ne fut pas autorisée.
Obs. VIII. — Parotiiitc droite consécutive « l'ovariotomie. —
Guérison. (Moricke. — Zeitsch. f. G. und. G.. 1880.) — La
femme Sch., âgée de 60 ans. a accouché deux fois ; ses rè¬
gles sont irrégulières et peu abondantes. Depuis 2 ans.
elle remarque que son corps a grossi, mais surtout depuis le
dernier trimestre. La malade est une femme forte, sanguine
et corpulente. L’abdomen, très tendu, ne permet pas une ex¬
ploration bien exacte. L'utérus se trouve derrière la tumeur.
les annexes gauches sont tendues plus fortement que
droites : les extrémités inférieures sont fortement œdéifei
liées. I
Le 20 décembre 1879, ovariotomie. Les parois sont gieaa,
etépaisses... Tumeur adhérente. La malade se rétablit rapi¬
dement ; elle n’a pas de fièvre les premiers jours. Le sixièn*
et le septième jour apparaissent de la douleur et de la tumé-l
faction de la parotide droite avec un peu de fièvre, touteh
joue droite prend une apparence Informe et occasionne de b
difficulté pour boire et manger. L'enflure se résorbe et sii
jours après, retour à l’état normal. La malade guérit.
Obs. IX. — Parotidite droite après l'ovariotomie. Guérim.
(Macoonai-dI. {Edimb. med. Journ., 1895, p. 1.020.') — MmeD,
âgée de 42 ans, se plaint d’une tumeur abdominale. Sa
règles ont cessé ity a sept ans. Depuis sept mois, la malade
sent une masse lourde dans sa région iliaque gauche, q
dont elle souffre beaucoup.
L’abdomen est distendu par une tumeur déformé globe-
leusede la grosseur d’une grossesse à terme.
Onfitl’ovariotomiele 28 juin 1884. I.a tumeur pesait il) li¬
vres.
La malade perdit des gaz le troisième jour ; l’intestin font-
tionnale sixième jour et les points de suture furent enletà
le septième jour après l’opération. Huit jours après l'opéra¬
tion, la glande parotide droite enfla considérablement, et
resta dans cel état quinze jours. La guérison de la malade
ne fut d’ailleurs pas interrompue. Elle partit, )e 9 août, ei
bonne santé.
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LE PROGRÈS MÉDICAL
MARCYL GRÉMY médicament spécifi- j
que de la toux, spécialement de la toux des tu¬
berculeux. I
bulletin du progrès médical
Ernest Haeckel et la Philosophie Moniste
Le XIX'- siècle a été le véritable siècle des progrès
scientifiques. Les sciences biologiques surtout ont pris
brusquement un essor étonnant si on compare leurs
conquêtes aux notions rudimentaires, pauvre héritage
des médecins et des naturalistes des époques passées.
Nous pouvons affirmer sans exagération que, dans le
siècle dernier, un pas prodigieux a été fait vers la con¬
naissance de la vérité. Malheureusement, le développe¬
ment des institutions sociales n’a pas suivi l’évolution
des sciences et de leurs applications pratiques. Selon la
constatation d’Alfred Wallace : « pour nous, peuples soi-
disant civilisés nos systèmes de gouvernement, notre jus¬
tice administrative, notre éducation nationale et toute
notre organisation sociale et morale, sont restés à l’état
de barbarie ». Ce conflit nous expose à des terribles ca¬
tastrophes, dont les évènements de Russie ne sont peut-
être qu'un léger prodrome. Il est indispensable de faire
connaître à tous ceux qui peuvent réfléchir et compren¬
dre jusqu’où les découvertes scientifiques ont conduit
l’esprit humain par l’étude empirique de la nature, sur le
chemin de la vérité. Le médecin plus que tout autre doit
apprécier les conquêtes biologiques auxquelles il a pris
une part si active et qui font la base solide de son art
et l’avenir glorieux de sa profession.
Ernest Hœckel, le grand biologiste allemand, disci¬
ple de Darwin et apôtre du transformisme, après avoir
consacré sa vie à la recherche des origines des êtres vi¬
vants en général et de l’homme en particulier, a jugé
bon de terminer sa carrière en condensant en un li¬
vre synthéthique le résultat de ses recherches expéri¬
mentales, et la philosophie qui logiquement en découle.
Pour cela, il a écrit les « Enigmes de F Univers » (1), con¬
firmation et développement des convictions qu’il a ex¬
posées, indiquées et défendues durant de longues an¬
nées, Haeckel avait fait un plus vaste projet, il avait ré¬
solu d’édifier tout un système de philosophie moniste sur
la base de la doctrine évolutionniste ; mais ce projet l’eût
outraîné trop loin. « .Mes forces, écrit-il dans la préfa¬
ce fies Enigmes de l’Univers, ne suffisent plus à la tâche
et bien des symptômes de la vieillesse qui s’approche me
poussent à terminer mon œuvre. D ailleurs, je suis sous
tous les rapports un enfant du XIX° siècle et je veux, le
lour où il se terminera, apposer à mou travail le trait
final. »
.Sagesse admirable de ce savant qui, en entière posses¬
sion de toutes ses facultés intellectuelles, veut mettre de
i-même un terme à ses travaux et écrire dans la plé-
nfie le sa raison son testament philosophique,
r. . i" c’est un véritable testament philosophique que les
^'‘igmes de l’Univers
- *^®®ckel y a pris pour prétexte la résolution du célèbre
j,^oblème posé en 1880 par Emile du Bois-Reymond a
gj^?,®'^ômie des sciences de Berlin au cours d’une séance
....^^J^o^eur de Leibnitz, où le physicien prussien distin-
e(üUu’'***j5 librairie G. Reiiiwal, Kehleiehcr frères et Cie,
"v, U, rue des Saiiits-Péres.
guait sept énigmes de l'Univers (1 . Ernest Haeckel
n’admet qu’une énigme : le problème de la substance ;
toutes les autres s’expliquent ou entrent dans cet unique
inconnu. Et tout le livre sera un e.xposé du conflit entre
la raison et le dogme, où la première n’aura guère de
peine, avec l’appui d’innombrables arguments scientifi¬
ques, à avoir le dessus.
Tout système philosophique, d’après Haeckel, doit ac¬
tuellement se résoudre en deux conceptions :
1“ Le Dualisme, qui « sépare dans l’Univers deux subs¬
tances absolument différentes, un monde matériel et un
Dieu immatériel, qui se pose en face du premier comme
son créateur, son conservateur, son régisseur.
2“ Le Monisme qui réunit dans une substance unique
Dieu etia Nature, le Corps et l’Esprit. Le Monisme d’Haec-
kel n’est pas le Matérialisme qui nie l’esprit et fait du
monde un amas d’atomes morts ; ce n’est pas le spiri¬
tualisme pur, qui nie la matière et ramène l’Univers à un
groupement d’énergies et de forces. C’est un système
qui admet, selon l’affirmation de Gœthe, que « la matière
n’existe jamais, ne peut agir jamais sans l’esprit, et l’es¬
prit jamais sans la matière. » Le Monisme d’Haeckel est
un descendant du Naturalisme de Lucrèce et lé fils légi¬
time du panthéisme de Spinoza.
A l’appui de sa doctrine, Hœckel cherche les arguments
dans la nature ; il démontre que, dans la série animale,
l’homme tient son rang mais n’est nullementun être <à part,
privilégié. L’étude de l’anatomie de notre corps montre la
conformité d’ensemble et de détails qui existe entre l’or¬
ganisation de l’homme et celle des mammifères. Avec
la physiologie il établit, sans qu’il soit possible de met¬
tre en doute ces constatations, l’identité dans la struc¬
ture du corps et dans toutes les fonctions delà vie entre
l’homme et le singe. L’embryologie humaine et comparée
permet encore moins de séparer l’homme des autres
vertébrés.
Les recherches phylogéniques montrent que l’homme
encore descend des vertébrés et directement des prima¬
tes. Tout penseur impartial et conséquent est, à ce jour,
obligé d’admettre que cette généalogie de l’homme
n’est plus une vague hypothèse, mais un fait histori¬
que.
Passant dans le domaine psychologique, Hœckel étu¬
die la nature de l’âme, il démontre toute la confusion
qui a régné jusqu’à notre époque dans les études psy¬
chologiques et la faiblesse des résultats de la psycholo¬
gie introspective si elle n’est pas secondée par la psy¬
chologie physique et comparée.
La psychologie n’est, en somme, qu’une branche de la
physiologie. La psychologie comparée nous permet de
nous faire une idée de la vie psychique bornée, chez les
êtres inférieurs, au plaisir et à la douleur, formes rudi¬
mentaires de l’attraction et de la répulsion. Puis par une
longue série d’intermédiaires de plus en plus élevés
nous sommes conduits par transition aux phénomènes
si comple.xesde l’âme humaine consciente et raisonnable.
L’âme, du reste, évolue comme le corps, et il est facile
de se rendre compte, même par une observation super¬
ficielle, des modifications qui s’y manifestent chez l’en¬
fant, l’adulte et le vieillard ; elle évolue aussi progres¬
sivement dans la série des êtres, et la complexité des
phénomènes qui la caractérisent est en rapport direct
1) Les sept énigmes de Du Dois-Reymond sont : 1“ La- nature de
la matière et de la force, 2” l'origine <Iu mouvement, I:i première
apparition de la vie, 4* la finalité de la nature, 5* l'apparition de la
simple sensation et de la conscience, 0" ta raison et la pensée avec
l’origine du langage, "ï” la (piestion du libre arbitre.
200
LE PROGRÈS MÉDICAL
1
avec le développement des organes nerveux (cerveau
dont elle est la fonction.
La conscience n’est pas, quoi qu'en ait dit du Bois-
Reymond, une énigme inexplicable. On la voit naître
chez l’enfant à mesure que les sensations se multiplient
et que les phénomènes cérébraux se manifestent.
L’enfant prend peu à peu conscience de son moi, de
sa personnalité. Et cotte conscience que nous voyons
naître chez l’enfant, nous la voyons se développer chez
les êtres à mesure que nous remontons l’échelle ani¬
male, et chez les hommes en général sous l’influence
des progrès de culture et de civilisation.
Hœckel aborde ensuite le problème de l’immortalité de
l’àme, de l’athanatisme, selon l’expression qu’il adopte.
Il énumère les preuves misérables que théologiens
et philosophes ont été obligés de chercher. Kant n’avait
pu faire de l’immortalité de l’àme une connaissance de
la raison pure ; voulant l’admettre en dépit du bon sens,
il en avait été réduit à en faire « un postulat de la rai¬
son pratique ». Aucun des arguments tendant à démon¬
trer l’immortalité de l’âme n’a pu supporter l’examen de
la critique scientifique, et l’on n’a pu trouver mieux que
d’en faire un article de foi, une croyance transcendante.
Cette croyance en l’immortalité de l’âme est une basse
superstition et chaque peuple, selon son degré de sau¬
vagerie, fait de la vie future de cette âme immortelle un
tableau plus on moins grossier correspondant toujours
à la vie qu’il mène sur la terre. Chaque croyant tend à
lui donner dans le paradis on il voudrait la faire survi¬
vre. les satisfactions passionnelles qui’l apprécie le plus
ici bas. « La croyance à l’immortalité de l’âme, conclut
Haeckel, est un dogme qui se trouve en contradiction
insoluble avec les données expérimentales les plus cer¬
taines de la science moderne ».
Haeckel aborde enfin l’établissement scientifique de
son système moniste. Il le base sur la loi fondamentale
cosmologique la loi de substance, qui elle-même réunit
deux lois naturelles :
]“La loi chimique de conservation de la matière, que
le chimiste français Lavoisier,en 1789, définit: La somme
de matière qui remplit V espace infini est constante. 2° La
loi de la conservation de la force formulée par le méde¬
cin souabe Robert Mayer en 1842 ; La somme de force
qui agit dans l’espace infini et produit tous les phénomènes
est constante. Cette dernière loi fut précisée et dévelop¬
pée par Ilelmhotz en 1847. La création, telle que l’ad¬
mettent les religions, ne peut s’accorder avec les cons¬
tatations scientifiques. Haeckel lui substitue l’évolu¬
tion. Il admet que de toute éterni.é l’univers infini a été,
est et restera soumis à la loi de substance. L’espace est
infiniment grand et illimité, il n'est jamais vide,
mais partout rempli de substance. Le temps est, de
même, infini, sans commencement ni fin, c’est l’éternité.
La substance se trouve partout, en tous temps, d \ns un
continuel état de mouvement, le repos parfait n’existe
pas ; la quantité de matière demeure aussi invariable
que la quantité d’énergie. Le mouvement éternel dans
l’espace est un cercle éternel avec des phases d’évolu¬
tion se répétant périodiquement. Ces phases d évolution
consistent en une alternance périodique des conditions
d’agrégat, et la principale estla différenciation delà subs¬
tance en masse pondérable et éther Impondérable. Cette
condensation donne naissance à des corps célestes, qui
ensuite se détruisent en s’entrechoquant. Des sommes
inouïes de chaleur ainsi produites se transforment en
forces nouvelles qui mettent en mouvement les pous¬
sières cosmiques, amènent de nouveau leur agrégat en
nouveaux corps célestes, et ce jeu éternel se contini
indéfiniment. Le soleil est un de ces corps célestes don
notre terre est un fragment désagrégé.
Dans ces corps se produisent les phénomènes néc^
saires à la vie, les êtres formés évoluent, se transfoi
ment sous l’influence de la sélection. Le développemei
de l'univers entier est un processus mécanique uniform
dans lequel on ne peut découvrir ni de but, ni de fin.
Haeckel traite le problème de la divinité dans un chs
pitre intitulé Dieu et le monde. Il montre les formes vj
riées que prendle Dieuanthropomorphedes diversescoi
ceptions religieuses. Il étudie tour à tour le polythéi»
me qui persiste dans le catholicisme avec le culte de h
vierge et des innombrables saints, le triplothéisme (doc
trine de la trinité), l’amphithéisme, où l’on voit, commi
encore dans le christianisme, le principe du bien en lutti
avec le principe du mal, le monothéisme qui n’existe
guère à l'étafde pureté que dans l’islamisme, le my.xo-
théisme qui est la forme la plus fréquente des religions
où se trouvent réunies des conceptions différentes par¬
fois contradictoires (unité de Dieu et trinité dans le
christianisme).
Toutes ces religions ont fait de Dieu un être personnel
extramondain. La philosophie moniste confond Dieu
avec le monde, l’admet intramondain, en un mot est
panthéiste.
Haeckel, comme tout savant, ne se fait pas d’illusiou
sur les lacune^ scientifiques que présente son système.
Nous ne savons pas, nous ne saurons jamais toute lavé
rité. Ces lacunes se comblent au fur à mesure des pro¬
grès delà science, mais en attendant quelles soient com¬
blées, nous sommesen droit de remplir les vides qu’elles
laissent par des hypothèses que Haeckel appelle des
croyances. Rétablit une différence très nette entre ces
croyances superstitieuses des religions révélées et ces
croyances scientifiques; les secondes expliquent les faits
en s’harmonisant avec les lois indiscutables de la na¬
ture ; les premières font intervenir simplement, pour ré¬
soudre le problème, l’extravagant surnaturel, le miracle.
Et logiquement, le grand transformiste est conduit à
établir un parallèle entre la science et le christianisme, à
exposer le conflit irréductible qui doit exister entre l’ex¬
périence scientifique et la révélation chrétienne.
Le christianisme des premiers âges eut d’abord comme
règle le seul noble principe de l’amour universel dn
prochain et les obligations morales qui en résultent-
Les chrétiens des premiers siècles étaient des sortes de
communistes ou des démocrates-socialistes que le®
gouvernements poursuivraient encore à notre époque-
Petit à petit, cette pure morale de Tamour d’autrui
s’est déformée en un instrument d’oppression et est
devenue le papisme,qui,à partir du IV' siècle, au concile
de Nice (327), sous la direction de l’empereur Constantin)
déclara une guerre sans merci à la science et fut cause
de la longue période d’ignorance médiévale .
La Réforme survint, et alors commença la <■ renais*
sance de la raison enchaînée ». Mais les Réforma* |
teurs, malgré leur hardiesse, ne surent se libérer co®'
plètement des superstitions papistes.
C’est ainsi que Luther condamna la découverte
Copernic, parce que Josué avait ordonné au Soleil c j
non à la Terre de s’arrêter, et que Calvin fit brûler *
Genève .Michel Servet, le médecin espagnol qui avait es*
attaquer la croyance en la Trinité. . j
Mais au XIX* siécle,le christianisme affecta un nou?®
avatar, il devint un pseudo-christianisme où les crû}
ances, trop ébranlées par les progrès de la connaissau
LE PROGRÈS MÉDICAL
201
delà nature, ne furent piastres solides ni très sincères.
Le pape en fut réduit, pour ranimer le zèle de ses fidèles
à jeter successivement les plus formidables défis à la
science et au sens commun. Ce fut d’abord en décembre
1854 la proclamation du dogme de l’immaculée Concep¬
tion, puis en 1864 l’Encyclique, qui condamne toute la 1
civilisation et toute la culture intellectuelle moderlie. '
Le Syllabus aggravait l’Encyclique en énumérant et !
anathémisant la raison et les vérités les plus indiscutées I
de la science. Enfin le 13 juillet 1870, le pape mettait le |
comble à cette e.xtravagante lutte contre la vérité en i
déclarant son infaillibilité. j
En face de ces transformations du christianisme,
Haeckel dresse la religion moniste de la raisoif qui
s’harmonise avec la science, et le triple idéal de son
culte est le vrai, le beau et le bien. Sa religion est la ,
religion de la nature. Tout y reste soumis à l’éternel j
grand rythme de 1’ « apparition’ et de la disparition » j
qui régit l’Univers. Cette religion a son temple partout, '
son église est la splendide nature elle-même. i
Ce système a aussi sa morale. Elle n’y est pas en ;
contradiction avec les premiers principes, comme celle
de Kant, qui, après avoir édifié son merveilleux palais de
cristal de la raison pure, crut nécessaire d’y construire
le château de cartes de la raison pratique pour y abri¬
ter les trois fameux postulats mystiques (Dieu, l’àme (
immortelle et le libre arbitre). La morale du monisme
est simple : elle consiste à établir l’équivalence de
l’égoïsme et de l’altruisme. L’égoïsme tend à la ;
conservation de l’individu, l’altruisme à la conser¬
vation de l’espèce. La règle d’or de celte loi morale ;
n’est autre que le précepte des chrétiens des premiers
siècles : « Fais aux autres ce que tu veux qu’ils te fas¬
sent ». Il n’y a dans la morale de la religion moniste
aucun mépris imposé aux fidèles comme dans le catho- |
licisme, qui ordonne tour â tour le mépris de soi-même, l
le mépris du corps, le mépris de la nature, le mépris de
la civilisation etdesesconquêtes, les biens terrestres, le
mépris de la femme et de la famille, en exaltant la sain- ’
teté du célibat.
Telle est cette superbe doctrine philosophique moniste :
basée sur les sciences biologiques, telle que Ernest llœc-
kell’a condensée dans sonlivre : Les E nigmes de V Univers.
Cette religion de la science sera peut-être la religion de
l’avenir, quand l’homme, plus généralement instruit, I
sera capable de raisonner et de comprendre. Les énig¬
mes de l’Univers s’y réduisent à une seule mais absolu¬
ment insoluble, le problème de la substance.
Il est permis de ne pas adopter le système scientifique >
d Haeckel formé en partie de très séduisantes hypo¬
thèses. Mais ce qui résulte de cette philosophie basée
l’empirisme, c’est un grand amour de la tolérance,
k’homme doué de l’esprit véritablement scientifique
D admet que les vérités qu’il peut constater avec ses
sens, mesurer ou observer avec les instruments qui en !
^wgmentent la puissance, mais sa certitude se borne là.
1 sait que son cerveau et ses organes ont une puissance |
•mitée qu’il pourra augmenter et étendre, mais qui ne
sera jamais infinie.
Quel que soit donc son enthousiasme dans la défense
.es théories qu’il échafaude, des hypothèses qu’il émet, ;
^^••e se croira jamais en possession de la vérité absolue
) par conséquent, il restera sceptique et ne cherchera i
mais à imposer ses idées à ceux qui l’entourent. Nous
® ^I^eckel terminer l’étude des Enig-
affi' ^P^tivers par un appel à cette tolérance, par une
rniation du doute scientifique. Nous eussions voulu
l’entendre proclamer que les véritables et seuls ennemis
du progrès sont les fanatiques qui, savants ou religieux,
sont assez convaincus déposséder la vérité absolue pour
vouloir, envers et contre tout, l’imposer aux autres.
J. Noir.
L'eau oxygénée chimiquement pure et neutre ne peut
être obtenue qu'en diluant le
PERHYDROL-MERCK, titrée à 100 voi.
SOCIÉTÉS SAVANTES
AUâDKMIE DES SCIE.NCES
Séances des LJ cl 19 mars 1900.
Sur les effets de la luherculine absorbée par le liibe di(jeslif chez
les animaux sains el chez les animaux tuberculeux :
.MM. .4. Cai.mettf. et M. Breton adressent les résultats de'
leurs expériences sur l'ingestion de tuberculine : tout comme
l'ingestion de bacilles tuberculeux tués, l’absorption de tuber¬
culine parles voies digestives entraîne,chez les cobayes, même
sains, des accidents mortels si les doses administrées sont
suftisantes; cette toxicité est surtout manifeste chez les ani¬
maux jeunes ; fingestion dedoses progressivement croissantes
de la substance toxique ne détermine aucune accoutumance.
Chez les cobayes tuberculeux, on constate toujours une
réaction après ingestion d’une dose de 0 gr. 001 milligr. de
tuberculine, dose inoll'ensive pour l’animal sain, lien résulte
que la réaction à la tuberculine peut être recherchée, au
moins chez les animaux, par l’ingestion aussi bien que par
l’inoculation sous-cutanée de cette substance.
Rayons .Y et activité génitale.
M. Vii.i.EMiN montre par des expériences que l’atrophie
testiculaire consécutive à faction des rayons de Roentgen porte
exclusivement sur la glande séminale et nullement sur la
glande interstitielle. L’intégrité du tractus génital (nptam-
menl des vésicules séminales) et la persistance de l’instinct
sexuel chez les animaux ainsi traités prouve bien l’indépen¬
dance physiologique des glandes eii question.
La réaction du sang, fonction de la nutrition.
M. J. Gautrei.f.t, se fondant sur de nombreux dosages hé-
moglobiniques et hémo-alcalimétriques arrive à la conclu¬
sion qu’il y a un parallélisme absolu entre f alcalinité appa¬
rente du sang et l’activité des échanges organiques mesurée
par le titre hémoglobinique. En d’autres termes, la réaction
humorale suit les vicissitudes de la nutrition : (juand celle-ci
est ralentie, l’alcalinité du sang diminue, et inversement ; et
il est intéressant de noter que cette règle se vérifie également
(ju’il s’agisse de la série animale ou des diverses conditions
d'un même individu.
.Analyse des bacilles tuebrculevx.
M. B.aijdran déduit de ses expériences la composition sui¬
vante des bacilles tuberculeux : ceux-ci contiennent 36 à
44 % de subtances grasses, 3 à 4 % de nucléine, 3,60 à 5,50 %
decellulose.Ogr. 006 à 0 gr. 008 % de fer, des traces de man¬
ganèse, et 50 à 56 % de substances albuminoïdes. La quantité
de fer est supérieure de quelques milligrammes dans le ba¬
cille humain.
Sur la toxine et l'antitoxine cholérigues.
MM. Brau et Denier. — On peut obtenir en milieu albumi¬
neux une toxine soluble avec tous les vibrions cholériques
authentiques. Injectée dans les veines, cette toxine manifeste
brusquement ses effets, sans période d’incubation ; la dose
mortelle, pour le cobaye, est d'un quart à un dixième de
cent, cube en injection intra-xeinMise, d’un demi-centimètre
cube en injection sous-cutané-e ou intra-péritonéale ; chez le
lapin elle est sensiblement plus élevée. Les animaux sontdif-
202
LE PROGRÈS MEDICAL
cilement immunisables quand on leur injecte la toxine sous
la peau : ils acrjuièrent, au contraire, l’immunité active à la
suite des injections intra-veineuses, et leur sérum acquiert
alors des propriétés antitoxiques ; un cheval ayant re^u dans
les veines, en six mois, un demi-litre de toxine, fournit un
sérum qui, à la dose d’un cinquantième de centimètre cube,
neutralise in i’itro,après trente minutes de contact, deux doses
mortelles de toxine cholérique. Injecté préventivement sous
ta peau, ce sérum protège le cobaye pendant une dizaine de
jours environ ; il est également curatif s’il est introduit dans
le péritoine. Outre son pouvoir antitoxiqne, ce sérum pré¬
sente encore des propriétés microbiennes, agglutinantes et
précipitantes. On peut également obtenir un sérum anti¬
toxique en injectant des cultures vivantes de vibrion cholé¬
rique dans lés veines du cheval ; ce sérum est même plus ac¬
tif que celui qui est préparé avec les toxines solubles.
_ M. I>HI9AI.IX.
SOLIÊTÉ DE BlOLOtilE.
Séance du 24 mars 1906.
Action du foie sur les extraits inleslimmx.
MM. Roger et Josué. — En injectant dans les veines de
l'extrait de la paroi d’intestin grêle du lapin, il y a diminu¬
tion considérable et prolongée de la pression artérielle. Des
(juantités trop faibles pour produire ces variations rendent
l’animal réfractaire aux doses plus élevées.
Le foie arrête-t-il la substance hypotensive 2
L’extrait concentré injecté dans une branche d’origine de
la veine porte ne produit aucune action hépatique ; le foie, en
effet, ne peut arrêter que les substances en dilution faible ;
qu’il s’agisse de glycose ou de poison, les solutions concen¬
trées traversent librement le foie ; les extraits étendus
d’eau, au contraire, se montrent moins énergiqües dans les
injections intra-veineuses qu'avant la dilution. L’extrait
tlilué, injecté dans une branche de la veine porte n’abaisse la
pression que dans des proportions minimes.
Si le foie neutralise le pouvoir hypotensif des extraits
intestinaux, il laisse subsister, par une véritable sélection pro¬
tectrice, l’action immunisante. L’n animal qui a reçu une dose
unique par la veine porte, suivie d’une injection des veines
périphériques, dix minutes plus tard, de 5 à 6 cent, cubes
d’extrait non dilué, ne subit aucune modification de la pres¬
sion sanguine.
Salicylate de soude contre l’érysipèle.
MM. Lortat^acob et ViTRY ont fait une série d’expérien¬
ces pour démontrer l’action préventive du salicylate de soude
contre le streptocoque.
Dans trois séries d’expériences, ils ont obtenu, avec les
injections intraveineuses de petites doses répétées de salicy¬
late de soude, une augmentation de résistance du lapin à
l’inoculation consécutive du streptocoque. .\vec un strepto¬
coque de virulence forte l’animal meurt en 5 jours, tandis
que le témoin, non traité, meurt en ‘à jours. Avec un strepto¬
coque de moyenne virulence, aucun accident local ; tandis
(jue les témoins ont un érysipèle typique et meurent en 6
jours, les animaux injectés ne meurent pas.
Microbisme normal de l'apikêndice.
M.VI. Gilbert et Lippmann apportent le résumé d^e leurs
recherches sur la bactériologie de l appendice chez le lapin,
et surtout le chien dont l'alimentation et la forme de l’ap¬
pendice se rapprochent de l’homme. Les auteurs ont pu cons¬
tater que, à l’état normal, l’appendice a une More micro¬
bienne très variée et très abondante. Les anaérobies l'empor¬
tent ; le colibacille pullule abondamment et constamment,
empêchant la culture des autres germes. Les anaérobies ap¬
partiennent à la flore microbienne normale des voies biliai¬
res, salivaires et pancréatiques et ont été décrits dans les
appendicites et surtout les appendicites fétides. l,e régime
alimentaire influe sur la qualité du microbisme appendi¬
culaire. »
]Hrits rabicfiie et Hrus antirabique,
M. Remi.incer. — Le vrrus rabique se propage presefue uni¬
quement par les nerfs. Les lymphatiques ne jouent qu’un
rôle très ellacé. -Les animaux auxquels on inocule le viru?
rabique dans les ganglions ne contractent presque jamaia
la rage, et dans ce cas la voie de propagation est par les
nerfs ganglionnaires. Le vaccin antirabique, au contraire,
suit la voie lymphatique ; les ganglions axillaires sont sou¬
vent engorgés au cours du traitement pasteurien, autrement
il serait indiqué de faire les inoculations dans les régions
riches en nerfs, et dans les cas urgents, dans le canal rachidien
la voie épidurale ou sous-arachino'idienne. s
Action ^précipitante du suc gastrique sur le suc pancréatique.
M. 11. Iscovesco a vu que le suc gastrique total précipite
le suc pancréatique total ou dialysé sans que l’acide du suc
gastrique en soit la cause.
Le collo'ide positif du suc gastrique forme avec le colloïde
négatif du suc pancréatique une combinaison, un complexe
insoluble dans un milieu légèrement acidifié par l'acide
chlorhydrique, et dissous dans un milieu fortement acidifié
par l’acide chlorhydrique.
Ces faits sont importants au point de vue du pouvoir
digestif dos mélanges des sucs g3stric{ue et pancréatique.
E. P.
VGADÉVllE DE MÉDECINE
Séance du 27 mars.
La morbidité coloniale en 190i.
M. Kermorgant lit un rapport sur la situation sanitaire de
nos colonies en 1904. Les faits les plus importants sont : 1» le
rôle prépondérant de l’alcoolisme dans la tuberculose et les
hépatites des pays chauds ; 2“ la fréquence croissante de la
lèpre et de la maladie du sommeil ; 3° les ravages sévères de
la grippe à Madagascar ; 4“ les résultats obtenus contre l’im-
paludisme et sa r^ression manifeste dans les localités où l’on
poursuit méthodiquement la destruction des larves d’ano¬
phèles, où l’on a régulièrement recours à la quinine, soit à
titre préventif, soit à titre curatif.
Les verres jaunesen ophtalmologie.
M. Mot Aïs (d’.ùngers), afin de protéger delà lumière les
yeux sensibles, emploie, depuis quinze ans, des verres jaunes
légèrement orangés, dits verres jaunes hygiéniques.
Ces verres donnent un éclairement remarquable. Le ciel et
les objets sont illuminés de tons chauds, très agréables à l’œil.
En outre, et malgré cette luminosité, ils produisent un effet
calmant, en sorte qu'avec des teintes proportionnées à l’inten¬
sité de la lumière ou à l’iiyperesthésie rétinienne, on peut
préserver les yeux les plus sensibles.
L’éclairement des verres jaunes est surtout précieux lors¬
que l’acuité visuelle des naalades est notablement affaiblie
(rétinites, choroïdites, myopie progressive, atrophie des nerfs
optiques, kératites, etc.) Avec les verres bleus ou fumés, cfô
malades n’y voient plus. Avec les verres jaunes, au moins
aussi calmants. 1 éclairement est à peine diminué, même
dans les teintes foncées.
D’après les expériences deM.Javal. reprises par MM. Tscher-
ning et d autres, la double action éclairante et calmante, con¬
tradictoire en apparence, des verres jaunes, s’exphque par la
suppression des rayons chimiques.
Mortalité tuberculeuse en France eten Allemagne.
M. Hucward termine cette discussion par un très beau dis¬
cours montrant que la déclaration obligatoire est inutil®
tant qu’on ne s’attaquera pas aux causes mêmes de la tuber¬
culose : l’alimentation insuffisante, les logements insalubres,
l’alcoolisme surtout. 11 montre avec éloquence toute l’étendue
du péril alcoolique et le nombre croissant des cabarets. 11 mon¬
tre la décroissance de la tuberculose, suivant, en Suède et en
Norwège la lutte sévère contre l’alcoolisme. 11 signale l'inter¬
diction de labsinthe en Belgique. Mais se décidera-t-on j*'
mais à agir dans un pays où le marchand de vin est roi.
M. Goéniot .déclare la discussion close et renvoie les nota-
breuses propositions faites à la Commission permanente n®
la tuberculose. Celle-ci lescondensera et déposera son rapport-
LE PROGRÈS MÉDICAL
203
LHe s’adjoindra pour cette rédaction les membres de l’Acadé-
niie qui ont formulé des yœux. A.-F. Plicque.
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE
Séance du 21 mars l'.lOti
Périsigmoïdîte.
\I. Lbjars. — On ne doit ranger sous ce nom que les inflam¬
mations d’origine intestinale. Il importe, de plus, de faire la
distinction entre les inflammations de TS iliaque, tes sigmdi-
dites, et celles du tissu cellulaire périsigmoidien ; périsigmoï-
dite. M. Lejars relate un cas desîgmoïdite survenu chez une
femme, qui, dix jours après l’accouchement, accusa une dou¬
leur vive dans la fosse iliaque gauche, avec fièvre, constipa¬
tion et sensation de gros boudin à la palpation. Vu bout de
dix jours les accidents s'amendèrent, pour se réveiller de
nouveau quelipies jours après. Guérison définitive après cette
rechute.
Les fénsigmoïdites peuvent être aiguës ou chroniques. Ces
dernières peuvent mettre de longs mois, des années même
à évoluer et, la distinction d’avec un néoplasme est très diffi¬
cile, témoin le cas de M. Monod et celui d’une femme chez
laquelle \I. Lejars porta le diagnostic de néoplasmse à cause
des douleurs, de la diarrhée, de la cachexie et de la tumeur
iliaque gauche : or tous les troubles disparurent par le repos
et le traitement médical.
M. Tuffier est intervenu deux fois dans des cas de périsig-
moïdite aiguë ; de plus, il relate l’observation d’un homme
âgé de 45 ans chez lequel on porta le diagnostic de néoplasme
de rs iliaque, et l’étatgénéral fut jugé si mauvais qu’on s’abs¬
tint de toute intervention ; or le malade guérit complètement
par le repos.
M. Second est intervenu deux fois chez des malades atteint
l’un depéricolite sugpnrée gauche ; l’autre d’une périsigmoïdite
suppurée diagnostiquée néoplasme de l’iliaque. Incision sim¬
ple et guérison dans les deux cas.
Stérüisation des gants encfioittehouc employés en chirurgie.
M. Chaput insiste sur les avantages du modèle de gants
qu’il emploie depuis 1899 : largeur et brièveté des doigtiers .
Leur stérilisation s'obtient par le simple ébouillantage dans
l’eau pendant une heure. Gomme d’habitude, les gants se
gonflent d’air, surnagent et risquent d’échapper en partie à
la stérilisation. VL Chaput conseille d’employer un bouilleur
spécial où les gants sont fixés sur un chevalet (fui repose au
fond du bouilleur. C atz.
SOCIÉTÉ MÉDICVLE DES HOPITAl \.
Séance du TS mars.
Ascite et pleurésie opalescentes chez une rardiague. Jtéurlion
myéloïde considérable du sang.'
MVI. Rénon et TraiER ont observé pendant plusieurs mois
iine malade cardiaque, qui présentait de l’ascite et de la
pleurésie opalescentes. L’examen du sang révéla une réaction
myéloïde intense. Cette opalescence n’était pas due à une alté-
mhon des chylifères. Ils excluent également un passage possi-
hledu liquide ascitique péritonéal dans la cavité pleurale à tra-
' ers les lymphatiques du diaphragme et expliquent la teinte
tles liquides épanchés par la dégénérescence et la désintégra-
lon des cellules altérées, en suspension dans le liquide. Les
tuteurs ne croient pas non plus à un rapport de cause à
la présence du liquide opalescent et la réaction
myeloïde intense du sang (8 myélocytes neutrophiles, 29
^maties nucléées pour 100 leucocytes). Cette réaction peut
J, provoquée par un état infectieux (luelconque, qui irrite
une façon lente et continue les organes hématopoiéti<iues.
auf ^ opinion va à l’encontre de la théorie de quelques
il veulent que, pourla production delà myélocytose,
aille une infection spécifique (variole, purpura).
“'enalite spécifique de radiiüe. Présence du tréponème pâle de
Schandinn.
mquET et Sézary apportent une première observation
a Présence du tréponème de Scliaudinn dans les viscères
d’un adulte syphilitique. Le malade entra dans le service
pour un chancre avec sypbilides papuleuses des bourses. 11
présenta en même temps un syndrome addisonnien fruste,
mais net, dont il guérit par le traitement. Revenu deux mois
après pour récidive des syphilides scrotales, le malade, suc¬
comba à une hémorrhagie cérébrale. V l’examen des viscères,
on ne trouva lésées que les capsules surrénales : elles étaient
très hypertrophiées, sclérosées, avec infiltration lymphocyti-
que nodulaire et contenaient en quantité considérable sur¬
tout dans la zone fasciculée.le tréponème pâle. Ces tréponèmes
ne furent trouvés ni dans les papules ni dans les ganglions
inguinaux. Aucun des antres viscères n’en contenait. La
surrénalite syphilitique, dont quehpies observations cliniques
existent, a désormais une base anatomique précise. Elle
joue peut-être un rôle dans la pathogénie des localisations
spécifiques. Friedel.
SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DE PARIS
Séance du 24 mars igo6. — Prksidenxe ne
MM. Berne et Desnos.
La séance est ouverte à 4 h. 55.
Le procès-verbal delà précédente séance est adopté à
l’unanimité.
CoHRESPONDA.NCE IMPRIMÉE. — Revues et joiimaux habi¬
tuels. — « L'euca'ine et la stovaine en obstétrique » du D’
Samuel Gâche ; « Clinical contributions », de Thôpital des
Massachussets ; « LaFécondité de la femme dans j o paysn .
du D’ Samuel Gâche; La Pformandie médicale ; Le Droit
Médical ».
Correspondance manuscrite. — 1“ Lettre do candidature
au titulariat de M.le D’ Blondin, ancien interne des hô¬
pitaux ; parrains ; MM. Delherm et Duclaux. Cette de¬
mande est prise en considération par la Société ; 2° Lettre
d’excuses de M.Leudet,quine peut assister à la séance ;
3“ lettre du secrétaire général delà Société de médecine
et de chirurgie pratiques annonçant que cette Société a
chargé son bureau de se mettre en rapport avec les com¬
missions nommées par les Sociétés de médecine de Paris
et médico-chirurgicale.
L’ « Association des médecins de langue française de
l'Amérique du Nord » invite, par une lettre circulaire, la
Société de médecine à se faire représenter à son 3” Con¬
grès, qui se tiendra à Trois-Rivières (Canada) les 2(5, 27
et 28 juin 1906. Les principales questions traitées seront :
1“ la tuberculose : 2" l’aleoolisme; 3'* l’hygiène infantile.
M. LE Président, au nom de la Société, remercie l’As¬
sociation des médecins de langue française de l’Amé¬
rique du Nord ; la Société de méilecihe délègue M. Adels-
tan de Martigny, membre correspondant à Montréal,
pour la représenter à ce Congrès.
M. LE Secréfaire général annonce le décès de M. le
D’H. Devalz, membre correspondant aux Eaux-Bonii es ;
il a adressé une lettre de condoléance à sa veuve au
nom de la Société.
M. Stassano, au nom du DMuHien, empêché, et au sien,
fait une communication sur : Cinq cas de gommes
traitées par le levurargyre. {Sera publiée.)
M. Graux demande la dose exactedu médicament.
M. Stassano. — Pour les cas secondaires, nous avons
donné 3 fois par semaine une injection de 10 cm-' de
levurargyre ; bons résultats. — Dans les cas graves,
nous avons injecté jusqu’à lOO cm" de levurargyre ; mais
nous avons vu que ces doses massives étaient inutiles,
et nous obtenons de bons résultats en employant 10 cm"
en moyenne par injection. — Le lévurargyre est du mer¬
cure fixé par de la levure de bière que je cultive, et ad¬
ditionnée de bichlorure de mercure.
Le fait d’injecter 3 fois par semaine 10 cm" de lévura-
gyre repré.sente 9 milligrammes de mercure métal.
M. Duclaux. — Quel est l’avautage de cette médica¬
tion ?
M. Stassano. — C’est d’employer une moindre quantité
de mercure métal.
204
LE PROGRÈS MEDICAL'
?
M. Lematte. — l’endaiit longtemps, ou a cru que plus
on augmentait la dose des médicaments, plus l’organisme
en profitait : ceci est absolument faux.
Si on donne du phosphore sous forme de nucléo-pré-
téide vivante, on a une fixation du phosphore sur la
molécule.
Pour le mercure, on a dit souvent à tort : le composé
le plus riche en mercure sera le plus apte à guérir la
syphilis.
Les expériences de M. Stassano prouvent que, pour
agir bien et vite, il faut que le mercure, comme tous les
métaux pour agir convenablement, passe par un milieu
organique. Et ce qui est vrai pour le mercure est vrai
pour l’iode, et tant d’autres.
M. Stassano. —Je remercie M. Lematte d’avoir mis
la question au point, et je tenais aujourd’hui à publier
surtout des cas spéciaux.
M. Berne. — L’intéressante communication de nos
confrères Jullien et Stassano nous permet de constater,
sur l’épreuve radiographique, l'aspect réel de l'hyperos-
tose syphilitique du tibia.
Nous rapprochons cet état de celui constaté pour la
première fois par le professeur Lannelongue, sur les
tibias dans la syphilis héréditaire à détermination
osseuse, le tibia des héréditaires, tibia en « lame de
sabre », appelé aussi « tibia Lannelongue » ne présente
pas de déviation de l'axe de l’os. Même chose dans ce
cas de syphilis osseuse chez l’adulte dont nous voyous
la reproduction radiographique de profil.
Sur la planche soumise à notre examen, le tibia parait
convexe et incurvé, mais n’est que modifié dans sa forme
et non dans la direction de son axe ; il y a hyperostose
c’est-à-dire production exagérée de la substance de l’os
et du périoste ; la syphilis est ossifiante dans la plupart
des cas de lésions gommeuses sous-périostées. L’io-
dure de potassium était employé à l’hôpital Trousseau
avec grand succès par le prof. Lannelongue dans le
traitement des hyperostoses gommeuses observées chez
les enfants atteints de syphilis osseuse.
M. Godlewski. — On a demandé à M. Stassano les
avantages de cette préparation ?
Je crois que les injections hydrargyriques, tout en fai¬
sant beaucoup de bien, peuvent faire beaucoup de mal.
— Donc en employant les faibles doses de mercure métal
de M. Stassano, et en obtenant ainsi de bons résultats, on
peut trouver un grand avantage dans cette médication,
car on pourra éviter les accidents d’hydrargyrisme .
M. Stassano. — C’est pour cela que, même en pleine
stomatite, nous avons employé avec résultat le lévurar-
gyre.
M. Graux. - Où peut-on se procurer ce médicament ?
M. Stassano. — Il est maintenant dans le commerce.
M. Christian. — Pourquoiy a-t ileu,mème avec ce mé¬
dicament, des récidives dans les cas publiés par M . Stas¬
sano ?
M. Stassano. — Il n’y a pas eu de récidives dans les
cas que j’apporte, car il ne s’agissait alors que d’un trai¬
tement non prolongé, et l’insuffisance du traitement a
été la cause de cette récidive.
M. Christian. — On nous a appris autrefois que la sy¬
philis tertiaire relevait uniquement de l’iodure de potas¬
sium et que, dans ces cas, le mercure était nuisible.— J’ai
vu ainsi et par ces traitements des cas aggravés et gué¬
ris. — .\ujourd’hui tout est changé: pourquoi ne veut-on
plus employer l’iodure de potassium ?
M. Stassano. — Je vois, avec notre médication, même
en 24 heures, des progrès considérables : voilà pour¬
quoi je la préfère.
M. Christian. — Je crois qu'on a les mêmes résultats
heureux avec l’iodure de potassium ; et c’est à cette mé¬
dication que j’aurais encore recours si je devais soigner
une syphilis tertiaire.
M. Godlewski — J’aieuàsoignerbien dessyphilitiques
etj’ai remarquél’efficacitéincontestable del’iodurede po¬
tassium dans la syphilis tertiaire. — Je crois donc qu’il
faut avoir recours, dans les cas tertiaires, àce médica- •
ment ; tel est le cas des syphilitiques hémiplégiques,
chez lesquels on peut, grâce à l’iodure de potassium, ob¬
tenir de merveilleuses améliorations.
M. Monel. — Pour répondre à M. Christian, ce ne
sont ni les malades ni les médecins qui ont changé ; la
manière de traiter a, seule, changé.
La syphilis qui occasionne des accidents vasculaires
est heureusement combattue dans certains cas par l’io-
dure ; mais ce senties cas les plus rares.
Pour les gommes de la jambe, par exemple, traitez
avec de Tiodure ou avec du mercure, et vous verrez la
différence.
Il est essentiellement illogique, par exemple, dans lés
cas d’accidents de la bouche, de donner de l’iodure qui
augmentera encore ceslésions par sa présence, en irri¬
tant les muqueuses. — Le mefeure bien employé, dans
la grande majorité des cas, peut suffire.
M. Duclaux. — Je crois que, dans certains cas, on peut
employer Tiodure de potassium sous forme d’injec¬
tions locales au pourtour de la plaie. — Labadie- Lagrave
Ta préconisé autrefois, et j’ai eu moi-même l’occasion de
le faire avec succès sur des enfants.
M. Deléage. — J’ai entendu dire autrefois que Tio¬
dure était très dangereux à employer dans le cas de sy¬
philis cérébrale ; pour ma part, j’ai observé un cas mortel
de syphilitique traité par Tiodure.
Il s’agit d’un jeune homme de 22 ans,venu me consulter
à Vichy et qui présentait une syphilis du foie avec une
roséole intense. — Je lui donnai de Tiodure pendant
quatre jours ; le cinquième, j’observai une vaste tache
ecchymotique de la région fessière qui disparut par le
régime lacté !
Le malade partit, revint consultera Paris un derma-
tologiste qui lui préconise de Tiodure. — Il part en Nor¬
mandie, prend son iodure et meurt en peu de jours d’une
hémorragie intestinale.
Aussi serai-je très réservé dans l’emploi de Tiodure
pour le cas de syphilis, surtout avec lésions hépatiques.
M. Desnos. — Le mercure à hautes doses dans les cas
graves a donné de merveilleux résultats ; je crois que la
syphilis est très délicate à traiter, et il faut suivre le
malade avec grand soin pour voir l’effet du traitemenf.
M. Monel. — J’estime qu’il est prudent de faire tou¬
jours l’examen des urines avant de soigner un syphili¬
tique ou de recommencer une série d’injections.
La variabilité des maladies est très grande, il y a un
vrai doigté à acquérir pour traiter la syphilis qui ne doit
Elus se traiter comme autrefois selon une formule algé-
rique.
Election.
M. le D’ Lucien Gr.aux, ayant obtenu l’unanimité des
suffrages, est proclamé membre titulaire delà Société de
Médecine de Paris. *
La séance est levée à 0 h. 45.
L'un des secrétaires annuels,
D' Mortier.
CONSEIL SUPÉRIEUR DE L’ASSISTANCE
PUBLIQUE.
Session de mars igoG.
Conformément à un arrêté ministériel en date du 22
février dernier, le Conseil supérieur de l’Assistance
publique s’est réuni en session ordinaire mardi dernier
27 mars. La session a été ouverte par M. Sarraut, sous-
secrétaire d’Etat, parlant au nom de notre ami/^-
Clemenceau, ministre de l’intérieur. M. Sarraut s'est
exprimé ainsi :
Monsieur le Minisire de Tlnlérieur avait à cœur de présider
à l’ouverture de a os travaux. Une obligation impérieuse de
sa charge, celle d’assister au Conseil des Minisires, Ten eiU'
pèi he. il m’a confié la mission de l’excuser auprès de vou-'
et le très grand lionneiir de vous traduire les sentiments
LE PROGRÈS MÉDICAL
205
haute estime et de confiance dont il eût aimé vous apporter
lui-même l’expression.
En son nom, Messieurs, je veux, une fois de plus, \ous
remercier du concours si précieux et si dévoué que le Conseil
supérieur, depuis sa fondation, n’a cessé de donner au gou¬
vernement de la République. Le pays et ses représentants
savent combien vo),re part est grande dans l'œuvre d'assis¬
tance et de justice sociale qui s’est accomplie depuis dix-huit
ans. Ils savent que c’est dans le sein de votre assemblée,
»râce au labeur judicieux et considérable de vos délibérations,
où les esprits les plus éminents comme les plus généreux
associent la double et féconde collaboration de la science et
de la bonté, que se sont dégagées, tracées et précisées, les
lignes essentiélles des lois sur la protection de l’enfance, sur
les secours médicaux donnés aux malheureux, et l'obligation
de l’assistance aux vieillards et aux incurables.
En ouvrant votre session de 190.'), le ministre de l'intérieur
vous disait qu’il comptait faire un appel plus large encore à
votre bienfaisant concours et qu'il demanderait au Gonseij
supérieur sa collaboration constante à l’action administra¬
tive, afin d’assurer les applications pratûiues des lois dont
vous aviez posé les principes directeurs.
Telle est aussi, ûlessieurs, l’intention du ministre actuel et
vous en trouverez la preuve dans l’exposé des questions ins¬
crites à votre ordre du jour, comme aussi dans la liste de
celles, plus nombreuses encore, dont 1 étude, confiée à vos
sections, se poursuivra et s'achèvera, nous l’espérons, à bref
délai, dans le labeur de vos discussions générales.
Aussi bien, cette session manjue une évolution essen¬
tielle, on peut le dire, dans le fonctionnement de votre
assemblée.
Les pouvoirs publics ont pensé avec raison (ju'une assem¬
blée telle que la vôtre avait qualité non seulement pour
donner des avis facultatifs, mais aussi pour collaborer plus
intimement à l’action gouvernementale et à l’application des
lois que votre effort avait préparées.
Et c’est ainsi que vous êtes appelés à surveiller et à régula¬
riser l’application de la loi du 14 juillet lyOà sur l’assistance
aux vieillards en nommant la commission chargée de statuer
définitivement sur les secours qui pourront être formés en ce
qui touche Tinscriptiôn sur les listes.
D’autre part, aux termes du projet de règlement d’admi¬
nistration publique actuellement soumis au Conseil d’Etat,
TOUS serez appelés à participer à l’établissement du tableau |
d’avancement du personnel de l'inspection de l’Assistance
publique.
Ainsi, Messieurs, le Conseil supérieur se transforme ; son
rôle s’élargit et se précise à la fois : d’assemblée consultative,
il devient un corps ayant, sur certaines questions, un pouvoir
propre et une action spéciale.
Dans cette nouvelle partie de vos attributions, le gouver¬
nement sait que vous apporterez sans compter le concours
"®™andé à un dévouement et une compétence dont vous avez
déjà donné tant de témoignages précieux.
Et c’est pour(£uoi, Messieurs, au. nom des déshérités et des
inalheureux dont il entend, parmi effort justement obstiné,
aUéger chaque jour davantage le fardeau douloureux de mi-
’^res, le Gouvernement vous remercie de l’aider si généreuse¬
ment dans la tâche de solidarité humaine et de justice sociale
fini sera le plus lourd devoir, mais (jui sera aussi le suprême
>onneur de la Républi([ue E’rançaise.
Après ce discours, accompagné de nombreux applau-
î®®®ments, le Conseil a maintenu l'ancien Bureau (1) et
Tn a ^ la discussion de la première des questions à
, jour ; Projet de Règlement d'administration
I Olique pour l'exécution de la loi du 24 juillet 1889 sur
g® ^tfants moralement abandonnés, rapport de M.
^.^®yre.A propos de l’article 6, prescrivant la tenue d’un
ront^î- lequel seront indiqués, à la date où elles au-
^ Imu, les visites effectuées par les médecins, nous
l’addition suivante : « Le médecin
ra inscrire sur ce carnet le diagnostic des maladies
M. Stfîuis.); vicc-iaésidrnls. .M.M. 11 Tliulir ot Sai.ra,,.
présentées par l’enfant », tentant de constituer ainsi
un essai de carnet sanitaire qui, en dépit des efforts de
quelques médecins, ne se vulgarise pas du tout. Malgré
l’appui de M. Pédebidou, le Conseil a écarté notre pro--
position. — Les autres questions étaient les suivantes :
3" Projet de Réglement d'administration publique, pour l'exécu¬
tion du la loi du 28 juin 1904 sur les pupilles difficiles. M. Brueyre,
rapporteur .
4“ Avis à donner sur les demandes des communes formées en
vertu de l’article 35 de la loi du 15 juillet 1893. M. Campagnole,
rapporteur.
5“ Election des 15 membres du Conseil appelés à faire partie de
la Commission centrale prévue par l'article 17 de la loi du 14 juil¬
let 1905 sur l’assistance aux vieillards, aux infirmes et aux incura¬
bles privés de ressources.
Ont été nommés : MM. Strauss, Labiche, Labrousse,
Dron, Mirman, Ogier, Paulet, Mesureur, Coulon, de
A’^illeneuve, Alapetite, Rondel, Magnan, Ferdinand
Dreyfus; — Suppléants: MM. Briand, Boucart et Bru-
not.
6" Vote d’une liste de présentation de 3 membres du Conseil,
pour l’un d’eux être appelé à faire partie du Conseil supérieur
d’hygiène, en exécution de l'article 25 de la loi du 15 février 1902,
sur la protection de la santé publique et du décret du 7 juillet 1904.
Les membres désignés sont MM. Bourne ville, Droui-
neau et Lande. La session a été close hier vendredi.
LA VALEROBROMINE LEGRAND
est plus active que les bromures et les valé-
rianates.
VAJIÂ
Banquet en l'honneur du D'' Séailles.
Vendredi 23 mars, à 7 heures 1/2, a eu lieu chez Marguery
un banquet confraternel en l’honneur du D‘ Séailles, ancien
président du Syndicat des médecins de la Seine, qui a été ré¬
cemment promu chevalier de la Légion d honneur. M. Rotil-
loOj au nom du Syndicat des médecins delà Seine; M.Billon,
au nom delà Société médicale des bureaux de bienfaisance ;
M. Louis Gouriebon, au nom de l’Union des Syndicats médi¬
caux de France: -M. Diverneresse, au nom du Concours Médi¬
cal : M. Weil, au nom des médecins de l’état civil, M" Rocher
et Groslard, avocats du Syndicat des médecins de la Seine ;
M. Suarez de Mendoza,comme médecin étranger, ont pris tour
à tour la parole. M. Mesureur, directeur de l'Assistance pu¬
blique, a terminé la série des toasts. Rappelant les services
rendus aux pauvres de Paris par M. Séailles comme médecin
des Bureaux de bienfaisance et comme organisateur et direc-
tcurd’un dispensaireantituberculeux, qui est un des rares (jui
remplissent bien leur but humanitaire et prophylactique,
M. Âlesureur a fait remarquer que la fleur rouge qui avait
poussé i\ la boutonnière deM. Séailles était semblable à une
de ces humbles fleurs des champs qui éclosent naturellement
sur le terrain qui leur est destiné ; elle n’a certes rien de com¬
mun, a-t-il ajouté, avec ces fleurs de serre qui ont besoin
pour naître de tous les artifices d'une culture intensive et ne
peuvent s’épanouir que sous l’influence pressante d’une cha¬
leur artificielle. De nombreux bans ont salué toutes ces mar¬
ques d'estime et de sympathie et la fête s’est terminée par la
remise au D» Séailles d’un bas-relief en bronze de Chapu « üt
Prnsve » souvenir de cette belle soirée. J,-M.
La Prophylaxie de la diphtérie dans les stations
balnéaires.
M. Dubief, avant de <£uilter le ministère de l’intérieur,
a adressé à toutes les communes une circulaire relative aux
mesures préventives qui doivent être prises dans les cas de
diphtérie, conformément à la loi du 15 février 1902. Elle
avait été dictée par les motifs suivants : Le docteur 4 aucrére.
■206
LE PROGRÈS MÉDICAL
à la suite d'incidents qui s’étaient produits à la fin de là sai¬
son dans une station balnéaire, avait réclamé du conseil
supérieur d’hygiène et de M. Mirman, directeur de l'hygiène
publique, une enquête médicale ayant pour but de vérifier
les allégations qu'il avait produites au sujet de cas de diphté¬
rie. M. Mirman, a déclaré à la Chambre qu'il avait chargé le
docteur RenaulL inspecteur général des services sanitaires,
médecin des hôpitaux, de procéder sur place à cette enquête,
que des cas de diphtérie assez nombreux s’étaient réellement
manifestés, et (ju’un service de désinfection avait été organisé
par la municipalité qui avait pris toutes les mesures pour
empêcher la contagion de s’étendre. L’Académie de méde¬
cine, dans sa dernière séance, s’est occupée de la prophylaxie
des maladies contagieuses dans les stations balnéaires, afin
que certains pouvoirs soient donnés aux médecins en vue de
l’isolement des malades et de la désinfection. (Le Temps du
27 mars.)-
LES CONGRÈS
Congrès international de Médecine de 1 909.
g Le gouvernement royal hongrois a chargé les délégués hongrois
auprès du XV' Congrès international de médecine, à Lisbonne,
d'inviter le Congrès pour sa XVI' session, tn 1909, à Budapest.
Le gouvernement a misa sa disposition 100,000 couronnes pour les
dépenses; l’assemblée générale de la capitale de Budapest a voté
la même la somme. L’invitation sera présentée par le président du
comité hongrois. M. L. de Toth, conseiller ministériel.
FORMLF-S
XX. — Contre l iritis rhumatismale.
Salicylate de soude . 5 gr.
Caféine . .' . 0 gr. 50
Eau distillée stérilisée . 25 gr.
2 ou 3 cc. en injection intraveineuse dans la veine médiane
céphalique par exemple tous les jours ; ou 4 ou 6 cc., trois
fois par semaine. (A. Darier, in Sem. Méd.)
THÉRAPEUTIQUE
Traitement des congestions pulmonaires et des hémop¬
tysies par l’Hélénine.
Introduite dans le sang, FHèlénine de Korab exerce à un
haut degré une action stimulante, accompagnée de diminu¬
tion de la tension vasculaire et d'abaissement delà tempé-
rature,rigoureusement observée par les appareils du profes¬
seur Marey du Collège de France (communication à la So¬
ciété de Biologie). La propriété, bien démontrée, que pos¬
sède l'Hélénine de diminuer la tension vasculaire, fait d'elle
un médicament précieux pour combattre les congestions
pulmonaires et prévenir les hémoptysies.
De là résulte l’avantage Incontestable de l'employer dans
les phases d’ulcérations et même de cavernes, où la fonte
des tissus fait craindre la rupture d’un vaisseau ayant pour
cause la disproportion entr- la tension vasculaire et la paroi
sanguine amincie L’Hélénine s'administre sous forme de
globules du D'de Korab -à la dose de 2 à 4 par jour.
Radiologie MÉDICALE. — {Cours de vacances, par le D'A. Bé-
CLÈRE, médecin de l’hôpital Saint- Antoine, tons les jours de la se¬
maine avant Pâques) du dimanche 8 avril au samedi 14 avril. —
Matin : 10 heures. Enseignement des notions théoriques et tech¬
niques indispensables à la pratique de la radioscopie, de la radio¬
graphie et de la radiothérapie — Matin ; 11 heures. Exercices pra¬
tiques de radioscopie particulièrement appliquée à l’exploration
des organes thoraciques et de l’estomac - Soir : 2 heures. Exer¬
cices pratiqi>es de radiographie simple et stéréoscopique des diver¬
ses régions.
Le cours théorique est librement ouvert à tous les étudiants et
docteurs en médecine. Il commencera le dimanche 8 avril à 10
heures du matin à l’hôpital Saint-Antoine. Le droit d’inscription
pour les exercices pratiques de radioscopie et de radiographie
est de 100 francs Ces exercices auront lieu à partir du lundi 9
avril dans le laboratoire du D'Béclére. (En raison du nombre for¬
cément très restreint des personnes qui pourront participer à la
fois, on est prié de s’inscrire le plus tôt possible.)
Actes et Thèses de la Faculté de Médecine de Paris.
Thèses de doctorat. — Mercredi, 4 avril. — M. Audbert : Lara,
chistovainisalion en obstétrique (MM. Pinard, Reclus, .Segond, Wal-
lich). — Mlle Avdakoff: La paralysie de la branche externe du spi-
nal dans le tabes (MM. Reclus, Pinard, Segond. XVallich). — M.
Prudhomme : Les fistules du cou d'origine dentaire (M.M. Reclus,
Pinard, Segond, W.allich'. — M. Sauve : Contribution à l’étude des
grossesses tubaires bilatérales successives et simultanées (MM. Se¬
gond, Pinard, Reclus. VVallich). — M. Bauer : Recherches sur les
voies de la circulation sanguine intrahépatique (MM. Brissaud, Ro-
ger, Richaud, Ralthazard) . — M. Civatte : Les parapsoriasis de Brocq
(MM. Bris.saud, Roger, Richaud, Ralthazard). — M. Sabatier : Mé¬
decine et mutualisme (de l'tKiivre médicale dans les sociétés de
prévoyance et d’assistance sociales (MM. Roger, Brissaud, Richaud,
Ralthazard). — M. Noir : Dactylite syphilitique; Syphilis osseuse
du métacarpe et du métatarse (MM. Gaucher, Retterer, Claude, Ma-
caigne). — M. Boisseau : Traitement local des gommes syphilitiques
I>ar des injections d'iodure de potassium (MM Gaucher, Retterer,
Claude, Maeaigne). — M. Symoneaux : Etude du lichen scrofulo-
sorum (MM. Gaucher, Retterer, Claude, Maeaigne).
Jeudi. 5 avril. — M. Queuille: L’artérite rhumatismale aiguë (artè¬
res périphériques) (MM. Debove. JolTroj-, Raymond. Dupré). — M.
Charpentier : Dégénérescenee mentale et hystérie. Les empoison¬
neuses. Etude psychologique et médico-légale (MM. Joffroy. Debo¬
ve, Raymond, 'Dupré. — M. Menaut : De la main bote dans la ma¬
ladie de Friedreich (M.M. Ray'iuond. Debove, Joffroy. Dupré). — M.
Xnnon: Contribution à l’étude des kystes séreux du rein MM.Guyon,
Le Dentu. Berger, Brindeau). — M. Dhéry : La tuberculose du pu¬
bis chez l’enfant (MM. Le Dentu, Guyon, Berger, Brindeau). — M.
Devraigne : Valeur du dosage de l'hémoglobine dans la pratique des
accouchements (MM. Le Dentu, Guyon. Berger. Brindeau). — M.
Alquier : Hernies intercostales abdominales (MM. Berger, Guyon.
Le Dentu. Brindeau). — M. de la Lande de Valliére : Contribution
à l'étude de l'insuffisance hépatique dans l'infection puerpérale
(MM. Cornil, Budin, Bezançon. Demelin). — M. Voguet : .Section
latérale du pubis dite opération de Gigli (MM. Budin. Cornil, Be¬
zançon. Itenieliu'. — M. Baudon : Le syndrome de Little — Valeur
nosolgique — Formes cliniques — Traitement (MM. Hutinel. Gil¬
bert, Tbiroloix, Méry). — -V. 7’ou/ain : Relations de la chorée de
Sydenham avec la tuberculose (M.M. Gilbert. Hutinel. Tbiroloix,
Méry.
Examens de doctorat. — Lundi, 2 avr.l. — 3' (2* partie. Labora¬
toire des travaux pratiques d'anatomie pathologique) : MM. Gautier,
Gaucher, Legry. — 1" (l"série. Oral, Salle Broussais) : .MM. Blan¬
chard, Legucu, Branca. — 1" (2* série. Oral, Salle Charcot) : -MM.
Poirier, Cunéo, Proust. — 1" (3’ série. Oral, Salle Vulpian) : MM.
Reclus, Sébileau, Rieffel. — 3’ (2* partie, Oral, Salle Richet) ; MM.
Brissaud, Roger, Teissier. — 4” (Salle Béclard) : MM. Dejerine,
Richaud. Maeaigne. — 5" (Chirurgie, 1" partie, P* série, Hôtel-
Dieu) ; M.VL Kirmisson, Legueu Pierre Duval. — 5* (Chirurgie, 1"
pârlie, 2' série, Hôtel-Dieu) : MM. Segond, Mauclaire, Tuffier.
Mardi, 3 avril. — Médecine opératoire (Ecole pratique) : MM.
Pozzi, Thiéry, Marion. —3' (2' partie, Laboratoire des travaux pra-
ti([ues d'anatomie pathologique) ; MM. Cornil, Desgrez, Guiard. —
1" Oral, Salle Richet) : MM Poirier. Launois, Rieffel. — 3- (P' par- ‘
tic. Oral, Salle Pasteur) : MM. De Lapersonne, Retterer, Brindeau.
— 3' (2" partie. Oral, Salle Corvisart) : MM. Hutinel. Tbiroloix, Be¬
zançon. — 4” (Salle Charcot) : MM. Chantemesse, (i. Ballet, A'aquez.
— 5' (Chirurgie, P* partie, Charité) : MM. Le Dentu, Auvray, Mo-
restin. — 5‘ 2" iiartie, P" série,Charité) : MM. Dieutafoy, Dupré, Re¬
non.— .')“ (2* partie, 2" série, Charité) : MM. Itaymond, Méry, Gougel.
Mercredi, 4 avril. — 3* (2" partie, Laboratoire des travaux pratiques
d’anatomie pathologique) : MM. Blanchard, Desgrez. Legry. — 1"
(Oral, Salle Richet) : MM. Poirier, Delens, Rieffel. — 2" (Salle
tlharcot) : MM. Gautier, Ch. Richet, Branca. — 3' (P' partie, Oral,
Salle Béclard) ; M.M. Terrier, Lepage, Cunéo. — 3' ('2“ partie, Oral,
Salle Broussais) : MM. I.andouzy, Déjerine, Teissier.
Jeudi, 5 avril. —Médecine opératoire : Ecole pratique) : MM. De
Lapersonne, Auvray. Rieffel. — 3'(2" partie. Laboratoire des tra¬
vaux pratitpiesd’anatoiniepathologiquei ; MM. Chantemesse, Guiart,
Maillard. — 1 ' (Salle Charcot) : MM. Poirier, Launois, Marion. "
3“ (2“ partie. Oral, Salle Béclard) : MM. Dieiilafoy, Renon, Jeausel-
me. —4" (Salle Broussais) : MM. (i. Ballel, Vaquez, Langlois.
Vendredi, tj avril. — .Médecine opératoire (Ecole pratique) :
Poirier, Mauclaire, Proust. — 3‘ (2' partie, Laboratoire des travaux
jiratiques d’anatomie jiatiiologiquc) ; MM. Blanchard, Desgrez, Ma-
caigne. — 1" (Oral, Salle Richet : MM. Reclus, Cunéo, Rieffel. -'
3* (2" partie, P" série. Oral, Salle Béc'ard) : MM. Landouzy. 'l’e*®'
sier, Retterer. — 3* (2* partie, 2* série. Oral. Salle Broussais) : -'D*
Brissaud, Legry, Claude. — 4“(.Salle Charcot) ; MM. Gaucher, Gl'^J'
Richaud. — 5” (Chirurgie. 1" partie, 1" série, Necker) ; M.M. Ts‘'(
rier, Delens. Gosset. — 5' (Chirurgie, P' partie, 2" série, Necker) •
LE PROGRES MÉDICAL
MM. Segond. Legueu, Pierre Duval. — .j’ 'Obstétrique, 1" partie,
Clinique Baudelocque) : MM. Pinard. Wallieli, Potoeki.
Samedi, ^ avril. — 3" (2’ partie. Laboratoire des travaux pratiques
d'anatomie pathologique) : MM. Oornil, Guiart, Maillard. — l" (1”
série. Oral. Salle Pasteur) : MM. Le Dentu. Launois, Morestin. —
1*< (2' série. Oral, Salle Corvisart) : MM. Berger, Thiéry, Auvray. —
1" (3* série. Oral, Salle Cbareot) : MM. De Lapersonne, Retterer,
Marion. — -1” '.Salle Ricbct) : MM. G. Ballet, Vaquez, Langlois. —
5- (2* partie, P* série, Beaujon) MM. Raymond, Roger, Méry. — 5“
'2* partie, 2" série, Beaujon) : MM. Hutinel, Renon, Gouget. —5* (2"
partie, S" série, Beanjon) : M.M. Gilbert, ,Ieanselme, Bezançon. — 5"
(Obstétrique, l" partie, GliniqueTarnier) : MM. Budin, Demelin,
Brindeau.
NOÜVl^ES
Natalité DK Paris. — Du dimanche 11 au samedi 17 mars
1906. les naissances ont été an nombre de 978, se décomposant
ainsi: légitimes 711, illégitimes 267.
Mortalité a Paris. — Population d’après le recensement de
1901 : 2.660.559 habitants. Les décès ont été au nombre de 984,
savoir: 481 hommes et 503 femmes. Les décès sont dus aux
causes suivantes ; Fièvre typuoide ityptius abdomin.) : 5. —
Typhus exanthematique : 0. — Fievre intermittente et cachexie
palustre ; 0. — Variole : 0. — Rougeole : 25. — Scarlatine : 1.
— Coqueluche ; 6. — Diphtérie et Croup : 2. — Grippe : 5.
— Choléra asiatique : 0. — Choléra nostras ; 0. — Autres
maladies épidémiques : 3. — Tuberculose des poumons : 199. —
Tuberculose des méninges : 16. — Autres tuberculoses : 18. —
Cancer et autres tumeurs malignes : 61. — Méningite simple : 14.
— Congestion hémorrhagique et ramollissement du cerveau : 43.
— Maladies organiques du cœur : 77. — ■ Bronchite aiguë : 7.
— Bronchite chronique : 17. —Pneumonie : 34. — Autres affec¬
tions de l’appareil respiratoire : 126. — Affections de l’estomac
icancerexc.) : 5. — Diarrhée et entérite de 0 à 1 an : sein ; 7 ; au¬
tre alimentation; 13. — Diarrhée et entérite del à 2 ans : 1. — Her¬
nies, obstruction intestinale ; 10. — Cirrhose du foie : 1 1 . — Néphrite
et ma! de Bright ; 23. - Tumeurs non cancéreuses et autres ma¬
ladies des organes génitaux (femmes) ; 7. — Septicémie puerpérale
(fièvre, péritonite, phlébite puerpérale) : 3. — Autres accidents
puerpéraux de la grossesse et de l’accoucnement ; 0. — Débilite
congénitale et vices de conformation : 32. — Débilité sénile : 52.
— Morts violentes: 25. — Suicides: 12. — Autres maladies : 123.
— Maladies inconnues ou mal définies ; 13.
Mort-nés et morts avant leur inseriotion: 61, qui se décom¬
posent ainsi : légitimes 45, illégitimes 16.
Concours de l’assistance médicale. — Le classement pour les
dixplaces mises au concours est le suivant : MM. les D"'* Poulain,
Catz, Blondin, Beauvy, Friedel, Cauzard, Vincent,Bernheim,Gas-
ici et Signoret.
CONCOUI
E MEDECIN-ADJOINT D
--- — _ _ — - Le concours,
pour lequel les questions écrites avaient été : Nerf facial, anato-
thie et physiologie, s’est continué à l’Asile-clinique par les épreu¬
ves orales à partir du samedi 24 mars. Le jury est composé de MM.
Urouineau, président ;.Ioffroy, Mairet, Régis, Dubuisson, Giraud,
hizaret, Antheaume.
Corps de santé militaire. Promotions. — Sont nommés Mr-
de !'■» classe : Les médecins-majors de 2' classe :
Montéty, 114« inf., maintenu ; Goulon, l"' inf., maintenu ; Le-
Ch^’» I ' Inf , maintenu ; Benoît, 93* inf., maintenu ; Armynot du
hfelet, lâle inf.^ maintenu ; Wenzinger, 150* inf., maintenu.
J,,"”! de 2' classe : Les médecins aides-majors de
Pi *• Cordier, 109* inf., maintenu ; Lannou, 93* inf., maintenu :
école du service santé, maintenu ; Billon, 77* inf., main-
83, ■ i ®hvornin, 163* inf., maintenu ; Tellier, en congé à Cosne,
ha • lô3*inf., maintenu ; Ecochard, 137* inf., mainte-
Biâint hôp. division Oran, maintenu ; Munaret, 125“ inf.,
fillon^"- 1. Blondel de Joigny, 159* inf., maintenu ; Pasquet, Cas-
Ij'e :’ 1 Perrot, école service santé, maintenu ; Spindler,
maintenu.
Mutations. — Les médecins majors del** classe Mickanienski,
Saint-Mandé, passe Epinal ; Fribourg, Saint-Germain, à Lille ;
Maguin, du 19“ art., affecté hospice Nîmes ; Guillabert, du 29*
art. au 19* ; Rouget, Val-de-Grâce, affecté ministère guerre.
Les médecins majors de 2* classe Guirlet, direct. 4* corps, passe
29' art, ; Pouy, 6* chass., passe école Versailles ; Genod, Alger,
passe 6* chass. ; Mathieu, école de Versailles, à direcf. 4* corps ;
Letainturier de la Chapelle, 3* tir., passe Tonkin ; Blary, 127* inf,,
au 3* tir. alg.
Le médecin aide-major de P* classe Nurdin, 3* chass. à pied,
passe 127* inf.
Les médecins aides-majors de 2* classe Querleux, de Tunis, à
div. Tunis ; Martin, id. ; Geay, d’Alger, passe div. Alger ; Rey-
naud. hôp. Lille, passe 36* inf. ; Grondone, hôp. Marseille, passe
112* inf. ; Perot. hôp. Oran, à div. Oran ; Laloy, camp Châlons,
passe 25* art. ;Nugue, hôp. Belfort, au 3* bat. chas. ; Daumont,
off. adm. 2“ cl. hôp. Chambéry,’ à Besancon.
Corps de santé colonial ; Promotions. — Sont promus au
grade de -.Médecin principal de 2* classe: Le médecin-major de
P* classe Roques, 22* d’infanterie coloniale.
.Médecin principal de 2* - lasse : Simond, en congé.
Médecins majors de 1** classe : Les médecins majors de 2* classe
Thoulon, Compagnie chemin de fer Yunnan, maintenu ; Le¬
gendre, Madagascar, maintenu : Cordier, Tonkin. maintenu ;
Mille, 8* infanterie coloniale, maintenu.
Méiecins majors de 2^ classe : Les médecins aide-majors de P*
classe Imbert, Cochinchine, maintenu ; Couvy, 3* art. col., main¬
tenu ; Clavet, corps occupation Chine, maintenu ; Gravot, atta¬
ché mission Cameroun maintenu ; Brochard, compagnie chemin
de fer Chan-Si, maintenu.
Pharmacien principal de 2* classe : Le pharmacien-major de
P' classe Kérébel, en congé.
Pharmacien principal de classe : Le pharmacien major de
2“ classe Etchegaray, Martinique, maintenu.
Pharmacien-major de 2* classe : Le pharmacien aide-major de
P* classe Serph, établissements de l’Inde, maintenu.
Ligue française des mères de famille. — L’Assemblée
générale de la Ligue française des mères de famille, fondée par
Mm* la Doctoresse EnwARds-PiLLiET, aura lieu le mercredi
4 avril, à S h. 1 *2, à la Mairie du IV* arr. Elle sera suivie d’un
concert. Nous invitons tout particuliérement MM. les Médecins
et les Infirmières diplômées.
Nécrologie. — Le médecin principal de P* classe en retraite
Leplat, est décédé à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce, le 20
mars dernier, dans sa 80* année i Médaille d’or de l’internat
(médecine), il entra dans la médecine militaire et fut agrégé
d'épidémiologie à l’école d’application du Val-de-Grâce. Il était,
au moment de sa retraite, directeur du service de santé du 4*
corps d’armée au Mans. Il a publié, entre autres travaux, dans
les .Archives de Médecine, en collaboration avec Saillard, un
travail remarqué sur les Virus charbonneux, au moment même
où Davaine s’emparait de la question.
— Nous avons le regret d’annoncer la mort de M. le D' V.
Massini, de Marseille : de M. le D* E. Romt, de Marseille.
Chronique des hôpitaux.
Concours de l'Internat. — Oral. Questions données le 20
mars : Nerf moteur oculaire commun. Signes et diagnostic de lu
paralysie infantile ; le 2î mars : Ligaments larges ; Des hémor¬
rhagies de la délivrance dans l’ accouchement à terme et de leurs
traitements ; le 23 mars ; Orifice aorlimie signes et diagnostic de
L’insuffisance aorticjue ; le 24 mars ; Tiibes 'urinifères, Hématu¬
rie ; le 27 mars : Muscles releveurs de l'anus chez l’homme. Si¬
gnes, diagnostic et complications de ta dysenterie.
Concours de chirurgien des hôpitaux. — Le concours s’est
ouvert le 26 mars. Les questions données ont été : Bapports du
rein. Hydronéphrose. Les questions restées dans l’urne étaient :
Ligaments de l’articulation du genou et ankylosé du genou. Espace
intercostal et abcès froids de la paroi thoracique.
SURALIMENT CONCENTRÉ AU MAXlNlUiyi : 90 % DE PRINCIPES NUTRITIFS, LA ♦
Poudre ^VIANDE ANDO^R^D
J Matière " - - -
5*C;
P.ANDOUARD, phar.rue Kervégan,:
.32t
208
LE PROGRÈS MEDICAL
1
BULLETIN BIBLIOLRAPHIOUE
Librairie Octave DOTA
8, place de TOdéoii.
Revue d’Hygikne et de Médecine infantile el Annales de la
Policliniqiie. H. de Rothschild. — Directeur : D>' H. de Roths¬
child ; Secrétaire de la rédaction : Ch. Mettling. — Sommaire
du numéro I |t. V) : Travaux originaux : De l’emphysème sous-
cutané, par A. JosiAS. — Evolution de la tuberculose pulmonaire
chronique chez les enfants, sous Tinfluence du suc de viande et de
la viande crue, par A. Josias et J. -Ch. Roux. — Types d'idiotie ;
1 cas d’idiotie myxoedémateuse, par Boürneville, Lutaud et
Tournât. — Mortalité infantile et statistique des consultations de
nourrissons par P. Gavaglia. — Essais sur une phsychologie des
dessins d’enfants par N. Vaschidê et P. Meunier. — Analyses;
Hygiène et alimentation. — Médecine. — Revue des livres. —
Variétés. — Index bibliographique.
Librairie BERAAGER
Id, rue des Saint-Pères.
Boucher (H.). — Coup d’oeil rétrospectif sur la variole et la
vaccine en France, en Angleterre, en Bavière et en Suisse. In -18
de 24 pages. Imprimeries réunies à Nancy.
Poveau de Courmklles. — L’année électrique. 1 vol. In-12,
de 372 pages. Prix . • . 3 fr. 50.
Thiéllé (H.). — Traitement de la tuberculose par les courants
de haute fréquence et de haute tension, basé sur l’étude di^ chi¬
misme respiratoire. 1 vol. In-8“ de 140 pages, Mégard à Rouen.
Libairie HACHETTE
79, boulevard Saint-Germain
Kropotkine. — L'entr’aide. Un facteur de l’évolution. 1 vol.
lu- 16 de 390 pages. Prix . 3 fr. 50.
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Le Progrès Médical
SOMMAIRE : Urologie : Utilité de tenir compte des apports
alimentaires dans les commentaires urologiques, par Lematte.
_ Bulletin : Les laboratoires régionaux de bactériologie en
Belgique, par Graux ; Un cas d’hématidrose chez une hysté¬
rique, par Bourneville. — Sociétés Savantes : Société de bio¬
logie : Mucus de l’instestin, par Roux et Riva ; Albumine du
liquide céphalo-rachidien, par Rénon et Tixier : Injections de
sérum antidiphtérique chez le lapin, par Lemaire; Hyperglo-
bnlie dans le pneumothorax tuberculeux. parRaybaud; Cellule
du corps jaune du cobaye, par Mulon ; Réaction myéloïde du
sang dans la lèpre, par Alézais ; Influence du régime alimen¬
taire sur les coefficient urologiques et sur le poids de la mo¬
lécule élaborée, par Desgrez et Ayrignae (c. r. de Phisalix). —
Académie de Médecine : L’inversion utérine, par Pinard ; La
néphrotomie dans l’éclampsie, par Pinard : Les remèdes secrets,
par Huchard (c. r. de A. -F. Plicque.) — Société de chirurgie:
Vingt-sejit cas de botryomycose humaine, par Hartmann ; Anes¬
thésie par la scopolamine, par Routier ; Occlusion intestinale
par riiiatus de Winslow, par Faure ; Cholécystectomie pour
lithiase de la vésicule, par Bazy (c. r. de Catz.) — Société Médi-
ealedes Hôpitaux. Traitement de la tuberculose par la recal-
cification, par Ferrier ; Surrénalite syphilitique de l’adulte.
Tréponème pâle, par Hirtz ; Spirochète et paralysie générale,
par Queyrat ; Porencéphalie acquise, probablement d’origine
traumatique. Mort en état de mat épileptique, par Chauffard et
Rivet (c. r. de Friedel.) — Revue de thérapeutique : Sur le
traitement crêosoté des afTections pulmonaires non tubercu¬
leuses, par Nigoul. — Nécrologie : Le D'' C. A. Phisalix
(1852-19U6j, par J. Noir. — Varia : Les aliénés à Madagascar ;
Association des médecins du département de la Seine ; L’assu¬
rance médicale contre la maladie et les accidents. — Les con¬
grès ; Congrès national de gynécologie, d’obstétrique et de pé¬
diatrie (5® sessioni ; 2® Gongiés international des colonies de
vacances ; Deuxième congrès international d’hygiène scolaire.
— Formulés. — Actés et thèses de la faculté de méde¬
cine DE Paris. — Thérapeutique ; Propriétés thérapeutiques
de l’hélénine. — Nouvelles ; Chrçnique des hôpitaux Ensei¬
gnement médical libre. — Bulletin bibliographique.
UROLOGIE
Utilité de tenir compte des apports alimentaires
dans les commentaires urologiques.
Méthode des 3 bocaux. — Chiffres rapportés au kilog
corporel. — Erahiation facile du bilan de la nutri¬
tion ;
Par L. LEMATTE (1).
Que dirait-on d'un ingénieur qui, voulant évaluer
le travail d'une machine, analyserait les cendres du
foyer, sans s’occuper de la nature et de la quantité du
combustible employé? C’est pourtant ce qu'on fait tous
les jours en urologie pratique. On commet une erreur
grossière en ne tenant aucun compte du régime alimen¬
taire suivi par le malade, lorsqu'on interprète les chif¬
fres de son analyse.
Nous avons démontré dans plusieurs éludes antérieu¬
res que l’excrétion urinaire contient, comme dit Cl.
Bernard, les détritus résultant des phénomènes chi¬
miques intimes qui s’accomplissent dans tout l’orga¬
nisme ». '
Malgré l'autorité d'une telle affirmation, nous voyons
encore l’utilité de l’analyse discutée. Dans son travail
drologie, sa pseudo- faillite, le docteur Hugu et indi¬
que les principales causes de cette pseudo-faillite. 11
mconte d'une manière très humoristique « comment on
uevient urologiste ». L'incompétence du pseudo-chi-
“usle est un coefficient dont il faut tenir compte cer-
ninement. Le médecin a tout intérêt de ne pas laisser
analyses s’égarer dans un laboratoire au « polari-
®tre d’occasion », donlparle lluguet ! J'ai dit que l’a-
uijse devait être faite dans un <> sens clinique », en
ch corollaires pathologiques qui se ratta-
nir H constatations analytiques. Si on veut obte-
urologie tout ce qu’elle peut donner, on doit
de toute nécessité :
■> P ’^uaîtreles apports alimentaires ;
d’u f les émissions de vingt-quatre heures,
jjy mt:on telle qn’on puisse dégager nettement l’in-
nii'ux® I alimentation, du travail et du repos sur la
^!ü!!^émissions :
faite à la Société de Médecine de Paris, le 10
3° Rapporter tous les chiffres au kilog. corporel;
4“ Enfin, dans les commentaires qui suivront les ré¬
sultats analytiques, tenir compte des antécédents patho¬
logiques du malade, de sa température, de son sexe, et
surtout de son âge.
En un mot, l’analyse de l’urine ne sera vraiment utile
que si elle est entourée de toutes les précautions qu’il
convient de prendre pour qu'elle puisse jiréciser un dia¬
gnostic et aider le médecin à instituer une diététique
spéciale et un traitement rationnel.
Une objection m’a été faite : Vous demandez trop au
malade ; vous n'obtiendrez pas tous ces renseignements.
Une expérience déjà longue est là pour réduire à néant
ces objections. Si on s@ donne la peine de souligner
l’utilité de ces indications, qui doivent aider le méde¬
cin dans sa tâche, on obtient de suite et de très bonne
grâce ce qu’on désire.
Nous allons, dans ce travail, préciser comment il con¬
vient de mettre en pratique les données précéden¬
tes.
Volume de 24 heures. — On pourrait croire que l’ab¬
solue nécessité d’opérer sur la totalité des urines de
vingt-quatre heures était chose admise. Pas du tout : il
nous arrive presque tous les jours de refuserun échan¬
tillon d’urine prélevé à un moment quelconque de la
journée, avant ou après le repas, le matin ou le soir ;
cette prise d’essai est mise dans une fiole d’une propreté
douteuse et apportée ainsi au laboratoire. Pas de ren¬
seignements, ni sur le volume de vingt-quatre heures,
ni sur le poids corporel, l’âge et le régime alimentaire
suivi par le malade. Faut-il enchre insister sur la non-
valeur d’une analyse pratiquée sur uti tel échantillon ?
Pour éviter au malade dés transvasements inutiles
nous lui envoyons un petit panier contenant trois bocaux
Voici comment il faut procéder ;
Méthode des trois bocàux. — A une certaine heme,
le matin à jeun, le malade urine pour vider sa vessie,
far exemple à 8 heures, c'est le point de départ. Toute
urine émise jusqu’au repas de midi est recueillie dans
le bocal n” 1. Puis, après le déjeuner, dans l’après-midi,
après le dîner et dans la nuit, on urine dans le bocal n°2,
ces émissions sont iniluencées par le régime alimen¬
taire, la digestion, le travail intellectum ou manuel,
hinfin, le lendemain, à 8 heures, le malade urine une
210
l.E TROGIIÈS MÉDICAL
seule fois dans le bocal n“ 3 : c’est l’urine la pluséloi- | plus strict. Au contraire, si nous trouvons, après la ré¬
gnée du dernier repas ; elle ne subit aucune des inlluen-
ces physiologiques impulables à la fatigue ou à l'ali- I
mentation ; c'estrurine du repos quirétlète l'intégrité,
ou l'altération des fonctions ou des organes. La com¬
position de cette dernière émission est différente des
deux autres. Sa densité, sa teneur en matières organi¬
ques et minérales, son acidité, sont variables. C'est
sur cet échantillon que nous dosons l'acidité. On sait
combien la digestion modifie ce facteur, qui peut tom¬
ber à 0, de cinq à huit heures après le repas. Sans atta¬
cher à l'acidité l'importance que Joulie a voulu lui don¬
ner, rapprochée de la teneur en acide phosphorique et
des composés azotés mal oxydés, elle peut donner une
idée de l’acidité du plasma. Nous reviendrons plus tard
sur ces considérations.
Fait capital et qui mérite de fixer l'attention : seule
cette méthode dite des trois hocanaa permet de déce¬
ler les albuminuries et glycosuries d'origine exclusi¬
vement alimentaire. Ppur faire l’analyse complète,
nous mélangeons le contenu des trois bocaux on ayant
soin de conserver un échantillon de chacune des émis¬
sions. Si, dans la recherche du sucre et de l'albumine,
on décèle la présence d'un de ces deux éléments, ou tous
les deux à la fois, nous recherchons séparément leur
présence dans chacun des trois échantillons. 11 m’est
arrivé bien des fois de trouver des traces d’albumine et
de glucose dans le bocal n°2. Au contraire, dans l'urine
émise le matin à jeun, on ne pouvait pas déceler ces
substances. Doit-on conclure alors à une altération de
Fépithélium rénal ou à une glycosurie franche ? .Je ne
crois pas. Une alimentation trop riche en toxines et
une digestion défectueuse peuvent laisser passer des
corps qui seront une cause d'irritation pour le rein,
dont la vigilance sera prise en défaut et laissera transsu¬
der un peu de sérine. C'est un avertissement qui nous
indique le mauvais état du tube digestif ou la qualité
défectueuse des aliments.
Lorsque la digestion est terminée, la cause dispa¬
raissant, le rein remplit son rôle ; l'albuminurie est
absente à jeun : il n'y a donc pas de lésion. Si l’alimen¬
tation est normale et qu'on trouve, en chautfantl’urine
delà journée fduhocal numéro 2) un légertrouble, l'at¬
tention du médecin devra so porter sur la place du rein.
Les albumineries dites orthostatiques ont souvent pour
cause un rein déplacé. Après le repos de la nuit, l'or¬
gane, nullement fatigué par la station verticale, a rem¬
pli sa fonction normale : on ne trouve pas d’albumine
dans le bocal n“ 3.
La recherche du sucre faite séparément sur nos trois
échantillons fait souvent constater la présence de très
petites quantités de glucose dans l’urine des repas (bo¬
cal numéro 2 ) et l'absence de ce sucre dans l’urine
du matin. Une conclusion s’impose ; les apports ali¬
mentaires doivent être modifiés.' Nous avons vu des
malades, dont la ration était trop riche en sucre ou en
amidon, laisser passer une très petite quantité de ces
substances non comburées. Un changement de régime
faisait disparaître d’une façon définitive le sucre.
Cette méthode permettra au médecin de surveiller
étroitement le régime de ses diabétiques. Supposons
qu’on trouve dans l'urine moyenne, par litre, 4<,t gr. de
glucose, dans l'urine des repas 33 gr.,et dans l’urine à,
jeun .■) gr., la conclusion à tirer est que le régime n’est
pas assez sévère ; le malade n’a pas suivi les prescrip¬
tions données. Il faut, en lui mettant cescliitfres sous les
yeux, lui faire voir la nécessité de suivre tin régime
prise des féculents ; dans l’urine des repas 5 gr. de su¬
cre, et 4 gr. 50 à jeun, on pourra être moins strict dans
l'exclusion des sucres et des féculents, puisque le ré¬
gime alimentaire a ici une influence très effacée sur la
production de la glucose.
Voulons-nous savoir si la digestion intestinale est
normale ? Recherchons séparément l'Indican sur nos
trois bocaux. On pourra souvent remarquer la présence
de ce corps dans le bocal des repas et son absence àjeun.
On voit l'importance que prend la séparation des émis¬
sions lorsqu’on vent apprécier la qualité de la nutrition.
Chaque bocal contient une pincée de naplitol- Nous
conservons ainsi à l'urine toutes ses qualités physiques
et chimiques : son acidité primitive, sa teneur en urée
ne varient pas pendant plusieurs jours. On comprend
toute l'utilité de cette précaution pour le dosage de l'a¬
zote total et la recherche de l’alcalinité ou de l’hypoaci-
dilé pathologiques.
Chiffres de 24 heures rapportés au kilog corporel
— Ces recherches effectuées sur nos trois bocaux, il
convient de faire l’analyse quantitative sur l'urine
moyenne. Nous allons obtenir des chiffres que nousrap-
porterons au litre, puis au volume de 24 heures, puis¬
que le malade nous a donné toute l'urine émise pendant
ce temps. Nous allons inscrire ces chiffres dans notre
colonne: Chiffres trouvés par 24 heifres », et nous
allons comparer ces résultats aaix, moyennes inscrites
en regard. Voici un exemple :
Par 24 heures Pour i kil^o corporel ’
^ - -
- -
- -
- -
Mlle 5o ans, io5 kilos.
Chiffres
ChirtVes
Chirtres
Matières organiques....
30-35
42
0.50
0,40
Matières minérales .
15-20
23.10
0,25
0,22
Total des matières dissou-
45 55
65. fO
0.75
0.62
Urée .
26
28
0,35
0.26
Acide tirique .
0,50-0,60
0,38
0.008
0,003
Acide phosphorique .
;i,2-;].5
2,04
o:o36
0,028
Chlorures .
10-12
12.8
o;i6
0,12
Les chiffres de 24 heures nous feraient croire que
cette malade a une nutrition normale du côté de l'azote,
du chlore et du phosphore. Le chimiste remet ces
chiffres au médecin qui est étonné des résultats : c’est
une arthritique obèse, pesant 105 kilogr. Nous avons
fait ici une erreur très grande en comparant les chiffres
d'un individu qui pèse 105 kilogr. aux chiffres normaux
qui se^ rapportent à une personne pesant 65) kilogr. Nous
ne devons donc pas nous servir des mômes moyennes
pour ces deux individus, mais nous pouvons comparer
les chiffres se rapportant à leur kilogr. corporel. Si nous
observons ici ces chiffres, les commentaires changent
complètement. Notre obèse oxyde trop peu : la théra¬
peutique et le traitement vont s’orienter pour utilisef
mieux les matériaux azotés qui laissent trop de déchet?
dans l’économie.
Cequiest vrai pour l'adulte, l'est a fortiori, pourl^
enfants, dont le poids varie d'année en année jusqu
quinze ans.
Fn recueillant les documents de Gaube, de Caron 0®
la Carrière, dc.Monfet, et ceux que notre pratique nous*
fournis, nous avons composé les tableaux suivant?-
qui donnent les variations de poids pour les enfants, g^'
çons et filles, et leurs chiffres urologiques de 0 à » ’
LE PROGRÈS MÉDICAL
211
Urologie de l'enfant.
Che:: Venfajit, tous les phénomènes de la nutrition
sont beaucoup plus actifs que chez l'adulte. Comme
Xenfant varie constamment de poids, il est absolu¬
ment nécessaire de connaître le poids corporel.
Tous, les résultats analytiques doivent être rappor¬
tés au kilo corporel. — Les cMffres de l'adulte ne
peuvent pas .s appliquer à l'enfant.
POIDS NORMAUX DES ENFANTS DE
COîiPOSITION DE l'urine AUX DIFFERENTS AGES
1 !
5 moi
à 3 ansp ans à lo ans
10 ans
.Sans
; i
Urincl
Urine
Urine j
norm.j
analys.' norm. analys.
norm.
analys. !
'Volume par kilocorporel
29cc(i
— i27«G —
28 -cG
Aspect .
Lirapi-
— Liin- 1 —
Liin-
- 1
’
|Couieur .
de
pide
pide
Jaune
— Jaune —
Jauoe
—
Odeur .
pile
pile
pile
•utge
— Suige- —
Suige-
— 1
neris
neris
iDensité .
1,022
- i 1.022' -
1,021
_
Acidiié en P- Qs .
0 051 1
— i0 045i —
0,0i8
0.08
Matiûies organiques . . .
0.81
- |o;85 ! -
Z :
Matières minérales. . . .
0.5G
1.37
— 0,.57 1 —
0,54
_
Matières totales par kilo
- 1,42 -
_
Azote-urée .
jUrée .
0,30
0,00
0.32
0 011
- *0,30 ' -
_ : 0 00 _
ü;2Ô
-
Azoïe total .
_ ioÎ33 _
(}’-)-
Acide uriciue... .
— o’,012, —
- 0,053 -
üioîo
ffOil
.4cide phosphorique.. .
O’OGT
Z
ij^hlorure de sodium...
iLnaux .
0,31
- 0,32 -
_ iQ ()()7| _
0)36
0 007
-
! Magnésie . .
o!oo4
_ o',003 _
0003
^dan de la nutrition en tenant compte des apports
— Ces réserves faites dans l'interprétu-
on des chi lires, il faut aussi évaluer les apports ali-
j .'J**'®*’- Il semble paradoxal, dans l'établissement
çjjI. J ^ <Ic lu nutrition, de s’occuper des sorties, de
caler le poids des matériaux azotés, chlorés ou phos-
Pîi*' 1 organisme, sans tenir compte des
lula'^*^f Ir-oniment ponvoirjugerdufonctionnementcel-
ap **^**’, fl 011 u’é value pas la quantité de combustible
^ machine pour réparer lusure? C'est en
pri . ces données, que certains praticiens se
opnori avantages qu'une analyse faite en temps
unalvs^*™’ I^'^r fournir. .l'ai s'ous les yeux deux
"écesVLsl^* démontre d'une façon frappante l’absolue
[ g *1? connaître les apports alimentaires.
Poids jeune lille de dix-sopt ans ;
oienno '' V otat général très mauvais, dvspepsie an-
t)gp ’ .Si'ande faiblesse.
me r temps, dit le père, elle suit un régi-
deux consommés faits à la
j^Ones etdeux potages au lait avec deux
Si on établitla balance entre les entrées et les sorties,
on trouve que notre malade fait de l'autophagie et em¬
prunte tous les jours 2 grammes d'azote à ses tissus.
Un deuxième exemple aussi frappant nous est fourni
par une malade dont on nous prie de doser le sucre ;
depuis plusieurs semaines celle malade gardait le lit
pour une sciatique grave. Tous les jours, le médecin
constatait une réduction très nette delà liqueur deFeh-
ling. Pas de polyurie.
Les chiffres des entréeset des sorties se balancent
très bien. Son urine, en effet, réduit la liqueur cupro-
potassique. Au polarimètre, nous voyons une déviation
(I gauche [\o. glucose dévie adroite). Après un nouvel
interrogatoire, nous apprenons que la malade prenait
par jour plus de 1 kilogr. de raisin. La suppression de
cet aliment fit disparaître la lévulose de l'urine.
Ces exemplcsnous dispensent d’insister sur la néces¬
sité de connaître très exactement le régime alimentaire
de nos malades, si on veut interpréter leurs chiffres
urologiques.
Evaluation de la ration alimentaire. — Comment
peut-on évaluer d’une façon pratique la ration alimen¬
taire du malade en expériences? Rien n’est plus facile,
.l’ai calculé la teneur en cc. des ustensibles de table.
Voici les chiffres moyens ;
Une assiette creuse à potage contient . 300 ec.
Un bol à déjeuner . 350 cc.
Une tasse à thé . .• . 120 cc.
Une tasse à café . 100 cc.
Un verre à- boire ordinaire . 150 cc.
Un verre à bordoau.K . 100 cc.
Une cuillerée à soupe . 15 cc.
Une cuillerée à dessert . ,S cc.
Une cuillerée à café . 5 cc.
La viande consommée à chaque repas par une per¬
sonne d’appétit moyen est environ de 120 à 150 gr.
Pour les autres aliments, la quantité ingérée est en
moyenne par jour ; pain, 400 gr., sel, 10 gr. : légu¬
mes, 100 gr.
Le tableau ci-après contient les quantités d'azote, de
chlore, de phosphore, d'eau et de matières minérales
totales des principaux aliments et des liquides de bois¬
sons.
Avec ces renseignements, rien n’est plus facile pour
faire les entrées. Le malade indique la quantité de liquide
absorbée évaluée par verrées : la nature et la quan¬
tité de viande absorbée, de pain, de légumes, etc. Avec
ces tableaux, on peut, en quelques minutes, faire le bi¬
lan nutritif. Connaissant les entrées et les sorties, on
peutapprécier ulilement l'épargne. Si on sait qu'un
individu normal a une ration moyennequi comprend,
par vingt-quatre heures : matiè.-es minérales 32-33 gr.,
acide phosphorique 1 gr. 75, chlore (en Aacl.) 6 à 10
gr., azote 13 à 14 gr., on pourra aussi voir si l'alimen¬
tation est rationnelle et apporte les matériaux nécessai¬
res aux dépenses organiques.
Ces tables pourront aussi servir à composerl'alimen-
tation des sujets chez qui on voudra insister sur la re¬
minéralisation des plasmas. Au contraire, pour les al¬
buminuriques, les minéraux, et surtout les chloru¬
res alcalins doivent être diminués; il sera facile de choi¬
sir ses aliments peu minéralisés.
Régime lo.ciè. — Ici la nature des apports change
tellement les conditions normales, qu’il est indipensa-
ble de tenir compte des entrées, si on veut juger la qua¬
lité de la nutrition.
11 faut trois litres de lait pour la ration d’entretien
correspondant à lU" grammes d’albuminoïdes et 4W
212
LE PROGRÈS MEDICAL
Tableau donnant la com'position chimique des
principaux aliments.
t^rammes de principes ternaires (gras ou amylacés). Ces
3 litres contiennent : azote, 16 gr. 50 ; phosphore (en
P'O^), 6 grammes ; chlorures, 3 gr. 60.
L'équilibre physiologique est rompu : le régime lacté
apporte à l’organisme un surcroît d’azote et occa¬
sionne un déficit minéral considérable.
La fatigue, accusée par les malades soumis au régime
lacté exclusif peut être facilement diminuée par l’ad¬
jonction d’un mélange bien étudié de différents miné¬
raux (chlorures, phosphates, sulfates, etc.). Pendant
ce régime, les composés azotés inférieurs, créatine, créa¬
tinine, acide urique, diminuentetce pour le plus grand
bien de l’organisme intoxiqué, mais il estindispensable
de combler le déficit en minéraux.
Régime végétarien . — A tort on à raison, ce régime
est suivi par un certain nombre de personnes. Nous de¬
vons, dans l’interprétation de nos chiffres, nous rap¬
peler que ce régime apporte à l’individu le minimum
d’azote. 11 faudrait pour obtenir la quantité normale
d’azote excrété, qu’un homme prenne par jour 1,265
gr. de pain, 7,66üde pommes de terre, 7kil. de salade
ct25kiLde pommes ! Etant donnée la petite quantité
d’azote contenue dans les végétaux, on ne s'étonnera
pas des chiffres très faibles d’urée qu’on retrouve dans
les urines. En ignorant ces remarques, on pourrait faire
un diagnostic erroné, et craindre une insuffisance rénale
ou hépatique, alors que la petite quantité de matériaux
azotés excrétée a pour cause un minimum d’apports.
En résumé :
Pour qu’une analyse d’urine apporte au médecinles
éléments nécessairesà son diagnostic, il faut :
1° Recueillir toute la quantité émise en vingt-quatre
heures, en séparant les émissions qui suivent les repas,
des émissions à jeun :
2° Faire un bilan exact des entrées et des sorties, si on
veut apprécier la qualité de l’épargne organique.
Avec ces notions précises, on peut, en toute connais-,
sance de cause, instituer un régime alimentaire ration¬
nel et untraitementutile. il'.
NARCYL GRÉMY médicament spécifi¬
que de la toux, spécialement de la toux des tu¬
berculeux.
BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL
Les Laboratoires régionaux de bactériologie en
Belgique.
Ainsi que le constatait M. le P' Malvoz, la Belgique
est peut-être le pays du monde le mieux pourvu de labo;
ratoires consacrés aux diagnostics bactériologiques.
L’importance de cette constatation n’échappera pas à
tous ceux qui s’occupent de ces questions, et on de¬
vine combien, dans leur pratique journalière, les mé¬
decins trouvent d’utiles conconrs dans ces organisations,
Ce mouvement prit son point de départ lors de l’épi¬
démie cholérique de l’Europe occidentale en 1891-1892.
Le Sénat de Hambourg décida qu'un institut serai!
mis à la disposition des autorités sanitaires et des mé¬
decins. De même les laboratoires de Gand et de Lie:
ge furent, à cette époque, chargés de l’examen des eau?
suspectes et des déjections.
La découverte du sérum antidiphtérique de Roux aug¬
menta l’importance pratique de ces services, et dès
1894. le Conseil provincial de Liège décida que le labo¬
ratoire de batériologiede l’Cniversité recevrait des sub¬
ventions destinées à permettre l’examen bactériologi¬
que des excreta et la distribution du sérum. Bientôt o®
Conseil adopta le projet de création d’un institut provin¬
cial qui fonctionne depuis le 1" janvier 1896. Cet exem¬
ple a été suivi ; la province de Brabant a traité ave®
les Instituts bactériologiques des Universités de BrU'
xelles et de Louvain. La province d’.Anvers, la pf®(
vince du llainaiit, l’ont imité tandis que les provino^)
de Namuret du Lim bourg s’adressaient aux InstiW*-" ;
voisins.
/Institut provincial de bactériologie de Liège »
une importance considérable. C’est ainsi que depui»
fondation en 1896, 34,920 analyses ont etc faites P®* ,
(1) ('onsuller: L'alimentation et les Régimes^ par
La Minéralogie biologique^ \iav G. -
nés. par Ann. G ai
Origine de PaciditC **
LE PROGRÈS MÉDICAL
213
ses soins. L'examen des éléments dece chiffre démon¬
tre que la progression a été surtout rapide depuis 1898.
Nous trouvons, en effet, 1,154 analyses pour 1898,
2 114 pour 1899, 4,394 pour 1901, 4,579 pour 1903 et
14 045 pour 1904. Les commentaires sont mutiles.
Parmi ces 14.045 examens, signalons : 784 envois
faits au service des produits diphtériques, 1469 au ser¬
vice de l’analyse des expectorations tuberculeuses ; 146
au service des produits infectieux variés ; 135 au
service du séro-diagnostic de la fièvre typhoïde, 671
au service des analyses d'eau.
Là ne s'est pas limitée la tâche de l'Institut provin¬
cial de Liège : en mai 1903, fut créé le Dispensaire du
Mineur fondé sur l’initiative de l’Institut provincial de
Liège. Ce dispensaire, dont le succès fut considérable,
a pris la tête du mouvement de lutte contre l'ankylos-
tomasie ;iIprocèdepar enseignement aux mineurseten
même temps qu’il leur apprend les mesures prophylacti¬
ques utiles, il étudie les mœurs et la manière d’être du
parasite qui détermine cette affection. Le Conseil provin¬
cial a puissamment contribué au succès de cette œuvre
en décidant que les ouvriers atteints qui se soumet¬
traient au traitement de l’Institut recevraient un secours
de chômage, sans limitation de durée.
Il y a là une innovation très heureuse qu’il importe de
signaler. Il est désirable d'ailleurs que la France entre
résolument dans la voie ouverte par la création des Ins¬
tituts régionaux de bactériologie. Nous y reviendrons.
Lucien Graux.
Un cas d’hématidrose chez une hystérique.
Les hasards de la consultation — l’amenée d’une fil¬
lette de 12 ans, atteinte à! épilepsie, nous ont rappelé les
notes très intéressantes prises sur sa mère, dont le cas
mérite d’être cité.
Madame X... (de l’Eure) est venue nous consulter en
avril 1892. Elle était alors âgée de 23 ans. Elle a été ré¬
glée à 11 ans 1/2, s’est mariée à 16 ans, a eu des coliques
néphrétiques de 18 â 20 ans 1/2. Le calcul le plus volumi¬
neux avait la dimension d’un « gros haricot». Le D" Bi¬
dault (d’Evr eux) lui adéclaré n’en avoir jamais vu d’aussi
grandes dimensions. Premier enfant à 20 ans, mort à
nn an on ne sait de quoi, avec convulsions terminales ;
* Il ne faisait qu’un cri depuis qu’il était au monde. »
Début des crises hystériques à 21 ans, sans motif dé-
elaré: traction de la langue, qu’elle mordait, déviation
ns yeux, agitation violente, morsure des bras qui étaient
ournés à l’envers. « Ma gorge était gonflée et allait jus-
qn a mon menton.» Le ventre était distendu, on enten-
j nomme si c’était de l'eau qu’il y avait dedans. «Il fal-
^t trois hommes pour me tenir et des fois ils avaient du
^ a ». Il y a des crises dand lesquelles « je chante et ris,
autres dans lesquelles j’ai peur et je pleure.» La pre-
ç attaque a duré Theures. En se réveillant et en re-
^^nnaissant le monde, elle a des pleurs abondants. Pas
miction exagérée. Fatigue générale,
rg ® f^co?7ie crise a eu lieu 2 ou 3 jours après la premiè-
crises se sont éloignées, la dernière est sur-
Para^’ ^ semaines, l’avant-dernière 15 jours au-
yj„ Quatre crises au maximum en une semaine,
mum de durée 7 à 8 heures.
apprg® Soyons lamaladeen décembre 1892. Elle nous
end que trois fois,k la fin de ses crises,elle a eu des
sueurs de sang, sur les deux côtés du front, sur la pom¬
mette gauche, sous les aisselles, entre les fesses : « C’est
rouge, rouge, quand ça sort,puis ça devient jaune.» Rien
aux mains ni aux pieds. L’apparition de Vhématidrose est
précédée durant 1 5 minutes de aloM/eM/-x'vivex ; la peau des
régions est rouge; « Ça me brûle et ça me pique. » « C’est
comme la sueur quand elle sort beaucoup.» Les douleurs
cessent dès que le sang coule. Ce sont là des prodromes
classiques.
Hémianesthésie incomplète à gauche. Autrefois tout
était plus marqué;depuis quelque temps, la douleur ova¬
rienne prédomine tantôt à gauche. tantôt à droite.
Peu d’appétit, vomissements alimentaires presque quo¬
tidiens. Fréquents vomissements de sang, tous les jours
pendant une semaine,puis une rémission de deux semai¬
nes. .Maximum un verre. Ces hématémèses se produisent
souvent à la suite des règles. « Celles-ci viennent régu¬
lièrement au jour dit ; Ça marque et c’est tout,je souffre
beaucoup et j’ai des coliques de matrice. «Leucorrhée lé¬
gère, rapports non douloureux, pas d’hémorroïdes. La
miction n'a jamais été involontaire ; mais M® X... ne peut
se retenir longtemps : « J’ai toujours été comme ça, étant
jeune ça m’échappait.»
Parfois toux sèche, quelquefois crachats A\ec filets de
sang.^n mouchant,il y a souvent du sang.Ces deux der¬
niers accidents se montrent avant l' apparition des règles.
La coïncidence des différentes, hémorrhagies, y com¬
pris les larmes de sang, sont fréquentes chez les hystéri¬
ques atteintes à'hématidrose.
Son père, sobre, est mort écrasé. Sa mère, morte de la
variole noire en 1871, était sujette à descrises de nerfs.Xén
frère, en bonne santé, n’est pas nerveux. Une sœur, une
tante, deux oncles maternels, sont morts de «la poitrine».
Ils n’étaient pas nerveux.
Madame 'P.. .en plus de l’enfant cité plus haut a eu une
fausse couche et deux filles, l’une, Georgette, âgée de
12 ans, atteinte à.' épilepsie : elle nous amène une autre
fille de 5 ans en bonne santé, sans convulsions.
Les crises hystériques ont disparu lorsqu’elle était en
ceinte de Georgette — notre épileptique — de quelques
mois. Depuis cette époque,c’est-à-dire depuis 12 années,
elle n’en a plus eu.
Dans une brochure intitulée Louise Lateau ou la stig¬
matisée belge, nous avons eu l’occasion de parler des
sueurs de sang chez les hystériques. Chez elle, comme chez
Mlle T..., comme chez la malade de Parrot,celles deBoer-
have, de Chauffard, de Magnus Huss, la sueur de sang,
était précédée de douleurs vives et se compliquait d’hé¬
morragies diverses, en particulier d'hémalémèses. C’est
en raison de la rareté des cas de ce genre que nous avons
cru utile de relater celui de Mme T. (1).
Bol’rnevillk.
(1) On consultera avec intérêt l’article Hematidrose, de Maurice
Raynaud, dans le Dictionnaire de Jaccoud (avec une bibliographie
intéressante), ainsi que les histoires concernant les stigmatisés,
(François d'Assises, efc.)
DIONINE-MEIICK spécifique de la TOUX et de la DOULEUR
plus active, moins toxique que les
opiacés et tous leurs dérivés, môme synthétiques.
SÉDATION IMMÉDIATE de la TOUX
SIROP DU D" BOUSQUET, A LA DIONINE MERCK
0,01 par cuil. à bouche, avec 2 gtl*’ de Itromoronne (4 à 8 par jour).
214
LE PROGRÈS MEDICAL
1
SOCIÉTÉS SAVANl'ES
SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE.
Séance du 31 mors 190tl.
Mucus de l’intestin.
MM. Ch. Roux et Riva ont vu que le mucus de l'intestin
grêle est sécrété par la muqueuse sous forme de flocons
hyalins, qui se dissolvent dans le contenu du gros intestin.
Sur l’animal muni d’une fistule intestinale, les auteurs ont pu
démontrer que l’extrait aqueux des fèces dissout le mucus
hyalin sécrété par l’intestin grêle.
Albumine du liquide cévhato-rachidien.
MM. L. Rénon et L. Tixier rapportent un syndrome très
caractérisé au cours duquel le liquide céphalo-rachidien
contenait une notable proportion d'albumine (de 2 àogr.).
alors que l’examen cytologique ne donnait que des résultats
négatifs .
L’examen du liquide céphalo-rachidien pathologique a
donné pour les réactions cellulaires et les réactions chimi¬
ques des résultats sensiblement parallèles.
Pour les auteurs, si l’examen de l’albumine du liquide
cérébro-spinal n’a pas toute la précision désirable, il fouriîit
seul, dans- certains] cas, en dehors des signes cliniques, les
preuves indiscutables de l’existence d'un processus méningé
aigu ou chronique.
D’autre part, jamais ils n’ont observé la réaction cellulaire
positive avec la réaction chimique négative. Cette dissociation,
d'ailleurs, est possible. Des traces indosables d’albumine
peuvent se retrouver dans le liquide céphalo-rachidien nor¬
mal, et cette recherche a d’autant plus de valeur qu’elle est
faite extemporanément avec les techniques usuelles pour
les recherches d’albumine.
Injections de sënim antidiphtérique chez le lapin.
M. IL Lemaire a observé, après injection de sérum antidiph¬
térique au lapin, que le sérum est décelable dans le sang dès
les premières heures, diminue vers le 6" jour,et du 7' au 11>*,
apparaissent les précipitines. Le sérum de cheval coexiste
quelques jours puis disparaît vers le lO' jour après l’injection.
Les précipitines sont encore abondantes.
Dans les injections intra veineuses, les précipitines appa¬
raissent de façon précoce, vers le 3“ jour et sont fugaces et
passagères.
Après injection de sérum antidiphtéritique, l’état général
de l’animal reste normal, les précipitines le font diminuer de
poids, mais U reprend vite ; l'injection n’a, localement, donné
aucun accident.
Une fois sur quatre l'auteur a observé une lésion symétrique
à caractère nécrotique à la face plantaire du métatarse posté¬
rieur.
Hyperglobulie dans le pneumothora.v tuberculeux .
M . Rayb.aüd (de Marseille) a observé un jeune homme de
23 ans atteint de pneumothorax droit d’origine tuberculeuse,
avec augmentation des globules rouges, qui pourrait être
attribué en l’absence de splénomégalie, à la gêne mécanique
de la respiration.
Cellule du corps jaune du cobaye.
M. Mulon a trouvé dans des corps jaunes de 15 jours des
cellules dont le cytoplasma contient des formations filamen¬
teuses : il y a décelé 1° une substance osmophile ainsi qu’un
corps gras, 2° un acide gras. Ces cellules sont identiques à
celles que l’on rencontre dans la zone ^anduleuse des surré¬
nales du cobaye décrites ailleurs par l’autèur. Ceci crée un
lien morphologique entre les surrénales et le corps jaune.
Réaction myéloïde du sang dans la lèpre.
M. Alézais (de Marseille) signale un cas de lèpre avec réac¬
tion myéloïde, surtout éosinophilique, du sang.
Influence dM "régime alimmîaire sur kscoeffioients urologiques
. et sur le poids de la molécule -élaborée.
MM. Desgrbz et Aykignac ont vu que la molécule la plus
grosse est fournie par le régime végétarien parce que ce 4,
nier détermine la formation et le passage dans les urines 4
corps azotés et aromatiques, acide hippurique et analogue
de poids moléculaire très élevé. E. P.
ACADÉMIE DE MÉDECINE
Séance du 3 avril.
L'inversion utérine.
M. Pinard rapporte un cas d’inversion utérine chez imj
multipare accouchée avec le forceps. Réduite manuellemsi
l'inversion se reproduisit quatre jours après, dans des effo4
de défécation. Le ballon de Champetier de Ribes donna m
exœllent résultat. En cas d'inversion un peu ancienne, avec
menace d'étranglement, cet instrument est très supérientà
la réduction manuelle.
En dehors des tractions intempestives sur le cordon, fia.
version utérine est assez rare. Elle peut cependant survei»
par insertion du placenta, comme l’a vm le Mériel. Elle
pieut aussi être due à l'inertie utérine.
La réduction est en général facile, surtout avec le ballni
de Champetier. Mais en cas d’étranglement et de sphacèle, i
faudrait faire l’hystérectomie.
La néphrotomie dans l'éclampsie.
M. Pinard rapporte un beau succès obtenu par MM. Poussm’
et Chambrelent, de Bordeaux, par la néphrotomie, chezum
éclamptique. Sans agir sur la néphrite même,cette opén^j
supprime le gonflement du rein, qui se trouve bientôt tropi!
l’étroit dans sa capsule fibreuse. Est-ce là la cause de l’albu¬
minurie et de l’éclampsie ? Il est certain qu’Edebohls, lorsqu'il
eut l’idée ingénieuse et hardie d’aller découvrir le rein d'
d’inciser sa capsule, vit celui-ci faire hernie par la fente, et'
qu’il observa aussitôt, avec la décompression du rein, la
cessation des accidents éclamptiques.
Cette opération peut fournir une ressource dans des œ
très graves. Mais, dans la pratique courante, elle ne doit pas
faire oublier les bons résultats du régime lacté rigoureux fit
assez précoce, de la saignée, au besoin même de la ponctioil
lombaire ; moyens plus simples, moins graves et trt-s efficaces. ,
Les remèdes secrets.
M. IlucHARD lit un rapport sur les nombreux remède
secrets proposés à l’Académie. Aucun d’entre eux ne mérite
de retenir vraiment l’attention. A. -F. Plicque.
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE
Séance du 28 mars 190d
Vingt-sept cas de botryomyco.se humaine.
M. Hartmann ajoute aux 5 cas apportés récemment à l»
Société 27 cas nouveaux dus la plupart à M. Thiéry. La spé¬
cificité des tumeurs botryoïnycosiques n’étant plus admi*
aujourd'hui, M. Hartmann propose de désigner ces tumeurSi
d’après leur structure, sous le nom de granuiomes télangiei-\
tasiques, terme qui ne préjugent en rien leur origine, rap"
pelle leurs principales particularités anatomiques.
Anesthésie par la scopolamine.
M. Routier a employé un certain nombre de fois les injeO"
tions sous-cutanées de scopolamine combinées au ctilo^
torme et il pense qu’on exagère l’influence de la scopolamio'
sur la marche de l’anesthésie chloroformique.
_ M. Ferrier, M. Chaput, M. Second, insistent au contrai**
sur les avantagesdes injections sous-cutanées de scopolaBai**'-
morphine avant l’administration du chloroforme. Ces avaO'
tages sont : la suppression de l’appréhension pré-opératoi<*
et des douleurs post-opératoires et l’atténuation, dans de^
proportions considérables, des vomissements.
' Occlusion intestinale par l'hiatus de Winsiou:.
M. Faure fait un rapport sur un mémoire deJeanbraB**
Riche.
l'holécysteclomie pour lithiase de la vésicule.
M. Bazy présente une gro.sse vésicuk extirpée récemB*^
LE PROGRÈS MÉDICAL
215
r lithiase biliaire. D’après l'auteur, on rencontre dans la
oj^se des voies biliaires tantôt la dilatation de la vésicule,
tantôt de la rétraction : dans le premier cas il y aurait sclé¬
rose vésiculaire débutant par le col de la vésicule, dans le
second,Ia sclérose débuterait par le fond. Catz.
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES IIOPIÏALX.
Séance du 30 mars.
Traite ment de la tuberculose pur la recalcification.
M. P. I’ebrier imite les procédés de la nature qui calcifie
d’anciens foyers tuberculeux, en employant dans le traitement
jBititubercuïeux les sels de chaux (carbonates et phosphates)
et les eaux minérales bicarbonatées calciques 11 proscrit en
Hième temps les causes nombreuses qui font perdre de la
chaux et du phosphore à l’organisme, causes (lui sont dues
aux fautes alimentaires et qui consistent en introduction ou
production d’acides non saturés de chaux. Donc calcifica¬
tion intensive, élimination des facteurs de décalcification
(acides ), combinées aux mesures hygiéniques, voilà comment
traite M . Ferrier les tuberculeux en attendant le sérum de
Behring.
M. E. Sergent a eu d’excellents résultats avec ce traite¬
ment qui, en somme, est très rationnel.
M. Rénon aussi a expérimenté le traitement sur six mala¬
des de son service et a observé une amélioration sensible.
II a constaté que les ouvriers des fours à chaux, quoique
éthyliques le plus souvent, ne fournissent pas de bacillaires
et dans le pays environnant on a noté une diminution de la
bacillose. Ces faits semblent confirmer la théorie deM. Fer¬
rier.
Svrrénnlite sypltiliiiijue de VaiuUe. Tréponème paie.
.M. E. IliRTz revient sur l’observation de M. Jacquet (séance
du ïàjpour demander quel était l'état de l’aorte de son ma¬
lade. Dans la syphilis,en effet, l’aortite et l’artériosclérose sont
extrêmement fréquentes, et l’observation deM Jacquet expli¬
querait très bien cette lésion. La surrénalite constatée his-
tologiquements la présence du tréponème démontrée bacté-
riologiquement, paràl Jacquet expliquent la tendance méla-
nodermique des manifestations cutanées de la syphilis et l’as-
.thénie qui caractérise cette infection.
.M. Jacquet n’a pas examiné la crosse aortique. mais l’aorte
^ominale était certainepient athéromateuse et la mort par
hémorrhagie cérébrale parle bien en faveur de l'existence de
la sc^rose artérielle. Cependant l’examen macroscopique n’a
Ws été assez complet et le sujet était âgé, ce qui diminue
l'm portance de la sclérose artérielle du cerveau.
M. JosuÉ rappelle que les lésions artérielles de la syphilis
aontdedéux ordres: i” lésions syphilitiques propres, épais¬
sissements et dépressions arrondis ou étoilés, nodules lym¬
phocytaires dans la tunique externe et moyenne, bandes sclé-
l^nses, déchirures des lames élastiques ; 2" lésions athéroma-
^uses banales, fréquentes chez les syphilitiques et ces lésions
Peuvent fort bien être provoquées par les altérations des cap¬
sules surrénales.
Siriroehète et paralysie générale.
M. Que Y RAT n’a jamais trouvé le spirochète de Schaudinn
^^sles cerveaux de malades morts de P. G. Mais ce résultat
^u^me pgg pQyj. Queyrat le rapport de cause à effet en-
V® ctlaP. G., qui serait fonction de la syphilis dans
” J» des cas.
^■1- SicARD partage l avis de M. Queyrat.
^^épkalie acijuise, probablement <£ origine traumatique.
Mort en état de mal épileptique.
et Rivet rapportent l’ob-servation d’un
®P^** ■ anS’ qui succomba en état de mal épileptique
présenté trois séries de crises jacksoniennes qui
dtosU ®“?rountant d’intensité. Mort avec hyperthermie
|j ^*^3psus,
Tuesié”**^^®*® trouva une lésion de para-encéphalite typi-
uu avant de la zone psychomotrice gauche, dans le
**®de l’artère frontale interne antérieure.
Comme étiologie, on trouve un traumatisine subi à Tàgede
13 ans. La ponction lombaire ne décela rien d’anormal, mais
chaque crise était précédée, accompagnée et suivie d’une
énorme hypertension artérielle |30). MM. Chauffard et Rivet
n e croient pas néanmoins pouvoir mettre les crises en dépen¬
dance de cette hypertension, mais admettent plutôt la lésion
p orencéphalique comme provocateur et de la crise et de
l’hypertension . D’ailleurs, les tentatives qui ont été faites
d’inhiber les crises parles médicaments hypotenseurs etpar
le chloral n’ont donné aucun résultat.
M. A ARioT présente un nouveau casde microsphygmie per¬
manente sans lésion cardiaque, avec ichtyose congénitale et
débilité mentale. Friedel.
LA VALEROBROMINE LEGRAND
est plus active que les bromures et les valé-
rianates.
REVUE DE ÏHÉILVREÜTIQUE
Sur le traitement créosoté des affections pulmonaires
non tuberculepses ;
Par le D' M. NIGOÜL
Médecin en chef du Dispensaire de ia Préfecture de la .Seine.
Presque toutes les maladies pulmonaires sont d’origine
infectieuse ; leur pronostic dépend de la nature et de la vi¬
rulence de l'agent pathogène. Mais il dépend aussi de la ré¬
sistance organique. Chacun est malade à sa manière : tel
arthritique ou cungestifréagira par des phénomènes inflam¬
matoires exagérés, alors que tel névropathe aura des accès
de toux pénibles, une fièvre intense, peut-être du délire. Mais
tous présenteront des symptômes fonctionnels et généraux
analogues, variables seulement dans leur intensité, suivant
la résistance du sujet et la gravité de l’infection. Infection
locale, parfois générale, réactions organiques, tels sont par
conséquent les deux principes pathogéniques qui doivent
inspirer toute la médication pulmonaire, et, sans négliger de
calmer la toux, d’abattre la fièvre, de diminuer l’expectoration,
le praticien avant tout doit se laisser diriger par la préoccu¬
pation bien plus importante de détruire cette virulence et de
stimuler ces réactions défensives. Mais ici les discussions
commencent : « Vous cherchez, nous dit-on, à soutenir l’or¬
ganisme prêt à défaillir, rien n’est plus légitime et les moyens
ne manquent pas. Mais comment espérez-vous atteindre
l'agent pathogène lui-même, à l’abri dans le tissu pulmo¬
naire encombré de leucocytes détruits, et qui émet autour
de lui ses toxines mortelles ? Nous n’avons pas encore un
moyen efficace d’agir directement sur lui, et nous devons
accorder notre attention plutôt à l’état général. '>
Cet aveu d'impuissance n’est plus de mise aujourd’hui.
Il était possible au temps où la Terpine, les balsamiques, les
agents béchiques ordinaires remplissaient toutes nos for¬
mules, au temps où la créosote, que l’on savait pourtant anti¬
septique et dynamogénique, c’est-à-dire capable de réaliser
le desideratum cherché, était encore difficile à manier, toxi¬
que, caustique, instable et chimiquement mal définie. Mais
à l’heure actuelle, il n’en est plus ainsi. La médication créo-
sotée est devenue pratique, car il a suffi aux chimistes de
sulfoner le ga’iaeol, pour conserver à ce remède ses vertus
curatives en lui faisant perdre ses inconvénients. Le corps
ainsi formé, contenant 52 % de gaïacol cristallisé,est stable,
bien défini, absolument sans toxicité sans causticité, sans
le moindre dangerpour le tube digestif : J’ai nommé le thio-
col.
Ainsi constitué, ce corps chimique ne représente pas, à
notre axis, un médicament indépendant, tout à fait personnel
dans la ÜiérapeuLique moderne, mais il doit être envisagé
comme le moyen pratique, vraiment sans danger, d’assurer
aux malades tous les bénéfices de la médication créosotée.
Et alors, le domaine de cette médication s'élargit singulière-
216
LE PROGRÈS MÉDICAL
ment! Désormais, nous ne reprendrons pas seulement la mé¬
dication de la tuberculose que nous avions été forcé d’aban¬
donner ; mais le thiocol nous offrira lui-même la possibilité
d’intervenir contre la pneumonie, les bronchites, les locali¬
sations pulmonaires de la grippe, de la rougeole, la bron¬
chectasie. la pleurésie, en un mot, la plupart des affections
respiratoires.
Jusqu’à ce jour, presque tous les auteurs avaient perdu de
vue cette nouvelle voie de la médication créosotée. Ils avaient
consacré leur thèse inaugurale ou d’importantes publications,
uniquement à l’action du thiocol contre le bacille de
Koch (1). Ainsi ils ont fait naître dans l’esprit du praticien
cette pensée que thiocol signifie presque toujours tubercu¬
lose pulmonaire.
Il importe, à notre avis, de réagir contre cette association
d’idées qui tend à spécialiser ce remède au prolit d une seule
maladie,alors qu'il est logique d’admettre que. s’il donne des
résultats dans la bronchite bacillaire, à plus forte raison
son activité sera-t-elle manifeste dans les autres infections
respiratoires. Et si nous arrivons à démontrer que le thiocol
exerce sur l’agent pathogène de ces maladies un véritable
pouvoir antiseptique; que, d’autre part, il relève l'état géné¬
ral, c’esl-à-dire les défenses organiques, nous aurons ainsi
prouvé qu’il réalise nettement les conditions thérapeutiques
exigées par la palhogénie de ces mêmes affections. Nous
avons donc traité par le thiocol 9 cas de bronchite aiguë et
6 cas de bronchite catarrhale chronique. Nous avons or¬
donné les comprimés de thiocol dosés à 0,50 clgr., dans 3 cas
de pneumonie franche, dans 3 cas de pleurésie, dans 2 cas
de bronchectasie et dans4 cas de grippeà forme respiratoire.
Nous l’avons essayé aussi dans 5 cas d'emphysème et chez
7 enfants atteints de rougeole avec gros râles muqueux et
toux quinteuse pénible. Cela fait un ensemble assez consi--
dérable de faits cliniques nous permettant d’appuyer notre
opinion sur la médication thiocolée.
Dans la br mchite aiguë, notre expérience nous autorise à
dire qu’il faut donner le thiocol soit à la première période,
avant la formation des crachats, soit vers la fin de la
période de coction. Dès que le malade a la fièvre et com¬
mence à tousser, donnez 4 à G comprimés par jour et vous
pourrez voir souvent la bronchite guérir en une semaine,
avec une période de coction à peu près insignifiante. Dès le
début, la fièvre tombe et les troubles gastriques disparais¬
sent. Si vous ôtes appelé au moment de l’expectoration, ne
donnez pas immédiatement ie thiocol, ou donnez-le à dose
faible, 2 à 3 comprimés tout au plus, afin de ne pas tarir cette
expectoration et de permettre l’évacuation des déchets in¬
flammatoires déjà constitués. Mais au bout de 4 à 5 jours,
prenez sans hésiter la dose de 4 à 6 comprimés et même 8.
et vous arrêterez facilement la formation des crachats. Le
malade toussera beaucoup moins, il reprendra des forces,
son appétit augmentera, les râles disparaîtront et vous au¬
rez en moins de 2 semaines obtenu une guérison autrement
nette que par toute autre médication.
Dans la bronchite chronique et l’emphysème, les effets du
remède sont encore tout à fait remarquables, et c’est ici que
nous observons surtout une action asséchante énergique
sur ta muqueuse bronchique. Dans nos 6 observations, la
iiionchorrhée a nettement diminué sous l’influence de G à 8
comprimés, et il est arrivé chez plusieurs malades que
l’expectoration a complètement cessé pendant des intervalles
d’une à deux semaines. Ils toussaient encore par moments,
mais leur toux était sèche et l’auscultation révélait de sim¬
ples râles ronfl ints ; les râles humides avaient complètement
disparu. Cette action asséchante du thiocol est vraiment
remarquable, les praticiens ne manqueront pas de la cons¬
tater. Généralement, les malades qui. une fois ces effets ob¬
tenus, continuent l’ingestion de 2 à 4 comprimés par jour,
conservent ce hon état respiratoire et se mettent à l’abri
des recrudescences inflammatoires. Pas plus chez le bron¬
chitique aigu que chez le chronique, le thiocol ii’a jamais
iucommo lé les fonctions gastro-intestinales, l’appétit s’est
toujours maintenu et l’état général est devenu rapidement
plus satisfaisant. _
^1 Voir la /fîW/og aphte a ta lin de ee travail.
Pour l'emphysème, nous ne trouvons pas évidemment
dans ce remède le moyen de réparer des lésions irrémé-
diaqles, mais il fait disparaître les râles de bronchite con¬
comitante, il tarit l’expectoration, diminue la toux, parait
faciliter la ventilation pulmonaire et relève encore l’état
général. On connaît la grande facilité qu’ont les emphysé¬
mateux à présenter des accès de bronchite aiguë et de
congestion pulmonaire, ür ici encore quand ces symptômes
inflammatoires auront disparu sous l’action de 8 comprimés
de thiocol par jour, on peut éviter le retour de semblables
accidenis en faisant absorber aux malades 2 à 3 comprimés
par 2i heures un jour sur deux, pendant longtemps, avec un
repos de 10 jours par mois.
Dans la pneumonie franche, nous obtenons aussi des
effets énergiques avec la médication thiocolée. Plusieurs
auteurs ont préconisé déjà le traitement créosoté contre la
pneumonie, et ils ont montré que, par ce moyen, nous pou¬
vons agir à la fois sur l’élément infectieux et sur l’état gé¬
néral affaibli. French (2i a cité plusieurs observations de
guérison rapide par le thiocol. 'Van Zandt (3|, Smith (4) el
Gracey (5l ont déclaré qu’appliqué de bonne heure, ce traite¬
ment était presque spécifique de la pneumonie. G. Gain (fil
prétend que, chez plusieurs pneumoniques traités par lui.
aucune autre médication n’a été nécessaire et que la durée de
la maladie a été nettement abrégée. Nos observations per¬
sonnelles n’infirment en rien les conclusions de ces auteurs.
Et pour mieux faire saisir faction du thiocol sur l’infection
pneumococcique nous citerons ici l'observation suivante :
Obs. I — Il s’agissait d’un homme de 37 ans, atteint de pneu¬
monie franche du sommet droit. Quelques heures après le point
de côté initial, la température atteignait 39‘8. La dyspnée était
accentuée et la toux quinteuse. Un grand nombre de râles crépi¬
tants fins éclataient au niveau du lobe supérieur du poumon droit
qui offrait une matité très nette. Ce foyer était facilement per¬
ceptible en auscultant dans l’aisselle. Le cœur était normal
malgré 112 pulsations.
Nous avons aussitôt ordonné, avec une révulsion des plM
énergiques (ventouses scarifiées à ce niveau) 8 comprimés de
thiocoi par jour.Le lendemain au soir, à 4 h. 1/2, le thermomèlre
marquait :!8"4 ; le surlendemain 37“0 et le 3* jour 37'>3. La fièvre
était donc tombée en 48 heures ; le pouls était presque normal.
La respiration n’était plus dyspnéique el la toux ne fatiguait
plus le malade. L’abondance des urines n’avait en aucun Bo¬
rnent diminué. Il existait cependant quelques crachats hémop¬
toïques. La matité pulmonaire persistait encore et l’auscultatioi
I faisait entendre une respiration légèrement soufflante. L’étal
général n'avait pas faibli, et cependant nous n’avons pas et
recours aux stimulants habituels comme la potion de Tood, la
kola, etc.
Au 4* jour, le malade a pris C comprimés de thiocol par^l
heures. Les crachats hémoptoïques n’ont pas reparu. L’expee-
toratlon,tr«s peu abondante, est devenue muqueuse, la toux s’esl
calmée, la matité s’est éclaircie et nous avons pu considérer <*
pneumonique guéri en G jours de traitement.
Les deux autres cas de ce genre noiis ont permis d’obsef'
ver que faction curative du thiocol était d’autant plus énei'
gique que la médication se rapprochait du déb ut de l'aff^f
tion. Ordonné plus tard dans une de ces observations,
s’est montrée moins nette, tout en exerçant encore uneact'®’
I favorable sur l’évolution pathologique. Nous pensons, ^
effet que le thiocol s’oppose nettement aux dangers
patisation grise. Comme pour la bronchite aiguë, ce renB’“
évite les convalescences traînantes de la pneumonie, si
pices aux infections nouvelles, de telle sorte qu’il
paraît, comme aux auteurs précités, exercer nettement®
pouvoir à la fois curatif et préservatif. Mais, nous le ré^
tons, il importe de le donner dès le début et à doses fof*^
Le thiocol donne encore de bons résultats dans les loc^
sations pulmonaires de la grippe et ici nous pouvons
que ce remède abrège sensiblement la durée de cette ^
tion. Si en effet, au début delà grippe on donne en moy®*^
6 comprimés de Thiocol par jour, on est surpris de
tater au bout d’une semaine environ la sédation des
mènes inflammatoires du poumon et aussi un relève® -|j
appréciable de l'état général. Le malade a plus de forceS’
LE PROGRÈS MÉDICAL
217
a de l’appétit, augmente ensuite de poids, et on évite ainsi de
redoutables complications infectieuses.
11 en est de même dans la rougeole infantile, et pour notre
part, nous avons l’habitude dès le début de la période érup¬
tive au moment où l’exanthème morbilleux est intense sur
l'appareil broncbo-pulmoiiaire d’ordonner le sirop Roche au
thiocol par cuillerée à café de '2 bernes en 2 heures. Avec
cette façon de procéder, il est rare de ne pas observer l’at¬
ténuation très nette des gros làles bullaires et de la toux.
Nous pensons aussi que ce remède est un préservatif <les
complications streptococciques au moins aussi puissant (pie
l’antisepsie nasale et bucco-pharyngienne. Dans plusieurs
cas, il nous a même semblé (pie le thiocol favorisait la sortie
de Vexanthème. Etnons expliquons ce plu nomène par ce
fait que le médicament est un stimulant général des fonc¬
tions organiques.
Une autre indication très nette de la médication Ibiocolée'
est la bronchectasie et la bronchite putride.
Obs. II. — Chez une femme de 57 ans atteinte depuis fort long¬
temps debronchile chronique, l’haleine étaitdevenue fétide. Tou s
les matins au réveil, la malade était secouée par des accès de
toux qui s’accompagnaient d’une expectoration liés abondante
sorte de vomique muco-purulenle et de fort mauvaise odeur.
Abandonnée dans un vase, ces crachats se divisaient en trois
couches, dont l’inférieure était verdâtre. Il y avait eu quelques
'hémoptysies. A l’auscultation, on constatait les signes d’une ca¬
verne, mais l’examen des crachats les montra indemnes de ba¬
cilles et de fibres élastiques. Il s’agissait donc d'un cas bien dé¬
terminé de dilatation bronchique.
Six comprimés de Thiocol par 24 heures firent, en 10 jours en¬
viron, complètement disparaître l’odeur fétide des crachats et di¬
minuer leur abondance. A ce moment, il se produisit une hémop¬
tysie. Mais elle s’arrêta d’elle-mème et ne reparut pas. La toux
était calmée et l'état général meilleur.
Par la suite cette femme, a continué l’usage du thiocol, et sans
arriver à tarir complètement son expectoration, elle est parve¬
nue cependant à conserveries résultats acquis. Les signes phy¬
siques étaient atténués ; il n’y avait presque plus de gargouille¬
ments; le souffle cavitaire persistait seul.
Dans nos 3 cas de pleurésie séro-fibrineuse dite a friçfore et
cependant fonction de tuberculose, nous pensons avoir em¬
pêché ou tout au moins retardé pour longtemps l’apparition
des signes bacillaires sur le poumon. Sous l’influence de 4 à
6 comprimés par jour nous avons noté le relèvement de l’état
général, de l’appétit, des forces, une réelle augmentation de
poids et malgré toute notre attention nous n’avons pi; déceler
au sommet l’existence du 2® schème de Grancher. Le thiocol
ne nous paraît pas avoir une action bien efficace sur l’abon¬
dance ou la résorption de Tépanchement. La médication diu¬
rétique et la ponction passent toujours ici en première ligne.
Mais nous ne craignons pas de poser en principe que. dans
la pleurésie séro-fibrineuse, la médication thiocoléeest in¬
dispensable pour rendre le parenchyme pulmonaire réfrac¬
taire au développement de la bacillose. C’est surtout à ce
point de vue qu’elle doit être instituée.
En résumé, deux remarques s’imposent à tout médecin qui
traite comme nous le faisons, les affections respiratoires non
oacillaires par le thiocol. C’est d’abord la rapidité des ré¬
sultats et, en second lieu, l’action favorable du médicament
au point de vue pronostique sur l’évolution morbide. Nous ve¬
nons de voir, en effet, que très peu de jours après le début du
traitement, l’expectoration change de caractère. Elle devient
muqueuse perd, sa purulence, sa mauvaise odeur, et peut
se tarir complètement ensuite. La toux elle-même est cal¬
mée. La dyspnée disparaît, la lièvre tombe et l'état général
améliore. Dans lapneiimonie, les effets du thiocol sont en-
ore plus rapides et la fièvre cède en 48 heures environ.
l®s malades atteints d'affection générale infectieuse,
la rougeole et la grippe, le médicament prévient les
mplicalions broncho-pulmonaires. Dans la pleurésie, il
Ppose à l’envahissement pulmonaire par le bacille. En un
cou’ ®^llon curative et préventive, telle est la conclusion de
etu(le clinique.
Tliio*^i ajouierl’aciion stomachique et orexique du
*ste d” ’ pouvoir dynamogénique, sa propriété mani-
b exalter les défenses organiques. Or, si le thiocol est
un merveilleux asséchant pour la muqueuse bronchique, il
n’entre pourtant pas dans la classe des balsamiques; s’il est
sédatif de la toux, il ne fait pas partie du groupe des anti-
nervins ; s’il abat rapidement la fièvre, il n’est pas un anti-
Ihermique ; etla question se pose de savoir comment ce re¬
mède peut alors déterminer des effefs si divers. C’est
uniquement par son pouvoir antiseptique. Nous savons, en
effet, d’après les recherches de Gripon (7), Martial (8;, Mara-
maldi (9), Schnirer (10), Foussal (11), etc., que le thiocol
exerce sur les agents infectieux qui habitent normalement
ou pathologiquement les m iqneusès respiratoires une ac¬
tion antiseptique certaine. Si l’on recherche dans les cra-
cbats la présence de ces microorganismes avant et après
le traitement, on constate que leur nombre a sensiblement di-
ininuéet parfois même qu’ils n’existent plus après l'inges¬
tion régulière pendant une dizaine de jours de 6 à 8 compri¬
més dosésà 0,.50 cigr. (Il-ukesboven) (1).
D’autre part, nous savons que l’innocuité du thiocol permet
de le faire absorber à des doses assez élevées pour déverser
dans l'économie une quantité de principe actif suffisante pour
imprégner le tissu pulmonaire, les ganglions bronchiques,
et arrêter aussi l’action infectieuse.
Voilà bien la solution du problème. Gomment en effet, ex¬
pliquer autrement ce fait que, dans la pneumonie, la fièvre
tombe en 48 heures, la toux se calme, la maladie guérit d'une
façon plus rapide ? Gomment expliquer autrement que, dans
la bronchectasie, le caractère fétide et purulent de l’expecto¬
ration disparaît en peu de jours ? Et copiment expliquer en¬
core, si ce n'est ainsi, que dans tous les cas de bronchite
aiguë et chronique, les crachats deviennent très rapidement
muqueux et disparaissent ; que dans la grippe, la rougeole,
maladies essentiellement infectieuses, les complications
pulmonaires sont évitées ou tournent court ; que dans
la pleurésie, les signes de bacillose sont des plus difficiles à
apprécier sur les poumons soumis au thiocol ? Evidemment,
la clinique nous prouve la vérité des notions fournies par les
laboratoires, et nous pouvons affirmer que le thiocol agit sur
les poumons malades par son pouvoir antiseptique. Nous
n’allonopas jusqu’à dire que cette propriété s’exerce sur le
bacille de Koch lui-même, bien que certains auteurs l’aient
affirmé. Mais nous prétendons sans hésiter qu’il est nette¬
ment destructeur des autres agents pathogènes et des infec¬
tions secondaires. Mais si le thiocol, en frappant les micro¬
bes, en arrêtant leurs toxines, permet aux défenses organi¬
ques une réaction plus énergique, il est d’autre part certain
que ce remède est un accélérateur de la uutrition générale.
Avec Berlioz (12), avecMaramaldi. C. Pinet, (13) Schwartz (14),
Noe (15), Grumberg (16), Kaplansky (17),Scboull(18) etc., nous
affirmons l’action stomachique de ce remède. Nous affir¬
mons que jamais un seul de nos malades n’a éprouvé le moin¬
dre malaise gastrique après l’ingestion des comprimés dis¬
sous dans un quart de verre d'eau aromatisée ou sucrée ; et
que ce soit le relèvement de l’appétit, que ce soit l’atténua¬
tion des lésions locales constatée à l’auscultation, que ce
soit la réunion de ces deux propriététés en une même action
thérapeutique, nous observons que le thiocol relève les for¬
ces, augmente le poids des malades, active en un mot la
résistance de l'organisme.
Ainsi donc, eu dernière analyse, la clinique démontre que
la médication thiocolée, tout en étant symptomatique des af¬
fections pulmonaires, est avant tout pathogénique, puisque
les deux notions directrices de toute thérapeutique pulmo¬
naire ; septicité locale, et résistance organique se trouvent
précisément réalisées par le thiocol dont les deux proprié¬
tés fondamentales sont faction antiseptique et faction dyna¬
mogénique.
Bibliographie. — (Il Gripon. Thèse de Paris, 1903. — Mara-
MAi.Di. De la valeur et de l’efficacité du thiocol dans le traitement
de la tuberculose pulmonaire. Naud, éditeur, 1899.— Schnirer.Du
traitement médical de la tuberculose pulmonaire. Presse médicale,
; Klinish. thérap. Woch., n®» 35-36, 1899. — Fouss.al. Le
Progrès médical, n° 49, 1904. — Bousquet. L'évolution de la
(1) Heckeshovex.— ExpérimentcUes liber die Wirhiingdes Thio-
colsbei tuberculose. (Bern, 1899).
218
LE PROGRÈS MÉDICAL
médication créosotée. Presse medicale, mars 1904 ; Mendelsohn
Deutsche Aerste seilung., n° 21, 1900. — Jifard. Gas. des hop.,
n« 24, 19(14. — (2) Traitement de la pneumonie par la médication
créosotée. — Gazette des hôpitaux, d, 1904. — (3) Medical Re¬
cord, 30 mars 1901. — (4) Med. :\'eics, novembre 1899.— (5) Char¬
lotte méd. Journ., décembre 1899. — (6) The therap. Gazette, 15
juillet 1905. (7.) Loe. cit.— (S) Archives de thérap.. n»» 2 et 18,
1904. — (9) Loc. eît. - (10) Loc. rit. — (11) Loc. cit. — (12) Le Pro¬
grès medical, 27 février 1904. — (13) Le Concours médical, n»® 19
et 20, 1904. (14) Klinisch therap. Woch., n° 19, 1898. — (15)
Archives générales de Méd., n® 42, 1903. — (16) Thèse de Paris,
1905. — (17) Thèse de Paris, 1900. — (18) Journal des Praticiens,
n® 33, 1900.
XÉCR0L0(iIE
LE D O. A PHISALIX
1852 1906.
Cliché E. Pirou
« Il apparaît de temps en temps sur la face de la terre
des hommes rares, exquis, qui brillent par leur vertu, et
dont les qualités éminentes jettent un éclat prodigieux.
« Semblables à ces étoiles extraordinaires dont on
ignore les causes, et dont on sait encore moins ce
qu’elles deviennent après avoir disparu, ils n’ont ni
aïeuls, ni descendants : ils composent à eux seuls toute
leur race » (1).
Ce court passage de La Bruyère est Téloge le plus vrai
le plus juste que l’on peut faire du D'’ Pbisalix,le savant
collaborateur dont nous avons le douloureux regret de
déplorer la perte prématurée.
Césaire-Auguste Phisalix naquit à Mouthier-Haute-
pierre dans le Doubs, le 8 octobre 1852. Il était fils de
modestes vignerons et c’est en prenant part dans son en¬
fance aux travaux des champs que le futur savant ac¬
quit cette passion de l’étude des choses de la nature
qui devait jusqu’à la fin le posséder. Ses excellents
parents jugèrent que sa constitution trop frêle ne lui
permettrait guère le rude labeur du paysan, aussi favo¬
risèrent-ils de toutes leurs forees te goût que l’enfant
mettait à s’instruire. Les braves gens firent ce qu’ils
(1) L\ Bui yérk. —Les Caractères : Ch. IT. Du Mérite Personnel.
purent ; leur fils commença scs études secondaires à
l’établissement le plus voisin, le Petit Séminaire d'Or-
nans, puis de là, fut dirigé vers le Collège catholique de
Besançon. Le jeune homme, par un travail assidu,
reconnut les sacrifices très lourds que s’imposaient ses
parents et une fois bachelier, tant pour diminuer leurs
charges que par prévoyance de l’avenir, il se destinai
la médecine militaire. Il prit ses premières inscriptions
en 1873, à l’Ecole de médecine de Besançon, comme élève
du service de Santé. Ses études médicales se terminè¬
rent à Paris où il soutint une thèse de doctorat sur la
néphrite interstitielle aiguë en 1877. Entré à l’Ecole
d’application du Val-de-Gràce, il en sortit pour être
attaché d’abord à l’Hôpital militaire de Lyon, puis peu
après, en 1879, il fut envoyé comme aide-major au
4“ régiment d’artillerie à Besançon. Ainsi de retour au
pays natal, Phisalix vit renaître et se développer son
penchant pour les sciences naturelles. Il consacra à leur
étude les longs loisirs que lui laissait la vie de garnison.
Ce ne fut f)as sans lui provoquer quelques déboires.
Avec l’esprit étroit et retardataire qui caractérisait
encore les vieux officiers de cette époque, esprit qui
venait de conduire la France au bord de l’abîme, les
supérieurs du D' Phisalix ne purent comprendre qu’un
officier occupât ses loisirs à autre chose qu’à s’alcooliser
dans les cafés de la garnison. Le médecin laborieux fut *
appelé chez le commandant qui lui reprocha ses travaux
et lui infligea un blâme officiel avec le motif : « Occupa¬
tions étrangères à la médecine. Il fallut que le D'' Phisalix
se disculpât, qu’il plaidât presque les circonstances atté¬
nuantes, qu’il donnât comme argument à la légitimité de
ses études, jugées dangereuses et subversives, l’exis¬
tence d’une épreuve de sciences naturelles dans les
examens pour le doctorat en médecine. Ce fait est digne
d’être rapporté, pour montrer tout le mérite qu’eurent
les médecins militaires de cette époque pour parvenir,
malgréde pareilles entraves à s’instruire et à se distin¬
guer.
Sur ces entrefaites, l’expédition de Tunisie fut décidée
et le D'' Phisalix accompagna en Kroumirie la brigade
Vincendon. Dans cette campagne, où le véritable combat¬
tant fut le médecin et le seul ennemi dangereux la
maladie, le D"" Phisalix, comme tous ses confrères, fit son
devoir. Il en fut même une des victimes, car il contracta
une grave affection intestinale qui nécessita son retour
en France et dont il ne parvint jamais à guérir complète¬
ment.
Pendant son séjour en Tunisie, Phisalix continuait ses
recherches en zoologie.
Lesiommes, qui aimaient leur major, recueillaient soi¬
gneusement, pour lui plaire, au cours de leurs expé¬
ditions, les échantillons réputés venimeux de la faune
locale. La tente des officiers, au grand effroi de quel¬
ques-uns, prit un air de laboratoire.
L’autorité supérieure intervint encore et le jeune sa¬
vant dut modérer le zèle de ses pourvoyeurs et exiger
d’eux plus de discrétion dans la livraison de leurs captu¬
res.
La convalescence de M. Phisalix devait être longue.Il
résolut d’aller passer son congé à Roscoff et y travailla
au laboratoire maritime, accumulant les documents d’une
thèse de doctorat ès sciences.
Envoyé à l’hôpital militaire d’Amélie -les-Bains tout en
faisant régulièrement son service, il put y continuer ses
recherches scientifiques, grâce au voisinage du labora¬
toire maritime de Banyuls et à la bienveillante hospita¬
lité de M. de Lacaze-Duthiers.
Il trouva à Amélie-les-Bains un milieu intellectuel
bien différent de celui de son régiment d’artillerie. Ses
supérieurs surent vite l’apprécier et ne lui ménagèrent
ni sympathies, ni encouragements.
On ne considéra pas ses occupations comme étrangè¬
res à la médecine, on le pria, au contraire, de faire des
conférences sur l’Histoire Naturelle et toute la popula¬
tion de l’hôpital se fit fête d’y assister.
LE PROGRÈS MÉDICAL
219
Le D'' Pfaisalix a toojcmrs gardé un sotrvenir ému de
ce réconfortant séjour à Amélie-les-Bains et a conservé
ane grande reconnaissance à son médecin-ckef M . le D''
Haro. En luitémoignant son affectueuse estime, cet Oi^
ficier distingué avait su favoriser ses études, il lui faci¬
lita en outre l’obtention de sa retraite prématurée.La dé¬
bilité de la santéde Phisalix l’obligea en effet à briser sa
carrière militaire .
Sa situation devenait eritique,mais d’autre part il pou¬
vait se consacrer entièrement à la science et réaliser le
rêve de sa vie. En avril 1884, il était nommé préparateur
à la Faculté des sciences de Besançon et soutenait bril¬
lamment l’année suivante, sa thèse de doctorat ès scien¬
ces dont le sujet était : Anatomie et phrsiologie de la rate
che\ les Ichtyopsidés . Professeur de Zoologie médicale a
PEcole de médecine de Besançon en 1886 suppléant dans
sa chaire M . Moquin-Tandon appelé à Toulouse, il ve¬
nait en 1888 d’être nommé chef des travaux de zoologie
àla Faculté des sciences de Besançon, quand le Muséum
d’Histoire Naturelle de Paris lui ouvrit ses portes. H y
entra au litre d’aide-naluraliste à la chaire de patholo¬
gie comparée, titrée qui fut changé en 1892,en celui d’as¬
sistant. Il devait conserver ces fonctions jusqu’au jour de
sa mort, le 16 mars 1906, c’est-à-dire pendant ISans.
Durant cette longue période, Phisalix prit une part ac¬
tive à l’enseignement, soit en remplissant à diverses re¬
prises le rôle de professeur suppléant, soit en exposant
dans des conférences publiques le résultat de ses recher¬
ches biologiques.
Les TRAVAUX du D" Phisalix eurent tout d’ahord trait à
l’anatomie, à l’embryologie et à la physiologie animales,
et dès le début le classèrent parmi les biologistes zoo¬
logistes . Après avoir un instant évolué vers îk physiolo¬
gie pure et lapathologie comparée, il revint peu après au
sujet favori de ses études, les recherches sur les venins.
Les découvertes qu’il fit exigèrent une somme de labeur
considérable, elles sont capitales et jettent un jour nou¬
veau sur la théorie de l’immunité. Le nom de Phisalix
restera indissolublement attaché à cet intéressant chapi¬
tre des sciences biologiques.
La vie privée de M. Phisalixfutd’unebelleTinité ; chez
lui Thomme et le savant étaient si intimement nuis qu’il
n’était guère possible de les séparer. Il ne brigua aucune
fonction, aucune poste qui pût l’éloigner ou même mo¬
mentanément le distraire de' ses études. Son existence
de travailleur se fut continuée solitaire dans un froid
célibat, s’il n’avait eu le bonheur de rencontrer sur sa
route la femme supérieure digne de lui. En 1895, il épousa
ilUe Picot, agrégée des lycées de jeunes filles, qui fut aus¬
sitôt son édève et peu après sa collaboratrice. Devenue
docteur en médecine, Mme Phisalix sut admirablement
seconder son mari et égayer les deimières années de sa
savant. Au lieu de disputer, dans une jalousie excu-
^ble et, pour beaucoup, légitime, son maria la Science,
"Outil était si passionnément épris, elle préféra prendre
^^part intime à son existence austère de chercheur,
affection bienfaisante adoucfibses derniers moments
lin laissa le suprême espoir de survivre en nne colla-
^î^*'rtcequi ne laisserait pas inachevées les recherches
^roeprises en commun.
„ T^, modestie du D’ Phisalix était connue de tons ceux
mit approché; il ne rechercha ni honneurs, ni récora-
3 P ce furent eux qui vinrent le trouver. En 1884,
pi l'apport de M. Perrier, il obtint de l’Institut une
au Concours du Prix Da Gana Machado pour
Ea jou, ^cehes sur les chromatophores des céphalopodes.
^t 1 P ’■ découverte d’un .sérum antivenimeux lui va-
ea i^P^^Ionthyon, qu’il partagea avec Gab. Bertrand ;
Brib ° on rapport du P" Bouchard, il obtint le Prix
Poor ses' travaux d'ensemble sur les veains et les
^’cnimetix.
1900 l’Instruction publique en 1899. il était en
Promu chevalier de la Légion d'honneur et était
nommé en 1903, officier de l’Ordre du Lion et Soleil de
Perse. M. Phisalix était depuis ISSO-membre de la So¬
ciété de Biologîeet faisaitaa.ssi partie de la Société d’Ën-
toaaologie de Franee. ,J. No».
Liste bibliographique des travaux de M. te D' Phisalix.
De la néphrite interstitielle aiglie. Thèse de Doctorat en méd.,
Paris 1877. — Rupture partielle la zounle de Ziun par trauma¬
tisme du globe oculaire. Arch. de méd. etde chiru-gie milita', 187t>,
— Structure et texture de la rate chez raujuille commune (7. U.
de. dex Sc., 16 juillet 1883. — Recherches sur l'anatomie et la
physiologie de la raie chez les Ichtyopsidés. Thèse Doct. ès-sc .
nai., Paris 1®5 ; A/ck. Zooï. Exp., 188.5. — Anatomie et physio¬
logie de la raie chez les poissons et les aiuphlhiens Rev. bio. ùniv .
des SC. méd-, .30 novembre 1885. — Sur le mode de formation des
chromatophores chez les céphalophodes C. R. .4c. dt'.î .«c., 29 mars
1836. — De révolution post-emhryonnaire du sac vile) lin chez les
oiseaux. C. R. .4c. d.es sc.. 21 juin 188(5, leii collaboration avec
M €hart)onnel-Salle). — De la sécrétion lactée du jalx)! de pigeon
en incubation. C. R. .4c. des sc., 26 juillcl 1846. (on collaboration
avec .\I. Cliarbonnel-Salle). — Sur les nerfs crâniens d'un embryon
humain de 32 jours. C. R. Ac. des sc.. 21 janvier 18'7. — Sur
l’analoraie d'nn em’bryon humain de 32 jours. C. R. Ac. des sc .
14 mars 18.47. — Sur les nerfs crâniens des sélaciens. Assoc.
franc, aranc. .tes sc Toulouse 1887. — Elude d'un embryon humain
de lÔmlllim. Arc. de exp , 2* série. 1. VI, 1884. — jÇole sur
le ganglion ophtalmique et la première cavité céphaliqmi chez les
pmssons. C. R. Soc. de biol. 28 juillet 1888. — Noie sur la cyclopie
chez les manmnîfères. €. R. Soc. de Biol., 25 juillet 1888.—* Mons¬
tres cytflopes. Journ. de l’anat. et de la pbrsiol , 1848. — Nouvedles
expériences sur le venin de la salamandre lerfeslre.C.R. ylc. des sc.
2 seplembre 1889. — .tcüon physiologique du vemin de salamandre
terrestre. C. R. Ac. des sc., 16“ septembre 1889. (en collaboration
avec M. P. Langlois). — Expériences sur le venin de la salamandre
terrestre et son alcaloïde. Assoc. franc, avanc des sc., 14 août 18s9.
— Sur un mécanisme de transformation de la circnlaDon veineuse
chez l’embryon humain. Soc. de biol., 10 mai 1890. — Influence du
milieu ganglionnaire sur la vitalité du bacillus nnthracis. Cong.
int. deméd. de Berlin, 1890. — €ontrihution à la pathologie de
l’embryon humain. Joum. de l'Anat. et delà Ehysiol. t. XXVI, 1890.
— Eluîie expérimentale da rdle attribué anx cêllulpsljmphatjijnes
dans la protection de l’organisme contre l'invasion ' du bacillus
anthracis et dans le mécanisme de Hininunité acquise. T. R. Ac.
des sc., 18 novembre 1890. — • Sur un nématode, nouveau parasite
du poumon chez le dauphin. Soc. de Biologie, i9 novemlve 1890.
— Sur le mode de vascularisation du jabot de pigeon. Soc de biol.
14 juin 1890. — Sur quelques points de la physiologie des glandes
cutanées de la salamamlre terrestre. SoC. de' biol., 3 mai 1890. —
Nouvelles recherches sur les glandes à venin de la salamandre,
terrestre. Soc de biol., 14 mars 1891, (en eollaboration avec tlontejean)
— Sur la nature du mouvement des ehromatophorcs des eépba-
lojroëes. C. R. .4c. âessc., 19 octobre 1891. — Nouvelles recherches
sur la maladie charbonneuse ; produetaon expérimentale du char¬
bon chronique. .4 rc. de méd. exp. 1" mars 1891. — Recherches
physiologiques snr les chromatophores des céphalopodes. Arc. de
Physvol., avril 1892 — De la transmission héréditaire des carac¬
tères acquis par le bacillus anthracis sous l'inBuence d’une tem-
pératnre dysgénésique . C. R. .4c. drs sc., 21 mars 1892. — Struc-
tnre et dèveli^ement des elwomatephores . .4rc. de Physiol.,
juillet 1892. — Chromatopbfjresdes céphalopodes. Soc. de Biologie.
1892, p. 44;. — Régénératioa de la projniété sporogène. (*ez le
bacillus anthracis qui en a été préalhhtemeal destitué jKir la
ciialeur. Soc. de Biologie., 30 joillel 1892. — Sur une conditioïi
qui fait varier lafoi’mede la baciéridie dans 4e sang d’animaux
morts du charbon . .Voc. dr Rio/ugie, p. -981, 1902. — Abolùion per¬
sistante de la l'oncUon chromogène du bacith' pyocyanique. Soc
de Biologie, p. .576, 1892 (en col'lahoration avec tTharrin). —
Sur la nature da mouvement des chromatophores des céphalopo¬
des ; causes et mécaniaue de ee mouvement. Ass. franc, conr
l’avanc. des sciences. Besaaçoo. 1891. — Sur un phénomène d’inhi-
hition chez les céjdialepodes ; eonstricUoii paralytique des ohi-o-
matophores. Sac. de Biologie, p. 847. 1893. — Recherches sur la
toxicité du sang du crapziud ccrnirnuu. Arch de Physiol.. pp. 511
517, 5" série. 1893 (en collahoralion avee Gabriel Bertrand'. —
roxieité comparée du sang- et du veain de crapaud eommnn.'oon-
sidérée au poiat de vue de la sécrétion interne des glandes cuta¬
nées de cet animal. Aoc. de Biol., p. 477, 1893. (en colUboratiou
avec Gab. Bertrand). — i4ur la losicité du sang de la vipère. Soc.
Biol., 9 décembre 1893. (e.n eollaboration avec Gab. Berlraad .
Ac. des Sc., 1893, — Influence de la chaleur sur la prcqiriété spo-
rogène du bacillus antluacis. AJioütion peisàstanle de celle
fonction par bèrt'dité de caractère acquis. Arch.de Physiol., 1893.
— Varialiilité de la fonction sporôgéne du bacillus antliraeis.
Arch. de Physiol., 1893. — NoHveltes recherches sur les ehroma-
tophores des cé^iulopudes. Genlres inhibiluiies da inouveroenl
des taches pigmentaires, dreft. de Rftysioï., janvier 1894. — Glandes
veuimecfcses chez les conleuwes et toxicité de ces animaux. G. B.
Sac. Biol., p. 8, 1894 ; Ac. des Sc.., 1894. — ThvToüdecUimie chez la
Salamaodiy. Soc. de Bled., 13 janvier 1894 (eu cidlaboration avee
M. Gley). — AMénuation du veuin devipèi-e par la chaleur et vac-
cinatinn du cobaye contre le venin. Arch. de Pkrsiol. 5' série ;
Ac. desSc., SfénTier 1^94 (eB'cellahorsIiun avec M. Gab. liertnuid).
Sur la propriété auüloxiqne tlu sang des aaimanx vacoü»és ixMitw
le venin de vipt-rc G. B. -le. des Sc., 12 février ; Soc. Bial , 10 fév.;
Ai-ck. de Physiol.. 1894. — Xnceinntioii et accoutumance du cobaye
220
LE PROGRÈS MÉDICAL
contre le venin de vipère. Congrès de Rome, 1894. — Sur les effets
de l’ablation des glandes venimeuses chez la vipère au point de
vue de la sécrétion interne. Arch. de Physiol. n’ 1, janvier 18"'=
(en collaboration avec Gab. Bertrand). — Recherches sur __
causes de l’immunité naturelle dés couleuvres contre le venin de
vipère. Toxicité du sang et glaudès venimeuses. Arc de Physiol.
3" série, VI, 1893 (en collaboration avec Gab. Hertrand). — 1
las propriétés ontitoxiques du sang de salamandre terrestre vi
vis du curare C. R .4 c. des Sc , 20 août 18r4 (en collaboration a
Contejeani. — Modifications imprimées au bacillus subtilis par la
chaleur. Congrès méd‘ de Rome., 1894. — Toxicité comparée du
sang et du venin de la vipère. Arch. de Physiol., janvier 1894,
(en collaboration avec Gab. Bertrand). — Recherches pbvsiolo-
giques sur la matière colorante du pyrrhocaris apterus. C. R.
Sc de^Sc., 1894.
Variation de virulence du venin de vipère. Arch. Physiol.. .avril
1896(en coll. avec Gab. Bertrand). — Surl’emploi et le mode d’ac¬
tion du chlorure de chaux contre la morsure des serpents veni¬
meux. (en coll. avec Gab. Bertrand) C. R. .le. des Sc. C. R. Soc.
Biol., 8 juin 1895. — Sur les effets de l’ablation des glandes veni¬
meuses chez la vipère au point de vue de la sécrétion interne, (en
coll. avec Gab. BertrancB. C. R. Soc. de Biol. 1" déc. 1S94.
Arch. de Physiol. janv. 1895. — Sur l’emploi du sang devipère et de
couleuvre comme substances antivenimeuses (en coll. avec Gab.
Bertrand). C. R. 5oc. BiO/., 23 nov. 1895. — Recherches sur l'im¬
munité du hérisson contre le venin de vipère. C. R. Soc. Biol. 21
juillet 1895 (en collab. avec Gab. Bertrand). — Influence de la sai¬
son sur la virulence du venin de vipère. Bull. Muséum n" 2, 1895. —
Contribution à l’étude de la variabilité et du transformisme en mi¬
crobiologie. .\ propos d’une nouvelle variété de bactérie charbon¬
neuse (b. anthraeis claviformis), (en collab. avec M. Chauveau).
C. R. .4c. Sc. p. 801,1895. — Sur q^uelques particularités relatives
aux venins de vipère et de cobra. Bull. Mus. M. Wat. n" 31895 (en
coll. avec G. Bertrand). — Remarques sur la toxicité du sang de co¬
bra capello. Soc. de Biol., 25 juillet 1895 (encollai), avec Gab. Ber¬
trand).
Recherches expérimentales sur le venin du scorpion Bull. Mu¬
séum, o' 2,1896. — .\tténuations du venin de vipère par les cou
rants de haute fréquence. Soc. Biol. 29 mars 1696. — Sur les re
lations qui existent entre les deux procédés d’immunisation : l’ai
coutumance et la vaccination. B«//. du jt/uieum n" 1, 1896 — .Su.
l'existence à l’état normal de substances antivenimeuses dans le
sang de quelques mammifères sensibles au venin de vipère. Bull
Musé., mars 1896. Soc Biol., avril 1896. — Action du filtre de por¬
celaine sur le venin devipère; Séparation des substances toxiques
et des substances vaccinantes. C. R. Ac. Sc. juin 1896. — Démons¬
tration directe de l’existence dans le venin de vipères de principes
vaccinants indépendants des substances toxiques. Bu//. Mus., n*5,
1896. — .4utagoni?mephysiologi<|ue entre les glandes labiales su¬
périeures et les glandes à venin chez la vipère et la couleuvre : la
sécrétion des premières vaccines contre les venin des secondes. Ca-
rollaire relatif à la classification des ophidiens. Bull. Muséum. 1895.
— Propriétés immunisantes du sérum d’anguille contre le venin de
vipère. Bull. Muséum 31 juillet 1896. • — Etat actuel de nos con¬
naissances sur les venins. Rev. Gén. des Sciences, 29fév. 1896.
Entérite aiguë de coli-baciltc chez deux chats de Siam. Bull, du
Muséum, janv. 1897. — Sur quelques conditions favorisant l'in¬
fection pyocyanique. Bu//. A/nx..fév. 1897. G. R. Soc. Biol., 27
févr. 1897. — Causes de la diminution de résistance des carnassiers
au charbon. Bu//. 3/ux., 30 mars 1897. — Action physiologique du
venin desalamandre du Japon. .Vtténuation par la clialcur et vacci¬
nation de la grenouille, contre le venin. Bu//. Muséum 29juin 1897.
— Propriétés immunisantes du venin de salamandre du Japon vis-
à-vis du venin de vipère. C. R. Biol., 31 juillet 1897. — Sur les pro¬
priétés antitoxiques du sérum de vijière comparées à celles du sé¬
rum aiiti-vénimeux obtenu artificiellement. Congrès méd. de Mos¬
cou, août 1897. — Nouveaux procédésde séparation de l’échidnase et de
l'échidno-vaccin du venin de vipère. Congrès méd. de 3/oscou,aoùt
1897. — Venins et animaux venimeux dans la série animale (P par¬
tie) Cours du Muséum, 1897. — .Vnfagonisme entre le venin des ves-
pidae et celui delà vipère ; le premier vaccine contre le second. C.
R. Biol. 4 déc. 1897. — La cholestérine et les sels biliaires vaccin»
ehimiimes du venin de vipère. Bu//. Muséum \69il. Biol.. 11 dée.
97 C.R. Ac. Sc- — Etude comparée des toxines microbiennes et
des venins. Année Biolog. 1897.
.Vetion du venin de vipère sur le névraxe. Paraplégie spasmo¬
dique. Soc. Bio/., 28 janv. 1898 (en eoll. avec M. Charrin). — Ab¬
sence totale de veine cave inférieure chez un cobave ; persistance
de la veine cardinale gauche. C. R. Soc. Biol., 5 fév.''l898. — La ty¬
rosine, vaccin chimique du venin de vipère. G. R. Soc. Biol. 5 fcv.
1898. — La propriété préventive du sérum antivenimeux résulte
d’une réaction de l’organisme ; c’est donc en réalité une propriété
vaccinante. C A. Soc. Biol. 5 mars 1898. — Lésions du système
nerN’eux dans un cas d’intoxication expérimentale par le venin de
vipère. C. R. Bi'o/., 19 mars 1898. (en coll. avec MM. Charrin et
Claude). — Sur une septicémie du cobaye. C. R. Soc. Biol "
juillet 1898. — Sur ta présence d’une oxvdase dans la peau de ra
esculenta. C. R. Soc. Biol., 23 juill. 18a8. — Méningo-eneéiihalo-
myélite aiguë déterminée chez le chien par le bacille de la septicé¬
mie du cobaye. C R. Ac. Sc. 25 juil. 1898, Soc. Bio/. 23 juillet, /en
collab. avec M. Claude). — Panophtalmie infectieuse expérimen¬
tale. C. R. Soc. Biol., 8 sept. 1898. — Sur quelques espèces de
champignons étudiés au point de vue de leurs propriétés vacci-
... •„ ■ jp vipère. C. R. Soc. de Biol., 24 sept. 1398
nantes contre le V( _
— Sur l'immunité du hérisson contre le vi _
Levin) Soc. de Biol. 4 fév. 1899 (en collab. t
Sur un cas de mort par infection chlolériforme chez le felis con-
color. Bull. Mus., n’ 1, 1899. — Sur une forme d’hépatite toxi-in,
fectieuse expérimentale. C. R. Soc. de Biol., 4 mars 1899 (en collab,
avec M. Claude). — Expériences sur le venin des vives. Bull, dit
Mus. n' 5 1899. — Sur un cas de pseudo-tuberculose chez le niara.
Bu//. A/«x. n° 6 1899. — Nouvelles observations sur l'échidnase!
C. R. Ac. Sc. 10 juil. 1899. C, R. Soc. Biol. — Propriétés physio¬
logiques du venin de eœlopeltis insignitus. Corollaires relatifs à la
classification des opisthoglyphes. Volume jubilaire de la Société de
Biologie, 1899. — Venins et coagulabililé du sang. C. R. Soc. Biol.
28 oct. 1899. — Relations entre le venin de vipère, la peptone et
l’extrait de sangsue au point de vue de leur influence sur la coagu.
labité du sang. C. R. Soc. de Biol. 4 iiov. 1899. — Sur la coagulatioa
du sang chez la vipère. C. R. Soc. Biol. 11 nov. 1899. — Essai sur le
mécanisme des phénomènes en sérothérapie. Rev. Gén. des Sc. là
nov. 1899.
Sur, un cas de maladie de Maurice Raynau(l, chez le cobaye. C.
R. Soc. de Biol., 29 janv. 1900. — Recherches physiologiques* sur le
Kosan. Bu//, du Mus., n" 2, fév. 1900. — Sur un* nouveau microbe
pathogène: la bactéridie myophage du lapin. Bull. Mus., n" 3,
mars, 1900. — Résistance dïi hérisson à la tuberculose huniaiae.
C. p. Soc. Biol., 28 juillet 1900. — Observations sur le sang de
l’es’cargot, réduction ile l’hémocyanine C. R. de la Soc. de Bioh,.
28 juillet 1900. — Sur une variété de bacille, cliarboiineiix à forme
courte et asporogène (bacillus Anthraeis brevigemmans). C, R.
Soc. de Biol., 28 juillet 1900. — Un venin volatile, sécrétion cuta¬
née du lulus terrestris. C. R. Soc. de Biol., 8 décembre 190.1. Bull.
Mus., n” 7, 1900. — La quinone, principe actif du venin du lulus
terrestris. Soc. Chimique, p. 88. t. 25. 1900 (en collab. avec M.
Béhal).
Recherches sur la maladie des chiens. Vaccination du chien
contre l’infection expérimentale par le bacille spécifique. C. R.
Ac. des Sc., 7 av. 19ul. — Maladie des jeunes chiens, statistique
des vaccinations pratiquées du 15 mai au 31 juillet 1901 ; Résultats
au 1" nov. 1901. Soc. de Méd. Vét. Pratique, 1901. — Action phy¬
siologique de ribogalne. C. R. Soc. Bio/., 7 décembre 1901.
Relations de parenté entre nos deux espèces indigènes de vipè¬
res. Utilité des caractères physiologiques de classification. Bull.
Mus., n* 2, fév. 1902. — Sur la* jirésence du venin en nature dans
le sang du cobra. Bull. Mus., n' 8. 1902, mars. — Maladie des jeu¬
nes chiens, statistique des vaccinations pratiquées du 15 mai 1901
au 15 mai 1902. C. R. .4c. Sc , 20 mai 1902. — Polvmor-
phisnie des Pasteurella. C. R. Soc. de Bio/., 7 juin 1902. Bull.' Mus.,
24 juin. — Choléra des autruches et des nandous. Bull, du Muséum,
29 av. 1902. Bull, de la Soc. Nat. d'acclim., t. L, (juillet 1903). —
Sur les principes actifs du venin de craiiaud commun. C. R Soc.
de Biol., 12 juillet 1902 (en collaboration avec Gab. Bertrand). —
.\clion du venin de vipère sur le sang de chien et de lapin. Etude
comparée de l’hématolyse par les venins chez le chien et chez le
lapin. Bull, du Mus., ri" 7, 1902. C. R. Soc. de Biol., 26 juillet 1902.
— Le jaune d’œuf comme milieu de culture du microbe de la tu-
bereuiose ; variabilité du bacille de Koch. C. R. Soc. Biol., 1'. 02.
Recherches sur la toxine du microbe de la maladie des chiens.
C. R. Soc. Biol., 4 juillet 1903. — Observations à propos des notes
de M. Lignières, sur le microbe de la maladie des chiens et la vac¬
cination. C. R. Soc. Biol , 4 juillet 1903. — Statistique des vaccina¬
tions contre la maladie des chiens, depuis le 15 mai 1902, jusqu’au
11 juillet 19c3. C. R. Soc. de Biol., lü juillet 1903. — Les venins
considérés au point de vue de la Biologie générale et de la patho¬
logie comparée, .Vrf. Revue Gén. des Sciences, 3;i juillet 1903.—
Recherches sur les causes de l’iinuiiifé naturelle des vipères et des
couleuvres. C. R. Ac. des Sc., 27 juillet 1903. C. R. Soc. Biol., ^
juillet 1903. — Guérison spontanée des plaies du cœur et résis¬
tance aux hémorrhagies chez la couleuvre à collier. C. R. Soc-
Biol., 5 décembre 1903, et Bull. Mus., 29 décembre i903. — Corréla¬
tions fonctionnelles entre les glandes à venin et l’ovaire, chez le
crapaud commun. C. R. .4c. des Sc.. 14 décembre 1903, C. R. Soc.
de Biol., 19 décembre 1903.
Attaques épileptiformes et zone épileptogène chez un cobaye tl.
R. Soc. Biol., 13 fév. 1904. — Influence des radiations du radium,
sur la to-xicité du venin de vipère. C. R. Ac. Sc.. 22 fév. 1904, C. B-
Soc. de Biol.. 21 fév. 1904. — Recherches sur le venin d'abeilles. C.
R. Ac. Sc., 25 juillet 1904, C. R. Soc. de Biol., 23 juillet 1904.
Sur un nouveau caractère distinctif, entre le venin de vipéridés et
celui des cobridés. Bull. .\/iix., 29 nov. 1904, C. R. Soc. de Biol..?
decemjjre 1904. — Intluenee de l’émanation du radium sur la toxi¬
cité des venins. C. R. de la Soc. de Biol., 25 fév. 1905. C R-
Ne.. 27 fév. 1905. — Su'’ la présence du venin en nature dans les
œufs de vipère, C. R. .4c. Sc., 26 juin 1905, C. R. Soc. Biol.. 1"
juillet 1905. — Sur la présence du venin dans les œufs d abeille»>
C. R. .4c. Sc., 24 juillet 1905, Soc. Ent. de France. -26 juillet 1905. -
Sur le changement de coloration des larves de Phyllodromia ger-
manica, C. R. de la Soc. de Biol.. 1" juillet 1905. " ^
Condamnation d'ln dentiste non diplômé. — Afin d'arracher
sans douleur treize dents à une de. ses clientes, un dentiste non
diplômé avait eu recours au chlorure d’éthyle, qui anesthési» J*
glotte de la patiente et permit ainsi à une racine de dent de péné¬
trer dans le poumon. Cette racine occasionna une broncho-pn®'*'
monie, dont la malade ne se débarrassa qu’en expectorant, a*'?
une quinte de toux, le corps étranger qui avait pénétré dans t^
poumon. Traduit devant la 10' chambre correctionnel sous 1
culpation de blessures par imprudence, il a été condamné à n
mois de prison, avec sursis. o.(K)0 francs de dommages-intér®
ont été alloués à la partié civile. (D’après le Matin.)
LE PROGRES MÉDICAL
Les aliénés à Madagascar.
>'ous empruntons à une correspondance publiée par le
uâlin du 30 mars 1900 le passage suivant qui se passe de
commentaires ! « 11 n’existe pas à Madagascar de service hos¬
pitalier pour les aliénés. Dès qu’un indigène est atteint d’alié¬
nation mentale, vous ne devineriez jamais le traitement qui
lui est infligé. On rive à ses deux chevilles deux anneaux de
fer reliés entre eux par une forte chaîne de 1 m. 30 de lon-
LTieur. Les poignets sont de même emprisonnés et ..on le
lâche sur la voie publique.
la commisération publique s’en empare, l’héberge et le
nourrit, tantôt chez l un, tantôt chez l’autre, quand ce ne sont
pas les enfants (lui le harcèlent à coups de pierre !
J'en connais à Tananarive trois encore à ce jour soumis à
ce traitement barbare. Et nous sommes au vingtième siècle,
et nous sommes des civilisés ! «
Association des médecins du département ^e la Seine.
L’Assemblée générale annuelle de cette association aura lieu
dans le grand amphithéâtre de la Faculté, sous la présidence de
M. Brouardel, président, le dimanche 8 avril, à 2 heures très
précises. Cette assemblée a pour objet : 1° La lecture du compte
rendu de l’année 1905 par le secrétaire général. — 2“ L’élection :
d'un président et de deux vice-présidents : MM. Brouardel, Pré-
sifient sortant, Guyon et Fernet, Vice-Présidents sortants sont
rééligibles et se présentent de nouveau aux suffrages. — 3® Le
renouvellement par tirage au sort de vingt-deux membres titulai¬
res de la Commission générale. La désignation de (luarante iiua-
tre suppléants.
Moucemenl de la Caisse pendant l'exercice 100-5.
eu plus prospère. Elle a pour but primordial le paiement à
tout sociétaire malade d’une indemnité de 10 francs par jour
et cela sans aucune limitation de temps, à l’inverse de toutes
les sociétés similaires. Autrement dit, tout sociétaire atteint
d’une incapacité de travail chronique (maladie ou accident) a
droit à une rente annuelle et perpétuelle de trois mille six
cent cinquante francs (3.C50 fr.). Malgré que la Société ait versé
jusqu’ici à ses malades environ 450 000 francs, son capital ré¬
servé, placé en bonnes rentes, s’élève à plus de 500=000 francs.
Elle compte 014 sociétaires et ses recettes annuelles s’élèvent
à près de 100 000 francs. On peut donc envisager avec con¬
fiance 1 avenir. Nous ne saurions trop engager nos jeunes con¬
frères à s’assurer contre les risques terribles de la maladie ou
de l’accident. Nous leur offrons pour un sacrifice modique de
10 francs par mois — ce qui représente 33 centimes par jour
— la sécurité morale qui leur permettra de lutter et les aidera
à vaincre. Pour tous les renseignements, s’adresser soit au
siège social, rue Etienne-Marcel, 37, soit au siège adminis¬
tratif, rue Rambuteau, 116.
LES CONGRÈS
Congrès national de gynécologie, d'obstétrique et de
pédiatrie 5“ session).
Reliquat de l'année 1904..
Dépenses et emploi :
l'ecours à six sociétaires et à cinquante-qi
^ veuves ou familles de sociétaires .
beconrs à (juarante-quatre personnes étrang
à l’Association .
Recouvrement des cotisations .
■pprimerie, dépenses diverses. . . .
rort des imprimés, timbres- poste,
•^chat de 818 francs de rente 3 % .
Fonds Ameuille-Barthélem;
Recettes :
“tércts des fonds placés et reliquat de 1904. .
P Dépenses :
■^^t°d* semestres) et frais diver
®hat de 177 francs de rente 3 % .
Total .
Reste .
assurance médicale contre
. accidents.
'^épart^ dernier, l’Association médicale mutuelle du
de la Seine (association Lagoguey) a tenu son
^^%in ^ générale dans le grand amphithéâtre de l’Ecole de
société.qui compte 20 ans d’existence, s'affirme de plus
Le cinquième congrès périodique de gynécologie, d’obsté¬
trique et de pédiatrie'tiendra sa prochaine session à Alger, du
au 8 avril l .i07, sous la présidence des professeurs : Quei-
rel (de Marseille), président général et pour la section d’obs-
rétrique ; Boursier (de Bordeaux ), pour la section de gynéco¬
logie, et de M. Guinon (de Paris), pour la section de pédia¬
trie.
Les médecins (jui désireraient faire une coihmunication sur
un sujet de leur choix voudront bien en faire part avant le L''
février 1907 au secrétariat général. La liste des questions mises
à l’ordre du jour par chaque sectionsera incessamment pu¬
bliée. Le prix de la cotisation est de 20 francs par membre ;
elle donne droit à la participation aux travaux, aux fêtes, aux
excursions et au vote du congrès et à la distribution gratuite
des volumes contenant les rappports sur les questions proptv
sées et toutes les communications faites au Congrès. Les da¬
mes, les étudiants en médecine et les personnes, non docteurs
en médecine, qui s’intéressent aux sciences médicales, peu¬
vent être admis au congrès, moyennant une cotisation de 10
francs ; ces membres associés ont les mêmes prérogatives que
les membres titulaires, sauf le droit de vote. Toute demande
de renseignements et tout envoi d’adhésion et de fonds peu¬
vent être, dès à présent, adressés au secrétaire général du con¬
grès : Prof. Jules Bouvier, 52, rue Daguerre, Alger.
2' Congrès international des colonies de vacances.
Le 'p- Congrès international des colonies de vacances doit se
tenir à Bordeaux, du 17 au 20 avril prochain, sous la prési¬
dence de MM. Casimir-Périer, Bourgeois. Mirman, Monod,
l’abbé Lemire. Le Congrès étudiera notamment un projet de
Fédération des œuvres de colonies, des questions d’assurance
contre les accidents, de tarifs de transports, de fiches médi¬
cales, et le mode de placement des enfants. — Le programme •
du Congrès comporte en outre des visites aux principales
œuvres d’hygiène sociale de la région. Le prix de la cotisation
est fixé à 20 francs pour les sociétés et à 5 francs pour les
membres individuels. Les Congressistes profiteront d’une
C' ’üction de 50 p. c. sur tous les réseaux de chemins de fer.
adhésions sont reijues par le comité d’organisation, 10,
rue Beaubadat à Bordeaux.
Deuxième congrès international d’hygiène scolaire.
(Londres, 5-lOaoût 1907.)
Le deuxième des Congrès internationaux d'hygiène scolaire,
qui doivent go succéder à trois ans d’intervalle, se tiendra à
Londres, du 5 au 10 août 1907. Il sera certainement aussi im¬
portant <iue l’a pté le premier de ces Congrès, qui a eu lieu à
Nuremberg du 4 au9 avril 1004. et qui a réuni 1.200 person¬
nes venues des diverses régions du monde civilisé. Au Con¬
grès de Londres, des sections particulières s’occuperont. des
LE PROGRÈS .MÉDICAL
([uestions suivantes ; Hygiène des bâtiments et du mobilier
scolaire ; Hygiène des internats ; Méthodes de recherche de
l’hygiène scolaire ; Programmes scolaires : Enseignement de
1 hygiène aux maîtres et aux élèves ; Education physique des
enfants et des jeunes gens ; Ecoles spéciales pour enfants
anormaux ; Ihgiène de la jeunesse en dehors de l’école ; Hy¬
giène du corps enseignant ; Sujets divers. Des rapports des¬
tinés à être discutés en séances plénières ou en séances desec-
tion seront faits sur des sujets particulièrement intéressants
ou des questions urgentes d’hygiène scolaire et de pédagogie
physiologique. De nombreuses communications seront éga¬
lement lues et discutées dans les sections.
La Ligue des médecins et des familles pour l’hygiène sco¬
laire a été chargée par le Comité permanent des Congrès in¬
ternationaux d’hygiène scolaire et par le Comité d’organisa¬
tion du congrès de Londres, déformer un Comité français.
Elle a constitué un Comité de patronage et un Comité d'ac¬
tion dont vous trouverez plus loin la composition. En leur
nom, nous venons vous prier instamment de donner votre
adhésion au Congrès de Londres et de lui permettre votre
collaboration. Les Sociétés qui s’occupent d hygiène sociale
ou d’enseignement sont tout particulièrement invitées à ad¬
hérer et à se faire représenter officiellement au Congrès de
Londres. Dès maintenant on peut verser la cotisation règle¬
mentaire de i.i francs entre les mains du Trésorier français,
M. le D' J. -Ch. Roux, 4(), rue de (îrenelle. Paris, et se faire
inscrire pour une ou plusieurs communications devant les
sections .
FORMULES
XXL — Pour pratiquer l’anesthésie locale.
La solution suivante est plus active que les solutions de
cocaïne, beaucoup moins toxique et plus facile à maintenir
asepti(iue. Elle a été très utilisée par le Braun, de Leipzig :
Novocaïne . 0 gr. 2j à 2 gr.
Solution d'adrénaline à 1 p. lOOU 'V à X gouttes
Solution salée physiologique. . . . lüO gr.
La novoca'ine est un chlorhydrate de paraminobenzoyldic-
thylamino-éthanol découvert récemment par Einhorn.
(Klein, in Bull. Tlienip.)
XXil. — Contre l’anorexie.
Glycérophosphate de chaux . 0 gr. .'iO
Pepsine amylacée . 0 gr. dO
Poudre de fève de Saint-Ignace . 0 gr. O.'i
Pour 1 cachet. A prendre quelques minutes avant le repas.
Les diasthases et les alhuinoses qui ont le plus d’activité
sont celles d’origine végétale.
La bière de Malt Tissot est le reconstituant idéal. En effet,
toniqire et digestive par le houblon et la diastase, elle est
légèrement laxative pur le lupuTtn du houblon :
\oilà une propriété spéciale qui distingue de la bière de
Malt Tissot de tous les similaires.
Concours des .vsiles d’aliénés. — Le concours il’adjuvat pour
le recrutement dos médecins dos olablissemoiUs d’aliénés s’ost
terminé le 31 mars au ministère de rinlériour. Los <lix candidats
reçus sont, .suivant l’ordre de cla.ssemont : i
' MM. les Dr* : 1, Claudius Vurpas. 2, Gahriol-Roné Dromard.
3. Jean Ducos. 4, Marie-Albert-Josoph Carpentier, ."i, Grégoire
Ilalberchstadt. (i. Joseph Lova.ssorr. 7, Raoul-Louis Renon. 8
Pierre Daday. 9, Henry Damaye. 10, Marcel Viollet.
CO.MMISSION DES STATIONS HYDkOMINKRALES. — Sont nommés
membres do la commission permanente des stations hydrominc-
rales et climatiques de France : MM. Mirman, directeur de l’as¬
sistance publique, les docteurs Monard. à Aix-les-Bàins, Blondel,
rédacteur en chef du Joiirnul .Médical, liergouignan, à Evian,
Mongool, à Royat, Schlommer, au Mont-Dore, Nhucien Graux, à
Paris: M.M. Bruman, directeur de l’administration déiiartementalo,
Bonjean, chef du laboratoire du conseil supérieur d’hygiène pu¬
blique de France, Capron, maire de Cannes.
Actes et Thèses de la Faculté de Médecine de Paris
Thèses de doctorat. — Mercredi, 2 5 avril. — M. Benoit ; (;„||
tribulion à l élude du traitement de la tumeur blanche <tu genoi
par les injections modificatrices (.VM. Terrier, Landouzy, Brissaoé,
Tuffier). — M. Boucherie : Contribution à Tétude des tumeurs di
médiastin (MM. Laodouzy, Terrier, Urissaud, Tuffierl. —M.Ljfi,
liant : La néphrite aigué tuberculeuse (MM. Brissaud, Terrier, Lan.
douzy, Tuffier). — M. Guillaume- Louis : De la cholédocotomic(M.\l
Poirier, Segond, Mauclaire. Cunéo). — M. Mestre : Contribiilionli
Telude du traitement des abcès froids par les injections déllief
iodoformé (MM. Segond, Poirier. Mauctaire, Cunéo).
Jeudi, 2O avril. — M. Derue : Conlrihution à l’élude des fraclo.
res du calcanéum avec documents radiographiques (MM. Comil,
Berger, Budin, Demelin). — M. Lavillette : Angiomes intracrânien»
MM. Berger, Cornil, Budin, DemelinL — M. Bricout : Contribution
à Tétude de la eonceplion. au cours de l’aménorrhée. (Aménorrhée
de la lactation et aménorrhée essentielle) MM. Budin, Cornil, Ber¬
ger, Demelin).
Examens de doctorat. — Lundi, 23 avril. — ,3* (i' partie, Lah».
ratoire des travaux pratiipies d’anatomie path(dogi(|iie : MM Lan.
douzy, Desgrez, Legry. — 1" (1" série. Oral, Salle Béclard) : MM.
Blanchard, Bieffel, Pierre Duval. — l"f2' série. Oral. Salle Richet):
.MM. Sebileau, Macaigiie. Proust. — 3‘ (l'“partie. Oral, Salle Brous
sais) : .MM. Reclus, Lepage, Cunéo,— 3' (J' partie. Oral, Salle Corvi-
sarl) : M.M. Brissaud, Ganelier, Labbé (Marcel), — ."i* (Chirurgie, If
partie, 1” série. Hôtel Dieu) : MM. Terrier, Delens, Gosset. — ifc
it.liirurgie. l" partie, 2" série, Hôtel-Dieu) : MM. (segond, Leguen,
.Mauclaire.
Mardi, 24 avril. — 3'(2' partie, Laboratoire des travaux pratiques
d'anatomie pathologique) : MM. Bavmond, Guiard, Maillard. — l"
d" série. Oral, Salle Béclard) : M.m'. Cornil, Betterer, Bieffel. -
1" (a* série, Oral, Salle Richet): M.M. Thiéry, Hartmann, Launois
— .3” (2” partie. Oral, Salle Broussais): MM. Hutinel, Thiroloix, Gon-
get. — 4’ (i^alle Corvisart) : M.M. Chantemesse ï'aquez. Dupré. — ?
(Chirurgie, 1" (larlie, P' série, Charité) : M.M. Guyon. deLafiersonne,
Marion. — (ü” Chirurgie, P* partie, 2“ série, Charité): MM. Berger,
-Vuvray, .Moreslin, — 5" (2* partie. Charité) : MM. Dieulafoy, Mér),
Renon.
Mercredi, 2 5 avril. — 3* (2“ partie. Laboratoire des travaux pr>-
liipies d’anatomie pathologie) ; MM Gaucher, Desgrez, Legrv. «•
1" (P- série. Oral, Salle Pasteur^ : M.M. Blanchard, Legueii. RielTel.
— 1 (2' série. Oral. Salle, Richell : MM. Reclus. Sebileau. Branc».
— 3' (2' partie. Oral, Salle Corvisart! : MM. Dejerine, Claude. Labb*
(Marcel). — 4* (Salle Thouret) ; M.M. Pouchet, Richaud, Baltliazari
Jeudi, 26 avril. — 3' (2' partie. Laboratoire des travaux praliqu*»
d’anatomie palho'ogi(|ue) : MM. Chantemesse, Desgrez. Guiart. -
P- (P* série. Oral. Salie Charcot) : .MM. De Lapersonne, Tliier)-
Rieffel. — 1" (2* partie, Oral, (salle Richet) : MM. Poirier, LaunoU
Morestin. — 3“ (2- partie. Oral, Salle Pasteucy : MM. Hutinel, Thiro¬
loix. Bezançon. — 4' (Salle Thouret) : M.M. Pouchet, ï'aquez, 11“'
Vendredi. 2 7 avril.— 3’ (2' partie. Laboratoire des travaux prati¬
ques d’anatomie pathologique) : >DI. Gaucher, B'anchard, Desgreî-
— P' (P" série. Oral, Salle Richet) : MM. Poirier, Mauclaire, Cunéo.
— 1" (2- série. Oral, Salle Vulpian): .MM. Reclus, Macaigne. Bra“'
ea. — P' (3- série. Oral, Salle Chareoti : M.M. Segond, Legrv. Bif'-
fel. —3' (1" partie. Oral, Salle Béclard) : MM. Terrier. SéhileaU.Lf,
liage. — 3'’(2‘ iiarlie. Oral, Salle Broussais): M.M. Brissaud. Tessirrt
tllaude. — 5“ lObslcIriqiic, P- parlic, tilinique Baudelocquc) :
Pinard, Wallicli, Polocki. . ^
Samedi, 2S avril. — .•,■ 12’ parlie. Laboratoire des travaux pi'“^
i|iies d’anatomie palholognpic! : ,M^f. tiornil, Guiart, Maillard.—^
(2- parlie. Oral, Salle Béclard, : .MM. Troisier, Ttiiroloix, CarnoCq
I à- (-2' parlie, 1" série. Beaujom : .MM. Raymond, Méry, Gouget. (l
5' (2" partie, 2‘ série, Beau.|on) : .MM. Roliin, Jeanselme, Bezaiiçog
I — â' (Obstétrique, P' partie, Clini(|ue Tarnier) ; MM. Budin, I>ct“^
lin, Brindeau. , ^
Hommage dtî la France au P'’ Baceli i. — Le conseil 3^
ministres a décidé que le .gouvernement serait représenlc
professeur Bouchard à l'inauguration do la polyclinique fondée^
Italie par le professeur Bacoelli. cette occasion, le professotu
Baccelli sera promu à un grade supérieur dans l’ordredc la Légi“
d’honneur.
Médecin attaqué et blessé. — Le docteur Martin a étéassai
dans une rue de Tarascon, et frappé de coups de couteau.
Conférence de la croix-rougb. — Le gouvernement ^
Elats-l;nis a reçu du gouvernement suisse l'invitation de pre‘>“^
part à la conférence ((ui aura lieu le 1 1 juin, :i Genève,
but d’étendre encore davantage l'œuvre do la Croix- ItougJ ’
nationale.
LK l'HOGMÈS MÉDICAL
^23
THERAPEUTIQUE
■ Propriétés thérapeutiques de l’Hélénine.
Dans tous les cas de maladies de l'appareil respiratoire,
les résultats généraux de l’Hélénine de Korab sont : rémis¬
sion dans les phénomènes de la toux, de la dyspnée et des
douleurs thoraciques, qui disparaissent rapidement. L^ex-
pectoration change toujours, devient gélatineuse et diminue
en quantité. En outre, sur les voies digestives, l’Hélénine a
un effet tonique très marqué augmentant l’appétit et facili¬
tant la digestion, piême chez les phtisiques dont l’anorexie
était invincible (I). Ce précieux agent thérapeutique s’admi¬
nistre à la dose de ® à 4 globules du D-- Korab par jour.
NOUVELLES
Natalité D* Paris. — Du dimanche 11 au samedi 17 mars
KKH). les naissances ont ete au nombre de 978, se décomposant
ainsi ; légitimes 71 1 , illégitimes 207.
Mortalité a Paris. — Population d'après le recensement de
t901 : 2.6fi0.559 habitants. Les décès ont été au nombre de 984,
savoir: 481 hommes et 50.3 femmes. Les décès sont dus aux
causes suivantes : Fièvre typhoïde (typhus abdomin.) : 5. —
T^hus exanthématique : 0. — Fièvre intermittente et cachexie
painsire : 0. — 'Variole : 0. — Rougeole : 25 - Scarlatine : 1.
— Coqueluche : 6. — Diphtérie et Croup : 2. — Grippe : 5.
— Choléra asiatique : 0. — Choléra nostras ; 0. — Autres
maladies épidémiques : 3. — Tubercuiose des poumons : 199. —
Tuberculose des méninges : 16. — Autres tuberculoses : 18. —
Ctucer et autres tumeurs malignes : 61. — Méningite simple : 14.
— Congestion hémorrhagique et ramollissement du cerveau : 43.
— Maladies organiques du cœur : 77. — Bronchite aiguë : 7.
— Bronchite chronique : 17. — Pneumonie : 34. — Autres affec¬
tions de l’appareil respiratoire : 126. — Affections de l’estomac
cancer exc.) : 5. - Diarrhée et entérite deO à 1 an : sein : 7 ; an¬
se alimentation : 13. — Diarrhée et entérite de 1 à2ans : 1. — Her-
ues, obstruction intestinale : 10. — Cirrhose du foie : 11. — Néphrite
ai mai de Bright : 23. - Tumeurs non cancéreuses et autres ma-
ladies des organes gémtauxj femmes) : 7. — Septicémie puerpérale
'fièvre, péritonite, phlébite puerpérale) : 3. — Autres accidents
puerpéraux ue la grossesse et de i’accoucriement : 0. — Débilite
«îongenitaie et vices de conformation : 32. — Débilité senile : 52.
Morts violentes ; 25. — Suicides ; 12. — Autres maladies : 123.
— Maladies inconnues ou mal définies : 13.
^ort-nés et morts avant leur inscription: 61, qui se décom¬
posent ainsi: légitimes 45, illégitimes 16.
Epidémie DE rougeoi.e. — Par suite d’une épidémie de rou-
pole qui sévit actuellement parmi la garnison de Belfort, tous
^ hommes accomplissant une période d’instruction militaire ont
■'•e licenciés.
Concours des prix de l’Internat ; Chirurgie). — }IedaiUe d'or:
M. Okinozyc; iledaille d'argent: M.Capette ; Accessit : M. André-
Jean Martin.
Concours de l'internat. — Séance du 30 mars. Questions
posées : Append'tce. iléo-cœcal. Œdème aigu du poumon ; le 31
mars : Nerf grand hypoglosse. Traitement du croup. — Nomina¬
tions : Internes titulaires : 1 J, Roux, Chabrol, Tinel, Saissi,
Comhier, Joltrain, Leconte, Le Mée, Brin. Troisier ; 11 Lemarchal,
Brissaud, .Macé de Lépinay. Deverre, Hamel, Lebras, Silbert,
Mlle Landry, Bazy, Henri Bénard ; 21 Moulu. Chenot, Hovelac-
que, Chénier, Eliot. M. Lasnier, Ghazarain, René Bénard, Partu-
rier, Sauphar : 31 Rais, Mlle Debat-Ponsan, Halphen, Froget,
Boudet, Ch. Foix, Lévy-Valensi, Lyon-Caen, Chastagnol, Moy-
rand ; 41 Flurin, Bailly, Bonvoisin, G. Durand, Marsan, Marie,
H. Chené, Pinard, Garban, Lamy ; 51 Pottet, de Brunei de Ser-
bonnes, Soh.Tffer, Monsaingeon, Ehrenpreis, Marcorelles, A.
Chevallier, Debré, Garipuy, Cawadias ; 61 Duverger, P. Merle,
Guyader, Vezard, V. d’Heucqueville, Le Moine.
Internes provisoires : 1 Deroye, Petiteau, Olivier, Duvoir, Mlle
Giry, Senleeq, Burnier, Martin, Deroide, Cléret ; 11 Pérol, Tou¬
raine, Rou.tinesco, Dubosc, Robert, Jacoulet, Laroche, Coryllos,
Stévenin. Cesbron ; 21 Boulard, Davesne, Rousseau-Langwelt,
Cruet, Basset, Pernet, Boudol, Strœhlin, Duchet-Suchaùx, Bour-
dier ; 31 Houzel.L. Brisset, Gendron, Chambord. Cadenat, Ribérol,
Cottenot, Braun, Henry, Lemeroier ; 41 Charrier, Galup, Mallein,
Fiinbel, Duval, Blanc, Lorin, Porée, Pénard, Hondard ; 51 Paul-
Boncour, Brémond, Grasset, Dehelly, Paillard, Bécus. Guggen-
heim, Pélissier, Frinault, Debertrand ; 61 Barbet, Sorrel, Vuillet.
Nécrologie. — Une des illustrations du corps médical de
Strasbourg, le professeur Aubenas, vient de mourir dans sa soi¬
xante-dix septième année. Après l’annexion, M. Aubenas, qui en
1869 avait été nommé officiellement professeur suppléant à l’é¬
cole d'accouchement, contribua à créer à Strasbourg l’école libre
de médecine qui subsista jusqu'en septembre 1872. Dés la fonda¬
tion de l'universilé de Strasbourg, il y obtint la chaire de gyné¬
cologie et resta à ce poste jusqu’au moment de sa retraite, en
1893. Depuis 1871, M. Aubenas était médecin titulaire des hospi¬
ces civils do Strasbourg. {Le Temps, 2 avril 1906.1
Nous avons le vif regret d'annoncer le décès de M. le D"" Paul
ViBERT, médecin do l'hôpital du Puy, mort des suites d’un phleg¬
mon de la main contracté en pansant un malade ; de M. le D"" La¬
fitte, de la Brède.
Chronique des hôpitaux.'
Hôpital de L'a Pitié. — M. Paul Dalché commencera ses
leçons cliniques de Gynécologie Médicale le jeudi 3 mai à 10 heu¬
res et les continuera les jeudis suivants à la même heure. -- (Labo¬
ratoire de la salle Serres.)
Enseignement médical libre
Clinique Apostoli-Laquerrière (15, rue Montmartre.) — MM.
les D''“ Laquerriére, directeur de la Clinique, et Delherm. ancien
interne des Hôpitaux de Paris, commenceront, le 23 avril, une
série de 12 conférences pratiques d'Electrothérapie.
Programme : I et H, Electrop'aysique et Appareils. — III,
M. Eudei Loffllianli.DSnE à St-OeiiKSeiDe)
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224
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digestif. — VIII et IX, Maladies nerveuses. — X, Dermatoses.
XI, Maladies de la nutrition. — .XI., Applications chirurgicales
applications diverses (voies urinaires, affections articulaires, etc.
etc.) — Le prix de la série est fixé à ûO fr. Ces conférences au¬
ront lieu le soir à 8 h. 1, 2. On est prié de s’inscrire d’avance; s’a-
dressër à la Clinique, les mardi, jeudi. samedi, de 3 à 6 heures.
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PenièRes. — Le rhumatisme pathogénie, ët traitement. In-S® de
30 pages. Prix . . . 1 fr.
Perret. — La diarrhée infantile chez les nourrissons de 0 à
2 ans. — Historique. — Prophylaxie. — • Traitement. In-8“ de (>8
pages . Prix . 2 fr .
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comme maladie sociale. In-S" de 32 pages. Prix . ' 1 fr.
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chandé et la caisse de prévoyance. In-8" de 100 pages. Prix. 3 fr.
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JuNÈs (T . ). — Essai sur la polyarthrite aiguë tuberculeuse bé.
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vées à Londres : London-Bridge : 7 h. soir, 7 h. 30 malin ; Victo¬
ria :7 h. soir, 7 h. 30 malin.
Départs de Londres ; London-Bridge; 10 h. matin. 9 h. 10 soir;
Victoria : 10 h. matin, 9 h. 10 soir : arrivées à Paris St-Lazaré;
6 h. 41 soir, 7 h. 5 matin.
Les trains du service du jour entre Paris et Dieppe el vice-
versa comportent des voitures de 1" classe et de 2’ classe i
couloir avec W. G. et toilette ainsi qu’un wagon-restauranl:
ceux du service de nuit comportent des voitures à couloir des
trois classes avec W. C. et toilette. La voiture de P' classe i
couloir des trains de nuit comportent des compartiments à cou¬
chettes (supplément de 5 fr. par place). Les couchettes peuveut
être retenues à l’avance aux gares de Paris et de Dieppe moyeu-
nant une surtaxe de 1 fr. par couchette.
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Médecine, 23 mars 1897, 8 mal 1898|. L'extrait de ces Memoiro
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Le Progrès Médical
SOMMAIRE : Hygiène urbaine ; Rôle des casiers sanitaires
des maisons dans l’aisainissement des villes, par Graux. —
Bulletin : La réforme des études médicales. La délégation des
syndicats médicaux chez le ministre del’instruction publique, par
.T. Noir. — Sociétés Savantes : Académie de Médecine : Lapa-
ratuberculose, par Poncet ; L’opération de Delorme dans l’em-
pyème par Pic.qné (c. r. de A. -F. Plicque.) —Société Médicalrdes
Hôpitaux : Eruption médicamenteuse, par Gaucher, Boisseau,
Desmouliéres ; Indications opératoires dans la lithiase biliaire,
par Bernard ; Spirochète et syphilis. Etude bactériologique, cli¬
nique et expérimentale, par Thibiorge, Ravaut et Le Sourd ;
Purpura hémorrhagique grave prétuberculeux, par Carnot, Ben-
saude etllarvier (c. r. deFriedel.) — Sociétéde Médeclnede Pa¬
ris : Rapport de la commission nommée pour étudier les modi¬
fications aux Statuts de la Société de Médecine de Paris, par
Dubar. Nécrologie : Obsèques duD'' Phisalix. — Médecine
PRATIQUE : Traitement des tuberculoses et affections des voies
respiratoires. — Varia : Concours d'adjuvatdes Asiles publics
d'aliénés de 1906 ; De l'anesthésie chirurgicale par la scopola-
mine-morpbine; Voyages d’études médicales aux Stations hydro-
minérales et climatiques de France. — Lescongrès : Deuxième
congrès international d’hygiène scolaire ; .XV“ Congrès inter¬
national de médecine : Congrès pour la répression de l'exercice
illégal de la Médecine. — Formules. . — Thérapeutique ; Ac¬
tion de l’hélénine sur le bacille de la tuberculose. — Nouvelles.
— Enseignement ntédical libre, — Bulletin bibliographique.
HYCtIÈNEJ RB.UXE
Rôle des casiers sanitaires des maisons dans
l'assainissement des villes :
Parle IF LUCIEN GRAUX.
Depuis longtemps, les hygiénistes montrent l'in¬
fluence de l'habitation sur la propagation de la tuber¬
culose et insistent sur l’importance de l'encombrement
et de la petitesse des locaux sur la diffusion de la ma¬
ladie. De nombreuses statistiques ont établi que les
quartiers riches présentaient une faible mortalité tu¬
berculeuse, tandis que les quartiers surpeuplés avaient
uneléthalité effroyable.
Toutefois l’influence du logement dans l’étiologie de¬
là tuberculose n’est apparue nettement aux yeux de
tous qu’au Congrès de la tuberculose, qui vient de te¬
nir ses assises à Paris, où elle a été mise très nettement
en lumière dans le rapport si précis de MM. .luillerat et
Bonnier. Si nous rapprochons ces données des faits
rapportés précédemment parM. Juillerat,chefdu Bureau
de l’Assainissement de l'habitation de Paris, dans seS
rapports à M. le directeur des affaires municipales, et
dans son livre sur le Casier sanitaire des maisons,
ainsi que des documents fournis par lui à MM. Rénon,
^oir et à nous-mème. nous pouvons, sans crainte, affir-
que l’on sait aujourd’hui le rôle que joue l'habita-
flon dans la propagation de la tuberculose, que l’on
peut dire d’une façon très précise quelles sont les mai¬
sons où Ton meurt à Paris de cette maladie et pourquoi
on en meurt
Ces données si importantes et si exactes nous sont
oumies par un organisme de création relativement
l^cente puisqu’il n’a que douze années d’existence à
'*1?^ ■ casier sanitaire des maisons.
^ •'Opuis longtemps, un service analogue fonctionnait
î??’“’^olles, puisque en 1870 .M. Lamonroux, con-
nler municipal de Paris, proposait, sans succès d’ail-
de créer à Paris un liôhier analogue,
fur ^ qu’en 1893 lorsque les services d’hygiène
la J- ^‘‘.'^“sférés de la direction des travaux de Paris à
,ji^jî*'®otion des affaires municipales, que M. Menant le
directeur des affaires municipales, créa le
ouu de l’.S^ssainissement de l’habitation et chargea
IM.Juillerat, chef de ce nouveau service, de l'organi¬
sation du Casier sanitaire des maisons de Paris. Peu
après, le conseil municipal ratifiait la création nouvelle
à la suite d'un rapport favorable de M. Escudier.
Chaque maison do Paris possède à l’heure actuelle
un casier sanitaire à l’annexe de la rue Lobau. Elle
est décrite d’une façon très précise et un plan par terre
au 2,00D' a été établi sur place pour chaque immeu¬
ble.
Le casier sanitaire d’une maison quelconque com
prend les éléments suivants :
1° Une chemise portant l’indication de l'arrondisse¬
ment, du quartier, de la rue et du numéro de l'im¬
meuble ;
2“ Un pl.an P.4R TERRE .AU DEUX-MILLIEME de la mai-
son, avec l’indication des canalisations, fosses, puits,
puisards, fontaines, fosses à fumier, etc.;
3° Une feuille de description de l’immeuble ;
4“ Une feuille indiqu.a.nt les décès par maladies
transmissibles, survenus chaque jour àanÿ. la maison;
5" Une feuille relatant les désinfections opé¬
rées, leurs dates et leurs causes ;
6° Une ou plusieurs feuilles, contenant l'indica¬
tion des travaux prescrits par le bureau d’hygiène et
la suite donnée à ces prescriptions ;
7° Une feuille contenant les résultats d’une en¬
quête sanitaire, quand cette enquête aura été reconnue
nécessaire.
Tous les dossiers des maisons d’une môme rue sont
contenus dans une chemise en carton portant les
indications générales utiles à connaître : longueur et
largeur de la voie ; nombre de maisons, nombre d'habi¬
tants ; système d’égouts; canalisation d'eau, etc.
Toutes les maisons de Paris possèdent à l'heure ac¬
tuelle des casiers sanitaires analogues à celui que je
viens de décrire. Il aété,en effet, effecljuésur place 73.031
descriptions de maisons du P’ janyior 1804 au 1'^ jan*
vier 1900. De plus, on dut établir ^ 951 descriptions
nouvelles de maisons récemment bâties. Depuis 1900,
on a revu sur place 48.401 maisons décrites iivant 1897. ,.
Un a inscrit sur les easier8l38.7(10décèspar maladies ^
transmissibles du 1" janvier 1894 au 1" janvier 11)05
226
LE l'ROGRÈS MÉDICAL
ainsi que 283.157 désinfections. Le service d'hygiène a
fait inscrire 1 8. <X)0 travaux à exécuter et 251 enquê¬
tes sanitaires.
.\insile casier révèle constamment l'état sanitaire
d’une maison donnée. Lorsque celle-ci est démolie on
conserve son dossier qui est frappé d'un timbre indi-
uant la date de la démolition et ce casier est placé
ans le dossier de la nouvelle maison construite sur son
emplacement.
Des casiers sanitaires analogues àcelui de Paris, que
nous avons pris pour modèle, existent dans diverses
villes de province et de l'étranger. Il est inutile de si¬
gnaler les différences de peu d’importance qu’y a entre
eux.
Cette énorme quantité de documents entassés dans
les casiers sanitaires n’est heureusement pas demeurée
improductive, grâce à l’intelligente initiative du chef du
bureau de l’assainissement, M. Paul Juillerat.
Dès 1900 il établissait la situation sanitaire du 3'’ ar¬
rondissement de Paris en classant les maisons d’après
leur hauteur. Ce tableau, qu'il communiqua au D'A. J.
Martin fut, on le sait, soumis par ce dernier à la com-
mission-de la tuberculose et publié dans le rapport gé¬
néral deM. Ilrouardel.
Depuis cette époque, M. Juillerat a établi la réparti¬
tion par éta^e des cas de tuberculose constatés et non
plus seulement des décès.
Il a groupé ensemble les maisons comportant le mê¬
me nombre d’étages, en les divisant chacune en deux
twanebes : la première comprenant les étages inférieurs:
la seconde les étages supérieurs. Les étages inférieurs
étaient toujours beaucoup plus durement frappés que
les étages supérieurs. C’est pourtant dans les étages su¬
périeurs qu'habite la population la moins aisée, celle
que ses conditions sociales devraient prédisposer plus
que foute autre aux atteintes du fléau. Cn outre, les rez-
de-chaussée, occupés en grande partie par des bouti¬
ques, sont généralement peu peuplés et les chiffres,
pourtant faibles des tableaux,constituent une pro[iorlion
considérable. Le chiffre relativement élevé des cas cons¬
tatés au 6' étage, provient de la fréquence de la tuber¬
culose chez les domestiques habitant cet étage qui, la
plupart du^temps, sont contaminés dans les étages in¬
férieurs.
Voici le relevé des cas de tuberculose constatés en
1903 et 1904 dans 1.500 maisons de 0 étages, avec la
proportion des cas pour 100 habitants. Pour 45.257 ha¬
bitants logés aux rez-de-chaussée, 1'" étage, 2’’ étage et
3' élage, le nombre de cas a été de 830, soit une pro¬
portion de 18,339 pour 1.000 habitants.
Sur 48,404 personnes habitant les 4% 5" et 6° étages,
le nombre de cas a été de 757, soit une proportion de
15,(>39 pour 1.000 habitants.
On obtient le tableau suivant (1) en e.xaminant étage
par étage :
• (l) Voir LuctEN-OiiAi x. — La tuberculose et l'habitation urbaine,
Pîiris. Roussel p 20.
Nombre total . 93.661
Proportion des cas pour 100 habitants. 1,6944
Etages inférieurs {rez-de-chaussée, 1“', 2^ et .5').
Nombre d’habitants . . 4.Ô.257
— de cas . 8.30
Proportion des cas pour 100 habitants. . 1 ,8339
Etages supérieurs (4=, 5' et 6').
Nombre d’habitants . 48.404
— de cas . 7r>7
Proportion des cas pour 100 habitants.. 1,5639
Il existe six îlots de maisons situés dans les IV, V'',
XI, VIL XIV et XIX” arrondissements où la mortalité
tuberculeuse est particulièrement effroyable.
C’estainsi que celui du IV'arrondissement par exemple
renferme 12 rues, desservant 281 maisons comptant
9,715habitants.
30 maisons n’ont pas de décès 4uberculeux ; 238 en
ont présenté.
La mortalité tuberculeuse annuella est de 12,47 pour
1000 habitants depuis 10 ans. Elle n’est que de 1,01 pour
toutes les autres maladies contagieuses.
Dans une des rues, elle atteint 42,03 pour 1000 ha¬
bitants dans les hôtels garnis.
Nous pourrions multiplier ces exemples.
Un autre résultat important du casier sanitaire con¬
siste dans l'établissement d’une Liste desmaisons tu¬
berculeuses de Paris.
Cette liste existe à l heure actuelle. Elle est particu¬
lièrement suggestive.
Paris compte environ 80.000 maisons. Celles-ci peu¬
vent se répartir en trois groupes. Celles où on ne meurt
pas de la tuberculose, celles où on en meurt peu et les
maisons foyers de tuberculose.
En 11 ans, il y a eu un total de 101.496 décès dus à
la tuberculose et répartis dans 39.477 maisons.
Sur 80.000 maisons, il y ena 34.214 où il y a eu peu
de décès par tuberculose, soit un total de 63.487 décès.
C'est là le Dégroupe.
Une 2" statistique permet de constater que 29.509
décès se sontproduits dans 4.443 maisons.Ce sontlàles
maisons suspectes.
Mais c’est le 3“ groupe qui doit retenir l’attention de
l'hygiéniste ; dans 820 maisons, véritables foyers de
tuBerculose, il y a eu 11.500 décès, soit 10% du chiffre
total, soit une moyenne de9.834pour 1000 habitants, alors
qu'on sslit que la mortalité moyenne de la ville n’est
que de 4,95 pour 1000.
La population totale de ces 820 maisons est de
106.300 habitants.
Mais il y a mieux. Sur ces 820 maisons, 195 sont des
hôtels garnis, dont la population totale est de 13.630
habitants, qui ont fourni en onze ans une mortalité
taie de 2.888, soit, par an, une mortalité annuelle de
19,26 pour 1000 habitants.
Ces chiffres ont ému M. le Préfet de la Seine qui,l^
10 avril 1905, a nommé une commission chargée d'étu¬
dier l’influence de l’habitation sur l’étiologie et la pro"
pagation de la tuberculose à Paris et de rechercher
les mesures à prendre pour combattre le développé'
ment de cette maladie. ,
Ajoutons que les statistiques qui viennent d’être de-
terminées pour l’année 1905 confirment de la faÇO®
la plus complète tous les résultats déjà énoncés.
LE PROGRÈS MEDICAL
227
Les documents du casier sanitaire nous permettent
donc de déterminer les maisons tuberculeuses. H y a
un fait très net à l’heure actuelle : c’est l’influence du
soleil.
Partout où pénètre le soleil, le bacille tuberculeux ne
résiste pas, partout où il ne peut pénétrer, un foyer de
tuberculose peut se rencontrer; Des maisons insalubres
et sordides, comme notamment celles que l’on rencontre
près des fortifications où elles sont enveloppées de lu¬
mière et de soleil, ne présentent pas de cas de tubercu¬
lose, tandis que des maisons bâties récemment dans des
quartiers ricnes et construites avec grand luxe contien¬
nent parfois de véritables foyers de tuberculose lors¬
qu’elles ont de petites cours sur lesquelles prennent jour
une population nombreuse de domestiques.
On sait que depuis plusieurs années on réclame dans
toutes les Sociétés en faveur des espaces libres, cesré-
sei’voirs d’air, ces poumons de la cité.
Certes, nul plusquenous,nedésirerétablissementdes
squares et des parcs, la création de jardins ouvriers,
mais qu'on ne s'y trompe point, ces squares, ces jar¬
dins n’ont de valeur que comme lieux de promenades.
S'ils servent à l'aération des maisonssituées à 50 mètres,
ils ne leur donnent en aucune façon de la lumière et du
soleil puisque les logis séparés par un simple rideau de
maisons présentent fréquemment une mortalité tuber¬
culeuse constante effroyable.
Ici encore le casier sanitaire nous apporte des faits
irréfutables qui doivent forcer l’attention. La Seine, ré¬
servoir d’air admirable, côtoie un îlot de maisons qui
à30 mètres à peine, présente depuis dix ans une mor¬
talité annuelle de 10.40 pour 1000.
Un 2' lot est aune distance de 50 mètres du parc des
Buttes-Chaumont. Sa mortalité tuberculeuse annuelle
est de 7,10 pour 1000. Un autre îlot situé à 100 mètres
du square de la tour Saint-Jacques et de la place de
rHôtel-de-Ville présente une mortalité tuberculeuse
moyenne de 12,40 pour lOOO.
'< Si on examine, ditM. Juillerat, deux voies parallèles
de grande longueur, par exemple la voie formée d'une
part parle boulevard Saint-Michel, le boulevard de Sé¬
bastopol et le boulevard de Strasbourg, et d’autre part
la voie formée parla rue Seint-Jacques, la ruedu Pe¬
tit-Pont et la rue Saint-Martin, nous constatons les
faits suivants : L’ensemble des trois boulevards nous
donne, pour la période de onze années écoulée du l'"
janvier 1894 au 1" janvier 1905, une mortalité moyenne
ue 1,34 pour 1.000 ; les rues Saint-Jacques, du Petit
Pont et Saint-Martin, presque rigoureusement parallè¬
les à nos boulevards, séparées d’eux par une distance
qui n’excède pas 1.50 mètres, présentent ensemble, de¬
puis onze ans, une mortalité tuberculeuse annuelle de
^)b4 pour 1.000.
Èt pourtant que de réservoirs d’air sur le trajet com-
»iun des deux voies : les jardins du Val-de-(iràce , le
Luxembourg, le square Cluiiy. la Seine, le parvis No-
ji'e-pame, le marché aux Fleurs, la place du Châtelet,
place de l'Hôtel-de-Ville, le square de la tour Saint-
ucques, celui dos .Vrls-et-Métiers. »
11 semble donc bien établi par les statistiques du ca-
sanitaire que les es'paces librex n’ont qu'une in-
Uence locale, c'est-à-dire sur les maisons qui les bor-
directement.
Usimple rideau de maisons arrête net leurs bienfaits.
toiiV 1 ou peut se demander si l'on ne doit pas avant
ussainir les maisons tuberculeuses. C'est dans l’in¬
térieur même des maisons qu'il faut créer des espaces
libres, disions-nous déjà il y a près d’un an (Ij.
Les maisons tuberculeuses ont, en effet, ce fait com¬
mun qu’elles ont des cours insuffisantes, très étroites,
véritables puits ou la lumière directe et à fortiori le so¬
leil ne pénètrent jamais aux étages inférieurs (2). Parfois
même ces cours sont couvertes à des hauteurs variées.
Nous avons constaté nous-mème des faits analogues à
Nantes, lorsde notre enquête sanitaire en Bretagne (3).
« De véritables foyers tuberculeux, écrivions-nous, se
trouvent ruedu M. . . et rue S..., qui cependant sont
larges, maisdontles maisons ont des cours très étroites
formant de véritables ruelles, sans aboutissant, où le
soleil ne pénètre pas. Un philanthrope nantais paraît
décidé à assainir ces quartiers. 11 voudrait acheter ces
maisons malsaines et écentrer leurs façades de façon
à permettre au soleil de pénétrer dans les cours mal¬
saines actuelles. ■>
Tels sonlles résultats que donne l’examen du casier
sanitaire des maisons. Sont-ils exacts ? On peut faire
divers reproches à ces statistiques.
C’est ainsi que l’on peut dire tout d’abord qui si des
maisons données ont une mortalité tuberculeuse ef¬
froyable, cela tient non pas à la façon dont sont cons¬
truites ces habitations, mais bien à le'urs locataires qui
forment une population surpeuplée, mal nourrie, al¬
coolisée.
11 est certain que les maisons tuberculeuses sont le
plus souvent habitées par des malheureux, entassés
dans des locaux trop étroits. Mais ce n'est pas toujours
le cas. La statistique possède des listes de maisons meur¬
trières qui se trouvent situées dans les quartiers riches.
D’autre part certaines maisons possèdent une popu¬
lation très dense. On rencontre plusieurs personnes vi¬
vant à l’étroit dans une seule chambre : il n’y a généra¬
lement pas de tuberculose si la chambre est au soleil,
mais si celle-ci est mal éclairée la mortalité devient
effroyable .
J’ai pu faire des recherches personnelles dans le ca¬
sier sanitaire des maisons do Paris et voici les docu¬
ments inédits et probants que je puis apporter ici ;
Dans le XVP arrondissement, rue X., n° 13, se trouve
une maison n’ayant pas quarante ans d’existence. J’ai
trouvé 12 décès par tuberculose dans cette maison de¬
puis 1894 et pas un seulcas de maladies transmissibles.
Or que m'a révélé l’enquête sur place : il y a dans la
cour, pourtant assez vaste, deux hangars obstruant te
jouret l’air d’une partie des logements de ces deux bâ¬
timents, dansla hauteur du rez-de-chaussée. Ces han¬
gars ne laissent au-devant des baies qu’un prospect de
1 m. 75 c’est-à-dire absolument insuffisant.
Dans une autre maison du XVP, n° 17, rue X., je trou¬
ve lu décès par tuberculose contre 1 seul dû à la rou¬
geole. Cette maison, qui contient environ 237 habitants,
n’a que des cours très étroites et tout en longueur puis¬
que cette maison a une profondeur de près de 8U mè¬
tres.
Dans un autre quartier riche, le VIP, me X.,n“ 21.
je trouve une maison datant do 45 ans et présentant 12
(II.LCIF.N UUACX. — Iiinuence deraérutiun sur la propagation de
la tuheroulose. {Progrès médic.xl 32 avril l‘.*e,").)
(2,, L'article 22 du réglement sanitaire de Paris 22 juin 1(K)4) exige
comme iiiinimuin de vue directe des pièces destinées â l'habila-
lion 0 mètres sur les voies publiques et privées. L'article 23 exige
4 mètres de vue directe quand ces pièces donnent sur une cour.
(S) Progrès medical, 28 oct. 100.").
328
LE PROGRÈS MÉDICAL
décès par tuberculose et ayant une population de 03
habitants. Là encore se rencontrent deux toutes petites
cours sur lesquelles deux chambres prennent jour. On
a dû proposer l’interdiction de l’habitation dans trois de
ces logements en raison de l’étroitesse de ces cours.
Dans leVl’’ rue IL, n“ 5, une maison de 295m. de su¬
perficie possède une cour de 20 mètres. Elle aune po¬
pulation de 92 habitants;? décès par tuberculose.
Dans le IIP rue X . , n" 15, la superficie de la maison
estde 528 m.pour une cour de 88 m. mais celle-ci est
couverte au étage. Population: 131 habitants; 11
décès par tuberculose. Plusieurs concierges y sont morts
tuberculeux.
Voici une autre maison située cette fois dans un
quartier excentrique, dans le XX'. Elle est peu peuplée
et a une cour en proportion avec sa superficie (54 m.
pour 200 m.), 70 habitants sont logés dans une ving¬
taine d’appartements. Mais plusieurs pièces prennent
jour sur des courettes de 5 m., de 5 m. 50 et de 6 m.
De plus la cour de 54 m. , est couverte au 1" étage. Mor¬
talité par tuberculose : 11 décès.
On pourrait multiplier ces exemples.
La réciproqiie est vraie. Des taudis, des logis im¬
mondes, parfaitement insalubres, mais situés en pleine
lumière et largement ensoleillés, n’ont pas de tubercu¬
lose. 11 en estde môme des maisons surpeuplées, dans
des quartiers ouvriers, si elles ont de grandes cours.
J’en ai trouvé des exemples typiques dans mes re¬
cherches dans le casier sanitaire. Une maison située
dans le XX' arrondissement dans un quartier surpeuplé
rue X., n® 90, possède 1.58 habitants. Elle a 5 corps de
bâtiments, une profondeur de 100 m. une superficie
de 3000 mètres carrés mais la superficie des cours avec
les hangars comprend 23.50 m. c. 11 n’y a pas eu en 12
ans un seul décès par la tuberculose Je pourrais don¬
ner de nombreux exemples analogues.
Les maisons meurtrières ne sont mortelles que pour
la tuberculose. La mortalité des autres maladies infec¬
tieuses s’y trouve normale. Ce fait résulte dans cette
donnée de M. Juillerat : la tuberculose est la maladie
de robscurité.
Des faits paradoxaux en apparence ont finalement con¬
firmé cette théorie. Ainsi, pour donner un exemple iné¬
dit je puis citer le cas suivant : une maison présentait
un nombre important de décès tuberculeux, au rez-
de-chaussée, sur une cour, et pourtant cette com' était
d’après le plan l’une des plus belles et des plus grandes
qüe nous puissions voir à Paris.
Une enquête sur place révéla ce fait que les locaux
tuberculeux ne recevait pas la lumière directe ni les
rayons de soleil à canse d’une marquise qui les arrê¬
taient d'une façon complète.
-Notre théorie était donc une fois de plus vérifiée. Peut-
être suffira-t-il d'enlever celle marquise pour arracher
à la mort les habitants de cet appartement maudit.
Un autre reproche a été fait : le casier sanitaire ne
lient pas compte du mouvement des malades, il est
évident (|u un tuberculeux habitant un logis suffisant, -
peut par suite de la maladie et partant de la privation
ou de la diminution de ses ressources être amené à
prendre un appartement moins cher et échouer ainsi
finalement dans ces maisons sordides ou ces hôtels gar¬
nis borgnes que la statistique nous représente comme
ayant une léthalité tuberculeuse effroyable.
Là est évidemment un reproche sérieux et il y au¬
rait un intérêt puissant à savoir où débutent en effet
les cas de tuberculose. .Mais pour cela, il faudrait rendre
la déclaration de la tuberculose obligatoire. Il n'est pas
nécessaire, que ce soit d’ailleurs le médecin, mais le
chef de-famille, par exemple, qui soit astreint à déclarer
la maladie.
Il y a, en effet, un cercle vicieux. Ces maisons meur¬
trières qui ont en grande majorité des loyers bas, atti¬
rent les malades qui y meurent. Mais si ces malades
avaient à leur disposition des locaux identiques coin-
me prix, mais salubres, ensoleillés, qui nous dit qu ils
ne guériraient pas ?
Il est certain que si, demain, on peut démolir les ilôts
malsains, les maisons maudites, et construire à leur
place des rues aérées, des maisons de rapport superbes,
la tuberculose aura disparu de ces endroits ; mais la
population malheureuse, malade et alcoolisée qui les
habitait se reportera tout entière (l’histoire de Paris le
•démontre) dans des îlots voisins, aux maisons insalubres
mais aux loyers bas, dont la léthalité tuberculeuse
n’est pas bonne à l’heure actuelle, mais qui deviendra
tout d’un coup déplorable.
Ce qu’il faudrait, en effet, c’est construire des maisons
nouvelles suivant les règles dites de l'hygiène, c’est-à-
dire la hauteur maximum des maisons ne pouvant
excéder la largeur des rues, et, les cours, destinées à
éclairer des pièces habitables ayant une largeur mini¬
mum égale à la hauteur des bâtiments qu elles desser¬
vent.
Ces maisons ayant le même confortable ou plutôt le
même manque de confortable que les anciennes, mais
ensoleillées et aérées, aux loyers bas, recueilleraient
l’ancienne population et un foyer de tuberculose de
Paris serait éteint.
La mortalité tuberculeuse a diminué d'une façon re¬
marquable à Londres avec son extension en surface.
Comment peut-on expliquer autrement que par l'action
de la lumière et du soleil ce fait que des maisons, des
hôtels garnis analogues, dans un même quartier, aux
loyers identiques, ont une mortalité tuberculeuse dif¬
férente, suivant que la rue est orientée de telle ou telle
façon, qu elle est plus ou moins lar^e, suivant, en un
mot, que ces maisons sont ou non baignées par le soleil
une partie de la journée ?
Enfin nous avons déjà indTqué ce fait curieux que
ces maisons borgnes, ces hôtels garnis louches, habités
par une population plus malheureuse encore, pouvaient
ne présenter que peu de tuberculose situés dans
des quartiers excentriques, en pleine lumière. Ces
maisons, insalubres d’ailleurs, étant parfois de vérita¬
bles foyers de maladies infectieuses !
Les malades qui quittent les appartements riches pour
faute de ressources, échouer dans les maisons pauvres,
n’iraient donc, la plupart du temps, que dans les mai¬
sons tuberculeuses ?
Non, il est évident que ces maisons renferment une
cause de mort en elles-mêmes.
D’ailleurs, n’oublions pas que nos statistiques sont
certainement inférieures, à la vérité. Combien parmi
ces malades de ces maisons pauvres, vont passer leurs
derniers jours et mourir sur un lit, d'hôpital, enlevant
ainsi des unités à ces maisons meurtrières ?
I (Combien d'aufres vont mourir en province !
Certes, nous ne nierons pas l'importance capitale du
[ terrain du malade. Les individus alcoolisés, en état de
dénutrition (1 ), les émigrés des campagnes à Paris (2),
(1) Lam)Oi;/.y. - Kiiquèli' sur l’aliiuenlalion. P.ii-is, .Masson.
^^{2, (ïeorges UucitiiEOis. — lîxode rural el tuberculose. Paris
LE l'ROGRES MEDICAL
constituent autant de proies faciles pour la maladie.
Mais c'est surtout lorsque ces sujets tout prépa-
oarés à recevoir le germe de la tuberculose se trouveront
privésde soleil qu'ils deviendront malades. C’est ainsi
Le les cuisinières vivant continuellement près d’une
curette sans soleil et sans lumière directe deviennent
tuberculeuses par ce fait seul, et non à cause de leurs
mansardes où le soleil a vite fait de détruire les bacil¬
les nocifs. ■ -1 t
On parle toujours de 1 alcoolisme, qui joue, il est
incontestable, un rôle des plus importants dans l'étio¬
logie de la maladie. M lis si l'on prend des individus
idLtiques, des matelots par exemple, tous alcooli¬
ques, on peut voir que les pêcheurs habitués à vivre
au grand air ne sont pas tuberculeux, tandis que les
marins de l'Etat, entassés dans desnavires à plusieurs
étages et vivant continuellement au-dessous du pont
deviennent tuberculeux dans des proportions considé¬
rables (1).
Il est facile aussi démontrer dans les campagnes les
maisons des paysans avec ces petites fenêtres que l’on
arrive à restreindre le plus possible à cause de l’impôt
sur la lumière, l’impôt des portes et fenêtres. En Breta¬
gne cette étroitesse hors de toute idée des fenêtres (uni-
Sues par maisons d’ailleurs) et la disposition des lits
os favorisent étrangement la propagation do la tuber¬
culose parmi une population de plus en plus alcoolisée.
Le bacille de Koch installé dans une maison n’y est ja¬
mais détruit par le soleil qui n’y pénètre pas. Toute la
famille disparaîtra.
Nous croyons donc que les casiers sanitaires des
maisons, peuvent rendre des services inappréciables. Si
l'on songe qu’à Paris, il suffit d’un employé pour 8000
maisons, on voit que ce service est bien peu coûteux,
étonné peutqu’approuver le Congrès de la Tuberculose
d avoir demandé l’établissement, dans toutes les villes,
de casiers sanitaires des maisons. Le ü' Marcel Durand
légalement proposé au Conseil Général de créer des ca¬
siers sanitaires dans les communes du département de
la Seine.
On a beaucoup vanté l’œuvre prophylactique et so¬
ciale des dispensaires antituberculeux. C’est avec rai-
que M Fillassier a pu demander que l’on établît
one entente entre les services sanitaires et les adminis-
^•ions des œuvres d’assistance. Les enquêteurs des
dispensaires feraient ainsi proliter les casiers sanitaires
d®s résultats de leurs investigations, et ceuxrci .à leur
leur donneraient des indications précieuses
la salubrité des immeubles qui les intéressent et
Pourraient même prescrire les mesures nécessaires, le
^*^éant. Le Dispensaire Siegfried-Robin, de Thô-
Beaujon, s’est empressé, parmi les premiers, de
^ttre en pratique cette exeellente mesure.
L-es Casiers sanitaires forment une arme excellente
la lutte contre la tuberculose. Si la tuberculose a
ç-^gée parmi les maladiesà déclaration facultative,
tre tluiis la pratique, on ne peut rien con-
dfip* Le sérum anti-tuberculeux n’apas été encore
5^ les rapports si documentésde M. Thoinot
consultatif d’hygiène, et de M. Josias à TA-
® médecine, ont démontré que la désinfection
Pt dans ce cas particulier qu’une mesure illusoire
!li®Praticable.
- ~ habitations flotlnnles. 1" Congrès
nisserapiil ei «le la salubrité de l'bahitalion. Paris 19(M.
Dans notre communication au Congrès de la Tuber¬
culose nous établissions que par l’article l*'', § 2, du règle¬
ment sanitaire, pris eu vertu de la loi de 1902, article
qui détermine les prescriptions destinées à assurer la
salubrité des maisons et de leurs dépendances, tout
maire ale droit d’empêcher une chambre de devenir
un foyer de tuberculose et Aq 'proscrire pour l'habita¬
tion toute pièce qui ne peut recevoir la lumière so¬
laire directe d’une façon constante (1) .
Or rienn’aété faitdansce sens dans les divers règle¬
ments sanitaires pris en vertu de la loi de 1902, même à
Paris.
Ce serait alors au Casier sanitaire des maisons de
nous signaler ces locaux inhabitables. Cette mesure,
combinée avec une pratique raisonnée de la désinfec¬
tion, ferait certainement décroître dans une propor¬
tion importante le chiffre actuel des décès par la tuber¬
culose.
Les propriétaires seuls peuvent avoir aujourd’hui
communication du casier sanitaire de leurs maisons.
On ne leur en donne aucune copie. Les locataires n’ont
pas le droit d’en prendre connaissance. M. André Lefè¬
vre avait proposé de créer une plaque sanitaire qui
serait apposée, sur la demande du propriétaire, sur les
maisons reconnues salubres. C’est là une proposition
intéressante.
Mais ce que l’on pourrait faire et c’est là le vœu nou¬
veau nous émettrons ici, c'est que Ton remît au
propriétaire, sur sa demande no. extrait duCasier sa¬
nitaire de sa maison, comme Ton délivre dans une au¬
tre administration un Extrait du casier judiciaire
aux intéressés.
Ainsi tout locataire soucieux de sa santé pourrait
demander à son propriétaire communication de ce
dossier et connaître ainsi le passé sanitaire du logis où
sa famille et lui vont vivre, de même qu’un patron
demande à son employé de lui faire connaître son
passé judiciaire.
Les propriétaires ne sont pas tous les assoiffés d’ar¬
gent que Ton représente, et j’en sais qui viennent dire
très franchement à la Préfecture : ma maison est tuber¬
culeuse, que faut- il faire pour la rendre salubre ?
Il serait à Ssouhaiter que chaque propriétaire possédât
bientôt VExtrait du casier sanitaire de sa maison
et essayât de lui-même de la rendre plus saine.
On voit toute Tinfluence bienfaisante que peut avoir
le casier sanitaire des maisons et toute Tulilité de cet
organisme si peu coûteux. Qui nous dit qu’en même
temps qu’il y a des maisons tuberculeuses, il n’y a pas
d’autres maisons où sont en permanence d’autres mala¬
dies?
A Saint-Brieuc, ne dit-on pas qu’il y a des maisons
typhiques? (2). Dès maintenant nous pouvons dire
que le service du casier sanitaire de Paris fait une
enquête à ce point de vue. Peut-être certaines maladies
infectieuses sont-elles plus fréquentes dans des maisons
déterminées? Le casier sanitaire pourrait, en nous four¬
nissant des données précises sur ces sujets, permettre
de faire des recherches curieuses et utiles.
(1) Ingurtisance «le la loi de 1902 el des réglciuentg sanilaireg
fraoçais dans la lutte contre la tuberculose.
(2) Fillassier. — Enquête sanitaire à Sainl-Hrieuc. Progrès
médical, 1906.
LE PROGRÈS MEDICAL
Quoi qu'il en soit, il semble dès maintenant que l’on
doive attribuer un rôle de plus en plus important au
casier sanitaire des maisons dans l’assainissement des
villes.
BIBLIOGRAPHIE
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la tuberculose. Revue Int. de la Tuberculose, novembre 1901.
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Rousset. — Insultisance de la loi de 1902 et des rèsriements
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porter l’effort dans la défense sociale contre la tuberculose ? Con¬
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Paris, Rousset.
Vigne. — Le casier sanitaire des maisons. Avenir médical, 1906.
NARCYL GRÉMY médicament spécifi¬
que de la toux, spécialement de la toux des tu¬
berculeux .
BULLETIN DU PROGRÈS MEDICAL
La réforme des études médicales. La délégation des
syndicats médicaux chez le ministre de l’instruc¬
tion publique.
Par des manifestations tumultueuses, les étudiants
en médecine de Paris sont parvenus à démontrer que
tout n’était pas pour le mieux dans les meilleures des
écoles de médecine possibles. Tout le monde parla de
réformes et un ministre de l'instruction publique, bien
intentionné, demanda aux facultés de médecine d’en
élaborer le projet. Les étudiants se plaignaient que
leurs maîtres n'avaient aucun souci de les préparer à
remplir utilement la profession à laquelle ils se desti¬
naient, qu'on avait la prétention de tout leur ensei¬
gner sous prétexte que la médecine empruntait ses
moyens de diagnostic ou ses agents thérapeutiques à
toutes les sciences et qu’en somme, on ne leur appre¬
nait rien d’utilisable. Le ministre, en demandant l’avis
des professeurs de faculté, paraissait faire à ces plain¬
tes, indiscutablement fondées,une réponse amèrement
ironique ; c’était un peu (qu’on nous passe la compa¬
raison) comme si un magistrat, après avoir fait arrêter
un délinquant en flagrant délit, le priait d’instruire
son procès et de se juger lui-même.
Le conseil d’administration de l’IInion des syndicats
médicaux de France a pensé qu’il était du devoir de.
ceux que leurs confrères ont chargés de veiller aui
intérêts moraux et matériels de la profession médicale
d’intervenir dans la question. En vertu des droits qoe
la loi de 1884 confère aux syndicats professionnels, le
conseil de l’Union a nommé une commission d’étude
composée de MM. Louis Gourichon, J. Noir, Berthod^
Leredde, Jeanne et Millon, rapporteur.
Celte commission a rédigé une lettre à M. le Minis¬
tre de l'Instruction publique et une délégalion, con¬
duite par M. Dubuisson, député, à laquelle sont venus
se joindre les représentants des principales SociétMi
médicales de praticiens de Paris est allée remettre,"
mercredi, 11 avril, cette lettre au ministre. M. le
D"' Gairal, président de l’Union des Syndicats médi¬
caux, a exposé lui -même la situation au ministre^
Cette interventioii des médecins 'praiiciens est logi¬
que et nécessaire. On ne comprendrait guère que l’on
pût entreprendre la réforme sérieuse d’un enseigne¬
ment, avant tout professionnel, sans demander l’avis
de ceux qui exercent cette profession. Sans discuter
la compétence spéciale du corps enseignant, nous
ferons remarquer qu’il lui est impossible, surtout à
Paris, d’apprécier sainement les besoins des praticieni
et en particulier des praticiens de la campagne. En
effet, le corps enseignant des facultés est composé de
médecins haut placés pourvus d’une clientèle très
riche , les gens de plus modeste condition, c’est-à-
dire la presque totalité des malades, n’ont recours à eux
que dans des consultations exceptionnelles que létaux
élevé des honoraires rend relativement très rares. Le
professeur ne connaît donc, en fait de malades, que les
malades riches. On nous objectera qu’il voit tous
les jours des malades pauvres à l’hôpital. Cela est
vrai, mais, c’est dans un milieu totalement différent de
leur domicile, car à l’hôpital, tout est combiné pour
faciliter la tâche des médecins.
Le praticien, au contraire, doit s’ingénier pour adapter
à chaque milieu les mesures indispensables d hygiène,
de prophylaxie et de thérapeutique. Aussi, seul, le pra¬
ticien est à même, après quelques années d’exercice,
de signaler les lacunes les plus graves de son éduca¬
tion professionnelle. Il sait que ses malades en ont
souffert, qu’il a dû péniblement, lui-même, acquérir
par l’expérience et le travail, au sortir de la Faculté,
la presque totalité îles connaissances qui lui sont néces¬
saires pour remplir utilement, consciencieusement,
honnêtement sa mission. Son avis est donc indispe*^
sable dans l’étude des réformes de l’enseignenae®
médical, et les syndicats médicaux, en demandaaTl
être entendus, remplissent le plus strict de leurs devoirs-
La lettre que les délégués des syndicats ont remé
au ministre fait remarquer que les praticiens n® ^
placent pas absolument au même point de vue que 1^
professeurs ; elle proteste contre la durée trop couf
des études médicales, contre « la confusion et 1
gisme » qui régnent dans les Facultés, où nombre e
professeurs bornent leur enseignement à des « cours®
parade et sans utilité ».
Elle proteste contre la tendance à créer des
mes secondaires de psychiatre, de légiste, d’hygiéD*® '
LE PROGRÈS MÉDICAL
231
etc etc., qui « diminuent progressivement la valeur
Jii diplôme de docteur en médecine et le ravale-
, ront d’ici peu à un vague officiât. » Elle constate
les variations 'excessives de sévérité et d’indulgence
dans les examens. Elle montre le favoritisme devenu
(I la monnaie courante de nos concours», et constate
<jue « l’agrégation est une épreuve souvent peu loyale,
oui a pu rebuter les meilleurs d’entre les bons et les
décourager dès la première épreuve. » — « Pourquoi
ne le dirions-nous pas, ajoutent les signataires de la
lettre, puisque c’est un sentiment unanime dans le
monde médical, et puisque des Professeurs, voire
même un Doyen, l’ont écrit récemment. » Et la lettre
de l'Union des Syndicats médicaux de France au
Ministre de l’Instruction Publique conclut sagement
ainsi :
U nous semble que, dans une matière aussi vaste, ce n’est
que par un débat minutieux qu’une appréciation raisonnable
(leut se faire jour. Aussi venons-nous, en matière de conclu¬
sion, vous demander que l’étude de la réforme de l’enseigne-
1 ment médical soit discutée dans un esprit démocratique,
I qu’elle soit faite non d’une manière arbitraire, en choisissant
i au hasard parmi les vœux émanés des Facultés, consultées
séparément, mais qu’elle soit le fruit d’un travail prolongé,
d’un effort considérable et synthétique, émanant du corps
médical dans son ensemble. Nous demandons que vous con¬
fiiez l’étude des réformes de l’enseignement médical à une
Commission comprenant des membres du corps ensei¬
gnant et, en nombre au moins égal, des membres désignés par
les Syndicats médicaux. Nous ne savons ce qui résultera des
travaux de cette Commission ; mais ce que nous savons bien,
céstque plus elle seraouverte aux bonnes volontés, plus sé¬
rieux, plus prolongés seront ses efforts, plus vous aurez ren¬
du service à la cause de l’enseignement national et aux inté¬
rêts delà santé publique.
Il n’est pas douteux que cette lettre reçoive l'appro¬
bation de l’unanimité des médecins praticiens.
Depuis sa rédaction, d’importantes Sociétés scienti¬
fiques de médecins indépendants ont adhéré à cette
campagne de rénovation des études médicales.
I.e Ministre de l’Instruction Publique, M. Briand,
«ont nous connaissons bien l’esprit large et vraiment
émocrate, a comprisqii’il ne fallait pas laisser étouffer
**”(’ réforme qui intéresse à un si haut point la santé
publique sous des remaniements vagues de program¬
mons et des transformations plus apparentes que réelles.
I a répondu à la nombreuse délégation des médecins
galiciens (1) que sa demande lui paraissait parfaite-
nnt légitime et réalisable, qu’il ne lui répondrait pas
Ç ues promesses banales qui pourraient ne pas être
ml effet’ mais qu’il ferait très sérieusement étu-
j question et tâcherait, dans l’intêret public,
une réforme sérieuse de l’enseignement mé-
îfmcntdef.pClegation comprenait: MM. (iairal. des .Vrdennes, pré-
“^otédn pP*?ades syndicats médicau.x, Dubuisson, vice-président,
'"'claire <fén’“?mère, Louis Gourichon, vice-président,.!. Noir, se-
f'^'Oent a Millon, secrétaire général adjoint, Kotillon,
Oeredde Ha ‘^ymbeat des médeeins de la Seine, Paul Berthod,
coars rocrabres de l’Union, de Grissac.délégné du Gon-
f a ceUa 61 du Sou Médical, membre de l’Union.
v l?l, vice n—i'* étaient venus spontanément se joindre : M.
i;hacor ^vresidenlet délégué de la Société médico-chirurgicale,
m’ R; ‘dent de la Société de médecine et de chirurgie pra-
*'68 d’artn président du Conseil général des Sociétés médi-
"disscmenl de Paris et de la Seine.
CAPSULES D'IODIPINE-WERCK : 3 représentent 1 gr. Kl
beaucoup mieux supportées que les iodures alcalins ;
lOOlPINE à 25 “,/o pour injections sous-cutanées.
SOCIÉTÉS SAVANTES
ACADÉMIE DE MÉDECINE
Séance du 10 avril.
La paratubercalose.
Le Prof. PoNCET, de Lyon, complétant la série de ses com¬
munications antérieures, montre que le bacille tuberculeux et
ses toxines sont susceptibles de produire dans l’organisme des
lésions trèsdiverses Le rhumatisme tuberculeux peut donner
les formes d’arthrites les plus variées, le plus souvent sans
bacilles visibles. M. Poncet croit également à l’origine toxi-
tuberculeuse de certaines tumeurs du sein et de la glande
thyro’ide, les adénomes, que les chirurgiens ont souvent quel¬
ques difficultés à distinguer du cancer. Pour lui, ces adéno¬
mes ont tous les caractères des tumeurs inflammatoires de
réaction : on n’y découvre aucune forme microbienne cons¬
tante, ni même souvent aucun bacille. Mais, par l’étude de
l’hérédité des sujets,par la comparaison des formes cliniques,
M. Poncet n’en conclut pas moins àleur nature tuberculeuse.
Par la connaissance de ces lésions indirectes dues à l’inflam¬
mation provoquée par les toxines, le domaine de la tubercu¬
lose, déjà si vaste, se trouve encore notablement agrandi.
M. L.vbbé fait une objection à cette théorie ingénieuse.
Diverses lésions tuberculeuses telles que les grains riziformes
des synoviales ne renferment pas de bacilles. Mais elles sont
néanmoins inoculables. Cette inoculation ne paraît pas se réali¬
ser pour les adénomes du rein et du corps thyroïde.
Le P’’ Fournier rapproche la paratuberculose de la para-
syphilis. La syphilis produit des lésions indirectes résistant
au traitement spécifique et qui cependant ne seraient pas sur¬
venues sans elle. Le microbe récemment découvert de la
syphilis ne se retrouve pas dans ces lésions, pas plus que le
bacille de la tuberculose dans certaines tuberculides, dans le
lupus érythémateux. Il s’agit cependant bien de toxiinfections
spéciales, remarquables souvent par leur marche lente et leur
caractère atténué. Les rapports de la syphilis avec le tabes et
avec la paralysie générale ne se comprennent bien que par ces
réactions indirectes de la syphilis. Le traitement précoce et
suffisamment intensif est le meilleur moyen de prévenir
ces graves manifestations.
L'opération de Delorme dans l'empyème.
M. PicQuÉ montre les beaux résultats que peut donner dans
certaines pleurésies purulentes, résistant à l'incision simple
et même à la résection costale une opération plus complète :
la décortication du poumon avec ablation de la plèvre épais¬
sie. 11 présente un malade chez qui le résultat de cette opéra¬
tion, imaginée par Delorme, a été excellent.
A. -F. Plicque.
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX
Séance du 6 avril.
Eruption médicamenteuse.
MM. G.vucher, Büisse.w, Desmoolières. — Un malade at¬
teint de cystinurie et de bronchite présenta à chaque médi¬
cation anti bronchitique une éruption urticarienne généra¬
lisée et très prurigineuse Les médicaments absorbés étaient
l’eau de laurier-cerise, la belladone et l’opium. Aussitôt
l’éruption constituée, les symptômes de bronchite disparu¬
rent, pour réapparaître après la guérison et la desquamation
de l’éruption. L’examen des urines démontra une autointo¬
xication par fermentations intestinales anormales et une
fonction hépatique défectueuse. La moindre hétéro-intoxi-
232
LE PROGRÈS MÉDICAL
cation détermina donc les phénomènes morbides du côté de
la peau.
Indications opératoires dans la lithiase biliaire ■
M.Léon Bernard oppose aux dangers de la méthode expul-
sive et à l’incertitude des méthodes de stérilisation l’efficacité
et la sécurité de l’intervention chirurgicale. Cette interven¬
tion devra être précoce et même, dans les cas de coliques
hépatiques simples, qui récidivent, il vaut mieux attaquer
le mal dans la vésicule que d’attendre. D’ailleurs, le diagnos¬
tic de colique hépatique est appliqué souvent à des phases
plus avancées delà lithiase. Plus l’opération est précoce, plus
elle est aisée, efficace et bénigne.
Spirochète et Syphilis. Etude baclérioloyû/uc, clinique,
et expérimentale.
MM. Thibierge, Ravaüt et Le Sourd ont recherché le spi-
lochète sur des frottis, sur des coupes et sur les lésions ex¬
périmentales produites par inoculation aux singes. Pour le
frottis, ils ont trouvé le spirochète 30 fois sur 39 chancres
syphilitiques, en utilisant surtout la sérosité qui s’exsude
après grattage Les résultats par examen des coupes et par
inoculation sont les mêmes ; lesauleurs ont constaté l’absen¬
ce du spirochète dans le liquide céphalorachidien et le li¬
quide pleural. Le procédé le plus sensible est l’inoculation,
puis vient l’examen des coupes, puis le frottis. Ce dernier
procédé cependant, bien exécuté, permet de reconnaître la
nature syphilitique d’une lésion et de porterun diagnostic
ferme en cas de doute. Ces méthodes sont en tous points
identiques à celles employées pour le diagnostic des lésions
tuberculeuses.
Purpura hémorrhagique grave prétuberculeux.
MM. Carnot, BENSAUDEetP. IIarvier. — Lne jeune femme
sans antécédents tuberculeux, allaiblie par une grossesse et un
allaitement de six mois, maigrit et fut atteinte d’une forme
grave de purpura hémorrhagique (hémorrhagies nasales,
gingivales, rénales). Après une période d'état très mauvaise,
les hémorrhagies cessent, une amélioration survient, mais
une tuberculose galopante s’installe et arrive à l'excavation
en six semaines. Le pronostic de ce purpura prétuberculeux
n’est pas toujours si grave, comme plusieurs observations en
font foi. malgré le mauvais état général, les lésions sangui¬
nes, et la marche rapide de la luberculose.
M. Lion P ésente une malade qui a tous les signes d'une
sténose de l’extrémité inférieure de l'œsophage. Les aliments
s’arrêtentau-dessus du cardia pendant deux heures, puis après
une série de mouvements de déglutition d'air, toute la mas¬
se alimentaire tombe dans l’estomac avec un bruit de glou¬
glou Ces étapes des masses alimentaires sont nettement dé¬
montrées par la radiographie.
Priedel.
SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DE PARIS.
.Séance du 7 avril igo6. — Présidence de M. Desnos.
La séance est ouverte à 4 h. 4.5.
A l’unanimité, le procès-verbal de la précédente réunio n
est adopté .
Correspondance imprimée. — .Journaux habituels j
Travaux de la Société de Médecine de Nancy. — Ap¬
plication de la cryoscopie à V étude des eaux minérales
par le D’ Lucien Graux; — Modifications à apporter aux
articles 7, 11, 19, 20 de la loi du i5 février igo2, par le
D' Lucien Graux : — Choix d’un logement, par P. .1 aille -
rat ; Les habitations à bon marché par A. Delforge.
Correspondance manuscrite. — 1" Lettre de M. le D’
Lucien Graux, qui remercie la Société d'avoirbien voulu
le nommer membre titulaire.
'2'’) Lettre de M. le D’ Rlondin s’excusant de ne pouvoir
venir lire son travail de candidature.
M. Dubar donne lecture du rapport de la Commission
nommée pour étudier les modifications aux statuts de la
Société de .Médecine de Paris.
Rapport de la Commission nommée pour étudier
les « Modifications aux Statuts » de la Société de
Médecine de Paris.
M. Dubar, rapporteur. .
Durant l’année scolaire 1904-190.3. la Sociétéde Médeçinedt
Paris, désireuse d’occuper la place à laquelle elle a droit dam
le monde médical, nommait une Commission chargée d’éto
dier les moyens propres à agrandir son champ d'actiou.i
élargir ses moyens d'activité et de vitalité et surtout' le moyei
d'apporter un remède sérieux à linsuffisance delà publica¬
tion et du retentissement au dehors des travaux scientifiqiKs
auxquels elle consacrait le meilleur de son temps et de son
talent.
.\près là mois d’efforts, cette commission établissait un pp>
jet de fusion avec la Société Médico-Chirurgicale, projet qui
fut établi durant de nombreuses séances au sein de chaqK
société respective.
Chaque article fut ainsi discuté, approuvé et le projet adopté
dans son ensemble.
Tout allait pour le mieux,quand le 14 janvier 19 16 en séance
extraordinaire,la Société de Médecine — convoquée régulière¬
ment - rejetait ce projet de fusion à dcu.r par un vote ainsi
décomposé :
Pour la fusion . 23
Contre la fusion . 16 1 bulletin blanc
Dans cette même séance,il est vrai, un amendement tut pré¬
senté par notre distingué collègue Coudray demandant la fu¬
sion des trois Sociétés : Médico-Chirurgicale, Médecine et
Chirurgie Pratiques et Société de Médecine de Paris sousTim
périeuse raison ejue le groupethent de tous leurs membres
serait seul capable d assurer un avenir certain à la nouvelle
Société.
Du reste, ces Sociétés, réunies fréquemment en des Asseia
blées plénières, voisinaient au mieux de leurs intérêts, justi¬
fiant le propos d’un membre qui — au sortir d’une de ces
réunions plénières — déclarait spontanément, dans la chaleur
communicative des discussions « qu'il fallait fusionner les S
» sociétés, faire des sections et rivaliser avec l’.Acadéniie J*
« Médecine » iD’' Doléris 26 nov. 1904.)
Cetamendement fut votéà l'unanimité des quarante meffl
bres présents.
La Sociétéde Médecine de Paris affirmait par un vote, so»
désir et sa volonté de voir groupées en une Société unique le*
trois Sociétés précitées.
Dès lors, la tâche se simplifie, iln'y a qu'àsuivre les indica¬
tions reçues.
Ouverte à tous les jirogrès, comprenant qu'il s'agit d'uniO'
térêt vital et désireuse avant tout d’aboutir, la Société de Mé¬
decine de Paris entre dans le domaine des réalités en provo¬
quant une réunion plénière des Commissions nommées P**
les trois Sociétés.
Le 28 mars, les trois commissions se réunissent sous la
sidence de M. Desno,s, acclamé à Punanimité.
La Sociétéâlédico-Chii urgicale. entre autres points partie®
fiers sur lesquels tout le monde est d'accord, pose comme Pf*"
cipe qu'il faut éviter les questions personnelles. M- Christ'*
partage cette manière de voir. 11 pense aussi que lesd"^^
lions de personnes devront être écartées, si l'on veut rester-
le terrain de la justice et de l'équité sous la forme des dre'
acquis et aussi parce que c'est la seule façon de faire abai'
la fusion.
L’ordre du jour suivant est déposé :
« Les membres des Commissions des Sociétés de Médedf
« de Paris, Médico-Chirurgicale, de Médecine et de
■' Pratiques nommées dans ces Sociétés en vue de la
« une Société unique, intitulée Société de .Médecine de
« réunis le 2.3 mars 18üli déclarent adopter cette fusion d:"*’ 1
i» forme suivante ;
« A u les déclarations du Conseil d’Etat, les
« Sociétés Médico -Chirurgicale, de Médecine et de
<> pratiques entreront dans la Société de Médecine de '
■■ sous le titre Dispositions transitoires, à savoir :
233
LE PROGRES
MÉDICAL
« Les membres de la Société de Médecine et de Chirurgie
< pratiques et de la Société Médico-Chirurgicale sont dispen-
sés des obligations et conditions imposées par les articles
«4, 5, 6,7, 8, 9,11, 12, 13 et 14.
« Les statuts nouveaux seront élaborés par les trois Com-
« missions et soumis à l’approbation de leurs Sociétés res-
« pectives.
« La Société de Médecine de Paris continue à faire les dé-
( marches nécessaires pour obtenir la transformation de ses
< Statuts en ce sens. »
{Adopté à l unammilé. Suivent les 14 signatures,)
Conformément à cet ordre du jour un rapporteur a été dé¬
signé dans chaque Société et les « Modifications aux Statuts de
la Société de Médecine de Paris élaborées en commun, avec le
projet ancien comme base.
Les anciens statuts de la Société persistent, ils ont simple¬
ment subi des modifications de détail.
La Société de Médecine de Paris garde donc son titre et ses
Statuts, elle reste elle-même aux yeux des plus exigeants ;
c'est son agrandissement que nous demandons.
A son passé glorieux, à son esprit de tradition -- peut-
être trop longtemps gardé par des Sénateurs respectables |
mais timorés, — il convenait d’ajouter une force nouvelle.
Cette force, ce sang nouveau si l'on peut dire, vous la trou¬
verez dans le nombre et vous me permettrez de vous dire que
la loi du nombre est vraie partout.
Que tous ceux qui ont pris à cœur cette noble tâche et qui
ont contribué au succès final trouvent ici un écho de gratitude
et de haut témoignage .
Et puis soyons unis ! Soyons forts !
L’heure n’est plus aux divisions, soyons des hommes d’ac¬
tion et non des gens de parole.
Travaillons ! ! ....
M. Burkt fait observer que les statuts imposent, pour
le vote en Assemblée générale, la date de la séance qui
suit la lecture et la discussion du rapport.
La prochaine séance aura lieu le 28 avril 1901 ; or,
plusieurs de nos collègues, retenus au Congrès de Lis¬
bonne, ne pourront peut-être pas être rentrés. D’un au¬
tre côté, certains membres peuvent être souffrants et em¬
pêchés ce jour-là, il ne serait que justice de tenir compte
de leur opinion du moment où le secret du vote peut être
sauvegardé. D’ailleurs, la Société a déjà eu à se pronon-
rersurcettequestionet, dansune circonstance analogue,
le 24 février 1894, le vote par correspondance a été admis.
M. le Président met la question aux voix : la proposi¬
tion du secrétaire général est adoptée.
La discussion est déclarée close : le vote, sur convoca-
li"n spéciale, aura lieu lesamedi 28 avrill906,à Q heures.
Chaque membre titulaire viendra, à l’appel de son nom,
déposer dans l’urne le bulletin de vote qu’il aura détaché
de la lettre de convocation : il aura à écrire « oui » ou
*non » au-dessous de la question suivante ; « Approu¬
vez-vous le texte des nouveaux statuts, dont un exemplaire
vous a été récemment adressé ? »
Les sociétaires absents de Paris ou empêchés n’auront
quà détacher ce même bulletin préalablement rempli et
le mettre sous enveloppe fermée. Ils placeront le pli
dans une seconde enveloppe, avec leur carte de visite,
et adresseront le tout au secrétaire général. Celui-ci, à
* appel du nom du sociétaire absent, déposera dans l’ur-
ae le bulletin enfermé sous pli, sans l'ouvrir. Ce système
delà double enveloppe assure le secret du vote, confor¬
ma ment aux statuts.
Le «bon à tirer » des nouveaux statuts proposés a été
donné le 7 avril : l’imprimeur est chargé de l’expédi-
lon. Les exemplaires parviendront vraisemblablement
^^dmt Pâques.
, tl a été décidé, en outre, que la liste générale des mem-
des trois sociétés similaires serait jointe à cet en-
di- Le secrétaire général est chargé de s’occuper de l’im-
P'-essiori de cette liste.
. Société ayant compris la nécessité de s’agrandir,
dcun des membres est engagé à lire attentivement les
nouveaux statuts et à venir, voter, ou tout au moins en¬
voyer son bulletin de vote le 28 avril. Il est indispensable
que tous expriment leur opinion.
Le Bureau rappelle que, aux termes des statuts^ touie
demande de modification doit, pour être soumise a l’aji-
probation du gouvernement, réunir en sa faveur les deu .x
tiers des suffrages exprimés et que cette majorité doit,
pour être valable, comprendre la moitié plus un des
membres titulaires inscrits. Or, la liste actuelle compre¬
nant 65 membres, la majorité doit être, au minimum, de
34 voix. Ce chiffre sera suffisant si le nombre des votants
ne dépasse pas 51. Avec 52 suffrages, la majorité des 2
tiers est 35 : avec 53 et 54, elle est de 36 ; avec 55. il faut
37 : avec 56 et 57, — 38 : avec .58, -39 ; avec 59 et60, —40;
avec 61, — 41 ; avec 62et 63, — 42 ; avec 63, — 43 ; et avec
65, — 44.
La séance est levée à 6 h. 15.
Le Secrétaire général^ Le Secrétaire annuel .
F. Buret. Mortier
LA VALÉROBROMINE LEGRAND
est plus active que les bromures et les valé-
rianates.
NÉCROLOGIE
Obsèques du Phisalix.
Les restes du D’’ Phisalix onl été transportés à ôlouthiers-
Hautepierre, son pays natal ; à la gare de Lyon, lors delà le¬
vée du corps, les discours suivants ont été prononcés devant
une nombreuse assistance de collègues et d’amis.
Discours de M.Ed. Pkiuiier, Directeur du Muséum
d'histoire naturelle.
Messieurs,
L’hnmme exquis auquel nous disons aiijourd'liui un dernier
adieu laisse au Muséum et dans la Science un vide aussi srrand
que dans le cœur de ses amis. lîon, dévoué, modeste, il avait
toutes les qualités qui suscitent l’affection, et celte loyauté sans
capitulation qui commande, l’eslirae ; ses travaux étaient, comme
ses actes de la vie courante, marqués au coin de cette exactitude
et de celte précision qui sont la probité du savant.
11 était venu tardivement et d’nn peu loin à la science. Méde-
cin-majordans un régiment d'artillerie à Besançon, il avait quitté
l'armée pour se consacrer exclusivement à la Science et s’était
»lout de suite fait remarquer par des travaux importants de phy¬
siologie. Mais il avait laissé parmi ses camarades de l’armée de
tels souvenirs que ses anciens chefs ne cessèrent de s'enquérir
de ses travaux, et que son camarade, le D' Schneider, médecin
de sa Majesté le Shah de Perse, lors d’une des dernières visites
de ce souverain au muséum, me demanda_ de ie signaler tout
particulièrement pour la Croix d’officier dê l’ordre du Lion et du
Soleil de Perse, qui lui fut effectivement décernée sans qu’il se
doutât que sa candidature avait été posée. Il était déjà chevalier
de la Légion d'honneur.
Phisalix était depuis 18S8 assistant, au Muséum, de la chaire de
pathologie comparée. Après des recherches de pure physiologie
notamment des recherches délicates sur les changements de cou¬
leur chez les animaux qui lui valurent le litre de lauréat de l'Insti -
tut, il s'était fait une spécialité de l’étude des virus et des venins.
Ses reclierclies sur les venins des abeilles, des batraciens, des
serpents, sont aujourd'hui classiques. Dans des substances de¬
meurées longtemns mystérieuses, il découvrit des ferments spé¬
ciaux qu’il sut définir noltemeni, dont il détermina avec rigueur
toutes les propriétés. Mais cela ne lui siilflsait pas ; il trouva le
moyen de neutraliser plusieurs d'entre eux et peut disputera
Calraelle, qu il semble bien avoir devancé d’ailleurs, l’honneur
d'av.oir trouvé un puissant antidote contre les venins des serpents
les plus redoutables.
L’élude des maladies niicrohieniies lui fournit aussi l’occasion
d’importantes découvertes. Il avait réussi dans ces dernières
annéesà immuniser les jeunes chiens contre la maladie qui cause
parmi eux tant de ravages.
A Besançon, où ilavait fait ses premiers travaux, Phisalix avait
trouvé une compagne digne de lui. Mademoiselle Marie Picot,
234
LE PROGRÈS MÉDICAL
qui s’était déjà distiuguée à l’Ecole normale supérieure de jeu¬
nes filles de Sèvres par son goût pour les sciences naturelles, y
continuait ses études. Elle a conquis depuis sa licence ès scien¬
ces naturelles et le doctorat en médecine. Devenue Madame Phi-
salix, non seulement elle allégea sa vie des menus détails de
l’existence quotidienne, mais elle se fit sa compagne assidue de
laboratoire, sa collaboratrice intelligente et active, comme ellea
été jusqu’au dernier jour sa gardienne dévouée.
Hélas ! moins que personne elle ne pouvait se faire illusion
sur les progrès d’un mal insidieux, laissant parfois renaître
l’espoir pour réapparaître bientôt aggravé. Lui, se montra jusqu’à
la fin courageux pour elle, ne voulant pas laisser paraître la certi¬
tude qui se faisait plus nette chaque jour dans son esprit que
la fin était proche. Ilia voyait venir sans effroi, cherchant seule¬
ment à élever son esprit toujours plus haut, rêvant de ne laisser
planer aucune ombre sur son souvenir.
Vous pouvez, cher ami, dormir en paix; tous vos maîtres, tous
vos collègues, tous vos amis ressentent également la perte qu’ils
viennentde faire, etle Muséum regretteen vous un de sesplusfi-
dèles serviteurs, un de ceux qui pouvaient encore lui apporter de la
gloire. Je suis leur interprète ému, et je vous apporte surtout le
tribut des regrets et les adieux de l’homme éminent qui vous
avait attaché à lui et qui m’a prié de prendre la parole en son
nom particulier, comme je le fais au nom du Muséum tout entier.
Ces témoignages unanimes de sympathie adouciront votre
peine ; je l’espère. Madame, mais vous avez une autre consola¬
tion. Vous n'avez pas été seulement la compagne de Phisalix ;
vous avez partagé sa pensée ; etle continuera à vivre en vous et
\ous serez de ces femmes privilégiées qui ne perdent pas leurs
morts parce que leur esprit continue à les inspirer.
AprèsM. le Prof. Pkkkii-.k. M. le D" Gi.ey a pris la parole
au nom des assistants du Miisénin d’histoire naturelle, collè¬
gues de M. Phisalix.
Discours de M. Gi.ey.
Messieurs.
Il y a neuf ans. disparaissait soudainement du laboratoire de
pathologie comparée du Muséum un jeune physiologiste dont les
travaux déjà nombreux et d'une rare originalité annonçaient une
des plus amples etdes plus fructueuses moissons scientifiques
qu’il fût loisible d’espérer. Et voilà qu’au jourd’hui s’en va, dans
la maturité d’nn esprit exercé,en possession de toutes ses forces,
i'.ôssistant du même laboratoire.
A ce rapprochement que tous sans doute ont fait, dans la mai¬
son à laquelle ont appartenu Contejean et Phisalix, de quelle
tristesse n’être pas saisi, et de quels regrets ! Ce sont ces regrets
que je suis chargé d’exprimer au nom des Assistants du Mu¬
séum.
Lorsque le professeur Chauveau fit entrer Phisalix dans son
laboratoire, il y a près de vingt ans, notre Collègue était déjà
connu par de très intéressants travaux d’histologie et d’embryo¬
logie qu’il avait su poursuivre tout en remplis.sant au mieux les
fonctions de son grade dans la médecine militaire, et par sa
thèse de dectorat ès sciences sur le développement, la structure
etle rôle de la rate chez les poissons osseux.
Mais c’est dans le laboratoire que se développa vraiment sa vie.
C’est là qu’il conçut et mena à bien, grâce à un labeur persévé¬
rant, ses recherches sur les chromatophores des céphalopodes
et sur leur innervation, sur les variations du bacille dû charbon
et de ses fonctions, et particulièrement ce bel et solide ensemble
de travaux si méthodiquement conduit, avec l’aide fréquente de
son ami Gabriel Bertrand sur les venins des serpents, leur pro-
priéiés toxiques et les moyens 1 1 les atténuer, la vaccination
antivenimeuse et les antitoxines de ces venins.
Que de notions neuves ■••ont sorties de ces travaux, depuis la
connaissance de la toxicité du sang des serpents venimeux, com¬
parée à celle de leur venin,jusqu’à la découverte du sérum antive¬
nimeux. Tout le monde sait quecette découverte, faite simulta¬
nément dans un autre laboratoire, a constitué une des applica¬
tions les plus brillantes de la sérothérapie. Ainsi les sagaces et
patientes études de notre collègue n’ont pas seulement fourni
des résultats d’une telle importance que leur place est désormais
fixée dans toute doctrine de l’immunité, mais elles sont aussi
pour beaucoup dans l’institution, du traitement que l’on peut qua¬
lifier d’infaillible, des terribles accidents dusà la morsure des ser¬
pents. Heureux le savant auquel il est ainsi donné de justifier le
mot de 'Taine : que les travaux de laboratoire et de cabinet ne
eçoivent toute leur sanction et tout leur prix que par les emplois
utiles qu’on en fait ! Et quel plus utile emploi du labeur du phy-
iologiste que de sauver des vies humaines !
Fidèle à la méthode comparative, Phisalix a étendu à d’autres
espèces animales ses recherches sur les venins. .Ses éludes sur
les poisons des batraciens et sur ceux des insectes lecondui-
sirent encore à des découvertes très intéressantes.
Toutes ces recherches ont reçu la publicité à laquelle elle*
avalent droit, et notre collègue eut plusieurs fols l’occasion de
les exposer avec succès dans des conférences au Muséum. Ellea
lui valurent aussi les distinctions et la grande notoriété qu’il
méritait.
L’hommage que nous lui rendons ne serait point complet si je
n’ajoutais que nous avons toujours trouvé en lui un collègue
courtois et serviable, d’une cordialité simple, d’une sûre loyauté.
A cés qualités qu’il portait dans ses relations avec nous, nous
imaginons aisément les qualités de Thomme privé et nous com¬
patissons à la douleur de celle qu’il n’avait pas seulement choi¬
sie, comme dit l'Ecclésiaste, pour manger son pain en joie avec
elle, mais aussi pour vivre avec lui toute sa vie scientifique. De
cette vie, trop tôt fermée, la science, permanente et indestructi¬
ble, gardera du moins la trace.
Au nom de la Société de Biologie, M. J.-P.L\ngi,ois a adressé
à son regretté collègue un dernier hommage.
Discours de M. J. -P. Laniilois.
Messieurs,
Notre Président, étant retenu par ses devqirs professionnels,
m’a chargé de représenter la Société de Biologie et d’adresser,
en son nom, le dernier adieu à notre regretté collègue Phisalix.
Depuis plusieurs mois, à nos réunions du samedi, nous ne
voyions plus Phisalix, et son absence était douloureusement
constatée, car nous connaissions tous son assiduité à suivre nos
séances. La maladie seule pouvait l’éloigner ainsi du centre
scientifique qu’il affectionnait tant.
Phisalix était, suivant l’expression du XVIII* siècle, « un cu¬
rieux de la nature ». Son esprit chercheur le poussait en effet à
porter ses investigations dans les différentes branches du do¬
maine biologique. Ses travaux sur les chromatophores des cé¬
phalopodes le classent parmi les biologistes zoologistes. Dans
ses longues et patientes recherches au laboratoire de Roscoff, il
réussit à pénétrer le mécanisme de la chromo-constriction, à
donner la clef d’un phénomène peu connu avant lui. Bactériolo¬
giste, il s’attaque à la biologie si troublante de la bactéridie
charbonneuse et, ici encore, il a la joie d’appporter une nouvelle
page à l’histoire déjà bien chargée de cet agent pathogène. H
parvient à créer une race asporogène.
Mais l’œuvre principale de notre cher collègue est constituée
par son étude magistrale sur les venins. Ce sont ses travaux faits
en collaboration fréquente avec Bertrand, et ceux de Galmette,
qui ont doté la science française de cette nouvelle conquête si
précieuse : la vaccination contre les morsures des serpents.Je ne
me rappelle pas sans une réelle émotion notre collaboration dans
l’étude physiologique du venin de la salamandre, point de dé¬
part de se.s recherches sur les substances vaccinantes contre les
poisons des glandes à venin. Sériant le « problème », il montre
tout d’abord que la substance toxique du venin de vipère existe
dans le sang de l’animal, que par le chauffage on peut obtenir
dans le venin et même dans le sang une substance vaccinante.
Enfin il parvient à expliquer l’immunité des serpents contre
leur propre venin par l’existence d’une substance a’ntitoxique
coexistant dans leur sang.
Malgré une santé depuis bien longtemps précaire, Phisalix fut
toujours un travailleur infatigable,amant passionné de la science,
et il avait trouvé en Madame Phisalix non seulement l’épouse
dévouée et attentive, mais une collaboratrice fidèle. Au nom de
la Société de Biologie, où Phisalix comptait de si nombreux amis,
nous la prions d’accepter nos .«incères regrets.
Le dimanche 18 mars 1906, à Mouthier-Hautepierre, les ob¬
sèques du D'’ Phisalix ont été célébrées. \I. JocFKROY, maire
de Mouthier, a prononcé sur la tombe le discours suivant :
Dicours de M. Jocffroy, maire de Mouthier.
Mesdames, Messieurs,
En, qualité de maire et surtout d’ami personnel du défunt, j’ai
le pénible et bien douloureux devoir de ne pas laisser fermer
cette tombe sans adresser un adieu amer à la dépouille mortelle
du docteur Phisalix, qu’une mort prématurée vient de ravir à
Taffectiou des siens et de ses nombreux amis.
Né en 18.52, d’une modeste famille de vignerons, le jeune Phi-
salix montra de très bonne heure un goût prononcé pour l’étude ;
ses condisciples ne tardèrent pas à constater la supériorité de
son intelligence et à prévoir qu’il était appelé à un brillant ave¬
nir. Les débuts de la vie ne turent pas pour lui sans dlfficuités.
mais sa grande intelligence, doublée d’une Incroyable énergi®»
en raison de tous les obstacles. Il débuta dans l’armée comm®
LE PROGRÈS MÉDICAL
235
médecin-major au 4* d’artillerie, c’est en celte qualité qu’il fit la
campagne de Tunisie. A son retour, il s'occupa plus spéciale¬
ment de sciences naturelles et fréquenta assidûment les labora¬
toires de Roscof et de Banyuls. Depuis 1880, il a sucesslvement
passé avec succès, à la faculté des sciences de Paris, ses examens
de licence et de de doctorat ès sciences naturelles.La science fut
le culte de toute sa vie, les recherches auxquelles il se livra le
menèrent à faire des découvertes importantes qui laisseront son
nom à la postérité et qui feront dire que le docteur Phisalix a été
une illustration pour son pays et pour le village qui l’a vu naître.
Phisalix ne fut pas seulement un savant, il fut aussi un grand
cœur qui s’intéressait à tout ce qui était de nature à améliorer la
situation de son village, qu’il aimait passionnément et où il a
voulu venir dormir son dernier sommeil au milieu des siens.
Ce fut toujours aussi un modeste, qui garda jusqu'au bout son
caractère d’origine plébéienne; sous une apparence qui paraissait
un peu froide, de prime abord, on ne tardait pas à découvrir la
bonté de son âme et la tendresse de ses sentiments. Arrivé par
la ténacité de son travail à une situation qu’il n’avait jamais es¬
pérée, marié depuis quelques années à une compagne aimante,
dévouée et absolument digne de lui, Phisalix semblait devoir vi¬
vre heureuxencore de longues années, mais l’impitoyable mort
est venue mettre un terme à ce bonheur bien mérité et faire cou¬
ler les larmes de son épouse éplorée et de sa vénérable mère qui
ne croyait pas avoir la douleur de lui survivre. J’adresse à l’une
et à l’autre, l’expression de ma douloureuse sympathie.
Adieu, bien cher ami, que la terre te soit légère. Nous veille¬
rons sur ta tombeavecle plus grand respect, nous puiserons dans
ta mémoire le souvenir des enseignements que tu nous a laissés.
Adieu docteur Phisalix. adieu !
M. le D'' Di'sgrez, professeur agrégé à la Faculté de Méde¬
cine de Paris, ami personnel du D' Phisalix, est venu.au nom
des amis et des collègues du défunt lui adresser le suprême
adieu.
Discours de M. le D' Desorez.
Mesdames, Messieurs,
Dans la foule émue des amis et des admirateurs qui ont ai
compagné, hier soir, à la gare de Lyon, la dépouille mortelle de
Phisalix, l’Université de Paris et les Sociétés savantes, l’Acadé¬
mie 'des sciences,rAcadémie de médecine, la Société de biologie,
et le Muséum d’histoire naturelle, ont tenu à honneur d’être re¬
présentés par quelques-uns de leurs membres les plus illustres.
C’est que si la mort parait parfois se plaire à briser les plus belles
espérances, elle s’est montrée plus cruelle,plus aveugle que ja¬
mais, en frappant, dans la maturité de son talent, dans le plein
épanouissement de son œuvre, le chercheur infatigable dont les
travaux ont projeté une lumière éclatante sur quelques-uns des
problèmes les plus difficiles de la biologie générale ! Les voix
autorisées des maîtres de la science ont célébré hier,au moment
Ou départ suprême, les mérites exceptionnels de l’œuvre scienti-
uque de Phisalix. Mais puisqu’il est venu, selon .son désir le
PiUs cher, dormir son dernier sommeil à l’ombre de la mai¬
son quia abrité son berceau, dans l’humble . imetiére où repo¬
sent ses afeux, ne convenait-il pas que l’un de ces enfants de la
Comte qu’il a le plus honorés de son affection vînt jusqu’ici lui
renouveler, avec l’adieu suprême, le témoignage des sentiments
O admiration et de regret de tous ceux qui furent les confidents
6 sa pensée, les témoins de son labeur, de ses luttes comme de
ses victoires ?
Césaire-Auguste Phisalix, est né à Mouthier le 8 octobre 1852.
es parenls,qui étaient cultivateurs et avaient plusieurs enfants,
mposèrent les plus lourds sacrifices pour le placer comme élè-
d'abord au petit séminaire d’Ornans, pris au collège
pi.^“?*hiué de Besançon’ Phisalix manifesta dès cette époque une
p. marquée pour les sciences naturelles qui devaient,
tard,faire la grande passion de sa vie et le conduire
plus belles découvertes.
g, , en médecine à Besançon, puis élève du service d(
Grâr **’®i*’e. ü 'vint àParis, en 1873, faire un stage au Val-de-
remat^*^ études de médecine par une thèse très
decin -f.® néphrite aiguë. En 1881-1882, il fait, comme mé-
üne campagne de Tunisie. C’est là qu’il contracte
Prpne gastro-intestinale des plus graves, qui l’oblige à
Au r ’ retraite prématurée,
leren*®** chercher, dans l’exercice de la profession médicale,
tencL eenfort qui constituent l’idéal de tant d’autres exis -
obtint Faculté des sciences de Besançon,ou
tanioup*’ poste de préparateur de zoologie et de bo-
“’epport chaire de Moquln-Tandon. Si cette situation
®oins 1p lî fortune, pas même l’aisance, elle apportait du
ment “onheur puisque notre compatriote revenait déflnitive-
tenties^®® études, aux sciences naturelles i De celte époque da-
Premiers travaux importants de Phisalix, sur divers su¬
jets de zoologie et d’embryologie. Il passe, en 1885, sa thèse de
doctorat ès sciences, puis est nommé, au concours, professeur
suppléant à l’Ecole de médecine de Besançon, en 1886.Mals l’ac¬
tivité de Phisalix avait besoin de s’exercer dans un champ d’é¬
tudes plus vaste que celui d’une modeste faculté de province.
Aussi le retrouvons-nous à Paris, en 1888, comme aide-natura¬
liste, au Muséum, titre qui fut changé (en 1892) en celui d’assis¬
tant.
Au laboratoire du professeur Chauveau, Phisalix trouva les
moyens de poursuivre les recherches dont il accumulait les ma¬
tériaux depuis plusieurs années. Parmi ces travaux, l’Institut ac¬
cordait, en 1894, sur un rapport très élogieux du professeur Per-
rler, une première récompense à des recherches relatives aux
variations de couleur de la peau de céphalopodes. Quel que fût
leur intérêt, ces recherches ne suffisaient pas à satisfaire l'ar¬
deur scientifique de notre jeune savant. La même année, en effet,
l’Académie des sciences lui décernait un de ses prix Monthyon
pour ses premiers travaux sur les venins, exécuté en collabora¬
tion avec Gabriel Bertrand. Par ces mémorables recherches Phi¬
salix inaugurait un champ nouveau d’investigations scientifiques
Il établissait, en effet, que l'immunisation n’est pas produitedi-
rectement par la matière vaccinante, mais qu’elle résulte d’une
réaction de l’organisme. C’était la démonstration expérimentale
d’une idée féconde, introduite en pathologie générale parle pro¬
fesseur Bouchard. C’était une conquête d’importance décisive
dans la biologie des animaux venimeux. Elle conduisait son au-
teur à fixer la nature et l’action physiologique de leurs venins
pour les comparer à celle des toxines microbiennes, surtout au
point de vue des phénomènes de l’immunité. Elle le conduisii,
en outre, à la mémorable découverte du vaccin contre les morsu¬
res des animaux venimeux. Et c’est ainsi, par un travail opiniâ¬
tre, par une suite de recherches logiques que l’humble enfant de
Mouthier, que le petit naturaliste parti de Besançon avec un ba¬
gage scientifique modeste, avec des ressources pécuniaires
plus modestes encore ; mais avec la noble ambition de la con¬
quête scientifique, réalisa une découverte pour l'importance de
laquelle l’histoire des sciences lui décernera le titre de bienfai¬
teur de l’humanité !
Sur le rapport du professeur Bouchard, l’Académie des scien¬
ces attribua à Phisalix, en 1898, le grand prix Bréant. Gomme
cette magnifique récompense paraissait encore inférieure à l’im¬
portance des services rendus, le gouvernement y ajouta bientôt
la croix de la Légion d'honneur. Phisalix, qui rêvait d’autres
conquêtes, continua la série de ses recherches. Il montra bientôt
que la bile agit comme antidote chimique et comme vaccin, que
les sels biliaires exercent vis-à-vis du venin de vipère, la même
neutralisation chimique que la bile entière, qu’un certain nom¬
bre de substances chimiques sont douées d’une action physiolo-
logique analogue, etc., etc.
Je ne saurais prolonger outre mesure, mes chers compatrio¬
tes, celte liste des secrets arrachés à la nature par l’inlassa¬
ble activité du savant que nous pleurons aujourd’hui, 'fous ses
travaux marquent autant d’étapes glorieuses sur lesquelles pren¬
dront un appui solide les chercheurs de l’avenir.
En 1895, Phisalix épousa Mlle Picot, qui devint bientôt sa meil¬
leure élève et sa collaboratrice dévouée. Agrégée des lycées de
jeunes filles, Mme Phisalix fit honneur à son maître en débutant
dans la vie scientifique par une thèse de doctoral de médecine
qui lui valut une médaillé d’argent delà Faculté de Paris. Aux
mérites de cette collaboration, elle sut unir ceux de la femme
idéale en prodiguant à son mari tous les soins délicats qu’exi¬
geait une santé restée fragile depuis la campagne de Tunisie et
épuisée encore davantage par une activité incessante, par un
labeur immense. En m’inclinant respectueusement devant la
pauvre mère qui a partagé la joie des triomphes de son fils, mais
qui va connaître la douleur amère de lui survivre, en m’incli¬
nant devant la compagne dévouée du savant si prématurément
arraché à son affectueuse tendresse, je leur apporte à toutes les
deux l’hommage de douloureuse sympathie de nombreux amis
que je représente à cette cérémonie.
Et maintenant mon cher ami, mon cher Phisalix, il me reste
à vous redire encore une fois ; Adieu ! Adieu ! "Vos travaux ont
creusé un sillon lumineux dans un domaine scientifique resté in¬
culte jusqu’à vous. Les savants qui s’engageront dans la voie que
vous avez ouverte salueront en vous un des conquérants paclfi-
fiques les plus glorieux de notre époque. Ils béniront votre nom
comme le bénissent, tous les jours, les victimes des reptiles ve¬
nimeux que vos admirables travaux arrachent à une mort cer¬
taine. Le petit village de Mouthier peut s’enorgueillir de vous a-
voir donné le jour. Les futurs historiens de notre belle province
graveront dans ses annales votre nom en lettres d’or, à côlé
des noms immortels de Cuvier et de Pasteur !
236
l.K l'ROGHÈS MEDICAL
— - . - ■ m
MEDECINE l'I^ÂTIQllE
Traitement des tuberculoses et affections des voies j
respiratoires.
Dans son Traité de médecine, le, docteur Ferrand dit ; « L’E-
inulsion Marchais est, d’après l’avis des médecins.la meilleu¬
re préparation créosotée ; elle diminue rapideniant la toux, |
I expectoration, la fièvre et active la digestion. '•
Le professeur Trélat, ancien président de l'Académie de i
Médecine.écrit, février 1885 : L’Emulsion Marchais me paraît I
un bon médicament: j’en use personnellement, je la conseil¬
le et j’en donne à mes malades de l’hôpital. ■ L’Emulsion !
Marchais se prend à la dose de ü à (j cuillerées à café par !
jour, dans lait, tisane, bouillon. |
“ I
Concours d’adjuvatdes Asiles publicsd’aliénés |
de 1906
Le concours, coniinencé le I9 mars 1900, a fini le 31 mars 1906.
Le jury était ainsi composé : M. le D'' Drouineau, inspecteur
générai des services administratils, président. I
Membres : M.M. le Ü' .lotîroy, professeur à la faculté de mé- i
decine de Paris ; le D'' Mairet, professeur à la faculté de méde- |
cine de Montpellier ; le 1)'' Ilégis, professeui- à la faculté de mé- |
decine de Ilordeau.x : le 1)'' Ciraud, directeur médecin à l’asile de
Saint- Yorne ; le IL- Dubuisson, directeur médecin à l’asile de I
Dracqueville (Haute-Laronne) : le l)'' Sizaret, médecin en chef i
à l’asile de Saint-Méen. — Membre suppléant : le 1)'' An- I
theaume, médecin de la Maison nationale de Cliarenton. j
Questions choisies par le Jury. — Question écrite : Xerf fa- j
<i(d (Anatomie et physiologie). — Les questions restées dans '
l’urne étaient : 1° Circulation sanguine du cerveau (anatomie et
pliysiologie) ; 2” Les espaces sous-arachnoïdiens cérébro-spinau.x ; j
Liquide céphalo-rachidien (anatomie et physiologie). |
•?» Question écrite : Quelles sont, dans la loi du 30 juin 1838, ,
II s dispositions prévues ]>our éviter les séquestrations arbitraires : ;
Questions restées dans l’urne: 1° De la correspondance de l'aliéné
placé dans un asile et delà responsabilité médicale ou adminis¬
trative. Droits de l’aliéné, de la famille, du service médical et du
service administratif ; 2“ Aliénés non interdits. Administration
de leursbiens.
Qiiestioiis orales. — 1'“ Séance : 1" Insuffisance aortique [Symp-
(omes et diagnostic). Tétanos (Symptômes et diagnostici. Questions |
n'stées dans l’iirne : 1® Complication de la scarlatine. Luxation j
de l'épaule ; 2° Détention d'urine. Complications de la rougeole, i
2® Séance : 2" Diagnostic de la tuberculose pulmonaire au dé¬
but. Fistules anales (yçmplbmoi, diagnostic et traitement). Ques- |
lions restées dans l'urne : .3» Complications delà scailatine, luxa¬
tion de l'épaule ; 4° \ ariolo'ide. (Causes, signes et marche de la
maladie) — Signes et diagnostic de la hernie étranglée.
3' Séance : 3® Symptômes et diagnostic de la pleurésie franche
aiguë. Symptômes, diagnostic et traitement des fractures décotes.
Questions restées dans l'urne : 5" Symptômes et diagnostic <tes ■
anévrismes de l’aorte, tumeur blanche du genou ; 6® Appen- ;
dicite (médecine et chirurgie) . i
4® Séance : 4“ Diagnostic de l’anévrisme de la crosse de l’aorte. !
Diagnostic et traitement de la tumeur blanche du f/euOM. Questions
restées dans l'urne : 7“ -Appendicites (médecine et cliiiurgiei : 8"
symptômes, diagnostic et terminaison de laphelgmalia alba dolens '
Diagnostic et traitement des hernies éti-anglées.
Nombre de places mises au concours 10. — Candidats reçus, 10, I
dontles noms ,guivant par ordre déclassement : L'M. Vurpas (de
Sainte-Anne) ; 2” M.Dromardjdu Dépôt) ; 3“M. Ducos(de Château-
Diconi ; 4® M. Charpentier(de Saiute--\nne) ; 5® .M. Halberschladt
(de Villejuif) ; 6" M. Levassort (du Dépôt! ; 7° M. Renon (de
A ille-Evrard) ; 8® M. Daday (de l'asile privé de Piivas) ; 9® M. Da-
maye (de Villejuif) ; 10® M. Viollet (de Sainte-.Vnne). — 24
candidats s'étaient fait inscrire.- 18 seulement ont pris part aux
épreuves.
De l’anesthésie chirurgicale par la scopolamine-mor-
phine.
L’article très documenté deM. Morei. et A iron, publié dans |
le n® 7 du Progrès médical (p. 97) sur la scopolaniine, a rensei- |
gné nos lecteurs sur ce médicament, encore très discuté. !
Voici un extrait du travail de M. le 1)' Lorendan, publié
dans le Bulletin médical de Québec (lévrier 19061, à titre docu-
men taire.
Si je suivais la routine, je ferais mon article, puis je tirerais
les conclusions. J’aime mieux faire autrement; l'expérience que
j’ai (ie cet anesthésique me permet d’en tracer immédiatemeot
les règles suivantes, sans hésitation.
l”’La scopolamine-morphineen injections hypodermiques sui¬
vant les indications et procédés que J’ai décrits dans le Bulletin.
est un excellent anesthésique, d’avenir brillant, mais à indica¬
tions spéciales.
2“ La scopolamine-morphine n’est pas appelée à remplacer le
chloroforme, mais les deux anesthésiques.administrés conjointe¬
ment, dans les conditions déterminées, diminuent les dangers, les
inconvénients de chacun d’eux séparément.
3“ Le cœlflfient toxicologique de la scopolamine-morphine .sur
la cellule de notre économie est moindre que celui du chlorofor¬
me et la manifestation en est plus facile, parce que la méthode
d’administration est plus précise, mieux ordonnée et laisse
■•noins à l’appréciation individnelle.
A/oyages d Etudes Médicales-Stations hydrominérales
et climatiques de France.
A . E. M. 1906. - Le 8® voyage d’études médicales aura lieu
sous la direction scientifique du professeur Landouzy. du 1»
au 12 septembre 1906.
11 comprendra les Stations de Savoie et du Dauphiné : llau-
Jeville (Sanatorium), Evian, Thonon. Saint-Gervais,Cliamonii
Annecy, Aix, Alarlioz. Le Devard, Challes, Salins-Moutiers,
Brides, Pralognan Allevard, Bouquéron. La Alolte, L riage.-
Le programme détaillé sera publié en mai 1906.
Douze bourses de voyage sont données au A'. E. AL de I90G
jtar : le Professeur llenrot.— les Administrations des Eaus
minérales de : Chàtel-Guyon. Evaux-les-Bains. Evian i4 bour¬
ses , Fougues. Iloyat, A ichy— le Conseil municipal des Eaux-
Bannes— la Compagnie générale des Eaux Minérales et Bains
de Mer. Elles sont attribuées par leurs fondateurs à : 1® un
Alédecin anglai.-, un Alédecin belge, un Alédecin danois, un
Médecin italien ; 2® deux Alédecins, membres du Concours
médical et de l’Association générale des Alédecins de France;
3® deux Internes des Hôpitaux de Paris ; 4® un Etudiant de
la Faculté de Bordeaux, un de Lyon, un de Paris, un de
Reims. Pour tous les renseignements, s’adresser à AL le D’ Lar¬
ron de la Carrière, 2. rue Lincoln, Paris, ou à AI. le 1) ' Jouaust,
10, rue du Colisée. Paris.
LES CONGRÈS
Deuxième congrès international d'hygiène scolaire.
(Londres, 5-lOaoùt 1907.)
Le deuxième des Congrès internationaux d’hygiène scolair^
qui doivent se succéder à trois ans d’intervalle, se tiendra *
Londres, du 5 au 10 août 1907. U sera certainement aussi i®)
portant que l’a été le premier de ces Congrès, qui a eu lie*** |
Nuremberg du 4 au 9 avril 1904, et qui a réuni 1.200 perso**- 1
nés venues des diverses régions du monde civilisé. B eo®" I
vient que la France soit beaucoup plus largement représe^
tée au Congrès de Londres qu’elle ne l’a été au Congrès
N U remberg,non seulement par des délégations oflicieBe^
mais par de nombreux adhérents à titre privé. Notre • j
le devoir de prendre une large part au mouvement de ^
novation de l'hygiène de la jeunesse des écoles si ***te®®
dans toutes les nations cultivées. Au Congrès de Londres, <*
sections particulières s’occuperont des questions suivant^
Hygiène des bâtiments et du mobilier scolaire ; Hygiène
internats ; Aléthodes de recherche de l'hygiène soola* ^ ^
Programmes scolaires ; Enseignement de 1 hygiène aux ***
très et aux élèves ; Education physique des enfants et j
jeunes gens ; Ecoles spéciales pour enfants anormaux ; •
giène de la jeunesse en dehors de l’école ; Hygiène du ”
enseignant ; Sujets divers .
Des rapports destinés à être discutés en séances plénièr^^^,
en séances desection seront faits sur des sujets parlicui'^^J
ment intéressants ou des questions urgentes d’hygiène
laire et de pédagogie physiologique . De nombreuses
nications seront également lues et discutées dans les sec *^ j
I.a Ligue des médecins et des familles pour l’hygiène - j
LE PROGRÈS MÉDICAL^
237
lionaux d’hygiène scolaire et par le Comité d’organisa-
®du congrès de Londres, de former un Comité français,
a constitué un Comité de patronage et un Comité d'ac-
dont vous trouverez plus loin la composition. En leur
ni nous venons vous prier instamment de donner votre
jhé^ioo au Congrès de Londres et de lui promettre votre
élaboration. Les Sociétés qui s’occupent d hygiène sociale
d'enseignement sont tout particulièrement invitées à ad-
érer et à se faire représenter officiellement au Congrès de
nndres- Dès maintenant on peut verser la cotisation régle-
lentaire de 2.i francs entre les mains du Trésorier français,
l lel>J--Eh. Roux, 46. rue de Grenelle. Paris. et vous faire
Mcrire pour une ou plusieurs communications devant les
tclions. 11 importe, pour la prompte élaboration du pro-
pimnie, que le titre des communications proposées soit
^■Binuniqqé le plus tôt possible au Comité de Londres. Des
ludions importantes seront certainement consenties par
(Compagnies de chemins de fer anglais et français et par
(Compagnies de navigation. Le Comité de Londres asso¬
ie logement des Congressistes suivant leur désir. Des
s spéciales du prix de lüfràncs permettront aux Dames
’bsisler aux séances plénières et aux^réunions, réceptions et
Jsrtiesde plaisir organisés à propos du Congrès.
XV' Congrès international de médecine
(19-26 avril 19()6i.
Le programme définitif des fêtes du Congrès est arrêté
§omme suit : — 19 Avril : Séance solennelle d'inauguration, à
heures de l’après-midi, dans les locaux delà Société de Géo-
Tiphie. — Soir : Réception par le Président du Congrès à
tole de médecine (siège du Congrès. — 2Ü avril Après-mi-
li. üardea-party offert par M. Cook à Monserrate. — 21 Avril
Pinerdu Roi aux premiers délégués des Gouvernements. —
KAvrü, Course de taureaux à Villa Franca, avec aller et re-
■»reii bateau. — 23 Avril : Soirée offerte aux congressistes
J«la Société de Géographie. — 24 Avril; Garden-party offert
fleRoiàNecessidades. — Soir : Réception, par le Gouver¬
nent, des délégués des Gouvernements et de ceux des éco-
ée médecine et sociétés scientifiques. — 2.5 Avril ; Récep-
ffl de tous les congressistes par la V’ille.A ces fêtes sont ad-
’s tous les congressistes, à l’exception du dîner du Roi inour
seuls chefs des délégations ofticiellesi et de la réception
^bouvernement (pour tous les délégués).
travaux scientifiques du Congrès se font à l’école de
üj^ecine les 20, 21, 23, 24, 25 avril. Les séances des 20 sec-
J®ns auront lieu de 8 1 2 à 2 ou 3 heures, selon les jours, et
® conférences générales les jours où il n’y a pas
|«rete d’après-midi.
programme des sections, tant pour les travaux scienti-
Nnt' ies fêtes, excursions, visites aux établisse-
r foi pas encore définitivement arrêté.
■ Une définitifs. — France Billets directs
■Édn /funçaise quelconque à Port-Bou ou Irun, avec la
rfel’*l? et faculté d’arrêts en route. Obligation de
lu retour par voie ferrée, avec faculté de sui-
P'nt itinéraire différent de l’aller. Enregistre-
^ ^gages directement pour la frontière ou pour les
’ I^ocument nécessaire : carte verte (coupons A,
et PortUf/al. Faculté de voyager dans toutes
•'^en personne: Pesetas
iron dom'^ ’’ en 2 cl., plus 10 0/0 pour le Tsésor (en-
l'orlmjal : demi-tarif. Port Bmt-Lisbotjine
®*^.8tl ,®’^®eagosse-Madrid-Valencia d’Alcantarai : Pese-
^'bpilh,?^ en 2' cl., Irun-Lisbonne (viaMedina-
62.00 enl cl ,47.7.5 en 2 cl. Docu-
;Une gj earte verte. — Italie, Billets d’aller et retour
'^lienne à Vintimille ou Modane : parcours jus-
ju ., I > I cl- L. 0.074 ; 2 cl. L. 0.052 p km.; - de 201 à
yht) ; 2 : '2 cl. » 0.043 »; -pourplus de 400 », 1 cl. »
^ille * 0-1135 » Documents nécessaires ; carte verte et
’ ~-^ori'è/)e,Ruù/«rie. Réduction de 50 % sur le
®lmples,sur présentation de la carte verte,
concessions vont l'o/aWes du 5 avril au 25 mai. —
Angleterre. Billets spéciaux d’allet et retour Londrês-lrtln, au
prix de L; G.13.0 eil I cl., et 4.12.0 en seconde classe. A ala-
bles via Dover et Calais,Ou Folkestone.et Boulogne.pour une
durée de 45 jours.
Congrès pour la répression de l'exercice illégal de
la Médecine.
il^ris, 28au3i mai 1906).
Siège 28, rue Serpente (Hôtel dës Sociétés savantes).
En raison des élections, le Congrès pour la répression de l’exer¬
cice illégal de la Médecine, qui devait se tenir à Paris le 30 avril,
aura lien du 28 au 31 mai, sous la présidence de M. le Professeur
Brouardel.
FORMULES
XXIII. — Contre les névralgies faciales.
Butyl-chloral hydraté . . . 10 gr.
Alcool . 10 gr.
Glycérine . 20
Eau distillée . . . 120 gr.
L ue à deux cuillerées à soupe par jour de cette solution.
(11. Bocquillôn-Limousin).
THÉRAPEUTIQUE
Action de l’héiénine sur le bacille de la tuberculose
Ainsi que le fait avait été déjà signalé par le D'' de Korab
(Académiedes Sciences, I882l, Pilatte {Thèse de Montpellier, 1885)
a remarqué que des quantités minimes d’iiélénine suffi¬
saient à empêcher le d'“veloppement des bacilles tubercu¬
leux. Il faut en conclure que l’hélénine a une puissante ac¬
tion pour empêcher le développement de la phtisie, action
qui a été constatée et admise par MM. Erhard et Cornil et
par Hanoi (Traité de la phtisie pulmonaire). L’tiélénine s’ad¬
ministre à la dose de 2 ou 3 globules du D'- Korab par jour.
- - _
. NOUVEI.LES
Natalité dk Paris. — Du dimanche 11 au samedi 17 mars
4906. les naissances ont ete au lomnre ue 978, se décomposant
ainsi: légitimes 711, illégitimes 267.
Mortalité a Paris. — Population d’après le recensement de
1901 : 2.660.559 habitants. Les deoes ont été au nombre de 984,
savoir; 481 hommes et 503 femmes. Les décès sont dus aux
causes suivantes: Fièvre typnoide (typhus abdomin.) ; 5. _
Typhus exanthématique : 0. — Fièvre intermittente et cachexie
palustre ; 0. — ’Variole ; 0. — Rougeole ; 25. — Scarlatine : 1.
— Coqueluche : 6. — Diphtérie et Croup : 2. — Grippe : 5.
“ Choléra asiatique : 0. - Choléra nostras : 0. — Autres
maladies epidemiqaes ; 3. — Tubercuiose des poumons : 199. _
Tubereniose des méningés : 16. — Autres tuberculoses : 18. —
Cancer et autres tumeurs malignes ; 61. — Méningite simple : 14.
— Congestion hemorrnagique et ramollissement du cerveau : 43.
— Maladies organiques du cœur ; 77. — Bronchite aiguë : 7.
— Bronchite cûroniqne : 17. — Pneumonie : 34. — Autres affec¬
tions de l’appareil respiratoire : 126. - Affections de l’estomac
(cancer exc.) : 5. — Diarrùee et entérite deO à 1 an : sein : 7 - au¬
tre alimentation : 13. — Diarrhée et entérite de 1 à2ans : L— Her¬
nies. obstruction intostmaie. f 0. — Cirrhose du foie ; I !.. — Néphrite
et mai de Bngdt 23. Tumeurs non cancéreuses et autres ma¬
ladies des organes génitaux ifemmesi : 7. — Septicémie puerpérale
(fièvre, péritonite, phlébite puerpérale) : 3. — Autres accidents
puerpéraux ae la grossesse et ue l’accoucoement : 0. — Débilité
oongenitaie et vices de conformation : 32. — Débilité senile ; 52.
— Morts violentes: 25.— Suicides: 12. — Antres maladies : 123!
— Maladies inconnues ou mal définies : 13.
Mort-nes et morts avant leur inscriution: 61, qui se décom¬
posent ainsi : légitimes 45, iliégitimes 16.
Légion d’honneur. — M. Je D'' Bérillon, directeur de la
Revue de T Hypnotisme, vient dlêtre nommé chevalier de la Légion
d’honneuf.
Concours de médecins des hôpitaux. — Jury provisoire •
MM. A. Renault, Œttinger, P. Marie, Béclére, Richardière, Par-
mentierj Gaucher, Hip. Martin-Roux et Dupiay. - ' -
238
LE PROGRÈS MÉDICAL
Prix. — L’Institut de France (Académie des sciences morales et
politiques) met au concours pour 1906 (prix Saintour, 3.000 fr.) le
sujet suivant ; « Des modifications à apporter à la législation fran¬
çaise sur les aliénés au double point de vue de la liberté indivi¬
duelle et de la sécurité des personnes ». — {Dépôt des mémoires
au plus tard le 31 décembre 1906.)
Avis a nos Confrères. — Un groupe de médecins prient
les confrères qui seraient assurés à la Compagnie La Mutuelle
de Bordeaux, anciennement l'Union Française, ou qui seraient
en relations avec cette Compagnie, de bien vouloir envoyer leur
nom au secrétaire du groupe, le D'' Millée, 8, rue de .Milan.
Faculté de Médecine de Paris. — Modifications au stage. —
Les ministres de l’Instruction Publique et de l’Intérieur ont
soumis à la signature du Président de la République le décret
suivant, modifiant le stage des étudiants en médecine :
Art. P''. — L’article l"', paragraphe 4, et l’article 7, paragra¬
phes 1 et 2, du décret du 20 novembre 1893 ci-dessus visé, sont
modifiés ainsi qu’il suit :
.irt. §4. — Pendant la troisième année, les élèves seront
nécessairement attachés pendant 4 mois aux services d’accou¬
chement. Ils devront accomplir les quatre autres mois de cette troi¬
sième année de stage dans l’un des services spéciaux affectés aux
maladies de la peau et de la syphilis, aux maladies mentales, aux
maladies des enfants, aux maladies des yeux, aux maladies des
voies urinaires.
.irt. 7. 2'L — L’enseignement durera du pr novembre au
30 juin.
§2. — Les élèves seront répartis de façon qu'ils passent quatre
mois dans un service de médecine et quatre mois dans un service
de chirurgie.
Art. 2. — Le ministre de l’instruction publique, des beaux-
arts et des cultes et le ministre de l’intérieur sont chargés, chacun
en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret, qui aura
son effet à partir du P' novembre 1906. — Fait à Paris, le 6
avril 1906. A. Fallières.
Victime de la science. — Un ingénieur chimiste norvégien,
■M. Gustave Jiebsen, âgé de vingt-quatre ans, manipulait un mé¬
lange d’aluminium et d’oxyde de cuivre dans le laboratoire du
professeur Moissan, à la Sorbonne, lorsque, par suite de causes
encore inconnues, une explosion se produisit dans le creuset. Ren¬
versé par la violence du coup et grièvement brillé au visage et aux
mains. M. .liebsen aété transporté à l’IIôtel-Dieu, où les premiers
soins lui furent prodigués, et de là dans une maison de santé. On
craint qu’il ne perde la vue. {U Aurore, Il avril 1905).
Suicide d’un médecin. — M. le D’’ Georges Bellemain, méde¬
cin de la préfecture de police, des postes et télégraphes, et de la
Compagnie de l’Ouest, s’est suicidé, à son domicile, 64, rue Bour-
sault, en absorbant du cyanure de potassium.
Le Pr Bouchard en Italie. — On télégraphie de Rome au
Temps du 11 avril, que le départ du professeur Bouchard, venu
pour assister à l’inauguration de la clinique Humbert, a donné
lieu à des manifestations de sympathie pour la France. On a remis
un bouquet àM. Bouchard, qui a embrassé M, Baccelli. Le public,
venu enfouie à la gare, l’a salué par de nombreux cris de : « Vive
la France ! » auxquels M. Bouchard a répondu par le cri de :
« Vive l'Italie ! »
Le traitement de la tuberculose au Japon. — On mande de
Tokio au Daily Telegraph, le 9 avril, que le docteur Ichigami,
bactériologiste éminent, a annoncé, au cours d’une réunion de la
société médicale du Japon, que depuis plusieurs années il avait
expérimenté avec quelque succès une nouvelle antitoxine décou¬
verte par lui pour le traitement de la tuberculose. Un tiers envi¬
ron des malades traités par son système ont été guéris. Les rap¬
ports reçusdesept hôpitaux où son antitoxine a été employéecons-
tatent que, sur 2 19 malades, 79 ont été complètement guéris, 8-0
ont éprouvé une grande amélioration, 15 sont morts et -45 ont
cessé le traitement pour une raison quelconque. (Le Temps).
Ecole de santé et école d'administration de la .marine. —
Un décret dispose que les jeunes gens admis à l’école principale
de santé de la marine, à l’école d'administration de la marine ou
à l'emploi d’administrateur stagiaire de l’inscription maritime doi¬
vent contracter en entrant à l’école ou au moment de leur nomi¬
nation à l’emploi un engagement par lequel ils s’obligent à servir
dans l’armée active pendant six ans au moins à dater de leur no¬
mination au grade de médecin ou pharmacien de 3'' classe ou de
médecin ou pharmacien aide-major de 2“ classe, de commissaire
ou d’administrateur de 3' classe.
Ceux qui n’ont pas encore été inscrits sur les tableaux de re¬
censement s’engagent, en outre, par le même acte, à servir pen¬
dant un an aux conditions ordinaires avant l’entrée à l’école. Cette
année de service sera accomplie dans le corps des équipi^^j
Hôpital maritime de Berck-sur-Mer. —Le D^ JacquesC^
ancien interne des hôpitaux de Paris, est nommé assisin
chirurgie auprès du D'’ Ménard, chirurgien en chef de l’ù
maritime de Berok. ”
Le journalisme medical en province. — Parmi les nbin
publications médicales nous nous faisons un plaisir de signai
A rchives medico-chintrgicales du Poitou, publiées sous h
rection de nos confrères R. Morichau, Beauchant, Léon Pm
de Poitiers, Jean Petit et Georges Renon, de Niort. NosmeJ
souhaits de succès aux Nouvelles Archives. ,
Nécrologie. — Nous avons le vif regret d’annoncer la m*
M. le lù Louis Lépine, professeur à l'Ecole de Médecine de
noble ; de M. le DennetiÈkes, d’Orchies INordl ; M.s
Marduel, médecin du Dispensaire, secrétaire général de la Soi
de médecine de Lyon ; M. le Di^ Miard, de Paris ; M. le Dé
lemain, de Paris.
Chronique des hôpitaux.
Hôpital de la Pitié. — M.. le D’’ P. Dalché commencà
leçons de Gynécologie médicale le jeudi 9 mai à 10 heures!
ratoire de la Salle Serres) et les continuera les jeudis suivanS
même heure.
Conférences cliniques sur les nialadies du système nervm
M. le D'' Babinski, médecin de l'hôpital de la Pitié, reprenda
conférence.s cliniques sur les maladies du système nerveux»
5 mai 1906, à 10 h. 1/4 du matin, et les continuera les samedi
vants à la même heure. Les conférences auront lieu dansl'ai
théâtre de l’hôpital.
Amphithé.atrf I)’an.ato.mie des HOPITAUX. — Courselexâ
technique< de médecine opératoire régionale, soin la direct*
M. Pierre Sébileau, avec l’assistance de MM. Chifoliau et
vrier, prosecteurs. — Opérations sur les organes génüavXi
femme, par M.A. Ricard, professeur agrégé, chirurgien d»
pital Saint-Louis et M. A. Gosset, professeur agrégé, chirs
des hôpitaux.
Ce cours commencera le mardi R’’ mai. — Il aura lieu al
res. 1. Opérations gynécologiques par voie abominale. Tech
générale : mardi R'^mai. — II. Hystérectomie et myomed
pour fibromes : jeudi 3 mai. — HI. Hystérectomie pour c*
Evidement pelvien : samedi 5 mai. — IV. Castration sim)
castration double. Hystérectomie pour annexites suppuréesl
di 8 mai. — V. Hystéropexies. Raccourcissement des li|h
ronds : jeudi 10 mai. — VI. Opérations sur la vulve ou sur
rinée : samedi 12 mai. — VIL Fistules vésico-vaginal^^
vaginales ; mardi 15 mai. — VIII. Colpotomie. Ampufirt
col : jeudi 17 mai. — IX. Opérations plastiques sur le col t*
19 mai. — X. Hystérectomies vaginales ; mardi 22 mai.
Les élèves répéteront les opérations sous la direction des
secteurs, des aides d’anatomie et de plusieurs moniteurs. WJ
bre des élèves est limité. Le droit à verser est de 80
cours est gratuit pour les internes des hôpitaux. Se faire n®*
17, rue du Fer-à-Moulin, de 10 heures à 4 heures.
Operations sur les organes génito-urinaires de l'honit^
M. J. Albarran, professeur agrégé, chirurgien de la
nicipale de santé et M. Robert Proust, professeur agf^
cours commencera le mercredi 2 mai. — Il aura lieu à o |
I. Considérations générales sur les indications opératoire^
cautions spéciales avant, pendant et après ropératjon-^
lions sur le rein par la voie lombaire. Manière^ d’abo^
rein. Exploration sanglante. Néphrolithotomie. ^'dphr<^
mercredi 2 mai. — H. Néphropexie. Décapsulation.
conservatrices dans les rétentions rénales : vendredi 4 ma'-. ^
Néphrectomie lombaire. Néphrectomie pour cancer: 1“°®^
— IV. Découverte de l'uretère. Urétérolithotomie. Sof'*' f
section de l'uretère : mercredi 9 mai. — V. Implanlatm®^
rotère sur la peau, sur la vessie et sur l'intestin.
urétéral : vendredi limai. — VI. Lithotritie. Extraction j
étrangers de la vessie. Cystoseopie : lundi 14 mai.-— /
hypogastrique pour calculs, pour tumeurs. Cystectomie rj
et totale : mercredi 16 mai. — VIH. Prostatectomie
prostatectomie transvésicale ; vendredi 18 mai. — IX-
mie interne. Uréthrotomie externe. Résection de
21 mai. — X. Exstropbie de la vessie. Hypospadias : ®
Les élèves répéteront les opérations sous la direction
teurs, des aides d’anatomie et de plusieurs moniteurs,
des élèves est limité. Le droit à verser est de 80 francs- ,
est gratuit pour les internes des hôpitaux. Se faire insc
rue du P’er-à-Moulin, de 10 heures à 4 heures.
LE PROGRÈS MÉDICAL
239
Pierre Sébileau, professeur agrégé à la Faculté, chirurgien
.•i ■ nltal Lariboisière, directeur des travaux scientifiques de
hhhéâtre, commencera le lundi 23 avril 1906, à l’amphi-
Lg d'anatomie, avec le concours de MM. les docteurs Chifo-
et Chevrier, prosecteurs des hôpitaux, un cours de méde-
noéraloire en dix leçons, moyennant le versement d’un droit
40 francs. Le cours est gratuit pour les internes et externes des
jpitaux Se faire inscrire à ramphithéâtre,rue du F er-à-Moulin,17.
références pi-aliques d’anatomie pathologique préparatoire
examen de doctorat. — Sous la direction de M. Pierre Sé-
directeur de l’amphithéâtre d’anatomie des hôpitaux, une
rie de douze conférences pratiques d’anatomie pathologique, en
-ne de la préparation des élèves à la 2' partie du 3® examen sera
' ite par le D’’ Pautrier, sous-chef du Laboratoire, à partir du
j at-ril 1906. Chaque conférence sera suivie d’un exercice prati-
me et d’une reconnaissance des coupes. Le cours est ouvert à tous
les étudiants en médecine, moyennant le versement d’un droit de
iÛ francs ; il est gratuit pour les internes et externes des hôpi-
lUi. Le nombre des places est limité. Se faire inscrire à l’amphi-
léàtre, 17, rue du Fer-à-Moulin.
Programme des conférences. — Première conférence : Prélève¬
nt des pièces ; technique et indications de la biopsie ; les servi-
1 quelle rend ; sang normal ; technique d’un examen du sang.
— Deuxième conférence : Sang à l’état pathologique ; notions de
diagnostic et de pronostic fournies par l’examen du sang. — Troi-
-"-eeonférence: Examendes liquides organiques; cytodiagnos-
ponction lombaire ; sa technique, sa signification diagnosti-
-- Quatrième conférence : Processus généraux ; Inflamma¬
tion et sa valeur ; inflammations aiguës et nodulaires chroniques,
uiatomie pathologique générale de la tuberculose et de la sy-
Slis ; cellules géantes ; gommes. — Cinquième conférence :
ocessus de dégénérescence ; tuméfaction trouble ; dégénérescen-
»3 hyaline, amyloïde, etc. ; nécrose, gangrène ; processus de
iclérose. — Sixième et septième conférences : Tumeurs (épithélio-
na, sarcome) ; différents types de néoplasmes. — Huitième confé-
wee : Lésions du système vasculaire et lymphatique ; myocardi-
artérites, phlébites ; lésions des ganglions et de la rate. —
Yième conférence : Anatomie pathologique générale du sys-
respiratoire ; lésions des bronches et du poumon ; pneumo-
tnberculose pulmonaire. — Dixième conférence : Anatomie
pathologique du tube digestif ; cancer, tuberculose, syphilis de la
langue ; ulcère, cancer de l’estomac et de l’intestin ; appendicite ;
lésions du foie : cirrhoses, foie cardiaque. — Onzième conférence :
Néphrites ; anatomie pathologique du rein, du testicule, des ovai¬
res, des trompes, de l’utérus . — Douzième conférence : Anatomie
pathologique générale du système nerveux ; myélites, paralysie
générale, tabes. Une séance supplémentaire sera réservée à la
technique d’une autopsie.
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veau de Courmelles, lauréat de l’Académie de médecine, licencié
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lectrothérapie et de radiographie à l’Ecole Pratique de la Faculté
de médecine de Paris, amphithéâtre Cruveilhier, le lundi 23 avril
1906 à 6 heures du soir, et le continuera les lundis à la même
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de ? C’est, opposée à l’implacable « struggle fort life », la théorie
de l’aide mutuelle que les êtres se prêtent l’un l’autre à tous les
degrés du monde animal, c'est la réfutation de l'instinct régi par¬
la seule férooité et condamnant le faible à disparaître. — L’auteur,
qui est à la fois naturaliste, géographe et sociologue, relève et
nous fait suivre ces lois de Venir' a^de chez les crustacés comme
chez les insectes, comme chez les ruminants, nous les montre en¬
suite parmi le.s sauvages d'aujourd’hui, parmi les barbares, dans
la cité du moyen âge et chez nous enfin. — Ce livre, où le.s faits
parlent et prote.stent mieux qu’aucune déduction philosophique,
peut et doit être mis en toutes les mains : il n'e.st pas de lecteur
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SOMMAIRE : Revue de chirurgie biolooique ; De l’appen¬
dicectomie préventive, par Touzé. — Clinique thérapeutique ;
Cinq cas de gommes traitées par le levurargyre, par Jul-
Jien et Stassano . — Bulletin : L’hygiène à la Chambre des
députés pendant la dernière législature, par Sireyjol. — Socié¬
tés Savantes: Académie dest Sciences : Action de l’émanation
du radium sur les bactéries cliromogènes, par Bouchard et Bàl-
thazard ; Influence du régime alimentaire sur la valeur des
apefficiepts urologiques et sur le poids moyen de la molécule
élaborée, par Desgrez et Ayrignac ; Démonstration de la fonc-
tionfibrinogénique du foie, par Doyon, Gautier et Morel (e. r. de
Mme Phisalix). — Société de biologie lOhstTncüon intestinale, par
Roger et Garnier ; Eosinophilie pleurale et sanguine, par Wi-
dal ei Burnet ; Bilirubine du sérum sanguin dans la cirrhose
alcoolique, par Gilbert et Herscher ; Sécrétion gastrique et bi¬
carbonate de soude, par Linossier et Lemoine ; Muoinase dans
le sang, par Trémolières et Riva ; Structure des boutons termi¬
naux. par Marineseo ; Culture de spirilles pathogènes, par Le-
ïaditi ; Sulfo-éthers urinaires, par Labbé et Vitry <c, r. de Mme
Edwards-Pilliet.) —Société de chirurgie : Sur la pathogénie
des lésions vésiculaires dans la lithiase des voies biaires, par
Delbet ; A propos de périsigmoïdites, par Jalaguier ; Traitement
de la syndactylie congénitale, par Quenu ; Tumeurs du cerveau,
par Legeru ; Exclusion du gros intestin, par Harmann (c. r.
de Catz.) — Revue de patholoie générale : Tuberculose in-i
flammatoire à forme néoplasique ; adénomes du sein, du corps
thyroïde, etc., d’origine tuiierculeuse, par Poncetet Leriohe. —
Revue d’élect'rologie et de radiologie médicales : Elec-
trothérapie clinique, par Laquerrière et Delherm (c. r. de Fo-
veau de Courmelles.) — Bibliographie : Les accidents du tra¬
vail dans la marine marchande et la Caisse de prévoyance, par
Vigné ; Les blessures et les accidents du travail, par Brouardel
(c, r. de Thiébault.) — Varia : Médecins experts ; La loi sur
les falsifications alimentaires ; Le mouvement des Etudiants à
l’Université de Paris. — Formules. — Thérapeutique : Trai¬
tement des congestions pulmonaires et des hémoptysies pai^l'hé-
lénine. — Nouvelles. — Enseignement médical libre . — Bul¬
letin BIBLIOGRAPHIQUE.
REVUE DE CHIRURGIE RIOLOGIQUE
De l’appendicectomie préventive ;
(EN CAS d’appendice SAIn)
Par lo IP M. TOUZÉ.
Enlever un organe alors qu’il est parfaitement sain,
et recommander cette pratique, voilà, certes, un acte
condamnable, une proposition audacieuse, une thèse
difficile à soutenir. C’est cependant ce que nous avons
eherché à justifier, à propos d'une éventualité spéciale
et d'un viscère très particulier. Le présent article est
entièrement consacré à la défense d’une ligne de con¬
duite érigée depuis bientôt dix ans en véritable mé¬
thode thérapeutique par notre maître, le Prof. Longuet,
pour qui l’ablation de l’appendice vermiculaire est
chose utile et légitime en dehors de toute lésion, dans
certains cas plus loin spécifiés, à l’occasion d’une in¬
tervention quelconque nécessitantl’anesthésie générale.
AOus n’envisageons donc ici l’appendicectomie que
pour appendice rigoureusement sain, vérifié comme tel
à la fois par l’examen macroscopique et par l’exameri
îUicroscopique laissant délibérément de côté les inter¬
ventions fort nombreuses motivées par une appendicite
^'guë, subaiguë ou chronique par quelque appendicite
*’Oste à lésion folliculaire. Ainsi la question se trouve
Nettement précisée, circonscrite à un petit groupe de
i^squ’ici fort restreints. Et c’est parce qu’elle
P cte à la discussion, à la critique, voire môme aux
'proches, que le moment est venu de l’étudier sous
i ® ®oltiples faces. iN'’a-t-on pas écrit récemment que
Chirurgien fait œuvre coupable en enlevant trop
appendices et surtout des appendices peu malades !
^ c ne dira-t-on pas du présent mémoire ! << Nous ne
pas que l’on ait le droit de profiter d’une lapa-
faite pour une lésion quelconque de l’abdomen,
réséquer un appendice reconnu sain . Le seul
préventif radical de l’appendicite ne serait
l'gjjf la résection systématique de l’appendice chez
9*^ saurions approuver une telle con-
p ’’ (Ij- Tel est l’état présent des esprits,
^^^[^^J^xposé de la méthode thérapeutique dont il
Pf|f!e^pg®P^®JgVAR''VERTS.— De l’appentlicile. Volume de VEncyclo-
s’agit, nous reproduisons à la lettre, afin de ne point
les déformer, l’enseignement et les communications de
Longuet. A cela nous ajoutons, en participation per¬
sonnelle, quelques documents épars cueillis dans la lit¬
térature médicale et qui apportent un nouvel appui à
sa manière de voir. Puis nous élargissons la question
par une enquêtexfordre sfrictement zoologique. Plu¬
sieurs interventions pratiquées avec notre maître chez
des singes inférieurs, des chiens, ondes lapins, nous
ont tout naturellement conduit à pousser nos investi¬
gations dans la série animale, afin d’élucider la signi¬
fication, le rôle de ce singulier organe, l’appendice
vermiculaire, rôle d’où découle la légitimité ou non
d’en pratiquer l’exérèse alors qu’il est parfaitement sain.
A. — L’appeiidiccctoinie tardive à froid (Méthode
de Trêves, 1888,. — L' appendicectomie tardive à froid
pour appendicite chronique date de 1888, époque où
Trêves (1), en AngleteiTe, l’érigea en méthode géné¬
rale. Elle fut vite acceptée malgré les hostilités du dé¬
but, en France, grâce à l’initiative de Schwartz (■2),
1891 ; enSuisse, grâce à Uoux (3) (de Lausanne), 1892.:
en Amérique, grâce à Bull, W. (4) (de New-York), Et
cette résection à froid de l’appendice est aujourd’hui
si bien implantée dans la thérapeutique, qu’elle ne
rencontra pas d’opposition lorsqu’elle fut récemment
appliquée ' à l'appendicite chronique d'emblée sans
crise par les professeurs Ewald (5) 1899, et Sonnen-
bourg (G) 1900, en Allemagne ; par Longuet (7), 1902,
4)Thèves. — Société médico-Chirurgicale dp Londres. 14 février
1888 ; — et Lancet, p. 267, février 1889 ; — et Britisb Médical Jour¬
nal (13 c.Ts opérés par Trêves) 22 avril 1893 ; — Puis Mayo-Rohson,
Gordon, Jessop, Bahlino, suivirent la ronduile de Trêves en An-
irleterre.
(2) ScHWAHTZ. — Bulletin de la Société de Chirurgie de Paris, 18
mars 1891 ; — Puis Reclus, Terrier, Ouenü, etc., suivirent laeon-
duite de Sehwartz en F'rance (même indication bibliosrraphique).
(3) Roux (de Laiisane). — Congrès de Chirurgie tenu .à Lyon,
1894.
(4) Bull (W.). — New -York medical record., 31 mars 1894.
(5) Ewald. — Du traitement de l'appendicite rhronique larvée.
Semaine médicale p. 134, 1899.
(6 SosNENBunn. — Palhologie und thérapie der pérityphililis, 4"
édition. Beylin, 1900.
(7) Loxgi'et (L). — Dyspepsie appendiculaire et son traitement
ehirurgioal. Mémoire détaillé basé ^r les 30 premiers cas opérés.
Semaine Médicale, 4, juin 1902 ; — El Losgüet (L,): Trois cHs d'ap-
242
LE PROGRÈS MÉDICAL
en France ; par Hochenegg (1), 1905 en Autriche.
R. — L'appeiuliceotoniie précoce à chaud (Méthode
de Kummel, 1890). — Quand Kummel (2) (de Ham¬
bourg) préconisa le premier, en 1890, Vapprndicec-
tomie précoce pour appendicite qiguë^ il souleva en
Allemagne, comme partout du reste, un toile général.
Puis peu à peu le calme se fit et la méthode, d’abord
vigoureusement repoussée, trouva quelques défenseurs,
En Amérique, Morton (3), dès 1891 ; en France, le
professeur Dieulafoy (4), dès 1896, prirent l’initiative
du mouvement. Aujourd'hui l’accord est général, et
malgré les plus violentes oppositions, la réelle valeur
de l'ablation du vermium n’est guère contestée, lors¬
qu’on intervient dans les 24, dans les 48 premières
heures de la crise, avant l’entrée en scène du long, du
triste cortège des complications, parmi lesquelles l’in¬
fection péritonéale figure en première ligne.
C. — L'appeudicectoiuie préventive en cas d’ap¬
pendice sain (Méthode deL. Longuet, 1897.) — L'ap¬
pendicectomie préventive en cas d'appendice sain
est une troisième modalité thérapeutique, une voie
nouvelle dans laquelle Longuet est entré depuis
1897 (51. Oui, l’exérèse du vermium sain apparaît
comme une sage mesure en certaines éventualités plus
loin spécifiées. Voilà ce que justifie le présent travail.
Mais précisons de suite qu’il n’est nullement question
de systématiser cette conduite chez tout sujet bien
portant quel qu’il soit. Fnc aussi outrancière formule
ne saurait évidemment arrêter sérieusement Fattention.
L’heure n’est point, malgré l’innocuité de la chirurgie
en certaines mains, de proposer ni même d’accepter,
siirla demande des intéressés, de laparotomiser ceux
que hante la crainte d’une appendicite imaginaire dont
l’éclosion n’aura peut-être jamais lieu. Et si cette mé¬
thode trouve crédit auprès de certains opérateurs étran¬
gers, gardons-nous d’imiter leur exagération, du moins
quant à présent. 11 en est tout autrement s'il s’agit d’un
malade appelé à snbir une opération pour une affection
quelconque, par exemple une intervention abdominale
ou para-abdominale. Or, c’est à ces cas seulement que
je fais allusion. A deux reprises, en 1897, trouvant un
appendice d’aspect normal dans un sac de hernie ingui-
pendieeelomie pour dypepsie appendiculaire,Prog'rè5 Médicaljn" 38,
septembre 1.^02 ; — Et Témoin : Galette de Gynécologie, XIX, 305,
1904 ; — Et SiREDEY : Sur certaines formes frustes d’appendicite
chronique (mêmes conclusions pour l’enfance). Discussion à la
Société de Médecine des Hôpitaux, novembre 1903 ; — Et Glin.ird:
Appendicectomie pour appendicalgie, Bulletin de la Société de Chi¬
rurgie de Paris, février-mars 1904. Discussion : Quenu, Walthsh,
Lejars, Berger, Routier. Moïy,Potherat, mêmes conclusions que
dans le mémoire de Longuet.
(1) Hochenegg.— Wiener medicinWochenschrift, n^àl, p. 1345, 1905.
(2) Kummel (de Hambourg). — Traitement radical de la périty-
pbilite parrcseclion précoce de l’appendice vermiforme. Archives
far Klinische Chirurgie, XL. 3, 1890.
(3) Morton.— Société médicale de Philadelphie, 28 septembre 1891.
Dalton (de Saint-Louis), cité par Talamon, appendicite et pêrity-
phlite. Paris, Ruelî, p. 217, 1892. Worcester : in Boston medical
Journal, 1893.
(4) Dieulafoy.- Presse médicale, 1896 et 1897, et Poirier, Hart¬
mann, Tüffier, Pozzi, Lejars, Pic.que, etc. Société de chirurgie,
1899.
(5) : Voir Longuet (L.). — Cours de chirurgie fait àl'Ecole de mé¬
decine de Rouen, semestre d’été 1902. — De l’appendicectomie com¬
plémentaire en cas d’appendice sain. Société de médecine de Reims,
novembre 1905. — « De l’appendicectomie complémentaire en cas
d’appendice sain ». Union médicale et scientifique du Nord-Est,
n“ 1 et 2, 190ô. — « Un cas d’appendicectomie, pour appendice sain
au cours d’une laparotomie motivée par une constipation chroni¬
que invétérée ». In Revue chirurgicale. Rapport sur un travail de
Lane (de Londres). Progrès médical, n* 6, janvier 1906.
nale, Longuet n’héïita pas au cours de la cure, à faire If
sacrifice du processus vermiforme pourtant faciletnenl '
réductible et vérifié sain par l’examen histologique. En
1902, il suivit la môme conduite au cours d’une salpij.
gectomie. — Puis en 1903, au cours d’une hystérecl».
mie abdominale subtolaie pour fibrome. — Puis 1904^
au cours d’une néphrorraphie pour rein flottant. -
Enfin, en 1905, au cours d’une cæliotomie abdominale
pour constipation invétérée. Puis, cette année, dans
trois autres cas d’affection pelvienne ; sans parler de
nombreuses observations où l’examen microscopiquea
fait défaut, et que nous laissons de côté. A ces faits,
j’en puis ajouter quelques autres analogues, épars
dans la littérature, provenant de Peterson ( l),1903,pnh
1 cas de Lejars (2), 1905 (appendicectomie au cours de
laparotomie), enfin 1 cas de Kirmisson (3), 1905(appeii-
dicectomie au cours d’une cure radicale de hernie in¬
guinale). Si bien que nous voici en face d’un premier
lot de, documents cliniques susceptibles de confirmer
ou d’infirmer notre manière de voir. Mais allant plus
loin, il est intéressant de faire appel à la chirurgie ex¬
périmentale pour savoir par elle si l’ablation de fap-
pendice sain est chose permise. Ainsi nou s sommes
amenés à discuter la valeur physiologique, la signifi¬
cation du vermium. Est-ce un organe de quelque uti¬
lité pour l’organisme ? (4)
L — Innocuité en biologie hüm.une. — Rien n’csl
plus simple que de démontrer l’innocuité clinique de
l’appendicectomie préventive au sens où nous la com¬
prenons ; il suffit d’exposer les observations avec leur
résultat immédiat. Voici l’exposé de nos cas groupés
en série. Nous renvoyons pour le détail des observa¬
tions à notre thèse, inaugurale.
A. — Appendicectomi s complémentaires de cures rndiealesi
hernies. — Obs. I (Longuet 1895). Hernie inguinale. — Cu"
radicale — Ablation de l’appendice trouvé dans le sac her¬
niaire. — Guérison. — Obs. 11 (Longuet 1897). Hernie cru¬
rale. — Cure radicale. — Ablation de l’appendice hernie. •'
Guérison (5). Obs. 111 (Kirmisson 1905). Hernie inguinale.'
Présence de l’appendice dans le sac reconnue avant l'oper»'
tion. — Cure radicale. — Ablation de l’appendice hernie. '
Guérison (O).
(1) Peterson. — « Des rapports de l’appendice dans les affeeti^
pelviennes. » Dans ce mémoire, il est dit que, sur quatre-vingt-cun
appendicectomies aucoursde laparotomies pour affection pelvieu"*
l’appendice était sain dans environ la moitié des cas. Société degf'^
nécologie américaine, 25, 27 mai 1905. — Et Peterson, R. ■
can Journal of. obstetrics. Vol. Il, p. 1, 1904. Appendice sain
32 p. 100 des cas. Dans 1 de ces cas macroscopiquement sain,
trouva l’appendice cancéreux (1 fois sur20i)eas). L'auteur consc^
l’appendicectomie systématique mais dans ces laparotomies se»
ment et pour affection pelvienne.
(2) Lejars (In Pujos). —De l'examen systématique de
dice au cours des laparotomies. Thèse de Paris, 17 juillet (un O'
Lejars), 1905. ^
(3) Kirmisson. — « Un cas d'appendicectomie pour appu® ^
sain au cours d'une cure radicale de hernie inguinale ». Bulleh*
la Société de chirurgie, 26 juillet 1905. .j^
(4) TouzÉ. — De l’appendicectomie préventive en cas d’app®®^
sain (Méthode thérapeutique de L. Longuet). T/ièse 'de Paris, ^
(5) Dans un troisième cas de hernie appendiculaire
Longuet lit une simple cure radicale, avec refoulement de 1
dice sans appendicectomie. La guérison fut prompte, mai* u
meilleure que dans les deux cas précédents.
(6) Voir A. Briger, Hernies de l’appendice : Arch. far A'»'*
Chirurgie, XLV, 4, 1893.
Dans ce mémoire, on trouve 22 observations de hernies de
pendice, plus 2 cas personnels provenant de la clinique de
Dans six de ces cas, l’appendice était irréductible,
Dans 15 cas, la hernie était étranglée, et on dû enlever 1
dice. En dehors de l'éventualité d’étranglement, l'auteur ne P
nise l’appendicectomie que si l’organe présente quelque tracé
tération.
J
LE PROGRÈS MÉDICAL
243
R ^Appendicectomies complémentaires de laparo-cœlioto-
Jes pour affection (jynécolpoique. - Obs. 1 (Longuet 1902).
aiiningite bilatérale a prédominance droite. — Salpmgec-
mip droite. — Ablation de l’appendice sain. — Guérison.—
i?® ti (Longnet 1903). Fibrome utérin. — Hystérectomie
BHnminale subtotale. — Ablation de l’appendice sain.— Gué-
_ Obs. 111 (Lejars 1905). Fibrome utérin. — Hysté-
IIpKimie abdominale snbtotale. — Appendicectomie de l’ap-
^ndice sain. —Obs. IV (Longuet, 1905). Fibrome utérin.—
Hystérectomie abdominale subtotale. — Appendicectomie.
C — A ppendicectomie complémentaire d’une laparotomie pour
(gf^tipâlton invétérée. — Obs. \. (Longuet 1905). (Guérison).
n _ Appendicectomie complémentaire d'une néphrorraphie. —
0bs‘. 1 (Longuet 1904). (Guérison) (1).
— Je laisse évidemment de côté les appendi¬
cectomies co'ncomittantes de cures radicales de hernie,
faites en cas d’étranglement herniaire. Dans cette éven¬
tualité, il n’est plus, en effet, question d’appendice sain.
La suppression de cet organe s’impose sans la moin¬
dre discussion.
En résumé, ces quelques observations suffisent à dé¬
montrer à l’évidence que l’appendicectomie complé¬
mentaire ne fut dans aucun cas suivie de la plus légère
iplication.
« bira-t-oi
que c(
cette maiKcuvre a l’inconvénient de
prolonger l’opération ? Certes, l’objection n’est pas né¬
gligeable. Il est clair que si l’acte opératoire principal
dure lui-même fort longtemps, il faut s’abstenir de
l’exérèse supplémentaire d’un organe sain. Et nous
sommes les premiers à rejeter l’appendicectomie en
toute circonstance où il convient de terminer sans re¬
tard, au plus vite. Mais hormis cette éventualité l’argu¬
ment porte à faux. Quoi de plus simple pour un chi¬
rurgien expérimenté, que de jeter et serrer un fil sur la
base de l’appendice, d’exciser ce diverticule, d’en en¬
fouir le pédicule sous quelques points de suture, d’en
ligaturer, puis d’en sectionner le méso; c’est affaire d’un
instant. Cette exécution est aussi facile que la confec¬
tion hémostatique d’un gros pédicule quelconque. Or
ici, nous sommes toujours en face d’un organe sain, li-
, bre, dépourvu d’adhérences pathologiques ; ce qui n’est
point le cas lorsqu’il s’agit d’appendicite chronique
et surtout d’appendicite aiguë. Concluons donc nette-
oientque l’appendicectomie complémentaire est parfai¬
tement bénigne, au double point de vue clinique et
Opératoire. » (Longuet (2).
i II. — Innocuité en biologie comparée.
Ici s ouvre une discussion pleined’intérôt en ce qu’el-
e inet en face deux chirurgiens biologistes en complet
^esaccord : A. — Pour William Mac-Ewen (3) ibOS,
^Tpandiceciomie préventive est illicite parce que l’ap-
Penuice, organe noble, est de grande valeur locale par
ç M°nctions digestives, qu’il doit à sa riche flore mi-
1 inj de haute valeur générale par la sécrétion
tlo^*^D siège au niveau de ses follicules
I rai* Plaçons-le désormais à côté de la thyroïde, de la
dect • ^ du testicule. Et pas plus que la thyroï-
rari°^**^ totale, pas plus que la splénectomie, que l’o-
totale, que la castration radicale, l’appen-
^^tres observations de Longuet seront publiés ullérieu-
% La’
de Longuet pour appendieeetomii
déeriiî°" suppurée (appendicite refroidie, appendice
d ap-
""(‘"‘'cacement. Biologbpiement elle c
submédiane droite-, en excision de l’appendice et de
^ment lei après ligature-suture préalable : en enfouis-
(3 tViL, forcipressure, sans thermocautérisalion.
M.ac-Ewen — The cana.iian practitioner and re
dicectomie n’est acceptable entant que méthode géné¬
rale quand le vermium est sain. Au reste, certaines
vérifications expérimentales parlent en faveur de cette
manière de voir. » Ainsi chez le lapin, dit Charrin (1)
les dimensions relativement considérables de cet or¬
gane, sa structure si particulièrement lymphoïde qui
nettement le distinguent du cæcum, ses réactions capa¬
bles de localiser sur ses parois des virus spéciaux, au¬
trement dit de multiples facteurs portent à penser que,
du moins chez cet animal, son rôle n’est pas sans va¬
leur. Des expériences encore bien insuffisantes parais¬
sent attester que la croissance affecte quelques rap¬
ports avec l’intégrité appendiculaire.»
B. — Pour Longuet (2) 1905, l'appendicectomie
préventive est au contraire permise, car l’appendice
est un organe inutile, sans valeur biologique apprécia¬
ble, sans autre signification que celle d’un viscère en
voie d’involution régressive.
1“ Sa valeur biologique est négligeable. — Voyons
d’abord le rôle digestif. Pour Mac-Èwen, l’action di¬
gestive est lé fait des microorganismes de l’appendice,
véritable tube de culture humaine. Certes, les bacté¬
ries intestinales engendrent des fermentations multiples
et complexes, grâce à leur extrême richesse quantita¬
tive et qualitative bien étudiée parle professeur Roger,
par Vignal et par d’autres. Mais ces fermentations sont
lentes, tardives, capricieuses. Elles surviennent à l’heure
où les sucs digestifs ont déjà par leur seule action, ter¬
miné le travail de la liquéfaction préliminaire de l’ab¬
sorption. Etpuisla digestion peut se faire normalement
en l’absence de microbes. Maintenons pendant quel¬
ques jours des cobayes nouveau-nés, extraits par opé¬
ration césarienne, en milieu stérilisé, respirant de l’air
stérilisé, prenant du lait stérilisé, et nous ne constate¬
rons aucun dépérissement, aucun trouble fonctionnel
de l’intestin. Tel est le rôle réellement effacé des innom¬
brables bactéries du long tube digestif. Que signifie dès
lors la fonction digestive encore plus rudimentaire de
la flore appendiculaire ? N’est-elle point insignifiante ?
Admettons, au contraire, qu’elle joue ou du moins
qu’elle peut jouer ici, dans ce milieu stagnant, dans
cette « fistule borgne interne » (3), un rôle parfois nui¬
sible, et nous serons plus près de la réalité. Yeut-on
maintenant mettre en évidence la valeur quantitative
et qualitative des sucs digestifs sécrétés par les nom¬
breuses glandes de la muqueuse appendiculaire ? Mais
qu’est ce nombre de glandes, si non infime en compa¬
raison de celui des autres glandes similaires du même
type Lieberkuhn laissées dans la muqueuse du grêle
et des colons après la suppression opératoire du ver¬
mium 1 Passons an deuxième argument biologique, sur
lequel Mac-Ewen appuie sa thèse : L’appendice serait
utile par la sécrétion interne dont il est le siège au ni¬
veau de ses follicules clos. Or, nos expériences com¬
mencées avec Longuet, démontrent au contraire que
môme chez le lapin où le diverticule appendiculaire est
comme chez les herbivores, en son plein développe¬
ment, en son complet épanouissement, l’exérèse de ce
viscère n’apporte aucune perturbation dans la crois¬
sance. L’effet est nul sur la nutrition générale, si l’in¬
tervention est réalisée sans la moindre contamination :
(1) Charrin. — Les interventions eliirurgicales en face des nou¬
velles données do la physiologie et de la pathogénie générale : Se¬
maine medicale, n* 6 Février 1905.
(2) La fliscussiori ([ui suit est le résumé d’une opinion pro¬
fessée dans plusieurs cours de 1002, 1904, 1905.
l'-i) Expression du professeur Reclus,
244
LE PROGRÈS MÉDICAL
résultat difficile à atteindre chez ces animaux. Nous
avons, dans nos opérations, pris soin de choisir des
lapins jeunes, en pleine phase progressive. Le pesage,
mois par mois, nous a prouvé qu’ils ont continué à
prospérer. Une femelle a même mis bas après l'inter¬
vention, sans que cet acte opératoire ait troublé chez
elle le cours normal de la grossesse, fait qui mérite
d’être mentionné. Et puis les cliniciens auraieut-ils pu
jusqu’ici méconnaître l’influence dystrophique , des
innombrables appendicectomies pratiquées sur déjeu¬
nes enfants, si le rôle trophique de ce diverticule était
au moins de quelque importance.
J’ajoute maintenant qu’une si haute fonction nutri¬
tive générale se concilie mal avec ce fait que nous
avons opératoirement vérifié après beaucoup d’autres,
à savoir, que l’absence d’appendice est chose fréquente
dans la série animale. Il en est ainsi.chezquclquessin-
ges, chez le rat blanc, et cependant les singes dont il
s’agit occupent un rang hiérarchique déjà élevé dans
l’échelle des êtres organisés. Or, ces animaux avermi-
culés poussent, croissent aussi bien que les vermiculés.
Yoilàpourquoi le rôle trophique do l’appendice comme
d’ailleurs son rôle digestif, nous semble d’importance
secondaire ; pourquoi la conception de Mac Ewen chan¬
celle sur ses bases.
2" Donc, pour Longuet, la biologique de V ap¬
pendice est sinon complètement riulle, du moins cU-
niquenient et opératoirement négligeable. Il est de
ceux quiconsidèrent le vermium comme un viscère en
voie d’évolution régressive. De ceci voici tout un fais¬
ceau de preuves assemblées par lui.
d. — L’on sait que pour Melchnikow, il est dans
lade.stinée du côlon de l’égresser, de s’atrophier, de dis¬
paraître. Or, qu’est-ce que l’appendice sinon un diverti¬
cule du côlon, une sorte d’annexe, d’ampoule diverticu-
laire lubuiisée ? On connaît son apparition embryolo¬
gique sous forme d’un conduit borgne interne au ni¬
veau de la branche ascendante de l’anse ombilicale.
Dès lors si la conception de Metchnikow est vraie pour
le gros intestin, pourquoi ne point l’appliquer au diver¬
ticule du colon, à ce « cæcum du cæcum » ? i l ). B. —
Et puis les stigmates de régression sont beaucoup plus
nets au niveau du vermium qu’au niveau du côlon. 11
ne s’agit pas ici de conception, mais de faits patents,
fîicités à saisir, à interpréter si l’on s’applique à les dé¬
pister. Il suffit d examiner attentivement à l’œil nu,
puis au microscope un certain nombre d’appendices
de tout âge pour être fixé sur cette assertion. C. —
L'atrophie macroscopique est loin d’être rare. Nom¬
breux sont chez l'homme les cas où l’appendice est trouvé
de dimension minuscule, petit, grêle, court. Dans une
opération récente l.onguet constatait avec MM . Stiider
etDevignevieille ùn appendice réduit au diamètre de 3
raillim. sur son trajet et à 5 centimètres sur la longueur
avec oblitération complète de la lumière centrale. On
eût dit un fragment de canal déférent. La malade n’a¬
vait que 48 ans. Et de ces faits se rapprochent d’autres
plus rares consistant en réduction de l’organe à un pe¬
tit moignon tuberculairc (casde Merlingi ou en absence
totale de vermium icas de Fergusson) (2). Ici nous
voici au dernier terme de l’atrophie. D- — L'atrophie
microscopique est plus fréquente encore. Elle porte
(1 CoU* lieiireiise expression est du professeur Reclus.
r>) .Ajoutons les cas similaires de Bolii (de New- York' ; Med Rc
curd. p. 498, 2 avril 1898, de Quknü-Piquant : Bulletin de la Société
anatomique. \b juin ' 1909 ; de Sr.HlunDE II. : in V'irc//oii’’i Archif,
V. 177, II, 150, 1904.
sur la muqueuse, sur ses annexes glandulaires, surin
musculaire. La muqueuse, très précocement, souvent!
même vers la fin de la vie embryonnaire, s'amincit, p>..
lit, s’effrite, s’érode pai- plapes. Ainsi se trouve favorisé!
avec peut-être l’aide accessoire des bactéries, un mé¬
canisme d’oblitération de la lumière, par eoalescenc*!
d’îlots dénudés situés les uns en face des autres. Et
si cetle oblitération est irrégulière, partielle, capricieuse,
elle s’accentue avec l’àge, à ce point que Longuet »,
poTistalp p.hpy lo vioülarfl un nas. d’aillenrs assp* fri
constaté chez le vieillard un cas, d’ailleurs assez fré¬
quent, d’absence complète du canal vermien li résul¬
tant sans doute du processus que nous venons d’indi¬
quer. A l’examen histologique, notre maître a remar¬
qué qu’avec l’àge, les glandes Lieberkuhnaires de l'ap¬
pendice se modifient dans leur aspect, dans leur forme,
se rétrécissent dans leurs dimensions, s’estampent
dans leurs contours ; bref, manifestent des signes cer¬
tains de régression. Et les follicules clos subissent la
môme évolution. Rostovtzev (2) les a trouvés chez les
jeunes sujets disséminés sous forme de nodules arron¬
dis, de 1/2 à 1 millimètre de diamètre, faisant saillir la
muqueuse à laquelle ils impriment un contour légère^
ment festonné. Mais après 20, 30 ans, Ribbert et Stei-
ner (3j ont constaté l’aplatissement de ces follicules en¬
traînant comme conséquence sur la muqueuse unre
bord plus régulier, plus géométriquement cerclé. Lj
musculeuse elle-même n’échappe point à cette évola-
tion. Longuet a vu celte tunique fibrosée, fibroïdale
chez quelques adultes, le tissu scléreux faisant place!
la disparition progressive des fibres musculaires lis-
En résumé, notre conception repose sur des conslâ*
tâtions macroscopiques et microscopiques aussi nom¬
breuses qu’indiscutables. Elle va nettement à l’encon¬
tre de celle de Mac Ewen. Elle corrobore, elle appuie,
elle fortifie celle de Meichnikoff sur la signification d«
côlons. Il semble même que dans tout le segment ter¬
minal de l’intestin, c’est le vermium qui le prenne/
donne le signal parfois très précoce, presque congéni¬
tal (lu processus régressif après le diverticule de Mecket
Et cette tendance évolutive spontanée vers l’atrophif
m’a conduit à commencer une série d’expériences inté
cessantes pour savoir si, par hérédité, nous ne pouf'
rions parvenir à hâter, à accélérer, à fi.xer, à provo¬
quer et exagérer l’évolution régressive du vermium-
déjà amorcée par la Nature. Il n’est pas irrationnel u/
chercher à réaliser expérimentalement cette disparj'
tion du vermium par appendicectomies répétées en of
ries successives chez des êtres consauguins issus duo*
même souche. Peut-être arrivera-t-on ainsi à obtenif-
après de multiples générations, la suppression famih*^
définitive de l'appendice. Quoi qu’il en soit, la cho?'
vaut d’être expérimentée longuement, et l’expérinie®^
tation, sans nous permettre de conclure de l’aniinU'
l’homme, peut cependant donner des résultats imp®'
tants dans la solution de cet intéressant problèm®-
(.1 suivre)
'4) L'ohliU-ralion venuiculiiire est consignée dans 43,3 poof -
(2) Rostov/.ev. — La pérityphilile (en Russie). Saint- PétersISn
1903, elSemame médicale, yi. 283, 1903.
(3) Ribbeht et Steinkk. — Même indication.
0-
NARCYL GRÉMY médicament spécj^
que de la toux, spécialement de la toux des
berculeux. ^
LE PROGRÈS MÉDICAL
245
CLINIQUE THÉRAPEUTIQUE
Cinq cas de gommes traitées par le levurargyre ;
Par les D" JULLIEN et STASSANO.
La jeunesse de la grande majorité des malades de
l’intirmerie de Saint-Lazare fait que les observations
de syphilis tertiaire y sont rares. Aussi ne possédons-
nous qu’un nombre restreint de gommes traitées par la
nucléo-protéide mercurielle désignée sous le nom de
levurargyre, dont nous avons entrepris l’étude théra¬
peutique depuis plus de deux ans. Au contraire, les cas
de syphilis débutante soumis à ce composé organo-
métallique, secliiffrent déjà par plusieurs centaines; nous
y reviendrons plus tard. En attendant, nous croyons in¬
téresser la Société de médecine de Paris en rapportant
ici quelques observations particulièrement démonstra¬
tives relatives à l’action du levurargyre sur le tertia¬
risme.
pe Observation. — La fille K... a pris la syphilis à la fin de |
19ül. Elle fut traitée alors à l’infirmerie de Saint-Lazare et
reçut dans une première période 30 injections deOgr. 015
milligrammes de biiodure.
Elle rentra trois ans après ; quel traitement avait-elle suivi
pendant ce temps ? Probablement aucun. Elle déclare cepen¬
dant qu’elle ne cessa de souffrir d’ulcérations, apparues déjà
lors de son premier séjour, sur la jambe gauche et qui avaient
à ce moment été mise sur le compte d’un ecthyma scabieux.
Quelle que soit l’influence fâcheuse que peut avoir la syphilis
sur la gale, il serait difficile d’admettre une durée semblable
pour des éléments dus simplement â l’acarus; et nous nous
trouvons amenés à conclure qu’il s'agissait probablement de
gommes précoces ulcérées. L’aspect des cicatrices dont la
jambe est couturée est d’ailleurs en faveur de cette interpré¬
tation.
Quoi qu’il en soit, le squelette de la jambe droite présen¬
tait à cette époque de graves lésions que la radiographie a
bien mises en évidence : au niveau de la face interne du tibia,
à sa partie moyenne, on percevait une hyperostose, saillante
au point d’être très visible à l’œil et de soulever la peau.
Le tissu cellulaire présentait un certain œdème avec rou¬
geur et la malade accusait de vives douleurs accentuées sur¬
tout la nuit ; ces douleurs étaient même le phénomène le
plus caractéristique et constituaient un état de vie intoléra¬
ble.
Sur la jambe gauche, au milieu des cicatrices anciennes
dont nous avons parlé, se montraient des lésions d'ulcéra¬
tions en activité.
C'est dans ces conditions que fut commencé le traitement
par le levurargyre ; 45 injections de 10 cent, cubes chacune
furent pratiquées ; quotidiennes au début, plus espacées, un
jour sur deux seulement, à la fin.
L’amélioration fut d’abord très rapide ; au bout de dix
jours, le soulagement était presque complet et les ulcérations
en bonne voie de cicatrisation, mais la guérison complète de-
'ait se faire,par contre, avec une certaine lenteur.
U' Observation. — Le moulage que nous avons l’honneur
de présenter à la Société, et qui est dû à M.Jumelin, représente
une gomme ulcérée de la langue.
‘^uj'oname G... entra une première fois à l’infirmerie le 5
octobre 1897, à l’âge de ’O ans et demi, avec une syphilis ca-
•uctérisée par une roséole qui était alors de seconde poussée
^ementsagminés, groupés surtout aux hanches et aux lom-
oos, avec gros groupes violacés). Cinq injections de calomel
ui furent données ; elle quitta l'hôpital bien guérie, le 2'2
février 1898.
ttrft • ouoore un séjour deux mois plus tard, pour une
de courte durée ; enfin, le 23 mars 1900, nouvelle
, tee pour des chancres mous accompagnés de bubons, qui
retinrent jusqu’au 21 mai.
- ous ne devions la revoir que beaucoup plus lard, à l'âge
de 28 ans, le 21 octobre 1905 ; atteinte alors des accidents don
il va être question.
La peau présente. à cette date, au niveau des lombes,de très
nombreuses cicatrices datant de la première éruption syph
ii tique. 11 est visible par là que l’exanthème a fortement en¬
tamé l'épaisseur du tissu dermique qui porte l’empreinte et
comme le dessin de chaque élément papuleux.
Rien à l'anus et aux parties génitales.
A la lèvre inférieure, on voit des cicatrices irrégulières, pro¬
venant de gommes soignées il y a deux mois et actuellement
guéries. Mais presque en même temps, s'étaient montrés des
accidents du côté de la langue.
Ils siègent sur la moitié droite, à peu près tout entière ma¬
lade, alors que la moitié gauche est parfaitement saine ; les
deux tiers antérieurs de l'organe sont gonflés de ce côté, pré¬
sentent une épaisseur de 4 à 5 centimètres, leur couleur est
d’un rouge ardent, violacé sur certains points, depuis qu'on
les a débarrassés d’un enduit blanchâtre, épais, qui les revê¬
tait.
Deux perforations existent, approximativement delà gran¬
deur d'une pièce de 0.20 cent.. mais irrégulières et découpées,
aboutissant à une ulcération cratériforme qui laisse voir un
fond jaunâtre, chair de morue, bourbillonneux. Ces perfora¬
tions sont situées, l’une à la limite supérieure et interne de
1 a lésion, piès du raphé, l'autre non loin du bord externe.
Ces deux cratères laissent sourdre une suppuration cons¬
tante. Le bord de la langue est irrégularisé par une protru¬
sion du tissu infiltré formant comme une sorte d’excrois¬
sance sur ce bord. Les mouvements sont fort gênés : grande
difficulté pour avaler et presque impossibilité de parler, l’as
de ganglions. Rate normale, .àucun trouble du côté des ré¬
flexes. Poids 48 k. 500.
Vu la gravité du cas, le traitement au levurargyre fut, au
début, exceptionnellement intense.
Le 25 octobre, injection massive de 100 cent, cubes de la
solution de levurargyre à 1 p. 100. Le liquide fut injecté dans
la cuisse, suivant la technique usitée pour les injections de
sérum, et Lien toléré.
Deux nouvelles injections de quantité égale furent répétées
le 27 et le 30 octobre.
L’amélioration fut très prompte ; le 4 novembre, nous no¬
tions une guérison presque complète, et dès lors furent dimi¬
nuées les doses pour un traitement que nous devions prolon¬
ger encore afln de le rendre suffisant. Du 2 au 20 novembre,
la malade reçut encore neuf doses de 20 cent, cubes de ce
produit ; on continua encore jusqu'au 3 décembre en injec¬
tant seulement 10 cent, cubes, 3 fois par .semaine, ce qui est
la quantité que nous employons habituellement.
On peut calculer la dose de métal administré en se basant
sur ce fait que lèOgranimt^sdela solution contiennent envi¬
ron 0.015 milligrammes de mercure.
Quand le 3 décembre,la malade nous quitta, la langue était
depuis longtemps déjà revenue presque complètement à
l'état normal, sauf la persistance d’une légère induration au
niveau de l’ulcère gommeux. Comme apparence, comme
mobilité, comme coloration, elle ne différait en rien d’une
langue saine.
Ce résultat peut êtreconsidérécomme très satisfaisant, car,
en somme, par les trois premières injections qui amenèrent
en 8 jours la guérison presque complète delà langue, malgré
le volume considérable de ces injections, le malade ne yeçut
que 5 à 6 centigrammes de mercure métallique.
Cependant une observation, que l’un de nous a suivie
dans le service du I)' Babinski à la Pitié (1), nous ap¬
prend que, lorsqu'il s’agit du produit qui nous occupe,
cette quantité do mercure métal, bien que déjà assez
faible, est de beaucoup supérieure à la dose dont on a
besoin pour guérir aussi rapidemeut des lésions aussi
graves, sinon davantage.
fl) .le suif» heureux de remercier ici M. le D" Babiunki de la large
hospitalité (lu'il m a donnée dans son service, pour les essais du le-
vurargyre llenri St.issaxo.
246
LE PROGRÈS MÉDICAL
,1
Cette observation est particulièrement intéressante
parce que c’est sur la même personne que l’on a vu, à
deux reprises diflérentes: les doses massives delevurar-
gyre, d'abord, les doses faibles du même produit, en¬
suite, exercer la même action salutaire aussi prom¬
ptement et peut-être plus promptement dans le second
cas, le cas des doses faibles, quoique dans cette série
d’injections l’on eût à combattre des lésions plus éten¬
dues et un état général plus grave que dans la première
série d’injections massives.
11 s’agit d’une femme de 26 ans dont les antécédents syphi¬
litiques ne sont pas connus ; elle est mariée depuis six ans :
a eu une fausse couche : son mari est soigné à Saint-Louis.
Elle entre une première fois, en juin dernier, à la Pitié,
dans le service du D' Rénon pour des ulcérations du voile du
palais. Ces lésions évoluent, pendant et malgré le traite¬
ment mercuriel qu’on lui pratique, amenant la perte de la
luette. Le traitement consista en 60 injections quotidiennes
de benzoate de mercure, suivies, à la fin, de trois injections
d’huile grise, à huit jours d’intervalle, en raison, semhle-t-il,
du faible résultat obtenu par les injections quotidiennes.
Enfin, le 3 septembre, la malade quelque peu améliorée
quitte l’hôpital, mais y revient un mois après, et entre cette
fois dans le service du D' Babinsky.
Les deu,x dessins en couleurs que nous joignons, dus à M.
Thévenot, représentent fidèlement l’état des ulcérations du
voile du palais, compliqué d’ailleurs d’un certain degré de
stomatite, et l’aspect des gommes de la langue que portait la
malade au moment où elle fut soumise à la première série
de levurargyre.
I. — Gomme du voile du palais avec destruction complète
de la partie du voile entre les deux piliers antérieurs. A la
place du voile se voit maintenant une large échancrure en
forme d’angle aigu ouvrant en arrière, le vertex répondant
en avant au bord postérieur de la voûte palatine sur la ligne
médiane. La luette n’existe plus ayant été détruite avec le
voile. Les bords de l'ulcération sont nets, taillés à pic, sup¬
purants, recouverts d'un enduit jaunâtre.
II. — Gomme de la base de la langue ; toute la moitié pos¬
térieure de la face dorsale de la langue est irrégularisée par
de nombreuses bosselures. L ne ulcération centrale plus im¬
portante, arrondie, de la dimension d’une pièce de 51) centi¬
mes. Bords taillés à pic, fond rouge. Tout autour, petites ul¬
cérations grandes comme des lentilles.
Elle reçoit le 27 octobre 70 cent, cubes de levurargyre.
— — le 28 _ 100 — — —
— — le 31 — 100 - — —
Elle reçoit le 3 novembre 50 cent, cubes de levurargyre.
— — le 7 — 100 - - —
— — le 16 ^ — 50 — — —
Dès les deux premières injections, son état général, très dé¬
primé, se relève, elle recommence à s'alimenter, et les acci¬
dents gommeux entrent franchement dans la voie de la gué¬
rison, qui est presque complète au bout d'un mois. Lors¬
qu’elle quitte le service de son initiative, elle s’engage à y re¬
venir une fois par semaine pour les injections dont elle a en¬
core grand besoin ; mais la malade ne revint qu'une seule
fois.
Comme il était à prévoir, cette guérison si rapidement acquise
et non consolidée par un traitement prolongé, ne se maintint
pas ; les accidents récidivèrent. C’est ainsi, dans un état d’ex¬
trême faiblesse et de grande aggravation que la malade est
reçue de nouveau dans le service du D"' Babinsky, le 9 jan¬
vier de cette année : grande difficulté de la phonation, sons
nasonnés et sourds,impossibilité de l’alimentation, la basede
la langue, augmentée de volume, inhabile, obstrue l’entrée du
pharynx aux aliments solides. Les liquides, d’autre part, re- '
Huent par les fosses nasales. Enfin on note une surdité très
accusée à droite.
A l’examen du voUe, on remarque l'existence, de chaque
côté de réchancruredéjàdécrite.dedeux gommes, du volume,
l’inférieure, d’une fève ; la supérieure, d’un pois ; elles appa¬
raissent ulcérées, jaunâtres à bords surélevés. Réunissant les
deux lèvres qui limitent la fente, l’on aperçoit un petit pont
muqueux en arrière du palais osseux, encore intact.
Quant à la langue, de la base à la pointe, s’étend une ulcé¬
ration, très creuse et largement étendue en arrière, avec des
anfractuosités muqueuses et musculaires. Près de la pointe,
cette ulcération se resserre et devient moins profonde, et ses
bords sont plus nettementdécoupés, comme par un bistouri.
Une infiltration de la cornée droite accompagne ceslésions
et, avec l’état général cachectique fait mieux ressortir la gra¬
vité du cas.
La malade est remise au traitement du levurargyre, mais
cette seconde fois, par des injections relativement peu massi¬
ves, de 20 centimètres cubes chacune, trois par semaine.
Le 12 janvier, elle reçoit la première injection, et déjà le 14
elle peut déglutir et s’alimenter. La grande prostration dispa¬
raît, la malade quitte bientôt le lit et le 18 elle peut se rendre
chez le mouleur. Les modèles que voici représentent ces lé¬
sions déjà en voied'amélioration. Le mieux s’accentue ; à par¬
tir du 23, les liquides ne refluent plus. Cependant.Tinfiltration
de la cornée, au lieu de s’amender dès les premières injections,
semble s’aggraver, ce n’est que huit jours plus tard qu’elle
ressent à son tour l’effet du traitement ; la vascularisation
disparaît, la vue redevient presque normale, l’autre œil
reste indemne.
Le 2 février, soit vingt-deux jours après le début du traite¬
ment, la malade est examinée par àl. Babinsky ; voici ce
qu’on constate, d’abord l’observation recueillie par M. Le¬
moine, interne du service.
Au niveau du i)alais, de petites cicatrices blanchâtres, lisses
à forme étoilée, remplaçant les cavités des gommes ulcé¬
rées.
Sur lalangue.il n’existe plus qu’une dépression vers le tiers
postérieur ; quant aux deux tiers antérieurs, c’est à peine si
Ton y aperçoit une ligne cicatricielle blanchâtre.
L’infiltration de la cornée est en complète décroissance,
elle s'arrête au limbe entre 9 heures et midi, selon le langage
des oculistes.
Cette amélioration déjà notable s’accroît les jours suivants
et c’est ainsi presque entièrement guérie que la malade est
montrée, le 10 janvier, aux docteurs Brocq, Gaucher,' Jullien
et Morax. Malheureusement trop confiante, elle quitte le len¬
demain le service.
Ce quise dégage de cette dernière et double observa¬
tion corrobore nos deux premières ; c’est que le levu¬
rargyre est un composé mercuriel très actif ; les injec¬
tions de 20 centimètres cubes de la solution à Ip. 100,
répétées tous les deux jours, sont suffisantes pour en¬
rayer une syphilis môme grave.
Cela conduit à penser, nous semble-t-il, que pour
que de pareilles doses de nucléo-protéide mercurielle,
renfermant à peine trois milligrammes de mercure,
agissent aussi efficacement, il faut que le métal ait ac¬
quis dans la combinaison nucléo-protéiqne un pouvoir
qu’il est bien loin de présenter dans ses combinaisons
organiques et salines ordinaires. On sait, en effet, que
dans ces combinaisons mômes les plus actives, le pou¬
voir thérapeutique n’est appréciable que lorsqu'elles
contiennent cinq à dix fois autant de mercure métal.
Cette propriété du mercure, appartenant à la combi¬
naison organique du levurargyre, apparaît encore plus
évidente dans les deux observations suivantes que nous
tenons du D" II. Iscovesco, de Paris. A la demande de
l’un de nous, le ü' Iscovesco a bien voulu essayer le
levurargyre et les résultats qu’il a obtenus sont tous
aussi satisfaisants et probants que ceux que nous allons
consigner dans cette communication.
SyphUome cérébral.
H. G., 42 ans,homme robuste, atteint brusquement le 6 no¬
vembre dernier d’hémiplégie faciale droite ; l’orblculaire est
LE PROGRÈS MÉDICAL
jg la paralysie faciale est complète, la figure est tirée à
Luche.impossibilité de siffler.il se plaint de douleur de tête,
vertige, bourdonnement de l’oreille droite.
En dehors de ces signes, on constate à l’examen : inégalité
pupillaire et une parésie très nette de toute la moitié droite
du corps.
Pas d’athérome artériel : rien au cœur ni aux autres organes.
Questionné, le malade dit avoir eu, 15 ans auparavant, un
chancre mou, qui aurait été soigné comme tel, par un traite¬
ment uniquement local, chez le Professeur Neumann, de
Vienne.
Le 7 novembre, c'est-à-dire le lendemain de l’apparition de
l’hémiplégie, le malade est mis au traitement du levurargyre
par injections de 10 centimètres cubes chacune; les trois pre¬
mières injections àun jour seulement d’intervalle, les sui¬
vantes. trois par semaine.
Six jours après, on constate déjà une amélioration ; dès le
20 novembre, le malade a cessé de se plaindre de vertige et de
bourdonnements de l’oreille. Le 20 novembre, la parésie droite
a presque complètement disparu, il ne reste plus qu’un cer¬
tain degré d’inhabileté; la paralysie faciale est très améliorée;
il peut fermer à moitié l’œil ; le 22, il le ferme complètement ;
il peut éteindre une bougie. LeD^ Berger, qui surveillait les
troubles oculaires du malade, a pu constater à son tour cette
amélioration si rapide.
Le 27 novembre, soit 20 jours après le début du traitement,
le malade était entièrement guéri.
Gomme non ulcérée du palais.
Hommede 40 ans, atteint de syphilis depuis 15 ans (chancre
induré, et depuis ce moment plusieurs accidents traités pres¬
que toujours par des injections mercurielles). 11 s’est surtout
soigné depuis son mariage qui date de 2 a ns. Le malade vient
d’avoir un enfant né syphilitique, auquel le D' Iscovesco a
donné aussi le levurargyre avec un très bon résultat.
Le malade présente au niveau de la partie moyenne de la
voûte palatine, du côté gauche, une tache rouge. Cette tache
fait saillie et présente une sorte de cordon rouge ayant les mê¬
mes caractères,qui se dirige vers le voile du palais. Le malade
accuse une certaine sensibilité osseuse autour de ce point.
Comme il s’agissait d’un syphilitique ayant pr ésenté des
accidents nombreux et qui venait de donner le jour à un en¬
fant en pleine évolution syphilitique, le malade fut sans re¬
tard soumis au traitement général spécifique par le levurar¬
gyre, 3 injections de 10 cent, cubes chacune par semaine ;
aucun traitement local ne fut tenté.
Le petit accident du voile du palais disparaît très rapide¬
ment au bout d’une dizaine de jours et aujourd'hui, c'est-à-
dire trois mois environ après, on peut constater aisément qu’à
ia place de la petite tache rouge signalée plus haut, se trouve
«ne petite cicatrice ombiliquée légèrement étoilée, preuve
d’un processus régressif qui s est passé dans l’épaisseur même
de la voûte palatine.
L’est ainsi par l’administration de 4 à 5 milligrammes par
^maine de mercure sous forme de levurargyre, quantité plus
delà moitié inférieure aux doses auxquelles nous-mêmes
avons eu recours dans les cas graves, que le D'" Iscovesco a pu
*nreter révolution et amener si rapidement la régression du
processus gommeux, tant du cerveau que du voile du palais.
Aussi ces dernières obsei vations corroborent et ren-
orcent la conclusion qui se dégageait des premières,
^«hautpouvoir thérapeutique du mercure à l’état de
®|'®n*Baison nucléo-proléique en résnlte encore mieux
Chemins de fer de Pu is à Lyon et à la Mediterranée.
Exposition Nationale Coloniale à Marseille.
«or faciliter aux voyageurs la visite de l'Exposition coloniale
^ i ‘‘ *voir lieu à Marseille d’avril à novembre 1906, la Com-
L. M. délivrera pour Marseille, dans toutes ses gares,
dividn r"* novembre P.lOb, des billets d’aller et retour in-
jt>tlr8°^ * des billets de famille, à prix très réduits, valables 10
nio»,»’. faculté de prolongation de deux t)ériodes de cinq jours
«tant supplément.
BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL
L'hygiène à la Chambre des députés pendant la
dernière législature.
La huitième législature, élue depuis la mise en vi¬
gueur de la Constitution de 187.Ô, a voté des lois impor¬
tantes et étudié dans ses commissions de très nombreu¬
ses propositions de lois. Le travail accompli a été con¬
sidérable et les résultats acquis dès maintenant sont
dos plus heureux. Si l’on examine le chemin parcouru
pendant ces quatre dernières années au seul point de
vue de l’hygiène, on s’aperçoit aussitôt que la Cham¬
bre actuelle ne le cède en rien à ses devancières par
son souci de la salubrité, de l’assainissement et par son
désir de réprimer les fraudes et les falsifications nou¬
velles des denrées alimentaires.
Les progrès accomplis par l’hygiène ont été des
plus importants ces dernières années. Il appartenait au
Parlement de formuler dans des lois nouvelles les don¬
nées acquises récemment par la science. Certes, nous
n’ignorons pas qu'une loi vaut peu de chose en elle-
même et que c’est surtout l’opinion publique qu’il faut
éduquer. Une loi que celle-ci n'accepterait pas serait
à coup sûr mort-née et sans application possible. Il
n'en sera pas ainsi, croyons-nous, pour les lois votées
récemment, car de toutes parts un grand mouvement
se fait en France pour répandre dans les plus petites
bourgades les notions d’hygiène indispensable que nul
individu n'a le droit d'ignorer aujourd’hui.
Un certain nombre de députés ont déposé au cours de
la dernière législature des propositions de lois concer¬
nant l'hygiène. Nous les passerons successivement en
revue pour étudier ensuite les lois qui ont été promul¬
guées par le Gouvernement. Nous ne saurions assez fé¬
liciter la Commission de l'hygiène publique qui s’est
réunie fréquemment et qui a discuté plusieurs rapports
très importants. On ne voit trop, dans le public et dans
la presse, que les discours prononcés à la tribune; on
ignore le travail fait silencieusement dans les Commis¬
sions par des rapporteurs qui, la plupart du temps, font
montre d’une science réelle, indiscutable ; il n’est que
justice que nous en fassions ici le témoignage public.
Le 27 novembre 1902, la Chambre des Députés cons¬
titua une Commission de l'hygiène 'publique, sous la
présidence de M. Villejean ; elle eut à étudier une pro¬
position de M. E. Chautemps relative à la révision de
la législation des établissements classés, que le Conseil
d’hygiène et de salubrité de la Seine réclame depuis
de longues années sur le rapport de M. Bezançon; un
projet de résolution de M. Paul Constans concernant les
casernes malsaines; un autre de M. Dubois qui aurait
voulu organiser à Paris une exposition internationale
et des Congrès d'hygiène en 1905; ce dernier vœu ne
put être réalisé. M. Lefas demanda la révision de la loi
sur la protection des enfants du premier âge. M. Flou-
rens proposa d'accorder des primes aux villes qui crée¬
raient des dispensaires anti-tuberculeux, et souhaita
voir transformer en hôpitaux et en sanatoria les im¬
meubles occupés par les congrégations non autorisées.
248
LE PROGRÈS MÉDICAL
Telles sont les principales propositions qu'eut à étu¬
dier la Commission. Elle discuta en outre les rapports
suivants: 1“ Raftport de M. Levraud sur la proposition
de loi adoptée par le Sénat, relative à l’application
de la loi du 15 février 1902 à la Ville de Paris et au Dé¬
partement de la Seine; 2” Rapport de M. Emile Chau-
temps sur la proposition tendant à la révision de la lé¬
gislation des établissements dangereux, insalubres et
incommodes. 3° Rapport deM. Villejeansur la proposi¬
tion de loi adoptée parle Sénat, tendant à reconnaître
d’utilité publique la Société scientifique d'hygièné
alimentaire et de l’alimentation rationnelle de l’homme.
4" Rapport de M. Féron sur la proposition de M.
Cazeneuve tendant à modifier les articles 20 et 25 de la
loi du 15 février 1902 sur la protection de la santé pu¬
blique.
Les autres commissions de la Chambre furent éga¬
lement saisies de propositions relatives à l’hygiène.
M Deville demanda de munir d’une sanction la loi du
10 juillet 1894 relative à l’assainissement de Paris et
delà Seine , et M. Cloarec, chargé de rapporter cette
question, conclut favorablement ; on sait l'importance
qu elle offre pour les finances de Paris.
M. Albert Sàrrault proposa d’assurer l’assistance à
domicile des femmes nécessiteuses parvenues au terme
de leur grossesse; cette question préoccupe justement
les hommes d’j:.tat et les sociologues.
La proposition de loi de M. Jules Siegfried relative
à l’expropriation pour cause d’iasalubrité publique a
provoqué, on s’en souvient, des débats dans la presse
politique et médicale ; elle aura une réelle influence
dans la lutte entreprise de toutes parts contre la tuber¬
culose.
De son côté, la Commission de l’agriculture, constituée
le 25 novembre 1902, étudia divers projets importants
que nous ne saurions passer sous silence. Tout d’abord
un proj et de loi relatif à l’assainissement de la côte orien¬
tale de la Corse, puis un projet de loi adopté par le
Sénat, sur l’exercice de la médecine vétérinaire. M.
Delory déposa une proposition ayant pour but la ré¬
pression des fraudes dans le commerce du lait; M.
Cazeaux-Cazalet s’attaqua à la fabrication des vins ar¬
tificiels ; MM. Bartissol et Bonnevayà celle des fraudes
dans la vente des vins. Citons encore un projet ten¬
dant à modifier la loi du IG avril 1897 sur la répres¬
sion de la fraude dans le commerce du beurre et la fabri¬
cation de la margarine. Elle eut enfin à suivre les dé¬
bats de la loi de 1905 sur les fraudes alimentaires.
Si maintenant nous recherchons plus particulière¬
ment les lois d’hygiène promulguées pendant la hui¬
tième législature, nous citerons la loi du 11 juillet 1903,
qui modifie la loi du 12 juin 1893 sur l’hygiène et la
sécurité des travailleurs dans les établissements indus¬
triels.
Cette loi contenait les dispositifs suivants:
« Sont soumis aux dispositions de la présente loi les
f manufactures, fabriques, usines, chantiers, ateliers, labo-
<■ ratoires, cuisines, caves et chais, magasins, boutiques, bu-
'< reaux et entreprises de chargement et de déchargement et
« leurs dépendances, de quelque nature que ce soit, publics,
'i privés, laïques ou religieux, même lorsque ces établisse-
« ments ont un caractère d’enseignement professionnel ou de
« bienfaisance:
« Les dispositions qui précèdent sont applicables aux théâ-
« très, cirques et autres établissements similaires où il est
« fait emploi d’appareils mécaniques. »
Cette loi a été complétée par le décret du 27 mars
1904 fixant la nomenclature des établissements de
l'Etat où la sanction de la loi concernant l’hygiène et
la sécurité des travailleurs est exclusivement confiée
aux agents désignés par les ministres de la guerre et
de la marine, et celui du 28 juillet 1904 portant règle¬
ment d’administration publique en ce qui concerne le
couchage du personnel dans les établissements indus¬
triels et commerciaux. Ici, il faut regretter que le cou¬
chage des ouvriers et employés relève des attributions
de l’Inspection du Travail mal outillée, au lieu de de¬
meurer confié aux maires, ainsi que le décide pour tous
les autres logements la loi du 15 février 1902 sur la
santé publique.
Cette dernière a été heureusement complétée; Le
Parlement a décidé que chaque commission sanitaire
de circonscription serait composée dorénavant de cinq
membres au moins et de neuf au plus, pris dans la cir¬
conscription, et qu’elle comprendrait nécessairement un
conseiller général élu par ses collègues, un médecin,
un pharmacien, un vétérinaire au moins, un architecte
ou un technicien d’une compétence analogue. Il était
décidé en outre que le Comité consultatif d hygiène pu¬
blique de France (désormais Conseil supérieur) aurait
comme membres de droit les professeurs d’hygiène des
Facultés de médecine de Paris, Lyon, Bordeaux, Lille,
Nancy, Toulouse, Montpellier et le professeur d’hy¬
giène des écoles de médecine et de pharmacie de plein
exercice de Marseille et de Nantes.
Le Conseil supérieur d’hygiène pnblique de France
délibère sur toutes les questions intéressant l’hygiène
publique. 11 est nécessairement consulté sur les travaux
publics d’assainissement ou d'amenée d'eau d’alimen¬
tation dés villes de plus de 5.000 habitants et sur le
classement des établissements insalubres, dangereux
ou incommodes. Best spécialement chargé du contrôle
de la surveillance des eaux captées en dehors des linii'
tes de leur département respectif pour l’alimentation
des villes.
Enfin, nous ne saurions passer sous silence la loi do
14 janvier 1905, qui alloue aux propriétaires d’animaux
abattus pour cause de morve ou de farcin, en exécution
de l’article 36 du code rural, une indemnité des trois
quarts de la valeur qu’avait l’animal avant la maladie-
L'indemnité à accorder ne peut dépasser la somme de
7,50 francs.
On voit que la Chambre des Députés s’est préoccupée
longuement des questions d’hygiène pendant cette der¬
nière législature. On peut ajouter à ces lois plusieurs
autres concernant des subventions à des congrès d’hy¬
giène ou autorisant des loteries en faveur d’œuvres
antituberculeuses. Les passer en revue serait d’un i®'
térêt médiocre. Si l’on ajoute à cette nomenclature un
peu sèche tous les exposés qui ont accompagné ces pr®'
positions de lois, les rapports qui ont suivi, les dis'
LE' PROGRÈS MÉDICAL
249
eussions elles discours dont ils furent la cause, on peut
affirmer que I hygicnc a pris à la Chambre une place
jes plus importantes, la place que le législateur, cons¬
cient de ses devoirs, doit lui accorder à l'heure actuelle.
Bien des propositions n'ont pu encore venir en discus¬
sion, d'autres attendent leur tour au Sénat : la pro¬
chaine législature fera, à coup siir, à l'hygiène une
part aussi grande que la Chambre qui termine actuelle¬
ment ses travaux.il faut d’ailleurs qu’il en soit ainsi.
A la faveur des données nouvelles de la science, les
idées de solidarité se sont affirmées de la manière la
plus puissante. L’homme ne peut plus vivre isolé dé¬
sormais, indifférent à tout ce qui ne le touche pas di¬
rectement; la mauvaise volonté d’un seul peut déter¬
miner de redoutables épidémies, le concours de tous
peut seul assurer à la cité de meilleures conditions
d'hygiène.
Le mouvement dont nous venons de constater la ré¬
percussion à la Chambre pendant cette législature ira
chaque jour s'affermissant à mesure que l’instruction se
répandra davantage ; c’est à quoi doivent travailler tous
les élus d'une démocratie qui ne veut pas faillir à son
mandat.
D' Léon SiRKYJOL,
Dépulé (le la Dordogne.
CAPSULES de BROMIPINE-IYIERCK : 3 repr. 1 gr. KBr
beaucoup mieux supportées que les bromures alcalins ;
BRONIIFINE à 33 “ o pour lavements ; ÉPILEPSIE-
SOCIÉTÉS SAVANTES
ACADÉMIE DES SCIENCES
Séance du 2 avril 1906
i-Ciion de l’émanation du radium sur les bactéries chromogènes.
Mm. Ch. Bouchari) et Balthazari) ont pu s’assurer que, si
I émanation du radium est sans effet sur le pouvoir chromo-
gène des bactéries sécrétant une matière colorante qui reste
acmérente à leur propre substance, il n'en est pas de même à
t égard des microbes dont les pigments diffusent dans lesmi-
ueux de culture.
Pour le B. iluorescens et le B. pyocyanicus par exemple, le
^uvoir fluorescent est influencé par des doses d'émanation
^aucoup plus faibles que celles qui sont nécessaires pour
j^inuer l’activité de reproduction de ces microorganismes .
Lest ainsi (ju’au bout de trois ou quatre jours un tube en-
^encé avec du bacille fluorescent et dans lequel on a in-
foduit l’émanation produite en une heure par une solution
queuse contenant (i dix-millièmes de milligramme de hro-
î^rede radium présente une coloration verte tout à fait mi-
jj’®® sans que la culture paraisse modifiée. Avec l’émana-
eiT “® ^ tnillièmes de milligramme, il n'y a plus de coloration
tém* est un peu moins abondante que dans le tube
oin ; avec des doses croissantes d’émanation, la culture
‘fe plus en plus maigre pour cesser complètement
j^^nd on fait passer dans le tube l’émanation formée en une
'à centièmes de milligramme de bromure de ra-
résultats analogues avec le bacille pyocyani-
dévgi en outre, les auteurs ont constaté (jue le
tité de la culture varie en sens inverse de laquan-
introduite’ alors (jue la longueur du bacille
^acciu' P'^^’SressiN ement ; on observe, en même temps que
longueur des microbes, l’incurvation d’un
a nombre d'entre eux.
Les cultures dont le développement a été gêné par une très
petite quantité d’émanation reprennent rapidement leur
exubérance, lorsqu’on enlève celle-ci. Après action de l’éma¬
nation produite en une heure par 0 gr. 005 milligr. de bro¬
mure de radium, la culture se développe encore si on chasse
l’émanation, mais elle reste incolore, et il faut deux ou trois
réensemencements pour quë le bacille reprenne son pouvoir
chromogène. Enfin, la culture qui a été pendant quelques
heures en contact avec l’émanation produite en quatre jours,
par 0 gr. 025 milligr. de bromure de radium n’est plus capa¬
ble de se multiplier ultérieurement ; il y a donc là action
bactéricide et non plus lentement inhibitoire.
l.'émanation du radium diminue également in vitro la viru¬
lence du bacille pyocyanique, soit que l’on cultive le microbe
en présence de l’émanation, soit que l’on fasse agir celle-ci
sur des cultures adultes. Les auteurs ont alors recherché si
l’émanation introduite dans l’organisme du cobaye pouvait
modifier révolution de la maladie pyocyanique.
De fait, l’injection intrapéritonéale émise en une heure par
1 gr. de bromure de radium pur, contenue dans 5 cc. d’air ,
préserve l'animal contre une dose deux fois mortelle de cul¬
ture pyocyanique, introduite dans le péritoine en même temps
que l’émanation. Si l’injection de l’émanation est pratiquée
une heure ou deux fleures après celle du microbe, on ne peut
protéger l’animal ([ue contre la dose simplement mortelle, et
encore les résultats sont-ils inconstants. Enfin, injectée plus
de deux heures après l’inoculation du pyocyanique, l’émana¬
tion se montre inefficace.
Influence du régime alimentaire sur la valeur des coefficients
urologiques et sur le poids moyen de la molécule élaborée.
MAI. A. Desgrez et J. Ayrign.ac adressent une note relative
à des expériences qui ont consisté à soumettre un même
sujet successivement au régime lacté absolu, à des régimes
mixtes variables (lacto-végétarien, faiblement carné, forte¬
ment carné) et au régime végétarien absolu, et à évaluer aux
différentes périodes les divers coefficients urinaires, ainsi que
la grosseur de la molécule élaborée moyenne.
Les auteurs concluent de ces recherches que la qualité de
la destruction de l’albumine alimentaire atteint son maxi¬
mum avec le lait, et tombe à son minimum avec les végé¬
taux. Quant à la valeur moyenne de la molécule élaborée,
elle n’est que de 05 avec le régime lacté (lanormale étant 76),
ce qui est une nouvelle preuve de la facilité avec laquelle
l’organisme utilise les albumines du lait ; avec le régime for¬
tement carné la valeur faible de la molécule (67) établit
également la perfection de l’élaboration des matériaux cons^
titutifs de la viande. Il est enfin à remarquer que l’apport
minéral dans un régime donné provoque un accroissement
corrélatif du poids moyen de la molécule élaborée ; il en
résulte que l’on doit tenir compte, non seulement de la com¬
position organique des ré'gimes, mais aussi de leur richesse
en substances salines.
Démonstration de la fonction fibrinogénigue du foie.
MM. Doyon, Gr.. Gautier et A. Morel relatent le résultat
de recherches expérimentales faites sur la grenouille et
démontrant la fonction fibrinogénique du foie. En effet, cinq
ou six jours après l’ablation du foie (qui permet une survie
de plusieurs jours! le sang devient incoagulable. D’autre
part, alors que chez une grenouille intacte l’injection de sang
défibriné, après une saignée totale, est suivie en quelques
heures de la régénération de la fibrine, cette régénération ne se
jiroduit pas chez l’animal privé de son foie. M™" Phisai.ix.
SGGIÉTÉ DK BIOLOGIE
Séance du 7 avril 1902.
Obslruclion intestinale.
MM. Bocer et (ïarnier ont constaté que la toxicité du con¬
tenu de l’intestin grêle diminue au cours de l’pbstruction
intestinale «onlrairement à ce qu’on eût pu croire. Ghez le
chien normal, elle est de 0 cc. 87 piar kilogramme avec
14i entérotoxies ; après ligature de l’intestin, elle passe à
Ificc. 27 par kilogr. et l’intestin grêle contient 32 entérotoxies.
250
LE PROGRÈS MÉDICAL
A la suite de ligature, s’il y a perforation et péritonite, la
toxicité est plus élevée et atteint 2cc. 07 par kilogr., mais le
nombre d’entérotoxies ne dépasse pas 30.
Cette toxicité se rapproche de celle du gros intestin et ne
lui est supérieure qu’à cause de la quantité de liquide qui
s’accumule au dessus de la ligature. Chez le chien normal, il
n’y a dans le gros intestin que 44' cent. cub. de matière conte¬
nant 8 à 19 entérotoxies.
Dans l’obstruction intestinale, ce n’est donc pas aux putré¬
factions qui se produisent au-dessus de la ligature qu’on
peut attribuer la mort, et non plus à l’infection, et pourtant
celle-ci est constante. Du 2'= au 3® jour, on constate le passage
dans le sang de molécules anaérobies, surtout d’un bacille
analogue au Badliusperfrinqens. Cette infection cesse dès que
Fobstacle est levé et n’empêche pas la guérison. Ce n’est donc
pas là la pathogénie des accidents.
Eosinophilie pleurale et sanguine.
\LVI. WiDAL et Bürnet ont observé il y a plus de deux ans
de l’éosinophilie pleurale, décrite par Widal et Rabaud en
1900. L’éosinophilie sanguine, qui s’était manifestée à ce mo¬
ment a persisté depuis la guérison. Le pourcentage dans la
plèvre était de 08 p. 100: il est dans le sang de 19 p. 100
d’éosinophilie. On ne retrouve aucune cause d’éosinophilie
(cancer, asthme, dermatose, infection vermineuse, etc.), il
faut donc en conclure à la persistance de cet accident survenu
à la suite d’éosinophilie locale aiguë. Les auteurs insistent
sur la persistance de l’empreinte fonctionnelle sur l'orga¬
nisme.
Biliinibine du sérum sanguin dans la cirrhose alcoolique.
MM. Gilbert et Herschbr ont fait le dosage cholémimétri-
«jue dans 21 cirrhoses alcooliques de formes diverses : cir¬
rhoses atrophiques, hypertrophiques, ascitiques et anasciti-
(jues. Dans la cirrhose atrophique, le degré moyen de cholé¬
mie égale 1 14000, ce qui donne 0 gr.07 de bilirubine par litre
de sérum et 0 gr. 21 pour l’ensemble du sang ; elle s’élève par¬
fois à 1 4500 chez un sujet chez qui l’angiocholite s’asso¬
ciait à la cirrhose pour donner naissance à un ictère intense
cholurique. Parfois, le taux descend au-dessous de la moyen¬
ne, et serait dû à une insuffisance hépatique accusée qui en
diminuant la sécrétion biliaire empêcherait la résorption des
pigments. Cette notion du rôle de linsuffisance hépatique
explique ce fait que, dans la cirrhose hypertrophique, le.
degré de cholémie de 1/9000 est supérieur à celui de la cir-'
rhose atrophique. Le parenchyme n’est pas atteint d atrophie
la ffuantité de bile n’est pas diminuée ; la résorption biliaire
est plus marquée.
Sécrétion gastrique et bicarbonate de soude.
MM. Linossier et Lemoine avaient conclu de recherches
anciennes que le bicarbonate de soude est un excitant de la
mu queuse gastrique en y développant l’acide chlorhydrique,
au gmentant beaucoup cette sécrétion chez les hypochlorhy-
driques et faiblement chez les hyperchlorhydriques. D’une
nouvelle série d’expériences ils tirent les mêmes conclusions
contraires aux recherches infirmatives de Pavvlow.
Mucinase dans le sang.
MM. Trémûliéres et Riva ont vu que la mucinase, nor¬
male dans la muqueuse intestinale et dans les matières féca¬
les des sujets atteints d’hypersécrétion muqueuse de diver¬
ses causes, peut apparaître dans le sang de ces sujets quand
il y a hypersécrétion muqueuse expérimentale. Sa présence
dans les matières et son passage dans le sang ne peuvent être
constatés que dans les états pathologiques de l’intestin.
Structure des boutons terminaux.
M. Marinesco étudie les boutons terminaux au niveau des
cellules nerveuses radiculaires.
Culture de spirilles pathogènes .
M Levaüiti expose une méthode de culture des spirilles
pathogènes en sac de collodion.
Sulfo-éthers urinaires.
MM. Labbé et \ iTRY ont trouvé des variations quantitatives
et qualitatives du régime alimentaire sur les sulfo-éthen
éliminés par l’individu normal. E. P.
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE
Séance du 4 avril 1906.
Sur la pathogénie des lésions vésiculaires dans la lithiase de»
voies biliaires.
M. Delbet. — L’opinion classique attribue la rétraction ou
la dilatation de la vésicule biliaire dans les cas d’obstruction
des x'oies biliaires à l’existence ou non d’une cholécys¬
tite scléreuse concomitante. M, Delbet conclut, de l’examen
des pièces provenant d’une femme opérée, que l’état de la
vésicule est surtout en rapport avec le siège de l’obstacle. Trà
souvent, en effet, le canal cystique ne se jette pas directemeat
dans l’hépatique pour former avec lui le cholédoque, mais
il chemine sur une certaine distance parallèlement au canal
hépatique ; les deux canaux accolés en canons de fusil sont
enveloppés d’une gaine commune et plus ce double canal
cystico-hépatique est long, plus le canal cholédoque est court
et vice-versa. La rétraction de la vésicule co’incide avec un
calcul du canal cy stique ou de la portion double du canal
cystico-hépatique ; la dilatation de la vésicule est, au contraire, :
en rapport avec un obstacle siégeant sur le cholédoque.
A propos de périslgmoidites.
M. Jalagoier pense que beaucoup de suppurations étique¬
tées péri-sigmoïdites ne sont que des abcès appendiculaires’
ayant fusé à gauche.
Traitement de la sijndactylie congénitale.
M. Qüenu présente un enfant atteint de syndactylie congé¬
nitale des deux mains, chez lequel il a essayé différents
procédés d’ auto plastie ; c’est l’autoplastie par la méthode
italienne qui lui a donné les meilleurs résultats.
' Tumeurs du cerveau.
M. Legueu présente un malade qu’il a opéré pour un glio-
sarcome de la partie inférieure des circonvolutions rolan-
diques. Guérison. Depuis l’opération, les crises d’épilepsie
jacksonienne, pour lesquelles le malade était entré à l’hêipital,
ne se sont plus reproduites.
Exclusion du gros intestin.
M. Hartmann présente un malade chez lequel il a pratique
une iléo-rectostomie, par le procédé de Lardennois, pour le
débarrasser d’un anus cæcal. Catz.
H
Rép.artition dans les services hospitaliers de mm. les
VES internes et externesen médecine pour l’année 1906-^^
— MM. les élèves internes et externes en médecine actuellem®^
en fonctions et ceux qui ont été nommés à la suite des der¬
niers concours sont prévenus qu’il sera procédé, aux jours et
heures fixés ci-après, dans la Salle des Concours de rAdminiS'
tration, rue des Saints Pères, n» 49, à leur répartition dans le*
etablissements de l’administration, pour l’annéel906-1907, savoir;
MM. les élèves internes (pour entrer ’en fonctions te 1"
1906) : internes et internes provisoires, le vendredi 27 avril, *
2 heures ; MM. les élèves externes (pour entrer en fonctions le "
mai 1906) : ceux de 5' et de 4“ année (externes réinvestis P®"
l’année 1906-1907), le vendredi 4 mai, à 2 heures : ceux de 3'^
née (externes ayant concouru ou reconcouru en 1903), le
mai, à 2 heures ; ceux de 2® année (externes ayant concouru
1904), le mercredi 9 mai, à_2 heures ; ceux de 1"= année le**®
nés ayant concouru en 1905), le vendredi 11 mai, à 2 heures.
N. B. — MM. les élèves seront appelés suivant leur nui»®
de classement au concours.
LA VALEROBROMINE LEGRAND
est plus active que les bromures et les
rianates.
LE PROGRES MEDICAL
251
revue de pathologie générale
Tuberculose inflammatoire à forme néoplasique : adé¬
nomes du sein, du corps thyroïde, etc., d'origine tu¬
berculeuse (1;; ParMM. Antonin PoNCET et René Le riche.
Brillamment exposée et défendue par P. Delbet, son pro¬
moteur, la «théorie inflammatoire des adénomes », déjà es¬
quissée par Virchow et admise par Kœnig, paraît, dans ces
dernières années, avoir gagné du terrain. Il semble que l’on
soit à la veille de lavoir définitivement adoptée et de sous¬
traire, de la classe des tumeurs, tout un groupe de néopla-
siesbénignes, relevant, en réalité, de processus infectieux.
La question en est là : toute inflammation chronique peut
eogendrer. dans les glandes, par irritation, une prolifération
épithéliale, d’apparence adénoïde, avec réaction conjonc¬
tive plus ou moins intense.
Après une première phase de cirrhose épithéliale, après une
néoformation exubérante d'acini, diverses évolutions se
présentent. Les culs-de-sac glandulaires peuvent se dilater,
sécréter et donner ainsi naissance à des adénomes kystiques,
ou bien, le tissu conjonctif, proliférant dans l’intérieur de
l’aciniqu’ii refoule, va produire un kyste proligère, un adé¬
nome végétant . D'autres fois enfin, ia sclérose prédominante
étouffe les acinis nouveaux, l’élément épithélial disparaît,
en grande partie, et ainsi se réalise le fibro-adénome. Entre
ces différents types, toutes les formes de passage sont possi¬
bles, toutes les combinaisons se rencontrent. D’autre part,
au lieu de rester localisé, le processus peut être diffus, les
noyaux d'inflammation chronique sont alors disséminés, et
suivant que l’évolution sera fibreuse ou kystique, on aura,
en prenant le sein pour exemple, la mastite noueuse de Til-
laux et Phocas, oulamafadie kystique de Reclus. A la doc¬
trine ainsi synthétisée, une seule objection : tout ceci vise la
mastite, l’adénome du sein n’est pas cela : l'adénome diffère
du noyau d'inflammation chronique par son encapsulement
et sa mobilité.
■Mais si l’on admet, et la chose est classique, que l’encap-
sulement, dont la mobilité dépend, n'est qu un simple phé-
P*ï,ysique de condensation progressive du tissu con-
1 ncUf.t objection semble prévenue et il ne saurait plus y avoir ,
ece chef, une limite infranchissable entre les deux ordres
U ne permet de
J l’une de l’autre. « Il est impossible, dit Ré-
mei longue étude micrographique de tellestu-
end^’- *®® tissus d’une glande
je kystique, par l’inflammation chronique,
par ad^ glande atteinte de la même dégénérescence
. Lmoîwdr mastite chronique et lésions
nous semblent pas devoir être séparées, mais bien
Qg '■«Mmci, dans un même groupe nosologique. »
, ®®i"’ l’®st certainement de toutes les
•^«rer p ^ peut, sans arrière-pensée, consi-
Mais . ,“.®®^® comme un produit d’inflammation ,'3i.
déterm”'* ^ '"“précision commence, c’est quand il s'agit de
ayant ®" ®®‘ l’agent. En 1893, Delbet et Longuet (4i
'*ànoine°^i'^^ staphylocoque blanc dans trois cas d’a-
^“«étaii P près de conclure que ce staphyloco-
menrs tj* l'abituel, sinon exclusif de pareilles tu-
'aient le^''?®“ P'"® ®1 Surmont (5; retrou¬
vaient microbe dans une mastite noueuse, et obte-
' ^''es q P®‘!“'“®"talenient, avec lui, des lésions inflauima-
®®*"-l^e n’est pourtant pas un agent spécifique, car
! ‘«''c à l'Aca.l.-mie
' '*)RESON-_n
(3; La J “c quehiues kystes du si
Delbet a d’ailleurs
*^'®**> Pon Pt d'autres ailleurs eu
Thèse de Paris.
lui, appliquéi
Mr. “n adè« I .. ur^aiie eu [larueuiier. V. esi ainsi que sou-
B,jVriani y inllamraatoire de la proslate,que .Mot/,
les ad”’ ‘'rg. génito-uriniires, l'.K)4, p. 1305) ont
inflammatoires de la vessie, ete.
Traité de chirurgie clinique, Ionie 1, page 510.
i") Ba/i.
de Biologie, 1835, p.
Quénu (1) ; un peu plus tard, mettait en évidence le pneu¬
mocoque, dans un cas identique.
Déjà, en 1891, Jaboulay (2i par des ensemencements et des
inoculations, s’était efforcé de démontrer l'origine infectieuse
de certains goitres. En 1893, Rivière (3), poursuivant ces re¬
cherches, relevait la présence fréquente, dans la thyroïde goi¬
treuse, du .staphylocoque blanc ou doré. Carie et Lustig(4),
Kiiinmer et Tavel (5) avaient écrit la bactériologie du corps
thyroïde. Bref, il semblait que i’on dût toucher bientôt à la
solulion du problème. Mais depuis, d’autres bactériologistes
ont été moins heureux. Souvent, les cultures sont restées
stériles. Ferrier, en 1895, ne trouvait aucun résultat probant
et tout récemment encore, Renon (6) déclarait n’avoir ja¬
mais pu mettre en évidence un microbe quelconque sur ses
coupes, les inoculations restant, d’autre part, constamment
négatives. Peut-être s’agit-il de lésions toxiniennes ? C’est
possible. En tout cas, jusqu'à présent, la bactériologie a été
impuissante à résoudre la question. Il demeure établi que
les adénomes sont des néoplasmes inflammatoires, mais l’oy-
gine de cette inflammation même reste inconnue. Dès lors,
croyons-nous, c’est la clinique qui doit indiquer le sens des
recherches. N'est-il pas possible de dégager certaines indi¬
cations pathogéniques du groupement des faits recueillis
sans idée préconçue t
C'est avec orientation que nous avons repris toutes les ob¬
servations d’adénomes du sein, vus à la Clinique depuis 14
ans. Presque toujours, elles étaient brèves et se bornaient à
décrire la lésion locale. Cependant, en relevant soigneuse¬
ment les moindres détails, en classant les faits, nous som¬
mes arrivés à des résultats curieux (7).
Dans un tier.s des cas, des ganglions axillaires, doulou¬
reux, unilatéraux, indiquaient un processus inflammatoire.
Dans la même proportion, se retrouvait l’influence d’un
traumatisme initial, agent causal ou plutôt révélateur de la
lésion jusque-là quiescente. Dans un cinquième des faits,
nous avons relevé une infection mammaire antérieure (mas¬
tite aiguë, suppurée, poussées congestives, infectieuses
au moment du sevrage, etc...), et dans la même proportion,
une tuberculose viscérale en évolution, le plussouvent discrète, à
type /ièrewa;. C’est ce dernier facteur que nous voulons seul
envisager aujourd’hui. Le chiffre que nous avons obtenu
avec des observations où seules les grosses lésions bacillai¬
res étalent notées est tel qu’il y a lieu de se demander si,
dans certaines conditions, la tuberculose n’interviendrait
pas dans la production des adénomes (8). D’excellentes rai¬
sons permettent de le penser. 11 est tout d’abord un fait ca¬
pital à l’appui de cette notion, c’est qu’au voisinage des
foyers tuberculeux glandulaires, il est banal de rencontrer
des proliférations acineuses à type d’adénome. Pour la tuber¬
culose mammaire, la chose est particulièrement nette. Tous
les histologistes ont insisté sur cette hyperplasie des cavités
glandulaires voisines;
Sabrazès et Binaud (9i prononcent, pour de telles forma¬
tions, le mot de productions adénomateuses. « Dans la tu¬
berculose mammaire, dit R. Tripier (lü), l’hyperproduclion
des cavités glandulaires racineuses et très remarquables, en
raison, probablement, delà facilité avec laquelle cette hy¬
perplasie a lieu à l’état normal ; car on est frappé de l’ana¬
logie que ces productions présentent avec l’état delà glande
(1) Quknc. — Traité de Chirurgie de Duplay et Reclus, lorae 1,
p.350.
(2) .lABOi’L.iy et Rivière. — i?oc. des Sc. inèd. de Lyon, février
1902.
(3) Rivière. — 'l’hésede Lyon, 1903, p. 199.
(4) Giorni. di R. .icademia dimed.di Torine, 1890.
(5) Kcmner et Tavel. — Revue de Chirurgie, 1891.
(6) Renu.x. — Loc. cit.
11 s’agit là auii|iienient de diagnostics vérifiés par l’opération
et le plus souvent par l'e.xaruen histologiipie (I.. Dor).
(8) Dans lous ces cas, on se trouve en face d’adénome et non d
tuherciilose mnmniaire.
(9) Saiiha/ès cl Binaud. — Arc/i. de méd. expér. et d'anat. pathol.,
l"nov. 1895.
(10) Traité a'auat. pathol. géuér. Paris, Masson. 1904.
LE PROGRÈS MEDIGAIi
1
dans sa période de lactation, d’une part, et dans les adéno -
mes. d’autre part. »
Nous pourrions muitipiier les citations de ce genre.
Dès lors, il nous semble facile de concevoir pareil proces¬
sus associé à des lésions de moins en moins virulentes. On
est ainsi conduit à l’imaginer comme conséquence d’un
foyer tuberculeux distant, et sous la seule influence irrita¬
tive de toxines virulentes.
Or, pratiquement, que voit-on ? La coexistence relative¬
ment commune des tumeurs bénignes de la tuberculose.
Elle est assez fréquente, même, viour avoir déjà frappé cer¬
tains auteurs qui ont esquissé un rapprochement de lésions
si diverses. C’est ainsi qu’on a signalé les papillomes du la¬
rynx chez les tuberculeux (1), les polypes de Turétlire au
cours des cystites bacillaires (2). Dans le même ordre d’idées.
Marfan (3) a montré l’évolution adénomateuse de la gastrite
des phtisiques, qu’il rattache à de l’irritation toxinienne. Il
a présenté, depuis, des adénomes de l’estomac trouvés à
l'autopsie d’un tuberculeux. Nous en avons nous-même
observé un cas.
Celte coexistence est plus saisissante encore, quand on
parcourt, en série, des statistiques de néoplasies bénignes.
A tout instant, on relève, dans ces observations, des stigma¬
tes de tuberculose. Celte remarque a déjà été faite par Del-
bel(4) pour la redite chronique hypertrophique, dont le type
glandulaire établit la transition à l’adénome pédiculé. De
même, pour les polypes du rectum, pour les polyadédomes
de l’intestin. On les trouve souvent chez des individus tarés
par le bacille de Koch, ouà hérédité bacillaire plus ou moins
lourde. Nous connaissons une observation de ce genre, ou
l’influence de la tuberculose ne paraît pas discutable. Cette
réflexion s’impose maintes fois, lorsqu’on parcourt l’inté¬
ressant travail de Quénu et Landel (5). Enfin, pour le
sein lui-même, on a noté la fréquence de l’hérédité tuber¬
culeuse chez les jeunes filles atteintes d’adénome. Nous
avons donné plus haut le chiffre de 1/5. Il doit être au-des¬
sous delà réalité. Car il s’agit habituellement, en pareil cas,
de tuberculoses atténuées, peu virulentes, qui veulent être
cherchées, et échappent souvent, par suite, à un examen pra¬
tiqué sans idée directrice.
Au point devue du goitre, de l’adénome thyroïdien, même
remarque est applicable. Contrairement à l’opinion de Vir¬
chow, qui, dans son Traité des Tumeurs, soutient l’antago¬
nisme du goitre et de la tuberculose, nombre d’auteurs ont
insisté sur la fréquence de leur association. Boyer (6), en 1821
écrivait ; « La scrofule, que l'on ne doit pas confondre avec
le goitre, comme on l’a fait jadis, en est, cependant, quel¬
quefois la cause ou le principe. » Lepelletier, en termes,
presque identiques, attirait l’attention sur le rôle spécial do
iA diathèse ccrouelleusc, et Bazin, un peu plus tard, dans une
leçon sur la scrofule, affirmait, qu’après avoir longtemps
regardé le goitre comme une difformité sans signification
pathologique, il avait depuis « presque constamment ren¬
contré, sur les sujets atteints de goitre, beaucoup d'autres
signes de la constitution écrouelleuse ».
Allant plus loin encore dans cet ordre d'idées, Humbur-
ger (7) explique cette fréquence du goitre chez les tubercu¬
leux comme une réaction défensive de l’organisme. Sur 100
goitreux autopsiés, il trouve 19 tuberculeux avérés, 5 pleu¬
rétiques, et 2 malades atteints de laryngite chronique qui
peuvent être suspectés de tuberculose. Un peu plus tard,
Betz (8) (1873) pose encore, d’une autre façon, le même pro¬
(1) Voir sur ce sujet : Béhard, Lyon Médical, U Janvier 1900.
(2) Terrillon. — Progrès Médical, 1880.
(3) Marfan. — Thèse de Paris, 1887 et Traité de Médecine, l. VII,
1).287.
(4) Delbet. — Traité de chirurgie clinique, t. VllI.
(5) Quenu et Landel. — Rerue de chirurgie, 1899, p. 405.
(6) Boyer.— Œuvres chirurgicales, VU, p. 06, 1821.
(7) Hamboroer. — EinBeitrag zur Losung der Frage über das ver-
hallniss der Slruina und Tuberculose.) V ierteljahrschrift fur die pra-
ktische Heilkunde ; l&iel Wien.tned. Wochenschritft.)
(8) Betz. — Der svmptoiualische kropf der lungen Tuberculose.
Memorabilicn Heilbr., 1873, XMII, p. 554.
blême, en établissant, d'une manière formelle, la fréquence i
de leur coexistence.
Nous ne voulons pas davantage insister sur ces faits, om
les trouvera réunis dans l’excellente thèse de notre élève i
Costa (1), qui a fait récemment le bilan de ce que l’on savait i
de la thyroïde des tuberculeux, et du goitre d’origine tuber-.
culeuse, en appuyant ses conclusions de plusieurs observa..
lions inédites de la clinique. Nous avoais voulu simplement^;
en les rappelant, montrer combien souvent on relève la ta.
berculose chez les malades porteurs d’adénome. Cette fré¬
quence est telle qu’il est difficile de ne pas faire intervenirla
tuberculose dans l’étiologie de pareilles tumeurs. Mais com¬
ment ? Nous avons déjà dit qu’il ne s’agissait pas là de tu¬
berculose vraie des glandes, au sens classique du mot. Tout
se passe en dehors de la granulation et de la cellule géante,
La tuberculose, en pareil cas, agit comme irritation ,60
excitant les tissus à une anormale prolifération, procédaal
par poussées fluxionnaires, sans déterminer, au niveau des
glandes, aucune lésion spécifique, aucune édification anato:
mique caractéristique de son action. Bref, il s’agit de tiibif-
culose inflammatoire.
Certaines remarques cliniques, empruntées à la patholo¬
gie du sein, semblent, d’ailleurs, parfaitement caractériser
ce processus. Elles permettent de le comprendre. En effet,’!
côté de la tuberculose mammaire, on décrit, habituellement,!
l'hypertrophie diffuse ou localisée du sein, chez les tubercu-j]
leux. En 1885, Leudet (2) avait attiré l’attention sur celte
« mastite, banale, simple, purement inflammatoire », qu’il
avait vue chez des bacillaires avancés, et dont, en 1886, il
rapportait 6 observations. Depuis lors, des faits semblables,
généralement admis, n'ont pas été étudiés à nouveau. Oa
sait mal ce que donnent ultérieurement ces « mastites in¬
flammatoires ». Dans une des observations de lÆudct, an
bout d’un mois et demi tout n’était pas disparu. Or, ceqaij
reste en pareil cas, ce sont des noyaux de mastite noueuse,
qui peuvent ultérieurement avoir l'évolution banale de cette
affection. Nous avons, pour notre part, observé trois fois ces
mammites fluxionnaires des tuberculeux. Chez une de ces
malades, dontla fluxion avait été plutôt subaiguë, et relati¬
vement peu douloureuse, il persistait, après plusieurs moi%
une mammite noueuse bilatérale des plus typiques. .
De telles observations indiquent bien la marche du pr®'
cessusque nous signalons. Toutefois, celui-ci est ordinaire¬
ment peu bruyant, la poussée congestive et l’évolution scr
reuse des noyaux glandulaires se jtroduisent sans grao
fracas. C’est insidieusement que l’adénome se dévelopi*
comme chez une de nos malades, vieille rhumatisante,
berculeuse, qui a fait, en quelques mois, vers la cinquantaw?
un adénome du sein des plus caractérisés, évoluant IÇ^
tement, avec une adénopathie douloureuse de l’aisselle. _
tumeur enlevée était, macroscopiquement et hlstologiq"^
ment, le plus banal des adénomes kystiques. D’autre P’^
il n’est pas jusqu’à certaines particularités cliniques c®
nues, de la mastite noueuse, qui ne cadrent avec celte e*'
logie. « I.a marche oscillante » de l’affection nous p®' j.
correspondre assez bien à ce qu’on a imaginé des lésio® j
distance que font les tuberculeux.
Pareille réflexion s’applique à la maladie de
quand on voit certaines mamelles polykystiques
niip slationnairos nonrlant. niiinzp, on vingt ans, qua®“jj|l
que stationnaires, pendant quinze «... ....g. ,
entend Reclus dire (3) qu’après en avoir observé près ^|
il n’a pas encore trouvé d’indication opératoire
se prend à penser que seule une infection chroniq»®- . J
jours agissante, peut actionner de pareilles lésions,
marche ne semble guère correspondre à une localisf^i
streptococcique ou staphylococcique. Cette cause
agissante est, croyons-nous, dans un certain nombre
la tuberculose.. \ussi conclurions-nous volontiers, à P I
de ces tumeurs :
(1) Costa. — Tuberculose inllaiumatoire. Goitres d'origio^
culeuse. Thèse de Lyon, 1905. ,
(2) Leudet. — Congrès de Grenoble, 1885 et Xrchives gè’'‘'
Méd.,iS86.
(3) Reclus. — Bulletin de la Société de chirurgie, 27 dée. l*®’
LE PROGRÈS MEDICAL
Il est toute une catégorie de tumeurs bénignes adénoma¬
teuses, d’origine inflammatoire, qui relèvent de la tubercu¬
lose. Cette infection engendre dans les glandas, non séule-
menf de l’bypertrophie et de la sclérose, mais l’adénome
typique avec toutes ses formes évolutives. Les unes et les
autres sont, maintes fois, des produits réactionnels de l'in¬
fection tuberculeuse, des localisations de la tuberculose in¬
flammatoire.
Une dernière remarque: ce qui est vrai pour le sein, pour
le corps thyroïde, etc., l’est, au nom de la pathologie géné¬
rale, pour tous les appareils glandulaires. L'hypothèse doit
être généralisée. Aiguillées dans cette nouvelle direction, de
nombreuses observations cliniques j ustifieronl j ournellement
une telle conception.
BEÏOED'ÉLIECTBOLOCIEETDERADIOLODIEIIÉDICALES
Rédacteur spécial :
M. le D- FO VEAU DE COURMELLES.
Electrothérapie clinique; par les 1)'^» Laquerrière et De-
LHERM (1 vol. in-S», 280 p. avec planches. Préface du
professeur d’Arsonval (Maloine, éd.).
L’électrothérapie et la radiothérapie sont d’abord entrées
dans les mœurs des malades ; les médecins ont suivi, et ils
se sont multipliés dans ces nouvelles branches de la théra¬
peutique médicale. Les livres n'ont pas manqué, mais
tous se res.semblent, se répètent et généralement s’adres¬
sent plutôt aux spécialistes, c'est-à-dire à ceux qui n’en
ont pas besoin.
D’autre part, les historiques des questions sont forcé¬
ment incomplets et ne contentent personne, surtout les no¬
vateurs trop souvent oubliés, car leurs travaux parus avant
l’heure n’ont pas porté. MM. Laquerrière et Delherm ne
sont pas tombés dans les travers coutumiers : pas ou très
pou d’historique, indiquant plutôt des méthodes que des
personnes, des descriptions rapides d’appareils, des prin¬
cipes sommaires, enfin juste ce qu'il faut, mais tout ce
qu il faut, pour appliquer l'électrothérapie et la radiogra¬
phie. Les sortes de livres répondant à ces desiderata sont
très rares et ils ont cependant leur grande utilité ; ne vaut-
il pas mieux que les médecins appliquent les méthodes
même nouvelles au lieu de les laisser aux èmpiriques et
eux illégaux. Il faut montrer que le reproche d’ignorance
adressé par ceux-ci aux médecins, à propos des rayons X
uolarament, est des plus immérités, que nous savons suivre
ou même faire naître le progrès. Il y a là une question so-
O'ale de vie et de mort pour notre corporation, car trop de
profanes sont entrép et intronisés dans les hôpitaux, même
parisiens, sous le voile de la photographie et de la radio¬
graphie et qui y sont mieux vus que les médecins. Eviter
es errements en mettant le corps médical à môme d’ap-
de savoir, de pratiquer ; montrer, comme dès 1890
le praticien est apte à l’électrothérapie sans
j,„.®P®oiaIiser, tel est le service que les livres du genre de
^^^^^^'othérapie clinique de MM. Laquerrière et Delherm —
® rares d’ailleurs — veulent renüre et rendent en réalité,
diaif ^ physique, une partie physiologique et électro-
Q ““*^^ique, et enfin les traitements, voilà le plan de cet
fg Pion compris, et « je suis convaincu — avec le pro-
iivre'^*^ *^’Arsonval,qui le dit dans la préface — que ce petit
*'ondra des services signalés tout aussi bien aux pYa-
Pciens qu’à leurs clients ».
pg maintenant Radioscopie, radiographie, radiothé-
D'' L. REtiNiER, et Technique précise de ra-
hérapie ; du D» Paul Vaudet.
ouvrages font dater la radiothérapie postérieu-
ile Lvq ^ réalité. C’est en effet dès 1896, avec Despeignes,
essayg**’ Poi** Séguy Quénisset que les rayons X furent
succès — c’est-à-dire avec soulagement du ma-
Les cancer et que je créai le mot radiothérapie.
X auteurs, M. Vaudet (lOOp., Leclerc éd.) etRegnler
(220 p., Rousset, éd.) s’occupent tous deux de «technique
précise », mais je déplore, non l’introduction des mesures
de la posologie rœntgénique, mais l’assimilation de tous les
malades entre eux. Gomme les médicaments, les. rayons X
ont des doses variant avec les individus et l’on ne- peut in¬
diquer que des maxima et des minima, ce qui est déjà très
important, mais ne peut être absolu. La médecine reste un '
art, un art qui se précise, se délimite mieux, soit, mais os¬
cillera toujours entre de variables limites. Le professeur
E. Gaucher dit dans la préface du livre du D'' Vaudet : « Le
présent ouvrage, dans sa concision et dans sa précision, va
satisfaire le lecteur sans prétention, qui, personnellement,
vont pratiquer la radiothérapie ».
Pour M. Regnier, son but « est d’exposer sous une forme
aussi claire et aussi concise que possible » les ressources
des rayons X et les moyens de les mettre en œuvre pour
voir, enregistrer et soigner ; et son domaine est plus vaste
que le premier. Ces tentatives montrent le succès croissant
de moyens nouveaux d’examen et de thérapeutique et,
pionniers de la pri-mière heure, nous ne pouvons qu’y ap¬
plaudir et aider à la diffusion d’eff )rts semblables aux
nôtres et répondant au but cherché, Une conclusion uni-
fornie qui en découle est que radiothérapie et chirurgie
doivent le plus souvent se compléter et marcher en bon
accord.
BIBLIOGRAPHIE
Les accidents du travail dans la marine marchande
et la caisse de prévoyance ; par Ch. Vigné (8®, 1906, 94
pages, Doin.)
Dans une petite plaquette de 94 pages, notre Confrère Ch.
Vigné, médecin sanitaire maritime, nous expose en homme
de métier qui juge les choses avec sa propre expérience les
conditions défectueuses dans lesquelles sont mis les gens de
mer par suite de l’application d<! la loi du 21 mars 1898, mo*
difiée par celle du 16 décembre 1905. De ce travail, il ressort
que le luarin — la navigation à voiles n’existant pour ainsi
dire plus — est placé à bord de paquebots — véritables villes
flottantes — dans les mêmes conditions que les ouvriers
terriens qui passent leur existence à l’usine. Vigné compare
la loi de 1898 sur les accidents du travail avec relies de 1905
sur les gens de mer et demande pourquoi les marins sont
si peu privilégiés alors que leurs conditions Vitales sont
semblables à celles des ouvriers terriens. En outre pour¬
quoi les marins alimentent-ils eux-mêmes leur caisse de
secours quand les terriens en sont dispensés ? Vigné agite
également la question des délimitations qui peuvent exister
entre l’accident et la maladie. Son travail se termine par un
projet de loi qu’il serait fort désirable de voir reprendre par
nos parlementaires, nos marins étant aus-l intéressants
que nos Ouvriers d’usine ou des champs, le marin propre¬
ment dit ayant disparu pour faire place à l'ouvrier maritime,
suivant l'expression de l’auteur. UfTHÉBAULf.
Les blessures et les accidents du travail ; par M. P.
Hrouardel (1 vol. 8° 1906, J. -B. Baillère.)
La collection bibliographique publiée par le professeur
P. Rrouardel vient de s'enrichir d’un nouveau volume réu¬
nissant sous une même couverture les leçons qu’il a profes¬
sées ces temps passés à la Faculté de médecine.
Le livre, qui se prête difficilement à l'analyse, réflète à
chaque instant les préoccupations de l’auteur dont l’unique
sôuci est d'éviter au praticien ces mille et ufi petits riens
qui pourraient avoir pour conséquences de voir son rapport
négligé par les juges qui ne le prennent pas en considéra¬
tion parce qu’il n'est pas fait dans la fo..orme si chère à
Brid’oison. Avec son autorité accoutumée, le prof. BrOuardel
nous initie une fois de plus aux connaissances médico-
légales des piqûres, des coupures, des brûlures, des asphy¬
xie®, des intoxications et profite de la circonstance pour
faire une légère incursion dans le domaine des accidents du
travail et des conséquences qui découlent de ceux-ci. Le
travail se termine par des tableaux d évaluations d'incapa-
254
I.B- l'ROGRÈS MÉDICAL
cité empruntés à Georges Brouardel, le neveu de l’auteur,
qui les a publiés pour la première fois en 1903.
Je croirais manquer à mon devoir si je n’adressais ici à
M. le prof. Brouardel, qui m’a fait l’honneur de me citer
deux fois; tous mes plus sincères remerciements.
D' Thébault.
VARIA
Médecins experts.
Un décret en date du 10 avril 1906 flxeainsi les conditions
à remplir pour être médecin expert des tribunaux.
Art. U''. — L’article 2 du décret du 21 novembre 1893 est
modifié ainsi qu’il suit : « Les propositions du tribunal et
les désignations de la cour ne peuvent porter que sur des
docteurs en médecine français, demeurant soit dans l’arron¬
dissement du tribunal, soit dans le ressort delà cour d’ap¬
pel. Ils doivent avoir au moins cinq ans d’exercice de la pro¬
fession médicale ou être munis soit du diplôme de l’univer¬
sité de Paris portant la mention « médecine légale et psy¬
chiatrie », soit d’un diplôme analogue créé par d’autres uni¬
versités, par application des disp ositions de l’article 15 du
décret du 21 juillet 1897, portant règlement pour les conseils
des universités. »
La loi sur les falsifications alimentaires.
On vient de voter récemment une nouvelle loi condam¬
nant à un emprisonnement de trois mois au moins à un an
au plus ou d’une amende de 100 francs au moins, à 5000 frs.
au plus, ou à l’une de ces deux peines, quiconque aura
trompé ou essayé de tromper sur l’origine des marchandises
lorsque cette origine, faussement attribuée devra être consi¬
dérée comme la cause principale de la vente.
M. Daremberg, dans le Journal des Débats, s'élève avec rai¬
son contre cette loi dont la pénalité est très exagérée, et le
public, les hygiénistes et les commerçants ont lieu de s’en
plaindre. L'industrie des coupages faits avec de bons vins
n’est nullement nuisible, et ce n’est pas une fraude de mé¬
langer de bons vins du midi ou d’Algérie avec d’autres bons
vins du Languedoc ou de la Gascogne pour en faire des bor¬
deaux. Nos législateurs en ont pensé autrement et n’ont pas
livré à toutes les rigueurs de la loi les fraudeurs qui vendent
des vins plâtrés, soufrés, acidifiés ou alcaliniteés qui cau¬
sent la moitié des dyspepsies et discréditent le vin. Celui qui
mouille le vin avec de l’eau irréprochable ne commet qu’une
petite faute et doit être condamné moins durement que celui
qui le mouille avec de l'eau impure et typhogène.
Toutefois, la loi actuelle double l’amende et la prison pour
le fraudeur qui met en vente une falsification nuisible à la
santé. Est-cejuste, demande _\1. Daremberg ? On peut sans
nuire additionner le vin d'eau pure, puisque le vin est l'ali¬
ment inutile à la nutrition. Tandis que le lait est un l’aliment
unique et indispensable des petits enfants. Si vous leur don¬
nez du lait additionné d’eau pure, vous les condamnez à
mort. Ces tueurs d'enfants devraient être passibles d’une pé¬
nalité spéciale bien supérieure à celle du marchand qui
met de la margarine dans son beurre. Ce dernier peut être
passible d’un an de prison et de 500 frs d amende, tandis
que le second qui tue des enfants en baptisant son lait est un
assassin qui n’est passible au maximum que de deux ans de
prison et dix mille francsd'amende.
La criminalité de ces derniers est nettement établie, ils sa¬
vent d’après les avis qui leur sont donnés qu’ils commettent
un crime en tuant des êtres dont l'existence tient à leur pro¬
bité. A cet effet, je serais peut être encore plus dur que
.M. Daremberg et exigerais d’abord que tout débitant de lait
mît bien en vue dans sa boutique un placard sur lequel se¬
raient inscrits les mots suivants.Tout débitant qui additionne
son lait d’eau ou d'autres produits sait qu’il se livre à l’as¬
sassinat et doit être passible des rigueurs du Code pénal.
Et cela ne serait qu’une mince consolation pour Insécu¬
rité du public, car il reste encore beaucoup à faire, à Paris
même, au sujet des vacheries établies dans les rues et dans
des locaux trop exigus. En province, cela est pis encore, c’est
pourquoi si l’on veut, sans parler des améliorations hygiéni¬
ques à apporter aux étables et au matériel plus ou moins
soigné des nourrisseurs et des cultivateurs, il faut commen¬
cer par frapper inexorablement les plus dangereux pour la
puériculture, c’est-à dire les industriels, qui pour l’amour
du gain envoient chaque année des milliers de bébés au cime¬
tière. On a créé en France, le Mérite agricole, pour récompen¬
ser ceux qui honorent l’agriculture : que ceux qui se servent
de ses produits pour les rendre mortels à l’humanité soient
les premiers atteints par la répression et s’ils arrivent à finir
leur peine, en cas de grâce ou autrement, que la vente des
produits servant à la nourriture leur soient à jamais interdits.
Albin Rousselet.
Le Mouvement des Etudiants à l’Université de Paris.
Nous puisons dans le rapport de M. Tannery sur l’U niver¬
sité de Paris les renseignements statistiques les plus propres
à intéresser.
La faculté de droit, l’an dernier, a compté 6.08‘i étudiants
inscrits, dont 2.11 étrangers. L’augmentation sur l’année pré¬
cédente est considérable; 1.289. Les groupes étranger les plus
nombreux sont ceux des Roumains (81). des Egyptiens i68)et
des Russes (2. i hommes, 29 femmes). Un chifire curieux est
celui de la moyenne des ajournements : 26,5 0|0 pour les
examens de licence; 44,5 0|0 pour les examens de doctorat.
A la faculté de médecine, diminution de 93 unités: 3.482
étudiants. « Le doyen de la faculté, remarque le rapporteur,
se réjouirait si cette diminution était plus forte. » Sur les 109
étudiantes étrangères, on compte 98 Russes.
Le nombre des étudiants est resté stationnaire à la faculté
des sciences 11.610); il est en légère augmentation de 33 uni¬
tés à la faculté des lettres (2.100). Dans ces deux facultés, c'est
parmi les Russes que les étudiants étrangers se recrutent
principalement.
A l’école de pharmacie, la disparition prochaine du diplôme
de 2® classe a provoqué une nouvelle diminution. Le cliiffre
actuel est de 1.318 étudiants.
Au total, l'université de Paris; l’an dernier, comptait
14.462 étudiants, dont 1 .638 étrangers. Les femmes sont au
nombre de 968 ; les étrangères sont les plus nombreuses (513|.-
L’enseignement est donné par 2sl professeurs, agrégés, char¬
gés de cours ou maîtres de coniérencës .
Le budget de l’université est considérable : près de 2 mil¬
lions de francs (exactement 1.995.508 francs pour les recettes
et 1 .787.257 francs pour les dépenses effectuées ou engagées-.
« La situation financière est donc satisfaisante, conclut le
rapporteur ; elle peut être modifiée dans l’avenir parla réper¬
cussion inconnue qu’aura la loi militaire sur le nombre des
étudiants. » {LoPetit Temps.)
FORMULES
XXIV. — Contre la coqueluche
Véronal . ) 1 „r
Antipyrine . j ^
Sirop de cannelle . 20 gr.
1 c. à café le matin à jeun, une avant le repas de midi, une
1l2 heure avant le coucher et une au lit.
(Muntz in Thérap. Monatsch.)
Les Nouveaux remèdes, qui citent cette formule, proposent de
remplacer l’antipyrine par le pyramidon.
AD JU DIC ATIOH ïaS, "if î
Louis-le-Grand, le lundi 30 avril 1906. à 1 heure du
d’un fonds de commerce de n I I H n il ü A ^ I L
exploité à Paris, 67, rue pUAUnHAIjl^
Montorgueil (2' arrondis.). I llnlllfl “.W
Mise à prix pouvant être baissée : 2.000 fr. Loyers d ®Y^ponr
rembourser : 2.250 fr. Consignation pour enchérir : -•fW0,.t'épQÜ-
les renseignements, s'adresser audit notaire, à M“ LESTIn^^,
DOIS, avoué, 28, rue Vignon et à M. GRAUX, administra
judiciaire, 53, rue de Rivoli.
LE PROGRÈS MÉDICAL
THERAPEUTIQUE
Traitement des congestions pulmonaires et des hémop-
* tysies par l'Hélénine.
Introduite dans le sang, l’Hélénine de Korab exerce à un
haut degré une action stimulante, accompagnée de diminu¬
tion de la tension vasculaire et d’abaissement de la tempé-
rature,rigoureusement observée par les appareils du profes¬
seur Marey du Collège de France (communication à la So-
(tVte de Biologie). La propriété, bien démontrée, que pos¬
sède l’Hélénine de diminuer la tension vasculaire, fait d’elle
un médicament précieux pour combattre les congestions
pulmonaires et prévenir les hémoptysies.
De là résulte l’avantage incontestable de l’employer dans
les phases d’ulcérations et même de cavernes, où la fonte
des tissus fait craindre la rupture d’un vaisseau ayant pour
cause la disproportion entré la tension vasculaire et la paroi
sanguine amincie. L’Hélénine s’administre sous forme do
globules du D' de Korab -à la dose de 2 à 4 par jour.
Natalité DE Paris. — Du dimanche 11 au samedi 17 mars
1906. les naissances ont ete au -lomore de 978, se décomposant
tinsi; légitimes 711, illégitimes 267.
Mortalité a Paris. - Population d’après le recensement de
1901 ; 2.660.559 habitants. Les deoes ont ete au nomnre de 984,
savoir: 481 hommes et 503 femmes. Les décès sont dus aux
îauses suivantes : Fièvre typüoi'de (typhus abdomin.) : 5. —
Typhus exanthématique : 0. — Fièvre intermUtente^ et cachexie
palustre : 0. — Variole : 0. — Rougeole : 25. - Scarlatine : 1.
— Coqueiucne : 6. — Diphtérie et Croup : 2. — Grippe .: 5.
— Choléra asiatique 0. - Choiera nostras : 0. — Autres
maladies epidemiques ; 3. — Tuberculose des poumons : 199. —
Tuberculose des méningés : 16. — Autres tuberculoses : 18. —
Cancer et autres tumeurs malignes : 61. — Méningite simple : 14.
— Congestion hemorrnagique et ramollissement du cerveau : 43.
— Maladies oreannues du cnsur ; 77. — Bronchite aiguë : 7.
— Bronchite chronique : 17. — Pneumonie : 34. — Autres affec¬
tions de l’appareil respiratoire : 126. — Affections de l’estomac
cancerexc.) : 5. — Diarrhée et entérite deO à 1 an : sein : 7 : au¬
tre alimentation : 13. — Diarrhée et entérite de 1 à2 ans : 1. — Her¬
nies, obstruction intestinale : 10. — Cirrhose du foie : 1 1 . — Néphrite
et mal de Bright : 23. — Tumeurs non cancéreuses et autres ma¬
ladies des organes génitaux (femmes) : 7. — Septicémie puerpérale
(fièvre, péritonite, phlébite puerpérale) : 3. — Autres accidents
Duerpéraux de ia grossesse et de l’accoucnement : 0. — Débilité
congénitale et vices de conformation : 32. — Débilité sénile : 52.
— Morts violentes : 25. — Suicides : 12. — Autres maladies : 123.
— Maladies inconnues ou mal définies : 13.
Mort-nès et morts avant leur inscription : 61, qui se décom¬
posent ainsi : légitimes 45, illégitimes 16.
Médecin blessé par un aliéné. — Le docteur Thivet, méde¬
cin en chef du service des hommes à l’asile des aliénés de Cler¬
mont, passait la visite dans la section des malades tranquilles,
lorsque soudain l’aliéné Boulogne, âgé de vingt- quatre ans, qui
le suivait depuis quelques instants, le frappa en pleine figure
avec un tesson de bouteille qu’il avait dissimulé sous sa blouse et
le blessa grièvement au-dessous de l’œil droit ; il a dû s’aliter.
Le surveillant Bazelaire, ayant voulu s’interposer, fut frappé à
son tour à la nuque et grièvement blessé lui aussi. Enfin le gar¬
dien Ildis reçut diverses blessures sans gravité. L’aliéné s’était
muni de poivre en poudre qu’il avait jeté à la face du médecin, et
du surveillant.
Nos souhaits les plus sincères pour le prompt rétablissement
des deux blessés.
Hospices civils de Marseille. — Concours pour une place de
médecin-adjoint. — Le lundi 6 août 1906, à 3 heures, un concours
public sera (luvert à l’Hôfel-Dieu pour une place de médecin-
adjoint des hôpitaux. Ce concours aura lieu devant la Commission
administrative, assistée d’un jury médical. Au jour fixé pour l’ou¬
verture du concours, les candidats devront avoir deux années de
pratique comme docteurs de l’une des Facultés de France, être
de nationalité française, ou en mesure de justifier de leur natura¬
lisation. Les deux années de pratique comme dobteur ne sont pas
exigées des élèves internes dans les hôpitaux des villes où siège
une Faculté, ni des élèves internes des hôpitaux de Marseille ; ils
pourront en conséquence concourir dès qu’ils seront munis de leur
diplôme de docteur.
Epreuves du Concours. — 1. Question d’anatomie et question de
TRAITEMENT.es affections nerveuses
PAR LES SIROPS BROMURÉSoe J. P. LAROZE
SIRQF LAROZE au BROMURE de POTASSIUM
complètement exempt d'iodures, de chlorures et de bromates ;
_ contient exactement / £r. par cuillerée à potage.
SIROP LAROZE AU BROMURE DE SODIUM
contient exactement / gr. de se! chimiquement pur par cuillerée à potage.
SIROP LAROZE au BROMURE de STRONTIUM
complètement exempt de Baryte, contient exactement / gr. de sel par cuillei'ée à potage.
SIROP LAROZE POLYBROMURÉ
^POTASSIUM, SODIUM AMMONIUM)
Une cuillerée à potage de Sirop contient exactement 3 gr. de Bromures.
SIROP LAROZE D’ÉCORCES D’ORANGES AMÈRES
contre les accidents neroeux de la digestion. Deux ou trois cuillerées à potage par jour.
ENVOI de ûacons spécimen à MM. les Docteurs gui voudront b'en '^riu en faire la demande.
M.A.ISOIsr ILj-A.rLOZH], 3, r-uie des liions St
ROHAIS et C‘®i Pharmacien de 1" classe, ex-interne des Hôpitaux de Paris.
LE PROGRES MEDICAL
physiologie ; Ces deux questions sont orales, après un temps de
préparation à huis-clos et sans livres, qui est déterminé par le
jury. Il est attribué pour cette épreuve un maximum de 20 points.
— 2. Question de pathologie médicale avec les applications hygié¬
niques qu'elle comporte : Cette question est écrite, les candidats
ont quatre heures pour la traiter à huis-clos et sans livres. Il est
attribué pour cette épreuue un maximum de 30 points. ^ 3. Examen
clinique de trois malades atteints de maladies internes choisis
parmi ceux entrés dans les hôpitaux, à partir du jour où l’accès des
salles des malades aura été interdit aux candidats : l’examen cli¬
nique des trois malades dure trois quarts d’heure au plus. Le
compte-rendu des deux premiers malades se fait oralement après
un temps de réflexion fixé par le jury, celui du troisième fait l 'objet
d’une composition "écrite pour la rédaction de laquelle il sera
jiccDrdé une heure. Il est attribué pour l'épreuve de clinique
30 points. — 4. Résultat de l’examen des titres : Il est attribué un
maximum de 5 points pour cette épreuve. Le maximum des points
pour le concours entier est de 85 points.
dré-des-Arts) et le continuera les Mardis et Jeudis, à cinq heures.
Sujet du cours : Applications de l'hypnotisme à la psychologie, à
la thérapeutique, et à la pédagogie des enfants vicieux ou anor¬
maux. — La leçon d’ouverture aura lieu sous la présidence dé
M. le D’’ Huchard, membre de l’Académie de Médecine.
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
VIENT DE PARAITRE
EN VENTE AU BUREAU DU PROGRÈS MÉDICAL
Amphithhatre d'anatomie. — Conférences et travaux prali-
aues de bactériologie. — Sous la direction de M. Pierre Sébileau,
directeur de l’Amphitéâtre d’anatomie des hôpitaux, une série de
conférences de bactériologie, faite par M. le Docteur Macaigne,
chef du Laboratoire, commencera le 1"'' mai 1906. Le cours est
ouvert à tous les médecins et étudiants en médecine moyennant
uii droit de 60 francs. Il est gratuit pour les internes et externes
des hôpitaux. Le cours sera complet en 20 leçons. Le nombre des
places est limité. Se faire inscrire à l’Amiihithéàtre, 17. rue du
Fer-à-Moulin.
Enseignement libre.
Ecole dï; psychologie, 49, rue Saint-André-des-Arts (au siège
de l’Institut psycho-physiologiquel. — Cours de psychologie ap¬
pliquée et de psychothérapie. — M. le D' lîérillon, professeur à
l’Ecole de physiologie, commencera ce cours le mardis mai, à
cinq heures (Salle des Conférences de l’Ecole, 49, rue Saint'pAn-
SÉGUiN (Edouard). — Traitement moral, hygiène et édu¬
cation des idiots et des autres enfants arriérés ou retardés
dans leur développement, agités de mouvements involontaires,
débiles muets, non sourds, bègues, etc. Préface par Bourne-
ville. 1 vol . In-8 de 534 pages avec un portrait de l’auteur.
Bourneville. — Traitement médico-pédagogique des idioties
les plus graves. In-S” de 32 pages. Pri.x . . 1
Pour nos abonnés. Prix . 0.75'
Bourneville. — Les enfants anormaux au point de vue intel¬
lectuel et moral. In-18 de 24 pages. Prix: pour nos abonné
franco) . 0.5(1
Pailhas (B.). — Balnéation et hydrothérapie dans le trai¬
tement des maladies mentales. Rapport présenté au Congrès des
médecins aliénistes et neurologistes tenu à Rennes du P'' au 7
août 1905, suivi de la discussion complète. 1 vol. In-O® de 154
pages. Prix: Pour nos abonnés (franco) . . . 1.50
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découvert par M. Louis OEQUtiANT, pharmacien, 38, rne
de Clignancourt, Paris. (Mémoires déposés à l’Académie de
Médecine, 23 mars 1897, 8 mai 1898). L'extrait de ces Mémoires
est adressé gracieusement à tous les médecins qui lui et
feront la demande. Renseignements gratuits et prix de faos^r
pour tous les memores du corps médical. _ ....
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Le Progrès Médical
■MttAIRE : Stphiligraphie : Un cas d’éruption syphilitique
*^des chéloïdes, par Lefas. — Revue de chirurgie biolo-
IjKjue ; De l'appendicectomie préventive, par Touzé. — Bul-
lïTis : Un ministère du travail, de l’hygiène et de l’Assistance
Ipjbliques, par Rousselet ; Le classement dans les concours
Bocaux de l’assistance, par J. Noir. — Sociétés Savantes:
icailmiede Médecine : Grippe et jirostatites, par Guépin (c. r.
ijeA.-F.Plicque). — Société de pédiatrie : Idiotie à type mon-
3 ue, par ’V'ariot ; Paralysie diphtérique traitée avec succès
e par les injections de sérum de Roux, par Gomhy ; Tu-
lâculose du cæcum, par Guinon ; Epidémie de desquamation
lôguale associée à la perlèche, par Guinon ; Coqueluche sim¬
ple, par Variot (o. r. de Ch. II. Petit-Vendol). — Congrès des
SOCIÉTÉS SAVANTES ; Compte rendu de la Sous-section des
Sciences médicales et de l’hygiène, par Friedel. — Congrès
BTBRN.ATIONAI. DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE I La défense illtor-
Bttonnale contre la tuberculose, par Bernheim ; De l’emploi de
la tuberculine dans le traitement de la tuberculose, par Ber-
ikiin et Saint-Laurent ; Tuberculose et maisons insalubres.
par Bernheim ; Blanchisseurs et tuberculose, par Bernheim et
Dieupart. — Revue de dermatologie : L’agent pathogène de
la syphilis, par Poramay ; .\n introduction to dermatology, par
Walker ; Pathogénie du purpura, par Grenet ; Dermato-psy-
chies, par Dide ; Y a-t-il une pelade d’origine helminthique,
par Boyer. — ■ Hydrologie : Sermaize-les-Bains (Marne) —
Bibliographie : Les accidents du travail, par Vibert ; Frac¬
ture du poignet en sens inverse ou fracture par hyperflexion de
l’extrémité inférieure du radius, par Guermônprez ; Traité des
maladies épidémiques, par Kelsch ; Contribution à l’étude du
saprophytisme du bacille de Koch, par Ferré et Buard. — Va¬
ria : A propos de la mort de M. Curie ; Instructions sanitaires
dans les campagnes; Une épidémie mystique au Pays de Galles ;
Les haricots toxiques ; Les fausses dents des Députés. — For¬
mules. — Actes et thèses de la faculté de médecine de
Paris. — Thérapeutique : L'hélénine et sas applications thé¬
rapeutiques, — Nouvelles. — Chronique des hôpitaux. —
SYPHILIGRAPHIE
cas d’éruption syphilitique sur des chéloïdes :
Par le D' Loucas LÉFAS
Ancien interne des hôpitaux d’Athènes.
Sousce. terme, nous allons relater un cas de syphilis,
BOUS avons eu l’occasion d’observer, et qui a eu
particularité de se manifester presqu’exclusivement
des chéloïdes.
tsERVATioN.— Notre malade, L. M., tlgé de 2fians, étudiant
droit, portait sur le front une vaste cicatrice chéloïde lor-
apn s un traumatisme reçu quatre ans auparavant ; àcôté
^Ile-ci, dans la région temporale droite du visage une
de cicatrice se montrait, qui dans ce dernier temps com-
fait à se transformer en chéloïde de bien moindres dimen-
’ <ï<ie la précédente : il avait de même une autre chéloïde
“he plaie produite par un coup de couteau, reçu dans la
posiériciire du brasdroit à0,ü4 cm. au-dessus de l’olé-
■ybeplusql souffrait très souvent de la fièvre paludéenne,
en été, et il avait l'habitude de boire des boissons al-
Aues variées, du vin, de la bière, etc., à ce point que mal-
h jeune âge on pouvait le considérer comme un alcoo-
i^e auparavant il avait contracté une blennor-
devenue depuis chronique, accompagnée de végéta-
Un niot c'était un homme d'une vie irrégulière, dé-
antécédent héréditaire à noter. Il y a trois mois,
une ulcération dure sur le prépuce, que nous
J comme syphilitique et qui a guéri. Mais la tuiné-
so0t ®®.8anglions du voisinage et de ceux plus éloignés,
'^^elut'*^'* ^ ® persisté. Le mode de propagation
> jg .de la tuméfaction ganglionnaire et la préexis-
Gutre sur la verge ne nous permettent pas de son-
‘Uae 9u'à la syphilis, et, nous attendons patiem-
secondaire. Trois moisaprès ce début,
'Tcès (igï.P'’®®eute à nous pour nous consulter au sujet
J paludéenne inlermillente, dont il souffre
''’Rl jours. Le type de la fièvre est classique, ap-
de lié *”’’'iuement, chaiiuo après-midi, par un frisson
^ accoij*^^ et se dissipant vers minuit par une
Pognée de sueurs profuses et d augmentation des
leûle®^®‘ihons le malade, nous constatons la fièvre inter-
dugmentation du volume de la rate, mais en
^denté et*’ observons que le foie est aussi fortement
" contra^, chéloïdes présentent une rougeur mani-
®vdnt avec la pâleur de la peau avoisinante et
avec la couleur qu'elles présentaient auparavant. Nous n’avons
pas osé conclure à ce moment que c'était la syphilis qui ve¬
nait éclore dans cette région, d’une façon si extraordinaire.
Nous songeâmes à faire l’examen du sang et de l’urine. En
effet, nous aperçûmes que l'urine était fortement colorée par
hématolysect qu'elle était chargée de substances azotées sans
aucun autre élément pathologique ; tandis que d'autre part,
dans le sang, nous retrouvons les hématozoaires de Layeran
en pleine évolution, et les globules rouges très pauvres en lié-
moglobine : la valeur hémoglobique à peine arrivait à 22 ; il
y axait de plus une augmentation des globules blancs très
marquée i22 pour lOOi. Le nombre des globules rouges no dé¬
passait pas en moyenne 4.000.00Ü. Il était évident qu'il s’agis¬
sait de la malaria qui exerçait son action dans le foie et dans
la rate, aussi bien que dans les chéloïdes, dont nous avons
parlé plus haut. Mais la chose n’était pas si simple. l'aide
de la quinine, la fièvre disparaît, le loie et la rate reviennent
peu à peu à leur état normal (juelques jours après, tandis
qu’au contraire la rougeur des chéloïdes augmente d intensité
de plus en plus. Bientôt il s’y forme une exulcération atone
et en même temps, trois jours après que la fièvre avait dis¬
paru, nous aperçûmes une certaine quantité de papules
apparaître sous la forme de la roséole syphilitique, sur la
poitrine, l'abdomen et les fesses. C elait la syphilis qui. restée
latente jusque-là, se réveillait à cause de l’irritation due à la
■fièvre, et éclatait sous une forme intéressante caractérisée par
la rareté des papules sur les autres régions du corps, et sa
concentration sur les chéloïdes.
Les exulcérations des chéloïdes du front et de la tempe
s’étendent de proche en proche, en sorte qu’elles se confon¬
dent en une plaiiue très étendue occupant toute la région du
iront et de la tempe, et se couvrent d’une croûte cireuse, très
grasse et très épaisse. Celle du bras est étendue à toute la par¬
tie fiostérieure de l’olécrâne jusqu’au milieu du bras .sans at¬
teindre la lace antérieure.
Dans ce cas, la quinine ne pouvait être incriminée comme
étant la cause qui a provoqué cette éruption, ni par son ca¬
ractère et parce que l’individu était bien liabitué à supporter
la quinine, même à doses et en quantité supérieure. Par con¬
séquent, c’était autre chose, et nous devions songer à la syphi-
Traitement. — Etant donné ces raisons et la préexistence
du chancre, nous avons cru devoir prescrire le traitement spé¬
cifique du hiiodure de mercure par piqûres, en injectant
avec prudence six milligrammes de mercure par jour. Nous
avonscommencé le cinquième jour après la présence de l’ériip-
lion et la disparition de la fièvre, alors que l’exulcération
était bien développée avec une tendance manifestement pro¬
gressive. Après la cinquième injection, tout était réduit, de
LE PROGRÈS MÉDICAL
f?58
sorte que l’exanthème avait disparu rapidement et complète
ment, la croûte est devenue dure et commença à se détacher.
Après la dixième injection, la vaste croûte était tombée tout
entière, et la plaie se guérissait en laissant à sa place, au lieu
de la rougeur, une pigmentation mélanique foncée. Nous
avons tait en tout ;’() injections alors que toute trace de
l'ulcération est dissipée ; la pigmentation s’est effacée et le
malade est parti tout à fait rétabli sans vouloir continuer le
traitement spécifique réglé. Nous eûmes l'occasion de le re¬
voir neuf mois après sans qu'il se soit plaint d’aucune modi¬
fication de sa santé.
Diagnostic. Conclusions. — De tout ce qui précède
résulte que c'était une localisation bizarre de la syphi¬
lis cantonnée surtout, par prédilection, pour ainsi dire,
sur les chéloïdes. Mais la syphilis s’est-elle manifestée
à l'occasion de la fièvre paludéenne, ou bien élait-ce
une simple coïncidence ? Peu importe, quoiqu'il serait
intéressant d’établir la cause. Nous savons d'après les
expériences et les observations du professeur Verneuil
I Eyicyclopédieinternationalede Chirurgie ^ Paris, 1883,
1. 1, p. 133) que dans certains cas les traumatismes dé¬
terminent des manifestations locales de la syphilis et
que les maladies exanthématiques ont une prédilection
sur les petites plaies, comme les fissures et les scarifi¬
cations. D'autre part, M. Hallopeau (II. Hallopeau.
Pathologie Paris, 1893, p. 28) a vu, chez des
malades atteints d’une syphilis grave en pleine évolu¬
tion secondaire, des plaies contuses placées dans de
mauvaises conditions (par exemple un bec-de-lièvre
traumatique) se réunir par première intention.
Nous pouvons donc considérer les chéloïdes comme
des blessures ou des plaies cicatrisées mais non gué¬
ries^ et par conséquent comme présentan t une irrita¬
tion. spéciale faisant appel aux manifestations des
maladies exanthématiques, paidiculièrement à la sy¬
philis, locales comme dans notre exemple.
REVUE DE CHIRU^IE RIOLOGIQUE
De l’appendicectomie préventive ;
EN CAS d’appendice SAIN (Stlite.)
Par le D' M. TOUZÉ.
IIl. — Utilité de l'appendicectomie préventive.
— De ce qu’un viscère est inutile, il ne s’en suit nulle¬
ment que son ablation s'impose parce qu'inutile. Voyons
donc maintenant si cette exérèse est utile. Or, un cas
bien frappant vraiment typique suffit à fixer de suite
le jugement à cet égard : Giordano (1) pratique chez
une jeune fillette de 10 ans une entéro-anastoniose
ileo-rectale. pour accidents de rétention dus à une
dilatation congénitale du colon. Il laisse en place l'ap¬
pendice sain. Les suites sont excellentes, mais quinze
mois plus lard, une appendicite se déclare, qui
heureusement, se termina par résolution. Et l’auteur
se reproche de n’avoir point excisé le vermium, lors
de l’opération sur l’intestin: il est clair que dans l’es¬
pèce l’appendicectomie préventive, manœuvre supplé¬
mentaire, n'eût en rien aggravé l’intervention prin¬
cipale. Voici d’autres cas similaires auxquels j’atta¬
che une grosse importance à l’appui de ma thèse : au
cours d’une herniotomie crurale, on rencontre et on re¬
foule l’appendice sain. Trois jours après, accidents ab-
(I) Giordano. — Traitement chirurgical de la eolonectasie : Ar¬
chives internationales de Chirurgie, 1903, et Semaine médicale ii” 371,
1904.
dominaux. On retrouve le môme appendice celte L
étranglé dans une hernie inguinale latente (1). _ *
femme de37ans subill’hyslérectomie abdominale si
totale pour salpingite. L’appendice examiné et iro,
normal estlaissé en place. Dix jours plus lard périloii
mortelle due à une appendicite perforante (2i
Une jeune femme de santé florissante est opérée d’hi
téreclomie abdominale pour fibrome. Six moisapj
elle succombe aune péritonite appendiculaire(;l).-.t
malade est opéré pour une affection du foie. Il rem
quelque temps après se faire opérer d’une appendica
(4). Sans parler d’autres cas pins nombreux ou l’apjK
dice était déjà chroniquement enflammé lorsqu’on!
tervintpour iibrome, pour cholécystite, etc., etc. ,eloi
foyer se réveilla plus tard, donnant lieu à une appet
cite bruyante ou à des douleurs iliaques persislanl
pour lesquelles il fallut pratiquer une opération ifé
live destinée à supprimer l’appendice (5).
Le but utile poursuivi par Longuet en recommandi
l’exérèse du vermium sain est donc d’ordre prèm
C’est une précaution, une mesure de prudence. S
doute, l’appendicectomie est toujours une opérationj
ventive. Si l’on supprime l’organe diverticulaireaii
but d’une crise aiguë, ou bien après refroidissement
celle crise, c’est précisément pour aller aii-dovant
graves complications. Mais dans ces éventualités, l'f
rèse ne présente pas au même degré un caractère ai
franchement, aussi purement préventif que dansl'b'i
thèse d’un appendice absolument sain. Ici la préo
lion n’est nullement commandée, mais facultative.
lY. — Indic-ations et contre-indications. -
systématisation de l’appendicectomie chez tous les
jets étant, une fois de plus, nettement rejetée conj
un abus manifeste, il me reste à préciser dans qu'*
circonstances cette méthode de précaution trouve:
indications, d’après Longuet.
Tout d’abord, elle est indiquée sans restriction
les cures radicales de /ierafe, lorsque le vermiuini
labe partiellement ou totalement; quelle que soitbj
riété de celte appendicocèle inguinale, crurale,'’'
licale. Nous avons précisément rapporté une obse*
tion de hernie inguinale, et une autre de hernie '
raie du vermium, toutes deux traitées par appenn"
tomie. Il semble, en effet, bien acquis que l’nPP*^
hernié est plus particulièrement prédisposé à Im
malion ultérieure, à l’étranglement et à la
Mais n’en serait-l-il pas ainsi que l’exérèse de
sain n’en est pas moins rationnelle ; contrairei^
l’opinion de A. Brieger (6), de Bidwell (7), de Lan?’
qui préfèrent la réduction à l'excision. Bm®
dans toute herniotomie droite. Longuet cherebf
tématiquement à attirer le vermium, alors na®®*
n’est pas hernié, pour l’enlever parlarnômeoc ,
L'indication semble non moins licite dans ^
cœliotomies abdominales, pour fibrome,
gite, réiroflexion chaque fois qu’on pourra enÉ'’. i
gite, réiroflexion chaque fois qu’on poun ti '=‘V u
pendice sans augmenter notablement la durée
l'I) Observalion prise dans les bulletins de la Société
.lanvier 1900.
(8) Observation empruntée à la thèse de Pojos.
(3) Observation empruntée à la thèse de PuJOS. .
(4) Observation prise dans la Semaine médicale : n* H, ^
(.5) Obsenations de Czer.nv, Riedei., Kennedy,
DOUX, Lejars, Walther, rapportées dans la thèse de "v ^
(6) Brieger (A.). — Hernie de l'appendice : Archiv I
Chirurgie.XhY.4. 189.3.
(7) Bidwei.. — Clinical society of London : séance du 1
(5) Langton — Même indication. !
LI5 PnOGnfiS MEDIGAF.
250
• lion — ^ haut la relation d'un cas
t^onnel dans lequel rappendicectomle fut faite au
Prsd'one cœliotomie pour constipation invétérée,
l^me complément d'une colonopexie. Et bien que
“ connaissant pas encore d’exemple, Longuet la
' eille dans certaines interventions sur les voies bi-
jjires, par exemple comme complément d 'une cholé-
^Enfin étendant le domaine des indications, notre
naître n'a pas craint d’agirainsi comme temps prélimi-
ijjreKnc né'phrorra'phie pournéphy'optose .Ici pour-
anlla technique est (dus complexe, en ce sens qu’on
iiéciiteen réalité deux opérations distinctes dans la
lême séance ; pardeux incisions différentes, l’une ab-
Minale, l’autre lombaire, réclamant chacune une fer-
jelnrc individuelle ; ce qui est assez long. Il convient
tlurelieraentde commencer par l'acte abdominal, afin
■èlrcdansles meilleures conditionsdosécurité au point
Ivoedela stérilisation des mains et du matériel ins-
imental.Maisà la prochaine intervention de ce genre,
tentera l’ablation de l’appendice par l’incision lom-
ilre prolongée, ce qui simplifiera peut-être notable-
lentla technique ou encore il fera la fixation du rein
l'abdomen, après ablation du vennium par la môme
Î..I priori l’appendicectomie complémentaire d’une
jléphrorrapbie paraîtunpeu osée. Cependant il semble
«montré que la népbroptose prédispose un jour ou
|anlrc à l'appendicite. Ainsi Edebobls'l/ admet cette
lomplication dans 60 pour 100 des cas. Et pour lui la
ftatedurein mène presque fatalement à l’appendicite
ibmnique. Admettons qu'il y ait quelque e.xagération
issa manière de voir, il n’en reste pas moins que
le libation exi5te,et qu’elle doit être prise en sérieuse
isidération. Pour Longuet, il y aura peut-être
Fore indication en cos d'appendicite familiale quand
(«istence de cette prédisposition héréditaire sera net-
™ent démontrée.
lelestle chapiire provisoire que nous ouvrons dès
*^alcnant au sujetdes indications, avec l’espoir qu’il
^•'^nlôt. En face des indications, une place
l! réservée aux contre-indications. Ainsi I on
^Mabstenir derappendicectomie quand l’acte opéra-
est d’une certaine durée. Voici mainte-
, Ire contre-indication signalée par Picqué(2),
loelle nous souscrivons pleinement pour noire
^opération peut être nuisible, dit-il, chez les
®®^yP°'^^oridriaque3, qui toute leur vie souf-
t#ffois'* interventions chirurgicales
lai, ®*'^*i'ples seulement no guérissent pas,
eore peuvent faire verser dans la démence.»
Zoologique. — Nous souvenant de
''®Ruffon : « Sans les animaux, la nature
ous ®eraitencorc plus incompréhensible »,nous
idSQp J ^ l’eus éclairer par une enquête zoologi-
rencom ^'o^'^'ealion de l’appendice. Or cet organe
ez Içg l’^rement chez les animaux, et seulement
(quelques marsupiaux, léporides,
les i'°Peïdes). Nos interventions n’ont pu êire
“Wnce^'î^' *'’®Japins (3). Leur état de santé et do
point été influencé défavorablement par
~~7 -
8 appendicilis. CentralMatt für
pour uppendir.'ilgie : Bulletins de
w,A*’P*’ndicecloinie
la suppression d’un organe qui atteint cependant chez
eux des dimensions relativement considérables. Pour
donner une description aussi exacte que possible de
l’appendice du lapin, nous ne saurions mieux faire que
de citer M. le professeur Roger (1). « Le cæcum cons-
(< titue un vaste réservoir dont Incapacité est environ
« dix fois supérieure à celle de l’estomac ; il mesure
« 45 à 50 centimètres delong sur 4 centimètres de dia-
« mètre à sa partie la plus large. Onne doitpasle faire
« commencer au niveau de l’embouchure de l’intestin
« grêle, caril se continue avec des caractères particu-
« lierssur une longueurdeB ou 4 centimètres avantd’a-
(( border au côlon ascendant ; les parois du cæcum sont
« molles, flasques, minces, largement bosselées et de
« coloration verte... La limite entre le cæcum et l’ap-
« pendice est nettement tranchée, car si le cæcum se
« rétrécit rapidement pour se continuer à plein canal
« avec l’appendice, les deux intestins présentent un as-
« pect tout à fait dissemblable. Au lieu d’avoir comme
« le cæcum une paroi molle, bosselée, verte, l’appendice
« est pourvu d’une paroi épaisse sa surface est comme
(( granitée, etd’une coloration blanc rosé... 11 mesure
« 8 à 11 cm. de long, 1 centim. de diamètre uniforme.
« En l’ouvrant et le débarrassant des matières verdâtres
« sa surface interne apparaît blanche, parcourue de
« sillons longitudinaux (plissement de la muqueuse,).
« Celle-ci est granitée i folliculesclos agminés). La face
K interne de l’appendice dilTèrc totalement de celle du
« cæcum. ( Ici valvules connivenles, aspect verdâtre,
i< mobilité sur les autres couches. ('Ainsi, bien que le
« ca*cum et l’appendice se continuent à plein canal, il
» y a entre ces deux portions d’intestin des différences
« très nettes également appréciables surlaface interne
« et sur la face externe. » Nous sommes également
d’avis qu’un tel organe est facile à distinguer du reste
de l’intestin à première vue. L’opération pourtant nous
a semblé difficile, car l’appendice étant, chez le lapin,
profondément situé, on doit, pour le trouver, écarter un
gros paquet intestinal et surtout cæcalqui bombe et
fait hernie dès l’ouverture du ventre.
La muqueuse de l’appendice, diffère beaucoup de la
mu(|ucnsc caecale ; celle-ci est remplacée par une
bande épaisse de follicules clos qui refoule et réduit la
muscalaris mucos.r au point qu’elle n’est souvent re¬
présentée que par quelqucsccllules musculaires dissé¬
minées i Roger). Ne nous semble-t-il pas que, contrai¬
rement à la thèse que nous soutenons, un organe si
bien différencié doive avoir une fonction spéciale bien
déterminée. Voici pourtant ce que dit à ce sujet M. le
professeur Roger : « En dehors du rôle phagocytaire des
« follicules clos, le rôle de la sécrétion appendiculaire
(' qui n’a aucune action bactéricide, semble être pure-
» ment mécanique et servir à balayer l’appendice et em-
» pêcher l’accumulation des toxines. Ce liquide ne
» semble pas non plus jouer un grand rôle dans la di-
» gestion et malgré la richesse de l’apprendice en vais-
(< seaux sanguins et le développement de son appareil
« lymphatique, l’absorption n’y est pas très active. »
Nous sommes loin d’une glande à sécrétion interne, et
il n’est pas étonnant que nos lapins privés de ce petit
bout d’intestin continuent à se bien porter. Mais iln’é-
tait pas seulement intéressant poumons de rechercher
les quelques animaux pourvus d’un appendice vermi-
forme et ce qu’il advient de tel d’enirc eux si on le lui
enlève ce diverticule que nous supposons et croyons
1, Il()(.KU cl .loscK. — L’.nppciidifilr e.xprriiiionlale. Revu? demc~
dcciiie. jcin 'i.S96.
2G0
LE PROGRÈS MEDICAL
fermement être un organe en voie d'atrophie. Il fallait se
demander quelle en est l’origine, ce qn’il peut être et
d’où il vient. 11 est une définition bien simple, mais
juste : « L’appendice est la partie terminale rétrécie du
cæcum. «Naïve, cette définition démontrée littéralement
exacte, viendrait à l’appui de notre thèse. En effet, un
organe devenu inutile peut disparaître, mais progressi¬
vement et nous retrouverons toutes les formes inter¬
médiaires. Ne serait-ce pas le rôle du caecum et de l’ap¬
pendice, le premier s’atrophiant, se rétrécissant parce-
qu'inutile ou devenant moins utile chez quelques es-
èces où il estd’aspect vermiculaire. D’autre part, em-
ryologiquement 1 appendice s’implante sur le sommet
de l’ampoule caicale, a d’abord le même diamètre qu’elle.
Or, ce fait est intéressant, si l’on se rappelle le principe
de Eritz-Müller sur l’identité de la philogénie et de
l’ontogénie. « L’embryogénie d’un animal n’est que la
répétition abrégée des phases qu’à traversées son es¬
pèce dans la s litedes temps pour arriver a saforme ac¬
tuelle. >' Certes la forme et la structure de l’appendice
du lapin diffèrent beaucoup de celles du cæcum, mais
en somme l’histologie démontre des différences de
quantité plutôt que de nature.
Nos recherches ont été limitées aux vertébrés, sans
remonter jusqu’aux vers et aux tuniciers,ces ancêtres de
l’homme (Ilaeckel ) dont le tube digestif se complique
déjà. Passons rapidement sur la première classe des
vertébrés, lesyjoùsscms. Leur tube digestif n’a que des
rapports très-éloignés avec celui de l’homme et des
mammifères. Sans doute la longueur de l’intestin varie
avec le régime, mais ici pas de différenciation bien nette
entre ses parties. Des appendices parfois très nom¬
breux dits cæcum, s’abouchent au niveau de l'estomac
et du pylore. Leur rôle est peu connu. Ils ne sont guère
comparables au cæcum des oiseaux ou des mammifè¬
res. Toutefois leur présence parait exclusive du
helico'idal parcourant l’intestin des poissons cartilagi¬
neux, destiné lui-même à augmenter la surface d’ab¬
sorption. — Chez les batraciens et surtout les reptiles,
l’intestin se différencie nettement en deux parties. L’in¬
testin grêle, généralement court en raison des proies
vivantes dont se nourrissent le plus souvent ces ani¬
maux, est particulièrement long chez les tortues phy¬
tophages. Enfin assez souvent l’origine du gros intestin
est marquée par une valvule ou par un caecum très rare
chez les ophidiens, mais assez fréquent chez les sauriens
et les chalcidlens. Jusqu’ici le ca'cum n’a qu’une bien
faible importance. Mais nous voici à l’avant-dernière
classe des vertébrés. Le ca*cum des oiseaux, bien que
double et situé à la partie terminale de l’intestin, est
comparable à celui des mammitères et présente des va¬
riations de grandeur qui ne manquent pas de nous in¬
téresser et de nous fournir des arguments en faveur de
notre thèse : très développés chez les oiseaux végéta¬
riens. nous voyons les caecums devenir rudimentaires ou
manquer complètement chez les oiseaux piscivores et
carnivores. Tandis queles dindons, tétras, perdrix, fai¬
sans ont des caecums toujours parfaitement développés ;
ceux des chevaliers, ibis, hérons, (dont le régime se com¬
pose de larves, insectes, poissons, reptiles), sont très ré¬
duits. Et nous ne manquerons pas de dire queles cæcums
rudimentaires des oiseaux rappellent l’appendice ver-
miforme humain. Le régime carné a fait de ce cul-de-
sac devenu inutile, dit M. Maumus (1 ), un organe où les
villosités n’existent plus, où les glandes peu nombreuses
(1; Maumcs. — ThoüO de la FaeuUé des Seieiiees, 1S02.
ont fait place à des follicules clos qui constituem
gane. Dira-t-on que, chez les oiseaux piscivores, d®
ganes spéciaux sont venus remplacer les cœcui
sents ; ou bien qu’au lieu d’organes normalemei
veloppés et jadis utiles, on ne trouve plus qne
appendices rudimentaires témoins de la régj
d’une partie de l’intestin que le régime a rendi
tile ■? Sans doute, on peut encore choisir entre ces
manières de voir et l’état de la science ne perim
encore de trancher la question, mais les observ
nous semblent bien en faveur de la seconde opini
est la nôtre et que nous appliquons à Tappendii
main. — Chez les mammifères les moins élevési
ganisation, marsupiaux , qui, par la diversitéd
mes constituent une série parallèle àla série des
mifères placentaires, le cæcum varie beaucoup,
nous ne sommes point étonnés de trouver chezl’ui
un appendice vermiforme.
En somme, cc's variations sont en corrélation pi
avec le régime. Long chez les herbivores et lesfn
res (kanguroo, phalanger, etc.), le ca'cum dii
chez les insectivores (peramèle) ; il possède ci
phascolome, (marsupialrongeur), un diverticulea
diculaire et manque totalement chez le dasyw
clusivement carnivore. Chez les édentés, le c
manque presque toujours comme chez tous les il
vores el les chéiroptères. Il est très réduit et parfo
sent chez les carnivores et les pinnipèdes, tandi
acquiert un développement considérable dans)
des et surtout chez les rongeurs hei'K
Les loirs, qui appartiennent à cet ordre, en sfl
pourvus. Ce sont des frugivores, mais ajoutanl
régime, des œufs, des insectes, des oiseaux. Clii
perissodactyles, les porcins, les ruminants, lespn
diens (tous herbivores), le cæcum est constant et
(principalement chez le cheval). La masse alimi
si considérable qui constitue la ration de cesaB
subit dans ce cul-de-sac d’une contenance de5<l
ses dernières métamorphoses, tandis qu’ellessonl
vées ou à peu près dans le grêle des carnassier
rôle du cæcum est ici tel qu’on Ta comparé àm
xième estomac. Le daman (hyracoïde herbivore
cæcum impair considérable, et deux autres
accessoires à la naissance du rectum Absents c
cétacés carnivores, le cæcum est volumineux d
dugonds, les lamantins (ruminants adaptés »
aquatique). Enfin, tandis qu’il est bien dcvel^f
les lémuriens et les singes phytophages, nousk
présenter lesplus grandes analogies avec celuid®
me chez les singes anthropoïdes, possesseurs
pendice vermiforme avec possibilité d'appenfb^
En résumé, le cæcum est un organe qui, u** •
1 évolution, et selon les régimes, subit des v* ,
nombreuses et considérables. Or, de mêmes
des espèces intermédiaires qui permettent
dans la classification zoologique d’une
autre, d’un ordre à un ordre plus élevé, n'y cu
quelque analogie entre ces êtres qui se sont
entre deux séries bien déterminées et ce diver
tcstinal témoin des phases par lesquelles » r
caecum 11 est des intermédiaires qui ont disp
est qui ont subsisté sans doute, par cequelesc
vitales n’ont pas encore condamné ces dernie
espèces dont le cæcum a disparu sans laisse
chez d’autres une partie est devenue vermdo^
-
(1 M'einiikho. .\|ipondioil(‘ clicz le -
tilul Pasteur. 1901.
LE PROGRES MEDIGAI. 261
<]Uoi ? Probablement parce que le temps a manqué à la
disparition totale de cette partie désormais inutile,
peut-être parce que le régime des espèces chez lesquel¬
les on Fobserve n'est pas encore définitivement lixé.
Car, nous nous empressons de le dire, nous ne soutenons
pas que, chez les animaux où il présente encore un cer¬
tain volume, l’appendice soit nul physiologiquement et
d'une manière absolue, nous disons que c’est une par¬
tie d’organe en voie de disparition etdont le rôle dimi¬
nue et diminuera sans cesse à mesure que le régime le
rendra inutile. Il y a certainement des expériences in¬
téressantes à faire en particulier au point de vue de l’ap¬
pendicectomie familiale et des régimes, qui peut-être,
hâteraient dans une certaine mesure l’onivredela na¬
ture.
Conclusions. — 1. A côté de V appendiceclomie tar¬
dive ^ h ivo\à » pour appendicite chronique i méthode
de Trêves, 1888) ; à côté de V appendicectomie précoce
« à chaud » pour appendicite aiguë ( méthode de K.um-
mel 1890) ; il y a place aussi pour l' appendicectomie
préventive en cas d'appendice sain ( méthode de Longuet
1897 1. L'ablation systématique du vermium chez tout
sujet sain, quel qu’il soit, est un acte exagéré, qui ouvre
la porte aux abus. Toutefois cette conduite est parfois
recorhmandable au sens où elle est ici préconisée,
c’est-à-dire comme complément d'une opération, en
particulier d’une intervention laparotomique ou para-
iaparotomique.
II. Elle est, en effet, d’une innocuité clinique et opé¬
ratoire démontrées par un nombre de cas déjà sulfi-
sant.
III. Elle est d'une parfaite innocuité biologique. A.
l’opinion de Mac Ewen qui défend l’appendicectomie
préventive parce que le vermium possède une fonction
digestive doublée d’une fonction générale eutrophique,
J oppose la conception de Longuet pour qui l’appendi¬
cectomie préventive est permise. L’appendice n’a qu'un
rôle biologique effacé, c’est un organe en voie d'involu-
tion atrophique démontrée par de multiples stigmates
jnacroscopiques et microscopiques de dégénérescence
ibroïdale, assimilable par suite au diverticule de Mec-
kel.
1} • Elle est parce que préventive ; elle va sans le
ffloindie risque, au-devant de complications intlamma-
oires toujours possibles qui, si elles surviennent, né¬
cessitent une opération itérative évitable par l’exérèse
pratiquée lors de la première intervention laparotomique
P^ralaparotomique.
Elle est indiquée d’après Longuet, comme com-
Q des cures radicale.'i àe hernie dans lesquelles
trouve l’appendice hernié ou même non hernié — dans
s cœliotomies abdominales pour lésions pelviennes
ù aonexile), pour affection digestive (constipa-
n invétérée), pour affection hépatique (cholécystite)
^tre chez les familles appendiculaires par pré-
les wcp/trorrap/ifes pour nc-phrop-
iiue ■ 1 quand elle doit prolonger
hig ‘”‘®f''ention déjà trop longue par elle-même — ou
t's anit(Eicqué) de malades obsédés, hypo-
Yj riaques, prédisposés à la démence,
livié ^ ®^^’de zoologique à laquelle nous nous sommes
maj|i-\®"^®tinellement confirme le bien fondé de cette
«a/g^'^de voir. L’appendice iT est que /a ;jrtr//c terrni-
et en voie de régression ;
Ojiai physiologique est d’importance
^ et négligeable, tout au moins chez l'homme. '
NARCYL GRÉMY médicament spécifi¬
que de la toux, spécialement de la toux des tu¬
berculeux.
BULLETIN DU PROGRÈS MEDICAL
Un Ministère du travail, de l’hygiène et de l’Assistance
publiques.
Le D" .fuies Félix, professeur à l'Université nouvelle
de Bruxelles, a depuis longtemps proposé la création,
dans tous les pays du monde, d’un Ministère du Tra¬
vail, de l'Hygiène et de l’Assistance publiques. C'est une
excellente campagne qu'il a entreprise et que nous ne
saurions trop encourager.
Nous avons bien souvent réclamé, en France, et nom¬
bre de collaborateurs du Pi'ogrès médical et d'autres
journaux de médecine en ont fait autant, la création
d'un Ministère de l'Hygiène et de l’.Assistance publiques,
et rien jusqu'ici n'a été fait dans ce sens. On a créé en
1889, longtemps après le Comité consultatif d’hygiène
de France, au Ministère de l’Intérieur, un Conseil su¬
périeur d’Assistance publique ue France ; on aurait pu.
dès cette époque, au lieu d'une direction dépendant du
Ministère de l’Intérieur, créer un nouveau ministère,
absolument autonome, car il n'est pas que le Ministère
de l'Intérieur qui doit s'occuper de l'hygiène et de T.U-
sistance, tous les autres ministères, voire celui de la
.lustice, y sont particulièrement intéressés. H y a là une
grosse question remplie de difficultés à résoudre, mais
qu’avec un peu de travail et d'entente il serait possible
de réaliser. C'est aussi une question politique importante
enjeu où la science des médecins et la sagacité des légis¬
lateurs doivent être mises largement à contribution pour
le bien-être général de toutes les classes de la Société.
M. le U' Félix demande une centralisation générale
de tout ce qui concerne la législation et l'organisation
scientifiques du travail, de l'hygiène et de l’Assistance
publiques. H faut protéger les ouvriers contre les acci¬
dents du travail, les maladies sociales, la vieillesse et
l'incapacité sous l'unification des lois du travail : il faut
appliquer l'hygiène jusque dans les communes les plus
arriérées par l’institution d'une caisse de secours des
communes.
Malgré le grand nombre d'o'uvres privées en Belgique
et leur fonctionnement admirable, les hôpitaux, les
prisons, les asiles d'aliénés, les dépôts de mendicité re¬
gorgent de monde. M. Félix y voit la preuve que les
initiatives privées sont impuissantes à conjurer ces
endémies ruineuses au point de vue moral, physique
et économique. Le gouvernement belge, qui consacre
deux millions par an pour les maladies du bétail, laisse
des centaines de communes dépourvues de toute orga¬
nisation du service médical des indigents et un très grand
nombre de villes ou de villages où le service est absolu¬
ment insuffisant et lamortalité considérable. La morta¬
lité par la tuberculose s’élève à plus de. 18.000 décès
par année. H serait donc utile de créer des dispensai¬
res et des sanatoriums pour tuberculeux et rendre les
cures d'air et d'eau accessibles à ceux qui en ont besoin.
262
LE PROGRES MEDICAL
irest le seul moyen, avec la suppression des boissons
alcooliques, de régénérer la race humaine, de diminuer
le nombre effrayant des voleurs, des criminels, etc., et
de réduire considérablement la mortalité et la misère.
,M. le D" Jules Félix propose l’organisation d’un ministère
(lu travail et de riiygiène et de l’Assistance pour com¬
battre le mal. Il se plaint que le Gouvernement ne
donne pas assez d’argent pour aider la charité et le zèle
des philanthropes et qu’il devrait prendre la tète du
mouvement en créant ce ministère, seul capable de dé¬
fendre et de sauvegarder la vigueur, la santé, le bien-
être et la vie des travailleurs. Pour obtenir les millions
nécessaires à cette œuvre, M. Félix supprime les caser¬
nes et les fortilications ; il exproprie les distilleries
d'alcool de grains qu'il transforme en distillerie d’alcool
industriel. Il construit de vastes colonies de rapport
sur le littoral, dans la Campine, les .Vrdennes, etc., avec j
gymnastique suédoise, écoles professionnelles, etc. |
Quant aux ressources pour l’entretien de ces vastes *
institutions, rieiule plus simple, dit l'auteur du projet ; 1°
Goopérationdes Sociétés d’assurances contre les maladies j
et accidents ilu travail ; 2" Coopération des Sociétés de j
secours mutuels ; 3’ Coopération des commercants, des J
administrations publiques qui ont intérêt à conserver la
santé de leur personnel ; 4“ Impôt de 10 francs par an
sur les riches capitalistes ; 5'> Revenus donnés par les
caisses de prévoyance, etc., etc., etc.
Nous verrions avec plaisir le projet du D' Félix réus¬
sir en Belgique. 11 y aurait évidemment beaucoup de
modifications à y apporterdanslesdétailsqu’il contient,
mais le tout est d'abord de le faire triompher ; on peut ]
facilement améliorer ensuite. Les objections viendront
d’elles-mèmes avec la pratique. Il est une chose que
nous retenons dans l'exposé du D' Félix, c'est l’appel
qu'il fait au Gouvernement pour créer dans son pays
iiue administration armée de toutes pièces pour assu¬
rer aide, hygiène et santé à la population, ce qui de¬
puis longtemps devrait exister en France, où Paris, la
ville-lumière, dont la Faculté de médecine possédait
encore il y a quelques années, le plus remarquable
musée d'hygiène pour la propagation de toutes les I
épidémies qu’au milieu des nuagesde poussières il était |
permis de visiter. C’était une façon paradoxale dé faire '
apprécier des étrangers les avantages de l’hygiène ; !
avouons cette manière d'enseigner, qui ne manquait '
pas d’originalité. Il est vrai qu'il y avait là, sans doute, I
enjeu une question budgétaire. Albin Roussklet.
Le classement dansles concours médicauxde l'assistance.
A la suite du dernier concours de l’internat, le prési- |
dent du jury, M. le D' Barth, a adressé à M. le directeur j
de l’Assistance publique la lettre suivante, qui a été pu¬
bliée dans plusieurs journaux de médecine : I
Paris, J avril 1000. j
Monsieur le directeur, |
Dans la liste de classement des internes (qui n’a pas été
soumise au jury; l’Administration a placé Mlle A...., reçue
externe en 1002 avec le n» 210, avant M. 15..., re<;u au même
concours avec le n“ 10. Aux réclamations de ce dernier, il a j
été répondu (lu’ayant lait une année de service militaire, il 1
était considéré comme étant moins ancien d’un an <juc Mlle I
\.... 11 y a là une interprétation tellement choquante de la
lettre des règlements que je suis assuré, Monsieur le direc¬
teur, ([u’il me suffira de vous la signaler pour qu’elle soit
immédiatement réformée et pour que M. B... soit rétabli au
rang de classement qu’il doit occuper erant .Mlle A...
11 est, en effet, inadmissible que l’exemption du service mili¬
taire crée un privilège de classement en faveur des femmes
et des étrangers, en tlehors du privilège de fait ([ue cette im¬
munité leur confère. La nouvelle loi rend d'ailleurs ce privi¬
lège tellement exorbitant <iue le jury de l'Internat a décidé,
dans sa dernière séance, de vous proposer des mesures capa¬
bles de le neutraliser jus([u’à un certain point. En attendant
que ces mesures soient arrêtées, j'ai l'honneur d’insister au
nom de mes collègues et de l’opinion publifpie sur la rectifi¬
cation mentionnée j)lushaut.
Veuillez agréer, etc, 1.5'’ IL Barth.
A cette lettre, M. le directeur de l’administration géné¬
rale a répondu par la suivante qui a été aussi publiée :
Monsieur le président.
J'ai l’honneur de vous accuser réception de la lettre par
laquelle vous avez bien voulu me demander d’apporter une
modification au classement des candidats établi à la suite du
concours de l'Internat en médecine, en intervertissant l'ordre
de nomination de deux d'entre eux, Mlle L... et M. B...
Permettez- moi d’abord de vous faire remarquer, Monsieur
le président, que si le jury n'a pas pris connaissance du clas¬
sement dont il s'agit, c’est parce (pie MM. vos collègues,
dans leur empressement à (piitter la salle des séances, n’ont
pas voulu entendre la communication qui allait leur en être
faite, et vousconvienilrez avec moi ([u'il n'appartenait pas à
r Vdministration de les retenir.
.1 ajouterai ([u’im adoptant le procès-verbal, ils ont, par le
fait même, approuvé le classement des candidats «fui s'y trou¬
vait inséré.
(à' classement a été établi suivant les usages constamment
suivis et (lui n'avaient jusqu'alors jamais provo(pi('' la moin¬
dre réclamation. Les jurys successifs ont sans doute estimé
(ju il convenait de tenir compte des services e//éc/î/i<, en clas¬
sant les candklats ayant accom[>li un service ininterrompu
avanteeux que leurs obligations militaires avaitmt tenus éloi¬
gnés des bôi)itaux. Il n’y a, d’ailleurs, dans le règlement au¬
cune disposition à cet égard, le jury ayant toute latitudeet
toute responsabilité pour établir en toute indépendance de
conscience l’ordre des concurrents. C'est vous dire (jue 1 Ad¬
ministration n’ent élevé aucune objection si le jury du der¬
nier concours avait décidé de praticiuer autrement (lue ses
devanciers. Le classement des concurrents, publié depuis
déjà une semaine, doit donc être tenu comme ayant été dé¬
terminé 'parle jury lui-même, et il ne serait peut-être pas sans
inconvénients de reconnaître, en le modifiant, ([u'il n’en a
pas été ainsi.
L'ordre des candidats dev rait, on effet, être profondément
remanié, car la question (pu se pose pour Mlle L... et pour
M. B... se poserait également pour seize autres candidats, d
l'on ne saurait s'en tenir aux deux concniTcnts sur lesquey
vous avez bien voulu appeler mon attention. On doit considé¬
rer aussi que ces changements éventuels ne seraient
sans provocpier des réclamalions inverses, ce ([ui ne serai
pas moins fâcheux. Je crois, d’autre part, savoir quf '*•
B... n’attache que peu d’importance au rang qui lui a été a -
tribné et qu'il ne réclame ipie jionrle princiiie : or, d
saurait être ipiestion delà viohii ion d’un principi- (pu n’exi^'
pas. le jury étant absolnmimt maître des règles à suivre pon
le classement des candidats.
’l'elles sont les considérations ipn'j'ai cru devi
)US so“'
mettre à titre personnel et confidentiel. Dans ces conditjo^j
j'estime — et j(; veux espérer (pie vous vous rallierez
manière de voir — qu’il n’y a pas lieu de donner suite a
réclamation dont vous avez bien voulu vous faire l’interpre
\gr(-
Lr direrteitrde t’AdminislviUwn f/vnérü^^
de l'Asxi.itanre i>iibli<iiie
Signé ; (L MksursüR-
À
LE PROGRÈS MEDICAL
263
Récemmeat membre dujury du concours des médecins
4e l’Assistance médicale à domicile, nous nous sommes
trouvé en présence de circonstances analogues à celles
du concours de l’Internat ; un certain nombre de candi¬
dats avaient obtenu la même note. Uniquement soucieux
de conserver le caractère d’impartialité absolue qui a
toiij"urs présidé à ce concours, depuis sa création, le
jury a fait lui-même le classement des dix candidats
admis. Dans sa dernière séance, il a pris la peine de
discuter et d’apprécier les titres de chaque candidat, et,
le classement ainsi effectué, aucun n’a fait, croyons-nous,
de réclamation, même de principe. Les fonctionnaires de
l’administration qui assistaient le jury lui ont donné,
avec la plus parfaite bonne grâce, les renseignements
les plus complets sur le règlement du concours et n’ont
jamais cherché à empiéter sur le rôle des juges. Comme
les lègles générales des concours de l’Assistance sont
et doivent être les mêmes, nous devons nous borner à
regretter qu’au concours de l’Internat le jury n’ait pas
cru devoir user, jusqu'aubout, de ses prérogatives, qui
comprennent évidemment le classement des candidats
admis. •!. Noir.
Contre l’INSOMNIE, prescrire :
TABLETTES MERCK DE VERo’xAL, au cacao,
dosées à 0,50 et divisibles par moitié.
SOCIÉTÉS SAVANTES
.\CVDLM1K DK MKDKCINK
Séana- du H avril.
Cette séance est une vraie séance de vacances de Pâques.
Elle est levée sitôt après la lecture de la correspondance et du
procès-verbal.
La Commission char^rée de résumer les réformes les plus
urgentes pour lutter contre la tuberculose doit déposer un
rapport mardi proc hain. Ce travail aura certainement une
?ra nde i mportance . 1 1 fa u t espérer ( ju’a près lant de d iscussions
de pure théorie, on se décidera à faire un peu de pratique
et un peu d'action.
Srance du 24 avril.
Cette séance est encore une véritable séance de vacances,
peu chargée et extrêmement courte.
La correspondance comprend des lettres de candidature
ue .VL Kaufmann (section de médecine vétérinaire) et de
M. Eustache (de Lillei et Ahelous (de Toulouse) section des
lUembres correspondants.
. ^L Cuéniot prononce Télo.cc du médecin-inspecteur prin-
■®Pî>l Paulet, memhre correspondant dans la section d ana-
toraie, récemment décédé.
Les conclusions définitives de la commission do la tuber-
os '• .sur les mesu-cs les plus importantes et les plus urgentes
prendre pour la proiihvlaxic seront sans doute déposées
®»«li prochain.
L Delorme présente, au nom de M. le médecin principal
^ueider, les nombreux documents que ce dernier a pu
P ''edlir sur Phvgiène, la démographie et la pathologie en
pendant sa mission auprès du Shah à Téhéran.
Grijipe et proslatiles.
Vï P •
rts chirurgien à l'hôpital Péan, rapporte plusieurs
gt\na survenus dans ta convalescence de la
™ienn * probable ciue celle-ci ne produit pas directe-
•• est plus vraisemblable que l'infection
PnJA*. et 1 affaiblissement de l’état général réveille une
la jusque là latente et tolérée. Ce rôle étiologiriue de
PPe nen est pas moins fort intéressant. \.-K. Pi.icqcii.
SOCIÉTÉ DÉ PÉDIATRIE
Smncedu 24 avril 1000. — Présidence de "M. Comby.
Idiotie à type mongolique.
M. à ARioT présente un enfant atteint d’idiotie à type mon¬
golique: tête arrondie, brachycéphale, face en pleine lune,
yenx bridés à commissures palpébrales externes relevées
en dehors et en haut... etc. Ce petit malade, actuellement
âgé de 10 mois, estd'un jioids notablement inférieur au poids
normal d’un enfant du même âge; il est né avant terme,
d'un père et d'une more tous deux nerveux avérés. Lc's oreilles
sont asymétriques, avec lobule atrophié et adhérent. L’enfant
est tout à fait idiot : il ne parle pas, ne s'intéresse à personne
ni à rien, reste complètement inerte, toute la journée. 11 doit
y avoir là un état rudimentaire des circonvolutions cérébrales.
M. A ariot présente, à la suite de cette communication, le
cerveau d’un mort subitement au cours d'une broncho-pneu¬
monie consécutive à une rougeole, et qui oftrait un type
d'idiotie assez analogue au précédent. Ce cerveau a subi un
arrêt de développement très manifeste et ses circonvolutions
sont tout à fait rudimentaires.
Paralys-e diphléritiqiie traitée avec succès rapide par les
injections de .sérum de Rou.r.
M. Co.viBY présente une jeune fille de son serv ice, âgée de 14
ans et demi, convalescente d’une paralysie diphtériliqne qui
a guéri rapidement à ta suite de plusieurs injections de sérum
antidiphtéritiijue. Cette enfant avait été atteinte, il y a trois
mois, d’une angine dont la nature diphtériticjuc avait sans
doute été méconnue, mais (fui, en tout cas, n'avait pa.s. été
soumise au traitement sérothérapi([ue ; puis, quelques semai-,
nés plus tard, elle avait commencé à prés(mter des signes de
paralysie fiortam d’abord sur le voile du palais et se généra¬
lisant parla suite de façon à inspirer de sérieuses imfuiétu-
des. On avait alors traité l’enfant par des injections sous-cuta-
nées de cacodylate de soude, mais sans résnltats sensibles.
On l’amena à l’Ilôpitaldes Enfants dans le service de M. Comby.
il y a de cela un mois. I,a paralysie était firescpie géné¬
rale, et Ton fiouvait craindre que, d’un jour à l’autre, elle ne
vînt envahir les muscles respiratoires et menacer ainsi im¬
médiatement l’existence. M . Comby, connaissant le fieu de
ressources eflicaces ([u’olfre la thérai)euli([ue pour le traite¬
ment des paralysies eliphtéritiques, prit le parti d’essayer
de la sérothérapie, comme cela avait été déqà fait dans
divers cas, avec des résultats divers. It lit, en conséquence,
des injections de sérum de lloux, à la dose de '2tl centimètres
cubes par jour pendant les premiers jours, puis, de 10 cen¬
timètres cubes les ou 4 jours suivants. Sous l’inlluence de
ce traitement, il vil se manifester très pronqilement une
amélioration remarquable, qui continua et s’accentua de
même les jours suivants, âctuellemeni, l’entant ne fuésente
pins que (fuelques traces insigniliaiites de la grave paralysie
constatée lors de son entrée.
11 y a donc eu, dans ce cas, une Influence des plus heureu¬
ses exercée parle sérum sur les accidents paralytiques, et
cela sur des accidents survenus à une éporfue relativement
tardive. .M. Éomby rappelle plusieurs faits analogues, les uns
publiés par divers auteurs, un autre observé fiar lui-même,
en ville, sur l’enfant d’un confrère. Il laisse de côté les dis¬
cussions tbéorûfues (fui ont été soulevées à propos de l’em¬
ploi du sérum dans ces conditions, et il est d’avis (fu’en face
de succès comme celui-là, évidemment dû au sérum, c’est à
ce mode de traitement (fu’il faut s’adresser de firéférence à
tout autre, sans se laisser arrêter par la préoccupation d’acci¬
dents sérotbérapiques possibles ultérieurement.
M. Rist fait remarquer que les afiplications de ce mode de
traitement n'ont pas été toujours aussi heureuses entre les
mains d’autres praticiens fort distingués.
M. Netter dit (fu’après (fuelques essais de cegenre, il avait
renoncé à recourir à la sérothérapie comme moyen de traiter
la paralysie diphtérique, mais (fue le cas de \l. Comby le
frappe vivement et l’encouragera à essayer de nouveau les
injections de sé-um en pareille occurence. Il demande ^('■an-
moins à M. Comby (fuelqiu's renseigmements sur les accidents
204
LE PROGRÈS MEDICAL
sérothéi'apiquea à la suite de l’emploi du sérum de Rouv dans
un cas de paralysie.
M. (ïoMBv dit ({u’il a observé seulement, cliez sa jeune ma¬
lade, un peu d’albuminurie dans les premiers jours, alors (jue
les injections étaient de 20 cent, cubes, et, au bout d’une
dizaine de jours, alors (|ue l’on avait cessé les injections, une
légère éruption morbiliforme ; mais que ces deux accidents
n’avaient atteint un degré d’intensité ni de persistance sus¬
ceptible de donner la moindre imiuiétude. et que, dans ces
conditions, la crainte de ces accidents ne peut être mise en
balance avec l’eflicacité et la rapidité d’action bienfaisante de
la sérothérapie.
M. Variot insiste sur la valeur du fait do M. Ccuubyau
point de vtie de refticacilé du traitement sériipte dans la
paralysie diphtbérili(iue, et aussi au point de Aue de l’im¬
munité relative de ce traitement. Et il se déclare tout disposé
à SC baser sur ces faits et à laisser de côté les théories, pour
essayer à son tour ces injections, quatid l’occasion s’en of¬
frira à lui.
Tuberculose du CH'cum.
M. Gcinon présente en son nom et au nom de son interne.
AL Pater, une pièce de tuberculose du cæcum ti'oinée à l’au¬
topsie d'un enfaid de 4 ans 1 2. Cet enfant arriva à l’hôpital
a\cc des signes d’entérite dysentériforme : mais en explorant
l'abdomen ou constatait l’existence d’une tumeur très d)ire,
en général, avec (juelques points plus mous pourtant, intra-
abdominale, à peu prés médiane, sous-ombilicale, que l'on
crut devoir attribuer à une tubercidisation ca‘cale. Il n',\
aAait pas de crépitation, pas d’ascite. pas de signes de périto¬
nite. On souleva la (luestion d'intervention opératoire, mais
on la résolut par la négative, et l’enfant succomba au bout
de pou de temps aux progrès de la cachexie. A l’autopsie on
eut la vérilication du diagnostic : c'était bien le ca-cum qui
était envahi par la tuberculose, sans rien à l’appendice. Et
l’on constata, d autre part, dans la profondeur, des adhéren¬
ces telles, entre la tumeur et les anses intestinales ambiante.-,,
(|ue l'on ne put la détacher de celles-ci sans les déchirer tant
soit peu ; cela justiliait la sagesse de l'abstention, et .M. Gui-
non fait observer, en terminant, que 1§ non intervention doit
être posée en principe général, en pareil cas. Il y avait d’ail¬
leurs des lésions de la tuberculose trachéo-bronchicpie accen¬
tuée, qui auraient pu constituer, à elles seules, une contre-
indication à toute opération.
Epidémie de des<]uamaliou liiu/uale associée à lu perlèrhe.
M. Gltnon donne lecture d'un travail de M. Eu. Weill sur
une épidémie de dcs//uamalion linpuale associée à la perlèche,
observée par l’auteur chez les tilles de l'asile Sainte-Foy, où
sont recueillies des jeunes tilles mineures, dont bon nombre
sont syphilitifpies. L’épidémiedura plusieurs mois, de novem¬
bre à juin de l’année suivante, sans régularité de propagation,
et sans qu'il ait été possible d'établir l’existence de contagion
directe.
M. Comhv n’admet pas de rajvport entre la perlèche, (|ui
seule est contagieuse, et les affections desquamatives de la
langue, cpii ne le sont pas.
Cui/ueluche simple.
AL \ ARioT rap[)orte une autopsie de co(pieluche sim|)le
ipi'il vient d'avoir l'occasion de faire sur un laifant de N mois,
athiepsique tyi)ique, sans lièvre, sa ns congestion puhiionain*,
qui succomba jviesifue subitement après une courte crisecon-
vulsive survenue sans cause appréciable. Les lésions laryngo-
trachéales sont minimeset contormes aux descri|)tions de Ro¬
ger.
AL Pater communique deux observations d’abcès multiples
du ponnion recueillies dans le serv ice de son maître, M. Guinon.
Dans ces deux cas, le diagnostic présenta de grandes difli-
cultés. et l'on pensa, à un cet tain moment, à une pleurésie jm-
rulente, peut être interlobaire. Ia’s ponctions exploratrices
n'apportèrent aucun éclaircis.sement au diagnostic, pas jthis
que l’examen radioscopique ; dans un des deux cas. on crut
devoir faire l’empyème. et c’est alors stmlement que l’on re¬
connut renvahissement et la distension du |»oumon par des
petits abcès multiples contenant du pus fétide. Les deux en¬
fants succombèrent rapidement, malgré tous les soins possi¬
bles. Le microbe en cause était le staphylocoque. Le poumon
était littéralement farci de ivetits abcès cà divers degrés d’évo¬
lution, contre lesquels toute thérapeutique générale ovi locale
était manifest(‘ment impuissante. Ch. IL Petit-Vendol.
- ^ -
LA VALÉROBROMINE LEGRAND
est plus active que les bromures et les valé-
rianates.
GONliRÈS DES SOCIÉTÉ SAVANTES
Compte pendu de la Sous-section des Sciences
médicales et de I Hygiène :
Parle IP G. Friedki..
Séatiees à la Sorbonue.
Le 4i' Congrès des Sociétés savantes s’est ouvert, le mardt
17 avril, à deux heures, dans le grand amphithéâtre de la Sor¬
bonne. sous la présidence générale de M.E. Lev.asselr, mem¬
bre de l’Institut, administrateur du Collège de France.
La Sous-section des Sciences médicales et d'hygiène a siégé
le mercredi IH et jeudi PI avril, sous la présidence du docteur
F. Levé, membre du comité des travaux historiques et scien-
tiliques, assisté du Prof. Chatin et du D‘' Butte, de la Société
de médecine et de chirurgie pratiques. AL le D'' Dabout rem¬
plissait les fonctions de secrétaire des séances.
AL le D'' Chatin a pris le premier la parole, pour sa com¬
munication sur les moifshq'ife.v à Poris. En général, il n'a trouvé
que les cousins, mais quelques anophèles ont été rencon¬
trés dans les grandes villes (Boston) et il faut donc bien dé¬
terminer tousles moustiques recueillis à Paris, afin de sur¬
veiller l’apparition des espèces dangereuses. Pour détruire
les moustiqueson peut employer le pétrolaged gr. de pétrole
par mètre carré d'eau i ou encore l’empoissonnement, le
drainage et le comblement. Ces procédés sont plus difficiles
à employer dans les grandes villes et là il faut bien rechercher
tous les points d’éclosion ibassins. jardinières, terrines ou¬
bliées sur les terrasses, égouts, écuries mal tenues! et faire
disparaître ces insectes au plus vite, en suivant les prescrip¬
tions du conseil d’hygiène ; on évite ainsi les contagions pos¬
sibles. Les puces méritent la même destruction, car elles peu;
vent transmettre la pesteet peut-être la tuberculose. Al.Mom-ù
a déposé ensuite en son nom et au nom de AL Uaiuliet une
élude sur Turgot et l'école vélérinaivc de Limoges. le D’’ Fo-
VEAU de Courmei.les a lu son travail sur la stérilisation des
eau.r par Tozone, procédé pratique et peu coûteux, qui per
mettrait de supprimer les canalisations coûteuses qui amè¬
nent l’eau à Paris, de très loin, de rivières qui pc-uventêtre
contaminées.
M. le Prof. Peyrusson rappelle la nécessité du contrôle
bactériologique des eaux filtrées. AL le D' Lkbi.ü.nd lit une
communication sur la pollution desnappes souterraines par
les égouts et les moyens de les éviter iscptic tank et lits fi*^
trants).M. Charles Fromont rapporte les résultats de son étude
sur les eaux d’alimentation de la ville d’Aumale, de Sm*'
.Vissa et de Bou-Saada. Certaines de ces eaux doivent être
rejetées à cause des fortes proportions de matières organiques-
d’ammoniaque et d’acide azotique, qu elles contiennent. .Ap*'
les D'-' Perrier et G. Herg (Nancy) ont étudié comparali''e'
ment les divers liquides d’ascite comme milieux de culture-
Ces liquides ascitiques se comportent d'une façon différem®
vis-à-vis des microbes, différence qui tient à des propriet^
humorales inconnues. La défense du péritoine contre l'infee'
tion dépend donc de la résistance de l’organisme. . ,. -
Dans la séance de jeudi, le D"^ Dabout a entretenu la soeiet
sur Thystérotraumalisme et la prédisposition individuelle-^
La connaissance des symptômes de l’hystérotraumatis®
par l’ouvrier, la crainte et l'exagération et enfin la loi de le-r
qui conclut à l’indemnité pécuniaire, en ont fait « une u
LE PROGRÈS MÉDICAL
2G5
vrose de l'assurance » iSecrétani. M.Dabonta étudié 303 cas
. hystérotraumatismes oculaires et a fixé les prédispositions
individuelles, que le médecin expert doit connaître. L’hysté¬
rie est une maladie constitutionnelle et non professionnelle
et ne devrait pas rentrer dans la loi de LS'.i.S; cependant. éclose
^l’occasion du travail, le patron en est responsable, seulement
l'indemnité doit être donnée à titre de traitement et non de
dommages, pour une incapacité temporaire et non perma¬
nente. M. le !)'■ l'écHix est de l avis du D' Dabout sur le rôle
suggestif que peut jouer le médecin par ses examens répétés,
mds considère qu'il faut solutionner lecas le plus vite pos-
possible et le fait de considérer l’hystérotraumatisme comme
^traînant une incapacité permanente peut engager l’ouvrier
à faire des efforts pour travailler. Le D'' ForeAu de Courmel-
les croit la simulation de l'hystérotrauinatisme facile et cite
quelques cas. M. le D'' Levé a constaté cette « afifp-avomanie »
souveat involontaire surtout chez les minus habentes. La
question mérite d'être connue. On éviterait les mauvaises ex¬
pertises des médecins de justice de paix, infirmées par les
experts des tribunaux, en nommant comme médecins experts
des hommes qualifiés : experts des tribunaux et docteurs mu¬
nis du diplôme de médecin légiste de l’Universilé. Le vœu est
approuvé par la section.
iVl. le D'' l’ÉcHi.N a lu ensuite une communication sur la
èicrijocijstilc conijcnilate alU'nuce.
En l'absence du D'' Leprince, le président a chargé M. le
!)'■ Foveai; deCourmelles de faire un rapport sur le travail
intitulé : Etudes d’hygiène scolaire, les écoles primaires de
Bruxelles, Home, Stocklolm et Berlin.
Bruxelles est la ville la mieux organisée au point de vue
médico-scolaire : inspections fréquentes, éclairage et chauf¬
fage rationnels, etc., etc. (',e travail contient des éléments de
comparaison entre les diverses capitales fort instructifs et
des indications de progrès à réaliser.
M. le D'’ l’.tRîsoT i.N'ancyilitson travail sur la valeur médico-
légale du téinoignagedu vieillard rnjusHcc.
L’amnésie du vieillard, la tendance aux idées de persé¬
cution, une suggestibilité spéciale, l’affaiblissement de la vue
et de l’ouïe, toutes ces conditions doivent être recherchées,
pour éviter les témoignages erronés des vieillards et le mi¬
nistre de la justice devrait attirer l'attention sur cet état men¬
tal possible des vieillards et régler leur examen mental.
M. leD'- Parisot lit un travail, fait en collaboration avec
-*L le D’' Se.nckht (Nancyi sur la question de la viabililé du
nouveau-né dans ses rapports avec le progrès de la chirurgie.
Les auteurs s'élèvent contre la manière de voir de la ju¬
risprudence, qui considère un enfant viable .même porteur
dun vice de conformation, si cette conformation est corrigi¬
ble avec plus ou moins de chances de succès par une inter-
'ention chirurgicale, que cette opération se fasse ou non. Ils
pensent que la viabilité n’existe pas si la conformation vi-
eieu^se est incompatible avec la continuation de la vie lim-
Perforatioii de l’œsophage, p. ex.) L'enfant sera déclaré via-
e lorsque l’opération chirurgicale aura corrigé sa malfor-
; ? , b anatomique et qu’il sera sorti victorieux des dangers
nberents à l'opération.
lie V!^ Buite litson tr.ivail sur dans l'éclaoip-
s’a mortels de l'éclampsie, la quantité d'nrée
normale, tandis qu’elle était double dans
. ^®bx. Ces faits constatés par analyse ont donc une
® valeur pronostique.
I’- Levé termine la séance parla lecture de son
infantile dans ses rapports avec l'indns-
mortalité dans l’application de
'oi *■'’ décembre 1874) est fonction directe de l'en-
pojjj ®[^®b^®'bl® débile® en nourrice. 11 importe ; t" d'indiquer
chez la décès d'enfant en nourrice la durée du séjour
b® P®'® ^bisser contier à des nourrices
^bserv^^^î ‘*®*^des et incapables de subir le voyage ; 3" de
bonds dans des asiles spéciaux à créer ces enfants mori-
^®bce*d?\i^'i'* ** d®bx heures, a eu lieu, sous la prési-
L H. Poincaré, ministre des finances, l’assemblée
générale qui clôt, cliaque année.le congrès des sociétés savan¬
tes.
Le ministre a annoncé (ju'à partir de maintenant toutes les
villes de France et d’Algérie pourront être le siège du congrès
annuel, il a fait l’éloge des sections etdeleurs travaux. Après
quelques paroles en souvenir de M. de Luçay et de ÎNI. Bou-
tmy, décédés dans l'année, il a levé la séance.
CONGRÈS INTERNATION.VL DE MÉDECINE
ET D1-] EHIRI'RGIE
(Lisbonne, 19-2G avril 1906).
La Défense Inlcrnnlimiale contre la tuberculose
I)ar M. le 1)'' Samuel Bernheim, de Paris.
Nous estimons que la prophylaxie antituberculeuse do
être internationale. L’hygiène internationale a eu surtout
pour objet, jusqu'à ce jour, de préserver les nations euro¬
péennes de maladies de forme épidémique toute spéciale et
((ui sont, en réalité, jusqu’ici au nombre de trois : le choléra,
la peste et la fièvre jaune. On objecte que la tuberculose ne
ressemble en rien à ces maladies épidémiques, qu’elle revêt
plutôt un caractère endémique. Cela est inexact au vrai sens
du mot. On sait, en effet, que certaines tribus sauvages sont
restées longtemps indemnes du bacille de Koch, dont elles
sont devenues tributaires le jour où les races civilisées soni
venues leur apporter la néfaste contagion. Latuberculose,qui.
est une maladie purement contagieuse, est épidémique, a une
allure différente des maladies ci-dessus citées et voilà tout.
Mais comme elles, la bacillose est épidémique et inévitable.
C'est même, d'après nous, la plus épouvantable des épidé¬
mies, car son bacille pathogène est si virulent qu’il dépasse,
en virulence et en persistance, la plupart des autres microbes
pathogènes. Tout comme nous-mêmes, le bacille de Koch peut
faire de longs voyages sans mourir, il peut traverser les fron¬
tières, et il les passe trop souvent, pour aller d’un pays à un
autre avec les échanges commerciaux de toutes sortes, par
les wagons de chemin de 1er, par les navires. C’est pourquoi
nous déclarons qu'un efloi t isolé d’une nation ne sera jamais
sanctionné d’un résultat certain définitif. — La prophylaxie
la plus logique, la plus réglementée, appliquée dans un
I pays unique, n'atteindra jamais le but espéré, si les pays limi-
' trophes et mêmeéloignésneprennentdesmesuresprophy-
lacticiues à peu près semblables? Pourquoi ne seraient-elles
^ pas débattues au sein d’une conférence comme celle qui, à
Rome en 1865, à Venise en 1892, à Dresde en 1893, à Paris
en 1894, à \ enise en 1897, fixèrent les moyens communs de
défense contre le choléra, la peste et la fièvre jaune ?
Une commission composée de représentants autorisés par
I les diverses nations recevrait la mission de comparer entre
j elles les mesures qui, dans leurs pays respectifs, seraient ap¬
pliquées et donneraient les meilleurs résultats. Cette com¬
mission internationale avec une organisation bien établie au¬
rait pour mandai de rédiger une sorte de code prophylacti¬
que international contre la tuberculose, code qui, une fois
adopté, aurait force de loi dans tous les pays.
Nous pensions un moment que le bureau central interna¬
tional pour la lutte antituberculeuse, dont le siège est à Ber¬
lin, allait provoquer la réunion d’une commission univer¬
selle ayant pour but uniiiue d'étudier les mesures de prophy -
laxieinternationale. fout en rendant hommage au zèle de ce
bureau central, nous avouons que nos espérances ont été dé¬
çues, et que jusqu'à ce jour, ce problème si intéressant n'a
pas été examiné. Peut-être l'avenir nous réserve-t-il une
agréable surprise.
S'il est une (luestion qui soit d'essence universelle, qui mé¬
rite l'attention de la vigilance des savants du monde entier,
c’est bien celle de la tuberculose. Elle ne peut recevoir de so¬
lution efficace que de l'union des intelligences et des bonnes
volontés de toutes les nations.
De l'emploi de la luhereuline dans le tiailemenl
de la tuberculose
par MM. les l)''. S. Bernheim et Saint-Laurent, de Paris.
Les méfaits des diverses tuberculincs utilisées jusqu’à pré-
266
LE PROGRÈS MÉDICAL
sent ont été tels que la plupart des praticiens ont renoncé à
leur emploi, parce qu'il était impossible de les manier avec
sécurité. Rien d’étonnant que la tuberculine fût discréditée
pour ne pas dire abandonnée. Et cependant, il est incontesta¬
ble que ce produit biologique a une action profonde sur la
phagocytose et la marctie des lésions. L’important était de
trouver une tuberculine possédant à la fois l’inlluence cura¬
tive des produits similaires sans produire la réaction et en¬
traîner d’autres complications. — Entre temps, nous avons
connu la tuberculine Jacobs, qui ne provoque aucune réac¬
tion locale, ni générale. Aous l’avons utilisée chez un grand
nombre de malades fréquentant les dispensaires de l’tÈuvre
de la tuberculose humaine et non seulement, nous n’avons
jamais eu de complication, mais nous avons pu constater
<iue la tuberculine bien tolérée avait une grande efficacité
sur l’état général et sur l'état local du malade. Avec ce nou¬
veau remède lûologique. on n'a pas à redouter les nombreux
inconvénients des tuberculines connues jusqu’ici. A quoi
est due cette absence de réaction!^
D’après le !)• Jacobs lui-mème, sa tuberculine est bien tolé¬
rée par “^uite d’une méthode spéciale de culture de bacilles
très virulents, dont il e.xtrait ses bacilles.
Quoi qu'il ensoit,nous avons utilisé cette nouvelle tubercu¬
line dans plusieurs d'spensaires de l’œuvre de la Tuberculose
humaine avec les D'' G. Petit et (tuentin, et nous avons pu
constater avec nos confrères son action très efficace, non seu¬
lement dans la tuberculose pulmonaire, mais dans certaines
formes de tuberculose externe.
Ajoutons, pour terminer, qu'il est préférable d’appliquer le
traitement scientifiquenicnt sous le contrôle de Topsonisme.
Tuberculose et maisons insalubres :
par M. le D' S. Iîkr.nhki.m. de Paris.
M. Bernheim affirme (jue.de tous les facteurs la maison in¬
salubre est la principale cause de la propagation tuberculeuse.
Il cite de nombreux faits personnels relevés dans les dispen¬
saires de !'( Kuvre de la Tuberculose Humaine et des docu¬
ments empruntés à MM. Juillerat, D'' Level, (i. Petit et Lu¬
cien Graux, démontrant tellement Tinlluence des logements
malsains qui offrent d’excellentes conditions pour répandre la
tuberculose. Et ce ne sont pas autant les maisons surpeuplées
que les locaux mal aérés qui sont redoutables. C'est l’obscu¬
rité surtout, le manque d’air, l’absence des rayons solaires,
(lui favorisent particulièrement la contagion. Dans les grandes
villes et les centres industriels, la tuberculose n’est pas répan¬
due uniformément. Elle sévit avec plus de violence dans les
ruesétroites, dans les carrefours borgnes, dans certaines mai¬
sons, dans certains îlots de mai.sons. On connaît aujourd'hui
ces repaires meurtriers qui ont été démasqués par les casiers
sanitaires des maisons. Il faut faire une guerre sans merci à
ces taudis, réformer les maisons transformables et démolir
celles qui sont défectueuses. C’est là le but de la Ligue natio¬
nale contre les habitations insalubres fondée en Erance par
les D'-s S. Bernheim et Level. Cette ligue, qui a déjà recueilli
plusieurs milliers d'adhérents, a créé une vaste agitation dans
tout le pays, par des conférences, des brochures, par des
écrits, par la parole, elle signale partout le danger de la mai¬
son contaminée, elle est en train de préparer une loi efficace
pour la surveillance sanitaire des logements et des maisons.
Cette ligue contribue aussi à éduquer le peuple et lui fera
comprendre toute l’importance du logement propre et clair.
La question de la maison salubre domine tout le problème
delà prophylaxie tuberculeuse.
Blanchisseurs et tuberculose ;
par MM. les 1)'» S. Bkr!<heim et Diecrart, de Paris.
Le linge sale est dangereux. Il doit intervenir un change¬
ment radical dans les us réservés à sa manipulation. Il doit
(Hre désinfecté avant triage et lessivage, et jamais mélangé au
linge propre ; ainsi on évitera le danger de la tuberculose par
le linge. En relevant la statisticjue de la mortalité tubercu¬
leuse, par professions, nous avons constaté que les blanchis¬
seurs fournissaient un contingent énorme. Beaucoup d entre
eux fréquentent nos dispensaires de TOImvre de la tubercu¬
lose humaine. Certaines repasseuses, certains directeurs nous
ont avoué que beaucoup de leurs collègues succombaient de
la phtisie. Et une chose navrante à constater, c’est Tindiffé-
rence coupable du client: aucun soin de son linge sale-
quant au blanchisseur, il n'en a cure : pêle-mêle, il ramène le
tout Nous avons constaté la présence du bacille de Koc,h
dans certains linges. La contagion sera fatale. Et le danger est
encore plus grand pour l’indigent, proie facile au fiéau tuber- |
culeux. Et cest ce qu’a bien compris le Dispensaire E Roux,
qui désinfecte le linge de ses tuberculeux. A nos dispensaires 1
de l’œuvre de la tuberculose humaine, nons rêvons pareilles
organisations, seulement nos ressources sont encore insuffi¬
santes pour le réaliser partout ! Nous avons déjà fait appel aux
pouvoirs publics. M. Jean Colly, conseiller municipal, vice-
président del'œuvre, a présenté notre projet de buanderies
municipales antituberculeuses, et nous ne désespérons pas,
quelque jour, d’en voir fonctionner.
Désinfecter le linge ne suffit pas, il faut le blanchir pour
l’indigent, surtout s’il est tuberculeux.
On désinfecte l'appartement, le mobilier dans un casde ma¬
ladies contagieuses, pourquoi n’en point faire autantdu linge
bacillifère !’
REVUE DE DERMATOLOGIE
Rédacteur spécial : M. le Paul R.WMOXD.
I. — L’agent pathogène de la syphilis ; par le D' Pommw. (Ma-
loine, ('-(lileur. 11)05.)
Depuis que j’ai entendu dire, il y a quelques années, à un
jeune syphiligraphe, qu’il ne tenait pas outre mesure au
microbe de la syphilis qu’il venait de découvrir, mais qu’il
avait besoin de cette découverte pour être nommé privât-
docent, je reste sceptique en face des microoruanismes répu¬
tés spécifiques qu’on nous présente. Et voici que cette année
même, il y en a eu quatre : il y en a donc trois qui ne valent
rien, en admettant que le quatrième soit le vrai. Il y aurait
donc intérêt à attendre, pour présenter le travail du D'' Priu-
may, que le temps ait fait son œuvre. Ces recherches parais¬
sent sérieuses néanmoins, et Ton sent que si l’auteur s’est
trompéjil s’est trompé de bonne foi. Pour lui, Tagent pathogène
delà syphilis serait un champignon sur la nature, les cultures
duquel il s'étend longuement. L’inoculation du parasite aux
animaux détermine tout un ensemble morbide que Ton
retrouve lorsqu’on leur inocule des cultures provenant du
sang de syphilitiques.
II. — An introduction to dermatology ; par Norman Wm.keb'
(Bristol W right, é(l. 1904).
Troisième édition, sans grands remaniements, de ce traite
que j’ai déjà présenté aux lecteurs du Progrès medical.
IM. — Pathogénie du purpura ; par Grenkt. (L. Boiisset. Paris,
éd. 1905).
Le purpura, dit l’auteur, est le résultat d'une intoxication
nerveuse, souvent médullaire, quelquefois périphériqn®'
Mais il n'est pas uniquement névropathique, et ne se produit
que sur un terrain préparé par une altération viscérale-
surtout hépatique. C’est là le point original et intéressant
de ce travail, sérieiiseuient fait. Ainsi ([ue le dit fort b'O®
l’auteur, il n’y a pas de purpura primitif : il faut une infec¬
tion on une intoxication qui agissent en déterminant des
troubles de certains (irganes, et du foie notamment, où s®
remarquent des altérations cellulaires. La composition clù'
mique du sang est modifiée ; l'hémorragie survient. Po“®
expliquer la localisation de l’hémorragie à la p"au, il
faire intervenir le système nerveux. L’expérimentation mon¬
tre que la lésion hépatique et la lésion médullaire sont
pensables : si Tune manque, le purpura ne se prodo
pas.
Gette étude, dit l'auteur, est la première démonstratio
expérimentale du rôle du système nerveux dans les
dies de la peau. A cet égard elle semble avoir une
importance générale et peut ouvrir la voie à des
du même ordre au sujet d’autres allections. C’est parfai
LE PROGRES MÉDICAL
ent exact, et le guide est bon. Je signalerai à l’auteur un
®jgressant chapitre qu’il eût pu écrire : le purpura au début
des infections ; le purpura prémonitoire.
jV _ Dormato-psychies : par Maurice Dini:. (Simon, éd. Rennes,
1904.)
Etude de diverses dermatoses, pseudo-redèmes, erytheme
Ij-mophe. purpura, s’observant dans les états mentaux qui
^'accompagnent d'inhibition psychique. Cette dernière étant
constante dans la démence précoce, on rencontrera à peu
près sûrement au cours de cette vésanie ces troubles tro¬
phiques de la peau, pseudo-œdème, purpura et variétés de
l’érythème polymorphe. L’amélioration des troubles men¬
taux co’incide avec la disparition des manifestations patholo¬
giques de la peau.
V _Ya-t-il une pelade d'origine helminthique ’? par Biiykii. (Jonvc,
éd. Paris 1904.)
La théorie parasitaire fortement battue en brèche depuis
les travaux de VI. Jacquet tend à être remplacée par la théo¬
rie nerveuse, la pelade n'étant dans ces conditions qu’une
répercussion sur les poils défais nerveux divers; la dépila¬
tion en aires n’étant plus qu'un symptôme qui traduit la
souffrance d’un territoire nerveux périphérique. L’auteur,
ayant observé des cas dans lesquels l'alopécie peladique a
coïncidé avec de l’helminthiase, s’est demandé s’il n’y avait
pas un rapport de cause à effet entre ces deux sortes d’acci¬
dents. Rappelant tout d’abord les accidents nerveux d’origine
helminthique et discutant leur mécanisme, l’auteur étudie
les pelades réflexes d’origine viscérale, puis il rapporte
trois observations de pelade helminthique. Bien que recon¬
naissant que des faits confirmatifs sont nécessaires, l’auteur
pense qu’il n’est pas déraisonnable d’admettre qu’au nom¬
bre des causes inconnues de certaines pelades rebelles, on |
doive à l’avenir, rechercher la présence de vers intestinaux, j
HYDROLOGIE
Sermaize-les-Bains (Marne).
— Scrmaize est une station entre \ itry-le-François et Bai-
le-Diic sur la ligne de Paris à Nancy.Cette ville, de 3000 habi¬
tants environ. pi>ssède un établissement hydrothérapi(jue '
bien organisé et pourvu de tous les aménagements et toutes j
les distractions qui font le charme des stations balnéaires I
modernes. I
La CuRk DK Skrmaize. — Coiiipositinn et propriétés physiques _
froide 1 bicarbonatée {Oifv AH). sttlfatée calcique (0gr.08)
^!/nésiqiie)0 g,-. 7O1 et ferrugineuse (0 gr. 01, avec une miné-
hsation totale de 1 gr. 50, qui ofl're la plus grande analogie
de riPr/ et de Contrexécille. — Une seule source,
dé'mf émerge du sol jurassi(jueet débite près
hectolitres par jour. — Lan limpideà la source, inodore, ;
®® y''®say‘'ur agréable, légèrement alcaline et un arrière- ;
tlerrugineuv. — L’eau deSennaize est e.tportée.
— 1° En boisson : de 1 à 12 verres par jour,
l,^!®®®*^'onient. à dix minutes d'intervalle, en commentant
deux *4* ' '’oires le premier jour et augmentant d'un \ erre ou
lue jour, juscpi’au milieu de la cure. On diminue de
Sa ®’,Ppt-''’'“ssi'cnient. — 2’’ En bains et douches, a\ec mas-
huj . ’ p'ns de vapeur,etc., administrés dans un élablisseruent
saiig J 'Pii renferme cabines de bains, une
«ne „ pour Lommes, une autre pour dames, plus
U douches et bains de vapeur. -- Eiilin
"^te. - Durée de la cure : 2.5 jours <-nviron.
Leau ^ l’intérieur, prise à liaute dose.
ost piiryative au début, puis et surtout diu-
®’’8anes eau de lixiviation puissante, portant sur les
“tante lo toie ; ellealcalinise l’urine, aug-
accélère la digestion. Enfin,elle est ai>éri-
Ind’ leconstituante par le fer qu elle contient,
at dp* 1°*** ■ affections des voies urinaires, gastro-intestina-
es prenuères,son action est identiipie à celledes eaux 1
de \ ittel et de Lontrexév ille : ses résultats, dans la lithiase
rénale, ne sont pas moins spécifiques et constants. Sur les
voies digestives, les effets sont tout aussi évidents. L’un des
premiers est l’accroi.s.sement de l’appétit et du pouvoir diges¬
tif ; par suite,augmentation de la nutrition ; la circulation
s’accélère, la respiration s’active,le visage se colore.un senti¬
ment de bien-être et de force envahit tout(‘ l’économie.
D'autre part, l’effet purgatif se manifeste dès les premiers ver¬
res et dure trois ou (piatre jours, tandis que les urines aug¬
mentent, deviennent de plus en plus limpides, après avoir
déversé un flot de mucosités chez les uns, un amas de sable
urique chez les aiLtres,au grand émoi des graveleuT sans le
savoir, des ealculeux, des goulteu.r eX des rhumatisants.
Cette triple action, diurétique, digestiveet tonique, portant
sur les muqueu.ses génito-urinaire, gastro-intestinale el sur
le sang, procède directement des éléments minéralisaleurs de
l’eau de Sermaize. Elle s’impose donc comme ; 1“ diurétique,
en tant qu’eau légère, contenant des bicarbonates alcalins, des
chlorures, un iodure, des silicates, des sulfates et même du
fer, d’où ses applications aux affections chroniques elalbumi-
nuriques des reins, dnfnic. delà rate et autre obstructions des
rotes unnaires : 2® pitrqative, en tant qu’eau froide, contenant
des sulfates, des chlorures et des bicarbonates alcalins, d’où
se.s applications aux affections gastro-intestinales : inappétence,
dyspepsie, constipation et autres oèxb’ifch’ru/.s- des t’o/r.v digesti¬
ves-, > tonique et stimulante, en tant qu’eau agréablement
sapide et fraîche, renfermant des bicarbonates, des silicates,
des chlorures, du fer, du manganèse et un iodure, d’où ses
applications dans la chloro-anémie, la débilité générale, la
neurasthénie, la scrofulose, le diabète, la leucorrée, la dysmé-
norrée, la stérilité et autres obstructions de la croissance et de
la nutrition.
Contre-indications. — Enraison du fer contenu dans les eaux
de Sermaize, on on contre -indiquera l’usage dans certains
états gastralgifpies prononcés ou prédominants, dans les affec¬
tions de nature congestive, hémorragique et dans tous les
états aigus de l’estomac, du foie et des reins.
^otre confrère, M. le !)'■ Monnet, vient de prendre la direc¬
tion médicale et scientifique de Sermaize.
RlBLIOGRiVPHIE
Les accidents du travail ; par Ch. X’ibert. (1 vol.8“, 1906,
J. -B. Baillière.)
C’est sous ce titre que notre confrère Vibert, qui se plaint
dans sa préface de la pénurie des observations originales
des experts, nous fait connaître une grande quantité de
celles qu'il possède. Très expérimenté en matière d’expertise
médico-légale. Vibert étudie les conséquences qui résultent
d’un accident survenu le plus souvent « dans le travail » et
compare ses observations particulières avec d’autres re¬
cueillies dans des conditions toutes différentes. Adoptant le
plan classique, l’auteur passe en revue les affections qui
atteignent chaque organe ou chaque système. Présentées
sans fard, sans aucun enjolivement, sans aucune recherche
d’en imposer au lecteur, ces notes sont précieuses pour ceux
qui veulent apprendre à connaître les difficultés de la mé¬
decine légale. On ne peut, en l’espèce, avoir un meilleur
guide. Ce travail est tout à fait personnel, si personnel
même que la bibliographie y fait complètement défaut. Elle
eût d’ailleurs été tout à fait inutile puisque l’auteur désirait
dépouiller devant nous ses nombreux dossiers en nous lais¬
sant le soin d’apprécier et de juger nous-mêmes.
D'- Thépaci.t.
; Fracturedu poignet en sens inverse ou fracture par
hyperflexion de l’extrémité inférieure du radius ; par
Fr. (iüKRMorreRKz. (Tiré à part, 8“, .51) pages et 12 tig. dans
le texte des Mém. de la Société anatomocliniiiiie de Lille,
1906.)
\ la fracture classique dite en dos de fourchette, les au¬
teurs ont récemment ajouté celle dite des automobilistes,
268 LE PROGRÈS MÉDICAL
mais aucun ou du moins fort peu avaient accepté l'existence
d’une fracture reconnaissant pour cause une force agissant sur
la main fléchie tandis que le bras fait résistance. Le petit nombre
qui en ont parlé ont, à l exemple de Tillaux et de ses élèves,
plutôt battu en brèche son existence, négligeant ainsi les re¬
marquables travaux de quelques praticiens de province,com-
mePouteau,de Lyon, et Goyrand, d'Aix, qui non seulement
ont donné des descriptions cliniques auxquelles nous ne sau¬
rions ajouter aucun symptôme clinique important, mais
encore poussé les moyens d’investigations et les descriptions
à leurs dernières limites. Seul, \ oillemier s’est quelque peu
étendu sur la question, mais il n’a pas su, malgré son incon¬
testable autorité, lui donner toute la valeur qu elle comporte.
On a longtemps discuté sur l'existence a 'priori possible
d’une telle fracture,et il n'a rien moins fallu que l'entêtement
de certains auteurs, dont les vues par trop classiques étaient
ainsi mises en défaut, pour nier l'existence de cette fracture
malgré les pièces anatomiques mises sous leurs yeux par
Goyrand et \ oillemier.
Guermonprez a bien mis en relief toute cette partie biblio¬
graphique. La radiographie démontre aujourd’hui d’une in •
contestable façon cequelcs hypothèses les mieux échafaudées
avaient d’erroné. Rien ne résiste aux faits brutaux qui disent
la vérité d’une façon si évidente que les détracteurs les plus
outrés sont réduits au silence.
11 existe donc une fracture de l’extrémité inférieure du ra¬
dius par rh\ perextension de la main et dont le signe patho¬
gnomonique est la déformation en ba'ionnette produite par le
fragment carpien qui se relève et chevauche sur le fragment
brachial, tandis que la main est déviée vers son bord cubital.
Le traitement consisteà mettre la main en extension moyen¬
ne, c’est-à-dire à faire parcourir aux fragments le chemin in¬
verse de celui qu’ils avaient fait au moment où s’est produit le
traumatisme.
Le pronostic, bénin si la réduction est bien faite, est très grave
dans lecas contraire ainsi qu il ressort d’une observation rap¬
portée par Guermonprez. Le massage et la mobilisation seront
précocement mis en œuvre. On doit remercier Guermonprez
d’avoir tenté de tirer de l'ombre cette variété pathologique et
de nous l’avoir fait connaître avec toute l’érudition dontil est
cou tumier-et avec le grand sens clinique qui le caractérise.
V. Théb,m-lt.
Traité des maladies épidémiques, T. 11. second fascicule:
par A. Kelsch. 1 vol. Doin, édit. Paris, Ht()5.)
Le fascicule qui vient de paraître continue heureusement
la série des précédents ; il traite de la diphtérie et de la
stomatite ulcéro-membraneuse. L’auteur insiste surtout sur
les données nouvelles de l'hygiène, de la bactériologie, et du
traitement de ces diverses affections ; c’est dire tout l’intérêt
que l’ouvrage offre aussi tant au praticien qu'à l'homme du
laboratoire. Uamon.
Contribution à l'étude du saprophytisme du bacille de
Koch : par .MM. G. Ferré et O. Rt aud.
Les auteurs ont pensé qu’il serait intéressant de rechercher
si un bacille de K.och d’allures saprophytiques pourrait su¬
bir intrinsèquement des variations dans sa végétabilité et dans
sa virulence sous l'évolution tuberculeuse. Ils ont choisi
comme bacille un bacille de Koch homogène retiré par eux-
mêmes d’une culture virulente de bacille humain. Ce microbe,
comme le bacille des auteurs lyonnais, possède des allures de
saprophyte: il est peu virulent, donne des lésions qui guéris¬
sent. Les cultures en bouillon glycériné de ce bacille ont été
introduites dans des sacs constitués par des ampoules de ver¬
re percées de trous recouvertes d'une double couche de col-
lodion non riciné. Ces sacs, perméables à l’osmose, ont été
insérés dans le péritoine de lapins normaux servant de té¬
moins et de lapins tuberculisés, soit par injection intravei¬
neuse, soit par injection intrapéritonéale.
Après la mort des animaux, les sacs ont été retirés puis ou¬
verts. Avec le contenu on a ensemencé des bouillons glycéri
nés, de la gélose glycérinée, des pommes de terre glycérinées.
Les sacs ont été refermés, puis introduits dans des ballons
de bouillon, cela pourconstater leur étanchéité. Celle consta¬
tation était nécessaire, car il ne faut pas oublier que, danslj
même organisme, deux tuberculoses de différentes viruleo.
ces évoluaient. Si par cas le bacille virulent s’était introduit.]
dans un sac, le contenu de ce dernier n'aurait étéen rien nio.
difié dans ses propriétés physiques. Le liquide du ballon de-l
vrait être en principe ensemencé, mais cela fut inutile, car
dans tous les ballons il s’est développédu coli bacille. Sur'huit
sacs, un seul n'est pas resté étanche.
Le contenu des sacs n'a donné de culture que sur pomme
de terre glycérinée. Les autres milieux sont restés stériles.
Les auteurs recherchent le motif de cette dissemblance. Ces
cultures sur pomme de terre glycérinée provenant des ani¬
maux sains et des animaux tuberculisés se sont développées
parallèlement avec un retard de quelques jours sur des cul-
turcs en même milieu effectuées à la même époque avec h
culture homogène normale. Les auteurs n'ont pu donner en¬
core le résultat de leurs recherches sur les modifications pos¬
sibles de la virulence des bacilles contenus dans les sacs. £n
ce qui concerne la végétabilité, ils concluent que la végétabi¬
lité du bacille de Koch et d’allures saprophytiques, évoluant
chez des animaux tuberculeux, à l’abri des cellules actives de
l'organisme, ne semble pas sensiblement modiliée.
V.VRI.V
A propos de la mort de M. Curie.
La mort de Curie brutalement écrasé au coin d'un canr-
four frai)pe indirectomentle Corps médical, le père du grand
savant étant un médecin praticien. Tous les journaux à pro¬
pos de cette perle, vivement ressentie parle monde enlier.ont
raconté la vie laborieuse et modeste du physicien. Celte vie
permet de faire quelques réflexions sur la vanité des titivs
ofliciels, (pie Curie a eu l’avantage de dédaigner et peut être
de méjiriscr avec (juehjues raisons. Pour que (àirie devînt
professeur en Sorbonne, membre de l'Institut, etc.. i»iir
(ju'on lui proposât la croix delà Légion d’honneur, (lu'il s'em¬
pressa, du reste, de refuser, il a fallu que cet homme de la¬
beur, dont la plupartdes travaux avaient été jmbliés, fût sacre
grand savant par une Académie étrangère et quê le prly No¬
bel lui fût attribué. Sans cela, (iurie fût resté inconnu, pro¬
fesseur de collège ou de lycée; sa place à l'Institut eût été oc¬
cupée par un fils d’archevêciue dont la table aurait étéappr*-
ciée par ses futurs collègues ou dont les intrigues, les visites
et les appuis auraient remplacé les titres scientifiques. Cto
nous, ceci se voit tous les jours. Ce (juc l'on voit encore cest
le rôle secondaire que nos institutions oflicielles fo>"
jouer à M"“' Curie, bien cpi’il soit avéré ((u'elle ait pris
part active aux découvertes de son mari et rpie le prix Noto
ait été attribué à la fois à NI. et M'»' (ùirie. Mais NI'"' Cur>*
est une femme et la Science of/iciellc n’admet encore pas cli<3
nous les femmes dans son sein. J. A.
Instructions sanitaires dans les campagnes.
La loi du l. février 190-?, relative à la protection de la sanl‘
publi(jue, établit dans son article 1" (pie, dans toute coim
mune, le maire doit prendre les mesures nécessaires pa'-’,’'
assurer la salubrité publivpie et nolamment celle des Œ®''
sons, ainsi (pie l’alinumtation en eau potable et l'évacuatio
des eaux résiduaires. Dans un rapport, le ministre de
culture constate (pie jus(iu'ici les agglomérations un
imiiortanles ont été les seules dans lesquelles on
efforcé de mettre en praliipie les prescriiilions de la loi- M*'.
dans les campagnes l'applicalion en ('sl très dil'ticile- ^
pour plusieurs motifs, dont le jirinciiial est l'ignorance ‘R^-
laquelle se trouvent les p(q)ulalions rurales des règle' ^
l'hygiène aivpplicables à rhoinme et aux animaux. Le niitj^
Ire estime (pi’il est nécessaire de mettre à la jiorlée de
des instructions simples, claires, invcises, dans lesqucde^^ji.
indi(iuera les règles à suivre pour protéger la santé des
mes et des animaux et tous les bénéfices que
retirer au jioint de vue économiipii'. En coiiséquc ^
NI. Iluau vient de nommer une commission ‘oinpos*’® ;
techniciens autorisés, chargés de l'élaboration d'inslriic*
LE PROGRÈS MÉDICAL
que le département de 1 agriculture répandra dans les cam¬
pagnes par tous les moyens dont il dispose.
Cette commisssion est ainsi composée : Le docteur Brouar-
del, membre de l’Institut, président : MM. Chauveau, membre
de l'Institut, et le docteur Bordas, professeur au Collège de
France, vice-présidents. MM. le docteur Binot, chef de ser¬
vice à l'institut Pasteur ; Blanc, architecte diplômé du gou¬
vernement ; Borne, médecin des épidémies ; Georges Brouar-
dcl, médecin des hôpitaux : Gazelles, secrétaire général de la
Société des viticulteurs de France ; Chassevent, professeur
agrégé à la Faculté de médecine de Paris ; Fagot, agriculteur,
membre du conseil supérieur de l'agricultnre ; \.uguste
Herbert, agriculteur à Lagny ; Martel, spéléologue ; Thoinot,
professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris ; Thierry,
inspecteur général de Tassainissement de Paris : \ allée, pro¬
fesseur à TÈcole vétérinaire d’Alfort ; Cuiart, professeur agrégé
de la Faculté de médecine.
Une épidémie mystique au Pays de Galles.
Une épidémie de mysticisme, qui rappelle les convulsion¬
naires du XA IIP Siècle, vient de se manifester au Pays de
Galles D’après le Temps, une voyante poursuit une série de
meetings, et son exaltation donne lieu à des scènes extraor¬
dinaires. S’étant rendue dansune ferme de la vallée deSvvan-
sea, elle tomba subitement évanouie, puis se réveillant au
milieu du cercle de quarante hommes qui l’entourait, elle
tendit les bras, poussa un cri et s’évanouit à nouveau. Un
homme examina alors ses mains et prétendit y lire ; « Je suis
la résurrection et la vie. «. Le lendemain, dans la chapelle
de Beula, elle adressa un discours incohérent à la foule, disant
qu’elle avait passé la nuit sur le calvaire et avait entendu
d’étranges nouvelles.
\ ce moment, I homme qui avait lu la veille dans le» mains
de la « femme merveilleuse de Carmel » tomba en pâmoison
et une scène indescriptible suivit, toute l'assistance imussant
des cris et chantant des cantiques divers.
Les haricots toxiques.
Le ministre de l'intérieur v ient d'adresser aux préfets la note
suivante :
Mon attention est appelée sur la mise en vente, dans le dé-
partement de l’Kure, de haricots contenant une quantité no¬
table d’acide cyanhydrique, poison violent. Ces légumineuses,
de provenance exotique, présenteraient une forme irrégulière
plus large à une extrémité qu’à une autre, et la particularité
qu’elles sont multicolores, de nuances très difïérenles ; elh s
constituent un produit des plus dangereux, qu’il importe de
proscrire sans le moindre délai de l’alimentation. Je vais d’ail¬
leurs saisir de la question le Conseil supérieur d’hygiène pu¬
blique de France, mais dès maintenant je vous invite à por¬
ter d’urgence cette information à la connaissance des maires
de votre département i)our qu'une surveillance rigoureuse
soit exercée chez les commerçants, sur les foires et les mar¬
chés.
Les fausses dents des Députés.
Ln journal norvégien Aclni posten nous signale un fait
curieux qui vientdese passer en Norvvège.
Les membresdu Storthing (chambre) touchent douze francs
d indemnité par jour ; déplus, en cas de maladie, tout député
3 droit aux soins médicaux et aux médicaments gratuits.
'Juand on siège au parlement, on a besoin de cordiaux, or
t alcool, réputé comme poison, l'est également comme aliment
comme cordial. De là il peut servir de médicament contre
anémié que leur cause les tracas de la politique ; aussi ces
• essieurs se sont-ils fait octroyer gracieusement d’excellent
^gnac aux frais de 1 Etat, bien entendu. Mais cela n’est rien,
ommepour parlerau public, il faut prendre soin de sa mâ-
noire et que de mauvaises dents ou des molaires perdues
ri empêcher l’effet de prononciation dans les belles pé-
tj'r^^oealoires, les braves et honorables assaillirent les den-
de l’P^^ se firent mettre des dents neuves, toujours aux frais
die P ®’^''*®lbeureusement,on s’émut en haut lieu dccespro-
*6ahtéset, comme le dit M. Henri Bridoux, qui nous ap¬
prend cette aventure (11, le Gouvernement déclara que la
Norvège n’avait pas assez de foin pour garnir tous ces râte¬
liers, de sorte que les députés vont être obligés de rembourser
au Trésor toutes les dents indûment perçues et que de là elles
seraient distribuées aux établissements de bienfaisance.
Nous n’avons pas encore à Tactif de notre Chambre fran-
çaisede semblables scandales et nous sommes heureux, com¬
me le dit en terminant M. Bridoux, <( de rappeler à l’impar¬
tiale histoire que les députés français ont même refusé le pa¬
quet de tabac que M. Messimy voulait leur offrir pour bour¬
rer une pipe à la santé de la République ». • Albin R.
FORMULES
XXV. — Contre la lithiase biliaire.
’V’alérianate d'amyle. . . .
Mucilage de Caragheen.
Huile d’amandes douces
Sirop de framboises .
Eau distillée .
0 gr. 50
14 gr.
12 gr.
|àâ 30 gr.
A prendre en une fois dans un verre de lait.
(H. Bocquili.on-Limousin.)
XXVI. - Thériaque minérale.
Contre les états de dépression ou d'affaiblissement pou¬
vant faire craindre la tuberculose, chez les prédisposés à la
tuberculose, les prétuberculeux et même les tuberculeux ;
Chlorure de sodium .
— de potassium .
Phosphate de soude .
— • de potasse .
Glycérophosphate de chaux . 'j
Sulfate de potasse .
Carbonate de fer .
Poudre d’hémoglobine .
Glycérophosphate de fer . I
Jaune d’œuf . ( ’
Lactose .
Caséine . .
Poudre de fève de Saint-Ignace .
Poudre de rhubarbe .
gr.
gr-
6 gr.
ü gr. 50
2 gr. 50
2 gr.
10
?
4
gr.
gr.
gr.
gr.
Diviser en 100 paquets. De 2 à 6 par jour, avant les repas.
(Alb. Robin).
La Nervocithine a un pouvoir actif certain, à la fois sur les
système nerveux, clef de la régularisation vitale, et sur le
système musculaire : elle est donc douée d'une activité géné¬
rale de premier ordre
Actes et Thèses de la Faculté de Médecine de Paris.
Thèses de doctorat. - Mercredi, 2 niii. — M. V ailette :
Valeur clinique de la tension permanente des parois utérines en
obstétrique (MM. Pinard, Blanchard. Reclus, Richaud). — M. Dal-
mon : Le venin des serpents MM. Blanchard, Pinard, Reclus,
Richaud). — M.Fau : Essais sur l’atrésie senile du vagin (MM.
Reclus, Pinard, Blanchard, Richaud).
Jeu ii, 3 mai. — M. Le PUy ; Du rôle des substances minérales
en biologie (MM. Dieulafoy. Joffroy, Raymond, Renon). — M.
Tnnnoy : La Mythomanie (MM. .loffroy. Dieulafoy, Raymond, Re¬
non). — M. Ltvf : Essais sur les névralgies faciales (MM Ray¬
mond. Dieulafoy. Jollroy, Renon) — M. Testai t : Contribution
à l’étude du sternum infundibuliforme (thorax en eutonnoir)(MM.
Hutinel. Budin, Méry, Denielin). — M. Sriher : De la marche
de raecouc.hement gémellaire. (Elude statistique; (.MM. Budin,
Hutinel, Méry, Demelin).
Examens de doctorat. — Lundi, 3o avril. — 3” (2* partie. Labo¬
ratoire des travaux praliquesd’anatomie pathologique) : MM. Blan¬
chard, Desgrez,Legry. — 3* (2* parlie,Oral. Salle Béclard.) : MM. De-
jerine, Balllmzard, Macaigne — 5’ (Chirurgie, 1" partie. Hôtel-
Dieu) : M.Vl.Kirmisson, Delens, Proust. — 5"{Z' partie, Hôtel-Dieu) ;
MM. Gaucher, Claude, Lahbé (Marcel).
Mardi, /" mai. — 3' (2* partie. Laboratoire des travaux ])ra-
liques d’anatomie pathologique) : MM. Joffroy, Guiarl, Maillard.
_ 3* (1" partie, Oral, Salle Broussais' :MM. Le Denlu,Launois,Brin-
(1) Débats, 1! avril l'.lüli.
270
LE PROGRÈS MÉDICAL
(leau. — 3* (2* parlie,Oi-al,Salle Charcot) : MM. Ilulinel. Thiroloix, 1
Gouget. — 4" (Salle Pasteur) : MM. Chantemesse, Robin, Duprée.
— 5' (Chirurgie, 1” partie, P* série, Charité) : M.M, Guyoïi, !)•
Lapersonne, Marion. — 5’ (Chirurgie. 1” partie, 2" série. Charité; :
MM. Pozzi. Auvray, Morestin. — 5" (2* partie. Charité) : MM.
Diciilafoy. Rénon, Carnot.
Mercredi, 2 mai. — 3' (2" partie. Laboratoire des travaux prati¬
ques d’anatomie pathologique) : MM. Déjerine,Desgrez, Macaigne.
— 2- (Salle Riohef) : MM. Ch. Richet, Broca CVndré), Branoa.—
3' (1” partie. Oral, Salle Corvisart) : MM. Kirmisson. l,epage, Cu-
néo. — 3' (2” partie. Oral, Salle Pasteur) : MM. Gaucher, Baltha-
zard, Legry.
Jeudi, ? mai. — 3” (2' parlie. Laboratoire dos travaux prati(|ues
d'auatoniie pathologique) : MM. Chantemesse, Guiarl, Maillard —
3’ (1" partie. Oral. Salle Béclard) : MM. Pozzi, Launois. Briudeaii.— '
3' (2" parlie Oral, Salle Broussais) : MM. Gilherl, Thiroloix, Car¬
not — 4’ (Salle Charcot) ; MM. Pouchel, A aquez, Dupré.
Vendredi, 4 mai. — 3" (2' parlie, Laboratoire des travaux prati¬
ques d’anatomie pathologique) : MM. Blanchard, Desgrez, Le¬
gry. — 3* (1” parlie. Oral, Salle Béclard) : MM. Terrier, Lepage,
Branca. — ,3” (2” parlie,Oral, Salle Broussais) :MM. Joffroy, Claude,
Labbé (Marcel). — 4" (Salle Pasteur) : MM. Pouchel. Richaud, Bal-
lhazard. — 5" (Chirurgie, P” partie, P’ série, \ecker) : MM. Kir¬
misson, Legueu, Pierre Duval. — 5‘ (Chirurgie. P' partie, 2* sé¬
rie, Neclter) : MM. Segond, Uelens, Proust. — 'Obstétrique, 1"
partie, Clinique Baudelocque) : MM. Pinard. Wallich, Potocki.
Samedi, 5 mai. — 3' (2” partie. Laboratoire des travaux pratiques
d’anatomie pathologique) : MM Troisier, Guiarl, Maillard. — 3' (P"
parlie. Oral, Salle Béclard) ; MM. Be Lapersonne, Bonnaire, Lau¬
nois. — 3’ (2' partie, Oral, Salle Broussais) : MM. Gilbert, 1 hiro-
loix, Carnot.— 5" (2" partie, 1" série, Beaujon) : MM. Hutinel. Méry,
Gouget. — 5" (2* parlie, 2" série, Beaujon) ; MM. Rohiu. Jcanselme,
Bezançon. — 5' (Obstétrique, 1” partie, Clinique Tarnier) : MM.
Budin, Bemelin, Brindeau.
THÉRAPEUTIQUE
L'hélénine et ses applications thérapeutiques.
L’hélénine, corps solide cristallisé en prismes quadrangu-
laires incolores, insoluble dans l'alcool chaud, l’éther, lesTs-
sences, le kérosolène, donne des résultats thérapeutiques re¬
marquables bien mis en lumière par le D-- de Korab dans
diverses communications, notamment à la Société de Bioio-
gie et à l’Académie des Sciences. Elle calme la toux, tarit
l’expectoration, facilite la respiration, est douée d’un véri¬
table pouvoir bactéricide. Elle a, en outre, une action pré¬
ventive et curative sur l’hémoptisie, excite l’appétit, facilite
la digestion. C’est, en somme, le médicament de choix des
bronchites chroniques et de la tuberculose pulmonaire. On
la prescrit sous la forme de globules d'hélé'line du Ü-’de Korab
à la dose de 3 à 6 par jour.
NOÜVR^ES
Natalité dï Paris. — Du dimanche 1 au samedi 7 avril
1906." les naissances ont été au noranre de 1008, se décomposant
ainsi : légitimes 723. illégitimes 285.
Mortalité a Paris. - Population d’après le recensement de
1901 : 2.fifi0.559 habitant.s. Les deces ont été au nombre de 1117.
savoir:. 582 hommes et 533 femmes. Les décès sont dus aux
causes survantes ; Fièvre typhoïde (typhus abdomin.) : 5. —
Typhus exanthématique : 0. — Fièvre intermittente et cachexie
palustre : 0. — Variole : 0. — Rougeole : 30 - Scarlatine : 5.
— Coqueluche : 3. — Diphtérie et Croup : 8. — Grippe ; 8.
— Choléra asiatique : 0. — Choléra nostras : 0. — Autres
maladies épidémiques : 6. — Tuberculose des poumons : 233. —
Tuberculose des méninges : 27. — Autres tuberculo.ses : 17. —
Cri cer et autres tumeurs malignes • 65. — Méningite simple : 20.
— Congestion hémorrhagique et ramollissement du cerveau : 62.
— Maladies organiques du cœur : 68. — Bronchite aiguë : 10.
— Bronchite chronique : 25. — Pneumonie : 48. — Autres affec¬
tions de l’appareil respiratoire : 134. — Affections de l’estomac
(cancer exc.) : 1.— Diarrhée et entérite deO à 1 an : sein : 5 ; au¬
tre alimentation : 10. — Diarrhée et entérite de 1 à2ans : .3. — Her¬
nies. obstruction intestinale : 12. — Cirrhose du foie : 12. — Néphrite
et mai de Bright ; 37. — Tumeurs non cancéreuses et autres ma¬
ladies des organes génitaux (femmes) : 7. — Septicémie puerpérale
(6èvre, péritonite, phlébite puerpérale) : 2. — Autres accidents
puerpéraux de la grossesse et de l'accoucnement : 3. — Débilite
congénitale et vices de conformation : 21. — Débilité senile : 55.
— Morts violentes : 24. — Suicides: 9. — Antres maladies : 141.
— Maladies inconnues ou mal déhnies : 12.
Mort-nés et morts avant leur inscriotion: 61, qui se décom¬
posent ainsi : légitimes 45. illégitimes 16.
Pension nationale.— Le conseil des ministres a décidé que dès
la reprise des travaux parlementaires le ministre de l’instruction
publique et des beaux-arts saisirait la Chambre d’un projet de loi
ayant pour objet d’attribuer une pension nationale à Mme Curie et
à ses enfants.
Prix de la Société de géographie. — Cette Société vient d’at-
tribuerle prix Juvénal Dessaigne (médaille de vermeil) à M. le Di-
Noël Bernard, pour ses études sur les Khâs du Laos.
Etr.lnge remède pour le cancer. — h'Evening Standard
publie l’information suivante que reproduit le Matin: « Le docteur
italien Guido Pieraccino, après avoir essayé vainement pendant
sept mois l’excision et les caustiques les plus efficaces dps un
cas de cancer, a fait emploi d’infusions de feuilles de violettes
fraîchement cueillies ; il dit que, après dix jours de ce traitement,
le malade était à peu près guéri.»
Les EPIDEMIES A San-Francisco.— On télégraphie au Matin, de
New-York, le 23 avril, qu’à San-Francisco quelques cas de fièvre
typhoïde et de scarlatine se sont déclarés parmi les malheureux
réfugiés dans les parcs de la ville sinistrée. Les autorités font
appliquer les mesures sanitaires les plus rigoureuses et on ne croit
pas que l’épidémie prenne de l’extension.
Exercices du service de santé. — Des exercices spéciaux du
service de santé en campagne seront exécutés en 1906, conformé¬
ment aux dispositions de l’instruction du 30 juin 1902. Ces exerci¬
ces auront lieu : au camp de Chàlonspour les l'»', 2' et 6» corps, à
Paris, pour le gouvernement militaire de Paris et les 3'’, 4" et 5'
corps ; à Rennes, pour les 9', 10» et ID corps ; à Besançon, pour
les 7®, 8» et 20» corps; à Lyon, pour le gouvernement militaire de
Lyonetles 13» 14» et 15» eorps ; à Toulou.se, pour les 12», 16», 17'
et 18» corps.
Corps de santé militaire. — Les médecins aides majors Sibille,
du 17» chasseurs, etNugue,du 3» bai. chass., sont autorisés à per-
D.angereuse consultation. — Une aventure peu banale est
arrivée à un de nos confrères de province durant un de ses sé¬
jours à Paris où son fils exerce lui-même la médecine. En voici
la relation d’après les journaux qui ont relaté non sans détails, cet
intéressant fait divers ;
Dernièrement, M. X. notre confrère, fit la connaissance d’une
jeune parisienne qui le séduisit au point de l’amener aune deman- •,
de en mariage. La présentation à la famille de la future épouse
eut lieu chez le heau-frére de la jeune fille. Le docteur invité à
dîner pour le lundi de Pâques ne manqua point de s'y rendre.
Au dessert la maîtresse de la maison fut prise d'une indisposition
subite. Le docteur examina la malade et promit de la venir voir,
,Le lendemain il revenait ; la jeune femme demanda à être aus¬
culté. Elle commençait à se dévêtir, lorsque la porte s’ouvrit
brusquement et parut le mari, le revolver au poing, prétendant
son honneur outragé.
Devant les protestations d'innocence du médecin, le farouche
époux consentit à faire grâce de la vie au malheureux docteur,
mais lui fit signer une reconnaissance de 10,000 francs. Mais une
fois dehors, notre confrère retrouva son sang-froid, se dissimula
sous une porte, attendit la sortie du maître chanteur et le fit ar¬
rêter, il est actuellement au dépôt.
Banquet annuel de l’internat en médecine (1906). — Le
Banquet annuel des Internes en médecine des hôpitaux de Paris,
aura lieu au restaurant Marguery, boulevard -Bonne-Nouvelle, le
samedi 28 avril, à 7 heures et demie, sous la présidence de M. le
professeur Debove, doyen de la Faculté. Le prix de la souscrip¬
tion est fixé à quinze francs pour les anciens internes et à douze
francs pour les internes en exerciee. Pour s'inscrire, s’adresser à
•M. le docteur'V'ERCHÈRE, commissaire du Banquet.
Les croque-morts a San-Francisco. — Vols abominables.
Sacramento, 21avril. Unpharmacien de San-Francisco, M. Neve,
affirme que certaines personnes qui sont chargées d’enlever le*
cadavres coupent les doigts des femmes et les cachent dans leurs
poches afin d’en tirer les bagues en diamants. Lofsqu’ôn les sur¬
prend, on les fusille. Le pharmacien ajoute que, dans la poche d’un
de ces individus, qui a été fusillé, on a trouvé cinq bagues en dia¬
mants retirées des doigts des morts. M. Neve déclare aussi qu un
grand nombre de soldats, exténués par leur travail, ont pénétre
dans des débits de boissons, se sont enivrés, et ont fusillé beaucoup
de personnes innocentes. La tentation de boire des liqueurs sp>'
ritueuscs était à peu près irrésistible, car, quoique la nourriture
fut en abondance, on ne pouvait pas se procurer de l’eau. (L'aU'
rare, 22 avril).
Hospices civils de Saint-Etienne. — La Commission adnii;
nislralive des Hospices civils de Saint-Etienne prévient qu '*
LE PROGRÈS MÉDICAL
271
sera ouvert àl'Hôtel-Dieu de Lyon, le lundi 15 octobre prochain,
un concours public pour une place de chirurgien de ses établis¬
sements. Ce concours aura lieu devant la Commission, assistée
d'unjury médical. Il se composera de 5 épreuves. Le chirurgien
à nommer entrera en fonctions le P"- juillet 1907, son traitement
est fixé à 2.000 fr. par an. Pour tous renseignements, s'adresser
au Secrétariat des Hospices, rue'Valbenoite40, à Saint-Etienne.
Muséum d’histoire naturelle. — Conférences publiques du
dimanche (année 1906). — 2.9 avril : Les anciennes collections
d’histoire naturelle, M. L. 'Vaillant. — 6 mai : L’air pur, l’air
confiné, l’air vicié par la respiration et par la combustion, M. N.
Gréhant. — 13 mai : Le transformisme et l'agriculture, M. J.
CosTANTiN. — 20 mai : Les bactéries. Bactéries nuisibles, M. L.
Mangin. — 27 mai : Les bactéries utiles, M . L. Mangin. — Les
conférences auront lieu à trois heures dans le grand amphithéâtre
du Muséum. — Les personnes désirant assister aux conférences
du dimanche trouveront des cartes d’enlrée à l'administration du
Muséum tous lesjours de 10 heures à 4 heures, sauf le dimanche.
Les cartes permanentes du Muséum (cartes de naturaliste, carte
d’invitation aux réunions mensuelles des naturalistes, cartes d’au¬
diteur des cours, cartes d’artistes) ser\nront d'entrée pour les titu¬
laires et leur famille.
Cours de rjéologie. — M. Stanislas Meunier, professeur, a
commencé ce cours le mardi 24 avril 1906, à cinq heures, dans
l'amphithéâtre de la Galerie de géologie, et le continuera les sa¬
medis et mardis suivants, à la même heure. Le professeur fait
l'histoire du phénomène volcanique depuis les temps géologiques
les plus reculés jusqu’à l’époque actuelle. Il insistera sur le carac¬
tère physiologique de la fonction volcanique dans l’éconpmie gé-
nérale de la terre et examinera les principales théories imaginées I
pour expliquer la production et l allure des volcans de tous les
âges. Le cours sera complété par des excursions géologiques que
des affiches spéciales annonceront successivement.
Cours d' anthropologie. — M. E,-T. Hamy, professeur, membre
de l’institut a commencé ce cours le jeudi 2fi avril 1906, à trois
heures, dans l’amphithéâtre des Nouvelles Galeries, rue de Buffon,
n» 2, et le continuera les samedis, jeudis et mardis suivants, à la
même heure. Ce cours est consacré à l’étude des progrès les plus
récents de l'anthropologiepréhistorique dans l'ancien et le nouveau
raondre.
Oefice central des renseignemenns balné.aires. — La di¬
rection delà Gazelle des Eaux rappelle à tous les intéressés
qu’elle a créé, depuis plusieurs années déjà, dans ses bureaux,
60, rue Mazarine, à Paris, un service de renseignements, appelé
Oflice cemral des renseignements balnéaires. Ce service se met
entièrement à la disposition des médecins, directeurs de stations
hydrominérales ou climatiques, exploitant de sources ou de sana¬
toriums, etc., désireux d'offrir ou de rechercher situations, postes,
renseignements pour analyses de sources, exploitation, demandes
en autorisation, captages nouveaux et anciens, etc. Il sera répon¬
du, dans le plus bref délai, à toute demande de ce genre, adressée
auxbureaux de la Gazelle des Eau.T,&0, rue Mazarine, Paris (VI«;.
Déontologie. — « Un dernier conseil : Médecin, ne parle
jamais, à personne, de tes malades et des familles que tu soignes.
Si on t’interroge, détourne la conversation. sur d’autres sujets et
fais comprendre ainsi à tous que le secret professionnel commande
le respect absolu et du titulaire et du public. Le doigt sur les
lèvres et mystère même devant la justice et les tribunaux : invo¬
que toujours le secret professionnel et garde le silence qui t’hono¬
rera devant les juges et le public (D'’ 'Vindevogel, l.e médecin, du
15 avril 1906.)
Nécrologie. — Nous avons le sincère regret d'annoncer la
mort, à Saint-Ghély-d'Apcher iLozèrel. de M. le D'’ Ramadier,
médecin on chef de l'hôpital Théophile-Roussel, ancien maire de
Saint-Chély-d’Apcher. Agé de 83 ans, il était le petit-fils de M.
Chazot, député de la Lozère à l’Assemblée législative de 1791, et
l'ami et le compagnon de lutte du grand philantrope Théophile
Roussel, son compatriote.
Chronique des Hôpitaux.
lIopiiAL DE LA Pitié. — Leçons cliniques sur les maladies du
système ni rveux. — JL le D"' Babinski reprendra ses conférences
sur les maladies du système nerveux le samedi 5 mai 1906.
Enseignement libre.
Psychopathologie du tube digestif (2“ semestre de l'année
scolaire 1905-1606). — M. le D‘' Paul Parez inaugurera, à la Fa¬
culté de Médecine (Amphithéâtre Gruveilhier, 15, rue de l’Ecole,
de-Médecine), le samedi 28 avril, à 6 heures du soir, un Cours li¬
bre de Psychopathologie du tube digestif; il le continuera les sa¬
medis de chique semaine, à la môme heure.
ADJUDICATION “.rî-f.;;;, t
Louis-le-Grand, le lundi 30 avril 1906, à 1 heure du soir,
d’un fonds de commerce de
exploité à Paris, 67, rue
Montorgueil (2" arrondis.).
Mise à prix pouvant être bais
rembourser : 2.250 fr. Consignation pour enchérir : 2.000 fr. Pour
les renseignements, s'adresser audit notaire, à LESTIBOUr
DOIS, avoué, 28, rue 'Vignon et à M. GRAUX, administrateur
judiciaire, 53, rue de Rivoli.
PHARMACIE
e : 2.000 fr. Loyers d avance à
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272
LE PROGRÈS MÉDICAL
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
Librairie G. JACQUES
14. rue Hautefeuille.
Gasne (E.). — Les fractures du crâne chez l’enfant. 1 vol. In-8“
de 146 pages.
Librairie JULES ROUSSET
1, rue Casimir-Delavigne.
Adamkiewigz (Albert). — Pensée inconsciente et vision de la
pensée. Traduit de l’allemand par la baronne Henri de Roths¬
child. Un volume in-8° de 100 pages. Prix . 2 fr.
Librairie RUEFF
(> et 8, rue du Louvre.
Crinon (C.). — Revue des médicaments nouveaux l.i® édition.
1 vol. in-18 de 436 pages. Prix . 4 fr.
Librairie G STEIAHEIL
îi, rue Casimir-Delavig-iie
Broel (A.). — Traitement des chorées et des tics de l’enfance.
1 vol. In-8“ de 104 pages. Thèse de Paris.
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OHMAIRE : Chirurgie biologique : La stérilisation des
sslles d'opération, par Longuet. — Bulletin : Certificats à fin
i’internement, par Tissot ; A propos des réformes de Tenseigne-
jnent médical, par J. Noir. — Sociétés Savantes : Société
jldicale des Hôpitaux : Hémorrhagies latentes du tube digestif,
laréaction de Weber et sa valeur séméiologique, par Mathieu
et Roui ; Gangrène pulmonaire consécutive à la submersion,
par Bergé ; Ün cas de trypanosomiase chez un blanc, par Nat-
lan-Larrier ; Rétentions chlorurées dans la néphrite intersti¬
tielle, par Bergouignan et Fiessinger (c. r. de Friedel.) — Société
dt Médecine de Paris : Sur le traitement manuel de la névralgie
sciatique (procédé du genou), par Berne ; Vote sur la modifica¬
tion des statuts (c. r. de Buret.) — Société de médecine pub tique
üie génie sanitaire (c. r. de A. Pujol.) — Revue de théra¬
peutique; Un traitement rationnel de la tuberculose, l’influence
de la décalcification et de la calcification, par J. Noir. — Revue
DES maladies du SYSTEME NERVEUX : Paralysie des quatre mem¬
bres et d’un côté de la face avec dissociation do la sensibibilité
développée en quelques heures et résultant d’une méningo-
■yélo-encéphalite, par Mills et Spiller ; Etude expérimentale
sur la forme du soulèvement ergographique. par Lugiato ; Œdè¬
me neurotrophique et vaso-moteur du membre supérieur droit,
par Testi ;.Ûncas de neuroglisme ganglionnaire, par Findlay ;
Paralysies faciales récidivantes et paralysies faciales à bascule,
par Petit ; Traitement des paraplégies spasmodiques par une
technique d’exercices méthodiques, par Faure ; Examen de la
pupille et réflexes pupillaires, par Donath ; Recherches expéri¬
mentales sur les connexions antérieures du tubercule quadriju¬
meau postérieur, par Mahaim ; Du rôle de la syphilis dans les
maladies de l’encéphale, par Marchand ; Etude de l’abduction
réflexe des orteils (signe de l’éventail), par Buri ; Aires des sec¬
tions delà moelle épinière de l’homme à l’origine des différents
nerfs spinaux, par Donaldson et Davis ; Les tics, par Meige,
etc., (c. r. de Mirallié). — Bibliographie. — Varia. — Les
CONGRÈS. — Jurisprudence médicale. — Nécrologie. —
Thérapeutique : L’emploi thérapeutique de l’hélénine dans les
hôpitaux. — Formules. — Actes et thèses de la faculté
DE MÉDECINE DE Paris. — NOUVELLES. -- Chronique des hô¬
pitaux. — Bulletin bibliographique.
CHIRURGIE BIOLOGIQUE
(Cours, Y“' leçon.)
La stérilisation des salles d’opération.
Par le L. LONGUET de Rouen)
■«maire, — Aperçu historique rapide des doctrines relatives
Pw germes nocifs des salles d’opération et locaux chirur-
■Des microorganismes des salles d'opération : Leur exis-
Leur nature et la détermination de leurs espèces. — La
TOmque de leur dosage. — Leur siège et leur provenance. —
wrs variations numériques. — Leur virulence. — • La doc-
pastorienne des germes appliquée par Lister aux salles chi-
^cales reste entièrement débout. — Le rôle de l’air doit être
W ea considération.
^térilisation germicide de ces locaux Œister.) 1“ Procédé
. Res pulvérisations, ou spray. — 2“ Procédé anti-
iiraia"* ■ feuillage. — 3“ Procédé de l’évaporation d'un
1®®, *e^septique. — Insuffisance et inconvénients de toute la
•Paficide ' ^ partiellement germicide, mais nullement
ipo/Tdde des locaux chirurgicaux. (Lon-
^érée U de la vapeur anhydre à 190“ sous pression
saent possible, légitime, rationnel de stériliser radica-
•ees chambre métallique construite à cet effet. — Avan-
sécurité de la méthode sporicide.
J. Messieurs,
les chirurgiens se soucièrent d
^oulairr épidémique». Ilippocrate(]
iren»p., ^ cause de son action rafraîchissantf
«ivju” début du XIX” siècle, e\pliquait s
mpay^Parun effet irritant.Guillemeau (3) précisait e
■Nton Irritation à celle des corps étrangers
^ vingt années en arrière
■milieu alors les plus illustres maîtres accuse
‘e laurs insuccès opératoires. En vérité
K®* ave*^ laborieux ancêtres — est méritoire
’> acquis la convictio;
danger vient d’un principe nocif de l’aii
— - ^ - - -
a-LosTE admirent aussi la nocivité de l’air par rafra
^ -'•oiino, Le Diun, Hi nter, etc., exprimi
Hé,® nocivité de l’air par irrilalioii.
sens’M Pensaient, comme Gnillemeau, que l'air Joii
•nies le rôle d’un corps étranger.
Messieurs, le moment est venu d'affronter à nouveau
le problème, d’y apporter le fruit de nos recherches
et de nos réflexions ; de re viser les travaux de ceux
qui nous ont précédés sur ce chemin ; d’établir s’il y a
ou non péril du côté de l’air, enfin et surtout de
nous prémunir contre les accidents provenant de cette
source.
Or, si la notion du « génie épidémique » est empi¬
riquement aussi vieille que la chirurgie, elle comporte
encore» scientifiquement» de multiples points obscurs,
et les moyens d'annuler les effets de l’air, de stérili¬
ser le « milieu », sont encore rudimentaires. Aussi
bien, l’opinion très générale est que chercher la sup¬
pression radicale des microorganismes atmosphériques,
c’est tout simplement poursuivre un but chimérique ;
la chose est pratiquement irréalisable. Vous aurez, je
l'espère, une autre manière de voir au sortir de la pré¬
sente leçon.
I. Microorganismes des salles d'opérations.
Et d’abord, les microorganismes existent-ils dans
les salles d’opération ? Messieurs, celui qui douterait
de leur présence renierait l’une dos plus belles décou¬
vertes de Pasteur, celle par laquelle, en 1863, il réfuta
la génération spontanée ! Vous connaissez sans doute
deux de ses célèbres expériences. Faisant filtrer un
courant d’air sur une bourre de coton-poudre. Pasteur
dissout ensuite cette bourre dans l'éther, laisse évapo¬
rer ce collodion, en examine le dépôt au microscope,
et y constate une flore luxuriante de microorganismes
bien vivants, qui végètent abondamment une fois
transplantés eu milieu nutritif. Comme contre-
épreuve, il remarque qu’un flacon de bouillon hermé-
tiquemenf clos après ébullition préalable demeure
indéfiniment stérile tant qu’il est privé d’air. Si l’on en
fracture le col scellé, l’airentre et avec lui les germes ;
puis bientôt il se trouble.
Renouveler semblable expérience est chose élémen¬
taire. Voici une boîte de Pétri, contenant de la gélose
stérile. Exposée pendant 10 minutes dans une salle
d’opération, je la fermai ensuite, la déposai à l'étuve à
37“7. Le surlendemain, de multiples colonies la macu¬
laient. Ainsi notre conviction est établie. Il y a des
microorganismes dans ce local ; nous les voyons par
nous-mêmes. D’ailleurs, le fait est surabondamment
274
LE PROGRÈS MEüIGAT.
1
prouvé par les résultats similaires obtenus avant nous
sur plusieurs points du globe : en Angleterre par Lis¬
ter (18()7/ ; en France par Miquel (1883) à Paris dans les
salles Michon et Lisfranc, delà Pitié ; puis par nous-
mème à Paris à la clinique gynécologique de la Sal¬
pêtrière (i8!)3), par Quenu et Landel à l’hôpital Cochin
1903, par Lafolie à l’hôpital maritime de Brest, puis de
Bordeaux (1901) — en Allemagne par Kummel (1885) à
Hambourg, von Eiselsberg, Mikuliczet Flugge (1898),
Xoggerath (1901) — en Russie, par Pawlowki (1886) et
Reudnew. S. (1893) — en Italie, par Durante et Néri
(1888), pour ne citer que les recherches faites en milieu
chirurgical parallèlement à d’autres poursuivies aux
mêmes époques dans les locaux hospitaliers médi¬
caux ! Enfin à côté de ces infiniment petits, est-il
nécessaire de rappeler qu’il existe constamment dans
Pair des organismes d’un ordre plus élevé, macrosco¬
piques ceux-ci, parmi lesquels figurent en première
ligne les muscidée?, dont le rôle n’est pas à négliger
comme agents de contamination, puisqu’ils apportent
avec eux les microbes dont ils se sont charg'és intus
ou extra, et les sèment dans les plaies, quand ils ne
les inoculent pas plus profondément par piqûre.
Ces germes, oà siègent-ils ? 11 yen a partout : les
uns sont déposés sur les parois, le plafond, les murs,
le plancher, les meubles, les objets ; les autres circu¬
lent dans l’air. Dans l’air il sont véhiculés par les
gouttelettes, les bulles d’eau, dites « poussières humi¬
des » : ou parles débris organiques minuscules, fibres
végétales, graines de pollen, d’amidon, cadavres
microbiens agglomérés qui constituent les « poussiè¬
res sdc/icv » dont un faisceau de rayons solaires entrant
par fissure dans la salle obscurcie vous révèle opti¬
quement la constante existence et la richesse numé¬
rique.
La llore des organismes aériens est d’une infinie
i^ariélé. La détermination des espèces par la méthode
des plaques nous montre après quelques heures de
séjour à l’étuve :
1° Des cryptogames en grand nombre, moisissures,
levures, aspergillus, champignons dont beaucoup à
l’état sporique ; d’autres à l'état de mycélium, de végé¬
tation rameuse.
2° Des schyzophytes à forme de coccus, de bacté-
rium, de spirille, de bacille. Pour ne citer que les
espèces jusqu’ici déterminées en salle chirurgicale, je
relève comme cocci : un diplocoque : (Pawlowsky) — -
du staphylococcus albus, (Longuet, Lafolie) — du sta-
phylococcus aureus (Pawlowsky, Mikulicz et Flugge,
Lafolie, Quenu et Landel) — du staphylococcus cilreus
(Pawlowsky, Longuet) — du streptococcus erysépila-
tus (Eiselsberg) — du tétragène (Longuet) — des sar-
cines blanches, orangées, et dorées (Lafolie). Parmi les
bacilles, le pyocyanique (Longuet, Quenu et Landel) ;
le coli (Longuet), lesubtilis (Longuet, Lafolie). Notez
que cette liste est à peine, ébauchée. Voyez donc le grand
profit tiré de quelques boîtes de Pétri ou tubes de
liesse !
Si maintenant nous voulons évaluer le nombre des
microorganismes, la technique employée par les auteurs
précités doit être considérée comme insuffisante. Ainsi
l’on s’est souvent servi de tubes creux de liesse ou de
Pawlowsky (l i, sur la paroi desquels on avait solidifié
de la gélatine. Or ces tubes ont l’inconvénient d’être
difficilement stérilisables par suite de leur longueur.
' 1) Le lulie de Hesse a 'ë eenlimèlpes de lonp. 01ni de l’aw-
lowsky en diffère en ce qn’il est coudé 5 fois.
Ils sont peu maniables. Ils donnent des résultats troi
peurs, certains parasites-germes ou certains corpusn
les-germes aspirés par le courant d’air pouvant les tu
verser dans toute leur longueur sans se fixer sur|
dépôt nutritif. La numération des colonies est m
aisée. Le repiquage est souvent impossible. Le volu.
d’air éprouvé en un temps donné varie beaucoup dJ
les recherches. j
Plus souvent on a procédé par exposition à l’J
d’une boîte de Pétri à la gélatine pendant quclqJ
minutes. Or, nombreux sont les germes qui cullivd
mal ou pas sur ce milieu. Dans des expériences aU
conduites, Miquel, dès 1883, vit certaines coIom
pousser après un mois seulement. En outre, les mio
bes liquéfiants creusent vite des cupules envahissaul
dont la rapide confluence empêche la végétation J
autres espèces. Enfin le séjour à la température de I
à 2ù“ est peu propice au développement denombreoi
bactéries. En sorte que, bonne pour le déterminisme
quelques espèces, cette technique n’est pas bien sal
faisante pour le dosage numérique.
Je préfère le procédé des boîtes do Pétri à la géio
La mise ultérieure de l’étuve à 37" donne des réSult
plus rapides etplus précis. Encore faut-il adopterqo
ques règles pour comparer les résultats. Ainsi jepi
pose comme unité de temps, une exposition à l’air
10 minutes, et comme unité de graduation, la non
ration des colonies comprises dans une aire de 5 ci
de surface. Si maintenant nous ajoutons à cela des e
périences similaires spéciales en milieu anaérobie, M
arrivons à ce résultat que les microbes des locauïd
rurgicaux sont beaucoup plus nombreux que nerim
quent les recherches faites jusqu’à ce jour.
Toutefois certaines données semblent définilirenu
établies. Ainsi il y des variations Pawloa
pour les aérobies consigne dans les salles de c
rurgie de Saint-Pétersbourg, 230 germes ennioyem
alors que j’en ai trouvé 500 ; mais nous njavonsj
opéré dans les mômes conditions de temps ni de nu"
ration. Selon toute vraisemblance, ici comme en ^
giène générale, les salies d’opération dans les ?’®
centres sont plus peuplées de bactéries que celle--
petites villes.
D’autres variations sont saisonnières. En
lowsky trouve 900 germes là ou en hiver il en r**"
9000. Cette augmentation tient à plusieurs causes,
particulier à l’encombrement. I
Les variations horaires sont incontestables-
prises faites certains jours à midi sont beaucoup f
fécondes que celles du matin ou du soir, f ®
avant ou après les séances opératoires. ^
de ces écarts est aujourd’hui clairement élucide •
tient à V agitation ai l’apport des poussières cause Il
la présence, l’arrivée de nombreuses personnes- or
nique deBreslau, Gottstein etileile constatenM^
salle d’opération contient seulement qnelqu®^ ^,1 ^
parboîtedePétri, lorsqu’elleestclosR jpi ^
idexpérimentateur se couvre alors de la tête
de vêlements stérilisés, pénètre seul dans
avec un linge stérile, fait autant de poussière Lj j
sible. Alors les microbes sont plusnombreux •
à 12, 15 par boîte. Quelques moments q.
vent les assistants et voici que la teneur en
vient encore 4 à5 plus considérable. QuêBq® jjji jj|
relèvent une proportion déterminée decolon'e
sallô d'opération, le matin avant l opération-h((|f ^
de ces colonies devient triple au moment de
276
LE PROGRÈS MÉDICAL
duite différent. Or les chirurgiens sont jusqu'ici peu
fixés sur la qualité nocive de l’atmosphère péri-opéra¬
toire.
Lister et ses disciples virent là dès l’abord un gros
danger. La phrase suivante de Pflugger reflète l’état
d’esprit à cette époque.» Tous les accidents opératoires
tiennent à des nuages de microbes quipassent à certains
moments comme des animaux hibernants, sur la tête des
opérés malheureux «.Cette formule outrancière provo¬
qua plus tard une réaction, dont Bergmann prit la tète ;
» On peut escompter, écrivait-il en 1890, la rareté de
1 infection de la plaie par l’intermédiaire de Tair. Le
contact des poussières atmosphériques et d<î leurs ger¬
mes pathogènes avec la plaie est si court que générale¬
ment aucune action nocive n'a le temps de se produire.
On peutd’ailleurs protégerla plaie enla recouvrant de
compresses autant que le permettent les manœuvres
opératoires ». Lister lui-même se rallia à cette manière
de voir. « Quant au spray, ajouta-t-il, je me sens hon¬
teux de l’avoir recommandé autrefois dans le but de dé¬
truire les microbes de l’air. Ceux-ci n’ont pas le temps
de perdre leur vitalité dans le nuage du » spray ».
.le l’ai abandonné il y a trois ans (1887). Dans l'em-
pyème, nous avons de bons résultats, malgré l’entrée
chaque jour d’une quantité d’organismes de l’atmos¬
phère dans la plèvre. Il semble s’en suivre logiquement
que les parties ilottantes de l’air peuvent être négligées
dans notre œuvre chirurgicale » d ).
Ainsi dans l’espace de vingt années, les maîtres du
mouvement chirurgical émettent deux opinions diamé¬
tralement opposés ! Où est la vérité ? A mon sens, elle est
entre les appréciations extrêmes. 11 me semble établi
que les germes dont Texistonce a été une fois de plus
établie au début de celte leçon sont susceptibles de jouer
un rôle d’ailleurs très inconstant. Parmi ces bactéries,
nous avons signalé des espèces habituellement patho¬
gènes, streptocoques, staphylocoques dorés, pyocya¬
nique, coli. Quantaux saprophytes, j’ai exprimé maintes
fois ce que nous en devons penser. En certaines con¬
ditions jusqu’ici imprécises, ils deviennent virulents.
Cette transformation a été vérifiée pour le tétragène,
pour le subtilis associés à d’autre microorganismes, en
particulier au staphylococcus albus. En pareille sym¬
biose, Hobbs (2) 19(50 a vu le subtilis passer dans le
sang, renforçant la virulence de certaines bactéries. Et
plus récemment, Charrin a réussi à fixer sur le subti¬
lis un certain degré de virulence. Admettons donc que
les microbes de l’air peuvent être nocifs. D’ailleurs les
produits de fermentation qu'ils engendrent sont de
puissants auxiliaires pour l’évolution des pathogènes.
Au reste, voici la preuve que nos craintes sont justi-
iiées :
L’inoculation des poussières aériennes d'une salle
de chirurgie adonné à Paulowsky des abcès staphylo¬
cocciques locaux et métastiques chez le chien. La folie,
et nous chez le cobaye, Quénuet Landel chez le lapin,
ont obtenu le même résultat. Dans un cas même, ces
expérimentateurs ont déterminé une péritonite puru¬
lente chez le cobaye par bacille pyocyanique, extrait
de poussières. Flugge a constaté une fois l’existence
d’un staphylococcus aureus virulent dans la salle
d’opération de la clinique de Breslau. Ma conclusion est
donc que l’ambiance de l’opérateur est parfois nocive.
(1) Voir ; Hkkgmann, Listek. — Congrès international des sciences
médicales. Berlin, 1890.
i'é) 13* Congrès international des sciences médicales tenu à l’aris
2-9 août 1900.
Je dis: parfois, car j’ai, comme tant d’autres, obtej
des réunions parfaites en milieu singulièrement susp*
Que ceci suffise à nous donner l’éveil. Sans
l’action nuisible ne semble guère susceptible de dépj
ser en ses effets l’abcès local. Mais, somme toute, pg
faire bien ; pour mettre toutes les chances de réussite
notre côté, notre devoir est de tenir compte de ce ms
d’inoculation par contact, et de l’annuler si cela est enl
notre pouvoir. Voilà comment sans accepter intégra)
ment la première conception de Lister, ni celle inva
de Bergman, j’arrive à une interprétation des faits inli
médiaires entre les deux doctrines extrêmes relative
l’action de Pair en chirurgie, interprétation d'où décot
une série d’indications à remplir en pratique.
[A suivre.
NARCYL GRÉMY médicament spéciJ
que de la toux, spécialement de la toux des t
berculeux.
BULLETIN DU PROGRÈS MÉDlCk
Certificats à fin d'internement.
Sans s’exposer à être taxé de médisance, on pf
dire que les certificats délivrés par les médecins |W
l’internement des malades mentaux ne sont pas to
jours rédigés dans la forme convenable ; tantôt ils'
disent trop, et tantôt pas assez. Ainsiil est parfaiteme
insuflisantde certifier que telle personne est « atteii
d’aliénation mentale, qu’elle est dangereuse pour el*
môme et qu’il y a lieu de l’interner au plus tôt du
l’asile le plus proche ». .Une telle rédaction, qu”
fréquente, ressemble, par son laconisme, à iin]“r
ment où manquerait l’exposé des motifs : le certi (
médical est, en somme, la pièce justificative de
mesure grave qu’est l’internement, à ce titre il
quelque soin. D’ailleurs, la loi du 3 1 juin
souci d’en déterminer le contenu : aux termes de
ticle 8, il doit « constater l’état mental de
à placer, indiquer les particularités de la malade
nécessité de faire traiter la personne désignée dan
établissement d’aliénés et de l’y tenir renfernaée.
loi demande donc de motiver le diagnostic d i
mentale par une énumération sommaire et
symptômes observés et de conclure à la néces®
l’internement. En fait, cette nécessité est tirée ^
souvent du danger que le malade court pour
ou fait courir à son entourage, de par son incon
ou ses réactions.
Là se borne le rôle du médecin certificateur- ^
ne lui appartient nullement de fixer le temps
lequel le malade doit être tenu renfermé à
n'est pas un ": extrême rareté de voir des certinc
dure sans hésitation à l’internement << à
nés criminels, semblant préjuger ainsi avec
l’incurabilité de l’état morbide sous 1 influenÇ*^
le crime a été commis, ou se méprenant sur
tion de l'asile, qui est un lieu de traitement,
tention, et qui légalement doit évacuer ses
res, aussitôt la guérison constatée. A Tauto
LE PROGRÈS MÉDICAL
277
nistrative seule incombent le pouvoir et la responsabi¬
lité d’ordonner le maintien à l'asile par mesure de sécu¬
rité. L’internement à vie des aliénés criminels n’est pas
admis comme principe et il ne saurait le devenir, étant
inhumain, irrationnel et illégal. En droit, l’aliéné gnéri
doit sortir, même s'il a commis un crime. En fait, il
faut reconnaître que des garanties très sérieuses doi¬
vent être données à l’ordre public et à la sûreté des per¬
sonnes par une convalescence et une observation suf¬
fisantes de façon à prévenir dans la mesure possible tout
retour offensif.
Quant aux conditions matérielles mêrnes du certifi¬
cat, il serait oiseux d’y insister si un grand nombre de
praticiens ne semblaient les ignorer. Faut-il rappeler
que les certificats à fin d’internement sont soumis au
timbre,à moins d’être destinés à des indigents; qu’ils doi¬
vent être datés et porter une signature dûment légali¬
sée. Tous ces soins, toutes ces formalités et garanties ne
sont point de trop pour légitimer l’atteinte à la liberté
individuelle que constitue l’internement sous la légis¬
lation actuelle (1). F. Tissot.
A propos des réformes de l'Enseignement médic il.
Le Bulletin de notre collaborateur, M. le D" Tissot,
vient, sans que nous l'ayons demandé, à l'appui des
critiques qui se multiplient et que nous avons renou¬
velées sur l’insuffisance notoire de l'Enseignement
médical officiel au point de vue pratique. Certains de
nos amis nous ont objecté qu’à la Faculté de médecine
de Paris on était parvenu à réaliser, même au point de
vue pratique, un enseignement presque parfait et
ils nous citaient à l’appui ; l’enseignement pratique de
1 anatomie et l’enseignement clinique de l’obstétrique,
qui depuis assezlongtemps assurent à tous les étudiants
une instruction spéciale plus que suffisante. Nous som¬
mes les premiers à le reconnaître, tout en rappelant
que ces réformes ont demandé une énergie et un dé¬
nouement peu communs de la part de ceux qui les ont
accomplies. 11 existe, c’est évident, des professeurs et
des agrégés qui, en dépit de l’esprit de routine et de la
mauvaise organisation qui régnent dans nos établisse¬
ments d’enseignement supérieur, ont fait et font con-
^téncieusement leur devoir et donnent à leurs élèves
toute I
instruction qui leur est nécessaire. Mais à cette
on ne devrait pas souffrir d’exception. Si sur
q olques points, des maîtres dévoués sont parvenus à
j^^ganiser à Paris un enseignement médical irréprocha-
) nous ne pouvons comprendre pourquoi leur
^mple n’a pas été suivi . J . Noir.
prochainement sur cette grave question, s
8t>te au point de vue pratique (B.)
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SOCIÉTÉS SAVANTES
SOCIÉTÉ MÉDIGALÉ DES HOPITAUX
Séance du 27 avril.
Hémorrhagies latentes du tube digestif. La réaction de Weber
et sa valeur séméiologique.
MM. A. Mathieu et Roux. — La présence du sang, même
en quantité infime, dans les matières fécales ou dans le con¬
tenu gastrique est le signe péremptoire d’une ulcération gas¬
trique ou intestinale. La réaction de Weber (teinture de gaïae,
suc extrait éthéroacétique) qui peut être employée pour les
fèces et le contenu gastrique a été faite par les auteurs dans
un grand nombre de cas, où ils soupçonnaient une ulcéra¬
tion du tube digestif. Les données qui résultent de leurs re¬
cherches sont les suivantes : 1° à l’état normal la réaction de
Weber sur les fèces est toujours négative, pourvu que le su¬
jet soit à un régime sans viande ; 2“ dans l’ulcère aigu de l’es¬
tomac, la présence du sang est à peu près constante. Elle est
fréquente dans l’ulcère chronique ; 3“ dans le cancer de l’es¬
tomac, la présence de sang dans les fèces existe d'une façon
constante ; 4" dans les ulcérations intestinales et dans la cir¬
rhose hépatique, la réaction de Weber est souvent positive.
Gangrène pulmonaire consécutive à la submersion.
M. Berge rapporte l’observation d'une femme qui se jeta
dans la Seine, et qui, repêchée et transportée à l’hôpital, y fit
une broncho-pneumonie du côté droit et un foyer de gan¬
grène pulmonaire dans le poumon gauche (crachats et haleine
d’odeur fécaloïde). Guérison en une dizaine de jours. L’in¬
troduction de l’eau de Seine et de ses germes putrides dans
les bronches a été la cause directe de cette gangrène chez une
prédisposée.
Un cas de trypanosomiase chez un blanc.
M. Nathan-Larrier. — Ce malade revient du Congo, où il
a eu des acèès de fièvre à type régulier et irrégulier sans au¬
cun des signes de la trypanosomiase : œdème, érythème,
troubles visuels, accidents nerveux. Deux trypanosomes ont
été trouvés par l’examen de dix lames.
Rétentions chlorurées- dans la néphrite interstitielle.
MM. Bergouignan et Fiessinger rapportent deux observa¬
tions de rétention chlorurée au cours de la néphrite intersti¬
tielle. Pendant deux mois ils ont étudié la déchloruration, le
poids et la tension artérielle de leurs malades. La tension ar¬
térielle resta très élevée chez l’une, tandis qu elle tomba chez
l’autre. Chez les deux malades l’appétit s’est relevé, le poids
a augmenté, la dyspnée a disparu. Friedel.
SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DE PARIS
Séance du 28 avril igo6. — Présidence de M. Berne,
vice-président.
La séance est ouverte à 4 h. 46.
A funanimité, le procès-verbal de la précédente réu¬
nion est adopté.
Correspondance imprimée. — Journaux habituels
tinde la Société médico- chirurgicale ; La Normandie Mé¬
dicale ; La Revue du Foyer Français ; Le médecin Prati¬
cien.
Correspondance manuscrite — 1° Lettre de .\L le D’’
Desnos s’excusant de ne pouvoir présider la séance en
raison de l’opération d’appendicite que son fils vient de
subir.
La Société est unanime pour envoyer à son Président
les vœux qu’elle forme pour le prompt rétablissement de
son fils.
2° Lettre de M. le D'^Ch. de Blois,de Trois-Rivières (Ca¬
nada), secrétaire général du Congrès, demandant les
statuts de la Société et posant sa candidature comme
membre correspondant à titre étranger. Parrains : MM.
Adelstan de Martigny et Buret. Cette demande est prise
en considération. Les statuts, anciens et nouveaux, se¬
ront envoyés par les soins du secrétaire général.
278
LE PROGRÈS MÉDICAL
3“ Lettre de M.Adelstan de Martigny (Montréal), qui
remercie la Société de lui avoir confié les fonctions de
délégué au Congrès de Trois-Rivières.
M. le D'' Blondin, candidat au titulariat, donne lecture
de son travail de candidature intitulé : Note sur un
cas de pouls lent permanent (sera publié).
Cette candidature est renvoyée à l’examen d’une com¬
mission composée de MM.Couciray,Audistère et Duclaux,
rapporteur.
M . Berne fait une communication ayant pour titre :
Sur le traitement manuel de la névralgie sciatique.
(^Procédé du genou) ;
Par le D'G. BERNE.
Vice-président, ancien interne lauréat des Hôpitaux.
Lorsque les moyens thérapeutiques usuels : frictions
lérébenlhinées, liydrothérapie, électrothérapie, cauté¬
risations ignées, révulsions, etc., ont échoué, les ma-
ladesatteintscle sciatique viennent fréquemmentdeman-
der à la massothérapie, sous ses diverses formes, le
soulagement et la guérison. Le massage soulage pres¬
que toujours les névralgies sciatiques, et, uni à certai¬
nes pratiques dont je vais faire la description, guérit
très fréquemment les sciatiques rebelles ; il s’agit, bien
entendu, non pas de sciatiques d’origine centrale, mais
de sciatiques périphériques ayant eu un caractère né-
vritique. Lorsqu’il y a delà claudication, de la rétraction
musculaire, on peut tenter le redressement du membre.
J'ai l’habitude d’employer le procédé auquel j'ai donné
le nom de « procédé dv. genou ». en 1886. Le nerf scia¬
tique, passant entre le bord postérieur du grand trochan¬
ter et l’ischion, s'appuie, comme l’on sait sur l’épine
sciatique sur laquelle, après sa sortie, du bassin, le
faisceau aplati du nerf est facile à comprimer.
J'ai pensé qu’une telle disposition anatomique pouvait
être utilisé, au point de vue thérapeutique et permettre
la compression systématique du nerf sur le plan osseux
qui l’avoisine.
Je fais étendre le malade dans le décubitus dorsal sur
une chaîne longue peu élevée. Je me tiens debout du
côté du membre malade. S’il s’agit du sciatique droit,
je lléchis mon genou droit et l’applique fortement sur
l’échancrure sciatique droite du sujet. Saisissant alors
l’extrémité du membre inférieur droit, je fléchis la
cuisse du malade sur le bassin, tout en étendant sa jambe
sur sa cuisse ; ainsi se produit une élongation douce,
progressive, sans aucun danger. Je rappelle que Billroth
employait un procédé à mon avis dangereux et par
trop rigoureux, et qui consistait non pas à comprimer
le sciatique à son point d'émergence, mais à obtenir
l’extension totale du membre inférieur, le pied du pa¬
tient s’appliquant tout près de son oreille. Billroth
chloroformait scs malades.
L'opérateur allemand exposait ses malades :
1° Aux inconvénients de la chloroformisation ;
2” Aux luxations delà hanche ;
3° Aux fractures du col du fémurchezles sujets âgés.
Avec le procédé que j’emploie depuis près de vingt
ans, que j'appelle « procédé du genou », et dont j’ai le
droit de réclamer l’entière paternité, aucun danger
n’est à redouter, puisque l’extension est douce et pro¬
gressive et qu elle ne nécessite pas la chloroformisation;
ce moyen m’adonné d’excellents résultats dans les vieil¬
les sciatiques-névrites,chezdes sujets ayantsubi en vain
tous les traitements classiques usuels.
Dans le traitement manuel de la sciatique, j’ai l’ha¬
bitude d’adjoindre à l’extension telle que je viens de la
décrire les divers exercices comprenant l’adduction et
l’abduction actives et passives du membre malade, leg
mouvements de circumduction, la flexion combinée à la
rotation du tronc. Mais tous ces moyens sont secondai¬
res si on les compare à l’action vraiment rapide, efficace
i<. procédé du genou » ; grâce à ce moyen, l'élonga¬
tion du sciatique s’opère -disémenl sans qu’il y ait be¬
soin de recourir à une intervention sanglante ni à des
mouvements dangereux pour les malades.
Il s’agit, je le répète de la vai’iété >■ sciatique névrite»
de cause périphérique. Il y a quinze ans environ, dans
un cas de sciatique rebelle double, d’origine rhumatis¬
male, j’ai employé la suspension unie au procédé d’é¬
longation que j’ai décrit ci-dessus. Le résultat fut ra¬
pide et la guérison s’est entièrement maintenue.
Il e.xiste donc des cas de sciatique, dans lesquels la
guérison ne peut être obtenue qu’avec l'élongation.
Gomment celle-ci agit-elle ’? Sans doute, l’enveloppe fi¬
breuse des nerfs est-elle assouplie par les manœuvres
thérapeutiques manuelles et fait disparaître la compres¬
sion possible des filets nerveux. C’est une hypothèse
sans doute, mais les faits semblent donner raison à
celte opinion.
M. CouDRAv demande à M. Berne s’il a vu des cas de
névralgies sciatiques dues à la présence de veines di¬
latées se trouvant à l’émergence du sciatique.
M. Berne a eu affaire, en effet âdes cas sembIables,où
la douleur était provoquée par la compression du nerf
par des paquets variqueux. Maisii a toujours refusé d’in¬
tervenir dans ces cas, qui relèvent uniquement de la chi¬
rurgie, la seule méthode de traitement étant de lever la
cause de la compression.
AGheures précises, la Société, réunie en Assemblée gé¬
nérale, procède au vote sur la modification des statuts.
Assemblée générale du 28 avril 1906.
Vote sur la modification des statuts.
Résultat du scrutin
Membres titulaires inscrits ; 65.
Nombre de votants : 46.
Majorité relative (2/3 des votants) : 31.
Majorité absolue (moitié-)- 1-des titulaires): 31.
Pour LA MODIFICATION . 3i voix.
Contre . 11 --
Bulletin blanc . 1 —
Total . 46 —
Le quorum étant atteint, le texte des nouveaux statut»^
proposés est adopté. La Société donne mandat au rap¬
porteur, M. Dubar. de soumettre ces modifications à 1 ap¬
probation du gouvernement,
La séance est levée à 7 heures.
Le secrétaire général, Le secrétaire annuel,
F. Buret. Vian.
SOCIÉTÉ DE MÉDECINE PUBLIQUE ET DE 6ËM£
SANITAIRE.
Séance du 3-5 avril 1906, sous la présidence dc.M.
M. LE Président lit une lettre d'excuses de M. BEZAtLTq|
ne peut assister à la séance : la suite de la discussion sur ^
puration biologique des eaux d’égout est remise à une P
chaine séance.
Discussion sur les constructions hospitnlicres. — M-
lit un travail sur la construction des hôpitaux pour co .
gieux. L’idéal serait d isoler chaque malade dans une sa
part ; mais outre que ce serait dispendieux, le service jj,
infirmiers et celui des élèves en médecine serait
elle. Il faut donc avoir des chambres d'isolement conte ^
un certain nombre de contagieux. D’un autre côté, co
LE PROGRÈS MÉDICAL
279
... tgnsité des diverses épidémies est variable, il pourrait ar-
'verque certaines chambres fussent pleines de malades,
tandis que d’autres seraient vides ou à peu près. Pour parera
cet inconvénient, il serait bon d’avoir, dans l’hôpital, des seg¬
ments interchangeables entre les divers genres d'épidémie.
M. Lemoine lit un travail sur l’organisation du service su¬
balterne dans un hôpital cellulaire. Il fait remarquer que les
m-ands hôpitaux ne pourraient avoir que difficilement une
division cellulaire, ne fùt-ce qu'à cause du service des étu-
L. Martin constate qu'il est d’accord, tout au moins
thtoriquement, avec M. Simonin, qui demande des segments
interchangeables. En pratique, au lieu de segments de 14 ou
16 lits, il voudrait qu'on se contentât de chambres de 3 ou 4
lits. Ce dernier système sera excellent, si l’on a des infirmiers
rompus aux pratiques de l’antisepsie ; ce qui est rare mal¬
heureusement, car un infirmier n'arrive guère qu’au bout de
deux ans à avoir les qualités requises dans un service de
contagieux.
M. Drouineau dit que le système préconisé est bon pour
les grandes villes, où les malades sont nombreux. En pro¬
vince, il suffit d’avoir, dans l'hûpital, un pav'illon de conta¬
gieux à chambres séparées. Et, s’il survient une épidémie à
laquellele pavillon ne saurait suffire, on construit des bara-
qnements en matériaux légers, où on loge le surplus des
contagieux. Il est d’accord avec M. Martin pour reconnaître
que l’on ne saurait arriver à de bons résultats sans des intir-
aiiers connaissant très bien les pratiques de l’antisepsie.
M. Calmette se plaint que, dans l'étude des constructions
hospitalières pour contagieux, on ne se soit pas préoccupé de
la présence des mouches, qui, comme on sait, sont des agents
de transmission de la tuberculose, du choléra, etc. Il vou¬
drait que les fenêtres fussent munies de toiles métalliques
assez fines pour empêcher leur entrée dans les salles.
M. Drouineau croit que cette précaution serait inutile pour
uncertain nombre de maladies : et, pour les autres, si le re¬
mède était efficace, ce dont il doute, ce serait une complica¬
tion et une dépense supplémentaires, car il faudrait tenir tou¬
jours ces toiles en bon état.
•M. Thierry croit qu’on devrait surtout protéger les ali¬
ments contre l’invasion des mouches ; les garde-manger de¬
vraient être entourés de toiles métalliques.
.Ç\ AILLANT s’élève contre l’emploi des toiles métalliques
qu’on préconise : au bout de peu de temps ces toiles se cou¬
vriront de poussières plus ou moins chargées de microbes ;
de plus ces toiles empêcheront d’une manière très sensible
•entrée de l'air dans les salles.
M. Martin a Constaté qu’à l’hôpital Pasteur, en lavant le
®1 avec de la crésyline, les mouches disparaissaient d’elles-
‘Uemes, tandis que le lavage à l’eau de javelle, par exemple,
“e produisait aucun effet.
Après diverses observations, la Société, sans vouloir pré-
uiser aucun système de protection contre les mouches, se
, à émettre le vœu que cette protection soit opérée par
^ nwyens mécaniques ou chimiques.
tgr-lf travail sur la désinfection, d’où il résul-
^ t que le meilleur désinfectant serait le formacétone ; à
l’ava ®'^°dité d'emploi et à son bas-prix relatif, il joindrait
utage d’une efficacité certaine.
VALÉROBROMINE LEGRAND
Plus active que les bromures et les valé-
'^‘aaates.
pl^iÙou''A- d’ophtalmologie. — pe épreuve : Puulaid
Dupuy-rjul(^.japs 28, Moiithus 21), Scriiii 2(). —
^*^^8 Diipuy-Dutemps 21), Cliaillous 28, Mon-
•eiBps t.)7 w : Poulard 2'J, Cliaillous 29, Dupuy-Du-
îq \;Houthus 27.— 4» épreuve : Poulaid 19, Dupuy-Dii-
-'loiuhus LS. Cliaillous 17.
REVUE DE THÉRAPEUTIQUE
Un traitement rationnel de la tuberculose. L’influence
de la décalcification et de la calcification.
Souvent les maladies guérissent spontanément, le rôle du
bon thérapeute consiste à se rendre compte des phénomè¬
nes qui amènent la guérison spontanée, à éviter de les gêner
par une médication intempestive, au besoin à leur venir en
aide et à les suppléeren usant de procédés analogues si, pour
une raison quelconque, ils venaient à manquer.
C’est en se basant surce fait.que tout médecin observateur
a pu constater.que le D"' PaulFerrier a fait ses recherches sur
le traitement de la tuberculose. Il en a publié, il y a déjà
quelques mois, le résultat dans un petit livre intitulé : La
guérison de la tuberculose basée sur l’étude des cas de guérison
spontanée. Traitement et prophylaxie (i). Nous aurions déjà
publié l’analyse de cet intéressant ouvrage, si, avant de le
faire, nous n’avions voulu nous-même expérimenterle trai¬
tement préconisé par M. Ferrier et lui apporter ainsi le faible
appui de nos propres observations, qui paraissent concor¬
der avec ses conclusions.
M. Ferrier commence par constater les nombreux cas de
guérhon qui suivent les premières manifestations de tuber¬
culose. Le processus de ces guérisons consiste le plus souvent
dans la calcification des tubercules, les autopsies en donnent
la démonstration indiscutable. D’autre part, M. Ferrier admet
que l'évolution delà tuberculose est sous l’influence de la dé¬
calcification et qu’elle s’arrête si Ton calcifie le tuberculeux.
Les observations de Bouchard, les expériences de Teissier en
1876, au moyen de Tacide lactique, et deCharrinen 1905, prou¬
vent que la décalcification a lieu à tout âge et que cette décal¬
cification aune influence considérable sur la marche des in¬
fections en général et de la tuberculose en particulier.
Cette décalcification, M. Ferrier la constate dans les modi¬
fications que subissent les dents sous son influence. Non qu'il
y ait une relation directe entre la carie dentaire et la tuber¬
culose, mais parce que ces deux affections sont profondément
influencées toutes les deux par la décalcification.
M. Ferrier a lait d’intéressantes observations sur l’influence
des troubles de Indigestion gastrique, de la lenteur de cette
digestion, de la formation des acides de fermentation dans
T estomac, sur la décalcification. Le pain blanc préparé à la
levure de bière est cause de fermentations qui entrent pour
une part importante aussi dans la décalcification de l’orga¬
nisme.
M. Paul Ferrier fait jouer un rôle considérable au bicarbo¬
nate de chaux, des eaux d’alimentation dans la calcification
des eaux et des dents .
Bonnes dents, dit-il, en pays calcaires. Mauvaises dents en
pays granitiques.
Cette constatation doit subir de nombreuses exceptions ;
dans les montagnes d'.Nuvergne, par exemple, les habitants
ont généralement une bonne dentition et un squelette solide.
Les eaux y sont cependant presque toujours pauvres en bicar¬
bonate de chaux, car le pays est formé d’assises granitiques
recouvertes d’un revêtement volcanique. M. P. Ferrier pour¬
rait nous objecter, non sans raison, que les habitants de ces
régions se nourrissent d’un pain plus grossier (jue celui de la
région parisienne, d’où le sel de chaux de l’écorce des graines
de céréales n’est pas complètement banni.
Après des expériences sur les cobayes, démontrant que les
animaux aux aliments desquels on mélange des sels de chaux,
résistent à Tinoculation de la tuberculose, quand d’autres
non calcifiés succombent au bout de quelques mois, M. P.
Ferrierappliqua sa méthode de traitement à Tbomme:
Ce traitement consistait d’abord à empêcher l'introduc¬
tion ou la formation d'acides dans l'organisme, car P. Ferrier
considère les acides comme agents de décalcification, puis a
faire absorber des sels de chaux sous une forme utile.
Il prescrit :
I) Êililé chez Vigot frères, i-). place ilc rilcoIe-dc-Méilceiiic,
190(1. Pri.x : 2 fr. .50.
280
LE PROGRÈS MÉDICAL
1“ Ne faire aucun usage de via, bière, cidre, poiré, liqueurs,
eau-de-vie, en un mot, de tout ce qui contient de l’alcool.
Ni salades, nimets vinaigrés, ni oranges, ni citrons, ni limo¬
nade, ni orangeade. Ne manger de beurre ni au repas du ma¬
tin, nia aucun repas, sauf la petite quantité nécessaire à l’ap¬
prêt des légumes ou des pâtes.
Encore vaut-il mieux le remplacer par de la crème ou de la
sauce blanche ?
Prendre le moins possible de sauces ou les éviter absolu -
ment. Ne pas manger plus de 200 à 300 gr. de pain par jour
selon le poids du corps.
Comme légumes, prendre des pommes deterre.carottes,pois
cassés, farine s sous formede pâtes alimentaires. Éviter de pré¬
parer ces dernières avec du gruyère vieux ou du par¬
mesan.
Boire uneeau mi né raie bicarbonatée calcique (Saint-Galraier
par exemple) et déboucher la bouteille pour lui faire perdre
une partie de l’acide carbonique libre.
Ne faire que les repas prescrits, et, en cas de sensation de
faim à 4 ou 5 heures de l’après-midi, boire un verre d’eau de
Saint-Galmieretne jamais goûter.
Exercice modéré pour exercer l’appétit, ne pas chercher à
manger beaucoup.
3° A 6 heures !/4 du matin, prendre un verre d'eau de
Saint-Gahnier. Se taireau besoin réveiller pour cela.
A 7 heures, prendre 2 œufs, .50 gr. de pain et un des ca¬
chets.
Carbonate de chaux . 0 gr. 50
Phosphate tribasique de chaux . 0 gr. 20
Chlorure de sodium . Ogr. 15
Magnésie calcinée . ... 0 gr. 05
A 11 heures 1/4. un verre d'eau de Saint- Galmier.
A midi, déjeuner avec viande maigre, œufs, poisson (sauf
maquereau, hareng, saumon), ris de veau, rognon de veau
ou de porc, foie, jambon maigre non fumé. La quantité totale
de viande doit yarier entre 150 gr. et 250 gr. Un peu de légu¬
mes, 100 gr. de pain.
Un cachet.
A 6 1, 'i du soir, un verre d’eau de St-Galmer. Dîner à 7
heures ou 7 h. Ip/. Potage au bouillon de viande dégraissé
avec pâtes d'Italie. Viande rouge ou blanche ; œuf ; quantité
de viande de 150 gr. à 200 gr. très peu de légumes. Comme
dessert, des fruits, cuits de préférence, des confitures, 50 gr.
de pain. Un cachet.
Telle est l'ordonnance type qu’il appartiendra au méde¬
cin de rnodifier selon les circonstances, l’âgeet les conditions
du malade.
Pour les enfants, la dose de sels de chaux sera par jour,à un
an, de 0 gr. 30eton l’augmentera de n gr. 05 par année d’âge;
à 14 ou 15 ans, la dose sera la même que pour Tadult»*. I
P. Ferrier recommande de saler les aliments, d’interrom¬
pre les seU calcaires en cas de constipation pénible et de don¬
ner alors un gramme de magnésie calcinée après chaque re¬
pas. Dans les familles pauvres.il préconise de faire prendreà
tout le monde la poudre calcaire mélangée aux potages à
chaque repas, tant par mesure curative que prophylactique.
On ne négligera pas aussi les prescriptions hygiéniques usuel¬
les (aération continue, frictions, révulsifs, nettoyage du vi¬
sage. des mains, de la bouche, crachoir, etc.l
Le résultat du traitement est le retour des forces, la sup
pression des troubles digestifs et de la diarrhée, la suppres¬
sion de la fièvre, des transpirations nocturnes, des hémop¬
tysies, la limitation rapide, puis la diminution des zones,
d'infiltration. On peut adjoindre à la poudre phosphatée
des sels de créosote dans les cas de cavernes où il existe des
associations de microbes pyogènes au bacille de Koch.
P. Ferrier proteste contre l'usage exagéré des eaux sulfatées
calciques. A son avis, le soufre, les sulfures elles sulfates sont
défavorables aux tuberculeux. 11 explique l'action favorable
du séjour dans certaines stations sur l’évolution de la tu¬
berculose surtout par la composition bicarbonatée calcique
des eaux d’alimentation. .M. Ferrier aune telle foi en l'action
des eaux bicarbonatées calciques qu’il donne une longue liste
des eaux de ce genre qui existentenFrance. La prophylaxie de
la tuberculose pourra être assurée par l’addition, aux aliments
des soldats, des enfants dans les collèges et des nourricàj
d’un mélange de carbonate de chaux et de phosphate trical-
cique .
En terminant, P. Ferrier remarque que la tuberculose est
la conséquence et non la cause de la phosphaturie. C’est par¬
ce qu’ils sont décalcifiés que les prédisposés à la tuberculose
de M. Albert Robin ont des échanges respiratoires exagérés;
leur sang étant plus fluide, les battements cardiaques devien¬
nent plus nombreux. Le phénomène opposé survient chez
les arthritiques, gens hien calcifiés, qui sont moins sujets à la
tuberculose et chez lesquels cette affection évolue difficile¬
ment. Enfin Ferrier a constaté une certaine intolérance de
l’alcool chez les malades qui se calcifient.
Nous avons appliqué chez un certain nombre de nos mala¬
des le traitementde M. P. Ferrier; nous avouons qu’il nousa
été impossible d'obtenir chez la plupart une observation ri¬
goureuse de ses prescriptions, en ce qui concerne la règl^
mentation des repas, néanmoins nous avons constaté une amé¬
lioration notable, même chez des malades à une période avan¬
cée et atteints de tuberculose à localisations multiples (plèvre,
poumon, péritoine;.
La plupart de ces malades étaient dans les conditions so¬
ciales et hygiéniques les plus défectueuses (1). 11 serait témé¬
raire de porter après (juelques semaines d’observation un jn-
gement définitif sur l’influence de la calcification sur les tu¬
berculeux, mais les quelques cas d’amélioration que nousavons
constatés nous permettent d’espérer que les malades en voie
de tuberculisation et surtout les enfants peuvent retirer de
très sérieux avantages de la méthode si minutieusement étu¬
diée par le D’’ Paul Ferrier. J. Noir.
REVUE DES MAL.VDIES DU SYSTÈME NERVEÜÎ
Rédacteur spécial : M. le D' Ch. MIR.VL.I.IÉ
I. —Paralysie des quatre membres et d’un côté de la face, avec
dissociation de la sensibilité, développée en quelques heures,
et résultant d'une méningo-myélo-encéphalite ; par Mills d
SpiLLER. [Joiirn. of nerv. and. ment, diseases, 1903, Janvier.)
Un nègre de 45 ans, syphilitique depuis deux ans et al¬
coolique, a fait une chute de wagon sans gravite le 26 sept.
1901 ; il accuse, le 25 décembre, des douleurs dans le bras
gauche, et, le 22 janvier 1902, est paralysé, successivement
du bras gauche, de la jambe gauche, de la moitié droite de
la face supérieure et inférieure ; du bras droit et de 1*
jambe droite. Cette paralysie s’établit en 6 heures. Pn*
d'aphasie, pas d'hémiopie, pas de paralysie du goût ni de
l’odorat. Absence du réflexe rotulien et du signe de Ba¬
binski. Anesthésie thermique et douloureuse sur le tronc et
les extrémités des muscles. Mort par cachexie progressif*
le 4 février.
L’autopsie montre des adhérences de la dure-.mère ce^
vieille et cérébrale. Pas de lésions macroscopiques des cen¬
tres nerveux. Infiltration cellulaire autour de la pie-fflér*
cérébrale et bulbaire ; lésions des noyaux bulbaires et d**
cellules de la régi.in cervicale de la moelle très accentuées
(chromatolyse). Les auteurs insistent sur la rapidité d*
développement de cette affection, qui fit penser à une®^
morrhagie, alors qu’il s’agissait d'une myélite. La maladi
semble être due à la syphilis.
II. — Etude expérimentale sur la forme du soulèvement er3*
graphique ; par L. Lcghto. {Rivistadi patol. nervota et menti
décembre 19u3.)
Cetle étude, faite avec l’ergngraph.e de Mosso et
de nombreux graphiques, montre que l’instrument corr^j
(1) Nous citerons notamment un de nos malades de notre
de 1 Assistance médicale à domicile atteint d'inlîllration des ,
sommets et d'une caverne au sommet gauche. Ce malade,
faibli par u.-ie pleurésie antérieure, une péritonite luberculeo®^ i
avait nécessité une intervention chirurgicale, une diarrhée 1“
cible, s’esl très nolablemeal amélioré au bout de quelques
à la suite de l’.adminislralion de poudre calcaire. Il vil
dans des conditions d'insalubrité et d'encombrement peu
LE PROGRÈS MEDICAL
281
pnnd bien au but pour lequel il a été proposé. La courbe
du soulèvement est l’expression et l’émanation directe de la
contraction musculaire. Pour les détails, cette étude est à
lire dans le texte original.
III _ Œdème neurotpophique et vaso-moteur du membre su¬
périeur droit ; par A. Testi. {Rij. crit. di clin, méd., 1904.)
Une jeune femme de 2.3 ans accuse des douleurs à la main
droite suivies de tuméfaction de la main gagnant ensuite
l’avant-bras et le bras. L’œdème est blanc, chaud (1/2 degré
de plus que du côté sain), de résistance pâteuse, surtout
accentuée à la périphérie du membre ; la pression y déter¬
mine un go iet léger et fugace. Aux rayons X,le squelette de
la main est normal ; pas d’autre trouble trophique, pas de
trouble de la sensibilité. Le massage amène de l’amélio¬
ration.
Après une très intéressante discussion diagnostique, l’au¬
teur rapproche le cas actuel du trophœdème de Meige, sans
le confondre complètement. Il considère cet œdème comme
résultant de la lésion de la substance g ise périendymaire
de la moelle cervicale.
IV. — Un cas de neuroqlisme ganglionnaire : par L. Findlay.
[Rev. of Neurol, and Psych., juin 1905.)
Un enTant mâle de 14 mois, rachitique, atteint de tuber¬
culose pulmonaire, présent" ensuite des signes de méningite
tuberculeuse à laquelle il succombe. Le cerveau présente
des plaques scléreuses qu" l’examen histologique démontre
être un neuroflbrome ganglionnaire. Après une étude mi¬
croscopique très détaiPée, l’auteur passe en revue l’opinion
des auteurs sur ce suj"t. Fin liay insiste sur les analogies
très grandes avec la sclérose tubéreuse, mais distingue net¬
tement les deux processus. Dans ia sclérose tubéreuse on ne
trouve pas de cellules gang iounair"s, qui caractérisent, au
contraire, le nenroribrome srauglionnaire.
V. — Paralysies faciales céci livantes et paralysies faciales à
bascule ; par Petit. Lib. Roussel, Paris, 1905.)
La fréquence des oaralv-ie- faciales récidivantes est assez
considérable; environ 6 % d. s cas de paralysie faciale pé¬
riphérique. L’auteur di-t'uirue l".s paralysies récidivantes
qui frappent le même côté de la face et les paralysies à bas¬
cule qui frappent .s ccessi verneid b s 2 m..itiés de la face.
L’intervalle qui sépare !(*>; deux paralysies, dans l’une et
l’autre variétés, sont extrêin unent variables : quelques se¬
maines (et alors on a ra-n •■•t de la dipléarie faciale) à quel¬
ques années. Les 2*, 3®, 4« é u lives sont d’autant p'iis rares
que la premièrê récidivé a ér - plus éloignée de la paralysie
primitive.
La contracture est une complication fréquente ; elle se
montre dans 65 % des ara ysi">. à bascule, soit après la
première, soit après la socoude paralysie, et dans 40 % des
paralysies récidivantes.
Comme gravité, les paralysie- récidivantes et à bascule
peuvent affecter tous les doirié-, sans qu’il y ail de relation
e gravité entre les ilivei-s ■- i iralysies. L’auteur, après dis-
ussion des diverses pattiogenies émises, admet l’origine
xi-infectieuse de la [lar d- i- l'aeiale périphérique.
'^* ~''*^'’U'‘ementdes p 'Papléqles spasmodiques pae une nouvelle
technique d'exercice> m thoctiques; par M. Facri;.
ne première période d’exer-
■ rnobili-ei- les rnetnbies contracteurs ;
ParT^ période d eNeic.ices volontaires accomplis
cin . al'le ou résistan e donnée par les méde-
la ^ moiiveme ds co nplexes et coordonnés de
très^ résultat-, obienus sur 40 malades ont été
'l"uud les malades ont voulu se soumettre
traî. et le lem()s uée.e^saire à cette méthode de
‘caitenieni.
^''U'nen de la pupilla et réflexes pupillaires.par J.Ddna
(Monatschrift f. Psycii. u. neurol.. Bd. XVI.)
raie *n inléressaiite et très comi>lète revue gèi
les lu- expose 1 état actuel de no.s connaissances sur
des d examen de la puiiille, la physiologie pupillaire,
les réflexes de la pupille, leur valeur séméiologique. Au
courant des dernières découvertes, ce travail constitue un
des meilleurs résumés sur le sujet.
VIII. — Recherches expérimentales sur les connexions anté¬
rieures du tubercuia quadrijumeau postérieur ; par le prof.
MAHAlM.'Céry, 1905.)
Se basant sur ses recherches expérimentales et sur les
résultats obtenus par les autres auteurs, Mahaim conclut
qu’on ne peut affirmer l’existence d’une voie centripète cor¬
ticale partant des cellules du tubercule quadrijumeau pos¬
térieur pour atteindre le lobe temporal. Il n’est en outre pas.
convaincu que les cellules du tubercule quadrijumeau pos¬
térieur envoient leurs cylindraxes dans le corps genouillé
interne.
IX. — Du rôle de la syphilis dans les maladies de l’encéphale ;
par Marchand. (Libr. O. Uoin, 1900. >
La syphilis peut atteindre tous les organes par sa toxine
ou son agent spécifique. Après le système cutané, le sys¬
tème nerveux est celui qui. lui paie le plus large tribut. Les
accidents nerveux sont surtout fréquents à la troisième
période de la syphilis ; cependant certains troubles, déter¬
minés par l’action de la toxine syphilitique sur les céllules
cérébrales peuvent apparaître dès la. période secondaire.
Sans vouloir s’efforcer d’étudier la syphilis nerveuse sui¬
vant ces époques d’apparition, tâche illusoire plutôt que
vraiment clinique, l’auteur sépare la syphilis acquise dé la
syphilis héréditaire, les désordres étant .différents sui¬
vant que la syphilis survient sur un cerveau adulte ou sur
un cerveau en voie de développement. Le microbe syi'hi-
litique ou la toxine produisent sur les centres nerveux,
aussi bien dans la syphilis acquise que dans la syphilis
héréditaire des lésions toxiques cellulaires, des lésions, in^
flammatoires et des lésions dégénératives. Tel est le plan
très simple et facile à suivre que parcourt l’auteur. Sans
admettre une folie syphilitique, Marchand admet netteinent
l’action des toxines syphilitiques pouvant amener secon¬
dairement des troubles p'^ychiques ou névrosiques. La
gomme syphilitique est l’accident inflammatoire le plus im¬
portant, à côté duquel la méningite et la méningo-encé-
phalite ne jouent qu’un rôle secondaire. Mais il faut remar¬
quer que l’étude toute récente de la lymphocytose augmen¬
tera probablement dans de notables proportions la fré¬
quence de ces dernières lésions. D'une discussion très ser¬
rée et très complète des relations de la syphilis et de la
paralysie générale, Marchand conclut : « L'étiologie, la cli¬
nique, l'anatomie pathologique, s’accordent pour montrer
que la syphilis est un puissant agent de paralysie générale ;
l’anatomie pathologique permet de dire que, dans la majorité
des cas, la paralysie générale est de nature syphilitique ».
A rès l’étude de la syphilis du cervelet et du bulbe, vient
le chapitre très co iplet de la syphilis héréditaire. Ecrite
avec une compétence toute spéciale, enrichie de nombreuses
recherches personnelles, telle est cette très importanle mo¬
nographie qui a valu à son auteur d'è re couronné par T.Xca-
démie de médecine.
X. — Etude de l'.abduction réflexe des orteils Signe de l'éven¬
tail); par A. Runi. 'Hôpital majeur, Bologne, 1905.)
Etudiant le signe de l’éventail cliez les hémiplégiques de
sou service, l’auteur a observé 2 fois un phénomène non en¬
core signalé. L’excitation de la plante du pied sain produit
une abduction plus ou moins accentuée du petit doigt du
côté malade (abduction réflexe controlatérale du petit doigt) ;
cirez un troisième, on obtenait une abduction nette des doigts
du pied sain, soit comme phénomène associé à un mouve¬
ment de flexion du tronc sur le bassin, soit comme réaction
à un stimulus douloureux quelconque, exercé en un point
q<ielconque du corps.
XI. — Aires des sections de la moelle épinière de l’homme à
l'origine des différents nerfs spinaux ; par H. Donat.dson et 1).
Davis. {The Journ. oj compar. neurol., ir 1, 1903.)
Travail très documenté et très minutieux de mensurations
multiples de la moelle épinière : longueur de chaque seg-
282
LE PROGRÈS MÉDICAL
ment médullaire et de la moelle totale, volume de chaque |
segment ; volume de la substance grise et de la substance
blanche ; modifications de chaque segment dus a la crois¬
sance. Les détails sont à lire dans l’original. L'auteur mon¬
tre particulièrement que la diflérence entre la moelle de
l’enfant et celle de l’adulte porte surtout sur la substance
lilanehe.
XII - Les tics ; par H. Meige [Œuvre médico chirurgicale, n" 42,
libr. Masson, Paris, 1905.)
Avant de pénétrer dans la nomenclature médicale, le mot
lie faisait partie du langage courant. Si différents auteurs
l'avaient déjà étudié, cependant il faut reconnaître que ce
n’est qu'avec les travaux de Brissaud et Meige que le tic a
été scientifiquement étudié, nettement limité et que la thé¬
rapeutique rationnelle a été établie. Le tic est un acte primi¬
tivement commandé par une cause extérieure ou par une
idée et coordonné vers un but ; par la répétition, cet acte
passe à 1 état d'habitude et finit par se reproduire involon¬
tairement, sans cause et sans but, en s’exagérant dans sa
forme, dans son intensité et dans sa fréquence. Il prend
ainsi les caractères d’un mouvement convulsif et intem¬
pestif répété à l’excès ; son exécution est souvent précédée
d'un besoin impérieux, et sa répression, d'un malaise. La
volonté, la distraction, peuvent le suspendre ; il disparaît
dans le sommeil. Le tic apparaît chez les prédisposés, il
coexiste fréquemment avec d’autre^ manifestations du désé¬
quilibre mental. La seule méthode thérapeutique ration¬
nelle consiste à obtenir une régularisation méthodique des
actes psychomoteurs; de là la méthode de Brissaud et Meige,
que l’on peut combiner à la méthode respir-itoire de Pitres.
Nul plus que Meige u'était apte à écrire cette monogra¬
phie. Par ses longues et patientes études il a contribué entre
tous à faire connaître le tic, sa pathogénie, son tiaitement.
Aussi n’est-on pas étonné de rencontrer dans cette remar-
■inable broi hure, si condensée et si précise, tous les rensei¬
gnements sur cette question si intéressante de pratique
médicale.
XIII. — Surface du cylindraxe et de la gaine de myéline des
nerfs spinaux des vertébrés ; par H. Do.naldsox et G. Hoke.
[Thejourn.oJ.cotnfar. ueurol., janv. 1905.
Résultats de minutieuses recherches faites sur des pois¬
sons, des amphibies, des reptiles, des oiseaux, des mammi¬
fères. A lire dans l’original.
XIV. — Hémorrhagie spinale. Quelques-unes de ses principales
formes ; par W. Broav.mxg. {7he med. ycii's, octobre 1905.) j
Revue générale du sujet. L'auteur distingue l’hémorrhagie
épidurale, l’hémorrhagie sous-méningée, l’hémorragie
spinale. Un tableau résume les principaux symptômes ob¬
servés dans les principales observations publiées, ainsi que
les renseignements anatomo-pathologiques.
XV. — Un cas d'apoplexie spinale ; par Buowxixg. [The med.
jVeii’4’, novembre 1905.;
Etude clinique et anatomopathologique détaillée d'un cas
d’apoplexie spinale chez un homme de soixante ans, à la
région lombaire.
XVI. — Maladie du coeur par excès de boissons alcoo'iques :
par Haie M'iiite. (Guys Hospital Reports, l. Lt'lll j
Après avoir fait l'historique du sujet |Cour,s de Tübingen,
de Munichoà la maladie a d’abord été observée), l'auteur pu¬
blie 5 observations. Caractérisée cliniquement par une
dyspnée intense, cette affection a pour substratum ana¬
tomique une hypertrophie cardiaque avec dilatation et dé¬
générescence graisseuse du myocardi'.
XVII. — Rééducation de l’aphasie ; par SniuuiEnn T. Eü vxz. [Jourti.
of Philos, psychal and scient, methods. octobre 1905.'.
Relation d’un cas d'aphasie motrice oîi l’auteur entreprit
la cure de rééducation pour les couleurs, le nombre, la
parole. Des tableaux annexes permettent de suivre facile¬
ment les résultats obtenus chez ce malade.
BIBLIOGRAPHIE
Des infections paratyphiques ; parle D'' E. D.vbout, méde¬
cin légiste de l’Université. {Bulletin de la Soc. de Méd. et
Chir.prat., avril 1906.)
Depuis fort longtemps, les cliniciens avaient remarqué qu’à
côté de fièvres typhoïdes à marche normale et régulière, dont
le diagnostic était confirmé par des épreuves de laboratoire
I recherche du bacille, séro agglutination) il existait des infec¬
tions à localisation prédominante sur l'intestin, qui avaient
l’allure et la marche de la fièvre typho’ide sans être des dothié-
nentèries franches. Ces infections, que l'on dénommait sou¬
vent : embarras gastrique fébrile, fièvre muqueuse, typhoï-
dette. différaient de la dothiénentérie par clés signes fort
variables, constipation, absence de taches rosées, ictère aigu,
et par une négation complète des recherches bactériologi¬
ques, absence de bacille d’Eberth, absence d’agglutination.
L’étude bactériologique des infections paratyphiques fut
entreprise avec suite en Allemagne, et l’on peut dès aujour¬
d'hui considérer 4 variétés de bacilles engendrant des para¬
typhoïdes : 1“ Le bacille paratyphique A de Bryon et Kay-
ser. 2" Le bacille paratyphique B de Conradi. 3“ Le bacille de
Caertner ibacillus enteridis'. 4° Le bacille de Breslau ibacil-
lus Breslawensis) de Flügge et Kansche.
Ces différentes variétés microbiennes peuvent exister seules
dans l'intestin ou y vivie de concert avec le bacille d’Eberth.
Suivant la virulence de telle variété microbienne, l'infection
sera purement éberthienne ou purement paratyphique, ou
bien encore on pent trouver des formes d’infection partici¬
pant de plusieurs variétés microbiennes. On distingue par
l’agglutination la variété microbienne prédominante, et c’est
par fagglutination faite suivant la même technique que la
séro-réaction de AVidal que l’on décèle le bacille influençant
le plus la maladie et lui donnant scs caractères cliniques pro¬
pres.
Les symptômes des infections paratyphiques sont surtout
caractérisés par des vomissements incessants, incoercibles,
alimentaires d’abord, puis bilieux, par des selles très fré-
(juentes d’une fétidité repoussante, accompagnées ou suivies
de coliques très violentes.
La température, au bout de quelques jours, atteint souvent
39 ou 40 degrés ; puis tous ces symptômes gastro-intestinaux
cèdent au bout d’une semaine pour réapparaître après 5 à 6
jours soit spontanément, soit au moindre écart de régime.
En général, les malades sont déprimés, ils ont delà céphalée
intense, de la courbature, des vertiges, des lipothymies et
quelquefois des douleurs de la nuque et de la rachialgie-
Lors([ue la maladie s’aggrave, tous ces phénomènes augmen¬
tent, la température baisse, et la mort survient tantôt avec
du collapsus, tantôt avec des convulsions.
M. Netter a essayé de trouver des signes cliniques propres
à chaejue variété de bacille paratyphique, et il a remarqué que
le bacille de Brion et Kayser déterminait très souvent des
ictères fébriles qui dans certains cas étaient les seuls signes
cliniques de la maladie. Le bacille de Gaertner donnerait des
types cliniques variés. Tantôt la symptomatologie rappelle'
rait le type de la fièvre continue avec existence de taches
rosées ; tantôt elle se rapprocherait de celle de la fièvre in¬
termittente avec température élevée, tantôt enfin, les déter¬
minations locales siégeant sur des organes divers, plèvre-
endocarde, péricarde, méninges, occuperaient le premier
Les difficultés sont donc grandes pour faire un diagnostic
de typhoïde ou de paratypho'ide par la simple clinique, et,
liersonnellement, ayant eu un cas d'infection intestinale chez
un enfant de 4 ans 12 avec grosse rate, température oscilD'*‘
entre 3 l et 4)1, avec langue sahurrale, odeur fétide de la bou¬
che. et constip.ation, l'auteurétait enclin, sans avoir faitlasere-
réaclion de Widal, à porter le diagnostic de paratypho'ide- •
([uand l'examen bactériologique lui démontra (juc fag&l“'
tinalion macroscopiiiue ne iiortait que sur le seul bacme
d'Kberth. ,
V la vérité, pour le praticien, le diagnostic entre la fiè’''^
typho'ide proiirementdite ctl'infection i)aratyphoïdc,en cheii
J.E PROGRÈS MÉDICAL
283
tèie, est assez difficile à faire. C’est la bactériologie, la séro¬
agglutination pour telles variétés de bacilles paratypbiques
qui donnera le diagnostic étiologique de la maladie, c’est le
laboratoire qui fait le vrai diagnostic.
La dothiénentérie, pour si scbèmalique (fu’elle soit dans la
plupart des traités, ne présente réellement ces trois grandes
phases cliniques que dans les livres. Que de maladies variées,
que d’infections intestinales, que de réactions méningées, que
de fièvres cérébrales, que d’épidémies de typbus, ont été éti¬
quetées fièvres typhoïdes, alors (lue les symptômes étaient
tout différents. La fièvre typhoïde présente donc des modali¬
tés cliniques considérables que l’on apprend par la pratique
et que les livres classiques d’études ne peuvent faire connaî¬
tre. Quoi d’étonnant alors à voir confondre la dothiénentérie
avec les infections paratyphoïdes.
L’auteur s’est occupé spécialement de ces questions d'in¬
fection intestinale, les a suivies attentivement pendant
plusieurs années à riiôpital. Chez un enfant de 4 ans 1 2,
l’absence de constatations de taches rosées et la constipation
opiniâtre avec haleine fétide, signe d’infection du tube digestif,
lui avaient fait porter le diagnostic de paratyphoïde parce que,
précédemment, avec ces mêmes symptômes, ce diagnostic de
paratyphoïde avait été confirmé par une agglutination du
bacille de Breslau. Dans ce cas, la bactériologie lui a démon¬
tré par la séro-réaction que ce jeune enfant n'agglutinait que
I Ebertli, il était donc en face d'une infection éberlhienne
pure ayant toutes les allures d’une infection intestinale d'autre
origine, et il n’était nullementen présenced’uneparatypho'ide.
II avait fait toutes réserves sur la nature môme de l'infection
intestinale, mais il est é\ident que s il n’avait pas eu la pos¬
sibilité de faire une séro-réaction, il aurait cliniquement affir¬
mé une paratypho'ide, alors que c’était une fièvre typhoïde.
L’auteur a publié dans le Journal des Patriciens, en 1903,
un cas où il trouvait, chez le malade. la diarrhée installée de¬
puis plusieurs jours, du ballonnement du ventre et une grosse
rate, symptômes ordinaires de dothiénentérie et cependant
la séro-réaction faite par M. Aetter démontra la non-aggluti¬
nation du bacille d’Eberth ; il était en présence d'une affection
paratyphique, d’une paratyphoïde, ayant dans ce oas parti¬
culier, pour origine, une ingestion de viande avariée. Ce dia¬
gnostic est précis et, 3 jours 1/2 après, le bacille de Breslau
agglutinait dans une nouvelle séro-réaction.
-Ainsi donc,, il existe des formes de paratyphoïdes caracté¬
risées par des ictères aigus qui doivent être attribuées en gé¬
néral auxbacilles de Brion et kayser, d'autres formes à ty[)e
de fièvre continue ou à type intermittent ou rémittent quide-
vront être attribuées au bacille de Gaertner, enfin d’autres
tormes encore, non classées , d’allures cliniques typhiques,
avec ou sans éruption, qui forment un groupe morbide ayant
le bacille de Breslau comme facteur et pouvant simuler, par
des éruptions morbilliformes, scarlatiniformes, urticariennes
ce qu’on décrivait autrefois sous le nom de botulisme. .4 côté
de ces formes schématiques, il y a des variétés cliniques fai¬
tes de symptômes empruntés à la dothiénentérie pure et aux
infections intestinales paratyphoïques, qui devront faire met¬
te en doute la première impression que peut avoir le clini¬
cien après examen de son malade. 11 est toujours facile de
Pteudre quelques gouttes de sang et de les envoyer soit à un
^ontrère ayant un laboratoire, soit à des laboratoires spé-
jiux ;le doute est levé pardes connaissances du type micro-
agglutine ; le diagnostic étiologique est fait du même
. HP;^cpendant, il ne faudra pas oublier que les paratyphoïdes
dg*||^y^cnt ajec une très grande facilité, et (jue, là cf
linu
d avec une très grande facilite, et que, la
li la dothiénentérie, les rechutes sont fré iuentes avec 1'.,
Yg, ®*ilation précoce, que ces rechutes peuvent être plus gra-
première manifestation du mal ; la prudence sera
"TiîH J scande conseillère ; ne doit-elle lias d'ailleurs être le
^tt *aaédecin quelle que soit la maladie qu'il ait à com-
DE PARIS. Clientèle faisant 1 5 .000
c' 3,000 fr. de fixes. Prix avantageux.—
un Cabinet Gallet. 47, boulevard Saint-
‘Michei, Paris.
Les processus généraux, tome 11; par MM. Chantemesse
et PoDvvYssoTSKY. (MassoH, édit. Paris, 1905.)
Il est incontestable que l’étude de la médecine s’est pro¬
fondément modifiée. Si la clinique conserve toujours ses
droits, elle ne peut plus cependant se passer actuellement
de l'aide que lui fournit le laboratoire. Celui-ci non seule¬
ment a permis d'appliquer toute une thérapeutique nouvelle
à beaucoup de maladies, mais il a encore créé une série de
procédés qui aident au diagnostic, et dont on ne peut plus
se passer. Enfin pour tout esprit curieux, il éclaire d’un
jour nouveau la compréhension que nous nous faisions de
la maladie. Montrer cette collaboration étroite, voire même
indispensable, de la clinique et du laboratoire, tel est le
but que poursuivent les auteurs dans leur très important
ouvrage, dont le tome II vient de paraître. Il est évidem¬
ment impossible de donner un résumé de toutes les matières
de ce volume. Disons qu’il continue la série d’études déjà
inaugurées dans le premier volume, et qui avait trait à l'his¬
toire naturelle de la maladie, à l’hérédité, aux dégénéres¬
cences, concrétions, aux gangrènes, à l’atrophie. On y trou¬
vera donc le résumé de nos connaissances sur l’hypertro¬
phie, les dégénérescences, sur les tumeurs, la pathologie du
sang et de la lymphe, sur l'inflammation, l’hypothermie,
I hyperthermie et la fièvre. Il ne s’agit pas ici d’une simple
compilation, mais bien d’un travail personnel, où les au¬
teurs, sans vouloir s’inféoder à aucune école, ont apporté
leur grosse part de contribution. Et l’on ne sait ce que l’on
doit le plus admirer de la clarté de l’exposition ou de l’ori¬
ginalité des idées, jointe à la juste reproduction des théories
et des faits. Un index bibliographique renferme, à la fin de
chaque chapitre, l’indication des travaux récents. Enfin, de
nomnreuses ligures en couleur et en noir, dispensées très
largement, rendent encore plus facile la lecture de ce
ouvrage de bibliothèque. R.amon.
Une famille de quatre sujets atteints de dysostose
cléido-cranienne héréditaire ; par ViLLARExet Francoz,
iXouc.lncon. delà Salpétrière, 1905, n“ 3.)
Observation avec photographies et radiographies de quatre
membres d’une même famille (mère et trois enfants) atteints
de l’affection décrite et isolée pour la première fois par
P. Marie et Sainton sous le nomde dysostose cléido-cranienne
héréditaire et dont quatre signes principaux sont les carac¬
téristiques : développement exagéré du diamètre transversal
du crâne, retard de l’ossification des fontanelles, aplasie plus
ou moins marquée des clavicules, transmission héréditaire
de ces troubles.
Avec ces quatre observations personnelles les auteurs don¬
nent une bibliographie complète et un tableau comparatif
des cas déjà publiés de cette affection : il yen a vingt-sept,
pour (luelques-uns desquels les auteurs rapportent des do¬
cuments iconographiques. De tous ces cas se dégage une
étude clinique de la maladie : 1“ l’aplasie claviculaire est le
plus souvent bilatérale, allant depuis l’existence de un à deux
rudiments variables quant aux dimensions, à la forme et à la
consistance, reliés ou non entre eux par une pseudarthrose
ou une bande fibreuse, jusqu’à l’absence totale. L’action des
muscles de la ceinturescapulaire est le plus souvent normale.
Les mouvements volontaires ne sont guère modifiés. L’état
anatomique des muscles qui normalement s’insèrent sur la
clavicule est variable : la portion claviculaire de ceux-ci tan¬
tôt est atrophiée ou manque, tantôt s’insère sur la bande fi¬
breuse ou les rudiments de l’os, tantôt reportent leurs inser¬
tions sur les reliefs osseux voisins. L’absence de clavicule pro¬
duit rabaissement et la projection en avant du moignon de
l’épaule, ainsi que le déplacement divergent des omoplates
(scapuhe alatœ). Il en résulte aussi une mobilité anormale et
bizarre de la ceinture scapulaire, et dans le cas d’aplasie dou¬
ble, on produit facilement l’adduction forcée des moignons
de l’épaule jusqu’au contact sur le devanldelapoitrine.il
résulte de ces constatations que si la clavicule joue un rôle
de soutien pour le membre supérieur, cerôleest bien relatif.
2" Les déformations de la tête relèvent de deux facteurs prin¬
cipaux : l’atrophie réelle de la face et l’écartement excentii-
LE PROGRÈS MEDICAL
que (avec raréfaction osseuse) des os de la voûte, qui donnent
au crâne l'aspect hydrocéphale. Il faut noter la persistance
possible des espaces membraneux des sutures et des fonta¬
nelles. La voûte palatine est toujours très ogivale, la denti¬
tion irrégulière. L’intelligence reste normale. 3» L’affection
est héréditaire, mais l’hérédité dépasse rarement deux géné¬
rations.
Plusieurs théories pathogéniques de cette affection ont été
proposées :
Les auteurs se rangent à celle de Couvelaire, d'après la¬
quelle la dysostose cléido-crânienne est l’expression d’une
tare générale avec prédominance sur un certain groupe osseux,
mais pouvant porter sur d’autres parties du squelette, et de
fait on retrouve chez presque tous les malades, à côté des stig¬
mates principaux, des stigmates secondaires qui expriment
l’atteinte générale du squelette. F. Tissot.
VARIA
Curie et la Légion d'honneur.
Mme Curie communique la note suivante : « Je dois à la
mémoire de mon mari de rectifier une assertion inexacte qui
a été reproduite dans plusieurs journaux et qui concerne le
refus de M. Curie d'accepter la décoration de la Légion d'hon¬
neur. On a souvent exprimé l'opinion que le mobile de ce
refus était la répugnance d être décoré sans que je le sois en
même temps et sans que son père fait jamais été. 11 n y a
rien d'exact dans cette supposition. Mon mari ne croyait pas
à futilité des distinctions honorifiques; il les considérait
même comme nuisibles. Bien avant qu’on lui ait proposé le
ruban rouge, il avait déjà refusé d'être proposé pour le ruban
violet. Je partageais ses idées entièrement et j'étais heureuse
de voir qu il avait le courage de conformer ses actes à ses
opinions, malgré la pression qui a été exercée sur lui à ce
sujet. » (L’.lwrorr, ? mai l'.JOG.)
Un institut océanographique à Paris.
M. Aristide Briand, ministre de l’instruction publique, a
reçu du prince de Monaco une lettre par laquelle le prince
lui annonce qu il a décidé d'établir à Paris flnstitut océano¬
graphique qu’il a fondé, auquel il a donné le musée océano¬
graphique de Monaco, ses laboratoires, ses collections, ses
aquariums et ses dépendances, et auquel il a assuré pour son
fonctionnement un capital de 4 millions. L'institut s'élèvera
sur les terrains que l’Université de Paris, avec le concours
du prince, vient d’acquérir rue Saint-Jacques et rue d’Llm.
La lettre du prince de Monaco a été remise au ministre par
les administrateurs du nouvel institut ; M. Gasimir-Périer,
ancien président de la République ; lé docteur Regnard, di¬
recteur de l'institut national agronomique, membre de l’Aca¬
démie de médecine ; MM. Cailletet et Becquerel, membres de
l'Académie des sciences ; M. Georges Kohn, banquier, et M.
Louis Mayer, conseiller privé du prince, auxquels s'étaitjoint
M. Liard, vice- recteur de l'Université de Paris.
Ces messieurs ont soumis également au ministre les statuts
de l'institution créée par le prince de Monaco. Aux termes
de ces statuts, la direction scientifique de l'institut appartient
à un comité de perfectionnement international composé de
savants du monde entier les plus qualifiés par leurs travaux
dans les différentes branches de l’océanographie. M. Briand
-s’est montré très intéressé par la communication qui lui a été
faite. 11 a chargé M Gasimir-Périer et ses collègues de trans¬
mettre au prince de Monaco les remerciements du gouverne¬
ment de la République pour cette magnifique libéralité, une
des plus considérables — puisqu'elle dépasse dix millions —
qui en Europe aient été faites à la science. lie Temps.)
Nouvelles d’Amérique.
Nouslisons dans le Xew-Yorch-IIérald du 10 mars, le curieux
article suivant : Projet de loi, présenté par le R. IL Gre-
gory, devantleConseilgénéraldeFowa, prescrivant de mettre
à mort les malades incurables, alin'de terminer] leurs souffran¬
ces. M Gregory explique son projet :Ge que je propose pour
soulager la misère humaine n’est pas plus étrange que ce que
beaucoup de médecins et surtout de chirurgiens fontjournel-
lement dans les hôpitaux. Geux qui sont rongés par la lèprë
ou par un cancer, les idiots, les enfants malformés et incura¬
bles, sont une charge à eux-mêmes, à leur famille, à l’Etat,
pour le restant de leur vie. Ils doivent être tués. Je voudrais
rendre légal ce que les plus grands médecins et chirurgiens
pratiquent à chaque instant dans les grands hôpitaux. Gette
pratique devrait être permise aux médecins de campagne.
Mon projet contient d'ailleurs toutes les garanties. Tout indi¬
vidu, âgé de 10 ans, si sain d’esprit, doit prendre l’initiative
de la requête en vue de sa disparition. Le médecin auquel
cette demande est adressée devra appeler deux autres méde¬
cins honorablement connus et le juge de paix en consulta¬
tion. Ges, quatre personnes tiendront conseil pour détermi¬
ner, s'il est possible, de sauver la vie du traumatisé, combien
de temps la vie peut durer et en quelle mesure les souffrances
peuvent être soulagées. S’ils sont d’accord que la mort est
inévitable, ou que le reste de la vie sera une longue souffrance
physique ou mentale, il sera de leur devoir d’en informer
le plus proche parent. Si celui-ci consent, il sera du devoir
des trois médecins et du juge de paix d’administrer un anes-
thétique, jusqu’à ce que mort s’ensuive et faire un rapport
au Ministère de l’hygiène. Une forte pénalité est imposée au
médecin qui refuse d'appliquer la loi ; là même pénalité pst
imposée au médecin qui en abuse. Gette mesure de mettre à
mort s’applique aux aliénés, aux enfants idiots. Ce sera le
plus proche parent qui prendra l'initiative de la requête à
leur place.
Ge projet fut lu par le secrétaire du conseil extraordinaire.
Tous les conseillers se levèrent (d'indignation ?) et re¬
gardèrent du côté du siège du D'' Gregory (qui a préféré être
absent pour cause de maladie. | En somme : meurtre obliga-
! toire et légal de ceux qui souffrent sans espoir de guérison,
; de ceux qui sont ou seront hideusement déformés, idiots,
afin de les empêcher d’engendrer. M. le Dr Gregory n’est cer-
I tainement pas le premier à avoir eu cette idée, mais il aura été
le premier à l'énoncer publiquement et àen vouloir faire une
loi. Friedel.
LES CONGRÈS
Congrès Préhistorique de France.
(Deuxième session — Vannes 1906*)
Les assises du Gongrès se tiendront du mardi 21 au diman¬
che 26 août 1906 inclusivement. Les trois premières journées
(21, 22, 23 aoûti, à Vannes, seront consacrées aux présenta¬
tions, communications et discussions scientifiques, ainsi qu a
des visites archéologiques (musées, monuments, collections
locales) ; les trois autres journées (24, 25] 26 août' serontcon-
sacrées à des excursions scientifiques et notamment à la visite
des nombreux et remarquables monuments mégalithiques de
la contrée. Le programme définitif sera ultérieurement
blié. Parmi les questions inscrites à l’ordre du jour, figurent
les suivantes, particulièrement intéressantes pour la région
où se tiendra le Gongrès: t. Le paléolithique en Bretagne.
— 2. Signification des Menhirs et des Alignements. — 3. .Eh*'
de des Tumulus en général. — 4. Les gravures et les sculpW"
res sur Mégalithes. — 5. La Gérami<iue des Dolmens.
Les membres titulaires paient une cotisation de 12 francs-
Seuls, ils ont droit au compte rendu de la session. Les meffl'
bres adhérents paient une cotisation de 6 francs ; ils pcu'^^
assister aux réceptions, réunionset excursions. Toutes coi^
munications ou demandes de renseignements ‘levront e
adressées à M. le D' Marcel B.A.UDOU1N, secrétaire gon®*'®}. -5
Gomité, à Paris, 21, rue Linné. Les adhésions et cotisauO
sont reçues dès maintenant chez M. Gir.xux, trésorier du
mité, avenue Victor-Hugo, 9 bis, à Saint-AIandé (Seine).
X- — E®
Insi'ection s.xnitaire dans le bassin houiller du Nord.
ministre de la guerre vient de charger M . le médecin inspeÇ‘
principal Claudot de faire une enquête sur place au sujet de i
çon dont sont cantonnées les troupes et des secours donnes
soldats blessés au cours des incidents qui ont marqué les grève
Nord et du Pas-de-Calais.
LE PROGRÈS MÉDICAL
285
JURISPRUDENCE MEDICAUE
NÉCROUOGIE
Les honoraires des Médecins étrangers exerçant
illégalement en France.
M le D Paul BOURGEOIS
Député de la Vendée.
Le Droit Médical, de mars 1906, publie un intéressant article
de M. Baffrey, conseiller à la Cour d’Appel de Paris, com¬
mentant un jugement du 19 mai 1904, du tribunal de Valen¬
ciennes, d’après lequel le médecin étranger non muni du di¬
plôme délivré en France ne peut exercer aucune action en
justice pour le paiement de ses honoraires.
Voici d’ailleurs, le libellé du jugement de Valenciennes ;
« Le Tribunal, attendu (jue le docteur L..., médecin à
Bruxelles, réclame à la dame L .. 2., 900 francs pour soins mé¬
dicaux par lui donnés à un sieur D... dont la dame L. .. est
légataire universelle ; que celle-ci conteste le chiffre de la
somme réclamée comme exagéré ; qu’elle offre à la barre pour
tous honoraires une somme de 1 .000 francs ; que cette somme
paraît une rémunération suffisante des soins donnés à feu
D... par le demandeur et qu’il y aurait lieu de la valider;
Mais, attendu que le docteur L.., n’est pas diplômé par le gou¬
vernement français et qu’aux termes de l'article 5 de la loi du
30 nov. 1892 nul ne peut exercer la médecine en France s’il
n’est muni d’un diplôme de docteur en médecine délivré par
le gouvernement français; qu’aux termes de l’article 10 delà
même loi, toute personne non munie de ce diplôme et qui
prend part habituellement au traitement des maladies com¬
met un délit ;
« Qu’en ce qui concerne l’habitude, bien que ce médecin
belge n’ait traité en France que ü..., elle est légalement cons¬
tituée à sa charge par la réitération du fait commis par lui et
dont il se prévaut à l’appui de sa demande ; qu’il faut, en effet,
pour apprécier l'habitude, envisager les faits par rapport à
celui qui en est l’auteur et non par rapport à ceux qui en sont
l’objet ; que la pluralité des faits 1 emporte sur la non-plura¬
lité des sujets;
« Que donc l’obligation en vertu de laquelle le docteur L. ..
réclame des honoraires à la dame L... repose sur une cause
illicite comme étant prohibée par la loi et qui ne peut dès
lors produire aucun effet (art. 1131 et 1 133 G. Civ. i : que, dans
ces conditions et Inen que la défenderesse n’excipe pas de ce
moyen de nullité, le tribunal croit devoir le soulever d’office,
sous peine de violer les dispositions des deux articles susvi¬
sés, en sanctionnant par une action (luelle qu’elle soit des
faits défendus par la loi civile et par la loi pénale ; (ju’un dé¬
lit ne peut être judiciairement reconnu comme générateur
d'un droit au profit de son auteur ;
« tlue le silence de la dameL... sur ce point ne couvre pas
œtte nullité et ne dispense pas le Tribunal d’en tenir compte,
l’articieti du titre préliminaire interdisant de déroger par con¬
ventions particulières aux lois qui intéressent l’ordre public ;
quelaloidu 30 novembre 18'.l2, par son objet même, présente
un caractère d’ordre public justifiant l’initiative que prend le
Tribunal ;
« Le Tribunal déboute le D'' L. .. de sa demande et le con¬
damne aux dépens. »
CHEMIN DE FER D’ORLÉÀNS
Riltets d'aller et retour de famille pour les stations thermales
®t hivernales des Pyrénées et du Golfe de Gascogne (Arca-
chon, Biarritz, Dax. Pau. Snlies-de-Béarn. etc. (Tarit spé¬
cial P. V. n' 106 (Oriéans).
billets de famille de 1", 2' et 3“ classes, comportant une
eauction de 20 à 40 û/0, suivant le nombre des personnes, sont
foute l’année, à toutes les gares du réseau d'Orléans,
d’oir stations termates et hivernales du Midi, sous condition
jCctuer un parcours minimum de 300 kilomètres (aller et
tour compris) et notamment pour : Arcachon, Biarrit^, Dax,
(balte), Hendaye, Pau, Saint-Jean-de-Lu^, Salies-de-Béarn,
Durée de validité: 33 jours non compris les jours de départ et
U arrivée.
M. le D'' Paul Bourgeois, député de la droite, vient de suc¬
comber à un érésipèle.
Né en 1897. à la Verrie, en Vendée, bien que n’étant pas le
doyen de la Chambre, par suite d’indispositions de ses collè¬
gues plus âgés M. Paul Bourgeois dut prononcer depuis
quelques années le discours d’usage à l’ouverture de la ses¬
sion du Parlement. 11 sut toujours remplir cette tâche, que
rendaient difficile ses opinions royalistes avec tact et cour¬
toisie.
M. Paul Bourgeois était depuis 1871. conseiller général et
maire de la Verrie. puis peu après député à l’Assemblée na¬
tionale. Il siégeait à la droite monarchiste. Excellent confrère,
le D'' Paul Bourgeois n'oublia jamais qu'il était un médecin
praticien, il donna toujours son appui aux revendications mé¬
dicales, et malgré les différences absolues d’opinions politi¬
ques, il ne refusa jamais de se joindre à ses confrères du
Parlement pour soutenir les intérêts des praticiens. J. N.
THERAPEUTIQUE
L'emploi thérapeutique de l’Hélénine dans les hôpitaux.
« J’ai expérimenté l'Hélénine à l’hôpital sur un certain
nombre de malades, dit Audhoui, médecin des hôpitaux,
dans la Thérapeutique contemporaine (avril 1882). Le ma¬
lade rend moins de crachats, expectore plus aisément, res¬
pire mieux, voit la toux diminuer, et, par conséquent, dis¬
paraître la douleur de poitrine, l’agitation, l’insomnie. » Et
Chéron, médecin de l’hôpital Saint-Lazare, ajoute dans sa
Revue médico-chii’urgicale des maladies des femmes que l’action
de l’Hélénine est immédiate.
L’Hélénine s’administre à la dose de 2, 3, ou 4 globules,
du D'' de Korab, par jour.
FORMULES
XXVII. — Contre la coqueluche.
de 0 gr. 01 à 0 gr. 10
Teinture de droseni .
Teinture de'grindelia .
Teinture de belladone .
Sirop de Desessartz .
Caibonatc de créosote .
Huile d’amandes douces .
Go.mme arabique pulvérisée.
Eau distillée de tilleul .
X gouttes.
V gouttes.
30 gr.
10 gr.
5 gr.
120 gr.
Par cuill. à café, à dessert ou à soupe, selon l’âge, la dose de
dionine devant être de 2centigr. pour un enfant de 2 ans, et
de 0 gr. 10 pour un enfant au-dessus de 7 ans, par 24 heures.
XXVIII. — Injections hypodermiques contre la
constipation.
Glilorliydrate d'apocodéine . 0 gr. 50
Eau distillée stérilisée . .50 gr.
Injecter 2 cc. par jour. (Co.mbemai.e.)
XXIX. — Dans la variole.
Donner par cuillerées à soupe d’heure en heure pour favo¬
riser l’éruption :
Acétate d ainuionuiquo.
Eau de menthe .
Eau de llcurs <1 orange
Eau de mélisse .
Sirop d’éther .
Sirop de capillaire -
lü gr.
(ai ,0 gr.
(ü. Lyon.)
286
LE PROGRÈS MÉDICAL
XXX. - Contre les ulcères atones.
.Vprès avoir bien nettoyé l’ulcère avec de l’huile d’amandes
douces stérilisée au moyen d’un tampon de coton hydrophile,
on couvre la plaie de :
, Poudre de sous-oarbonate de fer.
ou de la pommade :
Vaseline stérilisée . 40 gr .
Sous-carbonate de fer . 1 gr .
On panse ensuite avec de la gaze hydrophile sèche et du
coton maintenus par une bande de crêpe.
(D’après S.^bour.4ud).
XXXI. — Contre l’insomnie.
Prendre en une fois, un quart d’heure ou demi-heure avant
de se coucher :
Trional . J gr.
Huile d’amandes douces . ÎO gr ,
Sucre . 0 gr .
Eau de fleurs d’oranger . 10 gr,
Eau de laurier-cerise .
Gomme adra gante . i j
Gomme arabique . . )
Agiter avant de s’en servir.
On peut donner en lavement •
Eau . 250 gr.
(Eocquii-i.on-Limousin).
XXXII. — Contre la dépression et I anorexie des
neurasthéniques, des tuberculeux, etc.
Huile d’olive .stérilisée..
Lécithine .
Gaïacol .
Eucalyptol . ^ .
Menthol .
lodoforme . .
10 gr.
0 gr. 50
1 gr.
1 gr.
0 gr. 04
0 gr. 10
3 cc. en injections, 3 fois par semaine, pendant 3 semaines.
(A. Robl
XXXIII.
— Contra la dyspnée.
Oxaphore .
. 10 gr.
Alcool .
. 20 gr.
Eau de réglisse.
. 10 gr.
Eau distillée . . .
. 1.50 gr.
DYapVinrp . . . .
. 10 gr.
Vin de Malaga
. 60 gr.
Sirop simple . .
Eau distillée.. . .
Par cuill. à café sans dépasser la dose de 2 à 3 gr. par jour.
(D’après Bocquili.on-Limousin).
CHEMINS DE FER DE L’OUEST
LES AFFICHES EN CARTES POSTALES
La compagnie deschemins de fer de l’ouest met en vente, au prix
de 0 fr. 40, dans les bibliothèques des gares de son réseau, un
carnet s o us couverture a-rtistique de 8 cartes postales illustrées
reproduisant en couleurs, les plus jolies affiches établies pour son
service entre Paris et Londres, par Rouen, Dieppe et Newhaven et
contenant en outre la relation de ce voyage avec 8 vues en simili¬
gravure des principaux points situés sur le parcours.
Ce carnet de cartes jiostales est adressé franco à domicile,
contre l’envoi de Ofr. 40 en timbres-poste au service de la publi¬
cité delà compagnie, 20, rue de Rome, à Paris.
La saison à Châtel-Guyon.
La Société des Eaux de Châtel-Guyon rappelle à tous les
intéressés que l’ouverture de la saison, dans cette station, a
lieu au l^mai, et que, pendant ce mois de mai, comme aussi
en octobre, les cartes d’abonnement et les tickets d’opérations
thermales sont à demi-tarif pour tous les baigneurs indistinc¬
tement.
Elle met en service, dès cette année, toutes les cabines de
l>‘= classe (80) des bains à eau courante dans ses nouveaux
Thermes ; mais elle se voit forcée de reculer à l’an prochain
l’ouverture des bains de 2® classe, que remplacent d’ailleurs,
en quelque sorte, les demi-tarifs réglementaires de mai et
d’octobre.
Actes et thèses de la Faculté de fVIédecine de Paris.
Thèses de doctorat. — MercreU, 0 m i. — I nssii’r : Les
traitements de la syphilis (MM. Gaucher. Roger, Richaud. Labbé
(Marcel). — M. Frahcina : Contribution a l’élude physique des eaux
minérales (MM. Roger. Gaucher, Richaud, Lahbé (Marcel).
Jeiiii, 10 mai. — M. Bouffier : Traitement des plaies de la veine
cave inférieure au cours de la néphrectomie (MM. Giiyon, Berger,
Gilbert, Carnot. — Ai . Saillant : Sigmoïdites et périsigmoïdites.
Etude anatomique et clinique (MM Berger, Guyon. Gilbert, Car¬
not. — AI. Boivin : Conlri!)ulion à l'étude du l'oie appendiculaire
(MM. Gilbert, Guyon, Berger. Carnot). — M. Brillaud : De quelques
formes de tuberculose oculaire (kératite parenchymateuse tuber¬
culeuse et tuberculose de l’iris) et en particulier de leur traite¬
ment (MM. Ilutincl, Budin, De Lapersonne, Mcry. — At . TrouetU:
Les mutualités maternelles. Leur action sur la mortalité infantile
(MM. Budin, Ilutinel, De Lapersonne, Méry. — AI. Béal : Des hé¬
morrhagies rétiniennes dans ta compresse du thorax (MM. De La¬
personne, Hutinet, Budin, Méry.
Examens de doctorat,. — Lundi, 7 mil. — 5' (Chirurgie, P' par¬
tie, 1" série, Hôtel-Dieu) : MM. Kirmisson, Delens, Pierre Duval. —
5” (1" partie, 2* série, Hôtel-Dieu) : MM. Reclus, Legueu, Proust.
Mardi, 8 mai. —2* (Salle Béclard) : Launois, Langlois, Mail¬
lard. — 3‘(2'partie, Oral, Salle Broussais) ; M.M. Joffroy, Thiroloix,
Guiart. — 4’ (Salle Corvisart) :M.M. Chanlemesse, Gilbert, Dupré.
— 5* (Chirurgie, P" partie, 1" série. Charité) : MM. Guyon, De La¬
personne, Marion. — 5* (Pt partie, 2‘ série, Charitél: MM. Pozzi, Au-
vray, Morestin, — 5“ (2" partie, Charité) ; MM. Dieulafoy, Méry,
Rénon.
Alercrcdi. q mai. - 3' (Salle Richet) : MM. Richet vCb.}, Broca
'André), Brr.nca — S* (2* pardic, P° série. Oral, Salle Corvisart):
MM. Blanchard, Teissier, Legry. — 3' (2' partie, 2“ série. Oral Salle
Broussais) : MM. Brissaud, Claude, Maeaigne.
Jeudi, 10 mai. — 2” (Salle Béclard) : MM. Roger, Launois, Des-
gi’cz. — 3’ (1" partie. Oral, Salle Broussais) : MM. Pozzi. Thiéry,
Demelin. — 3" (2“ partie. Oral, Salle Corvisart) : MM. Joffrt.y, Thi¬
roloix, Jcanselme.
Vendredi, II mai. - 2" (Salle Richet) : MM. Gariel, Richet (Ch.',
Branca. — 3* (2' partie, P' série. Oral, Salle Béclard) ; MM. Déje-
rine, Legry, Labbé (Marcel'. — 3* (2' partie, 2‘ série. Salle Brous¬
sais) : MM. Gaucher, Balthazard, Maeaigne, — 5' (Chirurgie, P”
partie, 1" série, Necker) ; MM. Kirmisson, Gosset, Proust. — 5'
(Chirurgie; 1” partie, 2* série, Necker) : MM. Segond, Legueu,
Mauclaire. — 5" 'Obstétrique, 1" parlie. Clinique Baudelocquc) :
MM. Lepage, Wallich, Potocki.
Samedi, J2 mai. — 2* (Salle Pasteur) ; MM. Launois, Langlois,
Broca (André). — 4* (Salle Thouret) : MM. Chantemesse, Ballet (G.!,
4’aquez. — 5” (2' parlie, P" série, Beaujon) : MM. Raymond, Roger,
Thiroloix. — S* (2'’ parlie, 2* sériel : MM. Hutinel, Méry, Goiiget.
— 5” (2" partie, 3' série, Beaujon) : MM. Robin, .leanselme, Bezan-
çon.- 5* (Obstétrique, 1" partie, Clinique Tarnier) : M.M. Budin,
Demelin, Brindeau.
La journke de la Frousse. — Le .Matin. — M. Stéphane Lau-
zanne : Maintenant que « la Révolution qui venait » s’en est allée,
il va falloir nous préoccuper de replacer notre argent et surtout
d'écouler nos approvisionnements de conserves. Dans bien des
maisons, on devra, pendant des semaines, manger des stocks de
jambons qui se dessécheront de plus en plus et consommer deS
petits-beurres qui, sous la dent, craqueront de moins en moins.
Aussi sera t-il préférable de ne pas accepter à dinerdans le faU'
bourg Saint-Germain d’ici à la semaine prochaine.
Définition DE l’amour. ^ Jésus et Sainte Gertrude. — Vousid^
trouverez dans le cœur de Gertrude. « Je voudrais bien vous
aimer, mais je ne sais ce que c'est que l’amour ; dites-!c moi,
Jésus, dites-lé moi, vous qui aimez jusqu’à la mort. » — « L'amour
est une llécbc d'argent (pii part d’une arbalète d'or. » {Scieiiet
Fa//lü/îV/I(f, d'Arras, avril PJOfi).
LE PliüGIîÈS MÉDIGAI,
287
NO^EIXES
Natalité dr Paris. — Du dimanche 1 au samedi 7 avril
19Ô6. les naissances ont ete au nombre de 1008, se décomposant
ainsi ; légitimes 723, illégitimes 285.
Mortalité a Paris. — Population d'après le recensement de
1901 : 2.000.559 habitants. Les décès ont été au nombre de 1117,
savoir ; 582 hommes et 533 femmes. Les décès sont dus aux
causes suivantes : Fièvre typhoïde (typhus abdomin.) : 5. —
Typhus exanthématique : 0. — Fièvre intermittente et cachexie
palustre : 0. — 'Variole ; 0. — Rougeoie : 30 — Scarlatine ; 5.
— Coqueluche : 3. — Diphtérie et Group : 8. — Grippe : 8.
— Choléra asiatique : 0. — Choléra nostras : 0. — Autres
maladies épidémiques ; 6. — Tuberculose des poumons : 233. —
Tuberculose des méninges : 27. — Autres tuberculoses : 17. —
Cancer et autres tumeurs malignes : 65. — Méningite simple ; 20.
— Congestion hémorrhagique et ramollissement du cerveau : 62.
— Maladies organiques du cœur : 68. — Bronchite aiguë 10.
_ Bronchite chronique : 25. — Pneumonie : 48. — Autres affec¬
tions de l’appareil respiratoire ; 134. — Affections de l’estomac
(cancer exc.) : 1. — Diarrhée et entérite deO à 1 an ; sein : 5 ; au¬
tre alimentation : 10 — Diarrhée et entérite de 1 à2 ans ; 3. — Her¬
nies, obstruction intestinale : P2. — Cirrhose du foie : 12. — Néphrite
et mal de Bright : 37. ■ Tumeurs non cancéreuses et autres ma¬
ladies des organes génitaux (femmes) : 7. — Septicémie puerpérale
(fièvre, péritonite, phlébite puerpérale) : 2. — Autres accidents
puerpéraux de la grossesse et de raccoucnement ; 3. — Débilite
congénitale et vices de conformation : 21. — Débilité sénile : 55.
— Morts violentes : 24. — Suicides : 9. — Autres maladies : 141.
— Maladies inconnues ou mal définies : 12.
Mort-nés et morts avant leur inscription: 61, qui se décom¬
posent ainsi : légitimes 45, illégitimes 16.
La méningite a Toulon. — De nombreux cas de méningite se
sont produits récemment à Toulon et ont donnélieu à quatre décès
au 17“ bataillon d'artillerie de forteresse (caserne Gardanne). Par
ordre du ministre, ce bataillon est envoyé à File Sainte-Margue¬
rite par mesure de prophylaxie.
Muséum d'histoire naturelle. — Cours de pathologie com¬
parée. — M. Chauveau, membre do l'Institut, professeur, ouvrira
ce cours le vendredi 4 mai 1906, à onze heures, et le continuera
les lundi, mercredis et vendredis suivants, à la même heure. Le
professeur exposera les résultats do ses recherches en cours sur
la théorie de la dépense énergétique liée à l’exécution du travail
musculaire et les applications qu’ils comportent. Il s’attachera
particuliérement aux faits démontrant l’identité absolue des lois de
cette dépense dans le moteur-muscle et dans les moteurs mécani¬
ques. Les leçons et démonstrations auront lieu au laboratoire de
pathologie comparée.
Cours de dessin appliqué à l'étude des plantes. — M”“ Made¬
leine Lemaire commencera ce cours le mardi 8 mai 1906, à trois
heures, et le continuera les jeudis, samedis et mardis suivants, à
la même heure, dans la salle des Cours de Dessin (Porte d’Aus¬
terlitz).
Chronique des Hôpitaux.
Concours pour les prix a décerner a m.m. les élèves inter¬
nes en pharmacie des HOPITAUX ET HOSPICES (année 1905-1906).
— Le concours annuel pour les prix à décerner à MM. les élèves
internes en pharmacie des hôpitaux et hospices sera ouvert le
vendredi 8 juin, à midi précis, dans la salle des Concours de
l’Administration, rue des Saint-Pères, n» 49. MM. les Internes en
pharmacie sont prévenus qu’en exécution des dispositions du
Règlement général sur le Service de Santé, tous les Internes en
pharmacie des hôpitaux et hospices sont tenus de prendre part à
ce concours, sous peine d’être considérés comme démissionnaires,
et, comme tels, d’être privés du droit de continuer leur service
dans les hôpitaux. Ils devront, en conséquence, se faire inscrire à
l’Administration Centrale (Service du Personnel) de onze heures
à trois heures, du lundi 7 mai au samedi 19 du même mois, inclu-
CONCOURS pour LA nomination A DEUX PLACES d’aSSISTANT TITU¬
LAIRE ET A DEUX PLACES d’aSSISTANT ADJOINT DES SERVICES SPɬ
CIAUX n’oTO-RHINO-LARYNGOLOGIE DES HOPITAUX DE PARIS, pOUr
entrer en fonctions le premier juillet 1906. — Ce concours sera
ouvert le vendredi 1“'' juin 1906, à midi, dans la salle des concours
de l’Administration, rue des Saints-Pères, n° 49. Cette séance
sera consacrée à la composition écrite. Les candidats seront
admis à se faire inscrire à l’Administration centrale (servies du
personneli, de midi à trois heures, du mardi !“'• mai 1906 au lundi
14 du même mois inclusivement.
THMOL roche
Solution huileuse d oléo-sulfonate de sodium
Le plus actif et le meilleur marché de tous les médicaments employés
dans le traitement des affections gynécologiques. Le plus facile à prescrire
et à manier ; il est soluble dans l’eau et la glycérine ; il est inodore et ne
tache pas le linge.
A. — Solution pour tampons vaginaux :
Thigénol . 3o b 5o grammes.
G-lycérine neutre . yo à 5o grammes.
B. — Ovules au Thigénol Roche à 3 O ojo.
F. HOFFMRHH-LH roche & C", 7, rue Saint-Claude, PARIS (3“)
288
LE PROGRÈS MÉDICAL
1
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
Berger. — La méthode italienne et ses applications aux res¬
taurations faciales. Tn-S® de 22 pa^es, Paris.
Cauvy. — De la rééducation physique, son but. ses indications,
ses résultats. 10-8° de 8 pages. lmp. Levé. Paris.
Fdmoüze-Albespeyres (78, fg. Saint-Denis, Paris). — Le livret
de l’enfant. 1 vol. In-8“ de 1û8 pages. Prix . 6 fr.
Lucien-Gr.aux. — Modifications à apporter aux articles 7. 11
19 et 20 de la loi du 15 février 1902. In-8° de 24 pages. lmp!
Maretheux, Paris.
Thooris. — Les dacryocystites par fracture du canal oculo¬
nasal. In-8° de 56 page.s. lmp. Le Bigot, à Lille.
SIROP LAXATIF VERNEUIL (S)
LOTION LOUIS DEQUEANT
Contre le SBBDMBACIICLE
CALVITIE.- PELADE. - TEIGIIE. - TRICHOPHYTIES. • SEBORRHEE. - ACRE, ETC
En vente che^ les pnarmacien. reniement
Le SebumbaoMle. microbe de la calvitie vulgaire, a été
découvert par M. Louis DEQUtANT. p'narmacien. 38. rue
de Clignancourt, Paris. i Mémoires déposés à l’Académie de
Médecine. 23 mars 1897. 8 mai 1898). L'extrait de ces Mémoires
est adressé grracieusement à tous les médecins qui lui en
feront la demande. Renseignements gratuits et vrix de faveur
pour tous les memores du corvs médical.
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tien des dents, des gencives et des muqueuses de la bouche.
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SOMWAIRE : Chirurgie biologique : La stérilisation des
salles d’opération, par Longuet. — Bulletin : Le médecin dans
la société moderne, par Noir ; Prophylaxie des maladies véné¬
riennes, par Friedel. — Sociétés Savantes : Société de biolo¬
gie : Cancer épithélial mucipare du poumon, par Sabrazès et
Muraiet ; Déchloruration fécale, par Javal et Adler ; Gastro¬
entérites infantiles, influence du régime sur le microbisme, par
Guillemot et !Mlle Szczacdinska ; Transmission de la rage par
caup de griffe, par Remlinger ; Méningo-encéphalite diffuse
ulcéreuse syphilitique, par Bosc ; Pathogénie de la grenouillet-
te, par Imbert (c. r, de Mme Edwards-Pilliet.) — Académie de
Médecine : (c, r.de A.-F. Plicque). — Revue d’hydrologie et
de climatologie : L'entéro-colitemuco-membraneuse observée
aux eaux minérales, par Bernardet Baraduc ; La cure aux eaux
de Vichy, par Tissier ; Traitement hydrominéral des catarrhes
bronchiques non bacillaires, par Cazeaux ; La lutte antitubercu¬
leuse en France, par Dehanet Ledoux-Lebard ; Les eaux miné¬
rales de Brides-les-Bains et de Salins-Moutiers, par Farina;
Action de l’arsenic et des eaux chlorurées sodiques arsenicales
sur le diabète, par Verdalle (c. r. de Graux). — Revue de dié¬
tétique : Les régimes déchlorurés, par Widal. — Bibliogra¬
phie : Etude de la région silurique occidentale de la presqu’île de
Crozon, par Kerforno ; Nœvus mélanique traité par diverses
méthodes, par Leredde et Martial ; Précis’de chirurgie infantile
par Kirmisson ; Traité de physiologie, par Mathias-Duval et
Gley ; Traité d’hygiène, par Brouardel et Mosny ; Maladies du
cœur et des poumons, par Rénon ; Traitement de la luxation
congénitale de la hanche, par Calot ; Les formes cliniques .de
rhumatisme chronique, par Verhoogen. — Pharmacologie; Le
digalène. — Varia : L’exercice illégal de la médecine au XVII®
siècle ; Les enseignements de la guerre russo-japonaise, la béni-
nité des blessures de guerre ; Mission pour l’étude de la ipala-
ie du sommeil ; La suppression des maisons de tolérance à
Melun. — Les congrès. — Thérapeutique : Traitement de
l’emphysème par l’hélénine. — Formules. — Actes et thè¬
ses de la faculté de médecine de Paris. • — Pharmacolo¬
gie. — Nouvelles. — Chronique des hôpitaux. — Bulletin
bibliographique.
GHIRURaiE RIOLOGIQUE
(Cours, V”' leçon.)
La stérilisation des salles d’opération :
Par le P' L. LONGUET (de Rouen)
I IL STÉRILISATION GERMICIDE
DES LOCAUX CHIRURGICAUX
(Lister, 18GTi.
Les moyens pratiques jusqu’ici préconisés pour stéri¬
liser séparément les parois, l'atmosphère, l’assistance,
— question des mains et du champ opératoire mises à
part, — s’inspirent tous d’une seule, d’une même méthode
générale, qui est ici la méthode germicide antiseptique
ne Lister sous plusieurs nuances :
.4.). Pour la stérilisation pariétale — j’entends par
là celle des murs, plafond, plancher, meubles, objets
8e la salle d’opérations on de malades, — trois pratiques
distinctes sont en usage journalier, les voici:
ha. pulvérisation d'un antiseptique à l'aide d'un
appareil spécial, sorte de sphère métallique creuse dont
L'ster, en Angleterre, donna le premier modèle ; on
plus simplement à l’aide d’un autoclave « à fuite » toos'-
uéux transportables etcliauffables. Après demi-réplétion
d un liquide vaporisant, vous projetez contre les parois
® vapeur qui s’en échappe en jet. Ce jet ou « spray )>,en
^ulact avec l’air ambiant, s’y condense par refroidisse -
6nt en une pluiefine ettiède, véritable rosée dont le
*Pét s’étale sur une large surface.
2”Le mouillage est une manœuvre plus simple. 11
usiste à passer sur les parois et objets une com-
mouillé (1). Ainsi se trouvent collectées
Ig p^ssières, et avec elles leurs microbes agglutinés sur
çgl récepteur qui les entraîne mécaniquemenl. A
* un ajoute généralement un brossage au savon noir,
pers’ chirurgiens préfèrent l’in'igation, l’as-
^ grand jet, réalisée au moyen d’une pompe
Véijahl ’ tuyaux à lance disposés à hauteur con-
importe beaucoup, rappelait von Bergmann
*** •' ***^®F'“ à SPC est évidemment une mauvaise pralique.puis-
toules les iniussiéres en agilalion.
en 1890, que les parois et surtout le plancher soient
maintenus en permanent état d’humidité alin que les
germes infectieux tombés des plaies ne puissent se ré¬
pandre dans l’air. En Amérique Roswell Park et Laplace
(de Philadelphie) (1) ont fait disposer un agencement spé¬
cial grâce auquel leur salle d’opérations est inondée toute
entière et presque instantanément. D’autres ont proposé
de construire le local avec des matériaux antiseptiques.
Enfin il est évident que cette « chasse » à la poussière est
fort simplifiée si l’on a soin d'entretenir un état lisse,
uni, vernissé, luisant, vitré ou ripollinisédes parois avec
absence d’ornementation, et réduction du mobilier au
strict nécessaire.
Dans la liste des liquides vaporisants recommandés
pour l’une ou l'autre de ces manœuvres, je relève: la
solution phéniquée (Lister), la solution de sublimé
(Dumoulin), le formol et ses dérivés (Aronsohn), l’eau
oxygénée (Quenu), le sulfure de carbone (Ghiandi), le
chlorure de chaux, lelysol, le crésyl, la holsine, l’acro¬
léine, voire même tout simplement l’eau pure (Terrier).
B ). La stérilisation atmosphérique s’obtient :
V Par pulvérisations, comme pour les parois.
2“ Par évaporation d’un liquide antiseptique : éva¬
poration de chlore, de brome, d’iode, d’ammoniaque, de
bicarbonate de soude en solution tiède, d’essence d’euca¬
lyptus ou de térébenthine, de sulfate de nitrosyle. Pla¬
cez par exemple dans un bocal reposant au fond d’une
terrine en grès, des cristaux de sulfate de nitrosyle (acide
sulfonitreux) en proportion de 1 gramme par mètre cube ;
portez ce vase au-dessus d’un robinet ; laissez couler
l ’eau goutte à goutte lentement sur le sel qui dégage im¬
médiatement des vapeurs rutilantes. N ouvrez la salle que
le lendemain, en évitant de respirer l’air encore chargé
d’irritantes vapeurs nitreuses.
3“ Ou par fumigation, de sucre (Trillat); de bi-
chlorure de cuivre (Willems) ; de soufre (Mulder,
d'rtrecht, 18(56 et Grahaml868).
La fumigation sulfureuse passe pour la meilleure :
après avoir fermé loutes les issues, vous faites, une
heure durant, bouillir de l'eau en un point de la salle
dans une large bassine placée sur un réchaud. Après
quoi vous mettez des fragments de soufre dans des ré-
(1) Roswell-Pahk el Laplace.— VoiF Semaine médicale, it. 90, 1903,
290
LE PROGRÈS MÉDICAL
cipieiits en tôle de 30 cenlimètres de diamètre, à bords
très bas, reposant sur une couchede sable. Enflammez
avec un peu d'alcool versé à la surface. Hrûlcz 20 gram¬
mes de soufre par mètre cube. Vingt-quatre heures
plus tard, ouvrez et ventilez largement car l’acide sul¬
fureux dégagé est fort irritant (1).
On pourrait aussi essayer V ozonisation de l'air, pro¬
posé depuis plus de 20 ans, réalis ible à l'aide d’une
inslrumentation spéciale. Mais je ne sache pas qu’elle
ait été jusqu’ici appliquée par les chirurgiens à la sléri-
lisation atmosphérique.
G). La stérilisation de l'opérateur et de l'assistanoe
est résolue par la formule suivante : enveloppement de
la chevelure par des toques — de la barbe par des sacs —
du tronc et des membres supérieurs par des vestes ou
blouses — du bassin, des membres inférieurs par des ta¬
bliers — des jambes et pieds par des bottes ou des san¬
dales, le tout de caoutchouc, ou de taffetas gommé, ou
de mackintosch,ou enfin de toile préalablement macé¬
rée en solution antiseptique. Gomme complément, cer¬
tains chirurgiens ajoutent avant chaque opération le
lavage préliminaire de la bouche avecun liquide germi-
cide.
Maintes expériences baclérioscopiques parlent en la-
veurde la méthode lislérienne appliquée à la stérilisa¬
tion des parois, de l’air, de l’assistance. Le « spray » phé-
niqué a été examiné par son promoteur lui-môme — le
U spray » au sublimé par Dumoulin etKupferschlager —
le « spray » au formol par Aronsohn, Berlioz, Trillat,
Miquel, Bosc, G. Roux. L’évaporation chlorée a été
éprouvée par Paulowsky, Miquel; — l’ozonisation par
Ghappuis, Ghristmas, Ohlmuller, etc., etc. Parmi les
microbes ayantservi à ces recherches de contrôle, je lis
le coli, le typhique, le diphtérique, le pyocyanique, le
staphylococcus aureus, le streplococcus,le vibrion cho¬
lérique. Et toutes ces expériences ont conduit les chi¬
rurgiens à accorder à la méthode une grande va¬
leur ; elle mériterait notre confiance absolue.
Messieurs, que faut-il penser de ces affirmations?
Allons-nous à notre tour nous lancer dans la voie de Lis¬
ter, si pleine de promesses ?
Avant toute discussion, un premier fait nous frappe
immédiatement; c'est l'immense labeur, l’effort persé¬
vérant, l’œuvre méritoii'c de nos prédécesseurs. Des
préceptes par eux formulés, il reste au moins celui de
la nécessité d'une grande propreté des locaux de chi¬
rurgie. La propreté est la base fondamentale de l'hy¬
giène. Et la seule observance de la propreté a, pourune
certaine part, contribué à ladisparition de maladies in¬
fectieuses comme l'érysipèle, comme la pourriture
d’hôpital, jadis habituelles, aujourd’hui raréfiées. xMais
pour ce qui concerne l'eflet rigoureusement stérilisant
de la méthode antiseptique, je le conteste. Au point de
vue sporicide, l’insuffisance est certaine. Remarquons
que les expérience précitées s’adressaient à des
espèces microbiennes non sporulées. Au point, de vue
germicide, l’effet est très appréciable, mais jamais radi¬
cal. En face des résultats précédemmentexposés, je puis
dresser une série de constatations plutôt défavorables à
la valeur absolue de le méthode lislérienne ; Ainsi l’au-
lowsky avec le « spray piiéniqué » obtient une di¬
minution numérique des germes, mais non leur dispa-
(1) Raoul Pictet a construit des siphons conteiianl 750 pr. d’a¬
cide sulfureux, munis d’un caoutchouc que l’on fait passer p.ar une
ouverture de la porte. On presse sur le siphon et aussitôt la décom¬
pression ramène l’acide sulfureux à l’étal pazeux et permet son
dépapemenl dans la salle par l’extrémité du tube de caoutchouc.
rition. Miquel, Dumoulin, arrivent aux mômes conclu¬
sions. Laveran consigne que la bactéridie charbon¬
neuse n’est point tuée par la pulvérisation phéniquée
à5 %. Ailleurs, il spécifie que les microbes ne sont
pas détruits par une pulvérisation faite à 4 centimètres
de la muraille.
Avec le « spray au sublimé» suivi de lavageausul-
fhydrate d’ammoniaque pour détruire la couche super¬
ficielle que forme le bichlorure mercurique combiné
aux matières protéiques, Ghavigny constate que la puf.
vérisation prolongée au-delà des limites de temps
fixées par les règlements, est impuissante à détruire les
germes, voire môme à atténuer leur virulence. La pro¬
tection conférée n’est que temporaire, caduque, et cesse
dès que la couche protectrice disparait par un moyen
quelconque.
Dans ses expériences sur la « formolisation » Lafo-
lie obtient une diminution numérique des germes,
mais pas une destruction totale. Il en est de même dn
« Spray à Veau oxygénée » expérimenté par Quénu
et Landel.
Faut-il espérer mieux des fumigations ? Aon, Kum-
mel (de Hambourg), complétant la fumigation au sou¬
fre par un lavage au sublimé, constate la diminution
des microorganismes mais jamais la suppression
radicale. Et pour lui, il est impossible de priver la salle
d’opération de tout germe.
Quant à V évaporation de liquides antiseptiques, .Mi¬
quel à son sujet écrit ceci : « Dans des recherches da¬
tant de plusieurs années, j’ai démontré que les vapeurs
d'acide phénique, de chloroforme, d'éther azoteux, de
sulfure de carbone, de gaz acide sulfureux, de gaz am¬
moniacal, etc., ne jieuvent, même après 15 jours de
contact faire perdreaux poussières atmosphériques leur
fécondité. Enfin V ozonisation n’a point fait ses preuves.
Disons seulement que d'.Arsonval et Gharrin concluent
à une action peu efficace.
G’estque les antiseptiques ainsi pulvérisés, évapores,
ou fumigés manquant de pouvoir pénétrant, ne con¬
fèrent qu'une destruction toute de surface. A ous sa¬
vons aussi que leur action est purement temporaire,
inhibitrice sur nombre de bactéries. Ils réalisent une
pseudo-stérilisation, un arrêt passager de la vitalité des
semences aériennes. .Mais celles-ci reprennent vielq^'
qu’elles tombent dans les plaies, milieu vivant humide
à la température constante de 37“. J’ai trop longuement
développé ma manière de voir à ce sujet pour y reve¬
nir une fois encore.
Et puis, la purification par la méthode lislérienne
offre ici le gros inconvénient d’altérer tout le matériÇ ;
murs, meubles, objets. La vapeur d’eau elle-mêmene'
chappe pas à ce reproche. cela s’ajoute l’action noci)^''
ou toxique de certaines vapeurs, comme celles de
eide phénique, du lysol, du crésyl, de l’acide sulm
reux et surtout du formol, toutes très irritantes
les muqueuses aériennes de l’assistance. D'où un)-
cause possible de broncho-pneumonies posl-opérat
res (1). |j
En résumé, pour apprécier justement, disons qu®
méthode antiseptique, bonne sans doute et très
mandable en certaines circonstances épidémiolOD|_
ques dont il n’est pas question ici, n'est qu’un
- - - ^
(1) Pour la loxioité des vapeurs de formol, voir FiSCHER
journal of experimenteUe medicine, p. 489, 1905. Avec
riences personnelles, cet auteur rappelle celles de Klipslrm ■
lapins ; de IIarriup;ton sur les chiens, de Francis sur les rats
cobayes: (bronchiles et effets toxiques mortels).
LE PROGRÈS MÉDICAL
291
1er. qu'une pratique de nécessité en l’état actuel des
constructions chirurgicales. Elle n’est pas sans valeur.
Mais il est dangereux de lui accorder une grande con¬
fiance. Tenez-la pour inconstamment, in complètement,
insuffisamment germicide ; pour constamment, aspo-
ricide et pratiquement détériorante. Au reste, les Lis-
leriens ne sont pas loin de partager mes suspicions,
puisque malgré leur scrupuleuse observance des règles
de désinfection, ils réclament deux et jusqu’à trois salles
d’opération, l’une pour les malades non infectés, l’autre
pour les demi-infectés, la troisième pour les très infec¬
tés. Or, si le local opératoire est réellement et parfaite¬
ment stérilisable, il doit être unique, ce qui entraîne
une grande simplification à tous les points de vue.
Voilà pourquoi il me semble légitime, utile même, de
chercher à faire plus et plus sûrement que par le passé,
afin de réaliser quelques progrès dans l’art de stériliser
les salles d’opérations ou les chambres individuelles de
malade.
g III. STÉRILISATION SPORICIDE
DES CHAMBRES D’OPÉRATION.
(Longuet, 1900).
Posé sur ses bases fondamentales, le problème à ré¬
soudre se présente à nous sous les angles que voici :
1° 11 faut stériliser la salle et son contenu, c’est-à-
dire l’air, les parois, plafoml, planchers, murs, objets ét
revêtements pour l’assistance.
2" Cette opération doit être exécutée par une seule,
par une même méthode.
3° Elle doit être réalisable simultanément et rapide¬
ment pour tout le contenant elle contenu en une séan¬
ce. unique.
■1“ Elle doit être absolue, radicale, c’est-à-dire spori-
cide en même temps que non détériorante.
A ce problème, àooK solulions divergentes, contra¬
dictoires, ont été apportées. L’une dit que cette sporici-
dation est inutile et irréalisable ; l’autre, au contraire,
— c’est la nôtre, — considère qu’elle est utile et réa¬
lisable.
-V. La sporicidalion de la chambre opératoire est
inutile et irréalisable. Inutile : ne voyons-nous pas
couramment dLS interventions urgentes, imprévues,
compliquées réussir parfaitement en milieu non sléri-
isé, voire môme septique 7’Les germes tombent dans
plaie, mais la nature par le mécanisme de la phago¬
cytose supprime leurs fâcheux effets. — Irréalisable :
t^nt que vous devrez réunir en une salle d’opération
C® malade, un chirurgien, des aides, quelques assis-
: tant qu’il y aura du mouvement, de l’agitation,
^ CS allées et venues, l’atmosphère périopératoire sera
^^ciiillée de microorganismes. Et par aucun moyen,
ymis n’arriverez à les supprimer radicalement. Quelle
'“‘‘c, quelle chimère !
"areilles affirmations sont de nature à nous arrêter
-.’i instant car elles comportent une. part de vérité.
cyons d’abord l’argument fuMifZîZd. Oui, les guérisons
;y-'^°iient parfois très satisfaisantes en milieu septique.
avons tous des exemples tirés de notre pratique
cou n’est point prouvé que le fait soit
d’a I phagocytose suffise toujours :
qu il s’agit de malades, c'est-à-dire de sujets
s„j . de moindre résistance. Qu’une contamination
aiir '’^'^lcment d’abcès se produise une fois, vous
fait * une faute par imprudence, n’ayant rien
prévenir un danger connu, prévu. Or, ce
®^‘ste quelquefois ; la preuve expérimentale de
^'slence a été établie plus haut.
Eneequi concerne Virrèalisabilité, oui, la stérilisa¬
tion est impossible s’il y a beaucoup de personnes,
causant, s’agitant dans le local, et si l’on procède par
la méthode antiseptique. Mais l’assistance est réducti¬
ble à trois éléments, malade, opérateur, anesthésiste.
Du moins j’ai pu réaliser dans ces conditions des in¬
terventions difficiles comme les cœliotomies abdomina¬
les pour fibromes. C’est une habitude à prendre, une
éducation nouvelle à se faire. Et je suis aujourd’hui
convaincu que celle manière d’agir réalise un progrès.
Gollstein, Quénu et Landel n’ont-ils pas démontré que la
septicité augmente avec le nombre, des personnes ? J’a¬
joute qu’au point de vue chimique de la toxicité
aérienne, il en est de môme. Par contre les causes de
contamination sont singulièrement réduites si l’opéra¬
teur prend seul contact avec les diérèses, et devient de
ce fait responsable de toutes les fautes septiques.
D’autre part, ces trois personnes sont « stérilisables »
par l’enveloppement général du corps, en bloc ou par
segments, en toile sporicidée, avec observance d’un si¬
lence absolu et d’une immobilité relative ; d’où sup¬
pression de la contamination par phonation (1) et par
agilalion.
Enfin s’il est vrai — nous l’avons démontré nous-
mêmes — que la sporicidation soit irréalisable ou du
moins très difficilement réalisable par la méthode ger¬
micide antiseptique de Lister ou ses variantes, l’ébulli¬
tion, l’air chaud, la vaporisation à 100" et 120° avec
ou sans pression, elle est aujourd’hui sûrement obte¬
nue par la méthode de la vapeur anhydre à 190° sous
minime pression de 1 à 3 atmosphères.
IL La sporicidation de la salle d’opération est cl
réalisable ; telle est ma solution personnelle. Utile,
car le rôle des germes atmosphériques ne peut ôlic
considéré comme négligeable, ainsi que la démonstra¬
tion en a été faite au début de celte leçon. Réalisable
mais comment ?
Mon ctoposiD'/, dont je vous ai maintes fois signalé
les grandes lignes, se résume au plan général suivant,
fixé après plusieurs recherches :
Enceinte métallique (par exemple en aluminium), de
capacité variable ; soit pelile, véritable cabine cubée
pour la contenance et la respiration de trois personnes
au moins pendant 4 heures ; soit moyenne, c’est alors
une chambre.
La forme de celle enceinte est cijlindrirque, disposi¬
tion qui facilite la construction et supprime tous les an-
gles.
Mettons un plancher métallique double, l’un, supé¬
rieur plan, grillagé ou perforé ; l’autre, ou inférieur,
faisant partie de l’cnvcloppc générale : conique celui-ci
à pointe inférieure infundibnliformc avec tuyau d’é¬
chappement déclive. L’espace compris entre ce double
fond est réservé au liquide vaporisant.
Que la chaufferie extérieure à l’enceinte soit répar¬
tie sur une grande surface, car il s’agit de porter très
rapidement la nappe liquide et sa vapeur à 190°.
L’enceinte doit être fermée hermétiquement, cela
dans le but d’éviter toutes les fuites, et de répartir la
(1) Mikcmcz ((loiigrès de la Société allemande dechii uygie,l8'é}). —
('.Il i-hiriirgiuii avait préconisé un nias(|iu’ de boiiclie Mais des o.\-
])érienccs de Mendès de Léon ont démoulré ([uo les microorganis-
nies passent au travers de cé « iniiudsperrer ». D'où la nécessité de
doubler ce protecteur d'uuc nappe d'ouate. Terrier a justenient
fait renianiuer «pie la diflieulté est aisément tournée par l'obser-
vanee d'un silence absolu. Nous soiuiues de ceu.x qui partagent
entièrement cette manière de voir.
292
LE PROGRÈS MÉDICAL
vapeur sporicidante dans les moindres diverticules inté¬
rieurs.
Les thermomètres sont au nombre de dejx : l’un
plongeant dans la chambre, a sa graduation visible à
l’extérieur. L’autre, a maxima, annexé à ia table métal¬
lique d’opération, est destiné à témoigner que tout a subi
la température de 190° contenant et contenu.
Le manomètre dont les indications sont visibles du
dehors indique et la pression de la vapeur pendant le
chauffage, et le vide de l’enceinte après refroidLse-
ment.
A l’extérieur, une pompe aspirante et foulante en re¬
lation avec la chambre, sert 1° à produire différentes
pressions utiles au cours des interventions (pressions
positives ou négatives) 2° à évacuer l'air avant tout
chauffage. L’absence préliminaire complète d’air dans
l’enceinte écarte la possibilité d'explosions en cas de li¬
quide ou de vapeur inflammable ; 3° à évacuer le liquide
vaporisant après la stérilisation : car ce liquide ou ses
vapeurs sont irrespirables.
Après l'évacuation de cette vapeur anhydre, il con¬
vient de procéder à la rentrée d'un air extérieur res-
pirable, passant au travers d’une flamme, puis d'un filtre
pendant sa rentrée, enfin chimiquement purifié.
Utilisons un liquide vaporisant anhydre pour
éviter les inconvénients de rouille, et d'altération par
oxydations ou hydratations.
Un appareil rèfrigè^'ani périphérique (arrosage à
l’eau froide) peut hâter la condensation, le refroidisse¬
ment de l’enceinte, et écourter ainsi Fe temps nécessaire
pour une séance de sporicidation.
Réglage de la pression entre 1 et 3 atmosphères par
le mécanisme précédemment décrit de la «distillation
sous pression. >■
Eclairage naturel et artificiel au travers de mica.
Enfin utilisationde la vapeur elle-même pour le trans¬
port « automobile » facultatif de la chambre et ses an¬
nexes en cas de chirurgie d’urgence.
Voilà, Messieurs, quelques données dès maintenant
esquissées dans mon plan général, susceptible d’ailleurs
de retouches, de perfectionnements ou de simplifica¬
tions. Certes, les critiques serontadressées nombreuses
à ma manière de voir. Mais ce n’est là qu’un dispositif
encore embryonnaire. Et si l’on me reproche de toutcom-
pliquerpar mes manières outrancières, je répondrai :
Déjà l’antisepsie a tout compliqué, elle aussi : n'a-t-
elle pas cependant acquis droit de cité ? Et puis contre
cet argument de complication, je ferai valoir que je sim¬
plifie, puisqu’à do multiples méthodes, à de multiples
séances, à trois salles d'opérations distinctes, je substi¬
tue une seule manœuvre, une seule séance simultané¬
ment etradicalement sporicidante, une seule salie spori-
cidable. C’est la sporicidation globale absolue du con¬
tenant et du contenu, salle, atmosphère, matériel.
Pour me résumer, concluons de cette longue leçon
que ; 1. Les microbes de l'air et de l’ambiance opéra-
toirene sont pasà négliger dans notre œuvre de stérili-
satiou. Leur rôle inconstant, généralement effacé,
ne dépassant guère l'abcès comme degré de virulence.
Cela justifie la nécessité de supprimer la contamina¬
tion par le mode atmosphérique.
II. La germicidatio7i'à&\i\Q mise en pratique jusqu'ici
suivant la méthode antiseptique de Lisier, ne confère
qu’une fausse sécurité, et des résultats à peine germici-
des, nullement sporicides. Elle doit faire place à des
méthodes plus sûres.
III. La sporicidation selon notre méthode, est icij
légitime, utile, rationnelle. Elle donne un résultat!
global absolument certain, grâce à la vapeur anhvdraj
sous pression portée à 190°.
IV. Elle est réalisable sou?, iovmc: à' \xn& chambre mé¬
tallique chauffable,à fermeture hermétique, pourvue de i
différentes dispositions instrumentales ; double plan¬
cher, thermomètres, manomètres, pompe aspirante
et foulante, appareil réfrigéiant, rentrée d’un air respi-
rable préalablement sporicidé par passage sur flamme
et au travers d'un filtre, etc. Dès maintenant, il est per-,
mis d’avancer que le difficile problème de la sporicida*j
tion collective, globale de tout le matériel chirurgi¬
cal, salle comprise, contenant et contenu, en une seule, i
en une courte séance a reçu une solution satisfaisante.
Voilà où j’en arrive après cinq leçons de chirurgie^
b'iologique.
NARCYL GRÉMY niédicament spécifi¬
que de la toux, spécialement de la toux des tu¬
berculeux.
BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL
Le médecin dans la Société moderne.
Jusqu'à ce jour, le corps enseignant a quelque peu
négligé de mettre les élèves en médecine au courant
des conditions dans lesquelles se pratique la profe?-|
sion qu’ils ont choisie. M. le P’ Brouardel a bien tenté!
quelque chose dans ce but en consacrant une partie de '
ses leçons à la Responsabilité médicale, au Secret me- .
dical, au Charlatanisme, et même à l'Exercice de la
médecine, mais le professeur de médecine légale ne '
peut borner le programme de son cours aux questionij
d'ordre professionnel. MM. Legendre et Lepage ont eu I
l'honneur d'entreprendre, les premiers, il y a quelques ■
années un cours libre de Déontologie médicale dontles^
leçons ont obtenu un véritable succès.
Récemment, nous avons ici-même signalé la belle .
leçon de M. Guinard, inaugurant son cours annexe de
clinique chirurgicale, à l'IIôtel-Dieu, par l’exposé des
'devoirs des élèves dans les hôpitaux. M. Guinard n'était i
pas sans émule ; déjàM. le D’’ Louis Rénon, inédeeiu ,
de la Pitié et professeur agrégé, avait pris l'excellente
habitude de faire précéder son enseignement cliniq“®
d'une conférence d’ordre général ayant trait à l'exen-ie®
de la médecine.
L’année dernière, il avait examiné les Rapporls
fessionnels du médecin avec ses malades et avec si-''
confrères (1); cette année, il a abordé le rôle du méde¬
cin dans la Société moderne. C’est le sujet du premief
chapitre ( il vaudrait peut-être mieux dire l'iutroduC'
tion) du volume qui vient de paraître où M. Lçuis
Rénon a réuni les conférences pratiques, qu'il a
aux étudiants au cours de cette année scolaire (2)-
« A l'heure actuelle, dit M. Rénon, le rôle du méd®' ■
cin est assez effacé dans la société et notre proféssi^
(1) Jouni. des Praticiens, 1.5 juillet l'JOô. jo
(i) Louis IIknon. — Conférenees |>rali(]Ucs sur les iiiiiliiéu-'S
cœur et des poumons (Miisson, édit. l'J06).
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LE PROGRÈS MEDICAL
ae parait guère brillante ». Fit il montre toutes les diffi¬
cultés que le praticien rencontre, toutes les charges
qui grèvent son maigre budget. C’est l’Etat qui l’acca¬
ble d’impôts, de services gratuits ou semi-gratuits ; ce
sont les départements, les communes, les associations,
sociétés de secours mutuels, compagnies d’assurance,
qui lui offrent des salaires dérisoires. Ce sont les
clients aisés qui recherchent partout la médecine gra¬
tuité ou à prix réduit. Ce sont les auxiliaires de la pro¬
fession médicale qui, un peu de tous les côtés, se substi¬
tuent au médecin et exercent illégalement.
D’autre part, le développement prodigieux de l’hy¬
giène diminue, chaque année, la morbidité et la mor¬
talité, les statistiques en font "foi. Est-ce la tin de la
médecine ?
Non. L’axe de la profession médicale se déplace j
seulement et, s’il le veut, le médecin peut avoir dans
la Société moderne une place prépondérante. 11 faut
que le médecin évolue, que, de thérapeute souvent
impuissant, il devienne le guide naturel de l'hygiène
sociale, l’éducateur de la santé publique. 11 sera le
directeur de l’hygiène urbaine, veillera sur la potahilité
des eaux, sur l’épuration des matières usées, régle¬
mentera l’hygiène des transports en commun. 11
recherchera les causes des maladies signalées par le
casier sanitaire des maisons de la ville et fera procéder
à des désinfections qui ne seront plus illusoires, comme
celles qui se font actuellement. 11 deviendra le protec¬
teur de l’enfance dans les crèches, les asiles, les col¬
lèges ; celui des adultes dans les casernes, les usines,
les ateliers, les chantiers et les mines.
Dans la famille, il reprendra la place de conseiller
sanitaire qu'il occupait jadis ; on le consultera à propos
des actes importants de la vie, de l’éducation des
enfants, de leur mariage. On lui demandera son avis
■avant d'entreprendre un voyage ou de choisir un lieu
de villégiature.
Il faut que le médecin arrive, dès à présent, à
persuader le public qu’il doit vivre non exclusivement
de la médecine curative, mais de la médecine prophy¬
lactique et que, selon les termes du Beco, de Bruxel¬
les, au dernier Congrès de la tuberculose, « il n’est pas
juste de faire reposer, en permanence, les œuvres so-
eiales sur le désintéressement du médecin ». Ainsi
transformé, l'exercice de la médecine prendra un
^spect tout différent de ce qu’il est, surtout de ce qu’il
jut, et, comme le prévoit leD' Wiley (de Washington),
te médecin de l’avenir » le plus honoré » sera celui
fiui aura le moins de malades dans sa clientèle.
^lais, remarque avec raison M. Rénon, pour qtie le
ïûédecin joue ce rôle prépondérant dans la société
juoderne, pour devenir le médecin que le 'fribou-
qualifie si pittoresquement de << vivicole », il faut
fiu d conquière, qu’il défende la place qu’il doit légiti-
occuper. 11 doit médicaliser autant que pos-
1 le tout ce qui est du ressort de la médecine, faire
® guerre sans merci aux charlatans et aux parasi-
Cette défense ne pourra être réellement efficace j
est^ ji collective et le devoir de tout médecin
«au ^ coopérer en s’affiliant aux syndicats médi-
M. L. Bénon parle ensuite des rapports du médecin
avec ses malades et ses confrères. 11 montre son intluence
morale salutaire sur le malade, qui est primordiale et sans
limite. 11 recommande la réserve dans le pronostic, mais
conseille de ne pas assombrir ce dernier par plaisir, de
ne pas semer de vaines alarmes pour recueillir les bé¬
néfices d’une guérison facile, l ne réputation ainsi
usurpée n’a guère de durée, et M. Rénon émet cette
vérité que l’on ne saurait trop souligner ; dans la 'py'O-
fession médicale, comme toujours, comme partout,
c'est la ligne droite qui conduit le plus rapidement
d'un point à un autre, et l'honnêteté scrupuleuse est
le meilleur gage de réussite.
Abordant alors les rapports du médecin avec ses
confrères, M. Rénon montre, par des exemples, l’igno¬
rance absolue où sont la plupart des étudiants, des plus
élémentaires notions des rapports professionnels des
médecins entre eux et indique les règles habituelles de
la déontologie médicale.
• Le rôle du médecin, si pénible dans bien des cas.
lui permet de pénétrer partout, dans toutes les classes
de la société, aux heures tragiques où la dissimulation
n’est guère possible. Il découvre ainsi que trop souvent
la ruine et l’affliction sont cachées derrière un décor de
bonheur et de prospérité. « Sachant tout cela, répète
M. Rénon, comment voulez-vous qu’il ne devienne pas
dès lors l’arbitre naturel, seul capable, dans la lutte
grandissante des classes, d’amortir les chocs sociaux!^ »
Ceci explique l’indépendance du médecin, cette indé¬
pendance estle plusclair de ses biens et ilne doit jamais
la sacrifier, dût-il momentanément en pâtir.
Nous devons remercier M. Louis Rénon de cette
belle leçon sur le médecin dans la Société moderne ;
nous ne doutons pas qu’elle portera ses fruits et que
ce ne sera pas en vain qu’il aura engagé ses élèves à
faire tous leurs efforts pour maintenir la situation pré¬
pondérante du médecin et l’augmenter encore. Mais
pour nous cette leçon a une autre portée, c’est celle
d’un bon exemple. A l’heure où le corps médical tout
entier se plaint amèrement du manque absolu de sens
pratique dans l’enseignement, où la plupart des Maîtres
de nos Facultés paraissent oublier leur rôle d’éduca¬
teurs professionnels, il est consolant de rencontrer des
professeurs qui, comme l’auteur des Maladies popu¬
laires, peuvent indiquer aux futurs médecins quel sera
le rôle social qu’ils auront à remplir, et comment, par
une étroite solidarité syndicale, ils pouriont donner à
leur profession la place utile et prépondérante qui aura
une grande part dans l’amélioration progressive de
la Société future. J. Noir.
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5 à C par jour comme sédatif : OYSiyiÊNORRHÉE,
ou hémostatique : HÉMORRHAGIES de toutes sortes, HÉMOPTYSIES
Hospices civics de Marseille. — Concours pour une place
de mcdecin-adjoiiit. — Le lundi 6 août l‘K)ü, à 3 heures, un con¬
cours public sera ouvert à l’Hôtcl-Üieu, pour une place de méde¬
cin-adjoint des hôpitaux. Les candidats devront avoir deux an¬
nées de pratique comme docteurs de l'une des Facultés de France,
être de nationalité française, ou en mesure de justiiier de leur
I naturalisation. (Montpellier Mëd. du 22 avril.)
294
LE PROGRÈS MÉDICAL
' Prophylaxie des maladies vénériennes.
Education sexuelle de la jeunesse.
Le Prof. Fournier a écrit deux excellents petits livres,
qui ont pour but de montrer aux jeunes gens et aux
jeunes filles les dangers des maladies vénériennes, les
ravages qu’elles exercent sur l’individu, sur la famille,
sur toute la nation. Tout en étant excellents, ces deux
brochures ne donnent pas les résultats qu’on aurait
été en droit d’attendre, pour la simple raison qu’ils ne
sont pas connus suffisamment et pas lus. Demandez,
pour vous assurer s’il en est vraiment ainsi, aux jeunes
gens de votre entourage, à l’étudiant en droit, en lettres
et même en médecine, pour laisser complètement de
côté le nombre plus grand encore de ceux qui entrent
dans le commerce ou dans l’industrie. Ce n’est donc pas
par le livre, mais par la parole qu’il faudra vulgariser
ce qu’il importe de savoir de la prophylaxie des mala¬
dies vénériennes. Cette nécessité a été comprise dans
diflérents pays, notamment en Allemagne et aux Etats-
I nis. Les sociétés pour l'hygiène scolaire ont débattu
la question, et on a choisi comme rapporteurs des mé¬
decins, des pédagogues, des théologiens et des femmes
mères de famille ou directrices d’écoles. Le problème a
donc été examiné à tous les points de vue. L’accord est
unanime sur la nécessité d’éclairer la jeunesse, de lui
apprendre le danger à éviter, lln’estplus de même. lors¬
qu’il s’agit de trouver la personne à qui confier cette
mission délicate.
Les pédagogues étaient d’avis que c'était l’affaire des
médecins, ceux-ci voulaient en charger le prêtre, celui-ci
considérait que les parents étaient plus qualifiés que
lui-même. A notre avis, tout le monde doit collabo¬
rer à la solution. Si les parents croient ne pas
en savoir assez pour faire cette éducation spéciale, ils
peuvent s’adresser au médecin de la famille, qui connaît
les jeunes gens, les a peut-être mis au monde, et possédé
par là suffisamment d’autorité pour enseigner aux gar¬
çons ce qu’ils doivent savoir. Cependant, pour toute une
catégorie de citoyens, le médecin de famille n’existe pas
et pour eux, la majorité, il conviendrait que le maître ou
le professeur prenne en mains cette direction. Du moins,
ils peuvent, par des leçons et des explications graduées, 1
faire connaître aux élèves les procédés de fécondation
dans le. règne végétal d’abord, chez les animaux et chez I
l’homme ensuite. Un garçon de 14 ans et la jeune fille de '
13 ans sauront donc déjà les éléments de la question.
C’est à ce moment que devra intervenir le médecin,
que ce soit le médecin de famille pour les parents qui
ne voudraient pas trop choquer la candeur de leurs i
enfants, ou un médecin quelconque au courant de la
question, pour les parents qui ont moins de préjugés. On |
réunirait une fois par an tous les jeunes gens au-dessus !
de seize ans, et en quelques leçons courtes, mais suffi- j
santés, on les initierait aux réalités de la vie sexuelle, j
aux dangers des habitudes vicieuses et des contamina- |
tions possibles. Il est évident qu’il faudrait insister sur |
la possibilité physiologique et sur la nécessité de rester !
pur jusqu’au mariage. Mais ceci posé, il conviendrait de I
mettre devant leurs yeux, sans phrases, ce que c’est que î
la blennorrhagie et la syphilis, comment on peut éviter
ces maladies et surtout comment on peut les guérir. 11
faudrait surtout demander aux jeunes gens de ne pas
cacher une blennorrhagie ou un chancre, de s’adresser
au médecin tout de suite, afin de ne pas rendre chro- j
nique et dangereuse une affection qui peut être bénigne j
en elle-même. Apprenez toutes ces choses aux jeunes
bacheliers avant de leur délivrer le diplôme, apprenez-le
aux jeunes élèves des écoles primaires supérieures,
aux apprentis, aux soldats et vous aurez bien
mérité de leur avenir, de la santé publique, de la force
de la nation. Regarder le danger en face, l’aborder sans
détours, vaut mieux que de faire comme l’autruche, qui
croit fuir le danger en se cachant la tête dans le sable,
l^n homme averti en vaut deux. G. Friedhl.
- - -
SOCIÉTÉS SAVANTES
SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE
Séance du 28 avril
Cancer épithélial mucipare du poumon.
MM. S.4BRAZÉS et Muratbt (dc Bordeaux) rapportent le cas
d'une femme de T)! ans pré.sentant à droite tous les signes
d’un gros épanchement pleural avec douleurs très vives, dysp¬
née intense et amaigrissement rapide (l.") kg. I
On note de la circulation collatérale avec turgescence de la
jugulaire droite, de l’œdème prosternai, une matité ligneuseau
sommet. La ponction avec une fine aiguille est sans ré.sultat
et la mort sur\ ient en asystolie. avec ptose du foie refoulépar
l’épanchement énorme (4 litres) . Le liquide jaune pâle, filant,
sirupeux, donne les réactions chimiques de la miiccine.
Le mucus provenait du poumon droit envahi par une tumeur
maligne primitive, cancer épiihélial mucipare. Par l'interstice
des anfractuosités pleurales, en pressant sur la tumeur, on
fait sourdre du mucus, qui passait ainsi dans la plèvre, pen¬
dant la vie- sous les efforts de toux, les lacs muqueux néopla-
si<[ues allluent aux anfractuosités el s’y déversent en partie.
Cette tumeur est très polymorphe, varie de l’épithélioma
cylindrique caliciforme, qui prédomine, au carcinome alvéo¬
laire, et, même dans ses manifestations ganglionnaires, con¬
serve sa propriété exaltée d’hypersécrétions de mucus. ^
Déchloruration fécale.
MM. Javai. el Adi.er ont observé, chez un malade atteint
d’anasarque par néphrite tuberculeuse et tuberculose intesti¬
nale avec diarrhée incoercible, une abondante déchloruration'
par les fèces qui en étaient plus chargées que les urines ; il
rendit un jourjusau'à 9gr. 51 cent. L’examen des selles diar¬
rhéiques examinées comparativement chez plusieurs malades
à ce point de vue a montré que les fèces, diluées par pur¬
gation ou par diarrhée pathologi(|ue ont augmenté les
chlorures en proportion de la dilution. Des fèces contenant
80à!»0 % d’eau contiennent 2 gr. de chlorure et dans les
diarrhées e.xtrêmement liquides 9Ü à 91) % on observe jus<iu a
2 et 3 gr. % dechlorures. Les purgatifsaugmententdonc la dé¬
chloruration fécale, mais ne donnent jamais une proportion
égale à celle de certaine.s diarrhées pathologiques.
Gastro-entéritj;.s infanlilca. Jn/hience du réç/ime sur le
microbisme.
M. tiuiLLF.MOT et Mlle SzczACDiNSKA. — Parla diète liydrE
<iue suivie de bouillon de légumes, le microbisme fécal “«f
gastro entérites infantiles communes varie peu, malgré l’anie"
lioration ou la guérison cliniques. Les microbes, ici, sem¬
blent donc se conduire surtout comme agents de fernien**'
tion plutôt que comme germes infectants. I.^ réaliineiitatio®
change le microbisme el donne des réssultats qui varient a^ef
le milieu intestinal. Vvec certains aliments très digestifs./’*'
voit réapparaître le même microbisme fécal (}ue chez 1^^
faut normal alimenté de lait de femme. Le microbisme/’/
donc commun à la digestion de substances alimentant*
variées mais digestibles.
Séance du :> mai.
Transmission dc la rosie par coup de uriffc.
M. Kemi.inger communi(jue 3 observations, dont 2 perso®"
LE PROGRES MEDICAL
295
nellcs- d iadhidus non imrdus, mais griffés, par des chiens
nragés qui ont succombé à la rage. A la période d'incuba-
rion '^chiens et chats contaminent leurs griffes en se léchant
les ^ttes ; à la période d’état la bave contagieuse se répand
oartout, nouvelle cause de souillure, surtout si l’animal
attache. Les personnes simplement griffées doivent donc
recourir aux inoculations préventives.
Méningo-encéptialite diffuse ulcéreuse syphililique.
M. Bosc (de Montpellier) envoie l’observation d'un malaile
syphilitique avec des gommes scléreuses, qui présenta une
méningite chronique diffuse ulcéreuse reproduisant très exac¬
tement les lésions de la paralysie générale. De 1 examen his¬
tologique de ses préparations, l'auteur conclut que la gomme
cérébrale à son stade d’activité est constituée par une néofor-
Biation cellulo-vasculaire de structure précise ; (juant à la
méningo.«ncéphalite diffuse ulcéreuse, elle était ici en con¬
nexité directe avec la gomme et présentait un syphilome de
même structure générale ; mais qui, au lieu rl'être nodulaire
et de se .substituer au tissu nerveux, est diffus, plus discret
et aboutit à la désintégration et à la sclérose.
Pathogenie de la g renouille {te.
M. Imbert (de Marseillel, ayant fait l’examen histologique
d’une grenouillette sublinguale, indique que cette affection est
un kyste conjonctif de la région sublinguale du plancher de la
bouche, mais non de la glande sublinguale elle-même. E. P.
ACADÉMIE DE MÉDECIXE
Malgré la date fatidique <tu l" mai. les Académiciens sont
assez nombreux. M. Cuéniot rappelle spirituellement (jue l’A¬
cadémie a toujours siégé, même pendant les batailles les plus
ardentesde la Commune, le i-i mai 1871.11 est vrai que, ce jour-
là, un seul membre fut fidèle à la séance, ce fut M. Gaultier
de Caubry, professeur à l’école de pharmacie.
La séance est néanmoins très courte. Le dépôt des conclu¬
sions sur la prophylaxie de la tuberculose est encore ajour-
MM. Brincart, Ducormeau et Richard présentent une étude
sur la prothèse dentaire.
M. A. Robin lit une note deM. Benech, professeur agrégé à
“Ordeàux sur l’aortite aljdominale par propagation, et ses ra{>-
Purls, tant avec la gastrite que l’appendicite. L’aortite abdo-
^ale serait dans les gastrites; aigurë une complication rela-
fié<iuente. Elle se produit alors par proi>agation di-
'oici enfin les commissions de prix pour 1906,
Prix de l’académie : MM. Erançois-Erank, Granclier, \et-
Prix Alvarenga: MM. Chatin, Pozzi, Chaatemesse.
”|x Apostoli ; MM. Gariel. d’Arsonxal, liognard,
t nx Baillarger : MM. Magnan, Motel, Jofl’roy.
nx Barbier ; MM. Laveran, Ménard, Revnier,
^nxBoullard ; MM. Brouardel, Bâcher, Raymond.
P*‘'uceret : MM. Ed. l'errier, Gley, lieyaier.
^éhant JLidhe, Robin. Marty, Delorme, Bouchet,
J nx^ujpljej|.]yypjgrris ; MM. Guyon, Ch. l’errier, Reclus.
«xCapuron : MVÎ. Moissan. Hanriot, Bourquelot.
^rix Chevallier : MM. llérai-d, Dieulatbv, Duguet.
p"-^ Chevillon : MM. Labbé.Ou nil, Ch. Monod.
P ; MM. Rouchaid, Motet, Trnisier.
P .*y**’ens ;MM. Besnier. \allin, Chauffard.
pj,i**^udet : MM. Lancercaux. d Arsoaval, Chaux^l.
Desiiortes ; Section de thérai>eutiqueet d’histc-ire na-
Priv • mm. Bucquoy, Deljove, Gilbert.
*‘tixH Huchard, Fernet.
pfi (de Genève : MM. Empis, Magnan. Landouzy.
Prix H *de .Metz) ; MM. l.ei;el>ouHet, Laveran, Hutinel.
l’iiï n Lanceireaux, \\on, liamy.
pfO ■■ MM. Duguet, Hallopeau, Landouzy.
*^orie : Section de cinruigie.
Prix Larrey ; MAI. Sée, l’inard, Kermorgant.
l’rix Laval : MM. Guéniot, Debove, Josias,
Prix Lorquet : AIM. Brouardel, Aiagnan, Raymond.
Prix Meynot ; M.VL Duplay, Kirmisson, Poirier.
Prix Monbinne : MM. Gauvel, Duguet, Benjamin.
Prix Aativelle ; MM. Jungfleisch. Prunier, Guignard.
Prix Orfila : AIM. Itouchardat, Vallin, Hanriot, Pouchet.
Netter.
Prix Saiiitour : MM. Dieulafoy, Pinard, Motet, Bichelot,Ga-
diot.
Prix Stanski : MM. Laveran, Roux. Ghauflard.
Prix Tarnier : AIM. Budin, Pinard, Doléris.
Prix A ernois : AIM. Delorme, Cliantemesse, A aillard.
A .-E’.Pi.icque.
LA VALÉROBROMINE LEGRAND
est plus active que les bromures et les valé-
rianates.
REVUE D’HYDROLOGIE ET DE CLIMATOLOGIE
Rédacteur spécial : D^^ LUCIEN GRAUX
I. L'Entéro-colite muco-membraneuse observée aux eaux mi¬
nérales ; par les D'^BraXARDet Baraduc. {Cong^-ès d’Hrdrologie
de Venise.)
Quelles sont les formes d’entéro-colite que l’on doit adres¬
ser plus spécialement à Plombières '! D’une façon générale,
les nerveux, les éréthiques, les congestifs, les sujets qui ont
des manifestations arthritiques bien nettes, sont justiciables,
du traitement. Dans les formes d’entéro-colite avec prédomi¬
nance des symptômes douloureux dans la sphère abdominale
(entéralgie, cystalgie, etc.), dans les formes diarrhéiques, lors¬
que la diarrhée paraît être d’origine nerveuse plutôt (ju in- ,
fectieuse. Plombières est aussi particulièrement indiqué.
11 résulte du mode d’action de la cure deChàlel-Guyonque.
parmi les malades atteints d’entéro-colite, en sont plus par¬
ticulièrement justiciables : les anémiés, les torpides, les dé¬
primés, les congestionnés sous-diaphragmatiques, les hépati¬
ques, les intoxiqués, les hyposthénique» généraux et plus
spécialement les hyposthéniques gastro-intestinaux.
Il - - La cure aux eaux de Vichy; parle D'' Tissier,
(Paris, <;<)oenz. 190(i.)
Dans cette intéressante brochure, le D’’ René Tissier, a con¬
densé tous les renseignements qui pouvaient être utiles aux
praticiens sur les eaux de A ichy. Notons : la nature des eaux
de A ichy. leur composition chimique, leur mode d’emploi,
; l'action des eaux sur l’économie, enfin les indications et con-
j tre-indications de la cure hydrominérale.
I in*. — Traitement hydrominéral des catarrhes bronchiques
non bacillaires ;
Par le U'' Caze.\lx. (Ga^iette des £ziha:, janvier 1906.)
Le catarrhe des voies respiratoires est principalement jus¬
ticiable dos eaux sulfurées dont l'efficacité s’échelonne d’après
la gamme descendante suivante : ai les eaux sulfurées sodi-
ques chaudes ; 6 îles sulfurées sodiques froides ; c) les sulfu¬
rées calciques chaudes ; diles sulfurées calciques froides. Ces
eaux produisent leur plus grand effet sur les tempéraments
indifférents, lymphatiques ou scrofuleux, car elles n’agissent
pas seulement par le soufre, mais par l’ensemble de leur
composition qui les rend essentiellement reconstituantes.
Elles sont également ta-ès utiles chez une catégorie d’herpéti¬
ques dont le catarrhe bronchique se rapproche par sa nature
des dermatoses superficielles.
Les eaux chlorurées s’adressent également à la scrofule sous
toutes ses formes : les chlorurées simples et les chlorurées
sulfurées modifient particulièrement la scrofule profonde.
Aux catarrhes des voies aériennes conviennent plutôt les
chlorurées faibles etprincipaiementles chloruréesbicarbona-
tées qui exercent une action spéciale sur la peau et les mu¬
queuses. Dans la famille des bicarbonatées, ce sont les hicar- '
bonatées chlorurées qui jouissent d’une appropriation au
296
LE PROGRÈS MÉDICAL
traitement des inflammations chroniques des voies respira¬
toires chez les arthritiques ; elles n'exercent pas d’action per¬
turbatrice, s’adressent plutôt au sang qu’à la lymphe et favo¬
risent la nutrition générale. Un petit nombre de sulfatées cal¬
ciques sont utilisables chez les sujets nerveux ou conges-
tionnables qui ne toléreraient pas les sulfurées. Dans la fa¬
mille des iiidélerminées, il y a des sources qui ont, sur les ca¬
tarrhes du larynx et des bronches, un elfet beaucoup plus
marqué que ne le ferait supposer leur faible minéralisation.
11 ressort de là une fois de plus que c'est moins par tel ou
tel de leurs éléments qu’elles agissent que par l’ensemble de
leur composition.il en ressort aussi qu’il subsiste dans l'étude
des actions palhogéniques et thérapeutiques des eaux mi¬
nérales une inconnue où peut-être un rôle est départi soit à
leur électricité, soit à leur radio-activité.
IV. — La lutte antituberculeuse en France ;
Par Dehan et Ledoux-Leb.ard. (Paris, Masson, 1906.)
MM. Dehan et Ledoux-Lebard ont comblé une lacune dans
la bibliographie antituberculeuse, assez riche cependant, en
groupant sous une forme pratique tous les renseignements
relatifs aux œuvres luttant contre la tuberculose. Ils décri¬
vent les diverses institutions réservées aux enfants, aux ado¬
lescents, aux adultes.
Ce petit volume vient à son heure et sera un guide précieux
pour ceux qui voudront le consulter.
V. — Les Eaux minérales de Brides-les-Bains et de
Salins-Moutiers ;i)ar le U' F.ahina (1906).
Le D" Farina a résumé dans cet ouvrage, d’une lecture ai¬
sée et très documenté, les propriétés des eaux de ces deux
stations. Les eaux de Brides sont hyperthermales. sulfatées
calciques sodiques et magnésiennes, chlorurées sodiques. ar¬
senicales, lithinées, ferrugineuses. Elles s’adressent aux af¬
fections derestomac,de l’intestin, dufoieoudu système géni¬
to-urinaire et à tous les états qui relèventd'un trouble pro¬
fond de la nutrition générale. Salins, à 15(X) mètres de Mou-
tiers, possède des eaux hyperthermales chlorurées sodiques
fortes, carboniques fortes et gazeuses, arsenicales, indurées,
lithinées, très ferrugineuses. Elles ont une action heureuse
surtout dans les cas d’asthénie généralisée, de lymphatisme,
de scrofulo-tuberculose. Les effets sont remarquables dans la
thérapeutique infantile et on a pu appeler Salins-Moutiers la
« mer thermale des Alpes «.Nous n’avons pu donner qu'un
faible aperçu de ce très intéressant travail.
VI. — Action de l'arsenic et des eaux chlorurées sodiques ar¬
senicales sur le diabète ; par H. Verdalle, médecin des Hôpi¬
taux de Bordeaux.médecin consiillantà La Bourboule et à Cannes.
(In Arch. gén. de médecine, mars 1906.)
M. Verdalle conclut de ses nombreuses observations :
U Dans le diabète en général, le traitement par les eaux chloru¬
rées sodiques arsenicales a une action très efficace ; il est ce¬
pendant surtout indiqué dansles cas où la médication arseni¬
cale a été déjà employée avec succès, et spécialement dans la
forme hyperhépatique du diabète, c’est-à-dire dans cette va¬
riété décrite par M. le professeur Gilbert, variété caractérisée
par l’hyperfonctionnement du foie (glycosurie et azoturiei ;
2» Le traitement par les eaux arsenicales porte à la fois sur la
glycosurie, qu’il fait toujours baisser et souvent disparaître
complètement, et surl’azoturie. laquelle diminue d’une façon
parallèle ; 3° Le traitement tend à régulariser le taux de i u-
rée ; à le ramener à la normale : le réduisant quand ce taux
est exagéré, le faisant remonter, au contraire, quand il est
au-dessous de la moyenne ; on peut donc affirmer que le
traitement régularise la butrition ;
4“ L'amélioration de la santé générale est aussi remarqua¬
ble , elle suit parallèlement la régularisation de la nutrition
et la diminution de la glycosurie ; cette amélioration est.dans
certains cas, étonnante ; j’ai prononcé le mot de résurrec¬
tion. Elle est souvent durable, se maintient pendant des
mois et des années ; elle est quelquefois définitive ; ,5“ L’in¬
dication formelle pour les eaux arsenicales est donnée par
l’état d’hyper fonctionnement de la cellule hépatique ; les
eaux alcalines devant, au contraire, être indiquées dans les cas
où ce fonctionnement est insuffisant ; il arrive ainsi souvent
<iue l’eau arsenicale réussit dans beaucoup de cas où les al¬
calins avaient échoué, avaient même été nuisibles ; 6“ majj
dans aucun cas, le traitement arsenical ne produit d’accidents,
si, du moins, il est manié convenablement ;
7° 11 peut rendre des services dans n’importe quelle forme
de diabète ; bien qu’il soit plus formellement indiqué dans
la forme hyperhépatique, il donne aussi de très bons résul¬
tats dans les autres formes ; mais il faut surtout invoquer
l’action reconstituante de l'arsenic et aussi l’action de l’alti¬
tude, de l’aération, des pratiques hydrothérapiques, etc., etc.
I Alors même que les résultats chimiques seraient peu nota-
I blés, on peut affirmer hautement que l’état général duma-
! lade est toujours grandement amélioré.
8“ Certaines indications spéciales s’imposent encore en
faveur du traitement du diabète à la Bourboule : elles tien¬
nent à ses complications si fréquentes: les accidentsdu côté
de la peau ou des muqueuses — les complications du côté
de l’appareil broncho pulmonaire (asthme, tuberculose, etc.i,
l’anémie, etc., et encore à tous ces épiphénomènes qui se
raltachent,comme si souvent le diabète lui-même.à l’arthri¬
tisme. 11° Mais il convient de ne pas faire de l’anémie et de
I lacachexie uneindication fondamentale, comme ont coutume
beaucoup de praticiens ; plus tôt on enverra le diabète à la
Bourboule et plus on aurade chances pour obtenir une gué¬
rison définitive ; 10° Dans certains cas particuliers une dou¬
ble saison pourrait être utile; 11° Le traitement par l’eau
exportée peutaussi rendre desserviees dans l'intervalle des
saisons. Je recommande, en ce cas, une petite saison de trois
ou quatre semaines, à domicile, tous les trois mois : environ
j deux cents grammes par jour ; cent grammes à chaque re¬
pas ; mais sous la aurveillance très étroite du médecin trai¬
tant.
12° L’albuminurie n’est pas une contre-indication, à
moins qu’elle ne soit due à une vraie néphrite; quand elle est
simplement liée au diabète, légère et temporaire, elle cède
j en même temps que lui.
j REVUE DE DIÉTÉTIQUE
! Les régimes déchlopurés, d’après les travaux de M. F. Wliuu.
professeur agrégé .
L’action hydropigène du chlorure de sodium retenu chez
I certains brightiques n'a plus besoin d'être démontrée, et il
est bien établi que, chez eux, la seule suppression du sel
1 ajouté aux aliments peut suffire, en dehors de toute autre
j intervention, à provo(juer la déshydratation de l’organisme.
I G’est là le fondement de la cure de déchloruration ; la sim¬
plicité du remède répond bien à la simplicité de la cause.
L’action hydratante est l’apanage du chlorure de sodium
retenu chez les brightiques. L’urée en particulier, cette autre
I substance dissoute, dont l'accumulation est si fréquente chez
! les néphrétiques, est incapable par sa rétention d’hydrater
i les tissus au cours du mal de Bright; ses molécules s’accu-
i mulent dans le sang et cherchent sans cesse à forcer la bar¬
rière rénale. Les molécules de chlorure retenu suivent un
courant inverse qui. du sang, les porte vers les tissus. laD-
dis que la rétention des chlorures détermine l’urémie hydre-
pigène, la rétention azotée n'aboutit qu’à l’urémie sèche. On
observe souvent au cours du mal de Bright une dissociation
' de l’imperméabilité du rein pour les chlorures et pourl’urée?
' les deux rétentions peuvent exister isolées ou combinées ; elle*
' présentent bien quefiiues caractères communs, mais elles ont
‘ aussi des caractères qui les différencient et (jui, au cours de
i certains états urémiques, permettent souvent de faire la pnO
qui revient à chacune d’elles.
I Les régimes déchlorurés exercent encore leur action déshy
' dra tante sur les œdèmes cardiaques et permettent parfois daf'
j rêter la marched’une hydropisie résultant d’une gêne de 1*
circulation, comme l’ascite cirrhotique, mais ils ont iinea*^
tion beaucoup plus restreinte contre les hydropisies de nS'
ture inflammatoire, comme celles de la pleurésie, parexejn
pie. L’imperméabilité des reins pour les chlorures est tell ■
chez certains brightiques, que l’on doit abaisser jusqu’à ^
dernières limites la dose de chlorure permise ; le lait, qui do*
LE PROGRÈS MÉDICAL
avant tout ses qualités à sa faible chloruration, peut être un
aliment trop salé encore pour ceux dont les reins sont ainsi
presque complètement fermés pour les chlorures.' C’est sur
de tels malades que la cure de déchloruration nous fait as¬
sister à ce spectacle inattendu d’un albuminurique infiltré
d’œdèmes, plus amélioré par un régime carné et amylacé
privé de sel (fue par le régime lacté jusque-là prescrit comme
le seul salutaire. L’imperméabilité rénale pour les chlorures
n’est jamais absolue : elle n’est toujours que relative et peut
présenter tous les degrés ; bien plus, elle varie chez un mê¬
me sujet d’une période à l’autre de la maladie. Dans nombre
de cas, la perméabilité rénale est encore suffisante pour per¬
mettre une légère chloruration alimentaire. C’est alors que
le lait, aliment faiblement chloruré, exerce l’action bienfai¬
sante qui lui est depuis longtemps reconnue.
Lorsqu’on entreprend de traiter un brightique infiltré d’œ¬
dèmes, il faut cominencer par lui prescrire un régime stric¬
tement déchloruré. Par - tâtonnements, en interrogeant la
courbe du poids régulièrement dressée et surtout en con¬
sultant le bilan des chlorures, on arrive à régler d’une façon
suffisamment exacte la dose de tolérance qu'il faut toujours
se garder d’atteindre dans l’alimentation.
•La cure de déchloruration, tout en étant une méthode de
traitement contre la rétention chlorurée, est du même coup la
méthode de choix pour l’épreuve de la chlorurie alimentaire
et permet de dépister les rétentions de sel. Tous ceux qui
ont pratiqué la cure de déchloruration savent avec quelle
rapidité saisissante on voit, sous .son influence, les
œdèmes s’effondrer, chez certains brightiques. Le ré¬
gime ne donne pas toujours des succès aussi réguliers; la dé -
cloruration a parfois ses difficultés. Chez certains sujets, la
déshydratation ne s’obtient que lentement et, pour renforcer
l’action du régime, il faut alors le secours de médicaments
diurétiques. Les régimes déchlorurés même prolongés sont
sans inconvénient pour les brightiques. Quoi qu’on fasse, ja¬
mais la privation de sel ne peut être absolue ; ce corps est ré¬
pandu dans la nature avec une profusion telle qu’aucune
substance n’en est complètement dépourvue. Si Ihomme
sain, pour satisfaire ses sensations gustatives, peut se permet¬
tre chaque jour l’excès de chlorures alimentaires que com¬
porte sa ration ordinaire, l’homme frappé dans ses reins ou
dans son système cardio-vasculaire doit se préoccuper sans
cessede la chloruration de son régime et doit toujours crain¬
dre d’accumuler des réserves de chlorures dans ses tissus.
En dehors même des périodes d’insuffisance rénale et d'as-
systolie où le régime déchloruré absolu s’impose, un brigh-
tiqueou un cardiaque doit toujours faire usage d’une alimen¬
tation aussi peu salée que possible, car il ne sait jamais à
quel moment précis l’usage exagéré du chlorure de sodium
pourra de nouveau lui être nuisible.
BIBLIOGRAPHIE
Etude de la région silurique occidentale de la Pres¬
qu’île de Crozon iFinistèrei ; par Kerforne. iSimon, im¬
primeur, Rennes, Ifiül.
M. F. Kerforne, préparateur de géologie et de minéralogie à
J •diversité de Rennes, a choisi comme sujet de sa thèse de
jwtorat ès sciences, l’étude de la région silurique occiden-
e de la presqu’île de Crozon, c’est-à-dire de la presqu’île
forme l’extrémité du Finistère entre la rade de Hrestet la
. ® ue Douarnenez. Cette région présente au point de vue
les - un intérêt tout spécial, car faisant contraste avec
n ^*uus plus septentrionales ou plus méridionales de la
nit ® contient ni terrain cristallophyllien, ni gra-
Par d roches éruptives. Elle est surtout constituée
sôdimentaires paléozoïques en grande partie
Pal silurienne dans la région occidentale et méridio-
y ’ étant de l’époque devonienne. Nous n’avons pas
suffisante et le souvenir de nos études en
dan*^r'^ un peu trop ancien pour suivre pas à pas l’auteur
ïésin stratigraphique et paléontologique de chaiiue
U de la presf|u’ile de Crozon.
L’étude comparée des fossiles de ces roches sédimentaires
permet d'admettre l’hypothèse de l’existence, lors du dépôt
de la couche ordovicienne, d’une mer s’étendant de la Breta¬
gne à l’Espagne et au Portugal, mais n’ayant pas de commu¬
nication avec l’Angleterre dont les dépôts paléozoïques ne
sont pas semblables. Cette mer, lors du dépôt de la couche
gothlandiennese seraif étendue aux Vosges, à la Bohême et à
la Montagne Noire dansl’IIérault. Le massif armoricain n’aau-
cune similitude avec les régions ordoviciennes de Belgique,
de Scandinavie et de Russie.
Une nomenclature très étendue,de la paléontologie de cette
région, une bibliographie importante, de belles cartes et de
nombreuses figures complètent ce savant mémoire. J. Noir .
Nœvus mélanique traité par diverses méthodes :
par Lkredde et R. Martial. (Impr. Monnoyer, Le Mans.)
Le nœvus mélanique est une affection commune et qui peut
devenir infiniment grave, lorsqu’il est le point de départ de
mélanomes. On connaît le danger de ceux-ci, leur rapidité
de développement, la rapidité de l’infection des voies lym¬
phatiques et même du sang. Ce que l’on sait aussi, c’est que.
entre toutes les tumeurs susceptibles de s’accroître, de se dé¬
velopper par les irritations extérieures, les nœvi mélaniques
tiennent le premier rang. L’expression « noli me tangere » a
été appliquée à tous les épithéliomes cutanés, elle s’applique
aux nœvi mélaniques plus qu’à tous les autres ; expression
exacte, du reste, avant la période chirurgicale, dangereuse
aujourd’hui, si l’on entend que les épithéliomes de la peau
doivent être respectés et non traités. Il faut seulement enten¬
dre qu’ils doiventêtre maintenant traités d’une manière com¬
plète, et jamais d’une manière incomplète.
La facilité avec laquelle les nœvi mélaniques s’aggravent
sous l’influence des irritations, le danger qui en résulteacon-
duit nombre de médecins à déclarer qu il ne fallait jamais
intervenir en présence d’une tumeur mélanique, si petite soit-
elle. Ce n’est pas notre avis, et l’un de nous a dit dans les dis¬
cussions de la Société de Dermatologie qu’on devait considé¬
rer comme inoffensive l’ablation des mélanomes, à condition
que l’action du bistouri s’exerce exclusivement en dehors, au-
delà des limites du mal, superficielles et profondes, qu’il n’y
eut aucun contact entre le ùistouri et les régions mélani¬
ques.
Au point de vue pratique, nous croyons qu’il convient de
respecter totalement une simple tache mélanique qui ne s’ac¬
croît pas, mais dès qu’elle tend à augmenter, intervenir et
seulement de la manière indiquée plus haut. Si on ne veut
agir de cette façon, on ne fera rien, toute intervention étant
rarement inutile, le plus souvent dangereuse. Ces règles ont
été méconnues dans un cas que nous avons observé à la poli¬
clinique, de l’établissement dermatologique et dont l’obser¬
vation mérite d’être rapportée parce qu’elle est banale, et
par là même instructive.
Il s’agit d’une femme de 37 ans, vigoureuse, bien portante,
qui portait depuis au moins trois ans, sur le bord de l’oreille
droite, une tache noire, lenticulaire, croûteuse, ressemblant
à un nœvus verruqueux. Cette tumeur s’accroissant lente¬
ment, donnant un peu de sérosité on de pus, une cautérisa¬
tion au thermo-cautère, fut faite il y a trois ans environ. La
tumeur reparut au bout de quelques mois et fut de nouveau
cautérisée. Au bout d’un an encore, la tumeur était reparue
plus large qu'à l’origine, une nouvelle cautérisation (Pâques
19Ü5) fut suivie d’une croissance rapide, la tumeur acquit le
volume d’un gros pois. Nouvelle cautérisation, la tumeur
repousse, grosse comme une cerise ; la tumeur est saignante,
vascularisée, à ce moment il n’y a pas d’adénopathies.
Alors paraît une nouvelle tache plate au niveau de l’anthé-
lix, a sa partie supérieure. Au moisdejuin, on fait huitséan-
ces de radiothérapie sur la tumeur initiale. Celle-ci s’affaisse,
mais à la suite apparaît une légère adénopatliie au-devant de
l’oreille. J>a malade, découragée, change, de médecin et s’a¬
dresse à un nouveau praticien qui fait en trente jours, 25 ou
30 cautérisations avec un caustique de nature indéterminée.
La tumeur disparaît. A ce moment, apparaissent des gan-
srlions au niveau du sterno-cléido-mastiüdien. tumeur
reparaissant, on fait, au mois d’octobre, de nouvelles séances
LE PROGRÈS MEDIGAI.
de radioüiérapie qui n'amènent aucune amélioration appa¬
rente.
Au moment où nous vîmes la malade, elle présentait sur le
bord de l'oreille et à la partie supérieure une tumeur élevée
grosse comme une noisette, dure, noirâtre présentant à sa
partie .moyenne, en avant, une ulcération plate, suintante et
croùteuse et une autre semblable en arrière, mais de date
plus récente. Tout autour le tissu est violacé ; on constate au
niveau de l'anth^iix la présence de la tache dont nous avons
parlé, la partie supérieure de l'oreille est rouge et tendue.
L'affect ion est tout à fait indolore. 11 existe un gros ganglion
dur, à Tangle de la mâchoire, un gros ganglion létro-auricu-
iaire, au niveau duquella peau est rouge et tuméfiée, en avant
de l'oreille, deux ganglions, dont l'un volumineux et l'antre
petit.
S'il s’était agi d'un épithélîoma du tyï>e vulgàire, une opé¬
ration faite au moment où nous vîmes la malade aurait pu
être indiquée. Mais, la nature mélanique de la tumeur nous
parut devoir éloigner toute idée d'intervention. U fallut se
contenter de proscrire à la malade un traitement arsenical. 11
nous semble que pendant trois ans cette malade aurait pu
être opérée et cela avee les plus grandes chances de succès.
En tout état de cause, qu’elle n’aurait pas dû être cautérisée,
que la tumeur reparaissait, de nouvelles cautérisations n’au¬
raient pas dû être faites, et que, peut-être, à l’heure où on fit
de la radiothérapie, une intervention aurait pu amener la gué¬
rison.
La radiothérapie nous semble dangereuse dans les épithé-
liomas de ce type dont on connaît la malignité. Ses indica-
lions se bornent anx cas dans lesquels on est certain que les
voies lymphatiques ne sont pas intéressées : dans le doute, il
n’y a pas à choisir entre l'ablation et la radiotliérapie, l’abla¬
tion seule s'impose.
Précis de chirurgie infantile: par le P. Kirmïsson, chirur¬
gien de rhôpital des Enfants-Maladcs. (Un volume de 800
pages avec 402 figures chez Masson, Paris 1906.)
.Vu moment où la chirurgie infantile prend une si grande
importance,le traité écrit par un chirurgien dont l’expérience
est déjà longue sera sans aucun doute apprécié par Pétudiantet
par le praticien, \l.kirmisson n'a pas ^ oui u condenser le plus
grand nombre de matériaux possibles à l’exemple de beau¬
coup de ses devanciers ; il estime que lorsque tout est résumé
d’une façon troj) brève et trop concise, on ne peut acquérir
des n(dions vraiment utiles et durables. La lecture de sem¬
blables précis ne donne qu’un vernis excellent pour un exa¬
men. mais déplorable pour un praticien. Or comme le but
unique est d’aotiuérir les notions indispensables à l'exercice
de la profession, l'auteur a fait un livre essentiellement clLni-
<[ue. (3n n'y verra pas tout ce qui est théorie pure, histori¬
que. pathe^nie avec des développements considérables, mais
on trouvera la séim’âologie, le diagnostic, le traitement,
soigneusement, et amplement traités. Ecrit dans un style
sobre, le précis fourmille d’idées personnelles et reflète
renseignement d'un homme qui depuis de longues années
s'est entièreaieoit adonné aux questions de chirurgie infantile, i
IjC texte est illustré de nombreuses gravures. Ce précis est :
divisé en 4 livres,euxmaêmes divisés en plusieurs sections. Le |
Livre premier .traite des maladies chirurgicales d origine con¬
génitale. Le livre II s’occupe des lésions traumatiques de l'en- ]
faocc. Le livre lU renferme les notions relatives aux lésions |
inllammatoires et aux troubles de nutrition. Le livre J \ traite
des néoplasmes et des tumeurs. ï’idèle à son but .jM'.alique, |
l'auteur n'a pas donné un développement égal à tous les clia- !
jïitres et voici pourquoi :un praticien a le droit de ae pas
être un chirurgien éminent et apte aux grandes interventions,
mais en chirurgie inlanlUe où point n’est besoin de présenter
constamment ces qualités, chacun doit être prêt à trai¬
ter les affections les plus communes : maux de Pott, pieds
bote, iuxatkms .congénitales, etc. C’est à la description des
données pratiques que M. Ivirmisson a consacré le plus de
dév eloppeanenès. A ul doute que -oet ouv rage ne trouve auprès
du public médical le plus chaleureux accueil.
Traité de physiologie ; par M.vTHiAs-DcvAt, et Gley. (l vo-
lume in-8, de 485 pages avec 120 figures. Première partie.
Baillière, Paris 1906.;
Le nouvel élan qu’a reçu,dans ces dernières années, l’étude
des sciences biologiques fait une obligation à tons les étu¬
diants et à tous ceux qui s’occupent des sciences médicales
de connaître toutes les acquisitions de la physiologieet de se
tenir au courant de ses plus récents progrès. Pour qu’il en
soit ainsi, il suffit d'avoir sous la main le traité de physiologie
de Dnval et Gley, qui remplit exactem^t les conditions re¬
quises. Aous connaissions tous le Traité de physiologie de
Küss et Du val que nous trouvions excellent et dont les nom¬
breuses éditions soulignaient le mérite. Ce Traité n'est que la
transformation de ce livre par M. Gley. professeur agrégé à
la-faculté et membre de l’Académie de médecine. En disant
transformation, peut-être sommes-nous au-dessous de la
vérité : mieux vaut dire livre nouveau ; car M. Gley, en conser¬
vant à ce volume les qualités didactiques de Küss et Duval.
a tenu à présenter l’état ^tuel de la physiologie d'une façon
complète en indiquant tous les phénomènes fondamentaoï
de la vie. Aussi le livre débute-Jt-il par un chapitre de phy¬
siologie celhdaire, c'est-à-dire par l’énoncé des données sui¬
vant lesquelles se fait le fonctionnement des éléments cellu¬
laires. Partant de là. tous les faits ressortissant à la digestion,
à l’absorption, à la circulation, sont clairement expliqués.
’\I. Glçy. ayant avant tout le désir d’être complet et compris
de tous, n'a pas craint de donner des explications suffisantes
sans cependant le surcharger outre mesure.
Ce traité est iait dans un but extrêmement pratique . aussi
tout ce qui est destiné à le rendre tel n'a pas été omis : citons
par exemple te soin que Ton a de toujours indiquer dans une
coui-te note biographique les acquisitions scientififjues de tel
ou tel physiologiste .; citons encore tes nombreux schémas ou
tracés aidantà la compréliension du texte, ou l'emploi de ca- ■
raclères plus petits pour bien distinguer dans le reste do
texte les observations, les relations d'expériences, les discus¬
sions critiques.
Nous encourageons donc les étudiants et les praticiens sou¬
cieux de posséder un traité de physiologie maniable et cepen¬
dant complet à acquérirce traite aussi utile qu’agréableàlire.
G. Paul-Bo.ncour.
Traité d’hygiène, en faseicules,de MM . BaonARDELet Mosar
— I_e Sol et l’Eau, par L. Dei.aunay, E. MARTEL,OGrER et
Bonjean. 1 vol. gr. in-S de 464 pages, avec ââ figures et 2
planches coloriées, Ifi fr. (Librairie J. -B. Baillèreet fils, 1906,
Paris I.
Nous avons déjà donné l'analyse du ydan de l’important
traité d' Hygiène publié en fascicules sous la direction de
MM. Brouardel et Mosnyet, en faisant le compte rendu des
premiers fascicules parus : Athmosphèves et cli'nnts par MM-
Courmont et Lesieur, et Hypiéne Alimentaire par MM.
Rouget et Dopter, nous avons fait remarquer que cet ou¬
vrage promettait de dépasser de beaucoup tous tes traités
d’hygiène publiés jusqu'àce jour. Le nouveau fascicule P*'
m : Le sol et t' liau yient -ooniiTmer nos prévisions. On W
saurait appeler fascicule cç volume de 464 pages, qui à lui
seul, est une importante monographie.
L'étude du sol au point de vue de l'hygiène a été confiée j
1" pour la partie géologique à M. L. deLvuiAy, professeur*
l'Ecole supérieure des mines, 2" pour la partie chimique, pbN'
siqué et bactériologique, à M. Ed. Bonjean, dief du laborah»'
re du Gomite consultatif d’bygièae publique. Dans l'étude
bactériologiquetiu sol, ou lira avec intérêt tes chapitres
la régression rie la matière organique, l’épuration par te
la nitr'iûcaüon, le rôle du sol dans tes alfections telluriques
L’élude de 1, eau est faite : l» au point de vue hy drologi'
que par M. E.-A. Martei , auditeur au comité ci )nsultatifd’hÿ'
giène ; 2" au poiul de vue nûcrobiologique et .chimique,
MM. J. OoiER .etEi). Bonjean.
Le régime des eaux souterraines, les pbr-nomènes d'éine*''
gence eide résurgence, les précautions à prendre contre 1*
pollution des eaux etles mesures de protection des eaux
tables sont exposées par M. E.-A. Martel.
Le fascicide se termine par une très importante étude de
LE PROGRES MEDICAL
1MM Ogier et Bdiijean sur l'analyse des eaux potables coni-
orenant les études suivantes. Prélèvement des échantillons
destinés aux examens bactériologique, micrographique et à
' l'analyse chimique. Examen des propriétés physiques et .or-
> jgjioleptiques ; Examen bactériologique Examen miero-
^phique : Analyse chimique : Renseignements géologiques,
hydrographiques et sanitaires ; Discussion et interprétation
des résultats.
La détermination de la valeur hygiénique des eaux desti¬
nées à ralimenlalion publicfue, c’est-à-dire le problème qui
consiste à dire si une eau estde bonne qualité, si elledoit être
utilisée ou rejetée pour l'alimentation, si cette eau est ou a été
cause d’épidémies ou d’endémies, est des plus importantes
pour l’hygiène publique. L’examen d’une eau destinée à Pa-
limentation est une (Puvre délicate. qui doit être entourée de
toutes les garanties ((ue fournissent les données actuelles de
la science .
Il est difficile de donner une analyse plus étendue d’un
pareil traité,où chaque chapitre a une importante capitale au
point de vue de l’hygiène urbaine et de la prophylaxie de
maladies qui telles tjue la fièvre typho'ide sont essentiellement
évitables si l’on use d'une eau d’alimentation de bonne (jna-
! lité. Cependant nous ne saurions terminer ce compte rendu
? sans insister sur l'intérêt toiit particulier que nous avons
r trouvé en lisant l’étude hydrologique de M. E.-A. Martel,
surtout les chapitres qui ont trait à l’émergence des éauxsou-
' terraines et à leur contamination. Le savant spéléologue,
I ' universellement connu par sè.s belles explorations souter¬
raines, a illustré le texte de nombreuses ligures originales qui
i en facilitent la lecture.
' Ce volume du Traité cThyi/iène est indispensable à tout mé-
I decin qui veut se tenir an courant des choses de sa ,profes-
1 sion. Il est peut être plus indispensable aux médecins des
petites villes et des campagnes qu’à nos confrères des grands
centres urbains car, seuls, ils ont tonte la charge de veiller aux
mesures de phophylaxie (jiii doivent sauveg-arder la santé
publique. J. Noir.
Maladies du cœur et des poumons: parle D' L. Rhnox.
(Masson, éditenr.
M- le D-' Rénon, professeur agrégé près la Facullé île mé¬
decine de Paris. médecin del’IIôpital de la Pitié.donl les der¬
niers travaux ont obtenu un si brillant succès à 1’ Vcailéiuie de
médecine et à 1’ Vcadémie des Sciences, vient de publier un
important ouvrage sur les maladies du cœur et des poumons.
aura sans aucun doute, dans le genre qu’il traite, une
aussi heureuse, destinée que. ses « Maladies populaires »
dont l’édition fut épuisée dès .son apimrition.
1 Cet ouvrage est fait des conférences pratiques qui chaque
a^maine grou]>aient autour de l’éminent praticien ses élèves
«sesainis au trop petit amphithéâtre de la Pitié. El. pour
j comme nous, ont eu riienreuse fortune de suivre
I ®se'giiement et devoir dans d’autres milieux, au sein
jj^j^ûités, des Congrès et des Expositions d’hygiène, M. le
henon, il reste, avec une reconnaissance extrême de l’en-
^•grienaent recueilli, une réelle admiration pour une acti%ité
Kl puissante et aussi heureusement productrice.
débute par une étude du rôle du médecin dans
doc moderne, où l'élévation des pensées le dispute à la
avertie ; aussi bien ce chapitre mérite unexa-
ttoiL . nous nous réservons d'y essayer. Puis, nous
pénétrons de mille notions nouvellement introduites
*®?niencc médicale, et qui témoignent des ses progrès,
I chlorures, l’alimentation etla vie des cardia-
I rénal P médications cardiaiiues. la cachexie cardio-
I rtrunf’p anévrisme aigu de la crosse de l’aorte au cours du
I de articulaire aigu, la terminaison des anévrysmes
I ®3rit l'aorte, le rétrécissement mitral, aortite, coro-
pjj chez les syphilitiques, etc., etc.
I Pages***' maladies des poumons et de la plèvre, citons les
j congestions primitives du poumon, aux
J 4 E pulmonaires primitives, traînantes et prolongées.
à la ^^.“î'mie des alcooliques, à la pleurésie rhumatismale.
1 ’ute de la pneumonie franche au cours de la tubercu¬
lose pulmonaire, à l'emphysème sous-cutané dans la tuber¬
culose pulmonaire chronique, etc., etc..., et combien d’an¬
tres que nous nous reprochons de ne pouvoir citer faute de
place. Qu’il nous soit permis cependant de signaler ceszques-
tions toujours d’une égale actualité pour le praticien : l'ali¬
mentation supplémentaire raisonnée dans la tuberculose pul¬
monaire à ses débuts, le traitement médicamentenx, la cure
d’air.
Le volume que publie M. le D' Louis Rénon est appelé à
un si brillant succès qu'il y a quelque enfantillage à le pré¬
dire. On y retrouve toutes les qualités de son enseignement si
personnel, une documentation abondante et choisie, une ex¬
position d’nne clarté lumineuse, enfin cette puissance de gé¬
néralisation qui entraîne au-delà des vérités déjà acquises,
pour pénétrer celle de demain. Il sera lu des étudiants qui re¬
doutent la sécheresse coutumière des exposés dogmatiques ;
il contrilmera, dans la main des savants, à l'orientation géné¬
rale des découvertes qu'on y prévoit. A. F.
Traitement de la luxation congénitale de la hanche;
par le !)■' C.vlot, de Rerck.
Le D' Calot, de Rerk, qui avait présenté au dernier Congrès
un lot de 10 enfants par lui opérés et guéris de cette infir¬
mité au point qu’il était impossible de sonpçonnér leur
ancienne boiterie, en a présenté encore une quinzaine qui ont
défilé sous les yeux des congressistes sans trace de boiterie.
Le point important de sa communication a porté sur un pro¬
cédé opératoire nouveau du D'' Calot. Lui, comme tous les
autres chirurgiens, a abandonné la méthode sanglante d’Hoffa
et de Senger, à cause de sa gravité et de son efficacité dou¬
teuse. 11 propose de remplacer cette intervention par la sienne,
d'une bénignité assurée et incontestable. Il faitune légère inci¬
sion à la capsule, glisse dans son canal un dilatateur, distend
la capsule et, par le procédé qu’il a employé déjà avec succès,
peut réduire des luxations qui échapf>ent à tous les traite¬
ments orthopédiques ordinaires.
La méthode est sans danger aucun et sans risqu es d infec¬
tion, la plaie extérieure réduite à une boutonnière de 1 k'2
centimètres étant suffisante pour glisser le dilatateur sans
toucher avec les doigts.
.Vprès cette intervention, les malades sont traités par les
procédés habituels qui ont servi à guérir les là enfants pré¬
sentés. Lucien Graux.
Les formes cliniques de rhumatisme chronique; par
M. Verhoogen. médecin des hôpitaux (Bruxellesi.
Le rhumatisme chronique constitue une maladie infec¬
tieuse, dont les agents pathogènes sont mnltipleset variables,
suivant les différents cas. 11 affecte des formes diverses, que
l’on peut grouper suivant quatre types principaux ;
a. Le type ostéo-articulaire comprend le rhumatisme chro¬
nique, primitif ou secondaire : certaines formes de spondy-
lose (les cas en sont plutôt rares) dans lesquelles il existe des
lésions articulaires déformantes, et certains cas de nodosités
d'Heberden :
b. Lé type séreux comporte des manifestations du côté des
synoviales et des séreuses (synovites et vagino-tendinites chro¬
niques, certaines pleurésies latentes, etc.i et généralement
aussi des accidents dermiques et sous-dermiques (purpura,
érythème multiforme, érythème noueux) :
c. Le type fibreux (hypertrophie des organes péri-articulai-
res. certains cas de maladie de Dupuytren, certains cas despon-
dylose avec altérations de l'appareil ligamenteux vertébral,
certains cas de sclérodermie) ;
d. Le type musailaire (myosites rhumatismales chroniques,
certains cas de sjiendylose d’origine niusculairei.
L’existence du rhumatisme tuberculeux est, jusqu’à pré¬
sent, simplement hyixrthélique. La tubeixnilose paraît ce¬
pendant déterminer exceptionnellement des désordres arti¬
culaires, qui n’ont rien de commun avec le rhumatisme, qui
dérivent peut-être secondairement d'une lésion des organes
neuro-musculaires.
lÆ PROGRÈS MEDICAL
PHARMACOLOGIE
La Digalène.
[Digitoxine soluble de Cloelta.]
La digalène donne une base solide au traitement digitali-
(jue dans les maladies du cœur, surtout dans les dilatations
cardiaques, la myocardite, l’insuffisance et les troubles de la
compensation.
Elle est le principe actif de la feuille de digitale pourprée,
elle possède l'action complète des feuilles, mais elle a sur cel¬
les-ci, ainsi que sur les infusions, les teintures et les dyalysés
qu’on en prépare, les avantages suivants: Elle est exactement
tlosable.ne provoque pas de troubles gastriques, n’exerce au¬
cune action cumulative et son action se produit beaucoup
plus rapidement. La digalène agit souvent dans les cas gra¬
ves de lésions valvulaires où l’infusion est impuissante ou
n’est pas supportée et peut, en raison de la sûreté de son do¬
sage, être employée dans la pratique infantile. Elle n’est livrée
qu'en solution en flacons de 15 cc. — 1 cc. de la solution con¬
tient Ogr. 0003 (0 millgr. 3) de digitoxine soluble de Cloetta.
1 cc. de digalène correspond àO gr. 15 de feuilles de digitale
ou infusion de feuilles.
Posologie (d’après Cloetta et Naünyn;. Dose simple = 1 cc.
= Omg. 3 ; Dose simple maxima : i cc. = 0 milligr. 6 ; Dose
quotidienne maxima : 4 cc. =1 millgr. 2. Dans le traite¬
ment digitaliqufc prolongé, d’après la méthode de Ruseinaul,
Croedel, Naunyn,Achert, (Nauhein) on ne prend que quel¬
ques gouttes par dose. Pour les injections intra-veineuses, on
doit prendre des doses beaucoup plus considérables : de
3 à 10 cc. ikottmann).
Mode d’emploi. — Le mode d'emploi est multiple, il a lieu
par la bouche, le rectum, jiar injections intra-veineuses,
intra-musculaircs, sous-cutanées. chaque flacon de digalèneest
jointe une pipette graduée.alin que le patient puisse exactement
mesurer 1/2-1 cc. (La pipette manque dans les paquets d hôpi¬
tal à cause du prix modique) .Si le médicament est pris à jeun
dans des liquides, l’action se produit très rapidement. La diga¬
lène peut être donnée étendue avec de l’eau ou en lavement.
Pour l'injection sous-cutanée, il faut choisir une place où
la peau glisse très facilement (dos, cuisse). On désinfecte avec
de l’éther et on masse légèrement après l’injection. On place
ensuite pendant 12 heures un pansement humide d eau blan¬
che ou d’acétate d’alumine. Les injections intra-veineuses pro¬
fondes. faites aseptiquement (extenseurs delà cuisse), se sont
montrées absolument indolores. Ici aussi le massage est à
recommander après l'injection. Prescrire : 1 flacon de digalène
(avec paquetage d'origine, « Roche ».
Bibliographie. — P» Cloetta, de Zurich (Munch. Med. Woch.,
n'>33, 1904.)— P'Naunyn, de Strasbourg {Munch. med. IVoch..
n” 31, 1904.) — D» 4\ alti, Oberschoeffelsheim (Deuische Aerzte,
Zeit, n» 20, 1904.) — P^Senator, D» E. Biberceil [Beti. klin.
Wochenschrift, no 51, 1904.) — P» Naunyn, D' Kurtb Kottmann
[Zeitschrift für Klin. Med., Vol. 56, n»» 1 et 2, 1905.) — P» C.
Ki.r:uPEREK {Thérapie der Gegemvart, no 1, 1905.;— D» A. Kol-
LicK iPrag. Med. Woch., n« 18, 1905.)— P» Galvagny, D' U.Bac-
cARiNi, de Modene [Boll. Délia Soc. Med. di Modena, A. XXXI.
d. soc., 1904-1905.) — Pf A. Deunich, de Stuttgard ilahre. d.
Prn/cf. nted., 1905. — D» I.Thesen, de Christiania (Pharmacia,
F. Kemi, og. Farinaci, n" 13, 1905.) — P» Unvericht et K. Hoc-
KEIM [Zentralbl. F. inn. Med., n» 22, 1905.) — D» Kumoji,Sasaki
{Berliner klin. Wochenschrift, n''26, 1906.) — D^E. Freund, de
Danzig (Zct’£scri/’f. /. exper. Pathol, und. Therapie,voLi,l%ô.)
— PrWEiNTRAUDet Weinberger (Cd»i<ra/6/. /’. inn. Med. n» 27.
1905.) — D» Ch. Herzig (Ai’ch. /. Exper. Pathol.u. Pharmak..
vol. n" 53, n" 2, 1905.)
Secoi RS -AUX FILLES-MÈRES. — La Commission de contrôle de
secours préventifs d’abandon vient d'autoriser M. .Mesureur, di¬
recteur de l’Assistance publique, à adresser à l’œuvre Henry
Coullet les filles-mères pauvres, allaitant elles-mêmes, et à rem¬
bourser à l'œuvre les repas qui seront donnés à ces dernières, dans
la limite de 1.000 francs, pour cette année.
Congrès pour la répression de l'exercice illégal de la
MÉDECINE. — Ce Congrès s’ouvrira à Paris le 28 mai.
YAJIA
L Exercice illégal de la Médecine au XVIP siècle
Nous trouvons dans les lettres de Gui Patin cette phrast
qne pourront méditer les membres du congrès pour la ré¬
pression de l’exercice illégal : « Si on pendait totis charlatans,
il me semble ({ue la corde serait bien chère, car il est bien de
ces gens-là par le monde, lex, grex, mundtis omnis facit his-
trioniam : les barbiers et apothicaires font tout ce qu’ils peu¬
vent de notre métier pour s’enrichir et pour tromper le
monde ; le magistrat les laisse faire, peut-être d’autant qu'il
ne les pourrait pas empêcher. » Nous n’avons rien à envier
au XN II'- siècle. J. Nom.
Les enseignements de la guerre russo-japonaise. La
bénignité des blessures de guerre.
Au congrès allemand de chirurgie tenu récemment à Ber¬
lin, ont été lus deux intéressants rapports : un du professeur
de chirurgie, Zoege von Manteufiel, de Dorpat, — l’autre du
docteur Schaefer, de Berlin, sur la guerre russo-japonaise.
Les auteurs se sont surtout attachés à l’étude des effets patho¬
logiques des projectiles modernes.
Nous empruntons au Temps les intéressantes citations sui¬
vantes de ces rapports :
De jour, dit le chirurgien russe, le champ de bataille mo¬
derne ne se distingue en rien du reste de la plaine, sinon que
l’on voit de gracieux petits nuages de fumée s’élever ici et là
et signaler ainsi la position des troupes. Dans ces combats qui
se livrent à des distances variant de T à 3 kilomètres, le mé¬
decin n’a presque rien à faire. Ce n’est que la nuit que la lutte
corps à corps fait rage dans les fossés et les retranchements;
alors lè chirurgien a de l’ouvrage, car chacun de ces combats
isolés lui amène de 100 à 120 blessés.
En général, déclare le chirurgien russe, les blessures pat
le canon sont rares ; l’obus ne blesse pas, il tue ; celles qui
proviennent drs shrapnels sont de beaucoup les plus dan¬
gereuses. parce qu’on y trouve presque toujours des mor¬
ceaux d’étoffe, qui la plupart du temps occasionnent un em¬
poisonnement. Au contraire les blessures provenant de h
balleà petitcalibre du fusiljaponais guérissaient très rapide¬
ment.
Après le professeur de Manteuffel, c’est le docteur Schae¬
fer, de Berlin, qui prend la parole. De compagnie aveedeuï
médecins russes, il a soigné après la bataille de Moukden
plus de 7.000 blessés et a consigné d’intéressantes observé
tions au sujet de la guérison de blessures faites par le fu»
moderne. _ ,
Le nombre des blessés a été après chaque bataille trèsélev«i
pourtant pas e.xtraordinaire. Les batailles de Mars-la-Toif
et de Gravelotte, par exemple, ont été tout aussi sanglam®^
que n'importe laquelle de la guerre russo-japonaise. Le
centage des tués n’a pas été plus considérable que pendan
les guerres précédentes ; cependant l’homme était cette fo**
beaucoup plus exposé, et ceci, selon le docteur Schaefer,
tient pas tant aux armes modernes et à leur trajectoire rasan»
qu’à la tactique employée. Il a constaté que les pertes^
officiers étaient relativement beaucoup plus élevées qu^
hommes.
Le nombre des blessés qui ont succombé ensuite a le*'
blessures a été excessivement restreint ; tandis (jne le noinh
de ceux ([ui ont pu reprendre leur place dans les rangs a e
surprenant. Trois mois après la bataille de Moukden, la ip
tié des blessésque Schaefer a pu examiner et soigner
regagné leurs régiments. Dans certains corps le nombre d® '
hommes complètement remis de leurs blessures, et
rent déclarés de nouveau bons pour leservice, atteignit®^
le chiffre incroyable de 70 ü 0. ,
Dans certains régiments, dit le rapporteur, il a constate ^
plus de cinq cents hommes qui avaient été blessés
des batailles antérieures avaient repris leur place
rang.Ces résultatsont extrêmement surpris l’état-major r*^^
à cc point qu’un général de division avait défendu
(luètes sur ce sujet parmi les troupes qu’il commandait
ce qu’il craignait que le monde entier ne partit d’un
LË PËOGRÊS MÉDICAL
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I bète, et pour faciliter la digestion des
I féculents.
■ Dose ; 2 à 6 capsules par jour.
er à 0 gr. 10 c. | Capsules Ovariques V
rhagie, arrêt de Chlorose, troubles de la r,
ules Ovariques Vigier à 0 gr. 20 centigr.
se, troubles de la ménopause et de la castra-
aménorrhée, dysménorrhée, etc.
Maladie d’Addison, diabète insipide,
myocardite scléreuse (arythmie car.),
rachitisme.
Dose: 2 à 4 capsules par jour.
Capsules Spléniques Vigier
à 0 gr. 30 centigr.
Contre la cachexie palustre, anémie, etc.
Capsules de Pneumiue Vigier
à 0 gr. 50 centigr.
Laryngites, bronchites, affections
broncho-pulmonaires, etc.
Dose : 2 à 6 capsules par jour.
Capsules Orchitiques Vigier
à 0 gr. 20 centigr.
Nenrasthénie, ataxie, débilité sénile
Dose : 2 à 6 capsules par jour.
Capsules Prostatiques Vigier
à 0 gr. 20 centigr.
Contre les maladies delà prostate.
Dose : 2 à 6 capsules par jour.
Capsules de Thymus Vigier
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la croissance, maladie de Basedow
Dose : 2 à 6 capsules par jour.
Capsules PancréatiquesVigîcr
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contre le diabète (calme la soif).
Dose : 2 à 6 capsules par jour.
Capsules Hépatiques
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tlaé ;
1* Aus enfants présentant de l’instabilité
mentale et sujets à des impulsions mala¬
dives qui les empêchent, quoique possédant
un certain développement de l’intelligence,
de se soumettre à la règle des lycées ou des
pensions, et qui ont par conséquent besoin à la
Ces capsules, de la grosseur d’un pois, contiennent dix eentigr. de sulfate
de quinine, garanti par l’inscription, sur chacune d’elles, du nom deftiuiH
elles s’ehtr’ouvent en quelques minutes dans l’eau froide, ne durcissent _ y
pas comme les pilules, s’avalent plus facilement que les cachets. Le prix ponr
le Pharmacien est de six centimes la pièce par Flacon de 100, il peat Isi
détailler au gré du médecin.
méthode d’éducation spéciale. (
tous les degrés ;
3* Enfin aux enjants atteints d’affections
nerveuses compliquées ou non d’accidents
convuisifs.
Les enfants de ces diverses catégories
forment des groupe s tout à fait distincts.
L’établissement où se trouvent réunis tous
les moyens d’instruction et d’éducation em¬
ployés dans le service de Bicêtre, est placé au
milieu d'un parc superbe, sur le versant
d’une colline, et dans les meilleures conditions
d’hygiène. Les enfants y sont i’objet de soins
spéciaux appropriés à leur situation intellec¬
tuelle et physique.
Moyens de communication : Tramways
du Châtelet à Vitry et à Ghoisy-le-Roi. —
Voitures de place.
S’adresser pour renseignements à M. le
D' Bourkbville, 14, rue des Carmes, à Paris,
le mercredi et le vendredi, de i heure à a
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Biiulfate de Quinine. | Talérianate de Quinine.
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LE PROGRÈS MEDICAL
301
r
iclat de rire en \o\ant les Russes battus par des Japonais ar-
I ^ d’un aussi misérable fusil. Les opérations, au cours de
tttte guerre, n’eurent lieu (jue très rarement sur le champ de
h bataibe même : une compagnie sanitaire qui eut à panser en-
' viron deux mille hommes durant cette guerre n'eut à entre-
' prendre en tout (pie vingt opérations.
terminant, le docteur Schaefer fait l'éloge du paquet de
pansement remis à chaciue homme, les soldats se pansant
CTX-mêmes, sans retard et sans secours de personne. Dans
les guerres d’aujourd’hui, le service sanitaire a surtout éveil¬
ler à ce que les blessés soient rapinement évacués et logés
aussi convenablement ([ue possible.
Mission pour l’étude de la maladie du sommeil.
La Société de géographie organise une mission scientiliriue
i[ui sera chargée d'aller étudier sur place, en Afrique, la ma¬
ladie du sommeil et les moyens de la combattre. Cette mis¬
sion comprendra trois médecins bactériologistes ; deux par¬
tiront pour le Congo ; le troisième, (jui serait prêt à aller re¬
lever l’un de ces derniers, resterait à l’Institut Pasteur. Un la¬
boratoire sera créé à Rrazzavillc et à ce laboratoire sera an¬
nexé un hôpital spécial où seront traités les nègres et les blancs
— carie tléau atteint aussi maintenant les cjolons — souflrant
•delà maladie du sommeil. La mission sera dotée dune sub-
,Vention d’environ 201). ÜÜO Irancset pourra, grâce àcette sub¬
vention, poursuivre ses travaux pendant dix-huit mois. Les
mdes et observations de la mission seront centralisées à
:l'lnstitut Pasteur.
Les derniers détails de son organisation seront réglés par
un comité composé de MM. LeMyre de Vilers, président de
laSociété de géographie, le docteur kermorgant, chef du ser¬
vice de santé des colonies, Perrier, directeur du Muséum, de
Guerne, les docteurs Brumi)t, de la mission du Bourg de Bo-
zas. et liaray.
La suppression des maisons de tolérance à Melun.
Le Journal de la Saule du 6 mai reproduit l’arrêté suivant du
Maire de Melun supprimant les maisons de tolérance dans
cette ville :
Le Maire de la ville de Melun, vu la loi du j avril 1884, ar¬
ticle 97 : considérant (pie la personne humaine ne peut être,
pour les tiers l’objet d'un commerce quelcon(iue ; considé¬
rant que la femme a le droit d'èlrc défendue contre ceux ({ui
la prostituent, l'exploitent et la retiennent dans des maisons
lemiées ; considérant d'ailleurs que la loi du 3 avril 1903 a
puni le vagabondage spécial et qu'un tenancier d'une maison
tolérance n'est (lu’un souteneur de plusieurs femmes à la
‘OIS et même honteusement protégé par une autorisation mn-
.uiapale ;
Mais considérant que toutes les femmes ou tilles (pii se li-
'rent a la prostitution se placent dans une situation excep-
lounelle par le danger (pi'elles constituent pour la santé pu-
’iftifcï 'Considérant qu'il y a lieu, en attendant ipie les lois
verviennent pour protéger la santé et l’ordre publics de
^udre de nouvelles mesures administratives touchant la
j^uce des mœurs .• — mesures administratives encore, mais
^•viif ll^ciuonie avec la conception actuelle de la liberté.in-
: Les autorisations accordées aux maisons de tolé-
ce qui existent actuellement à Melun sont révoiiuées,
®n a Melun le 14 avril 1UÜ6. Le Maire : E. Delarouk.
jl LES CONGRÈS.
Congrès international des Colonies de vacances.
vient congrès international des colonies de vacances
aval. ^ ^ réunira Bordeaux. De nombreux congressistes
'"p'Vodu à l’appel du comité directeur, présidé par le
serri.*^î^ ’^fmaingaud, secondé par le docteur Lanza comn>e
général.
tru(.j°®P®cteur Edouard Petit, délégué iiarle ministre de l’Ins-
a ouvert le congrès dans le grand amiihi-
et diseur ^ -^^^'cnée. D'intéressants rapports ont été entendus
Uialité preiiagande, le mode déplacement, la mu-
V'^üx n . colonies scolaires, les transports, etc. Plusieurs
A ont été émis-
1» Sinon la gratuité, au moins qu’une réduction de 75 0/0
soit accordée aux enfants envoyés en colonies de vacances et
que ce tarif soit élaboré entre les sept réseaux des compagnies
(le chemins de fer français ; 2° que les vacances scolaires soient
fixées au 14 juillet; 3“ la création d’une fiche médicale uni¬
forme pour tous les enfants.
Un grand banquet a terminé les séances du congrès. M.
Paul Léon, chef du cabinet du sous-secrétaire d’Etat des beaux-
arts, prési(iait, ayant à sa droite, M. Lutaud, préfet delà Gi¬
ronde, et à sa gauche, M. Sens, premier adjoint. Plusieurs
toasts ont été prononcés. Au nom des sociétés parisiennes,
l'Inspecteur Edouard Petit remercie les Bordelais de leur
chaleureux accueil. Il demande aux œuvres de colonies de
vacances de songer aux orphelins des mineurs’ de Courrières,
alln de procurer aux plus débiles d'entre eux un peu de bien-
être, un peu de grand air. un peu de santé.
Mme Frank-Puaiix, présidente des colonies de vacances de
la Chaussée du Maine, s’inscrit immédiatement pour vingt or¬
phelins. Les œuvres bordelaises suivent le même exemple. (ùe
Temps).
Le Congrès d’anthropologie annuelle de Turin.
Le Jubilé de Cesare Lombroso.
Le 6” Congrès d’anthropologie criminelle s’est tenu dans^
Y Ailla Magna de l'Université de Turin. Le jubilé scientifique
de Cesare Lombroso fondateur de l'anthropologie criminelle a
été célébré à cette occasion. Le recteur de PU) niversité a fait
le discours d’ouverture. MM. Bianchi, Ferrero di Cavallerleo-
ne, Enrico Ferri, ont tour à tour vanté les travaux et les idées
du maître. Les professeur Priiiz, de Bruxelles ; 4 an Hamel,
d'Amsterdam; Max Nordau, Sommer, représentantsdef Alle¬
magne; Claparède. de Genève Lacassagne; exprimèrent tour à
tou rieur admiration pour le promoteur d'uiie nouvelle science.
Lombroso, à qui ont été offerts une œuvre d'art symboli-
(jue et iip livre (l'or couvert de signatures, a remercié dans un
beau discours ses disciples et ses amis.
Le professeur \ an Hamel, dans une séance suivante du con¬
grès, a expliqué comment il comprend le « traitement des
jeunes criminels ». Le traitement social pénal et pénitentiaire
(tes jeunes criminels doitêtre le résultat d’études réalistes ; on
ne doit plus se préoccuper de chercher si un enfant a agi
avec ou sans discernement, mais rechercher pratiquement ce
qu'on doit et ce qu'on peut faire de lui : le juge aura une
grande liberté d’appréciation. 11 conseille de créer, comme en
Hollande, des établissements d'éducation où les préceptes de
l'anthropologie criminelle seront mis en action.
M. Albanel, juge d'instruction à Paris, a pu observer 3,000
enfants délinquants. Il a voulu rechercher les causes de leur
criminalité, a demandé l'opinion des médecins et atenté d’or¬
ganiser des institutions et des patronages pour ces petits mal¬
heureux.
M, Paul kahn, avocat à Paris, a expliqué le fonctionnement
du « Patronage familial », présidé par M. Albanel et donne des
observations curieuses. La pauvreté n'est pas toujours cxiiise de
la dégénérescence de ces enfants, fils d alcooliques, de tuber¬
culeux, etc.Ce n'est qii'après de longues et laborieuses études
que fanthropologie criminelle donnera tous les résultats pra¬
tiques que l’on est en droit,dès inaintenant d’espérer.
THÉRAPEUTIQUE
Traitement de l'emphysème par l'Hélénine.
Sous l’influence de l’Hélénine, l'entrée de Pair dans les vési¬
cules pulmonaires cesse d’être gênée et la respiration se fait
librement ; ce que le de Korab a constaté maintes fois, non
seulement par la percussion et l'auscultation, mais aussi au
moyen du polygraphe, appareil enregistreur de M. le profes¬
seur Marey, que le professeur Constantin Paul a bien voulu
mettre à sa disposition à Lariboisière. L’oppression cesse et
le malade devient, si nous osons nous servir d’une expression
comparative, comme farsenicophage de la Haute-Autriche
plus apte à respirer dans la marche ascendante. Ainsi s’ex¬
plique l’action bienfaisante de fHélénine dans l'emphysème.
Trois à quatre globules du D"- de Korab par jour.
302
LE PROGRES MEDICAL
FORMULES
XXXIV. — Contre la goutte.
Acide quiniquc . 0 gr. .j()
Citrate de lithine . 0 gr. 15
Sucre pulvérisé . 0 gr. 35
p. 1 cachet : 6 à 10 par jour.
I \eumann).
XXXV. — Contre les migraines et les névralgies
rebelles.
Salophéne . 0 gr. 50
Phénacétine . 0 gr. 20
p. 1 cachet.
En, deu.x ou trois de ces cachets à trois heures d'inter¬
valle.
XXXVI. — Contre l’anémie.
Protoxalatc de fer . 0 gr. 10
Poudre de fève de Saint-Ignace.
Extrait d’absinthe .
Extrait de gentiane . .
Poudre de quassia . .
— de Colombo . . . .
‘ — de cannelle .
p. 1 pilule. I pilule à chaque repas.
Actes et thèses delà Faculté de Médecine de Paris.
Thèses de doctorat. — Mercredi lO mai. — M. Ghiimeau : lîé-
sullals éloignés des opérations conservatrices sur les organes gé¬
nitaux de la femme (MM. Pinard, Heclus, Lepage, Proust). — M.
Mousnier: Fibro-sarcomes du eou exlra-pliaryngiens '.M.M. Iteclus,
Pinard, Lepage. Proust). — M. Tournier: Aic-sur-Cére slalionhv-
dro-rainéralc et climatique (MM. Landouzv, Hoger. Hicliaud, Lai)-
bé, Marcel). — M. Duplantier : Contribution à l’élude dp la ]iig-
mentalion desmuqueuses dans la mélanodermie ptiliriasique (MSI.
lloger, (laucher, Rietier, Labbé, Marcel;.
Jeudi I^ mai. — ,t/. Solirène : Les complications nerveuses des
appendicites (M.M. Kaymoud, llutinel. Cbantemesse, -Méry). — M.
Gaudeau : Le pouvoir bémolyti(|ue du sérum sanguin et la résis-
lance globulaire (MM. llutinel, Raymond, Cbantemesse, .Méry). —
M. De Gandt : Contribution à l’élude de la lubereulose i)ulmonaire
de la première enfance (MM llutinel, Raymond, tibantemesse,
Méry). — M . Desdouity : Colonies de vacances (MM. Cbantemesse,
Raymond, llutinel, Méry). — M. Guilbert : Des complications in¬
flammatoires aiguës bénignes des ligaments larges dans les suites
de eouebes pathologiques (.MM. Budin, Bonnaire, Denielin, Brin-
deau). — M. De Lacoite : Contribution à l'élude des hémorragies
qui ont leur source en dehors de la cavité utérine pendant et après
l'accouchement (MM. Budin, Bonnaire, Deraelin, Brindeau). — M.
Monory : Etude sur la mortalité infantile (.MM. Budin, Bonnaire,
Demelin, Brindeau) — M. Lefranc : De la résection du col utérin
dans les cervicites chroniques par le procédé de Pouëy(M.M. Bu¬
din, Bonnaire, Demelin, Brindeau). — M. Rallier : De î'origine pé¬
riphérique de certaines paralysies oculaires (M.M. De Lapersonne,
Poirier, Langlois. Marion). — M. Panier : Le facial et l'innervation
motrice du voile du palais (.MM. Poirier, De Laper.sonne, Langlois,
Marion). M. Pasquier: Des traumatismes de l'oreille dans les
accidents du travail (.MM. Poirier, De Lapersome, Langlois, Ma¬
rion) .
Examens de doctorat. — Lundi, 14 mat. — 5* (Chirurgie, 1"
partie, 1” série, Hôtel-Dieu) : M.M. Kirmissoii, Delens, Gosset. —
5' (Chirurgie, 1" partie, 2* série, Hôtel-Dieu) : MM. Segond, Mau-
claire, Pierre Duval.
Mardi, i5 mai. — 4' (1" série. Salle Béclard) : MM. Raymond, Va¬
quez, Langlois. —4" (2" série. Salle Broussais) : M.M. Cbantemesse. Gil¬
bert, Dupré. — 4" (3' série. Salle Corvisarti : .M.M. Robin, Ballet (G.),
Gniart. —5’ (Chirurgie, 1” partie. Charité) : MM. Guyon, De Laper¬
sonne, Auvray. — 5” (2" partie. Charité) : MM. Jolfroy, Méry, Gou-
get. — 5’ (Obstétrique, 1" partie Clinique Tarnier) : MM. Budin,
Demelin, Brindeau.
Mercredi, 16 mai. — 3” (2' partie, P" série. Oral, .Salle Broussais) :
.MM. Blanchard, Gaucher. Legry. — 3" (2* partie, l'“ série,Salle Oral
Corvisart) : MM. Brissaud, Teissier, Ballhazard. — 3"(2" partie, 3* sé¬
rie, Oral, Salle Pasteur) : MM. Déjcrine,Claudc, Macaigne. — 4' (Salle
Tbouret) ; MM. Pouebet, Gley, Desgrez.
Jeudi, mai. — 3« (2* partie, 1" série. Oral .Salle Béclard) : M.M.
Dieulafoy, Thiroloix Guiart. — 3- (2- partie, 1" série. Oral, (Salle
Broussais), ; MM.Jofîroy, Gouget, Jeanselme. — 3' (2’ partie, 3* sé¬
rie, Oral Salle Richet) : MM. Robin. Bezan(;on, Carnot. — 4’ (P”
série. Salle Tbouret : MM. Pouchet, Ballet qG.). 5'aquez. — 4, .*
série. Salle Pasteur) : MM. Gilbert, Gley. Dupré. '
Vendredi, iS mai. — 4”(1” série. Salie Thouret) : MM. l'ouclw
Baltbazard, Macaigne. — 4' (2" série, Salle Pasteur) : Landouzyjj^
jerine, Richaud. 5“ (Chirurgie, P” partie,!" série, iS’ecker) : Kirnit
son, Legueu, Gosset. — 5' (Chirurgie, P' partie, 2' série, Xecker' .
M.M. Segond, Delens, Mauclaire.
Samedi, ig mai. — 5" (2' partie, 1" série, Beaujon) : .M.M. Uav.
mond, Méry, Gouget. — 5' (2- partie, 2* série, Beaujon) : MM. Hobi
Jeanselme, Besancon. — 5" (Obstétrique 1" partie. Clinique Tar¬
nier) : MM. Budin, Demelin, Brindeau.
PHARMACOLOGIE
« L'activité de deux substances combinées est supérieures
la somme de la puissance de chacune d elles. >- C'est ce qui
explique et al'lirmc l’activité delà Aervocithine Tissot, phos-
pho-arséniée organique et hématique, véritable reconstituiat
du plasma cellulaire, terrain primordial et essentiel de l'oi^'a-
nisme ; les praticiens l’emploient soit en ampoules pour in¬
jections, soit en dragées ou sirop au moment des repas.
NOUVmES
Natalité dk Paris. — Du dimanche 1 au samedi 7 avril j
1906. les naissances ont ete au noraore de 1008, se déeomposani
ainsi : légitimes 723. illégitimes 285.
Mortalité a Paris. Population d'après le recensement de
901 : 2-660.559 habitants. Les décès ont ete au nomore de 1111,
savoir: .582 hommes et 533 femmes. Les deces sont dus aoi
causes suivantes : Fièvre typnoïde ityptius abdomin.) : .5.—
Typhus exanthématique ; 0. — Fièvre intermittente et cachent
palustre ; 0. — Variole : 0 — Rougeoie : 30 Scarlatine:-').
— Coqueluche : 3. — Diphtérie et Group : 8. — Grippe : 8.
— Choléra asiatique ; 0. — Choiera nostras ; 0. — Autres
maladies épidémiques : 6. — Tuberculose dés poumons : 233.— ,
Tuberculose des méningés ; 27. — Autres tuberculoses : 17. —
Ci I I er et autres tumeurs malignes : 65. — Méningite simple : 30.
— Congestion hémorrhagique et ramollissement du cerveaa: K.
— MaVa-àies organiques du cœur; 68. — Bronchite aiguë : W.
— Bronchite chronique : 25 - Pneumonie : 48. — Autres affec¬
tions de l’appareil respiratoire : 134. — Affections de l’estomac
icancerexc.) : 1.-- Diarrhée et entérite de 0 à 1 an : sein ; 5 ; an¬
tre alimentation ; 10 — Diarrhée et entérite de 1 à2 ans : 3. — Her¬
nies. obstruction intestinale : 12. — Cirrhose du foie : 12. — Néphnte
et ma) de Bright: 37. Tumeurs non cancéreuses et autres ma¬
ladies des organes génitaux (femmes) : 7. — Septicémie puerpérale
(fièvre, péritonite, phlébite puerpérale) : 2. — Autres acciileéi*
puerpéraux de la grossesse et de l’accoucnement : 3. — Débil"'
congénitale et vices de conformation : 21. — Débilité sénile : JJ-
— Morts violentes ; 24. — Suicides : 9. — Autres maladies : R'-
— Maladies inconnues ou mai définies : 12.
Mort-nés et morts avant leur inscription: 61, qui se décom¬
posent ainsi ; légitimes 45, illégitimes 16.
Légion d’honneur. — M. le Di" Pierrot, médecin in-specteufi
est promu au grade de. commandeur.
Corps de santé militaire. — Par décret du Président
publique en date du 25 avril 1906, rendu sur la proposition an®
nistre de la guerre, M. le médecin principal de 1’'“ classe Heuyer,
recteur du service de santé delà division d'Oran, a été promu
grade de médecin inspecteur dans le cadre du corps de sanie
taire, en remplacement de M. le médecin inspecteur Pierrot, P
dans la section de réserve. Par décision ministérielle du me^^
jour, M. le médecin inspecteur Heuyer est nommé directenf
service de santé du 6' corps d’armée, à Cbâlons-sur-Marue,
remplacement de M. le médecin inspecteur Pierrot, placé duus
section do réserve.
Ecoles DE santé militaire. — Ecole de Lyon. — LesÇUUj^
dats à l’école du service de santé devront se faire inscrire çu
au 16 mai dans les préfectures. Les épreuves écrites d'adnn» ,
lité auront lieu le 13 juin dans les centres déterminés P*'’ jjt
truction du 5 février 1905. Les dates des épreuv-es orales ^
fixés ultérieurement.
• l'écoi^
Ecole du Vul-de-Gràce . — Doux concours s’ouvriront a
d’application du service de santé, l’un, le 28 mai, pour deux eum
de professeur agrégé des chaires ; hygiène, médecine po*''
lation, administration et service de santé. L’autre, le 9 ju'”.®
deux emplois de pofesseur agrégé des chaires : cliirurgie d “
anatomie chirurgicale.
LE PROGRÈS MÉDICAL
303
r ES ÉPIDÉMIES. — La peste en Silésie. — Deux cas de peste se
t déclarés, en Silésie, à Kama. On a pris les mesures de pré-
!^tion nécessaires. {Standard.)
méningite à Toulon et à Zurich. — La méningite cérébro-
gninale sévit dans la garnison de Toulon.
Une épidémie de méningite infectieuse s’est déclarée dans la
„Jnison de Zurich : deux soldats sont morts. (Le Matin.)
* La Fièvre typhoïde à San-Francisco. — D’après le New-York
Sun une vingtaine de cas de fièvre typhoïde se sont déclarés
parmi les sinistrés de San-Franseisco.
Association générale des médecins de France. — L’assem¬
blée "énérale annuelle de l’Association aura lieu du 27 au 28 mai
ilansla salle des Concours de l’Assistance publique, 49, rue des
Saiats-Péres.
L’Esprit des autres. — « Il n’est peint de leçon qui n’ait be¬
soin d’être répétée. » (Clémenceau, Lyon, 3 mai.)
Nécrologie. — Nous avons le regret d’annoncer la mort de .M.
le b’’ CRUVEiLHiER,clnrurgien honoraire des liôpitaux, professeur
agrégé.
L* MORT PRÉTENDUE DE M. LE Dr P. BOURGEÔIS. - C’cst par
erreur et d’après tous les journaux politiques, que nous avons an¬
noncé la mort de M. le D^ Paul Bourgeois, député royaliste de la
’ÿendée.
« La vérité est, d’après une rectification du Temps, que l’hono¬
rable M. Bourgeois est très gravement malade, mais que très heu¬
reusement la nouvelle de son décès n’était pas fondée. Toutefois son
état était assez grave pour qu’il ait dû renoncer à solliciter le
renouvellement de son mandat dans la 2' circonscription de La
Roche-sur-Yon. »
Chronique des hôpitaux.
Hospice de Bicètre {Fondation Vallée). — M. Bourneville.
Fisitc du service (gymnastique, travail manuel, écoles, et présen¬
tation de malades) le samedi à 10 h. très précises. Consultations
médico pédaijogigues, gratuites pour les enfants indigents at¬
teints ne malwnes du système nerveux, le jeudi à 9 h. 1/2.
Clinique ctiiRURGiCAi.E de i.’Hotel- Dieu. Cours pratique
d’oto rhino-laryngologie. — Le D^ Guisez, ancien interne des
hôpitaux, recommencera, le mardi 22 mai 1906 à 3 h. 3/4, son
mrs pra ligne d'oto-rhino-laryngologie (amphithéâtre Ghomel).
Le cours comprendra 10 leçons, essentiellement pratiques (dia¬
gnostic, examen des malades,petites interventions) et aura lieu les
mardi, jeudi et samedi à 3 h. 3/4.
S’inscrire à la consultation laryngologique de l’Hôpital, les
mardis et samedis de 5 h. à fi h. (Droits d’inscription ; ‘.^6 fr.)
Hôpital Saint-Antoine. — Le D*’ P. Le Noir, assisté des D‘"‘
Camus et Courcoux, commencera, le lundi 14 mai à 10 heures, et
le continuera les jours suivants, un cours élémentaire sur les ma¬
ladies de l’estomac. Ce cours sera complet en 12 leçons. Le ven¬
dredi conférence clinique.
Hôpital Saint-Louis. Maladies cutanées et szphilitiques,
— M. Hallopeau : leçons cliniques, le jeudi à trois heures.
CHEMINS DE FER DE PARIS-LYON-MEDITERRANEE.
1“ Billets d'aller et retour individuels, valables 10 jours, avec fa¬
culté de prolongation, délivrés du 1" mai au 31 octobre, dans
toutes les gares du réseau ; réduction de 25 “/„ en 1" classe et
de 20 % en 2” et 3” classes.
2* Billets d'aller et retour de jamille, valables 33 jours avec fa¬
culté de prolongation, délivres du l" mai au 15 octobre, dans
toutes les gares du réseau P. L. M., sous condition d’effectuer
un parcours simple minimum de 150 kil., aux familles d’au moins
trois personnes voyageant ensemble.
Le prix s’obtient en ajoutant au prix de 4 billets simples ordi¬
naires (pour les 2 premières personnes), le prix d’un billet simple
pour la 3" personne, la moitié de ce prix pour la 4' et chacune
des suivantes.
Arrêts facultatifs.
Faire la demande de billets (individuels ou collectifs) 4 jours
au moins à l’avance a la gare où le voyage doit être commencé.
Nota. — Il peut être délivré, à un ou plusieurs des voyageurs
inscrits sur un billet collectif de stations thermales et en même
temps que ce billet, une carte d’identité sur la présentation de
laquelle le titulaire sera admis à voyager isolément (sans arrêt)
à moitié prix du tarif général, pendant la durée de la villégia¬
ture de la famille, entre le point de départ et le lieu de destina¬
tion mentionné sur le billet collectif.
TRAITEMENT des AFFECTIONS NERVEUSES
PAR LES SIROPS BROMURÉSoe J. P. LAROZE
SIROP LÂROZE AU BROMURE de POTASSIUM
complètement exempt d’iodures, de chlorures et de bromates ;
_ contient exactement / gr. par cuillerée à potage.
SIROP LAROZE AU BROMURE DE SODIUM
contient exactement / gr. de se! chimiquement pur par cuillerée à potage.
SIROP LAROZE AU BROMURE DE STRONTIUM
complètement exempt de Baryte, contient exactement / gr. de sel par cuillerée à potage.
SIROP LAROZE POLYBROMURÉ
<POTASSIUM, SODIUM AMMONIUM)
Une cuillerée à potage de Sirop contient exactement 3 gr. de Bromures.
SIROP LAROZE D’ÉCORCES D’ORANGES AMÈRES
contre les accidents neroeux de la digestion. Deux ou trois cuillerées à potage par jour.
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55. année. 3» SÉRIE. T. XXII. N" 20.
Le Progrès Médical
^oîÜîwAIRÊ Chirurgie PRATIQUE : Le traitement massothérapi'
atê des artlirites tuberculeuses, par Kouindjy. — Bulletin : Les; '
débouchés pour les jeunes docteurs, par Friedel ; Ouvertures de
J —Sociétés Savantes : Sociétéde biologie : Epreuve de l’al¬
cool en pathologie gastrique, parCarnot ; Bactériologie de 4.1 cas
d’oreillons, par Tissier et Esmein ; Hypothyroïdie et auto-infec¬
tion périodique, par Levi et De Rothschild ; Trypanosomiase
humaine, par Thiroux (c. r. de Mme Edwards-Pilliet.) — Aca-
iémie de Médecine : La syphilis expérimentale, par Metchni-
koff ; Traitement des anévrysmes par l’hypotension artérielle,
par lluchard ; La syphilis expérimentale, par Metchnikoff ; 'Trai¬
tement des opacités cornéennes,par d’Arsonval ; Prophylaxie de
la rage, par Martel ; Le sérum vaccinal pur, par Kelsch ; Les
casernes hygiéniques, par Lemoine et Simonin (c. r. de A. -F.
Plicque). — Société Médicale des Hôpitaux : Hypertension par
rétention chlorurée et la cachexie cardio-rénale, par Rénon ;
Nouveau signe de pyopneumothorax, succussion horizontale, par
Chauffard ; Tic douloureux de la face guéri par la radioscopie,
par Beclère et Leraau-e ; Anévrysme de Taorfe avec rupture de
l’œsophage, par Hitz et Lemaire ; Migraine thyroïdienne, par
Léÿÿet De Rothschild ; Valeur diagnestique des signes physi-
^qués, du bruit de flot en particulier, au cours de Thydropneu-
'^mothorax, par Vaquez ; Fièvre hystérique chez l’enfant, par
Comby (c. r, de Friedel.) — Société de Médecine de Paris : Rap¬
port sur la candidature du D'' Blondinau titulariat, par Duclaux;
Métastase d’un cancer des parties molles de la cuisse, par Vian
(c. r. de Buret.) — Socielé de pédiatrie : Blennorrhagie et phleg¬
mon à gonocoques chez un enfant de 10 mois, par Appert et Fro-
get ; Maladie de Barlow, par Méry et Guillemot ; Exostoses
multiples, par Judet ; Gangrène pulmonaire otogène cheé un
nourrisson de 7 mois, par Guillemot (c. r. de Gh. H. Petit-Ven-
dol). — Le Congrès de Médecine de Lisbonne. — Revue des ma¬
ladies DE l’enfance : (c. r. de Paul-Boncour). — BtBLio-
GRAPHiE. — Varia. — Nécrologie. — Formules. — Ac¬
tes ET thèses de la faculté DE MÉDECINE DE PaRIS. —
Société" POUR LA PROPAGATION DE l’incinération. — Théra¬
peutique : "rraitement médicamenteux des bronchites chroniques
et de la tuberculose par l’hélénine créosotée. ^Nouvelles. —
Chronique des hôpitaux. — Bulletin bibliographique.
CHIRÜRGIE_PRAT1QÜE
Le traitement massothérapique des arthrites
I tuberculeuses :
Parle Dr P, KOUINDJY
I Doit-on masser une arthrite tuberculeuse ’?
.Notre confrère Saquet,de Nantes, répond par l'affir-
mative. Dans un très intéressant tra\ail, publié tout
I récemment sous le titre: <■ Du traitement des tumeurs
1 blanches par le massage léger et la mobilisation pru-
^ dente », le D‘'Saquet rapporte plusieurs observations,
. •où il montre que le massage méthodique, arrive à avoir
I raison du processus inflammatoire, et permet d’obtenir,
^ smon une guérison complète, du moins la conservation
! de l’articulation atteinte. Quelques massotbérapeutes,
; ®lexemple de Wide, Crocq, et d’autres, contestent
, lulilité de l’intervention massothérapique immédiate
dans le cas du traitement des arthrites tuberculeuses
I aigues; ils citent quelques observations oiT le massage
: exécuté par eux se termina par un échec.
. Ainsi la question reste ouverte, et de ce que viennent
, e nous dire les auteurs cités, il est difficile de
; une indication de la conduite à tenir de l’appli-
' non des manœuvres massothérapiques dans le trai-
®|ûent des tumeurs blanches. Eteependant, il est cer-
•n qu un massage léger et une mobilisation prudente
J “ _^P^bles de rendre un réel service au traitement
^arthrites tuberculeuses à condition d’être appliqués
ji~?® “Médecin connaissant l’action physiologique de
manœuvres kinésithérapiques. Rappelons
ÿglJ*?*®nle dernier, plusieurs auteurs, entre autres
Ho Teissier, Lugol, Bonnet, etc., se sont pro-
le^j^®P®nr le traitement des arthrites fongueuses par
dç ot la mobilisation, pourvu qu’il n’existe pas
inilammatoires. Amédée Bonnet mon-
P^oeéd™^’*^** 1^08, dans l’amphithéiilre de Nélaton,son
bilisg..®’ P*'®^ïiierà l’époque, du traitement par la mo-
®*'«tte*T lumeur blanche du genou chez une
%ues f Éos mouvemenlsgraduels et niélho-
répéi^ç première fois sous le chloroforme et
**'®tin ^•^suite sans cet anesthésique, tous les jours,
. ®oir pendant dix minutes, ont permis, à la
‘lïHûobilisles à outrance, d’obtenir une
I Parfaite de cette articulation.
Ainsi, la tentative de traiter les arthrites tubercu¬
leuses par la kinésithérapie n’est, certes, pas nouvelle.
Néanmoins, le mérite de notre confrère, le D' Saquet,
est d’attirer de nouveau l’attention du corps médical
sur Tutililé de la massothérapie dans le traitement des
articulations atteintes' de tumeur blanche. 11 nous
semble cependant que, pour mieux élucider laquestion,
il seraitplusralionnel, plus méthodique, d’élargir le
champ et de discuter les indications et les contre-indi¬
cations des manœuvres massothérapiques dans le trai¬
tement des arthrites tuberculeuses en général : arthri¬
tes sèches ou congestives, arthrites exsudatives ou fon¬
gueuses et enfin, arthrites suppnrées. Cette division des
arthrites en question, admise aujourd’hui par tous les
auteurs classiques, permet d’établii»’' approximative¬
ment des bases d’un traitement massothérapique métho¬
dique. C’est ainsi, que nous excluons d’une façon abso¬
lue toute intervention massothérapique dans les ar¬
thrites tuberculeuses suppnrées . Tant que l'articula¬
tion contientdu pus prodnit de caséification, nous de¬
vons nous abstenir jusqu’à ce que le foyer de la sup¬
puration est éloignée par toute autre moyen qne le
massage. 11 est inutile d’insister davantage sur cette
conduite à tenir, tout le monde est d’accord que, lors¬
qu'une articulation est en voie de suppuration, il faut
donner issue au pus avant d’entreprendre le traitement
de cette articulation.
Mais, dans les antres formes d'arthrites tuberculeu¬
ses, les manœuvres massothérapiques peuvent rendre
un service appréciable àcondilion d'être appliquées par
un massothérapeute suffisamment expérimenté.
Commençons par les arthrites sèches ou congestive.
Nombreux sont encore les confrères pour lesquels le
mot « arthrite sèche ou congestive » est un mot
vague, destiné à indiquer une lésion articulaire mal
déterminée. ; -
Pourtant, déjà au siècle dernier, Uunter et Bonnet
considéraient ces arthrites comme des arthrites con¬
gestives. L’action bienfaisante du massage raéthoiR-
que sur les arthrites congestives traumatiques, blen¬
norragiques, etc., a été démontrée déjà maintes fois.
Gottlieb et NorstrOm ont rapporté plusieurs observa¬
tions deguérisondes arthrites inflammatoires par le
massage. Nous même, nous avons eu l’occasion d’ap¬
pliquer les manœuvres massothérapiques aux arthrites
blennorragiques et rhumatisrnalesen pleine congestion
30»
LH PROGRÈS MÉDICAl.
et avec beaucoup de succès. Celte conduite, nous la te¬
nons chaque fois, que nous nous trouvons en pré¬
sence d'une arthrite classée comme arlhrile sèche.
On a voulu séparer les arthrites congestives guéries
par le massage méthodique des arthrites congestives
tuberculeuses prétendant que toute arthrite sèche ou
congestive guérie ne peut être d'origine bacillaire. Soit,
mais en attendant on immobilise ces arthrites et avant
qu'on.puisse établir leur pathogénie on liait parankylo-
ser l’arliculation malade. L’observationsuivante montre
les inconvénients de l'immobilisation à outrance.
Obs. — Il y a quelques années, te mari d’une de mes clien¬
tes, habitant une ville du littoral, fut pris d’une douleur vive
spontanée dans le genou droit. Le confrère appelé à ce mo¬
ment constata la présence de poinis douloureux à la pres¬
sion, interrogea ie maiade sur ses antécédents et,trouvan t que
le malade a craelié, deux ou trois fois dans sa vie, des fliets
de sang, ne manqua pas de conclure qu’il s’agissait d’une ar¬
thrite sèche luberouleuse : ii appliqua de suite un appareii
plâtré et ordonna l’immobilisation complète de l’articula¬
tion. Las d'avoir son genou plâtré, notre malade commença
à douter du diagnostic de son médecin et fit appeler un chi¬
rurgien de Bordeaux qui conseilla d’enlever le plâtre. Me
trouvant à ce moment dans cette ville, je fus consulté par ce
monsieur. Après avoir examiné, le genou dumal ide je n’ai
rien trouvé de caractéristique qui aurait pu justifier le dia¬
gnostic de fumeur blanche. J’ai indiqué les manœuvres mas-
sothérapiques appropriées à faire et les mouvemeuls ration¬
nels afin de pouvoir lutter contre l’hypotonie musculaire
établie, résultant d’une atropliie Irès avancée. Le malade se
sent beaucoup mieux, mirche sans aucune fatigue, mais
conserve l’ankylose du genou occasionnée par l'immobilisa¬
tion prolongée pendant six mois. Il est certain qu’en insti¬
tuant un traitement massothérapique au moment opportun
et dès le début, nous aurions pu dans ce cas conserver l’arti¬
culation de ce malade.
Dans cette observation, les antécédents induisirent en
erreur notre confrère. Ceci n'est pas douteux. Il est
possible que le malade eut quelques crachements de
sang, même d’origine spécifique ; mais au moment de
l'attaque du genou, il se portait aussi bien que possible.
Pour nous, les antécédents pulmonaires ne suffisent
point pour affirmer lanature tuberculeuse de l’arthrite
sèche. Celle-ci peut se développer chez les individus,
qui n’ontjamais eu la moindre atteinte de tuberculose.
D’ailleurs, l'incertitude mèmede l’origine des arthrites
sèches doit justifier l’intervenlion massothérapique. Il
est facile de classer les arthrites sèches ou congestives
guéries pas le massage méthodique parmi les arthrites
non tuberculeuses. Comment savoir avant à quelle
catégorie faut-il attribuer telle ou telle arthrite sèche ’?
Ne serait-il pas plus logique de soumettre toute ar¬
thrite sèche ou congestive au traitement massolhérapi-
que méthodique d’abord et de les classer parmi les
arthrites non tuberculeuses après qu’elles sont guéries !
Nous avons une observation qui montre l'avantage
qu'on obtient, lorsqu'on suit noire conduile et celle indi¬
quée par le D' Saquef.
Obs. — Il y a quelques mois, nous avons eu l’occasion
d'être consulté par une dame atteinte d'une arthrite
sèche du cou-de-pied gauche, survenue trois ou quatre
jours après un très léger traumatisme. L’articulation fut
très douloureuse à la moindre pression : le mouvement
un peu brusque provoqua une forte douleur dans toute
l’ai’ticulalion et, surtout au niveau de la malléole
externe La marche devint pénible, l’articulation même
présenta un gonflement très notable. Pas de fièvre, ni de
‘louleurs lancinantes.
Il s'agissait, âne pas en douter,d’une arthrite congos.]
tive. D'ailleurs, la malade fut déjà atteinte il y a six anj*
d’une arthrite semblable au niveau de l’articulation di
genou droit. Le confrère qui soigna à celte époque notm
malade conclut à une arthrite sèche et appliqua luiosé-.
rie de pointes de feu pendant trois mois (une fois tousfcj '
quinzejours) etne conseilla qu'une immobilisation par¬
tielle, ce qui a dû sauver l'articulation.
Ayant peur d'être obligéede supporter de nouveau le
même traitement encore pendant quelques mois, notre
patiente nous pria de trouver autre chose que les poin¬
tes de feu. Elle fut contente lorsqu’elle apprit que juste
aucontraire, nous ne pensons point aux pointes defoa
ni à l'immobilisation. Douze séances de massage mé¬
thodique et des mouvements appropriés suffirent pour
obtenir une résolu lion compté te de l’articulation malade.
On pourraitnous faire remarquer que rien ne proure
l'origine tuberculeuse de c-ette arthrite. D'accord. .Mais
entre les deux façons de guérir celte arthrite sèche,
celle du massage méthodique est infiniment plus pré¬
férable. L'action du massage méthodique présente un
double avantage ; d'abord il n’est pas brutal et, mé¬
thodiquement appliqué par un massothérapeute, il ne
tait pas souffrir le malade ; ensuite, par son action ^
nifiante,il active la nutrition locale et contribue decette
manière à la transformation du tissu malade en tissu
régénéré. Tout massothérapeute connaît 1 action toui-
llante du massage méthodique. Malheureusement, la
majorité de nos chirurgiens emploient pour leur mas¬
sage des empiriques, à qui ils ont raison de ne pas con¬
fier les arthrites pour les masser. Le massage empirique
est ici plutôt dangereux, et notre confrère Saquet a rai¬
son de prévenir le corps médical contre son emploi
dans le fraitemenl des arthrites tuberculeuses. L'échet
obtenu par lemassage empirique ne doit jamais être
attribué au massage méthodique et c’est le tort de
tous ceux de nos maîtres qui ne considèrent lemassage
3 u’à travers les doigts de leurs masseuses et ma-sseurs
iplômésou non diplômés.
L’observation suivante montre qu’en matière clurar-
gicale, le massage méthodique peut môme contribuer
àmodifierle procédé habituel du traitement cliiriUr''
cal des arthrites tuberculeuses fongueuses.
Obs. — Il y a Sans, notre ami le chirurgien Finet fut co’’"
sullé pour une arthrite fongueuse du coude gauche cbeïO®
garçonnet de six ans, Cet enfant a été soigné par quelque*
uns de nos chirurgiens orthopédistes très connus. Lu"
d’eux conseilla d’amener l’enfant au bord de la mer. La sai¬
son à Mers a plutôt aggravé le coude de l’enfant et àsonr®'
tour une tluctuation nette fut constatée parla pression. L«
bras se trouvait immobilisé à angle droit et l'articulat:»*
du coude ne subissait aucun mouvement. Consulté de do«'
\ eau, notre grand cliirurgien seprononça pourune arthrot^
mie avec ankylosé conséculive du bras à angle droit. Ce*
cette ankylosé à angle droit qui inquiétale plus les
du petit malade, et avant de s- décider pour l’opération,'
prirent d’abord l’avis de notre ami le D"- Finet. Celui-ci yo^
lut savoir avant de se prononcer si le massage méthodiQ
ne pourrait pas contribuer à la mobilisation de l’u'’*’^”L
lion et à la restauration île la tonicité des mnsclesatropn' '
.Vyanteu notreréponse affirmai ive.M. Finet décida ropér»|!^
et fit une résection des extrémités atteintes. L’opéruf' ,
réussit à merveille. On réséqua l’exlrémilé inférieure del *'
mérus et une partie de la tête du cubitus, en un mot on
leva la partie osseuse atteinte d’ostéite avancée. On c»
sitlà plaieet on appliqua un plâtre. Ce dernier nous s
d’abord comme appareil d’immobilisation tempora'*'®’ ^
suite comme appareil de contention, que nous dimiuuoo
fur et à mesure de la guérison.
LE PROGRÈS MÉDICAL
307
Vussilôtque la piaie fui fermée, nous commençions le
massage simple, sans mouvemenls ; puis le massage avec
lesmouvements appropriés et, enfin, le massage avec la réé¬
ducation des mouvements. Au bout de six semaines notre
petit malade pouvait déjà se servir de son bras et le faisait
marcher dans tous les sens. Malgré la guérison complète
dttbras deux mois après l’opéi ation, ce membre présenta
l'aspect d'un bras ballant, bras de polichinelle. Ceci résulta
del impossibilité dans laquelle on se trouvait de raccourcir
la capsule et les tissus préarticulaires.M. Finet proposa alors
due nouvelle intervention, destiné»- à corriger ce défaut. L’o¬
pération fut acceptée et faite avec une très grande habileté.
Quand l’espace an iciilaire fut ouvert nous procédâmes à
une-tamen méticuleux des tissus et des extrémités réséquées
et fûmes vraiment surpris devoir tout complètement trans¬
formé. Poinf de trace d'ostéite, les ttarties réséquées r/riscs sont
ia'emies blanches ; les muscles, qui étaient d’une coloration gri¬
sâtre, sont devenus rouge cramoisis-, les tendons blancs élastiques
sans aucune adhérence arec les organes voisins ; pas la moindre
iiifdtralion ; la capsule relâchée à la suite de la résection ne
présentait pas cet aspect infiltré qu'elle avait lors de la première
intervention. Pas de prolifération osseuse ; le périoste avait ten¬
dance de recouvrir la surface réséquée.
L’opération finie, notre ami Finet appliqua de nouveau un
appareil plàtié,i]ui, cette fois-ci, nous servit d'emblée comme
un appareil de contention. La plaie ne tarda pas à se fer¬
mer et nous co'.nmençâaics notre massage et la rééducation
des mouvements quelques jours après l’opération.
Au bout d’un mois, notre petit malade pouvait déjà seser-
Tirde nouveau de son bras, mais avec plus de correction ; son
brasest deveiiuun brasnormai, surtout, pendant que l’en¬
fant exécutait les différents mouvements indiqués.
Actuellement, notre petit malade a 13 ans. Il va à l’école
etsesertde son bras pour exécuter les différentes manœu-
Tres de la gymnastique scolaire. L’absence de 1 articulation
nelegêne point. Extérieurement, il est difficile de soupçon¬
ner que son bras gauche manque de celle articul dion, d’au¬
tant plus que, grâce à la rééducation des muscles de l'avant-
bras, celui-ci exécute des mouvements avec des défauts im¬
perceptibles. L’enfant lui-même, habitué à ces défauts, les cor
dge de façon à les rendre invisibles et, en effet, lorscpi'il
salue et donne la main droite, il met son chapeau dans la
Main gauche, ce qui est t ait à fait normal et donne au bras
gauche une altitude très correcte. Nous avons vu l’enfant
tMs jours-ci. Il va aussi bien que possible, n'a jamais rien
fessenti du côté du coude opéré, ni douleur, ni fatigue.
Celle observation a pour nous, massothérapeules, une
“puble importance. U’abord,ellc nous montre pour ainsi
T®' pièce en main, que les manœuvres massotbéra-
Ptqiies, méthodiquement appliquées, agissent d'une fa¬
çon réelle sur les tissus atteints de la tuberculose. En-
elle prouve que, réuni à la chirurgie orlhopédi-
pe, le massage méthodique pourra en une certaine me-
Ofe moditier la manière d’agir des chirurgiens et
^lahté*^'^ de rendre aux membres opérés l'nsage et la
l’application précédente des manœuvres mas-
Un <1^11® 1® des arthrites lubercu-
ses,-ces dernières tirent un grand profit, lorsque le
sécurP méthodique est utilisé comme Iraitemcntcon-
à l intervention orthopédique.
®®l‘mé maître, M. le prof. IIoffa,de Berlin, a
^"sinff massage méthodique aussitôt que le proccs-
Ici ip^^mmatoirecommence à s’allénuer sensiblemenl.
sabig®^®sagedevientun agentthérapeulique indispen-
lésioP^“‘‘l*^ller contre les atrophies occasionnées par la
réiakpfl P'^!' l^s appareils plâtrés ou autres. Le massage
caig ' m circulation, augmente ainsi la nutrilion lo-
à l'absorption des exsudats,à la transfor¬
mes tissus préarticulaifcs lésés en tissus élasti¬
ques, permet d'éloignerlesinfiltrations,et si le traitement
orthopédique ou chirurgical a pour but l'aukylose,
celle-ci ne sera que solidifiée par le massage, car le tissu
osseux subit aussi l'action nutritive du massage métho¬
dique. Il est à désirer que les chirurgiens ne laissent
point l'articulation traitée par eux jusqu'à l’ankylose
complète de celte articulation. Dans les cas d'une an¬
kylosé partielle, le massage méthodique permet d’oble-
nirune mobilité presque complète de cette arliculation.
Si l’articulation conserve après le trailement orthopédi¬
que une raideur, le massage méthodique arrive à la
vaincre relativement vite ; mais, dans ce cas, les ma¬
nœuvres niassothérapeutiqes, d’abord superficielles, en¬
suite profondes, ne peuvent être accompagnées de
mouvement gradués que lorsque toutes traces d'inllam-
malion possible sont éloignées. C’est celle constatation
qui oblige l’emploi du massage méthodique ou bien le
massage, exécuté parle massolhérapeute, et non le
massage des empiriques.
Noire confi'èrc Uagron préfère l'application du mas¬
sage méthodique au début de la lésion. >( Je pense,
dit-il, qu'il vaut mieux insister sur la valeur de noire
action dans la première période puisqu'elle peut arrêter
les défoi'malions,et dans la troisième période puisqu’elle
peut réparer ou tout au moins améliorer les dévia¬
tions des raideurs, (jes ankylosés et des atrophies mus¬
culaires. » [Revue de Cinésie, 1906, p. 65.)
En résumé, le massage méthodique ne peut être utile
dans le irailement des artriles tuberculeuses qu’à con¬
dition d’être exécuté par un médeciji massolheurapeiite.
Lui seul est en possibilité de rendre cet agent théra¬
peutique favorable, car grâce à scs études médicales cl
à son expérience, il peut se lendre compte de la mar¬
che de l'alfeclion traitée, et des modifications à apporter.
'Noire confrère le prof. Zabludowsky fait du massage
méthodique une sorte de pierre de touche. « Dans
les cas, dit-il, des arthrites sèches douteuses. le massa¬
ge permet souvent d’élucider la question » i Massage
en chirurgie, Wratch, 1898j.
Voilà pourquoi nous félicitons notre confrère Saquet_
d'avoir hardiment proclamé la nécessité d'application
du massage méthodique dans le Irailement des arthri¬
tes tuberculeuses et d’aller, pour ainsi dire, contre une
routine qui n’est basée que surrignorance à peu près
complète de l’action physiologique des manœuvres mas-
solhérapiques.
Comme conclusion de tout ce qui précède, voici com¬
ment nous pensons établir les indications et les con¬
tre-indications du massage méthodique dans le traite¬
ment des arthrites tuberculeuses :
Toute arthrite sèche ou congestive mal définie ou
douteuse doit être soumise et de bonne heure au trai¬
tement par le massage méthodique. Le massothéra-
pculc utilisera selon ses conceptions d’abord les ma-
nu'uvres superficielles et légères et ensuite les manœu¬
vres profondes accompagnées des mouvemenls [)ro-
gressifs.
Le massage doit être ariôté lorsque les phénomènes
inflammatoires deviennent plus intenses. D’une façon
générale, bien fait le massage méthodique n’accélère
jamais la douleur ni la congestion locale.
Les arthrites luberculeuses congestives et plastiques
tirent également un grand profit du massage méthodi¬
que. .Mais, dans ces cas, le massage devient un auxiliaire
du Irailement orthopédique.
L’arliculaiion malaJe doit être isolée par un appa¬
reil approprié de tout choc et de la fatigue de la mai-
308
LE PROGRÈS WÉDIGAL
che. L’appareil doit être fait de telle sorte qu’il puisse
s’enlever facilement pendant les séances du massage.
Celles-ci sont d’abord d’une courte durée; ensuite elles
deviennent plus longues suivant la marche de lagué-
rison delà lésion et la tolérance du malade.
Toute arthrite fongueuse ou suppurée ne peut pas
être soumise au traitement massothérapique.
Mais, après l'intervention chirurgicale, le massage
méthodique réuni à la rééducation des mouvements,
peut non seulement soulager la malade, mais aussi
abréger notablement la durée de la maladie.
Ici les manœuvres massothérapiques sont presque
seules capables de rétablir la fonation du membre malade
et lui rendre sa vitalité. Aidé par la rééducation des
mouvements, le massage méthodique transforme dans
un temps relativement court le membre impotent en
membre vigoureux, ce qui abrège considérablement la
durée de l’infirmité.
Cette dernière indication suffirait à elle seule pour
justifier l’utilisation du massage méthodique dans le
traitement des arthrites tuberculeuses.
N A RC Y L G RÉMY médicament spécifi¬
que de la toux, spécialement de la toux des tu¬
berculeux.
BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL
Les débouchés pour les jeunes docteurs.
La situation des praticiens devient de plus en plus
difficile. Sans parler de la concurrence désastreuse
qui nous est faite par les rebouteurs, les masseurs, les
électriciens et autres guérisseurs sans diplôme, et que
le proche congrès contre l’exercice illégal de la mé¬
decine mettra bien en relief, nous voulons nous arrê¬
ter un moment à l’encombrement de la carrière par
ceux qui ont réellement le droit d’exercer. La pléthore
se fait surtout sentir dans les villes. Les jeunes doc¬
teurs aiment peu la campagne et surtout ils n'aiment
pas le dur métier du médecin de campagne. Ils préfè¬
rent attendre dans une ville cinq et dix ans pour avoir
une clientèle qui les nourrira. La spécialisation a,
pendant un certain temps, donné un débouché; lesvil-
les d’eaux ont permis à un certain nombre de collègues
de se caser, mais tout cela a une limite et sous peu
il faudra bien se décider, soit de végéter pendant des
années dans les villes, soit de gagner presque immé¬
diatement sa vie comme médecin de campagne, soit de
s’expatrier. Nos colonies offrent des situations assez
bien rétribuées. Le rôle qu’y jouera le médecin sera
très important par le caractère pacifique que prend
aujourd’hui la colonisation et tentera plus d’une jeune
énergie. Les Anglais nous ont donné l’exemple, nous
les imiterons, quoique les conditions matérielles des
situations coloniales soit beaucoup moins brillantes
chez nous. Quels sont, en dehors de nos possessions
françaises, les pays où un docteur français pourrait
s’établir ? Nous sommes en mesure de donner à nos
jeunes confrères les renseignements qu’un Etat voisin
a fait recueillir pour ses sujets. En Grèce, il v a trop
de médecins ; en Roumanie il faut passer un Vxamen
et savoir la langue du pays. La vie y est chère, Ipj'
habitants sont pauvres, donc peu de chance de réussiri
En Russie il en est de même. La Serbie admet to®
les diplômes étrangers. Les iVlleniands- ont déjà profita
de cette faveur et ont inondé les villes de leurs docleunj
En Angleterre, et surtout dans les colonies anglais^
on n’admet à l’exercice de la médecine que les médeciî^
pourvus du diplôme anglais. Deux pays méritent, par
contre, plus d’attention : la Perse et la Turquie. Les
séjours réitérés qu’a faits le Shah à Contrexéville, 1»
sympathies des jeunes Persans riches pour notre paj-s.;
faciliteront un établissement. Cependant le Shah lîii-
même payant très mal, les sujets ne payent pas du tout
C’est dans les grandes villes, que les chances seront donc'
les meilleures. En Turquie, il en est de même, surloute^
Turquie d’Asie. Ici encore le pays est pauvre, mais les
villes offriront de la ressource à un praticien habile et
remuant. En Egypte, nos compatriotes ont la prèle-:
rence. 11 n’y a pas d’examen à passer, le simple en»
gislrement du difslôme suffit. lœ Maroc" devrait tenter
les Français. Le D'' Weissgerber, docteur des facultéc:
de Strasbourg et de Paris, a pratiqué à Casablanca. lU
fort bien réussi, a été pendant six mois médecin do
grand-vizir, et a fait des voyages du plus haut intérêt!
dans l’intérieur du pays. En Amérique, il faut obtenir
la licence d’exercer: tout docteur français sachant l'an¬
glais peut, en peu de temps, préparer l’examen d’ad¬
mission. Les médecins américains sont cependant très'
protectionnistes et l’exercice d’une spécialité est presque;
nécessaire. Les Etats de l’Amérique Centrale n’offrentl
aucune sécurité. j
Le Brésil exige un examen en langue portugaise eh
les spécialistes y sont recherchés. Au Mexique, ilV*]
beaucoup' de médecins étrangers qui réussissent Wj
bien. Dans la capitale, m’a-t-on assuré, un nîédec«|
français aurait de l’avenir. Un examen en langue,
espagnole est obligatoire depuis peu de temps-
République Argentine est fermée aux médecins étraU'
gers. En Australie (en partie du moins), tout médeciu
étranger sera le bien venu et bien vu. Le Japon •
suffisamment de médecins, la Chine admet les étran¬
gers, seulement dans les provinces frontières, l^u®^
nous résumer, les chances, dans presque tous les pa^
étrangers, sont maigres ; il faudra. viser surtout ^
Maroc, la Perse, la Turquie, l’Egypte, les Etats-b'®**"
pour ceux qui savent l’Anglais, et le Mexique po**^
ceux qui parlent espagnol. 11 serait à souhaiter queO®
médecins aillent plus facilement pratiquer hors
France. Ils y gagneraient personnellement et re®
draient de grands services à leur patrie. D" Frï®*^
Ouvertures de cours. ^
M. le !)'■ lîABiNSKi a commencé sauieili, 5 mai, une
conférences cliniques sur les aflections du système
Ces leçons sont très suivies par un auditoire trop jol ;
pour ranii)hiié<àtre si exigu. M. Rabinski, quoiqu’il
pas professeur, ni même agrégé de la Faculté, doit le
à la clarté de son exposition, à la simplicité de son
surtout aux sujets intéressants, qu’il traite, l’as de .
sonores et ronflantes, pas de gestes de bateleur, pa® r ^ ]
de mise en scène. On sent ({uc tout ce que dit ce cliui®'®^ jp '
le résultat de Fithscrvation et ne sort pas des livres e
LE PROGRÈS MEDICAL
r
\1 Babinski, dans sa première leçon, a mis au point ce quon
comprendre par le mot hystérie. La définition et
î^cte connaissance de cette affection était un besoin, car
Len’a-t-on pas mis sur le dos de l’hystérie ! Quand on est
^rrassé, quand un fait clinique ne peut pas être placé dans
jj des tableaux connus, on a recours à l'hystérie. 11 faut donc
ijen étudier un malade qui présente des éruptions ou de la
tjvie avant de mettre ces symptômes sur le compte de la
^TOserLe plus souvent, c’est une éruption toxi-alimen taire
jjune lièvre tuberculeuse, souvent aussi une simple super-
dierie du malade qui veut se rendre intéressant.
M. le D" Dalché a commencé également à la Pitié une série
deleçons cliniques sur la gynécologie médicale. M. Dalché,
qui est un spécialiste des maladies des femmes, a exposé la
possibilité de traiter ces maladies par des moyens purement
aédicaux soutenus par un traitement local et a insisté sur ce
fiât que bien souvent un traitement médical bien conduit
inte l’opération, l’exérèse, qui n’est jamais exempte de dan¬
ger et est toujours une mutilation. 11 faut être conservateur
ioutrance et pour cela il convient de connaître d’abord bien
les maladies des femmes et ensuite les moyens propres pour
ks guérir. M. le D'' Dalché a esquissé en grandes lignes cette
thérapeutique et continuera la série de leçons par la présen¬
tation de malades et par l’exposition des moyens qu’il
«ploie.
Leau oxygénée chimiquement pure et neutre ne peut
être obtenue qu'en diluant le
PERHYDROL-MERCK, titrée à 100 voi.
SOGlÉrÉS SAVANTES
SOCIÉTÉ DÉ BIOLOGIE
Séance du 12 mai.
Epreuve de l'alcool en pathologie gastrique.
M. Carnot. — La valeur sécrétoire de l’estomac peut être
Vouvée par l’alcool. Ingurgité en petite quantité, il déter¬
mine une sécrétion gastrique qui, analysée après avoir été
miirée par tubage au bout de 3/4 d’heure, donne les résultats
Wivants :
"Sur les estomacs normaux, la réaction est chez tous à peu
près identique. Les estomacs pathologiques réagissent soit
^rec excès et il y a sécrétion hyperacide ou hyperpeptique.
autres (cirrhoses atrophiques, cancers), ne donnent aucune
motion et le liquide retiré n’est ni acide, ni peptique.
bans les gastrites éthyliques, la sécrétion n'est pas acide,
peut digérer l’albumine après acidification. D’autres
nmacs sécrètent du mucus en surabondance.
Bactériologie de 45 cas d'oreillons.
ÉSMEiN. — Le sang prélevé chez 45 malades
33 J d’oreillons a 37 fois donné des résultats positifs ;
Sienf ^ ^ microcoque, 30 fois pur, 2 fois associé au
jQi^j^^Oue, 1 fois à un bacille, 3 fois un coccobacille à
La éléments cocciens, 1 fois un bacille allongé et fin.
9 fQij*®^bve parotidienne de 10 malades, ensemencée, a donné
P’rr positif 6 fois donnant le même micfocoque
elie’p. microcoque associé au streptocoque de la bou-
*dttoco* malade à durée prolongée avec accidents, le
fut retrouvé dans l’enduit d’une angine pultacée
?mmatite, dans le pus de furoncles et d’abcès de la
^uide retrouva aussi dans le
^oignp a ^ vieillard atteint d’une forme
Ce mi méningite cérébro-spinale.
de provenances diverses a des caractères
<^'est xm ^^oes et biologiques, et peut exalter sa virulence ;
**86 aver '‘jmooque tétragène septique, pouvant être iden-
et 1 U* Éaveran et Catrin (1892; celui de Mc
^ diffère^*” ®®m (1897), Carrère (1902).
oces sont insignifiantes et dues à ce que les études
microbiennes n’ont pas, sur chacun, été poursuivies assez long¬
temps.
Les auteurs s’appuyant sur le nombre de leurs expérien¬
ces, les examens bactériologiques, cultures en sérié, séro-ag-
glutination, action pathogène, pensent que le microcoque
ainsi trouvé et identifié joue un rôle important dans la patho¬
génie des oreillons et admettent que cette infection est une
infection tétragénique à forme de septicémie atténuée. Ce
qui n’est nullement invraisemblable, car les tétragènes don¬
nent naissance à des inflammations locales simples ou sup-
purées siégeactau niveau des orifices naturels où le tétragène
est souvent latent ou dans des organes contigus à ces orifices.
Hypothyroïdie et auto-infection périndique.
MM. Lévi et h. de Rothschii.d ont observé un enfant de 4 ans,
hypothyroïdien qui, pendant 7 mois, eut de l'amygdalite à ré¬
pétition avec vomissement, délire, hypersthénie. Le traitement
thyro'idien prolongé 3 mois fait disparaître les accidents, qui
réapparaissent à la suite d’une rougeole et d'une varicelle. 11
s’agissait là presque expérimentalement de l’influence du ter¬
rain sur l’auto-infection. Dans ces amygdalites à répétition,
dans les érysipèles menstruels, il est donc bon de rechercher
si le trouble endo-critique (souvent thyroïdien) ne permet¬
trait pas d’appliquer le traitement opothérapique.
Trypanosomiase humaine.
L. Thiroux. — Comme le sérum des animaux dourinés,
cactérès ou noganés, le sérum des animaux atteints de trypa¬
nosomiase peut être légèrement préventif. Chez deux malades
observés à St-Louis (Sénégali dont le liquide céphalo-rachidien
renfermait des trypanosomes, on a infecté des souris blan¬
ches avec le trypanosoma gambiense, 14 sont mortes, de 17
jours à 7 mois après l'inoculation, sauf une qui a guéri. Le
sérum a donc présenté une activité constante, mais inégale.
Les malades n’ont jamais présenté de trypanosomes dans le
sang. Le sérum des patients a été sans action curative ni mo¬
dificatrice de l’infection . E. P.
ACADÉMIE DE MÉDECINE
Séance du 8 mai.
La syphilis expérimentale.
M. Metchnikoff expose les recherches qu’il a faites avec
M. Roux pour l’atténuation de la syphilis. Les tentatives pour
obtenir un sérum antisyphilitique sont restées incertaines.
L’atténuation du virus sur les singes inférieurs donne peut-
être un plus d’espoir d’obtenir un vaccin. Mais si les effets
immédiats semblent très affaiblis, on ignore encore absolu¬
ment l’effet à longue échéance de ces syphilis en apparence
atténuées. Par contre, l’emploi préventif des frictions mercu¬
rielles a donné les résultats les plus constants et les plus favo¬
rables. Douze singes ont été inoculés, soit aux parties génita¬
les, soit aux arcades sourcilières et frictionnés d’une heure à
dix-huit heures et demie après l’inoculation, avec des pom¬
mades au calomel, au précipité blanc et au salicylarsénite de
mercure. Le résultat a été toujours le même : le virus syphi¬
litique restait sans effet. Et cependant les virus employés
dans ces expériences étaient bien virulents, car ils provo¬
quaient chez les singes témoins, non soumis au traitement,
l’accident primaire typique. Plusieurs des singes ayant résisté
grâce à l’emploi de ces pommades, ont été, dans la suite,
inoculés de nouveau avec du virus syphilitique. Ils mani¬
festèrent plus tard l’accident primaire typique, ce qui prouve
qu’ils ne possédaient point l’immunité naturelle vis-à-vis de
la syphilis.
L’effet préventif parut assez régulier pour autoriser l’expé¬
rience d’un jeune étudiant qui voulut essayer sur lui-même
l’effet abortif de la pommade au calomel sur l’inoculation
syphilitique. Avec le concours des D * Queyrat, Sabouraud,
Salmon, trois inoculations de virus provenant de deux chan¬
cres indurés sur deux sujets différents furent faites à la
verge. Une heure après, les petites plaies furent frictionnées
pendant cinq minutes avec une pommade à 10 gr. de calomel
pour 3 ' gr. de lanoline. .Après plus de trois mois, ce coura¬
geux étudiant n’a pas présenté la plus légère lésion spécifique.
LE PROGRÈS MÉDICAL
« Il faut, dit M. Metchnikoff, en conclure que, malgré une
inoculation de virus syphilitique, incomparablement plus
abondante que celle qui se fait dans les conditions naturelles,
notre jeune patient est resté complètement indemne de la
syphilis. Cette immunité ne peut être attribuée à l'innocuité
des virus employés, car, dix-sept jours après le début de l’ex¬
périence, les deux macaques témoins, non traités avec la
pommade, ont présenté le long de l’arcade droite des lésions
tout à fait pareilles à celles de tant d’autres macaques syphi¬
litiques de nos expériences. Mais, tandis que chez un des
deux témoins, l’accident primaire a guéri dans l’espace de
trois semaines, chez l’autre il s’est fortement développé et il
est encore visible, plus de deux mois et demi après son
apparition).
Ces espériences diverses fournissent donc la preuve que la
pommade au calomel, appliquée une heure après l’inocula¬
tion du virus syphilitique, est tout aussi capable d’empêcher
l’éclosion de la syphilis chez l’homme que chez les sin^jes .
Elle prouve aussi qu’après vingt heures la pommade n’a plus
exercé d’action préventive.
De l’ensemble de ces faits, observés chez l’homme et chez
les singes, on est en droit de conclure que la pommade à
base de calomel peut être utilisée dans la prophylaxie de la
syphilis. Des expériences ultérieures, dont quelques-unes
sont déjà en train, préciseront les détails de l’emploi pré¬
ventif des pommades mercurielles.
M. Hallopeau rappelle que Neisser, dans des expériences
analogues, a eu certains insuccès. L’emploi préventif de la
pommade au calomel ne doit donc pas inspirer une sécurité
absolue qui pourrait être trompeuse. M. Hallopeau demande
en outre si cette pommade ne produit pas d’irritation.
M. Metchnikoff croit à une différence technique dans la
méthode de Neisser, car pendant longtemps ce dernier n’a
pas réussi dans ses tentatives d’inoculation chez le singe. —
Les pommades au calomel et à l’énésol ne sont pas irritantes
et sont bien tolérées. Mais il n’en est pas de même avec
l’onguent gris.
Traitement des anévrysmes par l’hypotension artérielle.
M. Huchard, dans trois cas d’anévrisme de l’aorte, a obtenu
une très grande amélioration par une thérapeutique s’adres¬
sant avant tout à combattre l’exagération de la pression
artérielle.
Le repos, le régime lactovégétarien sont la base du traite¬
ment. La suppression de la viande et de ses toxines qui élèvent
considérablement la pression est surtout très importante
Les médicaments ont été rares et modérés (trinitine. tétra-
nitrol, petites doses d’iodure). Les cures thermales faites avec
ménagements, ont parfois donné un soulagement réel.
Sans revenir aux grandes saignées de Valsalva, M. Huchard
croit à l’effet palliatif d’émissions sanguines modérées. En cas
de crises dyspnéiques et de complications, la détente qu’elles
produisent est immédiate et très utile.
En effet, conclut M. Huchard, si le mal esta l’aorte, le dan¬
ger est surtout aux reins. L’hypertension produite par l’ané¬
vrysme est une menace permanente de sclérose rénale et
d'urémie . A son tour, par un véritable cycle morbide, la sclé¬
rose augmente l’hypertension. Combattre et éviter celle-ci est
donc la véritable indication thérapeutique.
Séance du 15 mai.
La syphilis experimentale.
M. Metchnikoff signale une différence profonde entre ses
expériences et celles de Neisser. Au lieu de faire l’inoculation
par scarifications superficielles, Neisser pratique des piqûres
profondes. L’action préventive de la pommade au calomel de¬
vient par suite bien plus incertaine.
Cependant d’après des renseignements donnés à M. Levy
Bing, Neisser aurait encore empêché l’inoculation dans 50 °/o
des cas. Ses expériences restent donc plutôt en faveur de la
méthode.
Le Pouchet signale que vere 1850 le savon mercuriel eut
une période de vogue comme moyen préservatif de la syphilis.
Mais son emploi, fait d’ailleurs dans les conditions les plus
incertaines, donna de nombreux insuccès.
Traitement des opacités cornéennes.
M. d’Arsonval présente une note de M. Sulzer sur les résui
tats donnés par les moyens physiques (lumière très viy
radiothérapie) dans les opacités cornéennes. Ce travail se»
l’objet d’un rapport de M. Chauvel.
Prophylaxie delà rage.
M. Martel montre parles résultats obtenus en AllemagiK
et en Angleterre et par la comparaison des statistiques fraj.
çaises que le seul moyen de diminueret même de faire dà.
paraître la mortalité par la rage serait la surveillance et la caj.
ture des chiens errants.
Le sérum vaccinal pur.
M. Kelsch mont' e que le sérum vaccinal de l’Académiei
pu très avantageusement employer la pulpe vaccinale paît
recueillie aseptiquement dans des tubes stériles. L’addition è
glycérine n’est pas nécessaire ainsi que l’ont montré les eipà
riences deM. Combler pour purifier la pulpe. Mais elle dimi
nue beaucoup le nombre des résultats positifssurtout au boa
d’une quinzaine de jours. L’activité de la pulpe pure se mai»
tient trois semaines et plus.
Les casernes h y g iéniques .
MM.Le.\ioine et Simonin, d’après une enquête portant siu
134 casernes, montrent que l’insalubrité dépend avant tout dt
l’entassement et de l'agglomération. Les casernes neuves mas
renfermant un effectif très nombreux, les casernes des villa
très populeuses sont les plus insalubres. 11 faudrait donc
avant tout de petites casernes ne recevant que des effectiÊ
restreints. A.-F. Plicqce.
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAL X
Séance du T mai.
M. ANTONY,e.n rappelant la communication de M.Bergé.à b
séance précédente, rappelle un cas semblable . A la suite d’u«
immersion dans l’eau froide, il se développa une pneumon*,;
à pneumocoques de la base gauche, suivie d’une bronchüt
généralisée. Une expectoration putride dura deux mois sans
qu’il y ait eu dessignes de gangrène pulmonaire. M.
n’admet pas,non plus, l’origine nécessaire des germes putride
dans l’eau avalée .
Hyperte?ision par rétention chlorurée et la cachexie
cardio-rénale.
M. L. Rénon, comme MM. Bergougnou et Fikssinger,®
accord avec les idées de M.Vl. Ambard et Beaujard, dit avo«
observé un cas de néphrite interstitielle, où la relation causw
entre l’hypertension et Thyperchloruration était des P*”’
nette. L’alimentation très salée et très chlorurée expliQ®®
l’hypertension (28) et la dyspnée intense. La diète hydrique
solue, et puis un régime achloruré firent disparaître les e
dents. MM. Bergougnou et Fiessinger ont trouvé lupatà*^
nie de la cachexie cardiorénale en une rétention chloru^
excessive. M. Rénon avait déjà émis cette hypothèse
Verliac, en 1905, et a conçu l’idée d’une amélioration
sible de la cachexie cardiorénale par une déchloruration P
longée.
Nouveau signe de pyopneumothorax :
succussion horizontale.
M. Chauffard a observé trois cas de pyopneumothora^^^^
la succussion, manquant dans la position assise, j
nettement dans la position couchée ou inclinée. Pour
ait bruit de clapotage, il faut peu de liipide et Beaucoup^
dans la cavité pleurale. S il y a peu d’air, la caisse df
nance manque et le clapotage ne se fait pas ou du
pas perçu. L’auteur explique ainsi l’apparition de la s" j.^
sion dans les pleurésies purulentes ponctionnées. ° • jjjjt
croyait à la création d’un pneumothorax, qui de çp
déjà antérieurement et devenait simplement perceptm^ ^
la diminution du Ihiuide par rapport à la couche
Chauffard a démontré sa théorie avec deux bouteille®
nant du liquide. La succussion de la bouteille presque P
LE PROGRÈS MÉDICAL
311
FF
Je dans la position verticale, devient nette dans la situa-
J^horizontale . Emerson a déjà signalé le fait en 1903.
^ Beccêre a observé des cas de pyopneumothorax, où la
jiussion, visible à l’écran radioscopique, n’était pas percep-
^àPTeille. MM. Vaquez et Achard ont fait les mêmes
i^rva tiens que Beclère.
Tic douloureux de la face guéri par la radioscopie.
jpl, Beclère et IIaret rapportent l'observation d’un ma-
dje, atteint de névralgie faciale épileptiforme, auquel on
jflit arraché les dents, réséqué te nerf maxillaire et le gan-
. ..{ondeGasser, sans succès durable et qui fut guéri par le
I jjitement radiothérapiriue.
’ Anévrysme de l'aort" avec rupture dans l’œsophage.
\IM. Hirtz et Lemaire ont observé ce cas. L’anévrysme
^vrit dans l'oesophage et amena une hématémèse mortelle.
Iliéflexe œsophago-salivaire très intense est attribué à l’irri-
mon du pneumo-gastrique, qui se trouvait comme disséqué
pirlorifice de perforation.
Séance du 11 mai.
Le D'^ OuviER (de Newcastle), membre correspondant de la
Société, a traité la question de l’emploi des caissons pour les
|avaux des ponts et des maladies causées par l’air comprimé.
1» montré l’emploi, la construction, le mécanisme de la
-^pression et de la décompressioil de l'air, et a surtout
‘•rtndié les causes et les symptômes de la maladie des caissons.
Ce sont, d’après lui, la décomposition trop rapide et la vicia-
lloa de l’air, qu’il faut incriminer. L’auteur a étudié leurs
, eflelssur des animaux et a montré, pardes coupes, des lésions
[■cérebrales, médullaires et hépatiques provoquées.
Migraine thyroïdienne.
MM. L. Levi et 11. DE Rothschild ont amélioré des migrai¬
nes par le traitement thyro'idien et décrivent une forme thyro’i-
diennede cette aiïection, fondée sur refQcacité du traite¬
ment thyro'idien.les signes d’hypothyro’idie, l’action autothéra-
Mue de la grossesse, l’influence de la vie sexuelle sur la ma-
Bdie (apparition à la puberté, disparition à la ménopause.)
tlle est précoce ou tardive, héréditaire ou acquise, union bi-
"terale. Elle dure quelques heures, quelquesjours, s’accom-
j^gnede vomissements. D'ai leurs, d’autres variétés de cépha¬
lées sont améliorées par le traitement.
yuleur diagnostniue des s 'gnes physiques, du bruit de flot
en I articulier, au cours de T hydropneumothorax.
a étudié la valeur du bruit de Ilot et conclut
P®".*' donner un résultat négatif, car ilfaut
bruit de Ilot une tension gazeuse intra-
^ uraieen rapport avec leliquide, tension d'autant plus fai-
«e qu ü y a moins de liquide.
3I P ^'^“iission doit toujours être faite sur le sujet couché,
d'nnp amphorique ne nécessite pas celle
bronchique. Le souille amphorique peutaccom-
^ tintement métallique,
tnle indique presiiue sûrement la persistance de la fis-
fièvre hystérique che: l'enfant.
de fièvre liystérique chez une lilli
«ontA i d y ait eu supercherie. Le thermomètre
Wésennn V* ne faudrait pas s émouvoir er
‘‘«mblpf “ surtout si on ne constate jias il
graves de la santé générale. Friedel.
Séa de médeci.ne de paris
"ce du 12 mai iyo6. — Presiuenci: ni: M. Desnos
I président.
)il nat ouverte à 4 heures 50.
d Général donne lecture du procès
"ttniité ^ réunion qui est adopté à l’uaa
'«primée. — Journaux habituels
I ‘le des Hàpitau.v.
Correspondance manuscrite. — 1° Lettre de M. le D^
Léon Bizard, 14, rue de Maubeuge, officier d’ Académie,
E osant sa candidature au titulariat. Parrains ■ MM. Du-
ar et Monel. — 2“ Lettre de M. le D'' Edgar repasse, 74,
rue de Rennes, médecin du sénat, chevalier de la Légion
d’honneur et officier de l’Instruction pubhque, ayant
le même objet. Parrains : MM. Buret et Dubar. — Ces
deux candidatures sont prises en considération.
M. Duclaux donne lecture de son rapport sur la can-
diture du D’’ Blondin au titulariat.
Rapport sur la candidature du Blondin
au titulariat ;
Parle D' H. DUCLAUX.
Messieurs,
Notre confrère, le D' Blondin, ancien interne des hôpitaux
de Paris, qui sollicite son admission parmi nous, nous ap¬
porte, à l’appui de sa candidalure, un très intéressant travail,
qu’il vous a lu à la précédente séance, sur un cas de pouls
lent permanent ; il vous a d’abord raconté l’histoire de ce.
malade qu’il a pu suivre à Lariboisière dans le service de ses
deux maîtres,Galliard et Landrieux, histoire assez particulière
comme je m’en vais vous le rappeler brièvement. 11 s'agit, en
effet, d’un homme de 51 ans, qui, deux ans auparavant, fut
pris d’une première crise nerveuse caractérisée seulement par
delà perte complète de connaissance. L’est un homme sans
aucune tare, pas de syphilis, pas d hystérie, aucun trauma¬
tisme. aucune maladie antérieure ; il est cependant éthyli¬
que avéré ; ses crises, épileptiformes et jamais syncopales,
sans morsure de la langue, sans émission involontaire d’u¬
rine ou de matières, au début mensuelles ou même bimen¬
suelles, devinrent plus fréquentes, au point de se renouveler
20 ou 25 fois par jour. L’examen du malade permit immédia¬
tement de porter le diagnostic de pouls lent permanent : les
battements cardiaques étaient au nombre de 20 environ par
minute ; les artères étaient légèrement dures ; pas d’albumine
dans les urines. Tout l’arsenal thérapeutique fut mobilisé
pour tenter l'amélioration de ce malade dont l'état paraissait
désespéré, les crises se répétant au point de devenir presque
subintrantes. Une amygdalite lacunaire ijui porta pendant
trois jours la température du malade à 40°, permit de faire
une remarque intéressante, déjà signalée par quelques au¬
teurs. à savoir que. malgré la fièvre, le pouls garda son même
degré de ralentissement. Enfin M. Landrieux eut l’idée de
faire sur la région précordiale des stypages au chlorure de
métliyle, dont l’effet fut merveilleux, puisque du jour au
lendemain les crises disparurent ; le pouls, d’abord accéléré
(00 pulsations), retomba malheureusement à 30 ou 35. Néan¬
moins létatdu maladeétaitredevenu excellentlorsqu il quitta
l’hôpital.
Cette observation a suggéré au D'- Blondin d’intéressantes
réflexions, en particulier au point de vue étiologique et pa-
ttiogénique. Par quelle cause connue expliquer ce cas de ra¬
lentissement du pouls? à une affection valvulaire du cœur ?
l auscultat’ftm n’en révélait aucun symptôme ; à la syphilis?
le malade la niait énergiquement et n’en présentait aucune
trace : à un traumatisme ? il n’en avait jamais sulii ; à Tal-
Imrnine ? ses urines n’en présentèrent jamais ; à l’iiystérie?
il n’en avait aucun stigmate ; il était enfin athéromateux.
Aussi le Dj Blondin pense qu’il faut, dans ce cas, se rabattre
sur la théorie nerveuse, théorie qui incrimine le défaut
d’irrigation bulbaire pardes artères athéromateuses ; nous
montrant très clairement ce que la physiologie nous apprend
à ce sujet, nous apportant également des preuves cliniques
à l’appui deces théorie'. Pensant que l’action bienfaisante du
stypage doit s’expliquer par un réflexe centripète d’origine
cutanée, agissant sur la bulbe ou la circulation bulbaire, le
D" Blondin conclut finalement pourexpliijuerson cas de pouls
lent permanent à une action bulbaire,d allures très complexes,
nous montrant encore une fois combien la maladie de
Stockes-.Adams est encore, pathogéniiiuement, obscure et dif¬
ficile à interpréter.
Messieurs, le D'^ Blondin a .ait sa thèse surle rôle du bacille
de Koch dans la genèse de certaines cirrhoses du foie dites al-
312
LE PROGRES MEDICAL
coolictues. Reprenant la théorie défendue par Triboulet et
Jousset. il nous montre, dans des observations personnelles,
où il trouve le bacille de Koch, soit dans le liquide péritonéal
par l’inoscopie, soit dans le foie, par inoculation au cobaye,
que certaines cirrhoses hypertrophiques dites alcooliques sont
peut-être d’origine tuberculeuse, et qu’en tous cas elles sont
bacillifères ; que le bacille de Koch produisant des lésions
multiples au niveau du foie, peut, en dehors des lésions clas¬
siques, déterminer la sclérose, le plus souvent hypertrophi-
(jue ; qu’il y a lieu de rechercher, pas les divers moyens d in¬
vestigation que fournit te laboratoire, si, à côté des cirrhoses
indubitablement alcooliques, on n’a pas souvent aflaire à des
cirrhoses bacillaires latentes, méconnues par la clinique, et
qui passent souvent inaperçues à J’autopsie ; qu’enfin, la cu¬
rabilité plus grande de certaines cirrhoses hypertrophiques,
se montrant spontanément ou après un traitement chirurgi¬
cal ou médical, pourrait, en certains cas, s’expliquer par l’ori¬
gine tuberculeuse des lésions, leur évolution se faisant au
niveau du foie comme elle se lait au niveau des autres organes.
Le D'' Blondin a présenté à la Société médicale des hôpi¬
taux, avec son maître le docteur Caussade, une ulcération de
la langue de nature difficile à déterminer, qui lui permit de
discuter successivement le diagnostic de syphilis, de tuber¬
culose, d’actinomycose, de zona.
11 a également rapporté à la Société médicale des hôpitaux,
avec son maître Landrieux, l’histoire très intéressante d’une
malade atteinte de cholécystite suppurée au cours d’une fiè¬
vre typhoïde, qui fut opérée par le D" Cunéo ; l’intervention
permit de retirer quelques calculs, dont l'un gros comme une
cerise ; le liquide purulent et la bile contenaient du bacille
d’Eberthà l’état de pureté, ainsi que le montrèrent les procé¬
dés habituels de laboratoire. La vésicule fut abouchée à la
peau et la maladeguérit sans incidents.
' Ainsi que vous pouvez le voir, le docteur Blondin est un
travailleur, doué d’un esprit très clair d’observation ; c’est
également un médecin très dévoué à ses malades, ce qui lui
valut la médaille des épidémies alors qu'il était interne à
Tenon ; c’est aussi pour nous un ami fidèle et dévoué, d’une
franchise et d une loyauté à toute épreuve dont nous sommes
heureux de vous proposer l'admission dans notre société.
Les conclusions favorables de ce rapport sont mises
aux voix et adoptées; le vote définitif aura lieu dans la
prochaine séance.
M. Vian donne communication d’un cas assez rare de
métastase d’un cancer des parties molles delà cuisse.
Métastase d'un cancer des parties molles de la
cuisse ;
Par M. le U' VIAN.
Le 29 septembre 1903, entrait au pavillon de chirurgie
de Sainte-Anne, une femme de 61 ans, venant du service
de M. le D' Toulouse, à Villejuif.Cette femme présentait,
à la face interne de la cuisse, à sa partie moyenne, une
tumeur oblongue, mobile transversalement, splide. Les
ganglions inguinaux n’étaient pas sentis.
Mon maître, M. Picqué, opéra cette malade quelques
jours après. Après incision sur le bord interne du cou¬
turier, lequel est rejeté en bas, on tombe sur la tumeur.
Celle-ci est blanchâtre, multilobée, avec un pédicule
très petit au niveau de la gaine des vaisseaux fémo¬
raux. Par suite d’adhérences à la veine, la dissection en
est très délicate, l’hémostase difficile.
L’examen, pratiqué par M. Dagonet, donne les résul¬
tats suivants ; parties formées de tissu conjonctif fi¬
breux, mais peu abondantes relativement à celles qui
sont constituées par des cellules fusiformes conjonctives
à extrémités effilées. Plus abondantes encore se trou¬
vent les fibres musculaires lisses à noyaux allongés et
en. forme de bâtonnets. Elles sont réunies’ en faisceaux
ui s’entrecroisent en tous sens. 11 s’agit donc ici d’un
bro-myome ayant son origine dans la couche muscu¬
laire de la veine fémorale.
A. la fin du mois d’août 1904, la malade présente une
récidive. Elle revient au pavillon à la fin de septembre
1904, avec une tumeur récidivée delà grosseur du poin |
M. Picqué pratique une nouvelle intervention,*^ nu;'!
par suite de son adhérence large aux vaisseaux,' la tnj
meur ne peut être enlevée que partiellement ; et queL
ques jours plus tard l’amputation de la cuisse dut êlrè
pratiquée.
L’examen que je fis de cette nouvelle tumeur me donna
les résultats suivants ; quelques amas de cellules-
rondes, petites, à gros noyau ovo'ide,à protoplasma clair ’.
nombreux amas de cellules fusiformes petites, à noyaà '
ovoïde : toutes ces cellules sont enveloppées dans un
stroma de fibres conjonctives assez abondant. Ellessont
disposées concentriquement par rapport aux vaisseaux, 1
dont le plus grand nombre sont sans paroi propre. Quel-
ques vaisseaux pourtant présentent une paroi propre
formée de lamelles concentriques avec un endothélium
très net et proliférant.
11 s’agit donc bien d’un sarcome fasciculé, ou plus
exactement peut-être de fibro-sarcqme.
Le diagnostic microscopique devait recevoir confir¬
mation quelques mois plus tard. En effet, la malade nous
revient au Pavillon au mois de novembre dernier pour
une tumeur dorsale évoluant depuis trois mois avec ra¬
pidité, mais sans provoquer de douleurs.
A l’examen on constate qu’elle est formée de deux par¬
ties, l’une plus volumineuse située à gauche de la co- i
lonne vertébrale au niveau de la gouttière, l’autre plus
petite à droite, semble indépendante. Pas de trace de j
généralisation viscérale. Etat général satisfaisant.
L’opération est pratiquée quelques jours après sou
entrée. Par une longue incision parallèle à la série épi¬
neuse, on arrive sur la tumeur située au-dessous des
muscles, très largement adhérente à la paroi costale;
les?', 8' et 9” apophyses épineuses sont détruites. Les
deux tumeurs ont des rapports intimes de contiguïté. U
est impossible d’enlever en totalité la surface d’implan¬
tation Réunion incomplète, drainage.
Mais la tumeur continuait à croître, et quelque temps
après l’opération on piut assister à des phénomènes de |
compression médullaire, incontinence fécale, paraplégie j
totale. Apparition d’eschares sacrées à marche rapide.
C’est dans cet état que la malade mourut.
Malheureusement, l’autopsie ne put être faite.
L’examen que je fis de cette nouvelletumeur démontre
qu’il s’agissait d’un sarcome fasciculé, reproduisantbien
la disposition et les éléments fusiformes petits de la tu¬
meur examinée quelques mois auparavant.
Çette observation m’a paru intéressante à plusieurs
points de vue.
D’abord par le point de départ de la tumeur dans la
gaine des vaisseaux fémoraux. Si cette localisation, en
effet, n’est point exceptionnelle, elle est du moins asseï
rare ; sur 131 observations de sarcomes que l’on releve
dan» l’ouvrage très documenté de MM. Albert et Henn
Malherbe, je n’ai pu relever que cinq cas où la tumeur
partait delà gaine des vaisseaux. .
La localisation de la métastase à la colonne vertébrale’
doit attirer en second lieu notre attention. Si les métas¬
tasés osseuses sont fréquentes dans les épithéliomes, “
n’en est pas de même pour les sarcomes, qui, proban*®'
ment par leur mode de généralisation veineuse, m®
surtout des métastases pulmonaires, ou hépatifi'i® '
Gros, dans une statistique de25cas de sarcomes de
mamelle, partout citée, n’accuse qu’une seule meta
tase osseuse.
Enfin, en dernier lieu, la transformation du nbr
myome en sarcome est exceptionnelle. Même dans 1»
rus, où cette transformation a été surtout étudiée, jj
faits sont peu nombreux, et encore Brault croit-il <I“
s’agit le plus souvent de tumeurs primitives. j,.
A ce sujet,je ferai remarquer que M. Brault fait ob®
ver que,pour qu’ily eùtvéritabletransformationdunD
myome en sarcome, il faudrait que les fibres muscm
res elles-mêmes prennent part à la néo-formation. ’
il n’en est pas ainsi, et quoiqu’uncertain nombre d
mil
LE PROGRES MEDICAL
313
teurs « depuis quelques années aient décrit, sous le nom
je «cancer musculaire lisse »,des myomes malins à fibres
lisses, des tumeurs issues des organes contenant à l’état
normal des éléments musculaires delà vie végétative,
tels que l’estomac, l’intestin et surtout l’utéras (Brault)
et pouvant donner des métastases, ils n’en ontpas ap¬
porté une démonstration suffisante. Il n’en est, du reste,
pas ainsi dans notre cas, où l'on ne trouve pas trace de
tissu musculaire.
D’après Brault, le sarcome ne pourrait avoir pour ori¬
gine que le tissu conjonctif, et l’on ne pourrait pas dire
qu’il y a transformation d’un fibro-myome en sarcome,
mais bien développement d une nouvelle tumeur unique¬
ment formée d’éléments connectifs.
M. Graux rappelle qu’il a autrefois publié un cas de
sarcome des ligaments du genou, aj’’ant donné des mé¬
tastases pulmonaires considérables.
M. Vian attire l’attention sùrtout sur la localisation
osseuse, qui est assez rare dans le sarcome, alors qu’elle
est fréquente dans l’épithélioma, les métastases pul¬
monaires étant au contraire fréquentes dans le sarcome.
M. CouDRAY craint que le premier examen histologique
ait été erroné, et qu'on ait eu affaire dès le début à un
sarcome fasciculé, tumeur récidivant et donnant des mé¬
tastases.
M. Vian n’a pas eu sous les yeux des préparations
histologiques de la première tumeur ; mais il s’en remet
à l’autorité du D’’ Dagonet qui a été très affirmatif sur le
diagnostic de fibro-myome.
M. Lematte fait une très intéressante communication
sur l’emploi du bacille lactique B en thérapeuti¬
que {sera publié) .
M. Christian fait remarquer que l’emploi du lait caillé
n’est pas une nouveauté ; en Alsace, notamment, les
paysans se nourrissent depuis longtemps de lait ordi¬
naire caillé.
M. Lematte répond que le lait caillé comme le font
les paysans peut être plus dangereux qu’utile. En effet
si l'on a fait cailler le lait par adjonction de vinaigre ou
de pressure, la caséine rendue insoluble est de digestion
difficile; si le lait a caillé lentement et naturellement,
il a été ensemencé par tous les microorganismes de l’air,
parmi lesquels des bactéries pathogènes peuvent rendre
ce lait très dangereux.
M. Christian réplique qu’il n’a jamais vu d’accidents
dus à l’usage du lait caillé employé dans les campagnes.
M. St AssANO fait remarquer que le lait caillé est plus
difficile et plus long à digérer que le lait ordinaire.
. M. Nicolas appuie ce qu’a dit précédemment M. Chris-
Ji3ii ; en Bretagne les paysans font également usage du
lait caillé, il n’a jamais rencontré de maladies spéciales
dues à cette alimentation .
M- Suarez de Mendoza donne lecture d’un travail (pu-
hlié d’autre part) sur les manifestations intestinales de la
^^philis. Les conclusions de l’auteur sont que la syphilis
jutestinale est loin d’être rare ; quelle frappe surtout la
Wtion terminale de l’intestin grêle et le gros intestin ;
le diagnostic est presque impossible : toutefois on
J®?! y songer en présence d’une diarrhée chronique
, elle atout traitement.
séance est levée à 6 heures 40.
ie Secrétaire général, Le Secrétaire annuel,
P. Büret. Vian.
SOCIÉTÉ DE PÉDIATRIE
Séance du 15 mai 1906. — Présidence de M. Comby.
^I^nnoi-rhagie et phlegmon à gonocoques chez un en, faut
de 10 mois.
U y A.PPERT et Froget. — Un enfant de 10 mois lut amené
temps dans le service de M. Appert pour une
jours ’^l^éthrale Parfaitement caractérisée. Quelques
uPPuraître à la partie postérieure de la
Sla nuque un gonflement considérable, d’aspect phleg-
moneux. avec un œdème énorme ; mais cette tuméfaction
phlegrnpneuse s'affaissait dès le lendemain, et il ne resta plus
que deux ou trois points ressemblant fort à de l’érythème
noueux : une ponction au niveau de ces points, devenus fluc¬
tuants au centre dans une toute petite étendue donna issue
à quelques gouttes de pus dans lequel l’examen bactériologi¬
que permit de reconnaître l’existence du gonocoque, comme
on l’avait trouvé dans le pus uréthral. Puis, bientôt, tout ren¬
tra dans l’ordre de ce côté, sans autre traitement que des
applications de compresses imbibées d’eau bouillie, et la
blennorrhagie, elle aussi, guérit en un temps assez court,
sous la seule influence de lavages au permanganate de po -
tasse limités au prépuce et au gland. M. Appert rapproche
la guérison de ce phlegmon d’autres manifestations gonococ¬
ciques analogues, qui font un début à grands fracas pour
aboutir en somme, souvent, à une guérison assez rapide et
obtenue simplement. On a signalé chez l’adulte des localisa¬
tions gonococciques ressemblant, comme chez l'enfant en
question ici. à de l'érythème noueux et des abcès contenant
du gonocoque.
Au point de vue de l origine de la contagion chez le petit
malade de M Appert, il ne fut pas possible de parvenir à la
déterminer : tout ce que l’on sait, c’est que cet enfant avait,
3 semaines auparavant, passé quelque temps dans le servi-
vice, et que l’on n’avait observé chez lui, alors, quoi que ce
soit du côté de l'urèthre. Quant à l’inoculation du gonocoque
à la région de la nuque, elle peut s’expliquer par le frotte¬
ment de cette région sur des linges de la literie souillés par le
pus de son urèthre.
M. Comby cite un fait de blennorrhagie chez un tout jeune-
enfant, et dans ce cas il ne vint à bout de l'écoulement qu’a-
près un traitement assez long par les grands lavages au per¬
manganate de potasse. La contagion était d’origine familiale
et avait eu sans nul doute pour véhicule les draps du lit, que
l’enfant partageait avec sa petite sœur, un peu plus âgée que
lui, et qui était atteinte devulvo-vaginite.
M. Barbier fait une longue communication sur la« mesure
de l'utilisation alimentaire chez les nourrissons dyspeptiques,
atrophiques »,et présente accessoirement des considérations-
sur t’e emploi de la glycose chez ces malades ». Cette commu¬
nication appuyée sur des observations, des chiffres statisti¬
ques et des courbes, donne lieu à une discussion entre M Va-
riotet le présentateur, particulièrement sur les questions
d’alimentation des nouveaux-nés,M. Barbier prétendant qu’on
les rend souvent malades en les alimentant trop d'après des
données théoriques, tandis que M. Variot se montre infini¬
ment moins hésitant à employer, sous bonne direction, bien
entendu, une alimentation plus substantielle.
M. Nobécourt communique en son nom et au nom de M.
P. Mercklen, les résultats de leurs « recherches de physiologie,
pathologique chez %ine fillette atteinte d'anorexie nerveuse ».
Maladie de Barlow.
MM. Mkry et Guillemot présentent un enfant d'un an,,
convalescent de maladie de Barlow, sans hématome, sans
lésions gingivales, et chez lequel la seule lésion d’hémor¬
rhagie interstitielle se manifesta au talon sous forme d’un,
gonflement assez considérable constituant une véritable taba¬
gie d’origine scorbutique La maladie a débuté à la suite d’une
brancho-pneumonie. L’enfant est actuellement en voie d'a¬
mélioration rapide, sous l’influence du traitement par le jus
d’orange et de l’alimentations au lait stérilisé.
Exostoses multiples.
M. Judet présente un enfant de 12 ans sur lequel on cons¬
tate un nombre considérable d’exostoses siégeant un peu par¬
tout sur les extrémités osseuses, dans les tissus fibreux, sur le
trajet des tendons et dans l’épaisseur de plusieurs muscles des.
membres et du tronc.
Gangrène pulmonaire otogène chez un nourrisson de 7 mois.
M. Guillemot rapporte un cas de gangrène pulmonaire
observé chez un nourrisson de 7 mois, affaibli par une ali¬
mentation défectueuse. L’origine de l’infection pulmonaire,
qui évolua d’ailleurs avec sessymptômesetsignes classiques,
aété manifestement une otite suppurée.
314
LE l'ROGRÈS MÉDICAL
M. Véron communique les résultats de ses recherches, fai¬
tes sous l’inspiration de M. Barbier, sur l'infîifeare de la sura-
limeiUatioii dans le déceloppement de l’entérite des nourris¬
sons. 'Ch. II. Petit- Vendol.
LE CONGRÈS DE MÈDEDINE DE LISBONNE (lP-26 avril).
Le Congrès de médecine de Lisbonne a fait peu de bruit
dans la presse médicale. Peut-être en aurait-il été autrement
si la commission d’organisation avait fai t des communications
officielles régulières à la presse ; mais ce n’est pas rentré en¬
core dans les mœurs des Congrès. Le silence presque absolu
des journaux de langue française décidera peut-être sans doute
les organisateurs de Congrès à chercher à remédier à la grave
lacune maintes fois signalée du manque du service de publi¬
cité. Nous empruntons à la Belgique médicale du 10 mai un
court compte rendu de la clôture du Congrès de Lisbonne et
des fêtes qui ont été données en son honneur :
Le jeudi ÎO, au cours d’une réunion du comité internatio¬
nal, dans le grand hall de la nouvelle École de médecine, il
fut décidé par ILS voix contre 23 que les délégués des Gouver¬
nements pouvaient se faire suppléer par des collègues de
même nationalité. On discuta ensuite le choix du siège du
prochain Congrès : des invitations fermes avaient été faites
pour Athènes, Bru.xelles.Budapest et New -4 ork.Après échange
<le vues, la capitale de la Hongrie fut choisie par ,iS voix con -
tre 2(i et 1 abstention. Le prochain congrès se tiendra, comme
d’habitude, dans trois ans. Une pétition des dentistes, deman¬
dant l'autorisation de participer aux congrès médicaux, a été
repoussée. — Le comité international a attribué le prix de Pa¬
ris au D" Ehri.ich, et le prix de Moscou au Dr Lwir.w,
— La cérémonie de clôture a eu lieu à 2 h. de l’après-midi ;
tous les discours prononcés ont constaté l’entière réussite de
ces assises, qui ont été déclarées closes au milieu du plus vif
enthousiasme.
— Nous ne nous attarderons pas à l’énumération, même
succincte, des principales communications faites au sein des
sections : en une précédente note, nous avons dit pourquoi.
\ii reste, si « l’abondance des matières » nous le permet. nous
publierons en temps et lieu un compte rendu de ces travaux.
— Pour ce qui concerne la partie festivités, l’excursion du
20 avril aux splendides jardins de Sir Francis Look, à Mont¬
serrat, près de Cintra, a laissé à tous les congressistes un sou¬
venir inoubliable. Le samedi 21, le roi a offert un dîner de
2i>0 couverts aux délégués et aux membres du comité. Aucun
discours n'a été prononcé. Après le banquet, le monarque
s’est plu à converser avec la plupart des médecins étrangers,
leur demandant leur avis sur les savants portugais, l’organi¬
sation et le succès du Congrès, et 1 impression que leur avait
faite le Portugal. — Le dimanche 2 ’, les congressistes visitè¬
rent le nouveau Dispensaire antituberculeux, et assistèrent,
l’après-midi, à une corrida de toros « de gala Le lundi, soi¬
rée à la Société de géogr.aphie ; musique et danses en costu¬
mes du nord du Portugal iProvince de .Minh e. et projections
<le vues prises dans les colonies portugaises.Le mardi, garden-.,
party royal dans les jardins du palais de Necessidades : un
chatoiement d’uniformes au milieu d’une végétation luxu¬
riante où des buffets étaient dissimulés ; temps splendide. Le
mercredi, enfin, réception à l’ilôtel de ville, merxeilleuse-
ment. décoré de cascades de lys, de guirlande-, de roses : on
se serait cru transporté en un paradis de Heurs. En une série
de salons magnifiquement décorés, on dansa et on luncha :
bien des congressistes demeurèrent à converser aux fenêtres
et aux balcons, jusque fort avant dans cette nuit qui précétla
le jour de la clôture du Congrès.
LA VALÉROBROMINE LEGRAND
est plus active que les bromures et les valé-
rianates.
REVUE DES MALADIES DE L’ENFANCE
Rédacteur spécial ; M. D G. PAUL-liOXCOU R.
I. — Oe l'emploi desfapines dans l'alimentation du nourrisson-
Par le Roux. (Jules Rousset, Paris 1<J06.)
L’auteur se propose,dans cette brochure, d’exposer les faits
donnés par l’analyse chimique et l’expérience sur la question
des farines: de signaler les avantages alimentaires des diverses
farines en tentant une classification basée sur leur composition
chimique et sur l’adaptation intestinale du nourrisson. On
parle fréquemment de l’alimentation de l'enfant de 0 à 1 an
et beaucoup moins de l’alimentation après cette époque. Et
cependant. que de maladies proviennent des fautes d’alimen¬
tation commises après le sevrage ! Ce sont ces questions qui
ont déterminé le D' Roux à publier cette monographie : dont
voici les différents chapitres : 1. Considérations physiologi¬
ques. A quelle époque peut-on donner des farines fll. Quantité
qu'on peut donner. 111. Qualités alimentaires et spéciales des
farines. IV. Choix des farines. V. Farines médicamenteuses.
VI. Farines industrielles. VIL Préparations diverses. VIIl. Ra¬
tion alimentaire en lait et en farine. .Vu cours de ce livre on
trouve un certain nombre de tableaux qui indiquent immé¬
diatement les qualités nutritives ; la ration théorique et la
ration pratique, et les équivalences des différentes sortes de
farines.
II. — Comptes rendus de la Société d'étude des maladies in¬
fantiles ; par Georges C.xrpentei!. (Churchill. Londres. 1905 )
Ce volume conlihue la série des comptes rendus de la So¬
ciété et donne les intéressantes communications etdiscussions
ayant eu lieu au cours de l’année 1904-1000. Chaque prati¬
cien pourra y puiser des renseignements sur des cas clini¬
ques et profiter, sans y avoir assisté, des échanges d'idées au
cours des réunions. Des illustrations ornent le texte et fixent
admirablement des faits que des explications ne pourraient
aisément faire comprendre. Pami les nombreux travaux ren¬
fermés dans ce volume de Jil pages, signalons plus particu¬
lièrement un mémoire sur la mort subite chez les enfants et
une conférence sur les maladies nerveuses au premier âge.
Nous les signalons en raison de leur importance, mais en
ajoutant que les autres communications plus brèves et extrê¬
mement nombreuses ne doivent pas uioins attirer l’attention.
D’ailleurs pour se renseigner, il n’y a qu’à consulter une ta¬
ble de matières fort complète.
III. — La criminalité infantile ; p.ar le I)' L.m iie.x r. (Maloine.
Paris, l'.üti.)
Ce volume est le relevé des observations que le D' Laurent,
médecin inspecteur des Ecoles à Paris, a pu faire surdeséctP
liers. L'auteur pense, avec raison, que l’enfant n’est ni bon ni
mauvais : essentiellement malléable. il subit les bonnes com;
me les mauvaises inlluences. Pour remédier à la criminalité
sans cesse croissante de l’enfance un premier soin doit donc
être de rechercher les causesde celle xicialion ; ks connais¬
sant, on saura les éviter et empêcher la nature instable de
l’enfant de prendre une mauvaise direction. Le livre débute
par une élude de l’àmede l’enfant, des inlluences InTcdi-
taires qui peuvent la modifier, et de l’action de l’éducation
sur son évolution, puis de nombreux types d enfants sont prf
sentés, groupés par catégories bien distinctes ; mendiants,
vagabonds, fumeurs, érotiques, violents, indisciplinés, etc..
Chaque chapitre, après quehjues considérations générales-
renferme des observations fort intéressantes et bien lyP'"
ques : chacun >e termine par des conseils et des réllexioos
pratiques sur les cas étudiés. Un chapitre final, intitulé» t*’"''
mède «, expose les moyens à employer pour enrayer le n®
montant de la criminalité infantile : renforcer 1 autorité du
maître d’école, donner à l’avis médical plus d’important;®
avec 1 éducation, organiser des casiers sanitaires, seule
thode pour connaîtreavec fruit l’écolier, créer des écoles^”'
ciplinaires et des classes spéciales pour les anormaux.
min faisant, on rencontre des discussions sur la nature d®-
chàtiments à employer, sur la possibilité d’utiliser la
tion hypnotique dans l’orthopédie morale, l ndes mérites
LE LROGIiES MEDICAL
315
cet ouvrage, c'est de reposer sur une base clinique ; l’observa¬
tion; del'analyse des cas on arrive aisément à des conclusions
précises et on sait discerner parmi les eau ses de viciation
celles qui dépendent de l'école et celles qui dépendent delà
famille. Le Laurent répète ce qu’on oublie trop souvent
c’est que l’éducation delà famille doit compléter celle de
l’instituteur. Trop de parents ne savent pas, ne le veulent pas
intervenir pour réformer les tares de leurs enfants! De cela
résultedes troubles qui sontsignalés au cours des chapitres
et qui démontrent que dans toute éducation défectueuse il y
a des responsabilités à établir.
IV. — Traitement des chorées et des tics de l’enfance ; par le
D’ André Bruel. (Chez Steinheil, Thèse de Paris, ly06|.
.Après avoir spécifié les formes nosographiques des chorées
et des tics que malgré leur ressemblance et leur confusion
possible, il est possible de différencier, l’auteur expose le
mode de traitement de ces affections : c’est la partie capitale de
ce travail qui n’est d’ailleurs que l’exposé des méthodes pré¬
conisées par les docteurs Brissaud et Meige à plusieurs re¬
prises. Sans tirer l'importance et les résultats possibles de
tout autre traitement, M. Bruel affirme que deux modes
de traitement sont particulièrement efficaces contre les
choréeset les tics de l’enfance : 1“ L'alitementet l’isolement ;
î'La discipline psycho-motrice. Aux choréiques convient plus
spécialement l’alitementet l'isolement, tandis que le jeune
liqueur est plutôt justiciable delà discipline psycho-motrice.
Mais, et c’est là un point vraiment important, l’alternance
ou la combinaison des deux procédés sus énoncés représente
la méthode de choix. Quel'alitement et 1 isolement soient pra¬
tiqués dans un établissement spécial ou dans le domicile des
parents, il est nécessaire de distinguer plusieurs degrés dans
le mode de traitement. Sans appliquer immédiatement un
alitement compl et, on commencera par augmenter le séjour
nocturne au lit. Puis on fera coucher l’enfant durant quel¬
ques heures dans la journée et ce n’est qu’insensiblement
qu’on arrivera à l’alitement absolu. L'isolement se fait pro¬
gressivement et l'obscurité est elle-même une nécessité dans
certains cas. Par discipline psycho-motrice, on désigne la
méthode ayant pour but de corriger les mauvaises habitudes
L’exposé de cette méthode manque un peu dedéveloppement
et il est regrettable que l’auteur ne l’ait pas traitée avec plus
d’ampleur, ce qui aurait rendu absolument parfaite celle re¬
vue générale de la thérapeutique des mouvements nerveux
chez les enfants.
BIBLIOGRAPHIE
Traitement moral, hygiène et éducation des idiots et
dfs autres enfants arriérés ou retardés dans leur
développement, agités de mouvements involontai-
•^s, débiles, muets non sourds, bègues, etc., par
Edouard Séguin, vol. 532 pages, iVol. Prix; 10 fr. — Pour
nos abonnés 8 frs, avec portrait de l’auteur.
-A titre de compte rendu, nous nous bornons à publier ici
la préface de M. Bourneville, placée en tête de ce volume.
Lorsque nous avons entrepris la Bibliothèque d’Educa-
tion spéciale, en 1889, nous avions le dessein de réunir
^ccessivement, dans l’ordre chronologique, les travau.x les plus
’®I^ctants relatifs à l’idiotie, ou mieux, aux différentes formes
c 1 idiotie, disséminés dans les Traités, les Dictionnaires, les
■'ournuux spéciaux.
Le premier volume : Recueil de mémoires, notes et observations
*“r ^^•^iotie, contient la plupart des travaux de 1773 à 1836. 11 a
^ complété, pour cette période, par un second volume intitulé :
PPorts et mémoires sur le Sauvage de l'Aveyron, l'idiotie et la
^aj-di-wutité, par Itard (1). ,
Le troisième volume, paru en 1895. intitulé : Rapport et
”*°**'** de Séguin sur l'éducation des enfants normaux et anor-
comprenait son rapport sur l’éducation, à l’Exposition
_ l^iationale de 'Vienne, en 1877, où Séguin avait été délégué
“ue appréciation de ces rapports par IJelasiauve, l’cloge
par Bousquet et une prclace par nous. 1894.
par le gouvernement des Etats-Unis, et deux mémoires spéciaux :
Education psycho physiologique d'une main idiote, éducation
psycho-physiologique d’un œil idiot. Le volume est épuisé. En
attendant que nous puissions le faire réimprimer, nous faisons
prendre sa place ivolume 11I|. parles Mémoires de Séguin, anté¬
rieurs à son Traité de 1846 et à ce Traité lui-même (volume III
bis). En tête du Traité, dont la première édition ('1846,' est épui¬
sée depuis longtemps, et que nous avons réimprimé avec l’auto¬
risation de Mme Séguin et du prof. Séguin, femme et fils de l’au¬
teur, nous avons placé le portrait de Sé.guin, emprunté à la pla¬
quette ■> In rnemory of Edouard Séguin», publiée à New-York pâl¬
ies soins de son fils et de ses amis, en 1880. Elle nous a servi, avec
nos notes personnelles, à faire un essai biographique, inséré dans
l’ancien volume 111 et que nous reproduirons dans le volume X,
en le complétant et en le faisant suivre d'une appréciation de-
l’œuvre de Séguin que nous persistons à considérer comme un
des premiers éducateurs du XIX' siècle.
Dulri' les volumes dont nous venons de parler, la Bibliothèque
d'Education spéciale comprend ou comprendra :
Volume IV ; Assistance, traitement et éducation des enfants
idiots et dégénérés, rapport fait par nous, au Longrès interna¬
tional d'assistance publique de Lyon (1894), suivi de Considéra¬
tions sommaires sur le traitement médico-pédagogique de l’idiotie..
V’olume V ; Manuel pratique des méthodes d'enseignement spé¬
ciales aux enfants anormaux (sourds-muets, aveugles, idiots,
bègues, etc.) par les D'* Hamoii du Eougeray et L. Couétoux.
préface du D' Bourneville, 1896.
Volume VI : Assistance et traitement des idiots, imbéciles,
débiles, dégénérés, anormaux, crétins, épileptiques (adultes (ef
enfants), etc., par le Ü' Pornain, avec préface du D'’ Magnan, 1900.
Volume Vil : Le dressage des dégénérés, ou orthophrénopédie,
par le !)'■ H. Thulié, avec 35 figures dans le texte, 1900.
Volume VIII : Nouvelle méthode pour l enseignement de la lec¬
ture à 1 usage des enfants arriérés ou présentant des troubles de
la parole, par '.loseph Boyer. Edition illustrée de 150 figures par
•lacquin fils.
Volume IX : Alphabet du dessin, méthode d'enseignement pour
les jeunes enfants, en particulier pour les enfants arriérés, par
Mme Paul Bru-Thiellay, avec 19 planches et 127 figures, 1896.
Préface du D' Bourneville.
Ensuite viendront : Volume .X ; Rapports et mémoires de
Séguin, de 1846 à sa mort (1880), y compris son rapport à l'Expo¬
sition de Vienne et les mémoires sur l’éducation de la main et de
l’œil qui formaient autrefois le x'olume 111. (En réimpression).
l’olume XI : Idiocy and its Treatment by the PhysiologicaT
Method, by E. Seguin (Traduction en coursi.
Voluuu' .Xll : Mémoires et discours de Delasiauve (en prépara¬
tion). Bourneville.
La Pancréatite chronique interstitielle par Bohuslavv
Nllderle {.\reh. bohèmes de médecine clinique t. XTI,fasc.VL
Prague, 1906.)
Depuis qu'on a attiré 1 attention sur le rôle important de la
cholélithiase dans la génèse de la pancréatite chronique, on a
mieux étudié cette maladie, dont la symptomatologie est en¬
core bien peu connue et dont le diagnostic est souvent impos¬
sible et toujours difficile. L'auteur a eu l’occasion d’opérer
un cas de la pancréatite chronique avec des symptômes très
graves, où le diagnostic posé fut : lithiase biliaire et où lala-
parotomie et les suites opératoires permirent de constater une
jiancréatite : la gaslroentérostomie amena une guérison com¬
plète. Il faut réunir un grand nombre de cas pour essayer
d’en dégager les principaux caractères cliniques de cette ma¬
ladie.
Quoique la plupart des pancréatites chroniques est la suite
et complication de la cholélithiase, il faut constater:!” que le
facteur principal de l’inflammation du pancréas est le rap-
port étroit entre le pancréas, l’estomac, le duodénum et le
cholédoque et que la pancréatite chronique peut être causée
par l’aflection de tous ces organes de voisinage soit par l’in¬
fection par contiguité soit par l’infection directe ascendante.
— 2“ d’autre part il existe beaucoup de cas d’origine héma¬
togène (lues, artériosclérose, etc.'. La pancréatite chronique
peut être primaire, mais elle peut aussi résulter d’une pan¬
créatite aiguë. Elle est souvent localisée à la tète du pancréas.
316
1,K PROGRÈS MEDICAL
Le syndrome pancréatique ressemble beaucoup au syndro¬
me hépatique, mais il y a donc une différence, même dans
les cas d’origine cholélithiasique. Le siège des douleurs est
presque toujours localisé à l’épigastre, pas au point vésicu¬
laire. Les vomissements ne sont pas trop fréquents (excepté
quelques cas, comme dans l’observation de l’auteur, où ils
étaient incoercibles). L’ictère est très constant,la vessie petite,
si la pancréatite est d’origine lithiasique, autrement dila¬
tée comme dans le cancer du pancréas. Le symptôme de la
plus haute importance est la tumeur palpable, dont le siège
est l’épigastre ; elle est peu mobilqet douloureuse à la pres¬
sion. Mais malheureusement dans la grande majorité des cas
elle n’est qu’une constatation opératoire . L’amaigrissement
et la fièvre se trouvent souvent, la glycosurie très rare¬
ment.
Le diagnostic est toujours difficile ; il reste même douteux
après la laparotomie et on ne fait le diagnostic entre cancer
et l’inflammation que par la disparition de la tumeur et la
guérison — si l'examen histologique n’a pu préciser la ques¬
tion. La valeur de l’examen des urines parle procédé de Cam-
midge ne répond pas à l’attente.
Le traitement est “toujours chirurgical, s'il s’agit d’un cas
grave. Si la pancréatite est d’origine chlolélithiasique, lepro-
cédé le plus rationnel est le drainage des voies biliaires avec
l’extraction des calculs. C’est la cholécystostomie (pour plu¬
sieurs auteurs la cholécystentérostomiel qui semble être la
méthode de choix Pour la pancréatite isolée, la manière de
l’intervention est commandée par les symptômes les plus
importants ; pour les cas, où la compression du pylore do¬
mine la scène, la gastro-entérostomie est préférable. Le pro¬
nostic de la pancréatite chronique n'est pas trop grave, la
mortalité opératoire peu considérable.
A handbook of climatic treatmant. Manuel de traite¬
ment climatérique, par le docteur 'William R. Huggard,
Macmillan and C", Londres).
Après diverses considératidns météorologiques, l’auteur
passe successivement en revue l’influence que peuvent avoir
sur l’organisme les différents éléments de la température ;
pression, vents, humidité, lumière, etc. Puis il fait dans un
chapitre spécial, l’étude des différents facteurs, âge, sexe, ra¬
ce, constitution physique, etc., quifontque tel tempérament
s’adapte mieux à un climat chaud, tel autre, au contraire, à
un climat tempéré ou froid.
Après une classification des climats, M. le D" H. donne une
description détaillée des principales stations climatériques
en indiquant les principaux caractères météréologiques de
chacune d'elles.
Le quatrième partie du livre traite des stations thermales
et des eaux minérales, dont l’auteur essaie de donner une
classification reposant, non plus sur leur composition chi¬
mique, mais sur leur influence thérapeutique. 11 distingue
deux groupes principaux ; a) eaux dépuratives ; b] eaux to¬
niques et reconstituantes.
Enfin, dans les derniers chapitres de son ouvrage, M. H.
entreprend de préciser de quelle station climatérique relève,
au pointde vue thérapeutique, telle ou telle affection déter¬
minée.
En résumé, livre très intéressant qui sera consulté avec
fruit par tous les médecins un peu au courant de la langue
anglaise, mais pas au courant de la langue allemande. Car
au fond l’auteur s’est guidé principalement sur la littérature
allemande relative à son sujet, littérature que nos médecins
connaissent peu. La conséquence en est que les stations fran¬
çaises cèdent presque toujours le pas aux stations allemandes.
Il faut croire que nos collègues anglais et les compatriotes de
M. H en jugent différemment. D“ F.
L’Esprit scientifique.
Beaucoup parlent sans cesse de l’Esprit sans trop se rendre u..
rompte exact de la signification de mots. Le passage suivant de la
préface de M . Gley placée en tête de la 9' édition du Traité élé¬
mentaire de Physiologie de Mathias-Duval et E. Gley leur don¬
nera peut-être une idee de ce qu'est l’Esprit scientifique.
« Les noms des physiologistes, qui dans chaque question de quel¬
que importance, ont trouvé un fait essentiel ou dominant ont
été cités. Dans lés questions controversées, ona jugé utile dedon-
ner parfois, outre le nom de l’auteur, l’indication du travail uti¬
lisé ; on a procédé de même quand il s’agissait d’une notion nou¬
velle. n’ayant pas encore été soumise à vérification ; les faits de
ce genre, dont la place n’est pas tout de suite dans la science,, ne
peuvent être présentés que sous les noms de ceux qui les ont dé¬
couverts .
« La science, si elle est .-eeuvre colleclive, n’est pas œuvre ano¬
nyme. Laisser le lecteur quand on expose la circulation du san».
dans l’ignorance de ce qu’ont fait essentiellement Harvey, Chauveau
et Marey, Claude Bernard Ludwig, n’est-ce pas leur porter préju¬
dice ‘I — A ce propos, M. Duval, dans la préface de son Cours de
Physiologie, faisait remarquer « combien l’étudiant est peu ren¬
seigné sur les données bibliographiques, même les plus élémentai¬
res relatives aux auteurs même les plus célèbres . A part quelques
contemporains bien connus, les plus étranges confusions sont fai¬
tes sur la nationalité de physiologistes comme Harvey ou Magen¬
die ; et les anachronismes ne sont pas moins graves. H faut donc
en exposant les découvertes, donner quelques brèves indications
sur les auteurs ; c’est ce que nous avons fait dans de très courtes
notes historiques. » A ces paroles sensées, jen ai rien à ajouter,
sinon que j’ai tout à fait généralisé cette pratique.
« On a indiqué la provenance des figures. De même qu’on ne
fait pas une citation sans en fournir l’origine, il semble qu’on ne
doive jamais reproduire une figure sans l’attribuer à son auteur.
Les schémas et les tracés qui ne portent point de mention d’ori¬
gine sont personnels. »
VARIA
Assistance obligatoire aux vieillards, infirmes et
incurables. (Décret du 14 avril 1905.)
Art. H’’. — Les recettes et les dépenses du service de l’assis¬
tance obligatoire aux vieillards, aux infirmes et aux incura¬
bles privés de ressources sont centralisées au budget départe¬
mental et soumises aux règles générales de la comptabilité dé
partementale. - Art. 2. —Le budget départemental comprend
en recettes il» La quote-part des communes, y compris la
subvention directe de l’Etat déterminée par le tableau G an¬
nexé à la loi, et les sommes versées par les établissements de
bienfaisance au cas prévu par l’article 30 de la loi du 14 juil¬
let 1905 ; 2° les subventions de LEtat au departement et les
sommes dues par l’Etat pour les assistés n*^ayant aucun domi¬
cile de secours ; 3° Le produit des remboursements effectués
en vertu des articles 4 et 5 de la loi du 14 juillet 1905 ; 4» le
produit des dons et legs et autres recettes éventuelles.— Art.
3. — Le budget départemental comprend en dépenses : RLes
allocations mensuelles; 2» les frais d’hospitalisation, soit dans
des hospices publics, soit dans des établissements privés ;
3‘> Les frais d’entretien chez des particuliers ; 4° les frais d’en
tretiendans des établissements publics ou privés où le logis
seulement est assuré au bénéficiaire ; 5" les frais de visite
occasionnés par la délivrance des certificats médicaux; 6” les
frais de transport des assistés ; 7" les frais d’administration du
service dans le département. Les dépenses sont acquittées au
moyen des recettes prévues à l’article 2 ci-dessus et du con¬
tingent départemental, notamment des subventions aux com¬
munes. .\rt. 4. — La quote-part à verser par chaque com¬
mune, eu vertu du paragraphe l"’ de l’article 2 ci-dessus, est
provisoirement fixée au chiffre constaté dans le dernier compte
réglé. Le versement en est effectué par quart à l’expiration de
chaque trimestre. Elle est réglée définitivement lors de la
clôture des comptes de l’exercice. Art. 5.— Des états annexes
au budget départemental font ressortir en recettes et dépen¬
ses les opérations du service de l'assistance aux vieillards, aux
infirmes et aux incurables privés de ressources. Art. 6. — Les
allocations mensuelles sont mandatées par le préfet au nom
du receveur du bureau de bienfaisance ou, à défaut de bu¬
reau de bienfaisance, au nom du receveur du bureau
lance de la conîmune où résident les intéressés . Le manda
est accompagné d’un état arrêté par le préfet, indiquant l
somme revenant à chacun des assistés. Art. 7. — Chaqu
mois, il est remis à l’assisté par l’ordonnateur du bureau n
bienfaisance ou, à défaut de bureau de bienfaisance, par 1 o '
donnateur du bureau d’assistance, un bon visé par lui et s
la remise duquel l’allocation est payée par le comptable ap
LE PROGRÈS MÉDICAL
317
jjirnaturc, pour acquit, par la partie prenante. Si l'allocation 1
®epsuelle doit être payée par fractions, il est délivré autant
de bons qu’il doit être effectué de payements.— Art. 8 — Si !
l'assisté n'habite pas dans la commune où réside le compta¬
ble chargé du payement, il peut faire parvenir directement à
ce dernier le bon acquitté, et les fonds sont adressés par la
poste à l’intéressé. —Art 1). —L’allocation mensuelle est payée
à la fin de chaque mois, à terme échu. Toutefois, les alloca-
tioas versées aux hospices, conformément à l’article 3, sont
mandatées directement toùsles trois mois.— Art. 10. Avis du
décès des assistés est donné au préfet, dans un délai de cinq
jours: Ppar le maire pour les bénéficiaires qui habitent la
commune et qui jouissent d’une allocation mensuelle ou Jjé-
néficient d’un placement familial ; 2“ par l’administration hos¬
pitalière pour les assistés hospitalisés. Art. U. — Les arréra-.
ges de l’allocation mensuelle sont dus Jusitu'au jour du dé¬
cès des assistés. Art. 12.— Les receveurs hospitaliers font res¬
sortir dans des chapitres spéciaux de leur compte les opéra¬
tions en recettes et en dépenses faites pour l’application delà
loi du 14 juillet 190;>. Art. 13. — Un arrêté concerté entre le
ministre de l’intérieur et le ministre des finances détermi¬
nera: 1° le modèle du bon prévu à l'article 7 ; i° les pièces
just ficativcs en recettes et en déi)enses du service de l’assis¬
tance aux vieillards, aux infirmes et aux incurables privés de
ressources.- Art. 14. Le ministre deTintérieur et le ministre
des finances sont chargés, chacun en ce (jui le concerne, de
l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal o(fi-
citl et inséré au Bulletin des lois.
Hygiène scolaire.
On demande de placer dans des écoles à la cami)agne les
enfants des grandes villes (jue le médecin scolaire aurait
reconnus incapables de fréquenter l’école ordinaire sans dan¬
ger pour eux et pour leurs camarades. Mais ces écoles, il fau¬
drait les construire ! Pas toutes 11 est question, en ce moment,
de supprimer les écoles normales primaires <iue possède cha¬
que département de France, et de créer, pour la formation
des futurs instituteurs de France, des instituts pédagogi(iues
auprès de chacune de nos Universités. (Jue fera-t-on des bâti¬
ments désaffectés 2 Un bon nombre serviraient adniirablc-
ment comme écoles des enfants faibles de santé. Il y a là une
idée à creuser. D'' F.
Association internationale de la Presse médicale.
La deuxième Assemblée générale de l’.Vssociation s'est réu¬
nie à Lisbonne, sous la présidence du 1) Cortezo, dans les lo¬
caux de la nom elle École de Médecine, les 17 et 18 avril l'.lfifi:
la session a comporté trois séances. L’Allemagne, 1 Vngleterre,
la Uelgiquc, le lirésil, l’Espagne, la France, la Hollande, le
^'exique, le Portugal y étaient représenlé.s.
bureau a été renouvelé et composé ainsi (pi'ilsTiit : Pre-
sidenl : Prof. Rarl Posneh (Berlin ; Vice-I'réiidenis : Prof. As-
cou iHonici ; D‘ Dejace (Liège) ; Prof. Bombakoa iLi.sbonnei;
^^^rélaire (jcnéral D" Banni Blondel (Paris) ] Secrétaire géné-
adjoint et Trésorier : 1)'' Dauson Wili.iams (Londres),
.àoici le texte des principales résolutions adoptées ; 1" L’ar-
hcle 5 des statuts fixant le siégé social de l'Association à Brii-
lélles, est modifié : le siège social sera désormais au lieu de
^idence du secrétaire général, cest-à-dire actuellement à
l*cis. et, jusqu à nomel ordre, au bureau des renseigne¬
ments de la Sorbonne. 2“ Dans le but de. lutter contre ledéxe-
mpiienient des journaux gratuits, l'As.sociation recommande
® Ions les journaux adhérents d’insérer sur la première feuille
c chacun de leurs numéros la nienlion suivante : " La re-
Pmduction des articles originaux amlenus dans ce numéro
f formellement interdite à tout journal ou revue ne faisant
i>aitie (le l'Association internationale de la Presse medi-
j e » tPro|»osition de M. Cornil.|:i“ Pour faciliter le travail
R'dactenrs, et dans l’intérêt même des auteurs, il est dé-
mblc (jue eliiuiue mémoire original soit toujours accompa-
^ c d Un résumé en (iueh}ues lignes, faisant ressortir les faits
^mveanx, les idées nouvelles (ju'il apporte. Ces résumés. ([u’il
faut demander à l’auteur lui-même, ou, qu'à son dé-
à J. ’e® ^'édaction devra établir, seront placés soit à la tête ou
® hn de l’article s’y rapportant, soit dans une partie spé¬
ciale du journal, soit même sur une feuille détachée, dans ce
cas, envoyée uniquement aux rédactions des journaux médi¬
caux, La reproduction intégrale du simple texte de ces résu¬
més doit être interdite Proposition deM. Blondel. 4“ Les Asso
ciations affiliées à l’Association internationale devront, cha¬
cune dans leur pays, entreprendre une action auprès des pou¬
voirs publics pour obtenir que la publication d’articles récla¬
mes sous la signature ou le pseudonyme d'une personne
n’ayant pas le droit d'exercer la médecine, soit assimilée à un
exercice illégal et poursuivie par la loi. La t)rochaine réunion
du Comité permanent aura lieu à Londres, en août 1907.
Le Banquet de l’Hôpital frahçais à Londres.
Le 38" banquet annuel de l’h(jpital français à Londres a eu
lieu le 12 mai sous la présidence de son excellence M. Paul
Cambon, ambasssadeur de France.
Le comte de Benckendorff, ambassadeur de Russie. M. de
Bernabé, ambassadeur d’Espagne ;M. G. Carlin, ministre de
Suisse ; legénéral Don Pedro Gallardo, ministre du Mexniue ;
le commandant Huguet, attaché militaire, et le baron Mer-
rier de Lostende, attaché naval à l’ambassade de France ; M
deFleurian. le baron Clauzel, le comte de Montholon, M. J.
Knecht, de l’ambassade de France, assistaient à ce banquet.
Après les toasts de rigueur au Roi, à la Reine, à la famille
royale d’Angleterre et au Président de la République fran¬
çaise. M. Paul Cambon fait ensuite 1 éloge du président du
conseil d’administration de l’hôpital français et de ses colla¬
borateurs, les médecins, les chirurgiens, (jui donnent à l’hôpi¬
tal français son bon renom,
M. Cambon a ensuite remercié le corps diplomatique de sa
sympathique présence.
-L ambassadeur de Russie a pris la parole au nom du corps
diplomatique. Puis le shéi’ifde la Cité, de Londres a proposé
de boire à la santé de l'ambassadeur de France. ÔI. Paul Cam¬
bon après avoir répondu par un mot aimable à tous les ora¬
teurs a conclu : < J’ai toujours pensé que l'Angleterre et la
France étaient faites pour s’entendre et je jvense aussi que,
tant (lue ces deux grands peuples seront unis, la paix sera ga¬
rantie en Europe.
NÉCROLOGIE
Le Prof. Vincent PAULET
Professeur d’ Anatomie à la Faculté
de médecine de Montpellier.
Le Prof. Vincent Pai let, qui vient de mourir au cours
de sa 78“ année, avait débuté dans la carrière médi¬
cale dans cette vieille Université à laquelle il devait
consacrer ses dernières leçons. Une fois docteur de
Montpellier,il vintà Paris et fut reçu prosectaur à l’Ecole
du Val-de Grâce llépétiteurà l’Ecole militaire de Stras¬
bourg en 18(10, il ne tarda pas à devenir agrégé du Val-
de-Grâce, où il est nommé, en 1871, professeur d’anato¬
mie. Membre de la Société de chirurgie depuis 1808, il
en devint le secrétaire en 1877, fut promu médecin ins¬
pecteur de l’armée et nommé professeur d Anatomie à
la nouvelle faculté de Lyon Membre correspondant de
l’Académie de médecine en 1886, il termina sa carrière
à la Faculté de Montpellier où il enseigna l’anatomie
Jusqu’au jour où il fut atteint par l’âge delà retraite.
Parmi ses travaux, signalons : son Traité d' Anatomie
topop'aphique avec atlas en 4 volumes ; le Résumé d' Ana¬
tomie appliquée qui eut trois éditions ; les Recherches sur
l anatomie comparée du périnée-, une Etude sur les suites
immédiates et éloignées des lésions traumatiques des nerfs
1868 ; un mémoire sur les effets^ physiologiques du thal¬
lium qm obtint un prix de l’In.stitut, etc.
Nous avons encore le regret d annoncer la mort du
D“ SKRviiiR,de Lyon, ancien professeur du Val-de-Grâce,
médecin principal en retraite, officier de la Légion
d'honneur, et de M- le D’Ai-uvro, professeur à l'Ecole de
médecine de Grenoble et chirurgien des hôpitaux de
celte ville.
318
LE l’ROGRÈS MÉDICAL
FORMULES
THÉRAPEUTIQUE
XXXVII. — Contre la bléphariteHmpétigineuse.
Oxyile de z
Resorcine.
Amidon. . .
Vaseline. .
1 gr.
Ogr. 10
1 gr.
10 gr.
(Ech.méd. du Nord).
XXXIII. -- Contre l’ankylostomiase.
Essence d’eucalyplus . 2 gr. ,")0
Chloroforme . 3 gr. 50
Huile de ricin . . 40 gr.
A prendre en 2 fois le matin, à 1/2 heure d’intervalle, après
avoir pris, la veille, un purgatif salin. Rester au lit .
iL. P. Phillips, du Caire).
Actes et thèses de la Faculté de Médecine de Paris.
Thèse* de doctorat. — Mercredi, 23 mai. — M. Niemenglon'ski :
Les mathématiques et la médecine (MM. Gariel, Brissaud, Broca
(André), Legry). — M. Moreau : Du suicide chez les enfaiils (MM.
Brissaud, Gariel, Broca (André , Legry). — M. Lebret : Paralysie
générale elpsychoses dans la syphilis acquise (MM. Brissaud. Ga¬
riel. Broca (.Vndré), Legry). - M. Hayem : Elude clini([ue de la
pneumonie chez l’enfant (MM. Pouchet,Kiriuisson, Claude, Proust).
— M. Delfosse : De l’ostéomyélite de l’extrémité inférieure du ra¬
dius (MM. Kiriuisson, Pouchet, Claude, Prousl).
Samedi, 26 mai. — M. Kaminka : Contribution àl’éludc du traite¬
ment de la dyspepsie dans les pays chauds (MM. Debove, Berger.
Huliuel, Auvray). — M. Verrier: Le phlegmon et son traitement
par le procédé en « Chevalet de violon » de V 'l’héhault, chez les ac¬
cidentés du travait (MM. Berger Debove, llulinel, Auvray. — 3/.
Marcelot : Radiographie et diagnostic clinique des fractures (M M
Berger, Debove, Hutinel, Auvray). — M. Hours : Contribution à
l'étude des métrorragies de la puberté (MM. Hutinel. Debove, Ber¬
ger, .Vuvray).
Examens de doctorat. — Lundi, 2 i mai. — 5” (Chirurgie, 1" par¬
tie, 1" série, Hôtel-Dieu) : MM. 'l’errier, Delens, Gosset. — 5'
(Chirurgie, P' partie, 2” série, Hôtel-Dieu) : MM. Reclus, Legucu,
Mauclaire.
Mardi, 22 mai. — 5* (Chirurgie, 1” partie, P‘ série. Charité; ; MM.
Giiyoïi, De Lapersonne, Marion. — 5” (Chirurgie, 1' partie, 2' sé¬
rie. Charité) : MM. Pozzi, Auviay, Moreslin. — 5* (2' partie. Cha¬
rité) : MM. Joffroy, Renon, Carnot.
Mercredi, 23 mai. — 3“ (!'• partie. Oral, Salle Béclard; : MM.
Reclus, Lepage, Cunéo. — 4- : (Salle Pasteur) : MM Gaucher, Ri¬
chaud, Macaigne. - .î’ (2* partie, 1" série, Laënnec) ; MM. Laii-
douzy, Déjerine, Labhé (Marcel). — 5' (2" partie, 2' série, Laënnec) ;
MM. Roger, Teissier, Balthazard.
Vendredi, 25 mai. — 4' (P* série. Salle Béclard) : "MM, Pouchet,
Déjerine Gley. — 4* (2' série. Salle Broussais) : MM. Joffroy. Des
grez, Macaigne. — 4" (’J" série. Salle Pasteur) : MM. LandouzV, Ri¬
chaud, Balthazard. — 5” (Chirurgie, 1" partie, 1" série, Xecker, :
MM. Kirmisson. Delens, Gosset —5* (Chirurgie, 1" partie, 2' série,
Xecker) : MM. Segond, Mauclaire, Pierre Duval). — 5* (Obstétrique,
1" partie. Clinique Beaudeloeque) : MM. Lepage, Wallich, Potocki.
Samedi, 26 mai. — 4* (Salle Pasteur) : MM. (îhanteraesse, G. Bal¬
let, Vaquez. — 5' (2" partie, 1" série, Beaiijon) : MM. Raymond, Thi-
roloix. Renon. — 5* (2* partie, 2” série, Beaujon) : MM. Robin, Gou-
get, Bezançon.
Société pour la propagation de l’incinération .
L’Assemblée générale de cette Société aura lieu, sous
la présidence de.M. le D' Bournevillb, le samedi soir, 19
Mai 1906, à 8 h. 1 2, à l’Hôtel des Sociétés Savantes, rue
Danton (en face l’Ecole de Médecine). Dans un but de
propagande, le public sera admis à la séance. Seuls, les
membres de la Société seront invités à prendre part au
vote.
Ordre DU JOUR ; 1° Ouverture de la séance par M. le
Président; — 2“Etat de la crémation à l’étranger, par M.li;
Secrétaire général ; —3” Discours de M. le Président ;
— 4° Compte rendu par M. le Secrétaire général ; —
5"E.\posé de la situation de la Société et approbation des
comptes ; — 6" Nomination des membres du Comité.
Traitement médicamenteux des bronchites chroniques
et de la tuberculose par l’Hélénine créosotée.
Les propriétés de I hélénine sont bien connues de nos lec¬
teurs, et nous ne rappellerons sa bienfaisante action dans
les bronchites chroniques et la tuberculose que pour insis¬
ter sur son association à la créosote, qui augmente l’action
réciproque de ces deux principes médicamenteux. Le de
Korab, après une longue expérimentation, a pu établir la
puissance thérapeutique de l’hélénine créosotée. Les globur
les d'hélénine créosotée de Korab à la dose de 2, 3 ou 4 par jour
sont acceptées sans dégoût et sans répugnance par les
malades ; la créosote est mieux tolérée par l'estomac, grâce
à l’action calmante de l’hélénine sur les muqueuses. L’ab¬
sorption du médicament est fort rapide comme en font foi
les exhalaisons créosotées jointes au parfum de I hélénine
dix minutes après l'administration des globules. En un mol
I hélénine créosotée de Korab doit tenir une place de choi,\
dans la liste trop courte des médicaments efficaces des bron¬
chites chroniques et de la tuberculose pulmonaire.
NOUVELLES
Démission de M. le Professeur Brou.vrdel. — • Les journaux
annoncent que notre ami le professeur Paul Brouardel a décidé
de prendre sa retrailo définitive et qu’il vient de donner sa dé-
misson de professeur de mcdicine léijale.
Concours pour la nomination a deux places de chirurgien
DES HOPITAUX ET HOSPICES CIVILS DE Paris. — Ce concours sera
ouvert le lundi 11 juin 1906, à midi, dans la salle des concours de
l'administration, rue dos Saints- Pères, n° 49. MM. les docteurs en
médecine qui voudront concourir devront se faire inscrire à l’ad¬
ministration centrale, 3, avenue Victoria (.service du personnel),
de midi à trois heures, du lundi 14 mai au samedi 26 mai inclusi¬
vement.
Concours pour la nomin.vtion 1° a deux pi.aces d’interne en
MÉDECINE A l’hospick DE Brévannks (Seine et-Oise) ; 2“ a uns
PLACE d’interne EN MÉDECI.NE AUX FONDATIONS ChARDON-L.AGA-
CHE ET Rossini, pouf entrer en fonctions le l"' juillet 19ÜG. —
concours sera ouvert le lundi 18 juin I9(l6, à raidi, dans la salle
des concours de l’administration, rue des Saints-Pères, n® 49. Les
candidats qui désireront concourir se feront inscrire à l’Adminis¬
tration centrale (Service du personnel), à partir du lundi 14 mai
jusqu’au jeudi 31 mai, de onze heures à trois heures.
Prix Fillioux. — En conformité du legs fait à l'Administra¬
tion générale de l’assistance publique par le docteur Fillioux, un
conooursdoit être ouvert, chaque année, pour l'attribution de deux
prix d'égale valeur, à décerner ; l’un à l’interne, l’autre à l’externC
des hôpitaux qui auront fait le meilleur mémoire et le meillè®
concours sur les maladies de l’oreille. En 1906, ces prix seront®
1200 francs chacun. Pour l’année 190fi, le concour.s sera ouvert 1?.
lundi 3 décembre. Les élèves qui désireronty prendre part seronl
admis à se faire inscrire à l’administration centrale (service dupèf
sonnel), tous les jours, les dimanches et fêtes exceptés, de ooïf
heures à trois heures, du P"’ au 13 octobre inclusivement. Le m^
moire prescrit comme épreuve du concours devra être dépo®
avant le 13 octobre, dernier délai. Ce mémoire devra être manus¬
crit et inédit.
Conditions du concours. — J. Programme du concours : 1" V"
mémoire, manuscrit et inédit, sur les maladies de l’oreille, le suj ^
de ce mémoire étant laissé au choix des candidats qui devront nè'
cessairement comprendre dans leur étude l’élément anatomo-1^'
thologique ; 2“ Une épreuve- clinique spéciale sur un
atteint d'une affection de l’oreille. 11 est accordé au candidat vn'o
minutes pour examiner le malade, et dix minutes pour faire sa ^
(;on, après dix minutes de réflexion. Le maximum
attribuer à la suite de chacune de ces deux épreuves est de ■ ' “li
le mémoire, 30 points ; pour l'épreuve clinique, 20 points. " ’
Jury du concours : Le jury du concours est composé de cinq
bres tirés au sort, savoir : Trois parmi les chefs des services ^
to-rhino-laryngologie des hôpitaux, titulaires et suppléants •
médecin et un chirurgien parmi les médecins et chirurgiens c*'-
de service des hôpitaux, en exercice et honoraires.
Prix Civiale. — Un concours est ouvert en 1906. entre le'’
ternes titulaires ou provisoires en médecine pour l’attrihuiioè
prix biennal de 1,000 francs, fondé par feu le docteur Civi-'i-i’^^j
prolit de l’éléve qui aura présenté le travail jugé le raeillce'’
les maladies des voies urinaires. Ce travail devra être déposé à
l'Administration centrale (Service du personnel) avant le 15 dé-
ecmbre 19011, au plus tard. MM. les internes sont informés que les
mémoires destinés à être présentés pour le concours des prix de
riaternat (médaille d’orj ne pourront pas être admis pour le prix
Civiale.
Le professeur Pozzt est un collectionneur passionné, notam¬
ment de bijoux anciens. Le mois dernier, il constata avec une
douloureuse surprise qu’on avait soustrait de sa vitrine denx boi¬
tes en or, une bonbonnière en vermeil, quelques bagues, etc.,
2.000 francs de bibelots environ. Personne dans son entourage ne
jlouvait être suspecté, paraît-il. Il lit procéder à une enquête qui
aboutit à cette découverte : les bibelots avaient été vendus à un
brocanteur de la rue Laffitte, par une dame Guestier, laquelle
était la secrétaire du docteur. Elle vient d’être condamnée à six
mois de prison. {Courrier médical du 22 avril 1900.)
Commission d’élaboration des tarifs médicaux en cas d’ac-
aoENTS DU travail. — MM. Milliés-Lacroix, Sénateur et Puech,
député, sont nommés à la place de MM. Chovet et Mirman dans
celte commission où les médecins sont représentés par les D''"
Brouardel, Dubuisson et Jeanne.
Médecin de l’état civil. — M. Rolet est nommé médecin de
l'état civil du XID arrondissement.
Concours des Hôpitaux de Toulouse. — Après oonc ours M.
Cestan a été nommé médecin, et M. H. Caubet, chirurgien.
Ecole d'Gdontologie. — Le médecin major de 2“ cl. Hey, du
1" d'art col., est affectée au 23“ d’inf. col., à Paris, en vue d'ac¬
complir, du !“'■ mai au 15 juin, un stage à l'école d’odontologie
du docteur Siffre.
Chef d’orchestre docteur enmédecine. — La Gazelle des
hâpilmix de ToM-'ouse annonce que M. Montagne, originaire de
Toulouse, chef d'orchestre du grand théâtre de Bordeaux, vient
de passer brillamment sa thèse de doctorat en médecine sur le
Malmenage vocal ».
Conseil supérieur d'hvgiène publique. — Une place d'audi¬
teur au conseil supérieur d'hygiène publique de France est décla¬
rée vacante. Conformément à l'article 5 du décret du 18 novembre
1902, les candidats sont invités à produire leur demande, accompa-
Rnée de l’exposé de leurs titres, dans un délai de 15 jours expirant
le 31 mai.
Chronique des hôpitaux.
Concours d’ophtalmologiste des hôpitaux. — Le concours
vient de se terminer par la nomination de MM. Dupuy, Dutemps
et Foulard. Le Progrès médical adresse à .M. Foulard, son dis¬
tingué collaborateur, ses plus sincères félicitations.
Concours de l’adjuvat. — Le jury se compose de MM. Ter¬
rier, Poirier, Segond, Rieffel,Branca et de MM.Auvray et Gosset,
suppléants.
Hospice de la Salpêtrière. — Le D'' Deny reprendra ses
conférences cliniques sur les maladies mentales, le dimanche 20
mai à lO heure, section Rambuteau et les continuera les diman¬
ches suivants.
Hospice de Bicétre {Fondation Vallée). Rue Benscrado, 7, à
Gentilly. — M. Bournevii.le. Visite du service (gymnastique, tra¬
vail manuel, écoles, et présentation de malades) le samedi à 10 h.
très précises. Consullalions médico péda;/ogi(/ues, gmimtos pour
les enfants i)i.d.igenls atteints aemaladiesdu si/stème nerveux, le
jeudi à >.) h. 1/2.
Hôpital Saint-.A ntoine. — Le D"' P. Le Noir, assisté dès D"
C.AMüs et CouRcoux : cours élémentaire sur les maladies de l’es¬
tomac. Ce cours sera complet en 12 leçons. Le vendredi conférence
clinique.
Hopitai. Saint-Louis. — Maladies culanée S el sijphilitiques.
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VItry. pré* Paris, 22. rue Saint-Aubin
L’Institut médioo-pedagogique est des
tiné :
!• Aux enfants présentant de Vinstabiiité
mentale et sujets à des impulsions mala¬
dives qui les empêchent, quoique possédant
un certain développement de l’intelligence,
de se soumettre à la règle des lycées ou des
pensions, et qui ont par conséquent besoin à la
fois d’une méthode d’éducation spéciale, et
d’une discipline particulière ;
Aux enfants arriérés, faibles d’esprit à
tous les degrés ;
3* Enfin aux enfants atteints d’affections
nerveuses compliquées ou non d’accidents
convulsifs .
Les enfants de ces diverses catégories
forment des groupes tout à fait distincts.
L’établissement où se trouvent réunis tous
les moyens d’instruction et d’éducation em¬
ployés dans le service de Bicétre, est placé au
milieu d’un parc superbe, sur le versant
d’une colline, et dans les meilleures conditions
d’hygiène. Les enfants v sont i’objet de soins
spéciaux appropries à leur situation intellec¬
tuelle et physique.
Moyens de communication : Tramways
du Châtelet à 'VItry. et à Choisy-le-Roi. —
Voitures de place.
S'adresser pour renseignements à M. le
320
LE PROGRÈS MÉDICAL
ScARANO (L.). — La leva militare dal punto di vista morale.
In-8® de 60 pages. Enrico Woghera.
SCHRÔDER (G.). — Jahresbericht der neueu Heilanstalt für
Lungenkranke zü Schomberg O. A. nuenbiirg iJarbang 190.Ô) nebst
witterungsbericbt über Iti-8' de 16 pages. Stuttgart.
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portant les parcours ci-après :
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Ile-en-Mer), Lorient, Quiniperlé, Uosporden, f:oncarneai],
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qu’au retour.
Faculté de prolongation de la durée de validité moyennant
supplément.
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d’Orléans pour Savenay ou tout autre point situé sur l’itinéraire
du voyage d’excursions indiqué ci-dessus et inversement des
billets spéciaux de P' et 2' classes réduits de 40 “/o. sous condi¬
tion d’un parcours de 50 kilomètres par billet.
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ria : 7 h. soir, 7 h. 30 malin.
Départs de Londres: Victoria : 10 b. malin, 9 h. 10 soir: Lon¬
don-Bridge, 10 h. matin, 9 h. 10 soir ; arrivées à Paris St-Lazare;
6 h. 41 soir, 7 h. 5 malin.
Les trains du service du jour entre Paris et Dieppe et vlce-
versa comportent des voitures de !'• classe et de 2' classe à
couloir avec W. C. et toilette, ainsi qu’un wagon-restaurant:
ceux du service de nuit comportent des voitures à couloir des
trois classes avec W. C. et toilette. La voiture de 1" classe i
couloir des trains de nuit comporte des compartiments à con-
cbettes (supplément de 5 fr. par place). Les coucbeltes peuvent
être retenues à l’avance aux gares de Paris et de Dieppe moyen¬
nant une surtaxe de 1 fr. par couchette.
La Compagnie de l’Ouest envoie franco, sur demande affran¬
chie, un bulletin spécial du service de Paris à Londres.
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26 MAI 1906
35. année. 3' SÉRIE. T. XXIl. N" 21 .
Le Progrès Médical
: Cliniql'e neurologique ; Note sur un cas de
maladie de Stockes- Adams, par Blondin. — Bulletin: Lacélé-
. bratfon du anniversaire de la fondation du premier syndi¬
cat médical de France, par Noir. — Sociétés Savantes : Aca¬
demie des Sciences : Sur trois virus de trypanosomiase humaine
de provenances différentes, par Laveran ; Culture du spirille de
la lièvre récurrente africaine chez l’homme, par Levaditi (c. r.
de Mme. Phisalix). Société de biologie : Passage pylorique des
jrraisses, par Carnot et Chassevanl ; Action pathogène du micro¬
coque des oreillons, par Teissier et Esmein ; Nature syphiliti¬
que de la paralysie générale, par Bosc ; Syndrome de Landry
et rage paralytique, par Remlinger ; Agglutination du gonoco¬
que et du méningocoque de Weichselbaum par le sérum gono¬
coccique, par Brucknner et Cristianu (0. r. de Mme Edwards-
Pilliet.) — Académie de Médecine : L’état sanitaire de Paris,
par Martin ; La tuherculophobie, par Rousseau Saint-Phillippe
(c. r. de A. -F. Plicque). — Revue de pédiatrie : Traitement
de la luxation congénitale de la hanche, par Ducroquet et de
Rothschild ; Valeur thérapeutique de la liqueur de Van Swieten
chez les nourrissons hypotrophiques avec troubles digestifs, par
de Rothschild. — Bibliographie : La stérilisation des salles
d’opération, par Longuet. — Assistance publique ; Adminis¬
tration générale de l’assistance publique à Paris. — Thérapeu¬
tique : Traitement de la coqueluche. — Varia: Les médecins
à la Chambre des députés ; Les médecins français en Perse ; La
caisse des recherches scientifiques ; Le conseil de l’université de
Paris ; L’air respirahle pour les Parisiens ; Révolte de lépreux.
— Les congrès : Congrès pour la répression de l’exercice illé¬
gal de la médecine. — Formules. — Actes et thèses de la
FACULTÉ DE MÉDECINE DE Paris. — NOUVELLES. — Chronique
des hôpitaux. — Bulletin bibliographique.
CLINIQUE NEUROLOCIQUE
Note sur un cas de maladie de Stokes-Adams
Pouls lent permanent';
Parle D'^ BLONDIN.
La maladie du pouls lent permanent, maladie de
Stokes-Adams, est une des maladies actuellement à
l'ordre du jour. Bien n'est plus discuté, et encore plus ii
certain que la pathogénie de cette affection. Il nous a été
donné d'observer dans le service de deux de nos maîtres,
àl’hôpital Lariboisière, le D’’ Galliard et le D' Landrieux,
un malade, atteint de pouls lent permanent dont nous
rapporterons l'observation. Nous émettrons ensuite
quelques réflexions qui nous sont suggérées par l'Ms-
toire et l'évolution de cette maladie. Ces considérations
ne nous permettront certes pas de poser des conclu¬
sions fermes, il nous a semblé cependant qu'elles fus¬
sent susceptibles de présenter quelque intérêt.
Ce malade E..., P..., âgé de 51 ans, exerçant la pio-
^ssion de camionneur, est entré le 9 février 190(5 salle
nabelais, lit n''44, à l’hôpital Lariboisière, dans le ser¬
vice du Galliard.
Cet homme était déjà entré salle Rabelais en 1905 ;
U se plaignait, comme cette année, de crises nerveuses,
qu GU n'avait pu constater lors de son premier séjour,
Olenient ces crises étaient peu fréquentes. On avait
si'nlement constaté alors qu’il avait le pouls lent,
il) .vnconte que, bien portant jusqu'à l'âge de 49 ans,
ni arriva, un jour, sans cause, en cliargeant son '-a-
n'^ûi de tomber brusquement en perdant connaissance,
ço' reconduit à son domicile, sans s’aperce-
tial ^ qui lui arrivait , c'est depuis cette crise ini-
f J ® qu’il eut, paraît-il, des- crises analogues d'une
5Qjj'^|^^^°Qtinue, au point de n'avoir jamais pu reprendre
a’A^^^vieurement à cette L' crise, qui date de 1904, il
eu aucune maladie. G'est un homme
viejA®^* X'Soureux, encore bien musclé, qui ne se sou-
ion/ eu aucune affection avant nécessité le sé-
^ jVaulii.
Son accident vénérien, et on ne retrouve sur
philig^fP® ‘‘’i'^cune trace pouvant éveiller l'idée de sy-
♦‘réditaire ou acquise. La recherche des sy mp¬
tômes ordinaires de l’hystérie est négative ; pas de
troubles de la sensibilité, pas de zones hystérogènes,
réflexes normaux ; il a peut être, quand il parle lui-
même de sa maladie, une certaine tendance à l’exagé¬
ration, mais la simulation ne peut être incriminée ;
nous avons pu observer ses crises, qui ne présentaient
en rien les caractères des crises hÿstériformes .
Il n'a été victime d’aucun accident ou traumatisme
de nature à provoquer ce dont il souffre actuellement.
Tout ce que Ton retrouve dans son histoire, c’est une
intoxication alcoolique avouée et notable (vins, petits
verres et absinthe). C’était aussi un fumeur ordinaire ;
il a du reste cessé Tusage du tabac. Ses parents sont
morts âgés : son père a succombé à un accident. Il a
perdu plusieurs frères et sœurs morts entre 40 et50,ans,
de cause inconnue ; mais il assure que personne, dans
sa famille, ne présenta d’accidents analogues à ceux dont
il se plaint.
Ses crises ont toujours été épileptiformes, jamais
syncopales ; il les sent venir, et peut toujours, sinon les
éviter, du moins les annoncer ; il a des sensations de
brûlure épigastrique, de cuisson au niveau des doigts,
des battements dans les oreilles, il profère une plainte,
peutappeler à l’aide, etdire même :« Voilà que çp va
me prendre », puis la crise se déroule.
Contractions toniques très courtes, convulsions clo¬
niques dans les membres, accélération respiratoire, les
yeux restant ouverts et lixes, le visage coloré. Après
une perte de connaissance très courte, parfois incom¬
plète, la crise cesse en une minute à une minute 1/2.
A la cyanose du visage succède une pâleur persistant
un peu plus longtemps ; jamais il ne s’est mordu la
langue ; jamais on n'a observé d'émission involontaire
des urines ou des matières fécales.
Au début, ces crises étaient mensuelles ou bi-men-
suellcs, puis elles sent devenues plus fréquentes, et
pendant son séjour à Thûpital, il en a d’abord 3 ou 4,
puis jusqu'à 20etmême 25 dans les 24 heures.
Voici les renseignements que donne l'examen de cet
homme.
Poumons à peu près sains, sauf quelques réserves sur
un sommet douteux.
Organes abdominaux normaux.
Pas d'hypertrophie ganglionnaire.
Le cœur ne paraît pas sensiblement augmenté de vo-
322
LE PROGRÈS MÉDICAL
lume ; les orifices valvulaires paraissent sains, on ne |
constate ni souffles, ni arythmie.
Mais les battements sont remarquablement lents ; il
est possible d'entendre des faux pas du cœur, ou des
systoles en écho, battements cardiaques faibles ne coïn¬
cidant avec aucune pulsation artérielle. Le nombre des
pulsations radiales au début de son séjour se mainte¬
nait dans les environs de 20 à la minute.
Les artères sont légèrement dures, sans exagération ;
la temporale est un peu sinueuse.
Tension sanguine au sphygmomanomètre de Polain
= 21 à 22.
Les urines acides, peu abondantes, pesaient 1025,
elles n'ont jamais contenu ni sucre, ni albumine, elles
présentaient seulement des chlorures et de Tazote en
quantité inférieure à la normale et de l'indican au con¬
traire, en proportion notable.
Rapidement, les crises se répètent, au point de deve¬
nir presque subintrantes ; l'état de cet homme devient
si grave que M.Galliard porte le pronostic le plus sévère,
et s'attend aie voir succomber dans une crise. Le bro¬
mure de potassium, le sulfate de spartéine par la voie
digestive et sous-cutanée, le nitrite d’amyle, latrini-
trine, le sérum artificiel en injection hypodermique
sont administrés sans effet.
Une rachicentèse est pratiquée, elle ne donne aucun
résultat thérapeutique, et l’examen du liquide de ponc¬
tion ne décèle pas d'éléments figurés.
Les crises continuent à devenir plus fortes et plus
fréquentes, le pouls oscille entre 17 et 20 à la minute ;
la tension se maintient à 21. Le malade trouvant qu'on
ne le soulage pas, sortde l'hôpital, entre 2 crises, mal¬
gré ce qu’on peut lui dire, et se fait transporter chez
lui le 26 février.
Au bout de 2 jours, il se retrouve dans l'obligation
de se faire transporter à nouveau à Lariboisière, et
nous le retrouvons le P‘ mars, salle Bouley, dans le ser¬
vice de M. Landrieux.
Les mômes constatations sont faites.
Le minimum de pulsations observées fut 13 à la mi¬
nute. Mômes insuccès thérapeutique que précédem¬
ment. Pendant 15 jours, il reste dans le même état de
mal épileptique. 11 faut signaler cependant, pendant
cette période, une ascension thermique atteignant 40®,
et se maintenant au-dessus de la normale pendant
3 jours: cette élévation de température était due à une
poussée d'amygdalite lacunaire qui guérit par les lava¬
ges. Il faut insister sur ce fait (déjà signalé du, reste
par les ailleurs] que malgré la fièvre, le pouls se main¬
tient sans accélération, au même degré de ralentisse¬
ment.
Le 17 mars, M. Landrieux eut l'idée, ne sachant
plus que tenter pour le soulager, de lui faire sur la ré¬
gion précordiale de vigoureux stypages au chlorure de
méthyle. Ces stypages furent assez énergiques pour
produire des érosions analogues à celles que laisserait
une mouche de Milan. L'effet ne se fit pas attendre : le
jour même, le malade no perdit plus connaissance, il
eut bien, dit-il, une ou deux ébauches de crises dans Ta-
près-midi, ou plutôt il craignit d’en avoir; mais en réa¬
lité ces crises, qui duraient depuis un mois sans arrêt,
disparaissaient pour ne plus revenir, jusqu'à sa sortie
de l’hôpital, un mois après le 16 avril. Pendant ce
temps qui suivit le P'" stypage, on lui refit, sur sa de¬
mande, à 3 où 4 reprises, des applications de coton im¬
bibé de chlorure de méthyle qui, comme les premières,
laissèrent sur sa poitrine des traces cuisantes de leur
passage. La disparition des crises ne fut pas le seul ef¬
fet de ce traitement presque miraculeux en l'occurence
le lendemain de la P' application, ou put observer’
dans la matinée, soixante pulsations à Tarière radiale.'
Malheureusement,cette élévation du pouls ne se main¬
tint pas ; le soir, il n'avait plus que 35 battements, et
jusqu’à sa sortie, malgré les autres stypages, on ob¬
serva 30 à 37 pulsations par minute avec un minimum
de 28. Le pouls a donc conservé les caractères du pouls
ralenti, quoiqu'à un degré légèrement moindre; mais
sans aucun autre traitement (le malade se refusait de¬
puis longtemps à prendre de Tiodure ou du bromure)
les crises avaient disparu, l’état général était devenu
meilleur, au point de lui permettre d’aller et venir;
l’appétit ellesommeil étaient excellents, et il n’yavait
plus aucune raison de le retenir à l’hôpital, quandil
voulut lui-même le quitter le IG avril.
— Dans ce cas de maladie de Stokes-Âdams, nous
nous sommes demandé quelle cause et quelle théorie
pathogénique on pouvait invoquer? Cet homme ne pré¬
sentait aucun symptôme d’affection valvulaire du
cœur; il n’était pas syphilitique, autant qu’on le peut
affirmer; en tous cas, il ne se souvenait avoir ou aucun
accident vénérien, et il ne portait aucune trace
d'accidents spécifiques. Aucun traumatisme n'avait
pu agir directement sur son bulbe rachidien. Les uri¬
nes n’ont jamais contenu d’albumine et il n'a présenté
aucun symptôme d'empoisonnement urémique. Il est
très moyennement athéromateux, ses artères ne sem¬
blent pas sensiblement plus dures que celles d'un homme
de son âge et de son milieu. Il reconnaît avoir fait des
excès de boisson, mais encore ne présente-t-il que les
petits signes de Tétliylisme (quelques cauchemars, un
peu de tremblement des mains, mais pas de désordre
viscéraux appréciables).
On ne peut rapprocher son histoire clinique de celles
qu'ont rapportées Adams, Stokes, Cornil, Follet, llirl^;
G. Brouardel et Villard, où le cœur était considère
comme l’agent causal du pouls ralenti. On peut nous
objecter que nous n'avons pas l’autopsie pour certifier
qu'il n’y a rien aucœur, mais nous nous expliquerions
mal, avec une gomme du cœur, par exemple, Teffetdes
stypages sur les crises épileptifbrmeset même (puis¬
qu'il y eut un effet momentané), sur la bradycardie.
L'intoxication urémique ne peut être mise en cause
conformément aux idées avancées par Huchard, De-
bove, Guigeot, Comby, Krause.
Gaudon, dans sa thèse toute récente (1905), rapports
bien une observation de Pott (1898j et 2 observa¬
tions de Debove, et deTriboulet et GoujeroLou lepouF
lent semblait nettement sous la dépendance de 1 hystO"
rie. Il faut reconnaître que, dans notre cas, la cessation
brusque des accidents épileptiformes et même
augmentation du nombre des pulsations à la suite du»
traitement nouveau, assez douloureux et par conséquen
actif (bien propre, en somme, à frapper Timaginnh®®
I d'un nerveux), pouvait un instant faire penser à 1 h)®
térie. Nous y avons pensé et nous avons examiné no|^
i malade à ce point de vue. II ne présentait aucun synop*^
i me de la grande névrose, et ses crises n'avaient
d'hystériforme. 11 est rare, du reste, qu'on retrouve en
j les hystériques, avec une régularité aussi déscspéréiae
I tenace, pareil ralentissement permanent du pouls.
fiossible que Tmlluence psychique du traitement
e stypage ait joué un rôle, mais nous ne pouvons
qu’elle ait été suffisante pour produire les effets
servés.
t.E PROGRÈS MEDICAL
323
U est difficile do ne voir dans ce traitement et dans
l'effet obtenu qu’une simple coïncidence ; le malade
était dans l’état le plus grave ; il avait été vu par plu¬
sieurs médecins unanimes à porter le pronostic le plus
sombre, et brusquement après cette thérapeutique un
neu empirique, et presque désespérée, il éprouve sub¬
jectivement et objectivement un mieux considérable.
Force nous est donc de nous rabattre sur les théo¬
ries nerveuses ou les théories accusant le défaut d'ir-
ri‘'ation bulbaire par des artères athéromateuses. La I
physiologie ne nous donne pas clairement l’explication
de'^ce phénomène. D’après tous les physiologistes,
l'excitationdu bout central du N. de Byon, dunerf pneu¬
mogastrique, des racines sensitives des nerfs rachidiens j
ou des nerfs sensitifs delà face, l’irritation du grand
sympathique et plus spécialement du grand splanchni-
ue. produisentrinhibition,leralentissement des bruits j
U cœur.
Par contre, la section des deux pneumogastriques !
provoque, pendant la survie de l’animal, une accéléra¬
tion des battements cardiaques. L'atropine en injec¬
tions sous-cutanées produit de même une accélération,
en paralysant les terminaisons nerveuses de la 10'= paire.
Encore faut-il ajouter, comme l’a constaté Médéa (de
Milan), que dans un grand nombre de cas de pouls lent
permanent vrai et non de bradycardies plus ou moins
transitoires, ces injections d'atropine restent sans effet.
La clinique confirme ces données : Czermack en
comprimant son propre pneumo-gastrique surune tu¬
meur dont il était porteur, provoquait un ralentisse- '
ment de son cœur, Comato, Quincke, Cardarelli, Ko-
wacko, Wassilewsky ont confirmé ces faits.
Chauffard dans une de ses cliniques [BulleUnmèdical,
1898, p. 297) signale un cas où un zona thoracique pro¬
voqua de la bradycardie, l’excitation périphérique cons¬
tituant le point de départ du réllexe bradycardique.
Chauffard pense qu'un réflexe centripète d’origine cu¬
tanée ou pulmonaire peut provoquer le pouls lent. Mais
‘‘ajoute que la manière de réagir aux excitations est
variable suivant les sujets, une stimulation pouvant
provoquer une aciion dynamogénique chez certains,
paralysante chez d'autres. En elfet, Merklen a rap-
^rtéenl892 (à la Soc. médic- des hop.), des cas de
chycardie d'origine pneumonique dans les affections
I “ artérielles. 11 pourrait donc y avoir dans le
^ulslent, comme dans la tachycardie paroxystique, des
réaction nerveuse individuels ; témoins dans
nem^r Chauffard, ce malade atteint de pouls lent.
jl ^‘.'santses crises en passant du décubitus dorsal
JJ. assise, et dans le cas de Stokes,cet homme
meù môme maladie, évitant ses crises en se
JJ ®t dans la position genu-pectorale.
sç ^iPffcile, on le voit, d’expliquer ce qui a pu
dans notre cas; il est vrai que, pour cela, il
rien ainsi dire tou t établir dans cette q uestion où
dples ““““re certain et où les causés semblent mul
pliq^p .““niplexes. Aous ne croyons pas possihled’ex-
tentj.j^A^d'et du stypage autrement que par un réflexe
surlag- “^'S'ne cutanée, agissant sur le bulbe ou
proiJna^'^'^'^n^n bulbaire. L'excitation cutanée aurait
%ellat^'*^ chose d’analogue aux frictions, aux
(l’asp}jv'^®®’““ aux tractions de la langue, dans les cas
etdeTa'’^-*'^ “n de syncope avec arrêt de la respiration
Le chlorure de méthyle a dû agir par
l'ait agi ^dsion cutanée consécutive, comme au-
**®^*Pea^*^* doute n’importe quel vésicant ou excitant
n, et 1 avenir nous dira si la même cause est
susceptible, dans un autre cas, de produire les mômes
effets, ou s’il n’y avait, chez le malade que nous avons
étudié, qu'une de ces co'incidences heureuses ou un de
ces succès inexpliqués et malheureusement isolés qu’on
observe si souvent en thérapeutique. Quoi qu’il en soit,
ce cas de pouls lent permanent, amélioré par une action
nerveuse, nous semble plutôt plaider en faveur de la
théorie pathogénique qui voit dans une action bulbaire
très complexe et encore très obscure la cause, de la
maladie de Stokes Adams.
NARCYL GRÉMY médicament spécifi¬
que de la toux, spécialement de la toux des tu¬
berculeux.
BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL
La célébration du 25“ anniversaire de la Fondation du
Premier Syndicat Médical de France.
Le D MIGNEN, de Montaigu
Fondateur du premier syndicat médical créé en France.
Mercredi IGmai 1906,a été célébré le .vingt- cinquième
anniversaire de la fondation du Premier Syndicat Mé¬
dical de France. Cette fête toute de famille a eu lieu à
Montaigu en Vendée, car c'est dans cette petite ville
que s'est formée la première organisation syndicale de
médecins praticiens. Depuis, ces associations de défense
professionnelle ont pris une telle extension dans le’
Corps médical français qu’il n’y a guère, à l’heure
actuelle, qu’une dizaine de départements dépourvus de
syndicats médicaux, et (pie le nombre de ces derniers
atteint lechitfre de L)? avec plus de 8 WO adhérents.
324
LE PROGRÈS MEDICAL
Montaigu est un chef-lieu de canton de 1.800 habi¬
tants environ, bâti sur la Maine, affluent de la Sèvre-
Nantaise, en plein Bocage vendéen.
Cette petite ville, puissamment fortifiée par Louis XI,
successivement mise à sac par les réformés et les ca-
tholiques pendant les guerres de religion, par les ar¬
mées républicaines et royalistes au cours des guerres de
Vendée, ne conserve de ses fortifications que les larges
et profondes douves creusées en plein roc, et quelques
vestiges de son donjon rasé. C’est à Montaigu qu’un
médecin de campagne, le D' Gustave Mignkn, réunit,
il y a un quart de siècle, 40 de ses confrères des can¬
tons avoisinants de la Vendée et de la Loire-Inférieure,
pour fonder le premier Syndicat médical de France,
dontles noces d’argent viennent d’ètre célébrées.
La fête, toute familiale-et intime, a consisté en un ex¬
cellent banquet servi à l'Hotel Boy où assistaient tous
les membres du Syndicat de Montaigu et quelques invi¬
tés, citons parmi ces derniers : M. le D' GairaL président
de l’Union des Syndicats médicaux de France, repré¬
sentant élu des Syndicats médicaux au Conseil supé¬
rieur de la Mutualité, M. le lU J. Noir, secrétaire géné¬
ral de l’Union des Syndicats médicaux, M. le D'' Olive,
président du Syndicat des médecins de Nantes, M. Fleu¬
ry, vice-président et M. Barbanneau, secrétaire du Syn¬
dicat départemental des médecinsde la Vendée.
Le Président du Syndicat de iMontaigu. le D" Clenet
avait cédé, en la circonstance, sa place au fondateur du
Syndicat, M. Mignon, qui a fait les honneurs de la fête
etqui, après que les convives eurent apprécié l’excel¬
lente cuisine et les vins généreux du banquet, a pro¬
noncé le discours suivant fréquemment interrompu par
d’unanimes applaudissements :
Discours de M. le D' Mignen. fondateur du Syndicat
médical de Montaigu.
Mes chers Confrères.
Nous fêtons aujourd’hui les noces d'argent de notre Syndicat
médical de Montaigu, et ce n'est pas sansune \iveetà la fois
une douce émotion ([ue j’ai accepté de mon vieil jfmi Clenet,
notre affectionné président, riionneur d’occuper poui- un
jour la place qui est justement la sienne.
Lanouvelle ijreuve d’amitié qu'il me donne, et je ne les
compte ])lus, me procure le très agréable plaisir de saluer nos
hôtes, M. le D'' Gairal président de l'Union des Syndicats mé¬
dicaux. et NI. le D'' Noir, secrétaire général de l'Union,
qui sont venus de bien loin s’associera notre fête de famille,
parce <iu'elle est aussi la leur, et celle de tous les syndicats
médicaux.
N ous les connaissez depuis longtemps, vous savez que NI. le
D' Gairal, avec un dévouement de tous les instants, consacre
sa grande activité à la défense ininterrompue de nos intérêts
professionnels; membre du Conseil supérieur de la mutua¬
lité, il a lutté avec une rare énergie pour faire prévaloir nos
revendications et a su s’y faire écouter. Sous sa présidence, l’U¬
nion des syndicats médicaux est devenue la voix autorisée du
corps médical prèsdes Pouvoirs publics,<iui accueillent, (juand
même ils ne le provo(iuent pas, notre concours loyal, parce
«lu'ils savent que nos désirs et nos aspirations ne nous sont
dictés (pie par un esprit dejustice égale pour tous.
N ous savez aussi avec quel soin, avec quel zèle, NI. le Noir
remplit sa grande biche à PUnion des Syndicats. 11 en est lâche-
ville ouvrière, et l’on est en droit de se demander comment il
peut, pour le plus grand bien de tous, produire à l'heure dite
une telle somme de travail. Vous penserez comme moi (pi’il
est soutenu dans cet écrasant labeur par l'exemple <pie lui a
légué son digne père, qui, lui aussi, fut 1 un des premiers
adeptes de l'organisation des médecins en syndicat.
En votre nom j’adresse à MNl. Gairal et Noir nos confrater¬
nels et respectueux remercîments.
Montaigu a eu la bonne fortune d'être le berceau d’origine,
le IB mai IBiSl, du premier des syndicats médicaux. Sans
doute, mon ami Gouin. aujourd’hui médecin à N ieillevigne,
et moi, pouvons eu être appelés les fondateurs, mais notre
initiative, nous tenons à le (lire, ne se fût point produite si le
corps médical n’av ail eu alors l’organe de défense profession¬
nelle créé, depuis deux années par le regretté docteur Cézillv
avec la collaboration de Gassot et Nlaurat (pii sont toujouR
sur la brèche, je veux parler du C oncours mcdical,dam lequel
le non moins regretté .Margueritte, du Hav re, émit le premier
l'idée du groupement des médecins en syndicat, idée dont les
docteurs Béraud, de Charlieu, et Cauchy de Bapaume se firent
les ardents et dévoués propagateurs.
A ces pionniers de la première heure, nous devons le légi¬
time tribut de notre reconnaissance. NIargueritte et Gézilty
avaient eu la compréhension vraie des besoins du corps mé¬
dical. Us déploraient l’isolement funeste dans leiiuel nous vi¬
vions, ayant éprouvé eux-mêmes (jue cet isolement étaitla
cause ordinaire de nos plus grands ennuis professionnels. Et,
en face des associations syndicales ouvrières (jui, dès lors,
devenaient de jour en jour plus nombreuses et aussi plus
exigeantes, ils pressentaient (ju'une organisation similaire de
notre part pouvait seule nous prémunir contre des dangers
(}ui mettaient dans le plus grand péril les conditions déjà
précaires de notre existence.
Partageant ces craintes, Gouin et moi nous entreprîmes de
nous mettre à l'œuvre, et ce fut en sortantd'une consultation
près d'un malade, que nous nous d('‘cidàmes à tenter les dé¬
marches n(''cessaires. Je me rappelle notre chev auchée (Xim-
muneà travers notre région, frappant à tontes les portesdes
confrères, et trouvant partout, même chez les plus âgés, op
encouragement et une promesse terme d'adhésion. 11 nous était
donc facile d’aboutir, et,le Ki mai lS81,nous nous réunissions
ici même pour la première fois : le syndicat médical de Mon¬
taigu, premier de France, était fondé.
A ce souvenir d'une belleel réconfortante journée se mêlent
aujourd hui de cruels regrets. Combien, depuis, sont tombes
qui nous avaient apporté le plus généreux appui .' Nous en
dressions, ces jours derniers, notre dévoué secrétaire Guiber
tcau et moi, la liste funèbre, et 24 noms y étaient inscrits. 'lous
nous avons perdu en eux délions amis et de dévoués et svin'
pathi(iues confrères, dont l’iin, le D'' desEssarts, futappelp*
l’honneur de nous présider. Nous nous retrouvons du moip-‘
nombreux encore de la première heure , et vaillants syndiqu*^
les trois Gouin, Piveteau, De’iergne. Clenet. Deverain, Gu*'
berteau. Cailleteau, Nlicheneau et Bourgeois. Puissions-nous
tous être présents aux noces d or du Syndicat !
Si ce bonheurne nousest pas permis, ceux (jui nous sur»
vront se feront sans doute un devoir de donner à notre
moire un souvenir confraternel, et je le demande en partie^
lier à ceux auxquels je suis heureux d adresser nos
compliments de bienvenue : NIM. Dugast, Clenet. , jj
Ilouillier et Pelletier,que je vous propose, par dérogation a
sage rigueur de nos statuts, d'acneillir jiar acclamation.
Tout à l’heure, notre secrétaire vous dira quelle a été 1®^
vre du syndicatde NIontaigu. Sans doute. la création
dicats départementaux de la Loire-Inférieüre et de b*
a diminuéson importance, mai s n'eùt-il fait (juc tracer le
mier sillon (lue son rôle n'en serait pas moins suffisam®*
honorable. _ .
Nous continuerons donc, en nous réunissant ici, à ikI
nir bien vivant notre Syndicat, petit par le nombre, mais g
par sa naissance, (luiliii a mérité de voir au milieu
représentants les plus autorisés de l’Union des syiidica*® .
dicaux. . . .|g
Jelève mon verre en Ihonnenr de .MNL (lairal et -
nous remercions de tout co'ur de leur présence àcette ^
famille, vous demandant de porter avec moi leur
de votre Président d’honneur. NI. le D'' Bourgeois.auijue ^
adressons nos vœux de guérison les plus affectueux. 1®
à tous, chers confrères, et, en même temps, de boire à 1®
LE PROGRÈS MEDICAL
325
• fité des syndicats médicaux réunissant un jour prochain,
tous les médecins sous la bannière de l Union.
Discours de M. Clenet,
Président du Syndicat de Montaigu.
M. le D' Clenet, président actuel du Syndicat de Mon-
laigu, offre alors au nom de ses confrères, au D'' Mignen,
une belle plaquette de bronze :
Mon cher confrère, dit-il,acceptez, en souvenir des services
que vous avez rendus et de notre unanime affection, ce modeste
souvenir. L’artiste y a buriné la figure symbolique d’une
femme qui, pensive, attend assise au pied d'une falaise le
regard perdu sur l’immensité des flots. Une devise est gravée
dans le bronze : Credo, Spero, Expeclo. Credo : vous avez cru
et vous croyez encore à l'avenir de nos Syndicats. Spero : vous
avez espéré en les fondant l’amélioration par eux de notre
noble profession. Exp^cto : vous avez attendu, mais vous n’at¬
tendez plus les excellents résultats de vos méritants elforts.
Souhaitons que, dans .’5 ans, la plupart d’entre nous se
réuniront ici de nouveau pour fêter les Noces d’or de notre
cher Syndicat, votre œuvre, que nous nous efforcerons de faire
vivre et de développer.
Discours de M. Gairal.
Président de l’Union des Syndicats médicaux de France.
Après les remerciements émus de M. Alignen, M. le
b' G.mAL, des Ardennes, président de l’Union des
Syndicats médicaux de France, a pris la parole et dans
une brillante improvisation a remercié ses confrères
de leur invitation et leur a affirmé qu’il avait consi¬
déré comme un devoir de venir prendre part à leur fête,
malgré la longue distance qui le séparait de Montaigu.
M. Gairal a rappellé que -M. Mignen n'avait pas seule¬
ment fondé le Syndicat de Montaigu mais avait pris
part à l’organisation et au développement de l’Union
des Syndicats médicaux de France et qu’il l'avait pré¬
cédé à la tête de cette active et puissante Fédé-
mlion.
M. J. XoiR, secrétaire-général de l'Union, prend alors
•a parole et lit le discours suivant sur :
Les origines des Syndicats médicaux en France.
Le D' G. Mignen et le Syndicat de Montaigu.
Mes chers confrères,
^ 28 octobre 1879, il y aura bientôt de cela 27 ans, un
^ praticien du Havre, le D’’ Margueritte, écrivait à
Gezilly, qui venait de fonder le Concours
à '®.°roent où nous voyons toutes les professions recourir
de J *^*®Gon. n’est-il pas plus (jue bizarre que les membres
5e conr médicale continuent â vivre isolément et
lude ***y®”* de déplorer, chacun de son côté, cette soli-
se p’Jj-' "ourquqi ne prendrions-nous pas modèle sur ce qui
"''laires**'^^ Pour d’autres professions libérales : avocats,
poserai oto. ^ . Voici, pour ma part, ce que je pro-
tous les ■ médecins d’une même ville, et en dehors,
**1 table d’un même canton devraient être inscrits
dtambre^*^- J- ^ constituer, par voie détection une
^^sion chargée de veiller aux intérêts de la pro-
POürraie encore à me demander quels inconvénients
l^aiit aui P?or nous d une semblable constitution.
^ 'eus le* ,®'’®iitages.je ne perdrai pas mon temps ni le vôtre
de réflexion devant suffire
I *^lte ipj.®*'^?P''ésenter le tableau . »
*®sion historique fut te germe fécond qui détermina
*** fêter ai • °^pdicats médicaux dont nous sommes heureux
jourd’hui le 25' anniversaire.
Au sujet de la lettre de Margueritte, une véritable polémi¬
que s’engagea dans les colonnes du Concours médical. Cer¬
tains confrères impatients, comme le D' Champeaux, repro¬
chaient vivement à Margueritte de ne pas avoir après ^cinq
mois de réflexion, donné une formule précise de l’Associa¬
tion nouvelle. D’autres, comme le D’’ Béraud, de Charlieu
(Loire), et surtout le D' Cauchy, de Bapaume (Pas-de-Ca¬
lais), indiquaient nettement quel devait être le rôle du Syn¬
dicat dans la profession médicale. Prévoyant toutes les objec-
tions.le D'^ Cauchy bannissait du nouveau groupement toute
idée de contrainte et demandait que le lien syndical se bornât
au respect des décisions prises en commun, rappelant la
parole de Lamennais : « La pratique rigoureuse du devoir est
une condition indispensable de l’Association ».
L’idée de Margueritte ne sourit cependant pas à tous nos
confrères, même à tous les lecteurs du Concours médical; il y
eut des pessimistes pour prévoir que les Syndicats devien¬
draient des coteries aux actions mesquines, ou pour prédire
que ces Sociétés nouvelles, trahissant leur but. se transfor¬
meraient en moyen d’asservissement du Corps médical aux
administrations souveraines.
Le D'' Margueritte, quelque peu surpris sans doute de l’im¬
portance que prenait l’idée qu il avait émise, ne savait que
répondre. Auguste Cézilly l’engagea à ouvrir une enquête et
créa une Commission des Syndicats au Concours médical.
Pendant ce temps, des hommes d’action et d’énergie travail¬
laient sans bruit à la réalisation des Syndicats médicaux. De
sorte que bien avant la terminaison de son enquête, leD'
Alargueritte annonçait aux lecteurs du Concours médical que,
dans la Vendée, le D» Mignen de Montaigu, secondé par un
de ses confrères avait établi le 6 mars 1881 un règlement de
Syndicat Médical par articles et qu’avant peu le premier Syn¬
dicat Médical serait fondé.
Deux mois après le fait était accompli ; le 16 mai 1881 le
Syndicat Médical de Montaigu tenait sa première séance.
C’est à cela que nous devons le plaisir de nous trouver réu¬
nis aujourd hui, et le rare bonheur de saluer après un quart
de siècle d’activité et de luttes. les fondateurs du premier Syn¬
dicat Médical de France : M. Mignen et son dévoué collabo¬
rateur M. Gouin.
La lettre duD’’ Margueritte dans le ConcoU’ s médical annon¬
çait encore la création prochaine d’un Syndicat à Aubusson
par le D’’ Treille, et celle du Syndicat de Brioude par notre
père le D' Elle Noir.
Vous comprendrez. Messieurs, après un deuil relativement
récent, les sentiments qui nous animent ici et pourquoi le
jubilé que vous célébrez est pour nous plus que pour tout
autre, une pieuse fête de famille.
Messieurs, les débuts d’une institution dépendentbeaucoup
du caractère, des qualités, de la vie de son fondateur et comme
nous écrivons là une page d histoire professionnelle nous de¬
vons faire rapidement la biographie de âl . le D' Mignen, dût
sa modestie en pâtir. 11 est de notre devoir de mettre chacun
à la place qu’il mérite et de ne pas soulfrir leur effacement
volontaire.La Bruyère nous a appris que : « Les hommes sont
trop occupés d’eux-mêmes pour avoir le loisir de pénétrer ou
de discerner les autres : de là vient qu’avec un grand mérite
et une plus grande modestie on peutresterlongtemps ignoré. »
11 nous importe de faire exception à la règle de ne pas comp¬
ter au nombre des hommes que désigne le moraliste et de pro¬
clamer hautement les mérites de ceux qui ont droit à notre
reconnaissance .
'Mignen, Gustave, fondateur du premier Syndicat médical
de France, est né à Montaigu en Vendée le 8 décembre 1848,
Issu d’une famille vendéenne originaire de Saint-Etienne-du-
Bois, il fit au lycée de La Roche-sur-Von ses études secondai¬
res. Une vive curiosité des choses de la nature lui firent pren¬
dre en goût l’étude des sciences et la mort de son père le diri¬
gea vers la profession scientifique pratiquement la plus
abordable pour lui, la carrière rhédicale. Elève distingué de
l’Ecole de Nantes, il devint interne des hôpitaux de cette ville
et termina ses études à Paris où il soutint, le 23 noveiAbre 1873
une thèse de Doctorat intitulée : Essai sur les vertiges au jioiiU
de vue du diagnostic.
326
LE PROGRÈS MÉDICAL
J
Un vieil ami de sa famille, M. Laisant, grand'oncle de l’an¬
cien député, encouragea le jeune homme à venir se Rser dans
sa ville natale; le nouveau docteur, à ambition modeste,revint
donc à Montaigu vivre la vie active et pénible, mais saine et
utile, du médecin de campagne.
C’était alors la funeste époque où dans le corps médical
régnait un esprit d'égoisme hostile. Les praticiens ne se fré¬
quentaient guère, le voisin était un concurrent bien plus
qu’un confrère. La Révolution avait brisé les Facultés de mé¬
decine, corporations fermées, d'une jalousie féroce et rebelles
à tout progrès. L’Empire avait réorganisé l’enseignement de
la médecine, mais avait laissé dans une sorte d’anarchie mo¬
rale le Corps médical.
Il l’avait encombré de pseudo-chirurgiens qui avaient suivi
ses armées. Puis la bureaucratie napoléonnienne, qui, toute
puissanie et immuable gouverna la France du XIX’ siècle
malgré les révolutions et les coups d’Etat, ne toléra guère l’é¬
lévation en face d’elle de pouvoirs indépendants qui auraient
pu restreindre les prérogatives de l’Etat. Tout était prévu
pour empêcher les citoyens de s’associer librement. Malgré
quelques tentatives de Sociétés de Secours mutuels ou plutôt
de bienfaisance, le médecin praticien restait, selon les termes
de Réveille-Parise o une simple unité numérique, un individu
et, comme tel, écrasé ou broyé par la grande meule des inté¬
rêts opposés. »
Mais ces choses-là n’ont qu’un temps. L’état social, comme
du reste tout dans l’Univers, est soumis à cette grande loi
d’airain qui desagrège et agrège tour à tour. Désagrégé au
début du dernier siècle, le corps médical sentit, à la fin du
même siècle, la nécessité de la cohésion. Cette cohésion s’adap¬
tant à l’époque devait adopter une autre formule. Jadis, les
médecins s’étaient groupés dans les vieilles facultés d’origine
Ihéocratique, à la fin du XIX' siècle, époque du triomphe de la
démocratie, les forces vives, actives, venaient d'en bas.il était
logique de voir le grand mouvement de réorganisation pro¬
fessionnel de la médecind^ se faire non sous l’égide officielle
de Facultés puissantes, mais naître dans une bourgade de
Vendée sous l’impulsion énergique d’un simple praticien,
libre enfant du peuple.
M. Mignen fonda le premier Syndicat et les rapports chan¬
gèrent aussitôt entre confrères. Une entente cordiale régna
entre ceux qui s'observaient dans une attitude hargneuse .
Tous acceptèrent l’union avec d’autant plus d’enthousiasme
qu’ils avaient plus secrètement souflert du préjugé de leur
isolement. Un enchantement avait pesé sur les praticiens pen¬
dant près d’un siècle. Gomme dans le conte de la Belle-au-
Bois dormant, Mignen. nouveau prince Charmant, avait rom¬
pu le sortilège et réveillé chez tous les meilleurs sentiments .
Une amélioration notable des conditions d'existence ne
tarda pas à s’en suivre ; des tarifs d’honoraires uniformes
furent adoptés ; on opposa une digue solide à la marée mon¬
tante des exigences des collectivités, sociétés de secours mu¬
tuels. compagnies d’assurances et autres qui menaçaient de
submerger le corps médical. La guerre fut déclarée aux re-
bouteurs et autres exploiteurs des misères humaines.
L’expérience de la solidarité avait réussi aux médecins de
Montaigu, ils ne furent pas égo'isteset leur Syndicatdevintun
foyerde propagande. Des Syndicats se fondèrent à Pouzauges,
àChallanges,qui,en se réunissant, formèrent, en 1891,1e puis¬
sant Syndicat départemental des médecins de la Vendée.
Dès le début, Mignen comprit que dans un pays fortement
centralisé comme la France,le Syndicat local ne pouvait,isolé,
donner toutes les améliorations désirées. Aussi s’inscrivit-il
un des premiers dans la liste de la Commission géné¬
rale des Syndicats que publia le Concours médical du 24 dé¬
cembre 1881, liste qui comprenait les noms des cinq prési¬
dents de Syndicats nouvellement formés : Mignen, de Mon¬
taigu ; Barat-Dulaurier, de la Dordogne ; Margueritte, du
Havre, et E. Noir, de Brioude.
Ce Comité fut le précurseur de l’Union des Syndicats mé¬
dicaux de France, que Mignen concourut à fonder en 1884,
après la promulgation de la nouvelle loi sur les Syndicats
professionnels et dont il devint président en 1891. 11 ne cessa ,
du reste, de prendre une part active aux travaux de cette Fédé¬
ration et mérita, 1 an dernier, d’en être nommé, par acclam.
tion, président d'honneur .
L’activité du D" Mignen ne se borna pas à satisfaire aux né.
cessités de la clientèle et aux études des questions profession- 1
nelles : comme tous les esprits d élite, il chercha dans Ifes irai
vaux d’un autre ordre le délassement à ses fatigues de prati-
ticien. Il consacra ses trop rares loisirs à l’étude historiqml
de sa ville natale et publia en véritable érudit, des mono¬
graphies précieuses qui ne sont que l’avant-propos d’une vé¬
ritable histoire de la baronnie devenue marquisat de Mon¬
taigu. Il a entrepris en outre pour le Bocage les mêmes re¬
cherches préhistoriques que notre ami Marcel Baudouin
poursuit avec tant de succès dans le Marais poitevin.
Messieurs, l'humanité se transforme à travers les siècles.
Son histoire se bornait naguère à de longs récits de batailleset
à une liste fastidieuse de noms de conquérants. Aujourd’hui
y sont ajoutées de belles pages sur les manifestations de li
pensée : lettres, sciences, arts, philosophie. Demain, soyez-en
sûrs, on devra y joindre de longs chapitres sur la transfomu-
tion delà société moderne, où les syndicats tiendront sans dou¬
te une place que nous sommes loin de soupçonner. Celui qui
alors écrira le chapitre du mouvement syndical, lorsqu’il abor
dera l’étude de son extension aux prolessions libérales ne
pourra omettre d'inscire en tête le Syndicat médical de Montai¬
gu, le premier syndicat de médecins créé en France et le nom
de son éminent fondateur, le D' Gustave Mignen.
M. le P' Olivjk, le distingué président du Syndicat des
médecins de Nantes, a tenu à son tour dans cette journée
mémorable à assurer les médecins de Montaigu de toute
la sympathie de leurs confrères nantais. Il a bu a»
développement des idées syndicales dans le corps mé¬
dical français, àla prospérité du syndicat de Montaiga
et à son fondateur, l’excellent ü'^ Mignen.
Enfin M.Güiberteau, secrétaire du syndicat, a terminé
la série des discours et des toasts par un court histori¬
que de son cher syndicat, en rappelant avec émotioa
les pertes hélas nombreuses qu’il a subies depuis so«
origine et en proclamant l’admission par acclamation
de jeunes confrères nouveaux adhérents qui ont pn*
une part joyeuse au banquet.
Les convives se sont alors séparés emportant de cette
fête de famille un inoubliable souvenir et la plupartré-
pétaient, sans doute mentalement ladevise gravée snf
le bronze offert au D" Mignen : Credo, Spero, Expecto,
pleins de foi dans l’avenir des syndicats médicaoï»
pleins d’espérance dans les résultats de leurs luttes f»*
tures, encore à peine esquissées, et attendant avec coD'
fiance l’époque ou, grâce à la défense professionnelle
syndicalement organisée, le médecin praticien frança"®
trouvera dans la société moderne la place utile et
norable qu’il aura su lui-même s’assurer. J.Noib-
DIONIXE-MERCK spécifique de la TOUX et de la
plus active, moins to.xique que les
opiacés et tous leurs dérivés, même synthétiqu®®'
SÉDATION IMMÉDIATE de la TOUX
SIROP DU D" BOUSQUET, A LA DIONINE MEBCj^,
0,01 par cuil. à bouche, avec 2 gU*‘ de Bromoforme (4 à
Concours du Prosectorat. — Questions posées-
écrite du 21 mai 1906) : Anatomie : Col utérin. —
Fécondation. — Pathologie : Diagnostic et traitement du c
du corps de l’utérus.
À
[,R PROGRÈS MÉDICAL
327
SOCIÉTÉS SAVANTES
ACADÉMIE DES SCIENCES
Séance du U mai 1906.
„ (rois virus de trypanosomiase humaine de prooenances
différentes.
\I 4,. Laveran a pu étudier comparativement, par inocula¬
tion au cobaye, au rat et à la souris, trois échantillons de
trypanosomes recueillis sur l’homme dans des régions très
éloignées : le premier, en Gambie, par Dusson, le second,
dans l’Ouganda, par M. Bruce, le troisième, prélevé chez un
missionnaire qui avait contracté la, maladie du sommeil dans
rOubanghi.
De ces recherches, il résulte que l’on ne constate entre ces
trois virus que de légères différences : le tr>'panosome de
Gambie s’est montré un peu plus actif sur les rats et les
souris que les deux autres variétés, mais on a antérieurement
observé que la virulence du Tr. aambiense, pour la souris,
peut varier dans des limites assez étendues. Les observations
que l’auteur a faites sur d autres espèces animales (lapins,
chiens, singes i, le confirment dans l’opinion que les trois virus
en question appartiennent à une seule et même espèce. Mal¬
heureusement, les animaux guéris d’une infection à Tr. gam-
ftirnw n’acquièrent pas toujours l’immunité, de sorte qu on
ne saurait rechercher si les trypanosomes d’origines diffé¬
rentes vaccinent, l'un à l’égard de l’autre, les animaux
réceptifs.
Cülluredu spirille de la fièvre récurrente africaine de Thomme. ,
M G. Levaditi adresse une note dans laquelle il indique
que la méthode des sacs de collodion intrapéritonéaux, qui
lui a permis de cultiver le spirille des poules, lui a également
loumi des résultats positifs pour la culture du parasite de la
fièvre récurrente africaine de l’homme ou tick-fever ; en effet,
par ensemencement sur sacs de collodion remplis de sérum
de macaques (animaux réceptifs à l’égard de cette spirilloseï
et enfermés dans le péritoine des lapins, il est parvenu à
obtenir huit passages successifs en l’espace de trente-six jours ;
dans ces conditions, la forme et surtout les dimensions du
spirille se montrent assez variables ; mais ce microbe conserve
son aspect spirillaire et n’en reste pas moins bien vivant,
mobile et virulent pour la souris. M. Phisalix.
SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE
Séance du 19 mai 1906.
Passage pyloriqiie des graisses.
M\l. Carnot et Chassevant. — Par la technique des fistules
duodénales, les auteurs ont étudié la traversée pylorique des
graisses. Elles sont évacuées de l’estomac très tardivement, et
d’autant plus tard (jne leur point de fusion est plus élevé.
graisse dissoute dans l’eau ou dans une solution saline
mit un sédiment ; l’eau est évacuée d’abord et la graisse beau-
plus tard. La graisse a une action inhibitrice sur le
raflexe pylorique comme sur la sécrétion gastrique. Les
Sraisses émulsionnées subissent le même retard ; ce qui
explique la lenteur d’absorption du lait riche en beurre par
^apport au lait écrémé.
Action pathogène du microcogue des oreillons.
Teissier et Es.mein étudient expérimentalement faction
pathogène du microcoque de foreillon. Ce microcoque est
Djecté par la voie sous-cutanée, intra-péritonéale, gastrique
Veineuse. 1 cc. d’un microcoque peu virulent donne une
■^ction locale légère avec souffrance passagère Plus forte,
^ *^xin microcoque plusvirulent, elle donne des
cg®®' lésions purulentes des séreuses avec pus visqueux
rg^'^l^^xistique, congestion des viscères abdominaux (foie,
m, pancréas surtout, et intestins). L’inoculation dans le
cul*- cobayes a donné, 4 fois, un gonllement testi-
cos*'*^*^’ ^ l’autopsie était de la congestion avec, aumicros-
P^Tiine hypergénèse active œdémateuse de l'organe,
jç. les abcès, dans le pus des séreuses, le microcoque se
®Pxait à 1 état de pureté. 11 s’agit là de la septicémie tétra-
génique expérimentale, analogue à celle qu’on observe dans
les septicémies tétragéniques humaines. Les lésions histolo¬
giques des viscères (nodules infectieux du foie, de la rate) se
rapprochent des lésions observées à l’autopsie d’un cas mortel
d’oreillons (Lemoine et Lapasset). En somme, ce microcoque,
trouvé chez les malades atteints d'oreillons, rapproché des
caractères biologiques et morphologiques, peut être rangé
parmi les microbes tétragènes septiques.
Nature syphilitique de la paralysie générale.
M. Bosc (de Montpellier). — Sur un cerveau avec lésion
syphilitique scléro-gommeuse, il peut coexister une méningo-
encéphalite diffuse chronique ulcéreuse, qui revêt la forme
des néo formations syphilitiques. Mais au lieu de former un
syphilome nodulaire qui se substitue au tissu cérébral, la
méningo-encéphalite diffuse réalise une infiltration cellulo-
vasculaire diffuse d’emblée, qui ne se substitue que partielle¬
ment à la substance cérébrale pour aboutir au processus de
dégénérescence et de sclérose, diffus et partiel.
Ce serait là un syphilome diffus méningo cortical, de na¬
ture syphilitique bien définie ; la forme subaiguë s'observe
dans la syphilis héréditaire des nouveau-nés et sous la forme
chronique, dans la syphilis héréditaire otL acquise ancienne.
Chez le paralytique général ayant eu une syphilis bénigne,
l’auteur a pu voir que les lésions typiques sont caractérisées
par une prolifération cellulo-vasculaire diffuse qui aboutit à
la dégénération et à la sclérose. Ces lésions méningo-encépha-
liques peuvent donc être de nature syphilitique.
Syndrome de Landry et rage paralytique.
M. Remlinger rappelle que, parmi les agents pathogènes
capables de créer le syndrome de Landry, se trouve le virus
rabique, soit à la suite d’une morsure, soit par le traitement
pastorien. Dans ce dernier cas la guérison est la règle ; au
contraire, la mort est fatale après morsure. L’inoculation sys¬
tématique de la substance nerveuse sous la dure-mère du
lapin a donné naissance à la paralysie ascendante aiguë. Ap¬
pliquée systématiquement à l’étude étiologique du syndrome,
on pourrait sans cloute retrouver la rage comme cause dans
un grand nombre de cas.
Agglutination du gonocoque et du méningocoque de
Weischsclbauin par le sérum gonococcique.
MM. Brccknf.r et Cristianu (de Bucarest) ■ ont lait des
expériences avee le sérum de cheval inoculé à plusieurs repri¬
ses avec des cultures de gonocoque. Ce microbe est agglutiné
par le sérum de cheval. Le sérum a agglutiné trois cultures
du méningocoque de M'eischselbaum. E. P.
ACADÉMIE DE MÉDECINE
Séance du 22 inai.
L'état sanitaire de Paris.
M. A.-G. Martin donne un historique très complet de l’or¬
ganisation hygiénkiue de Paris depuis 1892. Il signale les di¬
verses mesures de protection de la santé publique appliquées
ou développées successivement : vaccination et revaccination,
désinfection, casier sanitaire des maisons, surveillance des
sources, analyse des eaux, règlements sanitaires et assainisse¬
ment des immeubles, tout à fégout, protection de l'enfance,
etc. Tous ces efforts réunis des pouvoirs publics et de l’initia¬
tive privée n’ont pas été sans produire de très bons résultats.
La mortalité générale, qui était, en lë9i, de 22,8 pour 1.000
habitants, est progressivement descendue jusqu’à 17,4 en
190,8, c’est-à-dire à peu près au même chiffre que celui des ca¬
pitales étrangères où fonctionne une semblable organisation.
Il est intéressant de constater aussi que. depuis 18 '2, la popu¬
lation s'est graduellement accrue de sorte iiue, si la morta¬
lité était restée stationnaire depuis cette épo lue. elle eût été
de 62,070 décès en 19Ü'), au lieu du chiffre de 42,8.).i qu’elle a
atteint ; soit un gain de li.2i7 décès qui représente la totalité
des vies humaines, sauvées à Paris, en une seule année, grâce
à l’application des mesures de défense sanitaire.
Ge qui démontre le rôle de la défense hygiénique est que
la diminution de mortalité a sui t >ut porté sur les maladie,s
transmissibles. .laniais la fièvre typhoïde, la rougeole, la scar-
LE PROGRÈS MEDICAL
latine, la diphtérie n’ont été aussi rares qu'en 1905. 11 en est
de même pour la diarrhée infantile, grâce surtout à l'effort
des crèches, dispensaires, gouttes de lait, etc.
La tuberculose cause encore le (juart des décès, mais est
elle-même en légère décroissance. Les mesures récentes pour
l’assainissement des immeubles permettent d'espérer encore
une notable diminntion.
Il faut, par contre, signaler les progrès de la cirrhose du
foie et des néphrites. Ces maladies relèvent surtout de l’alcoo¬
lisme, qui malheureusement ne semble pas en décroissance.
Malgré cette exception, l'état sanitaire de Paris est donc très
satisfaisant. Les dépenses consenties pour les améliorations
hygiéniques ont été largement recouvrées en économies de
vies humaines et en capital humain.
La tuberculoTphohie.
M. Rousseau Saint - Philippe (de Bordeaux) montre les
exagérations auxquelles conduit la crainte de la tuberculose
surtout en médecine infantile. Il craint de voir bientôt les
phtisiques traités en parias et en lépreux. Or, l’expérience de
la clinique infantile à l’hôpital des Enfants, à Bordeaux, où
une centaine d’enfants étaient chaque jour amenés à la con¬
sultation, l’a convaincu des deux choses suivantes : d'une
part, l’extrême rareté de la tuberculose pulmonaire chez
l’enfant, par rapport à celle des adultes, par rapport, surtout,
à la fréquence très grande des autres lésions du même organe
relevant d’une autre origine ; d'autre part, l’extrême facilité
avec laijuelle le diagnostic de tuberculose est porté à l’égard
de l’enfant par le médecin, surtout par le jeune médecin,
sur de simples apparences. C’est ainsi qu'on voit souvent
étiqueter « tuberculoses » des micropolyadénies qui ont une
toute autre origine.
C’est ainsi encore que les vieilles coqueluches, les grippes
prolongées, les « gros a entres » chez les enfants, les maladies
articulaires un peu quelconques, des phénomènes cérébraux
' pseudo-méningitiques, fréquents dans nombre de maladies
infectieuses, sont qualifiés « tuberculose «.
On s’exagère donc beaucoup les fréquences de la maladie.
On fait jouer un rôle trop important à la contagion, alors que
l’importance du terrain est prédominante.
La tuberculose est surtout l’aboutissant de toutes les mala¬
dies d usure, de toutes les déchéances organiques. Mais
même ces candidats à la tuberculose sont, en réalité, assez
faciles à préserver. C’est du côté de ces prédisposés que doit,
pour être efficace, porterie principal eftort de la prophylaxie
infantile. A.-F. Plicque.
LA VALEROBROMINE LEGRAND
est plus active que les bromures et les valé-
rianates.
REVUE DE PÉDIATRIE
Traitement de la luxatiori congénitale de la hanche ;
parles D''® C. Ducroquet et Henri de Rothschild (Paris).
{Contres intern. de médecine de Lisbonne, 1906).
La réduction une fois obtenue, le traitement de la luxation
congénitale comporte deux phases différentes : al Dans nn
premier temps, on s’occupe de la reamslilution anatomique
du coty e ; b) dans un second temps, l’articulation reconstitue
ses muscles et recouvre ses mouvements ; c’est la période
fonctionnelle.
a) Reconstitution du cotyle. — La formation d’une cavité
solide dépend : 1» de la valeur du cotyle ; 2“ de la rétraction
de la capsule. La valeur du cotyle est fort variable ; un
cotyle bien formé permettra de passer plus vite à la deuxième
période. La rétraction de la capsule se fait en deux temps
dilférents : Dans un premier temps, on cherche à obtenir la
rétraction de la partie postérieure de la capsule, et delà par¬
tie supérieure : dans un deuxième temps on cherche à obte¬
nir la rétraction de la partie antérieure de la capsule. Au
premier temiis correspond l’abduction et la rotation externe
du membre ; au deuxième, une abduction très légère, avec
rotation interne très prononcée. La durée du deuxième temps
est le double de celle du premier : c’est donc une formulé
inverse de celle qu’avait enseignée Lorenz. Au premier temps
en effet, correspond la coxite inflammatoire que crée R
réduction et qui favorise la rétraction capsulaire. Ces condi¬
tions ne se représentent plus dans le deuxième temps, et c’est
l’immobilisation qui doit amener la rétraction. La radiogra¬
phie doit être prise durant les diverses étapes du traitement'
c’est le guide le plus sûr.
b) Période fonctionnelle. — Dans cette période on permet à
l’articulation une mobilisation progressive. Le massage et des
exercices appropriés aident à la reconstitulion des muscles.
Le résultat fonctionnel définitif est étroitement lié au résultat
anatomique : si la tête n’a pas retrouvé ses rapports normaux,
la boiterie persistera fatalement, quoique Ion fasse. L’âge
d’élection pour le début du traitement est de 4 à ti ans. L’état
diathésique du malade a une importance considérable. La
durée moyenne du traitement est de 4 à 7 ans. II faut être très
opportuniste et savoir varier le traitement suivant les diver¬
ses modalités cliniques.
Valeur thérapeutique de la liqueur de Van Swieten
chez les nourrissons hypotrophiques avec troubles
digestifs; par le D' Henri de Kothschild. [Congrès de Lis¬
bonne, 1906.)
l^Va liqueur de Van Swieten peut être employée avec
succès dans le traitement de l’hypotrophie, lorsque celle-ci
est facteur de troubles digestifs. L’action remarquable de ce
médicament ne peut-être attribuée à sa valeur antisyphili¬
tique. car aucun des nourrissons que nous avons traités par
cette méthode n’était syphifiti({ue (parents sains, grossesses
menées à terme, aucun stigmate spécifique chez les nourris¬
sons mis en observation). L’amélioration notée dans les
observés n'est pas due non plus à des modifications intro¬
duites dans l'alimentation des jeunes malades, qui ne fut pas
modifiée au moment du traitement.
2° êvous attribuons le succès de no'tre méthode à l’action
altérante de la liqueur de Yan Swieten sur les glandes annexes
du tube digestif et principalement sur le foie dont elle favo¬
rise les sécrétions.
3“ L’emploi de la liquenr de Van Swieten sera donc indiqué
chez les nourrissons hypotrophiques, dont le poids s’abaisse
ou reste stationnaire malgré une diététique rationnelle, qui
présentent des selles assez fréquentes, n’ayant pas la belle
teinte jaune normale, mais mal liées, riches en grumeaux non
digérés, et où l’analyse chimique révèle l’abondance des
graisses ayant échappé à l’absorption. Les hypotrophiques a
selles mastic, décolorées, sans diarrhée, sont jnsticiables du
même traitement. Nous conseillons donc, avant de donner ce
médicament, de procéder à nne analyse des matières fécales
et des nrines. Si les matières ont les caractères énoncés plus^
haut, si le taux de l’urée est faible, on peut appliquer le
traitement.
4“ Trente observations justifient notre manière de voir;
nous avons constaté que par cette médication les vomisse¬
ments disparaissaient, les selles devenaient plus jaunes,
mieux liées, sans grumeaux, moins fétides : le météorisme se
dissipait : le taux des graisses s’abaissait dans les matière®,
tandis que celui de l’urée s’élevait dans les urines. Enfin w
fièvre a paru céder au traitement, et dans les cas où il y
des abcès multiples de la peau, ils ont paru se flétrir sous
l’action de la liqueur.
5“ Dans la pratique, le meilleur critérium de la valeur ni
médicament est l'augmentation du poids. A ce point de atiCj
certaines de nos observations sont absolument typiques.
()« La dose quotidienne à employer doit être faible : eu®
varie, suivant l’âge, de 10 à 20 gouttes par jour. 11 ne faut P®*
prolonger outre mesure son emploi; au bout de quinze jourSi
l’activité glandulaire est suffisamment réveillée pour conti'
nuer à s'exercer spontanément. Si, toutefois, le poids d®
l’enfant, après cessation du traitement, redevenait statio<^
naire ou s’abaissait, il y aurait lieu de reprendre pendant un
nouvelle série de quinze jours l’emploi du médicament.
LE PROGRÈS MÉDICAL
329
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Munch. ined. Wochenschrift, 20 juillet 1898.
ASSISTANCE PUBLIQUE
Administration générale de l’Assistance publique à
Paris
Commission chargée di- Célabicraiton d'un projet de règlement
pour l'Ecole d'infirmières (1).
Rapport DE la sous-com\jissio.n (2)
Messieurs,
La Sons-Commission à qui vous avez confié le soin de prépa¬
rer le réglement de la nouvelle Ecole d’infirmières créée à la
Salpêtrière a pris pour base de son travail les dispositions édic¬
tées par l’arrêté du 1“'' mai 1903. Elle a cru devoir y apporter des
modifications assez importantes, en tenant compte notamment
des vœux émis dans les cinq séances que la Commission a déjà
tenues. Le projet que nous avons l’honneur de soumettre à votre
examen peut se diviser ainsi : 1° Destination de l’Ecole ; 2" Con¬
ditions d’admission ; 3“ Examen d’entrée ; 4“ Régime de l’Ecole ;
5“ Programme des études ; 6° Examens de fin d’année. L’Admi¬
nistration présentera ultérieurement deux autres projets de règle-
(I) Membres de la commission : MM. Boürneville, Bo.vnaire,
Debove, Faisans, Honoré, Sigismond, Lacrolx, André Lefèvre,
Navarre, Noir. Félix Roussel, Félix Voisin, Walther ; Mmes
Desjardins, Hénault, Meüsy ; MM. G. Mesureur, Directeur de
l'Adininistratioii ; Thilloy, Secrétaire général ; Gory, L specteur,
Gai
Chef de service ; Montreuil et May. Directeurs.
(2) l.a sous-commissiun était composée de MM. Boürneville,
ment, l’un concernant le programme détaillé des matières ensei.
gnées, et le second relatif au service intérieur de l’Ecole (emploi
du temps, congés, régime alimentaire, etc.).
1. Destination de l’école (Article premier). — Ainsi qoj
vous en avez décidé, l’Ecole d'infirmières de la Salpêtrière aura
le caractère d’une Ecole de recrutement pour le personnel de I
nos établissements. Les cours actuels d’infirmières ne vont donc !
point disparaître, et, pour bien marquer que toutes les infir-
miêres concourent ensemble pour l’avancement, l’Ecole de la
Salpêtrière délivrera, non pas un brevet, comme l’indique l’ar¬
rêté de 1903, mais, ainsi que les autres Ecoles, un diplôme. On
se gardera ainsi d’accentuer une différence d’origine, et d’éveiller
des susceptibilités qui ne doivent pas avoir de raison d'être,
attendu que les deux diplômes conféreront à nos agents les mêmes
droits.
L’arrêté de 1903 portait création d’un emploi de directrice de
l’Ecole. Mous vous proposons de remplacer le mot directrice par
le titre de surveillante générale, afin d’indiquer nettement que
la personne chargée de la direction de ce nouveau service demeu¬
re soumise à l’autorité du directeur de la Salpêtrière,et qu’en
plus de ses aptitudes pédagogiques, elle devra posséder les con¬
naissances et qualités professionnelles des meilleures surveillan¬
tes.
IL Conditions d’admission. (Art. 2 à 6 inclus). — Les condi¬
tions exigées des candidates pour être autorisées à subir l’exa¬
men d’entrée sont les suivantes: 1" Etre de nationalité française ;
2“ Célibataires jS" Agées de 18 ans au moins et de 25 au plus ;
4“ Produire un bulletin de naissance et un extrait du casier
judiciaire ; 5“ Etre acceptées par une Commission médicale.
Nous vous proposons de maintenir l’obligation du célibat pen¬
dant la durée des 2 années passées à l’Ecole. En effet, l’internat
devant être, en principe, le régime de l’Ecole, il ne paraît pas que
ce régime puisse s’adapter aux exigences d'un ménage et aux
devoirs d’une épouse et d’une mère de famille. Conformément à
vos indications, l’âge maximum des candidates est fixé à 25 ans,au
lieu de 30 ans prévu par l’arrêté de 1903.
Vous avez justement pensé qu’il convenait de recevoir seule¬
ment des jeunes filles à l’esprit encore souple, au caractère mal¬
léable, susceptibles de se plier à la discipline d’un internat, et de
prendre l’empreinte d’une éducation hospitalière. Toutefois, la
limite d’âge est portée à 30 ans pour les candidates appartenant à
l’Assistance publique depuis 5 ans au moins, et il est entendu que
les infirmières possédant un diplôme délivré par les Ecoles actuel¬
les auront la faculté de se présentera l’examen d'entrée, pourvu
qu'elles remplissent les autres conditions règlementaires. La pos¬
session d’un diplôme quelconque ne saurait, en effet, être une cause
d'ostracisme, et la Sous-Commission a pensé que le diplôme
d’infirmière, au même titre que le brevet élémentaire et le hrevét
supérieur, ne pourrait être un motif d'exclusion. Si, dans la pra¬
tique, le diplôme des cours d’infirmières et celui que délivrera
l’Ecole d’infirmières doivent avoir aux yeux de l’Administration
la même valeur et constituent un de scs éléments d’appréciation
pour l’avancement de ses agents, il est bon que le principe de l’E¬
cole ouverte à tous soit maintenu. et que notre personnel ne puisse
croire que les élèves de la nouvelle Ecole constituent une classe
privilégiée. Toutes nos jeunes infirmières, instruites, diplômées
ou non, âgées de moins de 30 ans et célibataires, pourront donc
passer par l’Ecole, et acquérir ainsi, avec un léger sacrifice de
temps, l’autorité et le mérite que sauront se réserver les élèves de
l.’àga minimum de 18 ans a paru devoir être maintenu, pn*^'
qu’une Commission médicale sera chargée d’ajourner ou de refu¬
ser les candidates jugées trop délicates de santé pour supporter
les fatigues de la profession d infirmière. Cet examen sera particu¬
lièrement sévère et, pour qu'il donne toute garantie, la Comu^"^
sion sera composée de deux médecins et d’un chirurgien des bU'
pitaux. Le projet n’exige des candidates aucun diplôme, P*®
même le certificat d’études. En effet, l’examen administratif
mettra de constater le degré d'instruction des futures élèves, c
desjeunesfilles, mémo instruites, qui peuvent n’avoir aucun diplôme-
III. Examen d’entrée (Art. 7 à 10 inclus). — Votre Sons-
Commission, Messieurs, a écarté le concours. Ce mode de recru¬
tement favoriserait trop exclusivement les candidates les plus tu®
truites, et empêcherait de tenir compte des autres aptitudes, e ,
en particulier, de la valeur professionnelle des candidates appuf^
tenant déjà à l’Assistance publique. L’examen comprendra un
dictée, qui servira d’épreuve d’écriture, une narration, et deu
problèmes d’arithmétique.
Le jury est composé d’un inspecteur principal, du directeur
la. Salpétrière, de la surveillante générale, et de professeurs
l’École, dont le nombre sera déterminé en raison du nombre <*
candidates. 3
Il est convenu que les professeurs seront recrutés dans le cO^V
LE PROGRÈS MÉDICAL
331
dical tout entier et dans le monde scientifique, et ne seront
fe pas nécessairement choisis parmi les médecins et chirurgiens
Jpg hôpitaux et de l’assistance médicale.
Comme ü s’agit pas d un concours, mais d un simple examen,
, nirecteur de l’Administration ne sera pas tenu de nommer les
andidates suivant le rang qu’elles occupent d’après le nombre des
Lints obtenus à l'examen. L’Administration exercera donc un
choix libre qui, toutefois, ne pourra porter que sur les candidates
reconnues admissible. Celles d’entre elles qui n’auront pu, faute
de place, entrer à l’École, pourront y être appelées l’année sui¬
vante sans subir un nouvel examen.
Le projet de règlement reproduit la disposition de l’arrêté de
1903 qui impose aux candidates choisies par le Directeur de l’Ad¬
ministration un stage de deux mois avant leur admission définitive
i l’Ecole. Par le moyen de ce stage, on pourra se former une
opinion sur les futures élèves, et, par suite, éliminer d’ores et
déjà, sans prononcer un renvoi, les stagiaires qu’il ne convien¬
drait pas d’admettre.
IV. Régime de l’École (Art. Il à 13 inclus). — L'internat ei
le régime adopté, et la durée des études est fixée à deux années.
Ce régime est nécessaire pour accoutumer les élèves à la vie hos¬
pitalière, et, si l’institution des boursières, aujourd’hui disparue,
n’a pas donné le résultat espéré, c’est qu’elles n’avaient pu, au
cours de leur année d’études, faire l’apprentissage pratique de leur
profession.
En principe, l’internat sera donc obligatoire. Cependant, à titre
exceptionnel, les élèves de R* année pourront, par décision spé¬
ciale du Directeur de l’Administration, être autorisées à loger
chez leurs parents ; mais l’internat sera imposé à toutes les élèves
de 2' année, qui devront, pendant un certain temps, être attachées
à un service de veille.
Les élèves de R' année qui seront externées n’auront droit à
aucune indemnité de logement, contrairement à l’arrêté de 1903,
qui prévoyait une indemnité annuelle de 180 francs. Le principe
de l’indemnité de logement a été écarté, car il serait de nature à
provoquer un trop grand nombre de demandes d’externement, et,
ramènerait ainsi, par une voie détournée, à l’institution des bour¬
sières. Les élèves stagiaires et infirmières sont nourries, logées
et blanchies. Les élèves infirmières sont en outre habillées. Les
stagiaires reçoivent une indemnité mensuelle de 10 francs. Les
élèves infirmières ont un traitement mensuel de 10 francs pour la
D'année, et de 20 francs pour la 2' année d’hétudes. Cette diffé¬
rence d’expressions — indemnité et traitement — implique cette
conséquence qu’à partir du jour où les .élèves infirmières tou¬
chent un traitement, le temps passé à l’École compte pour la re¬
traite.
L’Assistance publique va créer une situation privilégiée aux
élèves de 1’ cole de la Salpêtrière, puisqu’elle leur ouvre l’accès
dune carrière hon jrable qu’une femme peut envier à juste titre.
O autre part, sans parler des frais de construction,' le fonctionne -
®ent de la nouvelle institution entraînera des dépenses. On pour¬
rait donc légitimement n’accorder aux élèves aucun traitement,
fflais, par une raison d’égalité démocratique, nous vous deman¬
dons de rendre l’Ecole accessible aux jeunes filles méritantes qui
seraient dénuées de ressources, et dès lors, s’impose l’allocation
d “jte somme minime.
Il arrivera, sans doute, que certaines élèves, le diplôme ut
““obtenu, quitteront l’Assistance publique, dans le but de
mettre au service de malades riches. Pour prévenir, autant que
airese peut, cet exode préjudiciable aux intérêts hospitaliers, le
projet impose aux élèves l’obligation de prendre l’engagement de
J ®*dr trois ans au service de l’Administration, à partir du jour de
* sortie de l’Ecole, et, dans le cas où elles partiraient avant l’ex-
P^ation de ce laps de temps, de rembourser la somme de 1 .OtK)
francs pour chaque année d’études. On estime que
lad* *®demnité et les services rendus par l’élève auprès des ma-
sioiT ‘i?®P®“®sront les sacrifices faits pour une éducation profes-
nnelle. Il est inutile de dire que cet engagement devra être si-
5j^j’^“®oment l’entrée à l’Ecolè, par les élèves, si elles sont
J Près, et par leurs parents, si elles sont mineures,
pro^’. DES ÉTUDES (ArticLES 14 à Ifiinclus). — Le
grai:*“®/®6lement indique seulement les grandes lignes du pro-
“PS études. Ce programme comprend des cours théoriques
professés dans les Ecoles actuelles. C’est moins la
Pée f “rique que la partie pratique qui devra être dévelop-
garder de donner aux surveillantes et
reose- U ® D’Illusion ’de posséder une demi-science, plutôt dange-
médecin qu’elles aient tendance à vouloir suppléer le
être Su ^ modifier ses prescriptions. Les élèves devront donc
l'p’aor exercées aux fonctions d’infirmières, et initiées aux
der ^ filles de service qu’elles auront un jour à comman-
àre’njpj^ ^ôle de surveillante qu’elles pourront être appelées
Une administration comme l’Assistance publique de Paris
dont les hôpitaux et hospices contiennent maintenant 29,580 lits
réglementaires, la division du travail a nécessairement conduit
à une spécialisation extrême à la fois des services et des fonctions.
Cette spécialisation a formé des agents experts dans un service
particulier pour une fonction déterminée, mais elle expose aussi
à avoir des surveillantes et infirmières inférieures à elles-mêmes
quand des causes diverses obligent à les changer de service ou
de fonction. C’est pourquoi les élèves infirmières, pendant les
deux années d’études, devront passer successivement dans les
divers services généraux (lingerie, cuisine, bains, etc.), et les di¬
vers services hospitaliers (médecine générale, maladies contagieu¬
ses, maladies spéciales, chirurgie, accouchement, aliénés, grands
infirmes et vieillards) .
VI. Examens de fin d’année (Art. 16 et 17) — A la fin de la
R'et de la 2' année, les élèves infirmières subissent un examen.
Si l’examen de la 1" année n’est pas satisfaisant, l’élève devra,
suivant la décision de l’Administration ou recommencer l’année,
ou quitter l’Ecole. Le jury d’examen de la l" année est composé
des professeurs de l’Ecole. Le jury d’examen de la 2' année com¬
prend un représentant de l’Administration, un professeur et un
médecin, un chirurgien, un accoucheur des hôpitaux. En compo¬
sant ainsi le jury d’examen de la 2® année, votre Sous-Commis¬
sion a pensé que le diplôme délivré aurait plus de valeur, car on
ne pourra soupçonner des juges étrangers d’un sentiment exces¬
sif de bienveillance qu'on pourrait parfois être tenté d’attribuer
aux professeurs des élèves.
Telles sont, Messieurs, les principales dispositions du projet
soumis à votre examen. Ét, maintenant, permettez-nous de rap¬
peler que, dans vos séances, on a plus d’une fois, et sans doute,
ajuste titre, vanté certains hôpitaux de pays voisins. Les remar¬
ques faites à leur sujet sont de nature à exciter l’émulation, mais^
elle ne doivent pas nous rendre injustes à l’égard de nous-mêmes.*
Les hôpitaux étrangers, dont il a été parlé, sont des fondations
privées, autonomes, pouvant diminuer à volonté le chiffre des ad¬
missions, et plusieurs préfèrent consacrer leur ressources pro¬
pres à soigner avec plus de luxe un moins grand nombre de ma¬
lades. Au contraire, les hôpitaux parisiens forment une seule ad¬
ministration, alimentée surtout par les deniers publics, et sont
tenus, en vertu d’une tradition séculaire et aussi de par la loi,
d’ouvrir à tous les malades leurs portes toutes grandes. Ici, toute
réforme doit s’appliquer, en même temps, à tous les établisse¬
ments, et toute amélioration a par conséquent une action plus
étendue ; mais il faut sérier les améliorations, et c’est pourquoi
paraît plus lente à première vue la marche vers une organisation
idéale.
Votre Sous-Commission, Messieurs, se plaît à penser que la
création qui va être faite marquera un pas de plus dans la voie
des progrès réalisés depuis l’année 1878, qui a vu l’ouverture de
la première École d’infirmières. Car ceux qui ont connu les hô¬
pitaux à cette époque déjà lointaine peuvent té.moigner des heu¬
reux résultats obtenus par l’œuvre à laquelle restera justement
attaché le notndu docteur Bourneville, fondateur et directeur des
Ecoles municipales d’infirmières.
En terminant. Messieurs, nous exprimons le souhait que le
Conseil municipal, dont la générosité à l’égard de l’Assistance
publique ne se lasse jamais, veuille bien accorder tous les subsi-
sides nécessaires au succès d’une institution qui fera honneur à la
Ville de Paris.
Paris, le 9 avril 1906
Le Rapporteur, A. Gory.
Projet de règlement pour l’école des infirmières.
Article premier. — Il est créé, sous le nom d’École des infirmiè¬
res de l’Administration générale de l’Assistance publique à Paris,
une École destinée à former des infirmières ^plômées. ,
Une surveillante générale est placée à la tête de cette École.
2. — Les candidates à cette Ecole doivent être de nationa¬
lité française, célibataires, et âgées de 18 ans au moins et de 25 ans
au plus au 1" janvier de l'année de l’examen. Toutefois, la limite
d’âge est portée à 30 ans pour les candidates appartenant à l’Admi¬
nistration depuis 5 ans au moins.
3_ — Ces candidates doivent adresser à l’Administration de
l’Assistance publique (service du personnel) une demande accom¬
pagnée de leur bulletin de naissance et d’un extrait de leur casier
judiciaire ayant moins de 3 mois de date.
Art. 4. — Un arrêté du Directeur de l’Administration détermi¬
nera chaque année le nombre des candidates qui pourront être ad¬
mises à l’Ecole des infirmières.
Art. 5. — Les candidates ne sont définitivement admises à subir
l’examen qu’après avis d’une Commission médicale chargée de cons¬
tater leur aptitude physique.
Cette Commission est composée de deux médecins et d’un chi¬
rurgien des hôpitaux désignés par arrêté du Directeur de l’Admi-
nistratio».
332
LE PROGRES MEDICAL
Art. 6. — L’examen comprend une dictée, qui sert en même
temps d’épreuve d’écriture, une narration française et deux pro¬
blèmes d'arithmétique portant sur les quatre régies, les fractions
et le système métrique.
Art. 7. — Le nombre maximum des points qui peuvent être at¬
tribués à chacune de ces épreuves est fixé ainsi qn’il suit :
Orthographe . 20
Ecriture . 5
Narration française . 2i
Problèmes . 20
Total . 70
Un seul zéro suffit pour exclure la candidate de la liste d'admis¬
sibilité.
Art. 8. — Le jury est composé d’un inspecteur principal, prési-
sident, du directeur de la Salpêtrière, de la surveillante générale
et de professeurs de l’Ecole.
Art. 9 — Las élèves de l’école sont choisies par le Directeur de
l’Administration, parmi les candidates reconnues admissibles. Elles
doivent effectuer un stage dont la durée est fixée à deux mois.
Art. 10. — Les élèves stagiaires sont nourries, logées, chauffées,
éclairées et blanchies, et reçoivent une indemnité mensuelle de 10
francs. Les élèves infirmières Jouissent des mêmes avantages en
nature ; elles sont, en outre, habillées et reçoivent un traitement
mensuel fixé à 10 francs pour la première année et à 20 francs
pour la deuxième année d'études.
Art. IL — Les élèves qui sui\'ent les cours la P' année, peu¬
vent, exceptionnellement, et par décision spéciale du Directeur de
l’Administration, être autorisées à loger chez leurs p^ents ; cette
autorisation ne confère aucun droit à une indemnité de logement.
Art. 12. — La durée des études est fixée à deux ans. A l’expira¬
tion du stage, les élèves doivent prendre l’engagement de rester
trois ans au service de l’Administration après leur sortie de l’E¬
cole. Dans le cas où elles partiraient avant l’expiration de ces trois
années, elles devront payer une indemnitéproportionnelle au temps
restant àcourir, calculée à raison de 1 fr. par jour.
Art. lii. — t.e programme des études comprend :
Des cours élémentaires d’anatomie, de physiologie, d’hygiène,
de petite pharmacie, de massage, des leçons théoriques et prati¬
ques sur les soins â donner aux malades atteints d’affections d’or¬
dre médical et d'ordre chirurgical, aux aliénés, aux vieillards et
a\ix incurables, aux enfants, aux femmes en couches et aux nou¬
veau-nés ; des cours d administration hospitalière, des cours de
cuisine, des leçons théoriques et pratiques sur le service de salle
et d'office, et sur la préparation des tisanes, boissons et mets, etc.
Art. 14. — Pendant les deux années d’études, les élèves infir¬
mières passent successivement dans les divers services hospitaliers
énumérés à l’article 13 et dans les services généraux. Elles sont
appelées à participer au service de veille, pendant la 2' année de
séjour à l’Ecole.
Art. 15. — A la fin delà D® année d'études, les élèves infirmiè¬
res subissent un examen devant les professeurs de l’Ecole. Celles
dont les notes ne sont pas satisfaisantes doivent, si l’Administration
le juge nécessaire, recommencer l'année d’études qu’elles viennent
de terminer. Celles dont les notes sont absolument insuffisantes
ne sont pas admises à prolonger leur séjour à l’Ecole.
Art. 10. — A la fin des éludes, les élèves infirmières sont sou¬
mises à un examen devant un jury composé d’un représentant de
l'Administration, d'un professeur de l’Ecole, d’un médecin, d’un
clfirurgien et d'un accoucheur des hôpitaux. Il est délivré aux élè¬
ves infirmières qui ont subi avec succès l’examen de fin d’études
un diplôme d infirmière de l’administration générale de l’assistance
publique à Paris.
Les élèves qui ont obtenu ce diplôme sont nommées infimières
de 2' classe.
THERAPEUTIQUE
Traitement delà Coqueluche.
L Hélénine de Korab diminue d’une façon notable l’ex¬
citabilité laryngo-pbaryngienne ; c’est un modérateur, un
calmant du système nerveux (Communications à la Société
de Biologie). Cette propriété bien démontrée fait comprendre
lapuissance curative de l’Hélénine dans la coqueluche ; d’a¬
près 'Valenzuela (£l Slglo medico de Madrid), les effets de
l'Hélénine sont merveilleux. Introduite dans l'estomac, l’Hé-
lénine agit à la manière des amers aromatiques et s’oppose
aux vomissements si fréquents et si pénibles qui accompa¬
gnent les quintes de toux. Cet agent thérapeutique doit être
administré sous forme de Sirop du D® de Korab à la dose
de quatre à cinq cuillerées à café par jour.
VARIA
Les médecins à la Chambre des Députés.
La nouvelle Chambre des députés compte 46 médecins qui
sont MM. les D®® Amodru, Baudet i Côtes-du-Nord), Baudon
Boutard, Brousse (Seine), Cachet, Cazauvieilh, Cazeneuvt
Chambige, Chapuis (Jura), Chapuis (iMeurthe-et-Mosellei
Chopinel, Clament, Defontaine, Delbet, Del pierre, Delelis’
Devins, Dron, Dubief, Dubuisson, Dudouyt. Durand (Audei'
Empereur Isoard, Lachaud, Laurent, Levraud, Meslier, Morei
(Pas-de-Calais), Pechadre, Pouteyron, Pozzi (Marne), Pujade
Ravier, Roblin, Rouby, Sabaterie, Santelli, Sarrazin, Simyan',
Sireyjol, Thivrier, Vacherie, Vazeille, Villeneuve.
11 y a en outre 9 pharmaciens : MM. Astier, Bachimont,
Baduel, Chamerlat, Féron, .Morel (Loire), Renard, Schmidtî
Selle et 2 vétérinaires ; MM. Fitte et Prjot.
Le nombre des médecins n’est relativement pas exagéré si
on songe qu’il y aura à la Chambre 119 avocats, 40 journa¬
listes ou publicistes, 26 professeurs, 26 anciens officiers, 2 ar¬
tistes peintres et 2 curés.
Les médecins français en Perse.
M. Delorme a rappelé récemment à l’Académie de Méde¬
cine que le corps de santé militaire français compte en Perse,
depuis longtemps, plusieurs représentants autorisés. Actuel¬
lement, le médecin principal de l®® classe Schneider, qui a
remplacé l’ancien professeur agrégé du Val-dé-Gràce Tbolo-
zan, remplit les fonctions de médecin en chef de S. M. 1. le
ScHAH. Le docteur Coppin, médecin-major de P® classe, atta¬
ché à Son Altesse Impériale le Prince Héritier à Tauris, .M.
H. Renard, pharmacien en chef de S. A. L ; les méd^
cins-major Galley et Georges, répétiteurs à l’Ecole du ser¬
vice de santé de Lyon, sont chargés des fonctions de profes¬
seurs à l’Ecole de médecine naissante de Téhéran. Le mé¬
decin-major Sorel est attaché comme médecin à la personne
du prince Zell es Sultan, gouverneur d’ispahan ; enfin M.
le pharmacien-major Lecomte, lauréat du Val de-Grâce,reni-
plit les fonctions de pharmacien de S. M. I. le Schah.
Cette colonie médicale française lient très dignement si
place en Perse. Elle y fait honneur à la science médicale fran¬
çaise. Son initiative s’attache aux améliorations médicales du
pays (enseignement, constitution de laboratoires, de centrf»
vaccinogènes, de commissions sanitaii-es. Elle fait au Conséü
sanitaire de l'Empire de Perse les efforts prophylactiques
les plus méritoires contre les épidémies de choléra et de peste.
En outre des médecins français, nous citerons un excellent
ami de la France, le D' Loghman-ol-Mémalik, médecin en
chef de S. A. I. le Prince héritier, membre du Conseil supé¬
rieur de l’empire. Après avoir complété ses études de méde;
cins à la Faculté de Paris, il est retourné en Perse où il a fonde
une école française à Tauris, dont le directeur est -M.
nard. Il y a plusieurs années que le D'' Loghman a envoyé ses
trois fils, M-M. Moin-ol-Atebba, Hassan Khan et .Vbbas Kba**’
terminer leurs études médicales à Paris. Ils travaillent pouf
obtenir leurs diplômes et répandre plus tard la science nie-
dicale française en Perse.
La Caisse des recherches scientifiques.
Le Journal officiel publie le rapport annuel sur le fo^'
tionnement de la caisse des recherches scientifiques en
Les ressources de cette caisse proviennent de subventions d^
conseils généraux, et d’allocations sur les fonds du pari®“
tuel : elles sont destinées à aider les savants dans les reche
cheset les travaux spéciaux qu ils ont entrepris. Les rapp^f
généraux sur les allocations accordées aux auteurs font 1®
jetd'une publication annuelle qui est adressée aux corps -
vants et étrangers : il en a été accordé pour ISS.OtX)
1905, sur un total de dépenses de la caisse montant à l'in,
francs. m
La somme de 50,000 francs provenant du pari mutuel a
employée, comme précédemment, à subventionner les
vaux entrepris à la station expérimentale de Lille, sous la
rectionde M. Calmette. .
Parmi les recherches de la P® section (recherches bioior
LE PROGRES MEDICAL
333
ues! on peut citer celles de M. Achard, agréfré de la faculté
Üe médecine de Paris, sur « le régime déchloruré » ; de M.
irloin", de Lyon, sur « l’unité et la dualité delà tuberculose
humaine et bovine et sur la vaccination antituberculeuse >■ ;
de M- F.-J ■ Bosc, de Montpellier, sur ■< les maladies bryocy-
tiaues "> notamment la variole ; du docteur Delacroix, (le
rinstitut national agronomique, sur les maladies de diverses
niantes, entre autres du tabac ; de M. Raphaël Dubois sur les
’ fadiobes » ; de M Julien Ray, de Lyon, sur le cancer, etc.
Le Conseil de l’Université de Paris.
Le conseil de l’Cniversité de Paris, après avoir désigné
M. Proust, agrégé de la faculté de médecine, pour représen¬
ter rUniversité au congrès de l’Association des médecins de
langue française de l’Amérique du Nord, s’est prononcé pour
le maintien à la faculté des lettres de la chaire de science de
l'éducation, de la chaire d’histoire de la civilisation et des
institutions du moyen Age, et pour la transformation en
cliaire. du cours des sciences auxiliaires de l'histoire. 11 a
définitivement approuvé, en ce qui le concerne, l’opération
relative à l’extension de l' Université de Paris
Celte vaste affaire se subdivise en deux opérations dis-
vtinctes: 1“ Construction, à frais communs, par l’Etat et la
ville de Paris, d'un institut de chimie couvrant une surface
dey.ütIO mètres, où seraient établis les divers services de
chimie de la faculté des sciences et le service de la chimie
appliquée provisoirement installé lors de sa création, dans
les baraquements de la rue Michelet. Cette première opé¬
ration coûtera 3 millions, partagés entre la A ille et l’Etat :
Acquisition par l’Université de Paris, pour ses besoins
futurs, (l'un terrain de ILOJÜ mètres carrés, faisant, comme
le premier, partie de l'immeuble situé entre la rue Saint-
Jacques et la rue d'Ulm, ([ue la congrégation, des Dames de
&int-Micbel. (juidoitse transférera Chevilly. a été autorisée
à vendre. Cette seconde dépense, qtn s’élève 1.9ü0.0ü() fr., sera
faite par PUniversité sur ses ressources propres, avec le con¬
cours de l’Etat pour T.jO.OOl) francs et avec le montant de la
donation du prince de Monaco, (i’est sur une partie de ce
terrain que s’élèvera l’institut océanograpbi<iue fondé par le
prince Albert de Monaco à Paris, et au(iuel il vient d’attri-
ûuer, avec le musée créé par lui à Monaco, un capital de
■* millions.
Lair pespirable pour les parisiens.
M. Brenot, conseiller municipal du (piartier Saint-Avoye,
dans le troisième arrondissement, a fait établir une statis-
hque qui a permis de constater ([ue, dans le 3' arrondissc-
f*}ent, la « moyenne de surface libre de constructions par ha-
oïlant » est de .5 mep 07, la plus inférieure dans tout Paris est
ans le 3= arrondissement ; c’est le quartier même de M. Bre-
• ®°''*iui est. le moins aéré. Le 7' arrondissement vient après
^cconrq. 82, jniis le l!“, le 9=, le 10'", le 4“. Les arrondisse-
plus aérés sont le 15° avec 38 ukj 97 par habitant,
e ige aygç. Brenot estime qu’il y a lieu de
raîtrp'^a mesure générale (jui consisterait à faire dispa-
j J uans Paris, les îlots contaminés par la tuberculose ou
^ maladies contagieuses et, en ce qui concerne les quar-
8amt-Ayoye (3° arrondissement) et Saint-Merri arron-
jj P®Dti, à réaliser l’augmentation de Pair au moyen de
tnp de squares, de places publiques et de l’élargisse -
■"«•ddes rues existantes.
saurions trop appuyer la proposition de M. Bre-
?’^*iuête que nous avons entreprise sur les condi-
**stan des malades soignés par le médecin de l'As-
de la ^ ^®dicale à domicile dans la partie basse du quartier
(Jêçij^™onne icjuartier Saint-Séverini un des îlots les plus
tuberculose, il résulte que les habitant,s indi-
plm de ce quartier ne disposent pas, chacun, de
Honibr*^P*”*® mies et demi d’air dans leurs logements et
chamk® ^ aux sont célibataires et occupent seuls une
d hùtd. J. Agir.
Révolte de lépreux.
nous remémore les mœurs du moyen-àge.
étaiem l’âcemment signalé la manière dont les aliénés y
‘‘aités, vagabondant, entravés de chaînes, à travers
Tananarive et y vivant d’aumônes. Aujourd’hui ce sont les
lépreux qui se révoltent s’il faut en croire la nouvelle que le
Temps vient de reproduire :
Dans la soirée du 19 mars dernier, les lépreux de Faralan-
gana lurieux de se voir retenus à la léproserie sans espoir
de, guérison, disent-ils. avaient formé le projet de tuer toutes
les sœurs de Saint- Vincent-de-Paulqui leur donnent des soins.
U n des leurs s’y opposa, en donnant pour raison que, le « fan-
zakana c'est-à-dire legouvernement, tuerait également leurs
femmes et leurs enfants, et qu’il valait mieux dans ces
conditions profaner le cimetière des Européens et en déterrer
les morts, afin de se faire chasser.
Les infortunés comptaient pour cela sans l’énergie de l’ad¬
ministrateur, M. Bénévent, qui, mis au courant de leur pro¬
jet. réussit, après une enquête, à découvrir les coupables. Ils
avaient malheureusement réussi déjà à déterrer le cadavre
d'une religieuse, dont ils avaient éparpillé les restes, cassé le
crâne, déchiré la robe et soustrait (jüelques ossements. II se
peut qu'il y ait aussi à cette profanation un motif supersti¬
tieux : beaucoup de Malgaches croient que les ombres des
morts, si elles sont importunées dans leur tombe, se re¬
tournent et emmènent avec elles non pas les auteurs de la
profanation, mais celles de leurs propres parents, ou du
moins de leurs compatriotes.
Ae se croirait-on pas reporté aux XllU et XI\’° siècles, où
Juifs et lépreux conspiraient ensemble pour obtenir un sort
plus doux ou se venger de la triste existence qu'on leur im¬
posait. Espérons que l’éminent médecin (lui gouverne Mada¬
gascar parviendra, tout en sauvegardant l'état sanitaire de
l’île, à y répandre les idées de philanthropie (lui font l’hon¬
neur de notre race et de notre époque. J. N.
LES CONGRÈS
Congrès pour la répression de l’Exercie illégal
de la médecine.
(Paris, 28 au 31. mai 190ni.
Salle (les examens de l’Assistance publique
49, rue des Saints-Pères, 49.
Programme des séances : Lundi 28 mai 190ü. Se'ance du ma¬
tin. - Ouverture du congrès : Discours de M. le professeur
BrÔuardel, président du congrès ; Rapport de M. le docteur Ch.
Levas.sort, secrétaire général ; Nomination du bureau définitif;
Rapports : I. Exercice illégal de lamédecineparlesreBouteurs,
sorciers et empiriques de même nature. Rapporteur : M. le D''
Léon Pouliot (Poitiers). — II. Exercice illégal de la médecine
par les charlatans, magnétiseurs et somnambules. Rapporteur :M.
le D'- Barbanneau, à Pouzauges (Amendée). — Communication :
Le magnétisme comme moyen de diagnostic et la loi du 30 novem¬
bre 1892. M. Cornet, avocat à la Cour d’appel de Paris.
Séarce du soir (de 2 b. à 5 h.l. — Rapport : III. Faits d’exer¬
cice illégal de la médecine par des personnalités laïques ou reli¬
gieuses, dans un but ou sous un prétexte de charité. Rapporteur :
M° Bruno-Dubron, avocat à la Cour d’appel de Paris. — Com¬
munication ; La prati(iue illégale de la médecine dans la province
de Québec (Canada). M. le' D'' Laurende.au, de Saint-Gabriel-de-
Brandon (Canada). — Rapport : IV. Exercice illégal de l'a médeci¬
ne par des membres de sociétés de secours aux malades et aux
blessés. Rapporteur :M. le D'' Dignat (Paris). — Communication :
Comment armer les mères de famille pour défendre leur foyer con¬
tre les dangers de l’exercice illégal. M. le D*- Suarez de Mendo¬
za (de Paris). — Rapports : V. Exercice illégal de la médecine
par les gardes-malades, infirmiers et panseurs. Rapporteur : M. le
D'' Noir (de Paris). —VI. Exercice illégal delà massothérapie.
(Ce qu’il est ; ses dangers ; remèdes possibles). — Les écoles de
massage. (Ce quelles sont ; ce qu'elles devraient être). Rappor¬
teurs : M. leD»- Mesnard (Paris) ; M" Mathiot, avocat à la Cour
d'appel de Paris. — Communication ; Projet de création d'écoles
de gymnastique médicale. M. le D-' Boyer (de Toulouse).
Séances du mardi 29 mai 1900. —Séance du matin, (de 9 h. à
11 h.). _ Rapports : VII. Exercice illégal de la médecine par les
barbiers et coiffeurs. Rapporteur : M. le D'- Milian (Paris). —
VIII. Exercice illégal de la médecine par les pharmaciens. (Con-
fusioii du titre de docteur en pharmacie avec celui de docteur en
médecine.) Rapporteur : M. le Dr Dubousquet-Laborderie, de
Brive- Saint-Germain (Corrèze). — Communications ; Confusion
du titre de docteur en pharmacie, avec celui de docteur en méde¬
cine. AI. le Dr Dubous(}uet-Laborderik, de Brive-Saint-Germain
(Corrèze). — Suppression du doctorat en pharmacie. M. le Dr H .
334
LE PROGRÈS MÉDICAL
Louis, à Etain (Meuse). — De l'exercice illégal par les pharma¬
ciens favorisé par les Société de secours mutuels. .M. le Df Made-
i.AiNE, de Saint-Pierre-sur-Dives (Calvados).
Rapport : IX. Exercice illégal de la médecine par les herboris¬
tes et bandagh tes (Traitement des hernies et varices). Rappor¬
teur : M. le D'' Boudin, à Oyonnax (Ain). — Communication : De
l’exercice illégal de la médecine à forme scientifique, par les chi¬
mistes. M. le D' Rocheblavb, de Valence (Drôme).
Séance du soir (de 2 h. à 5 h.). — Rapports : X. (a) De l’exer¬
cice illégal et principalement de l’exercice irrégulier de la méde¬
cine par les opticiens. Rapporteur : M. le D'' d’AvRENX (Paris).
— (6) De l’exercice illégal de l’ophtalmologie. Rapporteur ; >1. le
D'' PncHiN (Paris). — XI. Exercice illégal par les personnes qui
font de l’électricite médicale. Rapporteur : M. le D‘' Laquerrière
(Paris). — XII. Exercice illégal de la médecine pratiqué par les
dentistes. Rapporteur : M. le D‘' Lassudrie (Paris). — XIII. Exer¬
cice illégal de la médecine par les sages-femmes. Rapporteur: M.
le D’’ Dieupart (Paris). — XIII bis. Condition actuelle de la sage-
femme ; ses devoirs et ses droits. — Modifications à apporter à la
loi et à l’enseignement. Rapporteur : M™" Bourgeois, sage-femme
de 1” classe (Paris).
Séances du mercredi 30 mai 1906. — Séance du matin (de 9
h. à 11 h.). — Rapport : XIV. Exerciee illégal de la médecine
par des médecins étrangers. (Inconvénients d’accorder, sans rai¬
sons suffisantes, à des étrangers, des équivalences, transformant,
dans certains cas, l’exercice illégal en exercice irrégulier). Rap¬
porteur : M. le Dr de Grissac. à Argenteuil (Seine-et-Oi.se). —
Communications : Exercice illégal de la médecine, à Nice. M. le
Dr Danjou, de Nice. — Exercice illégal parles médecins de fron¬
tière. M. le D' Lemierre, de Lille. — Rapports : XV. Exercice
illégal par les étudiants en médecine. (Remplacements sans avoir
rempli les formalités légales. Etablissement avant d’avoir passé la
thèse. Internes des hôpitaux ; certificats). Rapporteur : M. le Dr
DE Grissac, à Argenteuil (Seine-et-Oise). — XVI. De l’usurpa¬
tion par les officiers de santé du titre de docteur en médecine. Rap¬
porteur ; M' Geoffroy, avocat à laCour d’appel (Paris). — XVII.
Docteurs sortant des attributions que la loi leur confère : en cou¬
vrant de leur diplôme des entreprises louches, instituts variés,
académies fantaisistes, cabinets vénériens, etc., et en prêtani leur
concours à des charlatans de toute sorte, afin de les soustraire aux
prescriptions de la loi. Rapporteur : M. le D^ Sentourens, La
Ferté-Bernard (Sarthe). — XVIII. Exercice illégal et charlatanes-
que de la médecine, par la réclame. Rapporteur : M. le D’’ Folet,
professeur à la Faculté de médecine de Lille (Nord).
Séance du soir (de 2 h. à 5 h.). — Rapport : XIX. Du rôle
de la presse en matière d’exercice illégal de la médecine. Rappor¬
teurs : M. Breifel, docteur en droit (Paris) ; M. Goret, docteur
en droit' (Paris). — Communication : Exercice illégal par dès mé¬
decins ou. pseudo- médecins voyageurs, dont il est impossible de
contrôler les titres et diplômes. M. le D'' Lemière, de Lille. —
Rapport : XX. Des réclames médico-pharmaceutiques à allures,
scientifiques, faites à l’aide de tout procédé de publicité, par des
personnes n’ayant pas de diplôme de médecin. Rapporteur : M. G.
Leredu, avocat à la Cour d'appel (Paris). — Communication :
Exercice criminel de la médecine par la réclame. M. le D'’ Le Pi-
leur, de Paris. — Rapport : XXL Comment avertir le public des
dangers de l’exercice illégal de la médecine. Rapporteur : M. le
Dr Leredde (Paris). Communications : Des causes de l’exercice
illégal et des moyens de le combattre. M. le D‘' Deschamps, de
Rennes. — r La propagande et l’éducation du public, à propos de
la communication de M Leredde. M. le D' Maurice, de Lyon. —
Rapport : XXII. Les causes sociales de l’exercice illégal de la
médecine. (Considérations psychologiques et économiques). Rap¬
porteur : M. le Dr Bardet (Paris). — Communication : Respon¬
sabilité des médecins dans l’exercice illégal de la la médecice. M.
le Dr Leredde, de Paris.
Séances du jeudi 31 mai 1906. — Séance du matin (de 9 h. à
11 h.). — Rapport : XXI IL Loi du 30 novembre 1892. (Examén
critique ; ses lacunes ; ses applications. Insuffisance de la répres¬
sion ; modifications à apporter. Rapporteurs : M. le D' Albert
Prieur (Paris) ; M' Léon Prieur, avocat à la Cour d’appel (Pa¬
ris). — Communication ; L’agitation légale à propos de la commu¬
nication de MM. Prieur. M. le D' Maurice, de Lyon.
Rapport : XXIV. Action des syndicats : g 1. Action judiciaire :
Droit d’action des syndicats ; conditions de l’exercice de ce droit ,
rapports avec les parquets. — §2. Action extrajudiciaire : Union
des syndicats ; centralisation des renseignements , action officieu¬
se. Rapporteur ; M. le D'' Maxwell, avocat général à la Cour
d’appel de Bordeaux.
.S'eance dit soir (de 2 h. à 5 h.). — Rapport : XXV. Création
d’un Office central pour la répression de l’exercice illégal de la
médecine, avec caisse alimentée par tous les groupements profes¬
sionnels. Rapporteur : M. le D"^ Ch. Levassort (Paris), — Com¬
munication : Création d’un comité international contre le charlji,
nisrae. M. le professeur Treub. d’Amsterdam.
Compte-rendu du trésorier. Vœux généraux. Nomination de li
commission de permanence. Discours de clôture. ^
FORMULES
XXXIX. — Contre I hyperhydrose des pieds.
Joachimczyk conseille, dans les cas peu graves, de saupou¬
drer avec Vadonne ; dans les cas graves, il faut pratiquer la
badigeonnages avec la formaline.
(Ther. Monats. cité par les Noue. Remèdes).
L. — Contre l anémie de:
Phosphate de soude . .
hypochlorhydi
. 10 gr.
. 8 gr.
. 5 gr.
— de potasse .
Teinture de badiane .
Bromliydrate de quinine . . _ „
Glycérine neutre . -^O gi
Sirop de noyer . 250 gr.
I c. à b. ,1)2 heure avant les repas.
XLI. — Contre la métrite chronique.
.Matin et soir, donner une cuillerée à soupe de :
lodure de potassium . 5 gr.
Arséniate de soude . 0 gr. Oo
Eau distillée . 100 gr.
qu’on alternera avec un cachet matin, et soir, de :
Poudre fraîche d’ergot de seigle . 0 gr. 15
• . . j âà 0 gr. 15
. 0 gr. 10
.\ppliquer sur le ventre en même temps la pommade, quoii
recouvrira ensuite de flanelle et de taffetas gommé ;
Poudre de Colombo. .
— de cannelle . .
Carbonate de fer. . . .
Ergotine Bonjean .
lodure de potassium .
Extrait de noix vomique. .
Vaseline .
Actes et thèses de la Faculté de Médecine de Paris
Thèses de doctorat. — Mercredi, 3o mai. — M. BernioUe ■ D
torsion des libronies utérins pédicules sous-péritonéaux, en dehofi
et pendant la grossesse (MM. Pinard, Kirmisson, Lepage, Potoch-
— M. Goilot : Insécurité du curettage instrumental dans la réle»'
lion placentaire (MM. Pinard, Kirmisson, Lepage, Potocki).
Jeudi, 3i mai. — M. Alisset : Considérations relatives à l'hfP'^
Iropliie de la prostate et à la prostatectomie (MM Guyon,
Mnrion, Auvray). — M. Auburtin : Les effets tardifs du chlorofw**]
(MM. Berger, Guyon, Marion, Auvray). — M . Bai^e: Etude climq®'
sur les empoisonnements par les gâteaux à la crème (MM-
del, Gilbert, Dupré, Carnot). — .M. rremè/in : Contrilmtion à l'étui
de l'ouverture spontanée des kystes liydatiqiies du foie dans
péritoine (MM. Gilbert, Brouardel, Diipré, Carnot). — M. Wadej;
Elude sur le vasogène au mercure (MM. Gilbert, Brouardel,
Carnot . — M. Burj^aud: Les érythrodermies du lichen plan (•'*■■
Gilbert, Brouardel, Dupré, Carnot). — M. Dodenil: Tuberculose^
appendicite (MM. Cornil, Raymond, Chantemesse, Bezançon). —
Seris : Le mongolisme infantile (MM. Raymond, Cornil, Chantemc^^
Besançon). — M. Peyron : Marche du clioUTa de 1902 à 1906 ,•
Chantemesse, Cornil, Raymond. Bezançon). — M. Sriber: l)c ’nin
che de raceouchemenl gémellaire: Etude statistique (MM- fin ^
Bonnaire, Demelin, Brindeau) — M. Flour : Les eonsiiUati^®^^
nourrissons et l'allaitement maternel (MM. Budin, Bonnaire,
lin, Brindeau). — M. Landon: Du décollement du placenta in-
normalement au cours de la grossesse (MM. Budin, Bonn ^
Demelin. Brindeau). — M. Crasson: Contribution à l’élude des ^
morragies rétro-placentaires (MM. Budin, Bonnaire, Demelin,
deau). — M. L'Hirondel : Le bassin sacro-eoxalgiqiie en obstetfl
(MM. Budin, Bonnaire, Demelin, Brindeau.
Examens de doctorat. — Lundi, 2Smai. — 5*(Chirurgie. 1 vJ.
lie, 1" série, Hôtel-Dieu) : MM. Terrier. Tiiffier.Cossel. — ^
gie, 1" partie, 2’ série, Hôtel-Dieu) : MM. Segond, Delens,
— 5" (Chirurgie, 1" partie, 1" série. Charité) : MM. Kirmisson.fi .
(Aug.), Dnval (Pierre). — 5- (Chirurgie, 1” partie, 2' série.
MM. Reclus, Sébileau, Mauelaire. — 5* (2* partie, Charitei •
Brissaud,Teissier, Labbé (Marcel).
LE PROGRÈS MÉDICAL
335
U di •’Q wai. — 5* (2’ partie,!" série, Hôtel-Dieu) : MM. Dieu-
r Dupré, Renon. — 5- (2- partie, 2* série, Hôtel-Dieu): MM.
R bin Tbiroioix, Carnot. — 5" (Chirurgie, 1" partie, 1" série, Cha-
•n- MM. Guyon, De Lapersonne, Marion. — 5' (Chirurgie, 1"
" rtie 2‘ série. Charité) : MM. Pozzi, Auvray, Moreslin. — 5* (2* par
a* Charité): MM. Jolïroy, Méry. Gouget. — 5” (Obstétrique, I" par¬
ue Clinique Tarnier) : MM. Budift, Demelin, Brindeau.
Vendredi, i juin. — 5' (Chirurgie. 1" partie, 1" série, Necker) :
mm. Terrier, Legueu, Gosset. — 5‘ (Chirurgie, l" partie, 2“ série,
Wker) : MM. Segond, Mauclaire, Pierre Duval. — 5* (Obstétrique,
Impartie, Clinique Baudeloeque) : MM. Pinard, Wallieh, Potocki.
Samed’i, 2 juin. — 5* (2” partie, 1" série, Beaujon) : MM. Ray-
Bionil, Thirolox, Méry. — 5” (2" partie, 2» série, Beaujon) : MM.
Chantemesse, Renon, Gouget. — 5” (2” partie, 3“ série, Beaujon: :
MM. Robin, Jeanselme, Bezançon. — 5“ (Obstétrique, i" partie.
Clinique Tarnier) : MM. Budin, Demelin, Brindeau.
Les Glutto-Bulles Jougla à l’iodure de potassium ne se dis¬
solvent que dans l’intestin en raison de l’enveloppe à base de
degluten. Dosées à Ogr. 25, elles répondent à toutes les indi¬
cations de la médication iodurée, même chez ceux qui habi¬
tuellement ont une intolérance marquée . Toutes les marques
promettent monts et merveilles ? Les Gluto-Bulles Jougla
seules tiennent les leurs : pas de gastrite, pas de coryza, pas
fc nausées; tolérance parfaite.
NOUVELLES
SociÉTK MÉDICO-PSYCHOLOGIQUE . — Séance ordinaire, le lundi
28 mai, à 4 heures précises, rue de Seine, 12, Ordre du jour : l'>
Rapport de candidature : M. Semelaigxe ; 2“ Un cas de délire
kjpochondriaque avec idées mégaloinaniaques : MM, Sellier et
Dihem ; Jo Délire d’interprétations et paranoïa : MM. G. Denv
*tP. Camus ; 4° Un cas de délire chronique à forme mégalomania-
qne avec autopsie : MM. Doutrebente et Marchand.
L HYGIÈNE DANS l’armée. — M. le général Privât, en quittant le
commandement de la 32'’ division, a terminé son ordre du jour
“Mieux par un conseil hygiénique aux soldats, qui fait honneur à
celui qui l’a prononcé ; « Méfiez-vous de l’alcool et de la volupté «,
Le poids des officiers de cavalerie, — Même au ministère de
“guerre on commence à tenir compte des enseignements des scien
CM biologiques. On a ainsi reconnu qu’il est nécessaire, pour les
éclations aux différentes subdivisions d’arme de la cavalerie, de
In taille et le poids des officiers. Or, le ministre a remar
M taille était souvent donnée d’une manière inexacte, par
^ été prise au moment de l’entrée au service, alors que
cier n’avait pas terminé sa croissance. Le poids jusqu’à pré-
^ llt.^tmt pas indiqué. En conséquence, une circulaire ministé-
sor î *'*7^*? chefs de corps de la cavalerie à faire mention
ckacn* '*.“*1^®® d® notes des officiers, de la taille et du poids de
trnihfj ^®s tttdications devront, en outre, accompagner
demande d’affectation ou de mutation.
antituberculeuse. — L’assemblée générale del’CEu-
iiejf J® ij®’! ® là salle des Agriculteurs, sous la présidence d’hon-
ijnç ”, L les ministres de l’Intérieur et de l’Instruction publi-
P®’*’ Berton et Blancheville. La présidence
taire çi„®i,™ été donnée à M. Blancheville. M. Corail, secré-
*®’tt Sim' ^ ““ rapport moral et financier, et le doc-
•‘icnono 'ttt t'appert médical. Puis des allocutions furent
*®®nuia*lv^^'' ■ Blancheville et .Mme Thénard. Des médailles de
Otatinép nié données aux collaborateurs de l Œuvre. Une
artistique a clôturé l’assemblée.
^^^éRAI.E DE PRÉVOYANCE ET DE SECOURS MUTUELS
FRANCE. — L’Assemblée générale annuelle de
J l’ranop*''" prévoyance et de secours mutuels des médecins
“*ns ij g-n’*’' J Beu les 27 et 28 mai prochain, à 2 heures précisés
■Anadémie h .® concours de l’Assistance publique (ancienne
I ^Tdre ri-i,- médecine), rue des Saints-Péres, 49.
p'i'tedn — 1“ Allocation de M. Brouar^el, président ; 2“
vl*®®é de ^tocès-yerbal de la dernière Assemblée générale ; 3“'
Blache t ®.‘m®.linn financière de l’Association générale, par
iresorier général ; 4“ Rapport sur la gestion finan-
® par MM. Hallopeau et Périer ; 5“ Compte ren-
a*^‘Laniî*J l^nilaation et les actes de l’Association générale
4af?‘®a du ^ ’ P®T M. Le.-eboullet, secrétaire général ; 6®
'^'*®®eil général, d’un secrétaire et de sept membres
seneral. — Candidats présentés par le Conseil géné¬
ral ; Trésorier général, M. Blache, trésorier général sortant, arri¬
vé au terme de son mandat ; — Secrétaire, M. G. Lepage, mem¬
bre du Conseil général, proposé pour secrétaire; — MM. Cham-
petierde Ribes, Créquy, Gassot, Hallopeau, Langlet elA.-J. Mar¬
tin, membres sortants, arrivés au terme de leur mandat ; M. Dar-
ras, membre de la Commission administrative de la Société cen¬
trale, en remplacement de M Lepage, proposé pour secrétaire ; 7“
Rapport de M. Rist, sur les pensions viagères demandées à l’As¬
semblée ; 8° Election de la Commission chargée d’examiner et de
classer les demandes de pensions viagères en 1906 ; 9® Rapport de
A. -J. Martin, au nom de la Commission chargée de l’étude des
propositions et vœux soumis par les Société unies à la prise en
considération de l’Assemblée générale ; 10® Examen et discussion
du projet de contrat avec l'Association amicale pour l’indemnité-
maladie et la Caisse des pensions de retraite du Corps médicale
frangais. A 7 heures et demie précises, le banquet aura lieu au Pa¬
lais d'Orsay.
Nouveau journal : Nous venons de recevoir les deux premiers
numéros du Rapporteur Médical.
Chronique des hôpitaux.
Conférences de pratique médicale. — ■ M. Le Gendre a re¬
pris, le samedi 19 mai, à 10 h. 1/2, à l’amphithéâtre de l’hôpital
Lariboisière, ses conférences de pratique médicale (thérapeutique
et déontologie), et les continuera les samedis suivants.
Amphithéâtre d’anatomie des hôpitaux. — Cours et exerci¬
ces techniques de médecine opératoire régionale, sous la direction
de M. Pierre Sébile.au, avec l’assistance de M.M. Chifoli.au et
Chevrier, prosecteur. Opérations sur les organes de la tête et
du cou, par M. Pierre Sjsbile.au, professeur agrégé, chirurgien de
l’hôpital Lariboisière et de M. E. Lombard, oto-rhino-laryngolo¬
giste des hôpitaux. — Ce cours commencera le mercredi B juin. —
Il aura lieu à 3 heures Ii2 : 1. Généralités, ligature des gros troncs
artériels du cou, ligature et découverte de la veine jugulaire interne,
bec-de-lièvre et fissures palatines, mercredi 6 juin. — II. Chi¬
rurgie du conduit, de la membrane, des osselets, antrotomie, tré-
panationmastoïdienne, écartement du pavillon, fermeture des ori¬
fices de trépanation mastoïdienne, vendredi 8 juin. — 111. Les
pharyngotomies, Tœsophagototnie externe, l’amputation de la lan¬
gue, lundi 11 juin. — IV. Evidement pétro-mastoïdien, le laby-
rynthe, le sinus latéral, le golfe jugulaire, le nerf facial, mercredi
13 juin — V. Trépanation cérébrale, fractures du crâne, épanche¬
ments sanguins, tumeurs cérébrales, abcès encéphaliques, abcès
d’origine otique, vendredi 15 juin. — VI. Trachéotomie, laryngo¬
tomie, laryngectomie, suture trachéale, prothèse laryngée, lundi
18 juin. — VIL Trépanation du sinus frontal, voie d’accès sur
l'ethmoïde, le sphénoïde, opérations radicales contre les suppura¬
tions des cavités annexielles, prothèse du sinus frontal, mercredi
20 juin. — VIII. Ouverture et drainage du sinus maxillaire, résec¬
tions partielles et totales du maxillaire supérieur, les rhinoto¬
mies, voies d’accès dans le cavum, vendredi 22 juin. — IX. Opéra¬
tions sur la cloison et les cornets, endoscopie respiratoire et di¬
gestive, rhinoscopie, bronchoscopie, œsophagoscopie, recherche
et extraction des corps étrangers, lundi 25 juin. — X. Résections
partielles et totales sur la mâchoire inférieure, voies d’accès sur
l’expansion du trijumeau, gassérectomie, sympathectomie, anasto¬
mose spino et hypoglosso^faciale, mercredi 27 juin. — Les élèves
répéteront les opérations sous la direction des prosecteurs, des ai¬
des d'anatomie et de plusieurs moniteurs. — Le nombre des élè¬
ves est limité. Le droit à verser est de 80 francs Le cours est
gratuit pour les Internes des hôpitaux. — Se faire inscrire : 17,
rue du Fer-à-Moulin, de 10 heures à 4 heures.
Hospice de la Salpêtrière. — Le D'’ Deny a repris ses
conférences cliniques sur les maladies mentales, le dimanche 20
mai à 10 heure, section Rambuteau et les continuera les diman¬
ches suivants.
Hospice de Bicétre {Fondation Vallée). Rue Benserade, 7, à
Gentilly. — M. Bourneville. Visite du service (gymnastique, tra¬
vail manuel, écoles, et présentation de malades) le samedi à 10 h.
très précises. Consultations médico-pédagogiques, gratuites pour
les enfants indigents atteints ue maladies du système nerveux, le
jeudi à 9 h. 1/2.
Hôpital Saint-Antoine. — Le D'' P. Le Noir, assisté des D’’’*
Camus et Courcoux : cours élémentaire sur les maladies de l’es¬
tomac. Ce cours sera complet en 12 leçons. LeVendredi conférence
clinique.
Hôpital Saint-Louis. — Maladies cutanées et syphilitiques.
— M. Hallopeau : leçons cliniques, le jeudi à trois heures.
Hôpital de la Pitié. — M. le D' Louis Rénon, méd. des hôp.
Maladies du cœur et des poumons le vendredi à dix heures.
336
LE PROGRÈS MÉDICAL
préparé spécialement pour BÉBÉS et ENFANTS de 2 m
à ir> ans, vrai spécifique de la CONSTIPATION. Précieux de
grippe, bronchite, coqueluche, impétigo, helminthia;
état convulsif, et toutes maladies ou indispositions dans t
quelles un laxatif est nécessaire.
n AMMM de 2 mois à 2 ans : 1 cuillerée à café par jour.
M N 11 i\ ■ ^ ^ ^ cuillerée à dessert par jour.
■ VlfBlf I de 5 ans à 15 ans : 1 cuillerée à soupe par Jour.
{Le conseiller chaque fois que les parents demandent une dépurât
pour leurs enfants, car - le meilleur des dépuratifs est encore
bon laxatif.
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Le Sebumbaoille, microbe de la calvitie vulgaiP«-i
découvert par M. Louis DEQUfcANT. pharmacien.
de Clignancourt, Paris. (Mémoires déposés à l’Acade^
Médecine, 23 mars 1897, 8 mai 1898). L'extrait de cesMe^
est adressé gracieusement à tous les médecins qui
feront la demande. Renseignements gratuits et prix w
pour tous les membres du corps médical.
Le Rédacteur-Gérant : Bournbtii.i^
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*des poils et des plumes, par Phisalix. Clinique médicale :
Néphrite paludéenne, par Urriola. — Bulletin ; Les explosions
dans les houillères, par Fabre ; Comment l’on traite les méde¬
cins au conseil d’hygiène de la Seine, par Noir ; Ouverture des
(MTS • Hospice de la Salpêtrière : Cours des maladies menta¬
les. Sociétés Savantes : Académie des Sciences: Origine
intestinale des adénopathies trachéo-bronchiques tuberculeuses,
par Calmette, Guérin, Deléarde (c. r. de Mme Phisalix). —
Académie de Médecine : Typhlocolite sableuse ou muco-mem-
braneuse, par Dieulafoy ; Mélange d’air et de chloroforme, par
Gréhant ; L’hygiène du champ de bataille chez les Japonais, par
baveran ; La paraly.sie générale chez les Arabes, par Motet ;
Elections (c. r. de A. -F. Plicque). — Société de chirurgie :
Corps étrangers de l’œsophage, par Mauclaire ; Traumatismes
du poignet, par Delbet ; Laminectomie, par Faure ; Anévrysme
poplité, par Nélaton (c. r. de Catz.) — Société Médicale des Hô¬
pitaux : Dysentérie traitée par le khosam, par Mathieu et Lemoi¬
ne ; Statistique des cancers de l’œsophage, des cancers et ulcè¬
res de l’estomac observés à Andral du l»" janvier 1901 au l^r
mars l9Ub, par Mathieu et Dobrovici ; Ulcère chronique de
l'estomac, estomac triloculaire, polyadénome implanté sur le
bord de l’ulcus, par Mathieu et Dobrovici ; Pleurésie purulente
à entérocoques, par Ménétrier ; Traitement curatif de la coque¬
luche par la narcose chloroformique, par de Rothschild ; Dé¬
placement du cœur à droite à la suite d’un hydropneumothorax,
par Hitz et Simon (o. r. de Priedel.) — Société de Médecine de
Paris : (c. r. de Buret.) — Société d'obstétrique deParis: Infec¬
tion buccale et éruption dentaire précoce chez le nouveau-né,
par Bonnaire et Jeannin ; Ilémiparalysie de la langue chez un
nouveau-né, par Demelin et Jeannin ; Sur un forceps rotateur
permettant la prise directe de la tète dans toutes les positions,
par Vlakos, etc. (c. r. de Jeannin. 1 — Société demédecinejoubli-
que et de génie sanitaire : (c. r. de A. Pujol.) — Société inter¬
nationale de la tuberculose. — Société pour ta propagation de
l'incinération: (c. r. de Rousselet). — Varia. — Les congrès.
— Instruments nouveaux. — Formules. — Actes et thèses
DE LA faculté de MÉDECINE DE PaRIS. — THÉRAPEUTIQUE I Le
traitement de la grippe et des manifestations broncho-pulmonai¬
res par l’hélénine. — Nouvelles. — Chronique des hôpitaux.
PHYSIOLOGIE
Sur le blanchiment des cheveux, des poils
et des plumes ;
Par Mme le D' PHISALIX
Le blanchiment des cheveux et de la barbe chez
l'homme, des poils et des plumes chez la plupart des
vertébrés supérieurs, est une des manifestations les
plus précoces et les plus caractéristiques de la vieil¬
lesse.
Nous pouvons aisément observer le fait chez le chien,
dont la durée de la vie est assez restreinte : vers l’âge
de cinq à six ans, ses moustaches commencent à blan¬
chir ainsi qu’un grand nombre des poils de sa robe,
bemême, chez l'âne, le mulet, le cheval, le phénomène,
pour être un peu plus tardif, n’en est pas moins appa-
[Cht, et si nous ne l’observons que rarement chez les
“êtes à cernes et les animaux de volière ou de hasse-
'O'ir, c’est que nous ne lui laissons pas le temps de se
produire.
. Le blanchiment de la vieillesse débute d’une façon
^sidieuse, et met toujours quelque tomps à s’établir.
- aïs on sait que la canitie peut survenir brusquement ;
, des hommes ont blanchi « en une nuit » à la suite
an choc moral violent, d’une émotion forte, d'une
•^yeur vive.
et \V subissent cet effettout comme l’homme,
jçv’'^i’^and (1856), rapporte le cas « d’un étourneau
instantanément blanc, après avoir échappé aux
^ ®®n’nn chat. » Un froid subit et intense produit
“ffet: J. Ross, dans les récits de son voyage
an 1 ^ nord (1819) rapporte une expérience faite sur
'''nngeur des régions arctiques, gardé à
lire « Ayant remarqué que dans lacham-
. anffée, il conservait sa fourrure d’été, je fus
laelq ^ pssayer l’effet du froid en l’exposant pendant
en jours à la température de l’hiver. Je le plaçai
suivjX^’l'^^nce sur le tillac le 1" février, et le matin
30» ’ après avoir été exposé h une température de
plaq^p ®®ous de zéro, sa fourrure sur les joues et une
thés chaque épaule étaient parfaitement hlan-
toüsjjj/ suivant, les plaques des épaules s’étaient
Corps çf^i’icment étendues, et la partie postérieure du
nos flancs étaient devenue d’un blanc sale.
Au bout de la semaine, l'animal était entièrement
blanc, sauf sur un espace en forme de selle qui resta
foncé, sur le dos. » Cette action du froid s’observe
également, mais d’une façon moins brusque sur les
animaux à fourrure et à plumes qui passent l'hiver dans
les hautes montagnes, ou qui habitent les régions
polaires. Périodiquement, quand arrivent les jours
froids, la robe devient plus épaisse, plus moelleuse,
plus protectrice, en même temps que les teintes chau¬
des de l'été s’atténuent pour passer progressivement
à des tons plus clairs, et dans beaucoup d’espèces, au
blanc pur. Le même animal change donc de couleur
suivant la saison, et dans la très belle collection du
musée de South-Kensington, on a quelque peine à
reconnaître, sous leurrobe d'une blancheur éclatante,
nos petites hirondelles noires.
Quelles que soient les circonstances et la vitesse
suivant lesquelles survient la canitie, on admet qu’elle
est due dans les différents cas aux mêmes causes : pour
les auteurs anciens, et la plupart des auteurs moder¬
nes, le blanchiment provient delà dessiccation plus ou
moins complète de la moelle du cheveu ou du poil,
qui seule contient le pigment, et de la pénétration con¬
sécutive de Pair dans le canal central ainsi formé.
11 équivaudrait de la sorte à la mort partielle du tégu¬
ment qui deviendrait comparable à un tronc d'arbre
creux. .M. Tfouessart, qui tout récemment (1) a étudié,
au point de vue qui nous occupe, l'hermine, dont le poil
est roux en été et l'écureuil des montagnes qui est
noir en été et gris en hiver, confirme en partie cette
théorie. « Lorsque le poil de l’hermine commence à
blanchir on observe deux faits principaux : 1“ l'extré¬
mité du poil semble se vider des cellules pigmentées
qui la remplissaient primitivement; 2° la couche cor¬
ticale devient trouble et, à un fort grossissement, on
constate que cet aspect est dû à de longues traînées de
grains de pigment qui la font paraître irrégulièrement
striée.
« Sous l’action du froid, il se produit donc tout d'abord
une rétraction du cône médullaire ; les cellules pigmen¬
taires qui remplissaient la pointe du poil se dessèchent
et se désagrègent ; elles s’allongent et forment des
fuseaux irréguliers laissant des vides entre eux. Cette
rétraction atteint bientôt toute la hauteur du poil
(1) c. H. Soc. Biol., n fev, BIOS, p. 271.
338
LE PROGRÈS MEDICAL
comme un liquide pûteuxqui se rétracte, par dessicca¬
tion, dans un moule de verre ; un vide semblable à
celui de l’extrémité distale se produit également dans
la partie proximale, au-dessus du bulbe. La rétraction
de la couche»corticale, conséquence de ce vide interne,
donne alors à la surface du poil l'aspect écailleux, en
stipe de palmier, qui résulte de la conformation de
cette couche corticale (troncs de cônes emboîtés et à
bords dentelés).
« Sur les poils devenus complètement blancs de
l’hermine, la couche corticale a repris toute sa trans¬
parence et l’on voit au centre la moelle formée de
cellules mortes, desséchées et décolorées, sauf aux deux
extrémités du poil où ces cellules ont complètement
disparu. On remarquera que le vide (remplacé par de
l'air) qui se produit dans 1 intérieur du poil doit contri¬
buer à donner â la fourrure l’aspect moelleux et léger
qui en fait le prix ; en outre, la couleur blanche est, en
grande partie du moins, l’effet de ta transparence du
poil, comme dans la neige, dont les fins cristaux sont
en réalité parfaitement transparents et ne paraissent
blancs que par leur superposition. »
Ouant à la manière dont le pigment est emporté hors
du poil, M. Trouessart se rallie aux idées de M. Metch-
nikoff, que nous indiquerons un peu plus loin. Si l'on
admet cette théorie, il est assez difficile de comprendre
comment la moelle peut renaître avec son pigment
chez les animaux qui reprennent leur livrée d’été après
la saison d’hiver, et comment aussi les cheveux blan¬
chis peuvent continuer de croître.
M. Metchnikoff qui, en I9i}l, à propos du méca¬
nisme de la vieillesse, a étudié le blanchiment des
cheveux et de la barbe dans l’espèce humaine, s’élève
contre cette théorie. Il fait remarquer avec raison « que
le blanchiment atteint la totalité du cheveu, tandis que
les gaz ne remplissent que la couche médullaire sou¬
vent très mince et quelquefois absente ». En outre, la
disparition du pigment n’entraîne pas la mort de la
moelle; mais les grains de pigment que renferment
ses cellules sont englobés par des leucocytes spéciaux,
issus d’elle-raême, que M. Metchnikoff, en raison du
rôle qu’il leur attribue, désigne sous le nom de chro-
mophages. Ces leucocytes ont un gros noyau et leur
protoplasme périphérique s’étire en prolongements
multiples et souvent ramifiés. Après avoir drainé le
pigment des autres cellules médullaires, ils se portent
vers la périphérie de la moelle, rampent entre celle-ci
et la couche corticale, puis disparaissent, soit en des¬
cendant jusqu’au bulbe d’où ils passent dans le tissu
conjonctif, soit en pénétrant par diapédèse dans la cou¬
che corticale, écartant les cônes emboîtés de cette
couche, et s’échappant directement au dehors. Ce der¬
nier mode de disparition du pigment donne l’explication
vraisemblable d’un fait rapporté par M. Metchnikoff et
observé par Victor Fatio. Ce dernier auteur a vu que le
jeune larus ridibundus, qui possède en été un pre¬
mier plumage presque entièrement brun, devient à son
premier printemps presque entièrement blanc « sans
avoir subi pour beaucoup de ses plumes, une vraie mue
par renouvellement ». Ihmdant ce blanchiment» une
poussière brune recouvre a l’extérieur chaque partie
de la plume, et d’autant plus qu elle est davantage en
voie de décoloration. Les parties blanches n’ont déjà
presque plus de poussière et les brunes n’en ont pres¬
que point encore. » 11 est fort probable que cette pous¬
sière brune représente les chromalophages bourrés de
pigment et s’éliminant avec lui au dehors.
M. Metchnikoff qui a étendu ses recherches à quel¬
ques animaux dont la robe blanchit en hiver, a nn
constater que le phénomène est identique à celui qq'
survient sous l’influence de la vieillesse (1). Chez iç
lièvre variable en train de blanchir, la couche périphé)
riqe des poils contient des chromophages bourrés de
pigment, en tout comparables à ceux des cheveux de
l’homme, tandis que la couche médullaire reste rem-
plie de corps réfringents et ne contient ni air ni autres
gaz quelconques. Dans les plumes du lagopède, égale-
ment en train de blanchir, il a retrouvé de gros chro¬
mophages bourrés de pigment noir, quoique en quantité
beaucoup moindre que dans les poils du lièvre variable.
Il les a de même observés dans les plumes d’une poule
qui, de couleur noire foncée au début, a commencéi
devenir blanche vers l’àge de quatre ans.
De l’ensemble de tous les faits qu’il a observés, soit
sur les poils, soit sur les plumes en voie de blancM^
M. Metchnikoff conclut que le blanchiment par l’inter¬
médiaire des chromatophages est un phénomène d'or¬
dre général et que la pénétration possible, mais non
constante, de l’air dans la région sous-corticale n’est
pour rien dans le blanchiment. Sans pouvoir affirmef
que l’action des chromatophages est le seul mode pat
lequel le pigment peut être mobilisé et entraîné hors
du poil, il rejette cependant l’hypothèse émise récem¬
ment d'une dissolution de ce pigment par des subs¬
tances chimiques d’origine cellulaire, car le pigment
oppose une grande résistance à la plupart des réactifs;
il n’est détruit que par des oxydants énergiques ; acide
sulfurique et chromate de potasse (d’après Spiegler),
eau oxygénée, acide nitrique, hypochlorites alcalins.
Le blanchiment des cheveux et autres légumenis
qui résulte d’après M. Metchnikoff de l’activité vitahj
de cellules amiboïdes, sensibles à certaines conditions
e.\térieures ne pourrait-il être réglementé? On connaît
déjà quelques-unes de ces conditions surtout celles
qui exaltent leur activité, froid vif, frayeur, émotions
violentes, mais si les rayons solaires déterminent et
entretiennent une surpigmentation des téguments sur
des sujets jeunes ou d’âge moyen, ils n’empêchent pas
même les nègres de blanchir et on n’a pas encore
trouvé l’eau merveilleuse qui serait capable d’éteindre
ou d’inhiber l’activité des chromophages.
CLINIQUE MEDICALE
Néphrite paludéenne ;
Par Cirio L. URRIOLA, de Pa
Je vais relater un cas typique de néphrite
IP aio-nü niip i’piis il v a npii dp. tpmns. l’occasion 0
server. Je considérai d’abord ce cas comme une
aiguë parenchymateuse; mais plus tard, l’*)*** , |j,
microscopique de l’urine hématique me permitd éta^^
le diagnostic exact de l’affection. Ces cas sont
quents parce que les néphrites qu’on observe ^
paludisme sont presque toujours des
secondaires et tardives, tandis que la néphrite
non compliquée* isolée des autres manifestation^^ul
paludisme, constitue vraiment l'exception ; de
que les descriptions de ces néphrites ne correspo^^
pas toujours aux vrais types cliniques, ^
Obs. — Un enfant de sept ans, dont les antécédents
riens ne sont pas douteux, eut, en septembre mil neu^^
(1)C. Il . At\ Sc.. p. lOil, 7 moi 1906.
LE PROGRÈS MÉDICAI.
339
s des fièvres durant trois semaines. Ces fièvres, accom-
*^ènées de grossissement du foie et de la rate, cédèrent à la
*tiDine. Au commencement de mil neuf cent quatre, cet
?nfantfit, en compagnie de sa famille, un séjour à Velas-
uülo, lieu très malsain à cause de ses environs marécageux.
Il y contracta une fièvre de caractère pernicieux à laquelle il
échappa miraculeusement moyennant un traitement énergi¬
que etl’abandon immédiat de l’endroit. Le vingt-un août de
la même année, ce petit malade contracta de nouvelles fiè¬
vres, précédées pendant plusieurs jours d'un sommeil pesant
pendant les heures d’école et immédiatement après les prin-
dpaux repas. Ces fièvres durèrent jusqu’au trente du même
mois. Bien qu elles fussent suivies de sueurs abondantes, elles
n’étaient pas accompagnées de frissons ; elles ne dépassèrent
jamais 38»,3, commençaient toujours d'une heure.à trois de
l'après midi, et, enfin, étaient quotidiennes. Le quatrième
jourdefièvie,la figure et particulièrement les paupières com-
mençèrent à enfler. Le gonflement gagna bientôt le cou, la
poitrine, l’abdomen et les jambes, et, le trente août, envahit
les organes génitaux. De nouveaux symptômes firent à cette
époque leur apparition ; ainsi, depuis le vingt-neuf, l'enfant
ne dormait presque plus, à cause de l'impossibilité où il se
trouvait de garder la position horizontale ; il se sentait fati¬
gué au moindre effort et la tachycardie était très marquée.
J’examinai pour la première fois le trente août, l’urine du
naïade. La couleur en était très claire, et j’y découvris une
pnde quantité d'albumine. Estimant alors qu’il s’agissait
amplement d’une néphrite parenchymateuse aiguë, de cause
incertaine, je me bornai à prescrire une diète lactée, de la
tisane de stigmates de ma'is, et deux purgatifs de Crémor par
semaine. Mais voici que, le deux septembre, on remarque
que l’enfant a plusieurs mictions d'une urine sanguinolente.
L'examen microscopique de cette urine me révèle non seule¬
ment la présence des éléments figurés du sang, mais je m'a-
perçois de plus que la majeure partie des globules sanguins
sont envahis par les hématozoaires du paludisme. Ces héma¬
tozoaires sont petits, ronds, d'une couleur blanc grisâtre,
sans pigment ; on peut très bien les distinguer d’un vacuole
et sont identiques à ceux qu'ont décrits, MM. Cei.i.i et Mxr-
«•«'.wiAi 1), d abord chez l'homme et ensuite dans les bovi-
jlesparM. Celli. .Ainsi convaincu de l'affection dont souffrait
le malade, j’ordonnai une potion composée de deux gram¬
mes de sulfate de quinine dans cent vingt grammes de limo¬
nade sulfurique, pour être administrée à raison de quatre
™ulerées par vingt-quatre heures. Le jour suivant, trois sep
mbre, l’apyrexie continuait. fhrine émise pendant les vingt-
pj"® i^ures atteignait 2000 grammes et était de couleur
exe* r a”’ ^ ®®®®nrquc avait presque complètement disparu,
t- ® les bourses. — Le quatre, l’urine des vingt-qua-
de sa*^*^*^^* montait à 2400 grammes ; elle était encore teintée
déh degré beaucoup moins prononcé qu'au
qoilip bourses sont encore enflées, l'enfant dort tran-
fjj- dans la position horizontale, il ne ressent plus ni
nor^p elles battements du cœur sont presque
plpp ~ be cinq, l’urine des vingt-quatre heures n’est
®iclio ^ de 2,;00 grammes avec celle particularité que la
"Les^^^r *ï*^®^fi*^ofois claire et quelquefois teintée de sang.
®nt a complètement disparu elles bourses
urines chaque fois plus claires se
sept, J ® grammes pour les vingt-quatre heures. — Le
chaieyj, bien moins troubles, laissent déposer par la
d'albumine ; traitées auparavant par une
d’acide nitrique elles se troublent, et l’ébul-
qaeur gy®P*'^oipite pas. Elles ne prennent pas, avec la li-
^^siera^^° coloration rouge-violet que M.
La néphrites paludéennes chroni-
Oncojjp d'urine se maintient à 2000 grammes.
***fdent IMh*^ traitement encore une semaine. Les urines
??a3[ie„? bumine à mesure qu elles diminuent en quantité
'“fàntpp^? limpidité. Tout enfin rentre dans 1 ordre et
’b^lilieni J ses travaux scolaires. La guérison se
lors.
*'"*>110 .Malarichc pr(‘doinin.inlp nell' pslale e nell" au-
"■na {Ayc/it,’o fer la Science Mediche, XIV.)
Je ne. crois pas qu’un doute soit permis quant à la na¬
ture de la néphrite dont souffrait cet enfant. D'antécé¬
dents malariens bien prouvés, il est pris, le vingt-quatre
août mil neuf cent quatre, de fièvres journalières et
intermittentes qui durent jusqu’à la fin du mois. Le
quatrième jour de la fièvre, commencement du gonfle¬
ment aux paupières, et le trente, l’anasarque est consti¬
tuée en même temps qu'il y a dyspnée d’effort, tachycar¬
die etimpossibilité deconserver la position horizontale.
Deux jours après la cessation des fièvres, il y a mic¬
tion d'une urine hématique dans laquelle le micros¬
cope révèle la présence des éléments figurés du sang
envahis en majeure partie par cet hématozoaire spé¬
cial à la zone tropicale, c'est-à-dire petit, amibo'ide,
sans pigment, de la variété immaculée [hoémamoèba
qui est l'agent des fièvres graves. En ou¬
tre, le traitement lui-même est venu confirmer cette
même hypothèse.
NARCYL GRÉMY médicament spécifi¬
que de la toux, spécialement de la toux des tu¬
berculeux.
BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL
Les explosions dans les houillères
Qui ne se souvient des vers par lesquels Alfred de
Musset, saluait en 1836, la disparition de laMalibran?
San.s doute, il est trop tard pour parler encore d'elle.
Depuis qu’elle n’est plus, quinze jours sont passés.
Et dans ce pays-ci quinze jours, je le sais,
Font d'une mort récente une vieille nouvelle.
De quelque nom d ailleurs que le regret s’appelle.
L'homme par tout pays en a bien vite assez.
Eh bien! non! Quand il s'agit d'une catastrophe
aussi épouvantable que celle de la mine de Courrières,
la science ne saurait se taire de sitôt, et l’hygiéniste,
le médecin, l'ingénieur, l'administrateur, ont le devoir
de chercher au moins une leçon dans un si déplorable
événement. Et cependant, tout est dit, semble-t-il,
depuis qu’il y a eu tant de journalistes, q’.i (sans
compter ceux qui ont divagué à ce sujet) on* traité la
question des explosions dans les houillères et en ont
écrit si abondamment qu'il paraîtra à beaucoup venir
trop tard le médecin voulant exposer, au point de
vue doublement scientifique et pratique, les effets sur
l'organisme humain de ces grandes déflagrations
gazeuses.
Les explosions dans les mines souterraines qui trop
sohvent transforment les chantiers houillers en de
vraies hypogées, en de réelles catacombes, peuvent se
rapporter à trois grandes causes, qui s'unissent sou¬
vent entre elles comme poui augmenter l'importance
du désastre: 1" le grisou composé d'un mélange de
protocarbure, d'hydrogène, d'azote, d'anhydride carbo¬
nique et d’oxygène : .2” dans les mines exposées aux
incendies souterrains, il peut se faire un mélange dé¬
tonant, (U'ovenant d'une sorte de ga?, analogue au
gaz d'éclairage, formène ou méthane, qqi venant se
mêler à l’air, peut s'enflammer brusquement au con¬
tact d’une flamme comme fait le grisou ; 3° Enfin les
340
LE PROGRÈS MÉDICAL
poussières de houille, peuvent, on le sait, comme bien
d’autres poussières (farine, coton, liège, riz, sucre,
garance, résines, noir de fumée, bleu de Prusse, fleur
de soufre, etc.), faire explosion en s’enflammant, et
surtout propager une explosion de chantier en chantier,
formant pour ainsi dire une trombe de feu, brûlant
tout sur son passage.
Bien que la possibilité de l’inflammation des pous¬
sières de houille ait été fort longtemps révoquée en
doute, MM. A. Pernolet et L. Aguillon, envoyés en
mission, pour étudier les questions relatives au grisou,
en Belgique, en Angleterre et en Allemagne, ont lini
par admettre dans leurs Rapports (1) la possibilité de
l’explosion des poussières charbonneuses au moins par
propagation. On avait d’ailleurs observé depuis long¬
temps déjà qu'à la suite des explosions de grisou, se
trouvaient dans des galeries parfois Fort éloignées du
point de départ de l'explosion des dépôts de coke en
lames minces sur les parois, dépôt dont l'origine ne
pouvait être expliquée autrement que parla combustion
complète des poussières charbonneuses.
On sait que les explosions dans les houillères, tant
du grisou que des poussières, exigent pour se produire
le contact plus ou moins prolongé d’une flamme.
Cette notion a été le point de départ d'une multitude
de moyens d’éclairage, depuis la lampe dite de sûreté,
de Davy. jusqu’aux nombreux modèles plus ou moins
perfectionnés, etsuivantlessystèniesles plus variés, dont
l’usage est imposé aux mineurs dans toutes les houil¬
lères sujettes au grisou. Mais bien des mines n’ont
jamais présenté de grisou, témoin les mines de Com-
mentry, témoin aussi la plupart des mines du bassin
français du Nord et du Pas-de-Calais, si bien que l’an¬
cien et savant directeur des mines d’Aniche, M. E. V'^uille-
min, pouvait écrire en 1878 les lignes suivantes [2).
« En général, les houilles du nord ne dégagent pas
des quantités de grisou comparables à celles que l’on
rencontre dans les houillères belges ou du centre de
la France. Aussi les grandes explosions qui causent
tant de victimes, sont-elles rares dans les houillères
du Nord. Jusque dans ces dernières années, on n'avait
trouvé de grisou que dans l’exploitation des houilles
grasses; on en a constaté depuis, dans les houilles
sèches, à l’Escarpelle et dans les houilles maigres à
Yicoigne et à Ostricourt. »
Hélas ! des causes d’explosion terribles se sont ren¬
contrées dans la mine de Courrières, où le grisou n'avait
jamais été signalé et où les ouvriers avaient travaillé de
tout temps avec des lampes à feu nu dans les galeries.
Par contre, il existe des mines non sujettes au grisou,
mais qui sont plus ou moins exposées aux incendies
à la mise en feu de la houille, à des incendies spon¬
tanés. Ainsi en est-il à Commentry, où les incendies
remontent à l’origine de l’exploitation et même avant
(1) Exploitation et réglementation des mines à grisou en Belgi¬
que, en Angleterre et en Allemage. Rapport de mission fait à la
commission cliargé de l’étude des moyens propres à prévenir les
explosions de grisou dans les houillères. 3 vol. in-8", Paris, 1881.
Belgique (118 pages.) Angleterre (33C pages). Allemagne ^288 pages.)
(Dunod, éditeur.)
(2) Dans son mémoire: Les mines de houille d'Aniche, Exemple
des progrès réalisés dans les houillères du nord de la France pen¬
dant un siècle, (ln-8% Paris, 1878. Uunod, éditeur, p. 75-76.)
1
toute exploitation régulière, c’est-à-dire avant la fm,jj
XVIIP siècle, car le feu avait pris aux affleurements
de la couche avant qu’on eût songé à demander l’au.
torisation pour l’extraction du charbon, dans le bassin
houiller de Commentry.
On sait, surtout depuis les recherches que M. Henn
Fayol avait entreprises alors qu’il était ingénieur aui
mines de Commentrj, que la houille a la propriété
d’absorber l’oxygène de l’air, de s’échauffer et d’exha¬
ler de l’acide carbonique. L’absorption de l’oxygène et
l’échaufl'ement de la masse charbonneuse sont en
rapport direct avec la plus ou moins grande fragmen¬
tation de la houille, avec le nombre et la profondent
des failles dans les massifs de charbon, en d’autres
termes, l’absorption de l’oxygène est proportionnelle à
l’étendue des surfaces de houille en contact avec l’air.
Si la ventilation qui par son activité refroidit le plus
souvent l’air des galeries ouvertes dans le massif de
houille en extraction, si cette ventilation devientinsufli-
sante à le refroidir, le charbon peut s’enflammer spon¬
tanément. i
Les incendies spontanés dans les soutes à charbon
des grands navires à vapeur faisant de grandes traver¬
sées, incendies qui ont occasionné tant de désastres,
n’ont pas eu, dans la plupart des cas, d’autre cause que j
cette propriété de combustion lente de la houille (1). i
Dans un coin de houillère, le charbon prend feu;
l’incendie est déclaré, comment le combattre ? On a en
recours aux inondations en dérivant un bras de cours
d’eau pour le faire passer dans les massifs en feu.
L'embouage est un moyen qui a réussi plus souvent
quand on peut l’employer. En tout cas, il faut savo’ir
faire lapait du feu ; et pour cela on en est. souvent
réduit à construire des murs en maçonnerie pour tâcher
d’empêcher la propagation de l’incendie aux parités
environnantes, pour limiter l’incendie; que si la résis¬
tance du barrage est insuffisante, les gaz provenant lic
la distillation de la houillè, se trouvant comprimes-
peuvent se livrer brutalement issue à travers le mur
protecteur ou limitateur de l’incendie, et une explosio®
alors se produira renversant le barrage, souleva®
les poussières des galeries voisines, les enflammanh
propageant ses ravages dans toutes les directions,
dans toutes les avenues. Les galeries deviennent
vrais tubes d’armes à feu, les hommes comme I
vagonnets deviennent des projectiles, ils sont lan^
avec violence contre les étais, contre les parois <>
galeries. Tout ce qui se trouve sur le passage du kj
des gaz dilatés et des poussières enflammées, subit
terrible choc, accumulant ici les cadavres sur
déblais, là, produisant un éboulement, etc.
Si la présence du grisou, des poussières, de me ^
ges gazeux sont les éléments primordiaux en
sorte, des explosions, si la présence du contact
moins prolongé d’une flamme devient la ^ause
ciente de l’explosion, il est peut-être aussi
faire intervenir des causes adjuvantes, et, en pre®
(1) Ou Irouvora un r.ipide exposé de celle question
moire intitulé : De l’élévation de la température dans Ushouiu^^
des phénomènes qui s’y rattachent au point de vue
moire que j’ai communiqué en mai, 1878, à la Société “V
publique et de médecine professionnelle.
LE PROGRÈS MÉDICAL
341
.. les dépressions brusques de l’atmosphère. Il y
aura bientôt 30 ans, un sérieux observateur, conscien¬
cieux et instruit, le D' Bourguet, de Craissessac, écri¬
vait les lignes suivantes dans un mémoire intitulé :
Considérations générales sur la marche et les résul-
iats de l'explosion de grisou, qui a eu lieu au puits
Sainte-Barbe, à Graissessac le 14 février \%11 [Gazette
‘desEôpUaux, 1877). « Le jour de l’accident (qui fit 48
victimes, dont 45 morts), on avait constaté une baisse
notable de la pression atmosphérique. Or, il est
reconnu que cette diminution favorise l’issue du gri¬
sou, qui trouve moins de résistance pour s’échapper
des mines qui le contiennent. En second lieu, l’atmos¬
phère fut très tourmentée. Pendant la matinée du 14
février 1877, le vent du nord soufflait en tempête ; à
partir de midi, au contraire, le calme le plus complet
s’établit, et le soleil était très chaud. Or, l’accident eut
lieu vers midi et demi. » Lors de l’accident survenu à
jAnderlues,en Belgiquq, le I"' avril 1880, ctqui causa la
Lort de 49 ouvriers, dont 46 dans la couche et 3 au
B^its, MM. Pernolet et L. Aguillon [loc. cit., p. 90),
i»us disent: « 11 paraît établi que l’inflammation a
été provoquée. par le tirage d’un coup de mine dans une
des tailles de l’est; seulement il semble y avoir eu une
seconde inflammation produite dans les tailles de
louest. » « L’accident a eu lieu pendant une forte
dépression du baromètre. De midi 30 mars à 4 heures
du malin l°" avril, le baromètre a baissé de 750 à 740”“.
.tu moment de l’entrée du poste de nuit, vers 7 heurés
du soir, la baisse était de 1 millimètre par heure. On
«demandait si celle baisse n’avait pas pu déterminer
un envahissement de grisou dans l’espèce de cul-çie-
«ede 300 mètres que formait la galerie plate (galerie
deniveau), entre les portes du plan incliné et la taille,
"està remarquer que, la nuit, ces portes ne sont pas
uiivertes, que la galerie n’est, par suite, pas balayée par
frais et que le grisou des vieux travaux a pu refluer
uns la galerie et y rendre l’atiriosphère explosive. »
fies croûtes de coke sur les bois étaient particiiiière-
®unt abondantes le long de la voie du fond.
fis ^Répressions atmosphériques brusques constatées
[J)'' ® baromètre peuvent être invoquées comme cause
l^asionnelle sinon efficiente, du moins adjuvante, des
explosions, cela est en rapport direct avec les
I sic* C '^physique (1). Et justement une forte dépres-
fille ôté constatée, (voir IL de Par-
plofl Journal des Débats), au moment de l’ex-
Proch^ “®®™'nesde Courtières. Ne pourrait-on pas rap-
de cette catastrophe les grands mouve-
niers *'!®*^“esqui se sont produits au cours de ces der-
de P*®®'®-! éruption du Vésuve, le tremblement de terre
le Re raz de marée de Tahiti du 7 février,
*xami**^ de détruire San-Francisco ? et
au point de vue physiologique
Icsçlj ® ’ fluels sont, sur les mineurs au travail dans
Icig^ les effets de ces explosions.
comme dans beaucoup d’autres questions
Itelfrc, M. Van dcn Broeck el le professeur Lai-
fi4 l’Ohservaloire de Berlin, oui. déclaré «lu’il y a
*®* «iégageinenis instantanés du grisou el
A atmosphériques. (Voir Paul Kazous, in Revue
“«31 mars 1906, g. ;»7.)
relatives à l’hygiène et à la pathologie des houillères,
l’esprit synthétique ou hâtivement généralisateur, ou
à tendances simplistes de beaucoup de médecins, s’est
livré carrière à bien des explications aventurées ou
aventureuses, sinon téméraires, parfois légères, presque
toujours trop compréhensives, dans des questions habi¬
tuellement complexes etsouvent des plus compliquées.
Car autant diffèrent les contingences delà vie en plein
air, autant, sinon plus, elles varient dans les galeries
souterraines.
Paul Fabre (deCommentry.)
Correspondanl.de l’Académie
de Médecine.
Comment l'on traite les médecins au Conseil d’hygiène
de la Seine.
Il s’agit du recrutement des médecins vaccinateurs
pour l’application de la loi sur la santé publique.
M. Marquez. ^ Le recrutement serait donc facile, aussi
bien dans les communes qui ont des médecins que dans les
treize qui en manquent.
Je connais des docteurs obligés pour vivre, en présence de
la pléthore professionnelle, de soigner des malades mutua¬
listes, à raison d’un centime par jour, soit 3 fr. 60 par an.
De ce fait, nous n’aurons que l’embarras du choix et l’Admi¬
nistration s’inspirera des titres acquis lors des nominations.
Il sera d’autant plus aisé d’imposer à ces messieurs un choix
parmi les procédés de vaccination reconnus efficaces ou
sans dangers, que déjà ils sont habitués à ce service et disci
plinés.
Môme observation en ce qui concerne les jours et les heu¬
res des séances. Rien ne sera plus facile que de les leur impo¬
ser et nos praticiens, pleins de dévouement pour la chose pu¬
blique, acquiesceront de grand cœur.
Nous livrons ces paroles à la méditation de nos con¬
frères de la banlieue ; ils en goûteront, nous n’en dou¬
tons pas, toute la courtoise ironie. Elles ont été pro¬
noncées le 30 octobre 1905 au Conseil d’Iiygiène du
clépartement de la Seine, sept médecins assistaient à la
séance. Toits ont donné leur approbation au moins
tacite aux paroles de M. Marquez.
Quant à nous, nous apprécions la haute moralité de
cette incitation à l'exploitation de la misère médicale et
plus particulièrement les éloges de M. Marquez qui,
après avoir conseillé d' imposer médecins praticiens
disciplinés toutes les fantaisies administratives, cons¬
tate leur dévouement à la chose publique. Si ce dé¬
vouement les destine à recevoir pareils soufflets de grand
cœur, nous nous demandons s’ils tendront l’autre joue
J. Noir.
Ouverture dâs Cours.
Hospice de la Salpêtrière: Cours des maladies
mentales.
M. le D*^ Deny a repris, le dimanche 20 mai, à la Salpê¬
trière, la série de ses conférences sur les maladies men¬
tales. Cette nouvelle série sera consacrée à l’étude de
la folie maniaque-dépressive, dénomination sous laquelle
on englobe aujourd’hui tous les états psychopathiques
anciennement décrits sous les noms de manie et de
dépression simples, de manie et de mélancolie intermit¬
tentes ou périodiques, de folie alterne, à double forme,
circulaire, etc.
Dans un historique critique de la question, M. Deny
s’est attaché à démontrer que la conception de la folie
342
LE PROGRÈS MÉDICAL
maniaque-dépressive était directement issue des travaux
de Pierre Falret sur la folie circulaire et de Baillarger
sur la. Jolie à double forme. Il a justifié ensuite cette con¬
ception en montrant que la limite tracée par les auteurs,
entre la manie et la mélancolie simples d’une part, la
manie et la mélancolie intermittentes ou périodiques de
l’autre, était purement conventionnelle, qu’elle ne repo¬
sait sur aucune base étiologique, symptomatologique ou
évolutive ; qu’en outre, les cas de manie et de mélancolie
périodiques pures ou sans mélange étaient tout à fait
exceptionnels, que tous les accès de manie et de mélan¬
colie (réserve faite de la mélancolie d’involution étaient
en réalité des accès à double formes frustes, dans lesquels
l’une des phases morbides passe le plus souvent ina¬
perçue ; et enfin,qu’en plus de ces états mixtes frustes,
il existe des états mixtes francs dans lesquels les phé¬
nomènes d’excitation, au lieu d’alterner avec des phéno¬
mènes de dépression, coexistent avec eux.
Se basant sur l’ensemble de ces considérations et aussi
sur ce fait que les phénomènes d’excitation et les phéno¬
mènes de dépression ont la même origine et reconnais¬
sent le même mécanisme pathogéniqne, M. Deny a conclu
à la légitimité de la synthèse du professeur Krœpelin et
à l’admission, dans le cadre des maladies mentales, d’une
nouvelle entité clinique, la folie maniaque-dépressive,
dont la place naturelle est à côté de la folie systématisée
chronique, dans le groupe des psychoses constitution¬
nelles ; comme la place naturelle de la démence précoce
est à côté de la paralysie générale, dans le groupe des
psychoses accidentelles.
CAPSULES D’IODIPINE-KIERCK ; 3 représentent 1 gr. Kl
beaucoup mieux supportées que les iodures alcalins ;
lODIPINE à 25 " O pour injections sous-cutanées.
SOCIETES SiVVANTES
AGADlvVlIE DES SCIEACES.
\ Séance du 21 mai 1006.
Origine intestinale des adénopathies trachéo-bronchnjues
tuberculeuses.
MM. A. (iALMETTE, G. GuÉRiN ct A. Dei.é.arde, SC fondant
sur ce fait que l’ingestion de bacilles tuberculeux d’origine
bovine, chez les jeunes bovidés et les chevreaux, est suscepti¬
ble de déterminer des lésions des ganglions Irachéo-bronchi-
ues ou des poumons, sans lésion apparente des ganglions
mésentériques ont recherché si, chez l’enfant, qui présente
souvent des lésions d’adénopathie trachéo-bronchique comme
signe unique de tuberculose, l’intection d’origine intestinale
pouvait être mise en cause.
Pour élucider ce point, du 15 décembre li)05 au 30 mars
19116. les ganglions mésentéri<iues do 24 enfants décédés d’af¬
fections les plus diverses à l’hôpital Saint-Sauveur de Lille,
ont été triturés et inoculés au cobaye. Or, non seulement les
résultats ont été positif? avec les ganglions de 4 enfants atteints
de tuberculose à localisation variable (méningite tubercu¬
leuse, broncho-pneumonie tuberculeuse, adénopathie tra¬
chéo-bronchique, tuberculose pulmonaire), mais encore il en
a été de même pour les ganglions de 3 autres enfants, qui,
d'après les résultats de rauto|)sie, ne pouvaient nullement
être considérés comme tuberculeux, et qui avaient respecti¬
vement succombé à l’athrepsie, à une bronchite capillaire et
à une broncho-pneumonie double.
D après ces faits, les auteurs concluent que l’adénopathie
trachéo-bronchique et la tuberculose pulmonaire doivent
être considérées comme résultant d’une infection d’origine
intestinale; en outre, il semble de plus en plus évident que
les enfants et aussi les adultes contractent la tuberculose eu
ingérant soit du lait de vaches tuberculeuses, soit des pm"
sières ou des aliments souillés de bacilles ou de particules
d’expectoration tul)erculeuse d’origine humaine.
Mme Phisalh.
ACADEMIE DE MEDECIM'.
Séance du 29 mai.
Typhlricolile sableuse ou muco-metnbraiieiise.
M. Dieui.afov montre la fréquence de cette affection et s>
confusion facile avec l’appendicite. 11 rapporte treize obser¬
vations de malades atteints de cette variété de typhlite el
opérés pour une appendicite qui n’existait pas. M. Dieulafor
résume de façon très vivante l’histoire habituelle de ces inter¬
ventions intempestives.
« On est mandé, dit-il, par un malade qui se plaint de vio¬
lentes douleurs abdominales ; il sait qu’il a une crise d’enté-
ro-colite muco-membraneuse, car plusieurs lois déjà il a subi
des atteintes semblables ; il sait également que son état w
présente aucune gravité, mais il souffre cruellement et il .
vous demande aide et assistance. Vous palpez iriéthodique- ;
ment le ventre que vous trouvez très sensible, notammentsnr
le trajet du côlon, et quand vous arrivez à 1 examen de l»î
fosse iliaque droite, le patient se récrie, car votre presski ,
détermine en cette région une douleur plus vive que partoat
ailleurs. Alors, si vous ôtes imbu des doctrines qui prodi-
ment que l’appendicite « succède couramment » à l’entéro¬
colite, vous tombez dans le diagnostic de tendance que^
signalais il y a un instant, vous déclarez à votre malade qn’i
y a une complication d’appendicite, vous lui signalez ledan-
ger, vous lui parlez d’opération, et vous demandez une coa-
sultation chirurgicale. Grand émoi chez le malade. Cepend^
l’opération est décidée. Suivant que le chirurgien est ou nesl
pas temporisateur, l’opération est faite, un peu plus tôt, M
peu plus tard, mais à l’ouverture du ventre, volxe diagnostic
reçoit un démenti : l’appendice est sain, la typhlite a été piw
à tort pour une appendicite et votre client n’aurait pasd»
être opéré.
Fait curieux, en examinant au microscope l’appenmcc
enlevé, on trouve à défaut de grosses lésions des suffusK^
sanguines, des folliculites hémorihagiques. (ielles-ci par^
sent indiquer un premier degré d’appendicite et justuw
l’opération. Mais cette interprétation est une erreur :
fusions sanguines et les apoplexies folliculaires, consideÇ^
comme lésions d’appendicite, sont le résultat du traumaüs®r
4 oici ce que M. Letulle dit à ce sujet : « Je n’ai jamais
la folliculite hémorragique ailleurs que sur des
opérés. La ligature violente subie par l’organe avant son
tion, explique fort bien, à mon avis, les suffusions san?u
circonscrites ou diffuses dans le tissu réticulé du
On éviterait, conclut .M. Dieulafoy, de pareilles errey ^
au lieu d’un diagnostic de tendance, on avait soin n®
poser le diagnostic d’appendicite qu’en présence de ^
hle symptomati(iue propre à cette terrible affection, p^, i
dominance des douleurs à la fosse iliaque droite ne / j J >
à faire le diagnostic d’appendicite, et cela surtout qn'^^
s’y adjoint des signes d’entéro-colite. Je ne suis pas de f
croient que l’appendicite est la suite fréquente des ® pp. j
colites. Une longue expérience m'a prouvé que la pt ]
nance des douleurs à la fosse iliaque droite, au jli î
crise de typhlo-colite, est presque toujours imputab,j. |
typhlite el non pas à l’ajipendicite. Pour faire une apP*’’^ j
cite.il faut un tableau clinique bien spécial. frapp*’ j
Le malade pris d’appendicite est presque 1
l’improviste au cours d’une excellente santé ; les
sont rares, c’est, du moins, ce que j’ai constaté dans - ^
cents et quelques cas d’appendicite qui composent
tisti([ue jusqu’à ce jour, tous vériliés par l’opération ’ Jà
traire, le malade atteint d’entéro-colite est sujet dey^^^
mois et des années à des dérangements intestinaux >
passé intestinal. Dans la typhlo-colite, la fosse iliaqne^ ^
est douloureuse, d’accord ; mais on n’y retrouve
nettement que dans l’appendicite la douleur vivelor - j
LE PROGRÈS MÉDICAL
343
• t de Mac-Burney, la défense musculaire et l’hypéresthé-
P°‘“cutanée, accompagnées de nausées, de vomissements et
T fièvre. 11 y a donc des éléments séméiologiques particu-
r rs à chacune des deux affections et permettant, dans la très
rande majorité des cas, un diagnostic précis. En recherchant
attentivement ces caractères diflérents, j'ai pu, pour un
bon nombre de malades, rectifier des diagnostics erronés
d'appendicite, ou affirmer l’entéro-colite quand le diagnostic
était resté hésitant. Ainsi ont été évitées nombre d’opérations
inutiles. Je reste partisan absolument convaincu de l’inter-
vention chirurgicale immédiate dans le traitement de l’appen¬
dicite; mais tout autre chose est d'opérer, soit à chaud, soit à
«froid », une appendicite qui n’existe pas, et j'avais le devoir
d’attirer l'attention sur les erreurs dont je viens de vous sou¬
mettre de trop nombreux exemples.
Mclange d'air et de chloroforme.
M. Gréhant montre que tel mélange titré à 10 % , suffisant
pour anesthésier un chien faible et malade, ne détermine
qu’une agitation très vive chez un chien bien portant et vigou¬
reux. Chez ce dernier, pour avoir une anesthésie complète
avec calme absolu, il faut arriver au mélange titré à 15 % .
M. Gréhant conclut de ces expériences (lue le chirurgien
peut employer, pour l’anesthésie, des doses de chloroforme
qui doivent varier suivant c£u'il agit sur des personnes de
Ibrte ou de faible constitution.
L’hyijiène du champ de bataille chez les Japonais.
^ M. Laver.an lit une note de M. Matignon qui a suivi la
récente campagne de Mandchourie. Dans cette campagne, les
Japonais, très soucieux des précautions hygiéniques, em¬
ployaient, après chaque bataille, l’incinération des cadavres,
méthode excellente, économique, rapide et sûre. Ils évitèrent
ces foyers pestilentiels observés, en 1870, en particulier près
Sedan.
Ce nouvel exemple de la supériorité hygiénique de la cré¬
mation mérite d’être remanjué. Après les grandes batailles,
les inhumations en masse, forcément très superficielles, cons¬
tituent un moyen des plus dangereux.
La paralysie générale chez les Arabes.
M. Motet lit un travail du D'' Hache, sur l’existence de la
paralysie générale chez les Arabes. Sans être aussi fréquente
<iue semblerait l’indiquer chez eux une certaine diffusion de
^ syphilis, cette existence n'en est pas moins très réelle. Leur
sobriété, leur vie calme, explkruent d’ailleurs cette immunité
* mlative.
cée.il arrive quele semi-lunaire, pressé parla tête du grand
os, culbute et présente sa concavité à la paume de la main.
Toutes ces lésions sont importantes à connaître : il importe
de les distinguer dans la classique fracture de l’extrémité
inférieure du radius et surtout de prévenir par un traitement
approprié — l’extirpation du semi-lunaire — les troubles sen¬
sitifs et trophiques dus à la compression du médian.
M. Segond est aussi d’avis d’extirper les petits os du carpe
plutôt que se livrer à des manœuvres aléatoires de réduction.
Laminectomie.
M. Faure présente un malade qui avait reçu, dans la ré¬
gion cervicale, deux balles : il s’ensuivit une paralyse com¬
plète des 4 membres et qui disparut après une laminectomie
suivie de l’extraction d'une balle qui avait pénétré dans le
canal rachidien.
Anévrysme poplité.
.M. Aélaton présente unjeune homme auquel il extirpa un
anévrisme poplité qui avait été traité antérieurement, sans suc¬
cès, par des injections gélatineuses. Gatz.
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX.
Séance du IS mai 1906.
Dysenterie traitée par le khosam.
MM. M.athieu et Lemoine font des communications sur le
khosam employé par eux dans le traitement de la dysente¬
rie.
Employé par les médecins annamites et 'hinois contre les
hémorrhagies, son action sur la dysenterie fut découverte
par hasard.
Le D" Mougeot iSa'igon) soignait une malade atteinte de
métrorrhagie et de dysenterie avec le khosam. Lamétrorrha-
gie cessa en 24 heures et la dysenterie guérit en six jours.
M. Mathieu emploie depuis 1901 des dragées contenant un
extrait hydroalcoolique avec des résultats remarquables. M.
Lemoine a administré l’amande du khosam en nature chez
un dysentérique chronique et a obtenu des selles moulées
dès le 3' jour. M.Barrois (Nancy ) a guéri cinq dysentériques.
La dose optima est de six à huit comprimés par jour. M. Le¬
moine donne les amandes en nature, 41e H’’ jour, 8 le 2», 12
le 3'', puis il diminue : 12, 8, 4.
Statistique des cancers de l'œsophage, des cancers et ulcères de
l'estomac observés à Andraldu jaiwier 1901 au mars 1906
Elections.
L Académie a procédé à l’élection d’un membre titulaire
« sfction de médecine vétérinaire, en remplacement de
Mégnin, décédé,
-.> ■ .^'^sufmann, professeur à l’Ecole d’Alfort, a été élu par
voixsurll votants. M.Mollereaua obtenu 12 voix.M.Martcl,
’ "■ Mouquet 2, et Al. Petit 1 . A.-F. Plicque.
I -
SOCIETE DE CHIBURGIE
Séance du m mai
Corps étrangers de rœsophage.
^aii rapporte l’observation d’une femme (jui
otie e* i ^ râtelier et à laquelle il fit une œsophagoto-
jours après l'accident. Malgré ce long séjour
la plaie opératoire se cicatrisa très rapide-
et la malade guérit sans accident;
^ Traumatismes du poignet.
P3sse en revue les principales lésions trauma-
plus poignet. Des différentes lésions des os du carpe, la
c’est la fracture du scapho'ide, fracture qui se-
fracture par arrachement,
i lions de^ l''®omatisme est plus violent, on observe des luxa-
|®ii lnna* carpe : on admet, en général, que c’est le .se-
11*6 1® plus souvent ; pourM. Delbet, c’est
1® grand os qui se luxe en passant en arriére du se-
®- Lors que la luxation du grand os est très pronon-
M.M. Mathieu et Dobrovtci ont constaté sur 5,380 malades,
58 cancers de l’œsophage, 123 cancers de l’estomac et 181 ul¬
cères de l’estomac. Sur 181 cancers, 30 «/o siégeaient donc sur
l’œsophage, fréquence relativement considérable.
Ulcère chronique deTestomae. Estomac triloeulaire. Polyadéno-
rne implanté sur le bord de l'ulcus.
M. Mathieu et Dobrovtci ont fait l'autopsie d’un malade
mort d’ulcus perforant de l’estomac et ont trouvé une défor¬
mation curieuse de l'organe,
L’ulcus chronique avait produit une biloculation et les
deux poches communiquaient par l’intermédiaire d’une
troisième poche, formé dans du tissu d’adhérence et ayant
pour fond le pancréas sclérosé. Sur le bord de Tulcère chro¬
nique s’implantait un polype adénomateux.
Pleurésie purulente à entérocoques.
AI. AIknétrier communique une observation de pleurésie
purulente, due à la présence unique d’entérocoque de Thier¬
celin.
Traitement curatif de la coqueluche par la narcose chlorofor¬
mique.
M. H. de Rothschii.d. — A la suite de l’administration du
chloroforme pour réduire une luxation de la hanche chez une
enfant atteinte de coqueluche depuis huit jours, j’ai ob¬
servé que les quintes de coqueluche ont disparu d’une façon
complète à la suite de cette anesthésie. Cette enfant, mise en
observation pendant plus de 'quinze jours, n’a plus présenté
aucune qifinte de coqueluche alors qu’elle en avait 39 envi-
344
LE PROGRÈS MÉDICAL
ron par jour avant la narcose ; de plus, les vomissements
cessèrent, ainsi que la cyanosede la face et les insomnies.
Cette observation m’a permis de déduire que l’anesthésie
chloroformique aune influence manifeste sur la coqueluche
notamment au début de la maladie. J’ai aussitôt décidé d’es-
sayercette méthode chezd’autres enfants atteints de coquelu¬
che. Depuis 4 mois, j’ai pu réunir 9 casde coqueluche récents
et manifestes, caractérisés par des quintes avec reprise, cya¬
nose, vomissement. Les enfants âgés de deux à 7 ans ont été
chloroformisés à l’aide de l’appareil àoxygènedu D'' Guglièl-
minetti, et avec l'autorisation des parents. Dans 9 cas, la co¬
queluche a été guérie ; dans deux cas, les crises n'ont plus paru
après la narcose : dans 4 cas les quintes sont tombées, en 24
heures, de 39 à 12 pour disparaître ensuite complètement (le
4“ jour.) Dansles trois derniers cas, la guérisona été complète
dans un maximum de quinze jours (un cas).
Dans ces9 observations, nous avons remarqué que les vo¬
missements ne se sont plus reproduits, que la cyanose de la
face au moment des quintes a disparu, et que l’appétit et le
sommeil sont revenus chez les petits malades. La durée de la
chloroformisation est decinq minutes. Nous ne cherchons pas
uneanesthésie complète, mais la résolution musculaire, sans
aller jusqu’à l’abolition du réflexecornéen. Dans aucun cas,
nous n’avons eu besoin de pratiquer une seconde anesthé¬
sie.
L’action du chloroforme est avant tout antispasmodique.
Nous ne croyons pas qu’on doive lui attribuer un rôle bactéri¬
cide ou antiseptique. Nous avons examiné ce point dans no¬
tre rapport, quisera publié in extenso dant le Bulletin de la
Société Médicale des Hôpitaux.
Comme antécédents, nous avons retrouvédans la littérature
médicale un aïticle de Scuilling (1889), qui traite la coque¬
luche avec des résultats appréciables par des inhalations
d’eau chloroformée, et une observation de Rehfeld (1893) qui
a observé la guérison de la coqueluche après une anesthésie
chloroformique chez un enfant de 6 ans, traité par lui pour
la coqueluche depuis six mois et qui fut anesthésié pour la
réduction d'une fracture de la cuisse. Cetauteur a observé le
cas, mais n’en a tiré aucune conclusion et n’a pas cherché à
cmployerle chloroforme pour le traitement de la coquelu¬
che. Nous croyons donc être le premier à avoir utilisé la nar¬
cose chloroformique pour le traitement de la coqueluche ;
notre désir est de continuer nos recherches de façon à nous per¬
mettre d'établir une technique complète, (indication et contre-
indication) et de fixer la période de la coqueluche oii elle est
la plus avantageuse.
Séance du ‘25 mai
Déplacement du cœur à droite à la suite d'un hydropneumo¬
thorax.
MM. Hirtz etSiMO.v ont observé, chez un garçon de vingt
ans, à la suite d’un traumatisme de la région thoracique
droite, un hydropneumothorax. Après cinq semaines, tout
épanchement avait disparu, mais le cœur était complètement
déplacé à droite. Les auteurs croient que ce déplacement
est dû à une énorme production fibreuse et à la fixation du
péricarde par des adhérences pleuropéricardiques.
M. F-visans considère un pareil déplacement impossible en
si peu de temps .
(La société se forme on comité secret).
_ Friedei,.
SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DE PARIS
Séance du 2() mai 1908. — Présidence de M. Berne,
Vice-Président.
La séance est ouverte â 4 heures 42.
Le procès-verbal de la précédente réunion est lu et
adopté â l’unanimité.
Correspondance imprimée. — Revues et journaux habi¬
tuels. — Traitement électrique de la sciatique, par le
docteur Charles de Blois, de Trois-Rivières (Canada).
Correspondance manuscrite. — 1° Lettre du D' Suarez
de Mendoza, s’excusant de ne pouvoir assister à la
séance et lire son compte rendu du Congrès de Lis.
bonne ; 2“lettre du D' Dépassé, s’excusant de ne pouvoir
lire son travail de candidature ; il a dû accompagner »
province sa femme, convalescente dune opératioi
grave ; 3° lettre du D" Charles de Blois, maintenant sj
candidature au titre de membre correspondant étran»ef
et envoyant la liste de ses titres et travaux. ”
Une commission, nommée pour l’examen de celle
candidature, se compose de .\1M. Beni-Barde, Laqui».
rière et Buret, rapporteur.
4“ Lettre de M. Moreau, de Tours, donnant sa dé¬
mission de membre titulaire : aux termes du règlemenl
cette démission ne pourra être acceptée qu’ après avis
du Trésorier, annonçant que le membre démissionnais
s’est mis en règle avec la caisse de la Société.
M. PicQDÉ fait une communication sur un casde gom
me syphilitique du larynx [sera publié).
M. Dubar. — Ce cas de gomme syphilitique n’est p.ns
rare. iM. Picqué, en clinicien, en chirurgien, a fait m
diagnostic précis qui a pu être confirmé par le profes¬
seur Sieur, à qui M. Picqué avait demandé conseil. On
ne doit jamais, dans ce cas-là, administrer l’iodure de
potassium, qui augmente l'œdème de la glotte. Aussi
M. Picqué a-t-il tout à fait raison de proposer, en pré^
sence du courage de son malade, de faire la laryngoto¬
mie inter-crico-thyroïdienne. Mais si le malade n’est pas
menacé d’une mort imminente, on peut commencer
immédiatement le traitement mercuriel, sous forme de
piqiires de bi-iodure de mercure. Je me rappelle un
malade, k Saint-Antoine, qui, sous l'influence d’un trai¬
tement de quatre jours de bi-iodure de mercure, dans
un cas de syphilis laryngée, a eu une amélioration
surprenante.
Enfin, je crois que si l’intervention chirurgicale est
nécessaire, il faut préférer, comme le dit M. Picqué, à la
trachéotomie, la laryngotomie inter-crico-thyroïdienne.
J’admets aussi que la tuberculose laryngée primitive
est rare, mais elle existe.
Au point de vue du diagnostic de la tuberculose et de
la syphilis, je demande â rapporter le cas d’un malade,
traité depuis si.xmois dans une clinique pour une tuber¬
culose du larynx ; or, ce malade n’avait pas de décolo¬
ration du voile ; son larynx offrait des cordes vocales
presque disparues ; l’épiglotte, non infiltrée, non aug¬
mentée de volume, était déchiquetée et saignante. Je
pensai aussitôt à la syphilis, et depuis que je lui ai fait
le traitement mercuriel, j’ai constaté une amélioratioa
très notable.
M. Picqué. — Depuis quelques années, il s’est fait un
changement complet au point de vue du traitement par
Tiodure de potassium ; nous avions vécu, dans notre
jeunesse, avec cette idée que l’iodure de potassium était
un médicament merveilleux; aujourd’hui ce médicament
est abandonné. Mais je dois dire que nos maîtres, autre¬
fois, conseillaient d’employer peu ou point l'iodureoe
potassium dans les affections du larynx. .
Quant à la trachéotomie, je crois que, chez un malan®
qui a du courage, il y a avantage, par principe, àfaïf,
une inter-crico-thyroïdienne. Je crois aussi que les spf'
cialistes demandent la trachéotomie qui éloigne fo P***^
du larynx ; mais, pour un médecin de campagne, n J^
beaucoup plus de facilité à faire la section du cartilaE
cricoïde, opération plus simple que la trachéotomie-
M. Dubar. — Il y a nécessité de mettre au
gane malade ; d'où le nouvel avantage de la tracn
tomie.
Quant au traitement mercuriel, je crois que l’inj^
d’eau biiodurée quotidienne est préférable, car les ml
t'ons solubles sont efficaces immédiatement. ^
M. Mortier répond qu’il a préféré dans ce cas yt*
l'huile grise, estimant que celle ci a plus d’effic® ^
dans les périodes tertiaires que la solution aq«®
biiodurée. jd-
M. Monel. — M. Dubar fait allusion à un cas
matité consécutif à une injection d’huile grise;
LE PROGRÈS MÉDICAL
345
alors il s’agissait d’une malade qui, en dehors de son
huile grise, et d’elle-même, prenait des pilules de proto-
iodure C'est le cas signalé par M. Brocq.
Il est évident que l’huile grise est le sel qui prédispose
le plus aux stomatites tardives. Le calomel et les autres
sels insolubles n’ont pas cet inconvénient. Mais ceci
n’est pas suffisant pour ne pas employer les sels insolu¬
bles ; il n’y a qu’à soigner les dents et le rein du malade.
Les injections insolubles donneront dans les cas
graves des résultats bien supérieurs aux sels solubles,
et, en premier lieu, je citerai le calomel qui, dans les
Sjours, donne souvent des améliorations très notables.
M. Buret. — Dans les accidents secondo-tertiaires,
l’iodure de potassium ou tous les ingesta ne donnent
aucun résultat. Par contre, les injections insolubles font
merveille ; l’huile grise m'a donné des résultats remar¬
quables. Avant la découverte de Scarenzio, nous étions
à peu près désarmés devant le tertiarisme lorsqu’il sor¬
tait des manifestations classiques, exostoses ou gommes,
et affectait des formes graves et largement destruc¬
tives.
.M. C.4STEX. — Je viens appuyer ce que dit M. God-
lewski, à savoir, qu’on voit une fois sur 20 des laryngites
tuberculeuses sans tuberculose pulmonaire. Pour la
syphilis laryngée, le calomel est parfait : dans les affec¬
tions para- syphilitiques, les injections de calomel ne
donnent aucun résultat.
M. Dubar. — Pour répondre à M. Godlewski, je veux
répéter ceci : c’est que l’eau biiodurée agit plus vite que
l’huile grise : mais le biiodure est peu actif, et le calomel
est beaucoup plus efficace.
Résultats du scrutin. — M. le docteur Blondin,
ayant obtenu l’unanimité des suffrages, est proclamé
membre titulaire de la Société de Médecine de Paris.
Avis. — Le contrôle des jetons de présence devenant
presque impossible, leur suppression a été décidée. Ils
seront remplacés par une feuille de présence contre¬
signée par le Trésorier ; ce dernier remboursera en
espèces tous les jetons actuellement détenus par les
sociétaires, lesquels sont priés de les apporter dès la
prochaine réunion.
La séance est levée à 6 h. 20.
Le secrétaire général, Le secrétaire de service,
F. Buret. Mortier.
SOGIËTI': D'OBSTÉTRIQUE DE PARIS.
Séance du 11 mai 19üG.
Infection buccale et éruption dentaire précoce chez
le nouveau-né.
Mm. Bonn.aire et Jicannin. — Un enfant de 1950 grammes
naît à 7 mois et demi d’une mère atteinte d’accidents syphi-
hques ; le 5° jour, on constate une légère altération au ni-
^aude la moitié gauche du maxillaire inférieur ; cette ulcé-
tiop gagna rapidement en étendue et en profondeur; il
n résultat l'ouverture de trois alvéoles dentaires ; les dents
^ J^f^Pondantes devinrent donc apparentes, et purent être
nefi^ * Pnnle doigt promené le long du maxillaire, mais elle
le pas sailliehors de leurs alvéoles. L’enfant sucomba
neuvième jour, après avoir présenté des signes de septi-
généralisée. •
py., présente nn grand intérêt au point de vue de la corn¬
et H des rapports génériipies des infections buccales
eas ^ ®*'’^Pfions dentaires précoces. En dehors, en effet, des
jg la depuis longtemps, dans lesquels on observe, lors
1 ou 2 dents, sans qu'il en résulte le moindre
denta ^ °n peut classer en deux séries les faits d'éruption
®®rtie*îf P''®‘^oce avec accidents infectieux : 1" les cas où la
aiaji l’accident initial ; à la faveur de la lésion
développe secondairement une stomatite
®°tnèn dans lesquelles la stomatite est le phé-
qugQ ® P*’imitif, la sortie des dents n’en étant (jue la consé-
■ ~ La pièce anatomique qui fait l'objet de cette com¬
munication fournit une démonstration évidente de l’exis¬
tence de cette dernière variété de faits ; à proprement parler
il n’y a pas eu éruption, mais exactement mise à nu précoce
des follicules dentaires.
Hémiparalysie de la langue chez un nouveau-né.
M.\I. Demei.in et Jeannin. — Il s’agit d’un enfant qui
s’était présenté en O. I. D. P. et, qui fut extrait par une
application de forceps très pénible. L’instrument employé
avait été le forceps Demelin, n" 6. La prise se trouva pres¬
que directement occipito frontale. Dès les premières heures,
le nouveau-né présenta une déformation très particulière
de la langue : cet organe apparaît, lorsque l’enfant crie,
comme irrégulier et asymétrique ; toute la partie droite est
mince et affaissée par rapport à la partie gauche ; sa mo¬
bilité semble disparus ; la pointe de la langue se dévie du
côté d roit. L’enfant ne réussissait pas à téter, car à peine
avait-il pris le sein qu’il rejetait le lait par la bouche et
par le nez. Chaque repas était suivi de menace d’asphyxie.
Cet état local ne tarda pas à s’accompagner de troubles de
l’état général : chute de la courbe de poids, diarrhée, mu¬
guet, etc. Enfin on fut obligé de gaver le nourrisson. Vers
la tindela 2® semaine, l’enfant commença à s’alimenter plus
aisément ; les progrès furent rapides, et ce nourrisson put
quitter la Clinique Tarnier le dix-neuvième jour, définitive¬
ment guéri.
Il s’agit, dans ce cas, d’une hémiparalysie delà langue consé
cutive.à une application de forceps. Cette lésion est extrême¬
ment rare, car nous n’en avons pas trouvé d’autres exemples
dans la littérature médicale. La pathogénèse en est assez parti¬
culière : le nerf lésé est l’hypoglosse, et le traumatisme porte
siir sa portion initiale ou portion descendante. Mais, dans ce
trajet, l’hypoglosse, très bien protégé par les muscles delanu-
que, de la graisse, et l’apophyse Iransverse de l’atlas, se sous¬
trait à tout traumatisme direct. Par contre, le bec de la cuil¬
ler postérieure du forceps, en prenant point d’appui dans le
sillon sous-jacent à la portion bacillaire de l’occipital, a re¬
poussé l’atlas en avant ; dans ce mouvement d’antepulsion.
cette vertèbre a tiraillé, de son apophyse transverse, l’hypo
glosse.ll s'agit donclà d’une paralysie par élongation du nerf,
élongation que favorise le voisinage très proche du trou con-
dylien antérieur,point d’émergence de l’hypoglosse. Cet acci¬
dent présente un gros intérêt clinique, en raison du pronos¬
tic très réservé que comporte une paralysie linguale chez le
nouveau-né.
Sur un forceps rotateur permettant la prise directe de la tête
dans toutes les positions.
M.Yi.akos présente un forceps dont l’une des branches, bri¬
sée en plusieurs pièces, peut être glissée derrière la symphy¬
se pubienne, ce qu’on ne peut pas faire avec une cuiller rigide.
\ lakos introduit la première cette cuiller antérieure.
U extrait capsulaire dans la thérapeutique des hémorragies du
nouveau-né.
M. P. Lequeux.^ Devant l'insuffisance des méthodes théra¬
peutiques en cours, devant les inconvénients que comporte
l’emploi de la gélatine, en présence surtout des dangers im¬
médiats qui menace la vie de l’enfant soumis à une septicé¬
mie hémorragique, on est en droit d’avoir recours à la médi¬
cation capsulaire. Nuldoute.en effet, qu’il existe une relation
de cause à effet entre le développement considérable du tissu
chromaffine chez le nouveau-né et la constance de sa réaction
hémorragique aux grandes infections ; l’insuffisance fonction¬
nelle de celui-là étant probablement la raison d'être de
celle-ci.
Mais les extraits capsulaires doivent être administrés à do¬
ses rapprochées, l’individu se vaccinant en quelque sorte
contre l’influence du médicament ; deux observations rap
portées en font foi, la suppression du traitement s'accompa¬
gne du retour des accidents; d’autre part, l'individu supporte
mal l'absorption de l’adrénaline par voie digestive et son ef¬
fet par ingestion buccale est très inférieure à celui qu’on ob¬
tient par injection dans la circulation ou sous la peau.
Pour ces diverses raisons, M. Lequeuxa eu recours aux ex¬
traits capsulaires injectables ;Carrion,HallionLqui permettent
346
LE PROGRÈS MEDICAI.
radministration à intervalles rapprochés, suppriment l'incon¬
vénient de l’absorption digestive et qui, agissant de façon plus
intense.déterminent une réaction plus siire de l’ensemble de
l'économie. 11 rapporte trois observations couronnées de suc¬
cès et conseille l'emploi de l’extrait capsulaire à la dose de
1 c. iif* dans la fesse, matin et soir, et même plus souvent si besoin
est, on supprime de cette façon la période vaso-dilatatrice
succédant à la vaso-constriction initiale, et cela tant que les
dangers de l’hémorragie sont à redouter.
Passage du chloroforme de la mère nu fœtus.
M. Nicloux. — La quantité de chloroforme contenue dans
le foie du fœtus est généralement supérieure à celle qui se
fixe dans le foie de la mère. Gela tient vraisemblablement à
la teneur plus grande de graisse ou de lécithine du foie fœ¬
tal, car il y a parallélisme entre la quantité de graisse et de
lécithine d’un tissu et la façon dont ce tissu fixe le chloro¬
forme.
Passage du chloroforme dans le lail.
M. Nici.ocx. — La quantité de chloroforme qui passe dans
le lait est très supérieure à celle qui passe dans le sang ; ce
qui confirme cette règle, énoncée plus haut, du parallélisme
entre la teneur d’un tissu ou liquide en graisse et son affi¬
nité pour le chloroforme.
SOCIÉTÉ DE MÉDECirsB PL BLIQl E ET DE GÉME
SAMTAIRE.
Séance du 23 mai 1906, présidée par M. Bonnikr, i
Rapport de la morbidité militaire avec l'habitation du soldat.
M. Lemoine fait part à la Société du résultat des études
qu’il a faites sur la morbidité des casernes prises sur toute la
surface de la France : dans une période de 5 ans, de 1900 à
1904. Dans les vieux casernements, la mortalité générale est
plus forte que dans les nouveaux ; mais la mortalité due à
certaines affections y est, au contraire, plus faible: telles sont
la rougeole, la pleurésie et la grippe. Pour la rougeole, cela
tient à ce que l’agglomération des soldats est moins forte dans
les vieilles casernes que dans les neuves ; et, pour la pleuré¬
sie et la grippe, à ce que les murs des premières sont plus
épais que ceux des deuxièmes, et que par suite, les variations
de températjare y sont moins brusques. 11 ne faut donc pas
condamner a priori les vieilles casernes qu'onpeut, d’ailleurs,
améliorer de diverses façons, ne fût-ce, parexemple, qu'en y
supprimant les réfectoires qu’on affecterait au logement du
soldat, qui aurait ainsi un plus grand cube d’air. La densité
de la population casernée ne semble pas avoir d’effet sensi¬
ble sur la morbidité, laquelle ne serait affectée que par la den¬
sité des groupements existant dans la caserne. Un résultat
positif, c'est que la morbidité par les fièvres éruptives est en
relation directe avec le nombre d’habitants des villes où
sont construits les casernements : plus ce nombre est grand,
plus il y a de cas de fièvres éruptives. Ce qui paraît certain
aussi, c’est que la morbidité militaire est fonction delà santé
publique de la ville ; et ce ne sont pas les soldats qui trans¬
mettent les épidémies aux civils, mais bien ceux-ci qui les
transmettent à ceux-là. L’influence du milieu urbain est con¬
sidérable sur la santé des encasernés. Il faudrait donc, pour
rétablissement des casernes, choisir autant que possible les
villes de 15 à 20.000 habitants, et grouper ensemble le moins
d’effectifs possible.
Il faudrait aussi tenir compte du climat de la région. Pour
laisser plus de place aux soldats, on devrait loger dans des
bâtiments légers, hors de la caserne proprement dite, les di¬
vers bureaux de l’Administration.
Un membre de la Société regrette que M. Lemoine n'ait pas
fait entrer dans les causes de morbidité militaire la qua¬
lité de l’eau qu’on leur donne. C’est, à son avis, un élément
nullement négligeable dans l’étiologie des maladies du sol¬
dat. La Société remet à une séance ultérieure la discussion de
la communication de M. Lemoine.
Les trémies au point de vue de l'hygiène des constructions’
parisiennes.
M. Lac.\u préconise l’emploi des trémies horizontales ou in¬
clinées pour éclairer et aérer les cabinets d’aisance, dans le
cas où l'on dispose de peu de place et aussi dans le cas où l'on
veut faire une construction économique. U assure que, bien
construites. les trémies sont parfaitement hygiéniques et don¬
nent un éclairage suffisant.
M. Bonnier objecte que la Société n'a pas à s’occuper de
constructions à bon marché, mais bien seulement d’hy¬
giène. Il est évident pour lui que les trémies les mieux cons¬
truites ne Vaudront jamais un éclairage et une aération
directs ; il ne faut donc pas les recommander au point de
vue hygiénique.
M. Tréuat est de l’avis de M. Bonnier : il faut, avant tout,
faire des maisons hygiéniques, si l’éclairage et l’aération di¬
rects coûtent plus cher, le propriétaire élèvera le prix de ses
logements, et ce sera tout.
A. Pljol.
SOCIÉTÉ lATEBNATIONALÉ DE LA TUBERCULOSE.
Séance du 8 mai 1906. — Présidence de M. Lancereaux.
M. le D'' Tabakian (de Cou hé) pré -ente sa méthode de la
sérothérapie antituberculeuse, par la voix sanguine, dans le
traitement de la tuberculose humaine. L’auteur expose et cri¬
tique les différentes méthodes employées, et rapporte, à l’ap¬
pui de sa théorie tout un travail basé sur un grand nombre
d’observations, et de succès. M. Tabakian se sert de corps ba¬
cillaires dans la glycérine ; avec 3 cc., il tue un lapin de 3 kil.
en 3 heures ; l’animal meurt avec hématurie. Chaiiue malade
reçoit un demi- centimètre cube de sérum, et les injections
sont continuées toutes les semaines.
M. le !)'■ Georges Petit (de Paris) communique les résultats
qu’il a obtenus de l'emploi du sérum antituberculeux deMar-
moreck, au dispensaire antituberculeux du AI' arrond.Sur 28
malades, 17 ont nettement bénéficié de ce traitement ;5rfont
plus de bacilles dans les crachats, les 1 1 autres malades peu¬
vent se subdiviser comme suit : 5 étaient cachectiques et sont
morts sans avoir reçu un nombre suffisant d’injections de sé¬
rum ; 2 autres ont eu des complications extra-tuberculeuses
et 3 sont restés réfractaires au traitement. Tous ces malades
étaient arrivés à la troisième période.
Le D'' G. Petit a employé la voie rectale et n’a jamais observé
aucune réaction fébrile ni aucune contre-indication. Suivant
lui : le premier symptôme d’amélioration est l’atténuation de
la dyspepsie qui se produit après la 5' injection. Puis viennent
la diminution du nombre des crachats et la disparition des
bacilles. Les signes stéthoscopiques d’amélioration locale ap^
paraissent avant ceux de l’amélioration générale.
Les D" BeRNHEiM et Roblot font savoir qu’ils poursuivent
des recherches sur le même traitement.
SOCIÉTÉ POUR LA PROPAGATION DE L’INCUNÉR.VflON
25™“ ASSEMBI.ÉE GÉNÉRALE.
Samedi 19 mai, a eu lieu, à l'Hôtel des Sociétés savantes,
l’Assemblée générale de la Société pour la propagation de f*"'
cinération. Nous avons remarqué avec plaisir, cette annM,nnc
affluence plus considérable, où l’élément féminin était laf'
gement représenté.
Au bureau prennent place : MM. Bonrneville, président
Brülh, Paul Cornet, Mesnard et Georges Salomon, secrétai*®
général, qui ouvre la séance en signalant l’état de la crém*'
tion en France où fonctionneront avant peu cinq monuBi®>^ ^
crématoires, à Paris, Rouen, Reims, Marseille et Dijon,
permettront aux populatio.is de cinq départements de
courir à l’incinération sans subir des frais de transport tw
onéreux. .A Nice une Société, après avoir obtenu une
sion du Conseil municipal, essaye en ce moment de réu^
les fonds pour construire un crématoire. A Nîmes, lep^®^
municipal a émis un vote favorable. Dans plusieurs vill®®’
crémation est l’objet d’études sérieuses. ^
Nos colonies voient également la crémation progresse*--
LE PROGRÈS MÉDICAL
347
Hanoï, rété dernier, le Conseil Municipal a adopté en prin¬
cipe là construction d'un monument. Au Cambodge, le roi
vi^t d'être incinéré en grande pompe.
\ l’étranger. l’Allemagne compte le plus grand nombre
d'adeptes et possède actuellement onze monuments situés
J Gotha, Hambourg, lena, Mayence, Offenbach, Karlsruhe,
Eisenach, Heiibronn et Ulm. Le Crématoire de Heilbronn a
été inauguré en lUO.i, celiji d’Ulm en janvier 190ti. A Gotha,
un second appareil I système Schneider) fonctionne depuis
l’an dernier. Jusqu’à la fin de l’Jüo, on compte en Allemagne
10,037 incinérations, dont l.TliS pour la dernière année. Des
monuments sont en cours de construction ou projetés a
Brème, Stutggart, Chemnitz. Leipzig, llagen, Darmstadt et
Koburg. Le royaume et le duché de Saxe.-Meningen viennent
de se voir autoriser l’emploi de l’incinération. La Bavière et la
Prusse sont encore frappées d’interdit. Berlin possède ce¬
pendant une société puissante comptant 3,065 membres.
donirorgane.üîcF/flmme.tire àplus de dix mille exemplaires.
Le Grande-Bretagne possède 13 monuments ouverts de 1885
a fin 1005 : à AVoking. Manchester, Liverpool, Glasgow, Ilull,
Golders- Green, Darlington, Leicester, Birmingham, Leeds,
llford, Bradford et Sheffield. Pendant ces vingt dernières
années, le nombre des incinérations dans la Grande-Bretagne
a été de 5.020 dont 6'J4 en 1005. En 1004, Herbert Spencer
Int incinéré ; l’an dernier, le célèbre acteur Irving.
En Suisse, dans le cours de 1004, il avait été effectué 376
incinérations ; en 1005, ce chiffre monte à 486. La Flamme
est le journal du Groupe solidaire de l'Incinération à Genève.
société qui a pour but de participer dans une proportion
déterminée aux frais d’incinération de ses membres.
L'Italie possède 30 monuments: Milan, Brème, Lodi, Rome,
Crémone, Brescia, Padoue, Udine, N'arese, Spezia, Aovare,
Florence, Livourne, Asti, Pise, Alexandrie, Corne, Turin,
-Mantoue, San-Remo, Verone, Bologne, Modane, Venise, Spo-
leto, Perouse, Sienne, Bras, Ferrare. Lucques, Gènes et Ber-
game. En 1904, 305 incinérations avaient été effectuées en Ita¬
lie. En 1005, dans 10 villes, on a compté 122 incinérations, à
Milan, 38 à Bologne, 36 à Turin, 33 à Florence, 26 à Gênes.
En Danemark, pour le monument de Copenhague, on
compte 47 incinérations en 1904 et 73 en 1905. En Suède, on
s’occupe àStockolm de constituer une Société contre les inhu¬
mations précipitées.
Les Etats-Unis possèdent un certain nombre de monuments
crématoires où il s'est opéré plus de 3000 incinérations. Au
Canada, à la République Argentine^, on pratique de plus en
plus l’incinération.
En Asie, à Calcutta et ailleurs, les crématoires sont pour-
des appareils Toisoul et Fradet. .M. Salomon signale le
fflonument de Sidney, en Océanie, et montre que grâce à une
üclive propagande, on brûle actuellement les corps dans le
monde entier.
. M. Bourneville parle ensuite de la crémation à Paris. Les
mcinérations au crématoire du Père-Lachaise ont été en 1905
sur la demande des familles, 2549 provenant des am¬
phithéâtres et de nombreuses incinérations d'embryons.
Depuis le début, 5 août 1889, jusqu’au 31 décembre 1905,
CS mcinérations demandées par les familles ont été de 3.825 ;
^Ues des débris d'hôpitaux de :19.631 et celles des embryons
‘*« 36.583. Total 80.046.
^ Le nombre des demandes d’incinérations par les familles est
près le même ; la cause en est au peu d'empressement
bureaux de mairies à fournir les renseignements
lg^®?lrcs aux familles et.surtout àl’absence de confort pour
- assistants. Inachèvement de la grande salle du crématoire
mi, est promise pour le mois d'octobre, fera disparaître cet
‘"«onvénient.
les a iucinérations ont continué à être opérées avec
bl PP®*'cils Fradet-Toisoul et la durée en a été considéra-
*'cduite. Sauf dans 40 cas, elle a été inférieure à une
de le rapport du sexe et de l’âge, les incinérations
mes r *®® familles ont été de 245 hommes et 96 fem-
nm'ç Minimum de durée de l’incinération a été de 39 mi-
72’ de .30°'*- enfants de 0 à 9 ans ; de 49' de 10 à 29 ans ;
hciné ■ * ’ 66 de 60 ans et au-dessus. Parmi ces corps
''cs, 282 proviennent de Paris, 35 des différentes com¬
munes de la Seine, les autres d’une quinzaine de départe¬
ments.
M. Bourneville signale la propagande active faite en faveur
de l’incinération par MM. le D'- Paul Cornet etMesnard qui
ont fait un grand nombre de conférences, tant dans les hôpi¬
taux de Paris qu’en province. L’orateur rappelle la tendance
plus marquée de la presse politique à s’occuper de cette im¬
portante question. H parle ensuite de la séance de la Chambre
des Députés, où, sur l’amendement de M. Blatin soutenu par
M. Frédéric Passy, la crémation facultative a été votée. M.
Bourneville, s’appuyantsur un vote du Congrès international
d’hygiène de 1880, sur la Société de crémation organisée en
1880,fit une active propagande en faveur de l’incinération et
lit adopter parle Conseil municipal un vœu pour la créma¬
tion des corps des amphithéâtres d’anatomie ; depuis il n’a
cessé de combattre en faveur de cette grande cause de l’hy¬
giène. Il termine en faisant appel à tous et surtout aux da¬
mes, venues aujourd’hui très nombreuses, pour continuer
une active propagande et amener chaque jour de nouveaux
adhérents à la Société. Il réclame aussi des conférenciers de
bonne volonté.
M. Mesnard rend compte des incinérations effectuées par
les soins et aux frais de la Société, et le secrétaire général,
M. Salomon, termine par le compte rendu de la situation
financière qui est des plus florissantes. Près de 50.000 francs
en caisse ; des legs nombreux et importants à recouvrer, no¬
tamment .50.000 fr. de Mlle Chaufton (d’Orléans), somme qui
peut permettre à la Société de s’affirmer de plus en plus en
propageant cette grande leçon d’hygiène publique, malgré
les préjugés, à savoir que les morts ne doivent pas être une
cause de destruction ou d’affaiblissement des vies ae tous les
citoyens.
. Après de fort intéressantes communications et observations
faites par les membres de la Société, les vœux suivants ont
été adoptés :
Ici- Vœu. — Lo Société pour la Pi-opafiation de l’incinéi-ation ,
réunie en assemblée générale, rappelle au Conseil municipal
de Paris ses délibérations des 26 juin 1889 et 2 avril 1893 par
lesquelles il invitait l’Administration à lui soumettre à bref
délai un projet de monument crématoire avec columbarium
pour lecimetiere du Sud {Slontpar nasse) et émet, à nouveau, le
v(eu qu’il vole les fonds nécessaires à leur construction.
2' Aœu. — La Société, vu la délibération du Conseil Muni-
, cipal de Paris de janvier 1893, intervenue sur la proposition
de M. Louis Lucipia. émet le vœu : qu’il soit institué des con¬
cessions perpétuelles de cases dans le columbarium municipal.
L'assemblée émet ensuite le vœu que des registres soient
mis dans les mairies à la disposition des citoyens pour y
consigner leurs volontés relativement à leur sépulture, pour
que la taxe d’incinération des corps amenés du département
delà Seine soit abaissée de 100 fr., à 50 fr. L’assemblée charge
le comité d’agir auprès de l’Administration pour que, grâce
à une surveillance plus active exercée au columbarium du
Père Lachaise. les familles ne soient pas empêchées par les
promeneurs de se recueillir devant les cases contenant les
urnes. '
' PuisM. Bourneville a fait procéder au renouvellement des
I membres sortants du Comité. Sont élus: M4I. Bourneville,
I président; Cornet, Flammarion, Grebeauval. Charles Lefeb-
] vre, H. Ramier, et A.-J. Martin. A. Rousselet.
I LA VALÉROBROMINE LEGRAND
I est plus active que les bromures et les valé-
rianates.
Société médico-psychologique. — Cette Sooiété a ouvert
une souscription, qui sera < lose le 10 juin prochain, pour ofirir
à .M. le D'- Ritti, secrétaire général depuis vingt ans, un souve¬
nir à l’occasion de sa nomination dans l’ordre national de la
Légion dlionncur. Ce souvenir lui sera remis au cours du ban¬
quet qui aura lieu, à l’issue de la séance solennelle, le lundi 25
juin. La cotisation est fixée à 10 francs. — Adressér les souscrip¬
tions à M. le D'Cli. Vallon, 15, rue Soufflot.
348
LE PROGRÈS MÉDICAL
VARIA
Les Bureaux et les réformes de l’enseignement mé¬
dical.
.M. le Ministre de l'Instruction publique, M. Briand, avait
naguère fait le meilleur accueil à une délégation de l'Union
des Syndicats médicaux de France qui venait demander la
création d’une commission mixte de membres du corps en¬
seignant et de délégués des syndicats pour étudier les réfor¬
mes pratiques à introduire dans l’enseignement de la méde¬
cine ; M. Briand avait promis de faire étudier cette proposi¬
tion, qui lui paraissait, a-t-il ajouté, , tout à fait légitime. Or
nous avons appris que les bureaux du ministère sont tout
disposés à créer une commission mais, qu'avec l'esprit d’hos¬
tilité ouverte que témoignent la plupart des administrations
aux syndicats de tous genres, ces empêcheurs de danser en
rond, les dits bureaux ne veulent pas admettre de représen¬
tants de syndicats médicaux dans cette commission ; tout au
plus accepteraient-ils une consultation. dont, évidemment, on
ne tiendrait nul compte.
Nous espérons que ce bruit ne tardera pas à être démenti.
J . N.
Hommage au □' Brouardel.
A la suitedeladémissionde M.Brouardel comme profes¬
seur de médecine légale à la Faculté de médecine de Paris,
l’Association des Médecins Légistes de l’Université de Paris,
dans sa séance du 18 mai l!IO(j,a décidé, avec la collaboration
des professeurs de l'Institut de Médecine Légale et Psychia¬
trie, d’ouvrir une souscription à latiuelle pourront prendre
part les médecins légistes et les médecins experts de France
et de l’étranger et tous ceux qui s’occupent de médecine lér
gale. Cette souscription est destinée à offrir un souvenir au
Maître delà Médecine Légale Française sous la forme d’une
médaille rappelant ses traits et d'un album relatant les noms
des souscripteurs. Le montant de la cotisation est laissée à
l’initiative de chacun et devra être adressé avant le 30 juin à
M. le Dr Logez-Duc, secrétaire de la souscription. S!, rue de
Maubeuge àParis (X'' Arr.l. èe président, Dr Pierreson; Le sc-
crviaire Général, Dr E. Dabout. — Les noms des membres du
Comité d’organisation seront publiés dans le prochain nu¬
méro du Journal. La Revue de Médecine Légale, organe of¬
ficiel de l’Association, publiera les noms des souscripteurs.
Banqueter! l’honneur du D' Bérillon.
L'Ecole de Psychologie, d’accord avec la Société d'hypno-
logie et psychologie, la Société de pathologie comparée et le
Syndicat de La presse scientifique, a résolu d'offrir au D"' Bé¬
rillon, inspecteur des asiles d'aliénés, professeur à l’Ecole
de Psychologie, secrétaire général delà Société d’hypnologie
et de psychologie, ancien président de la Société de patholo- I
gie comparée, directeur de la Revue de l’Hypnotisme, etc., un
banquet amical, à l'occasion de sa nomination dans la Légion
d’honneur. Cette fête confraternelle aura lieu le mardi l'J
juin 1906, à sept heureset demie, au palais d'Orsay, sous la pré-
sidencede M. Bienvenu -M.xrtin, sénateur, ancien ministre de
l’instruction publique, et le patronage de MM. Berthei.oi,
ancien ministre, secrétaire perpétuel de l’académie des- scien¬
ces : .Albert Robin, professeur à la Faculté de médecine ; Hu-
cHARD, membre de l’Académie de médecine ; Edmond Per-
RiER, directeur du Muséum ; Giard, professeur à la Sor¬
bonne. Le prix du banquet est de 15 francs, sur lequel on pré¬
lèvera la somme nécessaireà l’acquisition d'un souvenir, l.es
confrères, les élèves et les amis du Dr Bérillon sont invités à
adresser leur adhésion, avant le 15 juin, au Paul Farez, 154,
boulevard Hausmann, ou leur souscription po ur le souve-
Les dossiers de scolarité des Étudiants en Médecine
M. Aristide Briand, ministre de l'instruction publique,
vient d’adresser aux recteurs la circulaire suivante :
Aux termes de la circulaire du 24 janvier 1896, relative au
transfert des dossiers des étudiants en médecine au cours de l’an¬
née scolaire « les demandes de transfert présentées en vue d’une
nouvelle année scolaire doivent être produites assez à temps ponj
que le transfert des dossiers des étudiants puisse avoir lieu avant
le 15 octobre ».
Ces instructions visaient spécialement la Faculté de médecine
de Paris et avaient pour but de la mettre en mesure de satisfaire
aux prescriptions du décret du 20 novembre 1893, réglant les con¬
tions de stage dans les hôpitaux et cliniques annexes de Paris
décret dont l’article 7 fixait au 1®'' décembre l’entrée des élèves
dans les services hospitaliers.
Or, le décret du 6 avril 1906 porte modification de certaines dis¬
positions du décret du 20 novembre 1893. Il stipule notamment
que l’enseignement dans les services hospitaliers durera, non
plus du pr décembre au 15 juin, mais du novembre au 30
juin.
En raison de ces prescriptions nouvelles,il m'a paru nécessaire
devancer la limite du transfert, à la Faculté de médecine de Pa¬
ris des dossiers des élèves en cours de scolarité appartenant aux
Facultés ou écoles de médecine des départements. J’ai décidé de
fixer cette limite au 15 septembre.
Je vous prie de vouloir bien transmettre ces instructions à MM.
les doyens ou directeurs d’écoles de votre ressort académique en
les invitant à s'y conformer strictement. Aristide Briand.
La catastrophe de Courrières.
M. le professeur Gréhant, membre de r.Vcadémie de Méde-,
cine, vient de faire à la Société Françaiseisd’ Hygiène une très
intéressante communication sur les accidents auxquels sont
exposés les ouvriers mineurs, et notamment sur les causes
probables de la catastrophe de Courrières. A la suite de cette
communication, la Société a voté à l’unanimité, sur la propo¬
sition du D' Monnet, le vœu suivant, que le Bureau a été
chargé de transmettre immédiatement aux pouvoirs publics:
« La Société Française d'IIygiéne, réunie en séance ordinaire
après avoir entendu la communication de M. le professeur
Gréhant à propos de la catastrophe de Courrières :
« Considérant que nombre de mines réputées non grisou-
teuses contiennent dans l'air respiré par les ouvriers des pro¬
portions notables de formène;
<( Considérant le cas tout particulier cité par le profes¬
seur Gréhant où une mine, soi-disant non grisouteuse, conte¬
nait 7 % de formène à l'analyse de l'air, ce qui constitue un
mélange détonant ;
0 Considérant (ju’il y a là une question d'hygiène sociale au
premier chef, — l’hygiène ne valant que parce ({u'elle peut
prolonger la vie et préserver de la mort,
<■ Emet le vœu:
« Qiie les pouvoirs publics, que les législateurs, s’occupent
et se préoccupent instamment et sans relâche de prescrire,
d'ordonner des analyses quotidiennes, d'en exiger la publica¬
tion et de les mettre à la disposition des autorités qui désirent
les contrôler, et aussi d établir, du fait de la non-observation
de ces prescriptions, des responsabilités civiles et pénales ri¬
goureuses, la vie humaine devant être et constituer le princi¬
pal capital à sauvegarder. »
Assemblée généralede l'Association des médecinsde
France.
L'Association générale des médecins de France a tenu son
assemblée générale, sous la présidence du docteur Bucquoj',
vice-président, remplaçant le professeur Brouardel dont le
corps médical est unanime à regretter le mauvais état de santé
([ui l'a tenu éloigné de cette réunion confraternelle.
Après une allocution du président, l’ Vssemblée a discute
puis adopté les rapports de MM. Lereboullet secrétaire géné¬
ral, et Blache, trésorier. Ces rapports démontrent que l’Asso¬
ciation générale, quia devancé presque toutes les œuvres o®
solidaritéet de mutualité, est en pleine prospérité. Elle compl®
plus de 9.090 membres. Sa fortune dépasse 4 millions
demi et elle distribue chaque année plus de 160,009 francs en
secours, allocutions ou pensions de retraite. *
Cette année, elle a voté, sur le rapport de .M . Rist. 1 P®®”
sion de 1,090 francs et 13 pensions de 800 francs, ce qui l’Oj'f
à 93 le nombre des pensionnés, dont 7 à 1,000 francs d ®
800. Elle se préoccupe aussi de toutes les questions P''”7Î7j
sionnelles, et sur ce rapport leM. A.-J. Martin, elle aaccuein
un certain nombre de vœux émis par les sociétés local®*
ayant trait à des iiuestions d ordre professionnel.
LE PROGRÈS MEDICAL
340
I D disoensaire antituberculeux de l’Assistance
Publique.
L'Assistance Publique vient d'ouvrir dans le XI' arrondis-
ent, 3, rue Omer-Talon, un dispensaire antituberculeux,
jjjédecin-directeur et deux médecins adjoints sont atta¬
chés au dispensaire ainsi qu’un assistant-visiteur. Les consul¬
tations ont lieu tous les jours non fériés, à 10 heures.
Le dispensaire examinera les malades qui se présenteront
directement, quel que soit leur domicile, et ceux ({ui lui se-
lontadressés, soit par les services des Bureaux de Bienfaisan¬
ce soit à leur sortie des services hospitaliers et des sanato¬
riums. Après un examen complet suivi de V examen bactério¬
logique des crachats, \\ sera établi pour chaque malade une fi¬
che d'observations entretenue par des examens à intervalles
réguliers. Les malades recevront des crachoirs de poches et
des crachoirs de table, et une solution antiseptique. On leur
remettra des instructions hygiéniques énumérant les précep¬
tes d’hygiène corporelle et sociale qui leur permettront de se
soigner à domicile sans danger pour leur entourage. Si le ma¬
lade est jugé apte à bénéficier du séjour dans un sanatorium,
le dispensaire fera le nécessaire pour tâcher de le faire ad¬
mettre. Lorsque l’hospitalisation semblera nécessaire, le ma¬
lade sera proposé pouBl'adrnissiondans les hôpitaux. Un ser-
ricede blanchissage et de désinfection livrera, au moins cha¬
que quinKaine,aux nécessiteux, leur linge de corps et leur lite¬
rie usuelle blanchie et désinfectée . Les malades seront visités
à domicile par un assistant enquêteur, qui prendra tous les
renseignements concernant leurs conditions de vie et d’hy¬
giène habituelle, et leurs ressources. Il leur commentera les
conseils écrits en les adaptant à chacun, les enseignera à met¬
tre en pratique l’hygiène thérapeutique et aussi la prophylaxie
de la tuberculose. Enfin, il signalera la nécessité des désin¬
fections, de l’hospitalisation, des secours spéciaux, etc.
L’intervention thérapeutique n'étant pas, d’une façon gé¬
nérale, dans le rôle du dispensaire antituberculeux, les soins
médicaux continueront à être donnés aux malades par leur
médecin habituel. L’Administration invite particulièrement
les médecins de l’Assistance médicale qui, soit dans leurs
fendions, par ailleurs dans leur clientèle, sont appelés à voir
desmalades nécessiteux suspects ou légèrement atteints de
tuberculose, à leur conseiller, de même qu’aux personnes de
Iwtourage des tuberculeux avérés, d’aller au Dispensaire an-
lituberculeux.Ellc espère que les moyens d’action du dispen-
au point de vue de l’hygiène, de la prophylaxie et de
^sistance spéciale aux tuberculeux pourront être de ({uehiue
®cacité dans la lutte antituberculeuse.
LES CONGRÈS
f-e Congrès pour la répression de l exercice illégal de
la médecine.
Ce Congrès a ouvert ses séances le lundi 28 mai, sous la
^^dencedeM. le P' Brouardel,qui, vu son état de santé, a
la présidence effective à M. le D' Gairal, président de
'-mon des Syndicats médicaux de France.
séances se sont régulièrement poursuivies sous l’habile
^^tion de M. Gairal, grâce à sa grande autorité, grâce au
^/Hiement età l’activité du secrétaire général, notre distin-
® confrère Levassort. Ce congrès, qui a attiré de nombreux
de province, quelques médecins étrangers, entre
H 1 d’Amsterdam, et M.leD''Raussmann,déié-
Chambre médicale de Berlin, où les ministres de
(Je p^r™or, l’Instruction Publique, de la Justice et le Préfet
d^tis, fait officiellement représenter, où médecins,
eteou , étudié de concert avec bonne loi
r^io. les modifications à apporter à la loi de 1892 dans
Bons surtout des malades, ce congrès, disons-
jj^aura fait d’importants et très utiles travaux.
*^ion'!f P^'^hain numéro, nous passerons en revue.lesdis-
Congrès et entireronsles conclusions qu’elles com-
^ — Un docteur en médecine demande à faire
■h 1 h, f S’adresser aux bureaux du Progrès médical
' a ti heures.
INSTRUMENTS NOUVEAUX
Nouvelle pince hémostatique ;
Par le prof. Aug. Reverdin.
Notre ami le professeur A. Reverdin (de Genève), a fait
paraître dans la Revue méd. de la Suisse Romande, une note
sur une nouvelle pince hémostatique que nous reproduisons
en l’accompagnant des clichés que l’auteur a mis gracieuse¬
ment à notre disposition.
Pour qu’elle soit bonne, une pince hémostatique doit être
souple et forte, son articulation aisée et en bonne place, ses
mors très exactement joints à leurs extrémités. Celles-ci au¬
ront une forme plus ou moins conique et seront lisses en
tous points, sauf sur leur face externe. La crémaillère, elle
aussi, mérite grande attention ; elle doit s’accrocher facile¬
ment et tenir. Ceci dépend non seulement de la manière dont
ses dents sont taillées, mais encore de la forme, de l’élasti¬
cité et de la force des branches. Une pince qui fait ressort est
un instrument dangereux, traître d’un instant à l’autre.
Pour nombreux que soient les modèles en usage depuis
quelques années, il semble cependant qu’ils n’aient point
encore atteint la perfection, car on utilise de nouveau celles
à dents de souris, qui à mon avis présentent cependant de
réels inconvénients.
Bonnes pour saisir certains tissus, pour repérer le bord des
plaies, elles ont,au point de vue hémostatique, quelques dé¬
savantages. Le fil à ligature s’accroche volontiers derrière la
dent centrale, pour peu que celle-ci proémine entre les deux
autres, et ne glisse plus aisément à la place voulue, ou bien
il s’éraille sur ses saillies, ce qui l’affaiblit précisément au
point le plus important à conserver fort, celui qui étreindra le
vaisseau. Parfois aussi la morsure de ces dents entame les
parois artérielles et surtout veineuses et provoque de la sorte
quelque hémorragie immédiate ou secondaire.
Pour ces diverses raisons, j'ai pensé qu’il serait bon d'ajou¬
ter près du bout des mors et en travers de l’un d’eux une pe¬
tite éminence pyramidale, qui trouverait à se loger dans une
dépression de même forme, mais un peu plus large, ménagée
sur le mors correspondant. Les tissus pincés entre la saillie
et la dépression seront soumis à une constriction et à une
350
LE PROGRÈS MÉDICAI.
plicature bien faites pour les retenir et pour en briser les
tuniques, s'il s’agit de vaisseaux, à en favoriser par conséquent
riiémostase.
Je crois pouvoir dire, en eCfet, que, depuis que j'utilise cet
instrument, le nombre de ligatures nécessaires est moins
considérable et que le fil gagne aisément sa place, ne rencon¬
trant plus sur sa route que des surfaces lisses et coniques.
Mais cet instrument doit être fabriqué avec beaucoup de
soin, c’est pour cela que j’ai prié M. Collin de vouloir bien le
mettre au point. L’habile fabricant me paraît avoir résolu le
problème à la perfection, 11 a établi des modèles de volumes
divers (voir /iÿ. 21, 22 et 23), dont lesplus gros, armés de plu¬
sieurs saillies, conviennent à merveille pour saisir et attirer
de gros pédicules, des fragments de tumeurs, les lobes pros¬
tatiques en particulier.
Comme il arrive parfois que les fils s’engagent entre les an¬
neaux des pinces, j'ai fait établir encore, suivant en cela
l’exemple de mon ami le Prof. Girard, un modèle dans lequel
les anneaux sont placés en dedans des branches et reliés entre
eux par une barre qui porte la crémaillère et évite sûrement
le désagrément en question {fig. 24).
FORMULES
XLIi. — Contre l'accès de goutte.
Infusion de feuille de frêne . 200 gr.
Bromure de potassium . à.ô "r.
Teinture de colchique . LXXV goût.
Sirop d’écorces d'oranges . 45 gr.
Une cuillerée à soupe de 8 en 8 heures.
(J. demed. de Bordeaux).
XLIII. — Contre les aphtes.
Teinture de myrrhe . 20 gr.
— • d’opium camphré . gr.
Miel rosat . 30 gr.
Décoction d'orge . lôO gr.
à prendre en lavages et en gargarismes.
(J. de méd. de Bordeaux).
Le testament du docteur Bonnefé. — Le testament du
docteur Bonnefé mort victime d’un accident d'automobile vient
d’étre ouvert. Le docteur laisse sa fortune, évaluée à 300,000 francs
à la ville de Rodez.
Actes et thèses de la Faculté de IWlédecine de Paris
Thèses de doctorat. — Mercredi, 6 juin. — M. Fouchou-Lapey.
rade : Contribution à l’étude de ta co.xalgie par la radiographie
(MM. Terrier, Roger, Teissier, Gossel). — M. Jacob : La rééducatio»
respiratoire. Traitement post-opératoire des rhino adênoldieiij
(MM. Roger, Terrier, Teissier, Gosset). — M . Nouet : De la néces¬
sité d’exigerdes'connaissances psychiatriques pour les médecins des
établissements pénitentiaires (MM. Brissaud, Gaucher, Claude, Bal- |
thazard). — M. Bureau : Rubéole et scarlatinéole (MM. Gaucher,
Brissaud, Claude, Balthazard'.
Jeudi 7 juin — Af. Castagnary : Des endoihéliomes calcitiés delà
peau (MM. Cornil, Chanlemesse, Méry, Langlois). — M. Agasse-
Laffotit : L’anémie pernicieuse protopathique (MM. Cornil, Chante-
messe, Méry, Langlois). — M. Debray : Le charbon industriel
Maladie ou accident professionnels (MM. Chantemesse, ComD,
Méry, Langlois). — M. Blairon : Propliylaxie des gastro-entérites
des nourrissons (La suralimentation et son remède) (MM. Chante¬
messe, Cornil, Méry, Langleis). — M. Croste : Quelques considéra¬
tions sur l’appendicite, au cours de la grossesse (MM. Budin, de
Lapersonne, (jilbert, Carnot). — M. Galibert : Le panaris des noo-
veau-nésiMM. Budin, de Lapersonne, Gilbert, Carnot!.— 3/. Sauberl:
Traitement des blépharites ciliaires par I hermophényl (MVl. de
Lapersonne, Budin, Gilbert, Carnot. — .M. Loubry : Contribution à
l’étude des dyspnées d'origine hystérique (MM. Gilbert, Budin, de
Lapersonne, Carnot).
Examens de doctorat. — Mardi 5 juin. — 3* (2' partie, Labora¬
toire des travau.x pratiques d anatomie pathologique) ; .M.\l. Cornil,
Desgrez, Guiarl. —1" (Oral, salle Béclard) ; MM. Poirier, Launois,
Rieffel. — 3“ i2’ partie, 1" série. Oral, salle Broussais) : MM. Ray¬
mond, Thiroloix, Méry. — 3’ (2‘ partie, 2’ série. Oral, salle Corvi-
sari) : MM. llulinel, .leanselme. Besançon. — 4" (salle Charcot):
MM. Chantemesse, G. Ballet, Vaquez. — 5' (Chirurgie, l" partie,
Hôtel-Dieu) : MM. Le Dentu, Auvray, Moreslin. — 5- {î‘ partie,
Hôtel-Dieu) : MM. Dienlafoy, Achard. Renon. — 5‘ (Chirurgie,
1" partie, l" série. Charité: MM. Guyon, Pozzi, Marion. — 5* (Chi¬
rurgie, 1” partie, 2” série. Charité): MM. Berger, De Lapersonné,
Hartmann. — 5"(2' partie. Charité): MM Joffroy, Gougel, Carnot—
Mercredi 6 juin. — Dissection, (Ecole pratique) : M.M. Recluf,
Sébileau, Rieffel. — 3' (2‘ partie, Lalioratoire des travaux pratiques
d’anatomie pathologique) : MM. Gautier, Blanchard, Legry, -
2' (Salle Richet) : MM. Gariel, Ch. Biehel, Branca. — .■)' (1" partie.
Oral, salle Pasteur) : MM. Tufticr, Lepage, Cunéo. — 5' (ChirurgiPi
1" partie, 1" série, Laënnec) : MM. Kirmisson, Broea (Aug.), Durai
(Pierre). — 5" (Chirurgie, 1” partie, 2" série, Laënnec) : MM. Segond,
Delens, Legueu. — 5' (2" partie. Laënnec) : MM. Landouzy, Labbé
(Marcel), Macaigne. — 5" (Obstétrique, l™ partie, Clinique Baude
locque : MM. Pinard, VVallich, Potocki.
Jeudi. 7 juin. — Dissection (Ecole pratique) : MM. Poirier, Bief"
fel, Morestin. — 3" (2" partie, Ijahoratoire des travaux praliqui*
d’anatomie pathologique) ; MM. Joffroy. Guiarl, Maillard. — P
(Oral, Salle Béclardi : MM. Pozzi. Thicry. Launois. — 3" ( l" partie
Oral, Salle Broussais) ; MM. Le Dentu. Retterer, Demelin. —
partie. Oral, Salle Charcot) : MM. llulinel. Thiroloix, Bezançon. -
4' (Salle Corvisart) : MM. Pouchet, Gley, Dupré.
Vendre a. 8 juin. — Dissection (Ecole pratique) : MM. Kirniissu®'
Cunéo, Rieflel, — .3- (2' partie. Laboratoire des travaux praliffl^
d’anatomie pathologique) ; MM. Blanchard, Desgrez, Legry. -2
(l”pnvtiP> Oral, Salle Béclard): MM. Segond, Sehileau. Lepagf-^
3* (2' partie. Oral. Salle Broussais) : MM. Brissaud, Claude, L.ab»*
(Marcel) —4' (Salle Charcot) : MM. Joffroy, Richaud, Macaigne-
5" (Chirurgie, t" parlie, i” série, .\eckcrj ; MM. Terrier, Delpn^
Gosset. — 5' (Chirurgie, 1" partie, 2* série, Necker) : M.'L Re^^
Mauclaire, Duval (Pierre). — 5' (Obstétrique. Clinique Baudewe"
que) ; MM. Pinard, Wallich. Potocki.
Samedi, g juin. — (Médecine opératoire. Ecole pratique) : ^
Dentu, Thiery, .Morestin. — 3- (2- partie. Laboratoire des
pratiques d’anatomie pathologique) : .MM. Cornil, Guiarl. ^
lard. — 2' (Salle Béclard) ; MM. Launois. Langlois, Broca
— 3* (1” partie. 1" série. Oral, Salle. Broussais) : MM. B*'
sonne, Retterer, Bonnaire. — 3' (l'* partie, 2’ série. Bral. ■-
Charcot) : MM. Poirier, Bar, Marion. — 5’ ('2* partie, 1" série, m
jon) : MM. Robin, .leanselme, Besançon. — 5" (Obstétrique,
lie. Clinique Tarnier) : MM. Raymond, Méry, Gougel. — 5‘ G '
tie, 2' série, Beaujon : MM. Budin, Demelin, Brindeaii.
Cours technique d'anatomie pathologique, par le
QUiER. chef des Travaux anatomiques à la cliniipie des
dies nerveuses. — Programme des Lcniits. — P' et 2“ L'jï
Technique générale. Principales Méthodes de fixation et
ration. Examen du sang. Numération des globules rouges et
La formule leucocytaire normale : ses principales variation?’
leur séméiologique de l’examen du sang. — et 4’’,
coupes après inclusion à la cclloïdine et la paralfiue.
LE PROGRES .MEDICAL
jonctives vasculaires des inflammations aigüeset chroniques. —
5, Principales altérations des tissus conjonctif, cartilagineux et
^sseux. — 6'. Principales altérations des muscles. — 7',Principa-
L altérations des épithéliums. — 8=, Tuberculose. — Syphi-
Ijs -- 10', Tumeurs bénignes d’origine mésodermique (lipomes,
■yjomes, fibromes, bourgeons charnus, etc). — 1 1', Sarcomes
conjonctif et névroglique. Endothéliome. — 12', Tumeurs mali-
•mes d’origine épithéliale. — 13', Tumeurs bénignes d’origine
epithéliale (adénomes, papillomes. Kystes dermoïdes. Tumeurs
mixtes). Dégénérescences et modifications des tumeurs. - 14",
Principales lésions de l’appareil circulatoire. — l.ô“. Principales
lésions de l’appareil respiratoire. — IC', Principales lésions de
l'appareil digestif. — 1T=, Principales lésions du l'oie, des voies bi¬
liaires, du pancréas, des glandes salivaires. — 18', Principales lé¬
sions de l’appareil urinaire. — 19', Pricipales lésions de l’appareil
génital mâle. — 20', Principales lésions de l’appareil génital fe¬
melle. — 21', Principales lésions des organes lymphoïdes, de la
rate et de la moelle osseuse. — 22', Principales lésions des glan¬
des à secrétion interne (hypophyse, thyroïde et parathyroïde, cap¬
sules surrénales, ilôts de Langerhans, du pancréas, thymus. — 23',
Technique générale du système nerveux Méthode de Nissl. Lé¬
sions des cellules nerveuses. — 24', Dissociation. Méthode de Ra-
mon y Cajal. Dégénérescence Wallérienne. Névrites. — 25', Mé¬
thodes de Weigert-Pallet de Marchi. Dégénérations des faisceaux
blancs. — 26', Inflammation du tissu nerveux( encéphalites, myéli¬
tes) Ramollissement cérébral, myélomalacio. — 27', Poliomyélites,
Tuberculose des centres nerveux. Compressions de la moelle. —
Syphilis nerveuse. Tabès, Paralysie générale. 29',Syringo-
myélie. Sclérose en plaques. Sclérose latérale amyotrophique. —
Le cours commencera le mardi 5 juin 1906 à 5 heures 1/2 de l’a-
prés midi au Laboratoire d’ Anatomie pathologie de la Clinique
(Salpêtrière) et se continuera tous les jours àla même heure. Les
piécés anatomiques, rélictifs et instruments seront fournis gratui¬
tement. S'inscrire au Secrétariat de la Faculté les mardis, jeudis,
samedis de midi à 3 heures. Guichet n» 3. Le droit d’inscription
est fixé à 80 francs.
THERAPEUTIQUE
Société fbanç.mse db secours aux blessés. — L’assemblée
générale de la Société française de secours aux blessés militaires
a eu lieu au Palais d'Orsay, sous la présidence de 51. le marquis
de Vogué, président de la société. M. le président de la Répuhli-
<iue,lesministres de la guerre, de la marine, de l'intérieur et des
colonies, le grand chancelier de la Légion d’honneur, le gouver¬
neur militaire de Paris, le directeur du service de santé delà guer¬
re, le préfet de la Seine et le préfet do police, s étaient fait repré¬
senter. M. Etienne Lamy, de l’Académie française, a fait l’histori-
quede la Convention de Genève et de la Croix-Rouge et exposé
ren développement chez les peuples civilisés. M. Duvergierde
fiauranne a lu le rapport moral. M. Paul Biollay a rendu compte
ne la situation financière
Le traitement de la grippe et de ses manifestations
broncho-pulmonaires par l’hélénine.
De toutes les manifestations grippales si fréquentes en
cette saison, celles qui portent sur les voies respiratoires
offrent plus de dangers. L’inflammation des premières voies
respiratoires détermine une toux rebelle et pénible, et est
souvent suivie de l’extension de l’infection grippale aux
bronches et même au parenchyme pulmonaire. L’action de
l’hélénine du D' de Korab, qui calme la toux, qui modifie et
diminue l’expectoration, qui jouit en outre d’un pouvoir mi-
crobicide bien constaté, sera d’une grande utilité dans le
traitement curatif de la grippe et dans la prophylaxie de ses
complications broncho-pulmonaires. Ce précieux agent thé¬
rapeutique, qui a fait brillamment ses preuves dans les
épidémies de grippe de ces dernières années, s’administre à
la dose de 3 à 5 globules d’hélénine du D' de Korab, par jour
I.NAUGUR.VTION DE BASSINS FILTRANTS A NaNTERRE. — Le pré¬
fet de la Seine, auquel s’étalent joints : MM. Barbier, président du
conseil général ; Defrance, directeur des affaires départementales ;
Armand Bernard, directeur du cabinet de M. de Selves, a présidé,
route Charles-X,à Nanterre, l’inauguration des bassins filtrants
destinés à alimenter en eau potable sept communes du départe¬
ment. Ces communes : Suresnes, Asnières, Colombes, Bois-Co¬
lombes, Courbevoie, Nanterre et Gennevilliers, Rueil, en Seine-et-
! Oise, étaient jusqu’ici alimmtées d’eau brute de Seine puisée au
' barrage de Suresnes. Désormais, l’eau passera par des filtres dont
I le prefet de la Seine a, dans son discours, loué l’ingénieux agen¬
cement. Le département de la Seine apporte à cette innovation
une contribution financière de dix années diminuant d’un dixiè¬
me chaque année. La somme initiale est de 35,00(1 francs. A l’oc-
casion de cette cérémonie. le préfet de la Seine a remis les pal¬
mes académiques à MM. Chaudoir et Chabal, ingénieurs.
Service de s.vnté mii.it.aire. — Médecins principaux de 1"
classe : M. Février méd. chef de l’hôp. de Nancy, qui avait été dé-
I signé pour Oran,est maintenu à la tête de l’hôpital, de Nancy ; M.
.Martin, médecin chef de l’hospice mixte de Nice, est nommé dir.
du serv. de santé delà div. d’Oran ; M. Reverchon, médecin chef
de l’hospice mixte de Dijon, est nommé méd. chef de l’hospice
mixte de Nice. Le médecin principal de 2' classe André, hospice
mixte de Dijon, est nommé méd. de l’hospice mixte de Dijon.
Médecin militaire to.mbé d'un train. — Le médecin aide-
major Grondonne, en garnison à Antibes, s’est grièvement blessé
352 LE PROGRÈS MÉDICAL
en tombant d’un train sur la ligne du Sud de la France. M. Gron-
donne a été ramené à Toulon auprès de ses parents dans un état
alarmant. L'accident s’est produit au moment où le docteur s’é¬
tait placé sur la plate-forme du wagon pour fumer une cigarette.
A un tournant brusque il fut précipité sur le ballast où il resta
une demi-heure sans connaissance. Des paysans attirés par ses
gémissements vinrent le secourir (Le Temps).
Décorations. — Nous apprenons avec plaisir que notre ami,
le D'' Jules Richard, directeur du Musée Océanographique de
Monaco vient d’être promu officier de la Légion d’honneur. J. N.
Congrès d’Assistance de Milan. — Le quatrième congrès de
l’assistance publique et privée a été inauguré le 24 mai à Milan,
en présence des délégués de vingt et un gouvernements.
Tour à tour, le maire de Milan, le président du comité du con¬
grès, le préfet au nom du gouvernement, et M. Strauss, sénateur,
président de la délégation française, ont pris la parole. Le maire de
Milan et M. Casimir-Perier ont été nommés présidents d’honneur.
Loi américaine sur les viandes altérées. — Le Sénat amé¬
ricain a adopté un projet de loi sur l’examen de la viande. Il im¬
pose des peines rigoureuses aux compagnies de chemins de fer et
d’autres moyens de transport qui accepteraient de transporter de
la viande qui n’aurait pas subi l’examen d’inspecteurs sanitaires.
Condamnations d’étudiants alsaciens-lorrains. — Deux
étudiants alsaciens-lorrains, pour avoir prix part aux manifesta¬
tions du mardi gras à la Taverne alsacienne, où ils avaient chanté
la Marseillaise ont été frappés de relégation par le Sénat univer¬
sitaire ; trois antres ont eu le consilium abeundi (relégation avec
sursis.) Le cercle des étudiants alsaciens-lorrains a été suspendu
pour quatre mois ; les étudiants appartenant à la société des élè¬
ves en pharmacie ont été invités à remettre dans un délai de huit
jours entre les mains du recteur de l’université leur démission de
la société.
Prix Civiale. — Le contours est ouvert en 1900 entre les in¬
ternes titulaires ou provisoires en médecine pour l’attribution du
prix biennal de 1000 francs fondé par feu le docteur Civiale u
profit de l’élève qui aura présenté le travail jugé le meilleur s»
les maladies des voies urinaires. Ce travail devra être déposé à
l’Administration centrale (service du personnel) avant le Ij jç,
eembre 1906, au plus tard.
MM. les internes sont informés que les mémoires destinés à
être présentés pour le concours des prix de l’internat (médaillé
d’or) ne pourront pas être admis pour le prix Civiale.
Chronique des hôpitaux.
Concours de chirurgien des hôpitaux. — Le concours s'eat
terminé par la nomination de MM. "Veau et H. Proust.
Hospice de la Salpêtrière. — Le D'' Deny : conférences
cliniques sur les maladies mentales, le dimanche à 10 heures, sec-
tion Rambuteau.
Hospice de Bicêtre (Fondafioti Fa/iee). Rue Renserade, 7, i
Gentilly. — M. Bourneville. Visite du service (gymnastique, tr».
vail manuel, écoles, et présentation de malades) le samedi à 10 k,
très précises. Consultations médico-pédagogiques, gratuites pour
les enfants indigents atteints de maladies du système nervem, le
jeudi à 9 h. 1/2'.
Concours de l’agrégation. — Art. l"". — Il sera ouvert k'
Paris, en 1906-1907, des concours pour quairante et une place»
d’agrégé à répartir entre les diverses facultés de médecine jg
France.
Art. 2. — Ces concours s'ouvriront à Paris, savoir: le ITi
décembre 1906 pour la section de médecine (patliologie, interne
et médecine légale); le 11 mars 1907 pour la section de chirurgie
et accouchements : le 13 mai 1907 pour la section des science»
anatomiques et physiologiques et pour la section des science»
physiques.
Art. 3. — Les candidats s’inscrivent chacun d’une manière spé¬
ciale pour l’une des places mises au concours dans chaque
faculté. Ils peuvent s’inscrire subsidiairement pour plusieuts
places. (Arrêté du 29 mai 19061
PHTISIE. BRONCHITE. CATARRHES. — L (
Marchais est la meilleure préparation créosotée. Elle di- j
LOTION LOUIS DEQUEANT
minue la toux, la fièvre et 1 expectoration. De 3 à 6 c
levées à café par jour dans lait, bouillon ou tisane.
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Le Sebumbaoille. microbe de la calvitie vulgaire, aéte
découvert par M. Louis DEQUtiANT. pharmacien, 38, ro«
de Clignancourt, Paris. (Mémoires déposés à l’Académie «
Médecine, 23 mars 1897, 8 mai 1898). L’extrait de ces Mémoire*
est adressé gracieusement à tous les médecins qui Im
feront la demande. Renseignements gratuits et prix de faeew
pour tous les membres du corps médical.
Le Rédacteur-Gérant : Bournbvillx.
Imprimerib Daix frères et Thiron, Clermont (Oise)-
BUREAUX ; RUE DES CARMES, 14
9 JUIN 1906
^. ^j^NÉE.J-bÉRlE. T. XXII. N’ 23
Progrès
Médical
SOMMAIRE ; Chirurgie biologique : Chirurgie du phimosis,
*Dar Longuet. — Bulletin : Le congrès pour la répression de
P^grcice illégal de la médecine, par J. Noir ; Un cas d’infection
rtbique transmis par un coup de griffe d’un jeune chien non
malade, mais léché par une mère en puissance de cette affection,
par Demmler. — Sociétés Savantes ; Société de biologie :
^ploi thérapeutique du rumex crispus, par Gilbert et Lere-
boullet ; Agglutination du gonocoque et du méningocoque de
Weicliselbaum par le sérum gonococcique, par Bruckner et
Cristeaim ; Ration de l’homme adulte en calories, par Maurel ;
Colloïdes de la bile, par Iscovesco ; Action précoce du chloro¬
forme sur le parenchyrao hépatique, par Noël Fiessinger (c. r.
de Mme Edwards-Pilliet.) — Académie de Médecine : La tuber¬
culose, par Netter ; Nécessité de la collaboration des médecins
àla réforme du codecivil, par Lacassâgne ; La typhlocolite, par
Cornil ; Elections (c. r. de A. -F. Plicque). — Société Médicale
ies Hôpitaux : Ophtalmoplégie transitoire chez un artériosclé-
. iMX, par Claude ; Fièvre typhoïde prolongée, par Claisse (c. r.
CHIRURGIE BIOLOGIQUE
Chirurgie du phimosis ;
Par le P' L. UONGUET (de Rouen).
11 n'i'sl ici question ni de la cure rituelle ou empiri-
flae (lu phimosis (1); ni du traitement du paraphimosis,
non expérience sur ces questions est encore insufti-
«ttte. Je veux seuleineiil : 1’ analyser la cure sanglante
phimosis telle qu’elle est journellement exécutée
pw amputation, 2“ exposer la chirurgie correctrice du
phimosis, comme je la conçois et l'applique, guidé par
‘I biologie ; 3° comparer ces deux chirurgies si dis-
'-‘mblables.
1- Chirurgie poathectomique du phimosis.
Depuis Gelse jusqu’à ce jour, et particulièrement
1 arant le XIX' siècle, la chirurgie du phimosis,
*spirée des pratiques rituelles, a traversé — si j’omets
Ïifconcision rituelle : consulter à ce point de vue : Tah-
^ette des hôpitaux, IS'i.'i — Godard E. : Egypte et Palestine
^ — MARD0T(d’Oran! lAproposde la eireoneision Israélite,
mil pour l'avancement de sciences, session d’Oran,1888 — He-
? - Histoire de la circoncision depuis les temps les plus re-
Philadelphie, 1891. — X. La circoncision chez les Juifs
'^‘‘iettemédicale de Liège, 1894. — Thornes : Délia ciroon-
^ lie il punto di vista profilallico e terapeulico ; de la cir-
Piiinl de vue prophylactique et thérapeutique ; histoi-
temps les plus reculés. — Florence : Giornale Itali :
ttleisjoj ’ P' septembre 189.). — Joly : Histoire de la cir-
■’ erilique du manuel opératoire des Musulmans et
'895. — Louarn : Contribution à l’élude
“étbode israélile ; Thèse de Bordeaux, 1897. —Pott;
? ®i'‘®®iieision rituelle ; Munch med. Wochenschrift, p.
Mdntz : Des avantages de la circoncision rituelle ;
ï Sirèsl’i p. 264, 1898. — Bernhaudt : Quatorze
reiiHg .““‘'l'ulion de la tuberculose pendant la circoncision
lek. Warsijawa XX 835-887. 1900. - Thiénot,
chez les anciens et les modernes. Revue illustrée
ri» T 57-66, 1900. — Loir : Complications (lu-
teJU'MEie ** circoncision rituelle ; Gai^ette des hôpitaux, p. 36,
de' ®“®®'Hnée par l’image; Archives
î!^*®Tnni^ . 601 628, 1901.- Mortillet: La circonci-
de la société anthropologique de Paris,
M.vyehsohn :DeIa circoncision et spé-
jjfcP'c. Wji '"'concision rituelle envisagée au point de vue his-
. . • nique, préventif, prophylactique. Thèse de Paris,
de Friedel.) — Société demédecîn^publique et de génie sanitai¬
re : Discussion des vceux présentés par M. L. Martin sur
l’hospitalisation des contagieux ; Discussion sur l’épuration
des eaux d’égout et des eaux résiduaires, par Calmette (c.
r. de A. Pujol.) — Bibliographie : Résection de quatre
mètres d’intestin grêle, par Pauchet ; Manuel du praticien, cli¬
nique et thérapeutique spéciale ; Histoire et médecine ; Techni¬
que de la stérilisation à l’usage dos pharmaciens, par Gérard ;
L’avortement de la syphilis par le traitement intensif, parDuhot;
L'administration du patrimoine des pauvres, par Gros-Mayre-
vieille. —Varia : Les conséquences de l'insalubrité d’un local
administratif ; Fumeries d’opium ; Voyages d’études médicales
aux stations hydrominérales et climatiques de France. — Les
congrès : Congrès d’hygiène sociale ; Congrès d’assainissement ;
Congrès international pour l'assistance des aliénés. — Formules.
— Actes et thèses de la faculté de médecine de Paris. —
Nouvelles. — Chronique des hôpitaux. — Bulletin biblio¬
graphique.
intentionnellement la méthode de divulsion (1) très gé¬
néralement abandonnée — line évolution uniformément
radicale dont voici l’esquisse physionomique tout en¬
tière :
Conception thérapenti«iue mutilante.
Le phimosis est une malformation congénitale ou ac¬
quise des enveloppes du gland, essentiellement carac¬
térisée par une excroissance en collerette, un excès de
développement i2),une sorte de tumeur hypertrophi-
quedes membranes préputiales, susceptibles de cancéri¬
sation (Hey, Wad,IIoux, Lagneau), avec rétrécissement
permanent pins ou moins accentué de son orifice lim-
biquc, d’où résulte l’impossibilité parlielle ou totale de
découvrir le gland, cause de nombreuses complications.
En conséquence, il convient d’opposer à cette proliféra¬
tion hyperplasique, gênante, disgracieuse, suspecte de
malignité pour l’avenir, une intervention du genre ampu¬
tation. Il fautexciser, enlever, retrancher, l’excès de ce
fourreau, et avec lui son anneau rétréci. L’exérèse sous
la forme angulaire (excision partielle) ou le mode circu¬
laire (circoncision) est le principe fondamental de cette
thérapeutique, en parfait accord ici avec les pratiques
rituelles et empiriques. D’ailleurs, le prépuce estun or¬
gane inutile, sans rôle physiologique appréciable. Il est
donc permis d’en faire le sacrifice quand il est mal-
lormé.
Méthotles thérapeutiques.
En son exécution, la conception radicale comporte
de multiples modalités très dissemblables dès l’abord,
mais facilement reliablcsles unes aux autres par lacom-
(V) Méthode delà divulsion : préconisée par Nél.vton, Thibault,
Veuneüil, De S.\int-Germaix, est estimée par tous les classiques
comme insuffisante (Reclus, 2 récidives sur 2 cas), iiiBtile, nuisible ;
les éraillures qu’elle crée constituent ultérieurement des rétrac¬
tions sclérosiques et des récidives aggravées. Toutefois elle comjite
encore quelques partisans parmi lesquels je relève : en France
Cahrikre et SAiXT-PiitLtPi’E {\n-%' Bordeaux, 1900) et XIII* Congrès
international de médecine, session depédiâlrie, 1^0). — En Suisse
Audéoud (de Genève ; même Congrès). — En Améri(}ue, Eerioiit
S. R: Préputial divulsion versus circumeision in the A’oung :Dilaln-
lioii du prépuce subsliluée à la circoncision chez les jeunesenfants
[American Practitioner, and news, 1” octobre 1901.)
(2)Welcker. (G); «Le phimosis est une anomalie préputiale par
excès de développement, uni à une étroitesse plus ou moins pronon¬
cée de l’orifice ». .Article in Dictionnaire Jaccoud, 1878. « Dans
nombre de cas, il y a trop de peau » Brault. 1899.
354
LE PROGRÈS MÉDICAL
mune manœuvre de l’ablation. A mon sens, elles se ré¬
sument toutes chronologiquement et simplement sous
trois méthodes stigmatisées par l’étendue du sacrifice :
méthode de l’amputation cutanéo-muqueuse subtotale
de Ravaton 1770 ; méthode de l’amputation cutanéo¬
muqueuse partielle de Lisfranc 1820 ; méthode de l’am¬
putation muqueuse siihtotale de Dieffenbach, 1837. L’ins¬
trument tranchant (bistouri, ciseaux, rasoir, sécateur,
dit posthétome) constitue l’agent de diérèse par excel¬
lence. Et ceux-là n’ont point fait école, qui, pour éviter
l’hémorragie, l’érysipèle, la pyohémie, préconisèrent
l’ahlalion préputiale au moyen des caustiques (1), de
l’écraseur linéaire (2), du serre-nœud (3), du thermo¬
cautère (4) ou du galvano-cautère (.V). Le sphacèle par
brûlure, l’emportement ou la contamination de tous les
téguments de la verge, les phlegmons gangreneux post¬
opératoires par infection primitive ou consécutive, la
lenteur de la cicatrisation.]' ustifient la mauvaise renom¬
mée de cette posthectomie ischémique non sanglante
sans instrument tranchant.
Indications et contre-indications opératoires.
A Ilfmil respecier : i° le phimosis non compliqué
des âges extrêmes delà vie (Boyer) ; ainsi ceux des nou¬
veau-nés oujeunes enfants, car la difformité disparaît
en général vers la [luberté quand le gland et le pénis
prennent un rapide accroissement, dilatant ainsi fort
simplement, très progressivement le limbe rétréci, aussi
ceux des vieillards car la cure radicale n’est plus ici
d’utilité bien appréciable.
2“ On s’abstiendra également d’intervenir chez les ca¬
chectiques ou les malades en mauvais état général.
3“ 11 en sera de même en cas de milieu épidémique,
de pyohémie, d’érysipèle, de pourriture d’hôpital.
B. Il faut amputer : 1“ les phimosis compliqués
d' accidents urinaires : c’est-à-dire de lithiase prépu¬
tiale (6) ; de rétention d’urine sous-préputiale, vésicale,
(1) .4mussat. — Posthectomie par caustiques : Les caustiques,
pâle de Vienne, caustique de Filhos, sont déposés dans la cuvette
iongue et étroite d’un porte-caustique appliqué lui-méme à la base
du gland.
(2) CnASSAi(i\AC. — Posthectomie par écraseur linéaire : Bulletin
de la Société dechirurgie, 1847. Le prépuce étant tendu par l'inté¬
rieur au moyen d’une pince à pansement, transtixez le prépuce di¬
laté, soit perdes aiguilles, soitp.ar des crochets d’une érigne diver¬
gente et étranglez circulairement l’organe en arrière du point pi¬
qué. Opérez ensuite la section à l’écraseur sur la partie partielle¬
ment pédiculisée. Ceci fait, après la chute des tissus, vers le 2" ou
3" jour, on peut tenter la réunion par une suture à points passés.
^3) Maisonneuve. — Posthectomie par le serre-nœud.
(4) Verneuu.. — Posthectomie par te thermocautère pour protéger
le gland contre les brûlures, il convient d’insinuer une spatule
entre le gland et le prépuce.
(5) Daavson. — Posthectomie \niT\e galvano-cautère : France mé¬
dicale, 1813 — et Bebkheim : A propos de la circoncision : Clinique
Française, janvier 1892 — et Le Duc ^Gaqeite médicale de \antes,
30 novembre 1901.
(li) Lithiase préputiale: complication fréquente observée par J.-L.
Petit, lÎBODa;, Dumeril, etc. ; étudiée par Büubdillat : Thèse
de Paris 1872. Comme cas récents, j'ujoute ceu.x de Zeli.er : Société
de médecine de Berlin VS9Q — de Vii.lard, Journal de médecine de
Bordeaux : 28 janvier 1894 — de Alexa.ndre Louis (de Velessa, Ma¬
cédoine), extraction de 110 pierres. JatriLi Proodox, 1899 — de Pe-
RAIKE ; Bulletin de la Société anatomique, octobre 1901 — de Boccas,
Archives de mécecine et chirurgie, Paris 111 121-124, 1901 — de E.n
liLiscii : in Wiener med. Presse,'iiet 29 novembre, 6 décembre 1903
— de Vassal : Annales d'hygiène et médecine coloniale : avril, mai,
juin 1905. — Les calculs préputiaux sont en nombre unique ou mul¬
tiples (60 Brodie, 110 Alexandre Louis) — en foidx variables depuis
quelques, centigr. jusqu’à 225 gr. (Dumeril)— en dimensions va¬
riables depuis 99 mm. jusqu’à une longueur de plusieurs centim.
(Cas rapporté par Vidal de Cassis : un des 60 calculs observés par
Brodie avait t-’i mm.de long sur 10 mui.de large — de surface arron-
rénale (1) ou d’incontinence d’urine (2) vraie ou fajJ
par regorgement. ]
2” Les phimosis compliqués à' accidents génitauJ
hyperesthésie génitale et inversion sexuelle, pe^
séminales (Lallemant) ; infécondité par rétention J
déviation du sperme (3); gêne dans l’érection et le ci*
balanite, balanoposthite, fissures, gerçures,eczénia,é J
tion, prurigo, suppuration, ad hérence, tendance à l’étiJ
glement ou au paraphimosis (4), à l’éléphantirt
de la verge (Bouisson).
3° Les phimosis compliqués d'accidents à distant(\
hernie et hydrocèle (5) fistules périnéo-scrotales (6),»
cidents nerveux divers, dyspepsie(T)gastralgiepalpitîtliîj
hypochondrie accidents hyslériformesou épileptiforiJ
voire même de gêne de la marche (8) ou autres tronS
divers(9).En résumé, la cure radicale s'impose dans td
tes les complications précitées avec un certain caracW
d’urgence, dont l’occlusion complète du pertuisprépnd
constitue l’indication la plus immédiatement pressai!
quel que soit l’àge ou l’état général du sujet.
(1 On peut, on doit amputer: 1° le phimosis noncoJ
pliqué des adultes et adolescents, quand il n’a m
guéri spontanément h \a paherté, et cela à titre q
giénique ou préventif de complications intlammatoiil
U à facettes — de coloration blanc sale ou gris cendré -I
connexion libre ou incrustée dans le sac préputial, mais sans^
>ucc solide — de x(i-«cfHre d'acide urique, ou d’urate d’ammoM
Il de phosphaté ammoniaco-magnésien — de siège secoadair«
préputial avec descente de l’arbre urinaire, ou primitivementlj
putial, nés sur place, autochtones — de manifestation clinique^
eieuse ou torpide (balano-poslhite) ou bruyante (rétention (f^
brusque par oblitération intermittente du pertuis
(1) Rétention d'urine par phimosis : calcul oblitérant leperha^
Petit) ; rétention d'urine complète. Les 2 premiers cas onte^
gnalés par Laüuier 1831 — puis Borelli — Rei.iquet — HaM-"
quels j’ajoute celui de Kehmogaxt-Vassal : rétention
plète par calcul préputial : Académie de médecine lûjanvier^
Rétention et distension de tout l’arbre urinaire (cas de HaRT-^
Pouzat {Société de chirurgie, 1" mars 1893.)
!s' de bOiH
n phimosis^
pellier 1870 — Forse (4 cas) auxijuels j’ajoute les
Annales de la Policlinique de Bordeaux, janvier 1893
BERG : Incontinence d’urine et des matières fécales : 3/™.
11 août 1894 — de John W. S Cüllough (de Altistors, Onlan
Med. Record 6 vol. 46, n' 10, p. :H2 (1 cas) 1894. , ,
(3) Infécondité par phimosis : complication rare. On
tre le cas d’un vieillard, père de 7 enfants, malgr
servé toute la vie. __
(4) Paraphimosis : Complication très fréquente : on hjjj]
curiosité le cas de Guersant : nouveau marié qui eut un
mosis la nuit de ses noces ; et celui de Tillaux, analogue
dent ; mais l’accident survint avant la consommation du
complication peut être grave et mortelle. Exempte K.erto-^^^
congénitaLgangrènede la verge par paraphimosis, .ji:
liner Klimsche Wochsenschrift, p. Ü47, 22 mai 1893 — ïl
raphimosis ulcéré suivi de tétanos foudroyant. Lyon ’
799-802 1901. ’ -.it'.
(5) Hernie et hydrocèle par phimosis ; Denucé ■
decinc de Bordeaux : 21 octobre 1894. — Presnei.
liernia hydrocele und phimosis : Illinois med. Bw ■
362-364, 1903-1904. — Peraire : Phimosis et hernies
17' Congrès français de chirurgie, 17,22 octobre. Parisl^^ ^
(6) Fistule uréthro-périnéo-scrotale par phimosis ; Asi-
médicale de Paris, 1898.
(7) Accidents nerveux du paraphimosis. Fleury -
nombreux médecins anglais et américains cités par
nombreux médecins anglais et américains cites p-'Ç
Dictionnaire Dechambre et in Berger ; 7 hèse de Pari®
pepsie (1 cas cité par John IV. S. Cullough. InMedicf
pepsie (1 cas cité par John B'. 5. Cullough. In Medicf
(8) Troubles de la marche par phimosis ; Denucé : vOU ^
decine de Bordeaux : 1" avril 1894.
(9) Troubles divers par phimosis : Voir .Munn : ‘‘«‘aP
phimosis chez l’adulte : Med. News, 24 mars 1894. — ‘.iÿi.
blés causés par le phimosis: Med. Record, 30 octobre
nuET : Les méfaits du nliimosis ; Centre médical'.
QUET : Les méfaits du phimosis: Centre médical'.
144-147, 1901.— Griffith ; Du phimosis, complicalioa
med. Journal, 4 juin 1902.
LE PROGRÈS MÉDICAL
355
I nitc blennorragie, chancres mous, chancres in-
j L ou'syphilitiques ( Hutchinson) . La muqueuse en
““"^^tinisant au contact de l'air, après l’opération, ac-
^*rrait une immunisation relative contre l’invasion
faccidents syphilitiques ou gonorrhéiques, voire mémo
ntre la cancérisation tardive des gerçures du gland
ïde la verge (Hey, Roux, etc).
‘phimosis blennorragique, afin d éviter la re-
lenlion stagnante du pus danslecul-de-sac préputial i^l).
3* Le phimosis chancrelleux, pour les mêmes raisons
ftpour éviter les lymphangites, les adénites suppurées.
La circoncision serait, en l’espèce, d'une heureuse in-
iluence dérivative (Panas) .
j 4» Le phimosis entretenu par un chancre syphiliti-
Lcpour éviter également la stagnation du pus dans le
fépuce, et couper court à la contamination générale de
organisme par l'excision du foyer d'inoculation, con¬
duite justifiée par quelques observations, très rares d'ail-
hrs, où la circoncision aurait enrayé la maladie .
'fh^phimosis diabétique. — Ici commedans leséven-
Blilésqui précèdent, l'amputation préputiale peut être
fcnée à bien grâce à un traitement antiseptique préa-
llc asssurant la réunion par première intention. En
as d’accidents phlegmoneux intenses, on s'en tiendra
•idcbridement dorsal complété ultérieurement par l'e.x-
dsion secondaire.
Préambules opératoires.
antisepsie préopératoire en matière de posthecto-
Biea conquis droit de cité depuis une vingtaine d’années
«Tiron, sous la forme d’insufflations d'iodoforme en
foudre dans le sac préputial ou de lavages au sublimé,
•encore d’irrigations boriquées. Ces précautions au¬
vent une importance considérable, surtout dans les
«imosis enflammés. Grâce à cette désinfection, on ob-
•ndrait, dit-on, la guérison par première intention
Wec un aussi bon résultat qu'en cas de phimosis non in-
plé. C'est à l’antisepsie que la posthectomie doit
lïoirvu s’étendre le champ de ses indications.
“• Quant à \ anesthésie, elle est admise aussi depuis
j!®8dune moitié de siècle. Auparavant on conseillait
•locvite, très vite. A ce propos, on imagina la circon-
^on enun temps, d'un seul coup, véritable manœuvre
jguillotlne, dont les admirateurs sont encore nom -
iixàlbeure présente (2). Puis l’anesthésie générale
J P*’éconi.sée,d U moins chez l’enfant, d’autant qu’elle
longtemps (3). Mais bientôt l’anesthésie lo-
ïj,, ] la majorité des suffrages, successivement
d’applications de glace (-1), de pulvérisa-
(5), de pulvérisations de chlorure de mé¬
I A- chancre mon : |)ratiqiiée et
Gaillkton. Celui-ci sur .50 cire
conditions enseigne que la guérison n'a pas e.xigé
***^|)eM Aniikr dans tousles cas.—
'**ïécnii^' '’*’^ 'd837jeslime que son procédé de circoncision peut
l’enfant.
kl?®*- EnT • t'CEnSA.NT l a recommandée chez
J^etlej, de chloroformisation, l’application des serre-
*(!; ■ D’aill"*®™®"^ P’'"*’® seraient, dit-il, à peu près impos-
d'ij dit Hocissos, la chloroformisation a d’autant
P*'fgiens, qu’elte dure ici peu de temps. Quelques
i la préfèrent encore : ainsi que M. Guiard,1897.
-, '*che7 Sai.nt-Gkrmain utilisaiteette manière
enfant.
^’ttne pif E'*'’ pulvérisation d'éth :r : Lanolerert entourait la
[*la*‘’l‘«rep .“•Pj'fsse et versait l’éther goutte à goutte sur la sur-
!>k,***®fllei’ A k* *1** aide dirigeait sur le même point le vent
**''ùon ig de 2 à 8 minutes,’lorsqu’on a usé .50 gr. d’è-
Peau du prépuce a perdu sa sensihilité. D’autres
thyle (1), de badigeonnage, du gland à l’aide d’une so¬
lution de cocaïne déposée dans la rainure balano-prépu¬
tiale (2), enfin et surtout d’injections de cocaïne ou de ses
homologues réparties par piqûres et traînées de la ligne
d’amputation (3).
Pi‘océ(lé.s opératoires de la 1’' méthode.
Posthectomie cutanéo-muqueuse subtotale :
R.xvaïon, 1770.
Les procédés de la première méthode amputent quasi
totalement le prépuce, à partir du sillon balano-prépu¬
tial, sur une étendue sensiblement égale de ses deux
feuillets, le cutané et le muqueux, avec section ou exci¬
sion du frein quand il est trop court. Cette exérèse
s’exécute soit à main levée, soit au contraire après fixa¬
tion préliminaire par une pince spéciale des deux mem¬
branes internes et externes ainsi maintenues au même
niveau.
Amputation à main levée.
Procédé de Raoaton: L'opération comprend 3 temps
Mettez d’égalité le prépuce, relevez la verge de la
main gauche, glissez à plat vers la partie supérieure,
entre le prépuce et le gland, la lame mousse d'un ci¬
seau bien tranchant, que vous redressez ensuite verti¬
calement ; ceci fait ;
l"'’ Temps ; Par une section dorsale, d’un seul coup,
fendez ces tissus jusqu’à la couronne, ainsi l’anneau
préputial s’élargit subitement en présentant deux lam¬
beaux latéraux flottants. .
IP Temps : D'un deuxième coup de ciseaux, vous
détachezle lambeau de droite (ou celui de gauche) par
une section hémi-circulaire oblique, préjacente et pa¬
rallèle à la base du sillon balano-préputial, prolongée
en bas le long du filet, qu’elle suit jusqu’à son som¬
met.
HP Temps : D'un troisième coup de ciseaux, vous
enlevez par une même section hémi-circulaire oblique,
symétrique à la première, le lambeau gauche et avec lui
le filet suivant sa longueur. Mais l’on préfère engénéral,
à l’exemple de Royer (4), arrêter les deux sections laté¬
rales avant la rencontre du frein afin d'éviter toute
hémorragie de ce côté, en respectant intégralement ce
frein, dont la brièvété n’est qu'excefitionnellement gê¬
nante. S’il y a des adhérences préputiales, elles sont
débridées chemin faisant à l’aide d’une sonde cannelée
ou du manche d’un scalpai, ou mieux on les dissèque
à la pince.
Comme complément, après ligature hémostatique
des vaisseaux qui saignent, il est bien de suturer les lè¬
vres incisées. Cette suture fut pour la première fois mise
en pratique par Hawkins (de Londres) sous la forme de
préfèronldirigcrle jvl d’un pulvérisateur Itichardoii A-ers l’inlé-
rieiinlu sac préputial, car le contact du li(|uide en nature avec la
muqueuse cause parfois de AUA-es douleurs.
(1) Anesthésie au chlorure de méthyle : Mathieu, article Phimosis
de Dictionnaire Dechambre, fait remarquer que le chlorure de mé¬
thyle pourrait être avantageusement substitué à l'éther pour la con¬
gélation. Ses effets de refroidisseiuent, de décoloration de lu peau,
et d’insensibilité sont rapides et persistent suflisamment.
(i) Anesthésie par badigeonnage à la cocaïne : Mathiei: rappelle
qu’elle donne une anesthésie sufflsante au titre de 1 p. 10.
(3) Anesthésie par injection de cocaïne et ses analogues : RecI-US l’a
préconisée et parfaitement réglementée. La plupart des auteurs
(Blanchard, etc.), la recommandent.
(4) Bover, 18’25, ne pftitiqnait ce mode de cireonrision (|u’en cas
de prépuce exubérant et de pourtour duret écailleux.
LE PROGRÈS MÉDICAL
357
,^glg0ient le point teilninal des sections latérales,
jnais en contournant le frein. Ainsi se trouve détaché le
lambeau inférieur. Terminer par serre-fines du modèle
de l’auteur.
Brault, 1898, procède différemment à la posthecto¬
mie en 4 temps : 11 exécute 1° une excision oblique
en bas du fourreau préputial exubérant. 11' une taille
médiane antéro-postérieure du dos prépuce. WWex-
cision du seul lambeau droit. IV' L'excision du seul
lambeau gauche, il termine par une suture.
{A suivre).
NARCYL GRÉMY médicament spécifi¬
que de latoux, spécialement de la toux des tu¬
berculeux.
BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL
Le congrès pour la répression de l'exercice illégal
de la médecine.
On douta un instant de son succès. Et même, avant
de naître, il eut parfois une mauvaise presse. Les
uns en firent aussitôt une manifestation égoïste de
morticoles besogneux et envieux. D'autres, enfour¬
chant la rossinante efflanquée d’un faux libéralisme,
partirent en guerre pour la défense des fameux droits
de l'homme, si diversement interprétés selon qu’ils
gênent ou favorisent de petits intérêts ou de vieilles
habitudes.
.\vec une documentation plus précise, quelques
journaux sérieux auraient pu éviter à leurs lecteurs
les lignes inutiles et substituer à quelques articles ridi-
eules et d’une inspiration bizarre la simple vérité. Ils
enraient pu dire, par exemple, que le congrès pour la
répression de l’exercice illégal de la médecine n'avait
J" but : protéger la naïveté des malades contre
jfs escroqueries de plus en plus impudentes du char- '
Planisme moderne.
Cest que, diplômés ou non, les charlatans, à notre
®Poque, deviennent un véritable fléau. Ils savent se
®®'ivrir du masque de la science, exploiter ses doctri-
transformer ses découvertes selon leurs besoins,
généraliser à la hâte pour en tirer un bénéfice
®niédial. Avec de l’argent, ils s’assurent dans la
sse uQe large publicité ; ils obtiennent même, en y
antleprix,des articles de première page signés d’un
^arisateur apprécié ou d’un pseudonyme à appa-
scientifiques.
‘ ces complicités que nous voulons bien croire
car il nous répugnerait de les juger
Oes ils battent monnaie sur les misères humai-
^®®demain du Congrès de la tuberculose, un
4oiia^T®°*^bre de feuilles à grand tirage nous ont
Si çg Wsles exemples de ces vastes exploitations,
toûf qu’affaire d’argent, nous, trouverions le
ieserg ^ et nous pardonnerions à l’ingéniosité »de
raison de la leçon qu’en pourraient retirer
dupes ; mais, à côté de l’argent volé, il y a la
santé et la vie compromises. Nous savons parfaitement
qu’au nombre des victimes sont des imbéciles médio¬
crement intéressants qui aiment à être volés, comme la
femme de Sganarelle aimait à être battue ; mais aussi
parmi ces victimes, combien de malades de bonne foi,
de désespérés, de pauvres enfants livrés sans défense
au hasard dé toutes les manœuvres dangereuses et de
toutes les drogues nuisibles. Ce sont ceux-là que l’Etat
a le devoir de protéger, ce sont ceux-là que les méde¬
cins ont le droit de défendre ; aussi les syndicats
médicaux, en instituant le Congrès pour la répression
de l’Exercice illégal de la médecine, n’ont-ils guère fait
autre chose que suivre l’exemple des fondateurs de la
Société protectrice des animaux en facilitant l’applica¬
tion et l’extension de la loi Gramont.
I.e Congrès a été remarquablement dirigé par M. le
D' Gairal. Le Prof. Brouardel, qui avait pris la part la
plus active à son organisation, malgré l’état de sa
santé que nous espérons voir rétablie avant peu, avait
•tenu à assister à la séance d’ouverture. Il avait voulu
marquer ainsi tout le prix qu’il attachait à cette
assemblée et à ses travaux. Nombre de personnages
officiels éminents de France et de l’Etranger, que nous
n’énumèrerons pas de peur de commettre trop d’oublis,
étaient venus spontanément ou délégués par les
Ministères de l’Intérieur, de la Justice et de l’Instruc¬
tion publique. Les magistrats, les avocats, coudoyaient
les médecins. M. le Préfet de Police avait tout spécia¬
lement désigné pour le représenter M. Honorât et ce
n’est pas sans satisfaction que nous avo^is vu ce jeune
et distingué fonctionnaire prendre une part très active
aux discussions, assurer le Congrès de tout l'intérêt
que la Préfecture de Police portait à la répression de
l’exercice illégal de la ûiédecine et faire l’éloge du
Secrétaire général, M. le D' Levassort, qui, chargé par
le Syndicat des médecins de la Seine, de la pénible
tâche des poursuites à intenter aux charlatans, s’en
acquitte avec un dévouement, une habileté et nn con-
rage dont on ne saurait trop lui être reconnaissant.
M. le D' Levassort a été, en effet, l’âme du Congrès.
Bornons-nous à constater pour bien montrer son mérite
et celui du président, M. Gairal, que tous les rapports
ont été discutés en temps utile, que tous les vœux ont
été sonmis au vote avec leurs amendements, que, sans
dédonblement de séances, sans séances supplémentai¬
res, le programme prévn a été intégralement rempli.
Pour ceux qui ont quelque peu la pratique des con¬
grès, qui savent que l’ordre et la régularité n’en sont
gnère les lois respectées, pour ceux qui, au grand Con¬
grès de la Tuberculose, ont pu juger jusqu’où peuvent
être portés l’incohérence et l’anarchie dans ces assises
prétendues scientifiques, la constatation que nous
venons de faire est pins qu’un éloge.
Le Congrès pour la répression de l’exercice illégal
de la médecine pourra à l’avenir servir d’exemple aux
réunions de ce genre.
Nous ne ferons pas le compte rendu des séances, elles
ont été trop bien remplies ; nous nous bornerons à
quelques réflexions d’ordre général qu’elles nous ont
inspirées.
Le Congrès a réuni médecins, dentistes, sage-fem-
358
!,K PROGRÈS MEDICAL
mes. Nous ne parlons pas des magistrats et des avocats
venus plutôt au titre de conseillers que d’adhérents.
Pendant la période d’organisation, on a longtemps hé¬
sité avant d'accepter les dentistes et les sage-femmes.
Nous nous souvenons avoir été quelque peu malmené ,
avec les partisans de la porte ouverte, par les exclusi-
vistes à l’horizon plus borné et aux vues plus étroites.
Nous croyons que nous serions difficilement parvenus
à faire adopter notre manière de voir sans l’interven¬
tion de M. Brouardel qui, après avoir fait remarquer
qu'un des buts principaux du Congrès était l'étude de
la loi de 1892, a montré qu’il était difficile d’exclure
de la discussion les dentistes et les sage-femmes que
cette loi intéressait autant que les médecins. Les den¬
tistes et les sage-femmes sont venus en nombre au
Congrès. Leur attitude, même lorsqu'on a critiqué la
conduite de certains membres de leur profession, a été
toujours des plus correctes et des plus dignes. L’inter¬
vention fréquente de M. Bonnard au cours des discus¬
sions a montré aux médecins qu’il ne fallait pas consi¬
dérer les syndicats de dentistes comme des quantités
négligeables, que peut-être même, au point de vue de
la solidarité et de la défense professionnelle, il y aurait
quelques bonnes leçons à prendre chez eux.
Le rapport de M”' F. Bourgeois, sur la condition
actuelle de la sage-femme, ses devoirs et ses droits, et
les modifications à apporter à la loi et à ï enseignement,
a été un modèle de tact, de mesure, de bon sens, unani¬
mement apprécié. Dans la Commission permanente
qui est appelée à continuer l’œuvre du Congrès, les
dentistes et les sages-femmes sont représentés, et, pour
notre compte, nous applaudissons de tout cœur à leur
collaboration qui ne saurait que nous être utile.
Un secondpointque le Congrès a bien mis en lumière,
c’est que le médecin ne peut actuellement agir sans se
grouper sous la forme syndicale. Dans ces séances où
assistaient des médecins non syndiqués, les avocats,
les magistrats, les fonctionnaires, ne parlaient que de
l’action des syndicats médicaux. Ils paraissaient ne pas
pouvoir concevoir la moindre tentative collective sé¬
rieuse de la part des médecins sans l'organisme indis¬
pensable du Syndicat.
Quelques constatations pénibles ont été faites, cons¬
tatations qui n'ont pas été des révélations pour la
plupart d’entre nous. La plus importante est que le
médecin est un des plus zélés propagateurs de l'exercice
illégal de la médecine, soit parce qu'il crée à ses côtés
des professions para-médicales, que des confrères moins
fortunés ou plus jeunes assureraient volontiers, soit
parce que trop souvent il néglige de s'instruire suffi¬
samment sur l’application pratique de certaines spé¬
cialités qu’il dédaigne. Enfin plusieurs rapports ont
mis en lumière l’insuffisance manifeste, au point de vue
pratique, de l’enseignement officiel et l’auteur du pre¬
mier rapport, M. le D' Léon Pouliot, a eu le courage
de dire qu'une des causes du succès de certains rebou¬
teurs, était l’ignorance de quelques médecins, igno¬
rance dont les Facultés de médecine étaient indiscu¬
tablement responsables. Et M.le D' Pouliot a fait adop¬
ter le vœu :
« Que les étudiants en médecine soient initiés d’une ma¬
nière vraiment pratique au traitement dès affections trauBa-
tique des membres, les plus courantes. »
Nous limiterons là ces réflexions toutes personnelles
sur le Congrès de l’Exercice illégal de la médecine -
nous nous permettrons de terminer par une critique
car tout le monde sait que rien n’est parfait ici-bas.
Les rapports et les communications étaient trop nom¬
breux ; on s'est un peu trop perdu dans le détail de la
casuistique ; il eût été peut-être préférable de grouper-
plus étroitement certaines professions où l’exercice U-
légal de la médecine fleurit d’une façon banale; Ces-
professions méritaient peut-être quelques lignes d’un
rapport mais certainement pas un rapport spécial avec
vœ'ux et discussion à la suite. Heureusement que; dans
une des dernières séances, l’examen critique dé la loi
du 30 novembre 1892 et l’étude des modifications à y
apporter, objet d’un remarquable rapport de M.\I.
Prieur frères, l'un médecin et journaliste distingué,
l’autre avocat éloquent et érudit, sont venus faire la-
synthèse de tous les travaux et donner lieu à une dis¬
cussion générale, véritable conclusion pratique du Con¬
grès.
Ces modifications à la loi de l’exercice de la médecine
bien conçues, longuement discutées, et parfois amen¬
dées, que nous publierons dès que le texte officielnous-
en aura été transmis, serviront, nous l’espérons, de-
cadre, dans un avenir pas trop éloigné^ à une loi nou¬
velle sur l’exercice de la médecine, qui,, en protégeant
le malade contre l’exploitation éhontée des charlatans,
facilitera aux médecins honnêtes leur tâche de plus em
plus utile et féconde.
J; Noir.
Un cas d’infection rabique transmis par un coup de
griffe d’un jeune chien non maladè, mais léché par
une mère en puissance de cette affection.
Dans une des dernières séances de fa Société de bio¬
logie, notre confrère Remlinger a communiqué deux cas
personnels d’infection rabique par de simples coups de
griffe. A l’appui de ce mode de contagion, qui parait
assez rare, puisque notre confrère dit n’en connaître
que trois cas, je puis citer un fait personnel, intéressât
tant au point de vue de l’inoculation que de la rapidité
des phénomènes d’infection.
En 1887, étant médecin-chef de l’hôpital d’Hàïpho*‘c
(Tonkin), je fus prié par le médecin de la colonisation
de voir un jeune homme de L") à 16 ans atteint, disai '
il, « de mal de gorge ». Mis en présence du malade, F
fus d’abord frappé par 1 éclat du regard et du fae"^’
(yeux brillants, faciès d’excitation), en l’absence detoo
phénomènefébrile. Quand je voulus examiner la goi?*'
ce malade, à l’aspect de la cuillère,, eut un
.d’appréhension insolite et de spasme manifeste. 3
çus en même temps au coin de la narine une légn(“
cicatrice d’éraflure. Mis en éveil par tous ces sign®®’.!
demandai aux parents la provenance de cette leg®
lésion. On me répondit, sans y attacher, d'importao >
que,3 semaines environ auparavant,. en jouant
petit chien, le jeune hommeavaitété griffé au visage- ^
chien était le 2‘' d’une portée qu’allaitait la mère,
beaucoup de prudence j’insistai sari l’interrogato*''®
LE PROGRÈS MÉDICAL
359
., pj.js que la mère avait été abattue quelque temps
aorèsà causede sa méchanceté et de son état maladif
(on ne prononçait pas le mot de rage), et que les pe¬
tits étaient ensuite morts. Sûr de mon diagnostic, per¬
suadé qu’en léchant ses petits, la mère avait dû dépo¬
ser sur leurs griffes des germes rabiques, je ne dissi¬
mulai pas aux parents mes inquiétudes. Elles ne tar¬
dèrent pas à être justifiées. Le soir meme ou lesurlen-
:demain (mes souvenirs sur les dates depuis cette épo-
.que ne sont plus précis), des symptômes de rage bien
•confirmée éclatèrent chez le jeune homme, affectant
surloüt une forme délirante. Il succomba au bout de
2 ou 3 jours.
Ce fait vient à l’appui de la possibilité d’une conta¬
mination par de jeunes chiens non atteints de rage,
mais allaités et léchés par une mère malade. Tl confirme
également ce qui a été écrit au sujet de la forme
.de la maladie et de la rapidité de l’infection (3 semai¬
nes au plus dans le cas actuel), quand l’inoculation a
lieu à la face. Je crois donc utile de le joindre à ceux
irelatés par notre confrère à la Société de biologie.
A. Demmler.
Correspondant de la Société de Chirurgie.
CAPSULES de BROMIPINE-MERCK ; 2 repr. 1 gr. KBr
beaucoup mieu.x supportées que les bromures alcalins ;
BROIfliFiNE à 33 “/o pour lavements ; ÉPILEPSIE.
SOCIÉTÉS SAVANTES
SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE.
Séance du 19 mai 1906.
Emploi thérapeutique du rumex crispus.
MM. Gilbert et Lereboullet. — Le rumex crispus contient
'beaucoup de fer ; ses racines jouissent de la propriété de fixer
le fer du sol, et il se transforme en fer dans la plante à l’état
de combinaison lâche et s’accumule en quantité dans la
racine au niveau du cambium. En l’arrosant régulièrement
avec du carbonate de fer, on peut augmenter la richesse en
ter de la plante. AI. Saget a obtenu après culture, que la
teneur en fer des feuilles et des tiges dépasse 28 milligrammes
par 100 gr. de substance sèche, et pour la racine 75 à 447 milli-
grammes. Enfin, traité intensivement, il a pu amener cette
^|ne à contenir 1 gr. 50 de fer pour 100 grammes. Cette
racme pulvérisée a été employée par MM. Gilbert et Lereboul-
*t,ajoutée à la ration alimentaire quotidienne (là 3 grammes)
a donné dans les chloro-anémies, surtout dans les tuber-
loses, une amélioration de l'état général, en même temps
^6 des modifications hématologiques.
^Syluhnation du gonocoque et du méningocoque de Weichsel-
baum par leséru n gonococcique.
^.“U'^kner et Cristeanu (de Bucharest) ont vu que le
bire^d ^ cheval ayant reçu des injections répétées de cul-
an gonocoque agglutine ensuite ce microbe en une heure
l/2()o)J',‘^®h_100 ;en douze heures, à 370, au taux de 1/750. A
te ,• microscope montre encore une forte agglutination,
dn _ . \®sdrum agglutine trois cultures, d’origine différente
®ningoccK(ue de Weichselbaum.
^ Ration de l’homme adulte en calories.
^ deV rappelle ses travaux : L sur la valeur en calo-
dedép^® moyenne d’entretien ; 2“ sur les variations
tempg de l’organisme sous l’influence des variations de
desaitit* ambiante, dépendant des saisons, des climats
’^des. Ces résultats de calorimétric indirecte coïnci¬
dent avec les résultats de calorimétric directe de M. Lefèvre.
Il conclut : ! “ dans les régions tempérées, pendant les sai¬
sons intermédiaires, la ration d’entretien demandée par l’hom¬
me adulte de 65 kg. ne dépasse pas 2.400 calories. 2° Cette dé¬
pense est, en été. inférieure d’un sixième, et en hiver, supé¬
rieure de la même quantité.
Ces résultats subissent les mêmes variations suivant le cli¬
mat.
Colloïdes de la bile.
M. IscovEsco montre que la bile débarrassée de la mucine
ne contient que des colloïdes négatifs.
Aciion précoce du chloroforme sur le parenchyme hépatique.
M. Noël Fiessinger a fait des expériences avec le chloro¬
forme ; il a étudié le foie, après inhalations, injections intra-
portales et injections sous- cutanées. Le chloroforme présente
une action des plus toxiques sur le foie s’il est employé à
dose suffisante. Les lésions apparaissent d’une demi-heure à
une heure après injection intra-portale et ne se retrouvent
pas après inhalations. Les lésions débutent dans les zones
périportales et consistent en nécrose de coagulation avec dé¬
générescence graisseuse.
Au centre sus-hépatique, le lobule malade paraît se régéné¬
rer ; il y a abondance de karyokinèse et de cellules jaunes.
_ E. 1>.
.ACADÉMIE DE MÉDECINE
Séance du 5 mai.
La tuberculose.
M. Netter, au nom de la commission chargée d'étudier la
prophylaxie de la tuberculose propose les vœux suivants :
A. — Statislinuc.— La statistique des causes de décès n'offre
des garanties d’une réelle sincérité que si les déclarations
sont faites par le médecin traitant. Elles ne peuvent lui être
imposées que si des mesures suffisantes sont prises pour assu¬
rer d'une façon absolue le respect du secret médical.
Etant donnés les engagements internationaux, il convient
d’attendre la réunion de la prochaine conférence, en 1910,
pour reviser la nomenclature et le groupement des causes de
décès.
Les statistiques devront tenir compte, autant que possible,
de l’élément étiologique.
B. — Déclaration des maladies transmissibles. — L'Académ'ie
émet le vœu que la déclaration des maladies transmissibles
soit obligatoire pour le chef de famille, le logeur, le chef
d’établissement, au même titre que pour le médecin traitant.
Cette obligation existe dans les pays étrangers.
C. — Lutte contre la tuberculose. — Le médecin, appelé à
donner ses soins à un tuberculeux, prendra l'initiative des
mesures de prophylaxie nécessaires. Il indiquera à l’entou¬
rage du malade et au malade, s'il y a lieu, les meilleurs
moyens à opposer à la contagion.
En usant du droit qui leur est conféré, par le décret du 10
février 1903, de déclarer les cas de tuberculose, le médecin
traitant, les familles et les chefs de collectivité ont le moyen
de provoquer la désinfection des locaux habités par un tu¬
berculeux. Cette désinfection est particulièrement nécessaire
en cas de décès ou de changement de domicile.
L’évolution de la tuberculose est si différente de celle des
autres maladies transmissibles, qu’on ne saurait, pour com¬
battre cette maladie, se contenter des mesures édictées parla
loi du 15 février 19l2. L’Académie estime qu’ilconvient d’or¬
ganiser cette lutte par une loi spéciale. Cette loi devra envi¬
sager, non seulement la transmissibilité, mais aussi les autres
facteurs étiologiques, notamment 1 insalubrité des locaux et
l’alcoolisme.
D. — Désinfection. — L’.Académie de médecine, se référant
à son votedu20 juin 1905, appelle instamment l’attention des
pouvoirs publics sur la nécessité de flaire fonctionner, le plus
tôt possible, les services de désinfection prévus par la loi du
10 février 1902.
E. — Déclaration obligatoire de la comieluche. — L’.Académie
demande que la coqueluche soit, dès a présent, classée parmi
les maladies dont la déclaration est obligatoire.
360
LE PROGRÈS MÉDICAL
M. Grancher insiste, avec son autorité ordinaire, sur l’impor¬
tance de la contagion familiale. 11 montre qu’il faut à tout
prix pour faire de la prophylaxie utile, éclairer tout le monde
dans la famille, malade ou entourage, sur le péril commun.
11 demande de voter le principe consacrant cette franchise du
médecin traitant envers tous . Dans la pratique, les médecins
sauront s’inspirer à la fois de leur conscience et de leur dé¬
vouement ; il demande donc que le 1" paragraphe de l’article
C, LUTTE CONTRE LA TUBERCULOSE SOit aiusi modifié !
« Le médecin traitant indiquera au malade et à son entou¬
rage les mesures à prendre pour prévenir la contagion. »
Cette modification est votée.
Nécessité de la collaboration des médecins à la réforme du Code
civil.
M. Lacassagne montre que les commissions pour la réfor¬
me du code civil et du mariage renferment des juristes, des
littérateurs mais sont fermées aux médecins. Seule pourtant,
la compétence du médecin trancherait utilement de nom¬
breuses questions ; durée de la grossesse, déclaration des
naissances ou des décès, délits, quasi-délits, etc. Toutes ces
question si importantes pourraientêtre étudiées par unecom-
mission spéciale que nommerait TAcadémie.
La lyphlocolifc.
M. Cornu, montre que des appendicites graves peuventètre
invisibles à l'œil nu et ne se révéler qu histologiquement. En¬
tre la simple infiainmation de la muqueuse et les lésions gra¬
ves envahissant les lymphatiques et le péritoine on trouve
comme formes aiguës, tous les intermédiaires. De même,
l’appendicite chronique variedepuis de légères cicatrices jus¬
qu à la sclérose et à l'oblitération totale. L’appendicite tu¬
berculeuse ou cancéreuse ne se décèle souvent que par l’exa¬
men microscopique. Sans cet examen un appendice très ma¬
lade peut être, à tort, regardé comme sain,
M. Reclus croit aussi que celte absence d'examen histolo¬
gique enlève leur valeur à la majorité des observations rap¬
portées par M. Dieulafoy, En outre, il croit aux rapports
étroits entre l'entérite et rai)pendicite. L’inflammation de
l’intestin force très facilement la valvule de Gerlach pour
envahir l’appendice, cette fistule interne si prédisposée méca¬
niquement à toutes les infections. Et même, il n’est pas rare
de voir l’ablation de l’appendice améliorer, très .manifeste¬
ment, l’entérite,
M, Richelot admet qu’il y a eu quelques exagérations opé¬
ratoires. Mais il croit qu’une réaction dans le sens de l’abs¬
tention à outrance serait encore plus dangereuse. U insiste
sur le rôle de la stagnation des matières dans l’appendice.
En réalité il y a, entre l’intestin et l’appendice, un échange de
mauvais procédés. D’une part, bien des affections intestina¬
les ont leur point de départ dans l’appendice ; d’autre part,
l’appendicite est toujours d'origine intestinale. La guérison
ou l’amélioration d’une entéro-colite. à la suite de l’acte
opératoire est fréquente et M. Richelot cite en particulier le
cas d’un enfant de huit ans, atteint d’entérite glaireuse mani¬
feste, compliquée d’appendicite. Cet enfant, chétif, ne se dé¬
veloppant pas, a été radicalement guéri et transformé par l’o¬
pération supprimant le principal foyer infectieux.
Elections.
MM. Mosso (de Turin), par i") voix sur 6i) votants, et Ehlers
(de Copenhague), par 43 voix sur 50 votants, sont élus mem¬
bres correspondants étrangers (L' divisionl.
.\..-F. Pljcque.
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX.
Séance du !''■ juin.
Ophtalmoplégie transitoire chez un artérioscléreux.
M. H. Claude rapporte l’observation d’un homme de 60
ans, qui, sans tares antérieures, présenta brusquement en pleine
santé une diplopie, des troubles de l’équilibration sans
parésie des membres. Les réflexes roluliens étaient abolis, le
réflexe achilléen persistait. L’examen oculaire décela une
diminution des réflexes pupillaires, de la diplopie, une
parésie des mouvements des globes oculaires avec légère
divergence des globes en dehors. On ne trouva aucune lésion
nerveuse périphérique, ni tabes, mais de l’athérome très
prononcé avec forte pression artérielle (27ctm.Potain). Pas de
néphrite, pas de diabète. L’ophtalmoplégie n’était donc ni
d’origine périodique, ni d’origine asthénique, mais dépan-
dait de l’athérome pédonculo-protubérantiel, qui entraîna
une ischémie des 3', 4=, 6' paires. Les accidents rétrocédè¬
rent, et cela démontre encore qu'il ne s’agissait que d’un
simple trouble fonctionnel.
Fièvre typhoïde prolongée.
M. Claisse a observé ce cas, qui a duré 200 jours, avec 4
rechutes. La symptomatologie fut banale, très peu de
symptômes nerveux, aucune douleur nulle part. Pendant la
deuxième rechute, il y eut une grave hémorrhagie intesti¬
nale. L’escharre sacrée du début persista jusqu’à la guérison
de la fièvre typho’ide. La séroréaction fut toujours positive
avec l’Éberth, négative avec les paratyphiques.
M. Le Gendre ajoute que les fièvres typho'ides prolongées
atteignent rarement une pareille durée et que leur pronostic
est toujours bénin Dans un cas qu'il a observé avec M. Widal,
la mort survint au 4= mois par débilité.
M. Faisans croit ces formes prolongées plus fréquentes dans
ces dernières années et a remarqué deux types cliniques dif¬
férents : 1° fièvres typho'ides prolongées avec poussées succes¬
sives avant l’apyrexie complète ; 2° fièvres typhoïdes prolon¬
gées, où la température oscille pendant toute la durée autour
de 35“ et 40“.
M. Widal insiste sur le pronostic bénin de ces formes, mal¬
gré plusieurs rechutes, la guérison étant.habituelle.
Friedel.
SOCIÉTÉ DE MÉDECLXE PUBLIQUE ET DE GÉNIE
SANITAIRE.
Séance du 30 mai 1906, présidence de M. Bonnier.
Discussion des vœux présentés par M. L. Martin sur l'hospUa-
lisatio),i des contagieux.
M. L. Martin donne connaissance à la Société des vœux
qu’il propose suri hospitalisation des contagieux, en donnant
les raisons qui les lui ont fait adopter. Après des observations
de MM. Chantemesse, Letulle et Lemoine, les vœux propo¬
sés sont légèrement amendés et formulés à peu près en ces
termes :
1“ Dans les hôpitaux à construire, les services médicaux
devront avoir des chambres d isolement capables de conte¬
nir au moins lequart des malades, ces chambres d'isolément
devant servir pour les maladies contagieuses que la loi
oblige de déclarer ;
2“ Dans les hôpitaux déjà construits, installer 2 ou3 pS'
villons avec chambres séparées ;
3“ Les maladies contagieuses que la loi n’oblige pas à dé¬
clarer doivent être hospitalisées dans des établissements mu¬
nis de pavillons interchangeables.
Après avoir demandé que les chambres d’isolement ’
si possible, d’un seul lit, et, au grand maximum, de 12 ni®'
la Société adopte les trois vœux précédents.
Discussion sur V épuration biologique des eaux d'égout et des
résiduaires.
M. Calmette lit un long travail tout hérissé de
réponse aux critiques faites par M. 'Vincey contre l’épurnu ^
Eîologique, où il s’efforce de démontrer la supériorité de
dernier procédé sur celui de l’épandage. Si, dit M. Cal®
l’épuration bactériologique des eaux de la
pas aussi bonne que celle des eaux d’égout par l’®P®
cela tient sans doute à ce que les eaux de la Madeleine ^
chargées de produits industriels (teintures, sels ®ine® ^
graisses, etc.) qui n’existent qu'à de faibles proportions ^
les eaux d’égout. En appliquant à ces dernières le .ngois
de la Madeleine, on arriverait sans doute à de bien
résultats. M. Vincey avait dit que la surface pour ^
était 8 fois supérieure à celle nécessaire pou rie pe
tériologique ; mais cette surface l’est 23 fois, au lieu de ^ j,
sorte qu’au point de vue économique, l’avantage est c
LK PROGRÈS MEDICAL
361
pment au procédé de la Madeleine. Les mauvaises odeurs
\ l'épandage sont connues ; et, de plus, il n’est pas certain
les légumes récoltés par ce procédé de fumure ne con-
Üennent pas des microbes pathogènes, qui peuvent devenir
nocifs si ces légumes sont mangés crus. Ce qui est certain,
n revanche, d'après des expériences concluantes, c'est que
les vaches nourries dans les prairies traitées par l’épandage,
produisent un lait bien inférieur en qualité à celui produit par
te vaches nourries dans les prairies ordinaires: le premier
estmoinsriche en beurre ; il s’aigrit avec une grande rapidité,
et certains animaux friands de lait ne veulent pas en boire.
^ q. ViNCEY réplique que les eaux d'égout épurées par l’é¬
pandage peuvent, sans aucun danger pour les riverains,
être rejetées à la rivière ; ce qui n’est pas le cas, de l’aveu
même de M. Galmette, pour lès eaux traitées par le procédé
de la .Madeleine.
Il objecte que les eaux delà Madeleine n’ont pas la même
composition quecelledes eaux d'égout, et que cette différence
de composition rend leur épuration plus difficile. C’est possible
mais jusqu’ici aucune expérience n’a été faite sur les eaux
d’égout par le procédé Galmette : la plus grande réserve
pour le résultat futur est donc encore imposée.
■ M. Cai.mette triomphe pour son procédé, parce qu'il né¬
cessite une surface beaucoup plusfaible quel'épandage. Cela
est vrai partiellement. Cependant il a besoin, pour ses boues
résiduaires, de surface d’égouttage de « 1 m. d’épaisseur» ; on
peut douter que l’égouttage se fasse bien sous de pareilles
épaisseurs, et il faudrait sans douteaugmenter beaucoup cette
surface pourdiminuer cette énorme épaisseur. D'ailleurs, une
fois égouttées, qu'est-ce qu’il fera de ces boues ? 11 faudra s’en
débarrasser d’une manière quelconque, en les enfouissant,
par exemple. On voit que le triomphe de M. C.almette doit
devenir modeste sur ce point, surtout si l’on se rappelle que
les 40 1)00 m. c. d’eaux d’égout par hectare et par an imposés
par la loi, pourraient être dépassés considérablement sans
nuire à l'épuration finale. M. Vincey continue à croire, jus¬
qu a plus ample informé, que l’épuration agricole est moins
dispendieuse que l’épuration biologique.
M. Bechmann demande (ju'à cause de l’heure avancée et de
Lmportance du sujet, la suitede la discussion soit reportée
à la prochaine séance. La Société approuve cette motion.
A. PujOL.
U VAlEROBROMINE LEGRAND
®st plus active que les bromures et les valé-
rianates.
Décorations académiques. — OffiC'ers de l'Imtruclion publi-
Vü' ■ Bourgon, Gardefte. .Jacob Grunberg, Hu-
Petit, de Paris ; Prunac, de Montpellier,
fv d' Academie. — ■ MM. les D"'® Abrand, Acheray, Colde-
Dcfrance, Joulia, Lemaître, Maurel, Raoul-Deslong-
lon - K*’ Régnault, Scbapiro, de Paris ; Bertholet, de Tou-
Pji’ de Saiiary ; Cornet, de Gimat ; Duroisel, de Sèvres ;
Uij. .de Virieu ; Sempé, do Tarbes ; Cla.velin, médecin mili-
: Eassabatie, médecin de la marine.
^Concours ue l’agrégation — En 1906-1907, les concours
d'agrégé des facultés de médecine auront lieu à
p.;, ''“‘e; leur répartition :
Lille 9 . interne et médecine légale ; Paris, 5 ; Bordeaux, 1
Paris V. ^ i Montpellier, 3 ; Toulouse, 1. — Chirurgie
tj l '. -p’ “urdeaux, 1 ; Lille, 1 ; Lyon, 2 ; Montpellier, 1 ; Nan
Lyon ’ 1 “ T Accouchements : Paris, 2 ; Bordeaux, 1
^aris’ l’-t .Anatomie : Paris, 1 ; Nancy, 1. — Physiologie :
1 D- ^ > Nancy, 1. — Histoire naturelle : Bordeaux,
- cS®"*!’'- \-~Phy.sique: Paris, 1 ; Lyon. 1 ; Nancy, 1
^'deauT 1 1 i Lyon. 1 ; Montpellier, 1. — Pharmacie .
P^arlasp’,. concours commenceront le 17 décembre 1906
I® ):lel1™°“ de médecine (pathologie interne et médecine léga-
® 13 maiTiRln la section de chirurgie et accouchements :
l’''ar la se pour les sciences anatomiques et physiologiques ei
ï?®® One H ".des sections physiques. Les candidats s’inscriront
•etoen. places mises ai
P plusieurs places.
s mises au concours et pourront s’inscrire égat
BIBLIOGRAPHIE
Résection de quatre mètres d’intestin grêie ;
Par M. y. Pauchet (I).
Dans la séance du 8 nov. 1905 de la Société médicale d’A¬
miens, M. le D" Pauchet a montré « un petit homme » qui a
subi à l’Hôtel-Dieu, il y a 2 mois, la suppression de 4 mètres
d’iléon et la partie correspondante du mésentère. Il était por¬
teur d'une hernie inguinale volumineuse et irréductible. Cette
tumeur le gênait et l’émpêchait de travailler.
Après examen, j’espérai trouver de l’épiploon, car la moi¬
tié de la masse scrotale était mate à la percussion. Il n’en fut
rien. La hernie ns contenait que l’iléon et un mésentère gras
épais, plissé et dont les feuillets étaient fusionnés. Je ne pus
réduire ni en partie ni en totalité la masse intestinale, et fus
obligé de couper au ras de l'anneau inguinal tout le contenu
iléon-mésentérique. Le mésentère pouvait peser de 500 à 600
grammes.
Fir. 25. — Dessin, d’après photographie d’une anse colossalement
dilatée d’un côlon sphacélé par suite de volvulus. Cette pièce est
la portion d’intestin quia dû être réséquée (V. Pauchet).
Les élèves du service de l'Hôtel-Dieu mesurèrent séance
tenante l'intestin enlevé. Il mesurait exactement 4 mètres !
(Fig. 0). Je ne crois pas que jamais une pareille longueur a
été enlevée du ventre d'un homme. Je fis une anastomose
latérale à l'aide d'un bouton, celui-ci fut éliminé au bout de
15 jours.
Cet homme jguitta l’hôpital au bout d'un mois environ ;
revenu chez lui il mangea et but comme jadis ; ce régime fut
désastreux. Il était atteint d'une diarrhée incoercible^ aussitôt
pris les aliments étaient expulsés par l’anus incomplètement
digérés.
Je le mis au régime sec et lui recommandai l’usage des
pâtes, purées etc..., le résultat fut immédiat ; depuis ce temps
il présente une ou deux selles par jour et supporte fort bien
(1) Ga^-. méi. de Picardie, 19Ü5, p. 486.
362
LE PROGRÈS MÉDICAL
la nourriture. Il est possible que le régime végétarien lui
allonge l’intestin et le ramène à ses dimensions primitives.
M. le D" Pauchet a bien voulu mettre à notre dispo¬
sition le cliché du dessin qui illustre sa note, nous l’en
remercions. Son cas très intéressant nous en a rappelé
un autre, dont nous avons parlé naguère [Progr. méd.,
1901, n” 45, p. 380), celui de sainte Lydwine, de Schie-
dam.Huysmans, dans sonlivre intitulé : Sainte-Lydivine
de Schiedam (1380-1433) dit : « Godfied (un médecin), qui
avait jadis pronostiqué l’origine divine de ces maux
(dont est faite, avant, une longue énumération), ne
pouvait que constater l’impuissance de son art â les
guérir ; croyant cependant qu’il parviendrait peut-être à
soulager la patiente, il lui retira du ventre les entrailles
qu’il déposa dans un bassin, il les tria et remit, après les
avoir nettoyées, celles qui n étaient pas hors d'usage en
place «. De même que le << petit homme » du D" Pauchet,
sainte Lydwine guérit.
Manuel du praticien : Clinique et thérapeutique spé¬
ciales. fhiriirçiie et Orthopédie, par Mouchi-. i ; Maladies des
voies ^lrill(lires, par Cathki.in ; (lynècologie, par Isei.i.n ;
Obst>‘lriquc. par Devraio.nk : Eleclrothérapie et radiothérapie,
par Delherm. (Henry Paulin et C'“ édit. 1906. 1 fort vol.
broché 16 fr. 50, cartonné 18 fr. 50.)
Au moment où les praticiens se plaignent, et non sans
raison, du manque de direction pratique donné aux études
médicales par ceux qui ont la charge de l’Enseignement offi¬
ciel, il n’est pas sans intérêt de voir un groupe de jeunes mé¬
decins distingués faire un effort sérieux pour combler les
lacunes des cours de la Faculté. Malgré l'opinion émise par
un agrégé que les praticiens, même à la campagne, n’ont pas
besoin de connaître les spécialités, car ils peuvent toujours
et partout faire intervenir à temps le spécialiste indispensa¬
ble, les auteurs du Manuel du Praticien ont jugé préférable
de donner, dans leur ouvrage, aux praticiens, les connaissances
les plus claires et les plus utiles sur les spécialités qu’ils doi¬
vent pratiquement connaître dans la mesure du possible. Ils
savent bien que le médecin de campagne, qui n'est jamais sûr
d’etre honoré lui-même, ne peut avoir recours à de coûteuses
consultations ou interventions, pour soigner les malheureux
que le chômage, conséquence de la maladie, suffit à plonger
dans la misère. Certains n’ont pas cure des conséquem es so¬
ciales d’une maladie, le bon praticienne doit pas les négliger,
il doit réunir en lui les connaissances les plus indispensables
des diverses spécialités et ces connaissances, les auteurs du
Manuel dn Praticien les onl exposées et condensées. C’est là
un mérite que la lecture de leur livre rend indiscutable, et
que le succès qu’ilobtiendra auprès des praticiens fera encore
mieux ressortir.
M Albert Moüchet a exposé les ;Vofion.« de la Chirurgie or-
thopédiqiie. Il commence par l’étude des déformations du
cou. des torticolis, puis continue par celles du thorax, de la
colonne vertébrale, donnant la place prépondérante au trai¬
tement, décrivant minutieusement l’application des appareils,
tels que le corset de Sayre, indiquant les divers procédés de
correction des scolioses ; il ne néglige aucune déformation
des membres et aucun des moyens thérapeutiques que l’or¬
thopédie met à la disposition du chirurgien pouV les corriger.
Le texte, du reste, est complété par 77 figures, la plupart origi¬
nales.
M. F. Catherin a traité les Maladies des voies urinaires, ou
plutôt, comme il le prétend lui-même, l'urologie dans ta prn-
liqiie iournaliére. Ce sont, du reste, les leçons que l’auteur a
faites l’an dernier, en cours complémentaire, à l'hôpital i\ec-
ker. comme chef de clinique du P"- Guyon. Il indique d’abord,
avec figures à l'appui, les diverses méthodes de palpation du
rein, des uretères, de la vessie. Il insiste sur le cathétérisme
avec les divers instruments, chez les rétrécis, les prostatiques.
Il s’étend sur l’anesthésie, l’antisepsie et la stérilisation dans
les voies urinaires,qui jouent un sigrand rôle dans toute inter¬
vention. Puis, il passe en revue les diverses techniques : tech¬
niques des dilatations et explorations (introduction des béni-
qués, (4 figures) ; introduction des sondes en cas d’accidents-
technique des lavages et des instillations ; technique de là
sonde à demeure. 11 expose avec détails la technique de l'in¬
jection épidurale dans l’incontinence essentielle d’urine, mé¬
thode qui lui est personnelle et qui consiste à injecter dans
la région épidurale du sérum légèrement cocaïné. Un mot
sur l'uréthroscopie et quelques indications sur la cystoscopie
et la division endovésicale des urines des deux reins, opéra¬
tions que le praticien ne pourra le plus souvent pratiquer lui-
même, mais qu’il ne peut ignorer. Un chapitre entier est con¬
sacré à la technique des petites opérations d’urgence (ponction
vésicale, uréthrotomies, cystostomie et néphrostomie d’ur¬
gence, etc,, etc). Ijn mot sur l’examen des urines et la colora¬
tion du gonocoque, un autre sur les grands syndromes uro¬
logiques (pyurie. hématurie, rétention, incontinence, anurie,
douleur), quelques lignes consacrées aux affections du périnée,
aux complications périuréthrales, un chapitre sur les indica¬
tions opératoires, une précieuse petite thérapeutique appli¬
quée avec formules et tableaux synoptiques, et voilà l’urologie
pratique entièrement et nettement exposée en quelque cent
pages avec 63 figures.
La Gynécologie est l’œuvre du D' Isei.in ; elle fie le cède en
rienà l’urologie : même soin d'exposer la technique des expier
rations et des examens cliniques, même souci de ne pas dépas¬
ser, au point de vue thérapeutique, les limites des traitements
que les praticiens peuvent appliquer à eux seuls.
M. L. Devraignk, qui a traité l'Obstétrique en 176 pages, a
trouvé le moyen d’être, dans ce résumé, absolument complet.
Aucune intervention n'est négligée, ni les embryotomies, ni
les opérations césariennes. C’est qu'en obstétrique le praticien,
se trouve en droit de pratiquer les opérations les plus graves
qui sont presque toujours urgentes et dont la vie de deux
êtres dépend. Cette obstétrique n’est pas seulement un clair
exposé du manuel opératoire de l’accoucheur, M. Devraigne
accompagne l’enfant nouveau-né jusqu’à son sevrage, et 107
belles figures font encore mieux comprendre les explications
qu’il donne sur chaque point. Systématiquement, l’auteur a
négligé ce qui est théorique, il aurait été entraîné trop loin et
serait sorti du programme du Manuel du Praticien.
Les dernières spécialités traitées sont l’Electrothérapie et U
Radiothérapie.
M. L. Delherm s’est bien rendu compte qu’il ne pouvait
faire en 77 pages l’éducation du spécialiste, il s’est propos
1° de fournir aux médecins qui désirent faire quelques appli¬
cations électriques la technique détaillée des procédés sim¬
ples; 2“ de leur donner sur des questions plus complexes, des
notions générales sur l’électrothérapie et la radiothérapie ; leor
expliqueras raisons de leur emploi, les renseigner sur les in¬
dications et les contre-indications, en un mot leur permettre
de conseiller leurs malades en connaissance de cause. H ^
parfaitement réussi à remplir cette tâche difficile.
Ce volume de Clinique et thérapeutique spéciales doit eW
sous peu complété par un autre volume où M. F. Terrien ex¬
posera YOghtalmologie ; M. Roy, l'Odontologie, M- Micart.
l' Oto-rhino-laryngologie ; ce volume, s’il est aussi clairement
et soigneusement écrit que celui qui vient de paraître, aat
montera, nous n’en doutons pas, le succès du Manuel a
Praticien auprès de tous les médecins qui ontle souci desoj-
gner véritablement les malades qui leur confient leur santé.
J. ?ioiR.
Histoire et Médecine ; Médecine Anecdotique : P®'’
Minime iRousset, édit. 1906». La médecine chez
avant Hippocrate ; par leD'' Moi.LET(Maloine, édit. I9fin'-
L histoire enrichira toujours notre littérature.
grands historiens romantiques qui ont réuni les sciences
toriques aux lettres, qui auparavant n’avaient avec
des rapports accidentels. L’histoire a besoin du concour»^^
toute l’érudition humaine: archéologie, philosophie,
médecine, etc. Aujourd’hui, un mouvement très net ‘® ^
réunir la médecine, c'est à-dire une partie de la science
prement dite, à l’histoire. Nous avons déjà montré 9®®
vices mutuels se rendent depuis quelque temps ces
sciences. Ce mouvement a été imprimé par .M.M.
koxvski, etc.; nombreux sont leurs émules, comme le P
LE PROGRÈS MÉD[CA1.
30:3
[es deux ouvrages publiés dernièrement par MM. les D''*
Mioiuie et Mollet.
Le docteur Minime est bien connu des médecins érudits,
surtout depuis la publication du Parnasse hippoeratiqu'. La
pleine anecdotmie qu’il publie aujourd’hui constitue un
^es recueils les plus curieux. A côté d’histoires médicales plus
ou moins gauloises se trouvent des reproductions de pièces
anciennes, dont il n’existe que de rares exemplaires dans nos
bibliothèques publiques.
Citons au hasard quelques titres de chapitres : La vie de
la prostituée à Venise au XVP siècle. — La déclaration des
abus et tromperies que font les apothicaires.— Un poème du
\V1' siècle sur la génération.
Ces parties du livre sont d’un caractère plus sérieu,x que
les anecdotes qui les entourent. En bon disciple de Rabelais,
le docteur Minime aime à rire et à faire rire : Histoire nou¬
velle et facétieuse de la femme d’un tailleur qui est accouchée
d'un monstre horloge dans les prisons de Roanne après
quelle a eu sonné cinq fois vingt-cinq heures. — Le feu
au derrière, avis aux chirurgiens qui emploient le thermo¬
cautère dans le voisinage de l'anus.
Enfin quelques pièces peu connues intitulées : Le canon
obstétrical : Le frater reconnaissant ; Les affaires ; L’arc d’a¬
mour, etc.
Si l’on ajoute que ces trois volumes contiennent plus de lOti
estampes, reproductions et fac-similé, on voit ejne le cher¬
cheur trouvera dans la Médecine anecdotique une ample pro¬
vision de matériaux et que cet ouvrage rendra de grands ser
vices aux bibliophiles et à tous ceux qui aiment à collection¬
ner des documents pour servir à l’histoire des temps passés
et présents.
Le second ouvrage esl la Médecine chez les Grecs avant [Un ■
foeratepai le D'MoLLET.Les dieux s’en vont. c’est l’impression
lui se dégage de la lecture du livre du D’’ Mollet. Grâce à
ses Investigations le prestige des héros antiques est singuliè¬
rement amoindri et cela à cause de leur vie humaine. Il est
intéressant de suivre tous ces demi-dieux dans leurs mésa-
'entures terrestres. Grâce à des aperçus pleins d'originalité
sur les dieux olympiens, une analyse serrée des symptômes
niorbides présentés par les héros et les demi-dieux des âges
bbnleux, l’épilepsie d’Hercule. les fureurs d Oreste,bien des
'.“iles dont la mythologie se trouve obscurcie se trouvent
nechirés.
ce sont des appréciations fort justes sur la méthode
™rapeutiquegénéraîe des médecins primitifs, des devins et
oes magiciennes et sur leur extraordinaires recettes phurma-
^hques dont les Grecs de l’âge héro'ique furent si abon-
“ïminent pourvus.
Avec le Mollet, nous assistons au traitement et à la
^enson des malades et des blessés dans les temples d’Es-
'j le couvert de la religion L'exercice de la méde-
^ des médecins publics l’enseignement
les écoles, la législation hygiénique de Lycur-
^0^“® causes du développement de la pédérastie et de 1 ho-
*cco médecine dans les gymnases, la pratique des
tjd ®™®®ents et des avortements, sont autant de sujets d'é-
on trouvera dans ce volume.
opposé et une critiquedes théories médicales sou-
Hip ' philosophes et les médecins grecs anterieurs à
iiom.ri ‘^^'^P'ôtent cet ouvrage d’une documentation très
Enu^’ ternnine une bibliographie étendue,
lepfgj^^ot, deux livres intéressants qui forment nnenouvel-
calgjolf -L ^*^0 nous avions avancé, que l’histoire médi-
tfeiit,. ^'’iouera pour une large part à l'enrichissement deno-
q. générale. Marcel R.
cien5**.“® la stérilisation à l usage des pharma-
bharui' Iç G'' E. (iÉRARn. professeur de pharmpeie etde
Lille I ogic à la Faculté de médecine et de pharmacie de
texte .'!®^nme in- 18 jésus, cartonné avec ‘>7 ligures dans
Paris'^*^^ frères, éditeurs, place de l'Ecole-de-méde-
*Pccialement écrit pour les pharmaciens, leur
utilité. Ils y trouveront tous les rensei-
oecessaires pour la préparation et la stérilisation
des divers médicaments (solutions salines et autres liquides
injectables). et des véhicules aqueux ou huileux les plus com¬
munément employés. La stérilisation des objets de pansements
et des fils à ligatures est décrite avec soin.
M. Gérard, s’adressant spécialement au pharmacien, s’est
attaché à choisir les méthodes de stérilisation les plus simples
et les plus pratiques et celles qui ne nécessitent aucun appa¬
reil spécial : le classique autoclave esl suffisant dans tous les
cas. Le dernier chapitre de l’ouvrage est consacré aux méthodes
de stérilisation du lait di'stiné à la nourriture des nouveau-
nés. Ce livre sera d’une utilité incontestable et recevra des pra¬
ticiens l’accueil qu’il mérite si bien. Yvon.
L’avortement de la syphilis par le traitement intensif:
par le D'’ Duhot, de Bruxelles. (X\ Congrès de médecine.)
L’auteur présente la relation d'une série de 134 cas de syphi¬
lis au début, observés depuis douze ans, chez lesquels il a
pratiqué le traitement abortif, sans qu’aucune manifestation
de syphilis secondaire ne se soit déclarée. D. précise le sens
qu’il accorde au terme d’abortif. C’est un traitement médical
préventif qui. par une mercurialisation rapide et énergique du;
début. empêche la généralisation du spirochète de sorte ([u'ab-
solument aucune manifestation secondaire ne puisse être ob¬
servée dans y.) (l/ll des cas, malgré les moyens d’investigation
les plus approfondis.
Les conditions du traitement abortif delà syphilis sont les-
suivantes :
!'• Commencer le traitement avant le 1>' jour qui suit l'é¬
closion du chancre : employer comme méthode les injec¬
tions insolubles, le calomel et, plus pratiquement, l’huile grise
à doses intensives ; 3'- donnera la première cure le maximum
d’intensité compatible avec la résistance intégrale de l’orga¬
nisme avec un minimum de quatre mois ; 4° poursuivre les
cures suivantes par des séries plus faibles suivant le traite¬
ment chronique intermittent de la syphilis.
Le principal écueil du traitement précoce réside dans l'er¬
reur de diagnostic qu’un sypliiligraphe exercé pourra facile¬
ment éviter par l’éducation de l'œil, la délicatesse et l’habitude
du toucher et par la recherche du spirochète. L’auteur,toul en
reconnaissant les qualités des autres méthodes, celle des pilu¬
les mise à part, croit que. pour la réalisation pratique de son
traitement.il convient de s'adresser uni(|uement à la méthode
des injections insolubles. Le calomel le plus héroïciueest trop,
souvent douloureux. L’agent de choix, c’est l’huile grise à
doses intensives La dose à employer par injection et sans-
aucune crainte est de 0,14 etgr de Hg. soit une seringueenliè-
re de Barthélinny d’huile giise à 'n OiO pour un adulte. Pour la
cure initiale, il faut atteindre le chiffre de 15 à ;;0 injections.
Les.] premières piqûres seront faites tous les = jours, les o
suivantes tiîus les li jours et pour le reste delasérie tous les S
jours. Pendant les deux premières années l’auteur fait <les
cures de Ità lê piqûres hebdomadaires espacées par des re¬
pos de deux mois. La jl» et la i'-' années, les cures sont de 8 ai
10 piqûres hebdomadaires espacées par des repos de deux,
mois Mais I). croit qu un traitement de trois ans est suffisant
et espère pouvoir le réduire à deux années seulement. L’ac¬
coutuma ce au mercure vis-à-vis du spirochète n’existe pas..
Des repos sont nécessaires exclusivement pour éviter de fati¬
guer les émonctoires.
La crainte d'une intoxication sérieuse ne doit pas exister,
caria pratique de I).,qui porte sur un chilfre dépassant large¬
ment 111.1)00 injections de 0,14 ctgr de Hg, l’exclut com[>lète-
ment.
L’auteur discute ensuite longuement les avantages qu’il y
a à ne pas laisser se développer la roséole, à ne lui accorder
aucune valeur comme symptôme de i évolution ultérieure de
la syphilis. H appuie ses opinions sur la pratique de la ponc¬
tion qui après le traitement abortif, a toujours ramené un li¬
quide céphalo-rachidien exempt de lymphocytose patholo¬
gique chaque fois qu elle a été pratiquée. D. cite plusieurs
exemples dans les([uels le cylo-diagnostic a permis de déce¬
ler des atteintes méningées en évolution active, alors <ju au¬
cun symptôme clinique ne permettait de les soupçonner.
La ponction lombaire faite à temps nous- avertira d’une
364
l.K 1>R0GRES MEDICAL
paralysie générale menaçante et nous permettra peut-être de
l’enrayer. Sur la statistique de 134 cas de traitement abortif
donnée par D., 42 cas sont actuellement en période tertiaire
et aucun symptôme de tertiarisme n’a été constaté. 11 est trop
tôt pour préjuger d’une façon trop absolue des résultats que
donnera le traitement abortif au point de vue du tertiarisme.
Mais il est logiquement permis, dit l’auteur, d’espérer qu’une
méthode qui supprime la période secondaire dans 9-5 ° des
cas sera toute puissante pour réduire au minimum le tertia¬
risme. D. espère que son traitement permet d’abréger nota¬
blement la durée et la cure et que deux années de traitement
suffiront.
L’auteur examine ensuite la question pratique de l’applica¬
tion de la méthode II constate qu’à sa clinique 85 “/o des ma¬
lades l’acceptent très facilement et que 5 % à peine de la clien¬
tèle de ville ne la supporte pas. Les accidents locaux sont ré¬
duits au minimum avec une technique convenable, puisque
sur plus de 10.000 injections, l’auteur ne compte que quatre
abcès aseptiques avec le calomel et trois avec l’huile grise. Le
secret d’éviter les intoxications, c’est de bien examiner les
émonctoires du malade et de procéder à une analyse d’urine
avant chaque injection au point de vue de l’albuminurie. Il
faut aussi respecter scrupuleusement toutes les contre-indica¬
tions données par l’auteur. La méthode abortive instaurée au
cours d’une syphilis déjà floride parviendra encore dans cer¬
tains cas’ à juguler définitivement le mal.
Cette méthode ne protège pas seulement l’individu contre
les accidents de sa syphilis, mais, en évitant les manifestations
contagieuses, elle protège la société mieux que toute autre
méthode contre l’extension du fléau, et ce traitement réalise
aussi la meilleure et la plus pratique des prophylaxies.
L’administration du Patr-imoine des pauvres ; par G.
Cros-Mayrevieille (Paris. Masson, 1906.)
Sous ce titre. M. G. Cros-Mayrevieille publie une étude très
documentée sur le Patrimoine des pauvres.
L’auteur débute en nous retraçant l’organisation de la cha¬
rité dès les premiers temps du christianisme, l’institution des
diacres, l’administration des évêques, l’intervention des diffé¬
rents conciles, etc., etc.
La partie critique ne le cède en rienà la documentation his¬
torique ; c'est ainsi qu’il reprochera a l’organisation hospita¬
lière du moyen-âge d’avoir multiplié à l’extrême les établis¬
sements, et entraîné dès lors à des dépenses considérables, et
qu’il nous trace un tableau très pittoresque et très fouillé de
l’Hôtel-Dieu de Paris.
Puis, les édits se succèdent, celui de 1546. 1561, 1566, 1577,
i579, l.58t^. 1593, que nous ne pouvons dégager faute de place.
Le XVIP siècle débute avec la déclaration du 24 octobre
1612, (|ui chargeait le grand aumônier de procéder à la réfor¬
me des maisons charitables ; l’auteur, familier avec les dos¬
siers de nos archives nationales, ne laisse échapper aucun fait
qu’il ne l’interprète et ne le juge ; aussi est-il très difficiled a-
nalyser cette contribution décisive, il la faudrait pouvoir re¬
produire entièrement.
Elle se continue par l'histoire de l'assistance publique pen¬
dant la Révolution, l’Assemblée constituante et les comités de
mendicité, la Convention, le Directoire, les lois du 7 frimaire
an \ , du 16 messidor an AIL le Consulat et l’Empire, enfin
les divers régimes qui se succédèrent en France depuis cette
époque.
Ce travail considérable se termine par l’exposé de la légis¬
lation actuelle et de la jurisprudence la plus récente. On ne
saurait trop en recommander la lecture.
Défense d’éternuer. — Jusqu’alors on s’était contenté de dé¬
fendre de cracher à terre, qu’ai Ions-no us devenir, on se mêle déjà,
en Allemagne,de défendre d'éternuer ’i*
Le correspondant Standard à Berlin raconte qu’on vient d’in¬
tenter un procès à un homme pour avoir éternué dans la rue à
Mulhausen,en Saxe. Après de longs débats, l’inculpé fut acquitté ;
mais la police en appela devant la cour d’Brfurth.
La victime de ces poursuites en est réduite- à demander un exa¬
men médical pour prouver qu’un polype des fosses nasales est la
cause de son éternuement involontaire.
VARIA
Les conséquences de l insalubrité d’un local
administratif.
Le Conseil d’Etat vient de rendre un jugement qui amè¬
nerait promptement des améliorations hygiéniques dans
tous les locaux administratils et les bureaux commerciaux
ou autres si cette jurisprudence s’établissait d’une façon défi-
nitive.Voici, d’après le Temps, les circonstances qui ont amené
le Conseil d’Etat à rendre son arrêt :
Le sieur de G..., commis des postes et télégraphes à Bas¬
tia, était, paraît-il. d'une bonne constitution quand il arriva
dans cette ville. Mais au bout de peu d’années apparurent chez
lui des symptômes de tuberculose, et il mourut en 1903 des
suites d’une bronchite tuberculeuse. Sa veuve a réclamé une
pension qui lui fut refusée par le motif que le sieur de G...
ne réunissait pas les conditions d’âge exigées par la loi pour
obtenir une retraite.
Elle s’est pourvue devant le Conseil d’Étaten al léguant que
son mari avait été placé dans un bureau insalubre où ils’étajt
trouvé en contact avec un tuberculeux et où deux employé
qui y avaient travaillé avant lui étaient également morts de
la tuberculose. Aime veuve de G... a- donc fait valoir que la
loi du 9 juin 1853 donne droit à une pension aux veuves de
ceux qui meurent d’accidents graves résultant notoirement
de l’exercice de leurs fonctions, et (ju’il y a lieu d’assimiler à
l’accident grave la maladie provenant de faits précis et déter¬
minés qui se produisent en dehors des conditions normales
du service. Or, le Conseil d’Etat vient de lui donner raison.
L’arrêt constate que le sieur de G... a contracté la maladie
dont il est décédé par suite de l’obligation qui lui a été iraj^
sée de résider jour et nuit dans un local dont linsalubrité
est reconnue par l’autorité municipale et par ses supérieurs
hiérarchiques. Dès lors, les causes qui ont déterminé sa mort
ont le caractère d'un accident de service dans le sens de la loi
du 9 juin 185 i. La décision du ministre des postes et des télé¬
graphes a donc été annulée et la pension a été accordée à la
veuve. *
Fumeries d’opium.
Des fumeries d’opium se sont établies depuis quelque temp*
dans nos ports de guerre, particulièrement à Toulon, au
granddétriment de la santé publique. Le lü mai dernier, M.
Clémenceau informait le préfetdu V’ar que M. Thomson, mi¬
nistre de la marine, préoccupé des progrès que fait l’usage de
l’opium, l’invitait à étudier les mesures propres à combattre
cet usage nuisible. A la suite d’une conférence (fui eut lieu
entre le préfet du A ar, le procureur de la République et le
commissaire central, il fut décidé que des visites domiciliai¬
res seraient effectuées.
Des perquisitions ont donc été faites dans plusieurs fumene»
d’opium et chez des commerçants. Des quantités importantes
d’opium ont été saisies ; les détenteurs seront poursuivis de¬
vant le tribunal correctionnel en vertu de la loi du 19 juille
1845 et de l’ordonnance du 29 octobre 1846 sur les substan¬
ces vénéneuses, qui punissent de cent à trois mille francs da
mende et de six jours àdeux mois de prison ceux qui venden
des poisons sansy être autorisés. (LeTemps. )
Voyages d études médicales adx stations hydrominé-
raies et climatiques de France.
Le 8' voyage d’études médicales aura lieu du 1"
tembre 19Ü6. 11 comprendra les stations de la Savoie
phiné : Hauteville (Sanatorium), Evian, Thonon,
vais, Chamonix, Annecy, Aix, Marlioz, Le Revard, Lba ’
Salins-Mou fiers. Brides, Pralognan, Allevard. Bonq'J®’' /
La Motte, Uriage. Le A’. E. M. de 1906 — comme les sept p^^
cédents — fest placé sous la direction scientifique du Doc
Landouzy, Professeur de Clinique Médicale à la Facu
Médecine de Paris, qui fera sur place des conférences ®
médication h^drominérale.ses indications et ses
Réduction de moitié prix sur tous les chemins de fer
se rendre, de son lieu de résidence, au point de ec-'te® ^
tion, LyOn. Les médecins étrangers bénéficient de cet
LE PROGRÈS MÉDICAL
ductionà partir de la gare d’accès sur le territoire français.
Même réduction est accordée, à la fin delà tournée, au point
de dislocation : Uriage, pour retourner à la gare qui a servi
de point de départ. De Lyon à Uriage, prix à forfait ; ÜCO fr.
pour tous les frais : chemins de fer, voitures, hôtels, nour¬
riture, transports de bagages, pourboires.
LES CONGRÈS
Congrès d’hygiène sociale.
(Nancy 22-24 juin 190G.)
L’Alliance d’IIygiène sociale organise à Nancy, du 22 au 23
juin 190fi, son troisième Congrès régional. Le prix de la coti¬
sation au Congrès est de 10 francs. 11 peut être abaissé à 5 fr.
pour les délégués des Sociétés de Secour.s mutuels ou d’ensei¬
gnement qui auront fait apostiller leur adhésion par le prési-
dent ou le secrétaire général de leur Société. La souscription-
à 10 fr. donne droit au compte rendu du Congrès, qui sera ul¬
térieurement distribué. Une liste des principaux hôtels, avec
l'indication de leurs prix, sera fournie aux membres du Con¬
grès. Les Compagnies de chemins de fer délivreront des bil¬
lets de demi-place valables du 18 au 20 juin. A cet effet, prière
de remplir très exactement le bulletin ci-joint, et de le re¬
tourner, avec le montant de la souscription, avant le 8 juin
(l’établissement des billets exige un certain délai). Toutes les
communications relatives au Congrès, souscriptions, deman¬
des de renseignements, etc. , devront être adressées à M. Re-
nauld, banquier, trésorier du Comité lorrain, rue Sairit-Di-
zier, 21, à Nancy.
Programme : Vendredi ^'2 juin. Matin, à S 1/2. — Réunion
des congressistes à la Salle Poirel, Galerie Nord. Visites aux
œuvres d’assistance du Bureau de bienfaisance de la ville de
Nancy. Visite au Sanatorium de Lay-Saint-Christophe.— Après
midi, à 2 heures. — Première séance du Congrès. — l. De l'ac¬
tion des Bureaux de bienfaisance en Hygiène iocia/e. Rappor -
leurs : M. Lallement, vice-président du Bureau de bienfai¬
sance de la ville de Nancy ; M. Ricordeau, avocat, adminis¬
trateur des Hospices civils à Nantes. — IL Assainissement des
Mlles cl des Campagnes. Rapports : M. le D' Macé, professeur
d’hygiène à la Faculté de Médecine de Nancy, et M.le D'- Im-
heaux, ingénieur des Ponts-et-Chaussées, directeur du service
municipal de Nancy : De l’ensemble des mesures techniques
propres à assurer et à maintenir la salubrité des aggloméra¬
tions urbaines ; M. Bourcart, professeur à la Faculté de
de droit de Nancy : Des mesures législatives relatives à l’ex¬
propriation en matière d’hygiène et de salubrité ; M. le !)'•
-Aimé, directeur du service départemental de l’Assistance mé-
cÎMls et de la vaccine : Hygiène des campagnes. — Soir, à 8 h.
— Conférence (Salle Poirel). .M. le Médecin-inspecteur
wnech, directeur du service de santé du 20' corps d’armée :
^le social de la Médecine et de l’Hygiène d'armée ; M. Bar-
“®y> secrétaire général de la Fédération antialcoolique : la pé-
“hon contre l’absinthe.
jiamed/ 23 Juin. —Matin, à 8 h. 1/2. 2' séance du Congrès.
^MQHne de lu jeunesse el .sa préservatinn contre les ma-
^'^sinfeclieu.ses. Rapports : M. le D' Haushalter, professeur
* w Faculté de médecine de Nancy : Préservation de Tado-
es^nce contre les maladies infectieuses ; M. le D' Spillmann.
à la Faculté de médecine 2 Préservation de l’ado-
J^nce contre les maladies vénériennes : MM. le D' Simon,
f la Faculté de médecine, et Louis Spillmann, pro-
j agrégé à la Faculté de médecine : Préservation de Pa-
y 1 ®^ïice contre la tuberculose : M. leD' Schmitt, profeseiir
jrg®,, de médecine ; Préservation de l’adole.scence con-
gfès ?rf°°*>sroe. — Après-midi, à 2 heures.— 3" séancedu Con-
•ttai à- ' . y^iène de la jeunesse et sa préservation contre les
g^^adies infectieuses (suite/. — Rapports (suite) : M. le D'
professeur à la Faculté de médecine : De l utilté
ij^j J certaines questions relatives à 1 liygiène morale ;
^'Mathieu (de Paris), président delà Ligue pour THy-
pW- ®®°«ire,et le D' Mosny,médecin des Hôpitaux : Hygiène
^ l’école primaire ; M. le D' Paul Parizot, sous-
•'*csür municipal d’hygiène de la ville de Nancy :
lïirç ^ i ?‘^°Pter pour la réglementation de l’hygiène sco-
"~ -A -j h. 1/2. Réception par M. le Maire de la ville de
Nancy. — Soir, à 8 b. 1/2. Conférence (Salle Poirel). .M. E.
Cheysson, membre de l’Institut, président de la Fédération an¬
tialcoolique : L’Hygiène dans l'habitation.
Dimanche 2k juin. Matin, à 9 heures. — Assemblée générale
du Comité lorrain. — MM. Boyé, avocat, secrétaire général,
et D' Gœpfert, secrétaire général adjoint du Comité lorrain ;
Rapport sur les œuvres d'hygiène sociale à Nancy. Rompard,
secrétaire général de l’Alliance d'ilygiène sociale : Rapport
sur les travaux du Congrès.
Après-midi, à 2 heures et demie. Salle Poirel. — Séance de
clôture, avec le concours de la Fédération des Mutualistes,
sous la présidence de M. Casimir-Périer, ancien Président de
la République, Président dè l'Alliance d'ilygiène sociale. Dis¬
cours de M. Mézières, de l’Académie française, sénateur de
Meurthe-et-Moselle. Président d'honneur du Comité lorrain
de l’Alliance d’Hygiène sociale. Discours de M. L. Mabilleau.
Président de la la Fédération nationale de la Mutualité fran¬
çaise. Discours deM. Casimir-Périer. Président de l'Alliance
d’hygiène sociale. — Soir, à 7 heures. Banquet organisé sous
la Présidence de M. Casimir-Périer. par l'Alliance d'ilygiène
sociale et la Fédération des Sociétés de secours mutuels de
l’Est.
Lundi 25 juin. X'isites aux Musées. Monuments historiques.
Instituts scientifiques, Etablissements d’industrie d'art, et au¬
tres Etablissements industriels qui pourront intéresser les
congressistes.
Congrès d’Assainissement.
On nous annonce la prochaine ouverture du 2' congrès
d’Assainissement. N oici l’exposé des raisons qui ont détermi¬
né son organisation et le résumé de son programme :
Que ce soit au home familial, au bureau, à l'atelier ou mê¬
me aux lieux de réunion ou de plaisir, les hommes passent
la majeure partie de leur vie dans 1 intérieur des habitations.
On comprend alors combien considérable doit être l’inlluence
qu’exercent sur la santé la construction même de ces locaux
et leur état d’entrelien.Sansêtreméconnue par les hygiénistes,
cette influence n'avait,ju,squ'ici,étéétudiéequesecondairement
dans les congrès d’hygiène pure, où les questions se ratta¬
chant à l'assainissement et à la salubrité des habitations se
disséminaient dans diverses sections,
Cependantleur importance devenait de plus en plus évi¬
dente. C est alors, au commencement de 1904, sur l'initiative
de la Société Française d’hygiène, que fut décidée la convo¬
cation d’un Congrès international spécialement affecté à l’é¬
tude des questions ayant trait à l’assainissemen t et à la salu¬
brité des habitations. Le but du Congrès de Paris, inauguré
le 3 novembre 1904, était ainsi défini :
Etudier les conditions hygiéniques dans lesquelles sont
construits et installés les locaux destinés à 1 habitation, re¬
chercher les améliorations susceptibles d'être introduites
dans la construction, l'aménagement et l’entretien de ces lo¬
caux, et déterminer les moyens pratiques d’obtenir l'appli¬
cation des principes d'hygiène parles municipalités, les pro¬
priétaires, les architectes et ingénieurs, les entrepreneurs, ainsi
que par les occupants mêmes de ces locaux.
D'antre part, une des conclusions tirées du Congrès de la
tuberculose fut la démonstration de l'importance primordia¬
le de l’habitation sur Pétiologie de cette maladie. C'est di¬
re combien le Congrès de 1904 était venu à son heure, quels
heureux efl'ets il a déjà eus.C'estdireaussi à quel pointseront
intéressantes les (li^cussions du deuxième Congrès.
A la dernière séance du Congrès de Paris, -on nomma une
Commission permanente internationale. Cette Commission
avait songé d'abord à réunir le second Congrès à Liège ; mais
elle dut renoncer à ce projet, et ses yeux se portèrent alors
sur la ville de Genève.
Le deuxième Congrès international pour l’assainissement
et la salubrité de rhabilation se réunira donc à Genève. La
séance inaugurale du Congrès aura lieu le mardi 4 septem¬
bre ; les travaux se poursuivront jusqu'au samedi 8 ; le Co¬
mité espère pouvoir organiser un voyage d'instruction en
Suisse dans les jours qui suivront. Le but que proposent les
organisateurs est de continuer les travaux inaugurés par le
précédent Congrès.
366
LE PROGRÈS MÉDICAL
Voici le nom des personnages qui sont à la tète de ce Con¬
grès : Bureau du Congrès : président d’honneur ; ’M. Marc Ru -
chet, conseiller fédéral, anc. président de la confédération
suisse ; président : M. le D'' Vincent, conseiller d’état du can¬
ton de Genève, conseiller national. Comniission permanente :
président ; M. Paul Strauss, sénateur ; secrétaire général :
M. F. Marié-Davy, ingénieur-agronome. Comité d'organisation-.
président : M. Guillaume Fatio, président de la société pour
l’amélioration du logement ; secrétaire général (auquel la
correspondance doit être adressée) M. Albert Wuarin, avocat,
1 , rue des Moulins, Genève.
Le Congrès comprendra : 1” des membres adhérents, ver¬
sant une cotisation de 20 francs qui participeront aux tra ■
vaux du Congrès, auront droit à toutes les publications du
Congrès, assisteront à toutes les fêtes et réceptions. Prendront
part aux excursions et jouiront des réductions et avantages
concédés aux congressistes, auront droit à des réductions
sur un certain nombre de lignes de chemins de fer.
2“ Des membres associés, versant une cotisation de 10 francs
qui jouiront de tous les autres avantages réservés aux adhé¬
rents, mais n’auront pas droit aux publications.
Nul doute qu’avec un tel programme, des organisateurs
aussi autorisés, le succès du IP congrès de l'assainissement
ne soit assuré. Tous nos vœux l’accompagnent dans ses tra¬
vaux. — Marcel B.
Congrès international pour l'assistance des aliénés.
1 Milan, septembre 1006.)
La question de l’assistance des aliénés, qui naguère n’inté¬
ressait qu’un nombre fort restreint de médecins, a acquis de¬
puis quelque temps l’importance d’un vrai problème social,
et le nombre des personnes qui s’en préoccupent —médecins
administrateurs des provinces et d'institutions charitables,
hommes d’Etat, etc. — augmente toujours. Ce mouvement
(jui s’étend si rapidement, est le i)remier fruit de l’idée, (jui
s’enracine toujours plus dans la science sociale, savoir qu’il
est nécessaire de transformer l’ancienne et simple hospitalisa¬
tion des aliénés en une forme d’assistance plus évoluée, plus
pratique et plus utile.
Cette évolution atrouvésa plus parfaite manifestation dans
l'œuvre de ces personnes généreuses qui du << Congrès interna¬
tional pour r assistance et pour la bien fai.sance privée » de 1900
de Paris, ont su tirer le « pour l'assistance fa¬
miliale des aliénés » de 1901 de Paris, et la Société d’études pour
l’assistance famitiale » de M. A. Marie, de Villejuif, le plus in¬
fatigable défenseur de l’œuvre qui, l’année d’après, triompha
complètement à Anvers.
Le Congrès qui aura lieu à Milan au moisde septembre 1906
n’aura certainement pas l’importance historique de celui d’An¬
vers où l’on affirma le principe qui marquera la date de l’his¬
toire moderne de l’assistance des aliénés ; cependant il sera,
lui aussi, grandement profitable à cause de tous les éléments
d’étude et de travail qui y seront présentés pour être résolus
par Faction commune au profit des malades, de la Société et
de la science.
Les questions qui seront obligatoires pour MM. les délégués
de chaque pays représenté au Congrès, sont les deux suivan¬
tes : 1. Des progrès de l'assistance des aliénés et spécial ment de
l'assistance familiale dans les différents pays depuis lOOQ (date
du Congrès d'\n\ers) jusqu'à nos Jours. - 2. De l'organisation
des compartiments d’observation, de surveillance et d'isolement
dans les asiles et dans les colonies. Moyens qui ont donné 1rs meil¬
leurs résultats.
Les autre? thèmes sont ; 3. De l'assistance des aliénés conva¬
lescents et des instituts de patronage. — 4. De l'assistance de cer¬
taines catégories d'aliénés (phrénasth^nigues, épilepligues, al¬
coolisés, fous moraux) spécialeme t sous le rapport de leur assis¬
tance hétéro-familiale. — 5. Des ambulances et des dis/ cnsaires
psychiatriques et névropathologiques. — 6. Des sanatoriums po¬
pulaires pour les névropathiques. — 7. Des résultats économi¬
ques et sociaux des progrès de l'assistance des aliénés, etsnécialc-
ment de l’assistance familiale. — 8. De la fonction del'Ctat par
rapport à l'a.ssislance des aliénés.
En outre, )M. 1cD''Fr.4nk, le savant directeur de l'asile de
Münsterlingcn, en Turgovie (Suisse), posera — sous les auspi¬
ces du Congrès — les fondements d’un Bureau international
pour étudier scientifiquement les causes efficientes de la fo¬
lie et les moyens les plus convenables pour Sa prophylaxie.
Voilà un but très haut qui constituera une des plus belles gloi-
res du Congrès de Milan.
Enfin le Comité organisateur proposera l’étude d’une Statis¬
tique internationale des aliénés, qui devra aboutir à un Bureau
ceuiral, qui sera créé par le Congrès lui-même.
Ce Congrès aura lieu à Milan du 26 au 30 septembre 1906 à
l'occasion de l’Exposition internationale. Les travaux d’orga¬
nisation ont déjà convenablement progressé, ainsi qu’il en
résulte de la liste des Comités de propagande italiens et étran¬
gers déjà formés ; et nous espérons que tous les aliénistes et
toutes les personnes qui. dédiant leur activité au soulagement
des aliénés, apprécient la noblesse de leur propre mission et
l'impulsion des besoins nouveaux, feront de leur mieux à ce
que le Congrès puisse atteindre le plus grand nombre des
buts pratiques qu’il se propose. A. T.vmburini.
(S. Maurizio-Ueggio, Emilia.)
Les Glycovules Tissot sont les plus actifs et les moins coû¬
teux, les seuls pouvant ainsi amener la régularité et le succès
du traitement.
FORMULF-S
XLIV. Contre la dysminor.-hée des Jeunes filles.
Extrait de chanvre indien . \
— de belladone . | âàun centigr.
— dejusquiamo . )
pour 1 pilule.
Embrocations sur l’abdomen etles lombes avec ;
Chloroforme .
Menthol .
Salicylate d’éthyle. .
Essence de girofle. .
Ether sulfurique. . .
Huile de muscade. .
Huile de jusquiame.
Alcool .
3 gr.
XLV. — Contre la pesanteur gastralgique et les
vomissements nerveux.
Extrait de belladone . .
Elixir parégorique .
Sirop de menthe .
Eau chloroformée . I
Eau distillée de tilleul . j
parcuill. à soupe, ou :
Chlorhydrate de cocaïne. . .
Sirop de morphine .
Eau de fleurs d’oranger .
Eau distillée . ) *
0 gr. 05
10 gr.
20 gr.
60 gr.
0 gr. 05
20 gr.
10 gr.
60 gr.
ou :
Extrait alcalin de chanv
Eau de laurier-cerise..
Eau chloroformée .
Eau de tilleul .
Sirop de codéine .
re indien . 0 gr. 05
10 gr.
;j àà 60 gr.
. 20 gr.
(Gourin, cité par Soupault).
ou encore :
Exalgine . 0 gr. 50
Chlorhydrate d’héroïne . 0 gr. 0'2
Liqueur de Hoffmann . 3 gr.
Alcoolat de mélisse. . . 5 gr. •
Sirop de fleurs d’oranger . 20 gr.
Eau chloroformée . 40 gr.
Eau distillée de tilleul . 85 gr.
Lauréats de l’Ac.adémie des sciences morales et politk^ •
— MM. les D'* J. Philippe et G. Paul-Boncour ont partan
prix Halphen pour leur livre intitulé : Les anomalies menia
chez les écoliers; étude médico-pédagogique.
Nos sincères félicitations à nos deux amis distingués, L H-
ticulier à notre dévoué collaborateur G. Paul-Boncour. N. P-
LE PROGRÈS MÉDICAL
367
Actes et thèses de la Faculté de Médecine de Paris.
Thèses de doctorat. — Mercredi, i3 juin. — M. Désormeau.v :
Préservation des nourrices et des nourrissons contre la sypliilis
(MM- Pinard, Segond, Rieffel, Maeaigne). — M. Chevalier : Contri¬
bution à l’étude du traitement chirurgical de certaines collections
uurulentes intra-pulmonaires (MM. Segond, Pinard, Rieffel, Macai-
gne). — M. Tertois : Enseignement populaire de l’hygiène par la
«ande presse (MM. Landouzy, Roger, Teissier, Lahbé (Marcel) . —
V. Maumené : t'ne oeuvre parisienne d’ Assistance de l’Enfance :
Le dispensaire de la caisse des Ecoles du VIP arrondissement, l,rue
Oudinol. Statistique de dix-huit années (1888-1905 (M. Landouzy,
Roger, Teissier, l.abhé (Marcel). — Jt/. Conenon :L’Enanthème de
la rougeole (MM. Roger, Landouzy, Teissier. Lahhé (Marcel).
Jeudi, 14 juin. — M. Gobert : Des néoplasies expérimentales pro¬
duites par l’inoculation du micrococcus neoformans (MM. Cornil,
LeDentu, Besançon, Morestin). —.1/. Français ; Etude clinique
et traitement de la lithiase du cholédoque (MM. Le Dentu, Cornil,
Besançon. Morestin). — M . Feytaud : Les anévrysmes de Taorte
d’origine rhumatismale (MM. Dieulafoy, Hutinel, Robin, Vaquez).
— M. //i/de/of: Accidents généraux de l’eczéma, en particulier chez
le nourisson (MM. Hutinel, Dieulafoy, Robin, Vaquez.— Af. Vite-
man : Régime déchloruré dans l’épilepsie (MM. Robin, Dieulafoy,
Hutinel, Vaquez.)
Ex.wiens. — Lundi, 1 1 juin. — 5° (Chirurgie, Impartie, 1” série,
Hôtel-Dieu): MM. Terrier, Delens, Gosset. — 5‘ (Chirurgie, 1" par-
tie,2" série, Hôtel-Dieu): MM. Kirniisson, Broca (Aug.), Duval (Pierre).
— 5' (Chirurgie, 1" partie, 1" série. Charité) : MM. Reclus, Tuftier,
Mauclaire. — 5" (Chirurgie, 1" partie, 2* série. Charité) : MM. Se¬
gond, Legueu, Proust. — 5* (2* partie, Charité) ; MM. Déjerine,
Teissier, Balthazard.
Mardi, 12 juin. — 5' (Chirurgie, 1" partie, 1” série, Hôtel-
Bien) ; MM. Guyon, De Lapersonne, Rieffel. • — 5* (Chirurgie, 1”
partie, 2* série, Hôtel-Dieu): MM. Le Dentu, Poirier, Morestin.
— 5* (Chirurgie, 1" partie, i'" série. Charité) : MM. Berger, Hart¬
mann, Marion. — 5' (Chirurgie, 1” partie, 2' série, Charité : MM.
Pozzi, Thiéry, Auvray. — 5' (2” partie. Charité) : MM. Dieulafoy,
Renon, Carnot. — 5* (Obstétrique, 1" partie. Clinique Tarnier) :
MM. Budin, Demelin, Brindeau.
Mercredi, i3 juin. — Médecine opératoire (Ecole pratique) :
MM. Kirmisson, Delens, Cunéô. — 3' (ï* partie. Laboratoire des tra¬
vaux pratiques d’anatomie pathologique) : MM. Gautier, Blanchard,
Legry. — 2' (Salle Richet) : MM. Ch. Richet, Broca (André),
Branca. — 3‘ (2' partie. Oral, Salle Béclard) ; MM. Brissaud,
Gaucher, Balthazard. — 5“ (Chirurgie, 1" partie, 1" série, Laënnec) :
M-M. Terrier, Legueu, Gosset. — 5* (Chirurgie, 1" partie, 2“ sé¬
rie, Laënnec) : MM. Reclus, Mauclaire, Duval (Pierre). — 5' (Obs¬
tétrique, 1" partie. Clinique Baudelocque) : MM. Lepage, Wallich,
Potocki.
Jeudi, I4 juin.— Médecine opératoire (Ecole pratique) : MM. De
Lapersonne, Thierry, Auvray. — 3” (2’ partie, Laboratoire des tra-
vaiK pratiques d’anatomie pathologique) : MM. Chantemesse,
Guiart, Maillard. — 1" (1" série. Oral, Salle Pasteur) : MM.
t «zzi, Retterer,Rieffel. — 1" (2- série. Oral, Salle Charcot) : MM.
corner, Launoîs, Marion.— 3*(2' partie. Oral, Salle Broussais) .MM.
■foffroy, Thiroloix, Méry.
y /5 juin. — 5* (Chirurgie, 1” partie, 1" série, Necker) :
.. Kirmisson, Delens, Legueu. —5* (Chirurgie,!" partie, 2"
^Me, Necker) : MM. Reclus, Mauclaire, Gosset. — S* (Obst., 1"
partie, Clinique Baudelocque) ; MM. Pinard, Wallich, Potocki.
ctamedi. 1 6' juin. — 3” (2' partie. Laboratoire des travaux prati-
(0**1 pathologique): MM. Cornil, Desgrez. Guiart. — 1"
L 'J® ^alleCorvisart) : MM. De Lapersonne, Thiéry, Launois. —
re série. Oral, Salle Béclard) : MM. Le Dentu, Rette-
IV . — B” (P* partie, 2” série Oral, Salle Charcot) : MM.
•ner. Bar, Morestin : — 5” (2‘ partie, 1" série, Beaujon) : MM.
n Méry, Rénon. — 5' (2* partie, 2" série, Beaujon) ; MM.
an» t’ Jeanselme. — 5' Obstétrique, (1" partie, Clini-
larnier) ; MM. Budin, Demelin, Brindeau.
DU ci.iNicAT. — Un concours pour les emplois va-
■Hédr ■ de chefs de clinique s’ouvrira le lundi ISjuin 1!JÜ6;
ni(iu*^***f. chefs de clinique titulaires et trois chefs de cli -
ObJ.^.^PiDints. — Chirurijie : Un chef de clinique titulaire. —
: Deux chefs de clinique titulaires et deux chefs de
tulaire* ^^jLints. — Maladies mentales : Un chef de clinique ti-
niqng ’ ~ Maladies cutanées et syphilitiques : Un chef de cli-
chef J “D. chef de clinique adjoint. — Médecine infantile : Un
triïe ‘®*‘iue fdulaire et'un chef de clinique adjoint. — S’ins-
8ans 1906. Tous les docteurs en médecine français,
ç uPite d’âge, sont admis à concourir.
l’.adjuvat. — Ce concours s’est terminé par la
lut_ “On de: MM. Mocquot, Picot, Sauvé, Barbier et Guirabel-
NOÜVELLES
Natalité db Paris. — Du dimanche 20 au samedi 26 mai
1906. les naissances ont été au nombre de 979, se décomposant
ainsi : légitimes 723, illégitimes 256.
Mortalité a Paris. — Population d’après le recensement de
1901 : 2.6fi0.559 habitants. Les décès ont été au nombre de 904,
savoir : 468 hommes et 436 femmes. Les décès sont dus aux
causes suivantes : Fièvre typhoïde (typhus abdomin.) : 7. —
Typhus exanthématique : 0. — Fièvre intermittente et cachexie
palustre : 0. — Variole : 0. — Rougeole : 11. — Scarlatine :l.
— Coqueluche : 7. — Diphtérie et Croup : 6. — Grippe : 5.
— Choléra asiatique : 0. — Choléra nostras : 0. — Autres
maladies épidémiques : 2. — Tuberculose des poumons : 210. —
Tuberculose des méninges : 19. — Autres tuberculoses : 16. —
Cancer et autres tumeurs malignes : 60. — Méningite simple : 20.
— Congestion hémorrhagique et ramollissement du cerveau : 43.
— Maladies organiques du cœur ; 55. — Bronchite aiguë : 4.
— Bronchite chronique : 7. — Pneumonie ; 33. — Autres affec¬
tions de l’appareil respiratoire ; 82. — Affections de l’estomac
icancerexc.) : 4. - Diarrhée et entérite de 0 à 1 an : sein : 2 ; au¬
tre alimentation ; 10. — Diarrhée et entérite de 1 à2 ans : 1 . — Her¬
nies, obstruction intestinale : 14. — Cirrhose du foie : 16. — Néphrite
at mal de Bright : 24. - Tumeurs non cancéreuses et autres ma¬
ladies des organes génitaux (femmes) : 5. — Septicémie puerpérale
(fièvre, péritonite, phlébite puerpérale) : 6. — Autres accidents
puerpérautt de ia grossesse et de l’accoucnement : 0. — Débilite
congénitale et vices de conformation ; 26. — Débilité sénile : 44.
— Morts violentes : 31 . — Suicides : 15. — Autres maladies: 122.
— Maladies inconnues ou mal définies : 1 1 .
Mort-nés et morts avant leur inscription: 91, qui se décom¬
posent ainsi : légitimes 70, illégitimes 21.
Nouveau doyen de la Faculté de Toulouse. — M. le P'
Caubet est nommé doyen pour une période de trois ans.
Ecole de plein exercice d’Aloer. — Un concours s’ouvrira,
le 22 octobre 1906, devant la Faculté de médecine de Montpellier,
pour l’emploi de suppléant des chaires d’anatomie et de physiolo¬
gie à l’Ecole de médecine d’Alger.
Ecole de plein exercice de Marseille. — Un concours s’ou¬
vrira, le 12 novembre 1906, devant l’Ecole supérieure de phar¬
macie de Montpellier, pour l’emploi de suppléant des chaires de
pharmacie et de matière médicale à l’Ecole de médecine de Mar-
Ecole de plein exercice de Nantes. — Deux concours s’ou¬
vriront le 8 octobre 1906, l’un pour l’emploi de chef des travaux
de bactériologie et l’autre pour l’emploi de chef des travaux de
chimie .
Ecole préparatoire d’Amiens. — Un concours s’ouvrira, le 5
novembre 1906, pour l’emploi de chef des travaux d'anatomie et
d'histologie.
Ecole préparatoire d’Angers. — Un concours s'ouvrira, le
22 novembre 1906, devant l’Ecole supérieure de pharmacie de Pa¬
ris, pour l’emploi de suppléant de la chaire de pharmacie et ma¬
tière médicale à l'Ecole de médecine d'Angers.
Ecole préparatoire de Clermont. — Un concours s’ouvrira,
le 12 novembre 1906, devant la faculté de médecine de Toulouse,
pour l'emploi de suppléant de la chaire d’histoire naturelle à l'E¬
cole de médecine de Clermont.
Ecole préparatoire de Limoges. — Un concours s’ouvrira le
12 novembre 1906, devant la faculté de médecine de Bordeaux
pour l’emploi de suppléant des chaires de physique et de chimie à
l'Ecole de médecine de Limoges.
Muséum d’histoire naturelle. — Par décret en date du 30
mai 1906, rendu sur le rapport du .Ministre de l’instruction publi¬
que, des beaux-arts et des cultes, M. le D'' Trouessart (Edmond-
Louis) est nommé professeur de zoologie (mammifères et oiseaux)
au Muséum d’histoire naturelle, en remplacement de M. Oustalet,
décédé.
Henri Ibsen le célèbre dramatui-ge qui est mort le 23 mai, était
né à Skien le 20 mars 1828. Il se destina d’abord à l’exercice
delà médecine et,à l’âge de seize ans, il entrait chez un pharma¬
cien qu’il (juitta bientôt pour se consacrera la littérature.
Mort d’on médecin. — Auch. — M. Emmanuel Belliard, âgé
de vingt-cinq ans, qui avait récemment subi avec succès son der¬
nier examen de doctorat en médecine lils du maire de Terraube,
près Lectoure, a fait une grave chute de bicyclette sur la route de
Fleurance. Après s’être rendu dans une métairie voisine pour la-
368
LE PROGRÈS MÉDICAL
ver ses blessures, il voulut rentrer' seul à son domicile, mais il fut
trouvé plus tard évanoui au bord d'un fossé. Transporté chez ses
parents.le jeune homme mourut sans pouvoir reprendre la pa¬
role {A urore 24 mai .
Chronique des hôpitaux.
Le 31 mal 1906, M. Mesureur a adressé aux directeurs des hôpi¬
taux la circulaire suivante au sujet des vacantes: « MM. les mé¬
decins, chirurgiens et accoucheurs des hôpitaux, m'ont demandé
à être renseignés, au moment où ils sont appelés à faire choix
des remplacements de vacances, sur l’époque probaljle à laquelle
MM. les chefs de services sont dans l’intention de s'absenter. Ces
derniers comprendront, j’en suis certain, combien cette demande
est légitime, et ils voudront bien faciliter la tâche de l’Administra¬
tion en vous donnant dès maintenant à ce sujet des indications.
Je vous prie, en conséquence, de les pressentir à ce sujet, et de
m’envoyer, avant le 20 juin, dernier délai, l’état fixant les dates
de départ et de rentrée de MM. les chefs de service.
Concours de médecine des hôpitaux. — Ce concours s’est ter¬
miné par la nomination de MM. Milian, André Jousset et G. Guil-
CoNCOURS DE chirurgien DES HOPITAUX. — Le jury du nouveau
concours, qui s’ouVrira le 11 juin, est formé de MM. Delens, Ri¬
card, Segond, Delbet, Lannelongue. Berger et Klippel.
Amphithéâtre d’anatomie des hôpitaux. — Cours et exerci¬
ces techniques de médecine opératoire régionale sous la direction
de M. Pierre Sébileau, avec l’assistance de MM. Chifohau et Che¬
vrier. proseefeurs. — Opérations sur l’œil et Les annexes de l'œil,
par M. V. Morax, ophtalmologiste de l'hôpital Lariboisière. Ce
cours commencera le lundi 4 juin. ■ — Il aura lieu à 1 h. 1|2. L
Technique opératoire et asepsie opératoire. — Lundi 4 juin. — IL
Opérations sur les paupières. — Mercredi 6 juin. — III. ( )péra-
tions sur l'appareil lacrymal. — Vendredi 8 juin. — IV. Opéra¬
tions sur la conjonctive et la sclérotique. — Lundi 11 juin. — V.
Opérations sur la cornée. — Mercredi 13 juin. — VL Opérations
sur l’iris. — Vendredi 15 juin. — VII, VIII. Opérations sur le
cristallin et extraction des corps étrangers magnétiques. — Lundi
18, Mercredi 20 juin. — IX. Opérations sur les muscles oculaires.
— Vendredi 22 juin. — X. Opérations sur l’orbite. — Lundi 25
juin. — Les élèves répéteront les opérations sous la direction des
Prosecteurs, des aides d’anatomie et de plusieurs moniteurs. Le
nombre des élèves est limité. Le droit à verser est de 80 francs.
Le cours est gratuitpour les Internes des hôpitaux. Sé faire ins¬
crire : 17, rue du Fer-à-Moulin, de 10 heures à 4 heures.
Hospice de la Salpêtrière. — Le D'' Deny : conférences
cliniques sur les maladies mentales, le dimanche à 10 heures, sec¬
tion Rambuteau.
Hospice de Bicêtre (Fondation Vallée). Rue Benserade, 7, à
Gentilly. — M. Bourneville. Visite du service (gymnastique, tra¬
vail manuel, écoles, et présentation de malades) le samedi à 10 h
très précises. Consultations médico-péda'jogiques, gratuites pour
les enfants indigents atteints ùe maladies du système nerveux, le
jeudi à 9 h. 1/2.
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
Librairie O. DOIX,
R, place de LOdéon.
Mirovitch. — L fluence nocive de Tautomohilisme'et du cyclisme
sur la vision et les moyens d’y remédier. In-8“ de 12 pages.
Robin (A.|. — Leçon d’ouverture. In-8° de 02 pages.
Librairie MASSOX et Lie
120, boulevard Saint Germain.
Rodet (Paul). — Nomenclature anatomique en quatre langues
(Latin, Français. Anglais. Espéranto). 1 vol. In-8'> de 76 pages.
Prix . . . . lfr.5Ü
Librairie H. PAI LLV
21, rüe Ilautefeuîlle.
Clinique et thérapeutique spéciales. — Manuel du praticien
tome IL — Chirurgie et orihopédie, par Mouchet, ancien chef
de clinique, assistant de chirurgie aux Enfants-Malades ; Maladies
dés voies «rinatm', par Cathelin, chef de clinique à l’hôpital
Necker ; — Gynécologie, par Iselin, chef de clinique adjoint â
l’hôpital Necker ; — ' Obstétrique, par Devraigne, ancien in-
I terne des hôpitaux ; — Eleclrothérapie et radiothérapie, par
Delherm, ancien interne des hôpitaux.
Chervin. — Les troubles de la parole. In-8® de 16 pages.
Association française pour l’avancement des sciences.
Monsseaux (A). — La lithiase rénale chez les tuberculeux sura¬
limentés. In-8“ de 28 pages. Archives générales de Médecine.
Schlemmer. — Rapport à la sous-commission de l'industrie
hydrominérale et climatique sur l.a recherche des moyens propres
à favoriser le développement de cette industrie en France. In-8“
de 44 pages. J. Gainche,à Paris.
Verd-alle iH.). — Action de l’arsenic et des eaux chlorurées
sodiques arsenicales sur le diabète, In-8'’ de 20 pages. Davy, à
Paris.
Loquin (Louis). — Contribution à l’étude clinique du saliey;-
arsinate de mercure (énésol) 1 vol. in-S” de 96 pages, Schneider à
Lyon.
Nicolas (J.j. — Asthme et grossesse. In-8“ de 12 pages, Mont-
Louis à Clermont-Ferrand.
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état convulsif, et toutes maladies ou indispositions dans les¬
quelles un laxatif est nécessaire.
de 2 mois à 2 ans : 1 cuillerée à café par jour.
I de 2 ans â 5 ans : 1 cuillerée à dessert par jour.
I de 5 ans à 15 ans : 1 cuillerée a soupe par Jour.
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pour leurs enfants, car le meilleur des dépuratifs est encore un
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de Clignancourl, Paris. i Mémoires déposés a l’Acade®* .
Médecine, 23 mars 1897. 8 mal 1898). L'extrait de ces Mem®
est adresse gracieusement a tous les médecins qui
feront la demande. Renseignements gratuits et prix de /«
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16 JUIN 1906
Le Progrès Médical
goMMAIRE ; Obstétrique ; De l’embryotomie sur l’enfant
’ Vivant, par Budin. — Bulletin : L’enseignement professionnel
des infirmières au congrès pour la répression de l’exercice illé-
È le la médecine, par J. Noir. — Sociétés Savantes ; Aca-
ie des Sciences : Rapports des états émotifs et des états
d’infection, par Vaschide ; Rôle pathogénique des adénopathies
bronchiques, par Arthaud ; Sur la fréquence et le tôle étiologi-
qne probable de l’uncinaria araericana dans le béri-béri, par
ÿoc ■ Destruction des trypanosomes dans la rate, par Rodet et
Vallet ; Contribution à l’étude cytologique des bactéries, par
Gnillemond ; Sur l'excrétion des purines et de l’acide urique
endogènes, par Fauvel (c. r. de Mme Phisalix). — Société de
bioloyie : Corps thyroïde et faim, par Lévy et de Rothschild ;
Pathogénie de la néphrite interstitielle chez les artérioscléreux,
par Josué et Alexandrescu ; Vibrion septique, allobiimmunisa-
tion, par Rosenthal ; Ictère chronique simple post- typhique,
par Gilbert et Lereboullet ; Variations quotidiennes du taux uri¬
naire chez les hépatiques, par Gilbert et Lippmann ; Acide
jdwsphorique, son influence sur les échanges nutritifs, par Des¬
prez et Mlle Guende ; Virulence du liquide de la pleurésie
séreuse, par Jousset et Cartier ; Eosinophilie dans la filariose
sous -cutanée, par Billet (c. r.de Mme Edwards-Pilliet.) — So¬
ciété de chirurgie : Plaies pénétrantes de la poitrine ; Perfora¬
tions utérines, par Picqué ; Jéjunostomie, par Guisard ; Abcès
cérébral, par Delbet ; Jéjunostomie, par Quénu; Plaies du pou¬
mon par coup de feu, par Routier ; Luxation du semi-lunaire,
par Delbet (c. r. de Catz.l — Société Médicale des Hôpitaux :
Lutte contre l’absinthe ; Voie rectale pour l’administration de
l’iodure de potassium en cas d’intolérance gastrique, par Quey-
rat ; Lymphocytose dans un cas de zona du plexus sacré, par
Queyrat ; Méningite tuberculeuse sans lymphocytose, présence
d’une notable quantité d’albumine dans le liquide rachidien, par
Rénon et Tixier ; Influence des hydropisies sur l’élimination
urinaire, par Achard (c. r. de Friedel.) — Société de Médecine
de Paris : (c. r. de Buret.) — Revue de thérapeutique.—
Varia. — Les congrès. — Formules. — Actes et thèses
de la faculté de médecine de Paris. — Nouvelles. —
Chronique des hôpitaux.
OBSTÉTRIQUE
Clinique Tarnier : M. le P'^ P. BUDIN.
De l’Embryotomie sur l’enfant vivant (1).
Messieurs,
Nous avons eu, il y a quelques jours, l’occasion de
pratiquer dans cette Clinique une opération qui, pour
être actuellement rare, n’en présente pas moins un très
haut intérêt. Laissez-moi vous rappeler tout d’abord
les principaux points de l'observation qui m’a été re¬
mise par le chef de clinique, M. Paul Guéniot.
Femme de 23 ans, secondipare.
Première grossesse : dernières règles le 4 août 1902. Ac-
Mnchement spontané le 3 mai 1903. Elle était entrée en
travail le 2 mai à 5 heures du matin ; les membranes se rom¬
pirent à 6 heures du soir. Elle accoucha le 3 mai à 2 heures
1 après-midi, il y avait eu administration d'ergot de seigle
^r une sage-femme. L’enfant, de poids normal, serait mort,
“''■®l*e,cinq minutes après sa naissance.
Quatre jours plus tard, elle aurait été atteinte de phlébite
«de sciatique, et, vers le 3 juin 1903, elle entrait à l’hôpital
•'^ral où elle restait 3 semaines environ.
I ^®oiide grossesse ; les dernières règles se sont terminées
*1 mars 1905 ; la gestation fut normale.
bes douleurs commencèrent le? janvier à 7 heures du ma-
La malade perdit les eaux à midi. Le travail se prolon-
se présenta l’après-midi dans un hôpital, mais là,
Dïfu? ^‘^flcultés pour se laisser examiner et, mécontente, en
presque aussitôt.
soif” appelé chez elle tenta, vers 7 heures 1/2 du
plusieurs applications de forceps qui furent in-
alors cette femme à la Clinique Tarnier, où elle
® heures du soir, dans un tel état d'exaspération
^Orofff ‘i'iL pour pouvoir l'examiner, lui donner du
lioj „ car elle s’opposait absolument à toute explora-
anesthésie.
dur,contracté,le segment inférieur est aminci,
‘anneau de Bandl remonte à un travers de main
^ttche T delà symphyse. Le dos du fœtus semble à
anmmetse présente, non engagé, mais fortement
un Coin sur le détroit supérieur ; la position
la cliniqu» Tarnier le 10 janvier 1906, recueillie
Jeannin, ancien chef de clinique, et revue par le j
est oblique, en O. 1. G. A. Le col est dilaté presque complète¬
ment, il paraît un peu revenu sur lui-même, on sentun léger
rebord cervical. La vulve est tuméfiée, œdémateuse: pour
sonder la femme tout à l'heure, avant d’appliquer le forceps,
on aura beaucoup de peine à trouver le méat urinaire.
Le vagin présente, sur sa paroi latérale gauche, une déchi¬
rure, un véritable trou, dans lequel le petit doigt s’engage
et se perd dans le tissu cellulaire péri-vaginal. il y a un ré¬
trécissement modéré du promonto-sous pubien qui mesure
11 centimètres environ, mais le bassin est généralement ré¬
tréci. Les bruits du cœur fœtal sont un peu soufflants, peut-
être un peu lents, mais assez intenses. Tel est le résultat de
l’examen du moniteur de garde, puis de M. PaulGuénioL
Après s’être concerté par le téléphone avec M . Demelin,
M. Guéniottente, à 11 heures 1/2, une application de forceps:
application au détroit supérieur sur le sommet en 0. 1. G.A.
mais avec une fontanelle postérieure située très en avant,
dans une position en somme peu éloignée de la position di¬
recte, occipito-pubierine. L’application est faite suivant la
technique classique. Les tractions ne produisent pas la moin¬
dre descente de la tête.
M. le D'- Demelin est prévenu. Ilarriveà uneheure et quart
du matin, examine longuement la femme et constate qu’il
s’agit d'un bassin de Nægelé. Du côté droit, la ligne inno-
mlnée est redressée, le bassin absolument aplati, l'aileron
sacré n’existe pas, et l’on tombe en arriére sur une encoche
étroite entre l’os iliaque et le promontoire. A gauche, on
trouve, au contraire, l’articulation sacro-iliaque normale.
La symphyse pubienne est déjetée du côté gauche. L’explo¬
ration externe montre que l’épine iliaque postéro-supé-
rieure droite touche presque la ligne des apophyses épineu¬
ses. La fesse droite est sensiblement plus étroite que lagau-
che et ne me.sure que 12 centimètres du côté externe du
grand trochanter au sillon interfessier, tandis que la fesse
gauche en mesure 18.
L’état de la femme est sérieux, sa température est de 38“,
les bruits du cœur fœtal persistent, sans s’être sensiblement
modifiés depuis l'arrivée à la Clinique. Telle est la situation
après une nouvelle application de forceps au détroit supé¬
rieur, sur le sommet placé maintenant en position directe
O. P., tentée par M. Demelin. Estimant que l’opération cé¬
sarienne suivie d’hystérectomie ou la pelvitomie sont très
graves dans la situation où se trouve cette femme, et pen¬
sant d’ailleurs que l'enfant est trop compromis, M. Demelin
demande par téléphone l’opinion de M. Budin.
Quand M. Demelin m’eut exposé les faits, sans ce¬
pendant formuler son opinion, je lui dis : « Alors il
s’agit d’un cas de conscience ? Faut-il oui ou non faire
l’embryotomie, bien que i’enfant soit encore vivant ?
370
I.H PROGRÈS MÉDICAL
— Oui, il s'agit d’un cas do conscience.
Je n’hésite pas, je conseille rembryotomie, l’enfant
et la mère sont en danger, il faut tout faire poursauver
cette dernière.
— C'est exactement ce que je pense, me répondit. M.
Demelin. El il fit la basiotripsie, qui ne présenta aucune
difficulté. »
L’enfautjSans la substance cérébrale, pesait 3. 1.50
grammes.
Les suites de couches furent aussi bonnes qu’il était
possible de le souhaiter après les examens et les inter¬
ventions multiples que celte femme avaitsubis en ville
et à l’hôpital.
Le 8 janvier, à la visite du matin, la température
axillaire est de 38°2 : le soir elle ne fut plus que de 37“2.
Le 9 janvier on note 37°2 le malin et 37‘’6 le soir. Le
10, 37"4le matin, 36'8 le soir. A partir de ce moment, la
température ne s’éleva pas au-dessus de 37". L’œdème
vulvaire diminua peu à peu, puis disparut (1).
Voici donc un cas où nous avons conseillé l’embryo¬
tomie sur l’enfant vivant. Une pareille pratique a "été
l’objet de chaudes discussions.
Elle s’est tout d’abord trouvée en contradiction avec
lan^anièrede voir de l’Eglise.
En octobre 1878, je me promenais avec le Prof. Eug.
Hubert (de Louvain), et nous discutions certains points
de conduite obstétricale qui pouvaient être embarras¬
sants. 11 me raconta dans quelle pénible situation il s’é¬
tait trouvé quelque temps auparavant. Une femme, dont
le bassin était fort rétréci par le rachitisme, avait été
amenée à l’hôpital : comme elle ne pouvait accoucher
et que l’enfant était vivant, il lui proposa l’opération cé¬
sarienne ; elle la refusa. Eug. Hubert, fervent catho¬
lique, ne voulut point pratiquer l’embryotomie, et pen¬
dant deux jours il assista plein d'angoisses au drame
qui se déroulait devant lui : la malade ne voulant point
accepter l’opération césarienne qui, sûrement alors, lui
faisait courir de grands risques, lui, ne se croyant pas
le droit de sacrifier un enfant vivant. Quand la mère
entra en agonie, on entendait encore les bruits du cœur du
fœtus ; tous deux succombèrent presque simultanément.
frès troublé, très remué par ce fait, Eug. Hubert
alla consulter un évêque jouissant d’une grande répu¬
tation pour lui faire part de son émotion et de ses scru¬
pules pour l’avenir. L’évôque se rallia à l’opinion que la
femme, qui allait mourir par la faute de son enfant,
pouvait être considérée comme en état de légitime dé¬
fense ; elle ne voulait pas courir les risques d’une opéra¬
tion césarienne, on avait le droit do la protéger et de
sacrifier l’enfant par l’embryotomie.
Eug. Hubert, dans l’édition del885deson Coursd’ac-
couchement, paraît prêt àse rattacher à cette opinion ;
voici ce qu’il a écrit è propos des faits de ce genre :
i' Mon père asoutenu que la femme ne se trouvait
pas dans un cas de légitime défense et que, par consé¬
quent, le meurtre de l’enfantn’est pas susceptible d’une
justification complète. H croyait défendre l’enseigne¬
ment de l’Eglise. Mais si, à celle époque, les théologiens
étaient unanimes à condamner le foûicide, il n’en est
lus de même aujourd’hui : Avanzini, Viscosi, d’Anni-
ale, Pennachi et d’autres théologiens encore, depuis
une q^uinzaine d’années, essaient de démontrer la licéi¬
té dufœticide, et Rome, en ce moment même, nous as-
sure-t-on, est saisie de la question. »
En effet, la Sacrée Congrégation du Saint-Office lut
(l)I.a malade sorlil iilléi-ieuremeni le 21 janvier, elle se Irouvait
en e.xeellenlétat.
consultéesur ce point : « Peut-on enseigner, en sùt(
de doctrine, dans les écoles catholiques, qu’il est peu
de pratiquer la craniotomie, lorsque, faute de cette op^(
lion la mère et l’enfant périront tous deux, tandis qn',
contraire celte opération en faisant périr l’enfant sam
rait la mère? » Elle répondit qu’une pareille condni
ne pouvait être enseignée en sûreté de doctrine.
En 1888, la môme Congrégation du Saint-Office élei
dait celle réponse négative à toute opération qui aurai
pour effet direct la mort du fœtus.
Cette manière de voir a été, il y a quelques années, dj,
fendue par MM. Moureau et Lavrand i^l) dans leurs «U
çons pratiques de déontologie médicale » .
M.le D" Thoyer-Rozat,actuellemcnt professeur agréji
à la Faculté de médecine de Toulouse, a fait alon
la critique détaillée des opinions soutenues par cesat
tours. Il s’en est suivi entre eux trois une courte poK.
mique dont on lira avec intérêt le détail dans la Prem
médicale de 1902. Qu’il me suffise de dire qu’un cer<
tain nombre d'accoucheurs catholiques ont écrit à .1
riioyer-Rozat pour l’assurer qu’ils partageaient sa ma¬
nière de voir.
Mais laissons absolument de côté les opinions reli¬
gieuses qui peuvent varier suivant les pays, et n’en¬
visageons les choses qu’au point de vue médical, ai
point de vue humain.
La question semblait pour les médecinsàpeu pièsdé-
finilivement tranchée lorsque, il y a quelques années,
le Prof.Pinard, avec toute l’autorité de son enseigne¬
ment, lança contre l’embryotomie sur l’enfant vivant ni
anathème resté célèbre. Et pourtant nous continuonsi
pratiquer cette intervention.
Il est tout d’abord des cas où l’enfant, bien quevh
vant, est tellement compromis qn’une opération san¬
glante, césarienne, symphyséotomie ou pubiotomie
n’arrivera probablement pas à le sauver.
S’il existe de l’infection amniotique, il faudrait sou-
veut faire suivre la césarienne de l’ablation de ruléius,
mais alors la femme devient définitivement stérile-
Or, il nous semble qu’on peut assimiler une pan
turiente à une malade atteinte d’une affection dont elle
meurt fatalement si on no fait rien, mais Job'
elle guérira par une intervention. Dans ce dernier cas.
l’opération est indiscutable ; pour la femme enceinte, i'
y a tout intérêt à ne pas la priver de son utérus. Lofi
d’une grossesse ultérieure, jl nous sera bien souven
possible d’obtenir un enfant vivant, grâce par exem¬
ple à l’accouchement prématuré artificiel. . ■.
Que pensent en réalité les accoucheurs français a
étrangers de l’embryotomie sur l’enfant vivant ? b» '*
ment-ils avec le Prof.Pinard que l’embryotomie surl c®'
faut vivant a vécu ? Ou sont-ils d’avis de la conser'f®
en pratique ?
Si nous nous reportons à la discussion qui eut U
à la Société obstétricale de France en 1899, sur le
rallèle entre les diverses opérations pratiquées j
viciations pelviennes, nous voyons que le
Charles, de Liège, s’est montré nettement partisan
fœlicide thérapeutique quand il se trouve dans la
cessilé d’y recourir. « Oui, dit-il, je ferai
tomie et je le dis ici parce que, à un moment ,
décret d’excommunication a été lancé contre
coucheur qui, aujourd’hui, oserait pratiquer 1
tomie sur l’enfant vivant. Ce décret, je Tai releve^^^^
(IjChanoine Mocbe.vi- et Docteur I...\vitAND.—Z.e
1 vol., chez Lelhielleux. Paris, PJOl.
LE PROGRÈS MÉDICAL
371
■'ai attendu en vain la bulle, rien n'est arrivé. Je relève
J. nouveau ce décret à celle' tribune, chiffres en
mains. On a dit que l’accoucheur qui pratiquait l’em-
bryotoniic n’oserait pas se présenter ; eh bien I me
'°fpciit-on faire la perforation sur l'enfant vivant ?
„ Je m'élève contre l’opinion de quelques-uns, qu’il
faut, pour agir, attendre la mort de l’enfant : c’est
fenseisncment de certaines Facultés. Je repousse celte
façon de procéder, car alors tous meurènt, et la mère
et l’enfant. C’est une pratique que je ne comprends
(Juant à moi,jele déclare catégoriquement, je n at¬
tends pas la mort du fœtus, et je no pense qu’à sauver
la femme le mieu.K et le plus vite possible. Du reste,
Icsaccoucheiirsdont je viens de blâmer la conduite font
le plus souvent le simulacre d’ausculter ; ils disent
bientôt qu’ils n’entendent plus rien et ils opèrent. Ce
procédé jésuitique me déplaît : mais en somme, les
praticiens en question agissent comme nous, ce dont
je les félicite. »
' Dans la discussion qui suivit le rapportde Charles, le
professeurFochier, de Lyon, s’exprima ainsi : «Aussi,
suis-jerevenu à mes anciennes idées que la vie de l’en-
fantn’apas lamème valeurquccelle de la mère. J’estime
qu’on n’a pas le droitd'opérer lafemmesans la prévenir
(le la gravité de l’intervention et sans obtenir son con¬
sentement préalable : on ne doit pas opérer si on craint
pour la vie de l’enfant ou s’il y a infection, même lé¬
gère. Je redeviens de plus en plus embryolomislc,nc
voulant pas qu’on fasse à autrui ce que je ne voudrais
pas qu’on me fît à moi-môme. »
Le Prof. Herrgott (de Nancy) approuva pleinement la
floclrine de Charles : « Je partage tout à fait, dit-il, Pa-
'*5 de M. Charles : quand on croit qu’un accouchement
ac peut être terminé que par une opération (opération
césarienne ou symphyséotomie i qui est refusée parla
emme, ou par l’embryotomie, il ne faut pas attendre,
pour mettre sa conscience à l’abri, que l’enfant ait
®iecombé. Agir ainsi, c’est perdre le seul but que l’ac-
coqcheurpeuteucorealteindre, celui de sauver lafemme
v" pourrait, par une attente prolongée, succomber et
cid'o"" la victime d’un véritable scrupule horai-
question dufœticide thérapeutique fil de
même Société obstétricale de
iportanle discussion. Je tiens à
ir lesquelles Fochier finissait sa
devant celte
vo?'-’ ci'dde irr
». J les paroles pj
'«'nmunicalion : ^
brv que dans ces opérations (césarienne et em-
el'q la mortalité maternelle était réduite à 10 0/0
jcfai f Mortalité fœtale était pratiquement supprimée
ac ^ Purt très belle aux proscripteurs du fœticide),
*aaiir° p" ^d’on ne devait plus sacrifier les enfants
plusaiu • avons entendu à Paris une voix des
jours av*^*^***^*^®’ plus éloquentes, que j’écoule tou-
proçjg '^‘^dne affectueuse sympathie,celle de M. Pinard,
des principes aussi absolus que ceux des
i* h\é q ^ornaines. J’ai bien lu, bien réfléchi, et
"•içuçg du pas à déclarer que, sur ce point, ma cons-
Et :!• désacord avec la sienne.
^eduit *îd.ulque haïssable que soit le moi, j’en suis
l^l*liqüe^ » l'c ma pufsonnalilé, à faire une confession
‘ja publi I ^ soumettre avec sincérité au jugement
*** la vie ^ûdical. Tant qu’une opération conservatrice
““'nbre ,1 '’,’’®"ldnt menacera la mère d’un certain
U chances de mort, je ne me crois pas auto¬
risé à imposer cette opération à la mère sans l’avertir
et lui laisser le droit de choisir. Je me crois non seule¬
ment le droit, mais le devoir de tuer un enfant, lors¬
qu’une femme adulte, consciente, me demande de la
défendre contre un être inconscient, dont l’existence
est aussi aléatoire que celle d’un nouveau-né. Du mo¬
ment où la fécondation est accomplie, l’existence de
l’embryon est digne de considération, mais nous ne
pouvons moins faire qu’établir des degrés dans
cette considération, et un avortement nous répugnera
toujours moins que l’embryolomie d’un fœtus viable.
Mais est-ce que nous ne devons pas aussi poursuivre
plus loin ces distinctions, est-ce qu’il nous est permis
de comparer l’existence d’un fœtus viable à celle d’une
femme adulte '? Est-ce que nous pouvons calculer la
valeur d’une femme adulte en prenant pour unité la
valeur d’un fœtus à terme ? Poser ainsi le problème,
c’est montrer qu’il n’y aucune comparaison possible.
La femme adulte est mon semblable, elle a la môme
horreur de la mort que moi, les mêmes droits à la vie ;
je suis seul à même de la défendre contre l'ennemi qui
la menace, qui est une possibilité d’existence et non pas
une existence consciente. Elle est confiée ou se confie à
mes soins :je dois ta défendre, je dois tuer, si elle ne con¬
sent pas à courir quelques chances de mort pour avoir
un enfant vivant. Je dois tuer et je lue sans remords,
sinon sans répugnance et sans regrets.
.« Depuis deux ans, je suis d’une sensibilité affective
peut-être morbide, mais cette sensibilité se porte aussi
bien sur l’enfant que sur la mère. Je ne quitte presque
pas l’auscultation du cœur de l’enfant pendant la pé¬
riode d’expulsion et mon forceps est toujours prêt.
Lorsque j’ai à faire une embryotomie, il m’est impossi¬
ble délaisser ausculter le cœur du fœtus par un assis¬
tant. Je crois donc devoir être classé parmi les sensitifs ;
eh bien !je puis affirmerquejen’éprouveaucune indéci¬
sion à la pensée de ce que ma conscience m’impose.
J’ai fait mon devoir, je le ferai encore. »
M. Porak, s’associant d’ailleurs à la manière de voir
de Fochier, remarque judicieusement combien en pra¬
tique, un pareil cis se rencontre rarement. C’est ainsi
qu’à la Maternité il n’a eu à faire qu’une seule basio-
tripsie sur l’enfant vivant, sur plus de 15.000 accouche¬
ments !
Le Prof. Ilerrgoltinsistesur la nécessité où se trouve
parfois l’accoucheur de se conformerà la volonté de la
parturiente ! « Pour éviter l’embryotomie et avoir un en¬
fant vivant, nous pouvons pratiquer une opération,
la symphyséotomie ou l’opération césarienne. Celte
opération, avons-nous ledroit de l’imposer à la femme '.’
Je ne le crois pas.
« Je sais que telle n’est pas la manière de voir de mon
éminent ami le prof. Pinard, mais l’intensité de mon
affection ne me permet pas cependant, à mon grand
regret, de modifier cette manière de voir, cette convic¬
tion, qui m’est imposée par ma conscience.
« Je ne crois pas que le médecin ait le droit de faire
à une femme une opération qui mette sa vie en danger
et qu elle refuse.
« Si nousn’avonspascedroit, par contre, nous avons
le devoir de tout tenter pour faire accepter une inter¬
vention qui nous permette de sauver la mère et l’en¬
fant. '
« Nous devons donc perfectionner notre technique
opératoire, notre antisepsie, les conditions d'interven¬
tion, de façon que les opérations proposées soient de
372
LK PROGRÈS MEDICAL
moins en moins dangereuses, de moins en moins meur¬
trières.
« Ce sont les heureux résultats obtenus après ces
opérations librement acceptées qui plaideront mieux
que nous ne saurions le faire pour l’adoption de l’inter¬
vention proposée. »
Je pourrais multiplier ces citations et vous montrer
combien de cliniciens habiles et consciencieux admet¬
tent que l’on doit, dans des circonstances absolument
rares, il est vrai, pratiquer l’embryotomie sur l’enfant
vivant.
C’est là l’enseignement qui a déjà été donné par
beaucoup d’entre nos collègues, par MM. P. Bar (1),
Maygrier, Bonnaire (2) etc.
Le D' Paul Bar, dans ses Leçons cliniques de la Ma¬
ternité, de Saint- Antoine, a dit : « Pour moi (p. 140), je
fais l’embryotomie sur l’enfant vivants’il m'est démon¬
tré qu’il ne peut être extrait par une application de
forceps ou après une version et qu’il souffre, si la mère
est dans des conditions défectueuses pour subir la sec¬
tion Césarienne ou la symphyséotomie. »
Al’étranger, Pestalozza, Léopold, Ilofmeier, etc., pro¬
fessent la même doctrine.
Au point de vue médico-légal, la question estactuel-
lemcnt tranchée : tout d’abord nous devons vous rap¬
peler que vous n’avez pas le droit de pratiquer chez
une femme une opération sans son consentement. Celte
thèse, exposée par M. Maxwell lors de la rentrée de 1901
delaCour de Bordeaux, a fait, en 1902, l’objctd’une lon¬
gue discussion devant la Société de Médecine légale de
France. Les différents membres de cette Société, méde¬
cins et jurisconsultes, ont considéré comme licite la prati¬
que de l’embryotomie sur l'enfant vivant lorsqu’elle nous
est imposée parla volonté de la femme ; c’est la con¬
clusion du rapport très documenté de M. Maygrier:
(( Le médecin ne peut procéder à une opération quel¬
conque contre la volonté formelle d’un malade ayant
toute sa connaissance.. ..
» Le refus d'accepter son intervention dans les con¬
ditions par lui proposées le délie de^ toute obligationet
de toute responsabilité quant aux conséquences de son .
abstention. L’humanité seule pourra lui faire un de¬
voir d’interyenir. »
'< Il me suffira d’un exemple, dit encore M. Maygrier,
pour montrer que le. sacrifice de l’enfant est parfois lé¬
gitime et nécessaire. Voici une parturiente à bassin
vicié qui est épuisée par un long travail ; le médecin
appelé tardivement constate que la poche' des eaux est
rompue, que l’utérus est plus ou moins rétracté. L’en¬
fant est vivant, mais il donne des signes de souffrance,
il perd du méconium, les bruits du cœur sont mo¬
difiés, le forceps et la version sont impraticables. Seule,
la section de la symphyse ou l'ouverture du ventre
donneraient au fœtus une chance très minime de survi¬
vre. Doit-on, dans ces conditions, entreprendre une
opération qui, sans résultat certain pour la mère, est
d’autant plus grave que son état général fâcheux la
prédispose déjà à l'infection? »
f(l) Paul Bah. — Dans le cas de viciai ion pelvienne, le médecin
eul-il aujourd’hui. sans engager sa responsabilité morale, pratiquer
embryotomie sur l’enfant vivant '? — Leçon du 23 janvier WO?,
publiée in Presse médicale, 15 février 1902.
(2) Bonxaike. — Cours à la Faculté de médecine de Paris, 1903.
(3) Le fœlicide lliérapeuliiiue devant la .Société de Médecine lé
gale de France. — Rapport sur le fœticide, au nom d'une commis¬
sion composée de MM. A. Constant. Démangé, Jacomy,Lutaud, Pic-
qué. Hocher, Viberl et Maygrier, rapporleur.
Pour M. Maygrier et pour la commission dontilé|jj|
le rapporteur, la réponse n’est pas douteuse.
Il faut bien reconnaître, d’ailleurs, que le médecii
n’aura que très exceptionnellement à résoudre ce pnj.
blême délicat. Peut-être même pourra-t-on, en pré,
sence des statistiques opératoires qui s’amélioreat
étendre les limites dans lesquelles nous pi atiquonsscl
tuellement la section césarienne ? C’est du moins l’op.
nion soutenue par M. Boquel (1) professeur à Angers,
Défait, l’année. dernière, dans cette Clinique, le D'De-
melin a eu l'occasion, pendant les vacances, de pmlj.
quer la césarienne avec un résultat excellent chez uw
femme atteinte de congestion pulmonaire.
En s’obstinant à vouloir obtenir quand même ud
enfant vivant on peut-aller au devant de terribles dé¬
sastres. Je pourrais vous en citer plusieurs exemples,
je me contenterai d’un seul cas, il est typique.
Une femme de 33 ans, enceinte pour la septième
fois, entre dans une Maternité. Les six premiers accoa-
chemenls ont eu lieu spontanément à terme et ont donné
naissance à six enfants bien portants. Pour le septiè¬
me, elle a subi en ville huit applications infructueuses
' de forceps. L’enfant étant encore vivant lors de son en¬
trée à l’hôpital, on ne voulut point faire l’omhryotfr
mie et on pratiqua la symphyséotomie : l’opérée suc¬
comba au bout de 43 heures, et l’enfant, qui avait d'ail¬
leurs une fracture du pariétal droit, mourut lui-même
le lendemain de sa naissance.
Dans le cas que je vous ai cité au début de celte le¬
çon, nous aurions pu pratiquer l’opération césarienne,
mais il aurait fg,llu probablement la faire suivre d'hys¬
térectomie : en admettant que la malade guérît, elle de¬
venait à jamais stérile. En sacrifiant l’enfant, nous
avons sauvegardé l’avenir; elle pourra redevenir en¬
ceinte et avoir des enfants vivants. J'ai, en 1893,piihlif
l’observation d’une femme qui présentait un bassin de
Nægelé absolument comparable à celui-ci. Et ma com¬
munication se terminait ainsi: « En résumé, dans tros
accouchements, alors que le diagnostic n'avait paseje
fait, les opérateurs, ont dû recourir à rembryotomicÇ®'
phalique. Dans quatre accouchements, qui ont eu
après l’établissement du diagnostic, j’ai obtenu quaW
enfants vivants, une fois avecle forceps, deux fois»',
la version et une fois avec l’accouchement préoiatof^
dans ce dernier cas les contractions utérines ont su
pour déterminer l’expulsion du fœtus. » ^
Par une singulière coïncidence, vous avez, du res j
au n" 51, dans le litimmédiatement voisin de celui
cupé par notre opérée, un exemple de ce que peut j
l’accouchement prématuré artificiel. C’est celui o
femme de quarante ans, qui nous a été adressée e ^
ticulièrement recommandée par un médecin très
tingué, le D" A. Leblond. Les deux premiers
chements se sont, chez elle, terminés sponlaneffl ^
les enfants étaient vivants. Pour le troisième, on »
basiotripsie ; pour le quatrième, on se préparait a l^,j,
tiquer la symphyséotomie lorsque l’enfant
vant. Lors du cinquième, le fœtus se présenta
siège et vint mort ; enfin pour le sixième on fitD
tripsie. L'examen nous permit de constater gj^ep-
cissement du bassin appartenait à une
tionnelle : le diamètre transverse du détroit sup _
n'avait passes dimensions normales. Nous
voqué l’accouchement prématuré, et le ®
dernier, la femme a mis au monde, venantjjar^^^^^
<1) BüQuja.. — 8ociéli- ubsU-lricale <te France, 1904- ,
LE PROGRÈS MÉDICAL
373
pnfant vivant du poids de 2.750 grammes. Elle le
'^°urrit et nous a quittés, bien joyeuse, le 11 janvier;
-avait pour ainsi dire couru aucun risque.
* Le n“ 52 se souviendra de sa voisine de la Clinique
[elle nous a formellement promis de venir nous re¬
trouver dès qu’elle se trouverait de nouveau enceinte.
Ces deux femmes ont donc eu, chacune, une histoire
très instructive ; pour la première particulièrement,
^ur laquelle j’ai longuement insisté, il s’agissait d'un
cas qui pouvait paraître embarrassant. Et encore nous
nous trouvions ici dans une Clinique avec toute l’aide
suffisante. Combien les conditions seront moins favo¬
rables dans votre pratique civile ! En présence des
risques beaucoup plus considérables que présentent en
pareil cas les opérations sanglantes, vous serez beau¬
coup plus enclins à pratiquer l’embryotomie, môme
surl'enfant vivant. En agissant ainsi, vous vous confor¬
merez à la doctrine professée, par la grande majorité
dcsaecoucheursde notre, époque.
Du reste, si'vous avez quelqu’hésitation, inteiTOgez
votre conscience. Demandez-vous quelle résolution
vous prendriez s'il s’agissait de votre femme, de vo¬
tre sœur ou de votre lille, et la réponse ne sera pas
douteuse.
NARCYL GRÉMY médicament spécifi¬
que de la toux, spécialement de la toux des tu¬
berculeux .
BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL
l'Enseignement professionnel des infirmières au
Congrès pour la répression de l’Exercice illégal de la
Médecine,
Chargé de faire un rapport au récent Congrès sur
t exercice illégal de la médecine par les inlirmiers,
oous avons tout d’abord constate que notre tâche n'a-
rien d’original, car le jour où l’infirmier et l'infir-
®>èrefontde l’exercice habituel de la médecine, ils s’ex-
nent eux-mêmes de leur profession. Nous ne voyons
f”, ^’®'i^ffet,dequel moyen particulier on pourrait user
^ eur égard puisque spontanément, volontairement, ils
0 ahandonnéleurmélierpourtomberdansle charlata-
'^’^lgo^ire. 11 n'y avait donc pas là sujet à un rapport
nous souvenant que la thérapeutique
flo'il^ ^ ®yoIué vers la prophylaxie, nous avons pensé
•®cit rechercher les causes qui peuvent
®P®''sonnel auxiliaire des médecins à se siibsti-
ill^ ^ derniers et les inciter à faire de l’exercice
Ces causes sont multiples. Parmi elles estla vanité
^^quelqiies personnes prétentieuses et plus souvent
/;jjg‘'”P‘®Q’entleur sottise, mais il est encore d’autres
trop étendu donné dans
Il ^^‘■'^ices hospitaliers au personnel secondaire.
force deschoses, quelquefois par le man¬
dats du chef de service ou de ses assis-
personnel remplit une lâche, qui devrait être
^ a l’étudiant.
‘-OUvûjv i 1
‘«8 3p '> uansnos hôpitaux, les infirmiers appliquent
®^ei!s de fractures, font les pansements com¬
pliqués ; il est dès lors difficile de bien leur faire com¬
prendre qu’ils n’ont pas légalement le droit de faire,
en quittant l’hôpital, ce que le médecin leur permet¬
tait dans la salle de malades. Ici comme dans bien des
cas, c’est encore le médecin qui est le pourvoyeur de
l’exercice illégal dont il se plaint.
Dans notre rapport, une cause par son actualité devait
dominer toutes les autres, dans notre préoccupation,
c’était l’enseignement professionnel ; aussi avons-nous
voulu attirer plus particulièrement sur elle l’attention
du Congrès.
Pour ne pas inciter les infirmières à se croire des
demi-médecins, plus dangereux qu’utiles aux mala¬
des, il faut,par une surveillance soigneuse, borner l’en¬
seignement qu’on leur donne aux connaissances indis¬
pensables à des auxiliaires du médecin. M. Bourne-
villc qui, le premier en France, s’occupa sérieusement
de l’éducation du personnel hospitalier, vit dès le dé¬
but cet écueil et ne cessa de répéter que son but, en
créant des écoles d’infirmières, était de fournir aux mé¬
decins de bons aLUx\\ia.ires, mais seulement des auxi¬
liaires. Au Conseil supérieur de l’Assistance publique
(séance du 17 mai 1899), il répétait : <■ L’infirmière a
un rôle très utile, mais exactement limité, elle est
l’aide du médecin dont elle doit suivre les prescrip¬
tions avec une obéissance passive. Il faut qu’elle soit
à même d’apprécier suffisamment l’état du malade
pour rendre compte au médecin de ce qui s’est passé
en son absence ; elle doit seconder le médecin, mais
elle ne doit jamais se substituer à lui et le nieilleur
moyen de Ven empêcher est de limiter son instruction
aux choses de son élat ».
Au conseil de surveillance de l’Assistance publique
de Paris, M. le D’ Brun émettaitles mêmes idées devant
une commission : '< 11 veut, note le procès-verbal dé la
séance du 7 juin 1902, signaler à l’administration un
écueil qu’il importe d’éviter ; il faut se garder de faire
de nos infirmières des demi-savants, plus dangereux
qu’utiles qui croiraient pouvoir suppléer le médecin ou
modifier ses prescriptions. » Nous avons, au cours de
notre rapport et de l’exposé que nous en avons fait au
Congrès de l’exercice illégal, montré tout l'intérôt qu'il
y avait à maintenir le personnel infirmier dans son rôle
d’auxiliaire et nous avons signalé les inconvénients qui
résulteraient detoute exagération dans leurimportance.
Le regretté Directeur de l’Assistance, M. Mourier,
avait commis cette faute, dans un discours de distribu¬
tion de prix à l’Ecole d’infirmières de la Salpêtrière,
où paraphrasant la maxime hindoue : <> Le médecin , le
malade, le remède et l'infirmier sont les quatre pieds
de la médecine sur lesquels repose laguérison » il ne
craignait pasdedire: « Ilsemblcbienquerinfirmièrequi
a pleine conscience de son rôle et sait en remplir tous
les A^xo\rs,(i?,l\Q principal facteur la guérison » (Ij.
H est évident que M. Mourier, dans son discours, s’é¬
tait laissé entraîner plus loin que ne le voulait sa
pensée, par le désir légitime de stimuler l’amour-
propre de son personnel. Mais pareilles paroles tombées
d’aussi haut ne pouvaient que produire un effet fâcheux
sur l’esprit naïf de certains vaniteux.
(I) Dislril). dos prix du 29 jiiillol 1902.
LE PROGRÈS MÉDICAL
Le procès que nous avons plaidé pourrait paraître
gagné au moins dans le monde médical, il n’en est
rien. Même parmi nos confrères, il en est qui ne con¬
çoivent pas comme nous l’éducation du personnel hos¬
pitalier. Nous avons fait la critique au Congrès, com¬
me déjà dans le Progrès médical, àe l’enseignement
donné aux hôpitaux de Lyon, tel que l’indique un ma¬
nuel publié par un des professeurs de l’école profession¬
nelle des inlirmières des hospices civils de Lyon et re¬
produisant les leçons professées en 1899-1900. Nous
avons par maintes citations démontré que nous n’a¬
vancions rien sans preuves en critiquant ce manuel
qui paraît destiné à des étudiants en inédecine et nulle¬
ment à des infirmières.
Si nous avons choisi, pour le critiquer, l’enseigne¬
ment donné à Lyon, ce n’est pas guidé par une ani¬
mosité particulière contre l’école professionnelle des
hospices de cette ville, mais simplement parce que,
dans un rapport au conseil supérieur de l’assistance
publique, M. le D" Faivre a donné l’enseignement
lyonnais comme le type à adopter en général, consi¬
dérant celui de Paris comme défectueux.
On a prétendu que les exagérations de ce genre
auraient toujours lieu tant que des médecins seraient
chargés de donner au personnel hospitalier l’enseigne¬
ment technique qui lui est nécessaire. Nous avons
tenu à protester au congrès contre ce sophisme. Seul,
le médecin est capable d’apprécier ce que doivent ap¬
prendre ses auxiliaires. D’ailleurs, les manuels d’iniir-
mières qui n'ont pas été rédigés par des médecins
abondent et la plupart sont loin d’être à l’abri de toute
critique do ce genre. Nous ne retiendrons qu’un de
ces livres dii à la plume d’une Anglaise, et que M. le
D” Letulle considère comme un modèle du genre. Dans
cet ouvrage, dit-il dans la préface, l’anatomie, la phy¬
siologie, la pathologie n’occupent pas la place d’hon¬
neur. La pathologie n’y occupe pas en effet, la place
d'honneur puisqu’elle est reléguée à la fin, mais elle
y tient encore, à notre gré, une place trop considéra¬
ble surtout lorsqu’elle est suivie du traitement. En
voici des exemples :
Après l’exposé des symptômes de la péricardite ,
nous lisons dans ce manuel:
« Traitement. — Repos complet au lit. Aucune
sorte d’effort. La garde doit se faire aider pour changer
doucement le malade de place; elle ne doit pas lui per¬
mettre de parler ou de s'exciter. Autant que possible le
malade ne doit pas avoir de préoccupations. I,e régime
doit être liquide et se composer principalement de lait.
Si la péricardite est une suite de rhumatisme, on ne
donne pas de bouillon. Pour soulager la douleur, on
met des sangsues, des cataplasmes, ou des sinapismes.
Parfois une compresse glacée enlève mieux la douleur
que ne le lait un cataplasme chaud. Dans la péricar¬
dite rhumatismale, on donne du salicylale de soude,
de la digitale, de l’eau-de-vie et de l’ammoniaque. »
Nous ne discuterons pas la valeur de toute cette thé¬
rapeutique, même quand l’auteur, un peu plus loin,
affirme que. dans les maladies de l'aorte « les médi¬
caments employés sont du fer et de la strychnine » et
que dans la dégénérescence graisseuse du cœur « on
donne des toniques, de la quinine, du fer, de la stfrcj
Mais nous eussions préféré que la « Nurse » angjjj
qui a écrit cet ouvrage se fut dispensée d’indiquer;,
traitements. Certains passages encore prouvent quet
livres de ce genre ont intérêt à être écrits pardesméil»
oins. Citons encore, par exemple, le tableau suivant^
indique la date des éruptions dans quelques mala;^
■uption de la varicelle paraît le D'' jour de la malaj
— scarlatine — 2“ —
— petite vérole — 3° —
— rougeole — 4° —
— typhoïde — 5= —
— entérite — 6"^ —
Un médecin n’aurait certes pas écrit «e tableau.
Tout cela prouve que l'enseignement des infirmia
et des infirmières a besoin d’être médicaiemii^
donné, si on ne veut les porter à se croire eux-mêœ
capables de traiter des malades et de juger les aciesi
les ordonnances des médecins. Aussi avons-nous cr
devoir déposer les vœux suivants, qui ont été adoptés
l’unanimité par le Congrès :
« Le Congrès, considérant que, s’il est nécessaire!
donner aux infirmiers, infirmières et gardes-malai
une instruction professionnelle pour assurer la boni
exécution des prescriptions du médecin, et dohneri
chirurgien Tassislance éciai.'ne qui lui est indispensiü
il est dangereux que ces auxiliaires sortent de leurrôl
et cherchent à se subslituer au médecin.
Emet les vœux suivants :
1“ Que toute tentative d’initiative de la part des »
lirmiers, infirmières, gardes-malades, soit réprouïét
par les médecins qui les emploient et par les administ
lions publiques ou privées dont ils peuvent ^dépendre
2° Que les programmes des écoles d’infirmiers eti»'
firmières,les Manuels destinés à leur éducation se li*j
tenl strictement aux connaissances indispensables a®
choses de leur profession, sans entrer dans des dért"
loppements exagérés sur les sciences médicales,
vant leur donner une idée fausse de leur rôle et lese»"
traîner à se substituer au médecin ;
3® Que l'enseignement professionnel des infirm'*^
et infirmières reste toujours exclusivement confi*!
des médecins, seuls capables déjuger ce qu'il leC
utile d’apprendre ;
4“ Que les médecins chargés de cet enseigne^
n'oublient jamais, au cours de leurs leçons, d’in»'-
sur les dangers possibles d'une initiative de
ou de l’infirmière, et sur la grave responsabilité^* ,
rue en cas d’accident par la personne qui serait *** ,
sortie, inconsidérément, de son rôle. » J.Nc**^'
Contre l’INSOMNIE, prescrire :
TAHLETTES MERCK DE YÉROXAL,
dosées à 0,50 et divisibles par moitié^^_^
Congrès pour la Répression de l’Exercice V
MÉDECINE; — M. Brouardel, piofoiidémeiU touclié tli'
de reconnaissance et discrète .sympathie (jui a guidé 1,®? .'A, 1
du Congrès dans le choix d’un souvenir à leur Prési®
remerciements sincères et les assi^'c d
LE PROGRÈS MÉDICAL
SOCrÉTÉS SAVAN’I’ES
ACADÉMIE DES SCIENCES
Séances du 28 mai et du 5 juin 1906.
Rapports des états émoti[s et des états d’infection.
y Vaschim adresse une note d'après laquelle il démontre
(lU après certaines émotions il se produit des modifications
dans la proportion des diverses- sortes de leucocytes. C'est
ainsique l’auteur a pu constater, dans Les états émotifs dé-
ptessifs, tristes, douloureux, une augmei^.ition des polynu-
déaires allant j usqu’à 70,4 % et même, dans un cas, jusqu’à
’S,»"/» : ces modifications sont indépendantes des phénomè¬
nes de vaso-constriction ou de vaso-dilatation.
Bête pathogénique des adénopathies brcmcMques.
\I.G. ürthaud déduit de ses observations cliniques que
les adénopathies bronchiques sont constantes dans la pleuré¬
sie interlobaire post-grippale, dans la maladie deBasedow
et dans la coqueluche, et paraissent jouer un rôle important
dans la pathogénie de ces affections.
\thrla fréquence et le rôle étiologique probable de l'uncinaria
I america: a dans le béri-béri.
I \1. F. Noc d’après les constatations qu’il a pu faire àl hôpi-
I lâl indigène de Choriuan, près de Saigon, est conduit à pen-
I serque l’Lncinaria americana de Stiles joue un rôle capital
1 dans l’étiologie du béri-béri.
Eneffet,suf 77 Chinois ou Annamites atteints de cette affec¬
tion, l'auteur arenconh'é74 fois dans les déjections une grande
qnantité d’œufs du nématode, et a retrouvé 17 fois le même
parasite sur 82 sujets de race annamite qui, sans être atteints
■fc béri-béri, vivaient dans nn milieu où cette affection sévit
• l’état endémique ou étaient en contact avec des malades.
Par contre, l’auteur ne l’a jamais constaté dans les selles de
îltnropéens souffrant de troubles intestinaux divers (diar-
dwe.dysenteriel.
Liincinariose américaine, à en juger par la description de
Stiles lui-même,est caractérisée par un ensemble symp-
‘«maÜque : œdème de la face et des membres inférieurs, hy-
™Pisie,troubles nerveux, qui est précisément celui du béri-
autre part, à l'autopsie des sujets ayant succombé à cette
j/”‘'!‘'®®ffection,0n constate toujours des lésions de gastro-
Wenite : or, chaque lois (lu’il existe un piqueté hémorrha-
J, ulentours du pylore, une recherche minutieuse per-
oe retrouver FUncinaria americana.
larves de ce parasite vivant dans le sol et pénétrant le
jj,* dans l’organisme humain par la peau, on s'ex-
1(1^1® l’affection épargne les Européens et frappe sur-
En[^ , qui marchent pieds nus.
s J** . l^lemenf par le thymol, en amenant l’expulsion
pa^sites, améliore avec une rapidité surprenante les ma-
'^‘alions du béri béri.
nsoii J une note traitant de deux cas de gué-
ptiatg I yll^uminurie chez des femmes enceintes par le phos-
**®l«desoud*^ cas de guérison de diabète parle phos-
Oestruclion des trypanosomes dans la raie.
Ustjjjjg et G. Vallet ont pu constater sur une soi-
par» Trypano-
rate est douée d’un pouvoir « trypanoly-
C’g5j‘T®s.m®‘‘aEle.
fiiie chez un animal dont le sang renferme un
letjje '^® parasites, on ne trouve dans les frottis
éléments ronds ou elliptiques correspondant
trypanosomes, ainsi que quelques-uns de ces
^tès Q ®®'"® reconnaissables, mais très déformés. Les pha-
k^ctio prendre aucune part à ce processus de
v agirait donc d’une trypanolyse extrâ-cellu-
ont constaté, en outre, que le pouvoir Irypa-
t * « en ® rate se manifeste même in vitro, comme on
inf mélangeant à du suc splénique un peu
®cte : au bout de vingt heures les trypanosomes
sont réduits à leur noyau, alors que sur les préparations té
moins ils ne sont nullement déformés et même se montrent
encore quelque peu mobiles.
Dans les ganglions lymphatiques, et peut-être aussi dans le
tissu lymphoïde de 1 inte.slin, s’opère également une destnic-
; tion semblable ; celle ci est, au contraire,nulleou du moiirs
insignifiante dans le foie.
Contribution à l’élude cytologique des bactéries.
M. A. Guillermond de ses observations sur la structure fine
du BacUlusradicosus conclut qu’il ne paraît pas exister chez les
bactéries un véritable noyau, et que les formations qui ont
été décrites comme telles par divers auteurs ou bien ne sont
pas de nature nucléaire, ou bien concernent des microrga-
nismes n’appartenant pas au groupe des bactéries.
L’hypothèse la plus vraisemblable est celle de M.Schaudinn
admettant que les bactéries renferment une chromatine plus
ou moins mélangée au cytoplasma, différenciée parfois à l’é¬
tat de chromidies et se précipitant lors delà sporulation pour
former la spore, laquelle serait constituée en majeure partie
de chromatine.
Sur l'excrétion des purines et de l'acide urique endogènes.
M. P. Fauvel rend compte des recherches qu'il a effectuées
chez deux individus sains soumis à différents régimes.
Il a pu constater que la quantité de purines et d’acide uri¬
que endogènes est constante pour une même personne rece¬
vant un régime alimentaire exempt de purines, que ce régi¬
me soit du reste lacté, lacto-végétal ou strictement végétal, et
que cette quantité varie fort peu d’un individu à l’autre : elle
est en moyenne de ügr. 4()à 0 gr. 50 centigr. pour les purines
et deOgr. 28à0gr.35 centigr. pour l’acide urique.
Ces chiffres sont indépendants de la quantité d’albnmine
ingérée et d’urée excrétée. Si dans la pratique il paraît en
être autrement, cela tient à ce que la plupart des aliments ri¬
ches en azote sont également riches en purine. Physaux.
SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE
Séance du 2 juin ISOS
Corps thyroïde et faim.
MM.L. Lév y et II. de Rothschild ont observé sur 1(X) ma¬
lades soumis à la médication thyroïdienne, dans 21 cas, l’aug¬
mentation de la faim et de la sensation de faim.
C’est au début de la médication que la faim augmente, et
elle est proportionnelle à Tingeslion de la substance active;
diminue pendant les intervaUes de l’opothérapie. Après in¬
terruption prolongée du traitement on voit d’ordinaire la
sensation de faim reprendre son type habituel.
En même temps que s’accroît la faim, Tappétit naît ou re
naît et ses caprices se règlent.
En rapprochant la faim qui accompagne le traitement thy¬
roïdien des crises de boulimie, du goitre exophthalmique,(iu
myxœdème, de Thyperthyroïdite bénigne, des pliases diverses
thyroïdiennes de la grossesse, on peut conclure que le corps,
thyroïde est physiologiquement régulateur de la faim et
qu’il existe une anorexie hypothyroïdienne nécessitant un
traitement approprié. Le corps thyroïde, en réglant la faim,
devient régulateur des diastases à nutrition comme il Test des
diastases de défense. Il est aussi régulateur des centres bul¬
baires.
Pathogénie de la néphrite interstitielle chez les arlérioscléreux.
MM. JosuÉ et Alexandrescu ont étudié les rapports entre
l’artériosclérose et la néphrite interstitielle en se servant des
moyens techniques modernes permettant de préciser les lé¬
sions vasculaires. Les grosses et les moyennes artères présen¬
tent les lésions suivantes : hyperplasie de la couche muscu¬
laire, dédoublement de la lame élastiijue interne avec tissu
conjonctif en dégénérescence hyaline et cellules musculaires
entre les lamelles, dégénérescence des cellules musculaires,
graisse entre les cellules élastiques.
Les artérioles afférentes et efférentes dn glomérule sont par*
fois normales, parfois elles sont dégénérées. Les coupes con¬
gelées deviennent des amas de graisse en dessous des cellules
376
LE PROGRÈS MEDICAL
musculaires ; la jrraisse envahit les cellules musculaires ou
la lumière des vaisseaux qu elle oblitère.
Les glomérules sont souvent atteints de dégénérescence
hyaline. Les parois des capillaires glomérulaires sont en
dégénérescence graisseuse, les lésions vasculaires sont celles
de l’artério-sclérose, ne sont pas inflammatoires mais sont
hyperplasiques et dégénératives.
Les moyennes et grosses artères étaient loujours altérées', à
des degrés divers, mais dans tous les reins examinés.
11 n’y a aucun rapport entre l’intensité des lésions des
moyennes artères et celle des artérioles et des capillaires. Les
lésions artérioscléreuses sont irrégulièrement disséminées
dans les diverses parties du système vasculaire.
En comparant de nombreuses coupes on peut noter que :
il n’y a pas sclérose du rein quand les grosses et moyennes
artères sont seules lésées. Au contraire les reins sont con¬
tractés et sclérosés si les Unes ramifications artérielles et
les capillaires des glomérules sont lésés, même quand les
grosses et les moyennes sont relativement peu altérées.
Le glomérule imperméable au sang et dégénéré est fonc¬
tionnellement supprimé ainsi que le tube urinifère qui lui
fait suite. Celui-ci s’atrophie, dégénère, l’épithélium cubique
disparaît et le tube est remplacé par du tissu scléreux. Le
glomérule dégénéré se confond avec le tissu fibreux. Ainsi
s’expliquent la disparition du nombre des tubes et des glo¬
mérules ainsi que le retrait des régions sclérosées sur les par¬
ties voisines. La néphrite interstitielle est donc la conséquence
de l’artériosclérose ; elle survient quand les artérioles et les
capillaires du système glomérulaire sont atteints, ce qui
amène la suppression fonctionnelle du glomérule avec l’atro¬
phie consécutive des tubes. Ceux-ci sont remplacés par du
tissu de sclérose avec lesquels les glomérules finissent par se
confondre.
Vihrion septique. Allobiimmunisation.
AL Georges Rosenthai, a étudié le vibrion septique comme
il l’avait fait pour le bacille d'Achalme. Devenu aérobie, le
bacille garde son chimisme et sa fonction pathogène qui
décroît rapidement, !"■ stade. Le chimisme disparaît en culture
aérobie et peut réapparaître en culture anaérobie, 2' stade.
Enfin en 3® étape, on ne peut lui faire reprendre ses fonctions
du type primitif. Les animaux inoculés au vibrion aérobie
peuvent parfois mieux résister à l'inoculation postérieure du
vibrion septique vrai ; c’est là Vallobivaccination.
Ictère chronique simple post-Ujphique.
AIAI. Gilbert et Lerebouli.et racontent l’observation d’une
malade chez laquelle, à la suite d’une fièvre typhoïde, est ap¬
paru un ictère qui persiste après deux ans, ictère léger, mais
net, sans hypertrophie du foie ni de la rate, sans décoloration
des matières. Rapprochés d’ictères chroniques à forme splé-
no-mégalogène survenus en convalescence de fièvre typhoïde,
on voit qu’étiologiquement, le bacille typhique provoque
l’angiocholite causale ou bien que l’infection secondaire sur¬
vient. On peut donc ici observer toutes les formes de l'angio-
cholécystite, l’aiguë (suppurée ou catarrliale) ou la chronique.
E. P.
Séance du 9 juin.
Variations quotidiennes du taux urinaire chez les hépatiques.
MM. Gilbert et Liprm.^nn. — Chez les hépatiques, la courbe
quotidienne d'élimination urinaire donne un symptôme par¬
ticulier. La quantité de boisson maintenue rigoureusement
fixe, les variations d’élimination sont très étendues, de 750 cc.
à 3 litres 500.
L’anisurie est chez un meme malade d’intensité et de
rythme variables. Les oscillations sont tantôt fréijuentes.
l’oligurie d’un jour est suivie le lendemain de polyurie ; ces
phases alternées peuvent présenter une certaine régularité ;
trois jours d’oligurie suivis de trois jours de polyurie.
On retrouve l’anisurie dans les cirrhoses veineuses atro¬
phiques biliaires, veineuses hypertrophiques, ictères chroni¬
ques. Ce phénomène est sans doute sous la dépendance du
trouble mécanique apporté à la circulation portale par les
altérations du parenchyme hépatique.
Acide phosphorique. Son induetice sur les échanges n«(riun^
AI. Desprez et AI''® Bl. Gcende ont fait, sur quatre sénu
de cobayes, des expériences sur l’action de l’acide phosplu^
rique et des phosphates mono et trisodiques sur l’allmmidj
La destruction de l’albumine augmente avec l’acidité de ^
molécule phosphorée. La déminéralisation de l’oiganig*
n’est pas modifiée par le phosphore Les sels sodkpies^„
contraire, la restreignent de façon marquée. L’urine éliminj,
est de minime volume sous l’action des phosphates.
Virulence du liquide de la pleurésie séreuse. ■
AIAI. A. JoussET et C.artier ont étudié baclériologiqin,
ment, chimiquement et histologiquement le liquide pîeuié
tique tuberculeux.
1" Les liquides, au cours de ponctions successives, resta
constants pendant de longs mois.
2» Le nombre des bacilles tuberculeux contenus daœ
l’épanchement et la virulence du liquide sont indépendai*
l’un de l’autre. Les bacilles granuleux donnent des pleurésie
virulentes, tandis que les formes homogènes sont d’ordi¬
naires avirulentes.
3° Les éléments cellulaires nombreux (plus de 800 globale
rouges et 300 globules blancsi indiquent une faible activili
du liquide vis-à-vis du cobaye.
4“ Le dosage de la fibrine, dosée du 4® au 5® jour apte
prélèvement, indique que la virulence est inversement pra
portionnelle au poids du caillot ; faible pour les liquide
contenant moins de 0 gr. 50 de fibrine sèche par litre, forti
s’il y a moins de fibrine.
Ces lois, qui ne sont pas absolues, s’appliquent aux pie»-
résies tuberculeuses, primitives et secondaires.
Eosinophilie dans la filariose sous-cutanée. ■
AL A. Billet a observé un nègre dont le sang contenri
onze polynucléaires éosinophiles pour cent leucocytes. Pï
conséquent, la filariose cutanée de Médine' paraît entraîM
l’éosinophilie au même titre que les autres hémofilarioses <
la filariose de l’œil. E. P.
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE
Séance du 30 mai 1900.
Plaies pénétrantes de la poitrine.
Une communication faite dans la dernière séance, par
Loison, suscite une discussion sur les plaies pénétrantes*
la poitrine, à laquelle prennent part : AIAI. Tnlfier, DelortM-
Guinard, Delbet et Michaux.il ressort de cette discussion q»
sauf dans les cas d’hémorrhagies graves, il faut s’abstenit.
Alalheureusement il est difficile de diagnostiquer si l’hém^
ragieest grave ou non et Al. Guinard cite le cas d’un ma'*®
d’armes qui avait reçu un coup de fleuret dans la poitrine
présentait tous les signes d’une hémorrhagie interne gra'^
11 s’est abstenu de toute intervention et l’hémorragie s
arrêtée à la suite de la simple immobilisation. , .|_
Lorsqu’on décide l’intervention, on a grand avantage a B
1er un volet thoracique à charnière, volet qui donne beaucw
de jour et que l’on remet en place, une fois l’opéra
finie.
Perforations utérines.
M. PicQuÉ fait un rapport sur une observation de Af ^
pointe, concernant une femme qui, après un retard
de deux mois, présenta des signes de péritonite générait
point de départ utérin. Laparotomie suivie d’une
mie sus-vaginale et d’un large drainage abdomino-vacj.^
Sur l’utérus enlevé on constata une perforation de ta
postérieure: aucune trace d’embryon. .M. Picqué
tention sur l’importance qu’il y a distinguer les P® . ? vjvor
post-abortum produites par l’instrument qui a servi a y.
tement et celles qui surviennent secondairement pa® '
cèle de la paroi de l’utérus.
Jéjunostomie.
M. Gi iNARD fait un rapport sur deux jéjunostoffli^^^jul,.
grec pratiquées par AL Souligoux sur des malades a _ ^
l’un de cancer du cardia, l’autre d’un cancer du Pi’i®
jéjunostomie se trouve indiquée dans le cas où W
LE PROGRÈS MÉDICAL
377
ctomie est impraticable ; quant au procédé en Y grec, î
( iiinard pense que, chez les malades, chez lesquels 1 opera¬
tion ne laisse pas de grandes espérances, il vaut mieux re¬
courir à la jéjunostomie avec torsion, mais sans lA . qui com-
p„,„rm.er.enU0„.
M Delbet présente un malade qui, quelques jours après
avoir reçu une balle de revolver dans la tête, présenta des si¬
lènes de méningite avec céphalée intense. Une ponction lom¬
baire diminue la céphalée et le malade, qui semble guéri
quitte l’hôpital. Quelque temps après, il rentre de nouveau à
l’hôpital se plaignant de nouveau d'une céphalée intense
dans le décubitus dorsal.
La radiographie montre que la balle s'est briSée en deux
fragments, siégeant, l’un surleptérygo'idien, l’autre dans le
crâne. Il trépane, enlève le fragment crânien de la balle, in¬
cise la dure-mère, qui était intacte, et donne issue à du pus
franc. Drainage. Guérison parfaite. Catz.
Séance du & juin lOOfi.
Jéjunostomie.
M. Qoénu, indique un procédé de jéjunostomie permet¬
tant d’obtenir une bouche continente. Il ferme le bout infé¬
rieur du jéjunum puis à une courte distance du boutjéjunal
fermé il ouvre le duodénum par une incision très petite et fixe
les lèvres de la plaie à la peau .
Plaies du poumon par coup de [eu.
M. Routier pense que l’abstention est préférable à l’inter¬
vention même dans les cas de plaie avec hémorrhagie grave.
Et il cite à l'appui de sa thèse le cas d’un blessé, qui à la sui-
te d’un coup de revolver, eut une plaie du poumon grave,
avec hémothorax, pneumothorax et emphysème sous-cuta¬
né. L’état général était si mauvais que le malade eût certai-
nement succombé à une opération, or le repos, une ponc¬
tion aspiratrice qui donna issue à de l’air et à plus d’un litre
de sang amenèrent la disparition des troubles et le malade
est actuellement en voie de guérison.
Luxation du semi-lunaire.
M. Delbet fait un rapport sur cette observation de M. Du-
Jarrier. Catz.
SOCIÉTIi: MÉDICALE DES HOPITAUX.
.Séance du Sjuin.
Lutte contre l’absinthe.
La Société sur la proposition de M. J.acquet affirme à l’una-
ninûté que l’absinthe est une des causes les plus graves delà
«échéance nationale, et invite les pouvoirs publics à en inter-
«■re la fabrication et la vente.
A l’unanimité, la société a voté la somme de 200 francs pour
e monument de M. Nothnagel, le fameux professeur de
‘tniversité devienne.
rectale pour L administration de l'iodure de potassium en
d'intolérance gastrique.
a eu recours aux lavements iodurés chez un ma-
de syphilis tertiaire, dont l’estomac ne supportait
Qgl‘^°dure et dont les accidents avaient résisté au mercure.
journalier de 50 gr. d’eau de guimauve contint
«re à dose progressive de 2, 4, 6, et 8 gr.
^yrnphocytose dans un cas de zona du plexus sacré.
coiç, 3 observé un zona du plexus sacré, avec vési-
Ij Je fourreau de la verge et surla face postérieure de
ponction lombaire démontra une lymphocytose,
lyoj en contradiction avec la théorie, qui veut que la
gangji°®^J°3e est due à la propagation inflammatoire du
sei^ *’3chidien au cul-de-sac méningé. Le ganglion sacré
Cette éloigné du cul de sac méningé P®''*' «Omettre
culs-de-sac arach-
■piemériens avoisinent le pôle interne de tous les gan¬
glions, sacrés aussi bien que les autres. Les culs-de-sac de la
région sacrée sont simplement plus profonds.
Méningite tuberculeuse sans lymphocytose. Présence d'une notable
quantité d'albumine dans le liquide céphalorachidien .
MM. Rénon et Tixier ont observé chez un garçon un syn¬
drome méningé net avec sept ponctions lombaires négatives
au point de vue cytologique. La présence de 2 % d’albumine
témoignait en faveur d’une méningite. L’inoculation de deux
cobayes démontra la nature tuberculeuse de celte méningite
aiguë. Ces cas de dissociation entre la réaction cellulaire né¬
gative et la réaction chimique positive sont exceptionnels.
Les auteurs concluent :
1“ L’absence deréaction cytologique, exceptionnelle mais in¬
discutable ne suffitpaspouréliminer le diagnostic cliniquede
méningite tuberculeuse.
2“ La présence d’albumine a une grande valeur sémiolo¬
gique pour confirmer l’existence d’une altération ménin¬
gée.
3® Le seul signe de certitude pour la nature tuberculeuse
est la mise en évidence du bacille de Koch.
M. Achard a observé une méningite cérébrospinale, où le
liquide céphalorachidien fourmillait de microbes sans qu’il
y ait des leucocytes. L’envahissement microbien de la moelle
s'étaitprobablement fait fn «Jilrerntî, lorsque la réaction leu¬
cocytaire n’a plus pu se faire.
M. SicARD a observé un mal de Pott où deux ponctions,
ont donné un résultat cytologique négatif et oti il y avait de
l’albumine en grande proportion .
M. Vidal considère ces cas comme exceptionnels et n’en a
jamais observé.
Influence des hydropisies sur l'élimination urinaire.
M. Acharb. — Les hydropisies peuventinfluencer l’épreuve
de 1 élimination provoquée dans deux circonstances distinctes.
La substance employée injectée dans l’épanchement s’y dilue
et s’absorbe moins vite. Injectée dans les parties saines, elle
diffuse du sang dans la sérosjté et y est retenue avant d’arri-
verautein. Cereflux dans les épanchements ralentit l’élimina¬
tion et la substance est pour ainsi dire immobilisée dans ce-
bras mort de la circulation . Le bleu ainsi retenu est en quan¬
tité minime et les résultats de l’épreuve du bleu ne sont mo
difiés sensiblement que dans les cas de grandes masses de li¬
quide épanché. II en serait autrement si on employait une
substance passant plus abondamment dans la sérosité et si
on dosait l’élimination heure par heure. De plus, il ne faut
pas oublier que l’hydropisie est le résultat de l’état défec-
tueuxde la perméabilité rénale, de même que la rétention de
la substance. Ceci montre que lorsqu’on pratique l’é¬
preuve de l’élimination provoquée, on explore non un or¬
gane (le rein» mais une fonction : l’élimination par l’urine
des corps que l’organisme doit rejeter. Mais cette fonction
dépend de plusieurs autres fonctions et il faut tenir compte
des conditions dans lesquels on opère et raisonner les résul-
sultats en conséquence. Tous les procédésde laboratoire sont
d’ailleurs sujets à ce principe.
M. Variot présente les photographies de six enfants d’une
famille, dont cinq sont rachitiques. Le rachitisme est dû à
une alimentation prématurée par la panade. Friedel.
SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DE PARIS
Séance du g juin igo6. — Présidence de M. Desnos,
président
La séance est ouverte à 4 h. 50.
Le procès-verbal de la dernière réunion est lu et adopté
à l’unanimité.
M. Godlewski, au sujet du procès-verbal, fait obser¬
ver qu’on a oublié de mentionner les observations qu’il
a faites, c’est-à-dire qu’on rencontrait des laryngites tu¬
berculeuses, sans tuberculose pulmonaire:il cite en par¬
ticulier un cas qu’il a soigné avec M. Potain, où le ma¬
lade ne présenta de lésions pulmonaires qu’à la période
ultime de son existence après une laryngite tuberculeuse
qui avait évolué très lentement.
378
LE PROGRÈS MÉDICAL
1
Cette question de l’emploi da mercure ou de Tiodure
de potassium dans la syphilis tertiaire a été le sujet de
plusieurs discussions à la Société de médecine, et je
constate que nous ne sommes pas prêts de nous enten-
dre.D’un côté, sont les anciens, je nedispas les vienx,qui
sont toujours partisans de l’emploi de l’iodure de potas¬
sium ; de l’autre les nouveaux, les jeunes, émerveillés
des résultats des injections hydrargyriques.
Qu’il me soit permis de donner une explication de ce
désaccord ; les anciens ont employé pendant de nombreu¬
ses années l’iodure de potassium et en ont retiré les ré¬
sultats les plus satisfaisants. Ils le connaissent bien. Les
jeunes connaissent mieux l’emploi des injections hydrar¬
gyriques dont ils se sont également bien trouvés. La
conclusion pratique me paraît être de combiner les deux,
méthodes, de prendre à chacune ce qu’elle a de favorable,
les anciens et les jeunes s’empruntant réciproquement
le fruit de leur expérience respective. Quanta moi, j’ai
obtenu, dans ma longue carrière, des résultats si satis¬
faisants de l’iodure de potassium que je ne l’abandon¬
nerai jamais.
M. Christian, qui s’est, lui aussi, merveilleusement
trouvé de l’emploi de l’iodure de potassium daus la syphi¬
lis tertiaire déclare que, dans un cas de ramollissement
que l’on avait pris pour une gomme cérébrale, l’io dure de
potassium avaiteu des effets funestes. A ce sujet qu’il
me soit permis de vous faire part de la constatation que
j'ai faite et qui prouve à elle seule l’indication de l’em¬
ploi de l’iodure de potassium. Dans tous les cas de sy¬
philis, ce médicament est parfaitement toléré et ne pro¬
duit jamais d’iodisme. Ce dernier ne se manifeste que chez
les malades qui ne sont pas syphilitiques. Je n’ai jamais
rencontré de syphilitique ne supportant pas l’iodure de
potassium et à des doses très élevées.
En tous cas, les accidents d’iodisme n’ont pas la gra¬
vité des conséquences de l’emploi intempestif des injec-
tionshydrargyriques,sign3léesmême pai leurs partisans.
Pour mon propre compte, j’ai constaté un cas de nécrose
très étendue des maxillaixes,à la suite d’injections d’huile
grise. Aussi ne saurait-on être trop circonspect ; il est
indispensable, avant de prescrire ces injections, de se
renseigner sur le fonctionnement du rein et l’état des
gencives.
M. Dubar demande une rectification, il faut lire cor¬
nage du malade au lieu de courage.
A propos duprocès-verbal, M. Dubar demande que M.
Mortier veuille bien donner à la Société les résultats du
traitement chez le malade dont il a été question.
M. Mortier répond que ce malade va mieux au point
de vue général, mais qu’il n’en est pas de même locale¬
ment, et qu’il y a deux jours, on a dû lui faire une inter-
crico-thyroïdienne. Il estime néanmoins que cette amélio¬
ration n’est pas due seulement au repos au lit, mais
bien au traitement mercuriel.
M. Dub.ar croit que l’emploi du biiodure de mefcnre,de
préférence à l’huile grise, aurait peut-être évité la tra¬
chéotomie.
M. Monel estime que c’est le mercure qui a permis
de retarder l’opération pendant quinze jours. Néanmoins,
le calomel eût agi plus efficacement encore.
M. Mortier. — On est intervenu parce que le cornage
n’avait pas diminué, malgré l’amélioration de l’état gé¬
néral.— Répondant à M. Dubar, je ferai remarquer que la
P' injection d’huile grise remonte à 1.5 jours, et que, par
conséquent, elle a été complètement absorbée mainte¬
nant ; les doses de mercure mises en circulation dans
l’organisme sont les mêmes que celles qu’y auraient in¬
troduites les injections biiodurées.
M. Dubar n’en persiste pas moins à craindre que le
mercure n’ait pas agi sous forme d'huile grise, dont l’ac¬
tion est excessivement lente, alors que le biiodure passe
tout entier en quelques heures.
■M. Christian est frappé du peu d’amélioration obtenu
en quinze jours chez ce malade, puisqu’il a fallu arriver
à l’opération. Revenant sur l’emploi de l’iodure de po¬
tassium,M. Christian rappelle qu’il a vu autrefois des
guérisons obtenues par ce médicament et recette qu’ji
soit si peu employé maintenant. Les bons résultats du
biiodure de mercure ne tiendraient-ils pas à la présence
de l’iode associée au mercure.
M. Su.AREZ DE Mendoza est très partisan du biiodure,
surtout lorsqu’il est nécessaire d'agir vite. Il s’en est
très bien trouvé surtout dans des cas d’iritis syphiliti¬
ques traînantes, et de syphilis cérébrales graves, qui se
sont améliorés très rapidement.
M. Monel répond à M. Christian que, dans le biiodure,
comme dans les iodures, ce sont les bases qui agis¬
sent : potassium, sodium, mercure.
11 regrette que M. Mortier n’ait pas employé, au lieu
de l’huüe grise, très lente et peu active, le caIomel,beaTi-
coup plus efficace, ou même un sel soluble plus rapide
comme action.
M. Lematte insiste sur ce qu'il faut rechercher avec
soin dans lesurines le passage du mercure, surtout lors¬
qu’on fait usage d'un sel insoluble, dont on ne sait pa.s
quand et comment il agira. On assiste parfois, avec le
calomel, à de véritables décharges mercurielles, qui peu¬
vent être très dangereuses pour le malade. Pourquoi ne
pas employer, dans les cas urgents, les injections intra¬
veineuses de cyanure de mercure, par exemple ?
M. Christian, contrairement à l’opinion de M. Monel,
croit que l’iode a une action dans les sels iolurés. Il a
vu l’iodure de potassium donné à haute dose, agir plus
rapidement que ne l’a fait le mercure dans le cas de
M. Mortier.
M. Buret se déclare déconcerté en entendant M. Monel
dire que, dans les iodures en général, c’est la base seule
qui agit; l’iode a une action très active, certaine.Employé
contre les accidents tertiaires de la syphilis, l'iodure
agit surtout en vamenant la tonte des gommes ; c’est un
néerobiotique,et non un antisyphilitiqne. Il admet bien
que l’action de l’iodure de potassium soit un peu diffé¬
rente de celle de l’iodure de sodium ou des iodures or¬
ganiques ; maisjusqu’à présent, il avait toujours cru
que le rôle principal était joué par l’iode, la meilleure
base étant celle que l’organisme accepte sans trop pro¬
tester.
M. Monel s’appuie pour l’action des iodures, sur l’au¬
torité du professeur Pouchet. A M. Lematte, ilréponu
que, cliniquement, l’emploi des divers sels mercuriels
n’est pas indifférent, et que, selon les cas,il faut employer
calomel, huile grise ou sel soluble — mais il y a parfois
aussi une question d’école : c’est ainsi que les oculistes
sont à peu près seuls à employer l'injection intra¬
veineuse de sels solubles. II existe un cas de contre-indi¬
cation absolu à l’emploi des sels insolubles, c’est qiwna
on rencontre du sucre ou de l’albumine dans les urines-
M Dubar, en résumé, pense que lorsque le temps presse
il faut s’adresser d'abord à un sel agissant très vite,
point n’est besoin qu'il soit très actif : c’est le cas
du biiodure. Chez le malade de M. Picqué, il aurait fa»
du biiodure d'abord, et du calomel ensuite. Au point de
vue de l’activité du calomel, M. Dubar cite un cas de sy¬
philis de la luette, qui était presque complètement déte-
chée,et où le calomel, employé sur les conseils de M. M®'
nel,fit merveille. .
M. Godlewski a obtenu d’excellents résultats dans J
syphilis tertiaire par l'emploi de l’iodure de potassiu®-
A ce sujet, il a remarqué queles syphilitiques présentaieii
une tolérance particulière pour l’iodure, et pouvaiea
supporter des doses dangereuses pour des non syphi*
tiques. . •
M. Antonelli. — Puisque M. Monel a fait allusion
la thérapeutique mercurielle des oculistes, permette*
moi de compléter sur quelques points ce qu’il a
Eu premier lieu, les injections sous-conjonctivales.
sont plus anciennes que les travaux de Bouchard pr®®°
saut l’applrcation locale des remèdes. Eu injectant le ^
blimé sous la conjonctive oculaire, les oculistes visai
surtout à l’antisepsie locale dans les affections du s®»
LE PRt^RÈS MÉDIGÀL
379
jnent antérieur du globe, notamment l’uJcèTe cornéen à
hvpopion- Il y a, sur l’argument, une très riche littéra-
: mais, en ee qui concerne les lésions syphilitiques
des membranes profondes (choroïdites, rétinites) , très
eu de nos confrère, jecrois, sont restés fidèles aux in¬
jections sous-conjonctivales de sublimé, ou de tout au¬
tre sel mercuriel. Ces injections sont douloureuses,
provoquent une réaction plus ou moins violente et les
resultats curatifs en sont problématiques.
Quant aux injections intra-veineuses^ elles sont restées
presque exclusivement la pratique d’Abadie et de ses
élèv'es. Elles ne sont pas sans inconvénient (technique
délicate, place limitée), ni sans danger ; et il n’est pas
absolmnent prouvé que l'abso^tion du médicament par
la voie veineuse soit plus rapide, et son action plus ef- i
ficace, que lorsque nous l’injectons dans la séreuse j
sous cutanée ou dans les interstices des masses museu- I
laires. _ 1
Il y a longtemps que les oculistes ont eu recours à j
l'injection de calomel à la tempe, préconisée dans tout
processus inflammatoire grave de l’ceil pour établir, à
proximité de l’organe malade, une puissante dérivation,
souvent un abcès, qu’aujourd’hui nous dirions abcès de
/ïrahou. Ge moyen, un peubrutal, est tombé en désuétude.
C’est, du reste, un oculiste, — je crois — le nom m’échap¬
pe, qui communiqua une des premières observations, si¬
non la première, prouvant les dangers des injections de
calomel. Un malade ayant reçu une de ees injections à
la fesse pour guérir des manifestations graves de syphi¬
lis oculaire, tomba, quelques jours après, en descendant
nn escalier, de tout son poids sur la fesse opérée : le len¬
demain il se déclara une stomatite violente, bientôt
compliquée d’œdème de la glotte qui amena une issue
fatale !
Les oculistes se rallient la plupart, aujourd’hui, à la
pratique des injections de sels solubles, surtout, je pense
pour obtenir une action graduelle, régulière, facile à
iurvri/ier. Je rappellerai, pour finir, qu’ils ont recours
au traitement mercuriel dans nombre d’affections des
membranes profondes {choroïdites, choriorétinites, né-
vro-rétinites) d’étiologie douteuse, obscure, même lors¬
que la syphilis ne saurait nullement être soupçonnée.
Les résultats très favorables que nous obtenons dans ces
cas pourraient s’expliquer par une sorte d’antisepsie
coustitutionnelle que les injections de sels hydrargyriques
solubles tendent à réaliser, par une modification humo¬
rale s’établissant dans tous les tissus grâce à la voie
sanguine.
M. ’Tissier demande quel est le résultat éloigné des
trachéotomies. A son avis, presque tous les trachéoto-
raisés finissent tuberculeux. Il demande la mise à l’or-
“re du jour de cette question pour une des prochaines
séances.
M. MoRTiER.au sujet de Faction du calomel et du biio-
“Dre, rapporte qu’avec M. Vian ils ont eu à leurclinique
jleux cas où le biiodure eut une action excessivement
®rite. Dans un cas, il s’agissait d’une gomme de la lan-
S®’ qui, malgré deux séries de vingt injections d’eau
Dodurée, ne présentait aucune amélioration, mais que
6nt disparaitre des injections de calomel. Dans le se-
cas, une orchite syphilitique ne- fut améliorée qu'à
'',/°'sième série d’injections.
de la discussion est remise à une prochaine
„5®’^‘*espond.\n'cf, IMPRIMÉE. — .Toumaux habituels. An-
otin* l’école de plein exercice de médecine et de
‘■"armacie de Marseille, 1902 et 1903.
I>j °®*espondance manuscrite. — P Lettre de M. le D"
de eJ J. accusant de ne pouvoir venir lire son travail
SeciA?- ; 2" Lettre de M. Blondin, remerciant la
lettre l’avoir admis comme membre titulaire ; 3"
expij ^ Arrou, trésorier de la Société de Chirurgie
que les frais d’éclairage électrique ayant
àejjg5^^ablernent augmenté, il a étéobligé de demander
aque Société sous-locataire une part contributive.
M. le Trésorier donne communication d’une lettre de
M. Moreau de Tours, maintenant sa démission et en¬
voyant le semestre dû. La démission de M. Moreau de
Tours est acceptée.
M. LE Président souhaite, au nom de laSociété,labien-
venue an Blondin, qui assiste aux séances pour la
première fois.
M. Bcret donne lecture de son rapport sur la candida¬
ture du D'' Charles de Blois (de Trois-Rivières).
Rapport sur les titres et travaux deM. le Docteur
CharlesdeBlois.de Trois-Rivières Canada), can¬
didat à la qualité de membre correspondant étran¬
ger:
Par le D' BURET
Au nom d’une Commission composée de MM. Beni-Barde,
Laquerrière et Buret, rapporteur, je viens vous donner quel¬
ques renseignenents concernant la situation scientifique et
morale de notre candidat canadien, le docteur Charles de
Blois, de Trois-Rivières.
Votre confrère s’est fait une situation dans son pays où il
soigne surtout par les agents physique.?, c’est-à-dire par les
douches et l’électricité. Médecin en chef de l'Institut hydro¬
thérapique et électrothérapique de Trois-Rivières, il a donné
en 1902, dans une brochure, un exposé synthétique des no¬
tions généralement admises sur futilité des agents physiqu^^.
La Revue médicale du Canada, et le D''Le Sage, prof. agrégé à
l’Université Laval, dans VUnion méiicaie du Canada, en font
une analyse très élogieuse.
Au Congrès médical de QuébeG,il acommuniqaé une étude
fort intéressante sur le traitement de la neurasthénie. Je d-
terai également une brochure de 1905 sur le Tmüement élec¬
trique de la sciatique . La méthode qu’il préconise a pour base
les courants de Morton, combinés avec les bains statiques et
les étincelles. M. Charles de Blois asoigné près de cent cas de
sciatiques de tous genres par cette méthode depuis 1897. L’ac¬
cès a disparu dans 80 % des icas ; parmi les autres, beaucoup
ont été améliorés ; quelques rares sujets n’ont éprouvé au¬
cun soulagement. L’action se manifeste en 2 ou 3 séances,
souvent en 10 ou 12 ; la guérison complètedemande rarement
plus d’un à 2 mois. Il sera bon d'avoir ce procédé en réserve,
à côté de celui de notre collège Berne ; pour une affection
aussi tenace que la sciatique, il n’y aura jamais trop de bons
traitements.
.4u dernier Congrès de Montréal, notre confrère a présenté
un travail intitulé ; « Les courants sciatiques induits de Mor¬
ton: 1° dansle lumbago et le rhumatisme ; 2“ dans lesarthri-
tes ; 3° dans les névralgies ; 4° dans la constipation chroni¬
que et les troubles digestifs .
J’ajouterai que le D'' Charles de Blois est médecin de l’hô¬
pital St-Joseph, membre de la Société internationale de mé¬
decine physique, de F» American El ectro-théra peu tic Associa¬
tion ». Ceci est suffisant pour nous prouver que nous avons
affaire à un homme de science estimé dans son pays. Quand
j’aurai ajouté que notre confrère a été choisi comme seiaé-
taire général du Congrès actuel de Trois-Rivières, congrès de
V Association des médecins de tangue française de l'Amérique
du Nord, j’aurai par cela même garanti sa valeur morale, ses
confrères, qui Font nommé, étant les meilleurs juges en la
matière. Je vous proposerai donc de lui ouvrir toutes gran¬
des les portes de notre Compagnie.
Les conclusions favorables de ce rapport sont mises
aux voix et adoptées ; le vole définitif aura lieu dans la
prochaine séance.
M. Lematte donne lecture d’un travail intitulé : De
l’emploi du bouillon lactique B maitosé en théra¬
peutique. [ Sera publié .
Le Secrétaire annuel,
LA VÂLEROBROMINE LEGRAND
est plus active que les bromures et les valé-
rianates.
LE PROGRÈS MÉDICAL
REVUE DE THÉRAPEUTIQUE
Etude clinique de l'Insuffisance ovarienne.
Son traitement rationnel par i/exirait de corps jaune.
De nombreuses observations cliniques et expérimentales
ont démontré que l’ovaire avait une sécrétion interne. Du
jour où les interventions chirurgicales se sont multipliée.^,
grâce à l’antisepsie, les femmes ovariotomisées à la suite de
lésions annexielles sont devenues légion et les troubles
consécutifs à la castration, observés très communément dès
lors, sont apparus semblables à ceux de la ménopause ph}-
siologique ; dans l’un et l’autre cas les modifications (Je l’or¬
ganisme ont été rapportées à la disparition de la sécrétion
interne de l’ovaire.
Rappelons en quelques lignes la structure de l’ovaire.
Structure de l’ovairk.
Une coupe d’ovaire montre que cet organe est constitué
par deux zones — une zone périphérique ou corticale ; une
zone centrale ou médullaire. La couche corticale est tapissée
par un épithélium germinatif et renferme les follicules de
Graaf à tous les stades de leur développement. Chacun de
ces follicules contient un œuf ou ovule destiné à être pondu
à chaque période menstruelle.
Le premier œuf est expulsé au moment de l’établissement
delà puberlé,c’est-à-dire au moment de l’instauration mens¬
truelle. Un follicule de Graaf s’accroît alors rapidement, se
rapproche de la périphérie de l’ovaire, se distend par accu¬
mulation de liquide à son intérieur, puis se rompt brusque¬
ment et rejette au dehors l’œuf mûr qu’il renferme. On
donne à ce phénomène les noms d' « ovulation » ou « déhis¬
cence folliculaire ». A partir de ce moment un nouvel œuf
sera mûr expulsé toutes les quatre semaines chez la femme,
sauf pendant l’état de grossesse.'
Immédiatement après la ponte, le follicule rompu présente
des transformations profondes. Les cellules follictileuses
non expulsées avec l’ovule augmentent de volume et se
transforment en cellules glandulaires ou lutéiniques (Sobot-
ta, van der Slricht ,etc...). Ces cellules finissent par remplir
puis par distendre la cavité folliculaire et constituent une
masse glandulaire arrondie désignée sous le nom de corps
jaune. Celui-ci doit son nom au pigment spécial, de colora¬
tion ocracce, qui infiltre ses éléments constitutifs et que l'on
désigne sous le nom de lutéine.
Le corps jaune qui se constitue aux dépens d’un follicule
dont l'œuf n’est pas fécondé atteint son développement maxi¬
mum huit à dix jours après la ponte. C’( st à ce moment
qu’apparait Je flux menstruel (Fraenkelj.Puis il régressé et
disparaît rapidement. Le corp< jaune qui se développe quand
l’œuf est fécondé atteint un volume considérable et conti¬
nue à s’hj’pertrophier jusqu’au quatrième mois de la gros¬
sesse ; il s’atrophie ensuite peu à peu. Si, au contraii e, l’ovule
n’est pas fécondé, le corps jaune s’atrophie très rapidemen*.
Tous les mois un follicule arrive à maturation et le cycle
recommence jusqu’à la ménopause.
Longtemps on a cru que la sécrétion interne était due à
toute la glande. Cependant de Graaf, .Malpighi, Buffon, au¬
raient déjà mis au compte des corps jaune.®, une partie de
l’activité spéciale de l’ovaire. Podvyssolzky en 1895 est frappé
de la ressemblance des cellules lutéiniques avec certains
éléments de la couche corticile des capsules surrénales. En
1897, Beard attribue au corps jaune un rôle encore liypothéti-
que ; à leur tour. Prenant (1898), Lebreton (1899),Skrobansky
(1901), reprennent la même idée. Enfin trois élèves de Born,
.Magnus,Cohnet Frænkel orientent leurs recherches vers une
sécrétion interne du corps jaune.
Co.N'CLUSlONS AU.XQUEL1.ES ARRIVE Fr.ENKEL.
1® L’ablation des ovaires, faite quelque temps après la fé¬
condation de l'œuf, arrête la grossesse; donc la grossesse
dépend de l’ovaire dont la fonction est de rendre possible la
fixation et le développement de l’œuf. Cette fonction est
exercée uniquement par le corps jaune dont la destruction
aboutit à des effets identiques.
2“ L’ablation de rovaire,en dehoi s de la fécondation, amène
l’atrophie de l’utérus : donc l’ovaire préside à la nutrition
de cet organe. C’est encore le corps jaune qui exerce cette
fonction, car la destruction des corps jaunes au thermo¬
cautère est suivie des mêmes effets que l’extirpation de toute
la glande, jusqu'à ce qu’un nouveau corps jaune apparaisse.
Il y a parallélisme étroit entre l’état de nutrition de l’uté¬
rus et la phase de l’évolution du corps jaune.
Chez la femme, on a pu observer que la destruction de cet
organe (au cours des laparotomies) empêchait la mens¬
truation suivante de se produire : or, la menstruation est
bien le signe le plus sûr du bon fonctionnement de l'utérn?.
Ces considérations se corroborent du fait que le corps
jaune a une structure absolument semblable à celle des au¬
tres glandes à sécrétion interne (Lebreton).
Nous pouvons donc conclure avec Frænkel que le corps
jaune représente la glande à sécrétion interne de l’ovaire:
Il donne à l'utérus, d'une manière cyclique, une impulsion nté
trilive grâce à laquelle il s'oppose au retotir de celui-ci à l’élal
infantile et prépare la muqueuse à recevoir l'œuf fécondé. Si
l’œuf est fécondé, le corps jaune persiste [dus longtemps et
conserve toujours la même fonction qui consiste dans une
plus grande nutrition de l’utérus dont la muqueuse enve¬
loppe l’œuf et lui permet de se développer. Si la fécondation
ne se produit pas, le corps jaune amène l’hyperhémie de
l’utérus, hyperhémie qui va j isqu'à produire la menstrua¬
tion : il régresse ensuite. Le corps jaune est tknic une petiu
glande ovarique qui se régénère périodiquement et qui préside i
la nutrition de l'utérus depuis la puberté jusqu'à la méno¬
pause . ».
Les recherches deSpillmann, Etienne et Démangé ont fait
attribuer à la sécrétion interne un rôle anli-toxique dontles
faits cliniques rapportés par Lebreton, ont fourni la démons¬
tration. Cette môme sécrétion tient sous sa dépendance cer¬
tains caractères de la sexualité féminine et possède, analo¬
gue en cela à celle du testicule et de la thyroïde, un rôle des
plus importants dans le métabolisme des organes.
^Cette notion désormais acquise et qui fait du corps jaune
l’organe de la sécrétion interne de l’ovaire, comporte une
dé ludion thérapeutique médicale.
Déduction thérapeutique médicale.
Jusqu’ici les troubles de l’insuffisance ovarienne ont été
traites par l'ovaiine, mais avec des succès très inégaui-
Jayle dit à ce sujet : « L'opothérapie ovarienne peut être
suivie d’un échec complet dans certains cas où elle semblait
cependant indiquée, sans qu’il soit possible de donner une
bonne explication de cette ineffica ilé. » Cette explication ne
nous échappe plus aujourd’hui. L'opothérapie ovarienne
agit par les principes empruntés aux corps jaunes des ovaires
qui ont servi aux préparations ; si lovarine n'agil pasd'iii'‘j^
façon constante, c'est qu'elle ne contient pas toujours ces pritt^\
pes ou qu elle en contient trop peu. Le corps jaune n’a qu'“"*
existence éphémère ; il apparaît tous les mois chez la fe”)'
me, à des intervalles correspondants chez les animaux, P'"*
il régresse et disparait : la plus grande partie du tefflPf;
l’ovariue n’en renferme que très peu ou pas du tout ; jatnai»
elle n’en contient beaucoup, le corps jaune étant relatw^
ment petit si on le compare à la masse de l’ovaire. ^
sorte qu'il est infiniment préférable rte substituer aux fl"
paralions d'ovairts les préparations de corps jaune, dont
sera nécessairement très actif, le plus actif.. U
L'ocrcine est un extrait de corps jaune pur : c'est une sor
d’ovarine supérieure, une ovarine débarrassée de ia
inutile de l’ovaire. Nous allons en préciser l’emploi®*
tous les cas relevant de l'insuffisance ovarienne, mais
ravant nous voudrions passer rapidement en revue les si?®
cardinaux de cette insuffisance.
Signes de l'insuffisance ovarienne ou troubles déteR*"^
par l’hypo-fonction ou l'absence des corps jaunes-
Ces troubles sont locaux ou généraux. Les premier® - J
l’aménorrhée, la dysménorrhée et les métrorrhagies, oo ■"
LE PROGRES MEDICAL
381
reviendrons plus loin. Les troubles généraux sont surtout
Ses troubles vaso-moteurs et nerveux : ce sont d'abord des
bouffées de chaleur montant au visage ou envahissant même
toute là surface des téguments et suivies ou non de véritables
crises de sueur ; des modifications du caractère qui devient
irritable, des crises de nerfs, de la neurasthénie, des idées
noires, un affaiblissement de la mémoire ; des vertiges, des
éblouissements, des bourdonnements d’oreilles ; de fréquen¬
tes migraines ; de la dyspnée ; des palpitations ; certaines
sensations de défaillance pouvant aller jusqu’à la syncope.
L'insomnie est habituelle, ou le sommeil traversé de cau¬
chemars ; on observe une grande asthénie musculaire, des
troubles digestifs et une tendance marquée à l’obésité.
Mais ces symptômes empruntent à l’époque de la vie où ils
se manifestent et aux circonstances qui les provoquent une
physionomie spéciale.
.4. Au moment de la puberté.
L'n premier follicule arrive à maturation et se rompt ; un
premier corps jaune apparaît et, comme conséquence, la
menstruation s’établit. Mais, par ce mot de puberté, nous
n'entendons pas seulement l'éruption des premières règles,
■' mais aussi les multiples phénomènes qui le précèdent,
l'accompagnent et la suivent et qui marquent la transfor¬
mation de l’enfant en femme ». (Dalché : « La puberté chez
la femme », 1906.)
Ainsi comprise, la püberté englobe toute une période de
■) à (i ans pendant laquelle la jeune fille est exposée à de
nombreux désordres, si bien que cette période mériterait
autant et plus que la ménopause la dénomination d'âge cri¬
tique (Dalché).
« L’établissement des règles, dit .Vpert, est en corrélation
intime avec le développement morphologique des organes
correspondants et avec celui de l'organisme dans son en¬
tier...» Le développement intellectuel suiten partie le dé-
wloppement organique.... » D’après Marro, « l’accrOissc-
inent rapide de lataille et du poids qui a lieu à celte époque
du développement pubère vient créer une sorte de faiblesse
lonctionnelle momentanée dans les organes ; aussi la force
de résistarfce des facultés physiques et morales sa trouve-
t'clle temporairement compromise . »
, Léruption des premières règles se fait rarement de façon
inopmée {Dalché) ; elle est ordinairement précédée de leu¬
corrhée périodique, de diarrhée supplémentaire, de douleurs
ombaires; et tandis que le corps se transforme et que la
enstruation s’amorce, surviennent des bouffées de chaleur,
68 frissons, des céphalées, des vertiges, des palpitations,
I roubles dyspeptiques, de l’acné, des épistaxis, etc.
besdeuxièmes règles peuvent survenir au bout de 28 jours,
elles peuvent se faire attendre des mois, une année
•-'0 fonction s'installe péniblement et elle trouvera
06 l’administration de rocréine un adjuvant précieux,
nez certaines jeunes filles, les règles n’apparaissent pas
^^cpoque habituelle de la crise pubérale (14 ans 1,2 en
^ïenne^eu France) ou, après être venues, elles cessent ae
Ces troubles d'aménorrhée s'accompagnent as-
de phénomènes chloro-anémiqnes nerveux, basc-
qui paraissent être comme eux sous là dépen-
ious ^ ^ ovarienne. Nous emiiloierons dans
®os Vocréine dont nous devons user d'une façon con-
payp assez longtemps, sans aucun inconvénient
Après 15 jours, un mois ou plus du iraite-
suite une ou deux semaines et reprendre en-
passant, que la même médication sera de
*®6üite accidentelle, survenant à tout âge à
Lad d’une émotion ou d’un traumatisme.
est très fréquente à la puberté. « Pour
fègiçj jeunes filles, écrit M. Dalché (toc. df.),la V' nue des
“O lit et moment qui les obligeà passer quelques jours
^lèsgopl ®“®Pendre toute espèce de travail et d’occupation,
Que. , . fatiguées dé cette crise à répétition périodi-
**''6'bilitA " moins violent, c'est seulement « une vive
®oiitraei- ^*’®'’^edstruelle, des coliques ou un sentiment de
®ou ig pénibles quand le sang coule » (ibid.) G’-sl, si-
> fin moins le repos forcé à la maison. Jayle a in¬
sisté sur le cas de « ces jeunes filles dont la puberté s’est
manifestée de façon tardive, à 16, 17, 18 ans, et qui du pre¬
mier jour ont toujours été mal réglées. Leurs menstruations
irrégulières s’accompagnent, dit-il, d’élaneemenis pelviens,
de tranchées, de vomissements.
Tous ces signes de dysménorrhée trahissent des ovaires
d’emblée en état d’insuffisance et l’opothérapie par l’ocmnc
longtemps continuée en est le seul traitement rationnel.
Les métrorrhof/ies et surtout les ménorrhagies ne sont pas
rares à la puberté ; elles relèvent de causes très nombreu¬
ses. Qiiand elles sont sous la dépendance de l’hypoplasie
sexuelle, on devra songer à prescrire l’ocréine.
La chlorose éclôt chez les jeunes filles à l’époque de la pu¬
berté et traduit souvent l’insuffisance de l’ovaire (chlorose
pubérale).
Cette insuffisance amène une perversion dans le métabo¬
lisme des organes et, par suite, la chlorose.
La chlorose.
Dans cette affection, en effet, l’insuffisance des échanges
est la règle. Or, M. Dalché, à la suite de ses recherches
avec Lepinoy et Carteret, en est arrivé à considérer l’extrait
d’ovaire comme agent de la médication oxydante et a vu aug¬
menter sous son influence l’azoturie, la phosphaturie et
même la chlorurie, très diminuées comme on sait chez les
chlorotiques. M. Carnot s’exprime ainsi de son côté :« On
peut supposer que les gla odes génitales, par leur sécrétion
interne, activent les combustions intra-organiques et aug¬
mentent le coefficient d’oxydation. » {Bull, /néci., 31 mars
1906.1
Ces notions nous commandent de conseiller formellement
l’ocréme dans le traitement de la chlorose.
Dans des cas de chlorose génitale, M. Dalché aobtenu des
résultats tout à fait remarquables, et d’autres auteurs éga¬
lement. Mais il ne faut pas craindre de prolonger la médi¬
cation qui ne présente du reste aucun danger.
Du côté du SYSTÈME OSSEUX, de grandes modifications sur¬
viennent à l’époque de la puberté, amenant l’accroissement
de la taille et accentuant le caractère de sexualité. Par suite,
le squelette présente à ce moment une très grande suscepti-
bilitéet l’on observe fréquemment des douleurs osseuses,
des arthralgies, du gonflement articulaire, des hydarthro-
ses, des déviations du rachis (rachitisme tardif).
Vocréine procurera un soulagement à tous ces accidents
en s’attaquantà leur cause première, l’hypofonctiou ova¬
rienne.
La tendance a l’engraissement el même à l’obésité se ren¬
contre chez certaines fillettes mal réglées. On voit par con¬
tre leur poids diminuer dès que les règles deviennent ré¬
gulières. On demandera cette action à l’ocréine : thérapeuti¬
que pathogénique.
La dose du médicament chez la jeune fille pubère variera
de 0,10 à 0,60 centigr. c’est-à-dire de 1 à 6 pilules par jour
ou une injection inlra-muscu.aire de2 cent, cubes tous les
2 jours.
B. A l'âge adulte.
La CASTRATION OVARIENNE amène la m'^n.. pause anticipée ;
la cessation brusque des fonctions de l’ovaire porte le> trou¬
bles à leur maximum. Le taldea i clinique répond au tracé
que nous avons fait plus haut de l’insuffisance ovarienne ;
ces femmes, véritables déséquilibrées du ventre, sont en
proie à d’incessants malaises.
Il faut leur prescrire l’ocréine sans retard, Frænkel a obte¬
nu en pareils cas avec l’extrait de corps jaune des résultats
merveilleux ; les bouffées de chaleur, l’oppression, les pal¬
pitations disparaissaient. Lebreton relate de même de très
rapi'Ies succès se traduisant par une disparition complète
des symptômes les plus pénibles. Jamais ces auteurs u’ont
eu le muindrc accident. Vocréuie sera donnée à la dose de 3
à 10 pilules par jour pen<iaut 8 jours par mois, ou 3 ou 4 in¬
jections de 2 en 2 jours.
Certaines femmes, bien que n’ayant subi aucune opera¬
tion, présente t des troubles à peu près semblables. « Ces
malades, dil Jayle, forment le grand contingent de femmes
que les chirurgiens n’opèrent qu’à regret parce qu’elles ont
382
LE PROGRÈS MÉDICAL
1
peu de lésions, et que les médecins soignent mal parce qu’ils
en font de simples nerveuses. Ce sont des femmes qui peu¬
vent présenter beaucoup de tares, mais qui ont tout au moins
de l'insuffisance ovarienne contre laquelle on peut agir. »
Le traitement de pareilles malades n'est pas du ressort
chirurgical ; c'est l'opothérapie pavïocréine qui seule est ra¬
tionnelle et qui seule triomphera des accidents. Frmnkel a
eu là aussi de très belles guérisons
«Dans le cortège des phénomènes qui accompagnent la
dystrophie ovarienne, écrit M. Dalché {lue. cit.). on rencon¬
tre deux états, l'un qui arrive à simuler un syndrome de Ba-
.çerfoit’ atténué ou fruste, l'autre qui prend quelques appa¬
rences d’un pseudo-myxœdème. Ces divers phénomènes
sont améliorés, sinon guéris, par l'opotlièrapie ovarienne. »
11 n'y a rien là qui doive nous étonner, aujourd’hui que
nous connaissons les rapports existants entre les phénomè¬
nes qui accompagnent le goitre exophtalmique et ceux qui
accompagnent la menstruation (tachycardie, bouffées de
chaleur, crises de sueurs dans les 2 cas, etc.)Les deux glan¬
des, thyro'ide et ovaire, sont étroitement solidaires dans leur
évolution et leur activité physiologique. Mathieu, Jayle et
Van der Linden ont publié des cas de goitre exophtalmique
consécutifs à la castraftion, et l’opothérapie ovarienne a été
employée avec un certain succès par Murel, Jayle, Jouin,
Delaunay, Seeligmann, Dalché contre la maladie de Basc-
dow vraie.
Contre les syndromes signalés par M. Dalché, l’ocréine
amènera de très bons résultats, à la condition de continuer
le traitementtant que le nécessitera l'insuffisance ovarienne.
Ladose d’o2mne à conseiller contre les troubles de l’hy-
pbfoRction ovarienne chez l'adulte est de là ti pilules par
jour ouune injection intra-musculaire tous les 2 jours jus¬
qu’à disparition des troubles.
C. Pendant la yrossesse.
Lebreton, en 1899, a employé le premier l’extrait de corps
jaune contre les troubles d'auto-intoxicalion gravidique.
Les résultats se manifestèrent aussitôt chez ses malades
par la cessation brusque des vomissements et l’amendement
rapide des autres symptômes ; la guérison complète sur¬
vient souvent en moins de 15 jours. Lebreton concluait à
l’influence presque spécifique du médicament avec innocuité
absolue.
Par conséquent, chez la femme enceinte présentant des si¬
gnes d’insuffisance ovarienne ou des accidents d'auto-inio-
xication gravidique, nous devons prescrire l’ocrcine à la dose
de 1 à 6 pilules par jour.
D. A In ménopause .
- Les Iransformations que subit l’organisme à cette époque
làge critique) Sont dues à la disparition de la sécrétion in •
terne de l’ovaire : les corps jaunes cessent d’apparaître.
Les troubles seront d’autant plus accentués que la dispa¬
rition sera plus brusque : nous n’en reprendrons pas l’énu¬
mération, depuis les bouffées de chaleur jusqu’à la ten¬
dance à l’embonpoint.
« .\ux environs de la cinquantaine, s’installe très souvent
l'obésité tardive de la femme, en même teinpsque k-s signes
dé l’insuflisance ovarienne. » (Carnot.)
Frænkel a publié des observations très probantes au sujet
de l'eflicacité de l’opothérapie ovarienne à li ménopause,
Carnot dit avoir obtenu des résultats remarquables.
L’ocréine sera administrée à la dose de 1 àG pilules par
jour, ou tous les deux jours une injection intra musculaire.
La médication sera continuée jusqu’à l'entière disparition
des troubles et les doses seront progressivement diminuées
pour arriver peu à peu à la cessation complète du traitement.
.A côté des accidents habitu- ls de la ménopause, nous vou¬
drions enOn appeler l’attention sur la fréquence du RHUMA¬
TISME cHRONiQUEossEux à Cette période de l'existence. Très
souvent cette affection débute vers l’âge critique au moment
de la défaillance des fonctions ovariennes ; ellese présente le
plus souvent sous letypede rhumatisme noueuxaux pieds
et aux mains ; les genoux et les poignets se prennent souvent
aussi. En même temps se développe l’artério-sclérose, et .M.
Iluchard attribue ce développement à la ménopause mèm?.
l’ovaire cessant son rôle de glande hypotensive.
En dehors de la ménopause, au cours de la vie sexuelle
on a du reste signalé depuis longtemps la fréquence desac'
cidents génitaux chez les femmes atteintes de rhum’atisme
chronique.
Partant de cette idée que la cause générale de celle affec¬
tion pouvait résider dans un trouble de la sécrétion inter¬
ne de l’ovaire, M. Dalché a employé l’opothérapie ovarienne
chez des malades souffrant de rhumatisme chronique os¬
seux, et il en a obtenu des résultats trèsencourageants,d’au-
tant plus nets que les malades étaient plus jeunes. Contre
le rhumatisme déformant, il conseille de continuer le traite¬
ment pendant des semaines et des mois entiers : « Oa ob- '
tient non la guérison, dit-il, mais un sérieux amendement.»
C'est une nouvelle indicalbin de l'orréine qui retrouverj
dans ce cas l’influence spécifl que qu’elle passé le sur tous
les accidents de l’insuffisance ovarienne.
E. Obésité [jénitale.
Chez la femme, l'infl ihnce de la vie sexuelle sur le déve¬
loppement de l’ôbésité est considérable. D'après Kiscb,clicî '
215 femmes obèses, on trouve 28 fois des anomalies mens- ;
truelles. j
Un premier type d’obésité génitale conslaté chez la fem¬
me est ['obésité de la puberté. Souvent des jeunes filles anémi- '
ques engraissent considérablement au moment de la puberté.
Un autre type d'obésité génitale constaté chez la femme,
obésité posl-nupliale, survient aussitôt après le mariage ; peut-
être l'hyperfonctionnement génital en provoque-t-il l’épui¬
sement ; peut-être le mariage, par suite d'infections utéro-
ovariennes consécutives, provoque-t-il une insuffisance ova-
I ieiine fonctionnelle
Un type d’obésité, beaucoup plus fréquent chez la femme
est l’oàésifr malerne/fe : très fréquemment, dès les premiers
mois de la grossesse, les femmes enceintes augmentent de
poids, épaississent leur derme et font, un peu partout, dans
le foie notamment, des réserves adipeuses considérables !
elles peuvent rétrocéder après la grossesse ou devenir le
point de départ d’une obésité qui progresse ai'rès la gesta¬
tion et surtout après l'allaitement.
Enfin, un autre type bien connu d’obésité chez la femmei '
est ['obésité de la ménopause: très fréquemment, en effet, cest
aux environs de la quarantaine et co'incidant avec la dinn-
iiulion,puis la cessation de l'activité ovarienneque s’installe
l’obésité tardive de la femme : très souvent les femmes^
plaignent, à la fois de boufféesde chaleur, de suffocation, <1®
crises de congestion et d’une augmentation sensible de
leursdimensions.
I .'obésité des ovariotomisées se développe.de même, assez ra^
pidement avec les principaux troubles de l’insuffisance ova¬
rienne et peutatteindre, d’une façon précoce et rapide, «o
intensité très démonstrative.
Quel que soit le mécanisme, probablement assez complf
de ces différents faits, mpnit en conclure à une relatio
nette entre l’ubésité et l’activité génitale. . jj
Au point de vue thérapeutique, nous avons plusieurs
pratiqué, dans ces variétés d’obésité, une médication
thogénique, en ayant recours à l’opothérapie ovarienne ■ ^
traitement nous .n paru donner de remarquables résulta
tPaul Carnot, Bull. Méd. 31 avril 1906-)
La viande de conserve. — Le docteur Roux, derinstdu
tour, atrouvéun procédé qui, au moyen d'injections pratique
moment de l'abatage, permet de conserver la viande, [A
fication dans son apparence, pendant une assez longue o'* j-’aé-
ministre de la guerre vient de donner des ordres pour que
tliode du docteur Roux soit expérimentée sur d’assez grande
tités de viande et dans des conditions se rapprochant le v»
sible de la réalité du temps de guerre. En conséquence,
procéder, à Paris, à l’abatage d’un certain nombre ^’unuu? jjijé»
après avoir subi les manipulations préconisées, seront .faiS’
dans différents corps d’armée, au bout d'un temps et après
port déterminés, après avoir, au préalable, subi une inspec
nitaire des plus minutieuses.
LE PROGRÈS MEDICAL
383
VARIA
Magistrature et Secret professionnel.
La Société de tnédeciae et de chirurgie de Bordeaux vient
(Je voter dans sa séance du 1"' juin l’ordre du jour suivant :
«La Société de médecine et de chirurgie de Bordeaux, après
avoir pris connaissance des incidents survenus dans une af¬
faire récente devant la cour d’assises de Bordeaux relative¬
ment au secret professionnel, déclare qu’elle approuve l’at¬
titude prise par MM. lesD'^® Rondot, Ghamhrelent, Vil’ar,
Emile Bitot et Guérin, appelés en témoignage.
«Elle les félicite d’avoir observé dans son intégralité le secret
professionnel et rend hommage à leur parfaite honorabilité.»
Nous ne saurions trop féliciter la Société de médecine et de
Chirurgie de Bordeaux de son ordre du jour, après la surpre¬
nante attitude des magistrats de Bordeaux, qui, lors d’un ré¬
cent procès criminel,ont reproché en termesplus que regret¬
tables à des médecins de respecter un secret que la loi leur
impose.
J. Noir.
Corps thyroïde et faim.
Sur une centaine de malades soumis à la médication thy¬
roïdienne, MM. Léopold Lf.vi et II. de Rothschild ont expres¬
sément noté, dans 21 observations, l’augmentation de la faim
et delà sensation de la faim.
La faim augmente, en général, dès le début de la médica¬
tion. Elle est souvent proportionnelle à l’ingestion de la
substance active. Elle diminue ou persiste pendant les in¬
tervalles de l’opothérapie. Après la suppression prolongée du
traitement, l’amélioration reste durable ou l’état habituel de
la faim a tendance à se reproduire.
En même temps que la faim s’accroît, on voit l’appétit naî¬
tre ou renaître et ses caprices se régler.
En rapprochant l’inflpence sur la faim de l’ingestion du
corps thyroïde de l’état de la faim observé au cours du goi¬
tre exophtalmique. du myxœdème, de l'hypothyroïdie béni¬
gne, des diverses phases thyroïdiennes de la grossesse, on
peut conclure que le corps thyroïde est physiologiquement
fcgulateur de la faim et qu’il existe une anorexie hypothy-
roidienne nécessitant un traitement nettement approprié,
'«a:. des hôpitaux, .à et 7 juin.)
LES CONGRÈS
Congrès d’Hygiène Sociale.
(Aancy, 22-24 juin 19Ü6i.
-'ious rappelons que l’A/Z/ance d'//ÿÿiène Aocia/e organise à
^^icy, du 22 au 24 juin 1906, son troisième congrès régional
I® présidence de M. Casimir-Périer. (Voir leprogramme
os le Progrès Médical, du 9 juin 1906, page 365.)
FORMULES
XLVI. — Contre les éphélides.
Axonge . 5 gramme;
Vaseline . 10 —
Peroxyde d'hydrogène . 20 —
Dichlorure de mercure . 0 gr. 05.
'-’xychlorurc de hismuili . 0 — 50.
glandes urines sont troubles, quand le rein — filtres ou
**^rive .uoluiaté par les dépôts uratiques ou biliaires,
*^0ciion * Pipérazol Tissot, qui rendra au filtre rénal son
Oée^g parfait. Ne pas oublier que l’action simulta-
*dhineet de la pipéra/ine est supérieure à tout au-
0 a l’une ou l’autreséparément.
Actes et thèses de la Faculté de Médecine de Paris
Thèses de doctorat. — Mercredi, 2o juin. — M. Behurel : Les fis¬
tules biliaires et leur traitement par l’entérostomie biliaire (MM.
Terrier, Segond, .Mauclaire, Gosselj. — M Cholet : Néoplasmes la¬
tents du gros intestin, leur rôle dans les obstructions intestinales
(MM. Segond, Terrier, Mauclaire, Gosset). — M. Filassier: L’unci-
nariose devant l’hygiène sociale (MM. Blanchard, Brissaud,Gaucher,
Claude). — M. l'aguet : La gastro-suecorhée d’origine nerveuse
(MM. Brissaud, Blanchard, Gaucher, Claude). — M. Gurisse :
Guérison des nævi vasculaires par ulcération spontanée (M.M. Gau¬
cher, Blanchard, Brissaud, Claude).
Jeudi, 2 1 juin. — M Cibrie : « Des atrophies musculaires consé-
cutives aux traumatismes légers dans les accidents du travail »
(MM. Debove, Dieulafoy, Berger, Auvray. — M. De Laire : Va¬
riations de la formule hématique sous l’action des ferments métal¬
liques (M.M. Dieulafoy, Debove, Berger, Auvray). ~ M. Driiais :
De l’embolie pulmonaire dans l’appendicite (MM. Berger, Debove,
Dieulafoy, Auvray). — M. Poitevin: De l’avenir des hystéro-trau-.
matisés (MM. Pouchet, Joffroy, Dupré, Jeimselrae). — M. Lévy’:
Les délires de zoopathies internes (MM. Joffroy, Pouchet, Dupré,
Jeanselrae). — M. Rey : Considérations sur l'hygiène du travail à
domicile (MM. Chantemesse, Gilbert, Langlois, Carnot). — M,
Oudiette : Critique des moyens galactogènes et en particulier de
l’extrait de graines de cotonnier (MM. Gilbert, Chantemesse, Lan¬
glois, Carnot.
Examens de doctorat. — Lundi, i ,9 juin . — 5' (Chirurgie, 1" par¬
tie, P* série, Hôtel-Dieu) : MM. Kirmisson, Broca(Aug.), Duval
(Pierre). — 5‘ (Chirurgie, 1” partie, 2' série, Hôtel Dieu) : MM. Se¬
gond, Legueu, Rieffel. — 5' (Chirurgie, l'* partie, 1" série. Chari¬
té) ; MM. Terrier, Delens, Gosset. — 5* (Chirurgie, P* partie, £•
série. Charité) : M.M. Reclus. Tuffier, Mauclaire. — 5' (2" partie.
Charité) : MM. Déjerine, Teissier, Labbé (Marcel).
Mardi, ig juin. — 5" (Chirurgie, P* partie, t“ série, Hôtel-Dieu):
MM. Guyon, De Lapersonne, Rielfel. — 5’ (Chirurgie, P' partie,
2’ série, Hôtel-Dieu) : MM. Le Dentu, Thiéry, Morestin. —5" (Chi¬
rurgie, P' partie, 1'" série. Charité) : MM. Berger, Poirier, Ma¬
rion. — 5' (Chirurgie, Impartie, 2' série. Charité) ; MM. Pozzi, Ret-
terer, Hartmann. — 5* >2' partie, Charité) : MM. Dieulafoy, Renon,
Carnot. — 5* (Obstétrique, P" partie. Clinique Tarnier) : MM. Bu-
din, Demelin, Bar..
Mercredi, 2o juin. — P' (P' série, Oral, .Salle Corvisart) : MM.
Reclus, Cunéo, Rieffel. — 1" (2' série. Oral, Salle Velpeau) : MM.
Delens, Macaigne, Pierre Duval. — (2' (1” série. Salle Charcot) :
MM. Gautier, Roger, Branca.— 2' (2* série. Salle Richet); MM.
Gariel, Ch. Richet, Retterer. — 3” (P* partie. Oral, Salle Vulpian) :
MM. Sébileau, Legueu, Lepage. — 3* (2° partie. Oral, .Salle Brons-
.sais) : MM. Déjerine. Teissier. Legry. — 4' (1” série. Salle Thouret) ;
MM. Pouchet, Desgrez. Richaud. — 4' (2" série. Salle Pasteur) :
MM. Landouzy, Gley, Balthazard. — .5' (Obstétrique, P' partie. Cli¬
nique Baudelocque) : MM. Pinard, yVallich, Potocki,
Jeudi, 2 1 juin. — 1" (1” série. Oral, Salle Béclard) : MM. Cornil,
Thiéry, .Marion. — 1" (2* série. Oral, Salle Béclard) : MM. De Là-
personne, Rieffel, Guiart. — 1" (3' série. Oral, Salle Broussais) :
MM. Poirier, Laûnois, Morestin. — 3* (P* partie. Oral, Salle Richet) :
MM. Pozzi, Retterer, Demelin. — 3‘ (2* partie, P* série, Oral, Salle
Charcot) : MM. Raymond, Thiroloix, Méry. — 3" (2* partie, 2“ série.
Oral, Salle Corvisart); MM. Hutinel, Gouget, Bezançon. — 4“ (Salle
Vulpian) : MM. Robin. G. Ballet, Gley.
Vendredi, 22 juin. — P' (Oral, Salle Vulpian): MM. Segond, Cu¬
néo, Rieffel. —3" 1" partie. Oral, Salle Béclard) ; MM. Terrier, Ret-
tercr, Lepage. —3* (2’ partie, P* série. Oral, Salle Broussais) : MM,
Joffroy, Teissier, Marcel Labbé. — 3' (2‘ partie, 2‘ série. Oral,
Salle Charcot).— MM. Blanchard, Claude, Balthazard. — 3' (2' par¬
tie, 3” série. Oral. Salle Richet) : MM. Brissaud, Legry, Macai¬
gne. — 4" (i" série. Salle Thouret) : MM. Pouchet, Gaucher, Ri¬
chaud. — 4' (2” série. Salle Pasteur) : MM. Landouzy,Déjerine, Gley.
— 5* (Chirurgie. 1” partie, P* série, Necker) : M.M. kirmisson, De¬
lens, Pierre Duval. —5' (Chirurgie. P’ partie, 2‘ série, Necker) :
MM. Reclus, Legueu, Gosset. — 5* (Obstétrique, I” partie, Clini-
(jue Baudelocque) : MM. Pinard, Wallich, Potocki.
Samedi. 2 3 juin. — 3’ (2* partie, 1" série, Oral, Salle Béclard) :
MM. Chantemesse, Thiroloix, Vaquez. — 3* (2" partie, 2* série. Oral,
Salle Broussais) : MM. Gilbert, Guiart, Carnot. — 5* (2* partie, P"
série, Beaujon) : MM. Raymond, Achard, Gouget. — 5* (2” partie,
2' série, Beaujoni : MM. Hutinel. Méry, Jeanselme. — 5* (3* parrtie,
3* série, Beaujon) : Robin, Troisier, Besançon. — 5’ (Obstétrique,
1” partie. Clinique Tarnier) : M.M. Budin, Bar, Demelin.
Demande d'emploi. — M. Wihtol (Albert-Eugène) est àla dis¬
position de MM. les médecins et pharmaciens pour traductions
d’allemand d'espagnol et de portugais. Bonnes références.
384
LE PROGRÈS MÉDICAL
NOUVELLES
Légion d’honneur. — M. le D' Trouillet, médecin des en¬
fants du premier âge, est nommé chevalier de la Légion d’honneur.
Le Dr Bérillon commandeur du nicham. — Au cours de
l’assemblée de la Société ; V Assistance aux animaux, S. Pi-
chon, résident général de Tunisie, a remis à M. le D'' Bérillon,
président de la société, la Croix de commandeur du Nicham.
Mérite agricole. — Notre ami, M. Lauc, a été nommé officier,
à la séance solennelle de la Société des CoufiSrences Républi¬
caines, pour ses conférences sur l’hygiène.
Inspection des servicks sanitaires. — Par décret du président
de la Républi^iae française en date du 5 juin 1906, rendu sur la
proposition êa ministre de l’intérieur : M. Bluzet, inspecteur gé¬
néral advint des services sanitaires, est nommé inspecteur géné¬
ré des services administratifs du ministère de l’intérieur, en rem¬
placement de M. Pluchart, admis à faire valoir ses droits à la
retraite et nommé inspecteur général hônoraire.
Inspection des écoles de Paris. — M. le D-' Dubreuil est
nommé médecin inspecteur des écoles du XP arrondissement en
remplacement de M. Miquel, décédé.
Le typhus a Bone. — Le Temps annonce que plusieurs cas de
typhus se sont déclarés à la prison civile de Bône, où cette mala¬
die a déjà fait trois victimeà. La commission d’hygiène a aussitôt
ordonné l’évacuation immédiate des sujets contaminés, au nombre
de quatorze, à l'hôpital civil, où ils se sont isolés.
La colonie pénitentiaire tout entière a été dirigée sur le lazaret
les prisonniers campent sous des tentes entourées d’un cordon de
tirailleurs. L’état sanitai tre de la ville de Bône continue à être ex¬
cellent, aucun cas même suspect ne s'étant produit hors de lapri-
Institut général psychologique. — Le P' François-Franck,
membre de l’Académie de médecine, a fait pour l’Institut géné¬
ral psychologique, vendredi 15 juin, àl’ancienne salle de l’Acadé¬
mie de médecine, 49, rue des Saint-Pères, une conférence « sur
quelques expressions des émotions chez l’homme et chez les ani¬
maux» (avec projections).
Les vaccins antituberculeux. — ha. Aew-Yoï'k Press annon¬
ce que le D’’ Pearson de TUniversité de Pensylvanie à Philadel¬
phie a découvert nn procédé de prophylaxie delà tuberculose chez
les animaux. D’autre part, à l’Académie des Sciences, M. le D^ Cal-
mette, de Lille, annonce qu’il a obtenu la vaccination, de jeunesar,
maux contre la tuberculose par l’ingestion régulière de bacilles j
berculeux virulents ou à virulence atténuée.
Nouvel hôpital militaire a Chalons-sur-Marnë. — Onaché-
ve actuellement, de façon qu’ils soient complètement en état po»,
l’année prochaine, les nouvelles casernes et le nouvel hôpital mi-
litaire de Châlons-sur-Marne. Ces constructions ont été élevée»
suivant les règlements les plus modernes de l’hygiène et du coa-
fort ; les angles de toutes les pièces sont arrondis pour éviter fif
cumulation de la poussière ; les pavages sont de bitume compriaj
imperméable ; le chauffage sera à la vapeur et tous les monv^
ments s'exécuteront p» l’intérieur. Plusieurs salles de bain ont
été installées. Le nouvel hôpital comprend trois pavillons pour
les blessés, les fiévreux et les contagieux : en tout 150 lits.
Nécrologie. — Nous avons le regret d’annoncer la mort dn
D'' R. Dutkil, médecin aide-major, ex-interne des hôpitaux de
Lyon ; MM. les docteurs Vernet (de Pignans) ; FançoisBoc-
CARD, de Thonon ; François Bachelet (de Toulon) ; Habra»,
ancien chirurgien des hôpitaux de Reims ; Lucien Blache, ancien
maire de Privas.
Chronique des hôpitaux.
Création de crèches dans les hc>pitaux. — On annonce que
l’Assistance publique, sur la demande de nombreux médecins, vient
de créer à l’hôpital Saint- Antoine et à l’hospice d’Ivry, deux crè¬
ches pour les nourrissons des infirmières de ces établissements.
Cette création, faisant suite à celle des garderies d’enfants an¬
nexées à certaines grandes usines, ne pourraque contribuer à l’ei-
tension de l’allaitement maternel et, par suite, à la diminution dt
la mortalité infantile. On ne peut donc que l’approuver pleinernw
Concours de chirurgien des hôpitaux. — Epreuve écrite ;
Question donnée le 12 juin : Péricarde. Plaies du cœur.
Concours d’oto-rhino-laryngologiste. — Epreuve écrite:
Sinus maxillaire et sinusites maxillaires.
Concours pour -la nomination a la pl.ace d’assistant titu-
ouvert le vendredi 4 juillet 1906, £
• RiBoisiÈRE. - Ce concours ser»
midi dans la salle des concowi
de l’administration, rue des Saints-PéreS, n® 49. — Cette séance
sera consacrée à la composition écrite. Les candidats seront ad¬
mis à se faire inscrire à l’Administration Centrale (service dj
personnel), de midi à trois heures, du mardi 5 juin 1906 au lundi
18 du même mois inclusivement.
SIROP LAXATIF VERNEUIL (H)
préparé spécialement pour BÉBÉS et ENFANTS de 2 mois
à 15 ans, vrai spécifique de la CONSTIPATION. Précieux dans
grippe, bronchite, coqueluche, impétigo, helminthiase,
état convulsif, et toutes maladies ou indispositions dans les¬
quelles un laxatif est nécessaire.
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I de 2 ans à 5 ans : 1 cuillerée à dessert par jour.
I de 5 ans à 15 ans ; 1 cuillerée à soupe par jour.
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pour leurs enfants, car le meilleur des dépuratifs est encore un
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de Clignancourt, Paris. (Mémoires déposés à l’Academi
Médecine, 23 mars 1897, 8 mai 18981. L'extrait de ces m®®*? jj
est adressé gracieusement à tous les médecins qu»
feront la demande. Renseignements gratuits et prix de m
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33 JUIN 1906
Le Progrès Médical
SOMMAIRE : Chirurgie biologique : Chirurgie du phimosis,
*Dar Longuet. — Bulletin : Les explosions dans les houillères,
^ Fabre. — Sociétés Savantes : Académie des Sciences :
la vaccination contre la tuberculose par les voies naturelles,
p*r Calmette et Guérin (c,‘ r. de Mme Phisalix). — Société de
plagie : Elévation de la température du corps dans le traite-
nent de la rage et des maladies infectieuses, par Remlinger ;
Septicémie gonococcique expérimentale, par Bruckner, Cris-
teann et Ciuca ; Bacille gracile éthylogène, par Achalrae et Ro-
eenthal ; Fièvre récurrente en Indo-Ghine, par Yersin ; Tissu
conjonctif retrouvé dans les fèces, par Roux et Riva ; Autothé¬
rapie thyroïdienne de la grossesse, par de Rotschild et Lévi ;
Origine mésoderraique du foie, par Giraudel ; Chlorures et eau
des organes, par Javal et Adler (c. r. de Mme Edwards-Pil-
liet.) — Académie de Médecine : Consultations de nourrissons,
parBudin; L’hématome subitde laluette, par Fabre ; La réforme
’ du code civil ; La typhlite muco-membraneuse, par Le Dentu ;
I La typhlocolite, par Dieulafoy ; De la valeur du scatol et de
l’indican dans les urines, par Daremberg et Penoy ; Pied de Ma¬
dura nostras, par Reynier ; L’avortement épizootique de la
vache, par M. Thierry ; Elections (c. r. de A. -F. Plicque). —
Société Médicale des Hôpitaux : Traitement de la paralysie
diphtérique, par Comby ; Appréciation de l'anémie des enfants
tuberculeux, par Barbier et Ravry ; Envahissement du liquide
céphalorachidien par le coli-hacille à la période terminale d’une
méningite tuberculeuse, par Griffon et Abrami (c. r. de Frie-
del.) — Thérapeutique ; Thérapeutique post-grippale. — Va¬
ria : La convention de Genève ; A propos du service médical
des postes de secours du circuit de la Sarthe ; Boulangerie et
tuberculose ; Education seiwelle de la jeunesse ; Hygiène socia¬
le ; Le voyage médical en Allemagne ; Voyages d’études médi¬
cales aux stations hydrorainérales et climatiques de' France. —
Les congrès : Congrès de olimatothérapie et d’hygiène urbai¬
ne. — Formules. — Actes et thèses de la faculté de
médecine de Paris. — Nouvelles. — Bulletin bibliogra¬
phique.
CHIRURGIE RIOLOGIQÜE
Chirurgie du phimosis; [suite]
Parle P' L. LONGUET (de Rouen). (1)
Amputation après fixation préalable.
■A En un temps. Procédé de Lis franc. — Pendant
ijiie le limbe rétréci est tiré en avant par un aide,
lopérateur saisit avec une pince à anneau le fourreau
Jtépulial le plus près possible du gland. En avant de
wtte pince, onsectionne au bistouri, ou aux ciseau c forts
«Ilubois (Chauvin), ou au rasoir (Godard, Baudens)
lûulcequi dépasse. Cette technique simpliste a le gros
inconvénient de laisser un phimosis muqueux qui né-
'*ssitele plus souvent une excision supplémentaire de
touche. D’où l'éclosion d’un grand nombre de modi-
à l’opération de Lisfranc, par pincement préa-
^•càlaide de pinces spéciales, fenêtrées ou non ; de
ndductrices à crochets, de posthétomes sécateurs
A^hotine >1. Ricord, le premier, inventa une pince
«trée, que ses imitateurs compliquèrent à l'excès ;
instruments spéciaux pour
ne, , du phimosis. Mais aucun deces posthétomes
-urvécut à son inventeur . Rappelons seulement la
•««hmque deRicord (1840).
puis'T-*- ®^®Cd à l’encre la ligne extérieure de section,
ifg * .®^*de d’une longue aiguille plate garnie de
pénètre dans la cavité du prépuce vers la
HpJ P®^®®zunfil à la hauteur de la ligne tracée. Les
qaeQ,p'’,j^danéo-muqueux ainsi assurés, saisissez obli-
«ôm I ® prépuce dans une longue ‘pince fenêtrèe
deJij sert à introduire des aiguilles munies
suels QU métalliques au travers des deux parois
* de la pince. Coupezces fils dans leur milieu.
‘pijJce^^ jpytce qui dépasse de prépuce en avant de
suffirez à I ^‘de des fils coupés . Toutefois à
*Ppr^ • ®’^*fire fut très généralement supplantée
%is. de sert'e- fines imaginées par Vidal de
'/•ûnjent t la technique dont s’inspirèrent évi-
‘ ^®*Plifier’ I la compliquant sous prétexte de la
> tes chirurgiens dont les noms suivent : Vi¬
dal (de Cassis) 184.5(1), Corbin 1849 (2), Thibault (3)
Dolbeau (4), Piquantin (5), Nélaton et Surmay (de
Ham) 6, Borelliet Fleming 1852 (7) Bonnafont 1856 (8),
Verneuil (9i, Panas 1867 (10), Chauvin (11), Martin
(1) Vidal (de Cassis) 1” manière: Suivant le tracé à l’encre de
Ricord, passez des points de suture", sectionnez en avant du fil sans
pince spéciale. — 2“' manière : Ne mettre que les aiguilles avant la
section, coupez, suturez àl’aide de fils enfilésdans chaque aiguille. —
3"' manière : suivant la ligne d'amputation. placez une pince à près
sion continue de l’auteur, garnie des pointes acérées, sur sa face
interne . Sectionnez en arrière de cette pince qui maintient la peau
et ta muqueuse au même niveau. Faites ta section en arrière de la
pinceafin de ne pas faire porter les serre-fines sur les parties tra¬
versées déjà par des pointes, et par suite plus susceptibles de s’en¬
flammer. Réunissez par les serre-fines de l’auteur.
(2) Corbin 1819. -- On fixe ta muqueuse à faide d’une tige d’où
s’échappent des crochelg.
(3) Thibault.— Pince de l’auteur analogue au dilatateur de Trous¬
seau pour la trachéotomie.
(4) Dolbeau. — Introduire 2 pinces à dents de souris de chaque côté
du gland et avec elles saisir, près de la couronne, la peau et la mu¬
queuse qu’on attire en avant.— En arrière de ces deux pinces, appli¬
quez obliquement en bas et en avant une pince à pansement ordi¬
naire. — Sectionnez en avant de celle-ci.
(5) Piquantin : Le 1"' temps s’exécute à l’aide de 2 lames mousses
se rapprochant l’une de l’autre par un pas de vis, fixant la mu¬
queuse. Dès que la striction de celle-ci est complète, sectionnez
l’excès de prépuce au moyen d’une lame tranchante triangulaire,
mue par la détente d’un ressort à boudin.
(fi) Nelaton et Surmay (de Ham).— Di7utaieur-flxateurde l’auteur
analogue an dilatateur de Trousseau pour la trachéotomie.
(7) Borelli et Fleming : Leur instrumenl est une tige d’acier
avec manche, terminée par 4 crochels à pointes aiguës et à direc¬
tion oblique. Les rapports des sections cutanée et muqueuse sont
si exacts que toute suture serait inutile.
(8) Bonnafont. — Pince spéciale de l’auteur.
(9) Vkhnf.uil. — .Se servait d’une simple pince à pansement.
(10) Panas.— Placez suivant la ligne opératoire, une pince de l'au¬
teur à pression continue, dont la branche inférieure est mousse et
mince, tandis que la supérieure, de même force et même longueur,
est munie d’une griffe terminale qui permet de traverser au même
niveau peau et muqueuse. On introduit la branche mousse en ayant
soin de la pousser jusqu’au cul-de-sac préputial ; puis on la relire
de 1 cm. On la confie à un aide après l’avoir fixée au moyen l’une
vis qui implante la pointe dans ce prépuce. L’opérateur se sert
alors d’une pince spéciale composée de 4 liges parallèles qui
laissent dans leur inten-alle 2 rainures perpendiculaires l’une
à l'autre. Il saisit le prépuce en arrière du point primitive¬
ment pincé, et le maintient dans les branches de la 2" pince
dont la direction est oblique et parallèle .à la couronne du gland.—
Excisez par un bistouri passant comme une petite guillotine dans
la rainure perpendiculaire à cclie qui occui>e le prépuce et Iran-
LE PROGRES -MEDICAL
38t
aux blépharostats et coinçant la muqueuse et la
sectionnée) sur un même niveau.
l\‘ Teitips : Excision du lambeau muqueux gauche,
Jda même manière après pincementdans un deuxième
Wrument semblable à celui de droite.
' Teirninerpar application de serre-fines. Nousretrou-
nm-es 4 temps simplifiés dans la pratique de Üuplay
et .Monod : 1° Excision oblique du prépuce en arrière
d'une pince de Rocher.— U° Fente dorsale du phimo¬
sis muqueux. — 111° Excision sans pincement préalable
du lambeau muquei
X droit. — 1 Y» A’iccmon analogue
du lambeau gauche. — Terminer par suture' au cat-
jiut fin ou au crin de Florence. Enfin Gidllery, 1892
nrocèdeim peu différemment en : F excisant \g prépuce
exubérant au-devant d'une pince spéciale ; 11“ rfdôri-
dunlle phimosis muqueux par 4 incisions anléro-pos-
térieiiresjusqu'à la rainure glando-préputiale ; llEpuis
en saturant les 4 lambeaux muqueux ainsi libérés et
eetropionnés au rebord de la tranche cutanée. Pour
pmettre au lambeau correspondant au frein de se ra-
totlre aussi, on pratique avec des ciseaux courbes 2 in¬
cisions en V qui se réunissent par leurs bases, afin
d'enlever au repli un fragment en forme de losange.
Procédés opératoires de la 3' méthode.
[Posthectomie muqueuse subtotale)
(Diekfënb.vch, 1837).
Les procédés de celte méthode diffèrent tous des
précédents en ce que la muqueuse est seule supprimée,
plus ou moins largement. Dieffenbach a, le premier,
constaté que l’ablation de la muqueuse suffit. Dans le
syniphysis ou le phimosis adhérent, il s'en tint à Pa¬
lliation de ce seul feuillet préputial.
Plus tard, Langenbeck excisa la muqueuse sous (orme
aune série de petits losanges longitudinaux juxtaposés
l'isqua découverte possible du gland. Mais sa techni¬
que donna des récidives par cicatrisation rétractile
“«s plaies endo-préputiales.
Amputation muqueuse à main levée,
^t’ocêdé de Brautt (1896) son manuel opératoire
««nsiste en :
l 'Temps; Excision circonférencielle oblique du lim-
P^éputial seulement.
11 Temjj.s: Petite dorsale de la muqueuse jusqu'à la
'«“foiine du gland.
,111 Temps : Excisiofi de la presque totalité du lam-
"«au muqueux droit.
®iin ■ ExcisionAc. la presque lolalité du lambeau
iusto f^ïme conservant de la muqueuse que
lï 1.1 1^^"!^ pour passer les sutures. De la sorte
céinvaginée fait fonction de muqueuse;
'®<!nM' ®llc-mème bientôt, au moins superficielle-
portéë muqueuse. Enfin la cicatrice estre-
prépm'^l l**ise du gland, au fond du sillon balano-
détaii cache invisible. Telle est, à quoique
technique également adoptée par Re-
1898 ; Loumeau 1898 ; Blanc 1904 :
^ Sputation muqueuse après fixation préalable.
*®0(lu^f^/ Eidreau 1859 : Le prépuce étant bien
''•’o-crm- dans sa cavité une petite tige cylin-
!•' TeT"" '
; Dup incision circulaire de la peau à 1 mil-
lim. seulement du limbe. La collerette muqueuse déta¬
chée, est toujours maintenue en contact avec la tige,
par 3 épingles piquées perpendiculairement ; et le tout
est extériorisé par traction.
ID Temps ; Une deuxième circulaire de la
muqueuse est faite sur cet étui muqueux, de manière à
enlever tout ce qu’il faut de muqueuse pour donner
libre jeu au gland. — On termine en réunissant les
deux lèvres de section par suture ou serre-fines.
Plus récemment, (rJcmccf (1897) arrive au même ré¬
sultat et plus simplement sans tige cylindro-conique. Il
applique sur les lèvres sectionnées, des serre-fines d’un
modèle spécial, véritable suture métallique facilement
amovible, dont on facilite la mise en place par des fils
suspenseurs passés aux 4 points cardinaux de la ligne
de section, traversant peau et muqueuse très près du
bord cru enté (1).
Mode de pansement.
Le pansement varie un peu suivant la doctrine ré¬
gnante de l’époque. C’est ainsi qu’à partir de 1875 nous
voyons germicider les matériaux avant leur emnloi,
suivant la méthode de Lister. Mais le manuel reste sen¬
siblement le même.
11 consiste : 1“ en une ablution ou lavage de la plaie
après l’opération ; avec de l’eau d’orge ou de sureau
(Boyer, 18'25) — ou de l’eau fraîche Vidal de Cassis,
1851) — ou de l’eau alcoolisée (Borelli) — ou de l’eau
antiseptique phéniquée, ou sublimée, mais mieux bori-
quée (duiard) car l’acide phénique peut déterminer la
gangrène du gland. Cette solution antiseptique est em¬
ployée froide, tiède, ou au contraire très chaude (Pous-
son, 1899). — Citons enfin l'eau de PagUari très diluée
(Guillery 1892).
2° Ceci fait, on applique sur la région un absorbant.
Les absorbants sont formés: A) d'un tissu ou d’une étoffe :
ainsi la charpie sèche (Ravaton, 177(5) — les compresses
trempées dans l'eau froide fréquemment renouvelée
(Laylavoix, 1881) —les bandelettes de toile placées obli¬
quement pouréviter l’étranglement, et former une cui¬
rasse annulaire (Chassaignac) — les bandelettes de gaze
iodoformée (Duplay, 1900) — le coton cardé (Chassai¬
gnac) — la gaze et le coton hydrophile stérilisés par la
chaleur Tomasi, 1904i. — Mais ces tissus employés à
l’état sec ont le fâcheux inconvénient d’adhérer, de
coller à la suture ; ce qui rend leur ablation difficile.
.Aussi plusieurs chirurgiens prennent soin d'interposer,
entre la plaie et l’absorbant, un corps gras ; tel le cérat,
étalé sur une compresse fenêtrée (Vidal de (iassis,1851) ;
ou posé à même sans compresse (Lenormant, 1876) ;
telle la vaseline boriquée (Sieur-Blanchard, 189.5) ; ou
une pommade antiseptique (Reybreyend, 1898) ; ou une
pâte composée d’iodoforme, de salol fondu, d'un peu
de gomme adragante (Pou.sson, 1899).
B) Ou bien l’tibscrbant est représenté par une poudre:
poudre d'iodoforme (Suarez de Mendoza, 1897 ) : poudre
de salol versée largement (Cuiard, 1897).
3“ Par-dessus l’absorbant, on place Y inèvaporant.
C’est une croix de Malte coiffant le gland et percée en
son milieu (Boyer, 1825, et Vidal de Cassis, 1851) ; ou
)L .\ l'opposr de la posUieclomie miii|ueiise suhlolale, inenlion-
nons seuleraenl la leeliniqtie de WaUcr-Klolz,19o2, eonsistant en
une réserlion annulaire du seul fourreau culanée, avec c.vtcrio-
risaiiun de la muqueuse; mais d’après l'auleur lui-nièine, celte
teelinique n'est applicable qu’à certains cas, quand le limbe est très
peu rétréci ; et jamais rbez l'enfant.
388
LE PROGRÈS MEDICAL
un carré deMackintosch (Duplay,1900), également percé
d’un trou correspondant au méat et rabattu sur la verge,
où il est maintenu au moyen soit d'un fil soit d'une
pince à forcipressure, permettant au malade d’uriner
sans défaire ni mouiller son pansement.
4° Il reste à fixer tout ce pansement par un appareil
de contention : celui-ci se compose d’une bande moyen¬
nement serré^ au dessus de l'absorbant, et de l’évapo¬
rant, (Boyer, 1825) ; ou d’un bandage en T — ou mieux
encore d’uncalei^on de bain (Tomasi, 1905). On ajoute
qu’il est bien de relever la verge contre le ventre et de
la maintenir dans cette position pendant la cicatrisation
de la plaie (Vidal de Cassis, 1851).
S 11. Chirurgie biologique
ou posthétomique du phimosis.
J.-L. Petit au XVllP siècle, en inaugurant la fente
dorsale du prépuce, après lui transformée en débride-
ment latéral ou inférieur, semble avoir entrevu le pre¬
mier, que l’amputation n’est nullement indiquée en
matière de phimosis. Mais ses tentatives n’eurent aucun
succès ; la trop simpliste incision conservatrice, gros¬
sièrement défectueuse en ses résultats, fut jugée sévè¬
rement et particulièrement condamnée durant tout le
X1X“' siècle. A titre d’expédient on la toléra dans les
balano-postbites ou paraphimosis phlegmoneux, gan¬
gréneux, étranglés, comme pratique d’urgence, comme
premier temps d’une circoncision difi'érée exécutable
lus lard <i à froid » par l’excision secondaire des lam-
eaux séparés. En somme, le phimosis enflammé était
traité à la façon d’un abcès quelconque : l'incision large
à ciel ouvert (1).
(’onceiftion thérapeutique biologique.
(Longuet, 1892.)
Congénitale ou acquise, la malformation dont il s’a¬
git se présente essentiellement au chirurgien comme
une sténose préputiale localisée presque exclusivement
au seul feuillet muqueux sur lequel elle s’étale en lar¬
geur sur toute la circonférence pour s’étendre en hau¬
teur sur une zone variant de 1 mill. (ligne circulaire du
phimosis diaphragmatique dit atrophique), à 1, 2 cen¬
timètres (bague du phimosis annulaire dit hypertro¬
phique). De cette stricture résulte un changement
morphologique du prépuce qui prend un aspect tantôt
aminci, tantôt exubérant. Or ce n’est là qu’une appa¬
rence ; en fait, il n’y a ni atrophie ni hypertrophie.
C'est à tort que l’on cherche à disqualifier dans sa va¬
leur biologique le tissu des enveloppes préputiales phi-
mosiiiques, pour tirer de làexcuseetjustitication d’une
mutilante conduite d’amputation. Non, la vitalité n’est
point perturbée. 11 n’y a ni dystrophie, ni même ten¬
dance à l’atrophie ou à l’hyperlrophie.La qualité vitale
est intègre, comme le prouve la persistance de prépuces
normaux, malgré la circoncision répétée en séries con¬
tinues chez des êtres consanguins pour raison rituelle.
La déformation est plus apparente que réelle ; nous en
avons la démonstration dans la restauration immédiate
de la forme par simple retrait antéro-postérieur des
téguments péniens rendus à leur libre glissement dès
que l’angustie muqueuse est seulement sectionnée.
(1) Mentionnons seiilenienl le dchriilemenl sous-cutané au téno-
lome (lu pliinmsis hleunorra^ique ext'culi* par Woodn'aard (en
Amérique) pour éviter les inconvénients d'un détirideinenl sanjriani
(•■(.pleine plaie septique. f.Vcir- i'ock mcrf(fa/ Jou)«(j/,p.330, 23 lévrier
18^).
J’ajoute que le prépuce a pour fonction la protectJ
intermittente du gland, et qu'à ce point de vue il
d’être conservé.
En conséquence, la thérapeutique qu’il convientd’oi.
poser à cette difformité sténosante, faite de tissus saij[
est du genre débridement, ou incision. A mon sens,'
l’indication à remplir est : 1° ta correction de l’atrésit!
par section pure et simple, véritable posthétomie.
2° Le maintien de cette correction au moyen d’unesn.
ture et de la réunion primitive en vue d’éviter la réa.
dive par cicatrisation rétractile ou infectée. Ainsi la cdr
opératoire ne consiste pas seulement en une ■ posthé.
tomie ; elle devient une posthéplastie .
3Iéthodes thérapeutiques biologiques.
En son exécution, la conception biologique comporie
deux méthodes thérapeutiques,de résultat très différent
mais rapprochables par la commune mesure du débii
dement. Là. encore la section sanglante estàtouségank
le mode de diérèse de choix, car seule elle permet bi
réunion primitive, et de ce chef prémunit contre laïf
cidive. Inutile donc d’exhumer le débridement pré¬
putial parles caustiques (1), par le serre-nœud |2l(
parla ligature élastique (3), par le thermo etlegalvaw-
cautère (4), en prévision d’hémorragies, de complio-
tions septiques que ces techniques provoquent tout»
voulant les éviter. Le tissu de granulations suppu¬
rantes qui résulte des débridemenls ainsi pratiqués, d
apte à la ckatrisalion rétractile, au symphysis progr»-
sif des plaies angulaires, c’est-à-dire à la récidive. Ethj
guérison de la solution de continuité créée par usuri,j
brûlure, cautérisation, n’exige pas moins de 2 à4 î^î
maines. |
Indications et contre-indications opératoires.
1“ Il faut traiter par posthéplastie tout phimo»
congénital ou acquis cf As appa^^ait comme
tif, c est-à-dire no7x susceptible de guérison sponlaiti^
Réalisée au moment opportun, sans attente trop Ion?'
temps prolongée, l’intervention est préventive de noir
breuses complications, tel l’étranglement dit parapW'
rnosis. Et ces complications devront désormais s’ob^
ver déplus en plus rarement, à mesure que rincisj*
sera plus tôt, sera plus souvent pratiquée. L’opérai'^
très simple, de l’incision est exécutable dans le j®*
âge sans difficulté. /
2° Il faut opérer d'urgence, par la môme métlnw
tout phimosis compliqué d'accidents noti
rétention d’urine, incontinence d’urine etc.,
soucier de la guérison spontanée possible à loint***^
distance. . jj,
3° En cÿi?, à' accidents septiques, l’opération est
quée dans le but d’éviter le retour de ces
mais intervenez « à froid », ''-pprès cessatioD ,
plète du processus infectieux, sédation qui
d’elle-même avec le temps ou qu’on favorise paf *1^ j
ques irrigations chaudes détersives. Pratique^ ^
chaud »la posthétomie est compromise dans »
sultats définitifs, la réunion par première^hik^
1) Amuss.\t. — Uébridemoiil pi-épulial par les caustiqu^^’^
Vienne, etc. ,
(2) Ui-;ME.\rx (de Puy-l 'Evèque).— D(?l)ridement par sir»
ül passé avee une aiguille courbe, sorte de serre-no’nd: jSe
(31 Hve. — nébridenienl par ligature élastique du
(-1 Dkm.uiol'.w. — Débridement au ga/ranooii au Iherm®'^
Tous ees procédés sont exposés dans l'article phimoS\f ‘
cision du Dictionnaire Dechambre,
LE PROGRÈS MEDICAL
38g
A meure aléatoire. La désinfection antiseptique préli-
. ire est illusoire, d’effet superficiel, sans action
®gsible sur l’infection profonde des tissus préputiaux,
^uvent dangereuse par ses effets toxiques généraux,
*11 spliacétiques locaux. S'agit-il d'un phimosis in-
flamfflatoire blennorrhagique, il est préférahde d'atten-
Jre la "uérison de l’uréthrite avant d'intervenir. D'ail¬
leurs. 'âans quelques cas récents de cystite concomi¬
tante^ la cure chirurgicalefut suivie d’un fâcheux ré¬
sultat (l)-Dans l’éventualité de phimosis par chancre lie,
la plaie d'incision est e.xposée à la contamination
sur toute son étendue. Mieux vaut traiter d’abord la
cliancrelle par détersion et irrigations préputiales réi¬
térées poui n’opérer que plus tard, en l’absence d'in¬
fection locale. Le phimosis par chancre syphilitique
réclamerait non pas l'incision, mais l’excision immé¬
diate. Mais en pratique, l’on sera rarement appelé à
intervenir en ces conditions ultra précoces.
4“ D'une manière générale, V abstention est prudente
dans le phimosis diabétique ; une gangrène étendue
peut résulter de l'incision. Toutefois, l’opération sera
permise et utile comme préventive de l'étranglement,
lorsque le taux du sucre dans l'urine est réduit nota¬
blement par un traitement médical longtemps pro¬
longé.
Préambules opératoires.
Lenettoyage préliminaire est suffisant sousla forme :
Dde grands bains chauds complétés par 2“ quelques
irrigations intrapréputiales avec de l’eau chaude ou
inieuxdereaubouillie,additionnéedecarbonatedesoude
i20 p. 100 à titre détersif des graisses et du smegma.
anesthésie locale est toujours obtenue par une
seule injection linéaire de stovaïne à 1 p. 100, répartie
le long de la ligne opératoire dorsale médiane.
Procédés opératoires de la 1‘ méthode.
{^osUiétomiecutanéo-mnqueusesvMotale) (J. -L. Petit.)
Les procédés de la première méthode débrident le pré¬
puce sur la presque totalité de sa longueur, en intéres-
**®t également peau et muqueuse (1). Et celte fente
J ro-postérieure s’exécute à main levée ou sur con¬
ducteur.
Posthétomie à main levée.
Procédé de J.-L. Petit. — Pincez le côté droit du pré-
P ce avec le pouce et l'index gauches, et tirez-le un peu
la main droite, prenez un bistouri à pointe
K comme pour couper de dedans
Onl'insinueà plat entre le dos du gland et
«g-'il’^'^^uu rétréci, en l'appuyant sur ce dernier afin
pas en enirant. Ouand la pointe est par-
**isi« c;ouronne,vousabandonnez le prépuce ;vous
•Icsso*^^ verge entre les 3 derniers deigts placés au-
To5sp*’_,°‘i'cateur placé au-dessus avec la pince, et
Paau vers le pubis afin de mettre « au ni-
per^” et l'autre des deux membranes pour les cou-
Nced*^ coup sur une égale étendue. On place le
Toufjj ®*^*cre le point où l'incision doit commencer,
cliant rp le bistouri de façon que son tran-
cu : inclinez fortement le manche
^ en même temps les téguments. Une légère
le bistouri, et voici que la pointe traverse
puis le prépuce. Il suffit de baisser
Phi^ einebisher nichl berucksiclilifrte Contreindica-
‘"“''W/i f opérai ion :• die Cvslitis der crslen lebcnsjahre.
*‘"'*'/î.,Beplin, 111,618-657.
la lame, de la tirer vivement à soi pour que la fente
dorsale soit complète. Le malade en fuyant achève lui-
même la section ; l’opérateur n'a qu’à tenir le bistouri
ferme et immobile. Que si, malgré la traction de la peau
en arrière, la membrane interne n’est pas coupée dans
la même étendue que l’exlerne, on achève la section
aux ciseaux ou avec le bistouri dont on garnit de nou¬
veau la pointe d’un bouchon de cire bien huilé (1).
Les modifications apportées au procédé de J.-L. Petit,
portent sur plusieurs çoinls :
I. choix de V insty'ument ’.Xa bistouri garni de la
boule de cire, eut ses détracteurs. Ceux-ci firent
remarquer que cette boule gênait la progression de
1 instrument ; ils la supprimèrent (2). D'autres se ser¬
virent d’un bislouri à gaine, du bistouri boutonné (3),
du bistouri herniaire de Lapeyronie (4) ; d'un bistouri à
lame cachée (."3).
II. Le lieu de l’incision est discuté. A la fente dorsale,
qui laisse une déformation choquante, on substitua la
fente unilatérale (6) ou bilatérale(7),ou les fentes multi¬
ples : intéressant ou non plus la muqueuse que la
peau (SI, mais surtout la fente inférieure voisine du
frein (9).
III. Enfin on tenta la réunion des lèvres sectionnées
par l'application de serre-fines ou par des sutures (Vel¬
peau). Si le phimosis se compliquait d’adhérences, on
les disséquait, et on laissait ensuite la surface dénudéi
à l’air libre (Boyer).
IV. La technique la plus récente en matière de pos¬
thétomie cutanéo-muqueuse subtotale est celle de Da-
glet(1898). Elle consiste en ; 1° création d’une bouton¬
nière cutanéo-muqueuse longitudinale sur la face infé¬
rieure du prépuce,en dehors du frein ;2° en suture trans
versale de cette fente longitudinale ; manœuvre qui élar¬
git le fourreau au prix d’une cicatrice peu visible. Mais
l'anneau rétréci persiste en partie en avant de la com¬
missure antérieure de la plaie.
Posthétomie sur conducteur.
Procédé de Sédillot. L'étroitesse limbiq-ue formant
obstacle à l’intromission du bistouri le plus fin, Sédillot,
préconisa l'intromission préalable , dans le cul-de-sac
balanique, d’une sonde cannelée qu’un aide maintient
fortement tendue. Ceci fait, on taille les deux tiers anté¬
rieurs du prépuce sur ce conducteur,de deux manières ;
A) Ou bien par section antéro-postérieure, soit on
glissant le bistouri sur la sonde, le tranchant dirigé en
haut, pour couper ces enveloppes delà profondeur à la
superficie, de la muqueuse vers la peau ; soit inverse-
( 1) Riberi, pour faciliter celte m,inœuvpe, glissait sur la sonde
cannelée, un stylet cannelé pointu, avec lequel il perforait le pré¬
puce delà profondeur à la superlicie, préparant, ainorçani ainsi la
Iranslixion posléro-anlérieure au bislouri.
(2) Remarque de G.viiexc.eOT et S.iiuriEit.
(2) Le bistouri à gaine fut préconisé par Bl.andi.n.
(3) Le bislouri boutonné fut mis en pratique par M.xisOXNEUVE.
(J) Le bislouri herniaire de Lapeyronie fut utilisé parL\E.\YRi:.
(.5) Le bislouri à lame cacbee fut préconisé par Bienaiss et Wi r-
TEI.SHOFFER.
{0)La fente latérale fut préconisée puis blâmée par D:oxis, réhabi¬
litée par Astrüc.
(7) I.a fente bilatérale fut utilisée par Taylor et Diday mais par
nécessité en cas de chancres.
(8}La section portanl plussur la muqueuse que sur la peau parait
avoir, été mise en pratique par Culleiuer (l'ancien) cl Chiclii s.
(9) La fente inrérieure près du frein constitue le 1" temps de l'ex¬
cision dans la technique de Celse. Comme opération délinilive sans
excision complémentaire, elle fut préconisée par Cloquet et Vel-
390
LE PROGRÈS MÉDICAL
J
ment en incisant ces enveloppes sur la sonde de la su¬
perficie vers la profondeur, de la peau vers la muqueuse,
avee le tranchant de l'instrument dirigé en bas.
B ) Ou bien par section postéro-antèrieure, soit en
transfixant les enveloppes de la profondeur à la supcr-
licie (Cullerier, Begin) (1), soit en les transüxant, au
contraire.de la superficie vers la profondeur i Heur tault).
Comme le débridement à main levée, le débride-
nient sur conducteur est réalisable sur la face supé¬
rieure, ou latérale, ou inférieure du ^épuce, et peut
être avantageusement complété par une suture ou l'ap¬
plication deserre-lines.
Procédés de la 2' méthode.
[Posthétomie p)osthèplasUque muqueuse subtotale)
(Longuet, 1892;.
Procédé de Longuet. — 11 comprend deux temps, l'un
de section, l’autre de suture.
P" Temps. Posthétomie médiane ou submédiane.
De la pointe d'une pince avec ou sans griffe, saisissez
le méat préputial en haut, au voisinage de la ligne mé¬
diane. Puis d'un coup de ciseaux, encochez légère¬
ment ce rebord cutanéo-muqueux. Ceci fait, vous pour¬
suivez aux ciseaux la section de la seule muqueuse,
d’avant en arrière, sur la ligne médiane dorsale (sec¬
tion médiane, ou à2-4 rnill.en dehors de cette ligne mé¬
diane (section submédiane), afin d’éviter les vaisseaux
dorsaux du prépuce. Ce débridement antéropostérieur
est opéré suivant une longueur do 1 à 2 cm. 1/2, suivant
la hauteur de l’angustie, pendant que le retrait des
téguments attirés vers le pubis découvre progressive¬
ment le gland en sa totalité. En général, une section de
1 cm. 12 donne déjà un jour très suffisant; il est excep¬
tionnel qu’on soit entraîné à la prolonger jusqu’au sillon
balano-préputial en cas de sténose annulaire de grande
hauteur. L’écoulement sanguin est insignifiant ; la su¬
ture suffit à l’arrêter.
2' Temps. Suture posthéplastique : Quand la fissu¬
ration est suffisante pour permettre la découverte du
gland, sans la moindre résistance, vous suturez trans¬
versalement l’incision muqueuse longitudinale sur le
dos du pénis où elle s’étale à plat. Pour cela, quatre à
six points séparés au fil de lin suffisent ; points séparés
parce que le surjet est d’ablation douloureuse, diffi¬
cile lors de son enfouissement précoce : points au tilde
lin et non au catgut, car je fus témoin d’accidents septi¬
ques graves dus à l’emploi de cette substance organique
que je considère comme non sporicidable par aucun
moyen ; enfin suture et non serre-tines ou leurs déri¬
vées : car ces ingénieuxappareils ont le double inconvé¬
nient de gêner le malade (couronne d’épines de Ricord)
et de compromettre la réunion rapide par la pénétration
dans les tissus de leurs pointes on état permanent de
pression élastique, véritable forcipressure à demeure,
déterminant de minuscules eschares.
En cas d’adhérences balano-préputiales, libérez-les
séance tenante,en insinuant, une fois la fente muqueuse
réalisée, les branches des ciseaux fermés dans la
rainure balanique, puis en les ramenant vers vous d ar¬
rière en avant. On décortique ainsi d un seul coup tou¬
te une moitié de prépuce sans hémorragie appréciable ;
L’éventualité de brièveté concomitante du frein m’a
semblé beaucoup plusrarc qu’on ne le dit. Cette brièveté
est-elle légère ou de moyenne intensité, elle ne doit
point alors nous arrêter car elle est sans inconvénient.
Que si, au contraire, elle est très accentuée, déviant
le jet de l’urine ou du sperme, à la manière decertaiaj
hypospadias balaniques, il convient de la sectionner
non pas à son sommet ni à mi-hauteur, mais à sa base
Pour cela, je sectionne transversalement et supei-ficieb
lement l’enveloppe du frein, je passe à l’aiguille deax
ligatures superposées, comprenant les vaisseaux. En¬
tre ces deux liens, l’on coupe tout ce qui fait obstacle an
redressement du gland. Puis l’es ligatures sont enfouies
au-dessous de l’enveloppe du frein suturée longitudina¬
lement. Même conduite à tenir en cas de sténose conco¬
mitante du méat. Je fends ce méat d’un coup de ci¬
seaux porté sur l’une de ses commissures, puis je suture
transversalement cette section longitudinale à faide
et 1 ou 2 points de suture muquo-muqueuse.
En somme, pour e.xécuter correctement la posthé¬
tomie postbeplastique, il faut une pince, des ciseaux,
une aiguille, (au besoin une aiguille de couturière), dn
fil. Encore la pince n’est-elle pas absolument indispen¬
sable. La simplicité delà technique ainsi ■ réglementée
est élémentaire.
Certes, on peut modifier ma manière de faire. Ainâ
je vois que récemm-ent Woodyatt (de Halifax 1903),
pratique deux incisions latérales de débridement ; fune
à droite, l’autre à gauche : qu’ISAiiBERT, 1899, en pra¬
tique trois, au milieu de trois segments du méat pré¬
putial repérés par trois pinces à forcipressure. Pour
ma part, l’unique phimotomie dorsale médiane ou sub
médiane m’a toujours suffi et je ne crois pas que la
double, que la triple incision libératrice, ait beauconp
d’indication. /
Jlorte de pansement.
Une fois la plaie bien asséchée par une compresse
sèche, sans ablution d'aucune sorte, vous l’enveloppex
d’un lien circulaire de gaz sporicidée moyennement
serré, passé autour de la verge, fixé par un artifice quel¬
conque (nœud, point de suture), etdisposé de manièrt
à laisser libre la pointe du gland. Lors des mictions, le
malade protège lui-même cette manchette annulaire
en la recouvrant momentanément d’une compresse des¬
tinée à recueillir les dernières gouttes d’urine. Lesnb
sont enlevés le 5“' jour, ainsi que tout pansement.
(A suivre)-
N A RC Y L G RÉMY médicament spécifi-'
que de la toux, spécialement de la toux des W
berculeux.
La chaussure ües sùi.dats. — On sait que le soulier de
connu sous le nom de « godillot », est à la veille de dispat" ^
Déjà on ne le renouvelle plus dans les approvisionnenioius^^
guerre et certaines pointures manquent pour les rempla^,
qui seraient denianilés. En conséquence, le ministre a déciae
les souliers qui ne pourraient plus être remplacés seront, e
tendant l’adoption du modèle définitif de chaussures de repp''^^^
placés par des brodequins. Mais lës hommes ainsi chausses
vront des e.spadrilles qu’ils porteront à l'intérieur des casernt^^^^
dans les cantonnements. Les corps achèteront, au qui
rôts de leur masse d’habillement, des espadrilles du mode jp
leur semblera préférable et qui ne dépassera pas le prix de ^Sr
par paire. Nous espérons que cette adoption provisoire de
les comme chaussures de repos dans les casernes et les mo¬
ments sera toute momentanée. Cette chaussure est absolum
tihygiénique ; la semelle formée de cordes s’imprégne jal-
de poussières et de boue. Durant les journées pluvieuses ^ jp
dats ne pourraient traverser la cour de la caserne ^^ns r*
pieds humides durant le reste de la journée. Les
seraient de bonnes chaussures de repos qae*pour les solo
damnés à ne pas sortir de leur chambre.
LE PROGRES MÉDICAL
391
bulletin du progrès médical
Les explosions dans les houillères (1).
[Suite et fin.)
Et d’abord, il faut faire une distinction importante
dans les effets des catastrophes dans les houillères, sui¬
vant que l’explosion a été générale dans une exploita¬
tion s'étendant à de nombreuses galeries, ou suivant
aue l'explosion a été localisée dans un chantier, cir¬
conscrite en quelque sorte à une seule galerie ou ne
se propageant qu'à quelaues-unes des galeries avoisi¬
nantes. • , . 1 . ,
Dans le premier cas, des grandes explosions, les boule¬
versements sont tels que l'approche du point de départ
de la déflagration est rendue impossible et d’ailleurs il
n'yaguère que des morts parmi les ouvriers surpris
par l’explosion, en sorte que l’étude des effets directs
de la catastrophe sur les mineurs et même sur les che¬
vaux est des plus difficile, sinon impossible. Il n’en
est pas de même dans le second cas, celui des explo¬
sions relativement restreintes ; on peut alors pénétrer
plus facilement et plus rapidement sur le lieu du désas¬
tre, et recueillir quelques indications utiles sur le méca¬
nisme des accidents individuels subis par les ouvriers.
C’est pour avoir été appelé plusieurs fois à apporter
ses soins à des mineurs surpris par des explosions
circonscrites que M. le D’’ Dujol (de St-Etienne) a pu
apporter dans l’examen de l’état des ouvriers des ren¬
seignements sérieux et aussi plus précis (2), que ne
pouvaient l’être les considérations plus ou moins hasar¬
dées sinon téméraires présentées par tes médecins qui
s empressèrent de vouloir expliquer le mécanisme de la
®ort et des accidents morbides observés chez les vic-
hnies de la catastrophe du puits Jabin et du puits Cha-
leliispar exemple. L’un incriminait l’oxyde de carbone,
W autre, une brûlure de la muqueuse "des voies respi-
ratoires, un 3' accusait la décompression brusque de
‘atmosphère ambiante après l’explosion, etc.
Les quelques considérations préliminaires que l'on
^snt de lire ne suffisent-elles pas à démontrer déjà que
^question n’est pas si simple que d’aucuns ont semblé
* supposer. Le problème est, en etîet, des plus com-
P*îes; quelquefois il faut tenir compte de la cause de
de la distance où se trouve l’ouvrier du point de
I explosion, de la position dans laquelle il se
ou tou?nant le dos, sur le trajet direct
. ?az produits par l’explosion, ou dans des galeries
*^sversales, etc., etc.
Prof l’examen le plus sérieux, le plus ap-
<les 1 ' ^ possible de faire des relations
i * qui ont été écrites par les hom-
^ plus compétents que je prends la plume pour
résumer et de condenser les résultats de
les grandes explosions telles que celles du
-
Voi,/ Médical, du 2 juin p. 339.
la Loire Médicale du 1.3 juillet 1888, une note com-
1* aoeiété de Médecine de Sainl-Elienne sur les aeci-
^Oiine, , * «ausésparles explosions limilées dans les galeries
” «e charbon, par le D' Uujol.
puits Jabin (1876), du puits Pellissier, du puits Chate-
lus (1887), du puits Verpilleuxà St-Etienne (1889), de
la mine de F'rameries, en Belgique len 1879 1, de celle
deBurck en Saxe en 1889), de Oaks Collery York-
shire) en 1866, et celle de Karvvinen Silésie, et surtout
celle de Courrières, la mort de la plupart des ouvriers
a dû être, en général, immédiate, et produite parle fait
même de l’explosion plutôt qu’elle ne résulte d'effets
indirects ou secondaires (11.
Est-ce par suifocation, syncope, inhibition, ou écla¬
tement du pharynx, du larynx, de la trachée, des bron¬
ches et des poumons ; par une participation directe à
l’explosion de l’air et môme des poussières contenu
dans l’arbre respiratoire que la mort frappe les mineurs
qui se trouvent près du point où se produit l’explosion?
C’est probablement à plusieurs de ces causes réunies.
Il en est qui peuvent subir aussi des traumatismes
épouvantables, projetés contre les bois de soutènement
des galeries, contre les bennes, contre les parois, con¬
tre des remblais ou des déblais, contre des chariots,
etc. D’autres plus éloignés peuvent être ensevelis sous
les décombres deséboulements produits par l’explosion;
d’autres encore peuvent être séparés des galeries d’aé¬
rage par des éboulements qui les enferment dans des
vrais culs-de-sac, ayantperdu de ce fait toute commu¬
nication avec les voies d'accès de l’air respirable. — Ici
l’asphyxie viendra jouer son ‘rôle néfaste — asphyxie
par air simplenient confiné, par manque d’air, ou par
la présence d’oxydes de carbone, de carbures d’hy¬
drogène, d’acide carbonique, par des gaz délétères en
un mot.
Ainsi donc on doit admettre que dans les grandesex-
plosions les accidents sur l’organisme sont dus :
1“ A une action immédiate directe, primitive tant
par suffocation, choc, inhibition, syncope, brûlure, écla¬
tement des voies respiratoires.
2° Aune action secondaire, quoique directe, par trau¬
matismes, éboulements.
3" A une action indirecte, secondaire, par asphyxie,
empoisonnement par gaz toxique.
4" Aune action éloignée plus indirecte encore : con¬
finement dans les recoins séparés des galeries par
des éboulements ; là ce n’est plus seulement le mair-
que d’air qui mettra en danger la vie du mineur, cè se¬
ra aussi le manque de nourriture lorsque la séquestra¬
tion se prolonge par trop. C’est dans ce 4“ groupe d’ac¬
cidentés que doivent être rangés les rares mineurs qui
échappent aux suites de l’explosion ;
Omnibus ærumnis alîecti. denique vivunt.
disait Lucrèce (2).
Tels les 14 rescapés de la catastrophe de Courrières(3).
(1) n.ins la calaslpophe du puits .labin. il v eut environ 185 victi¬
mes, à Frameries 122, à Burcke.il y en avait eu 276; à Oaks Colléry.
il y en avail eu 361, à Karwin. en 1894,on en comptait près de 800.
Dans ces désastres, ainsi que le fait justement observer M. Haton
de la Goupillière (Cours d'exploitation des mines, Paris. 188-5. t II .
p. .544), les chevaux p-irtagent le sort des hommes : à lIetton,le 20
décembre 1860. un eoup de feu tua 65 chevaux en même temps que
22 hommes.
(2) De rerum natura, lib. III. V. 50.
(3) Consulter à ce sujet un petit article du I)' Lourlies dans le
Journal des praticiens du 26 mai dernier, article dans lequel l'auteur
semblera à plus d'un avoir exagéré l'inlluence des vertus antisepti¬
ques et conservatrices de la houille.
392
LE PROGRÈS MÉDICAL
Rappelons ici les conclusions auxquelles s’est arrêté
loi)' Regnard à la suite des études et des expériences
qu'il avait entreprises (1) en 1879, M. Regnard futnom-
mé membre de la Commission du grisou en 1881 ; et
voici reproduites (2) d'api ès les conclusions du rapport
qu'il présentaà cette Commission les causes de mort
qu'il admet à la suite des explosions de grisou.
1“ L'ensevelissement sous les décombres et grands
traumatismes ;
2“ L’éclatement des bronches et du poumon, arrêt
duconir, asphyxie résultant de l'impossibilité de fuir
le milieu irrespirable ;
3° Les brûlures de la trachée, du larynx et des bron
ches, et accidents consécutifs à ces brûlures :
4“ Il convient d’ajouter que beaucoup d’ouvriers peu¬
vent encore succomber non à l'explosion, mais à ses
suites. La combustion du grisou absorbe l’oxygène res-
pirable de la mine ; le fait même de l’explosion détruit
les procédés de ventilation. Les hommes se sentiront
alors, même au loin, dans des conditions d’une asphy¬
xie d’autant plus rapide que la combustion a pu produire
de l'oxyde de carbone.
11. — Quoique souvent trop terribles, les explosions
plus limitées que celles dont nous venons de parler per¬
mettent parfois une analyse plus exacte des faits. Pre¬
nons d'abord pour exemple l’explosion de grisou qui
eut lieu le 14 février 1877 au puits Sainte-Barbe, à
Graissessac explosion qui lit 4() victimes parmi le monde
mineur dont un seul put survivre et à guérir. Les dé¬
tails les plus intéressants sur ce désastre ont été donnés
par ce médecin instruit et consciencieux que fut le D"
Bourguet (3).
Les victimes de l'explosion sont suivies une par une
le long des galeries et ont été examinées sérieusement.
Sur 46, 28 présentaient des traces de brûlures assez
marquées, quoique la plupart superficielles ; quelques-
uns avaient des- fractures ; un enfant, qui était chargé de
fermer une porto, présentait outre des brûlures et une
fracture du maxillaire supérieur gauche, une luxation
coxo-fémorale droite. Un cheval projeté en avant était
tombé sur son conducteur en l’écrasant. Un autre che¬
val présentait des brûlures surtout aux parties inté¬
rieures du corps. La brûlure n’était pas profonde, et,
d’après l’examen du vétérinaire qui fit l’autopsie de
ce cheval, il ne fut constaté aucune trace de brûlure des
naseaux, la bouche, le pharynx, ni encore moins dans
les voies aériennes, à l’intérieur desquelles cependant
(«avaient pénétré fort avant des poussières charbon¬
neuses, dont la vue et le toucher assuraient la pré¬
sence.» D’après le D' Bourguet, rien ne démontrerait
mieux que cette auropsie (où on trouva des poussières
jusque dans des divisions bronchiques de 1 à 2 milli¬
mètres de diamètre environ), que, dans les cas de gri¬
sou, ce n’est pas le feu qu’on inspire et qu'on avale,
suivant l’expression familière aux mineurs ^4), mais
(1) A’oir les comptes midus de I.t Société de Biologie, 18/9, 28
(2;n’après le 2' fasciile des pièces annexées aux procès verbaux des
séances de celte Commission du Grisou. Paris, 188?, p 228.
(3) A'oir la Galette des Hôpitaux, 1877 (n- des S, 7 et 10 juillet).
(4) Dans les eliarbonnages du Nord, les mineurs disent plutôt
recevoir le coup de mauvais lumape.
bien (« les diverses poussières charbonneuses soulevé^
par l’explosion, ou les gaz délétères qui en sont le fi
sultat. »
De toutes les observations que le D" Bourguet a pg
faire sur le vivant, aucune ne lui a offert de cas 4
brûlure directe des voies aériennes. La position fgt
notée sur presque tous les cadavres. Or ce n’est qug
pour un petit nombre qu’on constatait une attitudedé-
fensive (avant -bras ramenés devant la face comme pour
la protéger, chez 3 ou4 victimes). Un plus grand nombre
tenaient à la main leur panier, leur outil, ou s’ap¬
puyaient à la benne dans l’attitude même du travail,
toutes choses, dit Bourguet, qui indiquent l'instanlà-
néité de la mort.
Examinons maintenant les résultats des observations
consignées par IM. le D'’ Dujol, de Saint-Etienne, dans le
travail que nous avons cité plus haut. Dans nombre
de cas attentivement observés de mineurs frappés dans
des explosions à champ limité, le D' Dujol a rencontré
des troubles gastriques et en particulier le vomissement
soif immodérée, pendant trois jours au moins, sueurs
excessives, respiratioii fréquente (jusqu'à .56 mouve¬
ments respiratoires par minute), fièvre, mais peu mar¬
quée: jamais la température n’atteignit 38“.j. Pouls pré¬
cipité (126-140 par minute). Etat nerveux qui peut per¬
sister pendant plusieurs années, sans qu’on puisse croire
à une guérison complète. D’après M. Dujol les ouvriers
qui ont été exposés aux explosionslimitées meurent, «
ne survivent qu’en état neurasthénique. Pour lui, tou¬
tes les branches du nerf pneumogastrique sont attein¬
tes. La voix reste indemne dans tous les cas.
Pour M. Riembault, les phénomènes observés dans
les cas analogues à ceux du D" Dujol dépendraient ^
brûlures des voies respiratoires (1876). lise produirai
une petite explosion intia-pulmonaire («et le mineur
meurt, trois jours après, d’essoufflement. » Pour appuj'^f
cette théorie, Riembault rapporte l’autopsie suivante,
la seule qui avait pu être faite jusqu’en 1876 (1).
«.A la partie supérieure du pharynx, la muqueuse
est d’un rouge brun foncé, rien d’appréciable au larynx
et à la partie sûpérieure de la trachée, mais à la pad'*
inférieure, rougeur intense; la muqueuse des broncjie-
est tuméfiée, couleur lie de vin, ramollie, les pet>l<*
bronches sont obstruées par le gonflement de la
queuse.»
Les résultats de cette autopsie ne paraissent pas un®'
cluants. Les lésions constatées ressemblent beauco^
à celles que l’on trouve dans les autopsies de tous -
asphyxiés ; on n'y voit pas trace de brûlures- t
seconde autopsie put être faite par le D' Riemba®.
aidé du D'' Serve!, lequel pratiqua l’examen microscor
que de la muqueuse bronchique ; on ne trouva pas ‘
de brûlures ; cependant le D' Servel ne pense pas ^
l’on doive abandonner complètement l’idée de brûW
ainsi que, à la suite des résultats de l’examen cad» ^
rique, son collègue avait cru devoir le faire »- «y- ^
termine son mémoire sur les explosions linjR^^’U
admettant que les ouvriers frappés sont toujours b®* j
Ils peuvent suivant qu’ils ont inhalé les produits?^
-
(1) Je cite d'.tprès l’exposé du D' Dujol (ioii-e médical^’
194.)
LE PROGRÈS MÉDICAL
393
jjtrendrés par le coup de feu, présenter des symptômes
^ves débutant le troisième jour.
' Gps symptômes, d’ordre nerveu.K, sont sous la dépen¬
dance de lésions qui atteignent les extrémités des termi¬
naisons du pneumogastrique, dans le pharynx, l'œso-
oha^e, les poumons. « Il se produit une névrite d'un
ordre s^(?c«rtZ,ascendante,débntant parla périphérie. Le
médecin ne peut se prononcer sur le sort des blessés par
ces explosions qu’après le cinquième jour. »
Nous ne saurions nous attarder à reproduire ici les
opinions successives. et qui par conséquent ont varié, du
D'Uiembault qui généralisait facile ment avec la promp¬
titude d'une imagination des plus vives et des plus fer¬
tiles ;c’est le D" Riembault qui après la catastrophe de
Chatelus attribuait la mort des victimes h un empoison¬
nement par l’oxyde de carbone.
Rappelons que M. le Ü’’ Reynaud, de Saint-Etienne,
rapprochait les symptômes éprouvés par le. mâneur
qui a subi les effets d’une explosion de grisou à ceux
qu’éprouvent les scaphandriers lors d’une brusque
décompression.
Je ne saurais quitter Saint-Etienne sans citer l’opi¬
nion du D" Gênas qui, ainsi que le D' Gaudin (Thèse de
Paris, 1887), attribue les accidents tardifs du grisou
(suivis de mort au bout de 2 ou 3 jours) à une dégéné¬
rescence des fibres du myocarde.
J’aurais pu cependant parler encore des travaux bel¬
ges, de ceux du D’'Kuborn(de Liège) qui, dès 1862,
traitait de la question du grisou (dans son étude sur
les maladies des mineurs, et de ceux du regretté D'
Barella, longtemps médecin des charbonnages du Ilai-
naut, qui en 1880 (1) mettait au point, avec sa compé¬
tence reconnue, ce sujet important (2).
Mais après avoir rappelé les études de M. Nestor Gré-
bant sur les mélanges de grisou et de formène qui
remontent au mois de juin 1960 (3), et qui se sont con¬
tinuées jusqu'à sa récente communication à l’Académie
de médecine et à la Société française (l’Hygiène(4)jen'au-
rais garde d’oublier de mentionner les notes de M.Mel-
nère (dans la Tribune médicale), di je finirai par un
®Ppel d’encouragement aux travailleurs et aux cher-
’îbeurs, pour qu’ils arrivent à faire disparaître et d’une
Manière définitive ce grand fléau des Houilleurs, le gri¬
sou, et les autres causes d’explosion et de désastres sou¬
terrains.
Paul Fabre (de Commentry).
lique des travaux de M.le
mpi-nième, en 1881, traité le sujet de la Règlementation des
q “ ^ d'après les Tr.avaux de la Commission spéciale, dans la
de Paris,2' août 1881, p. 489.
rendu de la Société de Biologie, 16 juin 1900.
le Progrès médical du 2 juin dernier, p. 343.
^^OXINE-MERCK fpécmque de la TOUX et de la DOULEUR
plus active, moins toxique que les
^_^P^és et tous leurs dérivés, même synthétiques.
SÉDATION IMMÉDIATE de la TOUX
^SIR^OP DU D" BOUSQUET, A LA DIONINE-MERCK
®r cnil, à bouche, avec 2 gtl" de Bromoforme (4 à 8 par jour).
SOCIETES SAVANTES
ACADÉMIE DES SCIENCES
Séance du 11 juin 1906.
Sur la vaccination contre la tuberculose par les voies naturelles.
MM. A. Cai.mette etc. Glérin ontcherché à vaccinerdeux
jeunes bovins en leur faisant ingérer successivementavec une
sonde œsophagienne d'abord cinq centigrammes de bacilles
tuberculeux d’origine humaine, puis, quarante-cinq jours
après vingt-cinq centigrammes des mêmes bacilles. Quatre
mois plus tard, les animaux, ne réagissant pas à la tubercu-
culine, ont ingéré en même temps qu’un témoin préalable¬
ment tuberculine et reconnu indemne, un repas infectant de
tuberculose bovine fraîche. Trente-deux jours après, leténioin
réagissait nettement (!"'.l)àla tuberculine, tandis que les
deux veaux qui avaient ingéré les deux repas vaccinants de
tuberculose humaine ne présentaient aucune réaction.
Cette méthode de vaccination offre comme l’injection intra¬
veineuse de Behring, l'inconvénient d’exiger l'emploi de ba¬
cilles virulents pour l’homme et susceptibles d être dissémi¬
nés par les excrétions des animaux.
Les auteurs ayant constaté que les bacilles tués par la
chaleur traversent la paroi intestinale avec la même facilité
que les bacilles vivants et se retrouvent dans les ganglions
mésentériques et jusque dans les poumons ont recherché si
les jeunes animaux auxquels on fait ingérer à (juarante cinq
jours d’intervalle deux doses de cinciet de vingt-cinq centi¬
grammes de bacilles morts ou atténués peuvent supporter
impunément l’ingestion de cinq centigrammes de tuberculo¬
se bovine fraîche infectante pour les témoins.
Us ont pu constater que les bacilles tuberculeux bovins
tués par cinq minutes d’ébullition. on simplement chauffés
pendant cinq minutes à 70“ et ingérés dans les conditions ci-
dessus indiqués, vaccinent parfaitement après quatre mois,
pour un temps dont on ne peut encore fixer la durée, contre
l’infection par les voies digestives.
Les auteurs pensent, en outre, qu’il sera possible, par ce
procédé, de mettre les jeunes enfants à l’abri de l'infection
tuberculeuse naturelle, en leur faisant ingérer, peu de jours
après leur naisssance, et une seconde fois quelques semaines
plus tard, une très petite quantité de bacilles tuberculeux
d’origine humaine et bovine modifiés par la chaleur et mélangés
à un peu de lait. Mais il faudrait ensuite, pendant quatre
mois au moins, tenir les enfants ainsi vaccinés à l’abri de toute
contamination tuberculeuse et créer, surtout pour les nou¬
veau-nés issus de tuberculeux, des nourriceries spécialement
surveillées afin d'empêcher l'introduction de tout germe
tuberculeux.
NI. E. Roux et M. Vallée ont pu constater aussi que des
veaux, quelque temps après l’ingestion de petites quantités
de bacilles tuberculeux vivants, ne réagissaient plus à la tu-
bercùline et supportaient sans dommage l’injection intra¬
veineuse de bacilles virulents, ipjection qui tuait les témoins
en quelques semaines, par tuberculose généralisée.
MM. Sabrazés, Muratet et IIusnot ont trouvé dans un li¬
quide hydatique, riche en germes, extrait depuis cinquante-
six heures eten pleine putréfaction, quêtons les scolex étaient
animés de mouvements propres assez lents. Attribuant ce
fait à la température ambiante élevée (31“), ilsont soumis
leurs jjréparations à faction de la chaleur, et ont remarqué
qu’en effet la motilité augmentait d’autant plus que l’on se
rapprochait davantage de 40", à 27" au contraire, tous les sco¬
lex étaient invaginés, immobiles et en état de mort appa¬
rente.
Jusqu’ici on était obligé de recourir à finoculation pour
s’assurer de la vitalité des germes contenus dans un liquide
hydatique. Le fait précédent montre que la simple épreuve
du « réchauffement » permet de se faire bien plus facilement
une opinion à cet égard .
.M. A. 1.MBERT adresse l’observation d’un enfant de neuf ans,
atteint d'une tumeur pour laquelle on avait porté le diagnos¬
tic de sarcome du fémur, et qui paraît entièrement guéri à la
S94
LE PROGRÈS MÉDICAL
suite d’un traitement radiothérapique poursuivi pendant près
d’un an. Mme Phisalix.
SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE.
Séance du 16 juin 1906.
Elévation de la température du corps dans le trailement de la
rage et des maladies infectieuses.
M. Remlinger a exposé à la chaleur des lapins et des co¬
bayes inoculés avec du virus rabique. Les animaux sont tou¬
jours morts avant les témoins. Le virus n'avait subi aucune
altération. La chaleur ne serait donc ni un moyen préventif,
ni un moyen curatif.
Septicémie gonococcique expérimentale.
MM. Brcckner, Cristkanu et Ciuca (de Bucarest) ont ino¬
culé un cheval pendant 53 mois de cultures gonococciques,
et en dernier lieu d'im gonocoque mortel pour le lapin. Ces
inoculations ont été préventives et surtout curatives de laçon
très manifeste. L n lapin qui reçoit dans le péritoine 10 doses
mortelles de gonocoque suffisantes pour tuer un lapin de
1.500 grammes en 2 ou 3 heures, présente en quelques heu¬
res de la dypsnée, une diarrhée fétide et abondante, un abais¬
sement thermique considérable. S'il reçoit une heure après
3 cent, cubes de sérum dans les veines ou 10 cent- cubes dans
le péritoine, l’animal guérit rapidement.
Le sérum injecté en même temps que les 10 doses mortelles
de gonocoque, l’animal ne présentera qu'une hyperthermie
passagère.
Injecté 24 heures ou 48 heures devance et sous la peau, la
toxicité est todt à fait ralentie.
Bacille gracile éthylogène.
MM. Achai.me et Rosenthal ont trouvé dans le suc gas¬
trique un microbe qui lait fermenter le lait en produisant de
l'alcool. Très pathogène, il tue le cobaye avec abcès local,
injecté à haute dose : il fait mourir les animaux de cache¬
xie lente lorqu’il est injecté à petites doses répétées. Il est à
la limite des butyrogèites et de la série éthylogène des bac¬
téries.
Fievre récurrente en Indo-Chine.
M. Yersin a constaté dans le sang, au moment de la fièvre,
la présence de nombreux spirochètes d'Obermayer, c’est le
premier cas observé dans cette contrée.
Tissu conjonctif retrouvé dans les fèces.
MM. J. Ch. Roux et Riva ont confirmé les anciennes expé¬
riences d’Ogata. Le tissu conjonctif cru n’est digéré que dans
le suc gastrique ; les sucs pancréatique et intestinal restent
sans action. Chez un chien porteur d'une fistule jéjunale,
les fragments de tissu conjonctif cru introduits directement
dans l’intestin ne sont pas digérés et se retrouvent dans les
fèces ; introduits par la gueule dans l’estomac, ils sont com¬
plètement digérés. Chez l'homme, ce tissu enrobé dans des
capsules kératinisées, n’est nullement digéré quand l’estomac
est franchi. I
Le tissu conjonctif cuit, au contraire, est digéré par les
sucs intestinaux sans intervention de l'estomac.
La présence du tissu conjonctif dans les fèces révèle donc
une insuffisance digestive gastrique.
Autothérapie thyroïdienne de la grossesse.
MM. de Rotschild et Léopold Lévi estiment qu’au cours de
la grossesse la migraine diminue (20 fois sur 25) par autothé¬
rapie qui s’applique également au rhumatisme chronique et
à 1 asthme.
La grossesse agirait, comme le traitement thyroïdien appli¬
qué ultérieurement en fournit la preuve, par exaltation de la
fonction thyroïdienne.
L’hyperthyroïdisation est précédée et suivie d hypothyroïde.
Le même mécanisme explique l’amélioration du myxœdème
Iiendant la grossesse. Migraine, rhumatisme chronique,
asthme, sont des manifestations arthritiques.Les auteurs pen¬
sent que l’arthritisme relève de l’hypothyroïdie et est justi¬
ciable de la médication thyroïdienne.
Origine mésodermique du foie.
M. Giraudei, considère le bourrelet mésodermique hépj.
tique comme la matrice du parenchyme hépatique, coman
un tissu hépatogénique ; le diverticule endodermique m
donnant que la vésicule et les voies biliaires. L’anatosmose
de ces deux formations crée le passage de Hernig.
La dualité d’origine du parenchyme et des canaux excré¬
teurs est peut-être créée par la majorité des glandes, et U
rate, le cœur, la surrénale, créent ainsi une famille naturelle
de parenchymes ayant même origine mésodermique, même
développement, même circulation, même sécrétion patholo¬
gique.
Chlorure et eau des organes.
MM. Javai. et Adi.er ont cherché si l’hyperhydratation et
l’hyperchloruration de 1 organisme se localisent unicjuemenl
dans le tissu cellulaire sous-cutané en œdème ou si elle se
manifeste dans les viscères. Par le dosage, ils ont déterminé
que la teneur des viscères en eau et en sel n’était pas inftuen-
cée pendant l’œdème . E. P.
ACADÉ’MIE DK 4IÉDEG1NE
Séance du 12 juin.
Consultations de nourrissons.
M. Budin montre le triple but de ces consultations : 1» pour
surveiller les enfants ; 1° pour propager l’allaitement mater¬
nel ; 3° pour distribuer du lait stérilisé. -
Il donne ipiant aux bons résultats déjà obtenus des chiflrej
concluants. A Vrques. depuis cinq ans que ces consultations
fonctionnent, la mortalité infantile s’est abaissée de 190 à 101 '
pour 1,000 ; à Saint-Pol-sur-Mer, de 208 â 151 ; à ÏVarengevilte, '
de 145 à 77. Ces heureux résultats sont dus à plusieurs causes,
particulièrement au rétablissement de l’allaitement au sein,
qui tendait à disparaître. A Rouen, on a vu le nombre de ces
allaitements s’élever de 1 à 60 pour 100 ; à Paris de 40 à 81,4
pour 160 : à à’arengsville, de 0 à 75 pour 100, etc.
L’Etat et les chefs d’industrie encouragent maintenant de
leur mieux les femmes qu’ils emploient à nourrir elles-
mêmes leurs enfants. Les consultations de nourrissons of¬
frent encore l'avantage de s’adapter à d’autres institutions ;
par exemple, aux crèches et à la surveillance des enfants en
vertu de la loi Roussel. Les « Mutualités maternelles » en ont
fondé un grand nombre dans le département de la Seine, où
les enfants sont surveillés pendant dix-huit mois. Les der¬
niers chiffres publiés par M. Félix Poussineau montrent que,
dans ces conditions nouvelles, 87 % des mères nourrissent
au sein ; cette proportion est considérable dans les milieUJ
ouvriers, où l'on considérait jusqu’ici que les femmes sont
dans l’impossibilité d’allaiter.
Le développement de ces consultations ne saurait donc
être trop encouragé. L'Yonne en compte actuellement 106, le
Pas-de-Calais 191, la Seine, la Gironde, les Alpes-Maritünes,
le Nord, le Rhône, en sont également pourvTis. Mais ces con¬
sultations devraient être encore plus nombreuses et fonction¬
ner dans tous les départements.
V Hématome subit de la luette.
M. Fabre, de Commentcy,décrit la'suffusion sanguine, vée'' .
table apoplexie de la luette. Sur quatre cas, un est survol
après la déglutition d’un petit morceau de croûte de pain,nn
deuxième après une angine grippale.Les deux autres s’étaie»'
produits sans cause apparente.
Les phénomènes prédominants qu’ont présentés la plup«^
des sujets observés sont surtout des faits d’ordre nervetP-
légère inquiétude, d’abord, puis anxiété plus marquée, aB"
goisse, effarement, jusqu’àun véritable affolement.
Quant au traitement, il a suffi trois fois de piquer la nef
formation vasculaire pour la faire disparaître, en conseill*®
aussitôt après, l’usage de gargarismes astringents (à 1
tanin, au ratanhia). Dans deux cas, il y a eu ulcération
l’appendice uvulaire, bientôt suivie de guérison sans
phénomène ultérieur. M. Fabre n’a pas observé d’inllaffl^j
tion de la luette, d'iivulite (comme dit Morell-Macken»®'
la suite de l'apparition de l'apoplexie de ce petit organe.
LE PROGRES MÉDICAL
Donc, étiologie obscure ; diagnostic on ne peut plus facile;
’ vmptüines plutôt désagréables et gênants que dangereux,
effrayant souvent le malade ; pronostic bénin, et en-
fn traitement facile par des gargarismes astringents. C’est à
auoi se réduit, au point de vue nosologique, Fliistoire de
rhématome de la luette, histoire intéressante en raison de sa
^té et-surtout du silence des auteurs spéciaux sur cet acci-
*^*'**’ La réforme du Code civil.
Comme suite à la proposition faite mardi dernier, par
\1. Laccassagne, de l.yon, sur lanécessité d’adjoindre des mé¬
decins à la commission extra-parlementaire de la réforme du
Code civil, l'Académie a chargé MM. Hrouardel, Hamy, Motet,
Peyrot et Pinard de préparer un rapport sur cette importante
question.
La typhlüe muco-membraneuse {Suite).
■ M. Le Dentu montre, par de nombreux cas personnels, que
souvent l'appendicectomie influence très heureusement sur
la tv’phlocolite. Il montre que, sans examen histologique, on
peut méconnaître des lésions très sérieuses de l’appendice. Il
reconnaît les difficultés du diagnostic clinique. Mais il croit
qu'en cas de soupçons sérieux et d'accidents graves, l'incision
explorative est très justifiée.
M. ftsYNiER montre que l’entérite muco-membraneuse est
souvent d’origine réflexe. Le point de départ du spasme peut
être dans l’utérus, dans un rein mobile. Mais il est bien plus
fréquent encore dans l’appendicite.
A la suite d’une crise, il est impossible de savoir si l’appen¬
dice est guéri ou non. La bénignité de l’opération faite à froid,
est telle qu’elle autorise l’intervention dans les cas douteux.
Les laits cités par M. Dieulafoy sont fort intéressants, mais
très rares. Ce serait une grande erreur s’ils conduisaient à
exagérer l’abstention.
M. Richei.ot croit que le parti prisde nier l’appendicite quand
on voit l'entérite glaireuse conduirait en pratique à des dé¬
sastres, il cite la curieuse auto-observation du D'' Maurice Ilepp :
«Je me suis fait opérer d'appendicite, il y a un an, par mon
ami Gosset.Les symptômes de mon mal s’étaient bornés à ceux
de l'entéro-colite muco-membraneuse, avec glaires sanguinor
lentes, coliques, dépression générale; j’avais eu une seule pe¬
tite crise fébrile de deux jours, avec nausées et sensibilité
assez vive de la fosse iliaque droite m’obligeant tout juste
pendant trente-six heures à interrompre mes occupations.
peine sorti de cette crise légère, pendant laquelle la tem-
Peratare n’avait pas dépassé 38“ et le pouls 80, je priai Gosset
de m’enlever mon appendice. L’opération eut lieu huit jours
après.
" Or, malgré cette indigence extrême de symptômes. Gos.set
trouva un appendice très adhérent, présentant à sa surface
larges taches noires, et du liquide si louche dans le pé-
Woinetpi’il dût me drainer pendant six jours. l.Ka coupe de
^1 appendice a été faite par mon ami Marcel Garnier, et elle
tmnseryée comme un exemple d'appendicite au laboratoire
Roger à la Faculté. La muqueuse est entièrement détrui-
. et au niveau des taches sphacéliques qui semblaient truf-
I appendice, la séreuse elle-même est entamée, de telle sor-
ba^fc autres symptômes que ceux d’une entéro-colite
j avais une appendicite qui menaçait mon existence
“"ne minute à l'autre.
Depuis cette opération, je me porte parfaitement bien, et
après ma guérison, toute trace de peaux et de glaires
disparu de mes selles.
cet
exemple personnel. Al. Hepp en a ajouté dans sa thèse
l’origine
ane d- • •
•atest' d’autres ne laissant aucun doute
inale de nombreuses appendicites.
Séance du 19 juin.
La typhlocolite.
Paf montre par 103 observations du P-' Potain,
existe/ n^servations personnelles que la typhlocolite peut
«idp,. 1 appendicite. Il est même rarissime de voir coïn-
M. D* affections.
leulal’oy ne regrette pas le retentissement de sa com¬
munication dans le public ; il le juge même utile. Autant
l’intervention s’impose dans les appendicites vraies, autant il
faut éviter les erreurs de diagnostic conduisant à une laparo¬
tomie inutile.
Plusieurs chirurgiens ont d’ailleurs reconnu toute l’im¬
portance de cette distinction. AI. Le Dentu a bien voulu l’ap¬
prouver de son autorité : « le cri d’alarme plein de franchise
et certainement bien intentionné de AI. Dieulafoy aura pour
résultat de nous rendre tous plus rigoureux dans la recherche
des signes diagnostiques et des indications opératoires. \ous
lui devons des remerciements pour avoir crié « casse-cou » .
M. Richelot a dit de même : « De la communication de no¬
tre confrère Dieulafoy, j’ai retenu d'abord un fait, qu'il est
impossible de nier : nombre de malades, depuis quelques
années, dîit été opérés d’une appendicite qu’ils n’avaient pas.
Il faut avoir le courage de le dire, et, n’eùt-il que cette con¬
clusion, le discours que vous avez entendu était chose utile. »
De la valeur du scaîol et de rindican dans les urines.
AIAl. Dare.mberg et Pekoy montrent ; 1“ que l’indican et le
scatol urinaires ne sont pas dus aux seules fermentations
intestinales : 2“ (que, bien qu’associés très souvent à l’albu¬
minurie, ces excès pigmentaires ne dépendent pas des seules
lésions rénales ; 3“ qu’il y a toujours combinaison d’un trouble
hépatique pour expliquer le passage dans l’urine du scatol
et de i’indican. Ces pigments indiquent donc un trouble
simultané du rein et du toié.
Pied de Madura nostras.
AI. Reynier rapporte un cas curieux de tumeur parasitaire
du pied, dù à un mycétome, chez un malade n'ayant jamais
quitté l’Europe. Cette .tumeu*, analogue au pied de Aladura,
fut assez grave pour exiger l’amputation.
M. L.xveran propose, pour désigner tous ces faits, le nom
scientifique de mycétome. La tumeur n’est, en effet, spéciale
ni au pied, ni ,à la région de Aladura.
L’avortement épizootique de la vache.
Al. Thierry lit une note sur la contagiosité possible à la
femme de cet avortement épizootique.
Elections
de deux correspondants nationaux (!■•'■ division).
Al. Armaingaud (Bordeaux) est élu par 51 voix sur 77 votants.
AI. Trolard i d’Alger) est élu par 40 voix sur 78 votants.
A. -F. Plicque.
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX
Séance du lô juin.
Traitement de la paralysie diphtérique.
AL Co.viBY soigne depuis cimj ans toutes les paralysies diph-
térûjues tardives par les injections répétées et massives de
sérum de Roux. Ce traitement est supérieur à celui par la
strychnine, les frictions stimulantes, l’électricité. Les thèses
de Chambon et de Moiirniac, le travail de Pillon,en font foi.
Aux 23 cas de ces praticiens, M. Comby ajoute 3 cas de gué¬
rison nouveaux. Il faut injecter 20 cc. deux ou trois jours de
suite, puis faire suivre des injections de 10 cc. jusiqu’à con¬
currence de 80 cc. dans toute paralysie diphtérique, (qu’elle
soit récente ou tardive, localisée ou généralisée, sans tenir
compte de l’état antérieur des malades et de leur âge.
M. B.vrbier s'associe à la manière de faire, de Comby. La
tristesse, l'abattement, les vomissements de la convalescence
doivent éveiller la crainte de la possibilité d’accidents to¬
xiques tardifs, (qui se montrent de qirélérence chez les adultes
et les enfants insuffisamment traités.
.Appréciation de Tanémie des enfants tuberculeux.
MAL B.vrbier et Rwry apprécient l’anémie des enfants
tuberculeux soignés à llérold q>ar l'examen hématimétrique
en fonction avec la (quantité de sang des malades,c’est-à-dire
la capacité globulaire totale. Ils peuvent juger de cette fa(;on
la reconstitution du sang en R et Al, (qui accompagnent l’aug¬
mentation du poids et l’amélioration de l’état général.
LE PROGRÈS MÉDICAL
Envahissement du liquide céphalorachidien par le coli-bacill
à la période terminale d'une méningite tuberculeuse.
MM. Griffon et Abrami ont observé, chez un adulte, un cas
de méningite tuberculeuse et l’envahissement agonique du
liquide céphalorachidien par le colibacille, sans modification
de la formule lymphocylique classique. Celte absence de
réaction de l’organisme vient à l’appui de la théorie de
M. Achard, qui incrimine un affaiblissement intense de l'or¬
ganisme. Dans le cas particulier, l’envahissement microbien
se fit 28 heures avant la mort et non quelques heures seule¬
ment. La période d'agonie bactériologique a donc été ici plus
longue que dans les cas analogues mentionnés jnsqu’ici.
MM. Rist et Bornait Legueule rapportent l’observation
d une amaurose saturnine avec hypertension artérielle.
Friedel.
LA VALÉROBROMINE LEGRAND
est plus active que les bromures et les valé-
rianates.
THERAPEUTIQUE
Thérapeutique post-grippale.
M. le docteur Capelle, à Paris, nous communique une
observation qu'il a eu récemment à faire sur un malade
de ses clients, que nous rapportons sommairement : « Le !9
février un maître menuisier, âgé de 53 ans, vint me consulter.
Unedizainede jours avant, il avait eu l’influenza ( fièvre, cour¬
bature, douleur dans les reins, maux de tête, rhume de cer¬
veau!. Il s’était .soigné seul, mais n'arrivant pas à se guérir il
venait me demander ce qu’il devait faire. Il se plaignait d’un
mal de tète siégeant au front. aux yeux et surtout à la nuque
et à l’occiput, de vertiges, bourdonnements d'oreilles, d’une
douleur le long de la colonne vertébrale, de courbature, de
fatigue au plus petit effort, et de ne pouvoir fournir aucun
travail prolongé. L'appétit était presque nul, la constipation |
fréquente, amaigrissement marque. Après examen attentif,
où je constatais l’absence de fièvre, je conclus à de la neuras¬
thénie avec asthénie neuro-musculaire et atonie gastro intes¬
tinale, défaut général d’énergie et état d’infériorité de tout le
système nerveux. L'indication formelle était de soutenir, de
relever l’état général par une médication tonique devant sti¬
muler l’économie et enrayer les progrès de la dénutrition. 11
convenait du reste de ne pas attendre que la situation de l’or¬
ganisme fut devenue plus critique et que l'anémie post-grip¬
pale se fût accentuée. J'ordonnai donc comme traitement : re¬
pos physique et cérébral, bonne nourriture, et, comme médi¬
cation unique, l’emploi de la Biosine Le Perdriel deux fois par
jour dans un peu d’eau sucrée. Après quelques semaines de
ce traitement, mon client était remis d’aplomb. Les douleurs
avaient cessé, les forces nerveuses étaient revenues, ainsi que
l'appétit, le faciès recoloré, bref,la guérison était'complète et
ce malade reprenait rapidement ses occupations. »
Ce cas n'est pas isolé. Grâce à ses éléments constituants
associés, glycérophosphate de chaux et glycérophosphate de
fer soluble, la Biosine Le Perdriel constitue une arme puis'-
sanle,et agit très efficacement en remédiant à la déglobulisa¬
tion, indicé certain de dénutrition. La Biosine Le Perdriel,
est une combinaison des plus stables qui peut-être adminis¬
trée dans tous les cas de déchéance ou d’usure, chez les en¬
fants, les jeunes filles, et chez les femmes en état de grossesse,
car elle combat les vomissements incoercibles. Elle convient
aux convalescents, aux prétuberculeux, et relève la nutrition
générale, en excitant l'appétit, et toutes les fonctions organi¬
ques. La Biosine Le Perdriel ne contenant pas de sucre peut-
être prescrite aux diabétiques, très souvent neurasthéniques.
Ecole préparatoire de médecine et de pharmace de Limo¬
ges. Un concours s’ouvrira, le 10 décembre 190G, devant la faculté
mixte^ de médecine et de pharmacie de l’Université de Bordeaux,
pour l’emploi de suppléant de la chaire d'Histoire naturelle à l’E¬
cole préparatoire de médecine et de pharmacie de Limoges. Le
registre d’inscription sera clos un mois avant l'ouverture du dit
concours.
VARIA
La Convention de Genève.
Lundi 11 juin, s’est ouverte à Genève la Conférence inter¬
nationale qui a pour mission de reviser la Convention de
Genève. QuaranteEtats ont adhéré à la Conférence et trente-
sept y sont représentés-
La France est représentée par MM. Révoil, ambassadeur à
Berne ; Louis Renault, ministre plénipotentiaire, juriscon¬
sulte du ministre des affaires étrangères ; le colonel d’artille¬
rie Olivier, le médecin principal Pauzat, ces deux derniers en
qualité de délégués techni'iues.
L’Allemagne est représentée par MM. Bülovv, ministre à
Berne ; le major général baron de Manteuffel ; l’Angleterre '
par le major sir John Ardazh. sir John Furley, le professeur I
Holland, le lieutenant-colonel \V.-B. Mac Pherson, du Royal
Army Medical Corps ; l’Autriche-Hongrie par le baron Hei-
dler, ministre à Berne ; M. Joseph Duriel, médecin en chef
du corps des officiers sanitaires de l’armée ; l’Espagne par
son ministre résident, le comte de Baguer, et par d'autres dé¬
légués.
La séance d'ouverture, présidée par M. Forrer, président
de la Confédération helvétique, s’est tenue à quatre heures
dans l’Aula de l’Université. Les séances de la Conférence au- I
ront lieu à l’Hôtel-de A ille, où l’on visite la salle historique
de l’Alabama, où la Convention de Genève fut signée en 1861.
M. Forrer, en ouvrant la conférence, a fait, en français, l'his¬
torique rapide de la Convention.
C’est en 1864, il y a quarante-deux ans, que s’est réuni le
congrès convoqué sur finitiative du Conseil fédéral pour
jeter les bases d’une entente destinée à assurer la protection
aux blessés et à ceux qui les soignent en temps de guerre. Ce
congrès a rédigé une convention, signée au début par douze
Etats et à laquelle le monde entier adhère à l’heure présente.
Excellente en principe, malgré les bons résultats obtenus jus¬
qu’ici, la Convention de Genève a ses défectuosités et ses
lacunes. En 1867, des améliorations avaient été proposées à la
conférence sanitaire militaire de Berlin, ainsi qu’à l'assem¬
blée des sociétés des secours aux militaires blessés, réunie
la même année à Paris, à l’occasion de l’Exposition uni¬
verselle.
Le Conseil fédéral convoqua en 1868 tous les Etats adhé¬
rents en congrès à Genève pour établir momentanément les
règles de droit international au sujet de la guerre maritime.
Mais lesarticles adoptés le 20octobre 1868n’ont pas été ratifiés
par tous les Etats. La conférence internationale de Bru¬
xelles en 1874 pour codifier le droit de la guerre a encore exa¬
miné la Convention de Genève. La conférence de laHayea
étendu la convention de Genève à la guerre maritime. -Mais
elle n'a pas pu faire le remaniement nécessaire delà Conven¬
tion et s’est bornée à formuler le vœu « qu’une confér^ce
spéciale soit convoquée pour soumettre cette convention à un
nouvel examen ». , ,
C'est cette conférence dont les travaux ont commence s
qui se continuent sous la présidence de M . Odier, minist
de Suisse à Saint Pétersbourg.
A propos du service médical des Postes de Secours
du Circuit ds la Sarthe.
Sur 1 invitation de M. le Préfet de la Sarthe,
dant l’organisation d’un service de secours médicaux
sion du Circuit de la Sarthe, une Commission de Médeci
de la région intéressée étudia cette organisation et il lui se
blaque ce service, nécessitant pour chaque médecin une g®
de 5 h. du matin à 5 h. du soir, et cela pendant 2 jours
sécutifs, entraînait l’obligation d'une indemnité pour 1® jj.
decin. Cette indemnité fut refusée par l’A. C.F- La
sion se déclara dissoute, et le Syndicat médical de la
vota à l’unanimité en assemblée générale l’ordre dujour
«Les membres syndiqués du Corps Médical de la ba
Considérant qu’il existe un prolétariat médical
vivre de l’exercice de sa profession ; déclarent qu’à 1 a' jg
— pour éviter les difficultés semblables à celles que vie
J.E PROGRÈS MÉDICAL
397
■ •élerla tentative d’organisation du Service médical à l’oc-
'*'ion du Circuit de la Sarthe — aucun membre du Syndicat
"^^devra prêter son concours à l’occasion d’un service médi-
**^1 sans en référer à la Commission du Syndicat, et, dans les
MS urgents, sans l’avis du Président dudit Syndicat, et cela
duelque soit le but de l’oeuvre pour laquelle les commissions
frètes demanderont cette organisation ; décident, en outre,
mie notification de cette décision sera faite à l'Union générale
its Syndicats médicaux de France, et à tous les Médecins du
département non encore syndiqués, en faisant part à ces der¬
niers du vif désir de leurs Confrères syndiqués de les voir
s'associera eux pour la défense intégrale de tous les intérêts
professionnels. »
Remarquons que la course du « Circuit de la Sarthe » , n'est
nullement une œuvre de bienfaisance, que le département
delà Sarthe lui donne une subvention considérable, et que
les médecins de la Sarthe n’ont aucune raison pour faire des
sacrifices en faveur de cette course. J. A .
Boulangerie et Tuberculose.
Il y a quelques jours s’est tenue à l’Hôtel des Sociétés sa¬
vantes la séance d inauguration de l'école professionnelle de
la boulangerie, sous la présidence d'honneur du docteur
Brouardel et la présidence effective du docteur Roux, de
l'Institut Pasteur, assisté du docteur Chamberlin.M. Grégoire
de la Chambre syndicale des ouvriers boulangers, a dé¬
montré le danger que les poussières de farine faisaient cou¬
rir pour les ouvriers boulangers. Selon lui, sur 400,000 ou¬
vriers boulangers français, 280,000 sont atteints de tubercu¬
lose et peuvent contaminer par l’expuition de la toux durant
leur travail ou par leur sueur la pâte qu'ils pétrissent. M.
Grégoire a réclamé l’emploi de pétrins mécaniques. 11 a fait
appela la science pour guider de ses conseils la nouvelle école
professionnelle nommée « la Fraternelle » et qui est à la fois
école et société coopérative.
Le docteur Roux a étudié la fabrication du pain au point
de vue hygiénique et a reconnu qu’elle était actuellement
des plus défectueuses. Il a approuvé la plupart des réformes
hygiéniques exposées par M. Grégoire.
Education sexuelle de la jeunesse.
Valentinei iVetc-Fo/’/c med. Jonrn.) résume son opinion sur
ce sujet dans les points suivants :
1° La physiologie et l’hygiène sexuelles ne doivent pas être
nécessairement enseignées aux jeunes filles^ à part dans quel¬
ques conditions exceptionnelles lorsque l’impulsion (l’ins-
tincti sexuelle est prématurément développée ;
La physiologie et l’hygiène sexuelles doivent au contraire
être enseignées à chaque garçon, à l’âge où la puberté men¬
tale et sexuelle le met en état de profiter de cet enseigne¬
ment ;
3” La nature et le but de cet enseignement doivent être
%lés selon la faculté de l’élève d’apprécier la morale inhé¬
rente ;
L’âge utile pour cette éducation spéciale est variable. Le
ornent propice est celui où une prophylaxie physique et
orale devient une nécessité ;
^ choix des parents, du professeur ou du médecin
mme initiateur dépend de l’individualité de cette per-
aoniie *
J ° L instruction sur les sujets sexuels peut être donnée
d'él' institutions scolaires, mais à un nombre restreint
jç à la fois, et ceux-ci doivent être sélectionnés d’après
7o J®^ntelité aussi semblable que possible ;
Içj' J^^.iùres d’hygiène élémentaire ne doivent pas contenir
apitres de physiologie sexuelle. Seul, le professeur pos-
5^ * livre, mais il pourra le prêter aux élèves (ju’il jugera
SQiçT^^cnt mûrs i)our le lire sans en abuser. (Voir à ce
Progrès médical, 12 mai 1900 ).
J. . Hygiène sociale.
CQoij* ®’^rne R a ordonné que la brochure de la ligue antial-
re . *^cniande intitulée : L alcool et la valeur militai-
mée jji‘ ^rétribuée dorénavant à toutes les recrues de l’ar-
®niande à leur arrivée au corps. Les officiers sont
tenus à faire une ou deux conférences explicites sur le sujet.
(Munch. niéd. Wochschr.).
Le voyage médical en Allemagne.
L' « E. M. L — » 1906 visitera les principales institutions
médico-scientifiques de l’Allemagne (Universités, Hôpitaux,
Stations Thermales les plus réputées).
Départ de Paris, le jeudi soir 9 août.
10 Août : Aix-la-Chapelle, Cologne. — Il août : Cologne,
Bonn. — 12 août : Bonn. — 13 août ; Wiesbaden. — 14 août :
Francfort. 15 août : Marbourg. —16 août : Leipsig. - 17, 18
I et 19 août : Berlin. — 20 août : Dresde. — 21 août : Heidel¬
berg. — 22 août : Baden-Baden.
Retour à Paris, le jeudi soir 23 août.
Le concours de nos confrères allemands, ainsi que celui
des bourgmestres et des municipalités, nous est acquis par
tout sur notre passage. — Parmi les réceptions qui nous se¬
ront faites dans chaque ville, signalons dès aujourd’hui celles
de Francfort, Marbourg, Berlin, Heidelberg et Badén-Baden.
— A Marbourg, les médecins français seront admis à l’Institut
d’hygiène de Son Excellence M. le Professeur von Behring.
Les adhésions doivent parvenir le plus tôt possible et en
tout cas avant le 20 juillet.
Pour tous renseignements, s’adresser à M. Etienne Bazot,
administrateur-fondateur des « Excursions Médicales Inter¬
nationales », au service-annexe de l’CEuvre, 184, rue de Ri¬
voli, Paris. 1er. (Téléphone : 121. 08).
Voyages d’études médicales aux stations
hydrominérales et climatiques de France.
Programme du voyage pour 1906. — Hauteville (Sanatorium)
— Evian — Thonon — Saint-Gervais — Chamonix — Annecy
— Aix — Mariiez — Le Revard — Challes — Salins-Moutiers
— Brides — Pralognan — Allevard — La Motte — Bouquéron
— Triage.
La ville de Lyon est prise comme point de concentration.
Chaque voyageur s’y rendra isolément.-
Samedi U' septembre : Réunion de tous les adhérents du
voyage à la gare de Lyon-Perrache, à 6 h. du matin. — Départ
du train spécial à 6 h. 15. — Arrivée à Tenay. — Départ en
voitures pour Hauteville. — Msitedu sanatorium. — Arrivée
à Evian vers 7 h. — Diner. — Coucher.
Dimanche 2 septembre : Le matin, visite d’Evian. - L’après-
midi, promenade sur le lac olferte par la Société d’Evian. —
Dîner. — Coucher.
Lundi 3 septembre : Le matin, départ pour Thonon. — Visi¬
te, déjeuner. — Dans Taprès-midi, départ en train spécial
pour Le Fayet. — Arrivée à Saint-Gervais vers 6 h. du soir. —
Dîner. — Coucher.
Mardi 4 septembre : Le matin, visite de Saint-Gervais. —
Après midi, excursion à Chamonix. — Retour à Saint-Cer-
vais pour coucher.
Mercredi ù septembre : Le malin, départ en train spécial,
pour Annecy. — Tour du lac en bateau. — A 1 h., départ en
train spécial, arrêt à Lovagny. — Visite des gorges, du Fier.
— Arrivée à Aix. — Dîner. — Coucher.
Jeudi 6 septembre : Journée à Aix.
Vendredi 1 septembre : Le malin, départ en train spécial pour
Challes. — Après-midi, en train spécial pour Salins- .Vloutiers.
— Dîner. — Coucher à Brides.
Samedi 8 septembre : Le matin, départ en voitures pour
Pralognan. — Retour à Brides. — Dîner. — Coucher.
Dimanche 9 septembre : Le matin, visite de Brides. — Après-
midi, départ en train spécial pour Allevard. — Dîner. —
Coucher.
Lundi 10 septembre : Le matin, visite d’AlIevard. — Après-
midi, départ en train spécial pour (îrenoble, puis en voiture
pour Bouquéron. — Dîner et coucher à Uriage.
Mardi 11 septembre : Le malin, départ pour La Molle. —
Après-midi, visite de Vizille. — Dîner et coucher à Uriage.
Mereredi 12 septembre: Le matin, visite d’L'riage. — Déjeu¬
ner. — Dislocation.
Bourses de voyage. — Quatorze bourses de voyage sont don¬
nées au V. E. M. de 1906. L’attribution en a été fixée comme
suit par leurs fondateurs : 1" Bourse du Professeur Ilenrot:
un Interne des Hôpitaux de Reims, 2° Bourse de la Société
398
LE PROGRÈS MÉDICAL
de Châtel-Guyon (Puy-de-Dôme) : ud Interne des Hôpitaux de
Paris. 3“ Bourse du Conseil municipal des Eaux-Bonnes (Bas¬
ses-Pyrénées) : « un Médecin, à la fois membre du Concours
médical et de l’Associalion générale des Médecins de France ».
4" Bourse de la Compagnie générale des Eaux minérales et
Bains de mer : un Etudiant ayant passé sa Ihèse de doctorat
à la Faculté de Médecine de Bordeaux, dans l’année scolaire
19ü5-190t).â'> Bourse de la Société des Eaux thermales d’Evaux-
les-Bains (Creuse) : « un membre du Concours médical affilié
à r.Association des Médecins de France ». 6'>-7“-8'>-'.)°-10° Cinq
Bourses de la Société d'Evian (Haule-Savoie) : 1° Un Médecin
Anglais;2° Un Médecin Danois;3‘’ et 4“ Deux Médecins Italiens
5» Un étudiant en médecine, ayant passé sa thèse de docto¬
rat à la Faculté de Lyon, dans l’année scolaire 1'. 05-1906.
11° Bourse de la Compagnie fermière du Mont-Dore iPuy-de-
Dôme):un Etudiant ayant passé sa thèse de doctorat à la Faculté
de Lille, dans l’année scolaire 1905-1906. l'2“ Bourse de la
Compagnie des Eaux minérales de Pougues (îSièvre) : un
Interne des hôpitaux de Bruxelles. 13° Bourse de la Compa¬
gnie générale des Eaux de Boyat (Puy-de-Dôme) : un Interne
des hôpitaux de Paris. 14° Bourse de la Compagnie fermière
de Vichy (Allier) ; un Etudiant ayant passé sa thèse de Doc¬
torat à la Faculté de Médecine de Paris, dans l'année scolaire
1905-1906.
Pour tous renseignements, s’adresser à M. le D'' Carron de
LA Carrière, 2, rue Lincoln, Paris (8'), ou au D'' Jouaust, 19,
rue du Colisée, Paris (8°). Les inscriptions sont reçues jusqu'au
15 août 1906, terme de rigueur.
LES CONGRÈS
Congrès de climatothérapie et d’hygiène urbaine.
(Gannes-Monaco-Menton-Ajaccio)
Le troisième congrès de climatothérapie et d hygiène ur¬
baine tiendra ses assises, aux x acances de Pâques 1907, sur la
Biviera française (portion comprise entre Ilyères et la fron¬
tière Italienne) et en Corse. Lesséances auront lieu à Cannes,
à Monaco, à Menton et à Ajaccio ; mais toutes les villes et
stations du Littoral Méditerranéen et de la Corse sont inscri¬
tes dans le programme : Cannes, Nice, Monte-Carlo. Menton,
Ilyères, Antibes, Grasse, St-Raphaël, Juan-les-Pins, Beaulieu,
le Cap-Martin, Thorenc, etc., etc. Le congrès durera environ
une semaine sur la côte française ; il se terminera en Corse.
Questions à rapport : Les maladies chroniques de l’appa¬
reil respiratoire sur la Biviera française, et en particulier à
Cannes et dans la région de Cannes; rapporteur ; M. le D'’
CHUQUET,de Cannes. — Les adénopathies et les tuberculoses
localesà Cannes ; rapporteur : M. leDMiouRCART, de Cannes.
— Les maladies nerveuses sur le Littoral Méditerranéen ; rap¬
porteur; M. le D"' Sauvage, de Cannes -le-Gannet. — Question
annexe : traitement éleclrothérapique dans ces maladies, sur
le littoral; rapporteurs : M.M. les D'® Bo.nnefov et Josserand,
(Je Cannes. — L’hygiène à Menton ; rapporteur : M. le D'’
Tartakin, de Menton. — Les poussières des routes sur le Lit¬
toral Méditerranéen, rapporteurs : M.leD'' CuABoux,deMenton,
etM. le D’’ Gughelminetti, de Monte-Carlo. — L’hygiène
dans la Principauté de Monaco, rapporteur: M. le Vi¬
vant, de Monte-Carlo.
Pour tous les renseignements^ s'adresser au secrétaire général,
D' Verdalle, 1, boulevard d’.Alsace, à Cannesd’été à la Bour-
boule. Villa des Sorbiers). Pour tout ce qui r- garde la trésore¬
rie, à M. le D’’ Bienfait, trésorier général, Vilia Marie-Louise,
boulevard d .Alsace, à Cannes d’été a Vichy;.
Hommage au Gilbert. — Les amis et les élèves du P'' Gil¬
bert, désireux de lui offrir une médaille à l’occasion do son élec7
lion à l'Académie de médecine, ont ouvert une souscription à
laipielle ils seraient heureux de vous voir participer, l.e graveur
Prudhomme a bien voulu se charger de l’exécution de cette mé¬
daille. Le chiffre de la cotisation n est pas limité ; à tout souscrip¬
teur de la somme de vingt-cinq francs sera remis un exemplaire
de la médaille offerte. Les cotisations doivent être adressées, avec
une carte de visite, à MM. J. -B. Baillière et fils, rue Hautefeuille,
16. La souscription sera close le 15 novembre li'06.
FORMÜLFS
XLVII. — Contre l’épilepsie.
La Revue Médicale de Normandie (page 184) publie la forniuij
suivante ;
Adonis vernalis . 2 gr.
Bromure de potassium . 7 gr. ;0
Codéine . 0 gr. 12
Celte formule représente par cuillerée à bouche :
Adonis . 0 gr. 30 centig.
Bromure de potassium . 1 gr. 15 —
Codéine . 0 gr. 018 mmi
En en prescrivant de 4 à 8 cuillerées à bouche par jour,
cela fait :
Adonis, de . 1 gr. 20 à 2 gr. 40
Bromure, de . 4 gr. 45 à 8 gr. 90
Codéine, de . 7 cent. 02 à 14 centig.
(de Bechterew.I
La dose de codéine parait élevée (de 7 cent, à 14), alors que
le maximum habituel est de 5 centig. par jour. Il doit s’agir
d’accoutumance
L’adonis est à dose no.-male, mais il semble que, dans une
telle association, ce soit la codéine et le bromure qui se par¬
tagent l’action.
L’adonis serait un auxiliaire susceptible de régulariser les
battements du cœur, d augmenter la pression artérielle et la
diurèse.
Actes et thèses de la Faculté de Médecine de Paris.
Thèses de iloctorat. — Mercredi, 2 y juin. — M. Le borgne : Con-
tribuUon à l'élude des symptômes et des lésions médullaires de la
démence précoce (MM. Urissaud, Déjerine, Roger, LaunOîs). — .'/•
Blondel : Les aulo-mulilaleurs (MM. Déjerine, Brissaud, Roger.
Launois). — M. Tt ém ilicres : L'entéro-colile muco-membranease
(Etude critique, expérimentale et clinique) (MM, Roger, Brissaud.
Déjerine, Launois).
’eudi, 28 juin -VJÙLJle Alière : De la dvslrophie congénitale d»
tissu libro-élasliqudt (maladie év,dulive) (MM. Guyon, Cornil, Ber-
rs, Jeanselme). — M. Be tltomi,r : Les courants de haute fré¬
quence dans les dermatoses dites (autrefois) dialhésiques.MM.Corail,
Guyon, Berger, Jeanselme). — M. Damiot : Conlribulion à l'cludf
des fractures de l’exlrémilé supérieure du tibia (MM. Berger,
con. Cornil, Jeanselme). — M. Bowgoix : La consultation de
irrissons à la maternité de Lariboisière (MM. Budin, De Laper-
sonne, Gilbert, Carnot). — AI. Delbarre : Elude cliniquesur le Irai
lement opératoire du strabisme concomitant iiileriie(MM. De Laper-
sonne, Budin, Gilbert, Carnot). — AI. Lover : De l’acholie pigmen¬
taire chez les enfants (MM. Gilbert, Budin, De Lapersonne, Car¬
not. — AI. Couppe de Lahongrais : Le voisinage du chien. Scs dan¬
gers (MM. Gilbert, Budin, De Lapersonne, Carnot).
Examens de dcctorat. — Lundi, 25 juin. — 5"(2' partie, l" sérif.
H(ilel-Dieu) : MM, Brissaud, Teissier, Legry. — 5' (2' partir, 2*
rie, Hôlel-Dieu) : MM. Gaucher, Claude, Ballhazard.
Alardi, 26 juin. — 5* (2' partie, 1” série. Charité) : MM. Raymo®"'
Thiroloix, Diipré. — 5' ('2' partie, 2' série. Charité) ; MM. Rol»®<
-Méry, Carnot.
Alercredi, 2-] juin. —3' (1" parlie, Oral, Salle Béclard): M- ;
Kirmisson, Lepage, Branca. — 3’ (2- partie, Oral, Salle Brousai») •
MM. Blanchard, Labbé (Marcel), Maeaigne. — D ^Sages fcmnR>
Salle Bichel) : MM. Bibemont-Dessaignes, yVallich, Boto®*'*' yo
Jeudi, 28 juin. — S* 2” parlie, !'• série. Oral, Salle Béclard): '
Dieulafoy, Renon. Cuiart — 3- (2' partie, i* série. Oral, Salle
visarl) : MM. Hutincl. Thiroloix, Bezançon. — 1"' (Sages-femm
!'• série Salle Velpeau) : MM. Pozzi, Ribemonl-Dessaignes, y?
naire. — 1" (Sages-femmes, 2' série. Salle Richet) : M.M. P®’'''
Bar, Demelin. ,.
Vendredi, 2g juin. — 2' (Sages-femmes, Clinique Baudclocq»*!'
MM. Pinard, Ribeinont-Dessaignes, XVallioli. , m
Samedi, 3o juin. — 5' (2' parlie, 1" série, Boaujon) : MM-
nel, Thiroloix, Méry. — 5* (2* parlie, 2' série, Beaiijon) : MM.
lemesse. Rénon, Gougel. — 5' (2” parlie, 3" série, Beaujon) : ■ ‘
Bobin Janselme, Bezançon. — 2^ (Sages-femmes, Clinique ‘
r, : MM. Budin, Ribemont-Dessaignes, Demelin.
Monument Nocarü. — Lv cérémonie d’inauguration je
monument aura lieu à l’Ecole nationale vétérinaire d’A'*o •
dimanche 24 juin 1996 à 9 b. 12, sous la présidence de
Ministre de l’agriculture. —
LE l‘ROGnftS MÉDICAL
399
NOUVELLES
Natalité de Paris. — Du dimanche 3 au samedi 9 juin
(ûflfi les naissances O -it ete au noraore de 1101, se décomposant
Ainsi : légitimes 815, illégitimes 280.
Mortalité a Paris. — Population d’après le recensement de
l9Ül : 1600.559 habitants. Les décès ont été au nomore de 846,
siToir:445 hommes et 401 femmes. Les décès sont dus aux
causes suivantes : Fièvre typhoïde (typhus abdoflain.) : 0. —
Typhus exanthématique ; 0. — Fièvre intermittente et cachexie
oaiustre : 0- — Variole : 0. — Rougeole : 11. — Scarlatine : 0.
_ Coqueluche : 6. — Diphtérie et Group : 1. — Grippe : 2.
_ Choléra asiatique : 0. — Choléra nostras : 0. — Autres
maladies épidémiques : 1. — Tuberculose des poumons : 211. —
Tuberculose des méninges : 23. — Autres tuberculoses : 9. —
Cancer et autres tumeurs malignes : 57. — Méningite simple : 16.
-Conge.stion hémorrhagique et ramollissement du cerveau : 52.
— Maladies organiques du cœur : 64. — Bronchite aiguë : 6.
— Bronchite chronique : 13. — Pneumonie ; 28. — Autres affec¬
tions de l'appareil respiratoire ; 68. — Affections de l’estomac
icancerexc.) : 3.— Diarrhée et entérite de 0 à 1 an ; sein : 6 ; au¬
tre alimentation: 17. — Diarrhée et entérite de 1 à2ans : 1. — Her¬
mès, obstruction intestinale ; 10. — Cirrhose du foie : 9. — Néphrite
et mai de Bright : 30. — Tumeurs non cancéreuses et autres ma¬
ladies des organes génitaux (femmes) : 2. — Septicémie puerpérale
(lièvre, péritonite, phlébite puerpérale) : 4. — Autres accidents
puerpéraux de la grossesse et ds .’aeiouciie'nî it 0. — Den ire
congénitale et vices de conformation : 18. — Dinuice senili ; 18
— Morts violentes : 32. — Suicides : 6. — Antres maladies : 115.
— Maladies inconnues ou mal définies : 13.
Mort-nés et morts avant leur inscription: 63, qui se dé com¬
posent ainsi: légitimes 48. illégitimes 15
Ecole du service militaihe de Lyon. — Lescandidats à Té-
cole du service de santé militaire sont informés que, par décision
du 7 juin 1906, le ministre de la guerre à fixé à cinquante le nom
bre des élèves à admettre à ladite école, à la suite du concours
de 1906, sous la réserve que ceux qui n’auront pas accompli l'an¬
née de service prescrite par la loi du 5 mars 1905 passeront un
M dans un corps de troupe avant leur entrée à ladite école. Les
élèves démissionnaires seront remplacés avant l'ouverture des
cours par d'autres élèves pris dans l'ordre de la liste de classe-
ment du concours.
Concours de l'Intern.at en Pharmacie. — Le concours vient
de se terminer par les nominations suivantes ; M.\I. Lhote, Plie,
Alliol, Linarix, Guillaumin, Ciété, Hamel, Barbe, Sommelet, Saf-
«r, Drouilhet, de Saint Stéban, l^leury, Navarre, Le Maitre, Le-
cronier, Legoux, Bertheaume, Bégneux, Rivière, Rousselet (Alb)
Chédaille, Saint-Paul, Papet, Rebour, Detœuf, Guilmin, Lacroix,
Martin, Aug. Chanterilli, Bonnet, Eschbaeli, Leconte, Fercocq,
Lasne. Hurbain, Morel, Debas. Dubreuil, Bailly. Marchai, Bonna-
lous, Voille, Leluc, Coudert, Paris, Montlaur, Brossard, Tixier,
Bonvoisin, Danchy, Bondois, Guilley, Jouanne, Pagenel, Def-
fins, Allamagny, Coulon, Giraud, Tigier, Linet.
Hôpitaux d’Angers. — A la suite du concours qui vient de se
tenir, M. René Tesson, ancien interne des hôpitaux de Paris, a
été nommé chirurgien des hôpitaux d’Angers.
Boissons ALCOOLIQUES en Afrique. — A la Chambre des com¬
munes, sir Edward Grey, ministre des affaires étrangères, a déclaré
que le gouvernement belge avait lancé desinvitations pour une nou¬
velle conférence internationale au sujet du comraierce des boissons
alcooliques en Afrique, et que l’on espérait que cette conférence
pourra se réunir dans le courant de l’automne.
Corps de santé militaire. — • [.es médecins principaux de P»
classe Reverchon, hospice Dijon, affecté Nice, a pas rejoint, dé¬
signé pour Besançjon : Bruant, Besançon, à Nice.
Lesraédecins majors de P» classe Labroue, 3“ artillerie, passe
Saint-Etienne ; Courtois, 163“ inf., 3“ artillerie ; Lebon, 12®
inf., Marseille. Les médecins majors de 2“ classe Barbiére, pr
drag., passe 163® inf, ; Coste, Oran, au 53' ; Parant, 3® huss., au
t" spahis, Lesterlin, 13' drag., au 1' ; Pignet 1" spahis Alger ;
Brice, 51® inf.. maintenu ; Langlois, 56®, au 3' huss. ; Cassan,
1 18' au 88' ; Paul. 65' inf., 1()2'. Les médecins aides-majors de
P® classe Ser, de Constantine, au 1 18' inf., Dargein, Oran, 2'
zouaves. Les médecins aides-majors de 2' classe Cazeneuve,
d'Alger à Oran ; Rémy, de Constantine aux hôpitaux division
Constantine. Pharmacien- major de P' classe Guillot, de Cham¬
béry à Lyon. Pharmacien-major de 2' classe Sarthou, de Bor¬
deaux à Bastia. Pharmacien aide-major de P® classe Comte Bas¬
tia, à Chambéry.
Les officiers d’administration de 1" classe 'Valéry, d’Oran à
Perpignan ; Grimel, d’Oran à la 20' section infirmiers. Les offi¬
ciers d administration de 2' classe Fage. du 4' corps, à Tout ;Gé-
nevès, Marseille à Troyes ; Ballet, du Mans, à direction service
santé 4' corps ; Losparre, de Toul à Bordeaux.
Corps de santé coloni.al. — Sont affectés : à Madagascar, La-
lage, médecin principal 2' cl., Hyères ; — au Congo, Gaillard,
médecin aide major P® cl. 21' inf. col. ; Lassserre. id. 3' art.
col. ; — en Afrique occidentale, Dubourcau, médecin aide major
2' cl., 24' : Quennoc, id. 2® ; Pochoy, id. 3' ; — au Tonkin, Du¬
fresne, médecin aide-major 2' cl. 5 inf. col. ; — en France, Ara-
mi, désigné pour Madagascar ; hôpital d'Hyéres.Capus ; les méde¬
cins majors de P' cl. ; Pinard. P' art. col., désigné Afrique ; Le¬
gendre, 22' inf. col. Hyères, rentre de Madagascar ; Hotchkiss, 4'
inf. col. Toulon, attendu de Madagascar; Roge, 21' inf. col. Pa¬
ris, du 2' art. col.
Approbations du mutations : à Madagascar, hôpital Tamatave
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Toutes les préparations dont la liste e. ’ ' ' ’ . . '
extrait gastrique
MONCOUR
Hypopepsie
L’« sphérulines dosées à
O ST. 125
4 à i6 sphérulines p' jour
EXTRAIT HÉPATIQUE
MONCOUR
Maladie du Foie, Diabète
par anhépatie
En sphérulines dosées à
3o cgr. En suppositoires
dosés a 3 ST.
EXTRAIT PANCRÉATIQUE
MONCOUR
Diabète
par hyperhépatie
En sphérulines dosées à
20 egr^ En suppositoires
De 2 a 10 sphérulines P' jour
De I à 2 suppositoires .
EXTRAIT ENTERO- PANCREATIQUE
MONCOUR
Affections intestinales
Troubles dyspeptiqjues
En sphérulines dosées à 25 cgr.
De là 4 sphérulines p' jour
extrait de bile
MONCOUR
Coliques hépatiques
J , Lithiase
‘ctere par rétention
^'‘VhéruUnes dosées à
toegr.
^6 sphérulines p^ jour
EXTRAIT RÉNAL
MONCOUR
Insuffisance rénale
Albuminurie
Néphrites, Urémie
En sphérutnes dosées à
De 4 à i6 sphérulines p® jour
CORPS thyroïde
MONCOUR
Myxœdème, Obésité
Arrêt de Croissance
Fibromes
En bonbons dosés à 5 cer.
En sphérulines dosées a
35 cgr.
Del 1 4 bonbons p' jonr
De 1 i 6 spliérulints >
POUDRE OVARIENNE
MONCOUR
Aménorrhée
Dysménorrhée, Ménopause
Neurasthénie féminine
En sphérulines dosées à 2o cgr.
De 1 à 3 sphérulines p' jour
EXTRAIT INTESTINAL
MONCOUR
AUTRES PRÉPARATIONS
MONCOUR
Extrait de muscle lisse
Extrait de muscle strié
Moelle O- seuse, Myocardine
LE PROGRES MEDICAL
Gouzien, major l” cl. ; P' cl. ; l'^tiraill. malgach. Maevatanana,
Gastueil, major 2= cl. ; ambulance Fort-Dauphin, Le Croignec,
major 2* cl. ; P'' tiraill. malgach, Fianarantsoa, Grillât aide-major
P» cl. ; médecin inspecteur. Ambrositia, Montfort, aide-major P®
cl., médecin inspecteur de Tltasy, Garnier, aide major P' cl. ;
pharmacien chef Tananarive. Payen, pharm. maj. P' cl. ; — à la
Nouvelle-Calédonie, à Nouméa, Le Roy, médecin aide-major P“
Chambre et des travaux de la commission sénatoriale. Le séna
leur des Hautes-Pyrénées se livre ensuite à une appréciation dej
résultats de l'enquête des entrepreneurs de peinture, puis à on
étude approfondie des causes véritables du saturnisme dû à h
céruse: il traite enfin de la réglementation à l’étranger, de lasobn.
titution du blanc de zinc au blanc de céruse et de la question des
Autorisation de prolongation de séjour en Indo-Çhine ; Haueur
major P« cl. ambul. Mytho ; Manaud, aide major P' cl. ; hôpital
Hanoi ; Vergne, serv. vaccine au Laos ; Claverin. pharm. major-
2® cl . hôpital Quang-Yen.
Convocation dIj personnel de santé des réserves. — Des
circulaires ministérielles viennent de régler ce qui concerne l’ap¬
pel, en 1906, des médecins de réserve et de l’armée territoriale,
ainsi que des officiers d’administration du service de santé desdites
réserves.
Seront convoqués : Dans la réserve (pour des périodes de qua¬
tre semaines) : Médecins-majors de 2® classe, 10 ; Médecins aides-
majors de P' classe, 67 ; Médecins aides-majors de 2® classe, 432 ;
Officiers d’administration de 2® classe, 35;Offioiers d’administration
de 3® classe, 140 ;
Dans l’armée territoriale [pour des périodes de deux semaines);
Médecins-majors de 2® classe, 29 ; Médecins aides-majors de P®
classe, 216 ; Médecins aides-majors de 2® classe, 78 ; Officiers
d’administration de 2® classe, 100 ; Officiers d’administration de 3“
classe, 55. Suivent les prescriptions de détail habituelles.
Journalistique. — Notre distingué ami et collaborateur, le
D® Lucien-Graux, est devenu, depuis le P® juin,rédaoteur en chef
de la Gaselte des Eaux, dont le D® Morice reste le directeur.
Nous le félicitons vivement et le remercions de continuer au
Progrès Médical, pour l’hydrologie et la climatologie, son excel¬
lente collaboration. — N. D. L. R.
::rologie. — Nous avons le vif regret d’annoncer la mort
3 de 34 ans, de M. le D®Ch. Chapotin, ancien interne des
hôpitaux de Paris. Nous l’avons eu comme interne provisoire en
1898 et nous n’avons eu qu’à nous louer de ses services. Noos
avons publié ensemble : Un cas d’athétose double avec mouve¬
ments convulsifs de la face simulant tes tissus convulsifs (Compie
rendu de 1898, p . 26) ; — Relation d’une épidémie de fièvre tr-
phoïdeà Bioêtre (Ibid.,p. 100) ; — De l’éosinate de soude dans
le traitement de l’épilepsie et des accidents qu’il produit ( Ibii
1899) ; — Travail qui lui servit à inspirer la thèse sur le mèmë
sujet de Prime, intitulée : « Des accidents toxiques par l’éosinate de
sodium », Paris 1900. — Chapotin était allé s’installer à Lorient
dont la municipalité l’avait chargé d’un cours pour les infirmières.
Nous adressons à sa famille, si douloureusement éprouvée, l’ex¬
pression de nas sentiments de condoléances les plus sympathiques.
— Nous avcms encore le vif regret d’annoncer la mort de M. lé
D® A. JosiAs, médecin des hôpitaux, membre de l’Académie de
médecine, officier de la Légion d’honneur, qui fut longtemps col¬
laborateur du Progrès Médical.
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
ii ie A. Jf)AXAI.\
rue de Gondé.
Le blanc de céruse. — La commission sénatoriale des com¬
posés du plomba approuvé le rapport de M.Pédebidou, qui con¬
clut à l’adoption du texte voté par la Chambre, c’est à-dire à l’in¬
terdiction de l’emploi du blanc de céruse et de l’huile lithargire
dans tous les travaux de peinture à l’intérieur des bâtiments et à
l’extension possible de cette interdiction, par un règlement d’ad¬
ministration publique, aux travaux à l’extérieur. Toutefois, la ma¬
jorité de la commission a été d’avis qu’il y avait lieu d’accorder
aux fabricants de céruse uns. compensation pécuniaire. On sait
que le principe de l’indemnité avait été écarté par la Chambre, en
sorte que si la Haute Assemblée accepte la solution que lui sou¬
met sa commission, la proposition devra retourner au Palais -
Bourbon, d’où un nouveau retard très préjudiciable à l’hygiène et
à la santé des travailleurs.
Le rapport de M. Pédebidou comprend une centaine de pages .■
il débute par un historique très complet des débats engagés à la
(F.) — Nouvelle thérapeutique des plaies et uleératim
•thermobalsamogéne et lacamphénine. In-S® de 24 pages.
. 0 fr. ’ÏG.
Librairie .MASSOA
120, boulevard Saint-Geri
RTiLLON (J.). — Du saturnisme ; de la forte mortalité des
ers qui y sont exposés. In-8“ de 27 pages. Extrait de 1»
d’hygiène et de police sanitaire.
os-Mayrevieille (Gabriel). — L’administration du patri-
3 des pauvres. Etude historique 1 vol. In-8® de 114 pages.
Librairie J. -B. BAILLIERE et flis
19, rue Hautefeuille.
iN(L.) (Chirurgien de St-Lazare.) — La Blennorragie (For
s et peu connues) 1905. In-8, 85 pages . 2 fr.
^35. année. 3' SÉRIE. T. XXII. N" 2C» BUREAUX : RUE DBS CARMES, 14 ' 30 JUIN 1906
Le Progrès Médical
: PÉDIATRIE : La réalimentation provisoire par
céréales et les légumineuses dans les gastro-entérites des
^urrissons. par Netter. — Chirurgie biologique : Chirurgie
ii bhimosis, par Longuet. — Bulletin : Les tramways et les
Kcidents, par Rousselet. — Sociétés Savantes : Académie
ia Sciences: Production expérimentale de variétés transmissi¬
bles da bacille de la tuberculose et de vaccins antituberculeux,
par Arloing ; Influence du chocolat et du café sur l’acide uri-
^e, par Fauvel ; Influence de l’acide phosphorique sur les
échanges nutritifs, par Desgrez (c. r. de Mme Phisalix). — So-
title de biologie : Régénérescence de la moelle chez l’homme,
par Mannesco et Minea ; Masque pigmentaire, par Gilbert et
al Lereboullet ; Abcès de fixation, par Conor ; Patching des
artères, par Canel et Guthrie (c. r. de Mme Edwards-Pilliet.)
-Academie de Médecine : Anévrysmes et sérum gélatiné, par
Lancereaux ; La typhlocolite, par Reclus ; La vaccination en
Guinée française, par Kermorgant ; La tuberoulophobie, par
Sevestre (c. r. de A.-F. Plicque). — Société Médicale des Hd-
fitaux : Liquide céphalo-rachidien puriforme et aseptique au
cours de syphilis médullaire, intégrité des polynucléaires, par
AVIS DIPORTAXT A AOS ABONNÉS
Widal, Lemierreet Boidin ; Hyperesthésies douloureuses dan.S
la convalescence de la fièvre typhoïde, par Renon et Tixier ;
Guérison rapide de la pleurésie sèche par l’iodüre dé potassium,
par Jacquet et Lozoir ; Angor pectoris, par Rist ; Stomatite
mercurielle après injection de sels insolubles datant de cinq
mois, par Ménétrier (c. r. de Friedel.) — Société de Médecine
de Paris : (c. r. de Buret.) — Société d'obstélrkfue de Pa?'is :
Difficulté particulière de la délivrance artificielle dans un utérus
bicorne à corne formant un diverticule allongé, par Guéniot ;
Grossese chez une femme atteinte d’anévrysme de la crosse de
l’aorte, par Macéet Monnier-Vinard ; Statistique de 15 laparo¬
tomies pour gros.sesse extra-utérine, par Macé ; Placenta retenu
longtemps post abortum in utero, par Tissier ; Un cas de môle
bématomateuse, par Mavgrier ; Vaste hémorragie méningée
prise pour l’hydrocéphalie, par Devraigne et Cathala (c. r. de
Jeannin.) — Revue d’hydrologie et de climatologie. —
Bibliographie.., — Pratique thérapeutique. — Varia. —
Formules. — Actes et thèses de la faculté de médècîne
DE Paris. — Nouvelles. — Chronique des hôpitaux.
PÉDIATRIE
Renouvellement des abonnements.
L'échéance du i" JUILLET étant rime des
Iflus importantes de l'année, et, par suite de V ap¬
plication du nouveau règlement, les frais de re¬
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menus très onéreux, nous prions instamment
[•Oî souscripteurs, dont V abonnement expire le 3o
']dui, de nous envoyer Je plus tôt possible le mon¬
gol de leur renouvellement, soit DIX FRANCS
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^JUüIaNI S. Ils pourront nous I adresser par
^^tcrmédiaire du bureau de poste de leur localité,
î«i leur remettra un reçu de la somme versée
J^s prenons à notre charge les frais de 3 °/„pré-
^spar laposte) oupar une valeur à vue sur Paris.
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•No ^ auteurs et aux EDITEURS
'«Us ^ les Auteurs et Editeurs que
il nous sera adressé deux exem-
ex annoncés et analysés (s'il y a lieu). Un
•Us donne droit seulement à l’annonce.
tBep doivent être adressés au Rédacteur en
Carmes.
Lta pubi
A® l-'Wi. - Voici la composition
5^’ P'ésidenl -, MM. J. Siegfried, Chanlc-
«siJ^réLiA A' T Martin, n/ce-pmidri/L ; .M. de Montri-
«îj^^deat fi^^ît'^ral . M Domergue trésorier. 51. Oue rel
^ d’organisation, dont le tecrétariat
' rue de Grignan à Marseille.
. iques. (Marseille
composition du bureau de ce
La réalimentation provisoire par les céréales et
les .légumineuses dans les gastro-entérites des
nourrissons ;
Par le D' Louis NETTER.
On sait que la diète hydrique est le remède unique
et souverain de la gastro- entérite des nourrissons. Em¬
ployée pour la première fois par Netter, de Strasbourg,
en 1873, et par Luton, laissée dans l’oubli, puis remise
en honneur par M. Marfan, elle a donné des succès si
merveilleux que rien ne peut et ne pourra lui être subs¬
titué. Mais s’il est nécessaire de la prolonger pendant
24 à 48 heures, pour enrayer les symptômes alarmants
des diarrhées infantiles, on ne peut sans inconvénient
en continuer l’usage plus longtemps ; on procède alors
à ce qu’on appelle la reprise du lait. Parfois, celle-ci
s'accomplit sans incidents : l’infection digestive a dis¬
paru, grâce au traitement hydrique, le retour à l’ali-
menlati' n lactée n’amène pas la réapparition des symp¬
tômes de la maladie ; la,courbe du poids est normale.
Malheureusement, dans un grand nombre de cas, les
faits ne se passent pas aussi favorablement ; on voit
reparaître, à la reprise du lait, la diarrhée, les vomis¬
sements, la fièvre, l’abaissement de la courbe de poids,
en un mol, les mêmes signes graves qui avaient précé¬
demment nécessité le régime hydrique. Chez ces
nourrissons, il faut alors recourir de nouveau à
l’emploi de l’eau pure, et ce à plusieurs reprises : on
traite chez eux la gastro-entérite par des diètes hydri¬
ques à répétition.
Dans ces dernières années, on a voulu étudier ces
faits de plus près, et on a vu que certains nourrissons
Ayspcpôcines étaient imapabhs de digérer le lait pen¬
dant un temps plus ou moins long. Ne pouvant leur
donner uniquement de l’eau, il fallait s’adressera une
aulre alimentation. A la suite de divers travaux
scientifiques et cliniques, on est arrivé à cette concep¬
tion que la seule alimentation bien supportée par les
jeunes enfants dyspeptiques pendant la péi iode de tran¬
sition entre la diète hydrique et la reprise du lait,
était ralimeiilalion par les bouillies de céréales et de
légumineuses. En effet, sous l’influence d’une alimen-
402
LE PROGRÈS MÉDICAL
talion hydrocarbonéc, les fermentations intestinales
diminuent considérablement, ainsi que le prouve
l’abaissement du taux des sulfo-éthers dans les urines.
Cela résulte des recherches de Poehl, Hirscliler, Win-
ternitz, Mesler et surtout de Combe, de Lausanne, et
de Heubner.
En 1895, Heubner est le premier qui traite méthodi¬
quement les gastro-entérites par les farineux ; il donne
une bouillie deriz. Mais bien avant lui, l’empirisme avait
constaté les bons effets des décoctions végétales dans cès
maladies : Hippocrate, Celse et, plus près de nous Sy¬
denham, dont la décoction blanche est encore en fa¬
veur, avaient connu ce traitement ; seul son emploi
scientifique est de date récente. Après Heubner, Czer-
ny et Keller, Gregor, recommandent la soupe de Malt
(Malzuppe). En France, les céréales sont bientôt re¬
préconisés par Bordes, Marfan, Ripart dans sa thèse,
Méry, Lesage, Sevestre et Démarqué, Terrien, Comby.
Une autre préparation, le babeurre ou lait de beurre,
additionné de farine, est mise en honneur par le Hol¬
landais de Jager, en 1895, puis, par Teixeira de Mat-
tos, Heubner, Baginsky, Jacobson, Ârraga, Cardama-
tis, Decherf, Pinto, de Lisbonne, Méry et Guillemot,
Graanboom.
Nous passerons en revue les quatre bouillies les plus
connues et nous en donnerons le mode d’emploi et la
préparation. Ces quatre bouillies sont les suivantes :
le babeurre ; le bouillon de légumes de Méry ; la dé¬
coction végétale de Comby ; la soupe de malt (procédé
Terrien).
Le ôaôewrrg est le petit lait qui reste après la fer¬
mentation et le barattage de la crème. Le meilleur pro¬
cédé de préparation est celui proposé par Jacobson :
Laisser le lait frais 24 heures dans une pièce à 18°, 20°,
enfermé dans un vase propre et couvert, qu’on agitera
une ou deux fois dans la journée. On peut, pour favori¬
ser l’acidification du lait, l’ensemencer avec une cuil¬
lerée de lait aigri de la veille.
Au boutde24 heures, baratter lelaitpour en séparer
le beurre (30 à 40 minutes). Le babeurre obtenu ainsi
ne doit pas être employé cru ; après l’avoir addition¬
né d’une cuillerée à soupe par litre de farine [blé, riz,
maïs ou autre), on le fait bouillir lentement, en agitant
sans cesse ; au bout de 5 à6 minutes environ, on ajoute
80grammes de sucre et on retire du feu ; le babeurre
est alors prêt à être consommé. On le donne aux nour¬
rissons, soit au biberon, soit à la cuiller, en quantité
égale à celle du lait que l’enfant doit prendre norma¬
lement. Ce médicament-aliment possède un goût non
désagréable acide; il est riche en substances albumi -
noïdes, en sucre et en amidon, mais très pauvre en
matières grasses. Il a l’inconvénient d'être d'une pré¬
paration longue et délicate. Aussi le Graanboom
a-t-il proposé d’employer le babeurre condensé, mis en
boîtes de conserve. Il aurait obtenu avec cette prépara¬
tion d’excellents résultats. D’après les auteurs qui ont
employé le babeurre, en le donnant à des nourrissons
malades depuis l’âge de 15 jours jusqu’à celui de 18
mois, on aurait obtenu des succès in liscutables dans
le traitement des gastro-entérites, subaiguës ou chro¬
niques, dans les dyspepsies du sevrage, et surtout dans
les dyèepsies par excès de matières grasses.
Il agirait surtout contre la diarrhée et les vomisse¬
ments. Mais on aurait tort de considérer le babeurre
comme une panacée universelle : certains nourrissons,
surtout les plus jeunes, le supportent mal ; en tous cas
son usage ne doit pas être prolongé outre mesure; pe¬
tit à petit, on doit revenir à l’alimentation lactée.
Mais le type le plus parfait de régime préparatoifti
la reprise du lait dans la convalescence des gastroJ^
térites, c’est la bouillie au bouillon de légumes deM
ry ; à cet auteur revient l’honneur de l’avoir emploi
pour la première fois en 1903. Avant celle époquo,
admettait que le tube digestif des jeunesnourrissons|
pouvait digérer les féculents, sous le prétexte qpo
ne trouvait que des quantités infimes de ptyaline »
d’amytopsine dans le suc des glandes du lube(li»{s
tif, on croyait que les féculents ne pouvaient être
rés et absorbés. Celte erreur était si bien admiseq*;
dans bien des services hospitaliers, les mères qui d»
naient des bouillies avant l’âge d’un an étaient sem»
cées d’importance ! Il a fallu que Pawlow montrât a
périmentalement que les glandes digestives adapta
leur fonctionnement à lanaturede l’aliment qu'onla
fournit pour dissiper ces préventions erronées. i
l’heure actuelle, il est bien démontré que lorsqu’i
donne des féculents à un nourrisson, son paneras et a
glandes digestives se mettent à sécréterde la diast»
Parlant de ces idées, Méry essaya son bouillon deli
gumes etobtintde merveilleux résultats. Voici de qudi
manière il doit être préparé :
On met pour un litre d’eau :
Carottes . |
Pommes de terre . )
Navets . (
Pois ou haricots secs . i
ââ 60 gr.
ââ 25 gr
Faire bouillir pendant 4 heures dans une maroù
couverte; ajouter après la cuisson 5 grammes de i
par litre de bouillon. Ce bouillon doit être préparétu
les jours et employé frais ; on peut l’utiliser à la pli
de lait, pour faire des bouillies aux farines (crèmei
riz de préférence, 1 cuillerée' à café pour 100 gr.l
bouillon).
On peut donner ce bouillon tel qu’il est, ou addiM
né de farine, à des nourrissons de tout âge (de 18 jn
à 18 mois); on peut en prolonger l’usage pendant*
semaine après la diète hydrique. L’effet est rapiden»
manifeste, l’enfant bénéficie d’une augmentation w
sidérable de poids, due à la réhydratation des
l’influence du chlorure de sodium, ainsi que cela
sort des travaux de Widalsurla rétention chloro
Lorsqu’il faudra revenir au régime du lait, on ^
mencera par employer le lait humanisé de Ba»
n° 1, ou encore le képhir n°2 ; souvent, à ce moin
le babeuiTe est bien toléré. ^
La décoction végétale de M. Comby est une
ration voisine du bouilion de légumes : on pre“ ^
lies égales, soit une cuillerée à soupe (30
de trois céréales, blé, orge, maïs et de trois légu®(
ses, lentille, haricot blanc et pois secs.
cuisson plus facile, on concasse le maïs;
bouillir pendant trois heures, dans trois
avec addition de 20 grammes de sel marin: pa’’
tion, le toutse réduit à un litre environ,
on fait un petit potage en ajoutant une yjJ
soupe de farine de riz, orge, avoine ou blé P® i
grammes de bouillon végétal ; ne pas
bouillon plus de 24 heures. On donne ce P*’
nourrissons, soit comme nourriture unique, so
me complément de l’allaitement artificiel,
l’allaitement naturel dans quelques cas.
Cette préparation jouit d’un rôle réhydrata»
plus énergique qne le bouillon de Méry ; ej'®
plus de phosphates et de sulfates, elle est
matières hydrocarhonées et en albumines ^ r
LE PROGRÈS MÉDICAL
403
ations diffèrent peu de celles du bouillon de
^\ous avons dit précédemment que les nourrissons
j^praient plus facilement qu’on ne le pense les subs-
^es amylacées. Nous avons vu également que les
idrocarbures jouissaient d’un pouvoir antiputride con-
Lrable vis-à-vis des fermentations intestinales. On
iLientdes résultats encore meilleurs lorsqu’on admi-
!^<lre au nourrisson des corps hydrocarbonés qui ont
i subi déjà un commencement A' action diastasique. Les
Jiastases se comportent à l’égard de l’amidon de la fa-
^.on suivante :
■ solubilisent 1 empois d amidon.
2» Elles le sacchari fient.
L’expérience a démontré qu’en donnant aux nourris¬
sons des bouillies dans lesquelles l’amidon a subi la
[première de ces transformations, et celle-là seulement,
ionobtenait, dans le Iraitement des gastro-entérites, des
isBCcès très réels. Il faut donc employer dans ces cir¬
constances, des bouillies diastasées avec du malt brut,
[susceptible de solubiliser l’amidon sans le sacchari-
i if r. On arrive à ce résultat avec le procédé employé
parM. E. Terrien, depuis 1905. La soupe de Malt,
iptéparéepar ce dernier auteur, diffère un peu du pro-
I cédé de Relier (1899) et de'celui de Sevestre et Demar-
i^iie(1904).
Dans le procédé de Relier, on ajoute à un mélangé
deàOgrammes de farine, de 1/3 de litre de lait cl de
SSde litre d’eau, 100 grammes d’extrait de malt. On
chauflc et fait cuire quelques minutes en agitant cons-
, hmment.
Sevestre et Démarqué préparent la soupe de malt de
II façon suivante : 1/3 de litre de lait, 2/3 d’eau, 120 gr.
.df farine sont portés à l’ébullition ; on laisse refroidir à
'Iff, puis on ajoute une cuillerée à café de malt, qui
*?it à des températures variables au dessous de 70°.
D après Terrien, ces bouillies sont saccharifiées, car
«malt saccharifie l’amidon à basse température, tandis
l'ià 80°, il le liquéfie sans le transformer en maltose.
bfs bouillies trop maltosécs donnent des résultats
médiocres, tandis que celles dans lesquelles l’amidon
seulement liquéfié sont très efficaces.
'oici la technique de Terrien :
préparer une infusion de malt brut très frais, entre
lii faire ensuite une bouillie avec 1/3 de
re de lait, 2/3 d’eau et 70 à 80 gr. de crème de riz;
bouillir 1/4 d’heuie. Opérer ensuite le maltosage
J * ®®péralure de 80» avec l’infusion de malt précé-
®ment préparée.
soupes de malt sont indiquées, comme régime de
^sillon après la diète hydrique et surtout après les
•Iva d végétales. Il ne faut pas les employer quand
^'iat surajoutées aux troubles digestifs,
soDji ®^dance aux vomissements ou chez les nourris-
pljgi''’®® jeunes (avant 4 mois). On peut les donner
d’onef'^* ®®Qiaines aux mêmes doses que le lait, ou
li^î n mixte, associées au lait pur ou à des bouil-
^^^iastasées.
GREMY médicament spécifi-
bepg ® f^toux, spécialement de la toux des tu-
^dcs J.vpoN. — Le secrétaire perpétuel de l’Acadé-
ptie de y.®"®®® donué lecture d une lettre émanant de l’Aca-
^ qui est échu cette année le rôle directeur dans
annonçant que le
à être inscrit au nombre des adhérents de cette
• Une académie vient donc être fondée au Japon.
CHIRURGIE BIOLOGIQUE
Chirurgie du phimosis [Suite et fin) -,
Parle L. LONGUET (de Rouen) (1).
§ III. Parallèle entre les deux chirurgies.
Par son triple résultat thérapeutique ou curatif, or-
thomorphique ou esthétique, fonctionnel ou physiolo¬
gique, la chirurgie radicale d’amputation constitue le
traitementde choix du phimosis. Equivalente à la chi¬
rurgie biologi [uedite du débridement, sous !e rapport
de la valeur c irative, elle l’emporte sur sa rivale au
point de vue esthétique et fonctionnel. Car au point de
vue esthétique, le débridement crée une disposition dis¬
gracieuse en (( pied de biche » ou « oreilles de chien »
quand il est exécuté parla fente dorsale, en « capuchon »
ou « eu casque » (Ricord), quand il consiste en une fente
latérale ou inférieure. Aupointde vue fonctionnel, le
débridement pèche en ce fait que les lambeaux laissés
en place s’œdématient, s’enflamment, s’indurent cau¬
sant de la douleur, de la gêne dans la miction et le coït.
Telle est la formule classique érigée en dogme tradi¬
tionnel vigoureusement défendu à toutes les époques,
en particulierauXIX' siècle. Ma manière de voir se con¬
dense précisément dans la formule inverse : La chi¬
rurgie biologique est ici la meilleure ; en voici la dé¬
monstration :
Pointde contestation sur Y argument curatif. Le but
est atteint par les deux chirurgies; celle de l’incision
comme celle de l’excision suppriment définitivement
l’obstacle, et avec lui les complications qu’il engendre :
balanites et lithiase préputiale (nombreux cas guéris
par l’opération) — hernie par effort (Peraire 1 cas) — fis¬
tule périnéo-scrotale (.\mat, 1 cas) — rétention d’urine
sous-préputiale, vésicale (exemple, 1 cas de Kermogant-
Vassal, 1905), rénale — incontinence d’urine (Forné, 4
cas ; Reclus, 7 cas ; Loumeau, 1 cas , Roseubery, 1 cas ;
John W. S. Cullough, 1 cas ; Brault 2 cas ; d’après mon
relevé) — troubles nerveux divers, convulsions, épilep¬
sie (Fleury, 23 cas sur 27) ; dyspepsie et insomnie (John
W. S. Cullough 1 cas). Je remarque même que tous ces
beaux succès sont jusqu’ici à mettre à l’actif de la cure
par amputation. Mais si la cure biologique trop discré¬
ditée, n’en a point autant dans ses colonnes, c’est pré¬
cisément parce qu’elle est systématiquement délaissée,
très rarement, très incorrectement exécutée. Or puis¬
qu’elle aussi lève l’obstable, cause unique des com¬
plications, il s’en suit qu’elle guérira également ces
complications quand on s’adressera à elle. Ceci dit, la
différence qualitative porte exclusivement sur deux
points : la valeur esthétique et la valeur fonction¬
nelle.
A) h' argument esthétique se résume en un mot : Les
prépuces excisés ont un bel aspect ; les prépuces inci¬
sés sont anesthétiques. Or, à ce pointde vue, je com¬
mence par contester formellement cette revendication
en faveur de. la posthectomie de l’espèce CMfando-mi<-
à la Ravaton ; c’est-à-dire des ampu¬
tations de la première méthode. La suppression complète
du prépuce crée une difformité fort disgracieuse. La
peau trop courte peu à peu renverse le gland en arrière
pendant l’érection et cette incurvation atteint son pa¬
roxysme quand le frein est excisé en môme temps que
le phimosis.
(1) Voir Progrès Médical, n” 23 et 25, 9 el 23 juin 1900.
404
LE PROGRÈS MÉDICAL
Passons à V amputation cutanéo-muqueuse partielle
deLisfranc. Eh bien ! son résultat morphiqne est loin
d'être parlait, même dans les meilleures réussites.
Elle laisse très fréquemment un « jabot » par infiltra¬
tion sérosanguine des zones préputiales déclives. Pour
atténuer la portée de cette difformité, les postbectomis-
tes nous disent : De ce jabot n’ayez cure ; il disparaît à
la longue ; il se dissipe progressivement. — «Mais, ré¬
pond Brault, vous avancez que ce jabot est provisoire ;
en réalité, il dure longtemps ; c’est pendantdes mois que
le pénis conserve sa collerette indurée, » Et puis bonne
compte plus les cas où l'opération parliel le est mal exé¬
cutée. Dès 1856, Nélaton (1) racontait l’histoire d’un
jeune sujet circoncis depuis 11 jours, chez qui le gland
demeurait découvert. Au-dessous de sa base, 'on voyait
un large repli muqueux, puis une surface de plusieurs
centimètres entièrement dénudée etsuppurante à partir
du rebord muqueux jusqu à la section cutanée. Til-
laux (2) vit un homme dont l’extrémité du gland avait
été retranchée en même temps que le prépuce. lien
était résulté une déformation curieuse : la peau du pré¬
puce et la muqueuse de l’urèthre s’étaient soudées en¬
semble de telle sorte que la verge se terminait par un
petit cône, au sommet duquel débouchait l’orifice très
rétréci du canal. J’ai observé en 1894 un cas où la peau
coupée trop courte et la muqueuse coupée trop longue
s’étaient réunies à distance par une bague detissu cica¬
triciel rétractile de 1 cm. de haut sur 2 cm. 1/2 de lar¬
geur. Bernheim [k.) (3) en 1902, rapporte un fait de cir¬
concision où lapean seule avait été réséquée, laissant à
distance la muqueuse intacte. Ces fâcheux exemples
dira-t-on, plaident seulement contre l’amputation par¬
tielle en un temps, « par guillotine ». Déjà Bouisson
avait, en 1885, jeté sur celte dernière,comme sur tous les
posthétomes, un certain discrédit, et Brault, plus récem¬
ment, déclarait avec raison qu’il est inutile, de s'évertuer
à vouloir couper la peau et la muqueuse d’un seul coup.
Mieux vaut posthectomiser en trois ou quatre temps.
Oui, mais alors l’opération devient singulièrement plus
longue, plus douloureuse, exige une anesthésie géné¬
rale, la locale ne pouvant être répartie sur les traits de
sections multiples, différents, divergents, alternative¬
ment longitudinaux et circulaires.
Avec Y amputation muqueuse suMotale de Dieffen-
baclî, l’avantage esthétique semble en faveur de la cure
d’éxérèse sur lacure par incision. On ne peut nier, en
effet, que la fente dorsale de J.-L. Petit laisse deux
« oreilles » latérales en pied de biche fort disgracieuses,
que la fente latérale ou inférieure ne crée un «capuchon-
casque » (Ricord). Mais je suis le premier à rejeter la mé¬
thode cutanéo-muqueuse de J.-L. Petit avec ses varian¬
tes. Or avec ma méthode posthétomique plastique niu-
queuse subtotale, il n’y a pas trace de difformité de ce
genre. Le résultat orthomorphique plaide, au contraire,
pour elle:le prépuce est rectifié tout en conservant ses di¬
mensions, son étoffe, à laquelle l’on donne l’ampleur qui
lui manque avec une forme absolument correcte pour le
recouvrement du gland. Voyons le deuxième argument ;
B) \Y argument fonctionnel est celui-ci : L’amputa¬
tion donne toute satisfaction physiologique au point de
vue de la miction, de l’éjaculation, de l’indolence. Eh
bien ! pareille affirmation est erronée en ce qui concerne
l’amputation cutanéo-muqueuse sub-totale à la Bava-
(1) Xélaton. — Cliniques do 1856.
12) Tit.i.AOX. — Anatomie topographique, p. 897,2* édition.
(3) Beuîîheim (A ). — Bulletin de la Société anatomique, 1902.
ton. C’est bien à elle que convient le qualificatif (i„B
physiologique. ***
jPour si effacé que soit le rôle de protection i
mittentedu prépuce, ce rôle n’en existe pas moins
primer complètement cet opercule est une conduitei
tionnelle. Felizet l’a fort bien dit : après la posth
mie radicale, le gland se kératinise, prend une i
bilité générale obtuse, perd sa sensibilité spéciale
à-dire génitale, devient le siège de sensations doul
reuses dues au frottement des vêtements. Fille de
précédente, l’amputation partielle n’hérite qu’en
tie des mômes reproches. Mais trop souvent enenrê,
gland demeure constamment découvert après l’héi
posthectomie cutanéo.-muqueuse. Que de fois l’o
teur n’avoue-t-il pas qu’il a enlevé malgré lui plus
peau qu’il ne convient pour protéger le gland ! Doi
maintenant négliger complètement les nombreux
dents septiques de la circoncision observés menu
puis l’ère antiseptique. Je vois par exemple parmi
méfaits de 1 excision avoués en ces temps derniers
endocardite (Czerny) .1), des phlegmons, (Levîen
la gangrène du pénis, (Brothers) (3), liste àlaquellej
jouté un casde tétanos probablement dû à l'empl ’
catgut, cas dont la relation m’a été confiée . Et ces
dents hémorragiques, ces hématomes delà verge
abrasion du gland, du frein, de ladorsale du pénisdi
Son segment tronculaire ! Voilà une complication
sous l’excuse « hémophilie », vient assez souvent!
cir les statistiques un peu étendues (4), malgré l’hé
tasie par forcipressure, suivie de ligature ou de U
des vaisseaux (5).
Quel contraste, en somme, avec la méthode posi
tomo-postheplasique.Or, celle-ci ne pèche en sesi
tats ni par la forme, ni par la fonction. Reconnaii
qu’elle est d’un manuel opératoire beaucoup pi
simple que la plus simple des excisions — d’une i
d’exécution plus courte qu’aucune posthectomie
d’une rapidité de guérison (6 ou 8 jours) plus grande
les phiinectomies (15 jours en moyenne) -
fèreune entière protection du gland dont elle a
cependant la découverte. Pas d’hémorragie à redou
— pas de calcul compliqué à établir dans l’étendue de
section — pas d'instrumentation spéciale ;
pince, des ciseaux, une aiguille, du fil. Pasde dim
tés pour l’anesthésie locale suivant une seule raie
droite antéro-postérieure. Aussi, terminant cette di
sion en renversant l’aphorisme par lequel elle de
nous dirons; Par un triple résultat thérapeu tiquer
ratif, orthomorphique ou esthétique, fonctionne
physiologique, la chirurgie biologique sous la for®
posthetomie-postheplastique subtotale subtue®
constitue le traitementde choix du phimosis. A ^
vale laissons seulement quelques indications frèse
tionnelles ; ainsi certains phimosis réellement
trophiés par transformation éléphantiasique ou
ration pseudo-cartilagineuse.
(1) Czerny. — Kndocardileàla suite de la cireoncision.r
àicin. Wochenschrift 1891.
{2} Levîen. — Sur Hs dangers d’une chirurgie malpropre
circoncision. Med. Record. 30 janvier 1897. . .11^
(3; Hrotheus. — Cn cas de gangrène après circoncis'
Record, 30 janvier 1897.
(4) Comme curiosité, je relève la pignic.plation de 1" '
un nègre après circoncision : Cas de Sh.vttock : T-o»»'’
Society, l'* décembre 1891. 1^, ^
Voir aussi : Gruber. — Des suites pathologiques i#
cision mal exécutée: Wiener medicinc Presse, p. 377,
(5) Exemple: 2 cas de Guinard ; 1 cas de Blanchard
mosis blennorragique).! cas de Leylavoix 1881 (ohs.3 de
LE PROGRES MEDICAL
405
Et condensant en une forme synthétique toute cette
.judesurla cure opératoire du phimosis, je conclus ceci :
1 La chirurgie d'exérèse ou d'amputation dite pos-
thectomie, seule préconisée jusqu’ici contre l’angustie
î^putiale, assure la guérison au moyen de multiples
méthodes pour la plupart compliquées ou d'exécution
délicate.
II. En face de cette chirurgie, une autre se dresse au¬
jourd'hui ; c'est la cure biologique correctrice sans exé¬
rèse, avec conservation intégrale des tissus, à laquelle
convient la désignation de posthétomie. Par elle
simple débridement vise le même but que les amputa¬
tions préputiales.
III. La simplicité, l’innocuité, les résultats esthétiques,
et les résultats fonctionnels permettent dès maintenant
de considérer la posthétomie posthèplastique localisée
à la muqueuse selon ma technique habituelle, comme
la pratique de choix dans la cure du phimosis.
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** ■ Î^j5®°ocision par c
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BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL
Les Tram'ways et les accidents.
Jeudi dernier, à quatre heures environ du soir, m,
vieillard et son fils traversaient le quai des Tuileries
Pour se garer d’une automobile, le vieillard obliquai
droite et alla se jeter contre un tramway qui arrivait ej
sens inverse. Tamponné par le lourd véhicule, l’homme,
projeté sur la chaussée, tomba assommé, perdant soi
sang en abondance.
Le personnel du tramvvay, les voyageurs, se presseil
autour du malheureux. Le fils supplie que l’on porte
le plus tôt possible secours à son père. Comment faire?
Le blessé suffoque, râle, sur le pavé. 11 est matérielle¬
ment impossible de lui donner des soins, et, comble
d’ironie, il y a là un médecin et une religieuse! La
foule, par exception peu nombreuse, se tient respec¬
tueuse et recueillie. Le propriétaire de l’automobile
s’offre à transporterie mourant à l’hôpital, et un brave
gendarme et un garde républicain tentent de l’intro¬
duire dans le véhicule, mais ils ne peuvent y arriver. On
cherche de tous côtés un fiacre, un agent, rien: les
minutes se passent et le sang coule toujours, fine
voiture d’ambulance passe drapeau déployé, faisant
retentir son timbre. Elle va relayer! Enfin arrivent
deux agents cyclistes, puis un fiacre, amené par un des
témoins de l’accident. On hisse tant bien que malle
malheureux. On crie : « En route, vite pour la Charité»,
mais il faut que les agents parlementent. Voyant qu ils
ne peuvent tirer aucune parole du blessé, ils se déci¬
dent à laisser partir la voiture qui prend le cheminée
l’hôpital . A ce moment,comme par un effet du hasard,
arrive l’agent de service, évidemment toujours trop
tard.
La ville de Paris, a fait beaucoup depuis vingt M-
pour les secours publics en cas d'accidents ; la pré/ef^
ture de la Seine et la préfecture de police ont améliorf
autant qu’il a été possible le service relatif aux malaaf>
et aux blessés sur la voie publique. Mais, par ce te®!^
d’automobilisme à outrance, de vitesse désordonnée,'
y a encore beaucoup à faire. Il circule dans Pans
véritables trains de tramways, des voitures géante
d’un poids considérable. Le moindre choc, le plus P"
tamponnement avec ces monstres qui pèsent
20,000 kilogs est la cause de véritables catastrophe^ ^
grand est le nombre des victimes quotidiennes.
en plein Paris, le secours d’urgence est difficile
quer. Malgré des demandes réitérées, faites L
Commission des ambulances urbaines, nous
obtenir le poteau avertisseur d’accidents comm®' ^
existe pour les incendies. A la moindre alerte g®®'® g
bénigne, tout le monde est désorienté. Le plus p'^
accident devient une cause d’encombrement de W ^
publique. qui peut en faire surgir d’autres plus u
Les postes vigies créés par notre dévoué
police, M. Lépine, sont excellents, mais ils ne
assez nombreux ; des boîtes de secours immédiab^
à fait rudimentaires, devraient 'être déposées à P^^^
sion dans les kiosques de voitures, d’omnibus, ® j^j -
nés Morris, marchandes de journaux, etc., etc. J
LE PROGRES MEDICAL
407
priétaires d’automobiles n’oublient point d’emporter
avec eux tout ce qu’il faut pour les réparations d’ur-
ffence à leurs machines ; ils négligent d'y joindre ce
flu'il propre secours ou celui de leurs
semblables lorsqu’arrive un accident. Chaque automo¬
bile, chaque tramway mécanique, seraient tenus de
posséder une de ces boîtes, avec dix ou quinze francs on
en couvrirait les frais. Cela permettrait, en attendant le
transport d'un blessé: de le soulager, de laver ses plaies,
(l’immobiliser un membre fracturé ou d’arrêter une
hémorrhagie. Une brève notice expliquerait la façon
de se servir du contenu de cette boîte en attendant
l'arrivée d'un médecin.
Ce serait peu coûteux et facile à exiger de personnes
qui payent 25 ou 30,000 francs une voiture de vitesse
si dangereuse pour elles et pour ceux qu'elles atteignent.
Les Compagnies d’assurances contre les accidents se¬
raient intéressées à propager cette idée, il en résulte¬
rait pour elles un réel bénéfice, une sécurité pour le
public et une satisfaction pour les administrations char¬
gées de sauvegarder nos intérêts et nos vies.
.\lbin Rousselist.
TABLETTES de STYPTICINE IVIERCK, à 0,05 ;
5 à 6 par jour comme sédatif : DYSMÉNORRHÉE,
ou hémostatique : HÈMORRHJGIES de toutes sortes, HÉMOPTYSIES
SOCIETES SAVANTES
ACADEMIE DES SCIEACES
Séance du iS juin 1900.
Production expérimentale de variétés transmissibles du bacille de
la tuberculose et de vaccins antituberculeux.
M. S. Arloing s’est efforcé de déterminer dans des cultures
du bacille de Kocli des variations transmissibles par filiation
«t aussi égales que possible chez tous les individus, par suite
du nombre considérable des générations qui se succèdent
'dans une longue série de cultures.
C’est ainsi que, depuis huit ans, l’auteur a un bacille d’ori-
gme humaine qu’il a habitué à végéter abondamment dans
« masse d’un bouillon glycériné, et ce bacille a vu, du fait
®eme, ses propriétés pathogènes profondément modifiées ;
da perdu une très grande partie de son aptitude initiale à
provoquer des tubercules, surtout lorsqu’il est introduit dans
veines, sous la peau ou dans les voies digestives ;.de plus,
* dose déterminée, il provoque chez le veau une réaction
^^nique passagère dont on peut saisir l existence par des
«ïamens minutieux ; bref, il réalise le désidératum exprimé
PfPPOs de la vaccination antituberculeuse, à savoir d'être
fièrement résorbé dans l'organisme,
va bacille, l’auteur a cherché à obtenir une sous-
^ nele également transmissible par voie de génération, en
* i^nt l’action des températures dysgénétiques pour le
c buinain ; il est parvenu à faire végéter le microbe en
V ^ à 43“-4i”. Or, en étudiant les propriétés de cette
^ hxée dès la huitième génération, on constate qu’elle
les * . diminué de virulence ; le lapin inoculé dans
'eines survit de quatre-vingts à cent jours,
tjq depuis 1902, l’auteur se sert-il de ce bacille pour pra-
dcs^*^ ' vaccination antituberculeuse du Veau, avec autant
On l’emploi des bacilles spontanément affaiblis
fimblis individuellement.
influence du chocolat et du café sur l’acide urique.
tççjj a étendu à la théobromine et à la caféine les
rches qu'il a faites sur l'action des purines au point de
vue de l’excrétion de l’acide urique. Il ressort de cette seconde
série d'expériences que les méthylxanthines en question aug¬
mentent sensiblement le taux des purines urinaires (xantho-
uriques), mais n’élèvent nullement celui de l’acide urique et
empêchent la précipitation de ce dernier parles acides.
Par conséquent, à cet égard tout au moins, les méthylxan¬
thines (et surtout la théobromine) ont une influence beau¬
coup moins pernicieuse pour l'organisme que ne l’est celle
des purines.
Influence de l'acide phosphorique sur les échanges nutritifs.
M. A. Desgrkz et Mlle Bl. Goende adressent une note où
ils montrent, d’après expériences, tjue, sous l’influence de
l'acide phosphori(jue et des phosphates mono et trisodiques,
l'élaboration de la matière azotée est augmentée, de même
que le coefficient d’oxydation du soufre ; par contre, la démi¬
néralisation de l’organisme n’est pas accrue, contrairement à
ce qui se passe avec l’acide chlorhydrique et les acides orga¬
niques. - M. Phisalix.
SOCIETE DE BIOLOGIE
Séance du 23 juin.
Régénérescence de la moelle chez l’homme.
MM. Mannbsco et 4Iinea (Bucarest) ont observé trois cas de
compression de la moelle épinière où la régénérescence des
fibres nerveuses détruites s’est montrée très manifestement.
1° La compression était due à la luxation de la première
vertèbre lombaire ;
2» Fracture de la première vertèbre lombaire ;
3“ Tumeur comprimant la moelle au niveau de la région
dorsale supérieure.
Chez ces trois malades, au-dessus et au-dessous de la lésion,
on put observer des fibres nerveuses de nouvelle formation,
disposées en faisceaux ou en plexus, et aussi beaucoup de
massues terminales.
Masque pigmentaire.
MM. Gilbert et Lereboullet ont observé chez des asysto-
liques à répétition le masque pigmentaire, plus ou moins
accentué, plus accusé au front et aux tempes comme chez les
gravidiques. Ce masque doit être attribué à la cholémie,
conséquence de la congestion hépatique passive.
La P® malade, asystolique avec retentissement hépatique,
avait eu deux grossesses sans masque. Le masque, qui apparut
au moment des accès d'asystolie, s' accentua avec la répétition
des crises ; la cholémie était intense, Turobilinurie marquée.
Le masque s’atténua par l’éloignement des crises et de la
cholémie.
l.a 2° malade n’avait pas eu de grossesse ; le masque appa¬
rut à l’occasion d’rîiia asystolie mitrale, avec cholémie, urobi-
linurie et troubles objectifs du foie.
Chez un asystolique, la présence du masque doit faire
rechercher la congestion hépatique avec cholémie.
Chez les femmes enceintes, d’ailleurs, cette corrélation
pourrait être retrouvée.
Une première grossesse sans masque est suivie d’une deu¬
xième grossesse avec masque très accusé, qu’explique un
kyste du pancréas accompagné de cholémie très prononcée.
Trois mois après l’accouchement, l’opération, en suppri¬
mant la cholémie, atténue le masciue.
Chez une malade qui, à 3 grossesses, n’avait pas eu de mas¬
que, celui-ci fut intense à la ; mais en même temps appa¬
raissent des coliques hépatiques dont le rôle cholémique est
évident.
Une troisième femme a 8 grossesses sans masque et voit ap¬
paraître celui-ci à propos d’un kyste du foie.
Abcès de fixation.
M. CoNOR, médecin militaire a pu provoquer un abcès de
fixation chez un soldat de 24 ans, alcoolique, qui était sur le
point de suçcomber à une broncho-pneumonie.
Cependant la mort ne fut que retardée, et une 2" injection
de térébenthine, quoique suivie de réaction purulente, n’em¬
pêche pas la mort plusieurs jours plus tard.
LE PROGRÈS MÉDICAL
Le pneumocoque fut cause de la broncho pneumonie du
malade. Le pus de l'abcès injecté au cobaye était sans pneu¬
mocoque, mais tua le cobaye en? jours grâce, sans doute,au\
toxines que cet abcès avait dû fixer.
Palching des artères.
MM.Canel et Guthrie tde Chicago) ont oblitéré une perte de
substance du vaisseau par un lambeau provenant d’une ar¬
tère, d'une veine ou du péritoine. Ces lambeaux se compor¬
tent comme les segments vasculaires dans la transplantation
bi-terminale artérielle ou veineuse. E. P.
ACADÉMIE DE MÉDECINE
Séance du W juin.
Anévrysmes et sérum gélatine.
M. Lvncereaux étudie l’étiologie et la pathogénie des ané¬
vrysmes. 11 montre par trois observations les bons effets du
sérum gélatiné dans les anévrysmes les plus graves. Avec
une asepsie suffisante il a pu injecter tous les cinq à six
jours dans la fesse 2Ü0 gr. de la solution à 3, -50 % . Tout au
plusobserve-t on unpeu de fièvre. N oici les conclusions de
M. Lancereaux :
. 1“ L’artério-sclérose généralisée ou endartérite n’est qu’ex-
ceptionnellemeiit suivie d anévrysme des gros vaisseaux .
Les conditions pathogéniques de ces accidents sont des péri¬
artérites, qui gagnent en profondeur et finissent par perforer
la membrane élastique des artères. Leurs causes, à part le
traumatisme, ont une origine infectieuse ; celles que nous
connaissons dès maintenant sont les agents de la tuberculose,
de la syphilose et de la paludose.
2° La rupture est le mode de terminaison fatale des ané¬
vrysmes des gros vaisseaux,à moins de la coagulation spon¬
tanée du sang dans la poche anévrysmale. Cette coagulation
étant rarement spontanée, l’indication formelle est de cher¬
cher à la provoquer ; c’est à quoi répond la méthode des in¬
jections de sérum gélatiné. Cette méthode, ayant la propriété
de favoriser la coagulation du sang au sein des anévrysmes
vrais, s’oppose ainsi à leur rupture,si le malade a soin d’évi¬
ter des efforts par trop violents.
3“ Contrairement à ce qui a pu être avancé par quelques
auteurs, la méthode des injections de gélatine est sans aucun
danger, à la condition que le sérum employé soit parfaitement
aseptisé. Son indication est d’autant plus formelle dans les
anévrysmes des gros vaisseaux que l’intervention chirurgi¬
cale est le plus souvent impossible ou dangereuse, et qu’il
n'est, jusqu’ici du moins, aucun autre moyen d’arrêter sûre¬
ment les progrès de ces graves désordres.
La typhlocolite (suite).
M. Reclus croit à la coexistence fréquente de l'appendicite
et de la typhlocolite. Le D'' Bernard, de Plombières, l’a ren¬
contrée 76 fois sur 1100 cas d’entérocolite, soit dans 7 % des
cas. Inversement sur 80 appendicites, M. Talamon n’a pas re¬
levé moins de 29 entérocolites.
M. Reclus est certainement d'avis que l’opération a été par¬
fois injustifiée. A son avis, d’ailleurs, on opère trop souvent cl
trop de tout. Mais surtout pour Tappendicite.Tabstention à ou¬
trance serait fort dangereuse.
M. Pinard, depuis vingt ans, a observé un nombre considé¬
rable d’entérocolites avec fort peu d’appendicites coexistantes.
M.Dieulafoy montre que les divergences d'opinion portent
surtout sur le détail. 11 dépose une note du Prof. Duret {de
Lillei résumant assez bien tout le débat par la conclusion
suivante : « Le fait clinique énoncé par M. Dieulafoy est d'une
vérité incontestable ; quantité de gens atteints d’une typlilo-
colite muco-membraneuse ou sableuse sont indûment opérés
d’appendicite. Dans l’intérêt général, il fallait faire un peu
machine en arrière, et, en mécanicien prudent et sagace, .M .
Dieulafoy a serré les freins ».
La vaccination en Guinée française.
M. Kermorgant montre les bons résultats obtenus par le
D*' G. Martin, médecin-major des troupes coloniales, grâce aux
ei^mencements faits sur place à des génisses, Si. Martin a
toujours pu opérer avec du yaccin frais. 11 a obtenu jusqu»
90 % de succès. *
La tuberculophobie.
M. Sevestre lit un rapport sur le travail du D' Rousseau '
Saint- Philippe, travail récemment analysé. 11 montre toute
l’importance scientifique de ce travail.
M. le Président Guéniot prononce l’éloge du D'' Josiaset
r.Ncadémie se forme en comité secret pour discuter les titres
des candidats à la place vacante dans la section d'hygiène par
suite du décès de M. Colin. jV.-F. Plicque.
SOCIÉTÉ MEDICALE DES HOPITAL X
Séance du 22 juin.
Liquide céphalo-rachidien puri forme et aseptique au cours
de syphilis médullaire. Intégrité des polynucléaires
MM. M iDAL, Lemierre et Boidin apportent deux observa¬
tions nouvelles de syphilis du système nerveux avec liquide
céphalorachidien puriforme et aseptique avec conservatioB
parfaite des polynucléaires. Les polynucléaires ne paraissent
avoir été que les témoins d’une hyperémie méningée, il ne pa¬
raît pas y avoir eu de lutte contre des microbes pyogènes.
Lorsqu’au contraire,!! y a envahissement microbien du liquide '
céphalorachidien, les polynucléaires sont contraints de faire
fonction de phagocytes. Au point de vue pratique il découle
de ces observations que la conservation des polynucléaires
permet d’exclure immédiatement un processus septique et
d’admettre une pous.sée aiguë au cours d’une syphilis ner¬
veuse.
Hyperesthésies doul rarcuses dans la convalescence
de la fièvre typhoïde.
MM. Renon et Tixier ont observé deux malades, qui furent
pris, pendant la convalescence de fièvre typho'ide,de douleurs
très violentes des téguments des faces dorsales des mains
et des pieds. Superficielles, très aiguës, paroxystiques, exas¬
pérées par le mouvement et l’attouchement le plus léger, elles
ne furent soulagées par aucune médication externe, mais
guérirent après 11 et 12 jours. Une élévation thermique les
accompagna (39°8, 40“3). Ces hyperesthésies post-typhiques
sont rares et vu leur intensité, embarrassent le clinicien, qui
redoute une complication plus grave. Quant à leur nature et
cause, les auteurs les considèrent comme des névralgies ou
névrites toxiques des fibrilles terminales de la peau.
Guérison rapide de la pleurésie sèche pur l'iodure de potassium.
MM. Jacquet et Lozoir ont observé trois cas, où une réso¬
lution remarquablement rapide de pleurésie sèche suivit
l’administration de l’iodure. Avec trois grammes d’iodurepar
jour ils ont constaté une disparition rapide des bruits de
frottement. Bouillaudet Gubler employaient déjà ce médica¬
ment dans le même but.
Angor p:cloris.
M. Rist a suivi une malade, qui avait plusieurs crises paf
jour. 11 a pu examiner la tension artérielle et a constaté une
élévation à 19. ,7, 22, 23 et 25 mm. pendant la crise. A la fin de
la crise, la tension diminua, sans revenir à l’état antérieur. A
l’autopsie on ne trouva pas de lésions des coronaires, nima
des capsules surrénales altérées. M. Rist serait porté à roetlff
la genèse de l’angine de poitrine sur le compte de l'hyperten¬
sion paroxystique d’origine surrénale.
M. Vaquez dit qu’il y a des angines coronariennes et desan-
gines sans lésions des coronaires. Parfois la tension reste nor-
male, parfois elle s’élôve.Il n’y a qu'une pathogénie univoq™
pour cette maladie : le retentissement d’une lésion sur
plexus cardiaque.
Stomatite mercuridie après injection de sels insolubles
datant de cinq mo' s.
M. NIénétrier a soigné une femme atteinte de slo®?^p
mercurielle intense, qui prétendait n’avoir jamais sui'i
traitement mercuriel. Guérison par le traitement ordina ^
de la stomatite, puis rechute. On trouva cependant un n
dule, reliquat d'une injection faite pour douleurs cinq n*
LE PROGRÈS MÉDICAL
naravant. L’urine contenait du Ilg. L’examen du nodule
*”ipvé démontra la présence de globules de mercure.
M Baizsr a noté des accidents semblables, mais jamais
n^sunlaps de temps si long. Il faut donc suivre ces ma-
laVs longtemps afin de pouvoir intervenir utilement et
à temps en cas d accident. ..pi
II Queyrat. — Des qu on constate deux nodules, il taut
abandonner les injections, car dans ée cas elles sont inutiles
et même dangereuses, lorsque la barrière fibreuse du nodule
cesse de fonctionner. Friedei..
SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DE PARIS.
Séance du 28 juin igo6. — Présidence de M. Berne,
VICE-RRÉSIDENT.
La séance est ouverte à 4 heures 50. — Le procès-ver¬
bal de la dernière réunion est lu et adopté à Tunani-
mité.
A propos du procès-verbal, M. Tissier fait observer
que M. Dubar avait signalé les conséquences parfois
Meheuses de la trachéotomie et que, pour sa part, il
estimait que les trachéotomisés jeunes étaient en général
de futurs candidats à la tuberculose.
Correspondance imprimée. — Journaux habituels : La
Normande médicale.
Correspondance MANuscRirE. — 1“ Lettre de M. le Prési¬
dent Desnos s’excusant de ne pouvoir venir présider la
séance et priant M. Berne, vice-président, de le rem¬
placer ;
2° Lettre de M.le D" L. de Grandcourt, donnant sa
démission de membre titulaire. Cette démission est
acceptée.
3” Lettre de M. Lucien Pemjean, homme de lettres, indi¬
quant à la Société un cas d’exercice plus ou moins légal
de la médecine ;
^Lettre de M. Buret, alité, s’e.xcusant de ne pouvoir
assister à la séance ;
Ijettre du D" Bizard, souffrant, qui s’excuse de ne
pouvoir lire son travail de candidature ;
^,•1“ Lettre de M. le Secrétaire-général du deuxième
■'""■"“i International d’assainissement et de salubrité
Congre
do 1 habitation, pour solliciter l’adhésion delà Société
®® f ôdecine et la désignation d’une délégation officielle;
^‘Lettre du D’’ Dépassé, s’excusant de ne pouvoir lire
travail de candidature, en raison de la santé de sa
®®®6,qui le tient éloigné de Paris ;
O Dépêche de M. Suarez de Mendoza, expédiée de
• ancy et arrivée après la séance, où il s’excuse de ne
pouvoir lire son travail.
proposition de M. le Président, la Société de
erè délègue pour la représenter au deuxième Gon-
fl’L® '“ternational d’assainissement et de salubrité
dation, M. le D'' Lucien Graux.
demande au tréso-
Jl y * ® est la quotité disponible du Prix Duparcque.
tolaiû - répond que ce prix Duparcque s’élève en
le pour 1907 à la somme de 1300 francs,
devra propose de nommer une Commission qui
sujet pour le Concours du prix Duparc-
M rù, nommés membres de cette commission :
\fp°dlewski, Coudray et Dubar.
tho» lit son éloge de Gustave Hameau (d’Arca-
l'^^^publié).
J, au nom de la Société, remercie M.
,“^^oir fait, d'une si remarquable façon, l’éloge
M.pg® Hameau.
^®™™'^^i^®tion sur « Deux cas de
ticeûsj / tendon de la longue portion du
r^'’essan*f^^ — communication de M. Berne est fort
n'* de la 1 ® P^i't, je n’ai jamais vu de luxa-
aïk Rp portion du biceps, et je me demande si
nii ^’^^®H‘i?terait pas de préférence chez des
des individus très musclés.
M. Berne. — Ceci n’est pas obligatoire, puisque les
deux cas que je rapporte concernent deux jeunes fem¬
mes. Mais ce que je tiens à préciser, c’est que ces luxa¬
tions ne peuvent se produire que pour adduction, rota¬
tion en dehors et légère élévation du bras.
M. CoüDR.AY. — Ces luxations peuvent-elles se réduire
facilement ?
M. Berne. — . Très facilement, mais leur traitement est
assez long. Ainsi dans le premier cas que je viens de
communiquer, mon malade a souffert jjendant un ou
deux mois. Ces luxations sont, de plus, très douloureu¬
ses. et il faut les mobiliser très prudemment.
M. Duclaux. — Puisque M . Berne admet que le traite¬
ment peut durer pendant deux outrois mois, je crois qu’il
y aurait avantage 8 faire une intervention chirurgicale
dans ces cas de luxation.
M. Berne. — Je sais très bien que, dans les cas de
luxation du long péronier latéral, on pratique avec suc¬
cès l’opération qu’a préconisée le Prof. Lannelongue.
Aussi, dans des cas de luxation de la longue portion
du biceps, avec récidive, ou chez des malades qui ont
besoin de travailler, l’intervention chirurgicale pour¬
rait être justifiée.
M. Godlewski. — Doit-on employer le massage dès le
1'”' jour, et comment doit-on le pratiquer ? — J’ai pu
constater, en effet, que, dans certains cas de fractures et
de luxations, le massage, pratiqué aussitôt le traumatis¬
me, avait occassionné une aggravation du mal.
M. Berne. — Quand on est en présence d'une luxation
ou entorse d'une articulation, on a avantage à masser
avant la coagulation du sang, par suite aussitôt après
le traumatisme. Mais, dans les luxations de la longue
portion du biceps, il doit y avoir peu de sang épanché,
et on peut agir avec moins de précipitation. Dans
mon premier cas, j’ai dû faire un massage très léger,
et ne le pratiquer que 15 jours après le traumatisme,
voulant laisser au tendon la possibilité de réintégrer
la gouttière os.seuse. — Je n’ai pas constaté dans la
suite, d’atrophie du deltoide, car mon massage s’est
plus adressé au deltoïde c^u’à la gouttière même. Chez
mon deuxieme malade, j ai constaté 3 ou 4 récidives ;
mais celles-ci étaient à chaque fois guéries par les
mouvements volontaires que faisait le malade. Aucun
auteur jusqu’à présent, n’avait recherché sur le cada¬
vre la production de ces luxations ; j’ai tenu à faire per¬
sonnellement des recherches à ce sujet, et je suis arrivé
à constater que ces luxations se faisaient en dedans do
la petite tubérosité, et non de la grosse tubérosité.
M. Godlewski. — Je crois donc que le mieux est d’at¬
tendre un peu, après le traumatisme, masser légèrement
autour de la lésion et non au niveau de la lésion elle -
même.
En fin de séance, MM. Godlewski, Coudray et Dubar,
proposent à la Société de donner comme sujet pour le
prix Duparcque la question suivante :
« Des rapports de l'appendicite avec l’entéro¬
colite muco-membraneuse. »
M. Tissier. — Je trouve que cette question fait, poul¬
ie moment, l’objet de très nombreuses discussions, et je
crois que nous aurions avantage à proposer un autre
sujet.
M. Dubar. — Les rapports de l’appendicite avec l’en-
téro-colite muco-membraneuse ne sont pas près d’être
enterrés ; l’Académie s’en occupe personnellement, et
n’est-ce pas une occasion d’intéresser les jeunes que de
poser la question de cette façon.
M. Godlewski. — Il y a longtemps qu’on s’occupe de
cette question et elle ne sera pas encore élucidée dans
un an. En ce moment, il y a deux partis opposés :
ceux qui admettent l’appendicite avec entéro-colite, et
ceux qui ne l’admettent pas. Je suis convaincu que la
discussion va cesser à l'Académie et qu’aucune solution
vraie ne sera donnée. Je maintiens donc la proposition
de la commission.
M. Dub.ar.— M. Tissier m’avait pi-oposé tout à l’heure
410
LE PROGRÈS MÉDICAL
cette autre question : « Les conséquences de la trachéoto¬
mie ».
M. Godlewski. — A M. Dubar qui prétend que lesjeu-
nes, principalement, prennent part au concours du prix
Duparcque, je répondrai que ceux-ci n’auront pas eu
peut être le temps de suivre des tractiéotomisés pour en
voir les conséquences et décrire les effets.
M. Mortier. — Au nom de M. Buret, je propose pour
le prix Duparcque cette autre question qui me semble
fort intéressante et toujours capable d’inspirer degrands
et nombreux travaux, â savoir ; « Etude comparée, avec
observations à l'appui, de l'action des différentes injections
hydrargyriques, solubles et insolubles, employées dans
le traitement général de la syphilis à toutes ses périodes. »
M.Duclatjx. — Je crois, comme M. Dubar. que la
question de l'appendicite est plus générale et devra at¬
tirer plus de concurrents.
M. Sée. — Il y a eu beaucoup de travaux sur les ques¬
tion mercurielles, et je crois que c’est une raison pour
se rallier de préférence aux rapports de l’appendicite.
M. Dübar. — J’ajoute aussi que cette question de l’ap¬
pendicite intéresse tous les médecins en général, y com¬
pris les médecins d’Eaux elles hommes de sciences et
de laboratoire.
M. Godlf^vski. — Pour faire des recherches sur la sy¬
philis, il faut être spécialisé ; donc ceux qui prendront
part au concours seront limités ; tandis que l’appendi¬
cite, intéressant tous les médecins, nous pouvons espé¬
rer un grand nombre de concurrents.
M. Dubar.— La Société de Médecine ne peut que pren¬
dre de l'importance en donnant comme question les rap¬
ports de l’appendicite ; les concurrents devront être nom¬
breux, et je crois préférable d’accepter la question que
vous propose la commission.
La Société, accepte, à l’unanimité, cette proposition ;
la question pour le concours du Prix Duparcque, 1907
est donc la suivante : « Des rapports de l'appendicite avec
r entéro-colite muco-membraneuse. »
Election. — A l’unanimité des membres présents,
M. le D' Charles de Blois, de Trois-Rivières (Canada), est
nommé membre correspondant étranger de la Société de
médecine.
La séance est levée à 6 h. 40.
Le secrétaire annuel. Mortier.
PRIX DUPARCQUE
Eu décembre 1907, dans sa dernière séance (2'' samedi),
la Société de Médecine de Paris décernera le Prix
Duparcque (wwe somme lie i.3oo francs sera disponible]
à l’auteur du meilleur mémoire en français sur la ques¬
tion suivante : « Des rapports ds l’appendicite
avec l’entéro-colite muco-membraneuse. »
Les mévoo'ives, inédits etnon encore récompensés, àewoïii
être déposés au siège de la Société, 12, rue de Seine,
ou chez le secrétaire général, 2, rue Casimir-Delavigne,
avant le l" octobre 1907, dernier délai. Le concours se¬
ra ouvert le 1®'' octobre 1906. Chaque mémoire sera dési¬
gné par une devise ou épigraphe écrite sur la première
page, de la main de l’auteur, et accompagné d’un pli
cacheté : ce pli devra porter uniquement, à l’extérieur,
lamême épigraphe reproduite ; à l’intérieur, le nom et
l’adresse de l’auteur.
_ Tout concurrent qui se serait fait connaître d'une façon
quelconque avant l’attribution du prix serait de fait ex¬
clu du concours. Seuls, les membres titulaires et hono¬
raires de la Société ne peuvent être admis à concourir.
Paris, le 26 juin 1900.
Pour rédaction conforme,
Le secrétaire général,
F. Bdret.
SOCIÉTÉ D’OBSTÉTRIQUE DE PARIS
Séance du 21 juin 1906.
Di Iflcui té particulière de la délivrance arlifidclle dans
un utérus bicorne à corne formant un diverticule allongé.
M. Guéniot. — A la suite d’un accouchement par le siège,
la délivrance présenta quelques difficultés du fait de l’incar¬
cération d’une partie de l’arrière-faix dans une des cornes de
l’utérus se prolongeant en long boyau.
M. Budin rappelle qu’il a observé un cas, avec M. Jeannin.où
à la suite d’un avortement, l’extraction du placenta fut extrê¬
mement laborieuse par suite de la disposition bicorne de futé-
rus.
Grossesse chez une femme atteinte d'anévrysme
de la cros.se de l'aorte.
MM. Macé et Monnier-Yinard. — La femme enceinte actuel¬
lement de 6 mois 1/2, a un anévrysme de la crosse de l’aorte.
Que convient-il de faire ? Faut-il laisser évoluer la grossesse,
ou l'interrompre avant terme ? L’auteur considère la femme
comme perdue à brève échéance ; il estime inutile de provo-.
quer un accouchement avant terme.
M. Tissier ne croit pas le pronostic si grave, il estime que
cette femme pourrait supporter la fatigue de l’accouchemenl,
et y survivre. Si l’on veut intervenir pour épargner à cette
femme le traumatisme obstétrical, seule l’opération césarienne
serait rationnelle.
Statistique de Ij laparotomies pour grossesse extra-utérine
M. Macé. — Ces grossesses se classent en 3 groupes : il yent
13 inondations péritonéales ; un avortement tubaire ; une
grossesse de 8 mois. L’auteur réduit l’opération au maximum;
il ne cherche pas à enlever tout le sang, mais il établit un drai¬
nage soigné. Tous ces cas ont guéri.
M. PicQUÈ ne partage pas la manière de faire de M. Macé;
il veut que l’on évacue complètement le péritoine de tout le
sang liiiuide et des caillots qu'il contient. Eu agissant autre¬
ment, on risque tous les accidents infectieux consécutifs. De
plus, M. Picqué ne draine pas.
M. PicHEviNest absolument de l’avis de M. Picqué ;àmoiiis
de cas opérés in extremis, il faut absolument faire une inter'
vention complète.
M. Boquel estime qu’il faut tout enlever, trompe, vagin-
caillots et sang ; puis il draine systématiquement le péritoine-
Placenta retenu longtemps post abortum in utero.
M. Tissier. — Une femme ayant fait un avortement r*®
senta aucun accident ultérieur. Elle quitta l’hôpital en no
santé, et plusieurs jours après elle expulsa spontanémen
placenta de 100 gr. 11 n’y eut aucun accident.
Un cas de môle hématomnteuse .
M.Maygrier.— Une femme fit une fausse couche de
et demi. Dans l’œuf on trouva de petites tumeurs sous-
niotiques constituées par de petits hématomes.
Vaste hémorragie méningée prise pour l' hydrocéphalie-
MM. Devraigne et Cathala. — Le diagnostic exact
porté grâce à la ponction lombaire, diagnostic qui
firmé à l’autopsie. . ureinf
M. Macé signale que ce diagnostic différentiel peut e
possible dans les cas où l’hydrocéphalie s’accompaSP
liquide sanglant, ce qui se voit parfois.
Deux cas de rupture du sinus circulaire diagnosfKJ^
pendant le travail. ^
MM. Devraigne et Yentouras. — Il s'agissait dans u^ jj.
d’une présentation du sièfee, et dans l’autre d'un
sang sortait au début de chaque contraction pu*® ^^.,,1.
pendant la contraction môme.
LA VALÉROBROMINE LEG^^
est plus active que les bromures et 1® '
LE PROGRÈS MEDICAL
411
revue D’HYDROLOGIE ET DE CLIMATOLOGIE
Rédacteur-spécial : D LUCIE^^ GRAl'X
I _ Piombièpes ancien et moderne; par HaomONTk. (Paris, 1905.)
plombièrespossède des souvenirs historiques intéressan ts
Dès 1865, M- Haumonte, son maire, écrivait ce livre bien-
litépaisé. M. Jean Parisot nous en donne aujourd’hui une
nouvelle édition très augmentée et contenant de superbes
gravures. Les vestiges séculaires des grands travaux romains
^moignent du passé l’eculé de Plombières,
Après les ducs delà maison de Lorraine, Stanislas Leck-
ifDski, contribua grandement au développement de la ville
etylaissa des traces splendides. Napoléon III y fit faire des
travaux importants.
II — Traitement thermal sulfureux de la syphilis; par Drescii.
(Loin, 1906.)
La cure thermale est devenue le complément par excel¬
lence du traitement de la syphilis à évolution normale et
correctement traitée. Elle s’impose dans les formes anor¬
males, rapides ou malignes.Elle s’impose doublementquand
la syphilis se surajoute à des états diathésiques antérieurs
et dans une multitude d’états bâtards relevant d’une combi¬
naison de diathèses qui nécessitent des combinaisons de
traitements.
Cet intéressant travail a fait l’objet d'une communication
au Congrès de Venise.
lit.— La cure de la Roche-Posay dans l’arthritisme ;
par Morichau-Beauch.axt et (JixOMO. (Paris, 1906).
Autorisées en 1898, les eaux de la Roche-Posay sont con¬
nues et utilisées depuis 1573. Les eatix sont athermiques.
Elles ont surtout de la valeur dans le traitement de l’arthri-
lis et de ses manifestations viscérales, articulaires, nerveu¬
ses et surtout cutanées.
IV. — Le Mont-Dare ; par le professeur L.andoczy (1906).
Celte brochure reproauit la conférence que fit M. le pro¬
fesseur Landouzy iors du passage du V.E.M. au Mont-Dore
Comme toujours, cette Leçon de choses de thérapeutique ther-
nalepratigue est écrite avec la concision et l'éloquence qui
caractérisent les œuvres du directeur scientifique du V. E. M.
Répandue largement, elle ne pourra que contribuer au
succès d’une station intéressante et inspirer à plusieurs con¬
frères le désir de se joindre aux voyages d’études médicales.
'• — Annuaire des eaux minérales; parle U' Morice. (Paris,
Librairie de la Galette des Eaux, 1906).
Cet excellent volume, qui en est à sa 48' année, renferme :
.l'Une élude très complète et très précise sur la Législa-
hon liés Eaux minérales en France, aux Colonies et à l’Etran-
i— 2' Les renseignements généraux sur le service et le
*nctionnement administratif des Eaux minérales au Minis-
^re de l’Intérieur à Paris (S' La liste du personnel chargé
service ; celle des membres du Conseil supérieur
•lygiène, de la Commission des eaux minérales àl’Acadé-
>e de médecine, etc. ; — 4" La liste des hôpitaux thermaux
•Raires ; 5° Les listes des médecins des stations hydromi-
Ij I et climatiques de la France (listes par stations et
^ ensemble par ordre alphabétique : — 6° La liste des
mbres de la Société d’hydrologie médicale de Paris et du
j général des médecins des stations balnéaires e
de la France : — 7» Quelques indications sommai-
l’œuvre des "Voyages d'études médicales aux Eaux
; — 8" La nomenclature générale des stations
!i;^J°®lDérales de la France et des colonies françaises ; —
q5ç^' .®®œenlo de leurs principales indicalionsthérapeuti-
sj^,’ “T 10” La nomenclature des stations climatiques et
4 g ®*‘inms de la France et des colonies françaises ; — 11°
payg®‘“®'iclature générale des sanatoriums populaires et
coio-.'®’,thaisons de cure et de convalescence, dispensaires
de vacance.s, hôpitaux marins, thermaux, jardins
; —12° La liste des principaux établissements
^*‘hérapif|ues de Paris et des départements.
En ce qui concerne l’étranger, l’Annuaire dos Eaux miné¬
rales passe successivement en revue: a) Les stations hydro-
minérales, avec toutes leurs subdivisions: bi Lesstations cli¬
matiques et sanatoriums les plus connus. (Cette partie sera
complétée au fur et à mesure des renseignements reçus.)
Enfin, un index alphabétique de toutes les stations et une
table méthodique des matières complètent ce volume.
\'I. — Communications scientifiques sur Kreuznarch, 1906.
C’est un recueil des travaux sur des sujets les plus divers
mais ayant tous trait à cette ville d’eaux. Citons les mémoi¬
res qui nous ont paru les plus intéressants ; Radioactivité,
des eaux de Kreusnuch, par 31. Asehoff. Scropulose et tuber¬
culose par 31. Engelmann, Bnlnéologie et otologie par .1/. Steppe-
tat.
Le recueil édité par la Commission municipale des eaux
contient aussi des renseignements pratiques concernant le
séjour et les pratiques balnéologiques.
VII. — Sur l'acide borique; par Etterlex {Lyon Médical..
Un gramme d’acide borique donné en cachets de 0,.50
augmente l'acidité urkiaire de 0,40 en moyenne. A partir de
1 gr. 50 par jour le volume des urines est presque doublé de
l’elfet diurétique persiste 2 ou 3 jours et acquiert son maxi¬
mum le lendemain du jour où l'acide borique a été admi¬
nistré. L’acidification de l’urine est causée principalement
par l'augmentation de l’excrétion de l’acide phosphorique.
Avec 1 gr. d'acide borique cette augmentation est en moyenne
d’un tiers.
VIII. — Soufra urinaire et bains carbo gazeux ; par Heitz et
Mignard. {Journal de physiothérapie.)
Chez les malades dont le régime alimentaire est stable
comme (|ualité des aliments sans que la quantité de ces ali¬
ments soit maintenue absolument constante, la cure des
bains carbo-gazeux élève d’une façon générale le coefficient
d’oxydation du soufre, c’est-à-dire que, sous cette influence
l’oxydation des dérivés soufrés issus des albumines se fait
plus complètement, cette oxydation plus complète pouvant
co’incider, en beaucoup de cas, avec une diminution de
la quantité absolue des matériaux des oxydés.
IX. —Essai de bibliographie analytique ; par Roux (Paris, Masson
1906.)
Important travail contenant une bibliographie très métho¬
dique et très complète des eaux de Saint-Nectaire.
X. — Indicationsde la cura de Vichy chez Iss enfants;
Par Déléage {Congrès de Lisbonne.)
Les indications de la cure de Vichy chez les enfants sont
beaucoup plus nombreuses qu’il ne le semble au premier
abord.
La première indication s’adresse à la constitution, aux
tares héréditaires chez les fils d’hépatique.®, d’uricémiques,
de goutteux, d’obèses, de diabétiques, chez lesquels il est
nécessaire de modifier, de régulariser les échanges nutri¬
tifs, les fonctions hépatiques, de combattre l'hyperacidité
organique.
La cure chez les enfants doit être surveillée de très près ;
son intensité et sa durée doivent être en rapport avec un
certain nombre de données physiologiques et pathologiques
en tête desquelles vient l’âge de l’enfant.
Le nourrisson lui-même, hépatique héréditaire, dont la
mère, nourrice ou non, fait une cure à Vichy, retirera un
heureux résultat de l’ingestion d’eau minérale à des doses
minimes en même temps qu’il bénéficiera de sa mère-nour¬
rice dont le lait gagnera en qualité et en quantité.
L’indication se précise chez les enfants plus âgés et por¬
tant l’empreinte de l'hérédité hépatique, de la cholémie, qui
ont des poussées de congestion douloureuse du foie s’accom¬
pagnant de troubles gastriques et souvent d’entérite de même
que chez les petits paludéens, pour lesquels les sources
Mesdames et Lardy, bicarbonatées, ferrugineuses et arseni¬
cales, sont très précieuses. Les lithiases biliaire et rénale,
moins rares chez 1 enfant qu’on pourrait le croire, sont en-
412
LE PROGRÈS MÉDICAL
rayées, chez lui comme chez l'adulte, par le traitement de
Vichy. De nombreux enfants de 6 à 10 ans sontdyspeptiques
avec les symptômes de l'iiyperchlorhydrie ; la cure alcaline
combattra cette hypersthénie stomacale. Dans le diabète in¬
fantile, les indications sont plus réduites que dans celui de
l'adulte la maladie prenant rapidement, et souvent d’emblée
les allures du diabète grave maigre. L’indication de Vichy
est réservée aux cas de diabète infantile latent, sans tendance
marquée à l’amaigrissement, et chez les enfants de diabé¬
tiques. L’obésité et la maigreur sont heureusement modi¬
fiées par la cure de Vichy quand elles relèvent, la première
d’une dystrophie héréditaire goutteuse arthritique, ta se¬
conde de troubles nutritifs, de troubles gastro-intestinaux
ou hépatiques. Les contre-indications sont fournies par les
affections aiguës, fébriles, la tuberculose, les ictères graves
dus à des lésions profondes delà cellule hépatique ou à une
compression du cholédoque, les affections cardiaques mat
compensées.
BIBLIOGRAPHIE
Manuel technique d'Histologie ; par l'h. Stohr, traduit
par les docteurs Toupet et Gritzman (troisième édition fr.
complètement remaniée d’après la dixième édition alleman¬
de, par le D*^ P. Mulon, préparateur d’histologie à la Facul¬
té de Médecine. Préface du P' Cornil. 1 vol, grand-jésus de
511 p. avec 339 figures en noir et en couleur. G. Steinheil,
éditeur).
Cet ouvrage comprend deux parties très distinctes : l’une
théorique, l'autre pratique. C’est un Traité théorique d’abord.
Les détails de la cytologie, de l’histologie, de l’anatomie mi¬
croscopique, y sont exposés avec une exactitude et une préci¬
sion rigoureuses. Tout y est, et pourtant rien qui ne soit
utile ne vient surcharger les descriptions. « Les faits, dit le P*'
Cornil dans sa préface, simplement et clairement décrits, se
détachent en pleine lumière ». Les théories récentes même y
sont consignées lorsque l’auteur les a jugées définitivement
admises. C’est donc un livre tout <à la fois complet et clair.
C’est dire que l’étudiant trouvera en lui un guide sûr tant au
début de ses études que plus tard. Le médecin praticien lui-
même, qui désormais doit connaître de mieux en mieux la
morphologie et la physiologie cellulaires, bases fondamenta¬
les de la pathologie et de la thérapeutique aura avantage à le
consulter.
C’est aussi un Manuel pratique , avons-nous dit. Et à ce
titre encore il s’adresse à la fois au débutant, à l’étudiant
ignorant du microscope et à l’histologiste de profession. Le
P- Stohr, s’est en effet, attaché à donner des méthodes très sim¬
ples, en indiquant bien tous leurs détails : en suivant le texte
à' la lettre, tout étudiant quelque peu attentif peut préparer
et voir les éléments antomiques et leurs rapports. 11 trouvera
même dans cette troisième édition des procédés nouveaux et
en particulier les méthodes de Golgi et de Ramon y Cajal
qu il n’est plus permis d’ignorer. L'étudiant au courant des
pratiques du laboratoire y trouvera de son côté l’indication
de techniques plus compliquées destinées à montrer les dé¬
tails les plus fins de la structure microscopique.
Chaque chapitre théorique est immédiatement suivi des
techniques spéciales qui s'y rapportent chacune des nom¬
breuses figures porte l’indication de la méthode employée
pour faire la préparation qui est dessinée ; le travail est, encore
une fois, rendu plus facile. Benjamin Bord.
Ecole préparatoire de médecine de Clermont.— Par arrêté
du ministre de l'Instruction publique, des beaux-arts et des cultes
en date du 20 juin, un concours s’ouvrira, le 8 janvier 1907, devant
la faculté mixte de médecine et de pharmacie de Toulouse pour
l’emploi de suppléant des chaires de physique et de chimie à l’é¬
cole préparatoire de médecine et de pharmacie de Clermont.
Le registre d'inscriptions sera clos un mois avant l’ouverture
dudit concours.
PRATIQUE THÉRAPEUTIQUE . ^
Traitement médical des adénites chroniques
non suppurées.
La diathèse scrofuleuse est caractérisée au point de vue
symptomatique par des hypertrophies ganglionnaires habi¬
tuellement chroniques, par des inflammations catarrhales I
répétition, parune tendance aux localisations infectieuses el
particulièrement bacillaires sur les muqueuses et le demie
desquamés par des poussées fl uxionnaires répétées.
De toutesces manifestations diathésiques, nous ne nousoc-
cuperons ici que des adénites strumeuses fermées, qui exis¬
tent surtout pendant l’enfance. 11 n’est pas rare à cet âge de
les voir rétrocéder par la médication iodée. Elles se présentent
aussi et le plus souvent chez les mêmes sujets, à l'adolescence.
Nous les avons vues alors presque toujours plus tenaces,
mais elles cèdent généralement encore au traitement iodé,
(jui donne les meilleurs résultats et par lequel on doit tou¬
jours commencer. Plus tard, pour maintenir les résultats ac¬
quis on pourra s’adressera l’arsenic et au chlorure de sodium.
Et pour ce qui est de la thérapeutique iodée, nous trouvons
bien préférable de réunir la méthode externe et la méthode
interne en un seul et même procédé- représenté prathiuement
par les frictions loco dolenti du vasogène iodé.
Les raisons qui autorisent à recommander ce procédé sont
les suivantes : l’iodosol employé en frictions sur les ganglions
hypertrophiés y détermine sans douleur, sans lésions inflam¬
matoires, une pénétration intime de l’iode. Cet iode imprègne
la tumeur, y développe son action trophique et fondante, lise
propage ensuite dans l’organisme et il est, comme l’a démon¬
tré Pouchet pour l’ensemble des iodiques,le point de départ,
par ses mutations chimiques. d’un véritable ébranlement mo¬
léculaire, d’une suractivité vitale pour les cellules,
L’iodosol est donc à la fois un agent de thérapeutique lo¬
cale et générale. et c’est son innocuité pour la peau et les mu¬
queuses, son absence de toxicité, qui le font préférer à la
teinture d'iode et aux iodures.
Si nous frictionnons deux lois par jour la région malade
avec une demi-cuillerée à café d’iodosol nous ne détermi¬
nons aucune excoriation et nous pouvons indéfiniment faire
pénétrer dans l’économie une quantité d’iode chaque fois ac¬
tive au point de vue local et général. Les résultats suivants
viennent, d’ailleurs, le démontrer.
Chez une jeune f illede 12 ans, il s'était produit dans la région
cervicale gauche, une adénite strumeuse atteignant en 8 jours
le volume d’un gros œuf de pigeon. Cette tumeur était dure,
douloureuse et glissait un peu sous le doigt. Les tissus voi¬
sins étaient légèrement œdématiés. La malade n’avait dans U
cavité buccale aucune érosion qui permit d’expliquer cette lé¬
sion. Parfois elle toussait, mais il n’y avait pas de signes sulTi-
sants pour admettre la tuberculose.
Nous avons alors conseillé des frictions malin et soir sur
Tadénileavec, chaque fois, une demi-cuillerée de vaso^n®
iodé. La blépharite continua à être soignée seulement à Teau
boriquée. Le remède ne laissa aucune trace sur la peau et n®
causa pas la moindre souffrance. Au bout du septième jon’'
la tumeur était en voie de régression, la blépharite était gué¬
rie et, en deux semaines environ, l’adénite avait disparu. ,
Nous avons alors soumis la malade à la médication arsé¬
niée, puis de nouveau iodée, et Tatfection n’a pas reparu. ^
Chez plusieurs autres enfants de 4 à 10 ans nous avons con^
taté des résultats analogues et jamais il ne s’est
même phénomène inflammatoire cutané, jamais la nioinu
trace d’iodisme. .
Sans prétendre que la médication interne soit absolum®^
plus active que la médication externe, car on sait que les '
sogènes ont, par définition, la propriété de faire P®®®*.,
rapidement dans l’organisme les médicaments qu ils
ferment et de leur laisser toute leur puissance, nous pef?®
que Piodosol est supérieur à la teinture d’iode, puisqu u j
colore pas la peau, ne détermine aucune douleur et P®*^
ainsi le traitement externe prolongé. En second lieu »
avons pu constater (jue le vasogène pris à l’intérieur nés
LE PROGRÈS MÉDICAL
413
caustique ni toxique et que son action est peut-être plus rapide
que celle de l’iodure.
^ Ajous constatons encore que l’iode du vasogène est absorbé-
par l’économie, car il exerce sur les hypertrophies gan
ïlionnaires une action fondante manifeste ; cette action théra¬
peutique n'est pas seulement locale, et le vasogène iodé dé¬
termine dans l’organisme des effets trophiques et antiphlo¬
gistiques certains.
Chez un autre enfant de 7 ans atteint en même temps d'a¬
dénopathie trachéobronchique, nous avons assisté à la régres¬
sion des symptômes de cette affection et la percussion nous a
révélé une diminution notable des ganglions médiastinaux
postérieurs.
Ces résultats sont une preuve de l’action trophique géné¬
rale du vasogène iodé, qui est aussi le remède de choix de la
diathèse scrofuleuse, qui est précisément caractérisée par le ra¬
lentissement et comme la paresse de toutes ces fonctions vi¬
tales.
Les frictions d'iodosol ou l’ingestion d'iodosol sont donc à
l'heure actuelle le procédé de choK pour soumettre les adé¬
nites strumeuses à l’influence curative de l’iode et si nous
usons largement de ce remède, dans tous les cas de ce genre,
nous devons ajouter que nous avons l'habitude, une fois le
résultat ac(juis,de le compléter par l’arsenic et le chlorure de
sodium. (D'' Babou, Médecine Moderne.)
VARIA
Histoire et Médecine : L'ancienne faculté de la rue
de la Bùcherie.
L’Association générale des Etudiants vient d'adresser au
Conseil municipal une pétition demandant de devenir loca¬
taire de la ville en occupant l'ancienne faculté de Médecine
delà rue de la Bùcherie près la place Maubert.
Cette vieille maison, dont l’histoire, des plus intéressantes, a
été clairement résumée par notre ami le Ds Noir (1), a été
construite au XA® siècle et abandonnée depuis longtemps.
Des particuliers peu respectueux des souvenirs attachés aux
murs, des industries, comme un lavoir, menacèrent, jusqu’en
1904, date à laquelle le Conseil municipal cessa de louer, de
dégrader cet immeuble si intéressant.
Nombreuses furent les sociétés qui pétitionnèrent pour
obtenir un changement ; le D’’ Noir prit une part active a
cette campagne desintéressée qui avait été menée au début
parle regretté D'- Le Baron, fondateur du syndicat des méde¬
cins delà Seine. C'est du reste le D" Le Baron 'qui avait
obtenu l’achat par la ville de la vieille Faculté.
L’Association obtiendra ce que d’autres n'ont pu obtenir,
nous 1 espérons, nous le souhaitons. La rotonde sera conser-
yco'i son caractère historique étant indéniable ; il devrait en
che de même de la salle du XV'= siècle ; mais ilest probable
9ne 1 on reconstruira le reste des bâtiments afin de ren-
re cet antique immeuble apte à sa nouvelle deslination,
est-à dire un lieu de réunion des étudiants de Paris succur-
e del’A, qui prendra le nom de « Maison des éltidianls » .
oïlace que l’on nous dit quant aux intentions des futurs lo¬
cataires.
Nous disons « futurs locataires » car nous pouvons croire
9 enotreespoir ne sera pas déqu.Ce sera uneœuvre artistique
souvenir conservé et conservé en bonnes mains.Les
pro*^**^-"* s’occupent aujourd’hui d’histoire, nous l’avons
g Us peuvent donc avoir l’espoir d'être appelés à con-
'er les souvenirs historiques de leur profession,
hni* possession de 1 ancienne faculté n’est qu’un dé-
Mar el B.
Les conserves américaines.
®Ç®ndale vient d’éclaler à Chicago, au sujet des procédés
briQ_’'®'‘cmeut répugnants auxquels se sont livrées de grandes fa-
îj ce viandes conservées de Chicago.
,, ‘.“ousevelt eu transmettant le rapport officiel dit :
Vous soumets ce rapport parce qu'il montre le besoin ur-
) Au Progrès Médical, une plaquette.
gent qu’il y a, pour le Congrès, de prendre des mesures immédia¬
tes pour établir une inspection rigoureuse et complète,par lé gou¬
vernement, de tous les abattoirs et fabriques de conserves, ainsi
que des produits en sortant.
« La brève inspection qui a amené la rédaction de ce rapport
montre que l’état de choses existant actuellement à Chicago est
révoltant, et qu'il est absolument nécessaire, dans l’intérêt de la
santé publique, que des mesures soient prises pour apporter un
changement radi,-;al à l’état de choses actuel .
« Ce rapport, dit encore M. Roo.sevelt, montre que la plus
grande malpropreté règne dans les abattoirs et les fabriipes de
conserves, et que la manière dont sont préparés les produits sor¬
tant de ces fabriques est malpropre et dangereuse pour la- santé
publique. »
Des le début, le rapport Nell-Reynolds montre que la plus
grande malpropreté règne partout dans les abattoirs et fabriques
de conserves de Chicago. Les cours et le sol des abattoirs sont
pleins de trous remplis de purin et autres matières corrompues
qui dégagent une odeur infecte. Sur le sol des quais, sur lesquels
les trains viennent débarquer les animaux amenés des diverses
parties des Etats-Unis, on aperçoit souvent des cadavres d’ani¬
maux morts BU cours du voyage et qui ont été jetés là, Les ins¬
pecteurs, en quelques instants, ont compté une fois vingt cinq ca¬
davres de porcs déposés .sur deux quais.
Les règles les plus élémentaires de l’hygiène ne sont point ob¬
servées. Il n'y a pas ou trop peu de lavabos ; quant aux « buen
retires », il y en a peu, mais presque tous sont situés dans quel¬
que coin des ateliers, et c’est par des prises d’air donnant dans les
ateliers qu’ils sont aérés. Dans quelques cas cependant, continue
le rapport, les vvater-closefs sont situés à une telle distance des
ateliers que les hommes se soulagent sur les planchers des abat¬
toirs ou dans quelque coin des ateliers, et l’odeur d’urine se mêle
alors aux odeurs nauséabondes que dégagent les planchers pour¬
ris, sales, trempés de sang, véritables terrains de culture pour
tous les germes morbides.
L’émotion causée a été rendue plus vive encore par la publica¬
tion du rapport officiel Nell-Reynolds. L’indignation du public a
été également rendue plu.s intense par les déclarations d un géné¬
ral de l’armée américaine qui a dit : Je connais depuis sept ans les
faits révélés et si, à cette époque, on m’avait écouté, des milliers
d’existences auraient pu être épargnées.
« Selon moi, environ 4.0Ü0 soldats des Etats-Unis ont péri et
beaucoup d’autres ont eu leur sang ruiné à la suite de l’absorp¬
tion de viandes mauvaises et traitées chimiquement. ,
On comprendra facilement qu’à la suite de ces déclarations du
général Nelson Miles, que publient tous les journaux, les cris de
réprobation s’élèvent, plus violents que jamais, de toutes parts,
aux Etats-Unis, contre les beefpackers coupables, et les prêtres
mêmes, du haut de leurs chaires, dans les églises et les temples,,
appellent les foudres du ciel sur les usines de Chicago et décla¬
rent que les propriétaires de ces usines devraient être mis en prl-
La médecine française en Perse.
La récente maladie du Shah de Perse a attiré l’attention sur la
façon dont ce souverain reçoit les soins médicaux.
Bien que la Perse, en tant que nation, soit encore dépourvue
presque totalement des ressources de la science moderne, le Shah
reçoit des soins éclairés et soignés» à la française ». Il y a même
à Téhéran une petite pépinière de médecins français, venus sur la
demande expresse du souverain.
Actuellement, c’est le médecin principal de 1’= classe Schneider
qui, ayant remplacé l'ancien professeur agrégé du ’Val-de-Grâce
Tholozan, remplit les fonctions de médecin-chef de S. M. I. i.e
Shah ; MM. les médecins-majors Galley et Georges, répétiteurs à
l'Ecole du service de santé de Lyon, sont chargés des fonctions
de professeurs à l’Ecole de médecine, naissante, de Téhéran.
Cette colonie médicale française tient très dignement ,sa place en
Perse. Elle y fait honneur à la science médicale française .
Ajoutons que le père de notre ami Lucien Graux est spéciale¬
ment attaché à la personne du Shah pendant son séjour à Contre-
xcville. ' M. B.
Hommage posthume au P' Nocard.
M. Ruau, ministre de l’agriculture, a récemment présidé
l’inauguration du monument du !’■ Nocard à l’école vétéri¬
naire d’ Vlfort. Nous reproduisons les passages du discours
du ministre qui indiquent bien la valeur des travaux du re¬
gretté savant :
« Nocard fut un des pastoriens de la première heure.
Comme l’a dit le docteur Roux, « son nom doit être inscrit
414
LE PROGRÈS MEDICAL
« sur tous les bulletins de victoire des doctrines microbien¬
nes ». Sa théorie et sa méthode furent celles de Pasteur, la
théorie microbienne et la méthode expérimentale, avec un
contrôle rigoureux et répété des résultats obtenus. 11 étudia
ainsi, soit seul, soit avec le docteur Roux, la rage, le tétanos,
la clavelée, la fièvre aphteuse.
Il aida de toutes ses forces à l'organisation de la sérothéra¬
pie diphtérique et il étudia soigneusement le sérum antitéta¬
nique. Mais ce qui l’a mis principalement en lumière, ce
sont ses travaux considérables sur la péripneumonie et sur la
tuberculose.
Nocarda découvert, en 1887, avec le docteur Roux, la mé¬
thode de culture du bacille de Koch en milieux glycérinés ;
il a démontré l’identité de la tuberculose des oiseaux et de
celle des mammifères, et il a proclamé victorieusement l’unité
fondamentale de la tuberculose humaine et de la tubercu¬
lose des animaux domestiques. Il a fait entrer dans la prati¬
que vétérinaire la tuberculine qui sert au diagnostic précoce
de la tuberculose, et la malléine, révélatrice de la morve.
Entre temps, Nocard, membre de l’Académie de médecine,
de la Société centrale de médecine vétérinaire, de la Société de
biologie et de la Société de pathologie comparée, participait
assidûment aux travaux de ces compagnies. Il était l’âme du
comité consultatif des épizooties et du comité d’hygiène et de
salubrité de la Seine. Son cours, à Allort, était remarquable
d’érudition et de clarté.
Par sa contribution à l’étude des maladies contagieuses, en¬
treprise grâce à la plus rigoureuse méthode expérimentale,
Nocard a projeté une vive lumière sur une profession trop
longtemps décriée.
Emule des Bouley, des Chauveau, qui sont avec lui les
gloires de la science \étérinaire, il ne s’est pas contenté de
rassurer des milliers d’agriculteurs en défendant notre chep¬
tel contre les maladies qui l’assaillent, mais transportant l’ap¬
plication pratique de ses découvertes du domaine des animaux
au domaine de 1 homme, il a réussi, comme l’avait lait Pas¬
teur. à réduire la somme de la douleur humaine. Son œuvre
est donc de celles qui le classent parmi les maîtres, dans
la pléiade des bienfaiteurs de l’humanité. »
Jurys des prix de l'Académie de médecine.
L’Académie de médecine vient d’arrêter la liste des commis¬
sions qui examineront dans l’année les travaux que leurs auteurs
auront présentés. Voici les listes de ces jurys :
Prix de l'Académie: MM. François-Frank, Gaucher, Netter. —
Prix Alrarenga: MM. Chatin, Pozzi, Chantemesse. — Prix
Apostoli: MM. Garit-l, d’Arsonval, Regnard. — Prix Baillarger :
MM. Magnan, Motet, Joffroy. — Pnx Barbier : MM. Laveran,
Ménard, Reynier. — Prix Boiillaid: MM. Brouardel, Richer.
Raymond. — Prix Bomeret : MM. Ed. Perrier, Gley, Reynier.
— Prix Buif/nrt : MM. Riche. Robin, Marty, Delorme, Pouchet,
Gréhant.— Prix Campbell-Diipierris : MM”. Guyon, Ch. Perrier,
Reclus. — Prix Capuron: MM. Moissan, Hanriot, Bourquelot. —
Prix Chevallier: MM. Hérard, Dieulafoy, Duguet. — Prix Che-
villon: MM. Labbé, Cornil, Monod. — Prix Civrieux: MM. Bou¬
chard, Motet, Troisier. — Prix Clarens : MM. Besnier, Vallin,
Chauffard. — Prix Daudet: MM. Lancereaux, d’Arsonval, Chau-
vel. — Prix Desporles : Section de thérapeutique et d’histoire
naturelle. — Prix Godard : MM. Bucquoy, Debove, Gilbert. —
Prix Giizmann: MM. Ilayem, Huchard, Fernet. - Prix Herpin
(de Genève) : MM. Empis, Magnan, Landonzy. — Prix Herpin
(de Metz): MM. Lereboullet, Laveran, Hutinel. — Prix Hugo:
MM. Lancereaux, Yvon, Hamy. — Prix Itard: Duguer,
Hallopeau, Landouzy. — Prix Laborie : Section de chirurgie. —
Prix Larrey : MM. Sée, Pinard, Kermorgant. — Prix Laval :
MM. Guéniot, Debove, Josias. — Prix Lorquet : MM. Brouardel,
Magnan, Raymond. — Prix Meynol : MM. Duplay, Kirmisson
Poirier. — Prix Monbinne: MM. Cauvel, Duguet, Benjamin. —
Prix Hativelle : MM. Jungfleisch, Prunier, Guignard. — Prix
Orfila'.Miï. Bouchardat, Vallin, Hanriot, Pouchet, Netter. —
Prix Saintoiir : MM. Bieulafoy, Pinard, Motet, Richelot,Cadiot.
Prix Stanski: MM. Laveran, Roux, Chauffard. — Prix Tarnicr:
MM. Budin, Pinard, Doléris. — Prix Yernois : MM. Delorme,
Chantemesse, Vaillard.
L'£tat sanitaire à Madagascar.
La Liberté du 76 juin publie les nouvelles pessimistes sui¬
vantes qu’il est bon de ne pas accepter sans réserves, carel-
les servent de prélude à une attaque contre le gouverneur
de l’île, le P*^ Augagneur :
« Une épidémie de fièvre paludéenne, dit la Liberté, com¬
pliquée de dysenterie, sévit à Tananaiive-V’illeet dans lapro-
vince de l’Imérina. La mortalité des indigènes a augmenté
dans des proportions considérables et, dans le seul mois d’a¬
vril, plus de 800 décès à Tananarive et 2.000 dans la province
ont été enregistrés. A Ankazobé, à Manjakandrina et à Antsi-
rabé,la situation est tout aussi grave et les froids prochains
font malheureusement craindre qu elle ne devienne complè¬
tement désastreuse pour une population affaiblie, appauvrie,
manquant de nourriture, de vêtements et de soins,
On citedes villages entiers qui sont, àl’heure actuelle, com¬
plètement déserts, les derniers survivants — recueillis par
l’administration — ayant été obligés de fuir leurs demeures
chassés par les odeurs pestilentielles des morts laissés sans sé¬
pultures.»
La question de la Céruseau Parlement.
Le rapport de M. le D" Pédehidou sur le projet de loi in¬
terdisant l'usage du blanc de céruse qui va être distribué aux
sénateurs avant d’être discuté au Parlement se termine par
les conclusions suivantes :
La céruse est un poison qui s’infiltre dans tous les tissus,
imprègne l’organisme tout entier et exerce en particulier ses
ravages sur la moelle, sur les reins. Son action est d’autant
plus efficace que l’ouvrier travaille dans des conditions hygié¬
niques plus défectueuses.
La réglementation, telle qu’elle existe à l’étranger et en par-
ticulieren Belgique et en Allemagne, ne saurait atteindre le
but poursuivi par le législateur. Elle suppose une éducation
hygiénique préalable de l’ouvrier, mais cet ouvrier idéal
n’existe pas. Bien des années passeront avant que les pein¬
tres, préoc -upés d’abord de leur santé, s’astreignent à porter,
pendant le travail, des vêtements spéciauxet à les quitter aux
heures des repas : à nettoyer par un brossage énergique leurs
mains etleursonglesavantde se mettreàtable ; à s abstenirdc
fumer pendantle travail ;enun mot,à observerla propreté la
plus complète. Et si dans les usines de fabrication de la cé¬
ruse, dans les chantiers bien organisés et rigoureusement
surveillés, il est possible de mettre le personnel à l’abri de
l’intoxication saturnine, il ne faut pas oublier que les petits
chantiers sont légion, que la plupart des peintres en bâti¬
ments travaillent isolément et que, pour eux, toutes les me¬
sures de surveillance et de contrôle deviennent illusoires par
le fait de la dissémination des ouvriers.
Cet état de choses pourra être modifié par la loi sur les ma¬
ladies professionnelles, déposée devant la Chambre, L’exten¬
sion de là législation sur les accidents du travail à ce genre
d’affection entraînera pour les entrepreneurs de peinture de
telles responsabilités que le devoir s'imposera à eux de don¬
ner la préférence à des produits non toxiques et d’exiger, paf
une surveillance étroite de leurs chantiers, la pratique, par
leurs ouvriers de toute règle d'hygiène. En l’absence de cette
législation coercitive, toute règlementation nous paraît desti¬
née à demeurer lettre morte.
Noussommes ainsi amené à demander au Sénat l’adoptwo
du projet de la loi voté par la Chambre. A nos adversaires
qui, au nom des intérêts d’une industrie llorissante et émi¬
nemment française, protestent contre l’interdiction de 1 e®'
ploi de céruse dans fintérieur des habitations, nous ré¬
pondrons que la défense de la vie humaine doit
le souci des intérêts de quelques-uns, et que le
manquerait à son devoir s'il hésitait à restreindre l'usage d
produit susceptible d’altérer l’organisme humain et de Ireff
per l’homme jusque dans sa descendance, menaçant ainsi
tarir les sources mêmes de la population française.
Cette considération emprunte d’autant plus de ? je
nul n’ignore la faiblesse de la natalité dans notre pay® ®
souci du Parlementaffirmé par des lois récentes
buer plus que jamais à la protection de la femme et jjg
fant. On ne saurait désormais adresser au Sénat le jj
dirigé contre la décision de la Chambre, qui avait repou^ ,^
demanded’indemnité des fabricants decéruse. L’atteinte P®^^_
à cette industrie recevra une large compensation, votre
mission ayant admis le principe de l’indemnité fixée par
seil de préfecture du département où résidera lefabrican
LE PROGRÈS MÉDICAL
415
Enfin le Sénat, désireux de favoriser la transformation de
l'industrie de la céruse, a étendu à deux ans, au lieu d’une
année, le délai imparti par la Chambre pour l'interdiction
des travaux à 1 intérieur.
Telleestla pensée qui a dirigé les travaux de la commission
et la plume de votre rapporteur. Nous vous prions de donner
votre approbation à uneœuvre législative élaborée avec le souci
des intérêts les plus élevés et les plus nobles, ceux que com¬
mandent 1 humanité et l’amour de notre pays.
Oui dit force dit fer, phosphore et arsenic. Tel est la triade
synthétique connue sous le nom de Xerviicithine Tissot. Sous
la forme de dragées, de sirop ou d’ampoules, les médecins
français et étrangers lui ont fait un chaleureux accueil.
FORMÜLFS
XLVIII. — Contre la migraine ophtalmique.
Eau de laurier-cerise . t ai ko
— laitue . )
Chlorhydrate de cocaïne . 0 gr. 50
— narcéine . 0 gr. 20
Eau distillée . . . 100 gr.
Chauffer au bain-marie et appliquer en compresses
chaudes. Puis donner 2 des cachets suivants, à 2 heures
d'intervalle :
Sulfonal . 0 gr. 25.
Antipyrine . 0 gr. 50.
(G.vlezowski. )
Actes et thèses de la Faculté de médecine de Paris.
Thèses de doctorat — Mercredi, 4 juillet. — M. Teisseire :
Contribution à l’étude des calculs de l’uretère pelvien (MM. Pinard,
Segond, Lepage. Duval (Pierre) . — M. Deswarte : Les crèches, leur
passé, leur présent, leur avenir, étude d’hygiène sociale (MM Pi¬
nard, Segond, Lepage, Duval (Pierre). — M. Roblot : La syndacty-
lie congénitale \,MM. Segond, Pinard, Lepage, Duval (Pierre). — M.
xWcrcade : Kystes et abcès de l’utérus (MM. Terrier, Reclus, Mau-
claire, Gosset). — M. Pageix : Etude d’un nouveau procédé d’a-
neslhésie en art dentaire (MM. Terrier, Reclus, Manclaire, Gosset.
— M. Bertrand : Du diagnostic dilTcrentiel des grands kystes de la
mâchoire inférieure et du sarcome (MM. Terrier, Reclus, Mauclaire,
Gosset). — M. Courtois : Contribution à l’élude du délire chez les
hépatopathiques (MM. Landouzy, Brissaud, Claude, Labbé (Mar¬
cel). — AJ, Morhar,it : Les maladies vénériennes et la réglemen¬
tation de la prostitution au point de vue de l’bygiène sociale (MM.
foissaud, Landouzy, Claude, Labbé (Marcel). — M. Durocker : Tu¬
berculose et démence précoce (MM. Brissaud. Landouzy, Claude,
Labbé (Marcel). — M. Provotelle : De l’idiotie amaurotique familiale.
Maladie de "Warren Tay-Sachs (MM. Brissaud, Landouzy, Claude,
Labbé (Marcel). — M. Hennon : Contribution à l’étude des gastro¬
entérites du nourrisson : la maladie spasmodique intestinale ; la
aysen'.crie (MM. Blanchard, Gaucher, Balthazard, Branca). — M.
; Recherches sur les hématozoaires des téléostéens marins
‘i’ Blanchard, Gaucher, Balthazard, Branca). — M. Firpi : La pa-
Jalysie générale infantile et juvénile et ses rapports avec la syphi-
•s (MM. Gaucher, Blanchard, Balthazard, Branca.
J ^ juillet. — M. Favier : Un médecin grec du II" siècle après
• G.; Ménodote, de Nicomédie(MM. Dieulafoj", Raymond, Chante-
®nsse, Jeanselrae). — M. Grenier-. Le foie syphilitique hypersplé-
J*'Î^Snlique (MM. Dieulafoy. Raymond. Chantemesse, Jeanselme'.
Mlle Rabinovitch : Sommeil électrique (inibition des mouve-
volontaires et de la sensibilité) par des courants électriques
® basse tension, et à interruptions raodéremen fréquentes (MM.
îmond, Dieulafoy, Chautemesse, Jeanselme). — M. Durand :
®^bnlion à l’étude de la tuberculose rurale (statistique en Beau-
vMM. Chantemesse Dieulafoy-, Raymond. Jeanselme). — M.
sjp’T'®'’ • Des premiers secours à donner aux blessés. — Coup d’œil
he 1^ °‘’8'®nisations existantes (MM. Berger, Budin, De Laperson-
l'Pj^®elin;. — M. Thebault : Contribution à l’etude clinique de
Lj "“Mycose. L’actinomycosc à Rennes (MM. Berger, Budin, De
Demelin). — M. Richard: Contribution à l’étude du
rétentions placentaires après l’avortement (MM. Bu-
stjji î:®’‘^er’ DeLapersonne, Demelin). — A/. Auge: Recherches
(jgijg^^Mues sur la proportion des affectionscontagieuses observées
ger n°®.®“"®“h“bon ophtalmologique (MM. De Lapersonne, Ber-
’ Demelin.
Examens de doctorat. — Lundi, 2 juillet. — 1" (Chirurgien-den¬
tiste, Salle Béclard) : MVl. Blanchard, Gley, Rieffel, — 5’ (2* par¬
tie, 1" série, Hôtel-Dieu) : MM. Déjerine, Teissier, Legry. — 5"
(2’ partie, 2" série, Hôtel-Dieu) : MM. Roger, Claude, Labbé (Mar¬
cel).
Mardi, 3 juillet — 1" (’Chirurgien-dentiste, l” série. Salle Brous¬
sais) : MM. Cornil, Thiéry, Langlois. — l" (Chirurgien-dentiste,
2" série. Salle Charcot) : MM. Poirier, Gley, Rieffel. — 2' (Chirur¬
gien-dentiste, Salle Corvisart) : MM. Déjerine, Legueu, Richaud.
— 5" (2" partie, 1" série. Charité) : MM. Joffroy, Thiroloix, Car¬
not. — 5" (’J" partie, 2" série. Charité) : MM. Hutinel, Dupré,
Gouget.
Mercredi, 4 juillet. — P' (Chirurgien-dentiste, 1" série. Salle Ri¬
chet) : MM. Ch. Richet, Sebileau, Legry. — l"" (Chirurgien-
dentiste, 2" série. Salle Pasteur) :MM. Roger, Retterer, Cunéo. —
1" (Chirurgien-dentiste, 3" série. Salle Broussais) ; MM. Gley,
Rieffel, Macaigne.
Jeudi, S juillet — 1" (Chirurgien-dentiste. 1” série. Salle Brous¬
sais) MM. Retterer, Langlois, Guiart. — l"' (Chirurgien-dentiste,
2" série. Salle Pasteurj : MM. Gley, Thiery, Rieffel.
Vendredi, 6 juillet. — 1" (Chirurgien-dentiste P" série, Salle Ri¬
chet) : MM. Ch. Richet, Retterer, Cuneo. — l"" (Chirurgien- den¬
tiste, 2' série. Salle Corvisart) : MM. Roger, Sebileau. Legry. —
1" Chirurgien-dentiste, 3' série. Salle Béclard^ : MM. Gley, Rieffel,
Branca.
Samedi, 7 juillet. — l" (Chirurgien-dentiste, P" série. Salle Bé¬
clard) : MM. Poirier, Launois, Langlois. — P" (Chirurgien-dentis¬
te, 2" série. Salle Pasteur) :MM Gley, Thiéry, Guiart. — 5" (2* par¬
tie, P' série, Beaujon) ; MM Gilbert, Vaquez, Méry. — 5" (2‘
partie, 2" série, Beaujon) : MM. Robin, Renon, Bezançon.
Concours du clinicat. — Ces concours se sont terminés par
les nominations suivantes : Chefs de clinique obstétricale : MM.
Coudert et Mouchotte. titulaires ; MM. Cathalaet Lacane, adjoints.
— Chef de cHnicjite chirurqicale : M. Schwartz. — Chef de cli¬
nique psychiatrique : M. Dupouy. — Chef de clinique pédiatri¬
que: M. Armand Delille, titulaire, M. Babonneix, adjoint.
Noni^^ES
Natalité js Paris — Du dimanche 10 au samedi 16 juin
1906 es naissances o.At été nnuor- i 988, se lecomposant
ainsi: légitimés 717. illégitimes 271
Mortalité A Paris. Popuiauon 1 après le rccensemem de
'901 : 2.660.559 habitais. lécrs o.it en au lornbre le 840,
ravoir: 439 hommes et 401 femmes. Les deoes sont la-i aui
îauses suivantes . Eièvre typnoide itypiius audomin.) ; 5. —
Typtius exanthematique ; 0. — Eievre intermittente et cachexie
palustre : 0. — "Variole : 0 — Rougeoie . 11. - Scarlatine : 0.
— Coquatuci: 4. — Dm itene ;t Ü:jij 0 - Grippe :-0.
— Choléra asiatique 0. - Giioiora nostras : 0. — Autres
maladies epidemniues 2. - Tuoeromose des poumons : 193. —
Tuberculose des méningés . 21 - Autres tuberculoses: 19. —
CaLL-er et autres cummrs aiiogn-ia 56. — Méningite simple : 16.
— Conge.-ition nem jrrnagique et ramollissement du cerveau : 38.
— Maladies organiques du ousur : 74. — Bronchite aiguë : 2.
— Bronchite cnronique ; 16 - Pneumonie : 20. — Autres affec¬
tions de l’appareil respiratoire . 71. — Affections de l’estomac
icancereic.) : 4. - Diarrhée et entérite deO à 1 an : sein : 4 ; au¬
tre aiimentation : 1 1 . — Diarrhée et entérite de 1 à2 ans : 2. — Her¬
nies, oDstruction intestinale ; 6. — Cirrhose du foie : 12. — Néphrite
St mai de Brighf. 27. - Tumeurs non cancéreuses et autres ma¬
ladies des organes génitaux (femmes) : 4. — Septicémie puerpérale
(fièvre, péritonite, phlébite puerpérale) : 2. — Autres accidents
puerpéraux ae la grossesse et de l’accouonement ; 1. — Deoilite
flongenitaie et vices de oontormation . 21. — Deoilite senile : ‘29.
— Morts violentes : 42. — Suicides: 11. — Autres maladies; in.
— Maladies inconnues ou mai définies ; 10.
Mort-nés et morts avant Leur inscription: 88, qui se décom¬
posent ainsi ; légitimes 47, illégitimes 41 .
Distinction honorifique. — M. le Dr 'Verneau (René-Pierre),
assistant au Muséum d’histoire naturelle ; 36 ans de service. Mis¬
sions scientifiques aux îles Canaries en 1877-1878 ; 1885 ; 1886,
1887, vient d’ètre promu chevalier de la Légion d’honneur. Nos
plus sincères félicitations au distingué et savant anthropologiste,
qui depuis de longues années méritait la distinction qui vient de
lui être donnée.
Corps de santé colonial. — Le médecin aide-major de D*
classe Ileckenroth, 8' inf. col., est désigné pour le Congo français.
Ecole de médecine de Rouen. — Par arrêté du ministre de
l’instruction publique, des beaux-arts et des cultes en date du 22
juin 1906, un concours s’ouvrira, le 7 janvier 1907, devant la fa-
,416
LE PROGRÈS MEDICAL
culté de médecine de l’université de Pari§. pour l'emploi de sup¬
pléant des chaires d’anatomie et de physiologie à l’école prépara¬
toire de médecine et de pharmacie de Rouen. Le registre d'inscrip¬
tion sera clos un mois avant l’ouverture dudit concours.
La désinfection des livres. — M. Marsoulan, conseiller mu¬
nicipal de Paris, vient d’écrire au président de l’assemblée dé¬
partementale pour l’informer qu il a découvert le moyen pratique
de désinfecter les livres de classes, papiers, dossiers, etc., de la
préfecture de la Seine. M. Marsoulan offre gratuitement au Con¬
seil général ce procédé nouveau. Il met tout|fois à son offre la
condition que le travail de désinfection sera exécuté exclusive¬
ment dans les ateliers départementaux d’estropiés et d'infirme.s.
Ces ateliers ont été créés par M. Marsoulan il y a quelques an¬
nées, et il voit dans ce travail nouveau qui leur serait apporté le
moyen d’assurer leur existence et de donner à ces ouvriers rejetés
par l’industrie privée un rôle des plus intéressants dans la protec¬
tion de l’hygiène publique. [Le Temps).
Union Fédérative des Médecins de Réserve et de 1’ Armée
Territoriale. — Le Conseil d’ Administration de l'Union fédé¬
rative des Médecins de réserve s’est réuni le 13 juin 1906 au
Cercle Militaire. Après lecture du procès-verbal et de la corres¬
pondance, le Secrétaire général a communiqué les noms de dix
nouveaux adhérents, eequi porte â 366 le nombre actuel des Mem¬
bres de PUnion. Le Trésorier, dans son rapport financier a fait
ressortir la situation prospère de la Société.
Le Conseil aborde ensuite la question des projets de loi pou¬
vant intéresser l’organisation générale de la médecine militaire :
ces projets sont étudiés par une commission spéciale. Une autre
commission poursuit l’organisation d’un Congrès de Médecins mi¬
litaires.
Les exercices spéciaux du Service de Santé du Gouvernement
militaire de Paris étant fixés cette année du 30 juillet au 3 août, la
Société émet le vœu que la date anuuelle de ces manœuvres soit
fixée en dehors de l’époque habituelle des vacances, afin de per¬
mettre au plus grand nombre possible de Médecins des réserves
d y assister. — Le Secrétaire général. L,. Tollemer.
Nécrologie. — Nous avons le regret d’annoncer la mort deM.
le D' Barthélémy, médecin de Saint-Lazare, à Paris ; de M. le
D‘' Dousson, à Largentière ; de M. le Di Dupuis à Villiers-Morgon-
de M. le Di Reulos, ancien maire de Villejuif, ancien conseTlIet
général de Seine, membre du Conseil d’hygiène de la Seine, che¬
valier de la Légion d’honneur ; de M . le Di Plédran, dé Mau-
lévrier (Maine-ét-Loirei.
Chronique des hôpitaux.
Concours de l’externat. — L’ouverture du concours aura
lieule lundi 17 septembre 1908 à quatre heures précises, dans la
salle des concours de l’administratioh, rue des Saints-Pères n«
49. Les étudiants qui désirent prendre part à ce Concours seront
admis à se faire inscrire au service du personnel de l’Administra¬
tion, tous les jours, les dimanches et fêtes exceptés, de onze heures
à trois heures ; du mercredi Ri août au 31 août inclusivement.
Concours de l’Intern.at de Brévannes, Chardon Lagache
ET Rosîini. — Sont nommés MM. Dumas, Séguinot, Ancibureét
Delapchier.
Hôpital de Berck-sur-Mer. — En vertu d’un décret du 7juin,
il est ouvert au budget de l’administration de l’Assistance publique
de Paris pour l’exercice 1900 au titre 2, chap. 2, sous-chap. 82 :
Capitaux divers. Emploi de capitaux provenant du pari-mutuel, un '
crédit de 30t).000 francs pour gager la dépense devant résulter de
l’agrandissement de l'Tiôpital de Berck-sur-Mer.
Concours pour les places d’assistant titulaire et d’as¬
sistant ADJOINT DES SERVICES d’otO-RHINO-LARYNGOLOGIB. —
Epreuve opératoire : Samedi 16 juin : Trépanation du sinus maxil- .
laire par la fosse canine. MM Lemaître 17, Hautant 17, Laure»
18, Wicart 18, Gibert 18.— Epreuve clinique : Mercredi 20 juin-:
MM. Gibert 18, Lemaître 17. Vendredi 22 juin ; MM. Hautant 18,
Laurens 19, absent : M Wicart. A la suite de ces concours, sont
nommés : 1» assistants titulaires : MM. Laurens et Gibert; 2“ as¬
sistants adjoints : MM. Hautant et Lemaître. Nous adressons nos
plus vives félicitations à notre ancien interne, ami et collaborateur,
le Di Laurens.
Hôp'ital de la Charité. Conférences de vacances (ehirur^e
clinique.) — Deux internes en chirurgie de l’hôpital de la Charité,
commenceront une série de conférences le Ri juillet. Pour tous
renseignements, s’adresser au concierge de l'hôpital.
PHTISIE. BIIOACHITE, CATARRHES. - L
Marchais est la meilleure préparation creosotée. Elle di¬
minue la toux, la fièvre et 1 expectoration. De 3 à 6 cuil¬
lerées à café par jour dans lait, bouillon ou tisane.
ID' Ferrand. — Trait, de med.
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tien des dents , des gencives et des muqueuses de la bouche
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à 15 ans, vrai spécifique de la CONSTIPATION. Précieux dans
grippe, bronchite, coqueluche, impétigo, helminthiase,
état convulsif, et toutes maladies ou indispositions dans les¬
quelles un laxatif est nécessaire.
de 2 mois à 2 ans ; 1 cuillerée à café par jour,
de 2 ans à 5 ans : 1 cuillerée à dessert par jour,
de 5 ans à 15 ans ; 1 cuillerée à soupe par jour.
(Le conseiller chaque fois que les parents demandent un a dépuratif »
pour leurs enfants, car le meilleur des dépuratifs est encore un
bon laxatif.
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découvert par M. Louis OEQUtxANT. pharmacien. 38. rue
de Clignancourt, Paris. ^ Mémoires déposés à l’Academie aç
Médecine, 23 mars 1897, 8 mai 1898l. L'extrait de ces Mémoire-
est adressé gracieusement a tous les médecins qui hai
feront la demande. Renseignements gratuits et prix de fave^
pour tous les memores du corps médical.
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7 JUILLET 1906
Le Progrès Médical
RE : OBSTÉTRIQUE : A propos de trois cas de fausses gros-
*sesseschezdesfemmes obèses, par Narich. — Bulletin : L’épilep¬
sie de Napoléon, par Noir. — Sociétés Savantes : Académie des
Qcienées : Sur l’indication delà voie digestive pour la vaccination
eatitnberculeuse des jeunes ruminants, par Arloing ; Sur le trai¬
tement sérothérapique de la tuberculose pulmonaire, par Lan-
nelongue, Achard et Gaillard ; Etude sur la transmissibilité de
I» tuberculose par la caséine alimentaire, par Guédras ; Iden¬
tification des trypanosomes pathogènes, essais de séro-diagnos-
tic, par Laveran et Mesnil ; Rôle des éléments cellulaires dans
1» transformation de certains hydrates de carbone par le suc
intestinal, par Bierry et Froin (o. r. de Mme Phisalix). — Aca-
i^ie de Médecine : La typhlo-colite, par Huchard ; La régéné¬
ration des nerfs sectionnés, par Durante ; Le dosage du chloro¬
forme, par Nicloux ; Elections (c. r. de A. -F. Plicque). — So-
tiété de chirurgie : Kyste hydatique du poumon, par Tuffier ;
Ablation totale du vagin pour épithélioma du moignon cervical,
par Faure ; Sur la jéjunostomie, par Lejars ; Sténose du pylore
,par brûlure, par Tuffier ; Péficolite adhésive sténosante, par
fPotherat ; Péricolite adhésive, par Sieur ; Sténose pylorique
consécutive a f ingestion d'un liquide caustique, par Quénu ;
Volculus du cæcum, par Quénu ; Kystes hydatiques du foie, par
Routier ; Cancer de l’S iliaque, résection, anastomose termino-
latérale, guérison* par Michaux; Elections (c. r. de Catz.) —
Société Médicale des Hôpitaux : Cas de blastomycose, par Hu-
delo, Duval, Lœderich ; Anémie splénique, hypertrophie myé¬
loïde de la rate, hénmsidérose viscérale, par Gaudy et Legueule ;
Formes diverses de r anémie dans la tuberculose chronique, par
Labbé : Purpura myéloïde, par Lenoble ; Anémies pernicieuses
considérées comme guéries avec rechute mortelle, par Chauf¬
fard (c. r. de Friedel.) — Société de Médecine légale (c. r. de
Halberstadt.) — Société de médecine publique et de génie sani¬
taire : Epuration biologique des eaux d’égoiit, par Bezault ;
L’écriture scolaire, par Desnoyers (c. r. de A. Pujol.) — Revue
DE médecine légale. — THÉRAPEUTIQUE APPLIQUÉE. — VA¬
RIA. — Les congrès. — Actes et thèses de la faculté de
MÉDECINE DE Pa'ris. — FORMULES. — NOUVELLES. — Chroni¬
que des hôpitaux. — Enseignement médical libre . — Bulletin
bibliographique.
Xm IMPORTAXT A NOS ABONNÉS
Renouvellement des abonnements.
l'éêhéance du i" JUILLET étant rime des
plus importantes de l'année^ e/, par suite de V ap¬
plication du nouveau règlement, les frais de re-
mvrement des abonnements par la poste étant
ievenus très onéreux, nous prions instamment
nos souscripteurs, dont l'abonnement expire le 3o
inin, de nous envoyer le plus tôt possible le mon-
^nt de leur renouvellement, soit DIX FRANCS
mr la FRANCE, DOUZE FRANCS, pour
'étranger, étudiants, FRANCE,
6fr.: ÉTRANGER,rt fr. 50. Ils pourront nous
ioiresser par l'intermédiaire du bureau de poste de
w localité, qui leur remettra un reçu de la
^mme versée {nous prenons à notre charge les
yois de 3 prélevés par la poste) ou par une va-
‘^nràvue sur Paris.
hos mandats ou valeurs doivent être faits au
^01 du PROGRÈS MÉDICAL ou de M. A.
J{ZA ÜD, administrateur.
Afin d'éviter toute erreur, nous prions égale-
(Abonnés de joindre à leur lettre de ■
D , et à toutes leurs réclamations la
du journal.
AUX AUTEURS ET AUX EDITEURS
rappelons à MM. les Auteurs et Editeurs que
‘'^vrages dont il nous sera adressé deux exem-
V i seront annoncés et analysés (s'il y a lieu). Un
■j; ®°^Plaire donne droit seulement à l'annonce.
'31^, doivent être adressés au Hêdactkur en
J ‘‘*16 des Carmes.
^'cisav' - — - 1 - :
Vs ***" l’Hôtel-Dieu et de l’Hôpital Saint-Louis.
'"t de source tout à fait autorisée que le dé-
deux établissements vient d’être signé.
A Céder. — Un médecin d’une grande ville
de cesser d’exercer désirerait céder sa clientèle,
bureaux du journal.
OBSTÉTRIQUE
A propos de trois cas ae fausses grossesses chez
des femmes obèses :
Par le D' Bélisaire NARICH (de Smyrne),
Correspondant de l’Académie de Médecine de Paris.
Dans les fausses grossesses, l’enfant imaginaire étant
presque toujours très attendu, un diagnostic précis jette
naturellemment le trouble dans la famille. La cu¬
riosité des voisins s’en mêlant, tout un quartier peut
s’intéresser à l’évènement, parfois même la ville en¬
tière, celle-ci fût-elle une capitale.
« Pour ne pas faire un si long discours, dit Mauri-
ceau (1721 . T. I, page 94)^contenlons-nous seulement
de rapporter un exemple connu de tout Paris, qui est
celui de Madame la présidente de Nesmond, qui en l’an¬
née 1668,. fut jugée être grosse d’enfant durant plus
d’un an, par plusieurs médecins, chirurgiens et sages-
femmes, qui étaient tous de ce sentiment contre la vé¬
rité, s’étant fondés sur la grosseur de son ventre, et
sur quelques autres signes équivoques de grossesse
qu'elle avait; mais enfin après avoir été l’espace d’une
année et demie en cet état, la montagne des fausses
espérances qu’on lui avait données n’enfanta qu’une
souris » .
Parmi les fausses grossesses que j’ai eu l’occasion
d’observer depuis 1882, je crois que les trois suivantes
ne manquent pas d’un certain intérêt .
Obs. 1. — En 1884, je suis appelé pour examiner Mme X...,
qui se croit enceinte. Depuis cinq mois ses règles, qui persis¬
tent, sont moins régulières et moins abondantes. Agée de 37
ans et mariée depuis vingt mois, cette grossesse est la pre¬
mière. De légers troubles digestifs éveillèrent d'abord son at¬
tention, mais ce sont les mouvemenls qu’elle sent depuis plu¬
sieurs jours qui ont triomphé de ses doutes et motivé mon
invitation. Son cinquième mois serait accompli et même de-
passé.
Cette femme, de peau très brune, comme tous ses parents, est
d’une souche où régnent l’arthritisme, la goutte, l’obésité et
certains désordes nerveux assez graves. Obèse elle-même ;
son abdomen est tris épais, très tendu, et il présentait ces ca¬
ractères avant son mariage, sans qu’il y ait jamais eu tympa¬
nisme. 11 en résulte que la palpation est réduite à néant.
L’auscultation est négative.
Au toucher le cola sa consistance et sa longueur normales.
418
LE PROGRÈS MÉDICAL
L’index poussant par de petites saccades juge que l'utérus est
plutôt léger et mobile, mais cette mobilité est relative
comme nous l’avons plus d’une fois constaté chez des femmes
obèses, au ventre tendu. La recherche, dans les culs-de-sac,
du globe utérin surplombant le col. signe si bien décrit et re¬
présenté par le professeur Budin dans ses Leçons cliniques,
de 1889, est difficile, car la poussée par la main gauche sur
l’hypogastre ne se répercute pas facilement dans le petit
bassin, tant l’abdomen est épais et dur. Cependant je con¬
clus de mon examen que la cavité utérine n’est pas dilatée.
Je ne compte pas sur la percussion, car, la vessie étant vidée,
l’abdomen est presque mat, tant la jonche graisseuse est
épaisse et compacte.
Avec les circonlocutions de rigueur, je déclare à cette
dame qu’elle n'est pas enceinte, me bornant à lui dire que
les mouvements qu elle sent ne sont pas dus à un fœtus.
Inutile de citer la discussion oiseuse où elle m’entraîna ;
cependant de tous ses arguments je rapporte celui-ci à cause
de sa précision ; « Voyons docteur, dit-elle, est-ce qu'on va
me faire croire que la matrice a des mouvements par elle
même ? Mais alors pourquoi ne les sentais-je pas avant mon
mariage ? Pour les intestins, je connais les borborygmes ;
mais est-ce que les intestins donnent des coups de pieds ?
Je vous ai dit et je vous répète, docteur, que je sens de vé¬
ritables petits coups de pieds, et que même je les ai souvent
sentis de ma main appliquée sur le ventre, ce que j’ai cent
fois affirmé à mon mari et à mes parents. »
Appelé depuis pour d’autres membres de la famille, je
voyais préparer la layette que l’expiration du dixième mois
fit enfermer pour toujours dans l’armoire, car en 1899, cinq
ansaprès la fausse grossesse, je constatai chez cette personne,
qui n’eut pas de grossesse et pour laquelle on m’appela de
nouveau, un néoplasme utéro-annexiel auquel elle succomba
peu de semaines après ma visite.
Quatre ans avant la mort de cette femme, c’est-à-dire
un an après ma toute première visite, je fus consulté
pour savoir s’il n'y avait pas lieu de soigner l’utérus
en vue d’une grossesse. Ayant trouvé le col normal,
sans écoulement, l’ulérus avec la même mobilité rela¬
tive et l'abdomen sans aucune espèce de douleur spon¬
tanée ni provoquée, je déconseillai à l’intéressée de se
livrer à des traitements gynécologiques.
En admettant même que te néoplasme auquel elle
devait succomber fût en germe dès cette époque et qu’il
eût contribué au développement des symptômes de
fausse grossesse, ce qui est admis, nous ne perdons
pas de vue que cette femme était âgée de 37 ans lors de
sa fausse grossesse, etque,vu son âge, elle rentre dans
la catégorie des femmes au sujet desquelles le profes¬
seur Pajot [Travaux 1882, page 34.) écri-
vaitceslignes qu'il termine cependant par une phrase
ironique où il semble mettre en doute l'existence des
mouvements musculaires.
« 11 convient, à cet égard, dit-il, de se défier parti¬
culièrement des femmes parvenues à l'àge de 30 à 40
ans, n'ayant jamais pu avoir d’enfant, et en désirant
avec d’autant plus de passion qu’elles sentent appro¬
cher l'heureou toute espérance sera perdue. Cesaffo-
lées de grossesse prennent aisément leurs désirs pour
des réalités ; elles trompent le jeune médecin avec
tant de conviction et de bonne foi qu’il serait vrai¬
ment difficile, si l’on n’était suffisamment prévenu,
de ne pas tomber dans le piège de leurs illusions.
«Elles ont leurs règles, disent-elles, mais une de leurs
amies a vu plusieurs fois ses règles pendant sa gros¬
sesse ; et elle n’en est pas moins accouchée parfaite¬
ment bien. D’ailleurs leur ventre grossit beaucoup, et
elles sentent toujours remuer. Combien de fois ai-je
entendu tout cela ! et quel vieil accoucheur, devenu
sceptique, ne se souvient d’avoir manqué d’y être
pendant sa jeunesse ?» .
Cependant nous verrons plus loin que, le plusso».
vent, ces mouvements dont parlent les femmes quis,
croient enceintes ne sont pas des mouvements im^
ginaii'es.
Obs. II. — Dans le courant de l’été de 1888, la gouvemai
d une dame étrangère, dont le mari avait eu un enfant^
première femme morte de fièvre puerpérale, vint m’invitet i
aller examiner sa maîtresse « dont trois médecins, disait-dj.
attendent la délivrance depuis plusieurs jours. Mais rieni»
vient et tout est prêt pour recevoir l’enfant. Déjà le mois d#.
nier, ajouta-t-elle, alors qu’on la croyait à terme, il yen
une fausse alerte. Il est vrai que les règles ne .sont pas stf.
primées, mais diminuées et moins régulières. Elleadn
douleurs et les médecins lui répètent que la matrice co»
mence à se dilater, et que cela ira. Ce matin, impatientée, etk
leur écrivit, après leur départ, qu’elle ne les attendrait pim.
Du reste, me dit la gouvernante, nous n’avons jamais eu*
médecin traitant de la famille ».
La patiente fut très embarrassée lorsque je lui fisdemand»
une lettre de la part de mes confrères ; mais devant l'imp»
sibilité del’obtenir, j’acceptai soninvitation et merendiscfci
elle. En entrant dans son appartement, je vis arriver wn
moi une personne ayant de la tendance à l’obésité etlev»
tre assez proéminent. Je la fis marcher de profil, l'atlituà
et la démarche ressemblaient beaucoup à celles d’unefemu!
enceinte et presque à terme. Elle me dit que son vente
n’est gros et proéminent que depuis qu elle est enceinte. Ile
a environ 28 ans ; n’a pas eu d'autre grossesse. Non senlt-
ment elle sent l'enfant bouger, mais aussi elle s’assure de ali
en appliquant la main sur le ventre. Elle m’engage même i
ne pas attribuer ce signe à un effet de son imagination.
Peut être y a-t-il un léger degré de tympanisme abdomiml
La couche graisseuse de l'abdomen est épaisse, mais ellen’d
pas uniformément répandue, ni surtout tendue comme dm
l'observation 1. Cela permet d’y pincer de larges plis, etpe
conséquent de déjeter la paroi graisseuse au-dessus desmain
qui palpent pour explorer la cavité abdominale et plonp
dans le petit bassin. Nulle part je ne constate de parties ^
des et l’abdomen est partout sonore. Naturellement l’ausc»
tation est négative. Au toucher l’excavation est vide, l’uléf*
mobile, sans globe surplombant le col ; sans signe deHe
gar. « D’après votre examen, monsieur, médit la dame d*
air un peu altéré, vous ne me semblez pas admettre que X
sois enceinte .» A peine avais-je nié la grossesse avec 1^®^
nagements voulus, qu’elle s’assied vite et écrit nerveuseffi*
Que faites-vous madame, lui dis-je ? J’écris à vos confre^.
répondit-elle, que je ne suis pas enceinte ! Je l’en dissua
par de bonnes paroles à l’égard de mes confrères et par 4“
ques phrases sur le thème e) rare humanum est, et je Iiu^
à me laisser compléter mon examen au spéculum.
volumineux, mou, violacé, gorgé de sang, avec quelque* .
de Naboth, et un orifice plutôt petit. La patiente prés®**^
la peau un trouble des vaso-moteurs : ce sont de
ches framboisées, abords déchiquetés, s’effaçant à la
sion, mobiles, se présentant aux régions supérieures du^,^
rax, mais surtout aux épaules et au cou. Un jour, elle ^
montra une plus large que la paumede la main, ocdip^^ ^
région latérale du cou et la région sus-claviculaire- AV ^
fausse grossesse, elle avait parfois ces taches, mais jjjif
plus fréquentes depuis ; on dirait qu’au moyen d'une ^
très superficielle d’épingle on en ferait facilement o®' jjjs.
sang. Pas d’épistaxis chez cette personne, nid’hémorr
L’état de sa peau ne me semble pas sans analogie a'
du col où une première et légère piqûre de scari
faite quelques jours plus lard, après que le mari m
à soigner la patiente, provouue un véritable jet ' ^
je laissai couler quelques instants, puis je taro^^jje^
remplacer les scarifications par 1 ignipuncture, d<' ^
trois séances dans l’espace de trois mois,et je termina
dilatation à la laminaire et un écouvillonnage. J®
ce traitement parl’hydrothérapie, douches général
J
LE PROGRÈS MÉDICAL
419
r
nluie. continuées pendant plusieurs mois. Je lui défen-
'r-cnergiqnement le massage ^surtout aux reins et sur l’ab-
"'’ enOe croyant contre-indiqué à cause du trouble des ya-
^“moteurs que je viens de décrire.
Mais oc le décida, à l’établissement, à en subir quatre séan¬
te nui aboutirent à une ménorrhagie 1res profuse qui la gué¬
rit de son imprudence. Les taches de la peau, le tymyianism^e
■ Jwinminal.la surcharge graisseuse de l’abdomen, disparurent
ju^nellement avec ce traitement . Le col utérki perdit lamoi-
riéde son volume ; il n’y avait pas de catarrhe ; et lorsque,
peu de temps après, cette dame se rendit en Angleterre pour
loir ses parents, le professeur Williams, de Londres, lui dit de
seconsidérer comme bien portante. Je fus souvent consulté
depuis par cette personne, qui se porte bien, mais qui n’a pas
eu de grossesse.
En 1894, la dame qui fut l’objet de l’observation pré¬
cédente engagea une de ses amies, propriétaire à deux
keures de chemin de fer de Smyrne, à faire venir la
femme de son jardinier, primipare, dont on attendait
lainement l’accoucbement, afin qu’elle pût me consul-
irr. Voici ce cas, où j’ai pu moi-même constater des
mouvements sur l’abdomen à la vue et à la main.
Obs. III. — Cette femme, âgée d'environ 24 ans, n’a eu, en
dehors de l'incident actuel, ni accouchement ni avortement.
Elle est obèse ; se croit à terme ; cependant ses règles sont
rennes trois ou quatre fois pendant sa grossesse. Trois con¬
frères lui dirent « que les douleurs qu’elle ressent finiront
par ouvrir la matrice, son col étant de ceux qui se dilatent
lentement ». Dans une dernière visite l’un d’eux même pré¬
tendit sentir les doigts dé la main de l’enfant. Mais rien ne
renant, elle quitta définitivement le lit.
Le ventre de cette femme est très gros et uniformément
arrondi. La couche graisseuse est également répartie partout,
même le long des arcades de Fallope ; elle est surtout très
|o'ree, très compacte ; c’est une cuirasse épaisse à la dureté de
laguelle contribue peut-être un épiploon surchargé de
paisse. La patiente affirme que son abdomen offrait les mê¬
mes caractères avant sa grossesse et que celle-ci n’en a pas
jagmenté le volume. A la percussion, et dans diverses situa-
“<">8,9 est presqu3 mat partout. Auscultation négative.
Au toucher, le doigt parvient dilficiienient au col qui est
^londément situé. 11 est normal, entier et mobile ; mais
«1 une mobilité diffuse, et l’insistance pour rnaintenirl'in-
^*81 haut en diminue la sensibilité et la liberté d’action,
^•igré cela, le cul-de-sac postérieur me paraît normal, mais
pas facile d’explorer la paroi postérieure de Tutérus
cependant me semble vide. J’annonçai à cette
Wnne que malgré les difficultés que certainement mes
eues dans l’examen de son cas, difficultés que
expliquai parce que jevenais de les éprouver moi-mê-
gnosp ’'®uais pas pour enceinte. Elle accepta ce dia-
ifi'fml elle me parla » dcmoiivenunts qu'elle éprouvait,
£( et qu'elle a cent fois sentis ni appliquant la main».
(ouy mari me priait d'attendre pour constater ces
jfB^^^uts, j'attendis plus d'une demi-heure, tout en lui
fiu il ne s'agissait pas de mouvements fœtaux. La
HifçQ,® ®e dit que c’était la première fois que ces derniers
A la f ** intervalle avant de se reproduire,
t'éijjt Japons ta tai mouvements et à la vue et à la main :
de ® Pclites secousses, brèves comme des coups de pied
Paro^ paraissaient imprimées à la totalité do la
°ui'qale et dans le sons horizontal. Us n’avaient
feetuj principal comme c'est le cas lorsiiue le pied du
**ilé. £®PP® 6n dedans et brusque la paroi sur un point li-
Ipele J? ®*®ro>nant attentivement, je crus devoir admettre
'Ssi(tgj ’^Phragme n'y participait pas et queces mouvements
les muscles obliques, et plutôt dans ceux du
»elle^ celle observation je fis prendre des non
®cetle femme que je n’avais pas revue depu
13 ans, par l’intermédiaire d’un de ses parents,jardinier
à Smyrne. Elle me fit dire qu’ellen’apas eu de grossesse,
qu'elle a pris sa stérilité en patience: qu’elle se porte
bien et qu’elle a suivi mon conseil de ne pas se livrer à
de multiples traitements en vue d’une grossesse. Jelui
avais en effet déconseillé d’entrer dans la phase destrai-
tementsinlerminables, et ce surtout afin de a ne pas
remplacer une suggestion par une autre », comme le
dit si bien actuellement le professeur Dubois, de Berne,
dans son récent ouvrage (19Ü5) sur les Psychonévroses,
Réflexions. — I. — En général, quand le diagnostic
de fausse grossesse a été posé, les praticiens se con¬
tentent de dire que les moMremeiifs sentis par la femme,
sont dus à l’intestin. Celte insuffisante explication ne
saurait convaincre les affolées de grossesse, il nous sem¬
ble même qu elle peut contribuer à les maintenir dans
leur erreur jusqu’au dixième mois. En effet, en admet¬
tant môme qu’elles prennent parfois pour des mouve¬
ments lents de fœtus les mouvements péristaltiques de
l’intestin, plus souvent elles tiennent pourde vrais coups
de piedsd’enfant les mouvements cloniquesdes muscles
de la paroi abdominale, cardans les deux circonstan¬
ces il y a saccades qui peuvent être vérifiées par l’ap¬
plication de la main sur l'abdomen, ce quene manquent
pas de faire les intéressées, comme elles l’ont réelle¬
ment fait dans nos trois observations. Au médecin d'a¬
nalyser le caractère de ces mouvements s’ils se produi¬
sent en sa présence, ainsique nous l’avons fait dans
notre observation III, ce qui n'a pas peu contribué à
confirmer le diagnostic là où le palper, l’auscultation,
la percussion et même, dirions-nous, le toucher étaient
d’une application si difficile. Il nous semble donc utile
que le praticien ne se montre pas sceptique sur ces mou¬
vements réels qui maintiennent les femmes dans leur
erreur. En leur expliquant bien la nature et le siège de
ces secousses musculaires, on aura plus de chance, de
leur faire admettre qu'elles ne sont pas enceintes, et
de calmer ainsi leur anxiété et l’attente inquiète des fa¬
milles.
II. — Des trois femmes dont on vient de lire les observa¬
tions, aucunen'estrestée enceinte après sa fausse gros¬
sesse. La première est morte cinq ans après d’un néo¬
plasme. Des deux autres, celle de l'observation II seu¬
lement avait besoin d'un traitement qui la guérit effec¬
tivement des signes et symptômes qu’elle présentait.
11 nous semble que l’on est parfois trop enclin à inter¬
venir, môme chez des personnes jeunes etsaincs, lors¬
que la grossesse larde un peu à se produire.
N\)us avons plus d'une fois vu venir la grossesse là
oùnous avions conseillé la patience, cl plus souvent la
stérilitéa persisté malgré une série de traitements di¬
vers échelonnés sur une période de plusieurs années.
En engageant dans ces derniers cas les patientes à ne
pas trop rechercher des traitements, nous amenons au
moins le calme dans leur système nerveux, les affo¬
lées de grossesse étant presque toujours des affolées de
Iraitemenls. N’cst-il pas sage, du reste, de mettre un
terme à la série des interventions, dans les cas surtout
où le mari n'est jamais examiné'.’
III. — Dans certaines erreurs do diagnostic, alors
surtout que l’insuffisance d'examen et l’inattention in¬
terviennent, la sttggestion collective entra coxihbrcs ne
joue-t-elle pasun certain rôle'.’ Nous croyons l'avoir
plus d'une fois constaté dans nos vingt-trois années
de pratique, le premier confrère entraînant les aulresk
son opinion d’autant plus aisément qu’il subit lui-
même la suggestion de la femme et do la famille, très
420
LE PROGRÈS MEDICAL
convaincues de la grossesse. Dans noire observation
II, trois praticiens qui connaissaient le col et la dilata¬
tion grâce une longue expérience, affirmaient qu'il se
dilatait, et cependant en examinantla femme le même
jour je trouvai un col long avec un orifice normal et plu¬
tôt petit. Dans l’observation III, le premier médecin
ayant dit que le travail, quoique très lent, est en marche,
le second croit sentir une main dans le vagin, erreur
par suggestion d'autant plus admissible que l’absence
de toute région fœtale dans l’excavation invitait à l’idée
d'une présentation de l’épaule.
Quittant le terrain de l’obstétrique, nous pouvons ci¬
ter quelques autres erreurs de même origine. Il y a plu¬
sieurs années nous étions quatre confrères auprès d'une
patiente. Celui qui pratiqua le premier le toucher, sen¬
tant sous le canal de Turèthre certains plis du vagin
plus saillants que normalement, se hâta de dire « qu’il
y avait là peut-être bien un chancre «.Un autre confrère,
croyant que le premier indiquait un chancre entre le
clitoris et l’orifice vulvaire, s’empressa de dire « oui
le voilà ! », et le montra même du doigt. Mais il mon¬
trait l’orifice de l’urèthre. Un meilleur éclairage, le ca¬
thétérisme et un examen plus attentif prouva qu’il n’y
avait nulle partd’accident spécifique. Le deuxième con¬
frère avait pourtant de nombreuses fois sondé des fem-
mesdurant sa carrière, et la bonne expérience qu’avait
la premier de la syphilis ne l’empêcha pas de se lais¬
ser suggestionner par le fait, qui lui était connu ainsi
qu’à moi, que le mari de la patiente avait eu jadis la
syphilis.
En 1879, étant externe du professeur Vulpian à la
Charité, soninterne, palpant un malade entré, je pense,
pour une colique de plomb, croit constater un kyste hy¬
datique du foie faisant une petite saillie à l’épigastre à
droite de la ligne médiane ; tous leè élèves du service
constatèrent ce kyste ; quelques-uns même confirmè¬
rent le diagnostic en affirmant avoir senti le frémisse¬
ment hydatique. Le lendemain, je demande à M.Cuffer
s’il ne s’agit plutôt là d’un lobe du muscle droitdo l’ab¬
domen, me basant surtout sur ce faitqu’en faisant con¬
tracter le muscle par l’effort pour s’asseoir conseillé
au malade, la tumeur devenait plus dure et plus sail¬
lante, ce qu’il admit en effet et le fit constater aux
autres élèves.
Le cas suivant ne manque pas d’intérêt. En 1878, on
reçoitàl’hôpital de laPitié, au service de M. Polaillon,
un homme pour fracture des côtes gauches. Personne
n’ayant pu constater la crépitation caractéristique^ M.
Polaillon médit, en s’éloignant du lit, d’appliquer tout
de même la bande de sparadrap. En levant le bras
gfàMc/ie du malade jusqu’au-dessus de sa tête, je sens
se produire la crépitation et j’en parle à M. Polaillon
qui constatele signe, et faitremarquer aux élèves qu’il
ne se produit que pendant l’élévation du bras qui agit
sur les côtes par la tension des muscles. Restéseul auprès
du patient je lève une dernière fois le bras pour ap¬
pliquer la bande, et c’est seulement alors que je re¬
marque non seulement qu'il s’agit d’un bruit sourd
n’ayant pas les caractères delà crépitation osseuse,
mais que ce bruit que l’on entend et que l’on sent en
appliquant la main sur les côtes est un bruit trans¬
mis à distance, dont le foyer serait l’articulation mô¬
me de l’épaule ; il se produirait, chaque fois qu’on
lève le membre supérieur, par échappement de la tête
humérale sous le tendon de la longue portion du biceps,
A la fin de la visite.je fais part à M. Polaillon delà pos¬
sibilité de mon erreur, qui avait agi par suggestion sur
A
mon maître et sur les élèves, et de ma seconde inj^,
prétalion. Il revient auprès du malade, constate ce4
fois que la crépitation n’est pas caractéristique, et
met que le bruit se produit dans l’articulation de 1'^
paule. Les jours suivants, cette dernière manière de
voir fut maintenue.
La suggestion étant toujours de même nature, oi
nous permettra peut-être de citer le cas suivant, coa-
plètement étranger àla médecine, mais contribuant i
corroborer les faits médicaux. Gustave Le Bon, dam
Psychologie des foules (1903, page 31), rappelle lecasde
la frégate la BeZZe-PowZe croisant en mer pour retrout#
la corvette le Berceau dont elle avait été séparée pai
un orage. L’attente de l’objet produisit d’abord 1«.
reur dans l’esprit de la vigie qui signale au loin unt
embarcation désemparée. Instantanément, tout le mon¬
de à bord aperçoit un radeau chargé d’hommes ten¬
dant les bras, et remorqué par des embarcations sm
lesquelles flottent des signaux de détresse. On s’ydi-
rige et on arrive hâtivement : c’étaient quelques bm-
chesd’arbres couvertes defeuilles, arrachées à la cftt»
voisine. On nous excusera peut-être de celte digres^
sion sur un domaine si étranger à notre sujet. Nous M
l’avons faite que pour mieux faire ressortir lapartqan
prend la suggestion dans les erreurs humaines en go-
néral, part que nous croyons très importante en méde
cine et surtout en obstétrique, plus parliculièremat
encore dans les cas de fausses grossesses.
IV. — Quoique la palpation repose « sur des principes
précis » comme le dit le professeur Pinard dans son traité
du Palper aôcfomma^ (1889, page 115), il est cependail
un certain nombre de ventres sur lesquels cette remar¬
quable méthode ne peut aisément donner tous leseé-
sultals désirables. Ces abdomens à palpation très diffi¬
cile sont assez nombreux en Orient.
Les confitures, les farineux et surtout la vie casaniè*
dont on commence à revenir un peu dans certaines
villes ie l’empire ottoman, rendent obèses en ce pa?
tant de femmes que le palper gynécologique et obsr
trical trouve un champ fertile pour s’exercer, qoa®
on le veut, aux difficultés de ce moyen d’investigatm®;
Pour mettre plus d’ordre dans mes idées, j’ai '»'*■
les ventres obèses d’Orient en deux catégories : 1 ^
ventres obèses flasques et 2“ les ventres obèses 1®“®^
ou en cr<irasse. La flaccidité des premiers est "
seulement à ce que la couche graisseuse est peu c
pacte, on le sait, et qu’elle glisse sur la paroi musem ^
mais aussi è ce que cette dernière participe au rela®
ment général grâce à sa faible tonicité. -
Quant aux ventres en cuirasse, ils ont, d’une
re exagérée, les qualités contraires des précédents
che graisseuse très serrée, très compacte, une
cuirasse, ne glissant pas, ou à peine, sur
che sous-jacente à laquelle elle semble j^for
par conséquent ne permettant d’aucune uianière
malion d’un pli. Ensuite couche musculaire
très tendue, soit à cause d’une tqnicité .^uots I*
soit pareequ’à celle-ci s’ajoute de dedans en de
poussée d’une masse épiplo'ique surchargée de
et contribuant àrendre ces abdomens presque ® j,f-
tempnt mats à la percussion. C’est dans
très tendus que j’ai presque loujoui-s constate
bilité très relative, très diffuse de l'utérus, cequ*
tribue pas peu aux difficultés du diagnostic. _ gy-e®'**
Ce sont les parois des ventres flasques
années et les grossesses, tombent sur le P®*!”®
merle tablier classique, et c’est plus particu '
'W
LE PROGRÈS MÉDICAL
421
h Z ces femmes, inutile de le dire, que l’on rencontre
1 nloses viscérales. Si les accoucheurs, en palpant
1 - venttes flasques peuvent déjeter au-dessus des
Lx mains un large pli de la paroi pour explorer
-Ion les règles la cavité abdominale et même pion-
fer dans le iielit bassin, les ventres en cuirasse
^'opposent le plus souvent radicalement à celte ex-
«loration. Les qualités anatomiques de ces abdomens
Sont nous avons parlé plus haut rendent parfaite-
jient compte de ce résultat négatif. Les trois obser¬
vations, choisies parmi tant d'autres et publiées dans
eet article concernaient des nullipares Dans l’observa¬
tion II, la palpation n’étant pas trop difficile, le diagnos¬
tic en a largement bénéficié. Dans les observations I
et III, mais surtout dans cette dernière, la tension,
combinée à l’épaisseur, à l’état compact et à l’immobi¬
lité des parois, faisaient de celles-ci une cuirasse telle¬
ment résistante que la palpation était réduite pres¬
se à néant. Ce qui n’a pas empêché, pourtant, le
[èagnostic défaussé grossesse de se faire. Ce ne sont,
frtes, pas ces parois compactes et tendues quipermet-
,fcont jamais ces déformations abdominales locales, ces
^udo-lympanites, « tumeurs fantômes » de Lawson-
pait,qui disparaissent sous le chloroforme pour reparaî-
[Ire au réveil, et qui en imposent parfois pour une gros-
’iesse avant terme ; tel le cas remarquable cité et figuré
par Spencer "Wells dans Tumeurs cMominales
tlB86), tel aussi le cas du professeur Potain cité par
Hernheim dans Hyipnotisme et suggestion (1903,
pageSOS) où la fausse tumeur de l’hypochondre droit et
« l’épigastre, prise pour un kyste hydatique, avait
attiré deux foisla pointe du trocart.
NARCYL GRÉMY médicament spécifl-
îûede la toux, spécialement de la toux des tu-
•lerculeux.
bulletin du progrès médical
L’Epilepsie de Napoléon.
.■''*Poléon était-il épileptique? C’est un problème que
^ crche à résoudre M. le D‘' Cabanès dans une 3‘' série
^ Indiscrétions de V Histoire (1).
monde sait avec quelle sagacité notre érudit
^ 6re de la Chronique médicale sait examiner les
uments ayant trait aux problèmes médico-histo-
ïe r* monde connaît la sûreté de son juge-
> la conscience de sa critique dans ces délicates
arches rétrospectives de la vérité ; aussi, est-ce
8^''^cc le plus grand intérêt qu’on lit, dans cha-
as nouveaux ouvrages de ce travailleur acharné,
sçjI obscurs de l’histoire qu’un médecin peut
année, après avoir abordé plusieurs
^rat***^* médico-historiques : le poison donné à
®*lad'^' alo 1^ mort du Grand Alexandre, la
lioa de Calvin, etc., il pose et traite la ques-
iftetjy '^Poléon était-il épileptique ? Nous nous per-
^ïiîrlyser ce chapitre avec quelques détails,
léajj , ^ nombreuses femmes pour lesquelles Napo-
caprice momentané, car, avec lui, on
Indiscrétions de V Histoire,Z' série, 14 gravures
lAlbin Miehel, édit., Paris, 1906).
ne saurait guère parler d’amour, la tragédienne,
M"' George, tint une place à part. Le premier Consul
l’aurait, brusquement selon son habitude, enlevée à son
frère, Lucien Bonaparte, qui lui faisait la cour. Ce
serait M“'’ George qui, ayant été témoin d’une crise con¬
vulsive, aurait divulgué l’épilepsie dont Bonaparte
subissait secrètement les attaques. Mais, si M"® George
était une impériale beauté, dont Gérard a fixé les traits
dans un beau portrait que M. Cabanès reproduit en
gravure, elle n’avait aucune autorité médicale pour
poser un diagnostic aussi délicat. Il faut donc d'autres
renseignements pour élucider le problème.
M. Cabanès, qui a consulté les travaux peu connus
en France de Andrews (in The Journal^ Chicago,
22 déc. 1895 et 4 avril 1896) et de Cesare Lombroso (in
Deutsche Revue, janv. 1898), passe en revue les acci¬
dents qui paraissent plaider en faveur de l’épilepsie.
M. de Norvins, le comte de Ségur, notent, qu’à
l’école de Brienne, une punition, une simple répri¬
mande, déterminaient chez le jeune Bonaparte des
troubles nerveux inquiétants (vomissement subit, vio¬
lente attaque de nerfs). M‘"® de Rémusat raconte une
crise dont Joséphine et le général Bapp auraient été
les témoins, en 1804, à Mayence. Talleyrand aurait
assisté à un autre accident semblable avec le comte de
Rémusat, à Strasbourg. D’autre part. Constant, vqlet
de chambre de Napoléon, nie ces troubles nerveux, et
les six médecins qui ont publié des observations sur
l’Empereur restent muets à ce sujet.
Lombroso examine la question en psychiatre expert
et consigne, dans les anamnestiques héréditaires de
Bonaparte ; l’alcoolisme et le manque de sens moral
de son père, l’impudicité et l’hystérie de ses sœurs, en
particulier de Pauline, l’ambition de sa mère; il signale
les stigmates physiques suivants chez Napoléon :
manque de proportion des membres et du tronc, pro¬
gnathisme lémurien, saillie de l’os malaire, grandeur
des orbites, voussure du dos, etc.
L'Empereur aurait été, en outre, d’une sensibilité
très grande au froid et aux changements atmosphé¬
riques. Il souffrait souvent d’une céphalalgie unilaté¬
rale, paraissait être sujet à des illusions sinon des
hallucinations de l’ouïe. Il avait des tics du bras, de
l’épaule droite et des lèvres. Ajoutons à cela une irrita¬
bilité excessive, qui le portait à des actes de violences
intempestifs et le rendait inabordable. Chaptal ra¬
conte qu’il avait la rage de la destruction, qu’il cou¬
pait le bras de son fauteuil, ou la fable devant laquelle
il était assis, à coups de canifs, pendant les Conseils,
qu’il brisait les objets qu’on lui présentait, pinçait
les enfants en les caressant, prenait plaisir à saccager
les serres et à tuer à coups de carabine les oiseaux rares
dont Joséphine avait peuplé la Malmaison. Le moindre
obstacle à ses désirs le mettait dans un état de fureur
paroxystique. Corvisart lui aurait donné des soins,
pendant le Consulat, pour up eczéma consécutif à la
gale, et le bruit a couru qu’on lui aurait fait contracter
la gale pour le guérir de son épilepsie selon une mé¬
thode de traitement admise à cette époque, même par
des médecins distingués.
Le pouls de Napoléonétait tout particulièrement lent
LE PROGRÈS MÉDICAL
' normalement 30 à 35, ne dépasssant jamais 50 à 55),
et cette lenteur est un phénomène ordinaire chez les
épileptiques. Napoléon était encore sujet à des pé¬
riodes dedépression excessive, allant jusqu’à lasyncope.
On a voulu faire de lui un hystérique (Corre et Lau¬
rent, Félix Régnault j; Huchard,avec raison. fait remar-
<{uer que le manque de volonté, l'irrésolution des hys¬
tériques, n'étaient guère le fait de ce conquérant. On ne
saurait le doter d’un égoïsme excessif. Maintes fois il
a donné des preuves de pitié et nombreuses sont les
personnes auxquelles il a témoigné un réel intérêt et
une véritable sympathie.
De toutes ces constatations, que conclure ? M. Ca¬
banes est, certes, loin de fair« du cas de Napoléon
un type clinique parfait de la névrose épileptique
mais il incline, sans être trop affirmatif, à considérer
ses troubles nerveux et son état mental comme rele¬
vant du mal comitial.
Fou, certes, on ne peut le qualifier de la sorte. Mais
son ambition démesurée amenait une rupture d'équi¬
libre dans ses facultés intellectuelles et il parait lui-
même s’être rendu le mieux compte de son état en
disant,» J’ai couché dans le lit des rois et j'y ai con-
» tracté une terrible. maladie ». J. Noir.
L. eau oxygénée chimiquement pure et neutre ne peut
être obtenue cpi'en diluant le
PERHYDROL-MERCK, titré à 100 voi.
SOCIÉTÉS SAVANTES
ACADÉMIE DES SCIENCES.
Séance dn 20 juin 1906. .
Sur l’indication de la voie dû/estive pour la vaccination anli-
tubercukuse des jeunes ruminants.
’M. S. Arloing donne le résultat de ses expériences sur la
vaccination antituberculeuse :
Quatorze chevreaux à la mamelle ont reçu par voie diges¬
tive des bacilles tuberculeux d’origines diverses it. humaine,
bovine, équine, aviaire), dont la virulence avait été préalable¬
ment expérimentée sur le cobaye ou le lapin, parfois sur des
caprins. Le nombre des ingestions a été de 5, échelonnées sur
un espace d’un mois.
Sept mois et demi après ta première ingestion, le pouvoir
agglutinant du sérum sanguin des animaux en expérience,
nul au début, atteignait de 1 5 à 1 15. et l'épreuve delà tuber-
line donnait des réactions variant de O"? à ?'>i. Or, les ani¬
maux ayant été sacrifiés, ce n’est que dans un très petit
nombre de cas que l’autopsie et l’examen histologique des
organes ont révélé l’existence de lésions tuberculeuses :
encore celles-ci n’étaient-elles considérables que chez un seul
animal.
< )n peut déduire de ces faits (jue l’organisme des jeunes
chevreaux se défend efficacement contre l’infection intesti¬
nale par les diverses variétés de bacilles tuberculeux, et que,
par suite, la voie digestive s’offre à nous pour produire, chez
les tout jeunes ruminants, l’immunisation à 1 égard de ces
micrf)bes. Ils prouvent en outre (juc la réaction à la tuber¬
culine et le pouvoir agglutinant du sang révèlent avant tout
l’infection tuberculeuse, puisque ces deux procédés donnent
des résultats positifs dans des cas où ni à l’aul nu, ni sous le
microscope.on ne trouve de lésions certaines de tuberculose.
Sur le traitement scrothérapique de la tuberculose pulmonaire .
MM. L.vnnelongue, Achard et Gau.lard ont extrait du ba¬
cille de Koch une antitoxine efficace contre la tuberenk "
pulmonaire expérimentale du cobaye, animal qui offr^
l’égard de la tuberculose humaine des réactions comparahù
a celles de l’homme lui-même.
Les auteurs relatent deux nouvelles expériences avisK
porté, l’une sur é lots de 30. et 1 autre sur 4 lots de 5ü de ces
animaux.
Dans la première expérience, tous les cobayes re(;nrent en
même temps dans le poumon une même dose de cultnre
virulente; le premier lot servit de témoin, le deuxième fm
traité par le sérum d’âne normal, le troisième par du sérna
d’àne présumé antituberculeux; enfin ce dernier sérum avaii
été appliqué a titre préventif au quatrième lot.
La mortalité s’élevait, trois cent soixante et onze jours aptà
l'inoculation, à 1)0 % pour les témoins et, respectivement,»
87.40 et 60 " .. pour les trois derniers lots. L’efficacité du trai¬
tement préventif et surtout curatif s’âccusait donc nettement
Dans la deuxième expérience, les auteurs ont cherchéàéla-
blir les propriétés thérapeuiiques d’un sérum de cheval pré
sumé antituberculeux.
Tous les animaux, dont le premier lot servit encore de
témoin, furent aussi inoculés simultanément et avec la
même dose de virus. Les deux derniers lots avaient reçu a«
préalable un traitement préventif ayant consisté en injeçtiou
de sérum antituberculeux puis de toxine,et enfin, mais pou»
le quatrième lot seulement, de bacilles morts.
Après seize mois et demi, la mortalité s’élevait à 78 0/9 pour
les témoins et respectivement à 40, 55, 48 0 0 pour les trois
groupes soumis à la sérothérapie. Au bout de vingt mois et
demi, terme de l’expérience, cette mortalité s’élevait à 97, 76,
75 et 7.'! 0, 0.
Là encore, le résultat favorable du traitement s’accuse très
nettement ; mais on remarquera que,tout au moins au débof
le traitement préventif par la toxine et les bacilles morts a été
plutôt nuisible et s est traduit par une augmentation de h
mortalité.
Tous les animaux furent autopsiés. C'est chez les témoins
que l’on constata, le plus fréquemment, la généralisation de
lésions et, le plus rarement, l’absence de toute lésion mados-
copique. Ces lésions furent plus souvent localisées au fhora
chez les animaux traités, àlais il est à remarquer quecemodf
de classification des réactions organiques est incertain, en «
qu’oir-ne tient compte ni des altérations microscopique
parfois isolées, ni des phénomènes de régression possible ; *
plus, les lésions localisées ne sont pas forcément les pl*
légères. ^
C’est l’examen des courbes de mortalité qui donne ridée»
plus exacte de la marche de la tuberculose dans ces expé¬
riences. Celles-ci ne doivent pas être prolongées
ment, la durée normale de la vie des cobayes dans le laW
toire étant assez courte.
Etude sur la transmissibilité de la tuberculose
pur t'a caséine alimentaire.
M. M. Guhdras démontre par des expériences que b»
extraite, par les procédés industriels, du lait de vaches lii
culeuses, peut servir de v(*hicule aux germes ùibercm ^
Or, il existe, dans le commerce, sous les noms les f^jli
un grand nombre d’aliments destinés aux enfants, j
base est constituée par la cast'-ine du lait. 11
la protection de la santé publiijne que l’on n emploi®’
préparation de ces produits alimentaires, que du lait®’^
de tout germe tuberculeux.
Idenlification des trypanosomes pathogènes ; essais de
diagnostic. ^ ^
MM. A. Lavf.ran et II. .Mesnii, ont constaté qn®
d un animal qui a acquis l’immunité contre un jjê-
se montre actif quand on l’emploie à dose suffis®*^*® co#"
lange avec le sang contenant ce trypanosome, inach
traire, quand on faitjle même essai avec d’autres
mes. Et c’est ainsi que cette méthode, malgré ^
auxquelles se heurte son application pratique
l’activité des sérums, etc.), a permis de voir fiu® î® . jj'aBl*®
some de Mia-Trang est différent de celui de TInde ,
LE PROGRÈS MEDICAL
423
t aue le virus de ïogo.de M. Schilling,n’est pas le nagana,
aue celui de M. Martini n’est ni le nagana, ni le surra.
' Us auteurs ont employé, pour ces essais de sérodiagnostic,
. gérums de trois chèvres guéries, la première, du nagana
Hn Zoulouland, la seconde du même nagana, puis du surra
Hirus indien), la troisième du surra de Maurice, puis de la
tnpanosomiase équine de Nha-Trang.
^ des éléments cellulaires dans la transformation de certains
hydrates de carbone par le suc intestinal.
MM- H- IMkrry et A. Froin. - On admet en général que
le suc intestinal peut hydrolyser et dédoubler l’amidon, le
jnltose et le saccharose ; mais si l’on a soin de se metfre à
l’abri de tout traumatisme, comme ont fait les auteurs pour
dffi animaux porteurs de fistules permanentes de Thiry, on
peut recueillir un suc limpide qui, même si on l’acidifie, ne
dédouble que le maltose, à l’exclusion flu saccharose et de
ramidon ; c’est le suc physiologique, celui cjui s’écoule dans
les premières heures après le repas ; plus tard, il s’y mêle de
nombreux éléments cellulaires et le suc acquiert la propriété
que possède aussi la macération intestinale, de dédoubler en
même temps l’amidon et le saccharose.
Celte dernière propriété est liée à la présence de chlorures
et n’existe plus après dialyse dans la macération faite avec
Tean distillée : mais il suffit, pour la rétablir, d’ajouter à cette
Ihncération dialysée de pe.'ites quantités de chlorure de so¬
dium, de potassium ou de calcium. Aime Phisai.ix.
ACADÉMIE DE AIÉDECINE
Séance du 3 juillet.
La typhlo-colüe.
M. Hcjchard montre que le point douloureux de l'appen-
•licite peut occuper l’épigastre. On croit alors soit à une dys¬
pepsie hyperchlorhydrique, soit à de 1 hypocondrie.
M- Huchard discute les rapports entre l’appendicite et la
typhlo-colite. 11 montre que les divergences d’opinions s’ex¬
pliquent par le fait qu’il y a deux variétés de typhlo-colite. La
première bien décrite par Blondel, est un simple spasme avec
bonble sécrétoire sans inflammation ni infection. La seconde
«I au contraire inflammatoire et infectieuse. Celle-ci seule-
Jjsnt peut s’accompagner d’appendicite par extension de
tiniection.
M. R. Bi.ANCH.xM) insiste sur le rôle important des vers in-
^unaux : ascarides, oxyures, tricocéphales, dans l’étiologie
® J appendicite.
vers sont loin d’être inoflensifs. Ils déterminent des
^ons de la muqueuse, graves en elles-mêmes et graves
wt irritation des filets nerveux.
ans trois cas fort intéressants d’appendicite à répétition
^erves par M. Metchnikoff, l’administration d’antihel-
ques amena la guérison des accidents. Certains cas d’é-
qj soit familiales, soit estivales d appendicite, s’expli-
M i.) *^^^00 par ce rôle des parasites intestinaux.
•’êpa termine en insistant sur la prophylaxie : 1”
l’eriiploi de l’engrais humain devraient être sur-
et interdits, au moins pour les légumes et fruits desti-
Rantt consommés crus ; 2° les parasites de ce genre
'*‘arro<w boisson et surtout les eaux
de puits, il y a lieu d’éviter l’emploi des eaux
dicite'î^^f® il y a lieu de soumettre tous les cas d’api>en-
pluj f traitement antihelminthique. Comme il s’agit le
qnç t^^R’^ooiment du tricocéphale.il faut recourir au thymol
Lajj- ®’^taots supportent aussi bien que les adultes.
close après ces deux importantes com-
ÿ l’éyénération des nerfs sectionnés.
**ontrele*”^f ‘^‘^tte régénération. 11
Ces '1 • certaines cellules particulières du tissu ner-
rompi' suture, iiermettent une régénéra-
présente un appareil destiné i
Le dosage du chloroforme.
Elections.
M. le D'' é’erhand A\ iDAi. est élu membre de la section d’hy
' giène à la belle majorité de 67 v.iix sur 80 votants.
A.-E. Pmcquk.
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE.
Séance du 16 juin 1906.
Kyste hydatique du poumon.
M. l’uFFiER fait un rapport sur deux cas opérés par Al.
Lau.nay. Le premier concerne un malade chez lequel on dia¬
gnostiqua une pleurésie de la base du poumon droit de na¬
ture tuberculeuse. La thoracentèse ayant montré qu’il s’agis¬
sait d’un kyste hydatique, on réséqua deux côtes et on ouvrit
le kyste. Guérison rapide, mais il y eut une fistule bronchique
secondaire qui persista longtemps.
Chez le deuxième malade, on fit la même erreur de diagnos¬
tic , la guérison après l’opération survint en deux mois.
M. Tuflier ajoute aux deux cas de AL Launay un cas person¬
nel. Ici encore on fit le diagnostic de pleurésie . La ponction
permit de retirer 150Ü gr. de li«iuide eau de roche ; séance
tenante, on injecta dans la poche 60 gr. de liqueur de \an
Suieten, ce qui provoqua une dyspnée très intense. Quelque
temps après on fit une deuxième ponction qui montra un li¬
quide purulent ; on intervint alors plus largement en résé¬
quant des côtes et en ouvrant la poche. Guérison avec persis¬
tance, longtemps après l’opération, d’une fistule bronchique
secondaire.
-iblation totale du vagin pour épithèlioma du moignon cervical.
AI. Faure fait un rapport sur une observation intéressante
de AI. Pierre Duvau. 11 s’agit d’une malade qui avait subi une
hystérectomie supra-vaginale pour fibrome ; quelque temps
après, la malade revint avec une dégénérescence cancéreuse
du col. Pour extirper le col et la paroi vaginale infiltrée,
M. Duval eut recours à l’opération suivante : dans un pre-
miertemps, il incisa le vagin à la vulve, le décolla le plus
haut possible, puis le ferma eri bourse. Dans la même séance,
il fit une laparotomie, dégagea de haut en bas col et vagin et
enleva le tout comme une cavité septique close.
M. Duval s'est demandé si cette façon d’agir ne pourrait
s’appliquer utilement à toute hystérectomie pour cancer de
l’utérus afin d’assurer l’asepsie complète de tout le champ
opératoire. M. Faure a mis en pratique ce procédé dans qua¬
tre cas d’hystérectomie pour cancer et y a trouvé un avantage
considérable : grâce à la dissection du vagin, au premier
temps de l’opération, l’utérus se laisse facilement élever de 4
à 5 centimètres, ce qui facilite considérablement l’opération
abdominale et particulièrement la dissection péri-cervicale et
celle des uretères.
AI. \\ ALTHËR, AI. AIonprofit, Ont plusieurs fois employé
cette méthode combinée et s'en sont très bien trouvé.
Al Lejars pense que ce qui fixe l’utérus et empêche son as¬
cension ce sont avant tout les pieds des ligaments larges ; ce
sont eux qu’il faut sectionner pour faire suhir à l’utérùs une
ascension.
Séance du 20 juin 1906.
Sur la jéjunostomie.
M . Lejars a pratiqué cette opération dans cinq cas de can¬
cer de l’estomac et dans trois cas de gastrite ulcéreuse. Deux
de ces derniers malades avaient des vomissements continus
depuis de longs mois et de temps à autre des hématémèses.
Après la jéjunostomie, la guérison survint chez l’un au bout
de 5 mois, chez l’autre huit mois après l’opération. La fistule
resta parfaitement continente pendant tout ce temps. Chez le
troisième malade, l’amélioration après la jéjunostomie fut de
courte durée ; le malade recommença à maigrir et M. Lejars
dut lui taire ultérieurement une gastro-entérostomie, fjuatre
semaines après cette deuxième opération, le malade succomba
et à l’autopsie on trouva un estomac très épaissi et ulcéré ; il
s agissait vraisemblablement de gastrite alcoolique.
M. Quénu a pratiqué la jéjunostomie chez un homme at¬
teint de gastrite ulcéreuse et chez lequel il avait fait antérieu¬
rement deux gastrostomies, à trois ans d’intervalle. Bien que
424
LE PROGRÈS MÉDICAL
la fistule n’ait jamais été continente et que le malade ait con¬
tinué à s’alimenter par la bouche, le malade n’a plus soulïert
depuis la troisième intervention.
Sténose du ■pylore par brûlure.
M. Tüffier fait un rapport sur une observation de M. Robi¬
neau. L n jeune homme fut pris.six semaines après avoir ava¬
lé, par mégarde,de l’acide chlorhydrique, de vomissements
abondants qui survenaient tous les deux- jours et résistaient à
toute médication : Après avoir vidé l’estomac, M. Robineau
fit une laparatomie et trouva la région pylorique indurée et
adhérente. 11 fit une gastro entérostomie postérieure transmé¬
socolique ; le résultat fut parlait, l’état du malade est actuel¬
lement excellent, les vomissements ont complètement dispa¬
ru. M. Tuilier qui a observé deux cas semblables attiré l’at¬
tention sur les deux points suivants : 1“ la localisation des
lésions au niveau du pylore alors que les voies digestives su¬
périeures restent indemnes, et 2" la longue évolution du rétré¬
cissement qui, en moyenne,s’installe au bout de 7 semaines à
peu près.
Pcricolite adhesive slénosunte.
M. PoTHERAT relate le cas de deux femmes souffrant dans
le flanc droit, constipées, et chez lesquelles la palpation per¬
mit de constater une tumeur allongée dans le sens vertical,
dure, bosselée et très sonore à la percussion. Dans les deux
cas, la laparotomie et lalibératioii desadhérences péricoliques
ont donné un excellent résultat.
Séance du 27 juin lOOG.
l’éricolile adhésicc.
M. Sieur, à propos de la communication de M. Potherat
sur la péricolite adhésive (voir séance du 20 juini, relate le
cas d’un jeune soldat chez lequel une péritonite chronique
scléro-libreuse, adhésive, consécutiveà une entérite-chronique,
avait déterminé une occlusion par étranglement de l'angle
doudénojéjunal.
M. Sieur laparotomisa le malade et libérales adhérences qui-
étranglaient l’angle duodéno-jéjunal ; les jours suivants, le
duodénum se perfora sur plusieurs points et le malade suc¬
comba le 8® jour.
Sténose pylorique consécutive à L' ingestion d'un liquide
caustique.
M. Quknü à propos de la communication de M. Tuffier iv.
séance du 20 juin 190G) rapporte un cas de sténose pylorique
survenu quelque temps après l’ingestion d’une solution
concentrée d'acide chlorhydrique. Six semaines après
l'accident, M. Quénu voulut lui faire une gastro-enté¬
rostomie lorsque, dès le début de l'opération, le malade suc¬
comba par syncopecardiaquechloroformique. L’autopsie ré¬
véla l’existence d’une sténose pylorique si accentuée que l’o¬
rifice laissait à peine passer un stylet métallique. I
Voloulus du cæcum.
.M. (^)uÉNu. — Un jeune homme de 20 ans avait présentéplu-
sieurs crises abdominales, douloureuses, diagnostiquées ap¬
pendicite. M. Quénu l’opéra après refroidissement complet
d'une de ces crises. Incision de Jalaguier : ni le ciucum ni
l’appendice ne se trouvent dans la fosse iliaque droite qui
est absolument vide. M. Quénu finit parles trouver dans l’hy-
pochondre gauche sous la rate où ils sont maintenus par des
adhérences. L’appendice fut réséqué ; leca-cum attiré, dans la
fosse iliaque droite, est fixé là par quelques points de suture.
Mort au bout de quelques jours. A l’autopsieon conslataune
coudure à angle droit du cæcum sur le côlon ascendant et de
nombreuses ulcérations superficielles de la muqueusecœcale.
Kystes hydatiques du foie.
àl. Routier présente deux malades chez lesquels il fit l'in¬
cision des kystes, suivie de suture sans drainage.
Cancerde PS iliaque, résection, anastomose termin-o-laléralc;
guérison.
M. Michaux présente la pièce enlevée.
Kleclion. Au cours de cette séance, M. Thiéry a été nommé
membre titulaire. Catz.
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX 1
Séance du W juin. j
Cas de blastomycose. j
MM. IIuDELo, R. Duval et Lœdkrich ont observé ce cj».^
femme de 35 ans, parfumeuse, entra à St-Louis pourgomj
ulcérée du tibia et des abcès multiples. Le début remony
deux mois avec nodule, douleurs lancinantes et pousséesd
briles ; d’autres nodules se montrèrent à Thypogastre et d«3
la région pariétale gauche. Le nodule du tibia grandit,
céra et présenta les caractères d’une gomme tubercul^
Pas d'adénopathies. La gomme du tibia fut curetée et 1^
men d’une parcelle du bord ulcéré montra un tissu tontJ
fait spécial : cellules géantes creusées de nombreux vacuny
(jui renferment des corps arrondis, colorables par le Gram.
L’ensemencement montra qu’il s’agissait d’une, levure b
culture pure à l’exclusion de tout autre microbe. Diffère*
nouveaux abcès survenus sont incisés et guérissent lentement
d'autres se résorbent. Le traitement ioduré institué paia
avoir amené la guérison. La levure cultive sur tous les mi-i
lieux, mais surtout sur les milieux sucrés et ne se présent
(jue sous la forme cellulaire sans filaments. Pathogène pour
la souris, le chat et lecobaye nouveau-né, elle neTestquepeji
pour les animaux plus forts : chien, lapin, cobaye adulte. Le]
diagnostic différentiel de cette blastomycose est surtout à faiiJ
avec la tuberculose et la syphilis, et cela bactériologiquemealj
puisque le diagnostic clinique est impossible.
Anémie splénique. Hypertrophie myéloïde de la rate.
Hémosikérnse viscérale.
M. Gaudy et B. Legueui.e rapportent l’observation d'un
homme atteint de splénomégalie notable, de crises splénalgi-
ques, d'Iiypertrophie hépatique, d’affaiblissement gradunl
d’anémie grave et progressive sans hypertrophie ganglionnai»
et sans hémorrhagies. Examen hématologique; diminutiondi
chiffre globulaire, poi’kilocytose, myélémie. Evolution en 1®
mois, mort dans le marasme. A l'autopsie, rate grosa
il kil. 160) avec hypertrophie simple, hyperplasie myéloïd*
très nette ; moelle sternale en pleine activité ; foie hypef'
trophié, surchargé comme les ganglions lymphatiques abdo¬
minaux et le panebéas de pigment ferrique. En somme, ane
mie splénique voisine de l’anémie pernicieuse et delà leuce-
mie myélogène. Deux jirocessus simultanés de régénérati»
sanguine et d’hémolyse.
Formes diverses de Punémie dans la tuberculose chroniqttt-
àl. Lxbbé est d’avis que, pour apprécier l'anémie des lu^f
ciileux, il faut tenir compte à la fols de la Ajuantité tolaledo
sang et de la proportion des éléments dans le sang. Dapr^
l’examen hématométrique, la pression vasculaire et la colo
lion des téguments, il distingue trois formes d’anémie, ca
les bacillaires :
1 0 Anémie avec oebroder mie, commune chez
leux fébriles : pâleur de la peau, abaissement du nombre
hématies et de la quantité d’hémoglobine, diminution o®
la valeur globulaire et faiblesse de la tension artérielle-
anémie est due à la diminution de la masse sanguine et*
destruction globulaire.
2" Anémie sans ochrodermie, chez les lubereuleux
tiques : Hématies diminuées, hémoglobine abaissée,
globulaire élevée, pression artérielle lorte. Masse sangui
diminuée, destruction globulaire minime. ,^^0.
3° L’ochrodermie sans anémie est rare et due à une
trition lente. Aombre des hématies, hémoglobine et ' .
globulaire normaux. Teint pâle, pression artérielle ana ■
oligémie avec composition normale du sang.
Purpura myéloïde. .
M. Lenobi.e (Brest) apporte une observation de Pj ^li
hémorrhagique sans globules rouges à noyaux, -gosen'
l'encontre de la théorie de Labbé et Ameuille, qn/
qne la réaction myélo'ide est fonction d’un état heffl
pare.
Anémies pernicieuses, considérées comme
avec rechute mortelle. . ^qui,
M. Uhauffari) a observé deux cas d'anémie perniei®®
LE PROGRÈS MÉDICAL
425
après guérison clinique et histologique, ont rechuté sans que
le traitement, heureux au début, ait donné aucun résultat. Il
semble donc que les guérisons apparentes dans cette maladie
ne sont que des trêves, des temps d'arrêt.
\[. Ménétrier rapporte un fait semblable. Pour lui, paro¬
xysmes et arrêts sont fréquents dans cette maladie.
M. V.mcKz ajoute que la guérison apparente est ordinaire¬
ment d'une durée de 5 à (S mois.
M. Labbé a réussi à arrêter l'évolulion de la maladie chez
une dame de 70 ans. ancienne syphilitique, par un traiteniènl
mixte. .Vu bout d'un certain temps, la médecine demeura
sans effets et la malade succomba. Friedel.
SOCIÉTÉ DE MÉDECINE LÉGALE
M. Yvon fait une communication sur la question de savoir
ii la sxippression dans une nouvelle édition du Codex de médica¬
ments inscrits dans la précédente supprime pour ces médicaments
l’existence lé(jale et les fait rentrer dans la catégorie des remèdes
secrets ?
Une commission est nommée par la Société pour résoudre
celte question.
M. Simon rend compte des principaux travaux concernant
la médecine légale qui ont été publiés au Congrès de Lisbonne.
Nous passerons en revue quelques-uns des points de ce
compte-rendu .
ai Epilepsie. Stanley .\tkinson (Londres) soulève la ques¬
tion de la mort par accident au cours d’une attaque et de la
conduite, dans ces cas, des compagnies d’assurances. Mme
llanriot (Chicago) fait remarquer combien l'épileptique est
suggestible pendant les périodes d’obnubilation.
Il peut alors signer des documents légaux, dont la valeur
doit être déclarée nulle.
b) Attentat aux mœurs. .Ydriano e Lopes (Co'imbre) étudie
les signes delà virginité et de la défloration dans leurs rap¬
ports avec la médecine légale. C'est une revue générale très
complète.
0 Mort par submersion. Le même auteur montre que la
mort par submersion n’a pas toujours lieu par asphyxie :
dans 40 « odes cas environ il s’agirait d'une syncope ou d’une
congestion encéphalique.
d) Examen mental des détenus. Pactet (Villejuif) rappelle
combien nombreux sont les aliénés parmi la population des
prisons. D’après lui, on pourrait les évaluer à ô ou ti % . 11 ex¬
pose comment la Belgique avait su réaliser la réforme propre
aeviter les inconvénients multiples d’une telle situation et
U réclame la création dans toutes les prisons d’un service
dun examen psychiatrique. Celte proposition est adoptée
comme vœu par le Congrès.
M- Dabout entretient la Société des sévices exercés sur les
^niants. Se basant sur plusieurs observations personnelles
I passe en revue les principaux signes qui peuvent avoir une
^oiportance médico-légale. Il n’a pas rencontré, chez les pa-
j. , s coupables de sévices, de cas d’aliénation mentale, mais
^agissait très fréquemment d’alcooliques.
propos de l’affaire Canaby plaidée récemment
p^™^®ux, soulève la question de l’attitude de l’expert au
xue du secret professionnel. Une commission est
egee d’étudier ce point.
H.ai.berstadt.
^ClÉTÉ DE MÉDECINE BUBLIOUE ET DE GÉNIE
SANITVIKE
^eancgdu juin 1906. Présidence de M. Bonnier.
Epuration biologique des eaux d'égout.
'blés r lit un long travail tendant à réfuter les criti-
*®giaif' a à son système d épuration bio-
déci^e H d'égout. Ce dernier étant absent, la Société
cetrjvafj séance ultérieure la discussion de
Pour insiste toutefois auprès de M. le Président
Calnjeu 'me rectification à l'une des assertions de VI.
ïit en V? .' dernier a déclaré que la Ville de Paris déver-
^'etne la moitié de ses eaux d’égout. Or, en 1905, l’an¬
née la plus rapprochée, celte proportion est réduite à 15 %
des 535. UOü mètres cubes circulant par jour dans les égouts.
Cette rectification était indispensable à cause de la notoriété
de M. Cai.mette dans les questions d'hygiène, VL Bechmann
ajoute qu'il a assiste à la discussion, dans cette assemblée,
des divers procédés d’épuration des eaux d’égout : on s'est
vivement combattu avec des chilïres visant le coi'it du pro¬
cédé employé,!! croit que ces chiffres ne prouvent pas grand’-
chose, parce que les expériences sont faites dans des condi¬
tions tout à fait variables qui ne permettent pas une compa¬
raison utile. Et il faut se garder, jusqu’ici tout au moins, de
proscrire l’un quelconque des procédés discutés ; ceux-ci
viennent simplement s’ajouter aux procédés plus anciens,
fournissant ainsi une plus grande facilité de se débarrasser
des eaux vannes.
l’écriture scolaire.
M. Desnovers est partisan de l’écriture penchée. L’écriture
droite a été pratiquée par les peuples primitifs, alors qu’on
n’avait pas beaucoup à écrire. Dès le \V 1' siècle, l’écriture
penchée a fait son apparition, et .M.le D'- Javai, reconnaît que
celle-ci est plus rapide. Pour éviter la torsion de la colonne
vertébrale, il suffit d'incliner à gauche la feuille de papier.
On a remarqué que les personnes sujettes à la erampe de.s
écrivains avaient une écriture droite. Deux enfants, dont le
torse est nu, sont amenés devant l'Assemblée, et écrivent de¬
vant elle en écriture penchée, tout en conservant le torse par¬
faitement droit. .M. le Président fait toutefois observer que
si la main droite de ces enfants reste à peu près fixe, cela tient
à ce que leur main gauche déplace constamment la feuille
de papier à mesure de l’avancement de l'écriture. M. Des-
NOYERs voudrait que les pouvoirs publics donnent des ins¬
tructions aux instituteurs pour l'enseignement de l’écriture,
afin déviter les inconvénients provoqués par la mauvaise po¬
sition des enfants occupés à écrire.
VI. J.AVAi, reproche à .M. Desnoyers de ne s’être pas inspiré
des nombreux ouvrages qui ont traité cette question de l’écri¬
ture, et, entre autres, d’un gros volume publié par lui-même,
il y a déjà longtemps. 11 y aurait vu que l’écriture droite ne
produisait pas les méfaits dont on l’accuse : quand l’enfant
commence 'a. écrire, alors qu’il dessine les lettres comme on tait
de la copie d’un dessin, l’écriture droite lui est toute naturel¬
le. Ce n’est que plus tard, quand il a besoin d’écrire rapide¬
ment, qu’il se sert de l’écriture penchée. Reste à résoudre la
petite question suivante ; à quel âge devra-t-on faire cesser
l’écriture droite, pour prendre l’écriture penchée? M. Javal
n’ose se prononcer.
M. Desnoyers réplique que si l’enfant doit apprendre suc¬
cessivement les deux genres d’écriture, mieux vaudraitne lui
en apprendre qu’un, ce qui simplifierait l'apprentissage.
M. koijYNDji dit que la crampe des écrivains est produite
par la fatigue des muscles fléchisseurs des doigts. Il déclare
avoir réussi à faire cesser cette crampe en faisant travailler à
peu près exclusivement les muscles extenseurs ; il a suffi
pour cela de renx'erser simplement la position de la main.
A. Pujoi..
LA VALÉROBROMINE LEGRAND
est plus active que les bromures et les valé-
rianates.
Mesures d’hygiène mai. accueillies. — La nouvelle suivante,
que publie le Temps, prouve à quelles difficultés on se butte dans
l'application des mesures d’hygiène si l'on n’a pas eu recours,
préalablement, à l’éducation populaire :
« Un quartier de New-Y'ork a été récemment le théâtre d’une
panique singulière provoquée par le bruit qu’un massacre de juifs
avait commencé. Des milliers de juifs se sont précipités vers les
écoles pour sauver leurs enfants, à qui, disait-on, on était en
train de couper la gorge. Un commencement d’émeute s’est pro¬
duit. La réserve de la police a été appelée et vingt écoles ont été
fermées. La raison de cette panique est la suivante. En présence
d’une épidémie dans les écoles, le médecin avait décidé « de
couper les amygdales s à plusieurs enfants juifs. »
LE PROGRÈS MÉDICAL
m
REVUE DE MÉDECINE DÉCALE
Rédacteur spécial ; M. le D' CAUKIER.
1. Précis de médecine légale, par A. Lacassagnk. profes¬
seur de médecine légale à la Faculté de médecine de Lyon. Un
vol.in-8° de 891, p. avec 112 fig., 2 planches, Masson, et C^').
Les problèmes sociaux qui se sont posés en médecine légale,
l’obligation créée par la loi du 30 novembre 1892 à tout mé¬
decin de déférer aux réquisitions de la justice, ont poussé le
professeur Lacassagne à faire paraître ce Précis de -tuédecine
légale, qui est le reflet de son enseignement et où il a donné
une plus grande extension à ces questions scientifiques ou
professionnelles. Les différentes ([uestionsde médecine légale
se sont transformées depuis quelques années grâce aux pro¬
grès réalisés. Le grou{^ des asphyxies a pris un caractère et
une netteté qu’il n'avait pas encore eus. Pour les questions d’i¬
dentité, les unes ont acquis une très grande précision dans
l'identilication des récidivistes, grâce au bertillonnage et à la
dactyloscopie; les autres ont facilité l’c-xamen médico-légal
dans les affaires de dépeçage, de reconstitution, de taille, etc.
Grâce aux recherches thanatologiques nouvelles, les signes de
la mort, les causes de la rigidité cadavérique, les diverses pha¬
ses du décubitus, la putréfaction, l’étiologie complexe de la
mort subite peuvent être plus nettement différenciés. On a
réalisé un véritable progrès dans l'étude des taches de sang, de
sperme, dans l’examen des poils. De même pour les empoi¬
sonnements, les intoxications et les questions relatives à l’ins¬
tinct sexuel et aux fonctions de reproduction. Sur les ques¬
tions afférentes au code civil et au code pénal, la loi sur les
accidents du travail est venue poser de nouveaux problèmes
raédicc'-légaux. Cette transformation de la médecine légale,
dit l’auteur, s’est faite par l’adaptation des résultats acquis en
physiologie et en clinique, ou par ceux qui proviennent de
l’expérimentation ou d’une technique spéciale. De plus, par
la mise en (ouvre des matériaux fournis par la statistique,
l’anthropologie, la sociologie.
Le professeur Lacassagne divise la médecine légale en deux
parties : une générale, une spéciale. La première partie traite
des questions générales pouvant se montrer dans tous les cas.
Elle comprend trois chapitres distincts. Un chapitre premier
sur les droits et les obligations du médecin dans la Société
et devant la justice ; droits et devoirs du médecin en général
(responsabilité médicale, secret médical) ; droits et devoirsdu
médecin comme expert (rapports, dépositions, consultations,
certificats) Dans le ^uxième c/iapit7'é>,c’est l’étude des questions
générales relatives à la personne vivanteet pouvantse présenter
dans toute procédure. Etude de l’inculpé en général et de
toutes les (jiiestions qui y sont relatives (identité, âge, sexe,
état civü, responsabilité criminelle, aliénation mentale, etc.)
Le troisième chapitre a trait aux questions générales relatives
à la mort, au cadavre, aux taches, aux empreintes, aux pa¬
piers écrits.
La deuxieme partie comprend deux chapitres. L’un traite
des attentats contre la personne : les coups et blessures, les
asphyxies, les empoisonnements, le suicide et le duel. L’autre
est consacré aux questions relatives à l'instinct sexuel et
aux fonctions de reproduction : les attentats aux mœurs, la
grossesse, l’accouchement, l’avortement, enfin le produit de
la conception.
Cette classification (jui est suivie dans l’ouvrage, a pour
avantage, dit rauteur,de rapprocher les faits qui peuvent l’ê¬
tre, et de séparer nettement les (Questions qui sont du do¬
maine propre de la médecine judiciaire et les matières qu elle
emprunte auxautres branches des sciences médicales. Il défi¬
nit, avec Tourdes, la médecinejudiciaire : l'art de mettre les
connaissances médicales au service de l’administration de la
justice.
Le praticien comme 1 étudiant auront souvent l’obligation
de consulter ce Précis de médecine légale, qui contient de nom¬
breux matériaux ou documents exposés avec la plus grande
clarté.
11. Précis de Médecine Légale, par le lù Balth.azaj,,
prof, agrégé à la Faculté de Médecine de Paris. — (i
petit in-8, de 408 p., 39 fig., 2 planches coloriées.
Baillière, éditeur, 1906).
Le Précis de médecine légale de 'NI. le D'' Balthazard inau¬
gure la nouvelle « Bibliothèque du doctorat en médecine ».
publiée sous la direction du P"- A. Gilbert. Cette bibliothèque
créera une collection d’ouvrages correspondant au pro¬
gramme imposé aux étudiants en médecine et leur sera d’une
grande utilité. M. Balthazard adopte cette définition de Marc,
qui délimite nettement le cadre de la médecine légale : « La
médecine légale est l’application des connaissances médi¬
cales aux cas de procédure civile et criminelle qui peuvent
être éclairés par elle. » 11 scinde la médecine légale en deu.\
parties : d une part,la médecine légale proprement dite,c’est-
à-dire les faits se rapportant aux causes de la mort ou de la
maladie d’un individu, d’autre part la psychiatrie légale,c’est-
à-dire les faits qui touchent à l'appréciation de l'état men¬
tal d'un accusé.
La première partie fait seule l’objet de ce précis, et elle est
déjà infiniment vaste.
L’auteur s'est efforcé surtout de donner un certain dévelop¬
pementaux études biologiques qui ont une importance su^
tout médico-légale comme les intoxications et les empoison¬
nements. Parmi les intoxications, il étudie en détail surtout
un groupe,celui des asphyxies : asphy.xie par les gaz et les va¬
peurs non toxi()ues, la pendaison, la strangulation, la suffoca
tion et la submersion, qui est tout entier du ressort de la.
médecine légale. Un autre processus pathogénique, le Iran-
malisme, entraîne souvent l’intervention de la justice, tant au
civil qu’au criminel ; le médecin, dans les cas de coups et
blessures, d’homicide, d’accidents du travail, doit donc in\c-
quer,en dehors de ses connaissances en pathologie. des notions
de patbogénie dont la place est mieux indiquée dans les ou¬
vrages de médecine légale-
La médecine légale peut donc se résumer dans l’étude d(;s
effets et des conséquences de deux grands processus morbi¬
des, l’intoxication et le iraumalismc.
Les trois premières parties du Précis de M. Balthazard sont-
consacrées à l’histoire des intoxications et empoisonnements,
des asphyxies et des traumatismes. La (juatrième partie a
pour objet l’étude des attentats à la pudeur et du viol, de 1«-
vortement et de ïiniaiiticide.
Bien que toutes ces questions relèvent des mêmes proces¬
sus pathogéniques signalés, elles se présentent avec une si^
grande fré(juence et sont si spéciales à la médecine légale qo'-
l’auteur a vu un intérêt à synthétiser pour chacune déliés
les notions déjà exposées d’une façon générale dans les cha¬
pitres précédents. ^
La cinquième partie a trait à l’examen des taches et à la dé¬
termination de l'idenliié. Becherche du sang et du
dans les taches,examen des cheveux et des poils.
zard s est efforcé de simplifier l’étude de ces (luestions,
éliminant joutes les méthodes ne conduisant l'expert <I“
formuler des probabilités.
Dans une sixième partie, il étudie les phénomènes
gués. 11 montre avec raison comnieii des réformes
sont nécessaires pour modifier les conditions, dans yg
sont praticjuées les expertises médico-légales. Aussi tan
le statu guo existera, fétude de la putréfaction est-dj®
nécessaire et constitue-t-elle un chapitre très important
médecine légale.
Dans une septième partie, M. Balthazard groupe
renseignements qui ont trait aux expertises , pfj-t;
aux réquisitions, commissions, rapports. L’importance
depuis la loi de 1898 par les expertises médico-légales e -
tières d*aœklents du travail est telle que l’auteur a
avec soin les questions relatives à ces expertises. En r
de l’évolution des traumatismes, il a insisté surfinffu®
l’état antérieur, de même qu’il a discuté longuement
sibiljté de l’origine traumatique des maladies internes-
Ge Précis de médecine légale a la grande valeur d^.^^ires
ser d’une façon précise et pratique les matériaux nece-
LE PROGRES MEDICAL
42T
, ptudiants et aux médecins. 11 résume très clairement
rSseignement de M. le P-^ Brouardel.
THERAPEÜTIOUE APPLIQUEE
lodothérapie physiologique (li.
L'Iode doit être considéré comme l'un des métallo'ides tes
nlus essentiels à notre vitalité, et son emploi commande et
domine actuellement la thérapeutique contemporaine, au
point qu'il semblerait presque impossible, dans la pratique
médicale, de traiter certaines maladies, si nous étions privés
de son puissant concours. Vaso-dilatatrice, modificatrice chi¬
mique du sang et des humeurs, la médication iodo-iodurée
/hHilfe, comme l’a dit Fonssagrives, tous les coins et recoins
de l'organisme, entraînant dans ce tourbillon d'exosmose nu¬
tritive germes, virus et exsudats. L’Iode fait, d’ailleurs, partie
intégrante du corps humain (ainsi que l’ont prouvé les ana¬
lyses de Gautier et de Gleyi : c'est un élément constitutif du
sang et des cellules organiques.
Il était donc intéressant de perfectionner dans la pratique
cette médication iodo-iodurée, et d’en permettre l’adminis¬
tration régulière au malade, sous la forme la plus active, sans
amener les accidents désagréables, et parfois dangereux, de
fiodisme aigu ou chronique, occasionnés .souvent par l’em¬
ploi de l’iode ou des iodures alcalins. C'était sous la forme
physiologique que l'iode avait le plus de chance d'être toléré
et assimilé, puisque c’est la forme ({ui se rapproche le plus de
celle de l’iode contenu dans notre organisme. La découverte
du Peptoniode, faite en 18% par K. Galbrun, docteur en phar¬
macie. a véritablement réalisé ce progrès, poursuivi déjà
depuis nombreuses années.
Le Peptoniode. première combinaison parfaitement définie,
directe, soluble et stable de l’Iode avec la Peptone, a le pré¬
cieux avantage d’éviter au malade tous les phénomènes d’in-
lolérance inhérents à l’Iode et aux Iodures, souvent impurs,
dont il possède absolument toutes les propriétés curatives,
avec un pouvoir que nos travaux sur son dosage et son em¬
ploi ont démontré vingt fois plus actif, à doses égales d’iode
ingéré. Son action résolutive, fondante et altérante snr le sys¬
tème lymphatique, l’impulsion qu'il imprime à la phagocy¬
tose, sa valeur éliminatrice et rénovatrice sur l’histogenèse,
son influence antiplastique et vaso-dilatatrice sont, aujour-
d hui. démontrées par huit années d’observations cliniques.
>1 n'est pas décomposé par les sucs de l’estomac, et son em¬
ploi ne donne jamais lieu aux divers accidents d’iodisme,
accidents produits tant par l'intolérance des voies digestives
pour l’iode libre, que par les doses exagérées d'iode '70 % i,
'in il faut introduire dans l'organisme ponr obtenir une action
‘herapeutique avec les iodures alcalins.
^n afOnité pour nos cellules vivantes, son assimilation et
^n^imination régulière, la facilité de son emploi, sous for-
e dégouttes concentrées et titrées (lodalose Galbrnn), en
nt la préparation iodothérapique de prédilection pour les
Praheiens Son titrage même, pour en faciliter l'application,
y^ ®*'ôglé de la façon suivante : cinci gouttes il'Iodalose con-
un centigramme d’iode combiné ; vingt gouttes
^ .pondent, comme action, à un gramme d’iodure alcalin
iutv**°*' de l’activité thérapeutique de l'iode physiologique,
^Sralement assimilé par l’organisme.
’ïs^i et anti-scléreux, anti-obésique et anti-uricémique,
^j~^'jatateur et décongestif par excellence, l’iode physiolo-
lljjit® ® applique utilement à foutes les manifestations de l’ar-
af{ic**.®®- et principalement aux affections chroniques des
donS’ du camr, des gros vaisseaux, du rein, etc. 11
nussi avantageusement 1 iodure dans la cure de la
Le P*’ ^'^Qout dans les accidents tertiaires,
lis^g ®Ploniode est particulièrement indiqué dans le rachi-
mie, U I nffeclions osseuses, les anémies graves, la leucé-
tions j^^^I’^Pdatisme. les adénopathies, l'asthme et les affec-
^.^.^^^^■itoires rebelles, la dermatose constitutionnelle,
' des Praticiens, Paris, 20 mai 1906.
etc. En résumé, l’iode physiologique,sous la forme d'iodalose,
possède tous les avantages de fidèle activité curative dévolus
à l'iode et aux iodures, avec le privilège très important d’une
tolérance constante, qui permet de l'ordonner aux enfants,
aux dyspeptiques, aux cachectitiues, aux femmes enceintes et
aux nourrices.
VARIA
Circulaire relative à l’ouverture du concours pour
lesemploisde chef de clinique etdetravaux à I éco¬
le d’application du servicede santé des troupes colo¬
niales.
Un concours s'ouvrira, le 10 septembre 190G, à l’école d’ap¬
plication du service de santé militaire (Val-de-Gràcel pour
les emplois suivants de chef de clinique et de travaux à l’é¬
cole d’application du servicede santé des troupes coloniales :
1“ Chef de travaux d’anatomie et de médecine opératoire ;
2® Chef de clinique externe, chirurgie d’armée et maladies
spéciales ; 8® Chef de clinique interne et maladies des pays
chauds ; 4® Chet des travau x de bactériologie, parasitologie,
hygiène militaire et coloniale, prophylaxie des maladies tro¬
picales, police sanitaire ; .7" Chef des travaux d’histoire natu¬
relle, chimie, toxicologie, pharmacie.
En exécution de l’article 11 du décret du 3 octobre 1905
portant création de l’école d’application, les médecins et
pharmaciens-majors de 2® classe et aides-majors de L® classe
ayant au moins deux ans de grade et présents en France à la
datedu 10 septembre, sont seuls admisà concourir.
Le programme du concours a été déterminé par une note
ministérielle du 12 janvier 1906, inséréeau Bulletin officiel, p.
s., page 23.
Les demandes formulées par les officiers du corps de san¬
té des troupes coloniales du grade voulu pour être admis à
concourir doivent être parvenues au ministère de la guerre
(direction des troupes coloniales, l®® bureau, avant le 31 août
au plus tard. Les candidats sont autorisés à concourir pour
plusieurs emplois. Une sera accordé aucun sursis de départ
pour les colonies, aucune dispense de tour de service colonial
aux candidats qui en solliciteraient en vue de pouvoir pren¬
dre part au concours. Toutefois, les candidats ayant reçu une
désignation coloniale et qui ne seraient pas encore embarqués
à l'ouverture des épreuves, pourront obtenir un sursis de dé¬
part. - KUG. KTIENKE.
Conseil supérieur d hygiène publique de France.
Dans sa séance du 2 juillet, ce (ionseil était appelé à se pro¬
noncer sur la présentation à une place d’auditeur igratuitei,
19 candidats se sont présentés. La Commission. dont M.Gariel
était le rapporteur,concluait à mettre en l" ligne M. Dienert,
en 2® ligne M. Cuiart.Au 1®® tourdescrutin,snr 28 votants,MM.
Diénert et Guiart. ont obtenu chacun 7 voix. Vu 2® tour sur
24 votants MM. Dienert, Guiart, chacun 9 voix. — Au 3®
tour, sur 24 votants, M. Diénert a eu 12 voix et M. Guiart 7
voix. — Pour la seconde ligne, 1®® tour de scrutin, sur 23 vo¬
tants.— M. Guiart obtient 11 voi.x, M. Lecouppey, 11). — Au
2® tour, sur 22 votants : -\î. Guiart 11 voix, M. Lecouppey,
10. — Au 3' tour sur 21 votants, M. Lecoupey, 12 voix, M.
Guiart, 9. — Le Conseil a émis le vœu que le nombre des au¬
diteurs soit porté de 15 à 20. .Vvis aux candidats.
Missions hygiéniques au Congo contre la variole et la
Maladie du sommeil.
Un certain nombre de centres populeux du Congo et de la
llaute-Sangha étaient décimés par la variole, le ministre des
colonies fit prendre immédiatement toutes les mesures sani¬
taires indispensables. L ne mission composée de deux méde¬
cins-majors de P® classe et d'infirmiers militaires a été oi^a-
nisée et s’est embarquée. Elle est chargée de visiter toutes
les régions atteintes par la petite vérole, de traiter les mala¬
des, de faire connaître aux indigènes les mesures prophylac¬
tiques qui sont de nature à enrayer le développement du
mal, d’organiser des consultations, de créer des centres vac-
LE PROGRÈS MÉDICAL
cinogènes aussi nombreux que possible et de pratiquer la
vaccination. Les centres vaccinogènes seront alimentés par
des envois de vaccin qui seront faits tous les mois, de France
et de l'institut de Borna. Afin d’avoir du vaccin frais S'Ur place
des génisses du pays seront inoculées et on créera avec elles
des parcs aussi nombreux que possible.
Une mission composée de deux médecins et d’un natura¬
liste partira pour Brazzaville à l’automne, afin d’étudier la
« maladie du sommeil » dont les ravages deviennent inquié¬
tants dans plusieurs régions du Congo. Cette mission est en
train de s’organiser avec le concours de la Société de géogra¬
phie. Elle est placée sous le contrôle scientifique de l'Institut
Pasteur de Paris.
Les subsides nécessaires à son fonctionnement seront four¬
nis par le ministère des colonies, par la Société de géographie
et par différentes sociétés qui s’intéressent àcette œuvre hu¬
manitaire. Des pourparlers sont également engagés avec la
Caissedes recherches scientifiques, en vue de sa participation
à cette mission. La direction en sera confiée au docteur
Gustave Martin, médecin-major de 2“ classe des troupes colo¬
niales, élève de l’Institut Pasteur, et qui s’est déjà occupé de
la maladie du sommeil dans la Guinée française.
Le naturaliste sera’spécialement chargé de l’étude des mou¬
ches du genre « glossina », agents vecteurs delà maladie, et
des transformations que pourraient subir dans leur appareil
digestif les trypanosomes, parasites que l'on trouve dans le
sang et dans les ganglions des malades, ainsi que dans le li¬
quide céphalo-rachidien, à une période avancée de la maladie.
(D’après le Temps.)
La question de la dépopulation.
Sur les instances de M. Piot, sénateur de la Côte d’Or, une
commission extra-parlementaire avait été créée pour recher¬
cher les causes et les remèdes de la dépopulation. Cette com¬
mission comptant parmi ses membres un nombre respectable
de savants célibataires ou dont les ménages 'étaient restés sté¬
riles, la malignité publique avait souligné le fait, et la Cham¬
bre, doutant beaucoup de l'efficacité de la commission en
travail, supprima purement et simplement tout crédit. M.
Piot ne fut pas content. 11 expose dans une lettre au ministre
de l'intérieur scs regrets sur l’arrêt des travaux de la commis¬
sion : Le Sénat, écrit M. Piot, avait voté le crédit, mais le
projet de budget revenu au Palais-Bourbon, la Chambre per¬
sista dans sa première décision, et malgré l’opinion formulée
par le Sénat, le crédit, dans la hâte d’une clôture de session,
est finalement supprimé. Au cours de cette séance du 11 avril
l'honorable M. Savary, rapporteur de la commission des fi¬
nances, de qui l’hostilité au rétablissement du crédit que nous
demandions n'avait d’autre cause que des raisons d’ordre
budgétaire, donna pour en justifier la suppression l’argument
suivant ;
« Le chapitre l"' du budget de l’intérieur relatifau person-
c( nel, le chapitre 2 relatif aux impressions sont assez large-
« ment dotés pour que la commission extraparlementaire de
« la dépopulation y trouve certainement le payement des tra-
« vaux qu elle a encore à effectuer. »
C’est sur l'argumentation du rapporteur lui-même, parlant
au nom de la commission des finances, que je prends la li¬
berté de m’appuyer, en r'éclamantle lénéfice des chapitres
1". 2 et 9 du budget du ministère de l'Intérieur, pour vous
demander. Monsieur le ministre, les moyens de réunir no¬
tre commission, qui a le devoir etlesouci d’achever sa tâche.
La commission a fourni, en effet, depuis quatre ans, un tra¬
vail considérable. Ses membres ont déposé des rapports im¬
portants et susceptibles d’apporter une solution au problè¬
me de la dépopulation delà France. Ils s'étonnent de
ne pas être mis en situation de terminer l’étude à laquelle
les avait appelés M. le président du conseil, Waldeck Rous¬
seau, par arrêté du 22 janvier 1902... Le caractère social et
patriotique des graves questions sur lesquelles il porte ne
me laisse pas de doute sur votre détermination, et j’ai con¬
fiance dans votre esprit de haute justice qui saura trouver le
moyen de concilier à la fois ;
l” Le vote émis à l’unanimité par le Sénat le 29 novembre
1901, qui réclamait l’étude de la question, et le vote émis par
la même Assemblée à uneénorme majorité, le 11 avril igoç
demandant qu’il soit possible de donner une conclusion à
l’enquête poursuivie depuis quatre années.
2“ Le refus, par la Chambre des députés, du modeste cré¬
dit de 4,000 francs inscrit temporairement au budget dans le
but ci-dessus indiqué.
3® L’opinion de la commission des finances du Sénat, qui
déclarait dans son dernier rapport (page 00 dn budget de l’in¬
térieur) ;
« Les dépenses de la commission de la dépopulation, com¬
me celles d’un grand nombre d’autres commissions extrapar¬
lementaires doivent être prélevées sur les chapitres de l'ad¬
ministration centrale. Ces chapitres sont assez largement
pourvus pour permettre de faire face aux dépenses de l’espè¬
ce. »
4° La nécessité pour notre démocratie de prendre en fa¬
veur des familles fécondes — qui augmentent la réserve vi¬
vante de la patrie et accroissent ainsi la prospérité et la gran¬
deur de la République — des résolutions qui établissent en¬
fin pour elles un régime d’équité en même temps qu’une ai¬
de sérieuse.
Surmenage scolaire.
JNous relevons dans le Matin un écho signé de M. Gus¬
tave Téry, quenous recommandonsà la Ligue des médecins
et des familles et aux futurs congrès d'hygiène scolairé :
« Ne croyez-vous pas que nos maîtres de l'enseignement
primaire seraient eux-mêmes embarrassés pour traiter com¬
me il faut ce sujet de conférence ? Ecoutez ce « canevas »;
L'école est aujourd’hui la vraie Maison du peuple. Elle est
ouverte à tous, à l'enfant, à l’adulte, à la famille. Chacun
peut y trouver à son heure tout ce qui lui est utile ou agréa¬
ble. Dites dans quelles conditions et avec quels avantages ma¬
tériels, intellectuels ou moraux. Montrez, pour conclure,
que c’est par l’école ainsi comprise que se fait l’éducation
d’une République.
Eh bien ! cela n’est pas un sujet de conférence proposé aux
instituteurs ; c’est un sujet de dissertation donné à des en¬
fants de onze ans, candidats au certificat d’étude ! Cet atten¬
tat fut commis le IGjuin, à Levallois-Perret. L’école est ou¬
verte à tous : chacun y peut trouver à son heure ce qui lui
est utile ou agréable. . . Ayant médité ce texte, une petite fille
a écrit gravement : « Maintenant, les élèves peuvent arriver
à l'école à l'heure qui leur plaît, les uns à sept heures et de¬
mie, les autres à neuf heures... »
Bravo, petite fille ! Tu as été «recalée >', bien entendu ;et
pourtant, c’est très bien ce qnetuas fait là ; tu as donné une
excellente leçon à tes maîtres. Mais veux-tu parier qu’eux non
plus ne l’ont pas comprise '!
(-'ancienne Faculté de Médecine de la rue de la Bûche-
rie devenue l'Hôte! des Etudiants.
Nous sommes heureux d’annoncer que, sur le rapport de
M. Grébauval, le Conseil Municipal de Paris autorise la lo^'
tion,à l'Association générale des étudiants, d’un jtnnieimK
communal situé rue de la Bùcherie et rue de rlIôtel-Col-
bert. Le bail est de 99 ans, moyennant un loyer annuel de
3,000 francs.
L’Association devra dégager et restaurer à ses frais ^
ties de l’immeuble qui ont un intérêt historique, et
sur le terrain libre des constructions nouvelles dont les pD
seront approuvés parla Ville. .
Rappelons que cet immeuble n’est autre que l
Faculté de -Médecine de Paris qui, grâce à l’insistance
Syndicat des médecins de la Seine et aux démarches inces- ^
tes de son fondateur et président, le regretté D"' Le
été achetée le 12 août 1896 par la ville de Paris. Cette
relique médicale était de nouveau oubliée et tombait enr
quand, sur notre proposition, le Syndicat des ^er-
la Seine fit de nouvelles démarches pour la faire a
Le Progrès Médical, le 8 juillet 1893 et le 12 décembre
consacré à la vieille Faculté d’importants articles eta rec^^^
sarestauration.il ne peut qu’applaudir au vote “P jjjja'
seil Municipal qui donne à ce vieux monument une n
tion digne de son origine et de son histoire. J-
LE PROGRES MÉDICAL
429
Progrès en Amérique.
Nous lisons dans le Chicago medical Recorder que les deux
écoles homéopathiques de Chicago ônt dû se réunir en une
r suite de la diminution du nombre des futurs homéo-
Mthes.ll était évident que l’instruction donnée dans ces écoles
éuit inférieure à celle des autres écoles, ou, pour mieux nous
exprimer, beaucoup des futurs praticiens allaient à cette
école parce qu’ils obtenaient avec moins de travail leurs di¬
plômes. L’homéopathie a prospéré aussi longtemps qu’on l’a
persécutée. La tolérance réduit les adeptes de cette secte et,
rnmme le dit le Recorder, les jours de l’homéopathie sont pro¬
bablement comptés. On pourrait mieux dire que l’homéo¬
pathie disparaît avec le progrès de la civilisation.
LES CONGRÈS
Congrès de l’association française
pour l’avancement des sciences iLvon, 2-7 août).
Le Congrès annuel de l’Association française pour l’avance¬
ment des Sciences se tiendra à Lyon du 2 au 7 août prochain,
sous la présidence de M. Lipi)raann, membre de l’Institut,
professeur à la Sorbonne ; le vice-président est le D'' Ilenrot,
directeur de l’école de Médecine de Reims, correspondant de
lAcadémie de Médecine. Il y aura trente-trois ans, jour pour
jour, que s’ouvrait dans cette ville, après l’éclatante réunion
de Bordeaux, le deuxième Congrès présidé par de (iuatrefa-
ges. Ln grand nombre des savants qui ont pris part à cette
grande fête scientifique îles congrès étaient plus rares à cette
époque) ne sont plus : Balard, Bâillon, CL Bernard, Broca,
Comu, Dumas. Friedel, Mangini. Ollier Wurst, pour ne citer
que les plus connus. Les Sciences médicales furent , dans ces
premières sessions, brillamment représentées et l’on se sou¬
viendra — ce qui offre un certain intérêt en les rapprochant
des travaux récents de MM; Calmettes et Roux — (jue ce fut
a ce Congrès quele professeur Chauveau, alors directeur de
1 Ecole vétérinaire de Lyon, procéda à des expériences sur la
transmissibilité de la tuberculose par les voies digestives et
fendit témoin de ses premiers résultats les membres de la
section médicale, présidée par Benedict Teissier.
.\u Congrès d’août prochain, les Sciences médicales iméde-
cine, hygiène, électricité médicale, odontologie! seront aussi
brillamment représentées. Les présidents de ces sections ont
misal’ordre du jour un grand nombre de questions d’actua-
bté dont les rapports seront mis en distribution avant l’ou-
verture de la session. M. le professeur Joseph Teissier, prési-
dentde la section des sciences médicales, s est assuré le con¬
jura de la plupart de ses collègues de la Faculté de Lyon et
? un grand nombre de savants étrangers, parmi lesquels nous
^vons cifgj. comme ayant accepté l'invitation de la ville et
un comité local, MM. Fouquet,du Caire; llenrijean, de Liège;
orel.de Morges ; Mariani, de Pérouse ; Maragliano.de Gênes;
^urget,de Lausanne; Kossel, d’Heidelberg ; Rubino, de \a-
Lydlin,de Bad'en; Roux de Lausanne. Aug.Reverdin,de
; etc.
J la liste des questions proposées pour la discussion
le”®!®* sections et les noms des rapporteurs. Signalons éga¬
lent les questions mises à l’ordre du jour delà 18° section
^ ergnement et pédagogie) présidée par le D'' Bérillon :
° _ problème des enfants anormaux, traitement et assis-
pji*^ ’ hes enfants turbulents, i)rocédés pédagogiques ap-
Dr2 ■ ^ à ces enfants : 3° L'éducation du caractère à l'école
‘"^aireet au lycée.
Proie ^Sciences médicales). — Président : D'' Teissier,
l*ôpU à la Faculté de médecine, médecin honoraire des
corresimndant de l'Académie de médecine, 7 rue
Q^\ 4on.
exp/ O l'ordre du jour. — 1° La Syphilis. — Pathogénie
— Rapporteur : M. le !)'■ Nicolas, chargé du
PiQp.”® ®yphiligraphie à la Faculté de médecine de Lyon.—
quat réglementation. Rapporteur ; M. le Man-
au \ al-de-Grâce, à Nice. Pour cette question,
gièpg des sciences médicales se réunira à la section d’hy-
4s p!’ P 2° Influence des rayons \ sur le sang. Traitement
"ladies hématopoiétiques. Rapporteurs : M. Belot, de
Paris et M. Barjon. médecin des hôpitaux de Lyon. — 3° Les
courants de haute fréquence. Influence sur la tension artérielle
Traitement de l’hypertension et, accessoirement, traite¬
ment du diabète. Rapporteurs ;M. le professeur Doumer, de
Lille, et M. Chanoz, docteur ès sciences, chef des travaux de
physique médicale à Lyon. (Pour les questions 2 et 3, la sec¬
tion des sciences médicales se réunira à la section d’électricité
médicale). 4" Le phénomène de l’agglutination (valeur dia¬
gnostique et pronostique chez les tuberculeux). Rapporteur :
M. le professeur Ferré, de Bordeaux, et le D" Paul Courmont
agrégé, médecin des hôpitaux, à Lyon. — 5° Essais d’immu¬
nisation antituberculeuse. Rapporteurs ; M. le professeur
Rappin, de Nantes et le D" F.Arloing. de Lyon. — Conférence
du professeur Maragliano, de Gênes. — 6" Pathogénie des
ankylosés et particulièrement des ankylosés vertébrales. Rap¬
porteur : M. le professeur Poucet et M. Leriche, de Lyon, D"
Léri, de Paris.- 7“ Tuberculose du gros intestin. Indications de
l’intervention chirurgicale. Rapporteurs : D'- L. Bérard, agrégé,
chirurgien des hôpitaux de Lyon et le médecin-major Loi-
son, agrégé au Val-de-Grâce ihôpital militaire de Versailles).
13° Section {Electricité médicale). — Président : M. leD*’ Im¬
bert, professeur à la Faculté de médecine de Montpellier.
Queslionsà l'ordre du jour. — Influence des rayons X sur le
sang : traitement des maladies des organes hématopoiétiques
Rapporteurs : MM. Belot, de Paris, ef Barjon, de Lyon. Les
courants de haute fré(iuence. Influence sur la tension arté¬
rielle. Traitement de 1 hypertension Rapporteurs : MM. Dou¬
mer, de Lille et Chanoz. de Lyon. (Pour l’étude de ces ques¬
tions, la section d’électricité médicale sera réunie à la section
des sciences médicales.)
14° Section(Odontologie] Président : M. le D'' Frey, ancien in¬
terne des hôpitaux de Paris, professeur à l’Ecole dentaire,
99, boulevard Haussmann, à Paris ; 1° sur les causes de la ca¬
rie dentaire dans les différentes régions de la France. 2" Sur
les manifestationsdentaires de l’arthritisme. 3° Sur les ciments-
porcelaine. 4° Sur les articulateurs.
Section (Hygiène et médecine publique). Président : M. le
Di" Courmont, professeur à la Faculté de médecine, 34, quai
de la Charité, Lyon. 1° Ledispensaire antituberculeux de Lyon
(type d’organisation pouvant se réaliser dans toutes les gran¬
des villes). Rapporteurs: MM. André et Lesieur. 2° Du rôle
des urines typhiques dans la propagation de la fièvre typho'id
Rapporteur : M. Lesieur. 3° Stérilisation des eaux potablefe
par l’ozone. Rapporteur : M. Lacomme. 4° Résultats que peut
prexfuire un bureau municipal d’hygiène (1.7 ans de fonction¬
nement à Lyon). Rapporteur : M. Roux.
Le Congrès s’ouvrira le 2 août ; le dimanche 5 août, aura
lieu une excursion dans les monts lyonnais (Charbonnières.
Limonest, Nlont-d’Or et la vallée de la Saône, de Neuville à
Lyon). A la clôture de la session, 7 août, une excursion detrois
jours permettra aux congressistes de visiter une des plus bel¬
les régions du Bugey et de la Savoie (vallée de l’Albarine, gor¬
ges du Fier, Annecy et son lac, le Fayet, Saint-Gervais, Cha-
monix). Les Compagnies de chemin de fer français accordent
une réduction de ôO OjO avec validité des billets du 30 juillet
au 20 août. Pour profiter de ces avantages et participer aux
visites industrielles, promenades et excursions, il faut être
membre de l’Association. Les inscriptions sont reçues au se¬
crétariat de l’Association, 28, rue Serpente; moyennant une
cotisation de "20 francs on devient membre annuel ; moyen¬
nant 200 francs, membre à vie. Les membres fondateurs doi¬
vent verser une cotisation de 500 francs. Les membres de
l’Association reçoivent les comptes rendus du Congrès (2 vol.
in-8°), publiés dans les mois qui suivent la réunion.
Seizième Congrès des Médecins Aliénistes et Neurologistes
DE Fr.VNCE et I>ES pays DE LANGUE FRANÇAISE (Lille. 1-7 aOÙt
1906). — Pour toutes les communications s’adresser au secrétaire
, général, M. le D'- G. Choçreaux, médecin en chef de l’Asile pu-
l)lic d’aliénées de Baiileul (Nord).
Second congrès belge de neurologie et de psychiatrie.
(Bruxelles, 29 au 31 août 1906.) — Présidents d'honneur : M.
LE Baron van den Bruggen. ministre de l’Agriculture; M. V.an
iiEN Heuvel, ministre de la Justice. Vice -Présidents d'honneur:
M. Béco, gouverneur de la province de Braliant ; M. de Latour,
directeur général au ministère de la Justice. — l.a Société belge
439
I.E PROGRÈS MÉDICAL
de neurologie et la Société de médecine mentale de Belgique ont
décidé de tenir à Bruxelles, du 29 au 31 août 1905, le second
congrès belge de neurologie et de psychiatrie.
Actes et thèses de la Faculté de Médecine de Par
Thèses de doctorat. — Mercredi 1 1 juillet. — M. Base: Contri¬
bution à l’étude du traitement des ostéro-arthrites tuberculeuses
par la méthode des injections extra-in tra-articulaires (MM. Lanne-
longue, Reclus, Legueu, Mauclaire). — M. Na^im : De l'infection
en chirurgie et son traitement par le sérum de Petit (MM. Reclus,
Lannelongue, Legueu, Mauclaire). — M Broca : Sur un cas de
plegmon juxta-laryngo-trachéal à la période terminale du croup chez
un nourrisson tubé (MM. Reclus, Lannelongue, Legueu, Mauclaire).
— M Wicart: Abcès du lobe sphéno-temporal du cerveau d’origine
otique (MM. Reclus, Lannelongue, Legueu, Mauclaire). — M. Tar¬
dif: Des complications des kystes de l’ovaire pendant la grossesse
(MM. Pinard, Terrier, Kirmisson, Lepage'. — M. Vidal: Considé¬
rations sur la dermatose gravidique autoto.xique (MM. Pinard, Ter¬
rier, Kirmisson, Lepage). — A/. A/nt/neu : Contribution à l’étude
des chondromes des fosses nasales et de leur traitement (MM. Ter¬
rier, Pinard, Kirmisson, Lepage). — A/. Larue: Des contractures
congénitales (MM. Kirmisson, Pinard, Terrier, Lepage). — M. Ber-
theol : Contribution à l’étude de la sciatique radiculaire (MM. Lan-
douzy, Brissaud, Claude, Labbé (Marcel). — M. Bellou : b'ormerie-
mésographie ; Etat sanitaire, considérations médicales (MM.
Landouzy. Brissaud, Claude, Labbé (Marcel). — A/. Girault : Les
hémorragies occultes du tube digestif (MM. Brissaud, Landouzy,
Claude, Labbé (Marcel). — A/"" Grandjean : Etude sur le pemphigus
congénital à kystes épidermiques (MM. Gaucher, Roger, Teissier,
Ralthazard). — M. Druelle : La gangrène des membres parartérite
syphilitique (MM. Gaucher, Roger, Teissier, Balthazard). — M.
Hebert : Les lésions de la muqueuse gastrique au cours des infec¬
tions (MM. Roger, Gaucher, Teissier, Balthazard).
Jeudi, 12 juillet. — M. Fleig : La radiothérapie en dermatologie
(MM. Debove, Dieulafoy, Troisier, Renonl. — M. Lehar : Des hyper-
resthésies systématisées et troubles connexes (MM. Debove, Dieu¬
lafoy, Troisier, Rcnoii). — A/. Cartier : Contribution à l’étude
expérimentale de la pleurésie séro librineuse tuberculeuse (MM. De¬
bove, Dieulafoy, Troisier, Renon). — M. Trouillet : Abcès pulmo¬
naires métapneumoniques (MM. Dieulafoy, Debove, Troisier, Renon).
— M. Baudin : Contribution à l’étude des dilatations idiopathiques
de l’oesophage (MM. Cornil, Chantemesse, Besançon, Guiart). —
M. Meurice : Hygiène du chaulTage et en particulier des chauffages
à l’eau chaude et à la vapeur (MM. Chantemesse, Cornil, Bezan-
çon, Guiart). — A/. Binet : Des luxations ouvertes de l’articulation
du coude (M.M. Le Dentu, de Lapersonne, Langlois, Morestin). —
A/. Gaudelut : Complications pleuro-broncho-pulmonaires consécu¬
tives aux traumatismes thoraciques sans fracture de côte (MM. Le
Dentu, de Lapersonne, Langlois, Morestin). — M. DAoge : Aniso-
métropie et vision binoculaire (MM. de Lapersonne, Le Dentu,
Langlois, Morestin). — M. Bousseau : De la paralysie du muscle
grand oblique dans les opérations sur les sinus par voie frontale
(MM. de Lapersonne, Le Dentu, Langlois, Morestin'. — Mlle Vou-
licb : Etude sur les troubles psychiques dans les tumeurs céré¬
brales (MM. Raymond. Hutinel. Dupré, Méry). — M. Français : De
l’apepsie (MM. Raymond, Hutinel, Dupré, Méry). — A/. Hays : Un
hôpital d’enfants en 1906 (MM. Hutinel, Raymond, Dupré. Méry). —
M. Camacho : Recherches sur l’involution utéiine (MM. Budin,
Boiinaire, Dcmelin, Brindeau).— M. Vaille : Contribution à l’étude
anatomique, pathogénique et clinique des rétroversions utérines
(MM. Budin, Bonnaire, Demelin, Brindeau). — A/. Leduc : La syphi¬
lis à la Maternité de l’hôpital Tenon, 1905-1906. Etude statistique
et diagnostique (MM. Budin, Bonnaire. Demelin, Brindeau). —
M. Gely : De l’abcès sous-phrénique d’origine biliaire (MM. Gil¬
bert, Vaquez, Desgrez, Carnot'. — M. Paupe : La forme hémorra¬
gique de la méningite tuberculeuse (MM. Gilbert, Vaquez, Desgrez,
Carnot). — A/. EnebusUe : Contribution à l’étude clinique et bacté¬
riologique des kystes hydatiques sonores (MM. Gilbert, Vaquez
Desgrez, Carnot).— M. Lamarre : Contribution à l’élude du rythme
de l’élimination urinaire; l’anisurie chez les hépatiques MM. Gil¬
bert, Vaquez, Desgrez, Carnot).
Examens de doctorat. — Lundi, g juillet. — 5* (2* partie, 1” série,
Hôtel-Dieu) : MM. JolTroy, Gaucher, Legry. — 5* (2' partie, •2’ sé¬
rie, Hôtel-Dieu) : MM. Landouzy, Roger, Labbé (Marcel). — 5” (2*
partie, l” série. Charité) : MM. Brissaud, Teissier, Claude. —
5" (2* partie, 2’ série. Charité) : MM. Déjerine, Balthazar. Macaigne.
Mardi, jo juillet. — 2* (Chirurgien-dentiste, l" série. Salle Ré-
clard) ; MM. Cornil, Gilbert, Morestin. — 2’ (Chirurgien dentiste,
2* série. Salle Broussais) : MM. l’ozzi, G. Ballet, Vaquez. — 2" (Chi¬
rurgien dentiste, 3- série. Salle Corvisart) ; MM. Rubin, Launois,
Marion. — 2' (Chirurgien-dentiste, 4* série. Salle Pasteur) : MM.
de Lapersonne, Ménétrier, Desgrez. — 5" (2* partie, P* série, Hôtel-
Dieu) : MM. Dieulafoy, Thiroloi.x, Rénon. — 5' (2" partie, £•
Hôtel-Dieu) : MM. JolTroy, Troisier, Gouget. — 5" (2' partie, 1"
Charité) ; MM. Raymond. Méry, Janselme. — 5" (2° partie, 2" série
Charité) : MM. Hutinel, Achard, Bezançon. — 5” (2' partie 3' séri
Charité) : MM. Chantemesse, Dupré, Carnot.
Mercredi, i r juillet. — 5' (2" partie, Laënnec) : MM. Déjerine
Legry, Macaigne.
Jeudi, 12 juillet. — 2' (Chirurgien-dentiste. 1” série. Salle Pas.
leur; : .MM. Pouchet, Thiroloix, Marion. — 2” (Chirurgien-dentiste
2" série. Salle Corvisart) : MM. Robin, Gouget, RielTel.
Vendredi, /A;ui7/ef. — 2' (Chirurgien-dentiste, t" série. Salle Bé-
clard) : MM. Pouchet, Gossel Macaigne. — 2' (Chirurgien denUsle
2' série. Salle Broussais) ; MM. Landouzy, Mauclaire, Labbé (Mar¬
cel). — 2” (Chirurgien-dentiste, 3” série. Salle Corvisart) ; MM
Brissaud, Legueu, Desgrez. — 2” (Chirurgien-dentiste, 4’ série
Salle Pasleur) : MM. Sègond, Richaud, Claude.
FORMULES
XLIX. — Contre les Comédons.
Lait de soufre . ô gr.
Alcool de vin . 30 gr.
Alcoolat de lavande . là gr.
Glycérine . 10 gr.
pour se laver.
Se servir de la pommade
Kaolin . 1 gr.
G}y<^àriae . j..
Vinaigre . ^ ®
NOUVELLES
Natalité dk Paris. — Du dimanche 17 au samedi 30 juin
1906. les naissances oat ete au nomure de 1.055, se décomposant
ainsi : légitimes 820, illégitimes 235
Mortalité a Paris. — Population d'après le recensement d<
1901 ; 2.660.559 habitants. Les décès ont etc au nomore de 89'?.
savoir : 453 hommes et 439 femmes. Les décès sont dus aut
causes suivantes: Fièvre typhoïde (typhus abdomin.) : 0. —
Typhus exanthématique : 0. — Fievre intermittente et cncbeve
palustre ; 0. — Variole : 0. — Rougeole ; 7 - Scarlatine : 0-
— Co.iuelucne ; 2. — Diphtérie et Gro ip : 3. — Grippe : 0-
— Choléra asiatique : 0. — Choléra nostras ; 0. — Autres
maladies épidémiques : 2. — Tuberculose des poumons : 109. —
Tuberculose des méninges : 7. — Autres tuberculoses 8.
autres tnm mrs malignes : 19. — Méningite simple : D-
— Congestion hémorrhagique et ramollissement du cerveau :
— Maladies organiques du oosur : 26. — Bronchite aiguë :
— Bronchite cnio.nque ; 8. — Pneumonie : 12. — Autres auer-
lions de l’appareil respiratoire ; 37. — Affections de l’estom»'
icancereic.) : 4 - Diarrhée et entérite de 0 à l an : sein : 2 ;
tre aiimentatiou :2l. — Diarrhée et entérite de 1 à2 ans : 0.— “«r
aies, obstruction iiue.stinaie : 6. — Cirrhose du foie : 7. — Népm‘
et mal de Brignt ; 14. Tumeurs non cancéreuses et autres ®
ladies des organes génitaux (femmes) : 0. — Septicémie puerpcr»
(fièvre, péritonite, phlébite puerpérale) : 0. — Autres
puerpéraux de ia grossesse ei de l’accoui-uemeuc . 0. — 9ebi ^
congénitale et vices de conformation ; 12. — Débilité
— Morts violentes ; 25. — Suicides: 12. — Antres maladies: o •
— Maladies inconnues ou mal définies ; 7. u,.
Mort-nés et morts avant leur inscription: 57, qui se de;
posent ainsi : légitimes 43, illégitimes 14.
Madame le D’’ Lipinska, ancienne externe des
lauréate de l'Académie de médecine de Paris, exerce à LtcTfl*
Bains.
Par décision ministériel!® 4®
lÉDEClNE navale. -
décerné à M. le médecin de P' classe Denis (J. -E.),
port sur les installations médicales et hygiéniques du Leour
betla. " — i
Médecins légistes. — A la suite des examens spéciaux P
la F’aculté, MM. les D” Cornatiano, de Groenc, Dervieux, p ge
Guyot, Régnier et Toulzac, ont été nommés médecins I®"'
r.Université de Paris. ,
U bibhoJfS
Je TAsso®'*
Bibliothèque Centrale de l’internat. —
I centrale de l’internat, créée grâce au concours
LE PROGRÈS MEDICAL
431
Internes des Hôpitaux, est ouverte tous les jours, y compris
“^tnnis de vacances, au chef-lieu de l’Administration générale
!f* l'Assistance publique, 3, avenue Victoria, PARIS-4'’ (service
i Archives, escalier A. 5“ étage), de 2 heures à 5 heures du soir
He8 h. l/~ à 9 h. 12 du soir, la séance pouvant être prolongée,
la demande des lecteurs, jusqu’à 6 heures et ju.squ'à 1 1 h. 1/2.
r Bibliothèque centrale de l lnternat est ouverte à tous les Inter-
s et Anciens Internes des Hôpitaux de Paris, ainsi qu’aux Ex-
"^nesdes Hôpitaux en fonctions. Elle comprend des collections
lénérales de Médecine et de Chirurgie, une série importante de
Thèses et de nombreux périodiques étrangers, en lecture dès leur
blication. Pour atténuer les inconvénients résultant de l’impossi¬
bilité de consentir des prêts, les Internes des Hôpitaux sont au¬
torisés à transmettre à M. le Chef du Cabinet (Archives) des de¬
mandes de renseignements bibliographiques par l’intermédiaire
des commissionnaires des établissements.
Legs Roussilhe a i.’Académie de Médecine. — Le secrétaire
perpétuel de l’Académie de Médecine est autorisé à accepter, sous
bénSce d'inventaire, aux clauses et conditions imposées, le legs
universel fait au prolit de cette Académie par M. Roussilhe (Guil-
lanme-Marie-Alhertl en vertu de ses testaments et codicilles, en
date des 2 janvier 1900 et 20juia 1905. Conformément à la volonté
du testateur, l'actif de la succession sera placé en rentes .3 «/o sur
l’Etat français, pour, les arrérages, être affectés à créer un prix
périodique de dix mille francs, dit prix Roussilhe, à décerner au
savant qui aura fait accomplir le plus de progrès à la dermatologie
et sous condition que l'Académie de Médecine exécutera diverses
autres dispositions énumérées dans les testaments et codicilles
précités.
Ecole supérieure de pharmacie de i.’Université de Paris.
— M. Guignard, professeur de botanique, est nommé directeur
pour trois ans, à partir du 31 mai 1906.
Société des médecins de sanatoriums français. — Il vient de
se fonder à Paris, entre les médecins de sanatoriums français, une
société ayant pour but : de traiter les questions scientifiques du
domaine de la tuberculose, notamment celles relatives au fonction¬
nement des sanatoriums, tant publics que privés. Cette Société qui
pe comprend que des membres titulaires est ouverte à tous les
médecins de sanatorium français, chefs dt service et assistants.
Elle est administrée par un conseil composé de cinq membres, dopt
un président, un vice-président et un secrétaire-trésorier. Le pré¬
sident est le Dr Calmette ; le vice-président, le Dr Hervé ; le
secrétaire-trésorier, le D’ Guinard. Les réunions, au nombre de
trois par années, ont lieu deux fois à Paris et une fois dans un
sanatorium de province. Toute demande de renseignements doit
être adressée au D' Gujnard, secrétaire-trésorier, 56, rue de la
victoire.
Commission de l’hygiène publique a la chambre des dé¬
putés. — Cette commission est composée de MM. Villejean,
reron, Schmidt, Breton, Dubouyt, Cosnier, Lachaud, Vaillant,
Chambige, Clament, Baduel, Demellier. Levraud, Cazeneuve,
Vacherie, Ferrero, Chapuis (Meurthe-et-Moselle), Delaunay, Vival
Libiel (Vienne), Durand (Aude), Delbet, Pourteyron, Chamerlat,
lugon^ Fitte. Renard, Meslier, Rozier, Schneider (Belfort), Bau-
et lEure-et-Loir), Bachimont, Delelis-Fanien.
Voici le bureau qui a été élu à la première réunion de la Com¬
ission : Président .■ M. Villejean; vice-présidents : MM. Caze-
Lachaud, Levraud, Delbet; secrétaires: MM. Baudet,
'• “Peton, Delaunay, Dudouyt, Durand, Schmitt.
mig* '^^RUse au parlement. — M. le P' Dieulafoy, de l’Acadé-
de médecine, est nommé commissaire du gouvernement pour
bienL ™*eistre du commerce dans la discussion, qui viendra
8^ tet devant le Sénat, du projet de loi sur l’emploi des compo-
Die If les travaux de la peinture en bâtiment. M.
ïltiiï- remplira la même fonction lors du débat qui s’ouvrira
‘curement à la Chambre sur le même projet.
dans un HOPITAL. — Une malade, soignée à l’hô-
accè, H vingt-neuf ans, s’est précipitée, dans un
®alhoi,^ délire, du R'' étage dans la cour pendant la visite. La
L’Hygiène Sociale en Allemagne. — Guillaume lia ordonné
que la brochure : U alcool et la valeur militaire, édité par la ligue
antialcoolique allemande, soit distribuée à toutes les recrues de
l’armée lors de leur arrivée au corps. Les officiers commenteront
cette brochure en des conférences spéciales. (Mïcnch. med.
Wochschr.]
Clinic^t Médical de la Faculté de Bordeaux. — Après un
brillant concours, M. le D'' Dumora est nommé chef de clinique,
et MM. les D''® Galtier et Cruchet, chefs de clinique adjoints.
Nécrologie. — Nous avons le vif regret d’annoncer la mort de
M. Fritz Schaudinn, à peine âgé de trente-quatre ans, à la suite
d'une maladie infectieuse. C’est lui qui a découvert le microbe
de la syphilis, le spirochaete pallida. Depuis janvier, M. Schaudinn
était chef de service de l’Institut pour les maladies maritimes et
des tropiques à Hambourg. Il rédigeait les Archives pour l'étude
des protozoaires.
Nous apprenons encore avec regret la mort du D' Philippe
Enninger, qui fut une des figures bien connues et sympathiques
du vieux Strasbourg et celle de M. le D'' Henrion, conseiller gé¬
néral de Nancy-ouest, ancien député de la deuxième circonscrip¬
tion de Nancy, âgé de 71 ans.
Manuel Garcia, l’inventeur du laryngoscope, vient de mourir à
l’âge de cent un ans. Ce célèbre professeur de chant, fils du chan¬
teur Garcia, était frère de la Malibran et de Mme Pauline Viar-
diot. Manuel Garcia, qui était né le 17 mars 1805, à Madrid, s’était,
dès sa jeunesse, adonné à l’étude du chant au double point de vue
artistique et scientifique. C’est en Angleterre qu’il passa la majeure
partie de son existence, et c’est en Angleterre qu’il est mort dans
sa villa de « Mon Abri », à Cricklewood.
Le monde artistique lai doit des élèves comme Mme Blanche
Marchesi, et le monde scientifique lui est redevable du laryngos¬
cope, le premier appareil qui ait rendu possible l’examen des cor¬
des vocales.
A l’occasion de son centenaire, qui eut lieu l’an dernier à Lon¬
dres, Manuel Garcia avait reçu la commanderie de l’ordre de Vic¬
toria d’Angleterre, la grand’croix d’Alphonse XIII, la grande mé¬
daille d'or des sciences de Prusse, que l’empereur d’Allemagne
lui envoya avec un message personnel. {Le Temps). "*
L’esprit des autres. — Petiœ' annonce relevée à la quatrième
page d’une gazette spéciale : « Bouledogue à vendre. Très docile.
Facile à nourrir ; mange n’importe quoi. Aime surtout les enfants.
S’adresser, etc. » {Avenir du Cher, 3 juin.)
Chronique des hôpitaux.
Clinique Tarnier. — Un cours de pratique obstétricale avec
manœuvres sera fait pendant le mois de juillet par MM. les doc¬
teurs Guéniot, chef de clinique et Catbala, chef de laboratoire.
Les leçons auront lieu tous les matins (dimanche excepté), à
10 heures li4, à partir du lundi 2 juillet. Le droit d’inscription
est de 50 francs. S’inscrire au secrétariat de la Faculté.
Concours de l’externat. — L’ouverture d’un concours pour
la nomination aux places d’élève externe des hôpitaux et hospices
civils de Paris aura lieu le lundi 17 septembre 1906 à quatre heu¬
res précises, dans la salle des concours de l’Administration, rue
des Saints-Pères, 49. Les étudiants qui désirent prendre part a, ce
concours seront admis à se faire in.scrire au service du personnel
de l’administration de l’Assistance publique, tous les jours, les di¬
manches et les fêtes exceptés, de onze heures, à trois heures du
mercredi l'r août 1906 au vendredi 31 août inclusivement.
Enseignement médical libre.
Cours pratiques par d’anciens internes. — La 2' série des
cours pratiques aura lieu du 20 juiliel au 11 août 1906. Conçus
dans un esprit absolument pratique, ils s'adressent aux étudiants à
la fin de leurs études et aux praticiens. Chaque cours comprend
9 à 10 leçons qui se suivent à deux jours d’intervalle, les heures
différentes permettent de suivre plusieurs cours. Pour chaque
cours, le droit d’inscription est de 20 francs.
La 2' série comprend les cours suivants : Lundi, mercredi,
vendredi : Larynx, nez, oreilles : M. Bourgeois ; Gynécologie
pratique : M. Bender ; Chirurgie journalière : M. Delaunay ;
DÉSIHFECTiKT
**»(.,Æ«T11L0« matuit
« "Utcint qui en font la demande
»oc,rre„ *-
eTABUSSEMENT de SAINT-GALMJER (Loire}
SOURCE BADOIT
DSm de I&SODRCBt
PAR AN
30IHtl.U0NS
de Bouteilles
«■^L’Eau <4e Table sans Rrvafe BécUrêo aŒntérêt Pujiio
JLA pQaa.s à l^Ssbaajoao ' jsdaràc au t» mm
432
LE PROGRES MEDICAL
Orthopédie : M. Tricon ; Maladies nerveuses : M. Ross ; Obsté¬
trique : M. Lequeux ; Voies urinaires : M. Minet. — Mardi,
jeudi, samedi : Maladies de la peau : M. Lenglet : Thérapeutique
générale : M. Oppenheim : Elslomao et intestin ; M. Lippmann ;
Maladies des enfants : M. Bai.l ; Electrothérapie : M. Delherm.
Pour programmes et inscriptions, s’adresser au D'' Minet, 15,
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Antonini (Giuseppe). — I principi délia antropologia criminale.
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ticato in vita. In-S® de 20 pages. Reggio Emilia.
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lations des éléments figurés du sang. In-8° de 12 pages. Bruxelles.
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découvert par M. Louis DEQUfc.ANT. pharmacien, ^
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Médecine, 23 mars 1897, 8 mai 1898). Léxtrait de ces ei
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14 JUILLET 1906
55. année. 3« SÉRIE. T. XXII. N" 28 BUREAUX : RUE DES CARMES, 14
Le Progrès Médical
SOMMAIRE : Thérapeutique : Recherches sur les propriétés
* thérapeutiques de l’acide vanadique comme topique, en particu¬
lier en gynécologie, par Le Blond et David. — Bulletin : Le
conflit médico-mutualiste et la défense professionnelle, par J.
— Sociétés Savantes : Société de biologie: Réaction des
cellules nerveuses de la moelle et neuronophagie dans la rage
expérimentale, par Laignel-Lavastine ; Cirrhose et opsiurie, par
Gilbert et Villaret ; Pouvoir glycolytique du sang, par Lesné et
Dreyfus ; Hypothyroïdies et angines, par de Rothschild ; Gastro-
cytolysine, par Lion et Français ; Constitution colloïde des sucs
pancréatiques et gastriques, par Iscovesco le. r. de Mme Ed'
wards-Pilliei.) — Académie de Médecine : L’impaludisme à Ma¬
dagascar, par Blanchard ; Le paludisme et la fièvre jaune au
Sénégal, par Kerraorgant ; Les taies de la cornée, par Chauvel
(c, r. de A. -F. Plicque). — Société Médicale des Hôpitaux :
Démence épileptique, autopsie, par J. Voisin, R. Voisin et Lai¬
gnel-Lavastine ; Evolution des anémies pernicieuses, par Va¬
quez et Laubry ; Lésions cérébrales dans l’aphasie, par Marie ;
Chancre mou extra-génital, par QueyTat ; Citrate de soude con¬
tre les vomissements incoercibles des nourrissons, par Variot ;
Lichen sorofulosoruro, par Thibierge ; Phénomène de la ligne
blanche dans l’hypertension artérielle et l’insuffisance surrénale,
par Sergent et Ribeaudeau-Dumas (c. r. de Friedel,) ^ Revue
d’ophtalmologie : Les mouvements associés des yeux et les
nerfs oculogyres, par Gaussel ; Cécité êt tabès, par Leri ; La
vision, par Nuel . Syphilis de l’oçil et de ses annexes, par Ter¬
rien : Le fond de l'œil dans les affections du système nerveux,
par üalezowski ; Recherches cliniques sur le glaucome primitif
dans scs rapports avec l’artério-sclérose et l’impèrrnéabilité
rénale, par Henri-Joseph (c. r, de Poulard.) — Revue d’élec-
TROTHÉRAPIE ET DE RAniOGRAPHIK. — BIBLIOGRAPHIE. — THɬ
RAPEUTIQUE : Levurine extractive. — Varia. — Les congres.
— Actes et thèses de la faculté, de médecine de Paris.
— Formules. ^ Nouvelles. — Chronique des hôpitaux. — ■
Bulletin bibliographique.
AVI8 15IP0RTANT A NOS ABONNÉS
THÉR.APEUTIQUE
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L'échéance du i" JUILLET étant lune des
plus importantes de l'année, et, par suite de l'ap¬
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vais de 3 prélevés par la poste) ou par une va-
à vue sur Paris.
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progrès Médical ou de u. a.
^^PEA ED, administrateur.
^fin d éviter toute erreur, nous prions épale-
rélL abonnés de joindre à leur lettre de
ifNl^n^^nents et à toutes leurs réclamations la
journal.
^yis AUX AUTEURS ET AUX EDITEURS
^^Ppelons à MM. les Auteurs et Plditeurs que
' es ouvrages dont il nous sera adressé deux exem-
® ®éront annoncés et analysés (s'il y a lieu). Un
Lfj exemplaire donne droit seulement à l’annonce.
doivent être adressés an Rédacteur en
s,’ me des Carmes.
ôEs Pharmaciens. - Le Sénat et la Chambre des
’^idûm i ; Le Président de la République promulgue la
yAniele „ :
^^***ées n, demeurent abrogées les prescriptions
S"® b n A du 21 germinal an XI en ce qui con-
i?'* lôi de serment des pharmaciens diplômés. Lapré-
sera”* adoptée par le Sénat et la Cliambre de.s dé-
■'«Éécutée comme loi d’Etat,
Recherches sur les propriétés thérapeutiques de
l’acide vanadique comme topique, en particulier
en gynécologie ;
Par le D' H. LE BLOND
Médecin de Sl-Luzare,
Et M. Charles DAVID, interne des hôpitaux.
Nous venons exposer ici le résultat des recherches
auxquelles nous nous sommes livrés depuis le début
de l'année 1902 sur l’emploi thérapeutique de l’acidè
vanadique. Les premières constatations découlant de
nos expériences ont déjà été présentées à la Société de
thérapeutique dans sa séance du 27 mai 1903. Depuis
cette époque, nous avons constamment poursuivi l'étude
de cet agent médicamenteux ; c’est donc sur une expé¬
rimentation déjà longue, puisqu’elle porte sur quatre an¬
nées, que nous pouvons tabler ; les conclusions de no¬
tre travail reposent donc sur des bases solides.
1. Le vanadium et l’acide v.anadique. — Le vana¬
dium, métal découvert en 1806 dans le minerai de fer
de Talberg, est depuis longtemps utilisé par l’industrie
comme oxydant. Mais son introduction dans la théra¬
peutique est de date relativement récente. On avait, jus¬
qu'à présent,’ après les travaux d’Hélouis, LyoUnét,
Marty et Martin, employé les vanadates de soude, de
fer, de lithine, etc., l'acide vanadique lui-mème n’a¬
vait guère été employé. Deux chimistes, M. Witz et
Osmond, ontdémontré la singulière propriété que pos¬
sède l’acide vanadique lorsqu’il se trouve en présence
d’une matière organique eLd'un corps oxydant.il oxyde
la matière organique, reprend ensuite de l’oxygène
à la matièreoxydantepourl’abandonner de nouveauàla
matière réduclrice etainside suite. Cédant et reprenant
tour à tour de l’oxygène, passant nécessairement de l’a-
Cide hypovatiadique àcelui d’hypcrvanadique,il établi¬
rait un mouvement do va et vient d’oxygène analogue
à celui queBeinz et Schultz ont décrit à propos de rar-
senic (.Vrnozan). C’est à cause de ce phénomène que
M.M. Wilz et Osmond Ont' donné à l’acide vanadique le
nom très expressif de « médicameh^avette ». Donc
l’acide vanadique est un oxydant très énergique et qui
possède la faculté de se régénérer indéfiniment. Aussi
LE PROGRÈS MEDICAL
les moindres doses suffisent-elles à produire des actions
thérapeutiques manifestes ; elles agissent comme de vé¬
ritables ferments, servant de véhicules d’oxygène.
M. Laran, en collaboration avec IMM. Bernard et Pc-
court, a repris l’étude des propriétés chimiques de l’a¬
cide vanadique. Celte étude lui a permis de faire,
avec des produits parfaitement déterminés et chimique¬
ment purs, une étude très approfondie de la toxicité et
des propriétés physiologiques de l’acide vanadique, et
des principaux sels de vanadium, au laboratoire de M.
François-Franck, avec la collaboration du U' Hallion,
chef du laboratoire de physiologie pathologique du Col¬
lège de France.
(les divers travaux ont démontré que les sels de va¬
nadium n’étaient actifs que par l’acide vanadique qu'ils
renferment et que, par ailleurs, ces sels étaient insta-
bleset le plus souvent impurs ; il étaitdonc rationnel
de partir de l’acide vanadique chimiquement pur, le
seul principe actif et qui puisse être facilement dosé (1).
D’autre part, les expériences du D" Laran sur le co¬
baye tuberculeux lui ont permis de conclure que l’acide
vanadique enraye d’une façon manifeste la marche de
la tuberculose par transformation fibreuse de lésions.
C’est en partant des expériences du D' Laran que l'idée
nous est venue d'expérimenter à notre tour l’acide va¬
nadique dansnotre service de Saint-Lazare. Mais jus¬
qu’à présent, onne l’avaitessayé que comme médica¬
ment interne. Nous avons contrôlé nous-mêmes ses
bons effets dans le traitement de divers états cachecti¬
nes. Mais nous avons pensé qu’il pourrait également
onner debôns résultats comme topique dans les plaies
cutanées ou muqueuses accidentelles, chirurgicales ou
pathologiques. Enfin, élargissant notre expérimenta¬
tion, nous l’avons essayé comme modificateur des sé¬
crétions muqueuses pathologiques.
Donc, nous avons expérimenté cet agent thérapeuti¬
que de deux façons différentes : d’une part, en inges¬
tion par la voie buccale, d’autre part, comme topique
en lavages et en pansements externes. Pour répondre
aces deux indications, il nous fallait deux solutions
différentes. Pour l’usage interne, nous nous sommes
servis de la solution d’acide vanadique Laran, liqueur
incolore, inodore, sans saveur, dosée à 0,015 milli¬
grammes de principe actif par litre d’eau.
Pour l’usage externe, nous avons employé une solu¬
tion beaucoup plus forte, à laquelle, afin d’éviter toute
confusion, nous avons donné le nom l’oxydasinepour
rappeler sa principale propriété. Cette préparation est
de couleur jaune d’or et contient 0,50 centig. d’acide
vanadique par litre d’eau.
1. Emploi DE l’acidr VANADIQUE a l’intérieur. —
Tout d’abord, administrée à l’intérieur, la solution d’a¬
cide vanadique nous a donné de très bons résultats
dans le traitement de tous les états anémiques et ca¬
chectiques ; nous ne voulons pas insister sur l’emploi
de l’acide vanadique comme modificateur de la nutri¬
tion générale, voulant surtoutinsister dans notre étude
sur l’action topique locale de ce médicament. Mais nous
ne pouvons passer sous silence les résultats vraiment
remarquables qu’il nous a donnés chez quelques ma¬
lades dont l’état général était extrêmement mauvais ;
son action est précieuse dans la chlorose, la neurasthé¬
nie. Mais c’est surtout dans la tuberculose pulmonaire
(l) Hallion et Laran. — 1* Compte rendu de la Société de Bio-
/o^/e.Séance du 26 juin 1899. — 2“ Laran. — Recherches sur l’acide
vanadique. Société de Biologie, Séance du 19 février 1898.
que ses effets sont vraiment surprenants. Nous avou-
un certain nombre d’observations fort suggestivesàcq
égard — concernant des tuberculeux pulmonaires au
premier ou au deuxième degré. Nous avons administré
à ces malades deux cuillerées à soupe par jour delà so¬
lution aqueuse d’acide vanadique à 0,015 milligram-
mes par litre, et nous avons obtenu un relèvement
très rapide des forces, une augmentation de poids très
sensible.
Sans doute, cet agent ne possède pas plus qu'un au¬
tre une action spécifique à l’égard de la tuberculose
pulmonaire, mais il réveille l’appétit d’une façon évi¬
dente et pour ainsi dire instantanée, chez les malades
anémiés et qui ne s’alimentent plus que d’une façon
très insuffisante. Il est donc un adjuvant très utile de la
suralimentation. De plus, grâce à son pouvoir oxydant
si énergique, il est très plausible d’admettre qu il ap¬
porte aux éléments de l’organisme et en particulier aui
cellules lymphatiques un renfort d’oxygène qui les met
à même de lutter plus victorieusement contre les ba¬
cilles ; il favorise peut-être les réactionscongestives au¬
tour des lésions tuberculeuses, il active le processusde
sclérose qui est le mgde de guérison habituel des
foyers bacillaires peu avancés. Bref, il met en jeu tous
les moyens de défense de l’organisme dans la lutte
contre l’infection et lui permet de résister d’une manière
plus efficace.
La vraisemblance de cette hypothèse est d’ailleurs
confirmée par la communication de M. François-Franck
à l’Académie où il rapporte le résumé de l’examen histo¬
logique deslésions pulmonaires des cobayes tuberculisés
puis traités par l’acide vanadique ; cet auteur a cons¬
taté nettement la transformation fibreuse des lésions.
En tous cas, l’acide vanadique procure toujours aai
malades de ce genre une sensation de bien-être et d a-
mélioration, dont nous avons été maintes fois frappés,
même lorsque leurs lésions sont trop avancées pour que
l’on puisse espérer une guérison complète.
L’acide vanadique comme topique local. — Jforff
d’emploi. — Nous avons d’abord employé l’acide vana¬
dique comme topique en solution aqueuse à 0,50 c.
1000. C’est la préparation connue sous le nomd’oxyda-
sine. C’est un liquide d’un jaune d’or, ne présenta®
aucune odeur, ce qui est un avantage appréciable ; son
application en pansements ou en badigeonnages ne'
nullement douloureuse et hâte d’une façon manik'’ o
la guérison de toutes les plaies. , ,
Mais la dose que nous avions employée au den“
nous a paru dans la suite être un peu trop forte,
avons obtenu des résultats plus satisfaisants à 1^.^
d’une solution plus diluée. Nous avons en effet V f
la solution mère à 0.50 pour 1000 étendue de
son volume de glycérine, ce qui fait environ > ^
ctg. de substance active par litre ; cette dose i*®**’^,
paru plus favorable ; mais on peut se servir avec s
cès de solutions beaucoup plus faibles ; c’est am®*
nous avons eu plusieurs guérisons avec le liquio® 4 .
nous sert habituellement pour l’usage interne o ^
ne contient que 0,15 milligr. d'acide vanadiqu®,^.
litre. La puissance d’action de ce médicamentes j|
extrêmement énergique et, d’une manière gén®*’
nous semble qu’il vaut mieux l’employer à “OS® jjj
faible. La plupart de nos essais ont été faits
solution au 1/10 obtenue en diluant l’oxydasine
fois son volume d’eau ou de glycérine, ce q^i
0,05 centigr. d’acide vanadique pour ItNX). eU'
tions aqueuses nous ont servi pour les pansenien
LE PROGRÈS MÉDICAL
435
lanés : aux muqueuses nous avons réservé les solutions
^*'\ous faisons sur les plaies ou les lésions cutanées que
noiis traitons des badigeonnages quotidiens avec un
oinceau ou un tampon d’ouate trempés dans notre solu¬
tion. Pour les pertes de substance étendues, nous les
recouvrons de compresses humides largement imbibées
d’acide vanadique et renouvelées tous les jours.
Mode d'aclion. — On voit, sous l’influence de ce
traitement, une colerette épidermique se dessiner dès
les premiers jours à la périphérie de la lésion en même
temps que le fond devient granuleux et bourgeon¬
nant et la cicatrisation marche très vite. L'acide vana-
dique, outre sonaction antiseptique incontestable, et qui
lui est conférée par l’oxygène qu’il dégage sans cesse,
active la régénération des tissus etluipermetde mieux
lutter contre les éléments microbiens.
Indications. — MM. Le Hlond et Bourgeois (1) ont
déjà rapporté l’action rapidement épidermisante cons¬
tatée dans un cas de lupus tuberculeux très ancien où
les follicules avaient été préalablement détruits à l’aide
de multiples scarifications, afin de permettre une
meilleure imprégnation des tissus malades par l’agent
médicamenteux ; puis -on avait fait sur la plaie des
pansements à la résorcine, soit pure, soit en solution
aqueuse. Malgré ce traitement la cicatrisation ne
se faisait pas. C’est alors qu’ils eurent l’idée d’essayer
l’acide vanadique et ils employèrent la solution la plus
faible à 0,015/1000. La réparation fut extrêmement
rapide laissant à sa suite une cicatrice parfaitement
lisse, souple et d’excellent aspect. La guérison s’est
d ailleurs maintenue depuis ce moment. C’est à la suite
de cette cure très heureuse que nous avons continué à
employer l’acide vanadique daus le traitement des af-
feclions cutanées. Nous l’avons expérimenté dans des
maladies très différentes :
.i! simples, accidentelles ou chirurgicales.
Plaies d’anthrax.
3° Lésions tuberculeuses, lupus, abcès froids ulcé-
Lésions syphilitiques, secondaires végétantes ou
biques (comiylomes, plaques muqueuses.)
réês syphilitiques, tertiaires, gommes ulcé-
!)* Chancres mous.
i p*‘^àres variqueux. Eczémas divers.
Enfin dans des plaies d'origine dystrophique telles
maux perforants plantaires. .
thérapeutiques . — Dans presque tous les
çic avons obtenu, sous l’intluence de cet agent, une
blirJ''’^Con très rapide : il nous est impossiblcd’éta-
trgii ^ ^^atjon précise une moyenne de la durée du
dans cet ensemble d’observations, étant
oee la nature très différente dos divers cas. Nous
^ ons dire cependant :
las plaies ordinaires ont guéri le plus rapide-
lésioQ J délai de lOjoursà Ssemaines ;:3‘’queles
niçj ^ l^herculeuses ou syphilitiques ouvertes (gom-
avecu"^°'“^'^“ses ou syphiliques tertiaires), ont guéri
®lcéré'^*^ f'*'^nde rapidité. Les lésions syphilitiques non
quçj l®lles que plaques muqueuses hypertrophi-
SîUsem *^°**^ylo'aiesont été également modifiées avanta-
et ont diminué de volume.
Les mômes résultats ont été obtenus dans les cas
d’eczéma. Bons effets également dans les cbancrcs
mous. Quant aux ulcères variqueux, ils ont subi du
fait de ce traitement une poussée cicatrisante après
laquelle la marche a été quelquefois traînante, de
sorte que, dans un certain nombre de cas, nous avons
dù ne l’employer qu’alternativement avec d’autres
agents thérapeutiques.
Cependant l’acide vanadique suffit seul d’ordinaire à
amener la guérison ; mais il est bon de remplacer de
temps en temps dans les pansements la solution habi¬
tuelle à 0.05 cent. p. lOOO par la solution forte à 0,50
cent, par litre, qui réveille un peu l’activité paresseuse
des tissus. On fait un ou deux pansements avec la
solution forte, puis on revient à la solution faible.
Les pansements ont toujours été bien supportés ;
jamaisnous n’avons observé la moindre sensation désa¬
gréable après leur application.
Dans un seul cas, nous n’avons observé des phéno¬
mènes d’intolérance caractérisés par des éruptions
érythémateuses qui ont d’ailleurs disparu avec la ces¬
sation du traitement.
Des applications de l’acide vanadiqüe en gyné¬
cologie.
Traitement de la vaginite.
Indications. — Nous arrivons maintenant au groupé
d’affections dans lequel nous avons expérimenté notre
nouvel agent thérapeutique dans la plus large mesure.
Nous voulons parler des inflammations des voies géni¬
tales de la femme. Connaissant la désespérante ténacité
de ces maladies, nous avons voulu voir si l’acide vana¬
dique ne pourrait pas être substitué avec fruit aux divers
topiques employés jusqu’ici dans le traitement des va¬
ginites, uréthrites et métriles, qu’elles soient ou non
d’origine gonococcique. Nous pensions que cet agent
produisant une suractivité fonctionnelle des épithéliums
et des glandes des diverses muqueuses génitales pour¬
rait leur permettre de résister plus efficacement aux
agents infectieux et que dans tous les cas où il y aurait
des excoriations, des ulcérations ses propriétés régéné¬
ratrices vis-à-vis des tissus seraient d’un secours pré¬
cieux.
Manuel opératoire . — C'est partant de ces idées
que nous avons traité nos vaginites par des pansements
vanadinés Après nettoyage aussi soigneux que possi¬
ble des parois du vagin et en particulier des culs-de-
sac au moyen de lavages à 1 eau oxygénée, nous
séchons complètement notre cavité au moyen de tam¬
pons d’ouate hydrophile aseptique. Puis nous bour¬
rons complètement le vagin de tampons largement
imbibés de notre solution habituelle. Les tampons sont
laissés à demeure et changés toutes les vingt-quatre
heures. Le traitement est continué sans interruption
sauf pendant la durée des règles jusqu’à guérison com¬
plète.
Résultats. — Les pansements sont parfaitement
bien tolérés; ils ne déterminentaucune sensation désa¬
gréable et aucune réaction inflammatoire ; on voit
sous leur influence les écoulements purulents diminuer
rapidement et bientôt se tarir complètement; les parois
vaginales rouges, granuleuses, enflammées et dou¬
loureuses perdent leur sensibilité exagérée, pâlissent
et redeviennent lisses. La durée du traitement varie
436 LE PROGRÈS MEDICAL
évidemment suivant le degré de l’inflammation, suivant
que l’on a affaire à un processus aigu ou chronique ;
les vaginites aiguës se modifient plus rapidement que
les écoulements invétérés. Mais la guérison est la règle
en un temps relativement court. Dans tous les cas que
nous avons observés elle est survenue dans l’espace de
1(5 jours à deux mois; ce dernier terme étant une limite
extrême qui n’a jamais été dépassée et le plus soU’
vent n’a pas été atteinte ; les vaginites qui nous ont
demandé 6 semaines à deux mois de traitement étaient
des cas intenses avec parois irritées chroniquement, plus
ou moins végétantes et profondément altérées par le
processus inflammatoire. Au contraire dans les cas
récents, où l’écoulement était le phénomène prédomi¬
nant, nous avons pu en débarrasser nos malades en
quatre ù cinq semaines.
Traitement de ruréthrite. — Le traitement de l'u-
-réthrite par l'A. V. ne nous a pas, il faut le dire, donné
d'aussi bons résultats que celui de la vaginite; de cela
personne ne songera à s'étonner, car tout le monde
connaît cette ténacité des écoulements uréthraux chro¬
niques aussi bien chez la femme que chez l'homme ;
■cela tient d'ailleursà plusieurs causes : difficulté de faire
pénétrer un topique dans les culs-de-sac glandulaires,
impossibilité de faire sur la muqueuse uréthrale un
pansement à demeure. 11 faut se contenter de lavages
plus ou moins répétés, de badigeonnages dans l'inter¬
valle desquels les agents infectieux ont toute liberté
d'exercer leurs ravages. Cependant nous avons traité
systématiquement un assez grand nombre d'urèthres
•féminins au moyen do badigeonnages à l'acide vana-
dique. Nous avons employé d’abord une solution à
D.17 c. par litre de glycérine puis la sol utidn à 0,05 pour
1000.
Voici quel est notre manuel opératoire : nous nous
'servonsde liges métalliques en cuivre rouge recuit, de
-8 à i6 centimètres de longueur environ, montées sur
des manches en acier nickelé. Ces tiges sont très mal¬
léables et prennent très facilement la courbure que l’on
veut leur donner, elles sont de section quadrilatère ;
leurs faces sont garnies de petites aspérités ou creusées
d’un pas de vis ; autour de ces liges préalablement
flambées on enroule unepelite quantité d'ouate hydro¬
phile de façon à former une sorte de petit pinceau très
étroit, mais aussi long que l'urèthre; les arêtes et les
aspérités de la tige de cuivre empêchent la garniture
d’ouate de se déplacer et d’abandonner son mandrin.
L’instrument ainsi préparé est rapidement passé à la
flamme puis trempé dans notre solution vanadinée.
Lafemmeétant en position surle lit à spéculum, on
introduit avec précautions l’extrémité do la tige dans
l’orifice externe de l'urèthre et on l’enfonce progressi¬
vement dans le canal avec précautions. Lorsque le
tampon a complètement pénétré on imprime à l’ins¬
trument quelques mouvements df; va et vient et de
rotation de façon à bien badigeonner toute la surface
de la muqueuse. Puis la tige est ressortie. Cette petite
opération, très simple, n’est nullement douloureuse
pour la femme et n’est même d’aucune gêne; quelque¬
fois cependant on observe un léger suintement san¬
guin qui suit immédiatement le retrait de la tige, mais
qui est dù à l'irritation trop vive de la muqueuse en¬
flammée parlcpassagede l’instrument. Ces badigeonna¬
ges à facido vanadique doivent être répétés au moins
tous les jours et, dans les cas intenses, deux fois par
jour. On peut d’ailleurs, dans l’intervalle de cés badi¬
geonnages, introduire dans l’urèthre, au moyen d’une
I pince de Ivocher, un long tampon cylindrique du calib^
de l’urèthre que l’on laisse dans le canal ; le tampon «J
expulsé à la miction suivante :• on augmente ainsi h
durée du contact de la muqueuse uréthrale avec l’agonj
actif. ”
11 nous faut reconnaître que nous n'avons pas applj. i
qué ce traitement dans toute sa méthodique rigueur i
dans notre service de Saint-Lazare; nos malades n'ont !
étéécouvillonnées que tous les deux jours ; peut-êire
est-ce pour cela que nos résultats n’ont pas été meil¬
leurs ? ? ^
Trîiitement des inétrites. Nous avons encore e.^sayé :
l'acide vanadique dans le traitement des e?idomeiriies \
et surtout des métriles d’origine blennorrhagique,lcgo-
nocoque étant la grande cause des infections utérines |
que nous observons à Saint-Lazare. Nous avons traité
ainsi une quarantaine de métiites, les unes de date !
récente, les autres chroniques, dont le début reftionlait
parfois à plusieurs années.
Manuel opératoire. Dans cette affection c’est encore
à l’écouvillonnage que nous avons eu reçours. Nous
nous sommes servis, pour porter notre topique au con¬
tact de la muqueuse utérine, des mêmes tiges de
cuivre que pour le traitement des uréthrites. (Juantà!
la solution employée, son titre a été progressivement
abaissé ; au début, nous prenions une solution forte à
0, 50 pour 1000 ; nous sommes descendus à 0,25, 0,15, et
enfin 0,05 par litre. En effet, nous avons remarqué
que là, comme partout ailleurs, l’acide vanadique pa¬
raît agir d’autant mieux qu'il est plus dilué. Il est en ^
efl’et probable que, trop concentré, il produit une initia¬
tion trop intense qui loin de calmer l’inflammation de
la muqueuse tend bientôt à l’exagérer. Nous nous en
sommes tenus en dernier lieu à la dose de 0,05 par
litre pour les badigeonnages intra-utérins. f
Ceci dit, notre technique n’a rien de particulier, li
malade est plaçée dans le décubitus dorsal sur le Id
d’examen ; après avoir introduit un spéculum,
cède à un nettoyage soigné du vagin et en particulicfdcs
culs-de-sac au moyen de tampons imbibés d’eau oxy-
génée. _
11 est presque toujours inutile de pratiquer une
tation préalable du col ;cependant, en cas de sténose i
pourra être utile de faire soit une divulsion extemp<^'
ranée au moyen d’un dilatateur, soit de |ilacer u» .
tige de laminaire la veille de l'intervenlion ; en elk > ■
la dilatation permet d<‘ se servir de tampons plus 'O
mineux et d'évoluer plue librement dans la
utérine et par suite, de porter plus facilement D
pique sur tous les points de la muqueuse : de plu-
surtout, la dilatation permet un écoulement ^u^n^ ^
sécrétions purulentes et assure le drainage de la ea'
utérine. Cependant, la dilatation n’est pas
indispensable et nous ne l’avons pas pratiquée
nos malades ; dans le cas de métrile limitée uu
avec écoulement peu abondant, le simple
pinceau suffit toujours à élargir le canal cervical
que le drainage se fasse bien. Nous avons fait
quescas des lavages intrautérins au moyen de
solution. Mais nous n’avons pas obtenu de hici ^
résultats que par le simple écouvillonnage. roul* J
Nous employons habituellement le tamp'^u
autour d’une lige de cuivre ; il est en tous ,
sant pour badigeonner les parois de la cavité u e .
Donc après avoir reconnu au moyen du '
de l’hystéromètre la position de l’utérus et la . gpr^
de sa cavité, on introduira le porte topique chois*
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LE PROGRES MÉDICAL
437
|. jj. soigneusement stérilisé , pour le pinceau d'ouate
passage dans la flamme d’un bec Bunsen
à l’aseptiser, et imbibé de la solution glycérinée
P eide vanadique à 0,05 pour 1000, on imprimera au
'nceau quelques mouvements de rotation sur lui-raê-
de façon à ne laisser indemne aucun point de la
muqueuse malade, puis on retirera l’instrument et l’on
terminera en, plaint dans le vagin un tampon imbibé
la même solution. . . , .
Celte petite opération très simple n est nullement
^loureuse, jamais nous n’avons observé le moindre
troublechez nos malades soumis à ces pansements.
Les badigeonnages doivent être répétés tous les deux
jours. Il est préférable de commencer le traitement im¬
médiatement après une époque menstruelle de manière
àivoirun mois devant soi pour faire un traitement suivi.
Carton suspendra, bien entendu, toute intervention
pendant la durée desrègles. Si, après leur cessation, l’é-
TOulement n’est pas complètement tari, quelques nou¬
veaux écouvillonnages amèneront en général sa dispari¬
tion définitive.
, Ainsi employéj’acide vanadique no us a per-.
mis d’obtenir ia guérison dans la majorité des cas ; dès
les premiers badigeonnagns, l'écoulement est le plus
souventdéjà considérablement modifié; il est beaucoup
moins abondant et prend un aspect séro-purulent, puis
transparent, au lieu de la teinte jaune verdâtre, fran¬
chement purulente, qu’il avait au début. Il devient
plus clair et de moins en moins visqueux ; il finit par
disparaître complètement. Quelquefois on observe
pendant la durée du traitement un peu de rougeur
au pourtour de l’orifice externe du col, disparaissant
rapidement dès que la série d’écouvillonnages est ter-
mmée. Cependant, il faut bien le dire, il est un certain
nombre de vieilles endométrites qui résistent à l’aci¬
de vanadique, et réclament un traitement plus énergique.
Ce sont les cas où l’on à affaire à des cols utérins vo-
IninineuK bourgeonnants et fongueux ; dans ces cas, il
suffit de faire, selon le procédé préconisé par M. Le
®lond et exposé dans la thèse de M. Page, ancien in-
lerne de Saint-Lazare, :2ou 3 badigeonnages intra-uté-
■^nçs à l'acide nitrique, espacés à huit jours d'inter-
raile ; on peut ensuite employer avec fruit l’acide va-
®adique qui active considérablement la guérison.
^Conclusions. En résumé, l’acide vanadique est un
^®nt d’oxydation énergique ; il agit à la manière des
, L ferrugineuses, mais à un degré plus élevé.
''^anadique, en présence d’un ecrps organique,
ou* oxygène qui va oxyder cette matière organi-
U passe à l'état d’acide hypovanadique;il se régé-
son* ®™pruntant de l'oxygène à l’air, puis reperd
fini pour le reprendre, et ainsi de suite, indé-
tant qu’une parcelle vanadique séjourne dans
ou à leur surface.
, onte cette étude nous permet de préciser les con-
"“^/oas suivantes:
Celle i^^^.vaaadique chimiquement pur est un ex-
®'®dicament qui mérite une large place dans'
tal ®^®®Tîal thérapeutique, tant à titre de topique lo-
v ^ de stimulant général.
cicatfj toatenétant antiseptique, un pouvoir
setae qui le rend supérieur à tous les autres pan-
Cad* *^*as le traitement des plaies cutanées.
0,05ep'*f® la plus favorable pour cet usage est celle de
soluf:„ litre d’eau obtenue en diluant au 1 iO la
3"yûd’oxydasine.
P®ut rendre de, grands, services en gynécologie
tout en ne donnant pas des résultats de beaucoup su¬
périeurs ù ceux obtenus avec d’autres topiques, il mé¬
rite cependant d’être préféré à la glycérine créosotée,
et, à cause de son absence d’odeur, à Tichthyol ; à cause
de son apparence plus agréable et de la façon, par suite,
dont il est toléré .
La solution plus favorable pour cet usage est celle
obtenue en ajoutant à un volume d’oxydasine deux vo¬
lumes de glycérine, ce qui répond à une solution con¬
tenant 0,17 cent, d’agent actif par litre.
4“ Au point de vue général, il est un adjuvant très
récieux du traitement de la tuberculose pulmonaire à
1 dose quotidienne de 2 cuillerées à soupe par jour
d’une solution aDjOlo milligr. par litre.
NARCYL GRÉMY médicament spéciû-
que de la toux, spécialement de la toux des tu¬
berculeux.
BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL
Le confi t médico-mutualiste et la défense
professionnelle. •
Notre distingué confrère, le Ib Granjux, dont tout le
monde connaît le dévouement à la cause profession¬
nelle, a exprimé, dans nn article du Bulletin médicûi
du 4 juillet 1906, intitulé :« Un danger », des craintes
sur l’avenir des syndicats médicaux. M. Granjux est
effrayé par la proposition d'un de nos confrères qui
voudrait, par mesure d’économie, faire transporter le
siège social du Syndicat des médecins de la Seine à la
Bourse du travail. Nous croyons que M. Granjux
ajoute à cette boutade bien plus d’importance que son
auteur môme ; qu’il se rassure, ce transfert n’est pas,
croyons-nous, sur le point de s’opérer.
A ce propos, le distingué secrétaire de la rédaction
du Bulletin Médical rappelle les menaces formulées
contre le corps médical dans le numéro du 15 mai 1906
de la Mutualité Nationale. Ges menaces sont catégo¬
riques ; il est bon de les répéter et de les divulguer,
bien qu’elles ne soient guère pour nous émouvoir.
Proférées par des mutualistes irrités des progrès des
syndicats médicaux, elles sont destinées à reculer le
moment où doit cesser l'exploitation du médecin par
les sociétés de secours mutuels.
Le journal mutualiste commence par vouer les syn¬
dicats médicaux aux foudres d’une législation nouvelle
en les avertissant charitablement,
« Que si malgré le vif désir des mutualistes de vivre
« en bonne intelligence avec les médecins, ils doivent
<1 passer à l’état de défense contre des exigences im-
« modérées, l’abrogation de l’article 13 de la loi du 3Ô
« novembre 1892, conférant par exception au corps mé-
<< dical le bénéfice de la loi du 21 mars 1884 sur les
« syndicats professionnels, pourrait s'imposer, et alors,
K il y aurait lieu de porter cette question à l’ordre du
« jour du congrès national de la mutualité qui se tien-
« dra à Nice, l'an prochain ».
Cette menace nous fait sourire. Les mutualistes au¬
ront, d’abord, quelque peine à démontrer les exigences
438
LE PROGRÈS MÉDICAL
immodérées des médecins à leur égard. Et, n’est-ce
pas, en outre, avec une légèreté quelque peu témé¬
raire qu’ils escomptent le vote, à l’heure actuelle, d'une
loi restrictive à la liberté syndicale ? Le moment est
bien mal choisi, ô Mutualité Nationale ! pour perpétrer
de tels complots. Nous ne sommes pas très sûrs que
nos Parlementaires tiennent beaucoup à l’existence des
syndicats médicaux, mais nous sommes bien certains,
qu’en vertu de l’adage : Hodie mihi, cras tibi, une pro¬
position quelconque de restriction du développement
syndical rencontrerait une résistance des plus vives
dans les milieux syndicalistes. Et, au Parlement, les
syndicalistes sont et seront au moins aussi puissants
que les mutualistes.
Et puis, supposons qu’on abroge l’article 13 de la
loi de 1892 et que les syndicats médicaux perdent leur
existence légale. La belle affaire 1 Les médecins seraient-
ils pour cela privés du droit d’association et ne pour¬
raient-ils plus se concerter? Si nous gardons à nos
groupements professionnels le nom de syndicats, c’est
purement par franchise, c’est pour bien affirmer leur
rôle ; le sacrifice de ce nom nous coûtera peu. Les
médecins sontassez sérieux pour tenir moins à un mot
qu’au but qu’ils veulent atteindre ; et, ce but, il ne
peut y avoir de lois, dans une démocratie, pour les
empêcher de le poursuivre. 11 suffirait même, croyons-
nous, d’un soupçon de persécution pour rallier les
dissidents et réveiller les endormis. Croyez -nous,
Mutualité nationale, si cela arrivait, vous n’y trouve¬
riez guère votre compte !
Une menace en apparence plus grave nous a été faite ;
« Puisque la suppression des syndicats médicaux ne
paraît pas vous effrayer beaucoup, nous disait un jour,
très sérieusement, un mutualiste de marque, ne crai¬
gnez-vous pas qu’on puisse vous atteindre par l’abro¬
gation du privilège des médecins ? »
Le privilège des médecins ! Mais, sérieusement,
existe-t-il ? Et s’il existe, en faveur de qui ? Le
Congrès pour la répression de l'exercice illégal de la
médecine n’a-t-il pas absolument démontré l’impuis¬
sance complète, avec notre législation, de faire respecter
ce prétendu privilège? La pénalité édictée par nos lois
contre les charlatans n’est guère qu’un épouvantail
pour un menu fretin de guérisseurs qui conservent
encore quelques scrupules ; mais les autres, ceux qui
sont vraiment dangereux, les malins qui opèrent en
grand, ceux-là savent sans peine tourner la loi ou se
moquent de son impuissance.
Avec la liberté de l’exercice de la médecine, c’est le
malade et non le médecin qui sera la première victime
du charlatanisme.
Dans une législation logique et moderne, les me¬
sures destinées à mettre un frein à l’exploitation de la
misère humaine devraient être de simples articles de
la loi sur la protection de la santé publique. U est
néanmoins piquant de constater ces tendances dans le
milieu mutualiste. Ce sont ces mutualistes criant par¬
dessus les toits qu’ils poursuivent une œuvre d’hy¬
giène sociale, qu’ils parviendront seuls à créer les
organismes de prophylaxie nécessaires à la lutte victo¬
rieuse contre les grands fléaux, ce sont ces soi-disant
chevaliers servants du progrès social et de la scient^
moderne qui s’abaissent à de pareilles menaces poi,
arrachera des praticiens modestes, qui veulent vivrejj
leur profession, un rabais de quelques sous sur dçj
honoraires, que disons-nous, sur des salaires de mi,
sère.
Mais ceux qui parlent ainsi ne sont pas, nous en
sommes certains, les vrais représentants de la mutaj.
lité française. Les hommes d’élite qui dirigent ch®
nous le mouvement mutualiste sont trop intelligents
pour ne pas comprendre que c’est par d’autres voies
qu’ils arriveront au terrain d’entente où cessera bien¬
tôt, nous l’espérons, le conflit médico-mutualiste.
J. Noir.
DIONINE-MERCK spécifique de la TOUX et de la DOüLEn
pIiiH active, moins toxique que les
opiacés et tous leurs dérivés, même synthétiques.
SÉDATION IMMÉDIATE de la TOUX
SIROP DU D- BOUSQUET, A LA DIONINE-iyiERCK
0,01 par cuil. à bouche, avec 2 gll“ de Bromofornie (4 à Sparjonr)
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SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE
Séance du 30 juin 1906.
MM. H. Roger et G.vrnier ont observé qu’en introduisaul
dans les veines périphériques du lapin l’extrait intestinal
d’un chien en digestion, on détermine rapidement la mort
par convulsions ; à l’autopsie, ni dans le système veinem
généi’al, ni dans celui de la veine porte, on ne retrouve de
caillots ; l’extrait des matières intestinales a donc une action
anti-coagulante ; le sang prélevé après la mort de l’animal se
coagule lentement.
Injecté dans la veine porte, la toxicité de l’extrait est dimj-
nué et il en faut 4 fois plus pour amener la mort del’animu-
A l’autopsie, on trouve des caillots dans les ramifications **
dans le tronc de la veine porte. Dans une artère de l’intestin-
cet extrait est encore moins toxique et cette diminution dé jà
toxicité est dans ces nombreux caillots qui se forment dans t*
veine porte, qui empêchent le passage dans la circulation gO'
nérale de la toxine de l'extrait.
Ici, la formation du caillot est protectrice et pare aux acO'
dents immédiats. Mais cette action de défense ne I>euts*n
complir s’il s’agit d’une artère qui ne passe pas par la
porte, c’est-à-dire autre que celle de l’intestin, par exemp
la carotide primitive,il n’y a plus coagulation et la morts®
vient avec une dose trois fois moindre que sur la veine F
phérique.
Réaction des cellules nerveuses de la moelle et neuronofetts*
dans la rage expérimentale.
MM. L.xigmel-Lw.vstine et Roger Voisin ont étudié
giquement la moelle du lapin rabique. Les lésions des ce
les nerveuses, dans l’intoxication rabique expérimentale, F
vent se ramener à 3 stades.
1" Gonflement et déformation sphérique des granule
chromatiques de Nissl :
2“ Fonte des granulations et vacuolisation du protopl®®^
3“ Ouverture des vacuoles à l’extérieur et envahisse
par les cellules névrogliques ou mésodermiques. j^t
La rage réalise des figures de neuronophagie, mais
aspect le rôle primordial revient à la désintégration P
plasmique ; l’afflux des neuronophages est secondaire-
Cirrhose et oj)siurû. ^(,i-
MM. Gilbert et Vili..xret ont constaté, au cours de
LE PROGRÈS MÉDICAL
439
cirrhoses où le syndrome d’hypertension portale est très
la diminution et même la disparition de l’opsiu-
■ deux mois après une opération de Talma qui diminua la
Ijithore veineuse en établissant des dérivations veineuses su-
«rficielles. .
^ Pouvoir (jlyrolytique du sang.
\1M. Lesné et Dreyfus, sachant la difficulté qu’il y a à faire
varier la propriété glycolytique du sang, ont traité des ani¬
maux, longtemps et systématiquement, par des injections
sons-cutanées de glycose, d’extrait de foie ou de pancréas,
ou phloridizines. Le pouvoir glycolytique du sang des ani¬
maux traités par ces injections ne varie pas. Ce sang n’exerce
donc aucune action sur la glycosurie des chiens dépancréa-
linisés et son sérum n’acquiert aucune propriété de précipités
en présence du glycose. Il a un pouvoir glycolytique in vitro
égal à celui du sang des animaux normaux.
Les injections d’extrait de foie ou de pancréas n’influencent
pas l'élimination du sucre, et le sang des animaux ainsi traités
reste sans action sur la glycosurie des chiens dépancréatinisés.
In vitro, le pouvoir glycolytique du sang de ces animaux est
augmenté. Chez les animaux phloridizinés, le pouvoir glyco-
lïlique n’a pas augmenté in vitro et il n’y a aucune modifi¬
cation dans l’élimination du sucre injecté. L’ablation des
reins montre que le pouvoir glycolytique du sang reste le.
même chez les animaux néphrectomisés avant l’injection de
phloridizine.
Hypothyroïdies et angines.
MM. L. Lévy et H. de Rothschild ont, sur 95 hypothyroi-
diens,observé 26 fois des angines à répétition, sur 19 femmes
et 7 hommes. Ces cas se sont présentés à la puberté, au mo¬
ment des menstruations, des suites de couches. Les angines
sont survenues irrégulièrement, mais parfois avec une pério¬
dicité remarquable. Dans deux cas, le traitement thyroïdien
a déterminé la disparition des angines, manifestant nette¬
ment finfluence du terrain et diminuant le rôle de l’infection ;
cçqui explique le peu de contagiosité de cette variété d'an¬
ge. Ces angines sont fréquemment herpétiques, les liens
de l’hypothyro'idie avec l'arthritisme, partant avec l’herpé-
tisme, étant nets.
Gastro-cylolysine.
MM. G. Lion et H. Français étudient des lésions de la mu¬
queuse gastrique déterminées chez le chien par inoculation
UC leur gastro-cytolysine. Cette substance agit presque uni¬
quement sur les glandes gastriques qui s’altèrent rapide-
®unt; sans action sur le tissu interstitiel. Les cellules princi-
plus altérées, perdent leur réseau cytoplasmique et
murs granulations.
Ctuuiiiution colloïde des sucs pancréatiques et gastriques.
H. IscovEsco conclut de ses études que : 1° les colloïdes
«Us du suc pancréatique forment un composé soluble
un milieu neutre ; 2° les collo'ides positifs du sucgas-
tiOQ • ?®uvent neutraliser l’action diastasique du suc pancréa-
Wnc ’ paralysante du suc gastrique sur le suc
U ii’est pas due à l’acidité du sac gastrique mais à
et à la neutralisation des diastases pancréatiques
négatives sur les diastases gastriques électro-positives.
.\CADËMIE DE MÉDECINE
Séance du 10 juillet.
^ L'impaludisme à Madagascar.
dist^P^^.'^uxRD montre qu’une redoutable épidémie de palu-
®ï^tuellement sur Madagascar.
Unie jj’ jusque-là assez salubre en raison de son alti-
*U>clion H épargné. Les terrassements faits pour la cons-
^ 1^ chemin de fer ont, comme cela a si souvent lieu
Voicj *^copicaux, réveillé la malaria.
'ille m,: ®ulenrs la statistique des décès palustres dans cette
compte que àO.l'OO habitants :
En 1900 . 48 décès par impaludisme.
1901 . 77 — —
1902 . 104 — —
1903 . 137 - -
1904 . 277 — —
1905 . 686 — —
Pour les quatre premiers mois de 1906, le nombre des décès
devient très sérieux et atteint 980.
Jusqu’à présent, bien que la quinine ait été mise largement
et à très bon marché (0 fr. 05 le gramme) à la disposition des
habitants, la situation ne s'améliore pas.
M. Blanchard réclame l’application immédiate et stricte de
mesures analogues à celles qui, grâce à l’énergie des .Améri¬
cains, ont fait disparaître la fièvre jaune à Cuba.
Les mesures dont il s’agit sont de deux sortes : 1“ la des¬
truction complète (par pétrolage ou comblement) de tous les
gîtes à moustîques; 2° l’usage des toiles métalliques pour
préserver les habitations contre l’invasion de ces insectes.
Pour les toiles métalli([ues, M. Blanchard recommande
l’emploi de mailles n’ayant pas plus d’un millimètre de
largeur, au lieu des mailles plus larges en usage à Cuba et
en Italie, parce que les moustiques africains sont de très
petite taille.
Ce rôle des moustiques a été, pendant les travaux de ter¬
rassement, des plus remarquables et confirme entièrement
les idées pathogéniques de AI. Laveran.
A mesure que les travaux se faisaient, les ouvriers étaient
suivis par deux espèces de moustiques jusqu’alors ignorés à
Tananarive, et très répandus depuis : le pyrelopkoriis coslalis
et le myzomya fnnesta.
Le paludisme et la fièvre jaune au Sénégal.
M. Kermorgant montre les très bons effets obtenus par la
Compagnie du chemin de fer de Dakar à Saint Louis en
imposant les grillages métalliques pour protéger ses agents
contre f impaludisme et la fièvre jaune. L’amélioration sani¬
taire fut remarquable.
A Saint-Louis, en 1902-1903, avant la protection des habita¬
tions par les toiles métalliijues, on avait relevé 139 journées
d’hôpital et 44 journées d’incapacité de travail pour 10 agents
malades de cette station : en 1904-05, depuis la protection
mécanique, le nombre des journées d’hôpital s’est abaissé
à 13 et l’on n’a constaté que 13 jours d’incapacité de travail
pour deux agents malades. Les mêmes proportions existent
pour les autres gares.
Les taies de la cornée.
M. Chauvkl montre les bons résultats obtenus par M.
Schutzer en employant les agents physiques : électrolyse, ra¬
diothérapie et surtout photothérapie. Celle-ci produit une
infiltration marquée des tissus. Mais, après quelques heures,
l’infiltration disparaît laîssant une grande amélioration de
l’acuité visuelle.
La séance se termine par la lecture de plusieurs rapports :
De M. Yvon, sur les eaux minérales ;
De M. Kelsch, sur la vaccine en .Algérie ;
De M. Laveran, sur la désinfection dans la guerre russo-
japonaise et sur les moyens indiqués dans l’étude de M. La¬
veran qui fut récemment analysée. .A. -F. Plicque.
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES IIOPIT.AU.Y
Séance du (> juillet.
Démence épileptique. Autopsie.
MM. J. Voisin. R. Voisin et Laignkl-Lavastine ont fait l'au¬
topsie de deux cas de démence épileptique. Ces enfants après
des accès sériels où après des états de mal, ont fait de l’hémi¬
plégie transitoire, puis la démence s’est installée lentement :
parole lente et scandée, marche hésitante et spasmodique,
réflexes exagérés, signe de Babinski en extension, contrac¬
tures. Marche progressive, mort dans le marasme.
Les méninges ne présentaient pas de lésions vasculaires, la
moelle était presque complètement intacte. La substance céré¬
brale, examinée par la méthode de Nissl, présenta des lésions
440
LE PROGRÈS MÉDICAL
des cellules pyramidales et une sclérose névroglique sous-
méningée très marquée.
Cette encéphalite scléreuse n’existe pas chez les épilepti¬
ques non déments. Signalée par.Ghardin, étudiée depuis par
d’autres auteurs, cette sclérose névroglique sous-méningée
pourrait bien être le substratum anatomique du complexus
symptomatique démentiel.
Evolution des anémies fernkieuses.
MM. Vaquez et Laubry considèrent l’anémie pernicieuse
différemment de Biermer et basent leur compréhension sur
les diverses modalités de réaction de la moelle : !"> anémie
;> type aplastique : moelle stérile, improductive, anémie
progressive et fatale; 2“ anémie plastûiue ; moelle active,
mais cette activité ne suffit pas contre le processus hémo¬
lytique , le sujet succombe ou encore la réaction médullaire
l’emporte plusieurs fois et il y a des rechutes successives
jusqu’à la terminaison fatale. Cette forme à rémission est
assez fréquente.
M. Chauffaru. — D'après \ aquez, le groupe de.^ anémies
aplastiques est bien défini, tandis que le groupe des anémies
plastiques ne l’est pas en comj>renant des cas tout à fait dis¬
parates, ce n’est que par la clinique et non plus par l’examen
histologique qu’on peut les classer.
M. Labbé. — La réaction hématologique est, ou très intense
ou très faible, et il sera très difficile de trancher les cas, qu’il
y ait ou pas de réaction myélo'ide.
M. Vaquez. — Le pronostic ne dépend pas du nombre des
globules, mais de la réaction médullaire.
Lésions cérébrales dans l'aphasie.
M. Marie a observé des cas d’aphasie sans lésions de la
IIL frontale, qui manquent d’ailleurs dans la moitié des cas.
D’après Marie, le centre du langage se trouve dans la zone de
Wernike, au niveau du pli courbe de la l” temporale.
Chancre mou extra-génital.
M. Queyrat présente un malade atteint de chancre mou de
la jambe. Ces chancres extra-génitaux sont rares et lorsqu’ils
ne coïncident pas avec des chancres génitaux, leur diagnostic
est difficile.
M. Thibierge prétend que la rareté de la localisation extra¬
génitale est plus apparente que réeUe.
Citrate de soude contre les vomissements inroercibles
des nourrissons.
M. Variot additionne le lait de citrate de soude lorsqu’il
veut fairè disparaître certains vomissements incoercibles des
nourrissons.
Lichen scrofnlosorum.
M. Thibierge présente deux cas.
Phénomène de la ligne blanche dans l'hypertension artérielle et
P insi iffisa nee su rréna le.
MM. Sergent et Rib.audeat-Dumas. — La ligne blanche
paraît être fonction d’hypertension artérielle et semble avoir
une valeur capitale dans les cas les plus divers : neurasthénie,
surmenage, intoxications médicamenteuses, grippe, septicé¬
mie, etc. Dans quelques cas, l’ingestion d’adrénaline a fait
disparaître la ligne blanche avec l’hypertension artérielle.
Friedel.
LA VALÉROBROIMINE LEGRAND
est plus active que les bromures et les valé
rianates.
Rare exemple de dignité et de modestie. — Un comité
s’était former pour lionorer la mémoire du regretté savant, Curie.
Madame Curie, sa veuve, dans une lettre des plus dignes, dont
nous extrayons le passage suivant, décline ces honneurs.
« M. Curie et moi,^ écrit-elle, nous avons toujours désiré vivre
dans le silence et à i’*abri de toute publicité, même la plus sympa¬
thique. J’ai, aujourd’hui encore, bien plus besoin de calme et
d’isolement que par le passé. Enfin, je ne puis oublier que, d’une
manière générale, M. Curie était contraire à l’habitude d’honorer
la mémoire des défunts au moyen de monuments, de médailles ou
de bustes : je lui dois de respecter les opinions qu’il a si souvent
exprimées. »
REVUE D’OPHTALMOLOGIE
Rédacteur spécial : M. le 1)'^ POL’I.ARD.
I. — Les mouvements associés desyeux et les nerfs oculogyii.,.
par le I)' A. Gaussel, préface du prof. Grasset. (Edilejirs : Mas
soiià Paris.* Gouletet filsà Montpellier.)
Cet ouvrage a le triple avantage d’intéresser à la fois Iq
médecins, les neurologistes et les ophtalmologistes,
I.es travaux qui ont été faits sur les mouvements associés
des yeux sont épars dans la littérature médicale.
L’A. les réunit, les résume et les complète par ses éladts
personnelles. Possédant fort bien son sujet, il en fait, arec
clarté, une exposition méthodique, scientifique.
Dans une première partie, il expose les faits, et étudie suc¬
cessivement la « déviation conjuguée delà tète et des yeni
dans les affections cérébrales et protubérantielles, l'hémiplé¬
gie lYculaire double, la paralysie des mouvements associés
des yeux dans les affections du cervelet et des tubercules
quadrijumeaux.
Puis, s’appuyant sur eesconstatations cliniques, il indique
la voie suivie dans les centres nerveux par les fibres ner¬
veuses ou neurones conducteurs de l’incitation motrice asso¬
ciée ; il fait l’anatomie de ce qu’il appelle les nerfs oculogyres
et enfin, toujours avec l'appui de la clinique, il termine par
des considérations sur la physiologie de ces mêmes nerfe
oculogyres. C’est, en somme,une étude très complète,à la fob
anatomique, physiologique et clinique du système nerveui
qui règle les monvements associés desdeux yeux,
il. — Cécité et tabes (Etude clinique) ; par André Leri. (Thèse d(
doctoral, chez Kuetf, éditeur, Parisl904.)
C’est là le travail le plus complet et le plus scientifique
qui ait été fait sur les rapports delà cécité et du tabes. Celte
étude clinique, qui sera complétée par des recherches anato¬
miques, déjà en train, porte sur un grand nombre d’obser¬
vations précises, longtemps suivies^ Aussi les conclusioB
originales qui en découlent ont-elles la valeur de faits soli¬
dement, définitivement établis. De l’exposé des observations,
il ressort nettement que, au point de vue clinique, l’amau¬
rose tabétique et le tabes vulgaire sont parfois associés, plus
souvent isolés ; leur étiologie semble la même, ce sont deui
localisations distantes d'un même processus. D’autre p*rt-
les symptômes de lésion des cordons postérieurs qui accoBB
pagnent l’amaurose sont quelquefois très légers. Il estauss
fréquent de voir l’amaurose accompagnée de symptômes
mentaux sérieux que de symptômes spinaux graves. On con¬
çoit que, dans ces conditions, on puisse mettre l’amau^
aussi bien sur le compte de la paralysie que sur celui o“
tabes. « Paralysie générale, tabes dorsal, amaurose des tabeU
sants, se présentent cliniquement comme trois localisation
d’un processus morbide quifrappe le système nerveux
enveloppes et dans la genèse duquel la syphilis joue un
tout à fait prépondérant. » Irido choroidite inétastatiq
au cours de la méningite à méningocoques » (Morax, :
d'ophtal. de Paris, lOoct. 1905). L’ophtalmie niétastati^^_
méningocoques se montre assez fréquemment dans 1®*
lions méningococciques. Son apparition souvent
précède quelquefois l’apparition des symptômes ni^ninc^^
et peut faire soupçonner la nature méningococciq^.^
troubles généraux. Ces observations coniribueiit à
la véritable nature de la méningite épidémique à
coques. 11 semble bien qu’il s’agisse là d’une yjj
générale dont la porte d’entrée est encore inconnue
peut-être) et qui provoque des métastases le plus
dans les méninges, quelquefois ailleurs, dans l’œil ou
dans le tissu cellulaire sous-cutané comme cela s’est vu
un cas très précis.
III.— La vision; par IcD''Xl'ei.. 'Octave Doiii, éditeur. L®
de 400 pages. Paris 1004.)
Dans cet ouvrage documenté et approfondi, le ® ' Jt
étudie et décrit les phénomènes visuels. Laissant un
côté certains d’entre eux bien connus, comme la
dans les milieux transparents du globe, il s’attache s
LE PROGRÈS MÉDICAL
441
- de des phénomènes visuels moins précis « qui donnent
1®„ à des considérations psychologiques. » Mais, dans cette
■rnde sur la vision, il ne laisse à la psychologie pure que ce
Ml ne peut lui enlever, et ramène au contraire à laphysio-
?(^e tout ce qui actuellement peut et doit lui être rapporté,
*^t-à-dire la presque totalité des phénomènes visuels.
® jl fautnoter particulièrement l’étude très intéressante qu’il
fait dès le début de son livre, sur la vision des animaux.
IV —Syphilis de l’œilet de ses annexes; par leD^FélixTiCRitlEN.
(Sleinheil, éditeur, 2, rue Casimir-Delavigne, Paris 1905.)
L’importance de la syphilis dans la genèse des affections
oculaires est souvent méconnue non seulement par les méde¬
cins, mais par les oculistes eux-mêmes. De là un préjudice
fort grave pour le malade. Si, dans une lésion syphilitique de
la peau ou des os, le médecin peut, sans trop d’inconvénients,
garder quelque temps son diagnostic hésitant, il en est tout
autrement dans les affections cérébrales ou oculaires. L'œil,
en raison de son extrême fragilité, se détruit rapidement et
irrémédiablement quand l’infection syphilitique s’y localise
et s'y développe librement. Le livre du D-- Terrier, aussi
utile aux oculistes qu’aux médecins, étudie toutes les mani¬
festations syphilitiques qui peuvent se produire non seule-
mentdans le globe mais dans tout l’appareil oculaire, dans
toute la région orbitaire.
L'auteur commence par donner quelques notions prélimi-
nairessur l’anatomie du globe oculaire et des annexes (or¬
bite, paupières, conjonctive). Il expose ensuite sommaire¬
ment la manière dont il faut faire un examen objectif de l'œil .
11 entre ensuite en plein dans son sujet et étudie successive¬
ment les manifestations de la syphilis héréditaire et de la sy¬
philis acquise. Il faut noter le chapitre où sont étudiés les
troubles nerveux de l'appareil oculaire et particulièrement
les troubles pupillaires si importants dans le diagnostic des
affections nerveuses syphilitiques.
V — Le fond de l’œil dans le > affections du système nerveux ;
par J. G.vlezow-ski. (Thèse 1904. Félix Alcan, éditeur.)
Travail trop vaste qui étudie l’aspect du fond de l'œil dan»
toutes les maladies nerveuses, depuis le tabes et la paralysie
générale jusqu’à la maladie de Parkinson et la neurasthénie.
Dans ces conditions, il est inévitable qu’à côté de choses inté¬
ressantes, il yen ait d’autres ayant un intérêt moins grand.
Vl. — Recherches cliniques sur le glaucome primitif dans ses
rapports avec l’artério-sclérase et l'imperméabilité rénale ;
par leD' Henri-Joseph (Thèse 1904, J. Roussel, éditeur, Paris)
Les conclusions decet intéressant travail portent sur l'étude
wmique de 18 cas de glaucome primitif.
1° Chez tous ces malades,il y avait des symptômes d’artério¬
sclérose ; 2» Les manifestations de l’artério-sclérose sontva-
*'*«^5, mais on peut les ranger en deux groupes : a) celles
‘lu on a observées sur l’appareil cardio-vasculaire ; b) Cel-
Çs qui intéressent les fonctions rénales ; 8“ Parmi les loca-
'^tions du premier groupe, les plus fréquemment cons-
lees furent les lésions de l’orifice aortique, de la crosse et
es artères périphériques ; 4" La tension artérielle s’est mon-
ce fréquente et notable. Tous les sphygmogrammes pré¬
vient des altérations plus ou moins intenses, mais toujours
ùives ; 5o Parmi les manifestations rénales on a pu en
ustatersouvent de considérables che* presque tous les ma -
lré*t f’^vvu'uûs. Chez tous, la perméabilité rénale s’est mon-
t( ® ultérée, très diminuée. 6“ Ces faits semblent permet-
jf.v^i’der à ces différants éléments un rôle important
® v^logie du glaucome ; 7" En tête de ces différents fac-
loi i’ ‘■uuger ïhifperiensioii arlérielle avec les causes
a,jç®P*'‘Jduisent, quelles qu’elles soient (imperméabilité ré-
ein„ *’v^6ntion chlorurée, rétention to.xique, trouble d'ori-
^avsnrrénale, etc.)
pal^g SANTÉ UE 1,’armée COLONIALE. — Le médecin princi-
da clas.se Delrieu est nommé directeur du service de santé
Le armée des troupes coloniales à Paris,
desj— .®™cin principal de î"> classe Clarac, directeur du service
des troupes coloniales, est nommé directeur de
application du service de santé des troupes coloniales.
REVUED’ÉLECTROTHÉRAPFE ET DE RADIOGRAPHIE
Rédacteur spécial :leD FOVEAU DE COI RMEELES
Les rayons X et le radium ont en ce moment une mauvaise
presse : tous les quotidiens n’en mentionnent que les dan¬
gers. Après avoir exagéré les bienfaits de la radiothérapie,
on les nie aujourd’hui, et l’on n’en pourrait même plus, à les
en croire, dire : « si cela ne fait pas de bien, cela ne fait pas
de mal », car cela ferait beaucoup de mal !
Il y a du vrai, et de la faute des médecins. Beaucoup se
sont, du jour au lendemain, improvisés électrothérapentes,
ptoussées à la fois par le grand public se précipitant vers les
nouveaux agents, et parles constructeurs vantant la facilité
d’acquisition delà technique. On a aussi prétendu doser ces
agents mieux même que le.s médicaments, et alors qu’à ceux-
ci on oppose des doses variables avec les individus, on a im-
poséaux nouvelles radiations des doses fixes et immuables
niant la susceptibilité individuelle des patients. Qu’est-il ar¬
rivé, c’est que le D' Holznecht, de Vienne, inventeur des pas¬
tilles de dosage (?), des rayons X, a brûlé un paüent et s’est vu
condamner ; que des radiographes français, utilisant ses erre¬
ments, ont dû composer avec leurs brûlés, et qne la grande,
presse s’emparant des faits, arrive à nier l’efficacité d’agents
qui, BIEN MANIÉS, saus exagérations prétendues scientifiques,
sont innoffensifs.
J’ai depuis longtemps vanté l'interposition de la plaque
d’aluminium mise au sol et les doses plutôt faibles, mais
répétées, et ainsi n’ai-je jamais eu d’accidents. La pholothéra-
pie, plus inoffensive encore et aujourd’hui dédaignée, malgré
maints appareils pratiques dérivés de mon radiateur chimique
del9Ü0, doit souvent,et avec plus de succès, piendre la place
de la radiothérapie.
Les livres sur ces questions se multiplient. Dans ma pré¬
cédente revue, j’ai oublié de parler de la .S’m’ème année élec¬
trique, éleclrothéra-pique et radioqrapliique du D'' Foveau et
Cnurmelles, parue en janvier ; il est trop tard poury reve¬
nir.
Le guide pour l’emploi de V électricité en médecine du D‘ H .
Guilleininot estunpetit in-16 de 60 pages, donnantau méde¬
cin électricien de rapides notions sur« les principales appli¬
cations de l’électrothérapie et de la radiothérapie ». C’est une
sorte de petit formulaire de notions électriques et de traite¬
ments (G. Steinheil, édit.).
Les éléments d'éleetrothérapie clinique de A. Zimmern (1 vol.
400 p. in-8°, Masson éd.) sont un véritable et sérieux Irai té. Ap¬
pareils, électro-diagnostic, traitements, tout s’y trouve très bien
exposés. Ce genre de livres abonde aujourd’hui. Le style de
l'auteur, la clarté d’exposition, l’ordre et l’abondance des
notions ; en constituent seules les différences. Après l’exposé
despropriétés physiologiques des courants, Y. Zimmern. prend
chaque affection passible du traitement électrique, et ne s’y
borne pas à exposer celui-ci, mais à en faire l'éiectro-diagnostic;
c’est là une originalité qui permet pour chaque maladie d'en
avoir une compréhension rapide et sans se reporter à di¬
vers chapitres du livre. On sait, dans les affections nerveuses,
médullaires, musculaires, l’importance de l’électro -diagnos¬
tic, qui est ici magistralement exposé. C’est un livre de cli¬
niciens, et livre complet quant aux notions exposées, sinon
quant à l'historique et aux auteurs cités; mais outre qu’il est
presque impossible aujourd’hui de connaître la bibliographie
totale des questions, chaque écrivain écoute assez souvent en
ce domaine ses sympathies personnelles; mais qu'importe,
si la science y est mise au point et rendue facilement compré¬
hensible et utilisable.
ADJUDICATION
Etude de M“ RIGAULT, notaire à
Paris, boulevard Sébastopol. S, le
"■ I pnnflBPB Tipn
Pharmaceutiques _ _ _ w
Mise ù prix (pouvant être bais. i 50.000 fr. Consign. pour
ench. 5.000 fr. s’adresser pour les renseignements à
BAUDRIER, notaire, Parts, 68, rue de la Chaussée-
d’Antin.
442
LE PROGRÈS MÉDICAL
BIBLIOGRAPHIE
Le Secret médical et la Syphilis;
Par M.L. Stévenard. (Th. Paris 1905. j
Dansce travail, l’auteur défend l’utilité du secret médical
en s’inspirant de l’enseignement du Professeur Brouardel.
Bans une première partie, il rapporte toute la jurispru¬
dence qui a constitué le secret médical, tel qu’on doit le com¬
prendre aujourd'hui. Il l’étend aux étudiants en médecine et
aux infirmiers professionnels. Après avoir fait l’historique et
lalégislation comparée du secret médical, il montre son utilité,
rappelle l'article 378 et la peine qui s’y rattache, et passe en
revue les éléments constitutifs du secret médical ; les per¬
sonnes envers lesquelles la jurisprudence oblige le médecin
(observations médicales et bulletin de santé, honoraires, té¬
moignage en justice, certificat), les règles particulières qui
renforcent le secret médical (déclaration de naissances, mai¬
sons de santé et maisons d’accouchements) ; enfin les appa¬
rentes dérogations au secret médical (lois concernant la
santé publique, l’article 30 du code d'instruction crimi¬
nelle).
Dans une seconde partie, l’auteur passe en revue les prin¬
cipaux cas de syphilis paraissant entrer en conflit avec les
prescriptions delà loi. Dans un chapitre sur la syphilis et le
mariage, il montre à quel réserve est tenu le médecin, soit
qu’il s’agisse decandidats syphilitiques au mariage ou d’époux
syphilitiques.
La syphilis étant un véritable secret de famille, on ne peut
se prêter à la moindre consultation en vue du mariage. S’il
s’agit d'un syphilitique marié, éviter toute déclaration pou¬
vant troubler une union même illégale, mais s’efforcer d’em¬
pêcher, s’il en est temps encore,la contamination entre époux.
En vue d’un divorce, refuser tout certificat se rapportant à
la syphilis. La question des nourrissons et des nourrices sy¬
philitiques fait l’objet d’un second chapitre. Là aussi, le méde¬
cin doit évoluer avec prudence La mère doit allaiter
son enfant hérédo-syphilitique, ou employer l’allaite¬
ment artificiel. Enfin il termine par un dernier chapitre où
il s’occupe des syphilitiques sous la dépendance d’autrui
comme les mineurs, les domestiques, les employés et ouvriers
les militaires. Les mineurs âgés de plus de quinze ans, les
domestiques, les employés ont droit au secret médical, ainsi
que les officiers et les soldats. Il doit être fait exception au
secret pour certains ouvriers (souffleurs de verre), qui' dans
un but de prophylaxie syphilitique se livrent à l’examen d’un
médecin attaché à l’établissement industriel.
Toutes ces questions importantes delà syphilis dans ses
rapports avec le secret médical ont été exposées clairement
par M. Stévenard, dans ce travail où les connaissances de
l’avocat ont apporté un concours précieux à celles du mé¬
decin. G. Carrier.
Essai sur la puberté chez la femme ; par le D'^ Marthe
Francillon. (Un volume in-l6, Alcan Paris.)
Dans cet ouvrage l’auteur s'est efforcé d’étudier les modifi¬
cations anatomiques, physiologiques et pathologiques qui
sont liées au développement de la puberté. Cette dernière
n’est pas une époque fixe et bien marquée par l'apparition
des règles. Avant comme après, il existe des périodes prépub-
tères et postpubères au cours desquelles l’organisme tout en¬
tier subitdes transformations qu’il était intéressant de noter.
Le docteur Francillon a rassemblé avec soin tout ce qui existe
à ce sujet dans la littérature médicale et en aextraitdes in¬
dications aussi précises que les faits accumulés le permet¬
taient. Malheureusement, beaucoup de documents n’ayant
pas une grande valeur, dans nombre de cas il demeure quel¬
ques incertitudes. LeD'' Francillon a bien essayé d’ajouter sa
contribution personnelle, mais devant la vaste étendue du
sujet elle demeure fatalement et involontairement insuffi¬
sante. Pour n’en citer qu’un exemple : le livre ne renferme
que quelques lignes et sans C/Onclusions certaines sur le mode
d’apparition du système pileux, ce caractère sexuel secondaire
cependant, si utile à noter, sur son abondance, sa disposi¬
tion, sa coloration ; seule l’observation d’un groupe de filles
au cours de la période pubère peut donner des renseigne,
ments exacts et définitifs analogues à ceux que Godina
fournis sur l’état pileux des garçons dans son bel ouvrage sm
la croissance. Toutes ces réflexions n’ont pas pour but de cri¬
tiquer, mais d’inviter Mlle Francillon à poursuivre avec
la persévérance qu’elle a déjà montrée, en prenant de nom¬
breuses mensurations , ses recherches sur la croissance pu.
bèrede la femme, et à délaisser les observations antérieures
souvent insuffisantes, pour se baser- uniquement sur des cas
personnels scrupuleusement suivis et fixer par des notations
anthropologiques. Toute la partie relative à la pathologie
delà puberté est excellente ; l’influence de celle- ci dans la pa¬
thogénie des accidents est clairement indiquée. Une bibliogra¬
phie complète termine le volume. G. IUul-Boacour.
L’atte.ation, par PiLLSBURY ; Bibliothèque internationale i(
physiologie expérimentale du D' Toulouse, (1 vol. in l2.300
p. Paris, Doin.)
Etudier l’attention, c’est le point central de la psychologie,
puisqu’une opération mentale n'est possible sans le concours
de cette forme de notre activité mentale. M. P. a commencé
par analyser, autant du moins qu’ils sont actuellement con¬
nus, les divers phénomènes qui accompagnent l’attention et
surtout les phénomènes moteurs qui se trouvent à la base;
passant ensuite aux conditions plus élevées de l’attention, il
montre qu’elle s’accompagne des sentiments d’intérêts pour
l’objet auquel on est attentif, en même temps que nous
éprouvons un certain sentiment d'activité. De toutcela, ré¬
sultent des états psychiques particuliers, que M. P. suit dans
la conscience, dans l’association et la perception, la mémoire
et la raison.
Abordant ensuite les questions les plus ardues soulevées par
le problème de la nature même de l’attention, 1’. en arrive à
discuter les théories de l’aperception ; ne nous attendons pas
aux polémiques soulevées par ces théories; ce n’est qu’une
forme nouvelle des anciennes controverses entre les empi¬
ristes et leurs adversaires. Mieux vaut signaler au lecteur les
chapitres consacrés au substratum anatomique de l’attention
à ses bases physiologiques, aux fluctuations qu’elle subit
sous l'influeace des modifications de la respiration, de la
circulation, etc; même après les études deRibot, il y a là
matière à réflexion pour le neuro-pathologiste. Un dernier
chapitre, malheureusement trop court,s’occupe des troubles
pathologiques de l’attention. Paui.-Boscour.
Précis d’histologie; par le Dr Branca, professeur agrégea
la Faculté de Médecine de Paris. 1 vol. in-8 de G’tB pap®
avec 3U6 figures dessinées d’après nature. Cartonné; l'2n»-
(Librairie J. -B. Baillière et fils, 10, rue Hautefeuille, à ra-
Ge nouveau précis de la « Bibliothèque Gilbert et Four¬
nier », que publie la maison Baillière se présente à nons>
comme ses devanciers, sous une forme séduisante. U s’ilm®
tre de multiples et belles figures, son exécution typograpm-
que est parfaite, sa reliure agréable à l’œil. C’est un men
Mais il en a d'autres.
L’histologie apparaît souvent à Tesprit du médecin com
une science un peu sévère, aride, sans vie. Elle lui ^aPP®.
les heures pénibles où il a dû. — pour la préparation
tive des examens —, surcharger sa mémoire des points
sentiels que comporte son étude. A vrai dire, cela tien
grande partie aux ouvrages qu’il a eus entre les mains ,
gros traités ne parlent qu’à leurs familiers;plus humbles -
pect, les manuels trop concis, résumant en quelques cen
nés de pages nos connaissances histologiques, pnuA’ef^j^
figures, s ils n’en sont totalement privés, sont bien
aide-mémoire que des livres d'enseignement. Et pour ^
l’histologie est une science aimable à qui sait la oompr®
et 1 interpréter. Par delà la connaissance précise
de sa structure, de sa vie, de ses modes de reproduci^^^.
des phénomènes physiologiques dont elle le siège et tu
teur, les problèmes biologiques de Tordre le plus élev
frent à notre réflexion.Cette étude de la cellule, dans ^
de M. Brancaest.uhe merveille de précision, de clarté.
thode. Mêmes qualités maîtresses dans les chapitr
LE PROGRÈS MÉDICAL
Î43
jtentde la structure, derhistophysiologie,de l’histogenèse
'^tissus et des ortjanes.
j^ jjjjfologie telle que l’envisage l’auteur est telle qu il tente
de nous la faireenvisager à nous-mêmes n’est plus seulement
une science d’observation ; c’est encore une science expéri-
nentale. Morphologique par les procédés qu’elle met en
.fuvre. elle est physiologique par le but vers lequel tendent
tous nos efforts et pour elle le comment estle préambule du
^i^i présentée, la science histologique nous apparaît
comme singulièrement vivante et pour nous l’avoir montrée
on révélée telle, l’auteur mérite que son livre prenne place
sur la table de l’étudiant, du praticien, du savant, car il s’a¬
dresse à eux tous à la fois. Benjamin Bord.
Arte de criar à los ninos {L'art d'élever les enfants] ; par
le D'' Rafael üleci.v y Gardona.
Le D'" ülecia, qui accorde toute sa sollicitude aux enfants
du nouvel âge, vient de publier, sur l’art d élever les enfants,
une intéressante plaquette dont le docteur P. Budin a écrit la
préface.
Considérant que la mortalité infantile sévissait à Madrid
avec une intensité des plus redoutables, notre savant confrère
espagnol s’est attaché à combattre ce nouvel Hérode, ainsi
qu’il le dénommait dans une brochure publiée l’an passé sur
la même question. Ce travail, qui a les honneurs d'une
seconde édition, mériterait également d’avoir ceux d’une tra¬
duction.
Vprès avoir étudié très sommairement la puériculture,
fauteur nous apprend ce que doivent être l’allaitement
maternel, l’allaitement mixte, l’allaitement mercenaire et
l'allaitement artificiel. 11 nous fait savoir quels soins récla¬
ment les prématurés et les débiles; les précautions à prendre
au moment du sevrage. Il montre ce qu’est la dentition et les
précautions dont le bébé doit être entouré à ce moment-là.
Envisageant ensuite le régime alimentaire des tout petits,
il nous apprend quels soins hygiéniques ils réclament et
comment on doit pratiquer la première alimentation. Le tra¬
vail se termine par des conseils pratiques concernant l’in-
nnence de l’alcool, de la menstruation, de la colère, etc., sur
les nourrissons. D' ïhébault.
THERAPEUTIQUE
généralités : La Leourine extractive, préparée par Coutu-
rieux en 1899 [Presse Médicale 17/5-1899), et présentée par le
octeur Lancèreaux à l’Académie de Médecine le 25 juillet de
a meme année, est un suc de levure sec, possédant toutes
J ^.P’^Priétés thérapeutiques de la levure type dont il est ex-
cla’^ présentant les caractères suivants : couleur marron
celf ’ rie peptone, saveur légèrement amère rappelant
e de la bière et du houblon, solubilité dans l’eau et la
fcerine.Ses solutions donnent toutes les réactions des subs-
f ®lbuniino'ides : précipité parla chaleur, les réactifs de
etc ^11 l’acide chromique, coagulation par l’alcool,
■ Llle est détruite en partie à partir de 55° C.
/'■«îeft emb’actiue correspond à 35 fois son poids de levure
e et à 6 fois son poids de levure sèche.
dej ^Aenferme tous les principes solubles du protoplasma
itiverf^^'^*^ bière : zymase de Büchner et Rapp, sucrase ou
tofles diastases diverses non caractérisées, pep-
etc.. P®Ptonoïdes, albumoses, glycogène, leucine, tyrosine,
ÏXesi’fn une ou plusieurs enzymoides (toxines non toxi-
Son pendant la vie de la cellule.
Sucre g 'ry°ir ferment proprement dit (transformation du
temps ^ ^leool) est peu marqué et va s’affaiblissant avec le
^^pendant que ses propriétés thérapeutiques soient
âe l’ai^f ®’8git là très probablement d’une transformation
ou zymase de Büchner et Rapp par voie d’oxy¬
dation, ou d’une coagulation de plus en plus profonde de
cette diastase, l’empêchant de se redissoudre ; ou bien encore
d’une destruction de l’alcoolase sous l’action de la diastase
protéolytique de la levure, ce qui nous semble moins proba¬
ble, parce que cet affaiblissement du pouvoir ferment se pro¬
duit aussi bien à la longue avec le produit sec obtenu à basse
température qu’avec le suc frais.
Mode d’action •, Le mode d’action de la Leourine extractive
n'est pas encore bien défini, et paraît complexe. Mais il est
fort probable qu’elle agit en favorisant la phagocytose, en
modifiant le terrain et le rendant impropre au développement
des microbes pathogènes et peut-être aussi en diminuant le
titre glycémique du sang.
Formes pharmaceutiques : La Leourine extractive de Coutu-
rieux existe en pharmacie, en solution, sous forme d'ampou¬
les injectables et en comprimés, dosés à 20 centigrammes de
principe actif. Un comprimé correspondà une cuillerée à café de
levure fraîche.
Applications : L’introduction de la Leourine extractive dans
la thérapeutique est destinée à étendre singulièrement le
champ d’action delà levurothérapie. C’est d’abord permettre,
sous forme de solution injectable, l’emploi de cette médica¬
tion dans toutes les infections graves, chaque fois qu’il faut
agir vite et que l’état du patient lui rend difficile l’absorption
par la bouche. C’est ensuite, sous la forme de petits compri¬
més faciles à absorber, la possibilité d'employer cette médi¬
cation chez des enfants et des malades qui répugnent à pren¬
dre les levures fraîches ou sèches ou bien encore dont l’état
de l’estomac ne permet pas l’emploi de ces derniers produits,
beaucoup plus difficiles à digérer par suite de la grande
quantité de cellulose peu attaquable par le suc gastrique, for¬
mant l’enveloppe du protoplasma cellulaire de la levure.
C'est enfin la possibilité d’avoir à sa disposition un produit
toujours identique à lui-même, facilement dosableet de con¬
servation presque indéfinie.
La Leourine extractive trouvera son emploi dans toutes les
affections pour lesquelles on a préconisé l’usage de la levure
de bière.
Employée dans le service du Lancereaux, à l’Hôpital du
Perpétuel-Secours, elle a donné les meilleurs résultats dans
plusieurs cas de juronculose, où toute autre médication avait
échoué, dans plusieurs cas de dyspepsie avec atonie, et de
broncho-pneumonie grippale.
Le Auvard donne ce produit dans l'entérite, les dyspep¬
sies et la constipation à la dose de un demi ou un comprimé
à la fin des repas et en a noté les heureux résultats dans la
plupart des cas, surtout ceux d'origine neurasthénique. Le
D"' Valentin a vu des anthrax rebelles chez des malades à l’es¬
tomac très sensible se terminer rapidement, la cicatrisation
se faisant vite. Le D’’ Martinez dans dix cas de typhoïde, quaive
d'entérite muco membraneuse et six de constipation rebelle, n’a
eu que d’heureux résultats. Le Duhot (de Bruxelles) {Anna¬
les de la Polycl. cent, de Bruxelles, octobre 190i), dit que le trai¬
tement interne par la Leourine extractive lui a toujours donné
les meilleurs résultats dans la furonculose alors que les levures
fraîches étaient restées sans résultat. Le D'' Despaigne, dans
l'angine herpétique a eu d’excellents résultats.
Tous les expérimentateurs ont noté l’action caractéristique
du produit dans la constipation rebelte, même à la dose jour¬
nalière de un comprimé de 20 centigrammes.
La Leourine extractive a été,d’autre part, employée avec suc¬
cès, soit à rintérieur,soiten ampoules injectables, dans l’arnr,
l'eczéma, la grippe, le diabète, la leucorrhée, la variole, la peste
bubonique, le choléra, la dysenterie, etc.
Injections hypodermiques : Le D'' R..., par cette méthode, a
obtenu une diminution presque totale du pus dans des cas
de dacryo-cystite grave, et M. d’Aspremonti, deux guérisons
dans deux cas d'infection puerpérale grave. Le D'' Bailly-Salin
l’a employée avec succès chez un enfant de 8 mois atteint
d'éruption furonculeuse intense avec température élevée et le
Despaigne dans la bronchite aiguë des veillards.
Doses et modes d’emploi : A l'intérieur : Adultes deux à huit
comprimés de 20 centigrammes par jour, immédiatement
avant ou après les repas. (Avaler les comprimés à la façon de
pilules.) Enfants : un demi comprimé deux ou trois par jour
444
LE PROGRÈS MÉDICAL
tfaire dissoudre le comprimé, après l’avoir écrasé^ dans un
peu d’eau sucrée).
Injections hypodermiques ; Une à deux ampoules de 3 c. c.
I>ar jour (enfants : une demi-ampoule). Le manuel opératoire
est le même <iue celui qui doit être employé pour les injec¬
tions de sérum immunisant. Le lieu d’élection pour les piqû¬
res est la région fessière ; la peau doit être soigneusement
nettoyée et aseptisée, le liquide est puisé directement dans
l’ampoule à l’aide d’une seringue parfaitement aseptique ;
l’aiguille est enfoncée profondément en plein tissu muscu¬
laire et l’injection est poussée très lentement pour éviter la
douleur. 11 ne nous a jamais été signalé d’accidents causæ
par cette méthode. — N. B. Le contenu de l'ampoule nedoilpas
être chauffe.
. Lavements : .idultes : Ü à 8 comprimés dissous dans 100
grammes d’eau bouillie. Enfants : un comprimé dissous dans
30 grammes d’eau bouillie.
VARIA
Le livre d’or du P' Pozzi.
Dimanche, 8 juillet, à 10 heures du matin, les élèves et les
amis du professeurs Samuel Pozzi étaient réunis à la Clini-
<}ue gynécologique de l’ilopital Broca pour lui remettre une
médaille, de Chaplain, et un livre d’or renfermant des arti¬
cles inédits sur une question gynécologique ou chirurgicale
par des chirurgiens distingués, lieureux de rendre hommage
au maître.
M. Clemenceau, ministre de l’intérieur, qui avait tenu à
venir en personne témoigner son admiration à M. Pozzi, a été
reçu par le professeur qui, dans une charmante improvisa¬
tion, a rappelé que M. Clemenceau avait été lauréat de la fa¬
culté de médecine et l’a remercié de la sympathie qu’il porte
aux médecins.
M. Debove, doyen de la faculté, qui présidait la séance, a
inauguré la série des discours officiels.
Le P'^ Renaut, de Lyon, a montré l’influence, en province,
des élèves du docteur Pozzi. parmi lesquels on trouve blendes
maîtres les plus distingués de la chirurgie française. Puis le
D"^ Martin, de Rouen, faisant allusion à l’hôpital où M. Pozzi
s’est fixé, a résumé l’œuvre et la vie de Broca.
le Louis Dartigucs, ciief de clinique, a rappelé ce qu’était
l hôpital Broca au point de vue chirurgical et ce qu’en a fait
ift Pr Pégzi. .
Le D‘ Jayle, secrétaire du comité' de patronage de la inj.
daille,a remis alors le livre d’or. Il a exposé comment il j
songé à ce livre, qui est le premier de ce genre en France-
puis il a analysf’î les mémoires qui le composent.Ces articles
sont signés de MM. le professeur Pinard, les docteurs Delbet,
Thierry, Jean-Louis Faure, le professeur Proust, le professe^
Poucet ide Lyon), le professeur Forgues (de Montpellier), le
professeur Monprofit (d’Angers), le professeur Barnsby de
Tours), le professeur Martin (de Rouen', le professeur Trœab
(d’Amsterdam), le professeur Depages (de Bruxelles), le doc¬
teur Gayte. assistant gynécologique à l’hôpital Pascal, les doc¬
teurs Louis Dartigues,chef de clinique (Robert Lo’vvy.chefd*
clinique adjoint du docteur Pozzi, Gazenave, Binder, Zün-
mern. Laiteux et Lequeux, du service dû professeur Pozzi.
Le !)'• MonproQt a retracé l’œuvre de Pozzi en ce qüi con¬
cerne les congrès de chirurgie.
Enfin M. Pozzi a fait I historiciue de la chaire de gynéco¬
logie de la faculté et a remercié ses élèves et ses amis.
M. le doyen Debove a alors offert au professeur Pozzi k
médaille d’or de Chaplain dont le revers flgure la Sciencear-
rachant une femme à la mort. Cette médaille est sans contre¬
dit une des oeuvres les plus exquises du grand artiste.
Parmi les assistants, signalons ; 4L Clémenceau, ministre
de l’intérieur, les professeurs Robin. Monprofit, Renaut, Thi-
riart (de Bruxelles), Pozzi (de Reims), ïroeubet Mendès (d’AÈâs-
terdam', Albert Martin ide Rouen) et Barnsby (de Tours), les
docteurs Castex, Zimmern, Binder, William Gazenave, Le-
quenx, Robert Lœvvy, Latteux, Montagu, ’l’hiercelin, Green
(du Gairei, katzaïnofet Ditzof i d’Athènes), Loureiro (du Bré¬
sil), MM. Monod, ancien directeurde l’hygiène au ministère
dePintéfieur, Adrien Ilébrard, directeur du Zemps ; Chaplain,
Clairiii, Marcel Dreyfus, Laroze, etc., etc.
La nouvelle Convention de Genève.
La conférence pour la révision de la Convention de Genève
a pris fin le dimanche 8 juillet.
Les délégués se sont réunis à la salle de l’Alabama.
<1 Toutes les puissances, a dit le Président, également ani¬
mées du désir de diminuer autant qu’il dépend d’elles les
maux inséparables de la guerre, et voulant, dans ce but, per¬
fectionner et compléter les dispositions conçues à Genève le
(12 août 1864 pour l’amélioration du sort des militaires et ma¬
lades dans les armées en campagne, ont résolu de conclure
une nouvelle convention à cet effet. »
Voici le texte signé par les délégués tel que le reproduit le
Petit Temps du 8 juillet 1906.
Chupilre 1"" . — Des blesses et m alades. — Article P’'- Les mi¬
litaires et les autres personnes attachées officiellement aux
armées qui sont blessés ou malades devront être respectés »
soignés, sans distinction de nationalité, par le Irelligérairt Q"'
les aura en son pouvoir. Toutefois,le belligérant obligé d*-
bandonner des malades ou des blessés à son adversaire laiss*'
ra avec eux, autant que les circonstances militaires le
mettront, une partie de son matériel et le personnel po“
continuer à soigner les blessés. ^
Art. 2. Sous réserve des soins à leur fournir en vertu
l’article précédenL les blesséset malades d’une armée tom^
au pouvoir de l'autre Ixelligérant sont prisonniers de
et les lègles générales du droit des gens concernant les
niers leur sont applicables. Gependant, les belligérants
tent libres de stipuler entre eux, à l’égard des
blessés et malades telle clause qu’ils jugeront utile, et
ment la faculté de se confier ou de se remettre réciproq^^j'
après le combat, les blessés laissés sur le champ de ^
de renvoyer dans leur pays, après les avoir mis en état ^
transportés ou après guérison, les blessés et malades 6 ^
seront pasgardés prisonniers, de remettre à un Etat ^
du consentement de celui-ci, les blessés ou malades de .yj.
tie adverse, à la charge par l’Etat neutre de les interner
qu’à la fin des hostilités.
-Art. 3. Après chaque combat, l’occupant du gt 1^
taille prendra des mesures pour rechercher les bles®?®^j jes
faire protéger, ainsi que les morts, contre le a#
mauvais traitements ; il veillera à ce que l’inhuma: .
LË ËtlOGRÈS MÉDICAL
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^ mercure par semaine pendant 5 semaines. — Repos 7 semaines. — Faire une 2* série, etc. — Enfants à partir de 3 ans :
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LE PROGRÈS MÉDICAL
445
. 'ration des morts soitprécédée d’un examen attentif de
Jars cadavres.
t 4. Chaque belligérant enverra, dès que cela lui sera
„JjbJe,"aux autorités de l’autre pays ou à l’armée, les mar-
P®" pièces militaires d’identité trouvées sur les morts et
rqat nominatif des blessés et malades recueillis par lui. Les
liellipérants se tiendront réciproquement au courantdes inter-
entset des mutations ainsique des entrées dans les hôpi¬
taux et des décès survenus parmi les blessés et malades. Ils
^cueilleront tous objets d’usage personnel trouvés sur le
champ de bataille ou délaissés parles blessés et malades dé¬
cédés dans les hôpitaux et établissements ou formations sa¬
nitaires, pour les faire transmettre aux intéressés par les au¬
torités de leur pays.
Vrt. 5. L’autorité militaire pourra faire appel au zèle chari¬
table des habitants pour recueillir et soigner, sous son con
Irôle.des blessés ou malades des armées, en accordant aux
personnes ayant répondu a cet appel une protection spéciale
et certaines immunités.
Lè chapitre 2 a trait aux formations des établissements sani¬
taires et à la protection qui leur est due par les belligérants.
1.6 chapitre 3 a trait au personnel. 11 est dit que le person¬
nel exclusivement affecté à l’enlèvement, au transport et au
traitement des malades, ainsi qu’à l’administration des lor-
malions sanitaires, les aumôniers attachés aux armées seront
respectés et protégés en toutes circonstances ; s'ils tombent
entre les mains de l’ennemi, ils ne seront pas traités comme
prisonniers de guerre. Ces clispositions s’appliquent aux for¬
mations sanitaires dans le cas prévu à l’articleS, paragraphe 2.
le chapitre h a trait au matériel. Les formations sanitaires
mobiles conserveront, si elles sont au pouvoir de l’ennemi,
leur matériel, y compris les attelages, quel que soit le moyen
de transport, et leur personnel' conducteur ; toutefois, l’au
torité militaire aura la faculté de s’en servir pour les soins des
blessés et malades. La restitution du matériel aura lieu dans
lesconditions prévues pour le personnel sanitaire et autant
que possible en même temps.
chapitre 6 a trait aux signes distinctifs de la convention.
H (St dit que par hommage à la Suisse, le signe héraldique
delà croix rouge sur fond blanc, formé par interversion de
'croix fédérale, est maintenu comme emblème et signe dis-
•nctif des œuvres sanitaires des armées.
Le chapitre 7 traite de l’application et de l’exécution de la
Lonvention. Les dispositions de la présente convention ne
sont obligatoires ([ue pour les puissances contractantes, en
C9S de guerre entre deux ou plus’eurs d’entre elles ;
ws dispositions cesseront d’être obligatoires du moment
ob l’une des puissances belligérantes ne serait pas si-
ïualaire de la convention.
U chapitre 8 a trait à la répression des abus et des iufrac-
i<®s qui pourraienUy être faites.
Chacune des parties contractantes aura ta Faculté de dé-
oncer la présente Convention ; cette dénonciation ne pro-
^ases eifeis qu'.un an aj,)rès_la_nplificalion faite par écrit
Dseil fédéral ; celui-crcommuniquera immédiatement
tenotificalion à toutes les autres parties contractantes: cette
|- ®®®ciation n’aura droit (ju’à l’égard de la puissance qui
notifiée. La Convention a été signée sur un seul exem-
restera dans les archives de la Confédération hel-
’ les copies certifiées conformes seront remises par
•Plomati([ue aux puissances signataires.
^ UES CONGRÈS
®'*ième Congrès des médecins aliénistes et
f- ^"'“logiste s de France et des pavs de langue
®"Çaise.
^ Lille, 1-7 août 1900.)
les communications s’adresser au secrc-
M. le D’’ Chocreaux, médecin en chef de
Xo^ d alinnes de Baillciil (N'ord).
tiogg P’’ions instamment les autours de communica-
Éongrès de bien vouloir nous en envoyer un
"■savant le l”aoùt.
Congrès préhistorique de France.
(Vannes, 21 aoiit-2r) août 1906.)
Programme général. — Le second Congrès prétiistorique de
France s’ouvrira à Vannes. le mardi 21 août 1906, sous la pré¬
sidence de M. Adrien de Mortillet, rédacteur en chef de
l'Homme préhis’orique, proiesseur à l’École d’ Anthropologie
de Paris, président de la Société Préhistorique de France, et
se clôturera le dimanche 26 août au soir.
Mardi '2\ août. — Le matin, séance publique d’inauguration
à 10 heures, au Théâtre. — Dans 1 après-midi, première séan¬
ce de travaux. Correspondance. Nomination du Bureau défi¬
nitif. Communications et discussions scientifiques. — 'Visite
du Musée de la Société Polymathique du Morbihan. — Le
soir, réception à rilôtel de Ville, oflei te par la Vlunicipalité.
Mercredi, 22 août. — Le matin et l'après-midi, séances pour
la continuation des communications et discussions scientifi¬
ques. — Visite des principaux monuments de la Ville. — Le
soir, à 9 heures, conférence sur les Monuments mégalilhû/ws,
par M. Adrien de Mortillet.
Jeiidi23 août. ~~ Le matin et l’après-midi, séances de tra¬
vaux, continuation et fin des communications et discussions
scientifiques Visite aux environs immédiats de la ville.
Les séances des travaux du Congrès se tiendront chaque jour
(21,22, et 23 août), au Palais de iustice de Vannes. Le Secré¬
tariat du Congrès sera installé an Palais de Justice. Il sera
ouvert dès le lundi 20 août, chaque jour, le matin de 9 à 11
heures ; dans l’ap'rès-midi de 2 heures à 5 heures.
Excursions géné.ial' s. — Vendredi 24 août. — Excursion en
bateau à vapeur dans les îles du Golfe du Morbihan. — Visite
de Lochmariaquer. — Samedi 2a août. — Excursion dans la
région de Quiberon, Plouharnel et Erdeven. — Dimanche ;6
août. — Excursion à Carnaç et aux environs.
Il sera publié ultérieurement un programme détaillé de
ces excursions indiquant, poîo'c/mcnne d'ell'S,les localités et
les monuments préhistoriques divers lalignemenls, menhirs,
dolmens, etc.l, qui seront visités par le Congrès, ainsi que le
prix (tous frais compris) de chaque excursion elles heures de
départ et de retour.
Les Congressistes — membres titulaires et membres adhé¬
rents — désirant prendre part aux excursions sont instam¬
ment priés de se faire inscrire chez le Trésorier du Comité
d’organisation, M.L. Giraux, le plus tôt possible.
Pour tous les renseignements concernant le séjour à Van¬
nes, s’adresser directement à M. L. (Jiraux, trésorier du Co¬
mité, 9 bis, avenue \ ictor-IIugo, à Saint-Mandé (Seine).
Actes et thèses de la Faculté de Médecine de Paris.
Thèses de doctorat. — Lundi, 16 juillet. — M. Yinceneux :
Des indications et de.s résultats opératoires dans le cancer de l’es¬
tomac (MM. Terrier. Reclus, Legueu, .Mauclaire). — M. Uonta :
Du décollement épiphysaire traumatique de l'extrémité inférieure
du radius (MM. Hcclus, Terrier, Legueu, Mauclaire). — M. Serin :
Essai histou-ique sur l'emploi de l’eau en chirurgie (.MM. Reclus,
Terrier, Legueu. Mauclaire). — M. Rabourdin : Topographie des
altérations seitsilivos dans le raehistovaïnisation (M.M. Reclus,
Terrier, Legueu. Mauclaire).
Mardi, 11 juillet. — M. Giffard : Rein cancéreux et mobile.
Difficultés du diagnostic (MM. Guyon, Le Dentu, Budin, Deinelin).
• .1/. Uertrandon : l.es fractures du col chirurgical de l’humérus
chez l'enfant IMM. Le Dentu, Guyon, Budin. Demelini.— M. Dou¬
che : De l'épithélioma du dos de la main (MM. Le Dentu, Guyon.
Budin, Demelin), — M. Berlholkt : Influence de la teneur en
beurre du lait de femme sur la santé du nourrisson (MM. Budin,
Guyon, l.e Dentu, Demelinl. — .¥. Mouchnino : De la marche
thermique dans la tuherculo.se (MM. Ghantemesse, Gilbert, Lau-
nois, Carnot). — M Deiozüre : A propos d'un syndrome spécial
au cours do la fièvre typhoïde chez l'enfant (MM. Ghantemesse,
Gilbert, Launois, Carnot). — M. Villarcl : Les troubles du débit
urinaire dans les alïoctions hépatiques. Etude anatomique, expéri¬
mentale et clinique (MM. Gilbert, Chantemesse, Launois, Carnot).
Mercredi, 18 juillet. — .1/. Roulier : Action des rayons X sur
les glandes génitales (MM. Gariel, Blanchard, Teissier, André
Broca). — M. Heckemann : Corvisart et la percussion (MM. Blan¬
chard, Gariel, Teissier, André Broca). — M. Rondin : Variations
morphologiques du microbe de le tuberculose (MM. Blanchard.
Gariel, Teissier, André Broca). — .1/. Triller : La pellagre (MM .
LE PROGRÈS MÉDICAL
446
Blanchard, Gariel, Teissier, André Brooa). — M. Kasansky : Atré¬
sie cicatricielle du col de l’utérus consécutive à l’accouchement
(MM. Pinard, Kirmisson, Aug. Broca, Lepagei. — M. Jacobson :
De la délivrance artificielle à la clinique Baudelocque depuis
1897 (MM. Pinard, Kirmisson, Auguste Broca, Lepage'. —
M. Desnier: Les tumeurs du ligament rond (MM. Pinard, Kir¬
misson, Auguste Brooa, Lepage). — M. Diehl : Du traite¬
ment de la paralysie radiale traumatique, suite de fracture de
l’humérus (MM. Kirmisson, Pinard. Auguste Brooa, Lepage). —
M. Lambert : Hémorragies cérébrales tardives d’origine trau¬
matique (MM. Pouchet, Gaucher, Claude, Balthazard). — M. Sar-
razin : Contribution à l’étude de l’opothérapie hépatique. Opothé¬
rapie biliaire (MM. Pouchet, Gaucher, Claude, Balthazard). —
M. Paul : Contribution à l’étude de l'avortement criminel. Les
perforations utérines gangreneuses (MM. Pouchet, Gaucher,
Claude, Balthazard). — M. Lnureau : Traitement des épithéliomas
cutanés et muqueux par la radiothérapie (MM. Gaucher, Pouchet,
Claude, Balthazard). , — M. Beaudet : Le cholépéritoine hydati¬
que (MM. Terrier, Reclus, Mauclaire, Gosset). — M. Rousseau :
Le traitement des plaies contuses articulaires (MM. Terrier, Re¬
clus, Mauclaire, Gosset) . — M. Klein : Ectopie périnéale du tes¬
ticule (MM. Terrier, Reclus, Mauclaire, Gosset). — M. Moriselti :
Des réactions nerveuses de l’appendicite (MM. Reclus, Terrier,
Mauclaire, Gosset). — M. Gilbert : Alimentation de la femme,
pendant la grossesse et l’allaitement dans la classe ouvrière (MM.
Landouzy, Dejerine, Desgrez, Labbé (Marcel). — M. Rouye : Con¬
tribution à l’étude de la soléro-tuberculose du foie (MM. Landou-
zy, Dejerine, Desgrez, Labbé (Marcel).— M. Vautier : Etude des
tuberculoses larvées chlorotiformes (MM. Landouzy, Dejerine,
Desgrez, Labbé (Marcel). — M. Ledouoe-Lebard : La lutte contre
le canc.er (MM. Landouzy, Dejerine, Desgrez, Labbé (Marcel). —
M. Vilbonnel : Du » point de côté » auriculaire dans le rétrécis¬
sement mitral (MM. Brissaud, Roger, Retterer, Richaud). — M.
Le Gras : Troubles psychiques et forme mentale de la méningite
tuberculeuse (MM. Brissaud, Roger, Retterer, Richaud). — .1/.
Hautant : Rôle du bacille pyocyanique dans les affections de
l’oreille (MM. Roger, Brissaud, Retterer, Richaud). — 31. Loi¬
seleur : Les infections sanguines Etude clinique et expérimentale
(MM. Roger, Brissaud, Retterer, Richaud). — • M. Bignat : Con¬
tribution à l’étude de l’origine bucco-dentaire des sinusites maxil¬
laires (MM. Segond, Delens, Rieffel, Duval, Pierre). — M. Poif-
laud : Contribution à l’étude de la coxa vara (MM. Segond. De¬
lens, Rieffel, Duval, Pierre). — 31. Le Pipe : Traitement des ulcè¬
res variqueux par l’incision circonférentielle Je la jambe (MM.
Segond, Delens, Rieffel, Duval (Pierre). — 31. Carrière : Contri¬
bution à l’étude du sarcome de l’amygdale chez l’enfant (MM. Se¬
gond, Delens, Rieffel, Duval, Pierre).
Jeudi, 19 juillet. — 3f. Nepper: Pathogénie et traitement de la
colite muco-membraneuse (MM. Debove, Joffroy, Achard, Dupré).
— 31. Hure : De l’alimentation du nourrisson par le lait de vache
cru normal (MM. Debove, Joffroy, Achard, Dupré). — 31. Char¬
don: Les hétérotopies médullaires (MM. Joffroy, Debove, Achard,
Dupré) . — 31. Vallet : Contribution à l’étude des rémissions dans
la paralysie générale (MM. Joffroy, Debove, Achard, Dupré). —
31. Blais : Contribution à l’étude des formes graves de l’appendi¬
cite chez l’enfant (MM . Guyon, Le Dentu, Marion, Morestin). —
31. Ilouy : Contribution à l’étude de la cystoscopie à vision directe
(MM. Guyon, Le Dentu, Marion, Morestin). — 31 . Erlzbischoff :
Contribution à l’étude du traitement chirurgical des néphrites
(décortication du rein) (MM. Guyon, Le Dentu, Marion, Morestin).
3!. Picquet: Les ruptures artérielles traumatiques (MM. Le Dentu,
Guyon, Marion, Morestin). — 31. Rabasse: Eliminations provo¬
quées et cryoscopie urinaire chez les tuberculeux (MM. Cornil,
Cbantemesse, Langlois, Bezançon). — M. Faure- Beaulieu: La
septicémie gonococcique (MM. Cbantemesse, Cornil, Langlois,
Bezançon). — 31. 3IouleUe-Grangée : De l’application de la loi
sanitaire de 1902 dans les campagnes (MM. Cbantemesse, Corûil,
Langlois, Bezançon). — 31. Bureau: Dos causes d’erreur dues
aux bacilles du smegma dans larecherche du bacille de Koch dans
les urines (MM. Cbantemesse. Cornil, Langlois, Bezançon). —
31. Lhonime : Contribution à l’étude de la tuberculose dans la
première enfance. Caverne tuberculeuse chez le nourrisson (MM.
Pouchet, Budin, Méry, Demelin). — 31. Person: Sur un cas
d’hémiparalysie de la langue chez le nouveau-né (MM. Budin,
Pouchet, Méry, Demelin). — 31. Hue: Quelques recherches sur
l’ampliation du diaphragme pelvien pendant l’accouchement et ses
conséquences (MM. Budin, Pouchet, Méry, Demelin). — 31. Depar¬
dieu : De l’allaitement chez les femmes atteintes de complications
infectieuses mammaires (MM. Budin, Poucher, Méry, Demelin). |
.1/. Kaufmann : Pratiques et superstitions médicales en Poitou
(MM. Raymond, Ilutinel, Thiroloix, Jeanselme). — 31. H'atM :
Les contusions du poumon (MM. Hutinel, Raymond, Thiroloix,
Jeanselme) . — 31. Donnez : Contribution à l’étude de la pleuré¬
sie purulente du nourrisson, notamment de la pleurésie à pneumo¬
coque (MM. Hutinel, Raymond, Thiroloix, Jeanselme). — m ^
sin : Des albuminuries intermittentes [Revue critique) (MÎl ji ^
nel, Raymond, Thiroloix, Jeanselme). — .1/. Lemarquand :
latine maternelle et nourrissons (M.M. Hutinel, Raymond, Thw
loix, Jeanselme). — 31. Grouew : Des occlusions intésüjjvi’'
appendiculaires (MM. Berger, Pozzi, Auvray, Rieffel). — J/ ^
doin : Essai critique sur la stérilisation du matériel chirnWi»!
(MM. Berger, Pozzi, Auvray, Reiffel). — M. Belle : Des
arthrites franches aiguës du poignet consécutives aux phleamn*
profonds de la paume de la main (M.\I. Berger, Pozzi, Autmi
Rieffel). — 31. Uelacour : Contribution à l’étude de la ’chimr^
pulmonaire en plèvre saine (MM. Pozzi, Berger, Auvray, Reilîçii
— 31. Offret : Essai sur l’amblyopie par le sulfure de carbonj
(MM. De Lapersonne, Poirier, Hartmann, Launois). — 3I.Guéiin-
Influence du mercure sur le rein (MM. De Léqtersonne, Poirier
Hartmann, Launois). — Mlle Toufesco : Sur le cristallin normai
et pathologique (MM. De Lapersonne, Poirier. Hartmann, Lao-
nois). — .1/. Chevalier : Du collargol dans les affections desmeit
branes externes de l’œil (MM. De Lapersonne, Poirier, Hartmam
Launois). - 31. Bourgoin : Cholémie et ictère dans le foie car¬
diaque (MM. Gilbert, Robin, Vaquez, Carnot). — 31. Saiide:
Etude sur la cholémie physiologique (.VIM. Gilbert, Robin, 'Va¬
quez, Carnot). — 31. Bouchez : Des abcès cérébraux consécutifs i
la pneumonie (MM. Gilbert, Robin, Vaquez, Carnot). — 31.3lnthieu:
Préparation organique du brome (MM. Gilbert, Robin, Vaquei.
Carnot).
Vendredi, Wjuillet. — .1/. Aucouturier : Etude sur le cranio-
tabes (MM. Pinard, Reclus, Segond, Lepage). — 31. Hébert:
Comment se prennent les maladies vénériennes (MM. Reclas,
Pinard. Segond, Lepage). — 31. Daviau : Sur quelques points ée
la séméiologie des pancréatites chroniques (MM. Reclus, PinarA
Segond. Lepage). — 31. Poisson : La cystoscopie dans la tuber¬
culose génito-urinaire (MM. Reclus, Pinard, Segond, Lepage). -
31. Aumont : De l’appendicite cholériforme et de la diarrhée dans
l’appendicite (MM. Segond, Pinard, Reclus, Lepage). — ,11. Hoe-
guet : Des sorties provisoires à titre d’essai. Contribution à la thé¬
rapeutique des maladies mentales (MM Joffroy, Brissaud, Dejerine,
Teissier). — 31. Bodros : De la prétendue démence des perswn-
tés (MM. Joffroy, Brissaud, Dejerine, Teissier). — .31. Bagiiet:
Rapports entre l’alcoolisme et l’aliénation mentale dans le dépnr-
tement de la Somme (MM. Joffroy, Brissaud, Dejerine, Teissiffl.
— 31. Garcin : Contribution à l’étude de la parotidite saturo^
(MM. Landouzy, Blanchard, Claude, Labbé, (Marcel). — fu
Z'inçon : Conformations thoraciques chez les tuberculeux (W
Landouzy, Blanchard, Claude, Labbé, Marcel). — M.
Etude sur les tuberculeux pulmonaires apparemment guéris (.'DI-
Landouzy, Blanchard, Claude, Labbé, Marcel). — 31. Brumfi ■
Les mycétomes (MM. Blanchard, Landouzy, Claude, Labbé (M^
cel). — 31. Salmi-i. : Prophylaxie de la syphilis; éducation “O
cla.sses ouvrières (MM. Gaucher, Roger, Richaud, Ballhazaro,/-
31. Debonnessel : Considérations sur le diagnostic différent
entre les manifestations osseuses et articulaires de la syphil»
réditaire et de la tuberculose (MM. Gaucher, Roger, R'™*".'
Balthazard). — 31. Aurientis : Etude médico-légale sur
prudence actuelle à propos de la transmission des maladies
nériennes (MM. Gaucher, Roger, Richaud, Balthazard).
Maisonneuve : Expérimentation sur la prophylaxie de la sfP V.
(MM. Gaucher, Roger, Richer, Balthazard). —
Etude sur la méningite tuberculeuse du nourrisson (M.M. ’
Gaucher, Richaud, Balthazard).
Examens de doctorat. — Lundi 16 juillet. — 2' (Chirof?^
Dentiste, Salle Béclard). MM. Dejerine, Degrez, Rieffel.
3Iardi 17 juillet. 2' (Chirurgien-Dentiste, Salle CorvisartJ. -
Robin, Gouget, Rieffel.
Stage hospitalier
ioDécret relatif au stage hospitalier et aux cliniques
B acuité de médecine de Paris (du 20 novembre 1893 moam
le décret du 6 avril 1906) .
Article premier (modifié). — 'fous les étudiants en m ^
feront un stage dans les hôpitaux de Paris, dont la duree ^
pas inférieure à trois années. Les étudiants accompliront c ^
pendant leurs deuxième, troisième et quatrième années “ . ÿ-
Pendant les deux premières années de stage, les élèves se p^.
tachés aux services généraux de médecine et de chirug*®-
dant la troisième année, les élèves seront nécessairement ^
pendant quatre mois aux services d’accouchement. Us d®'
outre, accomplir les quatre autres mois de cette **
dans l’un des services spéciaux affectés aux maladies de
de la syphilis, aux maladies mentales, aux maladies des en
maladies des voies urinaires. p^s •
Art. 2. — Les élèves stagiaires seront répartis par gf® ~
vingt dans les services affectés à l’enseignement.
1,E PROGRÈS MEDICAL
447
2 _Cliacun des groupes de stagiaires S3ra composé d'élé-
MBîû-tenant à une même année de stage.
^ t 4- — Pendant toute la durée de cet enseignement, l’élève
'^Vétre exercé individuellement à la recherche des signes, des
**'%mes des maladies. 11 devra prendre part personnellement à
Samen des malades.
5_ _ Les services affectés à l’enseignement pendant les
J .nx premières années de stage sont : 1° Les services de clinique
Générale de la Faculté de médecine ; 2® Des services pris parmi
ui qui sont dirigés par des médecins et chirurgiens attachés aux
hôpitaux généraux. Les services affectés à l’enseignement pendant
1 Jfoisième année sont ; 1° Les chaires d' accouchement et de cli-
niipie spéciale de la Faculté de médecine ; 2® Des services pris
njrmi ceux qui sont consacrés aux accouchements et aux spécia-
dans les divers établissements hospitaliers.
M le Directeur de l’Assistance publique désignera dans les di-
vew hôpitaux le nombre des services dirigés par des médecins, chi¬
rurgiens et accoucheurs qui, dans chaque hôpital, sera affecté à
cet enseignement.
— Les médecins, chirurgiens et accoucheurs qui dési¬
reront être chargés de l’enseignement des stagiaires adresseront
leur demande à M. le Directeur de l’Assistance publique. Celui-ci
convoquera une commission composée: pour la Facultéde méde¬
cine, de quatre membres, le doyen et trois professeurs délégués
par la Faculté ; pour l'Assistance publique, de quatre membres,le
directeur et trois membres du conseil de surveillance, dont le re¬
présentant des médecins des hôpitaux et le représentant des chi¬
rurgiens. Le directeur présidera la commission ; en cas de parta¬
ge, la voix du président sera prépondérante. Le directeur soumet¬
tra à la commission le projet de répartition des services dans les.
diflérents hôpitaux, la liste des demandes adressées par les méde
cins, chirurgiens et accoucheurs. Le doyen de la Faculté indi¬
quera le nombre des élèves soumis au stage. La commission dres¬
sera une liste de présentation comprenant pour chaque place deux
noms si cela est possible. Cette liste sera adressée à M. le Minis¬
tre de l’Instruction publique, qui nommera les médecins, chirur¬
giens et accoucheurs chargés de ces cours.
Art. “(modifié). — L’enseignement durera du l®"" novembre au 30
i uin. Les titulaires des cours seront nommés pour trois ans. Les
élèves seront répartis de façon qu’ils passent quatre mois dans un
service de médecine et quatre mois dans un service de chirurgie.
Iæ professeur donnera, à la fin du cours, des notes de travail de
chaque élève. Ces notes seront transmises, par les soins du di¬
recteur de l’Assistance publique, au doyen de la Faculté, pour
être jointes au dossier del’élève.
Art.8. — Il recevra de l'Etat une indemnité annuelle de 3000 fr.
Aucuns frais ne résulteront pour l’Assistance publique de cet en¬
seignement.
~ Lia répartition des élèves dans les cliniques de la faculté
«dans les services désignés par la commission sera établie à
jirMuIté, par son doyen. Au moment où leur nom sera appelé,
es etéves de troisième armée de stage désigneront le service
accouchement dans lequel ils désirent faire leur stage, ainsi que
époque de ce stage, puis le ou les services spéciaux qu'ils veu-
nt Suivre, et, pour le reste du temps, le ou les services généraux
qaels ils désirent être attachés. Les stagiaires de deuxième an-
I ^éom, de préférence, répartis dans les hôpitaux du centre ;
stagiaires de première année dans les hôpitaux excentriques,
tanc***^ répartition sera transmise à M. le Directeur de l’Assis-
^élévM délivrera les cartes d’entrée dans les hôpitaux
élèves internes et externes des hôpitaux qui,
*^“rée de leur service n’auraient pas été attachés à un
ïijçj ® d accouchement, devront faire un stage dans un des ser-
de denï*^’ * préfèrent, ils seront admis à accomplir un stage
hg», j“totsàla clinique Baudelocque, de 10 heures du soir ®
Art ??*d®dn.
’PéeiaVr — commission établira dans quelles conditions les
pourraient être enseignées dans l’après-midi, de façon
période de stage et les études de la cinquième an-
travej en combinant les heures de façon à ne pas en-
•êinp .®*,®*^‘Ces pratiques exigés par la Faculté pendant la
j^^I^node scolaire.
lihres'p l’assistance publique autorise la création de cours
PonjfjJj^yés directement par les élèves, les chefs de service qui
^^Ité n ^ siéger dans les jurys d'examens delà
.\rt 12® recevront pas cette autorisation,
ân À- ~~ discipline, dans l'intérieur de l’hôpital, appar-
î* hi '’^®®l®ur de l'établissement.
concernant les stagiaires, les internes et externes
ç, des hôpitaux.
**''*^(art stagiaires. — Les stagiaires seront répartis par
• ô et 0 du décret), et d’après la note obtenue au dernier
examen, ou la moyenne des notes obtenues, si cet examen est
composé de deux parties, ou s'il y a eu échec — pour une même
note, dans l’ordre de la prise des inscriptions. C’est dans le même
ordre que les stagiaires seront appelés à choisir les services dans
lesquels ils désireront faire le stage. Aucune exception à cette règle
ne sera admise. Une lettre de convocation individuelle sera adres¬
sée aux stagiaires. Les titulaires d’enseignement devront s’abtenir
de réclamer des stagiaires, la répartition de ceux-ci devant se faire
en dehors de toute espèce d’intervention du chargé de l'enseigne¬
ment. Le choix des services aura lieu dans la seconde quinzaine
d’octobre. A l’appel de leur nom, les élèves de troisième année de
stage désigneront le service de spécialité et le service d’accouche¬
ment qu'il auront choisis, ainsi que le semestre (hiver ou été) dans
lequel ils désireront accomplir chaque stage. Les élèves de pre¬
mière et deuxième années de stage désigneront le service de méde¬
cine et le service de chirurgie qu’ils auront choisis, ainsi que le se¬
mestre (hiver ou été) dans lequel ils désireront accomplir chaque
stage. MM. les élèves qui n’assisteront pas à la séance de choix
des services ou qui n’y seront pas représentés, seront classés d’office
par l’administration de la Faculté. Les listes des stagiaires seront
arrêtées le 25 octobre pour être immédiatement transmises au di¬
recteur de l’Administration générale de lAssistance publique. Ceux
qui ne seront pas inscrits ne pourront pas prendre d’inscriptions.
L’inscription de janvier sera délivrée au stagiaire régulièrement
inscrit et chassé ; l’inscription d'avril ne sera délivrée que si les
notes d’assiduité et de travail sont satisfaisantes pour le premier
semestre ; l’inscription de juillet ne sera délivrée que si les notes
d’assiduité et de travail sont satisfaisantes pour le deuxième se¬
mestre. Le l®® mars, à 9 heures du matin, chaque stagiaire se ren¬
dra dans le service qu’il aura choisi pour le deuxième semestre.
Internes et externes des hôpitaux. — Pour la prise des inscrip¬
tions trimestrielles, MM. les internes et externes des hôpitaux de¬
vront déposer chez le concierge de la Faculté leur feuille d’inscrip¬
tions accompagnée d’un certificat de leur chef de service attestant
qu’ils ont rempli leurs fonctions pendant le trimestre précédent. Le
certificat devra être visé par le directeur de l’hôpital auquel l’é¬
tudiant est attaché. Ce dépôt devra être effectué deuxjours avant
la date fixée pour la délivrance de l’inscription.
En aucun cas, les externes suppléants ne seront assimilés aux
externes titulaires pour l’équivalence-du stage hospitalier.
FORMÜLF-S
L. — Contre la néphrite.
Teinture de scille . 3 gr.
Teinture de convallaria . 10 gr.
Teinture de grindelia . 30 gr.
Quinze gouttes dans un peu d’eau, trois fois par jour.
(Huchard.)
NOUVELLES
Natalité ok Paris. — Du dimanche 24 au samedi 30 juin
1906. tes naissances ont ete au nomore de 1.013, se décomposant
ainsi : légitimes 753, illégitimes 265.
Mortalité a Paris. — Population d'après le recensement de
1901 : 2.660.559 habitants. Les décès ont été an nomore de 8'23,
savoir: 431 hommes et 392 femmes. Les décès sont dus aux
causes suivantes : Fièvre typnoi’de (typhus abdomin.) : 2. —
Typhus exanthématique ; 0. — Fièvre intermittente et cachexie
palustre : 0. — Variole : 0. — Rougeoie ; 6. — Scarlatine : 1.
— Coqueiucne ; 4. — Dipntérie et Croao : 3. — Grippe : 2.
— Choléra asiatique : 0. — Choléra nostras : 0. — Autres
maladies épidémiques : 2. — Tuoerouiose des poumons : 170. —
Tuberculose des méningés : 29. — Autres tuberculoses : 17. —
Cancer et antres tumiurs malignes : 52. — Méningite simple : 17.
— Congestion hem irrhagique et ramollissement du cerveau : 47.
— Maladies organiques du coeur : 68. — Bronchite aiguë : 3.
— Bronchite chronique : 14 — Pneumonie : 22. — Autres affec¬
tions de l’appareil respiratoire : 52. — Affections dé l’estomac
icancerexo.) : 2. — Diarrhée et entérite deO à 1 an : sein: 5; au¬
tre alimentation :26. — Diarrhée et entérite de 1 à2 ans : 3. — Her¬
nies, oostruotion intestinale ; 5. — Cirrhose du foie : 12. — Néphrite
jt mai de Bright ; 26. - Tumeurs non cancéreuses et autres ma¬
ladies des organes génitaux (femmes) : 7. — Septicémie puerpérale
(fièvre, péritonite, phlébite puerpérale) ; 3. — Autres accidents
puerpéraux de la grossesse et de l’accoucnement ; 2. — Débilité
congénitale et vices de conformation : 21. — Débilité sénile : 26.
— Morts violentes; 37.— Suicides: 15. — Antres maUdies: 118,
— Maladies inconnues ou mal définies ; 19.
LE PROGRES MÉDICAL
Uort-nés et morts avant leur inscription :
posent ainsi : légitimes 48, illégitimes 24.
Association Française Ce Chirurgie. — (19'“ Congrès, I - 6
Octobre 1906). — Le 19® Congrès de TAssociation Française do
Chirurgie s’ouvrira à Paris, à la Faculté de Médecine, le lundi l®''
octobre 1906. sous la présidence de M. le Docteur Monprofit,
Professeur à l’école de Médecine d’Angers, Chirurgien de l’Hôtel-
res précises, dans la salle des concours de l’Administratioa ttA
des Saints-Pères, 49. Les étudiants qui désirent prendre parti**
concours seront admis à se faire inscrire au service du persom^
concours seront admis à se faire inscrire au service du personirt
de l'administration de l’Assistance publique, tous les jours le^
manches et les fêtes exceptés, de onze heures, à trois hetireaji
mercredi P® août 1906 au vendredi 31 août inclusivement. ”
Dieu d’Angers. Trois questions ont été mises à Tordre du jour
du Congrès :
l® Chirurgie des gros troncs ve ineux, rapporteur ; MM. Le-
jars (de Paris), et Morestin (de Par is). — 2“ Ectopie testiculaire
et scs complications, rapporteurs : MM. Souligoux (de Paris), et
Villard (de Lyon). — 3" Voies et moyens d'accès dans le thorax
au point de vue opératoire, par MM. ÂVillems ide Gand), et Loi-
son ( agrégé du Val-de-Grâce).
MM. les Membres de l’Association sont priés d'envoyer, avant,
le 3Ô juillet, le titre et les conclusions de leurs communications,
à M_. le Docteur Walther, Secrétaire général, 68, rue de Bellechas-
se, à Paris. — Pendant la durée du Congrès, une Exposition d’ins¬
truments de Chirurgie, d’objets de pansement, électricité médi¬
cale, etc., sera installée dans le grand vestibule de la Faculté de
Médecine. Pour tous renseignements, concernant le Congrès s'a¬
dresser au Secrétaire général.
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
Revue d’IIyoikne et de Médecine Infantiles. Annalbs dk h
Polyclinique H. de Rothschild.— Directeur : D'H. de Rotm.
CHii.D : — Secrétaire de la Rédaction : Gh. Mktti.ing. — .Som.
maire du n" 3 : Types d’idiotie. Cas d'idiotie mongolienne yg
MM. Bournevillo et B. Bord. — ■ Migraine thyroïdienne, pu
MM. Léopold Lévi et H. de Rothschild. — Diagnostic et trait^
ment du catarrhe intestinal chez le nourrisson, basés principi-
lement sur l'analyse des fèces, par M. P. Selter. — Traiteffleni
curatif de la coqueluche par Tanesthésie chloroformique, pit
par MM. IL de Rothschild et L. Brunier. - Analyses : Hygiène
et alimentation. — Médecine. — Revue des livres, — Variétés.
Un an ; 12 francs. G. Doin, éditeur.
Faculté de Médecine de Lyon. — Par arrêté du Ministre de
l’Instruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes, en date du
5 juillet 1906, la chaire de clinique des maladies cutanées et syphi-
tiques de la Faculté mixte de médecine et de pharmacie de l’Uni¬
versité de Lyon est déclarée vacante. Un délai de 20 jours, à par¬
tir de la déclaration du présent arrêté, est accordé aux candidats
pour produire leurs titres.
', médecin consultant des Hôpitaux.
Chronique des hôpitaux.
NIER. ■— Un cours de pratique obstétricale i
Clinique Tarnier. ■— Un cours de pratique obstétricale avec
manœuvres sera fait pendant le mois de juillet par MM. les doc¬
teurs Guéniot, chef de clinique et Cathalâ, chef de laboratoire.
Les leçons auront lieu tous les matins (dimanche excepté), à
10 heures li4, à partir du lundi 2 juillet. Le droit d’inscription
est de 50 francs. S'inscrire au secrétariat de la Faculté.
Rodiqüez-Morini. — Contribution à l’étude clinique delà p*-
ralysie générale en Espagne. In-S® de 24 pages. De Serra frères,
Barcelone .
Serafini (Antonini). — Pneumonie cruppale. 1 vol. in-16 dt
222 pages. Ulrico Hoepli, éditeur, à Milano.
SiRÉNA (Santi). — Sulla resistenza delle spore del baoillo dd
carbonchio. ln-8° de 48 pages. Hans Rinck, éditeur, à Torino.
Tapia (A. G.) — Un nouveau syndrome. — Un cas de syphilii
trachéale. In-S® de 30 pages lmp. Moreno à Madrid
Vincent. — Rapport de la commission administrative de riw‘
pital cantonal et de la maternité de Geneve pour Tannée 1905. 1
vol. In-8° de 98 pages. lmp. Centrale à Genève.
Concours de
la nomination ai
civils de Paris a
’extrnat. — L’ouverture d’un concours pour
: places d’élève externe des hôpitaux et hospices
ra lieu le lundi 17 septembre 1906 à quatre heu-
■ ■■ ■ÉiailAlin Etablissements d'assistanœ,
r Y rrnAÎnMr jeune et actif, muni des meilleures
■ Hl ■yyiiUiliy référenoes,demande emploi analt^
dans établissement privé. S’adresser bureau du joun0
H. S. M.
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Le Progrès Médical
SOMMAIRE ; Physiologie THiRAPEUTiQUE : De l'emploi d’un
honillon de culture du bacille lactique B en thérapeutique, par
Lematte. — Bulletin : La réforme des études médicales ; La
gratuité des services médicaux, par J. Noir. — Sociétés Sa¬
vantes : Académie des Sciences : Trypanosomiases du Haut-
Niger, un nouveau trypanosome pathogène, par Laveran ; Dis¬
parition momentanée des trypanosomes du nagana chez les chiens
infectés, par Roux et Ijacomme ; Variations des échanges nutri
tifs sous l’influence du travail musculaire développé au cours
des ascensions, par Guillemard et Moog (c, r. de Mme Phisa-
lii). — Académie de Médecine : La vaccine en Algérie, par
Chauvel, Chantemesse, Netter ; Le paludisme à Madagascar,
par Laveran ; La vaccine en France en 1904, par Kelsch ; Rap¬
ports de prix (c. r. de A.-F. Plicque). — Société de thérapeu¬
tique : Sténose du pylore et rein flottant, par Gallois ; Le gui
dans le traitement de l’hémoptysie, par Gaultier ; Nouveau
remède interne contre la blennorragie, legonosan, par Renault.
— Bibliographie : Anémie des mineurs, par François. — Bio¬
graphie ; M. le D’’ F. Widal, membre de l’Académie de Méde¬
cine, par J. Noir. — Médecine pratique : Iodisme etbromisme,
— Varia : Le nouveau conseil supérieur de l’assistance publi¬
que ; Un cas de peste au Havre ; Exercices spéciaux du service
de santé en 1906. — Les congrès : XVD congrès des méde¬
cins aliénistes et neurologistes de France et des pays de langue
française. — Formules, — Actes delà faculté de médecine
DE Paris. — Nouvelles. — Chronique des hôpitaux. — BuL'%
LETIN BIBLIOGRAPHIQUE,
PHYSIOLOGIE THERAPEUTIQUE
De l'emploi d’un bouillon de culture du Bacille
lactique B en thérapeutique:
Par L. lematte 1)
Nous avons cultivé avecChevretin le ferment lactique
bulgare B sur un bouillon de malt lactosé et minéralisé.
Cette cultpe s’emploie en thérapçutique dans le traite¬
ment des infections intestinales. Nous allons préciser le
mode d’action de cette culture.
Nous diviserons ce travail en quatre parties :
•i* nouvelles sur l’infection intestinale;
- Emploi du ferment lactique pour réaliser l’antisepsie
des voies digestives ;
3* Biologie de ce ferment;
J L^^nntages du lait caillé fait avec une culture pure
^.ferment lactique B ;
U" Résumé des observations qui confirment clinique-
ent ce que la théorie faisait prévoir.
L Théories nouvelles sur l'infection intestinale.
Pasteur eut démontré l’origine bactérienne
enœp infectieuses, les thérapeutes mirent tout
posé pour combattre l’infiniment petit. Le problème
®icroh ^ •’ tuer la cellule morbide représentée par le
bjj 1® ®n respectant la cellule saine qui l’héberge.
etc Ig tuberculose essaya lesphénols, les aldéhydes,
(ie5a|T“®*‘niacopée s’encombra des pilules de créosote,
Içrd’hn gaïacol. Le pauvre tuberculeux dut ava-
tèiij mixtures qui avaient un effet curatif dou-
cerGin nont l’action nocive sur le tube digestif était
ritrejj, ■ nvec l’école de Bouchard, naquit la théo-
^ent **'*ïnable de t auto-intoxication. Nos cellules peu-
Itadcen?*’?® les bactéries, fabriquer des poisons qui en-
«ïiin mot t ^nntte, le rhumatisme, fartério-sclérose,
'®l^tion maladies par ralentissement de la
^®^td ®st le grand fabricant des résidus qui,
j^s comnf 1 organisme, empoisonnent, nos cellules sai-
lo ferait un toxique chimique. Simultanément,
î* Idhctin cellulaire s’atrophie, ou s’hypertrophie et
s’altère. Ce processus fait naître
c *'®PrAfo ® avec tout son cortège d’infirmités.
.^lobehnikoff dans différentes publica-
-tÿi’nne m 1 la vieillesse n’était pas autre cho-
évoluant lentement, et dont les effets
^ 1906_ faite à la Société de médecine de Paris, le
peuvent, en tous points, être comparés à une auto-in
toxication. Nos poisons intestinaux altèrent les cellules
nobles, comme le feraient le phosphore, l’arsenic ou le
plomb. Dès les premiers moments de la naissance, les
intestins de l’homme, remplis de matières, s’ensemen¬
cent, et le méconium sert aux microbes de bouillon de
culture. Les bactéries pénètrent dans les intestins avec
l’air et, dès la première journée, avant que l’enfant ait
pris une nourriture quelconque, on trouve dans le mé¬
conium une flore variée composée de plusieurs espèces
de microbes.
Quand l’enfant a absorbé le lait mateimel, cette flore se
réduit à quelques microbes, dont un appelé bacillus bifi-
rfMsparM. Tissier.
Si l’enfant prend du lait de vache, sa flore microbienne
devient plus riche en espèces.
Ici apparaît déjà le moyen de changer la flore intesti¬
nale en modifiant l’alimentation.
L’adulte qui absorbe des aliments cuits diminue sa
flore intestinale. Au contraire, avec les aliments crus, les
bactéries pénètrent dans le tube digestif en grande abon¬
dance.
Si nous voyons dès les premières heures de notre vie
les microbes s’installer dans notre estomac et dans no¬
tre intestin, il est à prévoir que la nature poursuit un
but en ensemençant notre tube digestif de ces bactéries
et que la vie n’est pas possible sans microbes. Les ex¬
périences de Charrin sont là pour démontrer qu’il est
illusoire de vouloir priver notre organisme de bactéries.
Des animaux recueillis aseptiquement à leur naissance
et nourris avec des aliments stérilisés ont tous suc¬
combé ; au contraire les témoins dont la nourriture était
surchargée de bactéries non pathogènes poussèrent nor¬
malement. Tous nos téguments internes et externes,
toute la surface cutanée, tout notre tube digestif sont
garnis de myriades bactériennes. Il y a parmi ces mi¬
cro-organismes des agents utiles à la vie, d’antres sont
franchement néfastes. Notre santé dépend du triomphe
remporté par les bactéries utiles sur les microbes patho¬
gènes. Une circonstance vient-elle à rompre l'équilibre,
ou la pénétration d’agents infectieux nous trouve-t-elle
désarmés, la maladie s’installe jusqu’à ce que l’agent pa¬
thogène ait été phagocyté ou expulsé par nos cellules.
L’industrie utilise depuis longtemps l’action remarquable
des micro-organismes pour fabriquer les produits les
plus divers : le vin, la bière, l’alcool, etc., sont l’œuvre
d’infiniment petits.
Nos déchets de la vie organique eux-mêmes, qui sont
canalisés à grands frais dans les égouts ou épandus
dans le sol, subissent des transformations profondes,
450
LE PROGRÈS MÉDICAL
grâce aux microorganisincs qui détruisent les matières |
azotées pour les transformer en nitrates utiles à l’agri¬
culture. Si nous appliquons à notre organisme des pro¬
cédés calqués sur ceux-ci, nous détruirons sur place les
déchets qui intoxiquent notre économie.
Théophile Gautier a écrit : « Il n’y a vraiment de neuf
que ce qui est vieux » ; les anciens disaient : « Rien de
nouveau sous le soleil » . Nous devons avouer que ces
deux aphorismes sont toujours d’actualité. Les doctri¬
nes médicales changent et les maladies restent, et
ces changements ne sontquede pure forme. Les anciens
faisaient de l'opothérapie et de l’antisepsie, sans se douter
que leurs méthodes, reprises et perfectionnées, seraient
en honneur au XX' siècle.
Metchnikoff rapporte dans une brochure les passages
de la Bible où il est question « du lait aigre ». En Egypte,
dit-il, on mange, depuis la plus haute antiquité, une sorte
de lait acide de buffle, de vache ou de chèvre.
Dans la péninsule balkanique, on prend le yoghourt.
En Russie, dans l’Afrique Méridionale, on consomme dif¬
férents laits fermentés. En France, dans certaines con¬
trées le « lait pris » est absorbé en grande quantité.
Du reste, toutes les peuplades de l'Orient consomment
peu de lait en nature, lis fabriquent avec le lait des pro-
<luits qui se rapprochent plus ou moins du yoghourt ou
lait bulgare.
La conservation des aliments avec les liquides acides
est aussi vieille que le monde : Depuis des siècles on
« marine » les viandes dans le vinaigre et certains peu¬
ples conservent la viande dans un petit lait aigri.
Le docteur Hayem, le premier, employa les solutions
d’acide lactique dans les diarrhées infectieuses.
Cet acide ingéré par les malades est d’une tolérance
difficile pour l’estomac et ne donne que des résultats in¬
certains ou nuis dans l’auto-intoxication habituelle ; il
paraît incapable d’atteindre l’intestin lui-même sans
avoir passé par diverses combinaisons. Il fallait trou¬
ver un procédé de formation d’acide lactique naissant
au siège môme des fermentations ; c’est pour cela que
nous avons eu l’idée de nous adresser à des ferments
lactiques microbiens vivants et sélectionnés.
Les microbes de l' Intestin.
De fous nos organes, les intestins sont les plus riches
en microbes : ceux-ci trouvent dans nos substances
résiduelles un milieu de culture favorable à leur déve¬
loppement.
Cohendy et Tissier se sont occupés du microbisme in¬
testinal. Ils ont trouvé que, chez un homme bien portant,
les formes microbiennes de l’intestin sont représentées
par des éléments bacillaires courts et cocciens. Ceux
qui prennent le gram correspondent au lj4 de la tota¬
lité.
Les bacilles sont de dimensions variables. On rencon¬
tre un gros diplocoque à grains écrasés, ainsi que des
levures ovoïdes et une spirille filiforme. Aucune bactérie
ne donne la réaction colorante du bacille de Koch.
Le poids des selles normales pour 24 heures varie de
120 à 150 grammes.
Le nombre des bactéries est considérable : Par numé¬
ration directe, M. Cohendy a trouvé 143 870.000 bacilles
par milligr. de fèces.
Dans les selles diarrhéiques, la numération a donné
103.000.000 par milligr.
La diarrhée semble s’accompagner d’une diminution
des anaérobies et du nombre total des bactéries.
En résumé, les variétés de formes microbiennes, ainsi
que celles des espèces prédominantes en culture sont
relativement restreintes. Ces bactéries sont en si grande
abondance quelles forment à peu près les 2i,3 du volume
des fèces.
....Les anaérobies tiennent de beaucoup le premier
rang.
Voilà les ennemis qu’il faut combattre. Notre intestin
héberge aussi dans certains cas des parasites qui lèsent
les muqueuses et ouvrent ainsi la porte aux bactériesin
testinales. Si elles sont la source de notre atrophie sé.'
nile, plus la flore sera réduite, moins les uianifestations
de la A'ieillesse seront apparentes.
Nous savons que les oiseaux ont une longévité beau¬
coup plus grande que la majorité des mammifères. Or'
les oiseaux ne possèdent pas de gros intestin, « ce ré¬
servoir des déchets alimentaires » qui, chez les mammi¬
fères, nourrit une quantité énorme de microbes de toutes
espèces.
Même dans un âge avancé, les oiseaux gardent leur
aspect normal et leur agilité. Chez les mammifères, il en
est tout autrement. Un chien de quinze ans accuse son
âge par ses mouvements lents, son attitude fatiguée, son
poil terne.
Un corbeau ou une perruche de vingt ans ont les mou¬
vements alertes et leur extérieur ne trahit pas leur âge.
Si on rattache la cause à l’effet, on voit qu’il y a une
relation étroite entre la longueur du gros intestin, le
nombre des bactéries qui s’y développent et la sénililé
plus ou moins précoce.
l\, Emploi du ferment lactique B pour réaliser l’antisepsie
des voies digestives.
Le docteur Herter a démontré que, si on introduit des
quantités variables de différents microbes (coli bacille
et proleus) dans l’intestin grêle, les sulfoconjugués de
l’urine augmentent dans de notables proportions. .4u
contraire, l’injection d’une grande quantité de ferments
lactiques diminue l'indican urinaire.
Les expériences que Michel Cohendy fit sur lui-mème
ont fait voir qu’un adulte peut, en absorbant tous les
jours uu bouillon de ferment lactique, faire diminuerdans
de notables proportions les sulfoconjugués de l'urine.
Fait capital : Plusieurs semaines après la cessation du
traitement, le bacille lactique se retrouve dans les fèces
et l’indican urinaire reste à un taux très faible.
Si les laits ensemencés avec des levures lactiques
comme le yoghourt, le képhir, etc., assurent l’antisepsie
intestinale, l’emploi de ces laits a toujours été limite
par les inconvénients inhérents à ces préparations.
Leur conservation est impossible, leur goût est plus ou
moins agréable. Beaucoup de personnes n’aiment ps*
les laitages.
Pour remédier à ces désagréments, nous avons cher¬
ché un milieu de culture qui réunisse tous les ava •
tages des laits ensemencés et qui puisse se conserv
pendant plusieurs semaines.
III. — Biologie du bacille lactique B. — Noqs ar^
choisi le bacille lactique B que Cohendy isola j
d’un échantillon de lait caillé bulgare et nous 1 a*
cultivé.
Cohendy décrit ainsi cette bactérie ; C’est un ÿ
cille prenant le Gram de grandeur variable. H ne
pas au-dessous de 35°, et il ne pousse plus ja¬
de 03". Ce microorganisme a une puissance de f®’’® -ne
tion sur les hydrocarbones quatre fois plus ji)
celle de tous les ferments lactiques connus : IÇ^ra®'
jours d'étuve à 37", il donne uneacidité allant ,°neii
mes par litre d’acide lactique. Il peut coaguler le
8 à 12 heures. Avec les différents sucres,
tose, saccharose, glucose, il donne de ® ijjutBi'
Cohendy nie son action sur les amidons et les ®
noïdes. Nous éludions en ce moment l’action «
bactérie sur ces derniers corps.
Culture du bacille lactique B sur un bouillon
lactose' et minéralisé. — Après de longs essais 5 .^^5 d
publierons en détail, nous avons trouvé que,
milieu, le ferment se conserve très longtemps^
actif.
Propriétés. — Notre bouillon de culture 6®*' 'Vppelï®’
d’une couleur brune, d’une odeur agréable r r
les touraillons. Son goût est légèrement acidiu •
].E PROGRES MEDICAL
451
Propriétés biologiques. — Tout ce qui a été dit sur
p ploi thérapeutique des laits caillés peut s’appliquer
U bouillon de culture du bac. lac. B. Gohendy a fait voir
“ ce bacille se retrouve de 3 à 5 jours après la pre-
mére ingestion. Le volume et le poids des fèces sont
linsidérablement augmentés.
Le ferment lactique indigène ne subsiste dans les
excréments que deux jours après la dernière ingestion.
Avec une alimentation spéciale, riche en matières
sucrées et amylacées, on pourra prolonger indéfiniment
la présence du bacille lactique B dans notre intestin.
Mécanisme de l'action antiseptique du bacillelactique B.
_ Les milliards de microbes qui se disputent les déchets ^
de notre alimentation sont plus ou moins nocifs. Ils '
peuvent être la cause de l'entérite, de la fièvre typhoïde,
etc. Les bactéries pathogènes déversent dans notre
sang à l’aide des chylifères, des poisons plus ou moins
violents. Les nouvelles théories sur les infections in¬
testinales accordent une place prépondérante à ces
toxines bactériennes dans la genèse des infections bi¬
liaires et péritoneales. Les expériences de Bienstockont
démontré que les bacilles de la putréfaction du contenu
intestinal ne peuvent passe développer en présence
d’un bacille lactique vigoureux. C’est là tout le secret de
la désinfection intestinale à l'aide des ferments lactiques.
Quelle que soit l’origine des poisons intestinaux, tous
les moyens employés autrefois pour les combattre : les
antiseptiques comme les napldols, le salol, les irriga¬
tions médicamenteuses, les purgations salines, n’ont
donne que des résultats incomplets.
Les études récentes sur les ferments microbiens de
l'intestin nous ont appris qu’à côté de leur travail de
désagrégation, les bactéries produisent des corps à
fonction phénoliques et surtout des ptomoïnes infec¬
tantes. En enrayant en temps opportun ce processus on
peut remédier d’une façon absolue à la formation des
poisons intestinaux.
Posologie de la culture du ferment lactique B. — Pour
avoir son maximum d’effet, on doit administrer ce bouil¬
lon une heure avant les repas à la dose de deux à trois
verres à madère par jour.
Il est bien entendu qu’un régime spécial pauvre en
szpteet riche en sucres et en féculents devra être pres¬
crit en même temps. Cette alimentation hydrocarbonée
jlirainuera la toxicité du contenu intestinal et favorisera
«prolifération du bacille lactique.
r Avantages d'un lait caillé fait avec une culture de
B'^ent lactique B. — Nous avons pris le micro ferment
rs laits bulgares, nous l’avons cultivé. 11 est naturel
®^PPpser qu’on pourra faire du Yoghourt avec le fer-
- “y ^l^L retrouvant son milieu d’origine, se dévelop-
l “ ^ nouveau. Il modiQera l’aspect physique du lait
itiéPr^ fnire une préparation ayant une des propriétés
]„) . “ines et curatives utilisées avec avantages là où
ordinaipg est mal supporté.
Monteuuis, de Dunkerque, a fait paraître
dg Iconographie intéressante sur « Le lait caillé, élixir
^^0 et le retour à la nature ». Cet essai de
naturiste est des plus curieux et vient .à son
bilise ^.“jnaoment où les efforts de la thérapeutique mo-
, 1ns bons microbes pour combattre les mauvais.
I pjC®n n’est vieux comme le lait caillé, rien ne paraît
Et l’npplication qui vient d’en être faite ».
Santé ^npporte le propos d’un vieil officier de
< caiiiP^ nisait : « Si l’on prenait tous les jours du lait
Lj ’.on ne pourrait pas mourir ».
les éloignée de ses plus sûrs remèdes ;
nialadg naturels. Dans le public, même éclairé, le
drogyg O®!' convaincu que, pour guérir, il doit avmler une
' le bui,lelait caillé revient en usage, mais avec
' démocratique de son époque qui le met à
' Pubf toutes les. bourses. « D’emblée lancé dans
*n> grâce à l’autorité de son dernier parrain,
« le professeur Metchnikoff, de l'Institut Pasteur, il a de
« suite conquis une notoriété qui porte médecins autant
« que malades à faire désormais une place dans leurs
« prescriptions à ce remède d’actualité ».
A la campagne, on fait du lait caillé en abandonnant
dans un endroit tiède du lait non bouilli.
Après quelques heures en été, un ou deux jours en
hiver, le lait est, en effet, « pris ».
Le D'’ Monteuuis indique ce moyen de faire du lait
caillé en laissant ainsi spontanément la caséine se coa¬
guler. Nous demandons pardon à l’auteur, si nous de¬
vons maintenant réfuter une erreur de technique qui
amène une confusion regrettable dans l’esprit de beau¬
coup de personnes.
L’auteur ajoute ensuite : « Un moyen plus expéditif
est d’ajouter au tait de la présure, de l’acide citrique ou
tar trique ».
Ici, nous ne sommes plus ,de son avis, et on no doit
pas conseiller ce mode de préparation, parce qu’il donne
un produit tout différent du premier. Le lait caillé pré¬
paré avec un ferment non figuré comme la présure, ou
un acide, est un lait dont les propriétés thérapeutiques
diffèrent complètement du lait caillé ordinaire et surtout
des laits caillés scientifiquement obtenus avec les ferments
sélectionnés.
Nous allons lâcher d’expliquer le plus simplement
possible les différences capitales qui existent outre ces
deux préparations. Un essai très simple nous convain¬
cra de la différence entre leurs qualités alimentaires.
Faisons coaguler du lait avec de la présure ou un acide
et absorbons le produit. La saveur de ce dernier n’est
pas agréable et sa digestibilité est des plus difficiles.
Le caillot est mal attaqué par les sucs digestifs, son
assimilation est imparfaite. De plus, ce lait caillé n’a
aucune action curative ; il ne peut pas, en aucune façon,
modifier la digestion intestinale. '
Au contraire, faisr>ns coaguler du lait avec du ferment
lactique pur, tel que notre bouillon en contient, nous
aurons un luit caillé dont l’aspect physique rappellera
un peu l’autre lait, mais dont les propnétés curatives et
digestives ne seront en rien comparables à celles du
premier produit. Une différence capitale existe entre les
deux. Le lait caillé à la présure ou à l'acide ne contient
que des ferments non figurés, c'est-à-dire des ferments
que nous nepouvonspas voir au microscope et dont l'action
n'est quepassagère. Une fois la coagulation de la caséine
obtenue, le rôle des ferments cesse : lors de son inges¬
tion, CO lait caillé n’apporte au tube digestif aucun fer¬
ment utile. Si un estomac et un intestin en bon état peu¬
vent le digérer, ces mêmes organes malades ne pour¬
raient rien en faire et cet aliment sera pour eux encom¬
brant ou même dangereux.
En un mot, ces deux laits caillés ayant même aspect
physique, diffèrent l'un de l’autre par leurs propriétés
thérapeutiques et- bio-chimiques : l’un ne contient pas
de ferment visible, l’autre en contient. Le premier se
digère mal, le deuxième, non seulement est d'une diges¬
tion farile, mais sou aclioii sur le tube digestif est re¬
marquable.
Comme le D'' Monteuuis le rappelle dans son livre,
tous nos paysans savent faire prendre le lait en le lais¬
sant exposé aux bactéries de l’air. Cet ensemencement
de hasarl fait tomber dans le lait du formentlactique et
mille autres bactéries. De sorte que si nous examinons
au microscope la préparation, nous trouvons, à côté du
ferment lactique, des bactéries et des levures de toutes
espèces.
Le goût du « caillé » x'arie à chaque fabrication, sa
teneur enferment n’est pas constante et les autres bac¬
téries plus ou moins inoffensives qu’il renferme en font
un composé impur et dont les effets curatifs sont in¬
fidèles.
Ce lait caillé, pollué par tous les microbes de l’atmos¬
phère est, par sa fabrication même, un produit que beau¬
coup de personnes n’acoeptent pas avec plaisir. Qui de
452
LE PROGRÈS MÉDICAL
nous boirait sans dégoût un verre d’eau ou de vin qui au¬
rait, pendant plusieurs heures, reçu les poussières et les
bactéries de l’air ? Pour faire de cette préparation un
médicament-aliment, il fallait préciser les conditions
de sa fabrication et en faire un produit ne renfermant
que du ferment lactique pur.
Presque tous les laits spontanément aigris contiennent,
à côté des ferments lactiques, des levures qui produisent
de l’alcooLnous trouvons ces deux micro-organismes dans
le képhyr et le koumiss. Ces fermentations lactique et
alcoolique superposées restreignent l’emploi thérapeuti¬
que de ces laits acides, alcooliques et gazeux. La compo¬
sition de ces laits est variable, parce que les « grains »
avec lesquels on les fabrique apportent une foule de
bactéries plus ou moins nuisibles.
Les régimes alimentaires des dyspeptiques^ et le Lait
lactique. On sait les succès obtenus parles régimes des
pâtes et de féculents de toutes sortes chez nos voisins de
Suisse. «Le macaroni et les baies de myrtilles » des « ta¬
bles de régime » ont été accueillis avec ironie de ce côté,
des Alpes ; il faut avouer que beaucoup de ‘ mala¬
des ont retiré de ce régime en apparence paradoxal,
les plus grands bénétices. On accorde maintenant à la
digestion intestinale la place importante qu’elle mérite;
si nous nous rappelons les premières pages de l’admi¬
rable livre de Pawlow « le travail des glandes digesti¬
ves », nous pouvons très bien comprendre comment les
troubles fonctionnels de l’intestin peuvent vicier la di¬
gestion gastrique. Les pâtes alimentaires apportent à la
flore intestinale un milieu du culture défavorable : toutes
les bactéries delà putréfaction se nourrissant de déchets
azotés, meurent alors faute d’aliments ; la flore intesti¬
nale s’appauvrit ainsi en bactéries nocives.
Nous voulons compléter ces quelques notions et indi¬
quer comment on peut rendre plus efficaces les régimes
aseptiques.
Dans tous les cas de dyspepsies avec fermentations
anormales et dans les entérites, les malades pourront, au
beurre et à la crème, leur substituer avec de grands
avantages, le Lait-lactique. Les nouilles, le riz, le ma-
caroni, les légumes verts cuits à l’eau légèrement salée
seront additionnés de ce Lait au moment du repas. Nous
avons répété l’expérience sur bien des personnes,toutes
ont déclaré que cette façon d’accommoder les aliments
était parfaite. Quant à la rapidité des digestions, elle est
notablement accrüe. Les hyperchlorhydriques suppor¬
tent très mal la purée de légumes additionnée de crème
ou de beurre : remplaçons-les par ce « lait pris » fies ma¬
lades n’éprouvent plus cette intolérance pour les pu¬
rées.
Dans toutes les publications antérieures, l’action in¬
time de ce ferment lactique B. sur les amylacés et les
albuminoïdes n’a pas été précisé. Nous étudions en ce mo¬
ment ces questions capitales. Il est à prévoir que cette
bactérie, qui ne peut pas se cultiver dans un milieu privé
d’azote doit attaquer les corps protéiques pour assurer
sa vitalité.
Urologie des infections intestinales. — Observa¬
tions de malades traités par te bouillon lacti¬
que B maltosé.
Nous avons sorti les hypothèses e.xposées précédem¬
ment du domaine théorique et les avons appliquées à la
clinique.
L’expérience a sanctionné nos prévisions et notre
bouillon lactique B maltosé nous a donné des résultats
précis et remarquables dans toutes les affections ayant
pour cause une digestion intestinale viciée. Grâce à l’ex¬
trême obligeance de notre ami le Bresard, nous avons
groupé quelques observations types d’infections, où la
thérapeutique classique est désarmée.
Le succès de cette médication par le bouillon lactique
est une preuve que le D"^ Combe, de Lausanne, a raison
d’affirmer l’origine bactérienne des entérites. Avec l’é¬
cole de Charcot, l’étiologie de l’entérite était puremem
nerveuse ; le médecin de Lausanne semble se rann^
cher plus de la vérité en disant que les accidents nerve»
s’ajoutent à l’infection et sont les conséquences et non
la cause de la maladie.
Dans son livre. Combe donne les raisons qui niiliff|J
en faveur de son affirmation. On rencontre toujourj '
dit-il, le même entérocoque de Tiercelin chez les indifi.'
dus qui ont des alternatives d’entérites glaireuses ai",
gués et d’entérites muco-membraneuses chroniques. Le
terrain arthritique serait particulièrement favorable |
révolution des infections intestinales.
On trouve du reste souvent des urates, de l’acide uri¬
que et des oxalates dans le contenu intestinal des enté-
ritiques.
Affections qui peuvent faciliter l'éclosion des entéritis.
— Toutes les afl'ections qui intéressent les organes en
rapports directs avec le tube digestif, peuvent provo¬
quer l’infection intestinale. Les maladies de la gorge et
du nez qui s’accompagnent de sécrétions muqueuses os
purulentes, la présence de parasites intestinaux seraieol
des causes très fréquentes et surtout méconnues d'in¬
fections gastriques et intestinales.
Il faudrait faire un chapitre à part sur le rôle que jouent
les sécrétions anormales et les bactéries de l’estomac
dans la genèse des entérites.
Pour que l’action biologique du ferment soit parfaite,
il faut diminuer la flore intestinale par un régime riche
en hydrocarbones. Nous avons donné à nos malades
de .s pâtes et des bouillons de légumes. Dans la cria
ai^ uë, nous avons supprimé le lait. Le D" Méry a fait
connaître les règles de diététique qui doivent être sui¬
vies dans le traitement des gastro-entérites chez les en¬
fants.
Urologie des aff'ections intestinales . — Chez tous nos
malades nous nous sommes assurés du fonctionnement
normal du rein. Au début des affections, nous avons
constaté une grande quantité de sulfo-conjugués dans
l’urine et leur disparition lorsque la guérison ve-
nait.
L'urologie donne en effet, dans ce cas, des indicatioi^
précieuses pour éclairer un diagnostic quelquefois dilfr
cile. L’auto-intoxication intestinale s'accompagne rare¬
ment d’un tableau symptomatique précis.
Nous avons maintenant deux moyens précieux deaia*
gnostic ;
1° L’examen des fèces, la coprologie ;
2“ L’analyse de l’urine. .
Il faut démontrer que le dosage des sulfb-éthers
l’urine mesure la qualité de la digestion intestinalo-
problènie consiste non pas à évaluer la quantité .
toxines contenues dans les selles, mais la
a pénétré dans le sang et qui intoxique l’organis® ■
On ne peut pas cliniquement doser les toxines.
Les microbes agissent comme les ferments non » ^
rés ; ils détruisent la molécule albuminoïde et
des peptones, des acides, des corps à noyau
des ptomaïnes. En plus et parallèlement ils g ja¬
des corps de la série aromatique : des phénols, n ,
dois. Sans être très toxiques par eux-mêmes, ils se ^
loppent à côté des ptomaïnes et leur dosage peut
à mesurer la quantité de entéro-toxines développe®^
Des expériences faites parEnold, Senator,
Itrnvet. Combe et Amman démniitrent nue leur U
Bruyet, Combe et Amman démontrent que leur e
mesure la toxicité du contenu intestinal. jqig
Des animaux avec un intestin stérile, ne l eceys
des aliments stériles, ont une urine qui ne contjs
la moindre trace d’indol et de scatol. Il en est de
chez le nouveau-né.
Pœhl, Binmacki, Ilirschler, 'Winternitz, nous
pris que la diminution des sulfo-éthers peut ®^jiti«»
nue en modifiant le régime alimentaire par 1
des hydrocarbones.
Dosage des sulfo-conjugués. — Jusqu’à
du D'- CHURCHILL
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OU DE SOUDE
Iitecaiese, Rachitisme, Anémie
Bronchite chronique
Allaitement, Dentition, etc.
SIROP D’HYPOPHOSPHITE DE FER
iblcrose. Anémie, Pâles couleurs
Dysménorrhée, Aménorrhé' , etc.
SIROP iHYPOPHGSPHiTES CO APOr>Ë
Ionique poissant
liritiMe alimentation chimique ponrto is lest JS
d'iQaiblissemect musculaire ou n entai
PILULES dHYPOPHOSPHITE Dif^UIHIP E
Fiènes intermittentes, paludée mes
Inflnenza, etc.
ïéfiiâiéî spécifique de ia Nérralgi»
Ipjoduit d’une grande solubilité, bien plus actif par
' phosphore qui entre dans sa composition que les
JBtres sels de quinine : BulÎÀia, chlorhydrate, etc.,
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LE PROGRÈS MÉDICAL
453
a employé le coefficient de Baumunn pour apprécier
hfoualité de la digestion intestinale.
* Si d’une part on dose le soufre des sulfates et de 1 au¬
tre le soufre des sulfo-éthers, le rapport entre les deux
nombres donne le coefficient de Baumahn.Pour un adulte
on a : ^
Soufre des sulfates = 2 _
Soufrcdes sulfo-élhers=0,20
les chiffres normaux sont :
Pour l’acide sulfurique des sulfo-éthers :
,6 à 15 ans 0,10 — 0,15
' Adultes 0,15 — 0,20
Combe fait une objection à ce cofficient.
Les sulfates des aliments azotés varient de 0 5 à 1.5 % ,
tandis que l’azote de ces mêmes corps ne varie pas plus
de 15 à 16 % , il y a inétrêt à prendre dans notre rapport
comme dénominateur le chiffre plus fixe de l’azote total
on de rUrée.
Je me propose, du reste, quand j’étudierai l'action du
ferment lactique B sur les fermentations intestinales au
point de vue urologique, de compléter mes tables par le
dosage du soufre dans les différents aliments. Il sera
facile de tenir compte des entrées du soufre et de son
oxydation.
Les rapports de Combe sont :
Pulfo-éthers . Sulfo-éthers
A mon avis, il ne doit pas y avoir de parallélisme entre
les deux coefficients, puisque l’urée ne représente que
la partie de l’azote albuminoïde arrivé à son maximum
d’oxydation. Dansl’azote total, au contraire, figure ïa^ote
immàniacal qui représente un stade inférieur d’oxyda¬
tion de l’azote albumino’ide ; nous reviendrons plus tard
snr ces remarques. ,
Les albuminoïdes contiennent du soufre qui donne
sons l’influence des bactéries intestinales, des sulfures
puis des sulfates.
En effet, l’acide SO^IP est bibasique,
il donne SO^Na^ sulfate neutre
SO‘NaH sulfate acide.
De même avec les phénols
SQiH^ donne 2 séries d’éthers
avec le phénol C®H“OH
donne SOMC®!!^ Sulfate de phényle
etSO^jH Sulfate monophénylique.
Remplaçons H par un métal, le sodium par exemple :
- ous avons le phénylsulfate de soude
(.)
il g®® P^énylsulfates d'alcalis sont solubles dans l’eau ;
En •”ême du phénylsulfate de baryum,
pose aqueuse neutre, l’ébullition ne les décom-
tiqggP®®- En présence d’un acide organique, l’acide acé-
J®*'®, et de l’acide sulfo-conjugué libre qui, en
^lljjiJ^e de l’acide acétique, n’est pas décomposé à l’é-
4'^J^*'?eence de HCl, ils sont décomposés ;
àiooog'R en chlorure et acide sulfo-conjugué libre ;
®ulfnt-; eeruier est décomposé ; il se forme de l’acide
phénol.
le soufre total on ajoute de l’HCl à chaud et
un excès de chlorure de Baryum : tout le soufre est pré¬
cipité à l’état de sulfate de Baryte.
Sur une autre prise d’essai, acidulée par l’acide acé¬
tique on ajoute du chlorure de Baryum : les sulfates mé¬
talliques sont seuls précipités. On filtre ; le filtratum traité
par HCl et le chlorure de Baryum à 106“ donne le soufre
des phénylsulfates.
Observations recueillies parle D' Brésard.
Obs. I. — Enth'ite muco-membranctise avec diarrhées proftises.
M. G..., 46 ans, m’est envoyé au mois de février 1905 pour
être opéré d’une hernie inguinale gauche.
Ce malade, grand et fortement constitué, mais d’une mai¬
greur extrême, m’explique que sa hernie, remontant à une
douzaine d’années, ne le gêne (jue depuis un an emiron. Il
a été pris à cette époque de diarrhées incoercibles dont on n’a
pu élucider l’origine et contre lesquelles on a épuisé sans
succès durable tout l'arsenal thérapeutique. Les selles, qui
sont quotidiennement au nombre de 12 à 15, sont accompa¬
gnées de douleurs intestinales vives (jui sont particulièrement
pénibles au niveau de la hernie. Son médecin, découragé
par les Insuccès de sa thérapeutique, pensant avec vraisem¬
blance que la hernie peut jouer un rôle dans cette entérite
rebçlle, lui a conseillé l’opération à laquelle il est décidé.
Celle-ci a lieu le 22 février sans rien présenter de remar¬
quable. Suites normales.
Mon opéré quitte la rue Oudinot au bout de 15 jours pour
achever de se reposer chez lui. Il est enchanté, car depuis son
opération il n’a plus eu de selles diarrhéiques, ni de coliques,
ce qui, dit-il, ne lui était pas arrivé un seul jour depuis plus
d’un an.
Douze jours après je le vois arriver à ma consultation la
mine déconfite. Il m’annonce que du côté de sa hernie tout va
bien,- il n'en souffre nullement, mais depuis cinq jours qu'il
a repris la vie normale, s’étant levé toute la journée, l'en¬
térite est revenue, les coliques le torturent de nouveau et
-chaque jour il va 10 et 12 fois à la garde-robe, malgré des
cuillerées à café enlièresd’élixir parégorique, des paquets de
bismuth, du laudanum, et le régime lacté presque exclusif
auquel il s’est remis.
C’est alors que je lui recommandai de prendre du Bouillon
laciique B mallosé avec les précautions suivantes ; sup¬
pression du lait et, bien entendu, des médicaments susdits ;
chaque jour trois demi-verres à eau de culture B, précédant
de 3i4 d’heure 3 petits repas composés de potages légers au
bouillon de légumes, pâtes alimentaires, riz, purées de légu¬
mes secs, biscuits secs ; comme boisson, de l’eau.
Au bout de trois jours, la diarrhée avait complètement dis¬
paru.
Le cinquième jour, j'ajoutai au régime un peu de lait lac¬
tique, au bout de huit jours du lait ordinaire, le dixième
jour on essaya un peu de viande qui fut bien tolérée ; bref,
au bout de quinze jours le malade avait peu à peu repris un
régime ordinaire sans voir réapparaître un seul jour ses ac¬
cidents antérieurs. Contrairement à mon avis, le malade in¬
terrompit l’usage du Bouillon lactique B mallosé pendant
deux jours.
Quelques coliques le firent en reprendre ; il en prit pen¬
dant dix jours.
A ce moment je l’autorisai à en suspendre l’usage.
Revu au mois de juillet suivant, à l’occasion d’un accident
d’un autre ordre, M. G... me dit sa joiej'd’être débarrassé
complètement depuis le mois de mars de ces diarrhées
qui, pendant plus d’un an avaient empoisonné son existence
et lui avaient retiré toutes ses forces. » 11 conservait une
grande reconnaissance au Bom7/ou B et se proposait d’y re¬
courir à nouveau à la moindre alerte.
J’ai su au mois de janvier dernier qu'il n’avait pas eu de
nouveaux accidents d’entérite.
Oss. 2. — Dii'enlerie des pays chauds avec vomissements. — En-
léro-colile avec phénomènes nerveu.c 'graves.
Mme P..., 27 ans, femme d’un officier de l’armée colo¬
niale, ayant suivi son mari en Indo-Chine, a contracté dans
454
LE PROGRÈS MEDICAL
cette colonie, il y a six ans, une dysenterie grave, à la suite
de laquelle elle a conservé une susceptibilité très grande de
l'intestin. Elle est reprise d’accidents d’entéro-colite avec
diarrhées profuses et vomissements alimentaires au moindre
écart de régime. Elle multiplie d’ailleurs ses fautes de régime
avec une insouciance décourageante. Quand je la revois au
mois de septembre 1905, elle revient du Sénégal après un sé¬
jour de deux ans pendant lesquels « son intestin, dit-elle, ne
l'a pas laissée tranquille pendant huit jours de suite ».
A plusieurs reprises, le médecin de Saint-Louis, effrayé
des accidents entéritiques rebelles à toutes les médications
classiques, avait voulu la faire rentrer en France, mais elle
n'avait jamais consenti à revenir avant l’expiration des deux
années.
A ce moment, au mois de septembre dernier, elle a chaque
jour cinq à six selles diarrhéiques, et lorsque les colicjues sur¬
viennent près de la fin d’un repas, celui-ci est immédiate¬
ment rejeté.
Il va sans dire que dans ces conditions l'état général est des
plus précaires, malgré le séjour dans un excellent climat de
montagne. D’autre part, la jeune malade se refuse à prendre
aucun médicament, même pour se soulager, disant qu’elle a
épuisé toute la gamme des constipants en passant par les
antiseptiques, les lavages et les opiacés.
Je lui fais adresser du Bouillon lactique B malloaé en lui
recommandant trois prises d’un demi- verre chaque jour
avant les repas Comme je ne pouvais obtenir de cette malade
particulièrement indocile un changement de régime, je lui
demandai de prendre la culture lactique, une heure au moins
avant le repas. Je comptais qu’ainsi le bouillon lactique au¬
rait le temps de passer dans l’intestin et d’y faire son bon of¬
fice avant d’être troublé par les aliments nuisibles qui pour¬
raient être absorbés aux repas.
Mon attente ne fut pas déçue, et au bout de huit jours, ma
jeune cliente m’écrivait qu'ayant commencé l’usage de la cul¬
ture avec le scepticisme le plus absolu, elle le continuait avec
la foi la plus ardente, car enfin elle pouvait vivre normale¬
ment sans souffrir. Revenue depuis à Paris, elle reste une
fidèle du bouillon lactique B maltosé, car si son intestin est
heureusenient modifié, son caractère enfantin ne l’est guère,
et de temps à autre un fâcheux écart de régime lui remet en
mémoire ses accidents antérieurs ; mais avec notre remède, en
vingt-quatre heures, tout rendre dans l’ordre. Inutile de dire
que sa santé générale en a grandement bénéficié, les forces
sont revenues, fembonpoint est normal et les vomissements
alimentaires, si faciles autrefois, ont complètement disparu.
Obs. 3. — Entérite compliquée d'ictère.
Au mois de janvier 1906, je suis appelé auprès d'une enfant
de 9 ans, fille d’un proche parent, atteinte d’accidents d’en¬
térite très douloureux, que les parents, bien entendu, bap¬
tisaient d’appendicite.
Coliques irradiées dans tout le ventre, sans localisation ;
vomissements et nausées fréquentes, pas de vomissements
biliaires, inappétence absolue, pas de fièvre, pouls noimal,
un peu faible seulement, langue saburrale, tel est l’ensemble
symptomatique. J’ordonne des enveloppements chauds du
ventre, du calomel .=uivi d'huile de ricin,et la diète hydrique.
Le lendemain, les douleurs du ventre sont calmées, malgré
quelques selles dues à la purgation de la veille, l'état cathar-
ralde l’intestin semble le même, inappétence toujours abso¬
lue, sentiment de grande faiblesse, toujours pas de fièvre,
urines foncées et rares J’ordonne à l’enfant du Bouillon lac¬
tique B maltosé, à la dose de trois verres à madère pro die,
bouillon de légumes, à l'exclusion de tout autre aliment.
Le lendemain, on me montre des urines franchement aca¬
jou, les conjonctives ont une teinte ictérique nettement ca¬
ractérisée, j’annonce naturellement une jaunisse que les pa¬
rents ont diagnostiquée d’ailleurs facilement. Même régime
auquel on ajoute des lavements froids. L’enfant prend liien
sa culture lactique, qu’elle aime beaucoup, car elle calme
admirablement sa soif. Le lendemain, soit le quatrième jour
de la maladie, la teinte ictérique est franchement accusée sur
tout le corps, nous sommes bien en face d’un ictère cathar-
ral typique avec toute sa symptomatologie classique sur la¬
quelle je n’insiste pas. Aux parents qui s’inquiètent de la du¬
rée, je parle du terme classique de douze à quinze jours aj
moins pour voir la fin de l’ictère. J’insiste sur le fioai/Jo,
maltosé lactique fi en annonçant que dans deux jours je don¬
nerai à nouveau du calomel. Le cinquième jour, j’apprends
que la veille, la petite malade ayant réclamé plus de notre
bouillon lactique qui lui donnait une sensation de fraîcheur
on avait accédé à son désir en lui donnant un quatrième
verre à madère. Résultat : le matin de ce cinquième jour de
la maladie, et le troisième depuis l’apparition de l’ictère, on
me montre des urines absolument claires et extrêmement
abondantes ; il y avait eu une véritable débâcle urinaire. La
teinte jaune des téguments pâlissait, et le sixième jour, qua¬
tre jours après l’apparition de l’ictère, tout était rentré dans
Tordre.
Je sais bien que chez les enfants on peut voir des résolu¬
tions rapides d’ictère, mais je ne sais si on en a observé d’aussi
prompte que chez cette enfant, qui n’avait eu en somme que
deux lavements froids, et chez laquelle les phénomènes d’un
catarrhe gastro-intestinal intense ont brusquement disparu à
la suite d'une abondante absorption de culture lactique B.
Je ne puis m’empêcher de cioire qu’il y a ici un vérilable
rapport de cause à effet, dans l’absorption de cette culture à
haute dose et la disparition brusque et prématurée de cet ic¬
tère.
Obs. 4. — Urticaire.
Le jeune P..., âgé de six ans, m’est présenté à ma consul¬
tation dans les premiers jours du mois de juin lE05pour
une petite opération chirurgicale banale.
Ayant eu à le revoir à la suite de cette petite intervention,
durant une dizaine de jours environ, j’assistai deux fois dans
ce laps de temps à une éruption d'urticaire intense dont h
pauvre petit souffrait beaucoup . On m’apprit alors que cet
enfant, appartenant à une famille médicale, neveu mêmednn
médecin des hôpitaux, mort il y a peu d'années, était sujel
depuis l’âge d’un an à des poussées d’urticaire analogues a
celles dont j’avais été témoin et qui survenaient avec une fré¬
quence désespérante sous le moindre prétexte, et même sou¬
vent sans prétexte apparent. Tout ce que l’on savait, c’est que
œt urticaire chronicjue avait débuté à la suite d’une violente
entérite qu’il avait eue à un an.
Toutes les médications, comme bien Ton pense, avaient
été essayées sans succès d’ailleurs. Son régime était l’objet de
soins attentifs et constants, et malgré cela, on ne se souvien
pas autour de lui qu’il ait jamais passé quinze jours sans avoir
une poussée d’urticaire plus ou moins intense.
Je conseillai alors de lui donner du Bouillon de Malt ludi¬
que fi. 11 me paraissait logique, dans une affection ayant pr^
bablement son point de départ dans l’intestin, d’essayer
puissant modificateur du milieu intestinal. , ^
L’enfant, un peu indocile, ne se prêta pas, au début, a
nouveau traitement. Mais j’avais été si pressant aupw® '
parents et ceux-ci étaient si désireux de voir disparaître cet
affection pénible, qu’ils y mirent de la persévérance, et qo •
malgré deux nouvelles crises survenues dans les
jours de l’administration delà culture lactique, ils arrive
à en faire prendre régulièrement à l’enlant pendant ®
A ce moment on partit pour le bord de la mer,
l’arrivée sur la plage se payait toujours jusqu’alors
midable poussée d’urticaire, je conseillai de ne pas inte
pre, et d’emporter une bouteille de culture lactiqu®-
grand étonnement des parents et à leur vive satisfaction,
ruption attendue ne se produisit pas. Dès lors, d’eux-®®
' ils firent suivre avec persévérance le traitement à Tenfan ^
en avait pris l’habitude et prenait volontiers chaque jou
deux verres à madère de culture lactique R, toujou®
d’heure avant le déjeuner et le dîner. . . je
Bref, le 10 août, on n’avait pas vu reparaître d’urtica*
puis le 27 juin. On interrompit pendant quinze jours,
inconvénient, puis on redonna les mêmes doses pen^^^^
première semaine de septembre, et depuis, très ^ <«5
ment, tous les mois, l’enfant prend pendant une
deux verres quotidiens de culture lactique B. ^
pas reparu depuis la fin de juin, sauf une légère app®
LE PROGRÈS MEDICAL
455
seule, au mois de janvier dernier, par un jour de froid vif
gemble avoir joué ici un rôle provocateur. A ce moment
j” 'Heurs, il ne prenait pas le précieux médicament.
il semble donc bien que cet enfant a été définitivement
a'barrasséde cette affection pénible par la fréquence de ses
r^idives et sa persistance lassante, grâce à la cultnre de fer¬
ment lactique. J’ai conseillé aux parents de s’abstenir le mois
jjain de l'administration préventive de notre bouillon
pour juger de la persistance de la guérison, que je crois
œmplète maintenant. En tous cas, je rappelle que pendant
cinq ans tous les traitements appliqués rationnellement n’a¬
vaient pu le préserver, pendant plus de quinze jours, de ses
crises d’urticaire.
Diabète. — A ces observations nous ajouterons que plu¬
sieurs médecins ont employé cette médication avec succès
dans certains diabètes. L'absorption de' ce ferment lactique B
a fait diminuer la ijuantité de glucose des urines très rapi¬
dement.
• ie Bouillm lactique B en transformant les hydrocarbones
en aide lactique permet une sévérité moins grande dans l’ex¬
clusion des sucres. et ded amylacés chez certains diabéti¬
ques.
En résumé
Dans la thérapeutique des infections intestinales, on pourra
utilement faire usage du Bouillon lactique B maltosé. Son
emploi est d’une innocuité absolue et rend des services dans
certains cas où les moyens ordinaires échouent.
NARCYL GRÉMY médicament spécifi¬
que de la toux, spécialement de la toux des tu¬
berculeux.
BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL
La réforme des études médicales.
-M. Aristide Briand, ministre de l'Instniction Publi¬
que, dans le discours qu’il a prononcé au début de la
^nce du Conseil supérieur de l’instruction publique,
*Wt allusion aux réformes de l’enseignement médi-
â.lordre du jour de cette session, a dit le ministre, ont
e inscrits des projets d’arrêtés et de décrets relatifs à des
■ do.nt l’intérêt et l’importance n’ont pu vous écliap-
Au nombre des propositions destinées à fortifier les étu-
®™icales figure l’institution d’un certificat qui a pour
les certainement pour effet d’assurer au vrai mérite
{j de se manifester avec toutes les garanties de jus-
‘^^■«ation de ce certificat d études médicales supérieu-
One ^ Pas de susciter parmi les jeunes médecins
émulation nouvelle dont l’enseignement dans les facul-
e pourra que tirer profit.
de ^ Mnonce de la création d'un diplôme supérieur
nou- sciences médicales, création à laquelle
tre '' ^PP^^udirions de tout cœur si elle devait permet-
jeunes médecins de talent de s’affranchir de la
intrigues et du népotisme où l’on a fait
tom ^ concours en médecine. Mais
qu'il réforme ne vaut que par son application,
permis d’exprimer la crainte de voir le
? 1?^ médecine déprécié peu à peu par ce nou-
1 naguère la licence en droit
disuû„ ® grade de docteur en droit fut exigé pour la
militaire.
Il est à craindre que, dans quelques années, les
facultés de médecine, tant à Paris qu’en province, fas¬
sent une généreuse distribution de ces diplômes supé¬
rieurs et que, par le fait de leur multiplication, on ar¬
rive ainsi à constituer deux ordres de médecins, les
médecins supérieurs et les autres, le vulgum pecus
des docteurs en médecine. Ce serait créer là de nou¬
veau les officiers de santé.
Mais nous ne saurions dès à présent, avec d’aussi
maigres renseignements, juger les projets du conseil
supérieur de l’Université touchant les réfoi’mes de
l’Enseignement médical. Nous espérons que cet aréo¬
page d’universitaires voudra bien, dans sa sagesse, se
rendre compte de son incompétence pour élaborer un
programme de réformes dans un enseignement d’ordre
aussi spécial, aussi technique que celui de la méde¬
cine ; qu’il comprendra la nécessité de l étude minu¬
tieuse de ces réformes par une commission composée
d'hommes capables de signaler les lacunes de l’ensei¬
gnement actuel, non seulement au point de vue scien¬
tifique, mais aussi au point de vue étroitement pratique
et purement professionnel.
Certes, il est bon de rechercher les moyens de faire
progresser les science? médicales qui, depuis d’assez
longues années, marquent, chez nous, le pas de façon
inquiétante, mais il serait aussi fort utile, en instrui¬
sant de façon pratique, les médecins qui exercent de
permettre à tous les malades, dans toutes les régions
de France, de bénéficier dans la mesure du possible de
toutes les découvertes médicales. J. Noir.
La gratuité des services médicaux.
Nous avons récemment cité un fragment du procès-
verbal du Conseil d'hygiène de la Seine où un phar¬
macien, M . Marquez, exprimait d’une façon saisissante
(et attristante pour nous) avec quelle facilité on pou¬
vait exploiter la naïveté des médecins et leur imposer
des services semi-gratuits. Dans, le Bulletin médical
du 14 juillet, M. Granjux relève un fait encore plus sur¬
prenant. Sur la proposition de la 7‘ Commission, le
Conseil général de la Seine, en raison de l’accroisse¬
ment de la population hospitalisée à la maison dépar¬
tementale de Nanterre, trouvant le personnel médical
surmené et insuffisant, a résolu de remédier à ces in¬
convénients en créant deux emplois de médecins ad¬
joints pour suppléer les médecins titulaires pendant
leurs ab.sences. L’article 2 de la délibération mérite
d’être cité :
Le recrutement de cesinédecins adjoints, qui ne recevront au¬
cune rétribution, se fera par voie de concours.
Nous ne doutons pas du nombre de candidats qui se
disputeront le plaisir défaire à leurs frais tous les ma¬
tins le voyage de Nanterre pour avoir l'honneur de soi¬
gner les hospitalisés de la Maison départementale ;
mais nous signalons à nos lecteurs toute la sollicitude
que nos édiles portent au Corps médical parisien qui
aurait bien, croyons-nous, le droit de réclamer sa part
dans la graAide sollicitode que le Conseil général, tout
comme le Conseil municipal, porte aux travailleurs
municipaux. J. N.
156
LE PROGRÈS MÉDICAL
CAPSULES G’IODIPINE KIERCK : 3 représentent 1 gr. Kl
beaucoup mieux supportées que les iodures alcalins ;
lODIPINE à 25 “ O pour injections sous-cutanées.
SOCIETES SAVANTES
ACADÉMIE DES SCIENCES
Séance du 9 juillet.
Trypanosomiases du Ilaut-Niyer ;u)i nouveau trypanosome
pathogène.
M. Laveran décrit un trypanosome nouveau qu’on rencon¬
tre à l’état d’infection naturelle chez les Equidés et les Bovi¬
dés, où il provoque une maladie appelée Souma. La Souma
a été décrite cliniquement dès 1904 par M. Cazalbon ; d’où le
nom de Trypan-Lazalboni, donné par l'auteur à ce trypano¬
some pathogène.
Les petits ruminants (moutons, chèvres, antilopes) s’infec¬
tent facilement, iandis que les inoculations faites chez les
rongeurs et le chien restent ordinairement sans effet.
Une chèvre fortement immunisée contre le surraetla mbori
a eu uneintection grave à la suite de l’inoculation du virus
de la Souma, ce qui montre bien que le trypanosome de la
Souma ne peut être considéré comme une variété du trypano¬
some do la mbori.
Chez la chèvre et le mouton, l’incubation est de 10 jours en
moyenne. I.es principaux symptômes sont ; la fièvre, l’amai¬
grissement, la faiblesse générale. Chez deux chèvres inocu¬
lées, l’auteur a observé des kérato-conjonctivites précoces.
L’examen direct du sang révèle souvent l’existence des trypa¬
nosomes, contrairement à ce qui arrive pour d’autres trypa¬
nosomiases de ces animaux.
Chez le cheval, on observedes poussées fébriles et de l’œ¬
dème des extrémités inférieures, rarement de l œdème de la
paroi abdominale. La mort survient d’ordinaire vers le cin¬
quantième jour.
La Macina paraît être le principal foyer de la Souma, qui a
été observée également à Bamako et à Kati.
D’après Cazalbon et Pécaud, la maladie est propagée par
des Tabanvs qui abondent dans la Macina, principalement
sur les rives du Niger, tandis que les Glossina sont rares.
Disparition momentanée des trypanosomes du naganachez les
chiens infectés.
MM. G. Roux et L. Lacomme ont cherché à utiliser.le pou¬
voir trypanolytique de la rate dans un but thérapeutique. A
cet effet, trois chiens furent inoculés avec le trypanosoma
Biùcei et, après constatation de la présence du parasite dans
leur sang, reçurent, les deux premiers, 20 cc., d’une émulsion
de rate de bœuf contenant, en volume, 1 partie de pulpe pour
3 parties d’eau salée à 7 ” oo, et le troisième 20 cc. de liquide
centrifugé obtenu avec la même émulsion.
Chez les trois animaux, les trypanosomesdisparurentdusang
deux ou trois jours après l’injection, pour reparaître, chez le
premier inoculé, au bout de cinq jours. Chez ceux qui reçu¬
rent la pulpe, il se produisit un abcès, et la septicémie a pu
avoir une influence sur la disparition des trypanosomes;
mais, aucune réaction microbienne ne s’étant encore montrée
chez le troisième, il semble que le suc*splénique possède bien
une action manifeste sur la disparition de ces parasites.
Variations des échanges nutritifs sous t'influence du travail
musculaire développé au cours des ascensions.
MM. Cuii.LEMARD et R. Moog ont indiqué, l’année dernière,
à propos d’une ascension au Mont-Blanc, les variations que
subit l’élimination urinaire sous l’influence des hautes alti¬
tudes. Pour savoir si le travail musculaire exigé par cette
ascension n’était pas en cause, les auteurs ont effectué une
ascension sensiblement équivalente à celle du Mont-Blanc,
mais d’où l’influence de l’altitude était écartée, en faisant,
l’un 13 fois en deux jours, l’autre 20 fois en trois jours,
l’ascension de la tour Eiffel, la descente étant effectuée par
l’ascenseur. Daiisces conditions, il y eut, pendant la période
d’ascension, augmentation légère de la diurèse, de fazS
total et de l’azote uréique, sans variations caractéristiques^
rapport azoturique. Ces faibles modifications ne sauraient
expliquer les phénomènes d’insuffisance d’oxydation observés
au sommet du Mont-Blanc, phénomènes dus uniquemeat
à l’influence de la haute altitude et de la dépression atmos¬
phérique correspondante. M'“' Phis.uu.
ACADÉMIE DE MÉDECINE
Séance du 17 juillet.
La vaccine en .Algérie.
MM. Chauvei., Chantemesse, Netter, font quelques obser¬
vations sur le rapport récent de M. Keisch. Ce dernier
propose finalement d’adopter les conclusions suivantes :
1" En Algérie, les vaccinations devront être renouvelées
plus souvent que ne le comportent les instructions officielles
qui sont en vigueur actuellement en France et en Algérie.
11 est prouvé, en effet, que les deux vaccinations qui se
font habituellement sont insuffisantes à défendre les .\rabes
contre la variole.
2“ Réduire les intervalles qui séparent les inoculations e»
tenant compte des habitudes des indigènes.
3“ Adjoindre aux médecins des doctoresses ou des sages-
femmes qui pourront pénétrer dans les douars où les hommes
ne peuvent entrer pour vacciner les femmes.
4" l’aire inscrire sur la carte d’identité de chaque indigène
le nombre et les dates des vaccinations.
Le rapport, adopté à l’unanimité par l’Académie, sers
transmis au ministre de l’intérieur.
Le paludisme à .Madagascar.
51. Laveran montre les difficultés de la prophylaxie, f^
pétrolage des mares est impossible dans un pays peu habité
et plus vaste que la France. Les rizières, dont la culture cons¬
titue la principale ressource alimentaire, entraînent îoicé-
ment des eaux d’égouts. A leur surface le pétrole détruirait
et altérerait le riz.
Les toiles métalliques ne peuvent avoir que des appha-
tions partielles.
Enfin, à son avis, il y a d’autres mesures plus importante
et plus réalisables pour les Malgaches qui sont très misé¬
rables. L’est la misère surtout qu’il faut combattre ; déplacer
certains villages trop près des rizières.
M. DE Kermogant montre combien la saison pluvieuse, en
créant des mares permanentes même dans les rues de Tana-
narive, facilite la diffusion de l’impaludisme. Peu à pc“-
l’anophèle a gagné les hauts plateaux, jusque-là salubres^
toiles métalliques ne sont possibles que pour les
lectifs. Mais, même dans les casernes, les soldats les onti
mal acceptées.
M. Blanchard montre que le pétrolage, portant au mu
sur les mares voisines des habitations, a fait ses .
Cuba. L’emploi des toiles métalliques a réussi mèmen
des pays très peu fortunés.
« Dans la campagne romaine, en 5 énétie, où la POP“ ® 53
agricole est très pauvre, où elle vit dans des cabanes -
misérables que les cahutes des -Malgaches, onapua““r|jj
facilement la protection mécanique par des tambou^
doubles portes pourvues de toiles métalliques. Le petr
ne doit pas se faire évidemment dans les rizières et
l’étendue de Madagascar, mais seulement dans les en
lîhbités ». ûd
M. Chantemesse défend de son côté ces ^ ^0-
fait leurs preuves. Sur la proposition de M. ^’lerin®'
mission, composée de MM. Blanchard, Laveran, .^-coü'
gant. Roux et Chantemesse, est chargée de proposer a -
clusions à la séance prochaine.
La vaccine en France en 1907.
M. Kei.sch montre les lacunes de la statistique
27 départements n’ont pas fourni le moindre '‘■ensei6‘*^jj je
sur les vaccinations et revaccinalions. Le
variole indique que la loi sur la vaccination obhg
encore bien loin d’être appliquée.
LE PROGRÈS MÉDICAL
457
Itapports de prix.
[ a séance se termine par les rapports du P'' Raymond sur
1, prix Boullard ; de M. Chauffard sur le prix Stanski ; de
\{. Fernet sur le prix Guzman. A. -F. Pi.icque.
SOCIÉTÉ DE THÉRAPÉUTK)UE
Séance du 21 juin.
Sténose du pylore et rein jlottant.
\I. p. Gallois. — On sait que, d'après Glénard et Rouveret,
les ptoses viscérales seraient susceptibles de déterminer un
rétrécissement pylorique. Il m’a été donné d’observer un cas
qui paraît confirmer l’opinion de ces auteurs. Il s'agissait,
d'une jeune fille atteinte de rein flottant et de gastrectasie.
U limite inférieure de son estomac était située, en effet, en¬
tre l'ombilic et le pubis, et, au-dessous de Tombilic égale¬
ment, on trouvait un rein ectopié, d'ailleurs parfaitement
réductible. En pratiquant la palpation de l'estomac dilaté,
je vis cet organe se contracter sous ma main, puis évacuer
son contenu dans l’intestin. Ayant appris à faire elle-même
l'expression gastrique et à réduire son rein flottant, la malade
eut la satisfaction de se délivrer de la sorte des troubles ner¬
veux et gastro-intestinaux dont elle souffrait depuis long¬
temps.
M. Le Gendre. - L’observation de M. Gallois est démons¬
trative pour le cas particulier, mais je ne crois pas que ce
processus soit général. La dilatation de l’estomac étant plus
fréquente que le rein flottant, ne saurait être la conséquence
de ce dernier. D’autre part, l’ectopie rénale, fréquente chez la
femme, est exceptionnelle chez l’homme.
Leyui danslc traitement de l'hémoptysie.
M. René Gaultier. — Ayant eu connaissance de deux faits
d'hémoptysie enrayée par l'usage du gui de chêne, employé
sur les conseils d’une commère, j’ai entrepris moi-même des
essais de traitement par cette plante, des hémorragies pul¬
monaires contre lesquelles, comme me l’ont appris mes re¬
cherches littéraires, elle avait déjà été employée par quelques
médecins anglais et américains.
Je me suis servi d'extrait éthéré de gui, en pilules, que j'ai
fait prendre, à la dose deOgr. 80 par jour, à 8 tuberculeux,
hémopto'iques. Chez 7 d'entre eux, l’hémoptysie fut rapide¬
ment arrêtée, et une fois seulement le résultat fut nul. Or,
l’autopsie de ce dernier malade montra que son hémorragie
pulmonaire était due à la rupture d’un volumineux anc-
''*7amede Rasmusen.
V après mes expériences, les effets antihémopto'iques du
Spi paraissent être liés à l’abaissement de la pression arté-
nelle.
Nouveau remède interne contre la blennorragie ‘. le gonosan.
M- Renault. — La blennorragie urétrale étant une des ma-
adies les plus ingrates que le médecin ait à traiter, nous de-
uns accueillir avec empressement tout remède, surtout si ce
®mede est prôné par des spécialistes, dont la valeur et la
nscience scientifique ne sont contestées par personne,
■lanscet ordre de faits rentre le gonosan, introduit pour la
P mnière fois, en 1902, dans la thérapeutique parle docteur
SS (de Strasbourg ). Depuis, ce médicament a été essayé
stamment avec succès par des spécialistes,
l'ac? docteur Lavaux , à l’École pratique, signale
des '^ï^'^^U'^nnte du gonosan dans les affections des reins et
urinaires supérieures. Mais il n'est pas question du
C' de la blennorragie.
die ^^^^^^don de ce médicament contre cette dernière mala-
(}gj??®.^uus avons essayée dans notre service de vénériens
not,„ .?dal. Ln stock suffisant a été mis obligeamment à
A A pposition par M. Rohais.
effejg uiots de la composition du gonosan et de ses
Lg Physiologiques sur l’organisme sont nécessaires.
Pharm est une dissolution de la masse résineuse,
active, de la racinede kavva-kavva dans
jjgj^hhre essence de santal indien.
eureusement, le santal étant un médicament cher, il
est souvent additionné d’huile de ricin, d'oléo-résine de co-
pahu, d'huile volatile de copahu ou d’essence de cèdre. C’est
à l’action de ces mélanges que sont dus les nausées, vomisse¬
ments et surtout douleurs lombaires, qui obligent les mala¬
des à suspendre le remède.
L’avantage du gonosan est d’être préparé avec une essence
de santal indien absolument pure. Dans cette essence,on dis¬
sout les principes actifs du kavva-kavva.
Lekavva estlenom d’une boisson enivrante que les Poly¬
nésiens préparent avec la racine du poivrier : Piper melhys-
ticum.
L’action énivrante et anesthésique de ce breuvage est due à
une résine, le kawa-kawa, qui, d'après les expériences des
chimistes et physiologistes, produit sur les muqueuses une
ischémie et une anesthésie suffisante pour calmer les dou¬
leurs de l'inflammation.
Ce sont d’une part les inconvénients de l’essence de santal,
employée seule, de l'autre les propriétésanesthésiques remar¬
quables du kavva, qui donnèrent au docteur Boss (de Stras¬
bourg) l’idée d’associer ces deux médicaments.
Le gonosan se présente sous la forme d’une substance hui¬
leuse, jaune verdâtre, fortement aromatique, soluble dans
l’alcool, le chloroforme et l’éther.
Dans sa composition, une essence très pure de santal in¬
dien entre dans la proportion de 80 p. 100 et les résines de
kavva-kavva, à l'exclusion des principes cristaliisables, inac¬
tifs, dans la proportion de 20 p. 100.
Le docteur Boss fait prendre à ses malades 8 à 10 capsules
de 0,30 ctgr. par jour. 11 résulte des recherches de cet auteur
que le gonosan est remarquable ;
1“ Par ses propriétés sédatives, c'est-à-dire que ce médica¬
ment fait disparaître les douleurs intenses de la miction
pendant les érections de la première période de la blennor¬
ragie aiguë.
2“ Par son action anticatarrhale, le gonosan diminue rapi¬
dement le flux blennorragique, et chez un bon nombre de
malades, le fait cesser complètement ;
3“ Par sa vertu bactéricide, ainsi qu’en témoigne la dispa¬
rition progressive du gonocoque, constatée par l’examen du
pus au microscope.
Ajoutons enfin que le gonosan est le mieux supporté des
remèdes balsamiques. Il ne provoque aucun sentiment de
répugnance, ni de dégoût, n'attaque ni l'estomac, ni les in¬
testins et ne causent jamais de douleurs lombaires, si souvent
engendrées par l’essence de santal, employée seule.
Permettez-raoi maintenant de vous lairè connaître les ré¬
sultats de mon expérimentation :
J’ai soumis à la médication par le gonosan 10 malades at¬
teints de blennorragie pour la première fois.
Le pus urétral de chacun d’eux renfermait du gonocoque,
inclus dans les leucocytes polynucléaires, à l’exclusion d’au¬
tres microbes dans presque tous les cas. Aucun de mes pa¬
tients, sauf un seul, n’a été soumis préalablement au régime
émollient. D’emblée, j’ai prescrit le gonosan, à la dose de six
capsules pendant les deux premiers jours, puis de neuf, les
jours suivants, jusqu'à la sortie de l’hôpital. Le médicament
était administré en trois fois, par parties égales, au début des
trois repas.
De l’ensemble des observations, il ressort d'abord un pre¬
mier fait, qui paraît hors de contestation et qui. au point de
vue pratique, a une importance considérable ; c’est la pro¬
priété anesthésique du gonosan.
Huit fois sur dix, c'est-à-dire 80 p. 100 de nos cas, le nou¬
veau remède a éteint promptement les douleurs pénibles de
la miction et des érections.
Combien de temps faut-il pour que l’effet sédatif se pro¬
duise ? Six jours en moyenne d'après nos observations et,
dans cinq d’entre elles, trois à quatre joors ont suffi pour
produire l’efiet sédatif.
Pareil résultat est très appréciable, quand on veut bien se
rappeler que, dans la blennorragie aiguë, cen’estguère qu’au
bout de douze à quinze jours, que la miction devient suppor¬
table et que les érections dangereuses ne tourmentent plus les
patienis.
Le deuxième avantage du gonosan consiste dans son pou-
458
LE PROGRÈS MEDICAL
voir anticatarrhal. Ce médicament diminue aussi prompte¬
ment l’abondance du flux blennorragique que les autres bal¬
samiques habituellement employées. Au hout de quelques
jours, dans la plupart des cas, l’écoulement est réduit au
point de tacher à peine le linge.
Troisième qualité du remède ; c’est qu’il est admirablement
supporté par presque tous les malades.
En administrant le médicament immédiatement avant le
repas, chaque capsule avec un peu d’eau, jen'ai constaté, sauf
dans un cas, ni dégoût, ni i)esanteurs d’estomac, ni pyrosis,
ni coliques, ni douleurs de rein. J’insiste sur ce dernier point,
qui ne constitue pas pn des moindres avantages du gonosan.
J’ajoute enfin, qu’après l’usage du gonosan, jen’ai jamais ob¬
servé le moindre érythème. La plupart des auteurs préten-
dentque le gonosan prévient les complications de la blen¬
norragie, telles que orchi-épididymites et cystites. A cet
égard, je ne me permettrai de tirer aucune conclusion, mon
expérience n’étant pas suffisante. Ce que je puis dire, c'est
que, sur les dix malades, dont j'ai rapporté les observations,
i un d’entre eux a été atteint d’épididymite seize jours après
le début de sa blennorragie et au bout de cinq jours de l'em¬
ploi du gonosan. Ce maladeest du reste un des deux qui n’ont
pas bénéficié des vertus anesthésiantes du remède.
Dernière question à envisager ; le gonosan peut-il à lui
seul guérir complètement la blennorragie '? Il y a des auteurs
qui prétendent que les remèdes internes ne parviennent ja¬
mais, sans le secours des injections ou des lavages, à tarir un
écoulement.
Tel n’est pas mon 'avis, si je m’en rapporte à mes observa¬
tions, dix fois sur dix, le gonosan semble avoir produit une
guérison définitive.
Est-on en droit de considérer ces cures comme définitives ?
A cette question, je ne suis pas en mesuré' de répondre. Je
considère néanmoins la chose possible, si les intéressés ont
observé strictement et durant les délais requis, c’est-à-dire
trois semaines à un mois après la disparition totale de l’écou¬
lement, l’hygiène et le régime appropriés.
Cette question réservée, le gonosan n’en constitue pas
moins un des remèdes les plus précieux que nous possédions
contre la blennorragie, en raison dé ses propriétés anticatar¬
rhales et surtout anesthésiques, qui permettent de l’adminis¬
trer dès le début de l’écoulement, contrairement aux autres
balsamiques, et d’en abréger vraisemblablement la durée,
puisqu'il supprime le traitement émollient d’ordinaire pres¬
crit pour calmer les douleurs des mictions et des érections
et favoriser le flux urétral dont l’abondance est en raison di¬
recte de l’effet actif.
Le gonosan fait-il disparaître plus vite les gonocoques que
les autres antiblennorrhagiques ? Mon expérience personnelle
est encore insuffisante à cetégard.
Différents auteurs le croient, mais il serait risqué de con¬
clure à l’extinction du gonocoque. Sans doute, celui-ci dis¬
paraît en apparence. Mais il peut se dissimuler au fond des
glandes urétrales ; on sait en effet la facilité avec laquelle il
repullule sous l'influence de la moindre excitation.
Ucs conclusions personnelles me permettent d’affirmer ;
l'> Les propriétés anesthésiques remarquables du gonosan
contre les douleurs des mictions et des érections ;
2° Son pouvoir anticatarrbal ;
3“ Son innocuité envers l’estomac, l’intestin, les reins et la
peau.
LA VALËROBROIVIINE LEGRAND
est plus active que les bromures et les valé-
rianates.
Demande DE renseignements. — On désirerait avoir des ob-
sei^ations d accouchements dans des positions autres que le dé-
cubitus dorsal. — Prière d’y joindre quelques mots de comparai-
son sur les avantages et inconvénients remarqués: L’auteur se
fera un devoir d’envoyer un exemplaire de son travail à tous • eeux
qui lui auront fait parvenir quelques renseignements. Adresser
|®®^rj^"®e'Snements à M. Giron, 12.^ me N.-Dame-des-Chafnps,
BlBLIOGRyVPHIE
Anémie des mineurs, éliolof/ie, séméiologie, prophyla^, of.
ganisation médicale ; par le D'' E, François. dn-8°. Pan»
Maloine, éditeur.)
C'est en qualité de délégué à l'enquête sur l’ankylostomiase
que le D'' François a fait ses recherches sur ce qu'il appelle
Vanémie des mineurs, et qu’il aurait mieux fait de dénommer
Vanémie chez- les mineurs.
N'est-ce pas François Bacon qui a dit : ex errorc citius emer-
git veritas quani ex coupusione ? Dans l’histoire de ce que l’on
a désigné dunom d'anémie des mineurs, il est d'autantplus
difficile de faire émerger la vérité qu’aux erreurs de diagnos¬
tic viennent se joindre une multitude d’autres causes d’er¬
reurs, des confusions étiologiques, des hypothèses et même des
conceptions fantaisistes qui embrouillent à qui mieux mieux
une question déjà fort complexe par elle même. Aussi ren-
dra-t-il un grand service à la science, à la médecine pratique,
à l’hygiène professionnelle en même temps qu’à la bonne logi¬
que scientifique, celui qui, s’armant résolument du flambeau
de la libre recherche, animé de l'esprit d’examen, tentera
d’élucider et d’éclairer au grand jour cette question. 11 lui
faudra faire une large autant que sincère étude clinique et
critiquedes observations directe=, négligeant fictions et hypo¬
thèses, ne tenant compte que pour ce qu’ils valent défaits ex¬
ceptionnels ou accidentels en se gardant de toute généralisa¬
tion. Ne devra-t-il pas aussi établir un contrôle sévère des
cas présentés et choisis pourétayer tantôt une théorie précon¬
çue, tantôt des conceptions a priori, si brillantes soient-
elles ? ,
Parfois même il ne suffira pas à ce courageux éclaireur, à
ce redresseur de torts, à ce persécuteur d’idées fausses ou
aventurées, de s’armer du flambeau scientifique, ü se verra
probablement obligé d’avoir recours de temps en temps à
une arme beaucoup moins noble destinée à balayer les erreurs,
les assertions contestables, les affirmations indémontrables,
et même certaines absurdités qui embarrassent le champ de
l’hygiène et de la pathologie d’une profession qui sembled’au-
tant moins connue et contrôlable qu’elle ne s’exerce pas an
grand jour.
M. François a eu le mérite, dans son mémoire, de res¬
treindre la portée de ses recherches, en sachant en limrto
les résultats au bassin houiller du Nord et du Pas-de-Ca¬
lais et en les- restreignant aux dates de juin 1902 à sep¬
tembre 1905, en quatorze mois qu’a duré son enquête.
de côté toute question de personnalité offusquée par roubu
presque complet de mes nombreuses et longues études sur
lesquestions d’hygiène houillère, dont les résultats ont ère
souvent attribués à d’autres etparfois même faussées, je n hé¬
sité pas à féliciter le D'' E. François de la sagesse, de la cir¬
conspection, de l'esprit scientifique en unjmbt, qu’il a
porter dans ses recherches. Et il est fort excusable de
incomplet. N'examinant que ce qu’on lui a demandé dex
miner, n’ayant guère pu voir que ce qu’on lui a montre, o
seulement ce qu’on lui a laissé voir, le D"- François a P
ignorer qu’il est, d’en d'autres régions, des chercheurs o
tinés qui ont travaillé à établir la vérité.
Avec un grand accent de sincérité, le D" François
à démontrer — résultat évidemment non cherché — 9 ’
dans le milieu des mineurs, les ankylostomes ne se
trent pas plus fréquemment que d’autres helminthes à
tation moins mauvaise, les ascarides, les trichocéphales,
compter les bunias, les oxyures, les anguillules, etc. ^ .
Si on parcourt les 15 observations, originales qui
ce travail, on constate que le D-’ François areproduitoo
valions de sujets porteurs d’ankylostomes dont 4
travaillé en Belgique et dont 3 semblaient avoir apport®
ver de Mous. 5 autres cas se rapportent à des porteurs
carides et les 5 autres à des porteurs de trichocéphalesi
des sujets ankylostomiés avait aussi des trichocéphale^.^jj
Quant à la symptomatologie comparée de fankylostom
de la lombricose et de Thelmintiase trichocéphaliq»^.’ J ^jé
obligé de constater qu’elle paraît laisser une grande d»
dans le diagnostic, tant est grande la similitude des tro
LE PROGRES MEDICAL
450
oalhologiques signalés. Quoiqu’il en soit, le D'’ G. François a
une œuvre sincère, honnête et aussi des plus utiles.
D’’ Paul Fabre {de Commentry).
BIOGRAPHIE
fVI. le F WIDAL
Membre de l’Académie de Médecine.
FilsduD'' V. Widal, médecin inspecteur de l’année,
îjn dmgea longtemps le service sanitaire de nos troupes
algériennes, le D' Fernand Widal est né à Dellys.en Al-
le 9 mars 1862. Il vient donc d être élu membre de
1 Académie de médecine à l’âge de 44 ans et se trouve de
le plus jeune Académicien.
Toute la carrière du D’’ F. Widal n’est, du reste, qu’une
ininterrompue vers le succès, dont l’élection à
Académie n’est que la plus récente étape. Reçu le pre¬
mier à l’externat, Widal est interne en 1885, il obtient
a médaille d’or en 1889 et est reçu la même année doc-
enr avec une tbèse intitulée : Etude sur l'infection puer-
: la phlegmatia alba dolens et l'érysipèle. Dans cet
travail, l’auteur démontrait par la clinique et
^atomie pathologique que le streptocoque pyogène
levait à lui seul déterminer les différentes formes de
puerpérale : forme avec supjiuration, forme
Paterique ou pseudo-membraneuse, forme septicémi-
^ suppuration ni fausse membrane. Il constatait
qae la phlegmatia alba dolens puerpérale était
*^é n infectieuse, que le streptocoque char-
sang se fixait sur les parois veineuses, déter-
^thr endophlébite, point d origine du caillot et de
pli|^t?®"ose, qu’entre la phlegmatia la plus légère et la
J*® ®appurée la plus grave, il n'y avait qu'une dif-
f degrés, que le caillot de la thrombose pouvait
en pus. M. Widal établissait en outre l’i-
^ i®fect' streptocoque de l’érysipèle et celui de
puerpérale, et prouvait que la fièvre dite de
uit autre qu’une légère infection puerpérale. La
4es ^ du microbe était, selon M. Widal, l'explication
Sduej. formes de l'infection qu’il pouvait déter-
Rées qui, sur bien des jmints, bouleversait les
uuses jusqu’alors, obtint le prix Rréant, de l’Ins¬
titut, et le prix Jeunesse à la Faculté de Médecine. Dès
cette époque, M. Widal avait montré chez lui le souci
impérieux de faire bénéficier largement la clinique des
travaux de laboratoire ; cette préoccupation dev'ait do¬
miner la plupart de ses études et de ses recherches. Il sut
utiliser et synthétiser dans ce but l’enseignement de ses
maîtres, les professeurs Gornil, Brouardel, Bouchard,
Dieulafoy et Guyon, et les conseils de ceux qui furent
pour lui des initiateurs : MM. Roux, Chantemesse, Drey-
fus-Brissac, Varnier, etc. A peine revenu d’un voyage
d’études en Allemagne, il était reçu médecin des hôpitaux
en 1893. Deux ans plus tard en 1895, ilpassait avec succès
le concours de l’agrégation en médecine. Préparateur au
laboratoire d’anatomie pathologique de la Faculté, audi¬
teur au Comité consultatif d hygiène de PAance, lauréat
de rintitust (prix Bréant et prix Montyon , de la Faculté
(prix Lacaze et prix Jeunesse), de l’Académie de Médecine
(prix Barbier et prix Oulmont), il obtint la médaille d’or
des épidémies en 1892, fut successivement membre de la
Société anatomique, de la Société de biologie et de la
Société médicale des hôpitaux. Il fut promu en 1899
chevalier de la Légion d’honneur. Nommé médecin de la
Maison Municipale de santé en 1<S98, il devint en 1901 et
resta médecin de l’hôpital Cochin.
Doué de toutes les qualités qui font un brillant profes¬
seur, M. Widal se consacra dès son internat à l’ensei¬
gnement. De 1886 à 1889, il yemplit les fonctions de
moniteur aux travaux pratiques d’anatomie pathologi¬
que de la Faculté ; de 1889 à 1895, il fit au laboratoire de
M. le P^ Cornil,dont il était le pré];)arateur,un cours pra¬
tique de bactériologie qui obtint un légitime succès.
Il fut chargé, comme agrégé, des conférences de patho¬
logie interne et, depuis 1903, fit régulièrement des confé¬
rences cliniques à l’hôpital Cochin.
Nous avons pu apprécier nous -même les débuts dans
l’enseignement clinique de M. Widal, alors qu’externe
de M. le P'' Gornil, à i'Hôtel-Dieu-annexe, en 1890, nous
ei'imes l’avantage de bénéficier des leçons du lauréat de
l’internat, qui avait choisi ce service pour y faire l'année
supplémentaire que lui conférait la médaille d’or. Nous
nous rappelons les nombreux auditeurs que ses leçons
cliniques retenaient au lit des malades. La méthode de
ses examens, la clarté de ses expositions et de la discus¬
sion du diagnostic, l érudition des recherches étiologi¬
ques ou des explications pathogéniques des symptômes,
faisaient prévoir la brillante carrière à laquelle le jeune
maître était destiné et la place importante qu’il devait
fatalement occOper parmi les savants de notre époque.
Mais ce sont moins ces qualités, cependant précieuses
dans l’enseignement, qui font le grand mérite de M.’^ndal
que ses nombreux travaux de laboratoire.
Les Tr-AVaux de M le D' F. Widal.
Nous avons déjà dit que la grande préoccupation de
M. Widal avait été de faire bénéficier la clinique des
recherches de laboratoire ; l'exposé succinct de ses tra¬
vaux en fournira la preuve. Comme les hasards de la
clinique et l imprévu des recherches anatomo-ijatholo-
giques ont fait aborder à M. Widal de très nombreux
sujets d’études, il nous est impossible d’en faire l’analyse
dans leur ordre chronologique.
Nous nous contenterons donc de grouper ses princi¬
pales recherches et d’en montrer l'utilité pratique.
Le séro-diagnostic. — Dès le 20 juin 1896, M. Widal
proposa à la Société médicale des hôpitaux une méthode
permettant de faire le diagnostic de la fièvre typhoïde .
Cette méthode consiste à ajouter une ou quelques gouttes
de sérum ou même de sang du malade que l’on suppose
atteint de fièvre typhoïde â une culture en bouillon de
bacille d’Ebertli. Après quelques heures, si le malade est
réellement un typhique, la culture perd son trouble uni¬
forme, devient granuleuse et finit par seclaiûfier complè¬
tement ; les microbes se sont amassés au fond du tube
pour y former un précipité de petits grumeaux blanchâ-
460
LE PROGRÈS MEDICAL
très que l’on n’arrive pas à dissoudre complètement en
agitant le tube de bouillon. Cette agglutination s’obtient
le plus souvent dès le cinquième jour de la maladie.
M. Widal a étudié cliniquement cette séro-réaction et
poussé fort loin, en collaboration avec M. Sicard, d inté¬
ressantes recherches sur le phénomène de 1 agglutina¬
tion .
S inspirant des travaux de Charrin et Roger (188!) !, de
Metchnikoff 1891) etBordet ; 1895), de Gruber,qui faisaient
de l’agglutination une sorte de réaction de l'immunité,
M. Widal poursuivit une idée qu'il avait émise avec
Chantemesse dès lb!)2, à savoir, qu'au cours de la fièvre
typhoïde, le sérum du sang des malades possédait des
propriétés spécifiques résultant de l'action de l’agent
infectieux. Ce fut en recherchant ces propriétés quil fit
la découverte de la séro-réaction qui, facilement applica¬
ble à la clinique, est à l’heure actuelle universellement
adoptée et donne de si précieux renseignements dans les
nombreux cas où le diagnostic de la iièvi'e typhoïde reste
douteux .
Le cytodiagnostic. — Si le séro-diagnostic est une
des plus heureuses applications que M. Widal a faites
des recherches de laboratoire à la clinique, le cytodia-
gnostic rend aussi, en précisant la cause de nombreu¬
ses maladies, d’inappréciables services Les épanchements
séreux ou séro fibrineux, limpides en apparence, contien¬
nent toujours quelques éléments figurés ; globules blancs
globules rouges, cellules endothéliales, etc. Ces éléments
ne sont pas toujours les mêmes et dans les mêmes pro¬
portions. Ils varient selon le degré et la cause de l'irri¬
tation des séreuses et dans nombre de cas leur nature est
prévue par les lois de la phagocytose de Metchnikoff.
Au moyen de la centrifugation , il est facile de recueillir
en quantité suffisante les éléments figurés d un épanche¬
ment pour en faire l’examen. rendu si facile par les pro¬
cédés de différenciation de Ilayem et de Ehrlich.Avec le
concours de MM. Sicard et Ravaut, M. Widal a entre •
pris l’étude des éléments figurés des épanchements, ou
pour employer l’expression adoptée, leur cytologie.
Les premiers résultats furent communiqués à la Socié¬
té de Biologie le 30 juin 1900 par MM. Widal et Ravaut
qui avaient commencé par l’étude des épanchements
pleurétiques: Cytodiagnostic des pleurésies séro- fibri¬
neuses. Jusqu’aloi’s on s’était borné à rechercher dans
les épanchements pleurétiques les cellules néoplasiques
quand on soupçonnait une pleurésie cancéreuse : Dieu-
lafoy avait fait jouer un rôle important à la numération
des hématies dans le liquide et considérait comme pleu¬
résies hémorrhagiques celles dont le liquide renfermait
plus de 400!) globules rouges. iMM. Widal et Ravaut dé¬
montrèrent que la formule cellulaire de 1 épanchement
d’une pleurésie séro -fibrineuse varié selon sa nature et
étab'irent ainsi un véritable cytodiagnostic.
L’ancienne pleurésie banale idiopathique, dite ay/-/'g'o/ e,
que M. Landouzy appelle avec plus de justesse p/ez/ro-
tuberculose primitive, est par exemple caractérisée à sa
période d’état par la présence presque exclusive dans
son épanchement de lymphocytes mêlés à un nombre
plus ou moins considérable de globules rouges.
Dans les pleurésies aseptiques sans néomembranes des
brightiques et des cardiaques, 1 examen cytologique per¬
met de constater des placards endothéliaux formés de
plusieurs cellules, qui, lorsque l’épanchement vieillit,
persistent encadrés alors de lymphocytes et de polynu¬
cléaire.?.
La présence de ces placards permet d’affirmer malgré
les autres éléments, que la pleurésie n est pas d’origine
tuberculeuse. L’apparition des polynucléaires indique
un état congestif de la plèvre dû a l’inflammation du
poumon ou sous-jacent.
Les pleurésies septiques, dont celles à pneumocoques
sont le type, sont caractérisées avant tout par la pré¬
sence de polynucléaires neutrophiles en abondance. Les
cellules endothéliales s’alt<*l'ent rapidement ; certaines
jouent le rôle de macrophages et absorbent des polymi,
cléaires et des hématies. Les polynucléaires exercent en
outre, une phagocytose active contre les agents micro¬
biens.
Dans les pleurésies cancéreuses, l’examen cytologique
permet le plus souvent de rencontrer de grandes celiàes
lus grandes que les cellules endothéliales et très nom-
reuses, qui paraissent être des cellules cancéreuses
tombées dans le liquide pleural.
Cytodiagnostic des autres épanchements. — Dans les
ii5c/2e^,les résultats sont restés indécis, bien qu’avec MM.
Froin et Digne, M. Widal ait constaté, dans certaines
pleurésies tuberculeuses, une formule cytologique diffé-
rente de la formule endothéliale ordinaire chez les cir-
rhotiques.
Dans les arthrites rhumatismales blennorrhagiques ai¬
guës. on constatepresque uniquement des polynucléaires.
Dans les hydrocèles et les vaginalites ,\e. cytodiagnostic
est intéressant. S’agit-il de vaginalitc tuberculeuse, on
ne constate que des lymphocites, à la condition quil
n’y ait pas d’abcèsouvert dans la séreuse. Dans les vagi-
nalites qui accompagnent des orchites infectieuses, onne
trouve que des polynucléaires. Dans les kystes du cordon,
les spermatozoïdes sont les seuls éléments figurés.
Dans les hydrocèles vulgaires, on trouve des placards
endothéliaux, mêlés de globules rouges et de lymphocy
tes peu nombreux.
Cytodiagnostic du liquide céphalo-rachidien. — Ce
cytodiagnostic donne les résultats les plus importants.
MM. Widal, Sicard et Ravaut ont essayé d’en fixer les
règles. A l’état normal, le liquide céphalo-rachidien ne
contient pas d’éléments cellulaires ou seulement quel¬
ques très rares lymphocytes.
La moindre inflammation ou la simple irritation des
méninges font apparaître les lymphocytes ou polynu¬
cléaires en grand nombre.
Dans la méningite tuberculeuse, le nombre de lympho¬
cytes dépasse toujours de beaucoup celui des polynu¬
cléaires
Dans les méningites cérébro-spinales, ce sont les po¬
lynucléaires qui forment la formule cytologique. Cette
polynucléose persiste si la méningite n’évolue pas «rs
la guérison ; si au contraire l’état s’améliore, les lympho¬
cytes apparaissent et deviennent de plus en plus nom-
breux. .
Dans les alfections du système nerveux MM. Midai,
R. Monod, Sicard, Babinski, Nageotte, Lemierre, etc. ont
fait des recherches à ce sujet. La lymphocytose caracté¬
risé le tabès et la paralysie générale. Onia retrouve dans
les affections syphilitiques des centres nerveux qui ue*
' terminent l’irritation des méninges. Elle n’existe pas dans
I l’hémiplégie banale par hémorrhagie ou ramollissemen
Eu ua mot la présence de lymphocytes est toujours synr
tomatique de l’irritation des méninges.
Par ce court aperçu, on peut déjà se rendre compte^
toute l importance qu’a prise eu clinique, tant au poi
de vue du diagnostic que de la pathogénie et même
pronostic et du traitement, la méthode cytologique te |
que l’a conçue et développée M. Widal.
La cure de déchloruration.
Un troisième ordre de travaux qui mérite d’être p|®^
en tète des plus importantes innovations dues à M-
dal est ses études sur la chlorémie et la pathogénie
œdèmes qui l’ont amené aune conséquence thérape“^_
que du plus grand intérêt pratique : la cure de déchw
ration.
Depuis 1903, M Widal a poursuivi ces rechei’cne^^g
collaboration avec MM. Lemierre, Javal, Froin etD'oj,;.
Winter le premier, puis Cohnstein, Langlois, LU'
chet, Ilallion, Carrion, Reichel, Chauffard, s’étaie» -j.
cupés du rôle des chlorures dans l’économie et de
üuencesur les œdèmes. Achard avec Lœper et
firent d’importantes recherches sur la rétention des
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LE PROGRÈS MÉDICAL
461
_e5 et émirent l'hypothèse que l’accumulation du chlo-
e de sodium et de différentes substances dissoutes en
"^jces dans le sang jouait un rôle important dans la
^lljogénie de l’œdème brightique. Claude et Mauté, se
Ljantsur l'élimination des éléments chlorés etachlorés
après l’épreuve de la chloruration alimentaire, tiraient
des indications sur la gravité du pronostic des néphri-
(es et la nécessité du régime lacté. Richet et Toulouse
établirent l’influence du régime hypochloruré sur l'ac¬
tion thérapeutique du bromure .
AVidal et Lemierre démontrèrent par des expériences
méthodiques que, chez certains brightiques, la seule in-
restion de chlorure de sodium pouvait faire réapparaî¬
tre les œdèmes. M. Strauss constatait, à la suite, que le
régime lacté agissait par la faible quantité de chlorures
quil introduit dans l’organisme. Puis AVidal établit que
les viandes, les albuminoïdes et les substances les plus
variées donnaient le même résultat que le régime lacté à
la condition que le chlorure de sodium fut banni de
leur composition.
Avec M. Javal, M. Widal étudia en outre l’action dé-
chlorürante de divers diurétiques, monlra les rapports
de la chloruration et de l’albuminurie. Enfin il aborda
avec MM. Froin et Digne l’étude de la déchloruration
chez les cardiaques.
■Aucun médecin ne discutera l’importance pratique de
la découverte de cette cure de déchloruration, qui permet
à un albuminurique infiltré d'tcdèmes de s’améliorer da¬
vantage par un régime carné et amylacé privé de sel
que par le régime lacté considéré jusqu’à cette époque
comme le seul salutaire. Cette cure de déchloruration
est une méthode générale de diététique dont la portée a
rapidement dépassé les premières indications. Elle est
devenue, pour une série d’états morbides, une des bases
de l’hygiène alimentaire.
Si le sérodiagnostic, le cytodiagnostic et la cure de
déchloruration sont, parmi les travaux du F. AVidal,
ceux qui ont fourni à la clinique les concours les plus
appréciés, si ce sont eux qui donnent l’idée la plus exacte
de la tournure d’esprit de ce laborieux qui s’efforce de
doter la médecine de nouvelles méthodes découvertes au
aboratoire et y réussit, il serait injuste de clore là la
liste de ses recherches. Aucun médecin instruit n ignore
ses études sur la fièvre typhoïde, le bacille d’Eberth et
sur le bacille de la dysenterie faites pour la plupart en
eollaboration avec le P" Chantemesse. On ne saurait
passer sous silence ses recherches sur les maladies à co-
m^cilles et à paracolibacilles dites paratyphoïdes.
-'ous nerappellerons que pour mémoire les travaux sur
Maladies à streptocoques, l’infection puerpérale, la
L l'érysipèle, etc. dont nous avons parlé plus
ai a propos de sa thèse de doctorat. Il nous faudrait
..^aacore les mémoires sur l’aspergillose (av.Dieulatoy
jij^*^antemesse. Cong. de Berlin, ISjO) ; de nombreuses
m^anications sur les maladies des plèvres et des pou-
dg| aucœur,des vaisseaux et du sang, du rein, du foie,
jj ^fate, du tube digestif, à la Société médicale des hôpi-
(w.’.a^aSociété de Biologie, au-Congrès français deNancy
Con • Congrès international de médecine de 1900, au
britannique de la tuberculose (Londres 1901) .
dij. aan chapitre de la clinique médicale ne le laissa in-
auj il abox'da les maladies du système nerveux, les
lesig il® la nutrition, fit des recherches expérimenta-
diverses, notamment sur la médication caco-
Ces d toxicité des humeurs, etc., etc.
en gglj ^^ières de ses recherches expérimentales, faites
*aneed’ ont trait à l’insuffi-
■ ^^Uri ^®l^^*®nsibilisatrice dans le sang des hémoglo-
■ thdrj l’ont conduit à la découverte d’une sérœ
•t)xvsti de l’attaque d’hémoglobinurie pa-
résumé de l’œuvi-e
WidaU
scientifique considéra-
Nous en avons distrait les nombreux rapports au
Comité consultatif d’hygiène de France, les articles cri¬
tiques, dont cependant certains sur les Réformes dans
l'enseignement clinique en France et la propédeutique
en Allemagne, bien que parus en 1891, auraient à l'heure
présente un véritable intérêt d’actualité ; nous n’avons
pas cru devoir signaler sa collaboration active au Traité
de médecine de Charcot, Bouchard et Brissaud, à celui
de Brouardel et Gilbert, au Traité de Pathologie géné¬
rale de Bouchard. Avec un pareil bagage scientifique, il
était difficile à l’Académie de médecine de ne pas ouvrir
ses portes toutes larges au D" AVidal et il nous est permis
de regretter que la mauvaise organisation actuelle ne
donné pas dans l’enseignement de la médecine la place
importante qu’ils devraient occuper à des laborieux
comme le D" AVidal, pendant qu’ils sont en possession de
toute leur intelligence et de tout leur talent.
J. Noir.
MEDEGINEPRATIQUE
Iodisme et bromisme.
L’usage interne des bromures et iodures peut déterminer
des accidents ordinairement bénins mais dont le caractère
peut devenir sérieux.
Ces accidents sont désignés sous le nom d’iodisme ou de
bromisme. Ils présentent entre eux de nombreux points de
de similitude qui permet de n’en faire qu’une seule descrip¬
tion.
Les troubles digestifs s’observent quelquefois dès le début,
d’autres fois au bout d’un temps plus ou moins (long ; la di¬
gestion devient difficile, l’haleine fétide, la langue sale, arriè¬
re-goût métallique, anorexie, soif vive, renvois, nausées, cons¬
tipation. etc., quelquefois diarrhées sanguinolentes, puis
amaigrissement.
Les éruptions cutanéen pmsent apparaître d’emblée, voire
même après l’ingestion d’une dose très faible du médicament.
Laforme commune est l’acné qui siège surtout à la face et à la
partie supérieure du tronc.
En dehors decetteforme, on voit, soit des éruptions érythé¬
mateuses comme la roséole, l’urticaire, l’érythème nodulaire,
soit des éruptions à types bulbeux, furonculo-anthracoidcs ou
pus tu lo-crustacés .Ces dernières présentent une singulière ten¬
dance à devenir ulcéreuses ou végétantes et simulent, parfois
à s’y méprendre, certaines syphilidesou de véritables néopla¬
sies.
Les accidents spéciauxaux iodures sont représentés le plus
souvent par des manifestations catarrhale habituellement ré¬
duites à un coryza séreux, mais qu’on peut voir siéger sur
toutes les muqueuses, et, plus rarement, par des symptômes
congestifs viscéraux variables comme siège et intensité, et des
œdèmes dont les plus graves, exceptionnels heureusement,
sont cèuxde la glotte et du poumon.
Les moyens d’éviter ces accidents, en conservant le bénéfice
entier du traitement sont : 1“ les lavements d’abord, mais
ce moyen, peu pratique, lasse et fatigue vite le malade ; 2» le
second moyen consiste à administrer l iodure sous la forme
deGluto-Bulles Jougla qui assurent le passage intact à travers
l’estomac pour être rendu soluble seulement dans l’intestin
grâce à une insolubilité complète dans le suc gastrique.
Voyons ce qu’est cet enrobage et en quoi il consiste : 1°
un noyau central d’iodure de potassium chimiquement pur ;
2“ une couche légèrement résineuse, puis une couche de ké¬
ratine. [La kératine est un corps extrait des cellules superficiel¬
les de l'épiderme, dés ongles, des sabots du cheval, etc.)
Elle se présente sous-la forme d’une poudre jaune brun,
sans odeur, sans saveur; elle est insoluble dans l’eau, les aci¬
des étendus, les solutions de pepsine. Elle résiste donc à l'ac¬
tion des sucsgastrigues. Par contre, elle est attaquable par les
solutions alcalines, elle subira donc l’influence des sucs intesti¬
naux. 3” Enbn une couche de gluten insoluble dans le suc
gastrique et soluble seulement dans l’intestin. On comprend
immédiatement toutl’avantage qu’il peut y avoir à formuler
462
LE PROGRÈS MÉDICAL
le traitement ioduré sous la forme de Gluto-Bulles Jongla.
1° Conservation parfaite ;
2° Dosage rigoureux ;
3“ Pas d'accidents d’iodisme.
Les Gluto-Bulles Jongla contiennent 0 gr. 25 d’iodure de
potassium chimiquement pur.
VARIA
Le nouveau Conseil Supérieur de l’Assistance
publique.
Le Journal officiel publie un décret modifiant ainsi qu’il
suit l’article premier du décret du 15 janvier 1894, modifié
par les décrets du 9 mars 1898, du 28 mai 1902 et du 12 dé¬
cembre 1904:
Le conseil supérieur de l’Assistance publique est composé
de membres de droit et de cinquante-sept membres nommés
par décret.
Sont membres de droit du conseil : 1“ Le vice-président du
Conseil d’Etat ; 2» Le directeur de l’assistance et de l’hygiène
publiques ; 3“ Le directeur de l’administration départemen¬
tale et communale ; 4“ Le directeur des affaires civiles au
ministère de la justice ; 5“ Le directeur de l’administration
pénitentiaire : G'> Le directeur général de l’enregistrement. des
domaines et du timbre ; T° Le directeur de l'assurance et de
la prévoyance sociales au ministère du commerce ; 8» Le di¬
recteur de la mutualité au ministère de l’intérieur ; 9» Le pré¬
sident du comité national des congrès d’assistance publique
et de bienfaisance privée ; 10“ Le président du conseil supé-
r eur d’hygiène publique de France : 11“ Le secrétaire perpé¬
tuel de l’Académie de médecine ; 12“ Le directeur de l’admi¬
nistration générale de l’Assistance publique de Paris ; 13’
quatre inspecteurs généraux des services administratifs au
ministère de l’intérieur, désignés par le ministre.
Les membres nommés par décret comprennent dix séna¬
teurs, douze députés et trente-cinq personnes désignées, soit
parles fonctions administratives ou électives qu’elles remplis¬
sent, soit par leur compétence spéciale.
Les dix sénateurs sont: MM. Bérenger, Bienvenu Martin,
Borne, Bourgeois, Gourjon, Labiche, Labrousse, Pédebidou,
Rey, Strauss.
Les douze députés : .MM. Aynard, Barthou,Buisson,Cail-
laux, Camuset, Chéion, Gruppi, Dron, Dubief, Muteau, Steeg
Thierry.
Les trente-cinq personnes compétentes : M. Emile Loubet;
Mme Bogelot, ancienne directrice de 1 Œuvre des libérées de
Saint-Lazare ; Mme Pérouse, présidente du conseil d'adminis¬
tration de l’ünion des femmes de France ; MM. Alapelite, pré¬
fet du Rhône ; Armaingaud, professeur du cours municipal
à Bordeaux ; Bompard, conseiller de préfecture, secrétaire
général de l’Alliance d hygiène sociale ; Boucard, maître des
requêtes honoraire au Conseil d’Etat ; Bourneville, médecin
des hôpitaux ; Briand, médecin en chef de l’asile de Villejuif ;
Brueyre, ancien chef de division de la préfecture de la Seine ;
Gaubet, administrateur des hospices de Toulouse ; Chevalle-
reau, médecin de la clinique nationale des Quinze-Vingts ;
Gheysson, inspecteur général des ponts et chaussées ; Cros-
Mayrevieille, vice-président de la commission administrative
des hospices à Narbonne ; Lucien Descaves ; Ferdinand Drey¬
fus, ancien député; llébrard de Villeneuve, conseiller d’Etat ;
docteur Henrot, ancien maire de Reims ; docteur Lande, an¬
cien maire de Bordeaux ; docteur Cardier, ancien maire de
Rambervillers ; Lefèvre, conseiller municipal de Paris ; doc¬
teur Legrain, médecin en chef de l’asile de Ville-Evrard ; doc¬
teur Magnan, médecin en chef de 1 asile Sainte-.\nne ; Marbeau
ancien conseiller d’Etat ; Marbin, inspecteur général de l’as¬
sainissement de Paris ; docteur Millon, secrétaire général ad¬
joint de l’Union des syndicats médicaux de France ; Monod,
ancien directeur del'assislance et de l'hygiène publiques ; de
Mouy, conseiller d'Etat ; docteur Olivier; Piccard, membre
del’.'Vcadémie de médecine ; Sabran, ancien président du con¬
seil général des hospices de Lyon ; docteurThulié, ancien pré¬
sident du conseil municipal de Paris ; André Ulrich, avocat ;
Van Gauvenberghe, maire de Saint-Pol-sur-Mer ; Voisin en
seiller à la Gour de cassation . ’
Un cas de Peste au Havre.
Plusieurs journaux ont annoncé que la peste buboniqn
avait fait son apparition au Havre. Voici à quoi se borne
sen.sationnelle nouvelle d’après le Temps :
Le 3 juillet, au Havre, un marin nommé Thieulent, travail¬
lant aux Chargeurs-Réunis, était subitement pris de violen¬
tes coliques et de nausées et devait abandonner son chantier
pour rentrer chez lui. Le soir, son état empirant, sa femme
manda le médecin de nuit, qui prescrivit divers médicaments
et conseilla l’intervention de son collègue de l’assistance pu¬
blique. La famille suivit de point en point ces recommanda¬
tions, et le lendemain matin, M. Louis Laurent, médecin des
hôpitaux, examinait attentivement le malade. Au cours d'une
seconde visite, quelques heures après, il constata le dévelop¬
pement d’une adénite dans l'aine du malade, dont l’état pré¬
sentait, dès lors, les symptômes caractéristiques de la peste
bubonique. Les docteurs Poittevin, directeur du laboratoiie
de bactériologie. Borel, chargé du service sanitaire, et Hoitier,
médecin des épidémies, appelés en consultation, confirmèrent
ce diagnostic. Enfin Thieulent expira. Aussitôt le bubon fut
opéré et soumis, au laboratoire de bactériologie, à des expé¬
riences qui fortifièrent l’hypothèse des médecins. Pour plus
de sûreté, on envoya à l’Institut Pasteur le germe suspect, cl
le professeur Roux le soumit à l'analyse.
Éntre temps, M. ôlaillart, maire du Havre, prenait, decon-
cert avec les médecins hygiénistes les mesu res d’antisepsie les
plus rigoureuses. Une enquête ayant révélé que Thieulent
était récemment revenu du Congo, où il était allé conduire le
Petit-Galon pour le compte des Chargeurs-Réuriis, son loge¬
ment fut évacué, désinfecté, lessivé au bichlorure de mer¬
cure. Tous les objets lui ayant appartenu ont été brûlés.
Certains journaux ont publié récemment une note affir¬
mant que l'on n’avait pas eu affaire à un cas de peste, mais
bien à un cas de septicémie aiguë. Quoi qu’il en soit, tout dan¬
ger paraît actuellement conjuré.
Exercices spéciaux du service de santé en 1906.
Comme les années précédentes, auront lieu en 1906, dans
le gouvernement militaire de Paris, des exercices spéciaux d«
service de santé. Ces manœuvres seront commandées par H
général Bolgert, commandant la 13' brigade d’infantenc-
Elles auront comme directeur technique le médecin pnn*j''
pal de b' classe Antony, médecin-chef de l’hôpital militai
d’instruction du Val-de-Gràce. Elles auront lieu du SOjuil e
au 3 août prochain. Une conférence préparatoire sera jai
aux Invalides le 30 juillet. La concentration se fera
let. Les journées des l''-, 2 et 3 août seront consacrées a^^
manœuvres qui se dérouleront dans la vallée de la -[j
l’Orge et de l’Vvette, de Juvisy à Longjumeau. Des de
complémentaires seront donnés ultérieurement.
LES CONGRÈS
XVU Congrès des médecins aiiénistes et neuro^o9‘®
de France et des pays de langue française.
(Lille, l" au 4 août 1906). .
Programme des Travaux et Excursions : Mercredi \
9 heures matin. — Séance solennelle d’ouverture ““ I
dans la Salle des Fêtes du Conservatoire, place du ièl» !
11 heures matin. — 'Visite du palais des heaux-arts, p>a -jj.
République. — 2 heures soir : Séance à la Faculté ^
cine, amphithéâtre d’histoire naturelle, place PbdjPP^'^jjtori»'
Premier rapport. — P.sychiatrie. — Etude cytologiqtm, ®
logique et expérimentale du sang chez les aliénés. "T .^^gcept’*’*
M. le D'' M. Dide, de Rennes. — 8 heures 1/2 soir
offerte à l’Hôtel de Ville par la municipalité. che®*'*
: Excursion à Bailleul. — Départ *^0^11601*
le Lille à 8 heures 20 matin. Arrivée^* jf
Jeudi 2 a
fer de la gare de L..w » - - - . . . . - , vhyu-
7 h. 20. — Visite de l’Hôtel de ville, du Musée
l’Asile public d’aliénées. — 1 heure après-midi : sot''*''"
dans le parc de l’Asile des aliénées par la Commission
lande. — 4 heures après-midi. ; Excursion en voiluf®
du Mont-des-Cats. — Retour en chemin de fer
Bailleul, à 6 h. 50 soir. Arrivée à Lille à 7 li. 1/2. pacol'* ^
Vendredi 3 août : 9 heures matin. — Séance à m
médecine, amphithéâtre d’histoire naturelle, place PhnipP*
r.B PROGHÈS MÉUICAL
463
Comnionications diverses. — 2 heures soir : Deuxième rapport :
V rolo^ie- — cerveau sénile. — • Rapporteur : M. le
h-Â Lerï, de Paris.
*^4medi4 août: 9 heures matin. — ^ Séance à la Faculté de
_^ine, place Philippe-Lebon. Communications diverses. —
«heures soir. Troisième rapport ; Médecine légale. La responsa-
ûné des hystériques. — Rapporteur : M. le D' R. Leroy, de
V Ile-Evrard. — 9 heures soir: Punch offert par M. leD'' Grasset,
^sident du Congrès.
■^pjnianche 5 août : Visite et banquet à 1 Exposition internatio-
-Je de Tourcoing. Départ de la gare de Lille à 9 heures matin.
Visite de la ville de Roubaix et du parc de Barbieux. —
îï h. 1/2 matin : Réception des congressistes par la municipalité à
f Hôtel de Ville . — 1 h. après-midi : Banquet par souscription
dans un des pavillons de l’Exposition. — 4 heures soir : Visite
de l’Exposition et de ses attractions.
Lundi 6 août : Excursion et séance du Congrès à Boulogne-
sur-Mer. — 7 h. 10 matin : Départ de Lille. — 9 h. 51 matin :
Arrivée à Boulogne. — 10 h. 1/2 : Réception et vin d’honneur,
offert par la municipalité, à l’Hôtel de Ville. — 11 heures :
Séance du Congrès dans une des salles de THôtel de Ville. —
î heure après-midi ; Déjeuner en corps. — 3 heures : Visite
de la ville jles monuments, le port, la plage). — 6 heures 19 soir;
Retour à Lille .
Mardi 7 août : Excursion à Saint- Pol-sur-Mer et à Zuydcoote.
— 7 h. 2 matin : Départ de Lille. — 8 h. 51 : Arrivée à Dun¬
kerque et départ en voiture pour le Sanatorium de Saint-Pol-sur-
jler. — 1 1 heures : Visite du port de Dunkerque, sous les aus¬
pices de la Chambre de commerce. — 1 heure après-midi ;
Déjeuner en corps au Casino de Malo-Terminus. — 2 heures :
Départ pour le Sanatorium de Zuydcoote. — 5 heures soir :
Retour à Dunkerque.
Dislocation du Congrès. — A l’occasion du Congrès, il est orga¬
nisé une excursion à Londres. Départ de Lille, le 8 août, à
Il h. 31 matin pour arriver à Londres à 5 h. 12 soir. — Séjour
i Londres le 9 et le 10 août. — Départ de Londres le 11 août à
Il heures matin pour rentrer à Lille à 4 heures 34 du soir. Prix du
voyage. 210 francs par personne, tous frais compris (chemin de
de fer, bateau, voitures, nourriture, hôtel, guides, etc.).
N.-B. — L’excursion à Londres ne pourra s’effectuer que si elle
comprend au moins vingt voyageurs. Les adhésions devront par¬
venir au secrétaire général pour le 22 juillet au plus tard. — Pour
ions renseignements concernant le Congrès, prière de s’adresser à
M. le D' G. Chocreaux, médecin en chef, asile d’aliénés de
Bailleul (Nord).
FORMULES
Ll. — Contre le psoriasis.
Eurobine . 2 grammes.
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Huile de ruscus . . 35 grammes.
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Ether sulfurique . ^
Essence de rue . gouttes.
_ (Bernheim).
d’étudiants. — Un Congrès d’étudiants, annonce le
'^‘^iôn* '■^“ûira à Bordeaux, le 1" mai 1907. On y discutera la
Née de l’équivalence des diplômes.
** — Nous avons le vif regret d’annoncer la mort de
^1-tmann, de Paris.
Actes de la Faculté de Médecine Paris.
Concours des ci.inicats. — Sont nommés Ob'-fs de clinique
médicale Hôtel-Dieu : M. Crouzon; hôpital Laënnec : M. Laignel-
Lavastine ; chef adjoint, M. Salomon ; hôpital Saint- Antoine : M.
Rosenthal ; chef adjoint, M. Agasse-LaÇont. — Chi-f de clinique
des maladies cutanées et syphilitiques. — Hôpital Saint-Louis
M. Rostaine ; chef adjoint, ÀL Louste. — Ch f de clinique des ma-
ladi s infantiles. — Hôpital des Enfants-Malades ; M. Armand-
Delille ; chef adjoint, M Babonneix.
Concours du prosectobat. — Ce concours s’est terminé par
la nomination de MM. Okinczyc et Gernez.
NOUVELLES
Natalité de Paris. — Du dimanche pv au samedi 7 juillet
1906, les naissances oat ete au nomore de 1.000, se décomposant
ainsi : légitimes 727, illégitimes 273.
Mortalité a Paris. — Population d’après le recensement de
1901 : 2.660.559 habitants. Les décès ont été au nombre de 770,
savoir; 410 hommes et 360 femmes. Les décès sont dus aux
causes suivantes : Fièvre typhoïde (typhus abdomin.) : 3. —
Typhus exanthématique : 0. — Fièvre intermittente et cachexie
palustre : 0. — Variole : 0. — Rougeole : 8 — Scarlatine : I.
— Coqueluche : 6. — Diphtérie et Group : 6. — Grippe : 1.
— Choléra asiatique : 0. - Choléra nostras : 0. — Autres
maladies épidémiques : 3. — Tuberculose des poumons : 180. —
Tuberculose des méningés : 28. — Autres tuberculoses : 17. —
Cancer et autres tum surs malignes 49. — Méningite simple ; 11.
— Congestion héraorrnagique et ramollissement du cerveau : 37.
— Maladies organiques du coeur : 48. — Bronchite aiguë : 6.
— Bronchite onronique : 10. — Pneumonie : 28. — Autres affec¬
tions de l’appareil respiratoire . 57. — Affections de l’estomac
leanoerexe.) : 4 - Diarrhée et entérite de 0 à 1 an : sein : 7; au¬
tre alimentation : 21 . — Diarrhée et entérite de 1 à2 ans : 5. — Her¬
nies, obstruction intestinale ; 5. — Cirrhose du foie ; 16. — Néphrite
et mai de Bright : 18. Tumeurs non cancéreuses et autres ma¬
ladies des organes génitaux (femmes) : 7. — Septicémie puerpérale
(fièvre, péritonite, phlébite puerpérale) : 1. — Autres accidents
puerpéraux ue la grossesse et Ue i'accouenement ; l. — Débilite
congénitale et vices de conformation : 23. — Débilité senile : 20.
— Morts violentes ; 33. — Suicides : 13. — Autres maladies : 97.
— Maladies inconnues ou mal définies : 13.
Mori-nés et morts avant leur inscription: 65, qui se décom¬
posent ainsi : légitimes 43, illégitimes 22.
Distinctions honorifiques. — Légion d’honneur ; Grand offi~
eier. — M. le D''Gentil, médecin inspecteur général de l’armée.
Commandeur. — M. le D' Gatteau, médecin inspecteur de
l’armée.
Officiers. — MM. le D^ Hallopeau (de Paris); Benech, méde¬
cin inspecteur de l'armée ; Bercher, Galraette, Isambert, Jarry,
Pommay, Vuillemin, médecins de l’armée active ; Gros, ancien
médecin militaire ; de Cours, Desmonts, médecins de l’armée ter¬
ritoriale ; Machenaud, médecin delà marine; M.-L.-M. Delrieu,
médecin des troupes coloniales.
Chevaliers. — MM. les D^ Hellot (de Paris); E.-J. Arnould,
Augias, C.-A. Bailly, Bouchet, Cavalier-Benezet, N.-T. Goste,
Delaborde, Ecot, P.-A. Gary, A.-E. .Janot, Mouret, Pettier,
Provendier, C.-H. Renard,J.-A. Rouget, Viéron, médecins de
l’armée active ; Zuccarelli, médecin de la réserve ; Ricard, mé¬
decin de l'armée territoriale ; Etourneau, Giraud, Hennequin,
médecins de la marine ; F. -A. Baret, ancien médecin de la marine;
Augier, Doury, médecins de réserve de la marine ; Bourdon,
J. -A. Jacquin, médecins des troupes coloniales.
Décor.ations accadémIques. — Ofjiders de l’Instruction pu-
bli-fUe. — MM. les Dr O. Benoit, Mauclaire, P. -J. Poirier,
E.-A. Robin, de Paris ; Arthus, de Marseille ; Audry, de Tou¬
louse ; Bagnéris, de Reims ; Barrois, de Lille : Bolot, de Be¬
sançon ; Cousyn, de Lorient ; G. Etienne, de Nancy ; Fallût,
de Marseille; Follet, de Rennes ; Gagnière, de Montpellier, Ge-
noud, de Lyon ; Heitz, de Besançon, Le Dantec, de Bordeaux ;
ÎSTcolas, de Lyon; Oui, de Lille ; Pouchin, de Rouen ; Poujol,
de Montpellier ; Rappin, de Nantes ; Rochet, de Lyon ; Thouve-
net, de Limoges ; Vigenand, de Clermont-Ferrand.
Officiers d' Académie. — M.M. les Dr Argaud, Attaix, de Cler¬
mont-Ferrand ; Bellamy, de Saint-Brieuc ; Berland, de Poitiers ;
A. -P. Bernard , d’Amiens ; Commandeur, de Lyon; G.-F. Gross,
de Nancy ; Guérin, de Montpellier ; Jacquemet, de Grenob le ;
Lagriffoul, de Montpellier ; Lefort, de Lille ; Malapert. de Poi¬
tiers ; Mornet, de Blois ; Petit, de Poitiers ; Piollet, de Clermont-
Ferrand ; R. Rosenthal, de Nancy; Soulé, de Bordeaux; L.
464
LE PROGRÈS MÉDICAL
Spillmann. de Nancy ; Véron, de Rennes ; M. Florence, prépara¬
teur, à la Faculté de médecine de Montpellier.
Mérite agricole. — Officier- M. le Dr Ileckel, de Marseille.
MÉnAii.LM d'honneur des Enfants-Assistés de la Seine. —
MédaW es d'argent.— MM,. Dr» les Houzé (de Cussy-en-Morvan) ;
Miguet (d’Etang-sur-Arroux).
Médaillés de bronze. — MM. les D's Goquidé (de Frévent) ;
Digoy (de Saint-Léger-sous-Beuvray) ; Martin (de Moulins-Engil-
hert) ; Poingt (de Douzyl : Régnault (de Brinon-sur-Beuvron) ;
Richard (de Boiry-Sainte-Rictrude),
L’agreg.\tion du Vai.-de-Grace. — Ce concours s’est terminé
par la nomination comme professeurs agrégés à l’Ec oie d’applica¬
tion du service de santé militaire de MM. les médecins -majors de 2»
classe Sacquepée [hygiène] ; Chavigny {médecine légale, législa¬
tion, adminitration et service de santé militaires).
Un nouvel inspecteur général pour les troupes coloniales
-r- M, le médecin inspecteur Kermogant a été _ promu médecin-
inspecteur général, •
BULLETIN B1BLI0(JRAPHIQUE
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L’Épilepsie, l’Hystérie et l’Idiotie
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Médecine, 23 mars 1897, 8 mai 1898). L'extrait de ces Mémoire
est adressé gracieusement à tous les médecins qui bw ®
feront la demande. Renseignements gratuits et prix de favm
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Retour au gré des voyageurs jusqu’au 1" no¬
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30 kgs de bagages.
Les billets nominatifs sont délivrés au bu¬
reau de ville de la Compagnie, 64, rue Tique-
tonne, depqis le 2 juillet; la vente sera clpse la
veille du départ du train.
Pour renseignements, voir les affiches ou
s’adresser aunureau de la rue 'Tiquetonne.
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Le Progrès Médical
SOMMAIRE ; Clinique chirurgicale : Sur deux cas de luxa¬
tion du tendon de la longue portion du biceps brachial, par
Berne. — Bulletin : A propos d’un nouveau procédé de pro¬
phylaxie de la syphilis, l’exemple de Jenner, par J. Noir ; Créa¬
tion d’un fonds sanitaire et construction d'hôpitaux ruraux en
Roumanie, par Fillassier ; Royan, son état sanitaire, par Bour-
neville. — Sociétés Savantes : Académie des Sciences : Pig¬
mentation des cheveux et de la barbe par les rayons X, par Im¬
bert et Marqués ; Sur la composition histologique de la lymphe
des ruminants, par Forgeot (c. r. de Mme Phisalix). — Acadé¬
mie de Médecine : Emigration et hygiène sanitaire, par Chan-
temesse et Borel ; Le paludisme .à Madagascar ; Helminthiase et
cancer, par Roux ; L’assistance médicale en Indo-Chine, par
Kermorgant (c. r. de A. -F. Plioque). — Société Médicale des
Hôpitaux : Entérites et appendicites chez l’enfant, parGuinon ;
Dextrocardie acquise, par Lortat-Jacob et Lavastine ; Sténose
pylorique rapide à la suite d’ingestion d’acide chlorhydrique,
par Carnot ; Syndrome de Raynaud d’origine bronchectasique,
par Soucques et Vincent ; Tumeur cérébrale secondaire à une
tumeur du sein, par Rénon et Tixier ; Traitement des spasmes
et tics par injection d’alcool sur les troncs nerveux, par Bris-
saud, Sicard et Tanon; Accidents infectieux suivis de mort chez
une morphinomane, aiguille trouvée dans la cloison auriculo-
ventriculaire du cœur, par Rénon et Tixier ; Transmission des
maladies infectieuses par les animaux d’appartement, par Rem-
linger et Osmann Nouri ; Anémie pernicieuse à rémission, par
Enriquez, Clerc et Rathery ; Cirrhose hypertrophique syphili¬
tique avec insuffisance hépatique améliorée par le traitement
‘mercuriel, tachycardie paroxystique, par Lortat-Jacob, Laignel-
Lavastine et Thaon ; Infection anaérobique du sang dans l’oc¬
clusion intestinale, par Roger et Garnier. — Thérapeutique.
— Revue d’ophtalmologie : Amblyopie par l’alcool et par le
tabac à Cuba, par Finlay ; Cécité par suite de la pénétration
d’un projectile dans l’orbite, par Nettle.ship, etc. (o. r. de Pou-
lard.) — Médecine pratique : Les modifications chimiques du
lait de femme sous l’influence de l’extrait de graines de coton¬
nier. — Bibliographie. — Correspondance. — Varia. —
Les congrès. — Formules. — Nécrologie. — Nouvelles.
— Chronique des hôpitaux. — Bulletin bibliographique.
CLINIQUE CHIRURGICALE
Sur deux cas de luxation du tendon de la longue
portion du biceps brachial :
Par le D' Georges BERNE (1 ,
Ancien interne lauréat des Hôpitaux de Paris et aide d’anatomie.
La luxation du tendon de la longue portion du biceps
brackial est un accident d'une extrême rareté, la nature
«e la lésion reste probablement méconnue chez plus
fl un inalade, parce que le praticien n'a pas toujours
• occasion d’observer les phénomènes peu de temps
Après le traumatisme et que les principaux signes se
masqués par le gonflement du moignon de
De tels cas méritent, à mon avis, d’être étudiés en
raison même de leur peu de fréquence, de leur étio-
Uî?,ie spéciale, de la difficulté de leur diagnostic et du
•raitoment.
J ai eu l’occasion, en 21 ans de pratique, d’en recueillir
Ux observations dignes d’intérêt.
fesse* ®^®rniné en commun avec le pro-
qui en établit immédiatement le diagnostic, il
tçj®. d’un accident survenu dans les conditions suivan-
dame de trente ans environ, se trouvant dans un
^durent de chemin de fer, se tenait appuyée, l’épaule
le h J ^P^^oiguure correspondant à la fenêtre du côté droit,
lie 5^ Otant en adduction, l’avant-bras reposant, en par-
inféjiJ classique bretelle-appui, en partie sur le rebord
jnbite'^^ de la croisée du wagon. Une collision violente et
droijg dame fut projetée vers l’encoignure de
cbjjt’ A .ressentit aussitôt une vive douleur, l’empê-
'oit l’j ® fléchir et de soulever l’avant-bras et de mou-
fliênie J ■ l'occasion d’examiner la malade le jour
&K)n(j' ?,.“°’aleur occupait la partie antéro-interne du moi-
^?bdnci- s exacerbait pendant- les mouvements
rotation. Pendant l’examen, une brusque
Produisit, la malade se sentit soulagée dès ce
Ahili^ ûK douleur persistait, toutefois, au niveau de la
*^led î'^'PDale; à ce niveau, un cordon mobile, roulant
pouvait être perçu à l’oècasion des mouvements
■'Tués et n’était autre que le tendon de la longue
à \a Société été Médecine de Paris, le 23
portion du biceps. Notons que le mouvement d’adduction et
de rotation de l’iiumérus çn dehors exacerbait la douleur, le
biceps paraissait rigide, contracturé.
Je pratiquai un peu de massage léger, plutôt de l’effleu¬
rage de la région, mais malgré qu elles fussent exercées avec
la plus grande douceur, je dus cesser les manipulations dès
le troisième jour, j’immobilisai le membre au moyen d’une
écharpe. Je cessai toute intervention pendant quinze jours
environ, les massages furent dès ce moment bien tolérés; la
douleur, d’abord permanente au niveau de la coulisse bici-
pitale,se dissipa progressivement, la malade guérit après trois
mois de traitement.
Obs. il Une dame d’une trentaine d’années, étant
accroupie et ayant voulu pousser brusquement, avec l’épaule,
un tiroir de commode située à sa droite et cela, sans faire face
au meuble en question, ressentit une douleur subite au
niveau du moignon de l’épaule (pendant l’effort, l'avant-bras
avait été tenu en supination forcée, le bras étant en adduction
et rotation en dehors).
Je vis la malade le jour même de l’accident : inertie com¬
plète du membre, impossibilité de maintenir le bras en
abduction ; rotation en dehors impossible, avant-bras fléchi
avec rigidité.
Je pensai tout d'abord à une subluxation de l’épaule, à
une fracture de l’extrémité supérieure de l’humérus, à une
entorse, etc., aucun symptôme ne me paraissant se référer à
l'un quelconque de ces divers traumatismes ; je me rappelai
le R’’ cas signalé ci-dessus, et cherchai si le tendon de la
longue portion du biceps n’était pas lu.xé. Je constatai à la
partie interne de l'extrémité supérieure de l’humérus la pré¬
sence d’un cordon dur et qui se « déclancha » subitement
pendant un mouvement d’abduction et de rotation en dedans
que j’imprimai au bras de la malade.
Sensation subite de soulagement, suivant immédiatement
le claquement sec produit par le retour du tendon dans sa
gaine, détente complète, douleur moindre.
Comme dans la première observation, même très doux, le
massage fut à peine toléré pendant les premiers jours, immo¬
bilisation dans une écharpe, pendant une huitaine.
Vers le 5° jour après l’accident, la malade ayant appuyé
son épaule droite sur l'extrême bord de son oreiller (dans
cette attitude, le bras était en rotation en dehors), sentit une
brusque douleur, le tendon s était de nouveau luxé, mais la
malade ayant i m’a-t-elle raconté) saisi et fléchi, au moyen de
sa main gauche, l’avant-bras du côté malade et l’ayant porté
en dedans et en avant de la poitrine, avait senti que' tout se
remettait en place. .Après diverses alternatives de repos et de
massage (cette fois très bien toléré) la guérison fut obtenue,
en deux mois de traitement.
460
LE PROGRÈS MEDICAL
On le voit, dans ces deux cas, un mouvement brusque
de rotation en dehors avait suffi pour produire la luxa¬
tion du tendon, en dedans de la petite tubérosité; si la
réduction du déplacemcnl a été des plus faciles, il faut
aussi noter la facilité de la récidive. La mobilisation de
l’épaule, unie au massage, a dû succéder, dans le traite¬
ment de ces deux cas, à une prudente immobilisation ;
les fonctions ont été récupérées complètement, il n’y
avait eu chez mes deux malades ni fractures ni luxation
des os voisins.
Jarjavay admettait que des tendons pouvaient être
luxés sans qu’il y eut nécessairement d’autre lésion
dans le voisinage. C’est à Cowper que nous devons la
première description de la luxation du tendon bicipi¬
tal hors de sa coulisse. Cet auteur signale la rigidité du
biceps, l’impossibilité d étendre le coude, mais ne nous
indique ni le siège exact de la lésion, ni les conditions
anatomiques indispensables à sa production. Le même
auteur signale la remise en place du tendon pendant
les mouvements qu’il a imprimés au bras d’un de ses
malades.
Bromfield {Chir. and cases, not. 11, p. 70) affirme
que la luxation du tendon hors de la coulisse bici¬
pitale « produit une immobilité très douloureuse » qui
cesse immédiatement si l’on imprime à la tète de l’hu¬
mérus des mouvements dans divers sens (l’avant-bras
étant fléchi).
MoNTEGCTr-V observa chez une femme âgée, que le
tendon du biceps s’était luxé pendant une chute (cette
femme étant soutenue par le bras, en ce moment).
Tout rentrait dans Tordre dès que la dite femme ap¬
puyait sa main du côté malade, sur l’épaule d’une
voisine Ce mouvement, à mon avis, s’accompagnait
probablement, de rotation en dehors. Voici les symp¬
tômes observés par Monteggia : 1° douleur vive au moi¬
gnon de l’épaule pendant une torsion du bras ; 2° sen¬
sation de déplacement dans la profondeur du moi¬
gnon; 3“ gêne des mouvements ; 4' rigidité du biceps.
Stakley nous cite un cas de luxation du tendon, fort
douteux à mon avis, car le tendon s’était accroché sur
■la grosse tubérosité (il y avait eu très probablement,
dans ce cas, luxation complète de Tépaule).
Fleury (dans une communication faite à la Société
Impériale de Chirurgie 1868, 8 avril) parait très affir¬
matif ; il décrit une luxation du tendon, survenue chez
un officier qui avait voulu retenir nn cheval ombra¬
geux ; en allongeant le bras, le malade sentit un. en¬
gourdissement douloureux. Le soulèvement du bras
produisit un soulagement instantané : Tavant-bras,
primitivement maintenu lléchi.put s’allonger. Cloque r
lit remarquer à cette occasion qu’il avait connu un in¬
dividu qui luxait à volonté son tendon du biceps, soit
en dehors, soit en dedans.
Jar.iavay, que nous avons cité plus haut, avait ob¬
servé, dans le cas de luxation du tendon, qu’un soubre¬
saut se produisait lorsque le bras était porté dans l’ab¬
duction et horizontalement. 11 note, chose importante,
3u’une luxation s’était produite pendant une torsion
u bras de dedans en dehm's à l’occasion d’une chute .
Mais il assure que la cause de la luxation est toujours
due au mouvement de torsion du bras en dedans et en
arrière. Les recherches que j’ai faites sur le cadavre
tendraient à prouver le contraire. Jarjavay avait observé
que le tendon de la longue portion du biceps se luxait
à 2 centimètres et demi du sommet de l’apophyse acro-
mialeeten dedans d’elle. Ce qui, on le voit, correspon-
drait bien à la luxation du tendon, en dedans de la pe¬
tite tubérosité de l’humérus.
Recherches anatomiques sur la question. — g;
Ton veut bien se rappeler que, d’après Farabeuf,la Gout¬
tière bicipitale regarde : 1“ directementen dedans,1ors
qu’on aies bras croisés ; 2° directement en avant lors¬
qu’on aies bras portés en avant ; 3“ presque complète¬
ment en dehors, tout au moins en avant et en dehors
lorsque l’humérus est en rotation externe forcée, il en
résulte que c’est dans la rotation externe forcée que le
tendon de la longue portion peut sauter par-dessus la
petite tubérosité, et en dedans d’elle, car elle forme la
lèvre interne de la coulisse bicipitale. Quant à ce qui
est déchiré, comme éléments fibreux, il y a d’abord:
les fibres qui transforment la gouttière osseuse de la
coulisse bicipitale en un tunnel complet et qui ne por¬
tent pas de nom spécial. De plus, des fibres d’union
transversales entre les insertions humérales des deux
téguments supérieurs de l’-articulation : T' le coraco-
huméral qui va s’attacher sur la grosse tubérositéet2Me
sus gléno-sus-huméral, qui va finir surla petite tube'-
rosité. Ces fibres doivent se déchirer, et par suite le
tendon du biceps doit en quelque sorte séparer ces deux
ligaments sur une plus ou moins grande étendue.
J’ai recherché sur le cadavre dans quelles conditions
la luxation peut se produire.
J’ai sectionné la partie fibreuse de la coulisse bici¬
pitale et ai porté le bras dans la rotation en dehors unie
à l’abduction.
Il ne m’a pas été possiblede produire, dans cette po¬
sition, la moindre lu.xation du tendon en dehors de la
grosse tubérosité. La rotation en dedans, même pous¬
sée à l’extrême, n’a pas produit de luxation; le tendon
ne paraissait nullement s’allonger. .Mais lorsque j’ai
combiné la rotation en dehors avec l'èléoalion du
bras en avant, le tendon a commencé à montrer une
légère tendance à se luxer au-dessus et en dedans de la
petite tubérosité.
Or, on combinant : 1“ la, rotation de V humérus en
dehors ; 2s l'élévation de l'humérus en avant ; 3° 1 ad-
duction du bras vers le thorax, la luxation du tendon
se produit immédiatement.
On peut répéter sur un squelette articulé la pehw
expérience suivante : si Ton fixe un tube de caout¬
chouc ayant même volume que le cordon du biceps, a
la partie supérieure de la cavité glénoïde deTomoplale>
par une extrémité, et à l’épicondyle de Thnmérus cor¬
respondant par l’autre extrémité, on observe que le tube,
étant à l’état de tension et passant dans la coulisse bi¬
cipitale, présentera une courbure au-dessus de la te
humérale qui tendra à s’effacer.
Si on porte le même os dans la rotation en
l’élévation en avant et l’adduction, au point de reu
le tube rectiligne, celui-ci, semblable à la corde trop
tendue d’un arc, sautera brusquement en dedans u®
petite tubérosité.
.Ainsi se réalise une luxation expérimentale, <JU
essaierait en vain de produire par d’autres attuu^^
NARCYL GRÉMY médicament spécifi¬
que de la toux, spécialement de la toux des
berculeux.
Remplacements Médicaux. — Un étudiant, très de^
terminé sa scolarité, désirerait faire pendant les ^glj.
remplacements médicaux, (S'adresser aux Bureaux du Jo
LE rnOGHÈS MÉDICAL
46T
bulletin du progrès médical
A propos d'im nouveau procédé de prophylaxie de la
syphilis. L’exemple de Jenner.
La thèse du D" Maisonneuve a fait quelque bruit dans
la grande Presse et a mis aux prises MM. Metchnikoff
et Gaucher.
M. Metchnikoff, qui est parvenu à inoculer la syphi¬
lis au singe, est convaincu qu'une simple friction à la
pommade au calomel sur la région où l’inoculation a
pu se produire, met à l'abri de la contamination. Mais
ses expériences avaient été faites sur les singes et
comme ces animaux contractent avec quelques diffi¬
cultés la syphilis, cette méthode de prophylaxie si
simple ne semblait pas offrir toutes les garanties scien¬
tifiques. Or, M. Metchnikoff trouva, dans un descendant
du grand chirurgien Maisonneuve, un jeune médecin
courageux qui voulut bien se prêter à l’expérience. On
lui inocula la syphilis, on pratiqua la précieuse friction
prophylactique, on attendit : aucun accident ne sur¬
vint. Il en résulta un grand émoi dans la Presse
politique ; M. Metchnikoff prétend, en effet, que la
circonspection et le silence ne doivent pas être de
mise en matière de prophylaxie, qu'il faut hâtivement
faire connaître à tous les moyens de préservation.
Après une succession d’articles dans tous nos grands
quotidiens, la question fut portée devant la Faculté par
la thès,e deM. Maisonneuve. Le courage et le dévoue-
raentdu nouveau docteur reçurent des éloges unanimes.
Mais le jury n’admit pas sans contrôle le procédé pro¬
phylactique exposé dans ce travail.
h en naquit une sorte de polémique et l’opinion du
'la P' Gaucher fut opposée à celle de Metchnikoff.
M. Gaucher pense qu'après une seule expérience
suH homme il est un peu hàlif de conclure à i'infail-
ihilité d’un procédé prophylactique. 11 trouve que ce
•‘ast pas faire bonne besogne, on matière d'hvgiône
raciale, que de cvicrurbi et orbi qu’on peut aussi simple¬
ment se préserver delà syphilis ; qu'on risque, en dimi-
aaantainsi la crainte salutaire de la vérole, d’augmenter,
par une fausse sécurité, le nombre de ses victimes.
JJ reconnaissant la haute valeur scientifique de
•• -‘etchnikoff, nous croyons que tout médecin de sens
®ùet pratique approuvera les réserves du P" Gaucher.
. «'^“cration a élé témoin de nombreux exem-
*1111 doivent inciter à une prudente réserve et ce
cette bâte tapageuse, qui rappelle un peu
P a manière des alchimistes d'autrefois, que les
ment rf* '^®^°riveries médicales sont entrées définitive-
p dans le domaine de la pratique.
saiy^'^J®®*’iious oublier les amères désillusions qui
Et essais prématurés de la lymphe de Koch ?
*ronv P®^‘^°'ri'ant l'histoire de la médecine, nous y
“Meilleurs exemples ; il en est un, entre
niç^j ’ Mm date de plus d'un siècle, est universelle-
^ iiidrite à cette occasion d'être rappelé :
Hner jeune médecin anglais, Edouard
Savent’ ® ^^*^blissait à Berkeley, sa petite ville natale,
fele çt et laborieux, il menait de front clien-
eeherclies scientifiques.
Il se mariait en 1788, avait trois enfants et, malgré
sa pauvreté, continuait courageusement ses études et
l’exercice de la profession qui le faisait vivre.
Dès 1776, Jenner constatait que le Cowpox préser¬
vait de la variole, mais il ne se hâtait point de publier
sa découverte. U étudiait, expérimentait durant vingt
ans et attendait 1796 pour faire ses premières inocula¬
tions publiques. Ce n’était encore que deux ans après,
en 1798, qu’il publiait le résultat de ses travaux dans
un livre intitulé : Recherches sur les causes et les
effets de la vaccination variolique. La maladie
nommée Cowpox dians le comté de Glocester. .
Malgré toute cette prudence et celte longue patience,
qualité primordiale du génie, .lenuer n’obtenait pas
aussitôt le succès mérité par ses laborieuses expérien¬
ces. Bafoué d’abord, il lui fallait le contrôle et l’appro¬
bation des Hunter, des Parry, des Gardner et autres
pour faire adopter la vaccination variolique, actuel¬
lement unanimement et officiellement appliquée. Le
succès ne grisait pas plus Jenner que les critiques iur
justes et ignorantes ne l’avaient abattu. Bien que mé¬
decin extraordinaire du Ro^, il continuait de mener sa
vie modeste et, le 24 janvier 1823, veille de sa mort,
il visitait encore ses malades.
Tel est le bel et noble exemple qu’il est bon de
rappeler. Aujourd’hui, les découvertes grandes et peti¬
tes, ne mettent pas 20 ans à se produire et un quart de
siècle à s'affirmer, elles naissent en une nuit. Sur les
feuilles volantes de la Presse, elles tourbillonnent dans
tous les milieux, le télégraphe les vulgarise et en
quelques jours elles ont fait le tour du monde. Puis
peu à peu lèvent delà publicité se calme sous la pluie
froide de l’examen scientifique, un calme silence lui
fait suite, et en quelques mois sinon en quelques se¬
maines, la plupart de ces mirifiques innovations béné¬
ficient de la plus équitable des critiques : l’oubli.
J. Noir.
Création d’un fonds sanitaire, et construction d’hôpitaux
ruraux en Roumanie.
Une loi roumaine, votée par la Chambre des Députés
elle Sénat, les 10 et 20 mai 1906, et promulguée le 29
mai 1906, a créé un fonds sanitaire pour l’assistance sa¬
nitaire aux paysans. Ce fonds doit servir ;
1" A la fondation, à la dotation, et à l’entretien de tous
les hôpitaux ruraux, hospices, sanatoria et autres établis¬
sements" sanitaires de paysans ; — 2" à la construction,
dans chaque circonscription médicale, d’hôpitaux ayant
chacun un pavillon pour les maladies ordinaires, un pa¬
villon d’isolement pour les contagieux, des bains et les
annexes nécessaires.
Le service des bains sera disposé de telle sorte qu’il
pourra servir en même temps de bains populaires pour
leshabitants de la région. Des mesures devront être éga¬
lement prises pour localiser et combattre les maladies
dans les villages ; des inQrmeries volantes seront édi¬
fices, des fours pour préparer le pain ou sécher le maïs
seront construits ; on luttera contre le paludisme par
des moyens appropriés, et en assurant l’assainissement.
Le fonds sanitaire sera alimenté par les ressources
suivantes : 1". — le revenu net annuel d’une loterie per¬
manente instituée par la présente loi, et placée sous le
contrôle du ministre de l’Intérieur , — 2“ de la moitié
LE PROGRÈS MEDICAL
des encaissements télégraphiques ou postaux qu’entraî¬
nera le service de cette loterie ; — 3“ de la subvention
qui, conformément à la loi du 28 mai 1892, est inscrite
chaque année au budget de la Direction générale des
services sanitaires, pour les hôpitaux déjà existants ; —
4° du revenu des donations ou des legs dont ce fonds
pourrait bénéficier.
Le ministre de l’Intérieur est autorisé à concéder par
contrat le droit exclusif de fonder une loterie sur le ter¬
ritoire du royaume, sous la réserve du contrôle de l’Etat,
et en conformité des dispositions du Gode de Commerce.
A partir de la promulgation de la loi, il est interdit de
faire entrer, de transporter ou de vendre des billets de
loteries étrangères du même genre, sauf les billets de lo¬
teries d’œuvres de bienfaisance, mais tout autant que les
billets seront de 2 fr. Il est, dans le même but, interdit
de publier, dans les journaux, des annonces relatives
aux loteries étrangères. Si les propriétaires d’un atelier
de typographie ou de publications contreviennent à ces
dispositions, ils seront punis, le premier, d’une amende
de 3000 fr., le second, d’une amende de 5000 fr. et d’un an
de prison. — Le produit des amendes est versé au fonds
sanitaire.
La société concesfîionnaire sera dispensée des impôts
envers l’Etat, les districts, et les communes, du timbre,
etc. -La gérance du fonds sera assurée par une division
spéciale de la Direction générale du service sanitaire ;
son chef prendra le titre de chef : « de la comptabilité et
des fonds sanitaires)>,et un bureau spécial traiterade tou¬
tes les questions relatives de l’administration du fonds.
Tous les ans, un budget du fonds sera annexé aux crédits
du Budget du Ministère de l’Intérieur et rattaché au titre
de la Direction générale des services sanitaires. — En
aucun cas, les ressources de cette caisse ne pourront être
distraites de leur destination. — En outre la loi du 23 mai
1906 a ouvert un crédit extraordinaire de 2.500.000 fr. au
Ministère de l’I nlérieur pour la construction de 32 hôpi¬
taux ruraux à raison de un par district. — Ces hôpitaux
porteront le nom d’hôpitaux ruraux du Roi Charles
Ce crédit sera couvert par les futurs excédents budgé¬
taires. A. Fillassier.
Royan : Son état sanitaire.
Connaissant nos relations avec Rojmn, plusieurs per¬
sonnes, émues par des bruits qui couraient sur l’état
sanitaire de la belle cité royannaise, où, disait-on, ré¬
gnaient une épidémie de suette miliaire et de fièvre ty¬
phoïde, nous ont demandé ce qu’il y avait de vrai dans
ces bruits. Nous avons profité de la réunion du23 juillet
du Conseil supérieur dhygiène pour nous repseigner.
Notre ami, M. le Professeur Chantemesse, inspecteur
général de l’hygiène publique, nous a déclaré que, après
enquête, il ii’y avait à Royan ni suette miliaire, ni fièvre
typhoïde. Cette dernière maladie sera absolument évitée
à Royan, quand tous les baigneurs auront soin de ne
boire que de l’eau de source de Pompières et de ne ja¬
mais boire de l’eau des puits, même de ceux que les pro¬
priétaires considèrent comme de première qualité et de
ne louer que dans les maisons pourvues d’eau de source.
Allons donc à Royan sans crainte pour les nôtres et
pour nous (1). . B.
(1) Voir plus loin : Coiirespo» dance.
CAPSULES de BROMIPINE MERCK : 2 repr. 1 gr. KBr
beaucoup mieux supportées que les bromures alcalins ;
BROIw'lFiNE à 33 ”'o pour lavements : ÉPILEPSIE-
SOCIÉTÉS SAVANTES
ACADÉMIE DES SCIENCES
Séance du 16 juillet 1906.
Pigmentation des cheveux et de la barbe par les raijons .Y.
MM. A. Imbert et H. Marquès ont constaté que, sur l'nn
d’eux, qui s’occupe depuis dix ans des applications médicales
des rayons X, les cheveux et la barbe, déjà complètement
blancs, se sont progressivement pigmentés au point de
prendre une teinte plus foncée que ne l’était la teinte primi¬
tive.
Un fait observé depuis confirme celte action des rayons X
sur la pigmentation des poils. Il s’agit d'un homme de cin¬
quante-cinq ans qui, soumis au traitement radiothérapique
pour lupus de la joue, a vu tomber ses cheveux sur une
étendue de plusieurs centimètres, tout autour de l’oreille cor¬
respondante ; or, ces cheveux ont repoussé depuis longtemps,
et tous sont presque entièrement et complètement noirs dans
les régions les plus voisines de l’oreille ; cette pigmentation
va en s'atténuant pour les cheveux situés plus loin, tout en
restant manifeste. Enfin, la moitié correspondante de la
moustache, dont les poils ne sont pourtant pas tombés, est
nettement moins blanche que l’autre moitié.
D’autres faits ont en outre démontré que la teinte des che¬
veux blonds se fonce sous l'influence des rayons de Rœntgen.
Le mécanisme de cette action des radiations sur la pigmen¬
tation des poils ne paraît pas pouvoir être actuellement élu¬
cidé.
Sur la composition histologique de la lyn.phe des ruminants.
M. E. Forgeot adresse une note dans laquelle il démontre
que, à l'état physiologique, en dehors du chyle, qui ne con¬
tient pas de globules rouges, on trouve dans l’organisme des
runninants (vaches, chèvres) deux sortes de lymphe:
foCellequin’apas encore traversé un ganglion lympathique
et ne contient qu’un seul élément figuré, le globule blanc,
et qui ne renferme jamais à l’état normal de globules rougfô i
2° La lymphe sortant des ganglions et qui est susceptible
de contenir un nombre variable de ces éléments.
Les ganglions lymphatiques des ruminants ne sont donc
pas seulement des organes leucopoïétiques ; ils peuvent aussi
contribuer à la formation des hématies. M. Phisalu.
ACADÉMIE DE MÉDECINE
Séance du 'èb juillet.
Émigration et hygiène sanitaire.
MM. Ch.antemesse et Borel montrent les dangers de lénu
gration pour la santé publique.
Par divers exemples, ils montrent avec quelle facilite
émigrants malades traversent les frontières de çt
outre, leur voyage se fait souvent au milieu de jjlll
de fatigues capables de favoriser chez eux le développe
d’épidémies . . .pnaD<*
Pour Marseille, les émigrants orientaux de P*!®'* jg-
maritime font courir à la ville un danger d’autant pm®
dérable que leur séjour est souvent très- prolongé- ,
réunissant les meilleures conditions sanitaires evad e
truit pour les émigrants, grâce à la généreuse initian
riche négociant marseillais. fficieU*»
En 1904, avec l'installation d’une surveillance o
l’émigration eut donc été presque parfaite à qii‘
il fallut compter avec la foule des anciens
voyaient ainsi disparaître la source de leurs
les émigrants se rendaient, en effet, à la nouvelle
où, pour la modique somme de 25 centimes P^’^Aed»®'
trouvaient un abri propre, sain, et moins coûteux Q
les auberges des bas quartiers. .
Lne ligue se forma contre la nouvelle hôtelleric^^^
voirs publics demeurèrent inertes et comme —
— l’auteur de cet effort n'avait eu en vue que 1® ^ prie*»*
d’une œuvre philanthropique, il ferma bientôt les p
LË PROGRÈS MÈLÎGA.L
Biere de Santé Diastasée, Phosphateefcéréaiopiospiiaüesjcse' eadmiiedans les Hôpitaux de Paris). PBix:lefl.l'25.5v
pr.<«it GLYCÉROPHOSPHATÉ l 'ssïïr I-.
NOUVEAU BOUCHAGE HERMETIQUE SPÉCIAL. 'ît RICO REUSEMENT ASEPTIQUE
Entérites — Dyspepsies — Inappétence
Diabète — Furonculose
“ŒNASE”
Exposition internationale
DE COUTURIEÜX
En comprimés de 0,50 cent., 2 à 6 par jour 1
1 (FERMENTS DE RAISIN)
La Compagnie P.-L.-M. a l’honneur d’informer le public que. dans le but de per¬
mettre aux voyageurs partant des gares de son réseau de se rendre à prix réduits
à Milan, pour y visiter l’Exposition internationale, elle fera délivrer, jusqu’au 15 novem¬
bre 1906, des billets d’aller et retour de l”, 2* et 3“ classes pour Modane et Vintimille,
valables 30 Jours, conjointement avec des billets d’aller et retour de Modane ou Vinti¬
mille à Milan, valables 20 Jours.
La dui*ée de validité de ces billets ne sera pas prolongeable.
Ces billets seront délivrés à première demande dans les gares de Paris, Nevers,
Dijon, Lyon, Perrache, Clermont-Ferrand, Saint-Etienne, Nîmes, Valence, Marseille-
voyageurs, Chambéry, Grenoble, et sur demande faite 48 heures à l’avance dans toute»
les autres gares.
INALTÉRABLES
tfABLfSSEMENT Ü8 SAINT-GALMIER (Loire)
Pour les annonces s'adresser à
DEBIT de la SODRCS:
1PAR AN
30 MILLIONS
de Bouteilles
M. A. ROUZAUD
®iL’Eau de Table sans Rivale
lL.a. plus Lécjèi’o ù l’Élstoaxiao
Déclarés d’intérêt Puîlü
^Décrae On IB AtBÊ tOt
CHEMINS DE FER DE L’OUEST
Dans le but de faciliter les relations entre Le Havre, la Basse-Normandie et la
Bretagne, il est délivré, jusqu’au 2 octobre 1906, par toutes les gares du réseau d
l’Ouest et aux guichets de la Compagnie Normande de Navigation à vapeur, des
billets directs comportant le parcours, par mer du Havre à Trouville et, par voie
ferrée, de la gare de Trouville au Point de Destination et inversement.
Le prix de ces billets est ainsi calculé :
ÏSSBSÎîBi.
I chemin de fer. — Prix du tarif ordinaire;
bateau. — t fr. 60 pour les billets de P" et 2* cl. (Chemin de fer) et P” c
0 fr. 85 pour les billets de 3' classe). Chemin de fer) et 2° cl. (bateau).
employé avec succès en gynécologie, dac-
le traitement des Maladies cutanées
des organes génito-urinaires, de Uiry-
pèle, des Affections rhumatismales, c
l’Intérieur dans la Tuberculose pci™
-Maladies de rEstomac^et de Tlntestin
AGGLOMÉRÉ au GLUTEN, AROMATISÉ à CANIS
Afli d’éviter tout échec, exiger riirou --
sement le mot ICHTHYOL et^au besoin i-
Etiquettes et cachets de la Société de
duits sanitaires et antiseptiques,
des Francs-Bourgeois, Paris.
DIGESTIONS PENIBLES — BALLONNEMENTS — DlUTATiONS
lLONNLMENTS — DlUTATiONS >
IRHEES — COUTES, de. I
Envoi franco sur demande des
Monog:raphies et Formulaire-
AccÉlérateuretRégulateurdeiîflutrition Générale. 1 MÉDICATION pyoSPHORÉE, ARSENICALE
tement
NERVOCITHINE TtS^
LE PROGRÈS MEDICAL
tou établissement et l’ancien état de choses se rétablit, à la
^nde joie des logeurs et au grand danger de la santé
publique.
^ Aujourd'hui, la surveillance est absolument aléatoire. Un
hôtel déclaré pour contenir 60 émigrants en renfermait, di-
jPPtMM. Chantemesse et Borel, 127. Les chambres les plus
vastes mesurant 11 mètres de longueur, 4 m. 20 de largeur
etîmètres de hauteur, contenaient 18 à 20 émigrants, couchés
sur des nattes. Heureusement que les carreaux des vitres des
fenêtres et des escaliers étaient presque tous cassés ; cela ren¬
dait l’air moins irrespirable. La maison ne possédait qu’un
seuhvater-closet. La plus grande saleté y régnait et les es¬
caliers étaient souillés d'urine. A notre question : «Que fait-on
pourles malades ?», le propriétaire répondit qu’il faisait appel
au commissaire de police quand il jugeait que la maladie
en valait la peine.
Siquelque jour le choléra éclate dans une telle hôtellerie,
il n’est pas douteux que la plupart des habitants et une partie
duqnartier voisin en deviennent rapidement les victimes.
La conclusion de cette note ne doit pas être la demande
d'une réforme locale, mais celle de la mise à l'étude des vœux
«primés par l'Académie de médecine il y a quelques mois,
touchant la nécessité de refondre entièrement notre législa-
lion de rémigration, qui date d’un demi-siècle. »
Le paludisme à Madagascar.
La commission nommée dans la précédente séance sur le
rapport de M. Laveran demande la nomination d’une com¬
mission locale à Tananarive. Là seulement pourront être étu¬
diés les moyens pratiques de lutle contre le fléau.
M. Blanchard présente un appareil très ingénieux pour la
dKtruction des moustiques. C’est une sorte de cage métalli¬
que éclairée à l’intérieur et dont le treillis parcouru par un
courant électrique foudroie les insectes attirés par la lumière.
Helminthiase et cancer.
M. Roux présente un travail de M. Borel montrant que,
chez le rat, des tumeurs cancéreuses se développent souvent
lutour des kystes produits par des cyslicerques.Ce fait serait
hes intéressant à rechercher chez l'homme, car il expliquerait
® fréquence relative du cancer à la campagne, où le tænia,
l^rsuite de la malpropreté, est si fréquent.
U. Roux regrette qu’il n'y ait pas en France, comme cela a
eu a l’étranger, une société spéciale, s’occupant de l’impor-
"Uio question du cancer.
L'assistance médicale en Indo-Chine.
Kermürgant montre les progrès réalisés : surveillance
.™*^*‘ùres, lazarets intérieurs contre les épidémies, centres
inogènes, laboratoires de recherches, surveillance des
ï potables, création de maternités. A. -F. Pi.icque.
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX.
Séance du 13 juillet.
^ Entérites cl appendicites chez L'enfant.
*“0 3^0^°'* ’-'T ^uns les entérocolites qu’il a suivies, M. Gui-
f.uppendicite dans 20 % des cas. Toutes les for¬
et U .brocoli te peuvent, selon lui, provoquer l’appendicite,
simple propagation inflammatoire. Une
d’p,!!- quelques semaines peut séparer la
- ti.Gic début de l’appendicite.
' ^onh*"°'^ ? adéno’idites et des
'eut aus précéder l’apparition de l’appendicite, sou-
’hepfo ®.* la grippe avec ou sans entérite. .\u point de
' •’Sdite, „y*®®l*hue, il sera donc indiqué de traiter ces adé-
Oo entéri tes .
S\'^ K ** également à l'entérite un rôle prépon-
^ ^Ublej d’appendicites, il a relevé dans 40 cas des
[ ’^oï(}gj’®*®®llnaux précédants et dans 10 des vcgélalions
^ryng?|®®>aurs cas, il a pu relever les trois étapes : rhino-
sb- ' O'i entérocolite et enfin appendicite,
^'ledes 1^'^ ®stirnc que chez l’adulte l'appendicite est une
u^ubles intestinaux de l’enfance. Ces enfants gar¬
dent un ventre douloureux jusqu’au jour où, l’appendicite
diagnostiquée, une intervention met fin aux troubles intes¬
tinaux.
Dextrocardie acquise.
M.M. Lort.at -Jacob et L. Lavastine ont constaté par la radio¬
graphie une dextrocardie acquise par rétraction pleuropul¬
monaire à la suite de caverne tuberculeuse du sommet
droit.
Sténose pyiqrique rapide à la suite d'ingestion d'acide
chlorhydrique:
M. Carnot a observé un mois après l’œsophagite et la
gastrite aiguës, une sténose pylorique serrée avec vomisse¬
ments tardifs, copieux. La dilatation gastrique, énorme, était
due aux lésions du tissu musculaire, et surtout du tissu
élastique de l’estomac.
Syndrome de Raynaud d'origine bronchectasique.
MM. SoucQUEs et Vincent ont observé une asphyxie et une
gangrène symétriques des extrémités survenues à la période
terminale d'une dilatation des bronchès. Dufour, Rendu,
Hirtz et Rénon ont signalé ces accidents au cours de la pneu¬
monie et la tuberculose. Les auteurs l’expliquent par la
résorption, au niveau des bronches dilatées, des toxines qui
produisent l’angiospasme des artères des extrémités.
M. Ménétrier a observé une gangrène semblable chez une
femme qui a succombé à une péritonite pneumococcique
et dans ce cas la gangrène était manifestement sous la
dépendance de thromboses multiples d'origine pneumo¬
coccique, M. Soucques n'ayant pas fait l’examen des artères,
sa théorie reste pure hypothèse et il n’a pas le droit d’affir¬
mer qu'il s'agit d'un cas de maladie de Raynaud.
Tumeur cérébrale secondaire à une tumeur du sein.
MM. Renon et Tixier ont fait Tautopsie d'une femme opérée
28 ans auparavant de tumeur du sein et ont trouvé comme
cause de la mort une petite tumeur néoplasique au niveau
de la coucha optique. La tumeur occasionna des phéno¬
mènes cérébraux vagues, puis un ictus avec coma suivi de
mort. La mort paraît déterminée par l’intoxication de la
substance cérébrale plutôt que par la localisation de la
tumeur.
Séance du 20 juillet.
Traitement des spasmes et tics par injection d'alcool sur les
troncs nerveux.
MM. Brissaup, Sicard et Tanon ont présenté des malades
guéris d'un hémispasme facial rebelle par alcoolisation
locale du tronc du facial à la sortie du trou stylomasto'idien.
Ils ont appliqué ce même traitement aux tics du visage et
au torticolis sans obtenir des guérisons durables, le tic a
réapparu dans d’autres groupes musculaires. En clinique
comme en thérapeutique, il faut donc différencier tic et
spasme.
Accidents infectieux suivis de mort chez une morphinomane
Aiguille trouvée dans la cl dson auriculo-ventriculaire du cœur.
MM. Reno.n et Tixier ont présenté le cœur d’une morphi¬
nomane morte de septicémie et d’endocardite droite maligne.
Dans la cloison auriculoventriculaire droite se trouva implan¬
tée une aiguille. Cette aiguille provoqua d’abord une péri¬
cardite hémorrhagique. Une plaie septique d’une articula¬
tion métatarsophalangienne entraîna une septicémie avec
endocardite maligne localisée exclusivement au cœur droit et
au niveau de l’implantation do l’aiguille.
Le corps étranger fut donc une cause occasionnelle, un lieu
d'appel pour les microbes circulant dans le sang. Cet
exemple clinique se rapproche de l'endocardite maligne
expérimentale.
Transmission des maladies infectieuses par les animaux
d'appartement.
MM. Remi.inger et Osmann Nouri ont observé ce mode de
contagion. Une jeune fille de seize ans contracta une scarla¬
tine et resta soigneusement isolée do toute la famille. Cela
n’a pas empêché sa sœur cadette de contracter, douze jours
470
LE PROGRÈS MEDICAL
après son retour des vacances et malgré les précautions les
plus minutieuses une scarlatine d’intensité moyenne, qui
guérit très bien. Vu les mesures prophylactiques en tout
point irréprochables (isolement dans pavillon spécial ; per¬
sonnel, linge, etc., spéciaux) et vu que la sœur cadette n'a¬
vait pas séjourné au lieu d'origine de contagion, il faut in¬
criminer comme véhicule du contage, le chat de la maison,
qu’on avait oublié de comprendre dans les mesures d’isole¬
ment.
Anémie pernicieuse à rémission.
MM. Enriquez, Clerc et Uathery ont soigné un jeune
homme chez lequel se développa une anémie intense et pro¬
gressive, qui après une rémission à la suite du traitement
(repos, cacodylate de manganèse, moelle osseuse I se ter¬
mina par la mort. La réaction myélo'ide du sang fut incons¬
tante et très atténuée. A l’aulopsie on trouve néanmoins
une moelle en activité marquée, une sclérose difiuse de la
rate et une dégénérescence graisseuse du foie, ('.'était donc
une anémie dite plastique.
Cirrhose hypertrophique syphilitique avec insuffisance hépa¬
tique améliorée par le traitement mercuriel. Tachycardie
paroxystique.
MM. Lortat-Jacob, Laignel-Lavastine et Thaon ont sou¬
mis une malade qui présenta tous les signes d’une insufli-
sance hépatique grave : prostration, délire, hémorrhagies
multiples, albuminurie, au traitement spécifique et ont ob¬
tenu assez rapidement la guérison de cet état voisin de l’ic¬
tère grave. Le foie était gros et dur, la rate volumineuse et
il existait en même temps une aortite chronique avec crise
de tachycardie. Comme signe indiscutable de syphilis il n’y
avait rien, comme signe de présomption on, considéra la
longue évolution de la cirrhose et la mortalité élevée des
enfants delà malade (Il sur 13 morts en bas âge).
Les auteurs ont fait seize piqûres de calomel de 0,05 cha¬
cune. La cirrhose s'améliora et le foie diminua de volume.
Les crises de tachycardie étaient probablement dues à l’ir¬
ritation sympathique périaorlique, et tous les accidents pa¬
raissent bien liés à l’infection syphilitique, hypothèse, qui
s’autorise des bons effets du traitement mercuriel.
Infection anaérobique du sang dans Tocclusion
in testinale.
MM. Ro3er et Garnier ont pris du sang à un homme
atteint d’occlusion intestinale néoplasique avant l'établisse¬
ment d’un anus artificiel et ont trouvé dans ce sang le ba¬
cille anaérobie qu’ils ont décrit dans l’occlusion intestinale
expérimentale. L’anus une fois établi, le bacille disparut du
sang.
M. Ferrier 'Val-de-Gràcc) communique ses observations
de maladie de Friedrich avec ptosis et disparition des
réflexes rotuliens et achilléens. Friedei..
THÉRAPEÜTKJUE
Le problème de la médication phosphorée rationnelle n’a été
résolu que parla découverte delà phytine.
La phytine est le seul principe phospho-organique naturel
permettant l’administration de doses réellement actives de
phosphore assimilable.
Formes pharmaceutiques : Cachets, granulé, comprimés et
gélules.
Faculté de médecine de lyon. — M. le docteur Lortet, pro¬
fesseur d’histoire naturelle inédicale.esi misa la retraite et nommé
professeur honoraire.
M. le docteur Monoyer, professeur de pliysique medicale, est
misa la retraite et nommé professeur honoraire.
LA VALÉROBROMINE LEGRAND
est plus active que les bromures et les valé-
rianates.
REVUE D’OI^HTALMOLOGIE
Rédacteur spécial: M. le D' POULAUI).
Vil. — Amblyopie par l'alcool et par le tabac à Cuba ; par Ir ir
C.-F. FiNi.AY. (Havana, Archives of opht., May 1900, p. îtl.,
C’est une étude très consciencieuse et très soigneusement
faite de 02 cas d’amblyopie alcoolique et tabagique.
Voici le résumé des constatations ou conclusions qui en ré¬
sultent :
Etiologie : Race : L’amblyopie atteint avec prédilection les
blancs, et l’immunité accordée aux Espagnols n’existe pas.
Sexe : La grande majorité des cas se rencontre chez les mâles,
ce qui s’explique par la différence des habitudes. 85 hommes
pour? femmes. Âge : Maximum de fréquence entre 30 etâü
ans, mais surtout entre 30 et 40. Nature du poison. Diasi
cas, amblyopie alcoolique seule ; dans 31 cas amblyopie ta¬
bagique seule ; dans 5G cas intoxication mixte par le tabac et
l’alcool.
Symptômes : Ce sont les symptômes habituels, diminution
de l’acuité visuelle, scotome central d'abord pour le rouge et
le vert, puis pour le blanc ; les signes ophtalmoscopiques,
quand ils existent, sont delà pâleur de la moitié temporale
de la pupille dans les cas avancés qui conduisent à une atro¬
phie partielle.
Marche : Il faut diviser les cas en aigus, dans lesquelsla
perte de lax'ue survient rapidement ; et en c/uvi/n'iyucs, à évo¬
lution plus lente ; les deux formes peuvent conduire aune
atrophie partielle ou totale du nerf optique.
Traitement : Abstention totale d'alcool et de tabac ; admi¬
nistration, à l'intérieur, d’iodure depotassiumet de strychnine.
Résultats : Sur 45 cas qui ont pu être suivis, 25 ont donné
un bon résultat, c’est-à-dire qu’ils ont amené une améliora¬
tion marquée dans l’acuité visuelle. 10 ont eu un résultat ;
modéré ; l'acuité visuelle n’a présenté qu’une amélioration ,
légère ou nulle, mais la diminution de la vue ne s’est pas '
accentuée. Dans 4 cas, le résultat a été mauvais, l’acuité 'ri-
suelle a continué à diminuer en dépit du traitement. ,
VIII. — Cécité pan suite de la pénétration d un ppajectile dans ,
l'orbite; par E. S ETTLEsniP .{Ophtal. Society qf the UniUd-hai-
dom.Arch. of. og'.t., janvier 1901. (
L’A. donne G observations dans lesquelles la vue d'un on
des deux yeux a été perdue ou diminuée par le passage d un
projectile dans l’orbite sans toucher le globe oculaire.*^
blessures indirectes du globe oculaire s’accompagnent df»-
morragies dans le vitré, des ruptures de la choroïde, desci-
sudations choro'ido-rétiniennes et des modifications delà
pille sans affaissement du globe ou autre signe de p'P*? j
Gohn, après examen d'un œil ainsi traumatisé, admit qu»
contusion qui atteint seulement la surface externcdela
rotique peut amener de semblables lésions dans les menin
nés sous-jacentes.
M. Nettleship pense que ces lésions indirectes
pliquer parla force du projectile transformée * jc-
irradiantes des tissus et agissant « comme des projectif
condaires».
11 a répété les expériences de Coler et Stevenson. jffs
métalliques cylindriques, remplis les uns d’air. jji^.
d’eau, tous sans couvercle, sont percés par des pro¬
bes vases remplis d’air sont traversés par ■
duire beaucoup d’effet sur les parties avoisinant
mais les vases remplis' d’eau présentent autour du P
pénétration des altérations marquées qui sont dues
bradons du liijuide.
IX. — Influence de l'œil sur le développement de
énucléation expérimentale d'un œil chez de jeunes J,
parleD'W. Ernest Tim.MSO.v. [Opli. .Soc. of. the '''
Arch. of ophtalm. Janv. 1901.) i
Des lapins ont été énucléésau '20‘'jour après leur na^ ^
et conservés pendant une période variant de G ^
Les orbites furent examinées et l’on trouva une di"
très marquée entre le côté normal et le côté énuci .
LE PROGRÈS MÉDICAL
471
minotion de l'orbite du côté énucléé porte sur toutes les di-
îneBsions de cette cavité.
y — Autopsie d'un cas d'anophtal>nie congénitale ; par le l)' C.
Zi-MMERJiANX. [Avch. of O/j/itatmo/og'j', janvier 1901.)
Cette autopsie futfaitesur un homme de 39 ans mort d’une
fracture du crâne. Le crâne est asymétrique. Le rocher du
(ÿté gauche n'a que les deux tiers du rocher droit. Apophy¬
ses clinoides antérieures absentes, les postérieures sont peu
développées et celles de gauche plus petites que celles de
droite. Le nerf olfactif et son bulbe manque complètement à
gauche ; le droit est normal. Le nerf optique gauche a en vo¬
lume le cinquième du droit qui est normal. Le tractus opti¬
que droit est plus petit de IjO que le tractus optique gauche.
L'oculo-moteur gauche est moitié plus petit que le droit et
présente une courbure très accusée en avant et en arrière.
Les autres nerfs semblent normaux. L’artère vertébrale droite
manque. A l’extrémité du nerf optique gauche se trouvait une
petite masse de tissu fibreux, ressemblant au tissu scléroti-
cal, ayant les dimensions d’un pois, et qui montrait dans son
intérieur une petite quantité de pigment noir. Ces faits enga¬
gent à admettre que ce cas est un e.xemple de processus des¬
tructif du globe oculaire, survenu à une période assez avan¬
cée de la vie fœtale ; mais la cause en est inconnue L’examen
microscopique n’aurait pu être faiten çaisond’altérationssu-
biesparla pièce anatomique dans les liquides conservateurs.
La diminution de volume du tractus optique droit permet
de tirer des conclusions faciles sur la décussation des fibres
optiques. ’
XI. — Deux cas d ossification de lachoro'i'de; parDavid Webster.
(New-York. Arch. o/ o^/;., janvier 1901.)
1" cas : 11 s’agit d’un malade de 18 ans dont l’œil droit
s’était atrophié depuis 15 ans à la suite d’un traumatisme. Les
troubles constatés dans l’œil sain consistaient en une hémi¬
anopsie temporale, mais le champ de vision s’étendait un peu
sur le quadrant inféro-externe du champ visuel. V = i.’0 20.
L'énucléation fut faite et prévint les accidents sympathiques
quipraiedt pu survenir. Car rien ne prouve (jue ces modi¬
fications du champ visuel soient dues à l’action sympathique
fie l’œil gauche atrophié et ossifié. Cela peut être autant et
mieux l’effet d'une embolie dans un vaisseau rétinien, dans
lecunéus ou dans un autre point des voies optiques.
■-'cas:.4.uboutde ■20ans,l'œil droit atrophié et ossifié amena
lies symptpnaes « d’«irrilation sympathique » : larmoiement
matin au réveil, sensibilité à la lumière, fatigue au travail
mouxde tête. V =c-20C5. L’énucléation fit disparaître sous
**ssyniptômes. ^
XII. -_ Pigmentation par l'aniline de la cornée et de la conjono-
*'ve; parle U- H. Tyson. [Tne .V. Y.Acad.,of medecine. Arck.
oj opht., janvier 1901)
Cet accident survint chez un enfant de 5 ans, qui avait frotté
pointe d'un crayon d’aniline sur le côté interne de sa pau-
^fe inferieure. Heureux de l’aspect que prenait son œil, il
*1 plusieurs fois la même manœuvre,
tau** oculaires furent très graves ; outre la pigmen-
UTit” conjonctive et de la co'rnée, il y eut une conjonc-
{jjg ® ®9Centuée avec tuméfaction des paupières, de la kéra-
^ypopion, et un staphylome cornéen.
U 1-® traitement du trachome par expression ; par D'
hiol )**'*'*'■ of Médecine. Arch. oJ opht., janvier
’'®®timer ainsi les conclusions, qui portent sur lOG !
)„ faites pour trachome.
séçj naéthodes mécaniques qui ont été préconi-
tasan trachome, l' expression est,dansles
meilleur remède découvert jusqu’ici. Dans
On proportion des cas, il amène une guérison plus
meiliej*® ‘^ttiplète avec une préservation de la conjonctive
«rite toute autre méthode antérieurement dé-
^'totraii tous les cas, la faire suivre
*il (Ijgpg ®®ct local jusqu’à ce que la tendance à la rechute
succès de la méthode dépend de l'enlève-
*«5,83 “^Içncieuxde fautes les granulations trachomateu-
Oïl de la conjonctive ; 4® Cependant, il survient
*ûO!ns de récidives.
[ XIV. — Anévrysme artérioso-veineux de la rétine ; par le D'
Seydel. {Arch. of opht.. mai 1901, p. 260.)
11 s’agit d’une anomalie congénitale qui futaccidentellemcn t
découverte chez un jeune homme de 18 ans, qui se plaignait
defaiblesse de la vue dans l’œil droit. OD : Astigmatisme
hyperopique de 2/3 D oblique ; après correction V = G/15.0G :
V. (avec + 2,5)= G/9. G est l’œil atteint d’anévrysme. Le
champ visuel est normal, la réaction pupillaire bonne, les mi¬
lieux clairs.
Ë.ramen ophtnlmoscopique. Le fond d’œil est normal à l’ex¬
ception d’une anomalie très accentuée des vaisseaux tempo¬
raux supérieurs. Sur le disque, près l’un de l’autre se voient
deux vaisseaux, celui du côté nasal ayant 4 à 5 fois son dia¬
mètre normal, une couleur sombre et une réflexion man¬
quant de netteté, tandis que celui du cité temporal est un
peu plus petit, plus clair, et d'une réflexion plus brillante.Lc
premier vaisseau en décrivant des courbes serpentines, se
porte d’abord en haut, puis du côté temporal, après avoir
croisé le second vaisseau , et finalement en bas. C’est alors
qu'il pénètre brusquement dans l’autre vaisseau après l’avoir
une fois encore croisé. Le second vaisseau, siégeant du côté
temporal, montre près de son point de départ quelques dila¬
tations anévrysmales et des rétrécissements de son calibre,
puis il monte plus rectiligne pour redevenir à nouveau tor
tueux dans son trajet latéral. Dans un de ces détours, ilcroisc
le premier vaisseau et là le pénètre; il devient alors plus étroit
et se divise en deux petites branches, qui vont l’une du côté
temporal l’autre directement en bas. La branche inférieure
s’enroule autour d’un vaisseau horizontal, forme une cir¬
convolution et pénètre dans le vaisseau. L’aspect de ces deux
troncs principaux, mais surtout les caractères des branches
secondaires qui en naissent, permettent d’affirmer que le
tronc vasculaire nasal est la veine centrale supérieure, et le
tronc vasculaire temporal l’artère temporale supériaure.
XV. — Traitement opthoptique du strabisme convergent des
jeunes enfants ;pap M. t: WoRïii. Ophtalmological society of the
United Kingdom, y.\n\ iev i901. -trc/i. of. opht. )
Environ 30 % des enfants atteints de strabisme conver¬
gent sont guéris par le port constant des verres correcteurs.
Ceux auxquels ce traitenqent ne réussit pas sont souvent
laissés sans traitement jusqu’à l'âge de 7 ou 8 ans, époque où
on les opère. Mais alors, un bien petit nombre de ces en¬
fants pourront reprendre la vision binoculaire trop longtemps
abandonnée.
11 ne faut pas laisser ainsi les enfants perdre toute chance de
retour à la Vision binoculaire. 11 faut les exercer à la vision
binoculaire. A cet effet.l’auteur indique le stéréoscope, un sté¬
réoscope ingénieux qu’il a construit lui-même, et qui présente
certains avantages qui lui sont propres : 1" 11 s’adapte à un
strabisme de quelque degréou direction qu’ilsoit, y compris
même les cas dans lesquels le globe oculaire a subi un mou¬
vement de rotation autour d'un axe antéro-postérieur. 2o Les
deux images correspondant à chacun des yeux peuvent s’éclai¬
rer inégalement, ce qui permet, par un éclairage plus in¬
tense de vaincre la diminution de vision de l’œil dévié.
XVI. _ De la syphilis oculaire; par M. te Docleur G. L.vv.niNv.i,
directeur de riiislitul ophlalmique Principessa Alice de Mona¬
co. (BoUetino d'occutistica, 15 janvier l'):'2.)
L’auteur a recherché de parti pris la syphilis chez2.355 indi¬
vidus qui se sont présentés à la clinique du 1"' décembre 1805
au30 octobre 18%, et il a trouvé la syphilis acquise dans les
proportions suivantes :
Episclérite : 2 cassur G. Iritis et irido-cyclite : 12 cas sur 4.
Hyalite : un cas était syphilitique. Ghoro’idite et rétinitc
8 fois sur 35 syphilitiques, 5 cas sur 12. Atrophie du nerf
optique ; G cas sur 11. Paralysie oculo-motrice : 8 cas sur
un total de 22. Voici le relevé des cas de syphilis héréditaire.
Conjonctivite phlycténulaire : dans 34 cas sur 192. les mala¬
des présentaient les signes de la syphilis héréditaire, kératite
parenchymateuse : 28 fois chez des enfants ayant moins de
15 ans : kérato-conjonctivite staphylomes cornéens, leucomes
avec ou sons adhérence : 112 sur 607 cas. Rétino-choroi'dite :
3 foissur 35 cas. Cela fait donc, au total : 44 cas de syphilis
LE PROGRÈS MÉDICAL
1
acquise, 168 cas de syphilis héréditaire, Soit un total de 213cas
de syphilis sur 2. '205 malades s’étant présentés à la clinique.
Dans tous les cas de syphilis acquise, le diagnostic a été éta ■
bli sur l’interrogatoire, et les résultats du traitement. Dans
la recherche de la syphilis héréditaire, r.\ ne s'est pas con¬
tenté de l’étude de la deformation dentaire de llutchinson,
mais il s’est basé surtout sur la dépression du dos et du nez,
sur les affections de l’oreille, les cicatrices des rhagades, les
commémoratifs fournis parles parents, etc. Ces recherches
lui ont permis de constater que la plus grande partie de ces
affections oculaires, qui passent pour lymphatiques, ne sont
<jne le résultat de l'affaiblissement déterminé par la syphilis
héréditaire.
XVII. — Un cas de kératite interstitielle arrêtée par une atta¬
que de rougeole ; par Ilerberl IlMti.vü (Ballimore. of.
npht., janvier 1901.)
Ce qui présente le plus d’intérêt dans cette observation,
c'est la rapidité vraiment anormale avec laquelle une cornée
complètement vascularisée et opaque retrouva sa transpa¬
rence presque complète, à la suite d’une éruption de rou¬
geole. Cette transformation se fit en 3 jours.
XVIII. — Ulcère rongeant de la cornée ; par le Prof. Scumuit.
lliMPLEn.'GQetlingen, Arcli. of. Ophtalmologf, mars 1901.)
Sur les instances d’un de ses malades, l’A a fait une énucléa¬
tion pour ulcère rongeant. Cette variété d'ulcère cornéenà des
caractères cliniques assez particuliers pour lui mériter une
place indépendante. 11 commence par une ulcération longue,
mais étroite, le long du rebord cornéen. Celle-ci s’avance peu
à peu le long du bord cornéen.sans se creuser,en même temps
qu elle se porte vers le centre de la cornée. Le rebord qui re¬
garde le centre de la cornée est de douleur légèrement grise,
et est toujours creusé en dessous, l'épithélium étant suré¬
levé. La partie centrale de la cornée non intéressée par l’ul¬
cère est souvent un peu nuageuse, et près de l’ulcère il peut
y avoir des infiltrations. A mesure que l’ulcère s'étend vers
le centre de la cornée, des vaisseaux parallèles nombreux vont
de la périphérie à la base de l'ulcère, et plus tard, les vais¬
seaux, continuant à se développer, la portion périphérique
del’ulcèrcesttransfcNPmée en une cicatrice vasculaire blanchâ¬
tre, tandis que l'ulcère continue à s’étendre vers le centre de la
cornée. Quelquefois le processus' peut s'arrêter, mais plus
tard l’ulcération s’étend de nouveau, chaque recrudescence
étant accompagnée de douleur vive. En règle générale, la cor¬
née entière devient leucomateuse. Dans quelques cas cepen¬
dant, l’ulcère s'arrête et ne laisse après lui qu’un leucome
partiel, principalement périphérique. U faut différencier cet
ulcus roiens de l'ulc as serpens qui, d'ordinaire se localise
primitivement au centre de la cornée pour s’étendre ensuite
vers la périphérie, qui a une tendance à la perforation et s’ac¬
compagne toujours d’hypopion quand il est un peu étendu,
des ulcères vaginaux peu profonds des vieillards qui n’ont
pas le rebord creusé en-dessous des ulcères rongeants, sont
plus transparents et ne présentent pas une zone de séparation
à la périphérie, tandis que la partie centrale s’étend; enfin
d'une forme particulière d'ulcère marginal que l'auteur, dans
son traité, désigne sous le nom de kératite chronique péri¬
phérique en sillon (surrow keratitis).
Dans cette affection, une portion variable de la périphérie
de la cornée présente une zone d'environ 1 mm de large qui
est une légère opacité grise ( ressemblant assez au gerontoxon);
cette opacité est limitée du côté du centre par un sillon pro¬
fond et transparent. Des vaisseaux disséminés atteignent l’opa¬
cité marginale,et dans une étendue l'ulcère en sillon ; en règle
générale,iln’y ani douleur ni signes d'irritation dans quelques
cas cependant, il y a inflammation périodique. Cet état peut
durerdes années et rester limité à une portion delà cornée.
Jamaisil n’y a progression vers le centre comme dans l’ulcère
rongeant.
L'examen anatomique des lésions cornéennes et l'examen
bactériologique ont été faits sans éclaircir l'étiologie de cette
affection .
).,’cxamen bactériologique, positif dans certains cas.n'a rien
montré de spécial. Pendant le traitement du malade à la cli¬
nique, des particules provenant du grattage du fond et des
bords de l’ulcère ont été plusieurs fois examinées au micros¬
cope, mais toujours avec des résultats négatifs.
Avant l’énucléation, le globe oculaire fut lavé, et des par¬
celles du bord de l’ulcère et un morceau de cornée furenî
ensemencés sur agar et gélatine. Dans une préparation du
raclage de l'ulcère, une longue recherche fit voir quelques
cocci. Dans les tubes ensemencés avec la sécrétion, on obtint
une culture typique de staphylocoque pyogenes aureus. Le
tube ensemencé avec un morceau de cornée resta stérile.
L’étiologie, après ce cas comme avant, reste donc incer¬
taine. Suivent des hypothèses intéressantes, mais sans valeur.
XIX. — Contribution clinique à l'étude du nvstagmus
unilatéral ; par OIto Neust.vttku. (.-i rc/i. of. Ofht., mars 1901.)
Le nystagmus unilatéral est chose rare, et il se piésente
presque toujours dans le même type vertical .
L’auteur en a rencontré successivement quatre cas revêtant
quatre types différents : vertical, horizontal, rotatoire et diago¬
nal. 11 donne quelques explications sur la nature de cetteat-
feclion. Dans trois des ca-î observés par lui, il fait une consta¬
tation qui n’est d’ailleurs pas nouvelle et qui permet d’éclair¬
cir un peu la nature du nystagmus unilatéral .
G est le transfert momentané du nystagmus d’un œil à un
autre. Cela semble démontrer qu’il faut considérer en général
le nystagmus unilatéral comme un simple nystagmus bila¬
téral transformé.
Si on accepte celte idée, tous les symptômes sont facilement
expliqués, même le transfert d’un œil à l’autre, chose à la¬
quelle, en raison de l’étroite connexion des centres, nous de¬
vions nous attendre. Pour comprendre ces faits, il suffit
en effet d’admettre un obstacle, ou une interruption de
conduction qui rend ce transfert d'un œil à l'autre tantôt
possible, tantôt impossible.
La localisation de cette interruption doit se trouver exacte¬
ment sur la ligne médiane, car en ce point seulement ou
dans son voisinage un arrêt de conduction peut intéresser tout
le système d’association entre les noyaux oculomoteurs.
XX. — Modifications du fond de l'œil chez les femmes grossss
etiesfemmes en couches; par D' Bruno Bosse, assist. d’olisl.
à Kæmgshcrg.iArchiv. of. opht. mai 1901, ]).27.’).)
L'examen a porté sur 124 femmes gravides. Chez un grand
nombre de femmes enceintes, il y a des modifications dans le
fond d œil, localisées au disque optique et consistant en un
aspect nébuleux et un gonflement dû à la stase veineuse et a
la transsudalion. Ces modifications nerveuses n’amènent au¬
cun trouble fonctionnel qui puisse être reconnu par les
moyens d'exploration subjective. Elles disparaissent sans
laisser de traces .
MÉDECINI’^l'PtÂTlQUE
Les modifications chimiques du lait de femme sous
l’influence de l’extrait de graines de cotonnier.
.M. Gilbert a fait, à la séance du 20 mars 190li,unrapportaUf
une note manuscrite que M. le D'' Barlerin, de Paris, av
présentée à l’Académie de Médecine. . _
Yu son extrême importance, nous le reproduirons i«
s(>, d’après le Bulletin delà savante compagnie. .
M. Barlerin a voulu compléter par des recherches
ques les faits cliniques signalés l’an dernier par M. D
grnnd à la Société d’obstétrique, de gynécologie et de
nnicr
11 a donc administré de l’extrait de graines
à un certain nombre de femmes fréquentant la consn
du Dispensaire de Belleville, lesquelles étaient sur K P ^
de cesser d'allaiter leurs enfants, leur lait étant insunis
la fois comme quantité et comme qualité. hsen*'
Il résulte des observations relatées dans ce travail, o
lions corroborées par 58 analyses de lait, que, chez tou^
femmes, au bout d’un laps de temps variant de jgieX'
jours, M. Barlerin a constaté, à la suite de
trait de graines de cotonnier, une amélioration de wq
du lait.
LE PROGRÈS MÉDICAL
413
Celle amélioration a porte principalement sur le taux des
matières grasses et des matières albuminoïdes ;la proportion
de beurre contenue dans le lait a augmenté en moyenne de
18 grammes par litre, soit 50 p. 100 de la quantité préexistan¬
te avant l’expérience.
Pour la caséine, cette- augmentation de poids a varié de .l à
-grammes en moyenne, soit également un accroissement de
48 p. ioO, comparativement au poids de caséine existant an¬
térieurement.
11 semble donc résulter de ces expériences qu’en faisant
prendre, aux femmes qui allaitent, de l'extrait de graines de
œtonnier, en petite quantité.on peut augmenter d’une façon
assez considérable les quantités de beurre et de caséine conte¬
nues dans leur lait.
I.es conséquences de cette constatation sont des plus impor¬
tantes. Les médecins sont tous d accord, aujourd’hui pour
affirmer que l’allaitement artificiel est une des causes de la
mortalité infantile considérable qui sévit en France, et no-
tamment dans certaines grandes villes. S’il est vrai, comme
l’a dit M. le D'’ Budin , que la meilleure Goutte de lait est celle
que l’enfant trouve au sein de sa mère, encore est-il néces¬
saire que le lait de la mère soit suffisant pour nourrir l'en¬
fant; l’extrait de graines de cotonnier semble donc pouvoir
rendre possible, dans la plupart des cas, cette forme naturelle
de l’allaitement que les circonstances sociales entravent
malheureusement si souvent.
Par contre, il ne faut pas oublier que si le lait pauvre en
beurre et en caséine est un danger pour l’enfant qui n’y trouve
pas une nourriture suffisante, le lait trop riche en caséine
et surtout en matières grasses est également un danger non
moins grave pour l'enfant, car il peut provoquer l’embarras
gastrique et intestinal avec ses conséquences.
L’extrait de cotonnier est un agent qui paraît actif, et qui,
iwr conséquent, ne doit pas être employé sans guide et sans
méthode ; le médecin devra toujours surveiller ses effets, et
par la pesée et l'examen répété de l'enfant, graduer ou même
interrompre son usage lorsque l’effet salutaire aura été pro¬
duit.
Quoi qu'il en soit, le travail de M. Barlerin m’a semblé in¬
téressant. et je propose de le renvoyer à la commission com¬
pétente. (Commission de l'hygiène de l'enfance.)
llest universellement reconnu aujourd’hui que la meil¬
leure goutte de lait pour le nourrisson est celle que luijdonne
•a mèie. Le lait maternel seul permet aux bébés d’éviter les
romplications digestives, si graves à cet âge.
Malheureusement, si presque toutes les femmes peuvent
nourrir, il yen a qui n’ont pas la quantité suffisante de lait
0“ un lait inférieur en qualité. Dans ces cas on est obligé d’ai-
uera la sécrétion lactée, de la renforcer. Beaucoup de moyens
préconisés dans ce but, aucun n’a tenu ses promes-
, y meilleurs résultats ont été obtenus avec l’extrait de grai-
u*V “Bonnier, comme il ressort do la communication de
■ Barlerin et des observations d’autres médeains. Jusqu’à ce
les moyens préconisés n'avaient donné que des ré-
. wts nuis ou insignifiants. Les expériences faites avec le
tjt (extrait de graines de cotonnier) ont permis de cons-
<nu efficacité non douteuse et ont donné parfois des ré-
remarquables.
S*;LL U I)U SERVICE UE .S.INTÉ COl.ONIAI, DR My
dascrv' rnédeein principal de R» classe Clarac. directeur
Bomjjé'y “e santé du corps d’armée des troupes coloniales, a été
•roonoo de l’Ecole d’application du service do santé des
Ont créée è Marseille.
'■ M yi'f ?e®uiés professeurs à ladite Ecole : Clinique interne
M. uaédecin-major de R' classe. Clinique externe, —
^■Rieoli ’ “p'iccin-major de R» classe, .inatomii chirurgicale.
^.®uud m classe. Bactériologie. — M.
P'’*ucii>al de 2'classe. jyeïdrci/ir légale et a lmi-
pp^’. Reboul, médecin-major de R^' classe. Chimie,
Les n.'^*'®“^>Pharniacien-major de '1‘ classe.
rs de l’Ecole commenceront le R' février 1907.
exercice de médecine et de pharmacie d’ai.-
* '."‘'lue suppléant des chaires de pathologie et de
an qi ®^'’‘cale, est prorogé dans ses fonctions, du 18 fé-
" octobre 11107.
BIBLIOGRAPHIE
Des centres nerveux autonomes de l’utérus ; par le
Prof. J. La Top RE. (.Académie royale de médecine de Borne,
24 juin 1901). I
Après avoir examiné avec diligence l'état actuel de la ques¬
tion sur la quelle les opinions sont des plus contradictoires,
l’auteur résuriie ainsi ses études :
J’ai pratiqué mes recherches sur les nerfs de l’utérus dans
l’Institut d'histologie du Prof. Maguin,enemployantla dernière
méthode de Ramon y Cajal.
Jedois dire que nous ne sommes que deux jusqu’à présent,
que je sache, qui nous servons de telle méthode : mon
ami le 1)' K.eifrer,de Bruxelles, et moi, travaillant en même
temps, et sans que l'un sache de l’autre.
Il y a quelques semaines seulement que, lui ayant demande
des nouvelles bibliographique.? d’un ouvrage qu’il avait
publié en 19Ü0, nouvelles qui devaient me servir pour mon
étude sur les nerfs de l’utérus, M.Iveifrer, en me répondant,
m’apprit que, lui aussi, était en train de faire les mêmes re¬
cherches avec la méthode Ramon, et qu’il avait trouvé les
ganglions.
J’ai vu, en effet, dans un des derniers numéros de la Semahie
médicale que M. Keiffer a communiqué à l'Académie mé¬
dicale de Belgique le résultat de ses recherches, qui l’ont con¬
duit, lui aussi, à la découverte des ganglions le long du cours
des nerfs de 1 utérus.
Moi aussi, j’ai trouvé des ganglions nerveux dans la muscu¬
lature de l’utérus, qui constituent, ainsi que je l’ai dit, çies
vrais centres nerveux qui expliquent parfaitement l’autono¬
mie fonctionnelle de l’organe de la gestation, autonomie que
l’on a bien des fois sentie et admise, mais jamais encore dé¬
montrée. Donc, M. Keiffer et moi, nous avons trouvé les
ganglions nerveux intra-utérins qui proviennent du grand
sympathique."
Mais tandis que M. Keiffer a étudié le développement du
système nerveux de l’utérus humain, commençant par les
embryons de trois mois, et s’arrêtant aux fœtus de deux mois
de vie extra-utérine, moi, au contraire j’ai fait mes recherches
précisément sur l’utérus adulte d’une chienne accouchée.
Je puis affirmer donc que nos recherches, faites indépen¬
damment et à l’insu l’un de l’autre, se confirment et se com¬
plètent réciproquement. 11 me plaît, en outre, de dire que,
dans ce genre de recherches, qui ne se font pas dans une se¬
maine, mais pour lesquelles il est nécessaire d’étudier pen¬
dant plusieurs mois, qui sont entourées d'énormes difficul¬
tés techniques, etc., quelques jours de différence entre une
publication et l’autre ne constituent certainement pas un
titre de priorité ou non.
Dans la publication in exleiuo de mon ouvrage,je dirai tout
ce qui concerne la méthode, la technique, les difficultés, et
comment se réglérpour les surmonter, et je compléterai la
partie analytique sur le cours, la distribution et la terminai¬
son des nerfs dans l’utérus. Je présente aujourd’hui, en atten¬
dant, des figures de ganglions et de cellules nerveuses qui y
sont contenues, figures qui donnent aussi une idée de la con¬
figuration des nerfs, ganglions, cellules et nerfs qui n’ont
encore jamais été décrits.
Je dirai enfin que l’utérus est plein deganglions et de nerfs
qui courenten tous les sons. Les ganglions se trouvent soit
sous la tunique séreuse péritonéale, aussi bien qu’entre les
muscles, et ils sont si nombreux que dans un champ micros¬
copique d un agrandissement de tOO diamètres environ, on
trouve jusque à 5 ganglions. Les nerfs courent tantôt très vo¬
lumineux, tantôt petits entre les masses musculaires, et ils
sont en très grand nombre dans le champ vasculaire. Selon
ce que j’ai pu observer jusqu à présent, les grands ganglions
se trouvent dans la zone sous-séreuse, ainsi qu’on les voit
dansles figures que jeprésente.
Je présente en outre des figures de M. Rein, M. Thivio et de
M. Keiffer (1900) pour qu’on puisse faire des comparaisons
entre les images de ce que I on croyait auparavant sur les
nerfs intraiitérins, et ce que l’on doit croire aujourd’hui. La
474
LE PROGRÈS MÉDICAL
différence entre les études précédentes et les miennes mepor-
tent à la conclusion que l'anatomie des nerfs de l’utérus est
à refaire, étant nécessaire, pour telle étude, de se baser sur la
découverte que nous avons faite, M. Keiffer et moi.
Pensée inconsciente et vision de la pensée ; par le pro¬
fesseur D'’ Ai.b. A0.A.MKIEWICZ, traduit de l’allemand par la
BARONNE Henri de Rothschild (1vol. in-8, de 9S pages, chez
Rousset, 1, rue Casimir-Delavigne, Paris 1906. )
La baronne Henri de Rotchschüda le grand mérite d’offrir
une traduction parfaite, quant au fond et à la forme, d'un
ouvrage philosophique, et par conséquent abstrait et difficile
à faire passer, de l’allemand obscur, en français limpide.
L’ouvragelui-mème traited’une thèse déjà connue ; l'origine
cérébrale de la conscience et de la pensée inconsciente.
Oa'est-ce qui constitue le fond de l’insconscient et que nous
apprend-il Son sujet : son objet. Mécanisme des apparitions
« spiritiques » : évocation des morts ; mécanisme de la pro¬
phétie ; puissance créatrice de « l’inconscient » ; reproduc¬
tion du moi ; influence de l’inconscient sur la conscience ;
effet rétroactif delà connaissance de l’inconscient sur la phy¬
siologie, la pathologie et la pychologie de la vie psychique.
Autant de problèmes fort captivants qu’il est sans doute plus
alléchant d étudier dans cette traduction que dans le texte
original, en raison du texte admirable de clarlé qu’offre au
public français la baronne Henri de Rotchschild. Donc, tous
nos sincères compliments. P. G.
Le voisinage du chien : ses dangers ; par le D'' Couppé
DE Lahongrais (Paris, Micbalon, 19ÜG )
Après avoir essayé de fixer la physiologie du chien à travers
les âges, l'auteur groupe en deux chapitres, les différentes
maladies dont le chien peut être atteint : les parasites, et les
maladies proprement dites. Les tænias seraient très fréquents
chez le chien, qu’il s'agisse du dipylidiiim caninum ou du
tœnia nana. L'umf du dipylidium caninum esLfréquemment
transmis par le pou ou la puce du chien; aussi convient- il de
l’en préserver, ce qui s’obtiendrait en mêlant des feuilles de
noyer à la litière, en remplaçant la paille par du chiendent,
en frictionnant l’animal avec du tabac en poudre, ou en fai¬
sant les niches dans de vieux fûts de pétrole. De même la tei¬
gne, la gale, nous sont transmis par le chien. Le chapitre
réservé aux maladies proprement dites débute par la rage ;
l'auteur en recherche les éléments de diagnostic, qu’il fixe
très heureusement. L’échinococcose sévit souvent parmi les
chiens, qui la transmettent à l’homme; enfin la tuberculose le
frappe également en dépit de l’erreur commune qui le dé¬
clarait réfractaire à cette maladie. Cet ouvrage est une con¬
tribution intéressante à l'œuvre de prophylaxie individuelle.
CORRESPONDANCE
Royan : son état sanitaire.
De notre correspondant spécial ;
' Une épidémie de suette miliaire compliquée de fièvre
typho'ide en Saintonge ayant été signalée, le ministère del’in-
térieur délégua Monsieur le professeur Ghantemesse pour se
rendre dans les localités infestées. H résulte de son enquête
que l’épidémie est limitée à 1 arrondissement de Saintes et
qu’il n’y avait rien dans l’arrondisseme.ît de Marennes, et
particulièrement à Royan. En .Saintonge il y aurait eu 3.890
cas de suette qui ont donné 35 décès.
Tout est fini. Les mesures préventives sont levées. Les ma¬
nœuvres devant avoir lieu aux environs de Royan avaient été
décommandées, elles sont de nouveau ordonnées. Les foires,
qui avaient été interdites pendant trois semaines dans les
arrondissements de Saintes et de Saint-Jean-d'Angély, vien¬
nent d’être réautorisées. On ne saurait donc voir dans les
exagérations qui ont couru que la manifestation d'un mau¬
vais esprit envers les belles plages de Royan, Pontaillac,
Saint-Georges qui, malgré cela, ont vu la même foule de bai¬
gneurs affluer celte année.
La saison s’annonce fort brillante, la belle plage royannaise =
n’a pas connu un seul cas de suette. Quant à la fièviç j
typho'ide, elle ne peut plus s’y montrer à l’état épidémique ■
grâce aux excellentes eaux de la source de Pompières. En ré- '
sumé, l’état sanitaire de Royan est excellent (baigneurs très
nombreux), parmi lesquels des notabilités de tout genre, des
hommes politiques, M. Gombes, sénateur, \L Torchut
député, etc. '
oyan. 25 juillet.
Marcel Rournevillî!.
VARIA
Certificat d’—tudes Médicales supérieures.
Art. U-'. — H est institué un certificat d’études médicales
supérieures.
Art. 2.— Gecertificatestdélivrépar leMinistrede l'Instruc¬
tion publique à la suite d’un examen public subi devant un
jury spécial dont les membres sont nommés par arrêté mi¬
nistériel.
Art. 3. — Nul n'est admis à se présenter à cet examen s’il
n’est pourvu du grade de docteur en médecine.
Art. 4. — L’examen comprend : 1° Une composition d’a¬
natomie, d’histologie et de physiologie. Quatre heures sont
accordées pour cette composition qui a lieu dans une salle
fermée. 2° Un exposé oral d’une demi heure au maximum
sur une question de pathologie générale fait après trois heu¬
res de préparation dans une salle fermée. Pour la composi¬
tion et pour la préparation de l’exposé oral, les candidats ne
doivent s’aider d’aucune note, d’aucun ouvrage imprimé ou
manuscrit. La surveillance est organisée par le président du
jury. 3° Une épreuve pratique d'anatomie pathologique,
jury détermine le tempsaccordé aux candidats pour la pré¬
paration de celte épreuve et pour l’exposé des résultats de
leur travail.
Pour l’épreuve écrite, il est donné trois sujets entre lesquels
les candidats ont le droitde choisir. Ghaque candidat, après
avoirsigné sa composition, la remet au président qui la vise.
Les compositions sontlues par les candidats en séance publi¬
que sous le contrôle d’un des juges.
Pour l’épreuve orale, chaque candidat tire au sort une en¬
veloppe contenant trois sujets entre lesquels il a le droit de
choisir. Le jury arrête tous lessujetsdes épreuves orales avant
le commencement de ces épreuves.
Art. 5. — Les aspirants au certificat d’études médicales su¬
périeures ne sont pas tenus de subir les trois épreuvesdans la
même session. Ilspeuvent ne s’inscrire à la même session qu®
pour une ou deux épreuves à leur choix. Le candidat adnn
à une épreuve conserve le bénéfice de son admission. H
en réclamer l'attestation au président du Jury. Le bénejiM
n’est délivré qu'autantque le candidat a été déclaré admis
chacune des trois épreuves. . ^
Art. 6. — Ghaque épreuve donne lieu à une noteexprim
par un chiffre variant de 0 à 20. Pour être déclaré admis a ^
épreuve, le candidat ne doit pas avoir obtenu une note 10
rieure à 15. Le candidat qui aura obtenu pour une
une note inférieure à 10 ne pourra pas subirde nouveau c
épreuve avant une année. _
L'admission et l’ajournement sont prononcés après de 1
ration du Jury. . r
Art . 7. — Le Jury est composé de neuf juges choisis
ministre de ITnstruction publique parmi les et
laires et honoraires, les agrégés des Facultés de
des Facultés mixtes de Médecine et de Pharmacie. A“
Faculté ne peut être représentée dans le Jury par P
quatre membres. par
Art. 8. — Le jugement peut être valablement ren
cinq juges. Apres la session, le Président adresse au m
un rapport sur les résultats des examens. .gpl. A ^
Art. 9. — La première session s’ouvrira en octobre |
partir du janvier 1908, les sessions d’examen (
deux fois par an. Un arrêté ministériel désigne la r a
LE PROGRÈS MÉDICAL
475
siège de laquelle aura lieu chaque session. Les dates des ses¬
sions et les dates d'ouverture du registre d'inscription sont
également fixées par arrêtés ministeriels.
Le projet d’arrêté suivant détermine les fonctions pour
lesquelles, dans les Facultés de Médecine, sera exigé
le Certificat d études médicales supérieures.
4rt. — Pe Certificat d’études médicales supérieures est
exigé des candidats : 1° aux fonctions d’agrégé et de chargé
de^urs complémentaires dans les Facultés de Médecine et
dans les Facultés mixtes de Médecine et de Pharmacie (sec¬
tion de Médecine) ; 2“ aux fonctions de chef des travaux dans
lesFacultés de Médecine et dans les Facultés mixtes de Méde¬
cine et de Pharmacie (section de Médecine).
Art. 2. — Les docteurs en médecine pourvus du certificat
d’études médicales supérieures peuvent être nommés sans
concours aux fonctions de chef de clinique dans les Facultés
de Médecine et dans les Facultés mixtes de médecine et de
pharmacie. Ils sont nommés par le Recteur sur présentation
du Doyen .
.Art. i. — Les dispositions prévues à Fart !=*■ ne sont pas
applicables aux chargés de cours complémentaires et aux
chefs de travaux en fonctions à la date de la promulgation
du décret portant institution du certificat d'études médicales
supérieures.
Agrégations des Facultés de Médecine.
Article premier. — L'agrégation des Facultés de médecine
etdes Faculéts mixtes de médecineetde pharmacie comprend
les sections déterminées ci-après.
I. — Médecine. — Anatomie humaine et comparée; Histolo¬
gie et embryologie ; Physiologie: Physique biologique et mé¬
dicale ; Chimie biologique et médicale et pharmacologie :
Sciences naturelles appliquées à la médecine ; Pathologie
générale et médecine interne; Anatomie pathologique: Méde¬
cine expérimentale et comparée ; Thérapeutique ; Hygiène ;
Médecine légale ; Maladies nerveuses et psychiatrie ; Maladies
cutanées et syphilitiques ; Chirurgie générale ; Obstétrique ;
Chirurgie infantile et orthopédie ; Ophtalmologie ; Maladies
du larynx, du nez et des oreilles ; Gynécologie; Maladies des
Voies uriûaires.
H. — Pharmacie. — Pharmacie et matière médicale.
Art. 2. — H est ouvert un concours spécial pour chaque
section.
Art.ll. — Aiul n’est admis à se présenter au concours (sec-
bon de médecinei, s’il ne se justifie du gradé de docteur en
®edecine et du certificat d’études médicales supérieures. Tou-
j is les docteurs en médecine pourvus du diplôme de doc-
®ur ès sciences physiques ou du diplôme supérieur de phar¬
macien, peuvent s’inscrire en vue de l’agrégation biologique
medicale ou de l’agrégation de chimie biologique et médi-
pharmacologie s ils ont subi avec succès l'examen du
fliBcat d'études médicales supérieures correspondant à
natomie, l'histologie et à la physiologie. Les docteurs en
^«aecine qui sont pourvus du diplôme de docteur ès scien-
î'®,^.'arelles ou du diplôme supérieur de pharmacien, peu-
s’il ® ‘“écrire en vue de l’agrégation des sciences naturelles
^'ahiavec succès la partie de l’examen du certificat
gie médicales supérieures correspondant à la patholo-
~ Les grades dont les candidats aux fonctions d’a-
de pharmaciei dans les Facultés mixtes de
de pharmacie doivent justifier sont : soit le doc-
et le certificat d’études médicales supé-
tat è-** pharmacien de D“ classe et le docto-
physiques ou naturelles: soit le diplôme supé-
Aft - pharmacien.
j„.' Les épreuves du concours sont :
de titres. Elle consiste en un exposé public
®Preuv*^ 1 ®®'’‘l'dat de ses travaux personnels. En \-ue Recette
dfisgj candidat est tenu de fournir une notice imprimée
sera le travaux scientifiques. Le format de la notice
mmat prévu par l’arrêté du l»-- mai 181111 pour les thè¬
ses de doctorat en médecine. Les candidats doivent déposer
en outre un exemplaire de chacune de leurs publications.
2“ Üneépreuve théorique. Elle consiste en une leçon orale
de trois quarts d’heures faite après quatre heures de prépa¬
ration dans unesalle fermée, sur une question se rattachant
à l'ordre d’enseignement pour lequel le candidat est inscrit.
Le candidat choisit entre trois sujets contenus dans une en¬
veloppe tirée au sort.
La surveillance est organisée par le Président du Jury.
Les ouvrages qui se trouvent à la Bibliothèque universi¬
taire sont mis à la disposition du candidat, sur sa demande.
;>“ Une épreuve pratique. Pour chaque ordre d’agrégation,
le Jury détermine la nature de l’épreuve priitique, sa durée
et la durée de l’exposé oral public où le candidat rend compte
de cette épreuve.
.Art. 6. — Les Jurys des concours sont nommés par le Mi¬
nistre. Ils sont constitues ainsi qu’il suit pour les différentes
sections de l'agrégation :
Section d'anatomie humaine et comparée e', section d'Iiislologie
et embryologie. — En seul Jury composé de cinq juges titu¬
laires : deux professeurs d’anatomie ; un professeur d'anato¬
mie comparée ou d’embryologie ; deux professeurs d'histo¬
logie ; deux juges suppléants.
Section de physiolo-^ie. — Trois juges titulaires : deux pro¬
fesseurs dephysiologie ; un professeur d’histologie, de physi¬
que médicale, de chimie médicale ou de médecine expéri¬
mentale ; deux juges suppléants.
Section de physique biologique et médicale. — Trois juges ti¬
tulaires : deux professeurs de physique ; un professeur de
phy.siologie ou de médecine expérimentale ; deux juges sup¬
pléants.
Sectiooi de chimie biologique et médicale et pharmacologie.
—Trois juges titulaires : deux professeurs de chimie (le pro¬
fesseur de chimie peut être remplacé par un professeur de
pharmacologie) ; un professeur de physiologie ou de méde-
rine expérimentale ; deux juges suppléants.
Section des sciences naturelles appliquées ci la médecine. —
Trois juges titulaires; deux professeurs d’histoire naturelle;
un professeur de pharmacologie ou de médecine expérimen¬
tale ; deux juges suppléants.
Section de pathologie générale et médecine interne. — Sept ju¬
ges titulaires: un professeur d’anatomie pathologique, ou un
professeur de médecine expérimentale. Les autres juges se¬
ront choisis parmi les professeurs de pathologie générale, de
pathologie interne, de thérapeutique, de clinique médicale et
des cliniques médicales spéciales ; trois juges suppléants.
.Section d'anatomie pathologique. — Cinq juges titulaires;
deux professeurs d’anatomie pathologique ; un professeur
d'histologie ; un professeur de pathologie générale ou de 'pa¬
thologie expérimentale; un professeur de médecine interne ;
deux juges suppléants.
Section de médecine expérimentale et comparée. — Trois ju¬
ges titulaires: un professeur de médecine expérimen taie ; un
professeur de pathologie générale, de médecine interne, de
thérapeutique, d'hygiène ou d’anatomie pathologique ; un
professeur d'histologie ou de physiologie ; deux juges sup¬
pléants.
Section de thérapeutique. — Trois juges titulaires: un pro¬
fesseur de thérapeutique : un professeur de médecine interne;
un professeur dephysiologie ou de pharmacologie, deux ju¬
ges suppléants.
Section d'hygiène. — Cinq juges titulaires : deux professeurs
d'hygiène ; un professeur de physiologie ; un professeur de
physique médicale ou de chimie médicale : un professeur de
médecine interne ou de médecine expérimentale ; deux juges
suppléants.
Sectionde médecine légale. — Cinq juges titulaires: deux
professeurs de médecine légale ; un professeur de médecine
mentales ; un professeur de chimie ou de pharmacologie ; un
professeur de pathologie médicale, de pathologie chirurgicale
ou de clinique obstétricale ; deux juges suppléants.
.Section dès maladies nerretises et psychiatrie. — Cinq juges
j titulaires ; dfux professeurs de pathologie nerveuse ; deux
1 professeurs de pathologie mentale ; un professeur de méde-
476
LE PROGRÈS MÉDICAL
cine interne ou d’anatomie pathologique: deux juges sup¬
pléants.
Üeclion des maladies riUanées cl sypliilitûjiies. — Trois juges
titulaires : deux professeurs de clinique des maladies cuta¬
nées et syphilitiques ; un professeur de pathologie générale
ou de médecine interne ; deux juges suppléants.
Section de chiruryie ycnérale. — Sept juges titulaires : les
juges seront choisis parmi les professeurs de pathologie ex¬
terne, de clinique chirurgicale, de médecine opératoire et des
cliniques chirurgicales spéciales ; trois juges suppléants.
Scclionde chirurgie infantile et orthopédie. — Trois juges ti¬
tulaires; deux professeurs de chirurgie infantile et d’orthopé¬
die ; un professeur de clinique chirurgicale; deux juges sup¬
pléants.
Section d’ophtalmologie. — Trois juges titulaires ; deux pro-
seurs de clinique ophtalmologique ; un professeur de phy¬
sique médicale, de pathologie nerveuse ou de médecine in¬
terne; deux juges suppléants.
Section des maladies du lai ynxdu nez cl des oreilles. — Trois
juges titulaires : deux professeurs des maladies du larynx du
nez et des oreilles ; un professeur de chirurgie ou de méde¬
cine ; deux juges suppléants.
Section de gynécologie. — Trois juges titulaires : deux pro¬
fesseurs de gynécologie; un piofesseur de chirurgie ; deux
juges suppléants.
Section des maladies des voies urinaires. — Trois juges titu¬
laires : deux professeurs de clinique des maladies des voies
urinaires; un professeur de chirurgie; deux juges sup¬
pléants.
Section d'obstétrique. — Trois juges titulaires : deux profes¬
seurs d acco uchements ; un professeur de chirurgie ; deux
juges suppléants.
Section de pharmacie et matière médicale. — Trois juges ti¬
tulaires : deux professeurs de pharmacie ; un professeur de
botaniciue ou dé matière médicale ; deux juges suppléants.
Art. 7. — Peuvent être appelés à faire partie des jurys les
membres de l'Institut et de l’Académie de Médecine, les pro¬
fesseurs du Collège de France, du Muséum d histoire natu¬
relle et des Facultés des Sciences, les professeurs honoraires,
les agrégfs et les chargés de cours des Facultés de Médecine
et des Facultés mixtes de Médecine et de Pharmacie.
Al t. 8. — Aucune Faculté ne peut être représentée dans le
Jury par plus du tiers des juges.
.■\rt. 9. — Les présentes dispositions seront appliquées aux
concours qui serontouverts pendant l’année scolaire 1909-1910.
.\rt. 19. — Les docteurs en médecine candidats à l'agréga¬
tion et déclarés admissibles dans les concours antérieurs sont
dispensés du certificat d’études médicales supérieures.
Arl. 1 1. - Les agrégés sont nommés d'après une liste dres¬
sée par le jury par ordre de mérite. Suivant leur rang de clas¬
sement, ils sont appelés à désigner la Faculté à laquelle ils
désirent être attachés. 11 est tenu également compte du lang
de classement si. encas de vacance d'une place d’agrégé dans
une autre Faculté, ils demandent à y être transférés.
.\rt. 19. — Seront abrogées, à partir de l'entrée en vigueur
du régime établi par le présent arrêté, les dispositions con¬
traires des statuts du 16 novembre 1874ct du 9? octobre 1880
et de l’arrêté du 30 juillet 1887.
Exercices spéciaux du service de santé
(Du 30 juillet au 3 août 1906.)
Programme gcnéraldes exercices : 1’^’= journée, lundi 30 juil¬
let. — 8 heures matin : réunion des officiers à l’Ecole supé¬
rieure de guerre, avenue de La Motte-Piquet (en face du mi¬
lieu de la galerie des machines). — 9 heures : Instructions
préliminaires par un officier d’état-major et par le directeur
lechnique. -V partir de 1 h. 30, chargement et organisation
des formations sanitaires aux docks du service de santé, 7, rue
Larmeroux, à \anves.
4 h 30 soir. — Formations du parc dans la cour de l’Ecole
militaire, place Fontenoy.
2‘ Journée, mardi 31. — 4 heures matin. — Départ des voi¬
lures du parc pourle bastion 87 près la porte d’Italie.— 5 h. 15 :
Constitution des formations sanitaires au bastion 87. Départ
pour Juvisy. Service démarché et cantonnement.-- 2 à5 heu¬
res : Démonstrations et services pratiques dans les forma-* *
lions sanitaires.
3‘ journée, mercre ti 1’^’’ août. — 7 heures matin. — Jijf"
che de l'ambulance divisionnaire à la suite d’une colonae
d’avant garde. — 8 h. 30. Combat d'une brigade d’infanterie
dans la vallée d Yvette, i"- phase : .Yltaquc des villages de
Grand-Balisyct de Gravigny. Fonctionnement du service de
santé régimentaire. 2^ phase : Pri-^e de ces villages ; entrée en
action des deux sections de l’ambulance. 5 à 6 heures dd
soir : Ile'è\e delà P'" section del’ambulance divisionnaire par
l’hôpital de campagne. —9 heures soir : Exploralion noctur¬
ne du champ de bataille à l'ouest d'Epinay.
journée, jeudi, — 8 h. 30 malin. — .\tlaque de Longl
jumeau. Fonctionnement du service île Pavant. Service régi¬
mentaire. Fonctionnement d’une section de l’ambulance "de
corps et d’une section de l’ambulance divisionnaire. — Après
i 9 heures soir : Evacuation des blessés des ambulances par
I convoi sur route. — Tout le jour. Fonctionnement del’hôpi-
j tal de campagne ii Savigny-sur-Orge.
j .> journée, vendredi 3. — 1 heures malin ; Organisation
d’un convoi d'évacuafon des blessés de 1 hôpital de campa¬
gne. Départ pour Ju\isy. — 9 heures : Organisation ctfonik
lionnement d'un hôpital d’évacuation à Juvisy. FormatiiSf
•2t chargement d’un train sanitaire improvisé, d’un convoi
sur Seine. — 10 à 1 1 heures : Fonctionnement d’une infirme¬
rie de gare à la gare du Triage, à Juvisy. — 2 heures soir:
Départ des formations sanitaires de Juvisy pour Paris. —
5 heures : Dislocation des formations sanitaires au bastion
87. Retour des voilures à l'Ecole militaire.
Renseignements généraux. — Les exercices spéciaux auront
lieu sous la direction de .M. le général de brigade Bolgertet
la direction technique de M. le médecin principal de P'cl.. An-
tony. MM. les médecins-majors de F' cl. Bonnet, de 2' cl.
Visbecq donneront à MM. les officiers de réserve et de l'armée
territoriale tous les renseignements nécessaires sur la marche
des opérations et le fonctionnement des divers services. Terne
pour les officiers prenant part aux exercices : tenue de cam¬
pagne (giberne et brassard'.
Voyages d’études médicales aux stations
hydrominérales et climatiques de France.
Le S‘ Voyage d'études médicales aura lieu du 1" au 19 sep¬
tembre I90('). — Il comprendra les stations de Savoie et du
Dauphiné : Ilauteville (SanaloriumI, Evian, Thonon, Saint-
Gervais. Chamonix, Annecy, .Aix, Marlioz, Le Revard, ChalleSi
i Salins-Moutiers, Brides, Pralognan, Allevard, Bouquéron.
Motte, Triage. Le'V. E. M. de 1906-- comme les sept préccy
dents — est placé sous la direction scientifique du Doct^r
Landouzy, professeur de Clinique Médicale à la Faculté de
Médecine de Paris, qui fera surplace des conférences sur »
médication hydrominérale, ses indicationset ses applications.
Réduction de moitié prix sur tous les chemins de fer pouf
se rendre, de son lieu de résidemee, au pointde concentraliop-
Lyon. Les médecins étrangers Tjénéficient de cette réduction
à partir de la gare d’accès sur le territoire français. Même ré¬
duction est accordée, àla fin delà tournée, au point de disjO'
cation : Triage, pour retourner à la gare qui a servi de poio
de départ.
De Lyon à Lriage, prix à forfait: 300 fr. pour tous les frai^^
chemins de fer, voitures, hôtels,* nourritures, transports *-
bagages, pourboires. .
Bourses de voy.vge. — Quatorze bourses de voya^^
données au V. E. M. de 1906. L’attribution en a
comme suit par leurs fondateurs : F Bourse du
Ilenrot : un Interne des hôpitaux de Reims. 2“ Bourse de
Société de Chàtel Guyon ;Puy-de-Dômel : un Interne des hoi^
taux de Paris. 3“ Bourse du Conseil municifral des Eaui'
nés (Basses-Pyrénées) : « un Médecin, à la fois
Concours médical et de l’Association générale des
de France ». 4» Bourse de la Compagnie générale
minérales et bains de mer : un Etudiant ayant passé sa
de doctorat àla Faculté de Médecine de Bordeaux. .Cer¬
née scolaire 1905-1906. 5° Bourse de la Société desEau^^^
males d’Evaux-les-Bains (Creuseï : « un mcmbrcdii
médical affilié à l’.Association des Médecins de France »-
LE PROGRÈS MÉDICAL
lî8JllliT«uSïlLISM«liCÎBIIllCllLffii
î HUILE GRISE STERILISEE & L\DOLOUE DE VICIER A 40 0/0 DE JIERCURE
T PrU du flacon : * f. *3 ; duiihle flacon : i f. «5.— Un centimètre cube représente O gr.50 cent, de mercure métalli(
Prix du flacon : 9 f. 9â ; double flacoi
A Dose ordinaire : pour Homme adulte : Ui
? pendant 7 semaines. — Repos 5 semaines.
♦ mercure par semaine pendant 5 semaines. ■ - .
A Injection de 1 centigramme de mercure. Pour ce genre d’injection il est préférable de
w k i5 divisions, dont chaque division correspond exactement à / centigramme de mercure
e injection
- Faire une 2- série,
7 semaines.
- laire de 8 centigrammes de mercure par semaine, ^
etc.— Femme adulte : Une injection de 7 centigrammes de ^
— Faire une 2” série, etc _ Enfants à partir de 3 ans : ▼
servir d'une seringue spéciale A
nétallique. ^
SeriDgae du D' Barlhcleray
Nouveau modèle déposé ^
♦
♦
%
I HUILE AU CALOMEL STÉRILISÉE ET INDOLORE DE VIGIER {
▲ à 0 gr. 05 centigrammes par centimètre cube. — PRIX DU FLACON : 2 FR. 25 ^
DOSE ORDINtlRE ; Injecte'- une seringue de Prava:^ tous les to jours.— Faire une série de 5 infections.— Repos.— Faire une 2’ série. etc. a
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PARIS
9, rue Paul-Baudry
INSTITOTMÉDICO-PiieOGlIli
POD* LE TRAITEMENT ET l’ÉDDCATION
DES ENFANTS NERVEUX S ARRIÉRÉS
MÉDECIN-DIRECTEUR : D' BOÜRNEVILLK
Médecin de la section des enfants arriérés
et nerveux de Bicitre
VItpy, près Paris, 22, rue Saint-Aubin
L'Institut médico-pédagogique est des
tiné :
1* Aux enfants présentant de rinstabilité
mentale et sujets à des impulsions mala¬
dives qui les empêchent, quoique possédant
un certain développement de l’intelligence,
de se soumettre à la règle des lycées ou des
pensions, et qui ont par conséquent besoin à la
fois d’une méthode d’éducation spéciale, et
d’une discipline particulière ;
Aux enfants arriérés, faibles d’esprit à
tous les degrés ;
3* Enfin aux enfants atteints d'affections
nerveuses compliquées ou non d'accidents
convulsifs.
Les enfants de ces diverses catégories
forment des groupe s tout à fait distincts.
L’établissement où se trouvent réunis tous
les moyens d’instruction et d’éducation em¬
ployés dans le service de Bicétre, est placé au
milieu d’un parc superbe, sur le versant
d’une colline, et dans les meilleures conditions
d’hygiène. Les enfants y sont l’objet de soins
spéciaux appropriés à leur situation intellec¬
tuelle et physique.
Moyens de communication : Tramways
du Châtelet à Vltry et à Ghoisy-le-Roi. —
Voitures de place.
S'adresser pour renseignements à M. le
D' Bourreville, 14, rue des Carmes, à Paris,
le mercredi et le vendredi, de i heure à 3
heures. Ecrire pour rendez-vous.
LE PROGRES MÉDICAL
yi
DES ENFANTS ANORMAUX
et en particufier des Arriérés, Nerveux, Epileptiques
et Aliénés. (Assistance, Traitement, Education).
La Gazette des Bains de Mer de Royan du 14 septembre a
relaté un acte de Sadisme commis par un malheureux, deux
fois anormal, car il est atteint de surdi-mutité ci d'arriération
intellectuelle, compliquées de perversion morale. Ce cas n’est
pas une exception. Des actes répréhensibles de tous genres
sont commis journellement par des anormaux, sourds-muets
et idiots, adultes et enfants. Les journaux en rapportent
fréquemment des exemples, sans compter les séquestra¬
tions ou les mauvais traitements dont ils sont l’objet dans
leurs familles. Beaucoup d'enfants martyrs sont des mala¬
des que leurs parents considèrent comme vicieux et aux¬
quels ils infligent des corrections de plus en plus violentes,
barbares.
Ces anormaux adultes, après une enfance et une adoles¬
cence plus ou moins accidentées ou misérables, devien¬
nent dangereux, commettent des vols, des attentats divers,
des actes de sadisme, comme le sourd-muet imbécile dont
nous venons de parler. Ils sont arrêtés, parfois condamnés
à tort, ou envoyésdans unasiled’aliénés.leurvéritable place,
d’autres fois relâchés. C’est ce qui a eu lieu, par exemplè,
pour notre sourd et muet ; on l'a relaxé, après ses premiers
méfaits, — desvols, — jugeant qu'il avait agisans discer¬
nement. En liberté, ces malades recommencent, sont la
risée du public, l’objet de vexations de la part des enfants
qui s’en amusent. En tous les cas, qu’anormaux adultes |
soient emprisonnés ou hospitalisés, ils sont une charge pour
la Société. A cause de leur âge, qui les rend incurables, les
sacrifices sont faits en pure perte. C’est pendant leur en¬
fance qu'il aurait fallu s'occuper d’eux. « A l’asile d’aliénés,
a dit le docteur Courjon dans une Intéressante communi¬
cation au Congrès d’ Ajaccio de l’Association française pour
l’avancement des sciences (1901), les anormaux sont’ protégés
contre les dangers de la rue, soit ; mais, par contre, mélan¬
gés le plus souvent aux aliénés adultes, ils sont exposés à
tous les inconvénients, à tous les périls d’une promiscuité
parfois révoltante ; fautede recevoir les soins pédagogiques
utiles, ils voientleur étal s’aggraver de jour en jour... Pla¬
cer un idiot dans un asile d'aliénés, au lieu de le mettre dans
un établissement d’éducation spéciale, sous prétexte de
moindre dépense, revient à enfermer un malade dans un
hôpital où on le laisserait mourir sans secours, faute de
médicaments qui le sauveraient et parce que ces médica¬
ments sont trop coûteux. »
-Aujourd’hui, on sait qu'il est possible' de guérir souvent,
d’améliorer presque toujours, la majorité de ces malheureu¬
ses victimes de l'hérédité, de l'alcoolisme des procréateurs,
des accidents de la grossesse, d'une mise au jour laborieuse,
des maladies infectieuses, des convulsions, des traumatis¬
mes de la tête (1), des mauvaises habitudes, etc. Dans l’in¬
térêt de ces enfants, dans son propre intérêt, que doit faire
la Société ?
Pour tous, il faut créer des asiles-écoles et, en outre, dans
les villes, des classes spéciales, et les y soumettre au traite¬
ment médico-pédaycgiqiie, suivant l'expression du docteur
Bournevifle. Il n’y a pas de département qui, malheureuse¬
ment, n’ait assez d’enfants idiots, imbéciles, arriérés, épi¬
leptiques, etc., pour justifierde semblables institutions. La
loi sur l'obligation de l’instruction primaire impose ces créa¬
tions aux départements et aux villes, puisque ces enfants
ne peuvent être envoyés aux écoles ordinaires.
Jusqu'ici, en dehors de la Seine, il n’y a que quelques dé¬
partements qui ont abordé timidement cette réforme ac¬
complie dans la plupart des pays étrangers, entre autres la
Seine-Inférieure et la Vendée, sur l’initiative des docteurs
Giraud et Cullerre. C’est la Seine qui a donné l'impulsion.
sans être parvenue pourtant à donner l’assistance et l’édn
cation à tous ses enfants anormaux (’). I.e docteur Cour"
jon, dans le travail que nous avons cité, rappelle comment
cette réforme s’est accomplie : « Médecin de Bicêtre depuis
de longues années, Bourneville y a organisé et créé de tou¬
tes pièces son service d’enfants anormaux. A force de pa¬
tience et de ténacité, il a réussi à arracher sou par sou aux
pouvoirs publics, les sommes indispensables à la fondation
de son œuvre, qui restera comme un modèle du genre .
« Après avoir créé la section des enfants arriérés et épiiëp.
tiques de Bicêtre, qui renferme 440 garçons, et organisé là
Fondation Vallée,^ qui contient 200 Ailes, établissements
consacrés aux enfants pauvres, il a fondé à Vitry-sur-Seine
pour les enfants de familles riches ou aisées, un établisse¬
ment qu'il a dénommé Institut médico-pédagogique, afinde
préciser sa destination. »
Nous ne pouvons entrer dans le détail de la méthode d édu¬
cation spéciale qui est employée dans ces établissements et
sur les nombreux procérfés qui la composent. Nous nous bor¬
nerons à dire que les enfants sont occupés depuis le malin
jusqu’au soir, que les leçons de choses, la gymnastique, les
exercices physiques, l’instruction proportionnée au degré
intellectuel des enfants, y occupent le premier rang.
A l’Institut médico-pédagogique, les enfants sont natu¬
rellement séparés par sexe, groupés, suivant leur état intel¬
lectuel et aussi d'après les complications qu’ils présentent.
Outre les enfants arriérés de toutes catégories, l’Institut
reçoit les enfants instables, indisciplinés, atteints dans leurs
facultés morales, sujets à des impulsions dues à l'irritaôililé
nerveuse.
Le traitement médico-pédagogique doit être institué le plus
tôt possible, dès qu’on a ' constaté l’arriération ou les per¬
versions morales. Dans les établissements de l’Assistance
publique,^ on les admet avec raison à partir de deicx ons-Il en
est de même à l'Institut médico-pédagogique. C'est donc à
tort, et parce qu’ils sont insufûsamment renseignés, quedbs
médecins, même très instruits, ajournent l'application do
traitement. En voici la preuve, fournie par un garçonnetde
cinq ans et demi et dont l’état peut se résumer ainsi.
« 11 pince, pousse, renverse, griffe ses petits camarades;
leur donne des coups, trouble leurs jeux, est turbulent, sans
cesse en mouvement, menace de casser, de briser, de tuer
son petit frère qu’il taquine et rend comme lui. Sa prononcia¬
tion, son attention, son raisonnement, sont très défectueux. H
n’a qu'une conscience imparfaite du danger. Dans ses pério¬
des d’énervement,les impulsions sont plus accusées et il pous¬
se des cris. La main est très maladroite. Enfin les facultés in¬
tellectuelles, qui auraient été normales ju-qu’à deux ao®
demi, ont été arrêtées dans leur développement à la suite de
convulsions graves. >>
Pour nous, cet enfant aurait dû être soumis depuis deux
ans déjà an traitement médico-pédagogique qui, chez lui, au¬
rait certainement donné d’excellents résultats. C'est un en¬
fant qui pourrait devenir normal si le traitement étaitpour-
suivi un temps suffisant. Plus on attendra, plus la situation
s’aggravera. Et cependant on a conseillé d'ajourner le pi»'
cernent. Les parents maintenant s’inquiètent à cause
menaces envers son frère et parce que celui-ci a des
I ces à l’imiter, ce qui, soit dit en passant, justifie l’isolemen
des petits malades de ce genre.
Notre but sera atteint si nous avons pu montrer ’
sité de l’assistance et de l’éducation de la catégorie
fants anormaux et des malades que nous avons plus
lièrement visée, sinous avons pu faire comprendre la po®=.
bilité de leur procurer une amelioration sérieuse,
même une guérison complète, lorsque le traitement mea^
pédagogique est appliqué de bonne heure et durant ton
temps necessaire. Que de bien serait réalisé, si l’pn
geait notre conviction, au bénéfice incontestable d’upe*
d’enfants, intellectuellement et moralement déshérites -
Dr Freem***-
(1) Jamais
que le font ei
permis sur le
is on ne de-vrait frapper les enfants si
encore trop souvent des parents qui si
leurs enfants.
(1) La Seine hospitalise plus d’un millier d’enfants idiots etép
I leptiques.
SIROP LAXATIF VERNEÜIL pour BEBES et ENFANTS
LE PROGRES MÉDICAL
477
0, g«10» Cinq bourses de la Société d’Evian (Haute-Savoie) ;
(.'un Médecin anglais ; 2° Un Médecin danois ; 3° et 4° Deux
gédecins italiens ; 5° Un étudiant en médecine, ayant passé
* thèse de doctorat à la Faculté de Lyon, dans l'année sco-
jâre 1905-1 9Ü6 ; 11° Bourse delà Compagnie fermière du
tlont-Dore (Puy-de-Dôme) : un Etudiant ayant p,assé sa thèse
de doctorat à la Faculté de Lille, dans l’année scolaire 1005-
)9()6.12° Bourse de la Compagnie des Eaux minérales de Pou-
eues (Nièvre) : un Interne des hôpitaux de Bruxelles. 13°
Bourse de la Compagnie générale des Eaux de Royat (Puy-de-
Dôme) ; un Interne des Hôpitaux de Paris. 14° Bourse de la
Compagnie fermière de Vichy (Allier) : un Etudiant ayant
passé sa thèse de doctorat à la Faculté de Médecine de Paris,
dansl'année scolaire 1905-1906. — Pour tous renseignemente,
s’adressera M. le D' Carron de la Carrière, 2, rue Lincoln,
Paris (8°), ou au D’’ Jouaust, 19, rue du Colysée, Paris (8°).
Les inscriptions sont reçues jusqu'au !5 août 1906, terme de
rigueur.
UES CONGRÈS
XVI' Congrès des médecins aliénistes et neurologistes
de France et des pays de langue française.
(Lille, l"' au 4 août 1906.)
Pour tous renseignements concernant le Congrès, prière de
s’adresser à M. le D’’ G. Chocreaux, médecin en chef, asile
d'aliénées deBailleul (Nord,».— Le volume des procès- verbaux
du Congrès de Rennes vient de paraître. 11 est à souhaiter
que le bureau du Congrès envoie en double les rapports et
les volumes à tous les journaux qui ont fait de la publicité
pour le Congrès. Nous espérons que M. le Secrétaire général
mettra à la disposition des congressistes son dernier rapport
sur l’asile de Baillcul et le plan ce cet asile. Nous faisons de
Bouveau appel à tous ceux qui feront des communications
à ce Congrès pour qu’il nous en envoient de suite un résumé.
- -
FORMULES
LU. Contre l’albuminurie.
H^ime lacté ou déchloruré, purgatifs répétés, ventouses
*arifiées à la région lombaire.
Théobromine . . . 0 gr. 50
Phosphate neutre de soude . 0 gr. 25
pour 1 cachet, n° 21 ; 3 par jour.
&OLE DE MÉDECINE DE ClERMONT. - Uu COnCOUl'S s'oUVl’ira
1? " levier 1907, devant la Faculté de Médecine de Toulouse, pour
'jnploide suppléant des chaires de phy.sique et de chimie à l'E-
* de médecine de Clermont.
1i®??'^l-dieu d’Orléans. — Concours pour l'inlernal le mardi
ttî**! prochain, à 2 h. 1 2 pour 3 places d'interne titulaire
JJ d’interne provisoire. L’unique épreuve de ce concours
ques?* ®“,“ne composition écrite sur deux sujets tirés au sort, une
jjj d’anatomie courante et une question classique de patholo-
ou externe. (Questions ordinaires du concours d’extei'-
.hôpitaux de Paris). Deux heures sont accordées pour cette
L’entrée en fonctions aura lieu le 1"' janvier prochain,
titulaires reçoivent, outre la nourriture, le logement,
des l’éclairage, une somme annuelle de 400 francs (et
toipj^**|dcations quand il y a lieu). Les internes provisoires sont
tçf ^ suppléer les titulaires malades ou en congé et à rempla-
**iioé*** viendraient à faire défaut avant le premier janvier de
ternç reçoivent les mêmes avantages que les in-
ùitetQ. pendant qu'ils en remplissent les fonctions. Les
visoy, ®^*^®laire.s sont nommés pour deux ans, les internes pro-
toi^ ® sont nommés pour un an, mais peuvent se présenter aux
®^‘^^’®n‘'S.Sont admis au concours tous les étudiants en
squçj ® syant au moins quatre inscriptions. Pour s’inscrire au
>ariat /*’ L* P°nr fous les renseignements, s'adresser au sccro-
■X. g^^dospices d'Orléans.
*ectio ■ If’ffes facilités sont accordées aux interne.s pour les dis-
^ tou„ I médecine opératoire. Les internes changent de sor-
hïtion P**® mois d’après un roulement établi par l’Adminis-
*esso,jt*^f“dant les vacances des élèves sages-femmes, les inter-
chargés d'assurer le service de la Maternité.
NÉCROLOGIE
Le P P. BROUARDEL
Le P' P. Brouardll vient de mourir. Avec lui, dispa¬
rait la plus haute personnalité delà profession médicale
de notre pays. Doyen honoraire de la Faculté de méde¬
cine de Paris, membre de 1 Institut, membre de l’Acadé¬
mie de médecine, dont il fut président, président hono¬
raire du Conseil supérieur d’hygiène de France, dont il
dirigea longtemps les débats, médecin honoraire des
hôpitaux de Paris, membre du Conseil de surveillance de
l'Assistance publique de Paris, grand-ofticier de la Lé¬
gion d'honneur, etc., etc., le P'' Paul Brouardel ajoutait
à toutes ces charges et à toutes ces dignités ofücieUes
d’autres titres dus à l’estime, l’affection, la reconnais¬
sance des médecins praticiens de France. C’est ainsi
qu’il avait été désigné comme président de l’Association
générale, qu’il était déjà, depuis de longues années,
président de l’Association des médecins de la Seine, et
que depuis dix ans, en échange de la sympathie qu’il
témoigna et du concours qu'il prêta toujours aux Asso¬
ciations de défense ijrofessionnelle. dans leurs justes
revendications, il avait été élu Président d’honneur de
l'Union des syndicats médicaux de France et du Syndicat
des médecins de la Seine. • -
Né à Saint-Quentin, le 15 février 1837, Paul Broualxlel
fit de brillantes études médicales à la Faculté de Paris, où
il fut reçu interne des hôpitaux en 1859 et docteur en
médecine en 1865. Médecin des hôpitaux en 1869, agrégé
en médecine la même année, il ne tarda pas à suppléer
Tardieu malade dans sa chaire de medecine légale, où il
devait définitivement le remplacer en 1879. Expert
auprès des tribunaux, il sut acquérir tout aussitôt une
très haute et très légitime autorité, tant par la méthodè
scientifique et la conscience qui présidaient à la rédaction
de ses rapports, que par l’inauguration de l’enseignement
pratique de la médecine légale qu'il organisa à laMorgne
et rendit célèbre, malgré les conditions matérielles rudi¬
mentaires et défavorables qu’il ne parvint jamais à faire
améliorer, ce qui ne fait guère honneur à l’administra¬
tion française. M. Brouardel ne se cantonna pas dans
l’étude de la medecine légale. Dès 1878, il avait pris la
direction des Annales d'Hygièné publique et de médecine
légale et avait été nommé peu après membre du Comité
Consultatif d’hygiène de France, dont il devint président
478
LE PROGRÈS MÉDICAL
en 1884 et dont il conserva la direction jusque dans ces
dernières années. Membre de l’Académie de médecine en
1 880, il fut nommé doyen de la Faculté de médecine de
Paris en 1886.
Le P" Brouardel fut, pendant toute son active carrière,
la personnification même de la médecine publique en
France. Nous n’insisterons par sur son enseignement si
fécond, qu’il sut, nous l’avons dit, faire entrer d’emblée
dans le domaine pratique empruntant en partie à l our¬
des sa méthode et ses procédés, ('et enseignement lui
permit de créer tout une pléiade de médecins légistes et
lui acquit parmi les étudiants une véritable popularité .
Nous nous souvenons, durant nos études, des acclama¬
tions enthousiastes qui accueillaient toujours le doyen
lorsqu’il apparaissait dans les amphithéâtres soit pour
présenter im nouveau professeur, soit, ce qui était plus
fréquent, pour calmer quelques-unes de ces efferves¬
cences dont était coutumière la jeunesse studieuse et
quelque peu turbulente de notre époque.
Comme hygiéniste, Paul Brouardel imposa rapidement
son autorité aux pouvoirs publics. Il prit part à toutes
les missions destinées à étudier et à combattre les épi¬
démies. Le choléra, la suette miliaire, la fièvre typhoïde
etc , furent l’objet de ses enquêtes.
Le Gouvernement de la République, dont il conserva
longtemps la confiance, eut recours à sa haute compé¬
tence, à son habileté et à sa prudence toutes diplomati¬
ques pour lereprésenter aux conférences sanitaires in¬
ternationales de Rome, Dresde, Venise et Paris . Commis¬
saire du Gouvernement, il prit une part très active à l’éla
boration de notre législation sanitaire. Dans cette fonc¬
tion difficile et délicate, il défendit pied à pied les vérita¬
bles intérêts du médecin qui se confondent presque tou¬
jours avec l’intérêt public ; et si la loi sur l’exercice de
la médecine comme la loi sur la protection de la santé
publique sont loin d’être parfaites et sans lacunes, on
ne saurait le lui reprocher. Il faut savoir, pour juger de
la difficulté de sa tâche, les écueils sans nonabre qu'il lui
fallut éviter pour aboutir, il faut connaître les obstacles |
que de puissantes incompétences parlementaires tant à
la Chambre qu’au Sénat dressèrent sans cesse sur sa
route et qu’il fut obligé à son grand regret de tourner pour
arriver au but. Quoiqu’il en soit, la législation actuelle à
laquelle collabora M . Brouardel, bien que fort imparfaite,
marque un progrès considérable sur la situation passée.
Une des jtréoccupations les plus grandes de la dernière
période de la vie de M. Brouardel fut la lutte contre la
tuberculose.il s’y donna tout entier et fit une propa¬
gande active à tous les moyens réalisables pour diminuer
les victimes du fléau, tant dans les nombreuses sociétés
où sa voix était plus particulièrement écoutée qu’à l’Al¬
liance d’Hygiène sociale, dont il fut un des fondateurs.
Nous avons déjà indiqué les services que M. Brouardel
avait rendus aux médecins praticiens en prenant part
à l'élaboration de la législation réglant l exercice de la
médecine ou notre organisation sanitaire. Ce souci d’être
utile à ses confrères fut toujours une de ses principales
préoccupations. (Quelques-uns lui ont reproché de n'a¬
voir pas toujours absolument réussi et lui en ont gardé
rancune. C’est que ces médecins, aigris par les difficul¬
tés sans nombre rencontrése dans l’exercice de leur
profession, ne se sont pas rendu un compte exact de
tous les obstacles que M Brouardel renconti'a dans la
lutte pour le triomphe des intérêts médicaux. D'autre
part, la renommée universelle dont jouissait M Brouar¬
del It ur a fait croire à son omnipotence et les a portés
à 1 accuser à tort ehaque fois que, contre son gré,une amé¬
lioration attendue ne recevait })as son application.
Cependant ceux qui, comme nous, ont dû, dans les so¬
ciétés professionnelles, faire maintes fois appelà son con¬
cours ou à son expérience, savent avec quel dévouement
et quelle simplicité il se mettait tout entier à la disposi¬
tion des confrères qui lui demandaient son appui pour
une action médicale utile. Naguère il prenait part aux
travaux de la Commission de fixation des tarifs d’hono¬
raires médicaux pour les accidents du travail. Avec le- '
D"' Dubuisson et Jeanne, il défendait pied à pied, conte'
la rapacité des compagnies d'assurances, la modeste ri
tribution assurée aux médecins. Hier il collaborait Ini
même à l’organisation du Congrès pour la répression dê
l’exerciceillégal de la médecine et réunissait régulièrement
chez lui le comité, la maladie lui interdisant de sortir II
venait même à la séance d’ouverture, incapable de pro-
noncer une parole, et commettait ainsi une imprudence
qui eût pu être fatale, poussé par le seul désir de témoi¬
gner toute sa sollicitude à la défense professionnelle.
Il avait accepté en outre de faire partie de la commis¬
sion médico-mutualiste qui, sous la présidence de M.
Emile Loubet, tâche de trouver une solution équitable à
un long et dangereux conflit. .M ais cette fois les forces
lui manquèi'ent et il ne put apporter à nos séances l au¬
torité de son nom et l’éloquence de sa parole
Aussi, nous qui savons combien il s’est dévoué pour le
corps médical, qui savons que ce fut pour lui qu’il fit les
derniers eft'orts et qu’il eut sa dernière pensée, nous sa¬
luons pieusement sa mémoire et gardons à ce grand
médecin une éternelle reconnaissance.
J. Noir.
NOUVELLES !
Natalité ds Paris — Du dimmehe 8 au samedi 14 juillet
1906. les uaissanc.es ost ete au nomure de 997, se Jéeomposaat
imsi : légitimes 740. illégitimes 2hl.
Mortalité a Paris. — Population d’après le recensement de
1901 : 2.660.559 habitants. Les deces ont ete au nombre de 736.
savoir: 406 homm.s et 350 femm s. Les décès sont dus ani
causes suivantes: Kiévre typtioide (typims abdomin.) ; 8. -
Typaus exanthématique : 0. — Fievre intermittente et cachexie
palustre : 0. — Variole : 0 — Rougeole : 11, — Scarlatine :'l
— Coquelucne : 4. — Dipaténe et Group ; 0. — Grippe : 0.
— Choiera asiatique : 0. — Gnoiera nostras : 0. — Antres
maladies epidemiques 0. — Tuberculose des poumons : 18Ü. —
Tuberculose des ra minges : 21 — Autres tuberculoiS'es : 13. -
s malignes : 52. — Méningite simple : H
— Congestion htm irruagiquo et ramollissement du cerveau : nJ-
— Maladies organiques du c.ieur : 45. — Bronchite aiguë :
— Bronchite cüro.iique : 10 — Pneumonie : 24. — Autres affec-
O ns de l'appareil respiratjire : 60. — Affections de l’estomM
icanoereic./ : 1. - Diarrhée et entérite deO à 1 an: sein; 5 ;
e alimentation 23 ~ Diarrhée et entérite de 1 à2an3 : i)-—
es, obstruction iiuestiaaie : 5. — Cirrhose du foie ; 14. — NéphnW
et mal de Bright ; 2 J. - Tumeurs non cancéreuses et autres
ladies des organes génitaux (femmes) : 8. — Septicémie puerpérale
(fièvre, péritonite, phlébite puerpérale) : 3. — Autres acoidenU
puerpéraux de la grossesse et de l’accoueuement : 1. — P®*’.'!
songenitaie et vices de conformation : 13. — Débilité sec**®',:.'
— Morts violentes : 37. — Suicides : 19. — Autres maladies: lu*'
— Maladies inconnues ou mal définies ; 9.
Mort-nés et morts avant leur inscription: 70, qui se dé
posent ainsi : légitimes 50, illégitimes 20.
Distinctions honorifiques ; Légion d’honneur. — Coninifl*
(leur. : M. le P' Arloing, de Lyon. — Officiers : MM. jes
dus, Lermoyez, Beni-Barde, de Paris. — Chevaliers '■ *3 .'j,.
D" Danlos, Boi.ssard, Dupré, Ozenne, Fournaise, de
labert, de Carcassonne; MendousSc, deNérac ; Lourties,de
riéres; Bordarie, de Lafrançaise ; Gust ud, de Gollo.
Décorations académiques. — Officiers de l’Iusirucli‘fPJ%
que. — MM. les D" Bobier, Montignac, Sée, de Paris ;
de Saint-Maure ; Chesnel, de Chartres ; Leray,de Rennes,
ion, de la Varenne Saint-Hilaire ; Seudre, de Reims. „iiloSi
Officiers 0' Académie : MM. les D''* Bernaud, Durand, * {^or-
Rutten, de Paris ; Beyiiot, de Sardent ; Cathala,de Cessenoo :
net, à Ligueil ; Delarue, à Amiens ; Fau, à Vichy ; Hanrio
mont : Lavernot, d’Orry- la- Ville ; Lebret, de Divonne-|es-
Mabillo, de Reims ; Moreau, du Mans ; Péraldi, deTouloR •
rin, de Ifouen ; Prax, de Limoux; Villiére, de Saint-Denis-
Corps de santé colonial. — M. le méd.-major ‘ï®
Martel, servira à Madagascar par permutation avec M. ç^fgrie-
major de F' classe Rousselet-Bénaud, maint, au 5“ dm
Faculté de médecine de Bordeaux. — Sont
KDECINE D _
de clinique : MM. les docteurs Lacouturc c
chirunjicak), Dumora [Clinique médicale).
Chartier i
LE [’ROÜHÈS MÉDICAL
479
r-OLE DE Médecine de Rennes. — M. le docteur Perret, pro-
,^urde clinique obstétricale, est mis à la retraite et nommé pro-
•jseur honoraire.
Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie de tours.
,\I Menuet, suppléant de la chaire d'histoire naturelle, est
"aimé, pour une période de neuf ans, chef des travaux d’histoire
Uinreilc.
Ecole de médecine de Tours. — M. le docteur Bodin, pro-
M’ur de clinique médicale, est rais à la retraite et nommé pro-
(fsseur honoraire.
Ecole de médecine de Tours. — (Arrêté ouvrant un concours
poMun emploi de suppléant à Técole de médecine et de pharmacie
^ Tours). Un concours s’ouvrira, le 14 janvier lllOT, devant la
Fifulté de médecine de Paris, pour l’emploi de suppléant des
duires de pathologie et de clinique médicales à l’Ecole de méde-
riiede Tours.
Ecole de médecine de Reims. — M. Grandval, professeur de
éimie et de toxicologie, est mis à la retraite et nommé professeur
honoraire.
Médecin-député. — M. le D. Evesque a été élu député radical
locialiste de l’arrondissement de Die (Drôme I.
L'hygiène aliment.aire et les prix Henri de Rothschild. —
L» Société scientifique d’hygiène alimentaire dont le Président est
M. Henri Ricard, sénateur, a procédé hier à l’attribution des
wiifondéspar le D"' Henri de Rosthschild, secrétaire de la
société. Le premier prix de 5,000 a été attribué aux Drs Michel
«Perrei, pour leur très intéressant mémoire. {La ration ali-
mnt 'iye de l'enfant de la naissance àl’dgededeux ans.)
Pour l'approvisionnement des grandes villes en lait, la com-
«ission présidée par M . le professeur BudIn, a été frappée, par la
qualité et la valeur des mémoires qui, sauf quelques erreurs, sont
[‘^s remarquables, le D'' Henri de Rostschild, pour permettre à
commission de récompenser les auteurs a ajouté un nouveau
pria de 1.000 frs. M. Beau , professeur de l'Ecole de Poligny, a
mie premier prix (2.500 frs.) le prix de l.fKlO frs. a été accordé
Mmémoire de MM. Porcher, professeur à l’école vétérinaire de
L; a et de M. Nicolas, professeur à l’école vétérinaire de Tou-
Enfin un prix de 300 frs a été donné à M. Rigaux, profes-
KM départemental d’agriculture de la Lozère et un prix de 2(XJ
«aM. Antonin Rollet. Ces travaux font bien augurer du Con-
risinternational d’hygiène alimentaire, organisé par la Société
sons le haut patronnage (lu président de la République et du gou-
'etnement, qui se tiendra à Paris du 22 au 27 octobre prochains.
Nécrologie. — Nous apprenons avec un vif chagrin, la mort,à
de 67 ans, de M. Emery-Charles- .Auguste Bihorel. Après
,'cir exercé de longues années à Bréval, en Seino-et-Oise, où il
•tiait acquis la réputation d'un excellent praticien et jouissait
J,’®.' réputation de médecin dévoué et habile, il s’était retiré à
et enfin à Mantes. Jusqu’à sa mort il s’était intéressé vive-
a toutes les œuvres philanthropiques et sociales. Ses obsé-
™ mviles ont eu lieu mercredi dernier, à Garennes (Eure), son
R» natal.
Chronique des hôpitaux.
Maladies des Enfants. — Cours de perfee-
^Kina t cours de perfectionnement, comprenant
W: , conférences théoriques et pratiques de clinique
®*Drurgicale infantile, aura lieu du l(j août au 15 sep-
H.JJ y, • ^ • Hôpital des Enfants-Malades, sous la direction de
’-ùai f P^'orésseur agrégé, chargé de cours. Les conférences
'Iallé**^^ V professenr agrégé, A. Zuber,
ï55^___®^^üillemot, anciens chefs de clinique médicale infan¬
tile, E. Terrien et P. Armand-Delille, chefs de clinique médi¬
cale infantile, Grisel, ancien chef de clinique chirurgicale infantile,
Tridon, chef de clinique chirurgicale infantile, avec le concours
de MM. Ed. Rist, médecin des hôpitaux, ancien chef du labora¬
toire à l'hôpital Trousseau ; B. Weii. Halle, chef de laboratoire
du service de la diphtérie, Félix Terrien, ophtalmologiste des
hôpitaux, Cuvillier, pour l’oto-laryngologie et Lerat, pour
l’électrothérapie. Pour les examens de malades, les élèves seront
répartis en séries de 10, sous la direction des internes de l’hôpital.
Les conférences auront lieu tous les jours, sauf les dimanches et
fêtes, le matin à 10 heures, le soir à 5 heures. La première confé¬
rence aura le jeudi 16 août, à 10 heures du matin, à la salle des
cours de la clinique.
Programme des conférences. — Maladies des nourrissons :
MM. Méry et Guillemot. — 1. Gastro-entérites aiguës; 2. Gastro¬
entérites chroniques ; 3. Prophylaxie et traitement diététique des
gastro-entérites ; 4. Dyspepsies du sevrage et alimentation de la
2' année; 5. Syphilis du nourrisson; 6. Tuberculose du nour¬
risson ; 7. Rachitisme. Maladie de Barlow ; 8. Infections cutanées
du nourrisson.
Maladies chirurgicales: MM. Grisel et Tridon. — 9. Examen du
mal de Pott; 10. Examen et traitement de la coxalgie: 11. Trai¬
tement des difformités rachitiques et de la scoliose; 12. Examen
ettraitement des pieds bots; 13. Examen et traitement des trau¬
matismes du coude ; 14. Diagnostic et traitement de l’appendicite ;
15. Diagnostic et traitement de la mastoïdite aiguë ; 16. Diagnostic
et traitement de l’ostéomyélite aiguë.
Maladies de l'appareil circulatoire : M. J. Hallé. — 17. Com¬
plications cardiaques du rhumatisme articulaire aigu; 18. Péricar¬
dites : Symphyse rhumatismale et symphyse cardio-tuberculeuse ;
19. Affections congénitales du cœur chez l’enfant.
Fièvri-s éruptives : M. Terrien. — 20 Rougeole : formes clini¬
ques, diagnostic, complications ; 21. Scarlatine : ses complica¬
tions. — Néphrites de l’enfance : M. Terrien.
Maladies du sang et de l'appareil hématopoiétique : M. Rist. —
23. Séméiologie des anémies chez l'enfant; 21. Lymphadénie :
Leucémie et splénomégalies chez l’enfant ; 25. Purpuras chez l’en¬
fant.
Maladies de Cappareil respiratoire : M. Zuber. — 26 Broncho¬
pneumonie aiguë et chronique, dilatation des bronches ; 27. Adé¬
nopathie trachéo-bronchique et tuberculose pulmonaire ; 28. Diag¬
nostic précoce de la tuberculose ganglio-pulmonaire chez l’enfant ;
son traitement. — 29. Pleurésies purulentes: M. Rist. — 30. Périto¬
nite tuberculeuse : M. Terrien. — 31. Troubles fonctionnels de
l'intestin dans la 2' enfance. Entérite tuberculeuse : M. Armand-
Delille. — 32. Fièvre typhoïde : M. Weil-Hai.lé.
Maladiesdu système nerveux: M. Armand-Delille. — 33. Cho¬
rées de l'enfance : Complications et traitement ; 34. Scléroses
cérébrales ; hémiplégie cérébrale infantile ; maladie de Little ;
35- Tumeurs et abcès du cerveau : idiotie ; myxœdème ; 36. Para¬
lysies infantiles et myopathies ; 37. Convulsions infantiles : épi¬
lepsie et hystérie ; 38. .Méningite cérébro-spinale épidémique et
méningite tuberculeuse. Ponction lombaire et cyto-diagnostic.
Maladies des yeux : M. Félix Terrien. — 39. Les conjoncti¬
vites : leurs complications, leur traitement ; 40. Hérédo-syphilis
oculaire.
Maladies de la peau : M. J. Hallé. — 41. Teignes, trico-
phytus, favus : examen microscopique et traitement ; 42. Formes
cliniques : complications et traitement des eczémas de l’enfance.
Principes d'electrothérapie : M. Larat. — 43. Traitement élec¬
trique de la paralysie infantile, de la paralysie diphtérique et des
paralysies névritiques ; 44. Traitement électrique des angiomes et
des nævi.
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LE PROGRÈS MÉDICAL
Maladies du naso-pharynx et de ses annexes : M. Cuvilmer. —
45. Hypertrophie des amygdales ; végétations adénoïdes ; 40. Com¬
plications nasales et auriculaires dos affections pharyngées.
Diphtérie : M. Weil-Hali.é. — 47. Diagnostic clinique de l’an¬
gine diphtérique ; 48. Diagnostic bactériologique et sérothérapie
de la diphtérie; 49. Diagnostic du croup ; 50. Tubages et trachéo¬
tomie.
Principes d'hygiène scolaire : M. Mkry. — 51. Bâtiments et
mobilier scolaires ; 52. Examen individuel des enfants ; fiche sani-
Excursions du dimanch" ; Visite de la Pouponnière de Ver¬
sailles et du Lactarium, M. Gi'ii.lemot. — Visite excursion avec
billets à tarif réduit à Berck-sur-Mer, M. Gbisel. — Visite du
Service de la Teigne à THôpital Saint-Louis, M. J. IIali.é. —
Visite des services d’enfants arriérés à 1 hospice de' Bicêtre.
Le droit à verser est de 100 francs. Seront admis, les docteurs
tt étudiants français et étrangers, immatriculés à la Faculté, sur la
présentation de la quittance du versement du droit et de la carte
d’immatriculation. Les bulletins de versement relatifs au Cours
seront délivrés au secrétariat de la Faculté (guichet n® 3), les
mardis, jeudis et samedis, de midi à 3 heures. Un programme
détaillé, avec dates et heures des différentes conférences, sera
remis à chaque auditeur inscrit au début du Cours. S’adresser à
M. Armand-Delille, chef de clinique adjoint, à l’Hôpital des
Enfants-Malades, 149, rue de Sèvres.
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ca. In 8° de 36 pages. Gamberine Parmeggiani,ed. Bologna.
Martinez (B.) — 2° Recensement Municipal de Buenos-Avrp*
Grand in-8° de 600 pages.
Minod (H.). — La lutte contre la prostitution. 1 vol. in-go ^
130 pages, Genève.
Nobl (G.). — Beitrage zur Wakz ineimmunitët. Brochure de
10 pages, Braumûller, édit, à Vienne.
Robert Morris. — A case of hetero-plastio ovarian graftin*
followed by pregnancy and the delivery of a living child. fito’
chure de 15 pages. Wood, édit., Londres.
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de Clignancourt, Paris. (Mémoires déposés à
Médecine, 23 mars 1897, 8 mai 1898). L’extrait de ces Mémo
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4 AOUT 1906
Le Progrès Médical
SOMMAIRE ; P.\thologie externe : Pathogénie des ankylo¬
sés spontanées et particulièrement des ankylosés vertébrales,
par Poncet et Leriche. — Bulletin : Les dangers de l’engoue¬
ment en médecine, par J. Noir. — Sociétés Savantes : Aca¬
démie des Sciences : Action de l’émanation du radium, par Bou¬
chard et Balthazard (c. r. de Mme Phisalix). — Société de bio¬
logie : Précipités colorés, par Achard et Aynaud ; Tractions
rythmées de la langue, par Prévost ; Action du collargol sur les
microbes pathogènes, par Henri et Mlle Cernovodeanu ; Hémo¬
lyse par les mélanges de saponine et d’hydrate, par Henri et Mlle
Lévy ; Rapport électrique des microbes, par Henri et Mlle
Cernovodeanu ; Argent colloïdal sur le bacille pyocyanique,
par Charrin, Henri et Mercier-Vinard ; Pathogénie du rhuma¬
tisme chronique, par Lévi et de Rothschild ; L’hypophyse, par
Pettit ; Hydrates de carbone chez les diabétiques, par Laufer ;
Bilirubine du sérum sanguin, par Gilbert et Herrscher ; Action
de la convallamarine sur la circulation, par Maurel ; Liquide
péricardique, par Iscovesoo ; La vératrine, par Busquet ; Epi¬
thélium intestinal et toxine tétanique, par Caussado et Joltrain ;
Rôle des hématoblastes dans la rétraction du caillot, par Le
Sourd et Pagniez ; Séorétionsintestinales du fœtus, par Camus ;
Urée dans les exsudais, par Kohn, Javal et Adler ; Vapeurs
d’essences minérales, par Desbouis et Langlois ; Action du
méthonal sur les germes microbiens, par Perdria ; Bacille dysen¬
térique, par Vincent ; Larves d’œstres chez le cheval, par Wein¬
berg ; Immunité diphtérique, par Weill, Hallé et Lemaire ;
Fibres centrifuges des racines porteuses de la moelle, par Roux
et Heitz ; Tabès avec poussées polynucléaires dans le liquide
céphalo-rachidien, par Villaret et Tixier ; Allobisme et allobi-
vaccination, parRosenthal ; Balanoposthiteérosive circinée, par
Levaditi ; Morphologie et culture du spirochète refringens, par
Levaditi ; Pus d'abcès froid, par Iscovesoo et Calvé (c. r. de
Mme Edwards-Pilliet.) — Société Médicale des Hôpitaux : (o.
r. de Friedel.) — Société de Médecine légale de France : (c. r. de
Halberstadt.) — Congrès des aliénistes et neurologistes de
LANGUE FRANÇAISE. — ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l’.AVANCE-
MENT DES’SCIENCES. - THÉRAPEUTIQUE. — INTERETS PROFES¬
SIONNELS. — Varia. — Les congrès. — Correspondance. —
Formules. — Uro-thérapeutique. — Nouvelles. — Chro¬
nique des hôpitaux.
PATHOLOGIE EXTERNE
Pathogénie des ankylosés spontanées et parti-
culiènement des ankylosés vertébrales;
Par le P' Antonin PONCET et René LERICHE (1).
I. — Contrairement à la plupart des questions chirur¬
gicales, la pathogénie des ankylosés' a passé de longues
années sans révision. Les doctrines microbiennes sont
apparues et ont évolué sans incursion sur ce terrain. Toute
l’attention des chirurgiens s’est concentrée sur la dis¬
cussion de thérapeutique qu’elle soulevait, sans chercher
à en préciser la nature.
Sur ce point, on s’en est généralement tenu à ce que
Bonnet avait enseigné ; et, à la suite d’Ollier, tous les
auteurs qui ont cherché à éclaircir le problème se sont
bornés à envisager, successivement, l’influence des dif¬
férents facteurs qui peuvent intervenir pour produire
l’ankylose : rôle de l’immobüité, rôle de l’inflammation,
tendance plastique de certaines infections et, par-dessus
tout, rôle primordial de la diathèse rhumatismale.
Nous^ne voulons pas reprendre en détail l'étude de cha¬
cun de ces facteurs. Ce serait là répétition inutile. Il est
établi, aujourd’hui, que toute ankylosé doit être considé¬
rée comme le reliquat d’une arthrite. C’est la cicatrice
pathologique d’une inflammation articulaire. L’immobi-
hté, même prolongée, est, à elle seule, insuffisante pour
ankyloser une jointure. Lestroubles qu elle engendre ne
peuvent aboutir à des soudures fibreuses intra-articu-
taires et ne donnent lieu qu’a de fausses ankylosés. Ver-
ûeuil l’a dit, avec raison ; il n’existe pas, dans la science,
«exemple authentique d’ ankylosé osseuse, produite
«ans une articulation saine, par le seul fait de l’immobi-
Çeci étant posé en principe, on peut admettre trois
aortes d’ ankylosés : des ankylosés post-traumatiques, des
^kyloses de suerison et des ankylosés inflammatoires ou
infectieuses.
tifi classification a, sans doute, quelque chose d’ar-
^■fleiel. Toute ankylosé, avons-nous dit, est le résultat
J^processus inflammatoire, mais elle est, à cette
motion près, parfaitement compréhensive et ne sau-
j ’ ®royons-nous, prêter à confnsion.
con B^^^cr groupe, en effet, correspond à des faits bien
les et d’un mécanisme clair. Le second comprend
^Kyloses delà tuberculose. Elles sont l’aboutissant
poo!.\,B®Pporf au Congrès de Lvon de l'Assoeiation Française
•vancement des Sciences (2 u'oiït 1906).
du processus évolutif curateur de certaines tumeurs blan¬
ches, processus rarement spontané, signalé, pourtant
comme tel par Socin ; d’ordinaire péniblement obtenu à
l’aide d’injections sclérosantes (1) et de révulsion ignée.
Elles ne sont pas dues au bacille de Koch ; elles se font
malgré lui, contre lui, et sont, en somme, la cicatrice
des lésions qu’il produit.
Le troisième groupe est le plus intéressant . C’est celui
des arthrites infectieuses. Il comprend deux ordres de
faits : les arthrites, en efl’et, aboutissent à l’ankylose après
suppm’ationou sans pus.
Après suppuration, la chose est banale. Les parties
fibreuses de lu synoviale enflammée s’épaississent, les
exsudats s’organisent ; au niveau des cartilages érodés,
des adhérences se forment et bientôt se produit une an¬
kylosé, fibreuse d’abord, puis osseuse parfois.
Sans pus, certaines arthrites infectieuses ou, plus sou¬
vent peut-être toxi-infectieuses, conduisent au môme
résultat. On les appelle assez volontiers, pour cela, ar¬
thrites ankylossntes et on réserve, plus spécialement aux
soudures qu’elles occasionnent, le nom A' ankylosés spon¬
tanées. C’est d’elles seules que nous parlerons désor¬
mais.
Les ankylosés spontanées relèvent donc d’arthrites
aiguës, non suppurées, et plus exactement, dé arthrites
pseudo-membraneuses. Ce sontles arthrites avec sécrétion
de lymphe plastique, si parfaitement décrites par Bon¬
net.
En pareil cas, la congestion inflammatoire et l’irrita¬
tion de la synoviale ne produisent qu'un épaississement
marqué de la séreuse. Œdémateuse et lardacée, elle
laisse exsuder une sorte de couenne, blanc jaunâtre,
d’àpparence gélatineuse, sans organisation, ni structure
tissulaire, nettement définie. Le processus est purement
plastique II n y a point de liquide. C’est, à proprement
parler, le mot est classique, une arthrite sèche aiguë.
. Peu à peu, les fausses membranes vont s’organiser.
Elles lefont,comme toute fausse membrane des séreuses,
par pénétration de vaisseaux néoformés en évolution
fibreuse consécutive. Il n’y a là rien de plus qu’au niveau
de la plèvre ou du péricarde. Ainsi se créent des adhé¬
rences, plus ou moins solides, entre les différents points
de la synoviale, et cela surtout, sur les iiarties périphé¬
riques, vers les bourrelets synoviaux, au niveau des
franges.
En même temps, de son côté, la synoviale, épaissie et
infiltrée, prolifère. L’évolution scléreuse de ces tissus
(1) Cor.nil et Coudray. — Action de riodol'orme sur les tissus
normaux. (.Semaine médicale, p. lô'J, 1900.)
4S2
LE PROGRÈS MEDIGAI,
nouveaux contribue, elle aussi, à la production d'une
ankylosé fibreuse, plus ou moins centrale.
Mais le processus, en aucun cas, n'est exclusivement
synovial. Gornil et Ranvier ont, autrefois, montré que,
même dans les fluxions rhumatismales légères, les lé¬
sions n'étaient jamais x^^rfaitement systématisées A
plus forte raison, en est-il ainsi dans les arthrites graves
que nous envisageons. Le cartilage, l'os sous-jacent, les
parties molles j)éri-articulaires sont, eux aussi, touchés
à des degrés divers, et réagissent chacune pour son jjro-
pre compte, suivant le mode qui lui est propre.
"L’ensemble aura, pour résultat, l’adhérence plus intime
des parties normalement mobiles les unes sur les au¬
tres.
La localisation prédominante sur tel ou tel système
créera les différentes variétés d’ankylose, décrites dans
tous les ouvrages classiques.
Constamment, le cartilage présente des lésions micros¬
copiquement appréciables. En certains points, par îlots,
c'est de la x)rolifération désordonnée et delà tuméfaction
sensible au doigt. Ailleurs, ce sont surtout des érosions
par suite d une sorte de fonte rapide, de la substance
cartilagineuse. Celle-ci se fendille et s’érode. Il se fait
des fissures irrégulières, des ulcéi’ations d étendue va¬
riable, laissant les surfaces ossseuses arriver directement
au contact.
A ce niveau, l’os, très vasculaire, irrité, pousse comme
des pointes d’accroissement qui vont créer des adhéren¬
ces osseuses partout où le cartilage a disparq. Ainsi se
forment des stalactites plus oumoins régulières, de petits
ponts osseux, et, quand le cartilage a complètement
fondu, une synostose absolue des extrémités osseuses
en présence. Ainsi se réalise ï ankylosé osseuse centrale.
Simultanément, l’os se déforme parfois. Volkmann a,
dès longtemps, attiré l'attention sur l’augmentation du
diamètre antéro-postérieur et l’aplatissement transver¬
sal que l'on peut, en pareil cas, observer au niveau du
genou. Peut êtredes questions de statique ou de pression
interviennent-elles ? Nous ne savons , toujours est-il,
qu'à côté des cas ou la silhouette articulaire garde toute
la xmreté de son iirofil, il en est d’autres ou un tasse¬
ment se fait, jirobablement permis par une ostéoma¬
lacie passagère, rendant les épiphyses trapues et comme
ramassées.
La fusion est d’autant plus parfaite que le contact des
surfaces articulaires est plus intime. Dans les articula¬
tions par emboîtement elle est complète. La jointure n’est
plus qu’un bloc osseux; c’est tout spécialement le fait de
la hanche ; ailleurs, certains points restent indemnes,
comme l’espace intercondy lien au niveau du genou. Il
semble que l’orage articulaire le respecte assez habituel¬
lement.
A côté de cela, les tissus extra-synoviauxsont plus ou
moins altérés. Ligaments et capsule, gonflés au début
par une sorte d’œdème gélatineux, devenus comme suc¬
culents, prennent progressivement l’aspect lardacé,
caractéristique de ces processus subaigus. Puis, peu à
peu. l’inflammation épuisant sa virulence, les exsudais
se résorbent, laissant tous ces tissus fibreux, sclérosés,
rétractés, ratatatinés, incapables désormais de permet¬
tre à l’article de reprendre sa mobilité d'antan et contri¬
buant, eux aussi, à le souder plus étroitement. Ce pro¬
cessus est-il prédominant, les lésions intra-articulaires
sont-elles faibles, à eux seuls ils feront toute l’ankylose,
qui sera dite fibreuse périphérique.
En certains cas, le processus ^leut aller encore plus
loin. Sous l’influence probablement d’une irritation
périostique péri-épiphysaire, on voit les parties molles
péri-synoviales s’ossifier. Le processus parait débuter
par un fin dentelé de tissu osseux sur les marges arti¬
culaires (1). Ces ecchondroses ossiformes vont à la
rencontre les unes des autres, arrivent à se souder jilus
(1) Giuffitiis. — Thi Journal of Patholosy and Bacteriology, 1807
The Variétés of Aiikylosis by Bone tn Differents Parts of the skele-
ou moins intimement, envahissant la capsule, gagnant
les ligaments, les tendons même, et laissant, au con¬
traire, peut être pour quelque temps seulement la cavité
articulaire libre et respectée.
C’est r ankylosé cerclée, bien connue des vétérinaires.
Puis lentement, pendant que ces changements ont
lieu à l’extérieur de l’os, les épiphyses au contact par
disparition jjrogressive du cartilage qui insensiblement
s’ossifie, arrivent à se souder, et l'arthrite ossifiante est
devenue totale.
C'est là une forme rare de l’ankylose en joathologie
humaine, si on envisage l’intégrité du processus, mais à
l’état d ébauche, elle est assez fréquente. Cloquet avait
j^arfaitement vu cette ossification des fibres ligamenteu¬
ses qui recouvrent les vertèbres, les soudant entre elles
excentriquement, et respectant les fibro -cartilages. On
trouve alors, dit Bonnet, de longues plaques, passant su¬
perficiellement d’une vertèbre à l’autre, formant quel¬
quefois une sorte de gaine ou d'étui qui en réunit plu¬
sieurs .
On arrive ainsi par degrés à l’ossification totale de la
colonne, transformée en un bloc rigide, en une barre
résistante.
C’est, en effet, au rachis que se réalise le plus souvent
chez l’homme 1 ankylosé cerclée. Elle n’aboutit que rare¬
ment d’ailleurs à la synostose absolue .
Mais quand tout i)rocessus infectieux est éteint.quand
cliniquement l’arthrite est » cicatrisée» , tout n’est pas
encore fini. Il se fait sourdement un lent travail de résor-
X)tion osseuse et d’adaption trabéculaire qui arrive à
remanier complètement l’architecture squelettique. Con¬
formément aux lois de Wollf, les différents systèmes de
fibres vont s’adapter à l’état nouveau des bras de leviers
qu elles constituent. Nous ne voulons pas exx)oser tout
au long ces bouleversements osseux. Cela nous entraî¬
nerait trop loin. Qu’il nous suffise de dire que tous les
systèmes correspondant aux mouvements désormais
perdus vont disparaître Tout va donc dépendre de la
position d'ankylose. Est-elle en position vicieuse, en
flexion et abduction x>ar exemple, les fibres de traction
utilisables dans la production de ce mouvement vont
s’hypertrophier, sinon se multiplier. Les fibres de con¬
tact autres que celles du contact flexion, abduction,vont
s’atrophier et disparaître presque complètement. C’ est
à la hanche que la chose est le plus saisissante.
Dans une ankylosé rectiligne, j)ar exemple, il ne res¬
tera plus guère, au bout d’un temps qu’il est difficile de
calculer, que les fibres corresx)ondant à l’appui et à la
traction fémorale de la station debout, c’est-à-dire à une
prédominance énorme du système interne plus oumoins
redressé. Finalement, , les fibres paraîtront continues
avec celles d’appui du bassin, et le seront en réalité.
A ce moment, la synostose sera absolue, anatomi¬
quement totale. Telle est la dernière phase, physiologi¬
que en quelque sorte, de tout processus ankylosant.
Nous avons insisté longuement sur les différentes éta-
jies de la période inflammatoire et sur les modalités di¬
verses quelle peut revêtir d’après les localisations prédo¬
minantes du processus infectieux. On com^irend ainsi
facilement toutes les variétés d’ankyloses et I on voit
qu’au fond toutes se ramènent à un schéma assez simple-
Im morphologie pure d’une articulation ankylosée ne
donne aucune indication sur le processus causal.
Toute infection à tendance plastique peut réaliser, a
elle seule, toutes les variétés d’ankylose. Celles-ci ne
relèvent que du mode d’attaque et de la localisation pre¬
mière ou prédominante du processus.
Quelles sont donc, pratiquement, les tyjies étiologi'
ques d arthrites ankylosantes ? i
Dans les ouvrages classiques, la chose est assez ma^
indiquée. On parle, tout d abord, des pseudo-rhummis
mes. Tous, en effet, mènent volontiers à l’ankylose. Le
te tendance fibrino-plastique est une de leurs carac
ristiques d’évolution. Elle fut, dès le début, parfaiteme
indiquée par Bouchard et son élève Bourcy, et il
LE PROGRÈS MÉDICAL
48 î
notion courante que le rhumatisme blennorrhagique, de
tous le plus fréquent présente, au plus haut point, cette
tendance à faire des synostoses sans pus.
On a cherché souvent à opposer, par ce caractère, les
pseudo-rhumatismes au rhumatisme franc. Pourtant ce¬
lui-ci, sous ses différentes formes, aété rendu responsa¬
ble d’un grand nombre d’ ankylosés, de presque toutes
celles qui ne font pas leur preuve par un traumatisme
ou une suppuration articulaire . Dans certaines statisti¬
ques d’ostéoclasies ou de résections, on le trouve à l’ori¬
gine de près d’un tiers de cas
Le rhumatisme franc a-t-il donc une si grande tendance
ostéogène ? A lire les traités de médecine, il ne le sem¬
ble pas. Après production plus ou moins abondante de li¬
quide la restitutio ad integriim des articulations touchées
est la règle
1,’arthrite sèche aiguë, c’est-à-dire la véritable arthrite
ankylosante, ne se voit pas dans le rhumatisme franc.
Tous les auteurs sont d’accord sur ce point, si bien que,
d'après eux, comme nous l’avons montré ailleurs (1), on
est en droit de conclure : le rhumatisme franc ne conduit
jamais à l’ankylot-evraie.
Comment, dès lors, concilier le désaccord entre méde¬
cins et chirurgiens ! Ollier et Pingaud l’ont tenté en fai¬
sant une sorte de compromis entre le traumatisme et le
vice rhumatismal. Il faut, disent -ils, que traumatisme et
rhumatisme se mêlent pour aboutir à la synostose ; .le
rhumatisme, à lui seul, n’est pas assez plastique ; c’est à
des irritations locales répétées. à des mouvements intem¬
pestifs, qu'il emprunte sa tendance ankylosante.
Un tel processus ne nous paraît pas acceptable. Il est,
tout d’abord, nombre d’arthrites, d’apparence rhumatis¬
male, qui sont si douloureuses que toute exploration de
l’article est impossible. On laisse le membre immobilisé
longtemps, et quand le malade, ne souffrant plus, es¬
saie de quitter son bandage ou sa gouttière, il est anky -
losé définitivement, sans avoir subi le moindre trauma¬
tisme articulaire,
Ce sont là ces arthrites plastiques ankylosantes que
Gosselin (2) avait fort bien vnes, et qu'il s’est at taché à
définir dans ses cliniques et daiisla thèse de son élève Bo-
lott'H) (1881), sans pouvoir, d'ailleurs, arriver à en pré¬
ciser la nature. Malgré tout, dans ces cas, le processus
est ankylosant. Mais pourquoi y a-t il ankylosé ? se de¬
mandait Gosselin. « Nous disons, faute ds mieux, que la
cause recherchée est rhumatismale. Le rhumatisme pro¬
duisant ainsi des arthrites simplement congestives, ou
des arthrite.s, plastiques, ankylosantes, il resterait à sa¬
voir pourquoi il a pris le mode que nous avons observé ?
n’a répondu à la question posée Gosselin. D.
Mollière (4', Nicaise (• ), Ollier (tij.ont apporté des obser¬
vations plus ou moins superposables. On a parlé de dia¬
thèse rhumatismale, ostéopliytique, et Mauclaire (7) a
consacré quelques lignes à ce qu’il appelle ; l’osléoarthrite
plastique ankylosante.
."l’ts récemment. Nélaton (8]. Routier (9', Lucas-Gham-
Pionnière(lO), sont intervenus chez les maladesdecegenre.
trouve plusieurs exemples dans la thèse récente
1 . “Soier (IL. Le diagnostic généralement jmrté est ce
^ “^fthri te plastique, ou d ankylosé rhumatismale. La
4 cation d’étiologie n'est pas poussée plusloin.
j c. dans toute cette série d’observations, on ne peut
S^^îtter, le plus souvent, de traumatisme articulaire.
Jmntanément. l’arthrite est arrivée ü l'ankylose.
_ ^cf, l'explication donnée plus haut ne saurait être
et U. Leiuche. — Ithumaliamc lubcrculei
rfe chirurpie, j.anvior l'J05 )
13' n ’s.<EUN. — Clinique chirurgicale de la Charité, l. I
4' de P.iris, 1881.
f;,: v'-'Iou.iÈiiE. — Lyon medical, p. 21.8, 189.).
'61 n C''SE. — Revue de chirurgie, p. 819, 18.82.
ni M Traité des Résections.
(g v..-'Ci:l.\ihe. — Traité de chirurgie clinique, t.lll.
Cji k^CATOx. — Soc. de eliinirgie, 18 juin 1902.
(10 "Oc-riEn - id., 25 juin 1902.
-- /éîd.,28juin 11X)5.
*.'«lUGuiEH.-Thc.e de Paris, 1904-1905.
gardée II faut donc chercher autre chose. Or. chez de
tels malades, nous enavons observé un assez grandnom-
bre (1), on retrouve très souvent, par une enquête minu¬
tieuse, les traces d'une tuberculose ancienne, jilus ou
moins éteinte, mais, néanmoins, toujours agissante. Un
interrogatoire attentif montre que le malade est hérédi¬
tairement taré par le bacille de Koch, qu’il a vécu dans
un milieu de bacillaires, comme cette femme (2), vue jiar
M. Mouisset, opérée par M. Vallas, qui avait perdu son
père de laryngite tuberculeuse, et soigné successivement
deux maris, morts, tous deux, de tuberculose pulmonaire.
Parfois, le malade, a eu. dans l’enfance, des adénites
cervicales, des otites, les petits signes de la scrofulose
infantile. D'autrefois, l'arthrite ankylo-ante a été sui¬
vie, à brève échéance, d’hémoptysies, de phénomènes
pulmonaires chroniques dont l’évolution lente finira par
le tuer. Enfin, dans quelques cas récents, la séro-réac-
lion, l’épreuve de la tuberculine, etc , ont montré que
ces prédisj^osés à la tubercule -e, qui doivent en mourir
un jour, sont, au moment même de leur ankylosé, des tu¬
berculeux en action.
Cela suffit. Ces renseignements, que seuls un interro¬
gatoire et un examen dirigés dans ce sens,j)euvent révé¬
ler. ont, comme nous l’avons dit d autre part, la valeur
de la goutte uréthrale, qui fait dire : rhumatisme blen-
noifhagique. en présence d'une poussée articulaire plus
ou moins aiguë.
Ils imposent le diagnostic de rhumati«me tuberculeux,
car il en est de ces arthrites comme des symphy.-:es des
séreuses, où l'on ne trouve aucune trace dlnfection s])é-
cilique, aucune édification anatomique, signant le pro¬
cessus originel La tuberculose semble hors de cause, et
cependant, depuis les recherches de Landouzy, on sait,
que da ns ces pleurésies, c’est elle qu il faut incriminer
avant tout.
Aussi peut 011 conclure d'une façon ferme : le rhuma¬
tisme franc n a jamais pour aboutissant l'ankylose vraie.
Les prétendues ankylosés rhumatismales, la plupart des
arthrites plastiques ankylosantes relèvent de la tuber¬
culose.
Mais il ne faut pas s’attendre à lrouver,en pareils cas,
de graves lésions pulmonaires. Ce ne sont pas les cavi¬
taires qui réalisent volontiers ces arthrites ankylosan-
t-s. Ce sont des tuberculeux a minima. dont les lésions
veulent être cherchées. Leur évolution fibreuse les rend
discrètes, et si l’on nous permettait un paradoxe, nous
dirions : qu'il faut être f eu tuberculeux pour pouvoir
faire une ankylosé. Il suffit de l'être longtemps.
On ne doit pas, d’autre part, chercher, au niveau de
ces articulations, les traces habituelles de l’ostéo-arthrite
tuberculeuse. On ne les y trouverait pas. Ces lésions
sont fonction de la tuberculose inflammatoire. Ce sont
des produits réactionnels d’origine toxinienne.sans nulle
caractéristique anatomique On sait aujourd'hui, depuis
nos recherches, que la granulation et la cellule géante
ne sont plus le minimum exigible pour pouvoir parler
de tuberculose. Nous avons trop insisté sur ce point
pour qu il sotutiled’y revenirici. La tuberculose inflam¬
matoire est essentiellement plastique et édificatrice. Par
elle, s’explique donc très simplement le caractère fonda¬
mental de ces arthrites, qui sont ankylosantes, malgré
tout.
Il nous reste pour être complets, à signaler les fausses
ankylosés delà polyarthrite déformante. Nous n’en avons
point encore parlé, parce qu’il s’agit plutôt, alors de
gêne périarticulaire des fonctions de la jointure que de
fusion ostéo - fibreuse. Le processus de la polyarthrite est,
avant tout, atrophique et médullisant. Autour de l’os raré¬
fié et boursouflé, des exostoses périphériques entravent
le glissement des surfaces articulaire s déjà fixées par des
ligaments rétractés. Il n’y a pas là d’ ankylosé vraie, et si
nous en parlons, c'est pour les exclure.
'1} PdNCETi'lH. I.ERicnic — Revue de chirurgie. 1905.
(2) .V. l'oNCET i‘l H. LiduciiE. - Loc.cit , ob. II.
484
LE PROGRÈS MÉDICAL
Dès lors, lapathogénie des ankytoses spontanées de¬
vient très simple.
Toutes sont d'origine toxi-infectieusé.Le Jroid humide,
le traumatisme, etc., ne sont que des causes occasionnelles
provocatrices ou localisatrices, d’un pseudo-rhumatisme .
Tous les pseudo -rhumatismes tendent à l’ ankylosé, dans le
cas où ils ne sont pas hydropigènes . C’est d'eux que relè¬
vent toutes les arthrites plastiques, dont le plus grand
nombre s’ expliquent par la blennorragie et surtout par
la tuberculose.
Pareille notion a un intérêt majeur. Elle paraît, en
effet, de nature à élucider certaines pathogénies jusqu’ici
mystérieuses, en pathologie humaine comme en art vété¬
rinaire.
D’un côté comme de l’autre, on tait jouer un rôle injus¬
tifié aux théories mécaniques. C’est, par la surcharge, par
les excès de presssion établissant de nouveaux contacts,
que certaines articulations surmenées arriveraient à
l’ankylose. Ainsi en serait -il du pied plat douloureux ?
L’astragale, mal orienté, glisserait en avant, culbuterait
en bas et en dedans, détruirait la voûte plantaire, parce
qu’en même temjis la petite apophyse calcanéenne est
atrophiée. De là des pressions anormales, des irritations
et finalement de l’ankylose.
A réflexion, cette explication statique des synostoses
parait bien un peu surprenante. Elle devient inadmissi¬
ble quand on songe que la caractéristique du pied le plus
déformé au point de vue articulaire est de ne jamais
s’enkyloser. Si la théorie statique était vraie, tous les
pieds bots congénitaux devraient être synostoses. Il
n’en est rien . Cette exception cadre trop mal avec la
théorie pour ne pas l’infirmer.
Aussi, nous pensons, d’après cela et avec beaucoup
d’autres bonnes raisons, qu il faut l’abandonner et s’en
tenir à la formule que nous avons émise ; en dehors
d'un processus to xi-in fe dieux , il n’est pas d’ankylose
spontanée.
Si nous transportons cette donnée en médecine vété¬
rinaire, elle est tout aussi extensive et. peut-être solu-
tionnera-t-elle défi uitivement des questions bien sou¬
vent débattues ? On connaît, par exemple, la fréquence
et la complexité des tares osseuses du cheval. Elles sont
diaphysaires, comme le suros, ou articulaires, comme
l’éparvin. Ce sont des ossifications exubérantes et des
ankylosés absolues dont la nature est indéterminée . De
nombreux travaux et de multiples théories se sont effor¬
cés, dans ces dernières années, de la préciser (1; . Au fond,
on peut grouper sous trois chefs, toutes les explications
proposées : hypothèse ligamenteuse, hypothèse articulaire,
hypothèse ostéitique.
Ces hypothèses ressemblent fort aux si nombreuses
théories pathogéniques de la tarsalgie des adolescents.
Or là, pas plus qu’ ailleurs, les influences mécaniques
ne sauraient être suffisantes pour produire des synosto¬
ses. Il nous semble contraire à tout ce que l’on sait, de
supposer qu’une hyperextension ligamenteuse répétée
soit suffisante pour déterminer « de l’ostéite périphéri¬
que qui, en modifiant la nutrition du cartilage, fait ap-
l)araître les lésions arthritiques » (Ranier (2) dont dé¬
pend l’ankylose.
Il faut plus que des arrachements ligamenteux infimes
pour produire une « ostéo- arthrite ankylosante ». Nous
avons pu voir au musée de l’Ecole vétérinaire de Lyon
des pièces superbes d’éparvins. Avec ce que nous
savons des ankylosés de 1 homme, nous dirons, sans
arrière-pensée, que seul un processus infectieux peut
donner de pareilles productions osseuses. C’est donc dans
ce sens qu’il faut s’orienter si l'on veut une explication
admissible, et volontiers c’est vers la tuberculose que
nous la chercherions. La tuberculose étant très rare
chez les chevaux, il serait curieux de voir si le séro-dia-
(1) V. Drocin. — Revue générale de médecine vétérinaire, 15 avril
1903. Etiologie et palhogénie «les tares osseuses.
(2) B-iXlER. — Sur la pathogénie tle l éparvin (Sa//, de la Soc.cen-
traie de méd. vétérinaire, 1898).
gnostic, la tuberculine, ne donnerait pas l’indication dé¬
finitive de l’infection qui, seule, engendi'e de pareilles os¬
sifications (1) .
II. — Les données générales que nous venons de déve¬
lopper sur les arthrites ankylosantes, en général, trou¬
vent leur application intégrale à lapathogénie des anky¬
losés vertébrales.
Dans ces dernières années, on s’est efforcé de les caté¬
goriser et d’en distinguer différents types. P. Marie et son
élève Leri se sont attachés à cette étude . Ils ont isolé,
dans le chaos du rhumatisme chronique, des individua¬
lités anatomo-cliniques assez vivantes pour avoir été les
jalons de tout ce qui a paru sur ce sujet. Autour de cha¬
cune des formes qu’ils avaient vulgarisées, des observa¬
tions plus ou moins identiques sont venues, de tous côtés,
cristalliser, en quelque sorte, et consolider une doctrine
séduisante.
Toutefois, il y a là, croyons-nous, quelque chose d’ar¬
tificiel. Ce ne sont pas les positions d’ ankylosés, le plus
ou moins de diffusion du proce.ssus ossifiant, qui peuvent
permettre d’isoler des types définitifs.
Si l’on appliquait pareUle méthode aux articulations
des membres, on ari’iverait à des conclusions inadmissi¬
bles, et il n’y a aucune raison d appliquer un régime de
faveur à la colonne vertébrale . Le processus ankylosant
est là ce qu’il est partout ailleurs et rien de plus. La loca¬
lisation des lésions, leur généralisation, le plus ou moins
de régularité des ossifications auxquelles elles condui¬
sent, peuvent permettre d’indiquerdes divisions commo¬
des pour l'étude. Elles ne sauraient impliquer des dis¬
tinctions pathogéniques.
C’est ce que nous voulons essayer démontrer ici. Pour
cela, il est nécessaire d’établir, tout d abord, quelles sont
les principales formes isolées dans le groupe confus des
ankylosés vertébrales.
Au point de vue anatomique, on en décrit deux grands
types. L’un, est surtout ligamenteux, l’autre, plu tôt ostéo¬
articulaire. Le premier correspond, dit Léri, à une me-
nisco-ligamentite. Il peut être généralisé ou localisé.
Dans chaque cas, il offre certaines caractéristiques que
nous indiquerons.
Total, il crée la spondylose rhizomélique, maladie
toxi-infectieuse .
Localisé, il produit la cyphose de Bechterew, affection
hérédo-tr aumatique .
Le second type répond à une ossification totale, recti¬
ligne, de la colonne et serait seul le fait du rhumatisme
chronique.
A première vue, ces divisions paraissent bien un peu
frôles. ’V'^oyons-en le détail.
Dans le premier cas, d’après Marie et Léri, on trouve
l’ossification de presque tous les ligaments de la colonne.
Les apophyses articulaires sont soudées à leur pourtour,
elles ne forment plus extérieurement qu’une colonnettc
moniliforme. Les ligaments jaunes sont nettement ossi¬
fiés par place, de même en est - il des ligaments
vertébraux. La plupart présentent seulement une ossifi¬
cation de leurs faisceaux supérieur et inférieur, plus ré¬
sistants. Les faisceaux moyens qui se rendent au disqu®
intervertébral sont respectés. Les ligaments costo-tran^
versaires sont pris, eux aussi. Les sus spineux formen ,
par place, des ponts osseux, entre les épiphyses
nés. Même dispositif est réalisé, mais moins complÇf®'
ment, sur la face antérieure des corps vertébraux, pf^>
semble-t il, « par ossification du disque que par celle
ligament vertébral commnn antérieur ». Celui-ci, e
effet, comme le ligament commun postérieur, reste pre
que intact.
Déplus, le canal rachidien garde son diamètre n
mal, sans végétations, môme exubérantes, en ^
la lumière. Les trous intervertébraux conservent
(L Depuis queluues mois, M. le prof. Cadéae, de l’Ecole
naire de Lyon, a bien voulu, sur notre demande, entrepreno ^
Tez le cheval. D’après les résultats c.
LE PROGRÈS MÉDICAL
LE PROGRÈS MÉDICAL
CONVALLARIA MAIAIIS
I SIROP : 2 à 3 cuillerées à soupe par jour,
i PILULES : 6 par jour.
6RARULES de CONVALLAIARIRE ; 4 par jour.
S "S
ANALGÉSIQUE, ANTIPYRÉTIQUE, HYPNOTIQUE, ANTLMIGRAINE, ANTLNÉVRALGIQUE, ANODINE
NE DONNANT PAS LIEU A L’ACCOUTUMANCE ET NE PRODUISANT JAMAIS D’EFFETS TOXIQUES _
CONSTANTE DANS SES EFFETS
LE PROGRÈS MEDICAL
485
leur calibre normal. Il existe seulement, par en¬
droit 'nn rapprochement plus ou moins accusé de cer¬
taines extrémités articulaires, pouvant aller tardive¬
ment jusqu’à la soudure totale de deux os voisins.
D’antre part, ce processus touche aussi toutes les arti¬
culations à ménisque ou à bourrelet ; la hanche, l'épaule,
le genou, la sterno-claviculaire, le temporo -maxillaire;
^\^inalement cependant, mais toujours tardivement, il
pourrait se généraliser aux articulations des pieds.
En somme, à part ce dernier détail, il répond à une
ménisco-ligamentite ossifiante.
Mais, de plus, il semble que 1 hyperossification se fasse
aux dépens d’une désossification parallèle, en d'autres
endroits, où les os sont ramollis etfi'appés d’ostéite ra¬
réfiante.
fel serait l’aspect caractéristique de la spondylose
rhizomélique, maladie bien isolée, véritable entité ana¬
tomo-clinique.
La. cyphose hérédo-traumatique , décriteparBechterew
sous le nom de : vertébrale. A.\\.o, perfois aussi,
maladie de Kümmel, vulgarisée en France par Marie et
Astié (1 , est moins connue. Léri, qui en a publié une
autopsie détaillée, la regarde comme caractérisée ana¬
tomiquement, par une cyphose avec ossification en sail¬
lie de la plupart des ligaments vertébraux ,
Le plus touché serait le ligament vertébral commun
antérieur, mais non sur toute sa hauteur. Avec lui, les
ligaments jaunes sont aussi frappés dans le même dé- j
partement rachidien ; les autres sont plus ou moins in¬
tacts.
Bref, la formule anatomique de cette forme peut être
ainsi énoncée : ankylosé, localisée à la concavité d’une
courbure cyphotique.
Tout autres sont les lésions dans le rhumatisme ver¬
tébral. Ce qui domine, en pareil cas, c’est la soudure en
masse et dans le sens rectiligne de tout l’axe vertébral,
ondel’undeses segments ^J.Teissierj.C’estlossification
régulière des ligaments antérieurs qui forment des ponts
rigides entre les corps vertébraux immobilisés en un
bloc rectiligne. C’est encore la présence constante d’os-
téophytes, parfois volumineuses, surtout au niveau des
faces -latérales du rachis, diminuant beaucoup la lumière
des trous de conjugaison, comme l’ont établi Touche et
“egnault. J. Tessier, auquel nous empruntons cette des¬
cription, en a montré de très belles pièees.
Les lésions sont, on le voit bien, différentes de celles
delà spondylose. Elles sont trop dissemblables pour
î'r on puisse leur supposer une pathogénie univoque. Il
mot donc disjoindre ces deux modalités cliniques et les
®^Posor, au lieu de les réunir dans un groupement syn-
P- Marie etLéi'i (2j, J. Teissier et Roque (3) se sontpro-
formellement dans ce sens,
résumé, il existe deux types d’ankylose vertébi'ale:
^îî®!%oinentaice. qui s’accompagne d’ostéomalacie, d'os-
e raréfiante; l’autre ostéo articulaire, purement plas-
^0 premier, ressortissent deux formes cliniques ; la
j^^jlose rhizomélique et la cyphose hércdo-trauma-
Pent^ ,®ooond, dépend le rhumatisme vertébral, qui
total cervical, cervico-dorsal, dorso-lombaire ou
tj^^trairement à cette manière de voir, nombre d'au-
'tstes ;5!, A. Pic (G), sont résolument uni-
^ont là que des formes, d peine différentes, d'un
^^sus univoque.
Tra ,' J “^<J’>oftrapnteae la csatpeii terc, n- i, i;
y * ‘ie médecine, arl. Rhumatisme chronique.
'•V JocVE. — Gaz. des hôpitaux, 190;
'8) fi? M'tt. ans den Grenqgeb., ISOO.
^ Cl Bombes de Vii.liek.';. — Lyon médical, li
Telle est notre oj)inion.
Gomme nous l’avons développé ailleurs (1) ,tout agent
causal peut, en matière de rhumatisme chronique, pren¬
dre, au niveau des articulations, deux seuls modes évolu¬
tifs, l’un, atrophique, raréfiant ;rautre, plastique, hyper-
ostosant,Ces modalités dilférentesx'oisinent souvent chez
le meme malade. Ce sont des questions de virulence et de
tei'rain qui marquent la dominante du processus et non
point sa nature.
On ne peut se baser sur eux pour établir des distinc¬
tions pathogéniques.
En outre, ainsi que nous l’avons établi au début, toute
toxi-infection est susceptible d’engendrer n'importe
quelle variété d’ankylose. Chez tel individu, elle donnera
une ankylosé périphérique, capsulo-ligamentaire ; chez
tel autre, une synostose absolue, Tout dépendra du mode
d'attaque et de la localisation prédominante.
Et si la spondylose réalise plus souvent le premier type,
c’est parce que, à la colonne, les ankylosés, sont le plus
souvent, péi iphériques. L'ossification intervertébrale est
plus rare parce que les fusions interarticulaires absolues
correspondent surtout à des lésions synoviales et à des
ulcérations cartilagineuses. Pour un tel résultat, il faut un
cartilage mince et une séreuse. Ni l'une ni l’autre de ces
conditions ne sont réalisées au rachis.
Le syndrome spondylose rhizomélique ne corres¬
pond donc pas fatalement et nécessairement à un pro
cessus ligamentaire, mais il y répond le plus souvent.
D’autre part, il n'est pas fatalement accompagné d'une
ostéite raréfiante. Ce qui le prouve, c’est que Pic a
trouvé, chez ses malades, une véritable éburnation des
hanches syuostosées. Nous avons nous même observé
des lésions d’ostéite condensante chez des spondylosi-
ques.
Enfin, on ne saurait donner comme un caractère pa¬
thognomonique d'une lésion, le fait de la position d’an¬
kylose.
Au rachis, comme ailleurs, la rectitude et la flexion
sont déterminées par des questions de statique. Quand
le processus est ankylosant d’emblée, la colonne est
figée dans sa forme brusquement. Quand, au contraire,
et c’est le cas le plus fréquent, les lésions passent par une
phase transitoire d’ostéomalacie, les déformations le s
plus diverses peuvent survenir. Le l’amollissement os¬
seux permet faction des causes mécaniques, et l'ostéite
condensante terminale ou l'ankylose de guérison sur¬
prennent le squelette dans une position anormale, dé¬
sormais définitive.
L'ankylose, dite du rhumatisme chronique, est en
extension, parce qu elle est totale, et que, d emblée, le
processus est ankylosant.
Les ankylosés de la spondylose ou de la cyphose héré-
do-traumatique sont, en partie, vicieuses, parce que
l’agent caussd épuise longtemps son effort à la périphé¬
rie, en ne donnant primitivement, au niveau du squelette
proprement dit, que du ramollissement inflammatoire.
Et alors, pendant que, lentement, les ligaments s’ossi¬
fient, la colonne se tasse et s’incurve.
Ces actions parallèles, qui s accomi>agnentde douleurs
violentes, progressent.fatalement, avec le même cortège
de souffrances, jusqu'au jour où le processus ossifiant
est devenu suffisant pour fixer les lésions et immobiliser
le rachis en position anormale.
Là, comuiepartout en pathologie articulaire, l'immo¬
bilisation est curative. Elle fait rétrocéder l’inflamma¬
tion. elle diminue, elle supprime la douleur.
Pour ces div erses raisons, en appliquant au cas parti¬
culier ce qui est la règle générale pour toutes les articu¬
lations, nous ne croyons pas que Ton puisse trouver
dans de purs caractères morphologiques un motif vala¬
ble de différenciation entre deux processus, rattacher,
l’un, à une trophonévrose, et l’autre, àune toxi infection
Pour nous. toute ankylosé spontanée,nous le répétons,
T) A.PoxCETel B. Leuiciie.— Académie de médecine, l'i mars 1906.
LE PROGRÈS MÉDICAL
est lerésultat d'une infection qni touche, plus oumoinsjes
ligaments ou les os, mais jamais les tins à l'exclusion des
autres. 1 outes les formes de transition existent, tous les
intermédiaires sont réalisés, la chaîne est donc ininter¬
rompue entre les types extrêmes.
Mais s’il en est ainsi quels sont les facteurs étiologiques
à invoquer, en fin de compte ?
D’après ce que nous avons dit, le froid même prolongé,
les émotions, le traumatisme, etc., ne sont pas autre chose
que des causes occasionnelles. Pour le traumatisme, la
question veut être développée. On l'a, en effet, mis di¬
rectement en cause comme explication de la cyphose de
Bechterew. Pour Marie et Leri, son rôle est manifeste.
Nous pensons, au contraire, que des chocs insignifiants,
même répétés,ne peuvent donner de l’ankylose vraie. Des
arrachements ligamentaires minimes sont insuffisants à
engendrer des hyperostoses étendues, et ne produisent
guère que de petites ecchondroses, des stalactites très
localisées.
Reuter (1) .dans un mémoire récent, s’est attaché à mon¬
trer comment la doctrine de Kümmel était inadmissible
au point de vue anatomo pathologique. Avec lui, nous
nous refusons à croire que des traumatismes légers, plus
ou moins appréciables, puissent, par hémorrhagie intra-
osseuse, engendrer une ostéite raréfiante assez intense
pour permettre des tassements et la cyphose consécutive .
Il faut une infection pour donner naissance à de pareil¬
les lésions, mais aucune n'est spécifique et tout agent mi¬
crobien peut intervenir.
Deux sont le plus habituellement en cause : le gonoco¬
que et le bacille de Koch. Quelquefois même, ils associent
leur pouvoir plastique commun.
Pour la blennorrhagie, on ne fait aucune difficulté à
l’admettre.
Pour la tuberculose, la chose est moins classique. Elle
est tout aussi si'ire cependant.
Depuis la communication de l’un de nous à la Société
médicale des hôpitaux de Paris (2) les observations se
sont multipliées. Celles de Pic et Bombes de Villers, de
L.Thévenot, etc., les thèses entr’ autres, de Moutet et de
Gerspacher, ont surabondamment démontré l’action, en
pareil cas, du poison tuberculeux.
Leri, dans sespremiers mémoires, avait, d’ailleurs, si
gnalé certains spondylosiques comme suspects de tuber¬
culose : ainsi celui d Hilton Fagge, de Teixidos Sunor.
Il rapportait lui-même un cas où la tuberculose n’était
pas douteuse. J. Teissier enacité un autre.
Bref, sur une soixantaine d observations de spondylo-
se connues, une vingtaine, au moins, lui sont rattachables.
Ces relations de la tuberculose et de l’ankylose verté¬
brale ont trouvé une nouvelle preuve dans les constata¬
tions récentes de Lorentz.La fréquence des lésions anky¬
losantes de la colonne chez les tuberculeux est telle, d'a¬
près lui, qu'on ne peut la considérer comme une simple
coïncidence : sur 174 phtisiques, il en trouve 68 atteints de
rigidité vertébrale, dont 55 pour 100 ayant moins de qua¬
rante ans !
Il est donc certain aujourd'liui que la tuberculose est à
l’origine d’un grandnombred’ankyloses, quels que soient
leur siège et leur forme anatomique.
Elle agit là, sans produire de lésions spécifiques et d’é¬
difications anatomiques caractéristiques.
Gq sont des ankylosés par tuberculose inflammatoire
dont le 7'humatisme tuberculeux ankylosant est une des
formes les plus fréquentes.
Comme tout rhumatisme infectieux, il a, au premier
chef, une tendance fibro qfiastique, et c’est à lui qu’il faut
toujours penser en présence d’une ankylosé spontanée,
dont la cause échappe, alorsmème que le malade parait
en pleine santé. Il pourra mettre sur la voie des lésions
larvées.jusqu’alors silencieuses, dont il n'est qu’une anor¬
male et bruyante manifestation.
(1) l eber die Bezieliiinfrehn zwisehen spondylites traunialioa und
ankylosé des Wirbehsaule (Arch. f. orthopédie.. Bd II, p. 137, 1903.)
(2) A. PoscET. — Soe. méd. des hôpitaux. 1903.
NARCYL GRÉMY médicament spécifl.
que de la toux, spécialement de la toux des tu¬
berculeux.
BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL
Les dangers de l’engouement en médecine.
Dans notre dernier bulletin, à propos de la thèse du
D'' Maisonneuve et des discussions auxquelles elle a
donné lieu, nous faisions remarquer les dangers de
l’engouement en faveur d’une doctrine ou d'une décon-
verte médicales. Nous avons rappelé les échecs reten¬
tissants de la lymphe de Koch prématurément livrée
au public, mais ce n’est là qu'un fait entre cent autres
et les exemples de ce genre sont trop nombreux à notre
époque.
Devons-nous rappeler la multiplication excessive des
ovariectomies dès que l’opération de Battey eut été
introduite en France 'I
L’engouement pour la castration ovarienne fut tel
que cette opération devint un danger social. Il fallut
une campagne de presse, l’intervention de romanciers
de talent, pour réfréner cette folie épidémique qui
sévit avec une égale intensité chez les malades et les
opérateurs. La mode passa alors assez vite et en quel¬
ques années tout en fut rapidement oublié. 11 en est
de même de l’histoire récente de l’appendicite. Sur
l’affirmation catégorique du F" Dieulafoy, qu’on ne
devait pas mourir d’appendicite et qu’en sa présence,
il fallait toujours et au plus tôt opérer, on intervint à
la moindre alerte . Le chirurgien moderne que le chlo¬
roforme, l’antisepsie et l’amélioration de la technique
opératoire ont rendu plus audacieux, ne s’attarda plus à
préciser le diagnostic, il le compléta le couteau en
main, sur la table d’opération.
Les erreurs furent fréquentes et si souvent elles n eu¬
rent d’autres conséquences qu’une opération inutile,
dans quelques cas, elles portèrent des dommages pins
sérieux aux malades. 11 fallut que M. Dieulafoy vîn
lui-même réparer à la tribune de l’Académie le ma
dont il avait été la cause indirecte, et dire qu’il ne fan
plus opérer avant de s’être assuré de la précision
diagnostic, affirmation qui pourtant paraît ne relever
que du simple sens commun.
Nous ne pouvons passer ici en revue la longue lis
des médicaments qui, pendant quelques semaines, o
guéri toutes les maladies incurables. Durant ces
nières années le ciel un peu sombre de la thérapeutiqn^
a été constamment sillonné de ces étoiles filantes
l’éclat éphémère . ^^,5
Les agents physiques semblaient donner quelfi
consolations et l’on vantait sans cesse les effets ni^^
veilleux des rayons de Rœntgen. Ils avaient fait
les plus extraordinaires espérances, un instant on
qu'on avait enfin trouvé en eux l’agent curatif
cer, et il est vrai que nombre de néoplasmes
malins, soumis à la radiothérapie, avaient été un
fiés de façon étonnante. w/i?
Serait-ce là encore une déception ?Le v’nal*^
Anieric. med. Association àn 23 juin dernier
LE PROGRÈS MÉDICAL
.487
]e cas du D' Weigel, de Rochester, qui, à la suite d’ap¬
plications prolongées de rayons X, aurait contracté un
cancer dûment constaté, sérieusement diagnostiqué et
dont il serait mort. Ce seul fait n’est certes pas suffisant
pour nous faire condamner sans appel la radiothérapie.
Mais ce sont ces échecs qui rappellent les médecins à la
prudence et les conduisent au doute scientifique, bien
différent de la négation à priori des sceptiques. Il faut
se défier des thérapeutiques perturbatrices dont on est
loin de connaître tous les effets. Il vaut mieux imiter
la circonspection de Montaigne malade, qui, bien que
n’étant pas médecin, disait avec son robuste bon sens :
« le laisse faire ta nature, et présupposé qu’elle se soit
« poun ue de dents et de grifies, pour se déffendre contre les
« assaults qui luy viennent, et pour maintenir cette contex-
« ture dequoy elle fuit la dissolution, le crains au lieu de
« l’aller secourir, ainsi comme elle est aux prises bien
étroictes et bien ioinctes avecques la maladie, qu'on secoure
« son adversaire au lieu d’elle, et qu’on la recharge de nou-
« veaux affaires (1).» J. Nom.
Contre r INSOMNIE, prescrire :
TABLETTES MERCK DE VÉROXAL, au cacao,
dosées à 0,50 et divisibles par moitié.
SOCIÉTÉS SAVANTES
ACADÉMIE DES SCIENCES
Séance du 23 Juillet 1906.
Action de l'émanation du radium.
MM. Ch. Bouchard et Y. Balthazard, qui ont déjà montré
l'action toxique de l’émanation du radium pour les animaux,
tels que cobayes et souris, lorsqu’elle est introduite par la voie
respiratoire, montrent, par de nouvelles expériences, que cette
^nation est également toxique lorsqu’elle est produite
d une façon continue par une substance radio-active, placée
dans le péritoine, à l'intérieur de sacs de collodion.
Tous les tissus de l’animal qui a respiré l’émanation sont
•^dio^actifs ; mais les capsules surrénales et le poumon le
sont à un degré plus élevé.
Quant aux tissus de l’animal, porteur dans son péritoine,
d un sac de collodion contenant la substance radio-active, la
Mesure, dans chaque organe, de la quantité totale d’émana-
uon qu ii contient montre qu’ils se classent dans l’ordre
Rivant; capsules surrénale^, poumon, foie, peau, rate, reins.
Mais si l’on se reporte à l'unité de poids de chacun de ces
"’^anes, on voit que :
‘ gr. de capsule surrénale contient 4,7 fois d’émanation que
gr. de rate ; 1 1 ,4 fois d’émanation que 1 gr. poumon ; 15 fois
«reanation que 1 gr. de peau ; 60 fois d’émanation que 1
- de foie ; 100 fois d’émanation que 1 gr. de rein.
Tém approximatif permet d'évaluer au douzième de
j^anation injectée ce qui reste encore au bout de 4 heures.
11 douzièmes ont été éliminés surtout par la peau et le
*a>areon.
lJ'®”*®*'ation se localise à partir de la deuxième heure sur
^ç^^P^ules surrénales qui arrivent vers la quatrième heure
contenir autant que le reste du corps,
f^ife ^ ^ ** heures après l'injection, l'organisme ne
rad: d’émanation et les tissus ont perdu toute
®go-aclivité.
qoç P r®^erches de Bergell, Braustein et Bickel ayant prouvé
la pj- accroît l’action zymotique de la pepsine, de
v.^^^^tine et des ferments en général, la localisation
liv. I., ch. .XXIII.
élective de cette émanation sur les glandes à sécrétion interne
n’est pas chose indifférente pour le thérapeute. Elle explique
peut-être l’action stimulante qu’exercent sur les sécrétions les
eaux minérales radio-actives lorsqu’elles sont prises à la
source.
11 est assez curieux, en outre, de constater que l’émanation
qui, jusqu’ici, s’est montrée inerte au point de vue chimique,
puisse se répartir d’une façon non uniforme dan.s l’organis¬
me. Le fait est à rapprocher de celui qui a été indiqué par
M. Schlœsing pour un autre gaz inerte, l’argon, qu’il a vu se
fixer d’une façon élective sur le sang. M™® Phxsalix.
SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE
Séance du 21 juillet 1906.
Précipité.') colorés.
MM. Achard et Aynaud. — L'imprégnation par l’argent
consiste à produire un précipité dans les espaces cellulaires
qui devient visible en noircissant à la lumière. Le bleu de
Prusse, formé par l’action successive du ferrocyanure de
potassium et du sulfate ferrique û’iodure de palladium, for¬
mé par l’iodure de potassium et le chlorure de palladium ;
le tannate de fer, par la réaction du tannin sur le sulfate fer¬
rique ; enfin, la réaction du tannin traité par une des xnpeurs
osmiques. Ces réactions, comparables aux imprégnations
d'argent, montrent la fadlité des espaces intercellulaires à se
faire pénétrer.
Tractions rythmées de la langue.
M. J.-L. Prévost critique la méthode des tractions rythmées,
et, de son expérience personnelle, tire cette conclusion (jue
les tractions simples sont de bonne réussite au cours de l’as¬
phyxie, par action mécanique, en dégageant la glotte oblitérée
par la base de la langue, mais que l’excitation réflexe rame¬
nant les mouvements respiratoires lui paraît problématique.
.iclion du collcargol sur les microbes pathogènes.
M. Victor Henri et Al"' Cernovodeanu ont préparé, par la
méthode électrique de Bredig, une série de solutions collo'i-
dales d’argent différant par la grosseur des granules du métal.
Ces solutions, expérimentées sur le charbon, le staphylo¬
coque, le bacille typhique, le coli-bacille, la phléole et le ba¬
cille de Flexner ont constamment retardé ou empêché le
développement du microbe. L'argent à petits granules agit
I)lus énergiquement.
Hémolyse par les mélanges de saponine et d'hydrate.
Al. A ictor Henri et AI"' Lévy montrent que l'hémolyse suit
la loi qui est produite par les hémolysines de sérums. L n
mélange des corps chimiques définis agit comme les hémo¬
lysines animales.
Rapport électrique dès microbes.
AI. \ ICTOR Henri et Aille Cernovodeanu étudient le rapport
électrique des microbes. I.a connaissance du signe électriiiue
d’un microbe importe étant donné la variété des collo’i’des
qui se trouvent dans les tumeurs animales. Le colibacille, le
bacille typhique, celui du charbon, le staphylocoque, les mi¬
crobes de la tuberculose, la phléole, sont des microbes néga¬
tifs ; le bacille de Flexner est positif.
.Argent colldidal sur le bacille pyoeyaniqne.
AlAI. Charrin, V. Henri et AIercier-A’inard ont étudié
l’action de l’argent colloïdal employé sur le bacille pyocyani¬
que ensemencé sur gélose. Les cultures sont bien moins
abondantes que sur les tubes témoins. Les tubes ensemencés
de \X gouttes de métal colloïdal à grains fins à î àOüOO
d’argent sont restés stériles. Les tubes additionnés d’argent
colloïdal à gros grains ont donné des cultures très étendues,
faiblement pigmentées et dont les microbes présentaient les
formes d’involution décrits jadis par AIAI. Charrin et Gui¬
gnard.
Ces résultats expliquent les discordances d’action observées
par les cliniciens qui ont utilisé ce produit en l’empruntant
à des sources multiples correspondant à des préparations
distinctes et d’action bactéricide inégale.
488
LE PROGRÈS MEDICAL
Palhoçjénie du rhumatisme chronique.
MM. Léopold LÉvt et IL de Rothschild admettent comme
cause de rhumatisme chroniijue progressif : 1° un état endo-
critique (thyroïdien, hypophysaire, ovarien, diastémalique.)
2° Par cette dysendocrisie il y a auto-infection banale à ré[>é-
tition, ou auto-intoxication chronique. Les articulations de¬
viennent des émonctoires et en conséquence le siège de lésions
causées par les toxi-infections, surtout s’il y a prédisposition
héréditaire ou'acquise.
3° Toxi-infections et auto-intoxications mettent en jeu les
centres nerveux articulaires régionaux ou le centre général
bulbaire. Le rhumatisme chroniipie évolue sur une lésion
névropathique ([ui explique plusieurs symptômes de la mala¬
die.
4’ La progression serait due aux arthrotoxines et certains
sérums (diphtérique, tétanique, etc.) agissant sur l'élément
humoral.
L'hypophyse.
M. Auguste Pettit signale que l’action secrétoire de l’hypo¬
physe n’est attestée que par les cellules chromopliiles et
chromophages signalées en 1882 par Elesch. Certains sélaciens
primitifs ont 1 hypophyse formée de cordons cellulaires tra¬
versés par des vaisseaux autour desquels se groupent des
calices formés par la sécrétion hypophysaire. C’est donc là une
glande à sécrétion interne où les troncs vasculaires déversent
une sécrétion dans les sinusoïdes, qu’une couche épithéliale
sépare seule du sang. Cette glande des sélaciens explique,
dans la série des vertébrés, cette glande énorme que l’élément
vasculaire modifie.
Hydrates de earbone chez les diabctiqws.
M. René Laufer avait montré que les diabétiques ulilisent
une certaine quantité d’hydrates de carbone qui ne passent
pas dans l’urine. Certaines conditions font varier ces limites :
un excès de graisse, surtout d’azote, dans l’alimentation aug¬
mente la glycosurie; si pendant une période on diminue, dans
l'alimentation, la dose du sucre, pendant une période consé¬
cutive, le malade pourra, sans action sur les urines, assimiler
une dose de sucre plus élevée. Ces études permettent d’expli¬
quer des perturbations paradoxales dans les analyses.
Bilirubine du sérum sanquin.
MM. Gilbert et IIerrscher. — Normalement, il existe I gr.
de bilirubine par 3(5.500 dans le sérum sanguin adulte. Les
voies biliaires étant obstruées soit par calculs, soit par un can.
cer de la tête du pancréas, la bilirubine s’accumule considé¬
rablement, d’autant plus que l’obstruction est p\us considé¬
rable ; elle peut arriver à 1/lOÜO ou 1/900. Dans les processus
aigus (ictère catarrhali,ces chiffres peuvent encore être atteints
mais jamais dépassés.
Action de la convallamarine sur la eirculalion.
M. L. Malrel conclut que :
1“ Les doses thérapeutiques agissent sur les vaisseaux
qu’elles font contracter et n’agissent que secondairement sur
le cœur. 2“ Elles augmentent l’énergie du cœur, puis dimi¬
nuent ses contractures. 3° Les doses mort lies amènent la vaso¬
dilatation et n’agissent qu’ultérieurement sur le cœur, qui
survit à l’organisme. 4’ Ces doses sont sans iniluence sur les
éléments figurés du sang.
Liquide péricardique.
M. IsoovEsco. — Ce liquide ne contient que des globulines
positives, ne peut coaguler spontanément à moins que l’in¬
flammation n’apporte des globulines négatives à la formation
d’un caillot de fibrine.
La vératrine.
M. Busql'et a vu le pneumogastrique perdre son pouvoir
inhibiteur chez la grenouille vératrinisée. Chez les mam¬
mifères, l'influence d’arrêt est diminuée, mais peut-être le
pneumogastrique n’est-il pas influencé et le poison agit-il
(voie intra-veineuse) directement sur la fibre cardiaque ren¬
due hyperexcitable par le toxique et ne se laissant plus inhiber
par le vague.
Epilhélhim intestinal et toxine tétanique.
àlM. Caüssade et Joltrain ont fait agir l’extrait intestinal,
qui a une action antitoxique puissante sur la toxine tétaniqne-
cependant la vitalité du bacille n'est pas diminuée et garde
sa virulence même après un long contact.
Rôle des hématobiastes dans 1 1 rétraction du caillot.
MM- Le Sül’rd et Pagmez ont, par centrifugation, séparé les
hématobiastes du sang rendu incoagulable. Le plasma oxalaté
est calcifié, le plasma salé dilué ; le liquide d’hydrocèle
devient, privé d hématobiastes, un caillot irrétractible. Les
hématobiastes rajoutés rendent ce caillot rétractible au liout
de 20 minutes et cette rétractibilité est en rapport avecle
nombre des hématobiastes. Ils n’agissent pas simplement
comme corps étrangers. mais leur action se rapproche de celle
des ferments, des alexines. car, soumis à un chauffage de 55“
pendant 10 minutes, ils perdent leur propriété de rétractilité.
Cette expérience confirme l’opinion de Ch. Hayem, que les
hématobiastes sont les agents de la rétraction du caillot et
que leur action se rapproche de celle des ferments . Des états
pathologiques peuvent sans doute leur faire perdre cette pro¬
priété et expliqueraient la non-rétractililé du caillot, malgré
la présence d hématobiastes en nombre normal.
.Séance du 28 juillet 1900.
Secrétions inleslinales du fœtus.
M. L. Camus avait, il a déjà 4 ans, démontré dans l’intestia
du fœtus du cobaye et du lapin, la présence de la secrétine.
Urée dans les exsudats.
MM. Kohn, Javai., Adler, montrent que l’urée, retenue dans
l’organisme, se répand dans les liquides pathologiques
(œdème, ascite, liquide pleural), au même taux que dans le
sérum sanguin.
Widal et Froin avaient déjà signalé cette même teneur en
urée du liquide céphalo-rachidien. L^analyse du transsudai
étant plus rapide que celle du sérum, on pourrait connaître
le degré de la rétention uréique du sang en faisant l’analyse
de ces liquides.
Vapeurs d'essences minérales.
MM. Desbouis et Langlois ont étudié l’action de ces vapeurs
en milieu confiné sur des cobayes. Les doses faibles ne d()n-
neraient pas lieu à de Tintoxication. L’accroissement de poids
était ralenti ; il y a de la polyglobulie, mais pas de modifica¬
tions des leucocytes.
Action du méthoivil sur les yermes microbiens.
M. Perdria a détruit en quatre minutes, dans le mélhonal
sec à 100",les spores sèches de subtilis et des autres germes.
La pénétration du gaz eSt très rapide.
Bacille dysentérique.
M. IL \ INCENT montre la difficulté de développement ^
microbe dysentérique dans l’eau impure où les autres mic
bes lui sont antagonistes, et surtout dans la région trop^
cale où le soleil et la chaleur agissent en raréfiant
microbes, ce qui rend la dysenterie bacillaire rare *
port à la dysenterie amibienne. L’obscurité, les basses e
pératures conservent aü mierobe toute sa vitalité.
Larves d'astres chez le cheval.
M. AVeinberg a fixé des larves des différents
sur la muqueuse digestive. Les parasites donnent P®"°‘ grs
lésions banales et agissent aussi comme corps Xui-
septiques produisant une inflammation aiguë ou ja
par les microbes qu’ils introduisent dans l’épaisseur
paroi intestinale. Les larves gastrophiles le
comme des helminthes et occasionnent peut-être
cheval des seplicémies dues à des microbes.
Immunité diphtérique. ja
MM. Weill, IIai.lé et Lemaire ont expérimenté
que la précipiline est sans influence directe sur 1®.
de l’immunité. La durée de l’immunité est jg défi'
cours des désinfections, grâce à la rapidité plus grap .^lioo-
mination du sérum é tranger anlitoxique au cas de rein
LE PROGRÈS MÉDICAL
4S9
fibres cenlrifuges des racines porteuses de la moelle.
v(\I J.-C. Roux et J. Heitz ont réséqué des racines posté-
. ■ gijr des chiens et des chats ; les animaux ayant survécu
l'I* rs à 1 mois, on a pu étudier, sur ces racines, l’existence
liUres à myéline à trajet centrifuge qui, pour la plupart,
«ent par les rameaux communiquant dans les cordons
Sn sympa Ihi^ue. Quelques-unes de ces fibres passent par les
«rf^ériphériques.
Tabes avec poussées polynucléaires dans le liquide
céphalo-rachidien .
mm. M. Vii.i. 'RF.T et L. Tixier ont étudié deux cas de tabès
oùapparurent des poussées de polynucléose transitoire dans
^liquide céphalo-rachidien, qui parurent avec des accidents
jigBS (céphalée, délire, accès épileptiformesi. Au cours de
(trlains accidents syphilitiques des centres nerveux, les poly-
incléaircs en suspension dans un liquide aseptique conservent
leur intégrité morphologique comme les polynucléaires en
circulation dans le sang, et, ceci permettrait de distinguer la
méningite aiguë bactérienne (éléments cellulaires très altérés)
de la poussée congestive au cours d’altérations vasculaires
dénaturé syphilitique (intégrité des éléments cellulaires).
Ici le liquide était aseptique ; les leucocytes étaient aussi
illérés que dans les méningites bactériennes. 11 était donc
impossible d'affirmer qu'il s'agit d’une poussée conjonctive
iseptique ou d’une injection secondaire.
Allohisme et allobivaccinalion.
M. G. Rosenthal utilise l’atténuation progressive de la vi¬
rulence des microbes anaérobies stricts transformés en aéro¬
bies pour immuniser et vacciner les animaux. Les injections
cultures filtrées mortes ou bouillies constituent Vallohi-
iBnuomafion ; l’inoculation de cultures atténuées constitue
hllobivaccination.
Bulanoposlhite érosive circinée.
M. Levaditi a inoculé la halanoposlhite érosive au singe, au
diimpanzé par scarification du sillon balanopréputial. L’é-
Wsion provoquée fut identique à celle de l’homme ; ces éro¬
dons, à bandes polycycliques, à fond rouge légèrement gra¬
cieux, s’étendent en surface, envahissent le gland et le
Prepuce et amènent des phimosis ; la maladie guérit sponta-
wment. Les macaques et les cynocéphales ne sont pas ino-
cjables. La sécrétion recueillie à la surface des érosions du
«impanzé, comme le pus de la balanoposthite humaine,
Wertne, à côté des cocci et des bactéries, de nombreux spi-
’^betes refringens. Ce spirochète inoculé en sac est resté sans
™et.
Morphologie et culture du spirochète refringens.
— Le spirochète refringens, qui diffère du Irepo-
pallidum par l’amplitude de ses ondulations, sa moli-
Içj'^^^nsibilité aux matières colorantes, se rencontre dans
dans les condylomes, acuminés(Schaudinn et lloff-
co la balanoposthite érosive (Berdal et Bataille), et sa
dans ce dernier cas l’a fait considérer, par ces au-
s,ii '““jne pathogène. 11 est resté vivant 24 heures dans la
Culi' • traces de culture.
daij dans des sacs en collodion, au milieu du péritoine
senrsa?' sérum humain, on a pu y reconnaître la pré-
d Un seul cil terminal .
^ Pus d'abccs froid.
etCAi.vÉ montrent que le liquide du pus d’ab-
«ég3tif®|®’®rile des tuberculeux ne contient que des collo'fdes
*''*?nlar ‘^^^^^ïdes positifs amènent de la gélification et la
>hêra5g indiquent les importants résultats
à obtenir par l’emploi de ces agents qui fixent
:;,^_^^^®s^ntenues dans le pus. Edwars-Pili.iet.
hM VALÉROBROMINE legranc
Ma ^ active que les bromures et les valé
SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX
Séance du 27 juillet.
Pleurésies puriformes aseptiques. Polyn ucléaires in tacts
de répanchement.
MM. Vidal et Gougerot. — L’aspect puriforme du liquide
céphalorachidien (dû à la présence de polynucléaires parfai¬
tement conservés), observé au moment des poussées conges¬
tives de la syphilis nerveuse, n’est pas une particularité pro¬
pre aux méninges, ni à la syphilis. Les auteurs Pont observé
dans les pleurésies consécutives à de fortes congestions pul¬
monaires à la suite d’infections. Ces pleurésies évoluent sans
fièvreetse résorbent spontanément. Le liquide est aseptique.
La cytologie fournit donc un précieux appoint dans le dia¬
gnostic de ces épanchements, les leucocytes intacts signi¬
fiant absence de phagocytose par conséquent absence de mi¬
crobes.
Anémie pernicieuse fi rénns:,ion.
M. XIknétrikr a observé un cas d'anémie pernicieuse guérie
en apparence par le traitement, et terminée néanmoins par
la mort, malgré ce traitement. L’autopsie a démontré qu’il
s'agissait d’une anémie plastique à moelle rouge.
Traitement de la coqueluche par l’arsenic.
M. J. DE Nittis préconise les bons effets de la liqueur de
Fowler dans la coqueluche. Dose : une goutte de liqueur
par jour et par année de l'enfant. Durée du traitement ;deux
semaines ; reprise si la coqueluche fait un retour offensif.
Eosinophilie buccale dans un emphysème bulleux.
MM. Griffon et Abrami ont observé que le contenu des
bulles fourmillait d’éosinophiles, tandis que l’éosinophilie
sanguineétait à peine marquée. Les éosinophiles du liquide
des bulles n’avaient souvent qu’un seul noyau.
infection puerpérale et arthrite du poignet.
M. SiREDEY a vu survenir au cours d'une infection puerpé¬
rale une arthrite suppurée du poignet. La localisation fit
disparaître les phénomènes généraux et l’auteur rapproche
ce fait de ce qui se passe dans les abcès de fixation de Fochier,
qui drainent et fixentl'infection.
Brûlure des muqueuses par la teinture d'arnica.
M. Siderey — Ala suite d’absorption, par erreur, d’un verre
à liqueur d’arnica, une femme présente des plaques blauches
de la muqueuse buccale dues à l’action caustique de la
teinture. L’alcool en tout cas ne peut pas être incriminé.
M. Balzer est d’accord avec M. Siredey pour incriminer
les essences de la teinture, le premier auteur ayant observé
un cas d’eczéma généralisé à la suite d’un badigeonnage à
l’arnica, de sorte que ce vieux médicament peut avoir plus
d’inconvénients que d'avantages et que son emploi théra¬
peutique n’est pas justifié. Friedel.
SOCIÉTÉ DE MÉDECINE LÉGALE DE FR.ANCE.
Séance de juillet i906.
Au début de la séance, le Président consacre quelques pa¬
roles émues à la mémoire de deux membres de la Société, ré¬
cemment décédés ; MM. les docteurs Barthélemy etJosias.
MM. MargaincI Decante présentent un travail très intéres¬
sant sur la situation des aliénés dans les colonies françaises, les
mesures législatives et administratives qui sont prises à l’égard
des aliénés dans la métropole ne sont pas appliquées dans
les colonies ; l'arbitraire le plus complet y règne à cet égard.
El pourtant le nombre des aliénés est relativement plus grand
dans les colonies qu’en France, ce quitientà plusieurs causes
dont voici les plus importantes ; a) alcoolisme ; b) haschich ;
r) existence, parmi les colons, de nombreux sujets dégénérés
et inadaptés à la lutte pour la vie ; d) exaltation religieuse
sous l’influence du Coran.
Les auteurs demandent qu’on applique dans les colonies
les mêmes lois et règlements ijui existent dans la métropole,
ou bien qu’on en élabore d'autres, mais que, dans tous les
cas. la situation actuelle, qui est lamentable, prenne fin.
M. Bri.and montre que,même en Algérie, cette question n’a
pas reçu de solution satisfaisante. Il n’existe pas d’asile, et
les malades sont envoyés à Aix ou à Marseille.
LE PROGRÈS MÉDICAL
J
M. Legr-vs insiste également sur les inconvénients de cette
situation et croit que le problème soulevé par MM. Margain
et Decante est des plus importants.
M. Thibierge parle sur la. responsabilité civile en matière de
contamination syphilitique.
La transmission de la syphilis peut se faire ;
h] par les relations sexuelles ;
b] Par l'allaitement ;
c) Par les instruments de travail.
(a) Les causes de ce genre sont rares. L’auteur rappelle que,
dans quatre affaires diflérentes, les tribunaux ont accordé
les do mmages-intérêts demandés.
(t) La nourrice obtient toujours une indemnité, pourvu que
la contamination ait été nettement établie.
(c) Ce mode de contamination s'observe surtout chez les
verriers, par la canne à souffler. 11 y a longtemps, d’ailleurs,
que les hygiénistes ont voulu y remédier par des procédés
spéciaux, mais ceux-ci -restent malheureusement inutilisés
par l’industrie.
Les tribunaux accordent généralement une indemnité, mais
M. Thibiei^e proteste contre la tendance de considérer (jue la
contamination syphilitique puisse être en\isagée comme un
simple « accident du travail » : l’ouvrier supporte, en effet,
du fait de cette contamination, un gros préjudice moral, dont
la loi sur les accidents du travail ne tient aucun compte.
MM. Chassevant et SocQuET communiquent un cas d’rwi-
poisonnement par la nitro-benzine. il s’agissait d’un enfant
auquel ses parents ont fait boire un peu d'eau-de-vie, sans
avoir remarqué qu’au fond du verre il y avait une petite
quantité d’une substance désinfectante à base de nitro-ben¬
zine. Le tableau clinique a été classique. A l’autopsie, pas de
lésions apparentes, mais l’examen chimique permit de déceler
la nitro-benzine dans le cerveau ètdans le tube digestif Cpas
dans le foie).
Les auteurs considèrent que la nitro-benzine doit être com¬
prise parmi les substances toxiques dont la vente devrait être
interdite aux distillateurs.
M. Baethazard, qui a pratiqué l’examen histologique, a
trouvé que les lésions étaient surtout intenses au niveau des
cellules nerveuses. IIai.bbrstadt.
CONGRÈS DES ALIÉNISTES & NEUROLOGISTES
DE LANGEE FRANGÂISE
Le cerveau sénile ;
Rapport présente par M. le D"' Léri.
I. — Vieillesse et sénilité ne sont pas synonymes. La
vieillesse est la dernière période de la vie. on iieut lui
fixer un début conventionnel, l’âge de 60 ans i>ar exem¬
ple ; la sénilité indique un état pathologique, que l'on
rencontre presque toujours chez les vieillards, mais qui,
n’étant jias fonction de l’âge, peut s'observer soit beau¬
coup plus tard, soit beaucoup plus tôt que le début de la
vieillesse. Cet état peut aussi se constater à un degré
très variable dans les différents organes d’un même
individu,voire même dans les différentes parties d’un
mènie organe. Aussi il est justifié de décrire une sénilité
tardive et une sénilité précoce, une sénilité générale et
des séniUtés locales.
Dans tous les cas, il n'existe pas d organe sénile et no¬
tamment de cerveau sénile, sans lésions. Les lésions de
tout organe sénile x^euvent être essentiellement diffuses,
macroscopiques ou seulement microscopiques , sans
foyer. Elles consistent en : atrophie, simple ou dégénéra¬
tive, des éléments parenchymateux ; en prolifération
l>los ou moins modérée ou localisée des éléments intersti¬
tiels ; en lésions scléreuses des vaisseaux. Ces trois sortes
de lésions ne paraissent pas. en général, dépendre l’une
de l’autre, mais toutes trois déxiendent de l’ensemble des
intoxications exogènes et endogènes accumulées pendant
toute l’existence, et souvent multipliées dans un j, '•
avancé, par suite de certaines insuffisances organiq,^
II. — Etude anatomique. — Dans l’étude anato^UH
du cerveau sénile, nous avons étudié d’abord le cerr^
en lui-même, dans son asx^ect extérieur et intérieur m
dans ses trois sortes de lésions diffuses : lésions du tisji
nerveux, lésions du tissu névroglique, lésions des vais,
seaux. Nous avons réservé, un peu artificiellement, po®
les étudier à part, les lésions en fojrer du cerveau sénile
qui sont le résultat fréquent, mais non constant, des
lésions diffuses, spécialement des lésions vasculaires.
1" Le cerveau sénile atrophique. — A) Étiidemacrosci-
pique. — Le cerveau sénile est presque toujours un ce^
veau petit et atrophié, son poids et son volume sonttrés
diminués. L’atrophie ne porte pas de façon uniforme sm
tout le cerveau, mais de façon très prédominante sur la
parties antérieures. ( 1/3 ou plus souvent 2/3 antérieurs).
La méninge est souvent épiaissie, mais, d’autres fois, jan
ticipe à l’atrophie du cerveau. Les cavités ventriculaires
sont très dilatées x>ar suite de l’atrophie de la substance
cérébrale, les parois ventriculaires présentent des ino&
fications variables. Le corps calleux est souvent tris
aminci : le septum lucidum est ou mince et transiiarent,
ou, ordinairement, dur et sclérosé.
La couronne rayonnante et les noyaux centraux parti-
cipient à l'atrox^hie. D'une façon générale, la substanct
blanche de chaque circonvolution parait beaucoup plus
diminuée que la xufotunce Des dilatations périvasc»
laires (état criblé ou dilatations isolées x^araissent tenir
au retrait du parenchyme cérébral atrophié autour de?
gaines vasculaires.
Le cervelet x^rend xiarfois xiart à l’atrophie du cerveaa,
mais son atroxihie n’atteint pas le même degré.
B) Etude histologique. — 1" Tissu nerveux, a) La
cellules nerveuses s'atrophient et disparaissent: le nom¬
bre des cellules atrophiées n’estxiasproportionnelà
il reste très souvent des cellules saines chez les sujets la
plus âgés. L’atrophie cellulaire x^eut être simple, avec
raréfaction des corxmscides de Nissl (fausse chromatolyse
centrale) ou avec surcharge pigmentaire. Les dit'*'
rentes variétés de granulations pigmentaires qw ont
été décrites sous le nom de « pigment jaune « paraisse»
dériver l’une de l’autre et représenter les phases succe^
sives d’un produit de dégénérescence. Aucune de ces al¬
térations cellulaires ne diffère essentiellement de
nés altérations que l’on observe en dehors de la séniu
en particulier à la suite de certaines intoxications pr®'
longées (alcoolisme chronique, urémie, etc.).
b) Les fibres nerveuses peuvent être toutes
nuées de nombre. Les fibres radiées sont très diminow
dans la substance blanche et dans la substance gris®
circonvolutions ; les fibres transversales sont jç
très diminuées, et notamment les fibres tangentielles
Tuczek : cette dernière lésion est celle qui
été surtout constatée dans les démences, en
les démences sénile et paralytique ; elle
dans les cerveaux de séniles non déments. La
rescence des fibres myéliniques se fait généralenie®^)
atroxîhie simple, quelquefois avec colorabilité anorffl^
rarement avecTormation de corps granuleux.
amyloïdes sont assez fréquents et paraissent résul
la sfgnientation de cylindraxes variqueux.
La disparition des fibres myéliniqpies expliq“® 1 ^
quoi l'atrophie de la substance blanche paraît bea ,
plus considérable que celle de la substance gris® -
tie périphérique de la substance blanche
par suite delà disparition des gaines de myéline
che grise augmente aux dépens de la couche blancn
jacente.
2“ 7 issu névroglique. a) Les cellules névrogliq^^^^^siSV
sent augmenter de nombre ; mais l’augmentation
doute x>lus apparente que réelle, elle est surtout
et résulte de la diminution des éléments nerveux-
LE PROGRÈS MÉDICAL
491
îfS noyanx qui entourent certaines cellules nerveuses
voie de destruction ne jouent nullement le rôle de
î-vonopliages ; leur accumulation, toujours modérée,
^ut-être à une réaction inflammatoire, pluspro-
^lement à une irritation toxique ; peut-être n’v a-t il
multiplication apparente et, en réalité, un simple
^sement du tissu dans les espaces laissés vides par
fttrophie des cellules nerveuses.
bi La prolifération des fibriles névrogUqiies détermine
^scléroses. sclérose sénile est toujours modérée ; elle
(St diffuse, mais non uniforme et présente des sièges de
-élection; on observe surtout la sclérose sous j)ie-mé-
lasclérose périvascu'aire. On voit quelquefois une
sdérose miliaire ae V écorce céTéhvai\e qm. paraît être en
npporl avec des crises d’épilepsie sénile, peut-être avec
l^>mence (5 cas, dont un personnel). Les mêmes lésions
des cellules et des fibres, nerveuses et névrogliques,
peuvent être observées dans l'écorce et dans les noyaux
jris centraux.
3" FuLvean-v. Les lésions artério- scléreuses des vais¬
seaux intra cérébraux ne sont pas toujours proportion-
aées aux lésions athéromateuses des vaisseaux Je la
base ; elles ne sont pas non plus analogues dans les dif-
lérentes parties d’un même cerveau, ni même dans les
vaisseaux les plus voisins. La lésion est une artérite le
pins souvent totale ; plus rarement on constate l endarté-
rite. la périartérite, la mésartérite. La dégénérescence
«olloîde, la dégénérescence fibro-hyaline, la dégénérés -
once calcaire sont plus rares. Les lésions des capillaires
»nt peu connues ; la dégénérescence graisseuse ne
semble ni très fréquente ni proportionnée à la sclérose
ies petites artères.
i” Toutes les lésions en foyer paraissent déterminées
surtout par les altérations vasculaires ; l’altération du
Jttrenchyme est peut-être une cause prédisposante. Ces
Ksions sont ;
L Des scléroses périvasculaires et « paravasculaires » ;
*«lte dernière variété, rare, aurait une disposition en
^port ayec la distribution des vaisseaux, mais se loca-
“Serait non à leur pourtour, mais à distance, dans les
Parties sans doute les plus mal irriguées ; 2. des hémor-
'iKigies miliaires qui sont très fréquentes dans les cer-
’tsux séniles et sont tout à fait indépendantes de tout
*®évTysme miliaire ; 3. des petits foyers multiples de
'^nollissement incomplet », tel que ceux de 1’ « atrophie
^rio-scléreuse du cerveau », de 1 « encéphalite chro-
sous -corticale », de la « destruction corticale
» ; 4. des foyers de désintégration lacunaire.
foyers éCétat vermoulu ; 6. de gros foyers de
^llissement et d’hémorrhagie cérébrale.
^ Les lésions diffuses ne paraissent, au contraire, pas
^sous la dépendance directe des altérations des vais-
^ Les scléroses diffuses et les atrophies nerveuses
5jj^®®oilité sont dues sans doute à l’action directe^ sur
J ussus, des mêmes toxiques qui, de façon indépen-
p produisent l'altération des vaisseaux.
ophie des cellules, et des fibres nerveuses en par-
^ ro l'aboutissant direct, sur ces éléments,
li les intoxications de l'existence ; la sénilité et
atrojîhique des cellules nerveuses
Ht ainsi la conséquence de multiples états patholo-
^ plutôt que T « involution » xdiysiologique de cel-
susceptibles de reproduction. La démence
lasserait probablement le terme, plus prononcé que
processus anatomique commun, d'ori-
de désintégration et d’atrophie des cellules
LÉSIONS KN FOYER DU CERVEAU SENILE. -
^ de petites lésions en foyer .semblent à peu
M ."Hsives à la sénilité : les lacunes de désintégra-
^ état vermoulu.
toujours une origine vasculaire ; elles
reconnaître pour cause non seulement une
« encéphalite destructive avec corrosion excentrique du
tissu nerveux », mais aussi la résorption d'une hémor¬
rhagie miliaire ou un véritable ramollissement par
oblitération artério-scléreuse ou fibro-hyaline d un
vaisseau.
ÏSétaî vermoulu est une ulcération corticale, qui s’en¬
fonce en coin surtout dans l’extrémité libre des circon¬
volutions et ne dépasse guère la substance grise. Il re¬
connaît pour cause la prédominance d’une désintégra¬
tion progressive du tissu nerveux avec prolifération né-
vroglique dans le territoire de certaines artères nourri¬
cières courtes, lésées par l’artério-sclérose, mais non
oblitérées. L’intensité delà désintégration nerveuse sur¬
tout des fibres tangentielles et de la prolifération névro-
glique dans ces cas explique pourquoi l’état vermoulu
coïncide d’ordinaire avec un état démentiel assez pro¬
noncé et parfois avec l’épilepsie sénile.
3° Les grosses lésions en foyer dans la sénilité. — Les
ramollissements et hémorrhagies cérébrales, assez fré¬
quentes dans la sénilité, ne diffèrent pas sensiblement à
un âge avancé de ce quelles sont à 1 âge adulte.
III. Aperçu clinique. — A. Neurologie. — L'arté-
rio-sclérose cérébrale. — L’artério-sclérose est rare¬
ment purement cérébrale, on en trouve ailleurs des si¬
gnes somatiques.
Les signes de l’artério-sclérose cérébrale ne sont pas
proportionnés à l’intensité des lésions vasculaires. Les
signes de l’artério -sclérose cérébrale présentent le ca¬
ractère intermittent ou paroxystique de véritables «clau¬
dications intermittentes du cerveau » . Ce sont surtout le
vertige,des céphalalgies, bourdonnementsd’oreille, som¬
nolences ou insomnies, troubles du caractère, fatigue
physique et mentale rapide ; amnésie, embarras de la pa¬
role, aphasie transitoire, hémiparésie, courtes attaques
apoplectiques non suivies d’hémiplégie. On trouve tous
les termes de passage entre ces accidents fugitifs et les
« ictus» lacunaires.
L’artério-sclérose cérébrale peut prendre, au début,
l’aspect de la neurasthénie. Les lésions en foyers multi¬
ples peuvent siniuler des ramollissements circonscrits,
mais ils se caractérisent pai- la lenteur progressive du
début et la rapidité des modifications.
Les hémiplégies. — Les hémiplégies brusques et com¬
plètes, analogues à celles de l’adulte et dues au ramollis¬
sement ou à l’hémorrhagie cérébrale, ne sont pas les
plus fréquentes chez le vieillard ; elles se terminent rapi¬
dement par la mort dans la plupart des cas sans avoir
le temps d'aboutir à la contracture. Les grosses hémiplé¬
gies avec contracture des vieillards sont rares et datent
presque toujours de l'âge adulte.
Les véritables hémiplégies des vieillards reconnais¬
sent le plus souvent pour cause les lacunes de désinté¬
gration.
L'hémiplégie débute généralement par un ictus très
léger, très incomxilet et très passager. Les symptômes
de cette hémiplégie sont essentiellement transitoires,
incomplets et, sinon iiartiels, du moins très prédomi¬
nants au membre inférieur ; il n’en reste bientôt que la
marche à petits pas. parfois la marche en traînant les
pieds, iiarfois une légèi-e maladresse du membre supé¬
rieur dans les mouvements délicats. Quelquefois on cons¬
tate une tendance à tomber en arrière avec orteil en
griffe.
De la dysarthrie, de ladysphagie, du rire et des pleurs
spasmodiques, des troubles psychiques donnent assez
souvent aux hémiplégiques lacunaires l’aspect de « jie-
tits » pseudo-bulbaires. L’hémiplégie lacunaire est vo¬
lontiers récidivante : elle prédispose aux hémorrhagies
et aux ramollissements rapidement mortels. Les artério-
scléreux lacunaires meurent plus souvent par le cerveau
que par les reins ou par lecœur.
Les paraplégies. — La paraplégie peut être simulée
dans la vieillesse par l’affaiblissement musculaire prédo¬
minant aux membres inférieurs, par une sorte d’astasie-
492
LE PROGRÈS MÉDICAL
abasie tenant à la crainte qu’éprouve le vieillard de ne (
plus pouvoir marcher à la suite d une lésion minime, cé- j
rébraleou non, enfin et surtout par une hémiplégie lacu¬
naire bilatérale.
Les véritables paraplégies lacunaires paraissent rares; i
elles restent généralement plus ou moins flasques. Les j
paraplégies médullaires spasmodiques vraies s’observent j
soit dans la scléi'ose combinée sénile, soit çeut-être dans |
quelques cas de sclérose plus ou moins difluse, d’origine
vasculaire ou non.
Epilepsie sénile. — L’épilepsie sénile peut présenter
toutes les variétés cliniques de l’épilepsie juvénile, avec
ou sans quelques modifications symptomatiques ; les !
troubles mentaux seraient plus constants et plus rapides. !
On lui reconnaît surtoutdeux causes : la syphilis, par l'in- I
termédiaire de plaques de méningite scléro-gommeu- I
se et l'artério-sclérose, soit par ses lésions difl’uses, soit [
par des foyers de désintégration non lacunaire ou par la ]
cérébro-sclérose lacunaire. Elle paraît pouvoir recon- 1
naître aussi pour cause déterminante l’état vermoulu ou
surtout la sclérose miliaire de l’écorce cérébrale ; dans les i
5 cas jusqu ici signalés de cette dernière lésion, il y a tou¬
jours eu de l’épilepsie sénile. !
L’épilepsie sénile paraît donc plus fréquemment sym¬
ptomatique que l'épilepsie juvénile; pourtant la connais¬
sance de plus en plus approfondie des causes déterminan¬
tes n’élimine pas la nécessité possible d'une cause prédis¬
posante, héréditaire ou acquise, d’une aptitude convulsive.
B. PsYCHi.iTRiE. — 1“ L'état mental des vieillards. —
On trouve toute une série d'états de transition entre la
conservation parfaite de l’intelligence et la démence sé¬
nile. Les vieillards les mieux conservés au point de vue
mental ont une diminution de la mémoire des faits ré¬
cents et une diminution de l’imagination créatrice : ils
sont toujours en baisse par rapport à eux-mêmes. La plu¬
part des A’ieillards sont plus notablement affaiblis : dimi¬
nution plus marquée de la mémoire allant du nouveau à
l’ancien et du complexe au simple ; modification du ca¬
ractère, perte des sentiments affectifs, égoïsme, avarice,
indifférence pour les faits graves, émotivité excessive
pour les petits faits les concernant personnellement ; ten¬
dance aux idées hyj)ocliondriaques et de persécution ;
diminution du raisonnement, dujugement, des associa¬
tions d’idées, de l'attention, de la volonté. La démence
simple est l'exagération de la déchéance de toutes les fa¬
cultés intellectuelles, le retour à l’instinct avec conser¬
vation d’actes automatiques plus ou moins compliqués.
Des idées délirantes inconsistantes et non systématisées
peuvent être la conséquence de la démence avec illusion
ou hallucinations. Elle déterminedeux sortes de réaction;
l’excitation ou l'apathie.
Des actes délictueux ; exhibitionnisme, attentats à la
pudeur, vol, imimlsions homicides ou suicides, peuvent
être accomplis avec inconscience par les vieillards affai¬
blis ou déments ; 1 irresponsabilité est évidente chez les
déments, elle peut paraître douteuse ou limitée chez les
simples affaiblis, d’autant plus que, dans les actes « mé¬
dico-légaux » des affaiblis séniles, on peut retrouver les
marques, considérablement exagérées d’une tendance
vicieuse déjà manifeste dansl’àge adulte.
A la démence simple ou avec idées délirantes peuvent
SC. joindre des épisodes délirants, prenant surtout la for¬
me de la confusion mentale et de la mélancolie anxieuse.
L’affaiblissement sénile et la démence simple, avec ou
sans idées délirantes vagues et isolées, paraissent devoir
s’expliquer par l’atrophie et la dégénérescence des cellu¬
les cérébrales et des filmes nerveuses : ils peuvent appa¬
raître précocement, commme la sénilité cérébrale anato¬
mique, chez des intoxiqués chroniques, notamment des
alcooliques. Les épisodes délirants paraissent résulter
d’une intoxication ou toxi-infection sur un cerveau déjà
en imminence d 'insuffisance fonctionnelle i)ar le fait de
l’alhérome.
2° Les troubles mentaux de l'artério-sclérose, spéciale¬
ment étudiés dans ces derniers temps, représentent '
des formes de la « claudication intermittente du cervea*'
et se font surtout remarquer par leur caractère interi^L
tent ou paroxystique. La forme légère se révèle pa^
fatigue mentale rapide, la faiblesse de l'idéation et
conceptions. Les formes graves se manifesteraient
des troubles mentaux sérieux ayant pour caractère do-
minant la rapidité des aggravations et des amélioratioBs
plus que le déficit intellectuel véritable ; la démence est
souvent moins profonde qu elle n’en a l’air aupremierabord
certaines x>arties de la personnalité sont conservées et
le malade garde très longtemps conscience de son étal
Ces diverses variétés de troubles mentaux de f artério¬
sclérose s’accompagnent d’un plus ou moins grand nom.
lire de signes somatiques de l’artério sclérose cérébrale
ou généralisée (cardiaque, aortique, rénale, périphérie
que, etc.)
Certaines formes simulent la paralysie générale ; les
rémissions etles guérisons, la longue durée, les caractéri¬
seraient surtout.
B) Les psychoses des vieillards. — Il faut distinguer les
psychoses de la vieillesse (vieillards-aliénés) et les psy¬
choses dans la vieillesse (aliénés-vieillards). M . Ritti les t
récemment étudiées les unes et les autres.
IV. — Dans l’étude anatomique comme dans l’étùde cli¬
nique, nous avons étéamené constamment à rapprochai^
les altérations séniles des altérations par intoxicatioM |
prolongées ; cette étude nous paraît être un argument j
en faveur delà théorie qui fait cle la sénilité, dans lece^ ;
veau comme dans les autres organes, l’aboutissant de
toutes les intoxications de l’existence.
ASSOCIATION FRANÇAISE
POni L’AVANCEMENT DES SCIENCES
(Congrès de Lyon, août 1900).
Communicatio.-is diverses.
Section d'Ei.ectrologie et de R.idiologie.
Trailemenl des chéloïdes parla lumière et le radium]
Par le D'' Fovëau de Courm elles.
Les cicatrices vicieuses et défigurantes sont très
et résistent même à l'opération chirurgicale qui n’en empêche
pas les récidives. La lumière chimique, superficielle ou prO"
fonde, par arc en fer, entre électrodes de machines statiqn»
(Riflard I, ou arc voltaïque avec charbon (radiateur
ont donné d’excellents résultats esthétiques dans divers ^
de chéloïdes. Pour d’autres, il a fallu recourir en
Pélectrolyse négative, aux effluves de haute fréquence tr^
riches en lumière ultra violette, au radium et aux rayons -
sans dermatite. ,
Des chéloïdes par infections et suppurant très
ment ont ainsi vu le pus se tarir, et la cicatrice rétrocéder pr
à peu, pour disparaître enfin totalement.
Sectio.n- i, 'Hygiène.
De la slérilisalion des eauje par l'ozone ;
Par le D'' Fove.vu de Courmei.les. ^
Les procédés d épuration des eaux par 1 ozone, apres
été longtemps trop dispendieux pour être pratiques, se .
beaucoup simplifiés en ces derniers temps ; aussi ^ptees
férable d’y recourir, au lieu de faire venir des eaux c ^
très loin, à grands frais et susceptibles de se contatn*
route. En produisant une grande quantité de lumie^ j
violette par effluves sous un grand voltage (9.500 ' ,
une abondante production d’ozone, d’air ozoné, qu un
dans Peau à épurer.
Si des cloisons très perforées s’opposent au passage .
lécules gazeuses, on a un bouillonnement très intense,q^
lange très parfaitement Je liquide à épurer et lux pri^
rant, de sorte que l'eau sort bleue et sans baciH®®’^
d'un centime et demi par mètre cube, ce qui est tr
dable pour produire de la bonne eau potable.
LE PROGRÈS MÉDICAL
4 =4 mz
CAPSULES BRUEL { . CAPSULES
à L’ETHER AMyL-VAlERWHIQUE ' a
[(Valérianate-^AfflylV]BENZOHQDHYDRINEj
GLYCEROPHOSPHATES-ACIDES
DE brueR'
p\P|RAZOf
Tissot
■A W T I O A I. C U t, O S£
ûü SAINT-GALMIER (Loire)
ProdCiitS OrgaoîqCjcS de F. vlâlER
I2,_bouIeVard
Capsnlesde Corps thyroïde Vigier à 0 gr. 10c. Capsules Ovariques Vigier à 0 gr. 20 centigr.
Obésité, myxœdème, fibrome, métrori'hagie, arrêt de Chlorose, troubles de la ménopause et de la castra-
croissance, fractures, etc. tion, aménorrhée, dysménorrhée, etc.
Dose : 2 à 6 capsules par jour. _ Dose : 2 à 6 capsules par jour. _
Capsules de Parotide Vigier
à 0 gr. 20 centigr.
Contre les affections ovariennes, le dia¬
bète, et pour faciliter la dige.s tion des
féculents.
Dose : 2 à 6 capsules par jour.
Capsules de Pneumine Vigier
à 0 gr. 50 centigr.
Capsules de Thymus Vigiei
à 0 gr. 30 centigr.
Laryngites, bronchites, affections Chlorose, aménorrhée, troubles de
broncho-pulmonaires, etc.
Dose : 2 à 6 capsules par jour.
la croissance, maladie de Based'
Dose : 2 à6 capsules par jour.
Capsules, Orchitiques Vigier Capsules Pancréatiques Vigier
Maladie d’Addison, diabete insipide,
myocardite scléreuse (arythmie car.),
rachitisme.
Dose : 2 à 4 capsules par jour.
Capsules Spléniques Vigier
à 0 gr. 30 centigr.
QOntre la cachexie palustre, anémie, etc.
à 0 gr. 20 centigr. à 0 gr. 50 centigr.
Nenrasthénie, ataxie, débilité sénile contre le diabète (calme la soif).
Dose : 2 à 6 capsules par jour. Dose : 2 à 6 capsules par jour.
Capsules Prostatiques Vigier Capsules Hépatiques
à 0 gr. 20 centigr. à 0 gr 30 centigr.
Contre les maladies de la prostate, contre la cyrrhose, ictère, etc.
Dose : 2 à 6 capsules par jour. Dose : 2 à 6 par jour.
INSTITUT MEDICO-PEûAGOGIQUE
POUR LE TRAITEMENT ET l’ÉDUCATION
DES E2SrF.AL]SrTS NERVEUX &
MÉDECIN-DIRECTEUR : D'' BOURNEVILLE
Médecin de la section des enfants arriérés et nerveux de Bicétre
A Vitry, près Paris, 22, rue Saint-Aubin
L'Institut médico-pédagogique est destiné ;
3" Enfin aux enfants atteints d’affections nerveuses compliquées ou non d'accidents convuli
LE PROGRES MEDICAL
LE PROGRES MEDICAL
493
THERAPEUTIQUE
huiwi est indiquée dans tous les cas où il s’agit d’«c-
J échanges phosphorésel de relever la nutrition générale
Vrjtanisine : Neurasthénie, Psychasthénie, Grossesse.
’Jianent, Maladies consomptives, Chlorose, Anémies,
’^lwesse constitutionnelle. Convalescences, Rachitisme,
^es de la croissance, etc.
^particulièrement à signaler les résultats favorables ob-
^(Ums le traitement des pollutions nocturnes, de la neu-
semelle insomnie due au surmenage physique
jlilfdlectuel.
INTERETS PROFESSIONNEUS
[;fflcations au tarif des honoraires médicaux des
accidents du travail.
"ÎIBiaistre du commerce, de l’industrie et du travail, \ u
.■lidelde la loi du 9 avril 1898 modifié par la loi du 31
& 150.5 ; Vu l’article P"’ de l’arrêté ministériel du 30 sép¬
aré 1905, fixant le tarif des frais médicaux et pharmaceu-
en matière d’accidents du travail prévu par l’article 4,
Lppaphe 2, de la loi du 9 avril 1898 précitée, modifié par
[¥du :U mars 1905, ledit article ainsi conçu : « Le prix de
lialefaite au domicile du blessé qui ne peut se présenter
•consultation sans inconvénient pour sa santé, est fixé à
itll est élevé à2 fr. 50 : 1” à Paris ; 2° dans les localitésoù
pait reconnu, après enquête, qu’antérieurement à 1901 le
pcourant de la visite pour les ouvriers traités dans lesdi-
^Vtalités était égal ou supérieur à 2 fr. 50. La désignation
localités sera faite par arrêté ministériel, après avis de
^^mUsion spéciale prévue à l’article 4 de la loi du 9 avril
p, modifié par la loi du 31 mars 1905, sur la demande qui
*rait adressée au ministre du commerce, au plus tard
les trois mois de la publication du présent arrêté, par
U^dicate inéclicaux ou par les associations locales de l’As-
^iiion générale des médecins de France, par les groupe-
professionnels patronaux intéressés. « Il est réduit à
• 5 : 1» dans les localités comptant moins de 5,000 habi-
dans les localités, quelle quesoitleur population, où
P®t reconnu, suivant les formes èt conditions spécifiées à
précédent, qu’antérieurement à 1901, le prix courant
tç*isito pour les ouvriers était inférieur ou égal à 1 fr. 50 » ;
produites en vue de l’application des dispo-
_ susvisées ; \ u les enquêtes faites sur les demandes
conditions spécifiées à l'article l'"’ précité ; 4 u
1 ‘'Onimission instituée par arrêté du 20 mai 1905,
ItAn r fi’'"" ® l’unanimité, elle estime
fiui a dicté les dispositions transitoires susé-
Oserait désirable d’élever à 2 fr. le prix de la visite
T. y , o^hlés de moins de 5,000 habitants visées au para-
iit rp ™ ^•’oisième alinéa de l’article ta' pour lesciuelles
courant de la visite était supérieur,
^ la proposition du directeur de
^îïjètpp prévoyance sociales. Arrête : Art. 1". —
‘ "‘de il suit la liste des localités dans lesquelles
r.,, * visite à domicile sera transitoirement élevé à
: Nice ; Calvados ; Lisieux ; Charente : \n-
X.*-^tte***^*r' Vernon ; Gironde : Bordeaux ; Hé~
^’srrjllL ’ : Vienne ; Loire: Firminy. le Chambon-
*.°^l^®"10'Morlière, Saint-Etienne: Loire-Infé-
^'^^'^^-^l-hoire : Saumur; Urne : Laigle ; Rho-
Difff,; ' . Oullins, Villeurbanne; Saône el-
• ''^Ifurt ville, Asnières, Aubervilliers,
‘ue, Champigny, Charenton, Clichy. Colom-
Issy-les Moulineaux, Ivry-sur-Seine, Join-
erret, le Ferreux les Lilas, Maisons-Alfort,
fc^întin, jA.ruuge’ Nanterre, logent snr-Marne, Noisy-le-
*ut- Mandé, Saint-Ouen, Vanves, Mllemonble,
■ ^eine-lnférieure ; le Havre, R
Wbo m " ’ ^eine-et-Uise : le Raincy, le Vés...,.,
Nersailles, VUleneuve-Saint-Georges
nouare ; S'omme : Amiens.
Rouen
ésinet.
Art. 2. — Est arrêtée ainsi qu’il suit la liste des localités
dans lesquelles le piix de la visite à domicile sera transitoire¬
ment réduit à i fr.50 :
Aisne : Bohain, Saint Quentin C Meurthe-et Moselle : Luné¬
ville ; Nord : Anzin, Armentières, Denain, Dunkerque, Haut-
mont, la Madeleine-lez- Lille, leCateau, Lille. Alaubeuge, Rou¬
baix, Tourcoing, Watrelos ; Pas-de-Calais : Arras, Boulogne-
sur-ÀIer, Hénin-Liétard, Saint-Omei.
Art. 3. — Est arrêtée ainsi qu’il suit la liste des localités
dans lesquelles le prix de la visite à domicile sera transitoire¬
ment fixé à 2 fr.
Ain :Sathonay; Ard nnes : Dom-le-.Mesnil, Flize, Ilaybes ;
Aude : Saint-Laurent-de-la Gabrerisse ; Promc : Anneyron,
Bourdeaux, Montmeyran, Moras, Saint-Sorlin . Eure : Broglie,
Brosville, Bourth. Breteuil-sur Iton,.Charleval,Claville, Con-
teville, Epaignes, Francheville, Gaillon, la Croix-Saint-Leuf-
Iroy, la Ferrière-sur-RisIe, Mainneville, Rugles, Sainte-Barbe-
sur-Gaillon, Saint-Pierre-de-Bailleul, Tillières-sur-Avre, Ver-
neuil , Eure-et-Loir : Toury ; Gironde : Ambès, Lestas, Gau-
riac, Gradignan, Indre-et-Loire : Ballan, Esvres, Fondettes,
Joué-les-Tours, Monnaie, Montbazon, Noisay, Reugny, Roche-
corbon, Saint-AIartin-le-Beau, Saint-Paterne, Sorigny, Veigné,
Vernou-sur-Brenne, Vouvray ; Isère : Allevard, Barraux,
Chapareillan, Crolles, Décines-Charpieu, Domène, Goncelin,
le Péage-de-Roussillon, le Touvet, Meyrieux, Pont-Evêque,
Saint- Ismier ; Loire: Maclas, Neulize, Pélussiii, Saint-Alartin-
d’Estréaux, Saint-Symphorien-de-Lay, Villars ; Haute-Loire :
Dunières ; Loiret : Arthenay, Chaingy, Chambon, Ingré, la
Chapelle-Saint-Mesmin, Ligny-le-RibauIt, Marcilly, Menes-
treau-en-Alllette, Saint-Jean-de-la-Ruelle ; Oise : Balagny-sur-
Thérain, Bury, Chantilly, Froissy, Hermes, Laigneville, Mo-
rienval, Mouy, Nogent-les-Vierges, Remy, Rully, Saint-Leu
d’Esserent, Saint- Maximin, Sacy-le-Petit, Verneuil ;Orne:
Mortagne ; Rhône : Anse, Aveizes, Belleville-sur-Saône, Bron,
Cublize, Denicé, Fontaines-sur-Saône, la Mulatière, Larajasse,
Neuville-su r-Saône, Sainte-Colombe. Sainte-Foy-les-Lyon,
Saint-Fons, Saint-Genis-Laval, Saint-Jean-d’Ardières, Saint-
Lager, Tizy, Thurins, Vaulx-en-Velin, Venissieux.
Saône-et Loire : Beaubery, Bois-Sainte-Marie, Bourbon-Lan-
cy, Chalmont, Charolles, Chassigny-sur-Dun, Chaufïailles,
Chenay-le-Ghàtel, Cire-le- Noble, Coublanc, Cronat, Fleury-la
Montagne, Gélenard, Gibles, Gueugnon,lguerande, Joncy, la
Chapelle-sous-Dun, la Clauette, la Motte-Saint-Jean, Ligny-
en-Brionnias, Marcigny, 4Iélay, Martigny-le- Comte Neuvry-
grand-Champ, Oyé, Ozolles, Palinges, Parày-le-4Ionial,
Perrecy-les-Forges, Poisson, Pouilleux, Rign y-sur- Arroux,
Saint-Agnan, Sain t-Bonnet-de-C ray , Saint-Bonnet-de-Joux ,
Saint-Christophe-en-Brionnais, Saint-Julien de-Civry, Saint-
Maurice-lez-Châteauneuf, Salornay-sur-Guye, Semur-en-
Brionnais, Sanvignes. Senozan, Toulon-sur-Arroux, Uxeau,
A endenesse-sur- Arroux, \ ehdenesse-les-Charolles, Aerosvre.
Savoie : la Rochette ; Seine : Antony, Bry-sur-Marne, Chàtil-
lon, Créteil, Épinay, Sceaux ; Seine -Inférieure. Argueil,
Aumale, Blangy, Croissy-sur Andelle, Dampierre, Ferrières,
Forges-les-Eaux, Foucarmont, (îaillefontaine, Gournay, la
Feuillie, le Houlme, Londinières, Maromme, Neufchâtel,
Réalcamp, Saint-Saëns ; Seine-et-Marne ; Brie-Comte-Robert,
Chartrettes,Cesson,Grisy, Ozouer-Ies-Vouglis, Suisnes -, Seine-
et-Oise : Ablon, Andrésy, Angerville, Arpajon, Athis-Mons, Au-
vers-sur-Oise, Beynes, Bougival, Brunoy, Garrières-sur-Seine,
Dampierre, Dourdan, Forges-les-Bains, Garancières, Garches
Gif, Herblay, Jouy-en-Josas. la Ville-du-Bois, le Chesnay, Li-
mours, risle-Adam, Louveciennes, Mandres, Mévry-sur-Oise
Alontesson, Montlhéry, Mours, Neauple-le-Château, Orsay,
Orgerus, Palaiseau, Pierrelaye, Presles.Saint-Chéron.Savigny-
sur-Orge, Thoiry, \aucresson, Verrières-le-Buisson, A'illiers-
sur Marne, Vigny ; Deux-Sevres : Coulonges-sur-l’Autize,
Mauze- Thouarsais, Thénezay ; Var : Saint-Zacharie : Vendée :
Angles, Nieuil-sur-l’Autize, \ouvant ; Vienne : Bouresse,
Chaunay, la Roche-Posay. Lencloître, Loudun. Lhommai//-,
Saint-Léger-de-Monlbrillais, Sommières-du-Clain ; Vosges :
A ittel.
Paris, le 26 juillet 1906.
Le ministredu commerce, de l'industrie et du travail, Gaston
Doumkroue.
494
LE PROGRÈS MÉDICAL
VARIA
Lesobsèques da P' P. Brouardel.
Les obsèques du P‘'P. Crouardel, ont été célébrées jeudi 26
juillet à dix heures en l’église Sainte-Clotilde, au milieu d’une
assistance très nombreuse d’élèves, d’anciens élèves, d’amis et
de personnages officiels.
Le président de la République s était fait représenter par le
commandant Keraudren, officier d’ordonnance ; le ministre
de l’instruction publique par M. Bayet, directeur de l'ensei¬
gnement supérieur au ministère ; le ministre de la guerre par
le commandant Michelon ; le grand chancelier de la Légion
d'honneur par le capitaine Etienne. MM. Casimir-Périer,
Antonin Dubost, Georges Leygues, Clemenceau, Paul Lou¬
bet se trouvaient dans l’assistance.
Dans les premiers rangs de la nef on remarquait le comte
ïornielli, ambassadeur d’Italie ; la délégation du Conseil de
l’université de Paris, composée de MM. Liard, son président,
recteur de l'académie de Paris. Lyon-Caen, membre de l’Ins¬
titut et Tannery; les délégations de l’Institut et de l’Académie
de médecine ; M. Debove, doyen, et les membres du conseil
de la facultéde médecine. Tous les professeurs étaient en ro¬
be les membres de l’Institut en uniforme. Un très grand
nombre de notabilités du monde médical, M. Mestireur, di¬
recteur de l’Assistance publique, les membres du conseil su¬
périeur de l'Assistance publique, du comité consultatif d hy¬
giène, des délégations importantes de l’Association des mé¬
decins de France, de l’Association des médecins de la Seine,
du Syndicat des médecins de la Seine, de l’Union desSyndicats
médicaux de France, etc., s’étaient joints au cortège.
Après la cérémonie, le cortège s'est dirigé vers le cimetière
Montparnasse, où a eu lieu l'inhumation. Le corbillard était
précédé d’un char recouvert de magnifiques couronnes de
heurs. Parmi les couronnes on remarquait celles des anciens
internes du professeur Brouardel, de l'iVssociation polytech¬
nique, dont le professeur fut longtemps président ; de la
Faculté de médecine, de l’Assistance publique, du Syndicat
des médecins de la Seine, de l’Association générale des méde¬
cins de France, des anciens élèves du lycée de Saint- Quentin,
de la Société française pour l’avancement- des sciences, de
l’Association internationale pour la lutte antituberculeuse,
etc.
Selon le vœu du défunt, aucun discours n’aété prononcé sur
la tombe. Au retour des obsèques, nous avons passé devant
ia Faculté, dont M. Brouardel a été doyen pendant 16 ans
consécutifs ; le drapeau flottait au vent et aucun crêpe n’y an¬
nonçait un deuil officiel Pc it-êtrc constations-nous encore
là une manifestation des dernières volontés de M. Brouardel?
La fièvre aphteuse.
Le ministre de l’agriculture a communiqué à la presse l’in¬
formation suivante au sujet des cas de lièvre aphteuse signa¬
lés aux abattoirs de la Villette, ainsi que dans des abattoirs
de province, sur des animaux venant de la Villette :
L’administration a dû faire prendre des mesures rigoureu¬
ses pour empêcher l'extension de la maladie et s’efforcer ainsi
de prévenir le retour d’une épizootie semblable à celle qui,
de 1899 à 1902, a causé tant de pertes à notre agriculture.
C’est dans cebutque le préfet depolice a été invité, en exé¬
cution de l’article 33 du code rural, à ne laisser sortir du dé¬
partement de la Seine que les animaux à destination d’un
abattoir public surveillé par un vétérinaire.
En outre une commission comprenant des représentants de
l’administration de l’agriculture, des préfectures de la Seine
et de police, ainsi que de la Compagnie du chemin de fer de
ceinture a été chargée d'examiner les mesures à prendre d’ur¬
gence pour parer aux dangers de la situation. Cette commis¬
sion, qui a tenu plusieurs séances à la Villette et a procédé à
un examen minutieux des locaux des abattoirs et du marché,
a proposé une série de mesures, notamment le nettoyage et
la désinfection complète de tous les locaux dans lesquels sé¬
journe le bétail. Elle a, en outre, demandé que les animaux
expédiés directement aux abattoirs soient toujours débarqués
snr le quai spécialement réservé à cet effet, et non sur le quai
destiné aux animaux du marché, et que tous cesqujjg
toujours nettoyés et désinfectés après le débarquem^i
chaque train.
La situation n'est pas alarmante quant à présent 1
constatés ont été relativement peu nombreux, etgrà^
mesufes prises dès le début, il y a tout lieu d'espérer n ^
maladie aura vite disparu.
Dans ces conditions, les prescriptions édictées pot
sans doute être bientôt rapportées.
En province, la fièvre aphteuse n’a été constatée, dani'
exploitations agricoles, que dans le département des 1 *
Sèvres. Aussitôt l’apparition de la maladie l ad ministniji^
LCû
envoyé sur place un de ses inspecteurs pour ei,„
situation et le préfet de ce département a immédirteL
prescrit l’application des mesures édictées par la loirtU
glement d’administration publique. Dans toutes les
nés ayant une exploitation atteinte, la circulation desaniil^
susceptibles de contracter la fièvre aphteuse a étérigoural
ment réglementée et, dans un très large rayon autourdeï
communes, les foires et marchés ont été interdits. EnSil
ordresles plus sévères ont étédonnés aux autorités localA
à la gendarmerie pour assurer l'exécution des mesures pB
crites.
Pour obtenir le résultat poursuivi il m porte que les pl
priétaircs facilitent Faction sanitaire, non seulemenlai
soumettant à c^s mesure , mais encore en pennettantir
prompte application par la déclaration immédiate dell
cas qu’ilseonstateraient chez eux.
Un cas de responsabilité médicale.
Voici un cas nouveau et imprévu de responsabilité J
cale soumis à la première chambre du tribunal civil
Seine et dont nous empruntons l'exposé au Matin :
En février 1904, à l'hôpital Tenon, M. le P*- Berger, eo«|
d'une opération do rhinoplastie, greffait, sur le bras gaij
d une fillette, du cartilage costal pris sur la poitrine dell
fant. f
Actuellement, l'opération n’est pas effectuée, et la meid
l’enfant, arguant que le docteur Berger a abandonné son!
fant en cours d’opération, demande au tribunal d’ordoj
que le professeur Berger sera tenu de continuer ou deW
continuer, à ses frais, l’opération de rectification faciale g
avait commencée. Elle réclame 100.000 francs dedommP
intérêts pour le cas où l’opération ne serait pas f^ite- ^
A cette demande, 41. le professeur Berger répond
dans ses conclusions ; I
En l'espèce, il n’y a jamais eu, de la part du docteur
ger, aucun engagement ferme, soit exprès, soit incite,
querla restauration facialechez la fillette de la demandw
M. Berger a simplement accepté de mettre la question
tude et de faire tout ce qu'il croirait utile pour obtenK
sultat avantageux ; il a tenu parole. Il a sans doute eu
tion éventuelle, le projet, l’espérance de passer un ^
te décisif, si après mûr examen il croyait pouvoir et e
tenter, mais, à cet égard, il n’a rien promis,
rien promettre. I.e fait de ne pas pousser la <
intentions primitives, toujours provisoires et révoca ^
delà du point où il a cru devoir s'arrêter, n'équivan H
l'inexécution d’une obligation et ne saurait donner
cune sanction civile. Le refus actuel de procéder au
de la greffe du bras sur le visage ne constitue ’jiad« *
le prétend la demanderesse, « l’abandon d'un
cours d’opération ». 11 constitue le refus,
pratiquer une opération jugée parle chirurgien, . ([je. S
nituile de sa conscience et de son libre arbitre, • I
cheuse ou prématurée... |
Le tribunal a ordonné une expertise. |
LES CONGRÈS
V- Congrès périodique international d'obsf
de gynécologie.
Le 4 = Gongrès international d’obstétrique ^
fixé au 11-18 septembre 1905 et remis ensuite *.
. avoir lieu en automne de l’année courante.
le commencement de rannce,se sont fait entend
LE PROGRÈS MÉDICAL
Ufliccès : la masse de réunions scientificiues à l’étranger
fenlion sociale en Russie étant de mauvais augure pour
5Sdu Congrès. Les membres du Comité d’organisation,
fjumandé avis à ce sujet à un grand nombre de repré-
de notre spécialité, ont reçu des réponses unanimes,
SLtledésir devoir le Congrès remis encore pour un an.
^ité d'organisation, se rendant entièrement aux con-
^DS énoncées et ne voulant pas risquer le succès du
gg. se voit obligé, à son grand regret, de renoncer à son
«ment pour cette année et a l’honneur d’annoncer que
ÎLirrès international d'obstétrique et de gynécologie,
BÜeuque le 11-18 sept. A. St. (29 août. 5 sept.) 1907.
iiiité d’organisation, vivement peiné de cet ajournement
|i * flatte de l'espoir qu il contribuera néanmoins au
fcdu Congrès.
r denldu Comité d'organisation \ Prol. D. de Ott ;
Secrétaire général : Prof. P. de Sadowski.
CORitESPONDANGE
Les épidémies : La suette en Charente.
^ Mon cher Directeur,
|i quelque temps, plusieurs de nos confrères ont
Bcé qu’une épidémie de sut'i/e sévissait dans les Gha-
J. Comme on exagère toujours, on a ajouté que Royan
lenvirons étaient atteints par cette affection. Ce dernier
lest absolument faux. Il n’y a à Royan en ce moment, et
[ijamais eu aucun cas de suette.
lï en aura pas davantage et cela pour trois raisons. D'a-
, il est à remarquer que cette épidémie ne gagne pas les
iSi, autrefois, certaines grandes villes ont été atteintes,
■ reste assez rare, on est obligé de constater que, cette
tci, les centres importants sont restés indemnes.
Hecond lieu, cette épidémie, qui prit naissance dans la
Wle (canton de Rouillaci, a gagné progressivement, à la
•dune tache d’huile, la Charente-Inférieure par le nord
“"’n de Rurie et le canton de Matlia, pour se diriger
■•par le canton d'Aulnay vers les Deux-Sèvres. Royan
^en dehors de cette tache, parce que celle-ci est au
•t«ëst ^ s'est produite dans la direction du
noter (ju’aucun autre foyer épidémique ne
tttre en dehors du foyer primitif unique,
j^ndant de nombreux habitants des régions contami-
diflérentes directions. Est-ce que la vie du
Irès courte !' Ou bien existerait-il un intermé-
^ sont là autant de questions qu’on n’a pu encore
épidémie de suette miliaire a disparu des
■ovQ Charente et de la Charente-Inférieure,
“^énae qu’à cette heure aucun nouveau cas
Poitou. La crainte qu'éprouvent cer-
ro ® i®® plages de la Charente-
reste donc sans fondement.
I D" Torchut (Royan),
FORMULES
'Veia.** Contre les cors et les verrues.
Co|]L!®e‘>que . 1 gr.
®n élastique . 8 gr .
quelques jours. (D'après Rrocq. ).
~ Ministre de l lnstruction pu-
pta. J Médepi^ ^ nombre des places d’agrégé des
la ”e mises au concours. La nouvelle place sera
^^^ttlté sciences physiques (chimie) et réser-
médecine de Nancy.
ÜRO-THÉRAPEGTIQUE
Pour rendre au rein sa fonction. — Obturation méca¬
nique. — Les tubes sont oblitérés. — Le rein ne fonc¬
tionne plus. — Le Pipérazol dans la diathèse urique.
Nous rappellerons que nous avons plusieurs fois parlé du
pipérazol (11. Voici de nouvelles recherches dues à Biésenthal.
et que rapporte la Revue intern. de thérapeutique et pharmacie.
En se fondant sur ses recherches, l’auteur conclut que le
pipérazol, le dissolvant par excellence de l’acide urique, admi¬
nistré à des goutteux soumis à un régime alimentaire appro¬
prié, produit des effets salutaires durables. Alors que l’acide
urique est contenu en excès dans le sang et les urines, le pipé¬
razol, en se combinant avec cet acide, ne forme jamais qu’une
combinaison saline neutre, c’est-à-dire facilement soluble.
Le pipérazol traverse l'organisme sanssubir de métamor¬
phose, et il est éliminé à travers les reins.
L’urate de pipérazol semble être de beaucoup plus diffusi¬
ble que l’urate de soude, à en juger parles résultats des expé¬
riences faites avec un dialyseur représenté par une membrane
animale.
Le pipérazol, une fois qu’il a été absorbé, prévient la sta¬
gnation de l’acide urique dans le sang.
Les effets salutaires produits par l’administration du pipé¬
razol dans les cas de lithiase rénale s’expliquent :
En premier lieu, par suite de la propriété qu’a le pipérazol
d’empêcher la stagnation de l’acide urique dans les reins ;
En second lieu par suite de cette autre propriété qu’a cette
base d’empêcher les précipités uraliques dans les urines.
Enfin, le pipérazol est à même de provoquer la redissolu¬
tion des précipités uratiques déjà formés.
C’est ce qui explique son action certaine dans les cas tou¬
jours nombreux de migraines, dartres, affections toxiques de
la peau, indigestions, maux de tête, etc., chez les arthritiques
et chez tous ceux que leur genre de vie oblige à être sédentai¬
res ou inactifs. A ce double point de vue, \e Pipérazol Tissot ef¬
fervescent est le spécifique des calculs uratiques et des urines
chargées .
NOUVELLES
Natalité dk Paris. — Du dimanche 15 au samedi 21 juillet
1906. les naissances OHt été au nomore de 1069, se décomposant
ainsi : légitimes 819, illégitimes 250.
Mortalité a Paris. — Population d'après le recensement de
1901 : 2.660.559 habitants. Les décès ont ete au nombre de 833,
savoir : 462 hommes et 37 1 femmes . Les décès sont dus aux
causes suivantes; Fièvre typuoide (typhus abdomin.) : 1.
Typhus exanthématique : 0. — Fièvre intermittente et cachexie
palustre ; 0. — Variole : 0. — Rougeoie ; 7. — Scarlatine : 0.
— Coqueiucne : 9. — Diphtérie et Group : 2. — Grippe : 1.
— Choléra asiatique : 0. — Choiera nostras : 0. — Autres
maladies épidémiques : 2. — Tubercuiose des poumons : 186. —
Tuberculose des méninges : 24 — \utres tuberculoses : 14. —
Cancer et autres tumeurs maiigiies : .58. — Méningite simple : 19.
— Congestion hémorrhagique et ramollissement du cerveau : 54.
— Maladies organiques du cœur ; 52. — Bronchite aigug . 4.
— Bronchite chronique : 4 — Pneumonie : 19. — Autres affec¬
tions de l’appareil respiratoire : 59. — Affections de l’estomac
icancerexc.) : 2. •— Diarrhée et entérite deO à 1 an : sein : 3 ; au¬
tre alimentation: 39. — Diarrhée et entérite de 1 à2ans : 5 — Her¬
nies. obstruction intestinale : 8. — Cirrhose du foie : 9. — Néphrite
et mai de Bright : 20. — Tumeurs non cancéreuses et autres ma¬
ladies des organes génitaux (femmes) ; 5. — Septicémie puerpérale
(6èvre, péritonite, phlébite puerpérale) : 5. — Autres accidents
puerpéraux ue ia grossesse et de l’accoucnemeut : 2. — Débilite
congénitale et vices de conformation ; 22. — Débilité senile : 29.
— Morts violentes : 47. — Suicides: 9. — Antres maladies: 110.
— Maladies inconnues ou mai définies : 12.
Mort-nés et morts avant leur inscription: 65, qui se décom¬
posent ainsi : légitimes 46, illégitimes 19.
Nomination de Professeurs a la Faculté de Médecine de
Paris. — Par décret en date du 27 juillet, rendu sur le rapport
du Ministre de l’Instruction publique ; M. Thoinot, agrégé, est
(1) Le Pipérazol est une combinaison de pipérazine et lithine su¬
périeure à tous autres alcalins.
496
LE PROGRÈS MEDICAL
nommé professeur de Médecine légale à la Faculté de Médecine de
Paris. M. Albarran, agrégé, est nommé professeur de clinique
des maladies des voies urinaires à la Faculté de Médecine de Paris.
Faculté de Montpellier. — M.Gervais de Roü ville, agrégé,
chargé de cours à la l'acuité de Médecine de Montpellier, est
nommé professeur-adjoint à cette Faculté.
Faculté de Nancy. — M. Quilloz. agrégé, chargé d’un cours
d’électrothérapie et de radiologie à la Faculté de Médecine de
Nancy, est nommé professeur adjoint à cette Faculté.
Faculté de Toulouse. — M. Cestan. agrégé, chargé de cours
à la Faculté de Médecine de Toulouse, est nommé professeur de
clinique chirurgicale à cette Faculté.
Faculté db Bordeaux. — M. Denucé, agrégé, chargé de cours
à la Faculté de Médecine de Bordeaux, est nommé professeur de
clinique des maladies chirurgicales des enfants à cette Faculté.
Ecole de médecine de Limoges. — Un concours s’ouvrira, le
10 décembre 1906, devant la Faculté de médecine de Bordeaux,
pour l’emploi de suppléant de la chaire d'histoire naturelle à
l’Ecole de médecine de Limoges.
Ecole de médecine de Marseille. — Sont nommés chefs de
eliniipe : MM. les docteurs Combes {clinique médicale) ; Pons
{clinique chirurgicale).
Légion d’honneur : Commandeurs. — MM. les docteurs Guyon
(de Paris) ; S. Arloing (de Lyon).
Officiers. — MM. le.s D''* Beni-Barde, Herbert, Lermoyez et
Reclus (de Paris).
Chevaliers, — M.\l. les D'* Boissard, Boulay, Combalat, Danlos,
Hugues Amouretti (de Cannes) ; E. Dupré, Fournaise, Heim,
Javal, Ozenne, RiefTel, Selle (de Paris) ; Bordaries (de La-
française) ; Custaud (de Collo) ; Jalabert (de Carcassonne) ; Lour-
ties (de Billy-Montigny) ; Mendousse (de Sos) ; Martin (médecin
de l’armée territoriale) ; Arnoud (médecin des troupes coloniales) ;
Le Scour (de Nouméa).
Décorations académiques : Officiers de C Instruction publi¬
que. — MM. les D'** Bobier. Montignac. A. Sée. "Widal (de Pa¬
ris) ; Brigault (de Sainte-Maure-de-Touraine) ; Chesnel (de Char¬
tres) ; Leray (de Rennes! ; Rouilion (de La 'Varenne-Saint-Hi-
laire) ; Senvre (de Reims).
Officiers d' Académie. — MM. les D'^» E.-J. Durand, G.-E. Pa¬
pillon, Rutten (de Paris) ; Bcynot'(de Sardent) ; Cathala (de Ces-
senon) ; Cornet (de Ligueil) ; Delarue (d’Amiens) ; Fau (de 'Vi¬
chy) ; Hanriot (de Blaraont) ; Julien (de Tourcoing) ; Lavernot
(d’Orry-la-Ville) : Lebret (de Divonne-les-Bains) ; Leduc (de
Tourcoing) ; Lerefait (de Rouen) ; G. Louis (de Lille) ; Mabille
(de Reims) ; Moreau (du Mans) ; Péraldi (de Toulon) : Prax (de
Limoux) ; 'Villière (de Saint-Denis) ; Coullaud, G.-E. Perrin (mé¬
decins militaires). i
PHTISIE, BRONCHITE, CATARRHES. —L’Emmston
Marchais est la meilleure préparation creosotée. Elle di¬
minue la toux, la fièvre et rexpectoration. De 3 à 6 cuil¬
lerées à café par jour dans lait, bouillon ou tisane.
(D' Ferrand. — Trait, de méd.^
SIROP LAXATIF VERNEUIL (H)
préparé spécialement pour BÉBÉS et ENFANTS de 2 mois
à 15 ans, vrai spécifique de la CONSTIPATION. Précieux dans
grippe, bronchite, coqueluche, impétigo, helminthiase,
état convulsif, et toutes maladies ou indispositions dans les¬
quelles un laxatif est nécessaire.
: 1 cuillerée à café par jour.
1 cuillerée à dessert par jour.
: 1 cuillerée à soupe par jour.
Le conseiller chaque fois que les parents demandent un t dépuratif t
Cr leurs enfants, car le meilleur des dépuratifs est encore un
laxatif.
Toutes pharmacies. — Echantillons : VERNEUIL,
à Conflans (Seine-et-Oise).
Mérite agricole ; Chevaliers. — MM. les D'i^Bnajj r
Pétre tde Paris) ; Barillet (de Reims) ; Ducloux (de Gali ^
Vère) ; Charles Durand (de Branoux) ; D. Fieschi (d'Ô^
mouroux (de Montpellier) ; Le Maguet (de Nogent
Louart (de Lamotte-Beuvron) ; Vinant (de Meaux)
Médaille des épidémies. — Médailles de bronze. — uu
D’'® Piot (de Sainte-Barbe -du-Tlélat) ; R. Prat (méd. mi!h7^
Mentions honorables . — MM. les D"'*' Chomienne (d’OnaL.j
ménia) ; Creutz (d’Aïn-M’lila) ; Hautefeuille (d’Am-Fakronti*
Assist.ance publique. — Médailles de bronze. — MM. u i
Monier (de Cassaigne) et Schwartz (d’Oued-Marsa). '
Médaille d honneur. — M. le Ü" Rey (de Charenton),
de couraire et de dévouement. ’ i
de courage et de dévouement. ’ *
Conseil supéru uk d’hygiène. — Dans .sa séance du23)|J
le Conseil avait à élire cinq auditeurs . Les candidats étaieiit^
D'' Allvrn Chassevant. Balthazar. Brunswick. Demn,, iCj
•c Chassevant, Balthazar, Brunswick, Demora DiJ
D'' Griffon, D"" Guiart, D'' Labbé, Lechevin,.D'’l^
DDOV de la Forest. Df Macaiirne. D' \fai((arH 7
Ont été désignés ei
Le Couppey de la Fi
zar, Dimitri, Lemoin
Médecin maire du XVP' arrondissement de Paris.—
menceau, ministre de l’intérieur, a nommé maire du XVI' ai
dissement de Paris le docteur Paul Gérente, sénateur d’Alç»,i
remplacement de M. Marmottan. Le nouveau maire dsi
me arrondissement est né à Paris le 27 juillet 1851. Docles
decin, ancien interne des asiles de la Seiiie, directeur boatsi
des asiles d’aliénés de France, il est sénateur d’Alger depaisll
et appartient au groupe de la gauche radicale socialiste dn
Le choléra aux Philippines. — Selon des nouvelles oi t
les de Manille, l'épidémie de choléra qui sévit aux Philipfa
diminue.
Epidémies de caserne. — Au 17® bataillon de fortered
Toulon une épidémie de méningite se manifesta il y a trois iJ
La même épidémie s'étendit au 111® de ligne; de sérienwd
sures limitèrent la propagation dn mal. La fièvre
succédé à la méningite ; on a compté jusqu’à une trentaine da
mes envoyés à l’hêpital en huit jours.
le regret d’annoncer la «j,
le D® Vincenle Ots y Esquerdo, membre correspondant^'!
démie royale de Mailrid, directeur du manicome provinc»
Biscaye.
Chronique des hôpitaux.
Concours de chirurgien des hôpitaux. — Ce concoois
SAVON DENTIFRICE VICIER, antiseptiqnepoor,'
tien des dents, des gencives et des muqueuses de la
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découvert par M. Louis DEQUtxANT. pûa*:®,?icâde»"'
de Clignancourt, Paris. (Mémoires déposés ® ‘ ,
Médecine. 23 mars 1897, 8 mai 1898). L'extrait ® «01
est adressé gracieusement à tons les msdecin^ ^ ffir
feront la demande. Renseignements gratuits et i"
pour tous les memores du cdrvs médical.
- ~ - - T.t lO’**'
Imprimerie Daix freres et Thiron,
BUREAUX : RUE DES CARMES, 14
11 AOUT 1906
35. année. 3‘ SÉRIE. T. XXII. N“ 32.
Le Progrès Médical
: Neurologie : Des phobies, par Terrien. — Bul-
igTiN : L’organisation de la lutte contre l'uncinariose en Belgi-
(Tique, par J. Noir. — Sociétés Savantes : Société de biolo-
"gie : Hypothyroïdie et urticaire chronique, par Lévi et de
Rothschild ; Infection anaérobie dans l’occlusion, par Roger et
Garnier ; Tuberculose pulmonaire expérimentale, par Habron ;
Influence de l’alimentation sur le point de congélation des uri¬
nes par Jaal ; Piroplasmose humainechez un blanc, par Nattan-
Larrier ; Piotozoaires dans leboutondu Nil, par Billet ;Béribéri,
par Salomon (c. r. de Mme Edwards-Pilliet.) — Académie de
Médecine : Pathogénie du cancer, par Cornil ; Les médicaments
étrano’ers, par Yvon ; L’Institut vaccinal supérieur, par Kelsch
(e. r. de A. -F. Plioque). — Congrès des aliénistes et neuro¬
logistes DE langue française : Le sang chez les aliénés ; Com¬
munications diverses : Du scorbut chez les aliénés, par Tou¬
louse et Damaye ; De Tétat mental des hystériques, par Joire ;
NEUROLOGIE
Des phobies ;
Par le D' TERRIEN,
Médecin directeur du Sanaloriuin de Donlon-lés-Nantes.
Le chapitre des phobies est tellement vaste qu'il
suffirait à lui seul à remplir un volume. Je n’ai donc
pas dessein d’en faire ici une étude complète. Je veux
‘'Amplement étudier certaines phobies d'un genre parti¬
culier et exposer brièvement mes idées sur la pathogé¬
nie et le traitement.
Définition. — On sait ce que l’on entend par <( pho-
•ne ». C’est, comme l’étymologie l’indique, une peur,
mais une peur obsédante et angoissante. Ainsi je n’aime
pas entendre le tonnerre gronder, j’ai peur du tonnerre
Mais je n’ai pas pour cela la phobie de l’orage. Mon
ancien cocher de la Vendée, avait, lui, la phobie du ton-
nerre. Faisait-il chaud ? de gros nuages couraient-ils à
•uorizon ? Aussitôt son cerveau demeurait obsédé.
onstanuuent ses yeux fixaient le ciel : il n’avait plus
une idée : le tonnerre, et si tout à coup il éclatait, alors
®n le voyait pâlir ; il était en proie à une émotion indé-
une sueur froide l’enveloppait, ses jambes se
J douaient sous lui, il ne pouvait plus faire un pas ni
avant ni en arrière, il avait des fourmillements va-
de l’engourdissement des membres, du tremble-
appréhensions ridicules, parce qu’exagérées,
préoccupations hypochondriaques. Il allait êtrefou-
Pon^^’ ^Éait mourir. Et tous les raisonnements ne
arriver à le convaincre; lui-même essayait à
tour de se raisonner, il tâchait de s’adresser une
90U rageuse, se rendant compte de l’émotion
il ij' qu’il éprouve, de la perturbation qu’il subit,
biç ^|^°nlinuait pas moins d’avoir peur. Voilà la pho-
dajj ^ ® revêt pas toujours celte intensité ; cepen-
titQg^?® ‘^eux caractères sont indispensables pour cons-
phobie : obsession et angoisse.
~ phobies sont extrêmement variées,
des malades qui ont la phobie de l’espace,
la phobie de la foule, de l’isolement. Ce sont les
De remploi d’un nouvel appareil, le sténométre pour le diagnos¬
tic, le pronostic et le traitement de certaines maladies du système
nerveux, par Joire ; Les ictus dans la démence précoce, par
Mlle Pascal ; Physiologie des crises laryngées des tabétiques,
par F aure. - - Médecine pratique : Le traitement de l’épilepsie et
des névroses. — Instruments nouveaux ; Bobine à trerableur
platine à masse vibrante ; Pupitre électrique du D^ Guillleminot ;
Nouveau mégascope Lippmann à incidence variable ; Stéréos¬
cope Pigeon. — Association française pour l’avancement
% DES SCIENCES. — THÉRAPEUTIQUE. — Varia : Histoire de la
médecine ; Vu à la consultation de nourrissons de Francfort ;
Un phénomène ; La médecine populaire dans le Poitou ; Pro¬
tection de l’enfance. — Les congrès : 3“ congrès international
pour la répression de la traite des blanches. — Formules. —
Nouvelles. — Bulletin bibliographique.
agoraphobes et les claustrophobes. Ces phobies de si¬
tuation sont bien les phobies les plus communes . A côté
d’elles nous voyons la phobie du chemin de fer, la pho¬
bie de la voiture, d’un pont à traverser, telle laphobie du
grand Pascal. Il s’en trouve qui ont la phobie des ani¬
maux, la phobie de la rage, ce sont les lyssophobes. Ils
ne sont pas rares.
Ajoutons encore les phobies si multiples des fonctions.
La phobie de la déglutition ; par exemple, le malade a
peur d’avaler de travers ; il est tellement angoissé chaque
fois qu’il se met à table et qu’il porte le pain à la bou¬
che qu’il préfère ne pas manger et boire simplement.
La phobie de la digestion ; lemalade ne digérera pus,
il étouffera. La phobie des selles ; il ne pourra évacuer
ses matières fécales, il tremble, il est angoissé quand il
rentre aux vvater-closet. La phobie des fonctions uri¬
naires ; le malade ne pourra uriner ou bien il ne pourra
retenir scs urines. J’en citerai deux beaux exemples.
La phobie des fonctions génitales : il ne pourra avoir
d’érections et d’éjaculations, nous en rapporterons un
cas remarquable.
Les sens spéciaux sont susceptibles de faire naître
les mêmes phobies angoissantes. L’odorat, l’ouïe. Ici
nous trouvons la phobie de telle odeur, la phobie des
bruits, la phobie de la musique, du tambour.
La vue : les photophobes ont peur d’être aveugles ;
sans cesse, ils s’étudieront, s’exerceront à regarder un
objet pour juger de leur vision. C’est le visage pâle, sou¬
vent inondé de sueur qu’ils se livreront à cet examen.
Le toucher ; nous avons là la phobie du contact: mi-
sophobie, lysophobie, la crainte de s’infecter en touchant
les objets, la crainte des microbes.
On pourrait citer encore bien d’autres phobies : la
phobie des rougeurs de la face ; ereutophobie. Remar¬
quons, en passant, que l’on peut avoir la rougeur émo¬
tive, sans être pour cela ereutophobe : il, faut qu’il y
ait angoisse. On peut ajouter également là phobie des
idées.
Maisj'arrête là mon énumération qui, pour être com¬
plète, devrait embrasser tous les actes, tous les faits de
la vie courante.
Avant de reproduire l’histoire assez curieuse de quel¬
ques phobiques que le hasard de la clientèle m'a fait ren¬
contrer, je veux dire quelques mots de la pathogénie des
phobies.
LE PROGRÈS MEDICAL
Chez qui les rencontre-t-on ? Comment
naissent-elles ?
Les phobies se rencontrent ordinairement chez les dé¬
générés. Ce sont là des attributs, des stigmates psychi¬
ques très importants et assez caractéristiques de la' dé-
énérescencc. Certains ataxiques peuvent avoir des pho-
ies réelles de la marche, de la station debout : chez
ceux-là, la peur de la chute n’est pas en rapport avec la
difficulté de la marche qu’entraîne une ataxie à son dé¬
but. Le paralytique général a quelquefois des phobies.
Enfin on constate parfois des phobies chez des hysté¬
riques et parce que hystériques, sans que ces maades
soient marqués de dégénérescence. Et ces phobies ne
diffèrent en rien de celles que l’on rencontre chez les
dégénérés, sauf sur un point que tout à l’heure je met¬
trai en lumière.
Je m’arrêterai quelques instants sur cette question
des phobies dues à l’hystérie, parce qu elles sont con¬
testées, niées, par la généralité de aliénistes et des
neurologistes. Un hystérique présenfe-t il des phobies,
on soutiendra que c’est un dégénéré, ce qui est possi¬
ble, et que c'est son état dégénératif qui aura créé la
phobie et non pas la névrose dont il est atteint. Voilà
l’opinion admise. Pourtant si l’on étudie le début, l'é¬
volution, la marche de cette phobie chez l’hystérique,
surtout son mode de terminaison, on est bien obligé
d’accepter qu’elle diffère un peu de la phobie du dégé¬
néré ; le début estordinairament plus brusque et tandis
que chez le dégénéré la phobie- est plus souvent incu¬
rable, malgré l’isolement et un traitement approprié,
la phobie de l’hystérique cède très aisément et parfois
d’une façon instantanée sous l’influence d’un simple
commandement impératif, nous en verrons des exem¬
ples. Il est vrai que l’on peut faire cette objec¬
tion: le fait, pour le dégénéré phobique, d’être porteur
en même temps de la névrose hystérique, lui crée
une aptitude spéciale à obéir à une persuasion bien
faite, à la suggestion par conséquent cette terminaison
heureuse n’impliquerait pas que la phobie soit d’une
autre essence, soit de nature hystérique. Cette opinion
peut être, en effet, admise. Aussi chercherai-je un autre
argument pour appuyer ma thèse qu’il existe une phobie
hystérique, une phobie due à l’hystérie. J’ai pu créer
à titre d'expérience, chez deux hystériques prises au ha¬
sard, la phobie des chiens, et il était intéressant de cons¬
tater de quelles angoisses elles étaient étreintes en face
démon chien qui pourtant n’était pas méchant et qu’el¬
les savaient très doux. Inutile d’ajouter que, par une
suggestion contraire, je les débarrassai de cette phobie,
après les avoir laissées souffrir juste assézpour me bien
convaincre de la réalité de la phobie hystérique. Ainsi
voilà un phénomène, dans l’espèce, ce sera une peur
angoissante du chien, que l’on crée par suggestion et
que l’on efface par persuasion ; n'est-ce pas là le carac¬
tère essentiel du phénomène hystérique ? n’est-ce pas là
la définition même de la manifestation hystérique celle
qu’a donnée et avec tant de justesse le maître I{abin.ski?
Donc l’hystérie peut faire naître des phobies. C’est
rare, je l’admets, mais il n’en est pas moins vrai que le
fait existe, nous en donnerons des exemples, qui, mieux
que l’argumentation la plus serrée, lèveront tous les
doutes.
Comment prennent naissance les phobies?
Souvent il peut ne pas y avoir de causes acciden¬
telles. Le terrain seul suffit à les créer. Elles naissent là
comme peut naître toute autre manifestation de la dé¬
générescence, sans être incitée par quoi que ce soit
D’autres fois, les infections, les intoxications, lesaut^
intoxications viennent aider à leur production. Dans
ce terrain de la dégénérescence qui anrite tant de grai
nés malfaisantes, les intoxications sont bien l’enorais
le plus efficace, le plus sûr pour en amener la germina¬
tion, l’épanouissement au dehors. Enfin une circonstan-
ce particulière, un heurt, un choc moral quelconque
entraîne parfois son apparition. Un homme aura^h
phobie du chemin de fer parce qu’il aura été témoin
d’un accident ou qu’il en aura lu simplement le récit
émouvant ; tel autre aura la phobie des chiens, parce
qu’il en aura rencontré un par hasard qui se sera préci¬
pité sur lui et l’aura mordu, un autre aura la phobie do
telle route à traverser parce qu’il lui sera arrivé un jour
de se trouver mal en cet endroit. Je me rappelle un
malade qui n’a jamais pu se rendre àPornic que par un
chemin de traverse parce qu’une fois il avait été frappé
de congestion, en entrant dans cette localité par la roule
ordinaire.
Pour terminer,nous trouverons des malades, des hys¬
tériques ceux-là pour la plupart, qui auront des pho¬
bies d’imitation : ils copieront les phobies d'un voisin,
d’un ami, d’un parent : telle cette mère dont nous par¬
lerons plus loin, qui avait la phobie des animaux et qui
a su imprimer à son fils, un hystérique, cette même
phobie.
Une fois la phobie installée, qu'en résultera t-il ?
Quel en sera le pronostic ?
En général, il est très sérieux, la guérison en est fort
difficile, le plus souvent le mal est incurable. Voilà la
règle. Toutefois il y a d’heureuses exceptions. Et cette
variété dans le pronostic proviendra précisément du
terrain sur lequel ces phobies ont évolué. Celles qui
prennent naissance chez des hystériques, ou chez des
dégénérés avec hystérie, ont plus de chances, nousla-
vons dit, de disparaître sous l’influence d’un traite¬
ment approprié : car nous savons qu’il n’existe guère
que le traitement moral, aidé de l’isolement, pour lutter
efficacement contre les phobies, quelles qu’elles soient
et quelle que soit leur origine, or c’est bien chez l’hyste-
rique, doublé ou non d'une autre névrose ou psychose,
que la psychothérapie exerce surtout son action ; cest
chez lui que la persuasion est aisée pour supprijuçf
telle terreur qui obsède. Avec une suggestion bien fade
et plusieurs fois répétée, il est rare que l’on n'obtienue
pas un résultat satisfaisant au pointue vue des phobies-
— Voilà pour l’hystérique phobique.
Quant aux dégénérés, rien que dégénérés, chez ceu^
qui ne sont pas entachés d’hystérie, l’insuccès est tre
souvent la règle, malgré l’isolement et la meilleu
psychothérapie. ^ . -
Il peut arriver cependant que chez certains
rés, dont les intoxications ont pu être
comme lacause occasionnelle, manifestement pi'Jd
tricc de leurs phobies, la suppression de la
médication antitoxique donne parfois d'excellenL
sultats, diminue l’intensité du phénomène, \jjc
fois le fait même disparaître. Néanmoins, le
sera toujours réservé. D'ailleurs, il va nous
dans le cours de cette étude, de reconnaître le ®
fondé de ces diverses assertions d’après les 1,0-
heureuxou malheureux obtenus chez les quelques P
biques que je présenterai.
Phobies CHEZ DES HYSTÉRIQUES.
Observ.ytion I. — Phobie urinaire. — B. ...00 ans,d une
LE PROGRES MÉDICAL
499
r
flntion robuste, n’a jamais été malade, u'a jamais fait d'ex-
'^d’ancune sorte, ni excès de boissons, ni excès de femmes.
Très travailleur, très rangé, il allait jouir dans le repos, dans
s paix heureuse, du fruit de son labeur, lorsqu’un jour, au
goment d’uriner il remarqua que la miction était difficile,
upti'. C’était la première fois qu il constatait le fait. Il en fut
(fjppé. Le choc fut si violent que vingt fois dans la soirée il
se présenta aux water-closets, poursuivi par cette phobie
mil ne pouvait uriner. La maladie était dès lors installée,
le lendemain, les jours suivants, même obsession ; même
phobie. Il fait examiner son urèthre, sa vessie, on ne trouve
rien. Pasd hyperlrophie de la prostate, conduit normal. La
sonde est introduite avec la plus grande aisance. C’était
jonc nn phénomène purement psychique. La phobie de ne
ponvoir uriner amenait un spasme du sphincter qui cédait
Irès difficilement et après des essais qui variaient comme
jorée entre 1/2 et 3/4 d’heure. Lors de ces essais, le malade
était pâle, inondé de sueurs froides, marqué d'une angoisse
indescriptible. Les nuits étaient mauvaises, le sommeil avait
complètement disparu, et cela depuis 6 mois. Quand il
s'est présenté à mon cabinet, ilavaitle visage triste, anxieux,
faspect d'un mélancolique profond. Je suis désespéré, me
dil-il, jecrainsbien de recourir au suicide pour me débarras¬
ser decelte vie üe misères que je traîne depuis quatre mois.
En dehors de ce syndrome, de cette phobie urinaire, on
ne constate rien : il était phobique, rien que phobique et seu¬
lement sur ce point ; sa fonction urinaire.
Le malade consent à rester en traitement au sanatorium.
Je lui persuade qu’ici près de moi il guérira, et vite ; je lui
donne une douche statique en promenant le balai électrique
dans la région hypogastrique et sur les reins et le prie d'al¬
ler immédiatement uriner, que la miction désormais sera
facile et rapide. « C'est curieux, vient-il me dire aussitôt, le
nsage tout radieux, j’ai uriné . sans difficulté, je sens que je
Mis guéri. La nuit il dormit bien;le lendemain, les jours sui-
nnts il ne se présente que 3 fois aux water-closets, au lieu
fcîOou SOfois. La phobie avait disparu, la gaité, la joie de
Wro reparut chez cet anxieux qui, la veille, songeait à chér¬
ir dans la mort l’oubli de ses misères. Il resta cependant
Max mois au sanatorium, car il craignait qu'en rentrant
faop tôt chez lui, la vue deces mêmes water-closets témoins
eses tortures morales les flt reparaître à nouveau, ce qui
"îtlleurs aurait très bien pu se produire.
Actuellement, le malade jouit d’une santé excellente. La
Rcrison date de 1 an 1 '2 et rien ne fuit prévoir qu'il y aura
«chute.
11 est manifeste qu'ici la phobie est une phobie hy.slérique,
l’atteste la disparition subite du phénomène, sous
fluence exclusive de la persuasion, de la suggestion, car
l^®P®’itêtre admis par personnequ’il faillemetlrecette gué-
compte d'unesimple diiucheélectrique.C<-ttedou-
®l®®*‘’'9uefutun mode de psychothérapie, au même litre
^,febleu de méthylène par exemple.
ait,chez notre malade,de la phobie monosymptomatique
lÿjp® Présentait aucun stigmate d’hystérie ; il ne présen-
®..‘*®'’®ntage de stigmates de dégénérescence. Nous
U*! phénomène solitaire, une phobie vésicale, dé-
ia une paralysie, mais une contracture, un spasme
"sphincter de la vessie.
II. — Phobie génitale. — - Je présenterai main-
*^^obie génitale. 'Voici l’histoire du malade. C’est
«Be tem he 25 ans qui, un jour, dans un rapport avec
''«axe*'?® détresse. Cet incident simplementfâ-
.pourtant les conséquences les plus graves. Apar-
<«116 pj. I^rir, il fut tourmenté, obsédé parcelle crainte,
hiiraij l 'o d’impuissance génitale. Celte phobie le pour-
l'ielq^ç ® ‘touillait d'autant plus qu’il devait semarier dans
'8 bat II y pensait nuit et jour, ne dormaitplus. Dans
^aatg^î^Iraînement’ pour ne pas être obligé de rougir
II so livra à de multiples essais, qui tous
‘L'a "[""infructueux.
Vvoiij*"® Pfle, inondé de sueurs froides, une verge llas-
™ ^ra h '"® disait-il, tout ce que j’aurai à présenter à celle
'eniôtma femme, etj’ai Jâans, je me tue ». Je le dé¬
cide à rentrer au sanatorium. C’était un jeune homme ro¬
buste, n’ayant jamais été malade. Névropathe, mais sans si
gnes de dégénérescence, sans stigmates d’hystérie; il avait
la figure ravagée par l’anxiété, l’insomnie, les tortures de
cette phobie paralysante.
Comme traitement, je lui ordonnedes pilules de strychnine,
de la cantharide. Chaque malin à la douche, je dirige le jet
le long de la colonne vertébrale. Rien n'y fit. Plus il ap¬
prochait du jour fixé pour son mariage, plus son anxiété
grandissait, plus aiguë était sa phobie. Ne sachant trop quoi
faire, j’eus l'idée, de concert avec le père, de simuler la rupture
du mariage : le résultat fut parfait. N’étant plus torturé par
celte pensée qu'il aurait à rougir bientôt de son impuissance,
de son incapacité virile, il vit sa phobie, cette phobie para¬
lysante, s’effacer presque aussitôt, elles érections de nuit,
puis de jour se produire, ces érections qu'il ne connaissait
pas depuis 5 ou ü mois. Il était guéri. Il s’est marié depuis
et il m’a fait celte confidence qu’il s’est conduit eu mari jeune
et vigoureux.
Observation III. — Phobie des aliments. — J'ai cité dans un
de mes mémoires, l’histoire de ce jeune enfant de 11 ans qui
depuis quatre mois ne prenait rien qu’un croissant matin et
soir. Aussi était-il d’une maigreur extrême. Il avait de plus,
de l’hyperesthésie du cuir chevelu. Impossible de lui toucher
la tête, c’était des douleurs atroces, lui arrachant des cris.
Il est placé au sanatorium, je le mets en observation pen¬
dant 3 jours. Go n’était pas simplement de l’anorexie que,
l’enfant présentait ; en dehors de son hyperesthésie hystéri¬
que, il avait véritablement la phobie des aliments solides,
il était pénible de voir cet enfant rentrer dans la salle à
manger : son visage pâlissait d’une façon étrange, ses traits
se ronlraclaient, la respiration devenait haletante. On au¬
rait dit un condamné que l'on conduisait à l’échafaud ; et,
quand on lui présentait du pain, les mêmes phénomènes an¬
goissants augmentaient encore d’intensité.
Je le débarrassai d’abord de son hyperesthésie hystérique
du cuir chevelu. Un peu de psychothérapie avec la douche
statique suffit pour cela. Après deux séances, on put met¬
tre un chapeau sur la tête, et lui faire couper ses cheveux.
Je m’occupai ensuite de sa phobie. Nouvelle séance de psy¬
chothérapie avec balai promené dans la région hypogastri¬
que et aussitôt, sous l'influence d’un commandement impé¬
ratif qu’il aurait beaucoup d’appétit, qu’il n’aurait plus hor¬
reur du pain, qu'il mangerait beaucoup, notre petit hysté¬
rique se mit à dévorer les aliments qu’on lui présentait, il
avait toujours faim et attendait avec impatience et non
avec terreur, avec effroi, comme précédemment, l’heure des
repas.
Au bout de 1 mois, il quittait le sanatorium. La guérison
s’est maintenue, c'était un fils de névropathes de père et de
mère; depuis 4 ans il n’a rien présenté d'anormal.
OBSERv.moN IV et V. — Agoraphobie. — II s’agit ici de deux
paysannes de la Vendée, l'une n'avait pas franchi le seuil
de sa porte depuis 6 ans, et l’autre depuis 8 mois. A toutes
les tentatives qu’elles faisaient pour quitter la chambre,
elles étaient aussitôt prises de peur, d’angoisse ; les jambes
se dérobaient sous elles et vite il leur fallait rentrer et fer¬
mer la porte. Elles avaient la phobie de l’espace, c’était des
agoraphobes. L'une était une dégénérée doublée d'hystérie ;
l'autre, simplement hystérique, sans stigmates de dégéné¬
rescence, à moins de faire de cette phobie de l’espace une
manifestation monosymplomatique de la dégénérescence.
La facilité avec laquelle, par un simple commandement
très impératif, j'arrivai à supprimer un phénomène pourtant
si ancien me laisse supposer que chez elles ce phénomène
doit être rattaché à l’hystérie. A la première, je lui déclarai
que je la verrais pénétrer dans l’église le dim niche suivant.
Elle m’a obéi et n'a pas souffert.
Laseconde, je la prends à mon bras, j'ouvre la porte, elle
est aussitôt prise d’angoisse, ses jambes tremblent, elle va
tomber; jel’aideà réigir, mon commandement énergique la
rassure enfin, et la voilà surprise de se trouver dehors, l’an¬
goisse avait disparu. Chez ces deux malades agoraphobes,
500
LE PROGRÈS MÉDICAL
la guérison s’est maintenue et cette cure date de 10 à 12
ans.
Observation VI. — Agoraphobie.— Ce malade a 27 ans, né¬
vropathe, fils de nerveux du côté paternel et maternel rentre
au sanatorium pour une phobie qui le tient depuis plus d’un
an. II ne peut aller dans la foule : à l’église, dans les foires,
il est pris d’angoisse, il étouffe, il tremble. Ajoutons à cela
quelques troublesneurasthéniformes, conséquence de cette
phobie angoissante. Au bout de 8 jours de traitement physi¬
que (douche et électrothérapie) et d’un traitement psychique,
le malade put aller partout sans éprouver aucune terreur et
est resté guéri. Si j’ai cité ces 3 derniers cas, qui sont vul¬
gaires, c’est simplement pour marquer la rapidité delà gué¬
rison. C’est là que réside tout l’intérêt de ces observations.
Je citerai encore, pour terminer la série des phobies chez
les hystériques, l'histoire d’un jeune homme de 19 ans, ago¬
raphobe et claustrophobe. Depuis deux ans, il ne pouvait
aller dans la foule, se promener dans les rues de la ville, il ne
pouvait également rester seul renfermé, chez lui, dans une
chambre close. Dehors, ou seul dans un appartement fermé,
il était pris d’angoisses terribles, avec sueurs froides, dé¬
robement des jambes; il croit qu’il va mourir.
En dehors de ces phénomènes phobiques, ce jeune homme
présentait des manifestations nettement hystériques ; dys¬
pnée hystérique, dermographisme, urticaire hystérique, pla¬
ques d’insensibilité. Je l'ai eu pendant longtemps en traite¬
ment au sanatorium. Je suis parvenu à le faire se promener
dans les rues de Nantes et au théâtre.d’abord avec moi, puis
bientôt avec le personnel de l’établissement. Il put enfin
sortir seul, mais monté “sur une bicyclette. Ce n'est qu’au
bout de quelques mois que je suis arrivé à le débarrasser
enfin de sa bicyclette et le faire se promener seul à pied. La
guérison est si complète qu’il a pu s’embarquer pour l’Amé¬
rique, afin d'y tenter la fortune.
Phobies chez des dégénérés non hystériques.
Nous allons présenter maintenant quelques malades
également atteints de phobies. Ceux-là ne sont point
des hystériques, ce sont des dégénérés. Et nous ver¬
rons que chez eux tous nos efforts furent vains, sauf
chez un, pour les débarrasser de leurs phobies.
Obsbrv. VII. .1/y.sH'mme, phobie urinaire. — Jeune homme
de 19 ans, fiis de nerveuse mystique, fils de congestif, né-
vropathe,qui depuis quatre ans est pris de certains troubles
psychiques d'un caractère bizarre. C’est un mystique,
comme sa mère, il a constamment peur de faire le mal, de
souiller les objets en les touchant, d'un bigotisme exagéré ;
c’est un obsédé, et ses obsessions sont multiples, il a éga¬
lement la maladie du doute et ce doute apparaît dans tous
les actes de sa vie ; ferme-t-il une porte, je prends cet exem¬
ple, il reviendra dix fois s’assurer qu’elle est bien fermée. C’est
le type du dégénéré psychique. Ce jeune homme a une phobie
d’un genre particulier. Il a la phobie des fonctions urinaires.
Je m'explique. Contrairement au malade de l’observation I
qui avait peur de ne pouvoir uriner, il a peur de laisser échap¬
per involontairement soà urine. Aussi s’acharne-t-il. à vider
sa vessie jusqu’à la dernière goutte. 11 restera 1 h., 2 heures
aux water-closets, il y serait même resté de 1 h. à 7 h. du
soir, m’ont dit les parents et la gymnastique à laquelle il se
livre à ce moment est des plus étranges. Le ventre porté en
avant, la tête rejetée en arrière, il se secoue, s'agite avec des
mouvements de propulsion et de rétropulsion du ventre
pour aider à l’évacuation complète de sa vessie, nous assis¬
tons chaque fois à une véritable danse du ventre. C’est vrai¬
ment un spectacle comi'jue de voir notre malade accolé à
un arbre se débattant comme un choréique, pâle, suant et
résistant à tous les ordres de son infirmier ou même de son
médecin qui voudrait l’arracher à sou obsession et à sa
phobie. Il craint, ce pauvre malade, de laisser de l’urine, et
que cette urine, il la laissera ensuite involontairement s’é¬
chapper en public, par suite d'un relâchement de son sphinc-
tèr. Cette phobie est entretenue par ce fait que le jej. ’J
homme, séjournant des heures entières aux water-closeh J
arrive à refaire de l’urine et à en rejeter toujours quelqn^l
gouttes, ce qui lui indique que sa vessie se vide mal, difficile. ]
ment. '
Malgré tous les raisonnements, malgré la meilleure psj,
chothérapie, je n’ai pu parvenir à le guérir de cette étran»
phobie obsédante, à peine de l'améliorer, malgré un séjoif
prolongé de 6mois au sanatorium.
Observ. 'VIII.— Dégénérescence, lyssophobie.— F. .12 ms, Uk
de père profondément alcoolique, de mère morte tubercu-
leuse,a une santé physique très délicate. Très intelligente, ellj
ne présente aucun sligmate physique de dégénérescence et
pa.s d'hystérie Nous verrons tout à l’heure que c’est bien
une dégénérée psychique. Un jour, un chien enragé pénètré f
brusquement dans son appartement, mord son chien, mord
plusieurs chiens du voisinage. Le vétérinaire, après examen, ■
conclut que c'était bien lavage.
A partir de cette époque, Mme T..., qui jusqu’ici n'a- .
vait rien présenté d’anormal, eut la phobie des animaux en- '
ragés. Apercevait-elle un chat, un chien, un bœuf, qu’elle (
fuyait en poussant souvent des cris d’effroi. Et, bien qu'elle
n'eût pas été manifestement heurtée, elle demeurait inquiète,
troublée, pâle, toute tremblante. Car la maladie du doute
était venue se greffer sur cette lyssophobie : elle ne savait
plus si elle n’avait pas été mordue, elle doutait et ce doute i
la torturait. A cause de cette phobie de la rage, de celle
phobie des animaux, elle en était arrivée à voir de la j
bave partout sur ses vêtements, sur le mobilier; une
simple goutte d’eau, cela pouvait être de la bave. La mala¬
die progressant d’une façon inquiétante, celte phobique,
obsédée par le doute, en arrive à se demander s’il n’y a pas \
des chats cachés dans son corsage, dans sa robe, elle se pal¬
pe, se tâte et, doutant encore, elle prie l’entourage de la bien
examiner. Encore n’est-elle pas convaincue. Et c’est une
femme qui conserve toute son intelligence, sa conversation
agréable nelaisse jamais rien apparaître à qui n’est pas pré¬
venu.
L’isolement, le traitement moral, l’hydrothérapie, rien
n'a empêché la maladie de suivre sa marche progressive.
Observ. IX. — Mysticisme, érothomanie, phobie des couteaM-
Jeune homme de 28 ans, intelligent, à culture intellectuelle
très développée, mère névropathe et légèrement mystiqn® ^
lui-même est marqué do mysticisme depuis son jeune »? -
C’est un dégénéré psychique : peur de faire le mal, peur
nuire à son semblable, dévotion exagérée. C'est de
les contraires ici se rencontrent, un érotomane avec
érections extrêmement fréquentes de jour et de nuit et
pollutions très abondantes; ce n’est pas un masturbateun^^
profite de cette circonstance pour faire remarquer i
quence'de l’érotomanie chez les mystiques. J’ai eu en ^ |
tement cinq mystiques, quatie étaient des
jeune homme dont il s'agit est le plus bel exemple de
' association intime des deux syndromes. Et pour combat ^
érotomanie, je l'ai vu briser son lorgnon, pour que sa
pie très accentuée ne lui permît plus de voir le
femmes. 11 se lit également faire un modèle bizarre, e ^
de ceinture de chasteté avec, pour recevoir la si
d’une dimension, d'une largeur anormale, afin
possible les frottements qui pourraient '^gxtrê-
lions. Ce malade a la maladie du doute et une pâle-
mement pénible : il a la phobie dû couteau ; il
angoissé, lorsqu’il en aperçoit, près de lui, la ^
il a peur de s’en saisir et d'en frapper qui il rencon
maladie continue toujours de progresser.
Observ. X. — Phobie du contact des microbes,
pas d'hystérie. — Ce jeune homme de 18 ans, un
fils de dégénérés (père et mère), a des idées ûyP*’*^ pbo-
ques, et quelques troublesneurasthéniformes. H A ^5010'*
bie du contact, la phobie des microbes;il se lave jio#-
par jour, toutes les fois du reste qu’il touche un o J
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501
r^aane porte, de l’oüate hydrophile dan s la main de peur
''^le bouton de la porte infecté de microbes infecte ses
Mins et altère sa santé. Ce dégénéré phobique, je suis par-
I 0 à le guérir, à le débarrasser de sa phobie avec un trai-
! ^jntassez prolongé, il est vrai, mais cure Intéressante
godant, car elle est plutôt rare chez des malades si pro-
rement dégénérés.
yoSERV. Xt-Xll. — Phobie des chevaux et des vaches. Phobie
mère communiquée à son fils. — Pour terminer je citc-
nien deux mots le cas d’une femme atteinte de la phobie
^cheval et du bœuf. C’est une dégénérée, avec idées de
Jrséci'tion, en dehors de ses phobies. Le seul côté inté-
^antde son histoire, c’est qu elle a'imprimé son délire et
.*pliobie chez son fils.
Le traitement n'a produit aucun résultat, ni chez la mère,
fichez le fils. Chez ce dernier, cependant,j’ai pu faire dispa-
nitre un tic hystérique dont il était atteint depuis 2 ans.
Conclusions. — J'arrête ici mes observations. Elles
sufliiontpoiir nous permettre de conclure. Elles confir-
(eront les idées que j'ai émises au début du mémoire
sur la pathogénie des phobies. Nous avons présenté
douze malâdes. Sur ces 12 malades, 7 ont guéri et la
{uérison s'est maintenue. Les cinq antres n'ont pas bé-
léficié du traitement. Nous avons pu remarquer que
tous les cas de guérisons se sont produits chez les ma-
hdes atteints d’hystérie associée ou non à ladégénéres-
tence. Un seul dégénéré phobique non hystérique, a
vu sa phobie disparaître.
Que conclure ? qu’il existe bien une phobie hystéri-
t|oe, une phobie due à l’hystérie. Je crois pouvoir affir-
mei'le fait, malgré l’opinion contraire des aliénistes
«t neurologistes de marque. J’ai dit sur quelles preu¬
ves j'appuyais ma thèse; la possibilité d’en provoquer
jpr persuasion et la facilité avec laquelle on pouvait
peffacer par suggestion. 11 suffit de parcourir les di¬
verses observations pour se rendre compte de la justesse
,4 celte appréciation. Elles se différencient des phobies
dégénérés — celles-là, je l’admets, beaucoup plus
^uentes — en ce que les phobies des dégénérés se dé-
’Woppent avec plus de lenteur ordinairement, très ra¬
rement d’une façon subite ; elles diffèrent encore et
■•irtout en ce qu’elles suivent une marche essentielle¬
ment progressive etrésistent presque toujours au traite-
--
N A RC Y L GRÉMY médicament spécifî-
J'rede la toux, spécialement de la toux des tu-
“«r’culeux.
DU FILS DU CIEL. — ho Figavo nous apprend que
de Chine a un personnel attaché à son palais qui ne
1^_ repas moins de 500 fonctionnaires ou serviteurs, dontquel-
I doivent avoir de copieux loisirs. Si, par exemple, les
' de parasol peuvent s’occuper les jours où'S. M.
i^j^nClel se sent d'humeur à faire de longues promenades
féTg^^.i^vdins, et si par les grandes chaleurs ses trente porteurs
'r^.rlo'ventpas beaucoup chômer, que peuvent bien faire
te médecins ? La liste du personnel comprend également
«iiierg®''îftnze astrologues, soixante prêtres et soixante-dix cui-
De priorité. — On mande de Vienne que le docteur
^Üo P'‘°fD®seur des maladies de la peau, publie une dé-
ftjblij “ laquelle il revendique la priorité des observation!
^ que les rayons X rendent la couleur primitive au:
Sftsonnants. On sait que les docteurs français Imbert e
, Le 4 ''tonnent de s’attribuer cette découverte.
?'■ Ullmann prétend qu’il y a trois ans, il a lu devant
^ Un ® des médecins autrichiens et la Société de dermatolo-
Pport contenant ses conclusions à ce sujet. (Le Temps.)
BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL
L’organisation de la lutte contre l’uncinariose en
Belgique.
Pour entreprendre utilement la lutte contre une
maladie transmissible, il faut en connaître d’abord
exactement les causes. Parmi elles l’agent pathogène
n’est pas la seule, il faut étudier les agents de trans¬
mission, les conditions qui favorisent le développe¬
ment de la maladie, soit en assurant la conservation
de l’agent pathogène, soit en facilitant son développe¬
ment par la préparation du terrain sur lequel il se mul¬
tipliera. La connaissance incomplète de l'étiologie ex¬
plique les échecs répétés ou l'efficacilé trop limitée des
mesures prophylactiques dans la lutte contre certaines
maladies telles que la tuberculose, par exemple, dont
on connaît cependant à fond l’agent pathogène. L’étude
minutieuse de cette même étiologie a permis dans
d’autres cas de prendre des mesures réellement utiles ;
exemple : les résultats obtenus à Cuba par le service
sanitaire américain qui, s'attaquant résolument aux
moustiques, a fait disparaître la fièvre jaune.
Notre distingué collaborateur, M. le D" Eillassier, à
qui sa double qualité de docteur en droit et de docteur
en médecinedonne une compétence toute spéciale dans
l’étude de la législation sanitaire et qui joint à ses con¬
naissances scientifiques, l’expérience pralique de sa
collaboration à l’OEuvre de l’assainissement de la Ville
de Paris où il seconde M. Juillerat, a remarquable¬
ment exposé dans sarécenle thèse de doctorat en méde¬
cine : Y üncinariose devant l'Hygiène sociale (1 ), les
mesures de prophylaxie prises contre une maladie qui
décime les mineurs. Nous ne referons pas ici le lableau
de l'uncinariose ou ankylostomiase que les lecteurs
du'Pro<7rè.s «idcficaZ doivent déjà bien connaître, grâce
aux savants travaux qui ont été récemment publiés par
M. le D' Fabre, de Gommentry. Aussi sans nous attarder
à l'étude historique, biologique et pathologique des mé¬
faits de ce ver intestinal redoutable qui, sous le nom
d’uncinaire ou d’ankylostome fait tant de victimes
dans certains bassins houilliers, nous emprunterons
simplement à la thèse de M. Eillassier le tableau des
mesures prophylactiques* prises en Belgique contre
cette maladie. Nous avions pu juger nous-mème de
cette belle organisation sanitaire lors de notre visite à
l’Exposition de Liège en 1905.
Le début de la lutte en Belgique contre ce fféau re¬
monte à 1898 ; une société de Mutualistes liégeois si¬
gnala à la Commission médicale de la Province de
Liège les désastres que l’imcinariose causait parmi ses
membres. L’année suivante, les mutualistes demandè¬
rent au ministre des Travaux Publics belges de venir
en aide à leurs caisses, vidées par de trop nombreux
secours de maladie. Le Conseil provincial de Liège prit
résolument à sa charge les frais do la campagne sani¬
taire qu’il voulut accomplir et en donna la mission à
son Institut de bactériologie, fondé on 1895. L'Institut
opéra avec méthode, étudia le parasite, dressa la carte
(1) .1. Uousscl, êclil., 1, rue Casimir-Delavigiie.
602
LE PROGRÈS MÉDICAL
des mines contaminées, entreprit l’éducation hygiéni¬
que des mineurs par conférences et par brochures.
L’Etat suivit l’exemple donné par Liège et ouvrit
une vaste enquête sur les circonstances de l’extension
du parasite dans les divers districts miniers du Royau¬
me. Un arrêté royal du 7 août 1900 institua des comi¬
tés chargés de rechercher à quel degré sévit l'uncina-
riose dans les charbonnages et quelles mesures pro¬
phylactiques il convient d’ordonner. Après Liège,
Charleroi et Mons devinrent des centres d’enquête.
Liège qui avait pris l’initiative de la lutte, l’organisa
merveilleusement. Le Prof. Malvoz, après s'être rendu
compte de l'effet moral désastreux où se trouvaient les
mineurs anciennement atteints, après avoir rencontré
un découragement profond chez les médecins des char¬
bonnages qui combattaient sans résultats efficaces le
fléau, fonda en 1903 le Dispensaire du Mineur. On y pra¬
tiqua l'examen des déjections des malades suspects, on
s’y mit à la disposition entière des médecins des mi¬
neurs pour les renseigner et les aider dans la lutte contre
l’uncinaire. On ouvrit le dispensaire aux malades qui
ne pouvaient se soigner chez eux. De mai 1903 à dé¬
cembre 1904, on lit au dispensaire 12.718 examens et
l’on soigna 1.012 malades. Des sommes importantes
furent prélevées sur le budpt provincial ; 220.000
francs, avaient été mis à la disposition de cette campa¬
gne sanitaire le 10 août 1905.
L’exemple fut suivi tout autour de Liège, on créa de
nouveaux dispensaires analogues à celui de M. Malvoz,
on y examina systématiquement les selles de tous les
mineurs au point de vue de la présence de l’uncinaire
pourisoler les malades et empêcher la propagation de
la maladie. Et au bout de deux ans de fonctionnement,
M. Malvoz pouvait annoncerque loin de s’étendre, l’épi¬
démie étaiten voie de régression continue.
Le 31 juillet 1903, le Conseil provincial du Hainaut
votait les premiers crédits pour suivre l’exemple de
Liège. Un dispensaire était fondé pour surveiller et
traiter les mineurs du Centre et du Borinage.
Le pouvoir central n’était pas indifférent. Dès que
les travaux de Malvoz furent connus, un arrêté royal
du 24 octobre 1904, édictait des mesures sévères pour
combattre le mal. On classa les mines en mines infec¬
tées et mines indemnes etl’on obligeâtes mines infec¬
tées qui se croyaient devenues indemnes à en faire la
preuve. On obligea tout ouvrier à se soumettre à l’exa¬
men clinique et microscopique et l'on assura un se¬
cours suffisant à l’ouvrier reconnu malade et éloigné
de la mine. On exigea l’organisation de nombreuses
latrines dans les mines, on installa au fond des' char¬
bonnages des baquets à parois étanches, à fermeture
hermétique, avec poudre désodorisante pour recevoir
les déjections des mineurs. On obligea les autorités de
la mine à signaler tous les cas d’uncinariose constatés.
Quelle différence avec les tentatives faites en France .
Ce ne fut tq'i® février 1904, qu’un ministre des
Travaux publics, M. Maruéjouls, déposa un projet de
loi relatif à l'hygiène et à la sécurité des mineurs, on
nomma aloi-s des commissions d’études qui eu 1906
n'ont pas encore terminé leurs travaux. Quant à la j
plupart desLompagnies minières, elles paraissent igno¬
rer le mal, car de la meilleure foi du monde elles pré
tendent que l’uncinaire est inconnu dans leur bassio
respectif. 11 est possible que l’uncinariose soit moins
répandu en France qu’en Allemagne et en Belgique
Mais les travaux de Fabre, de Commentry, de Manon,
vrier, de Calmette, de Breton, deBréhon, de Briançon
permettent de croire à la réalité du péril. Aussi M. h
D'' F’illassiera-t-il fait une œuvre sociale vraimentutile
en appelant l’attention sur cette maladie essentielle¬
ment évitable si l’on veut simplement suivre l’exemple
de nos voisins de Belgique (U. J. Nom.
DIOXINE-ME RCK spécifique de la TOUX et de la DOülEDE
plus active, moins toxique que les
opiacés et tous leurs dérivés, même synthétiques.
SÉDATION IMMÉDIATE de la TOUX
SIROP DU D'' BOUSQUET, A LA DIONINE MERCK
0,01 par cuil. à bouche, avec 2 glt“ de Bromoforme (4 à 8 par jour).
SOCIÉTÉS SAVANTES
SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE.
Séance dul juillet 1906.
Hypothyroïdie et urticaire chronique.
MM.Lkvi et DE Rothschild ont observé, chez une femme de
ans, avec liypothyroïdie légère continue et crises paroxysti¬
ques qui, depuis 4 mois a de l’aménorrhée, de l’hypermég^
lie thyroïdienne et de l'urticaire chronique à poussées quoti¬
diennes, la réapparition des règles sous l’in Iluence du traitf-
ment tliyroïdien : le corps ttiyroïde est redevenu normal, l’or-
ticaire a disparu. Chez les hypothyroldiens tes auteurs ont
relevé 1 1 fois l'urticaire qui n'est que la manifestation cuta¬
née d’une auto-intoxication. L’œdème aigu de Quincke est
peut-être fonction d’hypothyroïdie.
Chez les enfants hypothyroïdiens on note souvent le prU]
rigo sec, point de départ de l’urticaire. On retrouve chez les
arthritiques et les hépatiques, cette nouvelle manifestation
de l’hypothyroïdie qui coexiste avec les diathèses.
Infection anaérobie dans l'occlusion.
MM. Roger et G.vrnier ont trouvé dans le sang au cours de
l’occlusion intestinale expérimentale, dans Ocas sur
tures anaérobies positives ; .i fois seulement le coli-haÇ*
existait à côté d'un germe strictement anaérobie, un nu
coque. une fois elles 5 autres fois un bacille en gros
à bouts arrondis prenant le Gram et développant dugaz a
le gélose-sérum et coagulant le lait. La gélatine
et rend le bouillon visqueux.Tous inoculés au cobaye, donn^^
un phlegmon suivi d’escharre ; les cultures de
ve sont toxiques pour le lapin, soit en injection ^ intra- ^
neuse. soit après filtration à la bougie. Chez le lap*
sang prélevé pendant la vie et après la mort donne ces
mes cultures.
Tuberculose pulmonaire expérimentale. ■
M. A. Habron a pratiqué sur .tI cobayes des ;la
intra-péritonéales avec des bacilles tuberculeux ^es
survie fut parfois longue de 3 à 7 mois ; et on peut c
animaux observer des lésions pulmonaires étendues,
lant la pneumonie caséeuse, soit la phtisie nlcéreuse^^^^
croscope, rinliltratîon en nappe, avec caséilicatiom^^^^^,—
(1) Voir dans le Progrès médical J. Nom : L'ankylo'^®'®^ pj»-
Congrés socialiste d’Am.slerdani, 20 août IIHM. — '“"Juvelle*
mentry ; L'aukvlosloiniase, exposé des recherches -osili*’*
avril, 17 juin el 22 juillet 1110.7. — .1. Nom ; Visite à »
universelle de Liège, 2 seplcnihrelOOS.
LE PROGRÈS MÉDICAL
503
F
f 4 cavernules : nodules péri-bronchiques tuberculeux. Les
■ feions consécutives à l'inoculation péritonéale ne peuvent
être distingués.
Influence de ^alimentation sur le point de congélation des
r urines.
51. Jaal. Le fonctionnement cardio-rénal intlue sur le
' point de congélation des urines. Chez un jeune homme bien
portant, les modifications alimentaires portant sur les régi ■
œesriches ou pauvres en chlorures et en albumines et modi-
5ent considérablement le cryoscopie urinaire.
Piroplasmose humaine chez un blanc.
51, \attan-Larrier a observé chez un blanc ayant vécu
5 ans au Congo français une roséole papuleuse avec accéléra-
tiondu pouls, hypertrophie ganglionnaire, sans cachexie ni
anémie.La maladie avait débuté un an auparavant par de l’a-
nasatque et des douleurs articulaires. Les scarifications de la
peau au niveau de l'œdème et les ganglions ne présentent pas
de trypanosomes, mais de nombreux piroplasmes (pii s’ap¬
prochent de celui de Donovan.
Piotozoalres dans k boulon du Nil.
51. Billet (de Marseille) a vu, chez une femme d'ismaïla,
liant deux tumeurs papuleuses de l’avant-nras, bouton
4’(/ri«nt, la sérosité profonde présenter de grosses cellules mo-
jMucléaires migratrices, à éléments piriformes, décrits dans
les boutons d’Alep, de Biskra, de Dehli, de Gafsa, et qui
sont, pour MM. Laveranet 'Mesnil des protozoaires. Une autre
femme d’ismaïla avait vu un bouton du Nil naître sur le
sein au niveau d’une piqûre de moustique. Or, Vanopheles
Ckaudoyei a une distribution qui correspond exactement à
faire du clou de Biskra. Cet insecte ne jouerait-il pas un
tôle pathogénique.
Béribéri.
, 51. Salomon a inoculé sous la dure-mère un fragment de
pneumogastrique d’un malade mort du béribéri. 11 y eut para¬
lysie progressive des pattes et des ailes. Le microorganisme
isolé, chez le lapin, la souris, le cobaye a constamment repro-
éoilles lésions du béribéri aigu de l’homme.
M. Féré présente un idiot épileptique de 7 ans. qui a des
•^rgitations alimentaires sans lésions organiques ; la tem¬
pérature rectale, descendue à 35°4, ne s’est plus relevée à la
''orniale jusqu'à la mort, survenue seulement dix mois après
W accident. F. P.
ACADÉMIE DE MÉDECINE
Séance du 31 juillet.
Pathegénie du cancer.
'1. CoRNiL présente un important travail de M. Vigouroux
“Or le cancer considéré comme une maladie générale.
Vigouroux montre d’une part le rôle du terrain arthri-
^0. Il signale chez les cancéreux la fréquence du rhuma-
®e chronique, des affections du foie, des maladies du
Dr. On les retrouve soit dans les antécédents, soit comme
^lons intercurrentes.
pj^ ®ritations chroniques locales jouent souvent d’autre
le rôle de cause occasionnelle.
loii i> '“.Huences étiologiques gardent leur valeur quelle que
sur la nature toxique ou microbienne du can-
■^ules en effet, ces conditions permettent à l’agent toxi-
microbien d’agir.
Ellg J .^ention chirurgicale exclusive est donc insuffisante.
k|es ctre complétée, pour donner des guérisons dura-
Oj n’Q . traitement médical dirigé contre l’arthritisme.
'ïO'ie. P®s non plus de surveiller et supprimer les
irritation locale.
jj Les médicaments étrangers.
‘Repose un rapport sur les conventions internatio-
D® anten France l’admission des médicaments étrangers.
5[ L'Institut oaccinal supérieur.
est nommé, par acclamation, directeur de cet
Institut en remplacement de M. Hervieux récemment décédé.
Enfin l’Académie nomme sa commission permanente des
vacances et s’ajourne au 2 octobre. A. -F. Plicque.
LA VALÉROBROMINE LEGRAND
est plus active que les bromures et les valé-
rianates.
CONGRÈS DES ALIÉNISTES & NEUROLOGISTES
DE LANGUE FRANÇAISE
(Lille, Août 190()).
Le sang chez les aliénés
Le XM“ congrès des aliénistes s’est ouvert le !<='' août à
Lille dans de fort bonnes conditions, il faut dire que le
rapport d’ouverture du D'' Dide avait, par sa'réputation, attiré
de nombreux adhérents qui prêtèrent grande attention à
l'exposé de notre confrère de Rennes.
Dans un préambule net et conçis, VL Dide expose les traits
généraux de son travail :
Le poids spécifique du sang est légèrement augmenté dans
les états démentiels. Dans répilepsie,on note,au contraire, un
abaissement qui précède la crise ; la densité revient d'ailleurs
très vite à la normale. L’alcalescence du sang s'abaisse dans
les états toxi-infectieux et dans l'épilepsie au moment de
l'attaque. Les variations des éléments minéraux ont été peu
étudiés, on sait seulement, que dans l’épilepsie, pendant les
intervalles, l’urée est légèrement augmentée et pendant l’accès
très notablement. D’autre part,les sels de potasse,qui dans les
l'intervalle des crises se dosent dans des proportions norma¬
les, sont manifestement augmentés pendant les accès.Puis il
étudie les éléments figurés du sang ; 1" L’hypoglobulie avec
abaissement de la valeur globulaire, en psychiatrie,est géné¬
ralement symptomatique d'une intoxication ou d’une infec¬
tion ; 2“ L’hyperglobulie est la traduction d’un état de con¬
centration moléculaire du sang ; 3^ 11 est intéressant de voir
l’abaissement de la résistance globulaire coïncider souvent
avec la diminution de l’alcalescence du sang ; 4» La polynu¬
cléose avec hyperleucocytose s’observe au début des psychoses
toxi-infectieuses et dans les états d’agitation ; 5° La mono¬
nucléose avec augmentation des grand mono, et légère hypo-
leucocytose, est un fait d’autant plus important à retenir
qu’il est plus rarement constaté en pathologie ; 6° l’éosino¬
philie est l’indice de phénomènes critiques ; 7° les altérations
cycliques des globules rouges et des globules blancs dans
l'épilepsie sont la traduction de l’auto-intoxication cyclique
de cette affection.
Puis M. Dide aborde l’étude bactériologique :
Dans les maladies mentales toxi-infectieuses, l’hémoculture
est souvent positive sans qu’aucun des germes trouvés puisse
être considéré comme spécifique.
Les germes retirés du sang en dehors des périodes hyper¬
thermiques peuvent être considérés comme saprophytes en
ce sens qu’ils ne sont pas naturellement nocifs pour les ani¬
maux, et qu’ils ne se manifestent par aucun symptôme cli¬
nique permettant d’allirmerleur existence, ce qui n’implique
pas d’ailleurs que leurprésence soitnégligeable,car le passage
de bactéries dans le sang est un fait anormal. Ces germes
acquièrent une grande importance par ce fait qu’ils peuvent
voir leur virulence s’exagérer et devenir des facteurs impor¬
tants dans la production des phénomènes pathologiques.
Des germes habituellement pathogènes peuvent circuler
dans le sang des aliénés à l'état de saprophytes. C’est un fait
nouveau sur lequel a insisté M. Dide, puisque l’on peut
affirmer que des bactéries ayant des caractères morpholo¬
giques et de culture identiques peuvent être trouvés dans le
sang des aliénés soit à l'état de saprophytes, soit à l'état
d’agents pathogènes.cn sorte qu’on en arrive à concevoir que
ce qui fait la spécificité pathologique d’une bactérie est un
caractère d’emprunt <iui peut être conservé ou abandonné
504
LE PROGRÈS MÉDICAL
par cet organisme mono-cellulaire sans altérer ses caractères
biologiques généraux.
Les recherches de Gharrin et Guignard, de lloux et Cham-
BERi.AND avaient démontré qu’on peut provoquer le polymor¬
phisme par les modifications des milieux de culture des
germes.
Enfin, vu les réactions histo-chimiques, ni l’aspect mor
phologique ni les réactions hio-pathologiques ne sont spéci¬
fiques chez les bactéries.
Le rapporteur fait part alors de ses études sérologiques :
On est amené à désirer une simplification dans la nomen-
claturedes substances à allures diastasiques dont le nombre
se multiplie d’unefaçon inquiétante. On peut admettre l unilé
de l’alexine, agent dissolvant de toutes les cellules à élimi¬
ner. Plus on ira et plus deviendront fréquentes les analogies
entre les alexineset les toxines albuminoïdes. La destruction
de cellules provoque deux réactions l’une, très forte, aboutit
à la production d’une substance agissant sur les cellules dé¬
truites ; l’autre produit une substance agissant d’une façon
diffuse sur un grand nombre de cellules. Cette façon de voir
prend une importance doctrinale, car la spécificité des réac¬
tions diastasiques perd son absolutisme et ne doit plus èire
considérée que comme une adaptation d'une aptitude la¬
tente qui comprend probablement la fonction sensibilisa¬
trice et la fonction antitoxique.
Cette conception simple limite autant que possible le droit
de cité d'agents dont l’individualisation n'est parfois que
logique et rationnelle, sans démonstration expérimentale,
mais encore elle montre qu’une même fonction, orientée par
des facteurs différents produit des effets très dissemblables.
Enfin la fonction de défense est troublée chez les aliénés par
ordre d’intensité dans les psychoses -confusionnelles aiguës
ou suraiguës.
M. Dide en arrive alors aux conclusions psychiatriques :
L’hématologie entraînera dans l’avenir un remaniement
profond dans la psychiatrie. L’étude de l’hérédité gagnera
quand les altérations du germe seront plus complètement
connues au point de vue expérimental ; or, dès maintenant,
les méthodes existent ; il suffit de multiplier et de coordon¬
ner les résultats. Les maladies du fœtus fourniront dlmpor-
tants documents au point de vue de l’héritage que l’in¬
dividu apporte en naissant.
Le rapport de M. Dide est dénaturé àsimplilier beaucoup
la nosologie mentale ; d abord les constatations de labora¬
toire ont confirmé ce qu’avait fait prévoir la clinique ; le dé¬
lire des infections et des inioxications aiguës doit désormais
ne comporter qu'une description : il est la traduction d’une
atteinte directe de la cellule pensante par des toxiques char¬
riés par le sang. Les psychoses toxi-infectieuses subaiguës
sont la traduction d’une atteinte plus ou moins diffuse des
cellules noblesdu cortex par des toxiques complexes. On est
en présence de ce qu’on peut appeler l'es manifestations mé-
taioxi-infectieuses.
Dans les états mentaux chroniques de ce groupe, la même
pathogénie intervient, mais ici, entrent enjeu les altérations
des tissus de soutien (accidents para-toxi-infectieux). Ainsi
la démence précoce se place à côté de la paralysie générale,
ces deux entités morbides se caractérisant par des délires va¬
riables conditionnés par la méta-toxi-infection et par des
troubles physiques progressifs régis par altérations para-toxi-
infec tien ses.
l,a démence précoce n'englobe pas tous les délires halluci¬
natoires chroniques, comme pour la paralysie générale,
c'est beaucoup plus les signes physiques que le délire qui
donnent à cette affection sa valeur d’entité clinique.
Les connaissances sur la physiologie pathologique del’épi-
lepsie sont également précisées et la preuve d une toxémie
cyclique nous est fournie par l’hématologie.
Pour les psychoses d’involution, leur substratum anatomi¬
que s'édifie lentement et on conçoit que ce sont des états
mentaux dépendant non seulement de la sénilité du cerveau
mais encore d’altérations hépatiques et surtout thyroïdien¬
nes et agissant sur le cerveau par l'intermédiaire de la cir¬
culation.
Le point capital que M. Dide a très bien mis en lumière est
que les modificateurs puissants de la fonction de défeos»
amènent la disparition des phénomènes délirants ballucim'
toires et peuvent même provoquer des guérisons durables d
psychopathies réputées incurables. ' ^
Si une thérapeutique rationnelle de la folie est créée, ce
sera en partant de ces faits si bien exposés par M. Dide.
Le rapport a été très cliaudement approuvé après une
belle discussion, et M. Dide a reçu en gagnant sa place les fé¬
licitations de tousses confrères. Marcel Bournevii.i.e.
Communications diverses:
Du scorbut chez les aliénés.
Toulouse et Damaye.— Il s’agit de deux malades de l'Anle
de Villejuif, siliophobes, qui, sous l’influence du régime lanr
I absolu, ont présenté un scorbut atténué.
La première malade, jeune femme de il ans, était une con¬
fuse, alternativement excitée maniaque et déprimée et pour
laquelle on aurait pu porter le diagnostic de démence pré¬
coce. D'énormes ecchymoses apparurent, après trois mois
environ de régime lacté, aux jambes, aux malléoles et au
creuît poplité gauche. Masses musculaires et téguments de
ces régions douloureux au palper, et donnant une sensation
de dureté cireuse. Liseré hémorragicjue aux gencives. Urines
rouge-orangé contenant du sang et de l’urobiline. Teinte li¬
vide des téguments du tronc et surtout de la face. Sang noi¬
râtre, très fluide, et donnant rapidement un caillot rétractile.
La seconde malade, femme de 41.-ans, était une mélancoli¬
que avec dépression assez voisine de la stupeur. Quinze jonrs
environ après guérison d'une affection dysentériforme, appa¬
rition aux jambes de larges ecchymoses très douloureuses à
la palpation, avec œdème, mais sans consistance cireuse des
muscles. Gencives .saignant très facilement. Teinte livide des
téguments, surtout marquée à la face. Sang noir, poisseus,
très coagulable, caillot rétractile.
L'affection scorbutique de ces deux malades guérit sous
l’influence de l’ingestion de légumes verts et de fruits. On
doit incriminer ici, dans Tapparitio.i du scorbut, l'alimenta¬
tion de ces malades avec du lait bouilli, mais il faut faire en¬
trer aussi en ligne de compte, comme cause prédisposante,
l’afieclion mentale dépressive elle-même (ledèmes, cyanoses,
purpuras des déments précoces étudiés par Kraepelin, Sérieui.
Dide et Chénaisi. Il semblerait donc utile, lorsque le régun*
lacté absolu doit être imposé longtemps à ces malades, d en¬
ter le lait bouilli ou de s’efforcer de feu r faire ingérer ne
temps à autre des fruits ou des légumes verts.
Une troisième malade, 63 ans, observée à l'asile de B®**®”
parles D'“ Dumaz et Damaye, s’alimentait d’une façon t
défectueuse, refusant, par crainte d’empoisonnement et so -
l’inlluence d’hallucinations, une grande partie de la
ture et particulièrement les légumes.Une véritable expene
de laboratoire s'ensuivit, inconsciemment dirigée par
lade. Apparition aux membres inférieurs de larges eccn) ^
ses avec œdème, et consistance cireuse. Palpation
loureuse. Liseré hémorragique à la gencive inférieure.
jaune-paille des téguments. Ce cas, traité aussitôt, ses
tement amélioré par Ingestion de fruits.
De l'Etat mental des Hystériques. ^
M. Joire, professeur de l’Institut PhysioDo'9_^.
de Paris, Président de la Société Universelle d’Etua
chiques. — Ce qui fait le fond de l’hystérie, c’est “
ble de l'équilibre du système nerveux. On trouve touj
effet, chez elle des diminutions de la sensibilité jj|,i|itf
d'anesthésie ; d’autre part des exagérations de la s
sous forme d’hyperesthésie. Des diminutions et de ^^leur
fions de la force:contracture3et paralysies,etc. De J?. „iiibi^
état mental a toujours pour cau.se un manque u
cérébral. Ce manque d’équilibre est la cause de fa por-
excessive de leur esprit, de leur passage facile de
mal dans les états seconds ; enfin de leur extrem
tibilité. jjis sen-"'
L’hystérique a une émotivité spéciale ; elle est m
ble que la plupart des autres personnes ; par
price lui donne un excès de sensiblerie pour des c
gnifiantes.
LE PROGRÈS MÉDICAL
505
^ Loin d’être passionnée comme on le dit souvent, l’hystéri-
est plutôt froide et les sentiments affectifs sont obnubi-
S chez elle ; mais elle exagère les sentiments passagers
o’elle éprouve et pousse surtout leur expression avec une
lise en scène qui n’a aucun rapport avec la profondeur.
L'hystérique se suggestionne elle-même, c’est pourquoi
jlle trompe les autres, mais souvent elle le fait inconsciem-
meat. L'amour de la mise en scène pousse souvent les hysté-
nquesàsemêlerauvatïaires des tribunaux, les suggestions
qu'elles se fontetles hallucinations auxquelles elles sont su¬
jettes les exposent à tromper la justice d’une manière très
impulsions qui résultent, pour les hystériques, des états
seconds dans lesquels elles se trouvent, les portent quelque¬
fois à accomplir des actes répréhensibles ou coupables dans
lesquels elles ont une responsabilité très limitée.
Quand les individus que l’on peut soupçonner d’être hys¬
tériques se trouvent appelés devant les tribunaux, soit comme
plaignants, soit comme témoins, soit comme prévenus, il est
indispensable de faire examiner leur état mental par un
médecin spécialiste.
De l'emploi d'un nouvel appareil, le slhénomclre
pour le diagnostic, le pronostic et le trait“ment dc ccrta 'nes
maladies du système nerveux.
M. P. JoiBK, professeur à l’Institut Psycho-Physiologique
de Paris, président de la Société Lniverselle d'Emdes Psy¬
chiques.— Le sthénomètre est un instrument qui permet de
constater et de mesurer les troubles du système nerveu x
dans un certain nombre de maladies.
Quand on approche la main de rappareil,on voitque l’ai¬
guille se déplace d une quantité qui varie chez l'homme sain
et dans les diverses maladies du système nerveux.
U. Joire a démontré que ni la chaleur, ni la lumière, ni
l'électricité ne pourraient expliquer ce déplacement de l’ai¬
guille qui se produit constamment au bout de 3 ou 4 minu-
tesaprèsqu’on en a approché la main.
Ces expériences ont été reproduites à la Société d'hypnolo-
gie et de Psychologie, à l’Institut psycho-physiologique du
D' Bérillon, et dans le service de M. Huchard, à Necker. Les
fésultats se sont montrés parfaitement concluants.
L’angle de déplacement de l’aiguille, observé successive¬
ment avec la main droite et avec la main gauche est variable
suivant que l’on a affaire à des sujets dont le système nerveux
est déprimé, ou à des neurasthéniques, à des hystériques, à
des épileptiques, des choréiques, etc.
Chacune de ces maladies s’inscrit au moyen du sthénomè-
lee par une formule qui est spéciale.
De plus, chez un malade en traitement, on peut suivre les
progrès vers la guérison, par le changement des déplace¬
ments de l’aiguille que l’on constate à mesure que l’état du
malade s’améliore. Les nombreuses formules indiquées
“âns les communications de M. Joire sont absolument dé¬
monstratives.
Ces observations montrent l’emploi utile que l’on peut
mre du sthénomètre pour le diagnostic, le pronostic et le
^itement d’un grand nombre de maladies du système ner-
Les ictus dans la démence précoce.
Mlle le Df Pasc.vl. — Les ictus survenant au début et au
urs de l’évolution de la démence précoce peuvent relever
nombreuses causes. 1. Dans les cas avérés d’hystérie ou
où les attaques datent depuis très longtemps, sou-
Qt depuis l’enfance (Morel, Kraplin, Llaus) on peut conclure
'I M ^ ®®sociation de la névrose avec la démence précoce.
^^ lais il y a des faits qui nous autorisent à croire qu’il existe
appartenant à la démence précoce et non au terrain
l'on ou épileptique sur lequel peut germer cette affec-
*Uri^*^* ce cadre restreint : ! > les cas isolés de convulsions
saj insistait Kalbaum ; 'J” les cas de démence rapide
Scij après une seule attaque convulsive décrits par
oà les ictus qui apparaissent à une période tardive
Mass Irace de névrose est effacée comme dans les cas de
m et nos observations personnelles. Tous les cas d’ictus
survenant chez des jeunes sujets en l’absence de toutes autres
manifestations morbides : stigmates mentaux hystériques,
stigmates mentaux épileptiques, symptômes en foyer (dans
les cas de tumeurs cérébrales) et en l’absence de symptômes
physiques de paralysie générale, doivent être considérés comme
suspects et faire penser à la démence précoce. En somme, ces
ictus par leur précoce apparition annoncent le début de la
maladie, au même titre que les ictus delà période initiale de
la paralysie générale.
Leur pathogénie est différente suivant la période à laquelle
ils apparaissent. Leur rareté au cours de l’évolution du pro¬
cessus morbide est due à plusieurs causes, absence de lésions
vasculaires, fréquence des hallucinations, etc.
M. Marie a poursuivi ses recherches antérieures publiées
avec MM.Duflot et Viollet sur les ponctions lombaires en sé¬
rie dans la paralysie générale. Par des examens microbiolo¬
giques du liquide céphalo-rachidien parallèlement à Talbu-
mo-diagnostic et l’examen du sang et des urines, il a cherché
à reconnaître la présence et la nature d’éléments figurés pou¬
vant concorder avec les lymphocytoses polynucléaires.
Ces recherches,non encore terminées tendraient à confirmer
celles de MM. Brousse et Robertson et de M. Metchnikoff,sur
les diflusions infectieuses finales dans les démences.
Physiologie des crises laryngées des tabétiques.
M. Maurice Faure (de La Malou). — Sans contester le rôle
des paralysies ou des parésies des cordes vocales dans la pa¬
thogénie des crises laryngées, sans nier la possibilité de spasa.es
dont la réalité ne semble pas, d’ailleurs, avoir jamais été bien
établie, il nous a semblé que, dans la majorité des cas, le mé¬
canisme physiologique de la crise laryngée du tabétique était
le suivant : chez un homme normal, lorsqu’ascensionne, de
la trachée dans le larynx, un grumeau de mucus ou demuco-
pus, la présence de ce corps étranger sur la muqueuse laryn¬
gée détermine une sensation spéciale, aussitôt suivie d’un ré¬
flexe de toux, ou d’un léger effort expiratoire sonore, que l’on
caractérise par la syllabe « hem ». Cet effort est renouvelé s’il
est insuffisant et, par le passage d’une colonne d'air soufflant
avec violence dans le larynx, chasse la mucosité dans le pha¬
rynx où elle est aussitôt crachée ou déglutie. Chez le tabéti¬
que, cette succession de phénomènes sensitifs et moteurs est
perturbée : l® parce que la muqueuse laryngée peut être hy¬
peresthésique ou hypoesthésique ; 2° parce que le réflexe d’ex¬
pulsion que détermine le chatouillement de la muqueuse la¬
ryngée est troublé ; 3“ parce que les muscles de la respira¬
tion sont atteints d’incoordination. Lorsqu’un corps étranger
se présente dans le larynx d’un tabétique (soit parce qu’il y a
été introduit par l’infiltration pharyngée dans une glotte mal
fermée, soit parce qu’il y aboutit, venant de la trachée), il ne
détermine pas la sensation normale ; mais une sensation exa¬
gérée, ou diminuée, ou ralentie, le réflexe qui en résulte sur¬
vient en retard, ou mal à propos, ou avec trop de violence, ou
avec trop de faiblesse. Enfin, les muscles gloltiques, thora¬
ciques, abdominaux, qui concourent à la respiration et à la
toux, font des efforts désordonnés et qui se contrarient mu¬
tuellement, au lieu d'être synergiques et coordonnés. C’est
ainsi que l’on voit, par exemple, le diaphragme relâché être
aspiré dans la cavité thoracique, au moment même où les
muscles inspirateurs dilatent celle-ci, et l’effort respiratoire
annulé pour cette raison. Réciproquement, le diaphragme
peut être brusquement refoulé dans l’abdomen, au moment
où le thorax revient sur lui-même, et le volume de la cage
thoracique n’étant point changé, l’eftort expiratoire ne se pro¬
duit pas. Ou bien, la glotte se ferme, au moment où un cou¬
rant d’air chassé à travers le larynx va expulser le corps étran¬
ger, ou lorsqu'un effort de dilatation thoracique exigerait la
pénétration d’un supplément d’air inspiré. Très généralement,
on voit leréflexede la toux déterminer une série d’expirations
courtes et saccadées qui. n’ayant pas été précédées d'inspira¬
tions destinées à remplir d’air le thorax, ne peuvent aboutir à
la formation de la colonne d’air nécessaire au balayage du
larynx, et restent sans effet.
La crise laryngée est donc composée des symptômes que
voici, qui ne sont pas toujours réunis, et dont la violence et
le nombre plus ou moins grand créent des variétés dans la
S06
LE PROGRÈS MÉDICAL
durée, l’importance et la gravité de ces crises. Le malade per¬
çoit, d'abord, un picotement, un chatouillement violent, au
niveau du larynx, déterminant l’envie impérieuse de tousser.
Ce picotement est hors de proportion avec la cause qui le
provoque et son intensité doit être mise sur le compte des
troubles de sensibilité de la muqueuse. Les efforts de toux
qui le suivent, au lieu d’être constitués par une inspiration
large et silencieuse, suivie d’une expiration forte, bruyante,
et saccadée, sont formés d’une série de petites expirations
courtes que n’interrompent point des efforts d’inspiration
angoissants et sans résultat. La glotte, au lieu de rester
ouverte pour l’inspiration et l'expiration nécessaires à la toux,
se ferme comme dans ref[ort,ou ne s’ouvre que mal à propos,
et le malade, n’inspirant pa.=, ne faisant que des expirations
insuffisantes pour se débarrasser, continuant de percevoir le
chatouillement paroxystique du larynx, s’agite, devient pâle,
se cyanose, et peut courir de graves dangers. Quelquefois (et
ce ne sont pas les cas les moins graves), tout se réduit à de
l’incoordination et de l’anesthésie du larynx lui-même. Les
muscles glottiques, en l’état où sont les muscles des jambes
chez un grand ataxique, sont incapables de maintenir les dif¬
férentes pièces du larynx dans leur position régulière. Et
celles-ci, mues par des secousses désordonnées, prenant des
attitudes anormales, que l’anesthésie de la muqueuse et des
parties profondes ne permet plus de contrôler, ne savent plus
maintenir la glotte ouverte pour la respiration, fermée pour
l’etlort ou la déglutition. De là, une respiration sifflante,
rauque, difficultueuse, comme celle du croup, et dont le
moindre incident peut compromettre le jeu précaire.
La pathogénie de tous ces accidents s’éclaire, si on la com¬
pare aux autres symptômes du tabès. A côté de l'hyperesthésie
laryngée, il faut rappeler l’hyperesthésie du col vésical ou du
rectum déterminant des besoins incessants d’aller à la selle
ou d’uriner. Parfois, ces sensations anormales se produisent
d’elles-mêmes, sans aucun objet qui les explique. Telle est
cette gêne insupportable provenant de la sensation de corps
étranger dans le rectum et déterminant des efforts incessants
d’aller à la selle, que rien ne légitime. La peau n’est, d’ailleurs,
pas plus à l’abri que les muqueuses de cette hyperesthésie
et de ces sensations anormales. A certains moments, dans
certaines régions, le contact d’un vêtement, d’un drap,
un effleurement aussi léger que possible sont insupportables.
Chez presque tous les tabétiques, le contact d’un tampon
d’ouate imbibé d’éther qui, chez un homme normal, provoque
une simple sensation de froid, amène une sensation extrême¬
ment désagréable, qui peut aller jusqu’à une douleur insup¬
portable, ete., etc. C’est là une catégorie de symptômes des
plus constants et des plus caractéristiques dans le tabès ; il
est naturel que le larynx n échappe point à la règle commune.
La perturbation du réflexe de la toux s’explique aussi par la
perturbation générale des réflexes dans le tabès . Le réflexe
patellaire, la plupart des réflexes tendineux sont abolis, les
réflexes pupillaires sont troublés, etc.
Enfin, les muscles du larynx, du thorax, du diaphragme,
ne sont pas plus à l’abri de l’incoordination que les autres
muscles du tronc et des membres. Au précédent Congrès de
Neurologie (Rennes, août 1905), nous avons décrit et expliqué
les troubles respiratoires des tabétiques, précisément par l'in¬
coordination des muscles du cou et du tronc. Les troubles de
la miction et de la défécation s’expliquent de la même ma¬
nière, au moins en grande partie. Si l’ incoordination des
muscles des membres inférieurs produit le trouble de la
marche, — si l’incoordination des muscles des membres su¬
périeurs produit le trouble de récriture et de la préhension,
— il n’est pas moins explicable quel’incoordination des mus¬
cles du bassin et du périnée se traduise par les troubles de
la miction et de la défécation, — que Tincoordination des
muscles thoraciques se traduise par le trouble de la respira¬
tion, — et que l’incoordination des muscles du larynx se tra¬
duise par des crises laryngées.
Il peut exister aussi des parésies et même des paralysies
ou des atrophies des muscles laryngés, comme il existe des
parésies, des paralysies ou des atrophies d’un groupe démus¬
elés des membres ou du tronc chez les ataxi([ues. Cet acci¬
dent est imputable, tantôt à des névrites périphériques, tan-
tôtà des altérations des cellules spinales des cornes antéri
res coexistant avec la sclérose des cordons postérieurs —b*'
tôt à l’exagération et la prolongation inusitées d’une incoorif
nation et d’une atonie très accentuées, ayant amené l’imm *
bilisation indéfinie et la dénutrition du groupe musculaire
atteint. Mais ce sont là des faits rares.
Les spasmes musculaires sont exceptionnels dans le tabes
et ils sont rapides, bénins et transitoires. C’est pourquoi le
terme de spasme laryngé, employé pour désigner l’ensemble
des phénomènes de la crise laryngée, est certainement mal
choisi. Rien n’est plus éloigné de la séméiologie ordinaire du
tabétique que l’élément spasmodique : l’incoordination, l’a¬
tonie, le relâchement, l’abolition des réflexes sont, précisé¬
ment, le contraire du spasme. Si donc il existe de véritables
spasmes laryngés (ce qui, d’ailleurs, n’est pas démontré), ce
sont certainement des faits exceptionnels.
11 nous paraît donc que, sous le nom de « crise laryngée ».
ont été compris des accidents complexes pouvant ressortir
de la paralysie ou du spasme glottique, mais s'expliquant
beaucoup pius souvent par la dysesthésie, l’incoordination,
et la perturbation des réflexes, qui se produisent dans cette
région, comme dans toutes les autres régions, chez le tabéti¬
que. — La thérapeutique de ces accidents résulte de leur mé¬
canisme physiologique. Au moment même delà crise, il faut
recommander de grands efforts volontaires d’inspiration pour
détruire l’effort expiratoire instinctif ; — la prononciation de
voyelles ouvertes ( « a ». par exemple). Les mouvements pas¬
sifs de respiration pourront également rendre des services. —
Mais c’est surtout dans l’intervalle des crises que la théra-
poutique pourra être efficace ; on fera l’apprentissage de la
coordination respiratoire, généralement détruite, des exer¬
cices vocaux, — l’examen et le traitement de la muqueuse
glottique, — parfois, la faradisation des muscles laryngés,
enfin, tout ce qui pourra contribuer à rétablir la synergieet
la tonicité des muscles du larynx, du cou, du thorax, et de
l’abdomen, à diminuer l’hyperexcitabilité de la muqueuse, à
régulariser le réflexe normal de la respiration et de la toux.
Tout cela est possible dans une large mesure, les muscles qui
interviennent dans le mécanisme de ce réfle.xe étant soumis
à l'action de l’intelligence et de la volonté, et, par conséquent
de l’éducation. — M. B. {A suivre.)
MEDECINE PRATIQUE
Uetraitement de l’épilepsie et des névroses.
L’épilepsie essentielle a été considérée comme une affection
rebelle à tout traitement, jusqu'au jour où Voisin, Legrana
du Saulle et Falret ont introduit le bromure de potassium
dans la thérapeutique. Depuis lors, il est resté le remèdesou-
verain dans la plupart des maladies nerveuses, et on
sage à juste titre comme un véritable spécifique de 1 excii ^
bilité médullaire. Aussi n’est-il plus possible de [soigner u
épUeptique sans lui administrer du bromure à haute do •
non seulement pendant la maladie, mais encore pendant
deux ans qui suivront la guérison. Comme l’a si ju®!®®® .
fait remarquer M. Voisin, le bromure doit rester un alun®
pour l’épileptique guéri. •
Il est encore toute une série d’affections, les névroses,
sont justiciables du bromure, car elles présentent,
plupart,des symptômes, tels que douleurs,et excitabiht®
ro-musculaire, qui nécessitent l’usage d’un sédatif. . jj
Or,il serait difficile de trouver en thérapeutique un
autre que le bromure qui agisse plus efficacement
veau et sur la moelle tout en ne présentant qu’un très
nombre d inconvénients. Il suffit, pour se rendre comp
son importance thérapeutique, d’ouvrir un
maladies du système nerveux, pour constater que le bin
est utilisé comme analgésique, anti-spasmodique ® U jj-
notique. A part l’épilepsie, dont il est pour ainsi dire _
dote, toutes les névroses présentent des symptômes
cessitent son concours. L’insomnie elles douleurs , meni»
rasthénie, les palpitations, la tachycardie, les
du goitre exophtalmique, les tremblements de la P®
LE PROGRÈS MÉDICAL
507
agitante, de la chorée, les spasmes des tics convulsifs, les se-
coüssesdu paramyoclonus multiple, les convulsions de l’hys¬
térie, de l’éclampsie, les vertiges, les migrations, sont du res¬
sort du bromure de potassium.
Le Sirop de Henry Mure s’estacquis dans ce genre de médi¬
cation une notoriété justifiée par sa composition, son mode
de préparation et son dosage exact. Le sel employé est rigou¬
reusement exempt de chlorures, d’iodures et de bromate. Son
association au sirop d écorces d’oranges augmente ses proprié¬
tés calmantes et sédatives, en même temps qu’elle en fait une
préparation tonique, stimulante, et qu’elle aide la tolérance
du médicament pour les estomacs délicats.
Dansles cas où le bromure de potassium serait contre-in-
diquéou mal supporté par certains sujets, on pourrait avoir
recours aux sirops Henry Mure à base de bromure de sodium
depolybromure ou de bromure de strontium. Les prépa¬
rations à base de bromure de sodium doivent être prescrites
quand l'usage des sels de potasse présente quelque inconvé¬
nient. Quant aux polybromures.ils permettent d’instituer un
traitement intensif, et de comparer, dans des conditions iden¬
tiques. les bromures alcalins seuls associés.
Le bromure de strontium préconisé par MM. G. Sée, Constan¬
tin Paul et Dujardin-Beaumetz, passe pour moins toxique que
les autres, tout en étant aussi efficace. Le sirop de Henry Mu-
reau bromure de strontium peut être substitué au sirop de
bromure de potassium chez les sujets qui sont lassés de cette
dernière médication. Il a, d’autre part, la propriété de régula¬
riser la digestion dans les dyspepsies, de faire disparaître les
douleurs des gastralgiques. Son usage est tout particulière¬
ment Indiqué chez les cardiaques, les albuminuriques, dont
il facilite la diurèse et la décharge urinaire.
Ces propriétés sont suffisantes pour que le bromure de
strontium se fasse une place éminente dans la thérapeutique ;
mais à une condition, c'est qu’il soit à l’état de pureté parfaite
etqu’ilne renferme pas la moindre trace de baryte. C’est pour
offrir au corps médical un produit d’une pureté irréprocha¬
ble que M. Henry Mure a créé son sirop au bromure de
^ontium, dosé dans les mêmes proportions que le sirop au
bromure de potassium, c’est-à-dire à raison de 2 grammes de
sel chimiquement pur par cuillerée à potage.
En ayant recours à l’une ou l’autre de ces préparations, les
médecins peuvent être certains qu'ils agiront avec efficacité
sur les manifestations si diverses des névroses. Ils se laisse¬
ront guiderdans leur choix parle genre de la maladie,et aussi
Wd état des organes, estomac, cœur ou rein, qui peut né-
•Sssiter une variante dans leur médication.
INSTRUMENTS N0UVE.UJX (')
et la manœuvre des interrupteurs. Sur courant continu 110
volts, la mise en servieedu pupitre se fait par l’intermédiaire
d’un fil souple et d’un simple bouchon de prise de courant.
La forme de disposition sur pieds facilite le déplacement de
ra[)pareil. Au repos, il peut êtœ placé contre un mur. En
service il se place auprès des malades, couchés ou non. Son
volume i-estreint permet, dans un hôpital par exemple, de le
placer entre deux lits en laissant les malades en place.
Nouveau mégascope Lippmann à incidence variable.
Ce nouveau dispositif est destiné à remédier à un inconvé¬
nient souvent signalé dans la projection des photrjgraphies en
couhmrs par procédé direct. Selon l’angle d’incidence de la
lumière sur la photographie, les tonalités varient et s’écartent
souvent beaucoup de la réalité.
Le nouveau mégascope à incidence variable permet de mo¬
difier cet angle d’incidence et d’obtenir avec des différences
très notables dans les teintes une correction parfaite de la
photographie projetée.
Stéréoscope pigeon.
Les stéréoscopes employés couraniiuent aujourd’hui, (ptelle
que soit la diversité desdispositifs de détail (pi’ils comi)ortenl
ont un -caractère commun : ils utilisent 2 vues un peu distinc¬
tes. disposées côte à côte dans leur sens naturel. De ce faite!
de la nécessité d’observer avec des loupes les images de petit
format, ré.sultela conséquence pratiifue que l’angle embrassé
par la vue représ('ntée se trouve nécessairement assez res¬
treint. Le stéréoscope dièdre à miroir bissecteur dcM. Pigeon
comporte des dispositions très simples tout à fait distinctes
des précédentes.
Les Z vues dont la fusion optique formera le relief sont grou¬
pées sur une même feuille portant un pli en son milieu. L’un
est symétrique par rapport à l’autre ; une des épreuves est
regardée directement par l’œil droit, l’autre est regardée par
l’œil gauche, réfléchie dans un miroir (pii la redresse, ef la su¬
perposition des 2 images sur un plan don ne l’effet stéréoscoiii-
({ue. 11 s’ensuit que cet appareil permet, sans oculaire d’aucune
sorte, de présenter en stéréoscopie des épreuves d’un format
(pielcoiKpie, en augmentant considérablement l’étendue du
champ visuel.
En particulier, le stéréoscope Pigeon trouvera une applica¬
tion importante dans une branche de la radiographie qui tend
de plus en plus à se répandre ; nous voulons parler de la sté-
ri'oradiographie, si utile pour la recherche des projectiles ou
des coriis étrangers dans l’organisme.
.VSSfiGLVTION FRANGAISE
POUR L’AVANCEMEXT DES SCIENCES
Bobine à trembleur platine à masse vibrante.
^ Cette bobine fonctionne directement sur courant de 110
int alternatif, ef donne 25 centimètres avec une
fensité de 3 ampères. Cette faible dépense de courant per-
A utiliser la bobine sans canalisation spéciale, en se bran¬
lât simplement sur une douille de lampe à incandescence
ordinaire.
phomp- trembleur peut, à l’aide d’un système de con-
prévu d’avance, être remplacé par un trembleur sé-
0 d un type iiueleonqiie.
Pupitre électrique du D' Guilteminot.
mç dispositif contient sous une forme condensée éminem-
tjQ pratique les apiiareils divers permettant les applica-
roiir Eélecfricité sous les formes thérapeiiticiues les plus
■ galvanisation, faradisation, galvano-faradisation
Maltevillel, courant rythmé.
juj P'r.Pilre, contrairement à tous les appareils construits
U iji, rie comporte que 2 bornes d’emploi, quelle (jue soit
y j.'rredes courants auxquels le docteur veut avoir recours.
’* 'iiio appareil coupleur breveté permet, par le jeu
'bais ®orrle manette, d’établir automatiquement les conne-
---^^J^^^^spoudantes. On évite ainsi les erreurs de montage
I Raison Radiguel et Massiol.
Congrès de Lyon (2-7 août lOOfi).
L’Association française pour l’avancement des sciences a
ouvert son Congrès à Lyon, où elle ne s’était pas réunie de¬
puis 1873.
Le congrès, présidé par M. Lippmann, membre de l'Institut,
est professeur à la Sorbonne. 11 comprend vingt et une sec¬
tions et sous-sections ; mathématiques, astronomie, géodésie
et mécanique ; navigation, génie civil et militaire ,■ physique ;
chimie ; météorologie et physique du globe ; géologie et mi¬
néralogie ; zoologie, anatomie et physiologie , sciences médi¬
cales : hygiène et médecine publique ; agronomie ; géogra¬
phie : économie politique ; pédagogie ; sciences appliquées
aux métiers d’art. Ces sections sont présidées par M M . An-
dré,Tavernier. Vautier, Cazeneuve Garrigou- Lagrange, De-
peret, kœhler, Chanlrè,J. Teissier, Imbert, Arloing, Brunhes
Frey, Isaac, Bérillon, Courmont, Dissart et Cox.
Le congrès a été ouvert le 2 août matin, à neuf heures et de¬
mie, dans le grand amphithéâtre du palais de l'université et des
facultés, quai Claude-Bernard, par le professeur Lippmann.
M. Herriot, maire de l>yon, etM. Alapetite, préfet du Rhône,
ont souhaité d’abord la bienvenue aux congressistes dans
des termes particulièrement aimables pour l’Association ; puis
le secrétaire annuel de l’association. M. Bourlet, et son tré¬
sorier, M. Emile Galante, ont lu leurs rapports. Le l’rof. Lipp-
508
LE PROGRÈS MEDICAL
mann a prononcé ensuite le discours d’usage, qui traitait de
V Industrie et des universités. M. Lippmann s’efforce de définir
le lien qui relie la science et l’industrie et qui doit unir l’en¬
seignement scientifique à l’enseignement industriel. Après
avoir remercié le maire et le conseil municipal de Lyon, féli¬
cité le président du comité d’organisation, M. Arloing, et son
secrétaire général, M. Chantre, ainsi que M. J. Teissier, en
même temps président de la section de médecine qui, dit-il,
« grâce à son dévouement, est assurée de fonctionner cette
année d’une manière particulièrement brillante », il traite
magistralement le sujet qu’il a choisi bien à sa place dans
cette ville industrieuse de Lyon. Il déplore qu’en France, on
ne donne pas, comme à l’étranger, aux savants la place qui
leur conviendrait dans les industries.
M. Lippmann a terminé son discours par une critique des
plus acerbes de l’Enseignement de nos universités. Il est cu¬
rieux de relever ce jugement de l'enseignement universitaire
dans une bouche aussi autorisée, aussi en ferons nous la ci¬
tation entière.
Après avoir montré le manque de liberté, d’indépendance
de notre enseignement supérieur qui le réduit à l’impuis¬
sance par la création d’une sorte de mandarinat dont on ne
ne trouve d'exemple qu’en Chine, en Espagne et en France,
M. Lippmann continue :
« Chez nous, lè même effet ne s’est produit que partiellement.
Fort heureusement nous avons un enseignement supérieur. La Con¬
vention a créé des écoles savantes ; puis les universités sont nées,
et la République a favorisé leur dévelopjjemcnt. C’est là qu’est le
remède. L’enseignement supérieur a pour but de développer les
facultés de l’adulte. Il prend l’homme à vingt ans. Dans les pays
où les conditions de la culture sont normales, on a soin d’envoyer
à l’Université tous les jeunes gens auxquels on a la prétention de
donner une instruction libérale, et cela ne ffit-ce que par vanité et
par respect humain, et en dehors de toute nécessité professionnelle.
Cette nécessité d'une instruction supérieure n’est pas suffisamment
comprise en France. On va bien à l’Université pour y faire son
droit, sa médecine, etc., mais, pour former un homme instruit, on
se contente de l’envoyer au collège. C’est se résigner à produire
l’arrêt de développement àvingt ans; c’est faire delà culture naine.
Le rôle de 1 Université est surtout d’enseigner l’art de la recher¬
che, ce qui veut dire la science ; car la science, c’est l’art de ces
recherches, et pas autre chose. Kt nous savons que la recherche
est indispensable à l’industrie. En même temps, l'Université est
faite pour mettre les hommes qui n’ont pas d’ambitions scientifi¬
ques, mais qui veulent acquérir une culture générale digne de ce
nom, en contact avec la science de première main, la seule qui soit
attrayante et féconde, la seule qui soit libre de toute pédanterie.
Nos universités ne sont pas entièrement en état de remplir cette
double fonction. Elles sont encore soumises, tout comme l’ensei¬
gnement secondaire, à la loi napoléonienne. On sait que notre
grand César, par raison politique sans doute, a écarté les projets
dé réforme soumis à la Convention et qu’il a rétabli la pédagogie
de l’ancien régime ; on sait en outre qu’il a osé donner à son admi¬
nistration le pouvoir absolu de diriger les études, et en même
temps la collation des grades. Telle est l’origine du régime actuel ;
et aujourd’hui encore il n’existe pas, à côté du grand-maître de
l’Université, un seul conseil, une seule commission ayant voix dé¬
libérative. Il serait temps que la République intervînt et qu’elle
défit l’œuvre de Napoléon avec le même soin qu’il mit à la faire.
Il y a urgence à délivrer l’enseignement du pédantisme bureaucra¬
tique et à libérer les universités du joug du pouvoir exéeutif. Car
celui-ci n'a pas cessé de peser sur les études supérieures en leur
imposant sa pédagogie d’ancien régime.
Viendra-t-il jamais un grand ministre ou une grande Assemblée
pour retirer au pouvoir exécutif la collation des grades et pour
rendre ce droit à la seule autorité compétente ?
Ici, nous sommes étonamment en retard sur le reste du monde,
l’Espagne exceptée. Où voit-on ailleurs une administration déli¬
vrant des diplômes scientifiques I En Russie, certes, la bureau¬
cratie jouit d’un pouvoir absolu, elle s’entend mal avec les univer¬
sités, elle les licencie au besoin, mais elle n’empiète pas sur leurs
attributions. A Saint-Pétersbourg, un ministre n’a pas le prestige
nécessaire pour faire un docteur. Il est vrai que les Russes sont
un peuple jeune ; comme ils n’ont pas à porter les deux mille ans
de notre histoire, on ne peut s’attendre à rencontrer parmi eux le
Gallo-Romain enchinoisé.
Je conclus en émettant le vœu, au nom de l’industrie et du dé¬
veloppement national, que l’enseignement de la science soit déli¬
vré des entraves anciennes, et je souhaite, en particulier, à l'univer¬
sité de Lyon, l’autonomie et la prospérité qu’elle n’a pas cessé de
mériter » .
Après ce discours longuement applaudi, les membres dn
congrès se sont réunis dans les diverses sections pour arrêter
le programme des travaux. Les discussions des rapports et
communications ont commencé le soir même.
Section de medecine.
Cette section,remarquablement organisée par le P' Teissier
son président, a commencé ses travaux le 2 août. M. Teissier
a, en ouvrant la séance, prononcé une allocution d’une haute
portée philosophique :
« Bacon ne se trompait point, a-t-il dit, expérience et observa¬
tion ne font qu’un. Car l’expérience n’est que l’observation voulue
et provoquée à l’heure propice. Le médecin doit avoir le culte pas¬
sionné des sciences exactes et il lui faut de plus en plus complé¬
ter et fortifier son bagage. Notre jeunesse médicale est peut-être
trop disposée â l’oublier aujourd’hui. Qu’elle soit bien convaincue
pourtant que désormais nul progrès sérieux, nulle intervention
thérapeutique raisonnée, et partant efficace, ne sauraient exister
sans le concours de connaissances scientifiques particulièremeiy;
solides et toujours incessamment renouve lées. Souhaitons doue de
voir nos jeunes médecins de l’avenir rechercher et recevoir déplus
en plus cette éducation scientifique si désirable ; qu’ils demandent
moins à leur mémoire, beaucoup plus au raisonnement et à '
l’expérience ; qu’ils méditent cette plirase de Montaigne «Je ne
cherche pas tanta meubler mon âme qu’à la forger. «Enattenr
dant, et pour préparer ces résultats, sachons marquer et défendre'
notre place au milieu des savants distingués en toutes branches qui
forment les cadres actifs de notre association et en constituent les
forces vives. Montrons-leur, par les applications que nous savons
faire de leurs méthodes, par la rigueur avec laquelle nous pour¬
suivons nos travaux, que nous ne sommes pas de ceux qui taxent
d’accessoires ces mêmes sciences, qui pour nous sont au contraire
fondamentales, parce que seules elles sont capables de faire péné¬
trer la sonde assez à fond dans nos sols arides, pour en faire jaillir
l’eau vive !
La syphilis expérimentale.
Le rapport de M. Nicol.vs a été l’objet d’une longue discus¬
sion, àlaquelle ont pris part MM. Ferré (de Bordeaux) etllap-
pin (de Nantes) et bien d’autres spécialistes.
La sécrétion de l’ulcère syphilitique primitif (chancrei,
des plaques muqueuses (érosions secondaires), les ganglions
lymphatiques tuméfiés de syphilis récente, le sang des sujeU
récemment infectés sont très virulents. On peut, en impré¬
gnant de ces produits morbides des scarifications faites sur
la muqueuse ou même la peau de diverses régions, déve¬
lopper la syphilis chez certains singes comme chez l’homme.
Les animaux les plus sensibles sont les grands singes anthro-
po'ides ; le singe de choix est le chimpanzé, mais l’expérience
réussit aussi sur l’orang-outang et le gibbon. On peut, dans
quelques cas, communiquer aussi la maladie aux macaques
et aux cynocéphales.
Au bout de vingt cinq à trente jours on voit apparaître au
point d’inoculation une petite vésicule qui se rompt et est
remplacée par une ulcération reposant surune base indurée-
La lésion est identique au chancre syphilitique. Dans un
tiers des cas chez les anthropo'ides, et quelquefois aussi chez
des singes inférieurs, on voit apparaître sur les muquem
ses ou la peau des animaux des accidents dits secondaire
analogues à ceux qu’on observe chez l’homme dans les me
mes conditions. Ces lésions débutent environ un mois apr
le début du chancre primitif. On n’a pas encore jj
d'accidenls dits tertiaires dans la syphilis expérimentale.- _
quelques auteurs ont pu produire la syphilis du singe pa
inoculation de produits humains tertiaires. ,
Lorsque les produits syphilitiques ont été chaufies a ^
avant leur inoculation, celle-ci reste stérile.Le virus est ^
très peu résistant à la chaleur. Ce viras est contenu
liquide du raclage des lésions, dans le sérum du sangi
il est sûrement figuré, et de dimensions plus
celles du mici obe de la fièvre aphteuse des vaches par o
pie. En effet, les filtres-bougies de porcelaine, qui jj-
passer le virus aphteux lorsqu’on les fait traverser par
quide qui en est chargé, retiennent le virus syphilihfi'*
les mêmes conditions. , sembl®
Le spirochœte pallida découvert l’année derniere ^
bien être l’agent virulent. C’est un tout petit protozoair
sin des trypanosomes, filiforme, de dix millièmes ne
LE PROGRES MEDICAL
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pendant 7 semaines. — Repos 5 semaines. — Faire une 2‘ série, etc.— Femme adulte : Une injection de 7 centigrammes de
mercure par semaine pendant 5 semaines. — Repos 7 semaines. — Faire une 2* série, etc. — Enfants à partir de 3 ans :
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SOCIÉTÉ FRANÇAISE DU LYSOL
61. Boalevard Hau.tmann, Paris.
COMPRIMES DE THIOCOL ROCHE
Meilleur marché que toutes les préparations Créosotées ou Gaiacolées
Les Comprimés de Thiocol Roche se présentent dans un tube de petit volume et sont par suite
dun emploi facile pour les personnes que leur occupation retient au dehors. Les Comprimés de
fhiocol Roche se conservent indéfiniment, ils sont entièrement solubles dans l’eau. Chaque
Lomprimé renferme 0,50 de substance active.
« Il serait impossible d’obtenir au prix des Comprimés de Thiocol Roche des préparations de
^réosote et de Gatacol semblablement titrées ; il serait surtout impossible de les administrer aux
‘^^es correspondantes de Gaïacol qu'il est aisé d' atteindre avec les Comprimés de Thiocol Roche. »
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1 principes aromatiques qui distinguent le Sirop Roche des préparations similaires, facilitent
a ingestion du malade et l’action énergique de la médication créosotée. Les qualités du Sirop
oche permettent d’en prolonger l’usage à hautes doses chez les malades délicats, sans crainte de les
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LE PROGRES MÉDICAL
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NERVOCITHINE TISSOT
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,r...itGLYCÉROPHOSPH ATÉ i 'ssr Iïî -?.'£Sr SSœ
de Paris). Pkix : le ü. l'25. 5^ ^
eut pur. p-,_ . ^
B l’Organisme , ^
nganèse). *6 HaC. 2 fr.
POUR LE TRAITEMENT ET L EDUCATION
DES ENFANTS NERVEUX i ARRIÉRÉS
MÉDECIN-DIRECTEUR : D' BOURNEVILLE
L'Institut médlou-pédagogique est des'
tiné :
1* Aux enfants présentant de l’instabiiiti
mentale et sujets à des impulsipns mala¬
dives qui les empêchent, quoique possédant
un certain développement de l’intelligence,
de se soumettre à la règle des lycées ou des
pensions, et qui ont par conséquent besoin A la
rois d’une méthode d’éducation spéciale, et
d’une discipline particulière ;
Aux enfants arriérés, faibles d'esprit à
BOURBOULE^'^^^^
■AU »»Y0iES“RESPIRAT0JÆ5
MALADIES DE LA.PEAU
LE PROGRÈS MEDICAL
509
environ de longueur sur un quart de millième de mil-
r tre de largeur, cylindrique, contourné sur lui-même en
■ de dix à douze tours, portant un cil à chacune de ses
^^Irémités. Lorsqu’on l’examine vivant dans une goutte de
r aide, on reconnaît qu'il est très mobile. On peut le colorer
i laide’ de violet ou de bleu d’aniline, ce qui le rend moins
Ifficile à observer. Ses caractères particuliers permettent de le
différencier sûrement d’avec d’autres spirilles lui ressemblant
lus ou moins. On te trouve dans les lésions primitives ou
^ndaires, dans le sang, les ganglions et très rarement dans
lesiésions tertiaires. On l’observe en très grande abondance
dans la muqueuse et la peau malade des nouveau-nés syphi¬
litiques, dans les divers organes des fœtus syphilitiques (foie
rate, poumons, etc.) Enfin on le voit dans la syphilis expéri¬
mentale du singe. Cependant on n’est pas arrivé à le trouver,
dans tous ces cas, d’une façon constante. Il est donc probable,
mais non certain que cet organisme est bien l’agent spécifique
de la syphilis. On ne peut l’affirmer d’une façon absolue tant
qu’on ne sera pas parvenu à isoler le parasite des organes vi¬
rulents, à le cultiver en série dans des milieux de culture ai-
tificiels, et comme on peut faire pour tant d’autres maladies
infectieuses et contagieuses, à reproduire la syphilis en ino¬
culant les générations successives du microorganisme ainsi
obtenues.
L’étude de la syphilis expérimentale du singe a permis d’élu¬
cider divers points concernant la prophylaxie et la thérapeuti¬
que. ,4insi MM. Roux et Metchnikoff ont vu que si, une heure
et même une heure trois cjuarts après une inoculation sur le
chimpanzé, on frictionne la région inoculée avec de l’onguent
mercuriel double ou avec de la pommade au calomel, il ne se
développe aucun accident local et l’animal reste susceptiblede
contracter la maladie par inoculation plus tard, ce qui prouve
que la première contamination a été rendue inoffensive. Le
virus a été détruit sur place par la friction mercurielle; tan¬
dis que des lotions de sublimé à un pour mille, f aites com¬
parativement, se sont montrées inefficaces.
MM. Roux etMetchnikoff ont tenté d’obtenir un sérum im¬
munisant en inoculant la syphilis à des macaques et à des cy-
aocéphales, et ensuite en leur injectant sous la peau du sang
de syphilitiques en pleine période contagieuse. MM. Cippo-
bnaetRisso (de Gènes), ont préparé un sérum. Jlais l’étude
delà sérothérapie de la syphilis n'a pas encore donné de ré¬
sultats positifs.
Pour répondre à une demande du Ministre de l’Intérieur,
«section de médecine et d’hygiène du Congrès a émis le
rœu suivant :
Considérant d’une part que la surveillance de la prostitution par
autorité administrative est une mise hors la loi et laisse une part
Wcessive à l’arbitraire et aux abus : que d’autre part elle n’a
®'”'® uu point de vue de la prophylaxie des maladies vénériennes
H e des résultats d’une insuffisance notoire.
Soi f* MUS lu surveillance de la prostitution cesse d’ètre
les *^.L^P,®udance exclusive de l’autorité administrative, et que
attributions de cette dernière se limitent au contrôle et à l’exé-
5, mesures légales, conformes aux principes du droit com-
dim ’ . en vue de la réduction de la prostitution et de la
■nution de la morbidité vénérienne.
pL F®? l®^®PPort scientifique est verni le rapport de pro-
>ve morale. Le D'Ma.squat (de Nice) a traité la question
<5e d 1*^^-**^ de concilier le souci de la santé et la sauvegar¬
de ra^ ** liberté. Le P"- Gaucher et le D" Yerchère ont discuté
Pport et exposé leurs idées contradictoires.
yjjJjbfiue lutte des deux opinions de la règlementation
Cop„ , “Mii'règlementation de la prostitution a trouvé au
^ efes de Lyon un nouveau champ de bataille pour des ;
pions également ardents et sincères.
P Section d’Ei.ectrologie et Radiologie
la ,®. ®6etion s’est occupée de deux questions ; les effets de
hante ®’'®Pi6 dans la leucémie et ceux des courants de
hèle '^^Muence dans l’hypertension artérielle et dans le dia-
M. ^Y^'^inlbérapie n’a pas donné dans la leucémie d’après
valisju''' résultats appréciables pas plus que la Darson-
encore M. F. M idal a poursuivi avec .M. Challamel
des recherches sur l’action des courants de haute fréquence
dans le diabète. Mais il n’en a obtenu aucun résultat.
Section d’z4nthrorologie
Les Criminels-nés
Le Lacassacne invite le P'’ Césare Lombroso (de Turin) à
aborder la discussion de la théorie des criminels-nés.
D’après M. Laccassagne, le criminel-né n’existe pas. 11 y a
des hommes qui ne résistent pas à la mauvaise influence du
milieu dans lequel ils vivent, et sont plus disposés que les
autres à devenir des criminels, les fils d’alcooliques par
exemple. M . Lombroso reconnaît qu’au début de ses recher¬
ches. il a été trop affirmatif au sujet des criminels-nés il
persiste, néanmoins, à croire que certains criminels le sont
naturellement.
En Italie 30 0 0 seulement des criminels sont des criminels
de naissance. La proportion est même moins forte dans
d’autres pays. En Australie, où l’ouvrier est relativement
riche et mène une vie heureuse, la proportion des criminels
nés ne serait que de 12 0 0. Tous les autres seraient les pro¬
duits de l’alcoolisme.
Les tares anatomiques des criminels nés peuvent se trou¬
ver chez des hommes qui n’ont jamais commis et ne com¬
mettront jamais de crimes, et même chez des gens de génie.
Recherches expérimentales sur la création de tendons artificiels.
Application chez l'homme.
M. le D'' Menciére (de Reims) montre, sur des pièces ana¬
tomiques disséquées, un tendon de 9 centimètres, du volume
d’un gros crayon, qu’il a refait artificiellement sur un chien,
à l’aide d’un écheveau de 16 fils de soie n“ 4, et long de 9 cen¬
timètres. Ce tendon artificiel, actuellement normal comme
forme, volume, aspect, est composé de tissu conjonctif, de
tissu tendineux. Les tissus tendineux se sont substitués aux
fils de soie, les ont absorbés en un mot. L’auteur se demande
si c'est là une propriété spéciale au tisgu tendineux.
L’auteur cite cinq observations chez l’homme. Son expérience
fait suite aux constatations de Lange, de Munich. Menciére se
propose d’en tirer un parti utile pour les recherches qu’il
continue à poursuivre concernant les greffes tendineuses
applicables aux difformités d’origine paralytique. 11 a déjà
exposé ses différents procédés de greffes dans sa communica¬
tion au XVIIR Congrès français de Chirurgie (Faris, octobre
1905).
THÉRAPEUTIQUE
Le phytinale de <iuinine est le plus soluble et le moins toxi¬
que des sels de quinine. Il réunit les propriétés thérapeuti¬
ques de l’alcalo'ide et les effets reconstituants bien connus de la
phytine. C’est un antinévralgique puissant particulièrement
indiqué dans le traitement des névralgies rebelles, delà mi¬
graine, etc.
Nous recommandons les comprimés lenticulaires argentés
de phytinate de quinine, dosés à 0,10centigr. s’avalant comme
pilules et masquant complètement la saveur amère de ce sel.
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PRIEURÉ DE KERGONAN
Sis commune de Plouharnel
canton de Quïberon, arrondissement de Lorient (Morbihan)
Cet établissement qui est situé à proximité de la mer et
entouré de bois de pins, pourrait être facilement
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S'adresser pour traiter, à .M. .Ménage, administrateur-judiciaire
au Tribunal Civil de la Seine, 44, rue des Mathurins, à M" Poterel*
Maison.necve, avoué à Lorient.
LE PROGRÈS MÉDICAL
VARIA
Histoire de la médecine.
Lfi comte Caglioslro, le fameux charlatan.
C’est la France et particulièrement Paris, la ville lumière,
qui furent le lieu des exploits de cetaventurier.il sprgit après
Mesmer et Swedenborg, à une époque où malgré une forte
dose de septicisme, la société comptait le plus de personnes
crédules et Superstitieuses, avides du surnaturel. Ce qui
contribua encore au succès de ce charlatan, ce fut le mystère
de son origine, Gagliostro se fît passer tour à tour comme
fils du roi de Trebizonde, comme enfant adoptif du shérif de
la Mecque comme élève du célèbre Althotas sous le nom
d’Acharat.Cependantiln’étaitquelefîlsd’un pauvre boutiquier
de Palerme, nommé Pierre Balsamo, probablement d’origine
juive. Il parlait la langue italienne comme les juifs et sut ce
jargon allemand, que parlent entre eux, encore aujourd’hui,
les juifs russes, polonais, roumains, portugais.
Sa jeunesse fut des plus orageuses. Orphelin de père, il
poussa dans la rue, se paya plnsieurs fugues, fut inflrmier à
l’âge de treize ans, puis compagnon des vagabonds et voleurs
de Palerme. Rien d’étonnant qu’il devint lui-même voleur et
faussaire. A Messine il fit connaissance du fameux Althotas,
avec lequel il voyagea quelque temps en Grèce, Egypte, Asie-
Mineure, pour donner des représentations de magie.
C’est à Malte, chez le grand-maître des chevaliers qu'il
rencontra sa chance. Ce grand-maître, qui fut alchimiste et
chercheur de la pierre philosophale, donna au jeune Balsamo
des lettres de recommandation pour Rome.
Dans la ville éternelle il épousa Lorenza Feliciani, fille d’un
chaudronnier. La vie régulière que lui imposa cette union ne
lui allait guère. Poursuivi pour faux, il parcourut, sous le
costume de pèlerin, l’Italie, l'Espagne et le Portugal, échoua
en Angleterre, et fit sa première apparition à Paris sous le
nom de marquis de Balsamo. Il fit croire aux bons Parisiens
qu'il possédait des remèdes secrets contre les maladies incu¬
rables, qu'il savait rajeunir les vieillards, faire de l’or, trans¬
former en soie le coton, fabriquer des perles et des diamants.
La bonne fortune ne dura cependant pas longtemps. 11 dut
quitter Paris, et après une nouvelle tournée en Espagne,
vendant toujours à des sommes folles des herbes et autres
substances servant à la fabrication de la pierre philosophale,
il reparaît à Londres comme colonel et marquis de Cagliostro.
En 1777, il devint franc-maçon, et c’est grâce aux recomman¬
dations de la fameuse loge qu’il put flibuster sur une grande
échelle. A partir de ce moment, il ne voyagea plus qu’en chaise
de poste lui appartenant, avec laquais en livrées. 11 se procura
l'argent par des moyens différents. Tantôt il exerça la méde¬
cine, tantôt il employa le truc du coffre-fort, bourré de faux
diamants et cailloux amalgamés, on vide, mais cloué au plan¬
cher, ce qui fit croire aux sommes fabuleuses d’or et d’argent
que son propriétaire disait posséder. Sa femme, par son
charme et sa beauté, fascinait beaucoup de personnes, et
Cagliostro ne paraît pas avoir été très regardant quant à sa
conduite.
Toute l’Europe était alors remplie de sa renommée, il n’a¬
vait qu’à cueillir les dupes pour les tondre. En Courlande,
les habitants eurent l’intention un moment de cha-ser le duc
régnant et de mettre Gagliostro à sa place. En Russie, il eut
moins de succès. Dès ses débuts, il fit perdre la vue à un per¬
sonnage haut placé, et ne réussit pas à faire pousser
les cheveux d’un général chauve. Lne mère lui confia son
enfant mourant. Cagliostro acheva l’enfant et en substi¬
tua un autre. Mais la supercherie fut connue et Cagliostro
dut s'enfuir. Après un séjour très rémunérateur en Pologne,
il trouva ce qu’on appelle la vraie mine d’or à Strasbourg, en
la personne du Cardinal de Rohan, qui le logea dans son pa¬
lais et lui fit servir des sommes extraordinaires Les docteurs
de la faculté de Strasbourg surveillaient ses cures et lui ren¬
dirent la vie dure. Aussi partit il pour Bordeaux duper une
bonne âme, qui demandait son secours pour chercher un
trésor, puis vint à Paris prendre la place de Mesmer. Toute
la haute société était à ses pieds et il était du meilleur ton
d’être soigné par Cagliostro. Comme il arrive à tous les ave
luriers, qui sont démasqués un jour ou l’autre, Cagliost'*
perdit son crédit. La police le surveilla, on lui défendit 1™
représentations et petit à petit Cagliostro sentit le planch**
céder sous lui. En homme avisé, il n’attendit pas le dénoué
ment, quitta Paris et vint à Londres. Son étoile pâlit dès ce
moment, et il dut quitter les bords de la Tamise en 1787 H
emporta ses bijoux, mais oublia d’avertir de son départ sa
femme, qui de dépit révéla tout ce qu’elle savait de son mari
infidèle. Elle le rejoignit plus tard en Suisse et fut arrêtée
avec lui à Rome. Cagliostro fut condamné comme franc-
maçon à la réclusion perpétuelle et mourut oublié dans une
oubliette de San Léo. Un contemporain de Cagliostro nous a
laissé des notes sur lui. De taille moyenne, un peu bedon¬
nant, figure ronde à teint olivâtre, ornée de deux yeux en
boule de loto et d'un nez antisémite, il était loin d'être beau
garçon. Carlyle dit de lui qu’il possédait la figure digne du
charlatan des charlatans : figure abominable, graisseuse, ligu¬
re de voyou impudent, front qui n’a jamais rougi, au-dessus
de deux yeux languissants, paraissant en extase continuelle ;
en un mot « the most perfect quackface » du XVTIF siècle!
On pourrait se demander par quoi alors Cagliostro a su tour¬
ner la tête à tant de gens qui étaient loin d’être des simples.
Comme aujourd'hui encore, c'était par le savoir-faire.Ie bluff,
qui réussit admirablement à ce juif Italien, qui connais¬
sait le côté faible des malades et des oisifs et qui savait en
tirer parti. {Practitioner.]
Vu à la consultation de nourrissons de Francfort.
Un dodécalogue affiché sur les murs, en grosses lettres, et
ainsi conçu : Mère !
I. Nourrissez vos enfants vous-mêmes, cela leur sera utile
pour toute leur vie. Chaque semaine, chaque jour d'allaite¬
ment, leur sera un gain.
II. Nourrissez vos enfants vous-mêmes, car vous le pouvez,
si vous voulez y mettre le temps et la patience. Si votre lait ne
suffit pas aidez avec le biberon.
IIU Nourrissez vos enfants vous-mêmes et n’écoutez pas les
sols conseils de vos amies.
D . Nourrissez vos enfants vous-mêmes, vous éviterez les
tumeurs du sein qui peuvent se former avec l’âge.
Y. En nourri-sant vos enfants, buvez et mangez des choses
que vous digérez bien, afin de ne pas nuire à vos enfants.
VI. Si, malgré votre bonne volonté, vous êtes dans la néce^
sité de nourrir l’enfant au biberon, demandez toujours conseil
au médecin.
YII. Le lait que vous donnerez dans ce cas à vos enfants
doit être frais, pur et bouilli et être conservé au frais et dans
un pot couvert.
N III. Ne donnez pas à l’enfant trop à boire, ni trop souvent.
Il est mauvais aussi de leur donner trop peu et trop rarement.
IX. Si l'enfant crie, ne croyez pas toujours que c'est ne
faim.
X. Changez les langes souvent. Si l’enfant est écorché ou
des boutons, c’est de votre faute. , *
XI. Ne mettez pas trop facilement les malaises de Is^tan
sur le compte de la dentition. Consultez le médecin, quilro
vera presque toujours une autre cause. . j
XII. Venez à la consultation à temps, afin qu’il ne soit I»
trop tard pour guérir votre enfant.
Un Phénomène.
Une fillette de quatre ans, la petite Marie Le Guen, est e®
passe de devenir célèbre dans toute la Bretagne. La chun®’
de ses parents, des pêcheurs de Tile Tudy (pointe du f'
tère!, est devenue un lieu de pèlerinage. Marie Le Guen ^
un véritable phénomène. Elle porte, gravé dans la
Tœil gauche, un peu plus bas que la pupille, ,. uics.
horizontal, le nombre '22,4. I>es chiffres, parfaitement jg
sont très bien formés, de même que la virgule qui s®?®
second 2 du 4. .
Des médecins ont donné sur ce phénomène des oP' jg
différentes, naturellement. L’un d’eux dit que cette biza^^^
de la nature pourrait n'être qu’un stigmate dans le g®®
ceux que portent sur le corps certaines personnes, te
LE PROGRÈS MÉDICAL
511
^ ils épis de blé, taches vineuses, végétations, etc. ; il est i
^ilile également que le chiffre aperçu provienne d'un
iXuaiïe médical au nitrate d’argent, rendu nécessaire au
^mier âge de l'enfance, par une affection de la vue. Mais
^parents affirment que l’enfant n'a subi aucune opération.
L pljarmacien de l'île Tudy a donné aussi son avis. Le
chiffre aperçu doit être formé par les dessins des stries de
fœil, et ce qui semble appuyer «on dire, c’est qu’il n'est
visible d’une façon exacte, que sous un certain angle de
lumière. La petite Marie Le Guen doit être bientôt conduite à
paris. {Journal, 23 juillet 1906.)
La Médecine populaire dans le Poitou.
La Revue des traditions populaires indique quelques remè¬
des en faveur dans le Poitou. S’agit-il de guérir un fiévreux ?
Prenez une araignée noire que vous rencontrerez sans la
chercher; meltez-la entre deux coquilles de noix, envelop¬
pez d’un linge blanc. Quelques heures avant l’accès, sus¬
pendez au cou du malade lequel doit ignorer ce que le
paquet contient. Quand l’araignée sera morte, la fièvre
sera coupée. — Mettez dans une bourse autant de petits
cailloux que vous avez de verrues sur les mains, jetez
la bourse au milieu d’un chemin ; qui la ramassera héritera
de vos verrues. — En enfonçant un clou avec un marteau
dans une porte, ou en allant de très bonne heure puiser de
l’eau à un puits très profond, on arrête soudain le plus vif
mal de dents. — Ceignez vos reins d’une corde ayant servi à
nouer un pain de sucre mais n‘ayan,t absolument servi qu’à
cet usage, vous vous débarrasserez de vos douleurs lombai¬
res. — Pour guérir du carreau, il faut aller sur le territoire
d’un ancien fief de grande noblesse y couper avec la
bêche un carré de gazon ; le retourner. Le mal s’en va à
mesure que l'herbe pourrit. — La sagesse parisienne n’i-
Küore pas ces sortes de remèdes. Pendant une épidémie de
lièvre typho'ide, un cocher d’omnibus confiait à son voisin :
•11 n'est pas de maladie plus facile à guérir. Vous fendez
m pigeon vivant ; vous l’appliquez sur le front du malade ;
I* pigeon tombe en pourriture ; il a tiré tout le mal. Je l'ai
dit à un médecin. Il m'a répondu : « C’est vrai. Mais si l'on
“ivulguait des remèdes aussi simples, nous ne pourrions
plus vivre x... On connaît en Poitou de bien autres recet¬
tes- Le pivert se frotte le bec contre une certaine plante afin
de percer plus facilement les arbres. Frottez vos mains avec
eette plante, et rien ne vous résistera. — Veut-on se faire sui-
^de la personne qu’on aime !' On met une grenouille verte
™ns une boîte percée de trous qu’on abandonne ensuite
fourmilière.* On prend, quelques jours après, ce qui
te delà bête, on le broie, on le jette en poussière sur la
^'roée... A Paris, c’est souventplus simple. {Journal
Protection de l’Enfance.
helT ‘^®Plôter les bienfaits de la loi du 27 juin 190i, sur
in le préfet de la Seine vient de prendre une
•d'^t h décision. Les ménages nécessiteux quels qu’ils
tout d’enfants en bas Age exposés à la misère, pour-
**vilLTo*- secours dont les 3 5 seront à la charge de
diiitijj^ ® l’Etat. Peut être arrivera-t on ainsi à
®f*aodons d'enfants par les mères qui recevront
ment il ^ naissance un berceau et une layette gratuite-
• 1 sera statué dans les 48 heures en cas d'enquête.
3 LES CONGRÈS
Congrès International pour la répression de la
traite des blanches.
Qgç, _ (Paris, 2Z-2Ô octobre 190S.)
Patronage de M. Armand F.vi.lières.
dents J’, ne ffôpublique et avec le concours, comme prési-
ministre de affaires étrangères et
de l’intérieur, doit se réunir à Paris du 22
J, wtobre 1906.
*** réunir les délégués des comités constitués
gouvernements et des administrations
^l*®ntu!®‘®'^’^P®''®nnnaiités philanthropiques que préoc
I ^fonv,*?'^®®dons sociales.
1 "nement aux décisions de la Conférence Internatio¬
nale tenue à Paris les 15 et 16 novembre 1905, le Congrès aura
à délibérer sur les sept questions suivantes ;
P Uuestion. ■- Utilité d’une entente à établir entre les di¬
vers Comités nationaux par la communication réciproque
des poursuites engagées et des condamnations prononcées
pour faits de traite. Rapports entre les Comités nationaux et
les autorités chargées par les Gouvernements de centraliser
tous les renseignements sur la Traite des Blanches. Rappor¬
teur ; le Comité Allemand.
2“' ÇufsP'on. — Création dans les villes-frontières et dans
les porls de mer de Comités locaux ayant autant que possi¬
ble des bureaux d’informations. Echange réciproque des
listes de ces Comités et de ces Bureaux. — Echange entre les
divers Comités nationaux des extraits des procès-verbaux de
leurs séances, pour autant du moins que ceux-ci offrent un
intérêt général. Création d’un Bureau International d’infor¬
mations. Rapporteur : Le Comité Suisse.
3' Question. — - Surveillance, dans chaque pays, des gares de
chemins de fer et des porls de mer. Rapporteur : Le Comité
Français.
4'= Question. — Etablissement et rédaction d’un Code télé-
graphi(|ue pour les correspondances à échanger entre les
Comités nationaux.Rapporieur ; Le Comité Argentin,
5“ Question. — Interdiction de la délivrance aux mineurs
di s correspondances adressées poste restante. Rapporteur ;
Le Comité Belge.
Q’ Question. — Surveillance des agences théâtrales et des ca¬
fés-concerts on des établissements analogues, dans leurs rap¬
ports avec la Traite des Blanches. Rapporteur : Le Comité
Italien.
7“ Question. — Rapatriement des prostituées fixées dans
un autre pays que le leur. Rapporteur : Le Comité Hollan¬
dais.
Le Bureau international de Londres et chaque comité na¬
tional présenteront, en outre, un rapport sur l’état de la
Traite des Blanches et sur les mesures prises, soit par lui-
même, soit par l’autorité publique, pour la prévenir et la ré¬
primer.
Les rapports sur les sept questions du Congrès devront
être rédigés ou traduits en français par les soins des Comités
nationaux. Ils devrontêtre envoyés au Comité français, chargé
de leur impression, le septembre aa plus tard. Les déli¬
bérations auront lieu en français : toutefois, les membres
étrangers seront autorisés à parler dans leur langue mater¬
nelle , un résumé de leurs discours en langue française sera
communiqué au Congrès.
Les cotisations au Congrès doivent être envoyées à M. Loys
Brueyre, trésorier de l’Association française 10, ruePasquier,
Paris {H<‘ Arr.l. Les Comités nationaux sont priés de faire con-
naîti e avant le P' septembre le nom de leurs délégué et d’en¬
voyer à l’adresse ci-dessus les cotisations correspondantes.
FORMULES
LIV. — Contre la teigne.
Formaldéhyde . 4 gr.
Glycérine . lüO gr.
A appliquer après nettoyage des plaques à l’éther et au
savon.
LV. ~ Contre les ophthalmies.
Chlorate de potasse . 3 gr.
Eau distillée . 100 gr.
Pour instillations et lavages.
LVI. — Contre la lithiase biliaire.
1“ Prendre tous les matins à jeun 2 cuillerées à soupe
d’huile d'olive.
2° Prendre le soir avant le sommeil une des pilules sui¬
vantes :
Phénolphtaléine . .. 0.05 centigr.
Menthol . 0.15 centigr.
Pour une pilule n" 20.
512
LE PROGRÈS MEDICAL
LVII. — Contre les engelures.
Teinture de benjoin . i
Glycérine . ■ àà 20 gr.
Eau de Cologne . !
Frictionner les engelures le soir, puis envelopper dans de
la ouate. Laver le matin à l’eau froide.
NOUVELLES
Natalité db Paris, — Du dimanche 22 au samedi 28 juillet
1906. les naissances ont ete au nomnre dt 1009, se décomposant
ainsi: légitimes 748, illégitimes 261.
Mortalité a Paris. — Population d'après le recensemeni de
1901 : 2.660.559 habitants. Les décès ont ete au nomdre de 826,
savoir; 439 hommes et 387 femmes. Les décès sont dus aux
causes suivantes : Fièvre typhoïde (typhus abdomln.) : 3. —
Typhus exanthématique : 0. — Fièvre intermittente et cachexie
palustre : 0. — 'Variole : 0. — Rougeole : 7. Scarlatine :L
— Coqueluche : 6. — Diphtérie et Croup ; 2. — Grippe ; 1.
— Choléra asiatique : 0. — Choléra nostras ; 1. — Autres
maladies épidémiques : 3. — Tuoercuiose des poumons : 178. —
Tuberculose des méninges : 24. — jVutres tuberculoses : 14. —
Cancer et autres tumeurs malignes : 57. — Méningite simple : 24.
— Congestion hémorrhagique et ramollissement du cerveau : 55.
— Maladies organiques du cœur : 48. — Bronchite aiguë : 3.
_ Bronchite chronique : 13. — Pneumonie : 20. — Autres affec¬
tions de l’appareil respiratoire ; 44. — Affections de l’estomac
(cancer exc.) ; 4. — Diarrhée et entérite deO à 1 an : sein : 5 ; au¬
tre alimentation :64. — Diarrhée et entérite de 1 à2 ans : 3.-^ Her¬
nies, obstruction intestinale : 7, — Cirrhose du foie : 12. — Néphrite
et mai de Bright: 21. Tumeurs non cancéreuses et autres ma¬
ladies des organes génitaux | femmes) : 7. — Septicémie puerpérale
(fièvre, péritonite, phlébite puerpérale) : 5. — Autres accidents
puerpéraux ae la grossesse et de l'accoucnement . 2, — Débilité
congénitale et vices de conformation : 18. — Débilite senile : 25.
— Morts violentes : 37. — Suicides; 11. — Autres maladies : 102.
— Maladies inconnues ou mal définies : 5.
Mort-nés et morts avant leur inscription : 66, qui se décom¬
posent ainsi : légitimes 46, illégitimes 20.
— Par décret du Pré.sidentde la République en date du 29 juillet
1906, rendu sur la propo.sition du ministre de l’intérieur, M. le
docteur Gérente, sénateur, estnommé maire du XVI® arrondissement
municipal de la ville de Paris en remplacement de M . le docteur
PHTISIE, BKOJNCUl'l E, CAI ARlVUEb. — Z, .Émniyion
Marchais est la meilleure nreparation creosotee. Elle di¬
minue la toux, la fièvre et 1 expectoration. De 3 à 6 cuil¬
lerées a café par jour dans lait, bouillon ou tisane.
(D' Ferrand. — Trait, de méd. )
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j^éparé spécialement pour BÉBÉS et ENFANTS de 2 mois
àl5ans, vrai spécifique de la CONSTIPATION. Précieux dans
grippe, bronchite, coqueluche, impétigo, helminthiase,
état convulsif, et toutes maladies ou indispositions dans les¬
quelles un laxatif est nécessaire.
B de 2 mois à 2 ans : 1 cuillerée à café par jour.
I de 2 ans à 5 ans : 1 cuillerée à dessert par jour.
I de 5 ans à 15 ans ; 1 cuillerée à soupe par jour.
Le conseiller chaque fois que les parents demandent un « dépuratifs
pour leurs enfants, car le meilleur des dépuratifs est encore un
bon laxatif.
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_ à Conflans fSeine-et-Oise! .
Marmottan. dont la démission est acceptée et qui est nommé maite
honoraire de cet arrondissement.
Commis d’inspection de l’assistancê publique. — „
arrêté à la date du 30 juillet 1906, le ministre de l'intérient a
nommé, à partir du 1®“' août suivant, commis d’inspection de l'assis¬
tance publique, les employés des service.s départementaux di.
l’assistance publique.
Congrès intern.vtional de la tuberculose. — Les Membres
du comité de ce Congrès annoncent l'ouverture pour le 14 15 «
16 novembre 1906 àNew-York (U-S.).
Distinction honorifique. — Par décret du Président de la
République, a été promu au grade de commandeur dans l’ordre de
la Légion d’honneur : M. Arloing (Saturnin), directeur de l’Ecole
nationale vétérinaire de Lyon (Rhône),
Enseignement supérieur libre de l’odontologie. — L’Ecole
dentaire française reconnue et autorisée par décret ministériel en
date du 25 novembre 1896, est située au 29 du boulevard Saint-
Martin et 36 rue Meslay . La rentrée est fixée par l’Académie au 15
octobre. Le registre officiel est ouvert du 15 octobre au 15 novem¬
bre. L’Ecole reçoit, outre les élèves visant le diplôme d’Eiai,
des élèves libres, français ou étrangers, ([ui peuvent .s’inscrire»
toute époque de l’année. Bon accueil est réservé aux docteurs en
médecine qui désirant se spécialiser en art dentaire voudraient ae
faire inscrire pour un temps facultatif.
Un nouveau journal médical. — Il vient d’être créé la fiei'W
Médicale de Biarritz. Avec la collaboration des médecins de Biar¬
ritz. cet organe désire étudier principalement les questions de thé-
rapeutiquo”par les bains chlorurés sodiques forts, les bains de mer,
le climat marin. Nos raoilleurs souhaits de succès.
Congrès de Milan. — Le Ministre de rintérieur a délégué au
Congrès de Milan pour l’assistance des aliénés, MM. lés D'' A.
Marie et Lucien Graux et M. Decante iiour le représenter.
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découvert par M. Louis OEQUfcANT. û*
de Clignancourt, Paris. (Mémoires déposes à
Médecine, 23 mars 1897, 8 mai 1898). L'extrait de ces ■ g[
est adressé gracieusement a tous les médecins q
feront la demande. Renseignements gratuits et prix
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18 AOUT i9;:6
Le Progrès Médical
SOMMAIRE : Ophtalmologie : Trombophlébite de la veine
centrale de la rétine chez un tuberculeux, par Péchin. — Phy¬
siologie : Mesure de l’ampliation du périmètre thoracique,
par Lonys. — Bulletin : Céruse et blanc de zinc, par Lom¬
bard. — Congrès des aliénistes et neurologistes de lan-
oüE française : Le sang chez les aliénés ; Le cerveau sénile,
par Léri ; Communications diverses : Les ataxiques con¬
sidérés comme atteints de phobie ou d’astasie-abasie sont en
partie des cas d’incoordination ou d’anesthésie du tronc mécon¬
nus, par Faure. — Médecine pratique ; Entéro-côlite muco¬
membraneuse. — Bibliographie ; Les épidémies et les mala¬
dies contagieuses au XX" siècle, par Félix ; Des anévrysmes de
l’aorte d’origine rhumatismale, par Feytaud. — Thérapeuti¬
que : Traitement de la chloro-anémie. — Varia ; Eloge du
D'' Hameau ; Concours de médecin et de pharmacien des troupes
coloniales ; Dans les facultés de médecine suisses ; Circulaire
adressée aux préfets par le ministre de l’intérieur relative à
l’organisation et au fonctionnement du service de désinfection.
— Les congrès : Association française de chirurgie; 3' congrès
international pour la répression de la traite des blanches ; Con¬
grès international de la tuberculose. — Formules. — Nou¬
velles. — Bulletin bibliographique.
OPHTALMOLOGIE
Thrombophlébite de la veine centrale de la
rétine chez un tuberculeux ;
Par M. Alph. PÉCHIN,
La rareté des cas publiés de trombophlébite de la
reine centrale de la rétine chez les tuberculeux m'en¬
gage à rapporter l’observation suivante d’un malade
gne j’ai observé dans le service de M. le Professeur
Brissaud, à l’Hôtel-Dieu :
Ce malade, âgé de 30 ans, fut atteint de pneumonie il y a
9'iatre ans, pour laquelle il reçut des soins à l’IIôtel-Dieu
ttnexe où il resta six semaines. A sa sortie, il reprit son
^tier de vannier, mais sa santé fut dès ce moment chance¬
lle. La toux était fréquente, l’expectoration abondante. Il
I* un an, il fut pris subitement de malaise et d'abattement,
ictus. Le côté droit et la face du même côté (facial infé-
j^ur| furent parésiés. Ces phénomènes parétiques persis¬
tât jusqu’à maintenant avec toutefois quelque amélio-
ntion.
*ly a un mois environ (exactement le 19 février 1906) il
Wdit brusquement la vue de l’œil gauche ; il était une
L ^^T’^près-midi. Le soir,la vision revint, se maintint le
, ; mais le surlendemain, la cécité revenait de nou-
p®lte fois définitivement. Et, détail qui a son impor-
ia, J l’œil resta douloureux pendant six jours à partir du
de Faccident.
le malade quatre jours après son entrée à
jjjj,Pital. La papille, très pâle, d'où s’échappaient des artères
jjji et des veines un peu grosses, était entourée d’une
iit i * ^ ®.®Pect blanc neigeux. Cette teinte blanche se per-
teiju®®®®eiblement à la périphérie où la rétine reprenait sa
pqit Sur les limites temporales de la papille un
triangulaire avait conservé également une teinte
La région maculaire s’accusaibpar une grosse tache
ioiif, ’ ?°'râtre qui tranchait sur un fond blanc. Quelques
*^ite l^rd, le malade dût passer en chirurgie pour une
Nads gauche suppurée. Tel était l’état de ce
WeU ^ ®
diaiig^ J ®ent, l’aspect du fond de l’œil a complètement
Na^ • La teinte blanche neigeuse a disparu ; elle est rem-
teinte grisâtre, grenue, et la région maculaire
^ Papiii* ^*'®blagée et parsemée de petites taches blanches.
. ® est pâle, atrophique ; acuité visuelle nulle u
®'on périphérique. La cécité de cet œil est définitive.
Il s’agit d'une trombophlébite de la veine centrale
de la rétine. Et il n’est pas sans intérêt de rapprocher
les deux aspects oplitalmoscopiques, dont le premier
est typique et dont le second serait d’une interpré¬
tation difficile s’il n’était expliqué par le premier. Bien
différent est l’aspect du fond de l’œil dans l’embolie de
l’artère centrale de la rétine. Il est à noter en outre
que l'œil a été douloureux pendant plusieurs jours, ce
qui est un caractère de la phlébite tuberculeuse qui
manque dans l’embolie de l’artère centrale.
D'ailleurs, ce malade est exempt de toute affection
cardiaque et l’on connaît la valeur séméiologique de la
phlébite chez les tuberculeux. Au début de la tuber¬
culose cette valeur est grande, il s’agit alors de la
phlébite prétuberculense ou mieux de la phlébite
précoce des tuberculeux. Chez ce malade la thrombo¬
phlébite perd de son" importance séméiologique parce
que l’état général et surtout les lésions pulmonaires
établissent le diagnostic.
Le même processus phlébitique évoluant vraisem¬
blablement dans la région de la frontale et de la
pariétale ascendantes a été la cause de l’hémiplégie.
PHYSIOLOGIE
Mesure de l’ampliation du périmètre thoracique.
-Sa signification, sa valeur, ses applications-,
Par G. LOUYS,
La mensuration du périmètre thoracique a été long¬
temps et est encore une des bases de la sélection des
jeunes soldats au Conseil de révision. Mais depuis peu
(lors de l'introduction, parmi les-pièces administratives
du service de santé militaire, d'une fiche médicale d'in¬
corporation) est apparu un nouveau mode de mensura¬
tion : la mesure de l'ampliation du périmètre thoraci¬
que. Voici comment on procède à cette mensuration :
On applique un mètre à ruban sur la poitrine du su¬
jet selon des points de repère sur lesquels nous revien¬
drons, et ou évalue ainsi le périmètre thoracique en
inspiration forcée. — Soit I ce périmètre : on répète
cette manœuvre en expiration forcée et on obtient le
514
LE PROGRÈS MÉDICAL
nombre E. La différence 1-E représente l’ampliation
dn périmètre thoracique. Que représente ce chiffre, et,
quelle est sa valeur ?
Etant donnée la disposition des articulations costo-
vertébrales et des muscles intercostaux, il est aisé de
comprendre qu’il existera un certain rapport entre l'am¬
pliation de laçage thoracique et la capacité respiratoire.
Etant donné également que, chez des hommes faits et
même chez des jeunes gens, le type respiratoire abdo¬
minal a déjà fait place au type costo -diaphragmatique,
on admettra aussi facilement que ladite ampliation
varie en même temps que la capacité respiratoire et peut
approximativement lui servir de mesure.
Au cours d'une période d’instruclion militaire que
nous fîmes en 1905, nous eûmes l'occasion de mesurer
le périmètre thoracique de l’effectif de deux batteries
d’artillerie. Comparant les chiffres obtenus par nous
avec ceux résultant de la mensuration trimestrielle
précédente, nous lîmes à ce sujet d’intéressantes ob¬
servations (1) . Nous n’en donnons ici qu’un aperçu très
général, mais néanmoins des plus éloquents.
Chez certains hommes occupés à des fonctions sé¬
dentaires (cordonniers, tailleurs, secrétaires), la donnée
I-E était demeurée stationnaire. Chez deux d'entre
eux, elle avait même subi une très légère diminution.
Chez les hommes faisant un service régulier à la batte- j
rie, nous avons constaté une très légère augmentation
générale. Quant aux hommes dont les fonctions spé¬
ciales développaient l’appareil musculaire en général
et les muscles thoraciques en particulier (conducteurs
employés au dressage, moniteurs de gymnastique, de
boxe, d’escrime), l’augmentation constatée chez eux
était plus sensible.
Alors que, chez beaucoup, l’un quelconque des péri¬
mètres thoraciques variait avec le poids, nous n’avons
jamais trouvé de relation constante entre le poids et la
donnée I-E.
De ces deux ordres de constatations, il appert nette¬
ment que cette mesure du périmètre thoracique en ins¬
piration et expiration forcées et l’établissement des va¬
riations de la donnée I-E, sont destinés à exprimer
les variations de la capacité respiratoire, et que la va¬
riation de l’un quelconque des périmètres thoraciques
pris en valeur absolue reconnaît comme cause le dé¬
veloppement du tissu cellulaire sous-cutané et de
l’appareil musculaire de la région thoracique, de sorte
que celte mesure fait double emploi avec celle du
poids.
Depuis quelques années, des colonies scolaires pari¬
siennes sont reçues à l’Ecole d’Audincourt (Doubs) et
nous avons assisté à la mensuration de ces jeunes sujets,
faite dans un but statistique, à l’arrivée et au départ.
Ayant fait la critique de ces opérations, nous avons
constaté qu'elles ne pouvaient fournir un résultat sta¬
tistique exact — Nous allons essayer de le démontrer.
Tout d'abord,' quelles données évalue-t-on, qui doi¬
vent servir de base à la statistique ? Ce sont : le poids, la
taille et le périmètre thoracique pris en valeur absolue.
Pour ce qui est de la taille, son allongement ne prouve
pas grand chose, étant donné que certains enfants
(bacillaires ou candidats à la bacillose) poussent avec
une vitesse extraordinaire.
Dans ces cas, il n'y a évidemment pas de rapport
direct entre l'allongement de la taille et l’état de
(1) Dans un travail en préparation, nous avons l'intention de pu¬
blier quelques chiffres provenant de ces mensurations.
santé. — D'autre part, l’enfant peut, au lieu d'auo-mp p
ter de taille, diminuer par suite de l’écrasemenf deîl
semelle graisseuse sous -cal canéenne et des disque*
intervertébraux plus mous et moins fibreux que ceux
de l’homme fait, chez qui cependant pareille diminu
tion a été constatée à la suite de grandes marches. Chez
les jeunes Parisiens, la suractivité consécutive à une
transplantation brusque de Paris à la campagne, et le
mouvement inhérent à cette villégiature sont les condi¬
tions qui favoriseront ce tassement, peu considérable
sans doute, mais capable de masquer les résultats
de cette mensuration (1). Quant aux chiffres représen¬
tant le poids, ils no peuvent pas avoir une valeur bien
intéressante en statistique, atiendu que souvent l'au»-
menlation de poids qui devrait être mise ainsi en évi¬
dence par les pesées est marquée par la disparition au
début du séjour d'une graisse de mauvais aloi. — Pour
que ce poids ait une valeur statistique, il faudrait des
pesées fréquentes et l'établissement d’une courbe. Quaut
à la mesure du périmètre thoracique, il n’est pas besoin
d’en faire une longue critique pour en faire voiries
inconvénients. Elle est en effet entachée de nombreuses
causes d’erreurs.
D'abord l’épaisseur du vêtement qu'on laisse sur le
dos de l’enfant et qui ne sera pas fait du même tissu
le premier jour et le dernier. Puis, l’épaisseur du revê¬
tement de tissu cellulaire, dont la variation peut ne
pas être du même sens que celle des muscles et du
périmètre de la cage thoracique osseuse, comme nous
l’avons indiqué à propos du poids. Puis encore, le péri¬
mètre varie considérablement, pour peu que l'on s'éloi¬
gne des points de repère fixes. Enlin, on néglige d im¬
mobiliser la cage thoracique dans une des positions
extrêmes : inspiration ou expiration forcées, et, dès
lors on s’expose à noter des mesures énoncées qui s'éche¬
lonnent entre les mesures extrêmes.
Si, après avoir fait la critique de ces procédés de men¬
suration, et surtout du dernier, nous plaçons en regard
le mode de mensuration dont l'étude fait l’objet de
cette note, nous ferons des constatations entièrement
intéressantes, et nous ser,ons frappés de la disparition
des causes d’erreur : nous évaluons à la premier
mensuration les périmètres I et E et nous en tirons la
donnée I-E. Soit de chiffre exprimant la variation QU
fait 'subir à la donnée I l’interposition de vêtements o^
la présence de tissu cellulaire, la donnée I devien
1 -f e. Il est clair que la donnée E devient E
la différence (I -f e) — (E -(- =) est mathématiquem
égale à I — E.
A la deuxième mensuration, l’épaisseur des J®
ments a changé et le sujet a maigri ou engraiss^j^^
représente alors par * l’épaisseur de vêtement
biné avec la variation de la couche cellulaire s
cutanée. i
Alors r dc.vient P -b E' devient E' + “ jf; pv* il
née (P -f « - (E’ + ») reste égale à P --
appert qu on peut comparer (P -f- ®) — ^ p- 1 1— E-
(I + s)_(E -f e) comme on comparaît!’ - E J
D'autre part, nous avons constaté expérimenta
que, si I et E changeait sensiblement lorsqu on
tait des points de repère, la différence I — E res e
blement la même. En outre, toutes les jje
prises à des points extrêmes et fixes, ceJlH'^®^^..^
(1) Nous nous proposons, au cours du séjour des vf»)
siennes de 190o, d’étudier cette question intéressante,^-
bien nous autoriser à effectuer des mensurations »
enfants.
LE PROGRÈS MÉDICAL
513
. gj. à I et à E des valeurs intermédiaires corres-
' ndant aux différentes positions de la cage thoracique
Kdant l’acte respiratoire.
ici enfin, pas plus que chez les jeunes soldats, il n’y
uraàtenir compte des mouvements du diaphragme, le
type respiratoire thoraco-diaphragmatique étant déjà
Jéfinitivement établi.
Mais, quelle peut être pour les hygiénistes la signi¬
fication et la valeur de cette mesure de l’ampliation du
nérimètre thoracique ? L’augmentation normale de
poids et de taille indique bien certainement la marche
normale du développement et une amélioration de
létal de santé. Quant à l’augmentation de la donnée
l-E, elle indique une amélioration de la formation res¬
piratoire, amélioration portant directement sur l’acte
mécanique et physique, mais retentissant indirecte¬
ment et d’une façon très intense sur les phénomènes
purement physiologiques et chimiques de cette fonc¬
tion.
Quel est le but médical des œuvres d’hygiène appe¬
lées Colonies scolaires, sinon d’armer les enfants de la
capitale contre ce terrible fléau des villes qu’est la tu¬
berculose. L’amélioration de l’état de santé occasionnée
parle séjour à la campagne et constatée par l’augmen¬
tation de poids et de taille est certainement un puissant
facteur de cette lutte. Mais combien plus l’augmenta¬
tion de la capacité thoracique, l’éducation en quelque
sorte de la respiration, faites la campagne a:i cours des
longues excursions dans la montagne et des jeux en
plein air, favorisant l’hématose, activant la circulation,
retentissant enfin en général surtout l’organisme, com¬
bien plus cette notable amélioration est-elle efficace à
mon avis, dans la lutte contre la tuberculose.
D’ailleurs, celte augmentation, constatée au bout de
fiois semaines, n'est que le début d’une augmentation
Ps grande. L’enfant n’a fait en quelque sorte que son
«ocation respiratoire, éducation qui portera tous ses
W'ts au cours de l’année suivante. Aussi serait-il inté-
ffssant de retrouver les jeunes sujets et de les suivre
séjour en Colonie. Toutes ces considéra-
ns semblent assez éloquentes pour marquer une très
„ place à la mesure de l’ampliation du périmètre
^oracique dans les mensurations des colonies scolaires,
l’emplacement de la mesure pure et simple du péri-
i|j^jJ®*‘'°>’acique, donnant des résultats trop relatifs et
■boa entachés d’erreurs. ^lais cette mensura-
d’application facile et n’introduil-elle pas
. uncultés dans la mensuration des sujets des Colo-
scolaires ? Tout d'abord, peut-être est-elle un peu
j”®sue et plus pénible que la mensuration simple
delà double opération qu elle nécessite et de
’«at "jg dans laquelle on se trouve de répéter sou-
’ <(«S(le* d’inspiration et d’expiration for-
I n’ont pas compris ou qui ne
tieaçg respirer. Cependant nous savons par expé-
[^Ure peut facilement me surer 60 sujets en une
•ûe l’éloignement des points de repère n’ait pas
Jfeadre considérable, il est cependant utile de
Hiquerle^* Peinlsde repère. On a pris l’habitude d’ap-
métrique horizontal, de telle sorte que
'®HopjA®’^Périeur soit tangent à l’angle inférieur de
étant allongé sans raideur le long du
|“^esso, viendra passer en avant, exactement
d*''®led' ” mamelon du sein. Il faut également
g r^^phragme dans les mêmes conditions chez
^ Jet et pour chaque mensuration. Pour cela il
faudra opérer à une heure où la vacuité de l’estomac soit
aussi complète que possible, c’est-à-dire avant le petit
déjeuner ou le repas de midi. Il faudra aussi tenir la
main à ce que chaque sujet ait vidé son gros intestin
avant chaque mensuration et aussi libérer la paroi ab¬
dominale de toute compression par caleçon, ceinture,
pantalon, etc.
En observantees précautions on ades chances d’opé¬
rer en dehors de toute cause d’erreur et de faire de la
bonne statistique.
Lorsque les jeunes colons parisiens arrivent à la cam¬
pagne, ils présentent à la descente du train un teint pâle,
des lèvres décolorées, une peau transparente, les sclé¬
rotiques bleuâtres, les paupières rougies, les membres
grêles, en somme, tout le tableau d’enfants étiolés par
le séjour de la ville.
Mais à la tin de leur cure de bon air, d’exercice et
de nourriture saine, quel changement.L’œil brille d’un
éclat plus net, le teint rougit sous le hàle, les muscles
semblent plus fermes ; mais, pardessus tout, la taille
s’est redressée, les épaules s’écartent, la respiration de¬
vient plus régulière, l’inspiration plus profonde, l’ex¬
piration plus complète. Les grandes courses à travers
les bois et les prairies, en môme temps qu’elles toni¬
fient leurs muscles, font en quelque sorte l’éducation
de lenr respiration. Cela est très net pour quiconque
les a suivis dans leurs promenades. En effet, les courtes
excursions du début les fatiguent, mais, lorsqu’on les
interroge sur le siège de leur lassitude, la plupart indi¬
quent d’un geste caractéristique leurs muscles inspira¬
teurs, la fatigue ne ge manifestant dans les membres
inférieurs que comme accessoire. Mais petit à petit, la
respiration se régularise, et, au soir d’une grande ex¬
cursion, on ne se plaint que de ses jambes, quand on se
plaint.
Plus tard, rentrés chez eux, ils voient sûrement se dé¬
velopper en eux les effets de cette éducation respira¬
toire et nous sommes persuadés qu’il serait intéres¬
sant de revoir à une année d’intervalle les enfants chez
lesquels on aurait mesuré et noté l’ampliation thora¬
cique. Ils doivent, grâce à la façon énergique dont
cette gymnastique respiratoire, effet d’une éducation
inconsciente facilite les échanges gazeux, et l’hématose,
offrir un terrain incomparablement plus résistant à
l’invasion bacillaire. Nombreuses doivent être les bacil¬
loses ainsi jugulées alors que l’embonpoint n’â jamais
arrêté la marche envahissante des tubercules. Et si un
enfant revient de son séjour à la campagne sans avoir
gagné ni un pouce de taille ni une once de graisse, si
sa poitrine se dilate plus vigoureusement, et s’il respire
mieux, ses maîtres et ses parents n’auront qu’à se féli¬
citer du résultat obtenu.
NARCYL GRÉMY médicament spécifi¬
que de la toux, spécialement de la toux des tu¬
berculeux.
Chronique des hôpitaux.
Hospice de Bicêtre {Fondat'on Vallée). — M. Bournevii.le.
Visü': du service (gymnastique, travail manuel, écoles et présen¬
tation de malades) le samedi à 10 h. très précises. Consultations
médico-pédagogiques, gratuites pour les enfants ttidtÿenfi atteints
de maladies' du syslème nerveux, le jeudi à 9 li. 1/2. On se rend
SL la l’ondation Vallée par le tramway de Montrouge et on prend
le tramway qui va de la porte d’Orléans au métropolitain et on
s’arrête à la station de la route de l’Hay.
516
LE PROGRÈS MEDICAL
BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL
Céruse et blanc de zinc.
La céruse n'a qu’à bien se tenir ; depuis plus d’un
demi-siècle, on a signalé les dangers de son emploi et
une campagne a recommencé contre elle, que mènent
les hygiénistes, les médecins, le Parlement et quelques
journaux.
Ce n’est point le lieu de signaler encore les dangers
de la céruse ; ils sont décrits dans les traités classiques,
ils alimentent les discussions des Sociétés savantes et
emplissent des colonnes de journaux. Une importante
discussion a eu lieu, notamment à la Société de méde¬
cine do Rouen, à l’occasion d’un travail intéressant du
D'’ Deshayes(l), traitant de la céruse et du saturnisme
chez les peintres en bâtiments, à Rouen et en Nor¬
mandie, et la Société maintient le vœu de la substitution
du blanc de zinc au blanc de céruse.
Mais ce ne sont pas seulement les ravages que cette
substance exerce sur l’individu, qu’il faut envisager,
ce sont surtout ses terribles conséquences sur la des¬
cendance, elles ont été bien mises en lumière par le
D'' Bourneville (2), qui, à plusieurs reprises, a insisté
sur ce sujet.
Tous les auteurs sont d’accord pour reconnaître que
le saturnisme n’est pas seul en cause ; l’alcoolisme est
un facteur dont la funeste gravité n’échappe à personne.
Quoi qu’il en soit, on n’instruit pas seulement le procès
du blanc de céruse, on instruit aussi celui de l’alcool ;
on émet des vœux, mais aucune solution n’intervient.
Sans doute, on a déjà, en maints endroits et dans
maintes entreprises, substitué le blanc de zinc au blanc
de céruse et, selon que l’on interroge tel ou tel ouvrier,
c’est telle ou telle substance qui a ses préférences. Je
ne connais pas encore d’exemple de, nocivité du blanc
de zinc, mais j’ai peine à croire que, quand cette
substance sera employée sur une aussi veste échelle
que la céruse et après un nombre d’années suffisant, on
n’observera pas de maladie qui ne lui soit imputable.
A moins pourtant que, en raison des progrès inces¬
sants de l’hygiène et de sa pénétration dans les masses,
chaque ouvrier sache se laver fréquemment les mains
et les dents, renonce à l'alcool et cherche à se sous¬
traire aux maladies évitables.
Ce qui est certain, c’est que les ouvriers préfèrent
travailler avec la céruse, qui demande de leur part un
moindre effort immédiat que le blanc de zinc, et que
certaines maisons rendent hommage à cette dernière
substance, en qualifiant hypocritement la céruse dont
ils se servent de « substance spéciale », sur laquelle
les ouvriers ont ordre de ne donner aucune explication.
Les responsabilités qu'entraînerait le vote de l’exten¬
sion des lois sur les accidents du saturnisme feraient
assurément réfléchir ces industriels. Les ouvriers qui
manient la céruse et en sont les victimes constituent
(1) La Normandie médicale, 1" janvier 190C.
li) Recherches cliniques et Ihérupeuliques sur l'épilepsie, l'hys¬
térie el l'idiotie, par Bourneville, Paris. Aux bureaux du Progrès
médical, 14, rue des Carmes, F. Alcan, édit.. 108, boulevard Sainl-
Germain, 1904.
déjà un formidable réquisitoire contre une industriel ''
qui les frappe en eux-mêmes et dans leur descendance \!c
Dans ce duel entre la santé des ouvriers pauvres et *|i
l’industrie si riche de la céruse, qui l’emportera'? 11 jjv ix
a pas que des hygiénistes au Parlement,ily aaussi des
hommes d’affaires ; le temps n’est pas bien éloigné où fa
l’on en comptait 104. Espérons qu’il n’y en a pas même U
un et que ce sera dans la pleine indépendance de leur]
jugement et pour le seul bien public qu’ils rendront un
arrêt, après avoir entendu M. le commissaire du gouver- h
nement, dont la voix a tant d’autorité dans le public ■
extra-médical, leur faire le tableau du saturnisme, et, I
désignantla coupable de ces méfaits, leur clamer: «. C’est I
la céruse. Messieurs. » D" André Lombard. 1
L'eau oxygénée chimiquement pure et neutre nepeut
être obtenue qu'en diluant le
PERHYDROL-MERCK, titré à 100 voi.
- — — — — ^ t
CONGRÈS DES ALIÉNISTES & NEUROLOGISTES,
DE LANGUE FRANÇAISE
(Lille, Août IDOii.)
Le sang chez les aliénés.
Le rapport de M. le G'' Dide que nous avons publié dans
le n" 3'2 a donné lieu à la discussion suivante :
M. ÏATY félicite M. Dide de ce travail appelé à prendre
place désormais dans tous les laboraloires de médecine men¬
tale. Il le remercie de. l’allusion faite dans son rapport aui
travaux de l'Ecole lyonnaise sur la typho-psychose, travaux
sur lesquels il reviendra d’ailleurs en communiquant au Con¬
grès quelques expériences sur ce sujet. Il demande à M.Did®
s’il a eu l'occasion de rechercher dans le sang le spirochaete
pallida. Trois examens de foie qu’il a faits lui-même dans w
but ne lui ont donné que des résultats négatifs. L’un J® J®
examens fut fait dans des conditions très favorables, M- TatJ
ayant suivi la malade depuis les accidents syphilitiques se¬
condaires jusqu’à l’éclosion d'une paralysie générale qui
cessita l’internement cinq ans après les premiers
syphilitiques ét se termina par la mort après cinq
ternement. Aucun spirochète ne put être mis en évide
dans le foie. , .
M. Dide ne peut que confirmer ces constatations negau
Toutes les recherches hématologiques qu’il entreprit ®
jet avec M. Bodin furent négatives et cela conflrine,
M. Dide, la possibilité de la guérison de la paralysie g®®®
par le traitement habituel de la syphilis. . jj.
M. (Maurice Faure rappelle les travaux qu’il fit <1®°® ,.
boratoirede M. Gilbert Ballet, de 1898à l'JOl, avec la
ration de Laignel-Lavastine et Rosenthal, en j L^les
le sang et dans les humeurs, une ®xpficafion d^ *
mentaux. La recherche des microbes porta jnprend
l'on peut diviser en trois séries: une première série co
les recherches faites sur le cadavre dans les à d*
eux-mêmes, dans environ lOOcas où la mort avait été d
maladies infectieuses variées accompagnées fi j,pbi®”*
taux. Il ne trouva que dans cinq casdes éléments
dus certainement à des fautes de technique : les
trouvaient dans les vaisseaux, par conséquent “““Lj pré®®"
et présentaient les mêmes caractères que des jgpxié®*
demment décrits comme pathognomoniques. I ® pef"
série porte sur C'i cas d'affections diverses des ^ la'i®’
veux ; le liquide céphalo-rachidien, examiné P®^. ppesd®^'
présenta, dans quelques cas. des colonies microbie ipji
là encore, à des fautes de technique. Enfin, fi^^f = pr«^
sième série de 46 cas d’examens de sang de malao -
LE PROGRÈS MÉDICAL
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Srouchite chronique
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ïièyres intermittentes, paludée mes
Inflneaiâ; etc. . '
ïèritaa'* snscüipe/ de h Né^ralgin
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le phosphore qui entre dans sa composition que les
jntres sels de quinine ; saUsiià, cblarhydrate, etc.,
fermés d’un acide sans valeur thêrr poutique.
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eofnposés de phosphore au icinimuin u’oxydation
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LE PROGRÈS MÉDICAL
517
nt des maladies aiguës diverses avec délire, une seule fois |
omit en évidence un élément microbien, c’était le bacille j
j-Eberth dans un cas de fièvre typhoïde.
Maurice Faure est frappé de la différence qui existe en¬
tre ces résultats et les résultats contenus dans le rapport,dont
fauteur décrit une vingtaine d’espèces microbiennes banales
trouvées dans le sang de ses opérés. 11 est d’accord avec M.
pide sur l'influence des toxines charriées par le sang, alté¬
rant les fonctions et la morphologie des éléments cellulaires
centraux et c'était, d’ailleurs, par cette conclusion que s’étaient
terminés, en 1901, les travaux de l’auteur.
.M. S.VBR.VZÈS (de Bordeaux). — J’ai fait, avec MM. Régis et
Laurès, des recherches très complètes sur la composition et
les réactions du sang d’un certain nombre de sujets atteints
d'affections du système nerveux (méningite chronique, con¬
fusion mentale, démence précoce, stupeur mélancolique, dé¬
générescence hyslériforrne, paralysie générale juvénile, etc.l
Ce qui est le plus remarquable dans les résultats que nous
avons obtenus, c’est leur discordance mous avons noté tantôt
del’tiyperglobulie, tantôt une légère anémie, tantôt delà leuco-
qtose, tantôt un chiffre normal de leucocytes, ainsi que des
variations de sens contraire des rapports réciproques des glo¬
bules blancs, un retard ouune accélération delà coagulation,
etc., etc.
J'ai toujours été frappé, d’autre part, de l'insignifiance des
modifications du sang par rapport à l’énormité delà tare
nerveuse et à l'intensité des lésions et des troubles fonction¬
nels du système nerveux.
Sans doute, les causes morbigènes qui peuvent être à l'ori¬
gine de la vésanie, causes qui sont parfois infectieuses ou to¬
riques, exercent leur influence et sur les centres nerveux et
sur la crase sanguine ; aussi n'est-il pas surprenant que ledé-
but d’une telle vésanie s’accompagne de modifications du
sang, imputables à ces causes plutôt qu'à la tare nerveuse
contemporaine, et variables avec elles (paludisme, fièvre ty-
pho'ide, tuberculose, alcoolisme, syphilis, puerpéralité, etc.).
Mais les modifications des organes hématopoiétiques et du
sâng sont purement transitoires. 11 est vrai que les tares ner¬
veuses survivent sou vent aux causes morbigènes et continuent
e se répercuter de neurone à neurone sans influencer nota¬
blement le milieu sanguin. Aussi, à l’acné des vésanies, le
ssng peut-il se révéler cytologiquement normal, bien entendu
sd n existe pas d’autres tares organiques susceptibles d’agir
pour leur propre compte sur sa composition, plus puissam-
®ent que la tare nerveuse (cardiopathies, brightisme, tuber-
*>lose, etc.). Bien d’autres facteurs, étrangers a la vésanie ou
dans Une certaine dépendance vis à-vis d’elle, influent sur le
*ang des aliénés ; les agents médicamenteux, la thérapeuti-
jne physique, les conditions de vie au grand air ou claustrée,
•a jeûne et la digestion, le repos ou l’exercice, le régime laclé
0 mixte, les troubles vasomoteurs (états émotifs, hallucina-
Ole. 11 faudra tenir compte de tous ces éléments dans
déterminations et aussi dans les interprétations hémato-
^tques futures. Encore faut-il ne pas oublier que, actuelle-
des variations très grandes dans les résultats sont im¬
moles à la technique et à l’équation personnelle,
a somme, je crois que bien des tares nerveuses une fois
ujimses ne troublent pas d'une façon sensible la composi-
les** l®°^,Pdologique du sang, lequel subit par contre, chez
*iôscomme chez d’autres sujets, des influences autre-
‘Punissantes. 11 semble, en outre, contrairement à l’opi-
sent •^^'ntenue par M. Dide, que les centres nerveux se sufli-
Lçj ^ ^^n^'inèmes dans la défense contre les toxi-infections.
taijg.^los blancs du sang n’y interviennent que dans cer-
DjjjV^l^olions suraiguës, méningites suppurées, abcès, etc.
i^'^^.nnnnaations chroniques ce sont, soit les cellules
tbéii ®®des libroblasies, dos parois vasculaires et des endo-
ms qui réagissent au cours des processus méningés et
qajjjj^os, soit les cellules né vrogliques qui interviennent
Siaiion nerveuse est impliquée dans des inilam-
M. R * ^®nles ou dans des nécrobioses.
bordeaux). — Je regrette que M. Dide n’ait pas
Ses dans son rapport, la courbe urologique de
leûi’ j.^®nts intoxiqués, en în comparant à leur courbe ou à
^mule hématologique. En ce qui me concerne, j ai tou¬
jours constaté qu’aux modifications en plus ou en moins des
éléments figurés du sang correspondaient toujours des mo¬
difications de même sens dans la composition des urines.
Par contre, je partage complètement l’opinion de M. Dide —
opinion qui a du reste été souvent émise — relativement à
l inlluence heureuse de certaines infections sur l’évolution de
quelques maladies mentales. Dans ces derniers temps, des
améliorations et même des guérisons ont été obtenues par
diflérents auteurs, qui n’ont pas craint d'injecter à des aliénés
des virus atténués.
M. SicARD (de Paris). — Je puis rappeler à ce propos les re¬
cherches infructueuses du tréponème, faites par M. Queyrat
et par moi, dans les centres nerveux et dans les méninges de
plusieurs paralytiques généraux et tabétiques.
M. LÉRiîde Paris). — J’ai recherché également, sansle moin¬
dre succès, le tréponème pâle dans le sang et au niveau des
centres nerveux d’un sujet qui a succombé à une méningo-
myélite ascendante aiguë développée au cours d’une syphilis
récente.
àl. Didk. — Succombant sous le poids des éloges qui me
payent, et bien au delà, de mon effort, j’essaierai cependant
de répondre aux objections que vous avez bien voulu formu¬
ler.
Je suis tout à fait d'accord avec MM. Taty et Sicard, et la
recherche du spirochætepallida est toujours négative dans le
sang et les organes des paralytiques généraux.
Les constatations de M. Sabrazès sont incontestables, mais
je pense qu’il faut, pour édifier une formule leucocytaire
d’un état psychopatique, étant donné les contingences, les
difficultés pratiques, un très grand nombre d'examens pour
conclure et quelques résultats discordants s'annulent dans de
longues séries.
Quant à la question des variétés leucocytaires, j’y ai con¬
sacré des développements suffisants, je pense, pour que je,
n’aie pas besoin d’insister ; je ne me suis pas étendu sur ce
point dans mon exposé oral pour ne pas fatiguer l’attention
des congressistes qui ne se sont pas spécialisés dans l’hémato¬
logie. Les altérations des para-thyro'ides n’ont jamais, que je
sache, été signalées chez les aliénés.
Les constatations négatives de M. Maurice Faure viennent
de ce qu’il a ensemencé à une époque où la technique était
mal réglée; il s’est servi de tubes et, actuellement, on emploie
des ballons contenant 2.j0gr. de bouillon qui sont indispen¬
sables pour arriver à des résultats positifs.
Enfin, le reproche de M. Régis de n’avoir pas parlé des
rapports de l’hématologie et de l’urologie m’a été d’autant
plus sensible que je possède ungrandnombre dedocumenls
sur la question, je ne les ai pas publiés craignant d’allonger
à l’excès mon rapport, dont le cadre m'était fixé.
Le cerveau sénile ;
Rtipporl présenté par M. le D'Lsri.
Nous avons publié dans le n° 31 le résumé détaillé du rap¬
port de M. Léri. Nous donnons aujourd’hui la discussion.
M .Angl.ade (de Bordeaux). — Il y aurait eu, à mon avis,
une manière bien séduisante d'envisager, dans son ensemble,
la question comple.xe du cerveau sénile. C’était de considérer
d’abord les troubles psychiques qui, lorsqu’il s’agit du cer¬
veau, doivent toujours garder la préséance, ensuite les trou¬
bles moteurs, sensitifs, sensoriels, réflexes, etc., et, cela fait,
d’envisager les lésions multiples du cerveau sénile, pour ten¬
ter enfin une superposition des données cliniques aux alté¬
rations anatomiques.
11 est vrai que le rapporteur, s’il a mis les troubles psychi¬
ques au dernier plan, ne les a pas moins bien décrits : il nous
a montré le vieillard toujours quelque peu sénile psychique¬
ment, et le sénile toujours mentalement affaibli, souvent dé¬
lirant, excité, déprimé, etc. etc. J’ajoute que le radotage sénile
est fréquemment associé à un degré d'aphasie sensorielle
(jargonaphasie, paraphasie, aphasie amnésique, etc., etc. et
enfin que la démence sénile réalise, quand elle se complique
d’un appoint méningé, le syndrome complet de la paralysie
générale. La paralysie générale sénile est bien une réalité cli¬
nique.
518
LE PROGRÈS MÉDICAL
Au point de vue neurologique, il y a également quelques
lacunes dans l’exposé clinique de M. Léri. Le cerveau sénile
traduit sa sénilité non seulement par des hémiplégies, des
paraplégies,des accidents convulsifs, mais encore par des trem¬
blements, des troubles delà réflectivité, de la sensibilité gé¬
nérales spéciale, etc. Il est vrai qu’il y a dans le rapport une
brève indication sur l’état de la réflectivité : le réflexe des or¬
teils serait ordinairement en extension dans les hémiplégies et
paraplégies lacunaires. De mon observation il résulte, au con¬
traire, r^ue le réflexe de Babinski se produit, habituellement,
en flexion. Les tremblements, les troubles sensoriels et sen¬
sitifs, etc., ont été passés sous silence. Pourtant, les troubles
de l’olfaction, de la vision et de l’audition sont fréquents
dans la sénilité,et il s’agit d'organes qui sont des émanations
cérébrales, que la sclérose frappe au même titre que le cer¬
veau et parfois de bonne heure.
Ces regrets exprimés, j’arrive au fond de la question, à l’é¬
tude des lésions de la sénilité cérébrale. La lésion des cellu¬
les cérébrales est indiscutable. Les éléments nerveux sont
altérés qualitativement et quantitativement. L’altération quan¬
titative a ici plus de valeur encore que l’altération qualita¬
tive. Les vaiseaux sont souvent lésés ; pas toujours de la
même façon ni au même degré. 11 est manifeste qu’on a exa¬
géré considérablement le rôle des lésions vasculaires. En réa¬
lité, l’atrophie sénile, les formations lacunaires ne sont pas
le résultat d’une nécrose pure et simple résultant d'une obli¬
tération artérielle. Dans tout le cerveau d’un dément sénile,
au niveau des foyers chez les lacunaires, ce qui frappe sur¬
tout c’est l’importance de la réaction encéphalitique intersti¬
tielle inflammatoire. On peut différer d’avis sur la significa-
cation de cette réaction, soutenir avec de bons arguments
qu’elle est primitive ou seulement secondaire ; ce que tout
le monde reconnaîtra après examen de mes préparations, c’est
la réalité de cette réaction névroglique toujours intense.
La sclérose des séniles se présente sous deux aspects très dif¬
férents. Elle est diffuse, englobe tout le cerveau ; cette diffu¬
sion souffre pourtant des prédominances régionales. Un sénile
jargonaphasique, par exemple, a toujours une temporale
gauche plus scléreuse. Le caractère essentiel de cette sclérose
diffuse est de ne pas aboutir à la formation lacunaire. Au
contraire, dans une catégorie de cerveaux séniles, celles qui
a été plus spécialement visée dans le rapport, la sclérose n’est
pas aussi diffuse ; elle s’organise par plaques et aboutit à la
lacune. Voici comment : c’est d’abord la réunion en un point
qui n’est pas toujours le voisinage d’un vaisseau, d’arthrocy-
tes géants et néoformés, multinucléés.à protoplasma visible,
à gros prolongements formés de groupements fibrillaires . A
cet aspect caractéristique succède celui du tassement fîbril-
laire avec effacement des figures arthrocytaires, disparition
des noyaux. La plaque de sclérose est mûre ; elle va s’effri¬
ter et la lacune commencera. Le processus inflammatoire
gagne au pourtour de cette lacune et par la transformation
successive des éléments, la lacune s’agrandit, lorsque toute¬
fois, comme il arrive surtout chez un sujet jeune, il n’y a pas
une tendance à la limitation cicatricielle. Les diverses étapes
de cette formation lacunaire peuvent être aisément suivies
sur de bonnes préparations et particulièrement sur des cou¬
pes de cervelets lacunaii es.C'est par un processus identique,
mais superficiel.que se réalise l’état vermoulu, qu’ilfaut rap¬
procher d’une lésion identique,selon moi, au niveau de l'é-
pendyme. On y voit se former des plaques de sclérose sous-
épendymaire qui se détachent et tombent dans le ventricule,
laissant à la paroi un aspect rugueux.
Si j’essaie maintenant de faire une tentative de superposi¬
tion, je dirai que la sclérose diffuse correspond à la démence
sénile avec excitation maniaque, mélancolique, parano'iaque,
etc., avec jargonaphasie-paraphasie intermittente ; à la para¬
lysie générale sénile, landis qu'aux états lacunaires corres¬
pondent plus particulièrement les troubles de la motilité, de
la sensibilité, de la réflectivité. Ce qui ne veut pas dire que
l’état lacunaire n’occasionne pas la démence. Je crois pou¬
voir faire, à ce propos, une distinction : pour qu ily ait une
démence dans les états lacunaires il faut que l’écorce soit
atteinte. Cette règle souffrequelques exceptions. Les lacunes
de.s étages inférieurs avec intégrité corticale peuvent être très
importantes sans entraîner une déchéance intellectuelle ao
table. J’ajoute qu’avant d’interpréter les diverses formes m
raplégiques par ces lacunes, il faudra s’enquérir de l’état du
cervelet. 11 n’a rien été dit de ce cervelet chez les lacunaires
et pourtant il est toujours intéressé à un degré qui pour être
microscopique, n’en est pas moins très accusé. On ne peut
interpréter correctement ces troubles de la marche des séniles
ou les désordres de l’équilibration semblent bien clinique-
ment jouer un rôle tant qu’on méconaîtrales lésions cérebel-
leuses dont je signale l’extrême fréquence.
Je devrais me borner à vous présenter des faits. 11 me sera
permis cependant de faire une incursion dans le domaine
des considérations hypothétiques. Il m’a semblé, en regar-
, dant de nombreuses préparations provenant de maladies
cérébrales très différentes, que l’on pouvait considérer la cel¬
lule nerveuse et la cellule névroglique comme des sœurs en¬
nemies s’observant tout le long de l’existence, toujours prêtes
à se combattre à la première occasion morbide. La maladie
diminue la résistance de la cellule nerveuse, exalte, au con¬
traire, l’activité de la cellule névroglique. L'une réagit par la
mort, l’autre par la prolifération. 11 est frappant de constater
qu’en lin de compte la névroglie triomphe avec le secours
de toutes les causes de la sénilité. Dans le cerveau qui suc¬
combe, un élément semble doué d’une puissante vitalité,
c’est la névroglie.
M . R.-i YMOND. (de Paris) .—Je dési re rappeler que MM. Lejonne
et Lhermitte ont publié sous ma direction différents travaux
sur les paraplégies des vieillards et montré que parmi c«
paraplégies certaines sont d’origine cérébrale, d’autres d'ori¬
gine médullaire, d’autres enfin d'origine musculaire.
Les paraplégies cérébrales sont bien dues aux lacunes de
désintégration, mais à côté de l’hémiplégie décrite par MM.
Pierre Marie, Ferrand, etc., hémiplégie qui peut se terminer
par une pseudo-paraplégie, il existe des paraplégies vraie»
d'emblée, qui forment un type clinique parfaitement dis¬
tinct.
Les paraplégies myélopathiques reconnaissent pour cause
la sclérose polyfasciculaire de la moelle. MM. Lejonne el
Lhermite, en examinant d’une façon systématique, chez plu¬
sieurs malades, la moelle et le cerveau sur de nombreuses
coupes microscopiques, ont établi solidement fexistence
anatomique de cette forme de paraplégie .
11 peut évidemmentexisterchez les vieillards des scléroMS
médullaires polyfasciculaires sans paraplégie, de même qu n
existe chez eux des lacunes cérébrales sans hémi ni paraplé¬
gie : ce n’est pas là un argument pour refuser à la sclérosé
polyfasciculaire. pas plus qu’on ne la dénie aux lacunes. »
faculté d’être, dans certains cas, l’origine des troubles mo¬
teurs, et dans l’espèce de paraplégies.
M.Gr-vsset (de Montpellier). — J’appelle fattention sur u
détail curieux de certaines formes de paralysie cérébrale eue*
les scléreux qui marchent à petits pas et en raclant m®? '
c’est la conservation de la force du mouvement
Quand on dit à ce malade, qui soxdève à peine les pieds
trébuche à la moindre irrégularité du sot, de
^échissant la cuisse très haut, en steppant, il exécute
faite ment ce mouvement à son grand étonnement.Deme_
si l’on prend chaque articulation l'une après l'autre, et si ^
lutte contre le malade pour chaque mouvement succès
ment, on constate qu'il a conservé une grande force.
particularités que je signale étaient confirmées, od poo
conclure qu’il s’agit d’un trouble de l’automatisme mo ’
de la marche inconsciente, delà coordination cérébrale P
tôt que de la marche volontaire et consciente de la 'd
motrice, et ceci distinguerait symptomatiquement les
dont je parte des faits de paraplégie médullaireet d hem V
gie cérébrale bilatérale. .:gnt
M. Meige (de Paris). — La distinction que M.
d’établir entre les mouvements spontanés et les moi^®
après commandement, dans certains cas d'hémi ou de
plégie cérébrale, est très utile à connaître, car elle P^gja
d’obtenir de très réelles améliorations au point de
motricité en apprenant à des malades comment ils P
agir plus, en voulant plus et mieux. ,, , offi
M. Léri répond à M. Anglade qu’il a fait, dès le de
LE PROGRÈS MÉDICAL
519
tentative de superposition des lésions anatomiques et des syn-
^mes cliniques ; en dehors d’un petit nombre de faits, cette
superposition, très tentante au premier abord, ne lui a pas
Lru réabsable pour l’ensemble de l'étude du cerveau sénile ;
encore un idéal vers lequel doit tendre l’avenir et, actuel¬
lement, il a été obligé de se contenter de faire de fréquentes
incursions dans la clinique à propos de l’étude anatomique et
dans l’anatomie à propos de l'étude clinique. S'il n’a pas com¬
mencé l'étude du cerveau sénile par la description de la
déchéance mentale, c'est que le cerveau est, non seulement
l'organe de la pensée, mais aussi l’organe central du mouve¬
ment, de la sensibilité et le rapporteur ne pouvait perdre
de vue qu'il avait à traiter une question de neurologie.
M. Léri s'incline devant la haute compétence de M. Anglade
en matière de névroglie, mais il se demande pourtant si l’im¬
portance de la prolifération névroglique est aussi grande ;
^ut-être n'est-elle pas primitive et. en tous cas, il insiste sur
ce fait qu’elle ne lui paraît pas être la cause constante des
lacunes de désintégration
.4. M. Grasset, il répond que l’intégrité des mouvements
volontaires isolés des membres chez les hémiplégiques lacu¬
naires forme, en effet, un contraste frappant avec les troubles
de la marche ; il était très intéressant de signaler, comme l’a
fait M. Grasset, l'intégrité de la « marche volontaire » avec une
altération prononcée de la « marche automatique ».
M. Léri, répondant à M. Raymond à propos des importantes
recherches de Lejonne et Lhermitte sur les paraplégies des
vieillards, rappelle la distinction qu’il a faite dans son rapport
entre les « pseudo-paraplégies » par hémiplégie bilatérale
kcnnaire, des paraplégies vraies, soit lacunaires, soit myélo-
pathiques. Comme le fait remarquer M. Raymond; ces para¬
plégies lacunaires seraient peut-être dues surtout à des
lésions bilatérales des lobules paracentraux. D’un autre
côté, dans certains cas où les lésions des faisceaux pyrami¬
daux dépendent manifestement des lacunes cérébrales, d’une
lacune de la capsule interne, par exemple, ces lésions pyra
midales sont pourtant beaucoup plus nettes dans la région
dorsale dans la région cervicale ; cela tient, sans doute, à
une sorte de condensation des fibres du faisceau pyramidal
dans les régions inférieures, plus ou moins analogues à la
condensation des fibres radiculaires postérieures dans le cor¬
don de Goil à la région cervicale.
M. le D'- Chocraux qui a facilité notre tâche nous a adressé
la note suivante :
Le Comité d'organisation du prochain congrès s’est réuni le
vendredi 3 août, à 6 heures du soir, composé du bureau du
Congrès actuel, auquel se sont adjoints les anciens présidents
Vice-présidents, secrétaires généraux.
L’.4ssemblée générale a eu lieu le samedi, 4 août, à 11 heu¬
res du matin. Il y avait 84 membres présents.
Il a été décidé que le Congrès se tiendrait en Suisse et
^'^p^dcait le nom de Congrès de Genève et de Lausanne.
^ "résident : Le prof. Prévost (de Genève). — Secrétaires géné-r
“aa: : professeurs Berdez (de Lausanne), Long (de Genève).
Comité d'org.vnisation :
^.Comité Genevois. — Professeurs: Prévost, Bard, Weber,
yspine, Flournoy, Martin, Ladame, Claparède, Long,
toniite Vaudois. — Professeurs : Berdel, Bouyet, Mahaim,
Herzen, Deucreville, Witzner, Paschand, Loi], Zbin-
,jgpC^telain (de Neuchâtel), Dubois (de Berne), Serrigny
Questions choisies :
^ : Définition et nature de l’hystérie. — Rappor-
p • Wof' Claude, de Paris, un doct. suisse N...
Pfof A *^** **^ ■ psychoses périodiques. — Rapporteur :
jjL^llieaume, de Paris.
leyide : L’expertise médico-légale et la question
pjj^^nsabilité . — Rapporteur: prof. Gilbert Ballet, de
Lee
hd07 décide ensuite de nommer pour le congrès de
•m vice-président qui sera de droit président du con¬
grès de 1908. Le vice-président élu est le D'' Collerre (de La
Roche-sur-Yon) ; élu au bulletin secret.
Le Congrès adopte ensuite à l’unanimité la proposition de
nommer un Comité permanent du Congrès des médecins
aliénistes et neurologistes de France et des pays de langue
française. Le Comité permanent se composera de sept mem¬
bres renouvelables par tiers tous les 2 ans et non rééligibles
immédiatement. Ont été élus : Secrétaire-trésorier du Comité
permanent : D» Meige. de Paris. — Membres : D” Arnaud,
Paris ; Raymond. Paris , Vallon, Paris ; Crocq, Bruxelles ;
Giraud, Rouen ; Régis, Bordeaux. Seront adjoints à ce co¬
mité ; le président, le vice-président, le secrétaire-général du
congrès suivant.
Communications diverses.
Les ataxiques, considérés comme atteints de phobie oit d'astasie-
qbasie, sont, en partie, des cas d'incoordination ou d'anesthé¬
sie du tronc méconnus.
M. Maurice Faure (de La Malou). — Certains tabétiques,
qui ne présentent pas les symptômes de la démarche ataxique
classique, accusent, néanmoins, une gêne si considérable de la
marcheet delà station debout, qu’ils refusent de s’aventurer sur
les terrains un peu difficiles, dans les escaliers. ou même sim¬
plement, sur unsol mouillé,sur un parquet ciré,sur une route
un peu obscure, etc. Le plus souvent, il suffit d’un point
d’appui brachial pour redonner à ces malades l'assurance
qui leur manque : une canne, le bras d’un aide, la tête d’un
enfant où ils posent la main même très légèrement, leur per¬
met d’entreprendre un chemin qui leur paraissait impossi¬
ble. Enfin, le même sujet, qui semble se mouvoir à peu près
sans gène dans une chambre (dont tous les meubles lui sont
connus et lui offrent autant de points d’appui qu’il est assuré
de rencontrer (toujours à la même place) paraît frappé d’im¬
mobilité complète, lorsqu’il se trouve devant un espace dé¬
couvert et sans points de repère Itel qu’une place publique),
ou dans un salon vaste et inconnu, ou dans une rue dont les
passants qui circulent ne peuvent offrir les points d’appui
fixes dont il a besoin. — Ces circonstances font, généralement,
taxer le tabétique de phobique, d'astasique-abasique, d'ago-
raphobique, et l'on met sur le compte d’un état névropa¬
thique surajouté cette appréhension qui semble injustifiée,
parce qu elle n’apparaît qu’à certains moments, dans certains
lieux, et qu'il suffit, pour la faire disparaître, de conditions
qui diffèrent fort peu de celles qui l'entretiennent.
Mais si l’on examine ces malades de très près, on constate
qu’îL sont atteints d'anesthésie profonde des articulations
de la hanche, du tronc, et d’incoordination des muscles spi¬
naux, lombaires, des muscles de la ceinture thoracique, ab¬
dominale, pelvienne. Lorsqu’ils sont nus, assis sur un tabou¬
ret étroit, sans dossier, on voit leur colonne vertébrale se tlé-
chir ou s’incliner sans qu’ils en aient conscience, leur tronc
perdre son équilibre, — et il suffit, parfois, de leur faire le¬
ver les yeux et de distraire leur attention, pour qu’ils tom¬
bent littéralement de leur siège.
Lorsqu’ils sont debout, ils ont souvent la sensation d’être
perdus dans l’espace, et ils ne se rendent pas un compte
exact de la position de leur corps. Il s’en suit qu’au lieu de
se maintenir en équilibre sur une jambe (ce qui est indis¬
pensable pour la marche normale et pour la station debout,
qui n’est le plus souvent qu’une attitude hanchée), les oscil¬
lations de leur corps, fussent-elles de quelques centimètres
seulement, dépassent, sans qu’ils s’en rendent compte et
sans qu’ils puissent les corriger, leur base de sustentation et
compromettent leur équilibre.
\ ient-on à leur fournir un point d'appui brachial, tout
change (nous supposons, pour la clarté de la démonstration,
que le bras et la jambe ne sont que peu ou point anesthési¬
ques ou incoordonnés). Pris entre la jambe qui offre un point
d’appui fixe, et le bras qui, avec des tractions mêmes légères,
peut corriger des oscillations du tronc de quelques centimè-
mètres (suffisantes pour compromettre l'équilibre debout) —
le corps se maintient, à moins qu’il ne soit atteint d’incoor¬
dination très considérable, et le malade marche librement
(en apparence).
520
LE PROGRÈS MÉDICAL
Le tabétiqueatteintde ces troubles du tronc, ne saurait être
comparé, pour la séméiologie, au tabétique atteint de trou¬
bles moteurs des membres inférieurs. Ce dernier jette les
jambes follement, à droite, à gauche, en avant, et sa marche
saccadée et irrégulière attire l’attention des moins prévenus.
L’incoordonné du tronc, au contraire, se meut lentement,
avec circonspection et régularité. Rien dans son attitude, si
cen’est dans la fixité de son regard, l’intensité de son atten¬
tion, tendue toute entière vers le maintien de son équilibre
compromis, ne traduit son trouble. Les esprits non prévenus
ne peuvent deviner pourquoi ce sujet, dont l’attitude est d’ap¬
parence àpeu près normale, a besoin d’un appui presque
constant. L’accentuation brusque des troubles, lorsque cet
appui manque, ou en face d’une traversée jugée dangereuse
(à bon droit, cependant), achève de rendre la situation incom¬
préhensible, Ce n’est pourtant que l'exagération d'unphéno-
mènenormal ! Toute personne, placée tout à coup dans un
passage où la conservation de. son équilibre lui paraîtra dilfi-
ficileou dangereuse, peut, si elle est un peu nerveuse, perdre
une partie de ses moyens.
L’examen clinique, en révélant l'étendue des anesihésies et
des incoordinatious du tronc inaperçues, donne la clef de
ces accidents. 11 en indique aussi le traitement. Par des exer¬
cices méthodiques des muscles du tronc, — par l'entraîne¬
ment journalier de la sensibilité, du sens des attitudes, on
arrive à corriger les troubles du tronc, comme on corrige les
troubles moteurs des jambes et des bras, depuis 10 ans. pour
les exercices compensatoires indiqués par Frenkel. Dans le
cas d’incoordination du tronc, le réapprentissage de la mar¬
che, de l’équilibre, de l’ascension, de la descente, est égale¬
ment nécessaire, suivant les techniques que nous avons ré¬
glées dans ce but; mais la cure des troubles moteurs du tronc
dans le tabès est plus longue et plus diffîcultueuse que la
rééducation des memi)res inférieurs et supérieurs par les
moyens ordinaires.
En dehors de 1 intérêt propre à ces faits considérés en eux-
mêmes, on en peut tirer les deux enseignements que voici :
1° Trop souvent, on a tendance à considérer la réédu¬
cation motrice de l’ataxique comme un exercice de sugges¬
tion, dontl’autorité morale du médecin et la bonne volonté
du malade feront à peu près tous les frais. Ce sont, certaine¬
ment, les cas auxquels nous venons de faire allusion (jui ont
contribué, pour la plus grande part, à faire naître et à déve¬
lopper cette opinion : le malade étant considéré comme un
névropathe. un phobique, et n'ayant pas de troubles moteurs
apparents, la rééducation n’a semblé être, en ce cas, qu’un
moyen d’encourager le patient, de le rassurer, de vaincre son
appréhension, etc.
Sans nier que, dans la plupart des cas, le tabétique ne soit
un névropathe sur lequel l'inlluence morale d'un médecin
sérieux s’exerce heureusement, — il nous semble certain que
cette inlluence bienfaisante est loin d’être suffisante et qu’el¬
le n’aboutira qu’à des résultats bien incomplet^, si elle n’est
secondée par une technique rigoureuse et d’une application
constante.
Notre deuxième réflexion sera celle ci :
Trop souvent aussi, on a tendance à considérer les exercices
de Rééducation comme une sorte de code de gymnastique,
plus ou moins complètement réglé, dont il suffit de conseil¬
ler l’application, et qu’un médecin, un masseur, un gym¬
naste dirigeront ensuite sans difficultés, pour peu qu iis aient
eu quelquefois l’occasion de voir faire des exercices gymnas¬
tiques plus ou moins analogues.
Or, quel résultat pourrait bien donner aux malades que
nous venons de viser, l’application, fût elle minutieuse et in¬
définiment prolongée, d’exercices des membres inférieurs, ou
d’exercice de marche (tels que ceux indiqués par Frenkel.
par exemple, dans d'autres cas) et qui n’ont guère pour objet
que de régler la position des pieds et des membres inférieurs?
Ce sera beaucoup de temps perdu pour un très petit résultat
puisque nos malades n’ont que peu ou point de troubles mo¬
teurs des membres inférieurs, et que leur inslabilité vient
seulement de l’anesthésie et de Tincordination des muscles
du tronc. — Et quel labeur pour ces malades, s’ils sont sou¬
mis à des exercices de marche, d’ascension, d'équilibre, sans
point d'appui, avant que leurs muscles du tronc aient été
entraînés méthodiquement, individuellement pour ainsi dj
rc. à reprendre leur fonction I L'effort dépensé ici sera cer¬
tainement beaucoup trop grand; il risquera d’augmenter ù
accidents ; — en tout cas, il fatiguera les malades et les dé-
couragera. avant qu’ils aient pu obtenir des bénéfices intéres¬
sants. — A chaque trouble moteur doit correspondre un
exercice spécial qui ne vise que ce trouble moteur, ne convient
qu’à celui-là et reste sans efficacité contre tous les autres. Lne
technique unique, banale, répétée indifféremmentpour tous
et par tous, ne peut être que faiblement utile, généralement
inefficace, et quelquefois dangereuse. — Et c'est par ce que
dans le large champ d’études qui est sous nos yeux, nous
avons vu, trop souvent, des tabétiques épuisés par des ma¬
nœuvres maladroites, découragés par la répétition d’exerci¬
ces inutiles, aggravés par des fautes de technique, que nous
avons cru devoir insister en passant sur ce point.
LA VALÉROBROMINE LEGRAND
est plus active que les bromures et les valé-
riauates.
MÉDECINE^[>RAT1QUE
Entéro-colite muco membraneuse.
Le docteur llelme expose dans la Rcoue de médecine et de
chinivqie les travaux du docteur Jouaust et de M. le profes¬
seur Combe de Lausanne.
Cet ouvrage du Prof.Combe, dit-il, en est depuis un anàsaü'
édition ; il a pour titre : Traitement de Tentéritemuco-membra-
nense ; celui de M. Jouaust s’intitule simplement : Traitement
des entérites. Le premier est plus personnel, partantplus par¬
tial ; le second, tout en étant suffisamment original, est, au
contraire, plus éclectique, plus compréhensif, comme disent
les Allemands: tous deux sont fort intéressants et résument
à merveille la question ; vous allez voir qu’elle est compli¬
quée.
En France, les premiers qui étudièrent l’entérite muco¬
membraneuse la classèrent dans le chapitre des névroses.
Nous voyons que Langenhagen, G. Lyon, puis Soupault et
ses élèves cherchent à établir que Tentérile est fonction d’un
trouble nerveux qu’ils dénomment trophonévrose. Parallè¬
lement, M. Hayem et M. Glénard, de Vichy, entendent dé¬
montrer, le premier, que l’entérite est toujours sous la dépen¬
dance de troubles dyspeptiques, le second qu'elle estliéeaux
ptoses viscérales et au mauvais fonctionnement du foie, à
l’hépatisme. « Vous oubliez trop, dit M. Ilayem, que les gens
dont lechimisme est mauvais fabriquent du mauvais chyle-
Celui ci irrite l’intestin, entretient une inflammation seco^
daire aux perturbations de l'estomac. La preuve que j’airai-
son, continue-t-il, c’estque si vous traitez la dyspepsie, voos
guérirez l’intestin. L’entérite, conclut M. Hayem, n’est donc
pas une maladie proprement dite, c’est tout au plus un sytt'
drome bon à classer au chapitre estomac. »
Qu’il nous soit permis de faire remarquer ici que ledoc^
teur de Langenhagen et Froussard, de Plombières, ont con
tribué beaucoup plusque le professeur Hayem à éclairer
question. Leur description, moins dogmatique, mais
nique et positive, a assuré le succès plus fréquent du
ment. L’erreur de M. Hayem est de vouloir toujours
l’estomac un laboratoire modèle de chimie biologiq^®' ‘ j,.
vousoubliez.monsieurle Professeur que ce laboratoire ne® ^
che régulièrement que sous l’influence de causes
dans lesquelles entre mille coefficients divers : les ptoses
raies, l’alimentation défectueuse, les nerfs, les
les chagrins, le froid et le chaud, etc. On peut se
tomac, non d’intestin, et vous n’aurez pas de bon es
sans fonctionnement régulier de l’intestin. . . ^oD
Pas de toxines, pas de fermentations anormales, ainsi
l’obtient avec le Charbon Tissot, etle foie et l’estoniaci^Pj.^jj,
dront leurs fonctions régulières, s’amélioreront s’ils so
gués.
LE PROGRÈS MEDICAL
521
^ La preuve c’est que MM. Hutinel, Marfan,Yariot. Thier-
jinet, en général, tons les pédiatres français, ripostent en
Epjndant ce que devient l’entérite primitive, infectieuse,
ÿlle-là? Et M. Combe, renchérissant sur nos confrères, déclare
ijansson livre que l’entérite infectieuse estla seule quicompte.
(i trophonévrose de G. Lyon et Soupault, l’entérite secon-
jjjredeHayem et de Glénard, existent certainement, mais
(Oinbien rares 1 Entérite et infection sont deux termes qui ne
^nt pas l'un sans l’autre. Evidemment, on ne peut attribuer
l’infection à un microbe spécifique. Dans sa thèse, inspirée
ÉjrM. Hutinel, le docteur Thiercelin disait n’avoir jamais
Jouvéque le èaclertum co/t nmmitne, probablement parce
ipi'il est plus vivace «lue les autres et étoulfe leurs cultures.
Inpeu plus tard cependant, on signalait des entérites à sta¬
phylocoques, voire à bacilles pyocyaniques. Enfin, revenant
sur ses premières affirmations, M. Thiercelin déclarait ré-
eemment à la Société de pédiatrie que l’entérocoque, ce sapro¬
phyte qui pullule par milliards dans tout l’intestin, devenait
tiraient sous l’influence de la grippe, et c’était lui qu’on de¬
tail surtout incriminer dans les cas d’entérite. Le fait était à
prévoir ; M. Ilutinel avait déjà eu soin de noter la fréquerice
delà maladie en hiver et sa coïncidence avec les épidémies
degrippe. M. Combe est, je crois, de cet avis, mais cequi fait
l’originalité de sa théorie, c’est qu'il s'attache moins, encore
gu’infectionniste, aux agents microbiens qu’aux produits to¬
riques sécrétés par ceux-ci, d’où le rôle du Charbon et spé¬
cialement du Charbon Tissot.
Nos cellules, dit le professeur de Lausanne, élaborent avec
DOS aliments des molécules de plus en plus simples et par
conséquent d’assimilation de plus en plus facile. Mais que
cesmolécules deviennent la proie d’un agent microbien, elles
seront travaillées par ses toxines muées en agents complexes
et nocifs, d’où irritation de l’intestin et entérite. Si j’ai bien
compris les leçons de M. Combe, il a voulu surtout établir
l’action de la cellule et du microbe, celui-ci venant boulever¬
ser l'œuvre de celle-là.
Quoi qu’il en soit des théories émises, chacune, ainsi qu’il
arrive toujours, apporte au débat sa part de vérité. 11 faut sa¬
voir être éclectique comme M. Jouaust. Ainsi, chez Tenfant
Oui, l'entérite est primitive ; mais qui osera soutenir qu’elle
lest chez telles neuro-arthritiques à nutrition ralentie, cons-
hpées d’habitude, et dont le trouble intestinal s'accompagne
tovariablement d’accidents nerveux '? De même, les entérop-
losiques, les dilatés, dont l'estomac, le foie, fonctionnent mal
le sont-ils pas entéritiques, du fait de leur estomac et de leur
fcie plutôt que de leur intestin ? « Il y a un organe malade,
“LM. Jouaust, foie, reins, appendice, un terrain favorable,
tteuro-arthritisme et secondairement de Thy per sécrétion in-
*^110010 et de la production de muco-membranes », — tous
phénomènes se produisant sous l’influence d'agents micro-
wens, ajouterons-nous avec M . Combe.
' allez pas croire, au surplus, que ce sont là vaines discus-
d'école ; le traitement découle de la théorie pathogéni-
We adoptée. Tel traitera le système nerveux, alors que son
’Sin s’occupera exclusivement de l’estomac ou du foie, tan-
»que M. Combe et les pédiatres français s'adonneront plus
« ,‘^“lièrement à l’antisepsie, tous du reste, à l'asepsie intes-
p ® moffensive par le Charbon Tissot,
our chaque malade, outre l'analyse d'urines, il est procédé
jg analyse détaillée des matières fécales ; elle seule permet
U ^^oiaître les aliments qui ont été bien ou mal digérés.
yqjj ‘ ^‘ùeiidu que je ne vous ai donné qu’un type de régime
Jooa trouverez quantité d'autres, soitdàns le livre de M.
®®tt dans celui de M. Combe. De cet ensemble on
q^ j-^^'^ture qu’on guérit tout aussi bien l'entérite en France
nos V • ou doit aussi s’inspirer de l’exemple de
lenrj *us Pour redouter moins de visiter les malades et
plus d'énergie nos prescriptions détaillées
^ueusement.
toute, éviter 1 infection et la fermentation anorma-
lexpm !utestin, assurer la division du bol alimentaire et
teniç-.®‘ou régulière et quotidienne : telle est la base du trai-
Lug qûe soit la théorie.
*Près J “‘tlerée de Charbon Tissot avalé comme des granulés
repas, suffit pour assurer ce fonctionnement.
BIBLIOGRAPHIE
Les épidémies et les maladies contagieuses au XX'
siècle; parle D' Fklix. {Mgol, Paris, 1905.)
M. le D' Félix publie sous ce titre les conférences qu’il a
faites à l'Institut des Hautes Eludes de l’üniversité nouvelle
de Bruxelles. Elles s’adressent, dit-il, à un public étranger
aux sciences médicales, et ont pour but principal l’histoire
des épidémies au point de vue de l’hygiène et de l'économie
sociales. Il étudie tour àto.ur. sous une forme simple, claire,
éminemment vulgarisatrice, les maladies épidémiques : lecho-
léra, la peste, la fièvre jaune, etc., etc. De chacune de ces
questions, il trace l’histoire, fixe l'étiologie et enseigne les me¬
sures à prendre pour s’en préserver et de s’en guérir.
Co recueil de conférences servira utilement à tous ceux
qui désirent connaître ces questions, ou qui, à leur tour,
voudront en répandre les notions. Mais cette appréciation se¬
rait incomplète, si nous n’ajoutions que M. le D' Félix pos¬
sède, sur les questions qu’il traite,des idées très personnelles
et très neuves, que l’on peut ne pas partager dans leur inté¬
grité, mais auxquelles on réfléchira toujours. A ceux qui con¬
naissent ces questions, ce livre les rappellera et constituera
une utile mise au point ; à ceux qui les ignorent, il rendra
les plus grands services.
Des anévrysmes de l’aorte d'origine rhumatismale ;
par le D'' Jean Feytacd, de Bordeaux. ( Bonvalot-Jouve,
éditeur.)
La syphilis occupe dans l’étiologie des anévrysmes de l’aorte
une place de plus en plus grande, et l’on se demande aujour¬
d'hui si tous ne dépendent pas d’elle. M. le D' Feytaud ne le
pense pas. L’auteur ne nie pas le rôle prépondérant de la sy¬
philis, mais il réclame une place pour d’autres facteurs, le
rhumatisme en particulier.
Le rhumatisme peut déterminer des anévrysmes aortiques ;
ce fait était soupçonné depuis longtemps, avant même que
Ton connût l’importance de Tétiologie syphilitique, mais peu
à peu, devant la place chaque jour plus grande de cette der¬
nière, les autres facteurs se sont effacés.
M. le D' Feytaud retient cinq observations d’anévrysmes
aortiques développés au cours du rhumatisme polyarticulaire
aigu ; la progression coïncidant avec des poussées articulaires,
l’amélioration par le traitement salicylé, sont autant de rai¬
sons qui concourent à affirmer l’origine rhumatismale de la
lésion. D' Fh.assier.
THÉRAPEUTIQUE
Traitement de la chloro-anémie.
La première chose à ordonner, c’est le repos absolu au lit,
dans une chambre bien éclairée et bien aérée. Si la malade
n’a pas encore été traitée, c’est-à-dire si son tube digestif n’a
pas encore été fatigué par les médicaments, surtout les spé¬
cialités inutiles, sinon dangereuses, prônées dans la presse
laïque, on pourra instituer une médication martiale ou arse¬
nicale en combinaison avec un régime approprié. Fer et ar¬
senic seront donnés avec interruptions régulières pour éviter
l’inévitable gastrite médicamenteuse, qui compromet tout
succès. Lorsque cette gastrite existe, comme cela est malheu¬
reusement presque toujours le cas, il faut commencer parla
guérir ; régime lacté absolu d'abord, mitigé ensuite avec l’a¬
mélioration par les purées, les farineux, les oeufs, la viande
râpée. Ce traitement sera couronné de succès dans les anémies
légères et de moyenne intensité, ^éanmoins, pour en activer
es effets, il faudra dès le début employer la chaleur sous tou¬
tes ses formes. D’après les recherches les plus récentes, l’a¬
némie est une névrose vaso-motrice qui entraîne des troubles
dans l’échange humoral entre le sang et les tissus, troubles
qui influencent défavorablement la formation des globules
rouges dans la moelle osseuse. Le sang est trop riche en plas¬
ma et trop pauvre en globules rouges. Le plasma cède son
eau aux tissus et surtout à la moelle osseuse et l’hydratation
622
LE PROGRÈS MEDICAL
3
consécutive des érythrocytes les gonfle et diminue leur vita¬
lité. Un traitement rationnel doit suivre le chemin inverse ;
ramener l’eau des tissus dans le courant sanguin et de là au
dehors ; en un mot, il faut viser la concentration du sang. Ce
but est atteint par l’excitation de la sécrétion s udorale. Or
nous possédons deux moyens inoflensifs pour provoquer une
transpiration intense : le bain d’eau chaude et le bain d’air
chaud.
Trois fois par semaine, l’anémique prendra un bain à 37“
d’une durée de 20 à 40 minutes, jusqu’à production d’une
forte transpiration de la tête. Après une bonne friction, le
malade regagnera le lit. Les heureux effets de la balnéation
se montrent en très peu de temps (disparition des signes sub¬
jectifs) et une guérison complète peut être obtenue en4à()
semaines.
Pour les bains d’air chaud, on peut employer la lumière
électrique,ou l’appareil connu sous le nom de Phénix à air
chaud. Les praticiens, qui ne disposent pas d’une installation
spéciale, obtiendront les mêmes résultats avec le dispositif
suivant ; le malade est assis sur une chaise cannée au-dessous
de laquelle brûlent deux ou quatre bougies ; deux draps de
lit le recouvrent du cou aux pieds ; on aura soin de bien ap¬
pliquer les draps par terre par un moyen quelconque. Après
(juinze ou vingt minutes de forte transpiration, on couche le
malade entouré des draps bien chauds qui formaient la clo¬
che. L’action de la chaleur se prolonge de cette façon et l’é¬
quilibre avec la température de la pièce se rétablit d’une fa¬
çon insensible. Ordinairement cette transpiration est suivie
d’un bien-être très agréable, et d’un sommeil réparateur. \6ilà
donc une thérapeutique peu coûteuse, facile à se procureren
tout lieu et très efficace dans la chlorose et,soit dit en passant
en toute circonstance, où une transpiration abondante est in¬
diquée (grippe).
A noter une seule contre-indication ; la trop grande faiblesse
du malade, rare d’ailleurs dans la chlorose, plus fréquente
dans les autres anémies, primitives ou secondaires. Dans ces
cas d’extrême faiblesse, on sera autorisé à faire la transfusion
du sang : 40 c.c. de sang provenant d’un sujet humain sain
seront défibrinés en vase aseptique avec du verre pilé et stéri¬
lisé, mélangés avec le volume double de sérum physiologique
à 39“ et injectés en une fois. Après échec de tous les autres
moyens, la transfusion non exempte de tout danger, peut donc
être mise en pratique comme ultimum refugium. La légère
élévation thermique <iui l’accompagne semble indiquer qu elle
agit par excitation directe de l’appareil vaso-moteur. Pour
conclure, nous résumerons le traitement des chloro-anémies
en ces termes : prescrire le repos au lit, éviter de produire la
gastrite par les amers, instituer un régime approprié, don¬
ner le fer par intervalles, employer surtout les' bains chauds.
Friedel.
VARIA
Eloge du D>' Hameau.
Messieurs,
En venant ici prononcer l’élc^e d’un, de nos collègues dis¬
parus, j’empiète, je le sais, sur les prérogatives de M. le Se¬
crétaire général, et j’accomplis, je le sais aussi, un acte de vé¬
ritable témérité. Mon excuse est dans la raison qui me fait
agir.
J’ai été pendant 40 ans l'ami de Gustave Hameau. Dans une
Société comme la nôtre, les qualités morales du médecin sont
inséparables de ses titres scientifiques. Si nous savons distin¬
guer le savant, nous voulons honorer l’homme.
Les titres du savant, personne ne les ignore ; chacun de
nous peut les contrôler et les juger. Mais l’homme, qui nous
le dévoilera ? Qui nous dira les facultés de son intelligence,
les traits de son caractère, le mobile de ses actions Qui, si
ce n’est pas quelque témoin de sa vie ? Ce témoin, je l’ai été
pour H.A.MEAU ; et c’est pourquoi je prends la parole aujour¬
d’hui. Aussi bien, ma tâche est aisée. Je n'ai qu’à retracer une
vie toute de travail, de dévouement et d’honneur.
Gustave Hameau est né à La Teste, près d’Arcachon
1S27. Il est le fils d'un simple médecin de campagne, de 'jea**
Hameau, qui, par une sorte d’intuition géniale, sans le seco^
d’aucune loi scientifique, uniquement guidé par l’observatiMi
avait, dans son Mémoire sur les virus, publié en 1836, près!
senti, deviné, affirmé, sinon démontré, la nature vivante des
contages dans les maladies transmissibles.
Je ne le suivrai pas dans ses années de jeunesse, dans ses
années de collégien, d’étudiant, d’interne à l'hôpital Saint-
André de Bordeaux. Je ne veux et ne dois parler ici que de
l’homme et du médecin.
Gustave Hameau est d’abord, et avant tout, un Clinicien, fi
rejette les théories qui ne s’appuient pas sur les faits. Le ma¬
lade est son premier et son plus sûr guide. Pour le bien con¬
naître, il l’interroge dans toutes ses manifestations ; il l’épie
dans ses impressions les plus mobiles, dans ses réactions, phy¬
siologiques ou morbides, les plus diverses et les plus fugitives.
Antécédents familiaux ou personnels, pathogénie générale et
spéciale, caractères anatomiquesou fonctionnels.évolution pro¬
gressive ou régressive de la lésion, résistances physiologiques,
antagonismes ou connivences pathologiques, tout est pesé,
contrôlé; jugé avec une sagacité peu commune. S’agit-il de
déterminer la valeur d’une médication, de fixer, par exem¬
ple, la physionomie d’un climat. Hameau ne négligera certes
pas les notions que peut lui fournir le Laboratoire. Il puisera
des arguments dans les connaissances exactes et positives que
lui donnent les instruments de la physique, et les tables de la
météorologie. Mais ces documents d'ordre scientifique céde¬
ront toujours le pas aux documents de l’enquête clinique.
Celle-ci aura le dernier mot dans les déterminations théra¬
peutiques ; elle reste la souveraine maîtresse des indications
proprement médicales.
Les premières publications de Gustave Hameau ont trait à
des questions générales de Climatologie médicale. En sa qua¬
lité de médecin-inspecteur des Bains de mer d’Arcachon, no¬
tre collègue était tout désigné pour ce genre d’études.
Dans un voyage de deux mois, entrepris dans le Midi de la
France, en novembre et décembre 1863, il visite successive¬
ment Nice, Menton, Villetranche, Cannes, Hyères, et Pau. 11
relève toutes les statistiques, il s’enquiert de tous les docu¬
ments susceptibles de l’éclairer sur les qualités climatéri¬
ques de ces différentes stations. Puis il consigne ses obsena-
tions dans un Mémoire qu’il présente à la Société de méde¬
cine de Bordeaux.
A la Forêt, dit-il, appartient le traitement des maladies
chroniques de l’appareil, respiratoire : Bronchites, Asthme,
formes viscérales de la Tuberculose ; à la Plage, le traitemen^
de la Scrofule ganglionnaire, osseuse et articulaire. 'qJ!
toutes ces affections, générales ou locales, ajoute-t-il aussi >
le malade impose la loi de sa vie cellulaire ; ce sont les nua
ces, les modalités cliniques qu’il crée, qui vont faire la
termination spécifique de chacune des zones climatériques.
La cure forestière, indiquée dans la bronchite
l’asthme et la tuberculose pulmonaire, ne conviendra e^^
réussira qu’au bronchitique irritable, à l'asthniatique
lequel prédomine la névrose, le spasme, au poitrinaire
d'éréthisme général ou local. Si ces malades sont des
tiques mous, à type lent et torpide, à sécrétions hunao
abondantes, ils deviennent tributaires de la cure
même titre que les tuberculeux ganglionnaires, osseux
ticulaires, suppurants ou non suppurants. , bercu-
Quant au pulmonaire vrai, simple candidat à la t
lose ou tuberculeux avéré, il est notoirement désigne P®
venir l’hôte assidu de ce grand Sanatorium qu est
d’Arcachon. Dans certaines conditions pourtant, U pe“ j.jj,,
mer, lui aussi, d’une façon plus ou moins temporal ,
tervention de la Médication marine. . et di
Le phtisique, en effet, n’est-il pas, dans ses irrita'
verses incarnations, un véritable protée ? La lainles* ^
ble n’est-elle pas le caractère pathognomonique de .^es-’
tions, de ses actes tant physiologiques que P® , jfts, de®
S’il réclame aujourd’hui des remèdes doux et . gt^i tout
réclamera demain de forts et de stimulants. Aussi,
LE PROGRÈS MÉDICAL
523
, et très légitimement, tributaire et de la médication sé -
dative et de la médication tonique.
Sans sortir d’Arcachon, la double indication peut être rem-
jie Conseillée dans les épisodes aigus ou subaigus de la
Ltisie, appropriée spécialement aux malades excitables et
^rveux, qu’ils soient lymphatiques ou arthritiques, la cure
foreHÜre devra donc alterner, dans des cas déterminés, et à
des époques variables, avec la cure marine, avec le séjour sur
ia Plage et des promenades en mer, agents salutaires dans les
[ormes froides et reposées de la maladie.
En agrandissant ainsi le domaine médical d’Arcachoii, en
précisant les différentes indications de son climat, en les tai¬
sant reposer sur une analyse raisonnée, un classement mé-
tiiodique des divers facteurs qui le constituent ; en formulant
ces indications après le contrôle sévère d’une observation cli¬
nique, longue et soutenue, Gustave Hameau est et demeure le
fondateur incontesté de la grande Cité sanitaire de la Gironde.
La notoriété de la station est son œuvre. Ses travaux scienti¬
fiques ontdonnéla première impulsion ; son nom et son ho-
norabüité ont fait le reste.
Nous tous, médecins, nous l’avons suivi. Nous savions qu’il
voyait juste et qu’il disait vrai.
Je m’en voudrais de ne pas citer ici celle de ses œuvres
qui, chaque jour et de plus en plus, contribue au succès
grandissant d’Arcachon. Je veux parler de la Société scientifi-
aueetdn Laboratoire marin qu’il fonda en 1863. Nos physio¬
logistes et nos savants trouvent là des éléments d'étude pré¬
deux pour assurer les progrès de la Science biologique.
Va-t-il se prononcer sur la valeur hygiénique et thérapeu¬
tique de chacune des cités hivernales qu’il a visitées ? Ya-t-il
les juger, les comparer l une à l’autre, et arriver à des con¬
clusions fermes ? Ce serait contraire à la droiture de son es-
prit,contraire à sa conscience de médecin. En critique impar¬
tial, il avoue qu'il ne saurait avoir la prétention de connaître
un climat, encore moins de le juger, parce qu il l'aura vu
et observé pendant quelques semaines. Si les documents
qu’il a recueillis sur la chaleur et la tension de l’atmosphère,
sur son degré d’humidité ou de sécheresse, sur le régime des
reats, surla constitution géologique du sol, lui permettent
Refaire certains classements, certains rapprochements ou
certaines oppositions, il n’a garde d’oublier que la caractéris-
hque médicale d’un climat ne se cherche et ne se trouve ni
éans l’état hygrométrique de l’air, ni dans les oscillations de
« topérature, ni dans la topographie des terrains ou la di¬
rection des vents. Ce sont là pures données climatologiques,
fini font prévoir les indications, mais qui ne les déterminent
pas.
Ennous basant sur elles, nous pouvons, d’une façon géné¬
rée, assigner, par exemple, au climat de la Provence, une
^honexcitante et tonique, en raison de l’intensité de sa lu¬
xure, de la sécheresse de son air, de l’alternance ou plutôt
1 antagonisme des vents de terre et des vents de mer, qui
•régnent habituellement. Par contre, le climat de l’Aqui-
®e, celui de Pau et d’Arcachon en particulier, se caractéri-
] *P®r une action nettement sédative, grâce à l’humidité de
fé ?°®P^®re,àsatiédeuruniforme,àune certaine constancede
cnelle thermométrique, à la faiblesse et à la rareté des vents
To r^rr midi, opposées à la force et à la fréquence des
de l’ouest ou de l’Océan. Mais, encore une fois, tous ces
j^pnts physico-chimiques ne constituent que l’anatomie, la
pv ^re médicale d’un climat ; ils ne donnent sur son action
p^?*"?gique et thérapeutique ([ue des présomptions, des
rétibn malade seul il appartient d’en révéler les
Irpli ^ appropriations. C’est toujours lui qui est le réactif
Belles* ®®rrsible ; ce sont ses aptitudes, ses réactions fonction-
ftobr ori morbides, qui tiennent et gardent la clef du
vue d'ensemble sur la climatologie des stations
kt; ffu Midi de la France, Hameau aborde son vrai sii-
d’Arcachon, et son influence sur l’organisme
®‘alade. C’est là qu'il puisera désormais les éléments
Mtts “"^'aux. Une étude exclusive lui i)ermettra de pénétrer
dans l’analyse des nombreux faits soumis à son
observation, et de les interpréter avec plus de sûreté et de vé¬
rité.
Dans une série de mémoires, publiés de 1366 à 1890, il dési¬
gne et précise les Etats constitutionnels, les maladies chroni¬
ques, leurs formes lésionales ou fonctionnelles, qui récla¬
ment ou repoussent l’intervention des facteurs sanitaires de
la Cité marine, aux destinées de laquelle il préside avec un s
légitime succès. Il ne lui suffit pas de désigner et de préciser
les Etats morbides,tributaires de son climat. 11 les spécifie, les
différencie au point de vue particulier des conditions de sé¬
jour, que chacun d’eux réclame. C’est ici qu’il trace de main
de maître la ligne de démarcation, qui sépare, dans leurs at-
trihutions thérapeutiques, les deux zones climatiques d’Arca¬
chon : la Plage et la Porêt.
Les appropriations distinctes de ces deux zones. Hameau les
formule dans deux de ses principaux mémoires : l’un, Le
climat d'Atrachon et le Sanatorium (Ville d'hiver) ; l’autre, De
l'action des climats maritimes dans les ajl'eetions tuberculeuses .
Ses conclusions sont aussi précises que formelles.
Hameau n'est pas seulement le Clinicien qui consigne et
interprète» dans des études impartiales, les faits qu'il a vus et
vécus. Après l’analyse vient la synthèse. Il porte celle-ci dans
une question de pathologie générale des plus ardues et des
plus délicates.
Sur quel terrain, dans quel organisme la graine tubercu¬
leuse trouve- t-elle à exercer le mieux ses facultés fertilisan¬
tes ? Voilà l’interrogation qu’il se pose, voilà le problème dont
il demande la solution. Comment va-t-il répondre?
Dans cette question de pathogénie, dit-il, deux terrains sont
en présence ; l’un favorable, 1 autre défavorable à la germi¬
nation et à l’évolution de la graine infectieuse. Le premier, le
facorabte, se trouve réalisé « dans les organismes sains,
« exempts de tare héréditaire ou acquise » ; c’est le terrain
vierge. Le second, le défavorable, est l’apanage non seulement
des tuberculeux héréditaires, mais aussi des « sujets délicats,
« teneurs de quelque diathèse, telles que la scrofule, la goutte,
« l’artliritisme » ; c’est \aterrain stérilisé.
« Tout le monde croit, ajoute Hame.au, et les traités classi-
« ques enseignent que la Tuberculose pulmonaire acquise se
« montre d’autant plus fatale, et rapidement fatale, que le su-
« jet atteint se trouve par hérédité disposé à la maladie... . Or
« c’est le contraire qui est la vérité ». Pour lui, ce sont ou des
organismes déjà contaminés, et en quelque sorte vaccinés par
des attaques antérieures du germe virulent, ou des organis¬
mes altérés d’une façon spéciale, imprégnés d’un vice nutri¬
tif antagoniste de la vie du bacille, qui offrent le plus de résis¬
tance à la tuberculose, peuvent la faire rétrograder, et sortir
indemnes de ses assauts répétés.
Ces questions de pathogénie tuberculeuse sont abordées et
discutées dans sa très intéressante Etude de La Phtisie nor¬
male, communiquée par lui, en 1894, à la Société de méde¬
cine et de chirurgie de Bordeaux.
11 y développe des idées personnelles, avec une conviction
et une indépendance, bien faites pour rallier à sa cause les
esprits non prévenus.
Les distinctions et les honneurs étaient bien dus à une telle
vie. Ils ne manquèrent pas à Hameau, et, chose flatteuse entre
toutes, lui furent décernés par ses pairs.
Président de la Société scientifique d'Arcachon en téSS, le
suffrage de ses collègues le porte, en 1884, à la présidence de
l’Association des Médecins de la Gironde. En 1896, il est élu
vice-président de l’iNssociation Générale des Médecins de
France.
Qui le désigne ainsi pour ces hautes fonctions? Ce ne sont
pas les titres officiels ; il n’en possède aucun. Seule, la va¬
leur de l’homme a pesé dans la balance.
Chevalier de la Légion d’honneur depuis 1830, il pouvait
vouloir mon ter en grade. Sa modestie et son désintéressement
lui ôtaient de ce côté toute espèce d’ambition. Ce qu il ambi¬
tionnait, c’était l’estime de ses confrères, de ses concitoyens.
524
LE PROGRÈS MÉDICAL
Nous venons de voir qu’elle lui était acquise d’un consente¬
ment unanime.
Et maintenant, (|uel portrait faire de l’homme ? Comment
retracer sa personnalité morale et physique ?
D’apparence frêle, le visage ouvert, consumé de pensée, le
regard droit et périétrant, Gustave Hameau avait, dans ses
allures, je ne sais quoi d’aisé et de décidé, qui faisait illusion.
A le voir si actif, toujours prompt à remplir tous ses devoirs,
personne n’eùt dit que la force physique pouvait lui man-
(juer. Il voulait être utile ; une volonté inlassable le soute¬
nait.
Les premières impressions de sa vie, il les doit à son père :
il y restera fidèle. L empreinte de la tradition familiale ne s'ef¬
facera pas.
Oue n’aurais-je pas à dire sur la pondération de ses vues
et la sagacité de son jugement .3 sur l’indépendance, la li¬
berté de son esprit sur l’énergie confiante de ses actes, la
sûreté de ses relations !' sur son besoin d’agir et de se dé¬
vouer A tout cela, rien d’étonnant. N’a-t-il pas puisé les
germes de ses sentiments et de ses pensées, dans une éduca¬
tion saine et forte On lui avait appris à vivre et à penser
noblement ; il s'est souvenu, voilà tout.
Que dirai-je aussi du bienfaiteur, du philanthrope, mettant
son grand cœur et sa généreu.se intelligence au service des mi¬
sères et des infortunes ?
Hameau ne se contente pas de créer des Sociétés chari'.ables
à La Teste et à Arcachon, de les soutenir de sa personne, de
les faire prospérer par une active propagande. 11 porte devant
ses collègues de l'Association de la Gironde et de l’Associa¬
tion générale la question de l'Assistance médicale des indi-
ijenls daîisla campagne. Dans les différents rapports qu’il leur
soumet, il énumère les conditions d'organisation qui lui pa¬
raissent les meilleures pour subvenir aux besoins du pauvre,
pour accorder et distribuer le’s secours delà façon la plus di¬
gne et pour le malade et pour le médecin.
11 me paraît inutile d’insister sur le libéralisme et la géné¬
rosité de ses actes: ils sont gravés dans la mémoire de tous.
Si la générosité est le luxe de la puissance, Gustave Hameau
est un riche et un fort.
Un mot encore, un seul: et c’est lui qui le dira. Dans une
de ses dernières lettres, je lis ceci : « Depuis mes amis d’en-
« tance et de collège jusqu’à ceux que le cours de la vie a at-
« tirés vers moi, tous me sont restés fidèles.... Mes confrères
'< de la Gironde m’ont donné tant de marques d'estime et de
« confiance, que j’en suis vraiment fier, parce que j’y vois la
« preuve que je ne me suis jamais écarté de la grande voie de
« l’honneur, qui m avait été tracée d une main ferme par
« mon père et ma mère vénérés. Enfin, n’ai-je pas reçu la
« plus magnifique des satisfactions, au terme de mes jours, en
<i assistant à la glorification du meilleur des pères ? »
Une telle lettrejuge l’homme. On peut fouiller son œuvre et
sa vie; on ne trouvera que désintéressement et bonne foi,
dévouement et bonté.
H vécut ainsi de longues années, aimé et respecté de tous :
appuyé sur sa femme, la compagne assidue des bons et des
mauvais jours ; heureux devoir son fils, fidèle aux traditions
familiales, entrer dans le même sillon que lui, et le parcourir
avec la même indépendance, la même probité; fier de ses
deux filles, qui lui rendaient en tendresse le bonheur qu il
leur avait donné, le dévouement qu il leur avait prodigué.
Le 3aoùt lyol, Gustave Hameau, sans aucun amoindrisse¬
ment de lui-même, s éteignait doucement, au milieu des
siens, à l’àge de soixante-quatorze ans.
11 mourait avec la résignation tranquille du sage, en pleine
sérénité d’esprit, en plein calme de la conscience. Heureux
(jui entre dans le repos après un labeur si noblement accom¬
pli !
Concours de médecin et de pharmacien des troupes
coloniales
Un concours s’ouvrira le 3 décembre prochain, à 9 heures
du matin, à l’Ecole d’application du Service de santé, à Pj.
ris, pour l’admission de docteurs en médecine et de pharma-
ciens de U” classe à des emplois de médecins et de pharma¬
ciens aides-majors de 2' classe des troupes coloniales.
Les candidats devront remplir les conditions ci-après indi¬
qués: U Etre nés ou naturalisés français ; 2" Avoir eu moins
de. 32 ans au U'' janvier de l’année du concours ; 3» Avoir sa¬
tisfait aux obligations de la loi du recrutement et avoir été
reconnus aptes à servir activement dans l’armée, en France
et aux colonies. Cette aptitude sera constatée par un certifi¬
cat d’un médecin militaire du grade de médecin-major de 2'
classe au moins ; 4" Souscrire un engagement de servir pen¬
dant six ans au moins dans le corps de santé des troupes colo¬
niales à partir de leur nomination au grade d’aide-major de
?<= classe.
Epreuves. — 1. — Pour ks docteurs en méde'cine.— 1» Com-
j position écrite sur un sujet de pathologie générale ;. 2“ Exa-
1 men clinique de deux malades atteints, l’un d'une affection
I médicale, l’autre d’une affection chirurgicale ; 3° Epreuve
de médecine opératoire précédée de la description de la ré¬
gion sur laquelle elle doit porter ; 4<= Interrogation sur l’hy-
! giène.
II. — Pour les pharmaciens de 1’’'= classe. — 1” Composition
écrite sur une question d’histoire naturelle des médicaments
et de matière médicale ; 2“ Interrogations sur la physique, la
chimie, l'histoirenaturelle et la pharmacie ; 3“ Préparation
d'un ou plusieurs médicaments inscrits au Codex et déter¬
mination des substances diverses (minéraux usuels, drogues
simples, plantes sèches ou fraîches, médicaments composés);
4° Epreuve de chimie analytique : recherches des acides et
des bases renfermés dans deux sels solides ou dissous.
Notes. — L’appréciation de chacune des épreuves écrites ou
orales est estimée par un chiffre compris entre 0 et 20. Les
notes obtenues par les candidats sont multipliées par des
coefficients fixés ainsi qu’il suit :
Médecins. — Composition écrite, 12 ; examen clinique, 15 ;
médecine opératoire, 12; interrogatoire sur l’hygiène, 10.
Pharmaciens. — Composition écrite, 12 ; iaterroptoire sur
la physique et la chimie, lü ; interrogatoire sur l’histoire na¬
turelle et la pharmacie, 10 ; préparation, 12 ; épreuve de
chimie analytique, 15. . j
Une majoration de 1.50 points est accordée : 1“ Aux anciens J
internes reçus au concours dans les hôpitaux des villes ayant i
une faculté de médecine ; 2° Aux docteurs en pharmacie ; 3*
Aux licenciés ès sciences ; et une majoration de 50 points
aux lauréats des Facultés. Les majorations ne peuvent etre
cumulées. Les demandes d’admission au concours devron
être adressées, avec les pièces à l’appui, au Ministre de a
Guerre (Direction des troupes coloniales, 3= JBureau) avant .
25 novembre prochain. ,
Pièces A fournir — 1. Avant le concours. — 1“ Acte de na^
sance établi dans les formes prescrites par la loi ; '2°
me ou, à défaut, certificat deréception au grade de
en médecineou de pharmacien del"^ classe (cette pi^® ^
vra être produite au plus tard le jour de l’ouverture j.
preuves); 3° S’il y a lieu:certificats dûment légalisés
tant de constater les titres qui donnent droit à des
tions de points ; 4o Certificat d’aptitude au service
établi l’année du concours ; 5° Certificat délivré par le
mandant du bureau de recrutement, indiquant la si u
du candidat au point de vue du service militaire, ou e
gnalétiqueet des services ; ti» Indication du domicile-
Les dossiers des candidats non reçus seront renvo)
l’intermédiaire des maires des communes indiquées u®
pièce n" ().
H. Après l’admission. —Engagement de servir P®“ ^ de*
ans au moins au titre de l’activité dans le corps de sa
troupes coloniales,à partir de la nominationau grau
major de 2'= classe. -g à 1*
Les docteurs en médecine et les pharmaciens au et
suite du concours sont nommés aides-majors de 2' c
vont suivre à Marseille, pendant un an, les cours ; il*
d'application du Service de santé des troupes colon
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tel-Guyon), Clermont, Royat et Coudes
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2 h. 37 s. ;Vichy, 5 h. 04 ; Ris-Chàteldon, 5 h.
36 ; Riom (Chàtel-Guyon), 5 h. 47 : Clermont-
Ferrand, Ci h. 04 : Royat, 6 h. 25 ; Coudes
(Saint-Nectaire), 7 h. 13.
Retour : Coudes (Saint-Nectaire), dép.
10 h. m. ; Royat, midi 25 ; Clermont-Fer¬
rand, midi 45 ; Riom (Châtel-Guyon), 1 h. s.;
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LE PROGRÈS MÉDICAL
525
nortent Funiforme des aides-majors de 2' classe du Service de
^té de ces troupes et perçoiven t une solde mensuelle de
50 ; il leur est en outre alloué une première mise d’é-
‘uipementde uS francs réversible au Trésor dans les cas où
ygn’accompliraient pas les six années effectives de service à
rtir de leur nomination, à moins qu’ils n’aient été réfor¬
més pour cause de maladie. Ils concourrent à la fin del’annéd
d’études avec les aides-majors de leur promotion provenant
des Çcoles militaires du Service de santé et prennent rang
avec eux, sur la liste d’ancienneté dans le grade de médecin
ou de pharmacien aide-major, dans l’ordre de classement de
sorlie.Pour ceux qui n’obtiendraient pas à ce concours le mi¬
nimum de points déterminé par le Règlement intérieur de
l’Ecole, il sera fait application de l’article 26 du décret du 3
octobre 1905.
1.— Composition des jurys. — i- Médecins. — 1' Un médecin-
inspecteur des troupes coloniales, Président ; 2" Trois méde¬
cins du grade de médecin-major de P® classe au moins, dont
un choisi par les professeurs de l’Ecole d’application du ser¬
vice desanté des troupes coloniales. Deux médecins-majors
de 1' ou de 2“ classe sont, en outre, nommés membres sup¬
pléants et appelés à faire partie du jury en cas d’absence des
^membres titulaires.
12“ Pharmaciens. — 1° Un médecin-inspecteur des troupes
coloniales, Président ; 2“ Un pharmacien principal de P» ou
de 2' classe des troupes coloniales ; 3" Deux pharmaciens-
majors de ou de 2“ classe des troupes coloniales dont le
pharmacien professeur à l’Ecole d’application. Deux phar-
ladens-majors de P“ ou de 2“ classe, sont, en outre, nom-
y més membres suppléants et appelés à faire partie jury en cas
d absence des membres titulaires.
11. — Opérations du jury. — A. Epreuves écrites. — P Méde¬
cins. Composition sur un sujet de patholo gie générale. .
2* Pharmaciens. Composition sur une question d'histoire
naturelle des médicaments et de matière médicale. La compo¬
sition écrite a lieu le même jour et à la même heure pour
les médecins et les pharmaciens (3 décembre, à 9 heures du
matini. Après l’ouverture de la séance, chaque membre du
jnry dépose un sujet de question dans l’urne et la question
• Irai^r est tirée au sort en présence et par l’un des candi¬
dats. 11 est accordé quatre heures pour cette composition, qui
floitêtre faite sans l’aide de livres, ni de notes, sous la surveil¬
lance d’un membre du jury. Les compositions sont écrites sur
au papier revêtu du cachet du Ministère de la Guerre (Direc-
non des troupes coloniales, 3“ Bureau). Chaque candidat ins¬
crit en tête de sa feuille ses nom et prénoms et appose sa si-
^ature à l’endroit indiqué au moment de la remettre à l’of-
icier surveillant. Chaque composition est placée par l’officier
surveillant dans une enveloppe distincte sur laquelle il ap-
I pose un numéro d'ordre après l’avoir cachetée. Toutes les
propositions ainsi cachetées et numérotées sont renfermées
jUs une autre enveloppe qui est également cachetée et re-
Président du jury. Cette enveloppe est ouverte en
P ^nce des candidats qui lisent eux-mêmes leurs composi-
t J ''® devant le jury. Chaque candidat sera suivi dans sa lec-
i fe par un de ses concurrents.
%^:^P>^^tves orales. — Les sujets des diverses épreuves sont
' Plh par les jurys avant la séance, renfermés dans des
déposés dans l’urne. Chaque candidat est ap-
^ev à tirer de l’urne le pli contenant le sujet qu’il
sqJ® L’ordre dans lequel les candidats sont appelés à
^esa ^ épreuves orales est déterminé par le sort. Les épreu-
diver pur le jury doivent répondre au programme des
a examens de doctorat en médecine ou de pharmacien
' de 1''“ classe. Elles ne comportent ni les ques-
i etc., l'.®^lleulières des maladies spéciales toreilles, nez, larynx
f Ptàtiq^®* °P®^utions qui sortentde la chirurgie courante
> E.xamen clinique do deux malades atteints,
gicjiç affection médicale, l’autre d'une affection chirur-
•oiio^^aque candidat expose devant le jury le résultat de
U^n^^'^ution clinique et les résultats pratiques à en tirer
de cette épreuve, examen et exposé oral, ne doit pas
dépasser quarante-cinq minutes. — b) Epreuve de médecine
opératoire précédée de la description de la région sur la¬
quelle elle doit porter. La durée de cette épreuve n’est pas
limitée. Il est accordé au candidat dix minutes de réflexion
avant de commencer. — (} Interrogation sur l’hygiène. La du¬
rée de cette épreuve est de quinze minutes. j
2“ Pharmaciens. a) Interrogations sur la physique, la chimie,
l’histoire naturelle et la pharmacie. — b) Préparation d’un ou
plusieurs médicaments inscrits au Codex et détermination de
substances diverses, minéraux usuels, drogues simples, plan¬
tes sèches ou fraîches, médicaments composés. Avant de com¬
mencer leur préparation, les candidats doivent indiquer par
écrit les produits et les instruments dont ils ont besoin ainsi
que les doses à employer. — c) Epreuve de chimie analyti¬
que : Recherche des acides et des bases renfermés dans deux
ou plusieurs sels solides ou dissous. La durée de chacune de
ces interrogations est de vingt minutes, le jury fixe lui-
même la durée de ces préparations.
C. Notes et coefficients. — L’appréciation de chacune des
épreuves, écrites et orales, est estimée par un chiffre compris
entre 0 et 20. Les notes sont multipliées par des coefficients
fixés ainsi qu’il suit :
Médecins. Composition écrite, 12 ; examen et clinique, 15 ;
médecine opératoire, 12 ; interrogation sur l’hygiène, 10.
Pharmaciens. — Composition écrite, 12 ; interrogation sur
la physique et la chimie, 10 ; interrogation sur l’histoire na¬
turelle et la pharmacie, 10 ; préparation, 12 ; épreuve de chi¬
mie analytique, 15.
La liste des candidats classés par ordre de mérite et en te¬
nant compte des majorations auxquelles ils peuvent avoir
droit est adressée, avec les procès-verbaux des séances, au
Ministre (Direction lies troupes coloniales, 3“ Bureau), qui ar¬
rête le nombre des candidats dans le cas d’être nommés mé¬
decins ou pharmaciens aides-majors de 2“ classe des troupes
coloniales et fait connaître aux intéressés le résultat de leur
concours.
Dans les Facultés de médecine suisses.
Il y avait pendant l’été 1906 :
Bàle . 141 hommes. 5 femmes.
Berne . 160 - 338 —
Genève.. .. 184 — 159 —
Lausanne... 140 — 322 —
Ziirich . 261 — 174 —
Total : 1.884 étudiants en médecine, comprenant 886
hommes et 998 femmes. Sur les 1.884, 553 seulement étaient
de nationalité suisse.
Circulaire adressée aux préfets parle ministre de l’in¬
térieur relative à i’organisation et au fonctionne¬
ment du service de désinfection.
Paris, le 28 juillet 1906.
Monsieur le préfet.
Le Journal officiel du 19 juillet 1906 contient le texte d’un
décret, signé le 10 juillet, par M. le Président de la République,
et dont l'importance ne vous a pas échappé. Ce décret porte rè¬
glement d'administration publique sur les conditions d’organisa¬
tion et de fonctionnement du service de désinfection.
Ce décret est le dernier de ceux prévus par la loi du 15 février
1902, relative à la protection de la santé publique ; déjà avaient
été promulgués, le 20 février 1903,1e décret sur la désignation des
maladies entraînant la déclaration ; le 27 juillet 1903, le décret
portant règlement d’administration publique sur la vaccination
et la revaccination, puis le décret du 3 juillet 1905, portant rè¬
glement d'administration publique pour déterminer les condi¬
tions d'organisation et de fonctionnement des bureaux munici¬
paux d'hygiène.
Par le décret du 19 juillet que je vous signale, l’œuvre législa¬
tive se trouve enfin close ; il reste à lui faire produire son plein
effet : c'est à quoi je vous invite de façon pressante à consacrer
votre ellort.
Nulle tâche n’est plus digne de solliciter votre zèle ; nulle ne
présente une plus haute importance sociale.
526
LE PROGRÈS MÉDICAL
Soigner et secourir les malades est bien, prévenir les malades
est évidemment mieux et il faut faire pénétrer dans l’esprit pu¬
blic cette vérité aujourd’hui incontestable, que les maladies qui
font le plus grand nombre de victimes sont heureusement celles
aussi que, grâce à une hygiène sociale judicieusement organisée,
on peul le plus aisément éviter, que ces fléaux : fièvre typhoïde,
typhus, variole, scarlatine, diphtérie, choléra, peste, etc., et la tu¬
berculose elle- môme,qui déciment si souvent les agglomérations,
sont de ces ennemis dont l’homme a appris l’art, sinon de triom¬
pher, du moins d’éviter presque sûrement la dangereuse atteinte.
La loi de 1902 et le décret du 19 juillet affirment avec force et
précision que si la collectivité a des devoiis envers l’individu, elle
a aussi des droits sur lui et que l’un de ces droits essentiels,
lorsqu’un individu, quel qu'il soit, riche ou pauvre, est atteint
d’une de ces maladies transmissibles, de le contraindre à pren¬
dre ou au besoin à subir toutes les mesures propres à empêclier
la dissémination des germes pathogènes issus de lui. Ils affirment
que l’individu atteint de fièvre typhoïde, par exemple, et dont
les linges souillés et les déjections dispersés au hasard vont pol¬
luer les eaux et contaminer le voisinage constitue pour le public
un plus grave danger qu’un fou furieux et qu’il y a un véritable
crime social à ne point prendre à son égard les simples précau¬
tions d’isolement et de désinfection que la science assigne et qui
permettent de circonscrire l’œuvre de mort.
La désinfection, avait dit la loi de 1902 en son article 7, est
obligatoire pour tous les cas de maladies prévues à l'article 4 et
nommément désignées dans le décret du 10 février 1903 ; et la loi
avait ajouté ; « Les mesures de désinfection sont mi.ses à exé¬
cution, dans les villes de 20,000 habitants et au dessus, par les
soins de l’autorité municipale, et dans les communes de moins de
20,000 habitants, par les soins d’un service départemental. » Le
nouveau décret détermine les conditions dans lesquelles ces
deux services doivent être organisés et fonctionner.
D'abord, il donne au mot «désinfection» son sens précis et
complet ; il ne s'agit point, pour commencer la dé sinfection,
d’attendre la mort ou la guérison du malade ; à tarder ainsi, on
risquerait le plus souvent de faire œuvre vaine ; sans doute ce
n’est qu'à ce moment qu’on pourra effectuer la désinfection to¬
tale des locaux occupés par lui: mais nul n’ignore et n’a plus le
droit d’ignorer aujourd hui que, pour être efficace, la lutte con¬
tre les germes pathogènes doit être entreprise dès le début et
pendant tout le cours de la maladie. Un typhique, un varioleux,
un scarlatineux peut, avant de guérir ou de mourir, contaminer
un grand nombre de personnes à l’égard desquelles les pouvoirs
publics assument de ce fait la plus redoutable des responsabilités
C'est donc, sur ce point le décret e^^t aussi netqu’imp*érieux, pen¬
dant tout le cours de la maladie que la désinfection doit être as¬
surée.
Et cette désinfection est, à un double point de vue, obligatoire
pour les individus qui, sous aucun prétexte, ne sauraient s’y sous¬
traire, obligatoire pour les services publics, municipaux et dé
partementaux qui doivent y procéder.
Est-ce à dire qu’un monopole municipal ou départemental soit
institué ? Nullement, et les particuliers sont libres de s’adresser,
s’ils préfèrent, à quelque entreprise privée de désinfection, mais
s'ils peuvent ne point faire appel au service public, ils en doivent
toujours accepter le contrôle. Ce n’est point un simulacre de dé-
sinfeétion que la loi rend obligatoire, c’est une opération vrai¬
ment efficace et la gène qu'elle entraîne provisoirement ne peut
d’ailleurs être supportée qu'à la condition même que l’efficacité
de l’opération compense ce petit sacrifice.
Dans les villes de plus de 20,00j habitants, où un bureau d’hv-
giène doit être organisé, le service de désinfection sera assumé
par ce bureau dont il sera une des attributions essentielles. Vous
aurez, sur ces deux points connexes, constitution des bureaux
d hygiène, organisation du service de désinfection, à promouvoir
l’initiative des municipalités. Je me plais à espérer qu’il ne s'en
rencontrera point qui n'ait conscience de son devoir. La loi, d’ail¬
leurs, est formelle ; l'ignorance des uns, l'indifférence svstemali-
que des autres, ne saurait en paralyser l'effet. L'obligation est
aussi impérieuse en matière de désinfection qu’en matière d'ins¬
truction primaire. Si quelque municipalité de grande ville, ou
rétrograde ou négligente, restait sourde à votre invitetion, puis
à votre mi.se en demeure, la loi donne au Gouvernement le droit
et lui fournit le moyen de lui imposer l’accomplissement de son
devoir. Plusieurs villes ont, les unes depuis longtemps, les au¬
tres depuis peu. devancé la loi ; il nous appartient, monsieur le
préfet, d’inciter les retardataires à suivre cet exemple et au be-
soin de les y contraindre.
Dans l’ensemble des communes de moins de 20,000 habitants,
dans chacune desquelles on ne pouvait songer à établir un ser¬
vice autonome, c’est un service départemental dont la loi pres¬
crit lacréation. Cette tâche est aussi urgente ; elle est,certes,plns
délicate et pour bien la mener à bien il ne faudra pas moins que
tout votre effort personnel. A la vérité, c’est, ici, le conseil général
qui délibère, après avis du conseil départemental d’hygiène, sur
la création des postes de désinfection, sur la composition et la
rétribution du personnel ; c’est luiqui vote les crédits nécessaires
à l'acquisition et à l'entretien du matériel et au fonctionnement
du service ; c’est lui qui . en se conformant aux règles fixées par le
titre 111 du décret, arrête le tarif des taxes de remboursement.
Mais votre action personnelle est considérable ; sans elle, rien ne
peut aboutir.
11 faut que dès demain chacun prépare la mise en œuvre delà
loi; si dans votre département n’a point été organisé le service
spécial de contrôle et d’inspection prévu à l’article 19 de la loi
du 15 lévrier 1902, vous aurez d’abord à désigner un membre
du conseil départemental d'hygiène qui, à défaut du chef de ce
service spécial, sera votre collaborateur immédiat. Cette désigna¬
tion peut avoir une importance capitale, et il est certain que,
dans une large mesure, tant vaudront les hommes, tant vaudra
l’œuvre ; que ce choix vous soit dicté par l’unique souci du bien
public ; cette fonction ainsi que celle des délégués des commis¬
sions sanitaires prévues par le décret ne sera pointune sinécure;
elle pourra être rémunérée dès que le service fonctionnera effec¬
tivement ; il serait équitable qu’elle le fût.
D'urgence, vous saisirez le conseil départemental d’hygiène que
vous réunirez à cet effet. Vous n'attendrez point qu’il ait termi¬
né son travail prépara' oire avant de saisir à son tour le conseil
général, à quelque moment en effet que cette assemblée reçoive
par vous la première communication de cette affaire ; elle ne
voudra et ne pourra vraisembablement point se prononcer sur
l’heure ; elle mettra la question à l'étude et en chargera, selon
ses traditions constantes, une commission qu’elle invitera à lui
préparer, pour la session suivante, un rapport, un plan et un
devis détaillés. Nous pourrons gagner un semestre si dès la ses¬
sion d'août, vous présentez au conseil général une premier rap¬
port sur le décret du 10 juillet et sur le service dont, en vertu de
la loi, ce décret prescrit et définit la constitution, et si vous in¬
vitez le conseil général à nommer immédiatement une commis¬
sion à laquelle le conseil départemental d’hygiène transmettra
ses propositions conformément à l’article 4", dès qu’elles seron
arrêtées. Moi-même je ne manquerai pas de vous communiquer
ultérieurement, et le plus tôt possible, des instructions détaillées
qui, je l’espère, guideront utilement et simplifieront votre tacn ,
elles tendront à vous montrer que, à peu de trais en sornme. on
peut et l’on doit obtenir d’excellents résultats ; elles s inspire
ront, au point de vue technique, des avis si hautement autorise
du conseil supérieur d’hygiène. ,
Parla mise en œuvre de telles lois, la mission des préfets e
vient chaque jour plus complexe, mais chaque jour aussi P
intéressantes plus digne des efforts d’hommes d ^
d’action. Ces lois sont l’honneur de la République ; travaillei
en assurer l’exécution est l’un des moyens les plus efficaces e
bien servir. Je suivrai avec une particulière attention tout
vous ferez en ce sens ; et je vous saurai gré de l’activité mo
dique et tenace que vous déploierez pour faire produire
de 1902 et au présent décret leur maximum d’effet utile
jussifier ainsi aux yeux de tous le titre même delà loi
« la protection de la santé publique B . G. Clémbmce
LES CONGRÈS
Association française de chirurgie-
(I9« Congrès, 1-6 octobre 19f 6.)
Le Congrès s’ouvrira à Paris, à la Faculté de
lundi D"- octobre 1907, sous la présidence de -M-
professeur à l’Ecole de médecine d' Angers, chirurgien n
tel-Dieu d’Angers.
Trois questions ont été mises à l'ordre du jour du ^
I,K PROGRÈS MEDICAL
, rfiirurgie des gros tvvncs nerveux ; rapporteurs: MM. Le-
•* -Pt Morestin iParis). — > Kctoine tesliculaire et ses compli¬
quons ; rapporteurs : MM. Souligoux (Paris) et Villard
? Voies et mogeiis d'accé-: d'i’is le lliorac au point de
0eop'ératoire, par MM. 'Willetns (Gand) et Loison (agrégé au
Vâl-de-Gràce).
yy les membres de l’Association sont priés d envoyer,
vant le 30 juillet, le litre et les conclusions de leurs commu-
îications, à M. le D' Walther, secrétaire général, 68, me de
BdUchasse, Paris. Fendant la durée du Congrès, une Expo¬
sition d’instruments de chirurgie,d objets de pansement.élec-
tricilé médicale, etc., sera installée dans le grand vestibule
de la Faculté de médecine. Pour tous renseignements con¬
cernant le Congrès, s’adresser au secrétaire général.
Ce Congrès, sous le Patronage de M. Armand Fallières,
Président de République, et avec le concours, comme prési¬
dents d’honneur, de M. le ministre des afïaires étrangères et
deM. le ministre de l’intérieur, doit se réunir à Paris du 22
au 24 octobre 1906.
Les cotisations au Congrès doivent être envoyées à M. Loys
Brueyre, trésorier de l'Association française 10, rue Pasquier,
Paris (8' Arr.). Les Comités nationaux sont priés de faire con¬
naître avant lel"’ septembre le nomde leurs délégués et d'en-
ïoyerà l’adresse ci-dessus les cotisations correspondantes.
Congrès international de la tuberculose.
Les Membres du comité de ce Congrès annoncent l’ouver¬
ture pour le 14, 15 et 16 novembre 1906 à New-York (U. -S.).
Iode bisublimé .
lodure de sodium .
Glycérine neutre .
Eau distillée de menthe
Sirop de tolu . lOÔ gr.
Sirop de fleurs d’oranger . 50 gr.
Eau distillée Q. S. P . 310 gr.
par cuill. à soupe toutes les 2 heures.
(ScHEFFLER, de St-Etieiine).
Appliquer sur le
Ichthyol...
Oxyde de z
■Vaseline. .
lu bien :
- Contre la blépharite.
bord des cils l’une des pommades :
. 0 gr. 20
Acide arsénieux .
Bromhydrate de quinine. .. .
Poudre de fève de Saint-Igna
Extrait mou de quinquina. . .
pour 1 pilule, 4 à 5 par jour.
LXIII. — Contrôles m«
Pilocarpine .
Sirop de fleurs d’orangers . . .
Eau distillée de tilleul .
nillerées à soupe par jot
. 0 gr. 01
. 20 gr.
. 100 gr.
à 2 ou 3 heures d’intervalle.
LVIII.— Contre la toux quinteuse des
âge.
Teinture d'aconit .
Teinture de belladone . '. . . .
Eau de laurier-cerise .
Sirop de codéine .
— tolu .
— violettes .
Infusion de tilleul .
' cuill. à dessert toutes les 2 heures.
LIX.— Contre la pharyngite chronique.
Natalité de Paris. — Du dimanche 29 au Samedi 4 août
1906. les naissances ont été au nomore de 985, se décomposant
ainsi : légitimes 751, illégitimes 234.
Mortalité a Paris. — Population d'après le recensemen’ te
l9ül : 2.660.559 habitants. Les deces ont ete au nombre de 873,
savoir: 488 hommes et 385 femmes. Les décès sont dus aux
causes suivantes ; Fièvre typnoide (typuus abdomin.) : 4. —
Typhus exanthématique : 0. — Fièvre intermittente et cachexie
palustre : 0. — "Variole : 0. — Rougeole : 6. — Scarlatine : 1.
— Goqueiucne ; 0. — Diphtérie et Group : 1. — Grippe : 0.
— Gholéra asiatique : 0. — Ghoiéra nostras : 1. — Autres
maladies epidemiques : 2. — Tuberculose des poumons : 168. —
Tuberculose des méningés : 22. — Autres tuberculoses : 16. —
mer, tous les ,
coton le phar;
meurs malignes : 61. — Méningit
lorrhagique et ramollissement du
jours, avec un pinceau ou
vec la mixture :
DRAGEES üi;
GRANULE!^
AMPOULES;
admises dans les Hôpitaux
tOn. Maux d’estomac, appétit, digestions
(^g. Foie, calculs, bile, diabète, goutte.
JP B. Asthme, chlorose, débilités.
^‘Cüis, coliques. Bl.vt.'^ffeine. Retns,graveih
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528
LE PROGRÈS MÉDICAL
— Maladies organiques du cœur : 47. — Bronchite aiguë : 3.
— Bronchite chronique : 6. - Pneumonie ; 8. — Autres affec¬
tions de l'appareil respiratoire : 51. — Affections de l’estomac
(cancer exc.) : 2. - Diarrhée et entérite de 0 à 1 an : sein ; 12 ; au¬
tre alimentation: 116. — Diarrhée et entérite de 1 à2ans: 17. — Her¬
nies. obstruction intestinale: 14. — Cirrhose du foie : 13. — Néphrite
et mai de Bright: 25. — Tumeurs non cancéreuses et» autres ma¬
ladies des organes génitaux (femmes) : 3. — Sêpticémie puerpérale
(fièvre, péritonite, phlébite puerpérale) : 4. — Autres accidents
puerpéraux de la grossesse et de l’accoucnement : 1. — Débilite
congénitale et vices de conformation : 21. — Débilité sénile : 36.
_ Morts violentes : 26. — Suicides : 6. — Autres maladies : 107.
— Maladies inconnues ou mal définies : 10.
Mort-nés et morts avant leur inscription : 65, qui se décom¬
posent ainsi : légitimes 45, illégitimes 20.
Ecole préparatoire de médecine de Grenoble. — Un con¬
cours s’ouvrira le 18 février 1907 devant la Faculté mixte de mé¬
decine et de pharmacie de l’université de Lyon, pour l'emploi de
suppléant des chaires d’anatomie et de physiologie à l’école prépa¬
ratoire de Grenoble. Le registre d’inscription sera clos un mois
avant l’ouverture dudit concours. — Un concours s’ouvrira le 4
février 1907, devant l'école préparatoire de médecine et de phar¬
macie de l’université de Lyon pour l’emploi de chef des travaux
de physiologie à l’école de Grenoble. Le registre d’inscription sera
clos un mois avant l'ouverture dudit concours.
Ecole navale annexe de Brest. — Un concours pour l’em¬
ploi de professeur de physique biologique à l’école annexe de
Brest sera ouvert dans ce port dans le courant d’octobre. Un con¬
cours pour un emploi de prosecteur d’anatomie à l’école annexe
de médecine navale de Brest sera ouvert dans ce port le 15 octo¬
bre 1906.
Conférence internationale de la tuberculose. — Cette
conférence aura lieu cette année à La Haye, du 6 au 8 septembre,
sur l’invitation de l’Association néerlandaise contre la tubercu-
Médecins conseillers généraux. — M, le D'' Aimé, républi¬
cain, vient d’être nommé conseiller général du canton de Nancy-
Ouest.
Nécrologie. — Nous avons le regret d’apprendre la mort de
MM. les docteurs Subervie, inspecteur honoraire du service des
enfants du premier âge, et Devouges (de Gorbeil). Mardi, ont eu lieu
les obsèques de M. Géraudel, pharmacien à Sainte-Menehould,
l’inventeur des pastilles qui portent son nom. (La Dépêche, 9 août
1906.)
Mot DE la fin. — Un monsieur rendant visite à une amie :
Inutile de vous demander ce que vous avez pour déjeuner, chère
dame, ça vous sent une petite odeur de cochon grillé. — Mon
médecin vient de me faire des pointes de feu ! ! !
AVIS. — Toute demande de numéros doit êi
accompagnée du montant de leur valeur, soit Ofr ^
pour les numéros ordinaires, 0 fr. 6G pour i
Numéro des étudiants. *
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de l’entérite, par Guinon ; Exostoses de croissance, par Seves-
tre ; Deux cas de paralysie diphtérique, par Guinon et Pater ;
Un cas de collapsus grave au cours de l’eczéma chez un nour¬
risson, par Boulloche et Grenet (c. r. de Ch. -H. Petit-Vendol).
_ Congrès des aliénistes et neurologistes de langue
française : La responsabilité des hystériques, par Leroy ; Rap¬
port du traumatisme et de la paralysie générale, par Brissaud ;
Deux cas de tumeurs du corps calleux avec autopsie, par Ray¬
mond ; Myxœdème et mongolisme, par Bourneville ; Microcé¬
phalie familiale ; Hydrocéphalie congénitale ; Sur quelques ca¬
ractères de certaines formes de nymphomanie, par Ballet ; Deux
cas de confusion mentale liés à la fièvre typhoïde et à la scarla¬
tine, séro-diagnostic et étude bactériologique, parTatyet Ghau-
raier. — Bibliographie : Hygiène alimentaire, comment on se
nourrit aujourd’hui? par Diffloth ; La marche du choléra de 1902
à 1906, par Peyron ; La responsabilité, étude de socio-biologie
et de médecine légale, par Morache. — Médecine pratique ;
Le formiate de quinine ou quinoforme, par Fontoynont. — Va¬
ria : Enseignement professionnel des infirmières ; Hôpital Laën¬
nec, isolement et traitement des tuberculeux ; Un bel exemple à
suivre ; Empoisonnement mortel par le véronal ; Le lait de l’As¬
sistance publique et les domaines administratifs. — Les congrès ;
Programme du congrès d’hygiène et d’assistance de Tourcoing.
— Thérapeutique. — Formules. — Nouvelles.
CLINIQUE JIP]1)ICALE
L’ankylostomiase chez les mineurs d’après
les derniers travaux;
Par le b' Paul FABRE (Commenlpy) (1)
Membre correspondant de l’Académie de Médecine
Médecin en chef de ITIopital de Commentry
Membre honoraire de l’Académie Royale de médecine 'de Belgique
Les SYMPTOMES DE l’ankylostomiase. — Si le bio¬
logiste a le droit et même le devoir d’être satisfait des
recherches récentes sur la vie, l’évolution et les mi¬
grations de l’ankylostome duodénal, par contre, le
médecin, le clinicien éprouvera encore, nous paraît-il,
plus d'une déception lorsqu’il tentera d’établir la
symptomatolgie de l’Ankylostomiase. Elles sont bien
curieuses, en effet et, fort intéressantes les révélations
lui nous ont été récemment faites sur le mode de pé¬
nétration des larves d’ankylostome dans l’organisme.
Annoncées par Looss (au Caire), niées par Lichtens-
Icrn, confirmées par Schaudinn, ces recherches et ces
découvertes ont été complètement mises en lumière
Pne Lambinct (de Liège), par Calmette et Breton ( à
Lue), par Herman (àMons) parSabrazès (de Bordeaux),
«c.On lira avec intérêt dans le Bulletin de l'Académie
^yale de Médecine de Belgique un nouveau mé-
“luu'e de M. Lambinet sur le trajet des larves d’anky-
ostome à travers les organes, après infection cutanée
•P- <62 et 77.5) et le rapport de M. Firket, sur ce tra-
nd (page 685-6). 11 résulte de ces nouvelles.recherches
pé rapidement amenées au poumon par la circulation,
jCs larves d’ankylostonie s’étant introduites à travers
sont arrêtées par l’étroitesse des capillaires du
eau alvéolaire et perforent les dernières artérioles ;
peuvent tomber dans les alvéoles pulmonaires
dans les dernières ramifications bronchiques ; de
uaouvements de rotation les font remonter a la
jusque dans la trachée et la gorge, d’où elles
etfent par déglutition dans les voies digestives,
•^uns ce trajet, les larves rencontrent les glandes
filé .““Uqueuse, et on les voit s’enfoncer dans la ca-
(îes glandes culbutant les cellules, perforant la
■^....^^^omme elles perforent les gaines folliculaires
Progrès médical, 1905, n" du 8 avril, du 17 juin et du
®‘’Pp. 2i3f369,et 457.
lors de l’infection cutanée. Peut-être même certaines
larves peuvent elles, au sein de la paroi trachéale,
pénétrer de nouveau dans des veinules et refaire dans
la circulation sanguine un trajet qui les ramène rapi¬
dement au poumon, à peu près comme, dans la tuber¬
culose, le bacille, repris par les lymphatiques pulmo¬
naires, peut être ramené au cœur droit et de là au
poumon. Certaines préparations tendent à le faire
croire, et s’il en est ainsi dans la trachée, il est proba¬
ble que, dans les cloisons conjonctives interlobulaires,
un phénomène semblable peut aussi se produire ;
des larves ainsi introduites par effraction dans le ré¬
seau pulmonaire seraient alors ramenées au cœur
gauche et de là disséminées dans les organes de la gran¬
de circulation. A Jtriori on peut croire que ces égarés
sont voués à la mort et à la calcification, comme bien
d’autres parasites perdus dans nos tissus. (D’après le
rapport de M. Firket).
Cependant si la vie physiologique de l’ankylostome
est décrite aujourd’hui dans plusieurs de ses phases
avec ses bizarres péripétieset ses modes inattendus d’in¬
troduction dans l’organisme, les signes formels de sa
présence sont à peu près nuis, les symptômes de l’imci-
nariose sont mal caractérisés, la marche n’en est pas
définie, et le diagnostic reste fort difficile. 11 serait ce¬
pendant de la plus haute importance pour le médecin
d’être mis en possession de signes sinon certains de
moins probables, qui puissent lui permettre de déceler
ou simplement de soupçonner la présence, dans l’or-
anisme d'helminthes qui passent pour constituer un
anger individuel, professionnel, et presque social des
plus redoutables.
C’est un problème qui me paraît des plus ardus,
que celui qui consiste à établir une symptomatologie
sérieuse de l’ankylostomiase. Dès 1880, à Turin, M.
le professeurBozzolo' (qui revenait du Gothard où il é-
tait allé avec son collègue, le Professeur d’hygiène, M.
L. Pagliani, étudier les conditions du travail dans le
tunnel et d’où ils avaient rapporté un travail important
sur l’état sanitaire des ouvriers) (1) m’avait conduit ,1e
6 septembre, dans son service de l’hôpital Saint-Jean.
Il me mit en rapport avec son assistant, M. le D"^ Gra-
ziadei, qui me montra des exemplaires d’ankylostome
(1) L' Anémia al traforo del Gottardo 4al punto di vista igienico e
clinico. Brochure in-1" de 75 pufçes. Milan, 1880.
530
LE PROGRÈS MEDICAL
qu'il avaitrecueillis, puis me conduisit auprès de qua¬
tre ouvriers atteints d'ankylostomiase et ramenés ré¬
cemment du Gothard. Je pus les examiner et les in¬
terroger à loisir. Tous les quatre étaient des hommes
affaiblis. (Ils m’avouèrent ne manger de la viande de
boucherie que très exceptionnellement, seulement les
jours de fête): les symptômes que ces quatre hospita¬
lisés présentaient étaient fort différents: l'évacuation
d’ankylostomes était presque le seul symptôme qui
leur fût commun, et à première vue on pouvait considé¬
rer Tun de ces malades comme phtisique, le deuxième
comme un albuminurique, le troisième était hémi¬
plégique, et le quatrième était gastralgique et assez
nettement anémique (1). On voit déjà combien peu
uniforme, combien peu nette est la séméiologie de
l’ankylostomiase.
Deux ans après, j’eus à soigner un ouvrier qui tra¬
vaillait dans une mine dubassin du Centre, voisine de
la Houillèrede Gommeniry (12 kilomètres dedistance)
et dont je vais rapidement reproduire, pour mieux lixer
les idées, l’histoire médicale.
Observatio.'j. — Anémie. — Inloxicanon satiirnine.^AnlnjIos-
torniase (2).— Alafm de novembre 1882, je voyais arriverdans
mon cabinet de consultation un mineur âgé de jO ans. qui
depuis 28 ans, c’est-à-dire depuis l’âge de 22 ans, travaillait
aux Houillères de Bézenet en qualité de piqueur. Excessive¬
ment maigre, la peau d’un blanc mat, presque terreux, les
conjonctives complètement décolorées, ainsi que la muqueuse
buccale, cet homme m’aurait présenté le type de l'anémie
vraie, confirmée et au degré le plus prononcé, si je n’avais
pensé à quelque chose de plus grave encore. L. N. ..., se plai¬
gnait de coliques atroces, il vomissait presque tous ses ali¬
ments et accusait aussi , et spontanément, une douleur loca¬
lisée dans la fosse iliaque gauche. Je songeai à l’existence
possible d’un cancer. Mais j’eus beau chercher par la palpa¬
tion la présence soit d’une tumeur, soit seulement de quel¬
ques nodosités, mes recherches furent vaines. Ce ne fut qu’a-
près plusieurs examens approfondis que je crus êtresurla
trace delà cause probablede cet état morbide.
L.N — habite à environ 7 kilomètres du puits de mine où
il travaille :il avait l’habitude d’emporter sa soupe, son vin,
ses aliments dans une sorte de bidon en fer-blanc, dont les
soudures contiennent du plomb ; les cuillers et les divers us¬
tensiles dont on se servait dans son ménage étaient en plomb,
ou du moins contenaient une forte proportion de ce métal.
Cet homme avait le liseré gingival caractéristique de l’in¬
toxication saturnine. Les douleurs intestinales étaient pres¬
que continuelles; la constipation était opiniâtre; et lorsque,
par des purgatifs,on parvenait à obtenir quelques garde-robes
on constatait la présence de matières dures, noirâtres a for¬
mes globuleuses, de vraies petites boules, des matières ovil-
lées.
Le malade avait un peu de glycosurie. Mais je ne trouvai
ni albumine ni plomb dans les urines. 11 y avait de l arlbral-
gie dès latin dedécembre. Vers le 10 janvier 1883, un traite¬
ment approprié et l iodure de potassium ( , () grammes pris en
trente jours! avaient déjà amélioré l’état do cet homme ; les
coliques étaient moins intenses; mais l’anémie resiait encore
très prononcée. A la tin dejanvier, je procédai à l’examen mi¬
croscopique de son sang ; dans les deux premières numéra¬
tions de globules (faites par le procédé de M. Malasscz) je ne
constatai qu’une moyenne de 1.838.200 globules rouges. Deux
autres numérations pratiquées 11 jours après me fournirqpt
une moyenne plus élevée ; je comptai 2.238.600 hématies par
millimètre cube de sang (le chiffre normal étant d’environ
5.000.0001.
Comme on l’a signalé dans les cas d’intoxication saturnine,
(I) Voir mon travail sur le Rôle des ento^oaires et eu farticulier
des ankylostomes dans la Pathologie des mineurs.
{2i Celle observation a été donnée, résumée, dans mon travail :
Lee Mineurs et l’anémie. Péris, 1881, page 10,
un certain nombre de globules rouges étaient notableme
augmentés de volume ; quelques-uns atteignaient et mêm
dépassaient neuf millièmes de millimètre. Le nombre relatif
desleuccoytes était très augmenté; j’en comptais un pour en¬
viron 200 globules rouges au lieu de un pour 500, qui pgjjg
pour être la proportion normale .
A l’hémato-chromoraètre, on constatait une proportion
d’hémoglobine excessivement faible, La capacité respiratoire
était représentée par 0 millimètre, 100 et le poids de l'hémoglo¬
bine par 0 milligr, 048. On entendait dans les vaisseaux du
cou, à droite, un bruit de souffle, doux, continu, avec renfor¬
cements. 11 y avait aussi un léger souffle cardiaque, à la base.
Les vomissements allaient en augmentant de fréquence, et le
malade croyant à la présence de vers, je lui administrai delà
fougère mâle : 12 grammes d’extrait éthéré de fougère mâle,
additionnés de 12 grammes de poudre de rhizome, pour faire
24 bols qui furent pris d’heure en heure. Le lendemain, je lui
prescrivais de l’eau chloroformée {formule de Beurmann). Le
surlendemain les vomissements étaient arrêtés et It s selles
contenaient environ 3(M) ankylostomes pourla plupart gorgés
de sang ; les femelles étaient en proportion à peu près trois
fois plus forte que les mâles. J’adressai un certain nombre
de ces nématodes à mon ami, le regretté D'- Charles Brongniart
assistant du Muséum d'histoire naturelle de Paris, ce natura¬
liste distingué, mort il y a 3 ans.
lima paru difficile de déterminer quel rôle comparatif ont
joué les ankylostomes et le saturnisme dans cet état par
trop complexe. Qu’il me suffise d'ajouter que cet état est allé
s’améliorant à tel point quel! mois après l'expulsion des an¬
kylostomes, an mois d'août 1884, on pouvait considérer cet
homme guéri. Et depuis lors, il s’est toujours bien porté. Au
mois de novembre, une dernière numération de globules me
donnait le chiffre à peu près normal de 4.937,6011.
Ce fait était le premier, et il est resté, jusqu'ici, le
seul cas d'ankylostomiase que j'ai eu l'occasion d’obser¬
ver personnellement dans le bassin houiller du Centre
delà France, bien que mon attention ait été dirigée
avec persistance sur cette question.
Mais nous l'avons déjà dit et nous ne saurions trop
le répéter, la symptomatologie de l'ankylostomiase, du
moins dans nos régions tempérées, reste encore entou¬
rée d'obscurité. C’est pourquoi j’estime que la meilleure
description des phénomènes morbides et peut-être
des signes pathognomoniques de cette affection nous
sera fournie par les médecins qui ont étudié la cachexie
aqueuse, l’anémie interiropicale, le mal-cœur des nè¬
gres, Topilaçao, lachlorose d’Egypte, etc.., toutes ma¬
ladies dans lesquelles on a constaté la présence des an¬
kylostomes dans le duodénum et le jéjunum.
Aussi bien, n’est-ce pas Griesinger qui, le premier, a
mis en avant (1), dès 18r)4, une relation de cause àct-
fet entre les symptômes de la chlorose d'Egypte ®
isTinlestin grôle(2) 'Hia-
présence d’ankylostomes dans
près Griesinger, cette affection atteignait j,t
quart de la population égyptienne. Cette opinion W
pour point de départ Tautopsie d'un individu mort ae
chlorose d’Egypte et dans laquelle le D"' Griesmg^^
trouva des milliers d'ankylostomes fixés aux
l'intestin grêle, chacun, au centre d'une ecchymose se
blable à Ta morsure d’une sangsue. Une q"^^,
lité do sang rutilant, qui provenait évidemment ue^
plaies, était épanchée dans le duodénum, la jéjunn^^^^j
jusque dans la première partie de l'iléon. Ce sa
(1) .4 la suite d’une autopsie faite le 17 avril 1852 d un md
mort d hypohémie. ., ArcW-
(i) ,\nkvloslomen-Krankheit iind chlorose (in t J,
fiir phys.'Heilkunde, 1854 p. 564. Ga:(ette hebdomadaire de
et de chirurgie de Paris An \Z avtW 1855. inictto”'^\
(3) Opinion qui, eomine l’écrivait Davaine en 1860. ( fsi
Encyclopédique des sci- ne s médicales de DechambreA- * J Apn f^*''
loin d’étre suffisamment établie car elle n’est fondée que»
LE rnOGIiÈs MÉDICAL
53i
jjservateur se hâta de conclure « que la perte de sang
^asionnée par les ankylostomes avait été la cause de
la maladie et de la mort de cet individu ».
Les travaux de Küchenmeister, ceuxde Van-Bene-
denct Gervais, de Spencer-Cobbold, de Sangalli, de
Grenet qui rencontra (1) l'ankylostome duodénal (sur
jn sujet mort, à Mayotte, de cachexie aqueuse ou mal-
cÆurlceux de T. de Rochas, de O. Wücherer, la pré¬
sentation faite à l'Académie de médecine de Paris, le 19
septembre 1871, par le ü’’ Delioux de Savignac,
d'un spécimen de ces helminthes provenant de
Bahia, attirèrent l'attention du monde savant
sur ces entozoaires. L'année suivante, J. Rodriguez
deMoura publiait (dans la Gasetta Medica da Bahia)
une étude sur l'hypohémie intertropicale considérée
comme maladie vermineuse, étude dont voici le ré¬
sumé (2) : L’auteur regarde formellement cette affection
comme un effet de la présence des ankylostomes dans
l'intestin grêle, et cite, outre l’observation due à Grie-
singer et ci-dessus mentionnée, une deuxième observa¬
tion recueillie par Wücherer et une autre due au D‘’
Faria. Dans ces trois cas, il y avait anémie profonde,
œdème, oppression ,etc., et à l'autopsie, ou trouva le duo¬
dénum et le reste de l'intestin grêle garnis d'ankylosto-
mes attachés à la muqueuse qui présentait uhe ecchy¬
mose sur le point d'insertion des parasites, et quelque-
foisdes traces d’hémorrhagie. Rodriguez de Moura ajou¬
tait de nouveaux faits dans lesquels la présence d’an-
kylostomes fut également démontrée par 1 autopsie.
«Ces helminthes n’ont point été rencontrés sur des su-
jetsayant succombé à d’autres cachexies parvenues à
un état avancé ou à des maladies différentes». Le D''
Moura citait encore l'observation d'une enfant de trois
ans, mulâtresse, qui pendant la vie présenta tous les
symptômes de l'anémie intertropicale: teinte particu¬
lière de la peau, décoloration des conjonctives, soutfle
cardiaque, doulenr gastrique, perversion de l’appétit,
^oùt de manger de la terre, etc. A l’autopsie on note
liypertrophie du foie, ulcération du gros intestin, pulpe
sanieuse brune, obscure, sur la muqueuse du côlon,
Rrande quantité devers dans l’estomac, le duodénun,
Lntestin grêle et le gros intestin. ( L’auteur a fait ici
"ue réserve contre cette observation duo à l'un de ses
®*(üs,le docteur Marquez;il croit que l’ankylostome duo-
I aeual^ qui est très abondant dans le duodénum, mais
l ^mdéjà devient rare vers la fin de l’inteslin grêle, ne
! ^ rencontre pas dans le gros intestin.
Cncas diagnostiqué Cachexie palustre^ parle doc-
"rForres-Homen, de Rio-de-Janeiro, fut reconnu ap¬
partenir à l'hypohémie enraison de la multitude d’an-
jykstomes trouvés dans V estomac (?) et le duodénum.
J ^°®leurR, de Moura citait encore trois autres cas,
deux observations observées à Mayotte (celles du
Tenet et du D'' Monestier) et le troisième observé
®jeune parle docteur Riou- Kérangal.
font ^ fhou-Kérangal, les ankylostomes ne se ren-
pas chez les sujets à symptômes bilieux;ils pa-
^voirfui la présence de la bile chez les sujets
'^'^odénum est colore en vert ou en jaune; on les
le dans l’intestin grêle et même jusque dans
; mais on cesse de les rencontrer dans le gros
deTu ”^- Le mal-cœur des nègres est bien, d’après R.
l’équivalent de l’hypohémie du Brésil; il a été
Abyssinie par Spencer-Cobbold; il est très
j Egypte surtout sur les bords du Nil, et il y
i de médecine navale, Paris, 1807, 1. VIII, p.îj.
ries La Galette médicale de Paris, 1872,p.477.
atteint au moins un quart de la population. Cette mala¬
die, ajoute leD' R. de Moura, a été observée aussi dans
l’Inde et en Italie.
Dès 1864, dans un travail fait en collaboration, le
docteur Fonssagrives et le docteur Le Roy de Méri-
court {Archives de médecine navale), travail paru sous
le titre : Essai sur le Mal-cœur ou mal d'estomac des
nègres, avaient décrit un certain nombre de symptô¬
mes.
Six ans après, en 1870 (dans l’article « Cachexie
aqueuse » du Dictionnaire Encyclopédique des Scien¬
ces Médicales de Dechambre), le docteur Le Roy de
Méricourt signalait dès la période prodromique une
sorte d’alanguissement physique et moral, des malaises,
de la céphalalgie, de la courbature, des vertiges, parfois
aussiun mouvement fébrile irrégulier , avec diminution
des sécrétions, de la constipation ; et, dans la deuxième
période, alors que la maladie est confirmée, on constate
un mélange de gastralgie et de chloro-anémie, douleur
épigastrique rongeante, spontanée et éveillée aussi par
la pression, des vomissements, de la diarrhée et les
perversions si remarquables du goût, boulimie, pica,
géophagie, ce que Volpata avait décrit sous le nom
aAllotriophagie. [Gazzetta Medica Italiana Lom-
bardia, 1848), anorexie alternant avec la malaria (1),
enfin décoloration de la peau, battements artériels,
essoufflements, œdème des extrémités, lipothymies,
etc., en un mot tout l’ensemble des symptômes de l'ané¬
mie la plus profonde, de la chlorose la plus sérieuse.
Dans la cachexie aqueuse, la langue est décolorée, et,
d’après certains auteurs, tellement lisse qu’on ne verrait
plus une seule papille.
Par contre, Otto Wücherer, qui exerçait à Bahia,
affirme qu’il n’a jamais vu la langue nette et lisse ; il
l’a toujours trouvée pâle et, dans les cas graves, rappe¬
lant beaucoup l’aspect qu’elle offre chezles cholériques
à l’état algide (2).
Mais ce n’est pas seulement la cachexie aqueuse,
l’anémie intertropicale, le mal-cœur des nègres, la chlo¬
rose égyptienne que les ankylostomes sont accusés de
provoquer. Ils seraient aussi la cause d’une maladie
que les Brésiliens appellent Opilacao ou Cançaço, sur
laquelle j’avoue n’avoir pu trouver de renseignements
bien précis, mais qui n’est probablement autre chose
quel’obstruction intestinale. En effet,le D" O. Wücherer,
en 1866, a trouvé des ankylostomes chez tous les indi¬
vidus qui mouraient d’obstruction intestinale à Bahia(3).
(A suivre).
(1) Celte perversion du goût, qui consiste à mangqi' des subs¬
tances non alinienlaires, constituerait un symptôme qui, d'après le
docteur Le Roy de Méricourt, peut faire défaut chez les sujets de
race blanche, tandis qu’il est très fréquent chez les sujets de race
colorée. L’expression de géophagie est d'ailleurs vicieuse ou insuf¬
fisante, car si les malades mangent de préférence et avec avidité
de la terre, r ils rechercbenl et dévorent aussi bien d’autres subs¬
tances non alimentaires et bien autrement répugnantes, telles que
la cendre, des chiffons de papier, des cheveux, de vieux pldlras, la
sciure de bois, etc. ».
(2) Dictionnaire Encyclopédique des Sc. Méd., article Cachexie
aqueuse, page 390.
(3) D’ A. Le Danlec.— Maladies des Pays chauds, 1900, p.819.
NARCYL GRÉMY médicament spécifi¬
que de la toux, spécialement de la toux des tu¬
berculeux.
532
LE PROGRÈS MÉDICAL
BULIÆTIN DU PROGRÈS MÉDÎCA L
Les Manœuvres du service de santé.
Les leçons de choses sont toujours d’un puissant in¬
térêt. L'armée exécute périodiquement des manœuvres
qui permettent déjuger de son instruction et mettent
officiers et soldats aux prises avec les difficultés de la
vie en campagne. Nul ne songe à discuter leur utilité.
Il n’en est pas de même pour les exercices spéciaux du
service de santé qui n’ont pas toujours eu une bonne
presse. 11 nous paraît cependant que l’expérience la
plus récente consacre définitivement leur nécessité.
Ce qui fait l’intérêt tout particulier des manœuvres
du service de santé, auxquelles j’ai eu la bonne fortune
de participer effectivement cette année, c’est que, d'une
part, comme l’exprimait dans une conférence prélimi¬
naire, M. le médecin principal Antony, médecin-
chef du Val-de-Gràce, et directeur technique des exer¬
cices spéciaux, elles ont démontré que notre personnel
et notre matériel sanitaires pouvaient s’adapter parfai¬
tement aux exigences de la tactique moderne ; que,
d'autre part, on vit, pour la première fois, synergique¬
ment fonctionner — et c’est là une innovation des
plus heureuses — les formations de l’avant et celles de
l’arrière, de telle manière qu’il était possible de suivre
le blessé dans son trajet du champ de bataille au terri¬
toire, comme dans la réalité. Ajoutons aussi, impor¬
tante mesure, qu'il avait été fait le plus large appel au
corps de santé de réserve et de territoriale, et que l’on
eut ce spectacle impressionnant et réconfortant de con¬
frères, brusquement distraits de leurs habituelles occu¬
pations, devenus immédiatement adéquats à leur si¬
tuation nouvelle et remplissant leurs fonctions sans
que rien trahisse chez eux leur manque d’expérience.
Ceci réduit à néant les craintes que d’aucuns formulè¬
rent sur l’absence de cohésion des formations sanitai¬
res en temps de mobilisation.
M. le Directeur technique avait pris soin, dès le dé¬
but des opérations, de faire ressortir l'importance ac¬
tuelle de la notion du fameux « vide « du champ de ba¬
taille, telle qu’elle ressort des rapports des attachés mi¬
litaires auprès des armées russe et japonaise durant la
récente campagne. Cette notion oblige le service de
santé à se montrer le moins possible sur le champ de
bataille pour éviter des pertes cruelles en personnel et
pour ne fournir aucune indication à l’ennemi. Dans cet
ordres d'idées, M. le médecin principal Antony recom¬
mandait aux premières formations du service de l’avant
a les postes régimentaires de secours » d'être aussi « li¬
néaires » que possible, de manière à se dissimuler en
profitant des couverts, chemi?tements, abris de toute
nature.
Dès le 1“'^ août, commençaient réellement les ma-
nœuvres,qui eurent pour théâtre la région difficile Long-
jumeau-Epinay-Juvisy. Des blessés simulés tombaient
sur le champ de bataille, où ils y recevaient les soins
du service régimentaire. Nous n’entrerons pas dans le
détail du fonctionnement de ce service, que l’on con¬
naît, Nous estimons cependant que certains points doi¬
vent être mis plus spécialement en lumière comme
comportant d’utiles enseignements :
1° Il est difficile, pour le service régimentaire, de con¬
server le contact des troupes. Comme conséquence jl
ne doit point perdre de temps dans l’organisation des
premiers secours. L’installation même du poste de se¬
cours est longue et cette formation doit être réduite an
minimum, étalée plutôt que concentrée. En outre, le
service régimentaire ne doit pas trop compter sur l’exis¬
tence du relai d’ambulance qui peut, pour une raison
ou pour une autre, ne pas jalonner la route entre le
poste de secours et l’ambulance.
2“ Il y a lieu d’aller aux blessés en utilisant les abris
naturels, de les répartir en « nids » où les brancardiers
iront les chercher dès que le feu le permettra. On con¬
çoit dès lors que cotte recherche exige, de la part des
médecins auxiliaires et des brancardiers, une initiative
prudenteet de grandes qualités d’observation.
3® Le paquet individuel de pansement demeure la
grande ressource. Il nous a paru toutefois que le maté¬
riel régimentaire était très suffisamment doté. Nous
avons vu appliquer au poste de secours des pansements
ingénieux et même originaux.
Des blessés, ceux à qui leur blessure permettait
la marche, gagnaient l’une des deux sections de l’am¬
bulance divisionnaire, dirigées: l’une par un médecin-
major de 1™ classe; Lautre par un médecin-major de
2‘ clas-e, ayant chacun sous leurs ordres six médecins
de l’active, de la réserve ou de la territoriale. Les au¬
tres étaient apportés par des voitures d’ambulance ou
à dos de mulet, en litière ou en cacolet, et c’était vrai¬
ment un curieux spectacle que l’arrivée des convois de
blessés couchés ou assis, le débarquement de ces bles¬
sés prenant leur rôle au sérieux et l’activité des bran¬
cardiers empressés à les.transporter. Là, les pansements
étaient vérifiés ou refaits, les opérations très urgentes
pratiquées, et les malades, sériés selon la gravité de
leur état, renvoyés à leur corps ou évacués sur 1 hô¬
pital de campagne.
Nous portions un intérêt tout spécial à l ambulance
divisionnaire, non pas tant parce que nous y étions a -
taché que parce qu’elle constitue la formation la plu®
importante de l’avant, celle à qui est dévolu le rô ®
écrasant de suivre partout la division à laquelle e e
est attachée, de fonctionner comme hôpital le jeu^
même du combat, avec obligation de céder la plac
l’hôpital de campagne le soir môme de l’action, on
plus tard le lendemain. La difficulté de ce rôle a fai
haiter depuis de longues années rinterchangeabtht®^^^
formations sanitaires : on conçoit, en effet, quC;
si I au^'
bulance et l’hôpital de campagne ont même
tion, leur substitution réciproque sera
facilitée. Quoi qu’il en soit, nous avons
surprise de constater que, telle qu’elle est, l’aoi
divisionnaire est une formation « manœuvrière
n’en voulons pour preuve que ce qui s’est passe
section dont nous faisions partie. Le 1®' août, ce
tion trouve dans la maison d’école d’Epinay-^^*^ |g5
un superbe local, de vastes pièces. Tandis à
brancardiers étaient occupés à aménager ces s 1^
retirer les paniers des voitures, d’autres mon
LE PROGRÈS MÉDICAL
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LE PROGRÈS MÉDICAL
533
tente et tous suscitaient par leur promptitude, leur ar-
Jeur silencieuse, l'admiration des spectateurs. C’est
jinsi que, ayant marché depuis le matin, arrivés à
P ipayà9h. 45, ils avaient, à 10 h. 30, mis l'ambulance
en état de fonctionner, n'attendant que des blessés.
Sous tenons à faire remarquer avec quelle rapidité
huit minutes), fut montée latente Tortoise, qui cons¬
titue un abri immédiat. Le lendemain, la même section
se trouve à Grand-Balisy ; mais ici les conditions sont
bien différentes ! On avait encore compté sur la mai¬
son d'école, mais personne pour l'ouvrir; d’ailleurs,
pas de clefs! Le médecin-cbef demande alors à un pay¬
san la permission de s'installer dans une vieille bâtisse ;
les murs sont couverts de toiles d’araignées ; des gravats
encombrent le sol ; en moins d’une demi- heure toutes!
nettoyé ; les salles de pansements et d’opérations sont
prêtes ;la tente est montée. Et tout cela s’est fait sim¬
plement, qui représente un effort considérable et éton-
necenx qui ont mission d’apprécier. D'autres brancar¬
diers n'étaient pas restés inactifs ; dès leur arrivée, ils
avaient préparé des boissons hygiéniques et réconfor¬
tantes destinées aux blessés et dont chacun eutsa part.
Ceqiii nous a le plus frappé, c’est que, dans cette forma¬
tion, faite d’éléments si divers, qui n’avaientjamais été
en contact, il n’y avait aucune espèce de confusion : les
groupes médicaux opéraientchacun pour leur compte ;
il y avait promptitude, mais point de précipitation. Pas
d'ordres donnés au hasard ; pas de cris ; mais des gens
conscients de leur devoir, du plus élevé au plus hum-
tle, donnant la plus haute idée de la valeur du corps de
santé dans son intégralité.
En arrière des ambulances était installé et fonc¬
tionnait à Savigny-sur-Ürge, un hôpital de campa¬
gne, dont la destination est d’hospitaliser les blessés
^on évacuables et de diriger sur l’arrière les blessés
l^acuables laissés par l'ambulance, dès que leur état
fpermet. Le cadre de cet hôpital de campagne était
pilnntionnellement constitué de médecins de réserve
-Jt de territoriale, et j’ose dire qu’il n’y a point paru,
•'hôpital de campagne évacuait, le 3 août, sur des
*harrettes aménagées à l'aide de moyens de fortune,
blessés sur la gare du Triage à Juvisy. Cette gare,
une heureuse disposition habilement exploitée,
■^®ogelarive gauche de la Seine, de telle sorte qn’on
procéder à une évacuation par eau sur péniches et
■ «les évacuations par trains sanitaires permanent ou
“'provisés etpartrains ordinaires.
Les journaux quotidiens ont parlé du train- sanitaire
^rnianent gracieusement amené par la Gie d'DiTéans,
® 1 infirmerie de gare installée à la gare de Juvisy
, . *<^5 soins de la Société de secours aux blessés mili-
Louer l’organisation de cette société, le dévoû-
de scs membres, la perfection de son matériel ;
g®'’ le désintéressement et le degré d'instruction des
^ji “'’lsles Français n’est que faire œuvre de justice ;
* ceux-là sont des volontaires.
* 1^ louange méritée, il y a une petite place aux
çjjj'iyes, qui n’atleignent d’ailleurs pas le corps médi-
i^gij,'®ôme. Le nombre des voitures et des chevaux à
tj. ."’Cr est énorme pour chaque formation sanitai-
c service de santé doit faire appel au train des
équipages; il l’a sous ses ordres, il est vrai ; mais il reste
tributaire de son bon vouloir et, au point de vue disci¬
plinaire, le train, par une anomalie extraordinaire,
échappe, comme Ton sait, à l’action directe des méde¬
cins-chefs. De plus, le service de santé ne possède pas
ses moyens propres de transport, qui appartiennent à
l’artillerie, ce qui est absurde. Ne serait- il pas temps
de substituer à la traction animale la traction mécani¬
que ? Et ne pourrait-on voir lesarmées en marche sui¬
vies d’automobiles qui auraient l’avantage de diminuer
le nombre des voitures et de former des convois d’une
mobilité et d’une souplesse supérieures à ceux d’au¬
jourd'hui ? Quant au matériel de pansement utilisé en
campagne, peut-être ne répond-il plus aux exigences
de la chirurgie actuelle, mais les théories en médecine
ont si vite vieilli, on les voit si facilefnent disparaître,
puis reparaître, que nous ne nous étonnons pas de voir
que subsiste encore, dans les paniers de pansements, la
préoccupation du pansement phéniqué-. Le remplace¬
ment de tout ce matériel ne serait pas une petite affaire
de temps et d’argent, et la compétence des médecins
militaires y pourvoira sans doute. Au reste, chacun de
nous n’a-t-il pas eu l’occasion de faire des pansements
et mômecertaines interventions avec des objets improvi¬
sés etr des instruments de fortune? et les manœuvres
qui se sont déroulées ont montré la suffisance numéri¬
que du matériel et le parti qu’on en pouvait tirer en
l’utilisant au mieux et en faisant preuve de décision et
d'ingéniosité.
Quant aux brancardiers militaires, ils ont, cinq jours
durant, sous un soleil implacable, manœuvré avec
discipline et avec entrain. Cela tient sans doute à leur
recrutement spécial; tous, gens intelligents et souvent
d'esprit cultivé, apportent à l’accomplissement de leurs
fonctions une conscience admirable. Mais cela tient
aussi aux médecins sous les ordres de qui ils sont pla¬
cés. J'ai vu Tun d'eux, particulièrement, qui, prenant
à son compte la formule japonaise de l'exaltation de la
valeur individuelle, ne négligeait jamais de donner une
explication, de faire saisir l’intérêt d'une manœuvre à
celui qui la devait accomplir, et de faire de chacun non
pas l’auxiliaire inconscient, mais le collaborateur intel-
iigentd’une œuvre utile. Il savait aussi assurer le repos
en temps opportun, avoir soin de la santé des hommes.
C'est ainsi que Ton a pu voir des soldats fatigués pur la
marche, harassés par la chaleur, accomplir avec en¬
train leur besognede brancardiers; pas un cri, pas un
murmure ne s’est fait entendre ; pas un homme n'a
allégué son état de fatigue pour éviter une corvée.
Mais il y avait la contagion de l’exemple ; tousles chefs
manifestaient un bel entrain et, sous la longue blouse
blanche, les grades avaient disparu ; on sentait seule •
ment l’effort commun des hommes soignant d'aqtres
hommes. Médecins militaires et médecins civils rivali¬
saient de zèle, et Ton avait l’impression que Ton ne
distinguait pas plus les uns des autres sous Tuniforrae
qu’on n’aurait pu les différencier à leur retour dans la
vie civile. Il faut ainsi que chacun soit bien pénétré du
rôle qu’on lui demande de jouer et de l'importance qui
s'atlache à sa fonction. Il importe qu'en cas de mobili¬
sation, les médecins militaires sachent qu’ils ont dans
534
LE PROGRÈS MÉDICAL
leurs confrères civils des auxiliaires consciencieux, sa¬
chant au besoin prendre des responsabilités, toujours
soucieux de faire leur devoir.
En résumé, les manœuvres du service de santé cons¬
tituent un salutaire exercice et un entraînement profi¬
table ; chacun y parfait son instruction, et les méde¬
cins, venant de différents régiments, réunis à des mé¬
decins civils de plusieurs générations, apprennent à se
mieux connaître et à mieux s’apprécier. C'est déjàpour
eux un avantage ; c'est une ressource bien autrement
précieuse pour les soldats qui combattront.
André Lomb.vrd.
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Séance du 19 juin 1900. — Prksidknce de M. (ioMBv.
Rapporta de l’ndéndidile et de l’entérite.
M.Guinon appelle Taftention de la Société sur la coïncidence
fréiiuente des ndénoïdites et des entérites. L’infection du
rhino-pharynx sc propage du côté du tube digestif, et ydéter-
mine des accidents divers, sans qu’il y ait proportionnalité
d'intensité entre les manifestations intestinales et les désor¬
dres antérieurs observés du côté du rhino pharynx.
Mme Aageotte rapporte, à l’appui de l’opinion de M. Gui-
non sur ce sujet, trois observations d’enfants chez lesquels
des accidents intestinaux i)Ius ou moins graves ont disparu
après l’ablation d’adénoïdes. En plus des phénomènes d’en¬
térite, ces enfants présentaient : l’un une incurvation de la co¬
lonne vertébrale, le second des éruptions licbénoïdes, et le
troisième du rachitisme, et ces diverses lésions ont disparu
en même temps que l’entérite à la -.suite de l’opération qui les
a débarrassés cle leurs adénoïdes. Tous ces faits prouvent l’im¬
portance des adénoïdes comme origine possible de désordres
intestinaux et autres, et montrent la nécessité qu’il y a de de
surveiller attentivement l’état du naso pharynx.
M. Go.mby admet qu’il existe d'étroites relations entre l’adé-
noidite et les affections intestinales, y compris l’appendicite.
Il a observé de nombreux faits qui, comme les observations
sur lesquelles M. Guinon a basé sa communication établissent
catégoriquement les relations existant entre ces diverses affec¬
tions. Il est d’avis, en outre, qu’il y a lieu d’incriminer la rhi-
no-pharyngite comme origine d'autres maladies, telles que la
péricardite et la néphrite.
MM. Aobécourt et P. Merki.en font connaître à la Société les
résultats de leurs recherches sur les deux questions suivan¬
tes : 1° Absorption de la graisse chez les nourrissons sains et dyi-
peptiques ; 2» Influence de La teneur en albumine sur l’élimina¬
tion de l'urée chez les nourrissons sains et dyspeptiques .
Exostoses de croissance.
M. Sevestre présente un garçon de 13 ans qui porte un
nombre considérable d’e.ros/oscs de croissance — plus de 80 —
disséminées sur le squelette, siégeant particulièrement au ni¬
veau des épiphyses, et dont quelques-u nés sont symétriques.
Les dimensions de ces exostoses varient du volume du poing
à celui d’une noisette. La marche ne s’effectue qu’avec grande
difficulté. Ces tumeurs ont ajvparu chez le jeune malade entre
9 et 11 ans. Le père et le grand-père sont eux-mêmes atteints
d’exostoses, et il en est de même du frère et de la sœur du
malade ; il y a dans ce cas une influence héréditaire bien ca¬
ractérisée.
M. Sevestre demande l’avis de ses collègues au sujet du
traitement à employer. Le traitement opératoire étant sou¬
vent suivi de récidive, et la multiplicité des lésions n’étant
guère. d'ailleurs, de nature à en encourager l’emploi.
M. Toi.lemer cite un cas analogue au point de vue de l’i ■
rédité ; mais le père avait eu la syphilis, et l’on peut se
mander si celle-ci ne doit pas être incriminée dans l’étioloeT
des exostoses de l’enfant.
Mme X.vGEOTTE a observé un cas d’exostoses multiples d
la clavicule de l’omoplate et des premières côtes, avec accL
dents de compression du plexus brachial ; l’iodure et le mer¬
cure successivement administrés, n’ont donné aucun résultat
M.Variot est d’avis d’essayer le traitement mercuriel.
M. CoMBY rappelle un cas d’exostoses multiples nombreuses
qu’il a observé, et dans lequel le traitement ioduré intensif
resta absolument inefficace.
Deux cas de paralysie diphtérique.
MM. Glinon et Pater communiquent deux cas de pandijsie
diphtérique traités par les injections de sérum antidiphtérique.
Les accidents paralytiques étaient survenus, dans la première
observation, au l.ô*-- jour après angine et croup. Chez un en¬
fant de 5 ans, et dans la seconde au 12' jour d’une angine chez
une fillette de 6 ans, les deux malades ayant subi d’abord un
traitement curatif énerghjue par le même sérum.
Le premier cas, celui du garçon, malgré l’emploi énergique
du sérum contre les accidents paralytiques, se termina par
une mort brusque au bout de 5 jours (ôüc.cubes de sérum en
3 injections) : chez la fillette, la guérison ne survint <iue len¬
tement après une injection de 20 c. cubes de sérum.et une sé¬
rie d’accidents assez préoccupants (tout d’abord, aggravation
delà paralysie après 1 injection, puis éruption sérique et al¬
buminurie, et enfin pleurésie sèche avec état général sé-
Un cas de collapsus grave au cours de ! eczema che^ un nourrisson.'
MM. Boulloche et Grenkt rapportent l’observation d’nn
enfant de 14 mois atteint d’eczéma depuis les premiers temps
de sa vie. et chez leifuel, l’eczéma ayant brusquement disparu
sans cause déterminante appréciable, il se produisit d’abord
quelques troubles digestifs que la diète hydrique fit rapide¬
ment cesser ; puis deux jours après, brusquement, du collap¬
sus avec pâleur, excavation desyeiixet anurie. Comme trai¬
tement, diète hydrique, bains sinapisés tièdes, lavement pur¬
gatif et injection de âügr. de sérum artificiel. A la sortie du
bain courte syncope, avec pouls imperceptible, mais amelio¬
ration prompte après une injection de caféine de 2 centigram¬
mes. Le lendemain, réapparition de l’eczéma, cessation de la-
nurie, et ensuite guérison. La relation entre la disparition ae
l’eczéma et l’apparition d accidents graves semble bien éviden¬
te dans ce cas, et cela confirme le conseil, donné depuis lo^'
temps déjà par nombre d auteurs, de ne pas chercher à obte¬
nir trop promptement la rétrocession d’un eczéma.
Ch. II. Petit-\endol.
11' Congrès intern.ational d’assainisse.ment IQ
d’habitation. — Ce Congrès se tiendra à Genève du 4
septembre prochain. Son bureau est composé comme suit •
"Vincent, président ; Guillaume Fatio, vice-président i. V ‘ ^
Davy, secrétaire-général ; AlbertVuarinsecrétaire-genera F
la Suisse ; Depoilly, secrétaire-général adjoint; Zambratr
Le Congrès comprend des membres adhérents versant .ggjjott
tion de 20 francs et des membres associés versant une co
de 10 francs. , , , 4ifre3
Pour tous renseignements, s’adresser ; à Genève, a -i- -
Wuarin,secrétaire-général du Comité d’organisation, 1, j»
Moulins ; à Paris, à M. Marié-Davy, secrétaire généra
Commission permanente, 7, rue Brézin. Les adhésions
être adressées àM. Zambra, trésorier, 12, rue Petitot, * gj^gnis
Le Comité d’organisation local se charge de fournir des ^
à prix réduits à toutes les personnes qui eu feront la den»** ' jg
’ " accordée aux membre
demi-place
Congrès.
ir les chemins de fer si
î RA’*!?’-'
Congrès internationaux d’électrobiolocie et 5,,
)gie médicales. — Secrétaire général ; Prof. E. y® d’Ëler'
rue Nicolas-Leblanc, Lille. Le 3' Congrès mtmTi“tion ^ l’oc'
trobiologie et de radiologie médicales se tiendra, a JR , ^ Lrs
casion de l’Exposition universelle, du 5 au 9 ^és
demandes de billets, ainsi que les adhésions au Congr > pie
être adressées, avant le 1" août, à M. le D' Moutier.
Miromesnil, Paris.
LE PROGRÈS MÉDICAL
535
congrès DES ALIÉNISTES & NEUROLOGISTES
DE LANGUE FRANÇAISE
(Lille, Août 190G.)
Séance du i août. — Présidence de M. Grasset
La- responsabilité des hystériques.
a. Leroy (de Villle -Evrard), rapporteur. — Lorsque l’expert
atcommis pour examiner un hystérique délinquant, son pre¬
mier soin doit être de s’assurer que l’inculpé ressortit bien à
la névrose. Son diagnostic doit être basé sur les -symptômes
sMnatiques et psychiques de l'hystérie constatés par lui ou
mentionnés dans les antécédents : attaque dans ses différen-
lesvariétés, paralysies etcontractures, troubles sensitifs, mu¬
tisme, accidents viscéraux, somnambulisme, état crépuscu¬
laire, etc.
Le diagnostic posé, le médecin légiste a deux points essen¬
tiels à envisager : le sujet en lui-même et les caractères par¬
ticuliers de Pacte incriminé, ainsi que des circonstances qui
font accompagné.
Je n’ai pas besoin d’insister sur l’importance primordiale
de l’étude de l’inculpé, ds ses antécédents, de son niveau
mental, des particularités de son caractère, des incidents par
lesquels se manifeste le plus souvent chez lui ta névrose,etc.
Un inculpé ayant présenté des attaques d’hystérie moyen¬
ne, voire même de petites attaques vulgaires, du somnambu¬
lisme, des paralysies ou des contractures, a certainement un
système nerveux plus touché que la jeune fille chez laquelle
on constate des crises syncopales avec une sensation plus ou
moins nette de constriction cervicale.
On peut admettre aussi que la constatation d’une grande
anesthésie ou d’un rétrécissement énorme du champ visuel
implique l’existence d'une grave perturbation des centres
psychiques. L’anesthésie hystérique, d’origine auto-suggesti-
’e, est une insensibilité par inconscience, par désagrégation
mentale, une insensibilité psychique indiquant un dédouble¬
ment de la personnalité. Il est bien évident, d'autre part,cpe
• examen des stigmates mentaux, le degré de suggestibilité,
d’aboulie, d'amnésie, d’anorexie, doit entrer en ligne de
®mpte dans l’appréciation médico-légale. Il en est de même
de la mentalité du sujet, révélée par sa vie entière.
Ces considérations générales suffisent à montrer que la
'®5ponsabiIité varie nécessairement avec chaque sujet et qu’on
“«peut guère appliquer à l’un les règles qui seront de mise
pour l’autre. Si la maladie est légère, ce n'est pas sa consta-
«hon qui pourra à elle seule innocenter le délit, il fautd’au-
os éléments. L’hystérie est-elle, au contraire.grave, s’accom-
^gne-t-elle de crises nombreuses, de délire hallucinatoire,
®^mnambulisme, d’importants symptômes physiques, nous
^ons que l'expert doit tendre vers l’irresponsabilité, quand
n même l’acte n’aurait aucun caractère hystérique et pa-
‘ fait avoir été inspiré par les mobiles les plus pervers. La
P “part des experts concluent actuellement, dans ce cas, à
fw^nsabilité atténuée. Je crois, au contraire, qu’on doit
^mdérer le délinquant comme un malade et conclure à l’ir-
Pnnaabilité complète. Lanévrose a, en effet, toujours pour
^^qnence une véritable infériorité psychique; les senti-
sç ‘^^•ifuistesou sociaux disparaissent en même temps que
à r lechamp de la conscience. La place de l’hystérique
a ‘asile et non à la prison ; c’est un malade qui relève
médecins.
•des, de l’irresponsabilité de l’hystérique avec trou-
ij^^^aves du système nerveux est déjà pratiquement recon-
Jtijjj un détenu d’une maison centrale présente des
^ hystérie avérée, on ne le garde pas en prison ; jus-
itesj]-. ® année on avait l’habitude de le transférer à l’asile
criminels de Gaillon. Par suite de la fermeture
de cetétablissementon le place désormais à l’asile
Acniental le plus voisin.
•é^'?P°‘’lante qu’elle soit, l’étude de l’inculpé, de ses an-
fappojf ’ de ses manifestations morbides est secondaire par
‘ a celle de l’acte lui-même. Un hystérique, en effet.
peut très bien être responsable de certains actes et irrespon¬
sable d’autres, cela dépend du moment et des circonstances.
Etendre trop loin l’irresponsabilité de tels individus serait
leur donner, au détriment de l'ordre public, un véritable bill
d'indemnité. Cette conclusion a été admise par tous les au¬
teurs — au premier rang desquels il faut citer Legrand du
Saulle — qui se sont occupés de la responsabilité des hysté¬
riques.
Quels que soient lesactes commis pendant les troubles men¬
taux associés aux attaques ; hallucinations, idées délirantes,
agitation, états extatiques, etc., il est évident que l’expert doit
conclure à une irresponsabilité totale. Il en est de même pour
les actes accomplis pendant les délires transitoires, plus ou
moins frustes, qui sont les seuls délires hystériques vrais et
qui doivent être considérés comme les équivalents delà crise
convulsive.
La même irresponsabilité totale doit être*«cquise aux acte s
quels qu’ils soient, vols, homicides, fugues, etc.,commispen-
dant le somnambulisme. C’est dans ces cas que l’on peut dire
que le malade est un pur automate devenu le jouet de son
idée fixe. Les mêmes considérations s’appliquent à l’état se¬
cond qui n’est qu’un état somnambulique prolongé. Dans cette
double vie, du reste, les phases de l’existence sont assez dis¬
tinctes pour quele patient puisse présenter et présente souvent
dans chacune d’elles une mentalité différente. Une hystéri¬
que timide à l'excès.à l’état normal, peut se montrer bruyante,
hardie et téméraire dans l’état second. L’inculpé ne sera, en
tous cas, déclaré irresponsable que si le délit a été réellement
commis pendant l’état somnambulique.
Plus délicate est la recherche de la responsabilité dans les
actes accomplis en état de subconscience. Ces « états cré¬
pusculaires » marquent parfois le prélude ou la fin d’une
attaque convulsive ; quelquefois aussi ils alternent avec celle-
ci ou se présentent spontanément sans aucune connexité avec
les accidents convulsifs, réalisant ainsi un équivalent psychi¬
que de l’attaque. Cesétatsde subconscience avec ou sans trou¬
bles sensoriels, avec ou sans désorientation, s’accompagnent
d’amnésie. Leur caractère morbide né peut pas être mis en
doute et l’irresponsabilité doit être acquise à tous les actes,
vols ou homicides, exécutés pendant ces états.
Si, comme cela est assez fréquent, l’expert ne peut arriver
à démontrer l’existence de cet état de subconscience au mo¬
ment de l’acte. Je problème devient très délicat. Voici habi¬
tuellement comment les choses se présentent r un sujet de
conduite correcte, complètement lucide, commet un crime
puis, l’acte accompli, prétend n en avoir gardé aucun souve¬
nir, ne pas connaître le premier mot de la chose dont on lui
parle, etc., etc. Commént dépister ici le mensonge, la super¬
cherie ? Si l’on peut démontrer l’existence d’une hystérie
grave, l’amnésie du crime peut être réelle en dépit de nom¬
breux mensonges portant sur d’autres faits : dans ces condi¬
tions il est au moins prudent de ne jamais rejeter d’emblée
l’hypothèse d'une folie transitoire, alors même qu’elle est en
l’espèce improbable.
Il a été question, jusqu’ici, de la responsabilité dès hysté¬
riques pendant les crises ou pendant les équivalents
psychiques voyons maintenant dans quelle mesure
peut être invoquée l’irresponsabilité pour les actes com¬
mis dans l’intervalle des crises. Dans l’impossibilité où
nous sommes de répondre à cette question par une
forfnule unique, nous nous bornerons à étudier la res¬
ponsabilité dans quelques cas particuliers choisis parmi les
plus fréquents. Un fait primordial peut d’abord être envisagé,
c’est l’acte en lui-même. On voit souvent des délits ou des
crimes tellement absurdes que leur caractère pathologique
ne peut être mis en doute par personne ; l’irresponsabilité
de ceux qui les ont commis en découle alors tout naturelle¬
ment.
La profonde suggestibilité de l’hystérique explique l’in-
lluence si grande du rêve, d’une hallucination, d’une idée
fixe, d’une suggestion intrinsèque ou extrinsèque. Plus en¬
core que la suggestibilité, l’impulsivité est une cause impor¬
tante d'actes médico-légaux hystériques : homicide, de vio¬
lence, suicide et surtout actes passionnels provoqués par la
haine, la jalousie, la vengeance. Leur émotivité, leur irrita-
536
LE PROGRÈS MÉDICAL
bilité, empêchent ces malades de se contenir ; il passent pres¬
que instantanément de l’idée à l’acte.
La plupart des auteurs, dans ces cas, concluent à une res¬
ponsabilité limitée. D'après eux, le criminel hystérique n’op¬
pose, aux mobiles de son acte, qu’une résistance affaiblie. A
l’impulsivité des hystériques se rattache un grand nombre
de vols, surtout de vols commis dans les grands magasins.
Lorsque l’expert se trouve en présence de dégénérés hy.-.téri-
ques, de kleptomanes, l’irresponsabilité ne saurait être mise
en doute. La solution est bien plus délicale si l’impulsion ne
s’accompagne pas d’obsession proprement dite, de lutte an¬
goissante. Le médecin réglera sa conduite d’après le carac¬
tère plus ou moins pathologique de l’acte et les circonstances
qui l’ont précédé ou suivi.
Mais il reste, bien entendu que ce sont seulement les actes
pathologiqiirs de l’hystérique qui entraînent l’irresponsabi¬
lité. En présence d’un délinquant ne présentant que des ma¬
nifestations anciennes ou atténuées de la névrose et dont
l'acte n’aaucun caractère pathologique, l’expert doit conclure
à la responsabilité. Le rapport devra, toutefois, contenir un
examen approfondi du sujet (antécédents héréditaires et per¬
sonnels, niveau mental, degré de la maladie) afin d’éclairer
le tribunal Si celui-ci croit juste d’appliquer les circonstan¬
ces atténuantes, il le fera sans que le médecin intervienne.
L’appréciation de la maladie seule est d’ordre médical.
11 me faut dire, maintenant, quelques mots de la respon¬
sabilité des sujets chez lesquels l’hystérie est associée à
d’autres facteurs pathologiques. Parmi ces facteurs, le plus
habituel est incontestablement la dégénérescence. Nous ne
pouvons encore ici fournir aucune règle fixe, la responsabi¬
lité étant variable chez les dégénérés. La vie entière du sujet
indique le degré de son déséquilibre, et ce déséquilibre per¬
met d’arriver à déterminer la responsabilité. A chaque cas
correspond une solution différente. Lorsque la dégénéres¬
cence s’affirme par unedébilité mentale avérée, l’expert de¬
vra naturellement faire entrer en ligne de compte ce nou¬
veau facteur. Chezun hystérique présentant en même temps
des manifestations épileptiques, il est fréquent de rencon¬
trer simultanément un état de débilité ou de dégénérescence
mentale plus ou moins accusé. Dans cette triple association,
l’acte médico-légal emprunte ses caractères à l’un des fac¬
teurs, quelquefois à deux, et la responsabilité est générale¬
ment nulle, llfaut, cependant, arriver à cette conclusion, que
le délit ait une note pathologique .
Lorsque l’hystérie s’associe avec les intoxications, la ques¬
tion delà responsabilité devient encore plus complexe. Cette
association est assez fréquente, car on sait combien les désé¬
quilibrés ont une appétence singulière pour tous les toxi-
qués, principalement l’alcool, la morphine et l’éther. L’in¬
toxication réagit sur l’état mental du malade, mais il est tou¬
jours possiblede retrouver dans le tableau clinique la part de
chacun des fadeurs surajoutés. La responsabilité dépend na¬
turellement du degré d’hystérie et de l’importance de l’in¬
toxication. De tous ces poisons, l’alcool est le plus fréquent et
aussi le plus nocif. L’alcoolisme chronique augmente le
nombre des crimes qu’il aggrave. L’ivresse accroît singuliè¬
rement l’impulsivité, l’automatisme des malades, et l’hystéri¬
que devient criminel par suite d’impulsions déréglées, sans
qu’on puisse parler de troubles mentaux proprement dits.
Quelquefois l’automatisme ambulatoire hystérique succède
à une intoxication éthylique. La morphine a, au contraire,
cette action particulière qu’elle diminue un peu la fréquence
des attaques, mais l’état mental n’en demeure pas moins ag¬
gravé. L’expert devra s’attacher à démontrer dans quelle me¬
sure l’acte délictueux dépend de l’hystérie ou de l’intoxica¬
tion surajoutée. Cette notion a plus d’importance que la gra¬
vité de la maladie elle -même.
En terminant, je crois nécessaire de poser devant le Con¬
grès le problèmede la responsabilité limitée qui est, comme
on l’a vu, la solution souvent adoptée par les experts lors¬
qu’il n’y a pas de trouble pathologique évident au moment
de l’acte. La loi pénale ne reconnaît pas cette responsabilité
limitée ; il n y a pour elle que des responsables et des irres¬
ponsables. La plupart des médecins légistes et des juriscon¬
sultes admettent qu’il existe des gens à tares insuffisantes
pour faire disparaître leur volonté, mais suffisantes pour oh
curcir leur intelligence et diminuer leur volonté. Est-ce u *
chose juste ou simplement utile ? D’aucuns font remarque^
que l’idée de responsabilité limitée, avec la peine divisée
comme en petits morceaux est une absurdité. D’autres ajon
tent, avec M. Forel, que responsabilité limitée veut dire le'
trois quarts du temps, danger social augmenté. ’ *
A mon tour, je déclare que la responsabilité limitée est une
notion non seulement inutile, mais irrationnelle et dange¬
reuse : irrationnelle parce que les hystériques considérés
comme partiellement responsables sont des anm'maux sur
lesquels pèsent de véritables tares, des influences d’ordre in¬
trinsèque; dangereuse parce qu’elle conduit les juridictions
répressives à 1 indulgence, à la courte peine, et qu’on remet
ainsi dans la circulation un individu peut-être plus dange¬
reux que le criminel conscient. 11 serait fâcheux, à mon sens,
que le Congrès donnât l’appui de son autorité à la reconnais¬
sance officielle de la responsabilité limitée.
M. Grasset. — Conclure comme l’a fait M. Leroy, au rejet
absolu de la responsabilité limitée est une grave condamna¬
tion de la plupart des experts qui adoptent cette formule.
Pour ma part, je rejette complètement semblable conclusion
etj’estime qu’il faut envisager séparément la doctrine scien-
tifiquede la responsabilité atténuée et ses conséquencesjuri-
diques dans la législation actuelle.
En d’autres termes, il ne faut pas assimiler les notions très
distinctes de responsabilité atténuéeet de peine atténuée.
Dans la législation actuelle, la déclaration de responsabilité
atténuée aboutit à la multiplication des courtes peines, ce
qui est reconnu mauvais ; mais cela ne prouve pas que,scien-
tifiquement, la responsabilité atténuée n’existe pas. Si elle
existe, il ne faut pas cesser de la proclamer, sauf à demander
en même temps une modification correspondante de la loi.
Or, scientifiquement, la chose ne paraît pas douteuse. Quelle
est actuellement la base médicale delà responsabilité ? La
normalité des neurones psychiques. Dès lors, il me paraît
impossible de se borner à classer l’humanité en deux blocs;
celui des normaux responsables et celui des anormaux com¬
plètement irresponsables.
Entre les deux, il y a place pour une vaste catégorie de
sujets, chez lesquels le fonctionnement psychiqiie est inférieur
à la normale, c est-à-dire qui ne sont pas doués d’une résis¬
tance suffisante aux suggestions malsaines, et qui, par consé¬
quent, ne peuvent être considérés ni comme irresponsables
au sens absolu du mot, ni comme responsables.
Prenons un épileptique ; tout le monde est d’accord pour
reconnaître que le crime com mis en état de crise entraîne 1 ir¬
responsabilité ; mais si le même crime a été accompli dans
une phase interparoxystique, irez-vous soutenir que ce crime
ne mérite aucune indulgence, qu’il a été accompli par un
sujet dont l’intégrité psychique est absolue 11 en est de
même pour les actes des hystériques. \ ous voulez que ceux-
ci soient toujours responsables ou irresponsables. Pour moi.
l’immense majorité de ces malades est responsable, maj*
dans une mesure limitée qu’il appartient à l’expert d’appre-
cier.
Loin d’être irrationnelle, cette conception me semble au
contraire, la raison même. Si vous n’admettez pas la respon
sabilité atténuée, vous êtes obligé d’étendre outre uaesur
tantôt le domaine de la responsabilité, tantôt celui de l irres
ponsabilité. ,
En quoi le sujet à responsabilité atténuée diffère-t “
du responsable et de l’irresponsable ? Du responsable u
fère en ce qu’il n’est pas entier dans la lutte psychique e
ne doit pas être mis dans la prisondes normaux.De 1
sable il diffère en ce qu’il « comprend » le gendarme et laP^
son etnedoit pas être mis dans l’asile des fous. Et qe
ce qu’il ne peut être ni dans la prison ordinaire ni dans!
ordinaire, il ne faut pas conclure qu’il n’existe P*® ., pri-
conclure à la création urgente, indispensable de
son. Tout danger disparait ainsi. La société se ^ns
tre ce demi-fou plus longtemps parfois que contre
fous,maiselle le traitera en même temps. Elle l’isolera
un cholérique ou un pestiféré et s’en préservera tout en
gnant.
LE PROGRÈS MEDICAL
537
Toutes les objections sur l’absurdité de la « peine divisée »
bent. Onnepeut plus dire, avec M. Forel, que responsa-
h'iité limitée égale danger social augmenté. Il n’en estrien. Si
classez les hystériques en responsables et irresponsables,
flus vous exposez terriblement, au contraire, à mettre en pri-
des malades et à enfermer dans les asiles des sujets dont
cen’est pas la place.
Le rapporteur parle enfin de sujets partiellement responsa¬
bles ; c'est une confusion des plus fâcheuses que commettent
encore un certain nombre d'auteurs : responsabilité partielle
elresponsabilité atténuée sont deux choses absolument dis¬
tinctes.
La responsabilité atténuée n’est donc ni irrationnelle, m
dangereuse, ce n’est pas davantage, comme on l’a dit, une
cote mal taillée, une lâcheté ou une erreur : c’est une vérité
scientifique, à laquelle un jour ou l’autre il faudra bien que
la législation se conforme.
M, Briand (de Yillejuifi. — Le terrain sur lequel évolue
l'hystérie joue un rôle primordial dans le déterminisme et la
forme des délits divers que peut commettre l'hystérique.
M. Düpré de Paris). - Le problème delà responsabilité
des hystériques associe deux questions dont l’étude séparée
est déjà des plus difficiles. A mon avis, lorsque l’hystérique
devient délinquant, ce n’est pas de par sa névrose, mais bien
de par les tares intellectuelles, morales, ou volontaires qui
s’associent à l'hystérie sur le terrain dégénératif, dont la né¬
vrose elle-même n’est qu’une expression.
Parmi ces tares, la vanité, la malignité et la perversité dans
le domaine moral, la débilité mentale dans le domaine in¬
tellectuel, l’impulsivité dans le domaine volontaire, et enfin
d’autres états morbides, toxiques, obsédants, etc., etc., re¬
présentent les principaux facteurs qui, associés à la névrose,
entraînent les hystériques à la délinquance et sont les mobi¬
les non hystériques du délit chez les hystériques. Je ne vois
^ère de spéciale à l'hystérie que la suggestibilité, comme
élément psychologique intéressant à considérer en médecine
légale ; et encore une suggestibilité particulière, aboutissant
surtout à l’organisation de crises ou de syndromes somati¬
ques, accessoirement à la création d’états psychiques qui
nont^ère de conséquences médico-légales, en dehors de
l'association des tares morales plus haut signalées.
La mythomanie telle que je l’ai définie, c’est-à-dire la ten¬
dance constitutionnelle au mensonge, à la fabulation et à la
simulation, est très fréquemment associée à l’hystérie, mais
sue ne se confond pas avec elle, car on peut être mythomane
Mns être hystérique. Le diagnostic différentiel entre la my-
Inomanie et 1 hystérie repose le plus souvent sur la notion de
«présence ou de l'absence, dans le processus morbide, de la
«nscienceet de la volonté. Cette distinction est des plus dif-
ncilesà établir, car nous ne possédons aucun moyen sûr de
®fisurer chez le sujet suspect la valeur des constatations de
« conscience et des efforts de la volonté.La cliniquemédico-lé-
^te et pénitentiaire fourmille de ces cas hybrides. où il est im-
Wssible de faire dans la psychogenèse des accidents le dé-
^rt de l’hystérie et de la simulation. Il me paraît difficile de
‘inguer, à cet égard, le rôle respectif des deux psychis-
; le problème reste dans le domaine des faits subjectifs et
cconaporte aucun élément objectif, aucun critère expéri-
"‘«“lal de solution.
com* de vue de la responsabilité atténuée, je me rallie
Plctement à l’opinion de M. Grasset.
Rapport du traumalUme et de lapamhjsic générale.
^'***00 (de Paris). — J’ai observé plusieurs malades chez
^ des symptômes de paralysie générale ont été notés
soQt P®® une chute ou un traumatisme crânien grave. Quels
Hiy J ces conditions les rapports réciproques de la pa-
l«tag ® |®nérale et du traumatisme ? Celui-ci a-t-il été réel-
ton^,.* cause eflective, unique de la maladie, a-t-il créé de
Wos Paralysie générale ? ou bien, ce que je serais
*'fieut' d’admettre, n’a-t-il pas simplement actionné et
qui 5g ''C's les centres nerveux une syphilis en évolution
M. tf* aurait peut-être respectés ?
Liîa ini -*'^°' ~ *^‘‘issaud vient de soulever une question
Pressante et bien délicate. Il est très difficile d’éluci¬
der une question aussi grave par des fait.® négatifs ; cepen¬
dant, si chacun venait ici dire qu’il n’a jamais rencontré de
paralysie générale traumatique, la vérité serait bien près
d être établie. Il y a des années que je recherche des cas de
paralysie générale traumatique, je n’en ai jamais trouvé. Si
l’on remonte un peu loin dans l’examen du malade, on
trouve que toujours la paralysie générale avaitdébulé avant
le traumatisme incriminé.
M. Raymond. — Je suis très heureux d’enlendre exprimer
des conclusions que je partage complètement. Quand une
paralysie générale est certaine, j'affirme que toujours la sy¬
philis est le point de départ et que le traumatisme n’a été
qu’un épisode.
M. Bali.et (de Parisl.— Dans 2 cas qu’il m'a été donné
d’observer et qui tous deux se présentaient comme des types
de paralysie générale traumatique, une enquête attentive a
montré que dans 1 un, lessymptômes de méningo -encéphalite
chronique étaient antérieurs au traumatisme, et que dans
l’autre il existait une syphilis conjugale ; ici encore, par con¬
séquent, le traumatisme, s’il était pour quelque chose dans
l’apparition de la maladie, n’avait pu jouer que le rôle de
cause occasionnelle. Je ne crois donc pas à l’existence de la
paralysie générale exclusivement traumatique. Mais il ne faut
pas conclure de là à l’innocuité complète d’un traumatisme
en matière de paralysie générale. Il est très possible, en effet,
que tel syphilitique qui serait resté toute sa vie un simple
syphilitique devienne paralytique général à l’occasion d’un
traumatisme.
M. Régis. — Je n’ai observé, pour ma part, que des cas où
le traumatisme était consécutif à une paralysie générale pré¬
existante. Je serais donc assez disposé à me ranger à l’avis de
MM. Brissaud, Raymond et Ballet. 11 résulte cependant d’une
série de travaux allemands et anglais sur ce sujet, qu’il y a
présomption de relation de cause à effet entre le traumatisme
et la paralysie, d’abord quand il n’y a pas de cause connue an¬
térieure susceptible decréer la paralysie,générale, ensuite lors¬
que le traumatisme a déterminé un ébranlement sérieux et
enfin lorsque le temps écoulé entre les deux faits n’a été ni trop
long, ni trop court. Dans l'une ou l'autre de ces alternatives,
il appartient encore à l’expert de déterminer pour chaque
cas particulier dans quelle mesure le traumatisme a dû favo¬
riser ou hâter l’éclosion de la paralysie générale.
M. Giraud rapporte un cas qu’il a eu l’occasion d’observer
récemment avec M. Lallemand et pour lequel les experts
conclurent que la paralysie générale devait être déjà en évo¬
lution lorsque survint le traumatisme.
M. Duret. — Comment faut-il considérer la paralysie gé¬
nérale ? Est-ce un syndrome ou une maladie spécifique 'f
Toute la question est là, et si la paralysie générale est consi¬
dérée comme un syndrome, il est logique d’admettre que le
traumatisme puisse jouer un rôle dans son étiologie.
M. Brissaud constate qu'aucun des membres du Congrès
n’a vu le traumatisme créer de toutes pièces la paralysie géné¬
rale. Désormais la question lui paraît résolue. Au point de
vue médico-légal, le traumatisme n’en a pas moins créé un
dommage qui doit être réparé.
M. Vaulon (de Paris). — Que la syphilis joue un rôle dans
le développement de la paralysie générale, je ne le consteste
pas, mais, qu’elle en soit la conditionsuffisante.je ne le crois
pas. Toujours ou presque toujours la paralysie générale est
le résultat de l’association de la syphilis avec un autre fac¬
teur étiologique. Le plus souvent c’est l'alcoolisme qui inter¬
vient, mais il est possible que dans un certain nombre de cas
ce soit un traumatisme qui s’ajoute à la syphilis.
M. Christian insiste sur le rôle du surmenage dans l’étiolo¬
gie de la paralysie générale.
M. Paii.has rappelle un cas qu’il a communiqué à un Con¬
grès précédent.
Deux cas de tumeurs du corps calleux avec aulopsie.
M. Raymond. — Je désire vous communiquer les observa¬
tions de deux malades ayant succombé àdes tumeurs du corps
calleux.
Le premier, un homme de cinquante-huit ans, avait pré¬
senté, à la suite d’un ictus survenu trois mois avant sa mort.
538
LE PROGRÈS MÉDICAL
une hémiplégie motrice droite progressive avec hémitremble¬
ment, et plus tard une hypoesthésie du même côté.
Dès l’ictus, l’intelligence s’était montrée affaiblie : on cons¬
tatait avant tout une obnubilation intellectuelle générale. Il
existait quelques signes de compression cérébrale : céphalée,
vomissements, stase papillaire légère,mais aucun phénomène
du côté des nerfs crâniens. A l’autopsie, on trouva une
vaste tumeur, un gliome très vasculaire avec foyers hémor¬
rhagiques détruisant les deux tiers antérieurs du corps cal¬
leux, se prolongeant en avant dans le lobe frontal, et latéra¬
lement dans le centre ovale du côté gauche. Il existait, en
outre, un noyau secondaire au niveau des circonvolutions pa¬
riétales ascendante et deuxième pariétale gauches. L’examen
histologique des coupes de l’hémisphère gauche permit de
constater une atrophie considérable des fibres tangentielles
d’Exner, la destruction des faisceaux longitudinal supérieur
et occipito-frontal et du cingulum. A noter des altérations
très prononcées des vaisseaux de l’écorce.
Le deuxième malade, un homme âgé de quarante ans, n’a
eu, pendant huit mois, comme unique symptôme, que des
troubles itientaux spéciaux, puis, deux mois et demi avant sa
mort, se sont montrés de nombreux signes ; avant tout une
hémiparésie gauche progressive avec hémiataxie et hémianes¬
thésie du même côté, ensuite une hémianopsie temporale
gauche homonyme.
Il n’y avait pas de phénomènes de compression des nerfs de
la base et ceux de compression générale étaient modérés.
Une obnubilation intellectuelle progressive avait obscurci le
syndrome mental au début, lorsque le malade vint consulter
à la Salpêtrière ; néanmoins, on put le reconstituer et porter
le diagnostic de tumeur localisée primitivement au corps
calleux, ayant envahi la couche optique droite. L’autopsie
confirma l’exactitude du diagnostic ; on trouva un sarcome à
cellules polymorphes, très vasculaire, ayant infiltré le tiers
postérieur du corps calleux et s’étant développé du côté
droit, où il a détruit les deux tiers postérieurs de la couche
optique, le tiers postérieur de la capsule interne, les radia¬
tions thalamiques et le faisceau longitudinal inférieur. Les
cellules pyramidales de l'écorce, étudiées par la méthode de
Nissl, présentent des altérations assez considérables (chroma-
tolyse, déplacement et vacuolisation du noyau, etc.).
11 résulte de ces constatations que les divers symptômes
observés chez ces deux malades ont presque tous pour origine
des lésions situées en dehors du corps calleux et qu’en som¬
me il n’y a que les troubles mentaux qu’on puisse considérer
comme un symptôme à proprement parler d’origine calleuse .
Et encore parmi ces troubles mentaux, il y a un départ à
faire. L’obnubilation intellectuelle, les troubles démentiels
que certains auteurs ont décrits, dans les tumeurs du corps
calleux, sont des symptômes tardifs dus à la propagation de
la tumeur à des régions voisines ou à des altérations céré¬
brales diffuses (compression, intoxication, lésions vasculaires).
Il reste, comme caractéristique, un syndrome mental spé¬
cial : il consiste en des troubles du caractère, de la bizarrerie
dans les manières et dans les actes, des lacunes dans la mé¬
moire, un manque de liaison dans les idées, tout cela avec
une conservation apparente de l'intelligence qui peut faire
illusion à l’entourage. A part ces troubles mentaux spéciaux,
pour soupçonner la localisation d’une tumeur dans le corps
calleux, peut-être y a-t-il à tenir quelque compte du siège de
la céphalée, mais de la céphalée précoce seulement. Les au¬
tres symptômes donnés par les auteurs sont des symptômes
d’emprunt, la tumeur étant bien rarement limitée au corps
calleux. C’est donc ce syndrome mental particulier qui est le
signe caractéristique d’une localisation dans le corps calleux,
et c’est son existence précoce et longtemps isolée qui a permis,
dans le deuxième cas, de porter un diagnostic de localisation
calleuse primitive.
De cette étude anatomo-clinique, je ne veux tirer aucune
conclusion ferme au sujet de la physiologie du corps calleux.
Le faisceau occipito-frontal était détruit dans les deux cas ;
il n’est donc pas sûr que le syndrome psychique décrit plus
haut soit unkiuement d'origine calleuse. C’est l’étude des lé¬
sions limitées au corps calleux (hémorrhagie, ramollisse¬
ments! qui pourrait permettre de résoudre ce problème.
Myxœdéme et Mongolisme.
M. Bourneville rappelle que, l’an dernier, au Congrès de
Rennes, il a montré une série de photographies concernant
deux groupes bien distincts d’idiotie, les myxœdémateux et
les mongoliens. S’appuyant sur ces documents, il a essayé de
tracer un parallèle entre le myxœdéme infantile et le mon¬
golisme, que chacun a pu lire dans les procès-verbaux du
Congrès. Ce parallèle a été reproduit, perfectionné, dans le
dernier numéro de la Revue d’hygiène et de pathologie infan¬
tiles du D*- Il.de Rothschild,comme conclusion d'une nouvelle
observation de myxœdéme (Bon. . .) et d’une nouvelle observa¬
tion de mongolisme (Burga...) M. Bourneville complète ce pa¬
rallèle par des renseignements comparatifs ;1“ des calottes crâ¬
niennes des deux groupes (avec le D'' Paul Boncour) ; 2» de
la dentition (avec M. le D"' Frey et M. Royer), 3» sur l’absence
de la glande thyroïde, constante chez les myxœdémateux in¬
fantiles, et l’existence de lésions dans les glandes tliyroîdes,
existantes, des mongoliens.
La puberté est plutôt précoce chez les mongoliennes.
Elle ne se développe généralement pas chez les myxœdéma-
teuses ou incomplète et tardive, sauf chez celles qui sont sou¬
mises longtemps au traitement thyroïdien.
Enfin il montre les photographies d’un groupe de myxœ-
démateuses et d’un groupe de mongoliennes, vues nues de
face, de profil, de dos. Ces belles photographies, dues à M.
Infroit, directeur du service photographique de la Salpê¬
trière, mettent bien en relief les différences symptomatiques
signalées par l’auteur.
M. Bourneville résume et fait voir les photographies d’un
nouveau cas de mongolisme (Cotto...) morte récemment, dans
son service, de tuberculose généralisée.
Microcéphalie familiale.
Le même auteur fait passer les photographies de deux frè¬
res atteints de microcéphalie à un degré très prononcé (ni/cro-
céphalie familiale) ainsi que les photographies du cerveau
de l’un d’eux. Les observations, rédigées en collaboration avec
son interne, Mlle R. Maugeret, seront publiées dans le recueil
des travaux du Congrès.
Hydrocéphalie congénitale.
La dernière communication de M. Bourneville (avec .M.Ie
D'' Julien Noir) a trait à un cas d’hydrocéphalie communi¬
qué au Congrès de la Rochelle (18931 parce que le traitement
produit une amélioration considérable. L'enfant avait
alors près de 4 ans. En terminant, il dit : « Si Valen-
tine Esc..., malgré une hydrocéphalie congiemmle considéra¬
ble, est devenue une enfant intelligente, presque normale,
c’est non seulement à la compression du crâne par des cape¬
lines de bandelettes de Vigo, à la révulsion, au calom^^
bains salés, etc., qu’il faut l’attribuer, mais encore à léduca^
tion bien dirigée et aux soins minutieux que nous
faire mettre en pratique par sa mère et sa sœur, avec mie
gence et avec beaucoup de suite. _
De 1893 à 1903, l'enfant a continué à s’améliorer s
tous les rapports, ainsi que le prouve sa photographie co ^
tive, lorsque, à la suite d’une chute sur la tête, il s est P
duit une énorme bosse sanguine et sont survenues des .
sions. Tous les progrès réalisés ont été rapidement per
démence et paralysie progressive. Nous avons raconte
riode de progrès, nous avons pensé utile de vous faire
naître la période de déchéance.
Permettez-nous une remarque à propos des
collectives, c'est-à-dire représentant tous les fie
nous venons de parler, tous les deux ans, avecl’indtca i ^
leur poids et de leur taille. Ce procédé devrait être ^q.
à tous les enfants normaux, tous les ans si possible-
cuments, avec les cahiers sco'aires, devront
vret de famille qu’ils illustreraient et sur lesquels on
quer toutes les maladies de l’enfant. Ceci viendra pe
un jour !
Sur quelques caractères de certaines formes de nymph»
M. Gilbert B.vli.et. — Ijl existe de nombreux cas
de nymphomanie tout à fait différents de la descrip
LE PROGRÈS MEDICAL
539
. e et l'auteur en rapporte trois observations des plus in- I
^i^ntes. Tout en présentant les trois caractères les plus
mportants peut-être de ce syndrome, l'exagération du désir,
îffrigidité et l’absence de satisfaction sexuelle, ces observa¬
tions se distinguent entre elles par le mobile auquel obéit la
^mphomane. La première des trois nymphomanes dont l’ob¬
servation est rapportée est ce que l’auteur appelle une nym¬
phomane par curiosité ; la seconde, cherchant par ce moyen
à faire disparaître les symptômes morbides qu’elle ressent, est
dite nymphomane thérapeute ; la troisième, plus complexe
encore, se comporte comme obsédée et voit à son désir exa
géré succéder, dès le premier contact, une répulsion plus
violente encore.
M. Régis. — A côté du symptôme nymphomanie, se trouve
toujours un substratum morbide. La nymphomanie se ratta¬
che à un état constitutionnel, hystérique ou dégénératif ; il y
amème souvent à noter une altération de la moralité qui fait
que, dans ce syndrome, il faut souvent considérer autant
l'amoralité que la nymphomanie proprement dite.
M. Gilbert Ballet est d’accord avec M. Régis sur ce fait que
la nymphomanie constitue une manifestation de la tare ner¬
veuse ou héréditaire. Il ne croit pas qu'on puisse faire de
l'amoralité un caractère constant de la nymphomanie. Si,
dans la première observation, il s’agit bien d’une a morale,
le fait est bien improbable pour la seconde, et la troisième
malade était d’une moralité parfaite et luttait autant qu’elle
le pouvait contre cette obsession morbide.
Deux cas de confusion mentale liés à la fièvre typhoïde et à la
scarlatine. Séro-diagnostic M étude bactériologique.
MM. Taty et Chaumier (Lyon) présentent au Congrès les
observations de deux cas de confusion mentale d’origine in¬
fectieuse ayant évolué chez deux jeunes filles de vingt-six ans.
Dans le premier cas, la période fébrile a duré environ un
mois. La maladie s’est montrée chez une prédisposée à ca¬
ractère hypocondriaque ; elle s’est accompagnée d’agitation
et de sitiophobie. Le séro -diagnostic typhique fait à la conva¬
lescence a été positif. La malade est sortie guérie. Chez la
deuxième malade, fille d’alcoolique, le début a été brusque.
La période fébrile observée a duré deux mois. Les princi¬
paux symptômes notés ont été la confusion mentale pliant
lusqu’à la stupeur, la sitiophobie, l’albuminurie, des accès
parotidiens et de l’bématurie. La convalescence, aqcompa-
^ée d’amélioration mentale, a été troublée par des poussées
fébriles concomitantes des abcès. Séro-diagnostic typhique
aegatif ; streptocoques dans l’urine ; staphylocoques dans le
pus des abcès. Inoculation de sang à l’oreille d’un lapin ; pas
d® réaction locale, mais paraplégie du train postérieur de
‘animal. La malade a eu une desquamation généralisée. La
scarlatine paraît seule expliquer l’évolution morbide.
Lu tuberculose chez les épileptiques hospitalisés, par M. Claude.
’ulettr pronostiquedela lympho-polynucléose dans le syndrome
^ ^ndry, par Sicard.
^^inc périphérique du spasme facial, parM. Levy.
biir la présence de la choline dans le sang au cours des mala-
tesdu système nerveux, par M. Claude.
associé de paralysie faciale gauche et de spasme
l’U^l droit d’origine intracrânienne, par Sicard.
ur quelques caractères de certaines formes de nymphomanie.
Ballet.
^■loxiques, considérés comme phobiques ou a.stasiques-aba-
sont le plus souvent des incoordonnés ou des anesthési-
^du tronc, par Maurice Faure.
ouvelle méthode de rééducation de la marche chez les ata.ri-
par Lewèvre.
^^^orragie méningée au cours d’une méningite cérébro-spinale,
^^caT* dépressive de la démence précoce, par M"'
mif* Donc, lions lombaires en série nu cours de la paralysie géné-
Par Marie.
no^^'^aiion des troubles nerveux au moyen d'un appareil
y'®"» If sténomètre, par Joire.
des états neurasthéniques par la médication ferru-
^'«Lparü. Le.moi.ne.
LA VALÉROBROMINE LEGRAND
est plus active que les bromures et les valé-
riauates.
BIBLIOGRAPHIE
Hygiène alimentaire. Comment on se nourrit aujour¬
d’hui ; par Paul Dikfloth, ingénieur-agronome. Unnales
d'hygiène publique et de méd cine légale, lOOB.i
M. PaulDifflot, constate en débutant, que l’accroissement
des salaires n’a amélioré en rien la qualité des denrées ali¬
mentaires. Bien au contraire, tandis que l’ouvrier recher¬
chait les plaisirs et le faux luxe, les cours du pain, de la
viande et des légumes ne suivaient pas l’augmentation des sa¬
laires, et le producteur, écrasé de charges nouvelles, était con¬
traint de réduire ses dépenses par l’emploi de matières pre¬
mières d’une valeur plus faible et par la surproduction.
Il trouve des exemples qui confirment l’exactitude de ces
assertions dans les diverses branches de l’alimentation hu¬
maine, et les passe en revue.
C’est ainsi que, pour la production de la viande, on utilise
les résidus industriels, pulpes, drèches, tourteaux, etc... Que
les poules pondeuses,jadis nourries de grains, ne le sontplus
que de déchets de sardines, de farines de viande, de larves de
vers à soie, etc... que les œufs arrivent de Turquie et de Rus¬
sie dans des flacons renfermant, les uns les blancs, les autres
les jaunes. M. Diffloth emprunte encore d’autres arguments
au pain, au beurre, au fromage, aux boissons, etc.
La marche du choléra de 1902 à 1906 : par le Df
R. Peyron. (Thèse de Paris, Bonvalot-Jouve, éditeur.)
S’inspirant des récents travaux de MM. Chantemesse et
Borel, l’auteur a repris en détail l’étude de la dernière épidé¬
mie cholérique. Il la suit depuis son départ des Indes, et
après avoir étudié brièvement les manifestations du choléra
à l’est de son foyer d’origine, il montre la voie suivie par le
fléau pour gagner l’Europe. Ce trajet est un peu particulier et
diffère notablemeut de celui des épidémies précédentes. La ,
récente épidémie a suivi une route mixte, en partie maritime,
en partie terrestre : ayant quitté les Indes par la mer, elle
vient atterrir à la Mecque, mais, de là, au lieu de gagner l’Em
rope directement par la Méditerranée, elle s’enfonce dans
l'Asie-Mineure, traverse la Perse, et pénètre en Europe par
la Mer Caspienne.
Ce trajet asiatique du choléra est très bien étudié par M.
Peyron qui s’efforce de pénétrer les causes qui ont déterminé
l’épidémie à prendre ce chemin, qui l’ont amené à faire un
long détour pour atteindre notre continent ; il étudie les épi¬
démies d’Alexandrie, de Téhéran, de Bakou, et montre leur
rôle dans la marche du fléau. Pour chacune de ces épidémies
locales, l’auteur a pu réunir un certain nombre de faits intéres¬
sants, qui mettent bien en lumière les divers modes de trans¬
mission du choléra. Ces faits viennent à l’appui des idées
récemment émises par MM. Chantemesse et Borel.
Puisées à des sources autorisées, empruntées aux récits de
médecins compétents qui ont vu les choses de près, ces ob¬
servations éclairent d’un jour particulier le mécanisme de la
DissÉMiN.ATioN et de la propagation.
Les dernières pages sont consacrées à une étude comparée
de la marche des diverses épidémies de choléra.
La Responsabilité. — Etude de Socio-biologie et de
Médecine légale; par le I>’ C. Morache, professeur de
médecine légale à la Faculté de .Médecine de Bordeaux.
(1 vol. in-16 à la Collection Médicale, 250 p. Alcan, éditeur.)
Le problème de la justice sociale ne comprend pas seule¬
ment la recherche de celui qui a commis un acte délictueux
ou criminel, mais le fait d’apprécier si cet homme pouvait
comprendre absolument la portée de l’action qu’il a commise
s’il peut la juger, l’apprécier dans toutes les conséquences,
s’il n’a subi quelque influence paorbide qui l’a dominé, enfin
s’il est vraiment conscient et libre ; en un mot, s’il est respon-
540
LE PROGRÈS MEDICAL
sable. Voilà le problème qui se pose devant la conscience
sociale.
Sans prendre parti pour l’une ou l’autre des théories actuel¬
les émises sur la responsabilité. car aucune ne nous donne une
satisfaction absolue, l’auteur pense avec raison que les études
de biologie sociale peuvent aider à trouver une réponse.
Le but du présent ouvrage de M. Morache, a été d’apprécier
les différents facteurs pouvant intervenir dans la question, les
principaux d’entre eux surtout.
Tous ces facteurs de la responsal)ilité aboutissent à un même
point : la déchéance physique de l'individu, qui par cela
même offre un terrain de moindre résistance au point de vue
moral. La criminalité peut donc être regardée comme maladie
morale, elle appartient à la pathologie sociale. De même que
la morbidité matérielle est combattue par les moyens fournis
par les sciences biologiques, de même on peut combattre la
maladie morale par les procédés qui ressortissent Ma biologie
sociale.
L’auteur s'est efforcé de démontrer que le facteur misère se
trouve à l'origine de toutes les formes de criminalité ; il faut
donc chercher à combattre la misère dans toutes ses manifes¬
tations biologiques, — matérielles aussi bien que morales. —
.Vinsi parviendrons-nous peut-être à faire disparaître cette
cause initiale, si longtemps poursuivie, de notre cruelle dé¬
chéance sociale, la criminalité.
L’ouvrage deM. Morache est divisé en neuf chapitres. Dans
le premier il fait l'historique de la question aux différentes
époques et montre quel’idée de responsabilité est relativement
nouvelleet qu’elle ne peut exister que si la machine qui pro¬
duit la pensée fonctionne normalement.— Dans les chapitres
suivants.il étudie les facteurs essentiels qui peuvent modifier
à un degré quelconque ou annihiler la responsabilité : l’hé¬
rédité (Chap. 11! ; le facteur milieu ; les races, les âges, les
milieux, l’éducation (Chap. 111).
Les intoxications : falcool et l’alcoolisme iChapitre IV) ; le
morphinisme et les morphinomanes, les autres substances
ébriantes — : le coca'inisme, l’éther et l'éthéromanie, le pétrole
le pétrolisme, le datura et la jusquiame, le tabac et le nicoti¬
nisme, lechanvre indien et le haschisch. Lesauto-intoxications
par les toxines dans certains états morbides (Chap V).
Les obnubilations temporaires et les états seconds : le rêve,
fhypnose, l’hystérie, la neurasthénie, les épilepsies, les am¬
nésies et les états crépusculaires (Chap. Vlj.La sexualité fémi¬
nine (Chap. Ml). Les psychopathies : la manie, la démence,
précoce, la dégénérescence héréditaire et ac(juise ; la sénilité
l’idiotie ; les obsessions, les phobies et leurs transformations,
les obsessions criminelles iChap. Mil).
Dans le neuvième et dernier chapitre, M. Morache aborde
incidemment la question brûlante delà théorie philosophique
de la responsabilité, il dit un mot du déterminisme sans s'y
étendre et se résume dans cette phrase : « Les motifs de nos
pensées, de nos souvenirs nous restent inconnus ; nous com¬
mençons à en expliquer le mécanisme, mais c'est tout. >>
Il cherche ensuite à définir ce que doivent être le magistrat et
l’expert médical dans l’avenir, ainsi que leur rôle respectif.
Etudiant la doctrine de la responsabilité limitée, atténuée,
il constate avec raison qu’il manque un rouage important
dans notre réorganisation, celui d un établissement spécial
où seraient retenues les personnes acquittées comme irrespon¬
sables, qui cependant ne sont pas des aliénéset qu'il pourrait
être dangereux, de laisser errer au milieu de la société.
.\u point de vue pratique de l’expertise médicale, il insiste
sur le choix du médecin, qui doit être versé en ces questions,
et particulièrement' auxétudes de mentalité appliquée.
On devra lui donner tout le temps nécessaire afin d’éviter
le danger des solutions rapides qui peuvent faire illusion et
pour qu'il puisse donner son avis autorisé après une obser¬
vation longue et intime du sujet qui lui permettra de mieux
juger dans quelle situation psychique il se trouvait lorsque
l'acte a été commis .
Nous ne pouvons donner eju’un aperçu trop rapide de l’ou¬
vrage très intéressant de M. Morache, qui rencontrera auprès
de tous, comme ses précédents livres, l’accueil rju'il mérite.
G. C.XRRIER.
Gli uomini primitivi delle Seici e delle Caverne ; pjj
le Prof. A. ZuccARELLi. Ouvrage illustré du portrait de
l’auteur et de 112 fig. (Napoli. Perrelia: 1906. Vol. in-tfi.
di pag, IV-128 O 20 Tav.; L. 2.50.)
Dans cet ouvrage, écrit avec élégance, les termes scientifi¬
ques trop ardus sont exclus ou expliqués ; en un mot c'est
un livre de vulgarisation que tous peuvent lire facilement
Tous les grands problèmes de paléontologie sont claire
ment exposés : origine de l’homme , les travaux, la vie, la
mentalité des hommes d’il y a deux ou trois cent mille ans
etc. D'ailleurs il suffit de parcourir les titres des chapitres
pour se faire une idée du travail de M. Zuccarelli : I. Problè¬
mes fondamenteaux ; II. Les travaux des troglodites ; III. Ex¬
ploration de l’auteur à la Grolta delle ossa allô Molpo
(cap Palinuro) ; IV. De l'enfance de l’humanité à l’humanité
actuelle. Dans ce dernier chapitre, on trouve des considéra¬
tions psychologiques fort intéressantes, ce qui prouve que
l'ouvrage de vulgarisation peut aussi être original, tout en
étant à la portée de tous. Marcel D.
MÉDECINE l'RATIQUE
Le formiate de quinine ou quinoforme;
Par M. le IP FONTOYNOT
Ancien interne îles hôpitaux de Paris, professeur à l’Ecole de
médecine de Tananarive (1).
Grâce à l’obligeance de M. Lacroix, qui m'a remis, avant
mon départ pour Madagascar, à titre d'expérimentation, une
certaine quantité de formiate de quinine, dénommé par lui
quinoforme, j’ai pu, à Tananarive. au cours de l’épidémie pa¬
lustre qui sévit actuellement sur la ville, expérimenter ce sel
de quinine et me faire une opinion certaine sur sa valeur thé¬
rapeutique.
J'ai expérimenté le formiate basique de quinine en le don¬
nant par ingestion et par injections à des personnes de tous
les âges etde tous les sexes. Le moment ne pouvait être mieux
choisi, puisciue le chifïre de la mortalité par paludisme, chez
les indigènes, n’a cessé, depuis plusieurs années, de croître
d’une manière progressive pour atteindre, cette année, des
proportions véritablement inquiétantes. Alors qu’en !901, u
était noté, dans Tannée entière, 77 morts par paludisme, il
s’est produit, pendant les cinq premiers mois seulement de
Tannée 1906, 14.3S dècès par cette seule même cause.
Le formiate basique de ^luinine, assez soluble dans Teau
puisqu’il se dissout dans 10 fois son poids de liquide, est, en
tout cas, beaucoup plus soluble que les sels généralement
employés, puisque le bromhydrate exige 60 fois, le cUorhy-
drate 25 fois, le sulfate 680 fois et le valérianate 1 10 fois leur
poids d’eau. Cette solubilité plus grande favorise Tabsorphon
médicamenteuse et est précieuse pour les enfants lorsqu on
ne veut pas leur faire prendre le sel par voie hypodermique-
11 a, sur les autres sels de quinine, l’avantage de réduire au
minimum les symptômes d’into-xication même chez 1®®
sonnes très sensibles. Ceux qu’incommodent le chlorhydra ^
et le bromhydrate ne ressentent aucun de leurs malaises na
bituels avec le formiate. fl y a peuou pas du toutde bourdo^_
nements d’oreilles, pas de vomissements .comme il
fréquemment lorsqu’on administre tout autre sel de g
par voie buccale au cours des accès de fièvre ; pas de bru
d’estomac, peu ou pas de vertige ni d'ivresse. .
Ces constatations ontété faites dans tous les cas, et
de nos malades, qui avaient toujours montré une intolera
marquée pourla (luinine. malades que 30 centigramnit^^^j
(luinine assourdissaient totalement et mettaient dans
d’énervement spécial à la quinine, ont pu supporter un gr*
de formiate de quinine sans aucun symptôme d’intoxicaj^^.
En injections hypodermiques. le formiate n’est pas d® 10
renx. Jen’ai injecté que des solutions diluées contena
centigrammes par centimètre cube. Qu’elles fussent
tanéesou intra musculaires, elles ont été très bien supp®^^
j (1) Le Caducee, 4 août.
LE PROGRES MEDICAL
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7 semaines. — Repos 5 semaines.— Faire une 2‘ série, etc.— Femme adulte : Une injection de 7 centigrammes de ^
par semaine pendant^ semaines. — Repos 7 semaines. — Faire une 2* série, etc. — Enfants à partir de 3 ans : ^
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1* Aux enfants présentant de l’instabilité
mentale et sujets à des impulsions mala¬
dives qui les empêchent, quoique possédant
un certain développement de l’intelligence
de se soumettre à la règle des lycées ou des
pensions, et qui ont par conséquent besoin à la
fois d’une méthode d'éducation spéciale, et
d’une discipline particulière ;
Aux enfants arriérés, faibles d’esprit à
tous les degrés ;
3* Enfin aux enfants atteints d’affections
nerveuses compliquées ou non d’accidents
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VI
LE PROGRES MÉDICAL
DES ENFANTS ANORMAUX
et en particulier des Arriérés, Nerveux, Epileptiques
et Aliénés. (Assistance, Traitement, Education).
La Gazette des Bains de Mer de Royan du 14 septembre a
relaté un acte de Sadisme commis par un malheureux, deux
fois anormal, car il est atteint de surdi-mutité el d’arriération
intellectuelle, compliquées de perversion morale. Ce cas n’est
pas une exception. Des actes répréhensibles de tous grenres
sont commis journellementpar des anormaux, sourds-muets
et idiots, adultes et enfants. Les journaux en rapportent
fréquemment des exemples, sans compter les séquestra¬
tions ou les mauvais traitements dont ils sont l’objet dans
leurs familles. Beaucoup d'enfants martyrs sont des mala¬
des que leurs parents considèrent comme vicieux et aux¬
quels ils infligent des corrections de plus en plus violentes,
barbares.
Ces anormaux adultes, après une enfance et une adoles¬
cence plus ou moins accidentées ou misérables, devien¬
nent dangereux, commettent des vols, des attentats divers,
des actes de sadisme, comme le sourd-muet imbécile dont
nous venons de parler. Ils sont arrêtés, parfois condamnés
à tort, ou envoyés dans un asile d’aliénés, leur véritable place,
d’autres fois relâchés. C’est ce qui a eu lieu, par exemple,
pour notre sourd et muet ; on l’a relaxé, après ses premiers
méfaits, — des vols, — jugeant qu’il avait agisans discer¬
nement. En liberté, ces malades recommencent, sont la
risée du public, l’objet de vexations de la part des enfants
qui s’en amusent. En tous les cas, qu’anormaux adultes
soient emprisonnés ou hospitalisés, ils sont une charge pour
la Société. A cause de leur âge, qui les rend incurables, les
sacrifices sont faits en pure perte. C’est pendant leur en¬
fance qu il aurait fallu s occuper d’eux. « A l’asile d’aliénés,
a dit le docteur Courjon dans une intéressante communi¬
cation au Congrès d’Ajaccio de l’Association française pour
l'avancement des sciences (1901), les anormaux sont" protégés
contre les dangers de la rue, soit -, mais, par contre, mélan¬
gés le plus souvent aux aliénés adultes, ils sont exposés à
tous les inconvénients, à tous les périls d’une promiscuité
parfois révoltante ; fautede recevoir les soins pédagogiques
utiles, ils voient leur état s’aggraver de jour en jour... Pla¬
cer un idiot dans un asile d'aliénés, au lieu de le mettre dans
un établissement d’éducation spéciale, sous prétexte de
moindre dépense, revient à enfermer un malade dans un
hôpital où on le laisserait mourir sans secours, faute de
médicaments qui le sauveraient et parce que ces médica¬
ments sont trop coûteux. »
Aujourd’hui, on sait qu'il est possible de guérir souvent,
d’améliorer presque toujours, la majorité de ces malheureu¬
ses victimes de l'hérédité, de l’alcoolisme des procréateurs,
des accidents de la grossesse, d’une mise au jour laborieuse,
des maladies infectieuses, des convulsions, des traumatis¬
mes de la tête (1), des mauvaises habitudes, etc. Dans l’in¬
térêt de ces enfants, dans son propre intérêt, que doit faire
la Société ?
Pour tous, il faut créer des asiles-écoles et, en outre, dans
les villes, des classes spéciales, et les y soumettre au traite-
. ment médico-pédagcgique, suivant l’expression du docteur
Bourneville. Il n’y a pas de département qui, malheureuse¬
ment, n’ait assez d’enfants idiots, imbéciles, arriérés, épi¬
leptiques, etc., pour justifier de semblables institutions. La
loi sur l’obligation de l’instruction primaire impose ces créa¬
tions aux départements et aux villes, puisque ces enfants
ne peuvent être envoyés aux écoles ordinaires .
Jusqu’ici, en dehors de la Seine, il n’y a que quelques dé¬
partements qui ont abordé timidement cette réforme ac¬
complie dans la plupart des pays étrangers, entre autres la
Seine-Inférieure et la 'Vendée, sur l’initiative des docteurs
Giraud et CuUerre. C’est la Seine qui a donné l’impulsion.
sans être parvenue pourtant à donner l’assistance et l’édu
cation à tous ses enfants anormaux (1). Le docteur Cour'
jon, dans le travail que nous avons cité, rappelle comment
cette réforme s’est accomplie : « Médecin de Bicêtre depuis
de longues années, Bourneville y a organisé et créé de tou¬
tes pièces son service d’enfants anormaux. A force de pa¬
tience et de ténacité, il a réussi à arracher sou par sou aux
pouvoirs publics, les sommes indispensables à la fondation
de son œuvre, qui restera comme un modèle du genre .
« Après avoir créé la section des enfants arriérés et épilëp-
tiques de Bicêtre, qui renferme 440 garçons, et organisé la
Fondation Vallée, qui contient 200 filles, établissements
consacrés aux enfants pauvres, il a fondé à Vitry-sur-8eine,
pour les enfants de familles riches ou aisées, un établisse-^
ment qu’il a dénommé Institut médico-pédagogique, afin de
préciser sa destination. »
Nous ne pouvons entrer dans le détail de la méthode coédu¬
cation spéciale qui est emplojrée dans ces établissements et
sur les nombreux procédés qui la composent. Nous nous bor¬
nerons à dire que les enfants sont occupés depuis le matin
jusqu’au soir, que les leçons de choses, la gymnastique, les
exercices physiques, l’instruction proportionnée au degré
intellectuel des enfants, y occupent le premier rang.
A l’Institut médico-pédagogique, les enfants sont natu¬
rellement séparés par sexe, groupés, suivant leur état intel¬
lectuel et aussi d’après les complications (ju’ils présentent.
Outre les enfants arriérés de toutes catégories, l’Institut
reçoit les enfants instables, indisciplinés, atteints dans leurs
facultés morales, sujets à des impulsions dues à l'irritabilité
nerveuse.
traitement médico-pédagogique doit, être institué le plus
tôt possible, dès qu’on a constaté l’arriération ou les per¬
versions morales. Dans les établissements de l’Assistance
publique, on les admet avec raison à partir de deux ans. Il en
est de même à l’Institut médico-pédagogique. C’est donc à
tort, et parce qu’ils sont insuffisamment renseignés, que des
médecins, même très instruits, ajournent l'application du
traitement. En voici la preuve, fournie par un garçonnet de
cinq ans et demi et dont l’état peut se résumer ainsi.
» Il pince, pousse, renverse, griffe ses petits camarades ;
leur donne des coups, trouble leurs jeux, est turbulent, sans
cesse en mouvement, menace do casser, de briser, de tuer
son petit frère qu'il taquine et rend comme lui. Sa prononcia--
tion,son attention, son raisonnement, sont très défectueux. Il
n'a qu’une conscience imparfaite du danger. Dans ses pério¬
des d'énervement, les impulsions sont plus accusées et il pous¬
se des cris. La main est très maladroite. Enfin les facultés iu-
tellectuelles, qui auraient été normales Jusqu'à deux ans et
demi, ont été arrêtées dans leur développement à la suite de
convulsions graves. «
Pour nous, cet enfant aurait dû être soumis depuis deux
ans déjà au traitement médico-pédagogique qui, chez lui, au¬
rait certainement donné d’excellents résultats. C'est un en¬
fant qui pourrait devenir normal si le traitement était pour¬
suivi un temps suffisant. Plus on attendra, plus la situation
s’aggravera. Et cependant on a conseillé d'ajourner le pla¬
cement. Les parents maintenant s’inquiètent à cause ue se
menaces envers son frère et parce que celui-ci a des 16““®
ces à l imiter, ce qui, soit dit en passant, justifie l’isolemen
des petits malades de ce genre.
Notre but sera atteint si nous avons pu montrer la nece-
sité de l’assistance et de l’éducation de la catégorie
fants anormaux et des malades que nous avons plus P®'"’" j.
lièrement visée, si nous avons pu faire comprendre la po» ^
bilité de leur procurer une amélioration sérieuse, souv
même une guérison complète, lorsque le traitement me^^^
pédagogique est appliqué de bonne heure et durant tou
temps necessaire. Que de bien serait réalisé, si l’on P“ jg
geait notre conviction, au bénéfice incontestable nunei
d'enfants, intellectuellement et moralement déshérités •
(1) Jamais on ne devrait frapper les enfants sur la tête a
que le font encore trop souvent des parents qui se croient i
permis sur leurs enfants.
(1} La Seine hospitalise plus d’un millier d’enfants idiots e
i leptiques.
TIF VERNEUIL POUR BEBES ET ENFANTS
1. _ Stimule la parafe des muscles intestinaux, supprime la congestion du foie.— Précieux dans Coqueluches, Influen^
, Etat convulsif.— Ne donne jamais de Nausées, Coliques, Entérites glaireiwes, comme la plupart des autres purgat» • ,
is : 1 cuil. à café ou à des. par jour, j Prix : 3 Me flac. de 30 doses dans toutes les pharm. (Go** Oise)-
s : I cuilleree a soupe par jour. | Ech.Intillons : J. vernel'IL, Pharmac. à Conflans (t?eir“-‘'"
LE PROGRÈS MÉDICAL
541
j„.„ais lieu ni à des eschares, ni à des nodosités
chez des cachectiques palustres dont les tissus étaient
"'^'latde moindre résistance. Ces résultats sont-ils dus à la
rble dilution des solutions, je serais assez porté à le croire,
des solutions aussi diluées d’autres sels de quinine sont
bernent indolores et ne donnent lieu à aucun accident. 11
^pêche que, toutes choses égales, d’ailleurs, le formiate
Jeoa^ne l’emporte encore, en ce cas, sur les autres sels,
puisque sa solubilité est plus grande et sa teneur en alcaloïde
wpérieure. , , , .
Je n'ai pas expérimente des solutions concentrées en injec¬
tions hypodermiques. 11 est probable, d’ailleurs, qu’elles don¬
neraient des résultats aussi bons que les autres sels jusque-là
employés. Le seul écueil pour les solutions faibles est la diffi¬
culté que l'on éprouve à les faire accepter aux malades, qui
louvent s’effrayent d’une quantité de liquide aussi grande à
injecter.
Un’estpas toxique auxdosos ordinaires. J'ai pu, sans aucun
incident fâcheux, en faire absorber par voie hypodermique
jusqu’à 50 centigrammes à la fois, à des enfants de deux ans
seulement.
En résumé, mon expérience déjà assez grande du formiate
de quinine me permet d’affirmer que ce sel est supérieur, à
tous les points de vue, à tous les autres sels de quinine, et
que ses propriétés particulières permettent son usage à tous
ceux qui se trouvent intoxiqués et incommodés par les diffé¬
rentes préparations quiniques jusque-là employées couram¬
ment. Le formiate de quinine devra, aux colonies, être d'une
grande utilité pour les personnes, rares il est vrai, qui ne
consentent pas à prendre de quinine ou en prennent trop peu,
àcausedes troubles auditifs et nerveux cju’elles ressentent
après l’absorption de cet alcaloïde.
VARIA
Enseignement professionnel des infirmières.
Le Journal de médecine de Bruxelles du 9 août contient
un article très intéressant de M. Hustin, intitulé Quel-
fues notes sur les hôpitaux de Philadelphie^ dont nous
Uïtrayons les pages concernant les infirmières et l’en-
uuignement qui leur est donné dans cette ville.
, Mais ce qui frappe le Belge visitant les hôpitaux américains,
•uôtc du luxe et du confort qu’il y trouve, c’est une institu-
wn hospitalière qui lui est totalement inconnue: l’institu-
non des « nurses. ■> Le yankee comprend, lui, facilement,
lue le malade n'exige pas un hôpital classique et de « grande
uavolée» mais qu’il préfère les soins assidus et intelligents
'nhrinières instruites et bien entraînées ; aussi n’a-t-il pas
VÎ^uugé ni ses efforts, ni son argent pour obtenir un corps
^.^"*'®ières de premier ordre. Propres, coquettement
de l)lanc, polies, patientes, bien considérées, les nur-
ÿ américaines ont dû suivre pendant trois ans les cours
* ïraining School » annexée à l’hôpital. Après avoir
4'a * 'i*'- d’entrée portant sur les notions élémentaires
Dglais et de calcul, elles sont admises à l’essai pour six
bout desquels, si elles sont agréées, elles doivent
*9Se f ^’ougagement d'achever les trois années d’apprentis-
lay, ,'*°ors et nuits, elles sont employées dans les salles de
dles salles d'opérations, et deux fois par semaine
Aij J ï^'^'^ont, sortir pendant une dizaine d’heures,
d'm, ®uela première et de la seconde année, elles jouissent
de trois semaines, pendant lesquelles elles se re-
1 ‘io l’examen qu elles viennent de subir,
bur f ^ lour accorde une indemnité de 50 francs par mois,
lour uniforme et les loge dans un vaste bâti-
des autres pavillons.
l'aae de leurs cours comi)rend deux grandes parties :
Wtsg J *^001001 médicale, enseignée par des médecins, l’au-
lUes plus spécialement aux connaissancesprafi-
4 ce{tg**”**rmière; les infirmières en chef sont chargées
Partie. Voici le programme des études tel (ju’il est
Pennsylvania Hospital »de Philadelphie.
Première année.
Anatomie et physiologie. — Embryologie, la cellule, système
osseux, musculaire, nerveux, circulatoire, respiratoire, alimen¬
taire, urinaire, urines, organes des sens, la peau.
Connaissances générales de l’infirmière. — Santé générale, de
l’infirmière; soins à donner aux mains, sacs à glace et à eau
chaude; manière d’enlever les poussières; notes bactériologiques;
ouvrages des salles de malades ; soins des instruments, leur
désinfection ; régime, soins à donner à la vaisselle ; comment
nourrir les malades impotents ; hygiène d’une salle de malades ;
soins à donner aux malades entrants ; désinfection des vêtements ;
malades au lit et convalescents ; lits, manière de faire les lits.
Bains, classification, température, bains de propreté ; tubs,
bains de pieds, bains comme agents thérapeutiques : bains de
moutarde, simples bains chauds ; bains d’air chaud, de vapeur,
bains salés, lavages et tub dans la fièvre typhoïde: bains continus.
Lavements : espèces ; méthodes de préparation, fréquence et mode
d’administration. — Température : respiration ; pouls ; soins des
thermomètres ; graphiques. — Traitements externes .-généraux et
locaux ; chaleur sèche, flanelles, chaleur humide ; fomentations,
vésicatoires ; applications froides ; glace, eau froide, lotion. — ^
Contre-irritants : cataplasmes de moutarde ; térébenthine ; iode t'
liniments, ventouses, cautère.
Gynécologie : préparation des malades pour les examens ou les
opérations ; positions ; instruments et pansements ; soins après les
lai)arotomies et les petites opérations ; termes gynécologiques et
définitions. — Comment observer et décrire les symptômes. —
Bandages. — Cas d'urgence chirurgicaux : shock, fractures, fou¬
lures, contusions, brûlures, engelures, corps étrangers dans l’œil,
le nez, l’oreille, le larynx.
Pharmacologie : médicaments, méthodes d’administration, dosa¬
ges ; poids et mesures : symboles. — Solutions antiseptiques.
Mode d’action des drogues : absorption, élimination, antispas¬
modiques dépressomoteurs, excitomoteurs, anesthésiques ; stimu¬
lants cardiaques, toniques antipériodiques, antipyrétiques, diapho-
rétiques, expectorants, médicaments divers. — Conférences sur
l'hygiène et la morale de l’infirmière.
Seconde ANNÉE. — Partie chirurgicale. — Microbes, sepsie,
antisepsie, stérilisation thermique et chimique : préparations
pour les opérations ; le malade, le médecin, l’infirmière ; les ins¬
truments, leur usage, les sutures, éponges, pansements, drains,so-
lutions septiques et aseptiques, dermiques, hypodermiques, cathé¬
ters. — Préparations pour une opération dans une maison privée.
Inflammation : traitement de l'inflammation, fièvres chirurgicales,
terminaisons de l’inflammation, abcès, ulcères, fistules, gangrène,
tétanos ; blessures et contusions,morsures de chiens et d’insectes,
hémorragies et leur traitement, fractures et luxations ; bandages
pour fractures ; anesthésie ; corps étrangers dans les conduits aé¬
riens ; anatomie spéciale du bassin, maladies des femmes,opéra-
tions de gynécologie ; préparatifs et soins post-opératoires ; ins¬
truments de gynécologie ; chirurgie abdominale, technique, à ob¬
server ; soins à donner après une laparotomie ; grossesse, travail,
rôle de l’infirmière pendant le travail ; accidents, période des
couches, Tenfant.
Régime. — Remarques, composition chimique du corps humain;
nécessité d’un régime bien ordonné, eau, sels, acides organiques,
protéides, lait, la falsification du lait ; bœufs, viandes, digestibi¬
lité, gélatine, poissons, hydrates de carbone, sucre ; nourriture de
Tenfant, farineux, diastases ; végétaux, racines, tubercules, légu¬
mes verts,fruit3,empoisonnement par les fruits,champignons,noix,
graisses, huiles, usages, digestibilité, stimulants, boissons ; thé,
café, cacao, leurs préparations, leurs effets sur la digestion, leurs
falsifications ; nourriture dans Tenfance, Tâ^e adulte et la vieil¬
lesse ; digestion, digestions préliminaires des amidons et protéi¬
des ; relations générales de la nourriture avec les maladies ;
moyens de nourrir le.s malades ; régime dans la fièvre ; maladies
influencées par le régime.
Massage. — Nomenclature et description des manipulations ; ef¬
fets physiologiques du massage ; massages dans certaines malar
dies et blessures, mouvements suédois.
Troisième année. — Partie médicale. — Considérations gé¬
nérales sur les maladies. Etude des signes subjectifs et objectifs ;
symptômes ; définitions, pouls, température, respiration ; traite¬
ment des hémorragies, des cas d'urgence, des empoisonnements. —
Théories du traitement antitoxique, vaccination ; préparation et
hygiène d’une salle de malades en cas d’affections contagieuses ;
symptômes de la fièvre, technique des bains froids et leur applica¬
tion dans les cas fébriles, maladies infectieuses, contagieuses, con^
titutionnelles ; intoxication, coups de soleil ; maladie du système
digestif, circulatoire, respiratoire, urinaire, nerveux, maladies dü
sang, maladies des enfants, maladies de la peau.
Après avoir parcouru ce programme, on comprend facilement
que des jeunes filles de vingt et un à vingt-cinq ans, possédant des
542
LE PROGRÈS MÉDICAL
notions suffisantes d’anatomie, de physiologie et de pathogénie,
puissent aider considérablement le médecin dans sa lutte contre la
maladie ; oncomprend que, connaissant le pourquoi du traitement
elles exécutent plus scrupuleusement et avec plus de goût les
prescriptions faites; on comprend aussi que les soins post-opéra-
toires, si importants et pourtant si négligés, soient prodigués intel¬
ligemment et qu'une « nurse » avertie sache prévoir l'hémorragie
qui emporte parfois l’opérée, et puisse avertir le médecin à temps.
— Innombrables sont les avantages de bien-être et de sécurité,
présentés par une tiurse instruite et bien entraînée.
Hôpital Laënnec. Isolement et traitement des tuber¬
culeux.
A la suite d’un rapport présenté par M. Navarre au nom de
la cinquième commission, le Conseil municipal de Paris a
pris une délibération par laquelle il émet l’avis qu'il y a lieu:
d’affecter, pour partie, l’hôpital Laënnec à l’isolement et au
traitement des tuberculeux et constituer, au moyen du sér-
vice ainsi créé et d’un dispensaire spécial y attenant, ainsi
qu’avec le quartier spécial de Brévannes, un premier groupe
•affecté à la recherche, à l’isolement et au traitement des tu¬
berculeux ; comme conséquence de cette affectation nou¬
velle d’une partie des salles de Laënnec, d’effectuer dans l’é¬
tablissement un ensemble de travaux de restauration indis¬
pensables, travaux évalués à 467.â25 francs ; d'exécuter dans
la partie de Laënnec affecté, aux tuberculeux les travaux de
tronsformation et d’aménagement nécessités par la nouvelle
utilisation des locaux, travaux évalués à 2,’4.743 francs ; de
construire sur le terrain en bordure de la rue "Vaneau un dis¬
pensaire spécial et de réinstaller dans d’autres parties del’é-
tablissementles services généraux (étuves, chantier, ateliers
et magasins) qui devront faire place au dispensaire, ensem¬
ble de travaux évalués à 221.34(1 francs ; d'inscrire au compte
de l’opération une prévision de 220.000 francs pour l’ameuble¬
ment et l'outillage des bàtimen' s affectés aux tuberculeux et
du dispensaire, l’Administration ne devant faire emploi de
ce crédit qu’après approbation du Conseil municipal sur
le vu des devis ; d’imputer la dépense, évaluée dans son en¬
semble, après rabais et tout frais compris, à 1.145.603 francs
jusqu’à concurrence de C45.G00 francs sur le crédit de 1
million réservé pour l’isolement des tuberculeux (emploi des
ressources dont la création a été autorisée par la loi du 7 avril
1903), et pour le surplus, soit 500.000 francs, sur une subven¬
tion spéciale que l’Administration est invitée à solliciter de
l’Etat sur les fonds du pari mutuel.
Un bel exemple à suivre.
Le professeur J AUME, qui avait demandé prématurément
sa mise à la retraite il y a 10 ans, est mort vendredi dernier,
à 72 ans, terrassé par la douleur d’un deuil qui avait boule¬
versé sa vie.
Fils d’un professeur à la faculté de médecine, reçu docteur
en 1861, agrégé en 1866, il fut nommé professeur de médecine
légale en 1874, et pendant 24 ans il fut l'expert écouté des tri¬
bunaux de toute la région.
Bienveillant pour tous, tenant haut etfermele drapeau des
droits des médecins et leurs revendications il fut. par ces rai¬
sons mêmes, et par la haute dignité de sa vie, appelé à prési¬
der pendant de longues années l’Association confraternel le
des médecins de l'Hérault.
En mourant, il a institué la Faculté de médecine sa légataire
universelle. Voici les principales dispositions de son tes¬
tament. Une rente de 6.000 fr. est laissée pour la création
d’une chaire de Pathologie générale et de thérapeutique.
Une somme de 30.000 fr. à l'Association des médecins de
l’Hérault. Une somme de 30.000 fr. à l'Académie des sciences,
lettres et médecine de Montpellier. Un prix de médecine légale
annuel est fondé à la Faculté de droit. Un prix de médecine
légale annuel est fondé à la Faculté médecine. Une rente viagè¬
re de 10.000 fr est laissée à une parente âgée, pour revenir
à sa mort à la Faculté de médecine.
Comme on le voit, le professeur Jaumes, qui fut homme
de bien pendant toute sa vie, a voulu faire encore du bien
après sa mort.
Médecin depuis 45 ans. professeur depuis 40 ans, médecin
légiste depuis 20 ans, président de l’Association pendant de
nombreuses années, M Jaume n’était pas décoré delà Lé¬
gion d’honneur. {Gaz. hebd. des sciences méd. de Bordeaux
avril). . *’•
Empoisonnement mortel par le véronal
L’empoisonnement signalé par l’auteur est l’empoisonne
ment volontaire d’une pcrsonnequiabsorbal5gr.de vé
nal avec l’intention de se suicider : 20 minutes après avoirnris
ce médicament, cette personne perdit connaissance ; la res
piration faib'it. et le visage devintcyanosé ; on observa en¬
suite des vomissements, le refroidissement des extrémités et
la contraction des pupilles. Les phénomènes qui se produi¬
sirent ressemblent à ceuxde l'empoisonnement parlamorphi-
ne. Le médecin pratiqua le lavage de l’estomac et des injec¬
tions d'atropine li2 millig. toutes les demi-heuresi ; malgré
ce traitement, le malade succomba 20 heures après l’absorp¬
tion du véronal, après avoir eu des sueurs abondantes it
avoir émis des urines acides, ne contenant ni su -re. ni albu¬
mine, ni pigments biliaires.
En opérant sur lOOc. cubes d’urine, on put isoler 0 gr. 3'i
de véronal. Le cadavre présentait une coloration, jaune, ver¬
dâtre {Répirl. de pharmacie, 18 août), d'après Apolelœr Zeituna.
[1906], p. 246.
Le lait de l’Assistance publique et les domaines admi¬
nistratifs.
Encore que l’Administration de l’Assistance publique s'en¬
toure de grandes précautions pour s’assurer de la qualité du
lait qui lui est livré pour les besoins des hôpitaux et hospi¬
ces, il est manifeste que celui qu’elle reçoit ne présente pas
toujours toutes les qualités désirables. Ce point étmt cons¬
taté : M. Vincey, s'appuyant sur l’exemple fourni par la colo¬
nie de â aucluse, en Seine-et-Oise, où existe une vacherie mo¬
dèle qui fournit un lait de premier ordre aux a.ssistés dépar¬
tementaux, estime que la solution du problème serait dedon-
ner accès pour les fournitures du lait nécessaire à la consom¬
mation de l’Assistance publique aux adjudicataires des do¬
maines municipaux d’épandage compris dans la grandeban-
lieue de Paris. Ainsi l’on pourrait obtenir, sans aggravation
sensible des charges budgétaires, du lait présentant les trob
qualités essentielles à rerchercher : la fraîcheur, l’innocuitc
et la qualité alimentaire (1).
Vous ne saurions qu’applaudira l’idée de M. Vincey. En
dépit des préjugés existants, sans aucunepreuvc,sur les pro¬
duits des champs d'épandage, ces produits non seulement ne
sont pas dangereux, mais sont de bonne qualité. Contraire¬
ment à ce que s'imaginent beaucoup de gens, les eaux d’é¬
gout ne servent pas à l’arrosage, mais sont seulement mis en
contact avec les racines des plantes, par l’intermédiaire dC)
raies qui séparent les billons.
Program.me d
LES CONGRÈS
U CONGRÈS d’hygiène ET d’aSSISTANCE, QUI SERA
L’HOTEL-DE-VILLE DE TOURCOING, DU 19 .AD 23 SEPTEMBRE
19Ü6. A l’occasion De l'Exposition internationale des Inoo ■
TRIES textiles. — I. IIygiene urb.aine. — Mercredi 19 septe^
bre, à neuf heures du matin ; Présidence de M. le Docteur ~
METTE, directeur de l’Institut Pasteur de Lille. A) Communi
r les « Poites Sanitaires », parM.FÉvER, chef de divis
à la Préfecture du Nord. Bj Communication sur « i'orgonisai
générale des moyens de prévention contre les maladies
yieuses ; — Désinfection »par le docteur René Pûtelet, msp^
départemental d’hygiène. C) Discussion du rapport s
« Tout à l'égout » Présenté par le docteur Julien,
l’Office sanitaire de Tourcoing. — Après-.midi à 2 heures et
Démonstration à l’hôpital deâ procédés expérimentés '^gifjou.
à l’égout. » — A quatre heures et demie, visite de
Jeudi 20 septembre, à neuf heures du matin,
le docteur A. -J. Martin, Inspecteur général de
de la ville de Paris. — A) Communication sur
d’eau potable » par M. Nourtier, Ingénieur des
factures, directeur du service des ean-r de Roubaix- 1 -or
Bl Communication sur « la fièvre typhoïde » par M
■ésiduaires » présenté par M. Grimpref, ingénfeur des *
chaussées. — Après-midi à deux heures et demie, A’isdej
des Bonnets, du réservoir des eaux potables; à gps-ief
i . démonstration de divers proce
(1; Extrait de la Cliniqne^infantilc, p. 3d7.
LE PROGRÈS MÉDICAL
543
tiauralion des eaux résiduaires ; le soir, à huit lieures demie,
DE NUIT A l’exposition.
'il j^ssisTANCE. — Vendredi 21 septembre, à neuf heures du
lin ■ présidence de M. Paul Strauss, sénateur, président du
Snsei'l supérieur de l’Assistance publique. Aj Communication
'^l'organisation du bureau de bienfaisance» par M. Maurice
^rdier, vice-président du bureau de bienlaisance de Tourcoing,
w Communication sur <( l'organisation de l'hospice » par M.
Jules Labousse. directeur de l'hôpital de Tourcoing. C) Commu-
lication sur « l'influence de l'état hygrométrique sur l'apparition
iledfoeloppemenldu choléra in'antile » par M. le Df Dkcherf
(idccin delà Sauvegarde des nourrissons. D) Communication
sur « les résultats médicaux de la Sauvegarde des Nourrissons »,
parM. le Docteur Lagache, médecin de la Sauvegarde des Nour-
^us. E) Discussion du rapport sur « l'organisation générale
it la Sauvegarde des Nourrissons » présentée par .M. Victor
’Dibron, avocat à la Cour d’appel de Douai, président du comité
JtNord de l’.Mliance d'hygiène sociale. — Après-midi, à deux
kesres et demie, visite de l’hospice, du bureau de bienfaisance, de
rétablissement de bains, d’une crèche, et de l’hôpital (siège de la
Sauvegarde). Samedi 22 septembre, àl) heures du matin, présidence
éaM. Mirman, directeur des services de l’Assistance et de l’hy¬
giène publiques au Ministère de Tlntèrieur. A; Communication
wr • un essai de traitement à domicile des tuberculeux » , par
M. leD’’ Julien. (B| Communication sur iT l'organisation hospi-
aüère». C) Communication sur « l'exploitation de la ferme des
aires », par M. Merchier, juge de paix à Lille, rapporteur
Société des agriculteurs du Nord. D) Discussion du rap-
firtsur II l'assistance par le travail », présenté par M. le doc¬
teur Bron, député, maire de Tourcoing. — Après-midi, à deux
heures et demie, visite du sanatorium, de l’atelier mécanique de
Rssistance par le travail et de la ferme des hospices.
Dimanche 23 septembre, à onze heures du matin, sous la pré-
«Jence de M. Casi.mir-Perier, ancien président de la République,
président de l’Alliance d'hygiène sociale, séance dr clôture,
U-NQüET à une heure, dans la salle des fêtes de l Exposition.
Premier congres international d’étudiants. — Le l®» con-
Pés international d'étudiants doit se réunir à Marseille, à la
^enr de l’Exposition coloniale et durer du 30 août au 5 septem-
«t. Deux séances seront présidées par M. d’Estournelle de Cons-
une autre par le prof. Pitres, etc.
THÉRAPEUTIQUE
J^problème de la métitcafî'oii p'^osphorée rationnelle n'a été
I par la découverte de la phytine.
•^"hytine est le seul principe phospho-organique naturel
^ettant l'administration de doses réellement actives de
l^phore assimilable.
^^^es pharmaceutiques : Cachets, granulé, comprimés et
Eloge du D' HAMEAU.
éloge, publié dans le dernier
le D' Leldet.
numéro, est dû à
FORMULES
LXIX. - Dans l’Urémie.
Poudre de feuilles de digitale . l gr. 50
Poudre et extrait de réglisse . àà 1 —
pour vingt pilules. En donner 2 par jour.
I_XX. — Contre l’épistaxis rebelle.
Antipyrine . 0 gr. 50
Acide tannique . 1 —
Sucre en poudre . 10 —
pour priser. (Rendu.)
LXXI. — Contre le catarrhe gastro-intestinal.
Gélatine . 10 gr.
Faire bouillir dans eau distillée (500 gr.) pendant G heures
pour réduire à 80 gr.; filtrer, ajouter
Acide citrique . 1 gr.
Sirop d'écorces d’oranges amères . 100 —
Toutes les deux heures, une cuillerée à dessert (pour enfants).
LXXIi. — Contre les brûlures.
Ectogan . . 50 g?-.
Talc de Venise . . 200 —
pour saupoudrer la plaie.
LXXIIL — Traitement de l’artériosclérose.
a) Régime lacto-végétarien réduit au strict minimum. Hy¬
drothérapie : bains indifférents ; saignées répétées.
h)
Induré de Na .
Hydrate de ehloral .
Eau distillée .
àà 5 gr.
100 —
2 cuillerées à soupe par jour.
c) Si le cœur faiblit :
Poudre de feuilles de digitale . 2 gr.
Extrait d’hyosciamine . 0 — 50
pour 20 pilules ; en prendre 2 à 3 par jour.
d) S’il y a insommie :
Poudre de digitale . 2 gr.
Chlorhydrate d’héroïne . 0 — 50
pour 20 pilules ; en prendre 2 par jour.
e) Nitroglycérine à dose massive.
LXXIV. — Apéritif.
Prendre, 20 minutes avani le repas, un verre à bordeaux d'eau
do Vichy « Grande-Grille », chaude additionnée d'une cuillerée à
café de peptone spengieuse et de trois gouttes de teinture amère
de Baume (D®. . .) (Le Scapel.)
Commission supérieure d’hygiène et d’épidémiologie mili¬
taires. — Le Président de la République française, sur le rapport
du ministre de la guerre, décrète :
Art. 1"'. - Par modification de l’article 2 du décret du 31 mai
1904, instituant une commission supérieure d’hygiéne et d’épidé¬
miologie militaires, le nombre des membres de cette co mmission
est porté à 17, dont 9 médecins civils et 8 médecins militaires. Le
ministre de la guerre choisit et désigne ces médecins conformé¬
ment aux dispositions de l’article 2 précité du décret du 31 mai
1904.
CONTRE^reULEUR
^m,qésique, antipyrétique, hypnotique, antumiqraine, antune'vralgique, anodine
NE DONNANT PAS LIEU A L’ACCOUTUMANCE ET NE PRODUISANT JAMAIS D’EFFETS TOXIQUES
CONSTANTE DANS SES EFFETS ihmmhmwhmmbmmwM
sommes. Névroses. Hystérie. Menstruations douloureuses. Névraleies. Convulsions. Vertiees et tontes aSectlons nerveuse!
«.—De deux à huit tablettes di
LU/i SUCCEDAAIE DE LA MORPHINE.
La Société Chimique d’Antikamnia s, rue de la paix, paris
' DANS TOUTES LES PHARMACIES
544
LE PROGRÈS MÉDICAL
NOUVELLES
Natalité dk Paris. — Du dimanche 5 au samedi 11 août
1906. les naissances OHt été au nombre de 941, se décomposant
ainsi : légitimes 698, illégitimes 243.
Mortalité a Paris. — Population d’après le recensement de
1901 : 2.660.559 habitants. Les décès ont été au nombre de 860,
savoir: 441 hommes et 419 femmes. Les décés sont dus aux
causes suivantes : Fièvre typhoïde (typhus abdomin.) : 5. —
Typhus exanthématique : 0. — Fièvre intermittente et cachexie
palustre : 0. — Variole : 0. — Rougeole : 2. - Scarlatine : 0.
— Coqueluche : 9. — Diphtérie et Group : 1. — Grippe : 0.
— Choléra asiatique : 0. — Choléra nostras : 3. — Autres
maladies épidémiques : 2. — Tuberculose des poumons : 186. —
Tuberculose des méninges : 14. — Autres tuberculoses : 14. —
Cancer et autres tumeurs malignes : 69. — Méningite simple ; 14.
_ Congestion hémorrhagique et ramollissement du cerveau : 28.
— Maladies organiques du cœur : 50. — Bronchite aiguë : 3.
_ Bronchite chronique : 7. — Pneumonie ; 15. — Autres affec¬
tions de l’appareil respiratoire : 57. — Affections de l’estomac
(cancer exc.) : 3. — Diarrhée et entérite deO à 1 an : sein; 11 ; au¬
tre alimentation : 117. — Diarrhée et entérite de 1 à2 ans: 20. — Her¬
nies, obstruction intestinale; 5. — Cirrhose du foie : 10. — Néphrite
et ma! de Bright : 18. - Tumeurs non cancéreuses et autres ma¬
ladies des organes génitaux (femmesi : 4. — Septicémie puerpérale
(fièvre, péritonite, phlébite puerpérale) : 0. — Autres accidents
puerpéraux de la grossesse et de l’accoucnement : 1. — Débilit?
congénitale et vices de conformation : 11. — Débilité sénile : 28
— Morts violentes : 39. — Suicides : 19. — Autres maladies : 107.
— Maladies inconnues ou mal définies : 7.
Mort-nés et morts avant leur inscription: 63, qui se décom¬
posent ainsi : légitimes 48, illégitimes 15.
Médailles d’honneur des épidémies. — Par arrêté du minis¬
tre de l’intérieur, pris en vertu des décrets des 31 mars 1885 et 22
juillet 1899, la médaille d’honneur des épidémies a été décernée
aux personnes ci-aprés désignées en récompense du dévouement
dont elles ont fait preuve à l'occasion de maladies épidémiques :
Seine. — Bronze. — Mme veuve Golard, née Vinohon (Elisa-
Eugénie), directrice surveillante du dispensaire situé rue des
Cendriers, 45, à Paris : soins assidus et dévoués donnés den '
dix-sept ans aux enfants atteints de maladies épidémiques et tr^
missibles ; M. Marielle (Léon), mécanicien de l’étuve de la^
conscription de Levallois-Perret : a pratiqué de 1894 à 1906
grand nombre de désinfections nécessitées notamment par
épidémies de diphtérie et de scarlatine. — Seine-Inférieurï IÎ
Bronze. — M. Assire (Edgard-.Ieanl, externe puis interne deshôp^
taux de Rouen, chargé du service des varioleux : de 1902 h 1904
au cours d’une longue et grave épidémie, s’est particurièremeni
distingué par son dévouement, son assiduité et son esprit d’ini¬
tiative. — Service s.anitaire maritime. — Argent. _ M. le D'
Coppin, médecin-major de P" classe des troupes coloniales en
Perse auprès de S. A.’ I. le prince héritier : s’est tout spéciale¬
ment signalé par son intervention et son dévouement au cours de
l’épidémie de choléra qui a sévi dans ce pays avec intensité de
1904 à 1905. — Tunisie. — Argent. — M. Conseil (Alfred-Er¬
nest), interne à l’hôpital Sadriti à Tunis : victime de son dévoue
ment en procédant à l'examen du sang de typhiques.
Hôpital civil de Mustapha. — Concours pour 5 places
d’interne en pharmacie, le lundi 29 octobre 1906. Le concours
aura lieu à 1 heure à l’hôpital civil de Mustapha. Concours pour
7 places d’élève externe en médecine et en chirurgie, le lundi 29
octobre 1906.
Hospices de Montpellier. — Concours pour 4 places d’interne
provisoire. Le lundi 19 novembre 1906, il sera ouvert à l’hospioe
général, un concours pour 4 places d’interne provisoire dans les
hospices de Montpellier.
Faculté DE médecine de Paris. — La faculté est autorisée t
accepter la donation à son profit, par Mme veuve Paul Lemonnier,
d'un capital de 200.000 francs dont les revenus seront employés
à faciliter les recherches scientifiques sur la bactériologie, l’anato¬
mie pathologique, la pathologie expérimentale ou la physiologie
dans les laboratoires de la Faculté.
Excellente clientèle à céder dans l’Aisne, 4.000 francs de
fixe, 9.000 francs de recettes, pas de frais généraux. Prix : 6.0(X) È-
Nécrologie. — Nous avons le regret d’apprendre la mort de
M. le Di Maurice Marchais ide Paris), décédé subitement i Borino
(Italie) ; de M. le D‘'Bertaux (de Lille) ; et de M. le Di^ Prunier,
membre de l’Académie de médecine, directeur de la pharmacie cen¬
trale des hôpitaux.
PU i IMfe. BHOACtilTE, CAlAiaïUliS. — L Âwi
Marchais est la meilleure préparation creosotee. Elle di-
et l'expectoration. De 3 à 6 cuil-
minne la toux, la fièvre et l’expectoration,
levées a café par jour dans lait, bouillon ou tisane.
(D' Ferrand. — Trait, de méd.
SIROP LAXftTIF VERNEUIL (é
/ Manne \
I Casse I
\Tamarin /
préparé spécialement pour BÉBÉS et ENFANTS de 2 mois
à 15 ans, vrai spécifique de la CONSTIPATION. Précieua; dans
grippe, bronchite, coqueluche, impétigo, helminthiase,
état convuisif, et toutes maladies ou indispositions dans les¬
quelles un laxatif est nécessaire.
de 2 mois à 2 ans : 1 cuillerée à café par jour,
de 2 ans à 5 ans : 1 cuillerée à dessert par jour,
de 5 ans à 15 ans : 1 cuillerée à soupe par jour.
Le conseiller chaque fois que les parents demandent un a dépuratifs
pour leurs enfants, car le meilleur des dépuratifs est encore un
'•"U laxatif.
Toutes pharmacies. — Echantillons : VERNEUIL,
à Conflans fSeine-et-Oise).
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Médecine, 23 mars 1897, 8 mai 1898). L’extrait de ces f gj;
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1=' SEPTEMBRE 1906
Le Progrès Médical
SOMMAIRE : Thérapeutique : Traitement de la constipation
habituelle, par Friedel. — Bulletin : Les expertises médicales
(t les économies portant sur les frais de justice, par J. Noir ;
bes bibliothèques municipales, par Rousselet. — Revue de
TglRAPEUTiQUE ; Contribution à l’étude clinique du salioylar-
siaate de mercure ou enésol, par Loquin ; Nouveau formulaire
magistral de thérapeutique clinique et de pharmacologie, par
Odillon Martin ; Formulaire des médicaments nouveaux pour
1906, par Bocquillon-Limousin ; Leçon d’ouverture du cours de
thérapeutique de la faculté de médecine de Paris, par Robin ;
Les congestions hépatiques chroniques des pays chauds, leur
traitement à Vichy, par Sollaud ; La cure de déchlorura-
6on dans le mal de Bright et dans quelques maladies hydro-
pigénes, par Widal ; L’action diastasique dans les fermentations
industrielles ; Le vieillissement artificiel des vins et spiritueux,
par Malvezin ; Précis de chimie physique, par Pozzi Escot ;
Physiologie und pathologie des Mineralstoffvvechsels, par Albu
Cari Neuberg (c. r. de Paul-Boncourj. — Bibliographie : Le
charbon comme véhicule de la créosote, par Bouchet ; Ville
d’Orléans, bureau municipal d’hygiène, par Le Page Viger. — Ju¬
risprudence médicale : Médicament remis sans ordonnance par
un pharmacien, exercice illégal de la médecine et homicide par
imprudence, jugement du tribunal civil du Puy du 18 décembre
1905. — Varia : Hygiène alimentaire, les falsifications d’ali¬
ments, le pain et la bière ; Médecine, hygiène alimentaire et hié¬
rarchie militaire ; L’organisation du service de la vaccination
en province. — Les congrès : Congrès d’hygiène et d’assis¬
tance ; 11“ congrès international d’assainissement et de salubrité
d’habitation ; Congrès international d’électrobiologie et de ra¬
diologie médicales ; IIP congrès international pour la répres¬
sion de la traite des blanches, — Thérapeutique. — Nécro¬
logie : Le P' A. Herzen (de Lauzanne). — Formules. — Nou¬
velles. — Bulletin bibliographique.
THÉRAPEUTIQÜE
Traitement de la constipation habituelle ;
Parle D' G. FRIEDEL.
«La constipation, en dehors de quelquesrares condi¬
tions particulières, est un phénomène pathologique nui¬
sible qu’il tant faire disparaître » (A. Mathieu). Les
Boyens thérapeutiques dont dispose le médecin sont
fc trois ordres : médicamenteux, hygiéniques, physi-
es. Nous ne nous arrêtons pas aux nombreux pro-
jts pharmaceutiques, simples ou composés, dont on
^couise si souvent l’usage. On guérit la constipation
*^ut par l’hygiène et les applications physiques,
bby^iène seule suffit dans beaucoup de cas. Le séjour
• <4 campagne, la vie en plein air, le régime lacto-végé-
presque exclusif, l’exercice régulier, suffisent
our régulariser les fonctions intestinales et donnent
(fïcellents résultats. Lorsqu'on n’obtient pas d’amé-
*rttiou nette et durable de la constipation, il faut ad-
^ce les moyens physiques. Voici le traitement mis
pratique chez nos malades :
pue feuille imprimée indique en détail le régime à
lon^r • sous forme de potages (le lait en nature
beaucoup de personnes), farineux, légumes et
ou, suivant l’état du tube digestif, cuits, peu
; pain complet, beurre. Ces aliments laissent
hé résidus pour former avec les sécrétions intesti-
^hne quantité suffisante de matières capables d’ex-
la motilité intestinale.
^Dstipation opiniâtre cède cependant rarement
^“jrmction des lavements . Le malade se fait tous
^'Soh soit un grand lavage avec de l’eau bouil-
préférence, un lavement d’huile suivant la
Kussmaul. Cent à cent cinquante grammes
*^io H ® sont introduits lentement et sous faible
® le rectum, le soir, avant coucher et gar-
lendemain matin. Cette huile ramollit les
l’^brifie les parois de l’intestin, de sorte
^^i^Mionalvine se fait alors spontanément. Elle
spasme et l’irritation de la muqueuse.
Kijf^^^tion de l’huile et des matières ne se faisait
amorcer le péristaltisme par un petit la¬
vement d’eau bouillie simple. Peu à peu, au fur et
à mesure quq les selles deviennent plus faciles^ la
quantité d’huile est diminuée et les lavements sont es¬
pacés jusqu’à suppression complète.
Mais il y a des cas où hygiène et lavements sont im¬
puissants contre la coprostase, ou du moins leur action
n’est pas durable. Dans ces cas, il faut avoir recours au
massage et à l’électrothérapie. En général, on prépare
les malades à ce traitement. Pendant huit ou qiiinzè
jours, on leur fait faire chez eux une série d’exercicefs
et de manipulations que nous avons notés sur une
feuille spéciale remise aux constipés.
GymMOsüque et massage préparatoires.— Le ma¬
lade couché, à jeun, boit un demi-verre d’eau d’Evian
à la température de la chambre, puis fait un efflen-^
rage superficiel sur tout le ventre, circulaire, lon-‘
giludinai, suivant les côlons. La gymnastique con¬
siste en : 1“ redressement du tronc sans l’aide des bras ;
2" flexions de la cuisse sur le bassin ; 3° rotations in¬
terne et externe du membre inférieur; 4“ mouvements
respiratoires avec abduction des membres supérieurs ;
5“ gymnastique du périnée : propulsion et rétraction du
releveiir (pour les femmes qui oit fait des couches
multiples ou difficiles). One friction à main plate avec de
l’eau de Cologne onde l’alcool camphré sur l’abdomen
et la région lombaire termine ces exercices. Le malade
se lève et prend son petit déjeuner : café au lait pré¬
paré avec beaucoup de chicorée, cacao léger, puis se
présente à la selle. La position accroupie est la plus
favorable pour comprimer l'intestin. On recommande
de faire de petits efforts prolongés, de préférence aux
grands efforts.
A six heures du soir, la gymnastique estfaite debout
(sans corset ou ceinture) : 1“ flexions du tronc en avant,
en arrière et latéralement (très important) ; 2“ rotations
du tronc sur les membres inférieurs fixes ; 3“ élévations
de la cuisse et des membres inférieurs ; 4" abductions
et élévations des membres supérieurs avec inspirations
profondes ; 5" flexions des genoux et abduction, sur la
pointe des pieds et relèvement (les mains appuient sur
une chaise).
La durée de ces exercices est de 20 à 30 minutes ma¬
lin et soir. Tous les mouvements doivent être faits len¬
tement et avec augmentation progressive.
546
LE PROGRÈS MÉDICAL
Les bains entiers à 32° (39° pour spasmodiques) trois
fois par semaine avec savonnage de tout le corps et fric¬
tions avec linge dur, les bains de siège à domicile, dans
un cuveau, à 24°, suivis de frictions ; les douches écos¬
saises, en pluie ou en jet brisé sur l’abdomen et la
région hépatique, sont un excellent adjuvant.
Une explication pratique est donnée sur un malade
en cours de traitement et en général gymnastique et
massage sont suffisamment bien exécutés.
Nous ne nous étendrons pas sur le mécanisme de
l'action du massage et de la gymnastique. On trouvera
les notions courantes sur ce sujet dans les traités spé¬
ciaux de massage (Salignat, de Frumerie, etc., etc.).
Nous voudrions cependant appuyer sur l’importance
que nous attribuons : 1“ au redressement du tronc
(malade couché) qui fortifie la musculature de la paroi
abdominale, 2“ aux flexions latérales du tronc (ma¬
lade debout) qui agissent sur les muscles obliques,
mais aussi et surtout sur les côlons ascendant et des¬
cendant, qui sont allongés et raccourcis alternative¬
ment. Les mouvements respiratoires ont pour but de
développer le diaphragme, qui devient un véritable
masseur des viscères. Bien entendu, la respiration
profonde a une action heureuse sur tout l’orga¬
nisme, surtout chez la femme, qui respire si défec¬
tueusement.
En résumé nous tendons à développer la muscula¬
ture abdominale (parois antérieure et postérieure, et à
faire subir aux viscères une compression et une disten¬
sion indirecte). En même temps — et ce point n’est pas
négligeable — nous attirons et fixons l’attention du
malade sur ses fonctions intestinales. Nous n’hésitons
pas à affirmer qu’une part des résultats est certaine¬
ment due à cette 'psychothérapie.
A la suite de cette préparation préliminaire, le ma¬
lade vient se faire masser et électriser, sans cesser pour
cela de faire chez lui les exercices indiqués. 11 est al¬
longé sur un brancard, qui offre une bonne résistance
Eour le massage, la tête à peine relevée par un oreiller.
e brancard est préférable au lit, parce qu’il offre plus
de résistance et parce que le masseur peut s’approcher
complètement du sujet, ce qui diminue beaucoup la fa¬
tigue et rend les manipulations plus aisées. La paroi
abdominale découverte est saupoudrée de poudre de
talc et la séance commence par une palpation légère et
prolongée, qui renseigne sur l’état de l’intestin et ras¬
sure le malade.
Ici nous sommes obligés de revenir sur la division
des constipés en atoniques et spasmodiques. Nos idées
ne sont pas tout à fait en concordance avec celles ad¬
mises aujourd’hui après Fleiner et d’autres. Nous con¬
servons la distinction, mais nous pensons que le spasme
véritable est plus rare qu’on le dit et nous considérons
comme spasme la contracture douloureuse de l’intes¬
tin, la crampe intestinale analogue à la crampe muscu¬
laire vulgaire. Et cette crampe intestinale se rencontre
dans trois cas : 1° chez certains névropathes (hysté¬
riques, spasme continu) ; 2° chez les atoniques, dont la
musculature intestinale, dégénérée après une longue
période d’atonie, a atteint le degré de faiblesse irritable
(spasme intermittent) ; 3“ chez les malades atteints de
colite subaiguë et chronique. Cette colite peut être due
à l’irritation et à l’inflammation par les matières fé¬
cales durcies ou à l’inflammation ou déplacement d’un
organe voisin (utérus, ovaires, prostate, rein) ou à une
fissure anale ou ulcération rectale.
Si donc à la palpation des côlons on sent l’intesti
contracté et franchement douloureux, si nous trou voiu
d'autres spasmes : cardiospasme, pylorospasme, con
tracture du sphincter anal, douleurs coliquatives ffé
quentes, nous admettons la constipation spasmodique"
Nous agissons dans ce cas en conséquence : gymnas^
tique et massage sont doux et ne doivent pas provoquer
de douleurs. Le courant faradique est très léger,àpeme
perceptible, à 30 à 50 interruptions par seconde. Le
régime est plus sévère au début, les légumes verts sont
exclus et les légumes cuits soigneusement passés. Les
potages de céréales (orge, riz, farine d’avoine, flou
d’avoine) et les pâtes tiennent la principale place dans
le régime. Une pilule de belladone (0,01 cgr.) par jour
rend d’excellents services pour réduire le spasme. En
très peu de temps, l’intestin s’habitue au massage, li
douleur diminue pour disparaître complètement, et à
partir de ce momentle traitement est le même que pour
les atoniques.
Les atoniques sont soumis au traitement masso-et
électrothérapique suivant : nous débutons par un ef¬
fleurage superficiel circulaire péri-ombilical en élar¬
gissant petit à petit les cercles. Au bout de cinq mi¬
nutes, l’effleurage devient profond. Les deux mains ne
glissent plus sur la paroi, mais font glisser laparoisur
le paquet intestinal sous-jacent, qui est ainsi frotté di¬
rectement. Puis on passe à la pression plus forte sur
les différents segments. La main droite de l’opérateur i
glisse avec pression du flanc gauche obliquement vers
le pubis. L’S iliaque sous-jacent comprimé entre la
fosse iliaque et la main est e.xcité et les matières sont
poussées dans le côlon pelvien. 1
La friction et la compression du cæcum se font de même ^
manière, soit avec la main gauche, soit avec le talondf
la main droite. La face inférieure du foie (du moins son
bord antérieur), la vésicule biliaire, sont excitées direc'|
tement sous le rebord costal avec le bord radial de 1»
main droite. La face convexe du foie et le foie en entier
sont comprimés entre la main gauche placée sous les
fausses côtes, et la main droite qui comprime lé viscert
en glissant avec pression sur la face antérieure de lafé
gion hépatique. Par cette manœuvre, on vide la vésicn
biliaire et on active la circulation hépatique tant s*®"
guine que biliaire. La connaissance de coliques nép
tiques antérieures conseille de la prudence dans 1®®^
sage des voies biliaires. Enfin on masse l’estotnac ^
pincements entre le pouce et les doigts de la ®
droite dirigés de haut en bas, et de dedans en de
puis par pressions et frictions de la face antérieur j
la grande courbure vers le pylore . Pylore et paa |
sont accessibles au massage par le pouce ■
les individus maigres à parois facilement dépres» ^
telles qu’on les observe chez les atoniques-
un pétrissage transversal et longitudinal de
domen, on termine le massage de la paroi an e
par un effleurage superficiel. TpminO'
La durée de ces manipulations est de 15 à ~
tes. Bien entendu, la succession dés opérations p
gions n’a rien de fixe, on passe d’un mouvetnen^^
tre, en se basant uniquement sur les
çucs et lu commodité. Un point est jj,ain
mouvements doivent être doux et bien liés,
doit pas quitter la paroi abdominale, et doj ^
aux inégalités et dépressions naturelles. L® jjip
sensibles surtout doivent être traitées av^ jinstf®"
grande doucenr. Nous ne nous servons
ments pour masser (boules, rouleaux auto-
LE PROGRÈS MÉDICAL
547
une main exercée fera mieux que n’importe quel
^tr’iiment, si perfectionné soit-il.
Vous ajoutons au massage de la paroi antérieure le
««sage du dos. Les muscles des régions dorso-lombai-
1 i^et des gouttières vertébrales sont soumis aupétris-
aje longitudinal et transversal, auquel on joint le ta¬
pement (percussion) faite avec le bord cubital des
Bains. Le massage dorsal dure 2 à 3 minutes. Son ac-
lionsurles muscles, sur la circulation superficielle et
•fofonde, agit par reflexe sur l’appareil ligamenteux de
lltcolonne vertébrale et sur la circulation médullaire.
Il .Uotreavis, c’est là une action très utile, surtout dans
il viscéroptose, qu’on rencontre si souvent chez les
iloniques. Nous parlerons plus loin du massage vi¬
ctoire à propos de l’électrothérapie. Exécuté comme
tous l’avons indiqué, le massage ne doit pas fatiguer le
iïlade qui doit, au contraire, ressentir un bien-être très
iccusé après la séance.
Electrothérapie. ■ — L’électricité a été employée
seule ou combinée avec la diète, le massage et l’hydro-
llhcrapie. On s’est serviteur à tour des courants faradi-
Le, galvanique, galvano-faradique (de Wateville),
jialique, courants de Morton, courants sinusoïdaux
lUArsonvalisation) (voir Lützenberger, Delherm ,■
Dûumer, etc.). Un fait nous a frappé dans la description
Jecesméthodes : toujours on a provoqué des commo¬
tions, soit par interruptions du courant, soit par ren-
lerseinent, soit par étincelles. Ces commotions s'ac-
wmpagnent toujours de contraction des muscles par-
«urus par le courant. Nous avons donc employé le
Murant qui fournit ces interruptions par définition :
It courant faradique.
Lappareil employé est celui de Gailfe, avec bobine à
Jlfinet trembleur horizontal, qui permet d’obtenir de
* HO interruptions par seconde.
Comme électrodes, nous noussomrnes servi soit d'une
wctrode large (plaque de 10/20 ctm.), reliée au pôle
Ntif (anode placée sur la région lombosacrée), ou
••core le simple tampon placé sur la région hépatique,
^pôle négatif est relié au rouleau (cathode). Rouleau
tampon sont trempés avant l’application dans de
simple. La faradisation intestinale directe est trop
l®neile à employer pour être courante. Nous ne nous
servons pas. Avant de décrire le manuel opératoire,
B®utons un mot sur l’action des courants faradiques.
jP ttineter. Manger, Metzger, Marschal, nient l’action
^eutanée du courant faradique sur l’estomac et l’in-
Einhorn et Ewald l’admettent. Quoi qu'il en
P ’ÎJ^^savons obtenu de bons effets par notre procédé.
*11 intestinale a été calmée, les spasmes réflexes
^làeU '°*®*‘*’onipus et les muscles contractés se sont
!6m. .' spasme intestinal n’est donc pas une
^"‘fe-mdication
— La faradisation suit iramédia-
f fjJiorJ*® “'^ssage. Nous appliquons donc le courant
[ région dorso-lombaire : Bobine à fil fin,
‘ oû' * tampon appliqué sur la région sacrée,
Hésy*^*'^'’'’^'Pt'nns par seconde. Le rouleau est pro-
I Nlig masses musculaires, pendant qu’on rap-
Hipç .aancement la bobine induite (mobile) de la
: (fixe), jusqu’à ce que le malade sente
^Pén^M ^ picotement. Celte sensation ne doit pas
S r a» mais, au contraire, très supportable au
^ava pour le massage, il faut, ici, de la dou-
i ha durée de ces applications est de deux
-Avant défaire reprendre aumàlade le décubi¬
tus dorsal, on diminue le nombre des interruptions jus¬
qu’à 5 à peu près par seconde, afin d’obtenir des se¬
cousses nettes de contraction des faisceaux muscu¬
laires.
Pour appliquer le courant sur la paroi abdominale an¬
térieure, nous éloignons de nouveau la bobine et rame¬
nons le nombre des interruptions au maximum. La sensi
bilité de cette paroi étant plus fine, la bobine mobile
reste plus éloignée de la bobine fixe que tout à l’heure.
Nous obtenons de ce fait une contraction tétanique'
des muscles abdominaux avec sensation de fourmille¬
ment. Le rouleau est promené le long des côlons, sur
la région stomacale et hépatique. Après deux minutes
d’application, les interruptions sont réduites au nombre
de cinq par seconde. Les contractions musculaires de¬
viennent cloniques, et par certaines combinaisons de
ces contractions, nous obtenons un véritable massage
vibratoire. De cette façon, nous nous passons des appa¬
reils spéciaux employés dans ce but. Même les vibra¬
tions manuelles, très fatigantes pour l’opérateur, de¬
viennent facultatives- Pour terminer, nous provoquons
des contractions séparées des muscles grands droits,
obliques et transverses avec 1 ou 2 interruptions à la
seconde. Avec une compresse imbibée d’alcool, nous
frictionnons la peau de l’abdomen pour enlever la pou¬
dre de talc, et la séance est terminée. Elle dure en
général de 25 à 30 minutes.
On peut se rendre compte par cette description que
notre façon de procéder est très simple. Tout praticien
possède un appareil faradique, et peut par conséquent
faire ce que nous faisons.
Résultats. — Nous avons traité un certain nombre
de constipés avec plein succès chez tous. Pour les
atoniques, la selle spontanée est survenue de la 2° à la
6' séance et elle n’a plus jamais manqué à partir de ce
moment. Nous avons suivi nos malades guéris pen¬
dant plusieurs mois, et jusqu’à présent nous avons cons¬
taté la persistance des bons effets du traitement. Nous
tenons surtout encore à signaler la disparition des symp¬
tômes fonctionnels qui accompagnent la constipation.
Les symptômes nerveux disparaissent : le sommeil de¬
vient meilleur, la céphalée ne se montre plus qu’acci-
dentellemenl, le malade reprend de la vigueur physique
etmorale. Les douleurs lombaires, les pesanteurs, les
tiraillements dans le bas-ventre cèdent, la nutrition gé¬
nérale se fait en de meilleures conditions, et les mala¬
des engraissent jusqu’à une livre (500 grammes) par se¬
maine. L'appétit, lorsqu’il manque, met plus de temps
à revenir, maislentement il s’améliore et le malade gué¬
rit d’une affection qui, quelquefois, le minait depuis
des années.
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que de la toux, spécialement de la toux des tu¬
berculeux.
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548
LE PROGRÈS MÉDICAL
BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL
Les expertises médicales et les Économies portant sur
les frais de justice.
M. Saint-Aubin, directeur des affaires criminelles et
dès grâces, a adressé une circulaire aux premiers prési¬
dents et aux procureurs généraux des Cours d’appel,
pour indiquer les abus qui augmentent considérable¬
ment les frais de justice. Dans cette circulaire, an cha¬
pitre : Frais de justice criminelle, nous relevons les
passages suivants qui intéressent les médecins :
Médecins. — Visites. — Rapport. — Certificat concernant un
prévenu transféré à pied. — Certains médecins ont pris l’habi¬
tude de transformer la visite avec premier pansement, tarifée
8 fr.^ en une opération autre que l’autopsie, tarifée 10 Ir.
D’autres exagèrent le nombre des vacations pour le rapport.
En matière correctionnelle, il ne devrait pas, en principe, être
passé plus d’une vacation à 5 fr. pour cet objet. Il ne faut pas
confondre les rapports d’expertise avec le simple certificat
constatant sommairement que tel prévenu peut ou non être
transféré à pied. 11 n’est alloué dans ce cas qu’une vacation
tant pour les constatations que pour le certificat.
Expertise.'! au point de vue mental. — Les expertises d'exa¬
men mental ne doivent être ordonnées que s’il y a des pré¬
somptions de troubles intellectuels ou si elles sont réclamées
par la défense, qui doit alors justifier de la nécessité de cette
mesure .
Et plus loin au chapitre : Frais d'assistance judi¬
ciaire :
Médecins et experts. — E.rapération des mémoires. — Plu¬
sieurs parquets généraux signalent l’exagération des mémoi¬
res de médecins dans les affaires d’accidents du travail de
leurs ressorts. Il y aurait avantage, dans les arrondissements
où il en est ainsi, à arriver à un accord pour fixer un maxi¬
mum d’honoraires dans les affaires qui n’ont aucun caractère
exceptionnel, et si cela n’est pas possible, de ne pas hésiter à
réduire le nombre des vacations au chiffre équitable.
Avances de frais d'expertises qui ne sont pas à la charije du
Trésor. — 11 arrive que les compagnies d’assurances ne sc
prêtent pas aux transactions, qu’elles rendent nécessaires des
expertises médicales longues et coûteuses parce qu’elles ré¬
clament la commission de plusieurs médecins étrangers qui
ont pris l’habitude de se faire toujours payer par le Trésor.
11 y a là une cause de dépenses importantes à supprimer.
L’avance des frais incombe à la partie qui requiert ou qui
poursuit l’expertise, de sorte que le Trésor ne doit y pourvoir
T|ue dans deux cas : 1" lorsque l’expertise est ordonnée d’of¬
fice dans une affaire d’assistance judiciaire ; 2° lorsqu’elle est
ordonnée ou poursuivie à la requête de l’assisté. 11 convien¬
dra donc d’exiger des avoués des compagnies des conclusions
formelles tendant à l’expertise, de constater dans le juge¬
ment cette circonstance et de rejeter, à l’avenir, les frais dont
l’avance est à la charge de la partie non assistée.
A propos de cette circulaire, le Temps, dans un
important article, fait les réflexions suivantes qui,
croyons-nous, méritent d’être soumises à nos lecteurs :
On ne peut que souscrire assurément à ces sages prescrip¬
tions, à une condition toutefois, c’est qu’elles n’aient point
pour résultat final de provoquer, dans une pensée d’économie
mal comprise,^ une réduction inconsidérée des expertises
médico légales, qui pourrait être très préjudiciable à la bonne
justice. Gar s’il est des litiges où l’intervention des hommes
de l’art soit le plus souvent indispensable pour éclairer la
religion des magistrats, ce sont bien ceux que motivent les
accidents du travail, en imposant la reclierche des consé¬
quences véritables des blessures ou des mutilations subies.
au point de vue de la capacité de travail ultérieure de U
victime. C’est, en effet, l’évaluation de la diminution de cap»,
cité qui doit servir de base pour le calcul de la rente viagère 1
due par l’employeur. Et quj donc peut mieux la faire que le
médecin ou le chirurgien ?
Ces considérations viennent naturellement à l’esprit quand
on lit les passages de la circulaire que venons de rappeler
Elles ont particulièrement frappé M. Georges Touchard 1
auquel sont familières toutes les questions d’accidents de 1
travail, et qui, dans la Nouvelle Revue, se fait l’écho des craintes
que les mesures recommandées par la chancellerie ont éveil-
lées dans certains milieux compétents . 1
M. Georges ’fouchardne se dissimule d’ailleurs pas les abus
au quels la chancellerie voudrait mettre un terme. Il se
demande seulement si elle a pris le bon moyen pour y par¬
venir. Et il en suggère un autre, qu’il soumet aux médita¬
tions du garde des sceaux. A son avis, « il suffirait tout sim¬
plement d’instituer, à côté de la chambre des accidents, un
comité de médecins experts, composé de trois membres,
devant lequel le président conciliateur renverrait d’office les
parties en cas de discussion sur l’état du blessé ou la date de
la consolidation de la blessure Ce comité « siégeraitau
Palais les jours où le président tient ses audiences de conci¬
liation : Userait par lui saisi d’urgence et sollicité, sans autre
formalité qu’une lettre du greffier, de donner son avis immé¬
diat. qui resterait joint au dossier, sous forme de certifical
. officiel » .
De la sorte, ajoute-t-il, «quand l’affaire viendrait à l’audiena
pour fixation définitive de la rente, le tribunal, complètemal
éclairé, n’aurait plus besoin d’ordonner une mesure d’instmo
tion inutile. Il pourrait, au surplus, en cas de besoin, inle^
roger dans les mêmes formes le comité ». Des jetons de pré¬
sence — par exemple de 50 francs pour . chaque membre de'
comité — serait la rémunération de ce service, dont les fr^
se répartiraient au prorata des affaires entre les divers patron*
intéressés. M. Georges Touchard estime (lu’à Paris ils s’élève¬
raient annuellement à 15,600 francs environ. Ce serait peu en
comparaison des centaines de mille francs que coûtent
aujourd’hui les expertises médico-légales, et les affaires, ce
qui a bien aussi son intérêt, y gagneraient d être beaucoup
plus rapidement solutionnées. .
^ oilà le système. 11 a un côté ingénieux, une apparence de
simplicité fait pour séduire. Que produirait-il dans la pralj-
(jue ? M. Georges ’l'ouchard est convaincu qu’il n’y aurw
aucun mécompte. 11 est clair que tout le monde ne
pas cette conviction. On pourra faire des objections,
a.ssez sérieuses. Mais l’expérience seule permettrait de ro _
(jui a tort ou qui a, raison. Et rien ne s’oppose absolutnen ;
ce qu’elle soit tentée. La chancellerie s’y décidera-t-elle ■
Il est certain que la proposition de M. G- Toueb^
estime solution. Mais cette solution est-elle
Nous doutons qu'en créant un comité de trois
dans de pareilles conditions, on arrive à
expertises suffisantes dans les cas très difficiles e
variés où l’avis des spécialistes est nécessaire
hlir le moins arbitrairement possible le degre «e
capacité permanente et du dommage causé. G es
ces cas qu’il est indispensable à l’expert.
juste, de jouir d’une compétence spéciale. jj,-
cile de réunir en trois personnes toutes les
sauces nécessaires ; et, comme en général le
se voit obligé d’adopter les conclusions de 1 exp
les trois experts seront en fait les véritables
rendra, en outre, plus difficiles encore les exp
contradictoires.
Il peut se produire des abus, comme partou ,
règlement des honoraires médico-légaux. ' ® g po*’
avons entendu <à leur sujet tant de plaintes» 5.
avons peine à croire que l’on trouve là
F
LE PROGRES MEDICAL
Ufggphosphites au 0' CHURGHJLL '
jiROPS 0*HYPOPHOSPMITE os CHAUX
' OU DE SOUDE
rteîcîjssé. Rachitisme, Anémie
BrancUte chronique
Allaitement. Dentitiea, etc.
SIROP D’HYPOPHOSPHITE DE FER
I li!iir')se. Anémié. Pâles ceulenr» ^
Dysménorrhée, Aménorrhè' . etc, P
imOPaHYPOPHOSPHiTES CO /IPOnI |
lon;qne puissant
[(ritùie alimentation chimique pourto i$ lest ts
l iiiaiWissemeBt musculaire ou n entai
•IIULES 0 HYPflPHOSPHiTE de' ^U!Nlfi E
fièrres intermittente», paludéc mes
ELIXIR DE VIRGINIE
Souoeraln contre les
MALADIES DU SYSTȌ VEINEUX
Varices — Hémorrhoïdes — Varicocèle — Phlébite
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préparés» par Ci LEROY, Ucenoiê ès-Scienees, Pharmaoien de Première Classe-
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TRAITEMENT .ES AFFECTIONS NERVEUSES
PAR LES SIROPS BROMURÉSde J. F. LAROZE
SIROP LÂRQZE AU BROMURE de POTASSIUM
complètement exempt d’iodures, de chlorures et de hTOroates;
_ contient exactement / gr. par cuillerée à potage.
SIROP LÂROZi AU BROMURE DE SODIUM
contient exactement / gr. ae se! ePimiquement pur par cuillerée à potage.
SIROP LAROZE au BROMURE de STRONTIUM
complètement exempt üe Baryte, contient exactement / gr. de sel par cuillerée à potage.
SIROP LAROZE POLYBROMURÉ
^POTASSIUM, SODIUM AMMONIUM)
Une cuillerée à potage de Sirop contient exactement 3 gr. ae Bromures.
SIROP LAROZE D’ÉCORCES D’ORANGES AMËRES
contPB iBS üCClüBnts h^püBUX üb Ici cilgBStiQR. Deux ou trois cuillerées à potage par jour-
ENVOI d« Oacoas apécîmen à MM. les Docteurs qui voudront bien ‘i- ‘.j en faire la demande.
^,A.ISOIsr L-A-IcOZE, 3, rij.© cies j-jxOïie Sx- Pa.\iL
ROHAIS et C“’j Pharmacien d
classe, ex-interne des Hôpitaux de Paris.
LE PROGRÈS MÉDICAL
ANALGÉSIQUE, ANTIPYRÉTIQUE, HYPNOTIQUE, ANTLMIGRAINE, ANTLNÉYRALGIQUE, ANODINE
NE DONNANT PAS LIED A L’ACCOUTUMANCE ET NE PRODUISANT JAMAIS D’EFFETS TOXIQUES _
^ 1W ■ 1»^— , COINSTANTE DANS SES EFFETS .
:ations.— Maux de tête, Misrrame, Insomnies, Névroses, Hystérie, Menstruations douloureuses. Névralgies, Convulsions, Vertiges et tontes affections _
LE PROGRÈS MÉDICAL
549
^ies importantes. Les indemnités pour les expertises
^ico-légales sont fixées par le décret du 21 no-
ffmbre 1893, dont les circulaires wÂnistèrielles du
ilnopembre 1893 et du 31 juillet 1894 règlent l'ap-
Jication, et il suffit de parcourir ces documents pour
jgssurer que. le corps médical, auquel on demande tant
% besognes gratuites ou semi-gratuites, est loin
lavoir été, dans ce cas, plus particulièrement avan-
.1. Noir.
Les bibliothèques municipales.
Le prêt gratuit et la contagion.
Je viens de voir mourir un de mes pauvres voisins,
llflberculeux au dernier degré. Le malheureux, durant
ses longs jours d’agonie, trouvait un léger divertisse¬
ment dans la lecture des livres de la bibliothèque
^pulaire de son quartier, dont il faisait ample con¬
sommation. Je suis persuadé que presque tous les livres
Je la bibliothèque ont passé sous ses mains, ont traîné
sur son lit de douleur pendant ses longues insomnies
et même, parfois, pendant son sommeil, lorsque épuisé
de fatigue, il s’endormait inconscient sur le livre muni-
fcpal.
Lelendemain, ses parents allaient changer le volume,
lequel tombait dans une famille de gens bien portants,
{eux-ci, après le dur labeur du jour, se font un régal
do lire dans leurs lits ; de plus, ils ont la mauvaise
Wiitiide de mouiller leurs doigts avec leur salive pour
bnmer les pages et s’intoxiquent progressivement de
fermes infectieux. Comme mon pauvre malade, il leur
«ive aussi de s’endormir sur leur lecture, et le même
ivre, qui a été en contact avec les exj-mctorations ou
les sueurs du tuberculeux, rempli de tout ce qu’il
fet pour propager la contagion, devient auprès
tfoux, sous la chaleur bienfaisante des couvertures, un
^emi dangereux apportant dans l’honnèle foyer la
*»ladie et la mort.
Par ce temps de désinfection à outrance, oii les pou¬
voirs publics interdisent de cracher sur la voie publique
*lmême chez soi, où la désinfection des locaux et des
*|>jots contaminés par les contagieux est obligatoire,
*y aurait-il pas un moyen simple et pratique de. sou-
®ottre tous les livres rentrant dans les bibliothèques
populaires a une sérieuse désinfection, avant de les
“Vier à nouveau au public. Je ne suis pas le premier
.signaler ce fait, mais il est bon, quand l’occasion
|oii présente, d’en rappeler les graves inconvénients,
ostdu devoir des municipalités de trouver un simple
à ce mal, et nous appelons à ce sujet, tout
^culièrement, l’attention du conseil municipal de
^ is et de l’administration préfectorale, (jue notre
D" A.-J. Martin, qui a tant fait pour l’hygiène
^‘oiaine, en prenne bonne note.
Albin Rousselet.
^^ULES D’iODIPINE-IVIERCK : 3 représentent 1 gr. Kl
ç “®aucoup mieux supportées que les iodures alcalin^ ;
à 25 ” O pour injections sous-cutanées.
REVUE DE THÉRAPEUTIQUE
Rédacteur spécial; M. le » PAUL UORXET
I. — Contribution à I étude clinique du Salicylarsina te de
mercure ou Enésol; par M. L. LOQUIX. {Thèse de Lyon, 1905.)
Travail d’une centaine de pages, très bien fait, et dont voici
les conclusions : 1° l’Enésol est un cofnposé mercuriel in¬
jectable, obtenu en traitant le salicylate basique de mercure
en suspension dans l’alcool par l’acide métliyJarsinique ;
l'élimination du sel se fait par les urines, :2 heures après
l'ingestion et pendant 36 à 64 heures ; 3“ les injections doi¬
vent être intra-musculaires, et à la dose de 3 centigr. par
jour; ces injections sont indolores, sans réaction rénale ni
imflammatoire quelconque, et peuvent, de ce fait, être utili¬
sées dans la médecine infantile.
Il — Nouveau Formulaire magistral de thérapeutique clinique
et de pharmacologie; par le D' Odilon Mautin, ancien chef de
clinique de la Faculté de médecine de Lyon. Préface du Profes¬
seur Grasset (de Montpellier). 1 vol. in-18 de 900 pages, sur
papier mince, cartonnage souple : 9 fr. (Librairie J. -B. Baillière
et fils, 19, rue Hautefeuille, à Paris.)
Comme l’a écrit le professeur Grasset :
«Le Nouveau Formulaire' magistral du. O. Martin vaut
« plus et mieux qu’un formulaire.
« Un formulaire est, en effet, étymologiquementet par défi-
« nition,un Recueilde formules ; c’est-à-dire que, dans le for-
« mulâtre classique, sur chaque substance, l'article débute
« par une ligne de caractéristique physique ou chimique :
« puis viennent trois lignes sur la posologie aux divers âges
« et sur les incompatibilités chimiques, et ensuite s’alignent
« les formules, empruntées à l’un ou à l’autre, avec le nom
« des maladies auxquelles on peut les appliquer.
« Il y a hieii tout cela dans le formulalredu D' Odilon Mar-
« tin. Mais il y a aussi autre chose : il y a sur chaque médica-
« ment un chapitre résumé de thérapeutique.
« La formule n’est utile que si le médecin en connaît bien
« les indications et les contre-indications ; le livre ne doit
« pas seulement lui enseigner les maladies dans lesquelles
« il faut la prescrire, mais les malades auxquels elle sera
« utile ou nuisible.
« C’est pour cela que le D"- Odilon Martin ne se borne pas
« à une sèche énumération en deux colonnes, contenant :
« l’une, les formules, et l’autre, les maladies. Il expose d’a-
« hord la pharmacologie du médicament, puis ses actions
« physiologiques, son histoire à travers l’économie (absorption
« transformations, élimination) ; les premiers signes de r»i-
« tolérance (toxicité) : de là, il déduit les applications thérapen-
« tiques indications et contre-indications] ; expose les modes
O d'administration etlesdoses, les incompatibilités (en précisant
« les conditiims particulières dans lesquelles certains mé-
« dicaments sont incompatibles), et enfin les diverses formu-
« les avec leurs indications particulières et respectives,
« Ne peut-on pas dire que c’est là le plan d’un Précis de
a thérapeutique qui au formulaire a uniquement emprunté
« son titre et l’ordre alphabétique d’exposition.
« Avec un livre comme celui-là, le praticien saura formu-
« 1er non seulement dans une maladie donnée, mais chez un
« sujet donné, en tenant compte de son tempérament, de ses
« antécédents héréditaires et personnels, physiologiques ou
O pathologiques, de la période de la maladie, de sa forme,
« de ses complications. En un mot, tout médecin capahlede
« faire d'abord un diagnostic vrai, précis et complet, pourra
« avec un formulaire de ce genre, faire une bonne thérapeu-
« tique, rationnelle et appropriée, d
III. — Formulaire des médicaments nouveaux, pour 1906 ; par
H. Bocqüillox-Limocsin. Vademecum portatif, de 320 p., très
bien édité, facile à consulter. (Paris, chez .L-B. Baillière et fils.)
Il s'agit d’ailleurs de la 18' édition ; ce n’est donc plus un
nouveau-né, mais au contraire un ancien, dont nous ne pou¬
vons que faire ressortir le caractère nouveau. En effet, le for¬
mulaire de 1906 est naturellement modernisé. Nous trouvons
de nombreuses et importantes additions dont voici les prin-
550
LE PROGRÈS MÉDICAL
cipales : Acide formique, almaténia, alypine, arhovine, ben-
zoilperoxyde, bi'oméine, calométol, carbovis, ceyssalile, eau de
mer éleclrolysée, ektogan, formlates, gentiopicrinc, hermitine.
hippiofhopogan, ibogaïne, iodate de soude, iothion, iridine, iso-
forme,lentin, marétine, niélhylrodinc,morus alba,musculosine,
najtalan, ncurodine, oliueol. perborates, périplocine, pétrosiilfo-
purgène, quinobromine. qulnoforme, quinoléine, salifsanthénse,
scopolamine, fénoforme, sodium {glycncholate de), lannome,
théoéine, vasenol, zimplièiie.
X oublions pas la préface d’un éminent et fidèle parrain ;
M. Huchard.
IV. — Leçon d’ouverture du cours de thérapeutique de la Fa¬
culté de médecine de Paris ; par M. Albert RoniN, professeur
de clinique thérapeutique à celte faculté. (1 brochure de S2p.,cbez
Octave Doin, 1906.)
Cette leçon d’ouverture d’une chaire spécialement créée
pour M. Albert Robin est d’une belle envergure. Laissons
la parole au nouveau professeur, pour présenter lui-même
le bienfaiteur auquel est due cette fondation :
« En prenant possession de la Chaire de clinique thérapeu-
« tique à la Faculté de Médecine, mon premier devoir elle
« plus haut est de remercier, au nom de l’Université de Paris
« le fondateur de la chaire, M. le duc de Loubat, qui en con-
« çut le projet et en fit les frais. M. le duc de Loubat n’en est
« pas à sa première générosité. Permeltez-moi de rappeler
Cl qu'il a déjà doté une Université des Etats-Unis, créé des
" prix à Berlin, à Stockholm et à l’Institut de France, fondé
Il des chaires en Allemagne et au Collège de France, et sub
« ventionné largement l’Ecole française d’Athènes pour
« qu’elle pût entreprendre et continuer, sous la direction de
ce M. Ilomolle, puis de M. Ilolleaux, les fouilles de l’Ile de
CI Délos. qui ont mis au jour d’incomparables trésors d’art.
« lime pardonnera de vous dire qu’il n’est pas seulement
(• un Mécène très riche, consacrant sa forttme à des œuvres
« de haute instruction, mais aussi et surtout un homme de
CI science, à qui l’on doit la plus remarquable étude qui ait
K été publiée sur la numismatique des Etats-Unis, et qu’il est
« l’un des créateurs d’une science nouvelle, l’Américanisme
« pré-colombien, ayant pour but de reconstituer l’histoire
Il des antiques civilisations du Nouveau-Monde. L’Académie
Cl des Inscriptions a reconnu la valeur de ces travaux en
« nommant M. le duc de Loubat correspondant à titre étran-
II ger. »
Puis c’est le défdé des silhouettes des Maîtres qui tracèrent
la voie du futur maître : Paul Thénard, Henri Bouley, Bé-
hier, Hardy, Gosselin, Germain Sée, Gubler, pour ne citer que
les morts ; Bouchard, Jaccoud, Armand Gautier, parmi les
vivants. Chacune de ces grandes ligures est esquissée par
des traits qui les viviQent synthétiquement.
Après ce tribu d’hommage, M. Albert Robin définit la thé¬
rapeutique, met en garde contre la « scepticisme décevant »,
qu’il ne faut pas confondre avec le doute philosophique. Mais
il eût fallu entendre cette belle leçon d’ouverture, que le
maître termine en montrant la supériorité d’une thérapeuti¬
que en apparence « terre à terre » mais pratique, sur la
Cl haute philosophie thérapeutique, » et les « grandes envo¬
lées » de l’esprit vers les sommets.
V. — Les congestions hépatiques chroniques des pays chauds,
leur traitement à Vichy ; par Ir 1)' Soi.L.vt:D. (Tirage à part du
Centre médical, chezJouvet, Imprimeur à Riom, 1906).
Dans cette brochure in-4, de 85 page.s, l’auteur, ancien
médecin principal de la marine, étudie cette maladie qu’il
connaît lûen et qu’il range sous •'! formes; la forme commune,
la forme pulustrc, la forme dysentérique.
La médication la plus puissante est la cure hydrominérale
et celle de Vichy en particulier. Voici, au reste, les conclu¬
sions de l’auteur :
■I En résumé, l’action thérapeutique delà médication hy-
II drominérale de Vichy, en cas de congestion hépatique
Il chronique des pays chauds, se traduit par des effets cura-
<1 tifs qui sont, les uns immédiats et les autres médiats.»
Il Des effets immédiats, les uns se manifestent souvent dès
< le début ou au milieu de la cure et consistent, en une di-
<1 minution d’abord et en une disparition plus ou moins com-
« plèle ensuite de tous les troubles gastro-intestinaux con
Il comitants. Les autres, un peu plus tardifs, surviennent
Il commencement ou à la fin de la saison et consistent e"
Il une régularisation de toutes les fonctions de la nutrition
Il et en un remontement général de tout l'organisme, comme
Il en font foi lesanalyses d’urine et l’augmentation du poids
Il du corps. »
Il Les effets méiliats, sous la dépendance de l’action réso-
11 lulive locale, sont plus ou moins tardifs, suivant la gravité
Il et l'ancienneté de la lésion et se traduisent, en fin de comp-
II te, par une régression insensible du volume du foie et
Il après un temps variable, par un retour définitif de l'organe
Il à ses dimensions normales.
Il On peut évidemment regretter que cette décongestion
Il hépati(|uene soit pas plus rapide, mais sans parler des ré-
11 sultats immédiats de la cure, déjà si remarquables, ilne
Il faut pas oublier qu’aucune antre médication, si énergique
Il soit-elle, ne saurait agir mieux, plus activement ou plus
Il vite.
Il Aussi, croyons-nous ne pouvoir mieux conclure qu’en
Il citant les paroles qui suivent, prononcées dans une remar-
iiquable leçon orale sur l’action thérapeutique des eaux de
Il Vichy par l’éminent professeur Landouzy:
l'Quand un malade, atteint de congestion hépatique chroni-
II que vient àVichy pour y faire une saison, le résultat qu’il
Il souhaite et celui que doit désirer le médecin traitant est
«moins, au moment du départ ou peu après le départ, unre-
Il trait de quelques centimètres du côté du diamètre vertical
Il du foie, qu’un remontement général de tout l’organisme.
Il une véritable épuration du plasma sanguin, la disparition
Il des troubles dyspeptiques, et surtout la disparition de la
« menace de congestion du côté de la rate, du côté des reins.
Il des poumons et du cœur. »
VI. — La cure de déchloruration dans le Mal de Brightet dans
quelques maladies hydropigènes ; par le D' Fern.inii Widai,
professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris, médecin de
l'hôpital Cochin.et le D'Adolphe .I.avai., lauréat de rAcadétnie,
1 vol. in-16 de 96 pages, cart.: 1 fr. 50 Librairie .I.-R. Baillièreel
fils, 19. rue Ilautefeuille, Paris )
Dans cette Actualité médicale, le D' Widai., professeur
agrégé à la Faculté de médecine de Paris, expose les princi¬
pes et les applications de la cure de déchloruration dont il
a été le promoteur, il y a quelques années. Cette méthode
diététique qui a pour base la restriction des chlorures ali¬
mentaires, a été rapidement mise à l’épreuve et est aujour¬
d’hui d’une application courante.
En dehors du Mal de Bright, les régimes hypochlorurésont
trouvé leur application dans les canliopathles, les asciles.
les phlébites, les dermatites suintantes.
M. Widai expose d’une façon saisissante les résultats que
l’on peut obtenir du régime déchloruré.
La pratique delà cure de déchloruration exige des noim»®
préalables sur les besoins de l’organisme en sel, sur
libre chloré et les rapports entre la chloruration et 1
talion, sur l'imperméabilité rénale relative pour les
sur la nature des accidents relevant de la rétention c
ruréeet sur les caractères qui lesdislinguent de ceux O"® .
s en cas de rétention azotee. M. Widai a donc
r étudier chacune de ces questions avec le.-i développe®
qu’elle comporte. i-onet
Puis il passe à la pratique de la cure de
termine son intéressante monographie par une étude
lée de la composition des régimes déchlorurés.
VII.— L'action diastasique dans les fermentations indus*^^^
par Emile Diederich. licencie és sciences. (1 vol. in-»,«‘ n^ .pris:
avec 12 figures, chez Roussel, 1 , rue Casimir-Dclavigne, i
4 fr.)
Ce traité de « Chimie Pastorienne » rend comp^®
grès les plus récents obtenusjusqu’ici dans une des
les plus importantes de la biologie appliquée à 1 ' panJ®
Ci^me l’auteur le fait remarquer dans sa .g trad®®
extOTsion et le caractère trop spécial d’importan
comme ceux de Duclaux, de .lorgensen.. etc. eiup'*'*"
pas à ceux qui voudraient abandonner les procédé
LE PROGRÈS MÉDICAL
551
en dirigeant leur travail suivantles principes directeurs
^lathéorie pastorienne, de puiser dans ces vastes docu¬
ments les éléments de chimie biologique utiles à la simple
^préhension des faits ; aussi le traité de M. Diederich, en
ÎJrtantremède à cet inconvénient, serat-il le bienvenu au-
»^sdu inonde industriel et des étudiants.
Sans trop de commentaire^, on trouvera exposés dans ce
tolumeles points essentiels de la théorie microbienne dans
ses rapports avec les diverses actions diastasiques que l'on
est appelé à rencontrer dans toutes fermentations : iju’il s’a-
eisse de fabrication de la levure, de la bière, du vin, de l’al-
eaol, du vinaigre, soit même de panification, ou encore de
Knnentation putride des conserves alimentaires.
De cette théorie ainsi généralisée, dont chaque industrie
a'eslplus qu'un cas particulier, il résulte l’avantage pour le
lecteur de reconnaître les relations de similitude qui iinis-
sentles diverses fermentations, de pouvoir dégager les cau¬
ses génératrices des phénomènes, et, partant de pénétrer
les secrets des ouvriers mystérieux et infiniment petits, aux¬
quels se rattache une chimie complexe et capricieuse restée
trop longtemps inconnue.
Les trois chapitres de la h' partie, correspondent au déve-
Tfloppemer.t des trois idées suivantes :
— Les fermentalions sont dues aux diastascs.
— Les diastases de fermentation, sont sécrétées par les micro-
besdans leursacte vital.
— Quelles relations existe-t-il entre la sécrétion diastasique
etl’acte vital, d'où résultent les fermentations ?
Dans la 2« partie, l’auteur étudie : la chimie des corps fer-
Bentescibles (sucres, amidons, etc.), la chimie des réactions
üastasiques ; la chimie des produits résultant de la disloca¬
tion des corps fermentescibles .
Les deux dernières parties, plus importantes encore, étu¬
dient les fermentalions que l'on rencontre dans le domaine
industriel en s’appuyant sur les éléments théoriques précé¬
dents.
VIII. — Le vieillissement artificiel des vins et spiritueux ; par
Malvszis.(1 broc.in-8, 92 pafrps,chez Itousset, 1 rue Casimir-Dc-
bvigne, Paris, 1906 ; prLx, 1 fr. 50.;
Cette brochure forme le n» 5 de la collection.
“ Les actualités chimiques et bioloqiques, » par le professeur
^zi-Escot, et a pour auteur, le directeur de la Revue
^wphile. On y trouve les procédés de vieillissement ar-
■“del. dus aux théories pastoriennes. Ce petit travail est
®Posé en style clair, et les figures qui s'y trouvent le ren¬
dent encore plus explicite.
' Précis de chimie physique ; par M. Pozzi Escot, professeur
« chimie à l’Ecole nationale d'agriculture et de médecine véléri-
jure de Lima (Pérou) (1 vol. in-S', relié, chez Housset, 1, rue Ca-
'‘'mir-Delavigne, 1906.)
^Ce volume, très bien présenté, fait suite, pour ainsi dire, au
Physico-chimie, du même auteur. On y découvre 17
dont voici les litres : Chapiire I ; Etude chimique
— Chapitre II : Systèm e des poids atomiques ;
Ij. , “set formules chimiques. — Clnpitre III : Elude de
— Chapitre IV : C'assificalion des éléments.
pi( : Propriétés générales de l'état liquide. — Cha-
yi- Lois générales des phénomènes de dissolution,
de solidification. — Chapitre Vil ; Propriétés
praij de dissolutions. —Chapitre VIII : Déterminations
des poids moléculaires. — Chapitre IX : Propriétés
cojjp?.®. de l’état solide. - ■ Chapitre X : Influence de la
«Ofpg ®d'on et de la constitution sur les propriétés des
d ®|®‘'®°"Chimie et tantoniraie. — Chapitre XI : Rela-
Bènesth* chimie avec la lumière. — Chapiire XII ; Phéno-
Biqje hcrmo-chimiqiies. — Chapitre XIII: Mécaniquechi-
Chapitre XIV : Vues modernes sur les propriétés
~ Chapitre XV : Lois fondamentales de l’é-
■Siqjgg — Chapitre XVI : .Vpplications électro-chi-
**«8 ioiij" Chapitre XVII : Les applications de la théorie
®ont donc, variés et présentent de l’intérêt pour
tïle_ ^ le médecin qui s'inlétessent à la chimie médi-
X. — Physiologie und Pathologie des Nlinéralstoffwechsels ;
I)ar les D” Albeut Albu et Caul XauBEnG, privatdocents. (l'n
vol. relié, in-4* de 2:t0 p. avec nombreux tableaux. Chez.lulius
Springer, à Berlin, 1906).
Cet ouvrage sur la physiologie et la pathologie des échan¬
ges nutritifs minéraux dénote un travail considérable sur
cette question méconnue pendant si longtemps, malgré les
recherches déjà lointaines de Liebig et autres : du rôle des
sels minéraux dans la nutrition.
II y a douze chapitres dont le titre soulignera la valeur.
Chap. 2, contenu du corps hwmm en eau et en matières miné¬
rales: chap. Il, contenu des sécrétas et excrétas ensels minéraux ;
chap. 4 : dynamique de l'action des sels ; chap. 5 : action phy¬
sico-chimique des sels. Chap. 6,7, 8, 9 et 10 : rôle nutritif de la
chaux, du maynesium, du phosphore, du soufre, du fer, du chlo¬
rure de sodiitm. Lhap. Il : des éléments rares et en petite quan¬
tité (iode, orsemc, etc.]. Chapitre 1? : méthode et critique de
l'analyse des cendres.
Il y a neuf tableaux synoptiques, sur : 1» et 2“ le contenu
minéral des aliments véyétaux et animaux ; 3» — 9”, le contenu
des aliments les plus importants enehaux, potasse, soude, chlore,
phosphore, fer; la composition minérale des sources et bains ther¬
maux.
En résumé, nous sommes en présence d’un beau travail de
laboratoire, qui apporte un jour nouveau sur le rôle nutri¬
tif, si important, et pourtant si peu connu jusqu’ici des ali¬
ments minéraux.
LA VALEROBROMINE LEGRAND
est plus active que les bromures et les valé-
rianates.
BIBLIOGRAPHIE
Le charbon comme véhicule de la créosote ; par M. le
D’’ Bouchet. (Communication à la société des Sc. méd. de
Poitiers : Poitou médical, L'' juillet 1016.)
Après avoir critiqué les divers autres modes d’administra¬
tion de la créosote, ycompris la forme capsulaire, qui expo¬
sent à des accidents ü’intolérance, M. Bouchet raconte qu’il
l)ut, une fois, remplacer avec avantage les capsules par des
cachets de charbon créosoté. Il conseille de généraliser cette
méthode dans laquelle on fait absorber la créosote par le dou¬
ble de son poids de charbon médicinal pulvérulent, l ne fois
sec. ce charbon créosoté est divisé en cachets que les malades
tolèrent parfaitement.
ün administre la créosote par différentes voies : stomacale,
rectale, bronchique, dermique, hypodermique. La voie sto¬
macale va seule ici nous occuper. Pour être introduite par
voie stomacale, la créosote est mise sous deux formes phar¬
maceutiques : l’une liquide, l'autre solide. Dans la forme
liquide,la créosote est diluée dans un li(iuide approprié : huile
d'olive créosotée, huile de foie de morue créosotée, émulsion
créosotée, vin créosoté, solution hydro-alcoolique créosotée.
Les formes solides sont restreintes : forme pilulaire avec, gé¬
néralement, le savon comme excipient, forme perle ou cap¬
sule, c'est-à-dire créosote nature ou mélangée incluse dans
une enveloppe gélatineuse. V ces deux formes on peut en
adjoindre une troisième : la forme cachet,dont je vais entrete¬
nir la société.
La forme perle ou capsule, à part sa difficulté à la dégluti-
tition pour certains sujets, est la plus usitée ; avec elle, le
malade n’a pas à souffrir de l’odeur du produit et les papilles
de la langue ne sont nullement mal impressionnées. Celte
forme est critiquable. Si elle présente de sérieux avantages,
elle présente aussi de sérieux inconvénients. S’il arrive que
l’enveloppe de gélatine laisse échapper la créosote au sein de
la masse contenue dans l'estomac, tout est bien, car immédia¬
tement il y a dilution du médicament. Mais, si la capsule se
trouve dans l’estomac en contact direct avec la muqueuse au
moment où la gélatine, suffisamment molle ou digérée.
552
LE PROGRÈS MÉDICAL
déverse son contenij, tout est mal. Il est superflu de dire que
la muqueuse subit une certaine causticité qui peut s'étendre
de proche en proche par imbibition cellulaire et intéresser
aussi une plaque épithélique plus ou moins grande. Ce phé¬
nomène pouvant se renouveler plusieurs fois chez le même
sujet, on conçoit parfaitement que ce dernier puisse vite arri¬
ver à la saturation et partant à l’intolérance de la créosote.
En vertu du phénomène idiosyncrasique, le degré de satu¬
ration n’est pas le même pour tous les sujets, il est soumis
aux aptitudes de tolérance de la muqueuse. Cette tolérance,
d’après certains auteurs, est en rapport avec le pouvoir absor¬
bant de la peau. A priori, il doit en être ainsi puisque les
muqueuses, tissu de revêtement externe, sont de même pro¬
venance embryologique et dérivent du feuillet ectodermique.
Lne malade ayant une aversion prononcée pour les prépa-
tions liquides créosotées tisait, depuis un certain temps, de
capsules à la créosote. L’intolérance arriva. Le médecin fit
cesser les capsules sans cependant renoncer à la médication
créosotée qui a\ait donné un résultat très appréciable. Il vint
me prier de trouver une forme pharmaceutique non liquide
pouvant remplacer les capsules dosées à 0.10 centigrammes
de créosote. Après réflexion je pensai au, charbon comme
véhicule. Par trituration, au mortier, je fis absorber à 2 gr.
de charbon oflicinal 1 gr. de créosote pure de hêtre. L'absorii-
tion fut complète au bout de peu de temps. La masse bien
pulvérulente fut mise en dix cachets moyens ditsn“ 1. Chaque
cachet contenait mathématiquement 0 gr. lOcentigr. de créo¬
sote. La malade prit •'« cachets par jour et, pendant longtemps,
avec parfaite tolérance pour la créosote ainsi présentée.
Vvantla mise en cachet, je laissai la masse à Pair libre envi¬
ron une 1/2 heure et je refis la pesée. En vertu de cet axio¬
me : le poids du composé est égal à la somme des poids des
composants, la masse aurait dù peser gr. puisque j’associais
2 gr. de charbon avec 1 gr. de créosote; pas du tout, le poids
était de 2 gr. .lOavec perte de 0 gr. ,j0 centigr. Cette perte de
poids peut être attribuée à deux causes ; 1“ l'air emprisonné
dans la masse pulvérulente et poreuse du charbon a été rem¬
placé par la créosote.
2“ La créosote, se trouvant divisée dans cette poussière de
charbon,' a présenté une surface d’évaporation plus grande,
il y a eu perte d’humidité et la créosote est devenue plus
concrète.
La dose de 10 centig. de créosote par cachet peut être medi-
liée au gré du médecin traitant ; il peut formuler des cachets
contenant h, 10, l."), 20 centig. de principe actif associés de
10, 20, 30, etc., de charbon, mais toujours mettre double dose
de charbon pour avoir une masse qui puisse conserver un
degré de pulvérulence compatible avec une bonne mise en
cachet. On peut généraliser cette méthode et associer le char¬
bon aux huiles esssntielles ou essences, aux teintures et faire
ainsi des cachets à l’essence de térébenthine, à l’essence de
santal, à l'essence d’anis ou de badiane, etc.
11 résulte de ce qui précède que le charbon est un excellent
véhicule de la créosote, qui se trouve ainsi div isée à l’infini
dans une poudre qui, outre son rôle d’intermédiaire, joue
dans l’estomac celui d’un absorbant de premier ordre et d’un
excellent désinfectant.
Ville d'Orléans : Bureau municipal d'hygiène. — Bulle¬
tin annuel, par le !)'■ Lk P.vge Viger, directeur du Bureau
d’hygiène, vice président de la Commission sanitaire de
l’Arrondissement d’Orléans {Année 1905). Orléans, impri¬
merie Gou, lyOB, 1 vol. gr. in-S” avec planches et cartes co¬
loriées.
C’est avec plaisir que nous recevons le premier et luxueux
exemplaire des travaux accomplis par le Bureau municipal
d’hygiène d'Orléans, créé par arrêté du 4 novembre 19U4. 11 a
commencé à fonctionner en janvier 190.â et a rendu, pour sa
première année, de signalés services à la population orléa-
naise. La Commission technique du bureau est confiée à des
hommes de valeur qui ne sont pas des inconnus i>our les lec¬
teurs du Progrès Médirai.
Le maire de la ville, .M. Courtois-Bossigiiot. en est le prési-
dent.Nous trouvons groupés autourde lui le D*^ Le Page \ iger,
vice-président et directeur du Bureau, les D ' Gefirier, Fau-
choy et Rocher ; Bissauge, vétérinaire ; Cochinal, pharmacicB
en chef des Hospices ; Noël, architecte, membre du ConseB
technique, plus les D''' Chevillot, Rousseau et HyvemaviiJ
faisant partie du personnel actif, sous la direction du D' Le
Page Niger.
Par sa situation privilégiée. Orléans est une ville d'avenir
et nous ne saurions trop féliciter les nombreux intéressés ap¬
pelés à assurer son développement et sa bonne administration
sanitaire.
Chaque jour, le Bureau d’hygiène a reçu les déclaration s des
maladies contagieuses faites, conformément à la loi, par les
médecins de la Mlle et ceux des Hôpitaux. Avis a été immé¬
diatement donné aux médecins attachés au Bureau des c,is
déclarés dans leur circonscription, ceux-ci se sont transporlés
au domicile de chaque malade et s’y sont assurés que tontes
les mesures d’isolement et de désinfection étaient rigoureuse¬
ment suivies.
Au début de l’année, le service de la désinfection delà ville
était commun à celui de l’Hôtel-Dieu, à partir du moistle
juin, il a été exécuté par un adjudicataire, à qui toutes les
conditions de rigueur ont été imposées avec un sérieux cabier
des charges.
La désinfection des logements se fait à l'aide d’appareils au¬
toclaves formogènes Trillat.
La désinfection à l’étuve est faite par un appareil Dehaitie,
à vapeur sous pression, dont le fonctionnement est parfait.
Ce service, exécuté très consciencieusement et placé sous la
surv eillance des médecins du Bureau d’hygiène, a donné tou¬
tes les satisfactions.
La désinfection a été, au cours de l’année, très régulièrement
faite pour toutes les maladies où elle est obligatoire. Par sa
situation, M. Le Page \ iger a pu en foire accepter un certain
nombre pour les maladies où elle est facultative. Presque tons
les décès par tuberculose ont été suivis de désinfection.
Un arrêté prélectoral avait chargé le Bureau d’ilygiène du
service de la vaccination. A partir de 190B, le service est deve¬
nu exclusivement municipal et attaché au Bureau d’hygiène.
L’établissement du casier sanitaire des immeubles est en voie
d'exécution.
L’application du règlement sanitaire est faite aussi scrupu¬
leusement que possible, tant dans les questions de salubrité
générale que pour les constructions nouvelles, l'évacuation
des eaux et la prophylaxie des maladies contagieuses.
Nous avons parcouru avec le plus grand intérêt les tableaux
et les nombreux graphiques et cartes en couleurs relatifs:!" a
la population, 2“ à la météorologie (températures extrem^,
pressions barométriques, vents, pluiesi ; 3‘> à la démograpniB
(mariages, divorces, décès, naissances ; 4“ à la répartitio*
par rues des naissances, décès et maladies contagieuses! , a
causes des décès par àgeet par sexe ; 6" maladies épidénH*10
et contagieuses (déclarations de ces maladies,
transport des conta^eux, décès par maladies contaçeuses^
Le nombre des désinfections en 1905 a été de 637.
transport des contagieux de leur domicile à f hôpital, us
effectués dans une voiture spéciale désinfectée 9 ^
transport et tenue dans un état complet de propreté, 'Jj
ports ont été effectués en 1^05.
Le chapitre consacré à la tuberculose nous fait
avec quel soin la ville d Orléans s'entoure de savants et de' ^
collaborateurs et ne refuse aucun sacrifice pour
le fléau. M. Le Page Viger rappelle que dans de
vaux de statistique médicale sur la ville d'Orléans, ^
la période de 1886 à 1897 il avait établi qu’avec une
annuelle globale de 1536 décès imort-nés comprisi, D
culose pulmonaire seule donnait lieu à une
décès, soit plus de 1 déci’S sur 10 et la tuberculose sou ^
ses formes (pulmonaire, cérébrale, péritonéale, osseuse,
une moyenne de 186 décès. . jgsài'
De 1895 0 1904, M.l,e Page a constaté la dinnnution
ct« ; il n’y en a plus en moyenne que 1474,3 ujtanls *
de la population orléaiiaise ait été porté «le 60.826 na^j^ljer'
67.311 habitants.En revanche, la moyenne riesdécèsP
culose s’est accrue dans des proportions assez consi upo-
Elle est de 1895 à 1904 de 167,;l par an pour la forme F
naire seule et de 209,4 pour toutes les formes réunies-
LE PROGRÈS MÉDICAL
553
H Le Page \ iger consacre un intéressant chapitre à la pro-
hïlaxie de la tuberculose dans le département du Loiret.En
L; la Société de médecine du Loiret a rallié tout le corps
j^’ical du département pour entreprendre dans sa sphère
i'actiônla lutte contre la tuberculose. Les efforts soutenus
ei bien coordonnés des médecins arrivaient au moyen de con¬
férences publiciues à grouper les premiers adhérents. Pen¬
dant ce temps, les travaux de ce Comité d'organisation abou¬
tissaient à la constitution légale delà Ligue contre la Tubercu¬
lose dans le Département du Loiret.
La campagne d'enseignement commença avec le con¬
cours du corps médical d'Orléans auxquels se joignirent les
médecins de Paris, Marfan, Le Gendre, Léon Petit, etc., qui
ont fait une série de conférences tant à Orléans, que dans les
communes du Département. De plus, la Ligue a lancé plus
de 15.000 brochures traitant de la tuberculose.
Le second objectif envisagé était de traiter les tuberculeux
nécessiteux du Loiret. La Ligue encouragée avec le patronage
des plus hautes notabilités du Département, a reçu l’appui
des ministères pour sa création et son développement. Re¬
connue d’utilité publique en 1900. elle recevait plus tard
100.000 fr. sur les fonds du pari mutuel. Sur un terrain donné
par M.de Saint-Paul dans la commune deChéry, la première
pierre d’un_ Sanatorium fut posée le 22 juillet 19(10. A la fin
de 1901, un premier pavillon était terminé et comprenait 20
lits. Le b janvier 1902, il recevait ses premiers malades, et de¬
puis îl a rendu d’inappréciables services. Depuis son ouver¬
ture au 1" janvier 1900, 93 tuberculeux, venus soit d’Orléans
ou du reste du département, 65 ont été admis, 44 en sont sor¬
tis après un séjour régulièrement fait. Le Sanatorium est en
principe un lieu de cure et non d’hospitalisation.
La Ligue a essayé d'organiser \' assistance antituberculeuse
jratuile a domicile ayant pour but: 1“ de lutter contre les
causes delà tuberculose ; 2° de s’opposer à sa contagion ; 3°
de favoriser sa guérison. Des dames visiteuses devaient s’ef¬
forcer par tous les moyens possibles de rendre salubres les lo¬
gements occupés par les tuberculeux, de recommander l’aé¬
ration des pièces, et si possible, l’isolement du malade ; pour
s’opposer à la contagion, elles instruisaient les familles pour
le nettoyage et la désinfection des linges, la destruction des
crachats. Pour favoriser la guérison, les dames visiteu.ses de¬
vaient veiller à la rigoureuse exécution des prescriptions mé¬
dicales. Malheureusement, cet essai est resté infructueux jus¬
qu’ici. Nous attendons mieux des femmes d'Orléans, pour une
®uvre comme celle-là où il s’agit non seulement de sauver
semblable, mais de combattre le mal qui menace vos en¬
fants etvous-mêmes. En aucun casoù il y a danger.ledévoue-
ment de la femme n'a fait défaut, (fu’un de vos excellents
médecins conférenciers vous réunisse un soir, qu’jl fasse ap-
P«1 à votre cœur, pas une de ses auditrices ne quittera la salle
s être enrôlée dans les bataillons de la solidarité.
L’Assistance médicale gratuite, qui fonctionne très réguliè-
fcment à Orléans depuis 1391, coopère également à la lutte
•^ntre la tuberculose. L n avantage tout particulier est pro¬
pre par le service de l'Assistance aux jeunes tuberculeux.
lits sont fondés pour eux aux hôi)itaux d’Ormesson et
“^'illiers ; les jeunes filles sont reçues à l’tlôpital de Ville-
Pmie. Ceux qui peuvent voyager sont envoyés chaque année
frais de la \ ille à BercL-sur-Mer, Saint-Trojan ou Pem-
'Pn. Lne vingtaine y sont envoyés chaque saison.
-«• Le Page clôt le chapitre de la tuberculose en faisant une
®*cription très détaillée des œuvres qui existent en ce mo-
j Orléans et dont la situation prospère s'accroît cliaquc
“v : Nous citerons le Coin ne terre et le foyer, société d'habi-
•ons ouvrières à bon marché; L'Œuvre des jardinsouvriers ;
local des hanitations ouvrières : L'œu\Te des h'our-
j’g économiques d’Orléans ; Les Sociétés de consommation.
'leanaiic, la Huche Orlénnaise ; La Mutualité ; il existe à
. eato26 sociétés de secours mutuels qui groupent sous leurs
5i ^’^'^res 8ü()0 adhérents. Ceux-ci ne réclament rien de P \s-
^«nce médicale contre la tuberculose contre laquelle eux-
sont armés; IL inspection sanitaire des viandes et des
“ffwe'ùmrcs, etc... Tous ces groupements rayonnent
^Jourd’hui autour du Bureau municipal d’hygiène qui en
® couronnement. Grand en a été le succès ; mais comme
le dit M. Le PageMger, il reste encore à faire et termine son
excellent travail en rappelant : 1“ que dans la famille il y a
lieu de faire la stérilisation de la tuberculose parla destruc¬
tion des crachats ; l’isolement du malade, la désinfection to¬
tale de tous les objets tuberculosés. C’est le devoirde l’Âssis-
tanceà domicile ; c’est le but d'un dispensaire antüubercu-
leu.r: 2° 11 serait nécessaire de créer un hôpital spécial de tu-
bereuleux, leur présence dans les hôpitaux ordinaires consti¬
tue pour les autres malades un danger permanent de conta¬
mination ; 3" La constitution à Orléans d’une Goutte de lait .
M. Le Page réclame encore la déclaration obligatoire de la tu¬
berculose au même titre que celle de toutes les autres mala¬
dies contagieuses. « La lutte contre l’alcoolisme, lelogément
insalubre, la stérilisation des locaux contaminés formentune
trilogie dont on ne saurait se départir ; en y joignant la dé¬
claration obligatoire, on rendra plus facile la défense sociale
contre ce péril qui devient de jour en jour plus menaçant,
mais dont les efforts comljinés de tousviendrontà bout, dans
un avenir plus ou moins éloigné, c’est mon plus ferme es¬
poir. >’
C’est aussi celui de la population tout entière. Les Bulle¬
tins du Bureau d’hygiène d'Orléans, rédigés avec le plus
grand soin,nous promettent pour le département du Loiret et
la Mlle d’Orléans les meilleurs résultats. Ces publications
sont précieuses et leur but devient chaque jour incontestable.
Joints et comparés à ceux des \ illes qui possèdent un Bureau
d’hygiène, elles entretiennent entre toutes les grandes villes
de France une mine de renseignements indispensables et une
sourcede rivalité et d émulation pour l’amélioration de notre
hygiène et la conservation de nos existences. Nous attendons
avec impatience l’apparition du Bulletin à la fin de cette an¬
née. Nous aurons à nouveau l’occasion de féliciter son excel¬
lent rédacteur M. le D" Le ï^age Viger ainsique les médecins
et la Municipalité d'Orléans ({ui ont toujours assuré au Bureau
Municipal d’hygiène leur concours le plus dévoué.
Albin Roüssecet.
.TüRISPRUDEXCE MÉDICALE
IVJédicament remis sans ordonnance par un pharma¬
cien. — Exercice illégal de la médecine et homicide
par imprudence. — Jugement du Tribunal civil du
Puy du 1 8 décembre 1 905.
' « Le J'ribunal : Attendu que, suivant exploit de Maillard,
huissier à Paris, en date du 29 juin 1905, G..,, pharmacien, a
fait assigner la Compagnie d'assurances La Providence, aux
fins de s'entendre condamner, par application de la police
d'assurances intervenue entre eux le 20 juin 1899, à payer
audit G,.. : 1“ la somme de 10,000 francs, à raison des faits
qui ont donne lieu aux actions formées ; 2" les intérêts, à
partir du 2; février 1902 ou à telle date qui sera fixée par le
Tribunal ; 3° en tous les dépens ;
<1 Vttendu que la Compagnie La Providence allègue que,
dans l’espèce, il ne s’agit pas d'une substitution d’un médi¬
cament à un autre qui aurait été délivré en vertu d’une
ordonnance d’un médecin, mais qu'il s'agit d'une délivrance
d’un médicament sans ordonnance, médicament qui n’aurait
pas dù être remis sans cette ordonnance ; que ce fait constitue
de la part du pharmacien un acte d’exercice illégal de la
médecine, qui a augmenté les risques prévus lors de l'assu¬
rance et que, dès lors, ce fait doit rester complètement à la
charge de G.,., par suite de la déchéance encourue par lui :
la Compagnie n'ayant entendu garantir que contre les risques
courus par l'assuré dans l’exercice régulier de sa profession
et non contre ceux courus dans l'accomplissement d’actes
illicites ;
.< Attendu, il est vrai, que, par jugement du Tribunal cor¬
rectionnel du Puy, en date du 15 décembre 19Ü2, conlinnéen
appel, C,., a été condamné à 5Ü0 francs d’amende pour avoir
contrevenu à l’article ;il de la loi du germinal an \l, en déli¬
vrant, sans ordonnance du médecin, un médicament com¬
posé, non prévu au codex ;
« Mais attendu (jue, par le même jugcmenl, C,,. a été, en
LE PROGRÈS MÉDICAL
outre, coudamné à un mois d’empiis«nnement, avec sursis,
pour avoir, par maladresse, imprudence, inattention, négli¬
gence ou inobservation des règlements, commis un liomicide
involontaire sur la personne de Louis Garmin ;
« Or, attendu qu’il appert des documents de la cause, que,
le 30 décembre 1901, Garmin père s’est présenté à la pharma¬
cie C..., a fait connaître au titulaire qu’il souffrait de crampes
à l'estomac, et C... lui a alorsprescrit de la clocidia, lui en a
délivré un flacon, ou du moins a voulu lui en livrer un fla¬
con, mais il a commis une erreur et lui a a remis un liquide
caustique et corrosif :
'< Attendu, sans doute, que la délivrance dont s’agit a été
faite sans ordonnance du médecin; (ju’en prescrivant delà
clocidia, C... a commis un acte d’exercice illégal de la méde¬
cine et aurait peut-être encouru la déchéance, qui lui est
aujourd’hui opposée par la Compagnie, si, en se substituant
à un médecin, C... avait ainsi délivré un médicament nuisi¬
ble et malfaisant, bien qu'il eût été bien préparé :
« Mais attendu qu’il a été établi que la clocidia, telle que
G. .. voulait la remettre à Garmin, est une préparation inof¬
fensive; que, si Garmin l’avait absorbée dans les conditions
indiquées par le pharmacien, il n’eùt certainement éprouvé
aucun malaise et l’accident survenu dans la nuit du 30 au
31 décembre 190! eût été évité; qu’il a été également établi
que cet accident est dû à une erreur commise par G... qui,
au lieu de délivrer un flacon contenant delà clocidia, a remis
à Garmin père un flacon renfermant le liquide caustique et
corrosif dont il est plus haut question ; que, dès lors, l’erreur
commise par G..., pharmacien, est une erreur pharmaceu¬
tique, en prévision de laquelle le contrat d’assurance du
20 juin 1899 a été consenti et accepté, et dont les conséquen¬
ces doivent être, jusqu’à due concurrence, garantie par la
Gompagnie La Providence :
<■ Attendu, en effet, qu'aux termes de l’assurance, il est dit
textuellement : « La Gompagnie garantit l'assuré contre la
« responsabilité civile qui peut lui incomber en cas d’acci-
« dents causés aux personnes par suite d’erreurs pharmaceu-
« tiques de son fait, ou du fait de ses aides ; » que les termes
employés, « erreurs pharmaceutiques,» sont généraux, ne con¬
tiennent aucune restriction et comprennent donc toutes les
erreurs que le pharmacien peut involontairement commettre
dans l’exercice régulier ou irrégulier de sa profession ;
« (lue, de plus, la Compagnie n’ignore pas que les pharma¬
ciens délivrent journellement des médicaments sans ordon¬
nance ; que c’est là un usage constant et connu de tous ; que
cela étant, on peut dire et aflirmer que, dans des calculs
pour déterminer le quantum des primes à payer par les
assurés, la Gompagnie a tenu compte de cet usage et que tous
les risques ont donc été prévus, contrairement à ce que sou¬
tient aujourd’hui La Providence ;
«()u'au surplus, si cette dernière avait voulu ne garantir
le pharmacien que contre les risques courus par lui dans
l'exercice régulier de sa profession, elle aurait ilù l insérer
dans ses polices ; elle aurait dû imiter en cela 1 exemple de la
Gompagnie La Société Cénérate, qui garantit l’assuré « contre
« la responsabilité civile qui peut lui incomber, parle fait des
« accidents ou de la mort dont pourraient être victimes les
« personnes auxquelles auraient été administrés des médica-
« menls délivrés sur ordonnance du médecin » ;
« (^u'en réalité. G..- était primitivement assuré à ladite
Société Générale, mais qu’il a résilié soncontrat dans la crainte
de n’ètre pas assuré contre les risques courus par lui dans la
délivrance de remèdes sans ordonnance ; que celle crainte
pouvait être fondée alors, sachant que dans les conditions
relatives à la dépréciation de la pharmacie, ladite Société gé-
néra'e couvre le dommage matériel, même en cas où il n’y
aurait pas eu d’ordonnance ;
« Que G. . s'est alors adressé à La Providence, a contracté
avec elle l'assurance dont s agit et l’a contractée dans la per¬
suasion que toutes les erreurs pharmaceutiques quelles
«lu clles fussent, commises dans l’exercice régulier ou irrégu¬
lier de sa profession de pharmacien étaient garanties ;
<( Attendu que cette persuasion, le Tribunal la partage ;
que. dans ces conditions, la demande de G... doit être ac¬
cueillie ;
« Par ces motifs: Déclare G... bien fondé en sa demande-
en conséquence, condamne la Gompagnie d’assurances La
Providence à faire paiement audit G... de la somme de 10,000
francs, avec intérêts du '29 juin 1905, date de la demande
régulière ; condamne, enfin, ladite Gompagnie La Providence
en tous les dépens. » (Extrait du Droit médical.)
Saison thermale et faveurs.
La Société des eaux de Chatel-Guyon nous prie de rappe¬
ler à tous les intéressés qu'elle accorde des tarifs de faveur
en septembre aux instituteurs primaires, au clergé et aux
associations religieuses ; aux membres de l'armée et de la
marine et aux fonctionnaires et coloniaux ; — et qu'en octo¬
bre, tous les tarifs sont réduits de 50 % pour tous les bai¬
gneurs indistinctement.
VARIA
Hygiène alimentaire.
Les falsifications d’aliments : Le pain et la bière.
A propos de la discussion sur le repos hebdomadaire, le
secrétaire de la fédération des ouvriers boulangers a indiqué
dans la Voi.x du Peuple un certain nombre de falsifications
dont les boulangers se rendraient coupables :
Des patrons boulangers, écrit-il, ajoutent ou font ajoutera
la pâte tantôt de Valun, qui lui fait absorber une plus grande
quantité d'eau et qui leur permet de masquer les défauts des
farines détériorées, tantôt du carbonate de magnésie, dans le
même but, sans se soucier de l’action nuisible que ces subs¬
tances exercent sur le corps humain.
Pour conserver le pain à l’état frais, d’autres patrons bou¬
langers ajoutent à la pâte du sulfate de zinc, qu'ils appellent
couperose blanche ; d’autres encore, pour économiser la levure
et faire avec des farines altérées du pain ayant faspect du
pain fabriqué avec de bonnes farines, n’hésitent pas à verser
dans la pâte soit du sulfate de cuivre, qu’ils appellent coupe¬
rose bleue, soit du carbonate d’ammoniaque.
Toutes ces substances peuvent être découvertes dans le
pain à l’aide de différents procédés chimiques.
Le pain peut également se trouver mêlé de plomb, soit que
le pain soit fabriqué avec de la farine faite avec des meules
dont les éveillures ont été bouchées en y coulant du plomb
tondu, soit qu’on chauffe le four avec des bois de démolition,
peints à la cériise.
Le docteur Galmels a observé, dans une commune du
Tarn, une épidémie d’intoxication saturnine qui se déclara
dans la clientèle d'un patron boulanger, et atteignit 50 habi¬
tants sur 150, dont un mourut.
La farine et le pain de ce boulanger furent analysés P®*'
professeur Filhol, de Toulouse, qui y constata la présence du
plomb. _ .
\ Paris, le docteur Duchamp avait observé une épidémie
d'intoxication saturnine dans la clientèle d’un patron boulan¬
ger qui faisait cliauffer son four avec du vieux bois de démo¬
lition peint à la céruse.
Les. consommateurs peuvent constater, par ces quelques
renseignements rigoureusement exacts, qu'ils nontriena
envier aux consommateurs de Ghicago. .
Bien entendu, les patrons boulangers protestent. ^
remarquer que, pour ce qui est des bois de chauffage, ds n
peuvent se servirdes bois de démolition.
Une ordonnance de iiolice en date du 15 septembre lo‘0
complétée par celle du 24 novembre 1(S98, interdit d’ailleu
formellement, pou rie chauffage des fours de boulangerie
de pâtisserie, de faire usage de hois provenant de dûmohh
(peints ou non peints) ou de bois ayant subi des préparation-
chimiques quelconques. Le bois neuf doit seul être emprnî
Passons maintenant aux boissons; nous sommes
longues années édifiés sur la pureté des vins que nous
vons,par le laboratoire municipal ; le lait ne leur cède en
et de récentes campagnes organisées par ceux qui ont _
de la protection des enfants ne nous permettent plus de
LE PROGRÈS MÉDICAL
E55
Restait la bière. Le Cri de Pa7-is, nous enlève notre der¬
rière illusion ; trop souvent encore, avec elle, nous sommes
«npoisonnés :
„ Qu’y a-t-il dans la bière ? écrit le Cri de Paris, théorique-
rjent, du houblon et des malts, c'est-à-dire des orges ger-
mées. Dans la pratique, l'amertume de la bière est due, le
plus souvent, à toute autre chose qu’à du lioublon. La
preuve ? Conduisons le lecteur à Saint-Denis. Vrrètons nous
avec lui au numéro 377 de l’avenue de Paris. Là. se trouvent
les bâtiments de l’usine de produits chimiques de la Phar¬
macie centrale de France. Pour visiter la fabrique, nous
montrons patte blanclie. Or, notre cicérone, après nous avoir
promené à travers les laboratoires, nous Introduit dans un
appentis isolé, où travaille, environné d’un décor d’alchimie,
un homme amaigri, au visage creusé de rides, jaune et éma
cié, véritable apparition d’outre-tombe. On nous explique
que cet ouvrier est celui (jui extrait la strychnine des noix vo¬
miques, petits disques plats, gris-souris, soyeux, ressemblant
a des boutons d’habit, et «pii nous arrivent de Coromandel et
de Ceylan.
Par centaines de kilogrammes, annuellement, cet être voué
àlamort lente produit l’alcaloïde le plus redoutable connu.
Lncristal suffirait à tuer une famille. La médecine ne l'utilise
qu'à doses infinitésimales. Une ([uestion nous monte aux
lèvres ; Que fait on de toute la strychnine retirée des énor¬
mes quantités de noix vomiques que vous traitez ici ? Les
brasseurs anglais achètent la plus grande partie de notre
production pour fabritiuer Yale. Vous savez combien la
strychnine est amère. Elle remplace en partie , dans la bière,
le houblon. Et il en faut très peu pour suppléer à beaucoup
de matière première.
Reste à savoir s’il se trouve des brasseurs français pour imi¬
ter leurs confrères d’Outre- -Manche. Sans doute. Le gros pa¬
quet de la strychnine passe le détroit. Quant au reste, il de¬
meure en France. En achète qui veut, à condition que ce soit
par kilogramme. Car une chinoiserie inconcevable de la loi
n'entoure d’inextricables formalités que la.délivrance des pe¬
tites quantités destinées aux usages thérapeutiques. La stry¬
chnine du bon bock, aux terrasses des boulevards, galvanise
la moelle épinière du vieux marcheur, aguiché tout à coup
par un frou-frou de so'e. peo.u au passage de quelque mol¬
let fripon. A quelque chose, strychnine est bonne ».
Wédecine, hygiène alimentaire et hiérarchie militaire, j
La discipline est la première qualité des armées. C’est ce
ine l’on apprend au soldat et nous n’y saurions contredire.
La discipline nécessite la hiérarchie.Tout le monde à peu près
estd’accord sur ce point. Mais dans un pays (jui, sur tous ses
monuments porte : Liberté, Er/alité, Fraternité, les privilèges
de la hiérarchie devraient se borner exactement aux exigen-
du bon fonctionnement des services et de la discipline,
ycs privilèges, lorsqu’ils s’étendent jusqu'au réfectoire et
Wsqu’a l’hôpital, forment un contraste un peu choquant
®'ec les idées modernes. .Avec son ironie habituelle, dont il
Wrait avoir hérité île Voltaire, .M. 11. llarduin relève dans le
les faits suivants, qui prouvent combien notre bureau-
^tie militaire est restée .. . moscovite dans ses règlements,
.ous reproduisons sans commentaire le « Propos d’un Pari-
'p M. llarduin. auquel nous faisons allusion :
l^est un sergent major qui écrit : « A mon régiment, le
ch^f J sous-officiers, dressé d’après les indications du
«de corps, comprend :
'ià H sergents et fourriers : une entrée, un plat de
nde, un plat de légumes, un dessert. Pour les sergents-
entrée, deux plats de viande, un plat de légu-
fjdeux desserts.
menus différents, il semble résulter que l’appétit
^‘maires est proportionnel au grade, leur estomac étant
^ des galons. Probablement pour la môme raison
de troupe a droit à une ration, le sous-lieutenant
à J®'itenant à deux, le capitaine à trois, le commandant
de ainsi de suite, en progressant jusqu’au sommet
**is5é Ce petit point administratif m’a toujours
lioa c’est pourquoi je le soumets à votre apprécia-
\ oilà qui est bien. Mais, pour émettre une opinion sur la
question, il faudrait que j’en aie une. Le cœur a des raisons
que la raison ne peut comprendre. L’administration militaire
est dans le même cas. J’ai raconté jadis l’bistoire d’un sous-
lieutenant en traitement de convalescence à l’hôpital de Vi¬
chy qui, ayant réclamé des cornichons à son repas, s’enten¬
dit répondre que les cornichons étaient réservés aux officiers
supérieurs, et les lecteurs du Matin ont appris à cette occasion
que la nature des purgations variait suivant les grades.
Sans doute, ces dispositions sont prises pour maintenir la
discipline qui fait la force des armées. Comment veut-on que
le grade soit entouré du prestige nécessaire quand le simple
soldat voit son colonel, obligé de se purger, avaler comme
lui de l’huile de ricin ? Au contraire, la supériorité du colo¬
nel s’impose si l'homme de troupe apprend que son chef, en
pareil cas, absorbe de la limonade purgative. De même, le
soldat, sachant que son commandant reçoit quatre rations
quand lui n’en reçoit qu’une, suppose que ce commandant
a quatre estomacs, quatre cerveaux et quadruples muscles.
Ainsi il sent son infériorité et accepte d’autant plus passive¬
ment la direction de son chef.
Ce sont sans doute ces considérations qui explique l’ano¬
malie apparente signalée par le sergent-major. J. A.
L’organisation
du service de la vaccination en province.
L’arrêté préfectoral du 1"' décembre 1904 pour l’application
de la loi du 15 février 1902 sur la protection de la santé pu¬
blique a organisé le service de la vaccination dans le dépar¬
tement de la Mayenne.
Vous avons à diverses reprises été forcés de revenir sur les
difficultés que, dans la pratique, les municipalités ont ren¬
contrées pour organiser ce service conformément à ce règle¬
ment. La chose n’a pas marché toute seule dans les campa¬
gnes. Dans les villes, on s’est heurté à des difficultés de toutes
sortes. .A Laval, -ce n’est qu’au mois de mai 1906 que la muni¬
cipalité a pu terminer l’élaboration des listes des personnes
soumises à l’obligation de la vaccine. Quant à l’organisation
du service, elle n’a pu être menée à bien que par le concours
des médecins. Nous devons à nos confrères des explications à
ce sujet :
Le 16 mai 1906, AI. le Maire de Laval avait convoqué à la
. mairie six médecins et trois sages femmes de la ville que
M. le Préfet avait nommés vaccinateurs officiels. En les réu¬
nissant, M. le Maire les pria de bien vouloir l’aider à organiser
le service.
Los médecins présents, parlant en leur nom et au nom de
leurs confrères empêchés, ont de suite demandé à M. le Maire
comment étaient composées .les listes des personnes devant
bénéficier des secours de vaccination gratuite.
Faisant allusion au récent incident soulevé au Conseil gé¬
néral par les médecins vaccinateurs officiels de l'arrondisse¬
ment de Mayenne, ils demandèrent si à Laval ces séances de
vaccination gratuite seraient ouvertes à tous les inscrits sur
les listes de vaccination, ou réservées aux seuls indigents. Ils
déclarèrent à M. le Maire que les médecins, par l’organe de
leurs Syndicats, avaient toujours protesté contre cette exten¬
sion aux non-indigents de la gratuité de la vaccine qui ne
découle pas du tout du principe de l’obligajion. — Ils atti¬
rèrent l’attention de la municipalité sur les charges abusives
pour la ville qui en résulteraient, et dirent que les médecins
de Laval se refuseraient d’être ainsi forcés de vacciner les
non indigents aux frais de la ville.
Frappé de ces observations. M. le Maire leur communiqua
les listes des .assujettis à la vaccination obligatoire, qui com¬
prenaient près de I.7ÜÜ personnes. Il fut facile de voir tout
d’abord que ce chiffre était exagéré par une erreur d’inter¬
prétation.
En effet, on relevait dans la première catégorie (enfants de
moins de I an), environ 310 à 320 inscrits.
Dans la deuxième catégorie (enfants de 10 à 11 ans, près de
1,100 inscrits. Enfin, dans la troisième catégorie (jeunes gens
de 20 à 21 ans), 280 inscrits seulement.
Evidemment, le chiffre de la deuxième catégorie était exa¬
géré. La cause de cette exagération fut reconnue de suite dans
556
LE PROGRÈS MEDICAL
l’erreur d’un certain nombre de maîtres des écoles de la
ville, qui avaient donné la liste de tous leurs élèves et non
pas seulement de ceux de leurs élèves âgés de 10 à 11 ans.
En rectifiant cette première erreur, on pouvait calculer que
Xa liste de la vaccine devait contenir environ 000 personnes,
3oC dans chacjue catégorie.
Sur ces 900 inscrits, en prenant la proportion de la popula¬
tion indigente avec la population totale de la ville, on ne
devait pas compter plus de 250 ou 30' i enfants indigents.
\ la suite de ces observations. M. le Maire de Laval promit
de faire étudier à nouveau cette question, et pria les méde¬
cins présents de lui présenter un rapport qui serait soumis au
Conseil Municipal.
Ce rapport, rédigé par les membres du bureau du Syndicat,
et signé par les médecins et les sages-femmes présents à la
réunion du 16 mai. fut remis peu de jours après à la municipa¬
lité.
Voici en susbstance les conclusions dece rapportet les pro¬
positions faites à la municipalité au nom du corps médical ;
1° Une affiche, portant le règlement préfectoral sur l’obliga¬
tion de la vaccine, et les dispositions ordonnées par M.le Pré¬
fet, fera connaître aux intéressés leurs obligations et les sanc¬
tions qui en découlent — cette affiche, rédigée parla préfectu¬
re, était déjà prête .
2° Chacun des inscrits sur les listes de la vaccination obliga¬
toire recevrait de la municipalité un bulletin de vaccination
qu’il devrait faire remplir et signer par le médecin de son
choix.
Ce bulletin contiendrait:! O la mention du libre choix du mé¬
decin par l'intéressé, et 2“ la mention de l’institution de séan¬
ces gratuites de vaccination 'pour ksindigents seulement.
3“ Les médecins et sages-femrnes s’offraient à assurer le
service des séances de vaccination gratuite dans les conditions
du règlement, mais pour les indigents seulement, suivant un
roulement à établir entre les médecins et sages-femmes de la
ville.
Ce rapport des médecins ayant été soumis à la première
séance du Conseil municipal; donna lieu à une discussion
dans laquelle M. le D'' Dupré a soutenu les justes demandes
de ses collègues, au nom de l’intérêt de la ^ ille et de la
bonne organisation du service.
Notre confrère s’est attaché à démontrer la fausseté du
principe de la gratuité de la vaccination pour tous comme
découlant de l'obligation, et il n'eut pas de peine à faire
adopter ces idées.
En conséquence du vote du Conseil, la municipalité a
arrêté un règlement reproduisant les propositions des
médecins.
Dans une nouvelle réunion provoquée le 30 mai par M. le
.Maire de Laval, celui-ci donna connaissance aux médecins et
sages-femmes de l acceptation de leurs propositions, et fixa
avec eux le lieu, la date et le roulement des séances gratuites
de vaccination pour l’année 1906.
Pendant le courant de juin, les affiches concernant la vac¬
cination ont été apposées en ville. En même temps, chacun
des inscrits de la liste de vaccination a re(;u le bulletin de
vaccine.
Dans celui-ci est mentionnée l'obligation de faire remplir
ce bulletin avaht le 31 décembre 1906 par un médecin au
choix des familles.
En outre, les séances de vaccination pour les indigents
seront annoncées.
De concert entre la municipalité et les médecins, ces séan¬
ces auront lieu à la Mairie (salle des accords) tous les deuxiè¬
mes dimanches du mois de 9 heures à midi.
Elles ne commenceront cette année que le 12 août et auront
lieu par conséquent les 12 août, 9 septembre, 14 octobre,
11 novembre et 9 décembre 1906. Le service de la vaccination
sera assuré à chacune de ces séances par un médecin et une
sage-femme, suivant un roulement organisé entre leurs
confrères. Le vaccin sera fourni aux frais et diligences des
médecins, c’est-à-dire comme il a été convenu par le Syndicat
des médecins.
Enfin ne seront admisà ces séances de vaccinations que les
inscrits sur la liste de l’Assistance médicale gratuite.
Nous espérops que le service, grâce au concours des méde¬
cins, pourra foiictionner ainsi sans difficultés.
liés maintenant nous avons de sérieuses raisons de croire
que le fonctionnement du service sera compris de la popu.
lation. En effet, un bon nombre de parents qui ont reçu iç
bulletin de vaccination pour leurs enfants sont venus de sui¬
te s'adresser à leur médecin ordinaire soit pour faire vacciner
les enfants, soit pour faire remplir leurs bulletins èn cas de
vaccinations antérieures.
Il est très probable qu’à l’époque du commencement des
séances officielles de vaccination, la plus grande partie des
personnes obligées à la vaccination auront envoyé leurs bul¬
letins en règle.
(ünlletin du Syndical delà Mayenne, juillet 1906.)
UES CONGRÈS
Congrès d’hygiène et d'assistance.
1 19-23 septembre 1906.)
Ce congrès sera tenu à Tourcoing du 19 au 23 septembre à
l’occasion de l’Exposition Internationale des industries tex¬
tiles.
Hygiène urbaine. — Ce sera rendre un réel service aux mu¬
nicipalités si on parvient à leur démontrer qu’il est possible*
sans s’engager dans des dépenses dépassant les limites d’un'B
budget moyen et normal, de remédier aux causes d’infection '
qui rendent l’atmosphère pénible ou dangereuse à respirer, j
d’atténuer les dangers que font courir aux agglomérations les ■
fléaux épidi’-miffues auxquels périodiquement elles paient •
leur tribut.
A cet effet, le Congrès limitera son effort à l'étude d’un
certain nombre de mesures d’une application courante, sans
viser à une sorte de revue encyclopédique du vaste domaine ;
de l’hygiène, en évitant aussi les discussions purement théo¬
riques pour nous maintenir sur le terrain des faits. j
C'est une leçon de choses essentiellement pratique, basée ,
sur des essais remontant à plusieurs années et susceptibles i
d’aboutir à une réglementation municipale nette et claire,
c’est cette leçon de choses qui constituera le Congrès d’hy¬
giène . . .
A côté de simples communications uniquement destinées
à commenterles constatations (luechacun pourra faire dans ^
les visites prévues, quelques questions importantes seront j
mises en discussion : L'une concernant le <- tout à l'égout », ,
l’étude des conditions permettant de déverser sans inconvé¬
nient à l’aqueduc toutes les matières usées. (Les différents
systèmes essayés seront soumis au contrôle des congressistes!.
L autre sera relative aux procédés d’épuration des eaux rert-
duaires déversées à la rivière. (Une visite fera voir côte à co
trois expériences instituées dans ce but.! irai- •
On y joindra probablement une communication sur le t
tement des ordures ménagères. ,,
Assistance. — L’Assistance ne saurait être séparée de
giène. Qu’il s’agisse, par exemple, de lutte contre la tubercn^^
lose ou de sauvegarde des nouveau-nés, il est évideid
solution de ces problèmes exige le double effort de t ■
giène qui prévient et de l’assistance qui permet de
ou de guérir le mal trop souvent engendré par la :
On se rend compte comment a été compris à Tour
et comment peut être pratiqué ^e devoir de solidarité. A ^
visite détaillée de toutes les institutions qui concouren
but nous joindrons la discussion des deux questions qu*
frent le plus d’actualité ; 1“ celle de l’Assistance aux
de la sauvegarde des enfants ; secours d'allaitement ni .^j,
— consultation de nourrissons — ferme des Hospices ;
santlelait destiné aux enfants — organisation de la
dc. 1° celle de l'Assistance par le travail (grand atelier va
que affecté à cet œuvre. I . . parier
La séance de clôture sera présidée par M.
dont chacun se plaît à reconnaître le zèle louable P^’^g j,oBe
pagation des idées généreuses qui sont l’honneur . f^riia'
époque. Elle sera suivie d’une visite à l’Exposition
tionale des Industries textiles qui offrira un réel *
A côté d'eux se trouveront en grand nombre le® -gfrate»**
des Commissions Sanitaires du Nord, les .Adniiui
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conque de son réseau pour une gare au choix des lignes désignées aux alinéas ci-'
en s’arrêtant sur le parcours ; de circuler ensuite, à son gré, pendant un mois, non
ment sur ces lignes, mais aussi sur tous les embranchements qui conduisent à la i
enfin, une fois l’excursion terminée, de revenir au point de départ aVec les mêmesfai
d’arrêt qu’à l’aller.
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1" Clas.se. 100 francs ; 2* Classe, 75 francs. , j
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celle ligne vers la mer.
Carte valable sur les côtes nord et sud de Bretagne.
1" Classe, 130 francs ; 2* Classe. 95 fraiic.-i. , ,
Parcours: Lignes de Granville à Brest (par Foiligoy, D >l et Lambaltei et de ore!
Croisic et à Guerande et les embranchements de ces lignes vers la mer. _
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LE PROGRES MEDICAL
557
. jjospices et des Bureaux de Bienfaisance : c’est dire qu’il
^ ferait dans ce Congrès une besogne essentiellement pratique
'iminemment utile et profitable à tous.
*^\dresser toute la correspondance relative au Congrès, sous¬
criptions, demandes de renseignements, etc., à M. le Ju¬
lien, 123, rue Nationale. (Le Secrétaire se tient à la disposition
des adhérents en ce qui concerne le logement pendant le sé¬
jour à Tourcoing). \ causedes questions traitées et de l’intérêt
des visites qui seront faites par les adhérents, il ne nous a pas
été possible de réduire la durée du Congrès. Nous ferons re¬
marquer. toutefois, qu’en réalité ce Congrès se compose de
deux parties distinctes et que vraisemblement un certain nom¬
bre de congressistes, dont le temps est limité, ne suivront que
les travaux de la section qui les intéresse particulièrement.
Programme., — 1. Hygiène urbaine. — Mercredi 19 septem¬
bre à neuf heures du matin ; Présidence de M. le Docteur Cal-
mette, directeur de l’Institut Pasteur de Lille. A) Communica¬
tion sur les « Postes Sanitaires », par M.Féver, chef de division
ila Préfecture du Nord. B) Communication sur « l’organisation
générale des moyens de prévention contre les maladies conta-
I gieuses ; — Désinfection » par le docteur René Potelet, inspec¬
teur départemental d’hygiène. C) Discussion du rapport sur le
t« Tout a l'égout » Présenté par le docteur Julien, directeur de
l’Office sanitaire de Tourcoing. — Après-midi à 2.Jieures et demie,
Démonstration à l'hôpital des procédés expérimentés pour le « Tout
àiégout. » — A quatre heures et demie, visite de l’Exposition.
Jeudi 20 septembre, à neuf heures du matin. Présidence de M.
le docteur A.-J. Martin, Inspecteur général de l’Assainissement
de la ville de Paris. — A) Communication sur « la distribution
([eau potable » par M. Nourtier, Ingénieur des Arts et Manu-
• factu.'es, directeur du service des eaux de Roubaix-Tourcoing.
I B) Communication sur « la fièvre typhoïde » par M. le docteur
JuuEN. C) Discussion du rapport sur « l’ épuration des eaux
résiduaires » présenté par M. (Jrimpret, ingénieur des Ponts-et-
ehaussées. — Après-midi à deux heures et demie, visite, au Mont
des Bonnets, du réservoir des eaux potables; à quatre heures,
Tisite à l’usine à gaz ; démonstration de divers procédés » sur
[épuration des eaux résiduaires ; le soir, à huit heures demie,
F£te de nuit a l’exposition.
IL Assistance. — Vendredi 21 septembre, à neuf heures du
matin ; présidence de M. Paul Strauss, sénateur, président du
Conseil supérieur de l’Assistance publique. A) Communication
sur» [organisation du bureau de bienfaisance » par M. Maurice
ÇoRDiKR, vice-président du bureau de bienlaisance de Tourcoing.
B) Communication sur « [organisation de l’hospice » par M.
foies Larousse, directeur de l'hôpital de Tourcoing. C) Commu¬
nication sur « [influence de l’état hygrométrique sur l’apparition
tt le développemenldu choléra iniantite » par M. le Decherf
médecin de la Sauvegarde des nourrissons. D) Communication
Isnr iiles résultats médicaux de la Sauvegarde des Nourrissons »,
ParM. le Docteur Lagache, médecin de la Sauvegarde des Nour-
fmsous. Ë) Discussion du rapport sur « [organisation générale
^ w Sauvegarde des Nourrissons » présentée par .M. Victor
w^ON, avocat à la Cour d’appel de Douai, président du comité
on Nord de l’Alliance d’hygiène sociale. — Après-midi, à deux
*femie, visite de l’hospdee, du bureau de bienfaisance, de
établissement de bains, d’une crèche, et de l’hôpital (,siége de la
^vegarde). Samedi 22 septembre, à 9 heures du matin, présidence
Mirman, directeur .des services de l’Assistance et de l’hy-
^éne publiques au Ministère de l'Intérieur. A; Communication
i N essai de traitement à domicile des tuberculeux », pur
, Julien. B) Communication sur « [organisation hospi-
». C) Communication sur « [exploitation delà ferme des
», par M. Merchier, juge de paix à Lille, rapporteur
Pett éles agriculteurs du Nord. D) Discussion du rap-
I';f ^ ‘ » [assistance par le travail », présenté par M. le doc-
jt Bron, député, maire de Tourcoing. — Après-midi, à deux
^ 6t demie, visite du sanatorium, de l’atelier mécanique de
*^i8tance par le travail et de la ferme des hospices,
lyg^onche 23 septembre, à onze heures du matin, sous la pré-
iS PéésA Gasi.mib-Perier, ancien président de la République,
de l’Alliance d’hygiène sociale, séance db clôture,
f' à une heure, dans la salle des fêtes de 1 Exposition.
kl international d’assainissement et de sa-
I ' jQ** d’habitation . — Ce Congrès se tiendra à Genève du 4
ééptembre prochain. Pour tous renseignements, s'adresser :
à .M. Alfred Wuarin, secrétaire-général du Comité d’or-
***'^e* Moulins ; à Paris, àM. Marié-Davy, secré-
tle la Commission permanente. 7, rue Brézin. Les
, l^J^ons doivent être adressées à M. Zamhra, trésorier, 12, rue
’ È Genève. Le Comité d'organisation local se charge de
fournir des logements à prix réduits à toutes les personnes qui en
feront la demande. La demi-place sur les chemins de fer sera ac¬
cordée aux membres du Congrès.
Congrès international d’électrobiologie et de radio¬
logie médicales. — Secrétaire général ; Prof. E. Doumer, ùi,
rue Nicolas-Leblanc, Lille. Le 3» Congrès international d’éleo-
trobiologie et de radiologie médicales se tiendra, à Milan, à l’oc¬
casion de l’Exposition universelle, du 5 au 9 seiitembre 19Ü6. Les
demandes de billets, ainsique les adhésions au Congrès, doivent
être adressées, avant le I»’’ août-, à M. le D' Moutier, 11, rue Mi-
romesnil, Paris.
3° Congrès International pour la répression de la
traite des blanches. {Paris, 'é'J-Üà octobre 1906. i — Les coti¬
sations au Congrès doivent être envoyées à M. Loys Brueyre, tré¬
sorier de l’Association française, 10, rue Pasquier, Paris fd» arr.).
Les Comités nationaux sont priés de faire connaître avant le R''
septembre le nom de leurs délégués et d’envoyer à l’adresse ci-
dessus les cotisations correspondantes.
THÉRAPEUTIQUE
La phytine est indiquée dans tous les cas où il s'agit d’ac¬
tiver les échanges phosphorés et de relever la nutrition générale
de • l’organisme : Neurasthénie, Psychasthénie, Grossesse,
Allaitement, Maladies consomptives, Chlorose, Anémies,
Faiblesse constitutionnelle. Convalescences, Rachitisme,
Troubles de la croissance, etc.
Sont particulièrement à signaler les résultats favorables
obtenus dans le traitement des pollution^ nocturnes, de la
neurasthénie sexuelle et de l'insomnie due au surmenage
physique et intellectuel.
NÉCROLOGIE
Le P A. HERZEN (de Lauzanne).
Nous apprenons quele savant physiologiste, Alexan-
,dre HERZEN.vient.ie mourir à Lausanne, Je août, frappé
d’une attaque d’apople.xie à Tàge de (57 ans. Nous repro¬
duisons l’intéressante notice biographique que M. (Ga¬
briel Monod consacre, dans le Temps, au savant profes¬
seur d’origine russe qui, depuis vingt-cinq ans, illus¬
trait l'Université de Lauzanne :
M. A. Herzeii, né le ;5 juin 1839, était le fils du célèbre
publiciste, romancier et homme politique russe Alexan¬
dre Henzen (Iscander). Il se voua de bonne heure à la
carrière scientifique et se fit recevoir docteur en méde¬
cine à l’université de Berne. En 1862, il prend part â une e.x-
ploration scientifique en Islande et au Spitzberg, dirigée
par Karl Vogt. En 1865, il fut choisi comme assistant à
l'institut des études supérieures de Florence par l’illustre
physiologiste Moritz Schifif, et depuis cette époque il
s’est consacré, soit en collaboration avec SchifF, soitpour
son compte personnel, aux recherches sur le système
nerveux et sur la digestion. C’est lui qui a publié l’édi¬
tion française du grand ouvrage de Sctiiff sur la Diges¬
tion et le recueil des œuvres complètes de Schiff, édité
par les élèves du maître à l’occasion de son cinquante¬
naire. Les principales publications scientifiques person¬
nelles deHerzen sont : Expériences sur les centres modé¬
rateurs de [action réflexe (1864); Leçons sur la Digestion,
en italien (1877) ; la Uig-esffon stomacale [1^^). lia, eu
outre, composé des ouvrages de vulgarisation qui sont
de petits chefs-d’œuvre de lucidité et de verve : Il libero
arbitrio wmano ( 1870), devenu, en français, la Physiologie
de la volonté (Alcan. 1878) ; le Cerveau et l’activité céré¬
brale {Baillière, ISTS] ; Causeries physiologiques (.Alcan,
1890). A. Herzen avait été assistant de SchitTde 1805 a
1877 ; il le remplaça en 1877 à 1 Institut de Florence,
quand Schiff fut appelé à Genève. En 1881, il fut lui-
I même appelé à Lauzanne comme professeur extraordi¬
naire de physiologie . Il y devint en 1898 professeur or-
1 dinaire, après avoir été undesprincipau.\ organisateurs
558
LE PROGRES MEDICAL
de l’école de médecine de la nouvelle université créée en
1890. A. Herzen a pris une part très vive dans le canton
de Vaud aux polémiques relatives à l’organisation de
l’enseignement secondaire.
Le succès de sa brochure sur Y Enseignement secon¬
daire dans la Suisse romande (1885), où il préconisait la
division de l’enseignement en cycles, lui donna l’idée
d’exposer son système à un point de vue théorique dans
un article sur Y Enseignement primaire et secondaire
(18891, qui parut dans la Revue de l'enseignement supé¬
rieur et secondaire de Paris. Ce système est, à peu de
chose près, celui qui a été appliqué en France dans la
dernière réforme de nos lycées, opérée sous le ministère
Leygues. .A. Herzen s’était occupé, en moraliste et en
physiologiste à la fois, des questions de moralité sexuelle
qui se rattachent à l’éducation des jeunes gens. Une ad¬
mirable petite brochure : Hygiène et moralité^ qui a eu
déjà neuf éditions à plusieurs milliers d’exemplaires et
qui a été traduite dans toutes les langues, mériterait
d’être mise dans les mains de tous nos écoliers. La tra¬
duction allemande, faite par le célèbre professeur Har¬
nack, a été officiellement recommandée dans tous les éta¬
blissements d’instruction de Prusse.
A. Herzen, resté fidèle aux idées politiques et sociales
de son père (il refusa dédaigneusement la restitution
des biens confisqués à sa famille en 1847, que lui offrit le
gouvernement d’Alexandre 111, à la condition qu’il ex¬
primât un blâme à l'égard des idées paternelles), ne
s'occupa jamais dè politique active, il a seulement pu¬
blié en 1890 une brochure sur \e Peuplerusse et son gou¬
vernement, écrite au point de vue libéral constitution¬
nel.
A. Herzen a été un professeur brillant et influent. Il
parlait et écrivait avec une égale aisance le français, le
russe, l’italien, l'anglais et l'allemand, et son talent de
vulgarisateur égalait son esprit d’invention scientifique.
H est l’auteur de plusieurs traductions de travaux de sa¬
vants étrangers dont la principale est celle de la Phy¬
siologie de l'esprit, de Maudsley (1879).
M. A. Herzen laisse sept fils et trois filles. L’aîné de
ses fils est inspecteur des forêts en Italie, le second mé¬
decin à Mazargan (.Maroc), le troisième médecin à l'hôpital
Catherine (Moscou), le quatrième ingénieur, à Thaon
(Vosges), le cinquième, professeur de droit romain à l'uni¬
versité de Lausanne, le sixième ingénieur à l’usine
d’électricité de Jeumont (Nord), le septième ingénieur à
l’usine Sol vay (Bruxelles). L’aînée des filles a épousé M.
Abauzit, professeur de philosophie à Alais (Gard); la se¬
conde M. Erman, professeur de droit romain à Münster
[■Westphalie).
FORMULES
LXXV. — Contre I impétigo chronique.
Lavages avec :
Eau d’Alibour . 10 gr.
Eau bouillie . 55 gr.
Puis, poudrage avec :
Oxyde de zinc . .
Benzoate de bismuth . ’ ââ 10 gr.
' Talc stérilisé . )
Funérailles des mii.itaires décédés. — La note ministérielle
suivante règle le transport des militaires décédés :
Lorsque la famille demande le transport immédiat des restes
d(un militaire qui vient de décéder et qu’elle n’est pas en mesure
d’acquitter les frais, et si, d’autre part, en cas d'inhumation provi¬
soire, les réglements de police sanitaire locaux ne permettent pas
pour des motifs particuliers (par exemple, l’emploi d'un simple
cercueil en bois pour enfermer le corps) l'exhumation avant un
délai déterminé, le transfert est effectué par les soins de l’admi¬
nistration militaire, qui en avance les frais, sans qu’il soit néces¬
saire d’en référer au ministre.
NOUVELLES
Natalité dk Paris. — Du dimanche 12 au samedi 18 août
1906. les naissances ont été au nombre de 855, se décomonaan.
ainsi : légitimes 675, illégitimes 180.
Mortalité a Paris. — Population d’après le recensement de
1901 ; 2.660.559 habitants. Les décès ont été au nombre de 84')
savoir : 422 hommes et 420 femmes. Les décès sont dus aùt
causes suivantes : Fièvre typhoïde (typhus abdomin.) : ‘2 _
Typhus exanthématique : 0. — Fièvre intermittente et cachexie
palustre : 0. — Variole : 0. — Rougeole ; 1. Scarlatine ;0.
— Coqneiucne : 5. — Diphtérie et Group : 1. — Grippe :'o'
— Choléra asiatique : 0. — Choléra nostras : 0. — Autres
maladies épidémiques : 3, — Tuberculose des poumons : 171.—
Tuberculose des méninges : 8. — Autres tuberculoses : 14. _.
Cancer et autres inmiars malignes ; 60. — Méningite simple : 21.
— Congestion hémorrhagique et ramollissement du cerveau ; 39^
— Maladies organiques du cœur : 46. — Bronchite aiguë : 3I
— Bronchite chronique : 15. — Pneumonie : 15. — Autres affec¬
tions de l’appareil respiratoire : 45. — Affections de l’estomac
icancerexc.) : 5. -Diarrhée et entérite de 0 à 1 an : sein : 15 ; au¬
tre alimentation ;107. — Diarrhée et entérite de 1 à2ans: 20.— Her¬
nies, obstruction inrestinaie: 4. — Cirrhose du foie : 21.— Néphrite
et mal de Bright; 23. - Tumeurs non cancéreuses et autres ma¬
ladies des organes génitaux (femmes) : 6. — Septicémie puerpérale
(fièvre, péritonite, phlébite puerpérale) ; 3. — Autres accidents
puerpéraux de la grossesse et de l’accoucnement ; 3. — Débilité
congénitale et vices de conformation : 19 — Débilité sen le ; 23.
— Morts violentes : 30. — Suicides : 12. — Autres maladies : 98.
— Maladies inconnues ou mal définies : 13.
Mort-nés et morts avant leur inseriotion : 58, qui se dé im¬
posent ainsi : légitimes 40, illégitimes 18
[ÉDAiLLES d’honneur DES ÉPIDÉMIES. — Par arrêté du ministre
de l’intérieur, pris en vertu des décrets des 31 mars 1885 et 22
juillet 1899, la médaille d’honneur ou la mention honorable des
épidémies a été décernée aux personnes ci-après désignées en ré¬
compense du dévouement dont elles ont fait preuve à l’occasion
de maladies épidémiques ; Alpes (Hautes-). — Argent. — M. le
docteur Dozoul (Honoré), médecin à Barrême : en témoignage du
dévouement exceptionnel dont il a fait preuve à l’occasion notam¬
ment d'une épidémie de fièvre typhoïde observée en 1904 et an
cours de laquelle il a été atteint lui-même de la maladie. Isère.—
Bronz'. — M. Josserand (Louis), infirmier des hospices civils de
Grenoble ; consciencieux dévouement auprès des malades. A con¬
tracte la fièvre thyphoïde dans l’exercice de ses fonctions.M.ARNE.
— Bronze. — M. Gromer (Jean-Eugène), attaché au service de
désinfection de la ville de Châlons-sur-Marne : s’acquitte depuis
dix ans de son service avec un zèle et un dévouement constants.
Nord. — Bronze. — Mme Caron, née Flament (Philomène), sa¬
ge-femme à Houplines ; a fait preuve d’un zèle et d’un dévouement
de tous les instants au cours d’une grave épidémie de lièvre ty¬
phoïde observée dans cette commune. — P.as-de-Calais.
Bronze. — M. le docteur Desuet (Lucien-Henri-Joseph), méde¬
cin à Hersin-Coupigny : s’est distingué par son activité et son
dévouement tant auprès des malades qu’au point de vue
lactique pour combattre diverses épidémies, notamment de he'^
typhoïde, observées dans cette commune. Seine. — Argent. ^
M. le docteur Tollemer (Louis- Alexandre), chef du laboratoire
diphtérie à l’hôpital Bretonneau(titulaire de la médaille de .’
1902). — fiiwi-e. — M. Boinot (Georges), interne à l’hôpital
rold ; M. Roussel (Lucien-René-Charles), externe à ■ *,
la Pitié ; M. Avenier (René-Jean-Pierre), externe hôpital ba
Antoine; M. Cottard (Henri-'Victor-Félix), externe ^ j
Saint-Antoine ; M. Denéchau (Désiré-Marie-Joseph), m‘®f
l’hôpital des Enfants-Malades ;M. Duru (Léon-Théodore), ex
ne à l’hôpital Lariboisière ; M. Jais (Joseph-Gaston-Jules), ,,
bénévole à l’hôpital Lariboisière ; M. Kuts iGeorge^Eu® • '
interne à l’hôpital Lariboisière ; M. Chartier (Marius-Paut-ri
interne à l’hôpital des Enfants-Malades ; M. Halbron
rice),interne à l’hôpital Trousseau ; M.ChastagnoljGaston-.
interne provisoire à l’hôpital Boucicaut ; M. Boivin ' . y (jol
seph), interne provisoire à l’hôpital des Enfants-Malades ■ ■ ' ;
lin (.Tean-Baptiste-André), interne provisoire à ,ssais !
M. Faugeron (François-Louis), externe à l’hôpital B''® y pj.
Mlle Bourdereau (Elise), fille de service à l’hôpital , .’j . ' M-
not (Gaston-Félicien-Abel), serveillanf à l’hôpital gaiiit-
Méraudet (Jules-Eugène), garçon d’ampithéâtre à l’hopita
ouis ; Mme Merlier, née Baroli (Marie), concierge ^
sairé, rue Gauthey, 43 ; Mlle Kervoal (Sarah-Marie-Fmi^^^^’.jjgl
firmiéreà rhôpitaï Saint -Antoine ; Mme Degaufrant, E. de
(Louise- Joséphine), iulirmiére à l’hôpital Hérold : seP"
leur dévouement,ont contracté des maladies contagieu.s^^^ pob>o
ticémiques dans l’exercice de leur fonctions. M . le docte
LE PROGRÈS MÉDICAL
559
-jjg| médecin aide-major de la compagnie des sapeurs-pompiers
j^antin : soins donnés à des malades atteints d’affections con-
t»giens;s.
gaRvicE SANITAIRE MARITIME. — Médaüles d' Argent. — M. le doo^
j,Clair(Victor-Frank), médecin sanitaire maritime au service des
«essai'eries maritimes : en témoignage du dévouement dont il a fait
reuve dans l’exercice de ses fonctions, notamment en procédant
i de nombreuses et utiles observations tant au point de vue clini-
gae qu’au point de vue prophylactique. M.le docteur Raybaud (An-
dioine-Marie), médecin à Marseille : a prêté depuis plusieurs an¬
nées à l’administration sanitaire un concours dévoué et efficace
pour la recherche et l’examen bactériologique des rats suscepti-
^es d’importer ou de transmettre la peste. M. le docteur Vigné
(Charles), médecin sanitaire maritime ; s’est signalé par son dé¬
vouement en cette qualité, notamment à bord d’un paquebot con¬
taminé de fièvre jaune. Inde française. — Argent. — M. Dela-
fflourd, officier de santé indigène, chargé du service sanitaire de
Chandernagor ; M. Kirode Chondor Pâlit, médecin indigène à
Chandernagor; M. Chondor,infirmier chef de l’hôpital Margain.
Bronze. — M. Oury, infirmier-major de l’hôpital Margain ; M.
Achour, infirmier, chargé de la pharmacie de l’hôpital Margain.
Se sont distingués au cours de l’épidémie de peste observée à
Chandernagor en 1905 avec un zèle et un dévouement d’autant
plus méritoires pour des indigènes que leur race oflrait une pré¬
disposition marqué à la maladie.
Trousseau pour l’école du servicé de santé de Lyon.— Le
prix du trousseau des élèves qui entreront à l’école du service
de santé militaire en 1906 est fixé à 996 fr. 99.
Ecole d’appi.ication nu service de santé militaire. — Le
médecin-major de 2' classe Picqué, surveillant à l’Ecole d’appli¬
cation du service de santé militaire du ’V’al-de-Gràce, est nommé
professeur agrégé de la chaire d’anatomie chirurgicale (opérations
et appareils) à cet établissement.
Le médecin-major de 2® classe Tanton, de l’hôpital militaire du
Dey à Alger, est nommé professeur agrégé de la chaire de chirur¬
gie d’armée (blessures de guerre) à l’école du Val-de-Grâce.
Commission supérieure d’hygiène. — La Commission supé¬
rieure des médecins civils et militaires, instituée par le décret du
31 mai 1904, ayant démontré sa haute utilité en se livrant à des
étades très approfondies sur des questions d’hygiène et d’épidé¬
miologie, le ministre de la guerre a fait signer un décret aux ter¬
mes duquel le nombre des membres est porté de 13 à 17, dont
9 médecins civils et 8 médecins militaires. La Commission com¬
prendra ainsi les compétences les plus variées et l’examen des
questions soumises à ses délibérations n’en sera que plus complet
et plus rapide.
Méningite cérébro-spinale a Toulon. — Deux soldats du
3' régiment d’artillerie coloniale ont été atteints de méningite
cérébro-spinale et ont été transportés à l’hôpital dans un état très
grave.
Le choléra A Berlin. — Une dépêche adressée au Matin de
uerlinà la date du 22 août annonce qu’une fillette de huit ans, Eli¬
sabeth Weimann, est morte du choléra, à Berlin. Le corps a été
saisi pour en permettre l’autopsie. L’appartement a été désinfecté
P^la police municipale et l’école a été interdite aux frères de la
aefunte. De sévères mesures ont été prises, qui excluent tout dan-
vfll propagation du fléau. Néanmoins, l’émotion est grande en
j,^^ήPECIN inspecteur de LA MoRGUE . — Le P® Thoinot qui,
rait déjà succédé au docteur Brouardel comme professeur de mé-
nS”® à la Faculté de médecine, vient d’être nommé par le
de police médecin inspecteur de la Morgue, en remplace-
ent de l’éminent médecin légiste.
déd Asie-Mineure. r- En raison de la peste qui s’est
PenH à Trébizonde, la Compagnie du Lloyd autrichien a sus-
r’’ au jusqu’à nouvel ordre son service pour cette ville.
g ^P'ÉTÉ d'oTOLOGIE, RHINOLOGIE ET LARYNGOLOGIE . — La
leté française d’otologie, laryngologie et rhinologie ayant de-
émi ^ reconnue d'utilité publique, le Conseil municipal a
Sun avis favorable à cette demande.
tu^^'PRÉFECTURES HOPITAUX. — Dans la séance d’aujourd'hui le
général des Côtes-du-Nord a émis un vœu tendant à la
des sous -préfectures dans le délai d’un an et l’affec-
des immeubles à l’hospitalisation des vieillards et infir-
t*.q^.*^.*‘ENT E. Duclaux. — Le conseil général de la Charen-
ittaujg’^j®are sous la présidence de M. Combes, a rejeté une de-
Duçj^^de souscription pour le monument à érigera M. Emile
DES ÉGLISES. — On doit recommander aux amateurs
mresque la lecture d’une thèse soutenue devant l’université
de Bahia (Brésil) par M. Othon Château, et traitant de l’hygiène
des églises. Les conclusions de l’auteur sont les suivantes ;
1“ Construire des églises simples, sans nefs latérales, ni abon¬
dance de chapelles et d’autels. 2° Bannir tapis, rideaux, tentures
funèbres, ornements" de gaze et de papier coloré. — 3“ Employer
des chaises en fer ou en bois, faciles à laver. — 4“ Installer l’é¬
lectricité partout ou c’est possible. — 5° Ouvrir les fenêtres, les
portes, les vitraux au moins pendant les cérémonies.
6“ Supprimer les « tambours» des portes. — 7“ Placer aux en¬
trées des racloirs métalliques pour débarrasser les chaussures des
impuretés les plus grosses. — 8“ Tousles jours ou après les gran¬
des fêtes, arroser avec des solutions antiseptiques puis balayer. On
peut employer la méthode conseillée par les évêques Jano et Emi-
lio, sciure de bois imbibée desublimé à 1 ou 3 p. 100. — 9“ Pla¬
cer près des autels, des piliers, partout enfin, des crachoirs élevés
qu’on lavera tous les jours.
10“ Placer des écriteaux bien en vue, avec cette mention in Res¬
pectez la loi du Seigneur, ne crachez pas par terre ». — 11“ Laver
les boiseries au sublimé. — 12° Supprimer les confessionnaux ou
bien les laver au sublimé, au savon et à la lessive dépotasse. — 13“
Employer les bénitiers de Bruns ou de Dalpiavaz qui sont les plus
hygiéniques ; les vieux bénitiers seront vidés une fois par semaine,
lavés au sublimé ou à la potasse, suivant la matière dont ils sont
faits. On les munira d’un couvercle en métal. — 14o Défendre de
baiser lesreliques, les statues, etc. — lô» Sectionner ces prescrip¬
tions par l’établissement d’amendes. (Trtôuue méd. 4 août).
.Médecin CONSEILLER général. — Dans le canton de Ghantan-
nay ('Vendée), le D^Ouvard, conservateur, a été élu conseiller
Clinique des maladies cutanées et syphilitiques. Cours
pratique et complet de dermatologie et vénéréologie. — Ce cours
aura lieu du 15 octobre au 20 décembre 1906, sous la Direction
de M. le Professeur Gaucher, avec le concours et la,
collaboration de MM . Balzer, Médecin de l’hôpital Saint-Louis
ancien Chef de Laboratoire de la Faculté; De Beurmann, Méde¬
cin de l’hôpital Saint-Louis, ancien Chef de clinique de la Fa-
cullé; Gastex, Chargé du cours d'oto-rhino-laryngologie à la Fa¬
culté; Queyrat, Médecin de l’hôpital Ricord, ancien Chef de Clini¬
que de la Faculté; Hudelo, Médecin des hôpitaux, ancien Chef
de clinique de la Faculté à l’hôpital Saint- Louis; Morestin, Agrégé
de la Faculté, Chirurgien des hôpitaux: Gastou, Chef du labo¬
ratoire de l'hôpital Saint-Louis, ancien Chef de clinique de la Fa¬
culté ; Emery ancien Chef de clinique de la Faculté à l’hôpital
Saint-Louis; Edmond Fournier, Chef de laboratoire à l'hôpital
Saint-Louis, ancien chef de clinique de la Faculté ; Milian, Méde¬
cin des hôpitaux, ancien Chef de clinique de la Faculté à l’hôpital
Saint-Louis; Terrien, Ophtalmologiste des hôpitaux, ancien chef
de clinique de la Faculté; Lacapère, ancien Chef de clinique de
la Faculté à l’hôpital Saint-Louis ; Cathelin, Chef de Clinique de
la Faculté à l'hôpital Necker; Paris, ancien Chef de clinique de
la Faculté à l'hôpital Saint-Louis; Sabatié, Chef de Clinique de
la Faculté à l’hôpital Saint-Louis.
Le cours sera complet en quatre-vingt-dix-huit leçons. Il aura
lieu tous les jours, deux fois par jour, excepté les dimanches et
fêtes, à deux heures et à trois heures et demie de l’après-midi, à
l’hôpital Saint-Louis, dans l’Amphithéâtre de la Clinique,sauf les
leçons de M. Cathelin, qui seront faites à l’hôpital Necker, dans le
service de M.le professeur Guyon. Il commencera le lundi 15 octo¬
bre 1906 et finira le jeudi 20 décembre 1906.Ce cours sera essentiel¬
lement pratique, et portera surtout sur le diagnostic et le traite¬
ment. Toutes les démonstrations seront accompagnées de présen¬
tations de malades, de moulages du musée de l'hôpital Saint-
Louis et de préparations microbiologiques ou histologiques. L’ap¬
plication des médications usuelles (frotte, douches,électricité, sca¬
rifications, épilation, électrolyse, photothérapie, radiothérapie, etc.)
sera faite devant les élèves. Un horaire détaillé sera distribué à
chacun des auditeurs. Des certificats d’assiduité et d’instruction
pourront être délivrés aux auditeurs à la fin du Cours.
Programme et répartition des cours. — MM. Gaucher: Lé¬
sions élémentaires de la peau. Matière médicale dermatologique et
médication hydrominérale. — Balzer : Eczéma.Impétigo.Ecthy-
ma. — De Beurmann ; Psoriasis. Lupus. Tuberculoses cutanées.
Traitement du lupus. — Gastex : Syphilis du nez, du larynx et de
l’oreille.— QuEYRATtBlennorrhagie aiguë. Blennorhagie chronique.
Complications et traitement de la blennorrhagie. Les Balano-posthi-
tes Herpès. Végétations. Phimosis. Chancre mou. Chancre syphiliti¬
que. — Hudelo :Gale, Erythèmes, Urticaire. Prurits et Prurigo. Li¬
chens. Pityriasis. Pemphigus. — Morestin: Chirurgiedu lupus, des
nævi et des tumeurs de la peau. Opérations esthétiques. Cancer de
la verge,— Gastou : Maladies parasitaires du cuir chevelu : Teigne
tondante et Favus. Pityriasis versicolor. Erythrasma. Examendes
cheveux et des poils dans les maladies parasitaires. Diagnostic
dermatologique par les méthodes de laboratoire : Examen des
squames, sérosités, sang, pus. Anatomie pathologique générale
LE PROGRES MEDICAL
des maladies de la peau. Electrothérapie et Radiothérapie. Petite
chirurgie dermatologique: — Emery : Traitement de !a syphilis. —
Edmond Fournier : Syphilissecondaire.Hérédo-syphilis, Syphilis
et grossesse. — Milian ; Syphilis tertiaire : Syphilides tuberculeu-
•ses ; syphilides ulcéreuses ; gommes ; ulcères de jambes. Syphilis
de la langue, du voile du palais, des amygdales, du pharynx, du
testicule et des os. Syphilis cérébrale. Syphilis médullaire. Para-
syphilis : Neurasthénie. Paralysie générale. Tabès. — Terrien :
Syphilis oculaire. — Lacapère : Pelade et Alopécies. Derma¬
toses congénitales. Sclérodermie. Séborrhées et acnés. Eczéma
acnique. Folliculites suppurées. Dyshidrose. Lèpre. Leucoplasie.
Cathelin : Complications génito-urinaires chirurgicales de la
blennorrhagie chez l’homme : Prostatites. Cystites. Abcès uri-
suppurées. Traitement des i
l’urèthre. — Paris ; Phthiriase. Zona. Dystrophies pigmentaires.
Purpura. Morve et Farcin Actinomycose. Eléphantiasis. — Saba¬
tié : Dermites artificielles. Tumeurs de la peau.
Un cours semblable a lieu deux fois par an : le premier en Mai,
.luin et Juillet, le second en Octobre. Novembre et Décembre. —
Le droit à verserest de I.jO francs. — Seront admis les Docteurs
et Etudiants français et étrangers, sur la présentation de la quit¬
tance du versement du droit et de {a carte d’immatriculation. Les
Bulletins de versement, relatifs à ce cours, seront délivrés au Se¬
crétariat delà Faculté (Guichet n” 3), les Mardis, Jeudis, Samedis,
de midi à 3 heures. Pour renseignements complémentaires, s’a¬
dresser le matin à la clinique (Hôpital Saipt-Louis).
Nécrologie. — Nous avons le vif regret d'annoncer la mort de
M. le D’’ GuYor, sénateur républicain du Rhône. Né à Saint-
Dizier (Haute-Marne), en 1830, docteur en médecine, il fit la
campagne de 1870 en qualité de chirurgien-major. Elu à l’Assem-
■ blée nationale en 1873, réélu en 1876, il fît partie des 363. Il fut
encore réélu en 1877 et en 1881. M. Guyot quitta la Chambre pour
le Sénat. Il fut élu sénateur du Rhône en 1882 et réélu aux
renouvellements partiels de 1891 et de 1900. Il appartenait au
groupe de la gauche démocratique. Les obsèques civiles ont eu lieu
à Saint-Georges-ds-Reneins (Rhône), le dimanche 19 août.
(D’après le Temps). — Nous avons le vif regret d’annoncer la mort
du Pr Morache, de Bordeaux, ancien médecin inspecteur du
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
EN VENTE AUX BUREAUX DU PROGRÈS MEDIC.iL
li )-ue des Carmes .
BOURNEVILLE. — Traitement médico-pédagogique ^es
différentes formes de l'idiotie. In-8“ de 136 pages avec Si
fig. Prix . 4 f “
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tiques sur l'épilepsie, l’hystérie et 1 idiotie. Compte rendu
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I Vallée pendant l’année 1904, avec la collaboration de MM. Dn-
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vue intellectuel et moral. In-18 de 24 pages. Prix : pour nos
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Saint- Mallat et Cornillon. —
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T et Cornillon. — Histoire des eaux minérales de Vichy.
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ère ("G.). — Le saturnisme. 1 vol. in-S” de 260 pages.
Librairie A MALOIXE
2d-27, rue de l’Ecole-de-Médecine.
3 (F.). — L’œil diathésique. 1 vol. in-18, de 266 pages
:, membre associé de l'Académie de méde- Prix . 4 fr.
cine. Professeur de médecine légale, M. Morache était un de ce
rares professeurs qui, à l'exemple de MM Brouardel et Lacassa
gne, se préoccupait des questions professionnelles et de l’aveni
des praticiens. Il avait écrit il y a quelques années un intéressai
petit livre sur la Profession médicale qui montrait l’intérêt qu’
portait à ses confrères. — Nous apprenons encore la mort d
M. le D’’ Gouraud, ancien médecin des hôpitaux de Paris. -
xwuo avons le regret d'annoncer la Wimc iv-o - - . . . . „„ ... - -
Guillarmou, médecin de la marine en retraité ; Auret, de Saint- Lagarde. — La prothèse par les injections de paraffine. 1
Laurent-d’Aigouze ; Pallier, de Saint-Quay-Portrieux ; Roger in-18 de 260 pages. Prix . 4 fr.
Maillard, d’Andernos, mort de diphtérie, victime du devoir pro- Icard. — Le signe de la mort réelle. 1 vol. in-18 de 290
fessionnel ; Fredet, de Saint-Chamond. Prix . 4 fr.
PHliSlE, BUOACUITE, GATARKUEîs. — L Amuixton SA VOW DENTIFRICE VICIER, anusepuque pour l’entre
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Guillarmou, médecin de la marine en retraite ; Auret, de Saint-
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fessionnel ; Fredet, de Saint-Chamond.
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découvert par M. Louis DEQUetANT. pharmacien. ^
de Clignancourt, Paris. (Mémoires déposes à l’Aca®®®
Médecine, 23 mars 1897, 8 mai 1898). L'extrait de ces Memoi ^
est adressé gracieusement a tous les médecins qm * ^
feront la demande. Renseignements gratuits et prix « /
pour tous les memores du corps médical.
Le Rédacteur-Gérant : Boornbvills^
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35. année. 3” SERIE. T. XXII. N' 36
BUREAUX : RUE DBS CARMES, 14
S SEPTEMBRE 1906
Le Progrès Médical
SOMMAIR— '• Thér.^peutique : Traitement de certains cas de
neurasthénie par le fer, par Lemoine. — Hygiène publique ;
De la législation française en matière de logements insalubres,
élat actuel, réformes nécessaires, par Fillassier. — Bulletin :
Valeur nutritive et valeur marchande des aliments, par Cornet.
_ Revue d’urologie clinique : Urologie et séméiologie, par
Huguet. — Bibliographie : Traité d’hygiène de P. Brouardel
etE. Mosny, par Anthony, Dupré, Ribierre, Brouardel, Bou-
lay. Morax et Lafeuille ; De Tapepsie, par Français ; Etude sur
le peœphigus congénital à kystes épidermiques, par Grandjean ;
Anatomie sur le vivant, guidepratique des repères anatomiques,
par Bruandet ; Notes et observations de médecine légale, par Le-
gludic. — Intérêts professionnels : Les services de médecine
publique et le syndicat des médecins du Rhône. — Varia :
Le service de santé aux grandes manœuvres de 1906 ; Ancienne
Faculté de médecine de la rue de la Bùoherie et la Commission
du Vieux-Paris ; La désaffectation de Thôpital Andral ; L’an¬
cien hôpital et l’ancien cimetière de la Trinité ; Exercice illégal
et escroquerie. — Les congrès : Le congrès international des
étudiants ; Congrès national d’hygiène et de salubrité publique
à Marseille ; Congrès d’hygiène et d’assistance ; Congrès italien
de médecine interne ; IIP congrès international pour la répres¬
sion de la traite des blanches ; Voyages d’études médicales. —
Formules. — Nouvelles. — Bulletin bibliographique.
THÉR.\PEÜTIQUE
Traitement de certains cas de neurasthénie
par le fer ;
Par le Prof. LEMOINE.
Le fer joue un rôle considérable dans la transforma¬
tion de l'hémoglobine en oxvhémoglobine, alors capa¬
ble d'amener l'oxygénation (îes cellules dans l’intimité
des tissus. Le système nerveux est l’élément noble de
loiganisme, car c’est lui le régulateur de toutes les
fonctions importantes : sécrétoire, glandulaire, trophi-
ine, etc. Il est actuellement démontré que les organes
ÎJii fonctionnent le plus sont ceux qui ont besoin d’une
ïie plus active et partant d'une oxygénation plus in¬
tense.
Lorsqu'il se produit une altération de l'hémoglobine
*1 particulièrement un appauvrissement de sa teneur
® fer, les éléments intimes des tissus sont en souffrance
« les premiers à en subir les conséquences sont les
éléments les plus sensibles, c’est-à-dire les cellules ner¬
veuses.
l'organe noble aura repris normalement ses
souffrir, la machine
établira aussitôt dans
qui ne cessera que
. Que le système nerveux vienne à
niuaine sera « détraquée » ; il s’él
‘/'fganisme un état ” ’ ’
wil:
Que ce défaut d’oxydation dû à une insuffisante
J^tiléde fer dans le sang et les viscères vienne à se
onger, igg troubles légers et intermittents qui se
pl, * ^®fent dès le principe ne feront qu’augmenter de
®A plus.
nctiondufer sur le système nerveux estrendue plus
par l’étude de l’histoire clinique de certains
Pathologiques. Elle est éminemment congestive,
qui explique que les préparations martiales
vivvo aggravation des symptômes d’excitation
byjj^^^vtaiDs nerveux déjà surexcités, par exemple, les
les paralytiques généraux,
ïs^.tvnvaux de Féré sont assez probants pour qu’on
lettre en doute l’action bienfaisante du fer
hle j^ffuitement des épileptiques à constitution géné-
Êig^'olie.
•toscas dégoutté ou de rhumatisme chronique
asthénique ont été guéris par les ferrugineux, ce qui
pourrait paraître paradoxal puisque les manifestations
viscérales ou articulaires de ces mômes maladies ont
été peu influencées par ce mode de traitement. On peut
dire que la médication martiale semble efficace toutes
les fois que, le système nerveux étant atteint, le sujet
est devenu asthénique.
G. Sée n’est guère partisan de la médication martiale
dans les différents genres d’épuisement nerveux : « 11
n’y a, dit-il, de règle absolue que pour les indications
thérapeutiques qui excluent formellement de la médi¬
cation ferrugineuse toutes les pseudo-anémies, à sa¬
voir :
1» Les inanitions atmosphériques ou alimentaires ;
2° Tous les genres à' épuisement musculaire, ner¬
veux, sécrétoire ».
Axenfeld et lluchard recommandent au contraire les
ferrugineux chez les neurasthéniques anémiques :
« Mais il importe, disent-ils, de ne pas oublier que
dans les cas où l’irritation^spinale est sous ladépendance
d’un état anémique, le traitement hydrothérapique de¬
vra être dirigé principalement contre Tanémie, cause
principale de la maladie ; on trouve en outre souvent
l'indication d'associer, à ces différents moyens, les
ferrugineux et les toniques. »
Dans le Traité des maladies nerveuses de Kraft-Ebing,
je lis : « Vu que nous ne connaissons que très peu les
changements chimiques les plus subtils qui se passent
dans notre système nerveux et qui sont peut-être la
cause delà neurasthénie, ou que nous ne savons seu¬
lement que d’une façon imparfaite quel est l’effet de
nos médicaments journellement prescrits, nous devons
nous contenter de l’empirisme. Les toniques les plus
usuels sont : fe/er, l’arsenic, lequinquina, le phosphore,
le zinc. Il seraittrès difficile de donner leurs indications
spéciales ».
Les premiers cas que j’ai observés l’ont été également
au point de vue empirique, mais j’ai eu ensuite l’occa¬
sion de rencontrer en ville et à l’hôpital toute une
série de neurasthéniques on le fer a donné d’excellents
résultats ce qui m’a permis de me faire une opinion ra¬
tionnelle sur ce sujet.
Darmi les observations que j’ai eu l’honneur de pu¬
blier, il eu est qui ont trait à des neurasthéniques ané¬
miques : il en est d’autres où l’anémie ne pouvait être
502
l.Iî PROGRÈS MEDICAL
en cause ; du reste dans les observations de neurasthénie
s'accompagnant d’anémie, traitées et guéries par les fer¬
rugineux, l'étatanémiquen’a jamais été bien accentué,
incapable, par lui-même d’amener un état sérieux de
dépression physique ou psychique.
Les préparations ferrugineuses que j’ai employées
sont le protoxalatedefer et le ferroplasma, jen’ai eu qu'à
m’en louer. Mais en même temps que je prescrivais les
ferrugineux, j'avais bien soin, d'ordonner l’acide chlo¬
rhydrique pour favoriser l’assimilation du fer et activer
la digestion de ces malades, presque toujours hypochlo-
rhydriques.
Ce traitement était complété par l'usage d'eaux mi¬
nérales ferrugineuses comme celles d’Orezza,de Bussang,
de Spa. Les eaux minérales qui conviennent le mieux
à ces états neurasthéniques sont sans conteste celles de
Saint-Parize (source des Vertus), car elles contiennent
en même temps que le fer, des sels de chaux et de manga¬
nèse qui les rendent laxatives, ce quifait qu’elles ne cons¬
tipent pas, mais au contraire facilitent la régularité des
selles (1).
N A RC Y L G R EM Y médicament spécifi¬
que de la toux, spécialement de la toux des tu¬
berculeux.
HYGIÈNE PUBLIQUE
De la législation française en matière de loge¬
ments insalubres. Etat actuel. Réformes né¬
cessaires (2) ;
Par M. Alfred FILi-ASSIER,
Docteur en droit et D' en médecine.
Il ne nous appartient pas de démontrer aux membres
du IP Congrès international de l’Assainissement et de
la Salubrité de l’habitation l’influence que peuvent exer¬
cer sur la santé des habitants des villes les habitations
insalubres. Cette influence a été invoquée bien des fois ;
elle a été démontrée par de nombreux travaux parmi
lesquels il suffira de rappeler les rapports de M. Paul
JuiLLERAT, au 1" Congrès International de l’Assainisse¬
ment et de la Salubrité de l’habitation, et au Congrès
de la Tuberculose, tenus à Paris en 1904 et en 1905.
Nous nous proposons de rechercher simplement de
quelles armes la législation française a muni les auto¬
rités pour assurer l’assainissement des logements et
comment ces armes doivent être fortifiées dans l’ave¬
nir. Cela dit, si nous négligeons les textes antérieurs à
l’époque révolutionnaire, qui eurent cependant leur uti¬
lité, mais qui s’inspirèrent plus des nécessités du mo¬
ment que d’une pensée directrice, nous en arrivons im¬
médiatement aux textes de 1789 et 1790, qui confiaient
au pouvoir municipal le soin de veiller à la salubrité pu¬
blique dans la commune. La loi du 5 avril 1884 sur l’or¬
ganisation municipale, de laquelle il faudra rapprocher
celle du 21-23 juin 1898 sur la police rurale, reprit, sauf
de légères modifications, dans son article 97, les dispo¬
sitions de la loi des 16-24 août 1790.
De l’examen de ces différents textes, il résulte que le
Maire est, en France, le principal fonctionnaire sani¬
taire, et M. Léon Say écrira que le Maire en matière
municipale — et l’hygiène fait partie de la police muni¬
cipale — est administrateur, juge et exécuteur de ses
décisions ». Quel usage pouvait-il faire de ces pouvoirs
en ce qui concerne l’assainissement des maisons ?
(1) Ce travail a été eonimiiniqué au Congrès des aliénistes et neu¬
rologistes.
(2) Rapport au II* Conorrés international d'assainissement et de
salubrité de l’habitation. (îenève, sejJtenibre 1900,
D’après cette législation, le Maire peut prendre dan
l’intérêt général, toutes les mesures propres à faire dis*
paraître les causes d’insalubrité relevées dans les mai
sons. C’est ainsi notamment qu’il peut intervenir cha¬
que lois que la cause d’insalubrité qui existe à l’intérieur
d’une propriété prolonge en quelque sorte ses effets
sur le domaine public ; tel l'arrêté municipal qui inter¬
dit toute communication entre les fosses d’aisances et
les égouts, ou défend de placer des écuries le long delà
voie publique. 11 interviendra également chaque fois que
la salubrité publique est en cause, et en vertu du même
principe, le Conseil d’Etat a déclaré légal un arrêté qui
prescrivait à un propriétaire d’assurer l’entier assai¬
nissement de sa propriété dans un délai déterminé.
Ces pouvoirs semblent vastes; ils ne tardent pas à
recevoir de nombreuses limitations : c’est ainsi que le
Maire n’a pas le droit de prescrire le « moyen à em¬
ployer » pour remédier à l’insalubrité signalée ; c’est
ainsi qu'il ne peut intervenir si seule la santé des loca¬
taires est en cause, il faut que tous les habitants de la
commune y soient intéressés, et dès lors, la salubrité
publique.
Enfin, et celte critique sera encore vraie sous l’empire
de la loi du 15 février 1902, il ne faut pas oublier que le
maire est un magistrat élu par ceux-là précisément con¬
tre lesquels il lui faudra peut-être sévir, et bien souvent
cette dépendance gênera son initiative.
Dès 1850, ces critiques frappèrent le législateur et il
tenta d’y remédier en promulguant la loi du 13 avril ISiV.i
sur les Logements Insalubres qui ne porta nullement
atteinte au pouvoir des Maires de prendre, dans l’intérêt
général, toutes mesures utiles, mais créa de nouvelles
garanties pour la salubrité des logements occupés par
d’autres que le propriétaire, l’usufruitier ou l’usager. Ce
ue fut cette loi de 1850, nui ne l'ignore et nous ne le re¬
irons pas ; elle marqua une phase de cette évolution
qui, se dégageant du respect exagéré et faussé des droits
de la propriété privée, tente d’aboutir à une formule de
conciliation très large entre les droits de la propriété et
les lois de la solidarité humaine.
La loi du 15 février 1902 sur la protection de la saute
publique répondit à quelques-unes des critiques adres¬
sées à la loi de 1850 ; elle est obligatoire, elle s’appliqi®
à toutes les agglomérations quelle qu’en soit la nature,
à toute cause d’insalubrité inhérente à la propriété pri¬
vée ; sa procédure, bien que contradictoire, est sensible¬
ment plus rapide. . .
En vertu de l’article 1'"' de la loi de 1902, le maire es
tenu de déterminer sous forme d’arrêté réglementaire
les mesures destinées à assurer la salubrité des ma'S^
et de leurs dépendances, des voies privées, des lOo
ments loués en garni, des autres agglomérations 1“®.
qu’en soit la nature, notamment les prescriptions re
tives à l’alimentation en eau potable et à l’évacua
des matières usées. ,
Des arrêtés réglementaires types ont été élabores
le Comité consultatif d’hygiène publique de Èranc . .
ils ont fixé les règles générales de la salubrité des
tâtions. Ils ne sont toutefois applicables qa aux
sons à construire et non aux maisons e.xistantes
le régime est fixé par le chapitre 2 de la loi pouve
Par application des dispositions du chapitre 1 >
12, 13, 14, lorsqu’un immeuble, bâti ou non, des
non à la voie publique est dangereux pour la
habitants ou des voisins, le maire visitel’ininieubie,
un rapport dans lequel il énumère les causes d’insa^^
et indique les moyens d’y remédier, et son so»'
mis à la disposition des intéressés. Si l’intéresse^
met, la procédure est terminée ; s’il résiste,» .pj-ocèà^
qué devant la Commission sanitaire qui l’entend, F^,. J
contradictoirement à une visite sur place, e go
s’exécute pas encore, un arrêté d’injonction l
demeure, arrêté qu’il peut cependant déférer a , pgjer-
de Préfecture et au Conseil d’Etat. S’il renonc . jjgpoBS
cice de çe droit et s’il ne se soumet pas aux mj
LE PROGRÈS MEDICAL
503
. liiaire, il est poursuivi devant le tribunal de simple
«lice qui' autorise le maire à exécuter les travaux d’of-
Le et aux frais du contrevenant.
Cette procédure paraît inattaquable. Il convient ce-
«ndantde signaler quelques imperfections :
^C’est ainsi que la loi prévoit l’exécution des travaux
jar le propriétaire, et Fy contraint par la menace d’une
flécution d’office avec privilège sur les revenus de l'im-
Bienble. _
Mais n’arrivera-t-il pas que le proprietaire sera, bien
des fois, hors d’état de faire face .à la dépense, alors que
h propriété sera de si peu de valeur que le gage dispa¬
raîtra ? Bien mieux, s’il s’agit de l’assainissement d’un
terrain non bâti, d'une mare, il ne saurait y avoir de re¬
venu à saisir ! Ne serait-il pas préférable devenir en
aide au propriétaire ? Les propriétaires mis en cause re¬
cevront à leur domicile propre toutes significations uti¬
les. Mais sera-t-il toujours jtossible de les découvrir ?
Qu’arrivera-t-il si la propriété est l’objet de quelque mu¬
tation? Cette critique est plus vive encore lorsqu’il s’a-
jtit des voies privéeq. Ici, les propriétaires sont souvent
très nombreux, 10, 20, 100 môme ; il sera, en fait, très
difficile de les atteindre ; de plus, si les travaux pres¬
crits ne peuvent être exécutés que d’ensemble, il suffira
de la mauvaise volonté d’un seul pour tenir la procédure
en suspens.
L’article 18 de la loi de 1902 décide que la commune
pourra, dans certaines conditions, recourir à la procé¬
dure d’expropriation de la loi de 1841. Sera-ce suffisant?
U loi de 1902 prévoit bien l’autorisation préalable de
bâtir,' mais outre que cette mesure n’est obligatoire¬
ment applicable que dans les villes de plus de 20,00 i ha¬
bitants, le maire est désarmé lorsque cette autorisation
est délivrée, et si, les travaux terminés, il note des dé¬
rogations, il n’a d’autre recours que d’appliquer les dis¬
positions du chapitre II de la loi dont la procédure est
sssez longue.
La loi du 15 février 1902 ne s’est préoccupée que des
eanses d’insalubrité inhérentes à l’immeuble ; elle n’a
Ms eu souci des causes d’insalubrité qui dépendent de
qui en est fait. Soit un propriétaire qui livre à
•babitation des locaux salubres ; au boutdepeude mois,
•*locataire,par sa malpropreté, son incurie, nécessite de
"ooveaux travaux ; le propriétaire seul pourra être mis
M cause ; il y a là une injustice réelle et un véritable
®osens. Que le propriétaire se soumette et exécute ces
^ïaux, faudra-t-il que demain il recommence parce
^eson locataire persiste dans ses procédés blâmables ?
y^ roleux, le maire prescrit l’interdiction d’habiter
1 «eV propriétaire en informe le locataire qui
PTi • ® ; va-t-on poursuivre le propriétaire? Une des
^ ®®*P^les causes d’insalubrité provient de l’encombre-
[,1g locaux ; est-ce le fait du propriétaire ? Il sem-
|Qonc nécessaire de permettre la mise en cause du
lorsque la cause d’insalubrité est dépendante
^usage qui est fait des locaux .
^ oôté de ces textes, il en est d’autres que les
^mistrations peuvent invoquer pour assurer l’assai-
'"p^^Bient des maisons.
le nous citeronslaloi du 16 septembre 1807 sur
tonç ®®™6ment des marais, dont l’article 35 est ainsi
‘ Tous les travaux de salubrité qui intéressent
>etnem ® ot les communes seront ordonnés par le gou-
i*téregg?l' los dépenses supportées parles Uommunes
furent employés en 1887 pour assurer l’é-
I on de l’Espierre et en 1803 de la Dives.
ïtonj.j^jlloles 30, 31 et32 de cette loi décident que les
?l‘on d ^ privées qui tireront des avantages de l’exé-
r * fian^ prévus co ntribueront à leur exécu-
'^di»“®ln mesure des avantages qu’ils en retirent.
2^cepg®^ontes dispositions sont tombées en désuétude
'•csao^oant on comprendra de quel secours les arti-
' ' t et 32 seraient dans l’assainissement des vil¬
les, si l’on retient qu'à Paris seulement il a été fait de
1852 à 1870pour 1200 millions de travaux de voirie.
Citons également la loi du 21 juin 1805 sur les asso¬
ciations syndicales, complétée par celle du 24 décembre
1888 et le décret du 29 novembre 1904 sur lesquels nous
aurons l’occasion de revenir.
Il nous reste maintenant à examiner quelles sont les
réformes qui doivent être apportées aux textes que nous
venons d’étudier sommairement, pour assurer le parfait
assainissement des maisons.
Tout d’abord, il convient de distinguer les immeubles
situés à la campagne, éloignés souvent les uns des au¬
tres, possédant tous des jardins ou ouvrant directement
sur les champs, peu élevés, peu emcombrés, et les im¬
meubles édifiés dans les villes où le prix du terrain et
l’exploitation en quelque sorte industrielle des immeu¬
bles a singulièrement aggravé la situation.
A la campagne, il suffira le plus souvent de quelques
prescriptions simplifiées ; de veiller à l’installation sa¬
nitaire des cabinets d’aisances, à l’éloignement des puits
des fosses et des dépôts de fumiers, etc., etc. Il faudra
surtout faire l’instruction de la masse et démontrer au
cultivateur, ainsi que le réclamait AI. le D'' Henri
Thierry (1), que son intérêt pécuniaire est lié à l’obser¬
vation de ces prescriptions sanitaires. Le jour où cette
vérité aura pénétré dans l’esprit de nos cultivateurs,
l’assainissement des campagnes sera bien vite réalisé
aucune cause contraire n’exerçant une détestable in¬
fluence.
La situation sera différente lorsque nous nous trou¬
verons dans les grandes villes où, nous l’avons dit, le
prix du terrain constitue le plus gros obstacle. Ici, à la
faveur des données du casier sanitaire de Paris que créa
M. Paul JuiLLERAT, nous distinguerons les immeubles
ou des améliorations peuvent être exécutées, et ceux
pour lesquels il faudra recourir à la démolition.
A. Immeubles QUI peuvent être améliorés. — Pour les
premiers, la loi de 1902 sera, sauf quelques perfectionne¬
ments, suffisante ; l’exemple de Paris témoigne d’ailleurs
que le plus souvent les propriétaires consentent à faire
les travaux prescrits, lorsque la nécessité leur apparaît.
C’est ainsi quesurOOOO affaires suivies depuis l’applica¬
tion de la loi nouvelle, 35 seulement ont donné lieu à des
recours. L’essentiel est de découvrir les immeubles mal¬
sains, et ici l’institution des casiers sanitaires doit être
généralisée. Déjà, le Congrès d’hygiène sociale deNancy
a émis un vœu de ce genre, sur la proposition de M.
Emile Cheysson, et la circulaire du Ministre de l’Inté¬
rieur du 23 mars 1906 donne le Casier Sanitaire de Paris
en exemple aux municipalités. C'est ainsi qu’à Paris, le
Casier Sanitaire a révélé 5263 maisons dangereuses, par¬
mi lesquelles 800 ont paru tout à fait meurtrières ; c'est
ainsi qu’une enquête détaillée ayant été faite en 1906
sur 265 maisons choisies parmi les plus mauvaises ; ces
265 maisons habitées par 25,938 personnes, ont présenté
du P'’ janvier 1894 aul" janvier 1906, une mortalité tu¬
berculeuse moyenne annuelle de 7.98 pour 1000.
Dans ces 265 maisons, 1398 chambres insalubres ne
pouvaient être modifiées ; on ne pouvait y faire péné¬
trer l’air et la lumière ; 12i9 autres étaient inhabitables,
mais pouvaient être améliorées, dans 6 maisons, aucune
chambre n’était inhabitable.
Nous-même, nous avons été assez heureux pour faire
adopter par le Congrès de la Tuberculose tenu à Paris
en 1905, un vœu tendant à une union nécessaire entre
les casiers sanitaires et les œuvres d’assistance dans
cette lutte commune et déjà M. le Professeur Albert Ro¬
bin, au Dispensaire Jacques Siegfried et Albert Robin,
MM. les docteurs Rénon et Carnot, aux hôpitaux de la
Pitié et de Broussais. M, le D'' Boureille, à son dispen¬
saire du Boulevard Garibaldi, M. le sénateur Paul Strauss
(1) IV Henrï Thierry. — FîcmerY et /oyyc.y (Hygiène générale
(T appliquée, mars, 19(>6.) L’assainissement des villages (Itvgiéne
gcner.ale et appliquée, mai 1906).
en une série d’études ont entrepris le bon combat. Dès garnies ne sera jamais inférieur à 14 m, par personne -
qu’un malade atteint de tuberculose ouverte se présente 7 et 10 mètres seront suffisants s’il s’agit d’ateliers oùdes "
dans un de ces services hospitaliers, note est prise de personnes travaillent toute la journée. Les causes de -
son domicile et avis en est donné au Casier qui procède nuisance sont plus considérables parce que plusieurs
aune visite et prescrit s’il y a lieu les améliorations né- personnes occupent le même local et y manient parfois
cessaires. des matières malsaines et les garanties seraient moin.
Vous venez de voir quels résultats ont été obtenus dres !
déjà. Il y a plus ; l’art 5 dispose in fine : « Ces locaux, leurs
Il y a d’autres moyens ; c’est ainsi que M. André Lefk- dépendances et escaliers seront convenablement éclai-
VRE propose l’apposition facultative d’une plaque de salu- l’és » — Que faut-il entendre par convenablemen t éclai-
brité sur les maisons reconnues en bon état ; il serait rés ? — S’il faut entendre par là que le mode d’éclairage
dressé une sorte de barème indiquant la cote des dispo- est indifférent pourvu qu’il soit suffisant, il faut enten-
sitions reconnues indispensables pour assurer la salu- dre que les locaux, c’est en fait l’interprétation qui est
brité des logements. Chaque partie d’un immeuble serait donnée dans ffipratiquepar l’Inspection du Travail,pour-
cotée d’après ce barème. La somme de toutes ces cotes ront être éclaires à la lumière artificielle ; c’est dire que
donnerait un chiffre qui permettrait de classer la mai- les ouvriers travailleront dans une nuit perpétuelle,loin
son d’après un tableau comprenant plusieurs catégories, delà lumière solaire qui seule exerce une action efficace
La plaque indiquerait le numéro de la catégorie dans la- sur les germes nocifs qui peuvent se trouver dans les
quelle serait classée la maison. Déjà sur la proposition ateliers. Sur ce point encore, le décret de 1904 doit être
de l’honorable Conseiller, la Ville de Paris communique modifié et seuls les ateliers éclairés par la lumière solaire
le Casier Sanitaire de leur maison aux propriétaires qui doivent être autorisés,
enfont la demande. M. le D’’ Lucien Graux souhaite qu’une
copie soit délivrée à tous les propriétaires qui la ré- B. Immeubles qui ne peuvent être améliorés. — Cela
clameront. Par toutes ces mesures le propriétaire devien- dit, examinons une deuxième hypothèse ; la maisoncons-
drait le premier associé de l’administration dans son œu- titue un tel danger qu’il importe de la faire disparaître,
vre d’assainissement ; cette union produirait de féconds il s’agit, par exemple, d’une de ces « maisons maudites »
résultats. où la tuberculose a fait son lit et qui sont, pour cette ma-
Toutefois, il importe de prévoir que des propriétaires ladie, de véritables foyers. Aucune mesure d’assainisse- ]
bien disposés peuvent se trouver dans l’impossibilité ma- ment ne serait capable de l’améliorer,
térielle d’exécuter les travaux prescrits par suite de dé- L’article 18 de la loi de 1902permet aux municipalités,
faut de ressources. Aussi semble-t-il bon de compléter lorsque l’insalubrité est le résultat de causes extérieures
ici encore la loi de 1902 en créant, dans une forme à dé- ou permanentes.ou lorsque les autres causes d’insalubrité
terminer, une caisse qui ferait des avances aux proprié- ne peuvent être détruites que par des travaux d’ensem-
taires et leur permettrait de se libérer par annuités. La blc, d’exproprier les propriétés comprises dans le péri-'
Municipalité y trouverait d’ailleurs son compte car, mètre des travaux ; la procédure suivie est alors celle Je
nous l’avons dit, si elle fait exécuter les travaux d’office, la loi du 3 mai 1841, sauf certaines dérogations desli-
son recours sur les revenus de l’immeuble est bien sou- nées à éviter la reconstitution sur place d’immeubles ia-
vent illusoire. M. Ambroise Rendu a récemment déposé salubres. . 1
une proposition dans ce sens au Conseil municipal de Cette disposition réalise un véritable progrès, mais
Paris. comme l’écrit M.le Député Delory : « cette loi est impuis-
Deux autres modifications nous paraissent néces- santé si l’on veut faire une guerre sérieuse à ces mala-
saires : dies qui déciment l’humanité, à la terrible tuberculoM
En ce qui concerne les voies privées, qui constituent en particulier. . . ». « Le vrai remède consiste à prom-
fréquemment dans les grandes villes de très réels foyers guer l’air et le soleil ; il faut permettre aux municipalités
de contagion, la procédure actuelle est infiniment trop de nos grands centres industriels, de faire, avec le moins
longue, il faut la simplifier, et ici nous proposerions de de frais possible, de larges trouées dans ces quartiers
recourir à la procédure d’urgence de laloi de 1902 (art. 3) malsains où pullule obligatoirementla classe ouvrière,
ou mieux de décider qu’en matière d’assainissement et qui senties véritables foyers de ces maladies. »
des maisons, qu’il s’agisse de maisons ou de ypies pri- Pour remédier à cette situation, l’honorable depm
vées, les significations soient faites à l’immeUDle même proposait de permettre au Conseil municipal de recm*
considéré comme domicile arf àoc du pi’opriétaire. D'au- mer du gouvernement l’autorisation d’exproprier tou
tre part, il semble qu'il y aurait tout intérêt à rendre les terrains destinés aux voies de communication '
obligatoire, dans les voies privées qui ont nécessité l’in- d’autres usages ou services publics, ainsi que les p
tervention des services sanitaires, la constitution d’as- priétés comprises dansle plan général des ^ aj,
sociations syndicales telles qu’elles ont été définies par jetés, lorsqu’il s’agit de travaux ayant pour but dass
lesjois du 21 juin 1865 et 22 septembre 1888. nirun quartier ou d’en construire un nouveau. .
Mais avant que de quitter les mesures destinées à as- M. Jules Siegfried s’inspira de considérations ao
sainir les locaux insalubres, il importe de signaler une gués dans la proposition de loi qu'il déposa en
anomalie singulière. termes de cette proposition, si le Conseil municipa*^
La loi de 1902 n’est pas applicable aux ateliers et ma- poursuivre l’expropriation d’un immeuble ou d
nufactures. Ces locaux sont régis par des textes dis- tier jugé insalubre, le Maire provoquera une dei
tincts. Or nous trouvons dans le décret du 29 novembre tion tendant à réclamer l’expropriation po'i*' ®menl.
1904 sur l’hygiène et la salubrité dans les locaux du tra- salubrité publique etfixantle périmètre d’assainissc^j
vail des dispositions fâcheuses ; L’art.3 décide que « les Le préfet consultera la Commission sanitaire
locaux affectés au travail ne seront jamais encombrés, dans les trois mois un arrêté portant déclaration
Le cube d’air par personne employée ne pourra être in- salubrité et autorisant le Maire à poursuivre i V
férieur à 7 mètres cubes. .. Le cube d’air sera de 10 m. priation. ropri®'
aumoins par personne employée dans les laboratoires, . De plus, le jury ne devra jamais allouer au P Je
cuisines, caves ; il en sera de même dans les magasins, taire une indemnité supérieure à la valeur
boutiques et bureaux ouverts au public». l’immeuble ; il devra décider, par délibérations jg
Ainsi, tandis que le règlement sanitaire de la Préfec- tes et motivées, avant toute fixation d’indemni
ture de la Seine décide que les pièces destinées à l’habi- revenu de l’immeuble ou des locaux loués est |g pré'
tation ne pourront présenter un cube inférieur à 20 m. suite de l’entassement des habitants ; si l ini®®“" j.e à
(art. 341 ;-tapdis que le règlement sanitaire delà Préfec- sente quelque cause d’insalubrité ; s’il est
ture de Police (art. 7) décide que le volume des chambres l’habitation : ce seront là autant de causes de
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LE PROGRÈS MEDICAL
tion de l’indemnité qui, dans le dernier cas, ne repré¬
entera plus que la valeur du sol et des matériaux démo¬
lis U est désirable qu’une telle loi soit promptement
^°Mais il ne suffit pas de supprimer les maisons insalu-
•bres, d'interdire à l'habitation les locaux qui ne peuvent
L 'être assainis. Il faut encore se préoccuper de loger les
E habitants ainsi expulsés.
^ On avait cru longtemps que les travaux d’expropria¬
tion dans les grandes villes avaient pour effet de repous¬
ser vers la périphérie les locataires peu fortunés qui ne
trouveraient plus à se loger dans les immeubles démolis
et à faibles loyers. Il n’en est rien et les ti avaux deM. le
T3' Noir, notamment, ont démontré que l’ouvrier n’était
pas maître de choisir son domicile. En réalité, il se loge
' an voisinage de son travail et si l’immeuble qu’il occupe
-est démoli, il se réfugie dans les maisons les plus voisi-
! nés dont il augmente ainsi l’encombrementet accroît l’in
1 salubrité. Les travaux de Casier Sanitaire de Paris ont
1 amené aux mêmes constatations. _
Si donc, dans une espèce déterminée, il faut dé.'nolir,on
- doit se préoccuper de reconstruire dans des conditions
■ telles que les habitants peu fortunés puissent trouver
- asile dans les nouvelles constructions.
En Angleterre, le médecin du Service de Santé estime
qu’il y a lieu de réclamer la disparition d’un îlot de mai¬
sons, qu’il s’agisse de maisons, cours ou ruelles impro¬
pres à l’habitation, ou de locaux exigus, mal disposés,
mal aérés, présentant des causes graves d’insalubrité,
il en est référé à l’autorité locale qui délibère sur ses
propositions.
Si elle les adopte, elle présente à l'autorité compétente
nn projet d’amélioration qui doit renfermer notamment
les mesures à prescrire, et le moyen d’assurer le loge-
I ment des ménages ouvriers qui se trouveront expulsés
I par suite de son exécution.
Cette autorité prend un arrêté provisoire fixant les
limites des propriétés à exproprier et déléguant à l’au¬
torité locale les pouvoirs nécessaires ; cet arrêté n’aura
/ force obligatoire que lorsqu’il aura été approuvé par le
Parlement.
[ , 1 1 de l’art. 11 de Tact de 1893 (Housing of the wor-
. wng classes) est à reproduire ; il comporte cependant
certains tempéraments dictés par la pratique ;
!. ‘ Tout projet concernant un îlot de maisons situées
«ans le comté ou dans la Cité de Londres devra pour-
1 ^oir aulogcment d’un aussi grand nombre de personnes
®e la classe ouvrière qu’il en sera déplacé parles travaux,
ioaiis des locaux convenables. Sauf exception, ceux-ci de-
'’font être situés dans le périmètre de i’îlot exproprié
cu dans le voisinage. »
1 ^ à ’’emarquer que l’autorité ne sera pas tenue de
procéder elle-même à l'assainissement de Tîlot; ellepour-
T ® le vendre ou le louer à des tiers, particuliers ou socié-
charge pour eux de respecter les clauses qui
Ijj "éierminé l’expropriation, qu’il s’agisse de démolir
sons reconstruire ou d'en aménager les mai-
France, M. Siegfried a envisagé dans sa proposi-
loi ce côté du problème lorsqu’il indique que la
pourra affecter les immeubles à des construc-
de !>* ’^lilité publique, ou les attribuer <à des sociétés
onstructiou d'habitations à bon marché.
ing “,®^eux questions de la démolition des immeubles
sés ob du logement sur place des habitants expul-
étroitement liées et appellent une même solution.
ris^lO^slateur de 1936 l’a bfen compris lorsqu’il a auto-
gr"é 1®® départements à céder de gré à
I ‘■'ûns'^^ sociétés de constructions à bon marché des ter-
I fooiti'^'^ constructions jusqu’à concurrence de la
I En n ^ '^olour réelle .
Untu saufla loi de 190G, tous ces textes appel-
|. oriliquc d’ordre général. C'est le Maire, magis-
I chargé d’assurer leur application. Or tous
R aterèts électorauxseront souvent en contradiction
avec ses devoirs, et il aura tendance à cé 1er le pas aux
premiers sur les seconds. M. le Professeur Chantemesse,
dans son travail sur les dangers que font courir au pays
tout entier les émigrants logés à Marseille, a montré
que la Municipalité de cette ville . pour ne pas s’aliéner
la puissante corporation des hôteliers -logeurs, se désin¬
téressait à peu près complètement des questions relatives
au logement des émigrants. L’.-\cadémie de Médecine, en
présence des dangers formidables que cette incurie fait
courir au pays, s’est émue à juste titre ; mais en l’état de
lalégislation sanitaire, l’Administration supérieure est
à peu près désarmée.
De tout ce qui précède, il résulte donc que la loi du 15
février 1902 a réalisé un réel progrès en ce qui concerne
les moyens d’assurer l’assainissement clesmaisons, mais
qu’elle appelle certaines dispositions complémentaires.
À"ous les formuleron.s sous forme de vœux pour lesquels
nous nous réjouirons d’obtenir la haute approbation du
IP Congrès international de l’assainissement et de la
salubrité de l’habitation : nous aurions alors conscience
d’avoir fait œuvre vraiment utile.
Le Congrès émet le vœu :
P Que l’exécution des travaux d’assainissement soit
facilitée par l'intervention d’une loi d’expropriation pu¬
blique pour cause d'insalubrité, qui se préoccuperait éga¬
lement de la i-econstitulion des habitations salubres et à
bon marché sur l’emplacement des immeubles expro¬
priés
2° Que des c.asiers sanitaires soienteréés dans toutes
les villes et qu'une entente s’établisse, chaque fois que
faire se pourra, entre les Casiers sanitaires et les œuvres
d’assistance.
3° Que la procédure de la loi de 1902 soit simplifiée,
notamment eii ce qui concerne les voies privées.
4» Que l’administration soit autorisée à mettre en cause
non plus seulement les propriétaires d’habitations insa¬
lubres, mais encore tous ceux qui auront nui à la salu¬
brité de l'immeuble.
Que l’autorisation de construire soit complétée par
l’autorisation d’habiter. •
6° Que l’administration vienne en aide aux propriétai¬
res dans l’exécution des travaux d’assainissement par la
création d’une caisse d’assainissement ou par tout au¬
tre moyen.
7° Que l’exécution des lois d’hygiène soit confiée à des
fonctionnaires sanitaires relevant d’une adminisiration
autonome.
Le microbe de la coqueluche.
MM. les D"' Bordet et Gingou, de l’Institut Pasteur du
Brabant, auraient découvert l’agent spécifique de la co¬
queluche. Ce serait un fort petit bacille qui serait à l’état
presque pur dans les premières expectorations formées d’un
exsudât blanc, extrêmement riches en leucocytes ou globules
blancs. Les travaux des deux savants bactériologistes permet¬
traient d’espérer la découverte d’un sérum curatif.
Le sérum de la fatigue.
M. Weichardt, de Berlin, a trouvé le « sérum delà fati¬
gue », invention évidemment précieuse. 'Voici en'quoi cela
consiste: On produit chez des animaux une grande fatigue
musculaire ; puis, lorsque les pauvres bêtes sont éreintées,
on les saigne. Le tissu musculaire est alors porté à une tem¬
pérature de 37 degrés centigrades pendant plusieurs heures
on le hache, on en exprime le jus, et on filtre le jus. On en
fait ensuite des injections à d’autres animaux qui sont tout
aussitôt exténués, mais qui réagissent ; on les saigne, et, de
ce sang, on extrait un sérum, une antitoxine, qui a la pro¬
priété, paraît-il, de neutraliser ou de détruire les toxines ré¬
sultant de la fatigue. Voilà qui va bien faire plaisir aux em-
plo3és de ministère! {Gil Dlas.)
LE PROGRÈS MÉDICAL
56f)
BULLETIN DU PROGRÈS MÉDICAL
Valeur nutritive et valeur marchande des aliments (1);
Après avoir exposé les raisons scientifiques et prati¬
ques pour lesquelles le choix des aliments doit porter
sur le lieu d'origine, sur ^âge, Vêtat de fraîcheur, etc. ,
il est peut-être utile de songer au prix des substances
alimentaires. Certes, il importe d’être économe, mais
il faut l’être en connaissance de cause. Avec des ren¬
seignements exacts, on peut avoir à bon compte une
nourriture saine et suffisante. On a calculé qu’une
famille de six personnes, consommant par jour
1,500 gr. de viande et de lait, peut vivre à 4 francs
par jour, c’est-à-dire à moins d’un franc par tête et en
ingérant plus de viande qu’il n’en faut en moyenne.
Avec cent grammes de viande par jour, le prix de la
nourriture quotidienne pour chacune des six personnes
reviendrait à 0 fr. 40 centimes. On a encore calculé
(la bonne déesse Nature sourit peut-être de ces cal¬
culs!) qu’un restaurant populaire peut fournir 300
repas (composés de potage, pain, viande, légumes) au
prix de 21 centimes le repas, y compris le loyer, le
service, le chauffage et l’éclairage.
Mais il faut bien se garder de prendre au pied du
chiffre ces dépenses minimum, pour les ériger en règle
absolue d’économie domestique. Dans leur enquête sur
V alimentation d'une centaine d'ourriers et employés
parisiens (2), MM. Henri et Marcel Labbé, dont les
recherches sont d’ailleurs pleines d'intérêt, proposent
à la population parisienne des menus-tvpe aux prix
respectifs de 1 fr. 78, 1 fr. 96, I fr. oiS, 0 fr. 96.
Une telle précision n'est sans doute que schématique
dans l’esprit des distingués chefs de laboratoire ; en
fait, ce n’est qu’une imprécision susceptible d’in¬
duire en erreur, si on n’a soin d’établir pour chaque
menu-type, un prix maximum, et un prix minimum
entre lesquels l’écart peut être assez grand. Il suffit
de consulter le cours des halles et marchés de Paris
pour constater, abstraction faite du mode d’achat (en
gros ou en détail), de grandes différences de prix
suivant la qualité (3) :
Le bœuf (viande nette), coûte de 0 fr. 86 à 1 fr. 46 le kilog.
Le veau, varie, comme prix, de 1 fr. 36 à 24'r. 30 le kilog.
Le 'mouton coûte de 1 fr. 0^ à 2 fr. 16.
Le beurre (Isigny), de 2 fr. à o fr. 75 le kilog.
Le camembert, de 20 fr. à 60 fr. le cent, etc., etc.
Or, sans méconnaître les graves erreurs acceptées
par l’ignorance, qui peut nier, en ce qui est de la
viande et des fromages, par exemple, que le prix soit
en rapport, au moins dans la plupart des cas, avec la
valeur ntitritive ? Le fromage de Brie « double ou
triple crème. », au prix relativement très élevé, n’est-il
pas nutritivement supérieur au même fromage « mai¬
gre », dont le bas prix est relativement surprenant ?
(1) E.-îlrait iVun ouvrage de vulgarisation, à paraître. Il s’agit ici
d'aperçus préliminaires.
(2) Comniuuiealion à la IV’ section du Congrès international de la
tuberculose (Paris, i-T octobre 190.”)).
(3) Nous prenons ay hasard et comme exemple les cours ofli-
eiels de mars 190ii.
. Ces réserves étant faites, il faudrait faire pénétrer
dans les masses la vérité suivante :
Le prix des aliments n’est pas nécessaireme^
EN R.4.PPORT AVEC LEUR VALEUR NUTRITIVE. C’est-à-
dire qu’il est des aliments qui nourrissent mieux que
d’autres, tout en coûtant moins cher. D’où la nécessité
d’avoir sur la valeur nutritive des denrées alimen¬
taires des notions plus ou moins succinctes, pour per¬
mettre des comparaisons utiles. Aussi faut-il applaudir
aux études méthodiques et patientes de l’Américain
Atwater (1), dont les travaux ne sont que contributifs
et n’ont pas la prétention de conduire immédiatement
à des solutions définitives quant à leur application au
problème encore si complexe de l’alimentation indivi¬
duelle. C’est dans ce même sens qu’il faudrait multi¬
plier les recherches de laboratoire, pour élargir et
consolider la base sur laquelle on pourra construire
avec plus d’assurance un système d’alimentation ration¬
nelle de l’homme. Il faut reprendre, pour les contrôler
et les étendre, les réels travaux de chimie pure, émanésde
savants comme Lavoisier, Liebig, Moleschott, Rubner,
Konig, Uffelmann, Münk, Pettenkofer, Voit, Berthelet.
Armand Gautier, Attwater, etc., et ne produire qu’à
petites doses les résultats obtenus lentement, pénible¬
ment, mais profondément.
Voici des exemples d’aliments d’un prix plus élevé
que d’autres, et d’une valeur nutritive moindre. La
viande de veau coûte plus cher et nourrit ou stimule
moins (sous le même poids) que la viande de bœuf {2),
laquelle coûte plus et nourrit moins que la viande de
porc (3). Passons aux aliments d’origine végétale : les
primeurs flattent les sens, mais n’ont pas la valeur in¬
trinsèque des légumes et des fruits cueillis à l’époque de
croissance normale, sans avoir été « forcés ». Les
salades coûtent bien plus cher, sous le même poids,
et nourrissent incomparablement moins que des légu¬
mes secs (haricots, pois, lentilles). Certains pains de
fantaisie sont nutritivement intérieurs à d’autres pains
d’apparence plus rustique, etc., etc.
C’est d’après de telles observations, faites en grand,
et après une série d’expériences faites dans les grands
hospices d’aliénés de New-York (4), qu’est résultée la
possibilité, dans ces établissements, de réaliser une
économie de 20à 25 C/0 sur l’ordinaire des malades (5).
tout en améliorant d’une, façon notable, leur régime
alimentaire.
De ce qui précède découle ce qui suit :
L’économie mal appliquée ou mal comprisk peut
NUIRE A LA NUTRITION ET CONSÉQUEMMENT Aü TRA¬
VAIL. Il est des gens qui, sans y être forcés P®’’
misère, se montrent dans leur alimentation, d’une so^ •
(1) Rapports annuels de la Station de Stores (de lf*91 *
4' rapport sur le régime diététique for Hospitals for Ibe In=”
the State of New- York (1902). » ■ • i fr 4®
(2) A'eau. l" qualité. 2 fr. 30 le kilog. ; bœuf, l” qualité-
le kilog. {Marché de la Villette, à Paris, février et mars ig»
(3) Nous apprécierons en lieu voulu, l’évaluation raloriq« -j
admettons ici l’inégalité normale en contenu gras, du bce®
porc, élevés l’un et l’autre dans les conditions normales.
(4) Expériences faites de 1899 à 1902. sur une popula»
1.720 hommes et 2,110 femmes. . j pire
(5) Il est bon de noter que grand nombre d'aliénés dou®
considérés, au point de vue nutritif, comme bien portantr-
LE PROGRÈS MÉDICAL
5C7
jité dont ils sont les victimes. Ils ne songent pas, les
malheureux, que le corps, insuffisamment ou mal
nourri, ne peut fournir ni en qualité ni en quantité, un
travail suffisant. L'organisme mal réparé s'use plus
facilement et plus vite ; on veut conserver sa bourse, on
perd sa santé; on veut jouir plus longtemps, on se
suicide. !’• Cornet.
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Urologie et Séméiologie ; par M. le D' R. Muguet,
professeur de Chimie à l’Ecole de Médecine de Cler¬
mont-Ferrand, directeur du Laboratoire de Chimie de
La Bourboule-les-Bains. (Clermont-Ferrand, Raclot,
impr., 1906.)
M. le D'' R. Muguet, professeur de chimie, dont nous
avons pu apprécier, au début de nos études médicales,
la haute valeur scientifique et l’esprit essentiellement
pratique, avait publié, fan dernier, une critique des plus
judicieuses et des plus flatteusement appréciées par les
urologistes compétents, sur la manière dont on prati¬
quait les analyses d’urine. Ces analyses, faites sans
méthode sur des urines prises au hasard, ne peuvent
donner aucun renseignement précis et sérieux au clini¬
cien ; au contraire, dans bien des cas, avec les varia¬
tions d’alimentation et de manière de vivre, elles peuvent
induire en erreur si on les compare entre elles et si l’on
Tcut, superficiellement, tirer des conclusions définitives
des oscillations quelles présentent dans leur compo¬
sition.
M. Huguet n’est pas homme à signaler un mal sans
rechercher le remède, et aujourd’hui il publie une courte
ettrès intéressante brochure intitulée ; Urologie, Séméio¬
logie, premier chapitre de recherches pratiques impor¬
tantes que nous prenons la liberté de soumettre in
oxienso à nos lecteurs :
Pour que le clinicien puisse tirer des analyses d’urines tou¬
te® les indications qu'elles comportent, il faut qu’il procède
®'’ec méthode et ciu'il connaisse bien la composition normale
“e l’urine.
Qu est-ce que l'urine ? C'est un liquide aijueux, coloré, à
^^oction acide, contenant en dissolution un certain nombre
“e Principes dont l'ensemble est désigné sous le nom d’e.r-
Cet extrait communique à l'eau jouant le rôle de dis-
tyantun certain nombre de propriétés. Il augmente sa den-
U change sa tension superlicielle. i Billard et Perrin ont
montré que la toxicité urinaire était en raison inverse de
tension superficielle de ce liquide), il abaisse son point de
'^ogélation iCryoscopiei.
^extrait lui-même n’est pas composé de substances de
tne nature ; les principes qui le constituent peuvent se
j^^eter à trois types : substances azotées, minérales et ter-
{3®,°titre, l’urine, en traversant les organes urinaires, aen-
“e des éléments histologiques dont l’examen microscopi-
est susceptible de donner des renseignements précieux,
c’est sur ces divers éléments que doit porter une
analyse . Ce sera l’analyse primitive ou analyse type
> elle comprendra :
Extrait.
Substances azotées.
— minérales.
— ternaires.
Densité.
Tension superficielle.
Cryoscopie.
Couleur.
Acidité.
Examen microscopique.
Sucre .
Albumine.
J’ai dit plus haut : « Cet extrait communique à Y ean jouant
le rôle de dissolvant un certain nombre de propriétés. On
considère en effet le plus souvent les urines comme une
solution dans l'eau ». Eh bien ! ce point de vue est faux : la
vérité est que chaque substance contenue dans l'urine est dis¬
soute non dans l’eau, mais bien dans la solution de l'ensem¬
ble des autres substances. 11 semblera peut-être que c'est là
une distinction bien subtile et que c’est ergoter sur les mots :
nous espérons démontrer par les faits que nous allons citer
qu’il n’en est pas ainsi et que la distinction que nous faisons
est très importante.
1“ Le coefficient densimétrique de l’urée dans l’eau est sen¬
siblement de 4 : dans l'urine il n’est guère que de 1 .
« 2" L’abaissement de la tension superficielle produit par la
« dissolution de certaines substances dans l’eau pure et dans
« l’urine n’est pas identique. Ainsi les phénols dissous dans
« l’eau donnent toujours un abaissement de tension superfi-
« cielle beaucoup moins marqué que lorsqu’ils sont dissous
« dans l’urine.
« 3° La diffusion, à travers une membrane poreuse, des sels ou
<c de l’urée contenus dans l’urine ne se fait jamais avec la même
(c vitesse que lorsque ceux-ci sont dissous dans l’eau pure.
« 4» L’abaissement du point de congélation, obtenu par
« addition de chlorure de sodium à l’urine en général fet
« d’une manière remarquable pour certaines urines) n'est
« pas égal à celui obtenu par dissolution de la même quantité
« de chlorure de sodium dans l’eau pure. » — (Billard).
Nous avons signalé plus haut les recherches qui doivent
constituer l’analyse type PB. Gomment présenterons-nous
cette analyse au médecin !* Nous ne nous occupons pas
ici des renseignements d'ordre physique, microscopique,
faciles à indiquer très simplement : nous allons parler seu¬
lement des résultats susceptibles d’être traduits par des chif¬
fres. INoiis croyons qu’il est bon de les donner d’abord dans
un tableau indiquant les chiffres par litre et par 24 heures ;
puis étant donné l’habitude adoptée aujourd'hui de tout tra¬
duire par des graphiques, nous résumerons le tableau dans
un graphique analogue à celui que nous avons proposé dans
nos notes d'urologie (1894) et qui a été reproduit par C. Vieil¬
lard dans son livre « Türine humaine. » Ce graphique, basé
sur l’emploi de la règle à calcul, a l’avantage de donner
simultanément les chiffres vrais trouvés par l’analyse, soit au
litre, soit aux 24 heures, et les proportions qui existent entre
les éléments dosés.
Nous avons toujours été satisfait de ce graphique ; nous
proposons cependant de lui faire subir une légère modifica¬
tion : dans le graphique actuel, la normale est représentée
par une verticale; à sa droite se trouvent les points péchant par
excès, à sa gauche ceux qui pèchent par défaut ; nous propo¬
sons de nous ranger au type beaucoup plus répandu, dans
lequel la normale est représentée par une ligne horizontale
au-dessus de laquelle se trouvent les chiffres par excès, et
au-dessous les chiffres par défaut. Une expérience de plus de
dix années ne nous a conduit, en somme, qu’à cette légère
modification.
\ oici donc le clinicien en présence d’un tableau indiquant
les résultats fournis par une analyse type PR. Comment va-t-il
discuter en lui-même ces résultats ? Nous allons indiquer ici
quelles devraient être les idées directrices devant présider à
la discussion d'une analyse urologique.
Ce que le tableau nous indiquera en premier lieu, ce sera
l’intensité des échanges nutritifs. Si les rapports entre l’aci¬
dité, la couleur, l’extrait, les substances azotées, les sels, les
568
LE PROGRÈS MÉDICAL
substances ternaires, la toxicité, sont normaux, l'analyse sera
représentée par une ligne droite; mais cette ligne droite
pourra se trouver au-dessus ou au-dessous de la normale,
indiquant de la sorte si les échanges nutritifs pèchent par
excès ou par défaut; mais s il n’cn est pas ainsi, si le tracé de
notre analyse présente une ligne brisée décelant des excès ou
des défauts dans les éléments dosés, nous examinerons les
résultats méthodiquement, les uns par rapport aux autres,
et nous arriverons à conclure ou que ce sont les matières
azotées ou que ce sont les sels dopt les rapports sont mauvais.
Une nouvelle analyse poussée dans cette direction nous
indiquera dans quel sens se trouve la défectuosité signalée,
et nous arriverons ainsi à donner la formule urologique des
différentes « diathèses » (pour parler le langage usité il y a
encore peu d’annees) sur lesquelles peuvent se greffer diver¬
ses affections.
.\ujourd hui, les diathèses n’étant plus admises, nous di¬
rons qu'il nous sera possible d’arriver par examen méthodi-
(jiie à donner la caractéristique des « terrains » et de même
(lue le jonc ne pousse ({u’en terrain acide, que la digitale no
SC trouve jamais en terrain calcaire, nous arriverons un jour
à dire : un grand nombre de dermatoses prurigineuses pous¬
sent en terrains manquant de chaux, d’autres en terrains in¬
toxiqués, la tuberculose en terrains déminéralisés, les trou¬
bles trophiques sont sous la dépendance de l’hypo ou de
l'hypertension qu’indiquera un trouble urinaire, etc., etc.
Mais ces travaux ne sont pas encore faits et l’on voit d'a¬
près ce que nous avons dit jusqu’ici que même en adoptant :
1“ la méthode rationnelle (l’interprétation dont nous venons
de parler ; 2'’ une technique uniforme pour tous les chimis¬
tes ; 3“ une représentation également uniforme des résultats,
il faudra qu’un grand nombre de travailleurs se cqnsa-
crent à de patientes et minutieuses études pour arriver à la
détermination de la formule urologique dichotomique des
affections ; encore est il probable que, dans un certain nom¬
bre de cas, on n’y arrivera jamais, car, pour continuer la
comparaison que nous avons déjà empruntée au règne végé¬
tal, il est des affections comme des plantes qui s’adaptent
pres(iue indifféremment à tous les terrains.
Dans un prochain article, M. Huguet promet d’étu¬
dier la technique de l’analyse type PR ; il s’excuse à
l’avance si l’article e^tun peu long à paraître, car il
représente une somme considérable d’expériences à
exécuter. Nous ne doutons pas des progrès considéra¬
bles que retirera de ce consciencieux travail la science
urologique et de tous les bénéfices qui en résulteront
pour la clinique et la thérapeutique : en un mot, pour la
médecine pratique. J. Noir.
LA VALEROBROMINE LEGRAND
est plus active que les bromures et les valé-
rianates.
Assistance publique : Fournitures de pansements.
Le samedi 22 septembre 1906, à 2 heures 1 .', il sera procédé
publiquement, au chef-lieu de l'administration de l’Assistance
publique, avenue Victoria, n“ 3, à l’adjudication au rabais et
sur soumissions cachetées de la fourniture des articles de
pansement, gazes et cotons antiseptiques, mackintosch.profec-
tivc. etc. ; nécessaire au service des établissements de cette
administration pendant un an, à partir du octobre 1906.
Ces fournitures sont évaluées approximativement à ;
l'*' lot. Gaze iodoformeet au salol lavant rabais'. 18.000 fr.
2' lot. Coton au salol et borhiué (avant rabaisi./
— Mackininscli nmlenti va i l'J.UUU —
— Mackintosch. protective . (
3' lot. Coton hydrophile . Uâ.OOO kil.
4= lot. — — . 45.000 —
S’adresser, pour prendre connaissance du cahier des char¬
ges, au Service do l’exploitation, tous les jours, non fériés, de
10 heures à 4 heures fliureau des adjudications'.
B’ELIOGRAPHIE
Traité d’Hygiène da P. Brouardel et E. IVlosny: Anihro~
pologie, Hijgihie individuelle et Education physique^ //p
fascicule ; par R. Anthony, E. Duprk, P. Ribierre, U. Brou.w-
DEi., M. Boul.w, ’V. Morax et P. Lafeoili.e. (J. -B. Baillière
edi leur, 1996.)
Le 111” volume du grand Traité d’Hygiène est un des plus
intéressants, c’est en somme un véritable traité d’.Vnthropo-
logie divisé en : Anthropologie proprement dite, Hygiène
individuelle et Education physique.
L Anthropolnqk comprend elle-même deux parties:
1" L'Anthropologie physiqite dont l’exposé est fait avec toute
la clarté et la netteté désirables par M. R. .\nthony, le savant
secrétaire de la Société d’ Anthropologie. Cette étude a d’abord
trait à l'anthropométrie et à la technique de l’anthropologie;
puis .M. Anthony aborde l'étude du développement de la
forme humaine, c’est-à-dire la croissance.
2" L'anthropologie jisychique est l’objet d’un chapitre dû à
la collaboration de M. E. Dupré. agrégé de la Faculté de
Paris, médecin de l'Infirmerie du Dépôt et médecin des hôpi¬
taux et de M. P. Ribierre, c’est l’étude de la croissance psy¬
chique si l’on peut s’exprimer ainsi. Après avoir exposé en
quelques pages les généralités sur la phylogenèse et l’onto¬
genèse psychiques; les auteurs ont étu(iié les diverses étapes
de révolution psychique : les premières années, l’àge ante-
scolaire, 1 âge scolaire, l’époque de la puberté, l’âge adulte et
l’involution mrntale sénile. L’étude de l’éducation intellec¬
tuelle permet aux auteurs d’aborder le problème important
du surmenage scolaire et de sa prophylaxie, d’indiquer les
méthodes dévaluation du surmenage scolaire chez les
'écoliers.
V Hygiène individuelle comprend d’abord l'hygiène du vête¬
ment, traitée avec détails par M. (ieorges Brouardel, médecin
des hôpitaux de Paris et auditeur au Conseil supérieur
d’Hygiène publique de France, qui fait aussi l’exposé des
soins de propreté corporelle, ce qui l'amène à donner une
étude des bains publics.
L'Hygiène de l'oreille, du ne:, de la bouche et de la. gorge,
nécessitait les connaissances (d’un spécialiste. M. Boulay,
ancien interne des hôpitaux de Paris, a savamment traité ces
différents points en insistant sur leur intérêt prophylactique.
Le très distingué ophtalmologiste des hôpitaux de Paris, M-
V. Morax, a rempli le chapitre d'Hygiene de la vue, en expo¬
sant en détail le développement et l’exécution normale des
fonctions de l’œil, puis en abordant la question de la protec¬
tion de l œd sain, et l’entretien et le contrôle de la vision
normale.
Le chapitre sur les esercires phusigues et l'éducation phy^^'
que, qui termine le volume, est dû à la plume autorisée de
M. P. Lafeuille. médecin militaire. L’étude de la physiologie
du travail musculaire (production d’énergie musculaire^
utilisation mécanique de cette, énergie et son épuisemen
fonctionnel) se termine par l’exposé de la théorie de la fau
gue et du surmenage. Viennent ensuite, décrits minutieuse^
ment, les effets physiologiques des exercices physiques, su
la nutrition générale, sur la respiration, la circulation,
système nerveux, l’appareil locomoteur. Logiquement, ce
étude physiologique conduit à l'examen de l’éducaticin p ï
sique (gymnastique et sports) avec ses conséquences, lent
nement, la fatigue et le surmenage. ^
Trente-huit figures dans le texie facilitent la lecture de
excellent ouvrage. J. Noi®-
De l’apepsie ; par Français (IL. (20f)p. Edité chez Steinhed»
2, rue Casimir-Delavigne ; Paris 1906.1
Ce très important travail aboutit aux conclusions sui
vantes : _
.4. L’apepsie n’est pas une entité pathologique, mais L.
drome caractérisé par des altérations du chimisme
telles qu’elles démontrent l’abolition complète de la lon
digestive de l’estomac. jf.
B. Elle est le plus ordinairement en rapport avec d
LE PROGRÈS MÉDICAL
569
graves de la rr.uqueuse stomacale (gastrites dégénératives,
^rstitielles, mixtes, ou atrophiques). Elle se montre fré-
* mment à l'état isolé caractérisant cliniquement les for¬
ces destructives delà gastrite chronique. Elle apparaît par¬
te au cours du cancer de l’estomac, et un des points les
lus importants du diagnostic est desavoir distinguer les cas
Je gastrite simple des cas de cancer avec apepsie.
/' Elle peut accompagner encore différentes maladies, mais
ellene semble pas toujours, dans ces cas, jouer le rôle d’une
auseou être une conséquence, et souvent elle n’apparaît que
comme une maladie concommitante.
J). La lésion gastrique est consécutive à l'action de différents
irinripes irritants, toxiques ou toxi-infectieux qu'il s’agisse
ija''cnts venus de l’extérieur ou de produits de l'organisme
lui-même. L’expérimentation permet de se rendre compte
de l’importance des agents toxiques ou toxi-infectieux. Nous
avons pu la déterminer chez le chien par injections intrapéri¬
tonéales d’une gastro-cytolysine préparée sur le lapin par
inoculation à cet animal de muqueuse gastrique de chien.
Etude sur le pemphigus congénital à kystes épidermi¬
ques ; par Gr-xndje.sn. (Editeur, Maulde Doumeng, Ai, rue
de Rivoli, Paris.)
Conclusions de l’auteur;
l’ur l’cnsembte de ce travail, nous espérons avoir prouvé
que le pemphigus congénital à kystes épidermiques (épider-
molyse bulleuse de forme dystrophique) et le pemphigus hé¬
réditaire traumatique simple (épidermolyse bulleuse trau-
toali([ue siraplei forment bien deux entités morbides distinc¬
tes. Si, pour celte démonstration, nous nous sommes basés
uniquement sur les faits cliniques, c’est que les travaux d’au-
leurs très autorisés nous avaient convaincus que ni les re-
dierches anatomo-pathologiques, ni surtout les investigations
patliogéniques ne pourraient nous être d’aucun secours.
Nous avons entrevu la multiplicité ,des fadeurs que com¬
portent et l’anatomie pathologique, et la palhogénie, et la
romplexitc inlinie des processus morbides auxquels elles
peuvent donner lieu.
Mais en pratique, ces processus se traduisent par des symp-
lùmes assez constants, et ces symptômes se grouperit souvent
oe telle sorte que rétablissement de types pathologiques dis-
'incls devient possible. Ainsi, les mêmes caractères essentiels
«retrouvant nombre de lois et effaçant les symptômes se-
Wndaiics qui les accompagnent, ont permis d’établir les en-
“los morbides reconnues jusqu’ici. Or, il nous semble que
® caractères essentiels de Tépidermolyse bulleuse dystro-
Pwqueet de l'épidermolyse bulleuse traumatique simple sont
^wdinérents de l’une à l’autre, et suffisamment fixés par
c nombreuses observations, pour permettre de reproduire
"’Çn toute connaissance de cause, le parallèle que nous en
Çions schématiquement au début de cette élude.
; J. epidermolyse dystrophique conserve donc sa valeur d’en-
1 morbide, mais étant données les formes de transition qui
j à toutes les dermatoses voisines, il faut veiller à en
I limites par un contrôle rigoureux. Sinon toute
! des dermatoses congénitales deviendrait bientôt
possible et il n'y aurait plus moyen de s'orienter dans ce
* c de faits complexes et enchevêtrés.
oiuie surle vivant, guide pratique des repères
»natoi
^avec
uniques; par Bhi
'. (Un volume in 8“ de lü8 pa-
photographies, cartonné 4 fr. Edité chez J. -B.
here et fils, 11). rue îlautefeuille, Paris.)
Fuqc!® ce livre dont il n'a pas encore paru d'analogue en
i4{QtJ d’origine anglaise.Dansce pays à l’esprit pratique,
«Orfj praticiens étudient tout simplement l'anatomie de
hâiy) ’ repères anatomiques superficiels (surface ana-
W qy® ®®®lomie,qui s’ofireàla vue et au toucher chez le su-
Podfj peut être pratiquée chez les patients eux-mêmes
le médecin a besoin de se rappeler des notions
‘|iyes. Celte anatomie de surface est d’un intérêt très
.■.d’une part, les organes superficiels sont les plus
lésés par les agents extérieurs et d’autre part, pour
examiner et traiter une lésion profonde quelconque, il faut
fatalement partir du plan anatomique superficiel.
Cette anatomie doit être pratiquée par l’étudiant à l'hôpi¬
tal. Il doit répéter très souvent dans les régions saines la re-
cherche'des saillies osseuses, des bords musculaires, des ten¬
dons, des artères. — Connaissant ces éléments sains, il les re¬
connaîtra modifiés par la maladie et sera expert <à appliquer
ce grand principe « comparer le cjté sain et le côté malade ».
1 /orientation dans toutes les parties du corps doit devenir
précise et rapide, chez tous les sujets jeunes ou vieux, obèses
ou maigres. Pour les débuts, le sujet de choix sera un adulte
musclé mais un peu maigre. L’usage de crayons dermogra-
phiques est très recommandable. C’est avec eux que M.Bru.xs-
DET a réalisé les tracés sur les sujets qui ont été photogra¬
phiés pour cet ouvrage.
Il ne faut pas sc confiner à l'anatomie du cadavre, puisque
celle-ci n'a d intérêt pour le praticien que dans son application
aux patients. Or, cette application de l’anatomie à l’homme
vivant marque un travail intellectuel propre et qui, pour
être bien mené demande une grande pratique : par l'habitude
les sens affinés arrivent à reconnaître de nombreuses disposi¬
tions anatomiques, qui resteraient cachées à celui qui ne se
serait pas formé à cette méthode.
Le livre du D'' BRUANoETest un guide pour explorer le corps
humain de celte façon. En répétant souvent ce travail, le pra¬
ticien arrivera à bien connaître tous les repères accessibles du
corps humain vivant. Il ne sera jamais désorienté en exami¬
nant et en auscultant ses malades. 11 en retirera confiance et
sécurité. Insistons donc tout particulièrement sur le but es¬
sentiellement pratique de ce travail clairement rédigé, bien
édité et utile aux médecins. A. X.
Notes et observations de médecine légaleipar Leglubu:
ill '. (Editées chez Masson, 120, boulevard Saint-Germain, Pa¬
ris, l'JOâ.)
Cet important travail, fruit d’une longue expérience est non
moins utile à consultera un autre point de vue. Chaque jour,
des difficultés se dressent imprévues en matière d’expertise,
difficultés qu’un traité de médecine légale ne saurait envisa-
ger.Or,dans la pratique, les faits se présentent sous mille
nuances. N’est-ilpoint dès lors évident que le rapprochement
d'observations (juelque peu similaires est un précieux moyen
de fixer le jugement, de préciser le rôle de l'expert, en multi¬
ples circonstances délicates. En parcourant la liste des lift
rapports colligés dans ce volume, on voit quel intérêt il
présente pour les médecins-légistes et les experts.
INTÉRÊTS PROFESSIONNELS
Les services de Médecine publique et le Syndicat des
Médecins du Rhône.
La Chambre syndicale des médecins du Rhône vient de
prendre les résolutions suivantes au sujet des services de
médecine publique, résolutions qu’en bonne justice tout k
monde ne peut qu’approuver. Il est temps que l’Etat et le?
collectivités se lendent compte que le médecin est un citoyen
comme les autres et qu’il est injuste de faire supporter à lui
seul les frais des services d’hygiène et d’assistance.
I. — Stir la qttesliun du service médical communal projeté:
Considérant : 1" que les malades atteints d’affections béni¬
gnes à leur début, lesprétubcrculeux, même les tuberculeux
aux premières périodes, appartiennent à la catégorie des
malades qui peuvent sans inconvénients se déplacer pour
consulter le médecin chez lui ; 2“ que la présence d’un méde¬
cin à jour fixe dans la commune aurait pour conséquence
certaine de faire différer les soins dans maints cas aigus où
cette abstention aurait les pires conséquences ; 3° que la
désignation d’un médecin officiel serait incompatible avec le
respect de la liberté de confiance des indigents et des mala¬
des peu aisés, aussi qualifiés pour user de ce droit impres¬
criptible que les ouvriers blessés au cours de leur travail
(article 4 do la loi .\ccidents); 4“ que la désignation dans ce«
conditions d’un médecin communal contribuerait à faciliter
570 ,
LE PROGRÈS MÉDICAL
la fonctionnarisation delà médecine, tendance que nos orga¬
nisations professionnelles doivent combattre systématique¬
ment ; a" que là où, par exception, l’utilité d’un service
médical serait démontrée, il paraît peu probable que les
disponibilités budgétaires laissées libres par l’application de
la loi d’Assistance aux vieillards puissent être suffisantes à
indemniser équitablement un médecin, auquel on impose¬
rait, à jour et à heure fixes, au détriment par conséquent du
service de sa clientèle ordinaire, un déplacement, au bout
duquel il ne serait pas sûr d’avoir toujours des consultations
à donner ou des visites à faire ; 6° qu’au surplus, la majorité
des syndicats médicaux admettent que les tournées médi¬
cales à jour et à heure fixes sont propres à déconsidérer le
corps médical et à porter atteinte à la dignité profession¬
nelle ; La Chambre syndicale des médecins du Rhône,
décide ; qu'il n’y a pas lieu pour les médecins d’accueillir
favorablement un projet dont l’utilité est contestable, qui
présente des inconvénients certains pour la sauvegarde de la
santé publique dans les campagnes, qui porte atteinte au
droit essentiel reconnu à tout malade de choisir librement
son médecin, qui irait à l'encontre de nos intérêts les plus
respectables, ne nous assurant qu’une rémunération insuffi¬
sante et aléatoire, tout en compromettant l’indépendance et
la dignité de notre profession.
II. — Sur la question du service d'hytjiène ;
Considérant : 1» que la vulgarisation des notions d’hygiène
est une des préoccupations tes plus constantes du corps
médical, conscient de son rôle social ; 2" qu’en luttant contre
l’éclosion et la propagation des maladies, les médecins tra¬
vaillent à tarir les ressources qui leur sont nécessaires ;
3° que le département et les municipalités n’ont pas le droit
de compter sur pareil dévouement et d’y faire constamment
appel, tout en paraissant ne pas en remarquer les consé¬
quences ; 4“ que la société ne peut exiger des médecins plus
qu’elle ne demande aux autres citoyens, l’humanité étant un
devoir social avant d’être une obligation médicale ; 5° que
l’administration, chaque fois qu’elle demande aide aux
médecins, doit examiner si tout ce qui est dû à la sauvegarde
de leurs droits professionnels est équitablement réalisé ;
6° que les médecins, tous égaux devant les charges fiscales,
doivent pouvoir tous aussi participer au fonctionnement des
services publics rétribués ; La chambre syndicale, émet
l’avis : que les médecins doivent coopérer activement à la
création de services d’hygiène dans les communes et aider
de tout leur pouvoir à l’application des prescriptions de la
loi sur la Santé publique, même par des conférences, là
où les municipalités trouveront le moyen de leur assurer
des auditeurs ;
Mais décide : que le concours des médecins doit être subor¬
donné à l’acceptation par les communes des conditions
suivantes ; a) là où plusieurs médecins se trouveront en pré¬
sence, pas de monopole au profit d’un seul, mais participa¬
tion de tous les consentants au fonctionnement du service
d’hygiène ; b) attribution d’honoraires équitables au lieu de
l’indemnité insuffisante allouée d’ordinaire pour les services
publics. (Extrait du Bulletin officiel du Syndicat des médecins
du Rhône, sept. 1900.)
Les hallucinations du chloroforme.
Au cours d’un procès en séparation de corps entre un méde¬
cin et sa femme on afait les curieuses constatations suivantes :
La femme du confrère alléguait le grief suivant : Un jour,
son mari était allé faire, à domicile, chez un de ses amis, une
opération à la bonne de la maison. La bonne fut chlorofor-
misée. A son réveil, elle prétendit avoir vu le docteur qui ve-
naitde l’opérer, embrasser sapatronne,la femme de son ami.
Appuyé de l’avis des professeurs Brouardel et Debove,le mari
répondait que le chloroforme engendrait des hallucinations
non seulement pendant le sommeil anesthésique,mais même
après le réveil. La petite bonne avait vu en imagination et
non en réalité ce qu'elle racontait.
Le tribunal après plaidoiries de Dufour et Labori, a
adopté l’opinion des docteurs Brouardel et Debove et écarté
le témoignage de la bonne.
VARIA
Le service de santé aux grandes manœuvres
de -1906.
Les grandes manœuvres de 1906 devaient avoir uneimpor-
tance plus grande que les exercices des années précédentes
les services de l’arrière devaient y fonctionner comme ils
doivent fonctionner en campagne et le service de santé de¬
vait opérer le plus possible comme dans une guerre véri¬
table. Dans le Temps du 4 septembre, M. Emile Manceau qui
a suivi les manœuvres en détail et a publié sur elles de nom¬
breux articles compétents, fait en ces termes la critique du
fonctionnement du servies de santé :
« Il ne fonctionnait pas grand’chose, écrit M. Emile Man¬
ceau. Cependant j’ai vu (spectacle inaccoutumé et pittores¬
que I") les musiciens du 72'', sur la grimpette qui mène aux
curieuses ruines de Montépilloy, tenir d'une main une ci¬
vière et de l’autre leur instrument. (Leur instrument de
musique, bien entendu. Il ne s’agit pas, bien qu’ils aient à
remplir au combat le rôle de brancardiers, de les charger
aussi de celui de M. Purgon). Un peu plus loin, sur le pla¬
teau de Rozières, les postes de secours de la 8” brigade {i>
et 87=). Le tram régimentaire de ce dernier corps se trouvait
à la sortie est de Ducy, tandis qu’une voiture à quatre roues,
relais d’ambulance, stationnait au nord de ce hameau. Quant
à l’ambulance, elle était installée dans la spacieuse ferme de
Luat, pavoisée aux couleurs nationales, avec le drapeau delà
Croix-Rouge. iJ’ai su que l’hôpital de campagne était, pen¬
dant la bataille, à Augé-Saint-\ incent, puis qu’il s’était trans¬
porté à Vaumoise ; mais je ne l’ai pas vu. )
Donc, en effet, tout était bien en place, mais sans vie. Les
braves infirmiers sommeillaient les uns couchés sur le gazon
les autres étendus mollement sur les civières destinées au
transport des blessés qui ne venaient pas. Des étiquettes
portaient ces mots : a* Vestiab-e » — mot un peu étrange,
dans cette cour de ferme — ou « Pansements simples », ou
Blessés intransportables », ou « Blessés à transporter cou¬
chés ». Mais c’était tout. Une file de mulets portant des ca-
colets avaient bien été chercher les victimes de la guerre.
Seulement ils n’étaient pas rentrés quand la manœuvres
pris fin. ,
Il est vrai que celle-ci a été écourtée (elle devait durer «
six à neuf heures, mais elle a commencé en retard et a ces
avant l’heure fixée), et elle a été si mollement conduite qu
vraiment il n’y a pas à s’étonner s’il n'y a eu ni
blessés, ni prisonniers. D'ailleurs il est de tradition dans
manœuvres d'automne qu’il n'y en ait point. Etony po
l’occasion de s’exercer à diverses opérations qui ne sont pa-
sans importance . ,
Après une courte disgression sur les précautions j.
pour se débarrasser des cadavres (incinération et
tion) et éviter leur profanation comme le prescrit la
tion de Genève et avoir cité comme exemple les
ses par les Japonais dans la dernière guerre, M. ^
ceau continue en exprimant le regret qu’on n’ait pas te _
faire tenir aux officiers de l’état-civil aux armées les
de décès comme cela devrait avoir lieu en temps de gù
Les critiques ne se bornent pas là. re dit
Mais combien il me semble plus regrettable
M. Manceau, qu’on n’y fasse pas fonctionner les
successifsdu service de santé, et que tout le personn^jjgg
voqué pour la coûteuse expérience de cette année-ci n
aucun profit ! Avant-hier, il a eu chaud et U a ao-
Hier il s’est reposé Aujourd’hui... j’ai dit ce qu d
jourd’hui. Rien, sauf peut-être que l’ambulance
naire a évacué un vrai malade (appendicite! par le
1 h. 26 sur l’hôpital de Compiègne. noeuvr*®
Remarquez qu’on procède tous les ans à des m
spéciales destinées à l’instruction du corps iu®dica
auxiliaires : infirmiers et brancardiers. Des jjj ou *
sont relevés, transportés au poste de secours voi
l’ambulance la plus proche, conduits aux
pagne ou évacués sur l’arrière. Ün n’a pas à iadi'
leur cas, attendu que chacun d’eux a reçu une
LE PROGHÈS MEDICAL
571
, jj, fracture dont il est censé être atteint . Mais d’abord
'I“®“‘jtion se pose de savoir si le blessé doit se servir du
****net individuel de pansement dont il est muni et qui
P“*.jejjt l’essentiel pour exécuter un bandage sommaire.
une enveloppe hermétique et imperméable se trouvent
^ plumasseau d’étoupe, de la gaze, une bande de coton,
cela chimiquement purifié et imprégné de bichlorure
rmercure de façon à êtreantiseptisé. Eh bien, l’homme qui
'•pas reçu de secours doit- il faire lui-même l’application
îe ces matières sur sa plaie ? Si cette plaie est sale ou s’il
manipule le contenu du paquet avec des doigts malpropres,
je risque-t-il pas d’envenimer son mal et, comme on dit,
d'enfermer le loup dans la bergerie ?
Et. d’autre part, si on tarde à intervenir, n’y a-t-il pas dan¬
ger pire encore ?
" Bref, on a longuement discuté le pour et le contre. En dé-
Snitivè. l’autorité compétente semble s’être prononcée en
faveur de l’emploi direct par les intéressés. « Dès le temps
de paix, des théories sur le mode d’emploi du paquet indivi¬
duel seront faites aux hommes de troupe dans les compagnies,
escadrons, batteries ou sections, par des sous-officiers préa¬
lablement exercés à cet effet par les médecins du corps ».
Ainsi s'exprime la décision ministérielle du 27 juin 18',I4. Il
est vrai qu’elle ajoute aussitôt après : es Les infirmiers <et
brancardiers régimenfaires seront fréquemment exercés à
appliquer ces pansements ». Qn’est-ce donc à dire, et la doc¬
trine orthodoxe ne serait-elle point par hasard la suivante ?
Lepremier homme de l’art (et dans l'espèce, j’entends les
infirmiers ou brancardiers) qui trouve un blessé prend dans
la poche spéciale pratiquée dans la capote de celui-ci, du côté
gauche de la poitrine, le paquet de pansement appartenant à
la victime, et il s’en servira pour panser la plaie... à moins
que ladite victime, ayant perdu patience et s’étant jugée ca¬
pable de prendre ce soin elle-m^e, ait fait le nécessaire .
Quoi qu,’il en soit, aux manœuvres spéciales de santé, sur
le vu de la fiche dont est porteur chaque soldat censément
atteint, brancardiers et infirmiers ont à faire le simulacre
soit d'arrêter l’hémorragie en comprimant une veine ou en
agissant sur l’artère intéressée, soit de placer une attelle, soit
<ie donner au membre fracturé la position convenable, soit
de le soutenir par une écharpe ou un moyen de fortune. Il
la ensuite à transporter le pseudo-blessé soit à bras, soit sur
>106 civière, jusqu’à l’endroit où les médecins opèrent.
Et ces médecins, à leur tour, se conformant aux indications
^ la fiche, prononcent sur les moyens thérapeutiques ou
™rurgicaux auxquels ils recourraient dans ta réalité, en
j^nt compte des ressources qu'ils possèdent dans leur
ïtonnacie, du temps dont ils disposent, du nombre de lits
distant dans la localité, etc.
firef, chaque année, on exerce de cette façon les membres
P corps de santé appartenant soit à l’armée active, soit à la
^cve. A cet effet, on exécute une véritable petite action de
^ des troupes qu’on emploie à figurer à tour de
«les combattants et les blessés.
fiien de mieux : s’il faut diviser pour régner, il faut pareil-
^ot décomposer pour instruire. Mais à l’analyse doit suc-
la synthèse. Quand chaque chef de pupitre a fait répé-
Pprtie aux instrumentistes, on réunit tous les ar-
^de l’orchestre, et ils jouent ensemble.
.bien ! l’occasi.m était singulièrement propice pour met-
V(g j®dltanément en action l’œuvre de destruction et î'œu-
Hèm* '^®Pdcdtion: de faire fonctionner le service de santé en
btj f®.^,®Psquele personnel combattant. Pourquoi ne l’avoir
i|jjjj^l\Pourquoi avoir laissé se morfondre ces braves gens
? — Parce qu'on a accéléré les opérations pour
fatigue aux troupes, paraît-il.— Eh bien ! c’est l'oi-
aurait fallu éviter aux services de l’arrière ».
d'ions rien à ajouter à ces critiques si justes. Elles
pas au service de santé qui sait dans des exer-
il*n,ç^®diaux faire tout son devoir, mais au haut comman-
dédaigne un peu trop les services de l’arrière et
enseignements de la gnerre russo-japonaise
lojjj ‘Piètre médités et l’on devrait se souvenir de tous les
WitJ^beles Japonais ont mis au bon fonctionnement de
^'■''‘ce sanitaire.
Ancienne Faculté de médecine de la rue de la
Bûcherie et la Commission du Vieux Paris.
M. Charles _\orvi.\nd a apporté sur le bureau de la Commis¬
sion du Vieux Paris un vœu de la Société des Amis des monu¬
ments parisiens tendant à conserver la salle gothique de l'an-
cienneFaculté de médecine de la rue de la Bûcherie, à l’occa¬
sion du projet de Maison des étudiants, dont il a été question
dernièrement. M. Charles Sellier a signalé que le projet
dressé d’accord entre l’Administration municipale et la Com¬
mission du Vieux Paris, comportait cette conservation. M. An¬
dré H.vllays a rappelé que jadis, il avait été question de clas¬
ser ce monument, ce qui devait assurer sa conservation in¬
tégrale. Il propose à la Commission, au cas où la chose ne se¬
rait pas faite encore, d’adopter ce vœu séance tenante afin de
pouvoir s’appuyer sur l’Etat si le monument était réellement
menacé.
M. Lucien Lambe.au a rappelé que le Conseil municipal a
été saisi de la question par une pétition de VAssociatmi des
étudiants déposée par M. .André Lefèvre.représentant le quar¬
tier à l’Hôteî-de-Ville. Il est certain que la charmante roton¬
de de AVinslovv ne pouvant pas seule remplir le but recherché,
l’on sera obligé d’édifier d’autres bâtiments. Dès lors, pour¬
quoi ne pas conserver la façade du XA <■ siècle,éclairée de plu¬
sieurs fenêtres en ogive, qui existe encore sur la cour, en la
débarrassant, bien entendu, les parties modernes qui la sur¬
montent. M. Lucien Lambeau rappelle à ce propos le curieux
projet de restitution, dû au docteur Le Baron, et dont les
planches ont été annexées au procès-verbal de la Commission
du Vieux Paris .
Le vœu de classement de l’ensemble des bâtiments a été
adopté par la Commission du Vieux Paris. A été également
adopté le vœu de conservation de la salle gothique.
La désaffectation de I hôpital Andral.
M.G. Mesureur, directeur de l’Assistance publique, a infor¬
mé la Commission du Vieux Paris de la désafïectation très pro¬
chaine de l’hôpital Andral ; à la fin du mois courant. Cette
ancienne maison, qui fut occupée par la direction munici¬
pale des Nourrices et auparavant par la Filature des Indigents
sera évacuée,, et il sera loisible à la Commission de la visiter
pour y faire telle constatation qu elle jugera avant la démo¬
lition.
L’ancien hôpital et l’ancien cimetière de la Trinité.
Les fouilles ouvertes sur le boulevard Sébastopol ont mis
à jour un certain nombre d’ossements provenant de l’ancien
cimetière de la Trinité. A cette occasion, M. Charles Sellier
a fait à la Commission du Vieux Paris une très intéressante
communication sur l’histoire de l’ancien hôpital et de l’an¬
cien cimetière de la Trinité, Cette communication est d’un
grand intérêt au point de vue de l’assistance et de l’hygiène
du Vieux Paris.
Fondé vers 12ü0par deux frères utérins Jean Palée et Guil¬
laume Escuacol à l’angle de la rue Saint-Denis et de la rue
Grenéta,TlIôpital de la Trinité porta d’abord le nom d’aumô¬
nerie de la Croix-de-la-Reine.En li07,le nom de la Trinité lui
était attribué,et la maison passait aux Prémontrés d’Hermières
qui la négligèrent et la louèrent en partie aux confrères de la
Passion, qui y jouèrent leurs mystères jusque vers le milieu
du XVP siècle, si bien que le Parlement, ému de cette profa¬
nation des lieux, décida d'en changer la destination, il rem¬
plaça d’abord les religieux prémontrés, qui en avaient la di¬
rection, par des administrateurs spéciaux, et ordonna ensuite
que des enfants mâles de pauvres, âgés de plus de sept ans,
seraient reçus à l’hôpital de la Trinité pour y être nourris, lo¬
gés et instruits dans la religion chrétienne, en môme temps
qu'on leur apprendrait un métier. On appelait ces orphelins
les Enfants bleus, à cause de la couleur de leurs vêtements.
L'hôpital de la Trinité a été supprimé à la Révolution; le
passage de la Trinité et la Cour des Bleus en gardent seuls au¬
jourd’hui le souvenir sur place.
Cet établissement hospitalier formait un enclos assez impor¬
tant qui s'étendait depuis la rue Grenéta jusque vers la rue
Guérin-Boisseau, et comprenait, avec ses bâtiments, un vaste
jardin, où l’on accédait par une ruelle qui subsiste encore
LE PROGRÈS MÉDICAL
ïous son ancien nom, Pimpasse Bas/b)»-, c’est là que l’hôpital
fie la Trinité avait établi son cimetière, et comme il était
alors au-delà des portes de la Ville, on le choisit, en 1348, à
ce qu’affirme l'abbé Lebeuf, « pour y porter les corps des
pestiférés, au lieu deles inhumer anx Innocents, et jusqu’au
WP siècle, cet usage se pratiquait encore en pareil cas». Mais
Jaillot prétend révoquer en doute cette assertion faute de
preuve (11.
Cependant, dans son Histoire de la Ville de Paris ( livres
W’II et WIII Félibien a rapporté qu’en 1496, il survint à Pa¬
ris une si grande mortalité causée par les chaleurs excessives
del’été, que le cimetière des Innocents, quelque spacieux
qu'il fût, ne put suffire pour la quantité des corps qu’on y
porlait incessamment, tant de la Ville que de l’IIotel-Dieu, ou
il mourait plus de cinq cents personnes par jour, si bien
(ju'ayant continué à recevoir les victimes des épidémiesde
peste qui désolèrent tant Paris au seizième siècle, le cimetière
delà Trinité fut, à son tour, reconnu dangereux pour lasécu-
lilé publi<iue et fut sur le point, en 1556, d’être supprimé
pour ce motif et remplacé, à la demande du Parlement, par
un cimetière établi dans Pile Maquerelle, auprès de Grenelle.
Mais le bureau de la Ville s’opposa à cette translation, etjiré-
féra pour des raisons d’économie, laisser les choses en Tétat
quelle qu’en dût être la conséquence.
Il est vrai de dire que, depuis longtemps, le cimetière de
la Trinité était devenu, en majeure partie, portion du domaine
de la Ville, et l’on pourrait même ajouter que ce fut peut-
être le premier cimetière parisien proprement dit, avec l’idée
que nous nous faisons actuellement de ce mot. En effet, un
acte fort curieux du XIV® siècle, que Jaillot ^ connu, mais
qu’il a trop brièvement mentionné, fait connaître que les re¬
ligieux d'ilermières atlermèrent, en 13 3, au prévôt des mar¬
chands et aux échevins partie de leur cimetière de la Trinité
«pour l’usage et prouffit de tout le commun de la Ville de
Paris», en y percevant un droit de dix-huit deniers pour une
fosse, de dix deniers pour une fosse en commun et de six de¬
niers pour une fosse à enfant ». C’est, on le voit, le point de
départ des concessions faites actuellement par l’administra-
lion municipale p2 ).
Mais ce qui est non moins intéressant à rappeler, c’est que
le cimetière de la Trinité peut être aussi regardé, sans aucun
doute, comme le premier champ de sépulture que possédè¬
rent ofticiellement les protestants à Paris. En effet, jusqu’à la
Saint-Barthélemy, on voit qu’aucun cimetière n’était spécia¬
lement affecté aux réformés. Mais après la cinquième guerre
de religion, lorsque la paix dite de Monsieur fut conclue, Té-
dit de pacification donné à Paris par Henri HT en mai 1576,
«ontintla disposition suivante:
« .Vi t. VL — Ordonnons que, pour l’enterrement des morts
de ceux delà dite religion (réformée) estans en nostre dite ville
8t faux bourgs de Paris leur sera baillé le cimetière de la
Trinité.. .»
Ce cimetière protestant avait son entrée rue Saint-Denis et
Faisait donc partiede l’ancien cimetière de Tbôpital de laTri-
nilé. dont il occupait, à l’extrémité septentrionale, une su¬
perficie de 63 toises, vis-à-vis la rue Basfour. à l’emplacement
peprésentéaujourd hui par la partiede la rue de Palestro sise
entre les nuisons portant les numéros 20 et 21 et l’extrémité
de l’impasse Basfour. U était séparé du cimetière catholique
parune cloison en planches (3).
Le cimetière de la Trinité, comme celui des Innocents, était
déjà supprimé un peu avantla Révolution. On ne commen-
ç-a seulement qu’en 1843 à en transporter les ossements aux
catacombes; le 30 mars 1843, on en transporta encore une voi¬
lure: puis le 26 novembre 1857, 3 voitures, le 9 avril 1858,
> voiture, et le 20 décembre suivant 2) voitures. Ces osse¬
ments mis à découvert par la percée du boulevard de Sébas-
lopol. se trouvent dans Tossuairc des catacombes sous Tins-
{.Tiption : « septembre 1859 » (4).
Exercice illégal et escroquerie.
La sottise des dupes n’a d’égale que l’impudence des chat
latans et des escrocs. On peut en juger par cette nouvelle
que nous empruntons au Matin :
Sur mandat de M. Bourdeaux, juge d'instruction, les ins-
pecteurs de la Sûreté ont arrêté, à son domicile, ruedel’Epée-
de-Bois, une dame X..., trente-sept ans, qui avait imaginénn
truc des plus ingénieux pour se faire des rentes, tout en pié¬
tinant quelque peu les plates-bandes du code pénal. A la
quatrième page des journaux, elle publiait des annonces
médicales, avertissant les dames atteintes de maladies abdo-
dimales qu’elle possédait un secret pour les guérir. Les
clientes affluaient rue de TEpée-de-Bois, où, sous prétexte
de les ausculter, Mme X.,. les faisait déshabiller. Cependant
qu’elle examinait doctoralement ses clientes, sa bonne Z...
vidait les poches des vêtements et s’emparait de tout l’argent
(]ui lui tombait sous la main. Mais, en femme précaution¬
neuse, elle leur laissait toujours trente centimes pour qu’elles
pussent prendre Tomnibus. Ce n’est souvent qu’en rentrant
chez elles emportant quelques fioles d eau pure,que les mala¬
des s’apercevaient qu’elles avaient été volées.
G est à la suite d'un nombre énorme de plaintes déposées
au parquet de la Seine que M. Bourdeaux, juge d'instruction,
a fait arrêter Madame X. et sa bonne, qui ont été écrouées à
Saint-Lazare.
LES CONGRÈS
Le Congrès international des Etudiants.
(Août-septembre, Marseille. I
Le Congrès international des Etudiants s’est ouvert le
.'Il août, sous la présidence de M. le sénateur d’Estournellesdr
Constant, le vaillant apôtre de la paix universelle, à Alarseille.
au Grand Palais de l’Exposition coloniale.
M. Laurens, président de l'Association des Etudiants de
Marseille, a souhaité la bienvenue aux délégués et expliqué le
but du Congrès, puis, M. d’Estournelles de Constant a pro¬
noncé le discours présidentiel. Il a expliqué comment les
étudiants pourraient procéder à la création d'une fédération
internationale. En télégramme du ministre de TinstructiM
publique d’Italie, ainsi que différentes dépêches émanant de
représentants étrangers, ont été alors lues à la tribune. l’u'^
un délégué russe a vivement attaqué, dans un discours fort
applaudi, le gouvernement russe qui a enlevé toute liberté
aux étudiants, et a terminé au cri de « ATve la liberté . »
M. Mastier, préfet des Bouches-du-Rhône, averti, axai
quitté la salle des séances. M. Campinebi, président de I AsK
ciation des Etudiants de Paris, a affirmé la solidarité dese
diants français et russes, et a terminé au cri de «
Douma !» ,,
Cette effervescence enthousiaste calmée. AI. d'Estourne
de Constant a recommandé aux étudiants, dans
tous, de ne plus mêler à leurs travaux les questions pohtw^^^-
Dans les séances suivantes, une scission regrettabiO
produite au sein des étudiants français au sujet du
votation. Les étudiants de province demandaient que c 4
université disposât d'une voix. Les étudiants
testèrent, s’appuyant sur ce fait que l’Université de _
compte 14,610 étudiants, presque autant que toutes les®^
Universités de France réunies. Cette protestation n’ayao
été prise en considération, les étudiants parisiens se
rèrent. , . ..-jiiés
Il serait injuste (jue les étudiants de toutes les Uni'
françaises soient à la merci des représentants des étudia
plutôt des groupements d’étudiants parisiens, mais * "^pte
encore moins équitable que l’Université parisienne ne je
pas plus dans un vote que des Universités comme (ent
Clermont-Ferrand, Besançon ou Grenoble, qui ne co
guère plus d’une centaine d’étudiants. Il faut df
différend se sera aplani et que les jeunes gens
nos écoles, une fois leur querelle calmée, comprend .j
l’œuvre de leur Congrès a une portée plus grande e
faut pas la borner à des disputes d’amour-propre et
eussions stériles.
r
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pendant 7semaines. — Repos 5 semaines.— Faire une 2* série, etc.— Femme adulte : Une injection de7 centigrammes de
mercure par semaine pendant 5 semaines. — Repos 7 semaines. — Faire une 2* série, etc. — Enfants à partir de 3 ans :
Injection de 1 centigramme de mercure. Pour ce genre d’injection il est préférable de se servir d’une seringue spéciale
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Créosote et de Gaiacol semblablement titrées ; il serait surtout impossible de les administrer aux
doses correspondantes de Gaïacol qu'il est aisé d' atteindre avec les Comprimés de Thiocol Roche. »
{D' Jifard.)
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spéciaux appropriés à leur situation intellec¬
tuelle et physique.
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HÉMATIOJJ
LE PROGRÈS MÉDICAL
573
n.nnrès national d’hygiène et de salubrité publique à
Marseille.
(du 7 au 13 octobre).
de congrès e.st organisé sous le haut patronage de la ville de
«•rseille^n département des Bouches-du-Rhône et de l’Etat, de
5 le commissaire général et de l'Administration de l’exposition
■^looiale par le conseil départemental d’hygiène et avec la ool-
lJ)oration de la commission d'hygiène de l’exposition coloniale et
jj, commissions sanitaires.
début que se proposent ses organisateurs est de faire appel à
toutes les compétences pour rechercher en commun les meilleures
oéthodes de vulgarisation et d'application des principes d’hygié-
ue publique, consacrés par la science moderne, et nécessaires au
4éreloppement matériel et social des nations. Les colonies et la
uétropole sont solidairement intéressés à laquestion car si les ex¬
plorateurs. les troupes coloniales, les colons, en un mot tous le.S
coloniaux, doivent, pour résister aux intempéries et aux dangers, se
conformer rigoureusement aux lois de l'hygiène, c’est également
de leur état sanitaire que dépend directement, par les échanges
commerciaux de toute nature, celui de la métropole.
Programme des travaux : R® section u Technologie sanitaire et
hvgiéne urbaine. 1“ Alimentation des villes en eaux potables. —
A) Eau de source. Rapporteur. M.Marboutin. — ■ B) Traitement,
filtration et stérilisation des eaux: R. M. Imbeaux. — 2“ Evacua¬
tion et traitement des eaux et résidus dans les petites aggloméra-
tionsrurales: R. M. Launay. — 3“ Nettoiement de la voie pubii-
00. Traitement et utilisation des ordures ménagères : MM. Tur et
Vincey. — 5 “Salubrité de l’habitation : Aménagement intérieur.
Orientation: M. Juillat. — 6“ Chauffage et ventilation: M. Hoc. —
7* Eclairage, chauffage, acération,' et désinfection des véhicules
servant au transport en commun, MM. Roussy et Fayol.
Deuxième section. (Hygiène industrielle, professionnelle et mi¬
litaire. Hygiène sociale}. 1“ — Législation et règlementation du
travail ■ M. Leclerc de Pulligny. — 2° Habitations à bon mar¬
ché M. Siegfried. — 3“ Logements insalubres. Les taudis. Surpeu¬
plement des logements. M. Cheysson. 4“ Hygiène des hôtels et
desgarnis. M. Torcl. — 5“ Empoisonnements professionnels : M.
Domergue. — (j“ Hygiène dansles hôpitaux et les écoles : MM.
Queirel etLacau. — ■ 7“ Hygiène dans les casernes, les bivouacs et
les campements et en campagne. Alimentation en eaux potables
des troupes en campagne. Hospitalisation extemporanée, pour les
ttonpes en campagne. M. Very. — 8“ Bains-douches ; Bains pu¬
blics. M. Cazaletl — 9“ Cimetières, crémation. M. Lejourdan.
Troisième section. (Hygiène navale et coloniale). — 1“ Trans¬
port en commun. Police, sanitaire internationale. Logement des
passagers et de l’équipage à bord des navires. — 'Ventilation des
navires. M. Reynaud. — 2“ Alimentation des passagers et del’é-
^page. Travail à bord. Eaux potables : M. 'Torel. — 3“ Désin-
lectton des navires. Isolement des malades : M. Loir. — 4“ Les
®nvTesde mer : M. Grandral. — 5“ Hygiène des émigj-ants : M.
lorel — 0o Précautions à prendre pour les expéditions et explo¬
rons en Extrême-Orient et les régions équatoriales de l’Afrique:
■.l; “acob de Cordemoy. — 7“ La convention internationale de
l'Iis : M. Torel.
Quatrième section ( Epidémiologie. Prophylaxie des mala¬
dies transmissibles. — Hygiène infantile). — !“ Epidémiologie et
^ophylaxie générale. Les trypanosomes : M. Billet. L’agent de la
^W6jauno;M. Billet. Peste et choléra: M. Gautier. Déclaration
gagatoite et ses résultats : M. Livon. Dispensaires anti-tu-
W^nleux, Traitements prophyiactiques et luttes anti-tubercu-
■^ses, sanatoriums coloniaux : M. Raymond. ■ — 4“ Rôle de la
«Wualité dans lalutte contre la tuberculose et la mortalité infan-
e. M. Furster. — 5“ Hygiène de l'enfance : lutte contre la mor-
fKA : M. d’Astros. Stations rurales pour enfants. Cré-
“?.• Gouttes de Lait : M. Cassoute.
utfiouième .vect fora (Hygiène administrative). Législations;
“^“lographie. Loi du 15 février l‘JU2). M. A. J. Martin.
jA'* “dd réglements sanitaires municipaux. — M. Bluzet.' Con-
Ij ® “dpartementaux d’hygiène et commissions sanitaires : M.
^arot. Projet de conseils départementaux d’hygiène. M. Quei-
^iA ^ Enseignement de l’hygiène. MM. Courmont et de Mon-
^dr. Contrôle des eaux minérales: M. Domergue. Contrôle des
jj^nces alimentaires. Conserves alimentaires, les récipients :
ij'l nuergue. — Etudes démographiques. Mouvement comparé
Population en France par départements etvilles:M. DeMon-
^louvement comparé par la population en France et à
>|er:M. Bertillon.
réunies. Les questions à discuter seront désignées nl-
5ii^Ofeinent en séances générales. Conférences et visites. Les
générales seront données au nombre de 2 ou 3 le
A ^^Éàtre, à la Faculté des sciences ou à la bibliothèque de
sommités scientifiques. Les visites e» ovc.iirainnR
.porteront entre autres : Visite a
de Longehamp et au bassin des eaux d’alimentation, au Lazaret
du Frioul, Institut Pasteur, Institut vaccinogène. Excursions sur
le canal de Marseille prise sur la Durance, bassin de St-Chri.sto-
phe. Pont de Roquefavour. Excursions aux ex ploitations et au
traitement des ordures ménagères de la Crau. Pour tous rensei¬
gnements, s’adresser à M. H. de Montricher^eerétaire général, 7,
rue Grignon. Marseille.
Congrès d’hygiène et d assistance.
(Tourcoing : 19-23 septembre 190B.)
Ce congrès sera tenu à Tourcoing du 19 au 23 septembre à
l’occasion de l’Exposition Internationale des industries tex¬
tiles.
Adresser toute la correspondance relative au Congrès, sous¬
criptions, demandes de renseignements, etc., à M. le D" Ju¬
lien, 123, rue Nationale. (Le Secrétaire se tient à la disposition
des adhérents en ce qui concerne le logement pendant le sé¬
jour à Tourcoing). A cause des questions traitées et de l’intérêt
des visites qui seront faites par les adhérents, il ne nous a pas
été possible de réduire la durée du Congrès. Nous ferons re¬
marquer, toutefois, qu’en réalité ce Congrès se compose de
deux parties distinctes et que vraisemblement un certain nom¬
bre de congressistes, dont le temps est limité, ne suivront que
les travaux de la section qui les intéresse particulièrement.
Congrès italien de médecine interne. — La seizième
session du Congrès italien de médecine interne se tiendra à Rome
en octobre prochain. Les sujets proposés sont les suivants ;
Artério-sclérose ; Fièvres analogues à la lièvre typhoïde et à la
lièvre de Malte ; Arthritisme. M. le professeur Ferramimi, de
Naples, prononcera une adresse sur les progrès du diagnostic, et
V. le professeur Michelazzi, de Pise, sur les progrès de la théra¬
peutique.
3“ Congrès International pour la répression de la
traite des blanches. iParis, 22-25 octobre 1006. i — Les coti¬
sations au Congrès doivent être envoyées à M. Loys Brueyre, tré¬
sorier de l’Association française, 10, rue Pasquier, Paris (8“ arr.).
Les Comités nationaux sont priés de faire connaître avant le Rr
septembre le nom de leurs délégués et d’envoyer à l’adresse ci-
dessus les cotisations correspondantes.
Voyages d'Etudes Médicales.
Voici la longue liste des adhérents au S" vogage aux stations
de la Savoie et du Dauphiné, qui a lieu actuellement du R'’ au
12 septembre 190G. — Oin cleur scientifique, Président du Comité
de Patronage: 1. L.vndouzy ; Organisateur des V.E. M. : 2. D'
C.tRRON DE LA Carrière ; 3. D’’ Jouaust, Secrétaire ; 4. M.
lle.oxt,Secrétaire technique ; 5. D'’ Allalv, conseiller général du
Finistère, directeur de la Santé, Brest ; 6. M. Amblard, interne
à l’hôpital Necker, Paris. Bourse de la Société des eaux minéra¬
les de Chdtel Gugon ; 7-8. D'' Amigo Brey, médico-director de
Banos y Aguas Minero-Medicinales et M™» Amigo Brey, Goruna
(Espagne) ; 9. D’’ Andrese.n, Charlottenlund (Danemark) ; lü.
Dr Asselbergs, maladies de la peau, Bruxelles iBelgique) ;
11. Dr Battarel, médecin de Ihôpital civil de Mustapha,
Mustapha (Algérie) : 12. Dr Bellou, Formerie (Oise; ; 13. Dr
Berthod, directeurde laMédecme Sociale, Paris ; 14. Dr Blanc,
Mont-Dore |Puy-de Dôme) ; 15. Dr Bluett, Rensington (An¬
gleterre) : 16. M Bord, interne à l’hôpital Broca, Paris ;
Bourse de la Compagnie dxs eaux minérales de Rogat [Pug-de-
Dôme) ; 17. Dr Bories, Le Cannet de Cannes (A.-M.) ; 18-19.
Dr Cailleret et M'"” C.AiLLERET, Yaucottes-sur-Mcr ; 20. Dr
Caroe, médecin-inspecteur de la ville de Copenhague, Copen¬
hague (Danemarki ; 21 Dr C.astor, médecin-major de l’ar¬
mée des Indes, Londres ; 22. M. Chemery, étudiant en
médecine, Vic-sur-Cère (Cantal) ; 23. Dr Cochez, chirurgien-
adjoint à l'hôpital d’Alger. Alger ; 24-25. Dr Coffé et M“>«
CoFFÉ, Bracquegnies, province du Hainaut (Belgique) ; 26. M.
Coupel, interne en chirurgie à l’hôpital de Rennes. Bourse de
la Compagnie des eaux minérales d’Eoian-les-Bains [Haute-Sa¬
voie) ; 27. Dr Couri ault, rédacteur en chef des Taoiettes Médi¬
cales Mobiles et de la Médecine des Accidents du Travail, direc¬
teur dt* l'institut de mecanothérapie. Paris ; 28. D' Germe,
M. R. C. S. Dorset (Angleterre) ; 2y. Dr Daubois, ex prépara¬
teur à la faculté de médecine de Lyon (Valence) ; 30. D'- Dau-
RiAC, Bordeaux (Gironde) ; 31-32. Dr Dehon, préparateur à la
faculté de médecine, Lille. Bourse de la Compagnie fermière
574
LE PROGRÈS MÉDICAL
du Monl-Dore (Puy-de-Dôme) et M"»' Dehon ; 33. D’’ Dejace (L.),
rédacleur en chef du Scalpel, Flemalle- Grande (Belgique) ;
34. D'^Dceois. Saint-Laurent de la Salanque (Pyrénées-Orien¬
tales) ; 35-36 D"' Dussauze et M'"'= Dussauze, Cognac iCharen-
te) ; 37. D'- Dyssel, Hvalsoe (Danemark' ; 38-39. Prof. D'^
Ehlers, directeur de la Policlinique dermatologique de l’hô¬
pital Royal Frédéric à Copenhague, membre correspondant
étranger de l’Académie de médecine de Paris et M™' Ehlers,
Copenhague (Danemark) ; 40. D' Eichmuller, Arcueil (Sei¬
ne) ; 41. Kschricht, Copenhague (Danemark) ; 42.D''Flan-
DRois, 92, rue Carnot. Lorient ; 43-44. D'’ Fleury etM''''^ Fleu¬
ry, Harfleur (Seine-Inférieure) ; 45. D’’ Gough, Northwich,
Gheshire (Angleterre) ; 46. Grandjean-Bayard. docteur
en médecine, Paris ; 47-48. D'' Hafstrom, médecin de S. M. le
roi de Suède et M"® Hafstrom, Helsinhorg (Suède) ; 49-50. D''
IIardouin, chef de clinique chirurgicale à l'école de médecine
et M"' Hardouin, Rennes ; 51. D"' Hoummel, Remiremont
{\osges]. Bourse du Conseil municipal des Eaux-Bonnes (Basses-
Pyrénées ; 52-53. D"' Jaquerod, médecin du Sanatorium du
Chamossaire et M™' Jacquerod, Leysin (Suisse) ; 5L D’’ Jones,
>1. R. C. P., médecin au Farringdon Dispensary età l’hôpital
Dreedhaught, Londres. Bourse de la Société des eaux de Plom-
hières (Vosges) ; 55. D'' Jorgensen, Privât Docent, directeur du
laboratoire de bactériologie de l’armée danoise, Osterbrogade
Copenhague (Danemark). Bourse de la Compagnie des eaux
minérales d'Evian-les-Bains (Haute-Savoie) ; 56. D'’ Lacourt,
Bruxelles (Belgique) : 57. M. Laederich, interne à l’hôpital
Laënnec, lauréat des hôpitaux, Paris ; 58. 1)'' Laroulandie,
33, rue Saint André-des-Arts, Paris ; 59. D'' Laurens, ancien
prosecteur de la faculté de Toulouse, Graulhet ( larn) ; 60-61.
D'' Le Clerc et M”»' Le Clerc, Levallois-Perret , 62. D"^ Le¬
febvre, Louhans (Saône-et-Loire) ; 63. D' Lefèvre, Livry
(Seine-et-Oise) ; 64. M. II. Lefèvre, étudiant en médecine,
Livry (Seine-et-Oise) ; 65. D'' Le Fur, ancien interne des hô¬
pitaux de Paris, maladies des voies génito-urinaires, Paris;
66-67. M Lematte, étudiant en médecine et M™'' Lematte,
Paris : 68. D-- Lepage, Evaux-les-Bains (Creuse) ; 69. D'' Levis-
TE, Dreux (Eure-et-Loir) ; 70. M. Lippens, interne des hôpi¬
taux. Bruxelles. Bourse de la Compagnie des eaux minérales
de Fougues ; 71. D' Mallet, Tournan (Seine-et-Marne) ; 72. D-'
Machen.wd, médecin en chef de la marine, Rochefort-sur-
Mer ; 73. D' Mercanti, Florence (Italie). Bourse de la Compa-
pagnie des eaux minérales d’ Evian (Haute-Savoie) ; 74. D" Mol-
lbr, Amsterdam (Hollande) ; 75. D-- Monnet, Paris ; 76-77. D--
Mottart et M"' Mottart, Hannut (Belgique) ; 78. D’’ Nedj-
MEDDiN Arif Bey, médeciu du haut commissariat. lmp. Otto¬
man, membre correspondant de la Société d’obstétrique de
Paris, Le Caire (E^pte) ; 79. D"- Noguès, assistant de la cli¬
nique des voies urinaires à l’hôpital Necker, Paris; 80. D'
Olivier, La Bourboule (Puy-de-Dôme) ;8I. D''OREFFicE,secré-
taire général du congrès d’hydrologie à Venise en 1905, Ve¬
nise (Italie) ; 82. D'' Pallardy, Marennes (Charente-Inférieu¬
re) ; 83. D'' Pamart, Paris. Bourse de la Compagnie des eaux
minéralci d’ Evaux-les-Bains (Creuse) ; 84. D' Pechin, ophtal¬
mologiste-expert près le tribunal de la Seine, Paris ; 85. D"^
Pénard, Bourg. Bourse de la Compagnie des eaux minérales
d' Evian- les-Bains (Haute-Savoie) ; 8ét. ly Pernet, dermatolo-
giste à l’hôpital university college Lobdres, Londres W, ; 87.
D-- Perorard, Copenhague (Danemark) ; 88. D" Pichon, Pa¬
ris ; 89. D"- PoMPiDOR, Narbonne ; 90-91. D-- Robin, ex-chef de
clinique à l'école de médecine. Rennes et M'"<= Robin ; 92. D"^
Rowe, médecin de l’hôpital français de Londres. Bourse de la
Compagnie des eaux minérales d’Evian-les-Bains (Haute-Sa¬
voie) ; 93. D'' Royen, Saint-Georges-sur-Meuse, Belgique.
Bourse du Touring-Club de France 9i. D'' Sandby, Regstrup
(Danemark) ; 95. D' Sapcaliu, Buzen (Roumanie) ; 06-97. D''
SouBisE, médecin à l’asile de convalescence Ledru-Rollin et
Mm* SouBisE, Fontenay-aux-Roses ; 98. !)■■ Theas, Levignac
(Landes). Bourse de la Compagnie des eaux minérales et bains
de mer ; 99. D' Thompson F. R. G. S. chirurgien oculiste de
l’hôpital français de Londres et au Western ophtalmie hos¬
pital Londres, Londres ; 100. D’’ V’aill.ant, licencié ès-scien-
ces, Paris. Bourse de la Compagnie fermière de Vichy (Allier) :
101. D'' 4 ENAssiER, interne à l’Hotel-Uieu, de Reims, fioi/j-se de
H. le Profeeseur Henrot ; 103. M'“' Volovatz, docteur en mé¬
decine, Paris; 104. D'' Williams, Esq. A. D. M. R. c p
médecin de l’hôpital français à Londres, rédacteur en chef
du Journal Balneology and Climatology, Londres.
Nous avons tenu à publier la longue liste des médecinsqni
prennent part aux voyages d’études médicales si merveillen.
sement organisés et dont le succès va toujours croissant
Soulignons cette année le nombre considérable des étraiR
gers, 33, qui prennant part à cette utile odyssée et les nom¬
breuses bourses données par diverses compagnies et sociétés
Ces voyages contribuent beaucoup aux succès de nos stations
peu connues. Espérons que les villes et les stations de notre
pays sauront reconnaître tous les services que leur auront
rendus les organisateTirs de ces voyages et les en récompen¬
seront en contribuant de plus en plus, non à leur succès, c'est
un fait accompli, mais à leur extension. J, X.
FORMULES
LXXVI. — Contre l eczéma, les séborrhéïdes,
l’impétigo, etc.
Le baume suivant, que M. de Beurmann a présenté à la
Société de Dermatologie , donne les meilleurs résultats dans
l’eczéma, l’impétigo, lacné séborrhéique, le prurigo etlesy-
cosis. Voici sa formule complexe tel que l’a préparée M. Duret,
interne en pharmacie de M. de Beurmann :
Goudron .
Huile de cade. . .
Résorcine ......
Menthol . . .
Gaïacol .
Camphre .
Soufre .
Borate de soude.
Glycérine .
Acétone . .
Huile de ricin. . .
Lanoline .
18 gr.
la gr.
5 gr.
0 gr.
40 gr.
15 gr.
43 gr.
100 gr.
NOUVELLES
Natalité dk Paris. — Du dimanche 19 au samedi 25 août
1906. les naissances ont ete au nomnre de 825, se déoomposant
ainsi : légitimes 590, illégitimes 235.
Mortalité a Paris. — Population d'après le recensement de
1901 : 2.660.559 habitants. Les deces ont ete au nomore de 844,
savoir : 430 hommes et 414 femmes. Les décès sont dus
causes suivantes ; Fièvre typnoïde (typhus abdomin.) : a- .
Typnus exanthématique : 0. — Fièvre intermittente et
palustre : 0. — Variole : 0. — Rougeole : 4. - Scarlatine : -■
— Coqueiucne : 4. — Diphtérie et Grouo : 2. — Grippe : -
— Choléra asiatique ; 0. — Choiera nostras : 1. — ^"o*^**
maladies épidémiques : 4. — Tuberculose des poumons : -Oa- ""
Tuberculose des méninges ; 17. — Autres tuberculoses : 16. ^
Cancer et autres tumiurs maiignes : 44. — Méningite simple ■ la-
— Congestion hem jrrnagique et ramollissement du cerveau . da.
— Maladies organiques du cœur: 54. — Bronchite ’
— Bronchite chronique : 3. — Pneumonie : 15. — Autres au®
tions de l’appareil respiratoire . 38. — Affections de 1’®®*°®^,
icancerexc.) : 4. - Diarrhée et entérite de 0 à 1 an : sein : 8 ; »
tre aiiinentatiou : 94. — Diarrhée et entérite de 1 à2 ans: 8^ "
nies, obstruction mtestiuaie ; 8. — Cirrhose du foie : 10. —
et mai de Bnght • 29. Tumeurs non cancéreuses et gle
ladies des organes génitaux (femmes) : 5. — Septicémie puerpa
(6èvre, péritonite, phlébite puerpérale) : 4. — Autres ®®jîLj]jte
puerpéraux ue la grossesse et de l'accoucnement ; 2. "" . .i(.
congénitale et vices de conformation : 18. — Débilité s®9 . ■j]7.
— Morts violentes : 30. — Suicides : 14. — Antres maladies .
— Maladies inconnues ou mal déHnies : 12. , ja.oiH'
.Vort-nés et ta.oris avant leur inscription : 50, qu* s® “
posent ainsi : légitimes 37, illégitimes 13. jj,
Distinctions honorifiques. — Sont nommés Oans 1 ordre
Mérite agricole : Au grade de chevalier : MM. les D”
de Paris, et Loup, médecin-major à l'hôpital thermal de vi
Médailles d’honneur des épidémies. — Far arrêté du?®j ->2
de l’intérieur, pris en vertu des décrets des 31 mars l,°jLemée
juillet 1899, la médaille d’honneur des épidémies a été a
LE PROGRÈS MÉDICAL
575
nersonnes ci-après désignées, en récompense du dévouement |
ont fait preuve à l'occasion de maladies épidémiques :
y. B. — Mme veuve Colard, née Vinclion (Blisa-Eugéniol,
toctricê surveillante du dispensaire situé rue des Cendriers, 45,
*tois : soins assidus et dévoués donnés depuis dix-sept ans aux
* feots atteints de maladies épidémiques et transmissibles. —
— M. Marielle (Léon), mécanicien de l’étuve de la circons-
^ption de Levallois-Perret : a pratiqué de 1894 à 1906 un grand
M^re de désinfections nécessitées notamment par des épidé-
ipes de diphtérie et de scarlatine.
^Pararrêté du ministre de l’intérieur, la médaille d'honneur ou la
•entionhonorabledesépidémiesaété décernée aux personnes ci-après
ijésignées en récompense du dévouement dont elles ont fait preuve à
l'(^^ion de maladies épidémiques ; Loir-et-Cher. Médaille de
— -Mme Carlier,née Boisset (Marthe-Marie) sage-femme à La-
motte-Beuvron : a fait preuve à plusieurs reprises du dévoument le
plusméritoire auprès de malades atteints d’affections oontagieuse.s.
M.ColIing (Pierre), garçon de laboratoire à l’hôpital civil de Reims.
JiIrse. — M. Pierson (Eléonor) garçon d’amphithéâtre à 1 école
deMédecine de Reims. Dévouement dans certaines circonstances.
BOUmment au cours d’une épidémie de fièvre tyhpoïde et dont
ils ont été victimes. Marne (Haute-). Mention honorable. —
M. Bocquenet (Joseph-Emile-Lucien), infirmier à l’hôpital mili-
iBire Saint Laurent à Langres : a fait preuve de dévouement dans
MS dernières années à l'occasion de diverses manifestations épi¬
démiques. Seine. Médaille de bronze. — M. Millot (François),
ûde-désinfecteur à l'étuve d’Aubervillers : a pris part à un
grand nombre de désinfections et a été contaminé au cours de
l'une d’elles. S’est distingué d’une façon toute particulière en
visitant dans divers arrondissements de Paris, les immeubles con¬
taminés, et en veillant à l’application des mesures d’assainisse¬
ment nu de désinfection.
Service s.xnitaire maritime. Médaille d'argent. — M. le doc-
tenr Marianelli (Marie-Paul-Bmile), agent sanitaire principal à
Rochefort-sur-Mer.
Nouvelle-Calédonie. Mentions honorables. — M. Fruitet
lAnguste), médecin civil ; M. Mialaret (Théophile), médecin civil;
M“' Le (ihanteur (Isabelle), infirmière au dépôt des indigents de
l’orphelinat.
Ministère de l’intérieur. Cabinet du Ministre. — Par ar-
fèté du ministre de l’intérieur en date du l” septembre 1906,
M. Roth, chef adjoint du cabinet du ministre de l’Intérieur, est
Bonuné chef du cabinet du ministre de l’intérieur. Par arrêtés du
'"septembre 1906, MM. Muller, licencié ès-lettres et en droit,
etBoNiFAS, rédacteur au ministère de la justice, ont été nommés
chefs adjoints du cabinet du ministre de l’Intérieur.
Service de santé. — Le médecin principal de 2® classe Lacro-
“(pe, de l’hôpital militaire Bégin, à Saint-Mandé, détaché au
■sinistère de la guerre, est remis à la disposition de l’hôpital
BBlitaire Bégin.
Le médecin major de 2' classe Remlinger, directeur de Tlnsti-
Pasteur de Constantinople, hors cadres, sans solde, est placé
“Ws la position « en mission pour service » et maintenu hors
“wres, sans solde.
Commission supérieure d’hvgiène et d’épidémiologie mili-
•Ures. — Par décret en date du 6 août, et par modification de
^icle 2 du décret du 31 mai 1904 : instituant une commission
prieure d’hygiène et d’épidémiologie militaires, le nombre des
^res de cette commission est porté à 17 dont 9 médecins civils
" médecins militaires. Le ministre de la guerre choisit et désigne
fflédecins conformément aux dispositions de Part. 2 précité.
Vert professionnelle d’infirmières de Lyon. — La réou-
de l’Ecole professionnelle d'infirmières pour l’année sco-
\^-1907 aura lieu le mardi 2 octobre 1906, à 2 heures, à
d’o(?î?* de la Charité. — C’est également la première semaine
obre que recommencent les cours des quatre écoles d’infîr-
"■fis et d’infirmiers de Paris.
BDBL hebdomadaire et LE PERSONNEL DE l’aSSISTANCE
•anw — Les journaliers, ouvriers et ouvrières de l’Assis-
ip^P.^Llique ont tenu à la Bourse du travail, un meeting relatif
jj^Plication de la loi sur le repos hebdomadaire. M. Thomas,
^ozi* ^^^rohn-Bicêtre, présidait. Les orateurs, notamment .MM.
’Ptew’ et Deslandres, conseiller municipal, ont commenté
Wilio circulaire de M. Mesureur, directeur de l’Assistance
Wvq- personnel de l’Assistance parce qu’elle fait
®ctnme conséquence du repos, la perte de deux journées
*Ph)t*^*' l’ordre du jour adopté à l’unanimité, les assistants
laite er*^"^ dernière énergie contre la diminution du sa-
** payement intégral des 365 journées atout
vatioQ ouvrier, sans distinction de corporation ». Une délé-
tt |j„„ ® dté chargée d’aller protester auprès de l’adroinistratibn
® pouvoirs publics, {Le Temps},
Hospices civils de Toulouse. — La Commission administra¬
tive des Hospices civils de Toulouse a l’honneur d’informer le
public que le concours annuel d’internat en médecine s’ouvrira le
lundi 22 octobre prochain, pour six places d’interne titulaire et
trois d’interne provisoire.
Hôpitaux de province. — Bayonne. La place d’interne de
l’hôpital de Bayonne est vacante à partir du novembre pro¬
chain. La Commission désire confier ce poste à un étudiant de 4°
année. Les conditions du service sont les suivantes : logé, chauffé,
éclairé et nourri, avec un traitement de 600 fr. Si le titulaire désire
prendre ses repas en ville le traitement est fixé à 1.200 fr.
Hospices civils de Saint-Etienne. — La Commission admi¬
nistrative des hospices civils de Saint-Etienne rappelle qu’il sera
ouvert à l’Hôtel-Dieu de Lyon, le lundi 15 octobre prochain, un
concours public pour une place de chirurgien de ses établisse¬
ments. Ce concours aura lieu devant la commission, assistée d’un
jury médical. Il se composera de 5 épreuves. Le chirurgien à
nommer entrera en fonctions le 1" juillet 1907, son traitement est
fixé à 2.000 fr. par an. Pour tous renseignements, s’adresser au
Secrétariat des hospices, rue Valbenoite, 40, à Saint-Etienne.
Maiso’n d’arrêt et de correction de Saint-Lazare. — Un
concours pour l’admission à l’emploi de médecin suppléant à la
maison d’arrêt et de correction de Saint- Lazare aura lieu le 10
décembre prochain. MM. les docteurs qui désirent prendre part à
ce concours sont priés de se faire inscrire à la Préfecture de police,
service du personnel. Le registre d'inscription est ouvert dès à
à présent ; il sera définitivement clos le 24 novembre, à 4 heures.
Tout candidat devra : 1" justifier de la qualité de Français et du
titre de docteur d’une des facultés de médecine de l’Etat ; — 2“
Etre âgé de 25 ans. — Au moment de son inscription, il devra
déposer : une demande sur papier timbré un extrait authentique de
son acte de naissance, ses diplômes, l’indication de ses titres scien¬
tifiques et hospitaliers, ses états de service, s’il y a lieu, et tous
autres documents qu'il jugerait utile de présenter.
Direction des affaires départementales. — M. Magny
(Paul-Victor-Modeste), préfet de la Meuse, directeur honoraire
au Ministère de l’Instruction publique, des Beaux-Arts et des
Cultes, a été nommé directeur des Affaires départementales à la
Préfecture de la Seine, en remplacement de M. Defrance. La di¬
rection départementale comprend le service des aliénés.
Le feu dans un hospice. — Nancy, 2 septembre. — Un violent
incendie a éclaté, hier soir, vers dix heures, à l’hospice des
vieillards et à l’hôpital de Pompey. Le feu a pris rapidement une
grande extension et a été vu de loin. Les pompiers et les habitants
des villages voisins accoururent, ainsi que des détachements
d’artilleurs et de fantassins du fort Frouard.
Les sauveteurs eurent les plus grandes peines à arracher des
salles les vieillards en traitement et dont beaucoup étaient inca¬
pables de se mouvoir. Cependant, il n’y eut aucun accident de
personnes et on parvint même à sauver une partie du mobilier et
du matériel des salies d’opérations de l'hôpital. Les pompiers ont
réussi, après plusieurs heur s d’efforts, à préserver les bâtiments
voisins de celui où le sinistre avait pris naissance. Une partie
seulement de l’hospice a été détruite par le feu. Los dégâts sont
estimés 200.000 francs. {Le Petit Journal, 2 septembre 1906.)
D’où la nécessité de pourvoir les hôpitaux d’eau en abondance.
Que d’établissements hospitaliers laissent à désirer sous ce rap-
L’ Assistance aux vieillards infirmes et incurables dans le
Puy-de-Dôme. — Le conseil général a voté l’achat de la propriété
de Mirabeau pour la création d'un hospice départemental destiné
à assurer l’application .de la loi du 14 juillet 1905 sur l’assistance
aux vieillards, aux infirmes et aux incurables.
La fièvre TYPHOine a Remiremont.' — La fièvre typhoïde sé¬
vit, à Remiremont, dans la caserne du 15' bataillon de chasseurs à
pied.
Le bureau d’hygiène d’Orléans. — Dans notre dernier article,
relatif au Bureau d’hygiène d’Orléans, imprimé trop tôt sans que j’aie
corrigé les épreuves, un grand nombre de fautes se sont glissées,
notamment on a omis le nom de notre excellent et dévoué ami, le
D' Robert Halma-Grand, vice-président du Bureau, chirurgien en
chef de THôtel-Dieu d’Orléans et qui a rendu d’immenses succès
à la municipalité. Le D' Halma-Grand, intimement allié aux famil¬
les Maygrier et Brissaud, est un modeste et dévoué savant qui ho¬
nore grandement le parti républicain et la médecine d'Orléans où
il est l’objet de la considération générale. Albin Rousselet.
Encore la guérison du cancer. — Le docteur Otto Schmidt,
de Cologne, a trouvé, dit-on, un reniède contre le cancer.
Un correspondant du Lokal Anzeiger vient de l’interviewer à
ce sujet. « Je suis le premier, lui a dit le docteur Schmidt, à avoir
prouvé qu’on peut inoculer le cancer à un animal ». Et il montra
LE progrès MEDICAL
au journaliste plusieurs animaux subitement atteints de cancer, à
la suite d’inoculations. Le docteur Schmidt croit possible, en pour¬
suivant dans la voie où il s’est engagé, de trouver contre le can¬
cer un traitement plus rapide dans des cas jugés incurables, a-t-il
déclaré. « J’ai obtenu, affirme-t-il, un arrêt prolongé du mal, une
grande amélioration de l'état général des maladies et la disparition
totale des manifestations les plus douloureuses de la maladie ».(Le
Matin.)
Contre LA STÉRILITÉ. — LeD‘'G... (de Lyon) pensant aux
rapports intimes qui existent entre l’utérus et le larynx, nous di¬
sait dans ses leçons intimes : « Si jamais vous rencontrez un
jeune mari se plaignant de l’infécondité de sa femme, conseillez-
lui de la faire chanter à haute voix pendant l’actus conjugii, c’e.st
un moyen très bon pour faciliter la conception. » Une fois, j’ai
donné ce conseil à un ami qui attendait sa progéniture depuis
plusieurs années ; il eut deux enfants coup sur coup : après quoi
il recommanda à sa femme de... bien serrer les dents.
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Nécrologie. — On annonce la mort, à l’âge de soixante-treize
ans, de M. le D' Frédéric Escanyé, ancien conseiller dé préfec¬
ture, conseiller général et ancien député des Pyrénées-Orientales.
M. Frédéric Escanyé, dans son premier passage au Parlement, de
1876 à 1877, fut des 363. Battu en 1877, il fut réélu en 1878 et
siégea jusqu’à 1885 sur les bancs opportunistes. Battu de nou¬
veau en 1885, il continua de collaborer aux travaux du conseil
général dont il était encore le doyen. Il rentra à la Chambre en
février 1891, à la suite d’une élection partielle, ety siégea jusqu’au
printemps dernier. Nous avons le regret d’annoncer la mort du
docteur Eugène Kœchlin, de Bischwiller, en Alsace-Lorraine, à
l’âge de soixante -quatorze ans. Il était né à Mulhouse en 1832 et
y exerça la profession médicale. Il fut médecin de l’hôpital pen¬
dant quarante ans. Le défunt était le fils de Kœchlin et le beau-
frére de Jean Mieg-Kœchlin, tous deux anciens maire de Mulhouse.
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LOTION LOUIS DEQUEAN
Contre le SEBUMBACILLE
CALVITIE. — PELADE. - TEIGIIE. — TRICHOPHTTIES. - SEBORRHEE. - ACRE
En vente che:{ les pharmaciens seulement.
Le Sebumbaoille. microbe de la calvitie vulg»'»'®' ®
découvert par M. Louis DEQUtiANT. pharmacien. JS-
de Clignancourt, Paris. (Mémoires déposés à l’Acad®® ,
Médecine, 23 mars 1897, 8 mai 1898). L’e'xtrait de ces M®® .
est adressé gracieusement à tous les médecins qù*
feront la demande. Renseignements gratuits et prix de]
pour tous les membres du corps médical.
Le Rédacteur-Gérant : Bourhbt®^*
Imprimerie Daix frères et Thiron, Clermont (i
BUREAUX : RUK ORS CARM!;'", 14 15 SEPTEMBRE 19C6
Le Progrès Médical
SOMMAIRE ; Thérapeutique; Quelques réflexions sur le code civil. — Pharmacologie. — Varia : Le futur institut de
Kjitement de la fièvre héraoglobinurique bilieuse, par Kanellis. médecine légale de Paris ; Les infirmières laïques ; Folie reli-
^ Bulletin : Les maisons de prompt secours en Espagne et gieuse des Aïssouas ; Ecoles d’infirmièrçs de Toulon ; La fer-
eaFrance, par Rousselet. — Sociétés Savantes : Le deuxième meture des pharmacies ; La lutte contre la maladie du sommeil ;
ggigrès international d'assainisseynent et de salubrité de l'ha- Validité juridique de la cession d'une clientèle. — Les congrès :
Station : Viciation de l’air des locaux scolaires publics et pri- XIX= Congrès de l’association française de chirurgie ; Congrès
ïés, par Chassevant. — La conférence internationale de national d’hygiène et de salubrité publique à Marseille ; Con-
u tuberculose de la Haye. — Médecine pratique : Faut- grès d’hygiène et d’assistance ; IIP congrès international pour la
Jmobiliser les hémiplégiques, par Faure. — Bibliographie : répression de la traite des blanches ; Congrès international pour
Eléments de médecine mentale appliquée à l’étude du droit, par l’assistance des aliénés. — Formules. — Nouvelles. — Ensei-
Ljorjjn, _ Médecine légale : Les médecins et la révision du gnement médical libre. — Bulletin bibliographique.
r
FERIE T. XXII N" 37.
THÉRAPEUTIQUE
luelqu.es réflexions sur le traitement de la fièvre
hémoglobinurique bilieuse :
Parle H' Spirldion KANELLIS
.Héiteoinde l’hôpital Elpis et de l'hôpital Sotiria (d’Athènes).
J.
Hrophyl.axie. — En commençant par la prophylaxie
fgiénique de la fièvre hémoglobinurique bilieuse,
onsnous hâtons d’avouer que nous sommes de l’ordre
K conservateurs etque.par conséquent, nous sommes
wle principe : non tout au 'paludisme^ mais seule-
ce qui est au paludisme d' une façon évidente.
Comme la fièvre hémoglobinurique n’est point
lemptede rechute et.que l’anémie et la faiblesse gé-
du corps augmentent api’ès chaque accès, ce qui
?gmente en même temps la prédisposition à des nia-
destalions aiguës ettrès graves de l'infection palustre,
prudent d’éloigner du foyer endémique toute per-
f»ne qui aurait présenté un accès plus ou moins grave.
®nième temps, on rendra le malade attentif à ce qu’il
*8*ranlisse de toute cause de refroidissement et à
piller de vêtements de laine jusqu’au parfait réta-
^anaent de la santé ; de plus, le malade doit pré-
toute manifestation et tout accès palustres par
assidu des préparations de quinquina, ou même
« quinine à des doses légères. Enfin, tout accès pa-
antérieur, même le plus léger doit être traité
^ façon radicale.
, ®®éme, les personnes qui souffrent de fièvre hé-
^labinurique bilieuse, ou celles qui en sont mena-
|. ou celles qui en ont eu des atteintes antérieures,
^^A®^idès qu’elles ont ressenti un certain mouvement
mettre an lit, conserver la peau chaude, boi-
Hj pissons chaudes (infusion de sauge, de tilleul
liçjjj "ô) et prendre toutes les trois heures une dose de
*#f^'^"ydrate de quinine, 30 centigr. par exemple de
lai, par la voie hypodermique. En général, elles
i(jf3 éviter le refroidissement et l’humidité, les diver-
l« excessives, ainsi que toute cause débilitante
et des forces en particulier. Manuel Ferreira
lièvres aux colonies de l’A-
^upico-équatoriale ou les Sels de quinine et l’hy¬
giène dans le paludisme, 1900,p. 157), en parlant de
la prophylaxie des maladies paludéennes, reconnaît que
les sels de quinine, administrés convenablement contre
le paludisme dans un but prophylactique, modifient
complètement, ou bien, ils repousssent l’apparition des
fièvres malignes et des hématuriques bilieuses. Puis
enfin il faut détruire les moustiques et se protéger con¬
tre les piqûres de ces insectes.
11.
Traitement. — Ayant, de tout temps, admis doux
formes de fièvre hémoglobinurique bilieuse, la foryyie
palustre, oi la forme quinique,nons croyons utile avant
d’entamer la question de leur traitement de faire précé¬
der, au pointde vuedu diagnostic dilférentiel, les signes
suivants que nous considérons comme tels : 1) emploi
précédent de la quinine, 2) non répétition de l’accès
hémoglobinurique sans administration d’une nouvelle
dose de quinine, 3) grande intensité do l’ensemble des
phénomènes cliniques (ictère, hémoglobinurie, vomis¬
sements, douleurs des reins); plusgrande durée de ces
phénomènes et répétition des accès hémoglobiniiriqiies
(forme intermiltenlede la maladie) on continuation de
l’hémoglobinurie (forme rémittente ou continue) dans
la fièvre hémoglobinurique palustre, 4) amélioration
de l'accès par l'ingestion de la quinine et guérison ; dans
la plupart des cas, des malades souffrant d'hémoglo¬
binurie palustre, 5) aggravation des phénomènes par
l’administration d’une nouvelle dose de quinine, et mort
du malade par la persistance non raisonnée du médecin
dans l'usage de la quinine, en cas d’hémoglobinurie
quinique, 6) apparition de riiémoglobinurie palustre,
dans certains cas, sans usage préalable d'une prépara¬
tion quelconque de quinine, 7) découverte dans beau¬
coup de cas, des parasites palustres de Laveran, 8) nous
savons que parfois, après la guérison de la fièvre hémo-
globinuriqne palustre, les malades souffrent d’accès de
paludisme sous diverses formes ( paludisme intermittent
ou tiers); l'administration de la quinine contre ces ac¬
cès ne produit jamais de l’hémoglobinurie ; par c«ntre,
cette hémoglobinurie se produit toujours chez leslindi-
vidus quiontles urines noires chaque fois qu'ils pren¬
nent même la plus petite dose de quinine, pareequ'ils
oiit une prédisposition.
Bastianelli agit delà façon suivante dons la fièvre hé-
578
LE PROGRÈS MÉDICAL
moglobinuriqne ; 1) si, au cours d’un accès palustre,
survient l’hémoglobinurie, et qu'on révèle les parasites
palustres dans le sang, il administre la quinine, 2) il
évite de prescrire la quinine: si l'examen microscopi¬
que du sang ne révèle la présence des hématozoaires, 3)
il cesse de donner la quinine si elle avait été adminis¬
trée avant l’apparition de l’accès hémoglobinurique,tou-
tes les fois que le sang ne paraît pas contenir des para¬
sites palustres; mais, au contraire, il conseille de conti¬
nuer l'usage delaquinine, si les hématozoaires persis¬
tent dans le sang.
Selon notre avis, comme l’élément palustre est, dans
la plupart des cas, la cause principale de la fièvre hé-
moglobinurique bilieuse, on.doit avoir recours à l'admi¬
nistration des diverses préparations quiniques. La qui¬
nine doit être administrée le plus tôt possible et, de pré -
férence, par injections hypodermiques. L’épigastre, la
surface interne des cuisses et lesomoplates sont les ré¬
gions les plus propices pour les injections hypoderrni-
ues, et surtout, d'après Corre, lesdeiix premières sont
es régions où l’absorption se fait le plus rapidement.
Quant à la dose, tout en étant prodigues, nous devons
en surveiller avec attention l’absorption réelle si le mé¬
dicament a été administré non par la voie hypodermi¬
que, mais bien par la bouche ou par la voie rectale. La
quinine sera prescrite àla dose de 1 1 /2gr. par la bouche,
en solution, si possible; à la dose dé 2-3 gr. en lavement.
Pour les injections, on doit prescrire 1 gram, de brom-
hydrateou debichlorhydrate de quinine, dilué Icge ar-
fîsdans 3c.c. d'eau distillée stérilisée, etcontinuer cette
dose quotidienne, toujours en rapport de l’intensité
de la maladie.
Nous nous contentons de relater un seul cas de trai¬
tement de fièvre hémoglobinurique bilieuse palustre.
J. B., 35 ans, issue d’une mère hystérique et d’un
père arthritique ; aucune maladie sérieuse n’a été faite
jusqu'à cet âge ; elle a deux enfants bien portants. Au
mois de mai 1895, à cause d'une bronchite chronique
dont souffrait son mari, elle fut obligée d’accompagner
celui-ci aux bainsde Kyllini, lieu très marécageux. Cette
femme, qui, durant son séjour à Kyllini, pendant un
mois, se portait bien, une semaine après son retour à
Athènes, où elle demeurait en permanence, commença
à avoir des accès palustres de forme tierce qui ne du¬
rèrent pas plus de deux semaines ; ces accès revenaient
dans la suite sous une forme irrégulière et ne cessèrent
qu’au mois d’août. Le 10 octobre de la même année,
après un temps froid et humide, elle fut de nouveau pri¬
se d’une fièvre intermittente qui commença de la façon
suivante : 10 octobre, frissons répétés auxquels succé¬
dèrent la fièvre, de la céphalalgie et de l’osphyalgie in¬
tense ; je fus appelé à 4 h. p.m. et je trouvai une fièvre
de 39“5. Purgatif (eau de Janos), du lait et du bouillon
alternativement toutes les 2 heures; à 9 h. p. m. je fus
de nouveau appelé etje trouvai le mari de la malade
très épouvanté de cequeles urines de lamalade élaient
d(un rouge foncé. La malade avait des vomissements
bilieux incoercibles; potion de Rivière et sinapismes sur
la région stomacale; quinine 1 gr. 30 pour le lende¬
main: Il octobre, 3 garde-robes, intolérance de la qui¬
nine, laquelle a été vomie deuxfois. Les urines du ma¬
tin étaient noires, contenant de l’hémoglobine et 2-3
hématies intactes sur chaque champ opliquedu micros¬
cope. Couleur ictérique intense répandue sur tout le
corps; température 38°2; pulsations 100; foie débordant
deux travers de doigt des fausses côtes ; rate débordant
des fausses côtes trois travers de doigt et sensible à la
pression; 1 gram. de bromhydrate de quinine eniDi»,
tiens hypodermiques pratiquées à 10 h. a.m ; à .
m., urines moins noires; vomissements plus rares- J
lait, une tasse de café toutes les 2 h.; température
pulsations 110. 8 heures p. m., nouveaux frissons rik
légers; tempéralure39 8; pulsations 140; vomissement
fréquents; urines d’un rouge foncéen quantité coiîsi.
dérable et contenant de l'hémoglobine ; morceaux de
glace par la bouche et sirop d’éther ; champagne ; \
gram. de bromhydrate de quinine en injections pour le
lendemain: préparations microscopiques du sangdeli
malade. — 12 octobre, 8 h. a. m., température 38*3;
pulsations faibles 108; vomissements rares; la couleur'
ictérique persiste: injection de quinine: 11 h. a. m.tem-'
pérature 37°2 ; pulsations 78; urines abondantes et
moins foncées; diaphorèse abondante; l’examen micros- !
copique des préparations de la veille a révélé la présence ;
des hématozoaires de Laveran, et en particulier des
corps sphériques et de peu de corps en croissant. 4 h.p.
m. température 36'’8; pulsations 68: urines à peine rou¬
geâtres; injection de quinine (0,35), lait,bouilion, cham¬
pagne. — 13 octobre, température 36°2: pulsations 60:
la malade se trouve en bonne disposition : 1 gram. chlo¬
rhydrate de quinine en 3 doses par la bouche. A partir
du 14 octobre, la malade commence à prendre des
médicaments toniques, des aliments nutritifs, du via
généreux etentra peu à peu dans la convalescence défini¬
tive et dans la santé. Le sang a été examiné à plusieurs
reprises et ne contenait aucune des formes des hémalo-
zoaires palustres.
Au contraire, dans les hémoglobinuries quiiiiqu»,
simples, aussi bien que dans les lièvres hémoglobinuti-
ques quiniques, nous évitons la quinine et nous ordon¬
nons le repos, les limonades, l’eau de Vichy, et comme
nourriture, le lait et exceptionnellement lebouillonde
poule.
Nous n’ignorons point qu’on a publié des statistiques
de malades atteints de fièvre hémoglobinurique bilieuse
et guéris par la quinine, ainsi que des malades traites
sans quinine, dans le but de prouver l’efficacité de I»
médication non quinique; mais nous croyons que a
ces statistiques on ne puisse arriver à aucune conci
sion, du fait que, parmi les cas traités sans quinme,
on a embrassé, selon notre avis, outre les fièvres hem«
globinuriques provenant de l’infection palustre, u
grand nombre de cas d’hémoglobinurie quinique si
pie et de fièvre hémoglobinurique quinique, de sor
que tous les cas cités dans ces statistiques ne '
répartis d’après leur forme particulière : ce qui ^ •
permet, par conséquent, d’abonder, avec
dans le sens de la plus grande autorité
siècle dernier, savoir que la statistique ne |
la vérité scientifique. En médecine et en physio o ^
disait Claude Bernard, << la statistique conduit
reur presque nécessairement ». Lorsque,
matière des statistiques n’est pas examinée à fon
pas répartie d’une façon spéciale, lorsq